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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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9 décembre 2017

Le Mois de Jésus Naissant

Le Mois de Jésus Naissant

Un mois proposé par l’Etoile Notre Dame

 

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10 décembre

Départ de Nazareth

 

« Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville. Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David, appelée Bethléhem, parce qu'il était de la maison et de la famille de David. » (Luc 2, 2-4).

« Un Ange apparut à Joseph et lui ordonna de conduire Marie à Bethléem, car c’était là qu’elle devait donner naissance à l’enfant. Il lui indiqua les objets qu’il devait emporter avec lui ; ils étaient en très petit nombre... Marie et Joseph se disposèrent pour partir sans retard malgré les difficultés de ce voyage qui devait être très pénible dans cette saison: le froid était très vif dans les vallées qui coupaient les chaînes de montagnes. Marie se conforma avec joie à la volonté divine : elle savait que Jésus devait naître à Bethléem, mais son humilité lui avait imposé silence. Le voyage de Marie et de Joseph fut en effet long et difficile. Il ne paraît pas utile d’en rapporter les détails. Pourtant, Anne-Catherine note tant de délicatesse et de prévenance de la part de Joseph envers la Sainte Vierge que certains traits méritent d’être cités Joseph cherchait à consoler Marie. Il était si bon ! Il souffrait tant de ce que ce voyage était si pénible... Joseph prenait grande attention à ce que Marie fît halte souvent ». (Visions d’Anne-Catherine Emmerich - Tome 1 - Deuxième partie - Chapitre V page 85)

 

Méditation

 

O mon âme ! J’admire la confiance de Marie. Que je sois fidèle aux résolutions que votre grâce m’inspirera, et que je m’éloigne soigneusement de toutes les occasions qui pourraient me faire perdre les sentiments d’amour à votre égard. Faites que je comprenne qu’il n’y a de félicité solide que pour celui qui s’attache à vous servir, et que le cœur sera dans une pérpétuelle agitation si vous ne devenez vous-même le lieu de son repos. Daignez parler à mon âme, et que la douceur de votre voix qui a ramené tant de pécheurs endurcis, me détermine enfin à mépriser toutes les voluptés du siècle, pour demeurer étroitement uni à vous jusqu’au dernier jour de ma vie. Amen.

 

Prière

 

O Jésus, apprenez-moi à me diriger d’un esprit tranquille et sûr, comme a pu le faire la Sainte Famille en se dirigeant vers Bethléem. En présence de Marie et de Joseph, que je sois entièrement absorbé dans la mer de ce mystère de grâce. Que je sois obéissant et humble comme l’ont été tous les membres de la Sainte Famille. Amen.

 

Résolutions : Lorsque je me verrai livré à des tribulations et à des angoisses intérieures, je penserai aux récompenses immortelles qui me sont promises. Je me tracerai un règlement de vie. Lorsque je m’en écarterai sans des raisons légitimes, je m’imposerai quelques pratiques de pénitence, le tout avec l’agrément de mon directeur spirituel.

 

Un je vous salue Marie

 

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6 mai 2017

Le Mois de Marie des Madones Nantaises

Le Mois de Marie des Madones Nantaises

Abbé Ricordel

Notre Dame de Bethléem de Saint Jean-Boiseau

Septième jour

Notre Dame de Bethléem

 

Nous avons étudié précédemment un vocable qui rappelle la plus belle des vertus de Marie, celle qui attira sur la pure jeune fille les regards de Dieu : je voudrais ce soir en étudier un autre qui rappelle sa principale grandeur, source de toutes celles qui suivirent.

Le voyageur qui se dirige du Pellerin a Saint Jean de Boiseau ne tarde pas a rencontrer, sur sa gauche, une fort jolie chapelle. Abritée contre les vents du Nord par le coteau de la Combe, presque cachée sous la feuillée, elle n’attire pas l’attention ; et pourtant c’est un bijou architectural du XVe siècle. Les paysans du voisinage, tout ignorants qu’ils sont des principes de l’art, se montrent fiers de leur chapelle. Ils disent volontiers qu’elle surpasse Saint Pierre de Nantes et que c’est le même architecte qui l’a construite.

Cette dernière assertion, si elle n’est pas prouvée, est du moins vraisemblable, car la chapelle, ai-je dit, date du XVe siècle, et elle n’est pas indigne de ce Mathurin Rodier, maître maçon, comme il s’intitulait, qui a donné a Nantes la façade de sa cathédrale et le choeur de Saint Antoine de Fade.

Je n’essaierai point de décrire les beautés de ce charmant édifice. Disons seulement que des fondations mêmes s’échappe une source limpide au-dessus de laquelle l’artiste a sculpté une jolie grotte ; et que, dans l’intérieur, on lit ces mots,gravés en lettres gothiques, sur une clé de voûte : « Templum Virgini dicatum Bethleem ». C’est le nom même de la chapelle : Notre Dame de Bethléem.

Quelle est l’origine de ce sanctuaire ? Est-ce, comme la légende le rapporte, le vœu d’un chevalier, ramené de la croisade par la protection de Marie, et qui voulut immortaliser ainsi le souvenir de son pèlerinage au berceau du Sauveur ? Est-ce, comme le conjecture un érudit, le zèle éclairé d’un pasteur qui voulut faire disparaître des pratiques superstitieuses, en honorant Notre-Dame de Bethléem, sur l’emplacement occupé par une idole celtique, dont le nom de « Bétélian », « Pierre folle », est resté aux champs voisins ? Je n’en sais rien. Ce qui paraît plus certain, c’est que l’édifice actuel a été construit par les Goheau, seigneurs de Saint ignan, et est dû surtout a la piété magnifique de l’un d’eux, abbé de Geneston. Cette noble famille n’était pas à ses débuts dans la générosité, et, dès le XIIe siècle, elle avait déjà donné à Sainte Marie de Geneston cette terre de la Pierre folle, Petra stella, sur laquelle frère Jehan Goheau devait lui élever plus tard ce splendide monument.

De tous ces détails retenons seulement que le culte de Marie dans ce lieu date au moins de sept siècles. Nous pouvons ajouter qu’il n’est point déchu. Les curés de Saint Jean ont restauré la chapelle, sans pouvoir, hélas ! lui rendre sa splendeur d’antan, et l’entretiennent avec amour. Chaque année, le mardi de Pâques, c’est grand pardon au pays : on va en procession à la chapelle, les femmes prennent part à la communion générale, les plus mécréants parmi les hommes franchissent ce jour-là le seuil du vieux et cher sanctuaire, et retrouvent dans leur mémoire quelques-unes des prières d’autrefois. Et savez-vous comment le peuple explique cette date du mardi de Pâques choisie pour le pardon ? C’est que le pèlerinage a pour but de consoler Marie de toutes les tristesses qu’elle a éprouvées pendant la Passion de son Fils. N’est-ce pas à la fois touchant et gracieux ?

Nantes avait aussi, et c‘était encore sur la paroisse de Saint Nicolas, son pèlerinage de Notre Dame de Bethléem. Faute de détails, contentons-nous de le nommer. C’était un simple autel érigé sous ce vocable, dans la chapelle Sainte-Catherine. Les Nantais cependant ne manquaient pas d’y aller prier, et nous avons vu que, en 1487, ils y firent une procession solennelle.

Mais si, dans les siècles passés, notre ville n’avait érigé qu’un autel à Notre Dame de Bethléem, elle lui a construit de nos jours une chapelle et tout un vaste établissement. Mieux que moi sans doute, vous connaissez l’histoire intéressante et simple de cette création. C’était… à l’époque où le choléra jetait la terreur a Nantes, principalement dans les quartiers populaires, en 1854. Dans la pauvre et toute récente paroisse de Saint Félix. le fléau avait fait dix orphelins. Il y avait la un vicaire au cœur d’or, M. l’abbé Gilbert Bauduz, qui s’est éteint pieusement, il y a quelques années, et que vous avez tous connu. Il prit les orphelins a sa charge. Le nombre s’en accrut rapidement, et il fallut, pour les loger, bâtir une vaste maison. Le bon M. Bauduz, sachant peut être que la propriété voisine de la Houssinière avait possédé jadis une chapelle dédiée à Notre Dame de Bethléem et dans laquelle, chaque dimanche, on célébrait une messe fondée par de pieux chrétiens, voulut donner ce même nom a son établissement. C’était d’ailleurs un nom plein de promesses et admirablement choisi : M. Bauduz n’ignorait pas que Bethléem veut dire maison du pain, et que la Mère de Jésus, émue par le souvenir des angoisses de la nuit de Noël, servirait de mère à ses pauvres orphelins et saurait bien leur procurer du pain. Vous savez le reste, et que, depuis cinquante ans, des milliers d’enfants ont dû la vie du corps et la vie de l’âme, le pain matériel et le pain céleste à Notre Dame de Bethléem.

 

Notre Dame de Bethléem ! Quel mystère ineffable nous rappelle ce nom ! Relisons l’Evangile selon Saint Luc : « Vers cette époque parut un édit de César Auguste ordonnant d’opérer le dénombrement universel de la population. Ce dénombrement, qui était le premier, fut exécuté par Cyriuus, gouverneur de Syrie. Chacun devait aller en son lieu d’origine se faire enregistrer sur les rôles. Joseph qui était de la tribu et de la Famille de David partit donc de Nazareth, ville de la Galilée, pour monter au pays de Judée et se rendre a Bethléem, la cité de David, afin d’y être inscrit avec Marie, son épouse, qui était enceinte. Or, pendant qu’elle était a cet endroit, il advint que le moment d’enfanter arriva ; et elle mit au monde son Fils premier-né. Elle l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche ; car, pour eux, il n’y avait pas de place a l’hôtellerie ».

Quelques pauvres bergers, convoqués par les anges, accourent aussitôt ; ils adorent Jésus, le Fils de Dieu devenu le Fils de Marie; ils vénèrent aussi la Mère après avoir adoré l’Enfant : les premiers, ils rendent leurs pieux hommages à Notre-Dame de Bethléem. Des mages, guidés par l’étoile mystérieuse, viennent à leur tour du fond de l’Orient : eux aussi adorent le Dieu fait homme ; eux aussi vénèrent la Mère en même temps qu’ils adorent l’Enfant : après les pauvres les riches, après les ignorants les savants rendent leurs hommages à Notre Dame de. Bethléem.

Depuis ce temps, la grotte de la Nativité est devenue un lieu de pèlerinage pour les chrétiens : qu’y vont-ils faire ? Ah ! Sans doute, tout d’abord et principalement, comme les bergers et les mages, ils vont adorer Jésus, le Dieu fait homme, le Sauveur du Monde ; mais ils vont aussi vénérer sa Mère. Aujourd’hui l’on voit dans la grotte une étoile d’argent éclairée par seize lampes, qui se détache sur le marbre blanc dont les parois sont revêtues, et une inscription commémorative : « Hic de Virgine Maria Jesus Christus natus est : Ici de la Vierge Marie est né Jésus Christ » C’est l’Enfant-Dieu, c'est Jésus-Christ que l’on y vient adorer; mais on y vénère en même temps la Vierge sa mère, Notre Dame de Bethléem.

Voilà la signification de ce vocable ; il rappelle la plus grande gloire de Marie, principe de toutes les autres, qu’elle est la Mère de Jésus, la Mère de Dieu! C’est de son sang virginal que le corps de l’Homme-Dieu a été façonné, c’est dans son sein qu’elle l'a porté, c‘est dans ses bras qu’elle l’a reçu. Comme Adam, apercevant pour la première fois la femme que Dieu lui donnait pour compagne, Marie peut dire en contemplant Jésus : « Voici l'os de mes os et la chair de ma chair ! » Oui, Marie est mère de Jésus, Marie est mère de Dieu !

Mais elle est aussi notre mère a nous, et l’on peut dire c’est la doctrine exposée récemment par Pie X, que Marie, dès là qu’elle est mère de Jésus-Christ est nécessairement mère des hommes. Il y a en Jésus comme une double manière d’être, l’une physique, l’autre morale. Il y a Jésus, Fils du Père Eternel ; et il y a Jésus, chef de l’humanité régénérée, attirant a lui, en se communiquant a eux, tous les membres de l’humanité pour ne faire avec eux qu’un seul corps dont lui est la tête et dont ils sont, eux, les membres. Mais ces deux manières d’être sont inséparables en Jésus, et Marie, mère du Christ, Fils de Dieu, est par là-même mère du Christ, chef de l’humanité, mère du Christ dans ses membres, mère de tous ceux qui surnaturellement ne font qu’un avec le Christ. On ne peut donc séparer en Marie la Mère de Dieu et la Mère des hommes. Jésus n’a fait que proclamer cette doctrine quand il a jeté, du haut de sa croix, ces mots que l’humanité a pieusement recueillis et qui alimentent la piété catholique depuis dix neuf siècles : « Voilà votre Fils ! Voilà votre Mère ! »

Il n’est rien de plus propre a fortifier notre confiance que cette belle doctrine catholique de la double maternité de Marie. Il n’est donc pas de vocable plus doux que celui qui nous la rappelle : Notre Dame de Bethléem.

 

ND de Nantes

 

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28 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

7 San Giuseppe

Vingt-neuvième jour

Le précurseur des Prêtres

 

Le Prêtre a quelques rapports avec saint Joseph ! qu'il est bon de résumer ici, pour leur montrer combien ils ont de motifs d’être dévots à ce Saint, et à quels titres ils doivent compter sur ses secours. D'abord saint Joseph a été choisi par la Providence pour être le père nourricier, le coopérateur du Christ dans l'œuvre de notre salut. Il l’a attiré du ciel par ses prières, l’a adoré .à sa naissance avec un respect infini, l’a offert au Seigneur dans le temple de Jérusalem, l’a sauvé en le délivrant des poursuites du roi Hérode, et l‘a fait croître par ses soins et ses travaux ; j'ajouterai que Joseph était un homme de prière, qu’il récitait souvent avec une piété angélique le Psautier divin de son illustre aïeul David. Je n'ai pas besoin de faire l'application de toutes ces choses aux prêtres; car il ne m'appartient pas de faire la leçon à mes maîtres, à mes pédagogues, et je me tiens pour infiniment honoré de leurs avis qui ne sont autres que ceux mêmes du Seigneur Jésus, résidant en leurs personnes pour instruire, édifier et diriger les fidèles confiés à leur paternelle sollicitude.

Saint Joseph a touché quelquefois le Sauveur en le portant dans ses bras, le reposant sur sa poitrine ; et le prêtre combien de fois ne le touche-t-il pas à l'autel, le recevant chaque jour dans son cœur ? Saint Joseph a offert au père Éternel les prémices du sang de Jésus-Christ dans la circoncision ; et le prêtre fait tous les jours la même fonction, il offre le sang du Christ pour le salut.du monde. Saint Joseph a donné l'Enfant-Dieu aux adorations des bergers et des rois-mages ; et le prêtre le donne aussi aux fidèles, non-seulement en l’offrant à leurs adorations, mais en leur distribuant son très saint Corps.

Mais c’est principalement pour la génération spirituelle des âmes, que saint Joseph devient l’exemplaire du prêtre. Ecoutez le très saint abbé Ollier : « C’est aux prêtres surtout, dans lesquels Dieu réside en sa plénitude et en sa fécondité pure et vierge, à se conduire sur le modèle du grand saint Joseph à l’égard des enfants qu’ils engendrent à Dieu. Ce grand Saint conduisait et dirigeait 1’Enfant Jésus dans l’esprit de son Père, sa douceur, sa sagesse, sa prudence, ainsi devons-nous faire de tous les membres de Jésus-Christ qui nous sont confiés et qui sont d’autres Christs, en sorte que nous devons les traiter avec le même respect, que saint Joseph traitait l’Enfant Jésus ». Saint Joseph a précédé les Apôtres et. les prêtres dans leur ministère, en portant le Christ dans l’Egypte et en y détruisant, par la même, le culte des idoles. Une ancienne tradition veut que lorsqu'il entra dans ce pays, tous ces simulacres tombèrent et furent brisés. Ce qu’on peut dire de plus vrai, selon Calmet, est que Jésus-Christ par sa présence dans l’Egypte, commença à y détruire l’empire du démon et de l'idolâtrie, qui y fut entièrement ruinée dans la suite par la prédication des Apôtres.

La Glose ordinaire de la Bible au même endroit, remarque que-saint Joseph est la figure des prédicateurs qui portent le Christ avec sa mère, c’est-à-dire la. foi du Christ et de l'Église aux gentils, après avoir laissé Hérode, c’est-à-dire les juifs infidèles, Saint Hilaire a fait la même observation, comme aussi, le père Lauret. Le Père de la Conception dit également : « Ceux qui portent le Christ, c'est-à-dire l’Évangile, dans les plages lointaines, comme Paul, ce vase d'élection, le portait aux gentils, sont Symbolisés par Joseph, le père nourricier du même Jésus-Christ qui le porta tantôt en Egypte, tantôt en Judée. Tant d'autorités prises parmi une infinité d’autres que j’ai sous les yeux, démontrent clairement que saint Joseph est le patron et le protecteur des Prêtres qui s'emploient à la prédication, des missionnaires enfin. De plus, il est également le patron et le protecteur des Préfets, parce qu’il gouverna pendant de longues années avec une incroyable sollicitude, une vigilance continuelle et une sagesse admirable, dans les circonstances les plus graves, les plus pénibles et les plus délicates, les deux plus saintes personnes qui furent jamais sur la terre, Jésus et Marie. Les Évêques donc qui ont une mission si grande et si difficile à remplir, pourront s'adresser avec confiance à saint Joseph, qui viendra à leur secours avec le plus vif empressement.

 

Exemple

 

Saint Joseph éclairé, comme il l‘est, des lumières de l’Esprit Saint, connaît parfaitement la dignité sainte, hors ligne, et divine du Prêtre et de l’Évêque, serai-je donc téméraire de dire qu’il se tiendra pour honoré d’être prié par eux et de les assister dans leurs nécessités ? On lit dans le Tableau des divines faveurs accordées à saint Joseph, par le père Binet, corrigé tout récemment par le père Jennesse aux, de la même compagnie de Jésus, ce qui suit, extrait fidèlement : Le savant Chancelier de Paris, Jean Gerson, admire un trait de la dévotion d’un chanoine de Chartres, qui est à la vérité bien remarquable. Ce pieux chanoine avait mis la main à un fort bel ouvrage sur les privilèges de saint Joseph, et sur le mariage virginal de ce glorieux Patriarche avec Notre-Dame. La mort qui rompt si souvent les projets humains, brisa ce précieux travail, et nous en ravit la moitié pour le moins. Mais afin de remédier à ce mal, qui ne fut pas imprévu au bon serviteur de Dieu, il trouva deux expédients que sa dévotion lui inspira sur la fin de sa vie. En premier lieu il fit écrire au pieux Jean Gerson, dont il avait été le disciple, et qui était une perle de bonté de son siècle. Il le suppliait très-humblement de vouloir bien, ou achever son ouvrage, ou en faire un nouveau, employant toutes les ressources de son esprit pour louer dignement le saint Époux de Notre Dame.

En second lieu, il laissa par testament à l'Église de Chartres une certaine somme, afin que les vénérables chanoines tissent tous les ans une fête solennelle en l'honneur du glorieux saint Joseph, et qu’ils se rappelassent ainsi le souvenir des rares vertus de cet admirable Patriarche, et le soin qu‘il avait en de sauver dignement Jésus et Marie. Tel fut l'objet qu'il voulut pour le repos de son âme, sachant bien que les fêtes des saints sont utiles aux défunts, lorsqu'elles sont célébrées à cette intention. Gerson composa lui-même un office, et une messe pour cette fête au commencement du quinzième siècle.

Le pieux et saint Chancelier, après avoir loué et admiré la dévotion du chanoine Henri, veut bien nous en exposer les motifs. Il avait donc choisi saint Joseph pour patron et pour avocat, parce que l’ayant de son côté, il aurait aussi sa sainte Épouse et son Fils béni, et qu’il regardait son salut comme assuré s’il était assisté de Joseph, de Marie et de Jésus. De plus, il croyait que saint Joseph était le patron des chanoines et leur modèle, cette pensée étonne d’abord : car quel rapport d'un rabot à une aumusse, d'un charpentier a un homme d’Église, aussi ne faut-il pas prendre la chose de ce biais. Mais, disait le pieux Henri, Joseph ne faisait autre chose jour et nuit que penser à Jésus et à Marie : il les servait incessamment avec une dévotion remplie d'une joie cordiale ; il n’avait d'autre objet que Jésus et Marie ; tout son emploi n'était qu’avec Jésus, pour Jésus, et à sa gloire seule... Il priait avec eux, il allait au temple avec eux; disons mieux sa maison était un temple. Notre-Dame était l’autel ; sur, son Cœur reposait Jésus-Christ, relique vivante, vrai Saint-Sacrement, où l'humanité servait de voile à la divinité...

