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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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25 décembre 2012

Saint Jour de la Nativité du Seigneur

Saint Jour de la Nativité du Seigneur

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Evangile de Jésus-Christ selon Saint Luc (2 : 1-14)

 

En ces jours-là, parut un édit de l'empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre — ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. — Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine. Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David. Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte. Or, pendant qu'ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune. Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L'ange du Seigneur s'approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d'une grande crainte, mais l'ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ». Et soudain, il y eut avec l'ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime ».

 

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Méditation

Jésus enfant

Sermon Saint Antoine de Padoue pour la Nativité du Seigneur

 

Un enfant nous est né, devenons comme cet enfant. « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné, Il a reçu le pouvoir sur ses épaules et on lui a donné ce Nom : Conseiller merveilleux, Dieu Fort, Père éternel, Prince de la Paix » (Isaïe 9 : 5). Et encore : « Voici la jeune femme est enceinte, Elle va enfanter un Fils et Elle Lui donnera le Nom d'Emmanuel ». «(Isaïe 7 : 14), c'est à dire « Dieu avec nous ».

Dieu s'est fait enfant pour nous et Il est né aujourd'hui, pour nous. Le Christ à voulu être appelé « enfant » pour plusieurs raisons, mais par brièveté, je n'en illustrerai qu'une. Si tu fais injure à un enfant, si tu le provoques par une insulte, si tu le frappes et tu lui montres ensuite une fleur ou une rose, et en lui montrant tu le lui donnes, il ne se rappelle plus l'injure qu'il a reçue, il laisse tomber sa colère et court t'embrasser.

De la même manière, s'il t'arrive d'offenser Jésus par un péché mortel ou une autre injure quelconque et que tu Lui offres ensuite la fleur de la contrition ou la rose de la confession accompagnée de larmes – les larmes ne sont-elles pas le sang de l'âme ? – Il ne se souvient plus de ton offense, remet la faute et court t'embrasser et te couvrir de baisers.

Ezéchiel dit en effet : « Si le méchant renonce à tous les péchés qu'il a commis, je ne me souviendrais plus de tous ses crimes » (Ezéchiel 18 : 21-22). Et Saint Luc écrit à propos de l'enfant prodigue : « Son père l'aperçut et, pris de pitié, courut se jeter à son cou et l'embrassa » (St Luc 15 : 20). Le deuxième Livre de Samuel raconte que David accueillit avec bienveillance Absalom qui avait tué son frère, et l'embrassa (Cf 2 Samuel 14 : 33). Un enfant nous est donc donné. Mais quelle utilité avons-nous de la naissance de cet enfant ?

Beaucoup en vérité et sous tous les aspects. Ecoute Isaîe : « Le nourrisson jouera sur le repère de l'aspic, sur le trou du basilic, le jeune enfant mettra la main. Il ne feront plus de mal ni de violence sur toute ma montagne sainte » (Isaïe 11 : 8-9). Le basilic, roi de tous les serpents, est le démon ; ses repères et ses trous sont les cœurs des mauvais ; notre Enfant y mit sa main lorsqu'Il arracha le démon Lui-même avec le pouvoir de Sa Divinité.

« Un fils nous a été donné... il a reçu le pouvoir sur ses épaules... » « Abraham, il est dit dans la Genèse, prit le bois de l'holocauste et le chargea sur son fils Isaac » (Genèse 22 : 6). Et Saint Jean : « Et Il sortit, portant Sa Croix, et vint au lieu-dit du Crâne » (St Jean 19 : 17).

O humilité de notre Rédempteur ! O patience de notre Sauveur ! Il porte, seul, à la place de tous, le bois pour y être suspendu, crucifié et y mourir. « Le juste périt, dit Isaïe, et personne ne s'en inquiète » (Isaïe 57 : 1). Il reçut le pouvoir sur ses épaules. « Je mettrai la clé de la maison de David sur ses épaules », dit encore (Dieu) le Père par la bouche d'Isaïe (Isaïe 22 : 22). La clé est la Croix du Christ, par laquelle Il nous ouvrit la Porte du Ciel. La croix est appelée en même temps clé et pouvoir : clé, parce qu'elle ouvre le Ciel aux élus ; pouvoir, parce qu'elle précipite les démons aux enfers.

Il sera appelé « Admirable », dans sa naissance ; « Conseiller » dans sa prédication ; « Dieu » par ses miracles, « Fort », dans Sa Passion ; « Père du siècle à venir » dans Sa Résurrection. En effet, en ressuscitant, Il nous laissa, en guise d'héritage à ses enfants, l'espérance certaine de la résurrection. Enfin, « Prince de la Paix », dans l'éternité. Que le même Dieu qui est béni dans les siècles daigne nous accorder cette paix. Amen.

 

Extrait de « Saint Antoine de Padoue, une parole Evangélique », de Valentin Strappazzon, aux Editions Franciscaines.

 

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Saint Antoine de Padoue

 

Né à Lisbonne, il était chanoine régulier lorsqu’il entra dans l’Ordre des Mineurs, récemment fondé. Il pensait aller chez les peuples d’Afrique pour propager la foi, mais c’est en Italie et dans le midi de la France qu’il exerça avec beaucoup de fruits le ministère de la prédication, en attirant un grand nombre à la vraie doctrine. Il écrivit des sermons pénétrés de doctrine et de douceur et, sur l’ordre de saint François, enseigna à ses frères la théologie à Padoue, où il mourut en 1231. Saint Antoine de Padoue a été proclamé Docteur de l'Eglise en 1946.

 

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Saint et Joyeux Noël à vous tous !

Que la Paix et la joie du Seigneur descendent dans vos cœurs et soient sur vos familles. Que le Seigneur vous bénisse et vous garde toujours...

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24 avril 2012

La Servante de Dieu Mère Marie de la Ferre

Marie de la Ferre 2

La Servante de Dieu Mère Marie de la Ferre

Première Supérieure de l'Hôtel-Dieu de la Flèche,

Fondatrice des Religieuses Hospitalières de Saint Joseph

1592-1652

 

Son enfance

 

Marie de La Ferre, issue d'une noble famille du Poitou, naquit en 1592, au manoir seigneurial de La Ferre; et tout annonça par les grâces qui brillèrent en elle qu'elle était appelée à remplir une grande mission: Elle perdit sa mère en bas âge, mais elle eut dès lors le bonheur de se trouver sous la protection spéciale de l'auguste Mère de Dieu. La Vierge Immaculée fit entendre de bonne heure à son jeune cœur des leçons de sagesse et de piété qui portèrent d'heureux fruits. La première et la plus importante fut un attrait intérieur qui l'attacha à Jésus-Christ, caché dans le saint Tabernacle.

 

Danger quelle court de perdre la foi

 

Sous la protection de la divine Marie qui daignait protéger ses jeunes années, elle échappa à l'imminent danger qu'elle courut de perdre la foi. Car une belle-mère calviniste fit tout en son pouvoir pour lui arracher ce précieux trésor, et lui faire perdre les attraits qu'elle ressentait pour la vertu. Elle eut alors beaucoup à souffrir pour se conserver dans ses bonnes dispositions. Cette dure épreuve la rendit plus ferme dans l'accomplissement de ses devoirs religieux, et ne servit pas peu à lui faire apprécier de plus en plus les avantages de la vertu.

 

Danger qu'elle court de se perdre à son entrée dans le monde

 

Un autre danger non moins à craindre attendait la jeune Marie à son entrée dans le monde. Une de ses tantes, touchée de ce qu'elle avait à souffrir de la part de sa belle-mère, la prit chez elle, dans le Château de Ruigné, près la Flèche, qu'elle habitait. Cette dame n'avait point d'enfants, et voyant sa jeune nièce richement ornée de ces belles qualités qui pouvaient la faire briller dans le grand monde, la lança malgré elle dans la haute société, afin de lui procurer un parti avantageux. Elle y fut, en effet, l'objet des plus honorables recherches; et elle s'y complut un instant. Mais bientôt la bienheureuse Vierge qui l'avait adoptée pour sa fille bien-aimée, lui fit apercevoir le danger où elle était de se perdre en suivant une telle voie. Elle recula, saisie d'horreur à la vue de l'abîme qui se creusait sous ses pieds, et reprit pour toujours la vie pure et simple pour laquelle notre Seigneur lui faisait sentir un attrait constant. Encore cette fois, elle eut pour rentrer dans la bonne voie et y persévérer de dures persécutions à souffrir. Mais, par la grâce divine qui la soutenait, elle triompha de tous les obstacles par sa fermeté, sa douceur et son dévouement. Elle eut ainsi le bonheur de gagner à la piété ceux qui avaient voulu l'en détourner.

 

Vertus qu'elle pratique dans le monde

 

Dieu, dont la providence est toujours admirable dans la sanctification de ses élus, avait préparé par les croix et les tribulations Marie de La Ferre au ministère de charité qu'elle devait remplir dans la Sainte Église pour le soulagement des misères humaines. Plus elle avançait dans la carrière de la vie, et plus elle se sentait pressée de ne vivre que pour l'amour de son Dieu, et pour le soulagement de ses membres souffrants. Aussi, se montrait-elle, en toute occasion, un ange dans sa famille et une vraie mère des pauvres. Elle était avide de payer en la personne des malades, les grâces insignes que le Seigneur lui prodiguait dans ses intimes communications, avide de lui gagner des âmes par le zèle ardent qui la dévorait; avide de mortifications, de pénitences et d'humiliations dont elle faisait ses délices, et éprise des charmes que lui faisait éprouver l'esprit d'abnégation et de sacrifice. En retour, favorisée par Dieu des dons célestes qu'il se plaît a répandre dans les âmes qui ne veulent vivre que pour lui, cette humble servante du Seigneur était en grande réputation de sainteté. Aussi, la voix publique la proclamait-elle communément « la sainte Demoiselle ».

 

Elle se consacre aux soins des malades et fonde pour les soigner la communauté des Religieuses Hospitalières de Saint Joseph

 

Telle était la vie sainte que menait Marie de La Ferre, lorsqu'en 1630, elle reçut du ciel une mission spéciale, celle de fonder une communauté de Religieuses Hospitalières, pour honorer la sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph, pour le soin des malades, sous la protection du glorieux Époux de la Vierge immaculée. La divine Providence lui adjoignit, pour l'aider à faire cette grande œuvre, Monsieur Jérôme Le Royer de la Dauversière, qui, quoique vivant au milieu du monde, était tout occupé des œuvres de Charité. Dans une communion faite avec des dispositions extraordinaires, la servante de Dieu connut plus clairement encore la volonté divine, qui l'appelait à fonder une communauté nouvelle. La vive impression qu'elle ressentit alors resta à jamais gravée dans son âme et lui indiqua l'esprit du Seigneur dont elle devait être animée toute sa vie dans ce qu'elle avait à entreprendre pour la fondation de sa congrégation religieuse.

 

Bénédictions que le Seigneur répand sur la nouvelle communauté

 

La communauté nouvelle formée à la Flèche, après s'être exercée à la pratique de toutes les vertus religieuses pendant plusieurs années, fut canoniquement instituée en 1643. Les bons sujets qui se présentèrent tout d'abord, pour embrasser le nouvel institut, montrèrent qu'il était selon la volonté de Dieu, qui se plut à lui faire porter les plus heureux fruits en l'arrosant de la rosée céleste. On demanda de toutes parts des essaims de cette ruche bénie ; et, en 1651, la Mère de La Ferre en conduisit un elle-même à Moulins. Elle y gagna bientôt l'estime et la vénération universelle. Des postulantes de choix se présentèrent en foule ; des fondations en faveur des malades et des orphelins se multiplièrent, au nombre desquelles il faut ranger celle de Montréal, qui se fit plus tard au milieu des plus pénibles sacrifices et avec des difficultés de tous genres. Aussi, fut-elle accompagnée de bénédictions particulières, comme le prouvent les fruits abondants qu'elle n'a cessé de produire.

 

L’Hôtel-Dieu de Moulins est visité par une terrible épidémie, et la Mère de La Ferre y meurt victime de sa charité

 

En 1652, une inondation de l'Allier ayant envahi les plus bas quartiers de la ville de Moulins habités par les indigents, une épidémie pestilentielle s'y déclara. Les malades arrivèrent en foule à l'Hôtel-Dieu, et y communiquèrent bientôt la contagion aux Hospitalières. Seule épargnée d'abord, leur mère ne cessa pendant deux mois de passer jour et nuit, sans trêve ni repos, du chevet des malades de l'hôpital aux lits de ses sœurs; et quand elle vit celles-ci rendues à la vie, elle se coucha pour mourir. Mais son âme resta ferme, et de sa bouche expirante sortirent ces touchantes paroles: « Quel bonheur, ô mon Dieu, de vous aimer toute une éternité ! » C'était le 28 juillet 1652.

 

Dieu fait éclater les mérites de son humble servante

 

Après sa mort, ses traits s'imprégnèrent d'une céleste beauté. Revêtue de son habit religieux, et embaumée du seul parfum de ses vertus, elle fut exposée dans l'église de l'Hôtel-Dieu jusqu'au moment de l'inhumation : la foule ne cessa de l'entourer et de lui prodiguer les pieux honneurs que les restes des saints ont le privilège d'inspirer; et, malgré ce concours, malgré la chaleur de la saison et la putridité de la maladie, cause de décès, le corps de la Mère de la Ferre fut déposé en la terre sans qu'aucune trace de décomposition s'y fût montrée, et sans avoir exhalé d'autre odeur que celle de la sainteté. Mais ce qu'il y a de plus surprenant encore, c'est que six ans et demi plus tard, c'est-à-dire le 19 décembre 1638, M. Le Royer, voulant procéder à l'exhumation du corps de cette tendre mère des pauvres malades, qui avait été victime de sa charité, sa dépouille mortelle toute entière reparut au jour parfaitement conservée, telle que la terre l'avait reçue le jour de sa sépulture. En faisant ainsi exhumer le corps de la Mère de La Ferre, M. Le Royer avait l'intention de partager ses restes vénérables entre les diverses maisons de son institut. Il fut saisi d'admiration en voyant que ce corps avait été ainsi conservé; mais persistant néanmoins dans son dessein, il confia à la chaux la dénudation des ossements, interdite à la corruption. Il fallut en employer, à diverses reprises, une énorme quantité et faire ainsi, en quelque sorte, violence au ciel.

 

Maximes et avis de Mère de la Ferre

 

« Souvenez-vous sans cesse, disait notre digne Fondatrice, de vivre d'une manière digne de votre sublime vocation; vous êtes les filles de la Sainte et paisible Famille, de Jésus, Marie, Joseph; ce sont là les grands et excellents modèles que vous devez tâcher de copier, autant qu'il est possible à une faible créature ».

« Que rien de créé ne vous arrête ici-bas; veillez continuellement sur vos pensées et sur vos affections, afin que vous n'en ayez que de Dieu ou pour Dieu ». « Souvenez-vous, mes filles, que nous serons jugées sur nos Règles!... »

« Que l'Humilité, la Charité, l'union des cœurs, et les autres vertus qui conviennent à votre état, soient l'étude principale de votre vie ».

« Aimez votre sainte vocation, aimez, vos règles; elles sont de Dieu vous n'en pouvez douter; aimez-les donc et. pratiquez-les avec exactitude ! ».

 Marie de la Ferre

Prière pour demander la glorification de Mère Marie de la Ferre

 

Dieu qui êtes infiniment saint et la sainteté même, et qui faites briller la sainteté dans toutes vos œuvres, daignez avoir pitié de nous qui ne sommes que des pécheurs, et par conséquent très indignes d'être soufferts en votre sainte présence. Nous nous présentons devant votre terrible majesté, quoique nous soyons écrasés sous le poids de nos misères. Ce que nous osons toutefois vous demander avec une entière confiance, c'est la glorification de votre humble servante, Marie de La Ferre. Oui, ô Dieu tout bon et miséricordieux, ce que nous vous demandons, c'est que vous daigniez la glorifier aux yeux des hommes, en nous accordant les grandes grâces que nous sollicitons par son intercession, afin que la sainte Église puisse juger par les prodiges qui se feront par l'invocation de son nom, que vous l'avez introduite dans vos saints Tabernacles, et qu'elle peut sans crainte de se tromper lui décerner les honneurs de l'autel et faire briller sur son front l'auréole de la sainteté. Nous sollicitons cette insigne faveur par Jésus, Marie et Joseph, qu'elle a tant honorés et qu'elle a si puissamment contribué à faire honorer jusqu'aux extrémités de la terre. Ah ! puissions-nous un jour l'honorer publiquement, comme mère compatissante de tous les pauvres malades. Ainsi soit-il.

 

N. B. Si le Ciel daignait accorder quelque faveur signalée par l'intercession de la très honorée Mère Marie de La Ferre, on vous prie d'en informer les Religieuses Hospitalières de Saint Joseph.

 

Textes extraits de « Neuvaine à la très honorée Mère Marie de la Ferre », Montréal, Beauchemin et Valois, 1880

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Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

15 mai 2012

Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Henri Lasserre

Procureur_de_Lourdes_Dutour 

Seizième jour

Le ministre Gustave R., Prudence de l'Evêque, apparition du lundi de Pâques, le cierge, Les ex-voto, deux trimestres judiciaires, Bernadette et les visiteurs

 

I. La question qui était montée du Commissaire au Préfet avait continué son mouvement ascensionnel et était arrivés jusqu'au Ministre. Le 12 et le 26 mars, M. le Préfet avait fait ses rapports à Son Excellence, en se bornant, jusqu'à sa réponse, aux mesures que nous avons dites. M. Gustave R. était ministre. Ancien Procureur général et alors Ministre de l'Instruction publique, ce haut personnage était en grand ce que le Commissaire et le Préfet étaient en petit. II ne pouvait admettre un seul instant la réalité des Visions et des Miracles de Lourdes. Donc, à deux cent cinquante lieues des événements, sans autres documents que deux lettres préfectorales, il trancha net la question avec ce ton décisif qui do me le dernier mot des choses sans Saigner même les discuter. Malgré les conseils de prudence qu'il donnait au Préfet, il laissait voir son parti pris de ne pas tolérer les Apparitions et les Miracles. Comme toujours, en pareille circonstance, le Ministre se posait d'ailleurs en défenseur de la Religion. « Il importe, à mon avis, écrivit-il au Préfet, de mettre un terme à des actes qui finiraient par compromettre les véritables intérêts du Catholicisme et affaiblir le sentiment religieux dans les populations. En droit, nul ne peut constituer un oratoire ou lieu public de culte, sans la double autorisation du pouvoir civil et du pouvoir ecclésiastique. On serait donc fondé, dans la rigueur des principes, à fermer immédiatement la Grotte, qui a été transformée en une sorte de chapelle. Mais il y aurait vraisemblablement des inconvénients graves à vouloir user brusquement de ce droit. Il convient de se borner à empêcher la jeune fille visionnaire de retourner à la Grotte, et à prendre les mesures qui pourront insensiblement détourner l'attention du public en rendant chaque jour les visites moins fréquentes. Il sera indispensable que vous vous concertiez avec le Clergé, mais je ne saurais trop vous engager à traiter directement cette affaire délicate avec Mgr l'évêque de Tarbes, et je vous autorise à dire, en mon nom, au prélat, que je suis d'avis de ne pas laisser un libre cours à un état de choses qui ne manquerait pas de servir de prétexte à de nouvelles attaques contre le Clergé et la Religion ».

II. Sur cette lettre, le Préfet s'adressa à l'Évêque pour le prier de faire interdire formellement à Bernadette tout voyage à la Grotte. Il mit tout naturellement en avant l'intérêt de la Religion compromis pat ces hallucination? ou ces supercheries, et l'effet déplorable que de semblables choses produisaient sur tous les esprits sérieux, qui cherchaient en toute bonne foi à concilier le Catholicisme avec la saine philosophie et avec les idées modernes. Quant a l'hypothèse que les Apparitions fussent réelles, M. le baron Pardoux, pas pins que M. Gustave R., ne daignait s'y arrêter. Le Préfet et le Ministre avaient un égal dédain pour de telles superstitions. Le Préfet était habile, mais l'Évêque était sagace, et il était malaisé de lui cacher le fond sous la forme. Il comprit qu'il fallait, d'un côté, se refuser énergiquement à la pression du pouvoir temporel, et d'autre part, ne le point irriter; repousser ses exigences inadmissibles, et en même temps maintenir la bonne harmonie. Entre ces diverses difficultés, Mgr Laurence sut se tenir dans une sage mesure. Dans ces circonstances, défendre formellement à Bernadette d'aller à la Grotte quand elle s'y sentait appelée par une voix d'en haut, c'eût été attenter à la liberté la plus sacrée de l'âme, et les hommes de l'Église savent la respecter, même chez une enfant: mais user de la voix du conseil et engager Bernadette à ne point se rendre aux Roches Massabielle en dehors de cette irrésistible impulsion, c'est ce que l'Évêque crut prudent d'ordonner au curé de Lourdes, afin d'empêcher autant qu'il était en lui, le pouvoir civil d'entrer dans cette voie dangereuse des persécutions vers laquelle, avec sa très-grande sûreté de coup d'œil, il le voyait incliner. Mgr Laurence, ainsi que nous l'avons dit, était d'ailleurs dans le doute au sujet du jugement à porter sur les événements de Lourdes. N'étant point sur les lieux, ne voyant point directement les merveilles qui s'accomplissaient, ne les connaissant même que d'après les rapports d'ecclésiastiques qui n'en étaient point les témoins immédiats, il n'avait pas encore formé sa conviction. Il attendait.

III. Le jour de Pâques était arrivé. Malgré les pieuses appréhensions de M. le Ministre des Cultes, les merveilles accomplies à Lourdes n'avaient point « affaibli le sentiment religieux des populations ». Des conversions sans nombre avaient eu lieu: les confessionnaux étaient assiégés de monde. Des usuriers ou des voleurs avaient restitué: beaucoup de scandales avaient cessé. Les Fidèles se pressaient autour de la Table Sainte. Le lundi de Pâques, 5 avril, c'est-à-dire le jour même où le Préfet était allé chez Sa Grandeur, la Mère de Dieu avait fait de nouveau entendre un appel intérieur a la fille du meunier; et l'enfant, bientôt suivie d'une foule immense, s'était rendue à la Grotte où, comme précédemment, le ciel s'était ouvert devant elle et lui avait laissé voir la Vierge Marie dans sa gloire. Ce jour-là, aux yeux émerveillés de la multitude, s'accomplit un fait fort étrange. Le cierge que Bernadette avait apporté ou qu'on lui avait donné était très-grand, et elle l'avait appuyé par terre en le soutenant par le bout entre les doigts de ses mains à demi jointes. La Vierge lui apparut. Et voilà que, par un instinctif mouvement d'adoration, la Voyante, tombant en extase devant la Beauté immaculée, éleva un peu les mains et les laissa reposer doucement et sans y songer sur le bout du cierge allumé. Et alors la flamme se mit à passer entre ses doigts légèrement entr' ouverts et à s'élever au-dessus, oscillant çà et là, suivant le faible souffle du vent. Bernadette pourtant demeurait immobile et abîmée dans la céleste contemplation, ne s'apercevant même pas du phénomène qui faisait autour d'elle la stupéfaction de la multitude. Les témoins se pressaient les uns sur les autres pour mieux voir. M. Dozous, dès les premiers moments, avait tiré sa montre : cet état extraordinaire dura un peu plus qu'un quart d'heure. Tout à coup, un léger frissonnement se produit dans le corps de Bernadette. Ses traits redescendent. La Vision avait cessé et l'enfant était revenue à son état naturel. On lui prend la main, rien que de normal n'y apparaissait. La flamme avait respecté la chair de la Voyante en extase devant Marie. La foule, non sans raison, criait au miracle. L'un des spectateurs cependant, voulant faire la contre-épreuve, avait pris ce cierge encore allumé, et, sans qu'elle y fit attention, il l'approcha de la main de Bernadette. « Ah! monsieur, s'écria-t-elle en se retirant vivement, vous me brûlez! » Les événements de Lourdes avaient produit une telle commotion dans le pays et l'affluence des étrangers était telle que ce jour-là, bien qu'on ne fût point, comme dans la Quinzaine, prévenu à l'avance, la multitude réunie un instant autour de Bernadette s'était élevée à près de dix mille personnes.

IV. Le concours continuait sur le chemin des Roches Massabielle. Pas un cri tumultueux dans cette foule, pas une agitation dans ce fleuve populaire dont les flots se renouvelaient sans cessé. Des cantiques, des litanies, des vivats en l'honneur de la Vierge, voilà tout ce qu'on entendait, voilà tout ce que M.Dominique et sa police pouvaient enregistrer dans leurs Rapports C'était plus que l'ordre, c'était le recueillement. Les ouvriers de Lourdes avaient élargi le sentier, tracé depuis quinze ou vingt jours par les carriers sur les pentes de Massabielle; ils avaient fait jouer la mine et taillé le rocher en maint endroit; de sorte qu'ils avaient créé sur ces coteaux abrupts un chemin assez large et très praticable. C'était un travail considérable qui avait demandé de la peine, du temps, des frais. Ces braves gens accomplissaient ce labeur dans la soirée, en revenant des chantiers où ils étaient occupés du matin au soir. Ils se reposaient des fatigues de leur rude journée en travaillant à ce chemin qui conduisait à Dieu: « In labore requies ». Vers la tombée de la nuit, on les voyait attachés comme une fourmilière au flanc du tertre rapide, piochant, brouettant, creusant le roc, y mettant de la poudre et faisant voler en éclats le marbre ou le granit. « Qui vous payera? » leur disait-on. « La sainte Vierge », répondaient-ils. Avant de se retirer, ils descendaient tous ensemble à la Grotte et faisaient la prière en commun. Au milieu de cette superbe nature, sous ce beau ciel étoile, ces scènes chrétiennes avaient une simplicité et une grandeur primitives.

V. La Grotte changeait peu à peu d'aspect. Jusque-là, on y avait fait brûler des cierges en signe de vénération. On y déposa vers cette époque des vases de fleurs, naturelles ou découpées par de pieuses mains, des statues de la Vierge, des ex-voto en signe de reconnaissance. Les ouvriers avaient fait une petite balustrade pour protéger ces objets fragiles contre les involontaires accidents qu'aurait pu occasionner l'empressement de la multitude. Plusieurs personnes ayant reçu quelque grâce singulière par l'intervention de Notre-Dame de Lourdes, apportèrent comme un hommage au lieu de la Vision leur petite croix d'or avec la chaîne, confiant la garde de leur pieuse offrande à la foi publique. Comme dès ce moment tout le pays s'écriait qu'il fallait obéir à l'Apparition et construire une chapelle, on se mit également à jeter de l'argent dans la Grotte. Les sommes considérables, quelques milliers de francs, se trouvèrent ainsi exposés en plein air, sans nulle défense extérieure, durant la nuit et durait le jour; et, tel était le respect qu'inspirait ce lieu, naguère inconnu, tel était l'effet moral produit sur les âmes, qu'il ne se trouva pas un seul malfaiteur dans tout le pays pour commettre un larcin sacrilège. Et cela est d'autant plus merveilleux, que, quelques mois auparavant, plusieurs églises avaient été dévalisées. La Vierge ne voulait point que le moindre souvenir criminel se mêlât à l'origine du Pèlerinage qu'elle voulait établir.

VI. Une circonstance singulière qui passa peut-être inaperçue à cette époque fut relevée par la suite et frappa beaucoup de personnes. Nous ne pouvons nous empêcher de la faire remarquer. Un des plus beaux privilèges de la Souveraineté, c'est le droit de faire grâce, et quand un roi veut fêter son avènement, il amnistie les coupables. La Reine du Ciel pouvait plus et fit plus. Elle voulut qu'il n'y eût pas même de coupables. Les Apparitions qui avaient eu lieu déjà et celles qui eurent lieu plus tard se trouvèrent réparties sur deux trimestres judiciaires. Or, pendant ces deux trimestres, il n'y eut dans le Département, ni un seul crime commis, ni un seul criminel condamné. C'est un fait peut-être sans précédent La session des assises de mars n'eut à examiner qu'une seule affaire antérieure à la période des Apparitions, et qui se termina par un acquittement. La session suivante, qui devait avoir lieu en juin, n'eut que deux affaires à juger, l'une et Vautre relatives à des événements antérieurs à cette même période. Cette coïncidence étonnante, cette marque mystérieuse de l'invisible influence qui planait sur toute la contrée, cette preuve tout extérieure, ce prodige moral, ce miracle diocésain, nous semblent faits pour donner à réfléchir aux esprits les plus frivoles. Comment, pendant un aussi long temps, les criminels ont-ils eu le bras arrêté? Est-ce imposture, hallucination ou catalepsie? Comment le glaive de la justice n'a-t-il pas eu à sévir? D'où venait cette paix, cette trêve de Dieu, précisément en ce moment? En dehors de la raison que nous indiquons, nous invitons l'incroyance à essayer de trouver la cause de ce fait surprenant et de cette étrange coïncidence. Elle le tentera vainement. La Reine du ciel avait passé, la Reine du ciel avait béni.

VII. Bernadette était constamment visitée par les innombrables étrangers, que la piété ou la curiosité faisaient affluer à Lourdes. Il y en avait de toutes les classes, de toutes les professions, de toutes les philosophies. Nul ne prit en défaut cette parole simple et loyale; nul, après avoir vu et entendu la Voyante, n'osa dire qu'elle mentait. Au milieu des partis agités et des discussions sans nombre, cette petite enfant, par un privilège inconcevable, inspirait à tous le respect, et elle ne fut pas une seule fois en butte à la calomnie. L'éclat de cette innocence était tel, que sa personne ne fut ni atteinte ni attaquée: une invisible égide la protégeait. D'une intelligence très-ordinaire en toutes choses, Bernadette était au-dessus d'elle-même toutes les fois qu'elle avait à rendre témoignage de l'Apparilion. Aucune objection ne la troublait. Elle avait des réponses profondes. M. de Rességuier, conseiller général et ancien député des Basses-Pyrénées, vint la voir : il était accompagné de plusieurs dames de sa famille. Il se fit raconter les Visions dans le plus grand détail. Lorsque Bernadette lui dit que l'Apparition s'exprimait en patois béarnais, il se récria: « Tu ne dis point la vérité, mon enfant! Le bon Dieu et la sainte Vierge ne comprennent pas ton patois et ils ne savent pas ce misérable langage ». « S'ils ne le savaient pas, monsieur, répondit-elle, comment le saurions-nous nous-mêmes? Et s'ils ne le comprenaient pas, qui nous rendrait capables de le comprendre? » Elle avait des reparties spirituelles. « Comment la sainte Vierge a-t-elle pu t'ordonner de manger de l'herbe? Elle te prenait donc pour une bête? » lui disait un jour, un sceptique. « Est-ce que vous pensez cela de vous quand vous mangez de la salade? » lui répliqua-t-elle en souriant finement. Elle avait des réponses naïves. Ce même M. de Rességuier lui parlait de la beauté de l'Apparition de la Grotte : « Était-elle aussi belle que les personnes que voici? » lui demanda-t-il. Bernadette promena son regard sur le cercle charmant des jeunes filles et des dames qui avaient accompagné le visiteur, puis elle eut comme une moue de dédain: « Oh! c'était bien autre chose que tout cela! » fit-elle. Tout cela, c'était l'élite de la société de Pau. Elle déconcertait les subtilités de l'esprit par lesquelles on cherchait à l'embarrasser. « Si M. le Curé vous défendait formellement d'aller à la Grotte, que feriez-vous? » lui disait quelqu'un. « Je lui obéirais ». « Mais si vous receviez en même temps de l'Apparition l'ordre d'y aller, que feriez-vous alors entre ces deux ordres contraires? » L'enfant tout aussitôt, sans hésiter le moins du monde, répondit: « J'irais demander la permission à Monsieur le Curé ».

Rien, ni à cette époque ni plus tard, ne lui fit perdre sa simplicité pleine de grâce. Jamais, à moins d'être interrogée, elle ne parlait de l'Apparition. Elle se considérait toujours comme la dernière à l'école des Sœurs. On avait de la peine à lui apprendre à lire et à écrire. L'esprit de cette enfant était ailleurs, et, si nous osions pénétrer dans cette nature exquise et visitée par la grâce, nous dirions peut-être que son âme, peu curieuse sans doute de ce savoir humain, faisait l'école buissonnière dans les halliers du Paradis. Aux récréations, elle se confondait avec ses compagnes. Elle aimait à jouer. Quelquefois un visiteur, un étranger venu de loin demandait aux Sœurs de lui montrer cette Voyante, cette privilégiée du Seigneur, cette bien-aimée de la Vierge, cette Bernadette dont le nom était déjà si célèbre. « La voilà », disait la Sœur en la désignant du doigt parmi les autres enfants. Le visiteur regardait, et il voyait une petite fille chétive et misérablement vêtue, jouant aux barres, à cache-cache, à pigeon vole, sautant à la corde, tout entière aux innocents plaisirs de l'enfance. Mais ce qu'elle préférait à tout, c'était de figurer, elle la trentième ou la quarantième, dans une de ces rondes immenses que les enfants font en chantant et en se tenant par la main. La Mère de Dieu, en apparaissant à Bernadette, en lui donnant le rôle d'un témoin des choses célestes, en faisant d'elle le centre d'un concours innombrable et comme un objet de pèlerinage, avait protégé, par un miracle plus grand que tout autre, sa simplicité et sa candeur, et elle lui avait fait le don extraordinaire, le don divin de demeurer une enfant.

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Prière pour le salut du monde

 

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Notre-Dame de Lourdes qui avez, durant la période de vos Apparitions, arrêté, sur toute retendue d'un diocèse, le bras menaçant des criminels, étendez, étendez votre main protectrice sur la terre entière, sur ce globe qui vous doit être cher, car il fut votre passagère patrie, et vos pieds l'ont foulé jadis pendant les jours de votre pèlerinage mortel; sur ce globe qui est-devenu sacré depuis qu'y- fut plantée la Croix du Rédempteur et qu'il fut arrosé du sang de Jésus-Christ. Regardez, ô fille d'Adam et mère de Dieu, regardez les crimes et les forfaits qui couvrent les continents et les îles. Regardez régner en ce monde le vil amour de l'argent qui a envahi tous les cœurs; le dur égoïsme et la basse envie qui dissolvent tant de familles et qui divisent toutes les classes; les colères abominables qui les mettent aux prises en des procès sacrilèges ou de fratricides combats; l'orgueil, l'ambition, la fureur de dominer qui ensanglantent la terre de leurs honteuses révolutions et de leurs hideuses batailles; la luxure homicide qui corrompt ou tarit en leur source sacrée les principes mêmes de la vie; la lâche paresse qui dévore sans produire et qui n'a pas honte de voler de la sorte le patrimoine du genre humain; l'immonde gourmandise, l'ivrognerie, la sensualité des mets et des liqueurs qui abêtit les intelligences et ravale l'homme au-dessous des brutes. Au lieu de la Foi, l'incroyance; au lieu de la Charité, la haine; au lieu de l'Espérance, les rages sourdes et désolées des infortunes sans issue; au lieu de la paix, promise aux hommes de bonne volonté, partout les dissensions, les luttes, les insurrections et les guerres sortant des volontés coupables. Partout le nom sacré de Dieu blasphémé, partout son saint jour profané.... O Marie! est-il donc difficile de guérir de tels maux à Celui qui créa l'Univers, qui ressuscita Lazare déjà en proie à la corruption, et qui fera un jour surgir de son tombeau la race humaine ensevelie? Non! non! ce n'est pas de votre bouche; non, ce n'est pas du Ciel que nous viendra le mot « impossible »! « Impossible » n'est pas maternel; « impossible » n'est pas divin. De la part du Dieu tout-puissant, « impossible » n'est pas possible.... O notre Mère! depuis déjà des siècles, des âmes saintes que l'Église vénère ont répandu dans la chrétienté le pressentiment que c'est par Vous, Marie Immaculée, que le salut viendrait à nos temps malheureux! Elles ont cru que vous seriez l'aurore dès jours de Dieu sur notre terre régénérée. Étoile du matin, nous vous prions de justifier leur foi! Nous vous prions de réaliser nos espérances ! Comment cela se fera-t-il, ô Marie? Qu'importe ! si cela se fait. Un tel miracle, un si prodigieux renversement de ce qui existe, une telle fondation d'un ordre nouveau n'est ni au-dessus de votre bonté, ni au-dessus de votre puissance. Ayez donc pitié, ô notre Mère! Notre-Dame de Lourdes, délivrez-nous du péché, le seul mal d'ici-bas! Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous! Ainsi soit-il.

