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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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19 février 2019

Petit Office de Saint Joseph

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Petit Office de Saint Joseph

 

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A Matines

 

Je vous salue, Joseph, gloire des Patriarches, économe de la sainte Eglise de Dieu, à qui vous avez conservé le pain de vie et le froment des élus !

 

V. Seigneur, vous ouvrirez mes lèvres,

R. Et ma bouche annoncera vos louanges.

V. O Dieu, venez à mon aide ;

R. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.

Gloire soit au Père, au Fils, et au Saint-Esprit;

Comme elle était au commencement, comme elle est maintenant, et comme elle sera dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Hymne

 

Grand saint Joseph, fils de David, le ciel vous donna comme protecteur à cette Vierge-Mère, qui elle-même vous appelait Père de notre Seigneur Jésus-Christ.

Fidèle serviteur de Dieu, constitué chef de sa Famille chérie, je vous conjure de prendre, comme un bon père, un soin particulier de moi, votre enfant.

 

Ant. Le Seigneur l’a établi prince de sa maison et maître de son domaine.

V. Priez pour nous, bienheureux Joseph ;

R. Afin que nous soyons faits dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Assistez-nous, s’il vous plaît, Seigneur, par les mérites de l'Epoux de votre très Sainte Mère, afin que ce qu’il ne nous est pas possible d'obtenir de nous-mêmes nous soit accordé par son intercession. Ô vous qui vivez et régnez avec Dieu le Père dans l’unité du Saint-Esprit, pendant les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

V. Seigneur, écoutez ma prièrent

R. Et que mes cris s’élève jusqu’à vous.

V. Bénissons le Seigneur ;

R. Rendons grâces à Dieu.

V. Et que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix.

R. Ainsi soit-il.

 

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A Laudes

 

Je vous salue, Joseph, gloire des Patriarches, économe de la sainte Église de Dieu à qui vous avez conservé le pain de vie et le froment des élus.

 

Ô Dieu, venez à mon aide, etc.

Gloire au Père, etc.

 

Hymne

 

Je vous salue, Père nourricier du Sauveur; je vous salue, gardien du Rédempteur, Joseph, trois fois aimable.

Telle est l’excellence de votre dignité, que jamais elle ne fut conférée à un autre mortel par l‘auteur de la grâce.

 

Ant. Marie, Mère de Jésus, ayant épousé Joseph, conçut, par l'opération du Saint-Esprit.

V. Priez pour nous, etc.

 

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A Prime

Comme au Laudes, excepté :

 

Hymne

 

Lorsque vous vites la chaste Marie mère d’un enfant dont vous saviez n’être pas le père, votre cœur éprouva un sentiment d’anxiété.

 

Mais bientôt une parole du ciel suffit pour dissiper votre doute. Joseph, faites que la joie succède ainsi à toutes mes épreuves.

 

Ant. Joseph, fils de David, ne craignez point de garder Marie votre épouse, car l’enfant béni qu’elle porte est le fruit de l’Esprit-Saint.

 

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À Tierce

Comme aux Laudes, excepté :

 

Hymne

 

Dans l’étable de Bethléem où vous cherchiez un asile avec la sainte Vierge, un Dieu se fit homme et devint notre égal.

 

Intercédez pour moi auprès de ce Jésus que vous avez adoré sur la paille et qui est maintenant élevé dans les cieux.

 

Ant. Joseph, quittant Nazareth, en Galilée, se rendit à Bethléem, cité de David, dans la Judée, avec Marie son épouse.

 

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À Sexte

Comme aux Laudes, excepté :


Hymne

 

Averti par un Ange, vous trompâtes la cruauté d’Hérode, en conduisant en Egypte la Mère et son petit Enfant.

 

Par les souffrances que vous avez endurées dans cet exil, je vous en prie, venez à mon secours , lorsque les tristesses de la mort m‘accableront.

 

Ant. Levez-vous, prenez l’Enfant et sa Mère, fuyez en Egypte, et demeurez-y jusqu’à ce que je vous avertisse ; car il arrivera qu'Hérode cherchera l’Enfant pour le faire mourir.

 

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À None

Comme aux Laudes, excepté :


Hymne

 

Tandis qu’au sortir de l’Egypte vous vous disposiez à pénétrer en Galilée, vous dirigeâtes vos pas vers Nazareth, qui vous offrait un asile plus sûr.

 

 

Là, vous aimiez à introduire Jésus dans le jardin toujours fleuri de votre cœur. Faites aussi que le mien s’embellisse, pour lui plaire, et de fleurs et de fruits.

 

Ant. Joseph, se levant, prit l’Enfant et sa Mère, et vint sur les terres d’Israël, où il habita la ville de Nazareth.

 

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À Vêpres

Comme aux Laudes, excepté :

 

Hymne

 

Oh ! Quelle douleur était la vôtre, lorsque vous cherchiez Jésus à l'âge de douze ans ! Mais aussi combien lut grande votre joie, lorsque vous l’eûtes retrouvé dans le Temple !

 

Faites-moi la grâce de ne jamais perdre Jésus, la lumière de mes yeux. Que mon âme toujours pure jouisse en paix de sa douce présence.

 

Ant. Mon fils, pourquoi en avez-vous agi ainsi envers nous ? Voilà que votre père et moi nous vous cherchions tout affligés.

 

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À Complies

 

Je vous salue, Joseph, gloire des Patriarches, économe de la sainte Eglise de Dieu, à qui vous avez conservé le pain de vie et le froment des élus.

 

V. Convertissez-nous, ô Dieu, notre Sauveur ;

R. Et détournez de nous votre colère.

V. O Dieu, venez à notre aide ;

R. Seigneur, hâtez-vous de nous secourir.

Gloire au Père , etc.

 

Hymne

 

Vous rendîtes saintement l’esprit entre les mains sacrées de Jésus et de Marie ; et maintenant vous siégez près d’eux dans le ciel.

 

Oh ! prenez avec eux ma défense, lorsque la mort me citera, tout saisi d’effroi, au tribunal suprême.

 

Ant. Je dormirai en paix, et je reposerai tranquille, parce que c’est vous, Seigneur, qui m‘avez établi dans une solide . espérance.

 

V. Priez pour nous, etc.

 

Prions

 

Saint Joseph, l’office de votre dévoué client est terminé. Je vous ai adressé mes vœux et mes prières; comblez-moi, en retour, de vos bienfaits ; accordez-moi votre patronage à la fin de cette vie, et faites que je puisse couler avec vous , dans le palais du ciel, des jours éternellement heureux. Ainsi soit-il.

 

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Téléchargez le texte de l'Office de Saint Joseph (pdf) en cliquant ici

 

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19 octobre 2015

Bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska

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Bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska

Fondatrice des Soeurs missionnaires de Saint Pierre Claver

1863-1922

Fête le 6 juillet

 

« Parmi les choses divines, la plus divine, c'est de coopérer au Salut des âmes » (Devise de Marie-Thérèse Ledóchowska)

 

Née le 29 avril 1863, d'une illustre famille Polonaise, Marie-Thérèse reçut une éducation très soignée de parents pieux et bons. À l'âge de 22 ans, elle entra comme dame d'honneur à la cour de ma Grande-Duchesse de Toscane où elle fit la connaissance des Franciscaines Missionnaires de Marie. Ayant lu la conférence du Cardinal Lavigerie sur l'esclavage, Marie-Thérèse se décida de consacrer sa plume au service des missions africaines. Elle abandonna la cour, regroupa autour d'elle des âmes courageuses et pleines d'esprit de sacrifice, pour fonder, en 1894, l'Institut des Soeurs Missionnaires de Saint Pierre Claver. Afin de faire connaître les missions africaines parmi les Chrétiens, elle publia deux revues « L'écho d'Afrique » pour les adultes et « Le jeune Africain » pour la jeunesse. Ces paraissaient en 10 langues européennes. Elle publia en outre de nombreux articles, appels et opuscules, pour défendre l'idée missionnaire, et elle donna beaucoup de conférences en différentes langues et divers pays. Comme résultat de son labeur, elle put envoyer dans les missions africaines des sommes considérables, des ornements d'églises et des milliers de livres imprimés en langues africaines. Elle mourut à Rome, le 6 juillet 1922, en odeur de sainteté. Elle a été béatifiée par le Bienheureux Paul VI le 19 octobre 1975.

 

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Neuvaine pour obtenir des grâce par l'intercession de la Bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska

 

Père Eternel, qui avez envoyé sur la terre Votre Divin Fils pour sauver le monde, accordez-moi la grâce que je Vous demande aujourd'hui (mentionner la grâce) par l’intercession de la bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska, qui consuma sa vie pour le Salut des âmes.

Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, pour les siècles des siècles. Amen.

Fils Eternel, qui de la croix avez fait entendre un cri déchirant : « Sitio !, j’ai soif des âmes ! », accordez-nous la grâce que je Vous demande aujourd'hui : (Mentionner la grâce) par l'intercession de la bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska qui, durant sa vie terrestre, n’eu d’autres désirs que d'apaiser combler cette soif des âmes.

Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, pour les siècles des siècles. Amen.

Ô Esprit Saint, Esprit de Charité et d’amour, qui avez enflammé de Votre Feu Divin l’âme ardente et apostolique de Votre fidèle servante la Bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska, accordez-nous par son intercession la grâce que je Vous demandons aujourd'hui (mentionner la grâce).

Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, pour les siècles des siècles. Amen.

 

Prière

 

Dieu qui avez appelé la Bienheureuse vierge Marie-Thérèse à quitter la cour des princes afin de la faire vivre uniquement pour le Christ et pour l'Eglise qui est son corps, accordez-nous par son intercession, la grâce de dépenser au service de nos frères notre vie tout entière, vraiment animée de ton amour. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

 

Bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska, priez pour nous.

 

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Prière pour demander la canonisation de la Bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska

 

Seigneur Dieu, qui avez promis d'exalter les humbles, daignez, si telle est votre volonté, élever au rang des Saintes de votre Eglise la Bienheureuse Marie-Thérèse Ledóchowska. Multipliez vos grâces en faveur des fidèles qui vous les demandent, confiants dans les vertus de la Bienheureuse Marie-Thérèse et dans le zèle que celle-ci déployait sur terre au salut des âmes. Accordez-nous de voit bientôt l'Eglise nous la proposer comme modèle de sainteté à imiter et nous la donner comme protectrice dans nos travaux et comme soutien dans les difficultés de cette vie. Qu'elle nous aide aussi à parvenir au bonheur éternel. Amen.

 

3 Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

 

Grande était la confiance que les missionnaires avaient dans le cœur maternel de Marie-Thérèse Ledóchowska pendant sa vie terrestre ; grande aussi est celle des amis des missions de divers pays qui l'invoquent et attribuent de nombreuses grâces à son intercession.

Les personnes qui reçoivent des grâces par l'intercession de Marie-Thérèse sont priées de les signaler à l'Institut des Soeurs Missionnaires de Saint Pierre Claver

 

Via dell’Olmata 16

I-00184 ROMA (RM)

clavercasa@missionarieclaveriane.org

 

121 Rue Pierre Brossolette

F- 92140 Clamart

clavercasaclamart@sfr.fr

 

Pour plus d'informations

www.missionarieclaveriane.org

www.soeursclaveriennes.org

 

Téléchargez le texte de ces prières (pdf) en cliquant ici

16 décembre 2012

Saint Tugen et son Sanctuaire de Primelin

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Saint Tugen de Primelin

Abbé de Daoulas et Recteur de Brasparts

+ au 5e siècle

Fête le 26 janvier

 

Première partie

La vie de Saint Tugen

 

Nous ne savons que très peu de choses sur la vie de Saint Tugen, nommé aussi Tujan. Bien qu'il soit pourtant un Saint très populaire. Saint Tugen fait partie de la pléiade des Saints Bretons, locaux, qui n'ont d'autres biographies que celles des traditions et des légendes.

Les traditions disent qu'il serait né pour les uns en Angleterre, pour les autres en Basse Bretagne et qu'il était le fils d'Arastagn, seigneur de Cornouaille, qui vivait au château de Kerraouré entre Hanvec et Irvillac, devenu orphelin quand il était jeune, il se fit moine, il était le tuteur attentif de sa sœur, Sainte Brigitte qui vivait avec lui dans le monastère, il l'avait vouée à la virginité, mais la vertu de la femme est une fleur bien délicate... Le souffle même de l'homme peut en ternir l'éclat. Notre Saint, réfléchissant à ces choses, reconnut que son vœu était bien téméraire. Mais la promesse qu'il avait faite à Dieu, il voulait la tenir jusqu'au bout. Pour cela, il prit toutes les dispositions qu'il était humainement possibles. Voilà ce que fit notre saint.

Jour et nuit, il gardait près de lui sa sœur. Il ne laissait aucun homme que ce fût s'approcher d'elle, et encore moins lui parler. Lorsqu'il était obligé de quitter le monastère, il se faisait accompagner par elle. S'il rencontrait un homme, il la prenait sur ses épaules. Lorsqu'il était fatigué, il s'asseyait et ne laissait la jeune fille s'écarter qu'après s'être assuré qu'il n'y avait aucun homme dans les alentours. Pour ce faire, il frappait de son bâton dans les broussailles et jetait des pierres par dessus les fossés. Si un oiseau s'envolait d'un champ, il permettait à sa sœur d'y aller, persuadé que là où se tenait un oiseau, ne pouvait se trouver un homme.

Cependant la sœur du Saint était belle. Un jeune homme des environs la vit passer avec son frère et tomba amoureux et décida de la rencontrer. Ne pouvant lui parler tant le Saint était sur ses gardes, le jeune homme usa de ruse. Connaissant la manière de procéder du Saint, il captura deux grives, les mit en cage, et alla se cacher sur le passage de Saint Tugen et de sa sœur, à l'endroit où ils avaient l'habitude de s'asseoir. Arrivés en ce lieu, le Saint s'arrête et lance des pierres autour de lui. A la première qui tomba dans son champ, le jeune homme libère les grives qui s'envolent et le Saint permit à sa sœur de s'éloigner. Aussitôt le jeune homme s'avança vers Brigitte et se mit à lui parler. Aux premières paroles qu'il prononça, notre Saint, surpris d'entendre une voix étrangère, s'élança sur le fossé et, voyant que toutes ses préoccupations avaient été inutiles, s'écria dans un transport de sainte colère : « Mieux vaut commander une bande de chiens enragés que garder une seule femme ! » Il entendit alors la voix de Dieu, qui lui répondit : « Ta sœur est plus sage que toi, laisse-la ici et, puisque tu le dis si facile, pars en Bretagne Armorique protéger les Bretons des crocs redoutables des chiens enragés ! »

Tugen, contrit, laissa sœur, traversa la mer, puis la pointe de Bretagne, et vint se fixer sur un territoire déjà évangélisé par Saint Primel et vivant en ermite pieux, sage et savant et faisant pénitence. Saint Pol de Léon vieillissant lui demande de remplacer son neveu, Saint Jaoua, qui voulait en faire son successeur comme Abbé de Daoulas et recteur de Brasparts. C'est à ce titre que le Pape lui octroya une clé contenant un peu de la limaille des fers de Saint Pierre et Saint Paul. Plus tard, Saint Tugen deviendra le Saint Patron de la Paroisse de Brasparts. Voilà tout ce que nous savons actuellement, sur la vie de Saint Tugen.

Après sa mort en odeur de sainteté, les paroissiens de Primelin demandèrent des reliques et ils reçurent un poinçon de fer, sans doute le tau abbatial, qu'ils placèrent dans un étui en forme de clé, et ils bâtirent sur l'emplacement de l'ermitage une chapelle, puis une vaste église. Depuis des temps immémoriaux, ils fabriquent aussi des petites clés en plomb bénies le jour du pardon, le dimanche suivant la Fête de Saint Jean Baptiste, qui sont le signes d'une grande dévotion pour Saint Tugen, et sont considérées comme de précieuses reliques, clés que l'on peut toujours se procurer en la chapelle de Primelin.

Saint Tugen est traditionnellement représenté en abbé mitré, avec la crosse abbatiale dans la main droite, et dans la main gauche repliée, repose un livre ouvert et à ses pieds un chien la gueule béante, avec un pèlerin agenouillant tenant un chapelet dans les mains. A Primelin, sur sa statue statue, se trouve une longue clef pendant du côté droit. Saint Tugen est tout naturellement invoqué pour se prémunie ou guérir de la rage, à l'instar de Saint Hubert, mais aussi contre les rages des dents.

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Deuxième partie

Les clés et le culte de Saint Tugen

 

Saint Tugen, comme Saint Hubert, a pour attribut de son pouvoir, la clé. Sur la foi des guides, beaucoup de pèlerins prennent pour la clé du saint la grosse clé de la porte de son église. Ils en font souvent des croquis. La véritable clé du Saint, la clé miraculeuse, se trouve au presbytère de Primelin. Elle a plutôt la forme d'un poinçon. Elle est conservée dans un reliquaire en argent de la forme d'une vraie clé. D'où vient, à notre saint, cet attribut de son pouvoir ? Les légendes répondent encore à cette question. D'après l'une la clé a été apportée du Ciel par un Ange : « An alc'hue-ma, Christenien, a so digacet da Sankt Ugen. Gant un ael ar firmamant par voa e peden ar sant » (« Cette clé, chrétiens, a été apportée à Saint Tugen par un ange du firmament, quand le saint était en prière »). Cette légende a été introduite par guerz ancien, ce guerz est exotique ; nous ne nous y arrêterons pas. Une autre légende, toute locale, donne une autre explication. Elle se rapporte à la construction même de la chapelle.

L'église de Saint Tugen a été, dit cette légende, construite par les Anglais. Ceux-ci avaient parmi eux, un architecte émérite qui avait taillé et disposé, par terre, toutes les pierres du monument, avant d'en commencer les fondations. Lorsqu'ils se mirent à bâtir, ils s'aperçurent que le sol était mou du côté sud, et le monument penchait. Alors que faire pour le redresser et ne pas perdre une seule des pierres taillées par leur grand architecte ? C'était bien simple : au lieu de mettre un clocher sur la tour, ils le mirent à côté. C'est pourquoi l'église de Saint Tugen, accolé à sa tour massive, possède un léger contrefort figurant une flèche hexagonale. Cette flèche bien proportionnée avec le reste du monument, ferait un digne couronnement de l'édifice.

Lorsque les Anglais furent chassés du pays, ne pouvant emporter leur église dont ils étaient si fiers, ils en enlevèrent du moins la clé. En traversant la baie du Cabestan, la clé tomba à la mer. Tout le monde, dans le Cap, ignorait ce fait, lorsqu'un jour on prit un lieu de grande taille. Le pécheur qui l'avait pris se sentait attiré, malgré lui, vers l'église de Saint Tugen. Après avoir ouvert son poisson, il trouva dans son ventre une clé toute rouillée. Frappé d'inspiration, il présenta cette clé devant la porte de l'église. La clé entra toute seule dans la serrure. Miracle ! Criait-on, c'était la clé du Saint qui ne voulait pas que son culte disparût du pays. On fit alors, de la clé, l'emblème de la puissance de Saint Tugen et son église où le miracle eût lieu fut appelée « Ilis Sankt Ugen an Alfe ».

 

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Usages de la clé

 

Dans beaucoup de chapelles dédiées à Saint Hubert, il est d'usage d'appliquer la clé du Saint, chauffée au feu, sur les morsures faites par des chiens enragés. Ce sont ordinairement les maréchaux qui sont chargés de cette opération. A Saint Tugen, bien que la clé, en forme de poinçon aigu, soit plus appropriée que celle de Saint Hubert, pour une cautérisation profonde, nous n'avons rien trouvé qui indiquât une pratique semblable. Il est vrai que notre Saint ne passe pas pour guérir la rage, mais plus pour la prévenir.

La clé du Saint servait beaucoup autrefois à piquer de petits pains, de la longueur de la main, que l'on vendait le jour du pardon. Ces pains, ainsi bénis, se conservaient indéfiniment sans moisir. On les appelait « Bara an Alve ». Ils avaient la propriété de guérir la rage des dents. Cet usage est presque tombé en désuétude. Aujourd'hui, pour guérir les maux de dents, il faut, par soi-même ou par tierce, balayer la chapelle ou vider la fontaine du Saint. Cette pratique est très usitée.

Mais le principal emploi de la clé du Saint est de bénir par attouchement les petites clés en plomb, dites « Clés de Saint Tugen ». Des marchands de Pont Croix et d'Audierne les fabriquent et viennent les vendre, sur la place, le jour du pardon. Ces clés portent, de côté et d'autre du panneton : S.T. Bénies, elles préservent des chiens enragés.

 

Traditions de la rage

 

Dans toute l'étendue du Pays que Dieu lui a donnée a garder, le Saint oblige tous les chiens enragés à accourir vers son église avant de:mourir – alors que Saint Hubert, au contraire, passe pour éloigner les bêtes enragées des lieux de cultes où il est honoré – les chiens ont a rendre compte à Saint Tugen de leur conduite, afin que le Saint prévienne le mal qu'ils auraient pu occasionner. Les chiens, pour se soustraire à cette force surnaturelle qui les attire dans une même direction, vont, viennent, écumant, exerçant leur colère et leur rage sur tout ce qu'ils trouvent. Malheur à qui les rencontre dans cet état, s'il n'est porteur de la petite clé bénie, emblème du pouvoir du Saint. Vite, il faut jeter la clé devant l'animal. Le chien enragé s'accroupit dessus, la broie entre les dents et donne le temps de se sauver. C'est ainsi que la clé du Saint préserve des chiens enragés. On ne cite aucun exemple du contraire. Mais le pouvoir du Saint ne s'arrête pas là, il prévient aussi, après la morsure, la rage non déclarée.

Les chiens mentent à Saint Tugen, le plus qu'ils peuvent, cherchant à cacher leurs méfaits pour éviter le châtiment qu'ils ont mérité. Vite, il faut les devancer, pour avertir soi-même le Saint. Tout homme mordu doit courir immédiatement à la Chapelle, en invoquant Saint Tugen. Pas de temps à perdre ! Sitôt arrivé, faire trois fois le tour de la fontaine et regarder au fond de l'eau. Si l'eau reflète la figure de l'homme, rien à craindre ! Le chien n'est pas encore venu ; le Saint a entendu la prière et exercé son pouvoir. Au contraire, si l'eau reproduit l'image d'un chien, c'est que l'animal a déjà passé et caché ce qu'il a fait. Saint Tugen n'a pu prévenir le mal et la patient tombe en rage à l'instant.

D'après la tradition, les gens atteints de la rage étaient enfermés dans la « Prison du Saint ». C'est une chambre obscure, aux étroites fenêtres, sans air, ni soleil, aux murs nus, suintant l'humidité, à gauche du grand portail. On y mettait les personnes enragées pour y attendre la mort. Entre leurs accès de rage et de désespoir, elles priaient le Saint d'intercéder pour adoucir leurs derniers moments. Des prières publiques se faisaient en même temps dans la chapelle. Elles étaient souvent interrompues par les vociférations de ces malheureux.

La tradition parle encore d'une coutume plus barbare. Ces misérables, liés sur la place du village, recevaient le Saint Viatique, qu'on leur proposait, au bout d'une latte. Puis lorsque les spasmes répétés du mal les avaient rendus conscients de leurs actes, on les étouffait entre deux couettes de balles surchargées de corps lourds. Cet usage nous a été confirmé par le récit de plusieurs faits qui semblent tous avérés. Il a encore été pratiqué au début du 19e siècle dans une famille de Goulien. C'était les gens de Saint Tugen, les parents même parfois, qui se chargeaient de cette lugubre exécution. Ils étaient mus par un sentiment de piété, allié à une sorte d'instinct de défense personnelle. Là ou le Saint, pourtant si puissant, ne pouvait plus rien, ils croyaient faire œuvre pie en mettant eux-mêmes un terme aux souffrances des malheureux qui étaient susceptibles de communiquer leur mal.

D'après les croyances, la rage se déclare dans l'espace de neuf lunaisons, no laoriad, à partir du jour de la morsure. Nous n'avons trouvé, nulle part, trace de l'emploi des remèdes spécifiques de la rage, en même temps que l'invocation à Saint Tugen.

 

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Un chien enragé à Saint Tugen

 

Voici un article qu'on ne lira pas sans intérêt. Il a cependant été produit par trois journaux de la région de Primelin, en octobre 1919 :

Dans la journée du 13 octobre de ce mois (1919), un lundi, et dans la nuit suivante, un chien enragé, venu de Guilers, a causé de grands ravages à Primelin, aux villages de Castel, Kerdugazel, Landisquenna, Kerrounou... Mordant un mouton, une dizaine de chiens, qu'il a fallu tuer, décapitant une oie. Le lundi matin, vers huit heures, il allait entrer dans la cour du village de Saint Tugen, sans doute pour faire la visite de règle, que tout chien enragé doit faire à la fontaine du Saint, quand les enfants, allant à l'école, l'ont chassé à coups de pierres. Mais le lendemain matin, encore vers huit heures, on le trouvait couché près d'un tas de paille, dans un petit champ, à l'extrémité sud du village. Quand on l'a aperçu, et qu'on a voulu le chasser, il pouvait choisir entre sept routes, soit pour s'éloigner du village, soit pour en sortir, une fois entré. Il choisit la plus longue, traverse le milieu du village, au petit trot, sur trois pattes, traînant l'autre au vu de tout le monde, et passe devant la fontaine. Quelques pas plus loin, il passe tout à côté de deux porcs, d'un chien et d'un homme, les regarder et quitte le village. A un quart de lieue de là, il mordait encore un chien.

 

Préservation des maux de dents par la dévotion à Saint Tugen

 

En général, les personnes guéries, même à Lourdes, ne vont point obligatoirement au bureau de constatations. A Saint Tugen, le bureau n'existe pas ; mais nous avons appris d'une personne digne de foi qu'elle avait été guérie par la mandication des petits pains, dont nous avons parlé précédemment, petits pains qu'elle avait conservé plus de 4 ans, sans moisissure. Mais ce qui ne paraît pas rare, c'est la guérison qu'obtiennent les personnes qui viennent à cette fin, balayer l'église du Saint, ou qui la font balayer par d'autres à leur place. Cet usage date de temps immémoriaux, et a la croyance de toute la contrée. J'ai à ce sujet, le témoignage de plusieurs personnes, absolument dignes de foi, qui m'ont affirmé, même devant leur famille, avoir été guéries. Un touriste s'en étonnait un jour, et me demandait, avec une pointe de malice, s'il n'y avait pas de dentiste dans le pays. On lui répondit : le dentiste guérit, il est vrai, mes en arrachant violemment les dents, et en se faisant payer cher... Saint Tugen guérit en vous les conservant, pour un simple balayage de son église... Lequel vaut mieux ? Ici comme dans l'Evangile, la Foi est nécessaire... « Si potes credere... » « Si vous pouvez croire... » (Saint Marc 9, 22).

 

Culte du Saint

 

Le culte de Saint Tugen, à Primelin, est très ancien. L'église actuelle, partie ogivale, partie renaissance, des 15e et 16e siècles, n'est que la chapelle des anciens Seigneurs de Ménez-Lézurec. L'un d'eux est inhumé dans une crypte sous le maître autel. Sur la porte de la Prison du Saint se trouve l'inscription : « Masson, 1593 ». Certaines parties, reconstruites, portent des dates bien plus récentes. Mais avant cette église, existait un autre monument indiqué par les soubassements nord de la chapelle, et par les cordons de petites pierres de la partie est. Cet ancien édifice devait être sous le même vocable.

Le pardon a lieu le dimanche qui précède la Saint Jean. Il commence la veille au matin. C'est un lieu de pèlerinage très fréquenté. Un guerz ancien dit que l'on y venait de toute la Bretagne. Nous y avons remarqué, tous les ans, surtout les costumes de Fouesnant, Coray, Châteaulin et quelques uns du Morbihan. Autrefois, ceux-ci étaient plus nombreux. On peut évaluer à plus de 12 000 le nombre de personnes (Cela en 1891) qui défilent chaque année devant la chapelle. Le nombre des pèlerins augmente les années où l'on a signalé des chiens enragés.

Souvent des rivalités existaient entre ces étrangers. Des luttes s'engageaient pour établir la prédominance de chaque pays. Il a même été d'usage que chaque paroisse y amenât ses lutteurs attitrés. Les luttes étaient mises sous la protection du Saint qui passe également pour modérer la rage des combattants. Plusieurs fois on l'a vu paraître au milieu des combats, étendant sa crosse entre les deux armées. Plus souvent encore, au milieu des troupeaux menacés par des chiens enragés. Alors, il est accompagné d'une bande de chiens écumants de rage, qu'il mène avec son bâton, comme un troupeau de moutons.

Sa puissance se manifeste surtout à l'approche de sa fête. Quelques jours avant le pardon, la cloche de son église change de son. Elle change plus gai. De jour en jour, son carillon devient plus clair, plus joyeux, si bien que l'on répète, en manière de dicton : « Bravaed a ra son clonc'h Sankt Tugoa, tostaad a ra ar pardon », « Le son de la cloche de Saint Tugen devient plus beau, son pardon approche ». La cloche annonce l'arrivée du Saint. Le jour de sa fête le vent souffle toujours du nord-ouest, c'est à dire d'Angleterre. En commémoration de sa venue dans le Cap Sizun, le Saint monte sur sa barque, et, poussé par ce vent, vient, chaque année, assister à la procession de son pardon.

Saint Tugen est en grande vénération dans tout le Cap Sizun. C'est le Saint le plus populaire de la contrée. Ses actions merveilleuses, ses miracles, ses apparitions, se racontent à toutes les veillées. Son nom se prononce avec le plus grand respect, et presque toujours ainsi : « Aotrou Sankt Tugen beniguet ! » « Saint Tugen le béni ».

 

Bibliographie et Sources : « Notice de H. Le Carguet, du 29 juillet 1891, dans le tome XVIII, du bulletin de la société archéologique du Finistère » consultable sur le site internet (http://www.capsizun.com), dont ce texte est largement inspiré, ainsi que « Saint Tugen et son église » de l'Abbé Velly, Brest, Imprimerie de la Presse Libérale, 1922. Ainsi que le site http://www.forum-breton.com sur lequel l'on trouve des pages remarquables sur la chapelle de Saint Tugen.

 

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Prière à Saint Tugen

 

O très glorieux Saint Tugen, par la gloire dont Dieu vous à comblé, Il nous fait a fait voir combien Il est admirable dans Ses saints, puisque depuis tant de siècles Il ne cesse de renouveler tous les jours, dans votre sanctuaire de Primelin, cette merveille singulière, de préserver du mal et de la rage tous ceux qui ont recourt à vous par l'usage des clés bénies en votre honneur. Ce même Dieu, a permis que nous nous retrouvions en besoin de votre intercession. Nous serions en danger de périr misérablement, si vous nous refusiez votre protection dans le danger dans lequel nous nous trouvons. Mais, à la vue des innombrables grâces vous avez déjà eu la bonté d'accorder à un si grand nombre de personnes, que cela nous donne une certaine confiance de ne pas nous la voir refuser. C'est pourquoi, nous vous supplions, ô notre très cher Saint patron, de nous obtenir les grâces dont nous avons besoin, auprès de la Miséricorde Divine, et de nous obtenir la grâce de nous approcher Sacrements avec les dispositions requises, de toujours nous préserver de la rage du péché, et de nous obtenir une parfaite santé de l'âme et du corps. Nous nous proposons fermement de vous témoigner de notre gratitude et de notre reconnaissance toute notre vie durant, et de vous regarder désormais comme mon Avocat particulier, et comme notre puissant auprès du Dieu trois fois Saint, afin que nous vivions de façon à ce que nous puissions parvenir un jour parvenir à l'état de félicité dans lequel vous vous trouvez, afin de louerons Dieu pendant toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

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31 août 2015

Le Bienheureux Benoît Daswa

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Le Serviteur de Dieu Benoît Daswa

1946-1990

 

Qui était Benoît Daswa?

 

Tshimangadzo Samuel Daswa, fils premier-né de Tshililo Petrus Daswa (Bakali) et de Thidziambi Ida Daswa (Gundula), est né le 16 Juin 1946 dans le Village Mbahe, situé à 30 kilomètres de la ville principale Thohoyandou de l'ancien Homeland Venda, dans la Province du Limpopo, en Afrique du Sud, dans le diocèse de Tzaneen. La famille Daswa appartenait à la tribu d'Afrique noire appelée « Lemba » ou « Juifs noirs ». Leur nom de clan était Bakali. Ils suivaient les traditions sémitiques, comme des restrictions alimentaires semblables au casher, les rites de circoncision, des règles strictes qui étaient contre les mariages mixtes et antisémites. Ces croyances et ces pratiques ont été transmises aux enfants. Les parents de Samuel étaient assidus au travail, entreprenant et reconnus pour leur hospitalité et leur gentillesse. Samuel Daswa avait trois frères et une sœur: Thanyani Mackson. Muvhulawa Calson, Thinavhuyo Mavis et Humbulani Innocent. Comme était commun, il était un garçon de troupeau avant d'aller à l'école. De marcher dans le jardin de son père, il a développé un grand amour de travail de la terre et de la culture des légumes.