Or, poursuivait le dévot client de l’Époux de Marie, voilà justement la vie d’un saint chanoine ; son principal emploi est de chanter jour et nuit les louanges de Jésus et de Marie, et d'offrir tous les matins un sacrifice à Dieu le Père, par les mains de la Vierge Marie, leur adorable Fils Jésus-Christ. De plus, le chanoine exemplaire n’a d’autre Vue que Jésus et Marie, il ne veut avoir de compagnie dans sa maison que Jésus et Marie. Ce qu'il a de bien il l’emploie, autant qu’il le peut, à leur honneur et à nourrir Jésus-Christ, dans la personne de ses pauvres. il use sa vie dans le temple, ne cessant d’y rendre quelque service à la majesté du grand Dieu..... Heureux donc le prêtre qui a choisi l’Époux de la Vierge pour protecteur et pour modèle ! Heureux le Pasteur des âmes, le pêcheur d’homme qui sert Jésus et Marie avec le même zèle, le même esprit de foi, le même amour dont Joseph les servait sur la terre, conclut le saint Jésuite.

 

Le Psaume du prêtre à saint Joseph

(Imité du psautier de saint Bonaventure)

 

Je bénirai en tout temps le Conservateur de mon Sauveur ;

je mettrai mon bonheur à lui témoigner toujours ma reconnaissance.

Ses louanges seront toujours dans ma bouche :

tout ce qui est en moi contribuera à sa gloire.

Mon amour pour lui ne sera rassasié

que lorsque je serai témoin de son triomphe.

Faites-en de même (semble dire le prêtre aux fidèles)

vous tous qui avez ressenti son puissant secours,

qui, par lui, avez été délivrés de tant de périls.

Il vous remplira de toutes sortes de biens :

et vous éprouverez qu‘on ne l’invoque point en vain dans les peines.

Le ciel et la terre sont remplis des grâces de sa douceur :

les œuvres de son amour sont partagées à tous les mortels.

Ainsi, de quelque côté que nous portions nos regards, ô bienheureux Joseph,

nous trouvons partout les preuves touchantes de votre amour paternel.

Souvenez-vous de nous et conduisez le Pasteur et ses brebis

aux ondes pures de la vie éternelle. Ainsi soit-il.

 

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24 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Vingt-cinquième jour

Consolation dans la perte des personnes chères

 

Quand on veut peindre une grande et vive douleur, on emprunte le pinceau du Prophète qui nous représente la bonne et tendre Rachel se désolant, et le front couvert de deuil pleurant ses enfants.que la mort lui a ravis. Elle refuse toute consolation, dit Jérémie, sans doute parce que sa douleur est 'à son comble et qu'elle ne conçoit pas qu’il puisse y avoir au monde une peine comparable à celle que fait naître une personne chère qui meurt et qu’on ne reverra plus jamais ici-bas.

Cette prédication de Jérémie, qui est rapportée dans l'Évangile selon saint Matthieu, fait allusion au meurtre des enfants qu’Hérode lit périr par le glaive, à Bethléem et aux environs, lorsqu’il voulait envelopper dans cet horrible massacre le divin enfant Jésus, que saint Joseph put soustraire à sa haine, en sorte qu’il y en eut de massacrés dans la tribu de Benjamin, de même que dans celle de Juda. Rachel étant morte en allant dans le pays de Canaan, avait été enterrée dans le chemin qui conduit à Éphrata qui est la même que Bethléem, observe saint Aignan, évêque de Beauvais. Or, dit ce prélat, par le deuil et les lamentations de Rachel, on entend, dans un sens figuré, celles des mères de tous les enfants qui avaient péri à Bethléem et aux environs, en sorte que leurs cris avaient été entendus jusque dans Rama, comme le déclare Jérémie. Mais ce Prophète leur ordonne de la part du Seigneur, de cesser de gémir et d’essuyer leurs larmes, parce que la récompense est accordée à leurs travaux, c’est-à-dire à leur patience, et la palme du martyre au sang que leurs enfants ont répandu. C’étaient, comme le dit saint Augustin, d'innocentes victimes, qu’on devait immoler à celui qui venait condamner la méchanceté du monde, à l'Agneau sans tache, dont le sang en devait effacer les péchés. Les mères se lamentaient, tandis que l’offrande de leurs enfants pénétrait jusque dans les cieux.

Dans un ouvrage destiné à consoler des chagrins que fait éprouver la perte de personnes aimées, je ne pouvais mieux faire que d’exposer ce récit touchant des Livres Saints, qui est à la fois une puissante leçon, une grande consolation aux mères chrétiennes surtout, qui pleurent un enfant que la mort a ravi à leur tendresse. Quand c‘est un vieillard qui meurt, il semble qu'il n’est pas tant à pleurer ; il a terminé sa carrière de douleurs, de travaux et d'épreuves, dit-on, il ne souffrira plus, et quand c’est un enfant qui meurt, on a des sentiments et on tient un langage opposés : « Pauvre cher enfant, dit-on alors, ah ! fallait-il qu’il mourut si jeune, la vie paraissait lui sourire si bien, il était notre espoir, il eût fait notre bonheur, il était né lui-même pour jouir du fruit de nos économies, pour perpétuer notre race ! »

Tout cela est ainsi compris, est ainsi exprimé, et pourtant Dieu qui fait bien tout ce qu’il fait, agit avec une souveraine sagesse, une grande miséricorde, une sainte justice quand il enlève par la mort l’enfant dans le printemps de la vie et le vieillard dans la décrépitude de l’âge. Seulement on se trompe, quand on pleure l’enfant et qu’on ne pleure pas le vieillard. En voici la raison bien simple, d’après l’enseignement de la foi. Que saint Joseph qui a dû concevoir toute la peine des mères de Bethléem, qui avaient pleuré leurs enfants égorgés pour la cause de Notre-Seigneur; que saint Joseph que je propose pour protecteur aux personnes qui pleurent la mort de leurs parents, daigne leur obtenir de bien comprendre ces deux vérités : la première, c'est que plus un homme a vécu longtemps plus on devrait pleurer sa mort, car ou il a mené une vie sainte et sans tache, qu’il a honorée par de bonnes œuvres ; et il est à regretter qu’il disparaisse d’au milieu du monde dont il était l'édification, l’appui, le soutien; ou il est mort après être arrivé à cette vieillesse sans honneur, dont parle l’Ecriture, emportant avec lui dans la tombe un nom exécré, une mémoire maudite, des œuvres mauvaises, et il est aussi à pleurer, non pas de ce qu’il a quitté ce monde qu’il a souillé par le dérèglement de ses affections et de ses œuvres, mais de ce qu'il est allé subir les peines horribles de sa condamnation éternelle, et que les traces de son impiété seront ineffaçables sur la terre.

La seconde vérité qui est d'une très grande consolation, c’est que l'enfant ou toute autre personne d’une vie innocente qui meurt n’est pas à pleurer ; parce que, aimé de Dieu, Dieu l’a fait sortir d’entre les pécheurs parmi lesquels il vivait. comme s’exprime l’Oracle Sacré. « Il a été enlevé de peur que son esprit ne fût corrompu par la malice et que les apparences trompeuses ne séduisissent son âme ». Certainement ce seul motif bien pesé, mûrement considéré avec une pensée de foi chrétienne, suffirait bien pour essuyer les larmes de tant de pauvres mères qui sont si à plaindre, qu'elles pleurent sans vouloir discontinuer leurs enfants morts dans l’amitié et la grâce de Dieu; quand même pour elles ne s’offrirait pas le plus grand des motifs consolateurs, la volonté divine, qui doit toujours être adorée, acceptée et suivie avec infiniment de respect, de joie et de reconnaissance. Volonté divine ! mot, dit le pieux Gerson, qui charme les âmes saintes et leur fait goûter parmi les tristesses de l’exil les joies du Paradis. Si je dis qu’elles sont à plaindre, ces bonnes et tendres mères, c’est parce qu'elles ne conçoivent pas la grandeur du bienfait de Dieu, qui ne leur a enlevé les objets de leurs affections bien légitimes, qu’afin de les récompenser, de les couronner dans le Ciel, de leur laisser l'espérance de leur être associées pendant l‘éternité, tant est vraie cette parole de l’Esprit-Saint, dite de l'enfant moissonné par l'inflexible mort : « Ayant peu vécu, il a rempli le cours d'une longue vie. Son âme était agréable à Dieu, c’est pourquoi il s'est hâté de le tirer du milieu de l'iniquité. Les peuples voient cette conduite sans la comprendre...

Mais écoutez encore saint Aignan, évêque. de Beauvais : « L'homme terrestre qui, selon la pensée de l’Apôtre, ne goûte que les biens temporels, ne peut s’imaginer que ce soit un bien pour un jeune homme, à la fleur de son âge, et à qui le monde prépare des délices et des honneurs, souvent même une fortune brillante, qu'il devienne d’aussi bonne heure la pâture de la mort, laquelle d’une main cruelle vient moissonner des jours qui ne faisaient, pour ainsi dire, que d’éclore, et il ne comprend pas que ce puisse être un trait de la miséricorde de Dieu sur ses élus, tandis qu’un philosophe païen dit lui-même qu’on ne doit pas plus regretter celui qui meurt à la fleur de son âge, qu'on regretterait quelqu’un qui aurait commencé de bonne. heure à naviguer sur mer et qui serait entré dans le port. Tel est le raisonnement des gens du monde, qui s’affligent souvent à la mort de leurs proches ou de leurs amis, de même que les infidèles qui n’ont pas d’espérance, au lieu de se réjouir de les savoir dans le port du salut, à l’abri du naufrage, tels que ceux qui n'ayant pas encore connu les Écueils du monde, ont conservé leur innocence ».

Or, c’est à ces personnes ainsi éprouvées par la mort de leurs parents, à ces mères ainsi désolées de leurs enfants, que Dieu leur a enlevés dans son ineffable miséricorde, que le prophète Jérémie recommande de cesser leurs gémissements et d'essuyer leurs larmes. Pourquoi ? parce que leurs amis, leurs enfants sont au ciel, cachés dans le secret de la face de Dieu, comme s‘exprime David, ou que si des premiers étaient encore dans le purgatoire, ils iront bientôt goûter les joies célestes du Paradis. Au ciel les parents se reconnaissent, la famille démolie par le trépas se reconstitue, et la mère retrouve son enfant non plus faible, non plus défiguré par la langueur et la maladie, mais embelli, tout brillant d’une immortelle jeunesse. Ne vous désolez pas, écrivait un ancien docteur à une jeune veuve désolée de la mort de son mari : « Cet époux, vous le verrez plus parfait et plus beau que vous ne l’avez connu ! » Mères et épouses chrétiennes, je vous quitte en vous laissant ces dernières paroles que je vous prie de méditer attentivement sous le regard du bienheureux saint Joseph.

 

Exemple

 

Une dame restée veuve et âgée par la mort de son mari, peut nourrir un pauvre en considération de saint Joseph. Une mère qui a perdu son enfant, peut également, si elle en a la faculté, ou adopter un enfant pauvre chez elle, ou lui procure ; l’instruction, des vêtements, et pour l’amour de saint Joseph, qui en retour, satisfait de ces hommages, ne manquera jamais de consoler la personne affligée de la mort de ses proches, qui même l’en dédommagera toujours amplement même dès cette vie, comme une infinité de personnes en ont fait l’heureuse expérience. « Ma fille, dit une fois l’auguste Vierge à une âme pieuse, sachez bien que le moindre hommage offert à Joseph, mon Époux, est toujours payé au centuple sur la terre ».

 

Effusion d'un cœur affligé au Cœur très pur de Saint Joseph

 

O Cœur glorifié du bienheureux Joseph, vous voyez.les peines du mien. il ne peut se consoler des pertes qu’il et faites de personnes chéries que la mort lui a ravies, qu’en déposant dans votre Cœur béni, océan d'amour et de compassion, les chagrins qui le dévorent. Cœur à jamais fidèle, vous savez mieux que moi combien vive est la douleur causée par la disparition d’un parent, d’un ami avec lequel on était uni en Dieu. Quand vous perdîtes Jésus au temple de Jérusalem, combien dûtes vous souffrir vous-même ? Ah ! Au souvenir de cette poignante douleur, Cœur très doux, inclinez-vous vers moi, écoutez les gémissements de mon Cœur oppressé, et consolez-le en l’ouvrant à l‘espérance, en l’assurant qu'il trouvera en vous un appui, un secours, un ami, un époux, un frère, un père. Car, saint Joseph, vous êtes tout cela pour ceux qui mettent en vous leur confiance. J’espère que votre Cœur m’exaucera, et que toujours je puiserai en lui les grâces consolatrices que j’irais vainement mendier aux créatures. Ainsi soit-il.

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14 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Quinzième jour

Le consolateur des âmes affligées

 

Saint Joseph a eu beaucoup à souffrir de toutes les manières ; mais principalement des peines de cœur. Toutefois, sachant bien que la vie de l’Enfant-Dieu en était le motif, il souffrait non pas seulement résigné, mais avec joie. La pensée de la volonté de Dieu qu'il exécutait était un calmant suave à ses douleurs, puis il recourait toujours à Dieu par l'oraison, ne cherchant qu'en Dieu seul sa consolation et la fin de ses peines. Le Cœur très doux de saint Joseph est donc le grand consolateur des âmes affligées. Outre qu'il a été tant éprouvé il a été trop longtemps avec l'adorable Jésus, pour n’avoir pas appris de ce divin Maître à compatir à tous ceux qui souffrent et qui recourent à son Cœur si bon, si paternel. La sainte Église nous apprend d’ailleurs, dans un Répons qu'elle consacre à la mémoire de notre Saint, que quiconque veut avoir la santé spirituelle n’a qu'à implorer le secours de Joseph.

En récompense des consolations qu’il a procurées à Jésus et à Marie, dit le très honoré frère Philippe, Dieu lui a donné une grâce toute particulière pour consoler et assister ceux qui sont dans la douleur, et qui ont recours à sa bienveillante protection, aussi est-ce à eux surtout qu’il est dit : « Allez à Joseph, et faites tout ce qu’il vous dira ».

Du vivant de saint Joseph, les habitants des pays environnant sa demeure allaient voir le divin Enfant qui travaillait dans sa boutique, lorsque surtout ils se trouvaient dans la désolation. Ils se disaient entre eux, au rapport, du bienheureux Gerson : « Allons voir le fils de Joseph et de Marie, et il nous consolera..... » Ces bonnes gens, dit le dévot Binet, criaient qu’ils avaient appris cela du bon Joseph, son père, tellement que la maison de Joseph, c’était la maison de la consolation et le refuge des misérables.

 

Exemples

 

Ah ! combien de malheureux ont depuis lors suivi ce conseil avec succès ? Combien d'âmes désolées sont venues prier au pied de l'autel de saint Joseph, et y ont trouvé un baume salutaire pour leurs plaies ? C'est-à-dire l'espérance d'être bientôt consolées, ou la force pour souffrir avec courage de plus grandes peines encore, si tel était le bon plaisir divin. F. de la ville de Turnhont en Belgique, était depuis longtemps accablé. d’ennuis et de sollicitudes, à cause d'un violent chagrin domestique, qui minait lentement sa triste existence et qui aurait fini par le conduire au tombeau, si saint Joseph ne se fut hâté de venir a son secours. Une fois que plus accablé que jamais il confia les motifs de sa douleur à une personne vraiment pieuse, celle-ci lui dit de s‘adresser à saint Joseph, et que ce bon Saint entendrait ses soupirs, essuierait ses larmes. F. goûta cet avis et animé d’une grande confiance, il invoqua assidûment saint Joseph qui rendit la paix et la joie à son cœur troublé et affligé.

Saint Joseph, mais il est l’autel des désolés ! Les bons chrétiens le savent par l’expérience ; aussi les voyez-vous aller se prosterner dans l'Église au pied de sa sainte image, ils reconnaissent par la qu’après la Vierge Marie, si bien nommée par lsidore de Thessalonique, notre incomparable consolatrice, qu’ils considèrent de Saint comme un très fidèle consolateur dans leurs afflictions. Saint Joseph, mais il est le médecin spirituel des âmes malades ! I1 a des remèdes pour tous les maux, il soulage dans toutes les détresses, il aide toutes les faiblesses, il satisfait à tous les besoins, il allège toutes les infortunes, il adoucit toutes les aigreurs, il remplit toutes les exigences du cœur, et malgré les tortures auxquelles ce pauvre cœur est exposé par la violence. des hommes, par celle des passions ou celle des démons, il peut lui faire trouver le bonheur, mais ce bonheur supérieur aux sens, comme s’exprime l’Apôtre.

Ô vous qui souffrez et gémissez, vous dont le cœur est noyé dans un abîme de tristesse, recourez à saint Joseph ; il sait ce que c'est que la douleur ; il a lui-même mangé un pain détrempé de ses larmes et de ses sueurs ; il a connu ces perplexités qui abattent l’âme, la font pleurer des larmes bien amères, qui l’oppressent et la réduiraient au désespoir, si le Dieu consolateur, si le Dieu bon qui aime à dissimuler nos égarements et nos folies ne la soutenait comme par un miracle. Oui, saint Joseph a été pressuré par la douleur, brisé par les fatigues, exténué par les privations, et il est à même de comprendre le cri qui s’échappe des meurtrissures d’un cœur désolé et qui dit : « Saint Joseph, venez me consoler, me soulager, me fortifier. Si vous ne me secourez vite, je suis perdu ! »...

On ne pourrait jamais rapporter tous les faits des âmes affligées consolées par saint Joseph : les livres, surtout le Propagateur de la dévotion de saint Joseph par le Révérend Père Huguet en sont pleins. Je me contente ici de ce seul trait de la séraphique Réformatrice du Carmel.

Sainte Thérèse, dont le génie élevé n’admettait pas légèrement les choses surnaturelles, rapporte qu'un jour de l’Assomption, dans l’Eglise des Dominicains, elle aperçut saint Joseph la couvrant d’un manteau très-blanc. Il lui fit connaître qu’elle avait été purifiée de tous ses péchés, et qu’il était disposé à lui obtenir toutes les grâces qu’elle lui demanderait ; il laissa l‘âme de la sainte inondée de pures délices, la dédommageant ainsi des persécutions suscitées contre elle.

 

Psaume des âmes affligées à Saint Joseph

D'après Saint Bonaventure

 

Saint Joseph, pourquoi le nombre de ceux qui me persécutent est-il donc si grand ?

Dissipez ceux qui s'élèvent contre mon âme.

Montrez-leur que notre salut est en Dieu, votre Fils,

que vous sauvâtes des mains d’Hérode.

O Saint Joseph, nous soupirons vers vous dans toutes nos afflictions

pour la gloire de votre nom, ne nous abandonnez pas.

Souvenez-vous des âmes de vos pauvres serviteurs qui gémissent dans cette vallée de larmes ; conservez-les dans l’abondance de vos douceurs.

Votre œil observe et examine toutes nos œuvres et notre conduite,

préservez nous de la séduction du monde.

Fortifiez-moi et immolez mon cœur,

afin que je vous serve toujours avec ferveur.

Ayez pitié de nous, ô notre saint protecteur.

Obtenez-nous la grâce de nos misères.

Ne nous laissez jamais tomber entre les mains de nos astucieux ennemis ;

et à l’heure de la mort, à cette heure surtout des luttes suprêmes et définitives,

alors que notre âme épuisée par les faiblesses,

et mon corps torturé, écrasé par la douleur sera comme livrée à elle-même,

ah ! aidez-nous à les vaincre.

Conduisez-nous au port du salut,

et remettez notre esprit entre les mains de son Créateur.

Ainsi-soit-il.

 

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16 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

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Dix-septième jour

Marie figurée par la rose de Jéricho

« Portez des fruits comme le rosier planté sur le bord des eaux » (Eccl. 39, 17).

 

La rose symbole de Marie

 

« Je me suis élevée comme les plants des rosiers de Jéricho » (Eccl. 24, 18). La Sainte Eglise invoque Marie sous le titre de Rose Mystique, et Saint Epiphane écrit que « c'est à juste titre qu'Elle est appelée Rose de Jéricho ».

 

Réflexion

 

La beauté de la rose vient de la délicatesse et de la vivacité de ses couleurs, non moins que la variété et la multitude de ses pétales étroitement unis les uns aux autres ; elle représente la beauté d'une âme parvenue à la Charité parfaite, dont toutes les vertus sont les filles et les servantes. Je travaillerai donc à rendre chaque jour plus éclatante en moi cette belle rose de la Charité, dont l'épanouissement dans mon âme y perfectionnera en même temps les autres vertus.

 

Ressemblance entre la rose et Marie

 

La rose, par sa beauté et l'exquise délicatesse de son parfum, est considérée comme la reine des fleurs. De même, Marie est appelée par les Saints, spécialement par le Bienheureux Hermann, « Rose d'une merveilleuse beauté », et, par Saint Jean Damascène, « rose qui, par l'odeur divine de ses vertus, embaume toutes les âmes d'un parfum céleste ».

 

Réflexion

 

C'est un fait certain, l'âme qui agit par un principe de vraie vertu, surtout de Charité, procure, par le mystique parfum de son exemple, des délices ineffables à ceux qui sont témoins de sa conduite. Les moins vertueux eux-mêmes se sentent comme stimulés par les œuvres de la Charité, et doucement excités par ce suave attrait à imiter ceux qui le pratiquent. Si je veux édifier mon prochain, je dois donc avant tout animer mes actes par la Charité

 

Pensée morale

 

Il n'y a pas de vraie dévotion à Marie si l'on ne s'exerce à imiter Ses Vertus. Ainsi, nous devons méditer souvent les grands exemples de Marie, afin de pouvoir être, comme Elle, autant de roses mystiques, et de nous rendre, par le parfum de nos bonnes œuvres, un sujet d'édification pour ceux qui nous entourent.