 

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21 décembre 2011

Neuvaine de Noël

Neuvaine de Noël

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Septième jour

22 décembre

La générosité

 

Hymne Rorate Caeli

 

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Ne Vous mettez pas en colère, Seigneur, ne gardez plus souvenir de l’injustice. Voici, la Cité Sainte est devenue déserte, Sion a été désertée, Jérusalem est en désolation, la maison de Votre sanctification et de Votre gloire, où nos pères avaient dit vos louanges.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Nous avons péché et sommes devenus impurs. Nous sommes tombés comme des feuilles mortes et nos iniquités nous ont balayés comme le vent. Vous avez détourné de nous Votre Face, et nous avez brisés sous le poids de nos fautes.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Voyez, Seigneur, l’affliction de votre peuple, et envoyez Celui que tu devez envoyer: envoyez l’Agneau, le Maître de la terre, de Pétra dans le désert jusqu’à la montagne de Votre fille Sion, afin qu’il ôte le joug de notre captivité.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Consolez-vous, consolez-vous, mon peuple: vite viendra votre salut, pourquoi êtes-vous consumé dans l’affliction, pourquoi la douleur se renouvelle-t-elle en vous? Je vous sauverai, n’ayez pas peur, moi, Je suis le Seigneur Dieu, le Saint d’Israël, votre Rédempteur.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

 

Méditation

 

La générosité est la capacité de donner avec désintéressement là où l’amour l’emporte sur l’égoïsme. C’est dans le généreux renoncement à soi-même que se manifeste la profondeur d’un amour qui ne s’épuise pas en paroles. Et c’est ce que nous célébrons à Noël : le geste sans égal d’un Dieu qui se donne lui-même. Saint Paul le souligne dans sa seconde lettre aux Corinthiens (8:7-15) quand il les invite à partager leurs biens avec les nécessiteux :

« Frères, puisque vous avez reçu largement tous les dons: la foi, la Parole et la connaissance de Dieu, cette ardeur et cet amour que vous tenez de nous, que votre geste de générosité soit large, lui aussi. Ce n’est pas un ordre que j’exprime; mais je vous parle de l’ardeur des autres Églises pour que vous me prouviez l’authenticité de votre charité. Vous connaissez en effet la générosité de notre Seigneur Jésus Christ: lui qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté. Pour cette collecte, je n’ai à vous donner qu’un simple avis: avec vous, il n’en faut pas plus, puisque c’est vous qui avez pris l’initiative non seulement de la réaliser, mais, dès l’an dernier, de la décider. Maintenant, allez jusqu’au bout de la réalisation; ainsi, comme vous avez mis votre cœur à décider, vous irez jusqu’au bout selon vos possibilités. Quand on y met tout son cœur, on est accepté pour ce que l’on a; peu importe ce que l’on n’a pas. Il ne s’agit pas de vous mettre dans la gêne en soulageant les autres, il s’agit d’égalité. En cette occasion, ce que vous avez en trop compensera ce qu’ils ont en moins, pour qu’un jour ce qu’ils auront en trop compense ce que vous aurez en moins, et cela fera l’égalité, comme dit l’Écriture à propos de la manne: « Celui qui en avait ramassé beaucoup n’a rien eu de plus, et celui qui en avait ramassé peu n’a manqué de rien ». (Ex. 16 : 18) ».

Nous savons aimer quand nous savons partager, nous savons aimer quand nous donnons le meilleur de nous-mêmes plutôt que de donner seulement des choses. Prenons donc la meilleure décision: donner amour, affection, tendresse et pardon; donner du temps et donner de la joie et de l’espérance. Ce sont les étrennes qui valent le plus et ne coûtent rien. Donnons l’amour, comme disait Saint Jean de la Croix: « Où il n’y a pas d’amour, sème l’amour et tu récolteras l’amour ».

 

Cantique de Marie

 

Antienne : « Ô Roi de l’univers, ô Désiré des nations, pierre angulaire qui joignez ensemble l’un et l’autre mur, force de l’homme pétri de limon, venez, Seigneur, venez nous sauver ! »

 

Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

Il s'est penché sur son humble servante ; Désormais tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !

Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, Il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes, Il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël, son serviteur, Il se souvient de son amour,

De la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit, pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Reprise de l'Antienne :« Ô Roi de l’univers, ô Désiré des nations, pierre angulaire qui joignez ensemble l’un et l’autre mur, force de l’homme pétri de limon, venez, Seigneur, venez nous sauver ! »

 

Intercession

 

V. Verbe Eternel, dans ces temps qui sont les derniers, Vous avez pris notre nature, faites de notre vie une marche vers le Royaume des Cieux.

R. Venez, Seigneur Jésus !

V. Vraie Lumière, qui éclairez tout homme en ce monde, dissipez les ténèbres de notre ignorance.

V. Fils Unique, qui êtes dans le sein du Père, donnez-nous de comprendre combien Dieu nous aime.

V. Christ Jésus, né comme un homme parmi les hommes, conformez-nous à Votre Image pour faire de nous des enfants de Dieu.

V. Vous qui brisez les portes de nos prisons, accueillez au Festin des noces ceux qui mendient leur pain à Votre porte.

Intentions libres.


Notre Père...

 

Prière finale pour chaque jour de la Neuvaine

 

Prière à l’Enfant Dieu

 

Seigneur, Noël est le rappel de Votre Naissance parmi nous, c’est la présence de Votre Amour en notre famille et en notre société. Noël est la confirmation que le Dieu du ciel et de la terre est notre Père, que Vous, Divin Enfant, Vous êtes notre Frère. Que cette réunion autour de Votre Crèche augmente notre Foi en Votre Bonté, nous engage à vivre véritablement comme frères et sœurs, nous donne le courage de chasser la haine et de semer la justice et la paix. Ô Divin Enfant, faites-nous comprendre que là où il y a l’amour et la justice, Vous êtes là, et là aussi c’est Noël. Amen.


Gloire soit au Père…

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Téléchargez le texte de la prière du 7e jour de la Neuvaine, (pdf) en cliquant ici

20 décembre 2011

Neuvaine de Noël

Neuvaine de Noël

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Sixième jour

21 décembre

La simplicité

 

Hymne Rorate Caeli

 

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Ne Vous mettez pas en colère, Seigneur, ne gardez plus souvenir de l’injustice. Voici, la Cité Sainte est devenue déserte, Sion a été désertée, Jérusalem est en désolation, la maison de Votre sanctification et de Votre gloire, où nos pères avaient dit vos louanges.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Nous avons péché et sommes devenus impurs. Nous sommes tombés comme des feuilles mortes et nos iniquités nous ont balayés comme le vent. Vous avez détourné de nous Votre Face, et nous avez brisés sous le poids de nos fautes.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Voyez, Seigneur, l’affliction de votre peuple, et envoyez Celui que tu devez envoyer: envoyez l’Agneau, le Maître de la terre, de Pétra dans le désert jusqu’à la montagne de Votre fille Sion, afin qu’il ôte le joug de notre captivité.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Consolez-vous, consolez-vous, mon peuple: vite viendra votre salut, pourquoi êtes-vous consumé dans l’affliction, pourquoi la douleur se renouvelle-t-elle en vous? Je vous sauverai, n’ayez pas peur, moi, Je suis le Seigneur Dieu, le Saint d’Israël, votre Rédempteur.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

 

Méditation

 

La simplicité, si chère à saint Vincent de Paul, est la vertu des grandes âmes et des personnes nobles. La simplicité a été l’ornement de Marie de Nazareth comme elle même le proclame dans son cantique du Magnificat (Saint Luc 1:47-48): « Mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur. Il s’est penché sur son humble servante ». Noël est une bonne époque pour déraciner l’orgueil et prendre conscience de tant de maux qui occasionnent l’orgueil. Aucune vertu nous rapproche tant des autres comme la simplicité et aucun défaut nous en éloigne tant comme l’arrogance. L’amour seul règne dans les cœurs humbles, capables de reconnaître leurs limites et de pardonner les arrogances. C’est grâce à l’humilité que nous agissons avec délicatesse, sans nous croire plus que les autres, en imitant la simplicité de Jésus, vrai Dieu, comme nous l’enseigne Saint Paul dans sa lettre aux Philippiens (2:5–11):

« Frères, ayez entre vous les dispositions que l’on doit avoir dans le Christ Jésus: lui qui était dans la condition de Dieu, il n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir,et à mourir sur une croix. C’est pourquoi Dieu l’a élevé au-dessus de tout; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms, afin qu’au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l’abîme, tout être vivant tombe à genoux, et que toute langue proclame: « Jésus Christ est le Seigneur », pour la gloire de Dieu le Père ».

Croître en simplicité est un extraordinaire cadeau pour nos intimes. Rappelons-nous qu’en la petitesse est la véritable grandeur, et que l’orgueil est chassé par l’amour.

 

Cantique de Marie

 

Antienne : « Ô Soleil levant, splendeur de justice et lumière éternelle, illuminez ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort, venez, Seigneur, venez nous sauver ! »

 

Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

Il s'est penché sur son humble servante ; Désormais tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !

Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, Il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes, Il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël, son serviteur, Il se souvient de son amour,

De la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit, pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Reprise de l'Antienne :« Ô Soleil levant, splendeur de justice et lumière éternelle, illuminez ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort, venez, Seigneur, venez nous sauver ! »

 

Intercession

 

V. Dans l'humilité et la confiance, prions pour être libérés de la nuit :

R. Venez, Seigneur Jésus ! Venez, Sauveur des hommes !

V. Rassemblez votre peuple de toutes les régions de la terre, confirmez l'alliance que Vous avez conclue avec lui.

V. Agneau de Dieu, venu ôter les péchés du monde, purifiez-le de toute souillure.

V. Vous qui êtes venu sauver ce qui était perdu, ne cessez pas de pardonner.

V. Vous que nous contemplons dans la Foi, faites-nous partager la joie éternelle, à l'heure du jugement.

V. Vous qui jugerez les vivants et les morts, recevez parmi les Bienheureux les âmes de nos frères défunts.

Intentions libres

 

Notre Père...


Prière finale pour chaque jour de la Neuvaine

 

Prière à l’Enfant Dieu

 

Seigneur, Noël est le rappel de Votre Naissance parmi nous, c’est la présence de Votre Amour en notre famille et en notre société. Noël est la confirmation que le Dieu du ciel et de la terre est notre Père, que Vous, Divin Enfant, Vous êtes notre Frère. Que cette réunion autour de Votre Crèche augmente notre Foi en Votre Bonté, nous engage à vivre véritablement comme frères et sœurs, nous donne le courage de chasser la haine et de semer la justice et la paix. Ô Divin Enfant, faites-nous comprendre que là où il y a l’amour et la justice, Vous êtes là, et là aussi c’est Noël. Amen.


Gloire soit au Père…

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Téléchargez le texte de la prière du 6e jour de la Neuvaine, (pdf) en cliquant ici

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19 décembre 2011

Neuvaine de Noël

Neuvaine de Noël

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Cinquième jour

20 décembre

Le dialogue

 

Hymne Rorate Caeli

 

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Ne Vous mettez pas en colère, Seigneur, ne gardez plus souvenir de l’injustice. Voici, la Cité Sainte est devenue déserte, Sion a été désertée, Jérusalem est en désolation, la maison de Votre sanctification et de Votre gloire, où nos pères avaient dit vos louanges.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Nous avons péché et sommes devenus impurs. Nous sommes tombés comme des feuilles mortes et nos iniquités nous ont balayés comme le vent. Vous avez détourné de nous Votre Face, et nous avez brisés sous le poids de nos fautes.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Voyez, Seigneur, l’affliction de votre peuple, et envoyez Celui que tu devez envoyer: envoyez l’Agneau, le Maître de la terre, de Pétra dans le désert jusqu’à la montagne de Votre fille Sion, afin qu’il ôte le joug de notre captivité.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Consolez-vous, consolez-vous, mon peuple: vite viendra votre salut, pourquoi êtes-vous consumé dans l’affliction, pourquoi la douleur se renouvelle-t-elle en vous? Je vous sauverai, n’ayez pas peur, moi, Je suis le Seigneur Dieu, le Saint d’Israël, votre Rédempteur.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

 

Méditation

 

« Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu,et le Verbe était auprès de Dieu,et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. Par lui, tout s’est fait,et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui était la vie,et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres,et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. Et le Verbe s’est fait chair,il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité ». (Jn 1:1-5, 14)

Appuyés sur la sincérité, raffermis dans le respect et enrichis par la compréhension, c’est de Dieu seul dont nous avons besoin dans toutes nos relations. Dans un dialogue dans lequel quotidiennement “nous revêtons notre coeur de tendresse et de bonté, d’humilité, de douceur, de patience.”(Colossiens 3:12).Un dialogue serein qui jaillit d’un amour sincère et d’une âme en paix est la meilleure des étrennes que nous pouvons offrir à Noël. Ainsi nous évitons que notre foyer soit un lieu vide d’affection, dans lequel nous nous trouvons dispersés comme des étrangers sous le même toit. Que Dieu nous accorde à tous le don de communiquer entre nous sans offense, sans jugement, sans arrogance; dans l’estime qui génère l’accueil et le respect mutuel !

 

Cantique de Marie

 

Antienne : « Ô Clef de David, ô Sceptre d'Israël, Vous ouvrez, et nul ne fermera, Vous fermez, et nul n'ouvrira : arrachez les captifs aux ténèbres, venez, Seigneur, venez nous sauver ! »

 

Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

Il s'est penché sur son humble servante ; Désormais tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !

Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, Il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes, Il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël, son serviteur, Il se souvient de son amour,

De la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit, pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Reprise de l'Antienne : « Ô Clef de David, ô Sceptre d'Israël, Vous ouvrez, et nul ne fermera, Vous fermez, et nul n'ouvrira : arrachez les captifs aux ténèbres, venez, Seigneur, venez nous sauver ! »

 

Intercession

 

V. Avec joie, implorons le Christ, notre Rédempteur et Seigneur, qui se manifestera au dernier jour :

R. Venez, Seigneur Jésus, venez, Présence de Dieu !

V. Sauveur, né dans la chair pour prendre le joug de la Loi, obtenez-nous la liberté des enfants de Dieu.

V. Vous dont la Divinité a assumé notre nature, apportez Votre Vie à notre humanité.

V. Par Votre Présence, purifiez nos désirs, orientez-les vers Votre Amour.

V. Que nous puissions Vous servir d'une conscience pure, et nous réjouir avec Vous dans la Gloire.

V. Que la rosée de Votre Miséricorde entoure les défunts de tendresse et de joie.

Intentions libres.

 

Notre Père...

 

Prière finale pour chaque jour de la Neuvaine

 

Prière à l’Enfant Dieu

 

Seigneur, Noël est le rappel de Votre Naissance parmi nous, c’est la présence de Votre Amour en notre famille et en notre société. Noël est la confirmation que le Dieu du ciel et de la terre est notre Père, que Vous, Divin Enfant, Vous êtes notre Frère. Que cette réunion autour de Votre Crèche augmente notre Foi en Votre Bonté, nous engage à vivre véritablement comme frères et sœurs, nous donne le courage de chasser la haine et de semer la justice et la paix. Ô Divin Enfant, faites-nous comprendre que là où il y a l’amour et la justice, Vous êtes là, et là aussi c’est Noël. Amen.


Gloire soit au Père…

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Téléchargez le texte de la prière du 5e jour de la Neuvaine, (pdf) en cliquant ici

24 février 2012

Prière pour les élections présidentielles 2012

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Prière pour les élections présidentielles 2012


Appel à tous les Français et amis de la France


Nous vous proposons de réciter chaque jour cette prière jusqu’au 6 mai 2012, date du deuxième tour des élections présidentielles. Cette prière a été écrite par la Communauté de l’Eau Vive, centre de formation charismatique catholique de Granby au Québec. Cette prière a été lue et approuvée par le père Daniel-Ange qui encourage sa large diffusion. Souvenons-nous de cette parole de Marthe Robin : « La France tombera très bas, plus bas que les autres nations, à cause de son orgueil et des mauvais chefs qu'elle se sera choisis. Elle aura le nez dans la poussière. Il n'y aura plus rien. Mais dans sa détresse, elle se souviendra de Dieu. Alors elle criera vers lui, et c'est la Sainte Vierge qui viendra la sauver. La France retrouvera alors sa vocation de Fille aînée de l'Eglise, elle sera le lieu de la plus grande effusion de l'Esprit Saint, et elle enverra à nouveau des missionnaires dans le monde entier ». (Parole de Marthe Robin transmise de mémoire par le père Finet en 1936). Comme au temps de Jonas, une prophétie est faite pour ne pas se réaliser si le peuple entre en prière. Que Dieu Tout-Puissant exauce notre prière!


« France, réveille-toi ! Dieu n’est pas mort ! Notre Père qui êtes aux Cieux, nous consacrons notre pays bien-aimé à la Royauté et à la Seigneurie du Christ Jésus. Nous Vous demandons de renouveler notre patrie dans la puissance du Saint-Esprit afin que tous les Français fléchissent les genoux et proclament du cœur et des lèvres que Jésus-Christ est Seigneur. (cf. Ph 2, 9-11) Nous Vous prions de revêtir nos chefs politiques de l’Esprit de Sagesse et de Science qui vient de Vous, pour gouverner ce pays selon Votre souveraine Volonté, afin que la France prospère dans la justice et dans la paix, dans l’Amour et la Vérité, jusqu’au jour où Jésus sera vraiment le Seigneur. Nous nous engageons à une Alliance de prière et de témoignage, afin que dans le Nom de Jésus-Christ, toutes puissances de ténèbres soient vaincues et que l’ennemi de Dieu, Satan, soit terrassé. Que Jésus-Christ soit le Seigneur de chaque mairie, chaque paroisse, chaque diocèse, chaque école, chaque université, chaque cour de justice de France jusqu’au jour de Son glorieux Avènement. Amen.


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Témoignage

« Bonjour, je voudrais vous remercier de diffuser cette prière car elle est le reflet de la demande du Père. En effet, le 7 février 2012, je recevais dans mes prières quotidiennes, une demande présente du Père me demandant également de prier pour la souveraineté de la France fille aînée de l'Eglise afin qu'elle retrouve ses racines chrétiennes et que Marie en-soi toujours la patronne. De mon côté je diffuse le plus largement cette prière en espérant de tout cœur que Dieu nous aide à porter haut et loin, la bannière du christianisme. Que l'Esprit Saint nous conduise et que le Seigneur dans sa grande miséricorde entende nos prières. Flore. (Nouvelle numéro 1056).

 

D'après un texte extrait du site : www.mariereine.com

 

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22 février 2012

Bon et Saint Carême 2012

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Entrée en Carême

 

Avouons-le : il faut un peu de courage pour entrer dans le temps du Carême... Cela semble long, si long, Et puis on s'en fait souvent une idée un peu trop exclusivement austère et pénitente, alors qu'il s'agit d'abord et avant tout d'entrer dans le temps du désir, dans le temps du pas à pas avec le Christ sur son chemin d'amour, de mort et de gloire. Le mot de chemin est peut-être celui qu'il nous faut garder, au moment de nous engager dans ce temps de grâce et de renouvellement. Un chemin que l'Église, en sa sagesse toute maternelle, balise pour nos pas, en même temps que pour ceux des catéchumènes en marche vers le baptême, de dimanche en dimanche.

 

Le mercredi des Cendres et le dimanche de la Tentation nous invitent à nous engager pleinement dans l'aventure du Carême : l'enjeu en est vital, car il s'agit de passer des cendres de notre condition mortelle à la gloire de la condition de fils dans le Fils vainqueur du tentateur.

 

Nous sommes ensuite saisis par la vie qui jaillit déjà, comme par avance, de la croix. Avec les catéchumènes qui seront baptisés dans la nuit de Pâques, nous contemplons la lumière du Transfiguré (2e dimanche) et nous aspirons de tout notre être à l'eau vive jaillissant en vie éternelle (3e dimanche).

 

Mais le chemin se resserre vers le Golgotha : à mesure que le don de Dieu se révèle et se laisse contempler, le dessein de mort de ceux qui «ne l'ont pas accueilli» se referme comme un étau autour du Fils de l'homme. La guérison de l'aveugle-né (4e dimanche) accroît l'hostilité envers Jésus, et la résurrection de Lazare (5e dimanche), ultime étape avant la Pâque — et comme sa préfiguration — scelle sa condamnation définitive.

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Mercredi des Cendres

« Convertissez-vous et croyez à l'Evangile »

 

Le signe de l’imposition des cendres marque la liturgie de ce jour. La signification de ce geste rejoint celle de la métanie (ce grand signe de croix plongeant jusqu’à toucher le sol) : nous ne sommes que poussière mais, par sa mort et sa résurrection, le Christ nous ouvre les portes de son Royaume. Lui qui a remporté la victoire, nous assiste dans notre combat «contre l’esprit du mal» (oraison du jour), pour que nous puissions vivre une «vie nouvelle». Le signe de la mort (les cendres proviennent des rameaux de l’année précédente) devient celui de la vie. C’est pourquoi, en bénissant les cendres, le célébrant dit : «Seigneur notre Dieu, toi qui ne veux pas la mort du pécheur mais sa conversion, dans ta bonté, exauce notre prière ; bénis les cendres dont nous serons marqués, nous qui venons de la terre et devons retourner à la terre. En nous appliquant à observer le Carême, puissions-nous obtenir le pardon de nos péchés et vivre de la vie nouvelle à l’image de ton Fils ressuscité». La liturgie de ce jour est comme un long signal — «Et c’est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel» (2 Co 5,20). Par la voix du prophète Joël, Dieu presse les hommes : «Revenez à moi de tout votre cœur dans le jeûne, les larmes et le deuil !» (Jl 2,12), car «c’est maintenant le moment favorable, c’est maintenant le jour du salut», dit l’apôtre (2 Co 6,2). Le temps du Carême s’ouvre dans une sorte d’urgence : «Que le jeune époux sorte de sa maison, que la jeune mariée quitte sa chambre» (Jl 2,16). Urgence et gravité, car c’est l’heure du Seigneur : «Nous vous en supplions, au nom du Christ : Laissez-vous réconcilier avec Dieu !» (2 Co 5,20). C’est l’heure de se tourner vers le Créateur dans l’oubli de tout le créé : «Regarde, Seigneur, j’oublie de manger mon pain, la cendre est ma nourriture, et mes larmes ma boisson» (antienne du psaume responsorial). Les lectures de la messe s’en font largement l’écho. C’est l’heure du grand repentir qui fait se «déchirer le cœur» (Joël 2,13). L’heure de s’engager de tout son être dans la conversion «car le Royaume des cieux est proche» (Mt 4,17 : verset d’acclamation de l’évangile) — l’évangile trace pour cela trois chemins : la prière, l’aumône et le jeûne, «dans le secret». Chemins de pénitence, mais plus encore de renaissance et de salut, comme le dit le psaume : «Rends-moi la joie d’être sauvé, que l’esprit généreux me soutienne. Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche publiera ta louange» (Psaume 50,14.17). En entrant dans le Carême, c’est donc tout autant au repentir et à la pénitence que nous sommes conviés, qu’à la joie et la confiance, comme le signifie l’antienne d’ouverture de la messe : «Seigneur, tu aimes tout ce qui existe et tu n’as de répulsion pour aucune de tes œuvres ; tu fermes les yeux sur les péchés des hommes, tu les invites à la pénitence et tu leur pardonnes car tu es le Seigneur notre Dieu» (Sg 11,24-27).

 

Textes extraits du site des Fraternités Monastiques de Jérusalem : http://jerusalem.cef.fr

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Textes de la Liturgie

 

Lecture du livre de Joël

(Jl 2, 12-18)

 

Parole du Seigneur : « Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! » Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d'amour, renonçant au châtiment. Qui sait ? Il pourrait revenir, il pourrait renoncer au châtiment, et vous combler de ses bienfaits : ainsi vous pourrez offrir un sacrifice au Seigneur votre Dieu. Sonnez de la trompette dans Jérusalem : prescrivez un jeûne sacré, annoncez une solennité, réunissez le peuple, tenez une assemblée sainte, rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons ! Que le jeune époux sorte de sa maison, que la jeune mariée quitte sa chambre ! Entre le portail et l'autel, les prêtres, ministres du Seigneur, iront pleurer et diront : « Pitié, Seigneur, pour ton peuple, n'expose pas ceux qui t'appartiennent à l'insulte et aux moqueries des païens ! Faudra-t-il qu'on dise : 'Où donc est leur Dieu ?' » Et le Seigneur s'est ému en faveur de son pays, il a eu pitié de son peuple.

 

Parole du Seigneur

Nous rendons grâce à Dieu.

 

Psaume

(Ps 50, 3-4, 5-6ab, 12-13, 14.17)

 

R/ Donne-nous, Seigneur, un cœur nouveau, mets en nous, Seigneur, un esprit nouveau.

 

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché.

Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense.


Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi.

Contre toi, et toi seul, j'ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait.


Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.

Ne me chasse pas loin de ta face, ne me reprends pas ton esprit saint.


Rends-moi la joie d'être sauvé; que l'esprit généreux me soutienne.

Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange.

 

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

(2Co 5, 20-21; 6, 1-2)

 

Frères, nous sommes les ambassadeurs du Christ, et par nous c'est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n'a pas connu le péché, Dieu l'a pour nous identifié au péché des hommes, afin que, grâce à lui, nous soyons identifiés à la justice de Dieu. Et puisque nous travaillons avec lui, nous vous invitons encore à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de Dieu. Car il dit dans l'Écriture : Au moment favorable je t'ai exaucé, au jour du salut je suis venu à ton secours. Or, c'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut.

 

Parole du Seigneur

Nous rendons grâce à Dieu


Evangile selon Saint Matthieu

(Mt 6,1-6.16-18)

 

Acclamation :Ta parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance. Fais-nous revenir à toi, Seigneur, jamais plus nous n'irons loin de toi ; fais-nous revenir, et nous serons sauvés. Ta parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance. (Ps 79,8.19-20)

 

Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d'agir devant les hommes pour vous faire remarquer. Autrement, il n'y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. Ainsi, quand tu fais l'aumône, ne fais pas sonner de la trompette devant toi, comme ceux qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra. Et quand vous priez, ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle : quand ils font leurs prières, ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et les carrefours pour bien se montrer aux hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra. Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme ceux qui se donnent en spectacle : ils se composent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu'ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.

 

Prière

 

Seigneur notre Dieu, Toi qui aimes pardonner à ceux qui s'humilient et veulent réparer leurs torts, prête l'oreille à nos prières ; en ta Bonté, répands sur tes serviteurs qui vont recevoir les cendres la grâce de ta bénédiction : par leur fidélité à ce temps de pénitence, qu'ils parviennent avec une âme purifiée à la célébration de la Pâque de ton Fils. Lui qui vit et règne avec avec toi, dans l'unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen. (Oraison extraite de la Messe du Mercredi des Cendres)

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31 janvier 2012

Le Mois du Pécheur repentant (1/4)

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Le Mois du Pécheur repentant
« Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous de la même manière ». (Luc 13)


Premier jour
Le Pécheur placé sous les auspices de Marie

Réflexions pratiques



Considérez, ô mon âme, que rien ne sera plus agréable à Marie que de vous voir pendant ce mois exercer la charité envers les Pécheurs, et arrêter les ravages que le démon fait dans des âmes créées à l'image de Dieu et rachetées par le sang de Jésus-Christ. Quelle gloire pour Dieu! Quelle joie pour les anges du ciel et surtout pour leur reine! Quel sujet d'espérance pour vous-même, si elle vous aidait à arracher une âme, une seule âme au péché et à l'enfer! Priez-la de porter au trône de la divine majesté toutes les prières qu'elle vous inspirera de faire dans ces jours de salut pour la conversion des Pécheurs, et de les appuyer de son crédit auprès de son adorable fils.


Prière


Très Sainte mère de Dieu, douce espérance des misérables, quel triste spectacle pour Votre Ame sensible et compatissante de voir dans le monde tant d'aveugles, tant de pauvres malades accablés sous le poids de leurs infirmités! Il est vrai que plusieurs ont crié vers Vous, et que Vous leur avez répondu; Vous avez, par Votre puissante intercession, arrêté les coups de la Justice Divine prête à les frapper, Vous les avez retirés de l'abîme du désordre et arrachés aux portes de l'enfer. Mais combien d'autres Pécheurs que Vous appelez, et qui Vous fuient! combien, à qui Vous tendez les bras, et qui s'éloignent! Ces enfants ingrats déchirent Votre sein, sans être touchés, ni des douleurs que Vous souffrez, ni des larmes que vous répandez pour eux; cependant leurs plaies sont profondes et invétérées. Pourrez-Vous, ma bonne Mère, refuser de Vous intéresser, pendant ce saint temps, en faveur de tant d'âmes qui ont coûté à Votre Fils tout Son Sang, et qui sont sans cesse exposées au danger de se perdre éternellement? Votre Charité n'a jamais manqué à personne; Votre douce Humilité n'a jamais méprisé celui qui l'a invoquée. J'espère donc, ô charitable Médiatrice, que Vous porterez au Trône de Votre Divin Fils les prières que je Lui adresserai pendant ce mois pour la conversion des Pécheurs, et que Vous daignerez intercéder Vous-même pour eux, afin qu'attirés à Lui par la suavité de Vos parfums, ils reconnaissent en Vous et l'Avocate des malheureux et la Mère de Miséricorde. Ainsi soit-il.


Pratique pour tous les jours du mois : Offrons à Notre Seigneur, par le canal de Sa Sainte Mère, nos peines et nos souffrances en expiation de nos péchés passés.

Aspiration : Pardonnez, Seigneur, pardonnez à votre peuple, et ne soyez pas éternellement irrité contre nous.


Deuxième jour
Pour le Pécheur Jésus s'offre à son Père

Réflexions pratiques


Considérez, ô mon âme, que Jésus-Christ voit s'ouvrir devant Lui une carrière de trente années consacrées à tout ce qu'Il y a de plus amer dans les souffrances; à Son entrée dans le monde, Il en offre les prémices à Son Père en Lui disant: « les holocaustes ne Vous plaisent plus; Je viens pour faire Votre Volonté; Vous M'avez donné un Corps, Je le consacre à Votre Gloire, à Votre Justice, au Salut des pécheurs ». Quelle humilité! Quelle obéissance! quelle générosité! Oh! Qu'un tel sacrifice dut être agréable au Père Céleste et efficace pour désarmer Sa colère et nous arracher au joug du démon! Offrez à Dieu le sacrifice d'un cœur contrit et humilié.


Prière


Portant partout mes regards attristés, je ne vois personne qui vienne me délivrer de mes maux et briser mes chaînes; mais en élevant mes yeux vers le temple, j'y aperçois un Sauveur prêt à s'immoler pour la Gloire de Dieu et le Salut du monde; et c'est Vous, mon Jésus, qui êtes là pour délivrer Israël de tous ses péchés. Vous vous êtes souvenu de moi, et ne voulant pas me laisser mourir dans mon péché, Vous vous êtes offert à votre Père céleste comme la Victime seule capable d'apaiser Sa colère, et de me réconcilier avec Lui; seul, Vous pouviez payer pour votre créature, et sans Vous j'étais perdu sans ressource. Mais après Vous, mon Sauveur, que puis-je offrir à Dieu qui soit digne de Lui? l'apaiserai-je en Lui sacrifiant mille béliers? Il n'aime pas les holocaustes, et Il n'a pas besoin de mes biens. Le sacrifice qu'Il demande est un esprit brisé de douleur, un cœur abattu par l'affliction et par un sincère repentir de l'avoir offensé. Daignez Lui offrir ce cœur contrit et humilié, anéanti en sa présence, ce cœur disposé à satisfaire à Sa Justice et à prévenir Sa colère par la pénitence. Offrez en même temps et recommandez tous les Pécheurs au Père des Miséricordes: que cette offrande, qui comprend tous les hommes, nous unisse tous à Vous, ô Jésus, dans les mêmes sentiments de Charité et de compassion pour tant d'infortunés qui ferment volontairement les yeux à la lumière du monde.


Pratique : Offrons à Notre-Seigneur, par le canal de Sa Sainte Mère, nos peines et nos souffrances en expiation de nos péchés passés.

Aspiration : Pardonnez, Seigneur, pardonnez à votre peuple, et ne soyez pas éternellement irrité contre nous.


Troisième jour
Marie offre Jésus au  Père éternel pour le pécheur

Réflexions pratiques


Marie offre généreusement à Dieu Son Fils unique pour Lui être un jour immolé sur la Croix comme une Victime d'expiation. La Mère de Jésus, qui est aussi celle de tous les hommes, les présente en même temps devant le trône de la Miséricorde Divine. Le Père éternel qui voit en Sa Fille chérie tant de zèle pour Sa Gloire et pour le Salut des Pécheurs, accueille avec bonté une offrande si généreuse. Présentés par Elle, Il nous reçoit comme Ses enfants, parce qu'Il voit en nous l'image de Son Fils bien-aimé, et qu'Il ne peut rien refuser à la tendresse de la Mère de Miséricorde.


Prière


O Marie, Mère de Jésus et notre tendre Mère, Vous aimez la Gloire de Dieu plus que tous les Anges et tous les hommes ensemble; Vous savez que la Gloire de Dieu consiste à sauver ceux qui sont perdus, et que rien ne Lui attire plus de bénédictions et de louanges que le Salut des Pécheurs. Aussi, comme Jésus-Christ peut seul satisfaire à la Justice de Son Père et racheter le monde par Ses Souffrances et Sa Mort; vous Lui offrez ce Fils adorable pour être un jour la Victime de nos péchés. Syméon Vous l'a dit, ô ma Sainte Mère, cet enfant sera en butte aux contradictions, et Votre âme sera transpercée d'un glaive de douleur, lorsque les Juifs inhumains l'arracheront à Votre tendresse, non pour le bénir, comme ce Saint vieillard, mais pour l'immoler sur la Croix à leur brutale fureur. A cette parole déchirante, Votre Cœur se brise, mais Il se résigne, parce que Vous aimez Dieu d'un Amour pur et ardent, parce que Vous aimez les Pécheurs, et que Vous les regardez comme Vos enfants. Avec quelle tendre sollicitude Vous les présentez au pied du Trône du Tout-Puissant! Avec quelle incompréhensible charité Vous les recommandez à Sa Divine Miséricorde et sollicitez leur réconciliation! Faites, ô ma Sainte Mère, par Vos soins, Vos supplications et Vos recherches, qu'ils retournent à Lui sans aucun délai, et qu'ils ouvrent enfin les yeux à cette Divine Lumière dont le Rédempteur répand aujourd'hui les rayons bienfaisants dans l'univers.

Pratique : Offrons à Notre-Seigneur, par le canal de Sa Sainte Mère, nos peines et nos souffrances en expiation de nos péchés passés.

Aspiration : Pardonnez, Seigneur, pardonnez à votre peuple, et ne soyez pas éternellement irrité contre nous.


Quatrième jour
Le Pécheur blesse le Cœur de Jésus

Réflexions pratiques


Considérez, ô mon âme, que pendant ces jours de débauche, les Pécheurs se livrent aux plaisirs criminels, aux folies monstrueuses, aux excès scandaleux que la sainte religion condamne. Quel trait douloureux pour le divin Cœur de Jésus, qui ne respire que charité! Mais plus on le déchire, plus vous devez sentir le besoin de lui témoigner votre amour et de partager ses douleurs. Priez le d'agréer l'hommage et le dévouement de votre cœur, comme un bien faible dédommagement des outrages, des noirceurs et des ingratitudes dont il est sans cesse abreuvé par les Pécheurs et les impies.


