Canalblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Images Saintes
Publicité
Archives
Newsletter
Derniers commentaires
Images Saintes
  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
1 avril 2013

Les Treize Mardis de Saint Antoine de Padoue 3/13

Les Treize Mardis de Saint Antoine de Padoue

S

Troisième Mardi

Saint Antoine Chanoine Régulier

 

Ferdinand a quinze ans. A cet âge, le jeune homme songe, s'il ne l'a même déjà fait plus tôt, à prendre une carrière. De temps en temps, son front devient soucieux, et il se demande ce que sera pour lui l'avenir. A cet âge, soutenu par les avis et les tendresses de sa mère, éclairé par les conseils de son père, fortifié et guidé par les grâces de Dieu, qui descendent dans son âme attirées par la prière et par la réception fréquente des sacrements, le jeune homme commence à envisager les voies qui s'ouvrent devant lui et à les étudier. Et quand cet adolescent est le descendant d'une noble race, quand dans ses veines coule un sang chaud et bouillant, suivant l'expression de Bossuet, quand dans son cœur, jeune mais vaillant, il n'y a, en dehors des affections de la famille, que deux amours : l'amour de Dieu et l'amour de la Patrie, alors deux voies s'ouvrent devant lui, la carrière des armes et la vie religieuse. Ces deux états, en effet, bien loin de se combattre et de se nuire, se ressemblent, au contraire, par bien des points. Soldat du Christ et soldat de la patrie.

Ferdinand, dont l'âme virginale s'était approchée de bonne heure du Dieu qui réjouit la jeunesse, Ferdinand qui avait goûté les plus grandes délices, durant plusieurs années, dans l'atmosphère de piété et de sainteté de l'École Episcopale, et qui avait trouvé dans la prière, dans la méditation, dans le recueillement, le meilleur aliment pour son cœur et la meilleure occupation pour son esprit, Ferdinand, disons-nous, n'hésita pas un instant, et entre les deux carrières qui s'ouvraient devant lui, il choisit la vie religieuse. Il dit adieu sans peine et sans chagrin, car il était assuré qu'il accomplissait la volonté de Dieu, à la fortune, à la renommée mondaine et aux plaisirs ; il dit adieu au palais de son père et de sa mère, à la haute situation qui lui était réservée dans le monde, et il se retira, au grand mécontentement de plusieurs de ses amis, au mois d'août 1210, dans le monastère des chanoines réguliers, élevé aux portes de Lisbonne sous le vocable de Saint Vincent. « Là, il quitta, dit son historien, les habits de sa noble extraction pour se revêtir avec amour de la robe blanche, du cordon et de l'aumusse, qui lui parlaient de renoncement et de consécration. Quand il se releva des pieds de l'abbé qui venait de les lui donner, il était transfiguré. La solitude venait de fleurir comme un lys ».

Cependant, au bout d'un certain temps qu'il ne nous est pas possible de déterminer, le jeune novice, dont l'âme contemplative se plaisait dans le recueillement qui favorise l'étude et les suaves conversations avec Dieu, trouva que le Monastère de Saint Vincent était trop rapproché de ses amis et du monde qu'il avait quittés pour toujours. Il obtint de son supérieur, dans un élan de ferveur et à force d'instances, de passer au Monastère de Sainte Croix de Coïmbra. « Ce devait être, dit l'historien déjà cité, le Nazareth de cet homme extraordinaire, qui, en peu d'années, devait laisser de son passage sur la terre un impérissable vestige ». A Coïmbra, le jeune chanoine employa son temps à la prière : « Tout entier en vous, ô Dieu, dit l'hymne franciscaine, dès l'aurore il allait à vous et s'absorbait en vous par la contemplation ». Ferdinand se consacra aussi à l'étude de l'Ecriture sainte et des sciences sacrées : « Autant que les circonstances le lui permettaient, il était sans cesse occupé de la science divine. Il travaillait docilement sous l'action de la grâce et il se disposait pour l'avenir auquel Dieu l'avait prédestiné ». Cet avenir, c'est l'apostolat, et nous avons vu que Ferdinand s'y préparait, à Coïmbra, sous le regard de Dieu. Bientôt il aura gravi tous les échelons de la science et de la perfection chrétiennes, et alors le monde le contemplera avec admiration et l'entendra avec reconnaissance, car il sera Antoine, c'est-à-dire « Altè tonans », celui qui se fait entendre au loin.


Réflexions

Le Baptême


Au jour de notre baptême, nous avons été marqués d'un caractère indélébile ; nous sommes devenus chrétiens. A partir de ce jour où pour la première fois, le prêtre, ministre de Jésus-Christ, nous a introduits dans le temple, du Seigneur, où il nous a oints de l'huile sainte et où il a tracé sur notre front et sur notre poitrine le signe sacré du salut, avec injonction à Satan de ne jamais souiller ou flétrir ce signe de la Croix, nous appartenons à Jésus-Christ. Le prêtre, ce jour-là, nous a donné le sel de la sagesse, il a ouvert nos oreilles aux enseignements de la Foi ; il a répandu l'eau sainte sur notre front, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, pour nous laver et nous purifier de la souillure originelle. Ne l'oublions pas. Que notre souvenir revienne souvent sur cette douce aurore de notre vie chrétienne.

O Saint Antoine ! Vous nous aiderez à rester fidèles aux engagements de notre Baptême, et si notre Foi chancelle, si l'indifférence entre dans notre cœur, si le tumulte des passions nous rend sourds aux enseignements du Christ, vous répéterez à l'oreille de notre âme, en nous montrant la Croix : Hoc signum nunquam audeas violare. Vous êtes chrétiens, respectez toujours en vous-mêmes cette dignité et ce signe de la Croix imprimé sur votre âme.


Prières : Notre Père, je Vous salue, Si Quaeris, Trois Gloire soir au Père, suivis de l'invocation : « Saint Antoine de Padoue, priez pour nous ».

 

Oraison


O grand Saint Antoine, vous dont le cœur est si plein de bonté, et qui avez reçu de Dieu le don de faire des miracles, secourez-moi en ce moment, afin que, par votre assistance, j'obtienne la grâce que je demande (nommer la grâce), et que je puisse ainsi glorifier de plus en plus le Seigneur qui opère par vous de si grandes merveilles.

 

963_001

Pour recevoir les méditations et les prières des 13 mardis de Saint Antoine par e-mail, ainsi que des prières et pour être tenu au courant des mises à jour, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes.

Publicité
10 mai 2012

Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Henri Lasserre

 2264758995_6e0d75b422_o

Onzième jour

Désintéressement des Soubirous, apparition du 25 février 1858, jaillissement de la source

 

I. « Eh bien, l'as-tu vue encore aujourd'hui, et que t'a-t-elle dit? » demanda le Curé de Lourdes, lorsque Bernadette se présenta chez lui en revenant de la Grotte, « J'ai vu la Vision, répondit l'enfant, et je lui ai dit: « Mr. le Curé vous demande de donner quelques preuves, par exemple de faire fleurir le rosier qui est sous vos pieds, parce que ma parole ne suffit pas aux prêtres et qu'ils ne veulent pas s'en rapporter à moi ». Alors Elle a souri, mais sans parler. Puis, Elle m'a dit de prier pour les pécheurs et m'a commandé de monter jusqu'au fond de la Grotte. Et Elle a crié par trois fois les mots: « Pénitence! pénitence! pénitence! » que j'ai répétés en me traînant sur mes genoux jusqu'au fond de la Grotte. Là, Elle m'a révélé encore un second secret qui m'est personnel. Puis, Elle a disparu ». « Et qu'est- ce que tu as trouvé au fond de la Grotte? » « J'ai regardé après qu'Elle a disparu (car pendant qu'elle est là je ne fais attention qu'à Elle, et Elle m'absorbe), et je n'ai vu que le rocher, et par terre quelques brins d'herbe qui poussaient au milieu de la poussière ». Le Curé demeura songeur. « Attendons », se dit-il. Bien qu'ils fussent quelque peu déconcertés en présence des conversions opérées le jour même aux Roches Massabielle par l'éclat extraordinaire de la transfiguration de Bernadette, les libres penseurs du lieu triomphaient singulièrement de l'échec éprouvé par les croyants, au sujet de l'humble et gracieuse preuve demandée par M. le curé Peyramale. Ils louaient ce dernier plus encore que la veille d'avoir exigé un Miracle: « Le Commissaire, disait-on, a été maladroit en voulant tuer l'Apparition: le Curé, bien plus habile, la force à se tuer elle-même ». Incapables de comprendre la loyale simplicité de cette impartiale sagesse qui, sans doute, voulait des preuves avant de croire , mais aussi avant de nier, ils appelaient ruse ce qui était prudence et ils voyaient un piège dans la naïve prière d'une âme droite, en quête de la vérité.

II. L'honorable Commissaire de police paraissait cependant s'en vouloir de n'avoir pas pris la fourberie en flagrant délit et détruit, à lui tout seul, cette naissante superstition. Il se creusait la tête pour deviner le mot de l'énigme, car il commençait à voir clairement, par la demande même du Curé de Lourdes, que le Clergé n'était pour rien dans cette affaire. Il n'avait donc en face de lui que cette petite fille et ses parents. Il ne doutait point, d'une façon ou d'une autre, d'en venir enfin à bout. Lorsque, par hasard, Bernadette sortait dans la rue, la foule s'empressait autour d'elle: on l'arrêtait à tout pas; chacun voulait entendre de sa bouche. le détail des Apparitions. Plusieurs, au nombre desquels M. Dufo, avocat, un des hommes éminents de ce pays, la firent venir et l'interrogèrent. Ils ne résistèrent pas à la secrète puissance que la Vérité vivante mettait en ses paroles. Beaucoup de personnes se rendirent dans la journée chez les Soubirous pour entendre les récits de Bernadette. Elle se prêtait en toute candeur et complaisance à ces incessantes interrogations: on voyait que rendre témoignage de ce qu'elle avait vu et entendu constituait désormais pour elle sa fonction particulière et son devoir. Dans un coin de la pièce où l'on pénétrait, une petite chapelle, ornée de fleurs, de médailles, d'images pieuses, et surmontée d'une statue de la Vierge, présentait une apparence de luxe et attestait la piété de cette famille. Tout le reste de la chambre offrait' le spectacle du plus douloureux dénûement: un grabat, quelques mauvaises chaises, une table boiteuse, formaient tout l'ameublement de ce logis où l'on venait s'informer des splendides secrets du ciel. La plupart des visiteurs étaient frappés et émus par la vue de cette extrême indigence écrite sur toutes choses, et ne résistaient pas à la douce tentation de laisser quelque souvenir, quelque aumône à ces pauvres gens. Mais l'enfant et les parents refusaient toujours, et de telle façon qu'on ne pouvait insister.

III. Parmi ces visiteurs, plusieurs étaient étrangers à la ville. L'un de ces derniers vint un soir, alors que le va-et-vient de la journée était un peu calmé et qu'il n'y avait plus là qu'une voisine assise au foyer. Il interrogea soigneusement Bernadette, ne voulant qu'elle omît aucun détail et paraissant prendre un intérêt extraordinaire au récit de l'enfant. Son enthousiasme et sa foi se trahissaient à chaque instant par des exclamations pleines d'attendrissement. Il félicita Bernadette d'avoir reçu une si grande faveur du ciel, puis il s'apitoya sur la misère dont il voyait les marques autour de lui: « Je suis riche, dit-il, permettez-moi de vous venir en aide ». Et sa main déposa sur la table une bourse qu'il entr'ouvrit et qu'il laissa voir pleine d'or. La, rougeur de l'indignation monta au visage de Bernadette. « Je ne veux rien, Monsieur, fit-elle vivement. Reprenez cela ». Et elle repoussa vers l'inconnu la bourse déposée sur la table. « Ce n'est point pour vous, mon enfant, c'est pour vos parents qui sont dans le besoin, et que vous ne pouvez vouloir m'empêcher de secourir ». Ni Bernadette ni nous, nous ne voulons rien, dirent le père et la mère. « Vous êtes pauvres, continua l'étranger en insistant, je vous ai dérangés, je m'intéresse à vous. C'est donc par orgueil que vous refusez? » « Non, Monsieur, mais nous ne voulons rien recevoir, absolument rien. Remportez votre or ». L'inconnu reprit sa bourse et sortit, ne parvenant point à dissimuler une physionomie des plus contrariées. D'où venait cet homme et qui était -il? Était-ce un bienfaiteur compatissant, était-ce un tentateur habile? Nous l'ignorons. La police était si bien faite à Lourdes que M. Dominique, plus heureux que nous, savait peut-être ce secret, et, mieux que personne, connaissais le mot de l'énigme. Le chef de la police de Lourdes n'était pas homme à reculer pour quelques échecs, et il attendait avec confiance les événements, ne doutant nullement qu'ils ne lui réservassent un triomphe, d'autant plus glorieux qu'il aurait été plus. hérissé, dès l'abord, de difficultés et d'obstacles.

IV. La nuit cependant avait mis fin aux agitations de tant d'esprits si divers, les uns croyant à la réalité de l'Apparition, les autres restant dans le doute, un certain nombre niant résolument. L'aurore allait se lever, et l'Église universelle, sur toute la surface du globe, murmurait au fond des temples, dans le silence des presbytères déserts, dans l'ombre peuplée des Cloîtres, sous la voûte des Abbayes, des Monastères et des Couvents, ces paroles du Psalmiste dans l'office des Matines: « Tu es Deus qui facis mirabilia. Notam fecisti in populis virtulem tuam... Viderunt te aquae, Deus, viderunt te aquae, et timuerunt, et turbutae sunt abyssi. Vous êtes le Dieu qui faites des merveilles. Vous avez montré votre puissance au milieu des multitudes... Les eaux vous ont aperçu, Seigneur, les eaux vous ont aperçu, et elles ont tressailli en votre présence, et les abîmes en ont été troublés ». Bernadette, arrivée devant les Roches Massabielle, venait de s'agenouiller. Une multitude innombrable l'avait précédée à la Grotte, et se pressait autour d'elle. Bien qu'il y eût là bon nombre de sceptiques, de négateurs et de simples curieux, un religieux silence s'était fait tout à coup dès qu'on avait aperçu l'enfant. Un frisson, une commotion étrange avait passé sur cette foule. Tous, par un instinct unanime, les incrédules comme les croyants, s'étaient découverts le front. Plusieurs s'étaient agenouillés en même temps que la fille du meunier.

En ce moment l'Apparition divine se manifestait à Bernadette, ravie soudainement en son extase merveilleuse. Comme toujours, la Vierge lumineuse se tenait dans l'excavation ovale du rocher, et ses pieds foulaient le rosier sauvage. Bernadette la contemplait avec un sentiment d'amour indicible, un sentiment doux et profond, qui inondait son âme de délices sans troubler en rien son esprit et sans lui faire oublier qu'elle était encore sur la terre. La Mère de Dieu aimait cette enfant innocente. Elle voulut, par une intimité de plus en plus étroite, la presser davantage sur sa poitrine; elle voulut fortifier encore le lien qui l'unissait à l'humble bergère, afin que cette dernière, au milieu des agitations de ce monde, sentît, pour ainsi dire, à tout instant, que la Reine des cieux la tenait invisiblement par la main.

« Ma fille, dit-elle, je veux vous confier, toujours pour vous seule et concernant vous seule, un dernier secret que, pas plus que les deux autres, vous ne révélerez à personne au monde ». Bernadette, en la joie de son cœur, écoutait cependant l'ineffable musique de cette parole si douce, si maternelle et si tendre qui charmait, il y a dix-huit cents ans, les oreilles filiales de l'Enfant-Dieu. « Et maintenant, reprit la Vierge après un silence, allez boire et vous laver à la Fontaine, et mangez l'herbe qui pousse à côté ». Bernadette, à ce mot de « Fontaine », regarda autour d'elle. Nulle source n'existait et n'avait jamais existé en cet endroit.. L'enfant, sans perdre la Vierge de vue, se dirigea donc tout naturellement vers le Gave, dont les eaux tumultueuses couraient à quelques pas de là, à travers les cailloux et les roches brisées. Une parole et un geste de l'Apparition l'arrêtèrent dans sa marche: « N'allez point là, disait la Vierge; je n'ai point dit de boire au Gave, allez à la Fontaine, elle est ici ». Et étendant sa main, cette main délicate et puissante à laquelle la nature est soumise, Elle montra du doigt à l'enfant, au côté droit de la Grotte, ce même coin desséché vers lequel, la veille au matin, Elle l'avait déjà fait monter à genoux. Bien qu'elle ne vît à l'endroit indiqué rien qui semblât voir rapport aux paroles de l'Être divin, Bernadette obéit à l'ordre de la Vision céleste. La voûte delà Grotte allait en s'abaissant de ce côté, et la petite fille gravit sur ses genoux l'espace qu'elle avait à parcourir. Arrivée au terme, elle n'aperçut devant elle nulle; apparence de fontaine. Tout contre le roc poussaient çà et là quelques touffes de cette herbe, de la famille des saxifragées, que l'on nomme la Dorine. Soit sur un nouveau signe de l'Apparition, soit par un mouvement intérieur de son âme, Bernadette, avec cette foi simple qui plaît tant au cœur de Dieu, se baissa, et, grattant le sol de ses petites mains, se mit à creuser la terre.

Les innombrables spectateurs de cette scène, n'entendant ni ne voyant l'Apparition, ne savaient que penser du singulier travail de l'enfant. Déjà plusieurs commençaient à sourire et à croire à quelque dérangement dans le cerveau de la pauvre bergère. Qu'il faut peu de chose pour ébranler la foi! Tout à coup, le fond de cette petite cavité, creusée par l'enfant, devint humide. Arrivant de profondeurs inconnues, à travers les roches de marbre et les épaisseurs de la terre, une eau mystérieuse se mit à sourdre goutte à goutte sous les mains de Bernadette, et à remplir ce creux, de la grandeur d'un verre, qu'elle avait achevé de former. Cette eau nouvelle venue, se mêlant à la terre brisée, ne fit tout d'abord que de la boue. Bernadette, par trois fois, essaya de porter à ses lèvres ce liquide bourbeux; mais, par trois fois, son dégoût fut si fort qu'elle le rejeta, sans se sentir la force de l'avaler. Toutefois elle voulait, avant tout, obéir à l'Apparition rayonnante qui dominait cette scène étrange; et, à la quatrième fois, dans un suprême effort, elle surmonta sa répugnance. Elle but, elle se lava, elle mangea une pincée de la plante champêtre qui poussait au pied du rocher. En ce moment l'eau de la Source franchit les bords du petit réservoir creusé par l'enfant, et se mit à couler en un mince filet, plus exigu peut-être qu'une paille, vers la foule qui se pressait sur le devant de la Grotte. Ce filet était si minime que, pendant un long temps, c'est-à-dire jusqu'à la fin de ce jour, la terre- desséchée l'absorba tout entier au passage, et qu'on ne devinait sa marche progressive que par le ruban humide tracé sur le sol, et qui, s'allongeant peu à peu, s'avançait avec une lenteur extrême vers le Gave.

Quand Bernadette eut accompli, ainsi que nous venons de le raconter, tous les ordres qu'elle avait reçus, la Vierge arrêta sur elle un regard satisfait, et, un instant après, Elle disparut à ses yeux. L'émotion de la multitude fat grande devant ce prodige. Dès que Bernadette fut sortie de l'extase, on se précipita vers la Grotte. Chacun voulait voir de ses yeux le creux où l'eau venait de surgir sous la main de l'enfant. Chacun voulait y plonger son mouchoir et en porter une goutte à ses lèvres; De sorte que cette source naissante, dont on agrandissait peu à peu le terreux réservoir, prit bientôt l'aspect d'une flaque d'eau ou d'un amas liquide de boue détrempée. La Source cependant, à mesure qu'on y puisait, devenait de plus en plus abondante. L'orifice par où elle arrivait des abîmes s'élargissait insensiblement.

 442_001

Prière pour demander la grâce de Dieu

 

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Notre-Dame de Lourdes, enseignez-nous, à nous aussi, à ne point aller boire aux fleuves de la terre, à ce Gave qui passe, écumeux et désordonné, à ces passions éphémères qui mentent en disant « toujours », à la vie apparente des sens qui n'est qu'une mort; à ces joies de la matière qui tuent l'esprit; à ces eaux qui irritent la soif au lieu de l'apaiser, à ces eaux impuissantes qui donnent à peine l'illusion d'un instant et qui laissent à l'homme tous ses maux, toutes ses douleurs, toutes ses misères! Donnez-nous de quitter ces ondes tumultueuses et agitées, de tourner le dos à ces flots qui s'enfuient, à ces torrents qui se précipitent à l'abîme. Conduisez-nous à la Source qui désaltère et qui calme, qui guérit et qui ressuscite. Conduisez-nous à la Fontaine de la vraie joie et de la vraie vie, à cette Fontaine qui sort du Roc immuable sur lequel l'Église a posé ses fondements éternels. Bien plus, ô Marie! A travers la dureté de nos cœurs, à travers les impuretés de notre nature, faites-la sourdre du fond de nos âmes, cette Fontaine de grâces qui doit peu à peu surmonter toutes nos résistances, purifier toutes nos souillures, guérir nos maux invétérés. Qu'un geste de votre main, qu'une parole de votre bouche la fassent enfin naître et grandir en nous-mêmes, cette Source bénie dont Jésus parlait à la Samaritaine, cette Source d'eau vive, jaillissant en vie éternelle... Hélas! Hélas! Ô notre Mère, que nous en avons besoin! Et qu'il faut que ces eaux soient abondantes pour laver nos iniquités! Ce siècle est dur: il ne connaît pas la pitié; ce siècle est cruel: et ses mains sont rouges de sang. Ce siècle est plongé dans toutes les fanges de la terre, et la fumée de ses luxures obscurcit le ciel étoilé. Vierge de toute tendresse et de toute pureté, touchez ce cœur de marbre ou de granit. Touchez-le, et que les larmes jaillissent! et que l'onde sacrée éteigne ces flammes immondes, lave ce sang et nettoie cette boue! Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous. Ainsi soit-il.

 

Pour recevoir par e-mail les méditations du Mois de Marie de Notre Dame de Lourdes, ainsi que des prières et être informé des mises à jours, abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

30 mai 2012

Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Henri Lasserre

 362_001

Trente-et-unième jour

Transformation de la Grotte, Le curé Peyramale, la statue de la Vierge, l'église et la crypte souterraine, inauguration, les processions pèlerinages, les guérisons, les morts et les survivants, la sœur Marie-Bernard

 

I. Retournons à Lourdes. Le temps avait marché. L'activité humaine s'était mise à l'œuvre. Les abords de la Grotte, où la Vierge était apparue, avaient changé d'aspect. Sans rien perdre de sa grandeur, ce lieu sauvage et abrupt avait pris une physionomie gracieuse, douce et vivante. Encore inachevée, mais peuplée d'ouvriers en travail, une église superbe, fièrement jetée sur le sommet des Roches Massabielle, s'élevait joyeusement vers le ciel. Le grand tertre escarpé et inculte, par où jadis les pieds montagnards avaient peine à descendre, était revêtu de gazon vert, planté d'arbustes, semé de fleurs. La Grotte était fermée d'une grille à la façon d'un sanctuaire. A la voûte était suspendue une lampe d'or. Sous ces roches agrestes, que la Vierge avait foulées de son pied divin, des faisceaux de cierges brûlaient nuit et jour. Hors de cette enceinte close, la Source miraculeuse alimentait trois forts tuyaux de bronze. Une piscine, cachée aux regards par une petite construction, permettait aux malades de se plonger dans l'onde bénie.