 

Réflexion

 

Que devient un rosiers dont les fleurs sont cueillies ou tombées ? Un arbuste sans beauté, extrêmement désagréable par ses épines, qui blessent ceux qui le touchent. Or, n'étiez-vous point autrefois un rosier garni de belles fleurs, et aujourd'hui, par suite de votre négligence et de votre tiédeur, n'êtes-vous point devenu cet arbuste qui n'a plus que les épines acérées du remords ?

 

Colloque

 

O belle et gracieuse, ô suave Rose, ô Marie ! Votre pensée délecte mon cœur ; la méditation de Vos Vertus incomparables est pour mon âme un parfum du Paradis ; l'amour que j'ai pour Vous, quelque faible, quelque imparfait que soit cet amour, me fait jouir déjà par anticipation de la béatitude éternelle. De grâce, bien-aimée petite Marie, daignez me parler. Et si, parce que Vous êtes encore toute Enfant, Vous ne voulez me faire entendre que Vos vagissements, eh bien ! Ils me suffisent, et c'en serait assez pour m'enivrer d'un bonheur céleste. Cependant, ô Marie, même si Vous gardez les silence, Vos petits yeux, si brillants de beauté, ont encore un langage qui m'envivre d'amour : Votre doux regard me répète que, comme Vous, je dois être une rose, mais une rose sans les épines du péché, une rose embaumée des vertus exemplaires, une rose éclatante de beauté par la ferveur de la dévotion. Oui, je Vous le promets, ô très aimable Petite, aidé de Votre secours, je satisferai Votre désir le mieux qu'il me sera possible. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Veiller avec le plus grand soin à ne jamais scandaliser en rien le prochain.

Aspiration : « Rose du mystique du Paradis, rendez-moi digne de l'un de Vos sourires ».

 

Exemple

Grâce d'une bonne mort obtenue en faveur d'un jeune homme par l'intercession de Marie Enfant

 

Au mois de juin 1885, un excellent jeune homme, d'une famille très chrétienne et des plus honorables de Lombardie, tomba malade. On peut penser dans quelle profonde affliction furent plongés tous les siens, d'autant plus que les médecins ne donnaient aucun espoir de guérison. Ce jeune homme, dont l'esprit était vif et le caractère très ardent, était loin de songer que cette maladie dût l'emporter. L'amour de la vie, si facilement entretenu dans la jeunesse par les ardentes espérances d'un avenir plein de charme, tenait son cœur bien éloigné de prendre la plus grave des déterminations, celle de se préparer à une mort prochaine. Personne dans la famille ne se sentait le courage d'annoncer franchement et sans détour au malade la fatale nouvelle, tant il se montrait inaccessible à toute parole qui, même indirectement, aurait pu lui inspirer quelque crainte de la mort. En attendant, le mal faisait des progrès, et le malade s'affaiblissait rapidement ; peut s'en fallait qu'il n'eût plus assez de forces pour songer à son âme. Dans une si triste situation, ses parents désolés, souhaitant avant tout le Salut éternel de leur enfant, commencèrent une neuvaine à la Santissima Bambina, pour obtenir à ce fils chéri la grâce de la mort des Justes. Or, plus la Neuvaine s'avançait, plus le malade donnait des signes évidents de résignation Chrétienne et de soumission à la Volonté de Dieu. Les pieux exercices n'étaient pas encore terminés quand, de son propre mouvement, ce bon jeune homme, appelant sa mère et la faisant approcher de son lit, lui dit tout bas et d'une voix émue : « Maman, je veux me confesser ». La grâce demandée à la Vierge Enfant était donc obtenue, et non d'une façon quelconque, mais d'une manière si extraordinaire que, et le Confesseur qui assista le mourant jusqu'au dernier soupir, et les parents, et les personnes présentes en furent au comble de la joie et de l'admiration. Il était, en effet, impossible d'expliquer naturellement un tel changement dans les dispositions de ce jeune homme, d'abord si rebelle à la pensée de la mort, et ensuite, si transporté du désir de quitter la vie ; d'abord si inquiet, si effrayé, et ensuite, si calme, si heureux, qu'on eût envié son bonheur. Cette mort édifiante engage beaucoup de personnes à embrasser la dévotion à Marie Enfant, dont tous se plaisaient à reconnaître l'aimable intervention dans ce prodige.

 

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14 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

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Quinzième jour

Marie figurée par l'olivier

« (Israël) sera beau comme l'olivier » (Osée 14, 7).

 

L'olivier figure de Marie

 

« Je me suis élevée comme un bel olivier planté dans la campagne » (Eccl. 24, 19). L'Eglise et les Père, avec saint Jean Damascène, appliquent ces paroles à Marie qu'ils appellent un olivier fécond.

 

Réflexion

 

L'olivier ne vient pas dans les pays froids, et ses branches flexibles ne font pas de bruit au souffle du vent. De même, si je veux ressembler à Marie, dont l'olivier est la figure, je dois me garder, autant qu'il peut dépendre de moi, de la froideur et de l'indifférence spirituelles, et de m'efforcer de ne pas me laisser troubler ni émouvoir par les dires et les murmures du monde.

 

Raisons de la ressemblance entre l'olivier et Marie

 

« De cet olivier mystique qui est Marie, dit le Cardinal Hugues, découle l'huile de la grâce, l'huile de la sagesse, l'huile de la joie ». Saint Bonaventure dit que « Marie est pleine de l'huile de la dévotion ». La Sainte Eglise, en effet, invoque Marie sous les titres de Mère de la grâce, de Trône de la Sagesse, de Cause de notre joie, et de Vase insigne de la dévotion.

 

Réflexion

 

Je m'appliquerai à retracer en moi ces trois qualités de Marie, et, pour y arriver, je tâcherai, moi aussi, d'obtenir par ma prière la grâce divine à mon prochain ; je veillerai sur moi pour parler et agir toujours avec sagesse et prudence, afin de ne pas offenser Dieu et d'être utile aux autres ; et enfin je me montrerai toujours calme et joyeux dans tous les événements, acceptant tout de la main de Dieu, qui, étant la bonté même, veut qu'on le serve avec joie.

 

Conséquence pratique

 

Pour adoucir l'amertume des tribulations et des épreuves auxquelles il plaît au Dieu tout à la fois Juste et Bon de nous soumettre, invoquons souvent le beau et très doux Nom de Marie, dont il est dit que, semblable à l'huile, il pénètre doucement dans le cœur de celui qui le prononce : « Votre nom est une huile répandue » (Cantique 1, 2).

 

Réflexion

 

L'invocation du Nom de Marie a une vertu secrète pour consoler. Il suffit même de penser à Celle qui, en raison de ses innombrables douleurs, mérita le nom de Consolatrice des Affligés et de Reine des Martyrs, pour trouver légères les peines de cette vie comparées aux souffrances endurées par Elle.

 

Colloque

 

Tout ce qu'on peut dire de beau, de gracieux et d'aimable, le Saint Esprit et ceux qui connaissent Votre grandeur et Votre excellence l'ont dit de Vous, ô Sainte Enfant. Mais quand on Vous compare à l'olivier, cet arbre calme, fécond et toujours vert de nos campagnes, mon âme est remplie d'une bien douce consolation. Sous cet emblème, en effet, Vous m'apparaissez comme une Céleste bienfaitrice, disposant en ma faveur de la Grâce de Dieu pour oindre mon âme, illuminer mon intelligence, et inonder mon cœur de joie. En un mot, semblable à l'olivier mystique, Vous embellissez le jardin de l'Eglise, et je Vous considère comme l'objet le plus digne de mon amour. Je Vous promets donc, ô Sainte Petite, de ne négliger aucun moyen pour conserver et accroître en moi Votre Amour jusqu'à mon dernier soupir, afin de pouvoir Vous aimer à jamais dans le beau Paradis. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Invoquer souvent le très doux Nom de Marie.

Aspiration : « Secours des Chrétiens, je puis tout espérer de vous ».

 

Exemple

Guérison merveilleuse d'une enfant obtenue par l'intercession de la Santissima Bambina

 

Il y a peu d'années, deux petites filles d'un riche négociateur, habitant une des principales villes de Lombardie, furent atteintes du croup en même temps. L'une d'elles ne tarda pas à succomber à la violence de ce mal si funeste aux enfants ; l'autre, malgré les soins empressés des hommes de l'art les plus expérimentés, paraissait vouée comme sa petite sœur à une mort certaine. Les médecins ayant un jour déclaré qu'il ne restait plus à cette enfant que quelques heures de vie, les parents désolés ne pouvaient se résigner à ce second sacrifice, et il leur semblait impossible de survivre à la perte de ce dernier fruit de leur amour. Par bonheur, une de leur parentes, personne de grande vertu et très dévote à la Vierge Enfant, se trouvait présente à cette scène déchirante. Elle suggéra à la pauvre mère de mettre son enfant sous la protection de la douce Madone, et en même temps, elle lui donna du coton béni par la Santissima Bambina, en lui conseillant de le placer sous l'oreiller de la petite malade. La mère le fit, toutefois, à dire vrai, plutôt par complaisance que par un sentiment de confiance en l'efficacité du moyen. Il lui semblait qu'il eût fallu bien autre chose qu'un peu de coton pour ressusciter une morte, selon son expression. Ainsi pensait cette mère affligée, mais elle ignorait combien grande était la Foi de sa parente en la puissance de Marie Enfant. Cependant quelques instants s'étaient à peine écoulés, et la petite malade auparavant inquiète et agitée, parut calme et s'endormit : c'était déjà d'une excellente augure. Les parents s'imaginèrent, au contraire, que ce sommeil était un assouplissement léthargique, précurseur de la mort. Pour la pieuse parente, elle continuait à prier, pleine de confiance. Au bout de trois heures, la petite fille s'éveilla, ouvrit les yeux, et, avec un sourire angélique, tournant la tête vers sa mère, qui se tenait pâle et consternée près du berceau, elle s'écria : « Maman, maman... » la grâce obtenue devenait évidente : tout symptôme du mal avait disparu. Aussitôt cette enfant, déjà vive et alerte, étendit ses petits bras vers sa mère, qui demeurait comme frappée de stupeur, les lui passe autour du cou en la couvrant de baisers, et donne ainsi à tous les assistants la certitude de sa parfaite guérison. La nouvelle d'un fait si merveilleux se répandit avec la rapidité de l'éclair dans le voisinage et par toute la ville. Les médecins n'hésitèrent pas d'ailleurs à déclarer qu'une guérison si soudaine ne pouvait être attribuée à une cause naturelle, et toutes les personnes qui en eurent connaissance demeurèrent pénétrées de dévotion envers Marie Enfant.

 

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25 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

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Vingt-sixième jour

Marie figurée par Ruth

« Ruth recueillait les épis que les moissonneurs laissaient derrière eux » (Ruth 2, 3).

 

Ruth, figure de Marie

 

Ruth représente la Vierge Marie, comme le déclare Saint Bonaventure.

 

Réflexion

 

Le nom de Ruth signifie d'abord « rassasiée ». Or Marie, dans l'ordre des biens spirituels et surnaturel, mérite bien ce nom de « rassasiée », selon la parole de Son Divin Fils : « Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, parce qu'ils seront rassasiés ». La Très Sainte Vierge n'eut jamais d'autre désir que de plaire à Dieu, et toute son occupation fut d'accomplir de tout son pouvoir la Volonté Divine. Aussi s'éleva-t-Elle par là à un tel degré de Justice et de sainteté que nulle autre perfection, hormis celle de Dieu, ne surpasse la sienne. Quel stimulant pour moi, encore si peu avancé dans la voie de la vertu !

 

Traits de ressemblance entre Ruth et Marie

 

« Ruth, dit Saint Bonaventure, signifie aussi « qui voit et s'empresse ». Ainsi, Marie voit toutes nos misères et se montre tout empressée à nous témoigner Sa Maternelle Miséricorde. Ruth pouvait relever les épis que les moissonneurs laissaient derrière eux : Marie sauve les âmes des pécheurs que d'autres n'ont pu convertir : « Oh ! S'écrie notre Saint Docteur, véritablement grande est la grâce de Marie, qui recueille pour la Miséricorde une multitude d'âmes, abandonnées comme incorrigibles par les docteurs et les pasteurs ».

 

Réflexion

 

Je dois l'avouer : à mes nombreuses imperfections, qui me rendent si peu semblable à Marie, se joignent encore deux défauts : d'abord une sorte d'aveuglement qui m'empêche de voir mes maux et d'opérer le bien, puis une lâcheté et une négligence que je porte partout et dont je suis l'esclave. J'en suis effrayé ; aussi je m'empresserai de recourir à Marie pour obtenir de me corriger.

 

Conséquence pratique

 

Quand nous sommes tentés de désespérer de notre conversion ou de celle du prochain, recourons à Marie. Elle est la Ruth mystique qui nous fera recueillir les fruits les plus merveilleux et les plus au-dessus de notre portée. Saint Anselme va jusqu'à dire que nous sommes quelques fois plus vite exaucés par l'invocation du Nom de Marie que par celle du Nom Adorable de Jésus : nous devons l'entendre en ce sens que Jésus le veut ainsi pour glorifier Sa Très Sainte Mère.

 

Réflexion

 

La plus dangereuse des tentations, il m'est important de le retenir, est celle qui me ferait oublier ma Mère du Ciel et m'empêcherait de recourir à Elle. Malheur à moi si j'y succombe ! Ah ! Si dans le passé j'y ai parfois cédé, quel regret ne dois-je pas en avoir !

 

Colloque

 

Sans vous, ô très Sainte Enfant, qu'en serait-il de moi ? Ma perte serait certaine. Malgré les soins si assidus dont Dieu et ceux qui me tiennent sa place m'ont environné, ma malice me fait encore rester attaché à la terre par toutes les fibres de mon cœur : par là je suis toujours en danger d'échapper aux mains de ce Dieu Miséricordieux, qui veut pourtant mon Salut et ma sanctification, et je m'expose à tomber entre celles d'un Dieu Juste et sévère, qui me jettera comme une herbe inutile dans les flammes dévorantes de l'Enfer pour y brûler éternellement. Mais heureusement Vous êtes là, ô Enfant bénie, et Vous y êtes pour les pécheurs, par conséquent pour moi. Oui, Vous me recueillerez à temps, Vous me relèverez sans retard, et, grâce à Vous, je pourrai devenir un froment choisi et me voir au nombre des élus. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Veiller soigneusement à ne jamais parler avantageusement de soi.

Aspiration : « Siège mystique de la Sagesse, nous Vous en conjurons, conservez-nous une Foi ardente ».

 

Exemple

Un enfant guéri d'une très dangereuse maladie par l'intercession de Marie Enfant

 

Chéri comme la prunelle de l'oeil, le jeune Vincent P., de Venise, grandissait sous le regarde de son père et de sa mère, dont il faisait l'unique bonheur. Seulement, la faible complexion de ce petit être faisait toujours redouter à ses parents qu'en grandissant il ne fût atteint de quelques unes de ces maladies auxquelles est exposé cet âge si frêle et si délicat. En effet, toute une complication de maux vint bientôt s'abattre sur lui, et avec une telle violence qu'en peu de temps sa vie fut mise en danger. Il n'avait rien de moins qu'une pleuropneumonie double. Les pauvres parents en étaient dans une extrême consternation. Par bonheur pour eux et pour lui, ils avaient, dès sa naissance, consacré ce cher petit à la Vierge Enfant. Ce fut pour toute la famille un motif d'espérance ; en recourant à Marie Enfant, se disait-on, on le sauverait. Marie devant le considérer comme son bien et sa propriété. Les pieux parents convinrent donc de demander sa guérison à la bien-aimée Madonnina, et firent vœu, s'ils obtenaient cette grâce, de faire porter à l'enfant les couleurs de la Vierge, c'est à dire le bleu et le blanc, pendant un an, à partir du jour de son complet rétablissement. On était déjà au dernier jour du triduum de prières fait en famille à cette intention, et, ce jour là, une Messe pour le petit malade était célébrée à Milan à l'autel de la Santissima Bambina. Or, à l'heure même où la Divine Victime était offerte pour lui dans cette sainte Chapelle, le petit Vincent encore étendu sur son lit de souffrance, à Venise, donnait soudain de signes évidents d'un mieux sensible. La fièvre, auparavant si ardente, commençait à se calmer pour disparaître bientôt entièrement, et, au bout de quelques jours à peine, l'enfant qu'on avait désespéré de sauver par les moyens naturels, était délivré de tout mal et jouissait de la plus parfaite santé. Le père et la mère ne pouvaient se lasser d'en remercier Marie Enfant. Pendant une année entière, ce fut un plaisir et une consolation tout ensemble de voir le petit Vincent, plein de vie, se montrer à tous avec une certaine fierté angélique, paré des couleurs de Marie, comme un monument vivant et animé de la bonté et de la puissance de la Vierge Enfant.

 

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12 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

Maria Bambina 2010

 

Treizième jour

Marie figurée par le cèdre du Liban

 

« Le juste se multipliera comme le cède du Liban » (Psaume 91).

 

Le Cèdre du Liban, figure de Marie

 

La Sainte Eglise applique elle-même à Marie, aux jours de Ses Fêtes, ces paroles de l'Ecclésiastique : « Je me suis élevée comme le cèdre du Liban » (Eccl. 24).

 

Réflexion

 

Deux sortes d'âmes peuvent être représentées par le cèdre : 1° les âmes saintes et parfaites, et, parmi elles, la Mère de Dieu, tenant le premier rang, est, pour ce motif, figurée par le cèdre du Liban, supérieur à tous les autres ; 2° les impies, à cause de leur orgueil, c'est le Saint Esprit Lui-même qui établit cette ressemblance ; mais, plus ils s'élèvent et s'enorgueillissent, plus ils sont près de l'humiliation : « J'ai vu l'impie exalté et élevé comme les cèdres du Liban : j'ai passé et voilà qu'il n'était plus » (Psaume 36). Malheur à moi si je suis orgueilleux ! Mon humiliation sera proportionnée à mon orgueil.

 

Traits de ressemblance entre le Cèdre et Marie

 

Le cèdre du Liban est renommé pour trois qualité spéciales : son élévation, sa beauté, son incorruptibilité. De même, Marie est une créature incomparable, d'abord par l'excellence de la grâce dont Elle est ornée, et de Sa dignité ; puis, par Sa Sainteté suréminente, qui en fait la Reine de tous les Saints ; enfin, par Son exemption absolue de tous péchés et Son admirable virginité.

 

Réflexion

 

Bienheureux serai-je si, convaincu de ma misère et de ma faiblesse, je m'applique de toutes mes forces, avec l'aide de Dieu, à être fidèle à mes résolutions, et à demeurer ferme et inébranlable au milieu des tribulations qu'il plaira au Seigneur de m'envoyer, des tentations du démon, et des persécutions du monde. Je veux donc m'attacher à l'arbre de la Croix, et Jésus me communiquera Sa Force divine.

 

Pensée pratique

 

L'exaltation de Marie a pour fondement son humilité : « Il a regardé la bassesse de Sa Servante ». Si nous voulons, nous aussi, avancer dans la perfection, qui est la véritable grandeur, enfonçons-nous toujours d'avantage dans la sainte humilité : « Il a exalté les humbles ».

 

Réflexion

 

Pour ne pas m'égarer, je m'appliquerai à pratiquer cette humilité qui me fasse aimer sincèrement et véritablement le mépris de moi-même. Croire faire des progrès dans cette vertu si nécessaire et en même temps céder à l'horreur naturelle que nous inspire le mépris, c'est être dans l'illusion et se tromper soi-même.

 

Colloque

 

O Marie, dès le berceau Vous fûtes très grande aux yeux de Dieu. Vous étiez très petite de corps, mais Votre âme, remplie des Dons divins les plus excellents, paraissait aux regards du Très-Haut, comme un magnifique cèdre du Liban, qui s'élève avec majesté au-dessus des autres arbres. Dès les langes, ô Vierge Enfant, Vous fûtes l'objet des divines complaisances, l'admiration des Anges, un miracle de perfection, de beauté et d'amabilité. Combien je me réjouis, ô Marie, en pensant à cette glorieuse prérogative ! Je tressaille de joie en voyant Vos grandeurs, et aussi, parce que j'espère, en Vous honorant et en Vous aimant, obtenir, par votre entremise, que le Dieu très Miséricordieux ait pitié de moi, qui suis un abîme de misère, et pouvoir, moi aussi, aidé de Votre protection, avancer dans la Vertu et acquérir enfin la sainteté. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Faire quelques actes d'humilité pour plaire à Marie Enfant.

Aspiration : « Le Ciel et la terre Vous admirent, ô Marie. Ô Mère, tous les cœurs soupirent vers Vous ».

