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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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14 mars 2022

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

 

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Quinzième jour

15 Mars

 

L'amour de Joseph pour Marie

 

Prélude : Représentons-nous cette belle scène dont parlent les historiens de la sainte Vierge. Une verge desséchée a refleuri entre les mains de saint Joseph, et le grand-prêtre, mettant sa main dans la main de Marie, les unit au nom de Dieu, qui vient de manifester sa volonté par un si grand miracle.

 

Méditation

 

Considérons l'amour que Joseph eut pour sa sainte épouse. Cet amour était basé sur tous les motifs naturels que nous connaissons, nous qui avons si souvent médité sur les excellences de la très sainte Vierge, et qu'il nous suffira d'énumérer pour avoir une faible idée de l'amour qu'ils devaient faire naître dans le cour du chaste époux de Marie.

Sans parler de la beauté virginale de ce lys d'Israël, il faut surtout remarquer avec saint Alphonse de Liguori que Marie était la créature la plus aimable, la plus douce, la plus pure, la plus obéissante qui ait jamais paru sur la terre. C'est Marie qui, parmi tous les hommes, parmi tous les anges même, a le plus aimé Dieu. Et nous savons combien Joseph appréciait la vertu. En la voyant éclater avec une telle magnificence en Marie, il sentait son amour s'augmenter à chaque instant envers celle dont le Ciel l'avait constitué l'époux et le gardien.

De plus, Joseph se voyait aimé de Marie avec une délicatesse de sentiments qui le touchait jusqu'au fond de l'âme ; car, assurément, après Jésus, Joseph était le plus cher objet des affections de la très sainte Vierge. Elle chérissait son époux plus que toutes les créatures.

D'ailleurs le saint patriarche considérait son épouse immaculée comme la bien-aimée de Dieu, choisie de toute éternité par le Tout-puissant pour être la mère de son Fils unique. Figurons-nous, d'après tous ces motifs, quelle devait être l'affection du cœur juste et reconnaissant de Joseph pour une épouse aussi digne de son amour.

 

Résolution : Offrir nos hommages et nos prières à la très sainte Vierge, en union avec les sentiments de Joseph envers elle.

 

Bouquet spirituel : « Joseph, l'époux de Marie ». (Matthieu 1, 16).

 

Exemple

La première église dédiée à saint Joseph

 

Le vénérable Pierre Cotton, célèbre orateur et fervent religieux, eut, dès le jour de son ordination, une grande dévotion pour saint Joseph. Il ne laissa jamais passer le plus court entretien sans parler de lui, ni la moindre occasion sans chercher à répandre son culte. C'est lui qui a eu l'honneur de faire ériger, près de la place Bellecour, à Lyon, la première église que la France ait consacrée au chaste époux de Marie. On y voyait de nombreux et riches ex-voto qui rappelaient les grâces signalées et les miracles obtenus par l'intercession de ce grand saint. Il eut le bonheur de mourir le jour de sa fête. Dans sa dernière maladie, Marie lui apparut et lui dit qu'elle venait l'aider à bien mourir, en reconnaissance de sa sincère dévotion pour son chaste époux. (Abbé Deidier, Mois de saint Joseph à l'usage du clergé).

 

Résolution : Méditer souvent la Passion de Notre Seigneur en union avec les sentiments que Joseph éprouvait en s'en entretenant avec Marie et Jésus à Nazareth.

 

Bouquet spirituel : « Notre cœur n'était-il pas tout en feu, pendant qu'il nous parlait ? » (Luc 24, 32).

 

Exemple

Une douce conversation

 

On lit dans les légendes de l'Ordre de Saint François que la vénérable Pudentienne Zagnoni, qui fut très dévote à saint Joseph, eut le bonheur de voir, au moment de sa mort, le saint s'approcher de son lit avec Jésus au bras. Elle se mit alors à parler tantôt avec saint Joseph, tantôt avec Jésus, les remerciant de cette grande faveur. Ce fut dans cette douce compagnie qu'elle rendit doucement son âme à Dieu. (Saint Alphonse de Liguori).

 

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Prières à Saint Joseph composées par Saint Alphonse de Liguori

Pour être récitées les sept jours consécutifs précédant la fête du 19 mars

 

15 mars

 

Saint Patriarche, par les larmes que vous avez répandues en contemplant d'avance la passion de votre Jésus, obtenez-moi un souvenir continuel et une tendre compassion vis-à-vis des souffrances de mon Rédempteur. Par les saintes flammes d'amour que ces entretiens et ces pensées allumèrent dans votre cœur, obtenez-en une étincelle pour mon âme, dont les péchés ont contribué si grandement à faire souffrir Jésus-Christ.

Et vous, ô Marie, au nom de ce que vous avez souffert à Jérusalem à la vue des tourments et de la mort de votre cher Fils, obtenez-moi une grande douleur de mes péchés.

Et vous, mon doux Jésus, qui par amour pour moi, avez tant souffert et êtes mort, faites que je n'oublie jamais un si grand amour. Ô mon Sauveur, votre mort est mon espérance. Je crois que vous êtes mort pour moi. J'espère mon salut de vos mérites. Je vous aime de tout mon cœur, je vous aime plus que toute autre chose, je vous aime plus que moi-même. Je vous aime, et, par amour pour vous, je suis prêt à souffrir toute espèce de tourments. Je regrette comme le plus grand des malheurs de vous avoir déplu, à vous qui êtes le souverain bien. Je ne désire pas autre chose que de vous aimer et de vous être agréable. Aidez-moi, ô mon Seigneur, ne permettez pas qu'il m'arrive jamais de me séparer de vous.

 

 

Saint Joseph (Beaulieu)

 

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24 mars 2022

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

 

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Vingt-cinquième jour

25 mars

 

Trois privilèges

 

Prélude : À genoux devant une statue de saint Joseph, renouvelons à ce grand patriarche l'hommage de nos plus parfaits sentiments d'admiration, d'amour et de louanges.

 

Méditation

 

Le pieux chancelier de l'Université de Paris, le grand et célèbre Jean de Gerson, avait une dévotion toute spéciale envers l'auguste père nourricier de Jésus. Dans un des sermons qu'il composa en l'honneur de saint Joseph, ce grand homme, qui avait beaucoup étudié les Pères et la tradition, énumère trois privilèges spéciaux comme ayant été attribués par Dieu à saint Joseph, en prévision de la sublime mission qu'il devait remplir un jour sur la terre.

Le premier de ces privilèges fut d'être sanctifié dès le sein de sa mère. En effet, si Jérémie fut privilégié de cette grâce parce qu'il devait être le grand prophète des lamentations, si saint Jean-Baptiste reçut cette faveur en sa qualité de précurseur de Jésus-Christ, à combien plus forte raison convenait-il qu'il fût purifié de la tache originelle et sanctifié dans le sein de sa mère, celui qui devait servir de père au Sauveur et devenir l'époux de la Reine des vierges ? Comment aurait-il pu être traité avec moins d'amour et de miséricorde que les deux saints personnages dont nous venons de parler ?

Le second privilège de saint Joseph fut d'être en même temps confirmé en grâce, et de n'avoir jamais le malheur d'offenser Dieu grièvement, tant le Seigneur avait fortifié son esprit et sa volonté par des secours extraordinaires, afin d'achever et de perfectionner le bel ouvrage qu'il avait commencé en lui, au même instant où il l'avait purifié de la tache originelle.

Enfin, le troisième privilège de saint Joseph fut d'être toujours exempt des mouvements de la concupiscence. Et, chose consolante pour notre faiblesse, cette grâce, saint Joseph, par les mérites de sa pureté, à coutume d'en rendre participants ses pieux serviteurs, en les délivrant des appétits charnels et des mouvements désordonnés. Voilà pourquoi on l'appelle le patron de la pureté.

 

Résolution : Invoquer le nom de saint Joseph dans les tentations contre la sainte vertu de pureté.

Bouquet spirituel : « Le jour de l'union de Marie et de Joseph, la virginité s'allia avec une autre virginité ». (Saint Jean de Gerson).

 

Exemple

La protection de l'angélique saint Joseph

 

Une personne avait eu le malheur de commettre un péché grave contre la plus belle des vertus. Mais, la mauvaise honte en retenant l'aveu sur ses lèvres, elle profana les sacrements. Dès lors sa conscience, déchirée par de cruels remords, lui fit expier ses crimes. Sans repos ni le jour ni la nuit, se voyant sur le bord de l'enfer, elle détestait sa coupable faiblesse, elle maudissait l'infâme plaisir, cause de son malheur, sans pouvoir néanmoins se résoudre à en faire l'aveu, qui aurait terminé ses peines. Dans cette perplexité, l'heureuse idée lui vint de s'ouvrir à saint Joseph. Elle récita dévotement pendant neuf jours l'hymne des vêpres et l'oraison de son office. À peine cette salutaire pratique terminée, elle fut délivrée de sa fausse honte. Elle confessa son affreux péché non seulement sans répugnance, mais avec bonheur, et là finirent toutes ses peines. Convaincue par cette expérience, elle prit sur elle l'image de saint Joseph avec l'intention de ne s'en séparer jamais. Depuis ce moment, elle vainquit facilement toutes les mauvaises tentations, et elle reçut tant de grâces qu'elle avouait au père de Barry ne pouvoir jamais les reconnaître suffisamment. (Dévotion à Saint Joseph).

 

Saint Joseph (Beaulieu)

 

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13 mars 2022

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

 

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Quatorzième jour

14 mars

 

Les entretiens de Nazareth

 

Prélude : C'est le soir. Autour d'une table sur laquelle brille faiblement une petite lampe, Joseph, Marie et Jésus sont assis. Marie travaille de ses mains à filer le lin d'une quenouille. Joseph se tient silencieux médite. L'enfant divin parle. Écoutons le son de sa voix : elle est d'une douceur infinie.

 

Méditation

 

À Nazareth, dit saint Alphonse de Liguori, les entretiens ne roulaient que sur l'amour que les hommes doivent à Dieu et sur celui que Dieu a témoigné aux hommes. Jésus surtout devait merveilleusement développer ce thème inépuisable, en rappelant à ses saints parents comment Dieu le Père avait envoyé son fils unique sur la terre pour y vivre et mourir dans un abîme de douleurs et d'ignominie, afin de sauver le genre humain.

Avec quelle abondance de larmes, continue, le saint auteur, Marie et Joseph, si bien instruits tous deux des divines Ecritures, devaient s'entretenir, en présence de Jésus, de sa douloureuse passion et de sa mort ! Avec quel attendrissement, ces deux saints époux ne devaient-ils pas se dire que leur fils bien-aimé serait, suivant l'expression d'Isaïe, l'homme de douleur et d'opprobre. Ce prophète leur avait appris que les ennemis du Sauveur devaient tellement le défigurer que toute sa beauté présente disparaîtrait et qu'il serait vraiment méconnaissable. Ses chairs, se disaient-ils encore, seront tellement labourées et déchirées par les coups de fouet, qu'il apparaîtra comme un lépreux tout couvert de plaies et de blessures. Et leur bien-aimé devait souffrir tout cela avec patience, sans jamais ouvrir la bouche pour se plaindre d'aussi mauvais traitements ; il devait se laisser conduire à la mort comme un tendre agneau qui va tremblant et muet à la boucherie où on le traîne. Finalement, Joseph et Marie, voyaient ce doux Jésus suspendu à ce bois d'infamie, entre deux larrons, et là ils assistaient d'avance à cette mort lente et cruelle que Jésus devait souffrir à force de tourments et d'opprobres.

Pesez toutes ces choses et tâchez de comprendre et de sentir les affections de douleur et d'amour que de pareils entretiens devaient faire naître dans le cœur si tendre de saint Joseph.

 

Résolution : Méditer souvent la Passion de Notre Seigneur en union avec les sentiments que Joseph éprouvait en s'en entretenant avec Marie et Jésus à Nazareth.

 

Bouquet spirituel : « Notre cœur n'était-il pas tout en feu, pendant qu'il nous parlait ? » (Luc 24, 32).

 

Exemple

Une douce conversation

 

On lit dans les légendes de l'Ordre de Saint François que la vénérable Pudentienne Zagnoni, qui fut très dévote à saint Joseph, eut le bonheur de voir, au moment de sa mort, le saint s'approcher de son lit avec Jésus au bras. Elle se mit alors à parler tantôt avec saint Joseph, tantôt avec Jésus, les remerciant de cette grande faveur. Ce fut dans cette douce compagnie qu'elle rendit doucement son âme à Dieu. (Saint Alphonse de Liguori).

 

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Prières à Saint Joseph composées par Saint Alphonse de Liguori

Pour être récitées les sept jours consécutifs précédant la fête du 19 mars

 

14 mars

 

Saint Patriarche, vous pleurez pour avoir perdu Jésus. Mais vous l'avez toujours aimé et il vous a toujours aimé. Il vous a aimé au point de vous choisir pour son gardien et le protecteur de sa vie. Ah ! laissez-moi pleurer, moi qui, pour les créatures et pour de vains caprices, ai tant de fois délaissé et perdu mon Dieu, en méprisant sa grâce divine. Ah ! mon saint bien-aimé, par les mérites de la peine que vous éprouvâtes en perdant Jésus, obtenez-moi des larmes pour pleurer sans cesse les injures que j'ai faites à mon divin Maître. Et, par l'allégresse que vous avez éprouvée en le retrouvant dans le Temple, obtenez- moi le bonheur de le retrouver, en le faisant rentrer dans mon âme, avec sa grâce, pour ne plus le perdre à l'avenir.

Et vous, ô Marie, ma Mère, vous qui êtes le refuge des pécheurs, ne m'abandonnez pas, ayez pitié de moi. Si j'ai offensé votre Fils, je m'en repens à présent de tout mon cœur, et je suis prêt à perdre mille fois la vie plutôt que de perdre sa grâce divine. Priez-le de me pardonner et de m'accorder la sainte persévérance.

Et vous, mon bien-aimé Jésus, si vous ne m'avez pas pardonné encore, pardonnez-moi en ce jour. Je déteste et je hais toutes les injures que je vous ai faites. Elles me déplaisent et je voudrais en mourir de douleur. Je vous aime, et parce que je vous aime, j'estime votre amour et votre grâce plus haut que tous les trônes du monde. Aidez-moi, Seigneur, afin que je vous aime toujours et que je ne vous offense plus.

 

Saint Joseph (Beaulieu)

 

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10 mars 2022

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

 

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Onzième jour

11 Mars

 

Le Recouvrement de Jésus

 

Prélude : L'enfant Jésus est assis au milieu des docteurs, qui l'écoutent dans une sorte de ravissement leur ouvrir les secrets des Ecritures. Marie s'approche avec un saint et maternel empressement de ce fils bien-aimé. Joseph se tient humblement à distance, en dehors du cercle formé par les docteurs autour de son fils adoptif. Il est muet de joie et de bonheur.

 

Méditation

 

L'épreuve va finir. Les deux saints parents de Jésus sont enfin entrés dans le temple. C'est là qu'ils le trouvent, comme s'il eût voulu nous apprendre que c'est dans le lieu saint, au milieu du séjour de la prière, que nous devons de préférence chercher à le retrouver.

Marie parle, et d'après l'Evangile, c'est elle seule qui parle, en son nom et au nom de son chaste époux. « Votre père et moi nous vous cherchions tout éplorés ». Joseph se tait ; il craint peut-être d'avoir déplu à son Dieu, et il attend, dans une humble et respectueuse attitude, qu'un mot de Jésus vienne fixer ses incertitudes.

« Ne saviez-vous pas, répond l'enfant, que je dois m'occuper du service de mon Père ? » Marie avait dit : « Votre père », en parlant de saint Joseph. Jésus semble vouloir lui rappeler que son père nourricier ne doit point lui faire oublier son Père éternel.

Chacun doit rester à sa place et puiser dans la considération de la situation où il se trouve des motifs d'humilité. C'est ainsi que Notre Seigneur trouve le moyen de faire puiser à saint Joseph des motifs d'humilité même dans son titre si glorieux de père nourricier de Jésus, en le comparant à celui de Père éternel. Mais une pensée unique remplit le cœur de saint Joseph, sa joie est immense, sans bornes, sans limites : il a retrouvé Jésus et il vient d'entendre de sa bouche divine l'assurance que la cause de son éloignement momentané n'avait pas été quelque manquement de sa part, mais seulement le zèle du Fils de Dieu pour la gloire et pour les intérêts de son père éternel.

 

Résolution : Cherchons dans notre position des motifs d'humilité.

 

Bouquet spirituel : « Ne savez-vous pas que je dois m'occuper du service de mon Père ? » (Luc 2, 49).

 

Exemple

Invocation du saint nom de Joseph

 

Un jeune libertin, se laissant un jour aller au désespoir, se mit à appeler à son aide le démon, qui lui apparut sous une forme sensible, se préparant à accomplir son désir. Aussitôt ce malheureux désespéré, saisi de confiance, invoque saint Joseph, et à l'invocation de ce nom tous ses ennemis prennent la fuite. Ce jeune homme fit pénitence et, en action de grâces, il fit peindre un tableau votif qui se voit à Rome, dans l'église de la Rotonde. (Pedini, Mois de saint Joseph).

 

Saint Joseph (Beaulieu)

 

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9 mars 2022

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

 

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Dixième jour

10 mars

 

La recherche

 

Prélude : Sur la route de Nazareth à Jérusalem, Joseph et Marie courent à la recherche de leur bien-aimé. Ils abordent tous les groupes, interrogent tous les passants. Chacun s'apitoie sur la perte qu'ils ont faite.

 

Méditation

 

Quand Joseph commença de s'inquiéter de l'absence de Jésus, il le croyait dans la compagnie de ses proches et de ses connaissances. Pourtant une vive anxiété gagnait son âme, et, sortant de ce calme recueilli qui lui était habituel, il déploya une activité merveilleuse pour se mettre à la recherche de ce cher objet de ses affections. Bientôt l'anxiété fit place à la douleur : l'enfant Jésus avait disparu, dit saint Bernard, la joie d'Israël s'était retirée ! Durant ces trois jours, ajoute saint Liguori, Joseph ne put fermer l'œil, il ne fit que pleurer sans relâche son bien-aimé.

« Mon bien-aimé! disait-il à chacun de ses proches, à la foule des passants, n'avez-vous pas vu mon bien-aimé ? Je l'ai perdu ; ne l'auriez vous point rencontré ? Ne l'auriez-vous point dans votre compagnie ? »

Non, saint patriarche, ce n'est point là que vous le retrouverez votre Jésus. Vous vous trompez en le cherchant parmi les bruyantes compagnies, parmi la foule et le trouble. Il faut le chercher dans la solitude du temple, dans le détachement de toute affection humaine.

Quelle leçon ! comme Jésus aime le détachement absolu et sans réserve! Joseph ne le trouve point parmi ses proches et ses connaissances ! Pour le recouvrer, il faut se détacher des liens et des affections du sang, il faut savoir  sacrifier les amitiés les plus légitimes, car il s'y glisse quelquefois un venin qui partage le cour de manière à le rendre inhabitable à Dieu, jaloux de le posséder sans réserve ni partage injurieux pour sa majesté et sa miséricorde.

 

Résolution : Se détacher et se recueillir plus qu'on ne l'a fait jusque-là dans ses rapports avec le prochain.

 

Bouquet spirituel : « Seigneur, ne vous retirez point de moi ». (Psaume 36, 9).

 

Exemple

Saint Ignace de Loyola

 

Le grand fondateur de la compagnie de Jésus avait une tendre dévotion envers l'époux de Marie. Non content de faire oraison et de célébrer devant la statue de saint Joseph, il déposait à ses pieds par écrit ses doutes et ses difficultés, et ce grand maître de la vie spirituelle lui en inspirait la solution. (Vie de saint Ignace de Loyola).

 

Saint Joseph (Beaulieu)

 

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8 mars 2022

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

 

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Neuvième jour

9 mars

 

La perte de Jésus

 

Prélude : Le temple de Jérusalem est encombré par la foule des pèlerins ; Marie et Joseph sortent, croyant Jésus avec les leurs. L'enfant demeure dans le temple et les regarde sortir. Son visage porte l'empreinte d'une douce résignation : il va affliger si profondément le cœur de ses bons parents.

 

Méditation

 

Oh ! quelle peine dut éprouver saint Joseph, quand il s'aperçut de la perte de Jésus ! Il était accoutumé à jouir de la vue et de la compagnie de son bien-aimé Sauveur. Quelle a dû donc être sa douleur de s'en voir privé durant trois jours, sans savoir si jamais il pourrait le retrouver, et sans connaître la cause de cette disparition.

Car, observe le saint auteur qui nous sert de guide pendant ce mois béni, ce fut cette dernière circonstance qui l'affligea le plus vivement. Le saint patriarche, dans sa profonde humilité, craignait que peut-être, pour quelque manquement de sa part, Jésus n'eût résolu de ne plus vivre avec lui, ne l'estimant plus digne de sa compagnie et de garder un pareil trésor. Il n'y a pas de plus grande peine, pour une âme qui a mis en Dieu tout son amour, que de craindre de lui avoir déplu !

L'enfant Jésus en agit ainsi à l'égard de son père nourricier, de son plus fidèle ami et de sa tendre mère, pour éprouver leur constance, pour augmenter leurs mérites, pour les tenir dans l'humilité en leur laissant la crainte de l'avoir offensé, et enfin pour montrer à tous que s'il traite ainsi ses amis, il n'épargnera pas ses ennemis.

Compatissons à la douleur de Joseph, demandons-lui de nous faire profiter de la leçon que nous venons de méditer. Elle est très importante et peut être féconde en résultats merveilleux de sanctification, si nous savons la mettre en pratique.

 

Résolution : Lorsque nous sommes tentés de pécher, nous rappeler l'impression que dut causer à saint Joseph la perte de Jésus, et nous unir à ce sentiment.

Bouquet spirituel : « L'enfant Jésus resta à Jérusalem et ses parents ne s'en aperçurent point ». (Luc 2, 43).

 

Exemple

Salutaire avertissement

 

Un gentilhomme vénitien, fort dévot à saint Joseph, avait coutume de réciter tous les jours en son honneur quelques prières devant son image. Cette dévotion ne l'empêcha cependant pas de tomber dans une faute mortelle. En cet état, il fut frappé d'une maladie grave. Comme d'abord le mal ne paraissait pas dangereux, le malade ne s'occupait que du rétablissement de sa santé et pensait peu à son âme. Peut-être l'aurait-il entièrement oubliée, si son saint protecteur ne l'eût averti dans une vision qu'il n'avait pas de temps à perdre, qu'il fallait au plus tôt mettre ordre à sa conscience et se disposer à paraître devant Dieu. Le malade touché, obéit sans délai ; il reçut les sacrements avec les sentiments d'une parfaite résignation et assisté de saint Joseph à ce moment terrible, il rendit paisiblement son âme à Dieu, invoquant avec confiance Jésus, Marie et Joseph. (R. P. Huguet, Ladévotion à saint Joseph en exemples).

