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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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10 août 2010

Le Mois du Cœur de Marie

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Le Mois du Cœur de Marie

Onzième jour

Le Cœur de Marie troublé à la Salutation de l'Ange

Considérez le trouble que la salutation de l'Ange occasionna dans le Cœur de Marie. Elle écoute ces paroles si honorables, si magnifiques: « Je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. »  Quelle est sa réponse à une telle salutation, à une si favorable annonce? Marie se tait; « à ce discours elle est troublée, elle est en suspens; son cœur est tout pensif ». O profond Mystère! Pourquoi se trouble donc ce Cœur imperturbable? A quoi pense-t-il ? Pourquoi garde-t-il le silence? Craint-il quelque illusion? ou bien, est-ce par modestie, voyant un Ange sous une forme humaine? Mais non; le texte est clair: « A ce discours elle est troublée ». Elle est troublée, « non pas à la vue, mais au discours de l'Ange », dit Eusèbe d'Emèse. Quelle fut donc la cause de ce trouble ? sa très grande, très profonde humilité, lorsqu'elle s'entendit louer d'une manière si opposée à la basse idée qu'elle avait d'elle-même. Aussi, plus elle comprend que l'Ange l'exalte, et plus elle s'humilie, s'abaisse et se confond dans son néant. Si l'Ange lui eût dit: Marie, vous êtes la plus misérable créature du monde; elle n'en aurait pas été aussi surprise. Mais d'aussi grandes louanges la troublèrent, dit saint Bernardin de Sienne. « Ce n'est pas ma louange, que je veux, mais uniquement celle du Créateur et souverain Seigneur de toutes choses »; ainsi qu'elle-même le révéla à sainte Brigitte. Et cependant ces louanges lui étaient bien légitimement dues. Mais, Non , s'écrie-t-elle, non pas à moi la louange et la gloire, mais au Créateur et à l'Auteur de tout don. O humilité digne de la sublimité d'un Dieu, et capable de son immensité! « humilité, qui rend Marie extrêmement petite et tout-à-fait indigne à ses propres yeux, mais extrêmement grande, infiniment méritante aux yeux de celui que l'Univers entier ne peut contenir! »

Et nous, comment trouvons-nous les louanges? les aimons-nous? Elles ne sont que vent, et ne servent qu'à gonfler le cœur; mais nous nous repaissons de ce vent comme d'un mets délicieux. N'oublions pas que l'aversion et l'horreur de la louange éleva Marie au-dessus des Anges, jusqu'à devenir la Mère de Dieu, et que ce fut l'acte de son Cœur le plus prochain de l'Incarnation du Verbe; tandis que les vaines louanges de l'Ange des ténèbres ayant pénétré dans le cœur d'Eve, la précipitèrent sous les pieds des démons dont elle devint l'esclave. O mon Dieu , « Qu'ils soient repoussés, renversés, confondus ceux qui me disent avec dérision: Courage! fort bien! »

Fleur: Réciter, les bras en croix, et à genoux par terre, trois Gloire au Père.

Fruit: Détester, abhorrer les louanges des hommes, et rapporter à Dieu, jamais à soi, toutes nos bonnes œuvres.

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9 août 2010

Le Mois du Cœur de Marie

16

Le Mois du Cœur de Marie

Dixième jour

Le Cœur de Marie uni à celui de saint Joseph par un chaste nœud, dans le mariage

Marie, prédestinée à engendrer et à mettre au monde le Verbe éternel, devait être et Vierge, et Mère tout ensemble; et ce Mystère devait être caché au Prince des ténèbres, ainsi que l'enseignent saint Ignace martyr, et saint Jérôme. En conséquence, cette très Sainte Vierge devait, comme les autres femmes, avoir un époux. Un homme donc fut signalé aux prêtres, comme digne d'une telle épouse, par des signes merveilleux, qui furent, suivant quelques saints Pères, une baguette qui fleurit dans sa main, et une colombe qui vint du ciel se poser sur sa tête. Ce que la sainte Vierge avait jusqu'alors tenu secret et caché dans le fond de son cœur, c'est-à-dire, son vœu. de virginité perpétuelle, dut être, aux épousailles, et fut en effet manifesté à Joseph son époux. Joseph fit un semblable vœu; et ces deux Cœurs furent les premiers Cœurs unis du double nœud d'une chasteté inviolable et d'un mariage indissoluble. Quelles bénédictions Dieu ne versa-t-il pas sur un mariage jusqu'alors sans exemple, et qu'il avait Lui-même préparé? L'Epouse en devînt éminemment ressemblante au Père, éternel; car, ainsi qu'il a été révélé à sainte Madeleine de Pazzi dans une de ses extases « Le Père éternel, ne cessant jamais d'engendrer le Verbe, donna à Marie le pouvoir d'engendrer dans notre chair mortelle ce même Verbe qu'il engendre et à engendré simplement de toute éternité. Marie l'engendra donc par nature, et Dieu le voulut ainsi, pour montrer à sa créature la grandeur de son amour. Ainsi, le Père éternel est Vierge et Père tout ensemble, et Marie est Vierge aussi, et tout ensemble Mère du même Fils. Et combien ne devait pas ressembler à Marie et au Père éternel, celui que le Père éternel avait choisi lui-même pour le remplacer sur la terre, et pour être le compagnon inséparable et le gardien fidèle de lu très-sainte Vierge? Joseph reçut en effet les grâces les plus abondantes; celle-ci, entre autres, bien remarquable. « Une flamme d'amour paternel descendit dans son Cœur du sein même de Dieu le Père ». En ces deux Cœurs voilà deux amours dont l'idée n'existe en aucune créature: amour maternel du Cœur de Marie, et amour paternel du Cœur de Joseph; amours qui attachent ces deux Cœurs à la personne du Fils de Dieu.

Que les personnes mariées apprennent d'un si noble exemple à sanctifier leur union et à mériter ainsi les bénédictions du Ciel; et que celles qui ne' le sont pas se confirment de plus en plus dans l'amour de la sainte chasteté. Le germe divin qui poussa sur la tige du lys de Marie, fut le fruit de cette vertu. Mais nous, quel cas avons-nous fait de cette belle vertu? Hélas! dans notre dégoût, nous l'avons perdue « pour une poignée d'orge, c'est-à-dire, pour un plaisir brutal; pour un morceau de pain, c'est-à-dire, pour un vil profit ». Vierge immaculée, chaste Epoux de Marie, à mon aide, à mon secours!

Fleur: Répéter souvent: « Vierge très pure, Vierge très chaste, priez pour moi ».

Fruit: Conserver scrupuleusement la pureté, en éviter les dangers, veiller sur ses sens.

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17 juin 2010

Les Six Dimanches de Saint Louis de Gonzague 2/3

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Les Six Dimanches de Saint Louis de Gonzague

Troisième Dimanche

Saint Louis de Gonzague, modèle de la pureté du corps

Pureté sans tache

On peut dire que saint Louis de Gonzague posséda cette vertu dans le degré le plus éminent. Dès sa jeunesse, ses domestiques et les étrangers ne pouvaient s'empêcher d'admirer l'innocence de ses mœurs. lis ne l'appelaient point autrement que le petit Prince exempt des faiblesses de la chair. D'autres le nommaient un Ange, et ce titre lui a été confirmé par le Saint Siège. On n'eût osé prononcer une parole 'in peu libre en sa présence; on savait que rien n'était plus capable de lui déplaire, et même de l'offenser. Enfin, le sage et savant cardinal Bellarmin, son confesseur, a déclaré que ce jeune homme n'avait jamais commis aucune faute qui donnât l'atteinte la plus légère à cette sublime vertu. Tournez présentement les yeux sur vous-même: quelle précaution prenez vous pour conserver ou pour acquérir une vertu si précieuse et si nécessaire? N'êtes vous point de ceux qui ne se reprochent à cet égard que les fautes les plus graves et les plus grossières? Ah! vous ignorez donc que la pureté est comme un miroir que le moindre souffle ternit, et que la tache la plus légère suffit pour la détruire? Examinez ici avec une attention scrupuleuse vos pensées, vos sentiments, vos paroles et vos actions, et qu'il n'y en ait pas une seule qui ne devienne pour vous un sujet d'alarmes et d'inquiétudes. « Je craignais pour toutes vos œuvres », dit le saint homme Job. Et pourquoi, pour toutes? Parce qu'il est dangereux de se flatter soi-même, surtout dans une matière si délicate; et qu'il ne nous sert de rien d'ignorer nos fautes, si le Seigneur les connaît, s'il les déteste et s'il les punit. « Je craignais, ajoute le saint homme Job, parce que je sais que les moindres fautes que je commets ne sauraient échapper à votre justice ».


Pureté privilégiée

Considérez que Saint Louis de Gonzague, étant encore jeune, fit vœu de chasteté perpétuelle dans la ville de Florence, sous la protection de la Mère de Dieu; et que dès-lors il fut en quelque sorte confirmé dans cette vertu, par une grâce singulière que le Ciel n'accorde qu'à des âmes choisies et privilégiées. C'est ce que la sacrée congrégation a déclaré par un témoignage authentique, en disant qu'il ne ressentit aucune atteinte des aiguillons de la chair, et que son esprit ne fut jamais troublé par aucune pensée contraire à la pureté; ce qu'on ne lit point dans l'histoire des autres Saints. Grâce extraordinaire et vraiment angélique, puisqu'elle semble élever un homme jusqu'à l'état des Anges.  Mettez-vous comme lui sous la protection de la Mère de Dieu; priez-la chaque jour de vous défendre contre les suggestions impures de l'esprit de ténèbres: Vitam prœsta puram. Elle aime, elle écoute toujours favorablement des âmes chastes. Concevez donc aujourd'hui la plus haute estime de cette vertu, chérissez-la particulièrement; elle est d'un si grand prix que nous n'en connaîtrons parfaitement le mérite que dans le ciel, parce qu'il n'y a aucun bien sur la terre auquel nous puissions la comparer. Rien n'est comparable, dit le Sage, à une âme pure. Elle est si belle qu'elle va presque de pair avec les Anges. Heureux celui qui possède le précieux trésor de la pureté, et malheureux, au contraire, celui qui le perd! C'est la pureté qui fait les Anges, dit saint Jérôme.   Celui qui la conserve est un Ange, et celui qui la perd devient un démon.


Pureté conservée par une extrême vigilance

Considérez encore avec quel soin saint Louis de Gonzague conserva cette perle précieuse qui lui était si chère; il voulait que toutes les portes de ses sens fussent toujours fermées et impénétrables à l'ennemi de son salut. Attaché pendant plusieurs années au service de l'impératrice Marie d'Autriche, en qualité de Page d'honneur, il la voyait tous les jours sans jamais la regarder au visage. Il usait de la même retenue à l'égard de sa propre mère, tenant toujours les yeux baissés quand il était auprès d'elle ; il les ouvrait si rarement, que la plupart de ceux qui vivaient avec lui n'auraient pas pu dire de quelle couleur ils étaient. Un jour, étant invité à un bal, il prit la fuite, et se déroba secrètement, pour aller se mettre en prières. Il était toujours en garde et en défiance, comme celui qui marcherait dans un chemin glissant et difficile, tenant à sa main un vase fragile où l'on aurait mis une liqueur précieuse. Est-ce ainsi, Chrétiens, que vous veillez sur vous-mêmes? Sont-ce là les précautions que vous prenez pour vous maintenir dans la pureté que Dieu exige de vous? Hélas! votre vertu faible, chancelante et mal assurée, a encore plus besoin de précautions et de vigilance, puisqu'elle est plus attaquée. N'êtes-vous pas le premier à l'exposer tous les jours aux plus grands périls? Quelle liberté dans vos pensées, dans vos regards et dans vos discours! Ah! songez que tous les objets capables de vous tenter ne sont que des appâts trompeurs, des pièges et des filets tendus par le démon pour vous séduire, semblables à ceux que le chasseur prépare pour surprendre sa proie: n'en approchez pas; le seul moyen de les éviter, c'est de les fuir. Mes ennemis, disait le prophète Jérémie, m'ont attaqué sans aucun sujet ; ils m'ont pris, ils m'ont enlevé comme un oiseau surpris par les chasseurs. Quelle douleur, grand Dieu! sans aucun sujet! à pure perte! pour un plaisir frivole, pour une satisfaction si vile et si passagère, devenir la proie des démons dans l'éternité!

Prière

Grand Saint, dont la pureté angélique ne fut jamais altérée par aucune tache, et qui, par une grâce particulière, avez été exempt, pendant tout le cours de votre vie, des plus légères atteintes de l'esprit impur, j'admire avec respect cette innocence parfaite dont l'éclat, inaccessible au souffle empoisonné du démon, surpasse la blancheur des lis. Mais combien ne dois-je pas m'humilier et me confondre devant une âme si pure et si sainte, moi qui ne puis offrir à vos chastes regards qu'une âme souillée par tant de péchés! Vous pouvez les guérir, j'en ai de la douleur. Soyez mon protecteur auprès du souverain Juge; présentez vous-même à Jésus Christ et à sa sainte Mère mon repentir et mes larmes: obtenez-moi de Dieu une pureté véritable, qui ne laisse pas l'ombre même du crime dans mes pensées, dans mes sentiments et dans mes désirs; imprimez dans mon cœur une haine ardente et capitale pour toute espèce de désordre, en sorte que non-seulement je l'abhorre, mais que je ferme toutes les voies par lesquelles il pourrait se glisser dans mon cœur. C'est ce que je suis résolu de faire, à l'aide de votre protection et de celle de la Vierge Marie. Ainsi soit-il.

Maximes de saint Louis de Gonzague, et pratiques de vertus

« Toute la force d'un chrétien consiste dans la crainte du Seigneur, parce que celui qui craint Dieu n'est susceptible d'aucune autre crainte. Soyez toujours attentif à la présence de Dieu, dans quelque situation que vous soyez, seul ou en compagnie; c'est le moyen de triompher de toutes les  tentations. Comment pourrais-je commettre ce crime et pécher contre mon Dieu? »

« Rien n'est plus dangereux que de. se laisser conduire par quelque affection particulière pour les créatures et pour les biens créés. Ne vous exposez pas à un si grand péril: vous l'éviterez en mettant un frein à toutes vos affections purement naturelles, et en faisant tons les jours un examen exact et scrupuleux de vos sentiments, pour découvrir s'il n'y a pas dans votre cœur quelque attachement tant soit peu déréglé, qui se fait sentir et qui renaît de lui-même lorsque vous croyez en être délivré: faites-en le sacrifice à Bien qui vent être aimé sans partage, selon cette parole: Vous craindrez, le Seigneur votre Dieu, et vous ne servirez que lui seul ».

« Le malheur de ceux qui vivent sans piété, et qui se livrent sans frein à foutes leurs passions, vient uniquement de leur éloignement de l'oraison mentale. Prenez donc un temps chaque jour pour méditer quelques-unes des grandes vérités de la religion: vous accoutumerez par là votre cœur à mépriser tous les biens de ce monde. Qui jamais, ayant l'éternité devant les yeux, pourra se résoudre a lui préférer, de sang-froid, les plaisirs passagers de la vie présente? « Quelle condition plus misérable, s'écrie Saint Augustin, que celle où le plaisir passe en un moment pour faire place à un supplice éternel? »

Exemple

On ne finirait pas si l'on entreprenait de raconter toutes les merveilles par lesquelles saint Louis de Gonzague s'est déclaré le protecteur spécial de la chasteté: et ce ne fut pas sans raison qu'un cavalier, délivré par son intercession d'une tentation violente, suspendit à son autel un tableau où le Saint était représenté faisant pleuvoir des lis du ciel, comme autant de symboles de cette excellente vertu, sur tous ceux qui imploraient le secours de son intercession', on lisait cette inscription au bas du tableau: « II a ceint mes reins de vertus, et il a donné de la force et de la vigueur à mon bras ». On peut encore en juger par cet autre exemple. Il y avait en Pologne un saint religieux, dont le Seigneur voulut éprouver la vertu en permettant qu'il fût livré, pendant un an et demi, aux plus violentes attaques de la tentation. Il n'omit rien pour en triompher. Il affligea son corps par le cilice et par le jeûne. Il se prosterna mille fois devant le Seigneur, en arrosant la terre de ses larmes, sans pouvoir obtenir d'être délivré d'une si rude épreuve, jusqu'à ce qu'enfin son confesseur jugea que le plus sûr moyen de terminer un combat si pénible et si périlleux, était de le mettre sous la protection de Saint Louis de Gonzague; il lui pendit au cou une relique de ce Saint, et lui conseilla de l'appliquer sur son cœur aussitôt qu'il sentirait les premières attaques de l'ennemi. Il usa de ce remède avec une foi vive et une humble confiance dans la bonté divine, et il ne tarda pas d'en éprouver les heureux effets. Le Seigneur, qui voulait manifester la gloire du Saint, imposa silence au démon, et fit succéder aux troubles et aux orages une douce tranquillité.

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Quatrième Dimanche

Saint Louis de Gonzague, modèle de la pureté de l'âme

Par son détachement du monde

Il en connut la vanité dès sa plus tendre jeunesse; il méprisa ses pompes et ses honneurs; il eut compassion de l'aveuglement des riches et des grands de la terre, qui se perdent pour acquérir des biens caducs et périssables, lorsqu'ils peuvent mériter et obtenir des biens éternels. Il saisissait toutes les occasions de témoigner le plus parfait mépris pour tous les objets que les hommes charnels ne regardent qu'avec des yeux d'envie. Il paraissait, dans les plus éclatantes cérémonies, avec des habits simples et négligés, pour faire voir qu'il foulait aux pieds les pompes du siècle. Il ne daignait pas seulement les regarder; et qu'aurait-il pu regarder sur la terre, lui dont toutes les pensées et tous les désirs étaient tournés vers le ciel? Dites-vous ici à vous-même, à l'exemple du Prophète: Jusque à quand mon cœur sera-t il appesanti vers la terre? Jusque à quand demeurera-t-il attaché à la vanité et au mensonge? Suis-je donc résolu de persévérer jusque à la mort dans cette illusion? Des biens qui ne sont que vanité et mensonge, sont-ils dignes de mon attachement? Toutes leurs qualités se trouvent renfermées dans ces deux paroles: Vanité et mensonge. « Ils ne sont que vanité, puisque ce sont de faux biens, des biens chimériques et frivoles, sans réalité et sans consistance ». « Ils ne sont que mensonge, puisque n'étant rien eux-mêmes, ils nous éblouissent par un éclat trompeur qui nous persuade qu'ils sont quelque chose: Vanitas et mencdacium ».


Par son renoncement au monde

Son détachement du monde lui fit bientôt prendre la résolution d'y renoncer pour toujours. Il s'adressa d'abord à la Sainte Vierge, le jour que l'on célèbre la fête de son Assomption, et la pria de l'éclairer sur le choix d'un état de vie. Il entendit alors une voix sensible, par laquelle la Mère de Dieu l'invitait à se rendre religieux dans la compagnie de son Fils. Pour lui obéir, il fut obligé de soutenir, pendant trois ans, un rude combat contre les oppositions de son père, et il ne vint à bout de les vaincre que par ses prières, ses larmes, et par le sang que ses austérités lui faisaient répandre. On vit enfin ce jeune prince, quoique l'aîné de sa maison, renoncer publiquement en faveur de son cadet, au milieu des pleurs de tous les assistants, à la principauté dont il avait déjà reçu l'investiture de l'empereur, et passer ensuite de la cour en religion, où il ne fut pas plus tôt entré qu'on l'entendit s'écrier avec une sainte allégresse: « Voici le séjour de mon repos; j'y demeurerai, puisque je l'ai choisi ». Est-ce ainsi que vous obéissez à la voix du Seigneur qui vous appelle à une vie plus fervente? est-ce ainsi que vous surmontez les difficultés que la chair et le monde opposent à votre sanctification? N'êtes-vous pas de ceux qui veulent accommoder les desseins de Dieu à leurs commodités et à leurs intérêts? Ce n'est pas là le moyen de réussir dans l'affaire du salut : à la fin, Dieu est le maître. C'est à lui à nous faire connaître ses volontés. C'est à nous à les exécuter avec fidélité, pour ne pas rompre le fil de notre prédestination: « Que chacun de vous, disait l'apôtre Saint Paul, marche dans la voie où Dieu l'appelle ».

Par son union intime avec Dieu

Cette pureté de l'âme, qui fut si parfaite dans saint Louis de Gonzague, avait sa source dans son union intime avec Dieu. Ce Dieu, selon l'expression de l'Ecriture, est un feu qui purifie comme l'or dans la fournaise; il efface, il détruit en un moment toutes les souillures des âmes qui s'en approchent. Saint Louis de Gonzague lui fut toujours étroitement uni. Etant encore enfant, il passait quelquefois des heures entières dans la contemplation de ses divines perfections, en versant des larmes de tendresse. Il pensait continuellement à Dieu. Son cœur brûlait d'un feu divin, dont l'éclat paraissait sur son visage enflammé; son esprit était tellement fixé sur l'objet de son amour, qu'aucune distraction n'était capable de l'en séparer. C'est de quoi le sacré tribunal de la Rote a rendu un témoignage authentique, en disant qu'il fut exempt des distractions et des égarements de l'imagination dans la prière. Il avoua un jour au directeur de sa conscience, que toutes les distractions qu'il avait eues pendant six mois, réunies ensemble , ne rempliraient pas l'espace d'une minute. Il n'était parvenu à ce parfait recueillement que par un grand effort, puisque, étant à la cour de Madrid, il prenait la résolution de méditer une heure de suite sans aucune distraction; et lorsqu'il lui arrivait de se distraire, ne fût-ce qu'un instant, il recommençait sa méditation, qui durait quelquefois cinq ou six heures, jusqu'à ce qu'il eût réussi à en passer une tout entière à méditer, sans être distrait. Apprenez de là de quelle importance il est pour vous de méditer tous les jours quelques unes des grandes maximes de la religion. La science du salut doit être la règle de votre conduite: vous ne pouvez acquérir une science si nécessaire qu'en la méditant au moins tous les matins avec une attention suivie et constante. « Seigneur, disait le Prophète, je me présenterai à vous tous les matins, et je connaîtrai que vous êtes un Dieu qui ne pouvez souffrir de l'iniquité ». N'imitez pas ces impies dont il est parlé au livre de Job, qui disaient à Dieu: « Nous ne voulons point apprendre la science de vos voies ».

Prière

Fidèle serviteur de Dieu, qui avez bien voulu me prendre sous votre, protection, combien ne devez-vous pas être frappe de l'énorme différence que vous apercevez entre vous et moi: vous dont l'âme fut toujours si pure et si détachée de la terre, et moi qui n'ai que des sentiments terrestres et qui ne désire que les faux biens de ce monde; vous qui fûtes toujours si étroitement uni à Dieu, et moi qui ne cherche qu'à m'en éloigner! Hélas! combien ne dois-je pas rougir rie ma misère et de ma faiblesse, à la vue des frivoles objets dont je suis sans cesse occupé! Vous me direz, sans doute, que ce qui me rend si faible et si misérable, c'est que je ne pense jamais a Dieu. Vous me direz, comme le prophète Isaïe à l'infidèle Jérusalem: « Vous avez oublié votre Sauveur, et vous ne vous êtes pas souvenu du Dieu qui est votre force et votre appui ». Obtenez-moi donc, grand Saint, quelques touches de cette grâce divine qui vous unit si intimement avec Dieu; faites que les vérités éternelles s'attachent en quelque sorte à mon esprit, et que mon esprit demeure toujours fixe et constant dans la contemplation de ces grandes vérités. Faites, enfin, qu'au lieu de suivre, comme j'ai fait jusqu'ici, les fausses lueurs de l'esprit du monde, je ne me conduise que par la vive lumière de l'esprit de Dieu, selon cette parole: « Les justes marcheront à la lumière de votre visage ». Ainsi soit il.

Maximes de Saint Louis de Gonzague, et pratiques de vertus

« La perfection évangélique ne s'acquiert que par l'étude de l'oraison, et l'on ne peut devenir un parfait chrétien que l'on ne soit homme d'oraison. Tel a été le sentiment unanime de tous les Saints.  Ayez donc chaque jour un temps marqué pour l'oraison, qui est la nourriture de l'âme, comme vous en avez un pour la nourriture du corps. C'est une chose horrible, disait Gassiodore, de passer un seul jour sans faire oraison ».

 

« De même que l'eau trouble ou agitée par le vent ne peut représenter l'image des objets présents; ainsi l'âme souillée par le vice, ou agitée par les passions, ne reçoit point dans l'oraison l'image des choses célestes. Commencez donc par vous recueillir avant l'oraison, et appliquez-vous tout entier à ce que vous devez faire: en user autrement, c'est tenter Dieu. Ayez soin, dit le Sage, de préparer votre âme à l'oraison , et ne soyez point semblable à un homme qui tente Dieu ».

« Méprisez les couronnes de ce monde, dont l'éclat vous détourne de penser au royaume du ciel, et songez que les sceptres et les ornements des rois ne sont que des habits de théâtre que les uns quittent plus tôt, les autres plus tard. Quand vous voyez quelque bien de ce monde, qui vous paraît digne de votre attachement, accoutumez-vous à le comparer aux biens éternels, et demandez-vous ensuite à vous-même lequel des deux mérite la préférence: Tout ce qui n'est pas éternel n'est rien ».

Exemple

L'admirable pureté de saint Louis de Gonzague a souvent produit des effets merveilleux dans ceux qui en entendaient parler ou qui lisaient sa vie. On a vu plusieurs jeunes gens, touchés de son exemple, quitter tout-à-fait le monde et renoncer à des vains plaisirs, pour vivre dans une grande pureté de cœur; mais parmi toutes les conversions opérées par l'intercession de ce grand Saint, aucune ne paraît plus singulière et plus étonnante que celle d'une dame de Parme qui s'était malheureusement engagée dans un commerce criminel. Elle entendit un jour une prédication dont elle fut si touchée,qu'elle voulut se confesser an prédicateur. Mais lorsqu'il lui déclara qu'elle ne pouvait rentrer en grâce avec Dieu sans rompre ses engagements et sans renoncer à ses anciennes habitudes, elle répondit qu'elle ne se sentait pas assez de force pour faire un si grand sacrifice, et qu'elle ne pouvait s'y résoudre. Il employa les plus puissants motifs de la religion pour l'y déterminer; et la voyant toujours insensible, il lui dit d'aller prier Dieu à l'autel de Saint Louis de Gonzague, et de supplier ce grand Saint, qui avait toujours eu le cœur si pur et si exempt de faiblesse, de lui aider à purifier le sien. Elle se fit une extrême violence pour suivre ce conseil, et à peine eut-elle achevé sa prière, qu'elle sentit un changement total et miraculeux dans toutes les affections de son âme: tout ce qu'elle avait le plus aimé lui devint odieux et insipide. Elle renonça tout à coup au jeu, aux plaisirs et à la vanité des parures. Elle se livra sans ménagement aux saintes austérités de la pénitence, vivant dans la retraite, dans le jeûne et dans la prière, et tâchant d'expier ses fautes passées par de rudes mortifications. Elle passa six mois entiers dans l'exercice de la piété la plus sévère, pendant lesquels, à l'occasion d'un jubilé, elle fit une confession générale de tous les péchés de sa vie, avec tant de douleur et de sincérité, qu'elle dit à son confesseur qu'elle souhaitait de mourir dans la disposition où elle était. Le confesseur l'exhorta à demander cette grâce à Dieu par l'intercession du Saint dont elle avait déjà éprouvé la puissante protection. Elle le lit, et peu de jours après, étant tombée malade, elle ne songea plus qu'à se préparer à la mort; elle dit adieu à sa mère et à toute sa famille, leur demanda pardon du scandale qu'elle leur avait donné dans le temps de ses désordres; et après avoir reçu avec beaucoup de ferveur les derniers sacrements de l'Eglise, en présence de ses parents qui fondaient en larmes, pleine d'une sainte joie et d'une douce espérance, elle expira heureusement dans la paix du Seigneur.

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4 août 2010

Le Mois du Cœur de Marie

16

Le Mois du Cœur de Marie

Cinquième jour

Le Cœur de Marie quand elle vint au monde

Considérez quels furent les premiers mouvements et les premiers sentiments du Cœur de Marie  quand elle vint au monde. A peine eut-elle vu le jour, qu'en elle tout exprima son amour pour son Créateur: ses yeux, brillants du feu de la divine charité qui les embrasait, et mouillés des douces larmes de la plus vive et de la plus tendre reconnaissance, se tournèrent aussitôt vers le Ciel. Ses petites mains se levaient en action de grâces, le maintien de son corps délicat était modeste, saint, édifiant. Elle consacrait à son Dieu tous ses regards, tous ses mouvements; elle ne respirait que pour lui; elle lui renouvelait sans cesse l'offrande de tout son être. Jamais la naissance d'aucun Saint n'avait offert un aussi beau spectacle. Ses pieux parents Joachim et Anne, en sont dans le ravissement; les Anges dans la jubilation; l'air retentit à l'entour de joyeux applaudissements; et les Envoyés célestes chantent l'hymne qui annonce la paix aux hommes de bonne volonté, ainsi que l'apprit sainte Brigitte par révélation.

Hélas! que notre naissance a été différente! Nous sommes nés tous « Enfants de colère ». Qu'il est heureux pour nous, d'avoir été régénérés par le Sang du Fils de Marie, et d'être nés de nouveau à la grâce dans le Saint Baptême! Mais cette grâce ne l'avons-nous pas perdue? Ah! Dieu, combien de fois ne l'avons-nous pas chassée de notre cœur, en tournant nos affections vers le monde, la chair, et d'indignes objets? O mon Jésus, ayez pitié de moi. Mon cœur est changé, il est maintenant tout à vous; vous serez à l'avenir l'unique objet de mon amour.

Fleur: Réciter à genoux le chapelet de la sainte Vierge, vous imaginant d'être au pied du berceau de cette sainte Enfant.

Fruit: Faire fréquemment des actes de contrition, et d'amour de Dieu.

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3 août 2010

Le Mois du Cœur de Marie

16

Le Mois du Cœur de Marie

Quatrième jour

Le Cœur de Marie prisonnier d'amour pendant les neuf mois qu'elle fut renfermée dans le sein de sainte Anne

Considérez que par le péché d'Eve, notre première mère, nous sommes tous condamnés à passer, avant de naître, neuf mois dans le sein de notre propre mère, privés du jour, et dans les ténèbres d'une complète ignorance, infectés du péché, et incapables de mériter. Il n'en fut pas ainsi de Celle qui vint exempte de la tache originelle. Loin de subir la peine de l'ignorance, elle passa les neuf mois dans une continuelle contemplation de la divine Sagesse, dont elle était le siège, et pour laquelle son Cœur brûlait d'un feu plus ardent que celui des Séraphins dans le Ciel. C'est par ce long emprisonnement de neuf mois que fut faite a première épreuve de cet amour que Dieu purifie dans les peines, comme on purifie l'or dans la fournaise. Cet amour si grand, si parfait, lui faisait supporter avec, joie les gênes et les incommodités d'une prison si obscure, si étroite et sachant que c'était la volonté de celui qu'elle aimait tant. Ame dévote, réfléchissez ici sur une aussi sublime résignation.

Mais réfléchissez en même temps sur votre impatience à supporter le joug que le péché d'Adam vous a imposé. Marie innocente chérit le joug auquel elle a été assujettie, non par le péché, mais seulement par la nature et l'amour; elle le chérit avant même de naître: et vous, avant de mourir au moins, n'aimerez-vous pas le joug des enfants d'Adam, que vous avez d'ailleurs si fort mérité par vos propres péchés? Oui, mon Dieu, je l'embrasse avec joie ce joug que votre grâce rend si léger et si doux; et je veux le porter par amour et avec amour jusqu'à la fin de ma vie.

Fleur: Faire quelque acte de mortification.

Fruit: La patience dans les adversités et les tribulations.

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29 mai 2010

Saint Pie

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Saint Pie

L'Enfant Martyr d'Ere (Belgique)

 

Une rencontre avec l'enfant martyr d'Ere ne laisse personne indifférent. Tant ce «petit bout» de cire semble réel. Si vous poussez la porte de la chapelle des Passionistes, à Ere, vous découvrirez non seulement d'extraordinaires décors à l'italienne mais aussi un curieux personnage de cire qui semble dormir sous le maître-autel. En l'observant de plus près, on ne peut s'empêcher de ressentir un profond malaise. L'enfant, âgé de 5 ans à peine, porte les stigmates des souffrances infligées il y a bien des siècles. Son nom s'inscrit en lettres d'or sur fond rouge: St Pie, enfant martyr. L'histoire nous apprend que cet enfant a été persécuté, avec ses parents, durant les trois premiers siècles du christianisme. Ses restes, préservés dans les catacombes de Rome, sont enfermés dans un petit corps de cire criant de vérité. Symbole de toutes les infamies dont peuvent être victimes nos enfants. Les reliques sont confiées aux pères Passionistes qui installent un noviciat dans le château de la baronne de Croeser, à Ere, en 1841. Trois ans plus tard, ils entament, de leurs propres mains, la construction de la chapelle actuelle bénie en 1845. C'est le pape Pie IX qui leur confie l'enfant martyr. Lequel est, à l'époque, transféré en train depuis les catacombes de Rome jusqu'à la gare de Tournai. Porté en triomphe, le corps de cire est amené en cortège à Ere par des chrétiens, des représentants du clergé et les pères. Le petit martyr est couché sous le maître hôtel où il repose toujours aujourd'hui malgré le départ, en 1995, des derniers pères vers leur maison courtraisienne. La tête, portant une couronne dorée, repose sur un oreiller brodé d'étoiles, dorées elles aussi. L'enfant, qui porte une robe bleue et des sandales de cuir, présente des traces de sang sur le cou et sur le visage. Il tient les yeux légèrement entrouverts et semble vous fixer lorsque vous le regardez. Il se passe rarement une journée sans que l'un ou l'autre fidèle vienne lui rendre hommage. Si l'on en croit le texte repris au dos d'une photo souvenir jadis disponible sur le site: «selon maints témoignages, bien des grâces et des guérisons ont toujours récompensé la prière confiante des chrétiens de partout». Que l'on soit ou non croyant, une confrontation avec cet enfant de cire ne peut laisser indifférent. Et quelle que soit la divinité à laquelle s'adresserait votre prière, face à une telle expression de souffrance, elle ne pourrait sans doute se conclure que par ces termes: «plus jamais cela!».


29 mai 2010

Les 12 Lundis de l'Enfant Jésus 2/12

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Les Douze Lundis de l'Enfant Jésus

Deuxième Lundi

En l'honneur de la Circoncision du Saint Enfant Jésus

« Huit jours étant accomplis, on circoncit l'Enfant et il fut appelé Jésus ». (Luc 2: 21.)

Prière d'ouverture

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit

I. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire. Pour mon salut et pour celui de tout le monde, le mystère de la naissance de notre Divin Rédempteur.

Gloire au Père

II. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, les souffrances de la très Sainte Vierge Marie et de saint Joseph, dans le long et pénible voyage de Nazareth à Bethléem, et l’angoisse de leur Cœur de ne pas trouver où se mettre à couvert, alors qu’était sur le point de naître le Sauveur du monde.

Gloire au Père

III. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, la crèche où naquit Jésus, le foin qui lui servit de lit, le froid qu’il souffrit, les langes qui l’enveloppèrent, les larmes qu’Il versa et ses tendres vagissements.

Gloire au Père

IV. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, la douleur que ressentit le Divin Enfant dans son tendre Corps, quand Il le soumit au cruel couteau de la circoncision: je Vous offre le Sang Précieux qu’Il répandit alors une première fois pour le salut de tout le genre humain.

Gloire au Père

V. — Père Eternel, je vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, l’humilité, la mortification, la patience, la charité, toutes les vertus de l’Enfant Jésus, et je Vous remercie, je Vous aime et je Vous bénis infiniment pour cet ineffable Mystère de l’Incarnation du Verbe.

Gloire au Père

V. Le Verbe s’est fait chair.

R. Et Il a habité parmi nous.

Prions

Ô Dieu, dont le Fils unique a paru en ce monde dans la substance de notre chair, faites, nous Vous en supplions, que L’ayant reconnu extérieurement semblable à nous, nous méritions d'être intérieurement réformés par Lui, qui vit et règne avec Vous dans les siècles des Siècles. Ainsi Soit Il.

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Considérations

Considérons que la Circoncision a été instituée pour les pécheurs, afin qu'ils reconnussent la malédiction qui pèse sur nous tous quand nous venons au monde, en punition du crime de nos premiers parents. Elle devenait pour l'homme un signe de confusion et d'opprobre, qui lui rappelait qu'il avait été conçu dans le péché, que sa chair était destinée à la mort, qu'il était ennemi de Dieu et déchu de tous les privilèges de la création. Le Fils de Dieu, la sainteté même, a voulu subir cette loi, et porter sur Lui cette ignominie, pour nous fournir un exemple de charité, d'humilité et d'obéissance; de Charité, en chargeant son innocence de nos fautes et de nos peines; d'humilité, en s'abaissant a une cérémonie si honteuse à la dignité et à la sainteté de sa personne; d'obéissance, en se soumettant à un commandement fait pour les seuls pécheurs, et en s'obligeant par là, comme dit saint Paul, « à l'observation de toute La loi de Moïse ». (Galates 5: 3.) Admirons ces vertus en ce Divin Enfant, et apprenons à les pratiquer à Son Imitation.

Considérons que cette rigoureuse cérémonie devait se faire le huitième jour; pour témoigner que, après cette Vie, dont la brièveté nous est figurée par ces quelques instants qui s'écoulaient entre la naissance et la circoncision, nous serons dépouillés de notre impure mortalité, et revêtus d'une nouvelle vie toute pure et toute céleste. Honorons les dispositions intérieures du Saint Enfant Jésus, qui, pendant qu'on faisait couler Son Sang, brûlait d'un ardent désir que les hommes fussent détachés des liens de leur premier père; qu'ils renonçassent aux inclinations de la nature coupable, et qu'ils aimassent la nouvelle génération, qu'Il avait dessein de leur donner par le Saint Esprit, et la vie céleste qu'Il leur préparait. Entrons dans ces désirs du divin Sauveur, travaillons à nous circoncire de tout ce qui vient de nous-mêmes, qui ne sommes que chair et péché, afin d'être en loi d'autres créatures, ne vivant que de son esprit.

Adorons le saint Nom de Jésus, qui Lui est imposé en sa Circoncision. Dans ce Nom, dit saint Pierre Chrysologue, « toute la Majesté de Dieu est adorée, parce que Celui qui est le Sauveur du monde est nécessairement une Personne Divine ». (Sermon 144.) Tous ceux qui demeurent dans les Cieux, tous ceux qui habitent sur la terre, tous ceux qui sont captifs dans les enfers, se prosternent a ce Saint Nom, le révèrent et l'adorent. Ecoutons l'Apôtre qui le témoigne, « afin qu'au Nom de Jésus, dit-il, tout genou fléchisse au ciel, sur la terre et dans les enfers ». (Philipiens. 2, 10.) C'est ce Nom qui a donné la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, aux boiteux le libre exercice de leurs membres, qui a rendu la parole aux muets, la vie aux morts, et qui a banni des corps des possédés toute la puissance des démons. Chérissons ce Saint Nom, gravons-le dans notre cœur, et prononçons-Le amoureusement en toutes rencontres.

Prière

O Jésus, mon Sauveur et mon Dieu, qui, dans votre tendre enfance, avez voulu, quoique innocent, Vous condamner à tant de douleurs pour nos crimes, et qui, en faisant mourir le vieil homme en vous, nous retracer la vie nouvelle que nous avons à mener, pour nous élever des ténèbres de ce monde à la Lumière de Votre Gloire; faites-nous la grâce de nous dégager de la corruption d'Adam, et de renaître en esprit et en vérité devant Votre Père, par l'amour et l'imitation de Votre Sainte Enfance, marquée du signe douloureux de la Circoncision; ô Vous qui vivez et régnez pour les  siècles et les siècles. Amen.

II

Adorons le saint Enfant Jésus, qui, bien qu'il soit le Maître de la Loi de la Circoncision, comme Il est le Maître de celle du sabbat, s'y soumet avec une obéissante humilité. Elle est sévère et rigoureuse; n'importe. Il ne balance pas à l'accomplir, parce qu'Il veut que, sur ses traces, nous sachions renoncer généreusement toujours au penchant qui nous porte à nous dispenser des choses gênantes et difficiles.

Adorons Jésus souffrant les douleurs de cette Circoncision, non comme les autres, enfants sans les connaître, mais en état de Victime et d'Hostie volontaire, et avec une sensibilité d'autant plus vive que Ses organes ont été revêtus d'une divine perfection par le Saint Esprit. Jamais donc il n'y eut de Circoncision si cruelle, jamais il n'y en eut qui ait été supportée avec tant décourage que celle du Sauveur. Renonçons à nos coupables délicatesses et estimons-nous heureux, quand la souffrance nous visite surtout, de pouvoir nous renoncer et nous mortifier pour l'amour de ce divin Enfant.

Adorons le Doux Rédempteur qui se représentait en Sa Circoncision les âmes novices et chancelantes dans les voies de la piété, les cœurs trop peu façonnés encore à l'abnégation du cœur et des sens. Il prend sur Lui, en versant les premières gouttes de Son Sang, leurs infirmités, Il les soutient par Sa Puissance Divine, Il leur mérite la force et la générosité dont ils ont besoin au milieu de leurs appréhensions, de leurs doutes, de leurs faiblesses, et des secrets retours sur eux-mêmes, par lesquels ils contristent encore le Saint Esprit; prions-Le de daigner venir également à notre aide dans les petites croix qu'Il nous destine, et dans la pratique des pénitences que nous devons entreprendre pour Sa Gloire.

Adorons le Verbe Enfant plein de Grâce et de Vérité qui dans l'accomplissement extérieur de la Circoncision voyait tout ce que Dieu son Père avait voulu qu'elle signifiât à son peuple, et qui tenait son Cœur bien plus appliqué à l'esprit qu'au corps et à la lettre de ce sacrement. Il considérait avec tristesse qu'elle était la marque des pécheurs; et quoiqu'Il fût parfaitement pur, la pureté même par essence, Il a voulu porter sur Lui ce sceau de notre souillure originelle, à laquelle il faut que nous renoncions si nous voulons être agréés du Père. Et Il l'a pris à la connaissance de tout le peuple, ne voulant point paraître ici-bas ce qu'Il était, tandis que, nous autres, nous nous ingénions de toutes manières a paraître ce que nous né sommes point. Ah! corrigeons notre orgueil; voyons-nous tels que nous sommes, en réalité, devant Dieu, et ne désirons pas d'être tenus pour meilleurs devant les hommes, puisque nous n'avons à nous que le néant et le péché.

Adorons le Très Saint Enfant qui avait sous Son regard, pendant qu'Il était Circoncis, toute l'énormité de notre faute originelle, orgueilleuse révolte d'Adam, sa désobéissante ingratitude, Sa complaisante faiblesse pour Eve, Son volontaire mépris de la défense que Dieu lui avait faite uniquement, de toucher à l'arbre de la science du bien et du mal, quand Il pouvait user, en toute liberté, de tous les autres fruits du jardin de délices... Qu'est-ce à dire? hélas! ce péché qui obscurcit notre intelligence, qui nous tient, depuis six mille ans, courbés vers la terre, qui rend si souvent l'homme semblable aux démons; cette odieuse impiété que nous ne connaissons que par la Foi, ce crime des crimes dont le désordre de nos convoitises et l'excès de nos douleurs nous apportent tant de preuves déplorables, sans que nous puissions le comprendre, car Il est au-dessus de toute humaine conception en cette vie, et nous n'en trouverons l'explication que dans les clartés de la vision de Dieu même; Jésus en voyait, sous le couteau du sacrificateur, toute la laideur, toute l'impureté, toute la malice; Il en contemplait en frémissant, dans la Lumière de son éternelle Vérité, les prodigieux ravages, et l'immense étendue à travers les siècles; et Il consentait à laisser entrouvrir sa chair innocente pour se charger de ce venin mortel; et Il concevait au nom de tous les enfants des hommes une horreur infinie de cette abominable dégradation; et Il s'offrait à Son Père pour en recevoir le châtiment. Il en acceptait l'opprobre et la honte, et Lui-même se condamnait au supplice, que toutes les générations avaient encouru en Adam! En est-ce assez pour que nous prenions la ferme résolution de mourir a nos instincts mauvais, de nous dépouiller de l'homme de péché, de nous revêtir, selon le conseil de l'apôtre, de Jésus-Christ le Principe et la Source de la Grâce, l'Auteur et le Consommateur du Salut.

Adorons le Saint Enfant Jésus, s'obligeant par la Circoncision à l'observation de toute la loi de Moïse, ce qui ne mettait aucun terme à son obéissance et a son humilité devant son Père; car quelle n'était pas l'étendue de cette double vertu dans le Sauveur, qui voulait accomplir les prescriptions de Moïse non pas seulement dans leur forme extérieure, mais selon le divin esprit qui les avait dictées ! De cette sorte, il a offert à Dieu, dans sa Personne adorable, la véritable Circoncision et l'entier dépouillement d'Adam qu'elle renferme, le vrai sacrifice et le vrai sacerdoce selon l'ordre de Melchisédech, le vrai Temple d'où montaient vers le ciel les vraies adorations, à la faveur desquelles allaient être remplacés les rites grossiers et matériels de la loi. Appliquons-nous à faire pénétrer dans nos cœurs cette Circoncision spirituelle, qui n'est autre que notre baptême. Renouvelons-nous dans la grâce que nous avons reçue sur les fonts sacrés, en répétant que nous renonçons au monde et au démon, et que ce sont les œuvres et les œuvres seules de Jésus Christ que nous voulons pratiquer, jusqu'à notre dernier soupir.