 

Exemple

Double grâce obtenue par une femme dévote à Marie Enfant

 

Un des désirs qu'éprouvent les mères, c'est de voir leurs petits enfants, à mesure qu'ils croissent en âge, s'affermir sur leur jambes, de manière à se tenir tout seuls debout, et à marcher sans le secours de leur petit chariot roulant ou des lisières. Une femme Milanaise se trouvait dans une profonde affliction ; son enfant ne marchait pas encore, et ne pouvait pas pas même non seulement faire un pas même non seulement faire un pas, mais rester droit sur ses pieds, si peu de temps que ce fût, à moins que sa mère ou quelques autres ne le soutînt. L'excellente femme avait essayé tous les moyens de la nature ou de l'art. Alors, en bonne chrétienne qu'elle était et inspirée par sa grande dévotion à Marie Enfant, elle comprit qu'elle n'avait plus qu'une chose à faire, recourir à la puissante intercession de la Santissima Bambina. C'est ce qu'elle fit. Étant donc aller prier plusieurs fois devant la statue miraculeuse, et ayant recommandé son cher enfant à Marie, elle sentit intérieurement la confiance que, pour fortifier les jambes inertes de l'enfant, il lui suffirait simplement d'employer un peu de coton ayant touché à la Sainte Image. Elle en demanda quelques flocons, et, arrivée chez elle, les présenta à baiser à l'enfant. On eût dit que le petit innocent comprenait la vertu secrète communiquée à ce coton par la Vierge Enfant, et c'était plaisir de voir avec quel contentement il baisait et baisait encore le papier qui l'enveloppait. Tout à coup, sans autre remède, se débarrassant vivement de toute entrave et s'échappant des mains de sa mère, il lui montra qu'il n'avait plus besoin ni d'elle ni de personne pour se tenir sur ses jambes et marcher seul librement. Comment peindre la joie de l'heureuse mère à la vue d'un changement si extraordinaire ! Mais là, ne s'arrêtèrent pas les merveilles. Confirmée dans sa confiance en Marie Enfant, la pieuse femme cacha une image de la Santissima Bambina dans l'oreiller de son mari, afin que, d'homme vicieux qu'il était, la douce Madone en fît un bon Chrétien. En effet, à dater du jour ou sa femme avait employé ce pieu stratagème, le mari changea complètement de vie et se donna tout à Dieu.

 

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11 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

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Douzième jour

Marie figurée par la verge d'Aaron

 

« Moïse retourna en Egypte portant à la main la verge de Dieu » (Exode 4, 20).

 

La verge d'Aaron, figure de Marie

 

« Vous êtes la verge fleurie d'Aaron, dit Saint Taraise, s'adressant à Marie. Et Saint Ambroise : « Marie est la verge dont le Christ est la fleur ».

 

Réflexion

 

Au lieu d'être semblable à la verge puissante d'Aaron par la vertu, je ne ressemble que trop à un roseau fragile et pliant à tout vent, tant que je suis faible, tant que je cède facilement à toutes les tentations, et suis promptement découragé par les difficultés qui se rencontrent dans la pratique de la vertu. Que cette pensée serve au moins à m'humilier : de l'humilité naît la force.

 

Analogie entre la verge et Marie

 

Comme Aaron et Moïse, à l'aide de leur verge, délivrèrent le Peuple Hébreu de la tyrannie de Pharaon, et lui procurèrent tous les secours nécessaires dans sa longue marche vers la Terre Promise, ainsi Dieu, par l'entremise de Marie, a délivré le monde de la captivité du Démon, et dispense incessamment aux élus toutes les grâces dont ils ont besoins pour arriver à la conquête du Paradis.

 

Réflexion

 

Pauvre roseau tremblant, si je veux devenir une verge puissante, je dois à l'humble connaissance de moi-même unir une confiance en Dieu entière et sans limites.Cette confiance m'attachera à Lui, me donnera l'abandon à Ses Volontés, et me rendra capable de résister à mes ennemis et de les vaincre.

 

Conséquence pratique

 

« Nous sommes assurés, dit Saint Bonaventure, d'arriver par la verge, qui est Marie, à la fleur, qui est Jésus. Voulons-nous donc saisir Jésus ? Que notre prière incline Marie vers nous. Si Jésus, étant Dieu, nous paraît trop élevé au-dessus de nous, Marie, qui est la verge, est flexible à notre prière, et, s'abaissant vers nous, Elle nous donne sa belle Fleur, c'est-à-dire Jésus avec Sa Grâce ».

 

Réflexion

 

La confiance en la médiation de Marie, Mère et Dispensatrice des Grâces, fait toute ma force : c'est elle qui donne à mes prières leur efficacité. Ainsi, l'âme de ma dévotion envers Marie, ce qui la vivifie, c'est assurément la ferme espérance d'être exaucé Elle. Lorsque je prierai, je demanderai donc surtout la confiance.

 

Colloque

 

O Sainte Marie Enfant, prosternée en esprit à vos pieds, je sens tout naturellement se placer sur mes lèvres ces belles paroles du Psalmiste : « Virga tua et baculus tuus, ipsa me consolata sunt » (Psaume 22, 5). Oui, avec votre très dévot serviteur Saint Pierre Damien, je reconnais bien en vous la verge, et dans la Croix de Jésus le bâton dont parlait le Roi Prophète, et l'une et l'autre sont pour moi la source d'une consolation ineffable. Tous les maux nous sont venus par cette première femme, Eve, qui porta la main sur l'arbre du paradis terrestre : mais par Vous, Vierge Sainte, nous sont promis tous les biens, et c'est de Vous, ô Vierge Mystique, ô nouvelle Eve, et des mérites de mon Sauveur Jésus, Votre Fils, que je les attends avec confiance. Soyez donc pour moi, ô Marie, cette Vierge miraculeuse, à l'aide de laquelle je puisse me tenir assuré de ne pas succomber dans mes luttes contre mes ennemis, et arriver sain et sauf au Paradis. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Entendre la Sainte Messe avec beaucoup de dévotion.

Aspiration : « Tous se tournent vers Vous et Vous prient, ô Sainte Mère de Dieu, et, moi aussi, j'implore Votre Miséricorde ».

 

Exemple

Marie Enfant délivre du service militaire le fils d'une pieuse femme qui l'invoque

 

Le 6 juin 1888, un jeune conscrit du Diocèse de Milan, bon fils d'une mère meilleure encore, devait se présenter au Conseil de Révision. Grande était son appréhension d'être trouvé apte au service ; mais bien autrement était grande celle de sa mère, redoutant pour son fils non pas tant les fatigues qu'impose le rude métier des armes, surtout au temps des manœuvres, que les dangers de toutes sortes auxquels se trouverait exposée l'âme de son cher enfant au milieu des occasion terribles que tant de jeunes rencontrent à la caserne, où ils perdent la crainte de Dieu jusqu'au sentiment religieux. C'est pourquoi, depuis bien longtemps déjà, cette excellente mère recommandait son fils à Marie Enfant, dont elle allait quelque fois visiter la Sainte Image. Mais à l'approche du jour décisif, elle persuada son cher conscrit de lui adresser, lui aussi, des prières spéciales à cette intention, l'exhortant à mettre en Elle toute sa confiance, et espérer que la puissante médiation de la Vierge au Berceau lui obtiendrait assurément d'être exempté du service. Appelé devant les docteurs qui devaient l'examiner, le jeune homme entendit l'un des deux prononcer un jugement de nature à déconcerter son attente. D'après ce jugement, l'unique défaut constaté en lui était sa stature légèrement en dessous de la mesure fixée par la loi ; en conséquence, ce docteur voulait l'ajouter. L'autre, au contraire, se basant sur certaines observations techniques faites sur la constitution du jeune homme, le jugeait absolument impropre au service. Il s'ensuivit une discussion très vive entre les deux docteurs, chacun soutenant son opinion. Pendant ce temps, le cœur du jeune homme battait violemment sous l'impression de la crainte, ce qui ne contribua pas peu à faire prévaloir enfin le sentiment du médecin qui voulait l'exempter. Mais évidemment, ce qui surtout obtint cette exemption, ce furent les prières ardentes adressées en ce moment par la pieuse mère à Marie Enfant. Aussi quand son fils vont lui-même lui apprendre l'heureuse nouvelle, ne put-elle retenir ses larmes, tant était grande sa consolation. Tous deux allèrent aussitôt se prosterner aux pieds de Marie Enfant pour lui payer le tribut de leur reconnaissance.

 

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8 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

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Neuvième jour

Marie figurée dans la colonne de nuée et de feu du désert

 

« Jamais la colonne de nuée ne manqua de paraître devant le Peuple pendant le jour, ni la colonne de feu pendant la nuit ». (Exode 13, 22).

 

La colonne de nuée et de feu, figure de Marie

 

Saint Epiphane salue Marie en lui donnant les noms de « nuée semblable à une colonne, et de nuée lumineuse ».

 

Réflexion

 

Celui qui, à l'exemple de Marie, vit d'une vie toute spirituelle, peut dire avec l'Apôtre, écrivant aux Philippiens, qu'il vit non sur la terre, mais dans le Ciel, n'étant occupé que de choses spirituelles, saintes et divines, telles que les vertus, les vérités révélées, la gloire de Dieu, la félicité célestes. Ces âmes bienheureuses peuvent être comparées aux nuages, qui, suspendus dans les régions d'en-haut, sont si bienfaisants pour la terre. La prière, les bons exemples, les avertissements charitables de ces pieux serviteurs de Dieu, sont une bénédiction pour le prochain. Plaise à Dieu que je leur ressemble !

 

Analogie entre les deux colonnes et Marie

 

Marie est pour nous une colonne de nuée, car, semblable à une nuée, Elle s'interpose, par Sa médiation, entre Dieu et nous, et tempère le feu du courroux céleste, provoqué par nos péchés ; de plus, elle se place entre nous et le démon, et par sa puissance, émousse les traits des tentations. Elle est pour nous une colonne de feu, en nous éclairant par l'effusion des lumières et des grâces sans nombre qu'Elle nous obtient de la Divine Miséricorde.

 

Réflexion

 

Marie est Mère de la Grâce, et, dans les secours incessants que Sa médiation nous procure, Elle se conforme à la nature de la Grâce, dont les deux effets principaux sont d'éclairer l'esprit et de fortifier la volonté. Et, en effet, un vrai serviteur de Marie ne tombe pas dans le péché, quoi que puisse faire l'ennemi pour obscurcir son intelligence, quelque affaibli que soit son cœur par les ardeurs des passions. Je vois maintenant à qui je suis redevable de tant d'éclatantes victoires que j'ai remportées jusqu'ici. Je les dois à Marie, et ainsi c'est pour moi une obligation de lui en être éternellement reconnaissant.

 

Pensée morale

 

Pour arriver à la terre promise du Paradis, nous devons, durant le voyage à travers le désert de cette vie, prendre garde de ne pas tomber dans le péché et de mériter les châtiments divins. Or, pour l'un comme pour l'autre, la dévotion à Marie, protectrice et avocate des pécheurs, nous sera d'un puissant secours.

 

Réflexion

 

Lorsque je me trouverai sous le coup des épreuves auxquelles il plaira à Dieu de me soumettre, je songerai à l'amour de mon Père Céleste qui veut par là m'exciter à Lui témoigner le mien, et cette pensée adoucira mes peines. Quand, au contraire, Dieu daignera inonder mon cœur de ses consolations, je n'oublierai point mon indignité et mon manque absolu de mérites, et ce souvenir me sera comme un frein pour ne point me laisser aller à la vaine gloire et perdre ainsi le fruit de ces faveurs.

 

Colloque

 

Je suis, ô très Sainte Enfant, un de ces voyageurs errants à travers le désert de cette vie, et je marche vers la Palestine mystique du Ciel. Hélas ! Je sens combien j'ai besoin d'être secouru par Vous ; mais aussi, quelle n'est pas la puissance de Votre très douce protection ! Je Vous en conjure, ô Marie, ayez pitié de moi. Éclairez mon esprit et faites-lui apercevoir tous les pièges que le Démon me tend dans l'ombre. Abritez-moi sous votre manteau tutélaire, et aidez-moi à me soustraire à la rigueur des châtiments de Dieu, que mes infidélités et les fautes n'ont que trop irrité. En un mot, faites, ô Vierge Enfant, que je puisse parvenir sain et sauf à la bienheureuse Jérusalem, où je louerai Dieu avec Vous dans tous les siècles. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Apporter une attention particulière à ne jamais faire de mensonge d'aucune sorte.

Aspiration : « O Vierge Puissante, priez pour moi et Dieu usera de clémence en ma faveur.

 

Exemple

Confiance d'un jeune homme récompensée par Marie Enfant

 

Dans une grande ville de Lombardie, un homme marié était malade à l'extrémité et presque agonisant. Sa femme, excellente Chrétienne, se sentait navrée de douleur à l'idée que l'âme de son mari était dans un état plus alarmant encore, et dans un danger imminent de damnation ; depuis longtemps, en effet, le malheureux avait abandonné toute pratique de notre Sainte Religion, dans laquelle il était né et avait été élevé. Sa femme ne savait quel moyen prendre, car les médecins lui avaient recommandé de ne pas troubler le moribond et de ne lui donner aucun sujet de contrariété, dans la crainte fondée que le moindre mouvement ou la moindre émotion ne vint hâter sa mort.

Un bon jeune homme, dévot à Marie Enfant, apprenant la triste nouvelle, se sentit alors inspiré d'aller lui-même à la chapelle de la Santissima Bambina plaider la cause de cet infortuné. S'étant rendu devant la statue miraculeuse, il laissait voir, par son attitude, de quelle importance était la grâce qu'il venait solliciter, tant il paraissait absorbé dans sa prière. On l'entendait répéter sans cesse : « Ou la guérison ou la conversion ! » L'une des deux grâces allait, en effet, lui être accordée d'une manière vraiment étonnante. De son côté, le malade, déjà aux prises avec la mort, continuait par signes et par gestes, ne le pouvant plus de parole, à témoigner qu'il était résolu à mourir comme il avait vécu. Sa femme et les autres membres de la famille en étaient dans la plus profonde désolation. Mais que se passa-t-il ? Le jeune suppliant était encore aux pieds de Marie Enfant, l'implorant pour ce pauvre pécheur, lorsqu'on vit le mourant sortir subitement de cet état désespéré et reprendre peu à peu ses forces : tout indiquait qu'une crise non moins heureuse qu'inattendue venait de se produire. A peu de temps de là, le malade était complètement rétabli.

Et la conversion ? Nous aimons à penser que Marie inspirera à quelque personne dévote à sa Sainte Enfance de solliciter avec non moins de confiance la guérison spirituelle de ce malheureux, et Marie, c'est certain, l'accordera avec d'autant plus de bonté qu'elle s'intéresse plus au Salut de l'âme qu'à la santé du corps.

 

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8 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Quatorzième jour

Le Dimanche après l'Octave du Saint Sacrement

Troisième Dimanche après la Pentecôte

 

Venez Esprit Saint,

O Lumière Bienheureuse,

Venez remplir jusqu'à l'intime

le cœur de tous Vos fidèles.

Je Vous salue Marie...

 

Le Sauveur se plaint par la bouche du Prophète, de ce que personne ne se présente pour Lui offrir les consolations dont Il a besoin. « Je suis consumé de tristesse, nous dit-il. J'ai attendu un ami pour pleurer avec Moi, mais en vain. J'espérais un consolateur, Je ne l'ai pas trouvé ». Le même Prophète nous dit encore, en parlant toujours au nom de Jésus-Christ : « Dans la multitude des douleurs de Mon âme, vos consolation ont réjoui Mon Cœur ». Pourquoi ce langage qui semble présenter une contradiction ? Il est facile d'en donner la raison. Il y a une multitude d'enfants de Dieu indignes de ce beau titre, et qui non-seulement refusent au Cœur adorable de Jésus les consolations qu'Il réclame, mais encore remplissent ce Cœur d'amertume et de tristesse. Il y a aussi des fidèles que le Divin Sauveur honore du titre d'amis : « vous, vous êtes Mes Amis! » Ceux-là consolent Jésus et soulagent Son âme oppressée par la douleur.

N'est-ce pas un des plus beaux privilèges de l'amitié que de consoler un ami triste, n'est-ce pas encore son premier devoir ? Jésus-Christ a voulu avoir des amis. Il a dit, en parlant de Lazare : « Lazare Notre ami ». Et dans l'admirable discours de la Cène, il dit à ses Apôtres : « Maintenant Je ne vous appellerai plus Mes serviteurs, mais Mes amis ». C'est auprès d'eux qu'il viendra chercher des consolations. Voyez ce qui se passe au jardin de Gethsémani. Le Cœur de Jésus si Bon, si Tendre, si Compatissant, est tout-à-coup livré à la plus affreuse tristesse. Les Evangélistes nous disent : « Il Commença à être saisi de crainte, d'ennui, de tristesse, et d'affliction ». Dans cet état, Il vient à Ses Apôtres comme pour se consoler avec eux. Hélas ! Il les trouve endormis. Alors ce cri de douleur sortit du cœur de Jésus : « Mon âme est triste jusqu'à la mort ! » O Cœur Divin ! Ce qui Vous affligeait profondément, c'était l'ingratitude et l'endurcissement d'un grand nombre d'hommes pour lesquels le Sacrifice de Votre Vie allait devenir inutile !

Bientôt nous apercevons Jésus-Christ montant au Calvaire, chargé du bois de Sa Croix. Alors des femmes pieuses, qui pendant Ses voyages à travers la Judée et la Galilée, l'avaient suivi pour fournir de leurs propres biens à Sa nourriture et à celle des Disciples, marchent sur Ses pas, l'accompagnent jusqu'au lieu du Supplice, et lui offrent comme un dédommagement de la cruauté des bourreaux et de l'indifférence du peuple, les larmes abondantes que la piété et la compassion font couler de leurs yeux. Le Divin Sauveur les aperçoit et cherche lui-même à les consoler dans leur juste douleur. Eh bien ! Voilà nos modèles. Soyons les consolateurs de Jésus. Il est triste ; tous les jours Son Cœur adorable reçoit un grand nombre de blessures. Il cherche des amis qui pleurent avec Lui et qui consentent à partager Sa peine. Imitons les Saintes Femmes dont parle l'Évangile.

Mais que dis-je ? Dieu le Père, apercevant du haut du Ciel Son Fils unique plongé dans un océan d'amertume, n'envoya-t-Il pas un Ange, pour fortifier Son âme ? Ah ! qui refuserait d'être cet Ange ? Jésus est encore dans la solitude du Tabernacle, comme autrefois à Gethsémani. Ne soyons pas comme les Apôtres qui s'endormirent, mais soyons des Anges consolateurs. Nous le pouvons ; et si nous sommes des Amis de Jésus, si nous sommes des Siens, rien ne sera plus doux et plus consolant pour notre âme que ce ministère de consolateurs de Jésus, dans Son Divin Sacrement.

 

Premier point

Le Cœur adorable de Jésus est triste à cause des méchants

 

D'où vient la tristesse ? Sentiment pénible qui semble déchirer le Cœur et qui se répand sur tout notre être, la tristesse est produite par la contradiction. Jésus-Christ a été triste, et jamais on ne verra un Cœur plus cruellement déchiré. Que voulait le Sauveur ? Il brûlait du désir de la gloire de Son Père, de la sanctification des hommes. Que veut-Il encore, et pourquoi est-Il au milieu de nous dans la Divine Eucharistie ? Il veut y glorifier son Père et sanctifier les hommes. Or, l'opposition des Juifs et des Gentils à tout ce que demandait Jésus-Christ, pendant Sa Vie mortelle, ne la rencontre-t-Il pas tous les jours dans le cœur d'un grand nombre de Chrétiens ? Si, dans le Jardin des Oliviers, Jésus fut triste d'une tristesse mortelle, parce qu'Il voyait l'inutilité de Son Sang et de Sa Mort pour le plus grand nombre des pécheurs ; du fond du Tabernacle, du haut de l'Autel, que voit-Il en jetant les yeux sur le monde ! Le même spectacle qui affligea Son Cœur la veille de Sa Mort, ne se présente-t-il pas tous les jours à Ses yeux ?

O mon Sauveur ! Ces âmes que Vous aimez tant, oui, elles se perdent en grand nombre ; tous les jours elles tombent dans l'Enfer, ces âmes pour lesquelles Vous seriez prêt à Vous immoler encore. Voilà ce qui porte la désolation dans Votre âme ! Je Vous entends, quand je suis à Vos pieds, m'adresser cette parole touchante : « O vous qui passez devant Mon Autel, arrêtez-vous et considérez s'il existe une douleur semblable à la Mienne ». Ah ! C'en est fait, j'en prends aujourd'hui la résolution ; je viendrai souvent à Vos pieds ; ce sera en qualité d'ami et pour Vous offrir des consolations.

 

Deuxième point

Le Cœur de Jésus est triste à cause de Son Eglise

 

L'Eglise est l'épouse de Jésus-Christ, Il l'a acquise au prix des plus affreux tourments, au prix de Sa Vie et de Son Sang. On peut dire que l'Église, c'est tout pour Jésus-Christ. Ce que Son Cœur désire, c'est la Sainteté de Son Église, c'est sa gloire, ce sont ses triomphes dans le monde entier. Mais que voit Jésus-Christ dans cette même Eglise ? Hélas ! Un grand nombre d'enfants occupés à déchirer le sein de leur Mère !... Mon Dieu ! Que de révoltes, que de blasphèmes, quelle haine de la part des uns, et quelle froide et insultante indifférence de la part des autres ! Jésus-Christ entend Son Épouse qui s'écrie : « J'ai nourri des enfants, je les ai élevés ; de leur côté, ils m'ont accablée de mépris ».

Il voit tous les Trésors qu'Il a confiés à cette Épouse chérie, devenus inutiles pour plusieurs de ses enfants, les Sacrements négligés, profanés !... Il voit cette même Église devenue un objet de dérision pour un grand nombre d'hommes ; ses lois méprisées, son autorité insolemment niée ; son culte et ses cérémonies les plus augustes transformés en représentations coupables, ses temples souillés par l'impiété qui envahit leur enceinte, au mépris de toutes les saintes règles. O mon Sauveur, Votre Église fut-elle jamais haïe, persécutée, comme elle l'est aujourd'hui, par un grand nombre d'hommes que l'ingratitude la plus noire a poussés à devenir ses ennemis !