 

Saint Joseph (Beaulieu)

 

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2 mars 2022

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

 

Repose-toi ô mère

 

Troisième jour

3 Mars

 

La naissance

 

Prélude : Contemplons ce tableau merveilleux : le ciel s'ouvre, les anges en sortent en foule et descendent avec rapidité vers l'étable. Jésus est né ! Une jeune femme à la figure modeste et recueillie présente le petit enfant qui vient de naître à son chaste époux. Joseph se prosterne, il adore quelque temps en silence, puis il tend paternellement et tendrement ses bras à l'enfant qui sourit en recevant ses caresses.

 

Méditation

 

Hier nous méditions sur la tristesse et la douleur de saint Joseph quand il se vit réduit à conduire Marie dans la pauvre étable où elle devait enfanter. Aujourd'hui, considérons l'admirable compensation que le Seigneur daigne accorder à son fidèle serviteur, aussitôt après la naissance de Jésus. Ah ! elles durent être bien vite oubliées, les épreuves du voyage et de l'arrivée, quand ce moment sublime eut sonné ! Des larmes de joie remplacèrent les larmes de l'épreuve, quand Joseph, qui, sans doute, se tenait uni à Dieu dans le silence de l'oraison, pendant que s'accomplissaient les mystères divins, s'entendit appeler par Marie.

« Viens, disait cette Vierge bénie, viens, Joseph, adorer notre Dieu fait petit enfant, qui est né dans cette étable ! Regarde et admire comme il est beau ! regarde dans cette crèche, sur ce foin ! c'est le Roi du monde : Vois comme il tremble de froid, celui qui embrase d'ardeur les séraphins! entends comme il pleure, celui qui est la joie du Paradis ! »

Ô âme chrétienne ! comprenez-vous quels durent être les sentiments de tendresse et d'amour de Joseph, quand il vit de ses propres yeux le Verbe éternel fait petit enfant, et qu'il entendit les anges chanter autour de leur roi, au milieu de cette grotte inondée de lumière ! Alors il se jeta à genoux, et pleurant des larmes d'amour, il disait : « Je vous adore, oui, je vous adore Seigneur, mon Dieu ! quel bonheur pour moi d'être le premier après Marie à vous voir né ! à savoir que dans le monde vous voulez être appelé et regardé comme mon fils ! Oh ! laissez-moi vous appeler de ce nom, laissez-moi vous dire : « Mon Dieu et mon fils ! » Je me consacre à vous tout entier. Ma vie ne sera plus à moi, elle sera toute à vous. Elle ne sera plus employée qu'à vous servir, ô mon maître ! »

 

Résolution : Dans les visites au Saint Sacrement, en regardant le tabernacle, songer et s'unir aux sentiments de saint Joseph, quand il regardait l'enfant Jésus dans la crèche.

Bouquet spirituel : « Voici que je vous annonce une grande joie : il vous est né un Sauveur ! » (Luc 2, 11).

 

Exemple

La fille adoptive de saint Joseph

 

Sainte Françoise fut comme ravie hors d'elle-même, le beau jour de sa première communion, et dans cette extase elle vit Notre Seigneur, la sainte Vierge, et auprès d'eux saint Joseph revêtu d'une très grande gloire. Tandis qu'elle admirait la beauté de ce Saint, il lui fut révélé qu'après Marie il avait la première place dans le ciel. Elle fut étonnée qu'un si grand mérite ne fût pas connu dans le monde; et dès ce moment elle se sentit pénétrée d'un profond respect et d'un ardent amour pour ce grand patriarche. Elle s'adressa à lui avec confiance, priant de lui permettre de le regarder comme son père et de l'invoquer sous ce titre. Cette prière fut très agréable à Jésus et à Marie, et particulièrement à saint Joseph, qui l'adopta pour sa fille. Il lui promit de lui faire ressentir le crédit et l'autorité dont il jouit auprès de Dieu, pour avoir été père et conducteur, nourricier et tuteur du Verbe incarné, l'époux de la divine Marie et le témoin de ses vertus. (Vie de la vénérable sœur Françoise de Saint-Joseph).

 

Saint Joseph (Beaulieu)

 

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16 mars 2022

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

 

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Dix-septième jour

17 mars

 

L'amour de Joseph pour l’Enfant Jésus

 

Prélude : Contemplons saint Joseph tenant entre ses bras le divin enfant Jésus : il le presse sur son cœur, reçoit ses, caresses, le porte avec un respect mêlé d'un amour qui ravit les anges.

 

Méditation

 

Considérons maintenant avec saint Alphonse de Liguori l'amour que Joseph eut pour Jésus.

Dieu, dit ce grand saint, ayant choisi Joseph pour servir de père à Jésus, dut certainement mettre dans son cœur un amour de père, et de père d'un tel fils, qui était si aimable et qui était Dieu. L'amour de Joseph ne fut donc pas seulement naturel, comme celui des autres pères, mais encore surnaturel, puisqu'il trouvait dans la même personne un fils et un Dieu. Joseph savait par la révélation certaine et divine de l'ange que cet enfant, dont il se voyait toujours accompagné, était le Verbe divin qui, pour l'amour des hommes et pour amour de lui en particulier, s'était fait homme ; il savait que cet enfant adorable l'avait lui-même choisi entre tous pour être le gardien de sa vie, et qu'il voulait être appelé son fils.

Essayons de nous figurer quel incendie d'amour toutes ces considérations devaient allumer dans le cœur de Joseph, lorsqu'il voyait son divin Maître le servir comme un simple ouvrier, tantôt ouvrir ou fermer la boutique, tantôt l'aider à scier le bois, tantôt manier le rabot ou la hache, tantôt ramasser les copeaux et balayer la maison ; en un mot, lui obéir en tout ce qu'il lui ordonnait et ne rien faire en dehors de son autorité.

Arrêtons-nous à ces pensées : elles sont trop sublimes pour avoir besoin des développements que la plume pourrait leur donner. Contemplons Jésus, le Roi des rois, devenu l'humble apprenti de Joseph, son serviteur empressé et obéissant. Ah ! nous ne saurions prolonger longtemps notre méditation sans nous sentir profondément touchés d'un abaissement aussi prodigieux, et nous partagerons bien vite quelques-uns des sentiments d'amour que ce spectacle attendrissant faisait naître dans le cœur si pieux et si tendre de Joseph.

 

Résolution : Faire quelquefois notre visite au saint Sacrement en union avec saint Joseph contemplant l'enfant Jésus dans la boutique de Nazareth.

 

Bouquet spirituel : « Le Seigneur l'avait établi maître de sa maison ». (Psaume 104, 24).

 

Exemple

La lettre d'une pauvre fille

 

Le R. Père Huguet cite la lettre suivante comme ayant été écrite par une pauvre petite fille, enfant si misérable qu'elle n'avait que des haillons pour se couvrir. « Aimable saint Joseph, qui avez toujours été si pauvre, qui avez gardé l'enfant Jésus, qui a voulu être pauvre pour nous, obtenez-moi la grâce d'aimer toujours ma pauvreté ; que mes parents l'aiment aussi, qu'ils ne murmurent point contre le bon Dieu, qui nous veut pauvres et, par conséquent, plus semblables à son divin Fils. Oh ! que nous sommes heureux ! (La dévotion à saint Joseph inspirée à la jeunesse).

 

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Prières à Saint Joseph composées par Saint Alphonse de Liguori

Pour être récitées les sept jours consécutifs précédant la fête du 19 mars

 

17 mars

 

Ô Mon saint Protecteur, vous aviez droit à la mort sainte que vous avez faite, puisque votre vie avait été si pure et si sainte. Pour moi, je mériterais une mort malheureuse, en punition de ma mauvaise vie. Mais, si vous me défendez, je ne me perdrai pas. Vous n'avez pas été seulement le grand ami de mon juge, mais vous avez été son gardien et son père nourricier. Si vous me recommandez à Jésus, il ne saurait me condamner. Ô mon saint Patriarche, après Marie, je vous choisis pour mon principal avocat et protecteur. Je vous promets pour le reste de ma vie de vous honorer chaque jour par quelque hommage spécial et de me mettre sous votre patronage. Je ne le mérite pas, mais vous, par l'amour que vous avez eu pour Jésus et pour Marie, acceptez-moi, comme votre serviteur à jamais. Par la douce compagnie que Jésus et Marie vous tinrent pendant votre vie, protégez-moi toujours pendant ma vie, afin que je ne me sépare jamais de Dieu et que je ne perde jamais sa grâce. Par l'assistance que Jésus et Marie vous donnèrent au moment de votre mort, protégez-moi spécialement à l'heure de la mienne, afin qu'en ce moment, accompagné de vous, de Jésus, de Marie, je puisse aller un jour vous remercier dans le paradis, louer et aimer éternellement mon Dieu en votre compagnie.

Ô Vierge très sainte, mon espérance, vous savez déjà qu'appuyé d'abord sur les mérites de Jésus-Christ et ensuite sur votre intercession, j'espère faire une bonne mort et vous servir. Ô ma Mère, ne m'abandonnez pas, mais assistez-moi au grand et solennel moment de ma mort. Obtenez-moi la grâce d'expirer en vous appelant et en vous aimant, vous et Dieu.

Et vous, mon cher Rédempteur, qui devez être un jour mon juge, ah ! pardonnez-moi toutes les offenses que je vous ai faites, je m'en repens de tout mon cœur. Mais pardonnez-moi avant qu'arrive l'heure de ma mort, où vous devez me jugez. Malheureux, j'ai perdu tant d'années à ne pas vous aimer ! Ah ! donnez-moi la grâce de vous aimer et de vous aimer beaucoup pendant le plus ou moins longtemps qu'il me reste à vivre ! Et lorsque sera venue l'heure de mon passage de cette vie à l'éternité, faites-moi mourir embrasé d'amour pour vous. Je vous aime, ô mon Rédempteur, mon Dieu, mon amour, mon tout. Je ne cherche pas d'autre grâce que celle de vous aimer, je désire et je vous demande le paradis pour vous aimer de toutes mes forces et pendant toute l'éternité. Ainsi soit-il. J'espère qu'il en sera ainsi. Jésus, Marie, Joseph ! je vous donne mon cœur et mon âme! Jésus, Marie, Joseph, faites-moi agoniser et mourir en votre compagnie !

 

Saint Joseph (Beaulieu)

 

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12 mars 2022

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

 

Jésus à Nazareth

 

Treizième jour

13 mars

 

Les préoccupations de Nazareth

 

Prélude : Joseph a interrompu son travail. Son regard s'est élevé vers le ciel, comme pour y chercher le repos dont il a si grand besoin. Mais bientôt il s'abaisse sur Jésus. Le ciel n'est-il pas dans sa maison ! Jésus l'encourage d'un sourire qui fait verser d'abondantes larmes au patriarche, ému de tant de grâce unie à tant de majesté.

 

Méditation

 

Les saints ont aimé à faire leur sujet de méditation du bonheur que, saint Joseph eut, pendant trente ans environ, de jouir continuellement de la compagnie de Jésus. Considérons, à leur exemple, la vie sainte que mena saint Joseph dans la compagnie de Jésus et de Marie.

Deux grandes préoccupations dominèrent cette vie cachée, ce que nous pourrions appeler la vie contemplative de Joseph à Nazareth : procurer la gloire de Dieu, plaire à Dieu !

Joseph n'avait d'autre préoccupation que de procurer la gloire de Dieu. Comment cela ? L'exemple de Jésus le lui apprenait et lui montrait que la plus grande gloire qu'on puisse procurer à Dieu, c'est l'accomplissement parfait de sa sainte volonté, l'union complète de notre volonté à celle de Dieu, la fusion de notre volonté dans cette grande et divine volonté, parce que c'est là le véritable anéantissement de soi-même devant la grandeur de Dieu, le plus bel hommage qui se puisse rendre à son domaine souverain sur toutes choses, le meilleur secret de la perfection qu'il désire ardemment voir s'établir dans notre âme.

À Nazareth, Joseph n'avait d'autre pensée, d'autre désir que de plaire à Dieu. Dieu était si près de lui ! Sa grande, son unique préoccupation était de consulter ses besoins, de chercher à satisfaire ses moindres désirs. Ah ! sans doute, il m'est permis de l'affirmer : si Jésus voulut obéir à Joseph, Joseph ne vivait que pour obéir à Jésus. Sublime échange qui n'a rien de comparable dans tout ce que l'imagination peut inventer de grandeur et de noblesse ! Admirable disposition de la Providence qui voulait nous laisser le plus bel exemple de toutes les vertus dans le recoin obscur qu'habitait la sainte famille de Jésus.

 

Résolution : Pratiquer la soumission à la volonté de Dieu en union avec Joseph.

 

Bouquet spirituel : « Je fais toujours ce qu'il lui plaît ». (Jean 8, 29).

 

Exemple

Les médailles de saint Joseph

 

M. l'abbé Plumier, saint prêtre du diocèse de Marseille, mort en odeur de sainteté, avait beaucoup désiré la construction d'un édifice destiné à abriter les orphelines. Enfin le jour arriva, et Mgr Cruice vint répandre sur la première pierre de cette maison comme les prémices de ses bénédictions, en récitant les prières liturgiques. Tandis que, avec la truelle d'argent, le prêtre allait sceller cette pierre, objet de tant de désirs, on vit M. Plumier s'approcher de la pierre avec une émotion profonde et y verser ce que contenait sa main et qui produisit en tombant un bruit de monnaie... « Que mettez-vous donc là, monsieur l'aumônier ! lui demanda-t-on avec surprise... - Ce sont, dit-il, des médailles de saint Joseph » ; puis, avec bonhomie, il répéta : « Quand les rois font bâtir des palais, ils placent dans la pierre des monnaies frappées à leur effigie : or, faut-il bien mettre ici les médailles du saint patriarche, car c'est lui seul qui peut construire cette maison ! » Chacun sourit de cette naïve confiance, et, peu de jours après, les rieurs recevaient de lui, et en diverses fois, des sommes qui se sont élevées à plus de cinq mille francs, et qui ont prouvé, une fois de plus, combien il fait bon de s'abandonner au glorieux Joseph pour la réussite des affaires temporelles. (Abbé Payan d’Augery, Vie de M. l'abbé Plumier).

 

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Prières à Saint Joseph composées par Saint Alphonse de Liguori

Pour être récitées les sept jours consécutifs précédant la fête du 19 mars

 

13 mars

 

Ô mon saint protecteur, par cette prompte obéissance que vous avez toujours témoignée aux volontés de Dieu, obtenez-moi de votre Jésus la grâce d'obéir parfaitement à ses divins préceptes. Obtenez qu'au milieu de tant d'ennemis, mon âme, qui fait le voyage de l'éternité, ne perde jamais la compagnie de Jésus et de Marie jusqu'au dernier soupir de ma vie. Ainsi accompagné, toutes les peines de cette vie et la mort même me seront douces et chères.

Ô Marie, Mère de Dieu, par les souffrances que votre jeunesse a endurées pendant le voyage d'Egypte, obtenez- moi la force de supporter avec patience et résignation les contrariétés et tous les ennuis qui m'arrivent.

Et vous, mon cher Jésus, ayez pitié de moi. Ô vous qui êtes mon Seigneur et mon Dieu, tout innocent que vous étiez, vous avez voulu souffrir de tant de manières depuis votre enfance, et moi, pécheur, qui ai tant de fois mérité l'enfer, comment ai-je été ainsi ennuyé, si impatient à souffrir quelque chose pour vous ? Mon doux Seigneur, pardonnez-moi. À l'avenir je veux supporter tout ce que vous m'enverrez. Aidez-moi pour cela de votre grâce, sans quoi je ne serai pas fidèle. Je vous aime, ô mon Jésus, mon trésor et mon tout, et je veux vous aimer, et pour vous être agréable, je veux souffrir tout ce qu'il vous plaira que je souffre.

 

Saint Joseph (Beaulieu)

 

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7 mars 2022

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

 

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Huitième jour

8 mars

 

Le retour

 

Prélude : Représentons-nous une oasis dans le désert. À l'ombre d'un palmier, une femme est assise, tenant sur ses genoux un enfant de sept ans qui paraît harassé de fatigue. Un homme à l'air vénérable et recueilli se tient debout, le bâton de voyage à la main. C'est le groupe de la sainte Famille revenant d'Egypte.

 

Méditation

 

Le temps de quitter l'Egypte étant arrivé, l'ange apparut de nouveau à Joseph et lui ordonna de retourner en Judée avec l'enfant et sa mère.

Joseph ! c'est toujours par Joseph que les ordres du Très-Haut sont transmis à la sainte Famille pendant la première  enfance du Sauveur ! c'est lui qui est le confident des desseins de Dieu pour préparer le salut du monde ! Quelle belle mission ! qu'elle a dû être agréable aux yeux de Dieu, l'âme du juste chargé de servir d'intermédiaire entre le Père et le Verbe fait chair, entre le ciel et Marie !

Remarquons ensuite comme Joseph reste l'instrument docile des volontés du Tout-Puissant. Il est entre les mains de Dieu sans autre vouloir que le sien. Il était allé en Egypte par obéissance, il en sort aussi par obéissance. Le retour ne lui plaît et ne lui agrée que parce qu'il est dans le bon plaisir de Dieu. C'est le moyen d'être vraiment à Dieu que d'être dépouillé de toute volonté propre, détaché de ses propres inclinations, indifférent aux surprises de la Providence et aux coups inattendus d'une volonté qu'on adore.

Enfin, dans ce retour d'Egypte, remarquons encore avec saint Bonaventure combien la peine de Joseph et de Marie dut être plus grande qu'en allant. Le chemin était le même, mais Jésus avait grandi. Il était alors âgé d'environ sept ans, trop avancé en âge pour que Joseph et Marie pussent le porter constamment sur les bras, trop jeune pour être capable de faire à pied une aussi longue route. Aussi, observe le vieux et saint docteur, cet aimable enfant était souvent contraint de s'arrêter et de s'étendre par terre pour se reposer des fatigues excessives de ce retour si pénible et si long.

 

Résolution : Se tenir dans l'indifférence par rapport à tout ce qu'il pourrait plaire à Dieu de demander de nous.

Bouquet spirituel : « Lève-toi, prends l'enfant et sa mère, et retourne dans la terre d'Israël ». (Matthieu 2, 20).

 

Exemple

Les trois novices

 

Trois jeunes novices de la Compagnie de Jésus voyageaient en pèlerins, selon les statuts de la Société. S'étant égarés dans une campagne immense, ils se virent abordés par trois personnes, un homme, une femme et un jeune enfant, qui leur offrirent des mets exquis. Quand ils furent rassasiés, les trois mystérieux personnages leur dirent : « C'est nous qui avons fondé la Compagnie de Jésus », et ils disparurent. (Nadasi, Histoires pour chaque jour du mois de Mars).

 

Saint Joseph (Beaulieu)

 

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6 mars 2022

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

 

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Septième jour

7 mars

 

L'Égypte

 

Prélude : Dans un réduit bien pauvre et bien ignoré de la petite ville où la sainte Famille s'est réfugiée, Joseph travaille d'un travail manuel. La sueur coule de son front vénérable. Marie l'encourage du regard et travaille à ses côtés à filer la quenouille. Le petit enfant Jésus leur sourit à tous deux.

 

Méditation

 

Voilà donc Joseph en Egypte ! Il y passe sept années, sept longues années de souffrances, de privations, d'épreuves, sept années d'exil !

Oh! que ne dut pas souffrir ce cœur si tendre, cette âme si pure, ce juste, au milieu des Egyptiens !

C'était un peuple idolâtre, et Joseph savait que le vrai Dieu habitait corporellement l'Egypte ! Dieu était au milieu de cette nation, et elle ne le savait pas! Jésus était méconnu : il assistait au triomphe du démon, il était témoin des victoires de ses ennemis !

C'était un peuple barbare sous des dehors policés, il y avait dans le cœur des habitants de l'Egypte un fond d'égoïsme brutal qui leur faisait mépriser les gens pauvres et sans doute humilier bien des fois la sainte Famille.

C'était un peuple étranger. Ah ! ne pas voir Jérusalem, ne pas assister aux solennités du vrai Dieu ! Pour cette âme juste et fidèle, quelles privations! et puis ces hommes étaient, à l'égard de Joseph, durs comme des étrangers le sont trop ordinairement à l'égard de ceux qui viennent implorer leur secours. Il n'y avait en Egypte ni parents ni amis de Joseph qui pussent l'assister.

Aussi saint Bernard nous apprend-il que, pour pouvoir nourrir sa pauvre épouse et ce divin enfant qui fournit leur nourriture à tous les hommes et à tous les animaux vivants sur la terre, le saint patriarche était forcé d'aller travailler nuit et jour, sans cesse ni relâche. La fatigue épuisait ses forces, mais il se réjouissait à la pensée qu'il lui était permis de se fatiguer pour son Dieu, de s'épuiser pour nourrir Jésus !

 

Résolution : Quand la Providence nous prive de la présence et de la compagnie de nos proches ou de nos amis, nous consoler en unissant ce sacrifice à ceux que fit saint Joseph pendant son séjour en Egypte.

Bouquet spirituel : « Demeurez en Egypte jusqu'à ce que je vous dise d'en revenir ». (Matthieu 2, 13).

 

Exemple

Vision miraculeuse

 

La Bienheureuse Véronique de Binasco, de l'ordre de Saint Augustin, eut une vision miraculeuse dans laquelle il lui semblait accompagner la sainte Famille dans le voyage d'Egypte jusqu'à la fin, et Marie lui dit alors : « Ma fille, tu as vu les peines, les souffrances qu'il a fallu supporter pour arriver jusqu'au terme de notre voyage ; sache bien que les grâces du ciel ne s'obtiennent qu'à semblable prix ». (Le mois de Marie, traduit de l'italien).

 

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1 mars 2022

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

 

Il n'y avait pas de place pour eux à l'hotellerie-001

 

Deuxième jour

2 Mars

 

L'arrivée à Bethléem

 

Prélude : Bethléem, la petite bourgade de Judée, est tout entière plongée dans un lourd sommeil. Toutes les portes sont closes, et l'on n'entend dans les rues étroites du village que le bruit des pas de quelques voyageurs attardés qui cherchent une place dans l'unique hôtellerie. Marie et Joseph sont du nombre de ces derniers. Ils se dirigent dans le silence de l'oraison vers l'hôtellerie où ils pensent que le Verbe fait chair a daigné choisir le lieu de sa naissance.

