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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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13 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Quatorzième jour

Causes des larmes de la Sainte Vierge

 

La contemplation de Marie en pleurs, dans l'exercice précédent, appelle une seconde méditation, qui nous découvre les causes des larmes de la Sainte Vierge à la Salette. A la naissance du Messie, toute une génération de jeunes victimes dut tomber sous les coups de la colère d'Hérode: plus d'enfants, un roi barbare les avait immolés à sa jalousie; les mères de Bethléem pleurèrent, et rien ne les put consoler: ces malheureuses mères, sont restées pour leur désolation même, particulièrement célèbres, par la figure de Rachel inconsolable: elle interroge de ses cris les échos des déserts, les abîmes des montagnes, demandant ses enfants! et le silence répondant seul aux gémissements de son désespoir maternel, elle s'en va encore, pleurant toujours, et ne voulant pas être consolée, parce que ses enfants ne sont plus! Telle nous apparaît Marie à la Salette: « Femme, voilà votre fils », lui a-t-il été dit en la personne de Jean sur le Calvaire! Ces paroles, testament suprême d'un Dieu mourant, nous ont tous donnés pour enfants à Marie, et créé dans l'Eglise sa grande famille spirituelle, qui embrasse tous les hommes, tous les temps, toutes les générations!... Toutes les âmes sont à Marie; toutes les nations de la terre sont l'héritage de son Fils et le sien. Or, la Sainte Vierge pleure sur la montagne, parce que, depuis dix-huit siècles, ses enfants lui sont ravis, arrachés jusque sur son propre sein, pour être traînés à la mort!... Mais, où sont donc ici le tyran et les bourreaux? Le tyran, c'est le péché, bourreau des âmes qu'il fait périr! orgueil de l'esprit, volupté des sens, cupidité des honneurs, de la fortune, mépris de Dieu, révolte contre son Eglise, blasphèmes impies; tyrans impitoyables, régnant en souverains sur toute la terre, assis dans les cœurs comme sur autant de trônes, et qui, sans verser une goutte de sang, donnent cruellement la mort aux âmes!... C'est pour cela que la Sainte Vierge pleure sur la montagne de la Salette: « Nous avons bien vu couler ses larmes, disent les bergers ». Or, la voyez-vous, cette mère inconsolable, cette Rachel nouvelle, assise et pleurant au sommet des Alpes? Elle vient, triste et désolée, sur ces cimes désertes... Elle sait le passé... Elle voit le présent... Elle interroge l'avenir! et tous les temps lui répondent que ses enfants de la terre ne sont ni vivants, ni prêts à revivre!... A ce douloureux spectacle, comme abattue par la souffrance, Elle s'assied sur un rocher, dans une attitude d'accablement qui repousse la consolation; et là, se voilant le visage de douleur, et toute humiliée par les mépris de ses enfants, Elle donne libre cours à des larmes maternelles, dont la fontaine, jaillissant à ses pieds, semble devoir symboliser l'abondance! La sculpture expose à nos regards de grandes scènes; au nombre des plus touchantes, il faudra compter désormais la Vierge assise et pleurant à la Salette; et l'on éprouve, en approchant de sa statue, une sorte de frisson religieux que l'on ne domine pas sans émotion : aussi bien, qui se peut faire à l'idée et au spectacle de la Mère de Dieu, délaissée sur une montagne, et versant des larmes comme une simple créature!...

 

Réflexions

 

Pour honorer dignement les larmes de Marie, il nous faut, nous aussi, plaindre le monde, et pleurer nos péchés: 1° Une des grandes peintures du Calvaire est celle qui nous représente Jésus descendu de la croix, et reposant entre les bras et sur les genoux de sa divine Mère: qui pourrait nous dire les angoisses du cœur de Marie, tenant là, sous ses yeux, le corps sanglant de son Fils?... Elle contemplait successivement sa face meurtrie, son front percé d'épines, ses yeux éteints, sa bouche fermée par la mort; Elle parcourt une à une les plaies innombrables qui couvrent ce corps sacré, donnant à chacune d'elles une larme brûlante, et à toutes, ses baisers maternels!... Marie, assise et pleurant à la Salette, nous remet sous les yeux cette scène touchante: oui, le genre humain est là, comme le corps d'un seul homme, étendu sur les genoux et sous les yeux de la Sainte Vierge; et que de plaies nombreuses, profondes, doit découvrir en ce pauvre corps humain son regard maternel ! il nous semble entendre ces paroles tomber de ses lèvres, sur ce cadavre inanimé du monde: « O fils ingrat, voilà dix-huit siècles que je te cherche, il y en a tout autant que tu t'industries à me fuir!... Mais enfin, tu ne veux pas venir à moi, je viens à toi; nous voici tous deux, face à face, et en quel état malheureux je te trouve! que de blessures, quel corps meurtri!... Mon fils, quel homme ennemi t'a fait tous ces maux? Ah! du moins, aujourd'hui, laisseras-tu faire ta Mère! ta Mère qui t'apporte du ciel consolation à tous tes maux, guérison à toutes tes blessures!... » 2° Pleurer ses péchés: La tristesse qui vient de Dieu, dit saint Bernard, porte l'âme fidèle à verser des larmes sur ses propres péchés, ou bien sur les péchés d'autrui: « Vierge conçue sans péché, Marie n'a jamais dû pleurer sur elle-même ; et maintenant, son cœur est au ciel inondé d'une joie aussi inaltérable qu'elle est éternelle: si Elle pleure, c'est donc sur nos péchés, et Elle le fait publiquement, au sommet d'une haute montagne, pour nous apprendre à pleurer nous-mêmes. Elle est ici semblable à la mère qui, pour se mettre à la portée de son enfant au berceau, lui tient un langage qui n'est pas le sien, mais celui que son enfant peut comprendre: c'est au même sens que saint Augustin a dit du divin Maître, que lorsqu'il a pleuré dans sa vie, il l'a fait principalement pour provoquer les larmes des pécheurs. En présence de ces touchants exemples de Jésus et de Marie, pourrions-nous ne pas pleurer nous-mêmes nos péchés? pourrions-nous, nous, qui avons des larmes pour des bagatelles, demeurer insensibles après la perte du ciel, la perte de la grâce, la perte de Dieu?... Ah! ceux qui auraient de pareils sentiments, dit saint Bernard, mériteraient à leur tour d'être pleurés. Et saint Augustin ne craint pas d'ajouter: Vous n'avez point les entrailles de la piété chrétienne, si vous pleurez un corps, parce que l'âme l'a abandonné, et si vous ne pleurez pas l'âme où Dieu n'est plus.

 

Pratique : Examinons aujourd'hui quelle a été pour le péché, notre douleur et notre componction ; quel a été le brisement de notre âme, dans l'examen de notre conscience; prendre la résolution de porter toujours au tribunal de la pénitence, un cœur contrit et repentant.

 

Histoire

 

Un prêtre vertueux du nord-est de la France, auquel les amis de Notre Dame de la Salette ne faisaient que le reproche de ne pas partager leur croyance sur la sainte apparition, se trouva tout à coup menacé d'une mort prochaine, sans que les médecins vissent aucun moyen de conjurer le danger qui était imminent. Un neveu de ce digne curé, prêtre aussi lui-même, et aussi dévoué à Notre Dame de la Salette que son oncle l'était peu, lui fit la proposition d'avoir recours à la Vierge de la Salette, dont le crédit va toujours croissant dans le monde. Le malade accepta la proposition., mais il objecta que sa conduite antérieure vis-à-vis de la sainte apparition le rendait indigne de la grâce qu'on voulait lui faire demander. On l'eut bien vite rassuré, en lui disant qu'il avait agi ainsi par ignorance, et qu'il n'eût pas parlé de la sorte s'il avait connu les graves motifs qui légitiment cette croyance. « C'est vrai, dit le malade ému et rassuré par cette observation. Eh bien! oui, Notre-Dame de la Salette me pardonnera, et je vais lui demander la grâce de vivre encore, si c'est pour la gloire de Dieu et le bien des âmes; autrement, je ne lui demande la grâce que de bien mourir ». On eut bien vite procuré un flacon d'eau de la fontaine miraculeuse au malade, qui la reçut avec un bonheur immense, et l'on commença une neuvaine. Au bout de quelques jours, le saint prêtre dit à ceux qui l'entouraient qu'il sentait intérieurement qu'il ne guérirait pas, mais que Notre Dame de la Salette Elle-même viendrait lui ouvrir la porte de la bienheureuse éternité. « Si je meurs avant la fin de la neuvaine, dit le malade, sans s'émouvoir, je veux qu'on la finisse sur ma tombe, et, lorsque je serai dans le cercueil, qu'on n'oublie pas de mettre dans mes mains mon crucifix, et au-dessous mon flacon d'eau de la Salette ». Comme on paraissait étonné de cette dernière demande, il se mit à sourire, et dit: « C'est une manière à moi de faire, même après ma mort, amende honorable à Notre Dame de la Salette pour ma sotte incrédulité d'autrefois ». Les intentions du mourant ont été fidèlement exécutées. Allez, saint prêtre, votre foi a été grande, quoique tardive, et Notre Dame de la Salette a dû bien vous recevoir, lorsque vous êtes arrivé à la porte du ciel! » (Annales de Notre-Dame de la Salette).

 

Prière

 

O Notre Dame de la Salette, assis à vos côtés et les yeux fixés sur vos yeux pleins de larmes, je veux aujourd'hui compatir à vos douleurs: laissez-moi entrer dans les sentiments de votre cœur affligé et pleurer avec vous; surtout, laissez tomber sur votre enfant une de ces larmes bénies; comme l'étincelle enflammée, tombant sur la paille sèche, elle dévorera mes iniquités, et notre âme sera comme rajeunie et renouvelée!... Et parce que, ô ma Mère, vos plaintes, vos menaces, vos inquiétudes maternelles sont méconnues d'un grand nombre d'âmes, et parce que les hommes continuent, par leurs ingratitudes et leur indifférence, à provoquer la colère de votre divin Fils, je vous adresse aujourd'hui, pour tous les pécheurs, avec l'amour d'un cœur d'enfant, cette prière de votre Eglise: « Ah! Mère, tendre Mère, source d'amour, faites-moi sentir la violence de vos douleurs, afin que je mêle amoureusement mes larmes aux vôtres ».

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29 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Trentième jour

L'apostolat de la dévotion à Notre Dame de la Salette

« Eh bien! mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple! »

 

« A la fin de son discours, disent les bergers, la Sainte Vierge nous a dit en français: « Eh bien! mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple », puis, Elle a passé le ruisseau, ne touchant que le bout de l'herbe, glissant sur sa cime sans la faire plier, comme si Elle était suspendue, et qu'on l'eût poussée... et à quelques pas du ruisseau, sans se retourner vers nous, Elle nous a dit encore: « Eh bien! mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple... » Ces dernières paroles du discours de la Sainte Vierge, avant de remonter au ciel, nous rappellent Notre-Seigneur Jésus Christ donnant à ses apôtres mission d'évangéliser le monde: « Allez, leur dit-il, enseignez toutes les nations!... » Voici sur une haute montagne, Marie, la Mère de Jésus; Elle a, là, sous ses yeux, deux bergers, ses apôtres à Elle. Elle vient de leur confier son message, et puis, Elle semble leur dire: « Maintenant, moi, je vais à Celui qui m'a envoyée; mais vous, mes apôtres, allez par toute la terre, allez annoncer ma bonne nouvelle, allez publier une seconde fois la loi oubliée de mon Fils; allez préparer un règne nouveau de sa Mère ». On ne peut pas lire ces paroles et leur commentaire naturel, sans se trouver face à face avec l'apostolat de Notre-Dame de la Salette, et le zèle de sa dévotion: l'apparition de Marie sur la sainte Montagne n'est en effet qu'une mission toute d'apostolat et de zèle: si Elle descend parmi nous, c'est pour réclamer le respect de Dieu, la soumission aux commandements et aux lois de l'Eglise, si méconnus par les hommes. C'est pour revendiquer les âmes qui appartiennent à son Fils, et qui se laissent posséder par un autre que le véritable Maître; c'est pour procurer la gloire de Dieu par la conversion et la réparation: en un mot, le discours de la Sainte Vierge est en quelque sorte tout brûlant de zèle; il en inspire les premières paroles, il en anime toutes les parties, il le couronne par la plus solennelle recommandation; entendez Marie, s'efforçant, ce semble, de souffler au cœur de deux pauvres bergers l'apostolat de sa dévotion, vous le ferez passer à tout mon peuple!... Et ce n'est pas assez d'une fois, pour son cœur dévoré de cette sainte flamme; avant de les quitter, Elle redit avec une nouvelle solennité, une ardeur nouvelle: « Eh bien! mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple!... » Quelle insistance maternelle, quelle recommandation pressante!... On croirait entendre ici comme un écho lointain des protestations d'amour trois fois demandées à l'apôtre infidèle, pour écarter du cœur de Jésus les angoisses douloureuses de l'hésitation et du doute!... Et une explication importante de ces paroles, c'est que, interrogés sur ce qu'ils avaient compris par ces mots, tout mon peuple, les enfants ont répondu: « Nous avons pensé que c'était tout le monde !... » Il ne suffit donc pas de faire passer le message de la Salette au plus grand nombre, mais à tous sans exception; il s'agit de le porter de royaume en royaume, de province en province, de ville en ville, de bourgade en bourgade, jusqu'au dernier membre du peuple de Marie, caché au fond de la montagne la plus reculée... Il y a, il est vrai, dans le monde, et dans son peuple, des cœurs assez mauvais pour avoir voulu effacer leurs noms du cœur de Dieu ou de sa divine Mère; mais une mère est toujours mère, et Marie bien plus que toute autre: Elle veut donc, cette Mère toujours bonne, toujours miséricordieuse, que le bienfait de son message arrive même aux plus coupables, pour que la grâce surabonde là où le péché a surabondé.

 

Réflexions

 

Il en est du véritable apostolat comme de la charité, qui en est le principe. 1° II se nourrit d'abord lui-même. 2° Il excite, il propage ensuite, l'action étant sa vie. 1° La vie d'union est la nourriture la plus substantielle qui puisse être donnée à l'âme: or, Notre-Seigneur est ici, comme toujours, notre parfait modèle: le divin enfant de Marie s'est donné à sa Mère; Il s'est soumis à son autorité; Il a confié à son cœur son enfance, son adolescence, tout lui-même; il faut, à son exemple, nous consacrer à Marie, nous livrer à sa charité maternelle, nous remettre entièrement à sa direction, vouloir ce qu'Elle veut, faire ce qui plaît à son cœur, n'ambitionner, en un mot, autre chose que de l'établir notre maîtresse souveraine. Jésus a souffert en outre pour Marie au Calvaire; et cette souffrance a été portée à un tel degré d'union, qu'un saint évêque appelle Marie le seul ouvrage de l'incarnation et de la rédemption. La souffrance pourra donc être la condition des enfants de Notre-Dame de la Salette, Mère apparue inondée de larmes; ils la trouveront dans le chemin de la vie, tantôt sous un nom, tantôt sous un antre, assise à leurs côtés comme une compagne assidue, dans celte vallée de larmes; souvent elle viendra d'elle-même les visiter; quelquefois ils l'auront appelée par leur conduite peu chrétienne, ou par leurs œuvres coupables: mais souffrir devra être la voie aimée de toutes les âmes associées à l'œuvre réparatrice de la Sainte Vierge, sur la montagne de la Salette. 2° Le zèle excite et propage, l'action étant sa vie; c'est-à-dire qu'il nous faut glorifier Notre Dame de la Salette, ne pas nous lasser de la faire connaître, aimer et servir dans le monde; c'est la volonté formelle de notre Mère: « Eh bien! mes enfants, vous le ferez passer à mon peuple ». Suivant donc notre influence personnelle et notre position sociale, il ne faut craindre dans l'exercice de cet apostolat, ni les hommes qui nous condamneront, ni l'enfer qui nous suscitera des embarras et des peines; travaillons sans défaillance à glorifier notre Mère; répandons parmi les âmes droites et simples ce qui est de nature à faire aimer, à propager son culte, livres, images, objets divers de piété; parlons d'Elle aux pauvres, aux malades, aux affligés; ne craignons pas surtout de porter son nom aux pécheurs; inspirons à tous la pratique des saintes neuvaines de prières, de la communion à ses fêtes, de la visite à ses sanctuaires, surtout de l'étude des grands enseignements de son apparition, pour les faire passer dans la vie des âmes de tous les enfants de cette Mère universelle; à ce zèle pour son honneur, Elle a promis le ciel: « Ceux qui me font connaître! dit l'Ecclésiaste, auront la vie éternelle ».

 

Guérisons extraordinaires, entre autres de Melle de Rochas, de Versailles, en l'année 1866


 

« Versailles, 11 septembre 1866, me trouvant à la Salette en pèlerinage, je fus témoin de quelques prodiges que je m'empresse de vous transmettre et que vous devez peut-être connaître déjà. Ce fut d'abord la guérison subite d'une main contractée par une névralgie. Le même jour, c'était un dimanche, une paralytique de soixante-huit à soixante-dix ans, est venue en actions de grâces de Clermont-Ferrand; elle avait gravi à pied la sainte Montagne. Son état de paralysie avait duré neuf mois. Une jeune fille de seize ans, de Belmont en Aveyron, atteinte de chlorose, fièvre pernicieuse et affection nerveuse, et qui était en agonie, puisqu'on attendait son dernier soupir, s'est levée le septième jour ou plutôt la septième nuit d'une neuvaine faite à son intention. Son état de santé est des plus satisfaisants depuis cette époque, 16 juillet 1866; elle est aussi venue ce même dimanche remercier Notre Dame de la Salette de la grâce qu'elle avait reçue. Quelques jours avant, Mlle Rochas de Versailles, paroisse Notre-Dame, rue Hoche, 21, qui depuis quatre ans gardait sa chambre (vous connaissiez, du reste sa situation, puisque vous l'avez vue l'année dernière), a été aussi instantanément guérie. Prise d'une paralysie générale, il fallait la lever, la coucher, la transporter, elle ne pouvait se mouvoir. Ses jambes étaient repliées l'une dans l'autre, et ses genoux fixés contre la poitrine. Elle avait le bras gauche paralysé, et la bouche affreusement contractée, ne pouvait proférer une parole sans lui faire éprouver d'horribles douleurs. Son estomac ne pouvait plus supporter la plus légère nourriture. Une position semblable était de nature à exciter la compassion de tous ceux qui la voyaient. Elle fit une neuvaine à Notre Dame de la Salette, à laquelle nous nous associâmes de grand cœur. Le huitième jour, réduite à l'agonie, abandonnée complètement des médecins, on ne devait plus s'attendre qu'à son dernier soupir. Après avoir reçu le saint Viatique, elle s'endort profondément pendant une heure et demie. A son réveil, elle se lève sur son séant, se voit redressée, parle avec la plus grande facilité et constate sa guérison. Elle s'endort de nouveau pendant trente heures, après lesquelles, sur des instances réitérées de sa part, elle obtient enfin la permission de se lever et marche sans aucun secours. Le pied droit était resté encore quelque peu contracté, elle s'appuyait de la cheville pour s'aider à marcher. J'allai la voir et lui conseillai de se rendre le jour même à l'église pour remercier Notre Dame de la Salette. A onze heures, comme elle assistait à la sainte messe qu'elle avait entendue à genoux, et au commencement du dernier Evangile, son pied craque, se redresse. Elle se rend à la chapelle dédiée à la Sainte Vierge, d'un pas ferme et assuré, témoigner de sa reconnaissance. Aujourd'hui, elle se porte à merveille, il ne lui est resté aucun vestige de cette cruelle maladie. Gloire et amour à Notre-Dame de la Salette ». (Journal de Muret.)

 

Prière

 

O très digne Vierge Marie, bonne Mère de la Salette; imitant votre divin Fils qui répète jusqu'à trois fois le commandement de la charité fraternelle, vous donnez deux fois sur la montagne, à vos deux petits apôtres, le commandement de l'apostolat et du zèle! Ainsi nous faites-vous entendre combien ce vocable nouveau vous est cher, combien vous avez à cœur que tout votre peuple connaisse votre message et se convertisse! Mais, ce que vous avez dit aux bergers des Alpes, qui de nous pourrait ne pas l'entendre comme dit à lui-même? Vous saviez bien que ces deux pauvres enfants ne pourraient seuls se faire entendre de tout votre peuple, et vous vouliez que nous fussions tous, leurs auxiliaires et vos apôtres! O tendre Mère, nous voici aujourd'hui, vous offrant, dans la mesure d'influence qui nous est départie, nos cœurs et nos voix; nos cœurs, où vos enseignements trouveront écho; nos voix, pour les communiquer à toutes les âmes que notre zèle dévoué pourra conquérir à votre culte et à votre dévotion, jusqu'au jour de l'éternelle vie promise à ceux qui vous font connaître. Ainsi soit-il.

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28 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Vingt-neuvième jour

Le devoir de la prière

« Faites-vous bien votre prière, mes enfants? » « Ah! pas guère, Madame! »

 

La Sainte Vierge semble vouloir couronner ses reproches et ses avertissements à la Salette, par la recommandation de prier, et de bien prier... Ecoutons tout d'abord cette douce voix, ces accents maternels, au milieu de ces âpres montagnes: « Faites-vous bien votre prière, mes enfants ? » « Oh! non, madame, pas guère! » « Ah ! mes enfants, il faut bien la faire, soir et matin; quand vous n'aurez pas le temps, dites seulement un Pater et un Ave, Maria... et quand vous aurez le temps,vous en direz davantage !... » La piété ne sait ici qu'admirer davantage, ou de la demande de la Mère de Dieu, qui parle avec une condescendance si maternelle à de pauvres petits bergers, ou de la réponse de deux enfants ignorants et grossiers, et où respirent une naïveté et une simplicité si touchantes: « Notre prière, ah ! nous ne la faisons pas guère, madame ». Humbles pâtres des Alpes, c'est sans doute la première fois que votre bouche s'ouvre à la langue de la France; et vos premières paroles ne sont pas éloquentes... Mais, rassurez-vous; si votre langue a été barbare, votre cœur innocent a exprimé des sentiments qui remplissent nos âmes d'émotions et de piété!... Nous venons aujourd'hui, pieux fidèles, vous tenir le langage de Notre-Dame de la Salette. touchant la prière: ou plutôt, ce n'est pas nous, c'est la Mère de Dieu qui vous le dit, parce qu'Elle sait combien est funeste la négligence de ce devoir: Oui, il faut prier : Notre-Seigneur dans l'Evangile, et les apôtres dans leurs Épîtres répètent sans cesse: « Veillez et priez... » « priez en tout temps... » « il faut toujours prier, et ne jamais cesser... » « soyez assidus à la prière, et le jour et la nuit ». Voici, en outre, les similitudes et les comparaisons touchantes dont se servait saint Jean Chrysostome, pour expliquer cette vérité au peuple d'Antioche: « Vous n'ignorez pas, disait-il, l'usage des nerfs de notre corps; ils servent à unir les différentes parties, à les lier ensemble, à donner au corps le mouvement et la force pour agir; que l'on coupe ces nerfs, cette a belle harmonie est rompue, et le corps s'affaisse sur lui-même! Voilà les effets de la a prière à l'égard de l'âme; elle la soutient, lui conserve la vie et la fait marcher dans les vertus; mais, cessez-la, et l'âme perd ses forces, sa vigueur et sa vie!... Voyez encore un arbre, dit-il, qui vient à manquer d'eau; ses racines ne peuvent plus tirer de la terre le suc nécessaire; il languit, ses fruits tombent, ses feuilles se dessèchent, il meurt!... Ainsi en est-il de l'âme qui abandonne la prière; elle devient cet arbre stérile que Jésus-Christ a maudit, et a qui doit être arraché et jeté au feu! » Il faut remarquer que Notre Dame de la Salette demande particulièrement la prière du matin et du soir: nous comprenons cette recommandation spéciale. Il y a dans chacune de nos journées un instant du jour où nous renaissons à la vie: c'est celui du réveil; à ce moment, Dieu nous rend à nous-mêmes, à nos devoirs, à nos pensées; eh bien! là se représente dans toute sa vérité, dans toute sa force, le devoir de chercher le Seigneur, de lui rendre le culte qui lui est dû à tant de titres: d'autant mieux que le cœur élevé à Dieu par la prière, à ce premier instant du jour, est comme une horloge bien réglée; c'est une impulsion donnée, un mouvement qui continue de soi-même, c'est une route ouverte, à suivre fidèlement; mais si, le matin, l'aiguille ne marque pas l'heure de Dieu, que seront et que peuvent être les autres heures du jour, dans les tristesses de la vie, et les luttes de la vertu?... Et le soir, quand le combat est passé, et que les ennemis sont en fuite, ne faut-il pas remercier Dieu, qui donne la victoire? chaque jour n'est-il pas un don du ciel? il faut rendre grâces pour les bienfaits reçus, et en demander d'autres. Le repos de la nuit nous est nécessaire, car le lendemain le combat recommence: demandons à Dieu ce repos; et puisque notre ennemi ne dort pas, prions le ciel de veiller sur nous.

 

Réflexions

 

1° En nous recommandant le pieux devoir de la prière quotidienne, en signalant à notre attention le prix d'un Pater et d'un Ave, Notre Dame de la Salette a voulu nous pénétrer vivement d'un sentiment profond de respect et de confiance pour la prière, cette grande ressource du chrétien: cependant, on se fait dans le monde des illusions étranges: chacun croit avoir des raisons suffisantes de manquer à ses prières: l'un allègue une excuse, et l'autre, de vains prétextes: mais si nous cherchons un peu au fond de toutes ces excuses, savez-vous ce qu'on y trouve? la paresse spirituelle , l'indifférence pour Dieu, une négligence complète de son salut... Du temps, on en a pour toutes créatures, et pour toutes choses humaines, mais on ne trouve pas quelques minutes à donner à Dieu, notre Père et notre Sauveur!... que d'ingratitude! que d'humiliations, que de mépris nous imposons au cœur de Dieu!... Sommes-nous de ces chrétiens ingrats, lâches et aveugles? 2° La prière doit suivre immédiatement noire lever, avant même de quitter nos appartements: une prière remise à plus tard est souvent une prière manquée. Il importe grandement de la faire avec convenance et piété, c'est-à-dire, à genoux, devant une image ou un crucifix, et non en allant et venant d'un lieu à un autre lieu et à une autre affaire: la posture doit être toujours respectueuse; la prière étant une conversation de l'âme avec Dieu, ce n'est point le moment de chercher ses aises et commodités. Efforçons-nous surtout de comprendre, dans nos prières, les paroles que nous prononçons: Oh! que de chrétiens méritent ici le reproche que Notre-Seigneur adressait aux juifs: « Ce peuple m'honore du bout des lèvres, mais son cœur est loin de moi!... » Enfin ce n'est pas assez de s'acquitter soi-même de la prière du matin et du soir; il faut encore veiller à ce que les personnes qui dépendent de nous remplissent ce devoir: c'est là une obligation grave pour les pères et les mères, et les maîtres: être négligent à cet égard, c'est abdiquer son titre de mère chrétienne, et assumer une grande responsabilité devant Dieu. 3° A un époque où la foi était plus vive, dans le bon vieux temps de nos pères, existait un usage bien touchant, bien religieux, semence féconde de bénédictions: les familles se réunissaient pour faire en commun la prière du soir: pourquoi ne pas revenir à cette ancienne et pieuse coutume? on transforme aisément la plus modeste chambre en une sorte d'oratoire, en y plaçant quelques objets bénits, une statue de la Sainte Vierge,l'image de la première communion d'un enfant, la croix embrassée par un père vénéré, à son heure dernière: devant ces précieux symboles, l'enfant, le serviteur regardent Dieu lui-même dans la personne de leurs parents et de leurs maîtres; on se sent plus respectueux et plus soumis ; le souvenir de nos chers défunts revient chaque jour à la prière; et en les préservant du triste oubli, la prière perpétue tout à la fois dans la famille leur mémoire et leurs exemples. Tous donc, vivants et morts, ont leur part, dans la pieuse coutume de la prière en commun; puisse une heureuse expérience l'apprendre à un grand nombre de familles chrétiennes; aussi bien Notre-Seigneur semble avoir voulu encourager cette sainte pratique, en nous disant: « Lorsque deux ou trois personnes se réuniront en mon nom pour prier, je me trouverai au milieu d'elles ».

 

Guérison miraculeuse de H. Evelin

 

La relation suivante renferme, non-seulement un fait miraculeux, une grâce des plus touchantes, mais elle confirme, de la manière la plus explicite, les preuves de l'apparition elle-même. On remarquera, en effet, dans quels termes et pour quel objet fut sollicité le prodige à la suite duquel s'est opérée la guérison inespérée de M. Evelin. Tombé malade le 18 octobre 1857, au séminaire de Paris, M. l'abbé Evelin revint à Nantes le 30 du même mois au sein de sa famille pour y être soigné. Une bronchite jointe à un mal d'estomac, parut d'abord être la cause de son mal; mais bientôt apparurent les symptômes d'une fièvre dangereuse qui au bout de quelques jours le conduisit aux portes du tombeau. Tous les secours humains furent successivement employés mais sans aucun résultat. La situation du malade paraissant s'aggraver de jour en jour, on le prépara à recevoir les derniers sacrements qu'il reçut avec tous les sentiments de la foi la plus vive, de la piété la plus tendre et la plus affectueuse. Peu après la cérémonie, le délire un instant suspendu recommença et devint permanent, il paraissait assiégé des plus désespérantes imaginations, que la vue de son père et de sa mère ne pouvait désormais calmer. La pensée de la mort lui causait de plus en plus de nouvelles terreurs; chaque fois que la religieuse assise à son chevet lui présentait le crucifix ou la vraie croix, la connaissance revenait aussitôt, et le malade faisait à Dieu le sacrifice entier de sa vie avec la plus parfaite soumission. Puis, dès qu'on cessait de l'occuper par de pieuses pensées, le délire revenait avec de cruelles angoisses qui épouvantaient le mourant. Dans un de ces moments lucides qui accompagnaient toujours ses pieuses méditations, la vie du malade se porta avec inquiétude sur sa tendre mère assise à son chevet. « Maman, lui dit-il, nous allons nous séparer; hélas! ma pauvre mère, en éprouveras-tu trop de peine? » « Oh! mon enfant, lui répondit cette mère courageuse; tu sais que nous sommes tous de bons chrétiens; eh bien! nous ne voulons tous que la volonté de Dieu ». « O mon Dieu! que je suis soulagé! murmura le jeune homme; c'était celle pensée qui me préoccupait; maintenant je suis tranquille ». Le lendemain matin, une crise affreuse annonçait sa fin prochaine. Sur le soir, le bruit des cloches se fit entendre; elles annonçaient le retour de Monseigneur l'évêque qui arrivait de Rennes. La pensée de la pauvre mère se tourna aussitôt vers le prélat, et par un mouvement précipité, elle se lève pour aller prier Sa Grandeur devenir prier auprès de ce cher fils et le bénir. « Oh! vous voilà, Monseigneur, s'écria-t-il, que je suis content ». Le prélat lui parle avec la plus touchante affection; le jeune homme reconnaît les ecclésiastiques qui l'accompagnent; il reçoit avec la plus vive reconnaissance, les bénédictions du premier pasteur, puis le délire revint plus terrible encore. « Monseigneur, mon fils vivra-t-il, demande à Sa Grandeur la pauvre mère! » « Madame, votre enfant est bien mal, je crois que Dieu veut vous en demander le sacrifice ». Elle ne put qu'incliner la tête; pour cette digne mère, tout était dit. Voyant cet état désespéré, un ecclésiastique de la famille demanda au père du malade, s'il ne pensait pas faire un vœu à Notre Dame de la Salette et à promettre un voyage sur la sainte Montagne. Celui-ci accueillit cette pensée comme venant du ciel. Il fit part aussitôt de ce pieux des sein à sa femme en présence du confesseur de son fils. « Tout secours humain étant impuissant, je demande à la Sainte Vierge la guérison de mon enfant, et si Dieu écoute ma prière, nous irons tous les trois la remercier sur la sainte Montagne, et je ferai une offrande à ce sanctuaire ». On rentra dans la chambre du malade où le vœu fut prononcé à genoux, au pied du lit. Vers le soir, veille de la fête de la Présentation, on s'aperçut avec effroi que le malade entrait en agonie. Le médecin et le confesseur furent appelés. Interrogé par la famille, le docteur répondit que tout espoir était désormais inutile; il avait constaté un épanchement au cerveau; le mourant était livré aux angoisses d'une cruelle agonie. Le pauvre père accablé de douleur, ne pouvait se résigner à abandonner tout espoir, il voulut renouveler, de concert avec son épouse, le vœu prononcé déjà la veille, et demanda la guérison de son fils en témoignage du fait de l'apparition de la Sainte Vierge sur la montagne de la Salette. Effectivement, reprit le confesseur du malade qui ne le quittait pas, vous demandez un miracle en ce moment, et vous le demandez avec soumission à la volonté de Dieu, pour sa gloire et comme attestation du fait miraculeux de la Salette. Le vœu fut renouvelé à ces conditions avec beaucoup de foi et de confiance. Quelques instants après, on l'entendit s'écrier: « Ah, le ciel! qu'il est beau! j'y serai donc bientôt! quel bonheur d'aller au ciel! » Puis il renouvelait le sacrifice de tout ce qu'il avait de plus cher; « c'est bien peu, disait-il, pourquoi ne puis-je pas donner davantage ». Dans cette matinée, il n'eut point de délire, et la vie le soutint jusqu'à une heure et demie. Ce moment était attendu avec une grande anxiété; c'était l'heure du redoublement de la fièvre. Effectivement il baissa d'une manière sensible; ses yeux perdirent la vie, ses traits fortement tirés et contractés annonçaient l'agonie, et le râle recommençait; son pouls et sa respiration s'arrêtaient par moments. On se mit à genoux pour réciter les prières; arrivé à l'oraison: « Partez, âme chrétienne », on s'arrêta un moment; le pouls ne se faisait plus sentir, il ne donnait plus signe de vie. On commença dès lors les litanies de la Sainte Vierge. Peu après, comme sortant d'un profond sommeil, le malade ouvrit les yeux et regarda autour de lui les personnes qui l'environnaient; le délire avait cessé; la vie semblait ranimer ce corps épuisé; on avait du reste espoir que le lendemain, jour de la fête de la Présentation, il serait sauvé. Le sommeil vint enfin au malade. Son père n'eut plus de doute sur sa guérison; la protection de Marie apparaissait d'une manière trop visible. En s'éveillant, il dit à son père en lui tendant les bras: « O mon bon père! comme je suis content de vous voir! Oh! comme je sens que de grandes choses se sont passées en moi! Je ne sais d'où je viens! que d'actions de grâces à rendre! Je suis guéri ». L'émotion du malade était extrême et ses larmes coulaient en abondance. Ce jour-là, les messes furent dites en actions de grâces dans les séminaires. L'eau de la Salette à qui il devait sa conservation avait pour lui un goût inexprimable; il la savourait avec délices, et en demandait souvent. Ces premiers jours furent, de la part du malade, une hymne continuelle d'actions de grâces. La guérison fut complète; la Sainte Vierge ne permit pas qu'il lui restât la plus légère trace de maladie. Il put bientôt après reprendre ses études et poursuivre sa carrière avec une santé parfaitement rétablie. (Journal de Muret.)

 

Prière

 

O Marie, vous dont toute la vie sur la terre ne fut qu'une admirable et continuelle prière; vous qui, dans le ciel, comme vous nous l'apprenez à la Salette, vous êtes chargée de prier sans cesse pour nous; enseignez-nous à prier, à prier sans cesse, à prier en union avec vous; pourrions-nous ne pas unir notre voix suppliante à la voix de la céleste Mère qui se fait, dans l'éternelle gloire, notre avocate auprès de son divin Fils: Vous, notre avocate! l'Eglise nous le disait, et nous le croyions, et nous étions touchés ; mais voilà que vous êtes venue nous l'apprendre vous-même sur la sainte Montagne. Oh! bonne Mère, nous en sommes tout émus, tout attendris de reconnaissance: et unis à vous, nous voulons prier, prier sans cesse, prier pour nous, pour nos familles, pour l'Eglise, pour la France et pour les pauvres pécheurs. Ainsi soit-il.

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12 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Treizième jour

La Sainte Vierge pleurant à la Salette

 

Les larmes, de quelque paupière qu'elles se répandent, ont le don merveilleux de nous toucher: c'est que les larmes sont te cri d'un être malheureux, le sanglot d'un cœur qui souffre ; et la souffrance et le malheur ont, dans notre nature, des intelligences de sympathie secrète, qui nous attendrissent toujours! Mais, si c'est une mère qui pleure, les larmes prennent alors une majesté qui étonne, une puissance qui terrasse; les mauvais eux-mêmes n'y savent pas résister; c'est que, par les yeux d'une mère s'échappe tout l'amour de son cœur, et une expression de mystérieuse souffrance qui renouvelle toutes les douleurs de son enfantement ! Et lorsque cette mère est la Mère de Dieu, la parole s'arrête, l'esprit s'étonne, et l'âme demeure confondue, demandant aux sens s'ils n'abusent pas son regard! Tel est cependant le touchant spectacle que déroule à nos yeux, sur la montagne de la Salette, la méditation de ce jour: C'est Marie, pleurant sur un rocher! « Elle a pleuré tout le temps qu'Elle nous a parlé, a disent les bergers de l'apparition; nous avons bien vu couler ses larmes... Mais elles ne tombaient pas à terre, elles se fondaient dans les airs, en un nuage de vapeur lumineuse!... » Humbles enfants de la Salette, le récit de ce que vous avez vu, vous a coûté plus d'une affirmation importune, et pas toujours acceptée! Mais nous croyons sans peine ce que vous nous dites des larmes de Marie. Les larmes de la Mère de Dieu tomber à terre?... Non, cela ne pouvait être!... La terre n'est pas assez pure pour recevoir ces perles du ciel, ces gouttes de divine rosée! Debout et invisibles à vos côtés, des anges venus tout exprès du ciel, les ont dû recueillir dans une coupe d'or; et, tout tremblants de respect, porter à Jésus les larmes de sa Mère!... Convenons toutefois que c'est un étrange spectacle que la Sainte Vierge en pleurs! Quelles peuvent donc et: e les larmes d'une Mère de Dieu? Nous en croyons trouver une explication convenable et digne, dans ces paroles de saint Augustin: Les larmes sont le sang de l'âme ! Oui, ces paroles nous plaisent; elles représentent Marie ne versant pas des larmes matérielles, à la manière des simples créatures; elles indiquent de plus la source haute et noble de ces larmes, nous montrant encore ouverte la blessure mystérieuse faite à l'âme de Marie, par le glaive du vieillard Syméon; surtout, ces paroles transfigurent la montagne de la Salette en un second Calvaire, sur lequel la Sainte Vierge apporte comme un sang nouveau, dans une grande scène renouvelée de la Rédemption, le tribut réparateur de ses larmes!... Et enfin, que certains esprits incrédules, superficiels ou délicats, ne prennent ni étonnement, ni scandale, de voir pleurer la Mère de Dieu! Jésus a pleuré lui-même sur Jérusalem infidèle, et auprès du tombeau de Lazare; que de villes coupables découvre Marie, du haut du ciel, en ce terrestre empire! Que de cœurs, tombeaux fermés à Dieu, où dorment de nombreux Lazare, ne voulant point être amis de son Fils Jésus!... Pour nous, âmes pieuses, nous avons des larmes de notre Mère, de tout autres sentiments: une des plus douces figures de Marie dans nos saints livres, c'est la Toison du désert, trouvée le matin toute humide d'une rosée mystérieuse. Nous tenons les pleurs de Notre Dame de la Salette, pour une rosée divine, qui, tombée du ciel sur les montagnes de cette vallée de larmes, où soufflent tous les vents desséchés de l'exil, vient apporter à nos âmes la fraîcheur bienfaisante de sa vertu céleste.