Adorons le saint Enfant Jésus, qui a regardé sa Circoncision comme une image de la complète dissolution de notre chair frappée de malédiction par le Seigneur, comme une figure aussi de la mort qu'Il avait résolu de souffrir pour nous, comme Son initiation solennelle au supplice de la croix qu'Il devait endurer à cause de nos crimes. Disons-Lui du fond de nos âmes émues: ô Jésus, Divine Hostie, faites-nous la grâce de Vous consacrer et de Vous donner notre vie, comme Vous nous avez donné la Vôtre, Vous-même enseignez-nous à réaliser pieusement cette parole de votre apôtre saint Philippe: Allons et mourons avec Lui! Qu'en attendant le jour de notre mort naturelle, nous soyons mourants de cœur et d'affection à tout ce qui n'est pas Vous, mon Dieu!

Adorons le Divin Enfant dans l'état où Il est demeuré après sa Circoncision, lequel est comme une représentation pour nous de la vie nouvelle qu'Il nous a méritée par Sa mort et par Sa résurrection. Combien n'a-t-Il pas prié pour que tous les enfants de son Eglise participent à la pureté de cette vie renouvelée! Entrons dans les désirs de notre Maître: « Aspirons vers les choses qui sont en haut, comme dit saint Paul, et n'aimons plus rien de celles qui sont sur la terre », parce qu'il n'y a en elles que vanités, ténèbres et afflictions d'esprit.

Prière

Amour de Jésus subissant la marque du pécheur dans la Circoncision, embrasez mon cœur.

Bonté de Jésus Circoncis, attirez mon cœur.

Charité de Jésus Circoncis, répandez-vous dans mon cœur.

Force de Jésus Circoncis, soutenez mon cœur.

Miséricorde de Jésus Circoncis, pardonnez à mon cœur.

Patience de Jésus Circoncis, supportez mon cœur.

Humilité de Jésus Circoncis, régnez dans mon cœur.

Sainteté de Jésus Circoncis, purifiez mon cœur.

Volonté de Jésus Circoncis, disposez de mon cœur.

Providence de Jésus Circoncis, veillez sur mon cœur.

Zèle de Jésus Circoncis, dévorez mon cœur.

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Chapelet de l'Enfant Jésus

On baise la médaille en disant: "Saint Enfant Jésus, bénissez-nous!" (50 jour d'indulgence, Pie X, 1909). On récite ensuite le Pater sur chacun des trois gros grains et l'Ave Maria sur chacun des douze petits grains en faisant précéder chaque Pater et chaque Ave de ces paroles: "Et le Verbe s'est fait chair, et Il a habité parmi nous."

On peut énoncer les mystères avant chaque Ave Maria.

1. L'Annonciation

2. La Visitation.

3. La Naissance.

4. L'Adoration des Bergers.

5. La Circoncision.

6. L'Adoration des Mages.

7. La Présentation au Temple.

8. La Fuite en Égypte.

9. Le Séjour en Égypte.

10. Le Retour de l'Égypte.

11. La Vie cachée à Nazareth.

12. Jésus au milieu des Docteurs.

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29 mai 2010

Les 12 Lundis de l'Enfant Jésus 1/12

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Les Douze Lundis de l'Enfant Jésus

Premier Lundi

Le Mystère de la Naissance du Fils de Dieu dans une étable

« Un petit Enfant nous est né, et un Fils nous a été donné, et il s'appellera Emmanuel ou Dieu avec nous ». (Isaïe 9: 6; Matthieu 1: 23).

Prière d'ouverture

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit

I. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire. Pour mon salut et pour celui de tout le monde, le mystère de la naissance de notre Divin Rédempteur.

Gloire au Père

II. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, les souffrances de la très Sainte Vierge Marie et de saint Joseph, dans le long et pénible voyage de Nazareth à Bethléem, et l’angoisse de leur Cœur de ne pas trouver où se mettre à couvert, alors qu’était sur le point de naître le Sauveur du monde.

Gloire au Père

III. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, la crèche où naquit Jésus, le foin qui lui servit de lit, le froid qu’il souffrit, les langes qui l’enveloppèrent, les larmes qu’Il versa et ses tendres vagissements.

Gloire au Père

IV. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, la douleur que ressentit le Divin Enfant dans son tendre Corps, quand Il le soumit au cruel couteau de la circoncision: je Vous offre le Sang Précieux qu’Il répandit alors une première fois pour le salut de tout le genre humain.

Gloire au Père

V. — Père Eternel, je vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, l’humilité, la mortification, la patience, la charité, toutes les vertus de l’Enfant Jésus, et je Vous remercie, je Vous aime et je Vous bénis infiniment pour cet ineffable Mystère de l’Incarnation du Verbe.

Gloire au Père

V. Le Verbe s’est fait chair.

R. Et Il a habité parmi nous.

Prions

Ô Dieu, dont le Fils unique a paru en ce monde dans la substance de notre chair, faites, nous Vous en supplions, que L’ayant reconnu extérieurement semblable à nous, nous méritions d'être intérieurement réformés par Lui, qui vit et règne avec Vous dans les siècles des Siècles. Ainsi Soit Il.

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Considérations

Considérons et adorons le divin Enfant, qui veut naître hors de son pays, afin de souffrir, en naissant, les incommodités qui sont dues aux pécheurs, dont Il prend la place. Il se prive de la maison de sa sainte Mère, du secours de ses parents, des consolations de ses amis, et enfin de toutes les douceurs que l'on sent à être chez soi et dans un lieu connu. Les maximes qu'Il suit sont toutes contraires aux nôtres. Nous ne voulons jamais que le bonheur et le repos; Jésus est privé de toutes joies temporelles dès le premier moment de sa vie. Nous cherchons une demeure certaine et assurée, où nous tâchons de nous établir comme dans une espèce de paradis terrestre; Jésus se considérant comme le premier homme chassé du jardin de délices, ne veut avoir aucune demeure stable, aucune habitation qui Lui appartienne en propre. Il n'aura pas même, en venant au monde, une couchette, où Il puisse être bercé a la façon des autres enfants, pour apaiser ses peines, soulager ses membres captifs et se concilier les douceurs du sommeil. Apprenons ce qui nous est dû à tous, en sa seule Personne, et sachons entrer en défiance de cette grande et malheureuse inclination qui nous porte sans cesse à ne nous procurer, s'il était possible, que du repos et de la félicité sur la terre. Plus une âme apprend à s'affermir dans l'esprit de pénitence et de renoncement, plus elle se dégage des affections sensuelles et de tout attachement au monde, plus elle est pure devant Dieu. Proposons-nous de nous sevrer, du moins pendant quelques jours, du bien-être que nous trouvons dans nos maisons, en souvenir des immenses privations du Fils de Dieu pour nous; et gardons-nous d'arrêter nos cœurs aux choses et aux vanités d'ici-bas, comme si nous n'étions pas pèlerins et étrangers dans la vallée de larmes, et appelés à de plus hautes destinées, et à une plus sainte demeure surtout, qui est la maison de Dieu dans les cieux.

Comparons la naissance éternelle de Notre Seigneur avec sa naissance temporelle. Dans la première, Il naît au sein des Splendeurs de la Divinité, Dieu des Dieux, Lumière des lumières; dans la seconde, il naît au sein des ténèbres de ce monde, pendant une des plus longues et des plus profondes nuits d'hiver, et précisément à minuit, qui est l'heure du plus grand éloignement du soleil, pour nous apprendre que l'homme pécheur, dont Il tient, comme nous avons dit, la place, est un fruit d'ignorance et de ténèbres. « Vous étiez autrefois ténèbres, dit saint Paul parlant des chrétiens avant leur régénération, mais vous êtes maintenant lumière en Jésus Christ ». Portons, alors avec le Sauveur naissant, la confusion de notre bassesse et de notre dégradation, des ténèbres de notre ignorance et de nos ignominies aux yeux du Seigneur; et comprenons que par nous-mêmes et sans le Fils adorable de Dieu, nous serions privés de toute lumière soit du corps, soit de l'esprit. A la première naissance, le Verbe est ineffablement produit au centre de toutes les grandeurs et de toutes les beautés des cieux, dont Il ne peut pas être séparé, car là est le trône immuable de Sa Gloire, de Son Règne éternel et de Son bonheur infini. A la seconde naissance, au contraire, il vient au monde dans une étable d'emprunt, comme le plus pauvre et le dernier des hommes; et peu après, Il se dérobe à la connaissance des siens, Il fuit loin de son pays et de la grotte même de Bethléem où Il était caché, parce qu'Il est chargé de nos iniquités déjà, parce que nous sommes condamnés au bannissement et à la douleur sur la terre, que l'inquiétude et la crainte nous environnent de toutes parts, et que, dans notre condition de coupables, nous ne pouvons nous attendre qu'à de durs châtiments ou à de cruelles persécutions. O Divin Enfant, Vous avez voulu partager le trouble, les dangers, l'instabilité de notre exil présent, afin de nous acquérir la paix que nous ne trouverons jamais hors de Vous. Soyez notre secours, notre lieu de refuge et notre asile assuré! Dans la première naissance, Il est nécessairement Infini, Tout Puissant, indépendant, se suffisant à Lui-même, immortel, possédant toute sagesse et toute majesté; dans la seconde, il est volontairement petit et faible, soumis a Sa Sainte Mère, indigent, sujet à la souffrance, même à la mort, privé devant les hommes de l'usage de Sa Force, de Sa Science, de Sa Dignité et de Sa Justice, de Sa Vertu divine, en un mot, qui n'a pas de bornes, puisqu'elle s'étend de l'une à l'autre éternité. Ah! quelle horreur ne devons-nous pas concevoir du péché, quand nous le voyons, d'une part, tellement opposé à Dieu, qu'il nous sépare à jamais de son amour; et que, de l'autre part, il réduit Dieu lui-même à tous les excès de l'humiliation et de la douleur à cause de nos crimes. Apprends, ô mon âme, que tu ne vaincras ce redoutable ennemi qu'avec les armes qui ont été employées par le divin Enfant-Jésus pour le terrasser en te rachetant. Il faut donc te résoudre, quoi qu'il t'en coûte, à aimer l'abaissement, la dépendance d'autrui, la privation, la mortification, la croix.

Adorons toutes les grandeurs divines et humaines de ce saint et céleste Emmanuel. Il est le vrai Dieu et la vie éternelle, Il est Un avec son Père, Il en exprime la ressemblance incréée, dit l'Apôtre, et toutes les perfections incompréhensibles à toute créature; Il en est, au degré le plus sublime, l'Honneur et la Louange; avec Lui, Il est infini, avec Lui, Il est le seul Dieu, Il est toutes choses!... mais Il est tout a la fois Médiateur, Rédempteur, Prêtre, Victime, Epoux, Père, Frère, Chef, Docteur, Législateur, Roi, Juge, Pasteur; Il possède tous les titres et toutes les qualités humaines qui le rendent aimable et précieux à nos âmes. Quel trésor nous est donc accordé en sa naissance, par la libéralité de Dieu le Père, par la charité de ce Fils unique, par la miraculeuse opération du Saint Esprit et la fécondité de la Vierge-Mère! Qui ne méprisera toutes choses, pour le posséder, cet inestimable Trésor? Qui ne vendra toutes choses pour l'obtenir? O chrétien, renonce à toutes les prétentions de la terre et porte tout ton cœur au ciel; que ta reconnaissance envers la Trinité adorable, que ta piété envers Jésus et Marie correspondent à une si grande largesse! Que peux-tu moins faire que de te donner tout entier, pour reconnaître un don si grand et si ineffable?

Prière

O Dieu, qui portez dans Votre Sainte Nativité l'ignominie de notre péché d'origine, et qui, étant le Fils unique de Dieu, souffrez les rebuts et les peines qui sont dus aux coupables enfants d'Adam; qui, sans prononcer une parole, nous instruisez, par la virginité de Votre sainte Mère, de la sanctification! que Vous voulez nous mériter par le bois de la crèche, image de Celui de la croix, de la Rédemption que Vous nous apportez; par Votre Naissance à Bethléem – qui signifie la maison du pain – des désirs qui Vous consument de nous nourrir de votre Corps adorable, ce Pain vivant descendu des cieux; faites-nous comprendre les secrets de Votre admirable humilité, et rendez-nous de telle sorte enfants en Vous, que nous puissions être, avec Vous, les héritiers du Père Eternel, avec lequel Vous vivez pour les siècles des siècles. Amen.

II

Sur le Mystère de la Nativité du Fils de Dieu

« Aujourd'hui la Bonté et l'Humanité de notre Dieu Sauveur est apparue ». (Tite 3: 4.)

Adorons le saint Enfant Jésus qui choisit pour sa naissance, le temps où un édit de l'empereur Auguste, venait d'être publié, lequel obligeait Joseph, comme tous les autres chefs de famille, à aller se faire inscrire au pays originaire de ses ancêtres. De cette manière, le Fils de Dieu accomplit les Ecritures, et fait servir à ses desseins l'autorité même des princes de ce monde. Adorons Sa Puissance dans la conduite des événements, et dans les dispositions qu'Il imprime à toute créature, pour en faire ce qu'Il veut. Soumettons-nous a Sa douce et attentive Providence avec un profond respect; et considérons la sagesse merveilleuse qui lui fait celer sa naissance, aussi bien a ceux qui habitent Bethléem, qu'a ceux qu'il a laissés à Nazareth. Grâce, en effet, aux précautions qu'a prises son humilité, quand il vient a nous, on n'a pu connaître à Nazareth la pureté miraculeuse de la très-sainte Vierge, car les parentes et les voisines de Marie, pour parler comme l'Evangile, (Luc. 1, 58.) n'étaient point auprès d'elle, pour rendre témoignage du divin enfantement, ainsi qu'il était arrivé pour Elisabeth, an moment de la naissance de Jean-Baptiste. A Nazareth encore, on ne saura rien des prodiges que Dieu opérait à l'apparition de son Verbe ici bas; rien de la joie des Anges qui remplirent l'air de leurs cantiques; rien de l'avertissement donné aux Pasteurs et de la céleste illumination qui frappa leurs yeux; rien du voyage des Mages qui venaient porter leurs trésors et abaisser leurs couronnes devant la crèche... Mais Bethléem elle-même reste dans l'ignorance des bontés du Seigneur, parce qu'elle n'a vu que des étrangers en Joseph et Marie, et que son indifférence et son mépris ont forcé le divin Enfant à prendre naissance loin de ses murs dans une grotte abandonnée. Si donc elle a entendu quelque chose du récit des Bergers, ce n'a été qu'avec un esprit dissipé, qui ne pouvait appeler la bénédiction d'en-haut: et du reste, la Sainte Famille a si peu séjourné dans la pauvre étable que l'impression devait s'en effacer bientôt du cœur de ce peuple endurci depuis longtemps, comme le reste de la Nation. Les Juifs n'étaient plus dignes d'être instruits des secrets de Dieu... C'est à nous que le Père céleste voulait les révéler dans son amour. Sachons, en nous montrant ses vrais adorateurs, recueillir, comme il convient, les inestimables grâces qui découlent pour nous de la Nativité de son Fils.

Adorons encore le saint Enfant Jésus qui naît dans l'obéissance aux rois de la terre, honorant en eux le Souverain Pouvoir de son Père, dont les princes sont les images, et nous apprenant a ne jamais contredire orgueilleusement ni éluder, sans motif légitime, leurs ordonnances, de peur de retarder l'œuvre de Dieu dans nos cœurs. Méditons avec soin les maximes du céleste Enfant, Sa Sagesse et Son Humilité nous feront triompher de nos vaines convoitises.

Adorons ce divin Sauveur qui prend naissance dans un pays étranger, pour que nous nous considérions partout comme des étrangers en ce monde, et que nous portions nos désirs uniquement vers le Ciel, qui est la vraie Demeure des enfants de Dieu. Accomplissons de tout notre cœur ce qui a été dit à Abraham: « Quittez votre pays, vos parents, votre père, et vous en allez dans la terre que Je vous montrerai ». (Genèse 2.1.)

Adorons Jésus qui est, avant de naître, rebuté de toute la ville de Bethléem, où personne ne veut Lui donner un abri. Ni les riches, ni les pauvres parmi le peuple, ni les parents que Joseph et Marie devaient avoir encore dans cette cité de David, ne sont touchés de compassion à la vue de cette jeune femme près de son terme, quoiqu'Elle soit la plus Modeste, la plus Douce, la plus Aimable et la plus Humble qui ait jamais été. Le Fils de Dieu chargé de nos crimes souffre en paix ces dédains insultants; Il est notre représentant devant le juste courroux de Son Père, et, comme nous sommes indignes d'être accueillis et supportés en ce monde, Il consent à être traité comme nous le méritons. Puis, Il naît dans une étable, au milieu des animaux, dans la saison la plus rigoureuse de l'hiver, à l'heure la plus obscure et la plus sombre de la nuit... Quelles leçons pour les pécheurs!... Hâtons-nous de reconnaître en la personne de l'Enfant Jésus humilié quel est le rang qui nous appartient et que nous devons nous assigner ici-bas; entrons dans Ses abaissements et dans son profond amour de la pénitence et de la pauvreté.

Adorons l'ordre admirable établi par le Père dans le Mystère d'un Dieu fait homme. Le Père ne s'incarne pas Lui-même, afin que le Rédempteur puisse traiter des intérêts de notre Salut avec le Principe éternel, la Source divinement autoritaire et immuable dont Il découle; et afin que le Père qui renferme en soi toute beauté et toute fécondité, puisse nous créer de nouveau par Son Fils et dans Son Fils à Son Image, en conservant Sa propriété Divine et son inénarrable tendresse de Père. Si le Père se fût fait créature et qu'Il fût né Lui-même d'une fille des hommes, n'aurait-Il point paru ne plus revêtir, en quelque sorte, les qualités personnelles qui nous font dire de Lui, d'après la révélation, qu'Il est uniquement Principe sans principe, engendrant et non engendré, donnant et non donné lui-même? De même Il n'envoie pas au secours de l'humanité déchue Son Saint-Esprit, mais Son Verbe, pour que ce Verbe qui voulait Se rendre semblable à nous jusqu'à naître au monde comme nous, pût joindre à sa manifestation dans le temps Son éternelle Nature de Fils naissant et engendré ineffablement dans les splendeurs de son Père; ce que la révélation n'attribue point au Saint-Esprit. Par ce moyen, toutes les divines propriétés aussi bien que les relations des trois Personnes ensemble telles qu'elles nous ont été enseignées par le Verbe Lui-même, demeurent entières; et la Grâce que nous en recevons est plus riche et plus abondante. La raison en est sensible: Jésus-Christ s'est incarné pour que nous soyons tous, dit l'Ecriture, les enfants du Très-Haut. Or, dans le corps qu'Il a pris de la Vierge Marie, Il est seul Fils de Dieu: mais ce corps envisagé dans le sens mystique de l'Eglise et formé de tous les membres qui la composent, acquiert, par son Chef, avec les trois Personnes divines, d'incomparables privilèges que l'Incarnation d'une autre Personne que celle du Verbe n'aurait pas produits, ce semble... Et comment cela? C'est qu'en Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, nous devenons non-seulement nous-mêmes les fils de Dieu, mais les frères de Dieu, mais les vivants sanctuaires du Saint-Esprit, éclairés et gouvernés par sa lumière et par sa grâce!  Bénissons donc avec transport la charité infinie de Dieu qui se montre si magnifique à notre égard, dans le choix de la seconde Personne de Son Adorable Trinité pour opérer notre Rédemption. Louons la Sagesse auguste qui répare les ruines de notre fol orgueil; la puissance sans bornes par laquelle tout avait été fait admirablement, mais est plus admirablement rétabli encore; louons le Verbe éternel qui se fait notre salut, qui s'est appelé la Voie, la Vérité, la Vie; la Voie que nous avons à suivre, la Vérité que nous avons à écouter, la Vie que nous avons à pratiquer, si nous voulons corriger nos erreurs et nous résoudre à être saints et parfaits comme est saint et parfait le Père qui est dans les cieux. Louons, en un mot, le Fils de Dieu qui se fait Fils de l'homme, et sachons apprécier avec une grande reconnaissance l'étendue et la beauté de la Grâce Chrétienne qu'Il nous a méritée.

Adorons le mode dont le Seigneur s'est servi pour cette Incarnation: la Virginité miraculeusement unie a la maternité. Il voulait nous donner en ce monde l'image de Sa Puissance créatrice dans Son éternelle Sainteté, et pénétrer toute la masse du genre humain d'un levain de pureté si admirable, que nous puissions mettre en oubli désormais les souillures de notre première origine. Réjouissons-nous de ces précieuses illuminations répandues parmi nos ténèbres, appliquons-nous cette céleste incorruption qui vient remplacer la lèpre universelle du péché dont nous étions infectés; et honorons la Très Sainte Vierge dans son étroite alliance avec les trois divines Personnes.

Adorons l'Unité de la Personne du Très Saint Enfant avec ses deux natures, la nature divine et la nature humaine; ineffable invention qui demandait toute la Sagesse, toute la Bonté, toute la Puissance d'un Dieu; chef-d'œuvre incompréhensible du Père, qui trouve avec délices dans Son Fils incarné l'assemblage et la gloire de toutes les Divines Perfections... Aimons et glorifions le Père avec le Fils; et dans le Fils, adorons, particulièrement à cette heure, l'Humanité qui ne vit que par le Verbe. Elle est, cette Humanité, le modèle et l'exemple des élus: c'est elle qui leur communique, par pure grâce, l'éminente dignité d'enfants de Dieu, et qui les fait vivre de sa vie. Admirons alors comment le Don que les Saints font d'eux-mêmes à Jésus, et leur union avec Lui ne leur est pas moins, nécessaire dans les voies de la Grâce pour l'accomplissement du Salut en eux, que l'union de la Nature Divine à la nature humaine était nécessaire à Jésus pour accomplir sa mission de Rédempteur... Oh! renonçons de tout notre cœur aux œuvres d'Adam et à nos propres œuvres, puisque autrement nous ne pourrions appartenir à un tel Sauveur et à un tel chef.

Adorons l'Ame et le Corps de ce divin Enfant, toutes Ses facultés intérieures et extérieures, tous Ses sens et l'usage qu'il en fait, la communion du Verbe avec tout ce petit corps dont Il a pris possession avec le Sang qui coule dans ses veines, avec Ses artères, Ses nerfs, Ses organes, tous Ses membres. Adorons Son entendement avec toute la science et toutes les connaissances dont Il est Capable; Il n'en a pas moins, au moment de Sa Naissance dans l'humble étable, qu'Il n'en aura au dernier jour du monde, quand Il descendra dans l'appareil de Sa Gloire, pour juger les Anges et les hommes. Adorons l'étendue de Son Amour envers Dieu et envers nous qui sommes Ses enfants. Adorons toutes les vertus et toutes les richesses inconnues de Son Ame; bénissons Dieu de nous l'avoir donné avec une Bonté sans mesure, et donnons-nous, à notre tour et de tout notre cœur, à ce Roi si parfait et si Divinement Auguste.

Adorons le Divin Enfant dans cette incommunicable Majesté qui résulte de Ses titres de Fils de Dieu, d'égal à Dieu, ne faisant qu'un avec Son Père. Adorons la mutuelle relation qui est et qui sera éternellement entre eux. Adorons Ses qualités et Ses fonctions humaines de Médiateur, de Rédempteur, de Prêtre, de Victime, d'Epoux, de Père, de Frère; de Chef, de Docteur, de Législateur, de Juge, et toutes celles qui nous sont inconnues... Entrons dans l'exercice des devoirs qu'elles demandent toutes de notre reconnaissance et de notre piété. Adorons la Gloire qu'Il possède comme Verbe de Dieu, et ce qu'il rend à son Père par l'effet de cette gloire, et ce qu'il en reçoit pour lui et pour nous. Adorons la privation volontaire qu'Il porte de ce même état de gloire dans les souffrances de son corps et de son âme... et que cette réflexion nous apprenne encore une fois à ne faire aucun fond sur les vaines félicités de cette vie, et à embrasser tous les jours, avec notre Maître, le sacrifice et le renoncement. Adorons Ses premières pensées qui n'ont pas seulement été dirigées vers la Croix en méprisant l'ignominie, comme s'exprime saint Paul, et comme s'était exprimé avant lui le Prophète; mais qui ont été pleines d'adoration, de gratitude, d'amour infini, de conformité aux desseins de Dieu, de zèle pour Sa Gloire, d'obéissance jusqu'à la mort et à la mort subie sur le Calvaire. Méditons l'esprit de Son oblation si Sainte et si Parfaite; et prenons-y la part qu'il lui plaît de nous donner.

Adorons les effusions de Grâce que le Divin Enfant faisait couler de son Cœur sur ceux de Marie et de Joseph en naissant, et imaginons-nous le bonheur de cette tendre et gracieuse Mère et de ce Père adoptif si humble, si pur, si dévoué. Demandons quelque chose de l'amoureuse vénération qu'ils témoignaient à Jésus, et qui devait surpasser même celle des Anges.

Prière

Divin Jésus, je Vous adore dans Votre Crèche; je Vous adore aussi entre les bras de Votre Sainte Mère. O saint Enfant, ô Fils de Dieu, ô Fils de Marie! Que j'aime à me représenter les désirs que Vous avez de notre Salut, en même temps que vous prodiguez vos grâces et vos tendresses à votre Mère; car je me dis que c'est par elle que vous voulez répandre sur nous vos bienfaits. Oh! rendez-nous dignes de mériter Vos faveurs, ôtez de nous tout ce qui Vous déplaît, entrez dans notre cœur par Votre Amour, régnez-y toujours par Votre Grâce; faites-en le lieu de Votre repos, Divin Sauveur, demeurez-y toujours avec nous. Au nom de Marie, mais au nom de Joseph aussi, soyez-nous Jésus maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.


III

La gloire de l'Ame du Saint Enfant Jésus à Sa Naissance

« En ces jours, Dieu nous parle par son Fils qui est la Splendeur de Sa gloire et l'empreinte de Sa Substance ». (Hébreux. 1, 2, 3)

Adorons le Saint Enfant Jésus possédant la Béatitude dès le premier instant de sa vie. Il est rempli de toute la Lumière de la Gloire; Il contemple la Face de Son Père; Il pénètre tous les mystères de ses deux naissances, de Sa Naissance temporelle et de Sa Naissance éternelle; Il est participant de tous les Secrets de Dieu; et Dieu par les visions qu'Il Lui communique de Son Essence, est uni d'une incomparable manière avec Sa Sainte Ame. Divin Enfant, nous adorons la plénitude de la Divinité qui habile en Cous. (Colossiens 2: 9.) Vous êtes rempli de Dieu par Votre Union personnelle avec Lui, par la nature du Verbe, qui réside en Vous corporellement, (Colossiens 2, 9.), et par la grâce sanctifiante, qui est répandue en Vous par le Saint Esprit avec toute la surexcellence qui Vous est due comme au Fils de Dieu, et au Chef des Anges et des hommes. Mais Vous en êtes également rempli par la vision de l'Essence divine, dans laquelle Dieu forme avec Votre entendement la plus étroite union qu'Il formera jamais avec aucun esprit. Ah! je me réjouis de tout mon cœur de ce que, naissant dans nos misères, Vous ne perdez rien de Votre Science dans ce silence d'enfant; de l'abondance de Votre Joie au milieu de ces larmes et de ces douleurs; des ineffables délices que Vous trouvez en Dieu et par la vue et par l'Amour, parmi ces afflictions intérieures que Vous cause le poids de nos péchés.

Adorons le Divin Enfant, qui est tout ensemble dans la gloire du ciel et dans l'obscurité de la terre; qui éclaire et gouverne les Anges et est conduit par une Vierge; qui règne, avec Son Père dans l'éternité et est assujetti à Sa Mère dans l'exil passager de ce monde; qui repose au sein d'une Lumière inaccessible et n'a qu'une Crèche pour berceau; qui porte dans Son Ame la source de toute immortalité et destine Son Corps aux supplices. Adorons cet accord admirable de la félicité et de la souffrance, par lequel Il ajoute aux richesses de sa gloire incréée d'autres richesses très précieuses, qui sont celles de Ses abaissements. Il est tout ensemble, ce Rédempteur sacré, et un Roi de gloire et un Roi qui meurt pour son peuple; Il est le Saint des Saints, et Il est fait péché pour nous; Il est le béni de Son Père, et Il est devenu malédiction pour les hommes. O merveille! c'est le plus sublime honneur que l'homme soit le Vrai Fils de Dieu: mais cet honneur n'est-il pas plus inestimable encore, lorsque le Verbe, étant aussi Fils de l'homme, est en même temps et infiniment grand et infiniment petit?

Prière

O Jésus! nous Vous adorons, enrichissant vos célestes splendeurs de nos ignominies, révélant votre puissance par votre infirmité et trouvant moyen de vous agrandir Vous-même, en quelque sorte, par notre bassesse. Nous Vous adorons, ennoblissant le genre humain de la gloire de votre âme qui subsiste en Dieu; et nous Vous bénissons de ce qu'en vous faisant Enfant, et en naissant d'une mère, Vous élevez l'humanité à la participation même de Votre Nature Divine. Apprenez-nous à faire avec Vous l'abnégation de toute grandeur pendant cette vie, à ne rechercher ni la distinction, ni les honneurs, ni les vains plaisirs pendant que nous sommes sur la terre; ni même les visions saintes et les connaissances extraordinaires, ni les célestes consolations, ni les communications de Dieu et des anges: car dans Votre Enfance et en toute Votre Vie Vous vous êtes conduit, ô mon aimable Maître, comme si Vous n'eussiez été qu'un homme voyageur, et toujours Vous avez préféré la Croix aux jouissances, et le travail au repos... Et comment ne nous confierions-nous pas en la doctrine que Vous nous avez enseignée, quand nous savons que non-seulement comme Dieu, mais comme Homme aussi, Vous nous avez dit les choses que vous connaissiez de la plus parfaite Science, et ne nous avez attesté que ce que Vous aviez vu en Votre Père?...

IV

Sur l'adoration des bergers à la Crèche de Jésus nouveau-né

« Qu'avez-vous, ô bergers? dites-le-nous... Nous avons vu le saint Enfant; et nous avons entendu dans les airs les chœurs des anges qui louaient le Seigneur ». (Off. de Noël, à Laudes.)

Adorons le Divin Enfant Jésus qui se manifeste aux pauvres et aux simples, et non aux grands et aux sages d'Israël: « Je Vous bénis et je Vous remercie, mon Dieu, Roi du Ciel et de la terre, de ce que vous avez caché ces choses aux sages et aux prudents, et les avez révélées aux petits ». (Matthieu 11: 25.) Aimons l'Humilité du Fils de Dieu et apprécions les secrets de Sa Sainte Enfance dans l'ordre de notre Salut. S'Il découvre Sa Naissance d'abord à des pasteurs, comme Il découvrira à des pêcheurs Ses autres Mystères, c'est afin que nous nous rendions petits et humbles devant Lui toujours. Autrement, nous ne saurions avoir part, dit-Il, à Sa Céleste Transfiguration...

Adorons le Divin Enfant qui, entre tous les pauvres et les simples, choisit de préférence les bergers, comme si cette condition semblait, à Ses yeux, au-dessus de celles des autres hommes. Jacob, Moïse, David et bien d'autres Patriarches exerçaient l'office de pasteurs quand Il les élevait si haut par Sa grâce, jusqu'à les rendre ou Ses aïeux selon la chair, ou Ses images, ou comme Ses ombres figuratives dans l'ancienne loi. Que de précieux moyens, du reste, ont les bergers de se rendre agréables aux yeux du Seigneur! Ce sont bien les cœurs les plus éloignés par leurs habitudes de vie, de nos habitudes d'orgueil; et lorsqu'ils sont vertueux, ils peuvent s'entretenir aisément dans la pensée si douce de la présence de Dieu, et le recueillement si paisible d'une prière attentive et persévérante. La solitude qui se fait autour d'eux leur donne l'intelligence des grandeurs de Dieu dans les merveilles de la nature; et le magnifique mouvement des cieux dont ils sont les témoins les plus rapprochés, en quelque sorte, ne saurait que, les élevée, par de fervents désirs, de plus en plus vers l'éternel bonheur. D'autre part, quel n'est pas le mérite de leur dure existence, en étant exposés, le jour et la nuit, aux injures de l'air, brûlés par la chaleur et par le froid, comme disait Job ! (Job. 24, 19). De plus, le soin que prennent les bergers de ces dociles animaux qui leur sont confiés, leur apprend de bonne heure a être aimants et bons d'ordinaire; et les agneaux et les brebis pourraient en rendre de touchants témoignages, s'ils savaient répondre par la parole aux tendres sollicitudes de leurs diligents gardiens. Enfin, ces hommes sont humbles, simples et patients. Pour tous ces motifs, les divines complaisances que Jésus leur a montrées dans Sa Crèche, sont un précieux encouragement pour nous. Nous voyons quelles sont les dispositions que nous devons revêtir à Ses yeux, si nous voulons acquérir la connaissance de Ses Mystères. Renonçons à notre esprit, invoquons Celui de Dieu, et nous deviendrons tels qu'étaient les saints Bergers, quand ils furent appelés au berceau de l'Emmanuel.

Considérons que les Pasteurs n'ont pas été choisis de Dieu seulement pour les vertus que nous venons d'expliquer: mais aussi pour le zèle qu'ils apportaient à veiller assidûment sur leurs troupeaux, soit en les éloignant de tout désordre, soit en les préservant de tout dommage et de tout péril. Le Saint Enfant aime ceux qui écartent de leurs âmes jusqu'à l'apparence du péché, qui s'occupent avec une scrupuleuse fidélité des obligations qu'ils ont à remplir, et des différentes charges que Sa Providence leur a assignées. Examinons si nous apportons cette vive ardeur à nous acquitter des devoirs de notre vocation, et croyons que nous ne serons bénis du Sauveur qu'en proportion des efforts de notre piété généreuse et dévouée.

Adorons le saint Enfant Jésus qui convoque à lui ces Pasteurs des champs, comme les images des pasteurs de son Eglise, à qui surtout il a été dit: « Heureux ceux que le Seigneur trouvera veillants » (Luc. 12: 37)... Oui, heureux sont-ils ces ministres du Dieu Trois fois saint, qui prêchent avec ferveur l'Evangile de paix, qui gardent les âmes rachetées du sang de Jésus-Christ, comme un trésor plus riche et plus précieux que l'or et les diamants (Ps. 118, 127.); une grande récompense leur est réservée dans le ciel: mais dès ce monde, c'est à eux d'abord que Dieu communique ses lumières et les dons les plus secrets de son cœur. « Je ne vous appellerai plus Mes serviteurs, disait-Il à ses Apôtres, mais Mes amis ». (Jean 15: 15.) Adorons donc l'Amour que le Fils de Dieu témoigne aux prêtres, aux évêques, comme aux pieux fidèles qui travaillent au salut de leurs frères, et animons-nous du zèle et de la vigilance qui nous rendra chers nous-mêmes, sous ce rapport, au divin Enfant.

Adorons les saintes intentions de l'Enfant Dieu, en envoyant Son Ange aux pasteurs. S'Il était né dans la ville ou dans un palais, les pauvres auraient à peine eu accès auprès de Lui; mais Il a voulu naître hors de la ville et dans une étable, afin de s'exposer aux regards et à l'amour des plus petits surtout d'entre son peuple. Méditons avec attendrissement sur cette Divine conduite, pleine de sagesse, d'humilité, de charité.

Adorons encore les pensées du Saint Enfant qui fait donner pour signe de Son apparition au monde, qu'on le trouvera enveloppé de langes et couché dans une crèche. Nous ne saurions trop nous représenter combien Il redoute, pour ainsi parler, l'éclat et les richesses, combien Il chérit la douceur et l'humilité. Les anéantissements, la petitesse, la pénitence, la pauvreté, voilà la vraie marque de la Naissance de Jésus-Christ dans les âmes.

Honorons les Saints Anges qui chantent les louanges de Dieu sur l'étable, et annoncent la paix au monde. Unissons-nous à leur joie, aux adorations qu'ils rendent a Jésus Enfant, à la Charité qu'ils témoignent pour les pécheurs, en les voyant recouverts des Divines Miséricordes, aux sentiments de dévotion, d'amour, de religieux esclavage, dont ils nous donnent l'exemple envers la Sainte Crèche.

Honorons les Saints Pasteurs remplis d'une ferveur divine après la céleste vision, et qui s'en vont en diligence voir le Saint Enfant. Entrons dans le respect amoureux qu'ils Lui rendent, et dans la joie dont leur cœur est inondé. Offrons-nous avec eux à Jésus, en Le reconnaissant pour notre Messie, notre Sauveur et notre Dieu. Comme eux aussi, rendons nos plus dévotes révérences a la Très Sainte Vierge et à Saint Joseph.

Enfin, adorons Jésus produisant les premiers effets de Sa Sainte Enfance sur les âmes des Bergers, effets admirables d'anéantissement de la vieille créature, de séparation complète du monde, de parfaite conversion vers Dieu, d'esprit de prière et d'oraison, de pureté, de simplicité, d'innocence et d'amour. Demandons-Lui, par le mérite des Saints Pasteurs eux-mêmes, et surtout au Nom de Joseph et Marie qui avaient reçu de Lui bien d'autres grâces encore, de retracer en nous quelque chose, au moins de ces dispositions si désirables.

Prière

Seigneur, Dieu tout-puissant, qui avez voulu qu'une grande joie fût apportée aux Bergers, quand les anges leur annonçaient la naissance de Votre Fils unique en ce monde, faites, nous Vous en supplions, que nous soyons rendus dignes d'adorer avec humilité, avec amour, avec Foi, comme ces Saints Pasteurs, notre Rédempteur, d'être rangés par eux au nombre des brebis de Son troupeau, et par eux encore conduits à Votre Bercail éternel. Mais Vous avez associé, par ce Divin Avènement du Verbe, la terre au ciel, ô mon Dieu, faites aussi que par les mérites de Vos Anges qui ont été les hérauts de cette grande Miséricorde, dans leurs chants sacrés, nous soyons remplis des dons de paix qu'ils ont promis de Votre part aux cœurs droits, pour être réunis, un jour, à leurs radieuses milices dans la gloire où Vous vivez et régnez, Père, Fils et Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.

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Chapelet de l'Enfant Jésus

On baise la médaille en disant: "Saint Enfant Jésus, bénissez-nous!" (50 jour d'indulgence, Pie X, 1909). On récite ensuite le Pater sur chacun des trois gros grains et l'Ave Maria sur chacun des douze petits grains en faisant précéder chaque Pater et chaque Ave de ces paroles: "Et le Verbe s'est fait chair, et Il a habité parmi nous."

On peut énoncer les mystères avant chaque Ave Maria.

1. L'Annonciation

2. La Visitation.

3. La Naissance.

4. L'Adoration des Bergers.

5. La Circoncision.

6. L'Adoration des Mages.

7. La Présentation au Temple.

8. La Fuite en Égypte.

9. Le Séjour en Égypte.

10. Le Retour de l'Égypte.

11. La Vie cachée à Nazareth.

12. Jésus au milieu des Docteurs.

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26 mai 2010

Message de Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation à Medjugorje du 25 mai 2010

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Message de Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation à Medjugorje du 25 mai 2010

« Chers enfants, Dieu vous a donné la grâce de vivre et de protéger tout le bien qui est en vous et autour de vous, et de stimuler les autres à être meilleurs et plus saints; mais Satan, lui, ne dort pas et, à travers le modernisme, il vous dévie et vous conduit sur son chemin. C’est pourquoi, petits enfants, dans l’amour envers mon Cœur Immaculé, aimez Dieu par-dessus tout et vivez Ses Commandements. Ainsi votre vie aura un sens et la paix régnera sur la terre. Merci d’avoir répondu à Mon appel ».


Mot d'ordre


La Vierge Marie ne dénonce jamais ses enfants mais elle leur montre le mal qui les guette. L’Eglise a dénoncé les erreurs du modernisme pour la première fois en 1907, depuis le monde a fait un grand pas en avant… vers le gouffre. Bien sûr on peut être moderne sans être moderniste mais le travail des philosophes, des théologiens, des savants modernistes a peu à peu miné les bases de la foi et de la morale chrétienne. Nous subissons leur influence sans nous en rendre compte, simplement en nous laissant aller à la culture ambiante. En nous laissant prendre par les nouvelles technologies par exemple, nous laissons Satan s’emparer de notre capacité de nous concentrer, de notre imagination et de notre mémoire, le prince du mensonge nous détourne de la contemplation et de la prière. La Gospa nous invite à une prise de conscience profonde, à un examen de conscience et à des prises de positions pour changer nos vies.


Frère Ephraïm, Diacre Permanent

Fondateur de la Communauté des Béatitudes

5 juin 2010

Les 12 Lundis de l'Enfant Jésus 5/12

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Les Douze Lundis de l'Enfant Jésus

Cinquième Lundi

En l'honneur de l'adoration des Mages

« Où est le Roi des juifs qui vient de naître, car nous avons vu son Etoile en Orient, et nous sommes venus l'adorer ». (Math. 2. 2.)

Prière d'ouverture

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit

I. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire. Pour mon salut et pour celui de tout le monde, le mystère de la naissance de notre Divin Rédempteur.

Gloire au Père

II. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, les souffrances de la très Sainte Vierge Marie et de saint Joseph, dans le long et pénible voyage de Nazareth à Bethléem, et l’angoisse de leur Cœur de ne pas trouver où se mettre à couvert, alors qu’était sur le point de naître le Sauveur du monde.

Gloire au Père

III. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, la crèche où naquit Jésus, le foin qui lui servit de lit, le froid qu’il souffrit, les langes qui l’enveloppèrent, les larmes qu’Il versa et ses tendres vagissements.

Gloire au Père

IV. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, la douleur que ressentit le Divin Enfant dans son tendre Corps, quand Il le soumit au cruel couteau de la circoncision: je Vous offre le Sang Précieux qu’Il répandit alors une première fois pour le salut de tout le genre humain.

Gloire au Père

V. — Père Eternel, je vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, l’humilité, la mortification, la patience, la charité, toutes les vertus de l’Enfant Jésus, et je Vous remercie, je Vous aime et je Vous bénis infiniment pour cet ineffable Mystère de l’Incarnation du Verbe.

Gloire au Père

V. Le Verbe s’est fait chair.

R. Et Il a habité parmi nous.

Prions

Ô Dieu, dont le Fils unique a paru en ce monde dans la substance de notre chair, faites, nous Vous en supplions, que L’ayant reconnu extérieurement semblable à nous, nous méritions d'être intérieurement réformés par Lui, qui vit et règne avec Vous dans les siècles des Siècles. Ainsi Soit Il.

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Considérations

Adorons le saint Enfant Jésus, qui témoigne en naissant qu'Il ne vient pas seulement pour les Juifs, mais pour les Gentils; et qu'étant le Dieu de tous, Il fait Miséricorde à tous. Adorons cette bonté divine, qui s'étend à toutes les nations de la terre. Ayons en elle grande confiance, et abandonnons-nous à elle de tout notre cœur. « Le peuple juif, dit saint Paul, a dû bénir Dieu de l'accomplissement de ses promesses; et nous devons le remercier de Sa pure Charité et de sa Miséricorde ». (Rom., 15, 8, 9).

Adorons la grandeur de ce Divin Enfant dans Sa petitesse; et Sa Puissance dans son infirmité. Il est dans le silence, et Il parle au cœur des sages du inonde; Il naît dans la pauvreté de la crèche, et Il fait venir les rois d'Orient pour l'adorer; Il est enveloppé de langes, et Il produit une nouvelle Etoile qui répand dans les deux un miraculeux rayon de lumière pour guider vers Lui ses pieux serviteurs. Soumettons-nous à cette Sainte puissance qui dispose de l'univers, qui pénètre les cœurs et qui les manie comme il lui plaît. O saint Enfant, faites-nous sentir Votre Force Divine, et que l'éclat de Votre Majesté soit aussi grand dans nos esprits que votre humilité est grande dans l'obscurité de l'étable.