 

Méditation

 

Ô Joseph ! que votre cœur dut souffrir lorsque, en heurtant à la porte de l'hôtellerie de Bethléem, vous vites apparaître ce valet insolent qui jeta un regard de mépris sur votre habit grossier et sur votre extérieur d'artisan et vous repoussa brusquement avec ces mots : « Il n'y a pas de place pour vous ! » Ah ! sans doute, pour vous-même, l'humiliation de cet accueil méprisant vous importait peu ; mais voir Marie, la douce Vierge de quinze ans, repoussée avec tant d'inhumanité, malgré sa grossesse, malgré la rigueur de la saison, malgré l'heure avancée de la nuit ! Elle se tait pourtant, adorant dans son sein le Fils de Dieu qui allait naître. Vous prenez alors silencieusement le chemin qui conduisait à la campagne environnante. Une grotte se présente à vous... Elle est humide, elle est froide, elle est ouverte de plusieurs côtés, elle est exposée aux regards des passants, elle sert d'asile à de vils animaux. Ah ! je crois vous voir tourner alors un regard indécis vers votre chaste épouse. Elle tremble de froid, et l'heure s'avance. Oh ! quelle cruelle alternative et qu'il dut vous en coûter, père tendre et aimant, d'en être réduit à cette extrémité !

Je veux entrer, moi aussi, avec vous dans la grotte de Bethléem, endurer en union avec mon glorieux père les privations qu'il plaira à Dieu ou à la volonté de mes supérieurs de m'imposer. Souffrir avec Joseph, quel sort plus enviable ! Les souffrances de Bethléem lui méritèrent de voir Dieu vivant auprès de lui. Nos privations et nos souffrances nous vaudront de vivre plus intimement unis à Jésus-Christ.

 

Résolution : Dans les moments où les privations de la sainte pauvreté coûtent le plus, ne pas manquer d'unir son cœur à celui de Joseph, obligé par sa pauvreté d'élire pour domicile à Jésus et à Marie une pauvre étable abandonnée.

Bouquet spirituel : « Il n'y avait pas de place pour Joseph dans l'hôtellerie ». (Luc 2, 7)

 

Exemple

L'hospitalité récompensée

 

Le Père Patrignani raconte, d'après saint Vincent Ferrier et d'autres auteurs, qu'un marchand de la ville de Valence avait coutume d'inviter à sa table chaque année, le jour de Noël, un vieillard et une pauvre femme qui allaitait un enfant, en l'honneur de Jésus, de Marie et de Joseph. Après sa mort, ce saint homme apparut à une personne qui priait pour lui, et lui dit qu'à l'heure de son trépas Jésus, Marie et Joseph l'avaient visité en lui disant : « Pendant ta vie, tu nous as reçus chez toi dans la personne des trois pauvres. Aujourd'hui, nous sommes venus pour te recevoir dans notre demeure ». Ce disant, ils l'avaient conduit en paradis. (Saint Alphonse de Liguori).

 

Saint Joseph (Beaulieu)

 

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28 décembre 2021

Le Mois des Bergers

Le Mois des Bergers

 

Nouveau né (Georges de la Tour)

 

Vingt-neuvième jour

Jésus, Marie et Joseph

29 Décembre

 

« Ils se hâtèrent donc d'y aller et ils trouvèrent Marie et Joseph avec l'enfant qui était couché dans une crèche. En le voyant, ils reconnurent ce qui leur avait été dit touchant cet enfant ». (Luc 2 16, 17).

 

I. Arrivés dans les rues de Bethléem, au milieu de la nuit, les bergers, après bien des recherches, se trouvèrent devant une pauvre étable dont la porte était entr'ouverte. Ils y virent quelque clarté, y pénétrèrent et demandèrent naïvement si ce n'était pas là que venait de naître le Christ. Nous avons vu son ange sur la montagne, dirent-ils, et il nous annoncé cette grande nouvelle ; et il nous a dit : « Vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche », et nous sommes venus. À ce moment leurs yeux s'ouvrent ; ils sont attirés vers le fond de l'étable, et ils y voient Marie et Joseph, avec l'enfant qui était couché dans une crèche, et « en le voyant ils reconnurent ce qui leur avait été dit touchant cet enfant ». Si, avec les bergers nous pénétrons dans l'étable de Bethléem, nous y trouverons, comme eux, Jésus, Marie et Joseph, et nous reconnaîtrons la vérité de tout ce qui nous a été dit touchant l'enfant, la mère et le père nourricier.

II. En ce monde, Jésus, Marie et Joseph, ont été comme la Trinité de la terre. Ils ont été unis, ils n'ont fait qu'un cœur, autant qu'ici-bas des cœurs de chair peuvent être unis et n'en former qu'un par l'identité de l'amour qui les fait battre... Nous connaissons l'amour qui consumait ces trois cœurs ; l'amour de Dieu, mais porté à ce point, qu'ils sont tous les trois offerts volontairement pour la gloire de Dieu et le salut du monde que Dieu veut opérer. Jésus, Marie et Joseph ne font qu'un depuis le jour où l'ange du Seigneur a dit au saint patriarche : « Joseph, fils de David, ne craignez point de prendre avec vous Marie votre femme ; car ce qui est né dans elle a été formé par le saint Esprit ». Depuis ce jour Jésus, Marie et Joseph, en tant que créatures de Dieu, sont dans les secrets de Dieu touchant la rédemption du monde, et tous trois, chacun selon les décrets du ciel sur lui, contribuent à l'accomplissement du grand œuvre qui a été l'alliance contractée entre l'homme et Dieu, entre la terre et le ciel, alliance signée du sang même du fils de Dieu. Ils ne faisaient qu'un sur le chemin de Nazareth à Bethléem, pour y venir accomplir les prophéties ; ils ne font qu’un dans l'étable, pour commencer la glorification du Père céleste. Ils ne feront qu'un sur la terre d'exil pour obéir aux ordres de Dieu ; qu'un à Nazareth pendant plus de vingt ans à vivre de la vie mystérieuse et cachée qui dérobait au monde la connaissance du Messie, avant les temps marqués pour sa mission. Ils ne font qu'un au Ciel, toujours unis dans la glorification et l'amour de Dieu ; qu'un pour les fidèles, qui, tout en adorant le Sauveur, ne séparent point Marie et Joseph de l'amour qu'ils lui portent, qu'un dans nos temples, où Marie et Joseph ont partout un autel auprès du tabernacle de Jésus. À Jésus seul l'adoration, parce qu'il est Dieu ; mais à Jésus, Marie et Joseph l'amour et la vénération de tous.

III. Considérons quelle est la part de Marie et de Joseph dans l'œuvre de notre rédemption. Ni l'un ni l'autre ne sont rédempteurs. Jésus seul est notre médiateur devant Dieu. Mais il n'en est pas moins vrai que ce rédempteur homme, tel qui devait être, tout en étant Dieu, c'est Marie qui nous l'a donné ; c'est son sein virginal qui l'a porté ; c'est son lait qui l'a nourri ; c'est sous les caresses de son amour et la tendresse de ses soins qu'il a grandi ; c'est à l'ombre de son humilité et de son silence qu'il s'est caché ; c'est Marie qui nous l'a donné à Bethléem tout petit enfant, c'est des bras de Marie qu'il s'est élancé, à trente ans, pour aller annoncer son Evangile et donner sa vie pour ses frères... Et Joseph ? N'est-ce pas lui qui a voulu quitter Marie sans la déshonorer, sans la livrer à une mort certaine ? (C'était la loi). N'est-ce pas lui qui s'attache aux pas de Marie pour la guider, la soutenir, la défendre, travailler pour elle ; et, en la substantant, conserver la mère au petit enfant et le petit enfant à la mère et au monde ? N'est-ce pas lui qui les mène en Egypte et qui les en ramène ? N'est-ce pas lui qui, à Nazareth, est le chef, l'ami, disons le mot, le père de cette humble et sainte famille qui renferme le sauveur du genre humain... Adorons donc notre seigneur Jésus-Christ dans sa crèche ; mais confondons, dans notre amour, Jésus, Marie et Joseph. Bienheureuses les lèvres sur lesquelles ces doux noms se trouvent sans cesse; car ils sont, pour les âmes, le sceau de leur prédestination au salut.

 

Résolution : Tous les matins, après avoir offert mon cœur à Dieu, je prononcerai avec dévotion et amour ces trois beaux noms : Jésus, Marie et Joseph.

Bouquet spirituel : « Et Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus qui est appelé Christ ». (Saint Mathieu, 1. 16).

 

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26 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Vingt-septième jour


Lecture

 

La Très Sainte Vierge Marie, dans sa bonté miséricordieuse, vient au secours de ses enfants au moment de l’épreuve, pour les encourager et continuer son rôle de Médiatrice qui est de donner Jésus aux âmes et les âmes à Jésus. Elle apparaît aux enfants de Fatima, au moment où l’Église du Portugal traverse une épreuve très douloureuse. Satan a trouvé là des suppôts, pour son œuvre de destruction contre la Religion. La révolution est maîtresse du pays. Le culte catholique, même dans ce qu’il a de plus sommaire, est à peine toléré. Le costume religieux des ordres d'hommes et de femmes est complètement prohibé, ainsi que le port de la Soutane pour le clergé séculier. Tout traitement rémunérateur pour les prêtres n’existant plus, beaucoup, pour vivre, ont été obligés d'exercer une profession. Certains choisirent le professorat, d’autres le barreau, quelques-uns firent du négoce. Cette atmosphère du monde fut cause de pénibles désertions.

Ce fut aussi, à cette époque troublée pour la France, que la Très Sainte Vierge Marie se manifesta à une jeune Sœur de Saint-Vincent de Paul, Catherine Labouré, dans la chapelle de la Maison-Mère des Filles de Charité, de la rue du Bac, à Paris, sous la forme de la Médaille miraculeuse. La Sainte Vierge voulait charger d’une mission Sœur Catherine, en lui disant : « qu’elle serait contredite, mais qu’elle aurait la grâce ; que des malheurs allaient fondre sur la France, que le trône serait renversé, que le monde entier serait bouleversé par des malheurs de toutes sortes. Mais qu’on vienne près de l'autel. Là, les grâces seraient répandues sur tous et le calme se rétablirait ».

La Providence qui sait tirer le bien du mal permet ces remous dans la société pour secouer les chrétiens trop facilement enclins à s'endormir et pour susciter des âmes d’apôtres.

Fatima devait devenir, sous l’impulsion de Notre Dame, le centre dynamique de l’Apostolat collectif du Portugal. Le Pape Pie XI venait de créer le mouvement d’ « Action Catholique du Laïcat dans l’Église, sous l’impulsion et la direction de la hiérarchie catholique ». Certes, tout chrétien doit être un apôtre. Il récite tous les jours son « Pater » et il demande au Père dans les cieux que « son règne arrive », qu'il s’étende de plus en plus, chaque jour, sur les âmes. Il doit donc exercer cet apostolat. Jusqu'ici, on pensait que l’apostolat individuel était suffisant, Il ne l’est plus aujourd’hui, où les exigences sont profondes. L’apostolat de franc-tireur, outre qu’il est laissé un peu au caprice, par son isolement, perd de son efficacité. L’action concertée est plus décisive. La formule moderne est le travail en équipe. Dans l'Action Catholique, chaque chrétien est à sa place, collant au réel, et l’effort collectif produit le maximum de rendement. C’est ce que Notre Dame à fait réaliser, à Fatima, sous la haute direction du Cardinal Cerejeira, patriarche de Lisbonne, avec là collaboration de tout l’épiscopat portugais. Ainsi que l’écrivait, dans les « Novidades » de Lisbonne, un éditorialiste éminent : « Fatima est comme l’Autel vivant de l'Action catholique, le centre de l’apostolat collectif du Portugal sous l’impulsion de la hiérarchie ecclésiastique ». Tous les mouvements catholiques de la jeunesse féminine et de la jeunesse masculine tiennent. À tour de rôle leurs assises à Fatima et les responsables repartent dans leurs diocèses respectifs avec les directives précises pour l'action.

La vie de l’Église est une vie sociale qui comprend la vie de la famille, la vie du milieu professionnel, par groupements et par états, Cette vie est soumise aux lois essentielles de toute vie : la loi de défense contre les obstacles qui empêchent son développement spirituel et la loi de conquête, non pas sur le plan politique, mais sur le plan religieux. La société a perdu le « sens de Dieu » et s’en va à la dérive, comme le pilote d’un bateau ou le conducteur d’automobile qui a perdu le sens de la direction. Ils vont se jeter contre l’obstacle. Il est de toute urgence de redonner le sens de Dieu à la société et d’instaurer partout son règne.

Notre Dame de Fatima a très opportunément rappelé, non seulement au Portugal qui était en train de se perdre et qu'Elle a sauvé, mais au monde entier, qu’il est nécessaire de revenir à l'esprit du Christ, seul et unique moyen de mettre de l’ordre partout et de voir enfin régner la paix parmi les hommes, puisque la paix n’est pas autre chose que la tranquillité dans l'ordre.


Réflexions


Notre Dame de Fatima a désiré que ce coin de terre de la Cova d’Iria, hier ignoré, devienne un centre marial d’apostolat. Dans la mesure de nos petits moyens, dans le cadre de l'Action catholique, porte-pierre de la Rédemption, soyons des apôtres.

1° Nécessité de l’apostolat. - À l’école de la Mère de Dieu, pratiquons l’apostolat. N’aimons pas Dieu égoïstement, mais avec tous ceux que nous entraînerons. Quand on a au cœur une grande idée, on cherche à la faire partager par d’autres. Or, y a-t-il plus grande idée que celle de Dieu, de la Religion, de l’Eucharistie, de la Croix ? Ne ferons-nous rien pour que le règne du Christ s’étende sur la terre ? Mgr Besson, à la cathédrale de Fribourg, le 31 juillet 1932, dénonçait le « plus grand scandale des temps modernes. Après vingt siècles de christianisme, un milliard d'êtres humains, c’est-à-dire les deux tiers de l’humanité, ignorent encore le mystère de la Rédemption ! » Même aujourd’hui, en France, combien d’êtres humains, dans nos villes, ne sont pas baptisés, vivent en païens, se marient en païens et meurent en païens ?

2° Moyens d'apostolat. - Nous pouvons et nous devons exercer l’apostolat de bien des manières, dans tous les champs d’activité où la divine Providence nous a placés, dans la famille et au dehors, soit dans la rue, soit à l'atelier ou au bureau, soit au milieu de nos délassements.

a) Apostolat par la prière. Celui-ci est à la portée de chacun. Dans le silence. de la solitude, on peut prier, surtout « pour ceux qui en ont le plus besoin », c’est-à-dire les pauvres pécheurs. Il a été révélé à une sainte âme que sainte Thérèse, au XVe siècle, ramena à Dieu, par ses prières, autant de pécheurs que saint François-Xavier, à cette même époque, par ses prédications.

b) Apostolat par la bonne parole. Cet apostolat est efficace pour éclairer une âme plongée dans les ténèbres de l’ignorance, pour lui rappeler son devoir et la remettre dans le devoir. La diffusion de la bonne presse, des bons livres est un excellent moyen d’apostolat pour combattre la mauvaise presse. On a dit que si saint Paul pouvait revenir, il « se ferait journaliste ».

c) Enfin, l’apostolat irrésistible et conquérant demeure toujours celui du bon exemple. « Les paroles touchent, dit un proverbe latin, mais les exemples entraînent ». L’Action Catholique, si chère à Pie XI, est faite de tous ces moyens d’apostolat, mais surtout d’apostolat du bon exemple, dans le milieu social où l’on vit. Ainsi, dit le Pape, « est pénétré le milieu par le milieu ». L’ouvrier chrétien redonnera le Christ à l’atelier ou au bureau ; l’agriculteur, aux campagnes ; le professeur et l’étudiant, au monde universitaire.

Tout à Jésus par Notre Dame !

 

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(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

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18 décembre 2020

5 chemins de prière pour aller à la rencontre de Dieu

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5 chemins de prière pour aller à la rencontre de Dieu

(en collaboration avec Hozana)

 

Prier, c’est entrer en relation avec Dieu. Il existe bien des façons de prier : en récitant une prière, en méditant la Parole de Dieu, en conversant librement avec le Seigneur ou tout simplement en se laissant aimer par lui. Voici 5 belles façons de rentrer dans le mystère de la présence de Dieu. Essayez-les toutes !

  • L’oraison de recueillement. Il s’agit d’une prière personnelle silencieuse qui demande de se rendre totalement présent à Dieu, en faisant taire toutes nos pensées. Nous pouvons alors accueillir la présence du Seigneur en nous. Pour sainte Thérèse d’Avila, qui développa cette pratique dans les Carmels, c’est en chaque homme que Dieu fait sa demeure. La prière devient un voyage intérieur. “Fais taire en moi ce qui n’est pas toi, ce qui n’est pas ta présence toute pure, toute solitaire, toute paisible.” disait saint Jean de la Croix.

  • La lecture sainte ou lectio divina. Cette lecture priante de la Parole de Dieu est une façon de rentrer en conversation avec le Seigneur. La prière s’appuie sur un passage de la Bible et se déroule en quatre étapes :

    • La lecture lente (lectio) dans laquelle Dieu nous parle,

    • La méditation du passage (meditatio) pour bien l’entendre,

    • La prière (oratio) pour lui répondre,

    • Et l’adoration (contemplatio) pour entrer en communion avec lui.

  • L’adoration eucharistique. Il s’agit d’un temps contemplatif devant le saint sacrement exposé sur l’autel dans un ostensoir. C’est une prière du coeur, un rendez-vous amoureux avec le Christ réellement présent dans l’hostie consacrée. Nous pouvons lui parler, le regarder ou tout simplement nous complaire en sa présence et le laisser nous aimer. Dans chaque paroisse, il existe des temps dédiés à l’adoration. Dans certaines même se déroule l'adoration perpétuelle ; le saint sacrement y est constamment exposé et les fidèles se relaient pour une adoration continuelle.

  • Le chapelet. Il existe de nombreuses prières à réciter à partir d’un chapelet. La plus connue est sans doute la belle prière du Rosaire. Elle permet de revivre les grands temps de la vie du Christ à travers vingt mystères. La répétition de la prière (le Je vous salue Marie dans le Rosaire) sur chaque grain installe un rythme, comme une respiration. La prière peut alors nous accompagner dans nos tâches - travail, marche - et sanctifier nos activités quotidiennes.

  • Les psaumes. Ces textes poétiques de l’Ancien testament sont une école de prière à eux seuls. En 150 psaumes, nous passons par toutes les émotions humaines. Ainsi quel que soit notre état d’âme, il existera un psaume pour crier notre détresse ou rendre grâce à Dieu. En exprimant nos demandes à travers ces textes, notre prière individuelle rejoint la prière des hommes à travers les âges. Comme le Christ qui reprit des paroles des psaumes pour dire sa souffrance lors de sa Passion.

 

24 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Huitième jour

8e jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

25 septembre

 

Missionnaire

 

Prélude. - Suivons l'apôtre dans les campagnes où son zèle l'appelle et l'entraîne à la poursuite des âmes.

 

Récit. - Vincent ne savait pas où allait le conduire cet emploi au service de M. de Gondi, emploi qui n'avait de sacerdotal que la direction spirituelle qu'il donnait à la maîtresse de la maison. Mais, en prêchant dans les campagnes qui appartenaient aux seigneurs de Gondi, il reconnut l'ignorance déplorable où languissaient les paysans.

Il conçut aussitôt la pensée de les tirer des vices qui découlaient d'un pareil état, en les instruisant par la parole, en les dirigeant dans une meilleure voie par des conseils personnels.

Voici quel fut le début de cette nouvelle carrière pour notre saint.

Étant en Picardie, l'an 1616, au château de Folleville, Vincent fut prié de confesser un paysan en danger de mort. Dieu lui inspira l'idée de faire faire une confession générale à cet homme qui avait mené en apparence une vie irréprochable, et le mourant avoua avec la plus vive contrition plusieurs péchés mortels que la honte l'avait empêché, jusqu'à l'âge de soixante ans, de confesser à son curé, comme il le confessa ensuite publiquement, dans l'excès de la joie que son aveu lui mit au cœur. Notre saint en prit occasion d'exhorter les habitants de Folleville à la confession générale. Il leur en fit voir l'importance, les moyens de la bien faire, et Dieu bénit tellement ses paroles que ces bonnes gens vinrent en foule mettre ordre à leur conscience.

Cette première mission eut lieu le jour de la conversion de saint Paul, et elle fut comme la semence des autres qu'il a faites de puis jusqu'à sa mort. Madame de Gondi fit un testament qu'elle renouvelait tous les ans, par lequel elle donnait seize mille livres, pour fonder une mission de cinq ans en cinq ans, par toutes ses terres, au lieu et en la manière que saint Vincent le jugerait à propos, et, pour employer des ter mes que notre saint employait ordinairement, « à la disposition de ce misérable ».

 

Pratique. - Se prêter, par tous les moyens en son pouvoir, à seconder le zèle des prédicateurs de la parole sainte dans les campagnes.

 

Invocation. - Saint Vincent, modèle et patron des missionnaires, renouvelez le feu du zèle dans les âmes de nos missionnaires.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

On doit traiter tous ceux qui se présentent pour faire les exercices spirituels d'une retraite, comme des hommes qui nous sont envoyés par Dieu même. On ne doit faire entre eux aucune distinction, mais traiter le riche comme le pauvre. Il faudrait même donner la préférence à ce dernier, dont l'état est plus ressemblant à la vie que Jésus-Christ a menée sur la terre.

Les principaux effets d'un véritable zèle pour le salut des âmes sont 1° d'exposer, pour les secourir, sa santé et sa vie : 2° d'éprouver la plus vive douleur à la vue des outrages que l'on fait à la Majesté divine ; 3° de corriger charitablement, et par des moyens conformes à leurs besoins, ceux qui offensent Dieu en notre présence ; 4° d'instruire les pauvres que l'on rencontre dans les endroits où l'on s'arrête pendant quelque temps.

Il faut avoir pratiqué longtemps ce qu'on veut enseigner aux autres ; par ce moyen, la parole de Dieu, qui sortira de notre bouche, produira des fruits au centuple.

Le plus petit sentiment d'envie pour le bien que font les autres, est un péché directement opposé au zèle pur et véritable.

Trois ouvriers font plus que dix, quand Dieu met la main à l'ouvrage ; et il l'y met toujours quand il nous prive des moyens humains, et qu'il nous place dans la nécessité de faire des choses au-dessus de nos forces.

Ô Messieurs, si nous avions une étincelle de ce feu sacré qui embrasait le cœur de Jésus-Christ, demeurerions-nous les bras croisés, et délaisserions-nous ceux que nous pouvons assister ?

Une marque qu'on est appelé aux fonctions ecclésiastiques , c'est de ne pas chercher à s'y introduire de soi-même et par des moyens tout humains.

Le zèle qu'accompagne l'onction de la grâce et de la charité adoucit l'amertume de la pénitence, et porte la consolation au milieu des souffrances et des travaux.

 

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17 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Premier jour

1er de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

18 septembre

 

La Naissance

 

Prélude. - Avec les anges préposés à la garde de cet humble berceau, vénérons le petit enfant qui y repose et que Dieu réserve à accomplir de si grandes choses dans son Église.

 

Récit. - C'est le 24 avril 1576, un mardi après Pâques, au petit hameau de Ranquines, près de Dax, que naquit Vincent de Paul.