 

Réflexions

 

Nous pleurons tous en ce monde; qui n'a pas pleuré! depuis les larmes du berceau, jusqu'aux pleurs de la vieillesse, la source amère ne tarit point. En descendant sur le sommet de sa montagne de prédilection, Marie savait qu'elle Tenait sur la terre où coulent les larmes; aussi, Elle a laissé toutes ses joies au ciel; Elle n'a apporté que ses pleurs et sa sympathie pour nos maux : son visage est abîmé dans la plus profonde tristesse; c'est la connaissance des chagrins de ses enfants qui en est cause, et son plus affectueux désir est de les soulager. Vous donc qui portez dans votre cœur la couronne d'épines du malheur; vous dont la vie est une ronce déchirante, et ne comptez vos jours que par les afflictions, les regrets, les peines et les douleurs, venez aujourd'hui à la Salette; groupez-vous autour de Celle qui compte dans ses beaux titres, celui de Consolatrice des affligés; répandez à ses pieds l'amertume de vos cœurs; montrez vos épines, étalez à ses yeux les plaies qu'elles vous ont faites: priez-la d'émousser ces pointes aiguës de votre vie, de guérir vos maux, de soulager vos douleurs. Elle aussi, dans cette vallée de larmes, a porté cette couronne de ronces et d'épines, avant de ceindre le diadème de la félicité suprême: Elle a senti son cœur transpercé des sept inénarrables douleurs, quand Elle gravit le sentier du Calvaire, à la trace sanglante des pas de son Fils; quand Elle vit son cœur divin ouvert par le fer d'une lance, Elle a connu toutes les afflictions, toutes les douleurs; Elle compatira aux vôtres. Son bonheur est d'être la cause de notre joie; Elle détachera de sa guirlande une rose, Elle en secouera le parfum sur vos plaies, et ces plaies seront guéries. Elle n'attend, cette divine Consolatrice, que votre prière fervente, pour vous exaucer: venez donc aux pieds de son sanctuaire, toutes vos larmes seront séchées par ses larmes, et votre joie sera d'autant plus complète, que votre confiance aura été plus entière, et votre foi plus semblable à la foi de la Cananéenne.

 

Pratique : Se représenter que Marie, versant des larmes à la Salette, pensait à nous. Notre souvenir a-t-il pu la consoler? Aujourd'hui encore, son regard s'abaisse sur nous; Elle nous suit... Où nous voit-elle? et dans quelles voies?... Réciter en esprit d'expiation et de réparation, le Stabat Mater.

 

Guérison miraculeuse obtenue par l'intercession de Notre-Dame de la Salette

 

Nous empruntons au Révérend Père Eymard, fondateur et supérieur des prêtres du Saint-Sacrement, le récit suivant : « Il y a quelques années à peine, qu'une personne de grande piété, résidant à Paris, était tombée malade. Au début, son état n'offrait rien d'alarmant, mais en peu de temps, la maladie avait pris un caractère des plus sérieux, qui inquiétait vivement les personnes qui l'entouraient et lui prodiguaient à l'envi les soins les plus affectueux. Comme le mal s'aggravait de jour en jour, on crut qu'il était de toute prudence de prévenir son confesseur, religieux du Saint Sacrement qui, absent de sa communauté, ne put se rendre qu'un peu tard auprès de la malade. Le Révérend Père supérieur, par la crainte d'un danger pressant, voyant qu'il tardait à venir, lit ses préparatifs et se hâta lui-même d'aller la visiter. Elle parut sensiblement touchée de la bienveillance qu'il lui témoignait, et les paroles d'édification du saint religieux semblèrent ranimer sa foi et son courage. Peu après, s'entretenant avec les personnes qui étaient là, tout à coup un grand changement se manifeste dans la situation de la malade qui tombe subitement en défaillance; elle n'entend plus, ses membres sont sans mouvement, ses yeux s'éteignent; la sueur froide et glacée de la mort baigne son visage, et le râle de l'agonie semble annoncer sa fin prochaine. On lui administre aussitôt le sacrement de l'Extrême Onction. Une de ses amies qui était présente, toute en larmes, se précipite vers le lit de la mourante par un mouvement spontané en s'écriant: « O Notre Dame de la Salette, sauvez-la! » Profondément ému lui-même, le Père se met à genoux et récite à haute voix les prières des morts, qu'il peut à peine terminer. Puis, saisi de plus en plus par un sentiment indéfinissable d'émotion qu'il partage avec les assistants avec une sainte familiarité, il se plaint fortement à Notre Dame de la Salette: « O bonne Mère! est-ce possible que vous l'ayez laissée mourir ainsi, après vous avoir invoquée avec tant de confiance? » Quelques minutes se passent à peine, quand celle que l'on avait crue morte, se lève sur son séant, et regarde d'un air tout étonné: « Qu'y a-t-il donc? Que s'est-il passé? Vous avez l'air tout triste ». A cette parole inattendue, surpris, personne ne peut répondre; on se regarde avec étonnement. « Nous vous avons crue morte, lui dit le Père, dès qu'il fut revenu à lui ». « Mais je n'ai point de mal, je vais bien ». Elle cause avec tout le monde. Le lendemain matin à six heures, la première personne qui se présenta au Révérend Père pour communier, fut la ressuscitée. Le respect pour l'auguste fonction qu'il exerçait dans ce moment relient l'élan de sa surprise, mais il se sent profondément touché de reconnaissance. Evidemment la guérison était complète. Après la sainte Messe, il la fit appeler au parloir, et voulut savoir comment s'était opérée cette guérison: « J'étais, me dit-elle, sur le point de passer de ce monde à l'autre; ma vie ne tenait plus qu'à un fil, il ne me restait plus qu'un souffle, lorsqu'il m'a semblé voir Notre Dame de la Salette, qui m'a dit: « Ma fille, je t'ai obtenu miséricorde »; et aussitôt j'ai vu, j'ai entendu et me suis trouvée guérie ». « Vous dites avoir vu Notre-Dame de la Salette, comment était-elle? » « Elle avait une couronne de rayons de lumière; sept épées étaient plongées dans son cœur, et sur sa poitrine était suspendue une croix avec un marteau d'un côté et des tenailles de l'autre ». « Et son vêtement? » « Il était d'une blancheur sans pareille ». « Et son visage? » « Oh! quelle bonté! mais une bonté qui m'attirait vers elle et qui m'ouvrait le cœur. Et puis, elle avait un air de dignité et de grandeur qui m'inspirait un respect profond mêlé d'amour ». La personne vit encore, elle a conservé pour Notre-Dame de la Salette la plus vive et la plus profonde reconnaissance ». (Annales de Notre Dame de la Salette).

 

Prière

 

O larmes de Notre Dame de la Salette, quel spectacle touchant, quelle vision arrière Tous nous êtes aujourd'hui! peut-on, sans douleur, voir des larmes aux yeux d'une mère?... Féconde rosée, Tous êtes tombée abondante sur la terre, voulant effacer la trace du mal et ranimer le bien!... Et cependant, ô larmes ineffables, Tous ne changez pas tous les cœurs!... N'importe, tombez encore, tombez toujours; les pleurs sont les armes de l'amour, et l'amour finit par plier les genoux! tombez donc sur l'âme qui vous cherche, vous ferez épanouir les fleurs de sa Terre; tombez sur le cœur qui vous blasphème, vous lui ferez couler des pleurs. Soyez un baume à nos souffrances, aux âmes un bain salutaire, où les prodigues viendront laver leurs baillons... Coulez surtout, larmes bénies, coulez en mes yeux, à l'heure dernière, vous mêlant à celles de la mort, et faites-moi de mon juge, un père qui me reçoive dans la patrie qui ne connaît ni larmes ni tristesses, mais joie éternelle et bonheur inaltérable. Ainsi soit-il.

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26 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Vingt-septième jour

Le blasphème du Saint Nom de Dieu

« Ceux qui mènent les chars ne savent plus jurer, sans mettre le Nom de mon Fils!... »

 

Un autre reproche que la Très Sainte Vierge nous a adressé dans son discours à la Salette, est relatif au blasphème du saint Nom de Dieu. Prenant un langage simple, pour être mieux comprise par les deux petits bergers, elle leur dit: « Ceux qui mènent les charrettes ne savent plus jurer sans mettre le Nom de mon Fils au milieu, ce sont là les deux choses [le blasphème et la profanation du Dimanche), qui appesantissent tant le bras de mon Fils!.. » 1° Quelles sont donc, et la nature du Nom de Dieu, et la malice du blasphème? Le Nom de Dieu est un nom grand, un nom saint, un nom redoutable: au ciel, le Nom de Dieu est l'objet incessant des cantiques des anges et des séraphins: dans l'enfer, il est le désespoir des réprouvés: sur la terre, il fait la consolation et l'espérance des justes; il est aussi l'épouvante et la terreur du pécheur: enfin, pour rendre à ce Nom adorable un culte perpétuel, l'Eglise le place incessamment sur les lèvres de ses enfants et de ses ministres, par ces paroles du saint roi David, devenues pour nous une formule de prières: « Que le saint Nom du Seigneur soit béni, maintenant, et dans tous les siècles des siècles ». Ajoutons avec Origène que le Nom de Dieu n'est pas moins cher à Dieu que son être propre; d'où il suit qu'autant il a d'intérêt à défendre sa gloire, autant doit-il en avoir pour faire respecter son saint Nom. Et si nous en cherchons la raison, Tertullien nous la donne en ces termes: « C'est que, dit-il, le Nom de Dieu comprend tout son être, toute sa nature, toutes ses perfections: dans le Nom de Dieu sont renfermées, la Justice par essence, la Sagesse incréée, la toute-puissance, la toute-science, la vérité, la miséricorde, la bonté!.. » blasphémer donc ce Nom ineffable, c'est attaquer Dieu à la fois dans toutes ses perfections, dans tout son être ; c'est enfin, suivant la parole de nos saints livres, lever une main sacrilège contre son Seigneur et son Maître, déclarer la guerre au Tout-Puissant, et l'anéantir, autant qu'il est en nous de le faire. (Enseignements de la Reine du ciel.) 2° Le saint Nom de Dieu est blasphémé par la généralité des hommes. Remarquons bien que le blasphème ne consiste pas seulement dans ces imprécations auxquelles on mêle le Nom de Dieu: à cette prévarication appartiennent encore les attaques contre les mystères de la religion, les sarcasmes, les plaisanteries graves, les facéties sacrilèges dirigées contre lès sacrements, les cérémonies, les ministres de l'Eglise; en un mot, blasphémer, c'est parler d'une manière injurieuse, non-seulement de Dieu, mais encore des choses qui lui sont dévouées: or, cette iniquité est devenue de nos jours presque générale; la voix des blasphémateurs couvre celle des adorateurs; et il ne monte presque plus de la terre que des clameurs impies: ouvrons la plupart des livres qui se publient, lisez les journaux les plus répandus; vous n'entendez que négation des dogmes chrétiens, que mépris de nos croyances, qu'attaques contre la divinité de Jésus-Christ, l'Eglise ou ses ministres. La société moderne se trouve donc, il faut bien le reconnaître avec douleur, comme inondée de blasphèmes contre Dieu: on dirait que le démon met tout en œuvre pour entraîner le peuple chrétien à répéter le cri sacrilège des juifs, au moment où Pilate leur montra le Christ: « Tolle, tolle; qu'il disparaisse, qu'il meure, ce Dieu qui nous importune, nous, nos intérêts, nos opinions et nos plaisirs: nous ne voulons plus qu'il règne sur nous!.. » Notre Dame de la Salette avait donc grandement raison de se plaindre sur la montagne des blasphèmes si multiplié; dans le monde, et qui, comme une lèpre honteuse, défigurent tout le corps social; voilà bien ce qui rend le bras de Dieu si pesant, que la Vierge, toute puissante par ses prières, ne peut plus le retenir. Pleurons, gémissons avec Elle sur un désordre devenu si général, conjurons-la d'écarter par son intercession les malheurs et les fléaux dont nous menace un Dieu justement irrité de tant de crimes; ou si sa justice frappe le blasphémateur impénitent, ne nous étonnons pas de ses rigueurs, car Dieu ne peut avoir, après tout, une majesté vaine, méprisée et impuissante.

 

Réflexions

 

1° Ingratitude du blasphémateur. Nous lisons au chapitre 10 de l'Evangile selon saint Jean, qu'un jour des Juifs méchants et endurcis prirent des pierres pour lapider Notre Seigneur. Ce divin Maître leur dit: « Je vous ai instruits de la doctrine du salut, j'ai guéri vos malades, j'ai délivré vos possédés, j'ai multiplié les miracles au milieu de vous: pour laquelle de ces bonnes œuvres voulez-vous me lapider?.. » Empruntant ce langage de Jésus Christ, n'aurions-nous pas le droit de dire aux malheureux blasphémateurs: « Enfants ingrats et dénaturés, pourquoi maudissez-vous le Nom de votre Dieu? est-ce parce qu'il vous a créés? est-ce parce qu'il vous a élevés au-dessus de tous les êtres de la création, et qu'il vous a placés ici comme le roi de l'univers? maudissez-vous son Nom, parce qu'il vous donne la pluie, la chaleur, la rosée qui font germer, croître et mûrir la moisson? maudissez-vous son Nom, parce qu'il vous a rachetés sur la croix, et établis les héritiers de sa gloire? est-ce parce que dans la sainte communion, il vous a nourris de sa chair et de son sang adorables? est-ce parce que dans le ciel, il vous a préparé une couronne éclatante, un trône glorieux, un bonheur immense et éternel? Répondez, malheureux blasphémateurs, répondez à cette voix de votre Dieu! pour lequel est-ce de tous ces bienfaits innombrables que vous maudissez son saint Nom? » « O insensés, s'écrie saint Jean Chrysostome, votre bouche ingrate blasphème celui qui veille sur vous? devez-vous donc être le seul, ô notre Dieu, vous, notre premier et meilleur ami, pour qui l'amour et les bienfaits multipliés ne recueilleront de notre part qu'indifférence, mépris, insultes et malédictions!.. » 2° Zèle des enfants de Notre Dame de la Salette à réparer le blasphème et à louer le saint Nom de Dieu: Les blasphémateurs sont les échos volontaires de l'enfer, et ils ont perdu la foi, les enfants ingrats qui traitent de la sorte leur divin Père; et ce qui ajoute à la tristesse des âmes chrétiennes, c'est qu'après les reproches amers de la Sainte Vierge sur la montagne, il reste encore dans notre malheureuse patrie tant de blasphémateurs! Pour nous, enfants privilégiés de la Salette, devenons aujourd'hui ses apôtres: montrons par notre zèle contre le blasphème, par notre respect profond de ce Nom sacré, qu'à nos yeux, ce Nom rappelle tout ce qui peut exciter l'amour le plus tendre; montrons un cœur ému, devant des blasphèmes proférés en notre présence; demandons pardon pour nos frères coupables, et écrions-nous aussitôt en réparation: « Mon Dieu, mon Dieu... »

 

Pratique : Mettons tout en œuvre autour de nous, conseils, bonté, prières, pour prévenir où diminuer le blasphème auprès de nos parents, amis ou serviteurs. Ne mêlons jamais nous-mêmes ce nom trois fois saint à nos discours, inutilement et sans piété...

 

Guérison obtenue par l'intercession de Notre Dame de la Salette, en faveur d'un brigadier eu garnison à Metz

 

Jean Lacoume, brigadier et cantinier en garnison à Metz, était malade depuis dix mois, d'une fièvre qui lui arrivait régulièrement tous les trois jours, et qu'aucun des remèdes usités en pareil cas n'avaient jamais réussi ni à diminuer, ni à couper; au contraire, sous leur action, le mal augmentait, et le pauvre militaire languissait, miné par la maladie; tout le côté gauche du corps était horriblement douloureux au moindre mouvement; de ce même côté, une grosseur et une plaie étaient apparues sur la poitrine. Dernièrement, se trouvant chez un honorable commerçant de la ville, celui-ci fut touché de sa triste situation, et lui dit: « Mon ami, croyez-vous en Dieu? et savez-vous que la Sainte Vierge est toute-puissante auprès de son divin Fils! » « J'ai la foi, affirme le brave brigadier ». « Eh bien alors, faites un pèlerinage au sanctuaire du hameau de Villers-l'Orme; depuis déjà deux ans, les pieux malades y vont en foule implorer Notre-Dame de la Salette... allez-y aussi, vous guérirez ». Le bon militaire accepte avec joie ce conseil, il fait vœu de se traîner pendant neuf jours à cette chapelle; et vendredi, 8 juin 1860, il se met en route: sa faiblesse est effrayante, un camarade le soutient; sa poitrine est haletante. Arrivé à Saint Julien, ses douleurs sont si vives qu'il croit y succomber; mais sa confiance en Marie le ranime, et à force de luttes, de temps et de courage, le pèlerin arrive aux pieds de la statue bénie de Notre Dame de la Salette. Il y prie avec ferveur, implore sa guérison, et revient à Metz avec les mêmes souffrances; le lendemain, il recommence; c'était le jour où devait se faire sentir cette fièvre si rebelle depuis dix mois et quelques jours; mais, ô bonheur! malgré les nouvelles fatigues et les nouvelles tortures éprouvées pendant le second et pénible voyage, l'accès ne se produit pas, et depuis ce jour mémorable la fièvre disparut sans retour. Il lui est resté pendant les neufs jours de ses pèlerinages, faits par la pluie et la tempête, toutes ses souffrances du côté malade, ses insomnies, ses maux extérieurs de la poitrine; mais à la neuvième station, il en était parfaitement guéri et n'avait plus aucune trace de mal ni de faiblesse. Il faisait deux lieues pour se rendre au sanctuaire en une heure moins dix minutes, et en revenait avec la même promptitude. Le dimanche 17 juin, voulant rendre un hommage public à la Sainte Vierge, il est allé de nouveau au sanctuaire, et y a suspendu, en présence des habitants émus et joyeux, un bel ex voto signé de sa main. Puissent tous les infirmes de corps et d'âme avoir Une pareille confiance en la Vierge de la Salette, l'auguste Reine des cieux, et connaître le chemin de son sanctuaire qu'elle bénit chaque jour par de nombreux bienfaits. (Journal de Muret).

 

Prière

 

O bonne Vierge de la Salette, que votre apparition miraculeuse deviendrait pour nous une grâce précieuse, si elle nous laissait profondément gravés dans le cœur, un respect profond et un amour ardent pour le Nom de Dieu, et le Nom de votre divin Fils! que nous serions heureux, si l'horreur du blasphème nous inspirait pour Jésus, cette dévotion vive et tendre qui s'attache à son doux souvenir, comme à la beauté parfaite, au bien suprême! Et pourquoi n'en serait-il pas ainsi, ô Mère si affectueuse et si bonne, quand vos enfants vous le demandent de tout cœur, par votre protection maternelle, et par les entrailles de la charité de Jésus-Christ? Ah! laissez-nous donc emporter d'ici la douce confiance que vous exaucerez ce pieux désir, pour la plus grande gloire de notre Dieu, et celle de notre céleste Mère. Ainsi soit-il.

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22 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Vingt-troisième jour

La profanation du dimanche

« Je vous ai donné six jours pour travailler; je me suis réservé le septième ; on ne veut pas me l'accorder! »

 

Dans son discours sur la montagne, la Sainte Vierge assigne pour première cause, à la justice irritée de son Fils, la profanation du dimanche; on n'en est point surpris, cette profanation étant la violation de la loi de Dieu, dans un point fondamental, qui a reçu la consécration de sa parole et de son exemple. Après avoir formé le monde en six jours, le Créateur bénit et sanctifia le septième; il cessa toute œuvre, et rentra dans son repos éternel. Pour conserver le souvenir de ce jour à jamais mémorable, Il voulut que ce même jour fût sanctifié par les créatures raisonnables qui habiteraient la terre: « Souvenez-vous, a-t-il dit, de sanctifier le jour du repos; vous travaillerez durant six jours... mais le septième est le jour du repos consacré au Seigneur votre Dieu... » La profanation du Dimanche est, pour ainsi parler, la violation de la religion tout entière: deux cultes constituent la religion; le culte intérieur, qui en est l'essence et le fondement, et le culte extérieur, qui soutient et nourrit le premier: négliger le culte extérieur, ou, ce qui est la même chose, ne pas sanctifier le Dimanche, c'est négliger le culte intérieur qui s'y rattache nécessairement; c'est négliger par conséquent la religion tout entière. Et c'est là qu'en arrivent bientôt ceux qui ne sanctifient pas le jour du Seigneur; leur âme devient tous les jours vide et froide comme leurs œuvres; d'une part on oublie les vérités éternelles, la prière, les sacrements, c'est-à-dire toutes les règles du devoir; d'autre part, les mauvais penchants se développent, parce qu'ils manquent de loi et de frein; alors les passions se déchaînent, les scandales abondent, les crimes se multiplient; et les iniquités des hommes arrivant à leur comble, appellent sur la terre la malédiction divine. C'est parce que, depuis un certain nombre d'années, la loi du Dimanche est presque généralement méconnue, oubliée parmi nous, que nous avons vu tour à tour, la peste avec ses horreurs, la famine et ses tortures, les inondations avec leurs désastres, la guerre et ses calamités, les révolutions et leurs ravages; avec un peu de foi, il est impossible de ne pas voir que la main de Dieu nous a châtiés, qu'elle nous châtie encore; et ces châtiments, comme l'a annoncé la Reine du Ciel à la Salette, continueront à fondre sur nous plus nombreux et plus terribles, si l'on ne revient pas à la sanctification du jour du Seigneur! Dieu pourra différer encore la vengeance; c'est pour donner lieu au repentir: mais quand l'iniquité persévère, la colère divine finit par éclater; et si l'on pouvait découvrir la source de ces fléaux qui ravagent les campagnes, on reconnaîtrait qu'ils découlent pour la plupart de la violation du Dimanche; que ceux qui s'en rendent coupables, perdent souvent en quelques heures le fruit de plusieurs années passées dans la profanation de ce saint jour. Les prétendus sages de la science attribuent ces fléaux et ces malheurs à des causes naturelles; mais, ces causes, qui les détermine, qui les fait mouvoir, si ce n'est Celui seul qui a créé et gouverne l'univers? Ne pas le reconnaître, c'est obstinément s'aveugler soi-même, et irriter de plus en plus la justice céleste. Descendue donc du ciel pour nous inviter à la pénitence, notre miséricordieuse Mère commence par nous signaler à la Salette celle de nos transgressions qui irrite le plus son Fils: Elle s'en plaint amèrement au monde, en ces termes: « Je vous ai donné, dit-Elle aux bergers, six jours pour travailler; je me suis réservé le septième; et l'on ne veut pas me l'accorder! » On vient de le voir, ces paroles nous révèlent un désordre bien universel, une plaie bien profonde et bien funeste: c'est à nous, enfants de la Salette, qu'il appartient d'étudier la profondeur du mal, et d'appeler par des vœux ardents, la conversion de ceux que le céleste message de la Mère de Dieu n'a pu encore ni toucher ni guérir.

 

Réflexions

 

Les Dimanches et les fêtes, réservés à Dieu, sont profanés de trois manières différentes: 1° Parce qu'au lien d'être des jours saints, ils sont des jours spécialement donnés au péché; 2° Parce qu'ils sont, pour un grand nombre, des jours d'affaires, de négoce ou de travail; 3° Parce qu'ils ne sont pas suffisamment consacrés à l'assistance à la messe, et aux œuvres de religion. Méditons successivement chacune de ces transgressions pour bien entendre et pousser les reproches de Notre Dame de la Salette, sur la montagne.

 

Première profanation. 1° Les Dimanches et les fêtes sont profanés, parce qu'au lieu d'être, des jours saints, ils sont des jours spécialement donnés donnés au péché: L'homme délivré, à des jours déterminés, de la préoccupation des affaires et des fatigues de ses travaux, doit s'attacher, dit le catéchisme Romain, à adorer Dieu d'esprit et de cœur, et à lui témoigner sa reconnaissance, sa soumission et son amour: et si c'est là pour nous une obligation, qui ne comprend que nous devons éviter avec un grand soin le péché mortel, qui nous fait perdre l'amitié de Dieu ? D'ailleurs, si Dieu a voulu, dans sa bonté, nous interdire les œuvres serviles, ces mêmes jours, non qu'elles sont mauvaises en elles-mêmes, mais qu'elles nous empêcheraient de nous appliquer convenablement au culte de Dieu; combien plus il doit nous défendre de nous abandonner en ces jours au péché mortel, par lequel nous brisons tous les liens qui nous unissent à Dieu, et nous nous rangeons sous l'étendard de ses ennemis ». Or, comment la plupart des bonnes peuvent-ils appeler, de nos jours, les Dimanches et les fêtes? jours de désordres, d'habitudes mauvaises, de chutes, de transgressions; jours du démon, puisqu'en nous abandonnant au péché mortel, c'est lui que nous serons. 2° Au témoignage de saint Jean Chrysostôme le péché mortel commis le Dimanche et les fêtes, sans avoir une malice spéciale, fait à Dieu une injure particulière, à raison de la sainteté de ces jours. « En effet, dit saint Jean Chrysostôme, les péchés graves que nous commettons le Dimanche, sont comme une barrière que nous opposons aux dons célestes que Dieu avait dessein de répandre sur nous; nous arrêtons ainsi, par notre propre malice, l'effusion de ses miséricordes. Ah! si nous pouvions connaître, dit-il, la bonté et la libéralité de Dieu. Il étend continuellement les bras, pour recevoir ses enfants prodigues qui veulent revenir à Lui. Il a toujours les mains pleines de fleurs, c'est-à-dire pleines de grâces pour venir au secours de ceux qu'il chérit: et si telle est la conduite qu'il tient en tout temps, ne la tiendra-t-il pas, à plus forte raison, les Dimanches et les jours de fêtes ? » Mais comment pouvons-nous espérer continue ce grand Docteur, ces faveurs de la miséricorde de Dieu, si dans ces jours saints, au lieu de payer au Seigneur notre dette de gratitude et d'amour, nous secouons le joug tout aimable de sa loi, et si nous ajoutons de nouveaux anneaux à la chaîne déjà si longue de nos péchés et de nos ingratitudes? Comprenons donc bien ce que nous devons à Dieu, ce que nous nous devons à nous-mêmes, pour ne pas commettre, le Dimanche et les jours de fête, des fautes graves et mortelles. Mais est-ce bien là, âmes pieuses, la conduite ordinaire et commune des chrétiens? Que voyons-nous, le Dimanche, dans nos cités, sinon plaisirs, faste, pompes mondaines? et il n'est pas besoin d'aller dans les grandes villes; dans nos campagnes, et jusque dans les petites bourgades, ne suffit-il pas le dimanche de jeter un regard autour de soi pour demeurer convaincus que la grande affaire n'est pas la prière et le service de Dieu, mais bien la vanité, les cherches dangereuses; que ce jour sacré, en un mot, est bien moins à Dieu qu'au péché.

 

Pratique: Eviter avec plus de soin, le Dimanche et les fêtes, les fautes graves; vaquer soi-même aux exercices et œuvres de la piété. Mère ou maîtresse de maison, éloigner ses enfants ou ses serviteurs de toutes occasions porteuses de pêché, et leur faciliter la prière et le service de Dieu.

 

Guérison miraculeuse, vœu, deux conversions obtenues par l'intercession de Notre Dame de la Salette

 

Vers la fin du mois de mars de l'année qui vient de s'écouler (1866), dans une modeste chambre, au deuxième étage, dans une ville du Midi, se passait une scène des plus touchantes. Un jeune enfant âgé de neuf ans, fils unique, gisait sur un lit de douleur, en proie a une longue et douloureuse agonie. Il était onze heures du soir. A son chevet, le père et la mère contemplaient, les yeux baignés de larmes, le spectacle déchirant d'un fils qui allait être pour jamais ravi à leur affection. Une fluxion de poitrine déclarée mortelle presque à son début, eût bientôt dégénéré en une phtysie pulmonaire, parvenue rapidement à sa dernière période. Tous les moyens indiqués par la science avaient été employés; aucun n'avait réussi a améliorer la situation du petit malade, dont les souffrances aiguës excitaient la commisération de ceux qui entouraient. On prépara cette jeune âme a recevoir les derniers sacrements, et on jugea même à propos de lui faire faire la première communion ce qu'il fit avec une piété toute angélique. Su se plut dans cette âme tendre et délicate, et voulut en faire l'instrument qu'il fit servir à ses desseins pour ramener dans la voie du bien deux âmes qui s'en étaient écartées. La mésintelligence à la suite de quelques affaires domestiques et personnelles avait séparé déjà depuis longtemps l'époux et l'épouse et les membres des deux familles, que cette circonstance seule avait réunis ce jour-là. Arrive un jour de détresse et de deuil, où le cœur-trop longtemps comprimé s'effraie de sa solitude; il a besoin de partager avec un autre lui-même le trop plein de la douleur qui l'oppresse. En présence de la mort, image triste, frappante, mais pourtant bien salutaire; sur le point de voir se rompre les liens d'une existence qui nous est chère, et qui semble seule nous attacher à la vie; les divisions cessent, les passions se calment, les haines trop longtemps nourries s'apaisent; on oublie, on pardonne, on sent le besoin d'être miséricordieux parce qu'on a besoin soi-même d'obtenir miséricorde. Du reste, comment auraient-ils pu être heureux, les infortunés? leur union n'avait pas été bénie et consacrée par l'Eglise. Notre petit moribond, dans les desseins de Dieu avait été choisi pour être l'instrument d'une conversion. Le médecin qui, pendant sa longue maladie, lui avait donné des soins aussi actifs qu'intelligents, avait déclaré dans sa dernière visite, il y avait peu d'heures, que désormais tout espoir était perdu, et que probablement le lendemain l'enfant aurait cessé de vivre. Un second médecin est aussitôt appelé, mais en vain; il confirme ce que son prédécesseur avait dit: « Madame, ajouta-t-il, il n'est plus temps, c'est auprès d'un cadavre que je me vois en ce moment; résignez-vous, Dieu vous en demande le sacrifice ». Cependant, au milieu de cette situation désespérante, il se fait comme un trait de lumière; les deux infortunés se communiquent mutuellement leurs intentions. Emus, fondant en larmes, ils tombent à genoux élevant leurs regards suppliants vers le ciel. Il n'en faut pas davantage, Dieu a tout compris; il ne veut pas frapper le pécheur qui revient à lui dans toute la sincérité de son cœur. C'est l'âme qui lui a tant coûté, qu'il a rachetée au prix de son sang; c'est sur cette âme privilégiée de son amour, qu'il a hâte de déverser tous les trésors de sa tendresse. Ce sera par Marie, par celle qui est appelée à juste titre Réconciliatrice des pécheurs, que le prodige s'accomplira. Ayant entendu parler des grâces nombreuses obtenues par l'intercession de Notre-Dame de la Salette, ils commencent dans ce moment même une neuvaine en son honneur; le père s'engage à aller chaque jour faire une visite à son sanctuaire, tandis que la mère, veillant au chevet de son enfant, s'unirait à lui en récitant les mêmes prières. Ils font vœu à la Sainte Vierge que si l'enfant leur était rendu, aussitôt ils feraient bénir leur union et se montreraient exacts observateurs des devoirs religieux qu'ils avaient négligés jusqu'à ce jour. A peine la promesse est-elle faite, que l'enfant s'endort du sommeil le plus paisible, la nuit se passe meilleure que de coutume; le lendemain une amélioration sensible se manifeste, et ainsi progressivement, chaque jour; le mieux s'accroît jusqu'au neuvième jour, où la guérison est complète. Il alla aussitôt témoigner sa reconnaissance à la bonne Mère, accompagné de ses parents qui remplirent leur promesse. Le dimanche suivant, tous trois agenouillés à la table sainte, édifiaient les assistants qui avaient eu déjà connaissance de ce fait. Gloire et amour à Notre-Dame de la Salette! (Sanctuaire de Nîmes).

 

Prière

 

Nous le reconnaissons aujourd'hui, ô Vierge de la Salette; un douloureux spectacle s'offre à tous les yeux, dans cette France dont vous êtes la patronne. Le jour du Seigneur ne diffère trop souvent des autres que par des amusements profanes: O Mère, ne vous joignez pas à votre Fils, pour nous châtier et nous punir: laissez-vous loucher par nos regrets et nos résolutions, et détournez encore le courroux du Seigneur; touchés alors de tant de compassion, nous redeviendrons chrétiens; nous ferons retentir nos églises des louanges de Dieu; nous y joindrons les vôtres, et notre cœur Vous proclamera notre libératrice; et après avoir accompli avec bonheur un devoir sacré sur la terre, nous verrons naître ce dimanche éternel, où, dans le sein de Dieu, nous chanterons, avec les anges et les saints, les grandes miséricordes du Seigneur, et votre secours maternel qui nous aura sauvés. Ainsi soit-il.

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21 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Vingt-deuxième jour

La Sainte Vierge à la Salette, martyre de ses souffrances

« Depuis le temps que je souffre pour vous! »

 

Nous avons apprécié le discours de la Sainte Vierge, dans son ensemble, par les considérations générales qui précèdent; il faut maintenant méditer, une à une, les phrases qui le composent ; elles sont pleines d'enseignements salutaires et pratiques. Après la prédiction des fléaux, les premières paroles de Marie sur la montagne sont les suivantes: Depuis le temps que je souffre pour vous! Ce premier cri de l'âme de Marie exprime à la fois, une douleur arrière, et un doux reproche: « Depuis le temps que je souffre!... » Comme on sent palpiter sous ces mots un cœur gros de soupirs et de souffrances! La phrase est en quelque sorte incomplète, comme la douleur qu'elle cache est inexprimable; elle est brève, contenue, comme la parole qui, bien méditée, veut noblement exprimer une grande pensée: c'est en un mot l'accent plaintif d'un cœur souffrant et trop longtemps contenu, qui veut d'un seul cri laisser échapper tous les gémissements et toute l'amertume d'une grande douleur; depuis le temps que je souffre!... Ces paroles expriment aussi un doux reproche: Marie semble nous dire: « Mes enfants, je sais souffrir! cette science, mon cœur l'a chèrement acquise au Calvaire, au pied de la croix de mon Fils!... Mais, voilà bientôt 2 000 ans que je souffre pour vous!... et le monde n'y songe pas... il a même l'air de ne pas s'en douter!... et une longue souffrance, méconnue ou méprisée est bien douloureuse!... Ne viendront-ils donc jamais les jours où mes amertumes seront comprises?... Ah! mes enfants, je veux bien souffrir encore pour vous; une Mère ne se lasse pas de souffrir : mais, n'abusez pas de mon cœur; n'épuisez pas sa bonté maternelle; je le vois, je le sens, ce cœur n'y pourra plus tenir, s'il n'est aidé désormais de la commisération des hommes, par la conversion de leurs âmes!... Est-ce trop vous demander, depuis le temps que je souffre pour vous?... » Et ne pensons pas que cette douleur de Notre Dame de la Salette soit une douleur médiocre; elle est, au contraire, immense, et touche à la magnanimité du martyre!... Deux conditions en effet peuvent adoucir la souffrance; la durée, si elle est courte; le motif, s'il doit en résulter un bien, une consolation : or, tous ces adoucissements de la douleur sont ici refusés à la Sainte Vierge; pas de condition de courte durée; entendez-la sur la montagne: « Je souffre, dit-elle, depuis si longtemps... Pas de soulagement venu du motif »; Elle souffre inutilement... Marie avait au Calvaire, pour supporter le poids de ses douleurs, l'espérance du salut des hommes; aujourd'hui, cette espérance Consolatrice est déçue; les hommes s'égarent, se perdent, n'observant ni les lois de Dieu, ni celles de l'Eglise; aujourd'hui, après deux mille ans de maternelle patience, l'attente est vaine, et la Vierge de la Salette est réduite à jeter, aux échos des Alpes, ce cri prophétique de l'amour trompé de Jésus Christ, aux échos du Calvaire: « A quoi donc a servi toute l'effusion du sang de mon Fils!... » Or, cette douleur de l'âme trompée en si hautes espérances, est un vrai martyre: il y a le martyre matériel, qui tue le corps; il y en a un autre non moins réel, mais plus beau, plus noble, plus élevé, c'est le martyre moral qui épuise, et inutilement, la vie du cœur, l'amour!...

 

Réflexions

 

Le fruit pratique de la lecture de ce jour se tire de la réponse à cette question: Pour qui souffre la Sainte Vierge à la Salette? Marie, la grande affligée de la Salette, répond elle-même pour vous: Depuis le temps que je souffre pour vous! Or, ces mots : pour vous, ont un sens général et un sens personnel: 1° Au sens général, ces mots: pour vous, signifient pour l'humanité tout entière; oui, ici encore la montagne de la Salette se dresse à côté du Calvaire, et en renouvelle les grandes scènes: au Calvaire, l'apôtre Jean était debout au pied de la Croix, et en sa seule personne, disent les Pères, était représentée l'humanité elle même; un spectacle analogue se déroule à nos yeux au sommet des Alpes: Marie daigne se montrer à la terre, deux enfants seulement sont admis à la contempler; mais ces deux pauvres pâtres représentent tous les hommes; et c'est à l'humanité tout entière, en leur humble personne, que s'adresse le discours de la Sainte Vierge. Et alors, Marie souffre sur la montagne, pour les familles, pour les villes et les bourgades, pour les royaumes et les empires, pour tous les peuples, pour toutes les nations. L'apparition de la Salette a donc un caractère d'universalité qui embrasse la création elle-même; elle demande donc, de tous les hommes, une réparation publique, universelle, pour la grande douleur qu'elle révèle; douleur non pas seulement ici vaste comme la mer, selon le mot du Prophète, mais immense, étendue comme le monde, cause première et générale, par ses iniquités, des longues souffrances de Notre Dame de la Salette. 2° Au sens particulier, ces paroles: « Je souffre pour vous! » s'appliquent à nous personnellement; à nous, riches ou pauvres, jeunes ou vieux; à nous, personnes du monde, religieuses, prêtres... Or, quelle émotion profonde, quelle impression de regret et de douleur éveille dans notre âme la méditation de ces simples mots: Marie, ma Mère, souffre pour moi! En voyant, en effet, Jésus sur la croix, je m'humilie et je me dis à moi-même: Suis-je innocent de cette mort?... A la montagne de la Salette, sur le nouveau Calvaire, qui de nous osera dire: « O Marie, ô ma Mère, je suis innocent.. ce n'est pas moi qui vous fais souffrir!... »

 

Pratique : Nous corriger de nos propres péchés, qui ajoutent aux souffrances de la Sainte Vierge; compatir, d'esprit et de cœur, à ces mêmes souffrances ; réciter aujourd'hui en réparation la belle prière, Stabat Mater...