Eh bien ! Une parole sort du Divin Tabernacle : « Quand voudras-tu Me consoler ? Âme fidèle, Je t'appelle ; viens, c'est à toi que Je m'adresse. Vois Mon Cœur déchiré par la douleur, abreuvé d'amertume ; quand voudras-tu le consoler ? » Il a été écrit : « Dieu sera consolé dans Ses serviteurs ». Me voici, ô Cœur adorable de Jésus, c'est moi qui veux justifier la vérité de cet oracle. Vous serez consolé par ma dévotion envers le Divin Sacrement, par mon recueillement, par ma piété !... Comment refuserais-je de consoler par mon assiduité à Vous visiter, Votre Cœur abreuvé d'amertume, après que Vous avez voulu être Vous-même le consolateur de tous les affligés ?...

 

Troisième point

Le Cœur de Jésus est affligé par Ses amis

 

C'est un sentiment que nous éprouvons tous les jours. Un moment de froideur, une légère offense de la part d'un ami nous cause plus de tristesse que la fureur et la haine de nos ennemis. Quand on aime beaucoup, ou sent le besoin d'être beaucoup aimé. L'amour est jaloux. Ce sentiment de jalousie qui, dans la créature, est bien souvent une injustice, est au contraire une perfection dans Dieu. Or, d'après ces principes, il est certain que le Cœur de Jésus doit demander beaucoup à Ses fidèles amis, et surtout à certaines âmes qu'Il a prévenues d'abondantes bénédictions. Mais, parmi ces âmes admises bien souvent, peut-être tous les jours, à la participation de Ses faveurs les plus signalées, nourries continuellement de Sa Chair et de Son Sang adorables, éclairées par des Lumières que le Saint Esprit n'accorde pas indistinctement à toutes les intelligences; sollicitées à chaque instant par une voix intérieure qui les invite à une plus grande fidélité, combien affligent le Cœur de Jésus !

Ne suis-je pas la cause de Votre tristesse, Divin Sauveur ? Ces imperfections de tous les jours, ces négligences dans les choses saintes, cette dissipation dans la prière, cet état d'ennui en Votre présence, ces distractions volontaires dans le lieu saint; que sais-je ! Ô mon adorable Maître ! Mille petites vanités, mille recherches de moi-même, peut-être au pied des Saints Autels, en face de Votre Divin Tabernacle ! Oh ! Comme je me sens obligé à prendre pour moi cette plainte que Vous me faites entendre : « Vous dont j'ai fait Ma sœur, ce n'est pas assez, Mon épouse, vous avez blessé Mon Cœur. Ah ! Si Mes ennemis M'accablent d'outrages, Je les supporte; mais vous, assis à Ma table où Je vous fais manger Ma Chair et boire Mon Sang, vous, m'offenser, me déplaire ! Oh ! Non, je ne devais pas m'y attendre ! »

 

C'est assez, ô Jésus !... Cœur Divin, j'ai entendu Vos plaintes et Vos gémissements ; je comprends Votre tristesse et Votre douleur. C'est assez Vous avoir déplu. Désormais je veux mériter d'être compté parmi les âmes qui Vous consolent ; et si l'on me demande pourquoi je viens si souvent Vous visiter dans ce Sacrement d'Amour, je répondrai que je veux être un des consolateurs de Jésus !

 

Jesu cor amantissimum,

Castis amicum cordibus,

Puris amandum cordibus

In corde regnes omnium.

 

Cœur aimant de Jésus,

Qui aimez les cœurs purs,

Et qui êtes aimé par ceux qui ont le cœur pur,

Régnez dans tous les cœurs.

 

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15 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Vingt-et-unième jour

Le quatrième dimanche après Pentecôte

 

 

Venez Esprit Saint,

Venez, père des pauvres,

Venez, dispensateur des dons,

Venez, lumière de nos cœurs.

Je Vous salue Marie.

 

Jésus-Christ est notre modèle. Pendant les années qu'Il a passées sur la terre Il nous a donné l'exemple de toutes les vertus qu'Il demande de nous. Aussi avant de quitter le monde Il a dit à Ses Apôtres : « Je vous ai donné l'exemple afin que vous fassiez comme Moi J'ai fait ». Nous savons par le témoignage de Saint Paul que les Élus parmi nous sont ceux que Dieu a prévu de toute éternité devoir être semblables à l'image de Jésus-Christ, Son Fils. Tout ce que l'amour-propre et l'amour du monde peuvent inventer pour détruire ou du moins affaiblir ces principes éternels de la morale évangélique, ne saurait prévaloir contre une vérité aussi clairement révélée ; le Ciel n'est que pour ceux qui auront travaillé à devenir les images vivantes du Sauveur. Il n'y a dans le Ciel que des portraits de Jésus-Christ. La vie chrétienne consiste donc à imiter Jésus-Christ. Mais il ne faut pas croire que ce Divin Maître se soit borné à nous instruire pendant Sa vie mortelle; nous le savons, tout est lumière, tout est enseignement dans l'Homme-Dieu. Or, Jésus-Christ doit être considéré dans Sa Vie Eucharistique. Là Il continue à être notre modèle et à nous prêcher les vertus qu'Il exige de Ses enfants et de Ses Disciples. C'est un Mystère auquel la plupart des Chrétiens pensent bien peu. Le Mystère de la Vie Eucharistique de Jésus-Christ, la vie du Sauveur dans le Saint-Sacrement. Si Jésus-Christ, comme la Foi nous l'enseigne, est vivant dans le Saint-Sacrement, je dois m'occuper de cette Vie Divine. Elle doit être pour l'âme fidèle l'objet d'une étude sérieuse et d'une contemplation habituelle. Cette vie Eucharistique du Sauveur deviendra pour le juste une source abondante de lumière. Puisque c'est toujours la vie du Verbe fait chair qui habite parmi nous plein de grâce et de vérité ».

Ce n'est pas une méditation, mais un livre entier qu'il faudrait consacrer au développement de ces vérités importantes. Comment, en effet, parviendra-t-on à dire en peu de mots tout ce que la Vie Eucharistique de Jésus-Christ nous apprend, touchant les vertus sublimes qui font toute la perfection du véritable chrétien ! Le seul acte de la Consécration, en changeant le pain et le vin au Corps et au Sang de Jésus-Christ, en détruisant la substance du pain et du vin pour ne laisser subsister que les espèces ou apparences, ne nous dit-il pas éloquemment que la conversion est un vrai miracle de la grâce, qu'elle change l'homme en détruisant le vieil Adam, pour former dans nous l'homme nouveau créé dans la justice et dans la sainteté ! Que la Sainte Communion, en faisant passer dans nous toute la substance de Jésus-Christ, nous oblige, en quelque sorte, à nous transubstantier en Lui, afin de pouvoir dire avec Saint Paul : « Ce n'est pas moi qui vis, mais Jésus-Christ qui vit en moi ». La présence de Jésus-Christ qui renferme dans la Sainte Hostie non seulement Son Corps et Son Sang, mais encore Son Ame avec tous les trésors de Sainteté qu'Elle possède, Sa Divinité avec Ses infinies perfections ; la générosité avec laquelle le Sauveur donne, par le Saint-Sacrement, tous Ses biens à l'homme, sans aucune réserve ; ne nous dit elle pas éloquemment que Dieu nous veut entièrement à Lui ; que Celui dont nous tenons tout exige que tout lui soit offert et consacré ?

L'état glorieux du Corps de Jésus-Christ dans Sa Vie Eucharistique possédant les qualités inhérentes aux corps ressuscités ; la clarté, l'agilité, la spiritualité, l'impassibilité ; cet état qui fait que les espèces venant à se corrompre, le Corps du Sauveur n'est jamais atteint par la corruption, et que ceux qui reçoivent le Divin Sacrement, reçoivent Jésus-Christ revêtu de splendeur et de gloire ; cette condition de la vie Eucharistique ne nous apprend-elle pas que nous sommes enfants de lumière et que nous devons rejeter loin de nous les œuvres de ténèbres ? Que sans une grande pureté, un vrai désir de nous dégager toujours davantage des liens du péché et de nous avancer dans les voies du Divin Amour, nous ne devons pas approcher de la table des Saints ?

Ah ! Qu'on me laisse dire, en parlant de l'adorable Sacrement de l'Autel : « Approchez-vous, et vous serez éclairés ». Le voilà ce Soleil De Justice, comme l'appelle le prophète Malachie. Le Tabernacle, le Sanctuaire, l'Église, c'est La Cité du Soleil. Une âme qui voudra s'adonner à la contemplation du ce Mystère ineffable de l'Eucharistie trouvera toutes les vérités comme réunies sur un seul point, la Sainte Hostie ! Oui, là est un foyer de lumière d'où sont partis tous les rayons qui ont illuminé l'esprit des plus grands Saints. Ne disons plus qu'ici bas nous sommes plonges dans d'épaisses ténèbres ; ces ténèbres n'existent que pour les âmes qui ne cherchent pas la lumière. Allons au Sanctuaire, regardons l'Autel, le Tabernacle, l'Hostie, et nous serons inondés de clarté.

 

Premier point

Jésus-Christ modèle d'humilité dans Sa Vie Eucharistique

 

Jésus-Christ nous a prêché l'humilité comme une vertu essentielle au Christianisme, indispensable pour le Salut. Aussi toute Sa vie peut être présentée comme un exemple frappant de l'Humilité la plus profonde. Mais dans Sa Vie Eucharistique. le Sauveur continue à s'anéantir comme Il l'a fait dans Son Incarnation, suivant l'énergique expression de l'Apôtre. Si je cherche Jésus-Christ dans le Saint Sacrement, je le trouve renfermé dans un espace bien plus resserré que ne l'était le Sein de Marie, la Crèche, la maison de Nazareth. Je le vois plus petit que dans son berceau, puisqu'Il est renfermé sous la moindre partie de l'espèce consacrée. Jésus-Christ a mené une vie obscure et cachée dans la boutique d'un artisan ; c'est un prodige d'humilité qui ravit les âmes pieuses. Mais dans Sa Vie Eucharistique, Jésus-Christ n'est-Il pas dans l'obscurité, et trouvera-t-on un Mystère où Il se cache davantage et avec plus de soin, dérobant à nos yeux, non plus seulement Sa Divinité, comme pendant Sa Vie mortelle, mais encore Son Humanité sainte. Tout ce qu'il y a de plus grand, de plus parfait, de plus beau dans le Ciel se trouve renfermé dans la Sainte Eucharistie, et cependant nos yeux n'y découvrent rien que de très commun, un peu de pain !

Si Jésus-Christ nous a enseigné l'humilité en consentant à être délaissé, abandonné des créatures ; s'Il a permis que ses adorables perfections fussent cachées pour un grand nombre d'hommes ; dans Sa Vie Eucharistique, n'est-Il pas encore tous les jours au Saint Tabernacle, seul, inconnu du plus grand nombre des hommes, délaissé pendant des jours, des mois, et des années entières, comme cela arrive dans un grand nombre d'églises ? Pendant qu'il était sur la terre, Jésus-Christ a enduré, sans se plaindre et avec une patience inaltérable, tous les mépris, toutes les insultes, tous les outrages que ses ennemis Lui ont prodigués ; dans Sa Vie Eucharistique ne supporte-t-Il pas encore tous les jours les mêmes indignités ! Que fait-il pour s'en venger ? D'un mot Il pourrait terrasser ses ennemis ; ce mot Il ne le dit jamais ! Ô patience admirable ! Ô humilité incompréhensible ! Eh bien ! Voilà mon modèle. Mais comment se fait-il qu'après un si grand nombre de communions, après tant de visites au Saint-Sacrement, je conserve encore un si grand désir de paraître, d'être regardé comme quelque chose ! Comment se fait-il que je repousse avec tant de force la plus légère humiliation, et que la moindre apparence de mépris m'irrite !

Ô Jésus ! Anéanti sous les espèces du Divin Sacrement, je Vous adore avec un respect profond, et je dépose à Vos pieds toute ma fierté, tout mon orgueil ; hélas ! Il est si grand ! Jésus, doux et humble de cœur, ayez pitié de nous !

 

Deuxième point

Jésus-Christ modèle de pauvreté et d'obéissance dans Sa Vie Eucharistique

 

La pauvreté et l'obéissance sont les filles chéries de l'humilité. Elles naissent de l'humilité qui ne peut pas exister sans les enfanter. Aussi l'accompagnent-elles partout, et quand on les aperçoit, on juge de la présence de l'humilité, malgré tous les artifices que celle-ci emploie pour demeurer cachée. Jésus-Christ a été pauvre. Qui le fut jamais plus que Lui ! Pauvre dans Ses parents, pauvre dans le lieu de Sa Naissance, pauvre dans Ses occupations, pauvre pendant Sa Vie Apostolique, ne possédant rien, recevant l'aumône des saintes femmes, comme le dit saint Luc. Il a été obéissant. Saint Paul renferme tout dans ce mot sublime : « Il s'est rendu obéissant jusqu'à la mort de la Croix ». Ces exemples de pauvreté et d'obéissance, Jésus-Christ nous les donne encore dans Sa Vie Eucharistique. Là Il est pauvre. N'avoir rien à soi, ne vivre que des offrandes volontaires des hommes, dépendre de leur générosité pour le logement et tout ce qui est nécessaire a la vie ; n'avoir pas même une retraite assurée, et se voir exposé à être chassé à tous les instants du lieu que l'on habite ; n'est-ce pas le sublime de la pauvreté ?

Eh bien ! Voyez Jésus-Christ dans Sa Vie Eucharistique. Il est logé où nous voulons, et mille fois les demeures qu'on Lui avait offertes, on les Lui enlève pour le transporter ailleurs. Les vases sacrés où notre piété renferme Son Corps et Son Sang, Lui appartiennent si peu que tous les jours on en dispose, on les change pour les faire passer à un autre usage. Qui sait si cette pièce d'argent que je tiens dans ma main n'a pas été, il y a quelques années, une coupe de calice, un ciboire ! Encore si Jésus-Christ ne se livrait qu'à des hommes pleins de foi et brûlant d'amour pour Lui ! Mais hélas ! Que d'églises abandonnées, que d'autels vermoulus, sales et couverts de poussière, que de Tabernacles sans ornements ; que d'objets employés à la célébration des plus augustes Mystères, tellement pauvres, que personne ne consentirait à les placer sur sa table ! Ô mon Dieu ! Ce sont là des vérités certaines, des faits dont il est facile d'être témoin. Et Jésus consent à cette pauvreté pour ne pas me priver du bienfait de son adorable présence !...

Cependant j'aime le superflu, j'aime ce qui est beau, riche, élégant ! Mes meubles et mes vêtements, ma table surtout annoncent que j'ai horreur de la pauvreté ! Que dirai-je maintenant de l'obéissance de Jésus-Christ dans Sa Vie Eucharistique ? Il s'est livré à sa créature dont la volonté a sur lui un souverain empire. Oui, Jésus-Christ dans Sa Vie Eucharistique enchaîne Sa Volonté, Sa Liberté à la volonté du prêtre. Le prêtre parle et Jésus-Christ est dans la Sainte Hostie ; le prêtre parle et Jésus-Christ va d'un lieu à un autre ; le prêtre parle et Jésus-Christ habite cette Église ; il parle et Jésus-Christ va dans une autre ; le prêtre parle et Jésus-Christ se donne à cent personnes ; il parle et Jésus-Christ ne se donne pas. Ô prodige d'amour ! Ô Mystère incompréhensible ! Un Dieu renonce à sa liberté pour se mettre à la libre disposition d'un homme, et quelquefois cet homme est un grand coupable !

C'est assez, ô mon Sauveur, c'est assez. Laissez-moi m'anéantir devant vous. Vile poussière toujours révoltée contre Votre Majesté Souveraine, j'ose encore lever mes yeux vers l'adorable Eucharistie ! Ah ! Seigneur ! Je suis confondu ! Mais vous avez encore pour moi des Miséricordes. Non, Vous ne m'abandonnerez pas !...

 

Troisième point

Jésus-Christ modèle de pureté dans Sa Vie Eucharistique

 

C'est une remarque déjà faite depuis longtemps, Jésus-Christ a souffert qu'on le calomniât en attaquant Sa Doctrine, Son obéissance aux Lois, Son respect même pour Dieu ; mais Il n'a pas voulu permettre que la calomnie pût arriver jusqu'à Sa pureté infinie. Roi des Vierges et de toutes les âmes pures, Il a voulu naître d'une Vierge ; s'Il a eu de la préférence pour l'un de Ses Apôtres, cette préférence a eu pour objet celui qui était vierge. Aussi tous les Saints l'ont reconnu, pour plaire à Jésus-Christ il faut aimer la pureté. Dans Sa Vie Eucharistique, le Divin Sauveur nous inspire le plus grand mépris et la plus grande aversion pour nos sens. En effet, Il est dans le Saint Sacrement avec tous Ses sens, et néanmoins il refuse de s'en servir ; avec la faculté de voir, d'ouïr, de parler, de goûter, de se mouvoir, Il n'en fait aucun usage. Il impose à Ses sens la privation de toutes les opérations qui leur sont naturelles. C'est ce qui résulte de la manière d'être de Jésus-Christ dans le divin Sacrement.

Or, n'est-il pas évident que le Sauveur veut m'apprendre la mortification de mes sens, qu'il désire que je devienne comme insensible aux objets extérieurs, pour n'être pas séduit par leur attrait et corrompu par leurs charmes. Ô Vie angélique produite par la Sainte Eucharistie ! Elle rend le fidèle une image vivante du Corps de Jésus-Christ caché sous les espèces sacramentelles. L'âme qui parvient à cette pureté entre dans la vie spirituelle qui la rend digne de contracter cette alliance mystérieuse par laquelle Jésus-Christ devient véritablement son Époux. « Vous êtes Ma sœur, Mon épouse ». Cette alliance que Jésus-Christ a contractée avec Son Eglise, suivant les paroles de Saint Paul, Il la contracte en particulier, par la Sainte Eucharistie, avec toutes les âmes qui veulent vivre de Sa Vie Divine, et ne faire plus qu'une seule chose avec Lui. Ô Divine Eucharistie ! Mariage sacré ! Chaste union de l'homme avec Dieu ! Qui dira tes délices ! Un seul esprit, un seul cœur, ou plutôt deux esprits et deux cœurs, l'esprit de Jésus-Christ et l'esprit de l'homme, le cœur de Jésus-Christ et le cœur de l'homme ! Ô embrassement divin qui fait couler dans l'âme pure, l'âme, l'esprit, le cœur, la vie de Jésus !...

Mais pour mériter ces faveurs, pour être introduit dans ce Cellier Mystique où le Divin Époux enivre d'un vin délicieux l'âme dont Il fait Son épouse, il faut un grand éloignement de tout ce qui est impur ; il faut que les sens soient tenus captifs par la mortification ; il faut pouvoir s'écrier dans un saint transport : « De même que mon Bien-aimé est tout à moi, moi je suis tout à Lui ». Oh ! Comme je vais travailler à devenir pur, chaste, mortifié. Divine modestie, venez orner mon front, gardez mes yeux, ma langue, mes oreilles; gardez mon cœur !...

 

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11 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Dix-septième jour

Le Mercredi de la troisième semaine après l'Octave de Pentecôte

 

Venez, Esprit Saint

Vous qu'on nomme le Consolateur,

Le don du Dieu très-Haut,

La source vivante, le Feu, la Charité,

L'Onction spirituelle.

Je Vous salue Marie.

 

Écoutons le Saint Concile de Trente : « Parce que sous l'Ancien Testament, selon le témoignage de l'Apôtre Saint Paul, il n'y avait rien de parfait à cause de la faiblesse du sacerdoce lévitique, il a fallu, Dieu le Père des Miséricordes l'ordonnant ainsi, qu'il se soit levé un autre Prêtre selon l'ordre de Melchisedech, notre Seigneur Jésus-Christ, qui pût consommer et mener à perfection tout ce qui devait être sanctifié. Or, quoique notre Seigneur Dieu dût une fois s'offrir Lui-même à Dieu Son Père, en mourant sur l'autel de la Croix, pour y opérer une rédemption éternelle, néanmoins, parce que Son Sacerdoce ne devait point être éteint par sa mort : pour laisser à l'Eglise, sa chère Epouse, un sacrifice visible, tel que la nature des hommes le demande ; sacrifice qui représentât le sacrifice sanglant qui devait s'accomplir une fois sur la Croix, qui en conservât la mémoire jusqu'à la fin du monde, et qui en appliquât la vertu salutaire pour la a rémission des péchés que nous commettons tous les jours ; dans la dernière Cène, la nuit même qu'Il fût a livré, montrant qu'Il était établi Prêtre pour l'éternité, selon l'ordre de Melchisédech, il offrit à Dieu le Père Son Corps et Son Sang sous les espèces du pain et du vin, et sous les mêmes symboles les donna à prendre à Ses Apôtres, qu'Il établissait alors prêtres du Nouveau Testament. et par paroles, « Faites ceci en mémoire de Moi », leur ordonna à eux et à leurs successeurs dans le Sacerdoce de les offrir, comme l'Eglise Catholique l'a toujours entendu et enseigné. Car, après avoir célébré l'ancienne Pâque, que les enfants d'Israël immolaient en mémoire de la sortie d'Egypte, Il établit la Pâque nouvelle, se donnant Lui-même pour être immolé par les prêtres au nom de l'Eglise sous des signes visibles, en mémoire de Son passage de ce monde à Son Père, lorsque, nous ayant racheté par l'effusion de Son Sang, Il nous arracha de la puissance des ténèbres, et nous transféra dans Son Royaume. C'est cette offrande pure, qui ne peut être souillée par l'indignité ni par la malice de ceux qui l'offrent, que le Seigneur a prédit par Malachie devoir être en tout lieu offerte à Son Nom, qui serait grand parmi les Nations. C'est la même que l'Apôtre Saint Paul, écrivant aux Corinthiens, a marqué assez clairement quand il a dit : « Que ceux qui sont souillés par la participation de la table des démons, ne peuvent être participants de la table du Seigneur : entendant en l'un et en l'autre lieu par la table, l'autel. C'est elle en fin qui au temps de la nature et de la loi était figurée par diverses similitudes de sacrifices, comme renfermant tous les biens qui n'étaient que signifiés par les autres, dont elle était la consommation et la perfection ».