Prière


O mon bien-aimé Rédempteur, que de péchés ont été commis dans le cours des siècles depuis le premier fratricide! Que d'outrages Vous avez reçus pendant votre passion, et depuis, que de communions indignes et sacrilèges! Que de profanations et d'irrévérences, et encore, dans ces jours mauvais, que de débauches et de voluptés criminelles percent Votre divin Cœur de mille traits douloureux! Vous avez prévu ce déluge de crimes; vous avez prévu ma tiédeur, ma lâcheté, mon peu d'empressement à Vous aimer et à Vous servir. Mais rien n'a pu affaiblir cette immense et incroyable charité, dont Vous nous avez donné des preuves si touchantes sur la Croix et dans l'Eucharistie, où Vous êtes exposé à toutes les insultes des Pécheurs. Que Vous êtes bon, mon aimable Jésus, puisque, malgré de telles indignités, Vous ne consultez que Votre Cœur plein d'Amour pour rester parmi nous et nous communiquer mille faveurs, célestes! Que ne puis-je, pour Vous remercier d'une si excessive tendresse, contribuer à la conversion des Pécheurs et arracher au démon quelques unes de tant d'âmes infortunées qu'il ravit tous les jours à votre divin Cœur! Mais, si je ne mérite pas que Vous Vous serviez de moi pour procurer votre gloire, écoutez les âmes saintes qui Vous supplient de recevoir les Pécheurs dans ce Cœur adorable, dans cette Arche unique et seule destinée à sauver tous les hommes du déluge de leurs maux.

Pratique : Offrons à Notre-Seigneur, par le canal de Sa Sainte Mère, nos peines et nos souffrances en expiation de nos péchés passés.

Aspiration : Pardonnez, Seigneur, pardonnez à votre peuple, et ne soyez pas éternellement irrité contre nous.


Cinquième jour
Le Pécheur outrage Dieu

Réflexions pratiques


Considérez, ô mon âme, qu'en commettant un péché mortel, vous outragez Dieu dans toutes Ses perfections, vous le déshonorez, vous Lui manquez de respect, vous le méprisez jusqu'à Lui préférer une vengeance frivole, un plaisir honteux, un vil intérêt. « Ils ont violé Ma Loi, dit le Seigneur, pour une poignée d'orge, pour un morceau de pain ». Comment avez-vous pu insulter un Dieu d'une Majesté Souveraine, d'une Grandeur incompréhensible, d'une Sagesse, d'une Sainteté infinie, jusqu'à l'abandonner pour des objets aussi méprisables que ceux qui vous sont offerts par le péché? quel profond aveuglement !


Prière


Vous êtes, ô mon Dieu, d'une Grandeur infinie et d'une si haute Majesté que les plus puissants monarques de la terre ne sont pas dignes de former la poussière de Votre char, que les nations, auprès de Vous, ne sont qu'une goutte d'eau, l'univers un petit grain de sable, et tout le genre humain un néant. Nulle beauté n'est comparable à la Vôtre; rien ne résiste à Votre force, rien ne borne Votre Puissance; les richesses et la gloire sont avec Vous; la Magnificence et la Justice ne Vous quittent point. Eh! qui suis-je, ô Dieu trois fois Saint, pour avoir osé me mesurer avec Vous? une feuille, une herbe desséchée, une vapeur, un atome; c'est moi, vile et imperceptible poussière, qui n'ai pas craint de Vous outrager, de Vous mépriser, de braver votre tonnerre en préférant à Vous, qui êtes ma suprême Félicité, une fumée de gloire, un plaisir frivole, une satisfaction criminelle. Cieux, frémissez d'horreur sur ce désordre, puissances du ciel, soyez dans la plus étrange désolation. Et, après tant d'iniquités, les créatures ne se sont point armées contre moi, elles ont continué de me servir, lorsque je ne cessais d'insulter leur Dieu et le mien! Ah ! Seigneur, si je ne savais combien Vous Vous plaisez à signaler Votre Miséricorde, je n'oserais espérer le pardon d'une telle insolence. Je veux Vous préférer à tout, Vous aimer plus qu'aucune créature, et Vous prouver, par la sincérité de ma pénitence, l'amertume de mon repentir.

Pratique : Offrons à Notre-Seigneur, par le canal de Sa Sainte Mère, nos peines et nos souffrances en expiation de nos péchés passés.

Aspiration : Pardonnez, Seigneur, pardonnez à votre peuple, et ne soyez pas éternellement irrité contre nous.


Sixième jour
Le Pécheur se révolte contre Dieu

Réflexions pratiques


Savez-vous, ô mon âme, contre qui vous avez osé lever l'étendard de la rébellion, quand vous avez péché mortellement ? contre Celui qui a tout créé d'un mot, et qui conserve tout par Sa Volonté, contre Celui qui, d'une seule de Ses paroles, enchaîne l'océan, et, d'un seul de Ses regards, fait trembler la terre, contre Dieu Lui-même. Tout dans le ciel, sur la terre et dans les enfers, fléchit le genou en Sa présence, vous seule plus téméraire que le démon, Lui avez dit avec une impudente audace: « Je ne vous servirais pas ». Cessez de résister au Tout-Puissant à qui obéissent en tremblant les puissances du ciel.


Prière


Mon Dieu, Vous êtes infiniment grand: Votre Palais c'est la Lumière, Vos Vêtements la Beauté et la Gloire, Votre char, les nuages et l'aile des vents. Vous êtes infiniment Puissant: Vous touchez les montagnes, et elles fument, Vous les regardez, et elles fondent comme de la cire devant Votre Face. Vous êtes infiniment Saint: à Vos yeux les justes sont souillés, les Cieux eux-mêmes ne sont pas purs en Votre présence, et Vous avez trouvé des tâches jusque dans les Anges. Votre Justice est comme les montagnes les plus élevées, Votre Sagesse n'a point de bornes: voilà celui contre lequel je me révoltais. Tout dans la nature vous est soumis: les Anges, ces sublimes intelligences que Votre main à élevées si haut dans le ciel, volent à Vos ordres, plus prompt que l'éclair. Moi, moi seul, ai osé vous dire: « je n'obéirai pas »; et je Vous l'ai dit en face de Vous-Même, sur le bord de ma tombe, sur le bord de l'enfer où Vous me teniez suspendu par le fil léger de la vie. Cieux! soyez saisis d'effroi: moi, la faiblesse même, je me révoltais contre la force; moi, la bassesse même, je me révoltais contre la Grandeur Souveraine; moi, la malice même, je me révoltais contre la Sagesse et la Sainteté par essence; moi, le néant, je me révoltais contre l'Etre des êtres. Pardon, mon Dieu, de tant d'audace, d'emportement et de scandale.

Pratique : Offrons à Notre-Seigneur, par le canal de Sa Sainte Mère, nos peines et nos souffrances en expiation de nos péchés passés.

Aspiration : Pardonnez, Seigneur, pardonnez à votre peuple, et ne soyez pas éternellement irrité contre nous.


Septième jour
Le Pécheur rend inutile la mort de Jésus-Christ

Réflexions pratiques


Considérez, ô mon âme, le Sauveur chargé du poids insupportable de tous les crimes du monde, sous lequel Il succombe: c'est l'état où il s'est réduit par un excès de charité pour les hommes. Mais quelle douleur amère n'éprouva-t-Il pas au pied de la Croix où il allait mourir pour nous, lorsqu'il se représenta les pécheurs qui ne profiteraient pas de sa mort ! Quelle tristesse mortelle pour son Divin Cœur de voir tant de malheureux livrés à un éternel désespoir, et privés pour toujours de la vue de Dieu, parce qu'ils ont persévéré dans le péché et abusé de Ses grâces !


Prière


Vous aimiez la Croix, ô mon Sauveur, parce que Vous aimiez les hommes . Vous la désiriez bien plus ardemment que votre apôtre saint André: il Vous tardait de recevoir ce baptême de sang et de nous donner une dernière preuve de Votre Amour. Mais, ô Agneau sans tache! lorsque Vous vous immoliez volontairement pour notre Salut, comme une Victime agréable aux yeux de Votre Père céleste, Votre Cœur était percé d'un glaive plus cruel que celui de la mort: Vous aperceviez distinctement une foule de Pécheurs qui ne profiteraient pas de Vos Souffrances et de Vos ignominies, et qui les rendraient inutiles en persistant avec opiniâtreté dans le péché. En effet, combien qui, par leurs crimes, se rendent indignes de participer à vos mérites infinis, et qui se perdent malgré la surabondance de la rédemption qu'ils trouveraient en Vous! Cependant tous sont compris dans votre éternelle miséricorde, parce que tous ils sont le prix de Votre Sang. Ne perdez pas, Seigneur, dans l'éternel abîme des Pécheurs dont Vous désirez si vivement la conversion; ne souffrez pas qu'ils abusent plus longtemps de Vos bienfaits, en renouvelant Votre Passion et en Vous crucifiant de nouveau dans leurs cœurs. Et puisque Vous avez triomphé de la mort et de l'enfer, triomphez aussi de ces cœurs endurcis, en détruisant en eux le règne du péché et en les assujettissant à Votre Amour Souverain.

Pratique : Offrons à Notre-Seigneur, par le canal de Sa Sainte Mère, nos peines et nos souffrances en expiation de nos péchés passés.

Aspiration : Pardonnez, Seigneur, pardonnez à votre peuple, et ne soyez pas éternellement irrité contre nous.



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18 décembre 2011

Neuvaine de Noël

Neuvaine de Noël

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Quatrième jour

19 décembre

La sincérité

 

Hymne Rorate Caeli

 

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Ne Vous mettez pas en colère, Seigneur, ne gardez plus souvenir de l’injustice. Voici, la Cité Sainte est devenue déserte, Sion a été désertée, Jérusalem est en désolation, la maison de Votre sanctification et de Votre gloire, où nos pères avaient dit vos louanges.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Nous avons péché et sommes devenus impurs. Nous sommes tombés comme des feuilles mortes et nos iniquités nous ont balayés comme le vent. Vous avez détourné de nous Votre Face, et nous avez brisés sous le poids de nos fautes.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Voyez, Seigneur, l’affliction de votre peuple, et envoyez Celui que tu devez envoyer: envoyez l’Agneau, le Maître de la terre, de Pétra dans le désert jusqu’à la montagne de Votre fille Sion, afin qu’il ôte le joug de notre captivité.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Consolez-vous, consolez-vous, mon peuple: vite viendra votre salut, pourquoi êtes-vous consumé dans l’affliction, pourquoi la douleur se renouvelle-t-elle en vous? Je vous sauverai, n’ayez pas peur, moi, Je suis le Seigneur Dieu, le Saint d’Israël, votre Rédempteur.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

 

Méditation

 

La sincérité est une qualité sans laquelle l’amour ne peut subsister, car il n’y a pas d’amour où il y a le mensonge. Aimer, c’est avancer dans la vérité, sans masque, sans le poids de l’hypocrisie et avec la force de l’intégrité. C’est seulement dans la vérité que nous sommes libres, comme l’a annoncé Jésus-Christ (Saint Jean 8:31): « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres ». C’est seulement sur le roc solide de la vérité qu’une relation peut se maintenir dans les crises et les problèmes. Par la sincérité, nous gagnons la confiance, et par la confiance nous atteignons la compréhension et l’unité. L’amour nous enseigne à ne pas agir comme les égoïstes et les orgueilleux qui croient que leur vérité est la vérité. Si Noël nous rapproche de la vérité, c’est un bon Noël: c’est une fête dans laquelle nous accueillons Jésus comme la vraie lumière qui vient dans le monde (Saint Jean 1:9-12):

« Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde,lui par qui le monde s’était fait,mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez les siens,et les siens ne l’ont pas reçu. Mais tous ceux qui l’ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu ».

Jésus est donc la Lumière véritable qui chasse nos ténèbres, qui nous incite à accepter Dieu comme le chemin, la vérité et la vie. Puisse notre amour être toujours illuminé par la vérité, de façon à être aussi augmenté par la confiance.

 

Cantique de Marie

 

Antienne : « Ô Rameau de Jessé, étendard dressé à la face des nations, les rois sont muets devant Vous, tandis que les peuples Vous appellent : délivrez-nous, ne tardez plus, venez, Seigneur, venez nous sauver ! »

 

Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

Il s'est penché sur son humble servante ; Désormais tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !

Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, Il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes, Il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël, son serviteur, Il se souvient de son amour,

De la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit, pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Reprise de l'Antienne : « Ô Rameau de Jessé, étendard dressé à la face des nations, les rois sont muets devant Vous, tandis que les peuples Vous appellent : délivrez-nous, ne tardez plus, venez, Seigneur, venez nous sauver ! »

 

Intercession

 

V. Frères bien-aimés, présentons nos demandes au Christ, le Juge des vivants et des morts :=

R. Venez, Seigneur Jésus ! Venez, Semence de Vie !

V. Que le monde Vous reçoive, Germe de Justice, et que Votre Gloire habite notre terre.

V. Dans Votre Bonté pour nous, Vous avez partagé notre faiblesse humaine, accordez aux hommes le secours de Votre Puissance Divine.

V. Faites resplendir Votre connaissance sur ceux que Vous voyez prisonniers des ténèbres de l'ignorance.

V. Par Votre humiliation, Vous avez pris sur Vous notre injustice, entrez maintenant dans la Gloire, donnez-nous part à Votre bénédiction.

V. Vous vous manifesterez en venant pour le Jugement ; conduisez nos frères défunts jusqu'à Votre Royaume.

Intentions libres.

 

Notre Père...

 

Prière finale pour chaque jour de la Neuvaine

 

Prière à l’Enfant Dieu

 

Seigneur, Noël est le rappel de Votre Naissance parmi nous, c’est la présence de Votre Amour en notre famille et en notre société. Noël est la confirmation que le Dieu du ciel et de la terre est notre Père, que Vous, Divin Enfant, Vous êtes notre Frère. Que cette réunion autour de Votre Crèche augmente notre Foi en Votre Bonté, nous engage à vivre véritablement comme frères et sœurs, nous donne le courage de chasser la haine et de semer la justice et la paix. Ô Divin Enfant, faites-nous comprendre que là où il y a l’amour et la justice, Vous êtes là, et là aussi c’est Noël. Amen.


Gloire soit au Père…

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16 décembre 2011

Neuvaine de Noël

Neuvaine de Noël

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Deuxième jour

17 décembre

La compréhension

 

Hymne Rorate Caeli

 

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Ne Vous mettez pas en colère, Seigneur, ne gardez plus souvenir de l’injustice. Voici, la Cité Sainte est devenue déserte, Sion a été désertée, Jérusalem est en désolation, la maison de Votre sanctification et de Votre gloire, où nos pères avaient dit vos louanges.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Nous avons péché et sommes devenus impurs. Nous sommes tombés comme des feuilles mortes et nos iniquités nous ont balayés comme le vent. Vous avez détourné de nous Votre Face, et nous avez brisés sous le poids de nos fautes.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Voyez, Seigneur, l’affliction de votre peuple, et envoyez Celui que tu devez envoyer: envoyez l’Agneau, le Maître de la terre, de Pétra dans le désert jusqu’à la montagne de Votre fille Sion, afin qu’il ôte le joug de notre captivité.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Consolez-vous, consolez-vous, mon peuple: vite viendra votre salut, pourquoi êtes-vous consumé dans l’affliction, pourquoi la douleur se renouvelle-t-elle en vous? Je vous sauverai, n’ayez pas peur, moi, Je suis le Seigneur Dieu, le Saint d’Israël, votre Rédempteur.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

 

Méditation

 

La compréhension est un élément distinctif de tout véritable amour. Nous pouvons dire que l’incarnation d’un Dieu, qui se fait homme, permet de comprendre cette grande valeur appelée compréhension. C’est un Dieu qui se met à notre place, qui supprime les distances et partage nos soucis et nos joies. C’est grâce à cet amour compréhensif d’un Dieu Père que nous sommes enfants de Dieu et frères les uns des autres. Dieu nous montre la grandeur de son amour et nous appelle à vivre comme ses enfants, comme l’affirme Saint Jean; nous pouvons le lire dans sa première lettre (3:1-10) :


« 
Frères, voyez de quel amour le Père nous a gratifiés pour que nous soyons appelés enfants de Dieu! Et nous le sommes. Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas: parce qu’il ne l’a pas connu, lui. Bien-aimés, voyez comme il est grand, l’amour dont le Père nous a comblés: il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu et nous le sommes. Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître: puisqu’il n’a pas découvert Dieu. Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu,mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons: lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est. Et tout homme qui fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur. Tout homme qui commet le péché lutte contre Dieu; car le péché, c’est la lutte contre Dieu. Or, vous savez que lui, Jésus, est apparu pour enlever les péchés, et qu’il n’y a pas de péché en lui. Quand un homme demeure en lui, il ne pèche pas; quand il pèche, c’est qu’il ne l’a pas vu et ne le connaît pas. Mes petits enfants, ne vous laissez égarer par personne: celui qui vit selon la justice est juste comme lui, Jésus, est juste; celui qui commet le péché appartient au diable, car, depuis le commencement, le diable est pécheur. C’est pour détruire les œuvres du diable que le Fils de Dieu est apparu. L’homme qui est né de Dieu ne commet pas le péché, car ce qui a été semé par Dieu demeure en lui: il ne peut donc pas pécher, puisqu’il est né de Dieu. Voici comment on distingue les enfants de Dieu et les enfants du diable: celui qui ne vit pas selon la justice n’appartient pas à Dieu, et pas davantage celui qui n’aime pas son frère ».


Si vraiment nous agissons comme enfants de Dieu, nous n’imitons pas Caïn mais « 
nous donnons notre vie pour nos frères » (1 Jean 3:12-14). Avec un amour compréhensif nous sommes capables de voir les raisons des autres et d’être tolérants pour leurs défauts. Si Noël nous rend compréhensifs, c’est un excellent Noël. Un joyeux Noël, c’est apprendre à nous mettre à la place des autres.

 

Cantique de Marie

 

Antienne : « O Sagesse, qui êtes sortie de la bouche du Très-Haut, qui atteignez d'une extrémité à l'autre, et disposez toutes choses avec force et douceur : venez nous apprendre les voies de la prudence. »

 

Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

Il s'est penché sur son humble servante ; Désormais tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !

Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, Il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes, Il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël, son serviteur, Il se souvient de son amour,

De la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.

 

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit, pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Reprise de l'Antienne : « O Sagesse, qui êtes sortie de la bouche du Très-Haut, qui atteignez d'une extrémité à l'autre, et disposez toutes choses avec force et douceur : venez nous apprendre les voies de la prudence. »

 

Intercession

 

V. Prions Dieu notre Père, qui depuis toujours a décidé de sauver les hommes.

R. Sauvez votre peuple, Seigneur.

V. Vous qui avez promis à votre peuple un Messie de Justice, faites germer la paix là où il règne la guerre.

V. Renouvelez-nous par Votre Esprit, conduisez nos pas à la rencontre de Votre Miséricorde.

V. Donnez-nous un cœur qui écoute, pour que nous soyons prêts à recevoir Votre Parole.

V. Refaites nos forces, Dieu de Bonté, jusqu'au jour où viendra le Seigneur Jésus-Christ.

Intentions libres

 

Notre Père...

 

Prière finale pour chaque jour de la Neuvaine

 

Prière à l’Enfant Dieu

 

Seigneur, Noël est le rappel de Votre Naissance parmi nous, c’est la présence de Votre Amour en notre famille et en notre société. Noël est la confirmation que le Dieu du ciel et de la terre est notre Père, que Vous, Divin Enfant, Vous êtes notre Frère. Que cette réunion autour de Votre Crèche augmente notre Foi en Votre Bonté, nous engage à vivre véritablement comme frères et sœurs, nous donne le courage de chasser la haine et de semer la justice et la paix. Ô Divin Enfant, faites-nous comprendre que là où il y a l’amour et la justice, Vous êtes là, et là aussi c’est Noël. Amen.


Gloire soit au Père…

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7 octobre 2011

Le Mois de Notre Dame du Très Saint Sacrement 3/6

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Le Mois de Notre Dame du Très Saint Sacrement

Méditations extraites des écrits de Saint Pierre-Julien Eymard

Fondateur de la Congrégation du Très Saint Sacrement

 

Sixième jour

L'Annonciation

 

I. En méditant les circonstances du mystère de l'Annonciation, on découvre en Marie les qualités les plus sublimes. Quelle gloire pour elle d'avoir été appelée à prendre part à cette œuvre de l'Incarnation du Verbe, la plus grande des œuvres divines! Et que de vertus son exemple nous enseigne! Un archange est député par Dieu: l'archange de la force divine: il vient traiter de sa part avec une créature. C'est la plus importante mission qu'ai jamais remplie aucun messager céleste. Cet ange descend des cieux plein de gloire, beau comme un astre, inondé des rayons de la divinité. A qui va-t-il? Ah! sans doute, le monde, instruit du départ de ce messager céleste, eût cherché parmi les riches et les puissants du siècle l'heureux mortel à qui il porte la grande nouvelle, parce que le monde croit volontiers que la perfection se trouve dans la grandeur. Mais l'Ange va vers une vierge, une humble inconnue, âgée de quinze ans, mariée légalement à un pauvre artisan, et qui demeure dans une pauvre maison, dans une ville méprisée et ignorée. Il va vers Marie! Comment, tant d'appareil pour cette jeune inconnue! Oui. Le prestige tombe bien vite, n'est-ce pas? Cela confond l'orgueil humain; vous ne voyez que ce qui brille; vous n'estimez que l'or et les diamants; mais qu'est-ce que cela? Au jugement universel on les foulera aux pieds comme de vils cailloux, et l'enfer en sera pavé!

 

II. L'Ange va donc vers une vierge. Dieu ne descend à l'intimité qu'avec les âmes bien pures; il pardonne au pécheur, mais ne s'unit qu'à la pureté. L'Ange salue Marie le premier. Il est en effet le moins digne; Marie est souveraine ici, et depuis qu'elle est l'objet des volontés divines, elle tient en ses mains le sort du monde. Qu'elle est puissante alors cette humble Vierge! « Salut, pleine de grâces! » Seule Marie est pleine de grâces parmi les filles d'Eve; nous, nous sommes pleins des misères du péché originel; Marie est pure comme le soleil; Dieu l'a pétrie d'une terre particulière et façonnée avec des attentions singulières. « Le Seigneur est avec vous ». Oui, car il habite la pureté de votre cœur comme un paradis de délices: et vos vertus sont autant de fleurs qui font monter vers lui les plus suaves parfums. A quelle heure apparut l'Ange? l'Evangile ne le dit pas; les commentateurs croient que ce fut vers minuit, à cet instant où un jour finit et où en commence un autre; Marie est l'aurore qui sépare les ténèbres de la lumière. Elle priait dans ce moment; elle soupirait après la venue du Messie: on peut du moins le supposer sans crainte de se tromper: car Dieu donne ordinairement aux âmes une oraison conforme à la grâce qu'il leur veut faire ensuite, et qui les y prépare. Et vous, à cette heure solennelle de la conception, et plus tard de la naissance du Fils de Dieu fait chair, priez avec Marie, et adorez en union avec elle le Dieu qui s'incarne pour nous.

 

III. Marie se trouble. C'est le propre des vierges, dit saint Ambroise, de se troubler à l'approche de l'homme et de craindre ses paroles. Marie se trouble aussi des éloges qu'on lui adresse: elle les méritait bien cependant; mais la vraie vertu ne sait pas se voir. L'Ange rassure Marie. C'est le caractère des visions divines de troubler d'abord, puis de donner la paix: tandis que les visions diaboliques commencent par la paix et finissent par la guerre. « Vous concevrez un Fils que vous nommerez Jésus ». Nom céleste, nom divin que ne pouvait donner aucun homme, et qui devait être apporté du Ciel par un Ange. « Ce Fils sera puissant; on l'appellera l'Ange du grand conseil, le Fort, l'Admirable ». La sainte Vierge a un tel amour de la virginité qu'elle a vouée à Dieu, qu'elle ne cède pas tout d'abord: « Comment, dit-elle, s'accomplira ce mystère? Je suis et je veux rester vierge ». Quel moment! Marie tient le Ciel et la terre en suspens; Dieu attend le consentement de cette humble fille! Il ne pouvait passer outre: Marie en cet instant est plus puissante que Dieu lui-même. Comment le Seigneur a-t-il pu accepter cette espèce d'infériorité vis-à-vis de Marie? Ah! c'est qu'il préférait la virginité de sa Mère à tout! L'Ange cède donc au nom de Dieu. Marie triomphe et entend ces paroles: « La vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre, et vous resterez vierge en devenant mère ». Et Marie répond: « Ecce ancilla Domini: Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole ». O parole profonde! parole admirable et pleine d'humilité! Mais qu'il y a de choses dans ce mot Ecce! Quand l'Eglise vous présente la sainte Hostie avant la Communion, elle dit: « Ecce agnus Dei »; quand saint Jean veut faire connaître Notre-Seigneur à ses disciples, il leur dit aussi « Ecce ». C'est que dans ce mot se trouve tout le don de soi-même! Me voici, toute prête, toute à la disposition du Seigneur. Il y a là l'acte de foi parfait.

 

IV. Marie ne dit pas: « Voici la Mère du Seigneur, bien qu'elle le fût à l'heure même; les saints sont d'autant plus humbles que Dieu les élève davantage. Aussi c'est avec raison que saint Bernard a pu dire de Marie: « Virginitate placuit; humilitate concepit: Elle a plu au Seigneur par sa virginité; elle l'a conçu par son humilité ». Remarquez combien Marie fut sobre de paroles: elle ne dit que le strict nécessaire, rien de plus; le silence et la modestie sont la sauvegarde de la pureté. Le Saint-Esprit opère alors en Marie son œuvre divine. Le consentement de cette pauvre fille a changé la face du monde: Dieu rentre dans son domaine: il va recommencer cette conversation avec les hommes bien plus parfaite et bien plus durable qu'au paradis terrestre. Ce mystère nous ennoblit: il ramène Dieu sur la terre. C'est en même temps un mystère tout intérieur, un mystère de communion. Dans la Communion, Jésus-Eucharistie s'incarne en quelque sorte en nous, et la Communion est la fin de son Incarnation. En communiant dignement, nous entrons dans le plan divin, nous l'achevons: l'Incarnation prépare et annonce la Transsubstantiation. Marie ne reçoit pas le Verbe pour elle seule; elle se réjouit que nous participions à son bonheur. Unissons-nous donc à elle quand nous recevons Jésus-Christ, chantons son Magnificat; le Seigneur a fait en elle de grandes choses en ce mystère: il en a fait de grandes encore en venant en nous. Puissions-nous imiter ses vertus, afin que Jésus-Christ trouve en nous, comme en sa sainte Mère, une habitation digne de lui!

 

Saint André Corsini récompensé par Marie de sa dévotion envers l'Eucharistie

 

Saint André Corsini. déjà illustre par ses vertus et sa sainteté, fut promu aux Ordres sacrés, malgré les résistances de son humilité, sur la demande réitérée de. tout le peuple, le jour de sa première Messe arrivé, ses parents voulaient qu'il la célébrât dans l'église de la ville avec toute la pompe possible. Mais le Saint obtint de son Supérieur de se retirer, à l'insu de tout le monde, dans un couvent solitaire et perdu au milieu des bois. Là il offrit son premier sacrifice, tout abîmé en l'amour de l'Hostie sainte qu'il immolait. La démarche courageuse du Saint fut si agréable à Marie, que. lui apparaissant aussitôt après la Communion, elle lui dit: « André, vous êtes mon serviteur : je vous ai choisi, et je me glorifierai en vous ». Cette bonne Mère nous manifestait, par cette faveur, que rien ne lui plaît tant que l'amour et le respect que nous témoignons à son divin Fils présent au Saint Sacrement par amour pour nous. (Bollandistes, 5 février).

 

Pratique : S'interdire toute parole, tout bruit toute dissipation en présence du Saint Sacrement.

 

Aspiration : Le fruit de mon sein, Jésus-Hostie est plus précieux que tout l'or et tout l'argent du monde. Et fructus meus pretiosior auro et argento. (Ecclesiaste).

 

Septième jour

La première Adoratrice du Verbe Incarné

 

Voilà, voilà mon modèle, ma mère: Marie première adoratrice du Verbe incarné dans son sein! Oh! que cette première adoration de la Vierge mère dut être parfaite en elle-même, agréable à Dieu et riche en grâces! Quelle dut être la perfection de l'adoration de Marie au premier instant de l'Incarnation ?

 

I. Une adoration d'humilité, d'anéantissement devant la souveraine majesté du Verbe à la vue du choix qu'il avait voulu faire de sa pauvre servante, sous le poids de tant de bonté et d'amour pour elle et pour les hommes. Tel doit être le premier acte, le premier sentiment de mon adoration après la sainte Communion. Tel fut le sentiment d'Elisabeth recevant la Mère de Dieu qui lui portait le Sauveur encore caché dans son sein: « Unde hoc mihi? D'où peut me venir ce bonheur que je mérite si peu? » C'est la parole aussi du centurion, chez qui Jésus choisit son séjour: « Seigneur, je ne suis pas digne! »

 

II. Le second acte de l'adoration de Marie dut être naturellement un acte de joyeuse reconnaissance envers son ineffable et infinie bonté pour les hommes; un acte d'humble reconnaissance de ce qu'il avait choisi son indigne mais trop heureuse servante pour lui faire cette grâce insigne. La reconnaissance de la très sainte Vierge s'exhale en actes d'amour, de louange, de bénédiction: elle exalte la divine bonté. Car la reconnaissance est tout cela; elle est l'expansion en la personne bienfaitrice; expansion grande, aimante: c'est le cœur de l'amour que la reconnaissance!

 

III. Le troisième acte de l'adoration de la sainte Vierge dut être un acte de dévouement: l'offrande, le don d'elle-même, de toute sa vie au service de Dieu : Ecce ancilla Domini; un acte de regret d'être si peu, d'avoir si peu, de pouvoir si peu pour le servir d'une manière digne de lui. Elle s'offre à le servir tout comme il voudra, par tous les sacrifices qu'il lui plaira d'exiger: trop heureuse de lui plaire à ce prix, et de correspondre ainsi à son amour pour les hommes en son Incarnation.

 

IV. Le dernier acte de l'adoration de Marie fut sans doute un acte de compassion pour les pauvres pécheurs , pour le salut desquels le Verbe s'incarnait. Elle sut intéresser son infinie miséricorde en leur faveur; elle s'offrit à réparer à leur place, à faire pénitence pour eux, afin d'obtenir leur pardon, leur retour à Dieu. Elle demanda qu'ils eussent le bonheur de connaître leur Créateur et leur Sauveur, de l'aimer et de le servir, et de rendre ainsi à la très sainte Trinité l'honneur et la gloire qui lui sont dus par toute créature, mais surtout par l'homme, le tendre objet des miséricordes et de l'amour de ce Dieu si grand et si bon. Oh! que je voudrais adorer Notre-Seigneur comme l'adorait cette bonne Mère! car je le possède comme elle à la communion. O mon Dieu, je vous fais une demande bien grande et bien importante: donnez-moi la très sainte Vierge adoratrice comme ma vraie Mère; faites-moi part de sa grâce, de cet état d'adoration continuelle où elle fut pendant tout le temps qu'elle vous porta dans son sein si pur, en ce ciel des vertus et de l'amour. Je sens, ô mon Dieu, que ce serait une des grandes grâces de ma vie; je veux désormais faire toutes mes adorations en union avec cette Mère des adorateurs, cette Reine du Cénacle.

 

La chasuble de Marie

 

Saint Bonnet, évêque de Clermont, fort dévot serviteur de Jésus et de Marie, s'était retiré la veille de l'Assomption dans l'église Saint-Michel, pour y passer la nuit en prières et se préparer à la grande fête de sa Souveraine bien-aimée. Tandis qu'il se répandait en soupirs et en ardents désirs, il entend comme venir du ciel les accords d'une douce mélodie: tout à coup le temple est illuminé, et ses voûtes résonnent comme aux jours solennels quand des flots de peuple s'y pressent. Stupéfait et hors de lui, le Saint regarde, et voit la très sainte Vierge, entourée d'une troupe d'anges et de vierges, s'avancer en procession jusqu'au pied de l'autel. Les vierges et les anges chantaient les louanges de leur Reine et de son Fils. Les anges demandèrent alors qui célébrerait les saints Mystères, et Marie leur dit: « Ce sera mon serviteur Bonnet, qui prie en secret dans cette église ». Les anges vont aussitôt chercher le Saint, qui s'était caché par frayeur et enfoncé dans l'angle le plus reculé de l'église. Ils le revêtent d'ornements magnifiques, et l'assistent pendant qu'il célèbre la Messe en présence de Marie. Le saint Sacrifice achevé, la sainte Vierge bénit son serviteur, et, comme gage de sa visite pleine d'amour, elle lui laisse la belle chasuble qu'elle avait elle-même apportée du ciel. Ce vêtement miraculeux se conservait à Clermont avant la Révolution; il est si fin, si beau, qu'on n'a jamais pu savoir de quelle matière il était fait: il ne pèse presque pas: il est très doux au toucher, et d'une broderie si délicate, que seuls les doigts d'un ange ou plutôt de la Reine des anges, ont pu le travailler. (Bollandistes, 15 janvier).

 

Pratique : Faire l'action de grâces à la communion très fidèlement et en union avec Marie.

 

Aspiration : Marie, j'ai reçu votre Fils bien-aimé: je ne le laisserai point aller.

 

Huitième jour

Grandeur de la maternité de Marie

 

Marie, mère de Jésus Fils de Dieu, Maria de qua natus est Jésus: voilà le sublime éloge que l'Evangile fait de Marie. Le Saint-Esprit ne loue ni ses dons ni ses vertus; il se contente d'en montrer le principe divin, la loi de convenance, c'est-à-dire sa maternité divine. Parce qu'elle doit être mère de Dieu, Marie reçoit toutes les grâces, tous les honneurs: on a tout dit d'elle, on a raconté toutes ses grandeurs quand on a dit: la Mère de Dieu.

 

I. Elle vient relever le genre humain, rendre à la mère cette couronne d'honneur et de noblesse qu'Eve perdit par son péché, Satan avait découronné notre première mère: Marie la réhabilite. Elle vient figurée par ces nobles femmes de l'ancienne loi, Judith, Esther, Débora, comme la reine, la libératrice. Aussi quand l'Ange se présente à Marie il la salue avec un souverain respect, n'osant prononcer son nom: « Ave, gratia plena ». Voyez la différence déjà entre le langage de l'Ange à la vraie mère des vivants, et celui du séraphin déchu à notre malheureuse Eve. Marie est enceinte de Dieu: elle porte le Sauveur du monde, le foyer de l'amour, Celui qui vient apporter la paix aux hommes: tandis que le premier-né d'Eve est un pécheur, un fratricide, Caïn. Marie est honorée des bergers et des rois, des pauvres et des riches; sa qualité de mère du Messie l'établit souveraine sur le monde entier. Et le Fils de Dieu honore Marie comme sa vraie mère, lui rend tous les devoirs d'un fils; nous donnant l'exemple du parfait accomplissement de ce précepte: « Père et mère honoreras ».

 

II. Eve, par sa faute, perd sa liberté et sa puissance, « sub potestate viri eris: Tu seras, lui dit Dieu, sous le pouvoir de l'homme », et depuis, la femme fut esclave ou sous la tutelle de l'homme. Voici la femme forte, la mère par excellence. Une mère doit avoir droit sur son fils, fût-il roi, fût-il Dieu, et Marie commande à Jésus: Celui devant qui tremblent les puissances célestes, obéit à Marie, Seule elle lui commande, lui parle en public, revendique ses droits de mère: « Fili, quid fecisti nobis sic? Voyez-vous la puissance de Marie? » C'est elle qui. à Cana, déliera le pouvoir de Jésus, qui lui donnera en quelque sorte sa majorité. Couronne de puissance, tel est donc le second privilège de la maternité divine.

 

III. Elle donne encore à Marie une couronne de gloire. Eve, par son ambition, perd toute gloire: elle est chassée honteusement du paradis, et elle enfantera dans la douleur et ignominie. Marie enfante le Sauveur dans la joie; elle ne connaît pas les douleurs de la maternité: le Sauveur en passant par son sein y laisse sa gloire, et Marie sera Reine parce qu'elle a mis au monde Jésus roi. Elle sera la reine des Anges, la reine de l'Eglise: les rois mettront à ses pieds leurs empires; les peuples lui confieront leur salut, et partout où Jésus aura un trône, Marie aura aussi le sien: l'autel de Marie sera toujours à côté de l'autel de Jésus. Voilà l'honneur, la puissance et la gloire de la maternité divine: Marie est honorée, puissante et glorieuse en Jésus et par Jésus: elle est sa divine mère!