 

Guérison miraculeuse et établissement de la dévotion à Notre Dame de la Salette, à Gargas (Haute-Garonne)

 

« Monsieur le curé de Villenouville nous donne les détails suivants : J'ai été naguère l'heureux témoin, dit-il, d'une cérémonie bien attendrissante; je ne puis résister au besoin d'en promulguer les détails intéressants. La confrérie de Notre-Dame de la Salette, établie déjà depuis plusieurs années dans l'église de Saint Exupère, à Toulouse, où elle produit tant de fruits de sanctification, a été érigée canoniquement dans une modeste église de la campagne, le premier dimanche de septembre. C'était en l'année 1864, à Gargas, canton de Fronton (Haute Garonne). L'idée de cette érection a été inspirée par un sentiment de reconnaissance envers l'auguste Marie qui se plaît à semer en tous lieux ses bienfaits. Un jeune adolescent, nommé Félix Ratier, avait depuis quelque temps au pied une plaie qui s'envenimait tous les jours, au point que sa famille désolée craignait qu'il n'y succombât. Tous les efforts de la science avaient semblé jusqu'à ce jour impuissants pour remédier à un mal si violent et déjà invétéré. Le médecin, un soir, sortit de la maison du jeune malade, n'emportant avec lui aucune espérance. Sa première question, quand il revint le lendemain, fut celle-ci: « Félix est-il mort? » « Oh non! il n'était pas mort, le candide enfant; il était sur le point de recouvrer la santé la plus parfaite et de convier ses parents consolés au banquet du bonheur ». Que s'était-il donc passé? le voici: Monsieur l'abbé Sauceron, curé de Gargas, avait sollicité la faveur de demeurer seul quelques instants avec le malade. Il reçut la confession de ce pauvre enfant qui, un moment auparavant, pouvait à peine prononcer une parole. Il mit dans ses mains défaillantes une médaille de Notre Dame de la Salette: « Voilà, mon fils, lui dit le vénérable pasteur, ta Mère du ciel, elle te sauvera ». En effet, la plaie prit pendant la nuit même un aspect des plus satisfaisants, et bientôt elle fut complètement cicatrisée. O tendre enfant que la Sainte Vierge a guéri, grandis en sagesse à mesure que tu croîtras en âge; et que ton jeune cœur brûle toujours pour ta bienfaitrice et de gratitude et d'amour. La paroisse entière de Gargas a voulu s'associer à la famille de l'adolescent rendu à la santé, ainsi qu'au pasteur brûlant de zèle pour Marie, afin d'élever un monument destiné à perpétuer le souvenir de ses maternelles bontés. Le dimanche matin, le pain eucharistique a été distribué pendant la messe solennelle à un peuple nombreux et profondément recueilli. Plusieurs membres du clergé venus des villes voisines, rehaussaient par leur présence cette fête de famille. Le soir, une magnifique procession, que complétait le concours prodigieux des paroisses environnantes, sortit de l'église pour aller à travers les rues, tapissées de feuillage et bordées d'arbres sur lesquels flottaient au gré du vent de gracieuses oriflammes aux couleurs de Marie, auprès d'un berceau de verdure, dans lequel reposait la statue de Notre Dame de la Salette conversant avec les deux bergers. Les prêtres et le peuple ont entonné en plein air l'Avé, Maris Stella, que répétaient les échos d'alentour. Ainsi se termina cette mémorable journée, qui laissera dans tous les cœurs de profonds souvenirs. (Journal de Muret).

 

Prière

 

O Vierge de la Salette, à quelles scènes douloureuses et non interrompues nous fait assister votre apparition sur la montagne!... O profond et touchant mystère!... Dieu ne vous a-t-il donc choisi pour sa Mère, que pour faire de vous une illustre victime, destinée à la douleur!.. Vous souffrez au berceau de Jésus, voyant un Dieu pleurer et se plaindre ; vous vous abreuvez trente-trois ans à la coupe de ses humiliations!... Le dernier jour venu, vous montez au Calvaire avec votre Fils, par un chemin couvert de son sang, pour consommer avec lui le dernier sacrifice!... Et voici que je vous trouve encore aujourd'hui, au sommet de cette montagne de la France, le front humilié, des yeux inclinés vers la terre, un visage couvert de larmes, des accents plaintifs, une posture suppliante, et un cœur attristé de toutes les douleurs d'une mère!... Que d'afflictions!... Que de maux!... Et c'est nous qui sommes la cause de ce martyre!... O tendre Mère, à cette triste pensée notre cœur se brise, notre âme-est dans la tristesse!... Pardonnez encore, pardonnez vos malheureux enfants; ils se convertiront, ils feront pénitence, ils mourront contrits et repentants, voulant vivre éternellement avec vous, au ciel, sans douleurs, dans le séjour de la paix. Ainsi soit-il.

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30 janvier 2011

Le Vénérable Père Joseph Passerat

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Le Vénérable Père Joseph Passerat

Vicaire Général de la Congrégation du Très Saint Rédempteur

mort à Tournai (Belgique) le 30 octobre 1858

Notice historique

Né à Joinville, en Champagne (France), le 30 avril 1772, Joseph Passerat se signala, dès l'âge le plus tendre, par son ardente piété. Après de brillantes études dans l'abbaye de Saint Urbain et au Petit Séminaire de Châlons-sur-Marne, il fut enrôlé dans les armées de la République; mais Dieu l'appelait depuis longtemps au Sacerdoce. Pour obéir, le jeune Passerat n'hésite pas à quitter sa patrie alors en pleine Révolution. Il se rend à Namur, puis à Liège, parcourt diverses contrées de l'Allemagne et arrive enfin, en 1796, à Varsovie où Saint Clément-Marie Hofbauer le reçoit dans la Congrégation du Très Saint Rédempteur. Ordonné Prêtre l'année suivante, il devient bientôt Maitre des Novices, puis Recteur de la communauté du Mont Tabor, près du lac de Constance. Mais la persécution s'acharne contre son Institut. Le Vénérable veut le sauver à tout prix. A cette fin, il se réfugie avec les siens en Bavière, puis en Suisse, notamment à Coire, à Viège (Valais), et dans le Canton de Fribourg, où il dessert les chapellenies de Farvagny et de Posat, et la paroisse de Cerniat. En 1818, il réussit enfin à fonder une communauté régulière dans l'ancienne Chartreuse de la Valsainte. Deux ans plus tard, le 15 mars 1820, mourait l'apôtre de la Pologne, Saint Clément-Marie Hofbauer. Le Père Passerat lui succède comme Supérieur des Rédemptoristes établis en dehors de l'Italie. Il se rend à Vienne où il demeure jusqu'à la révolution de 1848. Condamné une fois de plus à l'exil, le Vénérable se réfugie en Belgique. Là, il donne sa démission, devient aumônier des Rédemptoristines de Bruges, et meurt saintement à Tournai, le 30 octobre 1858. Ses restes vénérés reposent en cette ville, dans l'église des Pères Rédemptoristes.

Actions et vertus du Serviteur de Dieu

Le Père Passerat fut le propagateur insigne de sa Congrégation. Il a fondé près de 60 maisons et établi son Institut dans la plupart des pays d'Europe et aux Etats Unis. C'est lui aussi qui introduisit en Autriche, puis en Belgique, l'Ordre des Rédemptoristines, dont il est, après Saint Alphonse de Liguori, le Père et le zélé promoteur. Le Père Passerat fut un ascète admirable. Il sut maintenir chez les siens la discipline et la ferveur par sa fidélité à conserver et à accroitre l'esprit de son Bienheureux Père Saint Alphonse. « Tout ce qu'il y a parmi nous de vie intérieure et d'ascétisme pratique, disait le Révérendissime Père Mauron, c'est au Père Passerat que nous le devons ». Le Père Passerat fut un contemplatif éminent. Un de ses disciples, le saint Père Huchant, l'appelait un séraphin terrestre, et s'écriait en parlant de son maître: « Cinquante ans de contemplation infuse, ô âme bienheureuse, ô âme béatifiée! » Un célèbre orateur, l'abbé Combalot, n'hésita pas à le proclamer, du chaut de sa chaire, « un miracle d'oraison ». Parfait imitateur de Saint Alphonse, de Saint Clément-Marie et de Saint Gérard Majella, le Père Passerat conserva jusqu'à sa mort l'innocence de son baptême et ne commit jamais de péché véniel délibéré. La douceur merveilleuse de son gouvernement et l'onction pénétrante de ses écrits le font comparer à juste titre à l'aimable Saint François de Sales. Modèle et maître de vie religieuse et de zèle apostolique, homme éminent en qui brillent toutes les vertus et qui excellait à y former ses frères, le Vénérable Passerat tient, après Saint Alphonse de Liguori et Saint Clément-Marie Hofbauer, le premier rang dans son Institut. Déjà de nombreuses faveurs ont été obtenues par son intercession. Sa cause de Béatification, introduite en cour de Rome, le 13 mai 1901, est en fort bonne voie. Puisse-t-elle avancer rapidement comme il est permis de l'espérer!

Quelques maximes spirituelles du Vénérable Père Passerat

« Oh! Combien une âme qui tend à la perfection, est agréable à Dieu. Oh! Combien elle est utile et même nécessaire à l'Eglise de Dieu ».

« Des actes! Des actes! Dieu fait des miracles pour une âme qui entreprend généreusement l'oeuvre de sa perfection ».

On a autant d'espérance, d'amour de Dieu, d'humilité, d'obéissance, en un mot de vertu, qu'on a de foi: pas d'avantage. Sans la foi vive, on ne fait des propos que pour gémir de ne pas les avoir observés ».

« Ceux-là se damnent qui n'ont pas de crainte de se damner ».

« Spes tua per tuus! Votre confiance en Dieu, c'est le pied qui vous porte et vous conduit ».

« Si tant d'âmes n'arrivent pas à la perfection, c'est à cause de leur manque de confiance ».

« Dans toutes nos tentations et nos peines, allons au Ciel, nous y verrons toute la cour céleste attentive à notre combat ».

« On aime Dieu autant qu'on éprouve de peine à ne pas l'aimer ».

« Demandons chaque jour à Dieu la grâce de pratiquer un acte de Charité ».

« La bonne intention! La bonne intention! Et puis s'affectionner à la prière. »

« Comment pouvons-nous tant nous inquiéter de l'approbation des hommes et si peu penser à ce que le Ciel pense de nous ».

« Dieu a créé le monde par un fiat. Il l'a racheté par un fiat: qu'il me soit fait selon Votre Parole. Il faut un troisième fiat si nous voulons nous sauver et entrer au Ciel: que Votre Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel ».

« Sur la terre, souvent on se résigne parce qu'il le fait bien; dans le Ciel, on ne désire pas que la Volonté de Dieu soit autre ».

« Sans doute on peut et on doit dire avec Jésus-Christ: Ne nous laissez pas entrer en tentation, mais il ne faut pas désirer avec empressement et chagrin d'être délivré de la tentation ».

« Dans les maladies, il faut se résigner, se reposer sur la Croix et vouloir mourir si Dieu le veut ».

« Pas d'obéissance, pas de mérites ».

« Ceux qui se conduisent d'après leurs idées n'ont pas besoin de démons pour les tenter ».

« Pour arriver pleinement à la sainteté, il faut 1° prier et demander un directeur selon son cœur, 2° faire ce qu'il dit ».

« Que la religion est belle dans ses maximes! Le plus grand, c'est le plus humble, non aux yeux des hommes, mais aux yeux de la Très Sainte Trinité et de la cour céleste ».

« On ne trouve rien de bon dans un religieux qui n'est pas homme d'oraison ».

« Un homme intérieur fera plus en deux heures que tout autre en dix ans ».

« Il faut faire marcher d'un même pas l'oraison et l'action ».

« Celui qui a l'estime et l'amour de la prière effectuera ce que du juste la Sainte Ecriture: La Loi de Dieu est dans son cœur et non pas seulement dans sa bouche ».

« Le premier moyen de sauver son âme et de se sanctifier, c'est la prière; le deuxième, la prière; le dixième, le centième, la prière ».

« La plus mauvaise de toutes les prières est celle qu'on ne fait pas ».

« Toutes les dévotions doivent se rapporter à la dévotion envers Jésus-Christ. Marie est toujours auprès de Jésus ».

« Chacun avance selon sa piété et sa fidélité à la Très Sainte Vierge Marie, ni plus, ni moins ».

« Un exercice d'un prix inappréciable, est celui de se disposer à chaque instant à quitter la vie ».

« Mon Seigneur Jésus-Christ, je veux souffrir pour Vous qui avez tant souffert pour moi et par moi ».

Prière

O Dieu qui couronnez Vos Saints dans le Ciel et les faites honorer par Votre Eglise sur la terre, daignez glorifier Votre Serviteur, le Vénérable Père Joseph Passerat, en nous accordant, par son intercession, les faveurs que nous sollicitons de Votre Bonté. Ainsi soit-il.

Imprimatur

Rmu Romagnoli

Sub-Prom-Fidei.

Romae 1a maii 1926

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15 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Seizième jour

Le Crucifix de Notre Dame de la Salette

 

« Un crucifix tout brillant d'or était sus« pendu sur la poitrine de la Sainte Vierge», dit l'humble bergère de la Salette... Il est écrit dans le livre des Cantiques: « Mon Bien-Aimé repose sur mon cœur, comme un faisceau de myrrhe... et il ne me quittera jamais!... » Au témoignage de saint Grégoire de Nysse, le Bien-Aimé, comparé à un faisceau de myrrhe, n'est autre que Jésus crucifié Cette explication admise, que de grâce, que de beautés célestes contient cette figure! Jésus, faisceau de myrrhe, comme pour embaumer le sein duquel il doit naître! Marie, pressant sur son cœur ce divin faisceau, comme pour le rendre digne de Celui qui doit y reposer! Jésus, le bien-aimé de Marie! pourrait-il ne pas l'être? Jésus crucifié est le tout du monde, éclairant d'une lumière divine toutes choses divines et humaines, le ciel, la terre, l'éternité; c'est même le tout de Marie, étant la source de sa gloire, la cause unique de son bonheur, l'explication de tous ses titres!... Aussi ce Jésus, ce bien-aimé faisceau de myrrhe, selon le mot des cantiques, Marie ne peut pas s'en séparer, ni le quitter jamais!... Et voilà pourquoi la Sainte Vierge, venant se montrer au monde sur la montagne de la Salette, nous présente, sur sa poitrine, l'image de son divin Fils crucifié. La croix, c'est pour Marie un noble souvenir, rappelant la part considérable qu'elle a prise à l'œuvre de la rédemption: la croix, c'est le glorieux trophée de Marie; Elle a triomphé par la croix, mourant en son cœur, à ses pieds, sur le Calvaire, tandis que Jésus y. mourait en son corps... Et si le vainqueur porte toujours avec lui l'instrument de sa gloire et en décore sa poitrine, comme du signe de l'honneur, quel autre signe, quelle autre décoration conviennent mieux que la croix au cœur et sur la poitrine de Marie, devenue par elle, Reine du ciel, et Mère des hommes!... Seule, il est vrai, parmi les représentations nombreuses de la Sainte Vierge, la statue de Notre Dame de la Salette nous offre l'image de Jésus crucifié, l'instrument de supplice d'un Fils, appendu comme un trophée sur la poitrine de sa Mère; voilà qui réveille tout d'abord dans l'esprit, une impression douloureuse: oui, ce spectacle est étrange; ne nous étonnons pas toutefois; il trouve, dans le cœur de Marie, une explication ineffable: à la suite de précieuses conquêtes de la science moderne, la lumière imprime et photographie sur le métal l'image des corps exposés à son action : la compassion opère dans les âmes quelque chose de semblable: oui, la douleur longtemps considérée en un être que l'on aime et que l'on voit souffrir, finit par décomposer notre être moral tout entier; et à mesure que l'on contemple cet être souffrant, on sent ses douleurs passer en notre âme et s'y incorporer en tous nos membres. Mais, qui, plus que Marie, a contemplé la croix? La voilà auprès de son Fils... regardez-la bien; où sont ses yeux, où est son être tout entier? sur la croix... son cœur s'enivre des douleurs de Jésus; son âme éprouve les mêmes angoisses... Elle est crucifiée, c'est à-dire tellement attachée à la croix, que cette croix divine demeure gravée et comme clouée à sa poitrine!... et le voilà expliqué, ce bien-aimé faisceau de myrrhe, que Marie ne devait plus quitter!... Enfin, le crucifix de la Vierge des Alpes trouve une seconde explication dans l'objet même de l'apparition; on l'a dit, la montagne de la Salette est un autre Calvaire, du haut duquel Marie publie une seconde fois et rappelle aux hommes les commandements de Dieu et les lois de l'Eglise, oubliés et méconnus. La Sainte Vierge paraît donc sur la montagne, portant sur sa poitrine la croix du Calvaire, et disant au monde : Voici l'instrument de votre rédemption; voici l'image méprisée de votre Sauveur; aujourd'hui elle n'est pas supportée par le bois, mais par mon propre corps, changé en une sorte de croix! Regardez bien, et la victime et la croix vivante qui vous la présente; voulez-vous encore, par votre indifférence et vos mépris de sa loi, crucifier le Fils sur le cœur de sa Mère?...

 

Réflexions

 

Le crucifix de Notre-Dame de la Salette nous prêche: 1° La componction du cœur au souvenir de nos péchés; 2° Les sentiments dans lesquels nous devons porter la croix. 1° La componction est cette douleur vive et amère qui, comme un glaive, déchire, de sa pointe acérée, le cœur de l'homme. Le trait aiguisé perce le corps, et pénètre, selon l'expression de l'Apôtre, jusqu'aux dernières divisions de l'âme; ce tranchant symbolique, c'est le repentir: il trouble l'esprit, il inquiète le cœur; mais son tourment est salutaire, il irrite l'âme pour la guérir... or, c'est en présence du crucifix que l'on éprouve cette douce et terrible souffrance; c'est ce cruel et aimable martyre du repentir que fait sentir aux âmes Notre Dame de la Salette: en voyant la croix sur sa poitrine, on hait le mal, on rougit d'être coupable; on s'accuse avec amertume d'avoir crucifié un Dieu, un Sauveur; et une voix intérieure nous crie : Voilà l'instrument du supplice; c'est moi qui l'ai dressé... j'étais dans cette foule qui condamnait Jésus, et j'ai dit avec elle, dans la folie de mes péchés: Qu'il soit crucifié. Considéré avec ces sentiments de douleur, le crucifix de Notre Dame de la Salette sera pour nos âmes une arme salutaire, un signe de grâce et de conversion devant Dieu, qui reçoit toujours le cœur contrit et humilié. 2° Le Calvaire est partout, Marie l'a trouvé au sommet des Alpes : nous le trouvons, nous, sur tous les points de la terre, et dans toute l'économie de la vie humaine... Mais, qui nous apprendra la science de la croix? Il faut à l'exemple de Marie et des saints, la contempler continuellement, et en graver l'image au fond de nos cœurs; nous pourrons ensuite comme eux, la porter sur nos poitrines... Les symboles religieux sont vains sur les cœurs chrétiens qui ne les méditent pas; il faut porter en nos âmes ces signes vénérés; être unis à Jésus souffrant, crucifiés avec Lui, selon l'expression de l'Apôtre,.. A quoi nous servirait la croix, si notre cœur n'y était attaché, si notre âme n'est élevée, comme le Sauveur, par ce bois sacré, entre le ciel et la terre? Les vrais enfants de Marie doivent souffrir avec Jésus, en union des douleurs de sa passion et de sa croix. Unissons-nous donc aujourd'hui à Marie, à tous les saints pénitents: tous ensemble, supportons nos croix et nos souffrances avec Jésus; c'est l'esprit de la foi, la condition de l'amour, le caractère commun aux vrais enfants de la Salette; ils portent la croix avec leur Mère, ils impriment la souffrance bien avant dans leur cœur, pour demeurer comme Elle, toujours avec Jésus, attachés à la croix.

 

Pratique : Solliciter de Notre-Dame de la Salette l'Esprit de componction, avec lequel Elle nous présente la croix... Porter et presser quelquefois affectueusement sur son cœur, l'image vénérée de Jésus crucifié... Demander grâce à Dieu pour nos propres péchés; gémir aussi quelquefois pour nos frères coupables.

 

Guérison d'un jeune enfant

(Vœu à Notre Dame de la Salette)

 

Madame de A. avait un enfant âgé d'environ trois ans, qui avait presque toujours été malade depuis sa naissance. Cet enfant n'avait jamais pu dormir plus d'une heure et demie par nuit, et il était incapable de supporter aucune nourriture solide. C'est à peine s'il pouvait de temps en temps supporter une cuillerée de bouillon. Depuis six mois, l'état de cet enfant s'était aggravé d'une manière notable. Au commencement de novembre 1863, la mère du petit malade écrivait au directeur pour le prier de lui expédier un peu d'eau de la Salette. L'eau demandée fut envoyée le 9 novembre au soir, et madame... recevait le lendemain 10 son précieux envoi. Le 11, au matin, le docteur fit sa visite, et en se retirant, dit à plusieurs personnes que les petits cris jetés par l'enfant étaient le râle de la mort. Après le départ du médecin, la mère désolée lui donna quelques gouttes d'eau de la Salette, et immédiatement l'étouffement cessa. Le danger disparut à l'heure même, et l'on vit cet enfant qui n'avait jamais mangé, porter sa main sur la nourriture qu'on avait apportée pour sa mère. Depuis, il a toujours mangé et a pu dormir douze heures chaque nuit. Evidemment la guérison était complète. Monsieur de A. père de cet enfant, était absent, lorsqu'une lettre de son épouse vint lui apprendre le danger où se trouvait son jeune fils. Immédiatement ce père plein de foi fit vœu de faire le pèlerinage de la Salette, si l'enfant guérissait. La mère avait fait un vœu semblable sans connaître celui de son mari. Tous les deux ont été bien récompensés de la confiance avec laquelle ils ont invoqué Notre Dame de la Salette. Du reste, par ce miracle, il semble aussi que Dieu ait voulu récompenser M. de... d'un bel acte de religion qu'il venait d'accomplir en cette circonstance. Quarante ou cinquante ouvriers travaillaient à un château qu'il faisait alors construire. Malgré ses instances auprès de l'entrepreneur, il n'avait pu obtenir que les travaux fussent suspendus le dimanche. A la nouvelle du danger où se trouvait son enfant, cet homme plein de foi courut à Tours, chez son architecte, et lui parla en ces termes: « Depuis six mois qu'on travaille à ma maison, je n'ai pas encore pu obtenir que l'on ne travaillât pas le dimanche. Dieu est irrité, et son indignation retombe sur mon petit enfant. Il était faible jusqu'ici, mais il n'y avait rien d'alarmant, et aujourd'hui il va mourir. Faites donc cesser les travaux du dimanche, et je m'engage à payer les ouvriers comme s'ils avaient travaillé ce jour-là ». Trois jours après cette belle action, l'eau miraculeuse de la Salette arrivait, et l'enfant mourant était rendu à la vie. (Annales de Notre Dame de la Salette).

 

Prière

 

O Marie, vraie Mère de douleur, vous étiez pleine d'angoisses, sur le Calvaire, devant les tourments et les souffrances de votre Fils: et à la Salette, qui pourrait vous contempler, transformée en une sorte de croix vivante, sans une profonde tristesse!.. O très douce Mère, que ce crucifiement de votre divin Fils, renouvelé sur votre poitrine, afflige douloureusement mon âme, que mes yeux versent des torrents de larmes, la nuit et le jour!.. C'est moi qui ai fait mourir par mes péchés votre Fils unique, votre bon et doux Jésus! Je, vois là, encore tout ouvertes sous mes yeux, ses plaies douloureuses! O chef ineffable! ô traits si doux! ô côté sacré! ô mains percées! ô pieds miséricordieux! faites silence, plus de reproches à mon âme! J'ai le regret de mes fautes!... je vous bénis, je vous aime! je vous adore!.. Je vous promets une reconnaissance sans bornes, un amour sans réserves!.. Oui, mon Bien-Aimé sera à moi, et à jamais je serai à Lui; il reposera sur mon sein, comme un faisceau de myrrhe; et une fidélité constante l'y retiendra toujours!.. Ainsi soit-il.

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5 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Sixième jour

La Montagne de la Salette

 

Il est remarquable que les faits les plus importants de la religion se passent sur les montagnes: L'arche s'arrête, après le déluge, sur une montagne d'Arménie. Jéhovah dicte ses lois à Moïse, sur le mont Sinaï. Le prophète Élie doit gravir l'Horeb, pour entendre la voix du Seigneur. Dieu établit le siège de la royauté de David, sur la montagne de Sion. Quand Jésus-Christ commence sa vie apostolique, c'est du haut d'une montagne qu'il parle pour la première fois à la foule, il conduit sur le Tabor ses trois disciples les plus aimés, et c'est là qu'il se transfigure: il prélude à sa passion, en veillant et en priant sur la montagne des Oliviers; il meurt sur le Calvaire, et enfin, quand il est près de remonter dans le sein de son père, il revoit une dernière fois ses apôtres sur une montagne de la Galilée, et de là, il s'élève vers les cieux. Aussi, les montagnes sont-elles souvent mentionnées dans nos saints livres, et nous pouvons rappeler ces paroles du psalmiste: Dieu abaisse sur les montagnes des regards de complaisance ; et leurs cimes sont à lui. Marie semble partager ces complaisances mystérieuses du cœur de Dieu pour les montagnes; à peine a-t-elle conçu son divin Fils dans ses chastes entrailles, qu'elle s'élève vers les montagnes. A la mort de ce Fils, Elle est debout sur le mont Calvaire. Pendant les jours de sa vie mortelle, une pieuse tradition nous la représente parcourant amoureusement les montagnes sanctifiées par les pas de son Jésus, et après son Assomption dans le ciel, les lieux élevés ont été préférablement choisis par elle pour se montrer à la terre : les montagnes sont le théâtre ordinaire de ses apparitions; ses sanctuaires sont bâtis sur les hauteurs, et ses statues dominent nos plaines, des cimes de nos montagnes: telle est précisément la gloire de la montagne de la Salette, d'avoir été favorisée d'une de ces apparitions miraculeuses de Marie, et servi de trône à son pied virginal!... et qui dira la majesté imposante de ce sommet béni? là, tout est grand; les horizons y sont immenses, étendus comme l'espace, saisissants comme le vide; les montagnes tantôt, perdues dans les nues, tantôt couronnées de neige, s'élancent comme des géants dans les airs, et les profonds abîmes eux-mêmes, creusés tout autour, semblent s'incliner par respect, et vénérer l'empire de Marie!... Non, tout cela n'est pas sans voix pour le cœur; et si peu soit-on chrétien, ce spectacle impose, il émeut; et l'on ne saurait descendre de la montagne de la Salette comme l'on y était monté!... Ah! c'est que, si comme Moïse, il n'a pas fallu quitter sa chaussure pour entrer dans le sanctuaire qui couronne ce sommet béni, la voix de Marie s'y est fait entendre à notre cœur, comme la voix de Dieu, au sein du buisson enflammé du désert. On a laissé dans le sein de cette Mère miséricordieuse, l'aveu de fautes peut-être graves et nombreuses: et alors on redescend ces collines, l'esprit plus éclairé, le cœur plus fort, et l'âme ressuscitée à une vie nouvelle et depuis longtemps inconnue, la vie de la grâce.

 

Réflexions

 

Les montagnes ont, dans nos saints livres, un langage symbolique, dont voici les accents principaux: 1° Les montagnes dominent la terre, et les spectacles qui s'y manifestent attirent plus facilement les regards : c'est ainsi que l’Église est assimilée à une montagne, et de sa haute cime, l'exemple et la parole doivent se répandre dans l'univers entier... 2° Les montagnes sont l'emblème des divines contemplations: ici-bas, tout est vil, et toute atmosphère empoisonnée; mais à mesure que l'on monte, que l'on s'élève dans l'espace, l'air est plus pur, plus vivifiant: et voilà pourquoi les âmes contemplatives vont se bâtir une demeure sur les hauteurs des montagnes, pour se rapprocher du ciel, et se dilater plus encore à ce contact plus immédiat de leur cœur avec celui de Dieu, vrai soleil d'amour: semblable à l'aigle, qui va se renouveler, et s'animer d'un vol plus hardi, et d'une flamme plus vive, en s'élevant plus haut au firmament, dans les régions du soleil... 3° Les montagnes de la terre sont l'image de la montagne céleste ; et leurs cimes éclairées les premières par la Lueur naissante du jour, figurent la lumière divine se levant à l'horizon du ciel, et colorant de ses premiers feux, le premier jour de l'éternité... et voilà pourquoi l'âme pieuse, saisie d'effroi à l'aspect inconnu de cette lumière, pousse ce cri amoureux, dans nos saints livres: Émigre, ô mon âme, émigre vers les montagnes, comme le passereau, ou plutôt, prends des ailes comme la colombe, vole vers la montagne, et ne te repose qu'au sommet, avec Dieu et près de Dieu... Ces considérations nous doivent bien faire comprendre la gloire de la montagne de la Salette, et la faveur insigne dont la Sainte Vierge l'a honorée en daignant la visiter. Levant donc nos yeux vers cette hauteur sanctifiée, comme les prophètes vers les montagnes d'Israël, nous pouvons dire avec David: Je lèverai mes yeux vers la montagne, d'où le secours me viendra... Enfin, nous l'avons dit, c'est surtout sur les montagnes que Marie se plaît à placer son trône: ce fait, que l'histoire atteste, et que l'apparition de la Salette a rendu plus éclatant, a quelque chose d'étrange: ce n'est point pour s'élever plus haut que Marie choisit les montagnes, à l'exemple des hommes qui se dressent pour être plus grands: modeste et humble pendant la vie, elle reste humble et modeste dans la manifestation de sa gloire; mais elle se place sur les montagnes pour porter plus loin ses regards maternels, ou plutôt, pour nous attirer à elle, loin du bruit des flots, et du tumulte du monde, pour régner plus efficacement sur nos cœurs, dans le recueillement de la solitude, et la paix du silence.

 

Pratique : Visiter quelquefois une de ces montagnes vénérées que couronne un sanctuaire à la Sainte Vierge; rame se sent à ces hauteurs plus détachée de la terre, et Dieu lui parle plus intimement du ciel.

 

Guérison miraculeuse d'une jeune paralytique

 

Amanthe-Marie-Louise est âgée de quatorze ans; elle est simple, naïve, timide et d'une grande piété. Elle habite avec sa mère malade une modeste chambre dans l'asile que nous venons d'ouvrir aux pauvres de la paroisse, et dans l'impossibilité elle-même de pouvoir subvenir aux besoins de sa fille, infirme depuis quinze mois, et condamnée à l'immobilité pour le reste de sa vie. Louise avait été, à la suite d'un accident, frappée de paraplégie. La paralysie a été complète pendant dix mois. La malade ne pouvait elle-même faire le moindre trajet. On la portail dans une chaise d'un lieu à un autre. Le moindre mouvement lui causait des douleurs intolérables. Louise, au début de sa maladie, avait été visitée par deux habiles médecins; mais le traitement demeura incomplet, ne pouvant procurer à la jeune personne, à cause de la misère de la pauvre mère, une saison des eaux thermales. Ne comptant plus sur l'art des hommes, la pauvre mère tourna ses regards vers le ciel. Elle pria beaucoup et intéressa en sa faveur quelques âmes pieuses. Elle fit une neuvaine qui resta sans succès. Sa confiance était toujours ardente; elle était persuadée que la Sainte Vierge guérirait son enfant vers la fin du mois de Marie, qu'on célébrait alors, et elle commença une seconde neuvaine à Notre-Dame de la Salette. Pendant ces pieux exercices, elle tomba si malade, qu'on crut devoir lui administrer les derniers sacrements; on continuait néanmoins de prier avec la plus vive confiance. Le troisième jour de la neuvaine, la mère était sur son lit de douleur, et la jeune fille auprès de sa petite fenêtre. Tout à coup, Louise tremblante, s'écrie: « Maman, quelqu'un me lève! » « Tais-toi, étourdie! répond la mère, ne te remue pas, tu pourrais tomber ». Cet événement n'eut pas d'autre suite. Mais à la fin de la neuvaine, le 21 mai, à sept heures du matin, Louise venait d'être retirée de son lit par une voisine charitable et remise à sa place ordinaire, quand tout à coup elle pousse un cri d'effroi: « Maman, maman, on me lève, quelqu'un me tient à la taille; mais voyez donc! on me porte; maman, mon Dieu! mon Dieu! » La mère presque agonisante, lui dit alors: « Ma fille, c'est la Sainte Vierge qui veut te guérir; lève toi, et viens ici ». Louise était déjà debout, pâle comme la mort, tremblante de frayeur, n'osant ni marcher ni s'asseoir: elle est toujours soutenue par une puissance occulte, par une main invisible. Enfin elle se précipite vers le lit de sa mère, d'où on venait de l'enlever quelques instants auparavant percluse. La pauvre enfant mêle les larmes de sa joie aux larmes de sa mère. Quel admirable cantique d'amour et de reconnaissance dut monter vers le trône de la Reine du ciel pendant ce long embrassement! Les cris d'admiration que poussent ces deux heureuses créatures ont bientôt attiré tous les pauvres de l'asile et les habitants du voisinage. Un cri spontané s'élève de la foule impressionnée et émue jusqu'aux larmes: « C'est un miracle, s'écrie-t-on de toutes parts; allons à l'église remercier Notre Dame de la Salette ». La nouvelle de l'événement se répand avec la rapidité de l'éclair jusqu'aux extrémités de la ville, et la foule devient si .nombreuse et si avide de voir la pieuse miraculée, que l'autorité crut devoir prendre des mesures pour assurer l'ordre et la circulation autour de l'asile des pauvres. Le lendemain, Louise se rendait à l'église pour faire la sainte communion à une messe d'actions de grâces, accompagnée, chose étonnante, par sa mère, revenue des portes du tombeau. Louise marche seule, sans appui, avec un air d'admirable candeur; autour d'elle ce sont les mêmes cris d'admiration et d'enthousiasme que la veille. Puisse ce fait éclatant, raconté dans toute sa simplicité, et dont nous venons d'être les heureux témoins, procurer la gloire de Dieu et de sa sainte Mère. (Rapport de monsieur le curé du Centre, Saint Pierre, Martinique France).

 

Prière

 

O montagne de la Salette, 2 000 mètres mesurent la hauteur de ta cime au-dessus de la terre; ce n'est là qu'une hauteur médiocre; ton élévation véritable est celle qu'a donnée à ton sommet, en le touchant, le pied virginal de Marie! oui, depuis ce jour, tu es le plus grand, le plus majestueux des monts qui t'avoisinent; tu brilles, parmi nos montagnes de France, d'un éclat égal à celui du Liban, au milieu des monts d'Israël... ta cime élevée, tous les peuples l'aperçoivent, et voilà pourquoi ils viennent à ton sanctuaire, des régions les plus lointaines; et nous aussi, nous venons invoquer la Vierge à qui tes roches ont servi de marchepied ; ô Marie, ô Mère, soyez-nous propice, ouvrez le cœur de votre Fils sur notre pauvre cœur, du haut de cette montagne bénie, où tout est agréable à Dieu: alors la solitude tressaillira ; elle sera ravie de joie, et fera entendre tes glorifications... Ainsi soit-il.

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3 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Quatrième jour

Le nom et le costume de Notre Dame de la Salette

 

Il semble que la Sainte Vierge ait voulu apparaître à la Salette sous la double figure de Mère de Dieu et de Mère des hommes. La Mère de Dieu s'est montrée à nous, dans la méditation précédente, dans l'éclat majestueux qui convient à ce titre et à cette dignité: voici, aujourd'hui, la Mère des hommes sous un nom obscur, sous un costume humble et modeste, pour nous servir d'exemple et de modèle, dans les actions ordinaires et la conduite générale de la vie ; à travers toutes les richesses qui composent la parure éclatante de Notre Dame de la Salette, je découvre une robe de forme très-simple, un fichu négligemment croisé sur la poitrine, une coiffure haute et tout abaissée, un tablier uni, marque distinctive de dépendance et de servitude. Ce costume grossier, humiliant, à l'usage de nos serviteurs, tel qu'il est porté dans nos montagnes et dans les plus pauvres villages, convient-il à la Reine du ciel, à la Mère de Dieu? Je l'avoue, à première vue, l'étrangeté de ce costume ne peut manquer de provoquer l'étonnement des plus indulgents, et le sourire du mécréant; mais, comme nous, Marie ne juge pas. Nous n'avons, nous, du beau, qu'un faux idéal; tel n'est pas celui de Marie: l'idéal du beau, pour Marie, c'est son divin Fils; or, son Fils est apparu à la crèche couvert de pauvres langes, à la flagellation, d'un manteau de pourpre déchiré, et au Calvaire, d'un linceul de sépulture qu'il fallut demander à l'aumône; et dans le sacrifice de l'autel, qui résume et qui continue tous ces profonds mystères, Jésus-Christ ne se montre que sous l'apparence d'un peu de pain dont il se fait un vêtement fragile, où il semble ne conserver de l'être que tout juste ce qu'il en faut pour ne pas cesser d'exister. Marie connaît ces secrets de la vraie grandeur, ces procédés du véritable amour; dédaignant donc les illusions trompeuses de la beauté humaine pour le beau divin, elle nous apparaît sous la forme la plus vulgaire qu'elle ait jamais revêtue: et le voilà tout expliqué, ce costume singulier de Notre Dame de la Salette, décrié quelquefois parce qu'il n'est ni médité ni compris; sa source, c'est le cœur et l'exemple de Dieu qui en a inspiré le choix et les préférences; son but pratique, c'est de donner pour type et pour principe au mérite et à la valeur de nos actions, la simplicité et la modestie. Autre source de grandeur pour la Vierge des Alpes, c'est cette appellation obscure qui la désigne par le monde: Notre Dame de la Salette. Notre Dame de Lorette, Notre Dame des Victoires, Notre Dame de France; tous ces vocables sont connus et participent à la célébrité de leur nom; mais quel pays plus obscur, quelle terre plus ignorée que la Salette avant l'apparition! Il paraît que ces montagnes étaient méprisées de ceux qui pouvaient les connaître, et ce qu'on avait dit autrefois de Nazareth, leur était applicable: Peut-il venir quelque chose de bon de ce pays méconnu et sans gloire? Et voilà que depuis le jour de l'apparition, toutes les terres, toutes les mers ont entendu le nom des montagnes de la Salette: il marche à travers le monde à l'égal des vocables les plus anciens et les plus glorieux; les peuples acclament cette dévotion nouvelle, de ses enthousiasmes les plus sympathiques et leurs plus religieux; et c'est ainsi que Notre-Dame de la Salette trouve un double titre de gloire dans la préférence donnée au modeste costume qu'elle revêt, et aux lieux obscurs où elle daigne descendre.

