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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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16 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

Encens

 

Dix-septième étrenne spirituelle

17 Janvier

 

La myrrhe : la mortification

 

Offrande

 

Avec l'encens et l'or, les Mages vous présentèrent la myrrhe, divin Enfant Jésus. Cet aromate symbolisait la mortification qui vous fut si chère, et, dans le cantique, votre Eglise n'est comparée à la montagne de myrrhe que parce que la vertu des saints consiste principalement à mortifier leurs corps. Avec les Mages et l’Église, je vous offre, ô Enfant-Dieu, mes saints désirs de mortification ; bénissez et agréez la myrrhe que je vous présente.

 

Méditation

 

Tout d'abord, inculquons fortement dans notre âme ces paroles solennelles de saint Paul : « Mes frères, c'est de la mortification que dépend votre salut : Si vous vous mortifiez, vous vivrez ; si vous ne vous mortifiez pas, votre perte est infaillible ».

Qu'est-ce donc que cette mortification, dont l'importance nous est și vivement recommandée par l'Apôtre ?

La mortification est une vertu qui fait que le chrétien travaille, par les souffrances et par les privations, à assujettir ses sens et à réprimer leurs inclinations.

Une âme fortement chrétienne la considère comme inséparable de la profession chrétienne et comme nécessaire de nécessité de salut.

Elle remarque qu'il n'y a rien de plus souvent recommandé dans l'Evangile. Quand Notre Seigneur y dit qu'il faut se faire violence, renoncer à soi-même, haïr son âme, porter sa croix et le suivre, tout cela signifie qu'il faut se mortifier. C'est là aussi ce que saint Paul appelle crucifier sa chair avec ses convoitises ; sans quoi, dit-il, on ne peut être à Jésus-Christ. Il est impossible d'ailleurs à une âme qui ne se mortifie point, que ses inclinations ne dégénèrent en passions et que ses passions ne la précipitent dans le malheureux abîme du péché.

La mortification fournit aux pécheurs le moyen de satisfaire à la justice de Dieu, aux chrétiens de rendre hommage à sa sainteté, et à tous de faire un digne sacrifice à sa grandeur souveraine.

De la mortification en outre dépend tout notre avancement et toute notre perfection, et, de même que l'immortification est l'origine de tous nos maux, la mortification est le fondement des vertus et la source de tous nos biens.

Dès lors, un véritable chrétien travaille sans cesse à corriger le dérèglement de ses sens, à arrêter l'emportement de ses désirs, à réprimer l'impétuosité de ses mouvements ; en un mot, à régler selon la foi toutes ses facultés, tous ses sens intérieurs ou extérieurs.

Examinons sérieusement si nous avons pratiqué : 1° La mortification de l'honneur et des inclinations ; 2° La mortification des passions en général ; 3° La mortification de la passion dominante ; 4° La mortification du jugement propre ; 5° La mortification de la volonté propre ; 6° La mortification de l'amour-propre ; 7° La mortification de l'imagination, cette folle du logis ; 8° La mortification de la vue, de l'ouïe, du goût, du toucher, de l'odorat.

 

Pratique : n'oublions jamais qu'une des principales fins de la venue du Fils de Dieu en ce monde a été de nous offrir à son Père comme des victimes mortifiées selon la chair et vivifiées selon l'esprit.

 

eugene-delacroix

 

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2 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

Esprit de Foi

 

Troisième étrenne spirituelle

3 Janvier

 

Un écrin de pierres précieuses : L'esprit de foi

 

Offrande

 

Il ne suffit pas, ô mon Dieu, les saints docteurs me l'apprennent, il ne suffit pas de superposer la foi sur le fondement de notre édifice spirituel, qui est Jésus-Christ ; il faut être encore, nous dit Saint Ambroise, semblables à des pierres précieuses par la pureté de notre doctrine, par la sainteté de notre vie et par l'obéissance habituelle à la loi de Dieu, laquelle consiste à mener ici bas cette vie surnaturelle que les maîtres de la vie spirituelle appellent l'esprit de foi. Daignez me permettre de vous offrir ces pierres précieuses durant mon exil, afin que je puisse être un jour au ciel la plus petite pierre de votre couronne.

 

Méditation

 

La vie de la foi est une participation à la vie divine de Jésus-Christ, qui nous rend saints comme lui. Quelle grandeur ! Combien il est avantageux à mon âme de vivre de cette vie, de s'animer de cet esprit !

En quoi consiste cette vie ? Vivre selon la foi, c'est faire de la foi le principe et la règle de ses sentiments et de ses actions et de toute sa conduite.

L'âme qui a ce bonheur regarde les choses uniquement selon les vues que la foi lui en donne; elle en juge selon ses lumières, elle les estime selon la valeur que la foi lui découvre, au lieu d'imiter ces âmes mondaines et terrestres qui méprisent ce que le monde méprise, estiment ce que le monde estime, sans songer au jugement que Dieu en porte et à ce que la foi leur en apprend.

L'âme imprégnée de l'esprit de ſoi se laisse pénétrer par les maximes de cette vertu au point d'endurer la pauvreté, d'estimer l'abjection, d'aimer les souffrances, au lieu de soupirer, comme tant d'autres, après les richesses, les honneurs et les plaisirs de la vie.

Dans ses difficultés, ses embarras et ses doutes, elle a recours à la foi et la fait présider à toutes ses délibérations, prenant garde de ne rien résoudre que par un motif de foi ou une raison chrétienne. Dans toutes ses actions, et principalement dans ses pratiques de vertu, elle se garde des choses purement naturelles, comme de donner l'aumône seulement par compassion humaine, de ne servir le prochain que pour en être servi, de ne garder la modestie que par respect humain, de ne réprimer ses passions que pour jouir d'une réputation de vertu. Elle se garde surtout des intentions naturelles dans ses exercices de piété, comme tant de personnes pieuses qui ne cherchent pas tant à plaire à Dieu, comme la foi leur en fait un devoir, qu'à se complaire dans les douceurs et les consolations sensibles.

Pour établir en elle cette vie sainte de la foi, elle renonce souvent à la sagesse humaine et à la prudence du siècle, dont les maximes contredisent celles de Jésus-Christ.

Elle s'accoutume à se nourrir des vérités chrétiennes, se plaisant à y penser souvent, et mettant tout son bonheur à les bien méditer et à s'en pénétrer.

 

Pratique : Chercher et apprendre les saintes maximes de l'Evangile, qui sont si opposées aux maximes du monde, pour en faire toujours les principes de sa conduite, de manière à pouvoir dire avec l'Apôtre : « Je vis en la foi du fils de Dieu ! »

 

eugene-delacroix

 

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14 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

Vallée fleurie

 

Quinzième étrenne spirituelle

15 Janvier

 

Des fleurs cueillies dans la vallée : la composition de son extérieur

 

Offrande

 

Les vallées comparées aux montagnes expriment principale- ment la modestie et les âmes modestes. C'est au fond des vallées que fleurissent certaines fleurs plus délicates à qui le grand air et un soleil trop brûlant ne conviennent point. Je vous offre ces fleurs de vallée, ô mon Jésus, afin que les eaux de votre grâce descendent avec plus d'abondance dans mon âme, attirées par l'humble modestie que vous préférez.

 

Méditation

 

La modestie chrétienne est une vertu qui fait que, par respect pour la présence de Dieu, et dans le désir d'édifier le prochain, nous réglons avec bienséance tout notre extérieur.

On peut dès lors blesser cette vertu par la légèreté de ses regards, l'inconsidération de ses paroles, par l'indécence de ses vêtements, ou par quelque dérèglement dans ses gestes dans sa démarche, dans sa tenue, dans ses actions.

Pour ne pas tomber dans ces défauts, un chrétien a soin de se remettre souvent devant les yeux cette grande règle de saint Augustin : « Qu'il n'y ait rien dans votre extérieur qui ne convienne à la sainteté de votre état et à l'édification que vous devez au prochain ».

Néanmoins, en se proposant de suivre cette règle de modestie que nous donne saint Augustin, il ne doit pas s'écarter des règles qu'ajoute saint Ambroise, lequel veut que notre extérieur soit composé ; mais sans affectation, sans artifice et sans y apporter un soin exagéré, ce qui devient alors ridicule et peut même malédifier le prochain.

Quand il tient son extérieur bien composé, ce n'est point par hypocrisie ou par pure inclination naturelle, mais il a soin de relever sa modestie par quelque motif de foi, afin de la rendre chrétienne et intérieure.

C'est la vue de Dieu qui est présent, et le respect qui est du à sa Majesté qui le rendent modeste, suivant ce désir exprimé par l'apôtre : « Que votre modestie soit connue de tous les hommes, car le Seigneur est proche ».

Il agit ainsi pour se conformer à l'obligation que Notre Seigneur nous impose d'édifier nos frères et de les porter à Dieu son Père, C'est le zèle et l'esprit de sainteté qui fait qu'il ne peut rien souffrir, dans son extérieur pas plus que dans son intérieur, qui puisse mettre obstacle à son entière perfection.

Enfin, il est aussi modeste en particulier et en secret que devant le monde et en public. Considérant son corps comme membre de Jésus-Christ et comme temple du Saint-Esprit, il le traite avec le respect, la retenue, la modestie et la bienséance qu'il mérite à cause de cela.

 

Pratique : nous bien pénétrer de cette considération d'un grand saint que c'est aimer la très Sainte Vierge et lui plaire, que d'imiter sa profonde modestie.

 

eugene-delacroix

 

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1 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Or - la foi

Deuxième étrenne spirituelle

2 Janvier

 

Un lingot d'or : La foi

 

Offrande

 

Votre grand docteur, Saint Augustin, nous enseigne que l'or signifie la foi. C'est cet or que je veux, ô mon divin Roi Jésus, superposer au fondement, qui est vous même, et à la base de mon édifice spirituel. Je vous l'offre, comme les Mages vous l'offrirent, avec la même docilité d'entendement et un ardent désir de voir mon présent accepté comme le fut le leur.

 

Méditation

 

Je ne veux pas méditer les rai- sons et les motifs de ma foi. Une pensée absorbe mon âme, dès que j'aborde ce sujet. Dieu, abîme de gloire et de splendeur, source unique de toute vérité, en me donnant la foi et en me révélant ses mystères augustes, m'a appelé à son admirable lumière, m'a retiré de la puissance des ténèbres, suivant l'énergique expression de Saint Pierre, et m'a fait passer sous le doux empire de son Fils bien-aimé. Voilà quelle pensée domine toutes les autres, quand je songe au bienfait de la foi. Elle est un don, et un don inestimable. Combien dès lors ne suis-je pas obligé d'en rendre à Dieu de vives actions de grâces !

Mais, la foi est une vertu, la première des vertus théologales, et il est bien des points où l'on peut manquer à cette vertu-reine.

Notre foi doit être vraie et intime, au lieu de se contenter des apparences et des démonstrations extérieures. Elle doit être universelle, s'étendant à toutes les vérités révélées, jusqu'à celles qui nous se blent moins importantes, et sans aucune exception.

Elle doit être ferme et sans nulle hésitation, refusant énergiquement d'écouter ce que nos sens et notre raison pourraient nous suggérer de contraire aux vérités révélées.

Elle doit être agissante et traduire dans les actes de la vie les croyances du dedans ; le poète l'a dit avec raison : « La ſoi qui n'agit point, est-ce une foi sincère. »

Elle doit être basée sur le motif surnaturel de la foi, c'est-à-dire sur ce que Dieu a révélé à son Eglise les vérités que celle-ci propose à notre croyance.

Elle doit être simple, évitant de pénétrer trop avant dans les mystères, de vouloir trop les approfondir par des raisonnements trop humains, qui donnent lieu à mille tentations capables d'ébranler la foi. Pour ne pas tomber dans ce péril qui est grave, évitons les lectures, les conversations et les compagnies qui pourraient être, pour nous ou pour les autres, une source de ces mêmes tentations.

Que si l'on est assailli par les tentations dont je parle et que le démon obsède l'esprit de doutes contraires à la foi, au lieu de rai- sonner et de se fatiguer à les résoudre, il faut tout d'abord s’humilier, puis mourir à Notre Seigneur, lui disant comme les apôtres : « Seigneur, augmentez en moi la foi ! » Il faut ensuite prendre plaisir à catéchiser les pauvres, les enfants, les simples et les ignorants : il y en a tant aujourd'hui, même dans la meilleure société, parmi ceux que le monde estime savants et à qui il ne manque qu'une seule science, la vraie ! Enfin, il faut faire souvent des actes de foi, en particulier, sur les vérités qu'on a le plus de peine à croire.

Mon Dieu, les saints se sont fait un bonheur de tout abandonner et de tout perdre pour conserver la foi ; c'est qu'ils étaient bien persuadés que la foi est le fondement de tous vos dons, qu'elle les élevait à la dignité d'enfants de Dieu et que sans elle ils ne pouvaient vous plaire. Accordez-moi la grâce d'entrer dans ces sentiments et de les imiter.

 

Pratique : À l'exemple des saints, et en particulier des saints martyrs qui ont eu le bonheur de donner leur sang pour la foi, se mettre dans la disposition d'esprit et de cœur de moins redouter la perte de la vie que la perte de la foi.

 

eugene-delacroix

 

 

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4 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

Lys

 

Cinquième étrenne spirituelle

5 Janvier

 

Une branche de lys : L'espérance chrétienne

 

Offrande

 

Seigneur, vous l'avez dit vous-même : « Considérez les lys des champs ; Salomon, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme un lys ». Choisissant, remarque Saint Ambroise, l'exemple d'une fleur que Dieu se plaît à vêtir et à parer magnifiquement, afin de nous faire mieux comprendre que la créature raisonnable, qui est l'homme, pourra sans présomption, espérer autant et plus qu'une fleur de sa bonté infinie ! Daignez donc me permettre de vous offrir ce symbole de mon espérance chrétienne et le mon entière confiance en vous.

 

Méditation

 

L'espérance chrétienne demande que l'âme, bien persuadée de la puissance et de la bonté de Dieu, appuyée sur les promesses infaillibles et sur les mérites de Notre-Seigneur, s'attende à le posséder dans l'éternité, et à recevoir pour cela en cette vie tous les secours nécessaires, pourvu que, de sa part, elle ne manque pas de lui être fidèle.

En conséquence, une âme vraiment chrétienne se persuade bien que Dieu veut sauver tous les hommes et qu'il leur donne à tous les moyens de se sauver, Forte de cette croyance, elle ne se laisse jamais aller au découragement, persuadée que Dieu ne permettra pas qu'elle soit tentée au-dessus de ses forces et qu'il ne l'abandonnera jamais si elle ne l'abandonne auparavant elle-même. Que s'il lui arrive d'offenser Dieu, elle retourne bien vite à lui et se jette à ses pieds avec la contrition et la confiance de l'enfant prodigue, au lieu de le faire, comme Caïn, après son crime. Ce n'est pas à dire pourtant qu'il faille présumer trop de la miséricorde divine et, sous le prétexte de la volonté que Dieu a de sauver tous les hommes croupis dans le péché, différer sa conversion, omettre la pratique des bonnes œuvres, en un mot, négliger l'affaire de son salut.

Cette présomption écartée comme étant l'excès opposé au désespoir, dans tous nos besoins spirituels et temporels, soyons fidèles à implorer le secours de Dieu, avec toute la confiance que doivent avoir des enfants pour leur père. Il sait bien que nous avons de grands besoins et de puissants ennemis : pour nous délivrer des uns et nous mettre à couvert des autres, il veut être lui-même notre force, notre sûreté et notre espérance.

Appuyons-nous donc uniquement, pour le présent comme pour l'avenir, sur la bonté de notre Père céleste. Ne comptons pour rien la faveur, le crédit et l'appui des créatures ; et, si nous sommes quelquefois obligé d'y recourir, regardons-les comme des instruments de la Providence, ne cherchons jamais leur secours avec empressement, et ne nous inquiétons aussi jamais, quand nous nous en voyons privés. Disons alors : « Le Seigneur est mon protecteur, que pourrais-je craindre ? »

Dans toutes nos entreprises, nos affaires et notre conduite, agissons toujours avec autant de soin que si tout le succès dépendait de nous, mais ne l'attendons que de la bénédiction de Dieu.

Enfin, dans quelque état et quelque extrémité que nous puissions nous trouver, soit pour le corps ou pour l'âme, soit pour nous- même ou pour les autres, imitons dans sa confiance ce grand patriarche qui reçut de Dieu toutes sortes de bénédictions pour avoir espéré contre toute espérance.

 

Pratique : L'espérance n'étant point seulement de conseil, mais de précepte, il en faut faire des actes de temps en temps, et nous y sommes particulièrement obligés quand nous sommes tentés contre cette vertu.

 

eugene-delacroix

 

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3 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

La profession de Foi

Quatrième étrenne spirituelle

4 Janvier

 

Une palme de martyr : La profession de foi

 

Offrande

 

Courageusement, avec un saint enthousiasme, les martyrs entraient dans l'arène et jetaient leur credo à la face du monde. Vous bénissiez, ô mon Dieu, leur généreuse profession de foi, et, dans le ciel, ils balancent triomphalement devant votre trône leurs palmes empourprées. Souffrez, ô Roi, ô Maître, ô Dieu, que j'aspire à leur généreux amour, ne pouvant aspirer à leur gloire.

 

Méditation

 

Il est une parole de Jésus-Christ, qui doit guider nos pensées et inspirer nos résolutions à l'égard de la foi : « Je reconnaîtrai devant mon père ceux qui m'auront confessé et reconnu devant les hommes ». Il ne suffit donc pas de croire dans son cœur, il faut faire profession de la foi, c'est-à-dire, qu'il faut rendre témoignage à la foi de Jésus-Christ par ses pensées, par ses paroles et par ses œuvres :

1° Par ses pensées. Quand surgit une pensée, un doute, une tentation contre la foi, il faut témoigner intérieurement à Notre-Seigneur combien on veut croire sans raisonner et combien on met toute sa confiance en la parole divine. Il faut alors lui offrir un sacrifice entier de ses lumières, captivant humblement l'esprit sous l'obéissance de la foi.

Si l'on entend avancer une maxime contraire à la foi, il faut, pour réparer l'injure faite à Dieu, faire un acte de foi en la vérité opposée à cette maxime.

Pour suivre le conseil et la maxime des saints, il faut renouveler de temps en temps dans son cœur la profession solennelle qu'on a faite au baptême, de croire toutes les vérités que Dieu a révélées à son Eglise et de vivre conformément à ce que ces vérités nous enseignent.

2° Par ses paroles. Quand on récite le symbole de la croyance chrétienne, il faut le faire avec esprit de foi, c'est-à-dire avec une grande attention, avec un profond respect et avec une soumission aveugle aux vérités qu'il renferme. De même, quand on lit les Evangiles et les autres livres inspirés.

Mais surtout, gardons-nous d'être de ceux dont parle l'Apôtre, qui rougissent de l'Evangile, qui retiennent injustement la vérité dans l'ombre, et qui, par honte, par lâcheté ou tout autre motif coupable, n'osent soutenir les maximes chrétiennes devant ceux qui les combattent. Ayons au contraire le courage de nos convictions, ne rougissons pas d'être chrétiens, et, quand nous parlons du monde et des choses du monde, que ce soit avec mépris, comme la foi nous l'apprend et comme notre baptême nous y oblige.

3° Par ses œuvres. N'imitons point ces orgueilleux qui ont honte de paraître chrétiens, de faire le signe de la croix, de se mettre à genoux ou de faire leurs prières quand ils sont vus. Ce même respect humain empêche aussi quelquefois de servir les pauvres, de les assister, de les instruire, etc. En un mot, de montrer sa foi par les bonnes œuvres, selon l'invitation pressante de Saint Jacques. Dans toute occasion, au contraire, protestons hautement que nous sommes chrétiens, consacrés à la Trinité sainte, véritables disciples et imitateurs de Jésus-Christ, et faisons voir que nous mettons en cela notre gloire.

 

Pratique : s'exciter souvent à professer généreusement sa foi par la pensée du désaveu qui attend les lâches qui auront rougi de Jésus-Christ devant les hommes. « Celui qui rougira de moi et de mes paroles, a-t-il dit lui-même, le Fils de l'homme rougira aussi de lui , lorsqu'il viendra dans sa gloire ».

 

eugene-delacroix

 

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31 décembre 2021

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

eugene-delacroix

 

Première étrenne spirituelle

1er Janvier

 

Les vertus : bouquet de fleurs chrétiennes

 

Offrande

 

Jésus, qui vous êtes appelé vous-même, dans vos Saints livres, « la fleur du champ », souffrez que, en ce premier jour de l'année nouvelle, je vous apporte l'offrande des fleurs qui naissent dans le champ sacré de votre Eglise. Je suis, moi aussi, ce champ, puisque je suis de l’Église. Je voudrais produire ces fleurs que vous aimez, les vertus chrétiennes. Je prends la résolution de les cultiver avec plus de soin que par le passé ; à vous de leur donner le rayon de soleil qui leur manque et la sève dont elles ont besoin, en daignant m'accorder votre grâce, sans laquelle nulle âme ne fleurit.

 

Méditation

 

Les vertus chrétiennes sont la divine floraison des âmes, et l’Église est le champ où croissent ces fleurs. « Le juste, dit la sainte liturgie, fleurira éternellement devant le Seigneur ».

Mais, et c'est une remarque importante basée sur l'étude attentive des Livres saints, on ne peut nommer les fleurs sans les fruits, car la Sainte Ecriture se plaît à unir souvent ces deux symboles. Dans l'ordre de la nature, il y a des fleurs qui ne semblent créées que pour le plaisir des yeux et auxquelles on ne demande aucun fruit ; dans l'ordre de la grâce, c'est toujours le fruit qu'on cherche et qu'on aime dans la fleur. Nulle vertu chrétienne, en effet, nulle sainteté ne peut demeurer inactive, elle doit produire des œuvres saintes, et c'est pour cela que, dans les cantiques, l'âme chrétienne est invitée à considérer « si les fleurs produiront leurs fruits ».

Bien plus, ajouterai-je avec l'aimable auteur des Etudes sur le symbolisme de la nature, ces fleurs de l’Église sont tellement fécondes que l'Esprit-Saint les prend déjà pour des fruits : « Mes fleurs sont des fruits », dit-il. Fleurs et fruits, vertus aimables, âmes saintes et angéliques, œuvres sublimes que la religion inspire, c'est vous qui êtes la gloire et l'ornement de l’Église. C'est sur vous qu'elle s'appuie, c'est avec vous qu'elle se console, attendant sa parfaite union avec Jésus-Christ dans le ciel : et telle est, suivant Saint Bernard, l'explication de cette parole de l'Epouse dans les saints cantiques : « Soutenez-moi sur les fleurs et affermissez-moi avec les fruits, parce que je languis d'amour ».

Ainsi que l’Église, chaque âme chrétienne doit avoir ses fleurs et ses fruits, c'est-à-dire, des vertus qui produisent des œuvres !...

Ô mon Dieu, que mon sol est aride ! Je me souviens cependant qu'aux premières années de mon enfance, des fleurs y avaient apparu : la candeur, la simplicité, la foi naïve, la piété que j'avais reçue de ma mère. Mais le souffle des tentations les a bientôt flétries, et elles sont demeurées stériles. O mon Dieu, faites refleurir mon âme, et que ce soit pour porter des fruits.

Pendant ce mois, nous nous proposerons d'acquérir les vertus chrétiennes, dont la floraison surnaturelle est la parure du champ de l’Église. Mais, pour obéir à l'avertissement du Saint Esprit et pour nous orner de vertus véritables, nous étudierons avec soin les caractères pratiques de chacune d'elles en particulier, afin de travailler courageusement à nous en revêtir et de ne point nous borner à des fleurs sans fruits.

Ô mon âme, c'est à toi que s'adressent les paroles du livre inspiré, au début de ce mois : « Fleurissez, ô fleurs, répandez votre parfum, poussez vos branches de grâce et chantez vos cantiques au Seigneur, pour le bénir dans ses ouvrages ». Mets-toi donc à l'œuvre. Le monde, en ces jours, multiplie ses dons, ses offrandes, ses étrennes ; il les prodigue à la porte de tous ceux que l'amitié, les liens du sang, l'ambition ou l'intérêt désignent à ses présents. Le divin enfant Jésus, dans sa crèche, te demande aussi ses étrennes ; offre-lui celles qu'il préfère, les fleurs et les fruits des vertus qu'il est venu assigner à la terre.

 

Pratique : Former la résolution de méditer, chaque jour de ce mois, sur l'une des vertus chrétiennes qui seront proposées à notre attention et s'engager, par un ferme propos sérieux, d'en offrir des actes à Dieu, comme étrenne spirituelle de chaque jour, persuadé que Dieu, qui ne se laisse jamais vaincre en générosité, récompensera largement la bonne volonté de notre cœur.

 

Vertus

 

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21 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

Capelinha-das-Aparies-1922

 

Vingt-deuxième jour

Lecture


Au début des Apparitions de Fatima, l’autorité ecclésiastique se tint sur une grande réserve. Prudence fort louable. Au moment où se produisirent les événements de Lourdes, en 1858, le curé de la paroisse, l'abbé Peyramale, pendant plusieurs mois, refusa de croire à ce qu'on venait lui raconter sur les Apparitions de la grotte de Massabielle. Le curé d’Aljustrel ne fut pas plus crédule que celui de Lourdes et ne demanda pas même à voir Lucie. Bien plus, il défendit formellement aux pères des trois petits voyants de les accompagner à la Cova d’Iria. « Je ne crois pas un instant, disait-il, que vos enfants aient vu la Sainte Vierge. Ce sont là pures imaginations et nous ne voulons pas nous laisser tromper par ces fantaisies, ni laisser induire personne en erreur ».

L’Evêque de Leiria, mis au courant de cette question, recommanda au clergé une grande prudence et défendit aux curés de son diocèse de se mêler aux curieux allant à Fatima. Il ajoutait : « Si dans tout cela il n’y a aucun fondement sérieux, tout croulera de soi-même; attendons avec patience, nous serons toujours à temps, au moment voulu, d’examiner la chose d’un peu plus près ». La réserve la plus complète était le meilleur parti à prendre.

En attendant, les fervents de Fatima pouvaient aller et venir en toute liberté et jeter leur obole, au pied des petits chênes verts, où s’était montrée l’Apparition. Cet argent servait à payer les frais de construction du petit ermitage fait de planches et d’une toiture couverte de tuiles. C'était un abri pour les pèlerins, plutôt qu’une chapelle.

Tout ceci, le clergé l’observait de loin et ne prenait parti ni pour ni contre. Cependant, sous la haute vigilance du Cardinal Patriarche de Lisbonne, l’autorité diocésaine ne tenait pas les yeux obstinément fermés et faisait discrètement une enquête très serrée.

Les faits de Fatima étaient judicieusement observés et la conviction sur la véracité des Apparitions commençait à se faire jour dans les esprits. L'autorité ecclésiastique permit d’abord d’élever un autel provisoire, en avant de l’ermitage primitif, et, le 13 octobre 1921, de célébrer la première messe, à la Cova d’Iria, en plein air.

Peu à peu, l’autorisation fut accordée d’accomplir certains actes du culte, comme de donner la bénédiction avec la custode à l’occasion de certaines réunions de piété.

Le 3 mai 1922 s’ouvrait le procès canonique des Apparitions de Notre Dame aux trois enfants d’Aljustrel, devant l’Officialité diocésaine de Leiria. Il faudra cependant attendre cinq ans avant d’obtenir un acte officiel de l'Autorité ecclésiastique. Mais, pour la plus grande gloire de Notre Dame, les événements vont se précipiter.

Le 13 mai de cette même année, l'Autorité diocésaine autorise la première procession religieuse de réparation. L’année d’après, le pèlerinage ne peut avoir lieu parce que le Gouvernement l’interdit et envoie des troupes à Fatima pour refouler les pèlerins. En 1924, le 13 mai, l’Evêque de Leiria permit la célébration de la messe, dans l’intérieur de l’ermitage. Trois ans après, le même Evêque venait bénir la chapelle des Pénitents, élevée à Fatima, et présider le premier pèlerinage diocésain, le 13 mai 1927.

Un mois plus tard, le 26 juin, il érigeait le chemin de croix établi entre Leiria et Fatima. En 1928, le 13 mai, l’Archevêque d’Evora, assisté par son suffragant, l’Evêque de Leiria, posait solennellement la première pierre de la nouvelle basilique qui s'élève aujourd’hui sur l’Esplanade, en honneur de Notre Dame.

Le 13 octobre 1928, eut lieu le Grand Pèlerinage national où l’on a compté une assistance de trois mille fidèles. Deux ans après, le 13 octobre, l'Evêque de Leiria faisait paraître une Lettre pastorale sur « Le culte de Notre Dame de Fatima ».

Enfin, le 13 mai 1931, eut lieu le Grand Pèlerinage de l'Episcopat portugais, sous la haute présidence du Cardinal Patriarche et du Nonce Apostolique, La sage prudence de l’Église avait permis le magnifique triomphe de Notre Dame de Fatima. La piété des fidèles, un moment contenue, put se donner un libre cours et fut encore plus éclatante.

Depuis ce jour, la Reine du Ciel n’a pas cessé de répandre d’abondantes grâces, de plus en plus nombreuses, sur le clergé et les fidèles du Portugal, à cause de leur foi profonde et de leur filiale soumission à l’Église du Christ, phare d’éternelle Vérité.


Réflexions

 

En face des manifestations extraordinaires que le peuple d’instinct qualifie de miraculeuses, l’Église se montre toujours réservée. Cette attitude prudente est conditionnée par son infaillibilité même, L’Église ne peut s’exposer volontairement à l'erreur, devant être le flambeau de la vérité.