Encourageant les travailleurs, veillant à toutes choses, suscitant des idées, mettant quelquefois lui-même la main à l'œuvre pour redresser une pierre posée à faux ou un arbre mal planté, un homme à haute taille, au front vaste et ferme, semblait être partout a la fois. Sa puissante stature, ta longue robe noire, le signalaient de loin aux regards. On devine son nom. C'était le pasteur de la ville de Lourdes, c'était le curé Peyramale. « Quand donc, disait-il souvent, me sera-t-il donné d'assister, au milieu des Prêtres et des Fidèles, à la première procession qui viendra inaugurer en ces lieux bénis le culte public de l'Église catholique? Ne devrai-je pas chanter en ce moment mon « Nunc dimittis » et n'expirerai-je point de joie à cette fête? Ses yeux se remplissaient de larmes à cette pensée. Jamais désir ne fut, au fond d'une âme, plus ardent et plus caressé que ce vœu innocent d'un cœur tout épris de Dieu. Parfois, aux heures où il y avait le moins de monde aux Roches Massabielle, une petite fille venait s'agenouiller humblement devant le lieu de l'Apparition et boire à la Source. C'était une enfant du peuple, pauvrement vêtue. Rien ne la distinguait du vulgaire, et, à moins que quelqu'un parmi les pèlerins ne la connût ou ne la nommât aux autres, nul ne devinait que ce fut là Bernadette. La privilégiée du Seigneur était rentrée dans l'ombre et le silence. Elle allait toujours à l'école des Sœurs où elle était la plus simple et aurait voulu être la plus effacée. Les visites innombrables qu'elle y recevait ne troublaient point cette âme paisible, où vivait pour toujours le souvenir du ciel entr'ouvert et l'image de la Vierge incomparable. Bernadette conservait ces choses en son cœur. Les peuples cependant accouraient de toutes parts, les miracles s'accomplissaient et le temple s'élevait. Et Bernadette, de même que le saint curé de Lourdes, attendait comme le plus fortuné des jours après ceux de la visite divine, celui où elle verrait de ses yeux les Prêtres du vrai Dieu conduire eux-mêmes les Fidèles, la croix en tête et bannières déployées, à la Roche de l'Apparition.

II. Malgré le mandement de l'Évêque, l'Église, en effet, n'avait encore pris possession, par aucune cérémonie publique, de cette terre à jamais sacrée. Cette prise de possession eut lieu solennellement le 4 avril 1864, par l'inauguration et la, bénédiction d'une superbe statue de la sainte Vierge, qui fut placée, avec toute la pompe usitée en pareil cas, dans cette niche rustique, bordée de plantes sauvages, où la Mère de Dieu était apparue à la fille des hommes. Le temps était magnifique. Le jeûna soleil du printemps s'était levé et s'avançait dans un dôme d'azur, que ne ternissait aucun nuage. La ville de Lourdes était pavoisée de fleurs, d'oriflammes, de guirlandes, d'arcs de triomphe. A la haute tour de la paroisse, à toutes les chapelles de la cité, à toutes 'es églises des environs, les bourdons, les cloches et les campaniles sonnaient à toute volée. Des peuples immenses étaient accourus à cette grande fête de la Terre et du Ciel. Une procession, comme on n'en avait jamais vu de mémoire d'homme, se mit en marche pour aller de l'église de Lourdes à la Grotte de l'Apparition.

Des troupes, avec toutes les richesses et tout l'éclat de l'appareil militaire tenaient la tête. A leur suite, les confréries de Lourdes, les sociétés de Secours mutuels, toutes les Corporations de ces contrées, portant leurs bannières et leur croix; la Congrégation des Enfants de Marie, dont les traînantes robes avaient l'éclat de la neige; les Sœurs de Nevers avec leur long voile noir; les Filles de la Charité, aux grandes coiffes blanches; les Sœurs de Saint Joseph enveloppées dans leur manteau sombre; les ordres religieux d'hommes, les Carmes, les Frères de l'instruction et des Écoles chrétiennes, des multitudes prodigieuses de pèlerins, hommes, femmes, enfants, vieillards, cinquante à soixante mille hommes rangés en deux interminables files serpentaient le long du chemin fleuri qui conduisait aux Roches illustres de Massabielle. D'espace en espace, des •chœurs de voix humaines et d'instruments faisaient entendre des fanfares, des cantiques, toutes les explosions de l'enthousiasme populaire. Ensuite, fermant ce cortège inouï, s'avançait solennellement, entouré de quatre cents prêtres en habit de chœur, de ses grands vicaires, des dignitaires et du chapitre de son église cathédrale, très-haut et très-éminent prélat, Sa Grandeur, Monseigneur Bertrand-Sévère Laurence, évêque de Tarbes, la mitre au front, revêtu de son costume pontifical, d'une main bénissant les peuples, de l'autre s' appuyant sur son grand bâton d'or.

Une émotion indescriptible, une ivresse comme en connaissent seules les multitudes chrétiennes assemblées sous le regard de Dieu remplissait tous les cœurs. Il était enfin venu, après tant de peines, tant de luttes, tant de traverses, le jour du triomphe solennel.. Des larmes de bonheur, d'enthousiasme et d'amour coulaient sur les visages émus de ces peuples, remués par le souffle de Dieu. Quelle joie indicible devait, au milieu de cette fête universelle, remplir le cœur de Bernadette, marchant sans doute en tête de la Congrégation des Enfants de Marie? Quels sentiments d'écrasante félicité devaient inonder l'âme du vénérable Curé de Lourdes, chantant sans doute, à côté de l'Évêque, l'Hosanna de la victoire divine? Ayant été tous deux à la peine, le moment était pour eux venu d'être tous deux à la gloire.

III. Hélas! parmi les Enfants de Marie on cherchait en vain Bernadette; parmi le Clergé qui entourait le prélat on cherchait en vain le Curé Peyramale. Il est des joies trop fortes pour la terre et qui sont réservées pour le Ciel. Ici-bas, Dieu les refuse à ses fils plus chers. A cette heure où tout était en fête, et où le soleil heureux éclairait le triomphe des fidèles et des croyants, le Curé de Lourdes, atteint d'une maladie que l'on jugeait mortelle, était en proie à d'atroces souffrances physiques. Il était étendu sur son lit de douleur, au chevet duquel veillaient et priaient nuit et jour deux religieuses hospitalières. Il voulut se faire lever pour voir passer le grand cortège, mais les forces lui manquèrent, et il n'eut même pas la vision fugitive de toutes ces splendeurs. A travers les rideaux fermés de sa chambre, le son joyeux des cloches argentines ne lui arrivait que comme un glas funèbre. Quant à Bernadette, Dieu lui marquait aussi sa prédilection, comme il a coutume de le faire pour ses élus, en la faisant passer par la grande épreuve de la douleur. Tandis que, dominant l'immense procession des Fidèles, Sa Grandeur Monseigneur Laurence, évêque de Tarbes, allait, au nom de l'Église, prendre possession des Roches Massabielle et inaugurer solennellement le culte de la Vierge qui était apparue à la Voyante, Bernadette, comme le prêtre éminent dont nous venons de parler, était frappée par la maladie; et la maternelle Providence, redoutant peut-être pour son enfant bien-aimée la tentation de quelque vaine gloire, lui dérobait le spectacle de ces fêtes inouïes, où elle eût entendu son nom acclamé par des milliers de bouches et glorifié du haut de la chaire chrétienne par l'ardente parole des prédicateurs. Trop indigente pour être soignée en sa maison, ou ni elle ni les siens n'avaient jamais voulu recevoir aucun don, Bernadette avait été transportée à l'hôpital où elle gisait sur l'humble grabat de la charité publique, au milieu de ces pauvres, que le Monde qui passe appelle malheureux, mais que Jésus-Christ a bénis, en les déclarant les bienheureux de son Royaume éternel.

IV. Aujourd'hui, quatorze ans se sont écoulés depuis les Apparitions de la Très Sainte Vierge. Le vaste temple est achevé. Des Missionnaires diocésains de la maison de Garaison ont été installés par l'Évêque à quelques pas de la Grotte et de l'église pour distribuer aux pèlerins la parole apostolique, les sacrements et le corps du Seigneur. Les pèlerinages ont pris un développement sans exemple peut-être dans l'univers, car jamais, jusqu'à notre époque, ces vastes mouvements de la foi populaire n'avaient eu à leur disposition les tout-puissants moyens de transport inventés par la science moderne. Le chemin de fer des Pyrénées, pour lequel un tracé plus direct et moins coûteux était marqué d'avance entre Tarbes et Pau, a fait un détour pour passer à Lourdes, où il verse incessamment d'innombrables voyageurs, qui viennent, de tous les points de l'horizon, invoquer la Vierge apparue à la Grotte, et demander à la Source miraculeuse la guérison de leurs maux. On y accourt non-seulement des diverses provinces de la France, mais encore de l'Angleterre, de la Belgique, de l'Espagne, de la Russie, de l'Allemagne, Du fond des lointaines Amériques, de pieux chrétiens se sont levés, et ont franchi les Océans pour se rendre à la Grotte de Lourdes, et s'agenouiller devant ces Roches célèbres, que la Mère de Dieu a sanctifiées en les touchant. Souvent, ceux qui ne peuvent venir écrivent aux Missionnaires, et demandent qu'on leur fasse parvenir en leur pays un peu de cette eau miraculeuse. Il s'en envoie dans le monde entier.

De soixante à quatre-vingts lieues arrivent presque tous les jours d'immenses processions transportées de ces distances énormes sur les ailes rapides de la vapeur. Nous en avons vu venir de Bayonne, de Peyrehorade, de la Teste, d'Arcachon, de Bordeaux. Il en viendra de Paris. Sur la demande des Fidèles, le chemin de fer du Midi organise chaque fois des trains spéciaux, des trains de pèlerinage, consacrés exclusivement à ce vaste et pieux mouvement de la foi catholique. A l'arrivée de ces trains, les cloches de Lourdes sonnent à toute volée. Et, de ces noirs wagons, sortent et se mettent en procession dans la cour du chemin de fer, les jeunes filles habillées de blanc, les femmes, les veuves, les enfants, les hommes mûrs, les vieillards, le Clergé revêtu de ses habits sacrés. Les bannières et les banderoles flottent au vent. On voit passer la croix du Christ, la statue de la Vierge, l'image des Saints. Les chants en l'honneur de Marie éclatent sur toutes les lèvres. L'innombrable procession traversa la ville, qui a, ces jours-là, l'aspect d'une cité sainte, comme Rome ou Jérusalem. A ce spectacle le cœur s'élève: il monte vers Dieu et se sent porté de lui-même à ces hauteurs sublimes où des larmes viennent aux yeux et où l'âme est délicieusement oppressée par la présence sensible du Seigneur Jésus. On croit avoir durant un instant comme une vision du Paradis. La main du Tout-Puissant ne se fatigue point de répandre au lieu où sa Mère apparut des grâces de toute nature. Les miracles y sont devenus innombrables.

V. Ces faits ont reçu la plus immense publicité, et l'incrédulité n'a jamais osé les prendre corps à corps et les combattre. Quarante-cinq éditions du livre dont nous venons de lire l'abrégé se sont écoulées sans que personne ait entrepris l'impossible tâche de réfuter les événements miraculeux qu'il raconte et qui ont eu pour témoins des peuples entiers. Voulant pousser jusques en leurs derniers retranchements les incroyants et les libres penseurs, un chrétien de notre temps, M. E. Artus, a ouvert un pari de 10 000 francs ou de toute autre somme plus forte si on le voulait, contre quiconque contesterait la véracité des nombreux miracles rapportés par M. Henri Lasserre; et il a choisi à l'avance pour juges de ce débat les membres les plus honorables et les plus illustres de l'Académie de médecine, de l'Académie des sciences et de toutes les classes de l'Institut. Nul, dans tout le camp de la libre pensée, n'a essayé de tenir le pari. L'incrédulité en masse a reculé. Après la publication de ce livre, Notre Très-Saint Père le Pape Pie IX a solennellement reconnu la vérité des Apparitions et des Miracles de Lourdes, par un Bref adressé à M. Henri Lasserre et cité plus haut. Et depuis ce moment, sur la supplique de M. Henri Gaston de Béarn, prince de Viana, Sa Sainteté a accordé (outre des faveurs moindres pour un simple pèlerinage pieusement accompli), l'Indulgence Plénière la rémission de tous les péchés aux Fidèles de l'un et de l'autre sexe qui, vraiment pénitents, ayant confessé leurs péchés et reçu la Communion, visiteront dévotement un jour de l'année, à leur choix, l'église de Notre Dame de Lourdes, et qui y prieront avec piété pour la concorde des princes chrétiens, l'extirpation des hérésie et l'exaltation de Notre Mère la Sainte Eglise.

VI. La plupart des personnages nommés dans le cours de cette histoire vivent encore. Il n'en est que quelques-uns qui ne soient plus de ce monde. Le préfet Pardoux, le juge Jean D., le maire H Anselme, Mgr Laurence sont morts. Plusieurs ont fait des pas en avant dans le chemin de la fortune. M. Gustave R. a quitté le Ministère des Cultes qui, ce semble, lui convenait peu, pour administrer les lingots d'or de la Banque de France. M. Vital, Procureur Impérial, est devenu Conseiller à la Cour. M. Dominique est Commissaire central dans une des plus grandes villes de France. Bourriette, Croisine Bouhohorts et son fils, Henri Busquet,, Mlle Moreau de Sazenay, la veuve Crozat, Jules Lacassagne, presque tous ceux dont nous avons raconté la guérison sont encore pleins de vie et témoignent par leur santé retrouvée et leurs infirmités disparues, de la toute-puissante miséricorde de l'Apparition de la Grotte. M. le docteur Dozous continue d'être le médecin le plus éminent de Lourdes. M. le docteur Vergez est médecin des eaux de Barèges et il peut attester aux visiteurs de ces thermes célèbres des miracles qu'il constata jadis. M. Estrade, cet observateur impartial dont nous avons -plus d'une fois reproduit les impressions, est Receveur des Contributions Indirectes, à Bordeaux. M. l'abbé Peyrainale a guéri de la cruelle maladie dont nous parlions plus haut. Il est toujours le vénéré pasteur de cette chrétienne ville de Lourdes où sa personnalité, puissante dans le bien, est à jamais marquée en traits ineffaçables. Longtemps, très-longtemps après lui, alors qu'il sera couché sous les herbes au milieu de la génération qu'il a formée au Seigneur, alors que les successeurs de ses successeurs habiteront en son Presbytère et occuperont a l'église son grand fauteuil de bois, sa pensée sera encore vivante dans l'âme de tous; et quand on dira ces mots : « le Curé de Lourdes », c'est à lui que l'on pensera. Tandis que les millions se dirigent vers la Grotte pour faire achever le temple auguste, le père Soubirous est demeuré un pauvre meunier, vivant Déniblement du labeur de Ses mains. Marie, celle de ses filles qui était avec la Voyante lors de la première Apparition, a épousé un bon paysan, qui est devenu meunier et qui travaille avec son beau-père. L'autre compagne de l'enfant, Jeanne Abadie, est servante à Bordeaux.

VII. Bernadette n'est plus à Lourdes. On a vu comme elle avait, en maintes circonstances, repoussé les dons enthousiastes et refusé d'ouvrir à la fortune qui frappait à l'humble porte de sa maison. Elle rêvait d'autres richesses. « On saura un jour, avaient, à l'origine, dit les incroyants, comment elle sera récompensée ». Bernadette, en effet, a choisi sa récompense et mis la main sur son trésor. Elle s'est faite Sœur de charité. Elle s'est vouée à soigner, dans les hôpitaux, les pauvres et les malades recueillis par la pitié publique. Après avoir vu devant ses yeux la face resplendissante de la Mère du Dieu trois fois saint, que pouvait-elle faire autre chose que de devenir la servante attendrie de ceux dont le Fils de la Vierge a dit: « Ce que vous ferez au plus humble de ces petits, c'est à Moi-même que vous le ferez ».

C'est chez les Sœurs de la Charité et de l'Instruction chrétienne de Nevers que la Voyante a pris le voile. Elle se nomme la sœur Marie-Bernard. L'auteur de ce livre l'a vue naguère en son costume de religieuse, à la maison mère de bette Congrégation. Bien qu'elle ait aujourd'hui vingt-sept à vingt-huit ans, sa physionomie a conservé le caractère et la grâce de l'enfance. Elle possède un charme incomparable, un charme qui n'est point d'ici-bas et qui élève l'âme vers les régions du ciel. Eu sa présence, le cœur se sent remué dans ce qu'il a de meilleur par je ne sais quel sentiment religieux, et on la quitte tout embaumé par le parfum de cette paisible innocence. On comprend que la sainte Vierge l'ait aimée. D'ailleurs, rien d'extraordinaire, rien qui la signale aux regards et qui puisse faire deviner le rôle immense qu'elle a rempli entre la Terre et le Ciel. Sa simplicité n'a pas même été atteinte par le mouvement inouï qui s'est fait autour d'elle. Le concours des multitudes et l'enthousiasme des peuples n'ont pas plus troublé son âme que l'eau ne ternirait, en le baignant une heure ou un siècle, l'impérissable pureté du diamant.

Dieu la visite encore, non plus par des Apparitions radieuses, mais par l'épreuve sacrée de la souffrance. Elle est souvent malade, et ses tortures sont cruelles. Elle les supporte avec une patience douce et presque enjouée. Plusieurs fois on l'a crue à la mort: « Je ne mourrai pas encore », dit-elle en souriant. Jamais, à moins d'être interrogée, elle ne parle des faveurs divines dont elle a été l'objet. Elle fut le témoin de la Vierge. Maintenant qu'elle a rempli son message, elle s'est retirée à l'ombre de la vie religieuse, humble et cherchant à se perdre dans la foule de ses compagnes. C'est pour elle un chagrin lorsque le monde la vient chercher au sein de sa retraite et que quelque circonstance la force à se produire encore. Elle redoute le bruit et fuit la gloire humaine. Elle repousse loin d'elle tout ce qui peut lui rappeler la célébrité de son nom dans l'univers chrétien. Ensevelie en sa cellule ou absorbée dans le soin des malades, elle ferme son oreille à tous les tumultes de la terre: elle en détourne sa pensée et son cœur pour se recueillir dans la paix de sa solitude ou dans les joies de sa charité. Elle vit dans l'humilité du Seigneur et elle est morte aux vanités d'ici-bas Ce livre dont nous achevons la dernière page, ce livre qui parle tant de Bernadette, la sœur Marie-Bernard ne le lira jamais.

 442_001

Prière pour l'œuvre de Notre-Dame de Lourdes

 

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Que vous demanderons-nous, ô Notre-Dame de Lourdes, en ce dernier jour du beau mois fleuri qui vous est consacré? Que vous demanderons-nous après avoir terminé ce livre où sont racontés les Miracles de votre toute -puissante bonté, ces Miracles que vous continuez chaque jour aux Roches bénies de Massabielle? Nous vous prierons, ô Marie, pour l'Oeuvre même que vous avez fondée: pour l'œuvre générale et publique que vous avez établie , en faveur du genre humain, aux lieux illustres où jaillit la Source miraculeuse; pour l'œuvre particulière et cachée que vous avez établie, durant ces trente et un jours, au fond du cœur de chacun de nous. Notre-Dame de Lourdes, protégez ce Pèlerinage sacré, ce Sanctuaire de grâces et de bénédictions que vous avez remis à la garde fragile des hommes; et empêchez qu'il ne périsse par leurs fautes, comme périssent, hélas! Ici bas, tant de grâces de Dieu dont ne craint point d'abuser la basse ingratitude des enfants d'Adam.

Reine de Vérité, préservez contre toute atteinte la divine intégrité de votre incomparable histoire. Vous l'avez défendue à l'origine contre les attaques ouvertes ou les pièges cachés de l'incrédulité, irritée jusqu'à la fureur. Défendez-la désormais contre ce fatal esprit de légende, que le Démon fait si souvent surgir à côté des actes divins, afin de les perdre plus tard en les rendant réfutables par ce mélange d'erreur. A toujours défendez-la contre le zèle irrespectueux des faux historiens, contre tous ceux qui, par des faits acceptés sans critique, par des miracles apocryphes, par des inventions humaines oseraient se flatter d'embellir en quoi que ce soit ce qu'a jugé bon d'accomplir en ce monde la Sagesse éternelle qui gouverne la Terre et le Ciel. Défendez-la contre ces écrits inconsidérés qui ont tant de fois compromis ou discrédité les événements les plus certains et les mieux établis, et, par l'adjonction de ce Surnaturel imaginaire, œuvre de l'homme, altéré, dans l'âme des peuples, la foi au Surnaturel véritable, œuvre de Dieu. Que votre divine histoire demeure à jamais immuable et solide comme le Roc que foulèrent vos pieds.

Veillez aussi, ô Marie, sur ces Roches très-saintes où les multitudes, toutes frémissantes d'amour, viennent se prosterner à genoux. Défendez-les contre toute profanation, et que le seuil en soit à jamais sacré comme celui du temple auguste d'où le fouet de Jésus indigné chassa les vendeurs et les trafiquants. Donnez, donnez avec surabondance et conservez aux gardiens de ce lieu béni l'esprit de pauvreté, l'esprit de l'humble Bernadette et de son indigente famille, cet esprit de pauvreté dont, avec Jésus et Joseph, vous fûtes, ô Vierge de Nazareth, le modèle idéal. Que par le spectacle de leur dévouement apostolique, ils édifient les fidèles et les infidèles, accourus de tout l'univers. Qu'entre leurs mains votre œuvre demeure pure, ô Marie, et que nulle âme, venue pour y chercher la Foi, n'y trouve jamais le scandale ou la pierre d'achoppement! Que cette œuvre demeure pure à jamais comme la Source sacrée que votre volonté fit jaillir.

Notre-Dame de Lourdes, bénissez l'Êvêque de ce diocèse de Tarbes où vous êtes apparue. Confirmez-le dans toutes les vertus épiscopales, et pénétrez-le de plus en plus de l'esprit même du Sauveur. Qu'il veille particulièrement, qu'il veille avec un soin pieux à ce que nul alliage indigne ne se mêle à l'immaculée pureté et à l'absolue vérité de votre œuvre très-sainte. Bénissez-le, ô Marie, et embrasez son âme de ce puissant et divin sentiment qui faisait appliquer si justement à Jésus ces paroles du Prophète: « Le zèle de Votre Maison me dévore ».

Notre-Dame de Lourdes, bénissez encore une fois l'infaillible Chef de l'Église, Notre Très-Saint Père le Pape, assis en cette Chaire de Vérité sur laquelle, depuis bientôt dix-neuf siècles, plane l'Esprit de Dieu. Bénissez ce Saint-Siége qui a eu la gloire de proclamer votre Immaculée Conception, et qui a reconnu solennellement, la vérité de vos Apparitions et la réalité de vos Miracles. Pour Notre Très-Saint-Père nous avons prié en commençant votre histoire; pour Notre Très-Saint-Père, nous vous prions encore en la finissant. Ne représente-t-il pas en ce monde Celui qui a dit de lui-même: « Je suis le commencement et la fin, je suis l'Alpha et l'Oméga de toutes choses ».

Et maintenant, ô Notre-Dame de Lourdes, nous vous prions aussi pour l'œuvre particulière que vous avez fondée en nous-mêmes. Conservez en nos cœurs la foi ardente qui, par moments est venue échauffer nos âmes pendant que nous contemplions vos merveilles. Maintenez en nos cœurs les bonnes résolutions que nous avons prises, durant ce mois qui nous a tous réunis en votre nom. Humblement prosternés à vos pieds, nous nous consacrons à Vous, ô Notre-Dame de Lourdes, nous nous donnons à Vous, nous remettons à Votre bonté la direction de notre vie. Soyez désormais notre espérance et notre force, notre consolation et notre soutien, notre joie et notre amour. Chaque jour, nous ajouterons à nos prières, Ces mots, désormais chers à notre cœur: « Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous ». Nous les répéterons souvent en nous-mêmes, sachant que vous les entendez et que vous êtes à côté de nous, ô Notre Mère, invisible et présente. Nous les dirons enfin à l'heure redoutable où nous irons paraître devant le Souverain Juge. Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous! Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous! Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous! Ainsi soit-il.

 

Fin du Mois de Marie

 

Prochain Mois de Dévotion, le Mois du Sacré Cœur, rendez-vous le 31 mai

 

Téléchargez l'intégralité des méditations du Mois de Marie de Notre Dame de Lourdes (pdf) en cliquant ici

 067_002

Pour recevoir par e-mail les méditations des prochains mois de dévotion, ainsi que des prières et être informé des mises à jours, abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

2 mai 2012

Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Henri Lasserre

 3

Troisième jour

Deuxième Apparition, rumeur populaire

 

I. La scène que nous venons de raconter avait duré environ un quart d'heure: non point que Bernadette eût eu conscience du temps, mais il se peut mesurer par cette circonstance qu'elle avait pu dire les cinq dizaines de son chapelet. Complètement revenue à elle, Bernadette acheva de se déchausser, traversa le petit cours d'eau et rejoignit ses compagnes. Absorbée par la pensée de ce qu'elle venait de voir, elle ne craignait plus la froideur de l'eau. Toutes les forces enfantines de l'humble petite fille étaient concentrées à repasser encore en son cœur le souvenir de cette Apparition inouïe. Jeanne et Marie l'avaient vue tomber à genoux et se mettre en prière; mais ce n'est point rare, Dieu merci, parmi les enfants de la montagne, et, occupées à leur besogne, elles n'y avaient fait nulle attention.