 

Réflexions

 

Écoutons avec un respect filial les deux leçons touchantes qui nous viennent, aujourd'hui, du haut de la sainte Montagne. 1° Leçon d'humilité et de simplicité: Ce n'est pas au sein de nos cités bruyantes et somptueuses que Marie a daigné apparaître et parler; c'est dans une solitude déserte, au milieu de montagnes écartées et inconnues; c'est que l'humilité redoute le bruit et l'éclat, elle préfère le silence, elle veut surtout sa cacher aux regards du monde. La Vierge Marie s'est souvenue en outre, que son divin Fils n'a pas craint de se faire appeler Nazaréen ; elle ne craindra pas non plus de se faire appeler Notre Dame de la Salette. Le monde peut sourire, s'il lui plaît, à cette appellation naïve et simple; n'importe, Marie la garde et l'aime; et comme le salut nous vint de Nazareth, la grâce et la miséricorde sont descendues des hauts sommets de la Salette. Aux pures clartés de ce noble exemple, qui donc pourra rougir de ce qui révèle en nous pauvreté, humiliation, obscurité? Utile sujet de méditation pour nous, qui pensons toujours à nourrir notre orgueil par nos paroles, notre recherche affectée, nos œuvres et nos démarches. 2° Leçon de décence et de modestie: « Marie portait l'humble tablier de servante et le modeste fichu des simples femmes; ses cheveux étaient si bien couverts par sa lumineuse coiffure, qu'on ne les voyait pas; les longues manches de sa robe cachaient entièrement ses mains ». Quelle leçon pour nous! Ce n'est pas assurément une forme nouvelle de vêtements et de costume que Marie veut introduire; c'est un esprit de décence, perdu parmi nous, qu'elle voudrait ressusciter. Où est notre simplicité? Où en sommes-nous de la modestie chrétienne? Voyez Notre Dame de la Salette: Elle est bien la Rose mystique, la Maison d'or, la Tour d'ivoire, l’Étoile brillante du matin; Elle est Reine, en un mot. Mais elle est aussi l'humble servante du Seigneur, se montrant à nous pauvrement vêtue, comme on l'est au village sous le toit couvert de chaume. Or, sied-il bien au luxe et à l'immodestie de nos jours de regarder en face les formes sévères de son costume, où la Mère de Dieu semble s'effacer sous les humbles dehors d'une simple créature? Ah! que de chrétiennes, même parmi celles qui portent le titre d'enfants de Marie, se jugeraient plus sévèrement si elles se regardaient dans ce miroir de modestie que leur présente la Vierge de la Salette! Que de mères qui font sucer, pour ainsi dire avec le lait, à leurs enfants, le goût d'une parure aussi vaine qu'elle est dispendieuse! qu'elles viennent donc ici apprendre à pénétrer ces jeunes cœurs de cette vérité si évidente et si méconnue, que le vêtement n'est pas un mérite, et que la modestie, jointe à une noble simplicité, fait, aux yeux mêmes du monde, le plus digne ornement des enfants et des mères.

 

Pratique : Éviter soigneusement la recherche de soi-même, et pratiquer en toutes choses la simplicité... Que les mères prennent aujourd'hui surtout, pour elles-mêmes et pour leurs enfants, une résolution inébranlable de décence en leur parure, de tenue et de modestie chrétienne en toute leur personne.

 

Guérison miraculeuse

 

Un père de famille, chef de commerce, résistait depuis longtemps aux tendres et pressantes sollicitations de sa pieuse sœur qui le conjurait souvent de revenir a Dieu et à la pratique de ses devoirs de chrétien. Le bon exemple qu'il devait à ses enfants, la piété héréditaire dans sa famille, ses premières années dans la vertu et la religion, rien ne le touchait; il tournait tout en ridicule, et devenait insolent dès qu'on le pressait un peu. A bout de tout moyen, sa sœur lui dit un jour: « Eh bien! frère, puisque rien ne te touche, je m'en vais à la Salette demander à la Sainte Vierge ta conversion! » « Tu peux bien aller à Rome et à Jérusalem, si tu veux, lui répond ce frère obstiné ! tu me retrouveras comme tu me laisses ». Cette pieuse demoiselle part, bien désolée, car son frère n'avait pas voulu même lui promettre de dire un Ave Maria pour elle. Son pèlerinage se fait avec piété, elle prie avec ferveur et avec larmes sur la sainte Montagne; elle demande à tous les pèlerins des prières; enfin il lui semble que la Sainte Vierge l'a exaucée, et qu'elle retrouvera son frère mieux disposé. Elle repart, arrive à L... et, en le revoyant: « Eh bien! lui dit-elle un peu émue, ai-je été exaucée ? J'ai bien prié pour toi, j'ai bien offert pour ta conversion toutes les fatigues de ce pèlerinage! » Elle n'obtient point de réponse. Son frère gardait le silence et paraissait violemment agité. « Tu ne me dis rien ? » « Je te laisse libre, laisse-moi libre moi-même. Je suis un honnête homme et je n'ai rien à me reprocher ». « Oh! repartit la sœur, il n'est pas possible que Notre Dame de la Salette ne m'ait pas exaucée! Tu aurais donc le cœur plus dur qu'un rocher ? » Elle ne put en dire davantage, l'émotion, les larmes arrêtèrent sa voix. Vers le soir, retirée dans sa chambre pour y prendre un peu de repos, son âme triste et affligée ne pouvait éloigner de sa pensée la scène de son arrivée. Son frère obstiné malgré tout ce qu'elle s'était imposé pour lui, était pour son cœur sensible et dévoué une peine des plus grandes. Elle ne put goûter un instant les douceurs d'un sommeil si nécessaire pourtant à réparer ses forces, à la suite des fatigues d'un long et pénible voyage. Elle priait, conjurait la Mère des miséricordes de convertir ce pauvre pécheur, quand de bon matin, elle entend frapper à sa porte. « Ah! ma sœur, je n'y tiens plus! s'écrie son frère avec vivacité en entrant dans sa chambre. Conduis-moi auprès d'un prêtre, je veux me confesser. Toute la nuit, j'ai souffert comme une âme damnée. Je suis honteux de ma conduite, et j'ai peur de la justice de Dieu: c'est bien sincère, je veux me confesser! » La pieuse demoiselle se met à pleurer de bonheur, elle embrasse son frère et ne met point de retard à l'accomplissement de son désir. La conversion était facile, ou plutôt elle était déjà faite. Notre Dame de la Salette l'avait elle-même opérée. Il se confessa, et, quelque temps après, il était à genoux à la table sainte, à côté de sa sœur; le recueillement, la joie, le bonheur étaient peints sur son visage; il goûtait sans doute cette paix qui surpasse tout sentiment, la paix de Dieu! Sa conversion fut une belle leçon pour tous ses employés de commerce, et une grande joie pour sa famille qu'il continue à édifier. (Annales de Notre-Dame de la Salette).

 

Prière

 

Vous voulez être toujours, ô Vierge Marie, l'humble servante du Seigneur; vous en avez pris le titre à Nazareth à l'annonce de l'ange; vous en revêtez aujourd'hui le costume, à la Salette. O bonne Mère! de touchantes leçons sont tombées de votre cœur sur le monde, pleines de larmes et d'ineffable tendresse. Nulle n'était plus utile, plus nécessaire, plus actuelle que celle que nous prêche le vêtement sévère de votre apparition ; nous sommes si habiles à nourrir notre vanité, si trempés de sensualisme, et le luxe immodeste de notre siècle favorise nos illusions d'une manière et d'un entraînement si lamentables! O Notre-Dame de la Salette! ne permettez pas que nous rendions inutiles vos enseignements salutaires; parlez à nos âmes avec toute l'autorité du plus auguste, du plus touchant message de la cour céleste, et pénétrez nos cœurs de tous sentiments de simplicité, de modestie, d'humilité, qui méritent ici-bas la grâce de Dieu, et au ciel l'éternelle récompense. Ainsi soit-il.

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23 avril 2011

Saint jour de Pâques

 

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Saint jour de Pâques

 

Qu’éclate la joie de pâques!

Qu’elle s’élève sur toute la terre Comme une flamme dans la nuit et qu’elle illumine la vie de tous les hommes!

Jésus est plus fort que la mort!

Qu’éclate la joie de Pâques!

Qu’elle ruisselle sur toute la terre comme une eau vive qui calme la soif Des chercheurs de vérité!

Jésus est vivant pour toujours!

Qu’éclate la joie de Pâques!

Qu’elle soit distribuée à toute la terre comme du pain Qui apaise la faim de ceux qui tendent les mains!

Jésus est le sauveur de tous les hommes!

Qu’éclatent la joie de Pâques!

Qu’elle résonne et carillonne sur toute la terre Comme un chant d’allégresse, comme la Bonne Nouvelle qui redonne espoir aux enfants de Dieu!

Jésus est ressuscité!

 

Extrait de « Qu’éclate la joie de Pâques » Les enfants vers Pâques 2006, année B, Editions du Signe

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La Résurrection du Seigneur

Extraits de « L’Évangile tel qu'il m'a été révélé », de Maria Valtorta

 

Je revois la joyeuse et puissante Résurrection du Christ. Dans le jardin, tout est silence et scintillement de la rosée. Au-dessus, un ciel qui devient d’un saphir de plus en plus clair, après avoir quitté son bleu-noir criblé d’étoiles qui, pendant toute la nuit, avaient veillé sur le monde. L’aube repousse de l’orient vers l’occident les zones encore obscures, comme fait l’eau pendant une marée haute qui avance toujours plus pour couvrir le rivage obscur, et remplaçant le gris-noir du sable humide par le bleu des eaux marines. Quelque étoile ne veut pas encore mourir et jette un regard de plus en plus débile sous l’onde de lumière vert-claire de l’aube, d’un blanc laiteux nuancé de gris, comme les feuillages des oliviers engourdis qui couronnent un coteau peu distant. Et puis elle naufrage, submergée par l’onde de l’aube comme une terre que recouvre l’eau. Et puis en voilà une de moins... Et puis encore une de moins.., et une autre, et une autre. Le ciel perd ses troupeaux d’étoiles et seulement là-bas, à l’extrême occident, trois, puis deux, puis une, restent à regarder ce prodige quotidien qu’est l’aurore qui se lève. Et voilà : quand un filet de rose trace une ligne sur la soie turquoise du ciel oriental, un soupir de vent passe sur les feuillages et sur les herbes et dit: « Réveillez-vous. Le jour est revenu ». Mais il ne réveille que les herbes et les feuillages qui frissonnent sous leurs diamants de rosée et ont un bruissement ténu, arpégé par les gouttes qui tombent. Les oiseaux ne se réveillent pas encore dans les branches touffues d’un cyprès de grande taille qui semble dominer comme un seigneur dans son royaume, ni dans l’entrelacement embrouillé d’une haie de lauriers qui abrite de la tramontane.

 

Les gardes ennuyés, transis de froid, pris par le sommeil, dans des poses variées veillent sur le Tombeau, dont la porte de pierre a été renforcée, sur ses bords, par une épaisse couche de chaux, comme si c’était un contrefort, sur le blanc opaque de laquelle se détachent les larges rosaces de cire rouge, imprimées avec d’autres, directement dans la chaux fraîche, du sceau du Temple. Les gardes doivent avoir allumé du feu pendant la nuit car il y a de la cendre et des tisons pas encore éteints sur le sol, et ils doivent avoir joué et mangé, car il y a encore, répandus sur le sol, des restes de nourriture et des osselets nets qui ont servi certainement pour quelque jeu, comme notre jeu de domino ou notre jeu enfantin de billes, joués sur un primitif échiquier tracé sur le sentier. Puis ils ont tout laissé en plan par lassitude pour chercher des poses plus ou moins commodes pour dormir ou pour veiller. Dans le ciel qui maintenant, à l’orient, a une étendue toute rosée qui s’agrandit de plus en plus dans le ciel serein, où par ailleurs il n’y a pas encore de rayon de soleil, se présente, venant de profondeurs inconnues, un météore resplendissant qui descend, boulet de feu d’une splendeur insoutenable, suivi d’un sillage rutilant qui peut-être n’est que le souvenir de sa splendeur sur notre rétine. Il descend à toute vitesse vers la Terre, en répandant une lumière si intense, si fantasmagorique, si effrayante dans sa beauté, que la lumière rosée de l’aurore disparaît éclipsée par cette blancheur incandescente. Les gardes lèvent la tête, étonnés, parce qu’aussi avec la lumière arrive un grondement puissant, harmonieux, solennel, qui remplit de lui-même toute la Création. Il vient de profondeurs paradisiaques. C’est l’alléluia, la gloire angélique qui suit l’Esprit du Christ revenant dans sa Chair glorieuse. Le météore s’abat contre l’inutile fermeture du Tombeau, l’arrache, la jette parterre, foudroie de terreur et de bruit les gardes mis comme geôliers du Maître de l’Univers en produisant, avec son retour sur la Terre, un nouveau tremblement de terre comme il l’avait produit en fuyant la Terre cet Esprit du Seigneur. Il entre dans le sombre Tombeau qu’éclaire sa lumière indescriptible, et pendant qu’il reste suspendu dans l’air immobile, l’Esprit se réinfuse dans le Corps sans mouvement sous les bandes funèbres. Tout cela non dans une minute, mais dans une fraction de minute, tant l’apparition, la descente, la pénétration et la disparition de la Lumière de Dieu a été rapide...

 

Le « Je veux » du divin Esprit à sa Chair froide n’a pas de son. Le son est dit par l’Essence à la Matière immobile. Aucune parole n’est entendue par l’oreille humaine. La Chair reçoit le commandement et lui obéit en poussant un profond soupir... Rien d’autre pendant quelques minutes. Sous le Suaire et le Linceul, la Chair glorieuse se recompose en une beauté éternelle, se réveille du sommeil de la mort, revient du "rien" où elle était, vit après avoir été morte. Certainement le cœur se réveille et donne son premier battement, pousse dans les veines le sang gelé qui reste et en crée tout d’un coup la mesure totale dans les artères vides, dans les poumons immobiles, dans le cerveau obscur, et ramène la chaleur, la santé, la force, la pensée. Un autre moment, et voilà un mouvement soudain sous le lourd Linceul. Le mouvement est soudain, depuis l’instant certainement où il remue ses mains croisées jusqu’au moment où il apparaît debout majestueux, splendide dans son vêtement de matière immatérielle, surnaturellement beau et imposant, avec une gravité qui le change et l’élève tout en le laissant Lui-même, l’œil a à peine le temps d’en suivre le développement. Et maintenant, il l’admire: si différent de ce que la pensée lui rappelle, en forme, sans blessures ni sang, mais seulement éblouissant de la lumière qui jaillit à flots des cinq plaies et sort par tous les pores de son épiderme.

 

Il fait son premier pas: dans son mouvement les rayons qui jaillissent des mains et des pieds l’auréolent de lames de lumière; depuis la tête nimbée d’un diadème qui est fait des innombrables blessures de la couronne qui ne donnent plus de sang mais seulement de la splendeur, jusqu’au bord du vêtement quand, en ouvrant les bras qu’il a croisés sur sa poitrine, il découvre la zone de luminosité très vive qui filtre de son habit en lui donnant l’éclat d’un soleil à la hauteur du cœur. Alors c’est réellement la « Lumière » qui a pris corps, pas la pauvre lumière de la Terre, pas la pauvre lumière des astres, pas la pauvre lumière du soleil. Mais la Lumière de Dieu: toute la splendeur paradisiaque qui se rassemble en un seul Être et Lui donne ses azurs inconcevables pour pupilles, ses feux d’or pour cheveux, ses candeurs angéliques pour vêtement et coloris, et tout ce qui est, d’indescriptible pour la parole humaine, la suréminente ardeur de la Très Sainte Trinité, qui annule par son ardente puissance tout feu du Paradis, en absorbant en Elle-même pour l’engendrer à nouveau à chaque instant du Temps éternel, Cœur du Ciel qui attire et diffuse son sang, les innombrables gouttes de son sang incorporel: les bienheureux, les anges, tout ce qui est le Paradis: l’amour de Dieu, l’amour pour Dieu, tout ce qui est la Lumière qu’est, que forme, le Christ Ressuscité. Quand il se déplace, en venant vers la sortie, et que l’œil peut voir au-delà de sa splendeur, voici que m’apparaissent deux clartés très belles, mais semblables à des étoiles par rapport au soleil, l’une d’un côté, l’autre de l’autre côté du seuil, prosternées en adoration pour leur Dieu qui passe enveloppé dans sa lumière, béatifiant en son sourire. Il sort abandonnant la funèbre grotte et revenant fouler la terre que la joie réveille et qui resplendit toute dans sa rosée, dans les couleurs des herbes et des rosiers, dans les innombrables corolles des pommiers qui s’ouvrent par prodige au premier soleil qui les baise, et au Soleil éternel qui avance sous eux.

 

Les gardes sont là, évanouis... Les forces corrompues de l’homme ne voient pas Dieu pendant que les forces pures de l’univers : les fleurs, les herbes, les oiseaux admirent et vénèrent le Puissant qui passe dans un nimbe de sa propre Lumière et dans un nimbe de lumière solaire. Son sourire, le regard se pose sur les fleurs, sur les ramilles, qui se lève vers le ciel serein, et tout prend une plus grande beauté. Et plus soyeux et plus nuancés sont les millions de pétales qui font une mousse fleurie au-dessus de la tête du Vainqueur. Et plus vifs sont les diamants de rosée. Et plus bleu est le ciel que réfléchissent ses yeux resplendissants, et plus joyeux le soleil qui peint de gaieté un petit nuage porté par un vent léger qui vient baiser son Roi avec des parfums enlevés aux jardins et des caresses de pétales soyeux. Jésus lève la main et bénit et puis, pendant que les oiseaux chantent plus fort et que le vent porte ses parfums, il disparaît à mes yeux en me laissant dans une joie qui efface le plus léger souvenir de tristesse et de souffrance et d’hésitation sur le lendemain.

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Méditation

 

« Je vous donne une garde; allez, organisez la surveillance comme vous l'entendez » (Mt 27, 65). Le tombeau de Jésus est fermé et scellé. À la demande des grands prêtres et des pharisiens, des soldats furent placés pour le garder, afin que personne ne puisse voler son corps (cf. Mt 27, 62-64). Tel est l'événement qui est le point de départ de la liturgie de la Veillée pascale. Ceux qui avaient voulu la mort de Jésus, le considérant comme un « imposteur » (Mt 27, 63), veillaient à côté du sépulcre. Leur désir était qu'il soit, avec son message, enseveli pour toujours. Non loin de là veillait Marie, et avec elle les Apôtres et quelques femmes. Ils conservaient gravée dans leur cœur l'image bouleversante des événements qui venaient de se dérouler.

 

En cette nuit, l'Église veille dans toutes les parties de la terre et elle revit les étapes fondamentales de l'histoire du salut. La liturgie solennelle que nous célébrons est une expression de cette "veille" qui, d'une certaine façon, rappelle celle de Dieu, dont parle le livre de l'Exode : "Ce fut une nuit de veille pour le Seigneur, quand il fit sortir d'Égypte les fils d'Israël; ce doit être [...], de génération en génération, une nuit de veille en l'honneur du Seigneur" (Ex 12, 42). Dans son amour prévoyant et fidèle, qui surpasse le temps et l'espace, Dieu veille sur le monde. Ainsi chante le psalmiste: « Non, il ne dort pas, ne sommeille pas, le gardien d'Israël. Le Seigneur est ton gardien [...]. Le Seigneur te gardera [...] maintenant et à jamais » (Ps 120 [121], 4-5. 8).

 

Le passage entre le deuxième et le troisième millénaire, que nous sommes en train de vivre, est conservé lui aussi dans le mystère du Père. Il « est toujours à l'œuvre » (Jn 5, 17) pour le salut du monde et, par son Fils fait homme, il conduit son peuple de l'esclavage à la liberté, de la mort à la vie. Toute l'œuvre du grand Jubilé de l'An 2000 est, pour ainsi dire, inscrite dans cette nuit de Veille, qui porte à son achèvement celle de la Nativité du Seigneur. Bethléem et le Calvaire rappellent le même mystère d'amour de Dieu, qui « a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique: ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle » (Jn 3, 16).

 

Dans sa veille, en cette Nuit sainte, l'Église se penche sur les textes de l'Écriture qui retracent le projet divin de la Genèse à l'Évangile et qui, grâce aussi aux rites liturgiques du feu et de l'eau, confèrent à cette célébration singulière une dimension cosmique. Tout l'univers créé est appelé à veiller, en cette nuit, auprès du sépulcre du Christ. L'histoire du salut défile devant nos yeux, de la création à la Rédemption, de l'exode à l'Alliance sur le Sinaï, de l'ancienne à la nouvelle et éternelle Alliance. En cette Nuit sainte, le projet éternel de Dieu, qui investit l'histoire de l'homme et du cosmos, atteint son achèvement.

 

Dans la Veillée pascale, mère de toutes les veillées, tout homme peut reconnaître sa propre histoire de salut, qui a son fondement dans la renaissance dans le Christ par le Baptême. Telle est, de façon particulière, votre expérience, chers frères et sœurs qui allez recevoir les sacrements de l'initiation chrétienne: le Baptême, la Confirmation et l'Eucharistie. Vous venez de plusieurs pays du monde: le Japon, la Chine, le Cameroun, l'Albanie et l'Italie. La diversité de vos pays d'origine met en évidence l'universalité du salut apporté par le Christ. D'ici peu, chers amis, vous serez intimement introduits dans le mystère d'amour de Dieu, Père, Fils et Esprit Saint. Puisse votre existence devenir un chant de louange à la très Sainte Trinité et un témoignage d'amour qui ne connaît pas de frontières!

 

« Ecce lignum Crucis, in quo salus mundi pependit: venite adoremus! » C'est ce que l'Église a chanté hier en montrant le bois de la Croix « auquel a été suspendu le Christ Sauveur du monde ». « Il a été crucifié, est mort, a été enseveli », récitons-nous dans le Credo. Le sépulcre ! Voici l'endroit où on l'avait déposé (cf. Mc 16, 6). Spirituellement, la Communauté ecclésiale des différentes parties de la terre est là présente. Nous y sommes nous aussi avec les trois femmes qui se rendent au sépulcre avant l'aube, pour embaumer le corps sans vie de Jésus (cf. Mc 16, 1-2). Leur empressement est notre empressement. Avec elles nous découvrons que la grosse pierre tombale a été roulée et que le corps n'est plus là. « Il n'est pas ici », annonce l'ange, en montrant le sépulcre vide et les bandelettes funéraires par terre. La mort n'a plus aucun pouvoir sur Lui (cf. Rm 6, 9). Le Christ est ressuscité! C'est ce qu'au terme de cette nuit de Pâques, l'Église annonce, elle qui hier avait proclamé la mort du Christ sur la Croix. C'est une annonce de vérité et de vie.

 

« Surrexit Dominus de sepulchro, qui pro nobis pependit in ligno. Alleluia! ». Le Seigneur, qui pour nous fut suspendu à la croix, s'est levé du tombeau. Oui, le Christ est vraiment ressuscité et nous en sommes témoins! Nous le crions au monde, pour que la joie qui est la nôtre atteigne beaucoup d'autres cœurs, allumant en eux la lumière de l'espérance qui ne déçoit pas. Le Christ est ressuscité, alléluia!

 

Jean Paul II, le 22 avril 2000

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Victimæ paschali laudes

(Séquence du Dimanche de Pâques)

 

Victimæ paschali laudes immolent Christiani.

Ala Victime pascale, chrétiens offrons nos louanges.

 

Agnus redemit oves, Christus innocens Patri reconciliavit peccatores.

L’Agneau sauva les brebis, le Christ innocent réconcilia les pécheurs avec le Père.

 

Mors et vita duello conflixere mirando, dux vitæ mortuus regnat vivus.

La mort et la vie ont combattu en un duel prodigieux, le maître de la vie mourut, vivant Il règne.

 

Dic nobis Maria quid vidisti in via?

Dis-nous Marie [Magdeleine] qu’as-tu vu en chemin?

 

Sepulchrum Christi viventis et gloriam vidi resurgentis.

J’ai vu le Christ vivant en son sépulcre et la gloire du Ressuscité.

 

Angelicos testes, sudarium et vestes.

J’ai vu les Anges témoins, le suaire et les vêtements.

 

Surrexit Christus spes mea: præcedet suos in Galilæam.

Le Christ, mon Espérance, est ressuscité, il vous précédera en Galilée.

 

Scimus Christus surrexisse a mortuis vere. Tu nobis victor Rex, miserere! Amen! Alleluia!

Nous savons le Christ vraiment ressuscité des morts. Roi victorieux, prends pitié de nous! Ainsi soit-il! Louez le Seigneur!


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Saintes et Joyeuses fêtes de Pâques a vous tous !

 

20 avril 2011

Neuvaine à la Miséricorde Divine et au Vénérable Jean Paul II

 

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Neuvaine à la Miséricorde Divine et au Vénérable Jean Paul II

 

« Chers frères et sœurs, comme vous le savez, le 1er mai prochain j'aurai la joie de proclamer bienheureux le vénérable Pape Jean-Paul II, mon bien-aimé prédécesseur. La date choisie est très significative: ce sera en effet le deuxième dimanche de Pâques, qu'il a lui-même dédié à la Divine Miséricorde, et c'est lors de la vigile du Dimanche de la Miséricorde qu'a pris fin sa vie terrestre. Ceux qui l'ont connu, ceux qui l'ont estimé et aimé ne pourront pas ne pas se réjouir avec l'Eglise pour cet événement. Nous sommes heureux ! » (Benoît XVI à l’issue de l’Angélus du 16 janvier 2011)

 

« Je désire, dit Jésus à Soeur Faustine, que durant neuf jours, tu amènes les âmes à la source de ma miséricorde, afin qu'elles puisent force et fraîcheur, ainsi que toutes les grâces dont elles ont besoin dans les difficultés de la vie et particulièrement à l'heure de la mort. Chaque jour tu amèneras un groupe d'âmes différent et tu les plongeras dans l'océan de ma miséricorde. Et moi, je ferai entrer toutes ces âmes dans la demeure de mon Père (...). Et chaque jour, par ma douloureuse passion, tu solliciteras de mon Père des grâces pour ces âmes ».

 

Chaque jour de la Neuvaine

Chaque jour la prière ci-dessous, suivie de la prière du jour à la Miséricorde Divine, réciter ensuite le Chapelet de la Miséricorde Divine, puis l'invocation suivante: « Jean-Paul II, témoin de la Miséricorde Divine, priez pour nous ! » (Le 1er mai nous pourrons dire « Bienheureux Jean-Paul II »). Communier le 1er mai 2011 si vous le pouvez et accéder au Sacrement de la Réconciliation durant la neuvaine. Nous n'oublierons pas non plus d'invoquer l'intercession de Saint Joseph, car le 1er mai étant la Fête de Saint Joseph Artisan, nous réciterons pour cela la prière de Saint François de Sales à Saint Joseph.

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Prière

 

Ô Sainte Trinité, Nous Vous rendons grâce pour avoir fait don à Votre Église du Vénérable Pape Jean-Paul II et magnifié en lui la tendresse de Votre Paternité, la gloire de la Croix du Christ et la splendeur de l'Esprit d'Amour. Par son abandon sans condition à Votre Miséricorde infinie et à l'intercession maternelle de Marie, il nous a donné une image vivante de Jésus Bon Pasteur et nous a indiqué la sainteté, dimension sublime de la vie chrétienne ordinaire, voie unique pour rejoindre la communion éternelle avec Vous. Par l’intercession du Vénérable Jean-Paul II, accordez-nous, selon Votre Volonté, les grâces que nous implorons (......), en action de grâce pour sa prochaine béatification le 1er mai prochain à Rome lors de la messe célébrée par son successeur le pape Benoît XVI. Amen!

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Prière à Saint Joseph

(Saint François de Sales)

 

Glorieux Saint Joseph, époux de Marie, accordez-nous votre protection paternelle, nous vous en supplions par le Cœur de Jésus et le Cœur de Marie. O vous dont la puissance s'étend à toutes nos nécessités et qui savez nous rendre possibles les choses les plus impossibles, ouvrez vos yeux de père sur les intérêts de vos enfants. Dans l'embarras et la peine qui nous pressent, nous recourons à vous avec confiance. Daignez prendre sous votre charitable conduite cet intérêt important et difficile, cause de notre inquiétude (….) Faites que son heureuse issue tourne à la Gloire de Dieu et au bien de ses dévoués serviteurs. O vous que l'on n'a jamais invoqué en vain, aimable Saint Joseph, vous dont le crédit est si puissant auprès de Dieu que l'on a pu dire « au Ciel Saint Joseph commande plutôt qu'il ne supplie », tendre père, priez pour nous Jésus, priez pour nous Marie. Soyez notre avocat auprès de ce Divin Fils dont vous avez été ici-bas le père nourricier si attentif, si aimant, et le protecteur fidèle. Soyez notre avocat auprès de Marie, dont vous avez été l'époux si aimant et si tendrement aimé. Ajoutez à toutes vos gloires celle de gagner la cause difficile que nous vous confions. Nous croyons, oui, nous croyons que vous pouvez exaucer nos vœux en nous délivrant des peines qui nous accablent et des amertumes dont notre âme est abreuvée. Nous avons de plus la ferme confiance que vous ne négligez rien en faveur des affligés qui vous implorent. Humblement prosternés à vos pieds, bon Saint Joseph, nous vous en conjurons, ayez pitié de nos gémissements et de nos larmes. Couvrez-nous du manteau de vos miséricordes et bénissez-nous. Amen.

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Premier jour

Vendredi Saint

Prions pour les âmes des pécheurs et pour l'humanité tout entière

 

« Aujourd'hui, amène-Moi l'humanité entière, et particulièrement tous les pécheurs et immerge-les dans l'océan de Ma Miséricorde. Tu me consoleras ainsi dans cette amère tristesse dans laquelle Me plonge la perte des âmes ».

 

Très Miséricordieux Jésus, dont le propre est d'avoir pitié de nous et de nous pardonner, ne regardez pas nos péchés, mais la confiance que nous avons en Votre infinie Bonté et recevez-nous dans la demeure de Votre Coeur très compatissant et ne nous en laisse pas sortir pour l'éternité. Nous Vous en supplions par l'amour qui Vous unit au Père et au Saint Esprit.

 

Ô toute-puissance de la Miséricorde Divine,

Secours pour l'homme pécheur,

Vous êtes Miséricorde et océan de pitié,

Vous venez à l'aide à celui qui Vous prie avec humilité.

 

Père Éternel, jetez un regard de Miséricorde sur toute l'humanité enfermée dans le Coeur très Compatissant de Jésus et particulièrement sur les pauvres pécheurs, et par Sa douloureuse Passion, témoignez-nous Votre Miséricorde afin que nous glorifions la toute-puissance de Votre Miséricorde pour les siècles des siècles. Amen.

 

Chapelet de la Miséricorde Divine

 

Deuxième jour

Samedi Saint

Prions pour les âmes sacerdotales et religieuses

 

« Aujourd'hui, amène-Moi les âmes sacerdotales et religieuses, et immerge-les dans Mon insondable Miséricorde. Elles M'ont donné la force d'endurer Mon amère Passion, par elles comme par des canaux, Ma Miséricorde se déverse sur l'humanité ».

 

Très Miséricordieux Jésus, de qui provient tout ce qui est bon, multipliez Vos grâces en nous, afin que nous accomplissions de dignes actes de miséricorde, pour que ceux qui nous regardent, glorifient le Père de Miséricorde qui est au Ciel.

 

La source de l'Amour Divin,

Demeure dans les coeurs purs,

Plongés dans la mer de la Miséricorde,

Rayonnante comme les étoiles, claire comme l'aurore.

 

Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur ce groupe d'élus de Votre Vigne, les âmes sacerdotales et religieuses, et comblez-les de la puissance de Votre bénédiction, et par le sentiment du Coeur de Votre Fils dans lequel elles sont enfermées, accordez-leur la force de Votre Lumière, afin qu'elles puissent guider les autres sur les chemins du Salut, pour chanter ensemble la gloire de Votre insondable Miséricorde pour l'éternité. Amen.

 

Chapelet de la Miséricorde Divine

 

Troisième jour

Dimanche de Pâques

Prions pour les âmes pieuses et fidèles

 

« Aujourd'hui, amène-Moi toutes les âmes pieuses et fidèles et immerge-les dans l'océan de Ma Miséricorde; ces âmes M'ont consolé sur le Chemin de Croix, elles furent cette goutte de consolation au milieu d'un océan d'amertume ».

 

Très Miséricordieux Jésus qui accordez à tous avec surabondance les grâces du trésor de Votre Miséricorde, recevez-nous dans la demeure de Votre Coeur très Compatissant, et ne nous en laissez pas sortir pour les siècles. Nous Vous en supplions par l'inconcevable amour dont brûle Ton Coeur pour le Père Céleste.

 

Impénétrables sont les merveilles de la Miséricorde,

Insondables au pécheur comme au juste,

Sur tous, Vous jetez un regard de pitié,

Vous nous attirez vers Votre Amour.

 

Père Éternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes fidèles, héritage de Votre Fils, et par Sa Douloureuse Passion, accorde-leur Votre bénédiction et entourez-les de Votre incessante protection afin quelles ne perdent l'amour ni le trésor de la Sainte Foi, mais qu'avec le choeur des Saints elles glorifient Votre infinie Miséricorde pour les siècles des siècles. Amen.

 

Chapelet de la Miséricorde Divine

 

Quatrième jour

Lundi de Pâques

Prions pour les âmes des païens et de ceux qui ne connaissent pas encore Jésus

 

« Aujourd'hui, amène-Moi les païens et ceux qui ne Me connaissent pas encore, J'ai également pensé à eux durant Mon amère Passion, et leur zèle futur consolait mon Coeur. Immerge-les dans l'océan de Ma Miséricorde ».

 

Très compatissant Jésus qui êtes la Lumière du monde entier, recevez dans la demeure de Votre Coeur très compatissant les âmes des païens qui ne Vous connaissent pas encore; que les rayons de Votre grâce les illuminent, afin qu'elles aussi glorifient avec nous les merveilles de Votre Miséricorde, et ne les laissez pas sortir de la demeure de Votre Coeur très compatissant.

 

Que la lumière de Votre Amour,

Illumine les ténèbres des âmes,

Faites que ces âmes Vous connaissent,

Et qu'elles glorifient avec nous Votre Miséricorde.

 

Père Éternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes des païens et de ceux qui ne Vous connaissent pas encore, mais qui sont enfermés dans le Coeur très compatissant de Jésus. Attirez-les vers la Lumière de l'Évangile. Ces âmes ne savent pas combien est grand le bonheur de Vous aimer; faites qu'elles glorifient la largesse de Votre Miséricorde dans les siècles des siècles. Amen.

 

Chapelet de la Miséricorde Divine

 

Cinquième jour

Mardi de Pâques

Prions pour les âmes des hérétiques et des apostats

 

« Aujourd'hui, amène-Moi les âmes des hérétiques et des apostats et immerge-les dans l'océan de Ma Miséricorde; dans Mon amère Passion, elles Me déchiraient le corps et le coeur, c'est-à-dire Mon Église. Lorsqu'elles reviennent à l'unité de l'Église, Mes Plaies se cicatrisent, et de cette façon elles Me soulageront dans Ma Passion ».

 

Très Miséricordieux Jésus qui êtes la Bonté même, Vous ne refusez pas la Lumière à ceux Vous la demandent, recevez dans la demeure de Votre Coeur très compatissant les âmes des frères séparés et attirez-les par Votre lumière à l'unité de l'Eglise, et ne les laissez pas sortir de la demeure de Votre Coeur très Compatissant mais faites qu'elles aussi glorifient la largesse de Votre Miséricorde.

 

Même pour ceux qui mirent en pièces le manteau de Votre Unité,

Coule de Votre Coeur une Source de Pitié.

La toute-puissance de Votre Miséricorde, ô Dieu,

Peut retirer même ces âmes de l'erreur.

 

Père Éternel, jetez un regard miséricordieux sur les âmes des frères séparés et surtout ceux qui persistant obstinément dans leurs erreurs, gaspillèrent Vos bontés et abusèrent de Vos grâces. Ne regardez pas leurs fautes, mais l'amour de Votre Fils et Son amère passion qu'Il souffrit également pour elles, puisqu'elles aussi sont enfermées dans le Coeur très compatissant de Jésus. Faites qu'elles aussi glorifient Votre immense Miséricorde dans les siècles des siècles. Amen.

 

Chapelet de la Miséricorde Divine

 

Sixième jour

Mercredi de Pâques

Prions pour les âmes douces et humbles

 

« Aujourd'hui, amène-Moi les âmes douces et humbles, ainsi que celles des petits enfants et immerge-les dans Ma Miséricorde. Ces âmes ressemblent le plus à Mon Coeur, elles M'ont réconforté dans Mon amère agonie; Je les voyais veiller comme des anges terrestres qui veilleront sur Mes Autels, sur elles Je verse des torrents de grâces. Seule une âme humble est capable de recevoir Ma Grâce, aux âmes humbles J'accorde Ma confiance ».

 

Très miséricordieux Jésus qui avez dit Vous-même: « Apprenez de Moi que Je suis doux et humble de Coeur », recevez dans la demeure de Votre Coeur très compatissant les âmes douces et humbles, ainsi que celles des petits enfants. Ces âmes plongent dans le ravissement le Ciel entier et sont la prédilection particulière du Père céleste. Elles sont un bouquet de fleurs devant le Trône Divin où Dieu seul se délecte de leur parfum. Ces âmes demeurent pour toujours dans le Coeur très compatissant de Jésus et chantent sans cesse l'hymne de l'Amour et de la Miséricorde pour les siècles.

 

L'âme véritablement humble et douce

Respire déjà le paradis sur terre,

Et le parfum de son coeur humble

Ravit le Créateur Lui-même.

 

Père Éternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes douces et humbles, et sur les âmes des petits enfants, enfermées dans la demeure du Coeur très Compatissant de Jésus. Ce sont ces âmes qui ressemblent le plus à Votre Fils, le parfum de ces âmes monte de la terre et atteint Votre Trône. Père de Miséricorde et de toute Bonté, je Vous implore par l'Amour et la prédilection que Vous avez pour ces âmes, bénissez le monde entier, afin que toutes les âmes puissent chanter ensemble la gloire de Votre Miséricorde pour l'éternité. Amen.

 

Chapelet de la Miséricorde Divine

 

Septième jour

Jeudi de Pâques

Prions pour les âmes qui honorent et glorifient particulièrement la Miséricorde de Jésus

 

« Aujourd'hui, amène-Moi les âmes qui honorent et glorifient particulièrement Ma Miséricorde et immerge-les dans Ma Miséricorde. Ces âmes ont le plus vivement compati aux souffrances de Ma Passion et ont pénétré le plus profondément dans Mon Esprit. Elles sont le vivant reflet de Mon Coeur compatissant. Ces âmes brilleront d'un éclat particulier dans la vie future, aucune n'ira dans le feu de l'enfer, Je défendrai chacune d'elles en particulier à l'heure de la mort ».

 

Très Miséricordieux Jésus dont le Coeur n'est qu'Amour, recevez dans la demeure de Votre Coeur très Compatissant les âmes qui honorent et glorifient particulièrement la grandeur de Votre Miséricorde. Ces âmes sont puissantes de la force de Dieu Lui-même; au milieu de tous les tourments et contrariétés, elles avancent confiantes en Votre Miséricorde, ces âmes sont unies à Jésus et portent l'humanité entière sur leurs épaules. Ces âmes ne seront pas jugées sévèrement, mais Votre Miséricorde les entourera au moment de l'agonie.

 

L'âme qui célèbre la bonté de son Seigneur,

Est tout particulièrement aimée de Lui.

Elle est toujours proche de la source vive,

Et puise les grâces en la miséricorde divine.

 

Père Éternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes qui glorifient et honorent Votre plus grand attribut, c'est-à-dire Votre infinie Miséricorde et qui sont enfermées dans le Coeur très Compatissant de Jésus. Ces âmes sont un vivant Evangile, leurs mains sont pleines d'actes de Miséricorde et leur âme débordante de joie chante l'hymne de la Miséricorde du Très-Haut. Je Vous en supplie mon Dieu, manifestez-leur Votre Miséricorde selon l'espérance et la confiance qu'elles ont mises en Vous, que s'accomplisse en elles la promesse de Jésus qui leur a dit: « Les âmes qui vénéreront Mon infinie Miséricorde, je les défendrai Moi-même durant leur vie et particulièrement à l'heure de la mort comme Ma propre Gloire ».

 

Chapelet de la Miséricorde Divine

 

Huitième jour

Vendredi de Pâques

Prions pour les âmes du Purgatoire

 

« Aujourd'hui, amène-Moi les âmes qui sont dans la prison du Purgatoire et immerge-les dans l'abîme de Ma Miséricorde, que les flots de Mon Sang rafraîchissent leurs brûlures. Toutes ces âmes Me sont très chères, elles s'acquittent envers Ma Justice; il est en ton pouvoir de leur apporter quelque soulagement. Puise dans le trésor de Mon Eglise toutes les indulgences, et offre-les pour elles; ô si tu connaissais leur supplice, tu offrirais sans cesse pour elles l'aumône de ton esprit, et tu paierais leurs dettes à Ma Justice ».