 

Influences dans son enfance

 

Son enseignement primaire commence à l'école primaire Vondwe en 1957. Plus tard, il a été à l'école primaire Mbahe, l'école primaire Tshikonelo à Ha-Matsheka et à l'Armée du Salut, à l'école William Eddie dans le village de Tshidimbini. Il a complété ses études secondaires au Lycée Mphaphuli. Après la mort accidentelle de son père, Samuel a pris la responsabilité du soin de ses jeunes frères et sœurs. Quand il a rejoint la main d'oeuvre, il a aidé à payer pour leur éducation et les encourageait continuellement à étudier. Pendant les vacances scolaires, il restait chez un oncle à Johannesburg où il travaillait a temps partiel. À cette époque, il s'est lié d'amitié avec un jeune homme blanc qui était catholique. Plusieurs de ses camarades qui étaient Shangaan étaient également catholiques. Après son retour à Mbahe, Samuel a rejoint un groupe de catholiques qui se rencontraient sous un figuier pour obtenir des instructions sur la Foi Catholique. Le catéchiste était Benoît Risimati. Il a servait à l'Office du dimanche et assistait le prêtre qui venait de Louis Trichardt une fois par mois pour célébrer la Messe. Il avait une forte influence sur Samuel. Après la mort de sa femme, Benoît Risimati a été ordonné Prêtre.

 

Comme un jeune adulte

 

Après deux ans d'instruction Samuel a été baptisé le 21 Avril 1963 par le Frère Augustin O'Brien, MSC, à Mafenya, en la Paroisse de Sibasa. Lors de la retraite prêchée avant son baptême, il a choisi « Benoît comme nom, car il fut inspiré par la devise bénédictine « Ora et labora » « Prie et travaille ». Trois mois plus tard, il a été confirmé par L'évêque-abbé Clemens van Hoek, OSB, à Sibasa. Benoît a fréquenté l'Institut de formation Vendaland, où il a obtenu un certificat d'enseignement primaire. Sa première nomination fut à l'école primaire Tshilivho au village de Ha-Dumasi. Pendant ce temps, il a étudié pour obtenir le certificat d'inscription par correspondance. Benoît a continué à s'impliquer dans l'Église en aidant les catéchistes et le prêtre. Il avait un intérêt particulier pour les jeunes, en prenant des groupes de garçons et de filles loin pour le week-end pendant lequel il leur enseignait les techniques traditionnelles.

 

La fidélité à sa foi catholique

 

L'une de ses initiatives visant à aider les jeunes, fut, en 1976, la formation d'une équipe de football appelé les « Onze Ordinateurs Mbahe ». Après le succès initial, l'équipe commença à perdre des matchs et il fut proposé que l'on aille consulter un Sangoma, pour obtenir un « Muti », afin d'améliorer les performances de l'équipe. Benoît s'est prononça fermement contre cette proposition. Il fut dépassé. Incapable de concilier l'utilisation de la sorcellerie avec sa foi, il choisi de quitter le club et forma une autre équipe de football, les « Rebelles de la Liberté Mbahe » avec certains joueurs qui l'avaient soutenu. Sa décision fut le début d'une campagne de haine et de jalousie à son égard menées par certaines personnes.

En 1977, il est nommé directeur de l'école primaire Nweli, poste qu'il a occupé jusqu'à sa mort. Il fut considéré comme une personne d'influence. De par sa maison de briques, sa voiture, sa télévision, son téléphone et son verger prospère, considérés comme des signes de prospérité et il a regardé avec envie par ses adversaires. Son ennemi particulier fut un de ses compatriotes directeur principal. En 1980, Benoît et Shadi Eveline Monyai, luthérienne reçue dans la pleine communion avec l'Église catholique, sont mariés par le père. Patrick O'Connor, MSC La famille se compose de huit enfants, le dernier étant né quatre mois après la mort de Benoît. Comme mari et père Benoît a été exemplaire. Il estimait qu'en aidant sa femme dans les tâches ménagères et le soin des enfants faisait partie de son engagement matrimonial. La famille priait ensemble chaque soir et assistait chaque dimanche à la célébration liturgique. Benoît lui-même s'est donné sans relâche pour la communauté catholique. Il a travaillé avec les jeunes, dirigé le service dominical quand un prêtre n'était pas disponible et réalisé de nombreuses œuvres de miséricorde. Il était un homme de prière et s'est engagé à partager sa Foi avec les autres.

 

L'engagement de l'Eglise

 

La construction de la première église Catholique dans la région, à Nweli, était un projet cher à son cœur. Il a travaillé sans relâche sur le projet encourageant les autres à en faire de même. Les produits de son jardin étaient donnée aux nécessiteux. Ceux qui avaient besoin de transport pouvaient compter sur son aide à tout moment. Dans la population, généralement Benoît était très respecté. Il était secrétaire du conseil du chef de village et confident du chef. Aux fonctions sociales, il était un maître de cérémonies populaires. Il était reconnu pour son honnêteté, sa sincérité et son intégrité absolue. Il disait ce qu'il pensait et n'était pas été influencé par l'opinion populaire. Comme principal, il était un leader honnête et courageux. Il a encouragé, soutenu et défié son personnel. Le bien-être des élèves était sa première préoccupation. En cas d'absence, il rendait visite à la famille pour voir s'il pourrait être utile. Il invitait les étudiants qui étaient incapables de payer les frais scolaires à travailler dans son jardin pour fournir les fonds nécessaires.

 

Le prix d'être chrétien

 

En Novembre 1989, de fortes pluies et des coups foudre s'abattirent fréquemment dans la région de Venda. Cela ne fut pas considéré comme un phénomène naturel. Certains membres de la communauté furent très inquiets quant à savoir qui en était responsable. Au début de l'année 1990, après une forte pluie, le jeudi 25 Janvier, il eu plusieurs coups de foudre dans la région. Le Chef, son conseil et la communauté se réunirent pour discuter de leurs préoccupations. Il fut convenu qu'un guérisseur traditionnel serait consultés pour identifier la sorcière qui était responsable des incendies. A cet effet, une contribution de R5 par personne fut convenue.

Benoît arriva après que la décision fut prise. Son explication que la foudre est un phénomène naturel fut accueillie avec scepticisme. On lui fit valoir les anciennes habitudes et qu'il fallait blâmer les sorcières provoquant les coups de foudre. Lorsque la décision fut maintenue, Benoît refusa de payer la contribution R5. Il fit valoir que sa Foi catholique l'empêchait de prendre part à tout ce qui touche à la sorcellerie. Beaucoup dans la communauté l'ont vu comme minimisant les croyances traditionnelles et ont conspiré pour se débarrasser de lui parce, que pour eux, il était une pierre d'achoppement à cause de sa Foi Catholique et sa position constante contre la sorcellerie.

Le 2 Février 1990, Benoît a conduit sa sœur et son enfant malade chez le médecin à Thohoyandou. En route, il a ramassé un homme qui a demandait son aide pour prendre un sac de farine de maïs à son domicile dans un village à côté de Mbahe. Autour de 19h30, Benoît retourné à Mbahe. Après avoir quitté sa sœur et l'enfant à proximité de leur maison, il dit à sa fille qu'il allait revenir après avoir pris son autre passager et son sac de farine de maïs au village suivant.

De retour chez lui, Benoît fut bloqué par des troncs d'arbres disposés à travers la route. Quand il mit pied à terre, une foule de jeunes et d'adultes venus de derrière les arbres commencèrent à lui lancer de grosses pierres. Saignant et blessé, il quitta la voiture et couru à travers un terrain de football, espérant l'aide de rondavels à proximité (huttes rondes) l'un étant un Shebeen. Il a couru dans une cuisine rondavel pour se cacher. Lorsque la foule arriva, ils ordonnèrent à la femme propriétaire du rondavel de dire ou Benoît se cachait, menaçant de la tuer si elle ne le faisait pas.

En entendant leurs menaces, Benoît est sorti. Il leur demanda pourquoi ils voulaient le tuer. Lorsque Benoît vit un homme de la foule qui venait vers lui avec une arme, une knobkerrie, il dit cette prière: « Mon Dieu, en vos mains je remets mon esprit », ensuite, fut porté un coup fatal à partir de la knobkerrie qui lui fracassa le crâne. Ensuite, de l'eau bouillante lui fut versée sur la tête. La femme, qui était propriétaire de la rondavel, coururent dire à Mackson, le frère de Benoît, ce qui s'était passé. Après avoir appelé la police, il est resté près corps de Benoît pendant la nuit. La police vint et après avoir examiné la scène du crime, les policiers restèrent dans leur voiture pendant la nuit en raison de la violence généralisée et embrasements dans la région. Le lendemain matin, un photographe de la police et médecin légiste arrivèrent et une enquête commença. Un certain nombre de personnes furent été arrêtées pour l'assassinat brutale de Benoît. Lorsque l'affaire vint à la cour, elle fut rejeté par manque de preuves.

La Messe des Funérailles chrétiennes eu lieu le samedi 10 Février 1990. La procession commença à la maison de Benoît, en Mbahe pour aller ensuite à l'église de Nweli. La Messe fut concélébrée par plusieurs prêtres et le célébrant principal fut le Père. John Finn, MSC, curé de la paroisse de Thohoyandou/Sibasa. D'un commun accord, tous portèrent des vêtements de couleur rouge, afin de manifester leur conviction que Benoît est mort pour sa Foi et que c'était sa position contre la sorcellerie qui avait provoqué sa mort. Une foule nombreuse a suivi le cercueil au cimetière Mbahe. La Mère de Benoît, Ida Daswa, était devenue Catholique quelque temps avant la mort de son fils. Elle a économisé sur sa pension pour acheter une pierre tombale pour la tombe. Elle fut dévoilée lors d'une cérémonie spéciale, incluant la messe, le 26 Novembre 2000, et en présence d'un grand nombre de personnes de la paroisse de Sibasa. Jusqu'en 2005, la communauté catholique se rassemblait le dimanche le plus proche de Toussaint prier sur la tombe de Benoît. Depuis le début de l'enquête préliminaire de la cause de sa béatification, la communauté catholique du district Nweli tiens à le rappeler le jour de sa mort, le 2 Février, car ils le considèrent comme un témoin courageux de la Foi.

 

Un Saint pour l'Afrique du Sud?

 

Le Jeudi 2 Juillet 2009, un événement historique a eu lieu à Tzaneen, l'enquête diocésaine sur la vie et la mort du Serviteur de Dieu Benoît Daswa a été conclue. Les documents finaux, adressés à Mgr Angelo Amato SDB, Préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, ont été signés par le MSC évêque Slattery Hugues, évêque de Tzaneen, Soeur Sally Duigan NDSC, fille de Notre-Dame du Sacré-Cœur et chancelière du diocèse, frère André Bohas MSC, postulateur de la cause et le père Eddie O'Neill SDB, Promoteur de la Justice. Ces documents se composent de plus de 850 pages de témoignages de témoins dignes de foi sur la vie et la mort du Serviteur de Dieu. La copie originale, qui a été d'abord scellée, reste dans les archives du diocèse de Tzaneen. La copie de la transcription et la copie publique ont ensuite été scellés et doivent être envoyés à la Congrégation pour les Causes des Saints, à Rome, par le biais du Nonce apostolique, Mgr Green. Cela met fin à un processus qui a commencé cinq ans plus tôt il, et est la première cause d'un natif d'Afrique du Sud catholique à être proposé en Béatification et en Canonisation. La transcription et les copies publiques demeurent scellés jusqu'à ce que la Congrégation pour les Causes des Saints approuve et nomme un postulateur romain pour passer à la phase suivante du processus. Les informations sur le Serviteur de Dieu et sur la cause peuvent maintenant être porté à la connaissance du public.

 

Nouveaux développements

 

Le diocèse de Tzaneen est en train de finaliser la Positio, qui est une somme de documents relatifs à tous les aspects de la Cause. Un nombre suffisant d'exemplaires seront publiés pour les membres de la Congrégation pour les Causes des Saints. Une copie, appelée la « Copia Publica », sera conservé dans les archives du diocèse. Ce travail est effectué par un prêtre, le Père Lucio de Stefano, MSC, qui réside à Rome. Il travaille sur la Positio sous la direction du sous le Fr Kijas, OFM Conv, de la Congrégation pour les Causes des Saints. Une fois cela fait les prochaines étapes seront les suivantes: 1. La Positio est présentée à la Congrégation pour les Causes des Saints. 2. Un groupe de théologiens examine les preuves et la documentation. Si elle passe en majorité, elle va aux prélats de la Congrégation. 3. Si les prélats de la Congrégation approuvent, le préfet de la Congrégation publie le « Decretum Martyrio Super » du Serviteur de Dieu, et autorise que la personne soit appelé Vénérable. 4. Le Préfet de la Congrégation présentera ensuite la cause du pape pour que le pape décide si le martyr vénéré soit béatifié ou non. 5. Enfin, le pape déclare la béatification pendant une messe spéciale en l'honneur du nouveau acclamé « Bienheureux Martyr ». Le processus dans la Congrégation peut être très lent, mais nous avons un avantage, car un miracle n'est pas requis pour la béatification d'un Martyr. Dès que son martyre est approuvé par la Congrégation, alors la porte est ouverte par le pape pour le déclarer un martyr et pour la béatification.

Suite à un décret du Pape François, reconnaissant le martyre du Serviteur de Dieu Benedict Daswa a été béatifié le 13 septembre 2015 en Afrique du sud.

 

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 Prière pour la béatification du Serviteur de Dieu Benoît Daswa

 

O Sainte Trinité, je crois que Vous demeurez en moi par mon baptême. Je Vous aime, je Vous loue et je vous adore. Je Vous rends grâce pour Votre Serviteur, Benoît, que Vous avez choisi pour qu'il témoigne jusqu'à la mort pour sa Foi en Jésus-Christ, mon Sauveur et mon Seigneur.

Père Tout-Puissant, Vous avez rempli le cœur de Votre Serviteur, Benoît, de beaucoup d'amour et de zèle pour l'avènement de Votre Royaume. Vous lui avez donné le courage et la force de défendre sa foi sans crainte, ni peur de la mort. Amour de Dieu, gardez-moi libre de toutes œuvres des ténèbres. Protègez-moi contre les mauvais esprits et les puissances du mal. Faites de moi un véritable apôtre de la vie, dans ma famille et dans la société. Que Votre lumière, Seigneur, brille sur moi et par moi.

Seigneur Jésus, par l'intercession de votre serviteur, Benoît, je Vous demande de pouvoir suivre son exemple d'être toujours prêt à pardonner dans un esprit chrétien. Vous savez tout sur mes problèmes, mes soucis et mes craintes lorsque je regarde vers l'avenir. Je tire de la force et du courage dans la vie de Votre Serviteur, Benoît. Je viens à Vous maintenant, Seigneur, et par son intercession, je demande les faveurs très spéciales (...) si elles sont conformes à Votre Volonté. Aidez-moi à toujours suivre le bon exemple de Benoît. Par la prière quotidienne et l'assiduité à l'église, Aidez-moi à Vous aimer, Seigneur, au-dessus de toutes choses et pour aimer les autres comme Vous m'aimez. Amen.

 

Prière pour obtenir des grâces par l’intercession du Serviteur de Dieu

Tshimangadzo Samuel Benedict Daswa

 

O Très Sainte Trinité, tu as rempli le cœur de ton Serviteur Benedict d’un grand amour et de zèle pour construire ton Royaume. Tu lui as donné le courage et la force de défendre sa foi sans peur et de témoigner jusqu’à la mort.

Dieu très aimant, fais que comme Benedict je proclame toujours la vérité de l’Evangile par le témoignage de ma vie. Préserve-moi de toutes les œuvres des ténèbres. Protège-moi des esprits mauvais et de toutes les forces du Mal. Fais de moi un vrai Apôtre de la vie dans ma famille et dans la société.

Père, par son intercession et selon ta volonté, accorde-moi la grâce que je te demande (…). De la vie de ton Serviteur Benedict, je puise force et courage et j’espère qu’il sera proposé à la vénération des fidèles et comme modèle de sainteté. Par le Christ notre Seigneur. Amen.

 

Avec l’approbation ecclésiastique, 

24 août 2013

+Joao Noé Rodrigues, Evêque de Tzaneen

(South Africa)

Veuillez s’il vous plaît envoyer toute information concernant les grâces et faveurs reçues par l’intercession du Serviteur de Dieu, Tshimangadzo Samuel Benedict Daswa à:

Diocese of Tzaneen,

Cause of Benedict Daswa,

P. O. Box 261,

Tzaneen  0850, RSA.

Mail: bendaswa@mweb.co.za

Renseignements :

 

benedictdaswa.org.za

www.daswabeatification.org.za

 

benedictdaswa

Article publié en 2012, dernière mise à jour de la page: le 31 août 2015

15 novembre 2012

Prière du "Me Voici"

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Saint Michel Garicoïts

Fondateur des Pères du Sacré Coeur de Betharram et restaurateur du Sanctuaire de N.D. de Betharram

1797-1863

 

Prière du « Me Voici »

 

O Marie, nous voici! Recevez-nous et présentez-nous à Votre Divin Fils. Je Vous salue Marie...

O Jésus, nous voici! Recevez-nous des mains de Votre Sainte Mère et présentez-nous à Votre Père. Ame du Christ, sanctifiez-moi...

O Père Eternel, nous voici! Recevez-nous des mains de Votre Fils Bien-aimé. Nous nous abandonnons à Votre Amour. Oui, mon Dieu, nous voici sans réserve, maintenant et à jamais sous la conduite de Votre Esprit Saint et de nos supérieurs. Sous la protection de Jésus et de Marie, de nos Bon Anges et de nos Saints patrons. Notre Père...

 

Voir aussi: http://imagessaintes.canalblog.com/archives/2010/05/23/17982476.html

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11 novembre 2012

Neuvaine pour le soulagement des âmes du Purgatoire

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Neuvaine pour le soulagement des âmes du Purgatoire

D'après saint Alphonse de Liguori

 

Premier jour

 

Considération

Les peines que souffrent ces âmes bénies sont très-nombreuses; mais la plus grande de toutes est la pensée qu'elles ont été la cause elles-mêmes des souffrances qu'elles endurent par les péchés qu'elles ont commis pendant leur vie.

Prière

O Jésus, mon Sauveur, que j'ai souvent mérité l'enfer! qu'elle peine serait maintenant la mienne si j'étais déjà damné, avec la pensée que j'aurais opéré moi-même à ma propre damnation? Je Vous remercie pour la patience que Vous avez eue envers moi. Mon Dieu, parce que Vous êtes d'une Bonté infinie, je Vous aime par-dessus toutes choses, et je me repens de tout mon cœur de Vous avoir offensé. Je Vous promets de mourir plutôt que de Vous offenser; donnez-moi la sainte persévérance, ayez pitié de moi: ayez aussi pitié des âmes bénies qui brûlent dans le feu du Purgatoire. O Marie, Sainte Mère de mon Dieu, secourez-les par Vos puissantes prières.

Notre Père, je Vous salue Marie

 

Deuxième jour

 

Considération

L'autre peine qui afflige beaucoup ces âmes bénies, c'est la vue du temps qu'elles ont perdu pendant la vie, temps par lequel elles pouvaient acquérir beaucoup de mérites pour le Paradis; tandis qu'elles ne peuvent plus remédier à cette perte, parce qu'avec le temps de la vie a fini le temps de mériter.

Prière

Ah! que je suis misérable Seigneur, moi qui vis depuis tant d'années sur cette terre, et qui ne mérite que l'enfer! je Vous remercie de ce que vous me donnez encore du temps pour remédier au mal que j'ai fait. Je m'en repens, ô mon Dieu qui êtes si bon, de Vous avoir déplu; donnez-moi Votre secours, afin que j'emploie le temps qui me reste à vivre uniquement à Vous servir et à Vous aimer: ayez pitié de moi, et ayez aussi pitié des âmes saintes qui brûlent dans le feu du Purgatoire. O Marie, Sainte Mère de mon Dieu, secourez-les par vos puissantes prières.

Notre Père, je Vous salue Marie

 

Troisième jour

 

Considération

Une autre grande peine tourmente ces âmes bénies, et cette peine est la vue épouvantable de leurs péchés, dont elles payent leur dette. Durant la vie présente, on ne connaît point toute la noirceur du péché; mais on la comprend bien dans l'autre vie, et c'est là une des plus grandes peines dont souffrent les âmes du Purgatoire.

Prière

O mon Dieu, parce que Vous êtes d'une Bonté infinie, je Vous aime par-dessus toutes choses, et je me repens de tout mon cœur de Vous avoir offensé. Je Vous promets de mourir plutôt que de retomber dans mes fautes passées : donnez-moi la sainte persévérance, ayez pitié de moi, ayez aussi pitié des saintes âmes qui brûlent dans le feu du Purgatoire. Et vous, ô Marie, Sainte Mère de mon Dieu, secourez-les par Vos puissantes prières.

Notre Père, je Vous salue Marie

 

Quatrième jour

 

Considération

La peine qui afflige encore plus ces âmes, épouses de Jésus-Christ, est de penser que les péchés qu'elles ont commis durant leur vie ont déplu à Dieu, qu'elles aiment tant. Il y a eu quelques pénitents, même sur la terre, qui sont morts de douleur en pensant qu'ils avaient offensés un Dieu si bon. Les âmes du Purgatoire savent bien mieux que nous combien Dieu est aimable, et elles l'aiment de toutes leurs forces; c'est pourquoi, lorsqu'elles pensent qu'elles l'ont offensé durant leur vie, elles en éprouvent une douleur qui surpasse toute autre douleur.

Prière

O mon Dieu, parce que Vous êtes infiniment Bon, je me repens de tout mon cœur de Vous avoir offensé. Je Vous promets de mourir plutôt que de retomber dans mes fautes passées: donnez-moi la sainte persévérance, et ayez pitié de moi : ayez aussi pitié des saintes âmes qui brûlent dans le feu du Purgatoire et qui vous aiment de tout leur cœur. O Marie, Sainte Mère de mon Dieu, secourez-les par Vos puissantes prières.

Notre Père, je Vous salue Marie

 

Cinquième jour

 

Considération

Une autre grande grande peine, que souffrent ces âmes bénies, est de demeurer dans ce feu pour y souffrir, sans savoir quand finiront leurs tourments. Elles savent très-bien qu'elles en seront délivrées un jour, mais l'incertitude où elles sont de ce jour, qui doit terminer leurs douleurs, est pour elles un grand tourment.

Prière

Malheur à moi, Seigneur, si Vous m'aviez envoyé en enfer, dans cette cruelle prison d'où je serais sûr de ne jamais sortir. Je Vous aime par dessus toutes choses, ô Bonté infinie, et je me repens de tout mon cœur de Vous avoir offensé. Je Vous promets de plutôt mourir que de retomber dans mes fautes : donnez-moi la sainte persévérance; ayez pitié de moi; ayez aussi pitié des saintes âmes qui brûlent dans le feu du Purgatoire. O Marie, Sainte Mère de mon Dieu, secourez-les par Vos puissantes prières.

Notre Père, je Vous salue Marie

 

Sixième jour

 

Considération

Les âmes bénies sont bien consolées par le souvenir de la Passion de Jésus-Christ et du très Saint Sacrement de l'Autel, parce qu'elles ont acquis le Salut par la Passion, et qu'elles ont reçu, et qu'elles reçoivent encore une foule de grâces par la Communion, et par le Sacrifice de la Messe; mais autant cette consolation est grande, autant elles sont tourmentées par la pensée d'avoir été ingrates durant leur vie pour les bienfaits de l'Amour de Jésus-Christ.

Prière

O mon Dieu, Vous êtes mort aussi pour moi, et Vous Vous êtes donné si souvent à moi par la Sainte Communion; et moi, je Vous ai toujours payé en retour par mon ingratitude! Mais maintenant je Vous aime par-dessus toutes choses, ô mon Souverain Bien! Et je me repens par-dessus toutes choses de Vous avoir offensé. Je Vous promets de mourir plutôt que de Vous déplaire. Donnez-moi la sainte persévérance: ayez pitié de moi; ayez aussi pitié des saintes âmes qui brûlent dans le feu du Purgatoire. O Marie, Sainte Mère de mon Dieu, secourez-les par Vos puissantes prières.

Notre Père, je Vous salue Marie

 

Septième jour

 

Considération

Ce qui augmente les peines de ces âmes bénies, c'est le souvenir des bienfaits qu'elles ont reçus de Dieu: comme d'avoir été rendues chrétiennes, d'être nées dans des pays catholiques; d'avoir été attendues à la pénitence, et d'avoir reçu le pardon de leurs péchés; oui, sans doute, parce que tous ces dons leur font mieux reconnaître leur propre ingratitude.

Prière

Qui donc a été plus ingrat que moi, Seigneur? Vous m'avez attendu avec tant de patience, Vous m'avez pardonné souvent avec tant d'amour, et moi, après tant de promesses, j'ai recommencé à Vous offenser: ah! Ne m'envoyez point en enfer; je veux Vous aimer, et ce n'est point en ce lieu que l'on Vous aime. Je me repens, ô Bonté infinie, de Vous avoir offensé, je Vous promets de mourir plutôt que de Vous offenser à nouveau. Donnez-moi la sainte persévérance; ayez pitié de moi; ayez aussi pitié des saintes âmes qui brûlent dans le feu du Purgatoire. O Marie, Sainte Mère de mon Dieu secourez-les par Vos puissantes prières.

 

Huitième jour

 

Considération: En outre, une peine extrêmement amère pour ces âmes bénies, c'est de penser que lorsqu'elles vivaient. Dieu leur a prodigué tant de Miséricordes particulières qu'il n'a point accordées aux autres; et que, par leurs péchés, elles l'ont contraint à les condamner à l'enfer, quoiqu'il ait voulu leur pardonner et les sauver ensuite par un pur effet de sa miséricorde.

Prière

Me voici, ô mon Dieu, je suis un de ces ingrats qui, après avoir reçu tant de grâces de Vous, ai méprisé Votre Amour, et Vous ai contraint a me condamner à l'enfer. O Bonté infinie, je Vous aime par-dessus toutes choses et je me repens de toute mon âme de Vous avoir offensé; je Vous promets de mourir plutôt que de Vous offenser; donnez-moi la sainte persévérance: ayez pitié de moi; ayez aussi pitié de ces saintes âmes qui brûlent dans le feu du Purgaroire. O Marie, Sainte Mère de mon Dieu, secourez-les par Vos puissantes prières.

Notre Père, je Vous salue Marie

 

Neuvième jour

 

Considération

En un mot, toutes les peines que souffrent les âmes bénies: le feu, l'ennui, l'obscurité, l'incertitude du moment où elles seront délivrées de cette prison, ces peines sont grandes; mais la plus forte douleur de ces saintes épouses est d'être loin de leur époux et privées de le voir.

Prière

O mon Dieu, comment ai-je pu vivre tant d'années loin de Vous, et privé de Votre Grâce! O Bonté infinie, je Vous aime par-dessus toutes choses, et je suis marri de tout mon cœur de Vous avoir offensé; je Vous promets de mourir plutôt que de retomber dans mes fautes passées: donnez-moi la sainte persévérance, et ne permettez pas que je puisse retomber dans Votre disgrâce. Je Vous prie d'avoir pitié des saintes âmes qui souffrent dans le Purgatoire: allégez leurs peines et abrégez le temps de leur exil en les appelant bientôt au bonheur de Vous aimer Face à face dans le Paradis. O Marie, Sainte Mère de mon Dieu, secourez-les par Vos puissantes prières, et priez encore pour nous, qui sommes dans le danger continuel de nous damner.

Notre Père, je Vous salue Marie

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19 octobre 2012

Litanies du Bienheureux Jean Paul II

Litanies du Bienheureux Jean-Paul II

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Bienheureux Jean Paul II

1920-2005

Fête le 22 octobre

 

Jean Paul II participa très attentivement, en tant qu'évêque, au Concile Vatican II. Elu Pape en 1978, il s'est opposé à l'idéologie communiste et, par son action, a favorisé la chute du bloc de l'Est. Il a également condmané les excès du capitalisme. Jean Paul II « a été en quelque sorte offert par Dieu à l'Eglise dans une situation critique très précise: d'un côté, la génération marxiste, la génération de 68, mettait en question l'Occident tout entier, et de l'autre, le socialisme réel qui s'effondrait. Dans cet affrontement, ouvrir une percée à la Foi et la montrer comme le centre et le chemin, c'était un instant historique d'une nature singulière », a confié Benoît XVI dans « Lumière du monde », en 2010. (Extrait du Famille Chrétienne N° 1814 du 20 octobre 2012).

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, écoutez-nous,

Christ, écoutez-nous,

Dieu le Père du Ciel, ayez pitié de nous,

Dieu le Fils, Rédempteur du monde, ayez pitié de nous,

Dieu le Saint-Esprit, ayez pitié de nous,

Sainte-Trinité, un seul Dieu, ayez pitié de nous,

Sainte-Marie, Mère de Dieu, priez pour nous,

 

Bienheureux Jean-Paul II, priez pour nous,

Bienheureux Jean-Paul II, parfait disciple du Christ, priez pour nous,

Bienheureux Jean-Paul II, généreusement doué des Dons de l'Esprit Saint, priez pour nous,

Bienheureux Jean-Paul II, grand apôtre de la Miséricorde Divine, priez pour nous,

Bienheureux Jean-Paul II, fidèle fils de Marie, priez pour nous,

Bienheureux Jean-Paul II, entièrement dévoué à la Mère de Dieu,

Bienheureux Jean-Paul II, Prédicateur persévérant de l'Evangile,

Bienheureux Jean-Paul II, Pape pèlerin,

Bienheureux Jean-Paul II, Pape du Millénaire,

Bienheureux Jean-Paul II, modèle d’abnégation,

Bienheureux Jean-Paul II, modèle des Prêtres,

Bienheureux Jean-Paul II, puisant la force de l'Eucharistie,

Bienheureux Jean-Paul II, infatigable homme de prière,

Bienheureux Jean-Paul II, amoureux du Rosaire,

Bienheureux Jean-Paul II, force de ceux qui doutent de leur Foi,

Bienheureux Jean-Paul II, désireux d’unir tous ceux qui croient dans le Christ,

Bienheureux Jean-Paul II, vous qui convertissiez les pécheurs,

Bienheureux Jean-Paul II, défenseur de la dignité de chaque personne,

Bienheureux Jean-Paul II, défenseur de la vie de la conception jusqu'à la mort naturelle,

Bienheureux Jean-Paul II, priant pour le don d’être parents pour les personnes infertiles,

Bienheureux Jean-Paul II, ami des enfants,

Bienheureux Jean-Paul II, guide de la jeunesse,

Bienheureux Jean-Paul II, intercédant pour les familles,

Bienheureux Jean-Paul II, réconfortant ceux qui souffrent,

Bienheureux Jean-Paul II, supportant courageusement votre douleur,

Bienheureux Jean-Paul II, semeur de la joie divine,

Bienheureux Jean-Paul II, grand intercesseur pour la paix,

Bienheureux Jean-Paul II, fierté de la nation polonaise,

Bienheureux Jean-Paul II, éclat de la Sainte Eglise,

 

Bienheureux Jean-Paul II, puissions-nous être de fidèles imitateurs du Christ, nous vous en prions,

Bienheureux Jean-Paul II, puissions-nous être forts de la Puissance de l'Esprit Saint,

Bienheureux Jean-Paul II, puissions-nous avoir confiance en la Mère de Dieu,

Bienheureux Jean-Paul II, puissions-nous grandir dans notre Foi, notre Espérance et notre Charité,

Bienheureux Jean-Paul II, puissions-nous vivre en paix dans nos familles,

Bienheureux Jean-Paul II, puissions-nous savoir comment pardonner,

Bienheureux Jean-Paul II, puissions-nous savoir comment supporter la souffrance,

Bienheureux Jean-Paul II, puissions-nous ne pas succomber à la culture de la mort,

Bienheureux Jean-Paul II, puissions-nous ne pas avoir peur et lutter courageusement contre les diverses tentations,

Bienheureux Jean-Paul II, puissiez-vous intercéder pour nous obtenir la Grâce d'une mort heureuse,

 

Agneau de Dieu, qui enlevez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur,

Agneau de Dieu, qui enlevez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur,

Agneau de Dieu, qui enlevez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

 

Priez pour nous, Bienheureux Serviteur de Dieu Jean-Paul II,

Afin que nous devenions dignes des promesses du Christ.