Bernadette fat surprise du calme complet de sa sœur et de Jeanne, qui venaient de terminer en ce moment même leur petit travail, et qui, entrant sous la Grotte, s'étaient mises à jouer comme si rien d'extraordinaire ne se fût accompli. « Est-ce que vous n'avez rien vu? » leur dit l'enfant. Elles remarquèrent alors, qu'elle paraissait agitée et émue. « Non, répondirent-elles. Et toi, est-ce que tu as vu quelque chose? » La Voyante craignit-elle de profaner, en le disant, ce qui remplissait son âme? voulut-elle le savourer en silence? fut-elle retenue par une sorte de timidité craintive? toujours est-il qu'elle obéit a ce besoin instinctif des âmes humbles de cacher comme un trésor les grâces particulières dont Dieu les favorise. « Si vous n'avez rien vu, dit-elle, je n'ai rien à vous dire ». Les petits fagots étaient terminés. Les trois enfants reprirent le chemin de Lourdes.

Mais Bernadette n'avait pu dissimuler son trouble. Chemin faisant, Marie et Jeanne la tourmentèrent pour savoir ce qu'elle avait vu. La petite bergère céda à leurs instances et a leur promesse de garder le secret. « J'ai vu, dit-elle, quelque chose habillé de blanc ». Et elle leur décrivit, en son langage, sa merveilleuse Vision. « Voilà ce que j'ai vu, dit-elle en terminant; mais, je vous en prie, n'en dites rien ». Marie et Jeanne ne doutèrent point. L'âme, dans sa pureté et son innocence première, est naturellement croyante, et le doute n'est point le mal de l'enfance naïve. D'ailleurs, l'accent vivant et sincère de Bernadette, encore tout émue, encore tout imprégnée de ce qu'elle venait de voir s'imposait irrésistiblement. Marie et Jeanne ne doutèrent pas, mais elles furent effrayées. Les enfants des pauvres sont toujours craintifs. Cela n'est que trop explicable: la souffrance leur vient de tous les côtés.

« C'est peut-être quelque chose pour nous faire du mal, dirent-elles. N'y revenons plus, Bernadette ». A peine arrivées à la maison, les confidentes de la petite bergère ne purent longtemps garder leur secret. Marie raconta tout à sa mère. « Ce sont des enfantillages », dit celle-ci.... « Que me raconte donc ta sœur? » reprit- elle en interrogeant Bernadette, Celle-ci recommença son récit. La mère Soubirous haussa les épaules: « Tu t'es trompée. Ce n'était rien du tout. Tu as cru voir quelque chose et tu n'as rien vu. Ce sont des lubies, des enfantillages ». Bernadette persista dans son dire. « Quoiqu'il en soit, reprit la mère, n'y retourne plus; je te le défends ». Cette défense serra le cœur de Bernadette : car, depuis que l'Apparition s'était évanouie, son plus grand désir était de la revoir. Cependant elle se résigna et ne répondit rien.

II. Deux jours, le vendredi et le samedi, se passèrent. Cet événement extraordinaire se présentait à chaque instant à la pensée de Bernadette, et il faisait le sujet constant de ses entretiens avec sa sœur Marie, avec Jeanne et quelques autres enfants. Bernadette avait encore au fond de l'âme, et dans toute sa suavité, le souvenir de la céleste Vision. Une passion, si l'on peut se servir de ce mot profané pour désigner un sentiment si pur, était née dans ce cœur innocent dé petite fille: l'ardent désir de revoir la Dame incomparable. Ce nom de « Dame » était celui qu'elle lui donnait en son rustique langage. Toutefois quand on lui demandait si cette Apparition ressemblait à quelqu'une des dames qu'elle voyait, soit dans la rue, soit à l'église, à quelqu'une des personnes célèbres dans le pays pour leur beauté éclatante, elle secouait la tête et souriait doucement: « Rien de tout cela n'en donne une idée, disait-elle. Elle est d'une beauté qu'il est impossible d'exprimer ». Elle, désirait donc la revoir. Les autres enfants étaient partagés entre la peur et la curiosité.

III. Le Dimanche, le soleil s'était levé radieux, et il faisait un temps magnifique. Il y a souvent dans les vallées pyrénéennes de ces jours de printemps, tièdes et doux, égarés dans la saison d'hiver. En revenant de la Messe, Bernadette pria sa sœur Marie, Jeanne et deux ou trois autres enfants, d'insister auprès de sa mère pour qu'elle levât sa défense et leur permît de retourner aux Roches de Massabielle. « Peut-être est-ce quelque chose de méchant », disaient les enfants. Bernadette répondait qu'elle ne le croyait pas, qu'elle n'avait jamais vu une physionomie si merveilleusement bonne. « En tout cas, reprenaient les petites filles, qui, plus instruites que la pauvre bergère de Bartrès, savaient un peu de catéchisme, en tout cas, il faut lui jeter de l'eau bénite. Si c'est le diable, il s'en ira. Tu lui diras: « Si vous venez de la part de Dieu, approchez; si vous venez de la part du démon, allez vous-en ».

Ce n'était point tout à fait la formule précise des exorcismes: mais, en vérité, les petites théologiennes de Lourdes raisonnaient, en cette affaire, avec autant de prudence et de justesse qu'aurait pu le faire un docteur en Sorbonne. Il fut donc décidé, dans ce concile enfantin, que l'on apporterait de l'eau bénite. Une certaine appréhension était d'ailleurs venue à Bernadette elle-même à la suite de ces causeries. Restait à obtenir la permission. Les enfants toutes réunies la demandèrent après le repas de midi. La mère Soubirous voulut d'abord maintenir sa défense, alléguant que le Gave longeait et baignait les Roches Massabielle, qu'il y aurait peut-être du danger, que l'heure des Vêpres était proche et qu'il ne fallait pas s'exposer aies manquer, que c'étaient là des enfantillages, etc. Mais on connaît à quel point d'insistance et de pression irrésistible peut s'élever une légion d'enfants. Toutes promirent d'être prudentes, d'être expéditives, d'être sages, et la Mère finit par céder.

Le petit groupe se rend à l'église et y prie quelques instants. Une des compagnes de Bernadette avait apporté une bouteille d'un demi-litre: on la remplit d'eau bénite. Arrivées à la Grotte, rien ne se manifesta tout d'abord. « Prions, dit Bernadette, et récitons le chapelet ». Voilà les enfants qui s'agenouillent et qui commencent, chacune à part soi, la récitation du Rosaire. Tout à coup le visage de Bernadette paraît se transfigurer et se transfigure en effet. Une émotion extraordinaire se peint dans tous ses traits; son regard, plus brillant, semble aspirer une lumière divine. Les pieds posés sur le roc, vêtue comme la première fois, l'Apparition merveilleuse venait de se manifester à ses yeux. « Regardez ! dit-elle: La voilà! » Hélas! la vue des autres enfants n'était pas miraculeusement dégagée comme la sienne du voile de chair qui empêche Je voir les corps spiritualisés. Les petites filles n'apercevaient que le rocher désert et les branches de l'églantier, qui descendaient, en faisant mille arabesques, jusqu'au pied, de cette niche mystérieuse où Bernadette contemplait un Être inconnu. Toutefois» la physionomie de Bernadette était telle qu'il n'y avait pas moyen de douter. L'une des enfants plaça la bouteille d'eau bénite entre les mains de la Voyante.

Alors Bernadette, se souvenant de ce qu'elle avait promis, se leva, et secouant vivement et à plusieurs reprises la petite bouteille elle aspergea la Dame merveilleuse, qui se tenait toute gracieuse à quelques pas devant elle, dans l'intérieur de la niche. « Si vous venez de la part de Dieu, approchez », dit Bernadette. A ces mots, à ces gestes de l'enfant, la Vierge s'inclina à plusieurs reprises et s'avança presque sur le bord du rocher. Elle semblait sourire aux précautions de Bernadette et à ses armes de guerre, et, au nom sacré de Dieu, son visage s'illumina. « Si vous venez de la part de Dieu, approchez », répétait Bernadette.... Mais, la voyant si belle, si éclatante de gloire, si resplendissante de bonté céleste, elle sentit son cœur lui faillir au moment d'ajouter: « Si vous venez de la part du Démon, allez-vous-en ». Ces paroles qu'on lui avait dictées, lui semblèrent monstrueuses en présence de l'Etre incomparable, et elles s'enfuirent pour jamais de sa pensée sans être montées jusqu'à ses lèvres. Elle se prosterna de nouveau et continua de réciter le chapelet, que la Vierge semblait écouter, en faisant elle-même glisser le sien entre ses doigts. A la fin de cette prière, l'Apparition s'évanouit.

IV. En reprenant le chemin de Lourdes, Bernadette était dans la joie. Elle repassait au fond de son âme ces choses si profondément extraordinaires. Ses compagnes éprouvaient une vague terreur. La transfiguration du visage de Bernadette leur avait montré la réalité d'une Apparition surnaturelle. Or, tout ce qui dépasse la nature l'effraye. « Éloignez-vous de nous, Seigneur, de peur que nous ne mourions », disaient les Juifs du Vieux Testament. « Nous avons peur, Bernadette. Ne retournons plus ici. Ce que tu as vu vient peut-être pour nous faire du mal, disaient à la jeune Voyante ses compagnes craintives ». Comme elles l'avaient promis, les enfants rentrèrent pour les Vêpres. A la sortie de l'Église, la beauté du temps attira sur la route une partie de la population, allant, venant, devisant aux derniers rayons du soleil, si doux en ces splendides jours d'hiver. Le récit des petites filles circula çà et là dans quelques groupes de promeneurs. St c'est ainsi que le bruit de ces choses étranges commença à se répandre dans la ville. La rumeur, qui n'avait d'abord agité qu'une humble société d'enfants, grossissait comme un flot qui monte et pénétrait de l'une à l'autre dans les couches populaires. Les carriers, très nombreux en ce pays, les couturières, les ouvriers, les paysans, les servantes, les bonnes femmes, les pauvres gens s'entretenaient, ceux-ci pour y croire, ceux-là pour le contester, d'autres pour en rire, plusieurs pour l'exagérer et broder des contes, de ce prétendu fait de l'Apparition. Sauf une ou deux exceptions, la bourgeoisie ne prit pas même la peine d'arrêter sa pensée à ces enfantillages. Chose singulière ! le père et la mère de Bernadette, tout en croyant à sa pleine sincérité, considéraient l'Apparition comme une illusion. « C'est une enfant, disaient-ils. Elle a cru voir; mais elle n'a rien vu. Ce sont des imaginations de petite fille ». Toutefois, la précision extraordinaire des récits de Bernadette les préoccupait. Par moments, entraînés par l'accent de leur fille, ils se sentaient ébranlés dans leur incrédulité. Tout en désirant qu'elle n'allât plus à la Grotte, ils n'osaient plus le lui défendre. Elle n'y revint pourtant point jusqu'au jeudi.

 442_001

Prière pour demander la vertu de Persévérance

 

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.


Notre-Dame de Lourdes! Nous avons, nous aussi, comme l'enfant à qui vous apparaissiez, nos effrois et nos terreurs devant les manifestations d'en haut. Nous aussi, quand se présente à notre âme quelque chose de divin, comme le devoir à accomplir, comme la religion à pratiquer, nous éprouvons un certain tremblement et une sorte de défaillance. Apprenez-nous, ô Marie, à surmonter avec l'aide de la prière, la première teneur de notre nature craintive. Faites-nous comprendre que la vertu n'est austère qu'en apparence, et que si un certain effroi en précède les actes, une joie ineffable les accompagne et les suit: tout à l'inverse du péché qui nous séduit et nous trompe par l'appât du plaisir et qui ne laisse après lui que le vide et la déception, que l'amertume et la tristesse. L'expérience a prouvé mille fois cette vérité à nos esprits; et il semble pourtant que nous l'ignorions entièrement, tant nous sommes rebelles ou lents à faire le bien, tant nous succombons aisément à la tentation. O notre Mère, faites pénétrer cette vérité jusqu'au fond de nos cœurs, afin qu'elle aide notre faiblesse et que nous suivions toujours dans la vie les voies et les sentiers du Seigneur. Et quand Dieu nous fait une grâce spéciale, donnez-nous aussi, comme à l'humble bergère que vous avez aimée, de la garder en notre mémoire et de la conserver dans notre cœur, sans nous en laisser distraire par les événements, par les troubles, par les railleries, ou les contradictions du dehors. Par un tel respect de la grâce reçue, donnez-nous de mériter chaque fois une grâce nouvelle, afin que, marchant de la sorte de vertus en vertus, nous arrivions enfin jusqu'au pied du Trône de Dieu, dans ce séjour bienheureux où l'éternel repos et l'éternelle vie succéderont pour jamais à nos labeurs éphémères et à nos chagrins d'un jour. Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous. Ainsi soit-il.

 

Pour recevoir par e-mail les méditations du Mois de Marie de Notre Dame de Lourdes, ainsi que des prières et être informé des mises à jours, abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

1 mai 2012

Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Henri Lasserre

 

2

Deuxième jour

Première Apparition

 

I. Bernadette et ses deux compagnes, cheminant de là sorte, étaient arrivées au fond de l'île du Chalet, à l'endroit même où le ruisseau du moulin venait rejoindre le Grave. En face d'elles s'élevait une masse de rochers, à la base desquels se trouvait une grotte assez large et très peu profonde. Par un de ces jeux de la nature, comme on en remarque parfois, une sorte de niche naturelle, grande à peu près comme une très-haute fenêtre, dominait cette cavité. Au pied de cette niche serpentait un rosier sauvage qui avait poussé dans les fentes du roc. On nommait ces excavations la Grotte de Massabielle, « Massabielle », en patois du pays, veut dire « vieux rocher ». Le ruisseau était ce jour-là presque à sec, à cause de réparations que l'on faisait au moulin. Il n'y avait guère qu'un filet d'eau.

Tombées des divers arbustes qui poussaient dans les anfractuosités du rocher, des branches de bois mort tapissaient ce lieu désert, que le dessèchement accidentel du canal rendait en ce moment plus accessible que de coutume. Joyeuses de cette trouvaille, diligentes et actives comme la Marthe de l'Évangile, Jeanne et Marie ôtèrent bien vite leurs sabots de bois et traversèrent le ruisseau. « L'eau est bien froide », dirent-elles en arrivant sur l'autre rive et remettant leurs sabots. On était au mois de février, et ces torrents de la Montagne, à peine sortis des neiges éternelles où leur source se forme, sont généralement d'une température glaciale. Bernadette, moins alerte ou moins empressée, chétive d'ailleurs, était encore en deçà du petit cours d'eau. C'était pour elle tout un embarras que de traverser ce faible courant. Elle avait des bas, tandis que Marie et Jeanne étaient nu-pieds dans leurs sabots, et elle avait à se déchausser. Devant l'exclamation de ses compagnes, elle redouta le froid de l'eau. « Jetez deux ou trois grosses pierres au milieu du ruisseau, leur dit-elle, pour que je puisse passer à pied sec ». Les deux glaneuses de bois s'occupaient déjà a composer leur petit fagot. Elles ne voulurent pas perdre leur temps à se déranger: « Fais comme nous, répondit Jeanne: mets-toi nu-pieds ». Bernadette se résigna, et, s' adossant à un fragment de roche qui était là, elle commença à défaire sa chaussure. Il était environ midi, l'Angélus devait sonner en ce moment à tous les clochers des villages pyrénéens.

Elle était en train d'ôter son premier bas, lorsqu'elle entend autour d'elle comme le bruit d'un coup de vent, se levant dans la prairie avec je ne sais quel caractère d'irrésistible puissance. Elle crut à un ouragan soudain et se retourna instinctivement. A sa grande surprise, les peupliers qui bordent le Gave étaient dans une complète immobilité. Aucune brise, même légère, n'agitait leurs branches paisibles. « Je me serai trompée », se dit-elle. Et, songeant encore a ce bruit, elle ne savait que croire. Elle se remit a se déchausser. En ce moment, l'impétueux roulement de ce souffle inconnu se fit entendre de nouveau. Bernadette leva la tête, regarda en face d'elle et poussa aussitôt, ou plutôt voulut pousser un grand cri, qui s'étouffa dans sa gorge. Elle frissonna de tous ses membres, et, terrassée, éblouie, écrasée en quelque sorte par ce qu'elle aperçut devant elle, elle s'affaissa sur elle-même, ploya, pour ainsi dire, tout entière, et tomba à deux genoux.

Un spectacle vraiment inouï venait de frapper son regard. Le récit de l'enfant, les interrogations innombrables que lui ont faites depuis cette époque mille esprits investigateurs et sagaces, les particularités précises et minutieuses dans lesquelles tant d'intelligences en éveil l'ont forcée de descendre, permettent de tracer d'une main aussi sûre de chaque détail que de la physionomie générale, le portrait étonnant de l'Être merveilleux qui apparut en cet instant aux yeux de Bernadette, terrifiée et ravie.

II. Au-dessus de la Grotte devant laquelle Marie et Jeanne, empressées et courbées vers la terre, ramassaient du bois mort; dans cette niche rustique formée par le rocher, se tenait debout, au sein d'une clarté surhumaine, une femme d'une incomparable splendeur. L'ineffable lueur qui flottait autour d'elle ne troublait ni ne blessait les yeux comme l'éclat du soleil. Tout au contraire, cette auréolé, vive comme un faisceau de rayons et paisible comme l'ombre profonde, attirait invinciblement le regard, qui semblait s'y baigner et s'y reposer avec délices. C'était, comme l'Étoile du matin, la lumière dans la fraîcheur. Rien de vague, d'ailleurs, ou de vaporeux dans l'Apparition elle-même. Elle n'avait point les contours fuyants d'une vision fantastique; c'était une réalité vivante, un corps humain, que l'œil jugeait palpable comme la chair de nous tous, et qui ne différait d'une personne ordinaire que par son auréole et par sa divine beauté.

Elle était de taille moyenne. Elle semblait toute jeune et elle avait la grâce de la vingtième année; mais, sans rien perdre de sa tendre délicatesse, cet éclat, fugitif dans le temps, avait en elle un caractère éternel. Bien plus, dans ses traits aux lignes divines se mêlaient en quelque sorte, sans en troubler l'harmonie, les beautés successives et isolées des quatre saisons de la vie humaine. L'innocente candeur de l'Enfant, la pureté absolue de la Vierge, la gravité tendre de la plus haute des Maternités, une Sagesse supérieure à celle de tous les siècles accumulés, se résumaient et se fondaient ensemble, sans se nuire l'une à l'autre, dans ce merveilleux visage de jeune fille. A quoi le comparer en ce monde déchu, où les rayons du beau sont épars, brisés et ternis, et où ils ne nous apparaissent jamais sans quelque impur mélange? Toute image, toute comparaison serait un abaissement de es type indicible. Nulle majesté dans l'univers, nulle distinction de ce monde , nulle simplicité d'ici-bas, ne peuvent en donner une idée et aider à le faire mieux comprendre. Ce n'est point avec les lampes de la terre que l'on peut faire voir, et, pour ainsi dire, éclairer les astres du ciel.

La régularité même et l'idéale pureté de ces traits, où rien n'était heurté, les dérobe à la description. Faut-il dire cependant que la courbe ovale du visage était d'une grâce infinie, que les yeux étaient bleus et d'une suavité qui semblait fondre le cœur de quiconque en était regardé? Les lèvres respiraient une bonté et une mansuétude divines. Le front paraissait contenir la sagesse suprême, c'est-à-dire la science de toutes choses, unie à la vertu sans bornes. Les vêtements, d'une étoffe inconnue, et tissés sans -doute dans l'atelier mystérieux où s'habille le lis des vallées, étaient blancs comme la neige immaculée des montagnes, et plus magnifiques en leur simplicité que le costume éclatant de Salomon dans sa gloire. La robe, longue et traînante, la robe aux chastes plis, laissait ressortir les pieds, qui reposaient sur le roc et foulaient légèrement la branche de l'églantier. Sur chacun de ces pieds, d'une nudité virginale, s'épanouissait la Rose mystique, couleur d'or.

Sur le devant, une ceinture, bleue comme le ciel et nouée à moitié autour du corps, pendait en deux longues bandes qui touchaient presque à la naissance des pieds. En arrière, enveloppant dans son amplitude les épaules et le haut des bras, un voile blanc, fixé autour de la tête, descendait jusque vers le bas de la robe. Ni bagues, ni collier, ni diadème, ni joyaux: nul de ces ornements dont s'est parée de tout temps la vanité humaine. Un chapelet, dont les grains étaient blancs comme des gouttes de lait, dont la chaîne était jaune comme l'or des moissons, pendait entre les mains, jointes avec ferveur. Les grains du chapelet glissaient l'un après l'autre entre les doigts. Toutefois les lèvres de cette Reine des Vierges demeuraient immobiles. Au lieu de réciter le rosaire, elle écoutait peut-être en son propre cœur l'écho éternel de la Salutation Angélique et le murmure immense des invocations venues de la terre. Chaque grain qu'Elle touchait, c'était sans doute une pluie de grâces célestes qui tombait sur les âmes, comme des perles de rosée dans le calice des fleurs. Elle gardait le silence; mais, plus tard, sa propre parole et les faits miraculeux que nous aurons à raconter devaient attester qu'Elle était la Vierge immaculée, la très-auguste et très sainte Marie, Mère de Dieu. Cette Apparition merveilleuse regardait Bernadette, qui, dans son saisissement, s'était, comme nous l'avons dit, affaissée sur elle-même, et, sans s'en rendre compte, prosternée soudainement à genoux.

III. L'enfant, dans sa première stupeur, avait instinctivement mis la main sur son chapelet; et, le tenant dans ses doigts, elle voulut faire le signe de la croix et porter la main à son front: Mais son tremblement était tel qu'elle n'eut pas la force de lever le bras; il retomba, impuissant, sur ses genoux ployés. Le regard et le sourire de la Vierge incomparable rassurèrent bien vite la petite bergère effrayée. D'un geste grave et doux, qui avait l'air d'une toute-puissante bénédiction pour la terre et les cieux, elle fit Elle-même, comme pour encourager l'Enfant, le signe de la Croix. Et la main de Bernadette, se soulevant peu à peu comme invisiblement portée par Celle que l'on nomme le Secours des "Chrétiens, fit en même temps le signe sacré.

L'enfant n'avait plus peur. Éblouie, charmée, doutant pourtant par instants d'elle-même et se frottant les yeux, le regard constamment attiré par cette céleste Apparition, ne sachant trop que penser, elle récitait humblement son chapelet: « Je crois en Dieu; Je vous salue, Marie, pleine de grâces... » Comme elle venait de le terminer en disant: « Gloire au Père, au Fils et à l'Esprit, dans les siècles des siècles », la Vierge lumineuse disparut tout à coup, rentrant sans doute dans les Cieux éternels où réside la Trinité Sainte. Bernadette éprouva comme le sentiment de quelqu'un qui redescend ou qui retombe. Elle regarda autour d'elle. Le Gave courait toujours en mugissant à travers les cailloux et les roches brisées; mais ce bruit lui semblait plus dur qu'auparavant, les eaux lui paraissaient plus sombres, le paysage plus terne, la lumière du soleil moins claire. Devant elle s'étendaient les Roches de Massabielle, sous lesquelles ses compagnes glanaient des débris de bois. Au-dessus de la Grotte, la niche où reposait la branche d'églantier était toujours béante; mais rien d'inaccoutumé n'y apparaissait, nulle trace ne lui était restée de la visite divine, et elle n'était plus la Porte du Ciel.