 

Très miséricordieux Jésus qui avez dit Vous-même vouloir la Miséricorde, voici que j'amène à la demeure de Votre Coeur très Compatissant les âmes du Purgatoire, les âmes qui Vous sont très chères, mais qui pourtant doivent rendre des comptes à Votre Justice, que les flots de Sang et d'Eau jaillis de Votre Coeur éteignent les flammes du feu du Purgatoire, afin que, là aussi, soit glorifiée la puissance de Votre Miséricorde.

 

De la terrible ardeur du feu du purgatoire

Une plainte s'élève vers Ta miséricorde,

Et ils connaissent consolation, soulagement et fraîcheur,

Dans le torrent d'eau à Ton sang mêlé.

 

Père Éternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes souffrant au purgatoire, mais qui sont enfermées dans le Coeur très compatissant de Jésus. Je Vous implore par la douloureuse Passion de Jésus, Votre Fils, et par toute amertume dont Son âme très sainte fut inondée, montrez Votre Miséricorde aux âmes qui sont sous Votre regard juste; ne les regardez pas autrement qu'à travers les Plaies de Jésus, Votre très cher Fils, car nous croyons que Votre Bonté et Votre Pitié sont sans mesure.

 

Chapelet de la Miséricorde Divine

 

Neuvième jour

Samedi de Pâques

Prions pour les âmes froides

 

« Aujourd'hui, amène-Moi les âmes froides, et immerge-les dans l'abîme de Ma Miséricorde. Ce sont ces âmes qui blessent le plus douloureusement Mon Coeur. C'est une âme indifférente qui au Jardin des Oliviers M'inspira la plus grande aversion. C'est à cause d'elles que j'ai dit: « Père, éloignez de Moi ce calice, si telle est Votre Volonté ». Pour elles l'ultime planche de salut est de recourir à Ma Miséricorde ».

 

Très compatissant Jésus qui n'êtes que pitié, je fais entrer dans la demeure de Votre Coeur très compatissant les âmes froides, que dans ce feu de Votre pur amour, se réchauffent ces âmes glacées, qui ressemblent à des cadavres et Vous emplissent d'un tel dégoût. Ô très compatissant Jésus, usez de la toute-puissance de Votre Miséricorde et attirez-les dans le brasier même de Votre amour, et donnez-leur l'Amour divin, car Vous pouvez tout.

 

Feu et glace ensemble ne peuvent être mêlés,

Car le feu s'éteindra ou la glace fondra.

Mais Votre Miséricorde, ô mon Dieu,

Peut soutenir de plus grandes misères encore.

 

Père Éternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes froides, qui sont cependant enfermées dans le Coeur très compatissant de Jésus. Père de miséricorde, je Vous supplie par l'amertume de la passion de Votre Fils et par Son Agonie de trois heures sur la Croix: permettez qu'elles aussi célèbrent l'abîme de Votre miséricorde...

 

Le Chapelet de la Miséricorde Divine

 

Le 14 septembre 1935, Soeur Faustine entend les mots suivants: « Dis toujours le chapelet que je t'ai appris. Celui qui le dit fera l'expérience de ma Miséricorde, sa vie durant, et surtout à l'heure de sa mort ».

 

Au début : Notre Père... Je vous salue Marie... Je crois en Dieu...

 

Sur les grains du « Notre Père », on récite les paroles suivantes: « Père éternel je Vous offre le Corps et le Sang, l'Âme et la Divinité de ton Fils Bien-Aimé, Notre Seigneur Jésus-Christ, en réparation de nos péchés et de ceux du monde entier ».

 

Sur les grains du « Je vous salue Marie », on récite les paroles suivantes: « Par sa douloureuse Passion, ayez pitié de nous et du monde entier ».

 

Pour conclure, on dit trois fois: « Dieu Saint, Dieu Fort, Dieu Éternel, ayez pitié de nous et du monde entier ».

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Béatification du Vénérable Jean Paul II

Le Dimanche 1er mai 2011

Dimanche de la Miséricorde Divine

 

Programme

 

Le 30 avril, Veillée de prière au Cirque Maxime de Rome. (La veillée commencera à les 21h et s’achèvera vers les 22h30). A 20 h, débutera la préparation à la rencontre.


Cette veillée sera organisée par le Diocèse de Rome, dont Jean-Paul II fut l'évêque. Elle sera guidée par le cardinal Agostino Vallini, vicaire général du pape pour le diocèse de Rome. Benoît XVI s'unira spirituellement à cette veillée par une liaison vidéo.

 

Le 1er mai, Célébration de la béatification à la place Saint-Pierre, elle commencera à 10h et sera présidée par Benoît XVI. (Aucun billet ne sera demandé pour y participer mais l'accès à la place et aux zones proches sera sous la protection de la Sécurité publique).

 

Le 1er mai, Vénération de la dépouille du nouveau bienheureux. Juste après la cérémonie de béatification, la dépouille du nouveau bienheureux sera déposée pour la vénération dans la basilique Saint-Pierre, devant l'autel de la Confession. Elle se poursuivra jusqu'à l'épuisement de la foule des fidèles.

 

Le 2 mai, Messe d'action de grâce place Saint-Pierre. La messe est à les 10h30 et sera présidée par le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat.


Toutes ces célébrations seront retransmises sur la chaîne catholique KTO

(Ou à suivre en ligne sur leur site internet : www.ktotv.com

 

Pour aller plus loin

Site officiel de sa béatification

www.karol-wojtyla.org

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17 avril 2011

Lundi Saint

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Semaine Sainte 2011

Lundi Saint

 

Evangile selon saint Jean

 

Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, celui qu'il avait ressuscité d'entre les morts. On donna un repas en l'honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était avec Jésus parmi les convives. Or, Marie avait pris une livre d'un parfum très pur et de très grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu'elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie par l'odeur du parfum. Judas Iscariote, l'un des disciples, celui qui allait le livrer, dit alors : « Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d'argent, que l'on aurait données à des pauvres ? » Il parla ainsi, non parce qu'il se préoccupait des pauvres, mais parce que c'était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait pour lui ce que l'on y mettait. Jésus lui dit : « Laisse-la ! Il fallait qu'elle garde ce parfum pour le jour de mon ensevelissement. Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours. » Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là, et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu'il avait ressuscité d'entre les morts. Les chefs des prêtres décidèrent alors de faire mourir aussi Lazare, parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s'en allaient, et croyaient en Jésus.

 

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Méditation

 

Nous avons remarqué plus haut que le récit évangélique qui vient d'être lu se rapporte au Samedi, veille du Dimanche des Rameaux, et qu'il a été inséré dans la Messe d'aujourd'hui parce que, dans l'antiquité, ce Samedi n'avait pas de Station. La sainte Eglise a voulu porter notre attention sur cet intéressant épisode des derniers jours de notre Rédempteur, parce qu'il nous aide à saisir l'ensemble des circonstances qui se produisaient à ce moment autour de lui. Marie-Madeleine, dont la conversion était, il y a quelques jours, l'objet de notre admiration, est appelée à figurer dans les scènes de la Passion et de la Résurrection de son maître. Type de l'âme purifiée et admise ensuite aux faveurs célestes, il nous importe de la suivre dans les diverses phases que la grâce divine lui fait parcourir. Nous l'avons montrée s’attachant aux pas de son Sauveur et subvenant à ses besoins; ailleurs le saint Evangile nous la tait voir préférée à Marthe sa sœur, parce qu'elle a choisi la meilleure part ; dans les jours où nous sommes, elle nous intéresse surtout par son tendre attachement à Jésus. Elle sait qu'on le cherche pour le faire mourir ; et l'Esprit Saint, qui la conduit intérieurement à travers les états toujours plus parfaits qui se succèdent en elle, veut qu'aujourd'hui elle accomplisse une action prophétique à l'égard de ce qu'elle redoute le plus. Entre les trois présents des Mages, l'un d'eux était un signe de mort pour le divin Roi que ces hommes fidèles étaient venus saluer du fond de l'Orient : c'était la myrrhe, parfum funéraire qui fut employé si abondamment dans la sépulture du Sauveur. Nous avons vu que Madeleine, au jour de sa pénitence, témoigna de son changement de vie par l'effusion du plus précieux de ses parfums sur les pieds de Jésus. Aujourd'hui, elle a recours encore à cette touchante manifestation de son amour. Son maître divin est à table chez Simon le Lépreux ; Marie, la Mère de douleurs, est avec lui, ainsi que les disciples ; Marthe veille au service ; tout est calme dans cette maison ; mais de tristes pressentiments sont au fond des cœurs. Tout à coup Madeleine paraît, portant dans ses mains un vase rempli d'une huile de nard du plus grand prix. Elle se dirige vers Jésus, et s'attachant à ses pieds, elle les inonde de ce parfum ; et cette fois encore elle les essuie avec ses cheveux. Jésus était étendu sur un de ces lits dont les Orientaux se servaient, lorsqu'ils prenaient leur repas dans les festins ; il était donc facile à Madeleine d'arriver aux pieds de son maître, et de renouveler cette démonstration de respect et de tendresse à laquelle elle s'était livrée autrefois chez le pharisien ; mais en ce jour le récit sacré ne nous dit pas qu'elle ait mêlé ses larmes à son parfum. Deux des Evangélistes, dont saint Jean a voulu compléter la narration trop succincte, nous apprennent qu'elle répandit aussi cette huile de senteur sur la tête du Sauveur. Madeleine sentait-elle en ce moment toute la portée de l'action que l'Esprit divin lui inspirait ? L'Evangile ne le dit pas ; mois Jésus révéla le mystère à ses disciples ; et nous qui recueillons ses paroles, nous apprenons par ce fait que la Passion de notre Rédempteur est, pour ainsi dire, commencée, puisque déjà la main de Madeleine L'embaume pour le tombeau. La suave et pénétrante odeur du parfum avait rempli toute la salle. L'un des disciples, Judas Iscariote, ose protester contre ce qu'il appelle une profusion. La bassesse de cet homme et son avarice Font rendu insensible et sans pudeur. La voix de plusieurs des disciples s'unit à la sienne : tant leurs pensées étaient vulgaires encore! Jésus permit cette indigne réclamation pour plusieurs motifs. Il voulait d'abord annoncer sa mort prochaine à ceux qui l'entouraient, en leur dévoilant le secret exprime par cette effusion d'un parfum sur son corps. Son but ensuite était de glorifier Madeleine, dont l'amour était à la fois si tendre et si ardent ; et c'est alors qu'il annonça que la renommée de cette illustre pénitente s'étendrait par toute la terre, aussi loin que l'Evangile lui-même pénétrerait. Enfin il voulait par avance consoler les âmes pieuses auxquelles son amour inspirerait de faire des largesses à ses autels, et les venger des critiques mesquines dont elles devaient souvent être l'objet. Recueillons ces enseignements divins. Aimons à honorer Jésus dans sa personne comme dans ses pauvres Honorons Madeleine et mettons-nous à sa suite, lorsque bientôt nous la verrons si assidue au Calvaire et au sépulcre. Enfin préparons-nous à embaumer notre Sauveur, en réunissant pour sa sépulture la myrrhe des Mages, qui figure la pénitence, et le précieux nard de Madeleine, qui représente l'amour généreux et compatissant.


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Nous terminerons la journée par cette belle prière empruntée à l'antique Liturgie Gallicane

 

O Christ! ô Dieu, souverain Seigneur, crucifiez-nous comme vous même à ce monde ; que votre vie soit en nous. Mettez sur vous nos péchés, afin qu'ils soient, eux aussi, par vous attachés à la Croix. Vous qui avez été élevé de terre,afin de nous soustraire au joug de l'impur tyran, attirez-nous à vous. Nous sommes, il est vrai, exposés aux insultes du diable; à cause de notre chair et de ses convoitises ; mais ce n'est pas lui, c'est vous que nous voulons servir. Nous voulons vivre sous vos lois; nous vous prions de nous gouverner, vous qui, par la mort de la Croix, avez daigné nous délivrer , nous mortels et envahis par la mort. Aujourd'hui donc, pour cet immense bienfait, nous vous présentons notre très humble service ; nous vous adorons, nous vous implorons, nous vous supplions de venir promptement vers nous, ô Dieu éternellement puissant ! que votre Croix, par sa vertu souveraine , triomphe en nous des attraits du monde; que votre bonté rétablisse nos âmes dans leur état primitif de vertu et de grâce. Vous accomplit ce qui jusqu'alors n'était que possible ; vous devant qui le passé et le présent sont unis, faites que voire Passion nous soit salutaire en ce moment, comme si elle avait lieu aujourd'hui ; qu'une goutte de votre sang divin épanché un jour sur la terre soit aujourd'hui notre salut ; qu'elle lave tous les péchés e notre nature terrestre; qu'elle se mêle à la terre de notre corps ; et qu'elle nous rende tout vôtres , étant redevenus votre corps par notre réconciliation avec vous, notre Chef, qui vivez et régnez avec le Père et le Saint-Esprit. Maintenant donc commencez à régner sur nous, Homme-Dieu , Christ Jésus , Roi dans les siècles des siècles!

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Textes du Serviteur de Dieu Dom Prosper Guéranger, extraits de « L'Année Liturgique »

10 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Onzième jour

La Sainte Vierge seule, sur la Chaîne des Alpes

 

L'apparition de la Salette, la bonté si touchante avec laquelle Marie daigne entrer en communication avec deux pauvres bergers, les admettre à contempler de si près les rayons éblouissants de sa gloire, à entendre sa voix céleste, rappelle l'événement le plus considérable, le plus divin de la religion: c'est cette condescendance adorable, par laquelle, jadis, Dieu nous a parlé par son propre Fils qui, inclinant les cieux, est descendu jusqu'aux hommes; qui a habité parmi nous, plein de grâce et de vérité, et s'est rendu, selon la belle pensée de saint Augustin, merveilleusement populaire. Oui, l'événement de la Salette rend aussi Marie merveilleusement populaire, ou plutôt, merveilleusement humble et digne d'une sorte de compassion: au ciel, Marie est assise sur le trône de sa gloire, et la cour céleste l'environne, dans l'attitude de la vénération : dans les églises de la terre, Elle règne sur tous les autels, et les peuples sont à ses pieds: regardez-la sur la montagne; le monde ignore sa venue; les anges ne lui font pas cortège; les vierges ne l'ont pas suivie; tout est silencieux, vide, isolement autour d'Elle; il n'y a, pour recevoir sa visite, que ce qu'il y avait à la crèche, de pauvres bergers, et quelques vils animaux. Eh quoi! la Mère de Dieu, seule, abandonnée, errante et perdue en quelque sorte sur cette haute montagne, dans un désert, au milieu de rochers inaccessibles; quelle situation étrange pour la Reine du ciel; quel touchant et douloureux spectacle pour ses enfants de la terre!... Ne nous semble-t-il pas entendre les échos émus de cette montagne étonnée, répéter ce cri plaintif du cœur de Jésus au Calvaire : « mon fils, mon fils, pourquoi m'abandonnez-vous ici?... » Il y a dans nos saints livres, une figure des amertumes de ce délaissement et de cette solitude: c'est Noémie, l'illustre veuve de Bethléem, condamnée à un long exil dans les montagnes de la Judée; à la nouvelle de son retour, les femmes allèrent au-devant d'elle, et disaient, en la voyant passer: « C'est Noémie!... » Et elle répondait: « Ah! ne m'appelez pas Noémi, c'est-à-dire, belle! mais Mara, c'est-à-dire, amère, parce que le Tout-Puissant m'a remplie d'amertumes; je suis sortie riche, et le Seigneur me ramène pauvre!... Non, pas Noémie, moi, humiliée, affligée par le Seigneur!... » Voici, sur les montagnes de la Salette, la Noémie nouvelle; c'est Marie. Ah! Marie était belle autrefois; entendez les chants de l'Eglise: « Vous êtes toute belle, ô Marie, et il n'y a pas de tache en vous!... » « Quelle est celle qui monte du désert, belle comme la lune, brillante comme le soleil?... » Mais ici, Elle n'est plus tout cela ; seule et délaissée au sommet des Alpes, Elle semble crier au monde: « Ah! ne m'appelez pas belle aujourd'hui; voyez, voyez plutôt, je suis toute couverte de tous les instruments de la passion de mon Fils; entendez les chants de l'Eglise, c'est la fête de mes douleurs, comparées aux flots de la mer; voyez donc combien je suis affligée! Mon cœur est troublé en moi-même; je suis pleine d'amertumes, parce que mon peuple ne me laisse pour nourriture que l'absinthe et mes larmes, et pour breuvage, une eau mêlée de fiel...Les nations m'appellent bienheureuse. Ah! je ne sens en ce moment mon bonheur, que par la grandeur de mes maux; oui, le Tout-Puissant m'a élevée, exaltée; mais me voici bien humiliée, bien abandonnée, dans cette solitude immense ».

 

Réflexions

 

Deux considérations remplissent ici nos pensées, l'importance de ce message, les amertumes dont il est la source pour Marie: 1° Il est écrit, dans la parabole des vignerons, que le père de famille après leur avoir envoyé successivement plusieurs de ses serviteurs, qui furent maltraités, leur envoya enfin son propre fils, en disant: Ils auront quelque respect pour mon fils... Jésus-Christ a sans doute dit aussi, en nous envoyant sa divine Mère à la Salette: « Ils auront quelque respect pour ma Mère; son isolement, sa solitude leur feront compassion; ils ne la verront pas pleurer sur eux, sans ressentir quelque salutaire émotion; ils n'entendront pas sa voix émue, sans prêter une oreille attentive; ils ne pourront contempler sur sa poitrine, les chaînes merveilleuses de mon amour, l'image encore inondée du sang de ma passion et de ma mort, sans consentir à y répondre, et à se laisser enfin gagner au Fils par la Mère!... » Il est bien manifeste qu'il aurait dû du moins en être ainsi pour tous les cœurs qui ont conservé la foi, et qui ont quelque souci de leur salut! sommes-nous au nombre de ces chrétiens fidèles, ou parmi ceux qui résistent encore aux prévenances maternelles de Marie sur la montagne, et aux instances ineffables de l'amour de son Fils?... 2° Noémie nouvelle, Marie ne veut pas qu'on l'appelle belle, mais arrière! Cependant, on voit sur son visage les marques éclatantes d'une grande beauté, une brillante lumière l'environne, un riche diadème rayonne sur son front... Quelle amertume y a-t-il donc dans le cœur de Marie?... Le cœur de Marie est une image, un reflet du cœur de Jésus; c'est-à-dire, un océan de bonté, où s'agitent sans cesse les flots amers du péché; et ses amertumes, ce sont les crimes des hommes, leurs impiétés, leurs blasphèmes; en un mot, ce torrent d'iniquités, qui, se répandant sur la terre, est passé à travers son âme: et voilà ce qui la fait s'écrier sur la montagne de la Salette: « Ne m'appelez pas ici Noémie, parce que je me sens aujourd'hui toute remplie d'amertumes!... » Or, Celle qui fait entendre ces accents douloureux, c'est notre Mère; et on ne laisse pas une mère gémir seule, et sans consolation!... que ferons-nous donc, pour adoucir les amertumes de notre Mère? Aimer Dieu, observer ses commandements, répandre autour de soi les parfums de la vertu, de la charité chrétienne, voilà le doux breuvage que nous demande Notre Dame de la Salette.

 

Pratique : Se recueillir un instant, avant de quitter l'église; représenter vivement à son âme ce grand spectacle de la Sainte Vierge, abandonnée sur la montagne; compatir à l'amertume de son cœur, par des sentiments de componction, et quelques aspirations affectueuses à la douleur de cet isolement.

 

Guérison miraculeuse

(Lettre de Monsieur le curé de Verpel (Ardennes) à Monsieur le Supérieur de la Salette, 12 novembre 1866)

 

Mon Révérend Père, Il y a quelques mois, me rendant aux désirs de mes bons paroissiens, j'érigeais une statue de Notre Dame de la Salette dans l'église de mon annexe. Il semble, mon Révérend Père, que cette douce Mère du ciel avait hâte de faire son entrée solennelle dans notre diocèse, et d'y opérer son premier prodige... J'hésitais à vous en donner connaissance, lorsqu'en recevant le dernier numéro de vos annales, je fus frappé par la date de la guérison de Mlle Eugénie Chauvet. C'est en effet le même jour, 16 septembre 1866, et probablement à la même heure, que s'est opérée la guérison de Mlle Zélie Frisch, ma paroissienne. Cette jeune fille, âgée de 22 ans, n'était pas sortie de son lit depuis trois mois. Pendant ce laps de temps, elle n'avait pris ni boisson, ni aucune nourriture; elle rejetait tout aliment et vomissait le sang fréquemment et abondamment; c'est au point qu'un savant docteur qui l'a visitée pendant deux mois environ, l'a traitée pour une phthisie pulmonaire, arrivée à sa dernière période. Selon l'avis du même docteur, la malade était encore atteinte d'un rhumatisme articulaire. Ses souffrances étaient très vives, et il était impossible de la transporter d'un lit à un autre sans lui faire éprouver des spasmes et des étouffements qui duraient quelquefois plusieurs heures. Or, la malade et tous les membres de sa pieuse famille, commencent une neuvaine à Notre Dame de la Salette. Le 16 septembre, on était au sixième jour de la neuvaine. Pendant la messe paroissiale, vers neuf heures et demie, la malade prend avec beaucoup de peine un flacon placé près de son lit et contenant de l'eau de la source miraculeuse; elle en boit quelques gouttes, et,au même instant, elle se sent comme soulevée par une force extraordinaire, descend de son lit sans se rendre compte de cette action, fait trois ou quatre pas dans sa chambre et va s'appuyer sur une commode. Là, seulement, elle s'aperçoit qu'elle a marché. « Maman, je suis guérie », s'écrie-t-elle. Et à ces mots, elle s'agenouille devant une statue de Notre-Dame de la Salette, qu'elle tenait entre les mains, fait une courte prière, s'habille sans peine, demande à manger, et se dirige vers l'église avec autant d'assurance que si jamais elle n'avait éprouvé le moindre malaise. Depuis ce moment, elle mange toute espèce de nourriture avec un appétit dévorant; rien ne lui fait mal. Elle a entrepris déjà plusieurs voyages à pied, en voiture, et quand on lui dit qu'elle abuse de ses forces, elle répond que celle qui l'a guérie la soutiendra. Un homme honorable sous tout rapport, très estimé dans le pays, et du reste éminemment habile en médecine, a visité plusieurs fois la malade, et en apprenant sa guérison instantanée, a dit formellement: « C'est un miracle! » Il s'est passé déjà bien des faits extraordinaires dans cette paroisse, obtenus par l'intercession de Notre-Dame de la Salette, qui seront donnés plus tard à la connaissance des serviteurs dévoués au culte de cette bonne Mère. Puisse-t-elle étendre de plus en plus son doux empire et protéger d'une manière toute spéciale les cités trop heureuses qui l'ont choisie pour patronne et pour gardienne. (Annales de Notre-Dame de la Salette).

 

Prière

 

O Marie, ô Mère des hommes, c'est surtout en vous considérant à la Salette, que j'aime à vous entendre nommer, Mère affligée, Vierge très douloureuse!... que de fois, depuis le jour de votre apparition sur cette bénie montagne, j'ai médité sur la grande part que j'avais à vos douleurs!... il me semble, ô ma Mère, que je le comprends aujourd'hui; faites qu'il ne soit pas trop tard!... Et si Dieu est spécialement irrité contre moi, Vierge apparue à la Salette, daignez m'en avertir!... Si mes violations personnelles sont la cause des amertumes profondes dont je vous vois abreuvée, Vierge de la Salette, inspirez-moi le désir d'une conversion sincère!... Surtout, si j'étais du nombre des infortunés sur lesquels le bras de votre Fils menace de s'appesantir, Vierge de la Salette, soutenez-le encore, comme vous l'avez fait sur le plateau sanctifié de la montagne... et soyez toujours pour votre enfant, ô Marie, sur la terre et dans le ciel, Mère de grâce et de miséricorde. Ainsi soit-il.

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9 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Dixième jour

La pierre de la fontaine

 

Dans nos saints livres, il est souvent fait mention du mot « petra », pierre... Plusieurs sont restées particulièrement célèbres: par exemple, celles qui servirent aux patriarches à dresser les premiers autels des sacrifices; la pierre qui reçut la tète de Jacob, pendant son sommeil mystérieux au désert: mais voici sous la loi nouvelle, une pierre, à laquelle ne sont pas moins acquis désormais, le souvenir et le respect religieux de l'histoire; c'est la pierre sur laquelle s'est assise la Vierge de la Salette. La pierre des sacrifices ne fut touchée que par les seules mains des patriarches; la pierre de la Salette a reçu le corps très-pur de Marie; celles du désert n'ont porté que les victimes immolées; celle de la Salette a porté la vraie Mère du vrai Dieu!... Les unes n'ont été arrosées que du sang impur des holocaustes; l'autre a été arrosée par les larmes virginales de cette même Mère!... Et pour la pierre de Jacob, elle fut déposée là, dit une pieuse tradition, par les anges! Il me semble aussi que les anges, à la première nouvelle de l'apparition, durent descendre du ciel, et venir préparer sur la montagne, le siège de leur Reine... Aussi, la gloire particulière de la pierre de la Salette a-t-elle été comprise; et elle n'a pas été laissée, confondue au milieu des autres rochers de la montagne: elle dut subir naturellement, au début du pèlerinage, les mutilations de la piété publique, qui emporta les fragments détachés comme autant de reliques; après peu de jours, elle fut respectueusement recueillie par Monsieur le curé de la Salette: plus tard, l'évêché de Grenoble l'a déposée dans une sorte de châsse provisoire, revêtue de tous sceaux d'authenticité; et les pèlerins de la sainte Montagne la contemplent aujourd'hui avec une sorte de vénération, sous un chalet de cristal, dans les trésors de la sacristie. Elle n'a plus les dimensions qu'elle avait à l'époque de l'apparition: il a bien fallu satisfaire les instances des pèlerins, et détacher en leur faveur des parcelles nombreuses, qui ont servi à opérer bien des merveilles, comme l'eau miraculeuse de la fontaine; mais depuis plusieurs années, on ne touche plus à la précieuse relique, et les visiteurs sont réduits à jeter sur elle des regards de pieuse convoitise.

 

Réflexions

 

Tout paraît merveilleusement prévu, et providentiellement préparé, à la Salette; tout, jusqu'au symbolisme et à la vertu de la pierre choisie pour la scène de l'apparition: 1° Symbolisme: En établissant son Eglise, Jésus-Christ voulut lui donner en héritage, la stabilité et la durée; et, comme gage de cette durée, comme figure de cette stabilité, il l'a assise sur la pierre: C'est sur la pierre que je bâtirai mon Eglise, et à cette pierre viendra se briser la fureur des flots de l'enfer impuissant. Voici Marie, venant établir son œuvre sur la montagne; Elle veut, Elle aussi, pour son œuvre, la durée en héritage: or, ayant appris de son divin Fils, le secret et la science des œuvres solides, Elle va, Elle, fondatrice, s'asseoir sur une pierre, comme si Elle voulait, par cette figure, donner à sa dévotion nouvelle, un gage de stabilité; Elle reproduit quelques caractères de l'Eglise: le martyre, par l'opposition vaincue à l'origine; le miracle, par les faveurs merveilleuses obtenues sous ce vocable; l'universalité, comptant déjà des sanctuaires sous tous les soleils et sur toutes les terres... 2° Vertu communiquée à la pierre de la Salette: « Saint Germain, patriarche de Constantinople, prêchant dans une Eglise où l'on a vénérait la ceinture de la Mère de Dieu, s'adressait à cette précieuse relique, comme si elle eût été animée et pleine d'intelligence: « O ceinture admirable, s'écriait-il, vous qui avez ceint le corps qui a lui-même ceint le corps du Dieu fait homme... quelle a sainteté, quelle vertu n'avez-vous pas dû acquérir, au contact d'un corps si pur et si saint!... O ceinture sans pareille, fortifiez nous contre les faiblesses de la chair... ceignez-nous de force, de justice et de mansuétude... préservez-nous de tout danger!... » Après cela, ne nous est-il pas permis de nous adresser, nous aussi, à Marie assise sur la Montagne?... Ne nous est-il pas permis de lui demander de toucher nos âmes, de les convertir?... Ce miracle s'est produit à l'attouchement des chaînes des apôtres, des vêtements des martyrs; ne peut-il sortir d'une pierre qu'a touchée la Mère de Dieu?... Prenant donc l'accent du patriarche de Constantinople, nous nous écrierons comme lui: O pierre sanctifiée et comme ramollie par une vertu divine! de quels parfums célestes a dû vous embaumer le contact du corps très-pur de Marie! Ah! ne les retenez pas tous, ces parfums: laissez-les s'épancher sur mon âme, pour l'embaumer tout entière de l'odeur des vertus de Celle qui est venue du ciel vous demander un instant, pour le soulagement de ses douleurs, force, asile-et repos!...

 

Pratique : Se représenter par la pensée qu'on est assis à côté de Marie, sur la pierre de la Salette; écouter humblement les reproches de conduite que sa voix nous adresse, accepter sans retard les pratiques de piété que son cœur nous demande, et qu'il faut bien déterminer à la fin de cet exercice.

 

Deux conversions obtenues par l'intercession de Notre-Dame de la Salette

 

Un vieillard, issu d'une illustre famille, avait été pendant longtemps le scandale du pays qu'il habitait. Dieu permit un jour qu'il trouvât chez un libraire un ouvrage sur l'apparition de la Sainte Vierge à la Salette. M. de N. acheta ce livre et le lut avec un vif intérêt. A partir de ce moment, le vieillard crut à la merveilleuse apparition, et quelque temps après, il fut amené par des circonstances providentielles, à faire ériger un calvaire dans sa propriété, située sur le bord d'une route très-fréquentée. Le calvaire béni, M. de N. était content; mais dès la nuit suivante, il se trouva tout à coup réveillé, et entendit distinctement une voix qui lui disait: « Tu as fait ériger un calvaire en l'honneur de mon Fils, il faut que tu fasses quelque chose pour moi ». Cet ordre mystérieux lui fut renouvelé plusieurs nuits. M. de N., comprenant que c'était la Sainte Vierge qui lui parlait, résolut de se convertir et de faire bâtir une chapelle en l'honneur de Celle qui lui témoignait tant d'amour. Bientôt la chapelle fut élevée, et M. de N. demanda avec instance qu'on y établit la dévotion à Notre Dame de la Salette. La bénédiction du petit sanctuaire se fit en présence d'un grand nombre de fidèles; et, le 19 septembre suivant, plus de deux mille étrangers et un nombreux clergé vinrent y célébrer l'anniversaire de l'apparition de la Sainte Vierge à la Salette. Quelque temps après, M. de N. mourut dans les meilleurs sentiments, et fut inhumé dans sa chapelle, comme il l'avait demandé pendant sa vie. Ce sanctuaire est visité chaque jour par de nombreux pèlerins. Je dois dire ici que, malgré ses désordres, M. de N. récitait chaque jour, en l'honneur de la Sainte Vierge, une petite prière que sa mère lui avait apprise dans sa jeunesse. Cette prière était enfermée dans un petit sac en cuir, qu'il portait sans cesse suspendue à son cou avec le plus religieux respect. L'auteur de ce récit le tient tout entier de la bouche du vieillard lui-même et de celle de son digne curé.

 

Nous empruntons au même auteur le trait suivant: Un homme très intelligent avait, comme tant d'autres, contracté la triste habitude de ne point approcher des sacrements. Sa femme, qui l'aimait beaucoup et qui craignait de le voir mourir dans cet état, avait fait déjà plusieurs pèlerinages aux sanctuaires les plus vénérés des alentours, pour obtenir la conversion de son mari. Le moment de la grâce n'était pas encore venu, et ce triomphe était réservé à la Vierge réconciliatrice de la Salette. Cette pieuse femme ayant appris les bienfaits de tout genre obtenus par l'intercession de la Vierge des Alpes, commença, en son honneur, une neuvaine pour son mari. Ses prières furent bientôt exaucées, et celui dont elle craignait d'être séparée pour l'éternité, lui dit un jour: « Je veux me confesser ». Comme il était dans ces dispositions, le démon glissa dans son esprit des doutes sur les vérités de la foi, et en particulier sur l'institution divine de la confession. Mais ce chrétien, désormais fidèle à la grâce, se jette à genoux et demande à Dieu la victoire sur son ennemi. Le soir même de ce jour, il était aux pieds d'un prêtre, lui faisant humblement l'aveu de ses fautes, tandis que son épouse, heureuse de sa conversion, était prosternée elle-même devant une image de Notre Dame de la Salette, dans un sanctuaire qui lui est consacré, et remerciait cette Mère des miséricordes, avec des larmes plus douces et plus délicieuses que tous les plaisirs du monde. (Annales de Notre-Dame de la Salette).

 

Prière

 

O Notre Dame de la Salette, lorsque votre divin Fils veut ici-bas se bâtir un temple, il envoie ses évêques, les pontifes de son Eglise, lever les mains sur les pierres qui le doivent composer, et consacrer ses murs par l'effusion de l'huile sainte: je crois comprendre que, dès longtemps, vous vous prépariez un temple, au milieu des montagnes des Alpes; mais vous n'avez laissé à nul pontife de la terre, l'honneur de le consacrer; vous êtes venue du ciel en poser vous-même la première pierre, et en faire par votre présence, la dédicace solennelle, assise sur un des rochers de la montagne : et quelle vertu céleste, quelle huile sainte vous avez dû répandre sur cette pierre! Mais voici, ô Marie, voici, sous l'enveloppe mortelle de ma poitrine, une pierre, qui ne doit pas vous être moins chère, mon cœur!... Mon cœur, pierre dure à votre amour, indifférente à vos douleurs, insensible à vos larmes! ô Mère, venez, venez vous asseoir quelquefois sur la pierre de mon cœur; votre contact devra la ramollir, et dure tout d'abord, elle finira par s'attendrir, et pourra enfin offrir à votre propre cœur, un doux repos, c'est-à-dire, le repos des consolations d'un fils, aux amertumes et aux douleurs de sa Mère. Ainsi soit-il.

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8 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Neuvième jour

La fontaine de la Salette

 

Le lendemain de l'apparition, de nombreux visiteurs accouraient sur la montagne; on n'aperçut aucune trace du récit de Maximin et de Mélanie; seulement, une source jaillissait de terre, à l'endroit même où la Sainte Vierge se fit voir aux petits bergers: et cette source ne coulait point la veille. Les habitants du pays connaissaient l'existence d'une eau intermittente en ce lieu; mais, scrupuleusement interrogés, ils ont unanimement répondu: « Avant que la Sainte Vierge fût venue ici, la source demeurait à sec, au moins 8 mois de l'année, et ne coulait qu'à la saison des grandes pluies; depuis ce moment, elle n'a pas cessé un seul jour de couler... » Or, pour tout visiteur impartial, il n'y a ici ni calcul ni artifice; on n'a pas fouillé, on n'a pas détourné, on n'a pas bâti; la science et ses procédés ingénieux ne sont pas passés par là: l'eau sort naturellement de terre, au bas de la pierre sur laquelle la Vierge était assise, claire, fraîche et jamais interrompue: et tel est le témoin miraculeux et perpétuel de la descente de la Reine des cieux, sur la chaîne des Alpes: fontaine limpide et pure comme la Vierge qui a voulu laisser là la trace ineffaçable de ses pas vénérés; fontaine intarissable, emblème éloquent du cœur de Celle qui aime le monde d'un amour qui n'a ni trêve ni repos... Dévorés par la soif, les Israélites murmuraient au désert; Dieu commanda à Moïse de toucher le rocher, et l'eau jaillit abondante, sous les yeux étonnés du peuple de Dieu: pourrait-on refuser au pied de la Reine du ciel, qui a fait jaillir l'eau de la pierre de la Salette, la vertu surnaturelle attribuée à la verge de Moïse?... Ne sommes-nous pas, nous aussi, en cette terre, dans un désert aride, où toutes les ardeurs du mal dessèchent les âmes; et ne fallait-il pas, pour étancher leur soif dévorante, l'eau bienfaisante d'une fontaine miraculeuse?... Nous disons fontaine miraculeuse, car Marie semble avoir communiqué à l'eau de la Salette la double vertu surnaturelle de guérir les corps et les âmes: Santé au corps, elle nous rappelle la piscine de l'Evangile: un ange venait par intervalles en agiter la surface tranquille; et l'infirme qui pouvait le premier tremper ses blessures dans ces eaux salutaires, était guéri: voici, voici, ouverte au sommet des Alpes, la piscine moderne de l'Evangile; la Mère de Dieu est venue, de sa main puissante, en agiter les eaux; Elle a fait mieux, Elle y a laissé couler quelques larmes de ses yeux; et qu'est-ce qu'une larme de Marie, si ce n'est une effusion de son cœur, une vertu échappée de son corps; et voilà pourquoi la fontaine est féconde, intarissable, miraculeuse; voilà pourquoi des aveugles voient, des boiteux marchent, des malades sont guéris, et publient partout les gloires et les bontés de Notre-Dame de la Salette. Et que dire de la vie spirituelle que cette eau procure quelquefois aux âmes pécheresses?... Une vision d'Ezéchiel rapporte que le prophète vit un jour des eaux sortir du Temple, et qui, s'écoulant dans la mer Morte, en adoucissaient l'amertume, et redonnaient même la vie aux poissons morts!... Au rapport de saint Grégoire, le monde est cette mer; et si ses flots soulevés portaient à la surface toutes les âmes mortes qui vivent dans son sein, que de cadavres spirituels, sur les rivages désolés de cette mer immense!... Mais voici, au sommet des Alpes, le temple nouveau de la vision d'Ezéchiel; voici, à la fontaine de la Salette, les eaux prophétiques qui, se répandant par le monde, du haut de ces cimes élevées, porteront vie et régénération aux âmes!... Oui, cette bénie fontaine nous paraît être le puits moderne de la Samaritaine; Marie est assise sur ses bords, comme autrefois Jésus auprès du puits miraculeux; et nous indiquant de sa main maternelle le creux d'où jaillissent ces eaux salutaires, elle semble dire, Elle aussi, à toutes les âmes samaritaine si nombreuses par le monde: « si vous saviez le don fait à ses eaux par Marie !... »

 

Réflexions

 

Au sens allégorique et moral, la fontaine de la Salette est: 1° une figure du cœur de Marie; 2° une image de l'état dé notre âme. 1° Une figure du cœur de Marie: Nous lisons dans la première épître de saint Paul aux Corinthiens que les Israélites devaient boire à la pierre spirituelle qui les suivait au désert, et qui était Jésus-Christ. Au témoignage de saint Jérôme, cette pierre mystérieuse, changée en fontaine, poussait ses eaux au désert, et conduisait un fleuve de cristal partout où allait le peuple de Dieu... et saint Paul ajoute: « Cette pierre était la figure de Jésus-Christ, lequel poursuit toujours les pécheurs, et leur y présente sans cesse les eaux de sa grâce divine ». Appliquant ce texte à notre sujet, cette pierre nous paraît être aujourd'hui la pierre sur laquelle la Vierge de la Salette s'est assise, et qui, par Elle changée en eau à la cime .des Alpes, va suivre au désert de la vie, le nouveau peuple de Dieu!... c'est-à-dire, que c'est ici une figure du cœur de Marie, fontaine mystérieuse toujours ouverte dans le ciel, laissant toujours couler sur les âmes, les eaux de la grâce divine: descendu un moment sur nos montagnes, la lance de nos ingratitudes a fait à ce cœur, comme à celui de son Fils sur la croix, une blessure nouvelle, c'est-à-dire, ouvert un écoulement plus large, plus abondant aux eaux de cette fontaine symbolique, qui vient guérir nos maux, et pousser nos âmes aux rivages du ciel, dans les ports du salut. 2° Image de l'état de l'âme: La fontaine de la Salette a été vue en deux états différents; elle était autrefois desséchée; maintenant elle ne tarit plus: que d'utiles réflexions suggérées là, à nos esprits!... La fontaine, desséchée d'abord, c'est l'état de notre âme, avant que Dieu la visitât... et y a-t-il, sous le soleil le plus brûlant, une terre plus désolée que l'âme privée de Dieu?... Mais, question plus douloureuse encore, cette sécheresse spirituelle, ne serait-elle pas encore l'état malheureux de notre cœur, après les visites multipliées de la grâce?... La fontaine est aujourd'hui intarissable: telle doit être l'âme chrétienne: intarissable de reconnaissance à Dieu, qui, bon Pasteur, l'a ramenée au bercail, peut-être tout ensanglantée aux ronces du désert, par les voies de sa plus douce miséricorde; intarissable d'amour du prochain, adoucissant ses malheurs, supportant ses défauts, ce qui nous vaudra un pardon proportionné à celui que nous aurons accordé à ses offenses; intarissable de générosité d'âme, connaissant la belle science du sacrifice à Dieu, s'estimant de souffrir quelque chose pour l'honneur de son service et la gloire de son nom; intarissable enfin de dévouement et de zèle à pratiquer nous-mêmes, et à répandre autour de nous les enseignements du discours de Marie sur la montagne, qui est la bonne nouvelle de Notre-Dame de la Salette.