 

Une Messe au ciel avec Marie

 

L'empereur saint Henri, qui. pour imiter le chaste mariage de Marie et de Joseph, garda avec son épouse, sainte Cunégonde, une inviolable chasteté, reçut de Marie, dans l'église de Sainte-Marie-Majeure à Rome, une signalée faveur. Pendant une nuit qu'il s'y était retiré pour vaquer plus librement à la contemplation, le Sauveur du monde daigna lui apparaître en personne avec sa glorieuse Mère et un nombreux cortège de bienheureux. Jésus-Christ, revêtu des ornements sacrés, célébra lui-même la Messe, ayant pour diacre saint Laurent et pour sous-diacre saint Vincent, martyr de Saragosse. Les esprits bienheureux commencèrent avec un admirable concert l'Introït de la Messe: « Suscepimus, Deus »; puis, continuant, ils dirent: « Justitia plena est dextera tua: Votre droite est pleine de justice ». A ces mots, Notre-Seigneur, la Vierge-Mère et tous les saints jetèrent les yeux sur le pieux monarque, comme pour lui faire remarquer que la justice doit être la vertu principale des souverains. Après l'Evangile, le sous-diacre fit baiser le texte sacré à Notre-Seigneur, ensuite à la sainte Vierge; puis, sur l'ordre formel de Marie, à l'Empereur lui-même, en disant: « Présentez le baiser de paix à celui dont la virginité me plaît tant ». Après cette cérémonie, la vision disparut, laissant l'âme de saint Henri pénétrée d'une indicible consolation et animée d'un plus vif désir encore que par le passé, de correspondre, par ses œuvres saintes, à de telles faveurs. (Rossignoli)

 

Pratique : Recevoir souvent le Dieu de l'Eucharistie, comme remède à la concupiscence et comme la sauvegarde de la pureté.

 

Aspiration : Salut, ô Marie! paradis spirituel de Dieu où a fleuri le lys immaculé et odorifèrant, Jésus-Eucharistie!

 

Neuvième jour

La vie intérieure de Marie

 

I. Marie ornée de tous les dons, enrichie de toutes les vertus, parfaite en toutes ses grâces, n'apparaît au monde que sous les dehors les plus ordinaires. Ses actions n'ont rien d'éclatant ; ses vertus semblent communes; sa vie se passe dans le silence, l'obscurité, et l'histoire évangélique n'en parle pas. C'est que Marie doit être le modèle de cette vie cachée en Dieu avec Jésus-Christ, que nous devons honorer et retracer fidèlement dans notre conduite. Car je voudrais vous montrer que la loi de sainteté que Dieu suit en nos âmes est la même qu'il a suivie en Marie. Or, l'Eglise chante de Marie: « Toute la gloire de la fille du roi est à l'intérieur ». Tel est le caractère de la sainteté de Marie: rien d'extérieur ni de connu; tout à Dieu seul et connu de lui seul. Et cependant Marie a été la plus sainte et la plus parfaite des créatures. Plus aimée de Dieu qu'aucune créature, la sainte Vierge a dû recevoir de sa bonté les grâces les plus riches et les meilleures, les dons les plus excellents: le Père éternel lui a communiqué toutes les vertus de mère, le Fils toutes les grâces de la Rédemption, le Saint-Esprit toutes les grâces d'amour. Mais Marie n'a mené qu'une vie tout ordinaire, toute cachée et tout inconnue; qu'en conclure, sinon que cet état de vie retirée et intérieure est le plus parfait? Sans aucun doute. La vie extérieure même dévouée à Dieu est moins parfaite. C'est ainsi que Notre-Seigneur s'est beaucoup plus caché qu'il ne s'est montré. Tous les saints passeront par ce moule: pour être ami de Dieu, il faut être pulvérisé, réduit à rien; s'anéantir comme Jésus et Marie.

 

II. D'où je vous dis: Voulez-vous être saints? devenez intérieurs. Vous y êtes obligés par votre vocation adoratrice; sans cet esprit intérieur, comment voulez-vous prier? Si en face de Notre-Seigneur vous ne savez pas vous passer de livres un seul instant, si vous ne savez rien dire de votre cœur, que venez-vous faire à l'adoration? Quoi! jamais vous ne parlerez vous-mêmes, mais toujours vous emprunterez les pensées et les paroles des étrangers! Non, travaillez à devenir intérieurs. Tout le monde ne peut pas l'être comme Jésus et Marie: chacun peut l'être selon sa grâce et sa vertu. Sans cela vous ne recevrez jamais de consolations, d'encouragements dans la prière: vous serez trop malheureux aux pieds de Notre-Seigneur. Pour être adorateur, il faut être intérieur; il faut causer sur le prie-Dieu, interroger Notre-Seigneur, attendre sa réponse: il faut jouir de Dieu. Il faut être heureux en sa compagnie, heureux à son service ; on a besoin de jouir de sa familiarité si douce, si encourageante: mais pour trouver le cœur et l'amour de Jésus, il faut être intérieur. Après tout, qu'est-ce donc qu'être intérieur? C'est aimer assez pour pouvoir causer et vivre avec Jésus. Mais Jésus ne se fait pas entendre aux oreilles, ni voir aux yeux du corps, il parle seulement à l'âme recueillie. Jésus est tout intérieur au Saint Sacrement : il n'entre plus dans le cœur par la vue comme pendant sa vie mortelle, il veut aller à l'âme directement, lui parler à elle seule. Quand votre âme ne s'épanouit pas en sa présence, c'est qu'il n'agit pas sur elle; il y a un obstacle entre elle et lui. Ah! ne faites pas mentir Notre-Seigneur : il a dit que son joug est doux et son fardeau léger: mais c'est pour celui qui le porte dans la prière et la vie intérieure. Sans cela il vous sera lourd et ennuyeux à porter. Quand nous ne sommes pas intérieurs, tout cloche en notre vie. Oh! que je voudrais voir s'accomplir en vous cette parole si bien réalisée en la très sainte Vierge: Le royaume de Dieu est au dedans de vous! royaume de vertus, d'amour et de grâces intérieures. Alors vous commencerez à être des adorateurs et des saints. L'herbe des champs meurt tous les ans parce qu'elle n'a point de profondes racines: mais le chêne, l'olivier et le cèdre demeurent éternellement, parce que leurs racines s'enfoncent jusqu'au sein de la terre. Pour demeurer, être fort, il faut donc creuser, descendre jusqu'au fond, jusqu'au néant de soi-même, c'est là que se trouve Jésus: il s'est anéanti: exinanivit; c'est là que Marie l'a trouvé. Oh! puisse cette mère parfaite de la vie intérieure vous faire vivre comme elle en Jésus! puissiez-vous comme elle y demeurer toujours et n'en sortir jamais!

 

Marie médiatrice auprès de Jésus-Eucharistie

 

Un bon Frère de l'Ordre de Saint-François, très dévot, fut assailli, vers le temps où il allait prononcer ses vœux, d'une violente tentation de retourner dans le siècle, il redoutait de s'engager pour toujours ; et la crainte d'être infidèle à ses vœux, quand il les aurait prononcés, le décida à quitter l'habit la veille même de sa profession. Mais avant de partir il entre dans l'église du couvent, et. s'étant prosterné devant le Tabernacle que surmontait une statue de la sainte Vierge, il demanda fort ingénument à Jésus et à sa Mère la permission de partir. Mais, ô prodige! voilà la sainte Vierge qui descend de son trône, ouvre le saint Ciboire, et il en sort un bel et radieux Enfant! Marie se jette aux genoux de son Fils et lui dit d'une voix suppliante: « Mon très doux Fils, ayez pitié de notre pauvre serviteur! » Et le Seigneur: « Ma Mère, que voulez-vous que je fasse, puisqu'il ne veut pas demeurer avec moi? » Et la très miséricordieuse Vierge de repartir: « Mon Fils, justement, ayez pitié de lui et lui accordez la grâce de rester avec vous ». Alors l'Enfant-Dieu, levant la main, bénit le Frère et promit à Marie, en vue de ses prières, de n'abandonner jamais ce pauvre religieux. Cette parole dite, le Seigneur rentre dans son Ciboire, et, disparaissant, laisse le bon Frère rempli de force et de consolation. (Nicolao Laghi da Lugano, Miraculi dei Santissimo Sagramento, trat. I, c.IXXI).

 

Pratique : Vivre de recueillement et d'union à Jésus présent en nous, à l'imitation de notre Mère.

 

Aspiration : Marie, vraie fille du grand Roi, toute votre gloire est dans votre intérieur, parce que Jésus y demeure !

 

Dixième jour

La modestie, caractère de la vie de Marie

 

La vie cachée de Marie a un caractère qui la distingue de celle de Jésus. En elle ce n'est pas cette humilité qui étonne et confond, ce mélange de puissance et de faiblesse, de grandeur et d'obéissance que l'on admire en la vie de Jésus. La vie de Marie est toujours égale, toujours simple et cachée, c'est le règne de l'humble et douce modestie. La modestie fait le caractère de sa piété, de ses vertus et de toutes ses actions.

 

I. Marie est modeste dans son extérieur. Elle ne se distingue ni par la sévérité de son maintien, ni par une négligence affectée. Humble et douce comme l'esprit de Jésus; tout ce qui est à son usage porte le caractère de sa condition médiocre et la confond avec les femmes du commun. Ainsi devons-nous porter les insignes de la médiocrité: ni trop ni trop peu, si nous voulons nous rapprocher de la vie de notre Mère.

 

II. Modeste dans le monde. Marie fera avec empressement le sacrifice de sa retraite, de la douceur de sa contemplation, pour aller au loin vers sa cousine Elisabeth, la féliciter et la servir. Elle sera pendant trois mois sa compagne, son humble servante et fera le bonheur de cette maison privilégiée. Quand la gloire de son Fils le demandera, Marie paraîtra en public. Elle assistera aux noces de Cana. Elle ne dira rien à sa propre louange, ne s'appuiera ni sur son titre de mère du Messie, ni sur la puissance et la gloire de son Fils, pour s'élever aux yeux des hommes: sa modestie fait qu'elle se prête à la charité et s'arrête quand il le faut.

 

III. Modeste en ses devoirs. Marie les remplit avec douceur, sans empressement, toujours contente de ce qui lui arrive, toujours prête à un devoir nouveau. Elle les remplit tous avec cette égalité de caractère qui ne laisse voir aucune peine et ne demande aucune consolation; qui n'attire les regards de personne parce que tout est naturel et dans la mesure ordinaire. Beau modèle pour celui qui veut vivre de la vie de Jésus-Eucharistie, et pour un adorateur consacré à son service: toute sa vie ne se compose que de petits actes, de petits sacrifices que Dieu seul doit connaître et récompenser; il n'a pour tout honneur et pour toute consolation de son dévouement filial que l'humilité de son devoir, et il n'en veut pas d'autre que de plaire à son Maître par un sacrifice continuel de lui-même.

 

IV. Modeste dans sa piété. Marie, élevée au plus haut degré d'oraison que puisse atteindre une créature, vivant dans l'exercice habituel de l'amour parfait, exaltée au-dessus de tous les anges et faisant par sa dignité de Mère de Dieu un ordre à part dans les merveilles de Dieu, Marie cependant sert son Seigneur dans la forme ordinaire et commune de la piété; elle suit les prescriptions de la loi; elle assiste aux fêtes légales; elle prie parmi le commun des fidèles: rien ne la distingue, pas même sa modestie qu'elle sait cacher; rien ne révèle à l'extérieur la perfection de sa piété, pas même une ferveur extraordinaire! Telle doit être notre piété: commune dans ses pratiques, simple dans ses moyens, modeste dans l'action; évitant avec soin la singularité, fruit subtil de l'amour-propre; évitant l'extraordinaire comme trop sujet à la vanité et à l'illusion.

 

V. Modeste dans ses vertus. Marie les possède toutes au suprême degré, les pratique toutes dans leur souveraine perfection, mais sous une forme simple et commune; son humilité ne voit que la bonté de Dieu et ne laisse paraître, pour toutes les faveurs qu'elle en reçoit, qu'une humble reconnaissance: la reconnaissance du pauvre, sans éclat et sans gloire, que le monde ne remarque même pas. Peut-il sortir quelque chose de bon de Nazareth? Et l'on ne fait pas attention à Marie. Voilà le grand secret de la perfection: savoir la trouver dans ce qui est le plus simple, savoir l'alimenter de ce qui est le plus commun, savoir la conserver au milieu de l'oubli et de l'indifférence. Une vertu publique est bien exposée, une vertu louée et préconisée est bien près de sa chute: la fleur que tout le monde veut admirer est vite fanée! Aimons donc les petites vertus de Nazareth, celles qui naissent au pied de la croix, à l'ombre de Jésus et de Marie: on ne craint pas alors les tempêtes qui brisent les cèdres, ni la foudre qui tombe sur la cime des montagnes.

 

VI. Modeste en ses sacrifices. Marie se dévoue en silence et suavement à l'exil: pas de récrimination; elle ne s'estime nullement elle-même parce qu'elle est appelée à de grands sacrifices: ne fait aucune plainte non plus, aucune prière pour en adoucir la rigueur. Elle est modeste en face de la peine de son saint époux: plutôt que de lui révéler le grand mystère qui s'est opéré en elle et qui la relèverait tant à ses yeux, elle subit ses doutes: elle laisse à Dieu ce soin et se tient calme aux mains de sa Providence. Elle accompagne, percée de douleur, son Fils portant la croix; mais elle n'emplit pas Jérusalem de ses cris et de ses gémissements; sur le Calvaire, plongée dans une douleur sans mesure, aussi grande que son amour, Marie souffre en silence, et, après avoir dit un dernier adieu silencieux à son Fils, elle se retire en mère désolée, mais résignée.

 

VII. Enfin, modeste dans sa gloire. C'est le plus beau triomphe de la modestie de Marie. Comme Mère de Dieu, quels titres n'a-t-elle pas aux hommages de l'univers? Marie n'en retient que la peine et le sacrifice; jamais on ne la voit lorsque son Fils triomphe: elle n'est à sa suite que quand il y a une humiliation ou une croix à partager avec lui. Si donc nous voulons être les enfants de cette aimable mère, il faut nous revêtir de sa modestie, en faire le sujet ordinaire de nos méditations; c'est l'héritage que nous laisse Marie: que sa modestie soit la règle de nos vertus; que cette simplicité qui s'oublie pour ne voir que Dieu, qui va au devoir plutôt qu'à la jouissance, à Dieu plutôt qu'à ses douceurs, à l'amour pour l'amour, soit notre partage, le but de nos efforts et le cachet de notre vie. La modestie est la vertu royale d'un adorateur, parce qu'elle est la vertu, la livrée des serviteurs des rois, et la vertu des anges devant la majesté divine: c'est elle qui nous compose en la présence de Dieu; qui lui fait hommage de tous nos sens, de toutes nos facultés: elle est l'étiquette de son royal service. Il faut être modeste comme Marie au service de Jésus!

 

Les divines épousailles

 

Marie n'a pas de plus ardent désir que de nous lier à son divin Fils, au Sacrement, par des liens indissolubles. Un jour que la vénérable Mère Catherine de Jésus, Carmélite d'Espagne, avait reçu la communion, et qu'elle se livrait envers son divin Sauveur aux sentiments de l'amour le plus tendre. Marie lui apparut tenant l'Enfant-Jésus entre ses bras. Prenant alors la main de son divin Fils, elle la mit dans celle de Catherine, comme pour la fiancer à son Epoux céleste. Aussitôt la sainte fille entra dans des sentiments dignes de cette divine alliance, en demandant à Jésus quelque part à ses douleurs: et le Sauveur lui offrit une couronne d'épines dont elle ceignit son front et qu'elle ne quitta plus pendant les vingt-trois ans qu'elle vécut encore; plus fière de ce diadème que les reines de leurs couronnes de diamants!

 

Pratique : Reproduire dans notre vie la modestie de Jésus et de sa sainte Mère.

 

Aspiration : Nous vous bénissons, ô chaste Colombe qui nous apportez le rameau de l'olivier et nous annoncez Jésus-Hostie qui nous sauvera du déluge spirituel!

 

Onzième jour

Marie à Bethléem

 

Le mystère de Bethléem est plein de douceur et d'amour. Jésus s'y montre, peut-on dire, plus aimable que sur le Calvaire. Entrez bien dans les dispositions de la très sainte Vierge.

 

I. Avant la naissance de son fils, dans les heures qui précèdent cet heureux moment, unissez-vous à son attente: redoublez comme elle de ferveur et d'amour; unissez-vous à son recueillement, et retirez de ses dispositions cet enseignement: qu'il faut servir Notre-Seigneur comme il veut qu'on le serve, et non pas comme on voudrait le faire soi-même. En effet, Marie savait par les prophéties tout ce que devait souffrir son Fils; elle se disposait à le servir comme il voudrait et à le suivre partout: imitez ce vrai dévouement, ce véritable amour. Il devait paraître tout naturel à Marie que Jésus naquît dans un beau palais, ou à tout le moins, comme la plupart des enfants, dans un certain bien-être. Eh bien! non, il naîtra dans une grotte, dans le trou d'un rocher. Marie et Joseph, repoussés de partout, sont contraints de s'y retirer. La douleur de saint Joseph dut être bien grande sans doute: c'est à lui, chef de la famille, qu'incombe le souci de trouver un abri pour sa sainte épouse, et nous pouvons supposer quelle fut son anxiété, sa peine, quand, refusé partout, il dut conduire Marie, au moment d'enfanter, dans ce pauvre réduit. Pour Marie, elle était heureuse même au milieu de ces rebuts : elle possédait Jésus en son sein, et elle savait que c'était lui-même qui permettait qu'ils fussent rejetés et méconnus, et qui les conduisait dans l'étable où il avait résolu de naître. C'est ainsi que Dieu arrive à ses fins: l'homme s'agite, cherche des secours humains, et quand il a tout épuisé en vain. Dieu le mène où il veut le mener. Dieu permet que l'on cherche inutilement le secours de l'homme, afin qu'on s'abandonne à lui et que l'on se laisse conduire comme Marie et Joseph. C'est dans ces états d'abandon que l'on sent davantage la bonté de Dieu: il a soin de nous alors, nous venons auprès de lui comme des enfants autour de leur père, sans inquiétude. Lorsque le succès aura couronné nos efforts, que la Providence se sera montrée plus sensiblement, notre amour ne sera plus le même, nous compterons peut-être trop sur nos ressources, et pas assez sur Dieu. Les Israélites recevaient plus de faveurs dans le désert que dans la terre promise, et Dieu était plus près d'eux; et Jésus était plus aimable dans sa crèche de Bethléem ou dans la pauvre maison de Nazareth, que dans sa vie publique, au milieu de toutes les merveilles qu'il opérait.

 

II. Et quand Jésus est né, oh! comprenez, si vous le pouvez, les adorations, les hommages, les attentions de Marie. Adorez Jésus dans ses bras ou dormant sur son sein. Quel bel ostensoir! Il a été travaillé avec art par le Saint-Esprit. Quoi de plus beau que Marie, même extérieurement? Elle est le lys, le lys de la vallée, pure comme lui, et qui a germé dans une terre immaculée. Marie, c'est le Paradis de Dieu! Aussi, voyez quelle fleur y fleurit: Jésus la fleur de Jessé! voyez quelle moisson il produit: Jésus le froment des élus! Et entrez dans l'âme de Marie: contemplez-en la beauté; mais il y a dans l'âme de Marie une beauté capable de faire notre bonheur éternel quand nous la connaîtrons bien! Dieu s'est épuisé pour embellir Marie. Voilà l'ostensoir du Verbe naissant ! voilà par quel canal nous vient Jésus! Oh! oui, l'Eucharistie commence à Bethléem et dans les bras de Marie: c'est elle qui a apporté à l'humanité le pain dont elle est affamée et qui peut seul la nourrir. Elle nous le gardera ce bon pain! Divine Brebis, elle va nourrir cet Agneau dont nous mangerons la chair vivifiante. Elle le nourrit de son lait virginal: elle le nourrit pour le sacrifice, car elle connaît déjà sa destinée: elle sait déjà, et dans quelques jours elle saura mieux encore, qu'il n'est que pour l'immolation; elle accepte cette volonté de Dieu sur elle, et porte dans ses bras, nous prépare la victime du Calvaire et de l'autel. Au jour du sacrifice, elle conduira son divin Agneau à Jérusalem; elle le livrera à la divine Justice pour le salut du monde. Eh quoi! Bethléem parle déjà du Calvaire! Certainement Marie a entendu cette première parole de son Fils: Père, vous ne voulez plus des sacrifices de la loi: me voici ! Et elle s'unit à son offrande et à son immolation anticipée.

 

III. Mais il y a aussi des joies à Bethléem, de douces joies. Les bergers, âmes simples, viennent adorer l'Enfant-Dieu: Marie est heureuse de voir les hommages simples et offerts de si bon cœur qu'ils rendent à son Jésus. Quelques jours après, ce sont les Mages qui apportent et le tribut de leurs adorations et leurs présents royaux: Marie le présente à leur amour; c'est dans ses bras qu'ils le trouvent. Oh! que de fois vous avez dû jouir du bonheur des Mages! Comme l'âme aimante est heureuse quand elle a trouvé Jésus avec Marie sa mère! Ceux qui connaissent le Tabernacle où il réside, ceux qui le reçoivent en leur âme, savent que sa conversation est pleine d'une suavité divine; sa consolation ravissante, sa paix surabondante, et la familiarité de son amour et de son cœur ineffable! Trouver Jésus entre les bras de Marie, s'unir aux sentiments de Marie quand elle le presse sur son cœur, ô délicieux moment! qui passe toujours trop vite, comme la joie du Tabor! moment où l'on oublie tout, où l'on ne désire plus rien, pas même le ciel: on le possède, on a Jésus et Marie!

 

Les sanctuaires de l'Eucharistie multipliés par les soins de Marie

 

Si la sainte Vierge inspire à tant de ses dévots serviteurs de lui dédier des pèlerinages et de lui construire des temples, n'en doutons pas, elle ne le fait que pour multiplier les tabernacles de son Fils, le Dieu de l'Eucharistie. Nous en avons un précieux témoignage dans l'histoire de la construction de la chapelle de Notre Dame du Laus, située au milieu des Alpes. S'adressant à une pieuse bergère dont elle voulait faire l'instrument de ses grâces, Marie lui dit: « Je veux faire bâtir ici une église en l'honneur de mon très cher Fils, où beaucoup de pécheurs et de pécheresses viendront se convertir ». L'église fut construite avec l'obole du pauvre; et Marie, s'adressant une autre fois à la même enfant: « Mon fils, dit-elle, m'a donné ce lieu pour la conversion des pécheurs ». Et jamais, l'histoire du Laus en fait foi, pécheur n'est sorti de ce béni sanctuaire que réconcilié avec le divin Fils de la très douce Mère, qui l'attendait dans son Tabernacle, vrai trône de grâce et de miséricorde. (Histoire des merveilles de Notre Dame du Laus).

 

Pratique : Demander sans cesse à Marie de nous donner Jésus.

 

Aspiration : Salut, ô Marie. sainte montagne où l'Agneau eucharistique a trouvé de gras pâturages!

 

Douzième jour

Jésus présenté au Temple par Marie

 

I. Notre Seigneur ne veut pas tarder de se donner publiquement à son Père: quarante jours après sa naissance, il inspire à sa Mère de le conduire au temple. Marie porte son enfant dans ses bras; elle va le donner à son Père et le racheter par deux tourterelles: Jésus voulait être racheté par ces petits animaux, qui nous manifestent sa pureté et sa simplicité. Il va se passer là un grand mystère. Le bonheur de la très sainte Vierge, ses joies vont finir en ce jour. Ecoutez les paroles du vieillard choisi de Dieu: « Ce Fils sera posé en signe de contradiction, pour la ruine et la résurrection d'un grand nombre: pour vous, ô Mère, un glaive de douleur transpercera votre âme! » Comment la sainte Trinité, comment Dieu si bon, si tendre, peut-il ainsi découvrir un tel mystère de douleur à une pauvre Mère de quinze ans encore tout enivrée des joies de la naissance de son Fils! C'est sa première sortie, et elle apprend quelle sera la mort de son enfant bien-aimé! Oh! elle comprend tout! Dés ce jour, le Calvaire est partout où est Jésus, à Nazareth, en Egypte: Marie voit sans cesse son Fils crucifié. Ah! quand on n'a pas de vertu, Dieu nous laisse dormir dans une sorte de sécurité: mais quand il voit une Time aimante, il s'empresse de la crucifier pour trouver sa gloire en elle: l'amour est dans la douleur. Marie l'accepte. Désormais elle ne s'entretiendra plus avec son Fils que du Calvaire, de ses souffrances et de sa mort: elle a assez de force pour souffrir un Calvaire qui va durer trente-trois ans! Comprend-on ce que ce mot a de crucifiant: « Un glaive de douleur transpercera votre âme! » Dès ce moment, Marie voit les plus petits détails des souffrances de son Fils: elle y pense sans cesse: c'est à partir de ce jour qu'elle est la Reine des martyrs.

 

II. Que faut-il retirer de ce mystère de la Présentation de Jésus par Marie? C'est qu'il ne faut pas se donner à Dieu pour jouir, pour avoir des consolations, pour posséder une tranquillité et une paix inaltérables. Jésus a dit sans doute: « Prenez mon joug, il est doux, et mon fardeau est léger »; mais il a dit aussi: « Celui qui ne porte pas sa croix tous les jours à ma suite, n'est pas digne de moi ». Que devons-nous faire? Nous offrir en union avec Marie notre Mère, nous donner à Dieu, et accepter les peines, les souffrances et toutes les croix qu'il voudra nous envoyer. Dans les commencements, quand on vient de se donner à Dieu, l'âme reçoit des consolations, le service de Dieu est accompagné de douceurs sensibles. Il y a beaucoup d'âmes qui, dégoûtées du monde où elles n'ont éprouvé que déceptions, reviennent à la piété pour y trouver la paix et la consolation; elles n'y cherchent que cela, elles ne veulent voir que cela dans le service de Dieu. Elles le servent tant que le Seigneur leur fait ces divines douceurs; quand il se cache et veut substituer une nourriture plus forte à ce pain des enfants, elles s'inquiètent, se découragent, tombent dans le scrupule; elles mettent leur imagination à la torture, pour savoir ce qui a pu leur attirer cette punition; elles croient que leurs confessions n'ont pas été sincères, qu'elles ont fait de mauvaises communions: elles veulent trouver en elles la cause de ce changement: ne la trouvant pas, elles se découragent et finissent par abandonner leurs exercices de piété. Oh! sans doute, ne dédaignons pas les consolations de Dieu: soyons heureux de les recevoir quand il les envoie; mais ne les recherchons pas uniquement: les douceurs, les grâces sensibles passent, Jésus seul reste toujours. Il y a des saints qui ont été favorisés de grandes douceurs de Dieu, d'extases, de ravissements; mais qu'ils ont souffert ! Dieu les leur donnait de loin en loin: elles étaient la récompense de leurs souffrances, et un encouragement à souffrir encore davantage pour son amour. C'est par la souffrance qu'on se sanctifie; c'est par la croix, les épreuves, que l'âme se fortifie, qu'elle se dégage d'elle-même: alors elle ne cherche plus sa satisfaction dans le service de Dieu, mais lui seul. Tel est l'enseignement du mystère de la Purification de Marie et de la Présentation de Jésus au Temple: mettons-le en pratique, si nous voulons être dignes de la victime auguste que nous contemplons sans cesse au Saint Sacrement, et de sa Mère qui l'a offerte si généreusement!

 

La Chandeleur au ciel

 

On lit dans le Rosaire de saint Dominique, au rapport de Nicolao Laghi, qu'une jeune femme nommée Lucie, fort dévote à Marie, dont elle récitait chaque jour le Rosaire, vit, le jour de la Purification, un ange sous la forme d'un splendide jeune homme qui lui dit: « Viens, Lucie, je te mènerai en ce jour de fête dans une église magnifique où tu verras des choses ravissantes ». Elle fut, en effet, transportée dans un temple si beau qu'elle ne pouvait en comprendre la magnificence. Sainte Anne et sainte Madeleine vinrent la prendre par la main et l'introduisirent au milieu du chœur, au pied du trône de la très sainte Vierge; et cette très douce Reine lui dit: « Puisque, en récitant fidèlement mon Rosaire, tu m'as si souvent présentée à mon Fils, je veux te présenter à Lui à mon tour ». Et, en effet, Lucie vit venir Jésus-Christ, revêtu des insignes de souverain Prêtre, qui célébra en sa présence les saints Mystères. Lorsque le moment de la communion fut venu, toute la troupe céleste se disposait autour de la table sainte, et Lucie n'osait s'approcher, s'estimant indigne d'être assise, au Banquet divin, à côté de tels convives. Et Marie, ô miséricordieuse condescendance d'une mère, vint prendre Lucie et la plaida au premier rang, ne communiant elle-même que la seconde. La vision s'évanouit alors; et la pieuse servante de Marie en retint un tel souvenir, qu'elle passa tout le reste de sa vie dans tous les exercices de la perfection chrétienne.

 

Pratique : S'offrir à Jésus, Victime d'amour sur nos autels, pour tout ce qu'il voudra de nous, en union avec Marie.

 

Aspiration : Marie! Vigne féconde qui nous avez donné le Vin eucharistique, soyez bénie!


7 octobre 2011

Le Mois de Notre Dame du Très Saint Sacrement 5/6

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Le Mois de Notre Dame du Très Saint Sacrement

Méditations extraites des écrits de Saint Pierre-Julien Eymard

Fondateur de la Congrégation du Très Saint Sacrement

 

Vingt et unième jour

Adoration d'action de grâces de Marie

 

I. A l'acte de foi humble et simple, à l'adoration par l'anéantissement d'elle-même, Marie ajoutait l'action de grâces. Après être demeurée abîmée dans le sentiment de la grandeur et de la majesté divines, qui sont voilées sous le Sacrement, elle levait la tête vers ce tabor de l'amour, pour en contempler la beauté et en savourer la bonté ineffable; Marie rendait grâces à Jésus de son amour dans le don de l'Eucharistie, acte souverain de sa bonté infinie. Son action de grâces était parfaite, parce qu'elle connaissait la grandeur de ce don. Oh! qu'elle fut heureuse, Marie, quand, avant la Gène, Jésus lui révéla que l'heure du triomphe de son amour avait sonné; qu'il allait instituer son adorable Sacrement, par lequel, se perpétuant et se .survivant parmi nous, chaque fidèle pourrait partager le bonheur de Marie, le recevoir comme elle en son corps; le voir en quelque sorte, et, dans son état sacramentel, jouir de toutes les grâces et retrouver les mystères de sa vie mortelle! « Après ce don, dans lequel j'épuise ma puissance, je n'ai plus rien à donner à l'homme que le ciel ». A cette heureuse nouvelle, Marie s'était prosternée aux pieds de Jésus, adorant dans l'effusion de la reconnaissance cet amour trop grand pour les hommes, trop grand pour elle, son indigne servante; elle s'était offerte pour le servir en son adorable Sacrement; elle avait consenti à voir retarder l'heure de sa récompense, afin de rester adoratrice sur la terre, chargée de garder, de servir l'Eucharistie, heureuse de mourir au pied du divin Tabernacle.

 

II. Or, dans ses adorations au Cénacle, Marie renouvelait chaque jour cette action de grâces: « Que vous êtes bon, ô mon Sauveur! s'écriait-elle; que vous êtes bon, mon Seigneur et mon Fils! Comment avez-vous pu aimer l'homme jusqu'à ce point: lui donner plus qu'il ne peut recevoir; l'aimer plus qu'il ne peut le reconnaître; inventer ce que jamais son cœur ne pourra comprendre ? Pour l'amour de lui, vous épuisez votre puissance et les trésors de votre Cœur! » Et alors Marie rendait grâces à chacune des puissances de l'âme de Jésus; à chacun des membres du Sauveur qui avaient coopéré à l'institution de l'Eucharistie; elle leur offrait toutes les flammes d'amour qui dévoraient son Cœur. Oh! que Jésus dut recevoir avec bonheur et complaisance ces premiers hommages de sa sainte Mère, les premiers qui fussent rendus à son Sacrement! Oh! que son cœur dut se réjouir d'avoir laissé à Marie, pour sa consolation, sa présence sacramentelle! Pour Marie seule, Jésus eût institué l'Eucharistie! Et que cela ne nous étonne pas: les adorations, les actions de grâces de Marie avaient plus de prix aux yeux de Jésus que les hommages réunis de tous les saints. L'action de grâces de Marie était encore très agréable à Jésus, parce que la reconnaissance, la gratitude est ce qui lui plaît par-dessus tout; il n'attend que cela de nous: adorer par l'action de grâces, c'est bien adorer; c'est reconnaître le premier de ses attributs, celui surtout qu'il est venu ici-bas manifester: la bonté; arrêtons-nous-y longtemps quand nous sommes à ses pieds. Remercions par Marie; un enfant reçoit, mais sa mère remercie pour lui; confondue avec celle de Marie, notre action de grâces sera parfaite et bien reçue du Cœur de Jésus.

 

Un prêtre merveilleusement assisté par Marie

 

Si c'est une chose merveilleuse de voir les anges rendre hommage au saint sacrifice de la Messe, quels seraient nos sentiments s'il nous était donné de voir la Reine des anges elle-même témoigner à cet auguste Mystère une révérence admirable? Marie a souvent apparu assistant à la Messe; voici un fait qui est moins connu : Un vénérable prêtre célébrant un jour la sainte Messe, le clerc qui le servait, après lui avoir présenté l'eau et le vin à l'Offertoire, rentra à la sacristie pour quelques instants, croyant bien être revenu à temps pour la Préface. Mais il n'arriva pas assez tôt. Le prêtre, qui ne s'était pas aperçu de son absence, commença la Préface, et, à la grande stupéfaction des assistants, la statue de la Vierge, placée au-dessus du Tabernacle, répondit d'une voix claire et sonore : « Amen »; « Et cum spiritu tuo »; « Habemus ad Dominum », et le reste. Le bon prêtre fut tellement surpris d'entendre ces réponses, qu'il eut grand peine à continuer le sacrifice. Aussi peut-on trouver au ciel et sur la terre un servant de Messe dont la sainteté approche de la dignité de Celle qui voulut bien témoigner ainsi son respect et sa vénération pour le sublime Mystère de l'autel?

 

Pratique : Prier sans cesse Marie pour les élèves des séminaires, les petits servants de paroisse et tous les gens d'Eglise, afin qu'ils s'acquittent avec piété et révérence de leurs saintes fonctions.

 

Aspiration : Marie! nous vous bénissons, vous la parfaite servante de Jésus-Eucharistie!

 

Vingt-deuxième jour

Contemplation eucharistique de Marie

 

I. La contemplation suit naturellement l'adoration et l'action de grâces; et en même temps elle les alimente et les perfectionne. La contemplation eucharistique, c'est le regard que l'âme fixe sur Jésus sacramentel pour connaître en détail ses perfections, voir sa bonté dans l'institution de l'Eucharistie, en étudier les motifs, en examiner les sacrifices, en peser le don et en apprécier l'amour. Le premier fruit de la contemplation eucharistique est de fixer, de recueillir l'âme en Notre-Seigneur, en lui découvrant le mystère de ses perfections et l'amour du don ineffable de l'Eucharistie; cette vue réfléchie et arrêtée sur l'amour excessif de Jésus préparant, instituant et perpétuant le Sacrement adorable, produit en nous l'admiration d'abord, puis la louange, puis l'expansion de l'amour; l'âme sort d'elle-même, pour s'unir, se coller à l'objet divin de sa contemplation. D'où il résulte que la contemplation est la partie essentielle de l'adoration : elle en est le foyer.