Il est donc certain, comme le dit le Catéchisme du Concile de Trente « Que « l'Eucharistie a été instituée non seulement afin qu'elle servit à l'âme de nourriture spirituelle pour soutenir et conserver en elle la vie de la grâce, mais encore afin que l'Eglise eût un sacrifice perpétuel pour l'expiation de nos péchés, et par le moyen duquel elle pût ramener à la Miséricorde et à la clémence, la justice et la colère de Dieu irrité par nos crimes. Nous avons une figure sensible de cette vérité dans l'Agneau Pascal, que les Israélites avaient coutume d'offrir comme sacrifice et de manger comme Sacrement. Et notre Seigneur ne pouvait pas donner une marque plus éclatante de son infinie bonté envers nous, que de nous laisser ce sacrifice visible, pour renouveler ce sacrifice sanglant qu'il était près d'offrir sur la Croix, pour en conserver la mémoire jusqu'à la fin des siècles, et pour en répandre les fruits infinis dans tout l'univers, par le moyen de son Eglise. La Divine Eucharistie n'est donc pas seulement un trésor de richesses spirituelles, où nous puisons la grâce et l'amitié de Dieu, quand nous en usons saintement ; elle a encore une vertu particulière qui fait que nous pouvons l'employer pour reconnaître les bienfaits infinis que nous avons reçus de Dieu. Or, pour comprendre combien ce sacrifice lui est agréable lorsqu'on l'offre de la manière convenable, il suffit de se rappeler les sacrifices de l'ancienne loi. Il a été dit de ceux ci : « Vous n'avez point voulu de sacrifices ni d'offrandes. Si vous aimiez les sacrifices, je vous en offrirais ; mais les holocaustes ne Vous sont point agréables. Et cependant le Seigneur les agréait, puisque l'Ecriture atteste qu'Il les a reçus en odeur de suavité, c'est-à-dire, qu'ils lui ont été réellement agréables. A combien plus forte raison ne devons-nous pas penser que Dieu aura pour agréable le sacrifice où l'on immole pour victime celui dont une voix céleste a dit deux fois : « Celui-ci est Mon Fils Bien-aimé, en qui J'ai mis Mes complaisances ? » Il faut donc que tous les fidèles soient parfaitement instruits de la vérité, afin que, lorsqu'ils assisteront au Saint Sacrifice, ils puissent méditer avec attention et avec piété les Mystères qui s'y opèrent.

« Le sacrifice qu'on offre à la messe est donc réellement le même sacrifice que celui qui a été offert sur la Croix, et c'est la même Victime, Jésus-Christ notre Seigneur, qui s'est offert une fois sur la Croix d'une manière sanglante. Car la Victime qui s'immole à la Messe ne diffère pas de celle qui fut immolée sur le Calvaire, quoique l'une soit sanglante et l'autre non sanglante. C'est donc toujours le même sacrifice, dont l'immolation se renouvelle tous les jours dans l'Eglise, depuis que notre Seigneur a dit : « Faites ceci en mémoire de Moi ». « Il n'y a non plus qu'un seul et même Prêtre dans ce sacrifice, c'est Jésus-Christ : car les ministres qui l'offrent n'agissent pas en leur propre nom. Ils représentent la personne de Jésus-Christ, lorsqu'ils consacrent Son Corps et Son Sang, comme on le voit par les paroles mêmes de la consécration, puisqu'ils ne disent pas : « Ceci est le Corps de Jésus-Christ » ; mais, « Ceci est Mon Corps » ; se mettant ainsi à la place de Jésus-Christ pour convertir la substance du pain et du vin en la substance de Son Corps et de Son Sang.

« De là il suit nécessairement, comme l'enseigne le Saint Concile de Trente, que le Sacrifice de la Messe n'est pas seulement un sacrifice de louanges et d'actions de grâces, mais encore un vrai sacrifice de propitiation, qui apaise Dieu et nous le rend favorable. Ainsi ceux qui l'offrent avec un cœur pur, pleins d'une Foi vive et d'une douleur profonde de leurs péchés, obtiendront infailliblement de Dieu, grâce et Miséricorde, et Son secours dans leurs besoins. L'odeur de cette victime Lui est si agréable, qu'Il nous accordera la grâce du repentir et le pardon de nos péchés. De là vient que l'Eglise dit dans une de ses prières solennelles que, toutes les fois qu'on célèbre la commémoration de ce sacrifice, on opère en même temps l'œuvre de notre salut ; parce que les fruits abondants du sacrifice sanglant de la Croix découlent sur nous par le sacrifice non sanglant de l'autel. Enfin la vertu de ce sacrifice ne le rend pas profitable à ceux-là seulement qui l'offrent ou qui y participent. Il est utile à tous les fidèles, soit à ceux qui vivent avec nous sur la terre, soit à ceux qui déjà sont morts dans le Seigneur, mais sans avoir suffisamment expié leurs fautes. Une tradition constante des Apôtres, nous apprend que les fruits n'en sont pas moins applicables aux morts qu'aux vivants, pour la satisfaction de leurs péchés et des peines qu'ils ont méritées, et, en général, pour l'éloignement de toutes sortes de calamités et d'afflictions. D'où il suit clairement que toutes les messes sont communes ou générales, puisqu'elles s'appliquent au bien général et au salut commun des tous les fidèles ».

Qui dira la vertu du Saint sacrifice de la Messe ? Son prix est infini, infini par le caractère du véritable Prêtre qui est Jésus-Christ ; infini par le caractère et les qualités de la Victime ; car cette Victime c'est encore Jésus. Le Saint Sacrifice de la Messe est donc la continuation, et l'extension à tous les temps et à tous les lieux du Sacrifice de la Croix, dont il ne diffère que par la seule manière d'offrir. On pourrait dire, en quelque sorte, que le Calvaire est dans tous les lieux où Jésus-Christ continue à s'offrir, puisque, suivant le langage de l'Eglise, à chaque Messe qui se célèbre, c'est l'œuvre de notre rédemption qui se renouvelle. Où est le Chrétien assez indifférent pour négliger d'assister, s'il le peut, tous les jours, à cet adorable sacrifice afin de participer à ses fruits abondants ? Ne l'oublions pas ; le Saint Sacrifice de la Messe occupe parmi toutes les œuvres de piété la place que le soleil occupe parmi tous les astres. Ô homme ! Si tu connaissais le don de Dieu !...

 

Premier point

La Messe est un Sacrifice de louanges et d'actions de grâces

 

Le Sauveur Jésus a rendu, pendant Sa vie et par Sa mort, une gloire infinie à Son Père. Il a voulu que jusqu'à la fin du monde l'homme put aussi adorer et louer Dieu d'une manière digne de Lui et proportionnée à Ses bienfaits. Comment, par sa seule vertu, l'homme pourrait-il s'élever jusqu'à Dieu, le bénir et lui rendre grâces ? Hélas ! La distance qui sépare la Souveraine Majesté de l'infinie bassesse, qui pourra la franchir ? Jésus-Christ seul, médiateur de Dieu et des hommes, peut combler ce vide immense et rapprocher le pécheur de celui qui est Saint par excellence. Eh bien ! Tous les jours, à chaque instant, quand le Prêtre monte à l'autel, la Victime Sainte est immolée en l'honneur de Dieu. Et ici je dois bien comprendre une chose qui est essentielle pour moi. C'est qu'en offrant avec l'Eglise cet adorable Sacrifice, je rends à Dieu une gloire infinie, puisque celui qui offre à l'autel est un Dieu, et que ce qui est offert c'est la Chair et le Sang d'un Dieu !... Quel bonheur inappréciable ! Je suis en possession d'un si grand bien qu'en l'offrant à Dieu, je le glorifie d'une manière digne de Lui, et quand pour reconnaître Son Amour, pour exalter Sa Bonté à mon égard, je Lui présente cette oblation sainte, je rends à la Souveraine Bonté des actions de grâces qui sont toujours en proportion avec Ses bienfaits ; je la remercie dignement, je m'acquitte dans toute la rigueur envers ce Dieu infiniment bon, et je n'ai pas à regretter de ne pouvoir offrir davantage ! Ô froideur criminelle ! Ô insensibilité coupable ! Ô négligence qui révolte ! Quoi ! Je manque la Messe par ma faute ! Ou bien j'y assiste sans Foi et sans piété, moi tout couvert et comme accablé des bienfaits de Dieu !...

 

Deuxième point

La Messe est un Sacrifice propitiatoire

 

C'est une vérité de la foi. L'Eglise l'enseigne. Elle dit anathème à celui qui ne confesse pas que l'Adorable Sacrifice de nos Autels, est un sacrifice de propitiation. Écoutons le Disciple bien-aimé : Si quelqu'un pèche, nous avons pour Avocat auprès de Dieu le Père, Jésus-Christ qui est Juste ; c'est Lui qui est la Victime de propitiation pour nos péchés ; et non-seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux de tout le monde » Le même Apôtre nous dit encore : « Dieu a fait paraître Son Amour envers nous en envoyant Son Fils comme la Victime de propitiation pour nos péchés ». Venez donc à l'Eglise ; c'est la Maison de la propitiation. C'est là que le Dieu Miséricordieux et clément adresse tous les jours à son peuple ces paroles consolantes : « Que Mon peuple sur qui Mon Nom a été invoqué se convertisse, Je lui pardonnera ses péchés, et Je purifiera la terre où Il fait Sa demeure ». Combien d'âmes coupables devant le Seigneur ! Pourquoi oublieraient-elles cette parole consolante : « Vous Trouverez la grâce en présence de Dieu ». « A Notre Dieu Appartient La Miséricorde et la Propitiation ». Où est donc la Miséricorde et la propitiation ? Dans Jésus-Christ notre Dieu et notre Sauveur, notre Prêtre et notre Victime. Le fidèle qui entend la Messe, quelque coupable qu'il soit, n'a qu'à regarder l'Autel avec confiance. S'il adore la Sainte Victime, s'il crie comme autrefois le Prophète : « Seigneur, j'ai espéré en vous, parce que Vous êtes plein de Miséricorde. Oui, la Miséricorde c'est dans Dieu qu'on la trouve, on trouve en Lui une Rédemption abondante ; la Miséricorde se répand sur Lui comme un doux parfum. Que dis-je ! Le Sang de l'Homme-Dieu lave ses iniquités. c'est le Sang de l'Agneau sans tache immolé dès l'origine du monde. Non, en présence de l'Autel où s'immole l'Adorable Victime, le découragement n'est jamais permis; le désespoir est un crime !... Le pécheur vient avec confiance, il se plonge dans le Sang de l'Agneau, son âme devient blanche comme la neige.

O mon Dieu ! Les dettes que j'ai contractées en vers Votre Justice infinie épouvantent mon imagination. Je ne vois qu'une effroyable impossibilité de m'acquitter envers Vous !... Mais, non, c'est une erreur ! J'irai me présenter au pied du Saint Autel ; je prendrai le Calice du Salut, j'invoquerai Votre Nom, et vous rejetterez loin de moi cet amas d'iniquité, et vous l'éloignerez de moi comme le Ciel est éloigné de la terre. Je n'oublierai jamais ces paroles consolantes de l'Apôtre/ « Vous êtes maintenant en Jésus-Christ, vous qui étiez autrefois éloignés de Dieu, vous vous en êtes approchés en vertu du Sang de Jésus-Christ ».

 

Troisième point

La Messe est un Sacrifice d'impétration

 

Quand Saint Paul disait: « Par Jésus-Christ Notre Seigneur, nous nous glorifions dans l'espérance de la Gloire des enfants de Dieu et cette espérance n'est point trompeuse ». « Par Jésus-Christ Notre Seigneur, nous avons la liberté et la confiance de nous approcher de Dieu ; c'est pourquoi je vous prie de ne point perdre courage ». Quand le même Apôtre écrivait aux Ephésiens : « Mes frères, vous n'êtes plus des étrangers qui se trouvent hors de leur maison, mais vous êtes citoyens de la même cité que les Saints, et domestiques de la Maison de Dieu », pouvait-il proclamer une vérité plus consolante pour nous ? Jésus s'étant donné à nous par la Divine Eucharistie, et étant devenu notre Prêtre et notre Victime, il est certain que, par ce Sacrifice adorable, nous trouvons un accès facile auprès de Dieu, et que pouvant l'appeler notre Père, devenus membres de Sa famille, nous acquérons un droit incontestable à tous Ses biens. Ce droit nous ne pourrions l'avoir par nous-mêmes, puisque enfants de colère nous ne méritons que la malédiction. Mais par notre Prêtre et notre Victime, nous pouvons aller sans crainte, avec confiance, jusqu'au pied du Trône de la Miséricorde, et là demander, au nom de Jésus, par les mérites infinis de Son Sacrifice, tous les biens qui nous sont nécessaires.

Qui racontera les Miséricordes du Seigneur ! Qui dira les merveilles qui s'opèrent continuellement dans les âmes par la vertu du Sacrifice Eucharistique ? Que le Ciel s'ouvre, à la voix du prêtre, que des torrents de bénédictions tombent du sein de l'Amour infini sur les pauvres habitants de cette vallée de larmes, toutes les fois que les Saints Mystères sont célébrés, c'est ce dont il sera toujours impossible de douter. Si donc une âme demeure dans sa pauvreté et dans son indigence, si elle est toujours sans vertu, sans courage ; si ses ennemis demeurent toujours les maîtres et paralysent les timides efforts qu'elle tente pour revenir sincèrement à Dieu, n'en doutons pas, cette âme néglige l'assistance au saint Sacrifice ; elle ne vient pas demander par Jésus-Christ, au nom de Jésus-Christ. Le jour où tous les fidèles comprendront la vertu du Saint Sacrifice, les cataractes du Ciel seront ouvertes, un déluge de grâces inondera le monde et tous les peuples réunis comme en un seul troupeau, autour de l'Adorable Victime, entonneront le cantique de leur délivrance !

Autel saint, tu seras désormais mon unique refuge. La Messe fera mes délices. Je m'approcherai, avec confiance et avec amour, de ce Dieu qui fera descendre dans mon cœur tous les biens qu'Il m'a promis dans Sa Miséricorde.

 

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10 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Seizième jour

Le Mardi de la troisième semaine après l'octave de Pentecôte

 

Venez, Esprit Saint,

Repoussez au loin l'Ennemi,

Donnez-nous la paix qui dure ;

Que sous Votre prévenante conduite,

nous évitions tout mal et toute erreur.

Je Vous salue Marie.

 

Dieu avait donné à Moïse les tables de la loi. Pour les placer dans un lieu convenable, il fallut construire un Tabernacle dans lequel serait déposée l'Arche d'Alliance. Cette arche construite suivant les dessins que le Seigneur en donna Lui-même, devait être d'un bois incorruptible, revêtu en dehors comme en dedans de lames d'or. Une couronne également d'un or pur l'environnait. On voyait au-dessus de l'Arche, le propitiatoire sur lequel deux Chérubins étendaient leurs ailes. Tous ces ornements étaient de l'or le plus pur. Rien n'était plus saint et plus vénéré parmi les Israélites. C'était le Dieu du Ciel qui habitait en quelque sorte sur l'Arche d'Alliance, entre les ailes des Chérubins, pour y faire entendre Ses oracles. Les enfants d'Israël n'osaient presque la regarder sous le voile qui la couvrait, et nous savons comment fut punie la témérité de cet homme qui porta la main sur ce précieux Tabernacle.

L'Arche d'Alliance était la gloire et le salut d'Israël ; elle fut toujours la terreur de ses ennemis. A son approche, on vit les murailles d'une ville forte s'écrouler, les fleuves suspendre la rapidité de leur cours, les armées ennemies obligées de prendre la fuite. Sa présence suffisait pour relever le courage abattu et pour rendre les armées du Seigneur invincibles. La maison du fidèle Obededon où l'Arche fut placée pendant trois mois, abonda de toute sorte de biens, tandis que celle d'un infidèle fut inondée de calamités. Moïse fit placer dans l'Arche, outre les tables sur lesquelles le doigt de Dieu avait gravé Sa Loi Sainte, un vase renfermant de la manne, et la verge qui avait fleuri dans les mains d'Aaron, lorsque Dieu voulut fixer dans sa famille le Sacerdoce de la Loi. En lisant tous ces détails relatifs à l'Arche d'Alliance, il est impossible d'arrêter sa pensée. Elle se porte si naturellement sur la Divine Eucharistie qu'on pourrait facilement omettre toute explication.

Nous avons aussi notre Tabernacle, notre temple, et là se trouve l'Arche véritable de la nouvelle Alliance, Jésus-Christ. Cet or pur, ce bois incorruptible, ce propitiatoire, ces Chérubins qui adorent la Majesté de Dieu, tout ne figure-t-il pas la Chair, le Corps de Jésus-Christ dont la pureté est infinie, la divinité qui habite avec toute sa plénitude dans ce Corps adorable, ou plutôt qui Lui est unie hypostatiquement ? Les Anges qui entourent le Tabernacle et adorent continuellement, avec un respect profond, la majesté du Dieu qui réside parmi nous. Tout n'est-il pas figuré par l'Arche d'Alliance ? Ici ce ne sont plus ces tables de pierre sur lesquelles était écrite la loi du Seigneur. Mais le Divin Législateur de la nouvelle Alliance qui est venu graver en traits de feu dans notre propre cœur, la loi de grâce qui est une loi d'amour. Ce n'est plus ce vase qui renfermait la manne dont l'Israélite voyageur s'était nourri dans le désert, mais la vraie manne du Chrétien, le pain dés Anges qui donné l'immortalité. Ce n'est pas ce Signe matériel qui rappelait le choix que le Seigneur avait fait d'Aaron pour le sacerdoce de l'ancienne Alliance ; mais Jésus Lui-même, le souverain Prêtre dont le Sacerdoce est éternel, suivant l'expression de Saint Paul : celui à qui il a été dit : « Tu es prêtre pour l'éternité selon l'ordre de Melchisédech ». O combien la réalité est au-dessus de la figure ! Néanmoins je vois dans cette même figure un grand nombre de vérités qu'il m'importe de méditer et qui me feront comprendre que la Divine Eucharistie est la gloire et la force de l'Eglise Chrétienne.

 

Premier point

La Divine Eucharistie est le Trône de la Sagesse et de la Vérité

 

Le Seigneur rendait Ses oracles du haut de l'Arche d'Alliance. Moïse venait consulter Dieu, et Dieu déclarait Sa Volonté qui était bientôt connue de tout le peuple. Quelle gloire et en même temps quelle consolation pour nous ! Jésus-Christ est dans le Saint Sacrement pour découvrir à Ses enfants Ses Volontés adorables. Quand le Prêtre s'est entretenu avec Lui, il monte dans la chaire de vérité ; sa parole simple et facile pénètre dans les âmes. C'est une lumière qui va visiter les intelligences les plus enveloppées de ténèbres. On dit de lui, « Un homme, par lui-même, n'a jamais parlé comme cet homme ». Sa parole est puissante, elle touche les cœurs. Si le directeur de nos consciences est venu s'entretenir avec Jésus-Christ avant d'entrer dans le Sacré Tribunal, il arrive plein de sagesse et de vérité. Comment a-t-il sondé les abîmes de ce cœur ! Qui lui a découvert ces liens secrets, ces replis cachés que l'âme dérobe à ses propres regards ! D'où est venu ce conseil plein de sagesse qui fixera l'irrésolution et montrera, d'une manière certaine, les desseins de Dieu sur une âme ! N'allez pas en chercher le principe dans les talents et le génie de l'homme. Tous les Saints vous diront qu'un entretien avec Jésus-Christ dans le Sacrement de son amour, leur a communiqué ces lumières qui étonnent.