C’est la raison pour laquelle elle s’environne de toutes les garanties humaines. Elle établit des commissions d’enquête, instruit les procès canoniques, et, après un examen minutieux, tire les conclusions sans appel.

L'autorité religieuse de la province d’Estramadure et celle du patriarcat de Lisbonne furent très sages d’entourer les événements de Fatima de toute la prudence possible, L'Eglise doit, non seulement éviter l’erreur, mais même l’équivoque. Quand cette haute Autorité s’est prononcée, inclinons-nous devant sa décision, docilement et sans discussion, sur ce qu’elle propose à notre croyance. Ainsi pensait l’auteur du Génie du Christianisme quand il écrivait : « Je meurs le plus incrédule des hommes et le plus croyant des catholiques ». Ceux qui refusent à admettre la parole de l’Église, en l’accusant d’enchaîner l'esprit humain, devraient se rappeler la parole d’un autre écrivain : « Cette épouvantable juridiction de l’Église sur les intelligences ne sort pas des limites du Symbole des Apôtres ; le cercle, comme on le voit, n’est pas immense et l’esprit humain a de quoi s’exercer dans ce périmètre » (Du Pape, J. De Maistre). Il ne s’agit pas d’ailleurs, dans l’authentification du fait des Apparitions à la Cova d’Iria, d’une définition doctrinale, L’on peut demeurer catholique, sans croire à Fatima. Sans doute, celui qui voudrait discuter la réalité des Apparitions après la décision de l’autorité ecclésiastique, celui-là ne serait pas un catholique fervent, mais on ne pourrait le traiter d’hérétique. On jugerait tout différemment celui qui prétendrait qu’à Fatima, même par une permission spéciale de Dieu, Notre Dame n’a pu apparaître, Dans ce cas, l’on serait hérétique, puisque l’on se refuserait à admettre le premier article du Symbole : « Je crois en Dieu le Père Tout-Puissant ». L’Evêque de Leiria, ni d’ailleurs le curé d’Aljustrel, ne mettaient en doute la possibilité des Apparitions de Notre Dame, à la Cova d’Iria, ils se demandaient seulement si Lucie, François et Jacinthe avaient réellement vu la Sainte Vierge.

Chrétiens, aimons l’Église catholique, aimons sa hiérarchie toujours prudente et circonspecte. Nous n’avons qu’à gagner à être dociles à sa voix, puisque nous avons la divine assurance que le Christ l’assiste et qu’il est avec elle « jusqu’à la consommation des siècles » (Mc. 15, 15).

 

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(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

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8 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Neuvième jour

Lecture


Au bonheur inénarrable pour les enfants de Fatima, d’avoir joui de la lumineuse beauté de Notre Dame et de sa voix mélodieuse, faite de toutes les harmonies célestes, se mêlaient, dans leurs cœurs, de grandes souffrances. Celle qui sentait davantage était Lucie, la plus âgée des trois, parce qu’elle comprenait un peu mieux les choses. François et Jacinthe étaient fréquemment gourmandés par leur mère. Olympe était exaspérée de voir sa famille devenue l’objet des conversations de tout le village et des environs. Lucie souffrait, dans l'intime de son être, de constater que sa mère la croyait menteuse.

« Tu auras à rendre des comptes, un jour, à Dieu, lui disait-elle, et des comptes sévères, pour induire ainsi en erreur les pauvres gens ». La petite fille s’en allait alors dans un coin pleurer à son aise.

Un jour, Marie-Rose tomba gravement malade. Elle fut presque conduite aux portes du tombeau. Il était même question d'appeler le curé d’Aljustrel pour lui administrer les derniers sacrements. Lucie se tenait à son chevet, Sa mère lui murmura à l'oreille avec beaucoup d'efforts, comme dans un souffle : « Si ce que tu as dit de la Cova d’Iria est vrai... va demander à ton Apparition qu’elle me guérisse ! »

Lucie, tout heureuse de ce qu’elle vient d’entendre, se précipite pleine de confiance vers la porte et s’engage sur le chemin de Fatima. Écoutons-la nous raconter elle-même le fait : « Tout le long du trajet, nous dit-elle, je récitais mon chapelet, Puis je m’agenouillai près du bouquet d’yeuses et fis la promesse de partir de là, à genoux, et de donner à manger à neuf enfants, durant neuf jours, si ma mère guérissait ». Quand Lucie rentra chez elle, sa mère se sentait beaucoup mieux. Trois jours après, elle était guérie.

C'était quasi-miraculeux ! Néanmoins la mère s’obstinait à ne pas croire à la véracité des apparitions et continuait à suspecter sa fille. Cette persistance de Marie-Rose peinait beaucoup la pauvre enfant.

En fin de compte, il fut décidé que Lucie ne retournerait pas garder les moutons, mais qu’on l’enverrait à l’école pour apprendre. Adieux, jeux innocents avec les petits cailloux du chemin, les petits bouts de bois, les guirlandes de lierre !…

Mais la pauvre petite souffrait surtout de l’incrédulité de la famille et des voisins, sur les apparitions de Notre Dame. Elle constatait chez les uns l'indifférence complète ; chez les autres des murmures, même des blasphèmes, chez les plus exaltés.

Animées de bons sentiments, plusieurs personnes du dehors venaient demander des nouvelles des enfants à Olympia et à Marie-Rose, Elles étaient assez mal reçues, cela se comprend. Tous ces témoignages de sympathie achevaient de déchaîner la colère des mères contre leurs enfants. Souffrance des parents, souffrance des enfants tel était le résultat le plus tangible de cette histoire.

On appelait ironiquement Lucie « notre Bernadette », par allusion à la bergère de Lourdes, Bernadette Soubirous, qui avait eu, elle aussi, des apparitions. Tout cela était pénible pour Lucie.

Les petits voyants de Notre-Dame, que nous pouvons bien appeler « les petits souffrants » avaient la consolation de se rencontrer parfois pour se rappeler, ensemble, la promesse faite à l'apparition de se trouver coûte que coûte au rendez-vous. Ils se berçaient ainsi d’une douce espérance qui ranimait leur courage pour supporter la dureté maternelle. Heureusement le père de Lucie, comme celui de Jacinthe et de François, étaient plus compréhensifs, et leur complaisante et douce attention contrastait avec l’excessive sévérité des femmes. Ils s’employaient surtout à consoler les pauvres petits, souvent même à essuyer leurs larmes. N’était-ce pas là faire preuve de soumission à la volonté de Dieu, de respectueux acquiescement à son bon plaisir et de sage prudence, fait d’humilité chrétienne ?

À cause de cela peut-être aussi, Notre-Dame les a choisis, parmi tant d’autres, pour les associer aux souffrances qu’Elle-même a endurées, en union avec la Passion et la Mort de son Divin Fils, pour le salut du monde.


Réflexions


Les belles âmes, qui veulent suivre le Maître divin jusqu’au Tabor de la splendeur éternelle, doivent marcher à sa suite, sur le chemin du Calvaire. « Si quelqu'un veut venir avec moi, qu'il se renonce lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Luc 9, 29). Jésus ne force personne, il appelle seulement les volontaires : « Si quelqu'un veut venir ». D'ailleurs, ces grandes âmes, choisies par Dieu, portent l’empreinte de la souffrance. Pourquoi l’amour maternel, qui est la plus haute expression de l’amour humain, nous paraît-il si grand ? C’est parce qu’il est pétri de sacrifices et de souffrances généreusement consenties. Quand le ciel suscite de grandes âmes pour la réalisation de ses desseins, il marque ces âmes du sceau de la souffrance.

1° Notre-Seigneur « fut le grand sacrifié volontaire pour le salut du genre humain » (Isaïe 53, 7). Le Christ-Jésus est notre exemplaire divin. Sur la Voie Douloureuse, il est chargé de sa croix. Il marche devant nous ; il est notre entraîneur ; nous n’avons qu’à mettre nos pas dans ses traces ensanglantées, en portant notre croix. Car la vie est douloureuse et chacun a son lot de misères ; mais nous souffrons beaucoup par l’imagination, en grossissant les souffrances. « Les poltrons meurent plusieurs fois avant leur mort ». (Shakespeare). Par nos souffrances, « nous achevons dans notre chair ce qui manque à la Passion du Christ ». (Col. 1, 24). Il ne manque rien à sa Passion, du côté du Christ, mais, à nous, il nous manque d’unir nos sacrifices à celui du Christ.

2° La bonne souffrance, c’est-à-dire la souffrance endurée par amour, nous sera d’un grand profit. Combien d’âmes ont été ramenées à Dieu par cette souffrance généreusement consentie qu’est la « Bonne Souffrance ». (Voir l’ouvrage de Fr. Coppée qui porte ce titre où il raconte son retour à Dieu). Cette souffrance, bonne par ses effets, nous aide à nous détacher de tout ce qui n’est pas Dieu. « Notre cœur est inquiet, dit saint Augustin, et il ne trouvera de repos qu’en vous, Seigneur ». La bonne souffrance est accompagnée de grâces intérieures, nous aide à mener une vie vertueuse et chargée de mérites. La souffrance nous aide à nous connaître ; elle nous rappelle à la discrétion et à de raisonnables exigences, vis-à-vis de nos infirmiers bénévoles.

3° La bonne souffrance aura une heureuse répercussion sur le prochain. Ayant souffert nous-mêmes, nous aurons plus de compassion pour la souffrance des autres. L'homme est un apprenti, la douleur est son maître, Et nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert. Lorsqu'on a éprouvé, soi-même, les amertumes de la misère humaine, dans son corps où dans son âme, l’on comprend qu’il y ait d’autres humains qui, comme nous, peuvent souffrir. Nous serons les bons Samaritains, qui versent l’huile et le baume de la consolation sur le cœur endolori du prochain.

4° Enfin, soyons charitables envers ceux qui nous font souffrir, soyons magnanimes, sachons leur pardonner, à l’exemple de la petite Lucie qui, souffrant, de la part de sa mère, d’une injuste accusation, va supplier Notre-Dame de la guérir.

 

(On peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison et, ainsi, terminer chaque exercice)

 

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2 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Troisième jour

 

Lecture

 

De retour au village, Lucie rappelle, avant de se séparer, à ses petits compagnons la promesse de ne rien laisser transpirer de leur secret à n’importe qui, et chacun s’en va, ramenant son troupeau à la bergerie. À la maison d’Antonio Santos, on est déjà à table pour le souper. Lucie va s’asseoir à sa place, mais mange sans grand appétit. Le cœur lui bat fort dans sa poitrine et il lui semble que tout le monde devine sur son visage, le drame sacré de la Cova d’Iria. Elle évite même de parler, de peur que son émotion ne la trahisse dans le son de sa voix.

Ni Antonio, ni Marie-Rose sa femme, n’étaient de ces esprits curieux de nouvelles, maïs des gens de mœurs pures et simples, dont les aspirations ne vont pas au delà du cadre de leurs occupations journalières. De très rares fois, ils avaient fait le voyage de Leiria ou de Villa Nova de Ourem. Il n’y avait pas encore d’automobiles, et le pauvre peuple vivait, dans les villages, la vie patriarcale et chrétienne d’autrefois. Au soir de sa journée de travail, Antonio se rencontrait à l’auberge avec de pacifiques amis, pour s’entretenir de leurs affaires. Marie-Rose était une bonne personne n’aimant guère se déplacer, à cause de ses jambes impotentes, malgré son Âge relativement jeune. Après avoir fait la prière du soir en commun, Antonio sortit, et Marie-Rose alla s’asseoir sous la cheminée, Elle jeta sur le foyer une poignée de coques de maïs décortiqué et se mit à lire un chapitre de la Bible.

À la même heure, dans une autre maison, François, après avoir soupé et fait sa prière, monta se coucher tranquillement. Sa petite sœur Jacinthe, visiblement énervée, ne faisait qu’aller et venir dans la maison, ce qui attira l’attention d’Olympia, sa mère, qui lui intima l’ordre de monter dans sa chambre. La petite fille obéit, mais lorsqu'elle fut toute seulette, le souvenir de l’Apparition devint si intense, qu’elle ne put demeurer tranquille et elle courut vers sa maman, pour lui livrer le secret de son cœur, tant elle était bouleversée.

« Maman ! lui cria-t-elle, en jetant ses petits bras autour du cou d’Olympia, maman ! J'ai vu aujourd’hui Notre-Dame à la Cova d’Iria. - Que dis-tu là ? s’exclama sa mère avec étonnement, tu n’es pas assez sainte pour cela. - Je vous jure, maman, que c’est vrai ! François l’a vue aussi et Lucie également, reprend l'enfant. - Vous êtes fous tous ensemble ! » grogna Olympia, en fronçant les sourcils ».

Et comme Jacinthe insistait, sa mère leva la main sur elle prête à la frapper. « Mais, maman, puisque je l’ai vue, je ne peux pas dire le contraire ».

Une gifle bien appliquée sur la joue fut la seule réponse. Olympia ne souffrait pas la contradiction. Le père Marto était assis dans un coin, à moitié endormi, maïs le bruit le réveilla. Devant l’explosion de la colère de sa femme, il lui dit : « Pourquoi frappes-tu la petite ? Elle a besoin de sommeil, après la fatigue de la journée, il ne faut pas la malmener ».

Le lendemain, Olympia, obsédée par l’insistance de sa fille, résolut d’aller à la maison de Lucie, pour avoir des éclaircissements. Sans autre préambule elle demande à Marie-Rose, à brûle-pourpoint : « Lucie ne t’a pas parlé d’une prétendue apparition, à la Cova d’Iria, en compagnie de François et de Jacinthe ? »

Marie-Rose ouvrit de grands yeux étonnés et s’exclama, angoissée : « Lucie aurait vu une Apparition? Mais qu'est-ce que tu me dis là ? Non, elle n’en a soufflé mot ! - Interroge-la discrètement, insinua Olympia, nous saurons bien ce qui s’est passé, et nous chercherons le moyen d'empêcher nos deux familles de devenir la risée du village ».

Olympia se retira, Marie-Rose fort intriguée cherchait l’occasion d’éclaircir le mystère. Il se pourrait, pensait-elle, que quelque aventurier ait voulu chercher à mystifier de petits êtres innocents. Peut-être aussi, parfois, le démon, par d’occultes manœuvres, cherche à troubler de jeunes âmes ?…

Il lui tardait de savoir quelque chose de la bouche même de Lucie. Sa fille avait probablement la clef de l'énigme.

 

Réflexions

 

1° Notre Dame choisit pour confidents des enfants d’humble condition. Lorsque Marie veut confier à une créature un message céleste, elle s’adresse plutôt à des enfants de condition modeste. Celui qui devait béatifier l'esprit de pauvreté et maudire l'esprit de richesse, a voulu naître dans une étable et avoir pour premiers adorateurs des bergers. Il n’a voulu rien posséder en propre « pas même une pierre pour reposer sa tête » (Luc, 9, 58.) Quoi d'étonnant alors, que Notre Dame ait jeté ses regards sur les trois petits pastoureaux de la Cova d’Iria pour en faire les confidents de son message céleste ? Renversement des valeurs et étonnement pour les hommes. Les prétendues valeurs que le monde apprécie ne sont pas celles qu’estime le ciel, La Vierge s’est penchée sur les petits paysans d’Aljustrel parce qu’ils étaient pieux, humbles, simples et innocents.

2° Notre Dame aime les enfants dévoués à son culte. Nous avons vu comment les trois petits bergers, après avoir mangé sur l'herbe leur modeste et frugal repas du matin, d’un commun accord, récitent le chapelet. Ils avaient été formés à la piété par les parents qui commençaient par donner l’exemple, Ce sont les mères qui font passer leur piété dans le cœur de leurs enfants. « Les genoux de nos mères sont notre premier agenouilloir » (Joseph de Maistre). Là nous avons appris à bégayer les doux noms de Jésus et de Marie. Sublime mission de la mère qui ne voit pas, dans son enfant, seulement un corps à nourrir et à soigner, mais une âme à « élever », c’est-à-dire à prendre d’en bas et à faire monter vers Dieu. Cette ascension morale, c’est la mère qui la réalise par ses conseils, mais surtout par l'exemple d’une vie pleine de dignité et de sens chrétien.

3° Notre Dame aime les familles où sont en honneur les bonnes lectures. Nous avons constaté avec satisfaction qu'après avoir récité la prière en commun, Marie-Rose, la mère de Lucie, se met à lire un chapitre de l’Ancien Testament qu’écoute religieusement sa fille. Autrefois quand nos familles étaient bien chrétiennes, le premier livre de lecture qu’on lisait, souvent ensemble, c'était l'Histoire Sainte qui était un résumé de la Bible. Aujourd’hui tout cela est vieux jeu. La mode est aux romans policiers ou à des illustrés pour la jeunesse, dans lesquels les héros sont des gangsters, et la force des muscles remplace la vertu. Ajoutons la démoralisation qui vient encore de la fréquentation des cinémas par les enfants, sans discrimination aucune, facilitée par des parents trop insouciants. Aussi a-t-on vu s'établir en France des « tribunaux spéciaux pour enfants », jugeant des criminels de quatorze ans !…

Déplorons le manque de vigilance sur la lecture de ces romans mauvais qui font tant de mal à la jeunesse et sont trop souvent la cause de tant de catastrophes morales.


(On peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison et, ainsi, terminer chaque exercice)

 

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3 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Quatrième jour

 

Lecture


Le père de Lucie s’occupait soigneusement de l’éducation chrétienne de sa fille. Marie-Rose lui faisait étudier chaque jour sa leçon de catéchisme et l’obligeait à la lui réciter fidèlement, sans omettre un mot. L'enfant était réellement appliquée à écouter les explications de M. le Curé. Elle avait six ans à peine, lorsque le Révérend Père Cruz vint prêcher un Triduum dans la paroisse d’Aljustrel. Lucie désirait ardemment faire la communion et, poussée par son curé, elle demanda au Père Cruz de vouloir bien l’interroger sur sa capacité religieuse, afin qu’il lui fût permis de recevoir cette grande faveur. À toutes les questions posées Lucie répondit parfaitement. Elle eut donc l'immense joie d'être admise à recevoir, quoique bien jeune, Jésus dans son petit cœur. Marie-Rose s’appliquait à inspirer à sa fille l'horreur du péché, surtout du mensonge, et à cultiver l’innocence et la simplicité dans son âme d’enfant.

Ce matin-là, la mère filait la laine de ses brebis, dans le jardinet près de la maison, à l’ombre d’un figuier. Lucie l’aidait, assise près d’elle. Après un temps de silence assez long, Marie-Rose d’un ton très calme et le plus naturellement du monde, lui demanda : « Est-ce vrai, Lucie, comme je l’ai entendu dire, que tu aurais vu Notre Dame à la Cova d’Iria ? - Qui vous l’a dit ? fit la petite avec un sursaut de tout son être. - C’est-la mère de Jacinthe à qui sa fille l’a raconté. Alors est-ce vrai ? »

Lucie reprit : « Je n’ai pas dit que c'était Notre Dame, mais une dame très belle. J'avais pourtant bien recommandé à François et à Jacinthe de garder le silence ».

Marie-Rose la fit bien préciser : « Tu dis que c'était une dame ? - Oui, maman, une dame très jeune. - Et qu’est-ce qu’elle t’a dit cette dame ? - Elle m’a dit qu’elle désirait nous voir, François, Jacinthe et moi, revenir à la Cova d’Iria, pendant six mois de suite, le 13 de chaque mois, et qu’elle nous dirait qui elle était et ce qu’elle attendait de nous. - Mais comment avez-vous lié conversation avec cette dame ? Voyons, ma petite, conte-moi ça ? »

Lucie se mit alors à raconter à sa mère comment les choses s'étaient passées, et avec de tels accents de sincérité, qu’il n’était pas possible d’avoir le moindre doute sur la réalité des faits. Lorsque Lucie eut achevé, Marie-Rose se contenta de lui faire remarquer que, le mois suivant, il ne serait pas possible d’aller à Fatima.

« Tu sais bien que le 13 du mois de juin, c’est la grande fête de saint Antoine de Lisbonne ? Et puis tiens, il vaut mieux en finir. Assez de mensonges ! »

Lucie eut un soubresaut d’indignation. Devant une accusation si injuste elle s’écria : « Ma mère, si je mentais j'aurais peur que le bon Dieu me punisse ».

Un chien se mit à aboyer. Des gens passaient dans la rue. La mère et la fille se turent.

Dans la maison de la mère Olympia, avait lieu une scène un peu plus bruyante. Le petit François, tout seul, comparaissait pour un interrogatoire en règle. Ensuite ce serait le tour de Jacinthe, seule aussi, et la mère se réservait de confronter les dires de chacun. On avait bien fait la promesse à Lucie de ne parler à personne de la vision de Fatima, mais devant l’insistance de leur mère qui les menaçait de les envoyer se confesser au curé, s'ils avaient le malheur de mentir, ils avouèrent tout, l’un et l’autre. Le récit de François concordait parfaitement avec celui de sa sœur Jacinthe.

Olympia incrédule acheva de s’ancrer dans son idée. Pour elle, ses enfants mentaient, et Lucie avait, pour se donner de l'importance, échafaudé un roman parfaitement retenu par ses petits compagnons.

Elle appela Jacinthe pour lui infliger, ainsi qu’à François, le juste châtiment d’un mensonge habilement monté. De sa lourde main elle appliqua deux vigoureux soufflets sur la figure des deux petits.

« Tenez, leur dit-elle, je vous apprendrai à mentir. Ah ! vous avez vu des lumières, des lumières resplendissantes ?!.... Cette fois-ci vous pourrez dire que vous avez vu trente-six étoiles, et ce ne sera pas un mensonge ».


Réflexions


a) Toute personne raisonnable conviendra que la correction est nécessaire dans l’œuvre d'éducation des enfants. « La crainte est le commencement de la sagesse », dit le psalmiste. Les parents qui sont les premiers éducateurs de l’enfance doivent user de discrétion et apporter un tempérament à ce qui pourrait si facilement dégénérer en tyrannie. L’Apôtre dans une épître écrit : « Enfants, obéissez en toutes choses à vos parents, car cela est agréable dans le Seigneur. Pères n'irritez pas vos enfants, de peur qu’ils ne se découragent. » (Col., 3, 20, 21). La correction ne doit pas exclure la mansuétude, et le châtiment corporel doit être employé, en dernier ressort et à bon escient. Ce n’est pas par les coups qu’on forme des caractères, et l’on s’expose à de pénibles incidents.

b) Les petits voyants de Notre Dame avaient l’horreur du mensonge. Aussi quand sa mère demande à Lucie si c’est bien vrai qu’elle a vu Notre Dame, elle précise : « Je ne dis pas que c’était Notre Dame, mais une belle dame ». Et Jacinthe proteste qu’elle ne ment pas. « Je vous jure, maman, que j'ai vu Notre Dame, et non pas moi seule, mais Lucie et François également. Oui, c’est vrai, je L’ai vue ». Ainsi les Apôtres affirmaient la vérité de leur témoignage : « Nous avons vu le Christ ressuscité et nous ne pouvons ne point parler des choses que nous avons vues et entendues ». (Actes 4, 20).

a) Notre Dame a aussi choisi ces enfants a cause de leur tendre piété, pour leur ménager ces entrevues célestes. Piété envers Elle par la récitation fidèle du chapelet ; piété envers son Divin Fils, par la prière du matin et du soir et celle avant et après chaque repas, en famille. « Dieu premier servi ! » avait coutume de dire Jeanne d’Arc. Quand il en est ainsi, du même coup, c’est l'équilibre dans l’ordre social, la stabilité du foyer, le principe de toute discipline, la raison d’être de la Morale, le fondement du Droit et du Devoir. Sans religion, c’est l’anarchie, le désordre, la ruine des sociétés, des familles et des individus. « La piété est utile à tout, dit l’Apôtre, elle a les promesses de la vie présente et de la vie future » (1 Tim., 4, 8).

Mais la Vierge Marie nous a donné le Christ-Jésus qui s’est fait Pain et qui réside dans nos tabernacles. C’est pourquoi Lucie qui, dans l’âge le plus tendre, a été, sur son grand désir, admise au festin eucharistique, devait être une privilégiée de Marie. À cause de cette piété pour la sainte communion, le Père Cruz avait bien prophétisé d’elle, en la bénissant : « Aies un grand amour envers l'Eucharistie, lui disait-il, ma chère enfant, et Marie te gardera d’une manière spéciale sous sa protection ».


(On peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison et, ainsi, terminer chaque exercice)

 

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17 décembre 2017

Le Mois de Jésus Naissant

Le Mois de Jésus Naissant

Un mois proposé par l’Etoile Notre Dame

ND de l'Avent (2)

18 décembre

L'attente du Promis aux nations

 

« Voici que vous enfanterez un fils. Il sera grand ; on l'appellera le Fils du Très haut : le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son Père ; il régnera éternellement sur la maison de Jacob et son règne n'aura pas de fin » (Luc 2).

Voilà donc comment Dieu nous décrit le Messie qu'on attend ardemment et qu'on aime. Voilà comment Dieu révèle le mystère ineffable du Messie, de l'Homme-Dieu. C'est ainsi qu'il fut présenté par l'ange Gabriel à Notre Dame. Elle eut foi en Lui.. C'était les paroles mêmes du Roi David. Marie eut foi en la parole de l'ange. Elle dit alors : « Voici la servante du Seigneur ». C'est ainsi que l'ont reçu les Apôtres. Ils ont eu foi en Lui. C'est ainsi qu'il s'est présenté à nous. C'est ainsi que nous le recevrons, nous aussi, dans la foi. L'Avent est un temps d'espérance. A la naissance de Jésus, toutes sortes de promesses divines que Dieu avait faites auparavant se sont réalisées. Pour nous, Noël n'est ainsi pas seulement une fête marquée par le recueillement ou les traditions, mais c'est également la confirmation que Dieu réalise tout ce qu'il a promis. Cela nous conforte dans l'assurance de la foi, selon laquelle toutes les promesses qui se rapportent à la seconde venue de Christ se réaliseront bientôt à leur tour. Le temps de l'Avent doit nous inciter à avancer vers la venue de Christ dans le silence et la profondeur. Comme il est dit dans ce cantique connu :

 

« Ouvrez les portes de vos cœurs

et accueillez le Rédempteur !

Qu'il soit chez vous le bienvenu,

Car il apporte le salut !

Il vient avec ses dons parfaits,

Il vous promet bonheur et paix.

Louez avec ferveur

La grâce du Seigneur ! »

 

Méditation

 

O mon âme ! L'Avent est bien davantage que la période précédant Noël. Car l'Avent te rappelle en même temps le retour de Jésus-Christ. Jésus-Christ a prévu de revenir. Crois-tu, ô mon âme en la promesse du retour de Jésus-Christ. Il revient pour prendre les siens d'entre les morts et les vivants auprès de lui. Cet événement n'est pas le Jugement Dernier, mais l'enlèvement de l'Épouse de Christ pour les noces de l'Agneau (Ap 19,7). Le retour de Jésus est comme un événement proche et certain, vecteur du salut et de la communion avec Christ, et, par conséquent, source de réconfort dans les détresses (Romains 8, 17-18). Sois dans la joie, ô mon âme, car celui qui tient toujours ses promesse va revenir et c'est cette Bonne Nouvelle qui continue à être adressée à tous les hommes.


Prière

 

Mon doux Rédempteur, je ne serai pas plus longtemps insensible. Donnez-moi la grâce de devenir un apôtre qui répandra jusqu'au bout du monde la Bonne Nouvelle. Je ne veux pas seulement attendre passivement, mais travailler à cette œuvre de salut, de joie, d'espérance et d'amour.


Résolutions : Je regarderai les pauvres comme les membres de Jésus. J'aurai la plus grande confiance dans l'efficacité de leurs prières. Je tâcherai de les consoler du mépris que le monde affecte de leur témoigner. Lorsque je m'adresserai à Dieu pour le prier, je travaillerai à avoir un grand recueillement et une grande ferveur.

 

Un je vous salue Marie

 

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1 décembre 2017

Le Mois de Jésus Naissant

Le Mois de Jésus Naissant

Un mois proposé par l’Etoile Notre Dame

 

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2 décembre

La désobéissance d'Adam

 

« Le Seigneur Dieu chassa Adam du jardin d'Eden, pour qu'il cultivât la terre, d'où il avait été pris. C'est ainsi qu'il chassa Adam; et il mit à l'orient du jardin d'Eden les chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le chemin de l'arbre de vie. » (Genèse 3, 23-24)

A peine le premier homme eut-il enfreint les ordres de son Créateur, qu’il recueillit les fruits amers de sa désobéissance. Banni du jardin de délices qui lui avait été donné en partage, il se vit errant sur une terre ingrate et solitaire, privé de la contemplation des ineffables beautés qui avaient enchanté les premiers moments de sa création. Il ne conservait de son bonheur primitif qu’un souvenir désespérant qui semait d’amertume les jours de son exil. L’affliction et la douleur qui lui étaient inconnues lorsqu’il vivait sous l’heureux empire de l’innocence s’attachèrent à lui pour ne plus le quitter. Les horreurs de la mort qu’il devait subir un jour commencèrent à se dévoiler autour de lui. Ces funestes effets d’une désobéissance aux ordres de Dieu, ne se bornèrent pas à causer le malheur du premier homme : ils s’étendirent dans la suite sur tout le genre humain, dont il était le père. Cette révolte fatale, semblable à une sève empoisonnée, gagnant toutes les branches du grand arbre de la création, altéra dans chacune d’elle tous les germes de la vie.