Pauvres selon le monde, ses parents étaient riches de foi et d'amour de Dieu. Ils l'élevèrent dans la crainte du Seigneur, par mi les épreuves de la pauvreté. Le troisième de six enfants, le petit Vincent était employé à garder le troupeau de son père.

Sa bonne mère du ciel sembla veiller sur l'innocence de son jeune serviteur, qui aimait à la vénérer au pied d'un chêne, encore vivant, dont il avait changé en oratoire à Notre Dame de Buglose, le tronc déjà creusé alors par le temps.

La charité du pieux enfant se faisait jour à travers ses moindres actions. Son morceau de pain, ses méchants habits, ses modestes économies, il donnait tout, avec cette largeur de l'âme et du cœur qui en fera le prodige de la charité catholique.

Mais sa belle intelligence perçait au sein de l'obscure et grossière éducation que la pauvreté des siens lui assigna dans l'ordre social. Son père, frappé des grandes dispositions de son fils, le plaça chez les cordeliers de Dax, où il se distingua par sa piété, sa sagesse, l'angélique pureté de ses mœurs, non moins que par son ardente application au travail et ses rapides progrès dans l'étude.

C'était en 1588. Quatre ans après, l'avocat de Commet lui confiait l'éducation de ses deux fils. Le bon jeune homme accepta avec joie cette position, qui lui permettait de continuer ses études sans rien coûter à sa famille.

L'humble précepteur sut égale ment concilier le soin de ses élèves avec son propre avancement dans la science et dans la piété, et, le 20 décembre 1596, sur les conseils de son second père - c'est le nom qu'il donnait à M. de Commet - il recevait la tonsure et les quatre ordres mineurs.

 

Pratique. - Aimer à favoriser l'instruction des enfants pauvres.

 

Invocation. - Saint Vincent, modèle et patron de la jeunesse studieuse, priez pour les jeunes étudiants de nos écoles et de nos universités.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Plus nous sommes pauvres, et plus il faut nous confier à la Providence divine à qui nous devons nous abandonner entièrement, soit pour les biens temporels, soit pour les biens spirituels.

Nous sommes heureux quand le Seigneur nous met dans un état où nous pouvons honorer sa pauvreté par la nôtre : nous sommes alors dans une heureuse nécessité de dépendre en tout de la divine Providence ; nous avons mille occasions de recourir à sa bonté, de compatir aux misères des pauvres, et de pratiquer plusieurs actes de patience, d'humilité, de mortification, de conformité à la volonté de Dieu.

Dieu aime les pauvres, et, par conséquent, il aime ceux qui ont de l'affection pour les pauvres ; car, quand on aime beaucoup quel qu'un, on aime ses amis et ses Serviteurs.

Qu'il est beau de voir les pauvres, quand on les considère en Dieu, et dans l'estime que Jésus-Christ en a faite !

La lumière de la foi nous fait découvrir dans les pauvres les vraies images du fils de Dieu, qui ne se contenta pas d'être pauvre, mais qui voulut encore être appelé le maître, le docteur et le père de pauvres.

On ne doit pas se borner à considérer l'extérieur ou les talents naturels d'un pauvre paysan ou d'une pauvre femme : à peine trouverait-on en eux des êtres doués de raison, tant ils sont terrestres et grossiers, Mais si on les considère suivant les lumières de la foi, on trouvera dans ces pauvres les vrais représentants du fils de Dieu.

 

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18 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Deuxième jour

2e jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

19 septembre

 

L'ordination

 

Prélude. - Représentons-nous notre saint, offrant pour la première fois le saint sacrifice de la messe. Quelle admirable ferveur ! Quelle humble attitude ! On dirait un ange à l'autel.

 

Récit. - Le jeune Ordinand étudia la théologie pendant sept ans, à Toulouse et aussi à Saragosse. Il reçut le sous-diaconat le 19 septembre 1598 et le diaconat, trois mois après, le 19 décembre, dans la cathédrale de Tarbes.

Il aurait pu être ordonné prêtre au mois de septembre de l'année suivante, mais il voulut s'y préparer une année encore, et il ne reçut la consécration sacerdotale, que le 23 septembre 1600, des mains de l'évêque de Périgueux, dans la chapelle du château de Saint-Julien.

On ne saura jamais quel jour il célébra sa première messe ; mais tout porte à croire qu'il la célébra dans la chapelle de Notre Dame de Grâce de Buzet, au diocèse d'Albi, dont la solitude et la pauvreté avaient attiré sa dévotion.

Dieu, qui semblait le conduire par la main dans les sentiers de l'humilité, détacha son cœur des dignités ecclésiastiques par un accident providentiel. Les grands vicaires de Dax, le siège vacant, n'eurent pas plus tôt appris qu'il était prêtre, qu'ils le pourvurent de la cure de Thiel, poste important. Mais elle lui fut contestée par un compétiteur, qui l'avait obtenue en cour de Rome. Vincent ne voulut point entrer en procès pour ce sujet.

On voit, par ce fait, par le temps qu'il consacre aux études, ainsi que par une pièce où on lui permet d'expliquer et d'enseigner publiquement le 2e livre des Sentences dans l'Université de Toulouse, avec le grade de bachelier, qu'il n'était pas ignorant comme il se plut, dans la suite, à le faire croire. Bien différent de ceux qui se laissent enfler par un peu e science, qu'ils pensent avoir, il cachait celle qu'il avait acquise. Volontiers, il eut pris pour de vise celle de l'Apôtre : « Je n'ai pas estimé savoir autre chose, parmi vous, que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié ».

 

Pratique. - S'appliquer aux études qui conviennent à l'état qu'on a embrassé.

 

Invocation. - Saint Vincent, humble de cœur et ferme d'esprit, préservez de l'influence de l'orgueil ceux qui s'appliquent à l'acquisition de la science sacrée.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Il faut bien se garder de ce malheureux esprit de vanité qui porte à employer toujours, dans les instructions que l'on fait, des pensées élevées et sublimes : il n'y a que l'humilité et une intention pure de plaire à Dieu qui fasse réussir ce qu'on entreprend pour sa gloire.

Dieu considère bien moins l'extérieur et le matériel que l'ardeur de l'amour et la pureté de l'intention avec lesquelles elles sont faites.

Le véritable zèle pour le salut des âmes porte 1° à se réjouir lorsque d'autres personnes font de grandes choses pour la gloire de Dieu et le service du prochain ; 2° à donner des éloges et à témoigner beaucoup d'estime à ceux qui s'emploient utilement dans le ministère apostolique ; 3° à faire à Dieu pour eux de ferventes prières, afin qu'il les conserve, les fasse prospérer, et répande sur leurs travaux des bénédictions toujours plus abondantes.

On doit travailler beaucoup par amour pour Dieu sans s'occuper de l'estime des hommes, Il faut travailler à leur salut, sans faire attention à leurs discours.

Le peu de progrès dans la vertu et le peu de succès dans les affaires qui ont pour objet la gloire de Dieu, viennent de ce que les hommes ne s'appuient pas sur les maximes de la foi, et qu'ils ne suivent que celles de la raison humaine.

Nous devons nous tenir en garde contre la jalousie et contre le plus léger sentiment que l'envie nous inspirerait. Ce vice est absolument opposé au zèle pur et sincère de la gloire de Dieu ; il est une preuve certaine d'un orgueil secret et très subtil.

 

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4 mai 2020

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

 

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Cinquième jour

Comment la Basilique de Notre Dame du Puy fut consacrée par les anges

 

Le miracle est le point d'origine de tous les grands pèlerinages, on le trouve à la base de tous les sanctuaires célèbres de la chrétienté, mais il surabonde dans les origines du sanctuaire du Mont Anis ; et, à mesure que se déroule le récit qu'en font nos vieilles chroniques vellaviennes, on constate que dans l'histoire de Notre-Dame du Puy tout tient du prodige, tout y est vraiment miraculeux.

Voici comment les vieux chroniqueurs de notre sanctuaire racontent sa merveilleuse consécration par les Anges.

Le sanctuaire était terminé, et il ne restait plus qu'à procéder à sa consécration. Mais aucune église alors, ne pouvant être consacrée sans permission particulière du Saint-Siège, Vosy et Scutaire se mirent en route pour aller à Rome. Seulement, à peine avaient-ils fait une heure de chemin, qu'ils rencontrèrent sur le bord de la Loire, près d'un lieu appelé Corsac, et à l'endroit même où se trouve aujourd'hui le Petit-Séminaire de la Chartreuse, deux vénérables vieillards marchant solennellement, et portant entre leurs mains deux petits coffres étincelants d'or. Saisis d'étonnement à la vue de ces augustes et mystérieux personnages, Vosy et son compagnon les abordent respectueusement, et leur demandent qui ils sont, d'où ils viennent et où ils vont ainsi parmi ces montagnes et ces forêts. « Fidèles serviteurs de la Mère de Dieu, répond d'une voix grave un de ces vénérables pèlerins, ne poussez pas plus loin votre voyage ; nous sommes envoyés de Rome pour vous remettre ces reliques que vous reconnaîtrez à leurs inscriptions ; retournez les porter, pieds nus, à l'église du Mont Anis, où nous allons vous précéder. Quant à la consécration, n'en soyez plus en peine, la main des hommes ne doit point sacrer le sanctuaire que vous avez élevé à la Reine du ciel. C'est aux Anges qu'est réservé aujourd'hui cet honneur. Telle est la volonté de Dieu. Et, afin que vous ne doutiez pas de mes paroles, sachez qu'au moment où vous vous présenterez devant l'église, les portes s'ouvriront, les cloches sonneront d'elles-mêmes, tout l'intérieur du temple sera resplendissant de flambeaux allumés et de cierges ardents ; vous entendrez une harmonie céleste, et vous sentirez le doux parfum de l'huile sainte qui aura servi à la consécration faite par les Anges.

A ces mots, saint Vosy et saint Scutaire ôtent leur chaussure. Ils se prosternent à genoux pour recevoir les précieuses reliques qui leur sont confiées ; mais les mystérieux vieillards ne les ont pas plutôt déposées entre leurs mains, qu'ils disparaissent subitement, prouvant ainsi qu'ils étaient des Anges et non des hommes.

Cependant le peuple, averti de tout ce qui se passait, accourt en toute hâte. Une procession s'organise ; on gravit en chantant les degrés de la sainte Montagne. Ce ne sont partout que des hymnes de joie et des cantiques d'allégresse. Puis, ô miracle ! à l'approche du temple sacré, les cloches commencent à sonner sans être agitées par des mains humaines, les portes de la basilique s'ouvrent d'elles-mêmes, et l'on aperçoit le sanctuaire resplendissant de la clarté des milliers de cierges qui brûlent, tandis que le céleste parfum de l'huile sainte, dont les murs ont été oints et l'autel arrosé par les Anges, embaume l'église tout entière de son odeur suave.

A ce spectacle, Vosy entonne un cantique d'action de grâces que les assistants poursuivent au milieu des transports de la plus vive allégresse. Les prières finies, on recueillit les flambeaux que l'on conserva religieusement. Deux sont parvenus jusqu'à nous, à travers les bouleversements de la grande Révolution française. On les garde précieusement dans le trésor de la cathédrale, où nous les avons vus et où ils exhalent encore un délicieux parfum. Ces flambeaux présentent tous les caractères d'une très haute antiquité. Ce sont des torches où la flamme avait des foyers multiples. La mèche est faite de moelle de roseau, et l'enveloppe est en toile au lieu de papyrus, comme dans les flambeaux de Saturne, dont on trouve la description dans un passage de l'anthologie grecque.

Dans ce siècle de doute et d'incrédulité, on nous reprochera peut-être d'avoir eu la simplicité de raconter cette légende et d'y avoir ajouté foi. Mais nous nous honorons de notre simplicité, et, sans vouloir donner pour article de foi ce qui est bien loin d'en être un, nous estimons cependant notre croyance assez sérieusement fondée pour braver les railleries et triompher des objections. Comment, en effet, ne pas croire à ce récit, quand la basilique du Mont Anis porte encore le nom de chambre angélique en souvenir de sa consécration miraculeuse. Comment refuser d'y croire, quand à la suite de cette cérémonie furent recueillis par la piété du peuple plus de trois cents cierges dont plusieurs existent encore aujourd'hui. Comment être incrédule enfin quand on voit ce grand événement célébré pendant tant de siècles, dans le pays qui en fut témoin, par un office et une procession solennelle où l'on accourait de toutes les parties de la France et jusques des pays étrangers. Au reste, la consécration de l'église du Puy par les Anges n'est pas un fait unique dans l'histoire. D'autres lieux de pèlerinage réclament aussi cet honneur. Les Souverains Pontifes ont reconnu, en particulier, dans des Bulles formelles et authentiques, que la fameuse basilique de Notre Dame des Ermites à Ensidlein (Suisse) avait été réellement consacrée par les mains de Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, avec l'assistance de saint Pierre et du premier des martyrs saint Etienne.

Dès lors pourquoi ce qui s'est passé dans un endroit, aurait-il été impossible en l'autre ? Et quelle répugnance voit-on à ce que Notre Seigneur Jésus-Christ ait opéré au Puy, par ses Anges, ce qu'il a daigné accomplir lui-même à Ensidlein. Le docteur saint Thomas, qui était un grand saint et un grand génie, n'y voyait pas tant de difficultés et d'impossibilités. Voici ce qu'il dit au sujet de cette question :

« Il faut savoir que de même que Dieu n'a pas tellement attaché sa vertu aux sacrements, qu'il ne puisse sans eux conférer leur effet, de même il n'a pas tellement attaché sa vertu aux ministres de l'Eglise qu'il ne puisse également la communiquer aux anges. Et, parce que les anges sont les messagers de la vérité, s'il arrivait que quelque fonction sacramentelle fut exercée par eux, il faudrait en reconnaître la vérité, comme cela a eu lieu, du reste, dans quelques temples que l'on dit avoir été consacrés par les Anges ».

On croit que saint Thomas faisait ici allusion à la consécration miraculeuse du sanctuaire du Mont Anis.

Certes, après un pareil témoignage et les différentes considérations dont nous l'avons fait précéder, on peut bien, croyons-nous, sans témérité aucune et sans faiblesse d'esprit, ajouter foi à ce que nos légendes racontent sur la consécration de l'Eglise angélique. Ce n'est, après tout, qu'un fait historique parfaitement possible, puisque les Papes affirment qu'il s'est réellement produit ailleurs. Or, sur les faits historiques, la croyance est parfaitement libre, nous le savons ; mais nous trouvons (et bien des âmes seront de notre avis), nous trouvons une grande consolation et une légitime fierté à n'être pas moins crédules sur ce point que nos aïeux et que l'illustre saint Thomas d'Aquin.

 

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Prière

 

Notre Dame Puy, priez pour nous ! Parmi toutes les vertus qui brillent en vous, ô Marie il en est une qui vous est particulièrement chère et que vous désirez surtout voir briller dans nos coeurs : c'est la pureté. C'est par elle principalement que vous aimez et que vous tenez à être honorée par vos enfants. C'est cette vertu que nous prêche éloquemment la consécration, par les anges, de votre sanctuaire du mont Anis. En effet, ô Marie, si vous avez voulu que le temple où vous deviez être spécialement honorée, fut ainsi purifié par les Anges pour être plus digne de vous, à combien plus forte raison désirez-vous que le coeur et l'âme de ceux qui vous invoquent soient purs pour être dignes de vos bienfaits ? Ô Marie, vous nous rappelez par là que nous devons être nous aussi les temples de Dieu consacrés à son amour et à son service en même temps qu'au service et à l'amour de sa sainte Mère. Nous devons donc respecter notre corps et notre âme comme un sanctuaire dans lequel nous devons vivre dans l'intimité de Jésus et de Marie par la pratique de l'aimable et angélique vertu. Reine des cieux qui, par amour de la pureté, avez voulu que votre sanctuaire du Mont Anis fut consacré par la main des Anges, donnez-nous d'aimer et de pratiquer de tout notre coeur cette aimable et angélique vertu. Et de même qu'au jour de leur consécration, l'autel et les murailles de votre Eglise exhalaient une odeur délicieuse, accordez-nous de répandre, nous aussi, la bonne odeur de la pureté. Comme une fleur odorante et suave, faites-la fleurir sans cesse entre notre âme et notre corps, afin que notre être tout entier soit embaumé de son céleste parfum. Regina Angelorum, ora pro nobis. Reine des Anges priez pour nous !

 

Salve Regina

 

Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre joie, notre espérance, salut !

Enfants d’Eve, de cette terre d’exil, nous crions vers vous. Vers vous nous soupirons vers vous, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes !

Ô vous notre avocate, tournez vers nous votre regard miséricordieux,

et au sortir de cet après l'exil , obtenez-nous de contempler Jésus, le fruit béni de votre sein !

O clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie !

 

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu.

R. Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Dieu tout puissant et éternel, qui, par la coopération du Saint Esprit, avez préparé le corps et l'âme de la glorieuse Vierge Marie pour en faire une demeure digne de votre fils, accordez-nous d'être délivrés des maux présents et de la mort éternelle par l'intercession de Celle dont nous célébrons la mémoire avec joie, nous vous en supplions par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

 

 

Salve, Regina, Mater misericordiae, vita, dulcedo et spes nostra, salve !

Ad te clamamus, exules, filii Evae ; ad te suspiramus, gementes et flentes in hac lacrymarum valle.

Eia ergo, advocata, nostra, illos tuos misericordes occulos ad nos converte.

Et Jesum benedictum fructum ventris tui, nobis, post hoc exilium, ostende.

O clemens, o Pia, O dulcis Virgo Maria !

 

V. Ora pro nobis sancta Dei genitrix.

R. Ut digni efficiamur promissionibus Christi.

 

Oremus

 

Omnipotens sempiterne Deus, qui gloriosae Virginis Matris Mariae corpus et animam, ut dignum filii tui habitaculum, effici mereretur, Spiritu sancto cooperante, praeparasti: da ut cujus commemorationo laetamur, ejus pia intercessione, ab instantibus malis, et a morte perpetua liberemur. Per enmdem Christum Dominum nostrum.

 

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16 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Dix-septième jour

Attente des Mages

 

Les pieux rois qui vont venir à Bethléem adorer l’Enfant Dieu s’appelaient Mauser, Saïr et Théokéno. Les noms de Gaspard, Melchior et Balthasar, qu’on leur donne ordinairement, ne sont que des noms caractéristiques, le premier signifiant qui va avec amour ; le deuxième, qui s’approche doucement ; le troisième, qui veut promptement. Mauser, le brun, était Chaldéen, ainsi que Saïr, le basané, et Thëokéno, le blanc, de la Médie. Ils étaient adorateurs des astres, et c‘est en les contemplant qu’ils découvrirent l’étoile de Jacob que Balaam, un de leurs prophètes, avait annoncée, que leurs pères avaient attendue pendant des siècles, et qui, se dilatant à leurs yeux, leur apparut sous la forme d’un globe lumineux au centre duquel était une Vierge brillante devant qui planait un Enfant resplendissant d’une lumière plus brillante encore. À peine l’eurent ils aperçue, qu’ils se mirent en chemin pour aller adorer le Dieu qu‘elle annonçait.

Chacun des trois rois avait avec lui quatre proches parents ou amis intimes, de sorte que le cortège se composait de quinze personnes de haut rang, accompagnées d’une foule de conducteurs de chameaux et de serviteurs, qui ne fit qu’augmenter durant le trajet. L’étoile qui les conduisait se montrait devant eux, pendant la journée, comme un corps brillant dont la clarté surpassait celle du jour, et, pendant la nuit, avec la lueur rougeâtre de la.lune lorsqu‘il fait grand vent.

Ils visitèrent aussi, en venant, un roi de Causour, à qui ils racontèrent tout ce qu’ils avaient vu dans les étoiles. Il regarda lui-même celle qui les conduisait, et y vit un petit Enfant avec une croix. Il les pria alors de lui raconter, à leur retour, ce qu’ils auraient découvert, parce qu‘il voulait aussi élever des autels et offrir des sacrifices à l‘Enfant Dieu.

Cependant Marie avait en une vision sur l’approche des trois rois, pendant qu’ils faisaient leur visite au roi de Causeur. Elle vit aussi que celui»ci voulait élever un autel à l’Enfant. Elle raconta cela à saint Joseph et à Elisabeth, et dit qu'il fallait vider la grotte de la Crèche et tout préparer pour la réception des trois rois à leur arrivée.

Les gens à cause desquels Marie s’était retirée dans l’autre grotte étaient des visiteurs curieux, comme il s’en est présenté beaucoup dans ces derniers jours. Aujourd’hui Elisabeth est repartie pour Jutta, accompagnée d’un serviteur.

Il y eut plus de tranquillité dans la grotte de la Crèche pendant les jours suivants. La sainte Famille resta seule la plupart du temps. La servante de Marie, femme d’environ trente ans, très sérieuse et très humble, était seule présente. C’était une veuve sans enfants, parente d'Anne, qui lui avait donné asile chez elle. Son défunt mari avait été très dur envers elle parce qu’elle allait souvent chez les Esséniens ; car elle était très pieuse et attendait le salut d’Israël. Il s‘irritait à cause de cela, comme de méchants hommes de nos jours qui trouvent que leurs femmes vont trop souvent à l’église. Il l'avait quittée et était mort quelque temps après.

Les vagabonds qui avaient mendié et proféré des injures et des malédictions près de la grotte de la Crèche ne revinrent plus dans ces derniers jours. C’étaient des mendiants qui allaient à Jérusalem pour la Fête de la Dédicace du Temple, instituée par les Macchabées. Elle durait huit jours.

Saint Joseph célébra le sabbat d‘après la Circoncision sous la lampe, dans la grotte de la Crèche, avec Marie et la servante. Ce même jour, au soir, commençait la Fête de la Dédicace du Temple, et, pour la célébrer, il établit en trois endroits différents des candélabres, sur chacun desquels il alluma sept petites lampes. On est maintenant tranquille ici, parce que les nombreux visiteurs de ces derniers jours étaient des voyageurs qui allaient a la Fête. Anne envoie plusieurs fois des messagers pour apporter des présents et avoir des n0uvelles. Les femmes juives ne nourrissent pas longtemps leurs enfants sans leur donner d’autre aliment que leur lait ; aussi l’Enfant Jésus prit-il, après les premiers jours, une bouillie faite de la moelle d’une espèce de roseau : cette bouillie est douce, légère et nourrissante.

Pendant la Fête, chaque jour, soir et matin, Saint Joseph allume ses petites lampes pour la célébrer. Depuis le commencement de la Fête à Jérusalem, du reste, la tranquillité continue ici. Le lundi arriva un messager de sainte Anne. Il apportait à la Sainte Vierge, entre divers autres objets, tout ce qu’il fallait pour travailler a une ceinture, ainsi qu'une charmante corbeille pleine de fruits et recouverte de roses qui étaient placées sur les fruits et qui étaient restées très fraîches. Cette corbeille était étroite et haute. Les roses n’étaient pas de la couleur des nôtres, mais pâles et presque couleur de chair ; il y en avait aussi de jaunes et de blanches ; il s’y trouvait des boutons. Marie parut y prendre plaisir et plaça la corbeille près d’elle.