 442_001

Prière pour demander l'esprit de Pauvreté, de Silence et d'Oraison

 

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

Notre-Dame de Lourdes! en souvenir de cette première Apparition dont tant d'événements qui vont suivre doivent attester la vérité; au nom du mystérieux silence qui tenait fermées vos lèvres bénies; au nom de la modestie de vos vêtements; au nom du choix que vous avez fait d'une grotte déserte pour tous manifester aux regards éblouis de l'innocence en extase, donnez-nous à nous-même l'amour de la retraite, de la simplicité et du silence. Apprenez-nous à fuir le bruit, à fuir le luxe, à fuir la foule agitée, toutes choses où n'habite point la grâce de Dieu. Guérissez nos intempérances de langue, et rappelez toujours à notre conscience qu'il n'est pas une seule de nos paroles .dont nous ne devions rendre compte au dernier jugement. Guérissez nos délicatesses extrêmes et nos vanités ridicules, notre attachement insensé à la mode du jour, aux parures, aux bijoux, aux meubles inutiles, aux frivolités de toute espèce, à la recherche efféminée du bien-être: guérissez notre coupable amour pour ces fastueuses pompes de Satan, auxquelles nous avions renoncé par notre baptême et qui ne sont dignes que de notre mépris. Donnez-nous de comprendre la vraie pauvreté de la richesse, et la vraie richesse de la pauvreté. Guérissez notre folle estime pour ce qu'on appelle le Monde, et faites-nous toujours souvenir que Jésus-Christ n'a pas prié pour le Monde et qu'il en a maudit l'esprit empoisonné. A l'amour de la retraite, de la pauvreté et du silence, ajoutez, nous vous en supplions, ô Marie, le don de la prière. En mémoire de ce Rosaire que Bernadette aperçut entre vos mains sacrées, enseignez-nous à vous invoquer vous-même avec cette piété filiale qui obtient tout, et à vous dire, avec les mêmes sentiments que l'Ange Gabriel, et que les cœurs fidèles: « Je vous salue, Marie, pleine de grâces, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Ainsi soit- il.

 

Pour recevoir par e-mail les méditations du Mois de Marie de Notre Dame de Lourdes, ainsi que des prières et être informé des mises à jours, abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

Publicité
22 mai 2012

Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Henri Lasserre

 232_001

Vingt-troisième jour

La saison des eaux, le public européen, dernière Apparition, visiteurs illustres, ordonnance de l'Evêque constituant une Commission, lettre du Ministre des Cultes à l'Évêque de Tarbes, réponse de ce dernier, analyse définitive du professeur

 

I. A mesure que juin s'inclinait vers son terme, on entrait cependant dans la grande période des eaux pyrénéennes. Bernadette était retournée à Lourdes chez ses parents. De tous côtés arrivaient aux stations thermales des baigneurs, des touristes, des curieux, des voyageurs, des explorateurs, des savants venus des mille chemins de l'Europe. Ces sévères montagnes, solitaires et sauvages durant tout le reste de l'année, se peuplaient peu à peu de tout un monde, appartenant généralement à la haute société des grandes villes. A partir de juillet, les Pyrénées sont un faubourg de Paris, de Londres, de Rome, de Berlin. Dieu suivait ses plans éternels. De même qu'autrefois, à Bethléem, il s'était montré aux bergers, bien avant de se montrer aux Rois Mages; de même, à Lourdes, il avait d'abord appelé les humbles et les petits, les montagnards et les pauvres; et c'était seulement après ceux-là qu'il convoquait- le monde riche et brillant, les souverains de la fortune, de l'intelligence et de l'art, au spectacle de son œuvre. De Cauterets, de Baréges, de Luz, de Saint-Sauveur, des Eaux-Bonnes, de Bagnères-de-Bigorre, les étrangers accouraient à Lourdes. La ville était sillonnée par des équipages étincelants, traînés, comme c'est l'usage dans ces pays, par quatre vigoureux chevaux, harnachés et fanfreluches de couleurs voyantes et de grelots sonores. La plupart des pèlerins ou des voyageurs se gardaient bien de respecter les consignes et les barrières. Ils bravaient les procès-verbaux et se rendaient à la Grotte; les uns, par Un sentiment de foi religieuse; les autres, par un vif sentiment de curiosité. Bernadette recevait d'innombrables visites. On voulait voir et on voyait les personnes guéries. Dans les mille salons des eaux thermales, les événements que nous avons racontés étaient l'objet de toutes les conversations. Peu à peu se formait l'opinion publique, non plus l'opinion de ce petit coin de terre de quarante à soixante lieues qui s'étend a la base des Pyrénées, depuis Bayonne jusqu'à Toulouse ou à Foix, mais l'opinion de la France et de l'Europe, représentées en ce moment au milieu des montagnes par des visiteurs de toutes les classes, de toutes les idées et de tous les pays.

Les violences du baron Pardoux, aussi vexatoires pour la curiosité des uns que pour la piété des autres, étaient hautement blâmées par tous les partis. Ceux-ci les déclaraient illégales, ceux-là les trouvaient inopportunes; tous s'accordaient pour les proclamer absolument impuissantes à vaincre le prodigieux mouvement dont la Grotte et la Source miraculeuse étaient le centre. Il était des circonstances où le zèle de la Police et le courage civil de Dominique lui-même étaient mis à de rudes épreuves. D'illustres personnages violaient la clôture. Grave embarras. Un jour, on arrête brusquement un homme, un étranger aux traits accentués et puissants, qui, arrivait vers le poteau avec la visible intention d'aller aux Roches Massabielle. « On ne passe pas ». « Vous allez voir que l'on passe », répond vivement l'inconnu, en entrant sans se troubler sur le terrain communal et se dirigeant vers le lieu de l'Apparition. « Votre nom? Je vous dresse procès -verbal ». « Je me nomme Louis Veuillot », répondit l'étranger.

Pendant qu'on verbalisait contre le célèbre écrivain, une dame avait franchi la limite à quelques pas en arrière, et était allée s'agenouiller contre la barrière de planches qui fermait la Grotte. A travers les fissures de cette palissade, elle regardait couler la Source miraculeuse et priait Que demandait-elle à Dieu? Son âme se tournait-elle vers le présent ou vers l'avenir? Priait-elle pour elle-même, ou pour d'autres, qui lui étaient chers et dont la destinée lui était confiée? Implorait-elle les bénédictions et la protection du Ciel pour une personne ou pour une famille? Il n'importe. Cette femme en prières n'avait pas échappé aux yeux vigilants qui représentaient la politique préfectorale, la magistrature et la police. L'Argus quitte M. Veuillot et court vers cette femme à genoux. « Madame, dit- il, il n'est pas permis de prier ici. Vous êtes prise en flagrant délit; vous aurez à en répondre devant M. le Juge de Paix, jugeant au correctionnel et en dernier ressort. Au nom de la Loi; je vous dresse procès-verbal. Votre nom? » « Volontiers, dit la dame: je suis Madame l'Amirale Bruat, Gouvernante de son Altesse le Prince Impérial ». Le terrible Dominique avait plus que personne le sentiment des hiérarchies sociales et le respect des puissances établies. Il ne verbalisa point. De telles scènes se renouvelaient souvent. Certains procès-verbaux effrayaient les agents du Préfet et eussent probablement effrayé le Préfet lui-même. Chose déplorable: l'Arrêté était violé impunément par les puissants, tandis qu'on sévissait contre les faibles. On avait deux poids et deux mesures.

II. La question soulevée par les faits surnaturels, par les Apparitions vraies ou fausses de la Vierge, par le jaillissement de la Source, par les miraculeuses guérisons, réelles ou controuvées, ne pouvait cependant, de l'avis de tous, demeurer éternellement en suspens. Il était nécessaire que toutes choses fussent soumises à un examen compétent et sévère. Les croyants, devant l'évidence des faits miraculeux, se considéraient comme certains d'un jugement solennel, en faveur de leur foi. Un très-grand nombre parmi les étrangers n'avaient point de conviction ou de parti arrêté, et demandaient à être tirés de leur incertitude par une enquête définitive. « A quoi sert l'Autorité religieuse, disaient-ils, si ce n'est à juger de pareils débats et à fixer la foi de ceux qui, à cause de la distance, du manque de documents ou de toute autre chose, ne peuvent examiner et décider par eux-mêmes? » D'incessantes réclamations arrivaient de la sorte à l'Evêché. Au murmure des multitudes se joignait la voix des classes qu'on a coutume d'appeler éclairées, bien que, souvent, les petites lumières de la terre leur fassent perdre de vue la Grande Lumière des Cieux. De toutes parts on demandait une enquête. Les cures surnaturelles continuaient à se produire. De tous côtés on adressait à l'Evêché les procès-verbaux authentiques de ces guérisons miraculeuses, signes par de nombreux témoins. Le 16 juillet, fête de Notre-Dame du Mont-Carmel, Bernadette avait entendu en elle-même la voix qui s'était tue depuis quelques mois et qui l'appelait, non plus aux Roches Massabielle, alors fermées et gardées, mais sur la rive droite du Gave, dans ces prairies où la foule se rassemblait et priait, à l'abri des procès-verbaux et des vexations de la Police. Il était huit heures du soir. A peine l'enfant se fut-elle agenouillée et eut-elle commencé la récitation du chapelet, que la très-sainte Mère de Jésus-Christ lui apparut. Le Gave, qui séparait Bernadette de la Grotte, avait en quelque sorte cessé d'exister aux yeux de l'extatique. Elle ne voyait devant elle que la Roche bénie, dont il lui semblait être aussi près qu'autrefois, et la Vierge Immaculée q û lui souriait doucement, comme pour confirmer tout le passé et illuminer tout l'avenir. Aucune parole ne sortit des lèvres divines. A un Certain moment, Elle inclina la tête vers l'enfant, comme pour lui dire un « Au revoir » très-lointain ou un adieu suprême. Puis , Elle disparut et rentra dans les cieux. Ce fut la dix-huitième Apparition: ce devait être la dernière.

III. Des hommes considérables dans le monde chrétien, tels que Mgr de Salinis, archevêque d'Auch; Mgr Thibaud, évêque de Montpellier; Mgr de Garsignies, évêque de Soissons; M. Louis Veuillot, rédacteur en chef du journal l'Univers; des personnages moins connus, mais d'une haute notabilité, M. de Rességuier, ancien député; M. Vène, Ingénieur en chef des Mines, Inspecteur général des eaux thermales de la chaîne des Pyrénées, et un grand nombre de catholiques éminents, se trouvaient alors dans ces contrées. Tous avaient étudié les faits extraordinaires qui font l'objet de cette histoire; tous avaient vu ou interrogé Bernadette; tous avaient cru ou inclinaient à croire. On citait un évêque, des plus vénérés, qui n'avait pu contenir son émotion au récit si vivant, si naïf et si éclatant de vérité, de la jeune Voyante. En contemplant cette petite enfant sur le front de laquelle l'ineffable Vierge, Mère de Dieu, avait reposé ses regards, le Prélat n'avait point su résister au premier mouvement de son cœur attendri. Il s'était prosterné, lui prince de l'Église, devant la majesté de cette humble paysanne. « Priez pour moi, bénissez-moi, moi et mon troupeau », lui dit-il d'une voix étouffée, et se troublant au point de plier les genoux. « Relevez-vous, Monseigneur! C'est à vous de bénir cette enfant », s'écria le Curé de Lourdes, présent a cette scène, et prenant vivement l'Évêque par là main pour l'aider à se remettre debout. Quelque brusque et rapide qu'ait été le mouvement du prêtre, Bernadette l'avait déjà devancé; et, toute confuse en son humilité, elle courbait la tête sous la main du Prélat. L'Évêque la bénit, non sans verser des larmes.

IV. L' ensemble des événements, le témoignage de tant d'hommes graves, le spectacle de leur conviction après examen, étaient faits pour frapper vivement l'esprit clair et sagace de l'Évêque de Tarbes. Mgr Laurence jugea que l'heure était venue de parler, et il sortit enfin de son silence. Le 28 juillet, il rendit une Ordonnance, qui fut immédiatement connue dans tout le diocèse, et qui produisit une immense émotion; car chacun comprit que la situation extraordinaire dont on était préoccupé depuis si longtemps allait enfin marcher vers sa solution. Par son Ordonnance, en effet, Monseigneur nommait officiellement une Commission d'enquête pour examiner ces faits extraordinaires et préparer la décision qu'il devait rendre lui-même plus tard. Monseigneur venait à peine de rendre cette Ordonnance qu'une lettre de M. Gustave R., ministre des Cultes, arriva à i'Évêché. Le ministre niait en bloc Apparitions et Miracles, et, désespérant de réussir- par ses agents à maîtriser la situation, appelait en quelque sorte le Prélat à son secours. Son Excellence conjurait Sa Grandeur d'intervenir, d'arrêter le mouvement, et de porter une condamnation contre les événements de la Grotte. Bien qu'il dût être singulièrement étonné et indigné devant l'étrange démarche du ministre, l'Évêque sut répondre avec mesure à la lettre de Son Excellence. Sans se prononcer encore sur le fond même des choses, dont il ne voulait, en sa prudence, prématurer en rien la solution, il répondit en signalant la gravité de ces faits extraordinaires, et en même temps il exposa avec une grande netteté de franchise la ligne de conduite qu'il avait suivie et fait suivre au Clergé, jusqu'à ce que le flot montant des événements l'eût enfin obligé d'intervenir et de nommer une Commission d'enquête. Au Ministre qui, sans rien connaître et sans rien étudier, lui disait: « Condamnez », il répondait: « J'examine ». Telle fut la lettre de Mgr Laurence à M. Gustave R. Elle était claire, elle était concluante; il n'y avait rien à y répondre. Le Ministre des Cultes ne répliqua point. Il rentra dans le silence : cela était sage. Peut-être eût-il été plus sage encore de ne pas en sortir.

V. Au moment où Mgr Laurence venait, au nom de la Religion, d'ordonner l'examen de ces faits étranges, que l'autorité civile avait condamnés, persécutés et voulu étouffer a priori, sans daigner même les étudier et les discuter; le jour même où partait pour le Ministère des Cultes, la lettre du Prélat, M. Filhol, l'illustre professeur de chimie de la Faculté de Toulouse, rendait sur l'eau de la Grotte de Lourdes le verdict définitif de la Science. Le consciencieux et très-complet travail du grand chimiste réduisait à néant l'analyse officielle de M. L. de Trie, ce savant de la Préfecture dont M. le baron Pardoux avait fait tant de bruit. « Cette eau, disait le rapport de M. Filhol, ne renferme aucune substance active capable de lui donner des propriétés thérapeutiques marquées. Les effets extraordinaires qu'on assure avoir obtenus à la suite de cette Eau, ne peuvent pas, au moins dans l'état actuel de la science, être expliqués par la nature des sels dont l'Analyse y décèle l'existence. Elle peut être bue sans inconvénient ». Ainsi s'écroulait devant l'examen du célèbre chimiste tout l'échafaudage pseudo-scientifique, sur lequel les Libres Penseurs, les doctes et le Préfet avaient péniblement construit leur théorie des guérisons extraordinaires. De par la vraie Science, l'eau de la Grotte n'était point minérale; de par la vraie Science, elle n'avait aucune vertu curative, Et cependant elle guérissait. Il ne restait à ceux qui avaient audacieusement mis en avant ces explications imaginaires que la confusion de leur tentative, et l'impossibilité de retirer désormais l'aveu public qu'ils avaient fait des guérisons accomplies. Le mensonge ou l'erreur s'étaient pris dans leurs propres filets.

 442_001

Prière pour demander la rénovation chrétienne de l'Enseignement

 

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Notre-Dame de Lourdes, le nom du Professeur illustre qui fut chargé de prononcer le verdict de la Science sur l'eau miraculeuse de la Grotte de Lourdes, amène notre pensée vers les Professeurs et les Maîtres, vers tous ceux qui sont chargés de la grave mission d'instruire la jeunesse, et c'est pour eux que nous vous prions aujourd'hui, pour eux et pour les générations qu'ils préparent à l'avenir. Hélas! si les doctrines les plus funestes et les mœurs les plus déplorables trouvent un accès si facile dans l'âme affaiblie les hommes de notre temps; si la Société, sans base, sans foi, sans loi, s'agite dans les convulsions les plus douloureuses, n'est-ce point, ô Notre Mère, parce que, dès la jeunesse et l'enfance, une éducation antichrétienne a présidé à notre entrée dans la vie, et, en ôtant Dieu de nos cœurs, nous a préparés à toutes les défaillances du caractère, à tous les dérèglements de l'esprit, à tous les égoïsmes et à toutes les dépravations ? Arrêtez, ô Marie, ce satanique travail d'un enseignement impie et scélérat. Arrêtez les grands coupables qui corrompent l'Humanité dans les écoles ou dans les collèges, et qui jettent du poison dans toutes les sources où vient s'abreuver l'âme sacrée des enfants. On demande aux grands de la terre, aux chefs, aux gouvernants, aux législateurs, la réforme de l'enseignement. C'est à vous-même que nous la demandons, ô toute puissante Reine de la Terre et du Ciel. Faites souffler l'Esprit de Dieu sur nos sociétés corrompues, et qu'il chasse de toutes les chaires les indignes et les pervers. O Marie, au nom du genre humain dont vous êtes la Mère, obtenez-nous de la Providence divine, le véritable enseignement chrétien; cet enseignement qui formera des âmes religieuses, des âmes honnêtes et droites, bonnes et vertueuses, en même. temps que des intelligences instruites et des esprits éclairés. Que le jour se lève enfin sur le monde où la sublime fonction d'élever les enfants sera l'apanage des plus parfaits, des meilleurs, des plus sages, afin que dans l'ordre du bien, le point d'arrivée de la génération qui finit soit le point de départ de la génération qui commence. Hélas! ô Très-Sainte Vierge, en présence de ce qui existe et au milieu de cet effroyable courant de décadence qui nous emporte, un tel idéal nous semblerait insensé et irréalisable, si nous ne connaissions la miséricorde de Dieu et si nous ne pensions à la toute-bonté et à la toute-puissance de Notre Mère qui est au Cieux. Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous. Ainsi soit-il.

 

Pour recevoir par e-mail les méditations du Mois de Marie de Notre Dame de Lourdes, ainsi que des prières et être informé des mises à jours, abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

4 mars 2008

La Sainte Pieta de Cannobio

Cannobio_Pieta_1_1_2 La Sainte Pieta de Cannobio

L'origine du tableau de la Sainte Pietà de Cannobio vient dans le contexte culturel de la "Devotion moderne" qui trouve naissance avec Saint François d'Assise, dans sa contemplation de la Divine Humanité du Christ, qui ensuite l'a transporté en Europe, puis à travers le monde entier. Dans cette période, l'on développe une nouvelle façon d'approcher le mystère de Christ, non plus seulement comme en "Christ glorieux" issu de la tradition byzantine, mais aussi et surtout comme "Christ souffrant". A cette époque, l'on passe d'une "Devotion" raffinée, mais en somme quand même un peu abstraite, à une "Devotion" moderne, concrète, qui a entre autre, donné naissance à de célbres prières et hymnes, comme l'Ave Verum Christ, ou l'Anima Christi... C'est donc dans cette culture, cette tradition, cette "Devotion" qui se trouve cettes extraordinaire "Icône", qu'est l'image de la Sainte Pietà de Cannobio, dont nous pourrions dire qu'elle est théologique, presque liturgique, baptismale et eucaristique.

Ce petit tableau, fut réalisé peint sur un parchemin dans la seconde moitié du 15e siècle par un artiste dont le nom ne nous est hélas pas connu Il s'agit d'une véritable icône qui interprète en mode picturale le chapitre 19 de l'Evangile selon Saint Jean; de manière très symbolique, reprenant ce que nous appelon communément le « Mystère Pascal, c'est à dire le mystère de la Passion, de la Mort et de la Résurrection du Seigneur. Quand nous regardons l'image, nous remarquons un tombeau, qui pourrait cepedant aussi être un autel. Du tombeau, émergent trois personnes et au dessus de leurs épaules une grande croix. Cette Croix, plus visible dans sa dimension horizontale, domine tout le tableau et fait contrepoids au sépulcre, ou à l'autel. Tout autour de la Croix, sont rappelés les « moyens de la Passion. Certains sont posés sur la barre transersale de la Croix, tel par exemple le suaire, le marteau, les tenailles et les clous; nous voyons de chaque côté, les dès, la cuvette, le linge et les mains de Pilate ainsi que l'éponge imbibée de vinaigre enfoncée sur une lance et enfin la lance du centurion romain, nous voyons aussi les mains de Judas indiquant: « C'est Lui, arrêtez-Le », la main du soldat qui a arraché les cheveux et la barbe de Jésus, et enfin une autre main, indiquant un geste moqueur, de raillerie.

Les trois personnes, Jésus, Marie et Jean, qui sont au centre du tableau, sont aussi toutes dans le même tombeau, et en émergent, c'est sur ce point que le 'icône de la Sainte Pieta de Cannobio a quelque chose de théologique, car elle ne représenta pas un fait qui s'est passé sur le calvaire, mais une interprétation de l'Evangile de Saint Jean, cette icône nous invite donc à la réflexion et à la méditation. Jésus a les mains croisées, très décharné, dans l'attitude de la mort, rappelant le Saint Suaire de Turin, faisant comprendre qu'Il a pleinement accompli la Volonté du Père. Jean est en prière et Marie ne cherchant pas à fermer le côté ouvert de Son Fils,mais, au contraire l'ouvre, faisant ainsi comprendre que cette blessure est le point central de l'image.

Jésus porte sur Lui toutes les marques de la Passion: la couronne d'épines, les traces de la flagellation, les marques des clous dans ses mains. Il présente les signes de la mort, le visage baissé et, sur la droite, le côté transpercé. En même temps, il est debout et à les yeux entr'ouverts, en signe de Sa proche Résurrection. à Côté de Lui, se trouve Marie. Son regard est tourné vers Son Fils; leurs regards se rencontrent, car ils sont dans le même axe. La main droite de Marie ouvre la blessure du côté de Jésus, tandis que sa main droite est derrière les épaules de Jésus, formant une sorte de cercle qui se ferme, soulignant le rôle de Marie dans l'hitoire du Salut: Elle est Corédemprice. Jean est un peu à l'écart, incliné de trois quart, les yeux dans l'axe de la blessure du côté, d'où il vit sortir le Sang et l'Eau, éléments à la conotation hautement symboliques, puisqu'ils représentent, non seulement le Baptême et l'Eucharistie, sacrements lezs plus importants de l'Eglise, mais aussi à la Miséricorde Divine. Avec les mains en attitude de prière, Jean semble nous dire: « Je rends témoignage de ces choses, parce que ces faits sonts vrais et que je sais que ce qu'Il a dit est réel, pour que vous aussi puissiez y croire. »

D'après un texte traduit de l'Italien, extrait du site www.santuariosantapieta.it

27 janvier 2008

La Chapelle de l'Ermitage de Goven

Chapelle_de_l_hermitageLa Chapelle Sainte Anne de l'Ermitage

Goven, Diocèse de Rennes

La Chapelle de l'Ermitage, dédiée à Sainte Anne, mère de Marie, est située sur la petite commune de Goven, canton de Guichen, Ile et Vilaine. Son origine est liée à des légendes, comme partout en Bretagne, les voici. Sainte Anne est particulièrement honorée à Goven, notamment par les anciens du pays, qui lui reconnaissent une très grande puissance d'intercession. Il arrive fréquemment que de forts orages, s'accumulant au-dessus de la chapelle de l'Ermitage, soient, racontent les anciens du pays, dispersés miraculeusement par la Sainte, récompensant ainsi la fidélité de ses paroissiens. Bien entendu, Sainte Anne est la Sainte Protectrice du village de Goven.

La statue de Sainte Anne

On eut un jour la malencontreuse idée de remplacer une vieille statue de Sainte Anne qui se trouvait dans la chapelle à la place d'honneur, par une statue neuve. La vieille image de la sainte aïeule du Christ fut mise dehors, dans une niche prévue à cet effet située au dessus de la porte d'entrée. Durant près de trois mois, il ne tomba pas une seule goutte de pluie et les récoltes allaient êtres compromises. C'était à n'en pas douter la vengeance de Sainte Anne. On en referra au Curé de la Paroisse, disant que lemécontentement était la cause d'une telle sécheresse. Après maintes hésitations, il accéda finalement aux désirs de ses paroissiens. On remit la statue à sa plece en grande pompe. A peine était-elle remise en place que le ciel se chargea brusquement de lourds nuages et, en abondance, la pluie se mit à tomber. Pendant le reste de la journée, ce fut un véritable déluge.

Si Sainte Anne tient à occuper la première place dans la chapelle, à plus forte raison, elle ne veut pas que l'on transporte son image ailleurs. En des temps déjà forts lointains, la chapelle tombant en ruines, on vint en procession la prendre, afin de la déposer dans l'église de Saint Thurial. Le lendemain matin, on la retrouva à sa place. Elle y était revenue toute seule pendant la nuit, ajoutent les gens du pays d'un air absolument convaincu...