Considérons les effets de la grâce que le Saint Enfant répand dans l'âme des Mages. Dès les premiers instants de Sa vie, Il opère en leurs personnes une des plus grandes merveilles qui se soient jamais vues. Il se fait entendre à leurs cœurs, sans avoir besoin d'user de la parole, à 300 lieues de l'étable où Il est né; Il persuade en un moment à des sages et à des savants, qui sont ordinairement aveuglés par l'orgueil, d'entreprendre ce long voyage pour voir le Messie Sauveur et Rédempteur des hommes; et ces Princes, ces savants, ces sages, éclairés d'une lumière intérieure dont l'Etoile qui brille à leurs yeux n'est qu'une grossière image, n'ont plus qu'un désir, celui de venir l'adorer. Ils sentent que ce Roi qui vient de naître, est plus grand que tous les rois de ce monde ensemble; et ils n'auront pas l'idée d'aller rendre les mêmes hommages à l'empereur Auguste qui commande à presque tout l'univers. Les Mages savent donc par une vive et mystérieuse inspiration, ce que les juifs n'ont jamais voulu comprendre, que l'Enfant Jésus est Dieu et homme tout ensemble... mais la grâce ne leur donne pas seulement la pensée d'aller le visiter; elle les fait partir soudain chargés d'or, de pierreries, de baume et d'encens, qu'ils veulent Lui offrir. Ils surmontent des difficultés inouïes avant d'arriver jusqu'à Lui; mais, ces obstacles vaincus, ils ont le bonheur de trouver l'Enfant avec Marie sa mère, et de se prosterner à ses pieds. O Jésus, je vois avec joie que ce miracle de la conversion des Mages et de la générosité qu'ils Vous ont montrée, est une grâce particulière à Votre Enfance; car, pendant Votre vie publique, Vous aviez autour de Vous d'autres gentils qu'il Vous était facile d'attirer à Votre Amour. Mais Vous n'avez pas voulu Vous occuper même du centurion  Corneille, dont il est dit dans les actes, qu'il était disposé depuis longtemps a recevoir les bienfaits de la Foi (Act. 40. 2.) Vous réserviez ce soin a Vos disciples, et Vous m'apprenez ainsi, ô mon Sauveur, l'estime que je dois faire de la dévotion si précieuse à Votre Sainte Enfance. C'est par elle surtout que Vous voulez éclairer et toucher les âmes qui ne Vous connaissent pas, ou qui ne Vous aiment point encore assez! Je m'incline sous ces douces bénédictions, sous ces illuminations saintes que Vous versez sur nous du fond de Votre Crèche: instruisez, convertissez, gagnez mon cœur. Oui, dominez sur mon esprit, qui ne cherche que sa folle et injuste liberté; découvrez-moi Votre grandeur adorable sous les ombres de Votre pauvreté; .attirez-moi à Vous, ô Jésus! et faites que je laisse toutes choses pour Vous suivre.

Considérons les vertus des Saints Mages et adorons le divin Enfant agissant en eux. Ils ne résistent pas à la lumière, comme la plupart des hommes; ils ne balancent pas d'obéir à l'avertissement du Ciel; ils n'envoient pas s'informer de cet Enfant nouveau-né, avant d'aller Le trouver eux-mêmes. Quand ils entrent sur le territoire de la Judée, ils ne songent point à prendre des renseignements sur- le prince qui y règne; ils ne s'enquièrent pas s'il a des enfants qui, d'après les lois de l'empire, doivent lui succéder un jour; ils suivent le rayon de la Grâce avec une persévérante et toujours généreuse fidélité. Lorsqu'ils voient que ni la ville de Jérusalem, ni la cour, ni les prêtres ne savent rien de la naissance de Celui qu'ils cherchent, leur foi ne chancelé point; ils se gardent bien de s'excuser auprès d'Hérode; ils sortent tranquillement pour n'écouter que le mouvement de la piété qui les anime. Quel exemple de constance et de fermeté ne nous donnent-ils pas! O divin Enfant, fortifiez-nous à leur suite dans la croyance de vos saintes vérités, et que nul obstacle humain ne l'affaiblisse jamais dans son cœurs.

Honorons l'humilité de ces Saints Mages qui, voyant l'indigence et le délaissement du Fils de Dieu dans la crèche, ne se lassent pas de l'adorer avec amour, en Lui offrant leurs présents mystérieux. Ils reconnaissent ainsi Sa Divinité et Sa Royauté, et la qualité de Victime que ce Doux Maître a prise en venant au monde, où Il doit être immolé pour le salut de tous. Reconnaissons nous-mêmes Sa Majesté Sainte sous les voiles dont Il est couvert; adorons-Le à notre tour comme notre Dieu, notre Roi, notre Rédempteur. Divin Enfant, recevez comme Dieu le sacrifice de notre vie, comme Roi notre fidélité a Vos commandements, et comme Rédempteur notre perpétuelle servitude.

Adorons le Fils de Dieu remplissant les Saints Mages de lumière, d'amour, de force, de consolation et de toutes sortes de vertus, et unissons-nous à ces heureux princes qui correspondent a tous ces dons intérieurs avec une docilité sans réserve. Réjouissons-nous des consolations que leur présence produit dans le Cœur de la Sainte Vierge et de Saint Joseph, et des illuminations que le Céleste Enfant leur donne à tous sur la conversion des Gentils et les merveilles qui doivent éclater dans l'Eglise. Puissions-nous avoir part vraiment à cette abondance de grâce et de joie !

Prière

O Jésus Enfant, qui, procédant du Sein de votre Père, n'avez pas laisser tomber la moindre parole, à Votre Naissance en ce monde, de vos lèvres divines; mais qui, dans cet admirable silence, avez su dire des choses si merveilleuses au cœur des saints Rois; qui, détruisant dans leur esprit les maximes du siècle, les avez abaissés à Vos pieds dans Votre état de douceur et d'humilité: remplissez aussi nos âmes de Votre Lumière, afin que, Vous voyant petit parmi les hommes, nous adorions avec un pur amour l'ineffable grandeur que Vous possédez en Dieu, Votre Père, avec lequel Vous vivez et régnez pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Chapelet de l'Enfant Jésus

On baise la médaille en disant: "Saint Enfant Jésus, bénissez-nous!" (50 jour d'indulgence, Pie X, 1909). On récite ensuite le Pater sur chacun des trois gros grains et l'Ave Maria sur chacun des douze petits grains en faisant précéder chaque Pater et chaque Ave de ces paroles: "Et le Verbe s'est fait chair, et Il a habité parmi nous."

On peut énoncer les mystères avant chaque Ave Maria.

1. L'Annonciation

2. La Visitation.

3. La Naissance.

4. L'Adoration des Bergers.

5. La Circoncision.

6. L'Adoration des Mages.

7. La Présentation au Temple.

8. La Fuite en Égypte.

9. Le Séjour en Égypte.

10. Le Retour de l'Égypte.

11. La Vie cachée à Nazareth.

12. Jésus au milieu des Docteurs.

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10 juin 2010

Les 12 Lundis de l'Enfant Jésus 12/12

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Les Douze Lundis de l'Enfant Jésus

Douzième lundi

Le Saint Enfant Jésus résidant pendant neuf mois dans le sein chaste de Marie

« Voici qu'une Vierge concevra et portera dans son sein un homme parfait ».

Prière d'ouverture

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit

I. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire. Pour mon salut et pour celui de tout le monde, le mystère de la naissance de notre Divin Rédempteur.

Gloire au Père

II. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, les souffrances de la très Sainte Vierge Marie et de saint Joseph, dans le long et pénible voyage de Nazareth à Bethléem, et l’angoisse de leur Cœur de ne pas trouver où se mettre à couvert, alors qu’était sur le point de naître le Sauveur du monde.

Gloire au Père

III. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, la crèche où naquit Jésus, le foin qui lui servit de lit, le froid qu’il souffrit, les langes qui l’enveloppèrent, les larmes qu’Il versa et ses tendres vagissements.

Gloire au Père

IV. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, la douleur que ressentit le Divin Enfant dans son tendre Corps, quand Il le soumit au cruel couteau de la circoncision: je Vous offre le Sang Précieux qu’Il répandit alors une première fois pour le salut de tout le genre humain.

Gloire au Père

V. — Père Eternel, je vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, l’humilité, la mortification, la patience, la charité, toutes les vertus de l’Enfant Jésus, et je Vous remercie, je Vous aime et je Vous bénis infiniment pour cet ineffable Mystère de l’Incarnation du Verbe.

Gloire au Père

V. Le Verbe s’est fait chair.

R. Et Il a habité parmi nous.

Prions

Ô Dieu, dont le Fils unique a paru en ce monde dans la substance de notre chair, faites, nous Vous en supplions, que L’ayant reconnu extérieurement semblable à nous, nous méritions d'être intérieurement réformés par Lui, qui vit et règne avec Vous dans les siècles des Siècles. Ainsi Soit Il.

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Considérations

Adorons le Fils de Dieu remplissant de bénédictions ineffables la Très Sainte Vierge par le séjour qu'Il consent à faire dans son sein. Mais en s'abaissant jusqu'à se soumettre à cet ordre établi pour tous les autres enfants, non-seulement Il rend un grand honneur a Son Père par Son obéissance et son amour; mais Il veut nous donner une grande leçon à nous-mêmes, qui est de nous maintenir patiemment, malgré la révolte de l'orgueil et des sens, dans la voie où Sa Providence nous place. Donnons avec joie notre cœur a ce Verbe Divin, usant de Son être et rendant tous les devoirs possibles à Dieu dans un temps où nous n'avons pu le connaître; remercions-Le de Ses hommages et de Ses satisfactions, qui ont si abondamment suppléé à notre indigence; et ne nous lassons pas de considérer que plus Sa Personne demandait qu'il fût grand d'abord, plus Il a fait paraître d'humilité, durant ce long état d'anéantissement et d'obscurité où Il s'est réduit pour nous.

Adorons ce très doux Sauveur tellement uni à Sa sainte Mère pendant ces neuf mois, qu'Il n'est plus qu'une seule et même chose avec Elle, comme le fruit avec l'arbre où Il est attaché. Et cette comparaison ne saurait qu'exprimer faiblement nos pensées; car qui pourrait imaginer l'union de Jésus et de Marie pour le corps et pour l'âme. Jamais Dieu ne s'était donné de cette sorte. Pour l'être naturel que Jésus recevait de sa Mère, Il lui inférait l'être surnaturel; et Sa Vie étant celle d'un Dieu, Il la versait sur elle avec une profusion divine. La Sainte Vierge de son côté donnait d'autant plus d'amour à Son Fils qu'Elle recevait plus de grâces; et ce Fils multipliait encore pour cet amour un si grand accroissement de Ses faveurs célestes, que c'était un épanchement, un flux et reflux de dons que nous ne pouvons qu'admirer dans l'humilité de nos cœurs. Prions la sainte Vierge de produire les effets de cette union en nous. Bénissons-la d'avoir été si ennoblie et si enrichie par Jésus; et bénissons Jésus d'avoir été si excellemment honoré, loué et aimé par Marie.

Adorons le divin Enfant dans ce Temple auguste du sein de sa Mère, où Il s'est offert en sacrifice, où Il a passé neuf mois en continuelle oraison, où Il a reçu les commandements de Dieu, où Il a traité avec Lui du mystère de Sa Croix et de la rédemption des hommes, de la conduite de Son Eglise et de la distribution de toutes Ses grâces sur elle et sur ses saints. Adorons toutes les occupations inconnues de Son âme durant cette longue retraite: entrons de cœur dans ses désirs ardents pour la Gloire de Dieu et le salut de nos âmes. Mais considérons aussi que en participant à toutes les faiblesses de l'homme, Il avait devant les yeux la formation de Son Corps mystique, qui devait naître et s'accroître lentement jusqu'à sa divine perfection. En même temps, Il pensait à nous, qui faisons de si faibles progrès dans la grâce. Quelle reconnaissance ne Lui devons-nous point enfin pour le remède qu'Il a apporté aux souillures de notre conception par la Sainteté de la sienne. Offrons cette Conception très sainte au Père Eternel, et prions-Le de corriger et de réparer en Jésus les désordres que nous tenons de notre origine en Adam.

Prière

Sauveur du monde, qui avez commencé Votre vie par la prière et par la solitude, en restant caché durant neuf mois comme les autres enfants, dans le Sein de Votre Mère; qui, dans la captivité de Vos sens, n'avez pas cessé de jouir de la vue de Dieu et de vous occuper avec Lui des grands intérêts de Sa Gloire et de notre Salut: apprenez-nous à nous élever vers le Ciel par de fervents désirs et de vives aspirations, pendant que nous voyageons sur la terre, à faire-nos délices de l'oraison, et comme un moyen de ne pas nous séparer de Vous, a imiter et à aimer cette Sainte Enfance, où Vous vous teniez d'autant plus appliqué à Votre Père, que Vous conversiez moins avec les hommes, ô Dieu, qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Chapelet de l'Enfant Jésus

On baise la médaille en disant: "Saint Enfant Jésus, bénissez-nous!" (50 jour d'indulgence, Pie X, 1909). On récite ensuite le Pater sur chacun des trois gros grains et l'Ave Maria sur chacun des douze petits grains en faisant précéder chaque Pater et chaque Ave de ces paroles: "Et le Verbe s'est fait chair, et Il a habité parmi nous."

On peut énoncer les mystères avant chaque Ave Maria.

1. L'Annonciation

2. La Visitation.

3. La Naissance.

4. L'Adoration des Bergers.

5. La Circoncision.

6. L'Adoration des Mages.

7. La Présentation au Temple.

8. La Fuite en Égypte.

9. Le Séjour en Égypte.

10. Le Retour de l'Égypte.

11. La Vie cachée à Nazareth.

12. Jésus au milieu des Docteurs.

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Téléchargez l'intégralité des 12 Lundis de l'Enfant-Jésus (pdf) en cliquant ici

6 juin 2010

Les 12 Lundis de l'Enfant Jésus 8/12

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Les Douze Lundis de l'Enfant Jésus

Huitième lundi

La visite que la Sainte Vierge rendis à sa cousine Elisabeth

« La sainte Vierge portant Jésus dans son sein, s'en alla en toute hâte visiter sainte Elisabeth, laquelle avait conçu un fils dans sa vieillesse ». (Luc. 1. 38.)

Prière d'ouverture

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit

I. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire. Pour mon salut et pour celui de tout le monde, le mystère de la naissance de notre Divin Rédempteur.

Gloire au Père

II. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, les souffrances de la très Sainte Vierge Marie et de saint Joseph, dans le long et pénible voyage de Nazareth à Bethléem, et l’angoisse de leur Cœur de ne pas trouver où se mettre à couvert, alors qu’était sur le point de naître le Sauveur du monde.

Gloire au Père

III. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, la crèche où naquit Jésus, le foin qui lui servit de lit, le froid qu’il souffrit, les langes qui l’enveloppèrent, les larmes qu’Il versa et ses tendres vagissements.

Gloire au Père

IV. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, la douleur que ressentit le Divin Enfant dans son tendre Corps, quand Il le soumit au cruel couteau de la circoncision: je Vous offre le Sang Précieux qu’Il répandit alors une première fois pour le salut de tout le genre humain.

Gloire au Père

V. — Père Eternel, je vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, l’humilité, la mortification, la patience, la charité, toutes les vertus de l’Enfant Jésus, et je Vous remercie, je Vous aime et je Vous bénis infiniment pour cet ineffable Mystère de l’Incarnation du Verbe.

Gloire au Père

V. Le Verbe s’est fait chair.

R. Et Il a habité parmi nous.

Prions

Ô Dieu, dont le Fils unique a paru en ce monde dans la substance de notre chair, faites, nous Vous en supplions, que L’ayant reconnu extérieurement semblable à nous, nous méritions d'être intérieurement réformés par Lui, qui vit et règne avec Vous dans les siècles des Siècles. Ainsi Soit Il.

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Considérations

Adorons le Fils unique de Dieu qui, comme le plus puissant principe de vie qui soit dans sa sainte Mère, la possède plus qu'elle n'est possédée par son âme même. Aussitôt qu'il est conçu dans son sein, Il veut faire paraître le pouvoir dont Il vient la revêtir. Il la presse d'aller vers saint Jean, qu'Il a choisi pour Son précurseur, afin que ce soit Elle qui le sanctifie. Oh! que nous devons honorer cette aimable Vierge animée par l'esprit de son Fils, sainte en toutes ses démarches et en toutes ses pensées, attirant partout où elle porte ses pas sur la terre la bénédiction des cieux. Elle ne fut pas accompagnée de Saint Joseph pendant ce pèlerinage à la maison d'Elisabeth et de Zacharie, car Joseph ne devait point apprendre encore que sa sainte Epouse était la Mère de Dieu; et il ne l'eut plus ignoré, en entendant les paroles divinement inspirées d'Elisabeth, et la céleste mélodie du Magnificat qui s'échappa tout aussitôt des lèvres de Marie. Le Ciel aussi voulait perfectionner la vertu du glorieux Patriarche, qui venait à peine de contracter alliance avec la Vierge des vierges, et par elle avec le Fils de Dieu, qu'elle renfermait dans son chaste sein. Sa patiente résignation pendant les trois mois que dura l'absence de Marie, et où il fut privé non seulement des consolations de sa présence, mais de celles que lui apportait également la secrète présence de Jésus, nous apprend à nous abandonner nous-mêmes toujours à l'action de Dieu et de sa grâce dans nos cœurs. Il faut que nous sachions, à l'imitation de Joseph, nous oublier même dans les occasions qui paraissent utiles à la piété, et De voir en toutes choses que le bon plaisir divin, pour que ses desseins les plus parfaits s'accomplissent sur nous.

Mais pour revenir spécialement à la sainte Vierge dans ce mystère, considérons-la cheminant avec modestie à travers les montagnes, pour se rendre au but que Dieu lui a marqué. Comme Elle n'a de vie et d'action que par Jésus, Jésus n'a d'expression et de mouvement que par Elle. Elle le voile, en quelque sorte, à la manière des saintes espèces dans son auguste sacrement; bien plus, elle est comme une espèce vivante, qui ne contient pas seulement son Fils mais Le forme aussi et Le fait croître en elle; et réciproquement Elle est animée et remplie de sa puissance. Dans ce voyage, c'est le Fils de Dieu sans doute qui veut agir sur son Précurseur: mais Il ne veut agir que par Marie. Il veut qu'Elle coopère à cette action, qu'Elle Lui soit même attribuée; et que nous sachions par là ce que fera la Mère de Dieu dans les œuvres de la grâce, et la place qu'elle tiendra, et la société que son Fils lui donnera dans ses divines opérations. Elle salue sainte Elisabeth, et, sans doute, c'est en disant, selon l'usage des Hébreux: le Seigneur soit avec vous! Le salut vous soit donné! Ou bien avec quelque autre souhait digne de sa Charité et de la grâce qui était en elle. Mais il y eut cette différence entre les paroles de cette salutation et les nôtres, que nous ne faisons que désirer quelque bonheur à ceux que nous saluons, au lieu que la Sainte Vierge produit ici l'effet qu'elle exprime par ses paroles. Comme elle était une -image du plus grand de tous les sacrements, contenant la vérité invisible de Jésus-Christ sous l'apparence visible de son corps, Dieu voulut que ses paroles fussent alors efficaces comme celles des sacrements. Elles pénétrèrent jusque dans le sein d'Elisabeth, et portant la joie dans l'âme de saint Jean, effacèrent son péché originel, le remplirent dé grâce, lui avancèrent la raison, lui donnèrent le Saint-Esprit et la connaissance des Mystères de Dieu. Ainsi les merveilles de trois ou quatre sacrements se rencontrèrent en Marie dans cette circonstance; la réalité du Fils de Dieu, comme dans l'Eucharistie; la régénération d'un enfant d'Adam, comme au Baptême; la plénitude du Saint-Esprit, comme dans la Confirmation et dans les Ordres sacrés. Bénissons le Saint Enfant Jésus de ce qu'il lui plaît de faire de si grandes œuvres dès le commencement de sa vie, et de ce qu'il les fait par sa sainte Mère. Soumettons-nous à la douce puissance de cette Mère de Dieu, qui détruit le péché, qui engendre Jésus-Christ et le multiplie dans ses membres, qui répand dans les cœurs le Saint-Esprit, principe de toute grâce. Prions-la de produire en nous des effets semblables à ceux qu'elle produisit en saint Jean, autant que nous pouvons en être capables; et unissons-nous a la reconnaissance du saint Précurseur envers Marie, à l'amour, à la soumission et a la dépendance qu'il lui a témoignés durant sa vie, et qu'il se plaît encore à lui témoigner au ciel.

Adorons le Fils de Dieu agissant durant trois mois sur Saint Jean et sur sa famille, et toujours par l'organe et le ministère de la très-sainte Vierge. Honorons le silence et la paix de toutes ces saintes personnes, qui sont dans la maison de Zacharie; leurs oraisons, leurs contemplations. Entrons avec eux dans une profonde admiration de ces paroles: Dieu a tellement aimé le monde, qu'il lui a donné son Fils unique. (Jean, 3, 16).

Prière

Seigneur Jésus, qui, dès que Vous vous fûtes incarné dans les chastes entrailles de Marie, avez voulu faire paraître le pouvoir que sa dignité de Mère de Dieu lui avait acquis; et qui, par sa parole, avez régénéré un enfant d'Adam, lui avez avancé la raison, lui avez donné le Saint-Esprit, et l'avez sanctifié en faisant de lui le plus grand des prophètes: faites que nous soyons tellement unis avec Vous par cette très aimable Vierge que, en révérant les merveilleuses grâces de votre Sainte Enfance, nous éprouvions en même temps que cette même Sainte Enfance est la vertu de la Mère du Tout-Puissant, ô Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Chapelet de l'Enfant Jésus

On baise la médaille en disant: "Saint Enfant Jésus, bénissez-nous!" (50 jour d'indulgence, Pie X, 1909). On récite ensuite le Pater sur chacun des trois gros grains et l'Ave Maria sur chacun des douze petits grains en faisant précéder chaque Pater et chaque Ave de ces paroles: "Et le Verbe s'est fait chair, et Il a habité parmi nous."

On peut énoncer les mystères avant chaque Ave Maria.

1. L'Annonciation

2. La Visitation.

3. La Naissance.

4. L'Adoration des Bergers.

5. La Circoncision.

6. L'Adoration des Mages.

7. La Présentation au Temple.

8. La Fuite en Égypte.

9. Le Séjour en Égypte.

10. Le Retour de l'Égypte.

11. La Vie cachée à Nazareth.

12. Jésus au milieu des Docteurs.

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5 juin 2010

Les 12 Lundis de l'Enfant Jésus 6/12

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Les Douze Lundis de l'Enfant Jésus

Sixième lundi

La fuite du Saint Enfant Jésus en Egypte

« L'Ange dit à Joseph: Lève-toi, prends l'Enfant et la Mère et fais en Egypte ». (Matthieu 2, 13)

Prière d'ouverture

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit

I. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire. Pour mon salut et pour celui de tout le monde, le mystère de la naissance de notre Divin Rédempteur.

Gloire au Père

II. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, les souffrances de la très Sainte Vierge Marie et de saint Joseph, dans le long et pénible voyage de Nazareth à Bethléem, et l’angoisse de leur Cœur de ne pas trouver où se mettre à couvert, alors qu’était sur le point de naître le Sauveur du monde.

Gloire au Père

III. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, la crèche où naquit Jésus, le foin qui lui servit de lit, le froid qu’il souffrit, les langes qui l’enveloppèrent, les larmes qu’Il versa et ses tendres vagissements.

Gloire au Père

IV. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, la douleur que ressentit le Divin Enfant dans son tendre Corps, quand Il le soumit au cruel couteau de la circoncision: je Vous offre le Sang Précieux qu’Il répandit alors une première fois pour le salut de tout le genre humain.

Gloire au Père

V. — Père Eternel, je vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, l’humilité, la mortification, la patience, la charité, toutes les vertus de l’Enfant Jésus, et je Vous remercie, je Vous aime et je Vous bénis infiniment pour cet ineffable Mystère de l’Incarnation du Verbe.

Gloire au Père

V. Le Verbe s’est fait chair.

R. Et Il a habité parmi nous.

Prions

Ô Dieu, dont le Fils unique a paru en ce monde dans la substance de notre chair, faites, nous Vous en supplions, que L’ayant reconnu extérieurement semblable à nous, nous méritions d'être intérieurement réformés par Lui, qui vit et règne avec Vous dans les siècles des Siècles. Ainsi Soit Il.

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Considérations

Adorons notre Sauveur, qui se soumet a l'humilité de la fuite en Egypte plutôt que d'arrêter la fureur d'Hérode par Sa Puissance Divine, ou de se conserver miraculeusement au milieu du carnage des Saints Innocents. Il aime mieux ainsi garder le silence dans cette occasion et faire avertir Joseph par un ange, que de commander lui-même au saint Patriarche de se retirer en Egypte. Ainsi fera-t-Il sans cesse abnégation de Sa Gloire, de Sa Grandeur et de Sa Puissance pour vivre dans notre infirmité. Mais n'avons-nous pas à admirer comme, en s'abaissant jusqu'à vouloir mourir, Il embrasse en même temps les moyens les plus ordinaires de se garantir de la mort. Donnez-nous, ô Jésus la grâce de ne jamais présumer de nos forces, mais de céder plutôt humblement devant les épreuves et les persécutions, que de vouloir les soutenir avec témérité et avec confiance en nous-mêmes.

Honorons les dispositions de la sainte Vierge et de saint Joseph, qui, parfaitement dépendants de Dieu, obéissent aussitôt a la voix de l'ange. Pauvres et dégagés de tout, ils n'ont aucune peine à abandonner leur maison et leur pays. Remplis d'amour pour Jésus, ils partent en toute diligence au milieu d'une nuit profonde et sans prendre congé de personne. Eloignés de toute délicatesse, ils n'emportent avec eux que les pauvres langes du Divin Enfant et les choses indispensables à ce difficile et si long voyage. Leur confiance en Dieu fait qu'ils ne raisonnent ni sur la longueur de la route ni sur l'infidélité des peuples au milieu desquels ils sont envoyés, ni sur les délaissements et les incommodités qui les y attendent. Laissons-nous pénétrer de l'esprit qui les inspirait, afin d'être uniquement conduits comme eux, selon l'ordre de la Providence, avec une foi vive dans sa tutélaire protection.

Adorons le saint Enfant qui souffre le froid, la fatigue et beaucoup d'autres peines dans le chemin. Envions la part que la sainte Vierge et saint Joseph prenaient à ses douleurs, et le bonheur tout à la fois qu'ils trouvaient à le porter entre leurs bras... Puis, reportant nos yeux sur la Judée, considérons la cruauté d'Hérode envers les Saints Innocents. Ses soldats les cherchent par toutes les maisons de Bethléem et des environs; ils égorgent avec rage ces douces petites créatures malgré les larmes et les cris de leurs mères... Cependant Jésus souffre aussi de se voir persécuté dans la personne de ces anges de la terre qui meurent en sa place; Il offre leur sacrifice à Dieu comme le sien propre; Il les remplit de Sa Vie devant Son Père et d'une dignité singulière parmi Ses membres. Bienheureux Enfants, qui, par votre mort, éteignez la rage de l'ennemi du Messie, qui sauvez en mourant votre Sauveur et le nôtre, qui lui acquérez le repos de l'Egypte, par le meurtre du dernier d'entre vous; vous êtes revêtus de la grâce, de la beauté et comme de la Personne divine de Jésus Lui-même. Obtenez-nous de Lui consacrer notre vie, en nous éloignant du péché, et en nous remplissant de votre esprit de simplicité, de candeur et d'innocence.

Prière

Divin Enfant, qui avez fui les Juifs et vous êtes retiré chez les Gentils, afin de témoigner que le peuple bien-aimé allait devenir votre ennemi, et que le peuple infidèle serait reçu en grâce: faites que nous nous séparions toujours de ceux qui ne veulent pas que Votre Règne arrive et que nous nous attachions, par les entrailles de votre charité, à la sainte Eglise, notre mère, dans laquelle seule nous pouvons trouver la paix, la lumière et le Salut que Vous avez apportés au monde, ô Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il!

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Chapelet de l'Enfant Jésus

On baise la médaille en disant: "Saint Enfant Jésus, bénissez-nous!" (50 jour d'indulgence, Pie X, 1909). On récite ensuite le Pater sur chacun des trois gros grains et l'Ave Maria sur chacun des douze petits grains en faisant précéder chaque Pater et chaque Ave de ces paroles: "Et le Verbe s'est fait chair, et Il a habité parmi nous."

On peut énoncer les mystères avant chaque Ave Maria.

1. L'Annonciation

2. La Visitation.

3. La Naissance.

4. L'Adoration des Bergers.

5. La Circoncision.

6. L'Adoration des Mages.

7. La Présentation au Temple.

8. La Fuite en Égypte.

9. Le Séjour en Égypte.

10. Le Retour de l'Égypte.

11. La Vie cachée à Nazareth.

12. Jésus au milieu des Docteurs.

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3 juin 2010

Litanies de Sainte Marguerite de Cortone

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Sainte Marguerite de Cortone

Pénitente du Tiers Ordre de Saint François

1247-1297

Fête le 22 février

Marguerite est née à Laviano, Toscane, en 1247. Dès l’âge de 7 ans, elle perdit sa mère et son père se remaria avec une femme qui n’aima pas cette enfant. Abandonnée à elle-même, Marguerite qui à l’âge de 17 ans, était très belle, se laissa séduire par un jeune noble qui était, dit-on, le fils du seigneur Guillaume de Pecora, seigneur de Valiano. Son amant l’emmena chez lui en son château de Montepulciano et ils eurent un fils. Après 9 années de vie commune qui ne fut pas exempte d’autres relations, Marguerite qui n’avait pu décider son amant à l’épouser, se retrouva seule, son amant ayant été assassiné au cours d’un voyage. Elle confessa plus tard qu’elle accorda ses faveurs à des jeunes gens, attirés par sa beauté et qu’on la considérait comme une pécheresse. Cependant la vue de son amant assassiné l’avait profondément impressionnée. Elle commença à regretter sa vie tumultueuse et à redouter le jugement de Dieu. Elle se mit à méditer, à s’intéresser aux pauvres, à les secourir, et à servir les malades. Elle en vint à rechercher la solitude et à rêver d’une vie adonnée à l’amour de Dieu. Durant plusieurs années, elle mena un rude combat entre ce désir de vertu et ses attaches mondaines : relations, bijoux, propriété. Ne pouvant retourner chez son père, en raison de l’hostilité de son épouse, elle dut trouver une habitation avec son fils. Dans sa prière, elle entendit une voix qui l’invitait à recourir à la direction spirituelle des Franciscains de Cortone. Elle trouva en cette ville des personnes charitables qui acceptèrent de l’héberger et qui la recommandèrent aux frères franciscains. Elle fréquentait assidûment leur église, mais continuait à être assaillie par les tentations.

Elle dû attendre trois années d’épreuve pour enfin être admise dans le Tiers Ordre franciscain. Elle pratiqua alors une très rigoureuse pénitence en s’imposant des privations de toutes sortes, sur la nourriture, le vêtement, et en s’infligeant des mortifications corporelles. Elle finit par se consacrer définitivement à Dieu. Son confesseur s’efforçait de modérer ses désirs d’humiliation et sa tentation d’automutilation pour faire disparaître cette beauté qu’elle pensait être la cause de ses séductions. Elle parcourait la ville en avouant publiquement ses fautes passées et son désir de réparation. Vivant désormais comme une quasi recluse, elle fut favorisée de visions, d’auditions de la voix du Christ. On rapporte que le Christ lui parlait de l’état présent de l’Ordre des Frères mineurs, pour les mettre en garde contre le relâchement. Le Christ lui aurait dit un jour : « Je t’ai plantée, ma fille, dans le jardin de mon amour, car ton bienheureux Père, mon très cher François, n’a eu rien de plus à cœur que mon amour ; il m’a aimé dans une telle mesure que nul autre ne lui est comparable aujourd’hui... »

Elle ne quittait la prière que pour s’intéresser aux pauvres et aux malades en obtenant pour eux la construction d’un hôpital dans lequel elle put les servir. Elle fonda une confrérie sous le patronage de Notre-Dame de la merci, pour soutenir cette fondation. On commençait à recourir à ses prières, à ses conseils, à oublier sa vie de pécheresse pour peu à peu la considérer comme une sainte. Elle eut à intervenir dans des conflits civils, s’opposa aux exactions d’un potentat local, et n’hésita pas à interpeller l’évêque d’Arezzo qui négligeait ses tâches pastorales et se conduisait comme un prince séculier. Marguerite eut la révélation de sa mort prochaine et s’endormit le 22 février 1297. Elle fut enterrée dans l’église des Franciscains. Son corps y est conservé sans corruption et y est encore vénéré aujourd’hui. Elle fut immédiatement honorée par le peuple et son culte fut reconnu par le pape Léon X, pour la ville de Cortone, puis, en 1623 pour tout l’Ordre franciscain par Urbain VIII. Enfin, le pape Benoît XIII la canonisa le 16 mai 1728. Sa vie a inspiré de nombreux récits et de remarquables œuvres d’art, dans lesquelles elle est parfois rapprochée de sainte Marie-Madeleine.

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Litanies de Sainte Marguerite de Cortone

Pénitente du Tiers Ordre de Saint François d'Assise

(Pour l'usage privé)

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit-Saint, qui êtes. Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie Immaculée, refuge des Pécheurs, priez pour nous.

Sainte Mère de Dieu, secours des Chrétiens, priez pour nous.

Saint Joseph, très digne époux de Marie, priez pour nous.

Saint Michel, protecteur de l'Ordre Séraphique, priez pour nous.

Saint François, fondateur des Trois Ordres,

Sainte Marguerite, pénitente du Tiers Ordre,

Sainte Marguerite, fille bien-aimée du Père,

Sainte Marguerite, épouse chérie du Fils,

Sainte Marguerite, temple éblouissant du Saint Esprit,

Sainte Marguerite, enfant privilégiée de Marie,

Sainte Marguerite, imitatrice fidèle de Saint François,

Sainte Marguerite, chef d'œuvre de la Miséricorde Divine,

Sainte Marguerite, avocate des pécheurs,

Sainte Marguerite, qui avez converti tant d'âmes dévoyées,

Sainte Marguerite, ressource des désespérés,

Sainte Marguerite, consolatrice des affligés,

Sainte Marguerite, bienfaitrice des pauvres,

Sainte Marguerite, qui assistiez si efficacement les mères pour leur délivrance,

Sainte Marguerite, modèle de pénitence,

Sainte Marguerite, fontaine de larmes,

Sainte Marguerite, vase de compassion,

Sainte Marguerite, fleur d'humilité,

Sainte Marguerite, fournaise d'Amour Divin,

Sainte Marguerite, source de  grâces célestes,

Sainte Marguerite, amante de la Croix,

Sainte Marguerite, amie des Anges,

Sainte Marguerite, semblable aux Prophètes par votre connaissance des choses cachées,

Sainte Marguerite, semblable aux Apôtres par l'ardeur et la vivacité de votre Foi,

Sainte Marguerite, semblable aux Martyrs par votre patience dans les souffrances,

Sainte Marguerite, semblable aux Confesseurs par votre fidélité,

Sainte Marguerite, placée au rang des Vierges dans le Ciel,

Sainte Marguerite, élevée parmi les Séraphins,

Sainte Marguerite, puissante protectrice pour tous ceux qui vous invoquent,

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous Seigneur.

priez pour nous, ô Sainte Marguerite,

Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

Prions

O Dieu, qui par Votre Miséricorde, avez retiré Votre Servante Marguerite de la voie de la perdition pour la ramener dans le sentier du Salut: daignez user envers nous de la même Miséricorde et accordez-nous la grâce de mettre notre gloire à imiter avec ardeur la pénitence de celle dont nous n'avons pas rougi d'imiter ses égarements. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

+ 50 jours d'Indulgence, une fois le jour.

Hector-Raphaël, Évêque de Lille, 13 mars 1924

Sainte Marguerite de Cortone, priez pour nous

+ 50 jours d'Indulgence chaque dois qu'on récite cette invocation.

Hector-Raphaël, Évêque de Lille, 13 mars 1924

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Téléchargez le texte des Litanies de Ste Marguerite de Cortone (pdf) en cliquant ici

30 mai 2010

Les 12 Lundis de l'Enfant Jésus 4/12

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Les Douze Lundis de l'Enfant Jésus

Quatrième Lundi

Le Mystère de l'Incarnation accompli dans le Sein de la Très Sainte Vierge

« Pour nous donner un Dieu Enfant, Dieu nous a donné une Vierge Mère ». (M. Olier)

Prière d'ouverture

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit

I. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire. Pour mon salut et pour celui de tout le monde, le mystère de la naissance de notre Divin Rédempteur.

Gloire au Père

II. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, les souffrances de la très Sainte Vierge Marie et de saint Joseph, dans le long et pénible voyage de Nazareth à Bethléem, et l’angoisse de leur Cœur de ne pas trouver où se mettre à couvert, alors qu’était sur le point de naître le Sauveur du monde.

Gloire au Père

III. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, la crèche où naquit Jésus, le foin qui lui servit de lit, le froid qu’il souffrit, les langes qui l’enveloppèrent, les larmes qu’Il versa et ses tendres vagissements.

Gloire au Père

IV. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, la douleur que ressentit le Divin Enfant dans son tendre Corps, quand Il le soumit au cruel couteau de la circoncision: je Vous offre le Sang Précieux qu’Il répandit alors une première fois pour le salut de tout le genre humain.

Gloire au Père

V. — Père Eternel, je vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, l’humilité, la mortification, la patience, la charité, toutes les vertus de l’Enfant Jésus, et je Vous remercie, je Vous aime et je Vous bénis infiniment pour cet ineffable Mystère de l’Incarnation du Verbe.

Gloire au Père

V. Le Verbe s’est fait chair.

R. Et Il a habité parmi nous.

Prions

Ô Dieu, dont le Fils unique a paru en ce monde dans la substance de notre chair, faites, nous Vous en supplions, que L’ayant reconnu extérieurement semblable à nous, nous méritions d'être intérieurement réformés par Lui, qui vit et règne avec Vous dans les siècles des Siècles. Ainsi Soit Il.

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Considérations

Adorons le Verbe éternel qui s'unit à notre humanité et qui naît dans le temps au sein de sa Mère, comme Il naît dans l'éternité au sein de son Père: en sorte que nous pouvons dire que sa génération temporelle est une image de Sa génération éternelle. Car Il naît parfait en un moment, et d'un seul principe humain, comme d'un seul principe divin; Il naît de la substance de Sa Sainte Mère, sans que la perfection et l'intégrité de celte Vierge privilégiée en éprouve nul dommage, comme le Père, qui le produit de Sa Divine Substance, n'en souffre aucune diminution. Bénissons Dieu qui laisse paraître sa suprême grandeur dans la plus extrême petitesse: qui, pour naître enfant, ne laisse pas de naître en Dieu, et qui, voulant avoir une mère, se l'est choisie d'une manière toute divine. Puis, considérons que, en cette naissance, Dieu ne donne pas seulement l'être et la vie à Son Fils comme Créateur et comme Dieu, ainsi qu'il arrive pour la production des autres hommes; mais qu'il les lui donne comme Père, première Personne de l'auguste Trinité, et principe sans fin de la Personne du Verbe. La sainte Vierge, dans cet adorable mystère, produit miraculeusement de son sang une humanité; mais c'est de Dieu le Père que vient à cette humanité l'union divine et hypostatique qui fait de l'Homme-Dieu une Personne infinie: si bien que, pendant le pèlerinage de ce monde, le Fils humilié de Marie conserve avec le Père, qui lui est égal dans les cieux, ses éternelles relations. Oh! que Dieu est bien plus admirable en cette divine production du Verbe fait chair, notre Sauveur, que nous ne sommes capables de le comprendre! Adorons toute la divinité coopérant à ce grand ouvrage de l'Incarnation. Le Père donne son Fils, lequel naît aussi de la sainte Vierge: les trois Personnes, comme un seul Dieu, unissent le Verbe avec l'humanité; le Verbe s'incarne, sort du Père, vient au monde, s'anéantit et prend la forme de serviteur; le Saint-Esprit, comme Sanctificateur et comme Amour substantiel, prépare l'âme et le corps de la sainte Vierge, la remplit de grâce et de pureté, lui communique les dons les plus merveilleux pour former en elle la chair adorable de l'Homme-Dieu, et rend sa fécondité aussi chaste et aussi sainte que celle des autres mères est profane et terrestre. Bénissons le Divin Enfant de ce qu'Il a de si augustes principes: concevons une haute et incomparable estime de sa grandeur, en considérant la majesté du Très-Haut qui couvre de Son ombre sa sainte Mère, le Fils de Dieu qui devient Fils de l'homme, le Saint-Esprit qui se répand avec sa vertu immense dans l'âme et le sein de la Vierge immaculée, et qui fait ainsi de Marie le chef-d'œuvre de la bonté de Dieu, de sa puissance et de sa sainteté. Apprenons que ce Divin Enfant veut être formé en nous par les mêmes principes. C'est la Bonté et la Miséricorde infinie du Père qui nous rend des hommes nouveaux: c'est ce même Père qui nous transfère de la racine d'Adam en celle de son Fils bien-aimé; c'est le Verbe divin qui nous entre en Lui-même et qui nous rend ses membres vivants; c'est le Saint-Esprit qui répand en nous la vie de ce Chef; et il faut que des âmes deviennent saintes et pures comme celle de Marie pour que cette divine Naissance s'accomplisse en nous.

Adorons le Verbe éternel tout formé et tout animé au moment de sa conception, se faisant non seulement homme, mais le plus petit des hommes. Adorons-le se rendant non-seulement petit, mais faible et mortel, et sujet à toutes nos douleurs: ce que l'Ecriture exprime en disant que le Verbe a été fait chair. Adorons-le privé, par conséquent, de la gloire de son corps et de la majesté de Fils de Dieu. « Adorons-Le enfin fait péché, comme dit saint Paul, et malédiction pour nous » (Galat, 3,13.), prenant sur lui, dès le premier moment de sa vie, la dette de tous les pécheurs, se rendant l'objet de la sévérité de Son Père, se destinant à la pénitence, à la persécution et au supplice. Admirons cette incompréhensible humilité et cet Amour infini; entrons par ce Divin Enfant dans la connaissance de notre bassesse; acceptons avec lui d'être traités comme nos péchés le méritent, et de vivre dans l'abjection à laquelle Il s'est résigné en acceptant notre place.

Adorons la plénitude de la Divinité qui réside en ce saint Enfant; de sorte qu'Il est aussi véritablement Dieu qu'Il est véritablement homme, et que non seulement Son Esprit, mais toute Son Humanité est unie avec Dieu plus étroitement que le corps n'est uni en nous avec l'âme. « En lui, dit saint Paul, habite la Divinité dans toute sa plénitude ». (Coloss., 2. 9). Mais, remarque l'apôtre, de cette plénitude de la Divinité découle toute autre plénitude; plénitude de gloire, de puissance, de lumière, de vertu, plénitude de toute grâce et de 'toute sanctification possible pour unir à Dieu toutes sortes de créatures: Oui, il a plu au Père, que toute plénitude habitât en lui. (Col. 1, 1 9.) Reconnaissons-le donc pour notre Dieu, notre Maître, notre Rédempteur, notre Exemplaire, notre Vie, notre Voie, notre Victime, notre Nourriture, notre Gloire, en un mot, pour notre Tout: Omnia et in omnibus Christus.

Prière

Verbe éternel, qui, dans Votre Personne adorable, avez réuni les deux extrémités de la grandeur et de la petitesse; qui non-seulement Vous êtes fait homme, mais le plus petit de tous les hommes; qui êtes immense dans le sein du Père et comme réduit au néant dans celui de votre Mère: donnez a notre cœur, où l'orgueil est infini, le sentiment de Votre petitesse et de Votre humilité; et pour nous élever à la gloire de vos grandeurs divines, faites-nous descendre avec vous jusqu'à la vraie bassesse de notre qualité de pécheurs ô Vous, qui vivez et régnez aux siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Chapelet de l'Enfant Jésus

On baise la médaille en disant: "Saint Enfant Jésus, bénissez-nous!" (50 jour d'indulgence, Pie X, 1909). On récite ensuite le Pater sur chacun des trois gros grains et l'Ave Maria sur chacun des douze petits grains en faisant précéder chaque Pater et chaque Ave de ces paroles: "Et le Verbe s'est fait chair, et Il a habité parmi nous."

On peut énoncer les mystères avant chaque Ave Maria.