Cependant Joseph paraît préoccupé de l’envie de rester à Bethléem et de s’y fixer après la purification de Marie, et il a dû prendre quelques renseignements dans cette intention. Il y a trois jours, des gens aisés de Bethléem vinrent à la grotte de la Crèche, et maintenant ils prendraient volontiers la sainte Famille chez eux. Mais Marie s‘était cachée dans la grotte latérale, et Joseph déclina leurs offres. La Fête de la Dédicace était encore célébrée matin et soir. Il doit s’y être joint, le sixième jour, une autre Fête qui a dû occasionner à Jérusalem des changements dans les cérémonies de la première. C‘est sans doute ce qui amena un prêtre avec un rouleau près de saint Joseph dans la grotte : ils prièrent ensemble près d’une petite table qui avait une couverture rouge et blanche. Il semblait que ce prêtre voulût voir si Joseph célébrait la Fête ou qu‘il lui annonçât une nouvelle Fête. Dans ces derniers jours la grotte fut tranquille et sans visiteurs.

La Fête de la Dédicace finit avec le Sabbat. Joseph n’alluma plus les petites lampes. Les dimanche et lundi suivants, beaucoup de gens des environs vinrent encore à la crèche ; les mendiants effrontés se montrèrent aussi à l’entrée. C’était parce qu’on revenait alors de la Fête.

Le lundi, il vint aussi deux messagers de sainte Anne avec des provisions de bouche et divers effets. Mais Marie, qui était toujours prompte à donner, eut bientôt distribué tout cela. Saint Joseph commença alors à faire divers arrangements dans la grotte de la Crèche, dans les grottes latérales et enfin dans celle du tombeau de Maraha. On attendait prochainement la visite de sainte Anne et aussi celle des trois rois, d‘après les indications de la Sainte Vierge.

Pendant que Sainte Anne est en route avec son second époux, Marie d’Héli, une servante, un domestique, et deux ânes, saint Joseph termine de son mieux ses arrangements dans la grotte de la Crèche et dans les grottes latérales, pour loger ses hôtes de Nazareth, et pour recevoir les trois rois, dont Marie avait récemment annoncé l’arrivée lorsqu’ils étaient à Causour. Puis il se retire avec Marie dans l’autre grotte avec l‘Enfant Jésus. La grotte de la Crèche est entièrement débarrassée. L‘âne seul y est resté.

Saint Joseph, du reste, parfait observateur de toutes les lois, paraît avoir depuis quelque temps payé le second impôt. De nouveaux curieux sont aussi venus de Bethléem pour voir l’Enfant. Il s’est laissé prendre tranquillement par quelques uns et s’est détourné des autres en pleurant.

Pour la sainte Vierge, elle est parfaitement établie dans son nouveau logement, qui était arrangé commodément. Son lit était contre la paroi. L’Enfant Jésus était près d’elle dans une longue corbeille faite d’écorce, qui reposait sur des fourches. Le lit de Marie et le berceau de l’Enfant Jésus qui était a côté, étaient séparés du reste par une cloison en clayonnage. Le jour, quand elle ne voulait pas être seule, elle était assise en avant de cette cloison, ayant l’Enfant auprès d’elle. Saint Joseph reposait dans une partie éloignée de la grotte, qui était aussi séparée du reste.

Le jeudi d‘après, au soir, commençait un jour de jeûne. Tous les aliments étaient préparés pour le jour suivant ; le feu était couvert et les ouvertures voilées ; enfin, tous les ustensiles servant aux travaux manuels avaient été éloignés. Sainte Anne était arrivée avec son second mari, la sœur aînée de la sainte Vierge et une servante. Ces visiteurs devaient passer la nuit dans la grotte de la Crèche ; c’était pour cela que la sainte Famille s’était retirée dans la grotte latérale. Aujourd‘hui Marie a mis l’Enfant dans les bras de sa mère : celle-ci était profondément touchée. Anne avait apporté des couvertures, des linges et des provisions de bouche. Elle dormit à l‘endroit où Elisabeth avait reposé, et Marie lui raconta avec beaucoup d’émotion tout ce qui s’était passé. Anne pleura avec la Sainte Vierge, et tout ce récit fut interrompu par les caresses de l’Enfant Jésus.

Le vendredi, la sainte Vierge revint dans la grotte de la Crèche et y couche de nouveau le petit Jésus dans la crèche. Quand Joseph et Marie sont seuls près de l'Enfant, on les voit souvent l’adorer. Sainte Anne se tint aussi ce jour-là près de la crèche avec la Sainte Vierge dans une attitude respectueuse, et contemple l’Enfant Jésus avec un grand sentiment de dévotion et de ferveur.

Outre ce qu’Anne avait apporté pour la Mère et pour l’Enfant, Marie avait déjà reçu bien des choses depuis qu’elle était ici ; mais tout autour d‘elle présente l’image de la pauvreté, parce qu‘elle donne tout ce dont elle peut se passer à la rigueur.

Ce même jour, la sainte Vierge annonça à Anne que les rois de l’Orient viendraient bientôt et que leur visite ferait un grand effet. Pendant le séjour des rois, Sainte Anne ira à trois lieues d'ici chez sa sœur et elle reviendra plus tard.

Le lendemain soir, après la clôture du sabbat, sainte Anne, avec ceux qui l’accompagnaient, quitta la sainte Vierge pour un certain temps. Elle s’en alla à trois lieues de là, dans la tribu de Benjamin, chez une sœur cadette qui y était mariée. L’endroit où elle demeurait, et qui consistait seulement en quelques maisons dans une plaine, était à une demi-lieue de la dernière station de la sainte Famille dans son voyage à Bethléem, auprès de l’endroit où demeuraient les parents de saint Joseph.

 

Considération

Saint Joseph d’après un auteur belge

 

Cet auteur anonyme était toujours un grand dévot à saint Joseph. On ne parle pas ainsi, quoiqu’en un langage plein de simplicité et de naïveté, du saint Patriarche, sans être pénétré pour lui d‘un véritable amour et de la plus tendre piété. On sent qu’il est à son aise pour parler de son saint de prédilection. On sent, qu‘on nous permette de le dire, que c’est un enfant de cette Belgique qui s’est toujours distinguée entre les autres pays catholiques par sa grande dévotion au saint Epoux de la Reine des vierges, et qui l’a choisi depuis des siècles pour son Patron particulier. Et ce que nous voulons ajouter, nous nous demandons si ce n’est point au patronage de notre grand Saint que ce petit pays a dû d’être épargné jusqu’alors dans la tourmente révolutionnaire qui secoue toute l’Europe, et malgré le travail des sociétés secrètes et de la démagogie qui s’opère dans son sein. S’il en était ainsi, puisse l’auguste Epoux de Marie veiller toujours, ne fût-coque pour l’exemple des autres nations, sur ce pays, que l’on peut appeler son royaume, et y conserver, malgré les efforts incessants de l’impiété, la pureté de la foi et des mœurs !

Et nous voyons donc ce que notre pieux auteur dit des grandeurs du saint Patriarche dans son livre intitulé l’Alliance de saint Joseph, imprimé à Bruxelles sans autre date que celle de l’approbation, qui est de 1737.

« Saint Joseph, dit-il, a été choisi de toute éternité par la sainte Trinité pour être le chef de la famille de Dieu sur la terre, l’Ange gardien et l’Epoux de la Reine des Anges, le Père nourricier du Messie.

Il a eu l’honneur de gouverner la Famille de Jésus pendant près de trente ans, de vivre si longtemps parmi les innocentes caresses de l‘Enfant Sauveur, parmi la réserve, la retenue, l‘honnêteté de sa jeunesse, parmi les actions, les exemples et les instructions de son âge parfait, en la compagnie de la princesse la plus accomplie et la plus sainte qui fût jamais.

Huit jours après le divin enfantement, Joseph circoncit Jésus en l’étable de Bethléem, selon saint Jérôme et saint Bernard. Il lui donna l’auguste nom de Jésus, au jour de la Circoncision, selon l’ordre qu‘il en avait reçu de Dieu par le ministère d’un Ange. Il nourrit à la sueur de son corps celui qui nourrit tout ce qui est animé, et qui couvre de duvet les petits oisillons à peine éclos. Il eut le bonheur d’habiller souvent celui qui prend plaisir a vêtir les lys et les roses, et à les parer de riches et riantes couleurs. Il fut le sauveur de son Sauveur, le retirant des mains d’Hérode, tandis que les petits Innocents, à sa place, achetaient par leur sang la palme du martyre. Jésus, qui tient dans sa main tous les princes de la terre, à qui les Anges se font gloire d’obéir, lui a rendu tous les devoirs d’une parfaite soumission et d’une exacte obéissance, ne prenant mouvement que du clin de son œil et du son de sa voix.

L’extérieur de Joseph était noble, ravissant et digne ; son port plein d’une douce majesté, et son visage beau comme celui de son Fils, le plus beau d’entre les enfants des hommes, comme celui de sa sainte Epouse, la plus belle des créatures. Jeanne des Anges, religieuse Ursuline, après la vision qu’elle eut de saint Joseph, lorsqu’il la guérit miraculeusement, étant interrogée des peintres qui voulaient savoir comment il fallait représenter ce grand saint, leur dit : « Faites-le aussi beau que vous le pourrez ; jamais vos couleurs matérielles n’atteindront la sainte pudeur de son front, la gracieuse modestie de ses yeux, la douceur de ses lèvres, la majesté de tout son être ».

Joseph a aimé la sainte Vierge d’une affection naturelle, fondée sur ses rares et éminentes qualités ; d’une affection acquise et accrue par de continuels services et par tous les témoignages d’un chaste attachement ; d’une affection surnaturelle, en considération des grâces et des faveurs dont le ciel avait comblé sa belle âme. Lui et la sainte Vierge furent les premiers qui firent promesse, à Dieu de vivre en perpétuelle virginité. C’est la remarque du bienheureux Albert le Grand. On croit que la sainte résolution qu‘ils en avaient prise leur fut respectivement révélée. Ils renouvelèrent leur vœu d‘un commun accord après leur mariage.

Il possédait toutes les vertus. Passant sa vie avec la plus humble de toutes les créatures, il était humble comme elle ; il aimait sa pauvreté ; il était diligent en son travail ; il pratiquait le silence ; recueilli en lui-même, il possédait un cœur détaché du monde, et occupé du seul amour de Dieu. Lorsqu’il vit la grossesse de la sainte Vierge et qu‘il songea a se retirer, il était conduit par un sentiment d’humilité et de respect, se jugeant indigne, dit saint Basile, de servir un Dieu incarné.

Sa vie ne fut qu’un ravissement et une continuelle vision de Dieu. Ses prières au ciel sont puissantes. Les autres chanter aux Anges, et un psaume d‘actions de grâces. Quand ils voulurent se retirer, la sainte Vierge leur donna le petit Jésus, qu’ils tinrent tour a tour dans leurs bras, puis ils le lui rendirent en pleurant, et quittèrent la grotte. Sa vie ne fut qu’un ravissement et une continuelle vision de Dieu. Ses prières au ciel sont puissantes. Les autres saints, abaissant devant le trône de Jésus leurs palmes et leurs couronnes, demandent en recommandant ; mais Joseph fait ses demandes comme père, dit Origène, et Jésus les lui accorde comme fils.

Le pieux P. Suarez croit qu‘il est au ciel en corps et en âme, qu’il y monta le jour de la glorieuse et triomphante Ascension de son adorable Fils, et qu’il tient le premier rang en ce séjour de gloire, après Jésus et Marie ».

 

Pratique

Médailles de saint Joseph

 

Les médailles, outre qu’elles nous rappellent le souvenir des Saints, semblent nous mettre avant tout sous leur protection. Aussi trouvent elles accès auprès de toute sorte de personnes : des enfants, qui sont toujours heureux de les recevoir et de les porter ; des mères, qui y voient un gage de bénédiction pour leurs enfants et pour elles-mêmes ; des hommes faits, qui n’y trouvent que des avantages, en les acceptant souvent par pure complaisance pour une épouse, une mère, une sœur, une amie ; des vieillards, à qui elles procurent s0uvent une bonne fin de vie. Et combien de fois les pécheurs ont-ils rencontré dans la simple acceptation de ces médailles leur conversion et leur salut ! Et cela, quelquefois même lorsque de pieuses mains les leur avaient glissées à leur insu.

Combien de fois encore le port de ces médailles, comme celui des scapulaires, a-t-il préservé et sauvé des plus grands dangers et de la mort ! Et nos derniers désastres n’en ont-ils pas multiplié les exemples ?

Mais, après les médailles de la sainte Vierge, ce sont celles de saint Joseph, le tout-puissant auprès de Jésus, que nous devons préférer à toutes les autres. Portons donc toujours les nôtres avec respect, et ayons-en aussi sur nous pour pouvoir les distribuer à l‘occasion. Quelques bonnes paroles, quelques traits de la protection de saint Joseph, venant accompagner la distribution de ces médailles, doubleront leur puissance et ouvriront le cœur de ceux à qui nous parlerons.

C’est ainsi que nous nous assurerons pour nous et pour les autres la protection plus particulière du bon Père.

 

Prière des Fidèles pour les Prêtres

 

Grand saint Joseph, dont le cœur fut consumé d’amour pour Jésus et pour sa gloire, quelle tendre affection ne devez-vous pas ressentir pour ceux que ce divin Sauveur a honorés de son sacerdoce et revêtus de sa puissance et de son autorité, en les chargeant de continuer ici-bas sa céleste mission, de prêcher sa doctrine, d‘enseigner sa loi sainte, et de répandre partout ses grâces et ses bienfaits ! Mais ils ont, de plus, comme vous, le droit de commander à Jésus, et chaque jour Jésus leur obéit, en descendant à leur voix sur l’autel. Comme vous, ils ont l’honneur de le toucher de leurs mains, de le porter dans leurs bras, de manger et vivre avec lui, de se dévouer et travailler pour lui, de souffrir pour le défendre et conserver sa vie dans les âmes. Comme vous, enfin, ils ont le soin de garder, de protéger, de consoler Marie dans la personne des mères, des vierges chrétiennes, et de ceux qui, dans la vie religieuse, ont choisi le Seigneur pour leur unique partage.

Nous vous en conjurons donc. prenez-les tous, Souverain Pontife, Evêques et Prêtres, sous l’égide de votre puissante protection. Soutenez-les au milieu des dangers, des périls, des attaques de leurs nombreux ennemis, comme dans les travaux, les obstacles, les fatigues de leur pénible ministère. Demandez pour eux une vie sainte, toujours conforme à la sublimité de leur caractère, la dignité de leurs fonctions, la grandeur de leurs obligations et de leurs devoirs. Obtenez-leur l’humilité de saint Jean-Baptiste, la foi de saint Pierre, le zèle de saint Paul, la piété de saint Jean, la douceur de saint François de Sales, la charité de saint Vincent de Paul, et l’esprit de recueillement et d’oraison que vous avez si bien pratiqué vous-même, afin qu’après avoir été, sur la terre, de fidèles dispensateurs des mystères de votre Fils adoptif, ils reçoivent dans le ciel la récompense promise aux bons prêtres, et que nous espérons bien que vous nous ferez obtenir à tous. Ainsi soit-il.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

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9 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Dixième jour

Voyage vers Bethléem

 

Le voyage de Nazareth à Bethléem dura dix jours. Le premier jour, au matin, les saints voyageurs arrivèrent à six lieues de Nazareth, dans une plaine appelée Ghinim, où l’ange était apparu à Joseph l’avant-veille. Anne possédait un pâturage en cet endroit, et ses serviteurs vinrent y prendre l’ânesse d’un an que Joseph devait emmener avec lui. Elle courait tantôt en avant et tantôt en arrière de la petite troupe. Anne et Marie de Cléophas prirent ici congé des saints voyageurs et s’en retournèrent avec les serviteurs.

Cependant Joseph et Marie continuèrent leur route par un chemin qui montait vers les montagnes de Gelboë. Ils ne passaient pas dans les villes, et suivaient la jeune ânesse qui prenait toujours des chemins de traverse. C’est ainsi qu’ils gagnèrent une propriété de Lazare, à peu de distance de la ville de Ghinim, du côté de Samarie. L’intendant les reçut amicalement. Il les avait connus lors d’un autre voyage. Leur famille avait des relations avec celle de Lazare. Il y avait là de beaux vergers et des allées. La position était si élevée, qu’on avait du toit une vue très étendue. Lazare avait hérité ce bien de son père. Notre Seigneur Jésus-Christ s’arrêta souvent en cet endroit pendant sa prédication, et enseigna dans les environs. L’intendant et sa femme s’entretinrent très amicalement avec la Sainte Vierge, et se montrèrent étonnes qu’elle eût entrepris ce grand voyage dans la position où elle se trouvait, lorsqu’elle pu rester commodément établie dans la maison de sa mère.

Le surlendemain, les saints Epoux étaient à quelque lieues au-delà de l’endroit que nous venons de citer, se dirigeant, pendant la nuit, vers une montagne le long d’une vallée très froide. Il avait gelé. La Sainte Vierge souffrait beaucoup du froid, et elle dit à Joseph : « Il faut nous arrêter ; je ne puis pas aller plus loin ». À peine avait-elle dit ces paroles, que l’ânesse, qui les devançait, s’arrêta sous un grand térébinthe très vieux qui se trouvait près de là, et dans le voisinage duquel était une fontaine. Ils firent halte sous cet arbre : Joseph arrangea avec des couvertures un siège pour la sainte Vierge, qu’il aida à descendre de son monture, et qui s’assit contre l’arbre. Joseph suspendit à une branche de l’arbre la lanterne qu’il portait avec lui. C’était l’usage des gens qui voyageaient dans ce pays.

Cependant la Sainte Vierge conjura Dieu de ne pas permettre que le froid lui fut nuisible. Au même instant, elle sentit une si grande chaleur qu’elle tendit les mains à Saint Joseph pour qu’il y réchauffa les siennes. Ils se réconfortèrent un peu avec des petits pains et des fruits qu’ils avaient avec eux, et burent l’eau de la fontaine voisine dans laquelle ils mirent du baume que Joseph portaient dans un cruchon. Joseph consola et encouragea le Sainte Vierge. Il était si bon ! Il souffrait tant de ce que ce voyage était si pénible ! Il lui parla du bon logis qu’il espérait lui procurer à Bethléem. Il connaissait une maison appartenant à de très braves gens, où ils seraient commodément à très bon compte. Il lui vanta Bethléem en général, et lui dit tout ce qui pouvait la consoler. Mais hélas ! Les choses devaient se passer tout autrement.

À ce point de leur voyage, ils avaient passé deux petits cours d’eau ; ils avaient traversé l’un d’eux sur un pont élevé, et les deux ânes avaient passé à gué. La jeune ânesse qui courait en liberté avait des allures singulières. Quand la route était bien tracée, entre deux montagnes, par exemple, et qu’on ne pouvait se tromper, tantôt elle courait derrière les voyageurs, tantôt elle allait bien loin. Quand le chemin se partageait, elle reparaissait toujours et prenant la bonne direction. Lorsqu’ils devaient s’arrêter, elle s’arrêtait elle-même, comme lors de leur halte sous le térébinthe. On ne sais pas s’ils passèrent la nuit sous cet arbre, ou s’ils atteignirent un autre gite.

Ce térébinthe était un vieil arbre sacré qui avait fait partie du bois de Moreh, près de Sichem. Abraham venant de la terre de Canaan, y a vu apparaître le Seigneur, qui lui avait promis cette terre pour sa postérité. Il avait élevé un autel sous le térébinthe. Jacob, avant d’aller à Bethel pour y offrir un sacrifice au Seigneur, avait enfoui sous ce térébinthe les idoles de Laban et les bijoux que sa famille avait avec elle. Josué y avait érigé le tabernacle où était l’Arche d’Alliance, et y ayant rassemblé le peuple, l’avait fait renoncer aux idoles. C’est aussi en ce lieu qu’Abimelech, fils de Gédéon, avait été proclamé roi par les Sichémites.

Le troisième jour, Joseph et Marie arrivèrent à une grande ferme, à deux lieues plus au midi que le térébinthe. La maîtresse de la maison était absente, et le maître refusa de recevoir Saint Joseph, lui disant qu’il pouvait bien aller plus loin. Quand ils eurent fait un peu de chemin au-delà, ils trouvèrent une jeune ânesse dans une cabane de bergers, où ils entrèrent aussi. Quelques bergers, qui étaient aussi occupés à la vider, les accueillirent avec beaucoup de bienveillance. Ils leur donnèrent de la paille et des petits paquets de jonc et de ramée pour faire du feu. Ces bergers allèrent à la maison d’où ils avaient été repoussés ; et quand ils racontèrent à la maîtresse de cette maison combien Joseph paraissait bon et pieux, combien sa femme était belle et avait l’air sainte, elle fit des reproches à son mari pour avoir repoussé de si excellentes gens. Puis cette femme se rendit aussitôt près de la cabane où s’était arrêtée la Sainte Vierge ; mais elle n’osa pas entrer, par timidité, et retourna chez elle pour y prendre quelques aliments.

Le lieu où ils se trouvaient était sur le versant nord d’une montagne, à peu près entre la Samarie et le Thebez. À l’orient de ce lieu, au-delà du Jourdain, se trouve Succoth ; Ainon est un peu plus au midi ; toujours au-delà du fleuve ; Salem est en deçà. Il pouvait y avoir douze lieues de là à Nazareth.

Au bout de quelques temps, la femme vint avec deux enfants trouver les saints voyageurs, apportant avec elle quelques provisions. Elle s’excusa poliment et se montra touchée de leur position. Quand les voyageurs eurent mangé et pris quelques repos, le mari vint aussi, et demanda pardon à saint Joseph de l’avoir repoussé. Il lui conseilla de monter encore une lieue vers le sommet de la montagne, lui disant qu’il pouvait y arriver à un bon gite avant le commencement du Sabbat, et y rester pendant le jour du repos. Sur/quoi Joseph et Marie se mirent en route.

Quand ils eurent fait à peu près une lieue en montant toujours, ils arrivèrent à une hôtellerie d’assez bonne apparence, composée de plusieurs bâtiments entourés de jardins et d’arbres. Il y avait aussi là des arbrisseaux qui donnent le baume, rangés en espaliers. Cependant l’hôtellerie était encore sur le côté nord de la montagne.

La sainte Vierge avait mis pied à terre, Joseph conduisait l’âne. Ils s’approchèrent de la maison, et Joseph pria l’hôte de les loger ; mais celui-ci s’excusa, parce que son hôtellerie était pleine. Sa femme vint alors, et comme la sainte Vierge s’adressa à elle et lui demanda avec la plus touchante humilité de leur procurer un logement, cette femme ressentit une profonde émotion, et l‘hôte aussi ne put plus résister. Il leur arrangea un abri commode dans une cabane voisine et mit leur âne a l'écurie. L’ânesse n’était pas là : elle courait en liberté dans les environs. Elle était toujours, loin d‘eux quand elle n’avait pas a montrer le chemin.