Quelles ressources restaient alors au genre humain dégradé ? Pouvait-il espérer une réconciliation avec le ciel ? Tout paraissait perdu pour lui. Le prince des ténèbres s’applaudissait de son déplorable triomphe. Mais le Verbe de Dieu, par lequel toutes choses ont été faites, et dans qui réside la plénitude de la vie, avait arrêté, de toute éternité, le grand ouvrage de notre rédemption : il s’était offert, avant tous les siècles, à son Père comme victime d’expiation pour les péchés des hommes. Après la chute de l’homme, le Fils de Dieu renouvela cette offrande de lui-même qu’il avait faite à son Père de toute éternité.

Quels prodiges d’amour de la part de Jésus-Christ ! Tandis que l’éternelle Justice s’apprête à frapper le genre humain d’une réprobation universelle, ce Fils adorable quitte la droite de son Père et se prosternant à ses pieds, lui dit : « Mon Père ! Il est vrai, les hommes sont bien coupables. Mais n’y a-t-il pas, pour satisfaire votre justice, d’autre moyen que celui de prononcer une sentence de mort sur cette créature que vous avez formée à votre image ? Les trésors de votre miséricorde n’offriraient-ils à tant de malheureuses victimes aucune ressource pour échapper aux redoutables effets de votre justice ?

O mon Père ! Voyez ce Fils admit de toute éternité à la participation de vos divins attributs : il est prêt à se revêtir de l’humanité et à s’offrir en holocauste pour le salut de votre créature infidèle. Offrez votre fils pour toutes les iniquités du monde. Mais épargnez l’homme. »

 

Méditation et prières

 

O mon âme ! As-tu jamais sérieusement médité sur la grandeur de ce mystère ? Pour expier tes fautes, pour te sauver de la mort, le Fils de Dieu, égal en tout à son Père, interrompt en quelque sorte l’éternel repos de sa gloire, et s’anéantit pour te vivifier ! Qu’il faut que ton salut lui soit cher ! Ne semble-t-il pas que son bonheur resterait imparfait, s’il ne pouvait réussir à te réconcilier avec son Père ? Si la désobéissance a été pour toi la source de tant de misères, tu peux t’écrier : « Heureuse faute qui a mérité un si grand Rédempteur ! »


Un Je vous salue Marie

 

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27 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Vingt-huitième jour

Le modèle accompli des instituteurs

 

Je tiens d’autant plus à offrir saint Joseph pour protecteur aux instituteurs et aux institutrices, que leurs fonctions sont toujours très délicates, très pénibles et assez mal rétribuées. Il faut tant de qualités, tant de ressources et surtout tant de vertu pour être instituteur de l’enfance, qu’en vérité j’en suis saisi, étonné, stupéfait ! Et je crois que ce n’est pas trop que le ciel se mette avec les hommes de cœur, de talent et de foi chrétienne pour en former un qui soit accompli, au moins capable de remplir dignement cette tâche si laborieuse, si importante par les conséquences d'une portée infinie.

De quoi s'agit-il, en effet, pour l‘instituteur ? d’ébaucher, de façonner, de former des hommes. Dieu en l’appelant à cette grande, noble et périlleuse vocation, a semblé lui dire : « Prenez soin de ces enfants ; donnez-leur l’instruction et le bon exemple, nourrissez leur âme du pain de la vérité, éclairez leur intelligence et formez leur cœur ; perfectionnez mon image que j’ai gravée en eux. Leurs inclinations, leurs vertus ou leurs vices, leur influence bonne ou mauvaise sur leurs contemporains, dépendra en partie de vos soins ou de votre négligence, comme aussi des soins ou de la négligence de leurs parents. Je vous demanderai un compte d’autant plus rigoureux de ces enfants, qu’ils sont un dépôt infiniment précieux, comme aussi je vous récompenserai amplement du zèle, de la vigilance et des soins que vous. aurez employés pour eux ». Certains sont encore sous cette influence funeste que nous a léguée l’esprit philosophique du siècle dernier, que nous naissons méchants ! Sans doute nous naissons avec le germe des vices et des vertus, mais nous ne sommes alors ni méchants ni bons. Ce qui nous rend tels, plus tard, c‘est la mauvaise ou la bonne instruction et surtout l‘éducation que nos parents et nos maîtres nous donnent. D’où il suit que l’enfant élevé par des parents chrétiens et des maîtres chrétiens, sera autrement formé, plus vertueux, meilleur que l‘enfant confié à des mains impies, même simplement incapables.

Certes, je ne veux pas donner ici de préceptes aux Maîtres sages, intelligents et vertueux qui me liront ; ce serait de ma part une présomption inqualifiable, je tiens seulement à leur montrer, et aux parents, combien il importe pour les enfants qu’ils reçoivent dès leur premier âge une instruction et une éducation capables de les incliner à l’honnêteté, à la politesse, à la vertu pour toute la vie.

Quand on observe la plupart des hommes, on sent avec une peine navrante, qu’ils ne sont pas ce qu’ils auraient pu devenir, par ce que quelques uns sont devenus. Ont-ils même des qualités éminentes, nous leur voyons avec d’autant plus de regret certains défauts qui forment avec celles-ci un contraste choquant, et qui semblent appartenir moins essentiellement au fond même du caractère. Le mot : « Quel dommage ! » nous échappe en parlant de ceux que nous admirons le plus, et peut-être est-il susceptible de s’appliquer à tout le monde. Mais comment exprimer sa douleur quand on voit à côté de cela une infinité d’hommes pervers, méchants, cruels, pour n’avoir pas été bien élevés : « Ah ! quel malheur ! » dit-on, oui sans doute, c’est le plus grand des malheurs, d’autant plus qu’il est irréparable, comme je l’ai prouvé ailleurs par les Livres Saints, surtout dans mon ouvrage Femimiana.

Je dis donc aux mères, aux instituteurs et aux institutrices : « A vous le devoir de perfectionner le genre humain. En formant cet enfant, vous gouvernez peut-être le monde ; vous devenez ou sa vie morale ou sa complète corruption, selon les principes avec lesquels vous l’instruisez et vous faites l'éducation de son cœur. Voyez ce que le monde d’alors vous devra de bénédictions ou d’anathèmes, de reconnaissance ou de haine, parce qu’il aura reçu de vous, par l'esprit d'instruction et d'éducation que vous aurez légué à la postérité dans la personne de vos enfants.

C’est surtout en ce qui concerne l’instruction et l’éducation des petites filles, que j’appelle l’attention des institutrices et des mères. Les premiers éléments ont pour elles une portée immense. Ces filles deviendront mères, et à leur tour formeront des hommes, d’autres mères, qui se succéderont dans ce rôle ; mais si ces filles ont été mal instruites, mal élevées, mal dirigées, elles deviendront le supplice de leurs maris, le tourment de la famille, la honte et l’0pprobre de la société. On parle de révolutions, d'émeutes, de crimes dans l’Etat ; la femme impie, frivole, cruelle, en est la cause principale. C'est la une vérité capitale contre laquelle personne ne peut prescrire. De la femme le salut ou la perte des nations !

Instituteurs, institutrices et jeunes mères, prenez pour modèles, si vous voulez l’avoir pour protecteur, le bienheureux Joseph dans sa manière d’instruire et d'élever le saint Enfant Jésus. Faites suivant ce parfait modèle. Comme lui traitez l'enfance avec respect, amour et vigilance. Ne considérez pas les enfants selon la nature, car il arriverait que leurs défauts physiques ou moraux vous repousseraient, ralentiraient.vos soins; mais considérez-les selon la foi et la religion, comme étant les membres et les frères du Christ, les temples de l’Esprit-Saint, les héritiers de la gloire éternelle pour laquelle vous les devez préparer. Apprenez-leur à connaître, aimer et servir Dieu, leur Créateur ; Jésus, leur Sauveur. le Saint-Esprit, leur sanctificateur, et généralement tous les devoirs qu’ils ont à remplir vis-à-vis eux-mêmes et le prochain.

Croyez-le bien, votre dévouement ne sera pas sans fruit ni sans récompense. Jésus-Christ tiendra pour fait à lui-même ce que vous aurez fait à l'un de ces petits. Les parents vous béniront. si quelques-uns se montraient ingrats, car c’est souvent la récompense qui attend ces vrais Amis de l’enfance, surtout ces bons Frères des écoles chrétiennes et ces saintes Filles de la charité et autres, qui renoncent à toutes les jouissances de la famille pour instruire les enfants, dont les services d'une valeur infinie devraient être plus appréciés et mieux payés, hé bien, alors votre conscience vous rendant un bon témoignage, et Dieu qui a vu vos efforts persévérants, vous en dédommageront amplement par un moyen quelconque/ Priez saint Joseph de vous obtenir abondamment l'esprit d'un véritable instituteur de l’enfance, dont il fut doué lui-même à un si haut degré, et de vous secourir dans toutes les circonstances difficiles de l’enseignement.

On ne saurait douter de l'empressement de saint Joseph à aider les instituteurs et les institutrices de l'enfance dans leurs pénibles fonctions, quand ils l’en prient avec foi, et même alors a les guérir dans leurs maladies, s’il plaît au Seigneur. La protection de ce grand Saint n’est pas moins assurée aux petits enfants pour lesquels leurs maîtres ou maîtresses implorent son très-puissant secours.

 

Exemples

 

Un petit garçon d’un asile avait bien mal aux yeux depuis longtemps, et depuis quatre jours, il était resté sans voir la lumière, la sœur avait inspiré à ces tout jeunes enfants une tendre dévotion à l’auguste époux de Marie ; l’enfant pria .si bien saint Joseph à la maison paternelle, qu’au bout de quelques jours le mal disparut complètement à la stupéfaction des voisins et de la sœur elle-même.

Nous extrayons ce qui suit de la dévotion à saint Joseph inspirée à la jeunesse par le très Révérend père Huguet, l‘infatigable propagateur du culte de saint Joseph : Une Sœur converse était chargée d’une classe gratuite fréquentée par de petites filles pauvres. Cette bonne sœur, très dévote à saint Joseph, se faisait un devoir d’inspirer à ses élèves les sentiments qui l’animaient. Il ne se passait pas de semaine qu’elle n'eût un mot à leur dire en l'honneur du saint époux de Marie. Arriva le mois de Mars. La pieuse maîtresse, voulant bien fêter saint Joseph pendant le mois consacré à son culte, recourut à toutes sortes d’industries pour entretenir la dévotion de ses enfants. Une des industries qu'elle mit en œuvre, dès les premiers jours, ce fut de leur faire écrire de petites lettres à saint Joseph. « Vous direz, mes enfants, au bon saint Joseph, ajouta-t-elle, tout ce que vous voudrez ; que chacune réfléchisse en son particulier sur les demandes qu’elle a à lui faire, puis elle les écrira comme elle l’entendra. Quand les lettres Seront faites, vous me les remettrez, et je les déposerai cachetées au pied de sa statue, elles y resteront jusqu’à la fin du mois ». La maîtresse fut obéie, les lettres ingénieusement cachetées furent déposées sur le piédestal de la statue de saint Joseph. Le mois de mars se passa dans cette classe d'une manière exemplaire. Ensuite les lettres furent ouvertes. Rien ne peut s’imaginer de plus édifiant que ce qu’elles contenaient. En voici quelques-unes qui avaient été écrites par des enfants de dix à onze ans : « Grand saint Joseph, écrivait l’une, je vous en prie, bénissez mon père et ma mère, obtenez-leur les grâces dont ils ont besoin pour faire leur salut ». La petite fille qui écrivait cela n'avait pas dix ans. Une autre disait : « Mon glorieux protecteur, priez pour ma famille, faites y régner l’union qui était dans la vôtre. Vous savez bien que j’ai des parents qui sont un peu en désaccord; faites qu’ils s’aiment davantage et qu’ils se pardonnent mutuellement ».

Remarquons, en passant, que cette demande fut pleinement exaucée ; elle le fut avant la fin du mois. Une autre enfant écrivait a saint Joseph : « Grand protecteur des mourants, obtenez à tous mes parents, je vous en supplie, la grâce d'une bonne mort, et qu’ils reçoivent tous les derniers sacrements quand le bon Dieu viendra les chercher ». Une autre, plus jeune que la précédente : « Mon bon père saint Joseph, vous savez bien pourquoi je vous écris et ce que je désire le plus, c’est que tous mes parents fassent leurs Pâques, qu’ils servent bien le bon Dieu pour mériter d’aller le voir au ciel, mais pas encore. Faites aussi, mon bon père, que nos vers à soie aillent bien cette année, que nous ayons des pommes de terre et un peu de blé. Pour obtenir ces grâces, je chanterai tous les jours votre cantique, je dirai vos litanies, et je serai toujours votre petite servante ». La plus pauvre de ces petites, une enfant si misérable, qu’elle n'avait que des haillons pour se couvrir, avait écrit ces lignes attendrissantes : « Aimable saint Joseph, qui avez été toujours pauvre, qui avez gardé l’Enfant Jésus qui a voulu être pauvre pour nous, obtenez-moi la grâce d’aimer toujours ma pauvreté ; que mes parents l'aiment aussi, qu’ils ne murmurent point contre le bon Dieu, qui nous veut pauvres et, par conséquent, plus semblables à son divin Fils. Oh ! Que nous sommes heureux ! »

 

Recommandation des élèves à saint Joseph

 

O bienheureux Joseph, dès vos tendres années votre cœur s'est donné au Seigneur, votre âme s’est épanouie a son saint amour, se fermant à l'amour trompeur et passager des richesses de la terre. Voilà pourquoi, aimable Joseph, vous avez mérité d’être le maître et le guide particulier de Jésus, aux beaux jours de son enfance et de sa jeunesse, voilà pourquoi vous aimez tant les enfants et les jeunes gens. O très saint Joseph, la divine Providence m'a confié des enfants, et m'a chargé de travailler à leur instruction et surtout à leur éducation; daignez donc me prêter votre concours, former mon cœur aux sentiments du vôtre. Par votre sagesse suppléez à mon inexpérience. Par votre prudence, sauvez-moi de ma présomption. Enfin donnez-moi toutes les dispositions nécessaires pour contribuer de tout mon pouvoir à élever chrétiennement ces enfants. Je vous les recommande tout particulièrement, je les place dans votre Cœur vénérable, bénissez-les tous comme formant votre famille, et ne permettez jamais qu'aucun d’eux s'égare dans les voies du libertinage ou de l’impiété ; mais plutôt faites qu'ils deviennent des copies parfaites du saint Enfant Jésus, formé à votre école, quoiqu’il fût le souverain Maître des maîtres. Ainsi soit-il.

 

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17 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Dix-huitième jour

Saint Joseph, refuge des pécheurs

 

Les Égyptiens reconnaissants des tendres soins de Joseph pour les préserver de la famine lui dirent avec acclamation : « Notre salut est entre vos mains ». Jacob a dit cela du roi d’Egypte, mais, dit saint Bonaventure, il est mieux à nous de le dire à la Vierge Marie : Dans vos mains est notre salut ! Notre vie, notre allégresse perpétuelle, et notre éternité de gloire dépendent de vous. Consolez-nous dans le lieu de notre exil, et relevez-nous de notre indigence. Si nous pouvons parler ainsi à Marie, d’après ce grand et insigne Docteur, pourquoi ne pourrions-nous pas tenir le même langage à notre bien-aimé saint Joseph, que figurait l’ancien Joseph, fils de Jacob ? N’est-ce pas lui qui a nourri notre Sauveur, qui l'a si souvent porté dans ses bras, pressé sur son sein avec un amour infini, couvert de ses chastes baisers et de ses tendres pleurs, comme le dit si bien le saint Chancelier Gerson dans son poème « Josephina » ? Puisque saint Joseph a eu l’autorité sur notre Sauveur ; l'auteur de notre salut, il est donc bien juste que nous leur disions : « Notre salut est dans vos mains ! » Quelque pécheurs que nous soyons, nous ne pouvons pas hésiter d’invoquer votre Cœur si miséricordieux, qui a le pouvoir de nous délivrer des chaînes de nos iniquités, et de nous réconcilier tout de bon avec Jésus-Christ.

Qui pourrait dire avec quelle sollicitude notre saint. Joseph dont les sentiments sont formés sur ceux des Cœurs de Jésus et de Marie désiré le salut des pauvres pécheurs ; il voudrait à tout prix les préserver de la famine éternelle à laquelle sont condamnés les malheureux réprouvés, qui pleureront toujours ou de n’avoir pas connu, ou de n’avoir pas voulu profiter des ressources que la Providence leur avait ménagées dans le patronage de saint Joseph. Notre Saint a été élevé.afin de, sauver plusieurs peuples. C'est aux pêcheurs, qui sont tant à plaindre, de venir à ce puissant intercesseur 'et de ,lui dire avec le peuple d’Egypte : « Notre salut est entre vos mains, nous sommes disposés à revenir à notre Dieu ; vous, ô bienheureux Joseph, couvrez-nous de votre protection ! »

Saint Joseph est bien le protecteur des pécheurs, mais non des péchés ; qu'on note cette différence que je tiens à établir ici, c’est-à-dire qu’il ne peut accorder son appui et son intercession qu’à ceux des pécheurs sincèrement résolus d’en finir avec le mal et de se donner à Dieu par une volonté prononcée. A ceux-là le fidèle saint Joseph se fait leur médiateur auprès du Christ, et il le prie de vouloir bien les recevoir dans sa grâce. il les considère dans l'inimitié de Dieu, placés sous l‘empire de Satan, penchés sur le bord de l'abîme infernal, et pouvant à tout moment y être précipités. Il lui suffit de se rappeler tout ce que ces pécheurs ont coûté à Jésus-Christ, pour sentir ses entrailles émues de compassion, et pour remplir les actes de son zèle divin. Dieu soit béni et glorifié à jamais ! Dans son inépuisable miséricorde, il a fait en quelque sorte de saint Joseph son ministre, son plénipotentiaire, son trésorier général en faveur des malheureux, comme s’exprime le Frère Philippe. Et ce charitable Patriarche, fidèle à sa mission, puise à pleines main ; dans les trésors divins, pour venir au secours des infortunés pécheurs. Pour eux il supplie Dieu le Père, le conjurant de pardonner à ses créatures ingrates ; pour eux il supplie Dieu le Fils, lui rappelant toutes les peines et les travaux de sa vie mortelle soufferts pour leur salut; lui disant que puisqu’il n’est pas venu sur la terre appeler les justes, mais les pécheurs, il ait à les recevoir au baiser de la réconciliation; pour eux il intéressé Dieu le Saint-Esprit, le priant d'envoyer et ces coupables égarés, des grâces de lumière et de force afin qu’ils reconnaissent leurs erreurs et reviennent à la vérité, à la vertu ; pour eux enfin, il conjure son épouse sainte Marie, qui est aussi leur asile, leur espoir, leur, salut de joindre ses prières aux siennes, afin de fléchir sûrement le Dieu des miséricordes en leur faveur, tandis qu'il en est temps encore !

C’est donc un fait établi, constant et irrécusable que saint Joseph est le grand, le fidèle, le puissant avocat des pécheurs. Quand chacun voudra en faire l‘essai pour ceux des membres de leur famille, ou de leur connaissance qui ont le malheur de vivre sans Dieu, je me pose volontiers garant du succès qui leur est assuré. Car jamais, dans cette circonstance, on s’est adressé en vain au Cœur très clément de notre bon saint Joseph. Certes, si la Vierge peut obtenir et impétrer toutes les grâces aux plus grands pécheurs, dit le père Bernard à Chrypta, pourquoi penseriez-vous que la très ardente charité de Joseph, son époux, n’en fasse pas autant ? Douter de cette vive tendresse et de ce pouvoir de saint Joseph serait blesser le Cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ, serait affliger le Cœur de saint Joseph qui s’est imposé tant de sacrifices lorsqu'il était sur la terre, afin d'entretenir et de sauver la vie du Sauveur des pécheurs.

Oh ! que Joseph comprend trop ce qu’il en a coûté à Notre Seigneur pour le salut des âmes, pour les voir de sang froid périr éternellement, pour ne pas s‘intéresser maintenant à tout ce qui peut directement ou même indirectement contribuer ‘à leur faire obtenir et mériter la grâce du salut éternel. Infini est le nombre des pécheurs convertis par les intercessions de saint Joseph, qui lui doivent la gloire dont ils jouiront dans le ciel. Pêcheurs, ne cessez donc pas de demander miséricorde au Seigneur en considération de Celui qu'il a bien voulu regarder et honorer ici-bas comme son père. « Purifiez vos mains, pécheurs, dirai-je avec saint Jacques, c’est-à-dire renoncez à vos œuvres d‘iniquités, et saint Joseph accueillera plus volontiers vos supplications ; il vous mettra bien avec Notre Seigneur ; et sans crainte vous vous approcherez de ce Dieu qui, lui aussi, s'approchera de vous. Alors vous goûterez combien le Seigneur est doux et qu’heureux est l'homme qui espère en lui ».

Le pieux saint Alphonse de Liguori fait cette réflexion bien encourageante : quand, dit-il, Jésus Christ vivait sur la terre, s’il y avait eu un pêcheur qui eut désiré obtenir du Seigneur le pardon de ses péchés, aurait-il pu trouver un moyen plus sûr d’être exaucé que l'intercession de saint Joseph ? Si donc, conclut ce saint Père, nous désirons être pardonné de Dieu, recourons à saint Joseph, qui maintenant dans le ciel est plus aimé de Jésus Christ, que lorsqu’il était sur la terre. Qui craindrait d’approcher d’un Saint si aimable et si bon que l’est saint Joseph, et qui donc pourrait légitimement s’excuser si à l’aide de sa protection il n’obtenait pas sa réconciliation avec Dieu ?

 

Exemple

 

L'Isolano raconte qu’un gentilhomme vénitien avait pris la pieuse habitude de prier chaque jour devant une image de saint Joseph ; mais du reste, il paraissait fort peu s’occuper des pratiques de piété les plus indispensables et de l’observation de la loi de Dieu. Il tomba grièvement malade, et le danger devint pressant, tant pour l’âme que pour le corps. Heureusement pour lui, dans le temps ou son état paraissait désespéré, un médecin céleste, saint Joseph vint à son secours Le malade vit de ses yeux entrer dans sa chambre un personnage parfaitement ressemblant à l’image qu’il était dans l’usage de saluer tous les jours. Cet aspect inattendu semblable à un rayon de soleil qui pénètre en un lieu obscur, bannit en un instant les ténèbres de son aveuglément. Il vit clairement et distinctement tous ses péchés au milieu desquels il avait vécu si longtemps insensible, et il en conçut une profonde horreur accompagnée de la plus vive contrition. Ce n’était pas assez, il se hâta de les confesser tous et avec larmes. Mais la grâce la plus singulière que lui fit son généreux Protecteur fut qu'à ce moment précieux où le prêtre terminait la formule de l’absolution, l'heureux pénitent rendit l'âme à son Créateur; et l’on peut bien croire que saint Joseph aura lui-même accompagné cette âme jusqu'aux pieds du ,souverain juge, pour la défendre encore s’il en eût été besoin.

 

Soupirs du pêcheur vers saint Joseph

 

Auguste Père nourricier du Sauveur, Virginal Epoux de Marie, tendre Refuge du pêcheur que le remords poursuit, Porte du pardon toujours ouverte à ceux qui veulent revenir au Seigneur, secourez un pauvre et malheureux pécheur qui veut, avec votre aide, se relever de ses chutes. Vous qui par un prodige inouï, avez commandé au Dieu de la nature, Joseph dont le crédit maintenant n’est pas diminué, et dont les prières sont victorieuses de Dieu même, obtenez-moi un prompt retour à la vertu, une sainte componction de mes fautes passées, avec la grâce d‘en faire une digne pénitence. Ainsi soit-il.

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30 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Trente-et-unième jour

Le libérateur fidèle des âmes du Purgatoire

 

« Je crois la communion des saints : Credo communionem sanctorum ». Cette profession de foi de notre sainte Mère l'Église catholique, sert de fondement à tout ce que je vais dire de la protection de saint Joseph sur les âmes du Purgatoire. Car dès qu’il est de foi que les saints qui sont dans le ciel peuvent prier pour nous, il est hors de doute également qu’ils peuvent aider de leurs prières les âmes qui souffrent et qui gémissent dans les feux purifiants du Purgatoire, je dis qu'ils peuvent prier et.non pas qu’ils peuvent mériter : distinction à faire. Je ne parlerai pas des grandes nécessités de ces saintes âmes, ni de l'immensité de leurs peines qui, à peu près égales à celles qu’endurent les damnés dans l’enfer, ne sont adoucies que par la certitude où sont ces âmes d’être dans l’amitié de Dieu et le posséder bientôt dans le ciel. Je dis bientôt, mais ce terme ne peut être usité que relativement a l’éternité, puisqu'il est constant que certaines de ces âmes resteront dans ces feux dévorants jusqu’au jour du dernier jugement, à moins que les prières et les bonnes œuvres des fidèles n’abrègent cette durée. Voyez donc comme il importe de prier pour les âmes du purgatoire et d’intéresser en leur faveur Marie la Mère des miséricordes et saint Joseph leur doux Protecteur. Jésus-Christ dont elles sont les épouses sera satisfait de notre zèle à cet égard, et il nous comblera, dès cette vie même, de ses grâces et de ses bénédictions.

Un ancien poète à dit que Dieu logeait les bienheureux dans les Champs-Élysées, comme dans le lieu de leur félicité, afin qu'ils se souvinssent des vivants et des morts, qui n'étaient pas encore auprès d’eux, et qui pourtant leur devaient un jour tenir compagnie. Et Lucas Tudensis avance que si les saints qui étaient morts avant la passion de Jésus Christ, et qui étaient dans le sein d’Abraham ont prié tant pour ceux qui leur survivaient, que pour les justes trépassés qui en avaient besoin, il est Plus évident que ceux de la loi de grâce qui règnent au ciel avec Jésus-Christ, prient non seulement avec plus d’efficacité, que ne le faisaient ceux qui étaient privés de sa me, mais encore avec un si grand avantage, qu’il tient pour certain, qu'ils délivrent par leurs prières et leurs intercessions les uns et les autres des misères qui les accablent. C'est ce qui me fait Conclure, avec le même Docteur, qu’il est très utile de prier les saints pour nous et pour les âmes des défunts. Un texte de l’Apôtre saint Pierre confirme bien cette vérité.

On y voit que ce saint promet aux fidèles, qu’il aura soin après sa mort qu’ils puissent se Souvenir des choses qu’il leur a dites. D‘après l’interprète Calmet, on peut donner ce sens : « J’aurai soin, même après ma mort, de me souvenir de vous, pour intercéder pour vous auprès de Dieu, et lui présenter vos besoins ; c’est du reste le Sens reçu par saint Jeàn Chrysostôme, saint Piere Damien, Salméron, Bellarmin, Suarez er Gagnée. « Ce qui nous apprend, dit notre Maître de Saci, après saint Chrysostôme, à avoir beaucoup de confiance dans les prières et la charité de ces grands hommes, que la mort même ne sépare pas de nous, et qui ont dans le ciel la même charité pour nous que lorsqu’ils vivaient sur la terre ». Ce doit être la une grande consolation pour les fidèles qui peuvent prier saint Joseph pour leurs amis et parents défunts.

Certes, si l’évêque Jonas a pu écrire que saint Pierre, aujourd’hui assis sur un trône de gloire dans le ciel, ne gouverne pas moins l'Église: militante que lorsqu'il en était le chef visible, je suis autorisé à dire que saint Joseph n’est pas moins puissant pour aider les âmes du Purgatoire, qu’il ne l'était pour protéger de son vivant ceux qui s’adressaient à lui à l’effet d’obtenir des grâces du Sauveur. L'Église elle-même convaincue de cette vérité si consolante, a voulu, dit un Ancien, prier les saints avant et après le memento des morts à la Messe, pour témoigner de l’agrément qu'ils ont d’être implorés pour eux et du soin avec lequel ils négocient leur soulagement ou leur délivrance. Jugez, d’après cela, du crédit de saint Joseph qui joint le pouvoir à la volonté en faveur de ces nobles âmes. Sans doute, l'intercession des autres saints est bien utile, bien efficace, bien salutaire pour ces pauvres âmes, hélas ! Trop oubliées, surtout quand on en prie un grand nombre, car, dit Tostat, Dieu est plutôt fléchi par plusieurs qui le supplient, il les écoute plus favorablement qu'il ne le ferait d’un seul ; mais ma conviction est qu’il en est de l’intercession de saint Joseph comme de celle de la très sainte Mère de Dieu, qu'à elle seule elle vaut toutes celles des autres saints qui prient en qualité de serviteurs et d’amis, tandis que saint Joseph prie en Père. Et que pourrait refuser Notre-Seigneur aux prières de celui à qui il doit sa vie humaine en quelque sorte et auquel il fut si soumis sur la terre ? surtout dans une cause qui lui est si agréable, puisqu’il s’agit de lui rendre ses épouses qui gémissent loin de lui dans les sombres cachots du Purgatoire.

Gerson, ce Saint et savant Chancelier de Paris, comme le nomme le Père Jean Grasset, de la Compagnie de Jésus, Gerson estime que le jour où le mariage de saint Joseph avec la bienheureuse Vierge eut lieu, les saints de l’ancien Testament qui étaient aux limbes, eurent connaissance des grâces spéciales de cette solennité ; qu’ils en furent joyeux, car leur rédemption approchait. Il est à croire, ajoute cet incomparable Docteur, cet Oracle, dit encore Grasset, que plusieurs des prisonniers du purgatoire en furent délivrés et élargis, en l’honneur et faveur de ce joyeux saint et glorieux mariage. Au surplus, conclut-il, nous pouvons religieusement penser que toutes les fois que nous, pécheurs, faisons mémoire honorable de ce mariage, nous en rapportons les biens et les aumônes de grâce et de pardon , de spirituelle joie et de dévotion. C’est encore le sentiment de ce Docteur, que chaque fois que nous faisons mémoire des , fêtes de la très sainte Vierge et de saint Joseph, nous pouvons soulager les âmes du purgatoire, en leur appliquant cette bonne œuvre per modum Suffragii.