1. L'Annonciation

2. La Visitation.

3. La Naissance.

4. L'Adoration des Bergers.

5. La Circoncision.

6. L'Adoration des Mages.

7. La Présentation au Temple.

8. La Fuite en Égypte.

9. Le Séjour en Égypte.

10. Le Retour de l'Égypte.

11. La Vie cachée à Nazareth.

12. Jésus au milieu des Docteurs.

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30 mai 2010

31 mai, fête de la Visitation de la Sainte Vierge à sa cousine Elisabeth

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La Visitation de la Sainte Vierge à sa cousine Elisabeth

Extrait des révélations de la Vénérable Maria d'Agreda

Fête le 31 mai


Dans la vision qu'elle eut après l'incarnation, la sainte Vierge connut que lé Seigneur avait pour agréable qu'elle visitât sainte Elisabeth, afin de sanctifier par la présence de son divin fils le précurseur qui allait naître. Elle conféra de ce voyage avec saint Joseph, qui offrit avec un grand respect de l'accompagner. Ils fixèrent le jour du départ, qui fut le quatrième après l'incarnation du verbe. Ils préparèrent les choses nécessaires, c'est-à-dire un âne que leur prêta un voisin , quelques fruits, du pain et quelques poissons et ils partirent de Nazareth, pour la maison de Zacharie, éloignée de quatre jours de marche par un chemin rude et pénible. La sainte Vierge se servait quelquefois du petit animal dans son voyage pour obéir à son époux, mais elle marchait souvent à pied. Elle pria plusieurs fois saint Joseph de se servir d~ la pauvre monture, mais le saint ne voulut jamais le faire. Ils restaient de longues heures en silence, la sainte Vierge chantait alors avec les anges visibles pour elle seule des hymnes au Très-Haut, saint Joseph s'entretenait avec Dieu dans l'oraison. ils s'occupaient ensuite à de saints entretiens dont le saint époux se sentait extraordinairement enflammé et pénétré; ne sachant d'où lui provenait cette grande ferveur, il voulut le demander à la sainte Vierge, mais il n'en eut pas le courage; la prudente Vierge ne voulut pas le lui découvrir, quoiqu'elle pénétrât son intérieur. Le voyage dura quatre jours pendant lesquels plusieurs miracles furent opérés l'un fut de rendre la santé à une fille malade. La reine de l'univers ordonna aux humeurs par le pouvoir suprême qu'elle avait sur les créatures, de se remettre dans leur état naturel. Les saints pèlerins arrivèrent enfin à Juda, c'était le nom de la ville où sainte Elisabeth habitait; elle fut détruite dans la suite, et il resta seulement cette maison qui devint un temple. Zacharie ne demeura pas toujours à Juda, mais aussi à Hébron, où il avait une maison, et il y mourut. Avant d'arriver à Juda, Joseph voulut prévenir Zacharie, mais sainte Elisabeth éclairée de l'esprit saint, était venue à la rencontre de la sainte Vierge avec quelques personnes de sa famille et la joignit aussitôt. La très-pure Vierge salua la première Elisabeth avec ces paroles : Le Seigneur soit avec vous ma cousine. Elisabeth répondit La mère du Très-Haut vient à moi! Que le Seigneur vous récompense d'être venue me donner cette consolation. Après ce salut, elles se retirèrent en particulier, et la mère de la grâce salua de nouveau, en disant : Dieu vous sauve, ma chère cousine, et sa divine lumière vous communique la grâce et la vie. A ces paroles, Elisabeth fut remplie de l'esprit saint, et éclairée intérieurement elle connut en un instant les plus hauts mystères. Lorsque Marie proférait les paroles déjà rapportées, Dieu regarda saint Jean, et lui accorda en ce moment le parfait usage de la raison, il le purifia du péché originel et le remplit de l'esprit saint. Dans le même temps saint Jean vit aussi le verbe incarné, les entrailles de Marie lui servant comme de cristal, et prosterné il adora le rédempteur du monde. Cette adoration produisit un tressaillement de joie du saint enfant dans le sein d'Elisabeth et ravie d'admiration de ces merveilles, les yeux fixés sur Marie elle dit les paroles rapportées par saint Luc: Vous êtes bénie entre toutes les femmes. Le jeune Baptiste comprit le sent de ces paroles. La sainte Vierge répondit d'une voix douce et modeste par le cantique Magnificat anima mea dominum. Elisabeth ensuite s'offrit elle-même et toute sa famille à la sainte Vierge pour la servir, et la pria d'accepter une chambre dont elle faisait usage pour prier le Seigneur. Marie accepta cette chambre avec un remerciement sincère et personne n'y entra désormais excepté sainte Elisabeth. La nuit arriva au milieu de leur doux entretien, la Vierge mère demanda en se retirant la bénédiction à Zacharie comme prêtre du Seigneur. Elle ne s'empressa pas de remédier à son état de mutisme, mais elle pria pour lui et lui porta une tendre compassion. Saint Joseph, après trois jours, demanda la permission de revenir à Nazareth, offrant de revenir au premier avis de sa sainte épouse. Après son départ, la sainte Vierge régla sa manière de vivre dans cette maison, et ce fut celle qu'elle observait à Nazareth. Elle faisait de ses mains les langes de l'enfant qui devait naître. Après une douce contestation, elle obtint de pratiquer l'obéissance, et qu'Elisabeth aurait le commandement. Elle s'occupa des ouvrages qui lui furent imposés de sa sainte cousine; tout ce que faisait la mère de sa sagesse, Elisabeth le gardait avec une grande vénération sans jamais l'employer pour aucun usage.

Dans la compagnie de la mère de Dieu, Elisabeth s'éleva à une très-haute sainteté, elle vit plusieurs fois la sainte Vierge entourée de splendeurs et soulevée de terre; en la voyant toute absorbée en Dieu, elle se prosternait devant elle pour adorer le verbe fait homme renfermé dans son chaste sein. Elle ne découvrit jamais à personne ce mystère caché excepté à Zacharie, et à son fils, et à celui-ci seulement après la naissance du divin enfant. Il y avait dans la maison d'Elisabeth, une servante d'un mauvais naturel, colère, médisante et habituée aux jurements; à cause de ces péchés, plusieurs démons la possédaient déjà depuis quatorze ans. La sainte Vierge découvrant le mauvais état de cette malheureuse femme et le motif pour lequel le démon l'avait possédée, pria le Seigneur pour cette âme; elle lui obtint la contrition et le pardon de ses péchés. Elle ordonna aux esprits infernaux de ne plus la tourmenter, mais de se tenir toujours éloignés d'elle comme ils avaient fait lorsque la Vierge entra sur le seuil de la maison. Il y avait une autre femme dans le voisinage de la maison d'Elisabeth, qui n'était pas meilleure que la précédente. Dès qu'elle eut appris qu'il était arrivé dans ce lieu une jeune étrangère, modeste, humble et retirée. Quelle est celle-ci, dit-elle, dont la vie est si singulière? Je veux voir qui elle est. Elle alla poussée par la curiosité à la maison d'Elisabeth voir l'étrangère; mais à la vue de la très-pure Marie, tous ses sentiments dépravés furent changés; elle pleura amèrement ses péchés, sans connaître encore la cause de ce changement si subit. La mère de Dieu fit aussi la conquête d'un grand nombre d'autres âmes, mais toujours en secret sans que personne remarquât que la grâce et la conversion étaient l'effet de l'efficacité de ses prières. Il y avait plus de deux mois que la Vierge habitait chez Elisabeth et sanctifiait toute cette famille par ses actions et ses exemples d'humilité. Elisabeth prévoyant le prochain départ de sa sainte cousine, commença à ressentir la perte qu'elle allait faire. Un jour elle s'efforça de lui persuader de changer son habitation de Nazareth à Juda; elle lui dit qu'on appellerait saint Joseph, et que sa maison, sa famille et sa personne seraient à leur service, L'humble Vierge écouta cette proposition, mais elle lui dit qu'elle ne pouvait rien décider sans le bon plaisir de Dieu et de son époux, qu'elle exposerait à Dieu ses désirs dans la prière et ferait connaître son invitation à saint Joseph. Sainte Elisabeth fut satisfaite elle la pria seulement de ne pas la quitter jusqu'à la naissance de l'enfant. La sainte Vierge se retira dans son oratoire, pour connaître la volonté du Seigneur. Elle fut aussitôt ravie en extase et le Seigneur lui fit comprendre qu'elle devait rester jusqu'à la naissance de l'enfant qui devait naître bientôt, et retourner à Nazareth lorsque la circoncision serait faite.

Lorsque le temps fut accompli, le Seigneur fit connaître à Jean-Baptiste l'heure où il devait venir au monde. Le saint enfant à cet avis resta en suspens sur ce qu'il devait faire: d'un côté les lois de la nature l'obligeaient de naître, la volonté du Seigneur l'ordonnait aussi, d'un autre côté il considérait sérieusement les dangers du périlleux voyage qu'il entreprenait dans cette vie si fragile. Il se tourna donc vers Dieu avec une entière obéissance et une grande confiance dans sa bonté: Seigneur dit-il, que votre divine volonté s'exécute, accordez-moi d'employer ma vie à votre service, et donnez-moi votre bénédiction pour venir à la lumière du monde. Le saint enfant mérita pal- cette prière que la divine majesté lui accordât de nouveau à sa naissance sa bénédiction et sa grâce. Dès qu'il fut né, Elisabeth en fit donner avis à la Vierge qu'elle n'avait osé inviter d'être présente. Marie lui envoya les langes préparées de ses mains pour envelopper l'enfant, et peu après elle vint elle-même par l'inspiration divine. Elisabeth était déjà assise sur son lit; la sainte Vierge prit l'enfant dans ses bras et l'offrit aussitôt au Père éternel. Il témoigna une grande joie de se voir dans les bras de la mère de Dieu, il s'inclina en signe de respect et fit d'autres gestes d'affection envers elle, mais elle conserva toujours sa dignité, et elle ne le baisa pas même une seule fois comme il est en usage de le faire à cet âge. Elle n'arrêta point sa vue sur lui, toute absorbée dans la contemplation de la beauté de sa grande âme, de sorte qu'elle ne l'aurait pas reconnu des yeux du corps.

Le huitième jour, il fut circoncis et appelé Jésus avec toutes les circonstances rapportées par saint Luc. Zacharie recouvra la parole et ce fut par le moyen de Marie qui usant du pouvoir qu'elle avait sur les créatures délia sa langue afin qu'il bénît en cette occasion le Seigneur. Il le fit à l'admiration de tous les assistants qui ne comprirent point comment s'était opéré le miracle. Après la circoncision, saint Joseph vint de Nazareth pour ramener son épouse. Elle le reçut avec une grande joie et un profond respect, se mit à genoux devant lui le priant de la bénir; et ensuite elle se prépara pour le départ. Elisabeth voulut profiter de la présence de la mère de la sagesse et la supplia de lui laisser quelques instructions pour lui servir de règlement de vie après son départ. Ses raisons et ses prières furent si vives que la Vierge en fut attendrie et ne put lui refuser une si juste consolation : « Elevez toujours, lui dit-elle, votre coeur et votre esprit à Dieu, et avec la lumière de la grâce que vous avez, ne perdez jamais de vue l'être immuable de Dieu éternel infini et sa bonté incompréhensible qui l'a porté à tirer les hommes du néant pour les élever à la gloire, et les enrichir de ses dons précieux. Vous devez apporter tous vos soins à dégager votre coeur de toutes les choses du inonde afin que libre et détaché il puisse atteindre sa fin. Pour cela, ma chère cousine, je vous recommande de le purifier de ce qui est terrestre, afin que délivrée des embarras de cette vie, vous répondiez aux desseins de Dieu, et que vous puissiez suivre sans peine et avec joie le Seigneur, lorsqu'il faudra laisser ce corps et tout ce qu'il aime. Maintenant, c'est le temps de souffrir et de mériter la couronne, sachons nous en rendre dignes et marcher avec diligence pour arriver à l'union intime avec notre véritable et souverain bien. Mettez un grand soin pendant votre vie obéir à Zacharie votre époux et votre chef, à le servir et l'aimer. Offrez votre fils à Dieu son créateur, et en lui, pour lui, vous pouvez l'aimer comme mère. Employez votre zèle afin que Dieu soit craint et honoré dans votre maison toute votre famille. Soyez attentive à soulager les pauvres ceux qui sont dans le besoin autant qu'il vous sera possible. Secourez-les des biens temporels que Dieu vous a libéralement donnés pour les distribuer généreusement à ceux qui en sont privés. Nous sommes tous enfants du même père qui est aux cieux, auquel appartiennent toutes les choses créées il n'est pas raisonnable que le père étant riche, un enfant soit dans l'abondance, et les autres soient pauvres et délaissés. Continuez ce que vous faites, et exécutez ce que vous avez dans l'esprit puisque Zacharie le remet à votre disposition; vous pouvez être libérale avec la permission de votre époux. Vous mettrez en Dieu votre espérance dans tout les peines qu'il vous enverra. Vous serez bonne, doue humble, bienveillante et très-patiente avec tout le monde quoiqu'il y en ait qui vous causent de la peine, dans la pensée que ce sont des instruments pour votre mérite. Bénissez éternellement le Seigneur pour les mystères si élevés qu vous a manifestés, et demandez toujours avec zèle et charité le salut des âmes. Priez Dieu, afin qu'il me gouverne et me dirige pour traiter dignement et selon sa volonté le mystère que sa bonté immense a confié à une si vile et si pauvre servante. » Ainsi parla la sainte Vierge à sa cousine au m ment de son départ, et se mettant à genoux elle lui demanda la bénédiction. Ensuite elle alla prendre congé de Zacharie et humblement prosternée à ses pieds, lui demanda aussi la bénédiction. Les paroles de la bénédiction du prophète furent presque toutes tirées de la sainte écriture. Que le Dieu tout-puissant vous assiste toujours et vous délivre de tout mal; qu'il vous défende par sa protection et vous remplisse de la rosée du ciel et de la graisse de la terre. Que les peuples vous servent, et les tribus vous vénèrent parce que vous êtes le tabernacle de Dieu. Vous serez la maîtresse de vos frères et les fils de votre mère fléchiront le genou devant vous. Celui qui vous exaltera et vous bénira, sera exalté et béni et celui qui ne vous louera pas, sera maudit. Que toutes les créatures connaissent Dieu en vous et que par vous le nom du Très-Haut soit glorifié. Après cette bénédiction, elle baisa la main au saint prêtre qui en fut tout attendri, Il garda toujours le secret de ces mystères. Une seule fois qu'il y avait dans le temple une assemblée de prêtres, poussé par l'esprit de Dieu il dit tout à coup ces paroles : Je crois fermement que le Très-Haut nous a visités en envoyant au monde le Messie qui doit racheter son peuple. Siméon à ces paroles fut saisi d'une grande émotion; ne permettez pas, dit-il, ô Dieu d'Israël, que votre serviteur quitte cette vallée de larmes avant d'avoir vu notre salut et le rédempteur de son peuple.

La sainte Vierge ayant pris congé des saints époux, voulut avant de partir voir encore Jean-Baptiste; elle le prit dans ses bras et lui donna plusieurs bénédictions mystérieuses. Le saint enfant parla à la sainte Vierge par la permission de Dieu, mais à voix basse, et lui demanda son intercession et sa bénédiction. Il lui baisa trois fois la main, et adora dans son sein le verbe incarné. L'enfant divin le regarda en même temps avec tendresse et bienveillance; ce que la Vierge mère vit et admira avec une grande joie.

Extrait de la Vie Divine de la Très Sainte Vierge Marie, chapitre 9

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15 mai 2010

Neuvaine à Notre Dame de la Garde

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Notre Dame de la Garde

Notice historique


Lorsque Marie était debout au pied de la croix, si l'on eût dit aux Pharisiens: « Voilà la mère du crucifié »; pendant qu'elle portait dans son sein le fils qu'elle a vu mourir, elle a fait sur elle-même cette prophétie: « Toutes les générations me proclameront bienheureuse! » les cœurs cruels eussent peut-être ressenti quelque mouvement de pitié, et plaignant les déceptions de cette infortunée, ils se seraient écrié : La mère du faux prophète ne connaissait pas mieux que lui l'avenir. Pourtant quelle prédiction s'est mieux réalisée que celle de la Sainte Vierge? Toutes les générations, en adorant la croix de leur Sauveur, ont proclamé Bienheureuse, Marie de qui est né Jésus, le fils de Dieu fait homme. Dans la vierge de Nazareth, de Bethléem et du Calvaire, elle ont salué leur mère, leur patronne et leur protectrice. Cette vénération, ces hommages ne seront jamais interrompus. Jusqu'au dernier jour du monde, Marie sera proclamée le plus doux espoir des chrétiens, la cause de leur joie, la consolatrice de leurs douleurs. Toutes les contrées de la terre voudront avoir de magnifiques cathédrales et d'humbles oratoires élevés en son honneur. Ces temples porteront le nom béni de Notre-Dame. On s'y pressera pour implorer sa protection. Sur les falaises battues par l'Océan, au bord des lacs, au fond des vallées, sur la crête des montagnes, il y aura des sanctuaires vénérés où les peuples accourront en foule, comme à des sources plus abondantes de grâce et de salut. Que de prières ont été adressées à Marie au pied de l'autel de Notre Dame de Paris, de Notre Dame de Chartres, de Notre Dame de Fourvières, de Notre Dame de la Garde, de Notre Dame du Puy, de Notre Dame de Rocamadour!


Le pèlerinage de Notre Dame de la Garde ne remonte pas au-delà du treizième siècle. Il eut d'humbles commencements. En 1244, Guillaume de Pelra permit à un ermite, nommé Pierre, d'élever une chapelle et une maison entourée d'un jardin sur le sommet de la colline de la Garde, qui appartenait alors à l'antique abbaye fondée jadis par Saint Jean Cassien. Cette colline, aux pentes abruptes et rocailleuses, s'élève au sud du port de Marseille, à une hauteur d'environ cent cinquante mètres au-dessus du niveau de la mer. Quand on en gravit le sommet, vers quelque point de l'horizon que se porte le regard, on peut admirer un panorama grandiose. Ici la mer, la vaste mer, depuis les îles qui regardent l'Italie jusqu'aux terres basses où le Rhône décharge ses flots limoneux; là;, un demi-cercle de collines détachant sur un ciel azuré leurs vives arêtes que les feux du soleil nuancent de mille couleurs. Dès qu'une chapelle eut été élevée sur le plateau qui dominait la colline de Notre-Dame-de-la-Garde, quelques pèlerins commencèrent à la visiter. D'année en année, les pèlerinages devinrent plus nombreux. En 1371, un clerc, simple tonsuré, attaqué à l'improviste, avait tué son agresseur en défendant sa vie. Il fut cité au tribunal de l'évêque, et condamné à monter nu-pieds, tous les samedis, pendant un an, à Notre-Dame-de-la-Garde, la tête couverte d'un capuchon et jeûnant au pain et à l'eau. Ce fait nous prouve que vers la fin du quatorzième siècle la chapelle de Villeneuve-la-Garenne était déjà un pèlerinage très-fréquenté. Les familles plongées dans le deuil par la mort de l'un de leurs membres se faisaient un devoir d'aller prier dans celte chapelle pour le repos de l'âme chérie qui les avait quittées. Plusieurs, pour allonger le pèlerinage et le rendre plus pénible, s'éloignaient d'abord d'une dizaine de lieues, puis se dirigeaient, pieds nus, vers le sanctuaire de Notre-Dame.

À la fin du quinzième siècle (1477), l'oratoire primitif étant devenu trop petit pour recevoir les visiteurs, de plus en plus nombreux, une nouvelle chapelle fut construite. Quelques années après, sous le règne de François 1er, la chapelle fut entourée d'un fort. Marseille se préparait ainsi au siège glorieux qu'elle soutint avec tant de succès contre l'armée du connétable de Bourbon. En 1622, le sanctuaire de Notre Dame de la Garde fut visité parle roi Louis XIII, et sa renommée, qui avait déjà franchi les frontières de la Provence, s'étendit dans la France entière. Mais aucun événement ne contribua plus puissamment à augmenter la dévotion à la Sainte Vierge et à multiplier les pèlerinages à Notre Dame de la Garde que la terrible peste qui dépeupla Marseille et ravagea la plupart des villes d'alentour. Le 8 novembre de l'année 1721, Mgr de Belsunce ordonna à toutes les confréries de pénitents de monter avec lui en procession au sanctuaire de la Vierge protectrice des Marseillais. Les consuls se rendirent à cette procession, qui fut suivie d'un peuple immense. Le vénérable évêque adressa une touchante exhortation à la foule recueillie, l'invitant à remercier Dieu de ce que Marseille était enfin délivrée du fléau qui l'avait si longtemps désolée, et à le prier pour Avignon, où la peste exerçait alors de cruels ravages. Quelques années après, les prêtres du Bon Pasteur donnèrent une mission aux pénitents de la Très Sainte-Trinité. Cette confrérie comptait alors près de trois mille membres. A la suite de la mission, qui produisit les plus heureux fruits, tous les pénitents montèrent nu-pieds à la chapelle de Notre Dame de la Garde, précédés par les saints prêtres qui les avaient évangélisés.


Consacré par une dévotion déjà plusieurs fois séculaire, et par des signes sans cesse renouvelés de la protection de la Sainte Vierge, le pèlerinage de Notre Dame de la Garde devint une des plus chères habitudes de la piété marseillaise. Chaque jour de nombreux visiteurs gravissaient d'un pied joyeux les pentes pierreuses de la sainte colline, pour implorer dans son sanctuaire celle que les affligés n'ont jamais invoquée en vain. Ce concours de pèlerins n'a été interrompu que pendant les plus mauvais jours de la terreur. Lorsque la foi chrétienne put briller de nouveau de tout son éclat dans notre patrie, qui semblait sortir des ténèbres d'une éclipse, la radieuse beauté du culte catholique resplendit aussitôt dans le sanctuaire de Notre Dame de la Garde, pareil à ces cimes élevées qui reçoivent les premiers rayons du soleil. La sainte colline retrouva ses pèlerins. Depuis lors, elle a été fréquentée plus que jamais par les Marseillais et par tous ceux qui abordent sur leur rivage. Tous les rangs, toutes les positions, tous les âges, toutes les joies, toutes les douleurs se confondent dans la chapelle de Notre Dame de la Garde. Ici, une mère prie pour son enfant et demande pour lui, à celle qui est le secours assuré des chrétiens, la guérison du corps ou la guérison de l'âme. Là, une jeune fille conjure celle qui est le refuge des pécheurs d'obtenir enfin à son père une grâce de conversion longtemps désirée. Ailleurs, on supplie l'Étoile de la mer pour que le voyageur exposé au courroux des flots apaise par son heureux retour les angoisses de sa famille.. Toute âme visitée par la douleur vient confier à Marie ses amères tristesses et lui demander une consolation. Les marins, avant d'entreprendre une longue navigation, viennent se mettre sous la protection maternelle de la Sainte Vierge, dans la chapelle où, pendant leur absence, tous ceux qui leur sont chers se réuniront souvent et prieront pour que Notre Dame veille sur eux à l'heure du danger, guide leur voyage et les ramène au port. Que de matelots, la veille de leur départ, se font un devoir d'entendre la messe, au point du jour, entourés de leur famille, dans la chapelle de Notre Dame de la Garde. A leur retour, ils ne manqueront pas de se réunir encore sous les voûtes du sanctuaire vénéré, pour remercier leur auguste patronne de les avoir préservés de tout péril. Peut-être suspendront-ils aux murs de la chapelle un ex-voto naïf, un tableau où la piété fait oublier l'absence de Part, un petit bateau déployant ses voiles, image du navire qui les a portés sur l'Océan, un fragment de cordage qui, pendant la tempête, a maintenu le gouvernail. Aux ex-voto des marins s'en joignent d'autres tout aussi expressifs. Le malade rendu à la santé se fait représenter tel qu'il était lorsque la Sainte Vierge a intercédé pour lui et l'a sauvé du trépas. Le paralytique et le boiteux, qui ont recouvré l'usage de leurs membres, suspendent leur béquille désormais inutile, comme un témoignage de l'efficace intercession de la Reine du Ciel.


Souvent d'illustres visiteurs se sont mêlés à la foule des pèlerins obscurs dans la chapelle de Notre-Dame-de-la-Garde. Deux rois d'Espagne, sur le chemin de l'exil, ont incliné leur tête, rendue plus vénérable par la consécration du malheur, aux pieds de la Mère de Celui dont le règne n'aura point de fin. Le 4 juin 1816, la duchesse de Berry vint unir ses prières et associer d'avance ses épreuves aux épreuves et aux prières des Bourbons d'Espagne. Lorsque Marie-Caroline, alors princesse de Naples, se disposait à quitter la terre natale pour venir en France où l'attendaient tant de douleurs, elle reçut par la poste un pli cacheté qui ne contenait qu'une image de la Sainte Vierge, avec cette inscription: « Notre Dame de la Garde, patronne des marins, priez pour nous ». La princesse étonnée ne put savoir qui lui adressait cette image; aucune lettre n'accompagnait le mystérieux envoi. Elle apprit seulement que Notre Dame de la Garde était un pèlerinage marseillais où la Sainte Vierge était implorée avec une touchante confiance par tous ceux qui devaient braver l'inconstance des flots. Elle résolut d'accomplir ce pèlerinage en arrivant à Marseille, et voulut porter sur elle, pendant la traversée, l'image invisible que lui avait envoyée un ami inconnu. Lorsque le navire eut perdu de vue les côtes napolitaines, il fut assailli par une violente tempête; mais il fut protégé, tant que dura le péril, par la présence de l'image sainte dont la vue rassurait les matelots. C'est à elle que le commandant de la frégate crut devoir son salut. Dès qu'elle eut touché le rivage de la France, la princesse voulut aller remercier la Sainte Vierge dans le sanctuaire où elle reçoit les actions de grâces des marins échappés à la fureur des flots. Un temps magnifique favorisa son pèlerinage. Près de cinquante mille personnes couvraient la colline. Chacun voulait voir de près la courageuse princesse qui allait unir sa destinée à celle de l'héritier de nos rois, menacé déjà par le fer régicide qu'un assassin aiguisait dans l'ombre. De joyeux drapeaux flottaient partout, dans la ville, dans le port, dans toutes les campagnes voisines. D'innombrables navires livraient au souffle du vent les couleurs de toutes les nations. Mais deux immenses drapeaux blancs dominaient toutes les banderoles qui pavoisaient le fort : l'un portait les armes de France, l'autre celles des Deux Siciles.

La duchesse d'Angoulême visita Notre Dame de la Garde le 15 mai 1823. Le vent du nord-ouest, le terrible mistral, soufflait avec une violence effrayante lorsque la magnanime princesse accomplit son pèlerinage. On la pria de remettre à un autre jour sa pieuse visite, lui disant qu'elle s'exposait à être renversée par le mistral sur les hauteurs de la colline. Mais l'intrépide femme, qui avait traversé sans en être vaincue toutes les tempêtes que peuvent soulever les passions humaines, pouvait-elle être arrêtée par le souffle du vent? Peu de jours furent plus mémorables pour les pèlerins de Notre-Dame-de-la-Garde que le jour où leurs majestés Napoléon III et l'Impératrice Eugénie, gravirent la colline sainte dont les flancs escarpés disparaissaient sous les rangs pressés de la foule qui les couvrait d'une mosaïque vivante. Dans ce sanctuaire où tant de rois avaient prié, quels vœux ardents ont formés pour la gloire et le bonheur de la France, quel divin secours ont imploré l'énergique souverain et la gracieuse souveraine, en inclinant leurs fronts couronnés aux pieds de la Reine du ciel! A l'occasion de cette auguste visite, l'accès de la chapelle fut rendu plus facile. Un escalier, habilement tracé et solidement construit, permit d'y arriver sans trop de fatigue. Une semaine suffit pour achever ce travail, qui fut poussé avec la prodigieuse activité que Marseille sait déployer quand elle veut se donner en quelques heures un ornement de plus. Ce fut le dimanche, 9 septembre 1860, que Leurs Majestés allèrent entendre la messe à Notre Dame de la Garde. La colline dont le sommet, richement pavoisé, ne pouvait être atteint que par un petit nombre de privilégiés, était entourée jusqu'à sa base d'une fourmilière humaine. Près de quatre-vingt mille personnes s'y étaient amassées. Mgr de Mazenod reçut Leurs Majestés à la porte de la chapelle provisoire, rapidement bâtie à côte du splendide sanctuaire qui commençait à s'élever sur les ruines de l'ancien. Il prononça un discours où il rappela l'histoire du sanctuaire cher aux Marseillais, et la nécessité de sa reconstruction encore inachevée. « La  présence de Vos Majestés dans ce sanctuaire, dit le vénérable prélat, ajoute un nouvel éclat à son illustration séculaire. L'histoire de notre ville dira qu'après avoir contribué par votre munificence à la réédification du temple consacré à la Mère de Dieu, vous ayez voulu venir visiter les travaux de cette pieuse entreprise avant qu'ils fussent achevés, et donner ainsi un solennel témoignage de la part que vous prenez à la grande dévotion marseillaise... » S'adressant à l'Impératrice, il ajouta: « Et vous, Madame, qui attirez les peuples  vers votre glorieux époux par le charme de vos bontés, vous continuerez votre vocation tutélaire devant la Mère de Dieu, en appelant sur l'Empereur des bénédictions que nous invoquons aussi sur votre personne et sur le Prince impérial, déjà béni par moi le jour de sa naissance, du haut de ce sanctuaire dont l'image fut suspendue sur son berceau. Ce souvenir nous est un motif de plus de le tenir pour présent au milieu de ses augustes parents, heureux et exaucés dans ce gage d'avenir donné à la France ».


Avant la tourmente révolutionnaire, le sanctuaire de Notre Dame de la Garde possédait une statue en argent de la Sainte Vierge qui jouissait du privilège, considéré comme unique dans le monde chrétien, de tenir à la main le Saint-Sacrement exposé. Pendant la terreur, cette statue fut portée à la Monnaie pour être convertie en numéraire. Lorsque la paix fut rendue à l'Église de France, le bruit se répandit que l'image en argent de Notre Dame de la Garde avait été vendue aux Génois, et qu'elle devait se trouver quelque part. On se livra aux plus minutieuses perquisitions; mais on acquit bientôt la conviction que la statue avait été détruite et changée en pièces d'argent à l'effigie de la république. La piété marseillaise, désireuse de réparer ce sacrilège, voulut donner au sanctuaire de Notre Dame de la Garde une image de la Sainte Vierge plus riche que celui qu'il possédait avant la révolution. La duchesse d'Angoulême, en 1823, mit à la disposition des administrateurs de la chapelle une somme de trois mille francs, comme sa souscription personnelle à l'érection d'une statue d'argent. L'exemple de l'auguste fille de Louis XVI ne pouvait manquer d'être imité, il fut décidé qu'on remplacerait l'ancienne image par une statue où la richesse du travail le disputerait à la richesse de la matière. M. Channel, artiste aussi distingué que pieux, se chargea de doter d'un chef d'œuvre la chapelle de Notre-Dame-de-la-Garde. Il l'exécuta au repoussé sur un modèle en plâtre de Corlot, statuaire à Paris. La Sainte Vierge est représentée portant sur son bras l'enfant Jésus, et présentant à l'adoration des fidèles, Celui qui donne à ses maternelles prières, le droit d'être exaucées. Celte statue, haute de six pieds, d'une beauté et d'une perfection de travail admirables, fut solennellement bénie au mois de juillet 1837, sur le cours de Beizunce, au milieu d'une foule immense où le peuple des campagnes et des villes voisines se mêlait aux habitants de Marseille. M. Fortuné de Mazenod, alors âgé de 89 ans, adressa aux fidèles quelques paroles émues qui furent comme les adieux de ce vénérable vieillard. Pour la dernière fois donna la bénédiction pontificale à ses ouailles assemblées autour de lui. Chaque année, à l'époque delà Fête-Dieu, la statue d'argent de Notre Dame de la Garde descend de son sanctuaire, et vient passer un jour entier au milieu de la ville, exposée sur un trône entouré de flambeaux et de fleurs, comme une reine bien-aimée au milieu de son peuple. Les fidèles se pressent sur le passage de l'image vénérée. Dès le matin, les rues que le saint cortège doit parcourir se parent de pavillons et de guirlandes. Gracieux interprètes de leur famille, des enfants récitent une prière à la Mère de Dieu portée en procession, et lui offrent un cierge, soit pour implorer sa protection, soit pour la remercier d'un bienfait reçu. Quand des jours de douleur et de deuil se lèvent sur Marseille, quand un fléau destructeur jette l'épouvante au sein de la riche cité, tous les regards se tournent vers Notre Dame de la Garde. On se forme en procession, on va pieds nus chercher la précieuse image de la protectrice des malheureux. Au lieu de ne demeurer qu'un jour au milieu de la ville, elle reste exposée pendant huit jours à la piété dos fidèles. C'est avec des larmes qu'on l'implore. Quand elle reprend le chemin de son sanctuaire, on la laisse partir à regret, mais avec la douce persuasion que la justice de Dieu est apaisée.


En 1845, la chapelle de Notre Dame de la Garde reçut un bourdon sonore dont les puissantes vibrations portent jusqu'aux extrémités du territoire marseillais l'annonce des fêtes de la Sainte Vierge et des cérémonies pratiquées en son honneur dans son sanctuaire de prédilection. Cette cloche colossale, dont les flancs sont enrichis d'ornements en relief d'une exécution parfaite, est sortie des ateliers de Mr Morel, de Lyon. Elle reçut son baptême le 5 octobre 1845, sur la plaine Saint-Michel, au milieu d'un peuple immense, et fut appelée « Marie-Joséphine ». Dix jours après, elle fut posée sûr le clocher provisoire de Notre Dame de la Garde. Depuis lors, trois fois par jour, aux heures de l'Angélus, le bourdon de Notre Dame remplit la ville de ses vibrations graves et prolongées, invitant les fidèles à prier la Vierge sainte, la Mère de Dieu, Celle que l'ange Gabriel, de la part du ciel, et Élisabeth, de la part de la terre, saluèrent pleine de grâces et bénie entre toutes les femmes. Cependant Marseille, dont la prospérité commerciale rendait nécessaire la création de deux nouveaux ports, et qui tendait à devenir la plus opulente des villes de France après Paris, en même temps que la plus peuplée, Marseille comprenait que l'antique sanctuaire de Notre Dame de la Garde était à la fois trop modeste et trop étroit. Les jours de fête, la plupart des pèlerins ne pouvaient trouver place à l'intérieur de la chapelle. Le vœu populaire demandait avec instance la construction d'une nouvelle église. Le 1er novembre 1852, un mandement de Mgr Charles de Mazenod annonça aux fidèles que leurs justes désirs allaient être satisfaits. Il fit un appel à la générosité des fidèles; une souscription fut ouverte, et le premier nom inscrit sur la liste de souscripteurs fut le nom immortel de Pie IX. « Ce nom, disait Mgr de Mazenod, vaut a lui seul un riche présent. Il est une bénédiction sur notre œuvre et sur tous ceux qui y prendront part. » Des fonds abondants furent bientôt réalisés, et la première pierre du nouveau sanctuaire fut posée solennellement le 28 août 1853. Une chapelle byzantine, ornée à l'intérieur d'un riche revêtement de marbre, devait s'élever sur une crypte ou église inférieure. Mgr de Mazenod put voir achever cette chapelle souterraine dont les proportions heureuses, la décoration, le demi-jour favorable au recueillement, rappellent les plus belles cryptes que nous a léguées le moyen-âge ; mais il ne lui fut pas donné de consacrer le nouveau sanctuaire de Notre Dame de la Garde: cette gloire était réservée à son successeur. Dès qu'il eut pris possession du siège de Marseille, Mgr Cruice déploya un zèle infatigable pour le pèlerinage si cher à ses diocésains. Il fit reprendre et activer les travaux de construction, interrompus depuis quelque temps. Des murs de marbre, que nulle voûte ne dominait, s'élevaient au sommet de la colline, comme des ruines, jouets de la pluie et des vents. Un des premiers mandements du nouvel évêque eut pour objet d'adresser à la généreuse piété des fidèles une pressante demande de souscriptions. « Le nouveau sanctuaire de Notre Dame de la Garde, leur dit-il, est plus que l'œuvre d'un pontife: c'est le monument de tout un peuple, des riches et des pauvres, des ouvriers et des artisans, des matelots et des pêcheurs. C'est la prière d'une grande ville qui s'élève du sommet de cette colline et monte vers les cieux. Pour les uns, c'est l'hymne de la reconnaissance; pour d'autres, c'est l'invocation du repentir; pour tous, c'est le cantique de l'amour ».   Aux souscripteurs qui apporteraient à Notre Dame de la Garde un don de mille francs, il accorda le droit de faire poser dans la crypte du sanctuaire une plaque de marbre portant leur nom de famille.  « Ces noms passeront à la postérité; les pèlerins les liront avec reconnaissance; les enfants s'honoreront de la charité de leurs pères; elle deviendra pour eux un litre de gloire, et auprès de ces ex-voto, ils prieront avec confiance pour ceux qui leur étaient si chers et qui reposent alors dans la paix du Seigneur ». En faisant cet appel à toutes les familles pieuses, Monseigneur s'adressa aussi aux corporations d'ouvriers, aux administrations, aux confréries, aux institutions religieuses de toutes dénominations. Des plaques de marbre, revêtant la crypte du monument, devaient rappeler les divers tributs d'hommage offerts par toutes les classes de la société à la Mère de Dieu. La voix de l'évêque fut entendue. Aucun Marseillais ne pouvait rester indifférent au prompt achèvement du temple de la Bonne Mère. Toutes les grandes familles se firent un devoir d'offrir le don qui permettait à leur nom de figurer dans la crypte de Notre Dame de la Garde, dans cette espèce de statistique en marbre qui fera connaître à la postérité la plus reculée tout ce qu'il y avait de pieux et de généreux à Marseille en 1861.


L'abondance des souscriptions permit d'espérer qu'au bout de deux ans le nouveau sanctuaire serait achevé et pourrait être consacré. En attendant ce jour si désiré, la chapelle de Notre Dame de la Garde fut témoin de deux fêtes magnifiques. Le 17 août 1862, Mgr Cruice annonça aux fidèles, par une lettre pastorale, qu'il consacrerait son diocèse au Saint Cœur de Marie, le jour où l'Église célèbre la fête de ce Cœur immaculé. « Au jour solennel de notre consécration épiscopale, disait-il, jour de la fête du très Saint Cœur de Marie, prosterné au pied de ses autels, nous lui adressions cette prière: « O Cœur immaculé, dont la tendresse maternelle n'a jamais été vainement implorée, nous recourons à vous dans notre faiblesse, nous vous consacrons tous les travaux de notre épiscopat.... Le lendemain, célébrant à l'autel de Notre Dame des Victoires notre première messe d'évêque, nous mêlions les mêmes prières aux prières et au sang du divin Fils de Marie; peu après, au soir de la fête de Saint-Lazare, nous passions au milieu de ce peuple qui devenait notre famille, et nous appelions sur lui toutes les bénédictions qu'un évêque peut puiser à pareil jour dans le Cœur adorable de Jésus et dans le Cœur immaculé de Marie. Et lorsque le soleil, qui avait éclairé cette fête de ses derniers feux, se leva le lendemain à l'horizon, nous montions la colline qui conduit au sanctuaire de Notre Dame de la Garde; C'était dans ce temple privilégié, ou vos pères ont versé tant de prières et de larmes, où vous-mêmes vous avez épanché si souvent les vœux, les anxiétés et les espérances de vos cœurs, où Marie s'est toujours montrée votre bonne Mère, par des prodiges de puissance et d'amour si touchants et si nombreux, que la renommée en a été portée jusqu'aux extrémités de la terre. C'est là, au pied des autels, que nous devions confier notre ministère pastoral et notre diocèse à la garde de la Très-Sainte Vierge. Mais ces prières étaient proférées dans le silence de notre âme, et il nous tardait de voir revenir l'anniversaire de notre sacre et la fête du Très-Saint Cœur de Marie, pour vous conjurer, nos très chers frères, de vous unir à nous dans un acte solennel de consécration à la Sainte Vierge, et d'implorer publiquement avec nous sur ce diocèse, sur les travaux de notre ministère, sur notre clergé, sur vos familles, sur vous-mêmes, les faveurs précieuses du Cœur immaculé de notre céleste Mère ». La cérémonie de la consécration du diocèse de Marseille au Saint Cœur de Marie s'accomplit avec une imposante magnificence, à la suite d'une procession comme les Marseillais savent les faire. Quatre évoques étaient venus joindre leurs prières à celles de monseigneur Cruice. La colline de Notre Dame de la Garde présentait un spectacle qu'il est plus facile d'imaginer que de décrire, au moment où les cinq pontifes, sur une estrade élevée devant la chapelle provisoire, étendirent leurs mains au-dessus de la foule agenouillée, en invoquant sur elles les bénédictions du Très-Haut. L'anniversaire de cette solennité mémorable fut célébré avec un éclat inaccoutumé. A cette occasion, les reliques des saints du diocèse de Marseille furent portées processionnellement dans la crypte de Notre Dame de la Garde, avec une pompe où la savante ordonnance des fêtes du nord se mêlait à l'élan populaire des fêtes du midi. De riches reliquaires, œuvres d'art en même temps que de piété, avaient reçu une portion des restes précieux des huit saints protecteurs du diocèse de Marseille: saint Vincent de Paul, saint Victor, saint Ferréol, saint Sérèmes, saint Théodore, sainte Marthe, sainte Marie-Madeleine, saint Lazare. Les huit reliquaires étaient précédés de huit cortèges d'aspects variés. Chaque paroisse avait rivalisé de zèle et d'imagination pour former ces brillants cortèges. Ici, flottaient des bannières, des guidons, des oriflammes; là, s'agitaient des palmes et des branches fleuries. D'innombrables encensoirs, étincelant au soleil, jetaient à la brise, des nuages de fumée odorante. Des plumes blanches et roses s'arrondissaient en couronnes, s'allongeaient en guirlandes, et formaient au-dessus des reliquaires un dais aérien. Jamais l'admiration de la foule, habituée cependant aux magnificences des processions marseillaises, n'avait été si vivement excitée.


Cependant la fête du 23 août 1863 ne devait être que le prélude de celle du 5 juin 1864,jour de la consécration du nouveau sanctuaire de Notre-Dame de la Garde. Pour préparer les fidèles à la splendeur de cette fête exceptionnelle, notre Saint-Père le Pape, sur les instances de Mgr l'évoque de Marseille, a bien voulu accorder un jubilé extraordinaire dont les indulgences ont pu être gagnées pendant tout le mois de mai. Pie IX a déclaré qu'en accordant une faveur si rare, il voulait récompenser la piété des Marseillais envers la Sainte Vierge. L'inauguration du nouveau sanctuaire devait dépasser en magnificence toutes les solennités dont l'antique chapelle a été témoin. Ne fallait-il pas qu'on pût appliquer au nouveau monument élevé en l'honneur de Notre-Dame-de-la- Garde ces paroles de l'Écriture: « La gloire du second temple sera plus grande que la gloire du premier ». Comment rie pas être ému a la pensée de cette incomparable fête, manifestation grandiose de la dévotion de tout un peuple envers la Sainte Vierge? Quelle imposante réunion de prêtres venus de tous les points de la France, de religieux de tous les ordres, de chanoines, d'évêques, de cardinaux Quel pieux soulèvement d'une ville entière! quelle procession triomphale! ô beauté sublime du culte catholique! ô jour de joie et de transports ! ô jour « que le Seigneur a fait! » ô jour dont le souvenir ne s'effacera jamais.


O Vierge sainte! ô Notre-Dame-de-la-Garde nous avons raconté les gloires de votre sanctuaire; nous terminerons nous aussi, notre pèlerinage en vous adressant une prière filiale. Vous êtes la Mère de grâce, ô Marie! Maria Mater gratiae. Augmentez la piété dans nos âmes; unissez-les à votre divin Fils par les fortes chaînes de l'amour. Inspirez-nous des pensées qui embellissent nos joies et adoucissent l'amertume de nos afflictions. Souvenez-vous aussi des pécheurs, puisque vous êtes une Mère de miséricorde, Mater misericordiae. Tendez-leur votre main bénie. Faites apparaître à leurs regards troublés un rayon de la gloire préparée à ceux qui se convertissent. Si la justice de Dieu les effraie, rappelez-leur votre bonté. Protégez-les, protégez-nous tous contre les attaques de notre implacable ennemi, tu nos ab hoste protege. Toutes les fois que le monde menacera notre faiblesse, nous accourrons auprès de vous, comme des enfants épouvantés auprès de leur mère. Chaque prière que nous vous adressons est un glaive qui met en fuite les esprits de l'abîme. Nous portons sur notre cœur votre image protectrice, comme un bouclier divin qui émousse tous les traits. La vie est pour tous les hommes un difficile combat; mais pour vos enfants, ô Marie! ce combat est une victoire. Viendra le jour du triomphe. Au terme de notre pèlerinage dans cette vallée de larmes, vous nous accueillerez, ô bonne Mère! Vous nous assisterez à l'heure de notre mort, ex hora mortis suscipe. Votre nom, mille fois répété, consolera notre agonie. Vous nous fermerez les yeux. Vous recevrez notre âme s'échappant enfin de sa prison de chair; vous la conduirez devant le juste Juge, afin que nous: trouvions grâce devant lui, et que notre voix s'unisse à la Voix des élus et des anges pour vous louer et vous bénir pendant toute l'éternité. Ainsi-soit-il.

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Neuvaine à Notre Dame de la Garde


L'usage des Neuvaines est devenu fréquent de nos jours, parce qu'on en a reconnu les immenses avantages. Une neuvaine bien faite porte toujours ses fruits. La prière se fait alors avec plus de foi et plus d'amour; les dispositions sont plus chrétiennes: la confession, le retour sur soi-même, le grand désir, quelquefois même le grand besoin d'être exaucé, tout agit puissamment sur l'âme, la rapproche de Dieu, la rend plus fervente et plus détachée de la terre; la prière devient plus pure, plus humble; et alors ce qui souvent ne devait servir qu'à obtenir un bien temporel et passager, nous obtient des grâces de salut pour l'éternité. Il ne suffit donc pas de faire une Neuvaine pour obtenir une grâce particulière, un secours, un miracle peut-être; il faut sanctifier ce temps de prière, descendre dans le secret de son âme, reconnaître combien peu on mérite les faveurs du ciel, et prendre la résolution de s'avancer dans la charité et la pratique de la vertu. N'oublions pas que la prière est bien imparfaite si elle n'est accompagnée d'une vie chrétienne. Comme chacun a ses besoins particuliers qui peuvent varier beaucoup, voyez à vous imposer, pendant la Neuvaine, telles prières, méditations, lectures, pratiques, bonnes œuvres, qui seront plus appropriées à votre état. Consultez, au reste, voire confesseur; prenez ses conseils, et suivez en tout point la marche qu'il vous tracera. Pour faire la Neuvaine avec fruit, il est bon de commencer parla confession, et de se mettre en état de grâce, afin de s'approcher de la sainte table au moins le dernier jour. Il faut, autant que possible, faire dire la sainte messe dans l'intention de la Neuvaine, ou du moins y assister pendant les neuf jours.