Joseph apprêta sa lampe, sous laquelle il se mit en prières avec la sainte Vierge, observant le sabbat avec une piété touchante. Ils mangèrent quelque chose, et se reposèrent sur des nattes étendues par terre.

Le quatrième jour était le jour du Sabbat, et les saints Epoux restèrent dans ce lieu toute la journée, priant ensemble. La femme de l’hôte resta presque toujours près de la Sainte Vierge avec ses trois enfants. L’autre femme qui s’était montrée la veille si compatissante vint aussi la visiter avec ses deux enfants. Elle s’assirent auprès d’elle d’un air très amical, et furent très touchées de la modestie et de la sagesse de Marie.

La Sainte Vierge s’entretint avec les enfants et leur donna des instructions. Les enfants avaient avec eux de petits rouleaux de parchemins. Marie leur en fit lire quelques passages qu’elle leur expliqua avec tant de bonté, qu’ils ne la quittaient plus des yeux. C’était touchant de voir, et encore plus touchant à entendre.

Saint Joseph, dans l’après-midi, se promena avec l’hôte dans les environs, examina les jardins et les champs et tint avec lui des discours édifiants. C’est ce que faisaient toujours les gens pieux du pays le jour su sabbat. Les saints voyageurs restèrent encore en ce lieu la nuit suivante.

Les bons hôteliers de la Sainte Famille avaient pris la Sainte Vierge en affection à un degré incroyable, et ils lui témoignèrent une tendre compassion pour son état. Ils la prièrent amicalement de rester chez eux et d’y attendre le moment de sa délivrance. Ils lui montrèrent une chambre commode qu’ils voulaient lui donner. La femme lui offrit du fond du coeur tous ses soins et toute son amitié ; mais Joseph et Marie reprirent le voyage de grand matin, le lendemain du Sabbat, et descendirent par le côté sud-est de la montagne dans une vallée. Ils s’éloignèrent alors davantage de Samarie, où semblait les conduire la direction qu’ils avaient prise jusque là. Pendant qu’ils descendaient, ils pouvaient voir le temple qui est sur le mont Garizim. On l’apercevait de très loin. Il y avait sur le toit plusieurs figures de lions ou d’autres animaux qui brillaient au soleil.

Ils firent en ce jour environ six lieues. Vers le soir, étant dans une plaine à une lieue au sud-est de Sicham, ils entrèrent dans une assez grande maison de bergers, où ils furent bien accueillis. Le maître de la maison était chargé de surveiller les vergers et des champs qui dépendaient d’une ville voisine. La maison n’était pas tout à fait dans la plaine, mais sur une pente. Ici tout était plus fertile et en meilleure condition que dans le pays parcouru précédemment, car ici ont était tourné vers le soleil, ce qui dans la terre promise, fait une différence considérable à ce moment de l’année. D’ici jusqu’à Bethléem il y avait beaucoup de semblables habitations de bergers, dispersées dans les vallées.

Les habitants de ces vallées étaient de ces bergers dont plusieurs des trois rois mages, restés en Palestine, épousèrent plus tard les filles. D’une de ces unions provenait un garçon que Notre Seigneur guérit dans cette maison, à la prière de la Sainte Vierge, le 31 juillet de la seconde année de sa prédication, après son colloque avec la Samaritaine. Jésus le prit, ainsi que deux autres jeunes gens, pour l’accompagner dans le voyage qu’il fit en Arabie après la mort de Lazare, et il devint plus tard disciples du Sauveur. Jésus s’arrêta souvent ici et y enseigna. Il y avait des enfants dans cette maison, Joseph les bénit avant son départ.

Le sixième jour, Joseph et Marie suivirent un chemin plus uni. La sainte Vierge allait de temps en temps à pied. Ils trouvaient plus souvent des haltes commodes où ils se réconfortaient. Ils avaient avec eux des petits pains et une boisson à la fois rafraîchissante et fortifiante dans de petites cruches très élégantes qui avaient deux anses et brillaient comme du bronze. C’était du baume que l’on mêlait avec de l’eau. Ils cueillaient aussi des baies et des fruits qui pendaient encore aux arbres et aux buissons dans certains endroits exposés au soleil. Le siège de Marie sur l’âne avait à droite et à gauche des espèces de rebords sur lesquels les pieds s’appuyaient, de sorte qu’il ne pendaient pas comme chez les gens de la campagne qui vont à âne dans notre pays. Ses mouvements étaient singulièrement posés et décents. Elle s’asseyait alternativement à droite et à gauche. La première chose que faisait Joseph, quand on faisait une halte ou qu’on entrait quelque part, était de chercher une place où la sainte Vierge pût s‘asseoir et se reposer commodément. Il se lavait souvent les pieds, ainsi que Marie. En général, ils se lavaient souvent.

Il faisait déjà nuit lorsqu’ils arrivèrent à une maison isolée. Joseph frappa et demanda l’hospitalité. Mais le maître du logis ne voulut pas ouvrir; et quand Joseph lui représenta la situation de Marie, qui n‘était pas en état d’aller plus loin, ajoutant qu‘il ne demandait pas à être logé gratuitement, cet homme dur et grossier répondit que sa maison n’était pas une auberge, qu‘il voulait qu‘on le laissât tranquille et qu‘on cessait de frapper, et autres choses semblables. Cet homme intraitable n’ouvrit même pas, mais fit sa grossière réponse à travers la porte fermée. Ils continuèrent donc leur chemin, et au bout de quelque temps ils entrèrent dans un hangar près duquel ils trouvèrent l’ânesse arrêtée. Joseph se procura de la lumière et prépara un lit pour la sainte Vierge, qui l’y aida. Il fit aussi entrer l’âne, pour lequel il trouva de la litière et du fourrage, ils prièrent, mangèrent un peu, et dormirent quelques heures.

De la dernière hôtellerie jusqu’ici il pouvait y avoir six lieues de chemin. Ils étaient maintenant à environ vingt-six lieues de Nazareth et à dix de Jérusalem. Jusqu’alors ils n’avaient pas suivi la grande route, mais avaient traversé plusieurs chemins de communication qui allaient du Jourdain à Samarie, et aboutissaient au grandes routes qui conduisaient de Syrie en Egypte. Les chemins de traverse qu’ils suivaient étaient très étroits ; dans la montagne, ils étaient souvent si resserrés, qu’il fallait beaucoup de précautions pour y avancer sans broncher. Mais les ânes y marchaient d’un pas très assuré. La présente station était dans la plaine.

Joseph et Marie quittèrent ce dernier lieu le lendemain avant le jour. Le chemin redevint un peu montant. Ils durent toucher à la route qui conduisait de Gabara à Jérusalem, et qui formait en cet endroit de limite entre la Samarie et la Judée. Ils furent encore une fois grossièrement repoussés d’une maison. Comme ils étaient à plusieurs lieues au nord-est de Béthanie, il arriva que Marie étant très fatiguée éprouva le besoin de prendre quelque chose et de se reposer. Alors Joseph se détourna de là dans un endroit où se trouvait un beau figuier qui était ordinairement chargé de fruits. Cet arbre était entouré de bancs où l’on pouvait se reposer, et Joseph le connaissait depuis un de ces précédents voyages. Mais quand il y arrivèrent, ils n’y trouvèrent pas un seul fruit, ce qui les attrista. Plus tard Jésus rencontra cet arbre, qui était couvert de feuilles vertes mais ne portait plus de fruits. Il le maudit dans un voyage qu’il fit après s’être enfui de Jérusalem, et l’arbre se dessécha entièrement.

Ils approchèrent ensuite d’une maison dont le maître commença par traiter grossièrement Joseph qui lui demandait humblement l’hospitalité. Il regarda la sainte Vierge à la lueur de sa lanterne et railla Joseph de ce qu’il tenait avec lui une femme aussi jeune. Mais la maîtresse de la maison, étant survenue, eut pitié de la sainte Vierge, leur offrir amicalement une chambre dans un bâtiment attenant à la maison, et leur porta même quelques petits pains. Le mari se repentit aussi de sa grossièreté, et se montra très serviable envers les saints voyageurs.

Ils allèrent plus tard dans une troisième maison, habités par un jeune ménage. On les y accueillit, mais sans beaucoup de courtoisie : on ne s’occupa guère d’eux. Ces gens n’étaient pas des bergers aux mœurs simples, mais comme les riches paysans de ce pays, assez occupés d’affaires, de négoce, et le reste.

Jésus visita une de ces maisons, après son baptême, le 20 octobre, le 1er du mois de Tisri. On avait fait un oratoire de la chambre où ses parents avaient passé la nuit. C’était peut être la maison dont le maître avait d’abord raillé Saint Joseph. Quoi qu’il en soit, on avait fait cet arrangement après les miracles qui signalèrent la naissance du Sauveur.

Joseph fit des haltes fréquentes à la fin du voyage ; car la sainte Vierge en était de plus en plus fatiguée. Ils suivirent le chemin que leur indiquait la jeune ânesse, et firent un détour d‘une journée et demie à l’est de Jérusalem. Joseph connaissait très bien cette contrée, parce que son père y avait possédé des pâturages. Si ils avaient traversé directement le désert qui est au midi derrière Béthanie, ils auraient atteint Bethléem en six heures ; mais ce chemin était montueux et très incommode dans cette saison. Ils suivirent donc l’ânesse le long des vallées et se rapprochèrent un peu du Jourdain.

Le huitième jour, les saints voyageurs arrivèrent à une grande maison de bergers, qui pouvait être à trois lieues de l’endroit où Jean baptisait dans le Jourdain, et à environ sept lieues de Bethléem. C’est la maison où, trente ans après, Jésus passa la nuit la veille du jour où, pour la première fois après son baptême, il passa devant Jean-Baptiste. Près de cette maison, se trouvait une grange séparée où étaient déposés les instruments de labourage et dont se servaient les bergers, Il y avait dans la cour une fontaine entourée de bains qui recevaient par des conduits l‘eau de cette fontaine. Le maître de la maison devait avoir, des propriétés étendues, et il y avait là une exploitation considérable, où l’on voyait aller et venir de nombreux valets qui prenaient la leur repas.

Le maître de la maison accueillit les voyageurs très amicalement et se montra fort serviable. On les conduisit dans une chambre commode et en prit soin de leur âne. Un domestique lava les pieds de Joseph à la fontaine et lui donna d’autres habits, pendant qu‘on nettoyait les siens qui étaient couverts de poussière ; une servante rendit les mêmes offices à la sainte Vierge. Ils prirent leur repas dans cette maison et y dormirent.

La maîtresse de la maison était d’un caractère assez bizarre, et elle resta renfermée dans sa chambre. Elle avait regardé les voyageurs à la dérobée ; et comme elle était jeune et vaine, la beauté de la sainte Vierge lui avait déplu. Elle craignait, en outre, que Marie ne s‘adressât à elle, ne voulut rester dans sa maison et y faire ses couches. Aussi eût-elle l'impolitesse de ne pas se montrer et prit-elle ses mesures pour que les voyageurs partissent le jour suivant. C’est la femme que Jésus, trente ans après, le 11 octobre, trouva dans cette même maison, aveugle et courbée en deux, et qu’il guérit, après lui avoir donné quelques avis sur son inhospitalité et sa vanité. Il y avait aussi des enfants dans la maison. Joseph et Marie y passèrent la nuit.

Le lendemain, vers midi, ils quittèrent le lieu où ils avaient logé la veille. Quelques habitants de la maison les accompagnèrent jusqu‘à une certaine distance.

Après un court voyage d’environ deux lieues, ils arrivèrent sur le soir à un lieu que traversait une grande route, bordée de chaque côté d'une longue rangée de maisons avec cours et jardins. Joseph avait des parents qui demeuraient en ce lieu, peut-être les enfants du second mariage d’un beau-père ou d‘une belle-mère. Leur maison avait beaucoup d’apparence. Ils traversèrent pourtant cet endroit d’un bout a l’autre ; puis, à une demi-lieue de là, ils tournèrent à droite, dans la direction de Jérusalem, et arrivèrent à une grande hôtellerie, dans la cour de laquelle se trouvait une fontaine avec-plusieurs conduits. Il y avait là beaucoup de gens rassemblés : on y célébrait des funérailles.

L’intérieur de la maison, au centre de laquelle se trouvait le foyer avec un conduit pour la fumée, avait été transformé en une grande pièce par la suppression de cloisons mobiles qui formaient ordinairement plusieurs, chambres séparées. Derrière le foyer étaient suspendues des tentures noires, et en face se trouvait quelque chose qui ressemblait à une bière recouverte en noir. Il y avait là plusieurs hommes qui priaient ; ils portaient de longues robes noires, et par-dessus, des robes blanches plus courtes ; quelques-uns avaient une espèce de manipule noir à franches suspendu au bras. Dans une autre chambres se trouvaient les femmes, entièrement enveloppées dans leurs vêtements ; elles étaient assises sur des coffres très-bas et pleuraient. Les maîtres de la maison, occupés de la cérémonie funèbre, se contentèrent de faire signe aux voyageurs d‘entrer ; mais les serviteurs les accueillirent très-bien et prirent soin d‘eux. On leur prépara un logement à part formé avec des nattes suspendues, qui le faisaient ressembler à une tente. Plus tard les gens de la maison visitèrent les saints voyageurs et s‘entretinrent amicalement avec eux. Ils n’avaient plus leurs vêtements blancs de dessus. Joseph et Marie, après avoir pris un peu de nourriture, prièrent ensemble et se reposèrent.

Le dixième jour, enfin, vers midi, Joseph et Marie se mirent en route pour Bethléem, dont ils étaient encore éloignés d‘environ trois lieues. La maîtresse de la maison les engagea à rester, parce qu‘il lui semblait que Marie pouvait accoucher d’un moment à l‘autre. Marie répondit, après avoir baissé son voile, qu’elle avait encore trente-six heures à attendre. Peut-être a-t-elle dit trente-huit. Cette femme les aurait gardés volontiers, non pas pourtant dans sa maison , mais dans un autre bâtiment. Au moment du départ, Joseph parla de ses ânes avec l’hôte ; il fit l’éloge de ces animaux, et dit qu‘il avait pris l’ânesse avec lui pour la mettre en gage en cas de nécessité. Comme les hôtes parlaient de la difficulté de trouver un logement à Bethléem, Joseph dit qu’il y avait des amis et qu’il y serait certainement bien accueilli. Cela fait vraiment peine a l’entendre parler avec tant d’assurance du bon accueil qu"il attendait. Il en parla encore à Marie pendant la route. On voit par là que même d’aussi saints personnages peuvent se tromper ; mais ces douces illusions de la pieuse confiance ne sont-elles pas souvent, comme ici, un effet de la bonté de Dieu ?

 

Considération

Saint Joseph d’après Saint François de Sales

 

Saint François de Sales aimait à entretenir ses Filles de la Visitation du glorieux Epoux de Marie, pour lequel il avait une affection particulière. Voici la doctrine de son Entretien avec elles sur les vertus de notre Saint Patriarche.

Il commence par comparer Saint Joseph au palmier, le roi des arbres, et qui possède, dit-il, les trois propriétés particulières de la virginité, de l’humilité et de la constance ; lesquelles propriété conviennent davantage à Saint Joseph, qui est, ainsi que la Sainte Eglise nous fait dire, semblable à la palme. Oh ! Quel Saint est le glorieux saint Joseph. Il n’est pas seulement Patriarche, mais le coryphée de tous les Patriarches. Il n’est pas simplement confesseur, mais plus que confesseur ; car dans sa confession sont encloses les dignités des évêques, la générosité des martyrs et de tous les autres saints. C’est donc à juste raison qu’il est comparé au palmier qui est le roi des arbres, et lequel à la propriété de la virginité, celle de l’humilité et de la constance et vaillance, trois vertus dans lesquelles le glorieux saint Joseph a grandement excellé ; et si l’on osait faire des comparaisons, il y en aurait plusieurs qui maintiendraient qu’il surpasse tous les autres saints en ces trois vertus.

Dieu, expose-t-il ensuite, ayant destiné de toute éternité, en sa divine Providence, qu’une Vierge concevrait un fils qui serait Dieu et homme tout ensemble, voulut néanmoins que cette Vierge fût mariée, parce qu’il fallait que cette Vierge conçût et enfantât ce doux trait de vie, Notre Seigneur, sous l’ombre du saint mariage, mariage donc qui n’était point selon l’ordinaire tant pour la communication des biens extérieurs que pour l’union et conjonction des biens intérieurs.

Ô la divine union que celle qui existait entre Notre Dame et le glorieux saint Joseph ! union qui faisait que ce bien des biens éternels, qui est Notre Seigneur, fut et appartint à saint Joseph, ainsi qu‘il appartenait à Notre Dame, non selon la nature qu’il avait prise dans les entrailles de notre glorieuse maîtresse (nature qui avait été formée par le Saint Esprit du très pur sang de Notre Dame), mais selon la grâce, laquelle le rendait participant de tous les biens de sa chère Epouse, et laquelle faisait qu’il allait merveilleusement croissant en perfection. Car de même que l’on voit un miroir opposé aux rayons du soleil recevoir ses rayons très parfaitement, et un autre miroir étant mis vis-à-vis de celui qui les reçoit, bien que le dernier miroir ne prenne et ne reçoive les rayons du soleil que par réverbération, les représente pourtant si fidèlement, que l’on ne pourrait presque pas juger lequel c’est qui les reçoit immédiatement du soleil, ou celui qui est opposé au soleil, ou celui qui ne les reçoit que par réverbération ; de même en était-il de Notre-Dame, laquelle , comme un très pur miroir opposé aux rayons du soleil de justice, rayons qui apportaient en son âme toutes les vertus en leur perfection, perfections et vertus qui faisaient une réverbération si parfaite en saint Joseph, qu’il semblait presque qu'il fût aussi parfait, ou qu‘il eût les vertus en un aussi haut degré comme les avait la glorieuse Vierge notre maîtresse.

Et, partant de ce principe, notre bienheureux exalte la virginité de saint Joseph élevée à un si haut degré par son contact avec celle de la sainte Vierge, qu’elle lui fait surpasser tous les Saints, les Anges et les Chérubins mêmes, en cette vertu tant recommandable de la virginité ; sa très sainte humilité, sous l’abri de laquelle il tient cachées ses grandes vertus et ses si hautes dignités d’Epoux de Marie, et de gouverneur, de Père même putatif de Notre Seigneur ; sa vaillance et sa force contre les deux plus grands ennemis de l’homme, le diable et le monde ; sa constance et sa persévérance contre notre grand ennemi intérieur qui est l’ennui dans la continuation des choses abjectes, humiliantes, pénibles, adverses ; son amour si sincère de la pauvreté, son obéissance si parfaite, sa soumission si entière à la divine volonté, laquelle allait toujours croissant et se perfectionnant, parce qu’il la tirait de Notre Dame, comme Notre Dame tirait sa propre perfection de son divin Fils.

Enfin, notre saint auteur s’écrie, après avoir démontré et affirmé que saint Joseph est très certainement au ciel en corps et en âme : « Oh ! combien serons-nous heureux, si nous pouvons mériter d’avoir part en ses saintes intercessions ! car rien ne lui sera refusé, ni de Notre Dame, ni de son glorieux Fils. Il nous obtiendra, si nous avons confiance en lui, un saint accroissement en toutes sortes de vertus, mais spécialement en celles qu’il a eues au plus haut degré que toutes les autres, qui sont la très sainte pureté de corps et d’esprit, la très aimable vertu d’humilité, la constance, la vaillance et la persévérance, vertus qui nous rendront victorieux, en cette vie, de nos ennemis, et qui nous feront mériter la grâce d’aller jouir en la vie éternelle des récompenses qui sont préparées à ceux qui imiteront l’exemple que saint Joseph leur a donné, étant en cette vie, récompense qui ne sera rien moindre que la félicité éternelle, en laquelle nous jouirons de la claire vision du Père, du Fils et du Saint Esprit. Dieu soit béni.

 

Pratique

Chapelet de saint Joseph

 

Ce qu’on appelle le Chapelet ou Couronne de saint Joseph , se compose de trente grains divisés en trois dizaines, pour honorer les trente années que saint Joseph a passées dans la compagnie de Jésus et de Marie. On le récite plus particulièrement pour demander la grâce d’une bonne mort ; et voici la manière plus ordinaire de le dire :

Sur la croix, après avoir dit « Au nom du Père, etc., » l’on dit : « Vous l‘avez, Seigneur, couronné d’honneur et de gloire, et constitué prince dans votre maison, et sur tout ce qui vous appartient ».

Sur les gros grains : « Que les mérites du chaste Epoux de votre très sainte Mère, ô divin Jésus, viennent en aide à notre insuffisance, afin que par son intercession il nous soit accordé ce qu’il n’est pas en notre pouvoir d’obtenir. Nous vous en conjurons, Seigneur, qui, étant Dieu, vivez et régnez avec le Père dans l’unité du Saint Esprit, pendant les siècles des siècles. Ainsi soit-il ».

Sur les petits grains : « Je vous salue, Joseph, fils de David, homme juste. Epoux de Marie, de laquelle est né Jésus. Saint Joseph, Père nourricier de Jésus, priez pour nous, pauvres pécheurs , maintenant et à l’heure de notre mort. Ainsi soit-il ».

Si cette méthode paraissait compliquée et présentait quelques difficultés dans la pratique, on pourrait y apporter des modifications, comme de dire le Pater sur la croix, l’Ave, Maria, sur les gros grains, et la Salutation à saint Joseph, sur les petits, etc.

 

Invocation

Bon saint Joseph

 

Bon Saint Joseph, protégez-nous et protégez la sainte Eglise ! Bon saint Joseph ! Nous savons bien que Dieu seul est bon, mais puisque le bon Dieu vous a fait bon aussi, le Père, en vous associant à sa divine paternité, le Fils, en vous admettant pendant trente ans dans une incomparable intimité, le Saint Esprit, en vous unissant comme Epoux à la bonne Vierge Marie, rappelez-vous que vous n’avez été fait bon qu’à cause de nous, et afin que rien ne vienne mettre des bornes à votre bonté pour nous.

Protégez-nous ! Car les temps sont bien mauvais, les jours bien malheureux, les dangers bien pressants, et voilà que toutes les vérités saintes sont diminuées parmi les enfants des hommes. Dans cette extrémité, nous avons recours à votre toute-puissante protection, dans la confiance que vous ne rejetterez pas nos prières, mais que vous nous protégerez dans tous nos dangers.