 

Prions

 

Dieu, riche en miséricorde, qui avez appelé le Bienheureux Pape Jean-Paul II à guider Votre Eglise répandue dans le monde entier; forts de son enseignement, accordez-nous d'ouvrir nos cœurs avec confiance à la grâce salvifique du Christ, unique Rédempteur de l'homme. Lui qui règne avec Vous et le Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles.

 

D'après des Litanies extraites du site http://parousie.over-blog.fr

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Téléchargez le texte de ces Litanies (PDF), en cliquant ici

 

Webcam de la Tombe du Bienheureux Jean Paul II, cliquer ICI

21 septembre 2012

Le Serviteur de Dieu Patrick Peyton

Frère Peyton

Le Serviteur de Dieu Patrick Peyton

Le Prêtre du Chapelet

1909-1922

 

Patrick Peyton fut connu à travers le monde comme le « Prêtre du Chapelet ». Il avait expérimenté la puissante intervention de la Vierge Marie dans sa propre vie et il voulut dire aux familles du monde entier ce que Marie ferait pour elles si elle lui ouvraient leur cœur et leur foyer en priant ensemble le Chapelet en famille. Il parlait doucement avec son accent irlandais natal. Il faisait passer son message avec une telle humilité, simplicité et ardeur, que tous ceux qui l'avaient entendu étaient touchés jusqu'au plus profond d'eux-mêmes. Des familles entières s'engagèrent à prier le Chapelet dans leur maison chaque jour et restèrent fidèles à leur promesse pour le reste de leur vie. Elles n'oublièrent pas non plus le promoteur d'une telle dévotion. Elles chérirent les jours où elles se trouvaient en sa présence et où elles l'écoutèrent parler, comme de précieux moments de grâce divine.

Les humbles débuts

Patrick Peyton naquit le 9 janvier 1909. Il était le 6e des 9 enfants de son père et de sa mère. John et Mary (Gillard) Peyton. Ils avaient l'habitude de rassembler la famille entière chaque soir pour réciter le chapelet, à la lueur du feu. La famille menait une vie misérable dans leur petite ferme à Carracastle, Couty Mayo, en Irlande. En 1928, son frère aîné, Tom, et lui, partirent pour les Etats Unis pour chercher du travail. Après avoir rencontré un Prêtre qui les invita à joindre la Congrégation de Sainte Croix, ils entrèrent à Notre Dame et commencèrent leurs études pour la Prêtrise.

Pendant qu'il était étudiant en théologie, Patrick fut frappé par la tuberculose. Il languit presqu'une année dans son lit d'hôpital, alors que sa situation s'aggravait dangereusement. Le Père Hagerty, un vieux Prêtre conseiller, l'encouragea à placer toute sa confiance dans la puissance d'intercession de la Vierge Marie. Et, la communauté de Sainte Croix commença une Neuvaine de Messes pour sa guérison. Durant cette semaine, il affirma qu'il se sentait mieux. Les médecins surpris l'examinèrent et découvrirent qu'il était vraiment guéri. Ainsi, il fut autorisé à reprendre ses études. Il fut ordonné avec ses autres condisciples le 15 juin 1941. En reconnaissance à Notre Dame, il fit le vœu de passer le reste de sa vie à promouvoir sa dévotion afin que chacun put découvrir et obtenir les bénédictions qu'Elle avait hâte d'accorder à tous ceux qui se tourneraient vers Elle en toute confiance et avec beaucoup d'amour. Le Père Peyton resta fidèle à son engagement jusqu'à la fin de sa vie.

La mission : le Chapelet en famille

En 1942, avec l'approbation de ses supérieurs, il fonda officiellement « The Family Rosary », qui veut dire : « Le Rosaire de la Famille ». Son zèle était prodigieux. Il prêcha sans relâche la prière en famille, particulièrement, le Chapelet en famille, dans les missions en paroisses, à la radio, et plus tard, à la télévision. Il fonda « « Family Theater of the Air », qui veut dire : « Le Théâtre de la famille sur les ondes », le programme de radio doté du plus long temps d'émission de l'histoire. Et, pendant 22 ans, les stars les plus célèbres d'Hollywood investirent tous leurs talents à ses côtés pour l'aider dans sa mission.

En 1948, il commença ses fameuses croisades du Chapelet qui l'amenèrent à travers le monde et drainèrent des foules estimées à deux millions de personnes dans des villes comme Manille aux Philippines et Rio de Janeiro au Brésil. Fortifié par la prière et par sa totale dévotion envers Notre Dame, il était capable de surmonter sa timidité naturelle. Et, de la façon la plus simple, la plus ingénue, il parvint à convaincre des millions de personnes à travers le monde de prier le Chapelet chaque jour avec tous les membres de leur famille. Personne n'a jamais dit de lui qu'il était un grand orateur, mais tous ceux qui l'ont entendu prêcher pouvaient sentir qu'il était un saint homme. Il rayonnait l'amour de Dieu et inspirait chacun par la simplicité et la ténacité de son dévouement à Notre Dame.

La bourrique de Notre Dame

Il célébrait la Messe et méditait son bréviaire chaque jour avec une grande ferveur. Il passait de longues heures en prière devant le Saint Sacrement et récitait son Chapelet dès qu'il pouvait se libérer de sa charge ordinaire de travail. En effet, plus ses difficultés devenaient accablantes, plus ardemment il priait. Il s'était engagé à travailler de tout son cœur pour propager la dévotion envers Notre Dame, pas pour lui-même, et il savait qu'Elle viendrait à son aide.

Sa confiance en Elle était sans limites, et Elle ne l'a pas déçu. Quelle que fut la complexité des problèmes que posaient l'organisation des rassemblements de foules pour la prière du Chapelet, le financement de la production des films et des émissions de radio, le déplacement vers des villes ou des contrées lointaines, ou la correspondance avec des centaines de personnes qui écrivaient pour se recommander à ses prières ou pour offrir leur contribution, il ne se laissa jamais troubler et sût toujours garder sa paix d'esprit et sa cordiale bienveillance et amabilité.

Il ne laissa jamais ses devoirs d'état, aussi lourds qu'ils pouvaient être, éteindre l'amour dont son cœur était gonflé pour les gens qu'il essayait d'aider. Une dame exprima de façon tellement éloquente l'expérience de beaucoup de ceux qui le connurent : « Quand il vous parlait, vous vous sentiez embrassé par son amour ». En effet, il manifestait non seulement de l'amour, mais aussi de la joie, de la paix, de la patience et tous les autres fruits de l'Esprit (cf. Galates 5 : 22). Il était vraiment un homme de Dieu. Il disait de lui-même qu'il était la « bourrique de Notre Dame ».

La Cause de Canonisation

Il n'avait jamais joui d'une bonne santé et la fatigue de ses incessants labeurs ont malheureusement eu des répercussions néfastes sur son système cardiaque. Cependant, même après avoir subi une intervention chirurgicale au cœur, il continuait inlassablement sa mission, jusqu'à ce qu'il ne pût plus quitter sa chambre. Il mourût entouré de l'affection et des soins attentionnés des Petites Soeurs des Pauvres, à San Pedro, en Californie, aux Etats Unis, le 3 juin 1992.

A la demande pressante de la Congrégation de Sainte Croix, l'Evêque de Fall River initia la Cause de Canonisation du Père Peyton, le 1er juin 2001. Le Père Peyton est maintenant appelé « Serviteur de Dieu ».

Bien que le Père Peyton mourût en 1992, son œuvre continue de nos jours encore, car les « Holy Cross Family Ministries » ce qui veut dire « les Ministres de la Famille de la Congrégation de Sainte Croix » maintiennent la propagation de sa mission dans 14 pays à travers le monde. Etre au paradis, c'est être entré dans la gloire éternelle. L'Eglise ne canonise pas une personne pour ajouter à sa gloire, mais pour la présenter comme modèle de vie chrétienne et comme un puissant intercesseur au Ciel. Avant de déclarer une personne sainte, la Congrégation pour les Causes des Saints à Rome, requiert des preuves évidentes de la sainteté de cette personne, et aussi des marques palpables de la confiance répandue dans la puissance d'intercession de cette personne.

Beaucoup de témoignages de la sainteté du Père Peyton ont été recueillis et des prières pour des demandes par son intercession ont été distribuées. Beaucoup de faveurs ont été rapportées : non seulement des guérisons spectaculaires : recouvrement de la vue, guérison de cancers, des os cassés soudainement reconstitués, bourdonnement d'oreilles subitement disparus, des problèmes financiers résolus, la paix rétablie dans des familles divisées et troublées.

En priant pour obtenir des faveurs par l'intercession du Serviteur de Dieu le Père Patrick Peyton, C.S.C., beaucoup de personnes ont ainsi ravivé complètement leur dévotion envers Notre Dame. Elles ont redécouvert la puissance du Chapelet pour obtenir la paix intérieure, l'inspiration et une confiance tranquille en la maternelle protection de Notre Dame. Elles ont touché du doigt dans leur vie personnelle la vérité contenue dans les slogans que le Père Peyton a popularisés : « La famille qui prie ensemble est une famille unie » et « un mon de en prière est un monde de pais ».

 

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Prière pour demander la Canonisation du Serviteur de Dieu Patrick Peyton

O Doux Jésus, le Père Peyton à dévoué toute sa vie de Prêtre à resserrer les liens des familles du monde, en les invitant à la prière quotidienne, spécialement la récitation du Chapelet. Son message est aussi important pour nous aujourd'hui qu'il l'était durant sa vie terrestre. Nous Vous supplions, par conséquent, de hâter le jour de sa canonisation, afin que les fidèles de partout se souviennent de sa prédication, surtout de cette phrase d'exhortation qu'il répétait toujours : « La famille qui prie ensemble reste ensemble ». Qu'ils suivent ses pas sur les traces de sa dévotion envers Votre Mère et la notre, et qu'ils soient inspirés par sa sainte vie, pour devenir plus que jamais proches de Vous avec une confiance totale et un profond amour filial. Amen.

Prière pour obtenir une faveur par l'intercession du Serviteur de Dieu Patrick Peyton

Dieu notre Père, Votre Règne éclate dans toute la création, et la puissance de Votre Grâce est révélée dans la vie de Vos Saints qui nous inspirent à croire en Vous plus fermement et à servir nos frères plus généreusement. D'une façon unique, Vous avez béni la vie et le travail du Père Patrick Peyton, C.S.C., Votre Serviteur, et aussi fervent apôtre de Marie Reine du Saint Rosaire et notre Mère. Par son intercession, nous demandons cette faveur (…) Pour Votre honneur et Votre Gloire. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

 

Signaler les grâces reçues par l'intercession du Père Patrick Peyton à

 

Bureau du Vice Postulateur

Centre du Père Peyton

518 Washingtown St.,

North Easton, MA 02356-1200

 

Congrégation de Sainte Croix

68, rue de Flore

F-72000 Le Mans

 

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17 décembre 2011

Neuvaine de Noël

Neuvaine de Noël

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Troisième jour

18 décembre

Le respect

 

Hymne Rorate Caeli

 

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Ne Vous mettez pas en colère, Seigneur, ne gardez plus souvenir de l’injustice. Voici, la Cité Sainte est devenue déserte, Sion a été désertée, Jérusalem est en désolation, la maison de Votre sanctification et de Votre gloire, où nos pères avaient dit vos louanges.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Nous avons péché et sommes devenus impurs. Nous sommes tombés comme des feuilles mortes et nos iniquités nous ont balayés comme le vent. Vous avez détourné de nous Votre Face, et nous avez brisés sous le poids de nos fautes.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Voyez, Seigneur, l’affliction de votre peuple, et envoyez Celui que tu devez envoyer: envoyez l’Agneau, le Maître de la terre, de Pétra dans le désert jusqu’à la montagne de Votre fille Sion, afin qu’il ôte le joug de notre captivité.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Consolez-vous, consolez-vous, mon peuple: vite viendra votre salut, pourquoi êtes-vous consumé dans l’affliction, pourquoi la douleur se renouvelle-t-elle en vous? Je vous sauverai, n’ayez pas peur, moi, Je suis le Seigneur Dieu, le Saint d’Israël, votre Rédempteur.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

 

Méditation

 

Le respect est une qualité de l’amour qui nous pousse à accepter les autres tels qu’ils sont. Grâce au respect nous valorisons la grande dignité de toute personne humaine créée à l’image et à la ressemblance de Dieu, même si cette personne est dans l’erreur. Le respect est source d’harmonie parce qu’il nous encourage à valoriser les différences, comme le fait un peintre avec les couleurs ou un musicien avec les notes ou les rythmes. Un amour respectueux nous empêche de juger les autres, de les manipuler ou de vouloir les modeler à notre taille. À chaque fois que je pense au respect, je vois Jésus conversant aimablement avec la samaritaine, tout comme le raconte Saint Jean en son Évangile (4:5-26):


« 
En ce temps-là, Jésus arrive ainsi à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph, et où se trouve le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était assis là, au bord du puits. Il était environ midi. Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit: « Donne-moi à boire ». (En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter de quoi manger.) La Samaritaine lui dit: « Comment! Toi qui es Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine? » (En effet, les Juifs ne veulent rien avoir en commun avec les Samaritains.) Jésus lui répondit: « Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dit: « Donne-moi à boire », c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive ». Elle lui dit: « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond; avec quoi prendrais-tu l’eau vive? Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes? » Jésus lui répondit : « Tout homme qui boit de cette eau aura encore soif; mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui source jaillissante pour la vie éternelle ». La femme lui dit: « Seigneur, donne-la-moi, cette eau: que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser ». Jésus lui dit: « Va, appelle ton mari, et reviens ». La femme répliqua: « Je n’ai pas de mari ». Jésus reprit: « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari, car tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari: là, tu dis vrai ». La femme lui dit: « Seigneur, je le vois, tu es un prophète. Alors, explique-moi: nos pères ont adoré Dieu sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut l’adorer est à Jérusalem ». Jésus lui dit: « Femme, crois-moi: l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous adorons, nous, celui que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient, et c’est maintenant, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité: tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer ». La femme lui dit: « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses ». Jésus lui dit: « Moi qui te parle, je le suis. »


Jésus s’adresse à la Samaritaine dans un dialogue sans reproche, sans condamnation et où brille la lumière d’une délicate tolérance. Jésus n’approuve pas que la femme vive avec quelqu’un qui n’est pas son mari, mais au lieu de la juger, il la félicite pour sa sincérité. Il agit en bon pasteur et nous enseigne à être respectueux si vraiment nous voulons nous entendre avec les autres.

 

Cantique de Marie

 

Antienne : « Ô Chef de Votre peuple Israël, Vous vous révélez à Moïse dans le buisson ardent et Vous lui donnez la Loi sur la montagne, délivrez-nous par la vigueur de Votre bras, venez, Seigneur, venez nous sauver ! »

 

Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

Il s'est penché sur son humble servante ; Désormais tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !

Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, Il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes, Il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël, son serviteur, Il se souvient de son amour,

De la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.

 

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit, pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Reprise de l'Antienne : « Ô Chef de Votre peuple Israël, Vous révélez à Moïse dans le buisson ardent et Vous lui donnes la Loi sur la montagne, délivrez-nous par la vigueur de Votre bras, venez, Seigneur, venez nous sauver ! »

 

Intercession

 

V. Frères bien-aimés, adressons notre prière confiante au Christ, venu pour sauver tous les hommes :

R. Venez, Fruit de la terre et don du Ciel !

V. Christ Seigneur, par le Mystère de Votre Incarnation, Vous avez fait connaître au monde la Gloire de Votre Divinité, que Votre venue soit notre Vie et notre Lumière.

V. Vous avez pris sur Vous notre faiblesse, revêtez-nous de Votre Force.

V. Venu d'abord dans l'humilité, Vous avez racheté le monde de sa faute, lors de Votre venue glorieuse, libérez-nous de tout ce qui témoigne contre nous.

V. Vous, le Béni, qui régnez sur toutes choses, dans Votre Bonté, donnez-nous part à l'Héritage Paternel.

V. Vous qui siégez à la droite du Père, réjouissez nos frères défunts par la Lumière de Votre Face.

Intentions libres

 

Notre Père...

 

Prière finale pour chaque jour de la Neuvaine

 

Prière à l’Enfant Dieu

 

Seigneur, Noël est le rappel de Votre Naissance parmi nous, c’est la présence de Votre Amour en notre famille et en notre société. Noël est la confirmation que le Dieu du ciel et de la terre est notre Père, que Vous, Divin Enfant, Vous êtes notre Frère. Que cette réunion autour de Votre Crèche augmente notre Foi en Votre Bonté, nous engage à vivre véritablement comme frères et sœurs, nous donne le courage de chasser la haine et de semer la justice et la paix. Ô Divin Enfant, faites-nous comprendre que là où il y a l’amour et la justice, Vous êtes là, et là aussi c’est Noël. Amen.


Gloire soit au Père…

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22 décembre 2011

Neuvaine de Noël

Neuvaine de Noël

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Huitième jour

23 décembre

La Foi

 

Hymne Rorate Caeli

 

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Ne Vous mettez pas en colère, Seigneur, ne gardez plus souvenir de l’injustice. Voici, la Cité Sainte est devenue déserte, Sion a été désertée, Jérusalem est en désolation, la maison de Votre sanctification et de Votre gloire, où nos pères avaient dit vos louanges.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Nous avons péché et sommes devenus impurs. Nous sommes tombés comme des feuilles mortes et nos iniquités nous ont balayés comme le vent. Vous avez détourné de nous Votre Face, et nous avez brisés sous le poids de nos fautes.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Voyez, Seigneur, l’affliction de votre peuple, et envoyez Celui que tu devez envoyer: envoyez l’Agneau, le Maître de la terre, de Pétra dans le désert jusqu’à la montagne de Votre fille Sion, afin qu’il ôte le joug de notre captivité.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

V. Consolez-vous, consolez-vous, mon peuple: vite viendra votre salut, pourquoi êtes-vous consumé dans l’affliction, pourquoi la douleur se renouvelle-t-elle en vous? Je vous sauverai, n’ayez pas peur, moi, Je suis le Seigneur Dieu, le Saint d’Israël, votre Rédempteur.

R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

 

Méditation

 

Une foi est ferme quand naît une relation d’amitié avec le Seigneur. Une foi authentique est confirmée par les bonnes œuvres, de sorte que la religion ne soit pas seulement prières, rites et traditions. Il nous faut cultiver la foi par la Bible, par la prière et par la pratique religieuse, car la foi est notre meilleur appui lors d’une crise. Il nous faut une grande foi en nous-mêmes, en Dieu et dans les autres. Une foi sans hésitation, comme le voulait Jésus (Saint Marc 11:12-14, 20-25):

« Le lendemain, quand ils quittèrent Béthanie, il eut faim. Voyant de loin un figuier qui avait des feuilles, il alla voir s’il y trouverait quelque chose; mais, en s’approchant, il ne trouva que des feuilles, car ce n’était pas la saison des figues. Alors il dit au figuier: « Que jamais plus personne ne mange de tes fruits! » Et ses disciples écoutaient. Le lendemain matin, en passant, ils virent le figuier qui était desséché jusqu’aux racines. Pierre, se rappelant ce qui s’était passé, dit à Jésus: « Rabbi, regarde: le figuier que tu as maudit est desséché ». Alors Jésus leur déclare: « Ayez foi en Dieu. Amen, je vous le dis: tout homme qui dira à cette montagne: « Enlève-toi de là, et va te jeter dans la mer », s’il ne doute pas dans son cœur, mais croit que ce qu’il dit va arriver, cela lui sera accordé! C’est pourquoi, je vous le dis: tout ce que vous demandez dans la prière, croyez que vous l’avez déjà reçu, cela vous sera accordé. Et quand vous êtes là, en train de prier, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez-lui, pour que votre Père qui est aux cieux vous pardonne aussi vos fautes ».

Une foi qui illumine l’amour avec la force de la confiance, car « l’amour croit tout » (1 Corinthiens 13:7). La foi est la force de la vie. Sans elle, nous allons à la dérive: « Qui a perdu la foi n’a plus rien à perdre ». Qu’il est bon que nous prenions soin de notre foi comme d’un trésor! Qu’il est bon qu’on puisse nous saluer comme la Vierge a été saluée!: « Bienheureuse Toi qui as cru! » (Saint Luc 1: 45).

 

Cantique de Marie

 

Antienne : « Ô Emmanuel, notre Législateur et notre Roi, espérance et salut des nations, venez, Seigneur, venez nous sauver ! »

 

Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

Il s'est penché sur son humble servante ; Désormais tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !

Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, Il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes, Il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël, son serviteur, Il se souvient de son amour,

De la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit, pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Reprise de l'Antienne :« Ô Emmanuel, notre Législateur et notre Roi, espérance et salut des nations, venez, Seigneur, venez nous sauver ! »

 

Intercession

 

V. Implorons le Père qui nous a envoyé Son Fils pour sauver les hommes :

R. Montrez-nous, Seigneur Votre Miséricorde !

V. Père très bon, quand nous proclamons notre foi dans le Christ, faites que notre vie s'accorde à nos paroles.

V. Vous qui avez envoyé Votre Fils pour notre Salut, pacifiez la terre et le pays que nous habitons.

V. La venue de Votre Christ est une grande joie pour les peuples ; guidez-les, par Lui, jusqu'à la plénitude du bonheur.

V. Que Votre grâce nous donne de vivre avec sagesse, tendus vers la manifestation de la gloire du Christ.

Intentions libres

 

Notre Père...

 

Prière finale pour chaque jour de la Neuvaine

 

Prière à l’Enfant Dieu

 

Seigneur, Noël est le rappel de Votre Naissance parmi nous, c’est la présence de Votre Amour en notre famille et en notre société. Noël est la confirmation que le Dieu du ciel et de la terre est notre Père, que Vous, Divin Enfant, Vous êtes notre Frère. Que cette réunion autour de Votre Crèche augmente notre Foi en Votre Bonté, nous engage à vivre véritablement comme frères et sœurs, nous donne le courage de chasser la haine et de semer la justice et la paix. Ô Divin Enfant, faites-nous comprendre que là où il y a l’amour et la justice, Vous êtes là, et là aussi c’est Noël. Amen.


Gloire soit au Père…

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17 novembre 2011

Grande Neuvaine de l'Immaculée Conception 2011

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Bénie et encouragée par Sa Sainteté le Pape

 

Du 30 novembre au 8 décembre 2011

 

1° Chaque jour une dizaine de Chapelet, suivie de 3 fois l'invocation : « O Marie, conçue sans péchés, priez poour nous qui avons recours à Vous ».

 

2° Une Communion le jour du 8 décembre ou un jour de l'octave. Confession recommandée.

 

Prière de la Neuvaine

 

O Marie conçue sans péché, Vous êtes venue à Fatima pour demander la consécration du monde à Votre Cœur Immaculé. Avec le Bienheureux Jean Paul II, nous renouvelons aujourd'hui cette consécration, nous souvenant sans cesse que nous sommes « tout à Vous » et que Vous pouvez disposer de nous pour le Règne du Cœur Sacré de Votre Divin Fils.

 

O Mère des hommes et des nations, nous Vous confions l'humanité tout entière avec ses peurs et des espoirs. Ne la laissez pas manquer de la Lumière et de la liberté et de la justice pour tous. Orientez ses pas sur les voies de la paix.

 

Faites que tous rencontrent le Christ, Voie, Vérité et Vie, Source de Miséricorde infinie. Soutenez, ô Vierge Marie, notre cheminement dans la Foi et obtenez-nous la grâce du Salut éternel, ô clémente, ô compatissante, ô douce Vierge Marie. Amen.

 

Imprimatur du Vicaire Episcopal de Paris, 17 mai 2011

 

Pour se procurer l'image de cette Neuvaine

Chapelet des Enfants

5, rue de l'Université

75007 Paris.

 

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2 novembre 2011

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

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Troisième jour

La peine du sens

 

Méditation

 

Le Seigneur, dit le prophète, appela pour ministre de sa justice le feu qui dévora l'abîme des iniquités, en même temps que les imperfections des justes. Le feu, ajoute l'Apôtre,éprouve les œuvres de chacun; il consume celles qui sont mauvaises, purifie les bonnes, et ceux qui sont sauvés se sauvent comme à travers le feu. De ces graves autorités surtout on conclut qu'une des peines du purgatoire est celle du sens, produite par le feu. C'est l'opinion commune des Latins, à laquelle se rattachent aussi la plus grande partie des Grecs, puisque dans l'une et l'autre Eglise on prie pour que ces saintes âmes soient délivrées des ardeurs des flammes purifiantes. Unissons notre esprit à celui de l'Eglise, et, nous plaçant,comme Aaron, lors du vaste incendie du camp d'Israël, entre Dieu et nos chers défunts, prions le Seigneur de les délivrer au plus tôt du feu qui les brûle. Le feu du purgatoire, comme l'enseigne l'école, n'est pas idéal et métaphorique, mais réel et matériel; mais il est incomparablement plus actif et plus pénétrant que le feu de ce monde, car celui-ci n'est qu'une ombre, une image, un feu en peinture en comparaison du foyer qui brûle dans l'abîme. Les flammes allumées par les Macchabées aux tours des Béanites, et qui les réduisirent en cendres en peu d'heures; la fournaise poussée par les ordres de Nabuchodonosor à une chaleur sept fois plus élevée qu'à l'ordinaire; l'incendie de la Pentapole, qui en peu d'instants dévora cette vaste province, nous retracent à peine les plus pâles étincelles de ce feu vengeur. Qui donc pourra soutenir les ardeurs de flammes si ardentes? Non-seulement ces flammes sont ardentes, mais encore elles sont sages et justes, selon l'expression des Pères; car elles deviennent plus pénétrantes et plus atroces, là où la malice a été plus intense et plus résolue: elles ne laissent rien sans punition. Exécutrices sévères de la justice divine, elles traitent chacun suivant la mesure de ses démérites, et les facultés qui plus que les autres ont été engagées dans la faute ressentent aussi davantage leurs atteintes vengeresses. L'homme, au milieu des distractions du monde, ne pense pas à tout cela; mais, chrétiens, voyez ce qu'est un péché de plus, un péché de moins : c'est un tourment de plus ou de moins, c'est-à-dire un purgatoire moins dur ou plus rigoureux.

 

Prière

 

Grand Dieu! combien de purgatoires ne mériterions-nous pas par nos fautes innombrables! Et combien de purgatoires souffrent sans doute les âmes de beaucoup de défunts! Ah! Seigneur, ayez pitié d'eux et de nous: de nous, en nous remettant nos péchés en cette vie pour que nous n'ayons pas à en rendre dans l'autre un compte si rigoureux; d'eux, en modérant les flammes de ce feu si ardent qui les dévore. Laissez votre miséricorde se répandre sur les vivants et sur les morts, afin que les uns et les autres bénissent éternellement votre saint nom.

 

Exemple

 

La vénérable sœur Paule de Sainte-Thérèse faisant, un samedi, de ferventes prières pour les âmes du purgatoire, fut ravie en esprit et vit la très-sainte Vierge descendre, accompagnée d'une foule d'anges, dans cette profonde prison pour en tirer quelques âmes qui lui étaient dévotes et les mener avec elle dans le paradis; mais tandis que le cœur de la servante de Dieu était rempli de délices par la mélodie des hymnes que chantaient ces esprits délivrés en montant à la gloire, son oreille fut frappée par les lamentations de ceux qui restaient au milieu des flammes, et elle se mit à contempler leurs peines. Le même feu les tourmentait, mais les peines étaient diverses: étonnée de ces différents effets du même élément, la sainte en demanda la raison à son ange gardien qui la guidait, et il lui répondit que chaque âme recevait selon ses mérites et que la qualité des fautes décidait du genre et de la mesure des châtiments-. Ainsi, celui qui pendant sa vie s'était plus enivré de la fumée dé la gloire et des honneurs était plus humilié par de douloureux opprobres; celui qui avait plus écouté les caprices des appétits charnels ressentait les atteintes d'une flamme plus vive et plus pénétrante; les fautes légères étaient punies par de légères souffrances, et les plus graves par des tourments plus forts. Dieu est juste, et dans le purgatoire il exerce la justice la plus stricte; si nous voulons en éviter la rigueur, évitons de la provoquer par nos péchés.

 

Récitons à l'intention des fidèles trépassés cinq Pater, Ave et Requiem, en mémoire de la passion de Notre Seigneur Jésus-Christ; supplions le Père éternel d'avoir pitié de leurs âmes en vue du sang répandu par son divin Fils, et, pour cela, répétons cinq fois l'oraison jaculatoire: « Miséricorde, ô Père Eternel, par le Très Précieux Sang de Jésus-Christ ». Puis, réciter un Notre Père, un je Vous salue Marie et un Requiem aeternam.

 

Suffrage

En récitant l'oraison dominicale on délivre les âmes du purgatoire

 

Un religieux Franciscain apparut un jour, entouré de flammes ardentes, au Bienheureux Conrad de Offida, religieux du même ordre, et le supplia de soulager par ses prières les peines très-vives qu'il éprouvait. Le Saint récita aussitôt pour lui un Notre Père avec le Requiem, et le défunt en ressentant un grand soulagement, pria le charitable religieux de recommencer, ce que celui-là s'empressa de faire. Sentant ses peines diminuer encore, cette âme s'écria: « Par le Cœur Miséricordieux de notre Dieu continuez, ô Conrad, cette prière qui m'apporte tant de consolation! » Et le serviteur de Dieu la répéta jusqu'à cent fois, et à la centième le défunt quitta le ton de la supplication pour prendre celui de la reconnaissance et de la joie; il était délivré de toute peine et appelé à la gloire du ciel. L'exercice auquel nous nous appliquerons le plus aujourd'hui sera donc la récitation de beaucoup de Notre Père et de Requiem pour les âmes du purgatoire, et ne doutons pas qu'elles n'en retirent un grand avantage.

 

Psaume 129

 

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel !

Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière!

Si tu retiens les fautes, Seigneur Seigneur, qui subsistera?

Mais près de toi se trouve le pardon pour que l'homme te craigne.

J'espère le Seigneur de toute mon âme; je l'espère, et j'attends sa parole.

Mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur ne guette l'aurore.

Plus qu'un veilleur ne guette l'aurore,

attends le Seigneur, Israël.

Oui, près du Seigneur, est l'amour; près de lui, abonde le rachat.

C'est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes.

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit,

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Seigneur, donnez-leur le repos éternel;

Et faites briller pour eux la lumière qui ne s'éteint jamais.

 

Des portes de l'enfer arrachez leurs âmes, ô Seigneur!

Qu'ils reposent en paix. Ainsi soit-il.

 

Seigneur, exaucez ma prière,

et que mon cri parvienne jusqu'à Vous !

 

Prions

 

O Dieu, créateur et rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leurs péchés, afin qu'elles obtiennent, par nos très humbles prières,le pardon qu'elles ont toujours attendu de votre miséricorde; vous qui vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel, et faites briller sur eux la lumière qui ne s'éteint jamais,

Qu'ils reposent en paix. Ainsi soit-il.

 

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7 octobre 2011

Le Mois de Notre-Dame du Très Saint Sacrement 1/6

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Le Mois de Notre-Dame du Très Saint Sacrement

 

Méditations extraites des écrits de Saint Pierre-Julien Eymard

Fondateur de la Congrégation du Très Saint Sacrement

 

Imprimatur

Virduni, die 21 Aprilis, 1909,

Lizet, vic. gén.

 

Préface de la septième édition

 

Comme préface de cette nouvelle édition nous tenons à reproduire un article paru dans la revue « Le Très Saint Sacrement » en Janvier 1906: on y verra quel puissant encouragement la dévotion envers Notre-Dame du Très Saint Sacrement a reçu du Souverain Pontife et la haute sanction donnée à l'initiative du Vénérable Pierre-Julien Eymard décernant ce nouveau litre à la Très Sainte Vierge.