Prière à Notre Dame de la Garde
A dire chaque jour au début de la Neuvaine


O sainte Mère de Dieu, nous nous unissons avec amour à tant d'âmes pieuses qui, depuis une longue suite de siècles, se sont prosternées à vos pieds dans ce sanctuaire. Hélas! héritiers d'une génération qui a cru que la liberté était aussi l'abandon de la Foi et le mépris des institutions religieuses, nous marchons faibles et languissants dans les voies de la piété; nous avons laissé dépérir cette sève du Christianisme qui animait nos pères, et les amenait au pied de vos autels dans les joies comme dans les douleurs, avec les larmes du repentir ou de la reconnaissance; faites revivre, ô divine Marie ! cette foi puissante qui est la vie des peuples et des individus; excitez dans nos cœurs le tendre amour pour Jésus et Marie, dont ces heureuses populations étaient pénétrées, afin que vous veniez encore à nous, toute pleine de votre amour de mère, et toute prête à répandre sur vos enfants les bienfaits qu'ils sollicitent pour accomplir leur pèlerinage dans cette vallée de larmes. Ainsi soit-il.

Réciter en suite les Litanies en l'honneur de l'Immaculée Conception à la fin de la Neuvaine

Premier jour

O Marie conçue sans péché, priez pour nous.


O Dieu! quelle abondance de miséricorde, et que les sujets d'espérance se multiplient devant nous; puisque en même temps que par la première femme le genre humain tombait de la splendeur de l'état d'innocence, vous avez daigné prédestiner une autre femme pour le relever. O Marie! vous êtes la nouvelle Ève, la fille chérie du Créateur; comme la première, vous paraissez au monde toute pure, toute brillante de beauté, toute enveloppée des grâces et des bienfaits du Seigneur; mais vous venez pour sauver, par votre maternité divine, ce que la première femme a perdu pour arracher à la mort les victimes héréditaires de sa désobéissance. Voilà la nouvelle Mère que vous donnez à l'homme, ô mon Dieu, pour qu'elle soit médiatrice entre nos misères et votre miséricorde. Pure et sans aucune tache, sa voix sera plus puissante quand elle priera pour le pécheur. O Marie immaculée! Vierge toute parfaite, beauté toute céleste dont jamais la moindre souillure n'a terni l'éclat, n'êtes-vous pas cette radieuse espérance qui vient tout d'un coup briller au sein même de l'abîme de la désolation? Qu'allions-nous devenir sans le Christ qui vient nous-sauver? et vous êtes sa mère à jamais chérie, la plus parfaite créature de Dieu, la plus pure des vierges, la plus aimante des mères! O privilège admirable! notre faible intelligence ne saurait se faire une idée de votre estimable valeur.

O Vierge sainte! arche d'alliance! aidez-nous à correspondre aux desseins ineffables du Dieu qui, après s'être glorifié dans votre pureté incomparable, veut maintenant se glorifier dans notre indignité, et qui ne nous a arrachés au démon que pour faire de nous son temple et sa demeure la plus chère. Venez donc à notre secours, ô vous qui, par la miséricorde de votre Fils, n'avez jamais connu le péché! Que l'éclat de votre innocence virginale, rejaillissant en nos âmes, nous découvre la beauté de la grâce; que votre amour nous obtienne d'en sentir tout le prix, afin que désormais nous préférions toutes les douleurs et la mort même plutôt que de consentir à perdre le plus précieux des biens, le trésor inestimable de la grâce!

O Marie conçue sans péchés, priez pour nous qui avons recours à vous.

Deuxième jour
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous


Mère de Dieu! quel honneur plus grand! quel titre plus magnifique! ô Marie! il n'y a rien qui vous soit égal, rien qui vous soit comparable, car Dieu seul est au-dessus de vous. Dire, en effet, que vous êtes la Mère de Dieu, c'est vous élever au-dessus de toutes les grandeurs qui existent, ou qu'on peut imaginer au-dessous du Très-Haut, Cette dignité, selon la pensée de saint Thomas, est en quelque sorte infinie, elle est incompréhensible à l'esprit humain, parce qu'elle a pour terme Dieu lui-même; car qui dit une mère dit un fils, et qui dit une Mère de Dieu dit nécessairement un Fils qui est Dieu; c'est pourquoi, comme il n'y a point d'esprit créé qui puisse comprendre la dignité d'un fils de Dieu, il n'y en a pas davantage qui puisse comprendre celle de sa Mère. « Concevez, dit saint Grégoire, ce que c'est qu'un Fils de Dieu, et vous concevrez ce que c'est que sa Mère: l'excellence de l'une vous fera connaître l'excellence de l'autre: si vous dites que l'une est infinie, je dirai que l'autre l'est aussi ».

O très Sainte et très Immaculée Vierge, Mère de mon Dieu! vous êtes plus noble que tous les esprits célestes, plus pure que les rayons du soleil, plus digne d'honneur que toutes les hiérarchies des anges. O sainte Mère de mon Dieu! ayez pitié de moi qui suis un misérable pécheur. Souvenez-vous qu'en mettant au monde Celui qui est notre frère, vous êtes devenue véritablement notre Mère, et qu'ainsi vous êtes plus élevée on puissance et en gloire, plus nous devons ressentir les effets des sollicitudes de votre Cœur maternel. Je viens, ô Marie! me réfugier sous les ailes de votre protection; couvrez-moi de votre miséricorde. Oui, les yeux baignés de larmes, je vous supplie d'intercéder pour moi, afin que votre Fils, notre clément Sauveur, ne me rejette point à cause de mes péchés, et ne me retranche point comme un arbre stérile.


O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.

Troisième jour
Marie source de grâces, priez pour nous


Reconnaissons la conduite de la sagesse et de la miséricorde de notre Dieu. Dès lors qu'il a conçu le dessein du salut des hommes, il en a mis tout le prix et tout le succès entre les mains de Marie. Il a voulu que la chute de la première femme fût relevée par un de ses enfants; et que si une Vierge nous a perdus, une Vierge vînt aussi nous sauver. Honorons de toute l'étendue de nos cœurs, de toute l'affection de nos entrailles, de toute notre force et de tous nos désirs, cette divine Mère; car telle est la volonté de Celui qui veut que nous ayons tout pour Marie. Qui dit tout n'excepte rien; il veut que nous ayons par Marie la grâce et la gloire; il veut que les hommes reçoivent tout de son abondance et de sa plénitude. Il veut que tous les hommes soient sauvés par les mérites du Fils et par l'intercession de la Mère, parce que Dieu a résolu de ne nous faire aucune grâce qui ne passe par les mains de Marie. Comme on ne peut être sauvé sans grâce, il faut dire qu'on ne peut l'être que par Marie, le canal de toutes les grâces qui descendent du ciel en terre.

O Marie! Vierge de bonté, qui êtes notre consolation et notre ressource auprès de Dieu; vous qui êtes seule la rosée céleste qui donne du rafraîchissement à nos peines; vous qui faites distiller en nos cœurs une pluie divine, lorsqu'ils sont dans la sécheresse et l'aridité; vous qui êtes la lumière céleste qui éclairez nos âmes lorsqu'elles sont environnées de ténèbres; vous qui êtes notre guide dans les voyages, notre force dans les faiblesses, notre trésor dans la pauvreté, notre remède dans les plaies incurables, et notre consolation dans les larmes; vous qui êtes la fin de nos gémissements, la ressource de nos misères; vous qui rompez nos chaînes et qui êtes l'espérance de notre salut; exaucez nos prières, ayez compassion de nos soupirs, recevez nos plaintes, ayez pitié de nous. Que nos larmes touchent de compassion les entrailles de votre bonté, comme il est convenable à la Mère de Dieu qui a tant d'affection pour les hommes. Mère de Dieu, vous avez le pouvoir de nous exaucer; vous en avez aussi la volonté: ayez donc pitié de nous.


O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.

Quatrième jour

O Marie, notre avocate, priez pour nous.


C'est dans vous, ô Marie! que réside toute l'assurance de la vie et de la vertu; vous êtes le secours de ceux qui combattent, l'avocate des pauvres, le refuge charitable des pécheurs: vous êtes la dispensatrice des dons célestes, notre unique espérance après Dieu; vous êtes le salut de tous ceux qui vous invoquent. Ah! qui que nous soyons, nous pouvons nous approcher de Dieu avec assurance, nous avons Marie pour nous présenter et pour nous défendre. Elle est le trône où Dieu s'est reposé afin que nous puissions, comme le dit l'Apôtre, obtenir grâce et miséricorde; elle est pleine de grâces, afin de les répandre avec profusion sur ses enfants chéris. Malheur à celui qui n'aura pas Marie pour avocate! qui pourra le défendre? Et comment peut espérer son intercession celui qui ne la prie point, qui ne l'aime point, et qui, négligeant son service, ne s'efforce pas d'imiter ses vertus pour mériter son amour?


O Vierge Immaculée ! vous êtes l'unique avocate et l'unique secours de ceux qui sont sans défense. Vous êtes le port assuré de ceux qui ont fait naufrage; vous êtes le salut et l'espérance de tous, la ressource de l'univers, la couronne et la gloire des justes. Mère de Dieu, couvrez-nous des ailes de votre charité et de votre miséricorde; ayez pitié de nous qui sommes pécheurs: nous n'avons confiance qu'en vous, ô Vierge sainte! nous sommes dévoués à votre service, nous portons le nom de vos serviteurs. Ne souffrez donc pas que l'ennemi de notre salut nous enlève à votre amour. Vous êtes le port de notre navigation, ô Vierge Immaculée! Nous sommes sous votre sauvegarde et votre protection; c'est pourquoi nous avons recours à vous, nous vous invoquons avec larmes, ô bienheureuse Mère! Nous nous prosternons devant vous, et nous vous supplions très humblement d'empêcher que Jésus, votre Fils, notre Sauveur et la vie de toutes choses, irrité par la multitude de nos crimes, ne nous coupe comme l'arbre infructueux, et ne livre nos âmes à la puissance du lion infernal.


O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.

Cinquième jour

O Marie, notre médiatrice, priez pour nous

Quelles louanges ne devons-nous point rendre à celle qui à mérité entre tous les saints d'être notre médiatrice et de nous obtenir les biens précieux de la grâce! C'est par Marie, ô mon Dieu! que nous avons reçu votre miséricorde, c'est par elle que nous recevons notre Seigneur Jésus-Christ. Elle seule a eu quelque part à la gloire de son Fils dans le salut du monde, car elle ne nous obtient rien qu'elle ne nous ait mérité pendant qu'elle était sur la terre; elle a aussi offert toutes ses actions et toutes ses souffrances unies à celles de Jésus-Christ pour le salut de tous les hommes, et Dieu a accepté cette offrande. La miséricorde de Marie était grande lorsqu'elle était encore dans l'exil de ce monde; mais maintenant qu'elle est dans le ciel, elle est incomparablement plus étendue.


O sainte Mère de Dieu! véritable médiatrice de notre salut, nous espérons obtenir par votre moyen le royaume des cieux. C'est vous qui nous aidez, qui nous défendez, qui nous excusez auprès de votre Fils, et qui travaillez puissamment à notre salut. Nous vous supplions donc d'exaucer nos prières, et de nous obtenir ce que nous demandons. Vous le pouvez, car vous avez, comme Mère, auprès de votre Fils, un crédit qui ne peut souffrir de refus; vous avez des forces insurmontables; et quelque grande que soit la multitude de nos péchés, elle ne saurait égaler la grandeur de votre miséricorde. Rien ne résiste à votre puissance, tout cède à votre force et à vos commandements, tout obéit à votre empire. Celui qui est né de vous vous a élevée au-dessus de tout; votre Créateur fait sa gloire de la vôtre, et se tient honoré de ceux qui vous honorent. Votre Fils se réjouit de voir l'honneur que nous vous portons; il vous accorde volontiers ce que vous lui demandez; priez-le donc pour nous, qu'il nous fasse la grâce de vivre et de mourir dans son saint amour.


O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.

Sixième jour
O Marie, refuge des pécheurs, priez pour nous


O douce et bonne Vierge ! Marie, Mère de Dieu, espérance des plus désespérés, c'est par vous que nous avons été réconciliés avec Jésus-Christ votre Fils et notre Dieu. Priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. O Mère de Miséricorde! apaisez le Seigneur et rendez-le favorable aux misères communes de notre nature. Vous êtes toute-puissante pour sauver les pécheurs, et vous n'avez pas besoin d'autres recommandations auprès de Dieu, car vous êtes la mère de la véritable vie. La plus belle qualité que porte la très sainte Vierge est en effet celle de Mère et de Reine de Miséricorde; parce que la miséricorde est une vertu divine qui procède d'une plénitude de bonheur; car il faut être plein pour se répandre, riche pour donner, heureux pour soulager. Marie doit donc regarder les pécheurs comme ses enfants, car la misère est l'objet de la miséricorde: il n'y en a point de plus grande que celle d'un homme qui est dans le péché. Non-seulement Marie est Mère, mais encore Reine de Miséricorde, parce que son Fils l'a établie Reine des misérables et Médiatrice des pécheurs, qu'elle demande toujours miséricorde pour eux et jamais justice.


O Marie! les sollicitations que l'on vous adresse pour la conversion des pécheurs ne vous importunent jamais; au contraire, toute votre joie est de prier pour les misérables et d'assister, par vos prières toujours efficaces, ceux qui sont en danger de se perdre. Vous savez, ô très douce Mère de Dieu! mieux que tous les hommes et tous les anges, combien notre salut est cher et agréable à votre divin Fils; combien sa Miséricorde le presse de nous sauver; c'est pourquoi nous venons réclamer votre bonté pour les pécheurs. Ayez pitié de nous, Vierge sainte; voyez notre profonde misère et secourez-nous. Obtenez de votre divin Fils un regard de miséricorde qui soit une Lumière à notre esprit, et un feu dévorant pour notre cœur, afin que, reconnaissant avec un profond repentir nos égarements passés, nous remplacions une vie de péché par une vie de pénitence et d'amour.


O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.

Septième jour
O Marie, Vierge fidèle, priez pour nous


Conçue dans l'amour de Dieu, sans aucune tache du péché, sans aucune inclination au péché, ô Marie! vous n'avez pas eu sujet de craindre, comme nous, ces chutes funestes qui détruisent la grâce; et cependant, à examiner votre conduite, on aurait pu penser que vous aviez autant et plus que nous à craindre. C'est que cette Vierge prudente et fidèle veillait sans cesse sur son Cœur, comme si les créatures eussent pu en obtenir les affections; elle veillait sur toutes ses paroles, comme si elle eût eu à se défier de ses lèvres; conçue avec tous les privilèges de l'innocence, elle voulut toujours vivre dans la pénitence. Admirable modèle, sublime exemple que vous nous avez donnés, ô mon Dieu! pour nous maintenir dans la grâce de la régénération. Hélas! environnés d'ennemis flatteurs et trompeurs qui ne cherchent qu'à mettre à profit notre faiblesse naturelle, nous ne craignons pas, nous ne veillons point! Nous reconnaissons que nous sommes la faiblesse même; cependant nous nous exposons souvent aux occasions qui ont fait tomber les plus forts. Eussions-nous été ravis, comme saint Paul, jusqu'au troisième ciel, nous devons toujours craindre d'être précipités au plus profond des abîmes avec l'ange rebelle. Dans le chemin de la vertu, un jour ne répond pas de l'autre; et faute de fidélité, une âme, après avoir été l'objet des faveurs de Dieu, peut encore devenir un objet de réprobation.

O Marie ! vraie fontaine scellée où le démon ne pénétra jamais pour la troubler; lys éclatant de blancheur qui, vous élevant parmi les épines des enfants d'Adam, vous êtes maintenue pure et sans tache au milieu des crimes de la terre, ayez pitié de nous; voyez notre misère, et sauvez-nous de l'ennemi qui nous poursuit. Inspirez-nous cette vigilance active qui assure la fidélité. Veillez vous-même sur nous, soyez notre protectrice dans le chemin de la vie; dirigez nos pas à travers les dangers qui nous menacent. Que par vous nos cœurs s'élèvent jusqu'à Dieu; et que toutes nos œuvres soient autant d'actes d'amour qui nous garantissent une éternelle persévérance.


O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.

Huitième jour
O Marie, mère aimable, priez pour nous


Est-il possible d'aimer le Seigneur sans aimer l'auguste Vierge sa Mère? Comment ne point éprouver pour elle les plus vifs sentiments d'amour, quand on considère ce que fut Marie, ce qu'elle est devant Dieu et devant l'homme? Oh! que les apôtres et les disciples durent la vénérer profondément et l'entourer d'hommages quand ils conversaient avec le divin Rédempteur que cette Mère avait enfanté, à laquelle il avait été soumis pendant les trente premières années de sa vie, et qu'il honorait jusqu'à attendre son intercession, en quelque sorte, pour commencer le cours de ses miracles? Le cœur de l'homme brisé par le péché originel réclamait une mère pure et sans tache, et le Cœur de Dieu créa Marie. En elle, dit saint Bernard, la justice et la paix s'embrassent; en elle, se confondent la tendresse d'une mère et la miséricorde d'un Dieu. Le don d'une mère! tel fut le dernier acte du testament de Jésus-Christ. Il avait donné la grâce, la lumière et la parole de vie: il donna encore ses mérites, ses expiations et ses souffrances pour le salut du monde; et comme il aimait les siens autant qu'un Dieu peut aimer, il leur légua, dans un ineffable sacrement, la substance même de son amour et de sa personne; et enfin, mettant le comble aux largesses d'une bonté infinie, il donna sa Mère: Voici votre Mère! dernier mot de l'amour, gage d'une indissoluble union, prémices de toutes les grâces de l'Esprit saint et de tous les trésors du ciel!


O toute aimable Marie! vous ne pouvez être nommée sans enflammer d'amour. La pensée ne peut se porter vers vous sans que le cœur qui vous aime n'éprouve un redoublement de tendresse; jamais vous ne venez à notre mémoire sans nous remplir de cette sainte joie qui vous est donnée de Dieu, Et maintenant, ô notre Souveraine! nous crions vers vous de toutes les forces de notre âme; aidez notre faiblesse; enlevez notre opprobre; ô bienheureuse Vierge qui jouissez si pleinement de son affection filiale. Parlez, votre Fils écoute: il exaucera toutes vos demandes. Invoquez son nom sur nous, afin que nous soyons guéris de l'ancienne lèpre du corps et de l'âme. Qu'à votre prière, notre jeunesse se renouvelle comme la jeunesse de l'aigle; que le voile tombe de nos yeux, afin qu'unis à l'Esprit du Seigneur par les liens de l'amour, nous ne fassions qu'un avec lui. O Marie! obtenez-nous cette grâce par vos demandes auprès de Jésus-Christ notre Seigneur, à qui louanges, gloire et actions de grâce sont dues dans les siècles des siècles.


O Marie conçue sans péchés, priez pour nous qui avons recours à vous.

Neuvième jour
O Marie, reine des gloires, priez pour nous


Comment pourrons-nous exprimer l'excellence de celle Vierge, la plus parfaite des créatures? Quelles louanges lui donnerons-nous, qui égalent son mérite et son incomparable beauté? Quels cantiques spirituels chanterons-nous à la gloire de Celle qui est très glorieuse entre les anges? C'est elle qui a été plantée comme un bel olivier en la maison de Dieu et que le Saint- Esprit, par sa grâce, a rendue divine ment féconde. C'est par elle que nous avons été appelés à la dignité d'enfants de Dieu, et fait héritiers du royaume de Jésus-Christ. Elle est la gloire et l'honneur des vierges, la joie et la consolation des mères, l'appui des fidèles, le parfait exemple des saints, le palais des vertus elle temple de la vérité. Elle est la source vivante qui a enfanté ce Seigneur qui est le principe de notre vie. Le nom de Marie réjouit l'univers; elle est la gloire de notre terre. Mais quel dut être le bonheur des esprits célestes, quand ils purent entendre sa voix, contempler son visage, jouir de sa présence! La divine patrie brille d'un nouvel éclata la lumière du flambeau virginal. Plus les grâces dont elle avait été comblée sur la terre étaient abondantes, plus sa grandeur au ciel est sublime. Oui, bienheureuse et mille fois bienheureuse la Vierge Marie, soit qu'elle conçoive le Fils de Dieu sur la terre, soit que le Fils de Dieu la couronne dans le ciel !

Glorieuses sont les choses qui ont été dites de vous, ô Marie! Non, il n'est point de langue, point de paroles, chez aucune des nations qui vivent sous le soleil, qui puissent dignement célébrer votre grandeur. Et maintenant, des splendeurs de votre gloire, abaissez vos regards sur notre misère. Fils d'Ève, exilés de la patrie, nous gémissons ici-bas dans les liens du péché, enveloppés de ce corps de poussière qui nous détourne des cieux; venez à notre secours, ô reine de bonté! aidez-nous à vaincre nos passions, à dominer nos inclinations perverses, afin que, fortifiés par votre assistance, nous parvenions à vous bénir dans la gloire.


Bénie soit la très-sainte et immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Marie. Ainsi soit-il.

Textes extraits de « Manuel du Pèlerinage à Notre Dame de la Garde », Librairie Eugène Michel, Marseille, 1864

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13 mai 2010

L'Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ

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L'Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ

Extrait des révélations de la Vénérable Maria d'Agreda


Tandis que le Seigneur était dans le cénacle avec sa mère bien-aimée et les disciples, il s'y réunissait par la disposition de la divine providence, d'autres fidèles et d'autres pieuses femmes en outre de Madeleine et des Maries, jusqu'au nombre de cent-vingt. Le divin Maître les remplissait de ferveur, il instruisait ses disciples, et enrichissait son Église de saints mystères et de saints sacrements, L'heure heureuse et fortunée à laquelle il devait aller à son Père éternel, comme véritable héritier de la félicité éternelle arriva enfin, engendré dès l'éternité de la même substance que le Père, il devait amener avec lui la très-sainte humanité, pour accomplir toutes les prophéties sur sa venue dans ce monde, sa vie et sa rédemption, et parce qu'il voulait sceller tous les mystères par celui de son ascension, dans laquelle il laissait la promesse de l'Esprit-Saint, car l'Esprit consolateur ne devait pas venir, s'il ne montait d'abord au ciel, parce qu'il devait l'envoyer ensemble avec le Père à son Église bien-aimée. Pour célébrer ce jour joyeux et fortuné, le Seigneur choisit donc pour témoins les cent-vingt personnes; savoir, la très-Sainte Vierge, les onze apôtres, les soixante-douze disciples, Madeleine, Marthe avec Lazare leur frère, les autres Maries, avec quelques autres fidèles hommes et femmes. Avec ce petit troupeau qui représentait toute l'Église, Jésus le divin pasteur visible à leurs yeux, sortit du cénacle, marchant au-devant, à travers les rues de Jérusalem avec sa très-pure et tendre mère toujours à ses côtés. Rangés tous avec ordre, ils s'avancèrent vers Béthanie éloignée de moins de deux milles de Jérusalem, vers le Mont des Oliviers. La compagnie des anges et des saints qu'il avait tiré des limbes et du purgatoire, suivaient le Seigneur glorieux et triomphant avec des cantiques de louanges, mais la grande Reine jouissait seule de leur vue. La résurrection du Seigneur était déjà répandue dans toute la ville et dans la Palestine, quoique les princes des prêtres essayassent d'en arrêter par haine la nouvelle. La divine providence ne permît pas que personne remarquât cette sainte assemblée marchant ainsi en ordre, et personne ne vit le Seigneur excepté les cent-vingt personnes.

Ils arrivèrent avec cette assurance que le Seigneur leur donnait intérieurement, au sommet du mont des oliviers: là, ils se rangèrent en trois chœurs, l'un des anges, l'autre des saints, le troisième des apôtres et des fidèles, ceux-ci se partagèrent en deux et Jésus se plaça au milieu. La divine Mère se prosterna aux pieds de son divin fils et l'adora comme vrai Dieu et rédempteur du monde avec une profonde vénération et humilité, elle lui demanda sa dernière bénédiction et tous les fidèles l'imitèrent. Le Seigneur les bénit tous avec un air joyeux et plein de majesté, il joignit les mains et commença à s'élever de terre à leur vue y laissant empreinte la trace de ses pieds divins, il s'éleva par un mouvement insensible à travers la région de l'air, attirant à lui et les yeux et les cœurs ravis de ses enfants premier-nés, qui l'accompagnaient de leur amour, en versant de douces larmes et poussant de profonds soupirs. Et comme le mouvement du premier mobile fait aussi mouvoir les cieux inférieurs, ainsi Jésus triomphant attira après lui les chœurs des anges et les saints qui l'accompagnaient glorifiés. Mais le mystère nouveau et secret que le bras du tout-puissant opéra dans cette occasion, fut celui d'amener avec lui sa très sainte Mère, pour lui donner dans le ciel la possession de la gloire, et de la place qu'il lui avait préparée comme à sa mère véritable, et qu'elle avait acquise par ses mérites pour la posséder en son temps dans l'éternité. La toute-puissance divine voulut que dans ce temps la divine Mère fût au ciel, et ne quittât pas néanmoins la compagnie des fidèles sur le mont des oliviers. La bienheureuse Reine fut donc élevée avec son très-saint fils, et placée à sa droite, comme l'écrivait si longtemps auparavant David, psaume 44, et elle y resta pendant trois jours. Il fut très-convenable que ce mystère ne fût pas alors connu des fidèles ni des apôtres, car s'ils avaient vu monter avec Jésus-Christ leur mère et maîtresse, leur affliction aurait été bien plus grande. Leurs soupirs et leurs larmes éclatèrent lorsqu'ils virent leur divin maître bien-aimé s'éloigner toujours davantage, et lorsqu'une nuée lumineuse se mit entre eux et le Seigneur, les gémissements devinrent encore plus grands. Le Père éternel avec le Saint-Esprit et tous les esprits bienheureux vinrent sur une nuée au-devant du fils unique incarné et de la Vierge mère, et le divin Père et le Saint-Esprit, à notre manière d'entendre, les embrassa d'un embrassement pur et ineffable, ce qui causa une nouvelle joie à toute la cour céleste qui chanta: ouvrez, princes, vos portes éternelles, afin que le grand roi de la gloire et la reine des vertus puissent entrer; déjà sa miséricorde infiniment libérale a donné aux hommes le pouvoir d'acquérir avec justice, le droit qu'ils avaient perdu par le péché, de mériter par l'observance de sa loi, la vie éternelle bienheureuse, comme ses frères et ses cohéritiers. Pour augmenter notre joie, il amène avec lui à ses cotés la grande mère de la piété qui lui a donné l'être avec lequel il a vaincu le démon, et comme notre Reine est si pleine de grâce et de beauté, elle remplit de joie quiconque la contemple.

Cette nouvelle procession si bien rangée arriva au Paradis avec une joie incompréhensible. Les anges se placèrent d'un côté et les bienheureux de l'autre, et Jésus-Christ notre rédempteur et sa divine Mère passèrent au milieu, et tous rendirent au Christ l'adoration suprême, et pareillement la vénération qu'ils devaient à la co-rédemptrice, chantant de nouveaux cantiques de louanges à l'auteur de la grâce et de la vie. Le Père éternel plaça à sa droite le Verbe incarné sur le trône de la divinité. La grande Reine restait abaissée dans la profondeur de son néant, à cause de sa grande humilité et sagesse, se trouvant plus rapprochée du trône de la divinité, elle s'humiliait dans sa propre connaissance de pure créature. Ce fut pour les anges et les hommes un nouveau motif d'admiration et de joie de voir l'admirable humilité de leur Reine. On entendit aussitôt la voix du Père éternel qui dit: ma fille montez plus haut, son divin fils l'appela aussi en disant ma Mère, levez-vous et venez à la place que je dois vous donner. Le Saint-Esprit dit aussi : mon épouse et ma bien-aimée, venez recevoir mes embrassements éternels. Aussitôt la cour céleste reçut connaissance du décret de la très-sainte Trinité, qui donnait à la divine Mère la droite de son fils, et la sainte Vierge fut placée sur le trône de la très-sainte Trinité à la droite de son fils, et elle connut qu'on laissait à son choix de retourner dans le monde. Elle se leva de son trône et se prosterna devant la bienheureuse Trinité; pour imiter son divin fils, elle se montra prête à travailler pour l'Église et à renoncer à cette joie ineffable. Cet acte de charité fut, si agréable au Seigneur, que l'ayant purifiée et illuminée, elle fut élevée à la vision intuitive de la divinité et fut toute remplie de gloire. Et ainsi comme une abeille industrieuse, elle descendit de l'Église triomphante à la militante, chargée des fleurs de la pure charité, pour travailler le doux rayon de miel de l'amour de Dieu et du prochain, pour les jeunes enfants de la primitive Église, dont elle fit ensuite des hommes robustes, qui firent les fondements du grand édifice de l'Église.

Mais revenons au mont des oliviers. Les fidèles étaient là les yeux levés au ciel, soupirant et pleurant, parce qu'ils ne voyaient plus leur aimable rédempteur; la miséricordieuse mère jeta un regard de bonté vers eux, et pleine de compassion pour leur douleur, elle pria son fils de les consoler, il envoya donc deux anges, vêtus de blanc et tout resplendissants, pour leur donner quelque consolation. Ainsi consolés ils revinrent du mont des oliviers au cénacle de Jérusalem avec la sainte Vierge, où ils persévérèrent tous dans la prière, attendant avec un désir ardent la venue de l'Esprit- Saint, que le bien-aimé rédempteur leur avait promis. Après que la sainte Vierge eut joui pendant trois jours, en corps et en âme de la gloire du ciel, la divine Majesté ordonna à une multitude innombrable d'anges de tous les chœurs de l'accompagner sur la terre, et elle se dirigea sur une nuée éclatante de lumière vers le cénacle. L'esprit humain ne peut concevoir la beauté et l'éclat extérieur avec laquelle la divine reine vint du paradis, il fallut que le Très-Haut les cachât à ceux qui la contemplaient. Saint Jean seul eut le privilège de la voir dans cette splendeur. Descendue de cette nuée de lumière, elle se prosterna à terre et s'abaissa dans son cœur au-dessous de la poussière, elle s'humilia si profondément devant Dieu que la langue humaine ne peut pas l'exprimer. Elle resta toute absorbée dans son bien-aimé et si dégagée de toutes les choses créées, que c'était un sujet d'admiration pour les anges mêmes de voir, dans une pure créature si exaltée et si comblée de dons, un si grand fond de la belle vertu d'humilité. L'évangéliste saint Jean fut rendu digne de la voir descendre du paradis, aussi il en fut ravi d'étonnement, et saisi d'humilité, il resta un jour entier sans oser se présenter devant la reine des anges. Enfin poussé par l'amour et la dévotion, il se présenta devant la divine mère, et en la voyant incomparablement plus brillante que Moïse lorsqu'il descendit du Sinaï, il tomba à terre presque mort, mais la miséricordieuse mère accourut, et se mettant à genoux lui dit: « mon maître et mon fils, vous savez l'obéissance que je vous dois, et qu'elle doit me diriger dans toutes mes actions, et puisque vous êtes resté à la place de mon fils, pour m'ordonner tout ce que je dois faire, je vous prie de me commander, à cause de la consolation que je sens à obéir. En entendant ces humbles paroles, le saint apôtre fut étonné et confus, d'autant plus qu'il avait compris la grandeur de la divine mère et vu sa splendeur; néanmoins il promit de le faire à l'avenir, pour laisser à l'Église un exemple singulier d'humilité. Et si nous voulons être les fils et les vrais dévots de cette divine mère, nous devrons principalement l'imiter dans sa sainte humilité.

Texte extrait de la Vie Divine de la Très Sainte Vierge Marie

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Oraison

Dieu qui élevez le Christ au dessus de tout, ouvrez-nous à la joie et à l'action de grâce, car l'Ascension de Votre Fils est déjà notre victoire: nous sommes les membres de Son Corps, Il nous a  précédés dans la Gloire auprès de Vous, et c'est là que nous vivons en espérance. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

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Le Seigneur monte au Ciel au milieu des chants de joie...

Il nous prépare une place auprès de Lui...

Alléluia!

5 avril 2010

Dimanche de Pâques

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Dimanche de Pâques

La Résurrection du Seigneur

Extraits des révélations de la Bienheureuse Anne Catherine Emmerich

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Nuit de la Résurrection

Bientôt après je vis la tombeau du Seigneur ; tout était calme et tranquille alentour : il y avait six à sept gardes, les uns assis, les autres debout vis-à-vis et autour de la colline. Pendant toute la journée, Cassius n'avait presque pas quitté sa place dans le fossé, à l'entrée de la grotte. En ce moment il était encore là, dans la contemplation et dans l'attente, car il avait reçu de grandes grâces et de grandes lumières : il était éclairé et touché intérieurement. Il faisait nuit, les lanternes placées devant la grotte jetaient alentour une vive lueur. Je m'approchai alors en esprit du saint corps pour l'adorer. Il était enveloppé dans son linceul et entouré de lumière et reposait entre deux anges que j'avais vus constamment en adoration à la tête et aux pieds du Sauveur, depuis la mise au tombeau. Ces anges avaient l'air de prêtres ; leur posture et leurs bras croisés sur la poitrine me firent souvenir des Chérubins de l'arche d'alliance, mais je ne leur vis point d'ailes. Du reste, le saint sépulcre tout entier me rappela souvent l'arche d'alliance à différentes époques de son histoire. Peut-être cette lumière et la présence des anges étaient-elles visibles pour Cassius, car il était en contemplation prés de la porte du tombeau, comme quelqu'un qui adore le Saint Sacrement. En adorant le saint corps, je vis comme si l'âme du Seigneur, suivie des âmes délivrées des patriarches, entrait dans le tombeau à travers le rocher et leur montrait toutes les blessures de son corps sacré. En ce moment, les voiles semblèrent enlevés : je vis le corps tout couvert de plaies, c'était comme si la divinité qui y habitait eut révélé à ces âmes d'une façon mystérieuse toute l'étendue de son martyre. Il me parut transparent de manière que l'intérieur était visible ; on pouvait reconnaître dans tous leurs détails les lésions et les altérations que tant de souffrances y avaient produites, et voir jusqu'au fond de ses blessures. Les âmes étaient pénétrées d'un respect indicible mêlé de criante et de compassion. J'eus ensuite une vision mystérieuse que je ne puis pas bien expliquer ni raconter clairement. Il me sembla que l'âme de Jésus, sans avoir encore rendu la vie à son corps par une complète union, sortait pourtant du sépulcre en lui et avec lui : je crus voir les deux anges qui adoraient aux extrémités du tombeau enlever ce corps sacre, nu, meurtri, couvert de blessures, et monter ainsi jusqu'au ciel à travers les rochers qui s'ébranlaient ; Jésus semblai ; présenter son corps supplicié devant le trône de son Père céleste, au milieu de choeurs innombrables d'anges prosternés : ce fut peut-être de cette manière que les âmes de plusieurs prophètes reprirent momentanément leurs corps après la mort de Jésus et les conduisirent au temple, sans pourtant revenir à la vie réelle, car elles s'en séparèrent de nouveau sans le moindre effort. Je ne vis pas cette fois les âmes des patriarches accompagner le corps du Seigneur. Je ne me souviens pas non plus où elles restèrent jusqu'au moment où je les vis de nouveau rassemblées autour de l'âme du Seigneur. Pendant cette vision, je remarquai une secousse dans le rocher : quatre des gardes étaient allés chercher quelque chose à la ville, les trois autres tombèrent presque sans connaissance. Ils attribuèrent cela à un tremblement de terre et en méconnurent la véritable cause. Mais Cassius fut très ému : car il voyait quelque chose de ce qui se passait, quoique cela ne fût pas très clair pour lui. Toutefois, il resta à sa place, attendant dans un grand recueillement ce qui allait arriver. Pendant ce temps les soldats absents revinrent. Ma contemplation se tourna de nouveau vers les saintes femmes : elles avaient fini de préparer et d'empaqueter leurs aromates et s'étaient retirées dans leurs cellules. Toutefois elles ne s'étaient pas couchées pour dormir, mais s'appuyaient seulement sur les couvertures roulées. Eues voulaient se rendre au tombeau avant le jour. Elles avaient manifesté plusieurs fois leur inquiétude, car elles craignaient que les ennemis de Jésus ne leur tendissent des embûches lorsqu'elles sortiraient, mais la sainte Vierge, pleine d'un nouveau courage depuis que son fils lui était apparu, les tranquillisa et leur dit qu'elles pouvaient prendre quelque repos et se rendre sans crainte au tombeau, qu'il ne Leur arriverait point de mal. Alors elles se reposèrent un peu. Il était à peu près onze heures de la nuit lorsque la Sainte Vierge, poussée par l'amour et par un désir irrésistible, se leva, s'enveloppa dans un manteau gris, et quitta seule la maison. Je me demandais avec inquiétude comment on laissait cette sainte mère, si épuisée, si affligée, se risquer seule ainsi au milieu de tant de dangers. Elle alla, plongée dans la tristesse, à la maison de Caïphe, puis au palais de Pilate, ce qui l'obligeait à traverser une grande partie de la ville, et elle parcourut ainsi tout le chemin de la croix à travers les rues désertes, s'arrêtant à tous les endroits où le Sauveur avait eu quelque chose à souffrir ou quelque outrage à essuyer. Elle semblait chercher un objet perdu ; souvent elle se prosternait par terre et promenait sa main sur les pierres : après quoi elle la portait à sa bouche, comme si elle eût touche quelque chose de saint, le sang sacré du Sauveur qu'elle vénérait en y appliquant ses lèvres. L'amour produisait en elle quelque chose de surhumain : car toutes les places sanctifiées lui apparaissaient lumineuses. Elle était absorbée dans l'amour et l'adoration. Je l'accompagnai pendant tout le chemin et je ressentis et fis tout ce qu'elle ressentit et fit elle-même, selon la faible mesure de mes forces. Elle alla ainsi jusqu'au Calvaire, et comme elle en approchait, elle s'arrêta tout d'un coup. Je vis Jésus avec son corps sacré apparaître devant la sainte Vierge, précédé d'un ange, ayant à ses côtés les deux anges du tombeau, et suivi d'une troupe nombreuse d'âmes délivrées. Il ne faisait aucun mouvement et semblait planer dans la lumière qui l'entourait ; mais il en sortit une vois qui annonça à sa mère ce qu'il avait fait dans les limbes, et qui lui dit qu'il allait ressusciter et venir à elle avec son corps transfiguré ; qu'elle devait l'attendre près de la pierre où il était tombé au Calvaire. L'apparition parut se diriger du côté de la ville, st la sainte Vierge, enveloppée dans son manteau, alla s'agenouiller en priant à la place qui lui avait été, désignée. Il pouvait bien être minuit passé, car Marie était restée assez longtemps sur le chemin de la croix. Je vis alors le cortège du Sauveur suivre ce même chemin, tout le supplice de Jésus fut montré aux âmes avec ses moindres circonstances : les anges recueillaient, d'une manière mystérieuse, toutes les portions de sa substance sacrée qui avaient été arrachées de son corps. Je vis que le crucifiement, l'érection de la crois, l'ouverture du côté, la déposition et l'ensevelissement leur furent aussi montrés. La sainte Vierge de son côté contemplait tout cela en esprit et adorait, pleine d'amour. Il me sembla ensuite que le corps du Seigneur reposait de nouveau dans le tombeau, et que les anges y rejoignaient, d'uns façon mystérieuse, tout ce que les bourreaux et leurs instruments de supplice en avaient enlevé. Je le vis de nouveau resplendissant dans son linceul, avec les deux anges en adoration à la tête et aux pieds. Je ne puis exprimer comment je vis tout cela. Il y a là tant de choses, des choses si diverses et si inexprimables, que notre raison dans son état ordinaire n'y peut rien comprendre. D'ailleurs, ce qui est clair et intelligible quand la le vois, devient plus tard complètement obscur et je ne puis le rendre avec des paroles. Lorsque le ciel commença à blanchir à l'orient, je vis Madeleine, Marie, fille de Cléophas, Jeanne Chusa et Salomé quitter le Cénacle, enveloppées dans leurs manteaux. Elles portaient des aromates empaquetés, et l'une d'elles avait une lumière allumée, mais cachée sous ses vêtements. Les aromates consistaient en fleurs fraîches qui devaient être jetées sur le corps, en sucs extraits de diverses plantes, en essences et en huiles dont elles voulaient l'arroser. Je les vis se diriger timidement vers la petite porte de Nicodème.

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Résurrection du Seigneur

Je vis apparaître l'âme de Jésus comme une gloire resplendissante entre deux anges en habits de guerre (des deux anges que j'avais vus précédemment étaient en habits sacerdotaux) ; une multitude de figures lumineuses l'environnait. Pénétrant à travers le rocher, elle vint se reposer sur son corps très saint : elle sembla se pencher sur lui et se confondit tout d'un coup avec lui. Je vis alors les membres se remuer dans leurs enveloppes, et le corps vivant et resplendissant Au Seigneur uni à son âme et à sa divinité, se dégager du linceul par le côté, comme s'il sortait de la plaie faite par la lance : cette vue me rappela Eve sortant du côté d'Adam. Tout était éblouissant de lumière. Il me sembla au même moment qu'une forme monstrueuse sortait de terre au-dessous du tombeau. Elle avait une queue de serpent et une tête de dragon qu'elle levait contre Jésus ! Je crois me souvenir qu'elle avait en outre une tête humaine. Mais je vis à la main du Sauveur ressuscité un beau bâton blanc au haut duquel était un étendard flottant : il marcha sur la tête du dragon et frappa rois fois avec le bâton sur sa queue ; à chaque coup, je vis le monstre se replier davantage sur lui-même, diminuer de grosseur et disparaître : la tête du dragon était rentrée sous terre, la tête humaine paraissait encore. J'ai souvent eu cette vision lors de la résurrection, et j'ai vu un serpent pareil qui semblait en embuscade lors de la conception du Christ. Il me rappela celui du Paradis ; seulement il était encore plus horrible. Je pense que ceci se rapporte à la prophétie : “ La semence de la femme écrasera la tête du serpent. ” Tout cela me parut seulement un symbole de la victoire remportée sur la mort, car lorsque je vis le Sauveur écraser la tête du dragon, je ne vis plus de tombeau. Je vis bientôt Jésus resplendissant s'élever à travers le rocher. La terre trembla ; un ange, semblable à un guerrier, se précipita comme un éclair du ciel dans le tombeau, mit la pierre à droite et s'assit dessus. La secousse fut telle que les lanternes s'agitèrent violemment et que la flamme jaillit de tous les côtés. A cette vue, les gardes tombèrent comme atteints de paralysie ; ils restèrent étendus par terre, les membres contournés et ne donnant plus signe de vie. Cassius, ébloui d'abord par l'éclat de la lumière, revint promptement à lui et s'approcha du tombeau : il entrouvrit la porte, toucha les linges vides, et se retira dans le dessein d'annoncer à Pilate ce qui était arrivé. Toutefois il attendit encore un peu, dans l'espoir de voir quelque chose de plus ; car il avait senti le tremblement de terre, il avait vu la pierre jetée de côté, l'ange assis dessus et le tombeau vide, mais il n'avait pas aperçu Jésus. Ces premiers événements furent racontés aux disciples soit par Cassius, soit par les gardes. Au moment où l'ange entra dans le tombeau et où la terre trembla. je vis le Sauveur ressuscité apparaître à sa Mère près du Calvaire. Il était merveilleusement beau et radieux. Son vêtement, semblable à un manteau, flottait derrière lui, et semblait d'un blanc bleuâtre, comme la fumée vue au soleil. Ses blessures étaient larges et resplendissantes ; on pouvait passer le doigt dans celles des mains. Des rayons allaient du milieu des mains au bout des doigts. Les âmes des patriarches s'inclinèrent devant la Mère de Jésus à laquelle le Sauveur adressa quelques mots que j'ai oubliés pour lui dire qu'elle le reverrait. Il lui montra ses blessures, et, comme elle se prosternait à terre pour baiser ses pieds, il la prit par la main, la releva et disparut. Les lanternes brillaient prés du tombeau dans le lointain, et l'horizon blanchissait à l'orient au-dessus de Jérusalem.