Et protégez la sainte Eglise ! La sainte Eglise si tourmentée, si éprouvée, si persécutée, si accablée, si écrasée, et qui devrait périr mille fois, si elle n’avait pour elle les promesses de celui qui a bien voulu se faire votre Fils. Mais, malgré ces promesses, elle n’en est pas moins trop opprimée. Protégez-la donc, tout-puissant saint Joseph, et sauvez-la de nos jours, comme vous l‘avez sauvée dans ses premiers jours et les anciens temps.

C’est dans ces sentiments que nous vous disons avec Pie IX indulgenciant cette invocation (50 jours pour les associés du Culte Perpétuel), avec tous les associés du Culte Perpétuel,avec tous vos fidèles serviteurs qui poussent vers vous ce cri de leur détresse et de leur confiance : « Bon Saint Joseph, protégez-nous et protégez la Sainte Eglise ! »

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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2 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Troisième jour

Fiançailles de Marie et de Joseph

 

La sainte Vierge vivait dans le Temple avec plusieurs autres vierges, sous la surveillance de pieuses maîtresses. Ces vierges s’occupaient de broderies et d’ouvrages du même genre pour les tentures du Temple et les vêtements sacerdotaux ; elles étaient aussi chargées de nettoyer ces vêtements et d‘autres objets servant au culte divin. Elles avaient de petites cellules d‘où elles avaient vue sur l’intérieur du Temple et où elles priaient et méditaient. Quand elles étaient arrivées à l’âge mobile, on les mariait. Leurs parents les avaient entièrement données à Dieu, en les conduisant au Temple, et il y avait chez les plus pieux d'entre les Israélites un pressentiment secret que de l’un de ces mariages sortirait un jour le Libérateur promis.

La sainte Vierge ayant quatorze ans et devant bientôt sortir du temple pour se marier, avec sept autres jeunes filles, sainte Aune vint la visiter. Joachim ne vivait plus, et Anne, par ordre de Dieu, avait pris un autre mari. Quand on annonça à Marie qu’elle devait quitter le Temple et se marier, profondément émue, elle déclara au prêtre qu’elle désirait ne pas quitter le Temple, qu’elle s’était consacrée à Dieu seul et n’avait pas de goût pour le mariage ; mais on lui répondit qu’elle devait prendre un époux.

Elle entra ensuite dans son oratoire et pria Dieu avec ferveur. Puis, se trouvant très altérée, elle descendit avec sa petite Cruche pour puiser de l‘eau a une fontaine ou à un réservoir ; et là, sans apparition visible, elle entendit une voix qui la consola et la fortifia, tout en lui faisant connaître qu’elle devait consentir à se marier. Ce ne fut pas là l’Annonciation, car elle eut lieu plus tard à Nazareth. Cependant apparut dans le Temple un prêtre très vieux, qui ne pouvait plus marcher : ce devait être le grand prêtre. Il fut porté par d’autres prêtres dans le Saint des Saints, et pendant qu’il allumait un sacrifice d’encens, il lisait des prières sur un rouleau de parchemin placé sur une espèce de pupitre. Puis il fut ravi en esprit. Il eut une apparition, et son doigt fut placé sur le passage suivant du prophète Isaïe, qui se trouvait écrit sur le rouleau : « Une branche sortira de la racine de Jessé, et une fleur naîtra de sa racine » (Isaïe, 11, 1). Quand le vieux prêtre revint à lui, il lut ce passage et y reconnut une prescription divine.

On envoya ensuite des messagers de tous les côtés dans le pays, et on convoqua au Temple tous les hommes de la race de David qui n‘étaient pas mariés. Lorsque plusieurs d’entre eux se furent rassemblés dans le Temple, en habits de fête, ou leur présenta la sainte Vierge, et il se trouvait parmi eux un jeune homme très pieux de la contrée de Bethléem. Ce jeune homme avait demandé à Dieu avec une grande ferveur l’accomplissement de la promesse, et il conçut dans son cœur un grand désir de devenir l’Époux de Marie. Quant à Marie, elle revint dans sa cellule et versa de saintes larmes, ne pouvant pas s’imaginer qu’elle ne dût pas rester vierge.

Alors le grand prêtre, obéissant à une impulsion intérieure qu‘il avait reçue, présenta des branches à chacun des assistants, et leur enjoignit de marquer chacun une branche de leur nom et de la tenir à la main pendant la prière et le sacrifice. Quand ils eurent fait ce qui leur avait été dit, on leur reprit les branches, qui furent mises sur un autel devant le Saint des Saints, et il leur fut annoncé que celui d’entre eux dont la branche fleurirait était désigné par le Seigneur pour devenir l’Époux de Marie de Nazareth.

Pendant que les branches étaient devant le Saint des Saints, on continua le sacrifice et la prière. Durant ce temps, le jeune homme dont nous venons de parler cria vers Dieu, les bras étendus, dans une salle du Temple, et versa des larmes brûlantes, lorsque, après le temps fixé, on leur rendit les branches en leur annonçant qu’aucun d’entre eux n’était désigné par Dieu comme devant être le fiancé de cette vierge. Ces hommes furent alors renvoyés chez eux, et ce jeune homme se retira sur le mont Carmel, auprès des anachorètes qui vivaient là depuis le temps d’Élie ; il y vécut aussi depuis lors, priant continuellement pour l'accomplissement de la promesse.

Cependant les prêtres du Temple cherchèrent de nouveau dans les registres des familles s’il n‘existait pas quelque descendant de David qu’on eût oublié. Comme ils y trouvèrent l‘indication de six frères de Bethléem, dont l’un était inconnu et absent depuis longtemps, ils s‘enquirent du séjour de Joseph et le découvrirent à peu de distance de Samarie, dans un lieu situé près d’une petite rivière, où il habitait au bord de l’eau, travaillant pour un maître charpentier.

Sur l’ordre du grand prêtre, Joseph vint à Jérusalem et se présenta au Temple. On lui fit, à lui aussi, tenir une branche à la main pendant qu’on priait et qu’on offrait un sacrifice ; comme il se disposait à la poser sur l’autel devant le Saint des Saints, il en sortit une fleur blanche semblable à un lys, et une apparition lumineuse descendit sur lui : c’était comme s’il eût reçu le Saint-Esprit. On comprit alors que Joseph était l’homme désigné par Dieu pour être le fiancé de la sainte Vierge, et les prêtres le présentèrent à Marie en présence de sa mère. Marie, résignée à la volonté de Dieu, l’accepte humblement pour son fiancé, car elle savait que tout est possible à Dieu, qui avait reçu son vœu de n'appartenir qu’à lui.

 

Considération

Saint Joseph dans les temps apostoliques

 

Que saint Joseph soit mort avant la Passion de Notre Seigneur, et même avant son Baptême et sa Vie publique, personne n’en doute. Notre-Seigneur n‘avait plus besoin de lui, ni pour pourvoir à sa subsistance, ni pour évangéliser les Juifs, déjà trop portés à ne voir en lui que le fils du charpentier. Il convenait dès lors de le faire disparaître de la scène du monde et de le soustraire aux regards des hommes, pour lesquels il aurait pu être une occasion de pensées injurieuses à Notre-Seigneur.

Que saint Joseph soit ressuscité et que son corps, loin de subir la corruption du tombeau, soit maintenant glorifié dans le ciel avec ceux de son divin Fils et de son Épouse Immaculée, c’est ce qui parait également hors de doute, d‘autant plus que nous ne possédons point de lui des Reliques proprement dites, mais seulement l’anneau qu’il donna à la sainte Vierge lors de leur saint mariage, des fragments du manteau dans lequel il reçut et porta l’Enfant Dieu, et les pierres que l’on détache de son tombeau resté en grande vénération, quoique vide, à Jérusalem.

Mais s‘il fallait, pour quelque temps au moins, comme effacer saint Joseph dans le souvenir des hommes, ne croyons pas que, de son côté, Notre Seigneur le mette en oubli. Ne lisons-nous pas, en effet, qu’il se fit un devoir de rendre hommage a sa mémoire toutes les fois qu‘il en eut l’occasion, en visitant les lieux où saint Joseph avait séjourné ? N’en aura-t-il pas, d’ailleurs, souvent parlé à ses Apôtres, soit dans ces circonstances, soit dans mille autres, pour le recommander particulièrement à leur vénération ?

Et la très sainte Vierge, qui aimait dans saint Joseph I’Epoux vraiment digne d’elle et le Père choisi de Jésus, comment supposer qu'elle ne leur ait pas fait ses recommandations à son sujet, dans les jours, par exemple, qu’elle a passés avec eux après l'Ascension de son divin Fils au ciel ? Comment. croire qu’en leur donnant ses conseils pour la constitution de l’Église de tous les temps, elle ne leur ait pas inculqué l’estime dans laquelle ils devaient le tenir et le culte que les fidèles auraient à lui rendre dans la suite des âges ?

Et les Apôtres, dont plusieurs avaient dû connaître plus particulièrement saint Joseph, comment n’auraient-ils pas vénéré sa mémoire ? Si, pour ne pas offusquer la foi naissante des premiers fidèles, ils devaient faire de son culte une sorte de question réservée, en étaient-ils moins imprégnés du parfum de cette douce mémoire ? S’ils ne lui rendaient point un culte public et solennel, ne l’honoraient-ils point en leur particulier comme l’auguste Père nourricier de leur Dieu et le très-digne Époux de sa sainte Mère ? S’ils ne l’invoquaient point ostensiblement, ne lui rendaient-ils point leurs hommages en secret, et ne recouraient-ils point à lui dans leurs nécessités particulières ?

Mais ils vont partir pour aller annoncer au monde la bonne nouvelle ; et de même qu’ils ont déposé en germe, comme on l'a dit, dans leur Symbole, le dogme de l’Immaculée Conception de Marie, ils y ont consigné également la substance de la divine doctrine sur saint Joseph et les premières origines du culte qui devait lui être rendu plus tard. C‘est ce qu’ils ont fait dans leur troisième article, ainsi formulé : Qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la vierge Marie. Oui, qui a été conçu du Saint Esprit, parce que, « quoique Marie eût épousé Joseph, c’est avant qu’ils eussent été ensemble qu’elle se trouva enceinte par l’opération du Saint-Esprit ». Qui est né de la vierge Marie, parce que « Joseph ne l'avait point connue, lorsqu’elle enfanta son Fils premier-né, à qui il donna le nom de Jésus ».

Elles ont, en effet, un sens bien profond, ces paroles de notre Symbole. Inspirés par le Saint Esprit, les Apôtres y ont renfermé toute la divine doctrine sur le mystère de l’Incarnation, ses suites, ses conséquences et ses corollaires pour la sainte Vierge et saint Joseph. Instruits par eux, les fidèles, dans la première ébullition de leur foi, accueillent et professent cette doctrine dans toute sa teneur, et confessent, sans se préoccuper de celui qui peut être appelé le Père de Jésus, que le Fils de Dieu, en se faisant homme, a été conçu par l’opération du Saint Esprit, et est né de la vierge Marie. Mais, le dogme une fois admis, si l’on demande comment cela a pu se faire, puisqu‘il y avait la, visible et incontesté, un Époux de la Mère et un Père de l’Enfant, c’est alors que la foi, continuant de projeter ses splendeurs sur la personne de saint Joseph, le montre à tous les âges comme le virginal protecteur de l’opération du Saint Esprit et de la maternité de la Vierge qui a conçu et enfanté sans cesser d’être vierge.

Et voilà bien cet ineffable mystère de l’Incarnation, qui n’a pu s’opérer que sous le voile du mariage que la Vierge-Mère avait contracté avec saint Joseph, et en vertu duquel elle a donné Joseph pour père réputé et légal à Jésus; qui nous montre la maternité de Marie appelant la paternité de Joseph, puisque l’on ne peut affirmer l’une sans supposer l’autre ; et qui, pour peu que l’on pénètre dans sa méditation, nous met aussitôt en présence de la personne de Joseph, devenue nécessaire et indispensable dans le plan divin.

Pour les Pères apostoliques, marchant sur les traces des Apôtres, ils ne parleront de Joseph qu‘en expliquant cet article du Symbole et exposant le texte sacré. Les fresques, d’ailleurs, des Catacombes ne le représenteront que dans les mystères de la Naissance de Jésus, de la Présentation au Temple, de la fuite en Égypte, de la sainte enfance du Sauveur. Le temps n’est pas encore venu d’en faire davantage pour le saint Patriarche.

 

Pratique

La Dévotion des sept Dimanches

 

La dévotion des sept Dimanches consacrés à honorer plus particulièrement les douleurs et les allégresses de saint Joseph n'est pas toute nouvelle dans l’Église., et les fidèles serviteurs du saint Patriarche, encouragés par les faveurs dont le ciel les récompensait, la pratiquaient bien avant que les Souverains Pontifes l’aient enrichie des plus précieuses Indulgences. Grégoire XVI avait accordé, en date du 22 janvier 1836, 300 jours à la récitation, pendant sept Dimanches consécutifs, dans le courant de l’année, de la prière connue sous le nom des Sept Allégresses et des Sept Douleurs de saint Joseph, et le septième Dimanche une Indulgence plénière. Mais le saint pontife Pie IX a appliqué, le 1er février 1847, l’Indulgence plénière à chaque Dimanche ; et le 22 mars de la même année, il a étendu ces Indulgences à tous ceux qui, ne sachant point lire ou n’ayant pas la prière susdite, réciteraient ces mêmes Dimanches sept Pater, Ace, Gloria, etc., en remplissant les conditions d’usage pour gagner les Indulgences plénières.

Quoiqu’il n’y ait aucune époque déterminée dans l‘année pour gagner ces Indulgences, il semble cependant que l‘on peut choisir de préférence les Dimanches qui précèdent les Fêtes de saint Joseph, ou bien quelques circonstances particulières dans lesquelles on a besoin de grâces plus abondantes. Puis, comme ces Indulgences sont applicables aux âmes du Purgatoire, l’on peut encore recourir à cette dévotion après la mort d’un parent ou d’un ami, pour les soulager dans leurs peines, et alléger sa propre douleur.

N’oublions pas surtout de remplir ces pratiques pendant sept Dimanches consécutifs. Une interruption, même involontaire, obligerait de recommencer.

 

Prière

communément appelée efficace

 

Me voici prosterné à vos pieds, ô bienheureux saint Joseph, pour vous adresser la prière connue depuis longtemps sous le nom d’efficace, parce que vous l’avez toujours écoutée et exaucée, et qu’elle a toujours obtenu son effet auprès de vous. Confiant dans vos bontés et certain que vous ne voudrez pas qu’elle soit moins efficace pour moi que pour tant d’autres, je vous l’adresse en ce moment en union avec le Pape Pie VII, qui l’a indulgenciée pour les prêtres (une année à chaque récitation, 23 septembre 1802) ; avec Pie IX, qui l’a indulgenciée pour tous les fidèles (100 jours chaque fois, 3 février 1863) ; avec tous les associés du saint Cordon, qui en ont fait leur prière propre et particulière ; avec tous vos fidèles serviteurs qui sont si heureux d’en recueillir tous les jours les salutaires effets, et je vous dis avec eux tous :

« Ô saint Joseph, père et protecteur des vierges, gardien fidèle à qui Dieu confia Jésus, l’innocence même, et Marie, la Vierge des vierges, ah ! Je vous en supplie et vous en conjure par Jésus et Marie, par ce double dépôt qui vous fut si cher, faites que, préservé de toute souillure, pur de cœur et chaste de corps, je serve constamment Jésus et Marie dans une chasteté parfaite. Ainsi soit-il ».

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

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10 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Onzième jour

Bethléem

 

De la dernière station jusqu’à Bethléem, il y avait environ trois heures de marche. Joseph et Marie firent un détour au nord de Bethléem, et s’approchèrent de la ville par le côté du couchant. Ils firent une halte sous un arbre, en dehors de la route. Marie descendit de l'âne et mit ses vêtements en ordre. Alors Joseph se dirigea avec elle vers un grand édifice entouré d'autres bâtiments plus petits et de cours, à quelques minutes en avant de Bethléem. Il y avait aussi là de grands arbres, et beaucoup de gens avaient dressé des tentes dessous. C’était l’ancienne maison de la famille de David, qu’avait possédée le père de Joseph. Des parents ou des connaissances de Joseph y habitaient encore ; mais ils le traiteront en étranger et ne voulurent pas le reconnaître. C’était maintenant la maison où l’on recevait les impôts pour le gouvernement romain.

Joseph, accompagné de la sainte Vierge et tenant l’âne par la bride, se rendit à cette maison; car tous ceux qui arrivaient devaient s’y faire connaître et y recevaient un billet sans lequel on ne laissait pas entrer à Bethléem. La jeune ânesse n’est pas avec eux ; elle court autour de la ville, vers le midi, au fond d‘un petit vallon. Joseph est entré dans le grand bâtiment ; Marie est dans une petite maison sur la cour, avec des femmes. Elles sont assez bienveillantes pour elle et lui donnent à manger.... Ces femmes préparent à manger pour les soldats... Ce sont des soldats romains ; on les reconnaît aux bandes de cuir qui enveloppent leurs jambes. Il fait un temps magnifique et nullement froid. Le soleil se montre au-dessus de la montagne qui est entre Jérusalem et Béthanie. On a d’ici une très-belle vue... Joseph est dans une grande pièce qui n’est pas au rez-de-chaussée ; on lui demande qui il est, et on consulte de grands rouleaux, dont plusieurs sont suspendus aux murs ; on les déploie, et on y lit sa généalogie, ainsi que celle de Marie. Il ne paraissait pas savoir qu’elle descendait directement de David par Joachim. On lui demanda aussi où était sa femme...

Joseph est un peu en retard pour payer l’impôt, mais on a des égards pour lui... On lui a demandé encore quels étaient ses moyens d‘existence, et il a répondu qu’il n’avait pas de biens-fonds, qu‘il vivait de son métier, et qu’il était en outre aidé par sa belle-mère.

Enfin, Joseph put descendre; et quand il fut descendu, on appela Marie dans une galerie devant les scribes, mais ils ne lui lurent pas leurs papiers. Ils dirent à Joseph qu’il aurait pu se dispenser d’amener sa femme avec lui, et ils eurent l‘air de le plaisanter à cause de la jeunesse de Marie. Ce qui le rendit un peu confus.

Au sortir de là, Joseph et Marie entrèrent dans la ville, dont les maisons étaient séparées les unes des aulnes par d’assez longs intervalles. On entrait à travers des décombres et comme par une porte détruite. Marie se tint tranquillement près de l’âne à l‘entrée de la rue, et Joseph chercha vainement un logement dans les premières maisons, car il y avait beaucoup d‘étrangers à Bethléem, et les rues regorgeaient de monde. Il revint vers Marie, et lui dit qu’on ne pouvait pas trouver à se loger dans ce quartier, et qu‘il fallait aller plus avant dans la ville. Il conduisit l’âne par la bride, pendant que la sainte Vierge marchait a côté de lui. Quand ils furent à l'entrée d’une autre rue, Marie resta de nouveau près de l‘âne, pendant que Joseph alla encore de porte en porte demander un logement, sans pouvoir en trouver. Il revint bientôt tout attristé. Cela se répéta plusieurs fois, et souvent la sainte Vierge eut bien longtemps à attendre. Partout la place était prise, partout on le rebute, et il finit par dire à Marie qu’il fallait aller dans une autre partie de Bethléem, où ils trouveraient sans doute ce qu’ils cherchaient. Ils revinrent alors sur leurs pas, dans la direction contraire à celle qu’ils avaient prise en venant, puis ils tournèrent au midi. Ils suivirent une rue qui ressemblait plutôt à un chemin dans la campagne, car les maisons étaient isolées et placées sur de petites élévations. ça aussi, toutes les tentatives furent vaines et inutiles.

Arrivés de l’autre côté de Bethléem, où les maisons étaient encore.plus dispersées, ils y trouvèrent un grand espace vide situé dans un fond : c’était comme un champ désert dans la ville. Il y avait là une espèce de hangar, et à peu de distance un grand arbre assez semblable à un tilleul, dont le tronc était lisse et dont les branches s’étendaient au loin et formaient comme un toit autour de lui. Joseph conduisit la sainte Vierge à cet arbre ; il lui arrangea avec des paquets un siégé commode au pied du tronc, afin qu'elle pût se reposer pendant qu‘il chercherait encore un logement dans les maisons d’alentour. L’âne resta la tête tournée vers l’arbre. Marie se tint d’abord debout, appuyée contre le tronc.Sa robe de laine blanche n’avait pas de ceinture et tombait en plis autour d’elle ; sa tête était couverte d’un voile blanc ; Plusieurs personnes passèrent et la regardèrent, ne sachant pas que leur Sauveur fût si près d‘elles. Combien elle était patiente, humble et résignée ! Il lui fallut attendre bien longtemps, et elle s’assit enfin sur les couvertures, les mains jointes sur la poitrine et la tête baissée. Joseph revint tout triste vers elle ; il n’avait pas pu trouver de logement. Les, amis dont il avait parlé à la sainte Vierge voulaient a peine le reconnaître. Il pleurait, et Marie le consolait. Il alla encore de maison en maison ; mais comme, pour faire mieux accueillir ses prières, il parlait de la prochaine délivrance de sa femme, il s‘attirait par la des. refus plus formels.

Il y avait moins de monde dans cette partie de la ville. Cependant les passants finirent par s’arrêter et regarder de loin avec curiosité, comme on fait ordinairement quand on voit quelqu’un rester longtemps a la même place a la chute du jour. Quelques uns même adressèrent la parole à Marie et lui demandèrent qui elle était. Enfin Joseph revint ; il était tellement troublé, qu‘il osait à peine s’approcher d'elle. Il lui dit que tout était inutile, mais qu’il connaissait en avant de la ville un endroit où des bergers s‘établissaient souvent quand ils venaient à Bethléem avec leurs troupeaux, et qu'ils trouveraient la au moins un abri. Il connaissait ce lieu depuis sa jeunesse : quand ses frères le tourmentaient, il s‘y retirait souvent pour y prier a l’abri de leurs persécutions. Il disait que si les bergers y venaient, il s‘arrangerait aisément avec eux ; mais que, du reste, ils s‘y tenaient rarement à cette époque de l'année. Quand elle y serait tranquillement établie, ajoutait-il, il ferait de nouvelles recherches.

Ils sortirent alors par le côté oriental de Bethléem, suivant un sentier désert qui tournait à gauche. C’était un chemin semblable à celui que l’on suivrait en marchant le long des murs écroulés, des fossés démolis et des fortifications en ruine d‘une petite ville démantelée. Le chemin montait d‘abord un peu, puis il descendait la pente. d’un monticule, et il les conduisit à quelques minutes à l’est de Bethléem devant le lieu qu’ils cherchaient, près d’une colline ou d’un vieux rempart, en avant duquel se trouvaient quelques arbres. C’étaient des arbres verts, des térébinthes ou des cèdres, et d‘autres arbres qui avaient de petites feuilles comme celles du buis. Tout ce côté de Bethléem ressemblait aux abords d’une petite ville autrefois fortifiée.