 

« Nos lecteurs savent de quel culte pieux la famille eucharistique du vénéré Père Eymard honore ce nom béni de « Notre-Dame du Très Saint Sacrement », qu'il décerna à la Très Sainte Vierge, pour exprimer en un mot caractéristique tous les liens qui unissent Marie à son Fils dans le Sacrement et toutes les raisons qui nous pressent de nous adresser à elle comme à la médiatrice nécessaire entre notre indigence et son adorable Sainteté. Approuvé déjà par un certain nombre d'Evêques et enrichi d'indulgences pour leurs diocèses respectifs; acclamé au Congrès eucharistique de Lourdes, ce nom nouveau d'une chose très ancienne commençait à se répandre avec grande faveur parmi les âmes dévotes envers l'Eucharistie, qui ont le besoin de ne jamais séparer le Fils de la Mère dans leur religion comme dans leur cœur. Il lui manquait, pour prendre son essor au delà des limites diocésaines et pour se répandre librement dans l'univers catholique, la bénédiction du Pasteur de l'Eglise universelle.

 

Il vient de la recevoir: authentique, ainsi qu'en fait foi le Rescrit que nous avons entre les mains et que nous allons reproduire; spontanément et très gracieusement donnée, ainsi que le raconte une lettre bien renseignée qui nous arrive de Rome. Voici le Rescrit, tout entier de la main de Sa Sainteté Pie X: « Cunctis qui coram Ssmo Sacramento publicae adorationi exposito. recitaverint hanc jaculatoriam: « Domina nostra Sanctissimi Sacramenti, ora pro nobis », Indulgentiam tercentorum dierum concedimus. Die 30 Mensis Decembris an. 1905. Pius P. P. X ». « A tous ceux qui, devant le Très Saint Sacrement exposé, réciteront l'oraison jaculatoire suivante, nous accordons une indulgence de 300 jours: « Notre-Dame du Très Saint Sacrement, priez pour nous ». Le 30 Décembre 1905. Pie X, Pape IE X ». Les circonstances qui accompagnèrent la rédaction et la concession par le Saint-Père de ce précieux Rescrit ont quelque chose de gracieux et de touchant comme une page de légende, quelque chose aussi de spontané et de décisif comme un motus proprio.

 

Un archevêque du Canada, dont la piété envers l'Eucharistie n'a d'égale que sa bienveillance. Mgr Gauthier, archevêque de Kingston, séjournant dernièrement à Rome, fut sollicité par le T. R. Père Estévenon, Supérieur général de la Congrégation du Très Saint Sacrement, dont la résidence est à l'église de Saint-Claude, bien connue des pèlerins de la Ville Eternelle, de demander au Souverain Pontife, en faveur des fidèles de son diocèse, une Indulgence pour la récitation de cette formule de prière: « Notre-Dame du Très Saint Sacrement, mère et modèle des adorateurs, priez pour nous ». Sa Grandeur, ayant favorablement accueilli ce vœu, rédigea une supplique qu'elle se proposait de soumettre au Saint-Père dans une audience fixée au 30 décembre dernier. Mais voilà qu'au cours de l'entretien, ayant obtenu l'agrément de la lire, il la cherche en vain dans ses poches et la fait chercher avec aussi peu de succès dans son pardessus, déposé dans l'antichambre. Grand embarras du très bon prélat, qui commence à exposer de vive voix l'objet de sa supplique égarée: mais aussitôt, souriant et empressé, avec cette spontanéité prévenante et aimable dont il est coutumier, Pie X prend une plume et écrit, sans un instant d'hésitation, le texte rapporté plus haut, qu'il remet à Mgr Gauthier, aussi touché de la grâce qu'il recevait que de la bonne grâce avec laquelle elle lui était donnée.

 

Le très cher correspondant qui nous envoie ce récit ajoute: « Vous devinez notre immense joie à tous en apprenant une telle nouvelle. Aussitôt, tout frémissants d'émotion, nous sommes allés nous jeter aux pieds de la Très Sainte Vierge (devant cette même statue de la chapelle de Saint-Maurice (1) où notre vénéré Père acclama pour la première fois Notre-Dame du Très Saint Sacrement), et là nous avons dit un bon Magnificat et répété avec ardeur l'invocation bénie ». Ces sentiments d'action de grâces, nos lecteurs les partageront avec nous. Nous avons désormais une formule authentique et définitive, dans la langue de l'Eglise, du nom de Notre-Dame du Saint Sacrement, que le P. Eymard avait exprimé en français. Plusieurs fois on avait essayé de le traduire en latin, soit pour le présenter à l'approbation d'évêques étrangers, soit même en vue d'obtenir à sa récitation des indulgences des Souverains Pontifes. Et l'on avait reculé de le faire littéralement devant cette objection que le mot « Domina » semblait donner à Marie sur le Christ Eucharistique une autorité ou une supériorité qu'elle ne possède pas. L'objection valait ce qu'elle valait: elle ne paraissait pas irréfutable. La foi simple et tendre du Souverain Pontife, cette ardente et généreuse dévotion qu'il manifeste dans tous ses actes pontificaux, ne s'est point attardée à discuter les nuances d'opinion; mais de sa main qui ne signe que des paroles de vérité et de vie, il a écrit simplement: « Domina nostra Sanctissimi Sacramenti, ora pro nobis! » C'est la traduction littérale de l'invocation sortie de la foi et de l'amour de notre Père pour Marie: « Notre-Dame du Très Saint Sacrement, priez pour nous! »

 

Nous voilà fixés: nous prions dans la vérité, notre louange est authentique; Marie se reconnaîtra et elle entendra notre voix quand nous crierons, suppliants, vers elle, en l'appelant Notre-Dame du Très Saint Sacrement! Oui, elle est notre mère, notre maîtresse et notre exemple, par conséquent, « Notre Dame »: oui, elle est la Mère du Christ Eucharistique, la dispensatrice du Don eucharistique et de toutes les grâces qu'il renferme et, par conséquent: « Notre-Dame du Très Saint Sacrement »! et nous ne voulons plus désormais aborder le Très Saint Sacrement pour lui rendre un hommage quelconque, le consacrer, le recevoir, l'adorer, le prêcher, sans nous abriter sous le patronage, sous les mérites, sous les vertus et sous le nom de Notre-Dame du Très Saint Sacrement. Et nous nous souviendrons que les chères âmes qui souffrent attendent que nous le redisions souvent: car ce nom répand jusqu'en leur prison de feu l'onction de l'espérance pour les rafraîchir et les trésors des indulgences pour les délivrer.

 

« Domina nostra Sanctissimi Sacramenti, ora pro nobis ! »

 

A. Tesnière, S. S. S.

 

(1) Maison du premier Noviciat de la Congrégation, au diocèse de Versailles, fondée et habitée par le P. Eymard, abandonnée par suite des décrets de 1880 contre les Congrégations religieuses.

 

Avant-propos de la première édition

 

Nous avons promis aux pieux lecteurs de leur donner ce qui nous reste des écrits du vénéré Père Eymard. Voici ses Méditations sur la très sainte Vierge: il envisageait surtout Marie comme le modèle de la piété envers l'Eucharistie; et, pour résumer tous les rapports qui unissent la divine Mère à Jésus-Eucharistie, il a donné à Marie le titre de Notre-Dame du Très Saint Sacrement. C'est pour les Religieux et les Servantes du Saint Sacrement surtout qu'il a écrit: tous nos Agrégés, toutes les âmes dévotes à l'Eucharistie trouveront, dans ses pieuses effusions, un aliment à leur amour pour Marie: elles apprendront surtout, car c'est là le but principal du P. Eymard, à unir dans leurs hommages Marie et Jésus-Eucharistie, à pratiquer tous leurs devoirs eucharistiques dans l'union et sous le couvert de la sainte Vierge. Nous publions les Méditations du Père en forme de Mois de Marie: c'est une forme reçue généralement, et qui facilitera la diffusion de ses pensées: pour nous conformer à l'usage, nous avons joint à chaque méditation un exemple, une aspiration et une pratique; nous avons tenu à garder l'unité de l'œuvre, et c'est Notre-Dame du Très Saint Sacrement que feront connaître et aimer ces exemples, ces pratiques et ces aspirations. I1 restait à justifier ce nouveau titre donné à Marie par le P. Eymard; on l'a fait dans l'Appendice qui termine ce volume. On y verra quelques-unes des raisons qui doivent permettre d'invoquer Marie comme la Vierge de l'Eucharistie. Du reste, ce titre de Marie a été béni par plusieurs de nos vénérables évêques. Nous savons que l'auguste Pontife Pie IX aimait et bénissait ce nom glorieux ; disons donc souvent et avec confiance : « Notre-Dame du Très Saint Sacrement, Mère et Modèle des adorateurs, priez pour nous qui avons recours à vous ».

 

A.T.

 

Approbation de Monseigneur l'évêque d'Arras, Boulogne et Saint Omer

 

Arras, 19 mars 1872.

 

Nous avons parcouru avec un véritable intérêt le Mois de Notre-Dame du Très Saint Sacrement. Les méditations extraites des écrits du R. P. Eymard nous ont paru pleines d'onction, et propres à inspirer aux fidèles le désir de s'unir toujours à Marie dans leurs nombreux devoirs envers la sainte Eucharistie. L'Appendice justifie le titre de Notre-Dame du Très Saint Sacrement par des raisons bien théologiques, empruntées, du reste, aux auteurs les plus recommandables par leur science et leur piété. Nous verrons donc volontiers cet ouvrage se répandre dans notre diocèse; il y favoriserait sûrement la vraie et solide dévotion, si bien résumée dans ces mots: « Ad Jesum per Mariam ».

 

+ Jean-Baptiste-Joseph, Evêque d'Arras, Boulogne et Saint Omer

 

Evêché de Marseille

 

Marseille, le 3 juin 1872.

 

Mon Révérend Père,

 

Aucun envoi ne pouvait m'être plus agréable que celui que vous avez bien voulu me faire des ouvrages du très regretté P. Eymard, et je vous prie d'agréer mes plus sincères remerciements. Malgré mes confirmations, j'ai pu en commencer la lecture, et je l'ai fait avec la plus grande édification; c'est bien là la piété si tendre et si théologique de votre vénéré Fondateur. Je suis heureux de m'associer à mes vénérés collègues d'Angers et d'Arras, en accordant 40 jours d'indulgence aux fidèles de mon diocèse quand ils feront l'invocation: « Notre-Dame du Très SaintSacrement, mère et modèle des adorateurs, priez pour nous qui avons recours à vous ». Agréez, mon Révérend Père, l'assurance de mon affectueux dévouement,

 

+ Ch.-Ph., ev. de Marseille.

 

Évêché de Tarbes

 

Tarbes, le 11 juin 1871.

 

Mon Bon Père,

 

J'ai lu avec le plus vif intérêt, non pas le Mots de Marie du P. Eymard, mais votre Appendice. Vous avez étudié la question à fond: vous l'avez éclaircie, il n'y a rien à dire. Le titre de Notre Dame du Très Saint Sacrement est désormais acquis pour toujours à la Bienheureuse Vierge Marie, et c'est un de ses plus beaux titres. J'approuve des deux mains ce nouvel hommage rendu à la Mère de Dieu, et j'accorde volontiers 40 jours d'indulgence à ceux de mes diocésains qui répéteront trois fois cette invocation. Recevez, cher Père, avec ma bénédiction et mes remerciements, la nouvelle assurance de mon affectueux dévouement.

 

+ P.-A., ev. de Tarbes.

 

Diocèse de Valence

 

L'aumônier de l'Hôtel-Dieu de Romans (Drôme) nous écrivait, le 5 juillet 1872: « J'ai la consolation de vous annoncer que Sa grandeur Monseigneur l'Evèque de Valence nous a fait avertir par M. Vigne, son vicaire général, qu'Elle daigne se joindre à Nos seigneurs d'Angers et d'Arras pour accorder aux fidèles de son diocèse 40 jours d'indulgence chaque fois qu'ils réciteront l'invocation: « Notre-Dame du Très Saint Sacrement, mère et modèle des adorateurs, priez pour nous qui avons recours à vous ». Ces jours d'indulgence sont applicables aux âmes du purgatoire par mode de suffrage ».

 

Monseigneur l'Evêque d'Angers et Monseigneur l'Evêque d'Arras avaient les premiers béni ce nom donné à Marie, et gracieusement accordé 40 jours d'indulgence à tous les fidèles de leur diocèse qui réciteraient l'invocation à Notre-Dame du Très Saint Sacrement. Nous croyons que la plupart de Nosseigneurs les Evêques seraient disposés à accorder la même faveur dans les limites de leurs juridiction : nous osons prier les propagateurs de la dévotion à la Vierge de l'Eucharistie de demander cette faveur dans leurs diocèse respectifs : rien n'est si capable de répandre une dévotion que la bénédiction des premiers pasteurs.

 

Monseigneur l'Evêque de Salamanque, en Espagne, ne s'est pas contenté d'approuver le nouveau titre de Marie, Sa Grandeur a voulu prêcher et écrire en l'honneur de Notre Dame du Très Saint Sacrement. Tracées par une plume aussi auguste, les pages suivantes que nous extrayons du Bulletin Ecclésiastique des Diocèses de Salamanque et Ciudad-Rodrigo, ont une telle autorité que nous nous reprochions de ne pas les reproduire. Et puis, nous le croyons, les enfants du P. Eymard savourerons avec délices cet éloge de leur Père vénéré, et recevront comme un puissant encouragement les paroles bienveillantes adressées par l'éminent prélat à la Société du Très Saint Sacrement, qu'il fonda au prix de si grands sacrifices, et, pour tout dire, au prix même de sa vie. Voici l'article signé par Sa Grandeur et traduit de l'espagnol:

 

Notre Dame du Très Saint Sacrement

 

« Voici un nouveau titre donné à Marie par le T.R.P. Pierre-Julien Eymard, fondateur de la Société du Très Saint Sacrement. Cet homme admirable naquit à la Mure d'Isère en 1811 ; après avoir embrassé l'état ecclésiastique et exercé le saint ministère, il entra dans la Société de Marie, où, pendant dix-sept ans, il donna l'exemple de toutes les vertus religieuses. Mais Dieu le destinait à être le Père d'une nouvelle famille, et dès que la volonté divine lui fut clairement con nue, il accepta sans hésiter, les peines et les travaux que lui devait coûter l'établissement de sa Société, qui prenait le nom de Société des Religieux du Très Saint Sacrement. Glorifier la Très Sainte Eucharistie, voilà son but ; ses moyens ? L'exposition solennelle et perpétuelle de l'auguste Sacrement. Ils ont aussi un apostolat extérieur, mais il embrasse toutes les œuvres qui se rapportent directement à leur but essentiel.

 

Ce saint Institut a commencé à Paris, en 1856, dans un humble local cédé provisoirement par l'Archevêque Mgr Sibour. En 1862, le P. Eymard, comptant déjà un nombre suffisant de disciples, ouvrit une maison de noviciat, et le 8 mai de l'année suivante, Sa Sainteté Pie IX, après avoir ouï la Sacrée Congrégation des Evêques et Réguliers, rendit le décret d'approbation de la dite société. La vie de ce pieux Fondateur ne fut pas de longue durée ; mais, avant de mourir, Dieu lui avait accordé la consolation de voir sa famille religieuse se consolider et d'étendre ; et le 1er août de l'année 1868, il s'éteignait de la mort des justes, tout embrasé de l'amour de Jésus sacramentel. Parmi les legs pieux que le P. Eymard a faits à sa famille religieuse, il en est un qui frappe aujourd'hui, plus particulièrement notre attention (puisque nous sommes au mois de mai) : c'est la dévotion à Notre Dame du Saint Sacrement.

 

Le premier jour de mai 1868 étant à Saint-Maurice maison de solitude qu'il avait fondée dans un site agréable, éloignée du fracas des villes et des vains bruits du monde, le P. Eymard ouvrit les pieux exercices du Mois de Marie et termina une chaleureuse exhortation par ces paroles : « Eh bien ! Nous honorerons Marie sous le vocable de Notre Dame du Très Saint Sacrement ! Oui, disons avec confiance, disons avec amour : « Notre Dame du Très Saint Sacrement, Mère et Modèle des Adorateurs, priez pour nous qui avons recours à vous ! »

 

Le Père était radieux, sa parole émue ; son cœur débordait l'allégresse ; il venait de payer la dette de reconnaissance à Marie, sa Mère ; à Marie, qui l'avait donné à Jésus sacramentel, qui l'avait soutenu et encouragé avec un e maternelle sollicitude dans la fondation de sa pieuse et édifiante Société ! Et laissant à ses enfants, sur le point de les quitter, un puissant moyen de mieux servir leur Maître, il ajoutait au diadème de Marie un fleuron qui n'est ni le moins beau, ni le moins glorieux ! « Notre Dame du Très Saint Sacrement est le nom nouveau d'une chose fort ancienne », disait le Père.

 

On vénère avec raison tous les mystères de la vie de la Mère de Dieu. Les âmes contemplatives ont trouvé dans la vie de Marie à Nazarethg un exemple, comme les cœurs désolés une consolation dans Notre-Dame des Sept Douleurs : il y a dans toutes les actions de la Très Sainte Vierge une grâce qui nous attire suavement à les honorer et à les imiter, chacun suivant notre vocation. Or Marie a vécu plus de vingt années après l'Ascension de son Divin Fils. A quoi furent occupées ces longs jours d'exil, et quelle grâce renferme cette importante partie de la vie de notre Mère ?

 

Le Livre des Actes semble l'indiquer assez clairement. « Les premiers chrétiens, y est-il dit, vivaient dans la paix, l'union, la Charité la plus ardente, soupirant après le martyre et pour s'y préparer, persévérant dans la fraction du pain : perseverantes in communicatione fractionis panis. (Actes des Apôtres 2 : 42). Vivre de l'Eucharistie et par l'Eucharistie, se réunir autour du Tabernacle pour chanter des hymnes et des cantiques spirituels, voilà le caractère distinctif de la primitive Eglise : le Saint Esprit l'a consigné dans la sublime histoire ecclésiastique rédigée par Saint Luc ; tel est aussi le résumé des dernières années de la Très Sainte Vierge, qui retrouvait dans l'adorable Hostie le fruit béni de ses entrailles, et dans la vie d'union avec Notre Seigneur en son Tabernacle, les temps heureux de Bethléem et de Nazareth. Oh ! Oui, c' »est Marie surtout qui persévérait dans la fraction du pain. Voilà le grand modèle des adorateurs du Très Saint Sacrement.

 

Maintenant nous allons signaler brièvement quelques unes des raisons qui justifient le titre de Notre Dame du Très Saint Sacrement donné à Marie par le R.P. Eymard. Marie est la Mère de Jésus, de qua natus est Jesus ; nous croyons, et cette fois est notre plus douce joie, que le corps adorable de Notre-Seigneur, présent réellement en l'Eucharistie, est le même ; corps qui a été formé du sang très pur de Marie, nourri de sa substance et de son lait virginal. C'est pour cela que Saint Augustin disait : « De carne Mariae carnem accepit. Et quia in ipsa carne hic ambulavit et ipsam carnem nobis manducandam dedit ad salutem. Le Seigneur a reçu sa chair de la chair de la Vierge Marie ; et comme il a vécu ici-bas dans la chair, il nous a donné cette chair à manger comme l'aliment de notre salut ». Dans le même sens parlaient Saint Ambroise, Saint Anselme, Saint Bernardin, Richard de Saint Laurent et les théologiens Suarez, Kick, Schurlog, Zelada, Vega, Cornelius a Lapide et d'autres.

 

L'Eglise, dans sa liturgie de la Fêtes-Dieu, redit en ce jour la préface de la Nativité de Notre Seigneur, qui parle de la chair donnée par Marie au Verbe in carné : quia per incarnati Verbi Mysterium ; et la doxologie des hymnes de l'Office Divin de cette fête, après avoir chanté les gloires et l'amour de Jésus sacramentel, fait remonter à la Vierge la cause du don que nous recevons à l'autel : Jesu tibi sit gloria, qui natus es de Virgine. Ces raisons, et d'autres, que nous omettons pour abréger notre récit, sont celles qui autorisent le nouveau titre donné à Marie par le P. Eymard ; nous les avons trouvées exposées avec une érudition remarquable dans un des ouvrages de la Bibliothèque publiée par les religieux du Très Saint Sacrement. Nosseigneurs les Evêques d'Angers et d'Arras ont accordés chacun 40 jours d'indulgence aux fidèles de leurs diocèses, et Nous, de grand cœur, nous en accordant autant à ceux qui réciteront l'invocation suivante : Notre Dame du Très Saint Sacrement, Mère et Modèle des adorateurs, priez pour nous qui avons recours à vous ! » Salamanque, le quatrième jour et premier samedi du mois de mai, consacré à Marie, l'an 1872. L'Evêque de Salamanque, D.-J.-L. »

7 octobre 2011

Le Mois de Notre Dame du Très Saint Sacrement 2/6

NDSS10

Mois de Notre Dame du Très Saint Sacrement

Méditations extraites des écrits de Saint Pierre-Julien Eymard

Fondateur de la Congrégation du Très Saint Sacrement

 

Veille du premier jour

Méditation préparatoire

Le Mois de Notre Dame du Très Saint Sacrement

 

Le Mois de Marie est le mois des bénédictions et des grâces : car toutes les grâces nous viennent par Marie, ainsi que l'assure Saint Bernard, et avec lui tous les Saints. C'est une fête de trente jours à la gloire de la Mère de Dieu, qui nous préparera bien au beau mois du Saint Sacrement qui suivra.

 

I. Il ne fait pas que, parce que nous faisons profession spéciale d'honorer l'Eucharistie, nous ayons moins de dévotion envers la Sainte Vierge. Loin de là ! Il commettrait un blasphème, celui qui dirait : « Pour moi le Très Saint Sacrement me suffit, je n'ai pas besoin de Marie ». Mais où trouve-t-on Jésus sur la terre sinon dans les bras de Marie ? N'est-ce pas elle qui nous a donné l'Eucharistie ! C'est son acquiescement à l'Incarnation du Verbe dans son sein, qui a commencé le grand mystère de réparation envers Dieu et d'union avec nous que Jésus accomplit pendant sa vie mortelle et qu'il continue au Sacrement. Sans Marie, nous n'irions point à Jésus. Car elle le possède en son cœur : il y fait ses délices, et ceux qui veulent connaître ses vertus intimes, son amour secret et privilégié, doivent les chercher dans le cœur de Marie : ceux qui aiment cette bonne Mère trouvent Jésus en son cœur si pur. Il ne fait jamais séparer Marie de Jésus : on ne saurait aller à Lui sans passer par Elle. Je dis même que plus nous aimons l'Eucharistie, plus nous devons aimer Marie : on aime tout ce qu'aime un ami ; or, est il une créature plus aimée de Dieu, une mère plus tendrement affectionnée par son fils, que ne le fut Marie par Jésus ? Oh ! Oui, Notre Seigneur serait bien peiné que nous, les serviteurs de son Eucharistie, nous n'honorassions pas beaucoup Marie, parce qu'elle est sa mère ; Notre Seigneur lui doit tous dans l'ordre de son Incarnation, de sa nature humaine ; c'est par la chair qu'elle lui a donnée, qu'il a tant glorifié son Père, qu'il nous a sauvés et qu'il continue de nourrir et de sauver le monde au Saint Sacrement. Notre Seigneur veut qu'on l'honore d'autant plus maintenant, que durant sa vie mortelle il semble avoir plus négligé de le faire. Notre Seigneur sans doute a bien honoré sa mère dans la vie privée ; mais en public, il l'a laissée dans l'ombre ; il avait avant tout à affirmer et a soutenir sa dignité de Fils de Dieu. Mais aujourd'hui Notre Seigneur veut en quelque sorte que nous dédommagions la Très Sainte Vierge de tout ce qu'il n'a pas pu faire extérieurement pour elle : et nous sommes obligés, il y va de notre salut, de l'honorer comme la Mère de Dieu et comme notre propre Mère.

 

II. Mais puisque nous nous sommes voués plus spécialement au service de l'Eucharistie, que nous sommes adorateurs, c'est en cette qualité que nous devons un culte particulier à Marie. Religieux du Très Saint Sacrement, Servantes du Saint Sacrement, agrégés du Saint Sacrement, ; nous sommes par notre état des adorateurs de l'Eucharistie : c'est notre beau titre, béni par (le Bienheureux) Pie IX. Adorateurs, qu'est-ce à dire ? C'est-à-dire que nous sommes attachés à la personne adorable de Notre Seigneur, vivant en l'Eucharistie. Mais si nous sommes au Fils, nous sommes à la Mère,e t nous sommes obligés, pour demeurer dans la grâce de notre vocation, et pour y entrer pleinement, de rendre à la Sainte Vierge un culte tout spécial, comme à Notre Dame du Très Saint Sacrement. Cette dévotion n'est pas répandue et ce culte ne lui est pas encore rendu explicitement dans l'Eglise. C'est que ce culte de Marie suit le culte de Jésus ; il en suit les phases et les développements. Quand on honore Notre Seigneur sur la Croix, on prie Notre Dame des Sept Douleurs ; quand on honore sa vie soumise et retirée à Nazareth, c'est Notre Dame de la Vie Cachée que l'on prend pour modèle ; la Sainte Vierge suit tous les états de son Fils. On ne l'avait encore jamais saluée en ce beau nom de Notre Dame du Très Saint Sacrement. Mais voici que le culte de l'Eucharistie se répand ; jamais il ne fut plus grand, plus universel que de notre temps ; il se répand partout. C'est la grâce qu'apporte au monde l'Immaculée Conception. La dévotion au Saint Sacrement n'est pas nouvelle sans doute ; mais il se fait une manifestation nouvelle de l'Eucharistie : le Dieu caché sort de son tabernacle, on l'expose partout, et la nuit et le jour ; l'Eucharistie va devenir une source de salut pour ce siècle : le culte de l'Eucharistie sera la gloire de ce siècle, il fera sa grandeur. Et bien ! La dévotion à Notre Dame du Très Saint Sacrement grandira avec le culte de l'Eucharistie. Je n'ai trouvé cette dévotion exposée dans aucun livre ; je n'en ai jamais ente,du parler, si ce n'est dans les révélation de la Mère Marie de Jésus (d'Agreda), ou dans quelque chose de la communion de Marie ; et dans les Actes des Apôtres, ou nous voyons Marie au Cénacle.

 

III. Qu'a fait la sainte Vierge au Cénacle? Elle a adoré, elle a été la reine et la mère des adorateurs; elle a été, en un mot, Notre-Dame du Très Saint Sacrement. Votre occupation pendant ce mois sera de l'honorer sous ce beau titre, de méditer ce qu'elle faisait, de rechercher comment Notre-Seigneur recevait ses adorations; vous découvrirez l'union si parfaite de ces deux cœurs, celui de Jésus et celui de Marie, perdus en un seul amour et une seule vie. Il faut que votre piété soulève le voile mystérieux qui cache la vie adoratrice de Marie. On est étonné que les Actes des Apôtres n'en disent rien , et se contentent de laisser Marie au Cénacle. Ah! c'est que toute la vie de Marie au Cénacle ne fut qu'une vie d'amour et d'adoration. Comment redire l'amour et l'adoration? comment exprimer ce règne de Dieu en l'âme et cette vie de l'âme en Dieu: on n'explique pas, la langue n'a pas de termes pour expliquer les délices du ciel: il en est de même de la vie de Marie au Cénacle. Saint Luc nous dit seulement qu'elle vivait et priait au Cénacle. A la prière, à l'amour d'étudier l'intérieur de cette vie. Nous pouvons supposer tout ce qu'il y a de puissance dans l'amour, tout ce qu'il y a de sainteté et de perfection dans les vertus et l'attribuer à Marie; mais parce que Marie a vécu là d'union au Saint Sacrement pendant plus de vingt ans, toutes ses vertus ont pris le caractère eucharistique: elles étaient nourries de la communion, de l'adoration, de l'union constante à Jésus-Eucharistie. Les vertus de Marie ont acquis au Cénacle leur dernière perfection, une perfection presque sans limites et qui n'est dépassée que par la perfection des vertus de Jésus-Christ. Demandez à Notre-Seigneur de vous révéler ce qui se passait au Cénacle entre lui et sa Mère; il vous dira quelques-unes de ces merveilles: pas toutes, vous ne sauriez les porter; mais un peu et cela fera votre bonheur. Oh! je serais bienheureux si je pouvais faire un mois de Marie adoratrice; il faut pour cela méditer, prier beaucoup, il faut comprendre l'action de grâces de l'amour de Marie; je le désire bien; mais il faut pour cela une plus longue préparation (1).

 

IV. Du reste tous les mystères de la vie de Marie revivent au Cénacle. Si vous méditez sur la naissance de son Fils à Bethléem, complétez l'Evangile et voyez la naissance eucharistique de ce même Fils sur l'autel. La fuite en Egypte? Ne voyez-vous pas que Notre-Seigneur est encore au milieu des barbares et des étrangers, dans ces villes et dans ces campagnes où l'on ferme les églises et où personne ne va le voir? Et sa vie cachée de Nazareth ? Ne le voyez-vous pas encore plus caché ici ? Complétez par l'Eucharistie tous les mystères et méditez la part qu'y prend Marie. L'essentiel est de chercher à pratiquer une des vertus de la sainte Vierge; prenez tout de suite parmi les plus basses, les plus petites; vous les connaissez, vous monterez ensuite et peu à peu jusqu'à ses vertus intérieures, jusqu'à son amour. Puis chaque jour offrez un sacrifice: prévoyez ce qui vous coûtera; il y a des sacrifices que l'on sait d'avance; telle personne à voir, telle chose à faire. Offrez ce sacrifice; la sainte Vierge en sera contente; ce sera une fleur de plus à la couronne qu'elle veut offrir en votre nom à son Fils au jour de sa fête, à la belle Fête-Dieu. Si vous ne prévoyez pas de sacrifices particuliers, tenez-vous dans une volonté généreuse d'accepter tous ceux que le bon Dieu vous enverra; soyez attentifs à prendre à la volée cet oiseau du ciel; il y a des messagers de Dieu qui nous apportent une grâce et une couronne d'épines. Il faut leur faire bon accueil. Un sacrifice prévu fait raisonner; le raisonnement en diminue la valeur: les sacrifices qu'on fait tout d'un coup, généreusement, sans regarder, valent mieux; le bon Dieu veut nous surprendre, il nous dit seulement: « Tenez-vous prêts ! » et l'âme fidèle est disposée à tout ce que voudra le bon Dieu. L'amour aime à surprendre. Ne perdez jamais ces sacrifices-là. Il suffit pour cela d'être généreux. Une âme généreuse, ah! que c'est beau! Dieu en est glorifié, et il dit d'elle comme de Job, avec un sentiment de bonheur et d'admiration: « As-tu vu mon serviteur Job? »... L'âme qui aime ne laisse passer aucun de ces sacrifices: elle a, pour ainsi dire, l'œil au vent; elle sent qu'une croix vient et elle se dispose à la bien recevoir. Allons, honorez la sainte Vierge par un sacrifice chaque jour; allez par elle à Notre-Seigneur: abritez-vous derrière elle; mettez-vous sous son manteau; revêtez-vous de ses vertus; ne soyez qu'une ombre de Marie; offrez toutes ses actions, tous ses mérites, toutes ses vertus à Notre-Seigneur: vous n'avez qu'à puiser en Marie et à dire à Jésus: « Je vous offre les richesses que m'a acquises ma bonne Mère ». Et Notre-Seigneur sera très content de vous!

 

Le chapelain de Notre-Dame du Très Saint Sacrement

 

Il nous faut un modèle, un patron, un guide dans notre dévotion à Notre-Dame du Très Saint Sacrement. C'est saint Jean l'Evangéliste que nous choisirons. Jésus lui avait confié sa Mère, et saint Jean célébrait chaque jour la sainte messe en présence de Marie; c'est lui qui, prenant sur l'autel le Pain divin, le déposait sur les lèvres de Marie: « Mère, voici votre fils ! » « Ecce filius tuus! » O Dieu! quelle parole et quel moment! Saint Jean fut témoin des adorations de Marie; il fut le confident de son amour; et s'il a parlé si divinement de l'Eucharistie, s'il a chanté ce beau cantique d'action de grâces que renferme son Evangile, c'est qu'après l'avoir recueilli de la bouche de Jésus, il l'avait entendu redire par Marie. « Le Sauveur donna saint Jean à Marie, dit Monsieur Olier, non seulement pour qu'il lui tînt lieu de fils en sa place, mais encore pour qu'il lui donnât, par les saints mystères qu'il célébrait pour elle, et selon ses intentions, le moyen de satisfaire aux désirs ardents de son cœur pour l'établissement de l'Eglise: comme aussi de se consoler de l'absence de son Fils par le bonheur qu'elle avait de s'en nourrir tous les jours ». (Vie de M. Olier. T. II. part. III, p. 207.) Vous nous apprendrez donc, ô glorieux Chapelain du Cénacle. à connaître les mystères de la vie de Notre Dame du Très Saint Sacrement: vous nous ferez entrer dans ses dispositions toutes les fois que nous recevrons comme elle ou que nous adorerons le Dieu de l'Eucharistie.