 

Pratique : Dans nos nécessités, accepter nous-mêmes et conseiller aux autres l'usage de Veau de la Salette, dans des sentiments de foi et de confiance filiales à la Sainte Vierge. Prier humblement Notre-Dame de la Salette de changer nos yeux en deux fontaines de larmes amères, au souvenir des péchés graves de notre vie passée.

 

Mort édifiante d'un jeune Séminariste du diocèse d'Aix

(Lettre adressée par Monsieur le curé de la paroisse même où cet enfant est décédé, à Monsieur le Supérieur des Missionnaires de la Salette)

 

St-P..., le 4 avril 1866


Mon Révérend Père, Hélas! tout est consommé! notre cher abbé L. est mort dimanche dernier, beau jour de Pâques, à sept heures du matin. Il y a je ne sais combien d'années que, daignant répondre à une de ses lettres, vous eûtes la bonté de lui envoyer une image de Notre Dame de la Salette. Vous étiez alors loin de penser probablement que cette image vénérée devrait un jour procurer tant de consolation à ce cher enfant, durant sa maladie d'une année, et tant d'édification aux personnes du pays qui ont été témoins de sa vénération, de sa confiance, de son amour pour la compatissante Marie, Notre-Dame de la Salette. Mais, bon Père, tout cela est impossible à décrire. Je ne me souviens pas d'avoir lu de récits de maladie et de mort plus édifiants que tout ce qui s'est passé sous nos yeux, pendant cette année d'épreuves, et surtout depuis que ce cher enfant a compris que Dieu demandait de lui le sacrifice de sa vie. Cette image sainte, ou bien il la tenait entre ses mains, reposait sur elle ses regards, et semblait converser avec elle comme avec une personne amie, ou bien il l'attachait à son rideau, pour ne la perdre jamais de vue, ou si on ne la voyait point autour de lui, c'est que quelque douleur plus vive s'était fait sentir quelque part sur ce pauvre corps si souffrant, et il l'avait appliquée avec respect sur la partie malade. Il disait que cette application amenait toujours quelque soulagement. Quant à l'eau de la sainte fontaine, que vous nous avez envoyée, c'est le dimanche de la Passion qu'il l'a reçue. Comme il ne pouvait plus rien prendre, cette eau vénérée a été, dès le moment et pendant les quinze derniers jours qui ont précédé sa mort, sa seule nourriture et sa seule boisson. Aussi était-il toujours heureux d'en pouvoir avaler quelques gouttes, et lorsqu'il n'a plus pu la boire, il en humectait ses lèvres, mais avec quelle ardeur! Une demi-heure avant sa mort, il l'aurait épuisée, car il n'en restait plus que quelques cuillerées ; mais il a voulu laisser ces quelques gouttes à sa sœur, admirable enfant qui l'a soigné avec un dévouement sublime pendant sa maladie. Enfin il a rendu sa belle âme à Dieu, en laissant tomber de sa bouche sa croix et l'image bénie de Notre Dame de la Salette, qu'il y tenait collées. Voilà, mon bon Père, quelques détails sur cette longue maladie, supportée avec tant de patience, et sur sa sainte mort. Mais tout cela a porté son fruit. Aussi aurais-je à vous parler longuement, s'il fallait vous dire les témoignages de respect profond, j'oserai dire de vénération pour lui que ma bonne population a manifestée en cette circonstance. La chambre mortuaire n'a cessé de désemplir pendant les trente-huit heures qu'il y est resté exposé. Tous se sentaient plus portés à le prier lui-même qu'à prier pour lui. Aussi, c'est littéralement vrai que toutes les personnes de la paroisse et bon nombre d'autres, accourues des paroisses voisines, l'auraient dépouillé de sa soutane et de ses vêtements pour avoir un souvenir et comme une relique de cet admirable enfant, si de force on ne l'avait pas ravi à cette foule pieuse, pour rendre à la terre, hélas! ce qui est de la terre. (Annales de Notre-Dame de la Salette).

 

Prière

 

O bénie fontaine de la Salette, monument vivant du passage de la Mère de Dieu sur ces montagnes! je salue humblement vos bords desséchés où la Vierge est venue répandre ses pleurs!... vous êtes pour nous l'onde bienfaisante du Jourdain, la source miraculeuse de la pierre de l'Horeb; poursuivez, fontaine salutaire, poursuivez votre cours à travers le monde, répandant partout la santé et la vie, et puissiez-vous ne jamais tarir!... Canal fortuné du cœur de Marie, se mêlent à vos eaux, mes regrets et mes larmes, pour guérir la sécheresse de mon cœur!... et vous, ô bonne Mère, dont les pleurs ont rendu cette fontaine féconde et intarissable, écoutez aujourd'hui la voix de vos enfants! une pieuse tradition nous assure que vous avez recueilli avec un saint respect l'eau et le sang qui coulèrent du côté sacré de votre Fils, entrouvert par la lance; ô Vierge de la Salette, laissez, laissez à nos prières de monter au ciel, d'aller y porter à votre cœur, une blessure d'amour, de laquelle coulera sur nos âmes, le flot réparateur de la grâce, c'est-à-dire, cette eau vivifiante qui rejaillit jusqu'aux sources de l'éternelle vie. Ainsi soit-il.

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7 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Huitième jour

Les bergers de la Salette

 

Les apparitions se produisent d'ordinaire au sommet des montagnes, ou au fond des déserts; sans doute parce que ces terres sont encore les plus vierges de la création. Les bergers sont souvent les témoins privilégiés de ces manifestations célestes; sans doute aussi, à cause de l'innocence de la vie des champs, et parce qu'ils sont généralement les plus simples d'entre les hommes. Ce fait est constant dans l'histoire. Dès la loi antique, Dieu parlait à Abraham dans les solitudes de Mambré; Moïse gardait les troupeaux au désert, et entendait sortir d'un buisson, la voix qui lui ordonnait d'aller délivrer le peuple de Dieu; David était dans les champs avec ses agneaux, quand Dieu voulut en faire un prophète et un roi. A l'origine de la loi nouvelle, Jésus-Christ se choisit pour précurseur, Jean-Baptiste au désert; pour mère, une humble fille de Juda; pour apôtres, des bateliers; et pour résumer tous ces faits dans un seul, le plus éclatant de tous, Jésus a envoyé des anges aux bergers des montagnes de la Judée, pour en faire les premiers adorateurs de son berceau, dans l'étable de Bethléem. Or, depuis cette inclination connue du cœur de Dieu pour les petits et les faibles, la préférence de Marie ne fut jamais démentie. Tous les sanctuaires où la Mère de Dieu est spécialement honorée, ont d'ordinaire pour principe, une apparition de la Sainte Vierge à des enfants, à des bergers, à des pauvres; telle est l'origine de Notre Dame du Laus, de l'Osier, de Lourdes et de tant d'autres, au milieu desquelles brille Notre Dame de la Salette, qui donne un éclat nouveau aux préférences divines pour les petits et les humbles. Elle appelle sur la chaîne des Alpes, deux bergers inconnus, ignorants et grossiers; ils ont l'insigne faveur de voir couler ses larmes et d'entendre son discours; et Elle les admet encore à ses côtés, dans les représentations publiques de son apparition, sur les montagnes et dans nos églises. Aussi bien, la vocation des enfants de la Salette a-t-elle quelque chose d'étrange, d'unique: elle rappelle à certains égards, celle des apôtres. C'est au bord du lac de Genésareth, ou sur les rivages des mers que sont appelés les apôtres, soignant leurs barques et raccommodant leurs filets; et leur grossièreté native demeure trente ans, sans intelligence aucune des enseignements de leur divin Maître. Les bergers de la Salette sont trouvés sur la montagne, veillant à la garde de leurs troupeaux; leur âge est sans culture, leur esprit sans instruction; et pour faire comprendre son message, Marie dut condescendre à parler le langage grossier de ces pâtres et de leurs montagnes... Sous le souffle de l'Esprit Saint, toutes choses divines sont révélées aux apôtres, et la fermeté de leur témoignage éclaire le monde, autant qu'elle déconcerte l'erreur et la tyrannie. Il semble que Marie ait répandu, elle aussi, sa vertu céleste sur l'esprit de ses deux petits apôtres, rendus capables en un instant de retenir tout un long discours, et répondant avec une noble simplicité aux contradicteurs de l'apparition: « Nous avons reçu mission de la Sainte Vierge, de vous dire ce que nous avons vu et entendu, et non pas de vous le faire croire!... » L'œuvre de ces humbles bergers, la dévotion à Notre-Dame de la Salette, a déjà pris un des caractères de l'œuvre des apôtres, qui est l’Église, l'universalité; elle compte six cents sanctuaires, élevés en divers points du globe, sur les cinq parties du monde. Enfin, il fut commandé aux apôtres de partir et d'aller enseigner toutes les nations. Il a été dit aux enfants de la Salette: « Eh bien, mes enfants,allez, vous le ferez passer à tout mon peuple ». Et des pâtres des Alpes, comme des apôtres, il semble encore que l'on puisse dire: Leur voix a retenti par toute la terre et jusqu'aux extrémités du monde.

 

Réflexions

 

Une montagne isolée, deux enfants ignorants, une apparition et un discours tout vulgaire ; quel besoin avaient Dieu et la Sainte Vierge de choisir un tel mode et de tels personnages, pour une révélation de cette nature? Dieu sans doute n'a besoin de rien ni de personne, pour atteindre le but de sa providence; mais ici, la prédilection accordée aux bergers sur les autres hommes, est merveilleusement conforme aux secrets de l'action divine, et très-opportune contre l'orgueil de notre siècle. 1° Secrets de faction divine. Dieu ne recherche pas ce qui est célèbre et grand; il semble même s'étudier à laisser à l'écart le renom et la gloire; mais son action publique incline toujours son cœur à ce qui est humble et petit ; il a fait, de cette prédilection, une sorte de profession invariable à travers les siècles: David enfant instruisait le roi de Babylone; le jeune Samuel portait les menaces de Dieu au grand prêtre Élie. Cela a été son bon plaisir en ce monde, sa loi providentielle dans la conduite de toutes choses; cela a été, dit Bossuet, sa marche éternelle; il est toujours demeuré le même, choisissant ce qui est infirme, pour confondre et détruire ce qui est. D'ailleurs, de marche, Dieu n'en pouvait pas avoir d'autre; procéder à la façon des hommes, c'eût été oublier qu'il était Dieu, et l'action divine eût perdu son caractère divin, à travers les moyens naturels et les éléments humains; l'inclination de son cœur à tout ce qui est humble et petit, convient donc merveilleusement à sa nature divine et à l'éclat de son action publique. L'apparition de la Salette, confiée à des bergers, en est une manifestation glorieuse; qui pourrait en effet nier l'intervention et l'action divine en la personne de ces pauvres pâtres des Alpes, oubliés de tous dans leurs montagnes, connus aujourd'hui du monde entier, et qui ont ajouté au culte de Marie, le vocable d'une dévotion nouvelle, sur la seule affirmation de leur simple témoignage, accepté par l'épiscopat, et confirmé par les faveurs spirituelles de l’Église 2° Le choix des bergers, confond l'orgueil de notre siècle: Le fait de la Salette a d'innombrables pareils dans les annales religieuses; il n'en est pas qui donnent une confirmation plus éclatante à cet oracle évangélique: « Seigneur, vous avez caché vos secrets aux sages et vous les avez révélés aux petits enfants ». Si Dieu nous eût envoyé ses avertissements par l'intermédiaire des philosophes, des savants de notre siècle, on les eût acceptés sans peine; mais que ce message céleste nous arrive de bergers dépourvus des connaissances les plus vulgaires, la raison hésite à croire, et la science orgueilleuse ne se peut résigner. Or, Marie ne sait que suivre les plans de son divin Fils; et, à son exemple, Elle choisit toujours pour agir, ce qu'il y a de plus vil, de plus méprisable selon le monde. Non, les savants, les riches, les puissants, ne seront pas les élus de la Reine du Ciel : ceux qui sont les témoins de son apparition, les confidents de ses secrets, les apôtres de son discours sur la montagne, ce seront des enfants, c'est à dire, ce qu'il y a de plus faible, de moins estimé parmi les hommes; ce seront des bergers, pauvres, dénués de tout!... Et en vérité, il appartenait à un siècle raisonneur et philosophe d'être éclairé, pour sa confusion, par des enfants ignorants et grossiers. On le voit, Dieu est toujours conforme à lui-même; il dédaigne partout l'orgueil, et se révèle à la simplicité; et cela, dit l'apôtre saint Paul, afin que nulle créature ne se glorifie devant Lui.

 

Pratique : A l'exemple de Marie, n'affectons pas de préférer le rang, la distinction, les choses élevées; et suivons le conseil de l'Apôtre, disant aux chrétiens: « Ne vous élevez pas à des pensées trop hautes; mais abaissez-vous jusqu'aux personnes les plus humbles ».

 

Guérison de sœur Marcelline, religieuse de la communauté d'Evion, à Bais

(Lettre de M. le curé de Bais à M. le Supérieur)

 

Mon Révérend Père, Je vous prie de vouloir bien excuser le retard que j'ai mis à vous répondre, mais j'avais besoin de l'avis de Monseigneur avant de le faire. Voici donc, dans toute sa simplicité, le fait merveilleux dont vous me demandez le rapport : Une des sœurs de notre établissement, qui relève de la communauté d'Evron, s'en allait mourante depuis six mois et plus; elle crachait et vomissait le sang. Depuis quatre mois, elle avait entièrement perdu l'usage de la voix; le médecin, qui la visitait avait déclaré que le larynx était en suppuration. Divers emplâtres lui furent successivement appliqués, mais sans obtenir à la malade le moindre soulagement. Déjà six semaines s'étaient écoulées depuis qu'elle s'était vue contrainte à garder son lit sans pouvoir plus le quitter. Je ne supposais même pas qu'elle dût aller loin. Le 25 novembre dernier (1865), après avoir entendu la lecture d'une guérison miraculeuse, publiée à cette époque par le journal le Monde, elle commença, sur mon invitation et avec l'e concours de ses compagnes et de quelques personnes pieuses, une neuvaine à Notre-Dame de la Salette. Pendant cette neuvaine, l'état de la pauvre sœur empira au lieu de s'améliorer. Le premier dimanche de l'Avent, dernier jour de la neuvaine, je lui portai la sainte communion avant la première messe que j'allais dire immédiatement après pour elle. La messe est à peine achevée que tout à coup la bonne sœur recouvre la voix et se trouve parfaitement guérie. Les emplâtres s'étaient desséchés sans laisser aucune trace de cicatrices. J'étais au confessionnal, quand la supérieure, pleurant de joie, vint me dire: « Sœur Marcelline est guérie, elle veut se lever et venir à la messe ». « Laissez-la venir remercier le bon Dieu, lui dis-je: elle ne pourra jamais assez le bénir, ni nous non plus ». Elle vint donc à la messe d'actions de grâces que dit pour elle un prêtre de la paroisse. Le soir, elle assista à vêpres. Depuis lors elle a assisté à tous les exercices de la communauté, et sa santé s'est parfaitement maintenue. Il ne m'appartient pas de qualifier cette guérison; mais nous croyons que nous ne pourrons assez remercier Dieu et bénir Marie, notre bonne Mère. Je ne songeais pas à vous envoyer encore ce rapport, et j'ai même différé de l'envoyer à Monseigneur l’évêque. Mais les journaux s'étant occupés de ces faits, je me suis décidé à vous en donner communication, avec l'assentiment de l'autorité compétente. Puissent-ils contribuer à la gloire de Dieu et à l'honneur de Noire-Dame de la Salette. (Annales de Notre-Dame de la Salette).

 

 

Prière

 

O Marie, que de grâces faites à la simplicité! Que de bonheur accordé au cœur humble et modeste! Vous choisissez de pauvres enfants pour les témoins du miracle de votre apparition; et ils sont seuls admis à entendre votre voix maternelle et à connaître vos desseins de miséricorde; toutefois, ô Mère, ces préférences de votre cœur ne nous étonnent pas: venant demander au monde une naissance nouvelle à votre loi, vous deviez, comme votre Fils naissant en son étable, être saluée tout d'abord par les bergers des montagnes! Et nous aussi, ô Marie, nous viendrons dans ce sanctuaire, image de votre montagne, entendre votre voix et méditer votre apparition. Comme aux bergers, donnez-nous de vous porter toujours un esprit simple et docile, et un cœur plein d'un zèle ardent et inconfusible, à répandre les enseignements salutaires de Notre Dame de la Salette. Ainsi soit-il.

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6 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Septième jour

Le vallon de l'apparition

 

Sous le plateau des Baisses, à la montagne de la Salette, se découvre un ravin peu profond: il est formé par deux éminences légèrement inclinées, et baignées à leur base par le petit ruisseau appelé le Sézia: c'est au fond de ce vallon, sur la rive droite du ruisseau, à l'endroit même où coule aujourd'hui la célèbre fontaine, que fut tout d'abord aperçue la Sainte Vierge, assise et pleurant. Quelques mètres plus bas, debout, et les bras reposés sur sa poitrine, Elle parle aux deux bergers, rassurés et invités à s'approcher. Enfin, ayant franchi d'un seul pas le petit ruisseau le Sézia, Elle remonte l'éminence opposée, sans faire plier le gazon qu'elle effleure; là, Elle disparaît peu à peu, aux yeux des enfants étonnés, éloignés de trois pas à peine, lorsqu'elle s'éleva dans les airs, dans un nuage de lumière éblouissante. Et de là, ces trois noms, donnés sur la montagne, à ces lieux bénis, qui ont reçu plus particulièrement l'empreinte des pas de Marie: L'apparition, la conversation, l'assomption. La pierre et la verdure ont disparu sous les mains avides des pèlerins, tenant pour une sorte de relique tout ce qui a touché à cette terre vénérée; trois statues en bronze, représentant chacune une des poses de l'apparition de la Vierge, s'élèvent en ces lieux; elles sont toutes d'une beauté majestueuse, d'une expression saisissante, qui font plier tous les genoux et couler bien des larmes; quatorze croix de bois sont échelonnées sur le chemin parcouru par Marie; et les fidèles ne manquent jamais de faire le chemin de la croix, tracé là, non par l'instrument de l'ouvrier, mais par les genoux et les lèvres des pèlerins. Telle est la description locale du plateau de l'apparition. Et quel sentiment religieux, quelle émotion pieuse éveille dans l'âme l'aspect de ce vallon béni! peu profond et de courte étendue, il étale au soleil du printemps la plus tendre verdure; on dirait vraiment que la montagne s'est là doucement inclinée, toute seule et d'elle-même, comme pour y former un berceau à la mère de Dieu. Au contraire, sous les frimas de l'hiver, alors que la tête de la Vierge et le front des bergers apparaissent seuls au-dessus d'une épaisse couche de neige, quelle beauté sévère, quel religieux mystère planent sur ces collines! On croit voir apparaître, errant au fond de ce vallon, les figures bibliques de Marie; il semble que ces lèvres de bronze de la Vierge, vont s’entrouvrir, pour dire avec le prophète: « Voyez, je suis sévère au-dessus de cette blancheur de neige, mais, je suis belle!... » Et l'âme, saisie d'une émotion toute compatissante pour Marie ensevelie sous ces frimas glacés, continuant la figure du prophète, invite l'hiver à se retirer, la Vierge à dépouiller son manteau de neige, pour se montrer à tous, Mère bonne, et Reine radieuse.

 

Réflexions

 

1° Souvenirs et sentiments : Nous voici sur la montagne de la Salette, debout sur le lieu même de l'apparition; représentons-nous par la pensée, ce qui a été vu et entendu, dans l'enceinte de ce vallon; ouvrez les yeux de la foi; considérez cette terre bénie, que Marie a regardée avec tant d'amour... Vos pieds touchent cette terre, sur laquelle ont reposé ses pieds augustes... Vous marchez sur le gazon qu'a effleuré son pas léger; baisez avec respect ces traces vénérées!... Prêtez maintenant l'oreille du cœur: on croit voir encore, comme un reflet éblouissant de la gloire de Marie... on croit entendre comme un écho lointain de sa voix céleste... on croit sentir une des larmes miraculeuses de la Salette tomber sur son âme! Et à genoux, et tout ému, là, tout près de cette fontaine où le cœur de Marie s'est montré débordant de tendresses maternelles, le pèlerin se dit en son âme: O bonheur! c'est ma Mère du ciel que j'entends en ce lieu; c'est ma Mère du Calvaire, perdue pendant de si longs siècles, et dont je respire ici le souvenir embaumé et la douce présence!... Heureuse montagne qui avez servi de marchepied à ma Mère; je n'ai rien à vous envier ! c'est bien vous plutôt qui envieriez mon bonheur, si vous pouviez le connaître et le comprendre! 2° Leçon de pénitence et de réparation: Que de leçons touchantes sont révélées à l'âme, au fond de ce vallon!... On se sent là pénétré d'une atmosphère religieuse, et d'un désir de pénitence et de réparation, qui saisissent l'âme tout entière!... Et qui peut dire parmi nous, pauvres pécheurs: je n'ai pas besoin de conversion, d'amélioration morale, d'expiation, de pénitence. En un mot, qui ne doit mille fois s'écrier avec le saint roi David: Seigneur, quel mortel pourrait se flatter de connaître tous ses péchés? Purifiez-moi de ceux que mon œil ne sait pas découvrir, et faites-moi grâce pour ceux d'autrui, dont je puis avoir à répondre à votre jugement. Pour entrer donc plus avant dans les desseins miséricordieux de Notre Dame de la Salette, représentons-nous aujourd'hui ce vallon béni de l'apparition, comme l'image lointaine de la vallée du jugement, et mettons dans notre âme les sentiments de regret, de repentir, de conversion sincère, que nous voudrions être trouvés en elle, à l'arrivée du souverain juge.

 

Pratique : Prendre la résolution et la sainte coutume de faire de temps en temps le chemin de la croix, si pieusement suivi dans le vallon de la montagne, par exemple le 19 de chaque mois, jour anniversaire de l'apparition.

 

Conversion et mort édifiante

(Lettre d'une sœur sur l'heureuse mort de son frère, à M. le supérieur de la Salette)

 

« Je dois à la grandeur de cette fête (l'Immaculée Conception) de prendre sur ma faiblesse pour vous écrire quelques lignes. Encore une victoire de Notre Dame de la Salette, une de ces fleurs cueillies dans les larmes et dans le deuil, mais dont le parfum endormira nos douleurs. Mon pauvre frère que Notre Dame de la Salette a guéri pendant que j'étais, en septembre, sur la sainte Montagne, vient de mourir d'une laryngite aiguë. Il nous a été enlevé en deux jours de souffrances, au milieu de nombreuses grâces célestes de tout genre. La plus grande de toutes a été sa parfaite conversion, opérée instantanément. Lundi matin, tout près d'étouffer, faute d'air dans le poumon, il consent à prier, puis à se confesser à Monseigneur N, qui lui a dicté les paroles par lesquelles il pourrait faire, en peu de temps et à travers les suffocations, une confession de si longues années. L'absolution lui a donné un peu de calme et un instant de mieux qui a trompé les médecins eux-mêmes. Mais, hélas! cette lueur d'espérance devait bientôt s'évanouir. Dès onze heures jusqu'à son dernier soupir, à deux heures et demie, ce pauvre ami n'a pas interrompu ses prières dans son cœur, ses actes de contrition et d'amour, et ses larmes sur son crucifix, qu'il a tellement pressé sur son cœur, qu'il en a brisé les pieds. Et l'eau de la Salette! c'est la seule boisson qu'il pouvait avaler, et quand il a senti qu'elle ne descendait plus, il nous a présenté ses deux mains pour que nous lui en versions quelques gouttes dans le creux, et il s'en aspergeait avec une confiance touchante, et il baisait ensuite ses mains mouillées. Puis, il retournait à son crucifix, à sa médaille et à son scapulaire qu'il s'est attaché lui-même. Il est mort dans un dernier baiser à son Christ, que ma belle-sœur venait de lui présenter pour une dernière fois. Ce qui montre le plus, ce me semble, la grandeur de la grâce qui lui a été faite, c'est l'impression profonde de recueillement dans les personnes vertueuses, et de repentir dans les pauvres pécheurs, que la nouvelle de sa conversion a faite. On a peu vu, ou plutôt point vu, je crois, depuis des années, des funérailles qui se soient faites dans de pareils sentiments et avec de semblables manifestations. J'ai vu trois jeunes gens, francs-maçons, qui, au milieu d'un torrent de larmes, demandaient de mourir ainsi. L'un d'eux était allé vers le lit de mort de mon pauvre frère, et, prenant de l'eau bénite, il faisait le signe de la croix sur son corps, et disait en pleurant les prières de son enfance. Tout cela est dû, je n'en doute pas, à Notre-Dame de la Salette, à laquelle mon frère a cru, dès qu'il s'est vu guéri, à l'époque de mon voyage. J'irai sur la sainte Montagne, en actions de grâces, accompagnée de ma nièce. J'aurais d'autres détails à vous donner encore, je les réserve pour un autre jour, car c'est par-un sentiment de reconnaissance envers notre Mère du ciel que je vous écris aujourd'hui toutes ces choses. Veuillez, mon Révérend Père, etc.. (Annales de Notre-Dame de la Salette).

 

Prière

 

O Marie, nous voici dans un vallon sanctifié par vos pas, et embaumé de tous vos parfums! Je ne me suis jamais senti si près de vous ! Est-ce bien vrai que je touche la terre que vous avez touchée; que je suis à genoux par la pensée, sur la montagne dont vous vous êtes fait un trône ; qu'en baisant ces rochers, je puis baiser ici comme l'escabeau de vos pieds?... Quelle grâce, ô ma Mère; et comme en ces lieux je me sens proche du ciel! Montagne de la Salette, je me sens aujourd'hui élevé comme vous!... Comme vous, je vois Marie, j'entends sa voix, je sens sa présence errante encore sur ces collines! O Marie, comme à vos petits bergers, dites nous d'approcher; comme eux, enveloppez nous du manteau de votre lumière; comme à eux aussi, parlez-nous ici, en pleurant, des péchés des hommes, et de la colère de votre divin Fils!... Vos larmes provoqueront nos larmes; nous pleurerons à vos côtés, l'indifférence religieuse, l'abandon de la prière, la désertion de nos églises, et les blasphèmes de l'impie! Oui, mêlons nos larmes; n'ayons qu'une seule coupe pour recueillir tous ces pleurs; et l'offrant vous-même à votre Fils, il nous viendra de son cœur, grâce, pardon, miséricorde. Ainsi soit-il.

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1 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Deuxième jour

Apparition de la Sainte Vierge à La Salette

 

L'apparition dont nous allons méditer pendant ce mois le récit et les enseignements, eut lieu le 19 septembre 1846. C'était le dernier jour des Quatre Temps, un samedi, veille, cette année-là, de la fête de Notre-Dame des Sept Douleurs, et à l'heure des premières vêpres, c'est-à-dire au moment même où l’Église chantait, dans son office, ces paroles: « Oh! de quelle abondance de larmes est inondée la Vierge Mère! Quelle angoisse! Quelle douleur !... » Cet événement extraordinaire se passait sur une montagne des Alpes, dans une paroisse nommée La Salette, canton de Corps, diocèse de Grenoble: Maximin Giraud et Mélanie Calvat, enfants de douze et treize ans, et qui s'étaient vus la veille pour la première fois, arrivaient ensemble à la suite de leurs troupeaux, sur le versant méridional de cette chaîne de montagnes: à l'heure de midi, que les deux petits bergers reconnurent au son de l'Angélus, ils se munirent de leurs provisions et allèrent prendre leur modeste repas tout près d'une source alors tarie: il y avait là quelques pierres superposées; ils s'assirent à deux ou trois pas l'un de l'autre, et, le repas fini, ils s'endormirent: à leur réveil ils allèrent chercher leur troupeau, qu'ils aperçurent à peu de distance: « Je suis revenue la première, dit ici Mélanie; lorsque j'étais à cinq ou six pas avant d'arriver à la source, j'ai vu, sur le rocher de la fontaine, une clarté comme le soleil, encore plus brillante; et j'ai dit à Maximin: « Viens vite voir une clarté là bas!... » Alors la clarté s'est ouverte, et nous avons vu une grande Dame dans la lumière »: c'était la Sainte Vierge apparaissant aux petits bergers. La Bienheureuse Mère de Dieu était assise sur une pierre près de la fontaine tarie, triste, pleurant, et la figure cachée dans ses mains. Elle était vêtue d'une robe blanche, couverte de perles: sa tête était ornée d'un riche diadème; une chaîne d'or pendait à son cou et soutenait une croix avec son Christ. Les enfants, effrayés de l'apparition subite d'une personne qui leur paraissait si étrange, se disposaient à fuir: la Sainte Vierge leur fit signe, avec bonté, de s'approcher d'Elle, et leur dit avec l'expression de la plus grande tristesse: Que la France, par ses crimes, avait provoqué la colère de son Fils; qu'il allait verser sur elle, si elle ne se convertissait, la coupe de ses vengeances: que le blasphème, en particulier, le mépris des lois de l’Église, et la profanation des jours consacrés à Dieu, excipient sa juste indignation; qu'Elle les chargeait de faire passer tout cela à son peuple, d'annoncer la disette des récoltes, les fléaux de la peste, de la famine; mais que si le peuple revenait à Dieu, le bras de sa justice serait désarmé et qu'il y aurait abondance, là même où l'on avait désespéré de récolter. Après ce discours, dont nous méditerons toutes les pensées, la Sainte Vierge confia à chacun des enfants un secret particulier, connu du pape (Bienheureux) Pie IX, seul, et que ni les promesses, ni la ruse d'autres personnes ne purent jamais arracher à leur discrétion; puis, après avoir fait quelques pas en leur présence, en marchant sur la pointe des herbes qui ne pliaient pas sous le poids de son corps, la Sainte Vierge disparut à leurs yeux, laissant après Elle une clarté éblouissante dans l'espace d'où Elle s'était élevée au ciel.

 

Réflexions

 

« Dieu, dit Bossuet, est le maître de disposer de ses créatures, soit pour les tenir sujettes aux lois générales qu'il a établies, soit pour leur donner d'autres lois, quand il juge nécessaire de réveiller le genre humain endormi, par quelque coup surprenant... » De là, les prodiges nombreux dont font mention les saintes Écritures et les Annales de l’Église. Le grand fait de l'apparition de la Sainte Vierge sur les montagnes de La Salette, est de ce nombre. Pour réveiller par quelque coup surprenant notre société endormie dans les voies de sa perdition, le Seigneur, fatigué des désordres des hommes, nous a envoyé, non un prophète, comme autrefois, mais sa sainte Mère, l'auguste Reine du ciel, la miséricordieuse Marie: c'est-à-dire, pour emprunter le langage de l'Apôtre, que Dieu, après nous avoir parlé autrefois et de plusieurs manières, par le ministère des prophètes, nous a parlé tout récemment, novissime, par sa propre Mère; qu'avons-nous fait de cette apparition de Marie, la plus éclatante, la plus propre à exciter dans nos âmes une salutaire terreur, et une douce espérance?... Il y a quelques années, les montagnes de la Salette étaient inconnues; à peine quelques bergers y conduisaient leurs troupeaux: aujourd'hui le chemin qui mène à ces sommets escarpés des Alpes, est une voie publique où passent tous les peuples; et on pourrait, avec quelque raison, appeler Notre Dame de la Salette, Notre-Dame des Nations!... Et il devait en être ainsi; ce n'est pas en vain que la Mère de miséricorde a daigné visiter les enfants des hommes; ce n'est pas en vain qu'à la vue des désordres qui excitent la colère de son Fils, Elle est venue, en quelque sorte, se réfugier dans nos montagnes, verser des larmes, nous avertir des châtiments qui nous étaient réservés, si on ne se convertissait pas ; nous rappeler la crainte de Dieu, le respect pour son saint nom, la sanctification du dimanche, l'observation de tous les commandements de Dieu et de l’Église. Des paroles descendues de si haut devaient avoir un immense retentissement, et être entendues de toutes les nations, comme le lieu où Elle s'est montrée, devait être assez haut pour être aperçu de tous les peuples. Reportez-vous à l'origine de ce grand événement : voyez sa naissance presque inconnue, sa prompte diffusion à travers la France et l'Europe, son vol rapide dans les quatre parties du monde, enfin, son arrivée providentielle dans la capitale du monde chrétien. A Dieu seul, honneur et gloire!... A l'auguste Vierge de la Salette ce résultat inespéré! Elle seule avait préparé le succès, Elle seule saura couronner son œuvre... pour couvrir toujours de sa protection, nos personnes, nos familles, notre chère patrie et le monde entier. Il est vrai qu'il est des hommes que l'on irrite, et dont on provoque les dédains quand on parle A"événements surnaturels, d'apparitions miraculeuses, en leur présence orgueilleuse, comme si le bras de Dieu était raccourci, ou si sa miséricorde ne pouvait plus faire éclater la puissance des anciens jours... A tous ces esprits orgueilleux nous opposons la parabole suivante, tirée de l’Évangile: Dix-huit siècles avant d'envoyer sa Mère sur la montagne de la Salette, Jésus-Christ était descendu lui-même des hauteurs du ciel, et Jean Baptiste, son précurseur, envoya des messagers pour lui adresser cette demande: « Êtes vous le Messie, ou devons-nous en attendre un autre? » Et le Sauveur, voulant répondre par les monuments éclatants de sa mission divine, prononça ces paroles: « Allez, et rapportez à Jean, votre maître, ce que vous avez vu, ce que vous avez entendu: les aveugles voient, les sourds entendent, les boiteux marchent, les pauvres sont évangélisés ». A tous les pieux pèlerins qui demanderont à la Mère de Dieu, si c'est réellement Elle qui descendit, il y a quelques années, sur la montagne de la Salette, Marie peut répéter la réponse de son Fils, invoquant en faveur de son apparition la grande voix de miracles nombreux et authentiques. Et le Sauveur ajouta: « Heureux celui qui ne sera pas scandalisé en moi ». L'auguste Vierge de la Salette, Mère du Dieu qui a prononcé ces paroles, a bien le droit de nous tenir le même langage.

 

Pratique : A ce premier jour du mois, en présence de cette solennelle ambassade de Dieu aux hommes, recueillons-nous... regardons cette apparition de la Sainte Vierge, et faisons la envisager aux autres, comme une source abondante, un canal nouveau des grâces du ciel, une autre porte de salut ouverte à notre siècle.

 

Guérison d'une jeune enfant, racontée par son père

(Lettre à Monsieur le Supérieur des Missionnaires de la Salette)


 

« Mon Révérend Père, il y a quatorze mois environ, j'avais l'honneur de recommander à vos ferventes prières une de mes petites tilles âgée de huit ans, Marie-Thérèse. Cette chère enfant était cruellement atteinte d'une hypertrophie de cœur; trois célèbres médecins que j'avais appelés en consultation auprès d'elle, déclarèrent unanimement que tout espoir de guérison était perdu. Un d'eux voulut tenter un remède qui eût été violent; toutefois, de l'avis de ses deux confrères, il ne persista pas, parce que, dirent-ils tous trois, il ne fallait pas faire souffrir inutilement une si frêle enfant qui devait fatalement succomber. Il n'est pas besoin de vous dire de quelle immense douleur ce verdict médical accabla notre âme. Oh! mon Révérend Père, qu'il est terrible pour un père et une mère, le jour où leurs yeux, noyés dans les larmes, voient un enfant adoré se mourir, sans qu'il soit permis à leurs cœurs éplorés d'espérer même un peu de soulagement! Les secours de la terre étant impuissants à nous conserver notre chère Marie-Thérèse, Mme P... et moi, nous unissant dans une pensée commune d'amour pour notre enfant et de foi ardente, nous demandâmes à Notre-Dame de la Salette de daigner jeter sur nous un bienveillant regard de bonne et tendre mère. Et notre prière fut comme instantanément exaucée. En effet, depuis un mois environ, notre jeune malade ne pouvait plus rester dans son lit; à peine si elle pouvait rester un peu dans un fauteuil, la tète penchée en avant et appuyée sur des carreaux. Or, le même jour où la science humaine nous disait: « Pauvres père et mère résignez-vous, Dieu vous demande votre enfant », ce même jour, ma chère Marie put reposer une bonne partie de la nuit dans son lit. Depuis ce jour, l'enflure considérable qui avait envahi son corps et qui menaçait sa poitrine, commença à s'arrêter, puis elle diminua, enfin elle disparut. Le mieux s'est continué jusqu'à ce jour. Depuis longtemps il y a guérison; aujourd'hui elle est complète. Bonne Mère de la Salette, vous avez daigné nous donner une preuve de votre immense amour en nous conservant noire enfant; comment pourrons-nous jamais vous témoigner toute notre reconnaissance! Et vous, Révérend Père, qui avez si charitablement prié pour nous, comment pourrons-nous jamais vous exprimer toute notre gratitude! En attendant qu'il nous soit permis de faire un pèlerinage à votre pieux sanctuaire, nous prions notre excellent vicaire, M. C..., qui a le bonheur de se rendre sur la sainte Montagne, de vouloir bien porter le portrait de notre chère ressuscitée. Permettez-lui d'en faire don à notre bonne mère de la Salette, et de le placer le plus près possible de sa statue, où il sera comme une prière perpétuelle de toute notre famille à notre sainte Consolatrice, à notre puissante et bien aimée Protectrice ». (Annales de Notre-Dame de la Salette, 15 août 1866.)