 

II. Or, Marie était devant l'Eucharistie, dans une contemplation qu'aucune langue humaine ni angélique ne saurait exprimer: Jésus-Christ seul, qui en était l'objet, en connut le prix. Marie avait la plus haute connaissance de l'amour que Jésus avait montré en instituant l'Eucharistie; elle savait les combats qu'il avait eu à soutenir en son cœur, et les sacrifices qu'exigeait de lui l'établissement de ce Sacrement: combats de son amour contre l'incrédulité et l'indifférence de la plupart des hommes: combats de sa sainteté contre les impiétés, les blasphèmes et les sacrilèges dont son Eucharistie serait l'objet, non seulement de la part des hérétiques, mais de la part de ses amis eux-mêmes; combats de sa bonté contre l'ingratitude des chrétiens qui négligeraient de le recevoir dans la communion, refusant par là ses meilleures grâces, ses invitations les plus tendres. Mais l'amour de Jésus triompha de tous ces obstacles: « J'aimerai les hommes quand même, et leur malice ne pourra pas décourager ni vaincre ma bonté! » Marie avait suivi ces combats; elle avait partagé ces sacrifices, elle en vit la victoire; elle les faisait revivre dans son adoration; elle les rappelait au Sauveur et exaltait l'amour qui l'avait rendu vainqueur.

 

III. Pour apprécier le don de l'Eucharistie, un adorateur doit, comme Marie et avec elle, remonter à sa source, aux sacrifices qu'il a demandés à l'amour de Notre-Seigneur. Si l'amour est beau sur le Calvaire, il est encore plus beau au Cénacle et sur l'autel: c'est l'amour toujours immolé. La vue de ces combats et de cette victoire dira à l'adorateur ce qu'il doit en retour à un Dieu si bon. Et alors avec Marie, sa divine Mère, il s'offrira à Jésus-Eucharistie de tout son cœur, pour le bénir, le remercier de tant d'amour; il se consacrera à honorer les divers états de Jésus sacramentel, en pratiquant, dans sa vie, les vertus que le Sauveur y continue et y glorifie d'une manière admirable. I) honorera cette humilité si profonde du Sauveur, qui va jusqu'à l'anéantir tout entier sous les saintes espèces; cette abnégation de sa gloire et de sa puissance qui le rend le prisonnier de l'homme ; cette obéissance qui fait de lui le serviteur de tous. Il prendra Marie comme la Mère de la vie eucharistique, pour l'aider dans cette étude pratique: il l'aimera et se confiera à elle comme à la Mère des adorateurs, qui est le titre le plus cher à son cœur et le plus glorieux à Jésus.

 

Ce que vaut une Messe dite en l'honneur de Marie

 

Une grande pécheresse avait conservé, au milieu de ses désordres, la coutume de réciter chaque jour un Ave Maria: et un samedi elle lit dire une Messe en son honneur, pour obtenir sa protection à l'heure de sa mort. Lorsque ce redoutable moment arriva, le démon se présente tout à coup, et, poussant des cris de rage, demande son âme. Mais Marie se souvenait de la Messe offerte en son honneur par la pauvre malheureuse: elle arrache des griffes du démon l'âme qu'il tenait déjà et qu'il se disposait à plonger avec lui dans l'abîme. « Ne sais-tu pas, monstre d'enfer, lui dit Marie, que cette âme m'a priée tous les jours, et qu'elle a fait dire, à tel jour, une Messe en mon honneur? » « C'est vrai, réplique le démon mais quels crimes n'a-t-elle pas commis ! » « Sache, lui dit Marie, que jamais celui qui se recommande à moi ne peut périr ». Et aussitôt le démon, foudroyé par cette réponse, s'enfuit en poussant des hurlements furieux; et Marie, rayonnante de joie, emporta cette âme, sa glorieuse conquête, au Paradis. (Laghi. c. LXXIX) ;

 

Pratique : Prier sans cesse Marie pour les intérêts de l'Eucharistie.

 

Aspiration : Marie, personne ne s'est approché de Jésus aussi intimement que vous!

 

Vingt-troisième jour

Adoration de propitiation de Marie

 

I. Marie adorait son très cher Fils dans sa qualité de victime perpétuelle, toujours immolée sur nos autels, demandant sans cesse par sa mort grâce et miséricorde pour les pécheurs. Marie adorait le Sauveur sur ce nouveau calvaire où le crucifiait son amour: elle le présentait à Dieu pour le salut de sa nouvelle famille, et à la vue de Jésus en croix, avec ses plaies béantes, renouvelait en son âme le martyre de sa compassion. Il lui semblait voir encore à la sainte Messe son Jésus crucifié, répandant son sang à flots, au milieu des douleurs et des opprobres, abandonné des hommes et de son Père, et mourant dans l'acte suprême de son amour. Marie, adorant son Dieu présent sur l'autel par la consécration, versait d'abondantes larmes; à la vue surtout des hommes qui ne faisaient aucun cas de ce sacrifice auguste et rendaient stérile ce mystère de leur Rédemption: à la vue encore de ceux qui osaient offenser, mépriser cette adorable Victime offerte sous leurs yeux et pour leur propre salut. Marie aurait alors voulu offrir mille morts pour réparer tant d'outrages; car les malheureux qui s'en rendaient coupables étaient ses enfants, ceux que lui avait confiés Jésus en mourant! Pauvre Mère! n'était-ce pas assez pour elle d'un Calvaire? Pourquoi renouveler tous les jours ses douleurs et percer son cœur de ces nouveaux glaives d'impiété? Cependant, comme la meilleure des mères, au lieu de rejeter, de maudire les pécheurs, Marie prenait sur elle la dette de leurs crimes; elle se faisait victime au pied de l'autel, demandant grâce et miséricorde pour ses enfants coupables.

 

II. Marie adorait l'état de prisonnier que Jésus a pris en s'unissant inséparablement aux saintes espèces; elle contemplait son corps glorieux, ses pieds, ses mains liés à leur immobilité matérielle; sa langue sans parole, son âme sans expansion extérieure, son amour sans bras, sans ailes, mais lié, mais enchaîné et ne pouvant montrer à l'homme que ses aimables chaînes. « O heureux liens qui retenez Jésus au milieu de nous, disait Marie, soyez bénis! vous êtes les chaînes de feu qui m'attachez à ce divin Tabernacle! Silence de mon Dieu, que tu es éloquent sur mon cœur! Membres sacrés de mon Sauveur, vous m'êtes plus chers encore que lorsque les clous vous fixaient à la croix ou que les plis du suaire vous entouraient: c'est l'amour qui vous lie ici, mais c'est pour toujours; et cela afin que je puisse faire de Jésus mon bien, mon prisonnier d'amour, le compagnon de ma captivité ici-bas, le Dieu de mon cœur! »

 

III. Marie adorait l'état caché de la divinité et de l'humanité de Jésus en son Sacrement; voilées afin que l'homme ne s'attachât pas à la gloire et à la beauté de son corps, mais allât librement jusqu'à la divinité du Verbe. Car Jésus ne se voile ainsi que pour spiritualiser la foi de l'homme, pour purifier son cœur, aiguillonner son amour et l'attirer vers l'infini, vers une beauté toujours croissante et toujours nouvelle. Marie adorait donc Jésus voilé mais transparent par l'amour; elle contemplait derrière le nuage la beauté de ce soleil, qui manifeste ses ardeurs par la lumière qu'il donne à notre esprit, et sa présence par sa douceur. Marie honorait cette vie cachée de Jésus par une vie solitaire et retirée. Elle passait la plus grande partie de son temps en amende honorable pour les hommes ingrats. A la vue des anéantissements eucharistiques de Jésus, elle eût voulu elle aussi être anéantie, changée en une espèce sacramentelle, sans vie propre, et elle avait, en effet, perdu et transformé en Jésus sa vie naturelle, comme le pain se transforme en la substance de Jésus-Christ. Aussi, voyant à ses pieds sa divine Mère, le Sauveur se consolait de l'abandon des hommes; il aimait les sacrifices qu'il avait faits si généreusement, il préférait à sa gloire cet état d'anéantissement; Marie, sa Mère et la mère de tous les adorateurs, le dédommageait de tout, et l'amour de Jésus trouvait une indicible satisfaction à recevoir sa prière et ses larmes répandues pour le salut du monde.

 

Instruction de Marie sur le malheur des mauvaises communions

 

Nous avons déjà rapporté quelques-unes des paroles que la sainte Vierge adressa à la vénérable Mère Marie de Jésus sur la communion. Voici ce qu'elle lui révéla un autre jour: « Si l'amour de Dieu envers le prochain eut en moi une telle force, jugez, ma fille, quelle devait être la véhémence de celui que je sentais pour le Seigneur lui-même quand je le recevais à l'autel! Je vous déclare ici un secret sur ce qui m'arriva la première fois que je le reçus de la main de saint Pierre: c'est que le Très-Haut laissa mon amour agir avec une telle violence, que mon cœur s'ouvrit réellement et donna lieu, comme je le souhaitais, à mon Fils consacré d'y entrer et d'y demeurer comme un roi sur son propre trône. Vous comprendrez par là, ma très chère fille, que si j'étais susceptible d'une douleur quelconque dans la gloire dont je jouis, ce qui m'en causerait une très sensible, ce serait de voir la témérité effroyable des hommes qui osent recevoir le Corps sacré de mon très saint Fils, les uns avec des souillures et des crimes abominables; les autres, sans dévotion, sans respect: et presque tous sans considérer l'importance, sans peser la valeur de cette Hostie, qui n'est rien de moins que Dieu lui-même, germe de la vie ou de la mort éternelle. Craignez donc, ma fille, ce danger; pleurez-le pour un si grand nombre d'enfants de l'Eglise; demandez leur salut au Seigneur et, profitant de l'instruction que je vous donne, rendez-vous digne de pénétrer profondément ce Mystère d'amour. Et quand vous y participerez, bannissez de votre entendement toutes les pensées des choses terrestres; rappelez-vous seulement que. vous allez recevoir Dieu lui-même; faites tous vos efforts pour témoigner votre amour, votre humilité et votre gratitude, et soyez persuadée que vous resterez toujours fort au-dessous de ce que mérite un Mystère si vénérable ». (Cité Mystique, p. III, I. VII, c. VII).

 

Pratique : Assister à la Messe pour réparer, en union avec Marie, le crime de ceux qui y manquent.

 

Aspiration : O Marie! vous êtes la vraie Table mystique où nous trouvons le mets délicieux de nos âmes, Jésus-Eucharistie !

 

Vingt-quatrième jour

Adoration de prière de Marie

 

I. Marie se dévouait tout entière à la gloire eucharistique de Jésus. Elle savait que le désir du Père céleste était de voir l'Eucharistie connue, aimée et servie par tous; que le besoin du Cœur de Jésus était de communiquer aux hommes tous ses dons de grâce et de gloire; que le Saint-Esprit avait pour mission d'étendre et de perfectionner dans les cœurs le règne de Jésus-Christ; que l'Eglise n'avait été fondée que pour donner Jésus au monde; tous les désirs de Marie étaient donc de le faire connaître en son Sacrement; son amour si grand pour Jésus avait besoin de se dilater, de se dévouer, afin de se soulager, pour ainsi dire, de l'impuissance où elle se sentait à le glorifier par elle-même autant qu'elle l'eût voulu. Depuis le Calvaire, les hommes étaient ses enfants, elle les aimait avec la tendresse d'une mère et voulait leur souverain bien autant que le sien propre: voilà pourquoi elle brûlait de faire connaître à tous Jésus au Saint Sacrement, d'embraser les cœurs de son amour, de les voir tous liés et enchaînés à son aimable service. Pour obtenir cette grâce, Marie faisait une mission perpétuelle de pénitence et de prière au pied de la très adorable Eucharistie; elle y traitait du salut du monde: dans son zèle immense elle embrassait les besoins des fidèles de tous les lieux et de tous les temps à venir, qui devaient hériter de la sainte Eucharistie et la servir. Mais la mission la plus chère à son âme était de prier continuellement pour le succès des prédications et des travaux des Apôtres et de tous les membres du sacerdoce de Jésus-Christ. Aussi ne faut-il pas s'étonner que ces ouvriers apostoliques convertissent si facilement des royaumes entiers; Marie se tenait au pied du trône de la miséricorde, suppliant pour eux la bonté du Sauveur. Sa prière convertissait les âmes, et, comme toute conversion est le fruit de la prière, et que la prière de Marie ne pouvait éprouver de refus, les apôtres avaient en cette Mère de bonté leur meilleur auxiliaire: « Bienheureux celui pour qui prie Marie! »

 

II. Les adorateurs partagent la vie et la mission de prière de Marie au pied du Très Saint Sacrement: c'est la plus belle de toutes les missions, et elle est sans danger. C'est la plus sainte aussi, car elle est l'exercice de toutes les vertus. C'est la plus nécessaire à l'Eglise, qui a encore plus besoin d'âmes de prière que de prédicateurs, d'hommes de pénitence que d'hommes d'éloquence. Aujourd'hui plus que jamais, il faut des hommes qui désarment, par leur immolation propre, la colère de Dieu irrité contre les crimes toujours croissants des nations: il faut des âmes qui par leurs instances rouvrent les trésors de la grâce qu'a fermés l'indifférence générale; il faut des adorateurs véritables, c'est-à-dire des hommes de feu et de sacrifice: quand ils seront nombreux autour de leur divin Chef, Dieu sera glorifié, Jésus aimé; les sociétés redeviendront chrétiennes, conquises à Jésus-Christ par l'apostolat de la prière eucharistique.

 

III. L'apostolat de Marie consistait encore dans la prédication muette, mais très persuasive, du respect. Cette prédication convient à tous, et une âme jalouse de faire connaître et aimer l'Eucharistie s'y appliquera avec grand soin, unie à Marie. Comme cette parfaite adoratrice se tenait avec modestie et révérence devant le Très Saint Sacrement! Elle s'y tenait comme les anges devant la Majesté divine; toute pénétrée par la foi et absorbée en la divine présence de Jésus, elle ne faisait attention à personne autour d'elle. Elle ne se présentait jamais devant Notre-Seigneur que convenablement et religieusement vêtue, comme à une visite d'honneur. Une mise négligée, un désordre dans la tenue, annoncent peu de foi et un intérieur désordonné. Marie restait à genoux le plus qu'elle pouvait aux pieds de son Dieu: c'est la tenue d'adoration de la sainte Eglise, l'hommage du corps, l'humilité de la foi : à genoux aux pieds de Jésus, c'est la place de l'amour. Le respect dans le lieu saint, surtout devant le Très Saint Sacrement, doit être la grande vertu publique des adorateurs. Ce respect est la profession solennelle de leur foi, et en même temps c'est pour eux la grâce de leur piété et de leur ferveur; car toujours Dieu punit les irrévérences commises dans son sanctuaire par l'affaiblissement de la foi, la privation des grâces de dévotion. Celui qui est irrévérencieux ou inconvenant devant Notre-Seigneur aurait tort de s'étonner de sa froideur dans la prière; c'est peu: il mériterait d'être chassé honteusement de sa présence comme un malhonnête ou un insensé. Soyons donc très sévères sur le culte du respect; ayons une tenue réservée, une attitude religieuse; observons un silence rigoureux, un recueillement des sens absolu. Dans l'église il ne faut avoir d'égards qu'envers Jésus-Christ: il n'y a plus d'amis. Jésus y est tout: la cour n'a les yeux fixés que sur le roi, n'honore que le roi. A la vue du respect profond et religieux des adorateurs, les mondains seront obligés de dire: « Il y a ici quelque chose de grand! » Les faibles, les tièdes rougiront de leur tiédeur et reconnaîtront .Jésus-Christ: l'exemple est la royale leçon de la sagesse, et l'apostolat le plus fécond.

 

Notre Dame de la Première Communion

 

Former les enfants à ce grand acte de la vie, préparer leur cœur à Jésus pour sa première visite, oh! sans doute, c'est la mission la plus douce à la tendresse de Marie. Un jour, une mère eut une douce vision: la Vierge Marie était debout près du berceau de son enfant; elle lui souriait et couvrait sa petite couche de fleurs... Quand Alexandre Bertius put parler, ses premiers mots furent: « Jésus et Marie ». Il grandit à l'ombre du Crucifix. Mais déjà la lumière de son baptême lui laissait entrevoir, au fond de son cœur, quelques parcelles moins pures où pourrait germer le mauvais grain. Cet enfant de cinq ans se souvint des caresses et des promesses de Marie: il s'arma d'une discipline, et il punissait sur ses membres délicats les instincts qu'il sentait en lai pour le mal. Marie le guidait et le préparait à sa première communion. Lorsque arriva ce moment solennel et à jamais précieux, Alexandre crut voir son cœur s'ouvrir et Jésus en prendre possession d'une manière sensible. Cette vision et ce souvenir l'enchaînèrent si puissamment au Tabernacle, qu'on avait peine à l'en éloigner, et qu'on le nommait par toute la ville l'enfant du grand autel. Marie eut pour lui des faveurs toutes maternelles: elle tournait les feuillets de son livre d'étude; dans ses maladies, elle tempérait les ardeurs de la fièvre en environnant son lit de fleurs. Ainsi protégé par la présence toute d'amour de Marie, le pieux écolier ne prit jamais part à aucune joie mondaine, à aucun entretien dangereux, à aucune récréation dissipante. C'est ainsi que l'enfance et l'adolescence, placées sous le regard de la Vierge de l'Eucharistie, fidèles à son culte, se passeront purement, et prépareront à l'Eglise des enfants fidèles, et au ciel des citoyens ornés de toutes les vertus. (Parterre de Notre Dame de la Première Communion).

 

Pratique : Prier pour toutes les premières communions et pour les catéchistes qui les préparent.

 

Aspiration : Salut ô Marie! qui, par l'apostolat de votre prière, avez vaincu toutes les hérésies qui se sont élevées contre l'Eucharistie!

 

Vingt-cinquième jour

Apostolat de Marie

 

I. L'âme qui vit de l'Eucharistie doit s'occuper avant tout des intérêts du Sacrement adorable. Or le premier, le plus cher à Jésus, c'est le sacerdoce. Par les prêtres, le Saint Sacrement nous est donné, vient en nous; par eux, Jésus reçoit la vie sacramentelle qu'il consacre à la gloire de son Père; par eux il est glorifié plus que ne le peuvent faire les fidèles même les plus pieux: il leur a donné tous ses droits, toute sa puissance. Aussi, prier pour le sacerdoce, demander que les vocations se multiplient, obtenir pour les peuples de saints prêtres, des hommes de feu, c'était la prière de Marie, son apostolat de prédilection. Et maintenant elle protège les vocations saintes, elle les demande à son Fils : le prêtre est l'enfant privilégié de Marie. C'est elle qui le forme tout jeune à la piété et conserve sa vertu, qui alimente sa ferveur, qui le conduit par la main jusqu'au pied de l'autel, et qui le présente au Pontife comme elle présenta autrefois Jésus au temple. Elle l'encouragera dans les mille sacrifices de l'étude, des combats, des frayeurs du sacerdoce. Le prêtre formé par Marie, oh! bon et saint prêtre, bien reçu de Jésus!

 

II. Marie se retrouve dans le prêtre et continue par lui sa mission à l'égard des âmes et de Jésus-Christ. La première incarnation s'est faite en Marie et par Marie; en elle le Verbe a pris chair; dans les mains du prêtre et à sa parole, Jésus-Christ devient notre pain. La dignité de Mère de Dieu est incomparable; elle est la mère du roi, reine par conséquent des anges et des hommes. Le prêtre est le père de Jésus-Eucharistie, le roi spirituel des âmes; un Dieu terrestre, terrenus Deus, qui a reçu tous les biens de Dieu, qui ouvre et ferme le ciel. Marie élève Jésus, le nourrit, suit tout; ses états. Au prêtre de faire grandir Jésus-Christ dans les âmes, de le suivre, de l'entretenir en elles jusqu'à ce qu'il y soit arrivé à l'âge parfait et qu'il ait transformé l'âme en lui-même. Marie, comme Mère, a sur Notre-Seigneur tous les droits que confère la maternité. Le prêtre a aussi un pouvoir direct sur la personne de Jésus-Christ. Marie n'est puissante que par Jésus: le prêtre aussi n'est puissant que par les grâces que Jésus met entre ses mains: il se met lui-même à sa disposition, afin de lui donner une plus grande puissance d'action. Mais Marie peut envier les privilèges du prêtre sous certains rapports. Elle porte le Verbe incarné pendant neuf mois dans son sein, et puis c'est fini: le prêtre ne s'épuise jamais; il incarne chaque jour Jésus-Christ: son pouvoir consécrateur est inhérent à son sacerdoce; semblable au Père qui l'engendre sans s'épuiser jamais, semblable au soleil qui redonne chaque jour sa lumière et sa chaleur. Marie enfante le Sauveur dans son état mortel, faible et pour la croix; le prêtre le fait descendre sur l'autel, mais dans son état glorieux et ressuscité: sa gloire n'apparaît pas à nos yeux grossiers, mais les anges la voient: c'est un soleil radieux du côté du ciel, voilé du côté de la terre.

 

III. La mission et les devoirs du prêtre et de Marie vis-à-vis de l'Eucharistie et vis-à-vis des âmes sont les mêmes. La mission du prêtre est une mission d'adoration et d'apostolat. Le prêtre est d'abord adorateur, gardien du Saint Sacrement: avant tout c'est un homme de prière: Nos autem, disent les Apôtres, orationi et ministerio verbi instantes eritmus: nous nous livrerons à la prière et à la prédication: il faut qu'il s'unisse à la prière de la Victime qu'il offre et qu'il prépare, qu'il commence au pied de l'autel son apostolat extérieur. Marie au Cénacle, voilà sa divine Mère en ce premier devoir; là elle est adoratrice d'office, elle adore en prenant soin du culte eucharistique; elle répare la gloire de Dieu outragée par les pécheurs; elle console l'amour de Jésus méconnu des siens. Au Père elle offre Jésus: à Jésus elle montre son sein maternel; au Saint-Esprit, les âmes, son héritage et ses temples, afin qu'il les renouvelle et les anime de sa charité. Voilà ce que doit à Jésus le prêtre fidèle et qui comprend la grâce de l'amour du Sauveur pour lui. Le second ministère du prêtre est d'annoncer Jésus-Christ aux peuples. Marie est ici encore sa douce protectrice. Elle a fait l'éducation de Jésus, et elle a révélé les mystères de sa vie aux Apôtres et aux Evangélistes: elle parlait de lui sans cesse, le faisait aimer autour d'elle: elle était zélatrice de Jésus. Or voilà ce qu'a à faire le prêtre: prêcher, faire connaître Jésus au Saint Sacrement, répandre son culte, son règne, avec un zèle infatigable. Pour cela qu'il s'adresse à Marie, qui aime les prêtres d'un amour de prédilection; elle les aime en Jésus son Fils, dont ils sont les ministres; elle les aime pour la gloire de Dieu et le salut des âmes dont ils sont les apôtres. Le prêtre a des devoirs à remplir envers cette tendre Mère: il ne doit le céder à personne dans les honneurs à lui rendre, dans l'amour tendre qui lui est dû: qu'il la fasse connaître et aimer avec zèle. Et pour nous, si nous aimons l'Eucharistie, si nous voulons qu'elle soit servie, prêchée, adorée par tous, demandons sans cesse à Jésus par Marie de saints prêtres, des ouvriers apostoliques, des adorateurs fidèles: la gloire du Saint Sacrement et le salut du monde sont à ce prix !

 

Tendre protection de Marie à l'égard d'un prêtre

 

Deux prêtres, passant par le pays des Albigeois, aperçurent une église; et, bien que ce fût un temps de persécution ouverte, et que l'on eût tout à craindre de ces sauvages hérétiques, ils voulurent célébrer la sainte Messe, mus surtout par cette pensée que c'était samedi, et qu'ils devaient dire la Messe en l'honneur de Marie. L'un deux célébrait déjà, lorsque surviennent les Albigeois qui l'arrachent de l'autel et, après mille outrages, lui coupent la langue et le laissent à demi mort. Son compagnon remporte comme il peut jusqu'à un monastère des environs, où on les reçut avec beaucoup de charité, La veille de l'Epiphanie, le pauvre prêtre muet, entendant chanter les religieux, eut un extrême désir de s'unir à eux, et il aurait bien voulu pouvoir dire la sainte Messe. Il s'adresse donc à Marie dans la ferveur de ses désirs, et cette douce Mère se présente à lui, tenant dans sa main le membre dont il était privé, et lui dit: « Puisque, mon cher fils, tu n'as perdu ce membre et n'as tant souffert que pour avoir voulu, malgré le danger, dire la Messe en l'honneur de Jésus et à ma gloire, je te le rends de sa part ». Le bon prêtre au même instant se trouva guéri, et entonna d'une voix sonore un cantique d'action de grâces à la louange de Jésus et de sa miséricordieuse Mère. (Nicolao Laghi, trat. VI, c. XXIV).

 

Pratique : Prier sans cesse pour les vocations cléricales, et exercer envers les prêtres de Jésus la charité la plus dévouée et la plus respectueuse.

 

Aspiration : Reine du clergé, envoyez des ouvriers dans la moisson de votre divin Fils.

 

Vingt-sixième jour

L'Epoux divin et le Roi du cœur

 

I. Marie, dans son adoration, s'appliquait à glorifier tous les états de Jésus, à l'exalter sous les noms qui lui sont les plus chers et qui établissent le plus parfaitement son empire sur le cœur des hommes. Marie adorait Jésus en sa qualité d'Epoux des âmes. L'union est la fin de l'amour; Jésus, en se donnant substantiellement dans l'Eucharistie, vient s'unir à nos âmes comme à ses épouses chéries: comme Epoux, il leur donne tous ses biens, son nom, son cœur, tout lui-même, mais c'est à titre de retour. L'âme, son épouse, ne vivra que pour lui: Jésus est un Dieu jaloux; malheur à celui qui lui ravit l'épouse de son cœur! Or, Marie célébrait avec bonheur, comme sa mère, les noces de son Fils bien-aimé; comme jadis, à Cana, elle prévenait la pauvreté et la confusion des époux: ainsi orne-t-elle l'âme fidèle de toutes ses vertus pour que Jésus la trouve digne de lui. Oh! oui, la meilleure préparation à la communion est celle qui se fait par Marie. N'est-ce pas à la mère de revêtir sa fille pour le jour de son mariage? elle se dépouille pour elle en ce jour. Qui dira le soin que prenait cette bonne Mère des épouses du Dieu de l'Eucharistie, surtout de la pureté de leur cœur, afin qu'elles fissent les complaisances de leur Epoux bien-aimé? Mais Jésus est aussi l'Epoux de l'Eglise, dont la virginité féconde le rend père de la génération nouvelle des enfants de Dieu. Marie l'adorait donc aussi comme l'Epoux de l'Eglise, et elle aimait celle-ci comme sa fille, unie à son très cher Fils d'un lien indissoluble. Marie eût volontiers donné sa vie pour l'Eglise; elle la protégeait, la défendait par ses prières incessantes: elle assistait avec bonheur à ses progrès et partageait ses périls, souffrant avec elle et pour elle. Car si elle était la Mère de l'Eglise, elle était en même temps sa fille; comme la plus soumise de ses enfants, elle obéissait à Pierre, à Jean, à tous les prêtres. Elle honorait les cérémonies saintes, elle adorait Jésus par l'Eglise, par son culte, par ses prières liturgiques, par son sacerdoce, avec tous ses enfants. Oh! quelle belle adoration que celle qui réunissait Marie et les fidèles au pied du Saint Sacrement! Le ciel pouvait en être jaloux; car Marie était en l'Eglise comme le soleil au milieu des astres, et Dieu dut bien aimer la terre, et Jésus son Tabernacle! C'était le ciel de l'amour!

 

II. Marie adorait encore Jésus en sa qualité de Roi: car la sainte Eucharistie est la royauté du Sauveur: par elle, il règne dans les cœurs et sur les sociétés. La vérité, pour triompher de l'homme, a besoin de passer par l'Eucharistie, afin d'en prendre la suavité et de devenir persuasive et touchante: tant qu'un homme n'a pas communié, il n'a que la loi de vérité, il n'a pas encore la foi d'amour, la jouissance et la suavité de la foi; il a rencontré Jésus sur son chemin; il a causé avec lui sans le bien connaître: l'Eucharistie seule lui révélera, dans toute sa puissance et toute sa lumière, Jésus-Christ et tous les secrets de la foi. Par l'Eucharistie donc, Jésus est roi de vérité. Il en est des vertus comme de la vérité: il faut l'Eucharistie pour qu'elles règnent définitivement dans un cœur: il faut la communion pour les civiliser, les adoucir, les béatifier en l'amour de Jésus. Il faut que Jésus se donne à moi pour me subjuguer par son amour et pouvoir me dire: « Mon fils, donne-moi ton cœur ». En l'Eucharistie seulement, l'amour de Jésus-Christ est royalement servi, parce qu'il a un palais, une cour, des adorateurs. Marie adorait donc Jésus comme son roi non plus dans sa royauté pauvre et fugitive de Bethléem ou de l'Egypte, ni comme son roi crucifié au Calvaire, mais dans sa royauté permanente, assis sur son trône de gloire, tout voilé qu'il est; invulnérable aux yeux de ses ennemis, invincible dans sa victoire, glorieux dans le triomphe de son amour. Marie voyait se réaliser la parole de l'ange: « Il régnera sur la maison de Jacob, et son règne n'aura point de fin ». Elle voyait les trônes eucharistiques se multiplier; chaque ville, chaque bourgade devenait sa cour et lui offrait un palais: elle voyait toutes les vertus fleurir dans le monde par l'Eucharistie, et qui sont la royale couronne du Dieu qui les inspire et les nourrit de lui-même. Oh! quels soupirs, quelles prières pour le règne eucharistique de Jésus, sont sortis du cœur de Marie au Cénacle! Elle demanda et elle vit dans la suite des âges l'Eucharistie se répandre et l'amour de Jésus partout triompher. Enfin, Jésus serait aimé: son Eucharistie trouverait des cœurs sympathiques, et cette flamme envelopperait le monde pour le renouveler! O divin Roi, oui, régnez en souverain sur mon cœur et sur ma vie, comme sur votre sainte Mère! Que votre vérité soit mon drapeau d'honneur, vos vertus mes armes, votre amour mon mot d'ordre, et votre plus grande gloire eucharistique le fruit de ma victoire. C'est la prière ardente de mon cœur que je vous présente par Marie, la Reine du Cénacle et la Mère des adorateurs!

 

La Reine miséricordieuse du Purgatoire

 

Le moyen le plus puissant de secourir les pauvres âmes qui souffrent dans le Purgatoire est de faire célébrer pour elles le saint sacrifice de la Messe. Mais quand on remet les fruits infinis du Sang de Jésus aux mains de Marie pour qu'elle les applique au soulagement de ces chers frères souffrants, on est à peu près sur de leur délivrance. Un lion Frère, religieux, fort dévot, étant mort, apparut à un de ses anciens compagnons, et lui dit qu'il était dans les peines du Purgatoire, soutirant peu de la peine du sens, mais beaucoup de la privation de Dieu. Il le supplia de demander à son Prieur d'ajouter à son intention une Oraison à la sainte Messe. On s'empressa de satisfaire à sa demande, et le Prieur aperçut l'âme du cher Frère, toute joyeuse et ravie, sous le manteau de Marie, qui l'emmenait au ciel avec un air de triomphe, comme la glorieuse conquête de son amour. (Nicolao Laghi, t. III).

 

Pratique : Prier sans cesse Marie pour l'extension du règne eucharistique de Jésus-Christ dans le monde entier.

 

Aspiration : Cœur immaculé de Marie, lit nuptial où l'Epoux trouve ses délices, embrasez-nous de l'amour qui vous consume!

 

Vingt-septième jour

L'Eucharistie centre de la vie de Marie

 

I. Marie vivait de la vie eucharistique de Jésus: l'amour veut la communauté de vie. A Bethléem et à Nazareth elle avait vécu de la vie pauvre et cachée de Jésus; en Egypte, de sa vie persécutée; à travers les bourgades de la Judée, de sa vie apostolique; elle avait partagé sa vie souffrante, elle devait à plus forte raison vivre de la vie eucharistique de son divin Fils, qui est le couronnement de toutes les autres. Or Marie vivait, par l'Eucharistie, d'une vie tout intérieure et cachée, silencieuse, éloignée du monde, n'ayant que Jésus pour témoin et pour confident. Sa vie se consume à contempler et à remercier la souveraine bonté de l'Eucharistie: cette vue absorbe son esprit et le nourrit de vérité; elle remplit suavement son cœur, qui n'a plus d'autre désir, d'autre besoin que d'aimer davantage et de se donner toujours à lui plus entièrement; le corps de Marie lui-même partage la joie et la paix céleste de cette vie: il est tout spiritualisé: « Cor meum et caro mea exultaverunt in Deum vivum: Mon cœur et ma chair ont été ravis en Dieu mon Sauveur ».

 

II. Cette contemplation eucharistique est plus active que passive: c'est l'âme se donnant sans cesse à Dieu sous l'impression toujours nouvelle et plus délicieuse de sa bonté, sous l'action toujours croissante des flammes de son amour qui la purifient, la dégagent et l'unissent plus intimement au Bien-Aimé. Le recueillement est la condition première de cette contemplation: l'âme alors, libre des images des objets extérieurs, dégagée de toute affection déréglée, va droit vers Dieu comme l'aiguille aimantée vers le pôle. L'âme recueillie et fixée en Jésus se nourrit de sa vérité, de sa bonté,

de son amour: l'oraison prolongée ne lui coûte pas, ou lui coûte peu, parce que, libre de tout, elle peut suivre son Sauveur partout où il va, sans que rien la presse et l'appelle ailleurs, et parce que, toujours présente à elle-même, elle peut étudier, approfondir les mystères sur lesquels elle fait oraison; elle voit les choses dans leur vérité réelle, en Jésus-Christ; le recueillement et la contemplation fortifient sa vue et la rendent réfléchie et pénétrante.

 

III. Qu'elle devait être parfaite la contemplation de Marie au pied du Très Saint Sacrement, avec les lumières si grandes de sa foi, la pureté de sa vie, l'amour si parfait de son cœur! Assurément la distraction, cette fièvre de l'esprit et du cœur, ne venait pas troubler le repos qu'elle prenait en son Bien-Aimé. Son âme, plus unie à Jésus qu'au corps même qui l'enveloppait, buvait à longs traits l'eau vive de la grâce et de l'amour: elle oubliait la terre pour rester seule avec Jésus seul; car l'amour aime à s'isoler, à se simplifier, à se concentrer en l'unité afin de s'unir toujours plus étroitement. Que l'adorateur uni à Marie adoratrice s'applique avec patience, avec constance, à la vertu de recueillement, à l'exercice de la contemplation sur Jésus-Christ; s'étudiant d'abord plus à le connaître qu'à le goûter; car l'amour vient de la vérité connue, et une grâce de lumière vaut mieux que la plus grande grâce de douceur et de consolation: la vérité demeure, le sentiment passe. Oh! heureuse l'âme qui, comme Marie, comprend ce mystère de l'amour, qui le désire, le demande sans relâche, s'y exerce sans cesse: le règne de Dieu est en elle!

 

Le ciboire vivant

 

On lit dans la Vie de Marie-Eustelle, surnommée « l'Ange de l'Eucharistie », laquelle a été vue et approuvée par le savant cardinal Viilecourt, les paroles qui suivent: « Des auteurs très graves disent qu'après l'Ascension de son divin Fils, la très sainte Vierge Marie recevait chaque jour le Corps sacré du Sauveur, et que les espèces sacramentelles se conservaient sans corruption dans sa poitrine d'une communion à l'autre ». (P. 201.) La sainte Vierge révéla cette merveille à Marie d'Agreda. Nous citerons quelques-unes des paroles de la servante de Dieu: « Voici comment le Très-Haut opérait ce miracle: Lorsque la très pure Marie recevait la communion, les espèces sacramentelles se dégageaient du foyer commun de l'estomac, où se font la coction et la digestion de l'aliment naturel, afin de ne pas se confondre et se mêler avec le peu de nourriture que notre grande Reine prenait quelquefois. Le Très Saint Sacrement, étant dégagé de ce foyer, se plaçait dans le cœur de Marie comme en récompense du sang qu'il avait fourni, lors de l'Incarnation du Verbe, pour former la très sainte Humanité de Jésus-Christ. La communion de la divine Eucharistie est considérée comme une extension de l'Incarnation : il était donc juste que la Bienheureuse Mère participât à cette extension d'une manière nouvelle et spéciale, elle qui avait aussi concouru à cette même Incarnation du Verbe Eternel d'une manière miraculeuse et toute particulière ». {Cité mystique, p. III, 1. VII, c. VIII).