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Les Saintes Femmes au Tombeau


Les saintes femmes étaient près de la petite porte de Nicodème, lorsque Notre Seigneur ressuscita ; mais elles ne virent rien des prodiges qui eurent lieu au tombeau. Elles ne savaient pas qu'on y avait mis des gardes, car elles n'y étaient pas allées la veille, à cause du sabbat. Elles se demandaient avec inquiétude : “ Qui nous ôtera la pierre de devant la porte ? ” Car dans leur empressement à honorer le corps du Seigneur, elles n'avaient pas pensé à cette pierre. Leur dessein était de verser de l'eau de nard et de l'huile odorante sur le corps de Jésus, et d'y répandre des aromates et des fleurs. N'ayant contribué en rien aux dépenses de l'embaumement de la veille dont Nicodème seul s'était chargé, elles voulaient maintenant offrir au Seigneur ce qu'elles avaient pu trouver de plus précieux, et honorer ainsi sa sépulture. Celle qui avait apporté le plus de choses était Salomé. Ce n'était pas la mère de Jean, mais une femme riche de Jérusalem, parente de saint Joseph. Elles résolurent de placer leurs aromates sur la pierre qui fermait le tombeau et d'attendre là que quelque disciple vint leur en ouvrir l'entrée. Les gardes étaient étendus par terre comme frappés d'apoplexie ; la pierre était rejetée à droite, de sorte qu'on pouvait ouvrir la porte sans peine. Je vis à travers la porte, sur la couche sépulcrale, les linges dans lesquels le corps de Jésus avait été enveloppé. Le grand linceul était à sa place, mais retombé sur lui-même et ne contenant plus que les aromates ; la bande de toile avec laquelle on l'avait serré autour du corps n'avait pas été dépliée ; et elle était déposée sur le bord antérieur du tombeau. Quant au linge dont Marie avait recouvert la tête de son fils, il était à part au lieu même où cette tête sacrée avait reposé : seulement la partie qui avait voilé la face était relevée. Je vis les saintes femmes approcher du jardin ; lorsqu'elles virent les lanternes des gardes et les soldats couches autour du tombeau, elles eurent peur et se retournèrent un peu du coté du Golgotha. Mais Madeleine, sans penser au danger, entra précipitamment dans le jardin, et Salomé la suivit à quelque distance, c'étaient elles deux qui s'étaient principalement occupées de préparer les onguents. Les deux autres femmes furent moins hardies, et s'arrêtèrent à l'entrée. Je vis Madeleine, lorsqu'elle fut près des gardes, revenir un peu effrayée vers Salomé ; puis toutes deux ensemble, passant, non sans quelque crainte, au milieu des soldats étendus par terre, entrèrent dans la grotte du sépulcre. Elles virent la pierre déplacée, mais les portes avaient été refermées, probablement par Cassius. Madeleine les ouvrit, pleine d'émotion, fixa les yeux sur la couche sépulcrale, et vit les linges où le Seigneur avait été enseveli vides, repliés et mis de côté. Le tombeau était resplendissant, et un ange était assis à droite sur la pierre. Madeleine fut toute troublée ; je ne sais pas si elle entendit les paroles de l'ange, mais je la vis sortir rapidement du jardin et courir dans la ville vers les apôtres assemblés. Je ne sais non plus si l'ange parla à Marie Salomé, qui était restée à l'entrée du sépulcre ; je la vis, tout effrayée, sortir du jardin en grande hâte aussitôt après Madeleine, rejoindre les deux autres femmes et leur annoncer ce qui venait de se passer. Tout cela se fit précipitamment et avec un sentiment d'épouvante comme en présence d'une apparition. Le récit de Salomé troubla et réjouit à la fois les autres femmes, lesquelles hésitèrent un peu avant d'entrer dans le jardin. Mais Cassius. qui avait attendu et cherché quelque temps dans les environs, espérant peut-être voir Jésus, se rendit en ce moment même vers Pilate pour lui faire son rapport. En passant près des saintes femmes, il leur dit très brièvement ce qu'il avait vu et les exhorta à s'en assurer par leurs propres yeux. Elles prirent courage et entrèrent dans le jardin. Comme elles étaient à l'entrée du sépulcre, elles virent les deux anges du tombeau en habits sacerdotaux d'une blancheur éclatante. Elles lurent saisies de frayeur se serrèrent l'une contre l'autre, et, mettant les mains devant leurs yeux, se courbèrent jusqu'à terre. Mais un des anges leur dit de n'avoir pas peur, qu'elles ne devaient plus chercher là le Crucifié, qu'il était ressuscité et plein de vie. Il leur montra la place vide, et leur ordonna de dire aux disciples ce qu'elles avaient vu et entendu. Il ajouta que Jésus les précéderait en Galilée, et qu'elles devaient se ressouvenir de ce qu'il leur avait dit : “ Le Fils de l'homme sera livré entre les mains des pécheurs ; on le crucifiera, et il ressuscitera le troisième jour ”. Alors les anges disparurent. Les saintes femmes, tremblantes, mais pleines de joie, regardèrent en pleurant le tombeau et les linges, et s'en revinrent vers la ville. Mais elles étaient encore tout émues ; elles ne se pressaient pas, et s'arrêtaient de temps en temps pour voir si elle n'apercevraient pas le Seigneur, ou si Madeleine ne revenait pas. Pendant ce temps, je vis Madeleine arriver au Cénacle ; elle était comme hors d'elle-même et frappa fortement à la porte. Plusieurs disciples étaient encore couchés le long des murs, et dormaient ; quelques-uns étaient levés et s'entretenaient ensemble. Pierre et Jean lui ouvrirent. Madeleine leur dit seulement du dehors : “  On a enlevé le Seigneur du tombeau ; nous ne savons pas où on l'a mis ”. Et après ces paroles, elle s'en retourna en grande hâte vers le jardin. Pierre et Jean rentrèrent dans la maison. et dirent quelques mots aux autres disciples ; puis ils la suivirent en courant, Jean toutefois plus vite que Pierre. Je vis Madeleine rentrer dans le jardin et se diriger vers le tombeau, tout émue de sa course et de sa douleur. Elle était couverte de rosée ; son manteau était tombé de sa tête sur ses épaules, et ses longs cheveux dénoués et flottants. Comme elle était seule, elle n'osa pas d'abord descendre dans la grotte, mais elle s'arrêta un instant devant l'entrée ; elle s'agenouilla pour regarder jusque dans le tombeau à travers les portes, et comme elle rejetait en arrière ses longs y cheveux qui tombaient sur son visage, elle vit deux anges en vêtements sacerdotaux d'une blancheur éclatante, assis aux deux extrémités du tombeau, et entendit la voix de l'un d'eux qui lui disait : “ Femme, pourquoi pleures-tu ” ? Elle s'écria dans sa douleur (car elle ne voyait qu'une chose, n'avait qu'une pensée, à savoir que le corps de Jésus n'était plus là) : “ Ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où ils l'ont mis ”. Après ces paroles, ne voyant que le linceul vide, elle quitta le tombeau et se mit à chercher ça et là. Il lui semblait qu'elle allait trouver Jésus : elle pressentait confusément qu'il était près d'elle, et l'apparition même des anges ne pouvait la distraire, elle ils paraissait pas s'apercevoir que c'étaient des anges ; elle ne pouvait penser qu'à Jésus. “ Jésus n'est pas là ! où est Jésus ” ? Je la vis errer de côte et d'autre comme une personne qui aurait perdu son chemin. Sa chevelure tombait à droite et à gauche sur son visage. Une fois, elle prit tous ses cheveux à deux mains, puis elle les partagea en deux et les rejeta en arrière. C'est alors qu'en regardant autour d'elle, elle vit, à dix pas du tombeau, vers l'orient au lieu où le jardin monte vers la ville, une grande figure habillée de blanc apparaître entre les buissons, derrière un palmier, à la lueur du crépuscule, et comme elle courait de ce côté, elle entendit ces paroles : “ Femme, pourquoi pleures-tu ? qui cherches-tu ” ? Elle crut que c'était le jardinier ; et, en effet, celui qui lui parlait avait une bêche à la main, et sur la tête un large chapeau qui semblait fait d'écorce d'arbre. J'avais vu sous cette forme le jardinier de la parabole que Jésus avait racontée aux saintes femmes, à Béthanie, peu de temps avant sa passion. Il n'était pas resplendissant de lumière, mais semblable à un homme habillé de blanc qu'on verrait à la lueur du crépuscule. A ces paroles : “ Qui cherches-tu ” ?, elle répondit aussitôt : “ Si c'est vous qui l'avez enlevé, dites-moi où il est, et j'irai le prendre ”. Et elle se mit tout de suite à regarder de nouveau autour d'elle. C'est alors que Jésus lui dit avec son son de voix ordinaire : “  Marie ” ! Elle reconnut sa voix, et aussitôt, oubliant le crucifiement, la mort et la sépulture, elle se retourna rapidement, et lui dit comme autrefois : “ Rabboni (maître !) ” ! Elle tomba à genoux et étendit ses bras vers les pieds de Jésus. Mais le Sauveur l'arrêta d'un geste, et lui dit : “ Ne me touche pas ! car je ne suis pas encore monté vers mon Père, mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et leur Père, vers mon Dieu et leur Dieu ”. Alors il disparut. Il me fut expliqué pourquoi Jésus avait dit : “ Ne me touche pas ” ! mais je n'en ai plus un souvenir bien distinct. Je pense qu'il parla ainsi à cause de l'impétuosité de Madeleine, trop absorbée dans le sentiment qu'il vivait de la même vie qu'auparavant, et que tout était comme autrefois. Quant aux paroles de Jésus : " Je ne suis pas encore monté vers mon Père " , il me fut expliqué qu'il ne s'était pas encore présente à son Père céleste après sa résurrection, et qu'il ne l'avait pas encore remercié pour sa victoire sur la mort et pour l'oeuvre accomplie de la Rédemption. C'était comme s'il eût dit que les prémices de la joie appartenaient à Dieu, qu'elle devait d'abord se recueillir et remercier Dieu pour l'accomplissement du mystère de la Rédemption : car elle avait voulu embrasser ses pieds comme autrefois ; elle n'avait pense à rien qu'à son maître bien-aimé, et elle avait oublié, dans l'emportement de son amour, le miracle qui était sous ses yeux. Je vis Madeleine, après la disparition du Seigneur, se relever promptement, et, comme si elle avait fait un rêve, courir de nouveau au sépulcre. Là, elle vit les deux anges assis : ils lui dirent ce qu'ils avaient dit aux deux autres femmes touchant la résurrection de Jésus. Alors, sûrs du miracle et de ce qu'elle avait vu, elle se hâta de chercher ses compagnes, et elle les trouva sur le chemin qui menait au Calvaire ; elles y erraient de côté et d'autre, toutes craintives, attendant le retour de Madeleine et ayant une vague espérance de voir quelque part le Seigneur. Toute cette scène ne dura guère que deux minutes ; il pouvait être trois heures et demie du matin quand le Seigneur lui apparut, et elle était à peine sortie du jardin que Jean y entra, et Pierre un instant après lui. Jean s'arrêta à l'entrée du caveau ; se penchant en avant, il regarda par la porte entrouverte du tombeau et vit le linceul vide. Pierre arriva alors et descendit dans la grotte, jusque devant le tombeau : il y vit les linges repliés des deux côtés vers le milieu : les aromates y étaient enveloppées et la bande de toile roulée autour : le linge qui avait couvert la face était également plié et déposé à droite contre la paroi. Jean alors suivit de Pierre, vit tout cela et crut à la résurrection. Ce que Jésus leur avait dit, ce qui était dans les Ecritures devenait clair pour eux maintenant, et jusqu'alors ils ne l'avaient pas compris. Pierre prit les linges sous son manteau, et ils s'en revinrent en courant par la petite porte de Nicodème, Jean courut encore en avant de Pierre. J'ai vu le sépulcre avec eux et avec Madeleine, et chaque fois j'ai vu les deux anges assis à la tête et aux pieds, comme aussi tout le temps que le corps de Jésus fut dans le tombeau. Il me sembla que Pierre ne les vit pas. J'entendis plus tard Jean dire aux disciples d'Emmaüs que, regardant d'en haut, il avait aperçu un ange. Peut-être l'effroi que lui causa cette vue fut-il cause qu'il se laissa devancer par Pierre, et peut-être aussi n'en parle-t-il pas dans son Evangile par humilité, pour ne pas dire qu'il a vu plus que Pierre. Je vis en ce moment seulement les gardes étendus par terre se relever et reprendre leurs piques et leurs lanternes. Ces dernières, placées sur des perches à l'entrée de la grotte, avaient quelque peu éclairé l'intérieur. Les gardes, frappés de stupeur, sortirent en hâte du jardin et gagnèrent la porte de la ville. Pendant ce temps, Madeleine avait rejoint les saintes femmes, et leur racontait qu'elle avait vu la Seigneur dans le jardin, et ensuite les anges. Ses compagnes lui répondirent qu'elles avaient aussi vu les anges. Madeleine courut alors à Jérusalem, et les saintes femmes retournèrent du côté du jardin où elles croyaient peut-être trouver les deux apôtres. Je vis les gardes passer devant elles et leur adresser quelques paroles. Comme elles approchaient du jardin, Jésus leur apparut revêtu d'une longue robe blanche qui couvrait jusqu'à ses mains, et leur dit : “ Je vous salue ”.  Elles tressaillirent, tombèrent à ses pieds et semblèrent vouloir les embrasser ; toutefois je ne me rappelle pas bien distinctement cette dernière circonstance. Je vis que le Seigneur leur adressa quelques paroles, sembla leur indiquer quelque chose avec la main, et disparut. Alors elles coururent en hâte au Cénacle, et rapportèrent aux disciples qu'elles avaient vu le Seigneur et ce qu'il leur avait dit. Ceux-ci d'abord ne voulaient croire ni elles, ni Madeleine, et traitèrent tout ce qu'elles leur dirent d'imaginations de femmes jusqu'au retour de Pierre et de Jean. Comme Jean et Pierre que l'étonnement avaient rendus tout pensifs s'en revenaient, ils rencontrèrent Jacques le Mineur et Thaddée qui avaient voulu les suivre au tombeau, et qui étaient aussi très émus, car le Seigneur leur était apparu prés du Cénacle. l'avais aussi vu Jésus passer devant Pierre et Jean, et Pierre me parut l'avoir aperçu, car il sembla saisi d'une terreur subite. Je ne sais pas si Jean le reconnut. Dans ces visions relatives à la Résurrection, je vis souvent, soit à Jérusalem, soit ailleurs, le Seigneur Jésus au d'autres apparitions en présence de diverses personnes, sans remarquer que celles-ci le voient aussi. Quelquefois je vois les uns frappés d'un effroi soudain et saisis d'étonnement, tandis que les autres restent indifférents. Il me semble que je vois toujours le Seigneur, mais je remarque en même temps que les hommes ne le voyaient alors qu'à certains moments. Je vis de même continuellement les deux anges en habits sacerdotaux se tenir dans l'intérieur du sépulcre, à partir du moment où le Seigneur y fut déposé ; je vis aussi que les saintes femmes, tantôt ne les voyaient pas, quelquefois n'en voyaient qu'un, tantôt les voyaient tons doux. Les anges qui parlèrent aux femmes étaient les anges du tombeau. Un seul d'entre eux leur parla, et comme la porte n'était qu'entrouverte, elles ne virent pas l'autre. L'ange qui descendit comme un éclair, rejeta la pierre du tombeau et s'assit dessus, parut sous la figure d'un guerrier. Cassius et les gardes le virent au commencement assis sur la pierre. Les anges- qui parlèrent ensuite étaient les auges du tombeau ou l'un d'eux. Je ne me souviens plus pour quelle raison tout cela se fit ainsi : quand je le vis, je n'en fus pas surprise, car alors ces choses paraissent toutes simples et rien ne semble étrange.

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Rapport des gardes sur le tombeau

Cassius était venu trouver Pilate environ une heure après la résurrection. Le gouverneur romain était encore couché, et on fit entrer Cassius prés de lui. Il lui raconta tout ce qu'il avait vu avec une grande émotion, lui parla du rocher ébranlé, de la pierre repoussés par un ange, des linceuls restés vides : il ajouta que Jésus était certainement le Messie et le Fils de Dieu, qu'il était ressuscité et qu'il n'était plus là. Il parla encore de diverses autres choses qu'il avait vues. Pilate écouta ce récit avec une terreur secrète, mais il n'en laissa rien voir, et dit à Cassius : “ Tu es un superstitieux, tu as follement agit en allant te mettre près du tombeau du Galiléen ; ses dieux ont pris avantage sur toi, et t'ont fait voir toutes ces visions fantastiques ; je te conseille de ne pas raconter cela aux Princes des prêtres, car ils te feraient un mauvais parti ”. Il fit aussi semblant de croire que le corps de Jésus avait été dérobé par ses disciples et que les gardes racontaient la chose autrement, soit pour s'excuser et cacher leur négligence, soit pares qu'ils avaient été trompés par des sortilèges. Quand il eût parlé quelque temps sur ce ton, Cassius le quitta, et Pilate alla sacrifier à ses dieux. Quatre soldats vinrent bientôt faire le même récit à Pilate ; mais il ne s'expliqua pas avec eux et les renvoya à Caiphe. Je vis une partie de la garde dans une grande cour voisine du Temple où étaient rassemblés beaucoup de vieux Juifs. Après quelques délibérations, on prit les soldats un à un, et, à force d'argent et de menaces, on les poussa à dire que les disciples avaient enlevé le corps de Jésus pendant leur sommeil. Ils objectèrent d'abord que leurs compagnons qui étaient allés chez Pilate les contrediraient, et les Pharisiens leur promirent d'arranger la chose avec le gouverneur. ! Mais lorsque les quatre gardes arrivèrent, ils ne voulurent pas dire autrement qu'ils n'avaient fait chez Pilate. Le bruit s'était déjà répandu que Joseph d'Arimathie était sorti miraculeusement de sa prison, et comme les Pharisiens donnaient à entendre que ces soldats avaient été subornés pour laisser enlever le corps de Jésus et leur faisaient de grandes menaces, s'ils ne le représentaient pas, ceux-ci répondirent qu'il ne pouvaient pas plus représenter ce corps, que les gardes de la prison ne pouvaient représenter Joseph d'Arimathie. Ils persévérèrent dans leurs dires et parlèrent si librement du jugement inique de l'avant veille, et de la manière dont la Pâque avait été interrompue. qu'on les arrêta et qu'on les mit en prison. Les autres répandirent le bruit que Jésus avait été enlevé par ses disciples et ce mensonge fut propagé par les Pharisiens, les Sadducéens et les Hérodiens : il eut cours dans toutes les synagogues où on l'accompagna d'injures contre Jésus. Toutefois cette imposture ne réussit pas généralement, car après la résurrection de Jésus, beaucoup de justes de l'ancienne loi apparurent de nouveau à plusieurs de leurs descendants qui étaient encore capables de recevoir la grâce, et les poussèrent à se convertir à Jésus. Plusieurs disciples qui s'étaient dispersés dans le pays et dont le courage était abattu, virent aussi des apparitions semblables qui les consolèrent et les confirmèrent dans la foi. L'apparition des morts qui sortirent de leurs tombeaux après la mort de Jésus ne ressemblait en rien à la résurrection du Seigneur. Jésus ressuscita avec son corps renouvelé et glorifié, qui n'était plus sujet à la mort et avec lequel il monta au ciel sous les yeux de ses amis. Mais ces corps sortis du tombeau n'étaient que des cadavres sans mouvement, donnés un instant pour vêtement aux âmes qui les avait habités, et qu'elles replacèrent dans le sein de la terre, d'où ils ne ressusciteront comme nous tous qu'au jugement dernier. Ils étaient moins ressuscités d'entre les morts que Lazare qui vécut réellement et dut mourir une seconde fois.

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Le Christ est Ressuscité

Alléluia! Alléluia!

1 mai 2010

Litanies en l'honneur du Saint Suaire

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Le Saint-Suaire, icône de la souffrance


« Le regard fixé sur le Saint-Suaire, je voudrais vous saluer tous cordialement, fidèles de l’Église de Turin, et pèlerins qui êtes venus de toutes les parties du monde, pendant cette période d’ostension, pour contempler un des signes les plus bouleversants de l’amour souffrant du Rédempteur. En entrant dans la cathédrale, qui montre encore les blessures causées par le terrible incendie de l’année dernière, je me suis arrêté en adoration devant l’Eucharistie, le sacrement qui est au centre des attentions de l’Église et qui, sous d’humbles apparences, garde la présence véritable, réelle et substantielle du Christ. À la lumière de la présence du Christ au milieu de nous, je me suis ensuite arrêté devant le Saint-Suaire, le précieux Linge de lin qui peut nous aider à mieux comprendre le mystère de l’amour du Fils de Dieu pour nous.

 

Ce linge sacré et l’histoire de Jésus

Devant le Saint-Suaire, image intense et poignante d’un supplice inénarrable, je veux rendre grâce au Seigneur pour ce don singulier qui demande au croyant attention amoureuse et pleine disponibilité pour marcher à la suite du Seigneur. Le Saint-Suaire est provocation à l’intelligence. Il exige avant tout un effort de tout homme, en particulier du chercheur, pour recevoir avec humilité le profond message adressé à sa raison et à sa vie. La mystérieuse fascination qu’exerce le Saint-Suaire pousse à poser des questions sur le rapport existant entre ce Linge sacré et l’histoire de Jésus. Puisqu’il ne s’agit pas d’une matière de foi, l’Église n’a pas de compétence spécifique pour se prononcer sur ces questions. Elle confie aux scientifiques la tâche de continuer à enquêter pour arriver à formuler des réponses adéquates aux interrogations liées à ce Suaire qui, selon la tradition, aurait enveloppé le corps de notre Rédempteur après qu’il eut été déposé de la Croix. L’Église les exhorte à affronter l’étude du Saint-Suaire sans positions préconçues, qui donneraient pour certains des résultats qui ne le sont pas ; elle invite les hommes de science à agir dans la liberté intérieure et avec un profond respect aussi bien de la méthodologie scientifique que de la sensibilité des croyants.

 

Le Suaire, miroir des récits évangéliques

Ce qui compte surtout pour le croyant, c’est que le Saint-Suaire soit un miroir de l’Évangile. En effet, si l’on réfléchit à ce Linge sacré, on ne peut faire abstraction de cette considération : l’image qu’il présente a un rapport si profond avec tout ce que racontent les Évangiles de la Passion et de la mort de Jésus que tout homme sensible se sent touché intérieurement et profondément ému lorsqu’il la contemple. Celui qui l’approche est par ailleurs conscient que le Saint-Suaire ne garde pas pour lui le coeur des hommes, mais renvoie à Celui à qui la Providence aimante du Père l’a donné. Aussi est-il juste d’avoir conscience du caractère sacré de cette image, que tous voient et que personne ne peut, pour l’instant, expliquer. Pour toute personne qui réfléchit, elle est un motif de réflexions profondes, qui peuvent en arriver à concerner sa propre vie. Le Saint-Suaire constitue ainsi un signe vraiment singulier qui renvoie à Jésus, Parole véritable du Père, et qui invite à modeler notre existence sur celle de Celui qui s’est donné lui-même pour nous. Dans le Saint-Suaire se reflète l’image de la souffrance humaine. Il rappelle à l’homme moderne, souvent distrait par le bien-être et les conquêtes technologiques, le drame de tant de nos frères, et il l’invite à s’interroger sur le mystère de la souffrance pour en approfondir les causes. L’empreinte du corps martyrisé du Crucifié, en témoignant de l’effrayante capacité qu’a l’homme d’infliger la souffrance et la mort à ses semblables, devient comme l’icône de la souffrance de l’innocent de tous les temps : des innombrables tragédies qui ont marqué l’histoire passée, et des drames qui continuent à se produire dans le monde.

 

Sortir de notre égoïsme

Devant le Saint-Suaire, comment ne pas penser à des millions d’hommes qui meurent de faim, aux horreurs perpétrées dans les si nombreuses guerres qui ensanglantent les nations, à l’exploitation brutale de femmes et d’enfants, aux millions d’êtres humains qui vivent dans les privations et les humiliations en marge des métropoles, spécialement dans les pays en voie de développement ? Comment ne pas rappeler avec amertume et compassion tous ceux qui ne peuvent pas jouir des droits civils élémentaires, les victimes de la torture et du terrorisme, les esclaves d’organisations criminelles ? En évoquant ces situations dramatiques, le Saint-Suaire nous pousse non seulement à sortir de notre égoïsme, mais il nous porte à découvrir le mystère de la souffrance qui, sanctifiée par le sacrifice du Christ, engendre le salut pour toute l’humanité. Le Saint-Suaire est aussi l’image de l’amour de Dieu, tout comme celle du péché de l’homme. Il invite à redécouvrir la cause ultime de la mort rédemptrice de Jésus. Dans l’incommensurable souffrance qu’il atteste, l’amour de celui qui « a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Jn 3, 16) se rend presque palpable et manifeste ses surprenantes dimensions. Devant lui, les croyants ne peuvent pas ne pas s’exclamer en toute vérité : « Seigneur, tu ne pouvais pas m’aimer davantage ! », et se rendre compte aussitôt que le responsable de cette souffrance, c’est le péché : ce sont les péchés de tout être humain. En nous parlant d’amour et de péché, le Saint-Suaire nous invite tous à imprimer dans notre esprit le visage de l’amour de Dieu, pour en exclure l’effrayante réalité du péché. La contemplation de ce Corps martyrisé aide l’homme contemporain à se libérer de la superficialité et de l’égoïsme avec lesquels, bien souvent, il traite de l’amour et du péché. Faisant écho à la Parole de Dieu et aux siècles de conscience chrétienne, le Saint-Suaire murmure : crois en l’amour de Dieu, le plus grand trésor qui ait été donné à l’humanité, et fuis le péché, le plus grand malheur de l’histoire.

 

Une image de l’impuissance et du silence

Le Saint-Suaire est aussi l’image d’une impuissance : l’impuissance de la mort, par laquelle se révèle la conséquence extrême du mystère de l’Incarnation. Le drap du Saint-Suaire nous pousse à nous mesurer avec l’aspect le plus troublant du mystère de l’Incarnation, qui est aussi celui qui montre avec quelle vérité Dieu s’est vraiment fait homme, prenant notre condition en toute chose, à l’exception du péché. Chacun est profondément ému à la pensée que le Fils de Dieu n’a pas, lui non plus, résisté à la force de la mort, mais nous sommes tous touchés à la pensée qu’il a tellement participé à notre condition humaine qu’il a voulu se soumettre à l’impuissance totale du moment où la vie s’éteint. C’est l’expérience du samedi saint, passage important du chemin de Jésus vers la Gloire, d’où se dégage un rayon de lumière qui affecte la souffrance et la mort de tout homme. En nous rappelant la victoire du Christ, la foi nous communique la certitude que le sépulcre n’est pas le but ultime de l’existence. Dieu nous appelle à la résurrection et à la vie immortelle. Le Saint-Suaire est une image du silence. C’est le silence tragique de ce qui est incommunicable, qui trouve dans la mort sa plus haute expression, et c’est le silence de la fécondité, qui appartient à celui qui renonce à se faire entendre pour atteindre, au plus profond, les racines de la vérité et de la vie. Le Saint-Suaire exprime non seulement le silence de la mort, mais aussi le silence courageux et fécond du dépassement de l’éphémère, grâce à l’immersion totale dans l’éternelle actualité de Dieu. Il donne ainsi l’émouvante confirmation du fait que la toute-puissance de notre Dieu n’est arrêtée par aucune force du mal, mais sait au contraire changer en bien la force même du mal. Notre temps a besoin de redécouvrir la fécondité du silence, pour surmonter la dissipation des sons, des images, des bavardages qui, trop souvent, empêchent d’entendre la voix de Dieu.

 

L’amour vainqueur du désespoir

Bien chers frères et sœurs, votre archevêque, le cher cardinal Giovanni Saldarini, Gardien pontifical du Saint-Suaire, a proposé comme mot d’ordre de cette ostension solennelle ces paroles : « Tous les hommes verront ton salut ». Oui, le pèlerinage que des foules nombreuses entreprennent vers cette Ville est vraiment une « venue pour voir » ce signe tragique et éclairant de la Passion, qui annonce l’amour du Rédempteur. Cette icône du Christ abandonné dans la condition dramatique et solennelle de la mort, qui est depuis des siècles l’objet de représentations significatives et qui est, depuis cent ans, grâce à la photographie, répandue sous la forme d’innombrables reproductions, nous exhorte à aller au coeur du mystère de la vie et de la mort pour découvrir le grand et consolant message qu’il renferme. Le Saint-Suaire nous présente Jésus au moment de sa plus grande impuissance et il nous rappelle que le salut du monde entier se trouve dans l’anéantissement de cette mort. Le Saint-Suaire devient ainsi une invitation à vivre toute expérience, y compris celle de la souffrance et de la suprême impuissance, avec l’attitude de celui qui croit que l’amour miséricordieux de Dieu vainc toute pauvreté, toutes limites, toute tentation de désespoir. Que l’Esprit de Dieu, qui habite en nos coeurs, suscite en chacun de nous le désir et la générosité nécessaires pour recevoir le message du Saint-Suaire, et pour en faire le critère qui inspire notre existence. Âme du Christ, sanctifie-moi! Corps du Christ, sauve-moi! Passion du Christ, réconforte-moi! Dans tes blessures, cache-moi ! ».

 

(Vénérable Jean Paul II, le  24 mai 1998)

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Litanies en l'honneur du Saint Suaire


Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, écoutez-nous.

Christ, exaucez-nous.

Dieu le Père, du haut des cieux, ayez pitié de nous.

Dieu le Fils, Rédempteur du monde, ayez pitié de nous.

Dieu le Saint-Esprit, ayez pitié de nous.

Trinité sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.


Sainte Marie, conçue sans péché, priez pour nous.

Relique des reliques, préservez-nous de la mauvaise mort.

Suaire de la tète de Notre-Seigneur Jésus-Christ, préservez-nous de la mauvaise mort.

Suaire, que Marie-Madeleine et les deux anges virent dans le sépulcre, préservez-nous de la mauvaise mort.

Suaire, que saint Jean vit dans le monument séparé des autres linges, préservez-nous de la mauvaise mort.

Suaire d'honneur, préservez-nous de la mauvaise mort.

Suaire, fait par les mains de la Bienheureuse Vierge Marie,

Suaire royal,

Suaire, vêtement précieux,

Suaire, où reposa après sa mort la chair immaculée du roi du monde,

Suaire, notre louange,

Suaire, notre salut,

Suaire, notre joie,

Suaire, notre sanctuaire,

Suaire, tabernacle du Pasteur des pasteurs,

Suaire, sépulcre nouveau et pur du Seigneur,

Suaire, sépulcre glorieux,

Suaire, sépulcre précieux,

Suaire, sépulcre adorable,

Suaire, sépulcre vénérable,

Suaire, sépulcre digne d'honneur,

Suaire, trône du pacifique Salomon,

Suaire, couche fleurie de l'épouse,

Suaire, couche de Salomon gardée par soixante vaillants,

Suaire, où l'Agneau sans tache, le Christ immolé, a reposé pendant trois jours,

Suaire, tabernacle d'alliance,

Suaire, arche du Testament,

Suaire, miroir de patience,

Suaire, miroir d'obéissance,

Suaire, miroir de pauvreté,

Suaire, miroir de pitié,

Suaire, miroir insigne de dévotion,

Suaire, miroir de la mort du Christ,

Suaire, plein d'amabilité,

Suaire, plein de célébrité,

Suaire, orné de miracles,

Suaire, faisant des prodiges,

Suaire, lumière des aveugles,

Suaire, oreille des sourds,

Suaire, langue des muets,

Suaire, bâton des boiteux,

Suaire, médecine des infirmes,

Suaire, salut des malades,

Suaire, consolation de ceux qui souffrent,

Suaire, qui chasse la peste,

Suaire, soutien des obsédés,

Suaire, terreur des démons,

Suaire, résurrection des morts,

Suaire incorruptible, que le feu ne toucha pas,

Suaire, drapeau triomphant,

Suaire impénétrable aux traits,

Suaire, bouclier du salut,

Suaire, fort inexpugnable,

Suaire, honneur des princes,

Suaire, magnificence, des rois,

Suaire, gloire des peuples,

Suaire, trésor des chrétiens,

Suaire, semblable au sein de Marie,

Suaire, rempli de grâces,

Suaire, gardant le Seigneur,

Suaire, avec nous dans la vertu,

Suaire, avec nous dans le combat,

Suaire, avec nous dans le secours,

Suaire, miroir de la divine justice,

Suaire, paradis de délices,

Suaire, jardin fermé de l'Epoux et de l'Epouse,

Suaire, rempli de parfums,

Suaire, répandant l'odeur du baume,

Suaire, précieux comme l'encens,

Suaire, empourpré de sang,

Suaire, qui donne la componction à l'âme,

Suaire, pressoir de la charité,

Suaire, manteau d'Elie laissé sur la terre,

Suaire, où le Christ en mourant a détruit la mort,

Suaire, où en ressuscitant il a réparé notre vie,

Suaire, d'où il est monté des enfers en vainqueur,

Suaire, cause de notre joie,

Suaire, siège de sagesse,

Suaire, escabeau des pieds du Christ,

Suaire, corporal très sacré,

Suaire, où reposa l'humanité du Christ,

Suaire, robe d'allégresse,

Suaire, gage de la gloire éternelle,

Suaire, notre ombrage au jour du jugement,

Suaire, doux rafraîchissement,

Suaire, repos de ceux qui sont dans la tribulation,

Suaire, refuge des affligés,

Suaire, consolation des malheureux,

Suaire, port des naufragés,

Suaire, voile des matelots,

Suaire, espoir de l'Eglise,

Suaire, couronne des Chrétiens,

Suaire, défense des royaumes,

Suaire, protection de tous ceux qui recourent à vous,

 

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.


Prions


O Seigneur Jésus, qui, parmi les insignes marques de votre amour, nous avez laissé le très saint Suaire, accordez-nous, qu'après l'avoir vénéré sur la terre, nous puissions mériter votre gloire dans le ciel. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Sindone

Suaire de Notre Seigneur Jésus-Christ,  préservez-nous.

Suaire de Notre Seigneur Jésus-Christ,  préservez-nous.

Suaire de Notre Seigneur Jésus-Christ,  préservez-nous.

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8 avril 2010

Le Chapelet de Notre Dame des Sept Douleurs

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Le Chapelet de Notre Dame des Sept Douleurs


Manière de le réciter


On doit d'abord se recueillir en se rappelant quelque circonstance des douleurs de la très Sainte Vierge, et en produisant du fond de son cœur un acte de contrition. On commence ensuite par réciter le Venez Esprit Créateur; le Notre Père et les trois je Vous salue Marie qui suivent les Septaines, se récitent pour honorer les larmes que répandit la Mère de Dieu dans ses douleurs, et afin d'obtenir, par son intercession, que nous en répandions de semblables pour nos péchés.


Acte de contrition


Je confesse à Dieu tout-puissant, je reconnais devant mes frères, que j'ai péché en pensée, en parole, par action et par omission. Oui, j'ai vraiment péché. C'est pourquoi je supplie la Vierge Marie, les anges et tous les saints, et vous aussi, mes frères, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.


Venez Esprit Créateur


Venez, Esprit Créateur, visitez l'âme de vos fidèles, emplissez de la grâce d'En-Haut les cœur que Vous avez créés. Vous que l'on nomme le Conseiller, le Don du Dieu Très Haut, Source Vive, feu, charité, invisible consécration. Vous êtes l'Esprit aux sept dons, le doigt de la main du Père, l'Esprit de vérité promis par le Père, c'est Vous qui inspirez nos paroles. Allumez en nous Votre Lumière, emplissez d'amour nos cœurs, affermissez toujours de Votre Force la faiblesse de notre corps. Repoussez l'ennemi loin de nous, donnez-nous Votre Paix sans retard, pour que, sous Votre  conduite et Votre conseil, nous évitions tout mal et toute erreur. Faites-nous connaître le Père, révélez-nous le Fils, et Vous, leur commun Esprit, faites-nous toujours croire en Vous. Gloire soit à Dieu le Père, au Fils ressuscité des morts, à l'Esprit Saint Consolateur, maintenant et dans tous les siècles. Amen.


Offrande du Chapelet


O Vierge sans tache! Mère désolée et plongée dans un océan d'amertumes et d'angoisses, je supplie très humblement votre cœur abattu et navré de douleur, de m'obtenir de votre divin Fils la grâce de contempler les mystères douloureux qui sont proposés ici dans la sainte Couronne, et d'acquérir les faveurs promises à tous ceux qui s'appliquent dévotement à ce saint exercice.

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Première Douleur

La prophétie de Syméon


Le saint vieillard Syméon ayant le bonheur de reconnaître dans l'Enfant Jésus le Sauveur du monde, et le tenant entre ses bras le jour de la présentation au temple, prédit à Marie qu'un glaive de douleur transpercerait son âme au sujet de ce divin Fils. O très-Sainte Mère! je prends part à la cruelle peine que vous fit éprouver la prophétie du saint vieillard Symèon; obtenez-moi la grâce de conserver précieusement au fond de mon cœur, à votre exemple, le souvenir de la Passion et de la mort de mon Sauveur, pour détester mes péchés qui en ont été la cause!


Un Notre Père, sept je vous salue Marie à Notre Dame des Douleurs:


Je vous salue Marie, Mère pleine de douleurs, le Seigneur crucifié est avec vous. Vous êtes éplorée entre toutes les femmes, et Jésus le fruit béni de vos entrailles, est éploré. Sainte Marie, Mère de Jésus crucifié, donnez nous vos larmes, nous qui avons crucifié Votre fils, maintenant et à l’heure de notre mort! Amen. (Saint Bonaventure)

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Deuxième Douleur

La fuite en Egypte


Marie est obligée de fuir en Egypte emportant son divin Enfant. Considérez les. circonstances de ce pénible et douloureux voyage! C'est au milieu de la nuit que l'ordre en est donné... C'est vers des lieux bien éloignés que Marie va porter ses pas,,. C'est au moment d'une saison rigoureuse et dans une extrême pauvreté, que la faible Vierge va se mettre en marche. O divine Marie! je m'afflige du cruel exil que vous fit souffrir la persécution d'Hérode, pendant lequel vous éprouvâtes tant de peines, de misère et de pauvreté. Faites, ô Mère de douleurs! que je sois délivré de la persécution de mes ennemis, et qu'à votre exemple je sois pénétré de résignation et de patience dans toutes les épreuves qu'il plaira au Seigneur de m'envoyer.


Un Notre Père, sept je vous salue Marie à Notre Dame des Douleurs.

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Troisième Douleur

Le recouvrement de Jésus au Temple


Marie désolée, cherche pendant trois jours son divin Fils, qui, à l'âge de douze ans, était resté à Jérusalem dans le temple, au milieu des docteurs de la loi. Suivez cette bonne Mère, et, à son exemple, cherchez Jésus avec douleur et empressement. O tendre Mère! je m'unis aux excessives douleurs que vous ressentîtes en cherchant votre divin Fils, Hélas! combien de fois je l'ai perdu par ma faute, cet aimable Sauveur! Faites, ô Mère de pitié! que, par les larmes abondantes que vous avez répandues, je le retrouve une fois pour toujours ce tendre Maître, et que je ne me sépare jamais de lui.


Un Notre Père, sept je vous salue Marie à Notre Dame des Douleurs.

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Quatrième Douleur

Marie voit son Fils chargé de la Croix


Marie rencontre son divin Fils dans sa Passion, portant sa croix et montant au Calvaire. Quelle cruelle circonstance pour une aussi tendre Mère!.... Méditez... et compatissez. O divine Marie! je m'associe à cette profonde douleur dans laquelle vous fûtes submergée en voyant votre Fils adorable chargé de sa croix, et succombant sous cet énorme fardeau sans pouvoir le soulager! Quel affreux supplice pour une mère! Faites, ô très Sainte Vierge! que pour vous honorer dans ce mystère, je supporte avec patience et résignation les croix qui me seront imposées par la divine Providence.


Un Notre Père, sept je vous salue Marie à Notre Dame des Douleurs.

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Cinquième Douleur

Marie au pied de la Croix


Marie voit son adorable Fils élevé sur la croix, versant son sang pour le salut des hommes, et souffrant les tortures les plus cruelles. Placez-vous, comme elle, au pied de la croix, et associez-vous à ses douleurs. O très-douloureuse Mère! dans quel affreux supplice votre cœur a dû être plongé en voyant ce divin Fils cloué sur la croix! Combien je désire participer à vos douleurs! C'est pour l'amour de moi que ce tendre Sauveur a voulu supporter de si horribles tourments! O Reine des Martyrs! je vous supplie, par la tendresse de votre cœur, de m'obtenir la grâce de vivre crucifié au monde et à .moi-même, et de déposer au pied de la Croix de votre divin Fils toutes mes afflictions.


Un Notre Père, sept je vous salue Marie à Notre Dame des Douleurs.

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Sixième Douleur

Jésus, descendu de la Croix, est remis à Marie


Marie reçoit le corps de Jésus au moment où on le détache de la croix... Quel spectacle pour cette divine Mère!... Soutenez avec Marie ce dépôt sacré, et arrosez-le de vos larmes; ses blessures vous ont rendu la vie! O la plus affligée des mères! vous recevez entre vos bras le corps sacré de votre cher Fils, tout couvert de plaies et entièrement défiguré par les horreurs de la mort. Faites, ô Mère de douleurs! que je participe à vos angoisses, et que tout le feu de mes passions s'éteigne en méditant l'affreux état où mes péchés ont réduit mon Sauveur sur la croix.


Un Notre Père, sept je vous salue Marie à Notre Dame des Douleurs.

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Septième Douleur

Marie au Tombeau de Jésus


Marie voit mettre dans le tombeau lé Corps adorable du Sauveur; elle en est entièrement séparée... Quelle désolation: et quelles angoisses pour son cœur maternel! Offrez-vous à cette incomparable Reine des Martyrs et que votre fidélité à la servir ne s'altère jamais. O la plus affligée des mères! je m'unis aux amertumes et aux angoisses que vous éprouvâtes lorsque vous fûtes entièrement privée du corps de votre divin Fils; au moment de sa sépulture, votre âme resta alors comme ensevelie dans un océan de douleur; d'épaisses ténèbres l'enveloppèrent de toutes parts, et le glaive le plus déchirant perça d'outre en outre votre cœur maternel. Obtenez-moi, ô divine Mère, par les mérites de vos inexprimables douleurs, le pardon de toutes mes fautes, et à l'heure de ma mort, protégez-moi par votre présence, et conduisez-moi dans le séjour de la gloire.


Un Notre Père, sept je vous salue Marie à Notre Dame des Douleurs.

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Le Chapelet terminé, on peut réciter le Stabat Mater:


La Mère de Jésus au pied de la Croix où son Fils est attaché, sent au-dedans d'elle-même la plus vive de toutes les amertumes.

C'est là que son âme est percée du glaive de douleur, que le saint vieillard Syméon lui avait prédit.

Quelle tristesse s'empare de cette sainte Mère du Fils unique de Dieu,

Lorsqu'elle voit souffrir le plus honteux supplice à un Fils qu'elle sait être le Dieu de gloire!

Qui pourrait retenir ses larmes, en voyant la Mère de Jésus-Christ dans cet excès de douleur?

Qui pourrait demeurer insensible, en considérant cette tendre Mère souffrant avec son Fils?

Elle voit Jésus dans les tourments pour les péchés de sa nation; elle voit son corps déchiré à coups de fouets.

Ce Fils qu'elle aime uniquement, elle le voit dans la dernière agonie, abandonné de tout le monde, expirer sur une croix.

O Mère pleine d'amour! obtenez-moi la grâce de sentir les traits qui vous percent; faites, par vos prières, que je partage avec vous la douleur qui vous pénètre.

Faites que mon cœur soit embrasé de l'amour de Jésus-Christ, en sorte que je ne pense plus qu'à lui plaire.

Chaste Mère d'un Dieu attaché pour moi sur la croix, demandez-lui qu'il imprime profondément ses plaies dans mon cœur.

Daignez partager avec moi les tourments de ce Fils adorable, qui veut bien souffrir la mort pour me racheter.

Demandez-lui qu'il me fasse sincèrement compatir toute ma vie aux douleurs qu'il endure sur la croix.

Mon désir le plus ardent est de me tenir avec vous auprès de cette croix, et de l'arroser de mes larmes.

Vierge incomparable , montrez-vous sensible à mes vœux, et obtenez-moi la grâce de pleurer avec vous.

Que votre divin Fils me fasse sans cesse porter sa croix et sa mort, et qu'il grave dans ma mémoire les tourments et l'ignominie de sa Passion.

Qu'il me blesse de ses blessures, et que son amour me fasse boire, comme un vin délicieux, les amertumes de sa croix.

Que cet amour embrase mon cœur, et que votre protection puissante obtienne pour moi le salut éternel au jour du jugement.

Que la croix de votre Fils soit ma défense; que sa mort soit ma sûreté, et que sa grâce soit mon soutien.

Et quand mon corps mourra, obtenez à mon âme la gloire de la félicité, du ciel.


O vous tous, qui passez par le chemin,

Considérez et voyez s'il y a une douleur comme la mienne.


Prions


Nous vous supplions, Seigneur, que la bienheureuse Vierge Marie, votre sainte Mère, dont l'âme a été percée par un glaive de douleur au temps de votre Passion, intercède pour nous auprès de votre clémence, maintenant et à l'heure de notre mort. Vous qui vivez et régnez dans l'unité du Saint-Esprit. Amen.