 

Pratique : Remplir tous nos devoirs eucharistiques en union avec Notre Dame du Très Saint Sacrement.

 

Aspiration : Salut, ô Marie, vous de qui est né Jésus-Eucharistie.

 

(1) Le Vénérable mit la main à l'œuvre ; nous avons de lui quelques méditations sur la vie adoratrice de Marie; il entre dans l'intérieur de la sainte Vierge; il essaie de montrer les sentiments de son cœur, l'étendue de son amour. On trouvera ces méditations dans ce volume. Pour avoir une méditation pour chaque jour du mois de mai, nous avons réuni les instructions du Vénérable sur la sainte Vierge. Dans toutes, le Vénérable nous montre Marie unie à Jésus-Christ, et recevant de lui ou lui rapportant toutes ses grâces, toutes ses perfections: et parce que l'Eucharistie n'est autre chose que Jésus-Christ lui-même, là encore Marie est Notre-Dame du Très Saint Sacrement.

 

Premier jour

Marie, Mère des adorateurs de l'Eucharistie

 

I. Si notre vie n'était mise sous la protection de Marie, on pourrait douter de notre persévérance et de notre salut. Notre vocation, qui nous lie d'une manière spéciale au service du divin Roi des rois, nous fait un devoir plus pressant de nous adresser à Marie. Dans l'Eucharistie, Jésus est roi, et il veut à son service des serviteurs exercés et qui aient fait leur apprentissage: on apprend à servir avant de se présenter au roi. Eh Bien! Jésus nous a laissé sa divine Mère pour être la mère et le modèle des adorateurs. Il l'a laissée, selon le sentiment le plus commun, vingt-cinq ans sur la terre afin qu'elle nous apprît à l'adorer parfaitement. Quelle belle vie que ces vingt-cinq ans passés en adoration! Quand on examine l'amour de Notre-Seigneur pour sa Mère, on est tout étonné qu'il consente à se séparer d'elle. Est-ce que la sainte Vierge n'était pas assez sainte? Est-ce qu'elle n'avait pas assez souffert, elle qui avait souffert sur le Calvaire plus que toutes les créatures? Oui, sans doute. Mais les intérêts de l'Eucharistie réclamaient la présence de Marie; Jésus ne voulait pas rester seul au Sacrement sans sa Mère; il ne voulait pas que la première heure de l'adoration eucharistique fût confiée à de pauvres adorateurs qui ne sauraient pas l'adorer d'une manière digne de lui. Les apôtres, obligés de voler au salut des âmes, ne pouvaient consacrer assez de temps à l'adoration eucharistique: malgré leur amour qui les eût attachés au pied du Tabernacle, leur mission d'apôtres les appelait ailleurs; pour les chrétiens, semblables à des enfants qui sont encore au berceau, il leur fallait une mère qui fît leur éducation, un modèle qu'ils pussent copier, et c'est sa très sainte Mère que Jésus-Christ leur laisse.

 

II. Toute la vie de Marie, à la bien prendre, se résume en ce mot: adoration : car l'adoration c'est le service parfait de Dieu, et elle embrasse tous les devoirs d'une créature envers son Créateur. C'est Marie qui la première a adoré le Verbe incarné; il était dans son sein et personne ne le savait sur terre. Oh! que Notre-Seigneur dans le sein de Marie fut bien servi! Jamais il n'a trouvé un ciboire, un vase d'or plus précieux et plus pur que le sein de Marie! Cette adoration de Marie le réjouissait plus que celle de tous les anges. « Le Seigneur a placé son tabernacle dans le soleil », dit le Psalmiste; ce soleil c'est le cœur de Marie. A Bethléem, Marie adore la première son divin Fils couché dans la crèche. Elle l'adore avec un amour parlait de Vierge Mère, un amour de dilection, selon le mot de l'Esprit-Saint; après elle, viennent adorer saint Joseph, les bergers, les Mages: c'est Marie qui a ouvert ce sillon de feu qui couvrira le monde. Comme Marie devait dire de belles choses, des choses divines, puisqu'elle était dans un état d'amour que nous ne pouvons mesurer ni sonder! Elle continue d'adorer Notre-Seigneur dans sa vie cachée à Nazareth, puis dans sa vie apostolique et sur le Calvaire, où son adoration fut la souffrance. Remarquez la nature de l'adoration de Marie. Elle adore Notre-Seigneur selon ses divers états: elle adapte son adoration à l'état de Jésus; l'état de Jésus fait le caractère de son adoration: elle n'est pas restée dans une adoration immobile; elle a eu l'adoration du Dieu anéanti dans son sein, puis pauvre à Bethléem, travaillant à Nazareth, et plus tard évangélisant et convertissant les pécheurs; elle l'a adoré dans ses souffrances sur le Calvaire en souffrant avec lui; son adoration suit tous les sentiments de son divin Fils, qui lui étaient connus et dévoilés; son amour la faisait entrer en une parfaite conformité de pensées et de vie avec lui.

 

III. A vous adorateurs, on vous dit aussi: Adorez toujours Jésus-Eucharistie, mais variez vos adorations comme la sainte Vierge variait les siennes. Faites venir et revivre tous les mystères dans l'Eucharistie. Sans cela vous tomberez dans la routine; si l'esprit de votre amour n'était pas alimenté par une forme, une pensée nouvelle, vous deviendriez imbéciles dans la prière. Il faut donc célébrer tous les mystères dans l'Eucharistie. C'est ainsi que faisait Marie au Cénacle. Quand revenaient les anniversaires des grands mystères accomplis sous ses yeux, croyez-vous qu'elle n'en renouvelait pas en elle les circonstances, les paroles et les grâces? Quand la Noël revenait, par exemple, croyez-vous que Marie ne redisait pas à son Fils, alors caché sous les voiles eucharistiques, et l'amour de sa naissance, et son sourire et ses adorations ainsi que celles de saint Joseph, des bergers et des Mages? Elle voulait par là réjouir le cœur de Jésus en lui rappelant son amour. Il en était de même pour tous les mystères. Eh! que fait-on avec un ami? Lui parle-t-on toujours du présent? Non, certes: on rappelle tous les souvenirs du passé, on les ravive. Quand on veut faire un compliment à un père et à une mère, on rappelle l'amour si grand, le dévouement si constant, si généreux qu'ils nous ont témoigné dans notre enfance. Eh bien ! Marie redisait à Jésus, dans ses adorations du Cénacle, tout ce qu'il avait fait pour la gloire de son Père ; elle lui rappelait ses grands sacrifices, et par là elle se mettait dans la grâce de l'Eucharistie. L'Eucharistie est le mémorial de tous les mystères, elle en renouvelle l'amour et la grâce. Il vous faut, comme Marie, correspondre à cette grâce en ravivant toutes les actions de Notre-Seigneur, en adorant tous ses états, et en vous y unissant. La sainte Vierge avait un attrait si puissant à l'Eucharistie, qu'elle ne pouvait s'en séparer; elle vivait dans le Saint Sacrement, elle vivait de lui. Elle passait les jours et les nuits aux pieds de son divin Fils; sans doute elle se prêtait à la piété des apôtres et des fidèles qui voulaient la voir et l'entretenir; mais son amour pour son Dieu caché transpirait sur son visage et communiquait ses ardeurs à tous ceux qui l'entouraient. O Marie, enseignez-nous la vie d'adoration! Apprenez-nous à trouver comme vous tous les mystères et toutes les grâces en l'Eucharistie; à faire revivre l'Evangile, à le lire dans la vie eucharistique de Jésus. Rappelez-vous, ô Notre-Dame du Très Saint Sacrement, que vous êtes la mère des adorateurs de l'Eucharistie!

 

Nos modèles

 

Parmi les saints personnages qui illustrèrent le XVIIe siècle, plusieurs nous montrent comment nous pouvons allier le culte de l'Eucharistie à la dévotion envers Marie et soutenir l'un par l'autre. Le vénérable cardinal de Bérulle, qui mérita du Pape Urbain VIII le titre d'apôtre du Verbe incamé, et dont les vues sur la très sainte Vierge passent pour être plutôt angéliques qu'humaines, et le P. de Gondren, qui reçut, au témoignage des plus habiles docteurs de son temps, des lumières sublimes sur les mystères, avaient la coutume d'offrir chaque samedi la sainte Messe à l'intention de la très sainte Vierge. Monsieur Olier, le saint fondateur de Saint-Sulpice et le réformateur du clergé à la même époque, reçut d'eux cette pieuse pratique; chaque jour il faisait célébrer trois messes, dont le fruit était remis entre les mains de la sainte Vierge, afin qu'elle obtînt, en l'offrant à son Fils pour l'Eglise, des trésors infinis de grâces. Il y eut même un pieux missionnaire jésuite, à Québec, qui proposa à Saint Jean Eudes, fondateur de la congrégation qui porte son nom, un projet d'association de prêtres, qu'il appelait les chapelains de Notre-Dame, et qui devaient s'unir entre eux pour offrir le saint sacrifice dans les intentions de cette auguste Reine du Ciel. Afin, disait-il, que le Fils de Dieu montât vers son Père en qualité d'hostie par les mains très pures de Celle dont il s'était servi pour descendre vers nous en se faisant homme. (Vie de M. Olier, T. II. passim.)

 

Pratique : Offrir nos adorations à Jésus-Eucharistie par les mains de Marie.

 

Aspiration : Vous êtes bénie entre toutes les femmes, ô Marie, et Jésus-Eucharistie, le fruit de vos entrailles, est béni!

 

Deuxième jour

L'Immaculée Conception et la Communion

 

I. L'Immaculée Conception de Marie a été prédite dés le paradis terrestre. La sainte Vierge est cette femme bénie qui écrasa de son talon la tête du serpent infernal. Dieu, en créant Marie immaculée, remporte la plus grande victoire sur le démon: il rétablit son empire sur la terre; il rentre en maître dans sa création, et c'est pour sa gloire d'abord qu'il préserve Marie de la tache originelle: car Dieu regarde d'abord en toutes ses œuvres les intérêts de sa gloire. Toute créature naissant coupable et souillée, Dieu n'en était pas pleinement maître; il ne pouvait l'occuper tout entière; Satan s'emparait de l'âme dès sa création. Dieu créait et Satan s'emparait de son œuvre. La gloire de Dieu était humiliée dans ses créatures, et quand le Seigneur avait chassé Adam et Eve du paradis terrestre, Satan avait triomphé de Dieu: c'était là sa victoire. Mais voici Marie, Dieu la garde; il la préserve par un privilège tout spécial; elle passe par la conception naturelle, comme tous les hommes depuis Adam. Mais Dieu se doit à lui-même de la garder pure. Eve, la première mère, est souillée; Marie, la vraie mère des vivants, sera immaculée. Dieu l'entoure de son ombre; elle est son jardin fermé, sa fontaine scellée; le Roi seul boira de ses eaux. Satan n'osera approcher de Marie: elle naît des bras de l'amour de Dieu: Dominus possedit me in initio viarum suarum; vraie fille de Dieu. Primogenita ante omnem creaturam. Il fallait que le Verbe n'eût pas à rougir de sa Mère. Aussi lui a-t-il tout donné: en voyant Marie, Dieu voyait son honneur et sa gloire. La sainte Trinité tout entière concourt à l'Immaculée Conception de Marie: elle le doit à sa gloire; si Satan précède Dieu, Satan est vainqueur: quelles que soient les réhabilitations, celui qui naît esclave en garde toujours quelque chose. Ainsi la gloire de Dieu est rétablie dans l'humanité: l'image de Dieu est refaite et restaurée; Dieu pourra descendre et mettre le pied en Marie sans crainte: elle est un tabernacle plus pur que le soleil. Marie est par sa pureté le ciel de Dieu; avec elle il renouvellera le monde. Voyez ce que l'Immaculée Conception nous a donné: Jésus-Christ d'abord: elle est l'aurore de ce beau soleil de justice; puis tous les saints, brillantes étoiles du firmament de l'Eglise; tous ont été formés par Marie: tout nous vient de ce paradis du Seigneur. L'Immaculée Conception est le germe de toutes les grâces que nous avons reçues depuis; semblable à ce petit nuage qu'aperçut Elle, elle n'est par elle-même qu'un point; mais elle s'étend, elle se dilate, et ses divines influences couvrent la terre entière.

 

II. Mais, pour nous, adorateurs, il y a encore autre chose dans le mystère de l'Immaculée Conception. Si Dieu préserve ainsi Marie, c'est qu'il veut habiter en elle; il veut descendre dans une demeure sainte, pure et parfaite; le Père céleste, le Saint-Esprit, ne purifient Marie que pour en faire le digne tabernacle du Verbe-Dieu: il fallait créer de nouveaux cieux, tout purs ; pour recevoir le Verbe en elle, Marie devait être immaculée; l'Immaculée Conception est la préparation à la Communion. Oh! avec quel bonheur le Verbe contemplait cette demeure qu'il se préparait! Aussi il s'y précipite à pas de géant: Exultavit ut gigas. Il faudrait que Jésus fît à notre égard la même chose pour la sainte Communion; qu'il soupirât après le moment où nous le ferions sortir de son tabernacle, qu'il vînt avec plaisir en nous, comme s'il venait encore en Marie. Il en sera ainsi si nous sommes purs. Il attend de nous cette préparation de pureté; il ne nous demande même que cela. Une grande pureté pour la Communion, tel doit être pour nous le fruit de l'Immaculée Conception: sans la pureté toutes nos vertus ne seraient rien; Notre-Seigneur viendrait en nous avec répugnance; notre cœur serait pour lui une prison: « Ah ! devrait-il dire à son prêtre, où me portez-vous ? Dans un cœur qui n'est pas à moi, que mon ennemi occupe? Laissez-moi, laissez-moi dans mon tabernacle! » O Marie, vous nous prêterez votre manteau de pureté, vous nous revêtirez de la blancheur, de l'éclat de votre Conception Immaculée; c'est à la mère de revêtir son enfant pour les grands jours; revêtu de vous, ô Marie, Jésus me recevra bien; il viendra en moi avec plaisir; il vous verra en moi, et il fera ses délices d'habiter en mon cœur!

 

Sentiments de la sainte Vierge au sujet de la Communion

 

Parmi les belles instructions que dicta la sainte Vierge à sa servante Marie d'Agreda, il en est une bien touchante sur la Communion. La sainte Vierge s'exprime ainsi: « O ma fille, si ceux qui professent la sainte foi catholique ouvraient leurs cœurs endurcis et pesants pour recevoir la véritable intelligence du sacré mystère et du bienfait inestimable de l'Eucharistie; ou si, affranchis des affections terrestres et de la tyrannie de leurs passions, ils s'appliquaient à découvrir à la divine lumière leur félicité, et à considérer qu'ils possèdent au milieu d'eux, dans le Très Saint Sacrement, le Dieu éternel; qu'ils peuvent le recevoir, le fréquenter, et participer aux effets de cette manne céleste! s'ils appréciaient le prix et la grandeur de ce don! s'ils estimaient ce trésor ! s'ils goûtaient sa douceur! s'ils savaient y trouver la vertu cachée de leur Dieu tout-puissant, ah ! ils n'auraient rien à désirer ni à craindre dans leur exil !... » Et plus loin elle ajoute: « Voulez-vous apprendre ce que je pensais de moi lorsque, étant voyageuse sur la terre, je devais recevoir mon Fils et mon Seigneur dans le Sacrement? Repassez dans votre mémoire ce que vous savez de mes dons, de ma grâce, de mes œuvres et des mérites de ma vie. Eh bien, je crus avoir obtenu une magnifique récompense de tous ces mérites en recevant une seule fois le sacré Corps de mon Fils dans l'Eucharistie; encore ne me jugeais-je pas digne d'une si grande faveur! Considérez maintenant, ma fille, ce que vous et les autres enfants d'Adam devez penser en recevant cet admirable Sacrement! » (Cité mystique, part. II, I. VI. c. XI)

 

Pratique : Se préparer avec grand soin et en union avec Marie à la sainte Communion.

 

Aspiration : Jésus-Hostie chérit la demeure sacrée du sein de Marie plus que tous les tabernacles de Jacob.

 

Troisième jour

La dot de Marie Immaculée

 

I. Marie a reçu au jour de sa Conception Immaculée une dotation magnifique, en proportion avec ses devoirs sublimes et sa dignité incomparable de Mère de Dieu; elle a reçu là ce trésor de grâces qui devait faire d'elle la corédemptrice du genre humain, l'associer à l'oeuvre de notre salut. Je ne doute pas que la grâce de l'Immaculée Conception ne l'emporte sur toutes les grâces conférées à Marie, même sur celle de sa maternité divine. Elle est d'une moindre dignité, mais elle est plus importante devant Dieu et pour Marie; bien plus, elle est le fondement et la source de toutes les dignités, de tous les privilèges qui lui furent accordés dans la suite. C'eût été peu de chose d'être Mère de Dieu et pécheresse en même temps: ce qui fait la grandeur devant Dieu, ce n'est pas la dignité qu'il confère, mais la sainteté et la pureté avec laquelle on la porte. Jetez sur un mendiant un manteau royal, il reste toujours un mendiant. L'Immaculée Conception ayant fait la pureté et la sainteté de Marie, voilà donc la plus grande de ses grâces. Aussi, dès l'instant de sa création, Marie plaît davantage à Dieu que toutes les créatures ensemble; un acte d'amour de cette frêle créature encore cachée dans le sein maternel, est plus méritoire et plus glorieux à Dieu que tout l'amour des saints et des anges ensemble. Les intérêts sont en raison du capital; Marie possède un fonds de grâces incommensurable qui produit le centuple.

 

II. L'Immaculée Conception est le point de départ de toutes les vertus de Marie; elle est sa vertu souveraine, dans ce sens qu'elle a toujours travaillé et fait fructifier le fonds de grâces qu'elle reçut alors. On pose en principe qu'elle n'a jamais été infidèle à la plus petite inspiration du Saint-Esprit, et qu'elle a fait fructifier toutes les grâces qui lui ont été accordées, selon toute leur puissance. Aucun saint n'est arrivé là; on reste toujours au-dessous de ses grâces. Aussi l'Ange la salue pleine de grâces. « Le Seigneur est avec vous », lui dit-il. Avec vous toujours, en tout; il n'y a en vous nul vide que la grâce ne remplisse. Ah! Marie fut fidèle à tous ses devoirs, fidèle à tous les désirs du Seigneur! Jamais elle n'a laissé de côté une parcelle du bien à faire; elle reçoit tous les rayons de la sainteté de Dieu; elle les absorbe en elle sans les laisser se perdre autour d'elle. Et cette fidélité à toutes les grâces l'a fait progresser sans cesse en toutes les vertus. Marie veillait sur son fonds de grâces comme si elle avait pu le perdre. Grande leçon pour nous! Quelles que soient nos grâces, gardons-nous bien! Marie, qui était impeccable, non par nature, mais par suite de son union avec Dieu; elle dont la tentation n'approcha jamais, Marie veille sur elle-même, travaille sans cesse à l'oeuvre de sa sainteté; elle marche et avance toujours: elle se retire au temple dès l'âge de trois ans pour fuir les scandales du monde: elle tremble devant un ange, un pur esprit, qui ne lui parle que de Dieu! Marie ne croit jamais faire assez. Plus tard elle souffrira un véritable martyre et sans consolation; elle brode la robe de son Immaculée Conception: elle l'enrichit, l'orne des plus belles fleurs des vertus; c'est toujours cette grâce première quelle développe et qu'elle embellit de ses vertus et de ses sacrifices.

 

III. L'Immaculée Conception est encore la mesure de sa puissance et de sa gloire. On n'est puissant auprès de Dieu que par la pureté, que par la sainteté; Dieu ne fait de grandes choses que par les âmes pures; il n'exauce que les voix innocentes ou purifiées. Et la pureté de Marie n'a jamais été ternie de la moindre tache. Quelle sera donc sa puissance? On dit qu'une mère est toute-puissante sur le cœur d'un fils. Oh! si elle s'est déshonorée, elle n'a guère de puissance. Mais à une mère pure, que peut-on refuser? Salomon disait à sa mère après qu'elle eut fait pénitence: « Je ne puis rien vous refuser ». Que sera-ce de Marie? Aussi toutes les grâces passent par ses mains; elle en est le réservoir; Jésus lui a remis sa toute-puissance dans l'ordre du salut! Et la gloire de Marie? Sa pureté lui a valu d'être la Mère du Roi, et aujourd'hui elle est assise sur un trône à la droite de son Fils: moins l'adoration, Marie reçoit tous les honneurs et tous les hommages: elle est si belle, si glorieuse, qu'à elle seule elle ferait le bonheur du paradis!

 

IV. Ainsi toutes les grâces de Marie, toutes ses vertus, sa puissance et sa gloire lui viennent de son Immaculée Conception, en sont comme la magnifique dotation. Le baptême nous purifie, nous rend immaculés, sans tache; aussitôt que l'enfant l'a reçu, il devient le temple de Dieu, un paradis; avec quelle vigilance devons-nous garder cette pureté baptismale! Et si nous l'avons perdue nous pouvons nous purifier par la pénitence; il faut être pur. Je ne parle pas seulement de la pureté des sens; mais il faut avoir une grande pureté dans toutes nos actions, une grande pureté dans notre volonté, dans toutes nos intentions: posséder la pureté de vie; tout est là. Sans la pureté nous ne pouvons plaire au Dieu de l'Eucharistie; il est tout pureté: les cœurs purs seuls le voient, percent les voiles qui le cachent; il ne se manifeste qu'au cœur pur; car la pureté, c'est l'amour, la délicatesse de l'amitié qui ne veut pas déplaire. Aussi la tâche de Notre-Seigneur en venant en notre âme est de nous purifier toujours davantage; en nous purifiant, il nous sanctifie; en nous sanctifiant, il nous unit plus intimement à lui, et quand nous sommes assez purs, il nous attire à lui au Ciel et nous couronne.

 

La Communion de Marie le jour de l'institution de l'Eucharistie

 

Le Père Bernardin de Paris, auteur, au XVIIe siècle, d'un traité fort savant et fort pieux sur la Communion de Marie, tient que la sainte Vierge communia le jour de la Cène; c'est aussi le sentiment de l'auteur de Marie réparatrice et l'Eucharistie. On comprend bien, en effet, l'impatience des désirs de Marie et de Jésus de se voir unis encore en un même corps et en une même âme. Marie d'Agreda et Catherine Emmerich affirment le même fait dans leurs révélations, bien qu'elles diffèrent sur les circonstances de l'événement. Nous suivrons le récit de la religieuse espagnole: « Notre auguste Reine, plongée dans une divine contemplation, regardait, de la chambre où elle s'était retirée, tout ce que Jésus-Christ faisait dans le Cénacle. Lorsqu'il prononça les paroles de la Consécration, Marie se prosterna, et adora son Fils dans l'Eucharistie avec un respect infini. Elle vit Jésus diviser une partie du pain consacré et le remettre à l'Archange Gabriel afin qu'il vint la communier. Marie attendait, les yeux baignés de larmes, la sainte Communion; l'Archange entra, accompagné d'une légion innombrable d'autres Anges, et elle la reçut des mains de ce prince céleste la première après son adorable Fils, quelle imita dans son humilité et sa sainte crainte. C'est ainsi que le Très Saint Sacrement fut mis en dépôt dans le sein de la très pure Marie, comme dans le véritable sanctuaire et le plus décent tabernacle du Très-Haut ». (Cité mystique, part. II, I. VI, c. XI)

 

Pratique : Demander par Marie dans toutes nos Communions la pureté d'une vie parfaite.

 

Aspiration : Nous chanterons vos gloires, ô Marie, glorieuse cité du Dieu-Eucharistie!

 

Quatrième jour

La Nativité de la sainte Vierge

 

Réjouissons-nous et saluons avec bonheur le berceau de Marie: cette naissance de notre Mère et de notre Reine fait la joie du Ciel, la consolation de la terre et la terreur de l'enfer. Voici enfin la femme forte, la Mère prédestinée du Messie. On ne parle ni du lieu ni des circonstances de sa naissance; mais il est à supposer qu'elle naquit dans la pauvreté comme son divin Fils, et à Jérusalem. Sainte Anne et saint Joachim étaient pauvres, et vivaient de la dîme du temple, comme appartenant à la famille lévitique. Mais Marie naît avec des grandeurs qui surpassent toutes les richesses des filles de ce monde.

 

I. Marie a toutes les grandeurs humaines. Elle naît fille, sœur et héritière des rois de Juda. Le Verbe veut naître d'une mère royale; il veut être, selon la chair, le frère des rois, afin d'attester sensiblement que c'est de lui que découle toute royauté; aussi les rois viendront l'adorer comme leur maître et le souverain dominateur. Sa Mère est donc reine. Il est vrai que comme son Fils sera roi sans royaume terrestre, sans richesses, sans armées, elle est pauvre et inconnue : tout cela ne fait pas la royauté, mais seulement l'éclat de la royauté; le droit demeure alors même qu'il est méconnu. Du reste, un jour viendra où la royauté de Marie, comme celle de son Fils, sera proclamée et honorée: l'Eglise la saluera comme sa Reine, la Reine du Ciel et de la terre: « Salve, Regina »; l'Ange l'avait annoncé: « Dabit illi sedem, David patris ejus: Le Seigneur, ô Marie, rendra à votre Fils le trône de David son père ». Mais auparavant il faut le reconquérir par le combat de l'humilité, de la pauvreté et de la souffrance.

 

II. Marie a toutes les grandeurs surnaturelles. La grandeur surnaturelle n'est autre chose que le reflet de Dieu sur une créature qu'il associe à sa puissance et à sa gloire. Or, qu'est-ce que Dieu fait pour Marie? Il l'associe à son grand mystère; le Père l'appelle sa fille; le Fils l'aime comme sa mère; le Saint-Esprit la garde comme son épouse: elle est appelée à participer aux grandes œuvres de la puissance divine; elle est associée à l'empire de Dieu lui-même. Aussi contemplez-la en ce beau jour de sa naissance; voyez-la avec saint Jean, revêtue du soleil, « amicta sole: venant de Dieu » et resplendissante de sa clarté divine; Marie est comme pénétrée des rayons de la Divinité; semblable à un cristal très pur que le soleil envahit de toutes parts. Et la lune est sous ses pieds, c'est-à-dire que sa puissance est inébranlable, qu'elle défie l'inconstance; elle a vaincu et pour toujours le dragon infernal. Sa tête est ceinte d'un diadème de douze étoiles; ces étoiles sont les grâces et les vertus de tous les élus; Marie est comme le centre de la création: Jésus lui a remis entre les mains tous les moyens de la Rédemption; elle est couronnée de les saints, qui sont l'ouvrage de son amour et de sa protection.

 

III. Marie naît avec toutes les grandeurs personnelles. Elle est enrichie des dons de Dieu; mais c'est peu; au jour de sa naissance, elle est déjà riche de ses propres mérites; elle a acquis déjà des trésors de mérites pendant les neuf mois d'adoration silencieuse et ininterrompue qu'elle a passés dans le sein de sa mère; elle a été, avant même de naître, pénétrée de la lumière divine; elle s'est donnée à Dieu pleinement; elle l'a aimé d'un amour dont nous ne saurions nous faire une juste idée, et elle naît avec les trésors qu'elle a conquis, avec les richesses qu'elle a négociées. Oh! si nous avions pu voir spirituellement naître Marie, contempler ce soleil sortant de l'océan de l'amour de Dieu! En son esprit la lumière la plus pure; en son cœur l'amour le plus ardent; en sa volonté le dévouement le plus absolu: jamais créature n'a eu pareille naissance. Aussi dans son berceau fait-elle les complaisances de la sainte Trinité, l'admiration des Anges. « Quelle est cette créature privilégiée, disent-ils entre eux, qui, au premier jour de sa vie, est riche de tant de vertus, ornée de tant de gloire? Quae est ista?... » Et les démons tremblent; ils la voient s'avancer contre eux forte comme une armée rangée en bataille; ils sentent l'humiliation de la défaite de leur chef, et ils prévoient déjà la terrible guerre que leur fera cette enfant d'un jour: « Sicut acies ordinata... » Mais le monde est dans la joie: nous voyons venir notre libératrice: sa naissance nous annonce la naissance de notre Sauveur; oh! oui, réjouissons-nous: « Nativitas tua gaudium annuntiavit luiiverso mundo ». Pour nous, nous devons nous réjouir de ce que Marie nous apporte notre Pain de vie, et dès ce jour nous la saluons comme l'aurore de l'Eucharistie: car nous savons que le Seigneur prendra en elle la substance du corps et du sang qu'il doit nous donner dans le Sacrement de son amour.

 

La première Messe de Saint Pierre

 

« Aussitôt après la Pentecôte, dit le savant cardinal Bona dans son incomparable Traité de la Liturgie, saint Pierre, comme chef de l'Eglise, célébra les saints Mystères à Jérusalem, dans le Cénacle, en présence des Apôtres et des fidèles que sa prédication avait convertis. L'auguste Mère de Dieu y assistait sans aucun doute, et la Cité Mystique nous dit d'admirables choses sur cette première Messe des Apôtres. Dès la veille, la très auguste Vierge, accompagnée d'anges et de saintes femmes, alla disposer et orner la salle où son très saint Fils avait célébré la Cène; elle-même la balaya et l'arrangea, afin qu'on y put consacrer le jour suivant le Corps et le Sang de notre adorable Sauveur. Elle prépara aussi le pain azyme et le vin qu'il fallait pour la Consécration, ainsi que le plat et le calice dans lesquels le Sauveur avait lui-même consacré. Après ces mesures, elle passa toute la nuit en prière et dans les actes les plus fervents d'amour, d'humilité et de reconnaissance. Saint Pierre célébra le saint Sacrifice; Marie y assistait, retirée dans un coin du Cénacle, et toute perdue en Dieu. Après que Pierre eut communié, ainsi que les Apôtres qui l'entouraient, il porta la Communion à la sainte Vierge, qui la reçut entourée d'esprits bienheureux plongés dans l'admiration et le respect. Il est impossible d'exprimer les effets que produisit en cette incomparable créature la Communion de la très sainte Eucharistie; car elle fut tout absorbée et toute transformée en ce divin embrasement de l'amour de son adorable Fils ». (Cité Mystique, part. III, 1. VII, c. VII)

 

Pratique : Offrir à Dieu les fruits du Sacrifice de la Messe par les mains de Marie.

 

Aspiration : Nous vous saluons, ô Marie, qui nous apportez de si loin notre pain de vie, la divine Hostie!

 

Cinquième jour

La Présentation de Marie au Temple

 

I. Marie n'a pas eu d'enfance, selon le sens ordinaire de ce mot: elle n'a pas eu les jeux, les goûts légers, l'inconstance et l'ignorance de l'enfance. Dès sa conception elle eut l'intelligence de Dieu et elle méritait: toutes ses facultés étaient élevées vers Dieu et fixées en lui: il était sa vie. Son corps seul a eu la faiblesse et la petitesse de l'enfance. Dès que Marie put marcher seule, elle demanda à ses parents à se retirer au Temple; elle avait trois ans. Elle fut reçue au milieu des jeunes filles consacrées au Seigneur; elle y resta douze ans. On ne sait rien de sa vie en ce lieu, sinon qu'elle y menait une vie cachée aux hommes et qu'elle y pratiquait toutes les vertus. De pieux écrivains, de saints docteurs, tels que Cédrène, saint Jean Damascène, disent qu'elle fréquentait de préférence les enfants qui souffraient, les soignant dans leurs maladies, les consolant dans leurs petits chagrins: quand il s'élevait quelque dispute, la petite Marie était toujours appelée pour concilier les parties et pour leur rendre la paix qu'elle portait avec elle partout où elle se trouvait. Elle vivait avec simplicité, ne se faisant remarquer en rien: elle se faisait la servante et la plus petite de toutes, ne se rebutant de rien et allant au-devant des désirs de ses petites compagnes. Elle était gardée par les anges et environnée d'esprits célestes: le démon ne pouvait approcher d'elle, défendue qu'elle était par ces gardiens fidèles; elle était ce jardin fermé que personne ne peut ouvrir que l'Epoux bien-aimé.