Un bon moyen pour obtenir un grand soulagement ou une prompte délivrance lorsque nous serons nous—même dans les feux purifiants du purgatoire, c’est d’assister de tout notre pouvoir ces pauvres âmes qui à ce moment y sont détenues. Une fois qu’elles seront dans le ciel où il n'y a plus d’ingratitude, où la charité est dans sa perfection, elles prieront à leur tour pour nous.

D’autre part, il importe pour nous, que nous vivions de manière à ne pas passer par le purgatoire, ou à n’y demeurer que peu de temps. « Étrange oubli de notre foi ! s’écrie le.vénérable Curé de Saint Sulpice. Nous savons que les peines du purgatoire seront le châtiment de toute parole contre la vérité, contre la charité ou l'humilité, de tout acte de sensualité et de recherche de nous-même, de toutes les saillies de l'humeur, de toutes les complaisances de la vérité, de tous les moments perdus ou mal employés, et malgré cela nous nous les permettons ! Quelle folie de s’exposer pour si peu à de si grands châtiments, et de nous permettre si facilement ce qui doit avoir pour nous des suites terribles ».

Il en coûte sans doute pour mener une vie vraiment chrétienne et qui puisse nous exempter du purgatoire. Mais que dit la prudence ? que de deux maux, il faut toujours choisir le moindre. Saint Joseph, d'ailleurs, a fort à cœur que pour que nous l’honorions dignement, nous vivions saintement. Donc serrons-nous auprès de la sainte Croix de Jésus-Christ. « Tous, il me semble, écrit Gerson, aune personne tentée, tous désirent être avec Jésus-Christ; mais peu veulent suivre la vie de Jésus-Christ... Le grand nombre des hommes charnels souhaitent de longs jours, et les voluptés de la terre; leur regard oublie le ciel, ils ne songent pas combien vite ils seront enlevés... Restez auprès du Dieu crucifié, et ne vous séparez pas de son amour; montez sur l'arbre de la croix, vous verrez Jésus qui va devant, et vous prépare l’éternelle vie. C’est la voie, marchez y. La voie de la croix est notre voie ; voie des élus, voie du petit nombre ; voie amère, voie salutaire, voie courte, voie droite ; voie de la peine, voie de la perfection. C’est, dis-je, la voie de la croix, mais elle mène à la gloire... Hors de la croix point de salut ; sans la croix, on n’arrive point au trône, si nous cherchons une autre voie, nous nous trompons et nous courons à notre perte ; en voulant fuir la croix, nous tomberons au lac où brûlent la poix et le soufre ».

Ainsi tout notre bonheur et l’espoir d’échapper au purgatoire est dans notre amour pour Dieu et notre fidélité à la Croix du Sauveur. Saint Joseph lui-même a vécu en ce monde dans le renoncement, l’esprit de sacrifice et de travail ; pas d'autre voie pour nous.

 

Exemple

 

Un religieux de saint Augustin apparut après sa mort à l’un de ses frères et lui dit : « Réjouissez-vous et ne priez plus pour moi, car Dieu m’a délivré du purgatoire à cause de la dévotion spéciale que j’ai professée toute ma vie envers le grand saint Joseph. Je vous déclare que ce saint, en qualité de père putatif de Jésus-Christ, a un grand pouvoir sur lui ». (Saint Alphonse de Liguori).


Adresse à saint Joseph en faveur des âmes du Purgatoire

 

Très saint Joseph, lorsque votre âme bénie descendit aux limbes où se trouvaient réunis tous les justes de l’ancienne loi, oh ! de quelle allégresse ils durent tressaillir. Lorsque vous parûtes au milieu d’eux, ils commencèrent à entonner le cantique de leur délivrance et bénirent mille fois votre présence qui rafraîchissait l'ardeur de leurs tourments. Père bien-aimé, il existe encore un séjour de douleurs, où des milliers d’âmes dont plusieurs qui vécurent avec nous ici-bas sont retenues' captives, loin de Dieu qu’elles ont aimé et après lequel elles soupirent. Votre Cœur qui le sait, qui les contemple, ne pourra être insensible à leurs maux qui sont extrêmes. C’est pour ces âmes que nous vous crions miséricorde ! Pitié ! Secours ! et tout spécialement pour l’âme de N. Témoignez leur, ô fidèle et puissant Protecteur, tout l’intérêt paternel et tout l’amour dont est capable votre Cœur si généreux. Et, pour nous, aidez-nous à mener une vie si pure et si pénitente, que nous méritions après notre mort d'être exemptés du purgatoire, ou de n’y faire qu'un court séjour, qui sera toujours bien long par les peines immenses et diversifiées qu’un Dieu jaloux fait souffrir à ses épouses. Ainsi soit-il.

 

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Pieux rendez-vous dans le cœur virginal de Saint Joseph

 

Il est, après le culte des sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, une dévotion qui est la plus précieuse, la plus féconde en bénédictions, la plus salutaire pour les âmes, que le ciel agrée infiniment, que l'enfer déteste souverainement, que le monde devrait embrasser fervemment. c’est celle du Cœur très-pur de saint Joseph, né sans péché parce qu’il fut sanctifié dans le sein de sa mère, après sa conception, Comme l’enseigne le bienheureux Docteur Gerson. Quand même nous n’apprendrions pas de cet incomparable Serviteur de saint Joseph, que toutes les grandeurs de cet illustre Patriarche, renfermées dans ses deux qualités d’Epoux de Marie et de Père putatif de Jésus, nous invitent à l’honorer, que les bontés de son cœur nous convient à nous confier en lui ; que sa fidélité à nous secourir nous provoque a l’invoquer souvent, il suffit d’entendre la sainte Église, notre Mère, qui nous engage à nous adresser au Cœur de saint Joseph dans toutes nos nécessités.

Nous ne devons pas craindre d’être repoussés par ce grand Saint, car puisque, d’après la Bible de la Vierge Immaculée, ce saint époux fut semblable à Marie, son auguste épouse, on peut dire de lui comme de la bienheureuse Vierge, qu’il est tout amour et toute compassion pour les hommes faibles, misérables et pécheurs.

Mais le moyen le plus puissant pour nous concilier les tendresses et la protection de saint Joseph, c’est la dévotion et le culte de son très saint Cœur, Cœur si étroitement uni au Cœur immaculé de Marie et au Cœur adorable de Jésus, qu'on peut dire qu’ils sont inséparables, et que les trois ne font qu’un. Le Seigneur, dans sa miséricorde inépuisable, nous réservait en ces jours où l’horizon s'assombrit, où le ciel semble gros de tempêtes, où le monde penche vers sa ruine, cette dévotion si belle et si consolante, comme une planche de salut dans le naufrage ; afin que par elle nous puissions éviter les périls imminents qui nous menacent, et sauver notre pauvre âme pour l'éternité.

Si nous aimons véritablement Saint Joseph pour l’amour de Notre Seigneur Jésus-Christ, la considération des perfections de son très saint Cœur sera peut-être le plus puissant motif pour. nous porter à l’honorer avec une sincère dévotion, et à placer en lui notre confiance. Ecoutons à ce sujet un docte et pieux chanoine.

« Après le Cœur adorable de Jésus et le Cœur immaculé de Marie, dit l'éminent écrivain, il n’est pas de Cœur plus digne de notre vénération et de notre amour que le Cœur très-pur de saint Joseph, orné de tous les dons les plus sublimes de la nature et de la grâce, créé exprès par l'adorable Trinité pour être uni par les liens aussi étroits qu’indissolubles au très saint Cœur de Marie, dont il a été aimé d’un amour particulier, et qui, après celui de Marie, a été mis en communication plus directe qu’aucun autre avec le Cœur sacré de Jésus, puisqu’en le portant si souvent dans ses bras, il a eu l'insigne privilège de presser son Cœur de fils contre son propre Cœur de père. Et d'ailleurs, quelle union ! quelles communications ! quelles correspondances ! quel échange d’indicibles sentiments entre ce Cœur et ceux de Jésus et de Marie, pendant les trente années qu'ils vécurent ensemble, Joseph étant époux et père, Marie mère et épouse, Jésus l’auguste fils de l’un et de l’autre ».

D’après ces données, ne craignons plus d’être bien dévots au très Saint Cœur du Bienheureux Joseph. Saluons-le et vénérons-le comme un Cœur cher à l’adorable Trinité, à Jésus et à Marie, aux Anges et aux Saints, et à nous, misérables pécheurs, considérons-le comme le digne sujet de nos pensées, de nos affections et de nos désirs, comme la belle et florissante école où nous voulons désormais étudier la science du saint amour. Comme le repos de l’adorable Trinité, la joie du Père, les plaisirs du Fils et les délices du Saint-Esprit ; Comme un sanctuaire de toute pureté, fermé aux créatures et ouvert à Dieu seul ; Comme un vase d’élection dont aucune souillure n’a terni le brillant éclat ; Comme une source vive de piété et de lumière qu’il recevait dans la contemplation, et qu’il communique aux âmes intérieures ; Comme une fidèle image du Véritable soleil de justice, Jésus-Christ ; comme le miroir mystique des contemplatifs et de toutes les âmes qui tendent à l’union divine ; comme la couronne des dons du ciel et un firmament parsemé des étoiles des vertus ; comme un rayon très pur de la divinité, qui fait découvrir à ceux qui le considèrent bien un monde de merveilles ; comme l’abrégé dès infinies perfections de Dieu, où nous pouvons les étudier toutes ; comme une verdoyante prairie, que le Saint Esprit lui-même a émaillée de fleurs ; comme l’ornement des Patriarches et des Prophètes, dont la gloire resplendit sur eux tous ; comme la retraite de toutes les Vertus, qui y exhalaient une odeur suave à la divinité ; comme, le véritable paradis de Dieu, toujours fermé aux démons ; comme le livre dans lequel le Fils de. Dieu lisait les volontés de son Père ; comme un foyer d’amour et de miséricorde pour tous les malheureux ; comme la clef d’or qui a le pouvoir de nous ouvrir tous les trésors célestes ; comme la solitude bénie où nous pouvons consacrer nos jours au service de Jésus-Christ ; comme un petit nid où nous devons vivre jet mourir en repos ; comme la porte de la bienheureuse félicité, par laquelle nous aurons accès auprès de Dieu ; enfin, considérons-le ainsi sous une infinité de symboles et de figures qui nous aideront à former une idée, bien imparfaite sans doute, mais digne, autant qu'il est possible à de faibles mortels, du plus grand Saint qui fut jamais après la bienheureuse Vierge, et qui nous provoquera nécessairement par une douce violence à honorer et faire honorer de toutes nos forces ce Cœur béni, conjointement avec les Cœurs de Jésus et de Marie.

Recommandons à tous la dévotion au Cœur très-pur de saint Joseph, surtout aux âmes affligées, et à celles qui éprouvent des difficultés pour la méditation et la prière. Le Cœur de saint Joseph, pour me servir d’une pensée de saint Bonaventure, était un lieu d’oraison et tout pénétré des eaux célestes de la grâce. Également aussi à tous ceux qui sont dépourvus des biens temporels et qui gémissent sous le poids des misères de la vie. Ceux-là, s’ils prient le Cœur de saint Joseph avec confiance, obtiendront toujours quelques secours même temporels de la divine et douce Providence, dont le Seigneur l’a constitué comme l’économe et le dispensateur, selon que s‘exprime saint Bonaventure.

Également, enfin, aux pauvres pécheurs, je dis pauvres, car par le péché mortel ils ont perdu la sainte grâce de Dieu, le plus précieux de tous les trésors. Oui, que ces malheureux viennent frapper. par la prière au Cœur très-miséricordieux dé saint Joseph, qui les aidera à retrouver cette grâce divine, d’un prix infini ! Car, dit encore mon très saint maître Bonaventure, par saint Joseph comme par la bienheureuse Vierge Marie, on retrouve Jésus-Christ et sa grâce, Per Joseph et Mariam invenitur Christus.

Quant à la pratique de la dévotion et du culte du Cœur de saint Joseph, un cœur chrétien, pieux et éclairé, saura toujours bien ce qu’il convient de faire. La dévotion et le culte du cœur Immaculé de la bienheureuse Vierge, proportion gardée, lui servira de direction et la doctrine de l'Église sur: le culte des saints, de règle. Mais, soit que le serviteur de saint Joseph honore le Cœur de ce grand Saint, soit qu’il s’emploie à le faire honorer par les autres, il faut qu'il s'attende à souffrir des persécutions, parce que, avons-nous dit, l'enfer abhorre souverainement la dévotion au Cœur de saint Joseph. Mais la promesse consolante que Notre-Seigneur a faite à une sainte âme, qu'il comblerait de grâces très particulières, toutes les personnes qui seraient affectionnées au Cœur très-pur de saint Joseph, doit bien encourager à cette douce et consolante dévotion.

 

Exemples

 

Je termine par deux traits à l'appui de ce qui vient d‘être dit : Le père Élie des Trois-Cœurs, atteint d'une maladie très grave à la gorge, se voyant abandonné des médecins les plus habiles, et au moment de mourir, eut la bonne inspiration de recourir au Cœur très pur de saint Joseph ; à peine sa prière était-elle terminée, qu’il se trouva immédiatement et parfaitement guéri. Plein de reconnaissance pour son glorieux Protecteur, le père Élie, avec l’autorisation de ses supérieurs, fit vœu de voyager pendant cinq ans pour propager la dévotion à saint Joseph. Mais le démon le tourmenta d’une singulière manière. En 1843 il vint à Marseille. Il quêtait alors pour faire bâtir à Rome une chapelle au chaste Époux de Marie. La nuit de Noël, comme on allait le réveiller ; pour le conduire à l’église, on trouva sa chambre fermée à clé. Après avoir longtemps frappé à la porte, qu’il n'ouvrait pas, on se mit à l’enfoncer, et on trouva le père Élie étendu par terre, sans parole et sans vie. On le transporta à l’hôpital où il demeura,plusieurs heures sans pouvoir parler. A force d'instance on put enfin obtenir quelques paroles ou plutôt quelques mots entrecoupés et à voix basse. On ne comprit autre chose, sinon que le démon, furieux de voir qu’il répandait partout la dévotion à saint Joseph, l’avait roué de coups. Son corps brisé et incapable de se mouvoir, était en proie à d’atroces douleurs. Cependant, à la longue, son mal disparut et il put recouvrer ses forces. Il ne s’en servit que pour propager avec plus d'ardeur la dévotion au Cœur de saint Joseph.

Un écrivain dévoué à la cause du bienheureux saint Joseph, s’était proposé de recommander fortement la dévotion au Cœur très-pur de ce glorieux Patriarche. Durant qu'il travaillait, son espoir en la bonté de ce très-saint Cœur semblait augmenter; mais il se vit bientôt éprouvé d’une manière bien extraordinaire. On eût dit que tous les démons conspiraient contre lui, et bouleversaient tous les éléments pour le faire souffrir et le faire se désister de son entreprise. Toutefois, comme il était rempli d’une sainte confiance dans le Cœur du bienheureux Joseph, il persévéra ; et pour s’animer, il se disait à lui-même : « Que m’adviendra-t-il après tous ces maux ? Sans aucun doute les bénédictions du Cœur de saint Joseph. Pourvu que la dévotion et le culte de ce très saint Cœur fleurissent dans l’Église pour le bien des âmes, que m’importe le reste ; j’abandonne tout entre les mains de saint Joseph, je fais ses affaires, il fera les miennes, mais de lâcher prise au démon jamais ! »

Encore une fois, soyons pleins de générosité et de courage pour répandre en tous lieux la dévotion au Cœur très doux de saint Joseph ; en retour il bénira nos chers défunts, nos parents, nos amis et nos enfants ; il bénira notre Patrie, hélas ! encore si malade !.. Jésus l’a dit : « Je comblerai de mes faveurs les âmes spécialement dévotes à saint Joseph, et qui s’efforceront de propager le culte de son Cœur, sur lequel reposais avec délices ».

 

Vivent à jamais les Saints Cœurs de Jésus, Marie et Joseph !

 

Fin du Mois du Cœur de Saint Joseph

 

Prochain mois de dévotion : le Mois de Marie de Maria d'Agreda, rendez-vous le 29 avril

 

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25 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Vingt-sixième jour

Le soutien ferme des vieillards

 

L'Eternel avait ordonné à son peuple de respecter les vieillards : « Levez-vous devant ceux qui ont les cheveux blancs, honorez le vieillard, et craignez votre Dieu, je suis le Seigneur ». C’est qu'en effet, la vieillesse est le symbole de la prudence et de la sagesse, ajoute saint Aignan. Les vieillards gouvernaient autrefois la république, et c’étaient eux, chez les Romains, qui composaient le sénat. Philon, parlant des Esséniens parmi les Juifs, dit qu’ils avaient pour les vieillards les mêmes égards et le même respect que des enfants bien nés ont pour leur père ? La nature seule inspirerait ce sentiment, indépendamment de la loi, et il y a peu de nations où elle ne soit en vigueur.

Cependant, aujourd’hui, soit absence d'éducation, soit absence de religion, ou même de raison, les vieillards sont bien loin d’être aussi respectés, aussi honorés, aussi considérés ! On les délaisse, oh les méprise souvent quand on ne les injurie pas, c’est que la crainte de Dieu est bannie de ce monde ou considérablement diminuée selon que s’exprime David. Pourquoi ? dit saint Bonaventure, parce que le péché souille l’âme, obscurcit l'intelligence pour qu’elle ne voie pas la vérité parfaite ; il ôte à l’intellect la vision de Dieu, et lui laisse pour trésor l’ignorance.

Cela prouve que maintenant plus que jamais les vieillards ont besoin de soutien, de consolateur, d'ami, de protecteur. David regardait le Seigneur comme pouvant lui seul lui tenir lieu de tous ces avantages ; il lui disait : « Ne me rejetez pas dans le temps de ma vieillesse, et ne m’abandonnez pas lorsque mes forces viendront à manquer ». David était dans sa soixantième année, observe saint Aignan, lorsqu’Absalon se révolta contre lui, et ses forces étaient notablement diminuées. Usé par tant de guerres et de fatigues qu’il avait eu à soutenir, dit le Maître de Saci, il sentait plus vivement le grand besoin qu’il avait que Dieu l'assistât. Il n’était donc pas en si grand danger qu’autrefois de s’appuyer sur ses propres forces, puisqu’elles commençaient à lui manquer par l'affaiblissement de son âge. C’est pourquoi il presse Dieu avec tant d’ardeur de ne le pas abandonner en un temps où le sentiment de sa faiblesse l’obligeait beaucoup d'avantage à avoir recours à lui, et surtout de ne le pas rejeter, ce qui fait la principale frayeur des justes; et ce que David craignait peut-être plus qu’un autre à cause des crimes qu’il avait commis et dont Dieu le punissait actuellement.

Que les vieillards espèrent donc beaucoup au Seigneur, d’autant plus qu’ils se verront plus oubliés ou méprisés par les hommes. Il est nécessaire de le dire à la honte de certaines familles ; chez elles ces bons vieillards ne sont traités qu’avec la dernière inhumanité ; on ne compte pas les secours dont ils ont besoin et qu’ils ont bien le droit d’attendre de ceux pour lesquels ils ont tant et si courageusement travaillé ; on est moins empressé encore de les leur procurer, quoique le bien-être dont jouissent les enfants soit le fruit de leurs sueurs et de leurs grandes économies ; mais on calcule le nombre de jours qu’ils ont peut-être encore à vivre, afin de régler d’après cette ignoble supputation les dépenses qu’on peut faire pour adoucir leur triste sort. On est bien témoin de leur faiblesse, de leurs souffrances, de leurs désirs, on comprend assez leur impuissance à s‘aider eux-mêmes, on entend leurs gémissements,on voit couler leurs larmes et on reste muet, indifférents, stoïques à leur égard. On s’étonne après cela que ces bons vieillards se plaignent de ces étranges procédés de la part de leurs enfants et qu’ils regrettent de s’être trop épargnés pour de tels monstres d'ingratitude. Peut-être, alors, ose-t-on dire qu’ils radotent, que leur cerveau étant dérangé, ils ne savent plus ce qu’ils disent. Quand encore on s’en tient là ! N'a-t-on pas vu, ne voit-on pas quelquefois ce cruel et déchirant spectacle, des petits enfants injurier, contrefaire, battre leur grand-père et leur grand-mère, qui loin d'être repris, châtiés et réprimandés par leurs parents, en sont loués, estimés, approuvés. Quelle est donc triste la situation des vieillards qui en sont là ! qu’ils sont coupables, et les enfants qui les maltraitent de la sorte, et les parents qui devant les empêcher ne le font pas ! Pauvre société que celle-ci par son indifférence pour les vieillards et les malheureux ! Ne vous en étonnez pas. Quand on n'a plus ni respect ni amour pour Dieu, et qu'on est tout matérialisé, on ne saurait plus ni respecter. ni aimer véritablement les hommes qui sont son image.

Qu’est-ce que la vieillesse ! une voix, une ombre, la réunion de toutes les misères avec la complète impuissance à s’en soulager d’une seule. Elle est en quelque sorte pire que la mort elle-même, car outre que les vieillards sont inutiles à toutes les fonctions de la Vie, quand ils sont parvenus à un certain âge, ils deviennent extrêmement à charge à eux-mêmes, sans pouvoir se secourir si une main étrangère ne vient à leur aide. Et combien de ces vieillards honnêtes, qui ont enrichis leurs enfants, peuvent à peine tirer d’eux les choses les plus nécessaires à leur entretien ? Cela est horrible, cela fait mal au cœur ! cela crie vengeance ! et le châtiment viendra. Plus donc les vieillards se voient négligés et privés des secours temporels, plus ils sentent leur force les quitter, plus ils doivent espérer sur la protection du ciel ; invoquer et prier saint Joseph, qui lui aussi devint vieux, faible et nécessiteux, ayant eu besoin des soins empressés, des distractions et des consolations de la bonne Vierge sa sainte épouse, qui la servit avec un respect, un amour, un zèle infinis jusqu’à sa mort, ce que fit aussi notre Seigneur pour tout ce qui était de sa compétence, donnant ainsi aux enfants l’exemple des égards et des soins qu’ils doivent avoir pour leurs vieux parents.

Assurément, saint Joseph qui a passé par les tribulations de la vieillesse, qui connaît la fâcheuse position des vieillards, adoucira leurs maux par l'onction de la grâce qu’il leur obtiendra, et l’espérance qu'il leur donnera d’un avenir meilleur. Mais qu'ils s’adressent surtout au Dieu des Saints, au Dieu qu’invoquait David dans la même situation. Saint Augustin faisant répondre Dieu même à David, lorsqu’il le priait de ne le pas abandonner dans le temps que ses forces seraient affaiblies, lui fait dire ces excellentes paroles que les vieillards devraient toujours avoir gravées dans le cœur : « Bien loin de craindre que je vous abandonne, lorsque vous sentez l’affaiblissement de vos forces ; que votre force au contraire s'affaiblisse de plus en plus, afin que ma divine vertu s’établisse mieux en vous, et que vous soyez en état de dire avec mon apôtre : « Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort, et le reste ».

Je sais que la vieillesse est environnée de tant de misères, que naturellement les jeunes gens sympathise et fort peu avec ses manières quelquefois bizarres, impolies et dures : mais il y a beaucoup de mérite à la supporter ainsi. Celui qui y arrive est bien déjà assez à plaindre sans qu'on ajoute à ses maux et qu'on augmente ses douleurs. Voyez le portrait qu'en fait Innocent Ill : « Son cœur s'afflige aussitôt, dit-il du vieillard, sa tête se baisse, son esprit languit, son haleine sent mauvais, son visage se ride, sa taille se courbe, sa vue s’obscurcit, ses narines découlent, ses cheveux tombent, son toucher est tremblant, son travail le fatigue, ses dents se pourrissent, ses oreilles cessent d'entendre ». Au moins soulageons de notre mieux les vieillards, de tant d’infortunés accidents qui les tourmentent, afin qu’ils respirent un peu avant qu’ils disparaissent de ce monde pour aller dans la solitude du tombeau et qu’ils prient pour nous et pour eux le bienheureux saint Joseph, leur modèle et protecteur spécial.

 

Exemple

 

La vénérable mère Claire-Marie de la Passion,l’une des filles spirituelles de sainte Thérèse, avait une dévotion très particulière pour saint Joseph. Elle avait dédié une chapelle à ce Saint dans l'intérieur du cloître, et elle l'ornait avec beaucoup de soin le jour de sa fête. Elle y faisait exposer une des reliques de saint Joseph qui y était processionnellement portée par les religieuses du monastère, au chant des cantiques, composés par elle-même pour cette auguste cérémonie. Enfin, elle ne négligeait aucun moyen pour augmenter la dévotion de ses sœurs envers saint Joseph. Elle eût voulu répandre l’amour et le culte de saint Joseph dans tout le monde, chrétien. Mais sa dévotion ne parut jamais avec plus d’éclat qu’à l’époque où, devenue supérieure du couvent, elle put distribuer des aumônes particulièrement le jour de la fête de saint Joseph.. Ce jour-là, elle habillait complètement un pauvre vieillard, et en secourait beaucoup d'autres. Parmi les pauvres qu’elle assistait ainsi; il arriva une année que la meilleure part échut à un charpentier. Cet homme devait une somme d’argent au monastère. Son bonheur fut qu’il s'appela Joseph, et que son métier lui donnait un trait de ressemblance avec le saint protecteur de Claire-Marie. A la vue de cette coïncidence, elle lui remit toute la dette, et sa piété alla plus loin encore, car elle fit une dot à l’une des filles de ce pauvre père, chargé d'une nombreuse famille. (Patrignani).

 

Supplication du vieillard à Saint Joseph

Tiré du recueil d'indulgence de l'Abbé Rozière

 

Vénérable Joseph, vous êtes la joie de l'enfance, le conseil de la jeunesse, le directeur de l'âge mûr, est-ce que seule la vieillesse débile n’aurait ni de droit à votre protection, ni de part à vos bienfaits ?Je ne saurais le croire, et la confiance qui entraîne vers vous tous les cœurs donne a mes pieds des ailes, à mon âme une indicible ferveur. Ah ! Vous avez aussi connu le poids des ans ; les soucis, les périls, les rudes travaux ont épuisé vos forces et brisé votre corps; le bâton du pèlerin a dû soutenir un peu vos pas mal affermis. Gloire des patriarches, une couronne de cheveux blancs a ceint votre front virginal, la sagesse a imprégné vos lèvres comme une rosée du ciel, et vos mains chargées d’œuvres se sont levées pour bénir Jésus et Marie. Oh ! Levez-les aussi sur moi ces mains vénérables, toutes pleines de faveurs et d'onctions. Voyez, bon Joseph, mes genoux ont fléchi, mon front ridé s'incline et ma voix vous implore ; bénissez-moi, mon père, bénissez le vieillard, comme Abraham, Isaac et Jacob ont béni leurs enfants. Donnez la prudence à mes démarches, la sagesse à mes paroles, la douceur à mon regard, l’autorité à mon exemple. La vie de l’homme s’enfuit comme une ombre qui passe, comme une flèche qui vole, comme l’éclair qui sillonne la nue ; accordez-moi la grâce de passer saintement mes dernières années, peut-être les dernières heures qui restent encore. Faites que semblable au palmier chargé de fruits à la moisson, je puisse offrir au souverain Juge quelques bonnes œuvres, au Maître du champ quelques beaux épis. Sous mes yeux l’éternité se déploie, sous mes pas tremblants le tombeau s’ouvre; mais je demeure sans crainte, car votre assistance, vénérable Joseph, ne me fuira pas à ces moments suprêmes. Non, vous ne cesserez pas d’être mon espérance, mon appui, ma force, jusqu’à ce jour bienheureux où la jeunesse de mon âme sera renouvelée comme celle de l'aigle, où mon corps agile triomphera dans la gloire. Ainsi soit-il.

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16 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Vingt-deuxième jour

Le Lundi de la quatrième semaine après l'Octave de Pentecôte

 

Venez Esprit Saint,

O Lumière Bienheureuse,

Venez remplir jusqu'à l'intime

le cœur de tous Vos fidèles.

Je Vous salue Marie...

 

Moïse avait reçu de Dieu l'ordre de faire un candélabre destiné à être placé devant l'Arche d'Alliance. L'or le plus pur était la matière que le Seigneur avait désignée Lui-même. Le Chandelier d'or avait sept branches ; sur chacune de ces branches était une lampe qui devait brûler devant le Seigneur. Les Israélites furent invités à fournir l'huile nécessaire à l'entretien de ces lampes. Parmi les objets précieux destinés au culte que le Seigneur exigeait de son peuple, le Chandelier d'or était regardé comme un des plus beaux. Nous lisons dans l'Apocalypse : « Je fus ravi en esprit et j'entendis derrière moi une voix éclatante comme une trompette. Je me tournai pourvoir qui me parlait. Et en même temps je vis sept chandeliers d'or, et au milieu des sept chandeliers d'or quelqu'un qui ressemblait au Fils de l'Homme, vêtu d'une longue robe, et ceint d'une ceinture d'or... Ses yeux paraissaient comme une flamme de feu... Lorsque je le vis je tombai à ses pieds comme mort, et il mit sa main droite sur moi, disant : « Ne crains rien, je suis le premier et le dernier. Je suis celui qui vit. J'ai été mort, mais je suis vivant dans les siècles des siècles ».