 

Considération

Saint Joseph d’après le Père Suffren

 

Le Père Suffren, de la Compagnie de Jésus, est auteur d’une Année chrétienne, qu’il composa à la prière de saint François de Sales, et d’où nous tirons la méditation suivante, intitulée : « La Couronne des douze Privilèges de saint Joseph ». Tout aussi bien, après avoir entendu sur saint Joseph, saint Bernardin, de l’ordre de Saint François, Isidore des Iles, de l’ordre de Saint Dominique, sainte Thérèse, de l’ordre des Carmes, il est bien naturel d’entendre un des premiers Pères de l’illustre Compagnie. Ils sont d’ailleurs nombreux, les Jésuites qui ont écrit sur le saint Patriarche. Voici donc ce qu’en dit le P. Suffren :

« De même que la Vierge destinée à être Mère de Dieu a en des privilèges très grands, conformes à cette dignité, de même Dieu a fait de grandes faveurs à saint Joseph, l’ayant destiné à être l’Epoux de la Vierge et le Père nourricier de Jésus. Dans les autres mariages, les femmes prennent leur honneur et leur dignité des maris, uxores coruscant radiis maritorum ; mais en celui-ci, le mari le prend de la femme. Et comme la sainte Vierge est couronnée de douze étoiles, qui sont douze principaux privilèges, ainsi en est-il de saint Joseph.

1° Elle a été conçue sans la tache du péché originel et sanctifiée dans le sein de Sa mère. Lui, conçu vraiment dans le péché originel, mais sanctifié avant de naître, selon l‘opinion des docteurs.

2° Elle n’a jamais en la rébellion des passions contre la raison, ni le foyer du péché, et jamais elle n’a commis aucun péché, ni mortel, ni véniel. En lui la même rébellion a été éteinte ou liée, et il n‘a jamais commis de péché mortel ; il n’en a commis que fort peu de véniels, toute sa vie ayant été une continuelle oraison et union avec Dieu.

3° Elle a été toujours Vierge et à fait voeu de Virginité. Lui aussi a été tel.

4° Elle a connu la première, par révélation de l’Ange Gabriel, le mystère de l’Incarnation. Lui, trois mois après, l‘a connu par là révélation du même Ange.

5° Elle a été la vraie Mère de Jésus, ayant sur lui l‘autorité de mère. Lui, le Père putatif, et à juste raison, car, par le mariage, la personne de la Vierge tombait sous son domaine. Donc le fruit qui a été produit lui appartient, comme les métaux qui naissent dans les champs sont au maître du champ, et comme la fleur produite miraculeusement en un jardin appartient au maître du jardin. Le mariage faisant du mari et de la femme une même personne civile, tout est commun entre eux ; et le mari étant le chef de la famille, saint Joseph était le chef dans cette sainte Famille, où se trouvaient Jésus et Marie. Il avait l‘autorité de père sur Jésus, et de mari sur la Vierge. Jésus lui était sujet et obéissant comme à son père, et la Vierge comme à son époux. Oh ! Quel honneur de commander à ceux qui commandent au ciel et sur la terre avec une pleine puissance !

6° Elle a été la nourrice de Jésus, l’ayant nourri de son propre lait dès le berceau ; et elle a été spirituellement nourrie par son Fils. Lui, le nourricier de Jésus tant qu’il a vécu, gagnant par son travail ce dont il pouvait le nourrir, et en récompense il a été nourri par lui intérieurement en son âme.

7° Elle a conversé familièrement avec Jésus durant les trente ans de sa vie cachée, et elle l’a suivi souvent durant les trois ans de ses prédications ; et par cette conversation, elle a continuellement accru la grâce et la sainteté qui était en elle. Lui a conversé avec la Vierge et vécu avec Jésus à Nazareth et en Egypte presque trente ans, travaillant avec lui à l’office de charpentier ; et il l’eût suivi dans ses prédications, s’il eût été en vie en ce temps-là.

8° Elle a été remplie de grâce et de lumière divines par-dessus tous les Anges et tous les Saints. Lui a plus de grâces que les autres Saints, comme ayant été plus proche et ayant communiqué plus souvent aux deux fontaines de grâce, Jésus et Marie, et ayant vu leurs actions et entendu leurs saints discours. Si Moïse, pour avoir conversé quarante jours avec un Ange à la montagne, avait sa face si lumineuse, quelle a été la face de l’âme de saint Joseph, ayant tant d‘années conversé avec le Roi et la Reine des Anges ?

9° Elle est morte par un excès de l'ardeur de l’amour de Dieu, une pareille mort étant convenable à celle qui est Mère de Dieu. Lui est mort entre les bras de Jésus et de Marie, enflammé du feu de l‘amour de Dieu, qu’ils lui jetaient dans le cœur.

10° Elle est ressuscitée trois jours après sa mort ; elle est au ciel en corps et en âme. Lui est ressuscité trois ans après sa mort, lorsque plusieurs ressuscitèrent avec Jésus-Christ, et il est au ciel en corps et en âme.

11° Elle est la plus élevée dans le ciel près de Jésus, son cher Fils. Lui est le plus élevé dans le ciel près de la Vierge, sa chère Epouse.

12° Elle est la médiatrice des hommes envers son Fils. Lui le médiateur des hommes envers la Vierge, son Épouse, et envers Jésus, son Fils putatif.

Honorez donc ce Saint et respectez-le pour ces douze privilèges... Réjouissez-vous avec lui de ce que son ministère regarde directement l’ordre de l’union personnelle du Verbe divin avec notre chair.... Réjouissez-vous avec la Vierge de ce qu’elle a eu un tel Epoux... Imitez-le, car sa grande sainteté lui est venue d'avoir conversé familièrement tant d‘années avec Jésus et Marie... Considérez bien leurs vies, et pratiquez leurs vertus... »

 

Pratique

Cordon de Saint Joseph

 

Le Cordon de saint Joseph est un petit cordon blanc, en laine, fil ou coton, se terminant à une de ses extrémités par sept noeuds qui rappellent ses mystères joyeux, douloureux et glorieux, et que l‘on porte sur les reins, par mode de ceinture, en l’honneur du saint Patriarche, et dans le but d’obtenir, avec sa protection spéciale, la pureté de l’âme, la chasteté de son état, la persévérance finale et une assistance particulière à l’heure de la mort. Il doit être bénit par un Prêtre ayant le pouvoir de le donner, comme, par exemple, le Directeur de l’Archiconfrérie de Beauvais, ou un Prêtre son délégué.

Les Associés du saint Cordon peuvent, pourvu qu’ils récitent chaque jour la prière « Ô saint Joseph, père et protecteur, etc »., gagner l’Indulgence plénière : 1° le jour de l’admission ; 2° aux Fêtes de saint Joseph, 23 janvier, 19 mars et le 3e Dim. après Pâques ; 3° à l'article de la mort ; et l’Indulgence de sept ans et sept quarantaines chaque Dimanche qui suit les Quatre Temps ; quand on visite l’Eglise de la Confrérie, ou à son défaut, l’Eglise paroissiale ; quand on y assiste à quelque office ; quand on accompagne le Très Saint Sacrement ; quand on fait telle ou telle œuvre de piété et de charité.

Toutes ces Indulgences sont applicables aux âmes du Purgatoire, et l’Indulgence plénière de l’autel privilégié est attachée à toutes les Messes célébrées pour les Associés défunts, à quelque autel ou dans quelque Eglise que ce soit.

 

Prière

Universelle et pour tous

 

Glorieux saint Joseph, vous dont le cœur virginal et paternel est ouvert a tous ceux qui implorent votre secours, du haut des cieux jetez sur nous tous un regard favorable et obtenez-nous à tous la grâce de toujours vivre conformément à la divine volonté, en imitant vos vertus, et surtout votre foi, votre humilité, votre chasteté, votre douceur. Ô bon saint Joseph, priez votre Jésus pour le triomphe de la sainte Eglise, pour le Souverain Pontife, pour les Evêques, les Prêtres et tous les ordres religieux ; pour la persévérance des justes, pour la conversion des pécheurs, pour le retour des hérétiques et des schismatiques à l‘unité ; pour les mourants, pour les âmes du Purgatoire, pour les pauvres, les affligés ; pour tous ceux qui souffrent ; pour toutes les familles chrétiennes, et tout particulièrement pour la mienne, en vous faisant le pourvoyeur de tous ses besoins, le protecteur et le défenseur de tous ses intérêts. Veillez aussi sur.notre pauvre patrie. Que la religion, l'ordre et la paix, les vertus et les bonnes mœurs y refleurissent. Que tous nos cœurs, enfin, soient embrasés de l’amour de Jésus et de Marie, et, à notre dernière heure, venez avec eux nous défendre, nous assister et recevoir notre âme entre vos bras bénis, afin qu’éternellement nous puissions avec vous aimer et bénir la très sainte Trinité qui vous a couronné de tant de gloire. Ainsi soit-il.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

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26 décembre 2017

Le Mois de Jésus Naissant

Le Mois de Jésus Naissant

Un mois proposé par l’Etoile Notre Dame

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27 décembre

Pauvre parmi les pauvres

 

« Marie mit au monde son fils premier-né ; elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire. Dans les environs, se trouvaient des bergers. L'Ange du Seigneur s'approcha et leur dit : « Aujourd'hui vous est né un Sauveur dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ». (Luc 2, 7-10).

« Rien de merveilleux, rien d'extraordinaire, rien d'éclatant n'est donné comme signe aux bergers, commentait récemment le pape Benoit XVI. Ils verront seulement un enfant entouré de langes qui, comme tous les enfants, a besoin de soins maternels ; un enfant qui est né dans une étable et qui, de ce fait, est couché non pas dans un berceau, mais dans une mangeoire. Le signe de Dieu est l'enfant, avec son besoin d'aide et sa pauvreté ».

Cette simplicité est frappante en effet : le fils de Dieu n'est pas venu avec puissance ni grandeur visible. Il ne s'est pas imposé. Ainsi, en l'absence de place dans la salle commune, Il s'est contenté d'une mangeoire, habituellement réservée aux animaux. Dans l'étonnant déroulement de cet événement inouï – le Fils de Dieu s'est fait homme ! -, les Pères de l'Eglise ont vu bien des signes : d'abord parce que l'enfant de Bethléem est né pauvre parmi les pauvres qu'étaient les bergers. Également parce qu'enfant, il est faible et sans défense. Jésus vient ainsi parmi les hommes en partageant en tout leur condition humaine, à l'exception du péché. Il dira d'ailleurs plus tard « J'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ; j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi ! ».

Il ne parlait pas, alors, des circonstances de sa naissance. Mais il exprimait ce que nous constatons lors de sa naissance : Il s'identifie à chacun de nous. « Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait ».

Par ailleurs, la venue des rois mages manifeste que le Fils de Dieu est venu pour les hommes de tous les pays et de tous les temps. Et en effet, à la fin de sa vie terrestre, Jésus enverra ses apôtres en mission en leur disant : « Allez dans le monde entier, proclamez l'Evangile à toute la création ». La mangeoire, enfin, symbolise l'autel. Pour vivre, l'homme a besoin de nourriture. Mais, comme Jésus le dira souvent au cours de sa vie publique, l'homme n'a pas seulement besoin de pain, il a aussi besoin de nourriture pour son âme, d'un sens à donner à sa vie. C'est pourquoi les Pères de l'Eglise considèrent que la mangeoire est le symbole de l'autel, sur lequel est déposé le Pain, qui est le Christ lui-même : la vraie nourriture pour le cœur. De même, dans l'hostie consacrée au cours de la messe, il a l'humble apparence d'un morceau de pain. (Extrait de www.eglise.catholique.fr)

 

Méditation

 

O mon âme ! Viens mourir et renaître dans l'Eucharistie ! Et je meurs aussi dans chaque eucharistie, comme le dit saint Paul : « Je meurs chaque jour » (Rm 15). Si nous mourons dans l'eucharistie, nous savons que c'est pour avoir la vie nouvelle (du christ). La messe doit être précédée par une vie de prière intense à la maison. La célébration de l'eucharistie sera dense si chaque chrétien cultive une profonde intériorité et une intense vie de prière quotidienne. (Cardinal Robert Sarah).


Prière

 

Divin Enfant Jésus, ayez pitié des gens tout seuls, ayez pitié des âmes solitaires. Recueillez-les tous, prenez-les toutes avec Vous en ce soir de fête, en cette nuit d'Amour, en cette aurore de paix et d'espérance, afin que leur cœur endolori, leur âme en détresse trouvent un refuge près du plus aimant, du plus doux, du plus tendre, du seul tout-puissant et vrai Ami. Si je les sais, si je les sens blottis près de Vous, ô mon Roi ! Toutes mes souffrances seront fondues, oubliées dans l'amour. Saint Enfant de la crèche, qui apportez la bénédiction sur la terre, venez dans les âmes qui Vous attendent, Vous appellent, faites briller en elles votre Ciel, votre demeure aimée, votre maison de repos, votre crèche bénie…(Marthe Robin)


Résolutions : Pendant l'Eucharistie je laisserai mourir en moi le vieil homme et je la vivrai comme une nouvelle naissance en pensant à Jésus dans cette mangeoire.


Un Je vous salue Marie

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24 décembre 2017

Le Mois de Jésus Naissant

Le Mois de Jésus Naissant

Un mois proposé par l’Etoile Notre Dame

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25 décembre

Saint jour de Noël

l'adoration des bergers

 

« Ils se dépêchèrent d'y aller et ils trouvèrent Marie et Joseph, ainsi que le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après l'avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de ce petit enfant ». (Luc 2,16-17).

« Marie gardait le souvenir de tout cela et le méditait dans son cœur. Puis les bergers repartirent en célébrant la gloire de Dieu et en lui adressant des louanges à cause de tout ce qu'ils avaient entendu et vu et qui était conforme à ce qui leur avait été annoncé ». (Luc 2, 19-20).

« Les bergers arrivent à la crèche, regardent discrètement mais n'osent pas entrer. L'un d'eux soupire bruyamment.Joseph se retourne et vient à la porte (ou plutôt près de la couverture qui sert de porte). « Qui êtes-vous ? » « Des bergers. Nous vous apportons de la nourriture et de la laine. Nous venons adorer le Sauveur ». « Entrez ! » dit Joseph. Et tous les bergers, soudain enhardis, s'avancent avec leurs cadeaux. Marie se retourne et sourit : « Venez » dit-elle. « Venez ! » et elle les invite de la main et par son sourire et elle prend le garçon qui a vu l'ange et l'attire à elle, tout près de la crèche. Et l'enfant regarde, radieux. Les autres, invités aussi par Joseph, s'avancent avec leurs cadeaux, et avec des paroles brèves, émues, les déposent aux pieds de Marie. Ils regardent le petit Bébé qui pleure doucement et ils sourient, émus et heureux. L'un d'eux plus hardi dit : « Prends, Mère, elle est soyeuse et propre. Je l'avais préparée pour le bambin qui va bientôt naître chez nous, mais je te la donne. Mets ton Fils dans cette laine, elle sera douce et chaude ». Et il offre une peau de brebis, une très belle peau avec une longue toison de laine toute blanche.

Marie soulève Jésus et l'en enveloppe. Elle le montre aux bergers qui, à genoux sur la litière du sol, le regardent extasiés. Ils se font plus hardis et l'un d'eux propose : « Il faudrait Lui donner une gorgée de lait ou mieux de l'eau et du miel. Mais nous n'avons pas de miel. On en donne aux tout petits. J'ai sept enfants, je suis au courant... » « Voilà du lait. Prends, Femme ». « Mais il est froid. Il faut du chaud. Où est Elie ? C'est lui qui a la brebis ». Elie doit être l'homme au lait, mais il n'est pas là. Il s'est arrêté dehors et regarde par une fente et il est perdu dans l'obscurité de la nuit. « Qui vous a amenés ici ? » « Un ange nous a dit de venir et Elie nous a conduits. Mais où est-il à présent ? » Un bêlement de la brebis le trahit. « Avance, on demande de toi ». Il entre avec la brebis, intimidé d'être le plus remarqué. « C'est toi ? » dit Joseph qui le reconnaît. Et Marie lui sourit en disant : « Tu es bon ». Ils traient la brebis, et trempant l'extrémité d'un linge dans le lait chaud et écumeux, Marie baigne les lèvres du Petit qui suce cette douceur crémeuse. Ils sourient tous, et plus encore lorsque avec le coin de la toile encore entre les lèvres, Jésus s'endort dans la tiédeur de la laine.

« Mais vous ne pouvez rester ici. Il fait froid et humide. Et puis... avec cette odeur d'animaux ! Ça ne va pas... et ça ne va pas pour le Sauveur ». « Je le sais » dit Marie avec un grand soupir. « Mais il n'y a pas de place pour nous à Bethléem ». « Prends courage, ô Femme. Nous allons te chercher une maison ». « Je vais en parler à ma patronne, dit l'homme au lait, Élie. Elle est bonne. Elle vous accueillera, dut-elle vous céder sa pièce. Dès qu'il va faire jour, je lui en parle. Elle a sa maison toute pleine, mais elle vous donnera une place ». « Pour le Petit au moins. Moi et Joseph, n'importe si nous restons encore par terre. Mais pour le Petit... » « Ne soupire pas, Femme, j'y pense. Je raconterai à beaucoup de gens ce qui nous a été dit. Vous ne manquerez de rien. Pour le moment, prenez ce que notre pauvreté peut vous donner. Nous sommes des bergers... » « Nous sommes pauvres, nous aussi" dit Joseph. "Et ne pouvons vous dédommager ». « Oh ! Nous ne voulons pas ! Même si vous le pouviez nous ne le voudrions pas ! Le Seigneur nous a déjà récompensés. La paix, il l'a promise à tout le monde. Les anges disaient : « Paix aux hommes de bonne volonté. » Mais à nous, il l'a déjà donnée car l'ange a dit que cet Enfant, c'est le Sauveur, le Christ, le Seigneur. Nous sommes pauvres et ignorants, mais nous savons que les Prophètes disent que le Sauveur sera le Prince de la Paix et à nous il a dit d'aller l'adorer. Ainsi il nous a donné sa paix. Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et gloire à celui qui est son Christ ! Et toi, sois bénie, Femme qui l'a engendré ! Tu es Sainte puisque tu as mérité de le porter ! Commande-nous, comme une Reine, car nous serons contents de te servir. Que pouvons-nous faire pour toi ? » « Aimer mon Fils, et avoir toujours dans le cœur vos pensées de maintenant ».

Le Fils du Très Haut est étendu dans l'étable de Bethléem « Maison du pain ». Il est environné de tous les attributs de la pauvreté. Est-ce bien cet enfant attendu depuis un grand nombre de siècles ? Celui qui est appelé à remplir les plus glorieuses destinées ? Son apparition sur la terre doit occuper la première place dans les annales du monde. Le moment où il a vu le jour sera salué par tous les peuples de la terre comme l'aurore de leur délivrance. Les entrailles qui l'ont porté seront appelées bienheureuses de génération en génération. De l'époque de sa naissance, datera un nouvel ordre de siècles qui remplacera chez les nations à venir la mémoire de leur fondation. Cet enfant extraordinaire établira un empire qu'aucun autre ne pourra soutenir la puissance. Il changera la face du monde. Approchons-nous donc de l'humble séjour qui renferme l'auteur de notre salut, et vénérons les moyens ineffables et incompréhensibles par lesquels Dieu arrive à l'exécution de ses projets éternels.

Ô si la terre connaissait le prix du trésor qu'elle possède ! Comme on s'empresserait de préparer à ce divin Enfant la place la plus honorable dans les hôtelleries dont il ne peut avoir l'entrée ! Que dis-je, les rois les plus puissants environneraient son berceau et se disputeraient le bonheur de le recevoir dans leurs palais. Mais non, Jésus Christ s'étant chargé d'expier en sa personne toutes les iniquités du monde, il sera appelé l'homme des douleurs ; dès les premiers moments de sa naissance. Il boira la coupe des souffrances et des humiliations, et jusqu'au sommet du calvaire, sa vie ne sera qu'un continuel martyre. Je le vois, ce saint enfant, dans le pauvre asile qu'il a choisi pour y faire entendre ses premiers soupirs. Hélas ! Il n'a pas où reposer sa tête, et pour tout témoin de sa naissance adorable, il ne se trouve là que quelques bergers couverts de haillons, qui se prosternent devant lui. Et pourtant que je ne me trompe pas, sous cet aspect extérieur de pauvreté et d'abandon, je dois adorer mon Rédempteur et mon Dieu ». (Maria Valtorta – T.1, chapitre 49).

 

Méditation

 

O mon âme ! Entre avec les bergers dans l'étable où repose ton Sauveur. Je n'ai pas été assez heureux pour assister avec les bergers au grand spectacle de votre naissance temporelle. Je n'ai pu recueillir vos premières larmes, ni adoucir vos premières souffrances, mais puisque je peux aujourd'hui me procurer la même consolation, puisqu'il ne tient qu'à moi de préparer à votre enfance un lieu où elle pourra goûter le calme et le repos, daignez m'admettre dans votre crèche, pour que je m'y pénètre de la grandeur des peines que vous endurez. Apprenez-moi à rendre utile pour mon salut la méditation des grands exemples de pauvreté et d'abnégation que vous me proposez. Je veux être rempli de pitié en voyant l'état d'abjection où votre charité pour moi vous a réduit. Je veux vous apporter le soulagement qui est en mon pouvoir et ne pas augmenter vos souffrances.


Prière

 

O mon divin Jésus ! Que ma charité est imparfaite ! Que mon zèle est faible et languissant ! ...Vous vous soumettez aujourd'hui à une loi humiliante qui vous confond avec la foule des pécheurs, et vous daignez répandre les premières gouttes de ce sang précieux qui doit un jour arroser le calvaire. Quelle honte pour moi qui tiens un compte si exact des petits sacrifices que je vous fais. Combien je suis confus et affligé lorsque je compare à votre soumission l'esprit d'indocilité que je manifeste toutes les fois qu'il me faut satisfaire à des obligations qui répugnent à ma nature corrompue ! Ô Jésus ! Ô mon Sauveur ! Donnez-moi la grâce de pouvoir surmonter cet amour propre, cette vanité qui me tyrannisent. Faites que je mette toute ma gloire à me combattre moi-même, à subjuguer mes mauvais penchants, et à me montrer docile à vos saintes inspirations.

Résolutions : Je vais m'appliquer à détacher mon cœur de toute affection pour les biens de la terre. Je regarderai les richesses comme un des obstacles les plus dangereux que puisse rencontrer un chrétien dans le chemin du salut, et je n'en userai que pour satisfaire mes besoins, réservant le superflu pour les pauvres. Je prierai Dieu d'augmenter a foi et de me remplir de courage pour la confesser hautement devant les hommes.

 

Un Je vous salue Marie

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Saint et Joyeux Noël à toi, cher lecteur,

Que la paix et la joie de Jésus t'accompagnent,

et que descendent sur toi toutes les bénédictions du Seigneur!

 

 


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