 

II. C'est dans cette vie cachée au Temple que Marie doit être notre modèle. Dieu prépare Marie dans le secret, dans le silence, et sans qu'elle s'en doute, à la grande mission qu'elle doit accomplir. Plus tard, Notre-Seigneur se disposera aussi à sa mission évangélique par trente ans de silence à Nazareth; il préparera pendant trois ans ses disciples au mystère de l'Eucharistie, et ce n'est que la veille de sa mort qu'il leur en révélera tout l'amour. Le secret, le silence sont l'âme des grandes choses. Notre-Seigneur cacha à Satan qu'il fût le Fils de Dieu: si le démon l'avait su positivement, il n'eût jamais poussé les Juifs à le faire mourir. Il ignora que cette jeune fille dût être un jour la Mère de Dieu. Tant qu'une œuvre demeure cachée, inconnue au monde, elle croît en sûreté: dès que le démon l'a découverte et fait connaître au monde, il se déchaîne contre elle et la combat de toutes ses forces. Si le grain jeté en terre est trop souvent remué, il ne germera pas: il faut le laisser en repos caché sous terre. Ainsi pour vous, si vous voulez grandir, cachez-vous et demeurez inconnus au monde: sans cela le démon vous suscitera bien des misères, et le vent de l'amour propre vous perdra.

 

III. Notre-Seigneur nous a préparés longtemps; il nous a environnés de grâces depuis notre enfance, pour nous introduire dans le Cénacle de son Eucharistie: remercions-l'en bien ; et, bien que nous ne nous soyons pas donnés à lui aussi jeunes que Marie, nous sommes cependant dans l'enfance de la vie eucharistique: la manifestation eucharistique ne fait que commencer; Notre-Seigneur nous appelle des premiers à y concourir. Marie dans le Temple adorait Dieu en esprit et en vérité; elle appelait par ses prières et devançait par l'ardeur de ses désirs la venue du Messie Sauveur; pour nous, nous l'adorons réellement présent sur nos autels; nous ne l'appelons pas de loin comme Marie: il est avec nous, au milieu de nous; nous le possédons toujours. Imitez ce silence, ce secret, cette vie cachée en Dieu de la sainte Vierge; qu'elle soit le modèle de votre vie cachée en l'Eucharistie. Aujourd'hui on ne cherche qu'à paraître; on veut arriver et jouir tout de suite; on ne sait pas attendre; on force la plante: elle donne beaucoup tout d'abord ; mais elle s'épuise et meurt au bout de peu de temps. Aimez donc la vie simple et cachée, les emplois modestes de votre position; soyez heureux de n'être pas connus: cachez sous le boisseau la petite flamme de votre lampe; le moindre vent l'éteindrait. Marie se donne à Dieu promptement, entièrement et pour toujours; elle se donne tout entière, son esprit, son cœur, sa liberté: elle ne se réserve rien: oh! donnons tout à Jésus- Eucharistie, qui, lui aussi, se donne tout à nous! Il est facile de dire: « Mon Dieu, je me donne tout entier à vous »; mais il est difficile de le faire réellement; comptons sur sa grâce, sur la prière de notre Mère, et, à l'occasion, rappelons-nous son don si parfait: son exemple sera notre encouragement et notre force.

 

Ne séparons jamais Marie de Jésus!

 

Saint Hyacinthe, de l'Ordre des Frères Précheurs, apprenant que les Tartares allaient tondre sur la ville de Kiev, qu'il habitait, court à l'église du couvent et s'empare du saint ciboire, pour soustraire son divin Maître à l'impiété de ces barbares infidèles. Comme il sortait de l'église, emportant, son trésor, une statue de Marie fort grande et fort pesante, qui était près de la porte, rappelle par trois fois. Hyacinthe, étonné, demande à la sainte Vierge ce qu'elle attend de lui; et Marie de lui répondre : « Mon bien-aimé Hyacinthe, c'est donc ainsi que tu veux soustraire le Fils aux outrages des barbares, et abandonner la Mère à leurs insultes? » Et, le Saint prétextant sa faiblesse pour porter une statue si lourde. Marie repartit: « Oh! si tu avais un peu d'amour, il te serait facile de m'emporter; prie mon Fils, il te rendra ce fardeau léger ». Aussitôt le Saint prend la statue, et la porte avec autant d'aisance que si c'eût été une petite fleur. Le Saint Sacrement sur la poitrine, la statue de Marie entre les bras, il traversa sans être inquiété les lignes ennemies, et se dirigea vers Cracovie, où il arriva heureusement. (Rossignoli)

 

Pratique : Répéter sans cesse: « Marie et Jésus! Jésus et Marie! »

 

Aspiration : Ils trouvèrent l'Enfant avec sa Mère, et, se prosternant, il l'adorèrent.


7 octobre 2011

Le Mois de Notre Dame du Très Saint Sacrement 6/6

NDSS6

Le Mois de Notre Dame du Très Saint Sacrement

Méditations extraites des écrits de Saint Pierre-Julien Eymard

Fondateur de la Congrégation du Très Saint Sacrement

 

Vingt-huitième jour

Vie d'union de Marie à Jésus

 

I. Marie vivait en l'Eucharistie. Celui qui aime véritablement, pense, désire, agit, se réjouit ou s'attriste en la personne aimée: c'est son centre naturel de vie. Jésus, en effet, a dit: « Là où est votre trésor, là est aussi votre cœur ». Et à ses Apôtres: « Demeurez en moi, demeurez dans mon amour, comme je demeure dans l'amour de mon Père. » Marie demeurait donc en la divine Eucharistie, centre de son amour; toutes ses pensées, ses paroles, ses actions en sortaient, comme tous les rayons sortent du soleil; l'Eucharistie était l'oracle qu'elle consultait, la grâce qu'elle suivait.

 

II. Mais Jésus au Sacrement vit de la même vie d'amour qui le consumait aux jours de sa mortalité; en son état sacramentel il continue d'adorer son Père par ses profonds anéantissements; il est encore le médiateur et l'intercesseur pour le salut des hommes auprès de la divine bonté. Marie s'unissait donc à la prière de Jésus; elle y ajoutait l'exercice et le mérite des vertus que Notre-Seigneur en son état glorieux ne peut plus pratiquer actuellement; à l'état d'humiliation de Jésus au Sacrement, elle répondait par la vertu et les actes d'humilité; à son état de victime, par la souffrance actuelle; à son état de propitiation, par les actes de la mortification volontaire. Pour honorer la vie cachée de Jésus, Marie s'anéantissait et tendait à n'être plus qu'une apparence humaine, dont tout l'être, toute la substance est changée, transformée en Jésus-Christ: elle est pauvre comme Jésus au Sacrement, plus pauvre même puisqu'elle peut éprouver les privations réelles de l'indigence; comme Jésus elle obéit, et honore son obéissance sacramentelle en se soumettant au dernier des ministres de l'Eglise; et, pour imiter son obéissance si douce et si simple, si prompte aussi, elle est heureuse d'obéir, empressée de se rendre au moindre signe ; en un mot, Marie complète en elle la vie eucharistique de Jésus-Christ. De plus, Marie renouvelait en l'Eucharistie tous les mystères de la vie du Sauveur, perpétuant sa reconnaissance et la renouvelant toujours plus vive.

 

III. Telle doit être la vie de l'adorateur s'il veut vivre en l'Eucharistie. Mais pour arriver à cette vie d'union, il faut s'affranchir de tout esclavage, de cette vie d'amour-propre qui ne voit que soi, même dans le service de Dieu ; qui ne parle à Jésus que de soi. que de ses intérêts personnels, de ses affaires propres, et ne sait pas s'entretenir avec Jésus en lui parlant de lui-même et des intérêts de sa gloire, des sollicitudes de son divin Cœur: qui ne sait pas se tenir calme et tranquille à ses pieds, se suffisant de lui, ne désirant rien de plus que lui; de cette vie qui n'a pas la patience de l'écouter, mais qui nous rend semblables à des mercenaires attendant impatiemment leur salaire, à des commissionnaires empressés de partir. Jésus a bien peu d'adorateurs qui s'estiment assez récompensés et assez heureux de demeurer avec lui, occupés à le servir, comme les anges au ciel, comme Marie au Cénacle; il ne voit guère à ses pieds que des mendiants, ou des fiévreux qui lui demandent secours. Et cependant, dans un palais on sait être courtisan et demeurer à assister le roi, sans faire autre chose qu'acte de présence pour honorer sa majesté. Hélas! c'est le règne des sens, et rien ne coûte; à la cour eucharistique de Jésus, c'est le règne intérieur de son amour, et on a peur, et on fuit, et on veut travailler: Jésus ne suffit pas, il faut quelque chose encore avec lui! Cependant, Marie ne perdait jamais la présence eucharistique de Jésus; elle n'agissait que lorsqu'il le voulait, s'estimant assez occupée d'être à ses pieds, assez récompensée de le posséder!

 

Le ciel sur la terre

 

Nous avons rapporté hier la pieuse tradition selon laquelle Jésus serait demeuré toujours présent en Marie sous les espèces eucharistiques. C'est là une si douce merveille, que nous nous y arrêterons encore ce soir. « Marie voyait au dedans d'elle-même le corps de son très saint Fils, tantôt glorieux, tantôt revêtu de la beauté naturelle de son Humanité sainte; d'autres fois, et presque continuellement, elle connaissait tous les miracles que renferme le très saint sacrement de l'Eucharistie Ce qu'elle prisait le plus, c'était de savoir combien son très saint Fils se complaisait à demeurer, sous les espèces sacramentelles, dans son Cœur très pur; et il y trouvait plus de délices qu'à être en la compagnie des Bienheureux. De son côté, une des choses qui pénétraient Marie d'une joie indicible, c'était l'adoration et le respect que les Esprits célestes rendaient à son Fils caché, sous les espèces sacramentelles, dans son sein. Car, prévoyant la négligence que les hommes apporteraient à rendre au Corps sacré du Sauveur le culte qui lui est dû, elle offrait à sa divine Majesté les hommages dont l'entouraient les Princes célestes, qui connaissaient plus dignement ce mystère et qui le révéraient avec les sentiments du respect le plus sincère. O chef-d'œuvre singulier, unique et prodigieux de la puissance infinie! Vierge sainte, vous seule avez été un ciel plus agréable à votre Créateur que le ciel inanimé qu'il a fait pour sa demeure! Celui que les espaces incommensurables ne peuvent contenir s'est renfermé en vous seule et a trouvé un trône convenable non seulement en votre sein virginal, mais aussi dans le domaine immense de votre capacité et de votre amour! » (Cité mystique, p. III, l. VIII, c. VIII ; passim.).

 

Pratique : S'appliquer, en union avec Marie, à vivre de communion et d'action de grâces par le recueillement intérieur.

 

Aspiration : O Cœur de Marie, Trône magnifique du Dieu caché, soyez exalté au plus haut des cieux!

 

Vingt-neuvième jour

La parfaite Servante du Saint Sacrement

 

I. « Ecce ancilla Domini: Voici la servante du Seigneur », dit la très sainte Vierge; et toute sa vie s'est passée à le servir dans la dernière perfection. Elle est le modèle royal et divin de notre service eucharistique. Son service au Cénacle résume toute sa vie: elle y renouvelle tous ses états, toutes ses grâces; là ses vertus acquièrent leur suprême perfection, qui va les rendre dignes du ciel et de la gloire immense qui l'attend. S'attacher à ce dernier anneau de la vie de Marie, c'est la grâce d'une servante de l'Eucharistie: s'inspirer de ses vertus et de son dévouement, c'est sa force et sa règle. ainsi: dévouement d'amour au Saint Sacrement, par l'esprit et les vertus de la très sainte Vierge. C'est un dévouement. On ne se dévoue pas pour être pariait ou heureux, pour se faire une fortune spirituelle ou un beau paradis: on se dévoue par amour; le dévouement ne veut qu'une chose: faire plaisir, rendre ses devoirs. Or Notre-Seigneur ne nous demande pas de le servir au dehors, dans les âmes; mais il nous dit: « Pour monter sur mon trône d'amour, il me faut des adorateurs; sans adorateurs je ne puis pas être exposé solennellement: vous demeurerez avec moi, vous serez mes adorateurs; vous serez attachés à ma personne; vous serez pour moi, comme je serai pour vous. Vous allez faire exclusion totale de votre volonté propre, je la veux pour moi; renoncer à vos intérêts personnels, je m'en charge; un roi veut faire la fortune de ses serviteurs, mais il ne leur dit pas ce qu'il fera. » De sorte que le champ que nous avons à cultiver c'est Notre-Seigneur lui-même, lui tout seul; il nous retient pour lui, et se commet à notre garde. Et la récompense de ce dévouement? Elle est de vivre auprès du Roi, de lui plaire, d'être son favori. Nous servons le Roi pour sa propre gloire, et nous nous effaçons en tout. Ce dévouement doit donc être un dévouement d'amour pur, très pur, eucharistique: l'Eucharistie absorbe tout; Jésus se donne tout entier, il nous veut tout entiers. Mais il apporte avec lui un sentiment de joie et de bonheur qui se répand sur toute la vie. Quoi! être associés à l'Eucharistie, à l'adoration, devenir des personnes de Jésus-Christ, qu'y a-t-il de plus grand ? Allez donc à ce service avec joie, avec bonheur; l'amour vole, il aime mieux le service de Jésus que son repos, que son propre bonheur: quand on n'aime pas, on tâche de ne pas aller trop vite, on retarde: mais, comme Marie, volez au service, à l'adoration de Jésus qui vous attend.

 

II. Le service de Notre-Seigneur, c'est notre part avec la très sainte Vierge. Vous êtes appelés à le servir, lui, et non pas vous. Il faut bien prendre garde d'employer des termes qui indiqueraient une faible intelligence de ce sublime service. Il ne faut pas dire: « Je vais faire mon service »; non, non; tous les employés disent cela. Mais: « Je vais faire le service de Notre-Seigneur ». Il y a une grande différence dans les deux termes et surtout dans les deux pensées. Un courtisan sait bien dire: « Je suis au service du roi ». Eh bien, nous disons: « Je suis au service de Notre-Seigneur »: par là nous nous effaçons, nous nous perdons de vue et nous mettons Notre-Seigneur en avant. Ce service embrasse plusieurs fonctions: il en est, comme la messe, l'adoration, l'office, qui regardent directement sa personne; d'autres, sa maison, le bien de ses serviteurs. Mais toutes sont des fonctions du service royal de Notre-Seigneur. La maison de Notre-Seigneur exige diverses sujétions, divers emplois matériels: nous ne sommes pas de purs esprits; mais dans ces travaux c'est le Roi encore qu'il faut voir, pour lui qu'il faut agir. Dévouement à la gloire du Saint Sacrement. Qu'est-ce que cette gloire que nous lui devons? C'est de lui renvoyer tout ce que nous faisons de bien; de ne rien garder pour nous; de ne pas nous faire un petit pécule, bourse à part. Servantes du Saint Sacrement, comme Marie; servantes qui n'ont plus d'intérêt, plus de personnalité, qui sont toutes dépensées au service de Jésus. Quel beau titre ! C'est celui qu'a préféré Marie. C'est le seul qu'elle se donne. En prenant ce nom de votre Mère, il faut prendre les devoirs et les vertus qu'il renferme: tous sont contenus dans le Magnificat: « Le Seigneur a regardé l'humilité, la bassesse de sa servante ». Ah! si quelqu'un doit être humble, dévoué, c'est la servante. Que serait-ce si une servante voulait choisir dans le service de son maître, se ménager des instants, garder du temps pour elle? Et toutes les vertus de Marie, prenez-les dans leur dernier caractère, au Cénacle: elles ne sont plus que des actes de son adoration: Marie adore par toutes ses vertus: l'adoration résume toute sa vie. Servir Jésus au Très Saint Sacrement par l'esprit et les vertus de Notre-Dame du Cénacle, voilà la vie d'une servante; son mot d'ordre est: Tout pour le service de Jésus-Hostie en union avec Marie!

 

L'Ange de l'Eucharistie

 

On sait par quel amour dévoué, par quelle dévotion tendre envers l'Eucharistie, une pauvre ouvrière, Marie-Eustelle, mérita ce beau nom d'ange de l'Eucharistie. Ayant été mise, par son curé, à la tête de la sacristie de sa paroisse, on ne saurait dire avec quelle estime, quel dévouement elle s'acquitta de ces augustes fonctions, traitées, hélas! dans quelques paroisses, avec si peu de respect par des mercenaires. Les premières fois qu'il lui fut donné de préparer ce qui est nécessaire pour l'oblation du saint Sacrifice, la joie de son âme n'eut d'égal que le profond sentiment de son indignité. Elle écrivait à ce sujet: « J'aime à penser que, comme la sainte Vierge, je suis employée au service du Temple autant que ma vocation peut le permettre, et cette pensée ranime encore ma reconnaissance. Mais, pour être digne de ce saint emploi, il me faudrait la pureté de cette Vierge sainte, ce que je suis bien loin d'avoir. mon Dieu! je ne pense pas assez au compte que je rendrai de tous ces moyens de salut! Je m'occupe seulement à jouir du bonheur que me procure cette sainte occupation. Daigne le Seigneur m'orner d'une pureté semblable à celle des anges, pour approcher si prés du Dieu des anges et le recevoir si souvent! » (Vie de Marie-Eustelle).

 

Pratique : Se dévouer aux oeuvres du culte eucharistique, pour imiter Marie servant Jésus au Cénacle.

 

Aspiration : Marie! Mère du Bel Amour, faites-nous aimer Jésus au Saint Sacrement comme vous l'avez aimé!

 

Trentième jour

Le triomphe de Marie

 

I. Au jour de sa glorieuse assomption en corps et en âme dans le ciel. Marie reçoit le couronnement de toutes ses grâces. Certes nous pouvons nous réjouir. Nous ne perdons pas notre mère; mais nous l'envoyons au-devant de nous pour nous préparer notre place et nous acquérir des droits sur le cœur de Dieu. Nous pouvons bien dire à Dieu: « Notre misère est grande »; oui, cette terre n'est qu'une vallée désolée; mais elle vous envoie ce qu'elle a de plus beau, une merveille qu'elle ne devait pas s'attendre à produire, Marie votre Mère. Regardez-nous avec des yeux de miséricorde à cause de cette fleur bénie de notre parterre que nous vous offrons: elle en est la plus pure et la plus belle. Mais le triomphe de Marie est aussi le triomphe de Jésus. Il retrouve sa Mère: il redevient fils par sa présence, Jésus aimait tant sa Mère, comment avait-il pu se séparer d'elle? Il ne l'avait fait que par amour pour nous: nous l'ayant donnée pour Mère, il fallait bien qu'il nous laissât jouir de ce don ineffable. Mais le temps est venu de reprendre son bien. Jésus vient lui-même chercher sa Mère: Innixa super dilectum suum. Marie était morte d'amour; le désir de voir son Fils et de lui être pleinement unie avait brisé sa vie. Jésus va lui faire un beau triomphe. Oh! que se passe-t-il au moment de la rencontre de Jésus et de Marie! Vous savez le bonheur d'une mère et d'un fils qui se revoient après une longue séparation. Jésus désirait revoir sa Mère: elle est là! Avec quels baisers d'amour ne la reçoit-il pas!

 

II. Il va l'introduire lui-même dans la gloire, il lui doit une compensation: Marie a été pauvre et sans honneur toute sa vie: le moment est venu de la couronner de gloire et d'honneur. Marie entre au ciel avec un éclat tel qu'il ne s'en vit jamais: elle entre par une porte spéciale, ouverte pour elle seule: elle ne pouvait passer par la porte des simples élus; si les douze apôtres sont les douze portes du ciel, Marie est la porte royale de la patrie, la porte par excellence. porte auguste et bonne! Qu'il fait bon de passer par elle! Sans doute la pratique de la loi nous fait entrer sûrement au ciel: mais il est encore meilleur de se confier à la miséricorde de Marie: la miséricorde ne cherche qu'à sauver: passez, passez parla miséricorde, et ne comptez pas tant sur vos œuvres et sur votre accomplissement de la loi: à le bien examiner, vous le trouverez encore bien imparfait. Jésus conduit sa Mère par la main jusqu'au pied du trône de Dieu: « Voilà, ô Père, celle que vous vous êtes associée en la choisissant pour me donner mon humanité ». Et le Père la couronne de ses trois titres les plus beaux, reine, mère et médiatrice. Mais au diadème de Marie trois perles brillent d'un éclat plus éblouissant: ce sont les perles de son humilité, de sa pauvreté et de ses souffrances.

 

III. Marie fut la plus humble des créatures, elle sera au ciel la plus glorieuse; si elle s'assied sur le trône le plus voisin du trône de Jésus-Christ, c'est qu'elle s'est approchée plus que personne de la perfection de son humilité. Elle a passé pour une fille pécheresse d'Eve, elle qui n'avait pas subi la honte du péché originel; elle a suivi son Fils; les Juifs l'ont regardée comme une femme ambitieuse, elle qui n'a jamais dit un mot à son avantage! Personne ne fut si pauvre que Marie et n'eut une pauvreté si méritoire, car elle était la Mère du Roi du ciel et de la terre. Mais pour imiter la pauvreté de Jésus elle travaille à Nazareth, mendie en Egypte: quoi de plus pauvre que la maison de Lorette? La justice de Notre-Seigneur lui devait une compensation. Aussi elle hérite de tous les mérites, de toutes les grâces de son Fils ; elle en a la libre disposition; toutes les grâces du salut nous seront données par Marie: grâces naturelles, grâces spirituelles; elle est riche de la richesse de Dieu lui-même. Et si la justice divine ne s'opposait à l'inclination de son cœur maternel, les portes de l'enfer seraient bientôt fermées; le démon a été forcé d'avouer qu'il n'est jamais sûr de la victoire, tant que celui que Marie protège conserve un souffle de vie. Elle supplie, importune, arrache à Dieu des grâces de miséricorde et de pardon pour les criminels les plus endurcis! Enfin, si le bonheur est en raison des souffrances, personne n'est si heureux au ciel que Marie; car personne n'a tant souffert, n'ayant jamais eu tant d'amour qu'elle. Dieu fut cruel pour Marie, il la martyrisa continuellement. La prédiction de Siméon empoisonna toutes ses joies: dès ce moment Marie supplée Jésus, encore trop jeune pour souffrir publiquement. Et, au pied de la croix, elle est plus près de Jésus, pour souffrir davantage: parce qu'il la voulait au ciel plus près de lui, il l'a unie à ses souffrances et à ses humiliations plus qu'aucune autre créature! Pour tout dire, Dieu a couronné Marie de gloire et d'honneur comme le- chef-d'œuvre de son amour : au-dessus d'elle, il n'y a que lui: Solo tonante minor! mais du milieu de sa gloire, Marie se souvient qu'elle est notre mère. Elle n'est montée au ciel avant nous que pour nous en faciliter l'entrée, nous y conduire: elle viendra nous chercher elle-même par la main, à l'heure suprême, si nous savons l'appeler à notre secours!

 

La dernière communion de Marie

 

C'est une pieuse pensée de Gerson que Jésus descendit en personne, escorté de sa cour céleste, porter à sa Mère le saint Viatique et lui servir de prêtre à ses derniers moments. Marie, en effet, avait assisté son Fils à la mort, avait reçu son dernier soupir à la Croix; il était juste que Jésus rendit le même service à sa Mère; et ce que nous lisons de plusieurs saintes vierges, que Jésus leur apporta lui-même la communion, nous devons le supposer avec beaucoup plus de raison de Marie, qui posséda avec surabondance toutes les grâces des saints et reçut des faveurs encore plus précieuses. Voyez-vous Marie sur sa couche, environnée des Apôtres ? Son corps est affaibli par la violence de son amour, son visage est souriant: et Jésus, en vêtements pontificaux, entouré d'une foule d'anges qui le servent, présente à sa Mère la divine Hostie avec un regard, une expression d'amour capables de nous faire mourir de joie et de ravissement! Et Jésus dit à sa Mère: « Tu es toute belle, ma Bien- Aimée! » Et Marie lui répond: « Oh! je mourrai avec joie, puisque j'ai vu votre beau visage! » Et Jésus reprend: « Viens du Liban, mon Epouse et ma Mère, viens, je te couronnerai! » Ce dernier embrassement de Jésus allume en Marie un tel feu d'amour que son corps, cédant à sa violence, laisse monter au ciel, portée par Jésus triomphant, l'âme si pure dont il avait été le sanctuaire immaculé. (De Machault. t. II, p. 229).

 

Pratique : Préparer les agonisants à recevoir le saint Viatique; avertir le prêtre à temps. Disposer à Notre-Seigneur une réception convenable chez les pauvres.

 

Aspiration : Marie, donnez-nous Jésus-Eucharistie, maintenant et à l'heure de notre mort!

 

Trente et unième jour

 

Consécration à Notre-Dame du Très Saint Sacrement

 

I. A la fin de ce beau mois que nous vous avons consacré, ô Notre-Dame du Très Saint Sacrement, après avoir médité vos grandeurs, admiré la perfection de vos adorations et de votre service eucharistique au Cénacle, il nous reste à nous donner totalement à vous, afin que vous nous gardiez et nous dirigiez dans notre vocation adoratrice. Je vous remets donc entre les mains la direction de ma vocation et la grâce des sublimes devoirs qu'elle m'impose. Ma vocation d'adorateur est belle, la plus belle de toutes, puisqu'elle me fixe pour toujours au service de l'adorable Personne de Jésus-Christ en son divin Sacrement. Elle est privilégiée, puisqu'elle me donne le droit d'aller directement à sa divine Personne sans intermédiaire. Elle est belle et sublime, puisque je partage la fonction des anges, et, si j'osais, je dirais celle de la très sainte Vierge elle-même, au service de Jésus. Mais pour cette divine vocation il me faut des qualités remarquables, des vertus véritables ; à tout le moins une pureté ordinaire, et je n'ai rien! je ne puis rien! Je n'ai, au contraire, que des défauts, des habitudes mauvaises; je suis pétri d'amour-propre; je n'ai point d'humilité, de douceur, d'esprit de mortification; je ne sais ni prier ni faire oraison; je n'ai qu'une vieille routine de piété, que quelques pauvres idées de vertu, mesquines et incomplètes. Hélas! mon Dieu, vous qui devriez avoir à votre service tout ce qu'il y a de plus grand, de plus parfait, de plus saint, comment avez-vous pu me choisir: moi, infirme, pauvre, créature de néant; moi, plein de misères, couvert encore des cicatrices de mes péchés, tout lépreux encore du vieil homme qui vit en mon être? Comment oserai-je accepter cette grâce, habiter avec les anges, être en la même maison que votre divine Mère, rester en votre compagnie et en votre sainte présence? Oh ! Marie, ma céleste Reine et divine Mère, je ne puis accepter cet honneur, devenir l'heureux serviteur de Jésus-Eucharistie, si vous ne consentez à me former, à m'élever, à me revêtir de votre esprit, de vos vertus, de vos mérites, si vous ne me prenez pour votre enfant, vous la Reine et la Mère des serviteurs de Jésus, vous qui ne vivez que pour Jésus, qui ne nous aimez qu'en Jésus et pour Jésus! Je remets donc entre vos mains, bonne Mère, la grâce et l'éducation de ma vocation. Je me donne à vous ; donnez-moi à Jésus. Donné et formé par vous, ô bonne Mère, Jésus mon doux Maître me recevra bien et m'aimera en vous!

 

II. Si ma vocation est belle, les devoirs en sont grands et divins. Je dois passer ma vie dans l'adoration, au pied du trône de l'amour incarné : faisant devant le trône eucharistique ce que les anges et les saints font et feront éternellement dans le ciel : louer sa bonté infinie, bénir sa miséricorde sans bornes, remercier son amour, me dévouer à sa gloire, m'immoler pour les pécheurs, me consumer pour l'extension de son règne sur la terre. Je dois vivre toujours avec Jésus-Hostie, comme la très sainte Vierge à Nazareth et au Cénacle, comme les saints dans la gloire. Je ne dois pas le quitter pour servir et suivre le prochain: ma mission est celle de Madeleine contemplative, avec la Reine des apôtres, au Cénacle, priant devant le Tabernacle, convertissant le monde dans sa prière au pied de l'Eucharistie; celle de sainte Thérèse, de sainte Catherine de Sienne et de toutes ces saintes âmes qui font un continuel apostolat de prière et d'immolation. Je dois honorer d'une manière toute spéciale la vie intérieure et cachée de Jésus au Saint Sacrement; vivre inconnu des hommes, même pieux et saints; oublié des miens, méprisé du monde, mort à tous pour vivre plus librement et plus purement avec Jésus en Dieu. Mais comment pourrai-je tout seul remplir de si sublimes devoirs? Comment oserai-je même m'approcher de Jésus et le servir? Hélas! tout seul j'aurai honte de moi! Mais, ô ma bonne Mère, puisque vous daignez devenir ma maîtresse, vous me laisserez adorer Jésus avec vous, le bénir avec vos louanges, le prier avec vos prières, le servir avec vos mains, l'aimer avec votre cœur, le glorifier avec votre sainteté. Je serai alors comme votre disciple, votre enfant, et, le dirai-je, une petite Marie, un autre vous-même servant Jésus! Je vous dirai simplement et naïvement mes fautes, bonne Mère. Je vous dirai mon ignorance, ma petite science, mes petits succès; je vous remettrai les petites fleurs de vertu que j'aurai cueillies, et vous offrirez tout à Jésus, et moi avec vous. A cette condition seule, j'espère devenir un véritable serviteur du Très Saint Sacrement. Mon Dieu, voici donc votre humble serviteur, qu'il me soit fait selon votre miséricordieuse bonté et votre grâce d'amour!

 

Notre-Dame du Très Saint Sacrement, Mère et modèle des adorateurs, priez pour nous qui avons recours à vous!

 

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28 juillet 2011

Petit Office des Saints Anges Gardiens

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Petit Office des Saints Anges Gardiens

 

A Matines et à Laudes

 

V. Dieu a commandé, pour votre bien, à ses Anges,

R. Qu'ils vous gardent en toutes vos voies. Ainsi soit-il.

 

V. Seigneur, ouvrez mes lèvres,

R. Et ma bouche publiera vos louanges.

 

V. Dieu, venez à mon aide.

R. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.

 

V. Gloire soit au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,

R. Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Hymne

 

Ange saint, à qui, Dieu, commet notre défense,

Qu'il envoie au secours de notre infirmité,

Accourez, aidez-nous à dompter l'arrogance

Du lion rugissant contre nous irrité.

 

Antienne : Saints Anges qui êtes nos gardiens, défendez-nous dans le combat, afin que nous ne méritions pas d'être repoussés, au redoutable jugement.

 

V. Je chanterai vos louanges en présence de vos Anges, ô mon Dieu!

R. Je vous adorerai en votre saint temple, et je bénirai votre saint nom.

 

Oraison

 

O Dieu grand, qui, par votre ineffable providence, daignez envoyer vos saints Anges pour nous garder, accordez à nos humbles prières, que nous soyons toujours défendus par leur protection, et que nous jouissions de leur éternelle compagnie. Ainsi-soit-il.

 

A Prime

 

V. Dieu a commandé, pour votre bien, à ses Anges,

R. Qu'ils vous gardent en toutes vos voies. Ainsi soit-il.

 

V. Dieu, venez à mon aide:

R. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.

Gloire soit au Père, etc.

 

Hymne

 

Ce superbe apostat qui, pour sa fière audace,

Précipité du ciel, tomba dans les enfers,

Jaloux de voir qu'un Dieu veut nous donner sa place,

Pour nous perdre avec lui, veut nous charger de fers.

 

Antienne, Verset, Répons et Oraison, comme à Matines.

 

A Tierce

 

V. Dieu a commandé, pour votre bien, à ses Anges,

R. Qu'ils vous gardent en toutes vos voies. Ainsi soit-il.

 

V. Mon Dieu, venez à mon aide;

R. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.

Gloire soit au Père, et au Fils, etc.

 

Hymne

 

Venez, ange gardien, ange saint, frère intime,

Qui prenez soin de nous, et ne dormez, jamais,

Devant nous, renversez, les monstres de l'abîme,

Et tout ce qui concourt à troubler notre paix.

 

Antienne, Verset, Répons et Oraison, comme à Matines.

 

A Sexte

 

V. Dieu a commandé, pour votre bien, à ses Anges,

R. Qu'ils vous gardent dans toutes vos voies. Ainsi soit-il.

 

V. Dieu, venez à mon aide:

R. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.

Gloire soit au Père, et au Fils, etc.

 

Hymne

 

Jésus à qui la terre et le ciel font hommage, l'Ange adorant son maître, et l'homme son Sauveur, L'un et l'autre, d'un Dieu , partageant l'héritage, Que chacun d'eux, au ciel, ait part à sa faveur!

 

Antienne, Verset, Répons et Oraison, comme à Matines.

 

A None

 

V. Dieu a commandé pour votre bien à sas Anges,

R. Qu'ils vous gardent en toutes vos voies. Ainsi soit-il.

 

V. Dieu, venez à mon aide:

R. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.