Quelqu'un pourrait-il trouver étonnant l'usage de l'Eglise qui consiste à faire brûler constamment au moins une lampe devant le Saint Tabernacle ? Cet usage dont l'origine remonte aux temps les plus reculés, l'Eglise l'a converti en loi, et aujourd'hui il faut une impossibilité manifeste ou une dispense formelle pour laisser le Très Saint Sacrement dans une paroisse ou une chapelle, sans allumer une lampe qui doit brûler la nuit comme le jour. Lorsqu'on entre dans une Eglise, cette lampe est le signe de la présence réelle, et on croit lire à sa clarté cette parole consolante : « Le Maître est là ». On voit dans plusieurs pays, notamment en Italie, sept lampes qui brûlent toujours devant le Saint-Sacrement. Ce nombre est mystérieux. Il est facile d'y voir les sept dons du Saint-Esprit, les sept Sacrements, les sept demandes de l'Oraison Dominicale, etc... David dit dans un Psaume : « Sept fois par jour j'ai chanté vos louanges ». Mais cherchons l'esprit et la signification de cet usage qui consiste à allumer des lampes devant le Très Saint Sacrement.

Notre Seigneur Jésus-Christ, en parlant de Saint Jean-Baptiste, disait aux Juifs : « Il était une lampe ardente et luisante ». Nous lisons encore dans l'Apocalypse : « Mes deux témoins sont deux chandeliers debout devant le Seigneur de la terre ». Or, n'est-il pas évident, après ces témoignages divins, que les lampes représentent les âmes justes, et que les justes sont appelés à venir devant l'adorable Eucharistie, pour y brûler continuellement du feu du divin amour ? Jean-Baptiste était une lampe ardente et luisante ; ardente par le feu de la Charité qui brûlait son cœur, luisante par la lumière de la vérité qui l'éclairait. Telle est une âme dont le Saint Esprit s'est emparé. Il la rend, comme le Saint précurseur, une lampe luisante, en la pénétrant des plus vives lumières de la Foi. Il en fait une lampe ardente, parce qu'Il répand dans elle cette vive flamme de la Charité dont Il est le principe et la source. Placez cette âme devant les sacrés Tabernacles, voilà la vraie lampe que Jésus-Christ demande. Elle brillera du plus vif éclat. Sa modestie, son recueillement, sa ferveur la rendront propre à éclairer par sa lumière, et à échauffer par son feu tous ceux qui la verront. Ces Justes ne se contentent pas de porter une lumière dans leurs mains pour éclairer ceux qui sont dans la maison, ils deviennent des lampes vivantes qui brûlent et se consument pour l'amour de Jésus-Christ dans le Très Saint Sacrement.

Qui n'aspirerait pas à cet honneur ! Ah ! Venez, vierges sages, préparez vos lampes, ou plutôt préparez-vous à la faveur insigne que le Divin Époux veut bien vous accorder. Il vous choisit, âmes pures, âmes de Foi, pour faire de vous les lampes de Son Sanctuaire. Soyez des candélabres d'or, vous le pouvez par la pureté de vos mœurs et la sainteté de voire vie. Demandez au Saint Esprit de garnir souvent votre lampe de l'huile mystérieuse de sa grâce, et puis, venez, le Seigneur vous attend ; et quand vous brûlerez devant le Saint Tabernacle, les fidèles en entrant dans l'Eglise s'écrieront: « Jésus est là, voyez la lampe qui brûle !... »

 

Premier point

L'Adoration perpétuelle

 

Les Eglises les plus pauvres ont au moins une lampe qui est toujours allumée à côté de l'autel où se trouve le Saint Sacrement. C'est bien peu que cette lampe, et néanmoins elle suffit ; les lois qui règlent tout ce qui a rapport au culte divin n'en exigent pas davantage. Mais y a-t-il également dans toutes les Églises, à toute heure du jour et de la nuit, une âme qui veille devant le Saint des Saints ? Cette lampe vivante ne fait elle pas défaut ? Hélas ! Laissons, pendant les longues heures de la nuit, laissons aux Anges le soin de garder le Saint Tabernacle, puisque, dans l'état actuel de la société chrétienne, il est impossible de faire autrement ; mais pendant le jour, depuis que la porte de l'église s'ouvre, dès la première heure, jusqu'au soir où elle doit être fermée, pourquoi laissons-nous aux Anges le soin d'adorer Jésus-Christ ; est-ce donc pour les Anges que Jésus-Christ réside dans le Saint-Sacrement ? Oh ! Non, mille fois non, c'est pour les hommes. Quand le prêtre a prononcé les paroles de la Consécration, c'est pour nous que le Sauveur est descendu des Cieux ; « Pour nous les hommes et pour notre Salut, il descendit du Ciel ».

Quelle honte pour une paroisse où l'on ne peut parvenir à établir l'adoration perpétuelle ! Un saint prêtre s'écriait un jour : « Je désirerais être de la nature de l'huile, pour pouvoir toujours me consumer devant le Très Saint Sacrement. Je me souviens que lorsque j'arrivais tard à Paris, et que j'allais, selon ma coutume, saluer Notre Seigneur à Notre-Dame, trouvant les portes fermées, au moins je me consolais en regardant au-dedans, au travers des fentes des portes ; et voyant des lampes allumées, je disais : « Hélas ! Que vous êtes heureuses de vous consumer toutes à la gloire de Dieu et de brûler perpétuellement ». Quelle consolation d'être le représentant de tout un peuple aux pieds de Jésus-Christ ! Quel honneur insigne, et l'on n'y pense pas !...

Il faut que je mette sérieusement la main à l'œuvre. J'ai à examiner ce que le Sauveur peut exiger de moi dans l'état, dans la condition où sa Providence m'a placé. Que puis-je faire, que dois je faire pour procurer au Saint-Sacrement une lampe vivante qui brûle toujours devant la porte du Tabernacle ? Que puis-je faire pour l'adoration perpétuelle ? Suis-je membre de cette association ? Ai-je une heure désignée pour chaque semaine ou au moins pour chaque mois ? Suis-je fidèle à l'appel, et le moindre prétexte ne me fait-il pas négliger ce devoir sacré ? Cette heure d'adoration n'est-elle pas un fardeau insupportable dont je voudrais me décharger ?.... Où est mon zèle pour la propagation de cette œuvre ! N'ai-je rien à me reprocher ? Jésus-Christ n'a-t-Il aucune plainte à m'adresser ?...

O mon Sauveur, ayez pitié de moi ! Je le confesse pour ma propre confusion, j'ai préféré jusqu'ici toutes les dévotions à celle qui a pour objet la Divine Eucharistie. Pour celle-ci je n'ai eu que de l'indifférence et du dégoût. Ah ! comme je dois reconnaître que le Saint Esprit n'a pas été mon maître ; mais bien mon imagination, mon goût naturel, mes préjugés, et mille autres principes qui n'étaient pas Dieu !...

 

Deuxième point

La visite de chaque jour

 

C'est surtout vers le soir, à l'entrée de la nuit, que l'on aime à voir cette lumière qui brille dans le Sanctuaire et qui indique la présence du divin Maître. Quel moment favorable, après les travaux, et les fatigues de la journée, après les soins donnés aux affaires, après mille agitations inséparables de la vie que l'homme mène ici-bas, quel moment favorable pour venir passer au moins un quart d'heure devant l'auguste Sacrement de nos autels ! C'est un tableau bien touchant et qu'il est encore permis de contempler dans un certain nombre de paroisses où la Foi s'est conservée plus vive et l'amour plus ardent, que celui d'un grand nombre de fidèles qui dans toutes les saisons, une heure avant que l'on ferme l'église, viennent adorer Jésus-Christ dans le Sacrement de Son Amour ! De même qu'on allume les lampes dans une maison quand la nuit approche, on voit le Sanctuaire du Dieu vivant entouré de lampes ardentes qui brûlent en l'honneur de Jésus-Christ. Les unes jettent une lumière plus vive ; celles-ci répandent plus de chaleur, suivant que l'huile dé la charité leur a été communiquée avec plus d'abondance ; mais toutes sont allumées, et la divine solitude est devenue comme la salle du trône du roi Jésus où l'on voit une multitude de lumières qui brillent en son honneur.

Suis-je une de ces lampes qui brûlent devant le trône de l'Agneau sans tache. Vous les soirs, au moins pendant un quart d'heure ? Hélas ! Que de prétextes pour me dispenser de ce devoir sacré ! Les soins donnés aux choses temporelles ne permettent pas d'aller à l'Église. Cependant, pour le mondain, c'est l'heure des plaisirs. Les enfants du siècle se préparant pour le mal, et moi je n'ai pas un quart d'heure pour l'offrir à Jésus-Christ ! Mais, ô mon Dieu, combien de fois ai-je voulu contracter cette pieuse coutume, et je suis obligé d'y renoncer parce que l'ennui s'empare de moi ; un quart d'heure, c'est un siècle ! Je ne sais ce que je dois vous dire. Ne serait-ce pas parce que ma lampe manque d'huile ? Si je ne la garnis jamais, dois-je donc être étonné de la voir éteinte ? « La Lampe de l'impie s'éteindra, dit le Seigneur ». Et ailleurs : « La lampe du juste ne s'éteindra pas même dans la Nuit ». « Une lampe qui brille sur un chandelier d'or, telle est la beauté dans la jeunesse ».

Donnez-moi Seigneur, cette beauté, afin que je devienne un ornement de Votre Temple ; oui, je veux avoir en horreur les doctrines de l'impie, je veux marcher dans les sentiers de la Justice, afin que même au milieu des tentations qui répandent le trouble et l'obscurité dans mon âme, je sois toujours devant vous une lampe qui brille sur un chandelier d'or.

 

Troisième point

Adoration Solennelle

 

L'Eglise, dans les grandes solennités, multiplie le nombre des lumières qui brillent ordinairement dans nos temples. C'est principalement lorsque le Saint Sacrement est exposé avec une grande pompe à la vénération des fidèles. On peut dire qu'il n'y a rien de touchant, rien qui porte davantage à la dévotion et à la ferveur que ces grandes fêtes en l'honneur de la Divine Eucharistie. Quand on entre dans l'Église et qu'on aperçoit sur un trône resplendissant de lumière, Jésus-Christ dans l'auguste Mystère de l'Autel, environné de fleurs, caché dans les nuages d'encens que les lévites brûlent à ses pieds, on est saisi, presque malgré soi, d'un sentiment de crainte et de respect dont il est comme impossible de se défendre. Cette exposition solennelle est quelquefois pour un seul jour, d'autres fois elle a lieu pendant plusieurs jours consécutifs. Alors il n'y a rien que ne fasse l'Eglise pour inspirer un profond respect et une dévotion sincère à l'égard de la Divine Eucharistie ; la décoration du temple, le chant des Cantiques divins, la majesté des cérémonies, tout élève l'âme et l'oblige, en quelque sorte, à s'occuper de Dieu. Mais ne faut-il pas l'avouer ? Bien souvent, si l'on excepte certaines heures du jour, l'Église est à peu près déserte, et le pasteur d'une paroisse pourrait s'écrier comme le Prophète Jérémie : Les rues de Sion versent des larmes, parce qu'elles ne voient personne qui accourt à la solennité ».

Oui, même aux offices solennels, si l'exposition du Très Saint Sacrement a lieu tout autre jour qu'un dimanche, les ministres des Autels se trouvent presque seuls, et le chant sacré de nos hymnes est répété par l'écho des voûtes d'une Eglise déserte. Hélas ! Combien de fois, principalement aux jours des quarante heures qui précèdent le Carême, jours d'expiation et de larmes pour les véritables amis de Dieu, combien de fois n'a-t-on pas vu de vastes Églises entièrement abandonnées pendant de longues heures, sans que les paroissiens aient eu seulement la pensée d'aller rendre leurs hommages à Jésus-Christ dans le Sacrement de son amour ! Et dans ces mémos heures, que d'apprêts pour les repas, pour les divertissements, bien souvent pour le crime !

O mon Dieu, on se plaint des calamités qui affligent les peuples. Si quelque chose devrait étonner, ce serait bien plutôt votre patience ! L'ingratitude du plus grand nombre des Chrétiens est à son comble, et les jours de fêtes sont changés, suivant l'expression d'un Prophète, en des jours d'amertume et de deuil. Ne suis-je pas un de ces chrétiens coupables ? Quelle a été ma conduite lorsque le Saint Sacrement a été exposé solennellement dans les Eglises ? Ai-je voulu, par mon empressement et mon zèle, offrir au divin Sauveur un dédommagement pour tant d'outrages qui lui sont faits ? Et maintenant qu'est-ce que je promets Jésus-Christ, pour le Jeudi-Saint, les Quarante-Heures, l'Octave du Saint Sacrement ? Seigneur, je veux être aussi longtemps que mes devoirs le permettront , je veux être à vos pieds comme une lampe ardente et luisante !...

 

Bone pastor, Panis vere,

Jesu, nostri miserere,

Tu nos pasce, nos tuere,

Tu nos bona fac videre

in terra viventium.

 

Ô bon Pasteur, notre vrai Pain,

Jésus, ayez pitié de nous.

Nourris-nous, protège-nous,

faites-nous voir le bonheur

dans la terre des vivants.

 

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14 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

 

Vingtième jour

Le Samedi de la troisième semaine après l'Octave de Pentecôte

 

Venez, Esprit Saint,

Faites briller en nous Votre Lumière,

Répandez l'amour dans nos cœurs,

Soutenez la faiblesse de nos corps

Par Votre éternelle vigueur !

Je Vous salue Marie

 

Dans l'admirable chapitre de l'Evangile de Saint Jean où Jésus-Christ parle de la Divine Eucharistie, nous lisons ces paroles dont la sublime profondeur doit fixer aujourd'hui notre attention : « Comme Mon Père qui est vivant M'a envoyé, et Moi Je vis à cause de Mon Père ; ainsi celui qui Me mange vivra à cause de Moi ». évidemment le Sauveur a établi une comparaison dans laquelle nous trouvons pour nous un honneur que je serais tenté d'appeler infini ; et je trouve dans cette comparaison le principe de toutes les obligations que contracte l'âme fidèle en mangeant le Pain Céleste qui lui est offert par un effet de la Charité immense de Jésus-Christ. Le Sauveur nous enseigne qu'Il a été envoyé par Son Père et qu'Il ne vit qu'à cause de Son Père. Comme Dieu, Il ne vit que par Son Père, puisqu'Il est Son Fils unique et qu'Il a été engendré de toute éternité dans les splendeurs de Sa gloire. Envoyé par Son Père, revêtu de notre nature pour procurer Sa gloire, Il ne vit que pour Son Père et en union avec Son Père. C'est une vérité que nous trouvons dans l'Evangile et qui nous est enseignée par Jésus-Christ Lui-même. « Je cherche la Gloire de Celui qui M'a envoyé ». « Je suis descendu du Ciel pour faire la Volonté de Celui qui M'a envoyé ». « Moi et Mon Père nous ne sommes qu'un ». « Je Vis dans Mon Père, et Mon Père vit dans Moi ». Nous pouvons donc dire que ces paroles : « Je vis par Mon Père, je vis pour mon Père, je vis avec mon Père ».

Eh bien ! Les rapports qui existent entre Jésus-Christ et Son Père, le Sauveur nous apprend qu'ils devront exister entre l'âme fidèle qui se nourrit de Sa Chair, et Sa propre personne. « De même que Je vis par Mon Père, celui qui Me mange vivra par Moi ». D'où il suit que l'union qui existe entre Jésus-Christ et Son Père est le modèle de l'union qui devra exister entre Jésus-Christ et nous. Si le Verbe, dit Saint Hilaire, s'est fait chair véritablement, et si nous recevons vraiment dans l'Eucharistie le Verbe fait chair, pourquoi ne croirons-nous pas qu'Il demeure réellement en nous ? Lui qui, en se faisant homme, s'est uni d'une manière inséparable la nature de notre chair, et qui a joint cette même nature humaine à Sa Nature Divine dans le Sacrement où Il nous communique sa chair adorable ! Et c'est ainsi que nous ne sommes qu'un tous ensemble, le Père étant dans Jésus-Christ, et Jésus-Christ étant dans nous. C'est donc un grand Mystère d'unité qui s'opère tous les jours par la Divine Eucharistie. Jésus-Christ avait dit à son Père : « Mon Père faites qu'ils soient un, comme nous sommes un ». Il avait dit encore à ses Disciples : Je suis la Vigne, vous êtes les Sarments ».

Eh bien, en instituant le Divin Sacrement de l'autel, le Sauveur donne à l'homme le moyen infaillible de réaliser cette union. Dès lors le fidèle qui se nourrit de la Chair et du Sang de Jésus-Christ, ne fait qu'une seule chose avec Jésus-Christ et avec tous ses frères unis au même chef. Il est attaché à Jésus-Christ comme le sarment à la vigne ; il reçoit le suc, la sève qui lui fait porter des fruits de bénédiction, il est vivifié par cette union. S'il en est ainsi, et personne ne sera tenté d'en douter, l'âme qui se nourrit de Jésus-Christ par Son Divin Sacrement, pourrait-elle ne pas vivre uniquement par Jésus-Christ, pour Jésus-Christ et en Jésus-Christ ! Ô vie toute céleste qui glorifiera Dieu comme la vie de Jésus-Christ sur la terre l'a glorifié pendant trente-trois ans ! On pourra dire du fidèle ce que le prêtre dit à l'autel en tenant dans ses mains le Corps de Jésus-Christ : par Lui, en Lui et avec Lui, Dieu est glorifié !

 

Premier point

Celui qui mange la Chair de Jésus-Christ, vivra par Jésus-Christ

 

La Sainte Eucharistie, en nous mettant en possession de Jésus-Christ, nous communique le principe d'une vie toute divine. Le Sauveur, par cet ineffable Mystère, nous donne tout ce qu'il est, sa Chair et son Sang, son Ame et sa Divinité, et comme Il devient, par la Communion, notre propre nourriture, notre âme reçoit par cette nourriture une vie surnaturelle, la vie de Jésus-Christ, la vie de son âme, la vie de sa Divinité, donc la vie d'un Dieu. Il est impossible d'en douter ; c'est la fin que le Sauveur s'est proposée en instituant l'adorable Sacrement de l'autel. Lui qui était venu sur la terre pour former de vrais adorateurs qui adoreraient le Père en esprit et en vérité, comme Il l'adorait Lui-même, a voulu que la vie qui était dans Lui devint notre propre vie ; et comme la nourriture est destinée à donner, à entretenir la vie, et que la vie dépend de la nourriture, Il a voulu que nous fussions nourris de Sa propre substance, afin d'être Lui-même le principe et la cause de notre vie.

Ah ! je comprends cette exclamation du grand Pape Saint Grégoire : « ô Chrétien, comprends ta dignité ! » Je puis donc vivre par Jésus-Christ, comme Jésus-Christ vit par son Père. Que dis-je ? Je le dois ; Jésus-Christ le veut, Il l'exige. Mais qu'est-ce que vivre par Jésus-Christ ? C'est penser, vouloir et agir suivant l'impulsion que donne Jésus-Christ. L'âme qui vit de cette vie divine, confond ses pensées et ses jugements avec les pensées et les jugements de Jésus-Christ ; elle veut, elle désire, elle craint, elle espère, elle aime, et tous ces divers mouvements de son cœur ne sont que la répétition, si je puis m'exprimer de la sorte, des mouvements du Cœur de Jésus-Christ. Cette âme agit au dehors, en dirigeant le corps sur lequel elle exerce un souverain empire ; mais toutes ces actions extérieures commandées, dirigées par l'âme fidèle, sont des actions conformes à celles que Jésus-Christ a faites ou qu'Il aurait faites dans les circonstances où nous nous trouvons placés. Voilà comment on vit par Jésus-Christ, et tel doit être le fruit de nos communions. Suis-je du nombre de ces Saints qui peuvent dire : « Depuis que je communie, je sens que ma vie est changée en celle de Jésus-Christ, je ne vis que par Lui. Il me semble que je pense par Son esprit, que j'aime par Son cœur, que j'entends par Ses oreilles, que je vois par Ses yeux, que je parle par Sa langue, que je travaille par Ses mains ! » O Jésus ! Soutenez mon courage. Je me vois encore si éloigné de cette perfection chrétienne à laquelle m'oblige la fréquentation des Sacrements ! Oh ! que je me sens humilié !

 

Deuxième point

Celui qui mange la Chair de Jésus Christ, vivra pour Jésus-Christ

 

Vivre pour quelqu'un c'est lui rapporter tout ce que l'on fait. Un père, une mère vivent pour leurs enfants, un serviteur pour son maître, lorsque toute leur ambition est de procurer le bonheur, ceux-ci de leurs enfants, celui-là de son maître. Jésus-Christ n'a vécu que pour son Père. « Il est écrit de moi que je devais faire Votre Volonté ; c'est aussi, mon Dieu, ce que l'ai voulu, et Votre Loi est gravée au fond de mon cœur ». C'est donc en rapportant toute Sa Vie à la Gloire de Son Père, que Jésus-Christ a réparé l'injure faite par le péché à la souveraine Majesté de Dieu. Or, le Chrétien ne doit vivre que pour Jésus-Christ, pour Ses intérêts, pour Sa gloire. La gloire de Jésus-Christ consiste en ce que tous les membres de Son Corps Mystique qui est l'Eglise, lui rapportent toutes leurs actions, toute leur vie. C'est ce que les premiers Disciples de l'Evangile avaient parfaitement compris. Ils étaient ravis de joie, au milieu des opprobres, parce qu'on les jugeait dignes de souffrir pour le Nom de Jésus.

La sainteté n'est pas autre chose qu'une vie toute consacrée à la gloire de Jésus-Christ. Le désir de cette gloire a toujours été le caractère distinctif des vrais Disciples de l'Homme-Dieu. L'Eglise n'a été fondée que pour étendre le règne de Jésus et procurer sa gloire. Voilà pourquoi elle chante continuellement : « Vous êtes le Roi de Gloire, ô Christ ! Vous êtes le seul Dieu, Vous êtes les seul Très-Haut, Jésus-Christ, nous vous rendons grâce pour Votre immense Gloire ! » Or, la Sainte Eucharistie nous est donnée comme un moyen efficace de procurer la gloire de Jésus-Christ, en ne vivant plus que pour Lui. Saint Augustin en expliquant ces paroles du Sauveur : « Celui qui mange Ma Chair et boit Mon Sang demeure en Moi et Moi en lui », nous dit : c'est la participation du Corps et du Sang de Jésus-Christ qui fait que celui qui mange sa chair vit pour Lui, c'est-à-dire Lui rapporte comme à son Chef la vie qu'il mène comme un de ses membres.

Il y a bien loin de cette vie divine à la vie que mènent la plupart des Chrétiens. Hélas ! Que sont aujourd'hui, pour un grand nombre de ceux qui communient, les intérêts de Jésus-Christ ! Ce qui le glorifie devient-il leur propre gloire et l'objet de leurs plus ardents désirs ? Ce qui est opposé à cette gloire, les outrages qu'Il reçoit, les humiliations dont Il est saturé dans la personne de son Eglise, tout cela occupe-t-il un grand nombre de ceux que l'on voit à la table sainte se nourrir de la chair du Sauveur ? Les tristesses de Jésus-Christ et de son Eglise pèsent-elles sur leur cœur ? Ô douleur ! On mange la chair de Jésus-Christ, on boit Son Sang, et l'on ne vit que pour soi, pour le monde, pour les créatures ! C'est ici que je dois examiner sérieusement si la communion produit en moi son effet naturel, celui de me faire vivre pour Jésus-Christ !

 

Troisième point

"Celui qui Me mange vivra avec Moi"

 

Voici ce que dit un grand Saint sur ces paroles que nous avons déjà rapportées : « Celui qui mange Ma Chair et boit Mon Sang demeure en Moi et Moi en Lui : De même que si l'on joint de la cire avec d'autre cire, l'une et l'autre n'en font plus qu'une, de même aussi celui qui reçoit la Chair de Jésus-Christ, et qui boit Son Sang, n'est plus qu'un avec Lui ; parce qu'il est comme incorporé en Lui par cette divine Communion à Son Corps ; en sorte qu'il est lui-même dans Jésus-Christ, comme Jésus-Christ est dans lui. Saint Augustin ajoute : Nous mangeons cette viande, et nous buvons ce divin breuvage, lorsque nous demeurons en Jésus-Christ et que Jésus-Christ demeure en nous. Celui donc qui ne demeure point en Jésus-Christ et en qui Jésus-Christ ne demeure point, ne mange point spirituellement Sa Chair, ni ne boit point spirituellement Son Sang, quoiqu'il mange visiblement le Sacrement de Son Corps et de Son Sang ; mais il le mange au contraire pour son jugement et pour sa condamnation. N'est-ce pas ce qu'a voulu nous enseigner le Sauveur par ces paroles : C'est l'esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Non, la chair divine de Jésus-Christ ne sert de rien au malheureux qui communie en refusant de vivre de la vie de Jésus-Christ.

Mais qu'est-ce que vivre avec Jésus-Christ ? Nous demeurons en Lui, répond toujours le même Père, lorsque nous sommes ses membres ; et Il demeure Lui-même en nous lorsque nous sommes Son temple. C'est l'unité qui nous lie avec notre chef, et la charité est le principe de cette union. Quand le Sauveur a dit : « Moi et Mon Père nous ne sommes qu'un », Il a voulu que nous disions la même chose : « moi et Jésus-Christ, Jésus-Christ et moi nous ne faisons ensemble qu'une même chose ». Admirable idée que nous trouvons dans la matière même du Sacrement. Plusieurs grains de froment mêlés et confondus ensemble font un seul pain; plusieurs grains de raisin ne font dans le pressoir qu'un même vin. Ainsi Jésus-Christ devenu mon pain, ne doit faire avec moi qu'une même chose.

Lui en moi ! Moi en Lui ! ô Mystère ineffable ! Union délicieuse qui a fait le bonheur des Saints, au milieu des plus terribles épreuves de cette vie ! Union qui sera perfectionnée et consommée dans le Ciel, lorsque Dieu sera tout en tous, et toutes choses pour tous !... Ah ! Je comprends maintenant mieux que jamais tout ce qu'il y a de suave dans cette parole : « Votre vie est cachée en Dieu avec Jésus-Christ ». Non, les consolations et les douceurs de la vie chrétienne, ce sont des trésors qui ne paraissent pas ; le mondain, l'âme sensuelle n'en ont aucune idée; tout est caché en Dieu avec Jésus-Christ. Heureuse l'âme qui vit de cette vie d'union ! Pourquoi refuserais-je ce bonheur ? Il m'est offert par Jésus-Christ, courage, mon âme, romps avec le monde, avec la vanité, avec les plaisirs. Viens, jette-toi dans Jésus-Christ, plonge-toi dans cet abîme d'amour ; commence dès cette vie ce que tu es destinée à faire pendant l'éternelle durée des siècles !...

 

O memoriale mortis Domini !

Panis vivus, vitam praestans homini !

Praesta meae menti de te vivere

Et te illi semper dulce sapere.

 

O mémorial de la mort du Seigneur !

Pain vivant qui procure la vie à l'homme !

Procure à mon esprit de vivre de toi

Et de toujours savourer ta douceur.

 

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13 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Dix-neuvième jour

Le Vendredi de la troisième semaine après l'octave de Pentecôte

 

Venez, Esprit-Saint, En nos cœurs,

et envoyez du haut du Ciel

un rayon de Votre Lumière.

Je Vous salue Marie.

 

Nous lisons dans l'Apocalypse ces paroles qui renferment une promesse des plus consolantes pour nous: J'entendis une grande voix sortir du trône, disant : « Voici le Tabernacle de Dieu avec les hommes ; et Il demeurera avec eux ; et ils seront son peuple, et Dieu au milieu d'eux sera leur Dieu ». Tout ce qu'on pourrait dire pour faire comprendre l'éminente dignité de nos Eglises, ne serait qu'un pâle commentaire de ces admirables paroles : « Le Tabernacle de Dieu avec les Hommes , Il demeurera avec eux ! » Lorsque le saint Patriarche Jacob s'écriait : « O que ce lieu est Terrible ! C'est véritablement la Maison de Dieu et la Porte du Ciel ! » Le Saint Esprit lui communiquait, selon la pensée de Saint Augustin, la Foi Chrétienne ; il croyait comme futures les vérités que nous croyons accomplies. Voilà pourquoi l'Eglise Catholique emploie les mêmes expressions pour imprimer dans notre cœur le respect sincère et la vénération profonde qui est due à nos temples.