Autrefois les enfants d'Israël disaient : « Allons consulter Dieu à Silo, devant Son Tabernacle », et Dieu manifestait au peuple Sa Volonté souveraine. Eh bien ! l'Arche d'Alliance est là devant nous. Allons consulter Dieu à Silo, c'est-à-dire dans l'Eglise, au pied du Saint Tabernacle où le Divin Sauveur a fixé Sa demeure. Si nous faisons souvent de fausses démarches, si nous donnons des conseils qui sont opposés à la divine sagesse, c'est que nous avons oublié le lieu où le Seigneur rend Ses oracles. Si ceux qui gouvernent les peuples allaient consulter le Seigneur devant l'Arche du Nouveau Testament, tous les peuples marcheraient dans les voies de la sagesse et de la vérité. Vous êtes réellement, ô mon adorable Sauveur, dans la Divine Eucharistie, et par là même la Divine Eucharistie est le Trône de la Sagesse, d'où la Vérité se fait entendre à l'âme du fidèle ! Certes, si autrefois la reine de Saba vint de loin pour admirer la sagesse du Roi Salomon, si elle s'écria ravie d'admiration : « Heureux ceux qui sont à vous ! Heureux vos serviteurs qui sont sans cesse devant vous et qui écoutent votre sagesse » ; il y a ici bien plus que le roi Salomon, c'est Jésus-Christ, la Sagesse Éternelle !...

O Eglise, sois fière du trésor que tu possèdes ! Ô enfants de l'Eglise, comprenez votre gloire ! Mon Dieu ! Comme je sens le besoin de venir souvent au pied de l'Arche Sainte pour y entendre Vos oracles ! Non, je ne passerai aucun jour de ma vie, sans venir Vous parler et recevoir, avec la docilité la plus parfaite, les oracles de Votre éternelle Vérité !...

 

Deuxième point

La Divine Eucharistie met en fuite les ennemis de notre Salut

 

Si les fleuves ont suspendu leur cours, si les murailles des villes sont tombées, si les armées ont été mises en fuite, par la seule présence de l'Arche d'Alliance, de quelles victoires l'Eglise n'est-elle pas capable, quels triomphes lui sont impossibles, avec la Sainte Eucharistie ? « Un jour, les Philistins placèrent l'Arche d'Alliance dont ils s'étaient a emparés, dans le temple de leur dieu Dagon. Or, le lendemain, s'étant levés dès la pointe du jour, ils trouvèrent Dagon qui était tombé le visage contre terre devant l'Arche du Seigneur : ils le relevèrent et le remirent à sa place. Le jour suivant, s'étant encore levés dès le matin, ils trouvèrent Dagon tombé par terre, sur le visage, devant l'Arche du Seigneur. Mais la tête et les deux mains en ayant été coupées, étaient sur le seuil de la porte, et le trône seul de Dagon était demeuré en sa place ». Quelle imposante figure de la force communiquée à l'Eglise par le Saint Sacrement ! C'est bien en présence de Jésus-Christ que l'âme s'écrie : « Le Seigneur est le défenseur de ma vie ; qui pourra me faire trembler ? Quand des armées nombreuses se lèveraient contre moi, quand on livrerait le plus épouvantable combat, mon cœur n'en serait point effrayé, car le Seigneur m'a caché dans Son Tabernacle ; Il me protège au jour de l'affliction, en me plaçant dans le secret de son sanctuaire ».

Aujourd'hui les ennemis de l'Eglise écument de rage, leur fureur s'irrite de leur impuissance ; ils se promettent depuis longtemps une victoire qui leur échappe toujours. L'Eglise prend l'Adorable Eucharistie, elle l'élève au milieu du monde et s'écrie : « Que le Seigneur se lève, que ses ennemis soient dissipés ; que ceux qui le haïssent fuient de devant Sa Face, comme la fumée qui disparaît, comme la cire qui fond à la présence du feu. Que les justes se réjouissent en la présence de Dieu. qu'ils soient dans des transports de joie ». La puissance du Divin Sacrement est la même partout, elle met en fuite nos ennemis particuliers. Nous les trouvons bien forts et bien terribles ; ils le deviennent par notre négligence à recourir à ce précieux secours. Voilà l'Arche du Nouveau Testament ! Si les Philistins s'écriaient à l'approche de la figure : « Voici une armée de Dieux », comment les ennemis de notre salut ne seront-ils pas saisis de la même frayeur, quand nous leur opposerons l'Arche de la nouvelle Alliance ? Comment cette tentation, cette passion violente que le démon irrite pour notre perte, comment le démon lui-même résisterait-il à la toute puissance du Divin Sacrement ?

O Jésus, Vous serez mon soutien, Vous serez ma force ; je Vous placerai entre mon ennemi et moi, j'irai à Vous avant le combat ; je Vous appellerai au moment de l'attaque, et je serai victorieux. Non, jamais je n'eusse été vaincu, si j'avais compris ce que doit être pour moi la Sainte Eucharistie, si j'avais mis en elle toute ma confiance, si ma dévotion pour cet auguste Mystère eut été plus ardente et plus vive !...

 

Troisième point

La Divine Eucharistie est l'objet de l'adoration des hommes

 

L'Arche d'Alliance était considérée par les Israélites comme l'objet le plus précieux de leur culte. Ils n'en approchaient qu'avec un respect profond, elle était placée sous le voile du Sanctuaire. Elle renfermait l'urne dans laquelle se trouvait la manne. Admirable figure, s'écrie le grand Docteur Saint Bonaventure, du Très Saint-Sacrement, qui contient ce qu'il y a de plus Saint et de plus auguste dans le Ciel et sur la terre. Le voile représentait les espèces du Sacrement, l'Arche représentait le Corps de Jésus-Christ, l'urne était la figure de son Ame, et la manne de sa Divinité. Peut-on imaginer quelque chose de plus grand ? Le Corps, le Sang, l'Ame, la Divinité du Sauveur !

L'Arche d'Alliance fut toujours en grande vénération parmi le peuple d'Israël. Quand il fallut la transporter dans le temple magnifique que lui avait préparé le grand Roi Salomon, la réjouissance fut grande parmi les enfants d'Israël ; on immola des victimes sans nombre. Tout le peuple et les anciens d'Israël s'étant assemblés, les prêtres portèrent l'Arche d'Alliance du Seigneur dans le Saint des Saints ; elle fut placée sous les ailes des Chérubins, tandis que les lévites et les chantres, revêtus de robes de lin, faisaient retentir leurs cymbales, leurs psaltérions et leurs cithares, et que cent vingt prêtres sonnaient de la trompette. Tous chantaient ensemble et faisaient retentir les airs du son de leur voix, des orgues et de diverses sortes d'instruments, et l'on entendait de fort loin ce cantique : « Louez Le Seigneur, parce que Sa Miséricorde est éternelle ».

Dites les sentiments de respect profond, d'adoration, de foi et d'amour qui doivent remplir nos âmes, en présence de la Divine Eucharistie. Humilions-nous profondément, adorons cette grandeur infiniment élevée au-dessus de l'homme. Adorez, dit le Saint-Esprit, l'escabeau de ses pieds, parce qu'il est saint ! Cet escabeau des pieds de Dieu, dit Saint Augustin, c'est la Chair de Jésus-Christ, dans laquelle réside la Divinité. Ah ! Je veux être comme ces Chérubins qui étaient placés sur l'Arche de l'Ancien Testament. Vous faites éclater votre puissance, s'écriait David, vous qui êtes assis sur les Chérubins. Oui, Jésus règne ; Il est assis sur les âmes innocentes, sur les cœurs fervents, élevés comme des Chérubins par la plénitude de la Sagesse qu'Il leur communique ; Il règne sur ces âmes comme sur le trône de Sa grandeur ! Mais l'âme mondaine ne doit pas oublier que l'idole de Dagon fut abattue par la présence de l'arche. Malheur au téméraire qui voudrait allier la vanité du monde et l'amour des plaisirs, avec le Saint des Saints ; il serait frappé de mort.

Mon Dieu, qui pourra Vous louer dignement pour un si précieux Don ! Qui pourra honorer la Divine Eucharistie comme elle mérite d'être honorée ! Qui se croira digne d'en approcher ? Vous l'avez dit : « Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur ; celui qui n'a pas reçu son âme en vain, qui n'a jamais fait un serment faux et trompeur à son prochain. C'est Celui-là qui obtiendra du Seigneur la bénédiction, et la Miséricorde du Dieu son Sauveur lui sera accordée ». Je le veux, ô Jésus ; oui, tous les jours de ma vie je m'efforcerai de me rendre moins indigne de paraître devant Vos Saints Tabernacles, et d'adorer avec les Anges Celui dont la majesté remplit les Cieux.

 

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1 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Septième jour

Dimanche dans l'Octave du Très Saint Sacrement

 

Venez Esprit-Saint,

Remplissez les coeurs de vos fidèles,

Et allumez en eux le feu de votre amour.

Je Vous salue Marie.

 

Quelques jours avant de mourir, le Sauveur voulut entrer en triomphe dans la ville de Jérusalem. Il fut accompagné des acclamations de tout le peuple, et l'air retentit de ces paroles dictées par la reconnaissance : « Gloire au fils de David. Bénédiction à Celui qui vient au Nom du Seigneur ! » A l'imitation du peuple d'Israël, l'Eglise catholique décerne un triomphe à Jésus-Christ. Pouvait-il en être autrement ? Dès là que le Divin Sauveur s'était donné à l'Eglise, qu'il lui avait laissé son corps, son sang, toute son adorable personne ; cette épouse chérie du Fils de Dieu devait être jalouse de témoigner à son céleste Epoux, son amour et sa reconnaissance, en l'environnant d'honneur et de gloire ; c'est la fin qu'elle se propose dans les hommages solennels qu'elle rend à la Divine Eucharistie. Les expositions solennelles du Saint Sacrement, les Saluts accompagnés de tout ce que la foi et la piété catholique ont pu inventer de plus touchant, les Messes chantées avec toute la pompe que déploie l'Eglise dans son admirable liturgie ; les processions où l'on porte le corps de Jésus-Christ dans lequel habite la plénitude de la Divinité, toutes ces choses n'ont pas été établies pour une autre fin. Oh ! Comme nous devons aimer en particulier les processions du Saint Sacrement !

C'est là qu'on aperçoit Jésus-Christ au milieu d'une multitude de fidèles composée de toutes les classes de la société, des grands de la terre comme des hommes de la plus humble condition ; on y voit accourir les jeunes vierges et les vieillards, l'armée et la magistrature; le casque du soldat et l'épée du conquérant y brillent à côté de la tiare du Pontife et de l'étole du prêtre ! Magnifique triomphe décerné au corps et au sang de Jésus-Christ, célébré par le chant solennel des hymnes, des cantiques, au milieu d'une harmonie ravissante, où la voix de l'homme est unie au son mélodieux de tous les instruments; triomphe dans lequel nous voyons comme une armée céleste qui s'avance au milieu des nuages formés par la vapeur de l'encens, et des flots de lumière auxquels se mêlent les fleurs aux couleurs mille fois variées, et que la main de l'innocence ne cesse de répandre sur le passage de l'homme-Dieu. Si ce triomphe irrite l'impie, il devient un vrai bonheur pour les amis de Dieu. L'âme fidèle se réjouit à la vue de cette gloire que l'Eglise rend au Rédempteur du monde, elle veut y prendre part. La foi, la reconnaissance et l'amour l'amènent partout où Jésus-Christ reçoit les hommages de ses enfants. Les triomphes du Sauveur la comblent de joie.

Mais pourquoi ce culte extérieur, ces cérémonies multipliées, cette richesse d'expressions et de sentiments dans le langage de l'Eglise ? C'était l'usage dans l'antiquité de décerner les honneurs du triomphe aux grands hommes qui, par des victoires signalées, avaient reculé les limites de l'empire et soumis les nations barbares. L'Eglise catholique décerne les honneurs du triomphe à Jésus-Christ et particulièrement à son Corps adorable, à cause des victoires que le Sauveur a remportées par son Corps sur ses puissants ennemis. Tous les jours, à l'autel, pendant l'adorable sacrifice, le prêtre répète deux fois, avant et après la Consécration, ces paroles que nous allons méditer, et qui indiquent de la manière la plus frappante, la nature des victoires dont nous parlons : « Seigneur, nous vous offrons cette Oblation sainte, pour honorer la Passion, la Résurrection et l'Ascension de notre Seigneur Jésus-Christ ». Arrêtons-nous sur ces belles paroles et considérons les triomphes de Jésus-Christ dans sa chair ; notre désir d'honorer cette Chair Divine dans la Sainte Eucharistie deviendra toujours plus ardent.

 

Premier point

Jésus-Christ, par l'Immolation de Sa Chair, a triomphé du péché

 

C'est par l'effusion volontaire de son Sang, par les tourments et les douleurs de sa Chair, que le Divin Sauveur nous a lavés et purifiés de la souillure du péché. « Il s'est anéanti, nous crie l'Apôtre, en prenant la forme d'un esclave ». Et ailleurs : « Il s'est humilié jusqu'à prendre la forme d'un esclave, Il s'est rendu obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la Croix ! » C'est donc par le supplice de la Croix, par toutes les douleurs qui ont précédé et accompagné sa mort, que Jésus-Christ nous a délivrés de la servitude du mal, et nous a mérité la grâce de paraître purs et saints devant la majesté de Dieu. Or, c'est pour le récompenser de cette victoire que « Dieu a donné à Son Fils un Nom qui est au-dessus de tous les noms, afin que tout genou fléchisse au Nom de Jésus, dans le Ciel, sur la terre et dans les enfers ».

Mais cette Chair ainsi humiliée, livrée à tous les tourments que nous appelons La Passion de Jésus-Christ, cette Chair par laquelle le Dieu homme a remporté une si grande victoire, elle nous est donnée, nous la possédons ; ce Sang adorable qui a coulé du haut de la Croix sur une terre souillée par les crimes des hommes, il est là, et Dieu nous le donne. Ai-je donc la foi ? Oui, Seigneur, je le crois, votre Corps et votre Sang sont cachés sous les apparences du pain et du vin !... Mais alors de quel amour ne dois-je pas être embrasé pour cet adorable Mystère ! Quel désir immense de le glorifier ! Voilà le prix de mon salut; voilà ce Corps qui a tant souffert pour triompher du péché dont je serais encore l'esclave, sans la victoire de Jésus-Christ. O joie de l'Eglise, comme tu es raisonnable ! Ardeur, empressement, dévotion sans bornes, piété affectueuse, toutes les fois qu'il s'agit d'hommages solennels rendus au Corps et au Sang de mon Divin Rédempteur. Oh ! Quelle douce consolation pour mon âme, de voir le triomphe décerné par l'Eglise au Corps de Jésus-Christ, dans la Divine Eucharistie !

 

Deuxième point

Jésus-Christ, par la Résurrection de Sa Chair, a triomphé de la mort

 

Admirable victoire ! La mort était entrée dans le monde à la suite du péché. Tous les hommes étaient tombés dans la condamnation. Or, « Jésus-Christ, nous dit le grand Apôtre, est ressuscité pour notre justification, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour Celui qu est mort et ressuscité pour eux ». Ce n'est pas assez, Jésus-Christ est ressuscité afin de nous ressusciter nous-mêmes, par la même vertu divine qu'il a montrée dans sa Résurrection. Tel est le fruit, telle est la conséquence de la Résurrection de la Chair de Jésus-Christ, et de la gloire qu'il a plu au Sauveur de donner à son Corps dans cet ineffable Mystère ; c'est que nous ressusciterons tous, et que c'est pour nous un droit et un devoir d'attendre le jour où notre propre chair sera glorifiée, en étant rendue conforme à la chair de Jésus-Christ après sa Résurrection.

Certes, je comprends main tenant pourquoi le Sauveur a dit Lui-même : « Je Suis la résurrection et la Vie, celui qui vit et croit en Moi ne mourra pas pour toujours ». Il a dit aussi : « Je suis le Pain vivant, Je suis le Pain de Vie. Celui qui mange ce Pain ne meurt pas pour toujours ». La Divine Eucharistie est donc pour moi le gage de mon immortalité, parce qu'elle renferme cette Chair divine sortie glorieuse du Sépulcre, cette Chair par laquelle Jésus-Christ a triomphé de la mort. Eh quoi ! Le Corps adorable du Sauveur ressuscité est là sur cet autel, et j'oublierais l'éclatante victoire remportée sur la mort, par ce même Corps de l'Homme-Dieu ! O Eglise catholique ! Appelle-nous autour du trône sur lequel tu as placé l'adorable Sacrement. Nous viendrons avec joie, et, à la vue du Corps de Jésus-Christ, au souvenir de ses triomphes, nous insulterons à la mort : « Que te reste-t-il, ô Mort, de toutes tes victoires ? Tu es absorbée dans la victoire remportée par la Chair de Jésus-Christ !

Mille actions de grâces, ô mon Dieu ! Par Jésus, par la Résurrection de sa Chair, vous nous avez tous rendu victorieux de la mort! et, par la Résurrection de notre propre chair, vous nous rendrez Immortels !

 

Troisième point

Jésus-Christ, par la Glorification de Sa Chair, a triomphé du Démon

 

On vit un grand prodige dans le Ciel, au jour de l'Ascension de Jésus-Christ. La chair de l'homme devenue captive sous la loi du péché, chair avilie et dégradée jusque-là, que Dieu avait déclaré que son Esprit ne demeurerait plus avec l'homme, parce qu'il n'était que chair, cette chair divinisée dans la personne de Jésus-Christ, s'éleva, par sa propre vertu, jusqu'au séjour de la gloire de Dieu. Dans ce moment, toute la puissance que le prince des ténèbres avait obtenue par le don que l'homme lui avait fait de Lui-même, se trouva anéantie. Saint Paul nous l'apprend. « Jésus-Christ ayant dépouillé le démon du fruit de ses conquêtes, ayant brisé son sceptre, pour nous ouvrir la porte du Ciel, est entré le premier, en qualité de notre précurseur, dans le séjour de la gloire. En s'élevant dans les Cieux, il emmène avec lui une multitude de captifs qu'il a délivrés d'une prison obscure, et des ténèbres de la mort ».

Les Justes de l'ancienne Loi avaient trouvé le Ciel fermé ; il fallait la dernière victoire de Jésus-Christ, pour en ouvrir la porte. Jusqu'alors le prince de l'Enfer avait triomphé. Au moment de l'Ascension, Satan est refoulé dans l'abîme, sous les pieds du Triomphateur divin ; le passage demeure libre ; et la nature humaine, dans la personne du Sauveur, est placée au plus haut des Cieux, à la droite de la Majesté divine ! Eh bien, cette Chair adorable par laquelle Jésus-Christ a triomphé du Démon, nous la possédons dans la Divine Eucharistie. Dieu le Père nous la donne ; Jésus-Christ nous l'a laissée ; il nous la présente comme l'instrument de son éclatante victoire sur l'Enfer.

Ah ! Comme je voudrais adorer le Corps de Jésus-Christ avec les sentiments de respect profond que les Anges durent avoir pour lui, au moment de son Ascension glorieuse ! Je devrais bien davantage encore ! Car la victoire remportée sur l'Enfer par la Chair de Jésus-Christ, n'est pas pour les Anges, mais bien pour la glorification de ma propre Chair ! Qu'on me laisse adorer, glorifier, louer Jésus-Christ ! Que les airs retentissent aujourd'hui de ce cri magnifique du Prophète : « Nations, louez toutes ensemble le Seigneur !... Que le Nom du Seigneur soit béni, d'une extrémité du Monde à l'autre ».

 

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25 mai 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Le Dimanche de la Sainte Trinité

 

Exercice préparatoire

 

Venez en nous, Esprit créateur,
Visitez les âmes des vôtres,
Emplissez de la grâce d'en-haut
Les cœurs qui sont vos créatures.

Vous qu'on appelle le Conseiller,
Don du Seigneur de Majesté,
Source vive, Feu, Charité,
Toi qui êtes l'onction spirituelle.

Vous, le Donateur aux sept Dons,
Puissance de la main de Dieu,
Vous que le Père avait promis,
Qui faites jaillir notre louange.

Mettez Votre Lumière en nos esprits,
Répandez Votre Amour en nos cœurs,
Et que Votre force sans déclin,
Tire nos corps de leur faiblesse.

Repoussez l'Adversaire au loin,
Sans tarder, donnez-nous la paix,
Ouvrez devant nous le chemin :
Que nous évitions toute faute.

Faites-nous connaître Dieu le Père,
Faites-nous apprendre aussi le Fils,
Et croire en tout temps que Vous êtes
L'unique Esprit de l'un et l'autre.

Gloire, soit à Dieu le Père,
gloire au Fils ressuscité des morts,
gloire au Paraclet,
dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

On récitera ensuite trois fois le je Vous salue Marie, en l'honneur de Marie Mère de Jésus, afin d'obtenir par l'intercession de la Vierge immaculée la grâce de sanctifier le Mois du Très Saint Sacrement.

 

I. « Je suis le pain de vie. Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts : c'est ici le pain qui est descendu du Ciel, afin que si quelqu'un en mange, il ne meure point. Je suis le pain vivant qui suis descendu du Ciel. Si quelqu'un mange de ce pain il vivra éternellement, et le pain que je donnerai, c'est ma chair que je donnerai pour la vie du monde. Les juifs donc disputaient entre eux : « Comment celui-ci nous peut-il donner sa chair à manger ? Mais Jésus leur dit : « En vérité, en vérité, je vous dis, que si vous ne mangez la chair du Fils de l'Homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez point la vie en vous. Celui qui mange ma chair, et qui boit mon sang, a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est véritablement une viande, et mon sang est véritablement un breuvage. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang, demeure en moi, et je demeure en lui. Comme mon Père qui est vivant, m'a envoyé, et que je vis par mon Père, de même celui qui me mange vivra par moi. C'est ici le pain qui est descendu du Ciel. Il n'en est pas ainsi que de la manne, dont vos pères ont mangé, et toutefois ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement ».