 

Pratique : Prier Marie pour la fidèle persévérance des Epouses qui sont consacrées à Jésus dans le cloître et dans le monde.

 

Aspiration : O Marie! comme de petits enfants nouveau-nés nous vous demandons notre lait spirituel, Jésus-Eucharistie.

 

4 novembre 2011

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

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Cinquième jour

Comment le feu du purgatoire tourmente les âmes

 

Méditation

 

Le feu du purgatoire étant matériel et corporel, on demandera peut-être comment il peut agir sur les âmes dépouillées de leur corps. De même, répond le pape saint Grégoire, que Lucifer et les anges rebelles, quoiqu'ils soient de purs esprits, sont tourmentés par le feu de l'enfer, ainsi les âmes des hommes séparées des corps le peuvent être et le sont en effet, avant le jugement universel, et dans le purgatoire et dans l'enfer. Le feu des abîmes est un instrument de la justice de Dieu, qui a la puissance de punir une âme par le moyen d'un corps, comme il a celle d'animer un corps par le moyen d'un esprit. Le ressort de cette action, bien qu'étonnant et secret pour nous, n'en existe pas moins, conclut saint Bernardin de Sienne; et ce serait une impardonnable présomption de vouloir, avec les vues bornées de l'homme, sonder les œuvres merveilleuses de la puissance divine. Les saints Pères et les docteurs, cherchant à nous faire comprendre comment le feu du purgatoire tourmente les âmes renfermées dans ces horribles prisons, nous disent que cela se fait par alligation, c'est-à-dire que les âmes n'ont plus le corps qu'elles avaient pendant la vie, mais que le feu s'unit et s'attache si étroitement à ces purs esprits, qu'il devient pour eux comme un autre corps qui les torture. Cette idée remplit de crainte et d'horreur, et pourtant ce n'est qu'une idée humaine, qui reste de beaucoup au-dessous de la vérité. Combien donc est inexprimable le tourment qu'en reçoivent ces pauvres âmes! Considérons-donc, chrétiens, que ces âmes n'ont pas des mains comme les nôtres, mais des mains de feu; ni des pieds comme les nôtres, mais des pieds de feu; ni les autres membres comme nous, d'os et de chair, mais des membres de feu. La tête est un feu toujours ardent; la poitrine, un feu qui toujours brûle; les entrailles, un feu toujours dévorant; toutes les parties du corps, un feu qui rugit sans cesse. Elles ne voient que lefeu, n'entendent que le feu, ne respirent que le feu, ne touchent que le feu; elles sont sans cesse et se roulent dans le feu. 0 feu! ô feu du purgatoire! le feu de la charité peut seul te maîtriser et t'éteindre. Vivons donc sur cette terre dans les ardeurs de la charité, si nous ne voulons pas dans l'autre vie être brûlés par les feux du purgatoire.

 

Prière

 

Allumez vous-même, Seigneur, le feu de la divine charité dans nos cœurs, et faites que ses ardeurs nous sanctifient nous-mêmes et nous excitent à secourir nos frères trépassés et à les délivrer des brasiers ardents du purgatoire. Le feu que nous éteignons pour eux, nous l'éteignons aussi pour nous; la compassion que nous leur témoignons, nous la retrouverons à notre tour et plus abondante; et, purifiés pendant cette vie par les flammes de votre saint amour, nous eh goûterons d'autant plus les délices dans l'autre, que nous en aurons avec plus de générosité réparti les fruits aux âmes du purgatoire.

 

Exemple

 

La vénérable mère Françoise du Saint-Sacrement, carmélite très dévote au Purgatoire, voyait souvent, par la permission de Dieu, les âmes, non-seulement revêtues de flammes comme d'un corps brûlant, mais encore chargées des choses qui leur avaient été occasion de péché, et qui étaient aussi changées en feu. Un évêque lui apparut revêtu des ornements sacrés, la mitre en tête et la crosse à la main; mais les ornements, la mitre et la crosse étaient de t'en, et formaient l'objet de son suppliée, après avoir été celui de sa vaine gloire sur la terre. Un prêtre avait la tonsure tout enflammée, la langue plus ardente qu'un fer rouge, les mains pétillantes d'étincelles brûlantes; son étole lui pendait au cou comme une chaîne de feu, et les ornements lui faisaient un manteau de flammes, à cause de ses irrévérences dans l'exercice du saint ministère. Elle vit un religieux entouré de meubles précieux: chaises, tables, marbres, peintures et gravures; mais tout était de feu, parce que, contrairement à son vœu de pauvreté religieuse, il s'était plu, pendant sa vie. à meubler sa cellule avec recherche. Un notaire tenait une écritoire de feu, une plume de feu, un sceau de feu, eu punition de l'inexactitude avec laquelle il avait exercé son délicat office. Un homme du monde maniait un paquet de cartes enflammées et des monnaies brûlantes, en punition de son grand amour du jeu. Tout, en somme, était feu dans ces âmes qui lui apparaissaient: le corps était du feu; les habits, du feu; les ornements, du feu; jusqu'à l'air qui les entourait, était du feu. Les péchés et les défauts sont les aliments de ce feu, que chacun peut allumer et éteindre soi-même. Fuyons les péchés et les défauts, et le feu du purgatoire ne brûlera pas pour nous.

 

Récitons à l'intention des fidèles trépassés cinq Pater, Ave et Requiem, en mémoire de la passion de Notre Seigneur Jésus-Christ; supplions le Père éternel d'avoir pitié de leurs âmes en vue du sang répandu par son divin Fils, et, pour cela, répétons cinq fois l'oraison jaculatoire: « Miséricorde, ô Père Eternel, par le Très Précieux Sang de Jésus-Christ ». Puis, réciter un Notre Père, un je Vous salue Marie et un Requiem aeternam.

 

Suffrage

En donnant des vêtements aux pauvres, on procure du soulagement et de la consolation aux âmes du purgatoire

 

César Costa, archevêque de Capoue, voyant le P. Jules Mancinelli avec un vêtement si délabré qu'il ne pouvait le défendre du froid, lui donna un manteau pour l'hiver. Après la mort de l'archevêque, ce religieux, sortant un jour, vit venir au-devant de lui le prélat défunt qui, tout environné de flammes, le pria de lui prêter ce manteau. Le bon serviteur de Dieu l'ôta promptement de dessus ses épaules et le donna au spectre, qui s'en couvrit entièrement, et le drap, au lieu d'être consumé par le feu, l'étouffait et en éteignait les flammes, au grand soulagement du défunt. A cette époque où l'hiver approche, donnons, si nous pouvons, à l'intention des âmes du purgatoire, quelque manteau, quelque vêtement aux pauvres qui en ont besoin, car, en préservant le pauvre du froid, nous mitigerons le feu qui tourmente les défunts, ils en éprouveront un grand soulagement, et nous l'éprouverons aussi, si nous avons le malheur de tomber un jour dans ces flammes.

 

Psaume 129

 

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel !

Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière!

Si tu retiens les fautes, Seigneur Seigneur, qui subsistera?

Mais près de toi se trouve le pardon pour que l'homme te craigne.

J'espère le Seigneur de toute mon âme; je l'espère, et j'attends sa parole.

Mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur ne guette l'aurore.

Plus qu'un veilleur ne guette l'aurore,

attends le Seigneur, Israël.

Oui, près du Seigneur, est l'amour; près de lui, abonde le rachat.

C'est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes.

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit,

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Seigneur, donnez-leur le repos éternel;

Et faites briller pour eux la lumière qui ne s'éteint jamais.

 

Des portes de l'enfer arrachez leurs âmes, ô Seigneur!

Qu'ils reposent en paix. Ainsi soit-il.

 

Seigneur, exaucez ma prière,

et que mon cri parvienne jusqu'à Vous !

 

Prions

 

O Dieu, créateur et rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leurs péchés, afin qu'elles obtiennent, par nos très humbles prières,le pardon qu'elles ont toujours attendu de votre miséricorde; vous qui vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel, et faites briller sur eux la lumière qui ne s'éteint jamais,

Qu'ils reposent en paix. Ainsi soit-il.


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3 novembre 2011

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

 ALMAS DEL PURGATORIO[6]

Quatrième jour
La violence du feu

 

Méditation

 

Pour nous former quelque idée de la violence du feu du purgatoire, représentons-nous, suivant l'expression de l'Ecriture, le Seigneur Dieu réunissant tout ce qu'il y a de mal dans l'univers, et en extrayant comme l'essence et l'esprit qui lui sert à allumer la fournaise de ce feu de souffrances. Pourriez vous imaginer quelque chose de plus vif et de plus terrible qu'un pareil embrasement? Or, c'est ainsi que la prophète appelle le feu du purgatoire: « esprit de chaleur dévorante », esprit qui, avec une inexprimable activité, pénètre, non plus les corps, mais les âmes des trépassés jusqu'au siège le plus intime de la faculté de sentir; et quel cœur serait assez dur pour ne pas compatir aux douleurs d'un tel supplice? Considérons de plus que ce feu ne produit pas dans les âmes souffrantes la sensation d'une seule souffrance, mais que tout ce qu'il y a de genres de tortures dans l'univers se trouve réuni dans ce qu'elles éprouvent. Quelle que soit la variété de leur nature, la différence de leur principe, la diversité de leurs effets, par une prodigieuse opération de la justice divine, ils s'unissent, s'amalgament et conspirent tous à tourmenter sans mesure les âmes du purgatoire. Ainsi, le froid et le chaud, la faim et la soif, l'accablement et l'activité, les ténèbres et une effrayante lumière, tout est souffert à la fois par l'effet d'un même feu et forme le continuel martyre de chaque âme. Quel incompréhensible trésor de souffrances il recèle en lui-même! Après cela, nous comprendrons facilement ce que disent les Saints Pères, que le feu du purgatoire est incomparablement plus cruel que toutes les peines que peuvent causer la faiblesse de la nature, les rigueurs de la justice humaine, ou la cruauté lu plus barbare. Là, en effet, se trouve toute espèce de douleur; elle n'y est adoucie par aucune des circonstances qui pourraient la rendre tolérable. elle y est réunie à tous les autres genres de tourments dans la subtile âpreté du feu qu'allume et attise la justice divine. Si notre délicatesse ne nous permet pas de tenir un doigt au milieu des flammes terrestres, que ne devons-nous pas faire pour éviter d'être plongés dans les ardeurs de celles du purgatoire?

 

Prière

 

Préservez-nous, Seigneur, des flammes impitoyables de ce feu et ne permettez pas que nous y tombions jamais: délivrez-en les âmes infortunées qui les ont méritées, et qui maintenant y souffrent toutes sortes de tourments et de peines. Que votre souveraine clémence soit le bouclier qui nous défende de ces châtiments terribles, qu'elle soit pour les défunts un baume de rafraîchissement et de salut qui guérisse toutes leurs plaies, arrête toute douleur, et fasse succéder à tant d'angoisses la douce félicité de l'éternelle joie.

 

Exemple

 

Le vénérable Stanislas Kolkoski, dominicain polonais, vit apparaître une âme du purgatoire, toute enveloppée de flammes très vives et poussant des gémissements et des soupirs lamentables. La violence du feu qui la pénétrait et la transperçait paraissait telle, que le bon serviteur de Dieu ne put s'empêcher de lui demander quelque comparaison ou quelque épreuve qui lui en fit connaitre l'activité et la force. « Tu me demandes une comparaison, répondit-elle: sache que les flammes les plus ardentes sur la terre sont un doux zéphir auprès des ardeurs qui me dévorent ». Et en disant ces mots elle lui fit tomber sur la main une goutte de la sueur que lui tirait la chaleur du feu. Le contact en fut si douloureux, que le serviteur de Dieu jeta un cri qui éveilla tous ses frères endormis, et que, ne pouvant résister à l'angoisse qu'il éprouvait, il tomba sans connaissance sur la terre, où le trouvèrent les religieux qui accoururent à sa cellule et eurent beaucoup de peine à le faire revenir à lui par l'emploi des remèdes les plus violents. Quand on lui demanda la cause de ce terrible accident, il montra sur sa main la plaie causée par la goutte brûlante et dont il se ressentit durant toute sa vie. Or, si une seule goutte de cette sueur fut si pénétrante et causa une telle douleur, qu'aurait été une étincelle, une flamme, un foyer de ce feu atroce? Apprenons de là (comme le prêchait depuis ce serviteur de Dieu) combien est terrible le feu du purgatoire, et quel soin nous devons mettre à l'éviter.

 

Récitons à l'intention des fidèles trépassés cinq Pater, Ave et Requiem, en mémoire de la passion de Notre Seigneur Jésus-Christ; supplions le Père éternel d'avoir pitié de leurs âmes en vue du sang répandu par son divin Fils, et, pour cela, répétons cinq fois l'oraison jaculatoire: « Miséricorde, ô Père Eternel, par le Très Précieux Sang de Jésus-Christ ». Puis, réciter un Notre Père, un je Vous salue Marie et un Requiem aeternam.

 

Psaume 129

 

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel !

Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière!

Si tu retiens les fautes, Seigneur Seigneur, qui subsistera?

Mais près de toi se trouve le pardon pour que l'homme te craigne.

J'espère le Seigneur de toute mon âme; je l'espère, et j'attends sa parole.

Mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur ne guette l'aurore.

Plus qu'un veilleur ne guette l'aurore,

attends le Seigneur, Israël.

Oui, près du Seigneur, est l'amour; près de lui, abonde le rachat.

C'est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes.

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit,

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Seigneur, donnez-leur le repos éternel;

Et faites briller pour eux la lumière qui ne s'éteint jamais.

 

Des portes de l'enfer arrachez leurs âmes, ô Seigneur!

Qu'ils reposent en paix. Ainsi soit-il.

 

Seigneur, exaucez ma prière,

et que mon cri parvienne jusqu'à Vous !

 

Prions

 

O Dieu, créateur et rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leurs péchés, afin qu'elles obtiennent, par nos très humbles prières,le pardon qu'elles ont toujours attendu de votre miséricorde; vous qui vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel, et faites briller sur eux la lumière qui ne s'éteint jamais,

Qu'ils reposent en paix. Ainsi soit-il.

 

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5 juillet 2011

Mois du Sacré cœur de Jésus

 

Mois du Sacré cœur de Jésus

D'après Sainte Marguerite-Marie

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Sixième jour

Les deux tableaux

 

Prélude

 

Sainte Marguerite-Marie incline doucement et humblement sa tête en signe d'obéissance devant Notre-Seigneur.

 

Méditation

 

« Un jour, écrit Marguerite-Marie, cet unique Amour de mon âme se présenta à moi, portant d'une main le tableau d'une vie la plus heureuse qu'on puisse se figurer pour une âme, d'une vie toute dans la paix et dans les consolations intérieures et extérieures, avec une santé parfaite, jointe à l'applaudissement et à l'estime des créatures, et à la jouissance de tout ce qu'on peut imaginer d'agréable à la nature; de l'autre main, il portait un tableau d'une vie pauvre et abjecte, toujours crucifiée par toutes sortes d'humiliations, de mépris et de contradictions; toujours souffrante au corps et en l'âme; et, me présentant ces deux tableaux, Il me dit: « Choisis, Ma fille, celui qui t'agréera le plus; Je te ferai les mêmes grâces, quelque choix que tu fasses de ces deux vies ». Je me prosternai à ses pieds pour l'adorer, en lui disant: « O mon Seigneur! je ne veux que Vous, je ne veux point d'autre choix que celui que Vous ferez Vous-même pour moi ». Il me pressait de choisir; je répondis: « Vous me suffisez seul, ô mon Dieu! faites pour moi ce qui Vous glorifiera davantage, sans avoir nul égard ni à mes intérêts ni à mes inclinations; contentez-vous, et c'est assez pour moi ». Alors il me dit qu'avec Madeleine j'avais choisi la meilleure part, laquelle ne me serait point ôtée, puisqu'il serait lui-même mon héritage pour toujours; et, me présentant le tableau d'une vie souffrante: « Voilà, me dit-il, ce que Je choisis pour toi; voilà ce qui Me plaît le plus, tant pour l'accomplissement de Mes desseins, que pour te rendre conforme à Moi. L'autre vie est une vie de jouissance, et non de mérite: elle est réservée pour l'éternité ». J'acceptai donc ce tableau de mort et de croix, en baisant la main qui me le présentait, et, quoique la nature en frémit, je l'embrassai de toute l'affection de mon cœur, je le serrai sur ma poitrine, et je le sentis s'imprimer en moi si intimement, qu'il me semblait que je n'étais plus qu'un composé de tout ce que j'y avais vu représenté ». Appliquons-nous résolument cette précieuse instruction du Sauveur et voyons combien nous sommes dans une illusion dangereuse, quand nous cherchons constamment nos aises et la satisfaction de notre nature.

 

Exemple

Sainte Lutgarde

 

Le Divin Sauveur, voulant détacher cette pieuse vierge de toutes les créatures, lui apparut, et, lui découvrant la plaie de son côté teinte de sang, lui dit: « Ne t'arrête plus aux caresses des enfants des hommes, contemple ici ce que tu dois aimer, et pourquoi: Mon Cœur te promet les vrais et solides plaisirs ». La Sainte fut si touchée de cette vision et tellement éprise d'amour envers Jésus, qu'elle ne respira plus désormais que du coté du ciel.

 

Pratique: Choisir quelquefois entre deux partis celui qui nous agrée le moins en union avec les souffrances du Cœur de Jésus.

 

Oraison Jaculatoire: Divin Cœur de Jésus, qui n'avez jamais joui d'une consolation parfaite pendant votre vie mortelle! (Révélations de sainte Brigitte).

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24 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Vingt-cinquième jour

« Quelques femmes seulement viennent à la Messe!... »

 

La troisième profanation du Dimanche et des fêtes consiste en ce que ces jours ne sont pas suffisamment consacrés au service de Dieu, aux œuvres de religion et de piété: et par service de Dieu, œuvres de religion, il faut entendre ici principalement, et comme obligation grave et rigoureuse, l'assistance au saint sacrifice de la messe, le Dimanche et fêtes réservées. Et d'abord, apprenons, de la bouche même de saint Augustin, la grandeur et l'excellence du sacrifice de la messe: « Or, dit ce grand Docteur, il y a eu, pour le Fils de Dieu, trois chutes admirables: la première, du ciel dans la crèche; la seconde, de la crèche sur la croix; la troisième, de la croix sur l'autel!... et cette troisième chute, continue-t-il, était nécessaire: oui, sans doute, pour expier nos péchés, il eût suffi d'une seule larme de l'Homme-Dieu; mais pour mériter notre amour, pour conquérir les cœurs, il fallait la mort de Jésus-Christ renouvelée sur l'autel!... Le Calvaire est trop reculé dans le lointain des âges; un Dieu mort sur la croix il y a dix-huit siècles, tout cela ne parle assez éloquemment ni à mes yeux ni à mon cœur: il faut à mes yeux le spectacle d'un Calvaire toujours debout; à mon cœur le langage d'un sacrifice tous les jours renouvelé!... » Et Bossuet, résumant ce passage de son modèle et de son maître, dit excellemment: « Non, le Calvaire n'est pas seulement à Jérusalem, perdu au milieu des montagnes de la Judée; il est encore ici, dans l'enceinte même de nos églises; et la croix toujours debout du Calvaire, c'est la table de l'autel, toujours ouverte au sacrifice de la victime sainte!... » On ne peut pas dire, d'une parole plus haute et dans un plus beau langage, la grandeur, l'excellence du sacrifice de nos autels: et oui, vraiment, le sacrifice de la messe est le plus auguste des sacrifices; mais ce sacrifice est-il toujours glorieux à l'Eglise, consolant pour son sacerdoce? Est-il surtout compris, apprécié, fréquenté par les fidèles, pour le salut desquels il est offert depuis tant de siècles, en tout lieu où se dresse un autel? Hélas! il faut le dire avec douleur et à la confusion des catholiques, l'assistance à la messe le Dimanche et les fêtes, est aujourd'hui omise et abandonnée par le grand nombre: à la ville, les affaires, les relations, l'irréligion des uns, l'indifférence des autres négligent ce devoir, quand elles ne le couvrent pas de ridicule, de petitesse, de mépris! A la campagne, on prétexte les intérêts, les voyages, les achats renvoyés au dimanche, pour ne pas perdre un temps indispensable aux travaux des champs, et on n'assiste pas à la messe; et au milieu de ces populations, autrefois simples et religieuses, l'âme attristée du prêtre doit compter par centaines le nombre des absents aux offices des paroisses. Seraient-ils donc venus ou prêts à paraître, les temps désolés où il nous faudrait accepter à la lettre les paroles amères de Notre-Dame de la Salette: « Il ne va plus que quelques femmes âgées à la messe ! » Si ce malheur menace la religion, il faut replacer sur les lèvres de l'Eglise, pour le pleurer suffisamment, ces accents de tristesse des prophètes: « Les voies de Sion pleurent parce qu'on ne vient plus à ses solennités »; ou bien encore ce cri douloureux qui s'échappe comme une plainte amère du cœur de Jésus-Christ parlant de son sacrifice: « Quelle utilité de répandre mon sang sur la table des autels! La consolation des prêtres anciens ne m'est pas même laissée: ils devaient et ils pouvaient répandre sur le peuple le sang des victimes; et moi, je ne le puis faire, car on ne vient pas même à mon sacrifice! »

 

Réflexions

 

Troisième profanation du Saint Jour. 1° Parmi les œuvres recommandées pour la sanctification du Dimanche, la principale, la seule qui s'impose sous obligation grave c'est l'assistance à la messe; il importe donc de placer la messe du Dimanche au premier rang de nos affaires, avant toutes les autres. 2° La paresse, la lâcheté, une indisposition légère nous font souvent des illusions trop faciles pour nous dispenser de ce devoir; de bonne foi, un argent à retirer, une invitation à accepter ne nous feraient-elles pas secouer ces vaines excuses d'une volonté mauvaise? Faisons donc au moins pour Dieu ce que nous ferions pour un intérêt matériel, pour une fête, une partie de plaisir peut-être!... 3° Aux chefs de maisons, d'un personnel nombreux et d'un service multiplié et difficile, nous proposons l'exemple des maîtres profondément chrétiens: ces maîtres disposent toutes choses, et distribuent les personnes et les œuvres, de manière à faciliter à tous l'audition de la messe, à l'une des diverses heures assignées aux offices de la paroisse; cette pratique est bien chrétienne et utile à tous; la joie, le bonheur des bons serviteurs, c'est l'assistance aux offices; il ne les en faut priver que pour des raisons graves et légitimes; le service général dût-il en souffrir quelque peu, cette condescendance est pour nous un devoir rigoureux, et ils nous le rendront eux-mêmes, dans les jours de la semaine, par un travail plus consciencieux. 4° Que les pères et les mères portent ici une attention sérieuse : ils comprendront qu'ils seraient vraiment heureux, si leurs enfants, leurs serviteurs assistaient aux offices; ils ne doivent point oublier surtout que la condition du succès, c'est l'exemple, et que le plus sûr moyen de les y porter, c'est d'y assister eux-mêmes. 5° Aux personnes pieuses ou plus chrétiennes, nous conseillons mieux pour une sanctification convenable du dimanche; par exemple, venir à l'église, entendre la parole de Dieu: il ne serait pas digne d'une âme bonne, de mépriser la parole de Dieu ou de négliger de la recueillir; assister aux vêpres de la paroisse pour y chanter en commun les louanges de Dieu qui sont comme un écho lointain des chants de la patrie; s'appliquer enfin, d'une manière plus spéciale, à la prière, à l'étude des devoirs de la vie chrétienne, aux œuvres de charité et de miséricorde. C'est la violation de tous ces devoirs qui a tiré du cœur de notre Mère, sur la montagne, ce reproche d'ingratitude: « Je me suis réservée le septième jour, et on ne veut pas me l'accorder ». Attachons-nous désormais à la sanctification du Dimanche et des fêtes; ne perdons plus ces jours précieux et pour l'âme et pour le corps; et malgré les misères inséparables de la vie, nos années s'écouleront heureuses jusqu'à notre entrée dans l'éternelle aurore du dernier jour du Seigneur, le jour du grand repos, dans la vie bienheureuse.

 

Guérison miraculeuse

 

Mademoiselle B., âgée de 27 ans, née à St-A. (Isère), vivait avec sa vieille mère infirme, et sa sœur qui nourrissait du travail de ses mains et sa mère et notre malade; cette famille était peu favorisée des dons de la fortune. Il y a environ dix ans que cette jeune personne éprouva une grande frayeur; on la renversa sur un cadavre. La forte émotion qu'elle ressentit attaqua si vivement son système nerveux, que sa jambe droite se raccourcit de six pouces, se replia au genou, se fixa dans cette position, et la cuisse du même côté s'atrophia. Les médecins de la localité et des environs ne purent la guérir. Elle entra dans l'hôpital de Lyon, mais vainement; les docteurs de cet établissement, après l'avoir soumise à toutes sortes d'essais, la déclarèrent incurable et renoncèrent à tout espoir de guérison. Les regards de la jeune fille se portèrent dès lors vers la puissance et la bonté de Marie, en qui elle mit toute sa confiance. Elle voulut aller en pèlerinage à la sainte Montagne et y fit une neuvaine; un léger soulagement qu'elle en ressentit lui fit prendre la détermination de revenir une seconde fois implorer la Mère des miséricordes, eu offrant pour son autel une nappe brodée de ses mains. Ce modeste ouvrage lui coûta une année entière de travail; et après avoir ramassé quelques sous pour faire son voyage, elle alla à la Salette, attachée sur un mulet. Elle y rencontra la bonne et charitable M... de Valence, qui compatit à sa triste position, et s'établit généreusement sa gardienne. Sa neuvaine terminée, notre infirme fit son humble offrande à l'autel de Marie. Pauvre fille! à quelle rude épreuve cette bonne Mère a voulu mettre la foi et la confiance de sa fidèle servante. Sa demande ne fut pas exaucée. Elle veut commencer une autre neuvaine, mais ses ressources pécuniaires sont épuisées. N'osant confier son chagrin à personne, des larmes s'échappent de ses yeux; elle s'efforce de les cacher, mais l'œil de la vigilante M... les surprend; celle-ci obtient l'aveu du motif qui les cause. Elle court en avertir le Révérend Père supérieur et intéresse en faveur de sa protégée quelques dames pieuses et charitables. La malade, pleine de joie et sentant sa confiance grandir, commence une seconde neuvaine. Trois jours après, elle éprouve une augmentation de douleurs. Sa dévouée gardienne redouble ses soins et ses attentions, la fait coucher, et après s'être assurée qu'elle n'avait plus besoin de son secours, elle la quitte pour aller prier et assister à une prédication qui tous les jours avait lieu dans le ravin de l'apparition, à onze heures. Cependant le moment approchait dans lequel la céleste Consolatrice voulait récompenser la confiance inébranlable de sa servante, exaucer ses ferventes prières, et manifester une fois de plus sa miséricorde envers ceux qui viennent lui offrir leurs vœux sur la sainte Montagne. Marie inspire à notre malade le désir d'assister à la prédication qui va commencer et lui aide à quitter sa couche. Mademoiselle B. cède à cette inspiration; et prenant ses deux béquilles, arrive presque furtivement, en passant le long du monument de l'assomption, à la hauteur de la troisième croix du Calvaire. Le sermon finit; la cloche de l'église tinte son premier coup de l'Angélus; notre infirme jette un cri; au second coup, elle en pousse un autre ; au troisième, un nouveau, et en même temps tombe raide à terre sur le petit sentier. Tous les assistants s'émeuvent, s'agitent. On l'entoure ; les uns la croient morte, les autres pensent qu'elle est prise d'une attaque d'épilepsie. M... reconnut à ses habits noirs sa protégée; elle accourt, monte aussi rapidement que son émotion le lui permet, écarte la foule, soulève la malade, et demande de l'eau de la fontaine comme un dernier espoir de la rappeler à la vie. Un jeune prêtre descend de suite pour puiser un peu d'eau. Tout cela n'est causé que par le travail invisible de la main de Marie, qui rétablissait les diverses parties du corps dans leur état normal. Les nerfs raccourcis se détendent, la jambe repliée s'allonge, la cuisse atrophiée reprend ses chairs, et Mademoiselle B. se lève sur son séant, sans faire jouer les jointures de ses membres, semblable à un bloc d'une seule pierre. Elle oublie les béquilles sur le gazon, descend à la fontaine au grand étonnement de toute l'assemblée, boit de l'eau, remonte, fend la foule qui s'empresse autour d'elle. Elle entre dans l'église, se précipite aux pieds de Marie, devant l'autel, où elle se répand en actions de grâces. Mademoiselle B. est demeurée neuf jours après pour faire une neuvaine d'actions de grâces. Ses béquilles sont demeurées exposées près de la fontaine aux regards de tous les pèlerins; elles augmentent le nombre déjà assez grand de pareils trophées que Marie garde dans son sanctuaire comme autant de preuves de sa puissance sans bornes et de sa bonté sans limites. (Journal de Muret.)

 

Prière

 

Très Sainte Vierge Marie, Mère immaculée de l'Agneau sans tache, Mère de douleur et d'amour, vous apparaissez sur la montagne de la Salette pour faire entendre à tout votre peuple, par la bouche de deux enfants, les plaintes et les menaces de votre divin Fils: rendez-nous désormais plus attentifs à vos avis salutaires, et obtenez-nous la grâce d'être fidèles à la résolution d'observer chrétiennement la loi de Dieu, et de sanctifier, en toutes œuvres de religion et de piété, le Dimanche et les fêles ; non, nous ne voulons plus entendre cette plainte amère de votre cœur: « J'ai demandé le septième jour, et on ne veut pas me l'accorder »! Prosternés à vos pieds, vos enfants vous le consacrent sans réserve: daignez, ô bonne Mère, agréer notre résolution; offrez-la vous-même à Jésus-Christ, et réconciliez-nous avec votre divin Fils ; nous vous le demandons par nos prières, par le repentir de nos profanations passées, et par les larmes que vous ont fait répandre nos péchés. Ainsi soit-il.

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12 juin 2011

Saint Émile de Carthage

 

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Saint Émile de Carthage

Martyr de Carthage

+ au 3e siècle

Fête le 22 mai

 

En Afrique, au 3e siècle, pendant la persécution conduite par Decio menée contre les chrétiens, Saint Émile, fut emprisonné, battu avec des verges et soumis à différentes tortures pour l'inciter à renier la vraie Foi et à sacrifier aux faux Dieux. Saint Cyprien, évêque de Carthage, son contemporain, puis Martyr comme lui, raconte que les deux Saints, Émile et Chaste, après les premiers tourments, crurent ne pas pouvoir résister aux intentions, puis, après avoir prié le Seigneur, reçurent la force de vaincre leurs persécuteurs, qui les firent mourir par le feu.

 

Prière à Saint Émile de Carthage

 

O Glorieux Saint Émile, qui nous avez donné l'exemple d'un héroïque courage, vous permettant d'affronter un martyre, semblant à vos yeux insurmontable, mettant en danger la profession de votre Foi; nous vous en supplions, obtenez-nous cette même force divine, invincible, afin que nous ne puissions jamais reculer devant les séductions que nous offre le monde la terre, les railleries de ceux qui sont loin de Dieu, et de toujours accepter les Croix que le Seigneur nous présentera, afin que nous puissions parvenir au banquet éternel, que le Père à préparé pour tous ceux qui Lui sont restés fidèles jusqu'à la mort. Par les mérites de Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

 

Avec approbation ecclésiastique

 

30 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Trente-et-unième jour

L'Assomption de Notre Dame de la Salette

 

Nous voici en présence des dernières circonstances de l'apparition: or, pendant que la divine Vierge s'élevait en l'air, Elle a regardé le ciel, ensuite la terre du côté de Rome, et puis, Elle a disparu peu à peu aux yeux des enfants, pour remonter au séjour glorieux d'où Elle était descendue. Etudions aujourd'hui, avec les yeux de la foi et les sentiments de la piété, ces deux derniers regards de notre Mère, dont l'un va au ciel et l'autre à Rome. 1° Premier regard de Notre-Dame de la Salette, vers l'Italie, du côté de Rome: L'Italie, Rome, quels mots, quels souvenirs! Quel appel touchant à nos pensées et à nos sentiments! Rome, la nouvelle Jérusalem de la terre; Rome, la tête et le cœur de l'Eglise, le centre de la vérité, le foyer de la vie catholique! La source intarissable de cette eau surnaturelle qui étanche la soif de l'esprit et du cœur, et qui jaillit jusqu'à la vie éternelle!... Dans ce regard inexprimable de Marie vers notre Rome, et les pleurs qui ont deux fois rempli ses yeux, il y avait sans doute des larmes sur les malheurs qui menaçaient de la rendre veuve de son pontife ; des larmes sur les œuvres sacrilèges qui pourraient la livrer aux mains impies des méchants!.., Mais aussi, que de tendresse ineffable, que de forte consolation, que d'amour protecteur et maternel dans ce même regard sur la ville de son Fils et sur le front de son pontife! Et ce regard maternel, Marie le devait à Pie IX, qui l'a proclamée Vierge immaculée. Ah! nous aussi, à l'exemple de Marie, et des yeux du cœur éclairés par la foi, regardons Rome avec une filiale tendresse, et offrons à l'Eglise mère, dans l'effusion de notre cœur, le serment du Prophète: « Que je m'oublie moi-même, si jamais je pouvais l'oublier, si je pouvais jamais te devenir infidèle! » 2° Après ce premier regard d'amour, Marie regarde le ciel, où Elle va remonter... Le ciel! Oh! quel mot consolant pour les âmes! Le ciel, notre patrie! le ciel, notre espérance! Le ciel, l'objet, le terme de tous nos vœux, de tous nos efforts! l'aspiration de tout notre être, de toute notre existence! le ciel, pour lequel nous avons été créés, pour lequel nous avons tout reçu de sa libéralité infinie! le ciel, où la bonne Mère nous attend, et Dieu lui-même, pour nous faire partager un incompréhensible bonheur! Richesses, plaisirs, honneurs, vous n'êtes rien à côté du ciel! Vous pouvez être aux mondains l'incessante pâture de l'illusion; vous pouvez jeter à leur faim insatiable quelques miettes empoisonnées! mais comme vous disparaissez et devenez méprisables à mes yeux, placés à l'horizon du ciel!... Non, je le sens aujourd'hui en voyant monter ma Mère au ciel, vous n'êtes pas faits pour moi! je suis trop grand pour descendre jusqu'à vous; vous êtes trop bas pour monter jusqu'à moi, destiné à une gloire et à une félicité infinies! Et il ne faut pas vous plaindre de mon indifférence et de mon mépris ; Jésus vous a ainsi traités, méprisant tout de la terre, richesses, royauté, honneurs; et Marie imite aujourd'hui son exemple, ne voulant emporter au ciel rien de la terre, pas même les roses dont Elle avait fait à ses pieds une couronne virginale! Tels sont la portée et le sens des deux derniers regards de Notre Dame de la Salette, au moment de prendre son essor, au sommet des Alpes, dans la nuée lumineuse de sa gloire; en face de ces deux regards de notre Mère, âme chrétienne, il nous faut estimer ce que Dieu nous a faits, c'est-à-dire, un citoyen du ciel, un frère des saints, un noble membre de la famille de l'Eglise, dont les pensées et les sentiments doivent monter et monter sans cesse, jusqu'à ce qu'il aille vivre là-haut éternellement de lumière et d'amour, d'inaltérable lumière et de parfait amour.