Dieu voulut, dans l'ancienne Loi, un temple unique bâti à Jérusalem, et destiné à la prière et aux sacrifices. L'Ecriture nous raconte tout ce que fit le Seigneur pour donner aux Israélites une haute idée de la sainteté et de la majesté de ce lieu. Nous savons avec quel soin ce Temple appelé la Maison De Dieu, fut construit par le plus sage des rois de Juda. La richesse et la beauté de cet édifice surpassèrent tout ce qu'on avait vu jusqu'alors parmi les nations. Les enfants d'Israël en approchaient avec un profond sentiment de respect. Il était écrit : « Tremblez Devant Mon Sanctuaire, Je suis le Seigneur ». Dieu daignait y rendre sa présence sensible ; Il y faisait entendre Ses oracles, et une nuée mystérieuse était le signe de la Majesté du Seigneur qui se révélait à son peuple. Mais, comme tout ce que renfermait l'ancien Testament, ce temple n'était qu'une figure. Un honneur et un privilège bien plus grand était réservé aux hommes. C'était l'Eglise Catholique qui devait, par un vif sentiment de reconnaissance, s'écrier un jour avec vérité : « Il n'y a point d'autre nation, quelque puissante qu'elle soit, qui ait des dieux aussi proches d'elle, comme notre Dieu est proche de nous ! » « Est-il donc croyable que Dieu habite avec les hommes sur la terre ? »

Je dis l'Eglise Catholique. Hélas ! Pourquoi ne pouvons-nous pas attribuer cet honneur à tous les peuples régénérés en Jésus-Christ par le baptême ? L'hérésie en rejetant le dogme de la présence réelle, et en niant le sacrifice de la nouvelle alliance, qu'a-t-elle fait de nos temples, et que sont à nos yeux ceux qu'elle a édifiés elle-même ? Qui pourrait s'empêcher de porter un regard plein de compassion et de tristesse sur nos pauvres frères égarés ! Ils se révoltent contre l'incompréhensibilité de nos Mystères, et dès lors, que peuvent-ils opposer à la dignité et à la grandeur de nos Eglises ? Que peuvent-ils comparer aux consolations ineffables qu'elles nous procurent ? Non, ils n'ont pas un temple comme le nôtre.

Passez devant ces élégants portiques et ces colonnes taillées avec art: vous pourrez bien admirer le génie d'un architecte ou le talent d'un sculpteur ; mais vous n'éprouverez aucun sentiment. Les portes mêmes de ces édifices semblent refuser de s'ouvrir pour vous permettre d'épancher votre âme en la présence de Dieu. Si vous en demandez la cause, on vous répond que ces portes sont ouvertes quand il se trouve quelqu'un dans le temple. Il n'y a donc habituellement personne dans ces demeures, quand les hommes se retirent. Oh ! Non, il n'y a personne ; et voilà pourquoi tout est froid, muet, insensible comme la pierre dont l'édifice est construit. Il en est bien autrement chez nous. Les portes de nos temples sont toujours ouvertes. Venez, pauvres, orphelins, hommes délaissés par le monde. Il y a quelqu'un ici qui vous appelle. Quand vos yeux ne rencontreront aucun de vos frères dans cette enceinte, ne la regardez pas comme une solitude ; si c'en est une, vous y trouverez toujours Celui qui s'est rendu solitaire pour l'amour de vous. N'avez-vous pas aperçu à l'entrée du sanctuaire cette lumière qui ne s'éteint jamais ? C'est le symbole de cet Amour qui veille toujours pour recevoir à chaque instant les soupirs des malheureux. Avancez sans crainte. Seul avec votre Dieu, votre âme peut répandre ses douleurs à ses pieds. Confiez à Jésus les secrets que lui seul est capable d'entendre. Pleurez, Jésus verra vos larmes, Il en sera touché, vous sortirez consolé.

 

Premier point

Nous devons respecter les églises

 

L'Eglise est le Tabernacle de Dieu. Pourquoi ? parce que Jésus-Christ est réellement dans la Sainte Eucharistie. En entrant dans l'église, le fidèle qui a véritablement la Foi, se dit à lui-même : « C'est vraiment ici La Maison de Dieu et la porte du Ciel. Si j'avais eu le bonheur de pénétrer dans l'étable de Bethléem, si Marie m'eût accordé l'honneur insigne de m'admettre dans la maison de Nazareth, et que j'eusse pu converser pendant quelques heures avec Jésus-Christ, avec quel respect profond je me serais approché de ce lieu sacré, plein de la majesté et de la sainteté d'un Dieu ! Eh bien ! Ici je trouve mon Dieu ! Il est chez lui, il me reçoit dans sa maison. Ce temple est sa propre demeure, Il a ordonné d'en ouvrir la porte, afin que je pusse y entrer. Là se trouvent en adoration une multitude d'Anges qui habitent le lieu saint, pour honorer le souverain Roi de l'univers, et former sa cour. Une voix me crie: Il y en a un au milieu de vous que vous ne connaissez pas ! Ah ! Si vous le connaissiez, vous approcheriez de sa demeure avec une sainte frayeur ! Isaïe vit la majesté de Dieu, et des millions d'Anges, qui, par respect, se couvraient de leurs ailes, ne pouvant soutenir l'éclat de sa gloire ».

Mon Dieu ! Comme on y pense peu ! Oh ! Combien de Catholiques devraient s'écrier : « Ce lieu est véritablement saint, et je ne le savais pas ! » Disons plutôt que la plupart d'entre eux refusent d'y penser. On ne voit que trop souvent, s'écrie Saint Bernard, ce qu'on ne devrait voir qu'en versant des larmes amères; c'est que les Saints de l'ancien Testament ont honoré la seule figure de nos Mystères, bien plus que nous n'honorons les Mystères eux-mêmes. Car, tandis que Jacob étant au milieu d'un champ, se considéra dans Le lieu du monde le plus saint et le plus terrible ; on est souvent, au contraire, dans une église avec la même irrévérence et les mêmes égarements d'esprit, que si l'on était au milieu d'un champ. Le Dieu dont la majesté remplit nos temples, est un Dieu Caché, comme l'appelle l'Écriture ; mais pour être caché en est-Il moins avec nous ? Sa présence est-elle moins certaine !... Non, sur la terre, il n'y a rien de Saint comme nos églises. Mais alors le recueillement, le respect le plus profond, ne sont-ils pas absolument nécessaires ?

Ce respect doit être intérieur, vrai, sincère. Il se manifeste par tout l'extérieur, l'attitude la plus grave, la plus décente; une modestie, un recueillement parfait, est-ce trop pour la sainteté de nos temples ? Hélas ! que voyons-nous ! Mon Dieu, que de profanateurs dans votre maison ! Conversations, plaisanteries, occupations toutes profanes... Arrêtons-nous !... Anges de paix, vous pleurez amèrement sur l'indigne conduite d'un grand nombre d'hommes, dans le temple de notre Dieu. N'ai-je pas mille fois fait couler vos larmes ? Oh ! Comme ma conduite sera différente ! Je veux, dans votre maison, ô mon Dieu, ne voir que vous, ne penser qu'à vous, ne m'occuper que de vous !...

 

Deuxième point

Nous devons fréquenter les églises

 

Si l'Eglise est le Tabernacle de Dieu, c'est pour que les hommes soient admis en Sa présence, qu'ils puissent venir l'adorer et recevoir en même temps les plus abondantes bénédictions. Voila le Tabernacle de Dieu avec les hommes. « Ils seront son peuple, dit le Saint Esprit, et Dieu au milieu d'eux sera leur Dieu ». C'est donc dans l'église qu'il faut chercher Dieu. Sans doute la Divinité est partout ; mais de même qu'elle se manifeste aux Élus dans le Ciel, pour les faire participer à sa gloire ; sur la terre, Dieu a choisi nos temples, pour manifester aux hommes son amour, et les combler de biens. Hélas ! Il y a bien peu d'hommes qui méditent ces vérités ! On parle d'une Église pour louer ses formes élégantes, pour faire admirer les divers ouvrages d'art qu'elle renferme, et après un long entretien, on n'a rien dit qui rappelle le Maître de la maison dont on a fait l'éloge. Ô insensibilité du cœur humain ! Que d'Eglises désertes pendant des jours entiers ! Alors même que Dieu ouvre en faveur des hommes le trésor de ses miséricordes, par la prédication de la Divine Parole, par la célébration de nos augustes Mystères ; lorsque le Saint Sacrement est exposé solennellement à l'adoration des fidèles, les Eglises ne sont-elles pas abandonnées par le plus grand nombre des hommes ? La Foi est si faible dans la plupart des âmes, qu'on verra des personnes de piété, réciter de longues prières, faire de pieuses lectures, méditer la loi de Dieu, dans une sacristie, au milieu des conversations, ou dans tout autre lieu, à quelques pas du sanctuaire, sans penser que Jésus-Christ a dit : « Ma Maison est une maison de prière ».

O Jésus ! On Vous laisse solitaire dans Votre maison ! On ne traite pas de la sorte les grands et les riches de la terre ! On est jaloux d'un regard, d'un signe, de la part de ceux qui disposent des biens périssables de ce monde ; un regard, un signe de votre part, ce n'est rien ; on n'y pense pas !... Si l'Église est devenue une solitude, j'irai souvent y goûter le repos et la paix en présence du Divin Solitaire qu'on y trouve toujours. Je veux être le compagnon fidèle de Sa retraite. Toutes les fois que je pourrai faire à l'Eglise mes exercices de piété, ce sera pour moi la plus douce consolation. Ai-je à perdre quelque chose en les faisant sous les yeux de Jésus ? Je les ferai en union avec Lui ; je le prierai de se joindre à moi, de lire, de méditer, de prier avec moi ! Oui, je veux être là, parce que j'y suis bien !

 

Troisième point

Nous devons orner les églises

 

David avait amassé de grandes richesses, pour la construction et l'ornement du temple qu'il voulait élever au Seigneur. Salomon fut choisi pour ce grand œuvre si cher au Cœur de Dieu. Les bois les plus précieux, les étoffes les plus riches, les ornements et les vases sacrés en or et en argent, tout fut employé pour décorer avec magnificence la maison de Dieu. Dès que l'Eglise Catholique fut libre, et que la fin des persécutions lui permit de sortir des catacombes, elle se hâta d'élever au Seigneur des temples magnifiques. Toujours conduite par le Saint Esprit, elle enseigna à ses enfants que tous les biens et toutes les richesses de la terre appartenant à Dieu, ils devaient regarder comme un très grand honneur, de pouvoir Lui en faire hommage. De là ces prodiges de libéralité que nous admirons dans les siècles passés, libéralité à laquelle toutes les classes de la société voulurent participer. La beauté de nos temples chrétiens, les trésors qu'ils renfermèrent, attestent la vivacité de la Foi, et la piété tendre de nos pères.

Les années de la pauvreté volontaire de Jésus-Christ sont passées. Aujourd'hui le Sauveur est dans la gloire, et Il abandonne à notre piété, le soin d'orner Sa Maison, et de décorer Ses Autels. Tous les Saints ont eu un grand zèle pour l'ornement et la décoration de nos temples, et l'Eglise, par ses lois et par sa liturgie, confond les sophismes, qu'une avarice honteuse a inventés pour jeter le blâme et le ridicule sur le zèle qui a pour objet la décoration et l'ornement de la maison de Dieu. Si je comprends bien ces choses, je me réjouirai de voir une église remarquable par son élégance, par sa propreté, puisque c'est un moyen qui dispose au respect et à la dévotion. Je me réjouirai de voir l'or et l'argent couvrir l'Autel du Sacrifice, et le Sang de Jésus-Christ contenu dans de magnifiques calices. A ce sentiment de véritable bonheur, je joindrai le désir de contribuer, autant qu'il est en moi, à la décoration de l'Église et du Sanctuaire.

Ah ! Si du moins je pouvais donner mes soins au pavé de l'Eglise ! Quoi, Seigneur, balayer Votre Maison, secouer la poussière qui couvre l'escabeau de Vos pieds, serait-ce une fonction que je pourrais mépriser ! Autrefois il fallait appartenir à l'état ecclésiastique pour avoir un pareil honneur ! Et maintenant, il n'y a plus que l'appât du gain qui détermine quelques hommes à entreprendre ce travail ! O mon divin Sauveur, dites, que voulez-Vous que je fasse, chez Vous, et pour Vous !... Mon choix est fait, comme celui du Prophète, je préfère la dernière place dans Votre Maison à tout ce qu'il y a de plus brillant sous la tente des pécheurs.

 

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7 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Treizième jour

Le Samedi après la Fête du Sacré-Cœur

 

Venez Esprit Saint,

Venez, père des pauvres,

Venez, dispensateur des dons,

Venez, lumière de nos cœurs.

Je Vous salue Marie.


C'est par son humanité sainte que Jésus-Christ a sauvé le monde ; voilà pourquoi l'Eglise ne cesse de chanter comme expression de sa foi et de sa reconnaissance : « Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel ; par l'Esprit-Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s'est fait homme » ! La chair de Jésus-Christ a été immolée ; l'Homme-Dieu a été notre victime. Mais dans Jésus-Christ, comme dans tous les hommes, le mérite des actions extérieures venait des sentiments qui en étaient le principe. Le Corps et l'Ame du Sauveur constituaient Son Humanité Sainte. Comme dans tous les hommes, le cœur matériel communiquait le mouvement et la vie à tous les organes de ce Corps sacré ; mais aussi le cœur moral, ou la volonté, l'amour, était le principe de tous les mouvements de l'âme. Ces vérités admises, qui pourra s'étonner de voir tous les Saints, toutes les âmes véritablement éprises d'amour pour Jésus-Christ, aller droit à Son Cœur et se diriger vers Lui comme vers le centre de tout ce qu'a fait le Sauveur du monde pour le salut du genre humain ? Qui pourra s'étonner en entendant un Saint Bernard s'écrier : « Puisque nous sommes enfin arrivés au Cœur très Doux de Jésus, et qu'il est bon pour nous d'être là, prenons garde de nous en éloigner trop facilement. Oh ! Qu'il est bon, qu'il est consolant d'habiter dans ce Cœur ! Plût au Ciel que je pusse en approcher, et y fixer ma demeure, pour tous les jours de ma vie ! »

Aujourd'hui, où trouverons-nous ce Cœur divin ? Dans l'adorable Sacrement de l'Autel. Écoutons l'épouse du Cantique : « Moi je dors, mais mon cœur Veille ». S'il existe pour Jésus-Christ un état que l'on puisse comparer au sommeil, c'est bien celui dans lequel notre Foi le découvre sous les espèces Eucharistiques. Là mon Sauveur est sans mouvement, et l'immobilité est la condition de cette nouvelle vie qu'Il a voulu pour Sa Personne Divine, et dont Il s'est revêtu par amour pour nous. Mais sous cette immobilité apparente et matérielle, quel mouvement intérieur, mouvement du cœur toujours en action pour honorer Dieu et pour sauver l'homme ! Le Cœur de Jésus dans le Très Saint Sacrement est toujours en action. Il veille. Le cœur d'un père ne veille-t-il pas sur ses enfants ? Le cœur d'une mère s'est-il jamais reposé sur quelqu'un du soin d'aimer son fils ? A-t-Il jamais cherché dans l'inaction et le sommeil un délassement nécessaire, comme si l'amour maternel pouvait engendrer la lassitude ? Non, certes. Alors même que les membres fatigués réclament le repos, le cœur veille si bien que le moindre soupir d'un enfant suffit pour rendre à une mère toute son énergie et pour éloigner le sommeil de ses paupières. Que dirons-nous du Cœur de Jésus infiniment plus tendre et plus généreux que celui d'une mère ! Il veille sur nous du fond du Tabernacle. Pas un de ses enfants ne laisse échapper un soupir qu'Il ne l'entende aussitôt. Pas une larme ne coule de nos yeux, sans qu'il se hâte de nous offrir Ses consolations. Le moindre danger auquel nous sommes exposés attire Sa sollicitude. Pour augmenter notre confiance et notre dévotion envers le Cœur de Jésus dans le Saint Sacrement, méditons sur les motifs de cette confiance.

 

Premier point

Le Cœur Adorable de Jésus a été le principe de tout ce que le Sauveur a fait pour nous pendant Sa Vie mortelle

 

N'est-ce pas dans ce Cœur Divin que tous les desseins relatifs à notre Salut ont été formés ? Si, de toute éternité, les plans magnifiques de notre Rédemption ont été conçus dans le Sein de Dieu et concertés, entre les trois personnes divines, n'est-il pas certain qu'il était réservé au Cœur de Jésus de les ratifier et d'en entreprendre l'exécution ? Considérons Jésus-Christ sur la terre. Quand Il répand la Lumière de la Vérité, en prêchant au peuple qui se presse autour de Lui, n'est-ce pas le Cœur de Jésus qui, par cette Bouche Divine, publie l'Evangile et annonce les voies du Ciel ? Si le Sauveur opère des prodiges sans nombre en faveur des malheureux, n'est-ce pas le Cœur de Jésus qui, par les mains divines du Sauveur, chasse les démons, guérit les malades, ressuscite les morts ? Si le Bon Pasteur court après la brebis égarée, n'est-ce pas le Cœur de Jésus qui ordonne toutes Ses courses et dirige tous Ses pas ? N'est-ce pas le Cœur de Jésus qui, par les yeux du meilleur et du plus tendre des amis, pleure sur le sépulcre de Lazare, et sur l'infidèle Jérusalem ? Si la pécheresse est accueillie avec un si généreux amour, n'est-ce pas le Cœur de Jésus qui dicte ces touchantes paroles : « Beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu'elle a beaucoup aimé » ? Si, la veille de sa mort, il institue le Sacrement de l'Eucharistie, n'est-ce pas Son Cœur adorable qui veut aimer les Siens jusqu'à la Fin ? Enfin, s'Il souffre tous les tourments de Sa Passion, si, du haut de la Croix, Il prie pour Ses ennemis, s'Il offre le Sacrifice de Sa Vie pour consommer l'œuvre de notre Rédemption, n'est-ce pas toujours Son Cœur qui agit et qui est le principe de tout ?

Divin Sauveur, comme je suis ingrat ! Quoi, ce Cœur qui m'a tant aimé est encore au milieu de nous ; Vous nous l'avez laissé dans cet Adorable Mystère, et je viens si rarement vous témoigner ma reconnaissance !

 

Deuxième point

Le Cœur de Jésus a donné naissance à l'Église

 

Toute ma gloire consiste à être enfant de l'Eglise. C'est l'Eglise que Jésus-Christ a nommée héritière de tous Ses Trésors. Par elle seule je puis arriver un jour à la souveraine béatitude. Mais cette Eglise, épouse chérie de l'Homme-Dieu, où a-t-elle pris naissance ? Qui l'a créée ? Où est son berceau ? L'Ecriture m'apprend que Dieu ayant fait le premier homme, trouva bon qu'il ne fût pas seul ; Il voulut lui donner une compagne. Alors le Seigneur envoya un sommeil à Adam, et, pendant ce sommeil, il forma la première femme d'une des côtes du premier homme. En apercevant Ève, à son réveil, Adam s'écria : « Voilà l'os de mes os, la chair de ma chair ». Saint Paul voit là un grand Mystère. Le Mystère de l'union spirituelle de Jésus-Christ avec Son Eglise. Le nouvel Adam devait nous communiquer la vie spirituelle, la vie de la grâce, par son Eglise qu'il a choisie pour Epouse et qu'il a rendue Mère de tous ceux qui vivront éternellement. « Tous, dit l'apôtre, nous sommes membres de ce Corps qui est l'Eglise ».

Eh bien ! l'Eglise est née, elle a été formée par le Côté ouvert de Jésus-Christ ; lorsque le nouvel Adam fut endormi sur la Croix du sommeil de la mort, Son Côté fut ouvert par la lance du soldat Romain, et de ce Côté ouvert, il en sortit l'Eglise, l'épouse de Jésus-Christ, notre Mère. C'est ce qui est représenté par l'Eau et le Sang qui coulèrent de la blessure du Sauveur. L'Eau représentait le Baptême, le premier des Sacrements, celui qui nous purifie et nous donne le caractère d'enfants de Dieu, et nous fait membres de l'Eglise. Le Sang représentait la Sainte Eucharistie qui est le complément et la consommation de toutes les grâces dont les autres Sacrements sont les canaux. Voilà l'Eglise ; elle reçoit sa vie et son immortalité en sortant du Cœur de Jésus-Christ, sous la figure du Sang et de l'Eau. Le Cœur de Jésus est donc le lieu de ma naissance, mon berceau ; c'est là que je suis né, que j'ai été enfanté, et, pour me donner cette naissance, Jésus a donné le Sang et la vie de Son Cœur. Ah ! Si le lieu qui nous a vu naître a pour nous tant de charmes, que doit être pour l'âme fidèle le Cœur de Jésus ! Comme elle doit le contempler souvent, trouver son bonheur à le visiter, à l'étudier, à en découvrir toutes les richesses !

 

Troisième point

Le Cœur Adorable de Jésus continue à être pour nous le principe et la source de tous les biens

 

Si, comme nous l'avons dit, le Cœur de Jésus veille continuellement pour nous dans le Sacrement adorable de nos autels, n'est-ce pas pour faire arriver la vie jusqu'aux extrémités du Corps de l'Eglise, toujours conservée, sanctifiée par Son Amour, comme le corps humain qui reçoit à chaque instant, et dans chacune de ses parties, le mouvement et la vie que lui envoie l'activité et l'action du cœur ? A chaque instant, dans Sa Vie Eucharistique, le Cœur de Jésus prie, s'offre, gémit pour nous. Qui dira les torrents de bénédictions qui en sortent pour aller inonder toutes les âmes ! Le Cœur de Jésus est le port ouvert à tous ceux qui redoutent le naufrage. C'est l'asile de tous ceux qui se trouvent délaissés. Le Cœur de Jésus est la retraite des cœurs pieux. Oh ! ils sont bien là ! « Faisons, s'écrie Saint Bonaventure, trois tentes dans les plaies de Jésus, une dans Ses mains, une dans Ses pieds, et une autre dans Son Cœur. Celle-ci sera la nôtre. Tâchons de n'en sortir jamais », Là nous parlerons à Jésus et nous serons toujours exaucés. N'y trouve-t-on pas cette source d'eau vive dont le Sauveur parlait à la Samaritaine et dont la fontaine jaillit jusqu'à la vie éternelle !

Venez, âmes pieuses, cœurs faits pour aimer. Si vous aimez les larmes et les soupirs, le Cœur de Jésus est le nid où la plaintive tourterelle fait entendre ses gémissements. Si vous êtes affamés du pain céleste, venez ; c'est là que l'innocente colombe sait trouver sa délicieuse nourriture. Si Vous êtes dégoûtés des plaisirs fades de ce monde, venez ; c'est un jardin où le parfum qu'on respiré est celui des lys que les âmes pures aiment à rencontrer au milieu des roses. Si vous cherchez le Divin Epoux qui semble s'être caché, venez; vous le trouverez dans ce cellier mystique ; Il vous enivrera du Vin qui fait germer les vierges, après vous avoir nourri du Froment délicieux qu'Il a préparé pour Ses élus. Si vous aimez le repos, venez encore au Cœur de Jésus ; c'est un lit délicieux où l'âme pure goûte les joies d'une paix inaltérable qui devient pour elle un avant-goût du Ciel !...

 

O Cor amoris victima,

Cœli perenne gaudium,

Mortalium solatium,

Mortalium spes ultima.

 

O Cœur, Victime de l'amour,

Joie éternelle du ciel,

Confort de l'homme mortel,

Seul espérance de la race humaine.

 

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29 mai 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Quatrième jour

Le jour de la Fête du Très Saint Sacrement

 

Faites briller en nous Votre Lumière,

Répandez l'amour dans nos cœurs,

Soutenez la faiblesse de nos corps

Par Votre éternelle vigueur !

Je Vous salue Marie

 

Laissons parler le Disciple bien-aimé : « Le soir avant la Fête de Pâques, Jésus sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son Père, après qu'il eût aimé les siens qui étaient dans ce monde, Il les aima Jusqu'à la fin ». Le Sauveur va passer de ce monde à son Père, par sa Mort, sa Résurrection et son Ascension, ce que signifie le mot même de Pâques, c'est-à-dire passage. Il avait aimé les Siens, et de quel amour !... Que n'avait-il pas fait pour eux depuis trente-trois ans ! Les Siens qui étaient dans le monde, Ses Apôtres, Ses Disciples, Ses amis, et dans leur personne, tous ceux qui, dans la suite des siècles, consentiront à être aussi Ses disciples, Ses Amis. Il les aima Jusqu'à la fin ! Jésus va étendre son amour jusqu'aux dernières limites où il semble que l'amour d'un Dieu puisse atteindre. Dans cet acte d'Amour incompréhensible, il embrassera tous les hommes de tous les pays jusqu'aux extrémités de l'univers, de tous les temps jusqu'à la consommation des siècles.

Maintenant écoutons Saint Paul, et avec lui Saint Mathieu, Saint Marc et Saint Luc : « J'ai appris du Seigneur ce que je vous ai enseigné, c'est que, dans la nuit même où Il devait être livré à la mort, le Seigneur Jésus prit du pain, et ayant rendu grâces, Il le rompit, et dit à ses Disciples : « Prenez et mangez, ceci est Mon Corps qui sera livré pour vous ; faites ceci en mémoire de Moi ». De même, après avoir soupé, Il prit le Calice, en disant : « Ce Calice est la nouvelle Alliance en Mon Sang ; faites ceci en mémoire de Moi, toutes les fois que vous le boirez ». Ah ! Le Prophète avait vu de loin ce prodige, et il s'était écrié : « Le Seigneur plein de Tendresse et de Miséricorde a établi un monument de toutes Ses merveilles, Il a donné nourriture à ceux qui le craignent. Sans doute, le Seigneur avait opéré de grandes merveilles depuis la création du monde jusqu'à la venue de Jésus-Christ. Ces merveilles ont eu pour objet de faire connaître Sa puissance, Sa Miséricorde, Sa Sagesse, Sa Justice. Les Miracles sont la voie par où Dieu se manifeste : mais Jésus-Christ en a laissé un permanent dans son Eglise, par lequel il se cache ; c'est celui de l'Eucharistie. Ceci est admirable. Dans l'Eucharistie je trouve le monument des merveilles de Jésus-Christ, puisque c'est la commémoration de sa mort, et le gage de la promesse qu'il a a faite aux fidèles de demeurer parmi eux , quoiqu'il dût remonter au Ciel, et qu'il y soit en effet remonté. Mais en même temps c'est le chef-d'œuvre de la puissance de Jésus-Christ, résolu de se cacher à nos sens pour exercer notre foi. Il nous rappelle, par l'Eucharistie, la mémoire de sa mort ; mais il se cache pour se communiquer à nous, et pour nous nourrir de sa propre substance. Ce Sacrement est tout à la fois le prodige de sa force toute divine, et le monument éternel de sa tendresse ».

Mais quelles sont les plus étonnantes merveilles de la Sagesse, de la Puissance, de l'Amour de Dieu envers les hommes ? Je les trouve dans l'union de la Divinité avec la nature humaine par le Mystère de l'Incarnation, dans le séjour qu'un Dieu a bien voulu faire parmi les hommes, conversant familièrement avec eux pendant trente-trois ans ; enfin, dans le Sacrifice et la mort de ce même Dieu immolé sur la Croix pour le salut des hommes. Or, ces trois grands Mystères ne sont-ils pas continués, et ne pourrait-on pas dire en quelque sorte qu'ils reçoivent comme une extension infinie par le Sacrement de l'Eucharistie ! O Prodige ! Ô Amour ! Ô Mystère ineffable ! Et c'est aujourd'hui que l'Eglise invite tous ses enfants à célébrer le grand jour de l'institution de cet Adorable Sacrement ! Je l'entends qui s'écrie dans le sentiment du plus juste enthousiasme: « Sion, loue ton Sauveur, célèbre dans tes Hymnes et tes Cantiques ton Pasteur et ton Roi. Aie le courage d'exalter son nom par toutes les puissances de ton être : il est au-dessus de toute louange, jamais tu ne pourras le louer assez ».

Dans la Bulle par laquelle le Pape Urbain IV enjoint à toute l'Eglise de célébrer la Fête du Très Saint Sacrement avec la même pompe que les quatre principales Fêtes de l'année, ce Saint Pape s'exprime de la sorte : « Nous versons des larmes de joie dans cette sainte commémoration ; le cœur tressaillant d'allégresse et inondé de consolations, les fait couler de nos yeux en abondance. O immensité du Divin amour ! O débordement de la Divine bonté ! O générosité sans mesure de notre Dieu ! Il nous avait donné déjà toutes choses ; il nous avait faits maîtres de toutes les créatures sur la terre ; il nous avait élevés, ennoblis, jusqu'à commettre un ange pour nous garder et nous assister dans toutes nos voies, jusqu'à l'envoyer pour servir de guide et de conseil à tous ceux qui recevront l'héritage du Salut. Non content d'avoir tant fait pour nous, il a voulu déployer encore les richesses de sa bonté en notre faveur. Pressé par la charité immense qu'il nous porte, il s'est donné lui-même à nous, et mettant le comble à tous les autres prodiges de sa libéralité, par un Miracle que jamais l'amour n'aurait imaginé, il se fait notre nourriture. O bonté singulière et admirable ! Il est tout à la fois le donateur et le don. C'est un prodige de générosité dans un homme, et surtout dans un homme du plus haut rang, de se livrer pour un autre homme : ici c'est notre Dieu lui-même, la Souveraine Grandeur, qui se donne à l'homme jusqu'à lui servir d'aliment, afin que celui qui a trouvé la mort dans le fruit qu'il a mangé autrefois contre la défense de son Créateur, pût retrouver la vie dans une nouvelle nourriture faite de la Chair et du Sang de son Rédempteur. L'homme est tombé après avoir mangé un fruit de mort ; et il s'est relevé en mangeant du fruit de l'Arbre de Vie. Sur le premier Arbre, pendait le morceau fatal qui a perdu Adam avec toute sa postérité ; celui-ci nous a porté l'Antidote Céleste et Divin qui donne l'immortalité. La tentation de goûter celui-là nous a précipités dans l'abîme ; c'est en goûtant celui-ci que nous sommes assurés de notre Salut. Voyez comme par où le mal est entré, le remède lui-même nous est parvenu, et comme d'où la mort est sortie, la bonté du Seigneur en a fuit sortir la vie. Il est écrit du premier aliment : « Au jour où vous en mangerez, vous mourrez »; et il est dit du second : « Ce lui qui mange de ce pain vivra éternellement ». O excellence de ce Sacrement ! O Sacrement digne d'être adoré, respecté, glorifié, honoré, exalté par les plus pures louanges ; d'être célébré par les plus vives acclamations, reçu dans les cœurs les plus chastes ! » Ainsi parle l'Eglise par la bouche du Pasteur Suprême, le Vicaire de Jésus-Christ.