Le vieil ermite

On raconte qu'un vieil ermite, Saint Thurial, pense-t-on, habitait jadis près de l'endroit où se situe la Chapelle de l'Ermitage. Par une année de grande sécheresse, il dut aller chercher son eau à plusieurs kilomètres de là. Le pauvre ermite était faible. Un jour, alors qu'il arpportait avec peine sa cruche pleine d'eau, il rencontra un gamin auquel il demanda de l'aide. Celui-ci, d'un air aimable, lui répondit: « Je n'ai pas le temps, mais je connais un moyen pour diminuer le poids de votre fardeau ». Il prit la cruche et après s'être bien désaltéré, répandit le contenu par terre. Puis, s'asseyant sur le l'ouvertur du vase, il rajouta, d'un air moqueur: « Voilà le moyen! » A peine avait-il dit ces paroles insolentes, qu'une épaisse fumée se dégagea du sol et il sentit qu'il s'enfonçait dans la cruche.

Puis, tout à coup, le sorcier le plus redouté de tout le pays, apparut au milieu de la fumée. « Méchant gamin, dit-il avec indignation, pour te punir, tu resteras pris dans cette cruche tout le temps qu'il me plaira; quand je jugerai la punition suffisante, je viendrais te dégager ». Ayant dit ces mots, le sorcier disparut. L'enfant pleurait à chaudes larmes.La tête et les bras seulement sortaient de la cruche. Ainsi prit, il ne réussit qu'éprès de longs efforts à faire basuler la cruche et reprit le chemin du retour en marchant sur les pieds et les mains. Il faisait nuit lorsqu'il arriva au Bois de la Hayrie, qu'il fallait traverser pour arriver au logis paternel. Il tremblait de frayeur en pensant aux sangliers et aux loups qui pullulaient alors dans les parages. Le socrier apparut à ce moment-là, dans un second nuage de fumée. Jugeant la punition suffisante, permit au méchant garçon de se dégager, à condition de creuser dès le lendemain une fontaine près de l'habitation du viel ermite. Dès l'aube, le coupable s'exécuta et avec le plus grand soin, creusa la fontaine. On pouvait la voir, autrefois, près du lavoir, situé près de la chapelle. D'après les anciens du pays, qui l'ont vue dans leur jeunesse, elle fournissait une eau abondante et limpide et ne tarissait point.

La Chapelle aujourd'hui

La Chapelle de l'Ermitage est située sur la route de Baulon, dans la vallée du Canut. L'ancienne chapelle, datée du 17e siècle a été détruite. Elle fut totalement reconstruite, au même emplacement, en 1938, dans le style régionaliste (style néo-breton de l'entre deux guerres), influencé par le gothique flamboyant.

L'intérieur de la chapelle est orné d'un chemin de croix sous forme de médaillons, suspendus aux murs de la nef. Ce genre de représentations en bas reliefs se retrouve fréquemment dans la région. Dans le choeur, un retable, fortement marqué par l'art de la Renaissance, comporte un motif central inspiré des feuilles d'acanthe et de laurier. La niche contient l'antique statue de Sainte Anne en bois. La chapelle est le but d'un pèlerinage au mois d'août.

D'après un texte extrait du site internet www.goven.fr

27 janvier 2008

La Chapelle Notre Dame de la Croix

Chapelle Notre Dame de la Croixbourgdescomtes_nddelaX_1_

Bourg des Comptes, Ile et Vilaine



la chapelle Notre-Dame-de-la-Croix (XV-XVIème siècle). Cette chapelle, située dans le fief de la Chalousaye, dépendait autrefois de la vicomté du Boschet. Vers 1660, Judith Chahu, veuve d'Isaac de Lescouët, vicomte du Boschet, fonda plusieurs messes dans la « chapelle de Nostre-Dame de la Croix ». Cette fondation fut approuvée en 1674 par Pierre de Lescouët, vicomte du Boschet, fils de la fondatrice. En 1767, Nicolas Magon, marquis de la Gervaisais, ayant acquis la vicomté du Boschet, prit solennellement possession de la chapelle de la Croix, « privative de la seigneurie du Boschet ». Plus tard, en 1777, ce même seigneur y nomma chapelain Julien Lorand, clerc tonsuré. Tellement vénérée autrefois qu'on y venait en procession jusque de Chanteloup, la chapelle de la Croix existe encore et est entretenue (Pouillé de Rennes). La chapelle est remaniée au XIXème siècle.

25 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

Holy_Eucharist_Trinity_Icon

Vingt-sixième jour

L'effusion du très-précieux sang de Jésus Christ dans le couronnement d'épines

 

Non contents d'avoir cruellement flagellé le divin Rédempteur, les bourreaux trouvèrent moyen de le torturer là où n'avaient pu atteindre leurs verges, et poussés par la plus féroce barbarie ils formèrent une couronne d'épines acérées; ils la firent entrer dans sa tète avec tant de force, qu'avec des tourments inouïs elle vint jusque sur ses tempes dont elle fit ruisseler le sang. Voilà ce qu'ont produit les pensées dépravées des hommes: le pécheur n'est jamais rassasié: s'il ne peut pas pécher par ses œuvres, il pèche par la pensée et le désir, et il boit l'iniquité comme l'eau. Tendre Rédempteur, vous qui aviez présents à votre esprit tous les péchés du monde, présents, passés et futurs: « La voix de mes iniquités a éloigné mon salut », vous aperceviez alors le nombre et l'énormité des péchés qui se commettent par la pensée; vous voyiez comment l'esprit superbe s'enivre de ses grandeurs ambitieuses, et comment d'un cœur dépravé sortent de hideuses pensées qui souillent l'esprit. Or tous les membres de votre corps étaient affligés par la flagellation que vous souffriez alors, et vous donniez ainsi satisfaction à la justice divine pour les péchés commis par les œuvres. La tête seule était exempte de coups, et maintenant vous permettez qu'elle aussi soit transpercée des épines les plus aiguës, et avec le sang précieux qui coule sur votre face adorable vous lavez les iniquités de notre esprit. O amour immense, qui vous a fait souffrir tant de tourments pour nos péchés!

 

Venez, âmes dévouées au précieux sang de Jésus, venez voir le pacifique Salomon couronné par sa mère, c'est-à-dire par la perfide synagogue et la nation juive, d'où il tirait son origine selon la chair, couronne d'ignominie et Je douleurs; voyez le sang ruisseler partout de sa tête sacrée. Comment notre cœur peut-il soutenir une pareille vue, Jésus-Christ ainsi transpercé et sanglant! Sachez pourtant que cette couronne de mépris et de douleur, il l'a portée avec joie et allégresse pour l'amour de l'Eglise son épouse. Car ce jour-là même en mourant pour elle il consommait avec elle et scellait de son sang l'alliance éternelle, et l'union indissoluble qu'elle contractait avec lui dans la mort. Venez donc contempler le merveilleux spectacle du roi pacifique, et considérez les mystères de sa charité: quittons, quittons les royaumes de la mort et la maison du péché: humilions notre orgueil, délivrons notre esprit des pensées mauvaises; soyons joyeux, si quelquefois nous pouvons participer à ses humiliations. Apprenons de sou exemple à renoncer au monde, à détester d'esprit et de cœur toutes ses vanités, ses mœurs, ses maximes si opposées à l'humiliation de Jésus; et puisqu'il fut haï du monde, que ce soit de même notre gloire à nous et notre consolation, de souffrir les contradictions et les mépris des amis insensés du monde.

 

Colloque

 

Jésus très-patient, quelle partie de votre corps fut exempte de douleurs et de tourments? La tête seule avait échappé à la flagellation, maintenant je la vois transpercée, je vois le sang qui ruisselle de fontaines aussi nombreuses que les pointes de ces épines aiguës dont elle est lacérée. La malédiction de la terre condamnée à ne produire que ronces et épines, fut la peine imposée à l'orgueil d'Adam, qui avait la prétention de devenir semblable à vous. Mais cette peine, c'est vous qui maintenant la ressentez, et c'est votre tête sacrée qui en est chargée afin d'expier mes pensées mauvaises. Mon cœur, je le confesse avec les paroles du prophète Joël, est une vallée pleine de ronces et d'épines; les mauvaises pensées déchirent continuellement mon âme, et la meurtrissent de mille manières. Dieu! faites que ces épines, qui transpercent votre front, imprégnées du sang divin, fassent couler sur ma tête une précieuse liqueur qui la purifie de toute vicieuse pensée: que ces épines transpercent et déchirent mon coeur, et qu'ainsi déchiré ce cœur comprenne que sous un chef couronné d'épines, il ne doit pas y avoir de membre délicat: « Sub capite spinoso non decet membrum esse delicatum ». (Saint Benoît.)

 

Exemple

 

La bienheureuse Rita de Cascia, de l'ordre de saint Augustin très-dévouée à la passion de Jésus-Christ, macérait continuellement son corps par les veilles, les jeûnes, le cilice, et particulièrement par les épines dont elle avait soin de garnir sa tunique. Depuis minuit jusqu'au lever du soleil, elle se livrait à la contemplation de Jésus crucifié. Un jour qu'elle y était plus attentive que jamais, prosternée au pied du crucifix, Dieu permit qu'une épine de la couronne de Jésus vînt à frapper son front. Il en résulta une plaie incurable, qu'avec un bonheur indicible elle conserva jusqu'à sa mort. Seulement, l'année sainte, comme elle désirait se rendre à Rome avec les autres religieuses pour gagner les saintes indulgences, la plaie se ferma; mais une fois de retour au monastère, elle s'ouvrit de nouveau, et elle ne se referma plus pendant tout le reste de sa vie, la sainte s'estimant au comble du bonheur de pouvoir participer à une des blessures causées par ces épines qui firent répandre tant de sang à son tendre Sauveur.

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

582_001

Pour recevoir la méditation du Mois du Précieux Sang de Jésus, être tenu au courant des publications sur le blog Images Saintes et pour recevoir des prières dans votre boite e-mail, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

14 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

17028872

Vingt-deuxième jour

L'Enfant Jésus croît et se fortifie


« L'enfant croissait et se fortifiait rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était en lui ». (Luc 2, 40) Il y en a qui voudraient que tout se fît en Jésus-Christ par des coups extraordinaires et miraculeux. Mais par là Dieu aurait détruit son propre ouvrage; et, comme dit Saint Augustin, s'il faisait tout par miracle, il effacerait ce qu'il a fait par miséricorde. Ainsi il fallait que, comme les autres enfants, Jésus sentît les progrès de l'âge, et que la sagesse dont il était plein se déclarât par degrés. Tous les trésors de science et de sagesse étaient en lui, mais cachés pour se déclarer en leur temps. Et la grâce de Dieu était en lui. Qui en doute puisqu'il était si étroitement uni à la source de sainteté et de la grâce? Mais le saint Evangéliste veut dire qu'à mesure que l'Enfant croissait et commençait à agir par lui-même cette grâce et cette sainteté se manifestaient d'une manière plus sensible. Commence-t-il du moins à croître et à se fortifier en vous cet Enfant divin? et pour cela commencez-vous à croître et à vous fortifier, 1° dans la connaissance, 2° dans l'amour, 3° dans l'imitation de Jésus Christ?


Dans la connaissance de Jésus-Christ


Il croissait et se fortifiait ce Sauveur du monde, c'est-à-dire qu'il déployait successivement aux yeux des hommes tout ce qu'une enfance si accomplie devait présenter de charmes, et qu'il laissait éclater par degrés, suivant la mesure de son âge, quelques traits de cette sagesse éternelle à laquelle sa sainte âme avait été unie dès sa conception en unité de personne. Dans les enfants ordinaires, c'est par les soins et la culture, par les leçons des parents et des maîtres que le corps et l'esprit se développent et se fortifient; dans l'Enfant Jésus le don de sagesse éminent au-dessus de tout, qui lui avait été fait dès le sein de sa Mère, se manifestait par degrés, et le corps, chef-d'œuvre de l'Esprit saint, atteignait graduellement toute sa perfection. Voilà l'accroissement de l'Enfant Jésus, ô mon âme! et le tien consiste, selon le conseil de saint Pierre, à croître dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ. Commence-t-il à se faire en toi ce salutaire accroissement? Depuis que tu t'appliques à la contemplation des mystères de son Enfance, en as-tu ressenti la grâce? s'est-elle fortifiée en toi? comprends-tu du moins que la vie éternelle est de le connaître, lui qui est le seul vrai Dieu; que nous ne pouvons approcher de son Père que par lui, parce qu'il est la voie, la vérité et la vie; que ce n'est que par sa doctrine, par ses exemples et par sa grâce que nous pouvons arriver au salut, puisque lui seul a les paroles de la vie éternelle, et que c'est lui seul qui par un effet de sa bonne volonté produit en nous le vouloir et l'action? Non, mon Sauveur, non, je le confesse, je ne vous connais pas, parce que je ne suis pas encore entré par l'affection et par la pratique dans l'esprit de vos mystères; parce que cette science divine est un don de votre miséricorde, et que je l'ai plutôt éloignée par mes infidélités qu'attirée par mes humbles gémissements. Cependant je désire ardemment de vous connaître, ô lumière! ô sagesse! ô beauté! ô bonté infinie! et je ne le puis sans votre grâce : ne me la refusez pas; je ne désire de vous connaître que pour vous aimer.


Dans l'amour de Jésus-Christ


L'entant Jésus était inséparablement uni à son Père, et rien n'était capable de le distraire de la pensée et du sentiment de son amour. C'était pour son amour qu'il embrassait toutes les humiliations, toutes les fatigues et toutes les souffrances, qu'il accomplissait péniblement l'engagement qu'il avait pris de réparer et d'expier nos crimes; c'était aussi pour manifester aux hommes tout l'amour dont il était animé pour ce Père céleste qu'il était si fidèle observateur des commandements qu'il en avait reçus, et qu'au moment de se remettre entre les mains de ceux qui allaient le livrer à la mort, il disait à ses disciples: Afin que le monde sache que j'aime mon Père et que je fais ce que mon Père m'a ordonné, levez-vous, sortons d'ici.  Hélas, ô mon âme! ce n'est pas une preuve aussi terrible que Jésus te demande ; il n'exige pas que le témoignage d'un amour auquel il a tant de droits te coûte si cher. Ce qu'il réclame de ta reconnaissance et de ta fidélité c'est que le feu de la sainte charité ne s'affaiblisse pas, ne languisse pas en toi, mais que sans cesse il se renouvelle et se ranime, c'est que ton amour pour lui soit plus ardent et plus généreux aujourd'hui qu'il n'était hier,parce que ce jour qui te luit est un nouveau bienfait; et que demain il le soit plus qu'aujourd'hui, parcs que chaque grâce reçue impose une nouvelle obligation, parce que le propre de l'amour véritable est de croître sans cesse, et que sa mesure est de n'en point avoir; mais surtout il ne veut plus trouver en toi un amour qui se démente à la plus légère épreuve, toujours prêt à changer d'objet et à le partager. Comme il donne tout, il demande tout et ne souffre ni réserve ni partage, et comme il répand ses dons avec une générosité immense il impose aux êtres si impuissants à les reconnaître l'obligation de croître toujours en amour, et de compenser, du moins en quelque sorte, leur impuissance par la constance et l'étendue de leur charité.


Dans l'imitation de Jésus


L'amour véritable tend sans cesse à se rapprocher par l'imitation de l'objet aimé; et parce qu'il n'y en eut jamais et qu'il n'en peut même exister de plus sincère et de plus ardent que celui de Jésus pour son Père, le désir, le besoin de conformer non seulement sa volonté, mais même son action et ses opérations à celles de ce divin Père et d'offrir dans toutes ses œuvres une fidèle imitation et comme une copie des œuvres et des opérations paternelles était tout le soin et toute l'occupation de son cœur. En vérité, en vérité je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, et il ne fait que ce qu'il voit faire au Père; car tout ce que fait le Père, le Fils le fait aussi comme lui, parce que le Père aime le Fils et qu'il lui montre tout ce qu'il fait lui-même. Ainsi, une des marques de l'amour du Père éternel pour son Fils c'est de lui montrer ses opérations et le témoignage de l'amour de ce Fils unique pour son Père c'est d'imiter en tout point ce qu'il lui voit faire. Ah, mon âme! quel sujet de reconnaissance! quel nouveau, quel puissant motif d'aimer Jésus-Christ! Il en use à notre égard comme en a usé envers lui son divin Père, avec cette différence toutefois que ce Fils unique étant dans le sein du Père, et en tout égal au Père, le Père sans nul abaissement, sans aucun sacrifice de sa grandeur lui montre tout ce qu'il fait, tandis que l'homme ne pouvant s'élever jusqu'à Dieu, il a fallu que, par un incompréhensible excès de charité, le Verbe s'abaissât jusqu'à l'homme pour lui montrer dans sa personne adorable le modèle de toute perfection. Voilà l'objet de ton imitation, ô mon âme! c'est à le copier fidèlement que doivent tendre tous tes efforts; c'est à reproduire, à exprimer ses pensées, ses affections et ses œuvres que doivent s'exercer toutes tes puissances, aimant ce qu'il a aimé, la pauvreté, l'obscurité, les souffrances; fuyant ce qu'il a rejeté, méprisé, condamné, les plaisirs, les grandeurs, les richesses. O mon Sauveur! c'est bien à moi plus qu'à Saint Jean-Baptiste qu'il convient de dire: Il faut que Jésus croisse, et moi que je diminue; qu'il croisse en moi, que son esprit s'y établisse, que son amour s'y fortifie, et que ce misérable amour de moi-même s'y affaiblisse, s'y éteigne s'il se peut, et qu'il y meure.


Vertu à obtenir: Le désir de la perfection.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus croissant et se fortifiant, réjouissant les yeux de Marie et Joseph par le spectacle ravissant de ses divins attraits, et leur communiquant les dons de la grâce qui était en lui. Félicitez-les de leur bonheur, et priez-les de vous obtenir la connaissance pratique de Jésus-Christ. O mon Sauveur! le monde ne vous connaît pas; et voilà pourquoi vous êtes si peu aimé. Vous ne vous êtes fait homme que pour les gagner, les attirer à cet amour divin qui seul peut les rendre heureux; et ils ne se mettent point en peine de vous connaître, et ils sont insensibles aux témoignages de votre charité immense. Préservez-moi de cet aveuglement, de cette folie, de cette notre ingratitude.


Prière


Je veux suivre, ô Jésus! le chemin que vous avez pris; je veux vous imiter; je ne le puis que par votre grâce, ô Sauveur abject et humilié! Donnez-moi la science des véritables chrétiens, la connaissance qui surpasse toute connaissance, la connaissance de votre amour. C'est uniquement pour vous aimer que je veux vous connaître; et c'est pour m'attacher à faire votre volonté que je veux vous connaître et vous aimer. C'est pour arriver à cette bienheureuse fin, ô mon cher Sauveur! que je vous contemple dans tous les mystères de votre adorable enfance. Il me semble qu'en certains moments j'en suis touché et attendri. Soyez-en béni, ô Enfant divin! car je me reconnais indigne de vos moindres faveurs! Mais achevez votre ouvrage, et donnez-moi de les méditer, d'y conformer tout mon être, de devenir pour vous, s'il est possible, ce que vous êtes devenu pour moi, afin de vous être inséparablement uni dans cette vie et dans l'autre. Ainsi soit-il.

Baby_Jesus__Therese_

Pour recevoir chaque jour la Méditation du Mois de l'Enfant Jésus, recevoir régulièrement des prières dans votre boite e-mail, et pour être tenus au courant des mises du blog, abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

29 juillet 2011

Mois du Sacré cœur de Jésus

 

Mois du Sacré cœur de Jésus

D'après Sainte Marguerite-Marie

834_001

Trentième jour

Le Trône de la grâce et de la Miséricorde

 

Prélude

 

Notre-Seigneur est assis dans le divin tabernacle comme sur un trône d'amour d'où s'échappent des torrents de grâce.

 

Méditation

 

« Le Saint-Sacrement, disait l'ardente épouse du Cœur sacré de Jésus, est le trône de la grâce et de la miséricorde, et c'est pour inviter les pécheurs à venir demander cette grâce et cette miséricorde que Notre-Seigneur demeure toujours dans ce saint mystère; offrez-vous à lui comme une esclave devant son libérateur, comme une criminelle qui a mérité la mort devant son Roi qui l'en a délivrée. A ces deux titres, vous êtes tout à lui et il a sur vous le droit de disposer de votre vie qui est plus à lui qu'à vous-même. Ne vous réservez donc plus d'autre droit sur vous-même que ce qu'il vous faut pour l'aimer par choix ». Mais, au prix de quels sacrifices Jésus Christ a-t-il réalisé ces effusions de l'amour et de la grâce? Il s'est pour cela humilié à un degré inexprimable au Saint-Sacrement. « Il y voile pour nous sa puissance et sa gloire, et s'expose par amour à toutes les insultes des frénétiques et des faux chrétiens ». « Entrez dans le même esprit: offrez-vous devant lui comme le néant devant son tout, comme la boue devant le soleil pour être foulée aux pieds de tout le monde s'il le veut ainsi. Toute votre attention doit être de vous humilier et de trouver votre plaisir à ce que les autres vous aident à y réussir en vous humiliant et vous méprisant. Ne refusez rien de ce qui se présentera à faire, de ce qui pourra vous rendre plus vil et plus abject devant tout le monde. Par là, vous serez plus étroitement unie au Cœur sacré de Jésus ».

 

Exemple

Amour de Saint Léonard de Port Maurice pour le Cœur de Jésus

 

Instruit par la foi que Dieu est le bien suprême et infini, la bonté par essence, renfermant toutes les perfections possibles, sans limite ni mesure aucune, que par conséquent il mérite toutes nos affections, tout notre amour, le bienheureux Léonard se proposa de l'aimer de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces, et de lui rapporter, comme à l'objet le plus aimable en soi, toutes ses pensées, toutes ses paroles, tous ses mouvements et toutes ses actions. Il résolut de produire souvent dans son cœur des actes d'amour de Dieu, qu'on nomme amour de complaisance, en se réjouissant et en le félicitant de ses infinies perfections; d'amour de bienveillance, en formant le désir qu'il soit aimé, servi et glorifié par tout le monde; d'amour de préférence, en l'estimant plus que toutes les créatures ensemble, ou plutôt en regardant comme un pur néant tout ce qui n'est pas Dieu.

 

Pratique : Faire quelques actes d'humilité en esprit d'actions de grâces pour la miséricorde du Sauveur.