 

Réflexions

 

On pourrait appeler l'assomption de Notre Dame de la Salette, la voie du ciel : elle nous est indiquée par toutes les circonstances qui accompagnent cette assomption. 1° Marie, pour s'élever au ciel, n'est pas restée au fond du vallon de l'apparition; Elle a gravi l'éminence voisine, un lieu plus élevé qui domine le plateau de la montagne: cet acte de notre Mère est un enseignement: Elle a voulu, en montant Elle-même, nous apprendre à nous élever au-dessus des basses régions de la terre, vers le ciel, offert à nos désirs, promis à nos aspirations et à nos efforts. 2° Aux termes du récit, la Vierge se balançait doucement dans les airs comme un globe de feu, au moment de l'assomption: il résulte de ces paroles, que le corps très pur de Marie, semblable à un astre resplendissant, se mouvait dans une atmosphère lumineuse: cette clarté brillante était le rejaillissement de son âme glorifiée: « la beauté du corps, dit saint Augustin, dérive de la clarté de son âme ». Marie se propose ici figure et modèle de l'âme innocente et pure, qui, au moment de quitter la vie, secouant ses blanches ailes, trouve sans effort une puissance d'essor suffisante à la ravir au ciel... 3° La Vierge disparaît peu à peu aux regards attentifs des deux bergers. Cette disparition progressive contient encore un enseignement salutaire: il faut voir dans cette circonstance, l'image de ce détachement commandé, par lequel nous devons successivement nous déprendre de tout ce qui est corruptible et passager; faire disparaître de notre esprit la fausse appréciation des choses terrestres; en détruire l'illusion trompeuse et l'amour fallacieux dans notre cœur; devenir, en un mot, selon la belle expression de saint Paul, des hommes spirituels, qui s'envolent à l'éternel séjour, où il ne peut rien entrer que de pur; et vers lequel ne peut monter, dit saint Ambroise, que ce qui est dégagé de tout poids étranger!... 4° Marie, en disparaissant, disent les bergers, laissait après Elle, dans l'espace, une traînée lumineuse. Il faut voir ici l'emblème du doux et pur éclat des vertus chrétiennes que nous devons laisser après nous à ceux qui nous survivent; c'est-à-dire, un sillon de lumière qui leur montre le chemin de la vraie gloire, de la vraie fortune, de la vraie félicité, par lequel ils devront nous suivre, et venir nous rejoindre au ciel!... 5° Enfin il est raconté qu'en voyant Marie s'élever et disparaître complètement, les bergers s'élancent, pour retenir, disent-ils, quelque chose de ce qui s'échappe du corps et des pieds de la Vierge; mais tout s'évanouit dans l'espace, et ils ne saisissent que le vide!... Ames chrétiennes, pourrons-nous vous proposer, à la fin de ce mois béni, une image plus fidèle, une figure plus saisissante du néant de la vie, et du vide de toutes choses humaines et créées?... Oui, comme la vie est courte! comme le temps passe rapidement! comme tout s'évanouit dans le vide, ne laissant ici-bas que l'empreinte presque effacée d'avance d'un vague souvenir! et où allons-nous? à l'éternité!... Nous traversons le temps avec ses affaires, ses rares joies, ses nombreuses tristesses, et nous arriverons là, à ce terme inévitable de toute vie, l'éternité!... « L'éternité, terme sans terme, disent les Pères; fin qui est un commencement, et un commencement sans fin!... »

 

Consécration à Notre Dame de la Salette pour la clôture du Mois de Marie

 

On raconte, ô Notre Dame de la Salette, qu'un pieux pèlerin de la Terre Sainte, après avoir visité avec une ardente dévotion tous les lieux consacrés par les souffrances de Notre Seigneur, étant arrivé enfin au Calvaire, y expira d'émotion et d'amour... Quel doux trépas, quelle mort bienheureuse et digne d'envie!... Ah! si l'émotion et l'amour ne me peuvent ôter la vie, qu'ici, du moins, à vos pieds, à cette heure, tout ce qui est terrestre en moi, tout ce qui est trop humain, meure, expire, pour ne plus revivre jamais; que toutes mes ardeurs prennent leur cours, leur élan vers le ciel où est mon aimable Jésus, et où vous êtes, vous aussi, ô ma douce Mère! c'est la résolution de mon âme, l'offrande de mon cœur, à cette heure dernière de votre mois béni, qui va nous clore ses charmes et ses grâces!… Mais ici, ô bonne Dame de la Salette, il se présente à ma mémoire un consolant souvenir. Après votre disparition, les petits bergers des Alpes se disaient dans leur ignorante naïveté: « Si nous avions su que ce fût une grande sainte, nous lui aurions dit de nous mener avec Elle !... » Ah! ce que ne savaient pas ces pauvres enfants, moi je le sais: je sais que vous êtes bien plus qu'une grande sainte, la plus sainte des créatures, je sais que vous êtes la Reine de tous les saints! je vous dis donc aujourd'hui, dans toute l'ardeur de mon âme: « Menez-moi avec vous, ô ma tendre Mère, menez-moi avec vous! » Je n'ose vous dire: « Prenez-moi au ciel »; j'en suis encore si indigne, j'ai tant à réparer, à expier!... mais, prenez au moins mes pensées, prenez mes sentiments, faites-les monter jusqu'à vous! prenez mes désirs, prenez mes aspirations, prenez toutes mes facultés d'aimer, de connaître, de vouloir et d'agir: attirez-moi par l'odeur de vos parfums; prenez mon cœur, tout mon cœur, pour le donner à Jésus, sans réserve et sans retour! et quand je serai assez purifié, quand j'aurai assez réparé, assez expié: oh! alors menez-moi avec vous, prenez-moi avec vous; faites-moi entrer avec vous au paradis, afin qu'avec vous, j'adore, je loue, j'aime éternellement votre divin Fils, voyant la lumière dans la lumière de Dieu même, et m'enivrant à son cœur, sous l'aile de votre protection maternelle, du torrent de ses ineffables délices. Ainsi soit-il.

 

Pour télécharger l'intégralité des méditations du Mois de Notre Dame de la Salette, (pdf), cliquer ici


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Fin du Mois de Marie

Prochain Mois de Dévotion, le Mois du Précieux Sang

Rendez-vous le 31 mai

27 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Vingt-huitième jour

La loi d'abstinence

« Et le carême, ils vont à la boucherie comme des chiens! »

 

Les termes de ce reproche de Notre Dame de la Salette, et de la comparaison qui l'accompagne, paraissent tout d'abord étranges et vulgaires: il faut se souvenir que le langage prophétique admet ces locutions vives et énergiques; on trouve ces sortes d'expressions, et de plus dures encore, dans la bouche des prophètes, des apôtres et de Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même, voulant flétrir et stigmatiser le vice. Au reste, ces mots abandonnés: « Ils vont à la boucherie comme des chiens », ont ici un sens voulu et de circonstance. Du haut de sa montagne, Marie voit les lois de l'abstinence partout méconnues et méprisées; son cœur si doux, si tendre, si bon, s'indigne en ce moment : Elle compare les lâches chrétiens dont la vie se traîne dans les sens, à ces vils animaux qui se jettent instinctivement sur leur proie; par une expression sévère, Elle flétrit leur conduite, et nous rappelle tous à l'observance plus exacte des lois de l'Eglise. La première et la plus ancienne loi que Dieu ait imposée à l'homme, est celle de l'abstinence. A peine admis au paradis terrestre, Adam reçut la défense de toucher au fruit d'un arbre qui lui fut désigné ; fidèle à l'observation de cette loi, il nous eût transmis son innocence première, et il n'eût pas été besoin, pour la réparer, que l'Eglise nous imposât de nouvelles abstinences: mais, par la chute du premier homme, la chair s'est soulevée contre l'Esprit; et par un juste châtiment de notre révolte, les jeûnes et les abstinences nous sont devenus nécessaires; et tels sont le fondement et l'origine du précepte de l'abstinence. Ils ignorent donc la première page de l'histoire humaine, et la condition de notre nature déchue, les,hommes qui osent affirmer que l'abstinence est bien inutile en elle-même, et surtout arbitraire de la part de l'Eglise. La loi de l'abstinence a pour fondement la loi naturelle, qui demande réparation de la première chute, et pour justification de sa pratique et de son institution parmi nous, la parole de Jésus-Christ disant à l'Eglise: « Qui vous écoute, m'écoute, qui vous méprise, me méprise; et celui qui me méprise, méprise Celui qui m'a envoyé ». L'autorité de l'Eglise n'est donc ici autre que l'autorité même de Dieu. Après ces justes observations, qu'elles sont malheureuses et méprisables ces locutions irréligieuses si répandues dans le monde: « La viande ne damne pas; elle n'est pas plus mauvaise un jour que l'autre!... » Que ces paroles sont injurieuses à Dieu, humiliantes pour l'Eglise , et qu'elles accusent d'ignorance et peu de foi chez les personnes qui les profèrent!... Non, assurément, la viande ne damne pas; ce qui damne, c'est la désobéissance qui fait manger la viande un jour défendu; ce qui est mauvais, c'est la violation d'une loi qui n'existe pas pour les autres jours, c'est la révolte contre l'autorité légitime de l'Eglise. Adam, en mangeant du fruit défendu, ne fut pas souillé par le fruit qu'il mangea, très bon en lui-même, mais par sa désobéissance à la loi de Dieu; de même, ce n'est pas ici la viande qui souille l'homme, c'est l'intention et l'esprit de révolte avec lesquels il agit: en un mot, il ne s'agit, dans ce précepte de l'abstinence, ni de viande, ni de jours, ni de goût; il s'agit du cœur qui pèche en refusant de se soumettre à un commandement obligatoire et facile. Il n'y a qu'un homme superficiel et ignorant qui puisse regarder cette institution comme inutile: respectons-la donc nous-mêmes, du fond de notre cœur; laissons rire ceux à qui plaisent ces sortes de dérisions impies, et accomplissons sans murmurer des commandements si simples, si sages et si utiles à nos âmes.

 

Réflexions

 

1° Outre le motif général qui détermine son institution, la loi de l'abstinence repose sur de sages et pieuses raisons. Son application, qui revient toutes les semaines, aux Carêmes, Vigiles et Quatre Temps de l'année, est destinée à rappeler incessamment au souvenir des chrétiens, la Passion, les souffrances, la mort de leur Sauveur, et la nécessité toujours pressante de la pénitence; elle est en quelque sorte la pratique publique de la pénitence des premiers chrétiens; aussi, combien cette seule observation du maigre aux jours prescrits, empêche l'âme de sortir des idées religieuses. 2° Les Vies des Pères et les écrits des docteurs renferment des pensées pieuses et des comparaisons touchantes, pour exprimer l'excellence et les avantages spirituels de l'abstinence. Les athlètes du paganisme, disent-ils, se préparaient au combat par une diète sévère, et par l'abstension de certaines nourritures, des semaines entières; pourquoi les athlètes du christianisme n'imiteraient-ils pas cet exemple?... Un général, qui veut faire le siège d'une ville, commence par lui couper l'eau et les vivres: faites de même à l'égard de votre corps, si vous voulez le dompter. Saint Jean Climaque ajoute: « L'abstinence et le jeune sont la circoncision des délectations du palais, des aiguillons de la chair, l'extirpation des mauvaises habitudes, la purification de l'oraison, le gardien de l'esprit, le principe de la componction, le protecteur de l'humilité et de l'obéissance, la santé du corps, la tranquillité de l'âme, la rémission des péchés, la porte du paradis!... » Et enfin, qui ne serait rempli d'un saint désir d'abstinence à cette comparaison de saint Vincent Ferrier: « Avant de s'envoler vers d'autres contrées, lorsqu'est venu l'automne, certains oiseaux sont obligés de s'abstenir presque totalement de nourriture, afin de devenir plus légers au vol... Il en est de même de notre esprit, c'est par l'abstinence qu'il se prépare et s'élève vers les régions célestes; et le jeûne est le char que l'on monte pour arriver jusqu'à Dieu!... »

 

Pratique : Résolutions généreuses et pratiques: 1° Observer soi-même, et faire accepter dans sa famille, dans la mesure de notre influence, et dans toute sa rigueur loyalement catholique, le précepte de l'abstinence. Que dire de ces tristes familles, pourtant si nombreuses, qui usent d'aliments gras toute l'année, sans distinction de jours?... Quelle éducation pour les enfants, quel exemple pour des serviteurs!... Ah! c'est bien à ces familles que s'appliquent ces paroles humiliantes, mais bien méritées, de Notre Dame de la Salette: « Il vont à la boucherie comme des chiens!... » 2° Différer, autant que possible, les voyages qui nous exposent à la violation prochaine du précepte, par le mauvais vouloir ou les exigences d'un service public dans les hôtelleries: évitons, par de sages précautions, de nous asseoir à la table d'un parent ou d'un ami, un jour d'abstinence. Oh! qu'il est à craindre que cette parole de l'Evangile ne se vérifie pour un grand nombre: « Vous avez rougi de moi devant les hommes; à mon tour, je rougirai de vous au dernier jour, devant mon Père et les élus; et je vous dirai: « Retirez-vous, je ne vous connais pas!... »

 

Guérison extraordinaire

 

Le prodige éclatant que nous allons mettre sous les yeux de nos lecteurs a servi de fondement à l'établissement du culte de Notre-Dame de la Salette, dans la ville de Muret, un des premiers sanctuaires élevés en l'honneur de la Vierge des Alpes. Gabrielle Dorbes, pauvre orpheline de vingt-six ans, épuisée depuis quatre ans par la souffrance, entra vers la lin de l'hiver 1854, à l'hospice de Muret, sa ville natale. Là, elle demeura deux années courbée, torturée, usée, déformée par l'horrible mal. Elle était couverte de plaies, et ses souffrances étaient inouïes. Tous ses membres étaient retirés, racornis; ses genoux repliés et fixés contre sa poitrine. Dans toute position où on la plaçait, elle restait clouée, immobile. La paralysie était presque générale: elle provenait d'une affection de la moelle épinière; la main gauche seule se mouvait encore. L'estomac ne pouvait plus supporter que quelques gouttes d'eau; par moments sa tête s'égarait; elle perdait le sentiment et délirait. Les médecins de Muret et de Toulouse l'avaient condamnée depuis longtemps. Témoins de si cruelles souffrances et ne pouvant la soulager, ils désiraient voir terminer pour elle cette longue et douloureuse agonie. Gabrielle désirait aussi mourir, mais, âme pieuse, elle gardait la résignation dans ses douleurs. La supérieure de l'hospice qui, avait reçu de grandes grâces de Notre Dame Réconciliatrice, était en possession d'un petit flacon d'eau de la Salette, et la destinant à Gabrielle, elle avait prié cette bonne Mère de guérir cette chère malade pour le bien du pays, la gloire et l'extension de son culte, dût-elle rester infirme toute sa vie. La délicatesse de cette demande toute chrétienne ne peut passer inaperçue, puisque la guérison était sollicitée pour l'avantage général et spirituel du prochain. Une neuvaine fut dès lors décidée, et cependant il est évident que du côté de la malade, il n'y eut aucun empressement; elle n'avait aucun désir de conserver la vie. Elle céda seulement à la pensée qui lui fut communiquée, que sa soumission tournerait à la plus grande gloire de Dieu et à l'honneur de la Sainte Vierge. Celait le 23 mai 1855. La neuvaine devait commencer le soir. L'aumônier était venu porter le saint Viatique à la pauvre agonisante. Sur la demande qu'elle lui fit, s'il fallait attendre qu'elle eût communié pour prendre cette eau. « Non, mon enfant, buvez cette eau de la Sainte Vierge quand vous voudrez ». Et le prêtre, en s'en allant, lui mit le flacon dans sa main gauche, le seul membre qui ne fût pas entièrement paralysé. Gabrielle, restée seule, boit l'eau de la Salette, disant: « Pour la gloire de la Sainte Vierge, que la sainte volonté de Dieu soit faite! » Puis avec les dernières gouttes, elle se frotte légèrement le bras droit. Ce bras était insensible, inerte, gonflé, et la main déjà couverte de taches noires gangreneuses. Gabrielle, eu buvant, fut saisie d'une émotion indicible. Son cœur battait violemment dans sa poitrine. Quelques minutes après, elle cesse de se frictionner; tout à coup, elle éprouve comme si on lui remuait le bras sous la couverture ! Elle sent comme quelqu'un qui lui disait: « Tire ton bras ». Je tire brusquement mon bras, dit-elle, et me sentant guérie, mon premier mouvement est de faire le signe de la croix; mais voilà qu'au lieu de dire: « Au nom du Père... » sans le vouloir, j'ai dit: « O Marie conçue sans péché! Dès lors j'ai compris tout de suite que la Sainte Vierge m'avait guérie ». Gabrielle, délivrée de toute angoisse, s'amuse à faire exécuter à ce bras affranchi tous les mouvements et toutes les évolutions, comme pour s'assurer de la réalité du miracle. Mais par un sentiment de timidité singulière, elle garda jusqu'au soir le secret de sa guérison; et quand une des sœurs vint lui dire: « Gabrielle, nous allons à la chapelle commencer la neuvaine », elle répondit: « Après la prière, venez, ma sœur, je vous ferai voir quelque chose ». La religieuse avait soupçonné dès ce moment que le miracle était accompli. À son retour, la malade lui présente son bras, l'agite devant elle. La sœur tombe à genoux, fond en larmes et en prières. Toutes les sœurs accourent à la nouvelle du miracle. La jeune fille demande à se lever et sent ses jambes s'allonger sans peine. Elle se dresse, s'habille elle-même, descend de son lit et marche. Un bien-être inexprimable qu'elle n'avait pas connu depuis six années, a succédé à son état de martyre. Elle se sent appétit, elle se lève, s'habille, déjeune et dîne fort bien; et dès le lendemain, elle reprenait sa couture. Faible d'abord, elle sent ses forces revenir avec une rapidité inouïe. Cependant, exception frappante! une de ses jambes semblait demeurer débile; elle ne peut marcher que sur la pointe du pied ; on se rappelle les termes du vœu de la supérieure... Ceci durait depuis trois semaines, la guérison étant d'ailleurs générale et parfaite, lorsque Gabrielle dit à la supérieure: « Ma mère, il faut bien que la Sainte Vierge finisse sa guérison ». « Mais, nous n'avons plus d'eau, mon enfant ». « Eh bien! la médaille de la Salette, n'est-ce point la même chose? » Et le soir, en se couchant, Gabrielle applique sa médaille sur le genou avec la même foi naïve et profonde qui avait obtenu le premier miracle. Le lendemain (c'était un samedi), elle allait à la messe sans éprouver ni faiblesse ni embarras. Quelques jours après, elle suivait la procession de la Fête-Dieu. « Sans doute, dit-elle, en me laissant boiter, la Sainte Vierge avait voulu éprouver notre foi et notre confiance ». (Journal de Muret.)

 

Prière

 

O Notre Dame de la Salette! vous nous faites entendre, dans votre apparition, des paroles sévères pour les chrétiens qui n'observent pas la loi de l'abstinence: hélas! quel aveuglement était le nôtre! et c'est vous, ô Marie, qui venez dessiller nos yeux sur la sainte Montagne, bénie par votre présence, sanctifiée par vos larmes, illustrée par vos reproches et vos menaces. Oh ! notre mère, nous n'oublierons jamais tant de condescendance maternelle, et désormais votre voix retentira toujours au fond de notre cœur. Nous revenons tous aujourd'hui à l'observation fidèle, constante, généreuse de l'abstinence; pourrions-nous refuser à votre divin Fils ce léger sacrifice? Notre salut lui coûte bien plus cher, à lui qui, pour nous ouvrir le ciel, a bu jusqu'à la lie le calice des humiliations et des souffrances!... C'en est donc fait, nous prenons, pour nous et pour les nôtres, la résolution de garder fidèlement ce précepte de l'Eglise, et si jamais nous étions exposés à le transgresser encore, nous vous en conjurons, ô bonne Mère, parlez à notre âme, rappelez-nous la colère de Dieu, vos larmes sur la sainte Montagne, et rendez-nous, par votre intercession, toujours vainqueurs de la tentation et du péché. Ainsi soit-il.

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25 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Vingt-sixième jour

Le respect du lieu Saint

« Et puis, ils vont l'hiver à la messe, rien que pour rire et se moquer de la religion »

 

L'apparition de Notre-Dame de la Salette semble destinée à révéler une à une toutes les douleurs présentes de l'Eglise: Elle se plaint aujourd'hui de nos irrévérences dans le lieu saint, en un langage simple et abandonné, mais où respirent une grande tristesse et une amertume profonde: On travaille le Dimanche tout l'été; et puis on va, l'hiver, à la messe, mais rien que pour rire et se moquer de la religion! Le défaut de respect dans le lieu saint, l'irrévérence dans nos églises, sont particulièrement injurieux à Dieu; efforçons-nous de comprendre la malice spéciale de ce reproche de notre Mère sur la montagne. Dieu est immense; c'est-à-dire que, par sa nature, il est substantiellement présent en tous lieux; le ciel est le trône principal de sa gloire, l'œil de sa justice éclaire les enfers, sa puissance et sa majesté infinies remplissent les vastes espaces de la terre et des mers. L'univers entier est donc le temple de Dieu, étant, dit saint Cyprien, répandu tout entier dans tous les lieux: qui pourrait donc, s'écrie Salomon, se croire capable de bâtir à notre Dieu une maison digne de sa majesté?... Cependant, nous savons par l'enseignement de l'Eglise que Dieu habite d'une manière particulière les temples que nous lui avons consacrés: oui, depuis que le Verbe divin, l'adorable Jésus a daigné paraître sur la terre revêtu de notre nature, nous laisser dans l'auguste Eucharistie son corps et son sang, réellement contenus sous les espèces sacrées du sacrement, l'autel de nos églises n'a pas moins d'avantages que l'autel du ciel. La victime que nous immolons est l'Agneau de Dieu même: le pain reçu à la table sainte est la nourriture immortelle des anges et des bienheureux: le vin que nous y buvons est ce breuvage nouveau dont on s'enivre dans le royaume du Père céleste: le cantique sacré que nous chantons dans nos temples est celui que l'harmonie céleste fait sans cesse retentir autour du trône de l'Agneau: nos églises enfin sont ces nouveaux cieux que le Prophète promettait aux hommes: Jésus-Christ les habite corporellement, voilé sous les espèces sacrées de la divine Eucharistie: et saint Jean Chrysostome n'hésiste pas à les appeler un ciel en raccourci, un vrai paradis... Il nous faudrait donc répéter dans nos églises, les paroles que prononça le patriarche Jacob. Au sortir du sommeil mystérieux du désert, durant lequel le Seigneur se manifesta clairement à lui, il s'écria, dans un moment d'admiration et de frayeur: « Le Seigneur est vraiment ici, et je ne le savais pas ». Le Seigneur est vraiment dans nos temples; c'est un dogme que sa divine parole et ses prodiges ineffables attestent également! Mais que de chrétiens l'ignorent ou semblent ne le pas croire! Les irrévérences que l'on y voit commettre, les dissipations et quelquefois les scandales dont on y est le témoin affligé ne semblent-ils pas le démontrer? Vit-on jamais les chrétiens se comporter avec moins de respect dans le temple du Seigneur, que dans ces temps irréligieux auxquels nous sommes réservés? On n'ose rappeler ici les malheureux infidèles des déserts, honteusement courbés dans leurs temples devant des idoles de bois ou de pierre, pour des hommages qui n'appartiennent qu'au vrai Dieu! Cependant, au récit des voyageurs et de nos missionnaires, leurs adorations superstitieuses, leur maintien respectueux durant des sacrifices coupables, pourraient faire honte et servir de leçon à bon nombre de catholiques, dans nos églises et nos cérémonies religieuses?... C'est ce désordre scandaleux que veut réprimer Notre Dame de la Salette, par ces paroles: On vient à l'église pour rire et se moquer! Qui ne voudra reconnaître aujourd'hui la justice de ce reproche, et réparer les humiliations, soulager la douleur qu'il cause au cœur de Dieu?...

 

Réflexions

 

Les dispositions nécessaires pour plaire à Dieu dans son temple, sont: 1° Un saint respect, une attention soutenue par l'idée de sa divine présence. Le roi Salomon nous déclare de la part de Dieu, qu'en entrant dans le temple du Seigneur, nous devons considérer la sainteté du lieu où nous posons le pied. Et Dieu lui-même ordonne de ne paraître dans son temple qu'avec une religieuse terreur; et tout cela, dit-il, parce que je suis le Seigneur. Le saint roi nous affirme en outre qu'après la consécration du temple, le Seigneur en prit aussitôt possession, et que sa majesté le remplit à un tel degré, que les prêtres eux-mêmes n'y pouvaient plus entrer. Noble et fidèle image de nos églises: les ombres et les figures ont passé, pour faire place à la vérité; le Seigneur est vraiment ici; il remplit ce lieu de l'éclat de sa majesté; les Puissances célestes environnent l'autel qui lui sert de trône, et le tabernacle qui est son sanctuaire; et confondues toutes dans un saint respect, Elles l'adorent en tremblant: écrions-nous donc, avec le Prophète, en entrant dans nos temples: « Que ce lieu est terrible et vénérable! c'est bien vraiment ici la maison de Dieu et la porte du ciel »... 2° La seconde disposition à apporter dans nos temples, est une disposition de prière et d'adoration. Le Fils de Dieu a pris soin de nous l'apprendre lui-même; Ma maison, dit-il, est une maison de prière. Du fond de cette retraite sainte, que son amour pour nous lui a fait choisir, Jésus consulte nos besoins, écoute nos prières, et porte nos vœux au pied du trône de son Père: là! il faut parler incessamment ses plaies sacrées, ce sang répandu pour nos péchés, cet état d'abaissement où sa tendresse pour des ingrats a réduit sa majesté... Mais nous, apportons-nous avec confiance nos vœux au pied de l'autel? venons-nous à l'église y confesser humblement nos misères, et y exposer nos besoins? Ah! nous craignons trop d'être rebutés, et nous avons oublié ces pensées consolantes du Prophète: « Que les yeux du Seigneur sont toujours ouverts, et ses oreilles toujours attentives dans son temple ». Mais, ces adorateurs sincères de la majesté de Dieu, qui nous donnera de les distinguer dans cette foule qui remplit nos églises? Sont-ce ces hommes que nous voyons à peine fléchir un genou au moment où Dieu descend sur l'autel; ces hommes couverts de péchés, et qui semblent vouloir refuser à Dieu le moindre des hommages, tandis que les esprits célestes descendent et lui font cortège?... Et ces autres chrétiens que la coutume, le respect humain, ou le désœuvrement seul rassemblent à l'église, ou n'y paraissent que pour y étaler le faste et les vanités du siècle? Comme si le Dieu qui réside ici n'était pas un Dieu dépouillé, couronné d'épines et crucifié pour nos péchés!... Et enfin, ils n'adorent pas mieux le Seigneur, ceux qui ne cherchent dans l'église que des sujets de distraction; ceux dont les conversations et les rires troublent la célébration des saints mystères et la prédication de la parole divine! La place de ces pécheurs n'est point à l'église, dit l'apôtre saint Jean. Loin, loin de ces murs sacrés ces sectateurs des démons, ces adorateurs des idoles, ces fils du mensonge et de la vanité (Apocalypse 22 : 15).

 

Pratique: Examiner aujourd'hui, sans illusions, quelles dispositions habituelles nous accompagnent à l'Eglise; y venir et nous y comporter désormais en tous sentiments de respect, de prière, de maintien religieux, qui pourront servir à notre bien et à l'édification du prochain.

 

Relation d'une guérison adressée à Mgr le cardinal Gousset, à sa demande, le 29 mai 1854

 

Monseigneur, Nous nous trouvons singulièrement honorées de la demande que vous voulez bien nous adresser. Votre Emiuence désire que nous lui donnions des détails circonstanciés sur la guérison instantanée de notre sœur Alix. Il est d'autant plus juste de satisfaire Votre Eminence que, plus que personne, elle a contribué à cette guérison. C'est vous, Monseigneur, qui avez inspiré à notre sœur malade de faire une neuvaine à Notre Dame de la Salette, et votre bienveillante parole a été regardée comme une expression de la volonté de Dieu, en même temps que l'accent paternel de votre voix a mis dans son âme une confiance telle, qu'à dater de ce moment, elle a cru fermement à une prochaine guérison. La neuvaine fut donc commencée le samedi 6 mai, deux jours, Monseigneur, après votre bienfaisante visite. Cependant le mal ne paraissait rien perdre de son intensité, la fièvre était aussi forte que précédemment; les sueurs abondantes qui, depuis vingt-et-un mois épuisaient ses forces, étaient toujours les mêmes; les douleurs qu'elle éprouvait au côté, à la poitrine, n'avaient rien perdu de leur force. Malgré la violence du mal, notre malade ne perdait rien de sa confiance. Souvent elle disait: « C'est Monseigneur qui m'a dit de prier et d'espérer; c'est Dieu qui a inspiré Son Eminence: oui, je serai guérie ». Une circonstance qu'il nous est permis de regarder comme providentielle vint encore fortifier ce sentiment de foi et d'espérance. Une de nos sœurs, que nous envoyions à Versailles, pour aider à nos mères du Grand-Champ, fut assez heureuse pour voyager depuis Epernay jusqu'à Paris, en la compagnie du Révérend Père Sibillat, missionnaire de Notre-Dame de la Salette. Chemin faisant, il lui rapporta la relation d'une guérison qui venait d'être opérée par la confiance en Marie. A son retour, la sœur s'empressa de nous la communiquer ainsi qu'à la malade, ce qui lui inspira un nouveau degré de confiance. La nuit du samedi au dimanche fut semblable à toutes celles qui l'avaient précédée depuis six ans, c'est-à-dire depuis qu'elle ne quittait plus son lit; mêmes douleurs, même insomnie, fièvre aussi forte; mais la neuvaine n'était pas finie, elle ne devait se terminer que le lendemain. Le dimanche de grand matin, M. l'aumônier lui porta la sainte communion; elle ressentait encore une douleur au côté gauche. Cela néanmoins ne l'empêcha pas de se dire intérieurement qu'elle était guérie. Elle récita le Memorare, suivi d'une invocation; ensuite elle prit une cuillerée de l'eau miraculeuse, après quoi elle éprouva un frémissement intérieur dont elle ne sut pas se rendre compte. A l'instant même toute douleur disparut. Elle se leva, s'habilla, prit un potage et sortit de sa chambre pour venir nous dire elle-même qu'elle était guérie. Ne nous trouvant pas, elle nous attendit une demi-heure dans le jardin, accompagnée de plusieurs de nos sœurs, à qui déjà elle avait fait part de sa joie... A peine pouvions-nous croire à ce que nous voyions, le fait était cependant sous nos yeux, nous dûmes le croire. Huit jours après, elle partait pour la campagne; c'est de là qu'elle nous écrit qu'elle va parfaitement bien. Si vous le permettez, Monseigneur, notre sœur à son retour, aura l'honneur d'aller réclamer de Votre Eminence une nouvelle bénédiction. Cette bénédiction, Monseigneur, je la demande moi-même pour notre petite communauté, et en particulier pour celle qui a l'honneur d'être... (Journal de Muret).

 

 

Prière

 

O divine Marie, si bien identifiée autrefois au Calvaire avec l'adorable Victime de la Croix! Vous, qui êtes demeurée en sa présence, immobile de foi, de compassion et d'amour! faites que, pendant les saints mystères, nous soyons pénétrés à l'église, de la foi la plus vive, et de la piété la plus tendre! Ah! s'il nous était donné de voir et de sentir la présence de notre Jésus sous les adorables espèces, comme vous avez senti vous-même la présence divine sous le poids de ses ignominies et de ses douleurs! Oh! qu'une messe, une seule messe, nous serait bien et bonheur à notre cœur, et qu'amère serait à notre âme la pensée des irrévérences commises dans le saint lieu! Daignez, ô Mère de Jésus, et notre Mère aussi, daignez nous obtenir cette grâce! donnez à nos yeux, selon l'expression du Prophète, une fontaine de larmes, pour faire amende honorable à Jésus hostie, et assister désormais au sacrifice des autels, pleins de respectueuse tendresse, et comme tout imprégnés du souvenir du Calvaire et du ciel. Ainsi soit-il.

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20 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Vingt-et-unième jour

Les malheurs et fléaux annoncés à la Salette

 

Sur la montagne de la Salette, la Reine du ciel a fait entendre, au nom de Dieu, ces paroles effrayantes: « Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils ; il est si lourd que je ne puis le retenir... Les semences ne germeront pas ou tomberont en poussière ; les récoltes périront... Il viendra une grande famine... Les petits enfants, malades et tremblants, mourront entre les mains de ceux qui les tiendront, et les autres feront leur pénitence par la faim... » et autres calamités qui peuvent affliger les familles et la société coupables. Tels sont les châtiments dont le Seigneur menace, dans le discours de sa Mère sur la montagne, les hommes prévaricateurs : il est vrai que pour se rassurer contre ces vengeances de la justice céleste, certains chrétiens prétendent que Dieu ne sera point aussi sévère qu'on veut le faire entendre dans les prédictions de la Salette. Déjà cependant bien des gouttes amères de ce vase mystérieux de la colère divine se sont répandues sur le monde. Pourrait-on méconnaître les fléaux annoncés par la Sainte Vierge, devant les calamités de toute sorte qui sont venues nous assaillir de nos jours?... Peut-on nier ceux qui nous affligent, les fléaux de la nature et leurs ravages, la guerre avec ses désastres, la disette avec ses angoisses, la peste avec ses terreurs! et tous ces malheurs réalisés ne sont-ils pas la preuve de ceux qui nous attendent encore? Et que Dieu appelle les fléaux de la nature, les éléments du monde matériel et physique à être les instruments de sa justice, il n'y a rien là qui nous doive étonner ou surprendre: Dieu a établi un rapport étroit entre l'ordre moral et l'ordre physique de l'univers; le désastre du monde moral, le péché entraîne le désordre de la nature, la révolte des éléments eux-mêmes: La création matérielle a une fin suprême; cette fin suprême c'est Dieu lui-même; et l'homme a été distingué des autres êtres visibles, pour faire monter jusqu'à Dieu la gloire qu'il attend des créatures sans intelligence : il doit en quelque sorte prêter à tous les êtres créés sa voix pour qu'ils bénissent Dieu, son esprit pour qu'ils le connaissent, sa liberté pour le servir et l'adorer : le cœur de l'homme, enfin, a été placé au sein de la création, comme un autel sacré qui doit résumer toute la nature, pour la faire remonter vers Dieu en parfums de pur amour... Mais si l'homme, investi de cette fonction sublime, de ce sacerdoce d'élévation à Dieu, loin de rattacher la création au Créateur, rompt, brise la chaîne merveilleuse par laquelle la terre tient; au ciel alors, cette même création prend en une sorte de détestation secrète l'homme prévaricateur; alors, elle ne lui refuse pas seulement son service, mais elle s'arme contre lui, pour venger le Créateur méprisé: le soleil retire sa chaleur vivifiante; une pluie bienfaisante ne fertilise plus les campagnes; la terre n'ouvre aux semences qu'un sein stérile; les fléaux se déchaînent, les saisons se bouleversent, les tempêtes se multiplient sur les mers, les fleuves franchissent leurs rives, et viennent ravir aux hommes coupables leurs plus magnifiques espérances; et n'est-ce pas justice, que les créatures, détournées par des ingrats de la noble fin qui leur a été assignée par le Créateur, ne servent plus qu'à les punir de leurs ingratitudes?...

 

Réflexions

 

1° Quelle est la cause première et générale des fléaux et des malheurs publics? Il n'y a jamais qu'une cause des maux qui désolent l'humanité, le péché... Aussi Notre Dame de la Salette assigne-t-elle dans son discours, comme cause unique des calamités qui nous menacent, les péchés des chrétiens, les iniquités des peuples : il n'en saurait être autrement, le péché étant la violation des lois de Dieu, une opposition à sa volonté souveraine, une révolte audacieuse contre sa volonté, une sorte de tentative, pour détruire son existence!... Or, il n'est que deux moyens d'offrir à Dieu outragé une indispensable réparation, la pénitence ou le châtiment, une satisfaction volontaire ou une satisfaction forcée!... « La peine, dit Bossuet, rectifie le désordre; qu'on pèche, c'est le désordre; qu'on soit puni quand on pèche, c'est la règle; et Dieu, c'est la règle parfaite et nullement courbe; et tout ce qui n'y convient pas y est brisé, et sentira l'effort de l'invincible et immuable rectitude de la règle!... » Nous l'avons déjà observé, Jésus-Christ nous apparaît au jardin des Oliviers tenant dans ses mains le calice de la passion, et les peuples anciens viennent déposer sur sa tête divine, le poids de leurs iniquités... Représentons-nous aujourd'hui la Sainte Vierge portant dans ses mains maternelles, sur la montagne de la Salette, la coupe des iniquités des peuples nouveaux... Quel mal personnel avons-nous déposé dans cette coupe des colères nouvelles?... Quelle est notre part de responsabilité, dans les châtiments dont nous menace Notre-Dame de la Salette?... 2° Dans quels sentiments faut-il assister au spectacle des calamités publiques? Dans des sentiments de foi et de conversion: 1° La foi, qui croit à l'action divine de la Providence dans le gouvernement de ce monde, et non à la fatalité d'un hasard divinisé, distributeur aveugle des biens et des maux de la vie: la foi, qui se tait dans l'épreuve, qui ne murmure pas dans le malheur, et respecte la main de Dieu, se rendant à elle-même solennelle justice au milieu des peuples: il importe peu d'ailleurs de ne pas reconnaître les châtiments de Dieu; l'insouciance publique n'empêche pas la colère divine de frapper, et nous, de ressentir ses coups redoutables; que peuvent les négations des hommes, contre les volontés de Dieu?... 2° Conversion : « Si les hommes se convertissent, est-il dit dans le discours de la Sainte Vierge, les pierres et les rochers se changeront en monceaux de blé... » Le sens moral et pratique de ces paroles est celui-ci: pour les pécheurs convertis, la miséricorde divine tire le bien du mal; et les fléaux et les malheurs publics chrétiennement acceptés, sont changés en trésors d'expiation, de grâces et de mérites, pour l'heure de la grande moisson, dans les greniers du Père céleste...