Gloire soit au Père, et au Fils, etc.

 

Hymne

 

Michel, ange de paix, pacifiez la terre, Chassez-en la discorde, et finissez nos maux.

Aux enfers, enchaînez, le démon de la guerre!

Poussez-le aux plus bas lieux des antres infernaux!

 

Antienne, Verset, Répons et Oraison, comme à Matines.

 

A Vêpres

 

V. Dieu a recommandé à ses Anges,

R. Qu'ils vous gardent en toutes vos voies. Ainsi soit-il.

 

V. Mon Dieu, venez à mon aide:

R. Seigneur, hâtez-vous de me secourir,

Gloire soit au Père, et au Fils, etc.

 

Hymne

 

Vous, la force de Dieu, vous, guerrier invincible, Gabriel, pour Jésus combattez ici-bas; Le Dragon vient à nous, chassez ce monstre horrible, Cueillez mille lauriers dans vos heureux combats.

 

Antienne, Verset, Répons et Oraison comme à matines.

 

A Complies

 

V. Dieu a commandé, pour votre bien, à ses Anges,

R. Qu'ils vous gardent en toutes vos voies. Ainsi soit-il.

 

V. Convertissez nos âmes, ô Dieu notre sauveur!

R. Et détournez de nous, votre indignation.

 

V. Mon Dieu, venez à mon aide:

R. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.

Gloire soit au Père, et au Fils, etc.

 

Hymne

 

Raphaël, ange saint, médecin de nos âmes,

Guide des pèlerins, venez nous secourir! Dressez nos pas au ciel!

Brûlez-nous de vos flammes!

En proie à mille maux, venez tous les guérir!

 

Antienne, Verset, Répons et Oraison, comme à Matines.

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7 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Huitième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ nous purifie dans le sacrement de Baptême

 

Jésus-Christ, en expirant sur la croix, venait de consommer le sacrifice de justice et de charité que le divin Agneau offrit pour nous sur cet autel de miséricorde; un des soldats qui étaient sur le Calvaire prit alors une lance, et frappant le côté sacré de Jésus-Christ, l'entr'ouvrit et en fit sortir l'eau et le sang, symbole, au dire de saint Augustin, des sacrements qui purifient et alimentent. Ainsi dans cette eau très-pure est figuré le sacrement de baptême, fontaine de régénération et de vie, par laquelle nous sommes régénérés à la grâce. Mais d'où vient à cette eau l'admirable vertu de purifier les âmes du péché originel dans les enfants, et de tous les péchés actuels dans les adultes qui reçoivent ce sacrement? D'où dérive une si grande efficacité dans cet élément? L'abbé Rupert répond: « Elle dérive du sang très-précieux de Jésus-Christ »; c'est par l'union et le mélange de l'eau avec le sang du Rédempteur, que l'eau a acquis une vertu si efficace et si merveilleuse; d'où il résulte que tous les effets que le baptême produit dans l'âme dérivent de ce sang précieux; c'est par lui que nous sommes régénérés à la grâce; c'est par lui que nous sommes devenus fils de Dieu par adoption , frères de Jésus-Christ, héritiers du paradis. O mystères sublimes de la bonté ineffable de Jésus! ô puissance ineffable de ce sang!

 

Mais comment s'est maintenue cette vie de grâce qui nous fut donnée dans le Baptême? Comment avons-nous conservé cette innocence baptismale dont notre âme a été embellie par la vertu du sang de Jésus-Christ? Hélas! Aux premières lueurs de la raison n'avons-nous pas perdu la belle robe de l'innocence du baptême, n'avons-nous pas souillé cette âme lavée dans le sang du divin Agneau, et ne pouvons-nous pas dire en pleurant avec saint Augustin: « Où ai-je été, et quand ai-je été innocent? » Nous sommes devenus fils de Dieu par le baptême, et après une aussi grande faveur, nous cessons d'agir avec l'esprit de Dieu; nous sommes enfants de lumière, et nos œuvres sont des œuvres de ténèbres; après être devenus héritiers du ciel, nous nous sommes soumis a l'esclavage de Lucifer. Souviens-toi donc, ô chrétien, m'écrierai-je avec le grand pontife saint Léon, souviens-toi de ta dignité, et après avoir été fait participant de la nature divine par le baptême, ne t'abaisse pas jusqu'à reprendre de nouveau ce joug infernal, auquel t'a soustrait le sang de Jésus-Christ. Nous sommes fils de Dieu, que nos œuvres soient donc dictées par l'esprit de Dieu: Frères de Jésus Christ et héritiers du ciel, n'attachons pas notre coeur à la terre.

 

 

Colloque

 

Quel remerciement pourra vous rendre mon âme, Très-aimable Jésus, pour avoir daigne me faire naître dans le giron de la sainte Eglise, et m'admettra aux fonts sacrés du baptême! Ne pouvais-je pas aussi bien naître dans les ténèbres de l'idolâtrie et de l'infidélité? Et cependant vous m'avez fait naître parmi les catholiques, vous m'avez purifié dans le baptême, et fait participant des mérites de votre sang. C'est pourquoi je suis confus en voyant que je n'ai pas répondu à votre amour, et combien ma vie a dégénéré de ce caractère de chrétien que vous avez imprimé à mon âme; je l'ai défiguré, je l'ai avili par mes œuvres mauvaises. Mon Dieu! purifiez de nouveau mon âme, et si de votre côté ouvert coula cette eau unie à votre très-précieux sang par laquelle j'ai été purifié dans le baptême, aujourd'hui je joins une autre eau à votre sang vivifiant; c'est l'eau de mes larmes excitées par la contrition du cœur; que ces larmes unies à votre très précieux sang forment un baume salutaire de pénitence, pour laver de nouveau l'âme des souillures contractées depuis le baptême.

 

Exemple

 

Cette robe blanche, qui servait à revêtir les néophytes, après qu'ils avaient reçu le sacrement du baptême, ce linge blanc qui se place sur les enfants après qu'ils ont été baptisés, sont le symbole de la netteté et de la pureté que l'âme acquiert par le sang de Jésus-Christ dans ce sacrement; pureté que nous devons conserver immaculée, afin de nous présenter nets et purs devant le tribunal de Jésus-Christ après notre mort. C'est pourquoi sainte Maruta montra cette robe blanche à un apostat, afin qu'il reconnût le bienfait reçu dans le baptême au moyen du sang innocent de l'Agneau immaculé, et qu'il retournât de nouveau à la foi qu'il avait abandonnée.

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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11 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Douzième jour

La Sainte Vierge assise sur un rocher à la Salette

 

A dix-huit siècles de distance, la piété chrétienne peut contempler Marie sur deux grandes montagnes, le Calvaire et la Salette. Elle est en tous ces lieux la Mère des douleurs; mais, que l'expression et l'attitude sont différentes! Au Calvaire, c'est l'attitude courageuse d'une noble fierté qui défie les bourreaux; à la Salette, c'est la prostration d'une nature qui succombe, brisée par la douleur. Au Calvaire, Elle est debout, dans le maintien magnanime de la résignation et de la force; à la Salette, Elle est douloureusement assise, sous le poids d'un corps qui ne se peut soutenir! Au Calvaire, son regard ferme, sans terreur comme sans faiblesse, compte une à une les blessures de son Fils et de son Dieu; à la Salette, ses yeux sont à demi fermés et tout noyés dans les larmes: ici, son visage respire la grandeur du sacrifice, l'héroïsme du martyre; là, son front est caché dans ses mains, sous l'expression de la souffrance et du malheur!... En un mot, c'est au Calvaire l'héroïsme d'une mère; à la Salette, on dirait la timidité d'une femme, la prostration d'une simple créature!... Quel est cet étrange mystère? pourquoi tant de grandeur autrefois, tant de faiblesse aujourd'hui? Ces différences étonnent tout d'abord; mais la réflexion les comprend et les explique. Au Calvaire, tout contribuait à soutenir Marie, la présence de son Fils sur la croix, la mort vaincue, le péché détruit, le monde racheté, le ciel ouvert, les fruits d'une Rédemption divine appliqués aux hommes: devant ces espérances glorieuses, je comprends l'attitude immobile, ferme de Marie, Stabat, sur une montagne qui s'ébranle: je comprends son regard serein et assuré, tandis que la lumière s'éclipse: quelle mère ne serait un héros de courage et de force, devant un avenir qui va peupler le ciel d'élus, et donner à elle-même pour enfants toutes les générations de la terre? Mais, sur la montagne de la Salette, Marie paraît seule; son Jésus est absent ; Elle n'en porte que l'image crucifiée sur sa poitrine: dix-huit siècles ont passé sur les fruits de la Rédemption ; l'expérience en est faite, et le sang de son Fils a été inutile au grand nombre des hommes; et l'avenir ne semble devoir faire qu'un abus coupable de ses lois et de ses sacrements! A cette vue affligeante, son cœur maternel se brise; son âme entre dans une sorte de tristesse divine; sa tête appesantie s'incline; ses mains défaillantes ne la peuvent plus soutenir; elle succombe, et va s'asseoir tristement sur un rocher solitaire, semblable au malheureux, quand, après avoir essuyé tous les maux, il a tout perdu, tout, jusqu'à l'espérance!... Et qu'on ne croie pas cependant que cette attitude humiliée manque de dignité et de noblesse: elle a un précédent illustre; c'est Jésus-Christ à genoux au jardin des Oliviers, méditant la Rédemption du monde, le calice de la Passion dans les mains, la face contre terre!... Telle apparaît, assise sur son rocher, la Vierge de la Salette: Elle semble y méditer une sorte de Rédemption nouvelle, offrant à la justice divine, pour prix de cette Rédemption, ses tristesses, ses douleurs, ses larmes maternelles!...

 

Réflexions

 

1° Causes et raisons de cette attitude. 2° Sentiments qu'elle doit nous inspirer. 1° La tradition nous a conservé les raisons des écrivains ecclésiastiques sur la prostration profonde de Jésus-Christ au jardin des Oliviers: dans une figure hardie, mais solennelle et touchante, elle nous représente tous les peuples, venant là, tour à tour, déposer leurs iniquités sur la tête du Sauveur, et le Sauveur lui-même succombant sous le poids des crimes de tous les peuples et de tous les siècles. L'apparition de la Salette renouvelle sous nos yeux ce douloureux spectacle; Marie semble appeler les temps à ses pieds, sur la montagne: son regard maternel embrasse les déceptions du passé, l'indifférence du présent, et les mépris de l'avenir: Elle voit tous les peuples lui porter tous leurs maux, les déposer sur son cœur; cette vue douloureuse épuise ses forces, accable son âme, et Elle paraît s'anéantir... et là, assise sur son rocher, Elle semble dire au monde: « O mes enfants, venez, venez tous, déposer sur ma tête tous vos crimes, toutes vos iniquités! le poids en est bien lourd; et je le sens, mes forces n'y pourront suffire, et un rocher me doit prêter appui!... n'importe, approchez, ne craignez pas d'accabler votre Mère sous le poids de vos péchés, pourvu, mes enfants, que vous ne péchiez plus désormais!... Ames chrétiennes, nous sommes de cette grande scène! Nous sommes de ces enfants ingrats et coupables; quelle part nous revient de ce nouveau crucifiement de Marie? Quels péchés avons-nous déposés sur la tète de notre Mère? Quel poids avons-nous ajouté au fardeau accablant sous lequel succombe la Vierge de la Salette? 2° Un front humilié, des yeux inclinés vers la terre, un visage dérobé à nos regards, des accents plaintifs, une posture suppliante, une attitude attristée, qui révèle tous les chagrins amassés sur un même cœur, tels sont les signes extérieurs de l'apparition, en la personne de la Vierge assise... Quels sentiments pieux, quel religieux respect doit exciter en nous cette scène touchante!... Quelle est cette créature, si profondément désolée? C'est une Reine, illustre et malheureuse, qui porte un diadème et qui souffre; or, la grandeur déchue, les nobles infortunés touchent toujours! C'est une Mère abandonnée par ses enfants, et pour leurs péchés envoyée, là, en exil, sur cette montagne!... Quel homme ne serait ému et attendri jusqu'aux larmes, en voyant la Mère du Christ dans un supplice si désolant! Allons donc aujourd'hui au nouveau Calvaire de Marie, et assis à ses côtés, sur le rocher de la Salette, recueillons-nous et souffrons avec Elle!

 

Pratique : Concevoir aujourd'hui un grand regret de nos péchés, cause unique des amertumes de la Sainte Vierge. Réciter en union et en réparation, la belle prière Stabat Mater, etc.

 

Guérison extraordinaire obtenue par l'intercession de Notre-Dame de la Salette

 

Le récit suivant offre le plus touchant intérêt. Le prodige s'est opéré dans une des villes de la Provence, à quelques lieues de nos contrées, il y a cinq ans à peine. Mlle V., âgée aujourd'hui de vingt-trois ans, entra au couvent des Capucines de O. en 1861. Depuis trois ans, elle était atteinte d'une maladie sérieuse dont elle n'avait osé parler à personne, dans la crainte que ce ne fût un obstacle à son entrée en religion. Son état s'aggravant, elle se vit contrainte de déclarer sa maladie à la supérieure, qui consentit à la garder à cause de sa piété et de son obéissance. Soumise à un traitement qui fut sans succès, le médecin et la supérieure décidèrent, un an après, sa rentrée dans sa famille. Cet arrêt fut pour elle un coup mortel; son cœur fut déchiré en apprenant cette triste nouvelle. Elle n'osait plus revenir sous le toit paternel; ses parents s'étant montrés irrités contre elle depuis son départ; il fut dès lors décidé qu'elle irait chez une de ses cousines, où elle fut reçue avec tous les témoignages d'affection et tous les égards que méritait sa situation. Son cœur néanmoins souffrait bien vivement en songeant au bonheur qu'elle avait goûté dans la vie religieuse, qu'elle n'avait cependant fait qu'entrevoir, et aux épreuves qui l'attendaient dans sa famille. Ces peines intérieures aggravèrent en peu de temps sa position; elle tomba un mois après dangereusement malade. Son frère et sa sœur se rendirent auprès d'elle; elle se trouvait alors de trente kilomètres éloignée de sa famille. Elle avait voulu depuis quelques jours commencer une neuvaine à Notre Dame de la Salette, assurant aux personnes qu'elle s'était associées, qu'à la fin de la neuvaine elle serait guérie ou qu'elle mourrait. On voulut essayer d'un autre traitement, mais elle s'y refusa absolument: « Après ma neuvaine, répondit-elle, je ferai tout ce qu'on voudra ». La Providence le permit pour que sa guérison ne fût pas attribuée à un traitement nouveau. Chaque jour les nouvelles envoyées par le télégraphe à son père, devenaient de plus en plus alarmantes. L'avant dernier jour, tout le monde croyait que le dénouement serait la mort; la dépêche portait que si le père voulait embrasser une dernière fois sa fille, il partît aussitôt, car elle se trouvait à la dernière extrémité. Cette dépêche ne fut remise au père que le lendemain matin, dernier jour de la semaine. En la recevant, il répondit: « Ah! je sais bien que ma fille ne peut pas guérir. Je connais sa maladie. Il faudrait un miracle! » Au moment même qu'il parlait ainsi, le miracle s'opérait dans les circonstances qui suivent: La veille du dernier jour de la neuvaine, Mlle V. était à toute extrémité. Monsieur le curé de la paroisse, qui suivait de près sa malade, ne voulait l'administrer que le dernier jour, et passa la nuit chez elle; mais, vers le matin, la voyant tout à coup sans connaissance, il lui donna l'Extrême-Onction. Pendant qu'elle recevait ce sacrement, elle ouvrit les yeux et reprit ses sens. Monsieur le curé courut alors chercher le saint Viatique. Lorsqu'il fut de retour, la malade était toujours très mal, quoiqu'elle eût repris sa connaissance; mais aussitôt qu'elle eût reçu la sainte hostie, elle se sentit subitement et complètement guérie. Toutefois, elle n'en dit rien dans le moment. Monsieur le curé s'en retourna, les parents et les assistants descendirent, et elle resta seule avec une sœur de l'Espérance qui la soignait. Pendant son action de grâces, comme elle sortait les bras de son lit pour les élever vers le ciel en signe de reconnaissance, à l'instant, elle sentit qu'on lui prenait la main, et entendit une voix qui lui disait: « Ma fille, lève-toi, tu es guérie ». Elle trouva un prétexte pour éloigner la sœur quelques instants. Quelle ne fut pas la surprise de cette dernière, à son retour, lorsqu'elle vit Mlle V. hors de son lit, s'habiller toute seule. Hors d'elle-même, elle allait crier au miracle, lorsque d'un mouvement elle lui imposa silence. Peu après, toutes deux descendirent au salon, où les parents bien tristes étaient réunis. Jugez de leur étonnement et de leur émotion, eux qui n'attendaient plus que l'agonie et la mort. Le reste du jour, seule, la miraculée allait, venait, parlait avec la plus grande facilité et le plus grand calme. La protection de Notre Dame de la Salette était visible, le fait sortait des conditions naturelles. La guérison de Mlle V. s'est parfaitement maintenue. Tout le monde a été vivement frappé de ce prodige. Le premier jour qu'elle assista à la messe, l'église était comble comme au jour de Pâques, et le dimanche suivant, on a vu auprès d'elle son père, qui depuis quarante ans n'avait pas mis les pieds dans l'église, prier avec une foi qui a édifié tous les assistants. (Annales de Notre-Dame de la Salette.)

 

Prière

 

O la plus affligée des mères, quelle dut être votre douleur, lorsque, assise sur les rochers du Calvaire, vous teniez sur vos genoux et dans vos bras, le corps inanimé de votre divin Fils!... Vous contempliez, et sa face meurtrie, et son front percé d'épines, ses yeux éteints et sa bouche entrouverte! Vous couvriez de vos larmes et de vos baisers maternels ce corps sans vie, et vous le pressiez contre votre cœur, brisé de douleur, parce qu'il était brûlant d'amour! O Marie, assise sur la montagne de la Salette, je dépose mon âme sur vos genoux: oh! que cette vue doit attrister votre regard maternel! Voyez, que de plaies profondes le péché lui a faites! surtout, comme le vase fragile de la vertu est brisé, et comme l'innocence en coule de toutes parts! Bonne Mère, parcourez du regard, une à une, ces plaies innombrables! Touchez de votre main virginale ce vase détruit! Ressuscitée sous un baiser immérité de votre miséricorde intarissable, notre âme se lèvera et marchera noblement dans les voies d'une vertu réparée, et qui aspire encore au ciel. Ainsi soit-il.

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30 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Trente et unième jour

Tristesses de la très Sainte Vierge pendant le reste de sa vie


La très-Sainte Vierge ne pouvant plus voir sur la terre son amour crucifié, depuis sa glorieuse Ascension au Ciel. espérait qu'elle pourrait trouver quelque consolation dans la possession des instruments de la Passion de son divin Fils; elle pensait que leur vue lui aurait rappelé son bien-aimé. Elle désirait conserver ses clous et la couronne d'épines consacrés parle sang du Sauveur; mais, suivant Baronius, cela ne fut pas en son pouvoir, car les Juifs avaient la coutume d'ensevelir avec le corps des condamnés, les instruments de leur supplice, comme sujets à la même malédiction. En conséquence, les clous et les épines furent ensevelis avec Jésus-Christ; et la croix, qui n'aurait pas pu entrer dans le tombeau, fut enterrée séparément. Suivant ce même auteur et d'autres encore, la très Sainte Vierge réussit à recueillir respectueusement et à conserver un peu du sang précieux et de l'eau mystérieuse qui sortirent du côté de Jésus. Elle retint aussi de petits linges teints du divin sang, sans parler des diverses empreintes qu'en avaient conservé ses habits. Or, ayant presque toujours sous les yeux ces reliques sanglantes de la cruelle Passion de son Fils, que de soupirs et que de larmes cette vue a dû lui arracher! On peut donc affirmer, sans crainte de se tromper, que dès l'instant funeste où son divin Fils fut mis dans le tombeau, son âme fut dans une affliction continuelle; et que, non contente de renouveler ses peines par la vue de ces objets, elle parcourait, tant qu'elle vécut, les lieux consacrés par le sang de l'Homme Dieu. Cette Vierge sainte se rappelait ainsi successivement, la noire trahison de Judas, les divers tribunaux, l'horrible flagellation; elle se représentait les peines de son Fils, la malice des hommes, la justice sévère du Père céleste, la voie douloureuse teinte du divin sang; lorsqu'elle était seule, elle se rappelait sa fécondité par l'opération du St-Esprit, la longue suite des mépris et des persécutions du Verbe fait chair parmi les hommes, jusqu'au moment où il scella le testament de la Rédemption par sa mort sur la croix. Marie pesait tout et connaissait tout parfaitement. Son imagination lui retraçait les Apôtres fugitifs et dispersés dans la nuit fatale, et abandonnant leur Maître dans le danger: elle en exceptait Jean, qui suivit Jésus sans pouvoir le secourir, et Pierre qui lui fut infidèle et le renia au foyer du Vestibule. Ensuite Marie jetant au Ciel un regard qui dit tout sans prononcer un mot; et puis, baissant le front vers la terre, elle s'écriait avec tristesse: « O humanité inconsidérée! combien coûte ton crime? » Telles furent les sombres pensées qui occupèrent Marie le le plus souvent, jusqu'à ce que son divin Epoux lui lança un trait d'amour plus ardent, qui la pénétra tout entière et l'enleva à cette vie pénible et mortelle.


Colloque


Vierge sainte, votre vie fut un martyre continuel, et les puissances mêmes de votre belle âme, lui fournirent une ample moisson. Votre mémoire fut toujours frappée du souvenir déchirant de la Passion de votre divin Fils. Votre entendement vous donnait les motifs les plus forts de compatir à ses tourments. Votre volonté était occupée à la fois des actes les plus ardents d'amour et de douleur. C'est donc à juste titre qu'un diadème douloureux convient mieux à votre tête auguste, comme Reine des martyrs, parce qu'il vous rend plus semblable à Jésus, qui est le Roi des martyrs; et que le sang d'un Dieu crucifié, dont votre manteau fut arrosé sur le Calvaire, vous a orné d'une pourpre plus vive et plus éclatante que le manteau d'or que forme l'astre du jour. Je vous salue, Vierge auguste, je compatis à vos peines sur la terre, et je vous félicite en même temps de tout mon cœur, maintenant que vous régnez dans le Ciel, parce que vous n'avez pas moins de gloire dans les souffrances que dans les joies. Je vous prie, ô ma bien-aimée Reine! de m'obtenir une constance chrétienne dans l'adversité, et de me regarder toujours comme un des sujets les plus fidèles de votre empire.


Soupir à Marie


O Marie! vous ne pleurez pas vos plaies, mais mes fautes. Daignez guérir les plaies de mon cœur.


Exemple


Du temps de Sainte Brigitte, un noble, riche, mais dépravé, compatissait cependant à Notre Dame des Douleurs chaque fois qu'il y pensait. Il tomba malade, et près de mourir, il ne s'occupait nullement du salut de son âme. Sainte Brigitte, par inspiration divine, lui envoya un prêtre pour l'exhorter à faire une bonne confession. Le bon prêtre y alla deux fois, mais inutilement; le malade prétendait n'avoir pas besoin de confession. La sainte l'y renvoya une troisième fois, en faisant savoir au malade, de la part de Jésus-Christ, qu'il était au pouvoir de sept démons qui le conduiraient certainement à la damnation. A cette nouvelle, le malade fut touche au point qu'il se confessa quatre fois dans un jour avec beaucoup de larmes; il communia ensuite avec de saintes dispositions, et mourut le lendemain. Dès qu'il eut expiré, Notre-Seigneur révéla à Sainte Brigitte que l'âme de cet homme était allée en Paradis, et avait échappé à l'enfer, uniquement par la dévotion à Notre Dame des Douleurs. (Revel. S. Brig. lib. 6. c. 87.)


Pratique: Méditer sur le Cœur afflige de Marie.

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Prochain Mois de Dévotion: Le Mois du Rosaire, rendez-vous le 31 septembre

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29 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Trentième jour

Sanglots de la très Sainte Vierge pendant la sépulture du Sauveur


Le pieux Joseph et le vertueux Nicodème attendaient le moment d'embaumer le corps de leur divin Maître pour le placer ensuite dans le tombeau, Mais le jour déclinait, ils voyaient que sa Mère affligée ne pouvait arrêter le cours de sa douleur, et dans la crainte qu'elle n'expirât sur son Fils mort, après un doux combat de compassion, ils lui ôtèrent respectueusement cet objet chéri, et retendirent sur un linge blanc. Marie voulut encore, suivant un grave auteur, aider à rendre ce dernier devoir. D'une main respectueuse et tremblante, elle enleva de la tête de Jésus la couronne d'épines; mais les sanglots lui rendaient la respiration pénible, elle avait peu de force pour arracher les épines, et à la vue de ces profondes plaies et des chairs déchirées de toutes parts et dans les endroits les plus sensibles, elle pleurait amèrement en fermant les yeux et la bouche de son Fils; elle essuya le sang des blessures et des plaies, et lui rangea décemment les pieds. Mais, suivant la révélation de Sainte Brigitte, malgré tous ses efforts, il lui fut impossible de plier les bras du Sauveur; Jésus voulant montrer par là qu'il les tient toujours ouverts pour recevoir les pécheurs repentants. Les disciples environnèrent le corps d'aromates, suivant l'usage des Juifs, et l'ayant enveloppé d'un suaire, ils le portèrent dans un jardin, près du Calvaire, où était un tombeau taillé à neuf dans le roc. La Providence voulut ainsi que la douloureuse Passion de Jésus-Christ commençât dans un jardin et finit dans un autre jardin. Le corps de l'Homme-Dieu, au milieu de l'abjection et de la douleur, porté sur les épaules des pieux disciples, ouvrait la marche; venait ensuite le disciple bien-aimé plongé dans la douleur, puis les Maries en pleurs, qui assistèrent jusqu'à la fin au sacrifice sanglant, et qui tour à tour se partageaient le soin de soutenir la Vierge désolée, qui, à demi-morte, voulut, d'un pas mal assuré et tremblant, accompagner son Fils au tombeau; mais quand elle vit qu'on y déposait le corps adorable de Jésus, quel coup mortel pour son cœur! Elle se jette elle-même sur ce corps divin; elle demande avec larmes qu'on lui découvre encore ce visage sacré; elle veut le voir et lui donner un dernier baiser; elle l'étend et l'enveloppe de ses propres mains, et pendant qu'elle l'adore profondément, elle sent défaillir son cœur maternel par la violence de la douleur Elle ne peut l'en séparer, et semble demander, par ses soupirs et ses sanglots, d'être ensevelie avec son Fils bien-aimé. Ce spectacle arrache les larmes des fidèles disciples et des pieuses Maries qui pleurent d'attendrissement et de compassion; Saint Jean verse des larmes encore plus abondantes que les saintes femmes; enfin, la Mère de Dieu, mourante, fait son dernier adieu, et une grosse pierre ferme le monument. Mais en ce moment, quel redoublement de sanglots! Marie embrasse étroitement cette pierre fortunée qui renferme son trésor; elle veut y laisser son cœur, ou plutôt elle voudrait renfermer le tombeau tout entier dans son cœur. Ses larmes en ce moment furent si abondantes, que, suivant Saint Bernard, on en voit encore les vestiges sur le marbre tumulaire. Au reste, son martyre devait être extrême, puisqu'il ne reçut de.. soulagement ni divin ni humain


Colloque


Mère désolée, vous confiez enfin au tombeau le corps sacré du Sauveur. Quelle cruelle séparation! Oui, c'est ici le plus dur moment de votre martyre! Votre tendresse va donc survivre à la mort douloureuse d'un Fils adoré, sans en contempler même la froide dépouille! O douleur au-dessus de toute force humaine! Si le doux Jésus, pendant sa vie, se troubla vivement au tombeau de Lazare, parce qu'il était son ami, quelle dut être l'émotion de votre cœur maternel au tombeau d'un Fils infiniment aimable, d'un Fils Homme-Dieu! Cette seule pensée attriste l'âme et la trouble, elle glace le cœur! O Vierge désolée! je ne puis vous consoler, car vous ne pouvez plus recevoir de consolation humaine; mais, par votre douleur incompréhensible, consolez vous-même mon malheureux esprit dans ses épreuves; faites-moi mériter de pleurer avec vous auprès du divin tombeau, pour que j'arrive un jour à une résurrection glorieuse et immortelle.


Soupir à Marie


Qu'on ne me dise plus, le Seigneur est avec vous, puisque la douceur de ma vie et la lumière de mes yeux n'est plus avec moi!


Exemple


Entre beaucoup de faveurs que Notre Dame-des-Douleurs procura à Sainte Mechtide, elle lui en accorda une singulière le Vendredi saint. A l'heure de Vêpres, Marie lui apparut avec son Fils mort entre les bras, et lui dit: « Approchez-vous, et baisez les plaies faites à mon doux Fils pour votre amour. Donnez trois baisers à son beau cœur qui vous a tant aimé, et remerciez-le de tant de grâces que vous en avez reçues, comme d'une vive source, vous et tous les élus ». Ensuite, à l'heure de Compiles, la très Sainte Vierge lui dit: Maintenant, prenez mon Fils mort et ensevelissez-le dans votre cœur. A l'instant, Sainte Mechtilde vit tout-à-coup son cœur changé en une urne d'argent, avec un couvercle d'or. L'argent signifiait la pureté, et l'or, la charité par lesquelles l'âme conserve son Dieu. (Ex lib. Rev. S. Melctildis.)


Pratique: Réciter les Litanies des douleurs de Marie.

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28 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Vingt-neuvième jour

Gémissements de la très Sainte Vierge à la descente de la Croix


Joseph d'Arimathie et Nicodème, disciples secrets de Jésus, munis de la permission de Pilate, s'empressèrent de remplir eux-mêmes le pieux et charitable devoir de descendre de la croix le corps mort du Sauveur, en face de Jérusalem et sous les yeux d'un peuple nombreux, ne comptant pour rien le grave déshonneur qu'il y avait pour eux à se montrer les disciples d'un homme crucifié. Ils arrivèrent au pied de la croix, avec les outils et les échelles, pour en détacher Jésus. Ils y trouvent sa mère désolée, et impatiente de recueillir le corps de son Fils dans ses bras. Elle les pria avec larmes d'agir promptement, pour soustraire ce corps adorable à de nouveaux outrages. Les pieux disciples, les larmes aux yeux, appuient les échelles à la croix, ils y montent, ils arrachent avec force, mais respectueusement, les clous: en ce moment Marie redouble ses soupirs en voyant les bras pendants du Sauveur, sa tête sacrée tombe sur la poitrine, et enfin le corps entier sur les épaules des disciples! Anges de paix, qui pleurez amèrement, suspendez vos larmes! Hâtez-vous de venir fortifier Marie maintenant qu'elle reçoit dans son sein les membres froids de son cher Fils! O mon Dieu! quel spectacle! quels tourments! quel palpitement! quelle immense douleur! Ah! c'est ici qu'on peut dire avec raison que Marie passe d'une croix à l'autre, ou plutôt qu'elle est une croix vivante d'angoisses et de déchirements. Dans le Cénacle, le Sauveur avait dit aux Apôtres qu'il était sorti du sein de son Père pour entrer dans le monde, et qu'il allait bientôt y retourner; mais il put dire, ajuste titre, quand il fut rendu à Marie sur le Calvaire: « Je suis sorti du sein de ma Mère pour venir sur la croix, et je quitte maintenant la croix pour retourner à ma Mère ». Mais quelle douleur inexprimable pour Marie que ce retour! Elle presse, il est vrai, ces divins membres contre son cœur, mais ils sont gelés et défigurés. Au lieu d'entendre l'aimable voix de Jésus, au lieu de voir le plus beaux des enfants des hommes, et de contempler ses grâces ravissantes, elle n'a sous les yeux que des plaies sanglantes et d'horribles blessures! A la vue de ses épines qui ont percé cette tête auguste, elle s'écrie: « O cruelles épines! êtes-vous rassasiées maintenant du sang d'un Dieu? Elle sonde la profondeur des blessures et surtout de celle du divin côté, et parcourant des yeux tous ces membres déchirés », elle dit, comme autrefois Jacob affligé à l'occasion du jeune Joseph: « Hélas! une bête féroce à dévoré mon Fils! O mon Dieu! vit on jamais plus de barbarie exercée sur l'innocence même? O Père Eternel! ce n'est plus qu'un squelette et la victime de la cruelle mort; je vous offre cette adorable humanité de votre Fils, telle qu'elle est à ce moment, toute déchirée et toute sanglante! Voyez, ô Père saint! si c'est la tunique de votre Fils bienaimé! Et vous , pécheurs, approchez et voyez les suites funestes de vos péchés! Qui a blessé cette tête auguste? qui a percé ces pieds et ces mains? qui a ouvert ce sein divin? Ah! voilà le fruit de vos crimes et de vos infamies! » Suivant Saint Augustin, Marie, l'âme sur les lèvres,couvrit de ses baisers et de ses larmes le visage divin, les mains augustes et les membres ensanglantés de son divin Fils; et si, comme Saint Germain l'assure, Marie, à force de pleurer, finit par répandre des larmes de sang, il s'en suit que la Mère arrosa de ses larmes vermeilles le corps de son Fils, et que réciproquement le Fils teignit du sang de ses plaies le visage éclatant de Marie. Parmi tant d'angoisses et tant de sang, cette Mère accablée aurait voulu mourir en embrassant son Fils mort, comme Féclie, mère du saint martyr Calliope, expira en embrassant son fils crucifié. Mais Marie ne l'obtint pas, parce que la mesure des tourments que la Providence lui réservait n'était pas épuisée.