 

Oraison Jaculatoire : Divin Cœur de Jésus, et riche à l'égard de tous ceux qui vous invoquent ! (Litanies du Sacré-Cœur).

christking

Pour recevoir la méditation du Mois du Sacré Cœur dans votre boite e-mail, être tenu au courant des publications sur le blog Images Saintes, et pour recevoir des prières, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

11 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

61367207

Douzième jour

L'esprit D'amour


Voici un grand mot tombé de la plume céleste de saint Paul, mot profond, éloquent, et que l'âme pieuse ne saurait trop répéter, en s'efforçant de pénétrer le sens admirable qu'il renferme. La Charité, dit le grand Apôtre, est répandue dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous est donné. Or, comme rien n'est au-dessus de la Charité qui est la reine des vertus et dont le privilège est de survivre à la foi et à l'espérance pour subsister éternellement, il est de la dernière évidence que, pour notre âme, l'unique nécessaire consiste dans la Charité, et par conséquent dans la réception en nous de cet Esprit-Saint dont le ministère est la sanctification des membres de Jésus-Christ par la Charité. C'est le Saint Esprit qui établit le règne de la Charité dans notre cœur, comme le dit clairement le grand Apôtre. Que la Charité ou l'Amour nous vienne par le Saint Esprit, c'est ce que la foi nous enseigne de la manière la plus formelle. Saint Paul a écrit ce grand mot: « Le fruit du Saint Esprit, c'est la Charité ». Tous les biens qu'énumère le même Apôtre, après avoir écrit cette ligne étincelante de clarté, doivent être regardés comme les fruits, les effets, les conséquences de la Charité. Ainsi ont pensé saint Augustin, saint Anselme, saint François de Sales, et bien d'autres commentateurs. Le vrai fruit du Saint-Esprit, celui qui renferme tout, qui produit tout, c'est donc la Charité. Le disciple bien-aimé de Jésus nous dit: Dieu est Charité, et celui qui demeure dans la Charité, demeure dans Dieus. Or, nous savons que dans l'adorable Trinité c'est le Saint Esprit qui est l'Amour, la Charité; l'Eglise l'enseigne formellement; dans ses hymnes sacrées, elle appelle le Saint-Esprit, feu, charité, ignis, charitas. Il est donc certain que la présence du Saint Esprit dans moi est nécessaire pour que je possède la Charité, comme aussi la Charité, en régnant dans mon cœur, suppose la présence du Saint Esprit dont elle est inséparable, comme le fruit est inséparable de l'arbre destiné à le produire. Ces premières considérations doivent servir à m'introduire dans l'examen de plusieurs vérités dont je verrai bientôt l'importance pratique. Oh! puissent ces vérités, me pénétrer vivement du désir de recevoir le Saint Esprit, et de préparer mon âme, par le recueillement et le silence, à recevoir les grâces précieuses que le Saint-Esprit se plaît à répandre dans le cœur des fidèles.

avezzano_spirito_santo_6

La nature de l'amour divin, ou de la vraie Charité


Quand je cherche la nature de l'Amour divin, il est bien évident qu'il s'agit de cet Amour considéré dans une âme à laquelle le Saint Esprit a daigné le communiquer. Car vu dans Dieu, dans son principe, dans son infinie perfection, l'Amour peut-il être bien défini et clairement conçu par ma pauvre intelligence? Hélas! je serais tenté d'appliquer à cet Amour éternel, infini, incompréhensible, les paroles qu'a dites le Prophète Isaïe en parlant du Verbe Eternel: « Qui racontera sa génération? O mon Dieu, vous êtes Puissance, Sagesse, Amour, je le sais, je me prosterne, j'adore! » Mais s'il s'agit de pénétrer par mon intelligence dans le sein de cette même Puissance, de cette Sagesse, de cet Amour, je m'arrête étonné, ébloui, confondu, et je confesse mon néant. J'ajoute néanmoins une chose, et c'est une vérité dont il m'est permis d'être fier, j'ajoute que, par la lumière de la foi, je peux concevoir des choses admirables sur vos perfections infinies, en m'élevant de la connaissance des effets à la cause qui les produit, en me servant de vos œuvres comme d'un point d'appui pour m'élancer jusqu'à vous, pour m'élever à la contemplation de quelques rayons de votre éternelle clarté. Mais je reviens à moi, et je demande ce qu'est dans mon cœur cet amour que le Saint Esprit lui communique en venant l'habiter. Et ici je rencontre saint Augustin qui m'offre ses lumières et qui me dit: « J'appelle Amour un mouvement de mon âme vers la jouissance de Dieu pour lui-même, vers la jouissance de moi-même et de mon prochain pour Dieu, à cause de Dieu. Si ce mouvement est dans moi, il produit l'union de moi-même avec Dieu et avec mon prochain; s'il est dans l'âme des autres, il tend à produire l'union de mon âme avec Dieu et avec mon prochain ». Comme cet enseignement est clair et comme il est doux pour l'âme fidèle! Le Saint Esprit, en venant dans mon cœur, lui communique ce mouvement par lequel ce même cœur gravite vers Dieu et s'arrête dans lui, pour s'en nourrir, pour y trouver sa jouissance. Ce mouvement imprimé dans mon âme par le Saint Esprit m'attache à mon âme elle-même, parce que cette âme unie à Dieu, possédant Dieu, jouissant de Dieu, est nécessairement agréable à Dieu; or comment n'aimerais-je pas cette âme dont le Saint Esprit lui-même assure que Dieu fait ses délices? Enfin ce mouvement imprimé à mon cœur par le Saint Esprit me porte vers mon prochain, parce que mon prochain n'est autre chose, suivant l'admirable définition de saint Augustin, qu'un être qui est en possession de Dieu, ou un être auquel je puis procurer ce bien inestimable, un être qui peut encore devenir l'ami de Dieu et le glorifier éternellement. O Charité, ô Amour divin, comme tes effets sont beaux, comme ils sont riches et précieux pour moi! je cesse d'être étonné, en contemplant cette lumière qui jaillit de la parole du Cantique: Alors même que l'homme aurait donné toutes les richesses de sa maison pour acquérir la Charité, il les mépriserait comme s'il n'avait rien donné.


Que sont en effet tous les trésors, que suis-je moi-même comparé à la Charité, à l'Amour par lequel je monte jusqu'à Dieu et je me plonge dans l'Océan de son éternelle lumière? Lorsque je lis dans la Sainte Ecriture que l'Amour est un feu, je dois m'arrêter à ce mot et m'en servir pour comprendre mieux les ineffables richesses de l'Amour. S'il est désigné, nommé comme un vrai feu, c'est qu'il produit dans l'ordre moral, dans l'ordre surnaturel, tous les effets que produit le feu matériel dans l'ordre matériel et physique. L'Amour éclaire l'âme fidèle, pourrait-elle en douter? Oh! comme elle y voit bien, quand elle aime beaucoup! L'Amour lave, nettoie, purifie; que reste-t-il d'impur dans- une âme dont il s'est emparé? Alors même que cette âme s'est trouvée chargée des plus monstrueuses iniquités, Jésus Christ lui dit: « Beaucoup de péchés te sont remis, parce que tu as beaucoup aimé ». L'Amour brûle; quelle chaleur dans l'âme des Saints! L'Amour se communique et se propage. Voyez les Apôtres, et dites si, pleins du feu dont le Saint Esprit avait embrasé leur âme, ils tardèrent beaucoup a répandre ce feu sur le monde entier. Il est possible que certaines âmes ne comprennent pas ces vérités; il est possible que ces mêmes âmes n'éprouvent qu'un dégoût mortel pour de semblables considérations. Qui s'en étonnerait? L'homme animal, nous dit saint Paul, ne conçoit rien aux choses de Dieu. « Mais, s'écrie saint Augustin , donnez-moi un cœur qui aime; celui-là sent ce que je dis ». O âme chrétienne, si tu n'aimes pas encore, n'éprouverais-tu pas au moins un commencement de désir d'aimer? Eh bien, ne perds pas cette première grâce; va prier, demande le Saint-Esprit, et le Dieu des miséricordes fera descendre sur toi les dons divins, et tu possédera l'Amour de Dieu.

Holy_Spirit_fire_dove

Les biens que l'Amour divin apporte avec lui dans notre âme


C'est une bien grande chose que d'habiter dans Dieu, et d'avoir la certitude qu'à son tour Dieu habite en nous. Or, comme je l'ai déjà vu, le Saint Esprit fait cette promesse à l'âme qu'il visite et qui ne refuse pas de le recevoir. Mais, comprends-le bien, ô âme chrétienne, cette présence de l'amour divin au milieu de toi, entraîne nécessairement avec elle des biens immenses, à moins que tu ne t'obstines à les repousser. Le plus grand de tous les biens que procure l'amour, et que l'amour seul peut nous donner, se rapporte à Jésus Christ. Le divin Sauveur nous a parlé avec force et avec une sorte d'insistance sur la nécessité d'être uni à lui pour arriver à Dieu. Il se compare à une vigne, et il nous appelle les ceps de cette vigne. Or de même que le cep ou le sarment coupé, retranché de la vigne, meurt, se dessèche, n'est utile que pour le feu, de même aussi une âme séparée de Jésus Christ est une âme morte, incapable de porter le moindre fruit pour la vie éternelle, et destinée au feu de l'enfer. C'est la raison pour laquelle Jésus christ nous dit: demeurez dans moi, et moi je demeurerai dans vous. Eh bien, quel est le moyen par lequel une branche d'arbre, un cep de vigne demeurent verts, pleins de vie, productifs? Ce moyen c'est la sève. Or, la sève qui tient l'âme humaine unie à Jésus christ, cherchez-la, et dites si elle est autre chose que l'amour. Non, mille fois non, si l'amour ne descend pas du Cœur de Jésus christ dans notre propre cœur, et si de notre cœur cet amour pur, surnaturel, divin, ne remonte pas vers le Cœur de Jésus-christ, la sève n'existe plus pour nous, nous sommes des branches séparées du tronc, des rameaux retranchés de la vigne. Alors que devenons-nous? Jésus-christ répond: « Vous n'êtes capables de rien! » Oh! qui comprendra le malheur d'une âme qui n'adhère pas à Jésus-christ, qui est séparée de lui? qu'est-elle aux yeux de Dieu qui a mis toutes ses complaisances dans Jésus-christ son Fils? Ame infortunée, Jésus-christ est nul pour elle, je la vois dans un vide affreux. Mais d'où vient ce vide? de l'absence, de l'éloignement du Saint Esprit; car le Saint Esprit seul prend de Jésus-christ pour nous le communiquer. Que prend-il? Son amour. Or, si cet amour n'habite plus dans nous, nous vivons loin de Jésus christ, séparés de Jésus christ. C'est donc un bien inappréciable que cet amour répandu par le Saint Esprit dans nos âmes; oui, sans doute, puisque par cet amour nous ne formons plus qu'un même corps avec Jésus christ. De même, dit saint Augustin, que plusieurs grappes de raisin étant pressées, on n'a qu'un seul et même vin, que beaucoup de grains de froment étant moulus, on obtient un seul et même pain, de même aussi tous les chrétiens fondus ensemble dans l'amour ne font qu'un seul et même corps avec Jésus Christ. Quelqu'un négligera-t-il ce trésor, l'amour, la divine Charité dont le Saint Esprit est l'éternel principe? Mais j'ai dit à peine quelques effets de cet amour dans le cœur du fidèle. Pour les indiquer tous, il faudrait énumérer les dons et les fruits du Saint-Esprit dont me parlent les écrivains sacrés; et. ce n'est pas en quelques lignes qu'il serait possible de peindre cet admirable tableau.


L'âme chrétienne cherchera le moyen d'étudier ce magnifique sujet des plus profondes méditations. Cependant je veux répondre encore une fois à cette question: Quel bien procure à l'âme la présence du Saint Esprit et, par conséquent, de l'amour divin au milieu d'elle? Je dis que le Saint Esprit fortifie l'âme et la porte, en quelque sorte, dans le chemin qui la sépare du ciel. Ceci est une vérité d'expérience. Qui trouve le joug du Seigneur doux et léger? qui trouve la paix, le repos et la joie dans l'humilité que prescrit l'Evangile? qui est fort et constant dans le combat spirituel? qui évite le découragement et les chutes? Ah ! la réponse est facile: c'est celui qui aime. L'amour est fort comme la mort; l'amour nous porte; à cheval sur l'amour, suivant l'expression du premier de tous les ascétiques, l'âme court, elle vole, elle s'élève jusqu'à la plus sublime perfection. Qu'on le confesse au moins naïvement, non, rien n'est impossible, que dis-je? rien ne paraît difficile à l'amour. D'où viennent donc tant de défaillances? d'où viennent ces irrésolutions, ces changements subits, ces rechutes? d'où vient cette perpétuelle inconstance dans les voies du salut? On se plaint plus que jamais aujourd'hui de la rigueur de la loi de Dieu, de la sévérité de l'Evangile; le joug qu'il impose,on l'accuse d'être écrasant. On se remue, on cherche beaucoup pour trouver un livre, un directeur qui adoucisse l'aspérité des discours de Jésus christ. Eh bien! ce livre est trouvé, ce directeur je vais le nommer, il s'appelle l'Amour. Aimez, s'écrie saint Augustin, et faites tout ce que vous voudrez; c'est-à-dire, aimez, et en vous soumettant au joug de l'Evangile, vous serez si heureux, si consolés dans votre odeur, que vous ferez tout avec plaisir, comme si vous ne faisiez que votre volonté. O Amour, comme je sens que ta présence m'est nécessaire! Que deviendrais-je sans toi? Esprit Saint, venez, descendez dans mon pauvre cœur, et allumez-y pour toujours ce feu divin que vous puisez éternellement dans le sein du Père et du Fils, afin que je sois un jour élevé à la société de leur gloire.


En quoi se résument les biens que le Saint Esprit communique à l'âme fidèle


Il existe pour les âmes saintes un sentiment que l'on peut comparer an sens du goût et qui, comme ce sens que Dieu a donné à notre corps pour lui faciliter l'action de manger et de boire, en la lui rendant agréable, rend douce et agréable pour nous la personne adorable du divin Sauveur, ses mystères, ses actions, ses pensées, ses sentiments et son langage. J'appelle ce sens intérieur le goût de Jésus-christ. Avoir le goût de Jésus christ, c'est donc éprouver pour le divin Sauveur un attrait, une propension, une sympathie qui fait désirer Jésus christ, qui fait aimer tout ce qui est de lui, tout ce qui le touche, tout ce qui vient de sa personne divine, enfin tout ce qui se rapporte à cette même personne. Jésus-christ, en appelant à sa suite les premiers Apôtres, leur communiqua un peu de ce goût, de cet attrait qui les attacha à lui. Mais ce n'était que peu de chose comparé à ce qui devait arriver plus tard, et le divin Maître déclara, avant sa mort, qu'il était expédient pour ses Apôtres de perdre sa personne sensible, afin que le Saint Esprit vînt en eux, et leur communiquât cette grande lumière qui, en les éclairant sur la grandeur, les perfections, les amabilités de leur Maître, devait exciter en eux un vif sentiment d'amour, un attrait irrésistible, enfin le goût le plus fort pour sa personne adorable. Voyez les Apôtres, voyez saint Paul, tous les fidèles de la primitive Eglise, et dites le goût que tous avaient pour Jésus Christ devenu leur vie, toute leur félicité et leur seule gloire. Le goût de Jésus-christ est une disposition de l'âme qui est due au Saint-Esprit; seul le Saint-Esprit communique ce goût; il est donc surnaturel. Quand une âme le possède, elle aime Jésus Christ sans rien distinguer, ni excepter dans lui. Elle aime Jésus Christ tel qu'il est, elle aime sa vie et sa mort, ses humiliations et sa gloire; elle aime sa croix, son autel, sa vie eucharistique; elle aime tout ce qui est de Jésus Christ, parce qu'elle est entraînée vers lui par le goût qui domine en elle. Le goût de Jésus christ a fait les Saints comme aussi le dégoût, l'antipathie, l'éloignement d'un grand nombre d'âmes pour Jésus-christ peuplent l'enfer. Ce qui inspire le dégoût de Jésus christ, c'est l'attrait prononcé auquel on se livre par rapport à tout ce que Jésus christ a condamné par ses exemples et par ses discours. Comment parviendrait-on à concilier ce dégoût avec l'amour que Jésus christ exige?


Que le dégoût à l'égard de Jésus Christ soit très commun aujourd'hui, c'est ce qui n'a pas besoin d'être prouvé. Les conversations d'un grand nombre de personnes adonnées à certaines pratiques de Religion, et chargées de plusieurs bonnes œuvres attestent que les maximes de Jésus Christ font souffrir beaucoup, et qu'on les rejette avec un mépris qui n'est que trop manifeste. Hélas! il faut bien l'avouer, Jésus christ fatigue, impatiente certaines personnes dévotes; elles ont pour sa vraie doctrine le même dégoût, la même antipathie que les écrivains impies professent pour sa Personne infiniment sainte. Le Saint Esprit n'habite pas dans ces âmes. Voyez, au contraire, les âmes vraiment pieuses que le Saint Esprit a visitées, qu'il a sanctifiées. Quel goût prononcé, quel attrait vif et puissant pour Jésus Christ! Ces âmes courent toujours au-devant de Jésus Christ. Tout ce qu'il est fait leurs délices; tout ce qu'il a fait les transporte d'admiration et d'amour; chacune de ses paroles fait bondir leur poitrine. Ces âmes courent au-devant de Jésus, de ses ordres, des manifestations de sa volonté. Il en est qui ont un tel goût pour ce divin Maître qu'elles ne veulent pas se contenter de suivre ses commandements; un. attrait doux, délicieux, les attire vers ce que Jésus-christ a aimé, et ce qu'il a conseillé. De là la perfection évangélique qui est l'effet du goût le plus prononcé pour Jésus christ, pour son esprit et pour son cœur. Eh bien, âme fidèle, où en es-tu par rapport à ce bien inestimable qui s'appelle le goût de Jésus christ? Il s'agit pour toi d'un trésor qui surpasse tout; car enfin, si ton goût est acquis à Jésus, si ton attrait te porte sans cesse vers lui, quels ne seront pas tes progrès dans la vertu? Si donc tu comprends ces choses, tu vas demander à grands cris le Saint Esprit, parce que lui seul donne le goût de Jésus christ. Avec l'esprit du monde, le goût du monde arrive; or le goût du monde c'est le goût des choses de la terre, et saint Paul assure que ceux qui goûtent les choses terrestres, qui se délectent dans elles, sont les ennemis de la croix de Jésus. Oh! comme il serait bon de méditer souvent cette grande parole!

colocolomba

Pour recevoir chaque jour la Méditation du Mois du Saint Esprit, recevoir régulièrement des prières dans votre boite e-mail, et pour être tenus au courant des mises du blog, abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes


5 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

ESPIRITU_20SANTO

Sixième jour

La Gloire que le Saint Esprit rend à Jésus Christ


C'est Jésus-christ lui-même qui a prédit la gloire rendue à sa personne adorable par le Saint-Esprit, puisqu'en annonçant à ses Apôtres que son Père céleste enverrait bientôt au inonde l'Esprit de vérité et d'amour, l'Esprit consolateur, le divin Maître ajoute cette parole prophétique: « Et cet Esprit me glorifiera ». Nous le savons, la Mission du Fils de Dieu dans ce monde a pour objet la gloire de son Père. Cette vérité est sur toutes les pages de l'Évangile. A la naissance du Sauveur, les Anges chantent ce cantique: « Gloire à Dieu au plus haut du ciel ». Plus tard, quand Jésus-christ parle lui-même de sa Mission, il affirme de la manière la plus formelle que la gloire de son Père est l'objet, le terme, la fin dernière de toutes ses œuvres. Ainsi glorifier Dieu en le faisant connaître, en le faisant aimer et servir, c'est ce que veut, ce que cherche Jésus Christ, c'est la fin suprême de l'Incarnation. Mais Jésus Christ est Dieu; il doit donc être glorifié comme son Père. Demander pourquoi, ce serait une question aussi stupide que celle-ci: Dieu doit-il être glorifié? Jésus Christ a-t-il été glorifié pendant sa vie mortelle? Non. Il a été méconnu, nié, persécuté, rassasié d'opprobres. Cette injustice sacrilège qui venait de la malice des hommes devait être réparée; Dieu se chargea de cette réparation. Avant de mourir, le Sauveur nous révéla ce mystère de la gloire qu'il recevrait bientôt. 


« Mon Père, disait-il, je vous ai glorifié, j'ai manifesté votre nom, j'ai accompli l'œuvre pour laquelle vous m'avez envoyé; maintenant, vous, mon Père, glorifiez votre fils ». Une voix vint du ciel qui dit: « Je te glorifierai ». La glorification de Jésus Christ eut lieu dans le ciel, le jour de son Ascension. Mais, sur la terre, cette glorification était indispensable. La terre était devenue en effet le théâtre des humiliations profondes, des anéantissements incompréhensibles d'un Dieu; ne fallait-il pas que la réparation eût lieu sur ce même théâtre? C'est ce qui arrivera après que Jésus Christ sera retourné dans le ciel. Et de même que le Fils de Dieu a glorifié son Père, le Saint Esprit sera envoyé au monde pour glorifier Jésus Christ. Le Saint Esprit viendra dans l'intérêt de Jésus Christ. Une gloire infinie sera rendue à l'homme Dieu, et le Saint Esprit, en donnant la connaissance et l'amour de Jésus Christ, sera l'auteur et le principe de cette gloire. Si Jésus Christ a employé les trente-trois années de sa vie mortelle à la glorification de son Père céleste, le Saint Esprit consacrera tous les siècles qui doivent s'écouler avant la fin du monde à la glorification de Jésus Christ. Telle est la vérité que je dois méditer; car elle m'est personnelle, comme je le verrai bientôt, et si j'oubliais, si je négligeais cette œuvre du Saint-Esprit qui doit s'accomplir par moi, ce serait un malheur affreux. Heureuse l'âme qui aura su éviter ce malheur!

946_001

Quand le Saint Esprit a-t-il commencé à glorifier Jésus Christ?


Ici je m'occupe de cette glorification de Jésus Christ qui fut extérieure, éclatante, solennelle, à laquelle le monde entier devait concourir jusqu'à la fin des siècles. Car déjà le Saint-Esprit avait glorifié le Sauveur par la conversion de Madeleine, de la pécheresse de Samarie, par la sanctification de certaines âmes. Mais ces faits étaient à peu près cachés et inconnus, et c'était un autre genre de gloire que Dieu le Père réservait à son Fils. Or, la voici cette gloire; elle ne se fait pas attendre longtemps. Il y a à peine dix jours, le Fils de Dieu montait an ciel, et déjà tout s'ébranle, tout est en mouvement à Jérusalem. C'est là, en face du Calvaire, à côté du palais de Caïphe et du prétoire de Pilate, que le soleil se lève radieux, pour répandre tous ses rayons sur la grande et sublime figure de ce Jésus de Nazareth attaché à la croix par l'infidélité des Juifs, comme le dit saint Augustin. Voyez venir les Apôtres, écoutez-les. Quelle transformation! leur éloquence vive, impétueuse, renverse tous les sophismes, repousse et anéantit tous les blasphèmes; c'est par milliers qu'après chaque discours de Pierre, les hommes qui ont vu attacher à la croix Celui qu'ils appelaient un séducteur, tombent à genoux pour adorer Jésus et demander la grâce de devenir ses Disciples. Quelle gloire pour Jésus-christ! des Pharisiens, des Prêtres, des Gentils et des Juifs se mêlent, se confondent, embrassent la même foi, professent le même culte, et poussent le même cri: Jésus est le Fils de Dieu! Mais d'où vient ce prodige? qui en est l'auteur?


Le Saint Esprit est descendu sur les Apôtres, et tout a été fait. Le Saint Esprit a répandu sa lumière, il a communiqué sa chaleur, il a embrasé les âmes; il a montré Jésus Christ à ceux qui ne l'avaient pas vu tel qu'il était, il a découvert sa sagesse et sa sainteté infinies, il a dit ses amabilités, sa beauté souveraine, et tout à coup, Jésus Christ est devenu l'objet unique de l'ambition des hommes; l'aimer, le louer, s'attacher à lui, lui consacrer tout, mourir pour lui, c'est la plus grande des gloires. Voilà l'Eglise! Comme son berceau est magnifique! Le jour de sa naissance, elle compte pour ses fils dévoués huit mille hommes, sans parler des femmes et des enfants; et quand le soleil se couche à Jérusalem, les Apôtres offrent déjà pour le travail de quelques heures, une moisson composée de gerbes magnifiques. C'est ainsi que le Saint Esprit a fait son entrée dans le monde; tel est le commencement de son œuvre, le premier fruit de sa moisson. Et quand je dis la moisson, j'indique seulement les prémices. Attendez, et vous verrez bientôt le champ du père de famille, comme il s'élargira; bientôt la terre entière va tressaillir au seul Nom de Jésus, et tous les peuples concourront à l'accomplissement de cette Prophétie: « j'attirerai tout à moi! » Il est vrai que les nations frémissent, que la Synagogue écume de rage, et que les rois se liguent ensemble pour s'opposer aux conquêtes de la croix; mais cette opposition sera la plus grande gloire de Jésus. Le Saint Esprit est là, il fait de chaque disciple un héros; l'armée qu'il anime de son souffle opère les plus étonnantes merveilles; la valeur, le courage, la force, ne lui font pas défaut. Le Saint-Esprit l'anime, la pousse, la conduit; elle triomphe partout, et l'univers entier tombe à genoux, en prononçant avec amour le Nom adorable de Jésus. Eh bien, âme fidèle, que penses-tu maintenant de cette parole surprise sur les lèvres mille fois adorables de ton Jésus: Le Saint Esprit me glorifiera? Oh! si tu aimes Jésus, combien tu dois aimer le Saint Esprit qui a tout fait pour sa gloire! Non, sans le Saint-Esprit tu ne connaîtrais pas Jésus, tu ne l'aimerais pas. Comprends alors ce que tu dois au Saint-Esprit et de reconnaissance et d'amour.