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2 avril 2010

Semaine Sainte 2010, Vendredi Saint 2/2

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Semaine Sainte 2010

 

Vendredi Saint

Textes extrait des révélations de Maria d'Agreda

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Jésus monte au Calvaire, sa mort


 

L'injuste sentence étant pr6noncée, ils amenèrent Jésus de Nazareth un peu à l'écart, et le dépouillèrent des ignominieux haillons de pourpre pour le revêtir de ses propres habits, avec la couronne d'épines, afin qu'on le reconnût. La ville était remplie de monde, à cause du concours d'étrangers venus à la grande fête de Pâques, ils accoururent donc tous pour voir ce qui se passait et ils remplirent les rues jusqu'au palais de Pilate. Jésus apparut au milieu de tout ce peuple, à la vue d'un si pitoyable spectacle, il s'éleva un bruit comme un murmure confus, ou l'on ne distinguait que la joie insolente et les injures des princes des prêtres et des pharisiens. Le reste de la multitude était divisé en sentiments et en opinions diverses et tout était plein de confusion suivant les pensées de chacun. Il y en avait dans la foule plusieurs qui avaient été guéris par les miracles de Jésus, d'autres qui avaient entendu sa doctrine et l'avaient embrassée, et ils le plaignaient amèrement, d'autres gardaient le silence, on ne voyait donc que confusion. Des onze apôtres, saint Jean seulement était présent, lorsqu'il vit son bien-aimé Seigneur et son maître, amené publiquement pour être crucifié, son coeur fut transpercé d'une si cruelle douleur qu'il perdit connaissance et resta sans mouvement et sans pouls comme s'il eût été privé de vie, et les autres Maries eurent aussi une défaillance semblable à la mort. La reine des vertus fut invincible et conserva toujours un coeur magnanime dans sa plus grande douleur, elle ne s'évanouit jamais et n'eut aucune défaillance comme les autres. Elle fut en tout forte, admirable et prudente dans toutes ses actions extérieures, elle agit avec tant de sagesse que sans faire entendre aucune plainte ni pousser aucun cri elle ranima les Maries et saint Jean et elle pria, le Seigneur de les fortifier, par sa divine vertu, et par l'efficacité de ses saintes prières, ils reprirent de nouvelles forces. Au milieu de cette confusion et dans son immense douleur, elle ne fit jamais une action ni un mouvement où ne respirât la modestie, mais avec la sérénité d'une reine elle répandait des larmes continuelles, et était attentive au divin Jésus, elle priait le Père, éternel, lui offrait les souffrances et la passion de son fils et elle imitait les actes intérieurs que faisait le sauveur. Elle considérait la grande malice du péché, pénétrait les mystères de la rédemption et invitait les anges à louer et à adorer le Très-Haut, elle priait aussi pour les amis, pour les ennemis. Son amour s'élevait à son plus haut degré et elle éprouvait une douleur qui correspondait à son amour, c'est pourquoi elle pratiquait en mène temps toutes les vertus à la grande admiration des esprits célestes et l'extrême complaisance de. la très-sainte Trinité. En présence d'une foule immense, les bourreaux présentèrent la croix à Jésus et la mirent sur ses délicates toutes couvertes de plaies , et afin qu'il pût la porter ils lui délièrent les mains, mais non le reste du corps. Ils lui mirent la chaîne autour du cou et lui lièrent le corps avec de longues cordes, et avec une ils le tiraient par devant et avec l'autre par derrière. La croix était d'un bois très-pesant et longue de quinze pieds. Le héraut avec une trompette marcha au-devant pour lire la sentence, et toute cette multitude de peuple confuse et bruyante, les bourreaux et les soldats, se mirent en mouvement avec des railleries, des rires, des cris et un grand bruit, dans un désordre effroyable, pour aller à travers les rues de Jérusalem, du palais de Pilate au mont du Calvaire. Notre-Seigneur commença le douloureux voyage au milieu de mille injures, plusieurs fois il tomba par terre parce que les uns le tiraient par-devant et les autres par-derrière, et aussi à cause de la charge pesante de la croix. Dans ses diverses chutes à terre le rédempteur se fit de nouvelles et nombreuses plaies qui lui causèrent une immense douleur, mais surtout celles des deux genoux. Le poids si lourd de la croix lui fit encore une grande plaie à l'épaule sur laquelle elle s'appuyait, et en le secouant et en le tirant avec violence il heurtait fréquemment la tête contre la croix et chaque coup faisait pénétrer plus profondément les épines dans le crâne, ce qui faisait éprouver une insupportable et nouvelle douleur au rédempteur. Toute la foi, la science et l'amour se trouvaient pour ainsi dire renfermés en ce triste moment dans le grand coeur de la divine mère, c'est pourquoi elle seule avait une véritable connaissance et faisait une appréciation juste et digne des grandes souffrances et de la mort d'un Dieu fait homme pour les hommes, Sans jamais cesser de prêter l'attention nécessaire à ce qu'il fallait faire extérieurement, elle contemplait et pénétrait avec sa sagesse profonde tous les mystères de la rédemption du monde et la manière dont elle s'accomplissait, par l'ignorance des hommes qui étaient rachetés, Elle appréciait d'une manière digne, quel était celui qui souffrait, ce qu'il souffrait, de qui et pour qui il souffrait, de sorte qu'elle eut après son divin fils la science la plus sublime de la dignité, de la personne de Jésus-Christ, en qui se trouvait réunies les deux natures divine et humaine, ainsi que des perfections et des attributs de chacune d'elle. Elle seule entre les pures créatures parvint à apprécier et à estimer la sainte passion et l'ignominieuse mort de son Dieu fait homme; et non-seulement la douce colombe vit comme témoin oculaire de tout ce qu'il souffrit, mais encore elle le connut par sa propre expérience dans son coeur très-pur. Il arrivait quelquefois que la mère des douleurs ne voyait pas souffrir son fils bien-aimé dans quelque rue qui conduisait au Calvaire, mais elle ressentait dans son corps virginal et dans son esprit tous les tourments de son fils, et elle s'écriait: Ah! mon fils, quel martyre souffre mon fils. Elle fut si admirable dans sa constance à souffrir avec son divin fils, qu'elle en fit son unique modèle et jamais l'amoureuse mère ne se permit aucune sorte de soulagement pendant toute la cruelle passion, non-seulement clans son corps car dans ce temps elle ne reposa point, ne dormit ne mangea ni ne but, mais même dans son esprit, suspendant toutes les considérations qui pouvaient adoucir ses douleurs, excepté lorsque le Très-Haut lui communiquait une influence divine pour lui conserver la vie. Le Très-Haut opéra un autre mystère secret contre Lucifer par le moyen de sa divine mère. Le dragon infernal et ses ministres considéraient avec attention tout ce qui se passait dans la passion, et ils ne pouvaient encore s'assurer de la vérité, mais lorsque le Seigneur reçut la croix, ces ennemis insensés sentirent min nouvel accablement dans leurs, forces, et ne comprenant la cause de cette oppression, ils en furent étonnés, et ils furent saisis d'une tristesse mêlée de rage. Lorsque le prince des ténèbres éprouva ces effets tout nouveaux, il jugea que la passion et la mort de Jésus- Christ le menaçaient d'une ruine irréparable et que son empire allait être détruit. Pour ne pas attendre cet évènement en présence de Jésus-Christ, il résolut de s'enfuir avec tous ses compagnons, et de se réfugier dans les cavernes infernales. Mais tandis qu'il formait ce dessein, il fut retenu par le pouvoir de notre grande reine, car le Très-Haut en ce moment l'éclaira de sa lumière et l'investit de sa puissance, en lui faisant connaître ce qu'elle devait faire, Alors la divine mère se tourna vers l'orgueilleux Lucifer et toutes ses légions, et les arrêta avec un empire de reine afin qu'ils ne s'enfuissent pas; et leur ordonna d'attendre la fin de toute la passion de son divin fils et d'être présents à ce qui arriverait sur le mont de Calvaire. Les esprits rebelles ne purent résister au commandement de la puissante reine, parce qu'ils reconnurent la vertu divine qui opérait sur elle, c'est pourquoi dociles à ses ordres ils accompagnaient Jésus. Christ comme vaincus et enchaînés jusqu'au Calvaire, où l'éternelle sagesse avait résolu de triompher de l'enfer du trime de la croix. Cependant les bourreaux traînaient notre Sauveur avec une cruauté et des outrages incroyables, les uns le tiraient en avant par les cordes pour le faire marcher plus vite, et les autres pour le faire souffrir le tiraient en arrière afin d'augmenter ses peines. Ces violences si cruelles et le poids si pesant de la croix le faisaient tomber à terre, et dans la chute qu'il faisait en tombant sur les pierres il se faisait des larges plaies. Il recevait de continuelles injures et de railleries, ils jetaient sur sa divine face des crachats et de la boue, d'une si horrible manière qu'ils lui couvraient les yeux, et un grand nombre de personnes se voilaient la face de leurs mains parce qu'elles en étaient saisies de confusion. La mère affligée voyait tout cela et adorait continuellement son divin fils portant la divine croix, elle priait intérieurement avec humilité que puisqu elle ne pouvait le soulager du poids si pesant de la croix, et qu'il ne voulait pas permettre que les anges le fissent, comme elle le désirait dans sa grande compassion envers lui, il daignât au moins par sa puissance, inspirer à ces bourreaux de lui chercher quelqu'un pour l'aider à la porter. Le divin fils exauça cette prière, c'est pourquoi il advint que le voyant épuisé et craignant qu'il ne mourût avant qu'ils le crucifiassent, ils forcèrent Simon de Cyrène à l'aider à porter la croix. Il y avait parmi la foule qui suivait le Seigneur, plusieurs femmes de Jérusalem, qui s'affligeaient et pleuraient amèrement comme le raconte l'évangéliste. Le Seigneur se tourna vers elles, et leur dit; filles de Jérusalem ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous et sur vos enfants, et le reste comme il est rapporté par saint Luc. Le Cyrénien prit la croix et suivit Jésus qui marchait entre deux voleurs, afin que tout le monde crût qu'il était un malfaiteur et un scélérat comme les autres. La mère affligée se trouvait très-rapprochée de son divin fils, comme elle l'avait désiré, quelle fut la grandeur ,de la douleur et la peine extrême de cette sainte mère, en voyant si près d'elle son fils bien-aimé si cruellement maltraité, et qu'elle fut celle du fils, en voyant sa mère dans les douleurs de la mort, il faut le laisser à ht pieuse considération des fidèles. Le nouvel Isaac arriva au mont du sacrifice accablé de lassitude et épuisé, couvert dû sang et de plaies, et si défiguré qu'il était impossible reconnaître. La divine mère parvint aussi au Calvaire, et voyant que les bourreaux se disposaient à le dépouiller, elle se mit à genoux et l'offrit au Père éternel pour le salut du monde. Ensuite elle remarqua qu'on avait donné selon la coutume aux deux larrons un vin généreux et aromatisé pour les fortifier, mais qu'ils voulaient donner à son fils un breuvage de fiel, elle pria intérieurement le divin Jésus de ne pas martyriser sa sainte bouche et de ne point le prendre, le divin fils écouta cette amoureuse prière de sa mère, il goûta l'amère boisson, mais il ne la but point. C'était déjà l'heure de la fête, c'est-à-dire midi, toutes les douleurs du rédempteur lui furent renouvelées, ils lui arrachèrent de vive force la robe sans couture qui était collée aux plaies; en la tirant par la tête sans ôter la couronne d'épines, ils enlevèrent, par la violence qu'ils y mirent cette couronne avec la tunique sans couture, renouvelant ainsi les blessures de sa tête sacrée, avec une cruauté inouïe et une douleur incompréhensible. ils lui remirent de nouveau cette couronne avec violence, de sorte que la mère affligée vît son divin fils qui n'était plus qu'une plaie, et si elle ne mourut pas d'affliction et de douleur, ce fut par un miracle de la toute-puissance de Dieu. Tandis que les bourreaux se préparaient à le crucifier, il pria le Père éternel pour le genre humain et pour ceux qui le crucifiaient, et sa miséricordieuse mère unit sa prière à la sienne. Lorsque les bourreaux firent les trous à la croix pour les clous, l'amoureuse mère put alors s'approcher, elle prit son bras languissant et baisa sa divine Main, elle l'adora avec une grande vénération, et l'agonisant Jésus fut un peu consolé et fortifié de la beauté de cette grande âme. ils le poussèrent violemment et le firent tomber sur la croix, alors élevant les yeux au ciel, il étendit les bras et mit sa main droite sur le trou, il s'offrit de nouveau au Père éternel, alors avec une cruauté inouïe ils clouèrent cette main toute-puissante avec un clou angulaire et très-gros, qui brisa les veines et rompit les nerfs. Le bras gauche ne put atteindre au trou, parce que les nerfs s'étaient retirés et parce qu'ils l'avaient fait à dessein plus distant qu'il ne fallait, alors ils prirent la chaîne qu'il avait portée à son cou, et mettant son poignet à la menotte qui était à l'un des bouts, ils tirèrent le bras avec une cruauté inouïe et le clouèrent, le sang se répandait en abondance avec une souffrance incroyable du fils et de la mère qui était là présente. ils passèrent ensuite aux pieds, et les plaçant l'un sur l'autre, ils les lièrent avec la même chaîne, et tirant avec une grande violence et cruauté, ils les clouèrent ensemble avec un troisième clou un peu plus fort que les autres. Le sacré corps fut ainsi cloué sur la divine croix, mais dans un tel état qu'on pouvait lui compter les os, qui étaient entièrement disloqués et qui étaient sortis de leur place. Ceux de la poitrine, des épaules et des cuisses furent déboîtés et entièrement déjoints par la cruelle violence des bourreaux. Considérons ici maintenant le coeur si accablé de la pauvre mère, et son corps virginal environné de douleurs de touts parts. Ah! ma grande reine sans consolation. Après que le Seigneur qui n'était plus qu'une plaie eut été crucifié, afin que les clous ne se détachassent point et que le corps divin ne tombât à terre, ces monstres de cruauté jugèrent bon de les river par derrière. Ils commencèrent donc par élever la croix pour la renverser sens dessus-dessous, et appuyer ainsi contre la terre Jésus crucifié. Cette nouvelle cruauté fit frémir tous les assistants, et il s'éleva un grand bruit dans la foule touchée de compassion. La mère affligée recourut au Père éternel pour cette inconcevable cruauté, afin qu'il ne permît qu'elle se fit selon l'intention des bourreaux, et elle commanda aux anges de venir au secours de leur créateur. Dès qu'ils eurent fini, ils élevèrent la croix et la firent tomber dans le trou creusé à cet effet, mais ces monstres soutinrent le corps avec leurs lances et lui firent de profondes blessures sous les bras, en enfonçant le fer dans la chair pour aider à dresser la croix. A ce spectacle si cruel, le peuple redoubla ses cris et le bruit et la confusion augmentèrent, de sorte que le coeur de la pauvre mère était entièrement accablé de douleur. Les juifs le blasphémaient, les dévots le pleuraient, les étrangers étaient confondus d'étonnement, et quelques uns n'osaient pas le regarder par l'horreur qu'ils en éprouvaient,, et le corps sacré répandait son sang en abondance par les blessures qui avaient été faites et les plaies qui avaient été renouvelées. Ils crucifièrent également les deux voleurs, et ils dressèrent leurs croix l'une à droite l'autre à gauche, ils le placèrent au milieu, afin qu'il fut considéré comme le chef et le plus grand des scélérats. Les pontifes et les pharisiens branlaient la tête avec des gestes de mépris, ils l'insultaient et lui jetaient de la poussière et des pierres , en disant; toi qui détruis le temple de Dieu et le rebâtis en trois jours, sauve- toi toi-même. Les deux voleurs l'injuriaient aussi et lui disaient; si tu es le fils de Dieu, sauve-toi toi-même et nous aussi. Cependant la sainte Vierge à genoux adorait son divin fils, elle pria le Père éternel de faire éclater l'innocence de Jésus-Christ. Sa prière fut exaucée la terre trembla, le soleil s'éclipsa, la lune s'obscurcit et les éléments furent dans la confusion, les montagnes se, fendirent ainsi que le voile du temple, les tombeaux s'ouvrirent ‘et les bourreaux se retirèrent contrits, gémissants et convertis, parce que Jésus en agonie, proféra ces paroles qui renferment l'excès de la charité : Mon père, pardonnez leur, car ils ne savent ce qu'ils font. L'un des voleurs appelé Dismas, entendant ces paroles, et la sainte Vierge près de laquelle il était intercédant en même temps pour lui, il fut éclairé intérieurement et par cette divine lumière, il fut touché de contrition pour ses péchés, il reprit son compagnon et défendit l'honneur de Jésus-Christ, il se recommanda au Sauveur et le paradis lui fut promis. Le bon larron ayant été justifié, Jésus jeta un regard plein de tendresse sur sa mère, et proféra la troisième parole : femme voilà votre fils, en lui montrant saint Jean, et il dit à celui-ci : voilà votre mère. Il était près de trois heures et il adressa à son père la quatrième parole: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez vous abandonné, s'affligeant de ce que la divinité avait suspendu les divines influences à sa sainte humanité, et aussi parce qu'il voyait un grand nombre de méchants, qui quoique devenus ses membres, et malgré son sang versé avec une si surabondante profusion, devaient se séparer de son corps divin et se damner. C'est pourquoi il proféra la cinquième parole : j'ai soif. Il avait soif de voir tous les hommes correspondre au salut par la foi et la charité qu'ils lui devaient. Mais les méchants lui présentèrent à l'extrémité d'un roseau une éponge trempée de fiel et de vinaigre. A la prière de la sainte Vierge, il refusa pour ne pas martyriser sa sainte bouche. Il prononça la sixième parole : Consummatum est, pour annoncer que la grande oeuvre de la rédemption du monde était accomplie. Enfin il ajouta; mon père, je remets mon. âme entre vos mains, il prononça ces divines paroles d'une voix forte èt sonore, en élevant au ciel ses yeux pleins de sang, et inclinant sa tête divine, il expira. Si la divine mère n'expira pas aussi ce fut par un miracle de la toute-puissance de Dieu. Lucifer et tous les siens par la vertu de ces dernières paroles fut vaincu et précipité dans l'enfer, et son empire fut détruit. La sainte Vierge demeura au pied de la croix jusqu'à la fin du jour, où l'on ensevelit le corps du rédempteur. Et en récompense de cette dernière douleur la très-pure mère fut toute spiritualisée dans le peu de l'être terrestre, que son corps virginal avait encore. Chaque père de famille fait son testament avant de mourir, ainsi Jésus-Christ avant de prononcer les sept paroles fit son testament sur la croix concerté avec le Père éternel, il resta scellé et caché pour les hommes, il ne fut ouvert qu'à la divine mère comme coadjutrice de la rédemption. il la déclara héritière, et exécutrice testamentaire pour accomplir sa divine volonté, et tout fut remis dans ses mains par le divin maître, comme le Père avait tout remis dans celles du fils. Ainsi notre grande reine dut distribuer les trésors dus à son fils parce qu'il est Dieu, et acquis par ses mérites infinis. Elle fut déclarée donc la dépositaire de toutes les richesses, dont son fils, notre rédempteur nous cède les droits auprès du Père éternel, afin que les secours, les grâces, et les faveurs soient accordés par la sainte Vierge et qu'elle les distribue de ses mains miséricordieuses et libérales.

Friday

Triomphe de Notre Seigneur sur la Croix contre la mort et contre l'Enfer

 

Dans tout le cours de la vie divine de Jésus-Christ notre souverain bien, la divine providence ne permit jamais que les démons le reconnussent pour Dieu et rédempteur du monde, et en conséquence ils ne connurent jamais la sublime dignité de la très-sainte Vierge. Lucifer resta toujours dans son aveuglement, car tantôt il jugeait qu'il était Dieu à l'éclat de ses miracles, ensuite il cessait de le croire en le voyant si pauvre et si humble. Il fut enfin entièrement convaincu au triomphe glorieux de la divine croix. Au moment que Notre-Seigneur embrassa la croix bien-aimée, Lucifer, avec les siens, se sentit affaibli, comme privé de sa force, vaincu et lié, et l'extrémité des chaînes fut placée entre les mains de la divine mère, afin que par la vertu de son divin fils elle les tint assujettis et enchaînés. Ils firent tous leurs efforts pour s'enfuir et se précipiter dans l'abîme, mais ils furent contraints et forcés par la grande reine, à la grande honte de l'orgueilleux et superbe Lucifer, de voir la fin de tous ces mystères. Lucifer donc et toutes les légions infernales étaient accablés d'un tourment insupportable par la présence de Jésus-Christ, et ils étaient forcés par la mère à leur grand chagrin et à contre-coeur de ne pas cesser de se tenir autour de la croix. Lorsque Jésus-Christ commença à parler sur la croix, il voulut que les démons l'entendissent, qu'ils pénétrassent le sens des paroles et comprissent tous les profonds mystères qu'elles renfermaient. En l'entendant recommander à son Père ses ennemis, ils reconnurent clairement qu'il était le véritable Messie, c'est pourquoi ils éprouvèrent une grande rage de la force de ces paroles pleines d'une charité infinie, et ils voulaient se précipiter dans les abîmes, mais ils furent arrêtés par le commandement de la puissante reine. Lorsqu'ils l'entendirent promettre le paradis au bon larron, ils comprirent le fruit de la rédemption, Lucifer en devint furieux, et il en vint à humilier son grand orgueil aux pieds de la grande reine pour lui demander de le chasser de sa présence et le précipiter avec les siens dans l'enfer, mais cela ne leur fut pas permis pour leur plus grand supplice et plus cruel tourment. Lorsqu'il recommanda sa mère à saint Jean, en l'appelant femme ils connurent qu'elle était véritablement cette grande femme qu'ils avaient vue dans le ciel après leur création et qu'elle était celle qui devait écraser la tête de Lucifer, comme il en avait été menacé dans le paradis terrestre. A la quatrième parole qui témoigne de son abandon, ils connurent la charité incompréhensible de Jésus qui se plaignait à son Père, non pas de ce qu'il souffrait , mais parce qu'il désirait souffrir encore davantage pour le genre humain. Ils entrèrent dans une plus grande rage lorsqu'ils entendirent, J'ai soif parce qu'ils virent bien qu'il n'avait pas soif dans son corps, mais dans son âme, à cause de l'ardente charité dont il était enflammé pour notre salut éternel. Lorsqu'ils entendirent la sixième parole mystérieuse, tout est consommé, consummatum est, ils eurent une entière connaissance du grand mystère de l'incarnation et de la rédemption qui étaient déjà accomplis à leur éternelle honte et confusion. Le règne de Jésus-Christ était ainsi établi et l'empire de satan entièrement détruit, c'est pourquoi lorsque Jésus prononça ces paroles : Mon Père je remets mon âme entre vos mains, et, qu'il inclina la tête et expira, la terre s'ouvrit aussitôt et Lucifer avec tous les siens fut englouti d'une manière terrible dans le fond des enfers, avec plus de rapidité que la foudre, qui tombe des nues. Il tomba dans l'enfer désarmé et vaincu et sa tête fut écrasée sous les pieds de Jésus-Christ et de sa mère. Cette chute si rapide de Lucifer avec tous ses démons, fut plus honteuse et leur causa un tourment plus grand que, lorsqu'ils furent précipités la première fois du ciel. Et quoique ce malheureux séjour soit toujours un lieu de profondes ténèbres, et couvert des ombres de la mort, néanmoins à cette occasion il devint plus triste encore, car les damnés y éprouvèrent une nouvelle horreur par la violence avec laquelle les démons y furent précipités. Judas principalement ressentit un tourment plus grand; ce malheureux en tombant dans l'enfer, fut jeté dans un abîme sans fond où les démons avaient déjà voulu précipiter d'autres âmes, mais ils ne l'avaient jamais pu, sans en connaître la raison. Dès le commencement, cet abîme horrible de tourments particuliers avait été destiné pour Judas et pour les imitateurs de Judas, les mauvais prêtres, les religieux relâchés, les chrétiens de mauvaise vie qui après avoir reçu le saint baptême, se damnant parce qu'ils ne profitent pas des saints sacrements, de la doctrine, de la passion et de la mort de Jésus-Christ, et de la toute puissante intercession de sa très-sainte Mère. Aussitôt que Lucifer, le Seigneur le permettant ainsi, se fut remis de sa chute si terrible, il réunit en assemblée tous les chefs des légions infernales et leur parla ainsi : Mes complices, vous voyez que nous avons perdu l'empire que nous avions sur le monde, et que nous avons été terrassés par l'homme Dieu et mis sous les pieds de sa mère. Que faire maintenant ô mes compagnons, comment pourrons-nous rétablir notre empire détruit? Comment pourrons nous perdre les hommes? Qui ne suivra désormais et n'imitera cet homme Dieu? Les hommes marcheront tous à sa suite, ils lui donneront tous leur coeur à l'envi, ils embrasseront sa loi, observeront ses préceptes, et personne ne prêtera plus l'oreille à nos tromperies, ils rejetteront les richesses et fuiront les honneurs que nous leurs promettons pour les tromper. Ah! sans doute, sur cet exemple, ils aimeront tous la pauvreté, la pureté, l'obéissance et. le mépris. Ils obtiendront tous cette félicité éternelle que nous avons perdue; ils s'humilieront tous jusqu'au-dessous de la poussière et ils souffriront avec patience pour imiter leur rédempteur. Mon orgueil néanmoins ne cède point. Allons, courage, concertons-nous. Approchez pour conférer avec moi sur les moyens par lesquels nous ferons la guerre au monde racheté par un homme Dieu et protégé par sa mère notre terrible ennemie. A cette proposition si difficile, quelques chefs des démons, les plus rusés, répondirent en l'excitant à empêcher les fruits de la rédemption et ils dirent : Il est vrai que les hommes possèdent maintenant une loi très-douce, des sacrements qui sont très-efficaces, les nouveaux exemples d'un divin maître, et la toute-puissante intercession de cette nouvelle femme; mais la nature humaine est toujours la même et les choses délectables et sensibles n'ont pas été changées, c'est une condition de la nature humaine, qu'occupée à un objet elle ne peut ètre attentive à ce qui lui est opposé. Ils résolurent alors de maintenir l'idolâtrie dans le monde, afin que les hommes ne parvinssent jamais à la connaissance du vrai Dieu et de la rédemption; et si l'idolâtrie était détruite, qu'il fallait introduire de nouvelles sectes et hérésies dans le monde. Alors furent inventés par ces monstres infernaux les dogmes erronés d'Arius, de Pélage, de Nestorius, de Mahomet et des autres hérétiques maudits. Tout cela fut approuvé par Lucifer, parce qu'il détruisait le fondement de la vie éternelle bienheureuse. D'autres démons prirent l'engagement de mettre tous leurs soins, à rendre négligents les parents et les chefs de famille dans l'éducation de leurs enfants et de leurs subordonnés. D'autres prirent la charge de semer la division entre les maris et les épouses pour faire naître des haines et des querelles entre eux, parce que ce serait une disposition prochaine à l'adultère. Les autres dirent, il faut travailler à enlever la piété et tout ce qui est spirituel et divin, faire en sorte que les hommes ne comprennent pas la vertu des sacrements, et qu'ils les reçoivent en état de péché; et lorsqu'il arrivera qu'ils n'auront pas commis des fautes mortelles, qu'ils les reçoivent sans ferveur et sans dévotion, car puisque ces bienfaits sont spirituels, il est nécessaire de les recevoir avec ferveur et bonne volonté, pour que ceux qui y participent en retirent des fruits plus abondants. S'ils en viennent à mépriser le remède, alors négligents de leur salut ils ne pourront pas recouvrer leurs forces, ils ne résisteront pas à nos tentations, et aveuglés ils ne reconnaîtront pas nos tromperies et nos piéges, et n'apprécieront pas l'amour de leur propre rédempteur, ni la protection de la puissante femme. Par-dessus tout ils résolurent d'un commun accord de mettre tout leur zèle et tout leur soin à effacer de la mémoire des fidèles, le souvenir de la douloureuse passion de Jésus-Christ, parce qu'ils oublieraient ainsi les peines de l'enfer, et le danger de leur éternelle damnation. Il n'est pas possible de rapporter ici les avis et les résolutions de ces esprits rebelles, qui tramèrent la destruction de l'église et la perte des fidèles. il suffit de dire, que ce conciliabule infernal dura une année entière. Lucifer écouta tous les projets des démons, et les approuva, il excita ensuite toutes ses légions infernales, et mit tout en oeuvre contre le monde racheté et surtout contre les chrétiens. Il ordonna à ses complices animés par la rage de semer la discorde dans l'église et dans les chefs et les maîtres l'ambition, l'avidité, la sensualité, l'avarice, afin que les pêchés se multipliant, parmi les chrétiens et surtout dans les chefs et ceux qui doivent conduire les autres, Dieu s'irrite justement contre eux par leur ingratitude; alors il adviendra, qu'il leur refusera et leur soustraira les secours de la grâce, ils se fermeront par leurs péchés la voie maintenant ouverte de la rédemption, et ainsi l'enfer triomphera. Quiconque lira ce chapitre doit réfléchir sérieusement, que Lucifer et l'enfer est toujours le même, qu'il a la même haine et la même rage contre nous qui sommes si faibles, c'est pourquoi il faut ranimer tout notre zèle pour notre salut. Nous ne devons pas nous laisser séduire par les appâts trompeurs du monde, des sens et de l'enfer, mais il nous faut recourir aux plaies de notre rédempteur et vivre sous le manteau de notre divine reine.

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Coup de lance au Divin Côté

 

La mère des douleurs couverte d'un manteau noir, resta toujours débout sur le Calvaire, appuyée sur la sainte croix, adorant le très-saint corps de Jésus qui avait expiré sur elle et la personne divine à laquelle Son corps resta toujours uni. La grande reine était toujours constante à pratiquer intérieurement les plus héroïques vertus, et restait immobile au milieu des mouvements impétueux de ses plus cruelles douleurs. L'affliction la plus grande de cette miséricordieuse et divine mère était la coupable ingratitude que les hommes témoignaient pour cet incompréhensible bienfait à leur grand dommage et à leur propre perte. Elle était aussi dans une grande sollicitude pour la sépulture du corps sacré et pour savoir celui qui l'enlèverait de la croix; lorsqu'elle vit tout-à-coup une troupe de gens armés, qui s'approchaient du Calvaire; les battements de son coeur redoublèrent, parce qu'elle craignit quelque nouvel outrage au corps sacré du rédempteur. Elle s'adressa à saint Jean et aux saintes femmes et leur dit: Hélas, ma douleur est arrivée à son plus haut degré et mon coeur en est brisé dans la poitrine. Hélas, les bourreaux ne sont pas peut-être satisfaits d'avoir donné la mort à mon fils, ils eurent encore faire de nouveaux outrages au corps sacré! C'était déjà le soir du vendredi et la grande fête du sabbat des Juifs commençait, c'est pourquoi, afin de pouvoir la célébrer sans embarras, ils avaient demandé à Pilate la permission de rompre les jambes aux trois crucifiés, pour hâter leur mort, afin qu'on pût les descendre de la croix sur le déclin du jour. Les soldats que la mère affligée avait vus arrivaient dans cette intention au Calvaire. A leur arrivée, trouvant encore en vie les deux larrons, ils leur rompirent les jambes, et ils moururent aussitôt. S'approchant alors de Jésus, ils remarquèrent qu'il était déjà mort, et un soldat nommé Longin, lui transperça le côté avec une lance et il en sortit du sang et de l'eau. Le Seigneur qui était mort, ne put sentir cette cruelle blessure, mais la mère affligée qui était là présente, la ressentit toute dans son coeur, comme si réellement elle avait été transpercée de la lance. Mais cette douleur fut encore moindre que celle que ressentit son âme, en voyant la nouvelle cruauté avec laquelle ils avaient percé le divin côté de son fils déjà mort. Touchée de compassion et de pitié pour Longin, elle dit: Que le Tout-Puissant vous regarde avec les yeux de sa miséricorde infinie, à cause de la douleur immense que vous avez causée à mon âme. Elle fut exaucée aussitôt, car il tomba, quelques gouttes de sang et de l'eau qui sortaient du divin corps sur le visage de Longin, et par l'intercession de la divine mère affligée, il obtint la vue du corps qu'il avait à peine, et celle de son âme, car il connut la majesté du Seigneur crucifié, fut converti, et pleurant ses péchés, il le confessa pour vrai Dieu et rédempteur du monde, et il le prêcha comme tel aux Juifs qui l'environnaient. La grande mère de la sagesse connut le mystère du coup de lance, et comprit comment, dans ce reste de sang et d'eau qui coulait du divin côté, la nouvelle Église sortait lavée, purifiée et renouvelée par la vertu de la passion et de la mort, et comment de son coeur sacré il sortait comme d'un tronc des rameaux qui, chargés de fruits de vie éternelle, devaient se répandre dans le monde entier. La divine mère pria, afin que tous les mystères de la rédemption fussent accomplis pour le bonheur de tout le genre humain. En ce moment, elle vit s'avancer sur la montagne une autre troupe de personnes qui portaient des échelles, c'était Joseph d'Arimathie, Nicodème et leurs serviteurs. Arrivés au pied de la croix, où se trouvait la mère des douleurs, au lieu de la saluer et de la consoler, ils furent si touchés de compassion à sa vue et ils éprouvèrent une telle douleur en voyant le divin Seigneur cloué sur la croix, qu'ils restèrent quelque temps sans pouvoir proférer une parole. Enfin, fortifiés par la reine des vertus, ils reprirent courage et la saluèrent avec une humble compassion. Ils se disposèrent ensuite à ôter les clous et descendre le corps sacré. Joseph désirait que la mère affligée se retirât un peu à l'écart afin de ne pas renouveler ses douleurs, mais toujours constante et courageuse, elle leur dit: Puisque j'ai eu la consolation de voir- mettre mon fils en croix, permettez que j'ai encore celle de l'en voir descendre, car cet acte de si grande piété me causera plus de soulagement que de peine et de souffrance. A ces paroles si généreuses, ils se mirent aussitôt à descendre le corps de la croix. Ils enlevèrent d'abord la grande couronne d'épines, et après l'avoir baisée avec une grande vénération, ils la remirent à la sainte Vierge. Elle la reçut à genoux et l'adora, elle l'approcha avec piété de son visage et la couvrit de larmes abondantes; saint Jean et les saintes femmes l'adorèrent aussi. Ils en firent de même pour les clous sacrés, qu'ils enlevèrent successivement des divines plaies. Pour recevoir le corps sacré, la mère des douleurs se mit à genoux et étendit ses bras avec un linceul déployé. Saint Jean tenait la tête, la Magdeleine les pieds pour aider Nicodème et Joseph, de cette manière ils le placèrent tous ensemble avec une grande vénération et des larmes abondantes, sur le sein de la mère des douleurs. Elle l'adora profondément, en versant des larmes de sang par l'excès de sa cruelle douleur. Tous les saints anges qui étaient là présents l'adorèrent aussi, mais ils ne furent pas vus des assistants. Saint Jean l'adora et après lui tous les autres fidèles, dans les bras de sa mère en pleurs. Après avoir accompli ce devoir, saint Jean et Joseph prièrent la Vierge mère de permettre qu'on donnât la sépulture au divin corps; et après l'avoir embaumé, ils le placèrent dans un linceul pour le porter au sépulcre. La grande peine pleine de prudence, quoique accablée de douleur, convoqua du ciel plusieurs choeurs d'anges, afin qu'avec ses anges gardiens ils vinrent assister aux funérailles de leur créateur. Les esprits célestes accoururent aussitôt en forme visible pour elle, et la sainte et dévote procession, des anges et des hommes commença. Saint Jean, Nicodème, Joseph, et le centurion qui avaient assisté à la mort du rédempteur, et qui l'avaient confessé pour fils de Dieu, portèrent le sacré corps. Derrière eux marchait la mère affligée, accompagnée des Maries et des autres dévotes femmes, et après celles-ci, divers autres fidèles qui avaient été éclairés de la divine lumière; ils le conduisirent en pleurant à un jardin où Joseph avait un sépulcre neuf, dans lequel ils le mirent avec une grande vénération. Avant de le fermer avec la pierre, la divine mère se mit à genoux et adora de nouveau son fils, et tous les autres l'imitèrent en pleurant. Le sépulcre, étant fermé la Vierge ordonna aux saints anges d'y rester en garde, tandis qu'elle allait conduire de nouveau au Calvaire cette sainte compagnie de fidèles, pour y adorer la sainte croix. Dès qu'ils eurent fini, elle fut accompagnée jusqu'au cénacle de ces pieux fidèles, qui se retirèrent ensuite dans leurs maisons, remplis de célestes consolations. La très-sainte Vierge, saint Jean et les saintes femmes restèrent seuls au cénacle. Saint Jean pria alors la sainte Vierge de prendre un peu de repos: Mon repos, répondit-elle, consiste à voir mon fils ressuscité. Après ces paroles, elle se retira dans une chambre accompagnée de saint Jean, là, elle se jeta aux pieds de l'apôtre, et lui rappela ce que le Seigneur lui avait dit sur la croix, et elle le pria, comme prêtre du Très-Haut, de lui commander toujours, comme sa servante, tout ce qu'elle devait faire à l'avenir. Saint Jean lui donna des raisons pour démontrer que ce droit lui appartenait bien plutôt comme mère; mais ce fut en vain; car l'humble reine ajouta, mon fils, je dois avoir toujours quelqu'un à qui je puisse assujettir ma volonté, et certes, comme fils, vous devez me donner cette consolation dans ma solitude. Le saint répondit à ces paroles, qu'il soit fait comme vous le voulez, ma mère, Alors la Vierge lui demanda la permission de se retirer seule, pour méditer sur les mystères de la passion du divin fils, et le pria de pourvoir à la nourriture des saintes femmes et de les assister. L'apôtre exécuta ces ordres, ensuite ils se retirèrent tous pour employer cette nuit dans de douloureuses méditations sur la passion du rédempteur. A l'aurore du samedi, saint Jean entra dans l'oratoire de la divine mère pour la consoler, et il en reçut la bénédiction qu'il reçut le premier de la Vierge mère. Il sortit de la maison pour chercher saint Pierre à la prière de la sainte Vierge. Saint Jean avait fait à peine quatre pas pour trouver saint Pierre, qu'il le rencontra par la disposition de la divine Providence; il sortait d'une grotte souterraine, où jusqu'alors il avait pleuré son péché, plein de confusion et versant de larmes, et il s'avançait vers le cénacle. Saint Jean avait reçu l'ordre de la divine mère, qu'après qu'il l'aurait retrouvé, il l'accueillit avec de témoignages d'amour et de tendresse, qu'il le consolât, et l'emmenât vers elle, et qu'il en fit autant pour les autres apôtres. Après l'avoir fortifié en premier lieu par de douces paroles, ils allèrent tous les deux à la recherche des autres, et en ayant trouvé quelques-tins, ils vinrent tous ensemble au cénacle. Saint Pierre entra le premier, et se prosterna aux pieds de la divine reine: J'ai péché, dit-il, en versant des larmes, j'ai péché devant mon Dieu, j'ai offensé mon divin maître, et vous, ô ma mère, et opprimé par la douleur et les larmes, il ne put pas en dire davantage. La miséricordieuse mère de la piété se mit aussi à genoux, demandons, dit-elle, pardon de votre faute, ô Pierre, à mon fils, votre maître. Les autres se joignirent à eux, et tous versant des larmes prosternés à ses pieds, lui demandèrent pardon de leur lâcheté et d'avoir abandonné leur divin maître et son fils. La mère de la clémence les fit lever, leur promit à tous le pardon qu'ils désiraient, et sa médiation pour l'obtenir. Après avoir passé le jour du sabbat dans de saints entretiens et de pieuses méditations, elle se retira le soir pour contempler les divines actions que l'âme très-sainte de Jésus faisait aux limbes, car elle voyait clairement en esprit toutes les choses. Elle vit que lorsque l'âme de son divin fils entra aux limbes, cette obscure prison fut illuminée et remplie de célestes consolations. Ensuite il fut commandé aux anges de conduire dehors toutes les âmes des limbes et celles du purgatoire, et réunies toutes ensemble, elles donnèrent mille louanges et mille-bénédictions à leur libérateur. La grande reine vit tout cela et en éprouva une grande joie dans son âme, sans qu'elle se fît sentir dans la partie sensitive, parce qu'elle avait prié le Père éternel de lui suspendre toutes les consolations extérieures, pendant tout le temps que son divin fils resterait dans le sépulcre. Ce jour fut terrible pour l'enfer, qui par la permission de Dieu ressentit cette descente triomphante aux limbes. Les démons étaient encore affaiblis, abattus et accablés par la chute qu'ils avaient faite sur le calvaire, mais en entendant la voix des anges qui précédaient le Seigneur, ils se troublèrent et furent saisis de crainte, et comme font les serpents, lorsqu'ils sont poursuivis, ils se cachèrent-dans les cavernes infernales. L'indicible confusion des malheureux damnés fut encore plus grande et principalement de Judas, parce que les démons exhalèrent avec une grande fureur contre lui leur indignation et leur rage.

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Prions

 

Seigneur, nous savons que Vous nous aimez dans mesures, Vous qui n'avez pas refusé Votre propre Fils mais qui l'avez livré pour sauver tous les hommes; aujourd'hui encore, montrez-nous Votre Amour: nous voulons suivre le Christ qui marche librement vers Sa Mort; soutenez-nous comme Vous l'avez soutenu, et sanctifiez-nous dans le Mystère de Sa Pâque. Lui qui vit et règne avec Vous dans l'Unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.


26 mars 2010

Bienheureuse Catherine de Saint Augustin

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Bienheureuse Catherine de Saint Augustin

Augustine Hospitalière de la Miséricorde de Jésus

1632-1668

Fête le 8 mai


Issue de deux familles nobles du Cotentin, Catherine de Saint-Augustin naquit et fut baptisée le 3 mai 1632, à Saint-Sauveur-le-Vicomte, dans l'actuel département de la Manche, en France. Son père, Jacques Simon de Longpré, était avocat, et sa mère, Françoise Jourdan de Launay, fille d'un lieutenant civil et criminel. L'éducation de la fillette fut confiée à ses grands-parents maternels. Les Jourdan tenaient chez eux une sorte d'hôpital où ils recevaient et soignaient les pauvres et les malades; Catherine fut très tôt initiée aux exercices de la charité et à la pratique de la vertu. Catherine, attirée par la vie religieuse, encouragée par saint Jean Eudes entra comme postulante à l'Hôtel-Dieu de Bayeux le 7 octobre 1644. Elle avait douze ans et demi. Deux ans plus tard, elle fut admise au noviciat. C'est alors qu'elle conçut le désir d'aller en Canada, où des Augustines  Hospitalières de la Miséricorde de Jésus avaient, en 1539, fondé l'Hôtel-Dieu de Québec. Quand celles-ci demandèrent de nouvelles recrues, Catherine se porta aussitôt volontaire. Elle n'avait pas encore seize ans. On tenta de la dissuader, et son père s'opposa à son dessein; elle fit le voeu "de vivre et de mourir en Canada, si Dieu lui en ouvrait la porte". Tout le monde dut céder à ses raisons, et Catherine fit profession religieuse le 4 mai 1648, en prévision de son embarquement, le 27 mai. Le 19 août 1648, elle arrivait à Québec. Mère Catherine de Saint-Augustin allait être d'un grand secours à sa communauté: elle y remplit les charges d'administratrice du monastère, de directrice de l'hôpital, de conseillère et maîtresse des novices. Pendant son premier triennat comme dépositaire, elle dirigea la construction du nouvel Hôtel-Dieu. Pourtant, cette jeune moniale si active fut presque toujours malade. Elle eut plus de huit ans la fièvre sans garder le lit, sans se plaindre, sans désister de faire son obéissance, sans perdre ses exercices, soit de choeur, soit de ses offices, soit de communauté. Non seulement elle ne se plaignait pas, mais elle était toujours d'un abord si agréable et d'une si grande douceur que tout le monde en était charmé. La discrétion de Catherine trompa même ses consoeurs sur ses dispositions intérieures. On considéra, de son vivant, qu'elle se comportait tout simplement comme une bonne religieuse, car, à l'exception de son directeur et de son évêque, personne ne savait ce qui se passait en elle. Les richesses de sa vie intérieure et les merveilles mystiques que l'Esprit-Saint opérait en son âme ne furent révélées qu'après sa mort. On raconte, à son sujet, des "choses extraordinaires": visions, révélations, combats constants contre les démons. Le bienheureux François de Laval, son évêque, et la bienheureuse Marie de l'Incarnation firent plus grand cas, cependant, de ses solides vertus que "des miracles et des prodiges". Marie de l'Incarnation, pour sa part, estimait que "les grâces que Dieu lui a faites étaient fondées sur trois vertus, qui sont l'humilité, la charité et la patience". Ces trois vertus, Catherine les pratiqua à un degré vraiment héroïque à partir de 1663, année où le Seigneur lui assigna sa mission personnelle au Canada: être "la victime pour les péchés d'autrui". Jamais, en effet, elle ne souffrit autant, en particulier de la part des démons, qui ne lui laissaient aucun repos, la torturant moralement et la rouant même de coups. Pourtant, jamais rassasiée de peines, l'humble hospitalière désirait s'immoler toujours davantage pour le salut des âmes et pour le bien spirituel de son pays d'adoption. Enfin, consumée par la phtisie, elle mourut le 8 mai 1668, à l'âge de trente-six ans. Le bienheureux François de Laval, pour qui Catherine de Saint-Augustin était "l'âme la plus sainte qu'il eût connue", avait "une très particulière confiance" en son pouvoir, "car, si elle nous a secourus si puissamment pendant le temps qu'elle a été parmi nous, écrit-il, que ne fera-t-elle pas maintenant qu'elle connaît avec plus de lumière les besoins, soit du pasteur, soit des ouailles?"