Colloque


O Sainte Mère de Dieu! quel cruel moment pour vous! Le cœur me manque en vous voyant pleurer sans la moindre consolation sur la mort de votre divin Fils! Hélas! que mes péchés l'ont défiguré! Si la justice divine a puni avec tant de rigueur un Fils qui n'avait que l'ombre et l'apparence du péché, à quoi dois-je m'attendre? Ah! tendre Mère! Mère désolée, comment pourrais-je réparer un si grand mal? que voulez-vous que je fasse? que je déteste mes fautes? je les déteste. Que je fasse pénitence? j'y suis résolu. Que je compatisse à vos souffrances? Ah! amollissez mon cœur, afin que je remplisse dignement ce devoir de religion. Enfin, par votre compassion et votre douleur à la vue de Jésus mort, ne permettez pas que, par de nouvelles fautes, j'accumule de nouvelles cruautés sur le corps de votre Fils, et de nouvelles rigueurs sur votre cœur affligé.


Soupir à Marie


Cruelle mort, pourquoi ne me frappes-tu pas avec mon fils? Mais que dis-je? ne perds-je pas la vie avec lui!


Exemple


L'historien des exemples de miséricorde rapporte qu'un scélérat, après avoir tué son père et son frère, avait pris la fuite. Un jour de carême, il entendit un sermon sur la miséricorde; il en fut si touché qu'il alla sur-le-champ se jeter aux pieds d'un confesseur, et lui fit l'aveu de ses crimes avec une vive componction et beaucoup de larmes. Le ministre charitable lui donna l'absolution, et lui imposa d'aller devant l'autel de Notre Dame des Douleurs, qui tenait Jésus crucifié entre ses bras, et d'y continuer à pleurer et à implorer la miséricorde de Jésus souffrant et de Notre Dame des Douleurs. Le pénitent obéit aussitôt, et avec une si grande ferveur que son cœur succomba à la véhémence de sa contrition, et qu'il tomba mort au pied de l'autel. Le lendemain, le même prédicateur recommanda au peuple de prier pour l'âme de ce défunt, et tout-à-coup on vit dans l'église une colombe blanche, portant à son bec un billet qu'elle fit tomber aux pieds de l'orateur chrétien. Il le ramassa et lut sur le champ les paroles suivantes: « L'âme du mort, à peine séparée de son corps a été portée en Paradis par les Anges; et vous, continuez à prêcher l'infinie miséricorde de Dieu ». (Discip. in prompt. Exempl. 5 misericor.)


Pratique: Réciter le Chapelet des sept douleurs.

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11 septembre 2010

Neuvaine à Notre Dame des Douleurs

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Neuvaine à Notre Dame des Douleurs


Manière de la pratiquer


Cette œuvre de piété est en tout temps agréable à Notre-Dame, et la pratique en est toujours avantageuse aux fidèles qui s'y livrent, soit pour obtenir des grâces spirituelles, soit même pour solliciter des faveurs temporelles; mais le temps le plus favorable est du cinquième jeudi de Carême au sixième vendredi, qui est l'époque précise des douleurs. Le jour où elles commencent ou au moins celui où elles finissent, on devra se confesser et communier. Il sera à propos de le faire même aux deux époques. Tous les jours de cette neuvaine on devra lire pour le moins une des méditations de la douleur qui correspond à ce jour. Si l'on ne s'impose pas d'actes de mortification corporelle, il faut au moins faire l'aumône et visiter les autels après la messe qu'on doit entendre chaque jour. Les grandes indulgences qu'on gagne en visitant les autels sont beaucoup plus méritoires en Carême, en les appliquant aux âmes du Purgatoire, saintes âmes, les plus dévotes aux douleurs de Marie. Cette aumône spirituelle sera d un puissant effet pour que Notre-Dame des Douleurs nous obtienne ce que nous demandons, par notre compassion aux tourments du Fils et des douleurs poignantes de la Mère. C est en cette neuvaine que se manifeste le plus grand élan des dévots aux douleurs de Marie, en fuyant les divertissements dangereux, les conversations inutiles et tout autre emploi du temps qui pourrait être un sujet d'offense envers Dieu, même faiblement; et, afin de fortifier davantage, on devra examiner sa conscience avec la plus scrupuleuse exactitude avant les repas, et le soir avant de se coucher. Celui qui s'habituera à le taire d'heure en heure trouvera un grand avantage pour le salut de son âme; cette œuvre de piété sera la plus agréable à la très sainte Vierge, et la plus propre à nous en faire écouter et exaucer. La prière que l'on fera dans cette neuvaine devra être celle de la douleur qui correspond à chaque jour, selon l'ordre de celles qui se font en second lieu; c'est la seule qui change, et elle commence toujours ainsi:


Premier jour


Se mettant à genoux devant une image de la Très Sainte Vierge des douleurs, (si l'on en possède une), faire le signe de la croix avec toute la ferveur possible, dire l'acte de contrition ainsi qu'il suit:


Acte de Contrition


Mon Seigneur Jésus-Christ, Dieu et Homme tout ensemble, mon Créateur et mon Rédempteur, par Votre essence divine, et parce que je Vous aime par-dessus toutes choses, comme Bonté infinie, je me repens, Seigneur; bien contrit, mon Dieu, de Vous avoir offensé, à cause de Votre grandeur. Je me propose fermement, moyennant Votre Sainte Grâce, de ne jamais plus pécher, et de m'éloigner de toutes les occasions de Vous offenser et de me confesser entièrement de toutes mes fautes. Par Votre Mère très affligée dont le Cœur est transpercé d'autant de glaives que j'ai commis de péchés contre Vous: pardonnez-moi, Seigneur, parce que j'espère en Votre infinie Miséricorde, que par Ses Très Saintes Douleurs, il Vous plaise m'admettre en Votre grâce, m'accorder de me repentir, et pour persévérer dans Votre service et en celui de Votre très Douloureuse Mère, ma souveraine jusqu'à la mort. Amen.


Oraison


Très Douloureuse et très Pure Vierge Marie, Mère du meilleur des Fils, et la plus affligée de toutes les mères du monde, prosterné à Vos pieds, profondément humilié, ô ma souveraine! si la faveur que je sollicite tend à la gloire de Dieu et au salut de mon âme, obtenez-la-moi de Sa Divine piété; s'il en est autrement, que Sa Très Sainte Volonté s'accomplisse. Très affligée et très douloureuse Vierge Marie, ma Souveraine, qui, suivant les pas de Votre Fils unique, mon Seigneur Jésus Christ, chargé du fardeau de la Croix, avez parcouru le chemin de l'amertume, et arrivâtes sur le Calvaire, où l'Esprit Saint Vous invita comme sur un mont de myrrhe; embrasez-moi, ô ma Souveraine, unissez-moi à toutes les douleurs qui Vous ont été réservées, et offrez-les au Père Éternel, souffertes dans le Corps de Votre Fils, et placées en votre Cœur, pour attendrir la dureté du mien. Obtenez-moi la faveur que je sollicite en cette neuvaine, si elle tend à la gloire de Dieu et au salut de mon âme. Amen,


Ici, on récite sept je Vous salue Marie, suivis de Gloire au Père, en mémoire des grandes et innombrables douleurs qu'éprouva la Très Sainte Mère de Dieu, depuis la naissance jusqu'à la Passion de son Fils. On continue à intercéder la Sainte Vierge.


Souveraine Vierge Marie, ma tendre Mère, et de tous les pécheurs, qui Vous tenez près de l'autel de la Croix de Votre Fils unique, offert au Père Éternel en agréable sacrifice pour le salut des hommes et pour satisfaction entière et surabondante de leurs fautes; priez-le, ô ma Souveraine, qu'Il regarde Son Fils crucifié, ainsi que Vous, Mère très aimante, et qu'Il prenne compassion des infidèles et des hérétiques, et les réunisse dans le sein de sa Sainte Église.


Ici, élevant son cœur vers Dieu et vers sa très sainte Mère, avec la confiance d'obtenir, si cela convient, ce qu'on désire, chacun en particulier fera sa demande avec le plus de ferveur possible, et l'on continue:


Mon Seigneur Jésus-Christ crucifié, ne permettez pas qu'aucune âme se perde, puisque Vous nous placez sous les ailes de la protection de Votre très aimante Mère comme enfants de Ses Douleurs, nés au sein de Ses Larmes; principalement, Seigneur, ceux qui s'unissent à Elle en faisant cette sainte neuvaine en mémoire de Ses Douleurs, et se confessent malgré l'enfer, ses fils, ses serviteurs, favorisés de ses larmes et baignés de Votre Précieux Sang, pour qu'à l'heure de notre mort, Vous nous receviez comme Ses enfants. Amen.


A cet instant, on vénère les cinq plaies du divin Fils, pour être plus agréable à sa très douloureuse Mère.


A la plaie du pied gauche


Je vous salue, ô très Sainte Plaie de mon Seigneur Jésus-Christ! et je vous prie, Seigneur, que par elle, Vous me pardonniez toutes les offenses commises tant par mes démarches que par mes gestes.


Notre Père, et Gloire au Père


A la plaie du pied droit


Je Vous salue, ô très Sainte Plaie de mon Seigneur Jésus-Christ! et je Vous prie, Seigneur, que par elle, Vous me pardonniez toutes les offenses commises tant par mes actions que par mes paroles.


Notre Père, et Gloire au Père


A la plaie de la main gauche


Je vous salue, ô très Sainte Plaie de mon Seigneur Jésus-Christ! et je Vous prie, Seigneur, que par elle, Vous me pardonniez toutes les offenses commises tant par ma vue que par mes autres sens.


Notre Père et Gloire au Père


A la plaie de la main droite


Je vous salue, ô très Sainte Plaie de mon Seigneur Jésus-Christ! et je Vous prie, Seigneur, que par elle, Vous me pardonniez toutes les offenses commises par le mauvais emploi de ma mémoire, de mon entendement et de ma volonté.


Notre Père, et Gloire au Père


A la plaie du très Saint Côté

 

Je vous salue, ô très Sainte Plaie de mon Seigneur Jésus-Christ! Et je Vous prie, Seigneur, que par elle, ainsi que fut blessé Votre Cœur par le fer de la lance ainsi que Celui de Votre très Douloureuse Mère par le glaive de Ses Douleurs, de vous pénétrer le mien de Vos Souveraines Lumières, afin de Vous aimer toujours, ne jamais plus Vous offenser, et souffrir plutôt la mort que de pécher. Amen.


Notre Père, et Gloire au Père


Oraison que Saint François Xavier apôtre des Indes et Patron des Mission récitait tous les jours


Dieu de mon cœur, et mon Seigneur Jésus Christ, par Vos cinq Plaies, souffertes sur la croix, et par les innombrables que Vous avez reçues dans Votre Passion par Amour pour nous, nous Vous prions, selon Votre Miséricorde, d'être favorable à ceux que Vous avez rachetés au prix de Votre Précieux Sang, et de les conduire à la vie éternelle. Amen.


Note. Ceux qui auront les livres de la Passion du Christ et des Douleurs de Notre-Dame y liront, le matin, les Méditations de la première douleur, et le soir, celles de la Passion, selon le jour et connue elles se trouvent dans ces livres. Ceux qui ne les auraient pas, liront dans un livre de piété pendant une demi heure.


Deuxième jour


Ayant fait l'acte de contrition et récité la première oraison du premier jour, Très douloureuse et très Pure Vierge Marie, qui se dit aussi le second, ou dit celle qui change tous les jours, selon la douleur correspondante à chaque jour. C'est l'oraison suivante:


Très affligée et très Douloureuse Vierge Marie, ma Souveraine, qui, étant agenouillée au pied de la Sainte Croix sur laquelle a été crucifié Votre Fils unique, mon Seigneur Jésus-Christ, le considériez souffrant, agonisant et mourant pour les péchés du monde; tournez, puissante Reine, Vos très chastes yeux inondés de Vos larmes, regardez moi pour que j'aie compassion en voyant ce dont mes péchés sont la cause, et obtenez-moi la Miséricorde de Votre Fils Crucifié et la faveur que je sollicite, si elle tend à la gloire de Dieu et au salut de mon âme. Amen.


Ici, on récite les sept Ave Maria, et on continue, avec les oraisons, la prière et la salutation aux saintes plaies, avec l'oraison comme au premier jour; et ainsi tous les jours suivants, avec l'observation de la seconde oraison et de la seconde leçon.


Troisième jour


Très affligée et très Douloureuse Vierge Marie, ma Souveraine, que, lorsqu'Il expira, Votre. Fils unique, mon Seigneur Jésus Christ, fit mère du genre humain en la personne vierge de l'apôtre Jean, pour que Vous regardiez tous les hommes comme enfants nés de vos douleurs, adoptés par l'Amour de Jésus, et recommandés à Votre sollicitude; recevez-moi pour fils, Mère très douce, et dirigez vers Dieu mes paroles, mes œuvres et mes pensées, et obtenez-moi de Votre Très Saint Fils cette faveur que je sollicite, si elle tend à sa gloire ou au salut de mon âme. Amen.


Le surplus et la note comme aux premier et second jour.


Quatrième jour


Très affligée et très douloureuse Vierge Marie, ma Souveraine, qui, au milieu de la multitude des Scribes et des Pharisiens qui crucifiaient Votre Fils unique, mon Seigneur Jésus-Christ, entendîtes les ignominieuses paroles, les injures et les blasphèmes qu'ils proféraient contre Sa Divine Innocence; purifiez mes lèvres, ô ma Souveraine, pour que je répare ces offenses par mon amour; écoutez le vœu de mon cœur, qui s'écrie: « Mon Dieu, mon Seigneur, Saint des Saints, Bonté souveraine, suprême innocence, la vérité par excellence »; et obtenez-moi de Sa Miséricorde cette faveur que je sollicite, si elle tend à sa gloire et au salut de mon âme. Amen.


Le reste comme aux premier et second jour.


Cinquième jour


Très affligée et très Douloureuse Vierge Marie, ma Souveraine, qui, après que Votre Fils unique, mon Seigneur Jésus-Christ, eut rendu l'esprit au Père Éternel, et paraissait avoir consommé tous les tourments, vîtes un soldat lever la lance et percer Son Très Saint Côté, déchirant le tendre Cœur du Crucifié mourant, blessure qui resta ouverte pour le salut des hommes; baignez-moi, ô ma Souveraine, dans ce Sang et cette Eau, et introduisez-moi par cette ouverture à l'éternité de la gloire, et obtenez-moi de Dieu cette faveur que je sollicite, si elle tend à sa gloire et au salut de mon âme. Amen.


Le reste comme aux premier et second jour.


Sixième jour


Très affligée et très Douloureuse Vierge Marie, ma Souveraine, qui, au pied de la sainte Croix où Vous vous teniez, voyant déclouer Votre Fils unique, mon Seigneur Jésus-Christ, reçûtes en Vos mains la couronne d'épines et les clous baignés de Son Très Précieux Sang; posez, ma Souveraine, ces cruelles épines sur mes yeux et ces clous aigus en mon cœur pour que je ressente quelque chose de ce que Vous éprouvâtes et que je prenne part à Vos Douleurs, ayant en horreur plus que la mort le péché, qui fut la cause de tant de mal; et obtenez-moi de Votre Fils, avec le pardon de toutes mes fautes, cette faveur que je sollicite, si elle tend à sa plus grande gloire et au salut de mon âme. Amen.


Le reste comme aux premier et second jour.

Septième jour


Très affligée et très Douloureuse Vierge Marie, ma Souveraine, qui, après avoir adoré et baisé la couronne et les clous de Votre Fils, avez reçu en Vos mains délicates et virginales Son Très Saint Corps; regardez, Souveraine très affligée, ces blessures cruelles, ce Sang caillé; voyez ce Corps si beau, que forma le Saint-Esprit, déjà tant défiguré par la souffrance; arrosez-le de Vos Larmes, ma souveraine Mère, et de ma douleur, misérable pécheur, pour que je me repente d'avoir causé tant de tourments, par la position cruelle où j'ai placé Votre Fils, mon Seigneur; remplissez mon cœur de lamentations, et obtenez-moi cette faveur que je sollicite, si elle tend à la plus grande gloire de Dieu et au salut de mon âme. Amen.


Le reste comme aux premier et second jour.


Huitième jour


Très affligée et très Douloureuse Vierge Marie, ma Souveraine, qui, inondée des larmes avec lesquelles Vous lavâtes le corps décomposé de Votre Fils unique, mon Seigneur Jésus-Christ, avez appliqué Sa Divine Face sur Votre très pur Visage; Vous l'avez embaumé et enseveli pour le placer dans le sépulcre, où Vous laissâtes aussi Votre Cœur très aimant: permettez, ô ma Souveraine, que j'aille, comme le serviteur le plus humble de Votre famille, accompagner la sépulture de mon Seigneur, pour que le regret de mes fautes ne me sépare jamais de Son Sépulcre où elles l'ont fait descendre; et obtenez-moi de Sa Bonté cette faveur que je sollicite, si elle tend à sa plus grande gloire et au salut de mon âme. Amen.


Le reste comme aux premier et second jour.


Neuvième jour


Très affligée et très Douloureuse Vierge Marie, ma Souveraine, déjà Votre Fils unique, mon Seigneur Jésus-Christ demeure enseveli, et Vous, Souveraine, Vous vous en retournez seule sans la lumière de Vos yeux et sans la vie de Votre Cœur. Tous les Esprits du ciel Vous accompagnent, ô Marie, très douloureuse! Qu'il m'est pénible d'être la cause de tant d'oppression par mes péchés! J'ai été, Mère très affectionnée, un malfaiteur et cruel homicide; j'ai, par mes fautes, arraché la Vie à Votre très Doux Fils: je me prosterne à Vos pieds, pour mériter Votre Pitié, après avoir été si cruel envers Vous; je me confie en Votre suprême Miséricorde, pour espérer, par ces mêmes Douleurs que je Vous ai causées, le pardon que je ne mérite pas. Je me propose, ô ma Souveraine, et ma très affligée Mère, de m'amender sincèrement, et de commencer une nouvelle vie, pour me rendre digne de Votre refuge, et, par ce moyen, jouir en votre compagnie de l'Éternité avec cette faveur que je sollicite, si elle tend à la plus grande gloire de Dieu et au salut de mon âme. Amen.


Le reste comme aux premier et second jour.

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Téléchargez le texte de cette Neuvaine (pdf) en cliquant ici

19 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Vingtième jour

Douleur de Marie envoyant Jésus couronné d'épines et exposé sur la galerie de Pilate


La fureur des Juifs ne fut pas satisfaite par la cruelle flagellation de Jésus. Une compagnie de soldats du Prétoire voulut, par une barbarie inouïe , faire du Sauveur un roi de théâtre. Oh! qui pourrait exprimer la véhémente douleur de Marie quand elle vit placer une couronne d'épines meurtrières sur la tête de son divin Fils, quand elle vit une main armée de fer, enfoncer à coups redoublés cette couronne, et la faire pénétrer jusqu'aux fibres délicates du cerveau de Jésus, qui n'aurait jamais pu survivre à ce supplice, s'il n'eût été Homme-Dieu, On le revêt d'un haillon de pourpre, par dérision; on lui donne un roseau pour sceptre; on le salue; on l'injurie; on l'adore et on le frappe tout à la fois. Q moqueries sacrilèges! ô ignominie du Fils de Dieu! ô douleurs de Marie! A cette vue, elle fond en larmes, son cœur tombe en défaillance, elle est près de mourir de compassion! C'est dans cet état de douleur, d'avilissement, on pourrait dire d'agonie, que Jésus est conduit au tribunal de Pilate: ce gouverneur, comme en riant de voir donner le titre de roi à celui qui a perdu la ressemblance d'un homme, le présente aux Juifs, en disant: « Voilà l'Homme, voyez en quel état il est réduit ». A ces mots, la Mère désolée jette un regard de douleur et voit son Sauveur tellement déchiré, qu'il a perdu la forme humaine. « Voilà l'Homme »: il a la tête transpercée d'épines; sa barbe et ses cheveux sont collés et glacés; ses yeux sont mourants et couverts de sang; il a les joues livides et souillées de crachats, la poitrine déchirée par les fouets, les bras enflés, les épaules couvertes d'un vil haillon, un roseau à la main, par dérision; en un mot, dit Sainte Brigitte, il n'est plus qu'ignominie et douleur, et à cette vue, Marie pâlit; elle tremble et tombe en défaillance. Ensuite, quand elle est un peu revenue a elle-même, du fond du cœur elle dit aux Juifs perfides: « O peuple aveugle! regardez votre Père, votre Rédempteur, votre Dieu! il s'est réduit à cet état pour votre amour: oserez-vous encore demander son sang et provoquer sa mort? » Hélas! ces ingrats virent Jésus dans cette extrémité déplorable; et, oubliant les prodiges sans nombre qu'il avait opérés en leur faveur, ayant perdu tout sentiment d'humanité, ils crient avec plus de fureur que jamais: « Otez-le de devant nos yeux, crucifiez-le »; et cette émeute infernale ne fait entendre que des cris de sang et de mort. O aveuglement! ô mon pauvre Fils! reprend en secret l'auguste Mère du Rédempteur, ils veulent donc tous votre mort? ils oublient que vous avez guéri les aveugles, fait marcher les boiteux; ils oublient que vous les avez nourris miraculeusement lorsqu'ils vous accompagnaient; ils oublient que vous avez ressuscité les morts; ô monstrueuse ingratitude!


Colloque


Vierge affligée, comment pourrais-je retenir mes larmes et mes soupirs à te vue des vôtres? vous ne pouvez vous consoler en voyant votre Fils adorable couronné d'épines et tourné en dérision comme un roi de théâtre; une pâleur mortelle couvre votre visage délicat; l'éclat de vos yeux est obscurci; votre cœur est oppressé parla douleur, et vous êtes prête à rendre votre âme affligée. Hélas! en vous voyant à demi-morte à la vue du supplice que mes mauvaises pensées ont fait endurer aux augustes tempes du Sauveur, mon cœur restera-t-il insensible et ns sera-t-il point touché de vos peines? O Mère affligée! prenez plutôt une des épines meurtrières de ce sanglant diadème, et percez-en mon cœur coupable, afin que, par cette douleur, il apprenne à compatir dignement à votre immense affliction.


Soupir à Marie


Les tourments inexprimables qu'endure Jésus dans son corps, sont profondément empreints dans le cœur de sa Mère désolée.


Exemple

 

Deux pèlerins logés dans une auberge près de la ville de Grenade, partirent à l'aube du jour, et laissèrent dans une chambre écartée une caisse qu'ils avaient amenée avec eux. On remarquait chaque nuit une vive lumière dans cette chambre. Après avoir renouvelé plusieurs fois cette observation, on découvrit que la lumière la plus éclatante sortait des alentours du dessus de la caisse. L'Archevêque en fut averti: il examina le prodige, se transporta en cérémonie à l'auberge, s'approcha avec respect de la caisse miraculeuse, et d'une main, à la fois respectueuse et tremblante, il l'ouvrit en présence du peuple, et y trouva une magnifique statue de Notre Dame des Douleurs, On ne saurait exprimer l'étonnement, la joie et l'attendrissement de l'assistance. Le prélat ne voulut pas faire sur-le-champ la translation, pour attendre, pendant quelques jours, les deux pèlerins, qu'on suppose, avec raison, être deux Anges. Mais comme ils ne reparurent plus, le prélat procéda à une translation très solennelle, et dans cette cérémonie, Notre-Darne-des-Douleurs opéra plusieurs miracles insignes. (Ex relat. P. M. Epiph. Bedo.)


Pratique: Faire au plus tôt la sainte Communion en l'honneur de Notre Dame des Douleurs.

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18 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Dix-neuvième jour

Douleur de Marie à la cruelle flagellation de son divin Fils


On croit pieusement qu'au moment où Marie apprit les cruautés qu'on exerça contre Jésus-Christ dans les tribunaux de Jérusalem, et où elle sut que l'infâme Pilate l'avait condamné au supplice barbare de la flagellation, cette sainte Mère accourut au prétoire; Dieu voulant sans doute que Marie, qui devait assister au crucifiement de son Fils, fût encore témoin de ses affreux tourments avant de monter au Calvaire. Hélas! Vierge désolée, arrêtez-vous; si vous allez plus loin vous ne pourrez résister à la douleur que vous causera la vue du spectacle sanglant qui se prépare. De grâce, n'approchez pas, car un regard seul peut vous donner la mort! Mais Marie s'avance, fend la foule amoncelée devant le Prétoire, et, surmontant tous les obstacles, elle arrive enfin, et que voit-elle, ô mon Dieu? Elle aperçoit son Fils bien-aimé qui s'approche de la colonne, on l'y attache fortement, et il abandonne son corps innocent et infiniment pur, aux lanières, aux fouets, aux cordes et aux lourdes chaînes. Marie voit tout autour des bourreaux pleins de rage, et Jésus au milieu, en posture non-seulement d'esclave mais d'esclave captif qui mérite d'être fouetté. O Ciel! quelle horrible boucherie! Marie entend le bruit des coups et le sifflement des fouets; elle entend les applaudissements et les cris de joie d'une populace féroce; elle distingue la fureur étincelante des archers ; elle voit les chastes membres du Sauveur déchirés, son sang qui coule à grand flots; elle voit!... Mais impies, arrêtez, arrêtez... Dès les premiers coups, la peau vole en éclats, le sang s'élance et roue le visage et les vêtements des bourreaux. Les fouets en sont teints, la terre en est imbibée, et ce corps adorable n'est plus qu'une plaie! Si Marie ne savait pas que c'est Jésus, si son cœur palpitant de tendresse ne le lui disait pas, elle ne pourrait pas le reconnaître tant on l'a défiguré. O spectacle horrible! il pénètre d'autant plus le cœur de Marie, que les tigres se lassent moins de frapper la douce victime; car ils frappent encore et tourmentent Jésus, quoique détaché de la colonne, à demi mort, gisant à terre et baigné dans son sang! ô vue déchirante! Si Marie se tient encore debout, si elle ne succombe pas à la douleur, on ne peut nier, dit Saint Anselme, que sa vie est un miracle.


Colloque


O mère la plus tendre et la plus désolée! je vous remercie d'avoir voulu, par une charité incomparable, assister à la cruelle flagellation de votre très saint Fils. Hélas! pendant ce supplice, vos yeux pleins de larmes étaient levés vers le Ciel; et en union à Jésus déchiré, vous offriez au Père Eternel chaque coup, chaque blessure, chaque goutte au précieux sang, pour l'expiation de mes péchés. Ah! mère affligée, c'est moi qui ai péché, c'est moi qui ai mérité la flagellation. Sainte Mère, prenez ce glaire meurtrier qui perça votre cœur au Prétoire, et tournez-le contre mon cœur coupable, afin que je pleure amèrement la flagellation de Jésus et vos angoisses.


Soupir à Marie


O quelle grêle de coups sur le corps de Jésus! Ciel, comment pouvez-vous le souffrir? Je ne tient pas à cette vue.


Exemple


Un jeune libertin de Perouges s'engagea, par écrit, à donner son âme au démon toutes les fois qu'il lui fournirait l'occasion de satisfaire une passion criminelle. Le démon remplit la condition, il apparut ensuite au jeune homme, dans le temps fixé, c'est-à-dire l'an 1615, et lui rappela sa promesse, en le conduisant pour cela auprès d'un puits, afin qu'il s'y précipitât, avec menace que s'il s'y refusait il l'entraînerait vivant dans l'enfer. Le jeune homme effrayé ne savait comment il pourrait échapper à ce danger; il quitta cependant ses habits et monta sur le bord du puits; mais il ne se sentit pas le courage de s'y jeter, et il pria le démon de l'y pousser. Heureusement pour cet infortuné, il portait sur lui le scapulaire de Notre Dame des Douleurs; le démon lui dit de s'en dépouiller, et qu'après il le jetterait dans le puits. Alors le jeune homme voyant son salut attaché à ce saint habit, refusa de le quitter. Après de nouvelles instances, l'esprit des ténèbres se retira couvert de honte; le jeune homme conçut un sincère repentir de ses désordres il les détesta de tout son cœur, et en mémoire de ce bienfait signalé, il suspendit un ex voto à l'autel de Notre Dame des Douleur, dans l'église de Sainte Marie-Neuve de la même ville.


Pratique: Réciter les Litanies de la très Sainte Vierge, en y ajoutant « Vierge affligée, priez pour moi »

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23 août 2010

Le Mois du Cœur de Marie

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Le Mois du Cœur de Marie

Vingt-quatrième jour

Le martyre du Cœur de Marie consommé dans le testament de son Fils mourant sur la Croix

Considérez comment Jésus, après avoir légué à ses ennemis la ferveur de ses prières, au bon larron le paradis, laisse encore à Marie, par un testament public et solennel, un autre fils en sa place dans la personne de Jean, et donne à Jean, pour mère, Marie sa Mère. « Du haut de la Croix Jésus-Christ dictait son testament; Jean l'écrivait et le scellait, digne témoin d'un si grand Testateur ». Voici ses propres paroles: « Femme, voilà votre Fils », s'adressant à sa Mère: « Voila votre Mère », s'adressant à Jean. Cette parole : Femme; fut comme un glaive cruel qui pénétra douloureusement jusqu'au fond du Cœur déjà tout déchiré de Marie. « Ce fut bien plus qu'un glaive, dit saint Bernard; elle ne s'entend plus appeler du nom de Mère! Et puis, quel échange! Jean, au lieu de Jésus! l'esclave, pour le Seigneur! le disciple, pour le Maître! le fils de Zébédée, pour le Fils de Dieu! un homme, une simple créature, pour le vrai Dieu! Et comment cette parole n'aurait-elle pas percé son âme si sensible, quand le souvenir seul fend nos cœurs de pierre? Cette douleur surpassa toutes ses autres précédentes douleurs ». « A ce peu de mots, dit saint Bernard , ces deux âmes chéries ne cessaient de verser des larmes, et gardaient le silence, l'excès de la douleur ne leur permettant pas de parler ». O ciel! que n'en a-t-il pas coûté au Fils de Dieu, pour que sa Mère devînt la nôtre? et à la Mère de Dieu, pour que nous devinssions ses enfants? Prix inestimable d'une douleur immense, qui pourrait vous évaluer?

Mais quel cas avons-nous fait de ce don si précieux et qui a coûté si cher? Car est-il une mère (quelque grandes que soient les douleurs qu'elle souffre dans l'enfantement) dont le fils lui a coûté autant que nous avons coûté à celle qui nous a enfantés au pied de la croix, avec des douleurs si cruelles, qu'elles surpassent de beaucoup tous les tourments de tant de millions de Martyrs, dont pour cela elle est appelée la Reine? Ah! dit l'Esprit-Saint: « N'oubliez point les douleurs de votre Mère ». Il faut y correspondre avec un amour filial. O glorieuse Reine des Martyrs, par ces douleurs et ces angoisses mortelles, que je vous ai coûtées quand vous m'avez enfanté au pied de la Croix, faites que je n'oublie jamais ni vos gémissements ni vos larmes, ni le don précieux que votre Fils m'a fait en mourant; faites que je vous honore comme ma Mère, ainsi que le veut d'ailleurs votre Fils Jésus, qui me dit: « Voila votre Mère ».

Fleur: Se consacrer à Marie au pied du Crucifix, l'accepter amoureusement pour sa Mère, et remercier Jésus d'un don si précieux.

Fruit: Remplir tous les devoirs d un fils envers une telle Mère, c'est-à-dire, l'honorer, l'aimer, l'imiter.

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