Esprit_Saint1

Comment le Saint Esprit continue à glorifier Jésus-Christ


Saint Augustin s'est posé à lui-même cette question, et voici comment il a répondu: Le Saint Esprit continue à glorifier Jésus Christ, en répandant son amour dans les cœurs, et en formant des hommes spirituels. En lisant cette ligne, il m'est impossible de ne pas supposer que le grand Evêque d'Hippone avait présenté à son esprit la formation de la sainte humanité du Sauveur dans le sein de Marie, quand il voulut répondre à cette grande question: Comment le Saint Esprit continue-t-il à glorifier Jésus Christ? Oui, sans doute, il en est ainsi: Le Saint Esprit, par l'amour qu'il répand dans les âmes, forme des hommes spirituels. C'est une sorte de continuation du grand mystère de l'Incarnation du Verbe. Voici les membres de Jésus Christ, ses frères, appelés à glorifier leur chef. Ni la chair, ni le sang ne pourront leur donner naissance; ils naîtront de Dieu; c'est le disciple bien-aimé qui l'affirme. Or cette naissance divine comment a-t-elle lieu? Dans le Saint-Esprit, et par le Saint-Esprit. Lui seul crée, lui seul enfante les hommes spirituels; il les crée, il les enfante dans l'amour. Mais qui dira la gloire qui revient à Jésus Christ de cette naissance par le Saint Esprit? Créés dans l'amour, Gis de l'amour, les vrais enfants de Dieu sont tout à Jésus-christ. Il est l'objet de leur culte, de leur adoration; il est la fin de toute leur existence. S'ils désirent quelque chose, c'est pour lui et dans ses intérêts; s'ils aiment, c'est pour lui. Toute ambition qui n'a pas pour objet ou pour terme ses amabilités infinies, ils y renoncent. Souffrir pour lui, c'est leur gloire, c'est leur bonheur; lui donner, lui livrer tout, c'est leur suprême félicité.


Dites-le, hommes du monde, avez-vous découvert dans l'histoire des siècles, quelque grand personnage aimé comme Jésus est aimé? Cherchez votre héros et montrez-nous des millions de Martyrs, de Vierges qui lui offrent en sacrifice leur vie entière, et qui renoncent à tout pour la seule satisfaction de lui plaire. Cet idéal du dévouement et de l'amour ne s'est réalisé qu'une fois; vous le savez bien. Jésus Christ seul est cet homme souverainement aimable, ce Roi éternel des siècles, le Sauveur, ce Fils de Dieu qui a mérité une pareille gloire, et celte gloire est un fait permanent qui se perpétuera jusqu'à la fin du monde. Ce fait de la glorification de Jésus-christ par les hommes est l'œuvre propre, particulière, du Saint Esprit; mais il faut au Saint-Esprit des instruments dociles. Le jour où la céleste Vierge, à laquelle le Saint Esprit venait d'être annoncé par l'Ange Gabriel, s'écria: « Ecce ancilla Domini; fiat mihi », l'Esprit Saint, par son amour et sa puissance, fit la sainte humanité de Jésus. Le jour où une âme dit pour de bon au Saint Esprit: « Fiat », cette âme devient propre à glorifier Jésus Christ. Le Saint Esprit, avec son concours, fera de grandes choses pour l'exaltation et la glorification de Jésus Pourquoi ne serais-je pas cette âme? que je le veuille ou non, Jésus Christ continuera à être glorifié; et ce ne serait pas par moi? ô honte! ô ingratitude! Non, mon Dieu, cette honte ne sera pas sur mon front ; non, je ne me rendrai pas coupable de cette ingratitude.

discesa

Quel est le procédé par lequel le Saint-Esprit parvient à nous faire glorifier Jésus Christ?


 

Le Divin Sauveur a dit lui-même le grand mystère de sa glorification par les hommes. Ecoutons sa parole: « Le Saint Esprit prendra de moi, et il vous le communiquera ». C'est comme si Jésus Christ disait: comme par l'opération du Saint Esprit, par son action divine, j'ai pris dans \e sein de la Vierge ce qui est de vous, votre nature que je n'avais pas, vos misères et vos infirmités qui semblaient incompatibles avec ma propre nature qui est celle de Dieu, de même le Saint Esprit prendra de moi, il prendra ce qui est divin, ce qui semble incompatible avec votre nature, et il vous le communiquera, il vous le donnera, de telle sorte que, si par le Saint Esprit, je suis devenu l'un de vous, à votre tour, par le Saint Esprit, vous deviendrez comme moi fils de Dieu, vous deviendrez mes frères. Vous recevrez, vous aurez de ma divinité, de mes perfections; vous aurez de mes grâces, de mes mérites, de mes vertus. Toutes ces richesses passeront de moi dans vous; et ce sera le Saint Esprit qui vous les donnera. Ce mystère incompréhensible de la grâce étant une fois admis, je conçois tout de suite la glorification par l'homme de la personne adorable de Jésus Christ. D'abord cette gloire que Jésus-christ attendait de l'homme, consiste en ce que l'homme met toute sa gloire dans sa ressemblance avec le Sauveur. Lui ressembler, s'écrie une âme dans l'extase de son admiration et dans l'ivresse de son amour, lui ressembler! mais j'achèterais cet honneur au prix de mille vies, si la chose était possible! Or je demande si ces sentiments ne sont pas pour Jésus Christ une gloire immense, alors que l'expérience nous les montre dans toutes les âmes qui sont éclairées, belles, pures, recommandables par les plus riches qualités; qu'importe à la gloire de mon Jésus que les cœurs bas, abrutis, les cœurs de boue, d'ordure, comme le sont tous ceux des chrétiens mondains, ne connaissent pas ces sentiments? La vierge, la femme vertueuse qui les éprouvent, rendent dans une minute infiniment plus de gloire à Jésus Christ, que ne peuvent lui en ravir certaines âmes par quarante années de mondanité et de corruption.


Le Saint Esprit glorifie Jésus-christ en lui donnant des portraits, des images, des répétitions de lui-même. C'est le prodige qu'il opère à chaque instant. Alors, de même que Dieu le Père a pu dire, en parlant de Jésus Christ: « C'est mon bien-aimé en qui je mets toutes mes complaisances », Jésus Christ dit à son tour, en regardant ses saints: « voilà mes bien-aimés; je mets en eux toutes mes complaisances ». Tel est donc le grand triomphe de Jésus Christ. Telle est sa gloire: des créatures qui n'ont d'autre ambition que celle de lui ressembler, de le reproduire partout. Et cette ambition, par conséquent la gloire qui en résulte pour Jésus Christ, c'est le Saint Esprit qui en est l'auteur, le principe; c'est lui qui la donne, qui la nourrit, qui la fait croître dans les cœurs, qui la rend impatiente de tout souffrir, de rompre tous les liens, pour permettre à l'âme de s'élancer dans le sein éternel de Celui qu'elle appelle son Jésus et son Tout. Ame fidèle, n'oublie jamais ces douces et consolantes vérités, et surtout sois bien pénétrée de cette pensée que l'oubli du Saint Esprit, la négligence, l'indifférence à son égard, est le grand moyen employé par le Diable pour s'opposer efficacement à la glorification de Jésus Christ.

Holy_Ghost

Pour recevoir chaque jour la Méditation du Mois du Saint Esprit, recevoir régulièrement des prières dans votre boite e-mail, et pour être tenus au courant des mises du blog, abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes 

21 octobre 2010

Semaine Missionnaire Mondiale 2010

Semaine Missionnaire Mondiale 2010

265_001

Participons par la prière et le don


Notre Dame de Guadalupe,

Vierge au visage métis,

patronne du continent de l'espérance: l'Amérique Latine.

Toi qui connais ce monde ravagé par la guerre,

l'indifférence et l'injustice,

où certains vivent dans l'abondance,

où d'autres meurent de faim,

intercède auprès de Ton Fils

pour que de nombreux jeunes du monde entier

avec un regard et un cœur universels,

soient prêts à quitter leur pays.

Qu'ils suivent Ton exemple de don total à Dieu

et soient au service des plus pauvres.

Qu'ils vivent et annoncent dans la joie

à tous les hommes,

sans distinction de race ni de nation,

la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu,

Royaume de fraternité, de justice et de paix.

Qu'ils fassent le monde nouveau,

où nous vivrons tous solidaires

les uns des autres.

Et que Dieu Père reçoive la louange de tous. Amen.


Notre Dame de Guadalupe, prie pour nous.


Oeuvres pontificales Missionnaires

5, rue Monsieur

75 343 Paris Cedex 07

www.mission.catholique.fr


 

28 septembre 2010

Passage des reliques de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus à Bordeaux

2937

Passage des Reliques de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus à Bordeaux

A l'occasion de l'anniversaire de la fondation du Carmel de Bordeaux, les reliques de Sainte Thérèse, qui pérégrinent à travers le monde, reviennent à Bordeaux. Il y a 12 ans qu'elles étaient passées, aujourd'hui et demain, à l'église du Sacré Coeur. Voici le programme:

24 heures avec sainte Thérèse de l’Enfant Jésus
A l’église du Sacré Coeur à Bordeaux
(place du cardinal Donnet)

Du mardi 28 septembre 12 heures au mercredi 29 septembre 2010 12h 
non stop

Midi: accueil des reliques de Sainte Thérèse

temps de prière animés

On peut toute la journée et toute la nuit venir prier auprès des reliques de sainte Thérèse

19 heures: messe solennelle

20h30: Avec Thérèse, découvrir la tendresse de Dieu.

veillée de prière et de vénération des reliques de Sainte Thérèse.

Nuit de prière et d’adoration

Mercredi: matinée avec les enfants

Renseignements sur le site de la Paroisse du Sacré Coeur: http://sacrecoeur.info

3 juillet 2011

Mois du Sacré cœur de Jésus

 

Mois du Sacré cœur de Jésus

D'après Sainte Marguerite-Marie

834_001

Quatrième jour

La Flamme

 

Prélude

 

Une flamme ardente s'échappe du Cœur sacré de Jésus: elle s'élance sur le cœur de la Bienheureuse qui en parait tout enveloppé et embrasé.

 

Méditation

 

Un jour que l'humble religieuse représentait à Notre-Seigneur son impuissance vis-à-vis des réparations que le divin Maître attendait d'elle, Jésus Christ lui répondit: « Tiens, voilà de quoi suppléer à tout ce qui te manque ». Et, en même temps, ce divin Cœur s'étant ouvert, il en sortit une flamme si ardente, que la servante du Sacré-Cœur pensa en être toute consumée. Elle en était pénétrée de toutes parts et, ne la pouvant plus soutenir, elle demanda au Maître d'avoir pitié de sa faiblesse: « Je serai ta force, lui dit-il, ne crains rien, mais sois attentive à Ma Voix et à ce que Je te demande pour te disposer à l'accomplissement de Mes desseins. Premièrement, tu Me recevras à la sainte communion autant de fois que l'obéissance te le permettra, quelque mortification et humiliation qu'il t'en doive arriver, car ce sont des gages de Mon Amour. Secondement, tu communieras de plus tous les premiers vendredis de chaque mois. Troisièmement, toutes les nuits du jeudi au vendredi, Je te ferai participer à cette mortelle tristesse que J'ai bien voulu ressentir au Jardin des Oliviers, et cette participation à Ma tristesse te réduira à une espèce d'agonie plus rude à supporter que la mort. Tu m'accompagneras dans cette humble prière que je présentai alors à Mon Père parmi toutes Mes Angoisses, et pour cela, tu te lèveras entre onze heures et minuit, et tu demeureras prosternée avec Moi pendant une heure la Face contre terre, tant pour apaiser la Divine Colère en demandant Miséricorde pour les pécheurs, que pour honorer et adoucir en quelque façon l'amertume que je sentis alors de l'abandon de Mes Apôtres, ce qui m'obligea de leur reprocher qu'ils n'avaient pu veiller une heure avec Moi. Tu feras pendant cette heure-là ce que Je t'enseignerai. Mais écoute, ma fille, ne crois pas légèrement à tout esprit et ne t'y fie pas. Satan, furieux contre toi, cherche à te tromper: c'est pourquoi ne fais rien a sans l'approbation de ceux qui te conduisent, afin que, étant appuyée sur l'obéissance, il ne te puisse nuire; car il n'a point de pouvoir sur les obéissants ». Cette révélation n'a pas besoin de commentaires. Il suffit de la relire attentivement pour nous en appliquer les enseignements pratiques. Voyons en quoi nous pouvons suivre les pratiques suggérées par Notre-Seigneur à une âme vraiment désireuse de devenir une âme réparative. Mais n'oublions pas de nous laisser guider en tout par l'obéissance.

 

Exemple

Ardeur extraordinaire de Saint Philippe de Néri

 

Ce grand Serviteur de Dieu était tellement embrasé de l'Amour de Notre Seigneur, qu'on eût dit que toutes ses paroles et toutes ses œuvres étaient autant de flammes de ce Feu Sacré. Un jour, à l'âge de trente ans, il suppliait avec une ardeur extraordinaire le Saint-Esprit, qui est l'Amour personnel du Fils, de le remplir de Ses dons, de l'embraser de ses feux; il sentit alors un tel assaut de cet Esprit Divin, que son cœur en fut tout enflammé, et commença à battre avec une telle force, qu'il n'eût pu supporter une si violente palpitation sans mourir, si Dieu n'eût fait un miracle pour l'aider à supporter cette intolérable ardeur.

 

Pratique: Unir nos humbles actes de réparation et nos faibles amendes honorables à l'expiation infinie que le Cœur Sacré de Jésus offre à la justice de Son Père.

 

Oraison Jaculatoire: Divin Cœur de Jésus, faites que je ne vive plus que pour vous!

718_001

Pour recevoir la méditation du Mois du Sacré Cœur dans votre boite e-mail, être tenu au courant des publications sur le blog Images Saintes, et pour recevoir des prières, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

11 septembre 2010

Le Bienheureux Bernard de Morlaas

926_001

Le Bienheureux Bernard de Morlaas

+ en 1277

Fête le 23 mai


Le Bienheureux Bernard de Morlaas (Pyrénées Atlantiques, France), vivait au XIIIe siècle. S'étant consacré à Dieu dans l'Ordre des Frères Prêcheurs, il fut chargé, à Santarem (Portugal), de l'éducation de deux enfants voués à Saint Dominique. Ces jeunes élèves travaillaient et prenaient leur goûter dans une chapelle du couvent ornée d'une statue de la Sainte Vierge tenant sur ses bras Son Divin Fils. Un jour, cédant à leurs naïves instance, Jésus descendit des bras de Sa Mère pour partager leur petit repas; puis à son tout, Il les invita, eux et leur maître, à souper dans la maison de Son Père, pour le jour de l'Ascension. En effet, ce saint jour, le 23 mai 1277, après avoir servi la Messe au Bienheureux Bernard et communié de sa main, les deux enfants et leur maître, saisis par une sorte d'extase, s'endormirent dans le Seigneur au pied de l'autel. Ces Bienheureux sont honorés parmi les Patrons de l'École Apostolique des Frères Prêcheurs de Mazères (Ariège). La Providence semble les désigner pour Protecteurs spéciaux des écoles ou la religion occupe le premier plan, conformément aux principes d'une raison saine et éclairée.


Prière avec indulgence de 40 jours accordée par Monseigneur l'Évêque de Bayonne et une autre de 40 jours accordée par Monseigneur l'Évêque de Pamiers


O Bienheureux Bernard, puissions-nous, par votre intercession, mener une vie si pure qu'elle attire fréquemment dans nos cœurs la visite de notre Dieu. Ainsi soit-il.


Permis d'imprimer

Pierre Eugène, Évêque de Pamiers, 1er décembre 1881

21 juillet 2011

Mois du Sacré cœur de Jésus

 

Mois du Sacré cœur de Jésus

D'après Sainte Marguerite-Marie

834_001

Vingt-deuxième jour

L'Ami

 

Prélude

 

La table est dressée. Jésus Christ, Hôte divin, nous convie à nous y asseoir.

 

Méditation

 

« Vous entrerez dans le Cœur de Jésus, continue Marguerite-Marie, comme un ami qui est invité au festin de son ami. Vous y trouverez des délices qui vous sont préparées, et qui surpassent vos désirs et vos connaissances. Vous y serez enivrées du vin délicieux de Son Amour: ce vin charme les amertumes du siècle et inspire le dégoût de toutes les voluptés terrestres. L'ami qui vous reçoit est aussi libéral qu'il est tendre, il vous dira: « Tout ce qui est a moi est à toi: Mes mérites, Mes Plaies, Mon Sang, Mes Douleurs. L'amour rend tous ces biens communs entre nous; mais la libéralité doit être réciproque et Je veux aussi te posséder tout entière sans tant de réserve et de partage ». Jésus est devenu notre ami! et quel ami ! II l'a dit lui-même: « Un ami ne saurait donner une plus grande marque de son amitié à celui qu'il aime qu'en donnant sa vie pour lui ». Il l'a fait et il le fait encore tous les jours. Oui, Jésus est l'ami fidèle auquel nul autre ne peut être comparé, puisque c'est au prix de son sang qu'il nous a faits ses amis ! Et pourtant, parmi les nombreux amis que nous avons sur la terre, Jésus est le plus délaissé ! Ah! je le sais bien, elle parait dure et pénible aux sens et à la nature cette parole de l'Imitation: « Que Jésus seul soit votre ami particulier », mais celles qui précèdent nous en facilitent l'accomplissement. Méditons-les: « Vous ne pouvez vivre heureux sans un ami, et si Jésus n'est pas votre ami par-dessus tous les autres, vous serez accablé de tristesse. Aimez donc tous les autres pour l'amour de Jésus et Jésus pour lui-même. Jésus seul doit être aimé d'un amour singulier, parce que de tous les amis c'est le meilleur et le plus fidèle ».

 

Exemple

La Solitude du cœur

 

Le bienheureux Henri Suso avait une âme ardente et avide de doux épanchements, et il éprouva de grandes peines à s'éloigner de ses anciens amis. Quelquefois, vaincu par la nature, il retournait à eux. Mais, dans leur commerce, il ne trouvait aucune joie, et il les quittait plus triste encore. Son âme souffrait de la solitude et languissait dans l'isolement. Cet état pourtant finit par lui paraître délicieux! (De Malan, Vie du Binheureux Henri Suso)

 

Pratique : Sacrifier les affections qui nous éloignent de l'amour du Cœur de Jésus.

 

Oraison Jaculatoire : Divin Cœur de Jésus, le meilleur et le plus fidèle de tous les amis. (Imitation de Jésus-Christ).

 

383_001

Pour recevoir la méditation du Mois du Sacré Cœur dans votre boite e-mail, être tenu au courant des publications sur le blog Images Saintes, et pour recevoir des prières, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

20 juillet 2011

Mois du Sacré cœur de Jésus

 

Mois du Sacré cœur de Jésus

D'après Sainte Marguerite-Marie

834_001

Vingt-et-unième jour

Le divin Pilote

 

Prélude

 

Représentons-nous la vie comme une mer orageuse sur laquelle notre âme flotte, battue des vagues.

 

Méditation

 

« Vous entrerez, disait Sainte Marguerite-Marie, dans le Cœur de Jésus Christ comme un voyageur dans un navire. L'Amour en est le pilote, il vous conduira heureusement sur cette mer orageuse par laquelle il faut passer pour arriver au port. Les tempêtes que vous avez à craindre ne viennent que de l'amour-propre, de la vanité, de l'attache à la volonté: le Pilote vous en défendra, si vous Lui êtes fidèle. Il vous fera voguer dans le calme et la tranquillité ». Un poète chrétien s'adressant un jour à Dieu, lui demandait de prendre soin de sa traversée parmi les orages et les écueils de la vie, et s'écriait: « Ma barque est si petite et la mer est si grande! » C'est une excellente pensée qui doit faire naître en nous un vif sentiment de confiance à l'égard du Divin Cœur de Jésus. Notre barque est petite, elle est mal pourvue d'engins de navigation, elle se laisse facilement ballotter et emporter au gré de toutes les tempêtes; et la mer est bien grande, elle est féconde en écueils perfidement cachés sous des apparences de calme trompeur, elle subit des tourmentes pénibles soulevées par l'esprit méchant du prince des ténèbres Mais, n'est-il pas vrai que, si, au milieu d'une tempête, nous voyions tout d'un coup apparaître le Doux Maître de la vie et de la mort, s'asseyant au gouvernail du navire en péril et se levant comme autrefois sur le lac de Génésareth pour commander aux vents et à la mer, n'est-il pas vrai, dis-je, que nous serions rassurés et calmes? Nous pouvons goûter ce calme et cette paix, pourvu que nous nous abandonnions bien docilement à l'action et au gouvernement du Cœur sacré de Jésus! Notre barque, grâce à ce divin pilote, se rira des fureurs de la mer orageuse de cette vie, elle ne craindra ni les vents ni la vague.

 

Exemple

Un Cœur embrasé d'amour

 

Saint Pierre d'Alcantara, entendant un jour, à la troisième Messe de Noël, chanter l'Évangile selon saint Jean: « In principio erat Verbum », se mit à contempler ce grand mystère, et fut tellement enflammé d'amour envers le Cœur de Jésus, que, ravi en extase, il se sentit transporté en l'air à une longue distance, jusqu'au pied du Saint-Sacrement.

 

Pratique : Dans les cas difficiles et dans les épreuves, nous abandonner avec une confiance amoureuse au Cœur de Jésus.

 

Oraison Jaculatoire : Divin cœur de Jésus, asile des cœurs pieux! (Prose de la messe du Sacré Cœur)

253_001

Pour recevoir la méditation du Mois du Sacré Cœur dans votre boite e-mail, être tenu au courant des publications sur le blog Images Saintes, et pour recevoir des prières, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

2 juillet 2011

Mois du Sacré cœur de Jésus

 

Mois du Sacré cœur de Jésus

D'après Sainte Marguerite-Marie

834_001

Troisième jour

Les saintes Plaies

 

Prélude

 

La Bienheureuse contemple la radieuse Eucharistie exposée solennellement aux adorations de son monastère. Elle y voit un spectacle caché aux yeux de ses sœurs, humblement prosternées à ses côtés.

 

Méditation

 

« Un jour, raconte la pieuse vierge, le Saint Sacrement était exposé, je me sentis retirée au dedans de moi-même par un recueillement extraordinaire de tous mes sens et de toutes mes puissances. Jésus-Christ, mon Doux Maître, se présenta à moi tout éclatant de gloire avec ses cinq plaies, brillantes comme cinq soleils: de cette Sainte Humanité sortaient des flammes de toutes parts, mais surtout de Son Adorable Poitrine qui ressemblait à une fournaise, laquelle s'étant ouverte me découvrit son tout aimable Cœur qui était la vive source de ses flammes. Il me fit connaître en même temps les merveilles inexplicables de son pur amour et jusqu'à quel excès il avait porté son amour envers les hommes. Il se plaignit de leur ingratitude et dit que ce fut une peine de sa Passion plus sensible que ses autres souffrances: « S'ils usaient de retour à Mon égard, tout ce que J'ai fait pour eux paraîtrait peu de chose à Mon Amour; mais ils n'ont pour Moi que de la froideur et ils ne répondent à Mes empressements que par des rebuts. Toi, du moins, donne-Moi cette consolation de suppléer à leur ingratitude autant que tu le pourras ». Les secrets du Cœur de Jésus, disait Saint Bernard, s'échappent par les ouvertures de ses Saintes Plaies, car, selon la pensée du grand Évêque d'Hippone, elles sont pleines de bonté, de miséricorde, de douceur et de charité. Et notre cœur ne se fondrait pas d'amour! A ce Dieu qui a les mains, les pieds, le Cœur, blessés et percés pour l'Amour de nous, nous ne rendrions pas amour pour amour! Nous ne supporterions pas nos propres blessures par amour pour ses plaies, nos revers par amour pour ses douleurs, la mort pour sa mort!... Divin Cœur de Jésus, Saintes Plaies de notre Doux Sauveur, nous aussi, à la suite de Sainte Marguerite-Marie que vous avez tant aimée, nous voulons vous donner quelque consolation en essayant de suppléer par notre ferveur à l'ingratitude des hommes envers notre ineffable amour!

 

Exemple

Émotion de sainte Thérèse à la vue d'une image de Jésus

 

Une des âmes qui ont montré le plus de dévotion au Cœur de Jésus est assurément sainte Thérèse, qui se sentait tout émue, dès qu'elle voyait une image qui lui rappelait le souvenir du sang ou des plaies du Sauveur. C'est là que cette grande sainte apprenait à connaître le prix de son âme et l'amour que Jésus lui avait porté. Elle raconte elle-même ce qui suit. « Étant entrée un jour dans un oratoire, j'aperçus une image de Jésus-Christ couvert de plaies! je me sentis aussitôt pénétrée de la plus vive compassion, tant était représenté au naturel tout ce qu'il a souffert pour nous! La douleur que j'éprouvais fut portée à un tel point, qu'il me semblait qu'on me brisait le cœur; et, m'étant jetée à ses pieds, je répandis une grande abondance de larmes, le suppliant de m'accorder la grâce de ne plus l'offenser ».