O mon Dieu ! Pénétrez mon cœur des sentiments que Jésus-Christ attend de moi dans ce jour mémorable.

 

Premier point

En quoi consiste le don que Jésus-Christ fait à son Eglise, en instituant le Sacrement de la Divine Eucharistie ?

 

Jésus-Christ se donne Lui-même. Il voulait donner beaucoup, il voulait être généreux à l'excès; il voulait aimer immensément. Il se livre lui-même : Il laisse aux Siens sa personne adorable, Dieu et homme tout ensemble, Jésus laisse à son Eglise sa Divinité et son Humanité, le Dieu-Homme, l'Emmanuel, le Dieu avec nous. Voilà le don inestimable qui nous est fait aujourd'hui Nous le possédons avec toutes ses perfections, il sera avec nous Plein de grâce et de vérité ! Le Verbe qui s'est fait chair dans le sein de Marie, la plus pure des Vierges ; que Marie a porté pendant neuf mois, aujourd'hui, change le pain en son Corps, le vin en son Sang, pour continuer à vivre au milieu des hommes...

Cette Chair Divine dont le Fils de Dieu s'est revêtu au moment de l'Incarnation, cette Chair devenue le prix de notre Rédemption ; cette même Chair dont le Sauveur était revêtu lorsqu'Il passait parmi les peuples en répandant mille Bénédictions ; cette Chair dans laquelle un Dieu a voulu souffrir les tourments les plus affreux pour nous ouvrir le Ciel ; cette même Chair placée glorieusement dans le Ciel depuis le jour de l'Ascension, couronnée d'honneur et de gloire, et dont la vue réjouit les Anges et les Saints ; voilà ce que Jésus-Christ me donne aujourd'hui. Les apparences du pain dérobent Jésus aux yeux de mon corps, comme dans la Crèche et sur la Croix, l'Humanité cachait le Dieu; mais Il est là. Je l'entends qui s'écrie : « Ceci est Mon Corps ».

Saint Jean Damascène, ravi d'admiration à la vue de cette merveille, prend un style tout de feu, et s'écrie : « Le Dieu bon, le Dieu très bon, le Dieu infiniment bon, le Dieu de toute bonté, a voulu répandre sur nous comme un débordement des richesses de son amour pour les hommes ». Oui, c'est vrai, je le crois, ô mon Dieu ! Je le sens ! Je le goûte, ce grand Mystère d'amour !... Je vous adore !... Je vous aime !...

 

Deuxième point

A qui le Sauveur fait-il ce don précieux de Son Corps et de son Sang ?

 

Aux Siens ! C'est Saint Jean qui le dit. Aux Siens qui sont autour de Lui, Aux Siens de tous les temps, de tous les lieux. Donc à nous qui vivons maintenant. O Eglise Catholique, ô ma mère, en t'appartenant, j'ai droit, oui, un droit incontestable à ce bien précieux. Jésus-Christ est à moi, son corps, son sang, son âme, sa divinité ! Alors, quand le Sauveur prit du pain, le bénit et le distribua à ses Disciples en disant : « Ceci est Mon Corps, prenez et mangez, tous » ; Il s'adressait à moi, Il me voyait de loin, il consacrait le pain et le vin pour moi ! O Jésus, il y a donc dix-huit siècles que vous m'attendez dans le Saint Tabernacle ; Vous saviez l'époque où je vivrais, et Vous étiez là dans le Sacrement d'Amour afin que je ne fusse pas un instant sur la terre sans Vous. En venant au monde je Vous y ai trouvé, et je jouis de Votre présence, et je suis en possession de tous les biens qui en découlent§... O amour ! Je veux aujourd'hui goûter, savourer ces paroles : « Après avoir aimé les Siens, Il les aima jusqu'à la fin ! » Ceux qui s'aiment bien se promettent réciproquement de ne s'oublier jamais. Or, voilà ce que Jésus-Christ ne dédaigne pas de me recommander à son égard : « Faites ceci en mémoire de Moi ». Quant à lui, oh ! Il n'oubliera jamais les Siens ! « Voila Mon Corps ! Je suis avec vous tous les jours ! Ah ! Je comprends le langage de l'Eglise:

 

Sit laus plena, sit sonora ;

Sit jucunda, sit decora

mentis jubilatio.

 

Que notre louange soit pleine, qu’elle soit sonore ;

qu’elle soit joyeuse, qu’elle soit belle

la jubilation de nos cœurs.

 

Troisième Point

Dans quelles circonstances Jésus-Christ donne-t-il aux hommes cette marque d'amour ?

 

C'était la veille de Sa mort. Le Démon avait déjà mis dans le cœur de Judas le dessein de le trahir. Le pacte était fait. Encore quelques heures, et la puissance des ténèbres va se déchaîner contre le Juste par excellence. Quelle nuit pour Jésus-Christ que celle qui commence ! Il est à table avec ses Apôtres. J'ai désiré, dit-il, d'un ardent désir de manger cette Pâque avec vous ». Je comprends pourquoi ce désir, ô adorable Jésus ! L'Amour qui Vous brûle a besoin de se faire jour et de se manifester. Il se lève, quitte ses vêtements, lave les pieds à ses Disciples. Toutes ses paroles sont solennelles. Il parle de l'amour. « Désormais Je ne vous appellerai plus Mes serviteurs, mais Je vous appellerai Mes amis. Vous êtes Mes amis ». Dans ce moment le Disciple bien-aimé repose sur la poitrine de son maître. O Dieu ! Quelle admirable scène, quel tableau délicieux pour l'âme pieuse qui le contemple ! Je me tiens en esprit dans un coin du Cénacle; je prête une oreille attentive, je regarde Jésus ; il y a dans tout son extérieur quelque chose de si grand ! La joie, la douleur, l'amour, tous ces sentiments, je les vois dans son regard. C'en est fait, l'Agneau de la nouvelle Loi est substitué à la Pâque ancienne. Le sacrifice de l'autel, la Communion, la vie Eucharistique de Jésus, tout est institué ! Et Judas s'en va, tandis que le Cantique d'action de grâces étant fini, le Sauveur va commencer sa douloureuse passion.

O mon Dieu ! Que de Mystères !.... O triomphe de la Charité Divine !.... Quoi ! Je pourrais aujourd'hui avoir d'autres pensées ! Disons avec une foi vive:

 

« In supremœ nocte cœnae,

Recumbens cum fratribus

Observatà lege plene

Cibis in legalibus,

Cibum turbae. Duodenae,

Sedat suis manibus.

 

« Dans la nuit de la dernière cène,

Se trouvant à table avec ses frères,

Après avoir observé la loi,

En mangeant les viandes qu'elle ordonnait,

Il se donna Lui-même,

Et de Ses propres mains,

A ses douze Apôtres pour être leur Nourriture ».

 

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24 janvier 2024

Neuvaine pour la Présentation de Jésus au temple

Neuvaine pour la Présentation de Jésus au temple

Du 25 janvier au 2 février

 

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Introduction

 

Quarante jours après la naissance de Jésus, Marie et Joseph portèrent l’Enfant au Temple, afin de le présenter au Seigneur selon la loi de Moïse. Aussi l’Église célèbre-t-elle, le 2 février, la Présentation du Seigneur au Temple, qui clôture les solennités de l’Incarnation. Cette fête est aussi la Journée de la vie consacrée.

La fête de la Présentation de Jésus au Temple, aussi appelée fête de la purification, est plus connue sous le nom populaire de Chandeleur. Ce nom, qui signifie « fête des chandelles », a pour origine la procession par laquelle débute la célébration. Par ce geste, nous nous souvenons que c’est par le titre « Lumière pour éclairer les nations païennes » (Lc 2,32), que Siméon accueille Jésus lors de la Présentation au Temple par Marie et Joseph, quarante jours après sa naissance.

Par ailleurs, la présentation de Jésus au temple, consacré selon la prescription rituelle de l’époque au Seigneur comme tout garçon premier né, annonce le don de Jésus par amour de Dieu et des hommes et l’offrande suprême de la Croix. Cette journée a donc une importance particulière pour toute personne consacrée, qui, inspirée par le don bouleversant du Christ, aspire à son tour à donner sa vie et à tout abandonner pour marcher à sa suite. En 1997, le pape Jean-Paul II initie ce jour-là la première Journée de la vie consacrée.

Que cette neuvaine pour préparer cette fête multiple du 2 février vous fasse entrer dans la lumière de celui qui est la Lumière et qui veut toujours plus nous faire entrer dans cette lumière de son royaume qu’il nous a destiné.

 

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Prières quotidiennes

 

Je crois en Dieu

Prière à l’Esprit Saint

O Esprit Saint, au jour de la Pentecôte, vous avez donné naissance à l’Église dans le souffle et le feu de l’Amour. Manifeste à nouveau ta bonté envers toute l’Église. Aide-nous à nous mettre à l’écoute de ce que tu veux lui dire. Garde-nous fidèles à sa mission. Aide-nous à transmettre notre héritage de foi ; assure la vitalité de nos communautés chrétiennes ; fais de nous un signe vivant de ta présence dans notre monde. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Amen.

 

Cantique de Syméon

Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole.

Car mes yeux ont vu le Salut que tu préparais à la face des peuples, lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.

 

Dieu éternel et tout-puissant, nous vous adressons cette humble prière : puisque votre Fils unique, ayant revêtu notre chair, fut en ce jour présenté dans le Temple, fais que nous puissions aussi, avec une âme purifiée, nous présenter un jour devant vous. Amen.

 

Notre Père, 10 Je vous salue Marie, Gloire au Père

 

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Premier jour

La Présentation de Jésus au Temple, clôture les solennités de l’Incarnation

 

Il y a quarante jours, nous célébrions dans la joie la Nativité du Seigneur. Voici maintenant arrivé le jour où Jésus fut présenté au Temple par Marie et Joseph : il se conformait ainsi à la loi du Seigneur, mais, en vérité, il venait à la rencontre du peuple des croyants.

En effet, le vieillard Syméon et la prophétesse Anne étaient venus au Temple, sous l’impulsion de l’Esprit Saint ; éclairés par ce même Esprit, ils reconnurent leur Seigneur dans le petit enfant et ils l’annoncèrent à tous avec enthousiasme.

Il en va de même pour nous : rassemblés par l’Esprit, nous allons nous mettre en marche vers la maison de Dieu (ou vers l’autel du Seigneur) à la rencontre du Christ ; nous le trouverons, et nous le reconnaîtrons à la fraction du pain en attendant sa venue dans la gloire. Certes, il ne nous est pas possible de tenir l'Enfant Jésus dans nos bras, comme Syméon. Mais nous pouvons recevoir notre consolation, notre salut et notre lumière en « prenant » Jésus Hostie ; en écoutant le Verbe éternel qui s'adresse à nous dans les Les Ecritures et donne sens à nos vies, à nos épreuves.

Puisse le Nunc Dimittis (la prière de Syméon), nous rendre disponibles à l'Esprit, source de toute grâce et action de grâce !

Seigneur, Jésus, Lumière des nations, répondez à notre désir le plus profond de vous voir comme Syméon. Vous êtes venu à nous dans notre condition humaine, comme un petit bébé. Grâce à cela aidez-nous à vous rejoindre. Amen.

Prières quotidiennes

 

Deuxième jour

La Présentation de Jésus au Temple, Chandeleur

 

Le 2 février, quarante jours après la naissance de Jésus, Il est présenté au Temple, en conformité à la Loi de Moïse.

C’est la Fête de la Lumière des nations. La Chandeleur ou fête des chandelles, voit la communauté de fidèles faire une procession avec les lumières. C’est une démarche festive et communautaire dans la maison de Dieu, où nous rencontrons le Christ, dans la fraction du pain, « en attendant son retour dans la gloire »

Le Cantique de Syméon ou Nunc Dimittis (Luc 2, 29-32), que la liturgie nous propose de méditer à l'occasion de la fête de la Présentation, n'a pas été inclus par hasard dans l'office du soir (complies). Puissions avec l’Église, le prier chaque soir et trouver cette lumière qui illumine toute ténèbre.

Seigneur, vous êtes la vraie Lumière, venez me visiter. Je souhaite vous rencontrer autant que vous le souhaitez. Car vous êtes le Sauveur qui m’est donné. Poussé par l’Esprit, moi aussi je vous demande la grâce de laisser votre lumière éclairer mon plus ordinaire et de révéler ainsi votre visage. Amen.

Prières quotidiennes

 

Troisième jour

La Présentation de Jésus au Temple, Purification de la Vierge

 

Marie sa mère se soumet au rite de purification prescrit pour les mères venant d'accoucher. Quelle humilité ! Quelle obéissance à la loi ! Marie la toute pure, la toujours vierge n’avait pas besoin d’être purifiée puisqu’elle a été préservée du péché dès sa conception. Elle nous donne là un exemple à suivre pour notre humanité.

Car cette fête établit un lien symbolique entre l’humanisation du Fils de Dieu et notre divinisation. Celui qui devient l’un de nous, en revêtant notre chair, l’atteste dans sa présentation au Temple. Dieu devenant l’un de nous, nous appelle à devenir comparables à Lui.

« Les cierges de la Chandeleur sont le symbole du don de soi, de l'oblation et de la fidélité. La cire malléable représente l'obéissance, qui ne fait qu'un cœur et qu'une âme. La mèche, toute intérieure, évoque aussi quelque chose, c'est l'esprit de pauvreté, et la pleine signification de l'amour qui conduit à sa consommation. La flamme lumineuse brûle en silence, c'est un silence priant, sous le regard de Dieu. Voilà l'amour de Dieu en nous, qui nous purifie et nous rend saints.

La cire, formée par le suc des fleurs que les abeilles butinent, a toujours été considérée comme le symbole de la virginité, et signifie la chair virginale du Sauveur. Sa naissance n'avait rien altéré en Marie. Elle est restée Immaculée, Vierge et Mère. C'était une âme pacifiée, et épanouie en Dieu. Laissons-nous happer par la grâce et l'amour, en accomplissant notre tâche avec la patience de Marie, pour continuer de souffrir, de nous purifier par l'amour et de servir, en nous laissant absorber par la lumière divine, dans un grand élan d'amour qui, un jour, s'achèvera en Celui qui attire à Lui pour combler notre âme. Nous devons donc nous perfectionner et réaliser en nous cette profonde union avec le Sauveur. La flamme du cierge est le symbole du Sauveur qui est venu illuminer le monde. Il y a trois choses à considérer dans le cierge : la cire, la mèche et la flamme. La cire pure, ouvrage de l'abeille virginale, qui représente la chair virginale du Sauveur, préparée par la Vierge Immaculée. La mèche qui se trouve à l'intérieur est l'âme. La flamme en est la Virginité. Il est dit que les fidèles s'empressaient de porter eux-mêmes des cierges à faire bénir le jour de la Purification, avec ceux des prêtres, portés en procession en souvenir de la rencontre de Jésus avec le bon vieillard Siméon, venu au Temple de Jérusalem pour voir le désiré des Nations, et la prophétesse Anne. Il suffisait d'aimer, il faut s'offrir et rayonner. Le cierge est le symbole de l'oblation qui signifie la fidélité des âmes, qui ne font qu'un cœur et qu'une âme » (Mère Marie de la Croix).

Seigneur, nous vous demandons que nous puissions, nous aussi vous être présentés, en étant, en retour, revêtus d’une âme purifiée. Apprenez-nous le chemin certain et sûr pour arriver à notre purification qui est celui de vous suivre vous, le Chemin et votre Église qui est votre Corps. Faites que nous soyons fermement attachés à Vous et à elle. Donnez-nous la grâce de nous abandonner à votre capacité à nous transformer à travers notre cheminement sur terre. Accordez-nous l’humilité. Amen. 

Prières quotidiennes

 

Quatrième jour

La Présentation de Jésus au Temple, journée de la vie consacrée

 

La journée de la vie consacrée est célébrée en la fête de la Présentation du Seigneur au temple. La présentation de Jésus au temple, consacré selon la prescription rituelle de l’époque au Seigneur comme tout garçon premier né, annonce le don de Jésus par amour de Dieu et des hommes et l’offrande suprême de la Croix. Cette journée a donc une importance particulière pour toute personne consacrée, qui, inspirée par le don bouleversant du Christ, aspire à son tour à donner sa vie et à tout abandonner pour marcher à sa suite.

Seigneur Jésus, au cours de la sainte Cène, par amour pour ton peuple, vous avez institué l’eucharistie que vous avez confiée à vos apôtres. Nous vous remercions pour tous les hommes que vous avez envoyés depuis ce jour pour qu’ils soient prêtres afin de guider votre peuple et dispenser vos sacrements. Apprenez-nous à les accueillir tels qu’ils sont, avec leurs richesses et leurs pauvretés, et à les soutenir fraternellement dans leurs joies et leurs épreuves. Rendez-les toujours plus fidèles aux engagements de leur ordination, dans la joie de servir et de s’unir à vous. Donnez à vos prêtres la grâce de correspondre toujours mieux au Bon Pasteur que vous êtes, celui qui se fait le serviteur de ses frères et donne sa vie pour ses brebis. Nous vous prions de continuer à susciter de nouvelles vocations. Que votre Esprit soutienne ceux qui perçoivent votre appel et hésitent à vous répondre. Aidez-nous aussi à encourager tous ceux que, dans nos familles et notre entourage, vous appelez à servir votre Corps. Nous nous confions à Vous et nous Vous confions aussi tous les religieux dont aujourd’hui c’est la fête. Qu’ils suivent de plus près tous les enseignements de l’Église. Nous vous le demandons, à vous qui vivez et régnez avec le Père et le Saint Esprit, pour les siècles des siècles. Amen. 

Prières quotidiennes

 

Cinquième jour

La Présentation de Jésus au Temple, rencontre avec Syméon

 

Cette fête de la rencontre de Syméon, symbolise la rencontre du Seigneur avec son peuple. Syméon, poussé par l'Esprit et devenant prophète, vint à la rencontre de l'enfant Jésus, le prit dans ses bras, le proclamant “Lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël”.

Que voit Syméon ce matin-là ? Comme beaucoup d’autres fois sans doute, ce qu’il voit, c’est un enfant qui s’approche, tenu dans leurs bras par son père et sa mère. Rien ici de bien glorieux, ni d’éclatant, rien en fait de bien lumineux. Et pourtant, dans cet enfant, Syméon reconnaît le salut de Dieu venant jusqu’à lui, la lumière des peuples. Poussé par l’Esprit, il ouvre les yeux sur quelque chose d’ordinaire, et c’est pour lui la merveille !

Comment nous attendons-nous à voir le Seigneur s’approcher, se présenter à nous, se révéler ? Dans l’éclat d’une lumière hors du commun, ou dans la simplicité d’un enfant de son peuple ? Dans l’extraordinaire de nos vies ou dans le plus ordinaire, le plus familier ? Quelle est cette lumière que nous attendons ? N’est-elle pas au plus proche ? Le plus ordinaire de ma vie ?

Syméon ne voulait pas mourir sans avoir vu le Messie. L’Église prie chaque soir la prière de Syméon, avant d’entrer dans la nuit. De fait, chaque entrée dans la nuit est un achèvement, non encore de notre existence terrestre, mais de notre journée. Symboliquement fort, ce moment nous prépare à la remise ultime de notre vie entre les mains de Dieu. Car c'est bien ce grand « départ » que Syméon évoque dans son action de grâce : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser s'en aller ton serviteur, en paix, selon ta parole ».

Une paix qui apparaît comme un don gratuit de l'Esprit (Galates 5,22), mais aussi comme le fruit d'une attente persévérante et fervente. Cela étant, ne nous trompons pas sur la nature de cette action de grâce: elle n'ignore rien des difficultés ou de la complexité de la vie, des angoisses ou des peurs auxquelles nous sommes tous affrontés un jour ou l'autre. Car, de fait, le vieillard Siméon annonce à Marie que Jésus sera un signe de contradiction, certains seront pour Lui et L'écouteront, d’autres le refuseront. (Lc 11, 28) A nous aussi de choisir…Heureux celui qui écoute la Parole de Dieu et qui la garde.

Seigneur aidez-nous à être attentifs aux interventions de Dieu en nos vies. Formez-nous avec la prière d'action de grâce de Siméon, qui articule expérience personnelle et histoire de Dieu avec son peuple et toute l'humanité. Entraînez-nous enfin, dans cette démarche de lâcher prise toujours, en vous faisant confiance, en vous consacrant tous les contenus de nos vies. Amen. 

Prières quotidiennes

 

Sixième jour

La Présentation de Jésus au Temple, annonce de la Croix

 

La prescription rituelle de l’époque au Seigneur comme tout garçon premier né, annonce le don de Jésus par amour de Dieu et des hommes et l’offrande suprême de la Croix. Car dans la prédiction de Syméon à Marie, sur le bonheur de la naissance de Jésus le sauveur, se projette déjà l'ombre de la Croix : « Ton enfant sera un signe en butte à la contradiction. Toi-même, un glaive transpercera ton âme : ainsi seront dévoilées les pensées intimes de bien des cœurs ». (Luc 2, 22-38).

Offre ton fils, Vierge sainte, et présente au Seigneur le fruit béni de tes entrailles (Lc 1,42). Offre pour notre réconciliation à tous, le sacrifice saint, le sacrifice agréable à Dieu (Rm 12,1). Dieu le Père accueillera pleinement cette offrande nouvelle, ce très précieux sacrifice, dont lui-même parle en ces termes : « Voici mon Fils bien-aimé ; en lui, toute ma joie » (Mt 3,17 ; 17, 5).

Mais cette offrande-ci, paraît bien légère : on se contente de la présenter devant le Seigneur, de la racheter avec des oiseaux, et aussitôt on la reprend et l’emporte. Viendra le jour où ce n’est plus dans le Temple, ni entre les bras de Syméon qu’il sera offert, mais en dehors de la ville et entre les bras de la croix. Viendra le jour où il ne sera plus racheté par un sang autre, mais où il rachètera les autres par son propre sang (He 9,12). Car Dieu le Père l’a envoyé comme rédempteur pour son peuple (Ps 110,9). Ce sera alors le sacrifice du soir, tandis que maintenant, c’est le sacrifice du matin. Celui-ci, certes, est plus joyeux, mais l’autre sera plus plénier : celui-ci est offert au temps de sa naissance, celui-là le sera dans la plénitude de son âge (Ep 4, 13).

A l’un comme à l’autre pourtant peut s’appliquer cette prédiction du Prophète : Il a été offert, parce que lui-même l’a voulu (Is 53, 7). En effet, même maintenant, dans le Temple, il a été offert non parce qu’il en avait besoin, ni que la Loi le lui imposait, mais parce qu’il l’a voulu. Et de même, il a été offert sur la croix non parce que le juif a été plus fort, ni que lui-même le méritait, mais parce qu’il l’a voulu.

Mais qu’allons-nous offrir, nous, mes frères, et que rendrons-nous au Seigneur pour tout ce qu’il nous a donné (Ps 115,12) ? Lui, il a offert pour nous la plus précieuse victime qu’il possédait ; en vérité, il ne pouvait en être de plus précieuse. Nous aussi donc, faisons ce qui est en notre pouvoir : offrons-lui ce que nous avons de meilleur : nous-mêmes ! Lui s’est offert lui-même (He 9,14) : qui es-tu, toi, pour hésiter à t’offrir toi-même ?

Frères, au Seigneur qui allait mourir, les juifs offraient des victimes mortes. Mais maintenant désormais je suis vivant, dit le Seigneur ; je ne veux pas la mort du pécheur, mais plutôt qu’il se convertisse et qu’il vive (Ez 33, 11). Le Seigneur ne veut pas ma mort ; et moi, je ne lui offrirais pas volontiers ma vie ? Tel est en effet le sacrifice d’apaisement, le sacrifice agréable à Dieu, le sacrifice vivant (Rm 12,1) ». (St Bernard de Clairvaux, 3e Sermon pour la Purification).

Seigneur apprenez-nous à tout nous offrir et à nous offrir nous-même. Amen.

Prières quotidiennes

 

Septième jour

La Présentation de Jésus au Temple, arrivée soudaine du Seigneur

 

Messie attendu, annoncé qui se présente « soudain » dans son temple, Jésus est présenté au Temple par ses parents (Ex 13,1-2,15). Mais en vérité, c'est le dernier Messager de Dieu, c'est Dieu lui-même qui vient dans son Temple, comme le reconnaît prophétiquement le vieillard Syméon représentant de « tous les hommes justes et religieux qui attendaient la Consolation d'Israël ». Inspiré par l'Esprit Saint, il discerne que cet enfant - en apparence semblable à tous les autres - est celui que les prophètes annonçaient, objet de contradiction, mais Premier-né d'une multitude de rachetés, « lumière des nations et gloire d'Israël, son peuple ».

Sa prière, le Nunc dimittis, est chantée par l’Église au cours de sa dernière prière avant le repos de la nuit, et souvent aussi lors de messes de funérailles.

Marie, modèle des croyants, souffrira plus que quiconque, au plus intime de son être, au plus profond de son cœur, de voir cette lumière rejetée par beaucoup: c'est la prophétie que prononce ensuite Syméon.

Or l’Église, conformément au précepte divin de « prier sans cesse », s'est organisée pour vivre dans la prière continuelle: c'est ce qu'on appelle « l'office », ou mieux « la prière des Heures ». Le principe est simple : il s'agit de vivre chaque temps du jour, du lever au coucher, en contemplant le Mystère divin (ceci n'est pas « réservé » aux prêtres, moines et moniales: les laïcs peuvent suivre cette prière - par exemple grâce à des livrets comme Magnificat qui, s'ils ne donnent pas l'intégralité de ces prières pour chaque jour, donnent la possibilité de prier, chaque jour et à plusieurs moments de la journée, en union avec l’Église).

Marchons dans la paix et la foi avec Marie en présence du Seigneur. Que la vérité du Seigneur demeure en nous ! Pensons aussi à Saint Joseph, ce grand silencieux devant tant de merveilles, qui rachète le Sauveur comme on rachète l'enfant du pauvre avec deux tourterelles. Ce bon vieillard Siméon pouvait dire : « Une grande lumière éclaire le monde ». Alors, dans la détresse de notre cœur, et dans ces temps de troubles, demandons au Sauveur par Marie, la grâce, mais la grâce de faire triompher l'amour et la vérité. Regardons ces modèles offerts en imitation. Soumission de Jésus ; être soumis comme Lui, être humbles comme Marie ; être simples comme Saint Joseph. Détachons-nous de ce qui passe et de tout ce qui nous éloigne de Dieu. « Me voici, Seigneur pour accomplir votre Sainte volonté ».

Réjouissons-nous car le salut est là, dans cet enfant nouveau-né qui repose entre les bras de ce vieillard. Sa vue réjouit aussi nos yeux, notre cœur et notre âme : toute l'histoire du salut se résume et s'accomplit !

Loué soit Jésus Christ ! Qu’il soit toujours loué ! Amen.

Prières quotidiennes

 

Huitième jour

La Présentation de Jésus au Temple, reconnu par Anne

 

« Il y avait là une femme qui était prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Demeurée veuve après sept ans de mariage, elle avait atteint l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. S’approchant d’eux à ce moment, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. Lorsqu’ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui ».

 

La prophétesse Anne et le rôle des femmes dans le salut

 

Voilà un personnage dont le moins que l'on puisse dire est qu'elle apparaît dans l'Evangile comme une sorte de météore. Nous sommes au Temple de Jérusalem. Selon la Loi de Moïse, 40 jours après la naissance de l'Enfant, ses parents, Marie et Joseph le présentent au Seigneur. Au Temple, deux personnages attendent le Messie, un homme, Siméon, et une femme, Anne. L'un et l'autre apparaissent comme prophètes.

Anne est appelée « prophétesse » par saint Luc. Elle a en quelque sorte le même statut que Siméon. Avec une première grande différence : elle est femme. Rappelons que le Temple de Jérusalem - le sanctuaire, naos en grec, le Saint, est un espace... réservé aux hommes. Anne se tenait, nous dit saint Luc, « aux abords du sanctuaire » où elle vivait « dans le jeûne et la prière », étant veuve depuis plus de soixante ans. Elle aussi, elle attendait. Et les signes de cette attente sont qu'elle n'a pas voulu connaître un autre homme après la mort de son mari (ce propos de chasteté la rapproche du propos de virginité de Marie elle-même, tel que nous le montre le texte de l'Annonciation) et qu'elle vivait au Temple dans le jeûne et la prière. Elle n'est pas d'une tribu sacerdotale ou lévitique comme Siméon l'était sans doute. On nous précise : « fille de Phanuel, de la tribu d'Aser » : une pure israélite. Elle fait partie de ces anawim, les pauvres de Yahvé dont parlent déjà les Psaumes, qui à force d'attendre le salut promis, ont compris que Dieu, sa force, sa puissance, sa providence n'était pas seulement une Loi, mais vraiment le Centre de l'existence de chaque personne. Dieu n'est pas seulement celui qui confère une Justice issue de l'observance extérieure de la Loi. Il est vraiment le cœur de notre cœur, auquel on sacrifie sa vie par la chasteté, la pauvreté le jeûne et la prière. En cet instant, me semble-t-il, Anne représente toutes les religieuses du monde, qui sont des prophétesses par leur vie.