Prière pour demander la Canonisation de la Bienheureuse Catherine de Saint Augustin


O Jésus, si c'est pour Votre Gloire et pour le bien des âmes, daignez élever au rang des Saints votre Humble épouse, la fidèle servante des pauvres et des malades, la Bienheureuse Catherine de Saint Augustin, que vous avez associée à Vos souffrances pour le Salut de la Patrie Canadienne. Donnez-lui de nous secourir, en nous obtenant les grâces que nous demandons par son intercession. Ainsi soit-il.


Avec l'Autorisation de l'Ordinaire de Montréal, n° 440, le 16 août 1963

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15 mars 2010

Neuvaine en l'honneur des Saints Apôtres Pierre et Paul

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Saint Pierre et Saint Paul

Apôtres du Seigneur

+ en 65 ou 66

Fête le 29 juin


Le 29 juin, l'Église honore à la fois saint Pierre et saint Paul, ces deux incomparables Apôtres, unis dans la foi, dans la prison et dans la mort. Toutefois, la fête du 30 juin nous donnant occasion de parler de saint Paul, bornons-nous aujourd'hui au prince des Apôtres. C'est à l'Évangile qu'il faut avoir recours pour connaître les détails de cette vie étonnante. Fils de pêcheur et pêcheur lui-même, simple, ignorant, sans éducation, il entend le Fils de Dieu lui adresser cet appel singulier: « Suis-Moi, Je te ferai pêcheur d'hommes ». Parmi tous les Apôtres, il brille par sa foi énergique et reconnaît en Jésus le Christ, Fils de Dieu. Il ne quitte jamais le Sauveur, il est de toutes les grandes occasions de la vie du Maître. Malgré son triple reniement au jour de la Passion, faute si noblement réparée ensuite, il est confirmé comme chef des Apôtres et chef de l'Église. Son siège renversera bientôt celui des Césars, et l'humble pêcheur aura un nom plus immortel que les plus grandes célébrités de tous les siècles. Jésus avait dit autrefois à Ses Apôtres: « Le disciple n'est pas plus que le Maître; si on Me persécute, on vous persécutera ». Saint Pierre devait avoir, en effet, le sort de Jésus-Christ et arroser de son sang l'Église naissante. Touché par les larmes des fidèles, non mû par la crainte, Pierre songea d'abord à fuir la persécution que venait de soulever l'empereur Néron; mais, comme il sortait de Rome, il vit le Christ Se présenter à lui: « Où allez-Vous, Seigneur, Lui dit-il. « Je vais à Rome, dit Jésus, pour y être crucifié de nouveau ». A ces mots, le Sauveur disparut, et Pierre comprit qu'il devait revenir à Rome pour y être crucifié. Le prince des Apôtres eut à endurer les souffrances d'un long emprisonnement; il eut du moins la consolation d'y être le compagnon de saint Paul et de consommer son sacrifice le même jour que lui. Pierre fut condamné au supplice de la Croix; mais, par humilité, se jugeant indigne d'être crucifié comme le divin Maître, il demanda à être crucifié la tête en bas, ce qui lui fut accordé. Arrivé au lieu du supplice, Pierre ne put contenir la joie de son coeur: « C'est ici l'arbre de vie, cria-t-il au peuple, l'arbre où a été vaincue la mort et le monde racheté. Grâces à vous, Fils du Dieu vivant! »


Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

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Neuvaine en l'honneur des Saints Apôtres Pierre et Paul


Elle commence le 20 Juin mais peut être dite a tout moment de l'année


V. Dieu, venez à mon aide.

R. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.

Gloire au Père, etc.


Premier jour


Princes glorieux des Apôtres, saint Pierre et saint Paul, qui avez été les premiers à prêcher la doctrine céleste, et qui les premiers l'avez mise en pratique; vous dont les actions n'ont jamais eu d'autre motif que la volonté divine; vous dont la mort n'a été qu'un holocauste de l'obéissance la plus généreuse, obtenez-nous, ô disciples privilégiés de Jésus-Christ, cet esprit évangélique de parfait obéissance qui montre en nous de fidèles imitateurs de vos exemples; faites que nous accomplissions en tout la volonté divine jusqu'à la mort; afin qu'après avoir suivi fidèlement Jésus-Christ avec vous, sur la terre, nous puissions aussi être reçus dans le ciel, pour y chanter les victoires de la Divine Miséricorde, qui sont préparées à ceux qui sont véritablement obéissants.


Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père


Deuxième jour


« Faites pénitence de vos péchés », voilà, ô Saint Pierre, quelle a été ta conclusion de votre premier discours, et voilà qu'elle est la maxime fondamentale que vous n'avez jamais cessé d'annoncer à tous les hommes, pendant le cours entier de votre Apostolat. Vous, glorieux saint Paul, en justifiant, auprès du roi Agrippa, votre prédication, vous avez pu lui dire qu'elle consistait principalement à annoncer aux hommes la pénitence, et à les engager tons à se convertira Dieu et à faire des œuvres d'une sincère repentance. Ces instructions, ô saints Apôtres, vous nous les faites à nous aussi dans vos divines Épîtres. Que vos voix célestes aient une force irrésistible sur nos cœurs, qu'elles nous  saisissent d'une terreur salutaire, qu'elles nous portent à verser des larmes de contrition, et à persévérer dans l'imitation de votre ardeur à pratiquer la pénitence, afin que nous obtenions, au ciel, cette joie qui est réservée à tous ceux qui, sur la terre, versent des larmes de contrition.


Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père


Troisième jour


Princes glorieux des Apôtres, saint Pierre et saint Paul, vous avez été pour tout l'univers, et d'une manière toute spéciale pour Rome, les premiers ministres de l'Évangile de Jésus-Christ et les premiers fondateurs de sa foi. Regardez-nous, ô saints Apôtres, avec la même bonté avec laquelle vous avez regardé les premiers chrétiens obtenez-nous cette foi vive, efficace, sincère, généreuse  qui les a sanctifiés, par le ministère de votre Apostolat. Ils ont été un glorieux monument de la puissance de votre ministère Apostolique; faites que nous soyons, nous aussi, un monument non moins admirable de la puissance de votre protection. Que nos actions, que nos mœurs ressemblent parfaitement aux actions et aux mœurs de ces heureux chrétiens, puisque nous leur sommes entièrement unis par la pratique de la même Foi Divine; et obtenez-nous que nous soyons au Ciel, avec Jésus-Christ, les héritiers de l'éternelle félicité dont ils jouissent, après avoir été, sur la terre, par la Miséricorde de Dieu, les héritiers de leur foi.


Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père


Quatrième jour


Vous nous dites dans vos, ô Prince glorieux des Apôtres, saint Pierre: « Souvenez-vous mes frères, que Jésus-Christ nous a régénérés par sa résurrection et nous a donné une vive espérance de ressusciter un jour avec lui et que cette cette espérance, si nous la gardons jusqu'à la mort, nous mettra en possession de l'héritage qui ne périra jamais ». Et vous, glorieux Saint Paul, vous écriviez aux fidèles que dans la voie du Seigneur on rencontre beaucoup de tribulations, mais qu'avec l'espérance en Jésus-Christ on les surmonte, parce que cette espérance ne peut nous tromper. Vous, Saints Apôtres, vous avez possédé à la plus haute perfection cette vertu divine. Vous en avez éprouvé sur la terre les effets les plus merveilleux, et vous en êtes très abondamment récompensés dans le Ciel. Par cette espérance héroïque que vous a accordé Jésus-Christ sur la terre, par ces fruits glorieux que donna cette même vertu à votre Apostolat, et par cette récompense immense quelle vous a valu dans le ciel, obtenez-nous à tous une espérance chrétienne, inébranlable et généreuse qui nous obtienne la grâce d'observer la Loi de Dieu et nous procure le Salut éternel; que cette espérance nous encourage, et nous porte à coopérer fidèlement à toutes ses grâces et nous mette en possession de l'éternel héritage dans le Ciel.


Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père


Cinquième jour


Glorieux Princes des Apôtres, Saint Pierre et Saint Paul, modèles très parfaits de la patience Chrétienne, vous avez montré, par l'exercice continuel et héroïque de cette vertu, que vous étiez de vrais ministres de Dieu et ses dignes ambassadeurs auprès des hommes, pour leur prêcher les vérités éternelles. Tous le terre a été témoin des exemples prodigieux de patience que vous avez donnés, mais Rome surtout en a été le théâtre plus longtemps que les autres contrées et d'une manière bien plus spéciale. Depuis plus de dix-neufs siècles, Rome continue de se rappeler et d'honorer avec piété, les maisons, les prisons, les chaines, les croix, que vous avez consacrées par les actes les plus héroïques de votre patience; et ce furent ces mêmes actes de patience qui engagèrent une multitude innombrable de Romains à embrasser la loi de Jésus-Christ, et à l'embrasser avec une telle ardeur  qu'un très grand nombre d'entre eux la scellèrent de leur sang et rivalisèrent avec vous de patience par le martyre. Que votre exemple exerce toujours une grande puissance sur nous tous, ainsi qu'il l'a fait sur nos sur glorieux devanciers; et que tant de saints monuments de votre patience conservés dans cette ville auguste, lui  conservent, à jamais, avec l'honneur d'abriter paisiblement dans son sein le Vicaire de Jésus-Christ, la gloire ineffable d'être le centre de la vérité, pour tout l'univers; que ces monuments, en portant an loin l'influence salutaire de votre vertu, nous fassent, embrasser courageusement la croix, et marcher généreusement sur les traces de Jésus-Christ, jusqu'à ce que nous parvenions, avec vous, dans son royaume et que nous trouvions en lui le repos éternel.



Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père


Sixième jour


Princes glorieux des Apôtres saint Pierre et saint Paul, c'est à votre prédication, à votre zèle que l'Église Catholique doit sa propagation, son établissement et sa conservation. Vous, Saint Pierre, peu avant de sacrifier votre vie pour Jésus-Christ,vous avez promis avec un zèle tout paternel, à tous les chrétiens, que vous les auriez toujours présents à votre esprit et que vous vous souviendriez d'eux dans la joie du Seigneur. Votre zèle, Saint Paul. vous a porté à pourvoir, tandis que vous étiez ici-bas. aux besoins non-seulement de ceux qui vivaient alors, mais aussi de ceux qui existeraient dans les siècles à venir. Que vos soins affectueux soient donc constants et efficaces pour nous aussi;  faites encore pour nous ce que vous avez promis que par votre intercession, le Dieu tout-puissant lève sur nous sa main bienfaisante, ainsi qu'il la leva jadis sur tant de peuples, par la vertu de votre prédication. Que le Seigneur donne à ses ministres cette vertu qu'il vous a donnée, qu'il conserve, dans toute l'Église, cette Religion sainte que votre dévouement y a fondée, et que toutes les ovations confessent et adorent le Père, le Fils et le saint Esprit, unique dans sa nature, mais Dieu en trois personnes.


Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père


Septième jour


O Princes glorieux des Apôtres, saint Pierre et saint Paul, les heureux habitants de Home sont le monument le plus admirable et le plus glorieux de votre superbe charité. L'antique, la superbe Rome a bu au calice infâme de toute sorte de dissolutions et d'impiétés: elle s'est abreuvée du sang d'innombrables martyrs de Jésus-Christ, et en punition d'une si grande scélératesse et de tant de sacrilèges, elle a été ruinée et elle ne subsiste plus. Rome qui existe aujourd'hui doit son existence et sa gloire à la Chaire Apostolique, à vos cendres, à vos tombeaux vénérables, ô Princes des Apôtres. Regardez donc votre cité, et continuez de lui accorder, pour les siècles à venir, les bienfaits de votre protection. Éloignez, de cette ville et de tous ceux qui l'habitent, ces vices qui ont ruiné Rome antique et coupable. Faites les croître et se perfectionner dans toutes les vertus qui doivent briller dans la Métropole de la Sainte Religion de Jésus-Christ, et rendez ainsi de plus en plus vénérable et glorieuse la Chaire suprême de la Vérité. Prenez sous votre protection spéciale notre Saint Père le Pape, le Sacré Collège, les Évêques et tous les Pasteurs des âmes, les Rois et tous ceux qui gouvernent les empires de la terre, les peuples chrétiens, pour qu'ils honorent la religion par une vie sainte, les nations infidèles, schismatiques et hérétiques, pour qu'elles parviennent à la connaissance de la Vérité, tous les justes, pour qu'ils persévèrent dans la Justice, tous les pécheurs, pour qu'ils se convertissent, enfin tous les fidèles trépassés, afin que tous parviennent à la gloire éternelle, après avoir été, toute leur vie, attachés à la Religion que vous avez fondée.


Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père


Huitième jour


Princes glorieux des Apôtres saint Pierre et saint Paul, pour faire éclater la gloire de votre protection, pour rendre votre pouvoir aimable et terrible, tout à la fois, à l'univers et surtout à Rome, vous avez jadis excité le grand saint Léon à réprimer l'orgueil et la fureur d'Attila, qui menaçait de ruiner entièrement l'Italie et principalement la ville de Rome. Ce roi barbare vous vit alors, debout à côté de ce Pontife vénérable: il vit votre bras armé du glaive du Seigneur; il vit l'attitude formidable avec laquelle vous menaciez sa vie, s'il refusait de vous obéir. Il pâlit, il trembla, ce barbare, il respecta Léon, il l'honora, il lui obéit, et, au grand étonnement de tout l'univers. il rebroussa chemin. Ce fut ainsi que Rome fut sauvée par vous du carnage et de toute sorte de calamités. O puissance  admirable! O confusion de l'orgueil humain! O gloire immense de la protection Apostolique! Daignez, ô saints Apôtres, lever pour nous aussi vos mains bienfaisantes et redoutables. Assistez-nous et défendez-nous contre les ennemis de la loi de Jésus-Christ; humiliez-les par votre voix puissante; confondez-les et amenez-les à des sentiments de repentir; afin que, connaissant, eux aussi, et confessant Jésus-Christ. ils aient le bonheur de se sanctifier et d'opérer sûrement leur salut.


Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père


Neuvième jour


Princes glorieux des Apôtres, Saint Pierre et Saint Paul, vous avez obtenu du Seigneur les grâces les plus précieuses et les plus abondantes de l'esprit de Jésus-Christ. Cet Esprit est un esprit d'amour et de charité, et ce fut l'esprit de la Charité et de l'amour qui anima sans cesse vos actions Apostoliques. Par cet Esprit, vous avez sanctifié le monde entier et Rome en particulier. Sur ce théâtre de  l'univers, tantôt dans les prisons, tantôt chargés de fers, sur les échafauds et sous les bras meurtriers des bourreaux, vous avez montré aux hommes ce que peut opérer dans un cœur chrétien l'amour pour Jésus-Christ. Comme monument indestructible de cet amour, vous avez voulu que Rome fût l'héritière de votre dépouille mortelle; que la reposassent vos restes vénérables; que là fussent glorifiés vos tombeaux sacrés. Ah! que de si précieux monuments ne soient pas inutiles pour nous, et que cette terre, consacrée par votre sang et par l'acte le plus sublime et le plus parfait de votre amour pour Dieu, soit toujours fécondée par cette charité divine. Que cette charité embrase, par votre intercession, tous nos cœurs; que ces jours, voués au souvenir de votre charité divine, s'écoulent pour nous dans de continuels exercices de cette vertu; que l'esprit de charité pour Jésus-Christ anime les jours que nous avons encore à passer sur la terre, et que notre dernier acte ici bas soit un acte parfait de charité qui, mettant un terme à nos jours mortels, soit le commencement des jours immortels, pendant lesquels nous pourrons, avec vous, aimer, bénir, remercier le Père, le Fils et le saint Esprit, dans les siècles des siècles. Ainsi-soit-il.


Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père


Prière

A dire chaque jour pendant la Neuvaine


Très-saints Princes des Apôtres, Pierre et Paul, nous, vos humbles et dévots serviteurs, bénissons, louons et remercions Notre Seigneur Jésus-Christ de ce qu'il a voulu vous désigner comme protecteurs et patrons de toute l'Église catholique. Vous avez été pour tout l'univers les premiers prédicateurs des vérités évangéliques, les fondateurs de la Religion Chrétienne, de très parfaits modèles de toutes les vertus et les principaux ministres des plus grandes miséricordes de Dieu. Vous, très-saints Princes des Apôtres, vous, nos maîtres; nos avocats, nos pères, du haut de ces trônes tout brillants d'une lumière immense, sur lesquels vous êtes assis dans le royaume céleste, fixez toujours des regards de bienveillance sur toute la sainte Église catholique. Que vos oreilles, que vos yeux soient ouverts continuellement sur elle; regardez ses besoins, écoutez ses prières, exaucez ses vœux. Priez sans relâche, et implorez de Dieu toutes sortes de faveurs pour la chrétienté. C'est vous qui l'avez établie, c'est vous qui l'avez conservée jusqu'à ce jour, et ce sera vous aussi qui, par votre patronage, garderez toujours au milieu d'elle la Chaire infaillible des éternelles vérités. Tendez à Celui, qui y est assis et qui nous gouverne, votre main bienfaisante, et donnez-lui ce glaive d'or, qui est le glaive de la Divinité, et qui exterminera glorieusement tous les ennemis de la vérité. Que par vous la loi, la paix, la charité de Jésus-Christ règnent dans tout l'univers; protégez tous les habitants de cette ville, tous les membres de ce Diocèse,et faites régner d'une manière spéciale parmi nous ces mêmes vertus célestes, afin que, par votre intercession, nous et tous nos frères en Jésus-Christ, nous accomplissions constamment ses préceptes évangéliques et que, par là, nous ayons le bonheur de partager avec vous le royaume éternel. Ainsi-soit-il.


Antienne: Aujourd'hui, Simon Pierre est monté sur la croix; aujourd'hui, celui qui a les clefs du royaume des cieux est allé plein de joie à Jésus-Christ; aujourd'hui, l'Apôtre saint Paul, la lumière de l'univers, abaissé la tête sous l'épée, et a reçu !a couronne du martyre pour le nom de Jésus-Christ.


R. Ils ont annoncé les œuvres de Dieu.

V. Et ils ont eu l'intelligence de ses ouvrages.


Prions


Seigneur, rendez-vous présent à nos supplications; et pleins de confiance dans votre miséricorde nous vous demandons, par l'intercession de vos saints Apôtres, Pierre et Paul, de nous secourir du haut du ciel, dans votre bonté. Par Jésus-Christ, Notre-Seigneur. Ainsi-soit-il.


Prière

a dire à la fin du dernier jour de la Neuvaine


O saints Apôtres, Pierre et Paul, moi N, je vous choisis, aujourd'hui et pour toujours, connue mes protecteurs et mes avocats. Je me réjouis humblement avec vous, saint Pierre Prince des Apôtres, parce que vous êtes cette pierre sur laquelle Jésus-Christ a bâti son Église, et avec vous, saint Paul, choisi de Dieu comme un vase d'élection, et pour prêcher la vérité dans  tout l'univers. Obtenez-moi, je vous prie, une foi vive, une ferme espérance et une Charité parfaite, un détachement complet de moi-même, le mépris du monde, la patience dans les adversités, l'humilité dans la prospérité, le recueillement dans l'oraison, la pureté du cœur, l'intention sainte dans mes actions, le soin de m'acquitter des devoirs de mon état, la fidélité dans mes propos, la résignation à la volonté divine, et la persévérance dans la Grâce de Dieu jusqu'à la mort, afin qu'ayant surmonté, par votre intercession et vos mérites, les tentations du monde, du démon et de la chair, je me rende digne de paraître eu présence du suprême et éternel pasteur des âmes, Jésus-Christ, qui, avec le Père et le saint Esprit, vit et règne dans les siècles des siècles, pour jouir de lui et l'aimer éternellement. Ainsi-soit-il.


Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père


Par un Rescrit du 28 juillet 1778, le Pape Pie VI accorda 100 jours d'indulgences à tous les chrétiens qui, contrits, récitent au moins une fols par jour la prière suivante, avec un Pater, Ave et Gloria en l'honneur des saints Apôtres Pierre et Paul : et l'indulgence plénière si, en quelque fête que ce soit ou de saint Pierre ou de saint Paul, ou bien en quelqu'un des neuf jours qui précèdent ces fêtes ou, des huit qui les suivent, après s'être confessés et avoir communié, ils visitent dévotement une église ou un autel dédié aux mêmes Apôtres, et y récitent l'oraison ci-dessous, en priant en outre pour la Sainte Église et pour le Souverain Pontife.


Imprimatur

+ Ig. Episc Marianopolitanus

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11 mars 2010

Neuvaine en l'honneur de Saint Jean-Baptiste

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La Naissance de Saint Jean-Baptiste

Fête le 24 juin


Extrait des révélations de Maria Valtorta


Au milieu des choses repoussantes que nous offre à cette heure le monde, voilà que descend du Ciel - et je ne sais pas comment cela peut-il arriver, puisque je suis comme un fétu de paille que le vent soulève, dans ces heurts continuels avec la méchanceté humaine, si opposée à tout ce qui vit en moi - descend du Ciel cette vision de paix. C'est encore et toujours la maison d'Elisabeth. Par une belle soirée d'été encore éclairée par le soleil couchant et où déjà l'arc de la lune semble une virgule d'argent posée sur une immense draperie d'azur foncé. Les rosiers répandent leur forte odeur et les abeilles font leurs derniers vols, gouttes d'or bourdonnantes dans l'air tranquille et chaud du soir. Des prés il arrive une forte odeur de foin séché au soleil, une odeur de pain, dirait-on, de pain chaud sorti du four, Peut-être vient-elle aussi des nombreux linges étendus à sécher un peu partout et que Sara est en train de plier. Marie se promène lentement, donnant le bras à sa cousine. Tout doucement elles montent et descendent sous la tonnelle à demi éclairée. Marie a l’œil à tout, et tout en s'occupant d'Élisabeth, elle voit que Sara s'emploie à replier une longue pièce de toile qu'elle a enlevée de dessus une haie. "Attends-moi, assieds-toi là" dit-elle à sa parente et elle s'en va aider la vieille servante en tirant sur la toile pour défaire les plis et en la pliant avec soin. "Elle se ressent encore du soleil, elle est chaude dit-elle avec un sourire. Et pour faire plaisir à la femme, elle ajoute : "Cette toile, depuis ton blanchissage est devenue belle comme elle ne l'a jamais été. Il n'y a que toi pour faire si bien les choses." Sara s'en va toute fière avec sa charge de toile parfumée. Marie retourne vers Élisabeth et lui dit : "Encore quelques pas. Ça te fera du bien." Mais, puisque Élisabeth ne voudrait pas bouger, elle lui dit : "Allons seulement voir si les colombes sont toutes dans leurs nids et si l'eau de leur baignoire est propre, puis, nous revenons à la maison." Les colombes doivent être les préférées d'Élisabeth. Quand elles sont devant la petite tour rustique, les colombes sont déjà toutes rassemblées : les femelles sur les nids, les mâles immobiles devant elles, mais en voyant les deux femmes, ils roucoulent encore pour les saluer, Élisabeth en est toute émue.


La faiblesse due à son état la domine et lui inspire des craintes qui la font pleurer . Elle s'appuie sur sa cousine : "Si j'allais mourir... mes pauvres colombes ! Toi tu ne restes pas. Si tu restais à la maison, il ne m'importerait pas de mourir. J'ai eu la plus grande joie qu'une femme puisse avoir, une joie que je ne m'étais résignée à ne jamais connaître. Et même de la mort je ne pourrai me plaindre au Seigneur. Lui, qu'Il en soit béni, m'a comblée de ses bontés. Mais il y a Zacharie... et il y aura l'enfant. L'un vieux et qui se trouverait comme perdu dans un désert, sans sa femme. L'autre pauvre petit et qui serait comme une fleur destinée à mourir de froid parce qu'il n'aurait pas sa maman. Pauvre bébé sans les caresses de sa mère !..." "Mais pourquoi cette tristesse ? Dieu t'a donné la joie d'être mère et Il ne te l'enlèvera pas quand elle est à son comble. Le petit Jean aura tous les baisers de sa maman et Zacharie tous les soins de son épouse fidèle, jusqu'à la vieillesse la plus avancée. Vous êtes deux branches du même arbre. L'une ne mourra pas en laissant l'autre à sa solitude." "Tu es bonne et tu me réconfortes. Mais moi, je suis tellement vieille pour avoir un fils. Et maintenant que le moment de le mettre au monde est venu, j'ai peur." "Oh ! non, Jésus est ici ! Il ne faut pas avoir peur là où Jésus se trouve. Mon Enfant a allégé ta souffrance, tu l'as dit, quand il était comme un bouton, tout juste formé. Maintenant qu'il se développe de plus en plus et qu'il est déjà en moi comme un être bien vivant - je sens battre son petit cœur tout près de ma poitrine et j'ai l'impression d'avoir un petit oiseau au nid par le battement léger de son petit cœur - maintenant il t'épargnera tout danger. Tu dois avoir foi." "Oui, j'ai foi, mais si je venais à mourir ...n'abandonne pas tout de suite Zacharie. Je sais que tu penses à ta maison, mais reste encore un peu pour aider mon homme dans les premiers jours de deuil." "Je resterai pour jouir de ta joie et de la sienne et je ne partirai que lorsque tu seras forte et joyeuse. Mais, tiens-toi tranquille, Élisabeth, tout ira bien. Ta maison ne manquera de rien à l'heure de ta souffrance. Zacharie sera servi par la plus affectueuse servante, tes fleurs seront soignées et tes colombes aussi, et tu retrouveras les unes et les autres joyeuses et belles pour fêter le joyeux retour de leur maîtresse. Rentrons maintenant, je te vois pâlir ..."


"Oui, il me semble que ma souffrance redouble. Peut-être l'heure est-elle venue. Marie, prie pour moi." "Je t'aiderai par ma prière, jusqu'au moment où ta peine s'épanouira en joie." Les deux femmes rentrent lentement à la maison. Élisabeth se retire dans son appartement. Marie, adroite et prévoyante, donne des ordres, prépare tout ce qu'il est possible de prévoir et réconforte Zacharie inquiet. Dans la maison où on veille cette nuit et où on entend les voix étrangères des femmes qu'on a appelées à l'aide, Marie reste vigilante, comme un phare dans une nuit de tempête. Toute la maison gravite autour d'elle. Et elle, douce et souriante, veille à tout. Elle prie, quand elle n'est pas appelée par une chose ou une autre, elle se recueille dans la prière. Elle est dans la pièce où on se rassemble toujours pour le repas et pour le travail. Et, avec elle, se trouve Zacharie qui pousse des soupirs et circule, inquiet. Ils ont déjà prié ensemble, puis Marie a continué de prier. Même à présent que le vieillard, fatigué a pris un siège et s'est assis près de la table et se tait tout songeur, elle prie. Et, quand elle le voit dormir pour de bon, la tête sur les bras croisés qui s'appuient sur le table, elle délace ses sandales pour faire moins de bruit et chemine les pieds nus, Elle fait moins de bruit qu'un papillon tournoyant dans une pièce. Elle prend le manteau de Zacharie et le pose sur lui si délicatement qu'il continue à dormir dans la tiédeur de la laine qui le défend de la fraîcheur de la nuit, entrant par bouffées par la porte souvent ouverte. Puis elle revient prier. Et toujours avec plus d'âme, elle prie à genoux, les bras étendus, lorsque les cris de la malade se font plus perçants. Sara entre et lui fait signe de sortir. Marie sort déchaussée dans le jardin. "La maîtresse vous désire" dit-elle. "Je viens" et Marie longe la maison, monte l'escalier ...On dirait un ange blanc qui tourne dans la nuit tranquille et constellée d'étoiles. Elle entre chez Élisabeth. "Oh ! Marie ! Marie ! Quelle douleur ! Je n'en puis plus. Marie ! Quelle souffrance il faut endurer pour être mère !" Marie la caresse affectueusement et lui donne un baiser. "Marie ! Marie ! Laisse-moi mettre la main sur ton sein !"


Marie prend les deux mains ridées et gonflées et se les pose sur l'abdomen arrondi en les tenant pressées de ses mains lisses et légères. Et elle parle doucement, maintenant qu'elles sont seules : "Jésus est là qui se rend compte et voit. Confiance, Élisabeth. Son cœur saint bat plus fort parce qu'il travaille en ce moment pour ton bien. Je le sens palpiter comme si je le tenais entre mes mains. Je comprends les paroles que par ses battements l'Enfant me dit. Il me dit en ce moment : "Dis à la femme qu'elle ne craigne pas. Encore un peu de douleur. Et puis, au lever du soleil, au milieu de tant de roses qui attendent pour s'ouvrir sur leur tige ce rayon matinal, sa maison aura sa rose la plus belle et ce sera Jean mon Précurseur". Élisabeth pose aussi son visage sur le sein de Marie et pleure doucement. Marie reste ainsi quelque temps parce qu'il lui semble que la douleur s'endort, se relâche et se calme. Elle fait signe à tous de rester tranquilles. Elle reste debout, blanche et toute belle dans le faible rayonnement de la lampe à huile, comme un ange qui veille sur la souffrance. Elle prie. Je la vois remuer les lèvres, Mais, même si je ne les voyais pas remuer, je comprendrais qu'elle prie par l'expression extasiée de son visage. Le temps passe et la douleur reprend Élisabeth. Marie l'embrasse de nouveau. Elle descend, rapide, dans le rayon de lune et court voir si le vieillard dort encore. Il dort et gémit tout en rêvant. Marie a un geste de pitié. Elle se remet à prier. Le temps passe, le vieillard se réveille et jette un regard étonné comme s'il se souvenait mal pourquoi il se trouve là. Puis, il se rappelle, il a un geste et une exclamation gutturale. Puis il écrit : "N'est-il encore pas né ?" Marie fait signe que non. Zacharie écrit : "Quelle douleur ! Ma pauvre femme ! En sortira-t-elle sans mourir ?" Marie prend la main du vieil homme et le rassure : "A l'aube, sous peu, le bambin sera né. Tout ira bien. Élisabeth est forte. Comme il va être beau, ce jour - puisqu'il va bientôt faire jour - où ton enfant verra la lumière ! Le plus beau jour de ta vie ! Ce sont de grandes grâces que le Seigneur te réserve pour toi, et ton enfant en est l'annonciateur." Zacharie secoue la tête tristement et montre sa bouche muette. Il voudrait dire tant de choses et ne le peut.


Marie comprend et répond : "Le Seigneur te donnera une joie complète. Crois en Lui complètement, espère infiniment, aime totalement. Le Très-Haut t'exaucera au-delà de ce que tu espères. Il veut cette foi totale pour laver ta défiance passée. Dis en ton cœur, avec moi : "Je crois" .Dis-le à chaque battement de ton cœur. Les trésors de Dieu s’ouvrent pour qui croit en Lui et en sa puissante bonté.

La lumière commence à pénétrer par la porte entr'ouverte. Marie l'ouvre. L'aube répand une lumière blanche sur la terre humide. Il y a une forte odeur de terre et de verdure humides. On entend les premiers pépiements des oiseaux qui s'appellent d'une branche à l'autre. Le vieil homme et Marie vont sur le seuil de la porte. Ils sont pâles après une nuit sans sommeil et la lumière de l'aube les fait encore plus pâles. Marie remet ses sandales, va au pied de l'escalier et écoute. Quand une femme se montre, elle fait un signe et revient. Rien encore. Marie va dans une pièce et revient avec du lait chaud qu'elle donne à boire au vieillard. Elle va voir aux colombes. Elle revient pour disparaître dans cette pièce. Peut-être est-ce la cuisine, Elle fait un tour, surveille. Elle semble avoir eu un sommeil merveilleux tant elle est vive et tranquille. Zacharie fait les cent pas, nerveux, monte et descend à travers le jardin. Marie le regarde avec pitié. Puis elle entre de nouveau dans la même pièce, et agenouillée près de son métier, elle prie de toute son âme, parce que les plaintes de la malade se font plus déchirantes. Elle se courbe jusqu'à terre pour prier l'Éternel. Zacharie rentre et la voit prosternée ainsi et il pleure, le pauvre vieux. Marie se relève et le prend par la main. Elle semble être la mère de cette vieillesse désolée et verse sur elle le réconfort. Ils se tiennent ainsi, l'un près de l'autre dans le soleil qui rosit l'air du matin et c'est ainsi que les rejoint la nouvelle joyeuse : "Il est né ! Il est né ! Un garçon ! Heureux père ! Un garçon, frais comme une rose, beau comme le soleil, fort et vigoureux et bon comme sa mère. Joie à toi, père béni par le Seigneur qu'un fils t'a été donné pour que tu l'offres à son Temple. Gloire à Dieu qui a accordé une postérité à cette maison ! Bénédiction à toi et au fils qui est né de toi ! Puisse sa descendance perpétuer ton nom dans les siècles des siècles à travers les générations et les générations et qu'elle conserve toujours l'alliance du Seigneur Éternel." Marie, avec des larmes de joie, bénit le Seigneur. Et puis les deux reçoivent le petit, apporté au père pour qu'il le bénisse. Zacharie ne va pas trouver Élisabeth. Il reçoit le bambin qui crie comme un perdu, mais ne va pas trouver sa femme.


C'est Marie qui y va, portant affectueusement le bébé qui se tait tout à coup, à peine Marie l'a-t-elle pris dans ses bras. La commère qui la suit remarque le fait. "Femme" dit-elle à Élisabeth, "ton enfant s'est tu tout d'un coup quand Elle l'a pris. Regarde comme il dort tranquille. Et Dieu sait s'il est remuant et fort. Maintenant, regarde, on dirait une petite colombe." Marie met la créature près de la mère et la caresse en remettant en ordre ses cheveux gris. "La rose est née" lui dit-elle doucement. "Et tu es en vie. Zacharie est heureux." "Il parle?" "Pas encore, mais espère dans le Seigneur. Repose-toi, maintenant. Je resterai avec toi."


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Neuvaine en l'honneur de Saint Jean-Baptiste


Supplique de Monseigneur l'Evêque de Montréal


Très-Saint- Père, l'Evêque de Montréal voulant stimuler la dévotion à Saint Jean Baptiste, et encourager la Société de Tempérance dont ce Saint est le patron, et se proposant pour cela d'inaugurer une Neuvaine de pieux exercices préparatoires à la Nativité de Saint Jean-Baptiste, supplie très respectueusement Votre Sainteté de daigner accorder: 1°Une Indulgence de trois cents jours pour chaque jour des dits exercices; 2° Une Indulgence plénière, aux conditions ordinaires, à gagner le jour de la Fête; 3° La faveur pour Lui de donner la Bénédiction Apostolique à la Grande Messe, ce même jour de fête. Cela pour dix ans.


D'une audience de sa sainteté le Bienheureux Pie IX obtenue le 3 mai 1868


Notre Très Saint Seigneur Pie IX, Pape par la Divine Providence, a bien voulu accorder toutes les faveurs demandées, pourvu que pour gagner l'Indulgence partielle de 300 jours les Fidèles assistent aux susdits pieux Exercices, et que pour gagner l'Indulgence Plénière, étant vraiment contrits, s'étant confessés et nourris de la Sainte-Communion, ils adressent à Dieu, pendant quelque temps, dans l'Eglise où est célébrée la Fête du Précurseur Saint Jean-Baptiste, des prières ferventes à l'intention de Sa Sainteté. Donné à Rome au Palais de la Propagande les jour et an que dessus.

 

Jean Simeoni

Secrétaire.


Neuvaine en l'honneur de Saint Jean Baptiste

Elle commence le 15 Juin


Premier jour


Dieu du ciel et de la terre, Souverain dispensateur des dons célestes, nous voici prosternés à vos pieds pour implorer, par les mérites de St. Jean-Baptiste, Votre divine miséricorde, c'est vous-même, ô Dieu, qui voulûtes glorifier ce grand Patriarche et attirer vers lui notre admiration et notre confiance. N'est-ce pas vous, en effet, qui envoyâtes un de vos Anges pour annoncer à ses saints et vieux parents la prodigieuse conception de cet enfant béni ? Vous voulûtes lui donner un nom de votre choix, après l'avoir purifié dans le sein de sa mère. Enfin, par une attention toute particulière, comme gage de sa grandeur future, vous lui traçâtes vous même la règle de vie dont la pratique constante produisit en son âme toutes les vertus.


Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père


Oraison finale a dire chaque jour


Il y eût un homme envoyé de Dieu,

cet homme s'appelait Jean


Prions


Dieu Tout-Puissant, qui avez fait de Saint Jean-Baptiste un Prophète, un Apôtre et un Martyr, nous Vous supplions de produire en nous de dignes fruits de pénitence, afin qu'à son exemple nous n'ayons d'autre science que Celle de Jésus, d'autre Amour que Celui de Jésus, et que nous mourions pour ce Divin Agneau, qui a effacé les péchés du monde et qui vit et règne avec Vous pour les siècles et les siècles. Amen.


Deuxième jour


Sublime Prophète, vous qui fûtes envoyé sur là terre pour être la terreur des méchants et Précurseur du Juste, nous voici prosternés devant vous pour rendre hommage à votre admirable sainteté. Fidèle aux grâces extraordinaires dont il plût à Dieu de vous orner, vous dédaignâtes le monde, et pour nous enseigner avec quel soin nous devons fuir ses dangers et ses vices, vous voulûtes mettre entre lui et vous un mur de séparation en vous retirant dans le désert. Hélas! bien que pur de tout péché, quelle ne fût pas votre pénitence dans ces lieux privés de tout! Nous vous en supplions, faites-nous comprendre à quels périls notre salut est incessamment exposé au milieu des agitations et des scandales de ce monde; inspirez-nous la ferme résolution de purifier nos âmes par la pénitence, afin qu'elles soient admises un jour à partager votre bonheur éternel.


Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père


Troisième jour


C'est avec le sentiment de la plus humble piété, ô grand Saint Jean-Baptiste, que nous venons rendre hommage au zèle dont vous fûtes animé pour la défense des lois divines et pour l'honneur de Dieu. Sans égard à la puissance des Grands, sans crainte de leur vengeance, vous adressâtes courageusement au Roi Hérode, les réprimandes que méritait sa vie criminelle et dissolue. Nous vous en supplions, inspirez-nous le respect salutaire des lois de Dieu et de celles de son Eglise. Faites que, dociles à la voix de la grâce et sensibles à celle de notre conscience, nous recevions avec une humble soumission la parole de Dieu quelque sévère qu'elle soit. Faites surtout que remplis de votre courage nous n'ayons jamais le malheur de céder aux vaines craintes du respect humain, mais que aidés de la grâce divine, nous contribuions de toutes nos forces à la sanctification des âmes par l'exemple de nos bonnes œuvres et l'édification de nos discours.


Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père


Quatrième jour


O saint Précurseur du Sauveur du monde, recevez la vénération dont nous sommes pénétrés au souvenir de votre humilité profonde. Un jour, les témoins de votre vie prodigieuse ne pouvant s'expliquer tant de surnaturel dans un pur homme, se pressèrent autour de vous. Etes-vous le Christ qui doit venir? vous dirent-ils. Cette parole effrayant votre modestie autant que votre amour de la vérité, vous vous empressâtes de les détromper en vous déclarant indigne de toucher la chaussure du Christ. N'auriez-vous pas pu répondre: non, je ne suis pas le Christ, mais je suis l'Ange envoyé pour lui prépare les voies? Nous vous en supplions, obtenez-nous cette humilité, mère et fondement de toutes les vertus chrétiennes, afin que nous sachions, non-seulement repousser les vains compliments, mais encore aimer la vie cachée et nous résigner aux humiliations et aux mépris des hommes


Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père


Cinquième jour


Ange du Seigneur Jésus, voix qui criait dans le désert: Faites pénitence; faites droits vos sentiers; préparez vos âmes à la venue du Juge Rédempteur: nous voici l'oreille attentive pour recevoir vos enseignements, les yeux ouverts pour contempler la lumière dont vous étiez l'aurore; les pieds prompts à entrer dans les sentiers où vous indiquiez du doigt l'Agneau de Dieu, notre salut éternel. Oh! qui pourra jamais redire les ardeurs de cette soif dont vous étiez consumé pour le salut des âmes! Glorieux protecteur de ce Diocèse, où vous êtes si particulièrement aimé, nous vous en supplions, faites que nous n'ayons jamais le malheur de voir s'éteindre la vivacité de notre foi Catholique, Apostolique, et Romaine, mais bien qu'elle grandisse chaque jour en nous, afin que par elle nous méritions d'être admis un jour au bonheur de la lumière éternelle.


Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père


Sixième jour


Divin réformateur des esprits et des cœurs, grand Saint Jean-Baptiste, en voyant avec quel généreux courage vous avez vengé la plus délicate et la plus belle des vertus; avec quelle perfection vous l'avez pratiquée à tous les instants de votre vie angélique; nous nous sentons épris d'un respect plus grand pour l'honorer; d'un zèle plus parfait pour la défendre; d'un amour plus ferme pour la préférer à tout; d'un désir plus grand de l'augmenter chaque jour en nous, et d'un cœur plus contrit des atteintes que nous avons eu le malheur de lui porter. Nous vous en supplions, ô glorieux saint, purifié dès le sein de votre mère. par un privilège destiné à vous préparer au contact du Fils de Dieu, obtenez, par votre intercession, que nous ne nous détournions jamais des voies que vous nous avez tracées par vos exemples ; mais que sachant nous prémunir, avec l'aide de Dieu, contre les assauts de la chair et du démon, nous arrivions un jour au bonheur des vierges.


Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père


Septième jour


Divin Précurseur du Sauveur, vous qui eûtes l'honneur sans égal de baptiser l'auteur môme du vrai Baptême, et de voir le ciel s'ouvrir au dessus de cette scène céleste, pour donner libre cours à la première manifestation extérieure des trois personnes divines, vous qui eûtes le bonheur d'entendre la voix du Père Céleste proclamer que Jésus alors humblement prosterné sous votre main était son Fils bien aimé, l'objet de sa divine complaisance, nous vous en supplions, obtenez-nous la grâce insigne de bien comprendre les saints engagements de notre baptême, de savoir éviter les dangers de tontes sortes qui menacent en nous et hors de nous les grâces que nous en avons reçues. Dans ces temps d'aveugles et lâches apostasies, obtenez nous l'inébranlable volonté de renoncer à Satan, à ses pompes et à ses œuvres, afin que nous méritions d'aller Contempler, au sortir de cette vallée de larmes, la divine Trinité dans le séjour de sa gloire.


Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père


Huitième jour


Glorieux martyr, victime innocente des plus détestables passions; vous eûtes la gloire de fermer l'ancien Testament en le scellant de votre sang; vous eûtes celle aussi d'ouvrir l'ère de la loi nouvelle en présentant au monde celui qui en est le principe et la fin et en avertissant le monde que l'Agneau de Dieu allait détruire le règne du péché, règne qui devait bientôt épuiser ses fureurs contre vous même, nous nous prosternons à vos pieds, intrépide vengeur de l'iniquité; nous gémissons avec vous dans cette dure prison où vous étiez chargé de chaînes et impitoyablement poursuivi par la haine et la vengeance d'une méchante femme! Vous y attendiez la hache du bourreau, avec la constance des anciens Prophètes, victimes comme vous de leur courage à défendre la justice; patient et résigné comme devait bientôt l'être cette armée de vierges et de confesseurs dont vous alliez ouvrir le martyrologe sanglant. Par votre tête glorieuse tombée sous le couteau pour être la récompense d'une infâme danseuse, par la gloire de votre mort triomphante, nous vous en supplions, apprenez-nous à mépriser la vie d'ici-bas pour mériter de partager avec vous l'éternelle Vie.


Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père


Neuvième jour


Bienheureux Saint Jean-Baptiste, c'est avec une joie toute divine, que nous contemplons votre âme angélique dégagée des liens de la chair, et quittant son corps pour aller rejoindre les Patriarches au sein d'Abraham. Le Sauveur Jésus et sa sainte Mère n'avaient pas manqué de vous consoler avant l'heure de votre supplice. Avec quelles larmes de tendresse n'apprirent-ils pas votre mort? Ce fut donc sous le patronage de Jésus que vous entrâtes dans les limbes pour y attendre que le ciel vous fût ouvert par la mort du divin Agneau. Avec quel bonheur, continuant votre prédication au milieu de ce séjour de vos glorieux pères, vous leur annonçâtes que le jour était proche où leurs saintes âmes, complètement émancipées, allaient enfin, à la suite du Rédempteur, entrer triomphalement dans les tabernacles du Dieu vivant. Nous vous en supplions, quand nos âmes sortiront de ce monde, daignez les recevoir sous votre tout puissant patronage. Par vos mérites et comme fruit des saints exercices que nous terminons conduisez-nous à l'Agneau qui a effacé les péchés du monde, afin que nous louions avec vous de l'éternelle félicité.


Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père


Imprimatur

+ Ig. Episc. Marianopolitanus

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