 

Pratique : Reconnaître que les calamités publiques ont pour cause le péché. S'appliquer à aimer, ou du moins à supporter avec patience les maux et les croix de la vie; réciter aujourd'hui une bonne prière, pour la cessation des malheurs présents.

 

Conversion de deux juifs

(Deuxième partie)

 

Notre famille, le jour même où on nous remit entre ses mains, nous avertit que le soir même nous partirions pour Mulhouse. Cet ordre nous désespéra, car nous savions tout ce que nous allions avoir à souffrir au milieu d'une population composée de juifs et de protestants. Alors nous allâmes à Fourvières avec notre bon père spirituel, et nous fîmes vœu d'aller en pèlerinage à Notre Dame de la Salette, si nous étions bientôt délivrés de la persécution des juifs, ou au moins, si nous restions toujours inébranlables dans notre foi. Nous arrivâmes à Mulhouse, où pendant un mois la fureur judaïque chercha à nous ébranler dans notre croyance. On nous avait défendu d'aller chez le curé, et on exerçait vis-à-vis de sous la surveillance la plus active pour empêcher toute démarche ou visite de nature à nous affermir dans notre foi. Nous nous tournâmes alors vers Notre Dame de la Salette, nous la priâmes de nous couvrir de son manteau; et en dépit de tous les juifs, nous allâmes presque tous les jours chez M. le curé. On nous avait fait une défense formelle d'écrire quelque lettre que ce fut, et chaque jour, cinq, six lettres que nous jetions nous-mêmes à la poste, étaient expédiées; mais nous avions encore d'autres assauts à supporter. Les juifs avaient ordonné au rabbin de chercher à nous ramener dans le chemin que nous avions abandonné; et à toutes les heures, il nous fallait répondre à des questions captieuses qui nous étaient adressées. Notre Dame de la Salette répondit pour nous: une voix nous disait au fond de notre cœur, ces paroles du Seigneur: « Ne pensez pas à ce que vous direz à vos ennemis; lorsque l'heure arrivera, le Saint Esprit vous soufflera ce que vous devrez dire ». Et en effet, nous pûmes répondre à toutes les objections qu'on nous fit, et avec l'aide de Dieu, nous pûmes convaincre le rabbin de son ignorance et de sa mauvaise foi. Après un mois d'épreuves, notre famille, voyant que notre foi était inébranlable, nous envoya à Paris pour faire notre droit. Nous aurions bien désiré pouvoir entrer au séminaire, c'était là que nous portait notre cœur; mais nous ne le pouvions pas à cause de noire famille. Arrivés à Paris, la persécution recommença. On voulait nous faire entrer de force dans un pensionnat juif: nous refusâmes; et choisissant une pension bourgeoise convenable, nous déclarâmes que nous n'en sortirions qu'accompagnés par la gendarmerie. Cette décision souleva une fureur générale parmi les juifs de Lyon, et notre famille mit tout en œuvre pour en venir à ses fins. Notre tuteur vint à Paris, et, pendant huit jours, il fit tous ses efforts auprès des autorités pour obtenir contre nous un mandat d'arrêt; il nous refusa son consentement pour prendre nos inscriptions de droit et nous retrancha tout moyen de subsistance. Notre position était critique; mais nous nous reposâmes en Dieu; nous rappelâmes à Notre Dame de la Salette le vœu que nous avions fait, et aussitôt elle nous exauça. Le procureur impérial de Paris et le préfet de police nous prirent sous leur protection; le ministre de l'instruction publique nous permit de prendre nos inscriptions sans l'autorisation de notre famille; les Pères Ratisbonne nous donnèrent ce qui nous était nécessaire pour vivre. En vain, les juifs essayèrent-ils encore de nous persécuter, Notre Dame de la Salette s'était mise entre eux et nous, et un grand calme succéda à une grande tempête. Notre famille voyant l'inutilité de ses efforts, nous a abandonnés, et aujourd'hui, libres de toute inquiétude, nous pouvons sans crainte prier et aimer; nous allons entrer au séminaire, où depuis un an notre cœur nous porte. Mais avant de nous retirer du monde, ô Marie! ô notre Mère chérie! nous voulons accomplir le vœu que nous avons fait aux pieds de vos saints autels; c'est du haut de la Salette que j'écris ces quelques lignes pour votre gloire. Puisse la sainte Montagne qui a vu couler vos larmes, être bientôt témoin du concours universel de vos enfants! Vous nous avez sauvés dans les jours de tribulation, aujourd'hui nous vous consacrons nos cœurs; présentez-les à votre Fils adorable pour qu'il les enivre de son divin amour. Et maintenant, avant de terminer, ô notre Mère! nous vous promettons de venir vous vénérer une seconde fois, dans ce béni sanctuaire, à la conversion du premier membre de notre famille. Intercédez pour elle, Jésus le fruit béni de vos entrailles, et répétez-lui souvent ces paroles qu'il prononça dans le feu brûlant de son amour: « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font ». Marie-Joseph Lémann. Marie-Augustin Lémann. (Journal de Muret).

 

Prière

 

O Notre Dame de la Salette, vous nous annoncez du haut de votre montagne, les fléaux qui nous menacent! O Mère toute miséricordieuse, apprenez-nous aujourd'hui cette grande leçon, qui est toute la science de. l'homme, que nous ne sommes rien par nous-mêmes, et que nous sommes tout par Dieu; abaissez-nous donc sous la main toute-puissante de votre divin Fils, et faites-nous connaître notre néant, nos faiblesses, nos péchés!... Dociles à vos conseils, nous voulons désormais obéir. Roi des rois, dominateur des maîtres du monde, Jésus est notre maître, notre Rédempteur, notre Père; et son empire est le plus ancien, le plus juste, le plus vénérable!... Mais vous, ô bonne Mère, priez pour vos enfants rebelles: unies à vos larmes, vos prières toucheront votre Fils irrité; fermez les trésors de la céleste colère, et soutenez ce bras redoutable, jusqu'à l'heure de l'entière miséricorde. Ainsi soit-il.

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19 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Deuxième partie

Le Discours de la Sainte Vierge aux bergers

ou les enseignements de la Salette

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Vingtième jour

Discours de la Sainte Vierge aux bergers de la Salette

 

Nous touchons ici au cœur même du mystère de la Salette, c'est-à-dire, aux enseignements salutaires de cette grande apparition : ces enseignements sont contenus dans le discours de la Sainte Vierge aux bergers, et qu'il nous tant maintenant méditer et bien comprendre. Et d'abord, les enfants furent tout à coup comme enveloppés d'un manteau de lumière... Ce ne fut cependant que graduellement que la Sainte Vierge se découvrit à leurs yeux: ils virent les mains, puis la tête, puis distinctement toute la personne qui leur apparaissait. Le globe lumineux avait environ six à huit mètres de diamètre. La Sainte Vierge était environnée de-deux lumières différentes; une première, immédiatement autour de son corps glorieux, qui scintillait; une seconde lumière immobile; c'est dans celle-ci que se trouvaient les deux enfants, pendant le discours. « Nous étions, disent-ils, si près de la belle Dame, qu'une personne n'aurait pas pu passer entre Elle et nous!... » La Sainte Vierge était d'une belle et très-haute taille : sa voix ressemblait à une douce harmonie: ses paroles arrivaient à l'intelligence des enfants d'une manière en quelque sorte mystérieuse. Maximin a dit ce mot remarquable: « Pendant « que la belle Dame nous parlait, il semblait que nous mangions ses paroles... » Il était ébloui par l'éclat extraordinaire de ses traits célestes; il n'a pu apercevoir que le brillant diadème qu'elle portait, et la partie inférieure du visage: Mélanie, au contraire, regardait la Sainte Vierge en face. En général, Mélanie a été plus impressionnée: il semblerait même qu'elle ait été plus favorisée que le petit garçon, qui paraissait moins attentif; et cette différence ne doit pas étonner; Dieu et sa Mère ont toujours eu des faveurs, des révélations plus intimes pour la simplicité, la candeur, l'innocence des natures plus pures!... « Or, disent les bergers, la grande Dame s'est levée, a croisé ses bras, et nous a dit : Avancez, mes enfants, n'ayez pas peur; je suis ici pour vous conter une grande nouvelle!... Et nous n'avons plus eu peur... puis, nous nous sommes avancés, et nous avons passé le ruisseau; et la Dame s'est avancée vers nous autres, à quelques pas de la pierre sur laquelle Elle était assise, à l'endroit où nous étions endormis... Elle était entre nous deux, et nous a dit son discours, en pleurant tout le temps qu'Elle nous a parlé... »

 

Réflexions

 

Voici aujourd'hui, sous nos regards, un grand spectacle sur la montagne: c'est la Sainte Vierge, prononçant un discours! Méditons ce discours, tout contribue à le rendre remarquable: 1° La qualité de Celle qui parle: D'institution et dans l'histoire, les prophètes sont les organes des volontés divines: aujourd'hui, c'est la Mère de Dieu! Dieu, donnant la parole à sa Mère!... Dieu, se faisant de sa Mère un prophète des temps nouveaux; ce choix est étrange, et le signe de temps mauvais. 2° La rareté des discours de la Sainte Vierge: Les pieuses annales de l'Eglise parlent des apparitions particulières et publiques de Marie; l'éloge de ses vertus, de ses prérogatives a épuisé l'éloquence des Pères et des Docteurs... Nulle histoire, nul Docteur ne nous cite le plus petit fragment d'un de ses discours!... Ce n'est pourtant pas ignorance de l'art de la parole, à Celle qui a vécu trente ans à l'école de l'oracle divin, et s'était fait en son cœur un trésor de toutes ses paroles. Quelle gloire donc, quelle auréole d'exceptionnelle grandeur pour l'œuvre de la Salette de recevoir, d'entendre et de posséder le discours complet, unique, de la Mère de Dieu!... 3° Les circonstances qui accompagnent ce discours, les larmes: Le calme, la possession de soi-même, sont des conditions favorables à la parole: or, voici un orateur qui pleure avant, pendant et après son discours!... Ce discours doit être grave, solennel; et Celle qui le prononce, douloureusement pénétrée de son importance!... Ecoutons cette grande parole!... Et si être éloquent, c'est dire son âme, quelle éloquence touchante va nous venir de la Vierge qui vient nous dire, au milieu des larmes, son cœur de Mère de Dieu, et de Mère des hommes. 4° Le lieu où ce discours se prononcé: C'est une montagne... Il semble qu'à l'exemple de son Fils, Marie ait voulu, Elle aussi, avoir son discours sur la montagne... Discours d'autant plus admirable, qu'il arrive à la terre, tout préparé dans le ciel, en conseil de Jésus et de Marie!... C'est une montagne élevée: son message s'adressant à tous les hommes, la Sainte Vierge veut en quelque sorte être aperçue, être entendue du monde entier: Elle veut que, de ces deux bergers, ses apôtres à Elle, comme des apôtres de son Fils, l'on pût dire: « Toute terre a entendu leur voix ; et leurs paroles ont retenti, jusqu'aux extrémités de la terre... »

 

Pratique : Lire aujourd'hui, avec une attention d'estime et de respect, le discours de la Sainte Vierge... l'appliquer demain au détail de sa vie personnelle, dans une méditation pratique; et dans la mesure possible de son action, répandre et propager autour de soi les enseignements qu'il renferme...

 

Conversion de deux juifs, par la protection de Notre Dame de la Salette

(Première partie)

 

Nous allons mettre sous les yeux de nos lecteurs, le texte même de cette intéressante relation, avec toutes les circonstances remarquables de la conversion de ces deux jeunes israélites à la foi catholique, signée par les deux convertis, et écrite par l'un d'eux. « Mon très-Révérend Père, Puisqu'il est d'usage que ceux qui ont obtenu quelque grâce par l'intercession de Notre Dame de la Salette, déposent à ses pieds un gage de leur amour, nous ne croyons pas pouvoir témoigner d'une manière plus efficace notre reconnaissance à notre Mère, qu'en obéissant à votre saint désir. Je vous écris toutes les grâces que cette bonne Mère nous a obtenues, depuis que nous avons eu le bonheur de la connaître et de l'aimer. Je vous donne ces faibles détails de son amour immense pour la glorification de son saint nom et pour l'édification des âmes pieuses. Je les écris tout simplement et tels qu'ils nous sont arrivés: ils sont la copie fidèle des sentiments qui nous animent. Après que Dieu m'eut envoyé l'heureuse maladie qui nous dessilla les yeux, nous résolûmes, d'un commun accord, de suivre cette voie de la vérité que son amour nous traçait; et, dès lors, nous nous mîmes avec ardeur à étudier l'ancienne et la nouvelle loi. La lumière ne tarda pas à se lever devant nous vive et radieuse; et, alors, déposant tout sentiment d'amour-propre ou de crainte, nous jurâmes un éternel amour à Jésus et à Marie. Nous avions entendu parler du miracle de la Salette; et touchés, nous demandâmes à une personne de notre connaissance de nous prêter l'ouvrage qui nous donnerait des détails sur la miraculeuse apparition de la Sainte Vierge. Nous le lûmes, non-seulement avec intérêt, mais aussi avec foi et avec piété; et bientôt, obéissant à la voix de notre cœur, nous nous procurâmes un petit flacon d'eau de la Salette. Nous étions alors au lycée de Lyon, où nous terminions notre cours de philosophie; nous ne pouvions, sans être bientôt découverts, nous occuper de notre instruction religieuse; nous nous mimes alors sous la protection de Notre Dame de la Salette, et presque tous les jours, en entrant à l'étude, nous faisions le signe de la croix avec une goutte d'eau de la source miraculeuse. Nous ne fûmes pas trompés dans notre espérance: pendant un an, nous travaillâmes sur les Evangiles et sur la Bible, et, quoique exposés aux regards d'une trentaine de condisciples, jamais aucun ne nous surprit. Nous espérions recevoir le baptême pendant les vacances; mais notre famille nous envoya à Mulhouse, en Alsace, passer quelques jours chez notre grand père. Comme nous ne pouvions rester deux mois sans voir un prêtre, notre bon père spirituel nous donna une lettre pour le curé de Mulhouse. Mais la difficulté était de se rendre chez lui sans être aperçus par quelque juif. Il n'y a à Mulhouse, au sein d'une population de trente mille âmes, qu'une église catholique; et connus par les trois mille juifs qui l'entourent, nous courions grand risque d'être surpris. Mais notre petit flacon nous suivait toujours; nous invoquâmes Marie, et presque tous les jours, nous pûmes sans crainte d'être remarqués, nous rendre auprès du vénérable curé. Nous revînmes encore six mois au lycée, puis arriva le moment de nos examens du baccalauréat. Nous nous mimes encore sous la protection de Notre Dame de la Salette; nos succès dépassèrent nos espérances, nous fûmes reçus bacheliers. Libres de toute inquiétude, et assez instruits en matière de religion, nous nous disposâmes alors à recevoir le saint baptême, et ce fut avec un sentiment d'ineffable bonheur que nous sentîmes l'eau régénératrice couler sur nos fronts. Nous nous relevâmes enfants de l'Eglise; une seule pensée nous serrait le cœur: il fallait rentrer au milieu du peuple juif et cacher notre amour pour Jésus jusqu'à notre majorité. Nous nous recommandâmes de nouveau à Notre Dame de la Salette; tous les jours, nous allions à Fourvières ou à Saint Nizier; tous les jours, nous faisions nos prières dans notre chambre; nous faisions la sainte Communion tous les dimanches, et jamais on ne le remarqua. Six mois se passèrent ainsi; notre famille parut cependant s'inquiéter à cause du changement qui s'était opéré en nous. Nous n'allions plus au théâtre, ni dans les assemblées publiques; on s'en étonnait. Un jour, ayant surpris notre petit flacon, on nous demanda ce qu'il renfermait; nous répondîmes que c'était un collyre destiné à fortifier nos yeux; en effet, elle avait bien contribué à fortifier en nous les yeux de la foi. Au bout de six mois, il plut à Dieu de découvrir notre bonheur. Notre famille apprit un jour que nous étions chrétiens: les explications eurent lieu, et bientôt une scène violente s'éleva entre nos parents et nous. L'autorité vint nous arracher des mains furieuses qui menaçaient notre vie ; nous espérions être émancipés, mais la synagogue nous réclama à grands cris; tout le conseil de famille était contre nous, et nous dûmes rentrer au sein de notre famille, qu'animait une haine sourde et concentrée. Comme l'autorité veillait sur nous, et qu'on ne pouvait renouveler les scènes précédentes, on s'y prit d'une autre manière et on résolut de nous attaquer dans notre foi. (Journal de Muret.)

 

Prière

 

Heureuse montagne de la Salette, à vous je puis aujourd'hui appliquer les paroles du prophète, disant : Montagnes, collines d'Israël, vous avez, à la voix du Seigneur, bondi comme les brebis et les agneaux du désert! Oui! il me semble qu'au jour de l'apparition, au son de la voix de la Mère de Dieu, aux premières paroles de son discours, vous avez tressailli jusqu'en vos fondements, d'une allégresse ineffable!... Mont béni, collines privilégiées, prêtez-moi aujourd'hui tous les échos de vos profonds abîmes, et qu'ils aillent de montagne en montagne, comme autant d'apôtres, porter à tous les peuples le message de la Mère de Dieu, étendre jusqu'aux extrémités de la terre le royaume de Notre-Dame de la Salette; Marie a quelque droit de vous demander cet office de propagation, car, quand Dieu préparait vos abîmes, Elle était là, disposant avec Lui toutes choses. Et vous, ô ma Mère, du haut du ciel commandez aux anges qui faisaient cortège à votre apparition, de prendre sur leurs ailes votre divin message, de porter partout la grande nouvelle que vous venez nous conter; et fécondant d'une rosée céleste, dans tous les cœurs, la semence de votre discours, donnez pour nos âmes à chacune des paroles qui le composent, une vertu de bénédiction, de grâce, de miséricorde, de salut. Ainsi soit-il.

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14 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Quinzième jour

Les roses de Notre Dame de la Salette

 

« Des guirlandes de roses tombaient des deux côtés sur le sein de la Vierge; d'autres guirlandes, tressées des mêmes fleurs, entouraient ses pieds et son front... » (Récit de l'apparition). L'examen des roses de Notre-Dame de la Salette révèle des détails aussi pieux qu'édifiants, touchant leur nombre, leurs couleurs diverses, et leur disposition générale: 1° Leur nombre : La Vierge des Alpes étincelle de roses ; les roses couronnent son diadème; elles bordent son humble fichu, entourent son modeste tablier; elles ornent tous ses vêtements, forment les franges de sa robe, et décorent même sa chaussure! La Sainte Vierge semble apporter ici une Intention particulière à se faire comme un vêtement de roses!... Elle en est couverte de la tête aux pieds: c'est une parure complète, qui l'enveloppe tout entière: c'est que Marie est pure, en sa tête, en ses pieds, en tous ses membres, en tout son corps; et ces roses multipliées symbolisent toute cette pureté virginale: cette parure de roses, en un mot, nous paraît être la traduction littérale, le commentaire vivant et animé de ces paroles de nos saints livres: « Vous êtes toute belle, ô Marie, et de taches en vous, il n'en est pas »; c'est-à-dire que Marie fait ici de son corps, comme une rose unique, résumant en elle seule les couleurs et les parfums de toutes les roses; et n'est-ce pas en effet, la Rose belle par excellence, dont les couleurs pures ont ravi le ciel, attirant Dieu en Elle, et dont les parfums embaument encore la terre, amenant toutes les âmes innocentes à l'odeur des parfums de la virginité!... 2° Couleurs des roses: Marie, à la Salette, est parée de roses variées: elles étaient blanches, rouges et bleues. Les couleurs qui diversifient ces roses, redisent les vertus de la Reine des cieux: le blanc symbolise sa virginité et sa pureté sans tache; et cette blancheur éclate jusque sur sa chaussure, pour nous montrer que l'innocence a toujours guidé ses pas, et qu'elle doit de même toujours diriger les nôtres. Le rouge, emblème des flammes du cœur et du dévouement généreux, représente sa charité parfaite, que Marie a portée jusqu'à l'héroïsme du martyre. Le bleu redit l'ensemble de ses vertus ; le bleu, en effet, nous rappelant l'azur et l'idée du ciel, symbolise merveilleusement la réunion de toutes les vertus épanouies au cœur de Marie. Du milieu de toutes ces roses, ajoute le récit de la bergère, sortaient des flammes de lumière et d'or le plus beau, qui s'élevaient comme de l'encens, et venaient se mêler à la lumière qui entourait sa protectrice... Quelle figure touchante de Marie, astre toujours brillant à l'œil de l'âme, qui cherche la lumière de ses conseils, et l'or pur de ses vertus!... 3° Disposition des roses: On a pu l'observer, les roses qui composent la parure de Notre Dame de la Salette ne sont pas séparées entre elles; elles sont au contraire liées, réunies les unes aux autres par une guirlande légère de petits boutons non encore éclos, formant une chaîne unique de toutes ces roses; elles ont du moins cette forme, sur le grand nombre des statues de l'apparition. Pourrait-on ne pas voir dans ces roses, ainsi disposées en guirlande, une image, une figure d'une dévotion chère à la Sainte Vierge, le chapelet! Cette couronne précieuse pouvait-elle ne pas trouver place, au moins comme objet de consolation, au milieu de tous les instruments de la passion, et sur la poitrine d'une Mère déchirée de toutes douleurs?... Le sens religieux, d'ailleurs, fait bon accueil à cette interprétation pieuse, qui fait tout à coup une rose de chacun des grains de notre Rosaire, et du Rosaire lui-même, une chaîne d'amour qui attache l'âme qui le récite, au cœur de Marie!... Telle est donc la Vierge des Alpes, avec ses roses mystérieuses : comme la rose incorruptible de Jéricho, la rose mystique de l'Alliance nouvelle n'a pas fait son apparition dans une de ces réunions mondaines, où brûle l'encens profane. Elle s'est épanouie sur un nouvel Hermon, sur la cime d'un autre Janir, où le céleste Epoux vient courir après les âmes qui ont perdu le parfum délicat de l'aimable vertu!... Vous donc, vierges, femmes chrétiennes, vous toutes qui aspirez à former cortège à Marie, à travers les célestes montagnes, venez sur la cime de la Salette, venez courir après Elle, pour recueillir les grâces et les leçons qu'Elle nous porte du ciel| sous la parure symbolique de ses roses!...

 

Réflexions

 

La piété n'éprouve nul embarras à trouver des significations vraies, des applications pratiques, aux roses de Notre-Dame de la Salette: 1° Et d'abord, Marie est parée, sur la montagne, de roses nombreuses et éclatantes ; et toutes ces roses sont riches, douces et sans nulle épine: peut-on mieux symboliser le bonheur parfait?... Et cependant, Elle verse des larmes amères et abondantes!... Oui, Marie pleure, sous sa brillante parure de roses; Elle pleure, pour apprendre aux heureux de la terre, à ne pas abandonner leurs cœurs aux joies de ce monde, qui doit être pour le chrétien une vallée de larmes!... Elle pleure aussi, cette bonne Mère, sur les fleurs, sur les roses que les filles de son peuple mettent dans leurs parures légères et mondaines!... Elle pleure, parce que les -vierges de son peuple sont toutes défigurées par les atours d'une beauté immodeste, qui est un piège et une injure à la vertu publique!... 2° La rose, on le sait, est l'emblème de la pureté : blanche, elle symbolise la pureté angélique; variée de couleurs, elle figuré la Vierge martyre à qui a été fait l'honneur d'empourprer, dans le sang de l'Agneau, le vêtement de son innocence : mais la rose, délicate et un peu difficile, ne fleurit pas sur tous les champs: il lui faut, pour étaler à nos yeux tout l'éclat de sa parure, la terre vierge et close de nos jardins; et elle en est l'ornement et l'orgueil, par la pureté de ses couleurs et la suavité de ses parfums!... Vertu symbolisée par la rose, l'innocence ne croît pas en tout corps humain; il lui faut, pour s'épanouir, la terre vierge d'une âme pure; il lui faut la sainte délicatesse qui ne souffre d'autre approche, que celui du divin Epoux des âmes, Jésus!... Mais aussi, les corps qui possèdent cette vertu, en reçoivent une transparence céleste que l'on dirait empruntée, aux esprits angéliques; et ceux qui les approchent, sont embaumés de l'odeur de ses parfums!... Ames chrétiennes, vous toutes qui entendez ce portrait de la virginité, connaissez-vous ces divins arômes? Prenez-vous quelque soin de cette fleur, transplantée des régions célestes sur les plages souillées de la terre?... Si vous êtes innocentes et pures, triomphez avec les vierges; si vous êtes coupables, humiliez-vous de ne pas trouver une rose à cueillir pour Jésus, sur la terre ingrate de votre cœur!... 3° Enfin, les roses qui entourent le front, les pieds et toute la poitrine de Marie, figurent l'aimable chaîne du Rosaire, dont Elle semble vouloir aujourd'hui accroître encore la dévotion: des guirlandes et des roses, l'impie ne manque pas d'en cueillir sur la terre; mais elles se flétrissent, éphémères comme ses plaisirs, vides comme son bonheur: pour nous, âmes pieuses, cueillons, sur les grains d'un chapelet, les roses mystiques de Marie: tressons-nous des guirlandes, des fleurs odorantes du Rosaire: celles-là ne passeront pas ; nulles ardeurs de la terre ne les pourront brûler; mais nous les verrons éclore et s'épanouir, au soleil du ciel, en couronne de gloire immortelle!

 

Pratique : 1° Fuir les assemblées profanes, les conversations, les parures immoaestes, et autres occasions qui exposent au danger prochain de pêcher. 2° Réciter chaque jour quelques dizaines du chapelet, arme puissante et en quelque sorte spéciale de l'âme qui veut rester fidèle et pure.

 

Conversion et mort édifiante

(Lettre à Monsieur le Supérieur de la Salette, sur la conversion d'un frère racontée par sa sœur)

 

Mon Révérend Père, Le 15 août 1865, je demandais que mon frère fût inscrit, comme membre de la confrérie de Notre Dame Réconciliatrice de la Salette, sur les registres de votre pieux sanctuaire. Vous eûtes la bonté de le faire, et vous m'envoyâtes son certificat d'admission. Mon frère était en proie à de grandes souffrances corporelles, mais son âme était bien plus à plaindre encore. En le confiant à Celle que l'on nomme à si juste titre l'Avocate des pécheurs, j'avais l'espoir que mon frère serait sauvé. J'invoquais Notre Dame de la Salette avec la plus grande confiance. Nos jeunes élèves voulurent bien s'unir à moi et prier aussi pour ce pauvre pécheur. Notre Dame de la Salette ne tarda pas d'exaucer nos prières, qui étaient ferventes et sincères. Je fus bientôt mandée auprès de mon frère, qui avait un grand désir de me voir. Je ne lui fis pas attendre ma visite longtemps. Arrivée auprès de lui, un de mes premiers soins fut de lui montrer son billet d'agrégation, en le lui donnant à baiser. Il y colla volontiers ses lèvres, en prononçant le doux nom de Marie. Quelques instants après, il faisait lui-même la demande d'un prêtre. Son cœur était touché par la grâce, et il ne demandait plus qu'à s'ouvrir. Mon frère s'est confessé, et il l'a fait avec tant de larmes, que le confesseur en était tout attendri et tout ému. Ceux qui l'ont vu dans cette circonstance, n'ont pu s'empêcher de pleurer aussi. Après sa confession, notre cher malade a reçu le sacrement de l'Extrême Onction avec un respect et une foi qui ont édifié tous ceux qui en ont été témoins. Il fallait le voir, présentant lui-même ses membres pour les saintes onctions et demandant pardon à Dieu de ses fautes. Le spectacle a été plus attendrissant encore, lorsque le malade a possédé dans son cœur celui qui est le gage précieux de la vie éternelle. Après sa communion, mon frère ne pouvait plus contenir ses transports d'amour et de reconnaissance. A chaque instant sortait de sa poitrine brûlante une de ces paroles pour exprimer sa joie et son bonheur. « Oh! que je suis heureux! » et il aimait de le dire à tout le monde. Sa ferveur n'a pas diminué pendant les trois jours qu'il a vécu encore. Il a édifié tout le monde par sa piété et sa résignation. Quelles aspirations brûlantes! quels élans d'amour! quelles douces larmes! Avec quelle affection il collait ses lèvres sur le signe sacré de notre rédemption! Je garde cet objet sacré, il me rappellera la mort sainte et édifiante de mon frère; il me rappellera aussi tout ce que je dois de reconnaissance à Notre-Dame de la Salette, qui a bien voulu accorder à mes faibles prières une faveur si précieuse. (Annales de Notre Dame de la Salette).

 

Prière

 

O Marie, qu'elles sont aimées, les vierges du ciel, admises à suivre l'Epoux partout où il va, et à faire cortège à l'Epouse! qui nous donnera de comprendre l'éclat de leur gloire, les charmes de cette vertu!... Mais hélas! exilés et pécheurs, nous n'avons, pour les contempler, ni un œil assez chaste, ni un cœur assez pur: et au lieu du vêtement d'innocence qui pare leur âme, vos enfants de la terre n'ont à vous présenter, pour la plupart, que les lambeaux d'une robe déchirée à toutes les ronces de la vie!... Mais voilà, ô Vierge de la Salette, voilà que vous ouvrez, sur votre montagne, une fontaine miraculeuse, une sorte de piscine nouvelle pour les pécheurs: ô bonne Mère, nous gravissons aujourd'hui cette sainte Montagne; nous venons laver, dans ses eaux salutaires, les iniquités de nos âmes; recevez vos enfants, et obtenez de votre divin Fils miséricorde à leurs fautes: ils n'osent aspirer à la couronne de l'innocence première ; mais daignez au moins leur garder au ciel la place promise à la vertu réparée dans les regrets du repentir et les larmes de la pénitence. Ainsi soit-il.

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3 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Quatrième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ rachète lame de la servitude du péché

 

Un des plus déplorables effets que le péché produit dans notre âme, est de la rendre esclave des passions et du démon, ce qui, de toutes les servitudes, est la plus dure et la plus triste; il la rend esclave des passions, parce que l'homme devient esclave de celui qui l'a vaincu; et ailleurs nous lisons: « Qui facit peccatum servus est peccati » (2 Jean 8, 34). Celui qui commet le péché se fait esclave du péché. Il la rend esclave du démon; car consentir à ses mauvaises suggestions, c'est se soumettre à son joug tyrannique, sous lequel la pauvre âme est tenue dans une honteuse dépendance; et on peut dire des pécheurs qu'ils sont soumis à la volonté du démon. Eh bien, le sang de Jésus-Christ nous arrache à l'opprobre d'un pareil esclavage, il nous arrache au joug des passions, en les domptant, en les réprimant par les mérites du Fils de Dieu qui a répandu ce sang précieux. Il noua arrache au démon, parce qu'il le renverse, parce qu'il le terrasse; et en parlant de ce sang divin on peut dire avec vérité: « Et nunc princeps mundi ejicietur foras ». Voyez donc, ô mon âme, quelle source de richesses et de biens découle de ce sang précieux!

 

Et, mon Dieu! combien toutes ces vérités sont bien indiquées dans ces paroles de la Sagesse bénissant le bois où s'effectua la justice. Par cette justice, il faut entendre le paiement rigoureux que Jésus-Christ a acquitté sur le bois de la croix pour racheter les âmes de la servitude du démon, effacer la sentence de notre damnation éternelle, et au prix de son sang nous procurer la liberté des enfants de Dieu. Voici comme saint Ambroise explique le texte que nous venons de citer: « C'est à la justice que la sainte Ecriture attribue le pardon des péchés, parce que notre Seigneur Jésus-Christ en montant sur cette croix, a crucifié la sentence de nos péchés, et par son sang a purifié le monde entier ». Mais cet affranchissement que le sang de Jésus Christ nous a mérité, en profitons-nous? Vivons-nous comme de vrais enfants de Dieu? Hélas! combien de fois, et volontairement, reprenons-nous ces dures chaînes, au joug desquelles Jésus-Christ nous avait soustraits? Celui qui laisse dominer de mauvaises passions dans son cœur, celui qui donne son consentement aux tentations du démon, se fait de lui-même esclave du démon! Ne savons-nous donc pas île quelle manière ce grand ennemi traite les âmes? ne savons-nous pas les remords, les amertumes, les afflictions d'esprit, dont sont abreuvées les âmes qui combattent sous ses bannières? Et si quelquefois, avec une perfide douceur, il vient présenter à nos lèvres la coupe empoisonnée du plaisir, ne savons-nous pas que nos lèvres doivent y puiser la mort! Oh! ces chaînes sont trop dures: brisons-les enfin, et jouissons de cette liberté que Jésus nous a acquise au prix de son sang.

 

Colloque

 

Ah! mon Jésus, si je considère toute la grandeur de mes fautes, et le triste état auquel elles m'ont réduit, combien n'ai-je pas à craindre? Mes innombrables iniquités me paraissent autant de chaînes; mais si je tourne mes regards vers le prix de la rédemption que vous avez acquitté pour moi sur la croix, quelle douce confiance conçoit alors mon cœur, et combien est forte l'espérance appuyée sur un tel fondement! « Merità mihi spes valida in illo est », m'écrierai-je avec saint Augustin. Oui, c'est là que mon espérance sera tout entière Le poids incommensurable et l'immensité de mes péchés précipiterait mon âme dans l'abîme du désespoir, si vous ne m'excitiez pas à la confiance du pardon, ô mon divin Sauveur, si je ne vous voyais assis à la droite de votre Père céleste et offrant tous les jours voire sang pour moi misérable pécheur. Ce sang qui m'a racheté et m'a délivré tant de fois de l'enfer, j'ai confiance en lui, et je n'ai nulle crainte de mes ennemis: « Ille tuus unicus redemit me sanguine suo », dirai-je encore avec confiance : « Non, la multitude de mes péchés ne m'effraie pas, quand je pense au prix de mon salut, qui est votre sang, ô mon aimable Sauveur »,

 

Exemple

 

Sainte Catherine de Sienne, par ses douces paroles, obtint d'un jeune gentilhomme de Pérouse, nommé Nicolas, qu'il souffrît avec résignation une sentence de mort qui lui paraissait injuste. Elle lui disait : Tu iras à la mort arrosé du très-précieux sang du Fils de Dieu, et tu mourras avec le doux nom de Jésus sur les lèvres; et elle le délivra ainsi de la grande douleur et de l'épouvante qu'il avait d'être décapité, et de la crainte de ne pouvoir persévérer au dernier moment dans sa résignation. La sainte fit plus; elle voulut elle-même l'assister dans ses derniers moments, et elle le fit en effet, l'exhortant à se souvenir du sang de l'Agneau divin ; et le jeune homme ne cessait de répéter: « Mon cher Jésus, Jésus, Jésus! » C'est ainsi qu'il mourut, et lorsque la tête fut détachée du corps, Catherine, fixant les yeux au ciel, vit Jésus-Christ qui portait cette âme fortunée au royaume éternel. (Vie de la Sainte, par le P. Frigerio)

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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