 

Pratique: Honorer d'un culte spécial les saintes plaies de Jésus crucifié.

 

Oraison Jaculatoire: Divin Cœur de Jésus, je ne veux pas vivre sans souffrir, puisque je vois votre amour s'échapper par de si douloureuses blessures! (Saint Bernard.)

272_001

Pour recevoir la méditation du Mois du Sacré Cœur dans votre boite e-mail, être tenu au courant des publications sur le blog Images Saintes, et pour recevoir des prières, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

21 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

Holy_Eucharist_Trinity_Icon

Vingt-deuxième jour

Le sang très précieux de Jésus-Christ enrichit l'âme de toutes les vertus

 

Formé de la main toute-puissante de Dieu pour être l'heureux séjour de nos premiers parents dans l'état d'innocence, le paradis terrestre renfermait les sources abondantes de quatre fleuves qui se répandaient sur toute la terre. Quel était le sens symbolique de ces fleuves, sinon les plaies sacrées de Jésus? De ces plaies dérivent comme d'une source abondante toutes les grâces qui se répandent dans les âmes avec le sang précieux qui en découle. Voyez sainte Gertrude dans ses admirables extases; il lui semblait que des plaies très saintes de Jésus, sortait, pareil à de grands fleuves, le sang divin qui fertilisait les champs de la sainte Eglise. D'où il résulte que toutes les vertus qui ornent les âmes doivent emprunter leur éclat et leur vie à ce sang adorable, pour être méritoires de la vie éternelle. Et effectivement, comment l'âme pourrait-elle mériter, si Jésus n'avait répandu son sang? Comment former une bonne pensée, comment invoquer le nom très-saint de Jésus, comment observer sa sainte loi, si ce sang n'était pas là pour vivifier et animer toutes nos bonnes actions? Nos prières ne monteraient pas au ciel, nos pénitences ne seraient pas acceptées, nos œuvres de miséricorde ne seraient pas méritoires, sans la vertu de ce sang de propitiation: de même que le soleil donne sa lumière avec toutes ses splendeurs à la terre tout entière, qui sans lui ne serait que ténèbres; ainsi les âmes, faute de ce sang de lumière éternelle, seraient dans l'obscurité, et dans l'impossibilité de mériter. Oh! efficace admirable de ce très-précieux sang!

 

Pour nous rendre compte de cette vérité dans son principe même, nous devons attentivement considérer combien l'homme est naturellement faible pour la pratique des vertus; sa faiblesse est telle, qu'il ne peut concevoir, désirer, et à plus forte raison pratiquer de lui-même aucune vertu méritoire de la vie éternelle sans l'aide de la grâce: « Non quod suficientes simus cogitare aliquid à nobis, quasi ex nobis; sed sufficientia nostra ex Deo est ». Or, cette grâce de pratiquer le bien, d'où vient-elle, sinon des mérites de ce sang sacré qu'a répandu Jésus? C'est ce qui faisait dire à Jésus s'adressant à sainte Thérèse: « Je te donne mon sang », voulant dire qu'avec ce sang il lui donnait tous les biens, et qu'il pouvait avec cet or précieux enrichir son urne de toutes les vertus. Par ce sang, l'humilité mérite d'être exaltée, en vertu des humiliations de Jésus qui le répandit. Par ce sang, la patience est couronnée dans le ciel, en vertu des souffrances que Jésus Christ a supportées en le répandant. Par ce sang, la charité resplendit et rend l'âme qui la possède semblable aux anges du ciel, en vertu de cet Agneau immaculé qui s'est sacrifié sur la croix. Par ce sang, la charité s'enflamme et rend l'âme agréable à Dieu, en raison de l'amour ardent de Jésus, qui a voulu nous racheter avec son sang. O sang béni, quel trésor tu es pour nous! fais que tous connaissent ta valeur et ton prix incomparable.

 

Colloque

 

Qui ne serait pas surpris, aimable Jésus, de votre immense amour, par lequel vous nous avez enrichis de tant de biens, que nous trouvons dans les mérites de votre très-précieux sang? Et il est vrai de dire, que dans ce trésor nous trouvons toutes les vertus, comme nous en avertit l'apôtre saint Paul. Que deviendrais-je, quel mérite pourrais-je acquérir sans l'efficacité de ce sang qui me relève, me fortifie dans toutes les bonnes œuvres? Si je trouve en moi quelque faible bien, je le dois tout entier à vos mérites: c'est vous qui m'avez racheté, m'avez sanctifié avec les sacrements, et m'avez donné tant de grâces pour pratiquer le bien; et tout cela, je le reconnais, en vertu du sang très-saint que vous avez versé pour moi et que vous m'offrez chaque jour, afin que par lui je puisse me sauver. Sang adorable de mort Jésus, je t'adore du fond de mon cœur, je t'invoque ardemment; tu seras mon salut: par toi j'espère parvenir au paradis.

 

Exemple

 

Sainte Lutgarde entendit une nuit une voix qui lui disait: « A quoi perdez-vous votre temps, paresseuse? Levez-vous; c'est le moment de faire pénitence pour les pécheurs qui dorment dans les souillures de leurs fautes ». Effrayée, la sainte se rendit à l'église, et sur le seuil elle rencontra Jésus crucifié, dont le sang ruisselait de toute part, réduit par les pécheurs en cet affreux état; elle embrassa alors la croix, la pressa sur son sein, et approcha ses lèvres de la plaie de son côté: aussitôt elle y puisa une liqueurs! délicieuse, que dès lors elle sentit naître en elle un courage tout nouveau pour le service de Dieu et la pratique des saintes vertus. On sut plus tard parla sainte, que depuis cette heure, elle conserva dans sa bouche une douceur plus suave que celle du miel.

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

559_001

Pour recevoir la méditation du Mois du Précieux Sang de Jésus, être tenu au courant des publications sur le blog Images Saintes et pour recevoir des prières dans votre boite e-mail, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

1 mai 2010

Le Mois de Notre Dame du Sacré Cœur

litany32_olsheart2

Le Mois de Notre Dame du Sacré Cœur

Deuxième jour

Deuxième Considération

Préparation de Marie à la sublime vocation

Le Cœur de Jésus nous appelle à la Sainteté

« Je la conduirai dans la solitude et je lui parlerai au cœur » (Osée, 11, 14)

Dieu a produit son œuvre ; il peut la contempler, s'y complaire et se reposer sur une créature uniquement destinée à la gloire du Créateur. Mais si l'ouvrier est en admiration devant son ouvrage, l'ouvrage est en adoration devant son ouvrier. Marie, au premier jour de son existence, a senti un attrait puissant l'entraîner vers Dieu. Isolée dans ce monde, Elle y cherche en vain l'objet de son éternel bonheur; rien ne la captive en cette vie; la joie éphémère d'ici-bas lui semble tristesse, les biens illusion, les mille voix des créatures arrivent dans son âme comme dans un désert sans écho. Docile à l'appel de l'esprit d'amour, Elle quitte sa demeure, sa famille, le monde tout entier: le temple seul a produit sur son cœur une impression profonde; Elle reconnaît en lui la demeure du Très-Haut; Elle voit les prêtres, ministres dé l'Éternel; Elle entend des cantiques divins et comprend que son repos est là. A l'ombre de ces autels, son cœur montera plus facilement vers Dieu avec l'odeur des sacrifices, le chant des lévites et les gémissements des victimes. A peine à son troisième printemps, Elle part. Anges du ciel, descendez. Couvrez-la de vos ailes; c'est Marie, saluée déjà par vous tous du nom de Souveraine. Vierges d'Israël, faites-lui cortège; un jour on dira de vous : « Les tilles de Jérusalem ont amassé d'abondantes richesses, et Marie les a toutes surpassées, parce qu'elle est Notre-Dame du Sacré-Cœur ».

Nouvelle Esther, la voici au pied du trône de son Seigneur et de son Maître, désireuse de se constituer sa servante lorsque le Roi du Ciel va lui confier la garde de son empire et l'établir dépositaire de son plus précieux trésor. Entrez, ô Marie ! Jamais le temple saint ne reçut de vierge plus pure; jamais les prêtres de l'ancienne loi n'offrirent à Dieu de plus agréables prémices. Vous êtes le plus beau fleuron de la couronne que la loi de Moïse eût à déposer devant l'Éternel. Le monde, les prêtres, les Anges eux-mêmes ne comprennent que faiblement ce qui s'opère. On ne voit encore que l'extérieur voilé d'un mystérieux nuage; on ne respire encore que le parfum s'exhalant malgré vous du fond de votre âme, ô Vierge sainte! On ne connaît point encore tout le mystère. C'est le secret du Roi; à lui seul de le révéler. Marie est introduite dans le temple; le pontife l'a reçue; les vierge l'ont acceptée pour leur sœur. Maintenant va s'accomplir pour Elle l'oracle de l'Esprit Saint: « Je la conduirai dans la solitude et je parlerai à son cœur: Ducam eam in solitudinem et loguar ad cor ejus. » Celui qui forme les cœurs pour le Très-Haut. travaille sur celui de Marie. Jour et nuit le divin ouvrier est à l'œuvre; sans cesse la grâce agit sur cette nature privilégiée; le maître la veut façonner à sa propre image; il en veut faire sa Fille bien-aimée, sa Mère de prédilection, son Épouse choisie entre toutes. Aussi, à toute heure, dans le travail et dans le repos, le jour et la nuit, Marie peut varier ses occupations, mais son Cœur demeure toujours exposé à la divine influence de Celui qui en veut faire son trône, son tabernacle, son empire et son trésor. « Cor meum vigilat: Mon Cœur veille », peut s'écrier Marie à chaque instant. Mais pourquoi le Cœur de notre Mère est-il le centre où convergent toutes les opérations de l'amour divin, sinon parce qu'Elle n'est pas seulement destinée à être l'aurore avant-courrière du Soleil de justice, mais parce qu'Elle a reçu mission, au nom de toute l'humanité, de tous les chœurs des Anges et des trois adorables personnes de l'auguste Trinité, d'offrir au Cœur de Jésus un cœur maternel et, par conséquent, embrasé d'amour? Nous pouvons donc la nommer Notre-Dame du Sacré Cœur.

Notre sanctification nous est demandée par la volonté divine; le Roi du Ciel nous veut dans son royaume, et, pour atteindre un jour cette destinée, il nous faut, à l'exemple de Marie, nous préparer à l'ombre du sanctuaire; écouter les secrètes inspirations de l'esprit de Dieu; nous séparer le plus possible du monde; vivre dans la pratique constante de la douceur et de l'humilité. C'est le caractère auquel on reconnaît les âmes qui appartiennent à Jésus, selon cette parole du divin Maître:  « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur ».

Allégorie

Assuérus veut partager sa grandeur et sa gloire avec une créature digne de lui. Ses ministres parcourent ses provinces, choisissent les vierges qui pourront charmer les yeux du roi et leur donnent un an pour se préparer à la réception royale. Esther est de ce nombre; méprisant un trône périssable, elle passe ses jours et ses nuits devant son Dieu, oublie les vains ornements d'un luxe extérieur pour embellir son âme de vertus; c'est au cœur de son roi qu'elle veut plaire; mais sa beauté intérieure rayonne au dehors comme une auréole de gloire, et le roi lui-même ne peut se soustraire à la simplicité de ses charmes. Il la préfère à toutes les autres, pose sur elle son diadème, la touche de son sceptre, l'exempte de la loi qui défendait de se présenter devant lui sans en avoir reçu l'ordre, et se déclare prêt à lui accorder même la moitié de son royaume. Marie est la véritable Esther; Dieu le véritable Assuérus. Prédestinée à régner avec lui, la Vierge se dispose dans le temple à cette sublime mission. La prière, le silence, la vie cachée sont les seules grâces dont elle cherche à se revêtir. Que d'autres fassent prévaloir la noblesse de leur sang, la richesse de leur famille ou les avantages naturels !... Pour elle, jetant un voile sur toutes ses qualités extérieures, Elle n'a qu'un but, celui de plaire au Cœur de son Dieu, en lui présentant un cœur virginal orné des plus belles vertus; aussi, le messager de Celui qui lit dans les cœurs va bientôt venir au nom de son maître la discerner entre toutes les femmes et lui dire: « Vous avez trouvé grâce devant le souverain Roi; le parfum de votre vie pure est monté jusqu'à lui; la modestie de vos regards a captivé ses yeux; votre cœur est aimé du sien ; Il vous appelle à partager son trône et son empire; Il vous couronnera lui-même et vous serez établie Souveraine de son Cœur sacré, et la terre un jour vous proclamera Notre-Dame du Sacré-Cœur ».

Histoire

Écoutons un trait de la miséricorde divine que Marie sut toujours faire descendre sur nous avec profusion. Nous n'avons qu'à raconter à cette tendre Mère nos peines et nos inquiétudes, aussitôt Elle s'en empare, en parle au cœur de son divin Fils, et nous sommes exaucés. Reposons-nous toujours sur Marie ; ne craignons pas, mais agissons en toute confiance. Quelque grande, quelque difficile que soit la cause que nous lui présentions : rien n'est impossible à Notre-Dame du Sacré, Cœur, qui obtient tout. Les trois exemples suivants en sont une preuve frappante: « Une affaire très-importante dans l'ordre temporel, de la réussite de laquelle dépendait la sécurité d'une famille, fut recommandée à Notre-Dame du Sacré-Cœur. Toute espérance semblait inutile, et cependant la non réussite de cette affaire était chose cruelle à penser. Que faire dans une pareille alternative? Lorsque la pensée de la Souveraine Maîtresse du Cœur de Jésus sembla luire comme un rayon de doux espoir, l'affaire lui fut soumise, et elle réussit au delà de toute espérance. Actions de grâces à Notre-Dame du Sacré-Cœur ! » Passons à un autre trait d'un ordre plus relevé: « On sait par expérience que pour quiconque vit éloigné de Dieu, pendant le cours d'une longue vie, la conversion est chose difficile; aussi faut-il parfois un vrai miracle pour l'opérer. Notre-Dame du Sacré-Cœur vient d'en faire, en faveur d'un pécheur chaudement recommandé à sa puissante protection, par plusieurs personnes pieuses; il donna peu de temps après les marques d'un repentir sincère. Notre-Dame du Sacré-Cœur achèvera son œuvre en lui accordant la persévérance. Actions de grâces ! actions de grâces ! » Enfin, le troisième trait n'est pas moins admirable. Voici ce qu'on nous écrit: « La personne pour laquelle tout semblait inutile pour obtenir son retour à Dieu, après les plus grandes luttes, s'approcha des Sacrements avec une grande édification. Ce premier pas coûta beaucoup, mais il restait un pas moins difficile à franchir: la continuation, et elle est pénible pour qui a eu à combattre toute sa vie contre le respect humain. Ne désespérons pas; la Reine du Cœur de Jésus, la force des faibles, lui donnera le courage de vaincre l'opinion publique. En effet, depuis ce temps nous voyons avec un grand bonheur cette personne assister aux offices, chaque dimanche, d'une manière fort édifiante. Il fallait un second miracle pour en arriver là... Notre bonne mère l'a fait: qu'elle en soit bénie ! »

Prions les uns pour les autres

« En ce mois de marie que maman Marie intercède auprès de son fils pour le visas de mon fils en cote d'ivoire et aussi de la situation britannique de mon partenaire. Aussi qu'elle me permette d'avoir un cœur semblable a son Cœur ».

En ce mois de Marie, si vous avez des intentions à confier à la prière des internautes, merci de me les envoyer à franck.monvoisin@laposte.net

703_001

30 avril 2010

Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus 14/15

untitled

Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus

Don Tomaselli, Salésien de Don Bosco


Quatorzième vendredi

Réparation pour nos propres péchés et ceux de notre famille


Lecture


La Sainte Écriture nous dit: « N'oublie pas les péchés que tu as commis par le passé ». Le souvenir des fautes passées ne doit pas opprimer l'âme, mais doit servir de stimulant pour recourir à Dieu avec humilité et confiance en pensant que Jésus est Père de Miséricorde. Bien que le Cœur de Jésus ait pardonné nos péchés, nous avons le devoir de réparation. Saint Paul à dit: « Ceux qui commettent un péché crucifient à nouveau Jésus ». Combien de fois avons-nous renouvelé à Jésus don crucifiement? Combien de fautes commises dans la solitude? Combien d'autres commises devant le prochain en donnant le mauvais exemple? Bien des personnes ont péché par notre faute, à notre instigation ou par notre mauvais conseil, ou même en ne faisant rien pour empêcher de commettre cette faute. Que chacun répare, en ce quatorzième Vendredi, tout mal qu'il a fait en sa vie: en pensées, en paroles, en actions et en toutes sortes d'omissions. Que l'on dise à Jésus: « Lavez avec Votre Sang mon âme, brûlez dans les flammes de Votre Cœur mes scélératesses. Il convient de même de réparer les péchés de notre famille; même quand une famille se dit chrétienne, tous ses membres ne vivent pas toujours en vrais chrétiens. En chaque famille, fatalement, l'on commet des péchés; il y en a qui manquent la Messe le dimanche; d'autres cultivent la haine ou la mauvaise habitude de blasphémer, de bougonner; il y en a peut-être qui vivent scandaleusement. Chaque famille a donc un cumul de péchés à réparer. Que les dévots du Sacré Cœur prennent l'engagement de cette réparation, chose louable, non seulement au cours des quinze vendredis, mais tout le temps. Il est recommandé aux âmes pieuses de choisir un jour fixe de la semaine pour faire la réparation de leurs péchés et de ceux de leur famille. « Une âme peut réparer pour beaucoup d'autres », disait Jésus à sa servante, Sœur Bénigne Consolata. Une mère zélée peut faire réparation un jour par semaine pour les péchés de son époux et de ses enfants; comme une fille peut faire réparation pour les fautes de ses parents et de ses frères. Dans ce jour établi pour la réparation, il fait beaucoup prier; si possible communier et accomplir quelques bonnes œuvres. Une pratique très louable est celle de faire célébrer le Saint Sacrifice de la Messe à cette intention. Le Sacré Cœur agrée tous ces actes délicats et les rend généreusement.


Bouquet spirituel: se fixer un jour par semaine pour réparer auprès du Cœur de Jésus nos péchés et ceux de notre famille.


Prière: Chaque jour de la semaine, réciter 5 Notre Père, je Vous salue Marie et Gloire au Père en réparation des intentions du Vendredi.

034_001

Prière pour la famille

à réciter avant la Sainte Communion


O Seigneur Jésus-Christ, faites que nous imitions les exemples de Votre Sainte Famille, afin qu'à l'heure de notre mort, la Glorieuse Vierge Marie, Votre Très Sainte Mère, vienne à notre rencontre avec Saint Joseph et que nous méritions d'être reçus de Vous dans la gloire éternelle du Paradis. O Jésus plein d'Amour qui, avec les ineffables vertus et les exemples de Votre vie domestique, avez sanctifié la famille par Vous choisie sur la terre, gardez pieusement la nôtre qui, prosternée devant Vous, implore Votre protection. Assistez-la, défendez-la de tout péril, secourez-la dans ses nécessités et donnez-lui la grâce de se maintenir constamment dans l'imitation de Votre Sainte Famille, afin que, Vous servant fidèlement sur la terre, elle puisse Vous bénir au Ciel. Pardonnez tous les péchés qui, dans un moment de faiblesse, se sont commis au sein de notre famille. Marie, Mère très Douce, nous avons recours à Votre intercession, sûrs que Votre Divin Fils exaucera nos prières. Vous aussi, ô Glorieux Patriarche Saint Joseph, modèle des chers de famille, souvenez-nous de nous, avec votre puissante médiation, et offrez, par les mains de Marie, nos vœux à Jésus. Ainsi soit-il.

Herz_Jesu_6

5 avril 2010

Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus 13/15

untitled

Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus

Don Tomaselli, Salésien de Don Bosco

Treizième vendredi

Réparation des injustices

Lecture

La règle pour aimer son prochain est: ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l'on te fît. Si le monde est plein d'injustice, on le doit à la violation de ce grand précepte: on doit respecter le bien des autres sans chercher à se l'approprier injustement. Pourtant, combien de vols sont commis de cette façon. On ne peut pas les appeler des voleurs de profession; cependant, ce sont des vrais voleurs tous ceux qui font: des ventes injustes ou des achats dépréciés; qui gardent de l'argent reçu par erreur, qui négligent de payer leurs dettes, qui ne payent pas un juste salaire à l'ouvrier; qui exigent un taux d'intérêt usuraire ou qui ne rendent pas les objets trouvés. Une autre grave injustice que l'on commet en faisant perdre l'emploi à un honnête père de famille; en faisant, par de faux témoignages, condamner un innocent; ou rendre publique une faute qui était restée secrète. Les injustices du monde sont incalculables. Le Sacré Cœur de Jésus ressent les effets de tous ces manquements qui intensifient les douleurs de Sa Passion. Ce treizième Vendredi de réparation console beaucoup le Bon Jésus. Que les dévots du Sacré Cœur rivalisent de zèle pour l'honorer et lui faire amende honorable. Disons avec fois: « Vous, ô Jésus! Qui avez été victime des plus grandes injustices de l'humanité, donnez la force et la résignation à toutes les victimes de l'ambition qui ont étés emprisonnées innocemment, et à tous ceux qui pleurent la perte de leur honneur, victimes de la calomnie et de la médisance ». O Dieu infiniment Juste, faites resplendir l'innocence des opprimés. Réparons, et, s'il le faut, corrigeons notre conduite. N'avons-nous rien à nous reprocher en fait d'injustice? Il est nécessaire de réparer, de restituer ce qui ne nous appartiens pas; surtout le bon renom et l'estime du prochain. Ou restitution ou damnation! Pouvons-nous nous dire toujours justes dans nos rapports avec notre prochain? N'employons-nous pas deux poids et deux mesures? Pourquoi ne traitons-nous pas notre prochain comme-nous-même? Si tu veux le savoir, observe: te plairait-il que les autres pensent mal de toi et suspectent ta conduite? Tu ne serais pas content? Et pourquoi alors penses-tu mal des autres? Tu es injuste. Te ferait-il plaisir que quelqu'un fasse connaître, aux quatre vents, tes fautes et tes défauts? Tu ne le voudrais pas? Alors pourquoi parles-tu des autres sans scrupules en les critiquant? Pourquoi alors, traites-tu ton prochain si durement? Tu es injuste. Aimerais-tu être pris en dérision et savoir que les autres se moquent de toi? Non, certainement. Et bien, pourquoi te moques-tu du prochain? Tu es injuste. Est juste celui qui traite les autres comme il voudrait être traité lui-même.

Bouquet spirituel: Ne pas mal penser du prochain et ne lui faire aucun tort.

Prière: Chaque jour de la semaine, réciter 5 Notre Père, je Vous salue Marie et Gloire au Père en réparation des intentions du Vendredi.

jesus

Acte de réparation

à réciter avant la Sainte Communion

O Très doux Jésus, Votre immense Amour pour les hommes est payé de tant d'ingratitude, d'oubli, de négligence et de mépris. Voilà que nous, prosternés devant Votre Autel, entendons réparer avec un amour tout particulier les injures qui, de toutes parts, viennent, par les hommes, blesser Votre Cœur aimant. Nous nous souvenons que nous-mêmes, autrefois, nous nous sommes rendus coupables de tant d'indignités et nous en éprouvons une très vive douleur. Nous implorons Votre Miséricorde, prêts à réparer avec une volontaire expiation; pas seulement les péchés commis par nous, mais de même pour ceux qui s'écartent de la voie du Salut, refusent de Vous suivre comme Pasteur et s'obstinent dans leur infidélité. En même temps que nous entendons expier le cumul de tant de déplorables délits, nous nous proposons de réparer en particulier les injustices humaines. S'il nous était possible de laver avec notre sang, tant de péchés. Et comme réparation de l'Amour Divin méconnu, nous Vous présentons quelques satisfactions que, Vous-même, avez un jour offertes sur la Croix, au Père, et que chaque jour Vous renouvelez sur les Autels. En Vous promettant, de tout notre cœur, de réparer avec l'aide de Votre Grâce, nos péchés et ceux des autres. Accueillez, nous Vous en prions, ô Jésus magnanime, par l'intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, ces hommages de réparation et veillez nous conserver très fidèles dans l'honneur du prochain en pensant que nous faisons à Vous ce que nous faisons au prochain. Amen.

coraz_n_de_jesus7

Publicité
Publicité
Publicité