L'Enfant survient, avec ses parents, déjà passablement étonnés, « dans l'admiration » de l'accueil qu'ils ont reçu de la part de Siméon. Et voilà Anne qui se met à « louer Dieu » et à parler de cet Enfant à ceux qui l'attendaient comme leur délivrance. L'observation de la Loi ne remplissait pas son cœur. Ce qu'elle attendait, elle, c'est le Salut. Salut est justement le nom de cet enfant, nom qui lui a été donné au huitième jour de sa naissance, selon l'ordre de Dieu, il se nomme Yeshua : salut.

Salut ? C'est le nom propre de cet enfant, qui le qualifie dans ce qu'il est d'unique. Mais ce nom, avant même de savoir que c'était celui d'un petit enfant, - à l'image de Marie elle-même -, Anne fille de Phanuel l'avait conçu dans son cœur, à travers cette vie de retrait du monde et de privation. Ayant depuis longtemps conçu ce nom, au plus profond d'elle-même, ayant compris que l'homme ne se sauve pas lui-même, fût-ce par l'observation d'une Loi, si sainte soit-elle, elle attendait la délivrance du peuple de Dieu, une délivrance dont son genre de vie fait comprendre qu'elle en a saisi depuis longtemps la nature spirituelle - et non politique. Il était juste qu'elle reconnaisse cet enfant nommé Salut comme étant Celui qui délivre justement.

Et nous dans tout ça ? Eh bien ! Si nous, nous ne parvenons plus à reconnaître le Christ comme celui qui sauve, n'est-ce pas parce que l'idée même de salut donné par Dieu nous fait horreur ? Nous voulons nous sauver nous-mêmes. Nous nous prenons tous pour « Yeshua », nous ne voulons pas que notre salut vienne d'un autre que nous-mêmes. Et c'est pourtant l'essence du salut, une essence que l'on peut expérimenter avant même la venue du Christ, comme l'a fait Anne de la tribu d'Aser, que d'être un DON venu d'ailleurs. Notre salut, nous avons tendance à l'oublier, comme les Pharisiens du temps de Jésus, ne vient pas de notre justice, de nos performances, de ce que nous soyons meilleurs que les autres. Il vient de la sincérité de notre attente et d'une grâce de Dieu qui est forcément efficace, puisqu'elle nous transforme.

Notre salut vient de ce que nous savons attendre cette transformation nécessaire d'un autre, et que sachant cela, nous reconnaissons Jésus, l'homme nommé salut, comme cet autre.

La force d'Anne, qui manifeste l'étrange accointance existant depuis le commencement entre Dieu et les femmes, c'est de VIVRE cette attente, de nous montrer par sa vie comment c'est non pas la Loi mais Dieu même qui est devenu le centre. Bref c'est d'avoir conçu le salut avant de le recevoir.

En évoquant Anne, je parle de la complicité des femmes avec Dieu, cette étrange accointance. Il en a toujours été ainsi ! Voyez bien sûr Genèse 3, 15 : « Je mettrai une inimitié entre toi et la femme » dit Dieu au Serpent diabolique. Voyez aussi Gen. 4, 1 : « Adam connut Eve sa femme : elle conçut et enfanta Caïn, et elle dit : « J'ai acquis un homme, grâce à Yahvé ». L'associé d'Eve pour la vie, ce n'est pas Adam, c'est... Yahvé lui-même. Et Eve s'exprime ainsi après et malgré le péché originel, cet acte d'orgueil qui lui a valu... la porte du Paradis terrestre. Vitalement, elle n'a pas totalement rompu avec Dieu. La vie, dont les femmes sont porteuses, est toujours l'ambassadeur de Dieu !

Anne, attendant dans le jeûne et la prière la délivrance d'Israël, est bien une fille d'Eve. Elle a deviné le salut, avant qu'il n'arrive et sa vie, depuis son veuvage intervenu « sept ans après sa virginité », a été une longue matérialisation de ce pressentiment. (http://ab2t.blogspot.fr/2010/12/la-prophetesse-anne-et-le-role-des.html).

Anne, veuve prophétesse, reconnut en ce petit enfant, le libérateur de Jérusalem. À la louange de Syméon s'unit cette femme, âgée elle aussi, qui se fait la première messagère de la Bonne Nouvelle - de « l'Evangile » - de la venue du Sauveur, comme le furent d'autres femmes de sa Résurrection.

Seigneur, vous êtes la lumière, lumière qui vient éclairer ce monde rempli de ténèbres. Je vois des ténèbres de toute part : le monde sécularisé dans lequel je vis, le paganisme ambiant, la dégradation morale de la jeunesse. Tout est ténèbres. Moi aussi, je vis dans les ténèbres. Mais, je crois que vous êtes la Lumière. Lumière pour mon âme et lumière pour le monde. Aidez-moi à vivre en accord avec cette lumière que vous me donnez pour que je puisse vous aider à éclairer le monde. Amen. 

Prières quotidiennes

 

Neuvième jour

La Présentation de Jésus au Temple, donne gloire au peuple

 

« Au Seigneur, le monde et sa richesse, la terre et tous ses habitants ! C'est lui qui l'a fondée sur les mers et la garde inébranlable sur les flots ! Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ?L'homme au cœur pur, aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idoles et ne dit pas de faux serments). Il obtient, du Seigneur, la bénédiction, et de Dieu son Sauveur, la justice. Voici le peuple de ceux qui le cherchent ! Voici Jacob qui recherche ta face ! Portes, levez vos frontons, élevez-vous, portes éternelles : qu'il entre, le roi de gloire ! Qui est ce roi de gloire ? C'est le Seigneur, le fort, le vaillant, le Seigneur, le vaillant des combats. Portes, levez vos frontons, levez-les, portes éternelles : qu'il entre, le roi de gloire ! Qui donc est ce roi de gloire ? C'est le Seigneur, Dieu de l'univers ; c'est lui, le roi de gloire ». (Psaume 23).

« Marie est la mère qui, aujourd'hui, au Temple, présente le Fils au Père, donnant suite également en cela au « oui » prononcé au moment de l'Annonciation. Que ce soit encore elle la mère qui nous accompagne et qui nous soutienne, nous, fils de Dieu et ses fils, dans l'accomplissement d'un service généreux à Dieu et à nos frères.

C'est Jésus lui-même qui est le véritable temple, le temple vivant, dans lequel Dieu habite et dans lequel nous pouvons rencontrer Dieu et l'adorer.

Jésus-Christ est la vérité faite personne, qui attire le monde à lui. La lumière qui rayonne de Jésus est splendeur de la vérité. Toute autre vérité est un fragment de la vérité qu'il est et renvoie à lui.

L'éveil à la foi chrétienne, a été rendue possible parce qu'il y avait en Israël des personnes avec un cœur en recherche, des personnes qui ne s'installaient pas dans leurs habitudes, mais étaient en quête d'un plus : Zacharie, Elisabeth, Siméon, Anne, Marie et Joseph, les Douze et tant d'autres. Parce que leur cœur était en attente, ils ont pu reconnaître en Jésus l'Envoyé du Père, et être ainsi à l'origine de sa famille universelle.

La dévotion du peuple chrétien a toujours considéré la naissance de Jésus et la maternité divine de Marie comme deux aspects d'un même mystère, celui de l'Incarnation du Verbe divin, et n'a donc jamais regardé la Nativité comme un fait appartenant au passé. Nous sommes des « contemporains » des bergers, des mages, de Siméon et d'Anne et, marchant avec eux, nous sommes remplis de joie parce que Dieu a voulu être le Dieu avec nous, et il a une mère qui est notre mère.

Marie est la mère de celui qui est gloire de son peuple Israël et lumière pour éclairer les nations, mais aussi signe en butte à la contradiction (Lc 2, 32-34). Et elle-même, dans son âme immaculée, devra être transpercée par l'épée de la douleur, démontrant ainsi que son rôle dans l'histoire du salut ne se limite pas au mystère de l'Incarnation, mais se complète dans la participation pleine d'amour et de douleur à la mort et à la résurrection de son Fils.

L’Église, comme la Vierge Marie, offre au monde Jésus, le Fils qu'elle-même a reçu en don, et qui est venu libérer l'homme de l'esclavage du péché. Comme Marie, l'Église n'a pas peur, car cet Enfant est sa force. Mais elle ne le garde pas pour elle : elle l'offre à tous ceux qui le cherchent d'un cœur sincère, aux humbles de la terre et aux affligés, aux victimes de la violence, à ceux qui désirent ardemment le bien de la paix. (Textes extraits des sermons, homélies, lettres et écrits de Benoît XVI).

Nous vous louons Seigneur de gloire, Lumière des nations, salut préparé à la face des peuples, qui donne gloire à son peuple. Gloire et louange à notre Dieu ! Amen.

Prières quotidiennes

 

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Prière pour les prêtres et les vocations

 

Seigneur Jésus, au cours de la sainte Cène, par amour pour votre peuple, vous avez instituez l’eucharistie que vous avez confiez a vos apôtres. Nous vous remercions pour tous les hommes que vous avez envoyés depuis ce jour pour qu’ils soient prêtres afin de guider votre peuple et dispenser les sacrements. Apprenez-nous à les accueillir tels qu’ils sont, avec leurs richesses et leurs pauvretés, et à les soutenir fraternellement dans leurs joies et leurs épreuves. Rendez-les toujours plus fidèles aux engagements de leur ordination, dans la joie de servir et de s’unir à vous. Donnez à vos prêtres la grâce de correspondre toujours mieux au Bon Pasteur que vous êtes, celui qui se fait le serviteur de ses frères et donne sa vie pour ses brebis. Nous vous prions de continuer à susciter de nouvelles vocations. Que votre Esprit soutienne ceux qui perçoivent votre appel et hésitent à vous répondre. Aidez-nous aussi à encourager tous ceux que, dans nos familles et notre entourage, vous appelez à servir votre Corps. Nous vous le demandons, à vous qui vivez et régnez avec le Père et le Saint Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.

Vierge Marie, Mère du Christ-Prêtre, Mère des prêtres du monde entier, vous aimez tout particulièrement les prêtres parce qu'ils sont les images vivantes de votre Fils unique. Vous avez aidé Jésus par toute votre vie terrestre et vous l'aidez encore dans le ciel. Nous vous en supplions, priez pour les prêtres Priez le Père des cieux pour qu'Il envoie des ouvriers à sa moisson. Priez pour que nous ayons toujours des prêtres qui nous donnent les sacrements, qui nous expliquent l’Evangile du Christ et nous enseignent à devenir de vrais enfants de Dieu. Vierge Marie, demandez vous-même à Dieu le Père les prêtres dont nous avons tant besoin ; et puisque votre Cœur a tout pouvoir sur Lui, obtenez-nous, ô Marie, des prêtres qui soient des saints ! Amen.

 

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Litanies de la Présentation de Jésus au Temple

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus enfant, écoutez nous.

Jésus enfant, exaucez nous.

Père Céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur de monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

 

Jésus, Lumière des nations, vrai Fils du dieu vivant, ayez pitié de nous.

Jésus, Lumière des nations, vrai Fils de Marie, ayez pitié de nous.

Jésus, Lumière des nations, Verbe fait chair, ayez pitié de nous.

Jésus, Lumière des nations, Sagesse du Père céleste,

Jésus, Lumière des nations, l’objet de ses éternelles complaisances,

Jésus, Lumière des nations, l’attente des justes,

Jésus, Lumière des nations, le désir des nations,

Jésus, Lumière des nations, salué de loin par les prophètes,

Jésus, Lumière des nations, le roi des anges,

Jésus, Lumière des nations, notre Sauveur,

Jésus, Lumière des nations, notre frère,

Jésus, Lumière des nations, trésor de grâces,

Jésus, Lumière des nations, source du pur amour,

Jésus, Lumière des nations, qui entre dans le Temple,

Jésus, Lumière des nations, présenté au Temple par Marie et Joseph,

Jésus, Lumière des nations, reçu dans les bras du vieillard Syméon,

Jésus, Lumière des nations, Emmanuel qui pénètre dans son sanctuaire,

Jésus, Lumière des nations, Messie annoncé et espéré par le peuple,

Jésus, Lumière des nations, Lumière née de la Lumière,

Jésus, Lumière des nations, Lumière du Christ et des consacrés,

Jésus, Lumière des nations, messager de l’Alliance,

Jésus, Lumière des nations, accomplissant parfaitement la Loi de Dieu,

Jésus, Lumière des nations, racheté par deux petites colombes,

Jésus, Lumière des nations, qui vient à la rencontre de ton peuple,

Jésus, Lumière des nations, attente des nations,

Jésus, Lumière des nations, reconnu par la prophétesse Anne,

Jésus, Lumière des nations, salut préparé à la face des peuples,

Jésus, Lumière des nations, accomplissant le rite de la Purification,

Jésus, Lumière des nations, qui purifie nos cœurs,

Jésus, Lumière des nations, qui donne gloire à ton peuple Israël,

Jésus, Lumière des nations, signe de contradiction,

 

Soyez nous propice, pardonnez nous Jésus, Lumière des nations,

Soyez nous propice, exaucez nous Jésus Lumière des nations,

 

De la servitude du péché, délivrez nous Jésus Enfant.

De la concupiscence de la chair, délivrez nous Jésus Enfant.

De l’orgueil de la vie, délivrez nous Jésus Enfant.

Par votre très humble naissance, délivrez nous Jésus Enfant.

Par votre douloureuse circoncision,

Par votre glorieuse manifestation,

Par votre présentation au temple,

Par votre innocence,

Par votre obéissance,

Par votre douceur,

Par votre humilité,

Par votre amour,

 

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez nous, Jésus, Lumière des nations.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez nous, Jésus, Lumière des nations.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous Jésus, Lumière des nations.

 

Je me réjouirai en Dieu.

Et je tressaillirai en Jésus mon Sauveur.

 

Prions

 

Divin Jésus, que votre amour pour moi a réduit à la petite enfance, à la pauvreté et à l’humiliation de la crèche, je vous adore dans vos abaissements, où vous me paraissez mille fois plus aimable que sur le trône de votre Gloire. Que ne puis-je vous offrir, comme les mages, l’or d’une ardente charité, l’encens d’une prière fervente, jointe à la mortification des passions et des sens ! Sanctifiez mon cœur, ô Jésus, comme autrefois vous avez sanctifié celui de Syméon ; que je sois, comme lui, vigilant sur moi-même, docile à votre voix, prompte à seconder la grâce. Arrachez de mon âme tout sentiment d’orgueil, de souffrance, tout désir de richesse et de l’estime des créatures ; faites moi participer à votre divine Présentation au Temple, en me remplissant de douceur et d’humilité. Amen.

 

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31 mai 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Mirebeau

 

Introduction

 

« Trahe ine : post te currimus in odorem unguentorum tuorum ». (Ct. 1, 3).

 

Quand le pèlerin fatigué aborde au rivage de la Terre Sainte, son premier cri, élan de son cœur, se résume en un mot : « Jésus-Christ ! » Ce mot est son égide, sa force et son aiguillon : c'est pour lui qu'il a traversé les mers, avide de contempler de ses yeux la patrie terrestre du Fils de Dieu.

Si l'étranger qui pénètre au sein d'un pays illustré par quelque mortel fameux, se sent ému soudain, à la pensée de cet être, aux souvenirs héroïques et glorieux d'un peuple, que dire de l'émotion du pèlerin qui pose le pied sur le sol sacré, qui contemple pour la première fois la terre des Patriarches et des Prophètes, la terre toute baignée du sang de Jésus-Christ !

La langue humaine ne sait exprimer ce bonheur intense et recueilli où l'âme, en pleine raison, semble perdre le sens tant elle est ravie, transportée ! Le ciel et la terre de la Palestine sont d'éloquents témoins du passage de l'Homme-Dieu : l'une a gardé l'empreinte de ses pas, l'autre a vu son amour rayonner comme un soleil. Ah ! c'est que là surtout, sur cette terre privilégiée, l'amour du Christ a resplendi, émané de son foyer vivant, qui est le Sacré Cœur de Jésus.

Il semble, en effet, partout, sur les sen tiers de la Palestine, comme sur le chemin de notre vie, que Jésus-Christ ait placé son Cœur à tous les passages difficiles pour nous dire : « O vos omnes qui transitis per viam, attendite et videte si est Amor sicut Amor meus ! » Il nous sollicite à nous approcher de ce Cœur, à méditer ses douleurs, à écouter recueillis les enseignements divins, à nous pénétrer de sa chaleur vivifiante, de son amour brûlant.

Oui, ce Cœur adorable peut être comparé au lumineux soleil qui distribue à flots la lumière et la vie ; sous les effluves des rayonnements solaires tout palpite et vit, toute créature croît et s'anime, et, ce qui est vrai pour le soleil matériel, l'est infiniment plus pour le soleil de nos âmes, le Cœur sacré de Jésus-Christ.

Et en ce mot de Cœur, pris dans son sens le plus général, j'entends à la fois l'amour créé et l'amour incréé qui sont en Jésus-Christ, j'entends tout mouvement affectif parti de ce Cœur pendant sa vie mortelle, et dont le rayonnement s'en perpétue à travers les âges.

Quand le Verbe incarné prit la forme de l'homme, son Cœur devint, à la fois, le noble organe de la vie de son corps et le sanctuaire de son amour. Cet amour se répandit comme un torrent de flammes le jour où Longin perça de sa lance le côté du Sauveur crucifié ; c'est ce jour-là que cette parole s'accomplit : « Je suis venu apporter le feu sur la terre, que désiré-je, sinon qu'il s'allume ! » Le saint vase qui le renfermait fut brisé, afin que les flots du pur amour s'échappassent avec l'eau sacrée qui arrosait la terre. À nous de recueillir cette rosée, à nous d'allumer ce feu.

Oh ! qu'il est doux, fort et puissant, le Cœur de Jésus-Christ ! Appuyons-nous sur cette poitrine sacrée, et écoutons les battements de ce Cœur qui n'a battu que pour nous pendant trente-trois ans ! À travers les âges, ses rayonnements nous éclairent encore, et le divin souvenir du Christ est toujours resté immortel et vivant. Dans tous les mystères de sa vie humaine, nous voyons se dégager une influence directe, un sens profond qui s'appliquent soit aux hommes de son temps, soit aux hommes à venir et à son Église future, parce que ses paroles, ses actes et son amour s'adaptent à tous les temps, à tous les actes, à toutes les âmes. C'est ce que nous appellerons l'action permanente du divin Cœur à travers le monde, que nous chercherons à suivre comme un filon précieux, comme une source féconde qui distribue par mille canaux l'abondance et la vie !

Ô vous, Pèlerin de désir, qui suivez courageusement les sentiers rudes de la vie, sans avoir pu répondre à ce mystérieux attrait qui vous appelle vers le Tombeau de Jésus-Christ, suivez-moi par la pensée en cette contrée bénie que l'on a si juste ment nommée « l'Évangile ouvert », et laissez-moi vous montrer les rayonnements d'amour que le divin Cœur lança sur le monde, pendant son court passage sur la terre. Nous considérerons ensemble ces diverses manifestations de son amour et nous les méditerons chaque jour de ce mois de Juin, que les âmes pieuses n'appellent plus désormais que le mois du Sacré Cœur.

Ô Jésus, grand Vainqueur et grand Vaincu de l'amour ! Vainqueur, parce que vous avez fait triompher l'amour sur la colère divine et sur la douleur ! Vaincu, parce que c'est l'amour qui vous a en chaîné et qui vous a fait mourir ! Ô Jésus, ayez pitié de nous que votre Cœur à tant aimés, aimés jusqu'à la folie de la Croix !

 

Annonciation

 

Premier jour

Premier rayonnement (1)

L'Incarnation à Nazareth

 

« Et habitavit in nobis » (Jn., 1, 14)

 

Pèlerin de la vie, venez et suivez moi dans ce vrai et effectif pèlerinage que nous allons faire en Terre Sainte, à la suite du Divin Maître. Je vais vous conduire au lieu même où le premier rayon divin éclata, non pas dans une majesté éblouissante comme au Sinaï, mais voilé sous le mystère, caché sous l'enveloppe mortelle, semblable à une merveilleuse flèche d'amour tombée du Cœur de Dieu dans le sein d'une créature. Je veux parler de l'Incarnation et de Nazareth.

Nazareth, heureuse petite ville de Galilée, blanche et gracieuse, est échelonnée sur un coteau, au milieu d'un amphithéâtre de collines qui lui font une verdoyante ceinture. C'est ici le lieu choisi par Dieu pour accomplir le grand Mystère de l'Incarnation.

Si Nazareth ne fut point le berceau de la Vierge Marie (2), elle fut en tout cas l'abri de son enfance, car sainte Anne et saint Joachim y possédaient une maison, et souvent, disent les vieilles chroniques, Marie accompagnait sa vénérable Mère depuis Nazareth jusqu'aux pentes du Mont-Carmel, où sainte Anne avait des troupeaux et des champs. Mais Nazareth était appelée à des destinées encore plus hautes, c'était le point sacré du globe, selon la parole d'un grand poète, que Dieu avait choisi de toute éternité pour faire descendre sur la terre sa vérité, sa justice, son amour, incarnés dans un Enfant-Dieu !

La plénitude des temps était arrivée, l'heure divine allait sonner. Ici la scène s'entr'ouvre, un coin du voile est levé... Soyons attentifs, ô Pèlerin, concentrons notre religieuse attention sur ce lieu béni. Contemplons l’humble demeure de la Fille royale de Juda ; c'est une simple chaumière, adossée à une grotte taillée dans le roc. Vous pouvez voir encore cette grotte conservée précieusement dans sa nudité primitive, enclavée sous le maître autel de l'église. Quant à la petite maison, vous savez que les anges la transportèrent à Lorette, en Italie.

Marie a atteint sa quatorzième année, elle est remplie de grâce et de beauté : « Vous êtes toute belle, ma bien-aimée, il n'y a aucune tache en vous ». À l'heure solennelle dont nous parlons, Marie est seule dans la demeure paternelle, elle est à genoux et prie de toute l'ardeur de son cœur pur et doux. Soudain, une lumière céleste envahit la grotte ; l'Archange Gabriel, revêtu d'habits magnifiques, apparaît à ses yeux. Il se courbe et s'incline, le messager de Dieu, devant sa jeune souveraine et lui dit : « Je vous salue, Marie, pleine de grâces, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes ». À cette étrange salutation, Marie, troublée dans son humilité, ne répond rien ; mais Gabriel la rassure et lui révèle de la part de Dieu le mystère de l’Incarnation. Elle n'acquiesce point d'abord, la prudente Vierge ; jalouse du privilège de sa virginité, elle n'accepte point d'abord la redoutable mission. Mais, de nouveau, l'Ange écarte ses craintes : « Cela se fera, dit-il, par l'opération du Saint-Esprit ». À ces paroles, la Vierge s'incline : « Voici la servante du Seigneur, répond-elle, qu'il me soit fait selon votre parole ». Et aussitôt elle conçut. Le Fils de Dieu qui attendait cette parole de sa créature, entra dans le sein de la Vierge tout entier, bien qu'il restât aussi tout entier dans le sein du Père, dit saint Bonaventure.

C'est ainsi que la parole d'Isaïe fut accomplie : « Voilà que la Vierge concevra et mettra au monde un Fils qui sera appelé Emmanuel », c'est-à-dire : Dieu avec nous ». La bénédiction divine descend en ce jour sur la terre maudite ; l'œuvre de Satan se défait, celle de Dieu se restaure et le monde nouveau se substitue à l'ancien. Le Cœur de Jésus, vivant avec nous sur la terre, commence à rayonner son amour. Ah ! il fallait que ce Cœur qui allait battre sur le cœur de Marie, nous aimât d'un amour incomparable pour accepter cet abaissement de tout son être, pour rester enfermé dans le sein d'une Vierge quand l'univers entier ne peut contenir sa gloire.

Mais entrons, ô Pèlerin, plus avant dans le mystère. Que faisait le Cœur de Jésus pendant cette réclusion de neuf mois ? Il formait le Cœur de sa Mère. Sa présence était pour elle une communion permanente, dans laquelle Jésus infusait au cœur tout céleste de Marie une grande abondance de grâces, des révélations intimes et saintes, un amour inexprimable, en sorte que ces deux cœurs les plus parfaits de la création, le Cœur divin et le Cœur immaculé, unis dans la plus étroite union, n'en formaient plus qu'un : telle on voit la brillante étoile du matin s'approcher du soleil, s'embraser de ses feux et se confondre avec lui.

N'est-ce pas, du reste, l'action toute semblable que Jésus fait en l'âme qui s'approche de lui et entre par la méditation dans les profondeurs de son Cœur ? Peu à peu le divin Maître la forme comme une cire malléable, lui fait sentir sa présence par ses dons et se donne tout à elle en ce commerce d'amour.

Ce jour de l'Incarnation est donc bien, en vérité, le jour de la fête nuptiale du Fils de Dieu qui célébrait ses noces avec l'humanité ; la fête du divin Prisonnier de l'Eucharistie, captif aujourd'hui dans l'enclos du sein virginal, la fête de son amour, la fête de son Cœur !

 

Coeur de Jésus

 

Invocation

 

O Seigneur, tandis que nos lèvres sont appuyées sur la place bénie qui vous vit descendre du Ciel, et que notre âme tressaille d'allégresse, apprenez-nous à méditer cet adorable mystère, à nous pénétrer de ce grand amour, présent déjà, mais encore caché à nos yeux. « Contentez nos désirs, montrez-vous à nous. Ô Seigneur, inclinez les cieux et descendez. Ô cieux, distillez votre rosée, et que la terre enfante son Sauveur... » Mais tout est silence dans la grotte sacrée, nos paroles s'éteignent dans des larmes de bonheur ; seules les aspirations ardentes de nos cœurs vous parlent, ô Jésus Incarné !

 

(1) Par ce premier rayonnement, on entend l'éclatante manifestation de l'amour divin, plutôt qu'un rayonnement véritable du Sacré Cour de Jésus.

(2) Deux opinions sont en présence : l'une fixe le lieu de la naissance de la Sainte Vierge à Nazareth ; l'autre, l'opinion orientale et la plus accréditée, le fixe à Jérusalem, dans la maison de Joachim et d'Anne, près de la Piscine probatique.

 

Icône Sacré coeur

 

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20 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

Brebis

 

Vingt-et-unième étrenne spirituelle

21 Janvier

 

Une brebis : la vertu d'obéissance

 

Offrande

 

Ce qui distingue surtout la brebis, c'est qu'elle est bonne, douce, obéissante et docile. Elle va où on la mène. Aussi est-elle habituellement, dans le langage de vos saintes Ecritures, le symbole de l'âme docile à la loi. C'est pourquoi je vous l'offre, ô mon Dieu, comme le gage de mes saints désirs par rapport à la précieuse vertu d'obéissance.

 

Méditation

 

Une âme vertueuse a pour l'obéissance toute l'estime et tout l'amour que mérite une vertu si excellente, si utile et si nécessaire.

Elle estime avec les saints que cette vertu comprend en abrégé toutes les vertus ; qu'elle en est la mère, la source et la gardienne ; qu'elle est cette voie sûre, ce chemin royal que Jésus-Christ nous a tracé par son exemple, hors duquel il n'y a point de salut.

Elle est persuadée de son utilité, dans la pensée que le vrai obéissant est toujours en paix, toujours victorieux, qu'il est com- me imprenable et en état de paraître à tout moment et sans crainte au jugement de Dieu ; qu'elle a, par le moyen de cette vertu, l'avantage d'être unie à Jésus-Christ de l'alliance la plus étroite qui se puisse contracter en ce monde.

Elle la croit d'une nécessité indispensable et d'une obligation essentielle, considérant qu'il est essentiel à la créature d'obéir ; qu'il n'y a point de chrétien qui puisse s'en dispenser, après que Notre Seigneur lui-même s'y est assujetti ; que, sans l'obéissance, les prières, les grâces et toutes les bonnes œuvres ne peuvent être agréables à Dieu ; qu'elle seule, en un mot, peut nous faire éviter l'enfer et gagner le paradis.

 

Dans la pratique, cette vertu consiste :

1° à obéir à Dieu, en nous abandonnant à sa Providence, en nous conformant à sa volonté et en suivant ses lois ;

2° à obéir à l’Église et aux supérieurs ecclésiastiques ;

3° à obéir à nos supérieurs temporels et aux lois de l’État ;

4° à obéir au directeur de sa conscience, en suivant ses avis et ses ordres ;

5° à obéir aux règlements des œuvres auxquelles on appartient, ne s'en dispensant jamais sans nécessité ;

6º à obéir au prochain, considérant tous nos frères comme des supérieurs, et prévenant même leurs désirs ;

7° à obéir à toutes les créatures, subissant leur joug, comme d'instruments dont Dieu se sert pour l'accomplissement de ses desseins.

 

Pour être parfaite, l'obéissance doit être universelle.

Il faut obéir en tout temps, en tous lieux, en toutes choses.

Elle doit être gaie, sans tristesse, sans murmure, sans contrainte.

Elle doit être pure, dégagée de tout respect humain, de crainte servile et de considération d'intérêt.

Elle doit être prompte, allant même au-devant des commandements.

Elle doit être toujours prête à voir, à entendre, à dire et à faire tout ce qu'on veut.

Elle doit être aveugle, obéissant également à tous les supérieurs, sans faire aucune différence entre eux, sans raisonner, sans remise, sans contestation.

 

Pratique : ne regarder jamais que Dieu dans la personne de nos supérieurs et l'expression de sa volonté dans celle de leurs commandements.

 

eugene-delacroix

 

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