 

Prière

 

O Notre-Dame de la Salette, de même que vous avez franchi autrefois les montagnes d'Israël, de nos jours, vous avez abaissé, en quelque sorte, les collines éternelles jusqu'au niveau des monts de la terre, et vous vous êtes montrée à nous, comme à vos proches de la Judée. O Mère médiatrice! daignez reproduire dans nos âmes les mystères de votre apparition à la Salette; toujours placée entre Dieu et nous, parlez-lui de nous, parlez-nous de Dieu; des hauteurs de ce Liban céleste où vous êtes couronnée, descendez jusqu'au cœur de chacun de vos enfants; saisissez-les dans la solitude du recueillement et du silence; que votre voix retentisse à leur oreille, comme autrefois à l'oreille de votre cousine Élisabeth; car votre voix est douce et votre parole persuasive: elle instruit, elle fortifie, elle console; et dans les élévations où notre âme, quoique pécheresse, arrive par la prière, sur les hauteurs où la foi transporte nos cœurs affligés, ô Vierge de la Salette, daignez nous entendre, nous appeler, et dire à chacun de nous comme aux bergers des Alpes: « Mon enfant, approchez, et n'ayez pas peur!... »

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29 avril 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Première partie
L’Apparition

 

Instruction sur le Mois de Marie

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Origine du mois de Marie

 

« Toutes les nations me diront bienheureuse ». Par ces paroles, Marie avait prédit sa gloire future, et l'amour de tous ses enfants; cette prédiction s'affirme chaque jour elle-même: autant il y a de nations et de cœurs qui glorifient Dieu, autant il y a de nations et de cœurs qui bénissent Marie. La gloire de la Sainte Vierge se répand dans une proportion égale à la diffusion de la foi, et l'amour de Marie, dans le cœur des peuples, est la mesure de leur amour pour Dieu; la prédiction de la Reine des Prophètes aura ainsi son accomplissement définitif, complet et parfait, au jour bienheureux auquel s'accomplira celle de Jésus-Christ: Et il n'y aura qu'un troupeau et un pasteur. Mais à chaque nouveau danger de l'Église, se manifestent de nouveaux hommages, de nouvelles tendresses pour la plus tendre des Mères: à chaque besoin public éclate, au milieu des nations fidèles, un soupir suppliant vers la protectrice de toutes les nations: c'est ainsi qu'ont pris naissance les diverses dévotions en l'honneur de la Mère de Dieu; dévotions qui pourraient servir de monuments séculaires, sur la route des âges, indiquant les différents besoins des siècles. Le siècle dernier a marqué les pages de son histoire par un débordement effroyable d'incrédulité et d'erreurs; il a signalé aussi ses derniers jours par l'institution du plus tendre, du plus efficace exercice de dévotion envers la Sainte Vierge, l'institution du Mois de Marie. Cette dévotion est, en effet, la réunion de toutes les dévotions en l'honneur de la Mère de Dieu; c'est un faisceau de flèches d'amour que nos cœurs lancent au cœur de Marie; c'est la guirlande de toutes les fleurs de la terre que nous semons aux pieds de la maîtresse du monde; c'est la couronne de tous nos sentiments que nous offrons à la Reine de tous les cœurs; c'est, en un mot, comme une armée de tous ses enfants, rangés en bataille autour de ses autels, et s'efforçant de retenir leur Mère, captive tout un mois dans nos églises, dans les liens de leur amour! La dévotion du mois de Marie a pris naissance en Italie, terre privilégiée où la religion a placé son trône, et où l'auguste Mère de Dieu reçoit les plus touchants hommages; et qui n'admirerait ici ce dessein providentiel de Dieu, qui a donné une patrie commune à son Église, et à la dévotion la plus chère au cœur de sa Mère! Le même sentiment de piété qui avait porté les fidèles à honorer Marie, trois fois le jour, à lui dédier un jour de chaque semaine, et une fête chaque mois, leur a inspiré la salutaire pensée de lui consacrer un mois tout entier, parmi les mois de l'année : et ce n'est pas trop d'un mois mis à répandre nos prières et nos cantiques devant les autels de notre Mère. Cette Mère, l'adorable Trinité a mis toute sa puissance à la produire; le temps, quatre mille ans à nous la montrer, et à la fin des âges, la cour des anges, des saints et des vierges passera les siècles éternels à la bénir, à la chanter dans les cieux.

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Harmonies du mois de Mai avec le culte de la Sainte Vierge

 

Le cœur, dit agréablement un auteur moderne, doit toujours présenter ce qu'il a de mieux: c'est pourquoi la piété publique a choisi de préférence le plus beau mois de l'année, le mois de Mai... le mois de Mai, qui par le renouvellement de la nature, invite l'âme à renaître aussi à la grâce; le mois de Mai, qui transforme la terre en un jardin embaumé, dont les fleurs semblent exhaler leurs parfums les plus exquis et emprunter une voix pour inviter Marie à descendre du ciel, et à habiter parmi elles... Et Marie entend toutes ces voix de la création, et Elle descend sur nos autels, disant: « Abîmes des mers, terre, collines, vallons et montagnes, me voici, donnez-moi des fleurs, soutenez-moi au milieu des fleurs, fulcite me floribus!... » Nous aimons ce symbolisme, qui, par les plus gracieuses harmonies, rapproche ce que le ciel possède de plus aimable, et la terre de plus délicat et de plus pur. Écoutons saint Bernard : « Le culte de Marie est un parfum; et dans ce beau mois, les champs sont inondés des plus suaves odeurs. Le nom de la Vierge est une mélodie; et les oiseaux, à cette époque du printemps, chantent sous la nouvelle et fraîche verdure des bois et des haies. Ce nom d'une Mère divine ravit notre âme de joie, et l'enivre d'espoir; et tout dans la nature respire aussi le bonheur; le cœur des enfants des hommes sourit à l'espérance, à la vue de tant de trésors répandus dans la création. Le culte de Marie, c'est la lumière; et le soleil la verse plus pure sur nos têtes. Marie, enfin, c'est la Mère du bel amour, et l'air embaumé qu'on respire, et toute la nature renaissante nous commande aussi l'amour de Dieu, auteur de tant de bienfaits, et la dévotion à l'auguste Marie, dont il a fait sa divine Épouse !... » N'est-ce pas cette admirable harmonie que le Saint-Esprit a voulu exprimer dans le Cantique des Cantiques, par ces paroles: « Levez-vous, hâtez-vous, mes bien-aimés, car l'hiver est passé, les pluies ont cessé , les fleurs ont apparu dans nos campagnes, le temps de tailler les forêts est venu, la voix de la tourterelle a été entendue dans nos contrées; le figuier a poussé ses bourgeons; les vignes fleurissant ont répandu leur odeur. Levez-vous donc, ô mes bien-aimés, levez-vous, et venez!... » Ne croit-on pas ici entendre la Vierge elle-même, nous invitant à lui consacrer notre amour pendant ce beau mois de Mai, et venant nous apprendre, par cette gracieuse peinture, les délices qu'il fera goûter à nos âmes dans sa célébration?...

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Sentiments et conseils pratiques pour le mois de Marie

 

Le mois de Marie est devenu de nos jours dans l’Église, une dévotion particulière, qui nous arrive, soit comme récompense d'un Carême bien observé, soit comme réparation à ce qui manquait de notre part, à ce saint temps de pénitence: c'est une sorte de jubilé annuel offert par Marie, à tous les pécheurs, pour qu'ils se convertissent; à tous les justes, pour se sanctifier encore; à tous les cœurs enfin, pour qu'ils s'excitent à aimer Jésus et sa Mère, d'un amour toujours plus vif et plus efficace; et voici à cette fin quelques conseils pratiques: Vous vous rendrez tous les soirs dans une chapelle consacrée à la Sainte Vierge pour y suivre fidèlement le pieux exercice du mois de Marie: Il est à désirer que, durant ce mois, on entende la messe tous les jours en l'honneur de la Sainte Vierge: Ce serait faire une chose bien agréable au cœur de Marie, et très-utile à votre âme, que de vous disposera faire la communion, le samedi de chaque semaine, jour spécialement, consacré par l’Église à la Mère du Sauveur: Ne laisser passer aucun jour de ce mois sans faire une mortification, pour nous corriger de nos défauts principaux, acquérir les vertus nécessaires à notre sanctification, au salut du prochain et surtout de nos proches; afin que, par les mérites de Jésus, munis de la protection de Marie, et sentant ses vertus, nous arrivions au bonheur de la contempler dans le ciel.

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Prière

Offrande du Mois à Notre Dame de La Salette

 

O Marie! voici dans votre sanctuaire, les enfants dévoués au culte de votre apparition sur les montagnes de la Salette: à genoux au pied de votre autel, et sous le regard maternel de votre image vénérée, nous vous offrons et vous consacrons ce mois béni, qui porte un nom si doux, si cher à votre cœur, le Mois de Marie. Du haut de ce trône nouveau, par vous dressé sur la terre de France, au sommet des Alpes, daignez répandre sur nous une effusion abondante des dons célestes, et rendre efficaces les pieux exercices qui vont partout commencer en votre honneur; nous viendrons méditer tous les jours les enseignements salutaires de votre apparition; et s'il est doux pour un enfant de rencontrer les regards de sa mère, avec quel bonheur nous entendrons votre voix sur la montagne! ô divine Marie, touchez nos cœurs, ouvrez notre esprit à l'intelligence de votre céleste message, pour glorifier votre saint nom, étendre de plus en plus votre règne, et mériter ainsi les grâces diverses qui, après nous avoir sanctifiés pendant les jours trop rapides de ce mois, nous conduiront dans un siècle qui ne doit pas finir, à la bienheureuse éternité. Ainsi soit-il.

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26 décembre 2010

Messages de Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation à Medjugorje

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Messages de Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation à Medjugorje


Mois de Septembre 2010


Message à Marija et Ivan du 23 septembre 2010

Merci, chers enfants, d'avoir accepté Mes messages et de vivre Mes messages. Merci chers enfants; soyez Mes missionnaires, Mes apôtres, portez Mes messages au monde. Soyez les porteurs de la Bonne Nouvelle. Priez avec Moi. 


Mois d'octobre 2010


Message à Mirijana du 2 octobre 

Chers enfants! Aujourd'hui Je vous invite à une humble, mes enfants, une humble dévotion. Vos coeurs doivent être justes. Que vos croix soient pour vous un moyen dans la lutte contre les péchés d'aujourd'hui. Que vos armes soient et la patience et un amour sans limite. Un amour qui sait attendre et qui vous rendra capables de reconnaître les signes de Dieu; que votre vie, par un amour humble, montre la vérité à tous ceux qui la cherchent dans les ténèbres du mensonge. Mes enfants, Mes apôtres, aidez-Moi à ouvrir les chemins pour Mon Fils. Encore une fois, Je vous invite à prier pour vos pasteurs. A leurs côtés, Je triompherai. Je vous remercie. 

Message du 25 octobre


Chers enfants, que ce temps soit pour vous le temps de la prière. Mon invitation désire être pour vous, petits-enfants, un appel à vous décider à suivre le chemin de la conversion. C’est pourquoi, priez et recherchez l’intercession de tous les saints. Qu’ils soient pour vous un exemple, une stimulation et une joie vers la vie éternelle. Merci d’avoir répondu à Mon appel.


Mois de novembre 2010


Message à Mirijana du 2 novembre

Chers enfants! Avec une maternelle persévérance et avec amour, Je vous porte la lumière de la vie pour détruire les ténèbres de la mort en vous. Ne Me repoussez pas, mes enfants. Arrêtez-vous et regardez en vous, et voyez combien vous êtes pécheurs. Reconnaissez vos péchés et priez pour obtenir le pardon. Mes enfants, vous ne voulez pas accepter que vous êtes faibles et petits, or vous pouvez être forts et grands en faisant la volonté de Dieu. Donnez-Moi vos coeurs purifiés pour que Je puisse les illuminer par la lumière de la vie, Mon Fils. Je vous remercie. 


Message du 25 novembre


Chers enfants, Je vous regarde et Je vois en votre coeur la mort sans espérance, l’inquiétude et la faim. Il n’y a ni prière ni confiance en Dieu, c’est pourquoi le Tout-Puissant Me permet de vous apporter l’espérance et la joie. Ouvrez-vous. Ouvrez vos coeurs à la Miséricorde de Dieu et Il vous donnera tout ce dont vous avez besoin, Il comblera vos coeurs de paix car Il est la paix et votre espérance. Merci d’avoir répondu à Mon appel.


Mois de décembre 2010


Message à Mirjana du 2 décembre


Chers enfants! Aujourd'hui, ici avec vous, Je prie afin que vous trouviez la force d'ouvrir votre Coeur, et de connaître ainsi l'amour puissant de Dieu, qui souffre. De par cet amour de Dieu, par sa bonté et sa douceur, je suis moi aussi avec vous. Je vous appelle: que ce temps particulier de préparation soit un temps de prière, de pénitence et de conversion. Mes enfants, vous avez besoin de Dieu! Vous ne pouvez pas aller de l'avant sans Mon Fils. Quand vous comprendrez et accepterez cela, ce qui vous a été promis se réalisera. Par l'Esprit Saint, le Royaume des Cieux naîtra en vos coeurs. Je vous guide vers cela. Je vous remercie


Message du 25 décembre


Chers enfants, aujourd’hui, Moi et Mon Fils Jésus désirons vous donner une abondance de joie et de paix, afin que chacun de vous soit un joyeux porteur et un témoin de la paix et de la joie dans les lieux où vous vivez. Petits enfants, soyez une bénédiction et soyez la paix! Merci d’avoir répondu à Mon appel.


Retrouvez l'intégralité des messages donnés par Marie à Medjugorje en cliquant sur le lien suivant: http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/articles-cat-83937-273707-marie_reine_de_la_paix_et_de_la_reconciliation.html


6 janvier 2011

Litanies des Saints de l'enfance de Jésus et des Enfants Martyrs

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Litanies des Saints de l'enfance de Jésus et des Enfants Martyrs


Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus, écoutez-nous.

Jésus, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous.

Sainte Mère de Dieu, priez pour nous.

Sainte Vierge des Vierges, priez pour nous.

Saint Michel, priez pour nous.

Saint Gabriel, messager de l'Incarnation, priez pour nous.

Saint Raphaël, priez pour nous.

Saints Anges et Archanges, priez tous pour nous.

Saints ordres des Esprits bienheureux, priez tous pour nous.

Saint Abraham, priez pour nous

Saint David, priez pour nous.

Saint Isaïe, priez pour nous.

Saint Jean-Baptiste, priez pour nous.

Saint Joseph, priez pour nous.

Saint Joachim, priez pour nous.

Saint Zacharie, priez pour nous.

Saints Patriarches et Saints Prophètes, priez tous pour nous.

Saints Pasteurs, priez pour nous.

Saints Rois Mages, priez pour nous.

Saint Syméon, priez pour nous.

Saints Innocents, priez pour nous.

Saint Celse d'Antioche, priez pour nous.

Saint Celse de Milan, priez pour nous.

Saint Modeste, priez pour nous.

Saint Ammon, priez pour nous.

Saint Pergentin, priez pour nous.

Saint Laurentin, priez pour nous.

Saint Claude, priez pour nous.

Saint Hypace, priez pour nous.

Saint Paul, priez pour nous.

Saint Denis, priez pour nous.

Saint Sancie, priez pour nous.

Saint Cyr, priez pour nous.

Saint Pelage, priez pour nous.

Saint Just, priez pour nous.

Saint Pasteur, priez pour nous.

Saint Rufin, priez pour nous.

Saint Sylvain, priez pour nous.

Saint Vitalic, priez pour nous.

Saint Crescent, priez pour nous.

Saint Flocel, priez pour nous.

Saint Paulin, priez pour nous.

Saint Barulas, priez pour nous.

Saints Enfants Martyrs, priez tous pour nous.

Saint Luc, Évangéliste privilégié de la sainte Enfance, priez pour nous.

Saint Léon, priez pour nous.

Saint Jean Chrysostôme, priez pour nous.

Saint Augustin, priez pour nous.

Saint Jérôme, priez pour nous.

Saint Antoine de Padoue, priez pour nous.

Saint François, priez pour nous.

Saint Laurent-Justinien, priez pour nous.

Saint Thomas de Villeneuve, priez pour nous.

Saint Stanislas Kotska, priez pour nous.

Saints Pontifes et saints Confesseurs, priez pour nous.

Sainte Anne, aïeule de Jésus, priez pour nous.

Sainte Élisabeth, priez pour nous.

Sainte Anne prophétesse, priez pour nous.

Sainte Agnès, priez pour nous.

Sainte Eulalie, priez pour nous.

Sainte Eutropie, priez pour nous.

Sainte Aquiline, priez pour nous.

Sainte Émérentienne, priez pour nous.

Sainte Seconde, priez pour nous.

Sainte Julie, priez pour nous.

Sainte Basilisse, priez pour nous.

Sainte Paule, priez pour nous.

Sainte Eustochie, priez pour nous.

Sainte Hélène, priez pour nous.

Sainte Thérèse, priez pour nous.

Sainte Gertrude, priez pour nous.

Sainte Catherine, priez pour nous.

Sainte Rose de Lima, priez pour nous.

Saintes Vierges et saintes Veuves, priez toutes pour nous.

Saints amis de l'enfant Jésus , priez pour nous.

Saints et Saintes de Dieu, intercédez pour nous.


Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.


Prions


O Dieu, qui, par un effet admirable de votre grâce, en fortifiant la foi et la constance de l'âge le plus tendre contre les perfides caresses de l'ennemi du salut et les menaces effroyables de sa cruauté, avez donné à de petits enfants la force de supporter les supplices et de triompher des tyrans, accordez-nous, s'il vous plaît, par leur intercession, l'obéissance à vos préceptes et la fidélité à votre service, afin que ni les pièges secrets du démon, ni la violence de ses fureurs ne puissent jamais nous séparer de vous, qui vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Téléchargez le texte de ces Litanies (pdf) en cliquant ici

9 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Dix-septième jour

Le retour des Mages dans leur pays


« Ayant été avertis en songe de ne point aller retrouver Hérode, ils s'en retournèrent dans leur pays par un autre chemin ». (Matthieu 2) Que l'Evangile est instructif! qu'il est consolant! que d'inquiétudes, que de douleurs nous nous épargnerions, si nous étions attentifs à méditer les leçons qu'il nous donne! Nous en trouverions pour toutes les circonstances, tous les événements et toutes les situations de la vie, parce qu'il est la lumière qui doit diriger nos pas. Partout nous y apprendrions que Dieu demande le sacrifice de notre volonté et le renoncement à notre trompeuse sagesse, et qu'en échange il nous envoie protection et lumière au milieu de toutes les épreuves, tandis qu'il se plaît à aveugler les superbes et à surprendre les sages par leurs propres artifices. De quoi sert à Hérode sa politique? à quoi plus tard aboutira sa cruauté? A travers les flots du sang de mille enfants il poursuivra l'Enfant Jésus, et c'est le seul qui échappera à ses coups. C'est qu'il n'y a contre Dieu ni sagesse, ni prudence, ni conseil. Apprenez donc aujourd'hui à obéir à sa voix, à vous abandonner à sa Providence, en considérant 1° l'avertissement donné aux Mages, 2° leur obéissance à suivre un autre chemin, 3° leur retour dans leur patrie.


L'avertissement qui leur est donné


Ce dut être pour les Mages une forte tentation que celle de s'établir, ou du moins de prolonger leur séjour à Bethléem, et de s'attacher irrévocablement à l'Enfant Jésus et à sa sainte Mère. Ils devaient trouver tant de douceurs dans cette céleste compagnie, de si hautes instructions dans le silence de ce Verbe incarné, de si pures consolations dans leurs entretiens avec Marie! que peuvent-ils souhaiter de voir après avoir vu Jésus? quels entretiens pourraient les charmer, après qu'ils ont conversé avec la Reine des anges? Il est vrai, mais ce n'est pas pour eux seuls qu'ils ont été appelés,éclairés, instruits delà venue du Rédempteur promis au monde. Il faut qu'ils reportent dans leur patrie une lumière plus vive que celle qui les en a tirés, qu'ils rendent témoignage à Jésus-Christ, et deviennent ses prédicateurs et ses apôtres. Le même mouvement de grâce qui les a portés vers la crèche les presse de la quitter; ils en reçoivent l'ordre pendant leur sommeil, et avec une humble docilité ils se disposent à l'instant même à l'accomplir. Admire, ô mon âme! les soins attentifs et miséricordieux de la Providence sur ceux qui sont fidèles à suivre la voie qu'elle leur trace, et qui mettent en elle leur confiance et leur appui. Elle les éprouve, et par intervalles semble les délaisser; et c'est alors qu'elle est, pour ainsi dire, plus près d'eux, et les guide d'une manière plus lumineuse et plus sûre. Ainsi, parce que les Mages se sont aveuglément abandonnés à Sa conduite, elle ne les perd pas un moment de vue et veille partout à leur sûreté. Quand est-ce donc qu'enfin tu imiteras ce généreux et Si sage abandon? Parce qu'ils ont été conduits par les désirs les plus purs et lés vues les plus saintes, ils remportent, de leur visite au Sauveur du monde, la joie, la lumière et la paix. Ah! si tu portais à l'oraison et à la communion, ô mon âme! cette vivacité de foi et cette ardeur de charité, tu en sortirais éclairée, disposée au sacrifice de toi-même, et tout enflammée. Car il est écrit: Approchez de Lui vous serez éclairés, et encore: Mon cœur s'est embrasé élans ta Méditation. Si lorsque tu possèdes ton Jésus, ou que tu te trouves à ses pieds, tu te reposais pleinement en lui comme dans ton centre; si tu écoutais attentivement ses leçons, ses reproches, ses instructions divines! Mais hélas! ô mon Dieu! que je suis éloigné de ces dispositions! que l'heure de là prière me dure! que le temps de la communion me parait long, surtout à certains jours! J'y viens avec froideur, j'y demeure sans respect, sans affection, sans profit, j'en sors avec empressement.


Leur obéissance à suivre un autre chemin pour leur retour


C'est presque toujours par la simplicité des moyens que la Sagesse éternelle se plaît à confondre les desseins les mieux concertés de la malice et de la perversité. Si nous nous attachions à étudier sa marche, nous reconnaîtrions combien sont vains les efforts de la puissance ou de la ruse. Pensez avec quelle tranquillité cruelle Hérode, se reposant sur sa dissimulation, attendait le retour des Mages; considérez d'ailleurs combien il lui eût été facile d'envoyer sur leur race quelqu'un de ces hommes toujours prêts à exécuter les ordres les plus barbares. Mais celui qui a dit à la mer: Tu viendras jusqu'ici et tu briseras contre ce sable l'orgueil de tes flots, arrête quand il lui plaît, aveugle et enchaîne la fureur du méchant, et, au grand étonnement des enfants du siècle, il ne fait plus alors tout le mal qu'il veut et qu'il peut faire. Ainsi, au lieu de revenir à Jérusalem, les Mages, d'après l'avertissement qu'ils reçoivent du ciel, prennent une autre roule, Hérode perd en conjectures le temps nécessaire à l'exécution de son crime, et quand il tentera de le consommer, l'Enfant Jésus sera en sûreté. Encore une fois, ô mon âme! docilité, confiance et abandon à la conduite paternelle et toute miséricordieuse de la Providence: voilà la sagesse, la sûreté et la paix du chrétien. Hors de là tout est faute, tout est danger, tout est alarme. Mais ce changement de chemin, qui sauve et l'Enfant divin et ses premiers adorateurs, vous offre une autre leçon qui n'est pas moins importante. Après des égarements plus ou moins longs, une infidélité ou une résistance plus ou moins coupable, avez-vous enfin été amené à Jésus, l'avez-vous trouvé, lui avez-vous fait vos présents, le don et la consécration de tout votre être? Examinez attentivement quel chemin désormais vous vous proposez de suivre; songez qu'il n'est plus question de marcher par celte voie large que vous avez suivie jusqu'à ce jour, et qui aboutit à la damnation et à la mort éternelles. Si vous y êtes engagé encore, il faut la quitter aujourd'hui et entrer dans la voie étroite, la seule qui mène à la vie et à la félicité. Prends garde, ô mon âme! te voilà avertie. Si tu retournes par ces routes où tu as été en danger de périr, tu périras, parce que tu auras toi-même cherché le péril, et que la grâce méprisée par toi ne fera pas un nouveau prodige en ta faveur. O grâce de Dieu! soyez ma lumière, mon guide, ma force et mon appui. Conduisez-moi par tel chemin qu'il vous plaira, pourvu que vous me rameniez dans ma patrie.


Leur retour dans leur Patrie


Les Mages avaient vu l'étoile du Messie dans l'Orient, et ils étaient venus pour l'adorer; ils l'ont trouvé, et ils l'ont vu lui-même, et ils retournent dans leur patrie pour le faire connaître, pour annoncer la venue de ce Roi pasteur si long-temps promis, attendu depuis tant de siècles. Mais qu'ont-ils donc à dire d'un pauvre enfant qu'ils ont aperçu environné de tout l'appareil de la pauvreté, de la faiblesse, de la misère même? Ah! la lumière qui les a éclairés à la crèche leur a révélé le secret de ces humbles apparences. Dans cet Enfant d'un jour si dénué, si faible, ils ont reconnu et adoré le Roi immortel des siècles, le Sauveur et le Rédempteur du genre humain, le Vainqueur du monde et du péché. Ils laissent à ses pieds leurs présents, ils déposent dans son cœur leur reconnaissance, leurs vœux et leur amour, et saintement impatients de le glorifier, ils s'arrachent généreusement à la consolation pure de le contempler, de baiser ses pieds sacrés, d'interroger ses regards, et d'entendre sa bienheureuse Mère, et ils quittent Bethléem. Nous avons comme les Mages à retourner dans notre patrie, ô mon âme! Notre patrie comme la leur est en Orient. C'est vers l'Orient que Dieu avait planté son paradis. Il nous faut y retourner. Dans quelle sainteté, dans quelle grâce, dans quelle simplicité l'homme avait-il été créé! Nous sommes malheureusement sortis du paradis par le péché, il faut y retourner par un autre chemin. Nous nous sommes égarés par les plaisirs du monde, il faut revenir par les pleurs et le» regrets de la pénitence. Rêveries, enfants d'Israël, à votre cœur, nous dit le Sauveur naissant, connaissez votre égarement, changea votre voie. Je vous entends, ô Enfant divin! Vous m'appelez à vous, vous qui êtes ma fin, mon centre, mon unique bien; vous voulez me conduire à votre royaume par le sentier étroit que vous avez suivi vous-même, par la croix, les larmes, les privations volontaires, le retranchement de mes aises, des vaines Satisfactions, des attachements qui peuvent partager mon cœur. Ah! souverain Maître! vous serez obéi, je reviens à vous, je m'abandonne à votre conduite. Ne me laissez pas à mes ténèbres et à ma faiblesse; et puisque vous m'avez rendu à votre joug aimable, dirigez-moi et soutenez-moi jusqu'au terme.


Vertu à obtenir: Le désir du ciel.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent dans la journée Jésus-Christ comme le plus doux et le meilleur de tous les maîtres. Si jusqu'ici vous lui avez été infidèle, prenez et la résolution et les moyens de réparer vos infidélités. Si jusqu'ici vous avez aimé ce qu'on appelle les aises et les plaisirs, accoutumez-vous peu à peu à goûter dans les maladies, dans les contradictions, dans toutes sortes d'incommodités, l'amertume qui vient troubler en vous la joie des sens et y réveiller le goût de Dieu. Offrez à l'Enfant Jésus tous vos desseins, toutes vos entreprises, toutes vos démarches, toutes vos espérances et toute la conduite de votre vie. Dites avec David: Seigneur, conduisez-moi dans la route de la vie éternelle.


Prière


Divin Jésus, qui avez daigné m'attirer à Tous du fond de mes ténèbres et du sein de la corruption et du péché, veillez sur moi, et soutenez-moi dans la voie nouvelle où je suis entré par votre grâce, car ma faiblesse est extrême; et si vous détournez un moment de moi les regards de votre miséricorde, je retournerai à mes anciennes misères. Tantôt c'est une imagination déréglée qui m'en représente les honteux fantômes, tantôt c'est mon cœur qui les rappelle. Tout à coup je me sens défaillir, sans goût pour le bien, sans force contre le mal. Ayez pitié de moi parce que je suis faible, guérissez-moi parce que le trouble a pénétré mon âme, et confirmez en elle le bien que votre amour a commencé à y opérer. Ainsi soit-il.

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29 novembre 2010

Neuvaine à Notre Dame du Bon Succès

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Prologue


Pour commencer, avant de prier la Neuvaine, relatons quelque faits historiques qui sont à l'origine de la dévotion à Notre Dame du Bon Succès de Quito. Certainement, ces faits serviront à allumer en nous le feu d'amour pour avoir une si bonne Mère et nous pousseront à devenir de plus en plus fervents dans tout ce que nous entreprendrons. Le lieu où l'histoire commence et où la belle dévotion de Notre Dame de Bon Succès a trouvé ses origines, est un endroit renommé : le Couvent Royal de l'Immaculée Conception de Notre Dame de Quito. C'était le premier Couvent de la ville, fondée le 13 janvier 1577, selon les chroniques de Rodriguez Do Campo. L'historien Montesinos a inclus dans ses « annales » l'histoire de la fondation de ce Couvent. Entre autres choses, il a écrit : « Les religieuses fondatrices étaient Maria Taboada, qui, en religion s'appelait appelée Maria de Jésus; Catalina Rodriguez, en religion Catherine de la Conception; Francisca Xaramillo, en religion Lucia de la Conception; Maria Rodriguez, en religion Maria de l'Incarnation. Ces femmes ont fait leur profession religieuse avec le Père Juan lzquierdo, le Vice-commissaire le Général de la Province de Quito, le 25 janvier 1575. Avec étaient venues Juana de Castaneda et Magdalena de Valenzuela, Juliana d'Arce, Mariana Torres et Leonor Tamay, qui étaient encore trop jeunes pour prononcer leurs voeux perpétuels et qui, une fois qu'elles avaient atteint l'âge requis par le noviciat, on fait leur profession ». Le Couvent a été fondé au jour indiqué par Do Campo dans « Le Livre de Fondation », se trouvant dans les archives du Couvent Conceptionniste de Quito. En voici le texte: « Ce Couvent Royal des Sœurs de la Conception de Quito a été fondé le 13 janvier de l'année 1573, son fondateur et sa première Abbesse étant Maria de Jésus y Taboada. Elle est issue de la maison noble de Soloriego de Galice, bien qu'elle ait été plus admirée et reconnue pour sa grande vertu, qu'en raison de sa noblesse ». Certaines des femmes qui venaient d'Espagne pour fonder le couvent n'étaient pas encore assez âgée pour professer leur vœux. Parmi eux se trouvait la nièce de la fondatrice, qui était encore une jeune fille lorsque le couvent fut fondé. Cependant, avec le temps, elle est devenue la plus grande splendeur du Couvent Royal. Elle est née en Biscaye et s'appelait Mariana de Torres y Berriochoa.


Permettez-moi de dire certaines choses à son sujet: Mariana de Torres, qui, en religion, s'appellera Mariana de Jésus, n'était âgée que de 14 ans lorsque les mères fondatrices ont fait leur de profession, elle put prononcer ses vœux perpétuels en 1579 seulement. Dans le « Livre de la Fondation », on peut lire: « Mariana de Torres, professe et prend le nom de Mariana de Jésus; elle a fait ses vœux le 21 Septembre, jour de la Saint Matthieu, de l'année 1579, elle est l'une des premières novices ». Le « Livre des Professions » dit la même chose: « Mariana de Torres professe et prend le nom de Mariana de Jésus; elle a prononce ses vœux le 21e jour du mois de Septembre de l'année 1579 ». Il semble très clair que Mariana de Jésus a été un véritable pilier pour le couvent en raison de sa très haute vertu qu'elle a atteint et des titres qu'elle a tenu. Nous noterons ici les différentes périodes  où  elle a été nommée abbesse. Dans le « Livre des Morts » du Couvent Royal, il est écrit: « Décédé: Mariana de Jésus, 6e abbesse ». Mariana était abbesse quatre fois. Elle a occupé ce titre au cours de la période 1598-1601, 1610-1613, 1616-1619, 1622-1625, et a continué à tenir le titre de Présidente de 1625 à 1628. Qu'elle ait bien réalisé son travail, nous en avons connaissance par les rapports de la Visite Pastorale de l'année 1599, qui eut lieu pendant la première année ou Mère Mariana était responsable du monastère. Le Frère Benito Hernandez d'Ortega était le Visiteur Épiscopal et il fit des recommandations qu'il jugea opportunes pour les sœurs pour les Sœurs avec des mots notables sur la Mère Mariana. Dans le « Livre de la Fondation », il est dit : « Tous ces mandats, ainsi que ceux de visites précédentes, le dit visiteurs, sur le commandement de Votre Seigneurie (l'évêque), ayant été traités et communiqués, je déclare par la présente que j'ai commandé et ordonné qu'ils soient tenus et réalisé dans son intégralité, et cela inclut les peines et les censures créés en eux. Et j'ai déclaré et je déclare que la dite abbesse (Mère de Jésus Mariana Torres) est une religieuse de grande vertu et un exemple de gouvernante, qu'elle exerce saintement  au nom de Votre Seigneurie (l'évêque) ».


Au sujet de ses vertus


Il y aurait beaucoup à dire sur la grande vertu Mariana Mère, et je ne citer que l'une des nombreuses personnes qui en ont témoignées. Je me souviens des paroles trouvées dans le « Procès » de la Bienheureuse Mariana, le lys blanc de Quito. Il y est affirmé que la Bienheureuse Mariana de Jésus,  qui n'était encore qu'une jeune fille, se rendit à l'église de la Conception à assister aux funérailles d'une religieuse nommée Mariana de Jesus (Torres), qui mourut en odeur de sainteté. Plus explicite est le témoignage de Rodriguez DoCampo qui parle de ce Couvent dans son célèbre « Descripcion y Relacion del Estado Eclesiastico del Obispado de San Francisco de Quito » (la Description et Compte rendu de l'État Ecclésiastique l'Épiscopat de Saint François de Quito). Citant le « Procès » de la Bienheureuse Mariana, il déclare: « Il y a eu (dans le dit Couvent) des Nonnes qui avaient une vertu singulière et de la religion, comme Maria de Jésus Taboada, la première Abbesse et d'autres qui suivaient son exemple. Resplendissante dès sa jeunesse par son humilité, son obéissance, sa pénitence et son don de prière, sa piété et sa dévotion pour Notre Seigneur Jésus Christ, ainsi que son amour et sa révérence pour le Nom de Jésus, Mariana de Jésus, fut l'une premières à avoir pris qui a pris l'habit (Dans le Couvent de Quito) ». Elle a vécu et elle est morte en laissant un grand exemple, spirituellement et temporellement, dans sa piété aussi bien que son sage gouvernement, étant Abbesse à diverses reprises. Ses pétitions et prières ont été accompagnées par la Majesté Divine et elle a reçu de Sa Miséricorde tout ce à qu'elle a demandé.  « Elle est morte avec autant de paix et de sainteté qu'elle un vécu en ce monde. Ses confesseurs dans les sermons lors de son enterrement, ainsi que les dossiers annuels le commentaire révèlent comment elle fut remplie de zèle pour le service divin et qu'elle avait bénéficié de grandes révélations de la Majesté de la Divin et de sa sainte Mère et l'Enfant Jésus qu'elle portait dans ses bras, et qu'elle avait Don de prophétie. Elle a reçu ces dons prophétiques, à mon avis qui est aussi celui de l'archevêque Pedro Oviedo qui a échangé avec elle et qui connaissait donc les prophéties qu'elle avait fait, de sorte que Dieu puisse  être loué et béni, comme preuve qu'il fait des saints et qu'il donne son Divin Esprit à ceux qui le servent. Ces prophéties concernent aussi d'autres choses en particulier sur les faveurs divines qu'elle  a reçu et dont la vérification se fera dans la longueur de l'histoire ».


Notre Dame du Bon Succès


Il est de notoriété publique que l'une des églises les plus connues de Madrid est celle de Notre Dame du Bon Succès. Quelle est l'origine de son invocation? Après la mort du frère de Bernandin Obregon, fondateur des Frères Minimes pour le service des malades (Ordre de Saint François de Paule), le Frère Gabriel de Fontaned fut été élu pour lui succéder. Accompagné de Guillermo de Rigosa, il partit à Rome pour y plaider la cause de l'approbation officielle de leur Institut, devant le Pontife Romain. Comme ils passaient par la ville de Traigueras (sous la juridiction de Tortosa, dans la Principauté de Catalogne), ils découvrirent miraculeusement dans une grotte de montagne une belle statue de la Sainte Vierge Marie portant son divin Fils dans son bras gauche et un sceptre dans son droit, avec une précieuse couronne sur sa tête. Quand ils arrivèrent à Rome, ils rapportèrent au Pape ce qui s'était passé, et le Pape a non seulement reconnu le caractère surnaturel de cette découverte, et, après avoir confirmé la nouvelle ordonnance, il la plaça sous la protection de la même Vierge, auquel il donna le nom de la Vierge du Bon Succès. C'est ainsi qu'est venu ce nom qui a été donné par le Souverain Pontife. La sainte statue, qui a été placé à l'Hôpital Royal de Madrid, est devenu célèbre pour les nombreuses faveurs accordées par le ciel à travers elle. En 1641, Philippe III ordonna la construction du splendide sanctuaire de la Puerta del Sol (Porte du Soleil). La magnificence de cet édifice qui est consacré Notre Dame du Bon Succès est renommé parmi les églises de Madrid. Les nonnes espagnoles qui avaient traversé l'Océan pour fonder le couvent de l'Immaculée Conception à Quito ont apporté avec eux un fervent amour pour la Vierge du Bon-Succès. Elles ne se doutaient pas que la Sainte Vierge daignerait les favoriser d'une façon très spéciale au moyen de ce titre particulier.


Le cas miraculeux


Cela s'est déroulé de cette façon. C'était pendant l'année 1610. Mariana de Jésus Torres, étant alors Abbesse du Couvent, dont la vertu était déjà bien connue, se distinguait pour sa dévotion pour la Vierge de Bon Succès. Une nuit, dans le chœur supérieur de l'église, alors que Mariana priait devant avant Notre Seigneur présent dans le Saint Sacrement, recommandant sa communauté à la Vierge Sainte, elle remarqua une lumière douce qui était soudainement apparue dans l'air. Dans cette lumière, se trouvait Mère de Dieu accompagné par des Anges. Dans ses bras elle portait l'Enfant Divin. Submergée par l'émotion, Mariana de Jésus se mit à genoux devant Marie et, incapable de se retenir, elle demanda quel était le but de cette visite si céleste. À cela la Mère de Dieu répondit avec bonté: « Je suis Sainte Marie du Bon Succès, celle que vous avez invoqué avec une affection si tendre. Votre prière m'a énormément fait plaisir. Votre foi m'a amené ici et votre amour m'a invité à vous rendre visite ». La Reine du Ciel a également dit à l'humble sœur que son désir, ainsi que celui de son Divin Fils, était qu'elle soit honoré par cette communauté comme étant sa principale abbesse et ce, jusqu'à la fin des temps. Pour cela, la Vierge lui ordonna de faire réaliser une statue, telle qu'elle la voyait de ses yeux et de lui donner le nom de Sainte Marie du Bon Succès, exigeant que cette statue, une fois réalisée soit placée au-dessus du siège de l'Abbesse de la communauté. Ainsi, elle voulait présider au gouvernement de cette Communauté qu'elle s'était réservée. Remplie de confusion par cette demande, la mère Mariana répondit qu'il serait impossible de reproduire dans le bois la majesté, la beauté, la taille et autres caractéristiques de la Dame céleste. En réponse, Notre-Dame lui ordonna d'ôter sa ceinture (la corde qu'elle avait autour de la taille de son habit), et avec, elle lui demanda de mesurer sa hauteur, elle-même l'aida à prendre les mesures. Après cela, la Dame Céleste dit en souriant, qu'elle pouvait s'occuper du reste toute seule. Enfin, elle répéta ses ordres, expliquant à Mariana de Jésus que dans sa main droite, elle devrait tenir la crosse et les clefs du couvent, qu'elle s'était choisie pour elle-même, assurant ainsi que les efforts de Satan pour le détruire seraient vains. La Vierge du Bon Succès de Quito apparaît avec la crosse dans la main droite, à la place du sceptre qu'elle porte sur la statue de Madrid. Les Sœurs du Couvent de l'Immaculée Conception de Quito ont toujours eu un grand amour pour leur Abbesse Céleste. Et il ne serait pas trop de dire que la statue de la Vierge de Bon Succès, une fois complété, a rapidement été très vénérée par les gens Quito, qui la vénèrent encore fidèlement depuis près de trois siècles. Nous pouvons dire, alors, que la Vierge de Bon Succès de Quito est devenue une dévotion nationale, comme l'Image de Notre Dame des Douleurs qui est vénérée au  Collège des Jésuites. Ainsi elle nous montre comment elle veut nous prendre sous sa protection spéciale et en conséquence, tous les Équatoriens et tous les Chrétiens devraient avoir le recours a elle avec une grande ferveur et une confiance filiale. Une des façons principales de se tourner vers la Dame Céleste est de faire avec dévotion une neuvaine en son honneur. Puissiez-vous réciter ces prières de tout votre Cœur et qu'elles vous fassent du bien! Que la Sainte Vierge déverse ses grâces dans vos âmes!


José M. Urrate, SJ


Avantages de cette neuvaine


En route vers Rome pour chercher l'approbation pour leur Ordre, deux moines espagnols furent  rattrapés par une tempête si épouvantable qu'ils craignirent pour leurs vies. En cherchant l'abri, une lumière étrange dans les collines au-dessus d'eux les a conduit vers une caverne cachée. A l'intérieur, ils découvrirent une statue de la Reine de Ciel portant son Fils Divin dans un bras et un sceptre dans l'autre. Tel était la découverte prodigieuse en Espagne de la statue originale de Notre Dame de Bon Succès. La première partie de cette neuvaine à Notre Dame de Bon Succès souligne d'importantes leçons que nous pouvons prendre pour méditer sur l'histoire. Dans les tempêtes les plus désespérées de la vie, nous pouvons trouver des grâces inattendues et recevoir l'aide de Notre Dame, notre refuge et notre consolation. En la cherchant, nous trouverons un guide et une protectrice qui nous accompagnera tout au long de notre pèlerinage sur cette terre et qui nous conduira en toute sécurité vers notre destination finale. La neuvaine se poursuit avec l'histoire des apparitions de Notre Dame du Bon Succès dans le Nouveau Monde. C'est la foi et la prière fervente du religieuse Conceptionniste, dans un couvent de Quito, en Équateur, qui a incité qui a Notre Dame à apparaitre et a offrir de nouvelles preuves de sa miséricorde et de sa bonté. En imitant la foi, la dévotion et la ferveur que Mère Mariana de Jésus Torres, nous pourrons également bénéficier de la puissante protection de Marie, qui a promis d'accorder son bon succès aux âmes qui resteront fidèles, dans ces jours de malheur et de crise que traversent l'Église et la société. La neuvaine continue l'histoire avec l'apparition de Notre Dame de Bon Succès dans le Nouveau Monde. C'était la foi et la prière fervente d'une Sœur Conceptionniste dans un couvent à Quito, l'Équateur qui a incité Notre Dame à apparaître et offrir les nouvelles preuves de sa pitié et bonté. En imitant(émulant) la foi, la dévotion et la ferveur dans la prière de Mère Mariana de Jésus des Sommets de roche, nous pouvons aussi gagner la protection puissante de Mary, qui a promis son bon succès à ces âmes qui restent fidèles dans ces jours malheureux de crise dans l'Église et la société. J'ai eu le privilège de traduire cette neuvaine de prières, qui, dans sa version originale était adressée aux sœurs cloitrées Conceptionnistes qui vivent dans le Couvent de Quito, sous le même toit que la statue miraculeuse de Notre Dame du Bon Succès. J'ai adapté la neuvaine pour les hommes et les femmes qui vivent dans le monde afin qu'ils puissent également avoir recours à Notre-Dame sous ce titre. Sachant que Notre-Dame du Bon Succès à dit que c'était son désir particulier d'être connu en ces temps, nous pouvons avoir confiance qu'elle sera attentive à nos prières.

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Neuvaine à Notre Dame du Bon Succès


Acte de repentance

A réciter chaque jour au début de la Neuvaine


Je crois en Vous, ô mon Dieu. Renforcez ma foi ô Seigneur, ma foi. J'espère dans Vous, ô mon Dieu. affirmez, ô Seigneur, mon espérance. Je Vous aime, ô mon Dieu. Augmentez, ô Seigneur, mon amour. Je me repens de Vous avoir offensé. O mon Dieu, aidez-moi à avoir de la contrition, afin  qu'avec le secours de Votre grâce et le puissant patronage de Marie, Notre de Bon Succès, je ne puisse plus pécher. O Seigneur, ayez pitié et miséricorde de moi. Amen.


Prière d'ouverture


O très Excellente et Immaculée Reine du Ciel, Sainte Marie, Notre Dame du Bon Succès, Fille chérie du Père Éternel, Mère bien-aimée du Divin Fils, Épouse du Saint-Esprit, Trône Sublime de la Divine Majesté, Temple Auguste de la Sainte Trinité, en qui les Trois Personnes Divines ont placées  tous les trésors de leur Puissance, de leur Sagesse et de leur Amour! Souvenez-vous, ô Notre Dame du Bon Succès, que Dieu a vous a donné un grand pouvoir que vous puissiez secourir les misérables pécheurs malheureux; Souvenez-vous que vous avez souvent promis que Vous seriez une Mère charitable pour tous ceux qui auront recours à Vous. Je viens alors vers Vous, ô Notre Dame du Bon Succès, Mère charitable et Miséricordieuse, et je Vous prie, au nom de Votre Amour pour le Très Haut, de l'obtenir de Dieu le Père,  une Foi vive qui ne perd jamais de vue les vérités éternelles; du Fils, une ferme espérance qui aspire toujours à atteindre la  gloire qu'Il a gagné pour moi par Son Sang; et du Saint-Esprit, une Charité si enflammée que je vive toujours en aimant la Bonté Suprême et vous, ô Très Sainte Vierge la plus sainte, jusqu'à ce que, par votre intercession, je puisse Vous aimer et jouir éternellement du Dieu Trois Fois Saint dans la gloire du Ciel. Amen.


Je Vous salue Marie, Fille Bien-aimée de Dieu le Père. Je vous salue Marie...

Je Vous salue Marie, Mère du Divin Fils. Je vous salue Marie...

Je Vous salue Marie, Épouse de l'Esprit Saint. Je vous salue Marie…

Gloire au Père...


(L'on passe ensuite à la méditation et à la prière du jour)


Prière d'action de grâce à la Sainte Vierge


O Vierge bénie entre toutes les femmes! Les mots nous manquent pour vous rendre grâce pour les innombrables bénédictions que nous avons reçues de Votre main. Le jour de Votre naissance peut être appelé jour de l'action de grâce, du bonheur et de la consolation. Vous êtes l'honneur de l'humanité, la joie du Paradis, le cadeau bien-aimé de Dieu et le bonheur de notre pays. Quel mérite avons-nous, ô Notre Dame du Bon Succès, de mériter de Vous avoir pour Mère? Que Dieu  soit toujours béni! Et que Vous aussi, Vous soyez toujours bénie, ô Vierge Marie, car, malgré notre ingratitude, vous nous accorderez les faveurs dont nous avons besoin. Vous êtes, ô Mère très clémente, notre consolation sur terre, notre refuge, notre aide et notre protection dans tous nos besoins. Protégez-nous des guerres, de la peste, de la faim, des tempêtes, des tremblements de terre et tous les désastres que nous méritons par notre culpabilité... Priez pour l'Église Sainte et pour son Chef visible. Écoutez les supplications de ceux qui vous invoquent. Soyez notre Avocate, notre Mère, car comme nous plaçons notre confiance en Vous, nous espérons que par Votre intercession nous obtiendront le pardon de Votre Divin Fils pour tous nos péchés et la persévérance dans la grâce jusqu'à notre mort. Notre Dame du Bon Succès, aidez-nous à persévérer dans la grâce jusqu'à la mort. Amen

 

élever son cœur vers Dieu, et demander, par l'intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, Notre Dame du Bon-Succès, les grâces et faveurs que l'on désire recevoir.


Éloges à la Très Sainte Vierge Marie


O Vierge Marie, notre Mère, R. Venez à notre secours et montrez-nous Votre Miséricorde, car Vous êtes notre Mère. 

Plus que tout autre, vous étiez attentive à la Parole du Père, qui a fait de grandes choses en Votre  honneur. R. Venez à notre secours et montrez-nous Votre Miséricorde, car Vous êtes notre Mère.

Vous êtes le plus digne Temple de la Sainte Trinité. R. Venez à notre secours et montrez-nous Votre Miséricorde, car Vous êtes notre Mère.

En Vous se trouve la même pureté que celle des Anges.  R. Venez à notre secours et montrez-nous Votre Miséricorde, car Vous êtes notre Mère.

Le monde Chrétien proclame que vous régnez juste à côté du Roi de Rois. R. Venez à notre secours et montrez-nous Votre Miséricorde, car Vous êtes notre Mère.

O Mère de la Grâce! O notre espérance! Port pour les naufragés et étoile de la mer. R. Venez à notre secours et montrez-nous Votre Miséricorde, car Vous êtes notre Mère.

Porte de Ciel, santé des malades, Lumière dans les ténèbres. R. Venez à notre secours et montrez-nous Votre Miséricorde, car Vous êtes notre Mère.

Par vous, nous nous trouverons devant Dieu dans la Cour Céleste, où Il vit et règne. R. Venez à notre secours et montrez-nous Votre Miséricorde, car Vous êtes notre Mère.

Guidez nos pas et aidez-nous, ô douce Marie, à notre dernière heure. R. Venez à notre secours et montrez-nous Votre Miséricorde, car Vous êtes notre Mère.

Recevez ces tendres éloges de nos lèvres, qui ne peuvent pas exprimer votre splendeur. R. Venez à notre secours et montrez-nous Votre Miséricorde, car Vous êtes notre Mère.


O Sainte Marie secourez les misérables, aidez les faibles, intercédez pour les affligés, intercédez pour le clergé et pour les fidèles. Permettez que tous ceux qui célèbrent Votre Sainte Mémoire puissent éprouver votre secours et recevoir vos faveurs.


Priez pour nous, O Notre Dame du Bon Succès!

Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de notre Seigneur Jésus Christ.

 


Prière finale


Seigneur notre Dieu, nous Vous demandons de nous accordez la santé de l'âme et du corps,  par l'intercession de la Bienheureuse Vierge Marie. Par ses mérites et par ceux de son Fils, notre Seigneur Jésus Christ, permettez que nous soyons libérés des maux présents et que nous puissions atteindre le bonheur éternel. Amen.


Premier Jour

Réciter l'Acte de repentance et la Prière d'ouverture


Considérez combien grandes et incomparables sont les merveilles du Dieu Tout-puissant, en manifestant les trésors de Sa Miséricorde en faveur de ceux qu'il a rachetés. Par conséquent, si nous admirons les excès de Sa Bonté dans les nombreuses grâces dont il nous a enrichis, combien plus encore devrions-nous nous émerveiller et être remplis de gratitude pour la grande bénédiction que Sa Main droite nous a accordé en Marie, la plus Sainte, la plus parfaite et la plus privilégiée de toutes les que créatures, qu'Il nous a donné afin qu'Elle soit une source de consolation, particulièrement pour tous ceux qui le servent et qui l'aiment de tout leurs cœurs et qui a aussi inspiré divers vocables et diverses invocations pour l'honorer.  Par ces dévotions, nous recevons de grandes faveurs en invoquant son secours et sa protection. Telle est l'expérience des vrais dévots de la Mère de Dieu et plus particulièrement de ceux qui l'ont invoquée par la merveilleuse Statue de Notre Dame du Bon Succès, se trouvant dans l'Église de l'Hôpital Royal dans la Ville de Madrid, devenue miraculeuse d'une façon spéciale et inattendue depuis que ce Trésor a été trouvée dans le désert. Comme Dieu avait dit au Prophète Isaïe qu'il viendrait chercher ceux qui n'étaient pas venus le rechercher et qu'il mettraient de côté ceux qui n'avaient pas cru en Sa bonté et la largesse, ainsi, le Très Haut à clairement exprimé son désir que Sa Très Sainte Mère soit honorée et vénérée sous le titre de Notre Dame du Bon Succès.


Prière


O Dieu, qui, dans votre Bonté infinie, en permettant la fabrication miraculeuse l'image de Notre Dame du Bon Succès, nous avez donné une puissante médiatrice en qui nous pouvons avoir recours avec une totale confiance en sa protection dans toutes nos nécessité: accordez-nous l'aide que nous demandons avec ferveur et confiance pour que nous puissions connaître, honorer et servir la Sainte Vierge et pour que, par son intercession, nous puissions réaliser notre sanctification sur cette terre pour que nous devenions, ensuite, comme Elle, bienheureux dans le Ciel. Amen.


Réciter ensuite la prière d'action de grâces, puis les Éloges à la Très Sainte Vierge Marie


Deuxième jour

Réciter l'Acte de repentance et la Prière d'ouverture


Considérez comment la Divine Providence désire favoriser l'humanité en manifestant le trésor caché de la précieuse Statue de la Sainte Vierge, sous le vocable de Notre Dame du Bon Succès. Après la mort du Frère Bernandin d'Obregon, fondateur d'une Fraternité de Frères Minimes de Saint François de Paule, vouée au  Service des Malades, Gabriel de Fontaned fut été élu pour lui succéder. Accompagné de Guillermo Rigosa, il partit pour Rome, afin de solliciter du Pape l'approbation officielle de l'Institut et l'autorisation de porter la croix pourpre, qui est le signe distinctif de cet ordre. Comme ils passaient près de la ville de Traigueras (juridiction de Tortosa, Catalogne, Espagne), ils furent rattrapés par une terrible averse de grêle avec des éclairs et des coups de  tonnerre si forts que leurs cœurs en furent terrifiés... Ils supplièrent Dieu de leur trouver un abri où ils pourraient se réfugier, afin d'y attendre la mort dans la paix, car l'implacable rigueur de la tempête les avait persuadés qu'ils n'en réchapperaient pas vivants. Mais Dieu dans Sa Divine Miséricorde avait voulu que la recherche de cet abri soit aussi un heureux présage. Puis,  soudainement, pendant un impact de foudre, ils purent apercevoir l'entrée d'une grotte située sur une colline non loin du chemin sur lequel ils se trouvaient. De loin, il aperçurent une vive lumière qui venait de l'intérieur de cette grotte et, plus ils s'en approchaient, plus ils sentaient une odeur suave et céleste qui ne semblait pas être terrestre. Leurs âmes furent alors remplies d'un grand bonheur et d'un profond sentiment de piété. En même temps, ils ressentirent le désir de comprendre l'origine de ces miracles.


Prière


Nous Vous en supplions, par l'intercession de Marie, Notre Dame du Bon Succès, accordez-nous la vertu de patience, et la grâce de d'accepter, avec un esprit résigné, toutes les épreuves que nous rencontrerons en cette vie, sachant que Vous pouvez changer ces souffrances en consolations dans cette vie, et qu'à terme, nous mériterons Votre récompense éternelle dans le Ciel, où nous y chanterons éternellement Vos louanges avec la Bienheureuse Vierge Marie. Amen.


Réciter ensuite la prière d'action de grâces, puis les Éloges à la Très Sainte Vierge Marie


Troisième Jour

Réciter l'Acte de repentance et la Prière d'ouverture


Considérez comment les voyageurs, poussés par la grâce et ont attirés par la curiosité de ces surprenantes merveilles, sont entrés dans la grotte qui allait leur servir de  refuge. Enlevant leurs chaussures, ils ont gravis la colline avec une grande difficulté, s'aidant de grands rochers et de falaises aiguisées. Quand ils atteignirent la caverne, de laquelle ils avaient vus dans les éclairs, comment fut grande leur surprise de joie et leur admiration! Ils virent que cette caverne avait été délicatement taillée par la nature comme un temple spacieux afin de protéger une belle Statue de la Vierge Sainte tenant l'Enfant de Christ dans son bras gauche et tenant un sceptre dans sa main droite. Une couronne précieuse était posée sur son front. Sa robe, comme celle de l'Enfant, était simple, mais élégante. Les deux vêtements étaient fabriqués dans la même matière et dans le même style. L'intérieur de la grotte était orné de divers types de fleurs qui tapissaient le sol et qui grimpaient le long des parois, embaumant l'air d'un parfum exquis s'élevant vers la Reine de Ciel. Sur le roc, se trouvait une lampe allumée semblant être fabriquée par une main experte, qui éclairait la grotte de mille feux. Quelle telle beauté et quel plaisir d'honorer une si admirable Dame, ce fut une telle surprise et que cela remplit  les voyageurs d'une grande admiration! Les deux extatiques contemplèrent ce petit coin de Paradis et apaisèrent leurs cœurs en présence de leur Mère, qui, après la tempête épouvantable, était venue vers eux d'une façon inattendue, rayonnante de beauté, répondant à leur appel, et leur donnant un endroit ou se réfugier, dans ce moment difficile et désespéré. Mon âme, aussi, est apaisée devant l'image de Marie. Quand les fardeaux de la vie et que les dangers nous rapprochent du désespoir, laissons-nous aller, puis, avec tranquillité et confiance, remercions Dieu qui, dans Sa Toute Puissance, a permis que la statue prodigieuse soit miraculeusement trouvé en cet endroit caché, pour l'honneur de la Vierge Immaculée et pour que tous puissent la vénérer sous ce métier précieux de Bon Succès.


Prière


O Dieu de Miséricorde, qui n'abandonnez jamais aucun de vos enfants qui Vous servent fidèlement quand ils se trouvent dans la désolation et quand ils rencontrent les malheurs et les dangers de cette vie. Vous qui nous conduisez à Vous rechercher avec Marie, notre Mère et notre Avocate, permettez qu'Elle soit toujours notre refuge dans nos adversités; accordez-nous enfin un cœur tendre et fervent, afin qu'avec Marie pour protectrice, pour que nous puissions toujours Vous servir, et, imitant ses mérites et ses vertus, mener une vie bonne et Chrétienne pour, ensuite, avec elle Vous louer éternellement dans Votre Royaume Céleste. Amen.


Réciter ensuite la prière d'action de grâces, puis les Éloges à la Très Sainte Vierge Marie


Quatrième Jour

Réciter l'Acte de repentance et la Prière d'ouverture


Considérez la joie indescriptible des bons frères Minimes en contemplant ces prodiges. La Statue de notre Mère bien-aimée brillait devant eux comme une étoile resplendissante et ils se sont pieusement et respectueusement prosterné devant elle pour la louer et la remercier de ce don si unique et de ces évènements si extraordinaires. Leurs pensées et leurs sentiments étaient si élevés à des considérations célestes qu'il pensaient être favorisés par quelques faveurs surnaturelles. Pour tout ce qu'ils avaient vu et sentis dans ces murs de rocher en cet endroit si inaccessible, si éloigné des maisons des hommes, ils redoublèrent de ferveur dans leurs prières d'action de grâce. Demandant alors au Ciel, d'être éclairés de savoir ce qu'ils devraient faire, ils décidèrent de se renseigner sur l'origine de ce sanctuaire et de la Statue en recherchant les personnes pieuses ou la communauté qui se souciait si admirablement de ce culte. Bien que cela leur ait semblé impossible qu'une telle splendeur soit le fruit du travail des hommes dans un endroit si écarté et si inaccessible, et la piété les a d'abord conduit a faire une enquête prudente sur la question. Ils se sont renseignés dans les hameaux les plus proches de la caverne, qui étaient a plus de trois lieues de distance, mais ils n'y trouvèrent personne qui puisse leur donner la moindre information sur la Statue. Même parmi les plus anciens qu'ils ont interrogés, qui avaient, pour certains entre 80 et 100 ans, personne n'avait jamais entendu parler de la statue ou d'une semblable dévotion qui se serait tenue dans les bois avoisinants et dans tout autre endroit dans la région. Considérez, alors, l'étonnement et la sainte joie des Frères, maintenant propriétaires de l'extraordinaire découverte, se prosternant à nouveau devant la Sainte Statue, lui offrant leurs remerciements les plus affectueux, l'embrassant chaleureusement et avec émotion, ils la choisirent comme leur Protectrice spéciale et Médiatrice, sous le titre très significatif de Mère de Bon Succès. Leur cœur fut porté par de pieux sentiments de reconnaissance et d'admiration pour une si prodigieuse faveur si prodigieuse qui leur était accordée. Unissons-nous à eux dans leurs affection pour Marie, en l'aimant en et prenant de généreuses résolutions, parce qu'Elle nous a, nous aussi, dans sa bienveillance, trouvés sur le sentier dangereux de vie, au milieu de l'horreur de la tempête de nos passions.


Prière


O Dieu, qui dans Votre Amour infini, nous avez donné Marie, Notre Dame du Bon Succès, pour Mère, afin qu'Elle soit notre précieux refuge et notre consolatrice, en la plaçant dans les sentiers de nos vies, afin qu'Elle soit notre bouclier afin de nous défendre dans les persécutions et les dangers. Reconnaissants pour Votre Bonté, permettez, nous Vous en supplions, que nous soyons toujours en parfaite conformité à Votre Volonté, dans la pratique des vertus et par une tendre et constante dévotions envers la Très Sainte Vierge, afin que par son intercession nous puissions atteindre le Royaume du ciel. Amen.


Réciter ensuite la prière d'action de grâces, puis les Éloges à la Très Sainte Vierge Marie


Cinquième jour

Réciter l'Acte de repentance et la Prière d'ouverture


Considérez comment les saints voyageurs saints, maintenant convaincus que leur précieuse découverte leur appartient, plaçant la Statue dans un panier et, avec cette si aimable et puissante compagne, continuèrent paisiblement et tranquillement leur voyage vers Rome, où ils ont furent  gracieusement reçus par Sa Sainteté le Pape Paul V, qui était un homme chaste et très pieux. L'ayant informé de la façons dont ils avaient trouvé la Statue de la Vierge, en la voyant, si précieuse et rayonnante d'une présence surnaturelle, le Pontife s'agenouilla devant elle et y accrocha autour du cou de la statue sa précieuse croix pectorale émaillée et en or précieux, accordant des grâces et des indulgences à tous ceux qui la vénèreront. Ce don prodigieux est rapidement devenu une source inépuisable de grâces, et les miracles qui ont été vécus par les habitants de la ville de Valence et par les religieux qui l'y avaient déposée. Plus tard la Statue a été transférée avec une grande solennité dans une magnifique église de Madrid, la capitale de l'Espagne, où la Statue vénérée continue encore de nos jours à y accomplir des miracles. Depuis, son culte s'est répandu partout en Europe et même dans les régions les plus éloignées du continent Américain. O mon âme, anime-toi en présence de Marie. Que cette rencontre te porte à tenir ferme dans la confiance, dans les moments les plus difficiles de cette vie, te consolant par son beau visage et son doux sourire. Puis, considère le Saint Père, prosterné en sa présence, lui offrant sa précieuse croix pectorales, que cela t'encourage à devenir pieux et fidèle envers Marie. Réjouissez-vous de l'état dans lequel Dieu vous a placés, parce que vous avez Marie, qui est votre Compagne et votre Protectrice. Louez-la, bénissez-la et présentez-lui la croix pectorale de votre amour, placez à ses pieds votre passion dominante, offrez lui tous vos efforts afin de vous  surmonter avec détermination et constance, afin d'obtenir les faveurs exceptionnelles que tant de personnes pieuses ont reçues par l'intercession de la Sainte statue de Notre Dame du Bon Succès.


Prière


O Dieu notre Souverain, Vous nous avez donné la Très Sainte Vierge, Notre Dame du Bon Succès, comme compagne dans notre pèlerinage, afin qu'Elle puisse nous servir de guide, de garde et de protectrice au milieu des conflits de ce monde. Marchant avec Elle, remplis de confiance sur les chemin de cette vie, avec la certitude de facilement trouver la route qui nous conduira vers Vous ô Père éternel, et que tout ce que nous Vous demanderons par son intercession nous sera accordé, enflammez nos cœurs d'un ardent amour pour la Sainte Vierge, Notre Dame du Bon Succès, afin pour que nous puissions les offrir à Notre Mère Sainte avec gratitude, d'un amour ferme et constant, et aidez-nous à dominer nos passions, en vertu des grandes grâces reçues de Vos mains charitables, pour qu'ainsi, nous puissions recevoir ses grâces en cette vie, son assistance au moment de la mort, et le Salut éternel. Amen.


Réciter ensuite la prière d'action de grâces, puis les Éloges à la Très Sainte Vierge Marie


Sixième jour

Réciter l'Acte de repentance et la Prière d'ouverture


Considérez comment la ville de Quito, et son plus ancien couvent, le monastère des Sœurs Conceptionnistes, ont bénéficié des faveurs de Notre Dame du Bon Succès,  quand Elle est apparue  à la Servante de Dieu Mère Mariana de Jésus Torres, espagnole, qui fut l'une des fondatrices de ce monastère qui existait alors depuis 33 années. Un jour, cette pieuse religieuse priait avec une tendre dévotion, implorant le secours de Marie, sous le nom de Notre Dame du Bon Succès, pour ses besoins, ceux de ses sœurs cloîtrées, et pour toute l'humanité. Quand, dans la ferveur des invocations, qu'elle faisait avec une foi profonde et une très grande confiance, elle leva les yeux vers le Ciel, suppliant sa mère de venir la sauver et de lui accorder ce elle demanda humblement et avec un intérêt sincère pour le bien de son couvent et pour toute l'Église Catholique. Soudainement une lumière resplendissante envahit toute l'église et la sœur tomba en extase. Son esprit fut tout étonné, et son Cœur fut rempli d'une grande joie. Sa grande foi et sa dévotion augmentèrent encore plus au fur et a mesure que la lumière se répandait devant son regard fixe, surpris et ébloui. Une joie singulière envahi son cœur et elle redoubla de ferveur dans ses invocations ses réclamations avec une confiance illimitée. Ainsi est l'âme invitée à quitter la Terre et à regarder vers le Ciel avec le regard d'une foi vive et pénétrante. Le ciel ouvre pour cela un chemin à la lumière de la clarté divine et l'inonde des splendeurs de la divinité. « Le juste vivra par la Foi ». En effet, le Juste prépare son Ciel, ici sur cette terre, attirant par sa foi, la lumière qui ne diminue en fait rien les étoiles du matin. Renforçons, nous aussi, notre foi dans les mystères révélés, et, suivant l'exemple des vraies âmes religieuses, regardons toutes les actions de notre vie avec les yeux de l'intelligence, en mettant de coté toutes les pensées de cette vie humble et matérielle, et en concentrant ainsi tous nos efforts vers la compréhension des mystères de la Foi, sur les chemins de la Providence Divine. C'est principalement quand nous entrons en prière, que nous quittons cette terre, et que nos pensées s'élèvent vers le Ciel, là, devant la Sainte Trinité et Marie, sa Fille, sa Mère et son Épouse, écoutant les humbles prières des pèlerins exilés, implore pour nous les grâces dont nous avons besoin.


Prière


O inaccessible lumière de vérité surnaturelle qui illumine notre être par sa splendeur céleste et qui  nous conduit vers toi, éclairez nos esprits de la lumière d'une foi solide et vivante. Ce fut une telle foi qui a permis que Notre Dame du Bon Succès soit visible aux yeux de la Bienheureuse Mariana de Jésus, religieuse Conceptionniste. Comme nous désirons vivement jouir des biens surnaturels, aidez-nous à nous détacher des biens de cette terre. Avec la protection de la Vierge Marie et le soutien d'une foi constante et affirmée dans les Mystères révélés, aidez-nous à vivre dans la contemplation de nos fins dernières en anticipant la joie de Vous contempler avec la Vierge Marie, pour l'éternité. Amen.


Réciter ensuite la prière d'action de grâces, puis les Éloges à la Très Sainte Vierge Marie

 


Septième Jour

Réciter l'Acte de repentance et la Prière d'ouverture


Considérez comment la religieuse, dans la ferveur de ses réclamations et illuminée par cette éclatante lumière qui l'inondait, a fixé ses yeux sur la source de cette luminosité, voyant devant elle une Dame d'une extraordinaire beauté d'un visage d'une grande bonté. La lumière s'éclipsant peu à peu, elle vit que la Dame portait dans son bras gauche un Enfant, brillant et lumineux comme une étoile du matin, plein de grâce et la bonté. Dans sa main droite elle a tenait un beau sceptre brillant  en or l'or avec des pierres précieuses et autour de son front se trouvait une magnifique couronne ornée de pierres éblouissantes. Elle portait un vêtement semblable à celui de Statue de Notre Dame du Bon Succès qui se trouve en Espagne, dont la découverte miraculeuse a été relatée plus haut et que la pieuse Sœur Conceptionniste avait invoqué avant de bénéficier de la faveur de cette vision. Le bonne religieuse fut remplie transporté de la joie et aussi embarrassée d'être ainsi visitée par sa Mère Céleste. Son âme était remplie d'une joie et d'une gratitude sans limite et son Cœur était inondé de saints et pieux sentiments. Comme les pensées d'une foi foi vive et d'un vaillant et  confiant accablaient son être, elle demanda : »Qui êtes vous et que désire-vous? » Puis, ô merveille de bonté! D'une voix douce et suave, la Dame répondit: « Je suis Notre Dame du Bon Succès, que vous avez invoqué avec une très tendre affection tendre. Votre prière m'a beaucoup fait plaisir et votre foi m'a amené ici. Votre amour m'a invité à vous visiter ». Réfléchis, ô  mon âme, sur le singulier privilège de bienheureuse religieuse, qui, par sa foi; sa dévotion et sa ferveur dans la prière, à mériter d'attirer la présence de la Très Sainte Marie et ainsi de la contempler, elle qui est si belle, d'être ébloui par ses splendeurs, de jouir de son intimité et d'entendre sa très aimable voix. Oh! Créature chanceuse! Combien est grand votre amour pour votre Mère Céleste! Combien est forte votre inclination à vous humilier et à la bénir! Combien est ardent votre désir d'être avec elle! Combien vous veillez à être continuelle, attentive et rempli de dévotion dans vos prières! Cette bonté de Marie devrait ainsi nous encourager à l'invoquer avec une foi profonde sous le titre de Notre Dame du Bon Succès et à prier toujours avec attention et confiance, considérant que seule une foi vivante et une attention vigilante dans la prière nous feront mériter d'être entendus et favorisé par la Sainte Vierge, qui ne nous répondra certainement pas avec des visions privilégiées, mais avec d'autres dons et grâces qui nous aiderons à triompher de nos passions et des ennemis de la religion.


Prière


O Dieu de Bonté, qui récompensez la foi, la piété et le zèle des âmes que vous avez choisies par les visites de la Très Sainte Vierge Marie, écoutez les prières que nous vous adressons par l'intercession de Notre Dame du Bon Succès, afin que notre foi soit éclairée et qu'augmente toujours plus notre confiance en celle qui, avec bienveillance écoute nos prières. Donnez-nous une confiance toujours plus grandissante en votre bonté paternelle, et faites que nous ayons la certitude que nous recevrons ce que nous demandons. Rendez-nous également de plus en plus fervents dans nos prières, afin que, soutenu par notre puissante Protectrice, nous soyons libérés des dangers qui nous menacent, que nous vous servions de tout notre cœur, afin de gagner l'honneur d'être en votre compagnie, avec la Très Sainte Vierge dans le ciel pour l'éternité. Amen.


Réciter ensuite la prière d'action de grâces, puis les Éloges à la Très Sainte Vierge Marie


Huitième Jour

Réciter l'Acte de repentance et la Prière d'ouverture


Considérez que la Vierge Sainte, en apparaissant à la sœur, n'a pas seulement désiré la favoriser   d'une grâce éphémère, car Dieu ne donne pas Ses dons spéciaux sans avoir établi un plan providentiel pour augmenter la piété, stimuler le progrès moral et améliorer la discipline religieuse de tous les membres d'une communauté, d'un pays, et de l'Église entière. Pour cette raison la Très Sainte Marie du Bon Succès a dit à la sœur Conceptionniste, que « c'est la Volonté de Dieu que je vous demande de faire réaliser une statue qui représente cette apparition dans tous ses détails, pour qu'elle soit être placée dans le chœur, là où toutes les religieux prient, directement au-dessus de la chaise de l'Abbesse, pour qu'elles puissent considérer cette Statue comme leur Abbesse principale ». Ainsi cette Statue stimule une perpétuelle gratitude, l'attention dans la prière, le désir de se perfectionner dans l'obéissance, une foi ferme, une espérance confiante et un amour ardent pour Marie la Toute Sainte, qui, ainsi, s'offre pour présider et diriger ce Couvent. Ah! si nous avions une foi vivante! Avec quelle vénération et quel respect nous nous approcherions de cette statue! Avec quelle profondeur nous nous rappellerions de son apparition si remplie de bonté ainsi que de ses promesses et de ses faveurs! Quelle confiance et quelle attentions aurions-nous dans nos prières, combien serions-nous plus fervents dans nos dévotions, combien serions-nous spontanés dans notre obéissance, combien serions-nous plus réguliers dans le respect des commandements de Dieu et dans les devoirs que nous incombent notre état de vie! Anime, ô mon âme, ta foi et si tu n' parviens pas, demande à Dieu et Marie, Notre Dame du Bon Succès de t'accorder cette faveur. Ainsi, en profitant de ce don spécial et du singulier privilège d'avoir Marie du Bon Succès comme médiatrice, nous ne serons pas responsables d'un mépris ou d'un manque de gratitude pour les dons que la Divine Providence nous a accordé, afin d'augmenter notre piété et pour nous encourager dans la pratique des vertus de Foi, de Confiance, de Charité, d'obéissance et dans l'accomplissement de tous nos devoirs et obligations.


Prière


O Dieu, qui veillez amoureusement sur les personnes pieuses, les familles et les Communautés, Vous qui, dans Votre Divine Providence les gardez et les protégez à cause de leur attention à la prière et à l'accomplissement des devoirs de leur état de vie, écoutez maintenant nos prières. Soyez attentif à nos cris, enflammez la lumière de notre foi en Votre puissante protection, pour que nous ne redoutions jamais nos ennemis. Car si vous nous protégez, jamais rien ne pourra nous nuire. Accordez-nous une confiance illimitée en la Très Sainte Vierge Marie, Notre Dame du Bon Succès, ainsi que la grâce d'une parfaite et entière obéissance à notre Règle (où à l'accomplissement que nous incombent les devoirs de notre état de vie), pour que nous soyons toujours dignes d'avoir une Mère si Sainte et une Protectrice si puissante. Faites que nous demeurions toujours vos dociles et fidèles serviteurs pour qu'un jour nous puissions chanter votre louange dans la gloire du Ciel. O Vous qui avez choisi Marie, comme Fille, Mère et Épouse, de la Sainte Sainte Trinité, notre unique Dieu qui vit maintenant et toujours et jamais. Amen.


Réciter ensuite la prière d'action de grâces, puis les Éloges à la Très Sainte Vierge Marie


Neuvième jour

Réciter l'Acte de repentance et la Prière d'ouverture


Considérez ce que l'humble sœur humble a estimé en écoutant la Vierge Marie lui demander de Sainte Marie de faire réaliser une statue de la même taille que l'apparition. Elle s'est excusée en disant que ce serait impossible, qu'aucun sculpteur ne pourrait reproduire une telle beauté et de réaliser précision les dimensions appropriées. La belle Dame, avec la patience lui plus aimable, lui  répondit: « Ne vous inquiétez pas pour cela. Enlevez le cordon qui est autour de votre taille et mesurez ma taille ». Par une crainte naturelle, la religieuse n'avait jamais osé toucher à Marie de ses mains. La Reine céleste Elle-même a pris la dans ses mains corde et l'a posée sur sa tête, tandis que la sœur lui touchait les pieds pour mesurer la hauteur exacte de la merveilleuse vision. Puis Sainte Marie a dit: « Ici, comme je vous l'ai dis, vous avez la hauteur de la statue que vous devez faire réaliser, et le reste des mesures doivent être dans cette proportion. Place la statue à l'endroit que je vous ai indiqué, avec la crosse et les clés du cloître dans ma main droite, car je désire être l'Avocate et la Protectrice de ce couvent ». Ayant dit cela dit, la Dame disparu. Le cœur de la sœur qui venait de recevoir une si grande faveur et une si agréable mission fut pénétré et rempli de sentiments d'une affectueuse gratitude pour Marie la Toute Sainte! Ah! Recherche ces sentiments dans ton cœur, ô mon âme, et sois remplie de gratitude pour Notre Dame du Bon Succès, notre Avocate et notre Protectrice. Aujourd'hui, je vais vénérer son image avec la gratitude la plus tendre et demandez la grâce de mener une vie sainte, obéissante en accomplissant les devoir qui sont dus à mon  état de vie. La sainte sœur sainte qui avait été favorisée par cette vision fut envoyée chez un sculpteur capable pour commencer la réalisation de la statue que Marie elle-même avait demandé. Et ainsi cette statue, pleine de douceur et de majesté, durera jusqu'à la fin des temps. Vénérée dans le chœur supérieur du Couvent, les religieuses, depuis, ont toujours recours à elles dans tous leurs besoins. Elle est devenue le refuge du peuple, qui viennent solliciter son aide dans tous leurs besoins, et par son intercession, de très nombreux miracles et grâces spéciales ont étés obtenues. l'amour de Dieu et du prochain, qu'elle nous donne pour que nous puissions nous efforcer de les reproduire. Imitez-la et vous aurez aussi une image de la Sainte Vierge dans votre cœur. Efforcez-vous comme cette sainte religieuse de reproduire l'image morale de votre Mère Vierge dans vos coutumes et dans vos sentiments, dans votre comportement et dans votre façon d'agir, dans votre fidélité à la règle et dans vos prières, dans votre humilité et dans votre sincérité, dans votre pureté et dans votre détachement de biens temporels, pour n'aspirer seulement qu'aux biens célestes.


Prière


O Dieu, tendre Tendre Père pour vos créatures, qui par toutes les manières, nous montrez Votre  sollicitude paternelle et qui nous prodiguez vos conseils, principalement en nous donnant la Très Sainte Vierge Marie comme Avocat, Protectrice et comme modèle des vertus, mettez en nos cœurs le désir de toujours imiter notre Mère et notre Reine, modelant nos pensées, nos désirs, et nos actions sur celles de la Très Sainte Vierge afin que nous puissions lui ressembler dans tout ce que notre faible nature nous permet. Faites que, secourus par votre grâce divine, nous puissions vaincre nos passions et recevoir les grâces que notre Mère accorde à ses enfants qui viennent en toute confiance vers leur Avocate dans leurs besoins les plus pressants. Faites enfin qu'elle nous secours au dernier moment de notre vie, pour qu'ensuite, nous puissions jouir de sa compagnie dans le ciel pour toujours et à jamais. Amen.


Réciter ensuite la prière d'action de grâces, puis les Éloges à la Très Sainte Vierge Marie

NuestraSenoradelBuenSuceso_Quito01

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