Nous venons d'entendre les paroles sorties de la bouche du Verbe incarné, de la Sagesse éternelle. Prosternons-nous en esprit ; adorons le grand mystère qui nous est révélé; faisons un acte de Foi intérieur et sincère. Et puis, écoutons l'Eglise dépositaire infaillible des vérités révélées par Jésus-Christ.

« Notre Sauveur étant près de quitter ce monde pour aller à son Père, institua ce Sacrement, dans lequel il répandit, pour ainsi dire, toutes les richesses de son amour envers les hommes, perpétuant la mémoire de ses merveilles, et il nous commanda d'honorer sa mémoire et d'annoncer sa mort en le recevant, jusqu'à ce qu'il vienne lui-même juger le monde. Il a voulu aussi que ce Sacrement fût reçu comme la nourriture spirituelle des âmes qui les entretint et les fortifiât, en les faisant vivre de la propre vie de celui qui a dit : « Celui qui Me mange, vivra aussi pour Moi » ; et comme un antidote par lequel nous fussions délivrés de nos fautes journalières, et préservés des péchés mortels. Il a voulu, de plus, qu'il fût le gage de notre gloire future, et de notre bonheur éternel, et enfin, le symbole de l'unité de ce corps dont il est lui-même le chef, et auquel il a voulu que nous fussions unis et attachés par le lien de la foi, de l'espérance et de la charité, comme des membres étroitement serrés et joints ensemble, afin qu'ayant tous un même langage, il n'y ait point de schismes parmi nous ».

« Le Saint Concile (de Trente) enseigne et reconnaît ouvertement et simplement que, dans l'Auguste Sacrement de l'Eucharistie, après la consécration du pain et du vin, notre Seigneur Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, est contenu véritablement, réellement et substantiellement sous l'espèce de ces choses sensibles. Car il ne répugne point que notre Sauveur soit toujours assis à la droite du Père dans le Ciel, selon la manière d'être naturelle, et que néanmoins il soit présent substantiellement en plusieurs autres lieux d'une manière sacramentelle, que notre esprit, éclairé par la Foi, peut concevoir, comme possible à Dieu, et que nous devons croire très constamment, quoiqu'on puisse à peine l'exprimer par des paroles. Car c'est ainsi que tous nos prédécesseurs, qui ont appartenu à la véritable Eglise de Jésus-Christ, toutes les fois qu'ils ont parlé de cet auguste Sacrement, ont reconnu et professé ouvertement que notre Rédempteur institua ce Sacrement si admirable dans le dernier repas, lorsque après avoir béni le pain et le vin, il attesta en termes clairs et formels qu'il leur donnait son propre corps et son propre sang. Et comme ces paix rôles rapportées par les saints Evangiles, et depuis répétées par Saint Paul, portent en elles-mêmes cette signification propre et très manifeste selon laquelle elles ont été entendues par les Pères ; certes, c'est un attentat horrible que des hommes opiniâtres et méchants osent les détourner selon leur caprice et leur imagination, à un sens métaphorique, par lequel la vérité de la chair et du sang de Jésus Christ est niée, contre le sentiment universel de l'Eglise, qui étant comme la colonne et l'appui de la vérité, a détesté ces inventions d'esprits impies comme sataniques, conservant toujours la mémoire et la reconnaissance d'un bienfait qu'elle regarde comme le plus excellent qu'elle ait reçu de Jésus Christ ».

Il n'y a donc aucun lieu de douter « que les fidèles chrétiens, suivant la coutume reçue de tout temps dans l'Eglise catholique, ne soient obligés de rendre au Très Saint-Sacrement le culte de latrie qui est dû au vrai Dieu. Car, pour avoir été institué par notre Seigneur Jésus-Christ, afin qu'il fut reçu par les fidèles, nous ne devons pas moins l'adorer, puisque nous y croyons présent le même Dieu, dont le Père Eternel a dit en l'introduisant dans le monde : « Et que tous les Anges de Dieu l'adorent ; le même que les et Mages se prosternant ont adoré, le même, enfin, que les Apôtres, selon le témoignage de l'Ecriture, ont adoré en Galilée ».

« Ce que les pasteurs doivent expliquer avec soin, ce sont les significations du Sacrement de l'Eucharistie, afin que les fidèles, en voyant les mystères sacrés des yeux du corps, nourrissent en même temps leur esprit de la considération des vérités divines que ces mystères rappellent. Or, ce Sacrement rappelle principalement trois choses.

La première est une chose passée, la Passion de notre Seigneur; car il a dit : « Faites ceci en mémoire de moi » ; et saint Paul, après lui : « toutes les fois que vous mangerez ce pain et que vous boirez ce vin, vous annoncerez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne ». Le seconde chose, c'est la grâce divine que ce Sacrement communique à ceux qui le reçoivent pour nourrir et fortifier leur âme. Dans le Baptême nous sommes engendrés à une vie nouvelle ; dans la Confirmation nous sommes fortifiés, pour que nous puissions résister au démon, et professer le Nom de Jésus-Christ ; et dans l'Eucharistie, nous recevons la nourriture qui entretient en nous la vie spirituelle. La troisième chose que ce Sacrement rappelle, est une chose future qu'il annonce, et dont il est le gage, la gloire et les délices éternels dont Dieu a promis de nous faire jouir dans la Céleste Patrie. Ces trois choses, qui ont évidemment rapport au passé, au présent et à l'avenir, sont signifiées par le Sacrement de l'Eucharistie ; et le Sacrement tout entier, quoique composé d'espèces différentes, représente chacune de ces choses en particulier, comme si elles n'en faisaient qu'une seule ».

La Sainte Eucharistie est donc le mystère que nous devrions méditer tous les jours de notre vie ; c'est le Sacrement le plus grand, le plus Saint, celui dans lequel nous ne trouvons pas seulement une grâce particulière, mais où nous rencontrons l'auteur même de toutes les grâces, Jésus-Christ. Or, la grâce, dit le Saint Esprit, a été faite par Jésus-Christ. Dans la dernière Cène, Jésus-Christ se donne lui-même à nous comme nourriture ; n'est-ce pas une preuve de l'amour le plus généreux ? Ecoutons Saint Jean Chrysostôme : « Il voulut témoigner l'amour qu'il nous porte, non-seulement, en s'offrant à ceux qui désireraient de le voir, mais encore en permettant qu'ils puissent le toucher et le manger. Si l'on voit des parents qui livrent leurs enfants à des nourrices étrangères, moi, dit Jésus, je ne ferai pas ainsi : Je vous nourris de ma propre chair, je vous présente mon corps, et par là même je veux que vous attendiez de grands biens pour votre avenir ; car, si aujourd'hui je me donne à vous, que sera-ce dans l'éternité! Pour être votre frère, je me suis revêtu de votre chair, et j'ai voulu que votre sang coulât dans mes veines. Et maintenant je vous nourris de cette chair et de ce sang par lesquels je me suis fait votre frère ». Saint Augustin s'écrie : « Il s'est revêtu de la chair de l'homme, et c'est Marie qui la lui a fournie. Et Celui que nous avons vu dans cette chair converser avec les hommes, leur donne cette même chair à manger, afin qu'elle leur procure le salut. Oh! oui, nous sommes véritablement la nation sainte, la race choisie, le sacerdoce royal, le peuple conquis ».

II. Ecrions-nous avec le conducteur du peuple de Dieu : « Non, il n'y a pas de Nation si grande et si honorée qui voit ses dieux aussi près d'elle comme notre Dieu ». Si quelqu'un a le bonheur de comprendre tout ce qui vient d'être dit, il comprendra aussi la nécessité de la Dévotion envers l'adorable Sacrement de nos Autels. Et rien n'étant plus propre à ranimer dans nos cœurs l'amour qui doit les embraser envers cet auguste mystère, comme une suite d'exercices destinés à nous développer les richesses intimes renfermées dans la Divine Eucharistie, il est impossible que l'âme fiilèle ne se sente déjà portée à la dévotion qui lui est proposée.

Qu'il y ait dans l'année ecclésiastique une époque spécialement consacrée au culte de la Divine Eucharistie, c'est une chose raisonnable et dont la haute convenance ne saurait être l'objet du moindre doute. D'ailleurs, à défaut de longs raisonnements, nous pouvons nous contenter du témoignage infaillible de l'Eglise. Nous venons de l'entendre ; le Saint Concile de Trente déclare que : « C'est une très sainte et très pieuse coutume établie dans l'Eglise, de destiner tous les ans un certain jour et une fête particulière pour honorer avec une vénération et une solennité singulière, cet auguste et Adorable Sacrement, et pour le porter en procession avec respect et avec pompe dans les rues et les places publiques. Car, il est bien juste qu'il y ait certains jours de fête établis auxquels tous les Chrétiens témoignent par quelque démonstration solennelle de respect, leur gratitude et leur reconnaissance envers leur Maître et commun Rédempteur, pour un bienfait si ineffable et tout divin, par lequel la victoire et le triomphe de sa mort sont représentés. Et d'ailleurs, la vérité victorieuse devait triompher ainsi du mensonge et de l'hérésie, déconcerter et faire sécher de dépit ses ennemis, à la vue de ce grand éclat et de cette joie universelle de l'Eglise, ou les ramener enfin de leur égarement par la confusion et la honte dont ils pourraient être touchés ».

Saint Thomas s'écrie : « La Dévotion des fidèles exige qu'ils célèbrent avec solennité l'institution d'un Sacrement si admirable et qui devient pour eux le principe du salut, afin qu'ils honorent le mode ineffable de la divine présence dans ce Sacrement visible, et qu'ils exaltent la toute puissance divine qui, dans ce Sacrement, opère tant de merveilles, afin qu'ils rendent à Dieu des actions de grâces solennelles pour un bienfait si précieux et si doux ». Mais pourquoi les jours qui vont suivre seront-ils propres à cette Dévotion ? Pourquoi ne pas choisir une autre époque de l'année ? Pourquoi ! Mais pour n'être pas plus sages que l'Eglise, ou mieux pour ne pas avoir cette prétention. Et quoi ! L'Eglise va célébrer avec la plus grande pompe, et pendant une semaine entière, la Fête du Très Saint Sacrement, elle invitera tous ses enfants, en les appelant au pied des Saints Autels, à venir témoigner à Jésus-Christ leur amour et leur reconnaissance pour un si grand bienfait ; et nous oserions renvoyer à un autre temps la pratique d'une Dévotion aussi salutaire pour nous qu'elle doit être agréable à Dieu !

Quand l'Eglise a fixé au jeudi qui suit l'Octave de la Pentecôte la solennité qui va bientôt commencer, elle a eu un motif particulier. C'est saint Thomas qui nous l'apprend. Pour que le peuple fidèle pût célébrer dignement l'institution d'un si sublime Sacrement, le Souverain Pontife Urbain IV, animé a de la plus tendre dévotion envers cet auguste Mystère, a fixé, par un sentiment de piété, cette solennité au jeudi après l'Octave de Pentecôte, afin que nous tous, qui, pendant toute l'année, usons de ce Sacrement pour notre salut, nous célébrions son institution dans le temps où le Saint-Esprit, en ouvrant le cœur des disciples de Jésus Christ, les a disposés à comprendre a tout ce qu'il y a d'ineffable dans ce profond mystère. C'est précisément l'époque où cet adorable Sacrement fut prêché aux premiers fidèles, et où les disciples commencèrent à le fréquenter ».

Profonde sagesse de l'Eglise ! C'est lorsque notre âme a été préparée par la retraite de dix jours qui précède la solennité de Pentecôte; lorsque, dans ce grand jour, le Saint Esprit a inondé notre âme de lumières, et rempli notre cœur de dévotion et d'amour ; c'est enfin après que nous avons employé une semaine entière à demander à grands cris la visite de l'Esprit Saint ; c'est alors que l'Eglise nous jugeant plus propres à la contemplation du mystère sublime de nos Autels, jugeant notre cœur plus capable de ressentir les heureux effets des grâces abondantes dont il doit être inondé, nous invite à pénétrer dans le Saint des Saints, pour contempler la majesté du Dieu qui se cache pour notre amour, et pour puiser dans le sein de ses miséricordes les grâces les plus précieuses et les plus abondantes.

O mon Dieu ! je le comprends aujourd'hui. J'ai eu tort, pendant un grand nombre d'années, moi qui consacrais des mois entiers à d'autres dévotions, de refuser à l'Eglise cette docilité et cette obéissance qui auraient dû me faire regarder l'Octave du Très Saint Sacrement comme une époque des plus solennelles, comme un temps de grande ferveur, de recueillement et de prière. C'en est fait, je vais commencer cette année, et ce sera pour tout le reste de ma vie. Je me préparerai à la fête du Très Saint Sacrement par des exercices de piété, par la méditation de ce grand mystère d'amour. Je célébrerai la grande Octave avec recueillement, avec une ferveur aussi grande qu'il me sera possible de l'avoir ; et puis je prolongerai encore ces actes de dévotion afin de vous témoigner bien mieux toute la reconnaissance dont mon âme est pénétrée pour le bienfait inestimable de votre divine présence sous les Espèces Eucharistiques.

III. Nous lisons dans l'Apocalypse : « Je fus ravi en esprit, et je vis un trône placé dans le Ciel, et quelqu'un assis sur le trône. Il y avait autour du trône un arc-en-ciel semblable à une vision d'émeraude. Autour du trône on voyait vingt-quatre trônes, et sur les trônes vingt-quatre vieillards assis, revêtus d'habits blancs, avec des couronnes d'or sur leurs têtes. Sept lampes brûlantes étaient devant le trône. Les vingt-quatre vieillards se prosternaient devant celui qui est assis sur le trône, et ils adoraient celui qui vit dans les siècles des siècles, et ils jetaient leurs couronnes devant le trône disant : « Vous êtes digne, Seigneur, notre Dieu, de recevoir gloire, honneur et puissance, parce que vous avez créé toutes choses, et que c'est par votre volonté qu'elles subsistent et qu'elles ont été créées ».

Voilà bien Jésus-Christ dont le Trône Eucharistique s'élève au milieu de l'Eglise, cette Jérusalem nouvelle, Cité Sainte, Paradis de la terre. Ces vingt-quatre trônes, il faut les élever autour du trône de l'Agneau ; ces vingt-quatre vieillards, je veux les représenter par vingt-quatre jours consacrés à honorer d'un culte spécial Celui qui vit au milieu de nous sur un trône d'amour. Les vingt-quatre vieillards étaient revêtus de robes blanches, symbole de la sainteté et de l'innocence. Nous aussi, pendant ces vingt-quatre jours, nous nous efforcerons de vivre dans une telle pureté, que nous soyons jugés dignes d'approcher de l'Autel Saint. Les vieillards portaient sur leur tête des couronnes d'or. Et ne sommes-nous pas cette Nation Sainte dont parle l'Apôtre Saint Pierre, cette Race Choisie, cet ordre de Prêtres-Rois établis pour offrir à Dieu des sacrifices qui lui soient agréables par Jésus-Christ ?

Notre couronne est celle des enfants et des élus de Dieu; nous viendrons en faire hommage à celui qui l'a placée sur nos fronts, au jour où, brisant les liens de notre servitude, il nous fit entrer en participation de tous les biens dont il a enrichi son Eglise. Les vieillards se prosternaient devant le trône en disant : « Vous êtes digne, Seigneur notre Dieu, de recevoir la gloire, l'honneur et la puissance ». C'est ce que je veux faire pendant ces vingt-quatre jours. On me verra devant le Saint Tabernacle, aux pieds du Divin Sauveur ; je demanderai à grands cris pour tous mes frères la grâce de connaître mieux Jésus-Christ. Que dis-je ! je demanderai pour Jésus-Christ qu'il soit connu, adoré, loué, aimé, servi par toutes les créatures. Ah ! Comme je désirerais tenir dans mes mains le cœur de tous les fidèles pour les offrir au Sauveur Jésus ! Seigneur, je formerai les vœux les plus ardents pour que de toutes les parties du monde on entende s'élever vers la Divine Eucharistie ce cri de reconnaissance et d'amour : « Vous êtes digne, Seigneur notre Dieu, de recevoir la gloire, l'honneur et la puissance !... »

 

Réciter dévotement :

Tantum ergo Sacramentum
Veneremur cernui :
Et antiquum documentum
Novo cedat ritui :
Praestet fides supplementum
Sensuum defectui.

Il est si grand, ce Sacrement !
Adorons-le, prosternés.
Que s’effacent les anciens rites
Devant le culte nouveau !
Que la foi vienne suppléer
Aux faiblesses de nos sens !

 

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3 mai 2013

Le Mois de Marie de la Médaille Miraculeuse

Le Mois de Marie de la Médaille Miraculeuse

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Quatrième jour

La voyante de la Médaille Miraculeuse

 

La vocation

 

Malgré sa vie laborieuse, la jeune fermière se livrait à la pénitence. Elle avait l'habitude de jeûner le vendredi et le samedi. Pieuse et pure, elle priait souvent dans l'église paroissiale, n'hésitant pas à s'y rendre malgré la distance, se tenant longuement agenouillée sur les froides dalles, même en hiver. Plusieurs fois demandée en mariage, Catherine répondait invariablement que Dieu l'appelait à son service.

Une nuit, elle eût un songe. Il lui semblait être à l'église du village, un prêtre âgé apparut et se revêtit des ornements sacrés pour dire la Messe. Elle y assista, fort impressionnée : après quoi, le prêtre inconnu lui fit signe d'approcher. Effrayée, Catherine se retira à reculons, laissant toutefois son regard fixé sur lui. En sortant, elle se rendit chez un malade. Là, elle retrouva le vieux prêtre qui lui dit : « Ma fille, c'est bien de soigner les malades. Vous me fuyez maintenant, mais un jour vous serez heureuse de venir à moi. Dieu à Ses desseins sur vous, ne l'oubliez pas ». Elle s'éveilla alors qu'il lui semblait rentrer à la maison ; ce n'était qu'un rêve dont elle ignorait encore la signification.

Elle avait dix-huit ans, savait à peine lire et encore moins écrire. Comme elle comprenait que son manque d'instruction serait peut être un obstacle à son admission dans un Ordre religieux, elle obtint de son père la permission d'aller passer quelques temps chez sa belle-mère qui dirigeait une pension de jeunes filles à Châtillon-sur-Seine. Celle-ci l'ayant conduite chez les Filles de la Charité de cette ville, Catherine fut saisie de voir le portrait parfaitement ressemblant du Prêtre qu'elle avait vu en songe. Elle demanda son nom ; lorsqu'elle apprit que c'était Saint Vincent de Paul, le mystère s'éclaircit et elle comprit que c'était le bon Saint qui l'appelait à prendre rang parmi ses filles.

 

Lecture

Une petite voleuse de paradis

 

C'est dans la grande banlieue parisienne, vers Noël 1941. Une jeune fille de 22 ans se meurt. Elle a passé quatre ans de sana en sana, puis est revenue chez elle pour la fin qui approche a grands pas. Violette n'est pas baptisée. Autour d'elle on déteste la religion. Elle n'a entendu parler de Dieu que pour le maudire. Cependant, comme elle souffre beaucoup et que le docteur habite loin, et que ses visites coûtent cher, le père s'est décidé à venir chercher la Sœur de Saint Vincent de Paul qui visite les malades.

« Si vous vouliez lui faire, comme ça, les piqûres que le docteur a dit... » « Bien volontiers, mon ami, j'irai aujourd'hui même ». Les ailes blanches de la cornette ont apporté comme une traînée de lumière dans la pauvre maisonnette. Elle se penchent sur la petite malade et l'enveloppent de bonté compatissante. « Je vais bien prier pour vous, ma petite Violette », dit la sœur après la piqûre. Prier qui ? Prier quoi ? Violette n'a pas compris.

Le soir, elle a une crise d'étouffement, elle s'en va à grands pas. Sœur Louise s'en rend bien compte en revenant le lendemain. « Petite Violette, si vous vouliez être baptisée, vous iriez voir le Bon Dieu, vous seriez dans le bonheur parfait... toujours... toujours.... » « Non, ma Sœur, on m'a déjà dit ces choses dans les sana ou j'ai passé... Non, je ne veux pas être baptisée, non, non ! » Farouche, elle se défend, ramassant ses dernières forces. « Alors tenez, dit Sœur Louise, je vous laisse seulement l'image de la Mère du Bon Dieu, votre Maman aussi, qui vous aime beaucoup... embrassez-la de temps en temps ce soir... Elle vous aidera à souffrir ». « Oh ! Ça je veux bien... mais le baptême, non, non ! » Sœur Louise est partie, laissant la Médaille Miraculeuse à la petite païenne mourante qui baise l'image maternelle toute la soirée, fascinée par Elle...

Le lendemain, la Sœur revient pour la troisième piqûre. « Ma Sœur, ma Sœur, s'écrie Violette, venez vite, vite... je vous attendais... Vite, donnez-moi le baptême ! Je ne comprends pas... c'est votre médaille... Toute la nuit, la Mère du Bon Dieu m'a parlé du baptême... Devant le désir instant de la mourante, les parents désarmés laissent faire. Il faut se hâter. Cependant la vie se prolonge. Durant quelques jours, Violette a le temps d'entrevoir quelque chose des merveilles de notre Sainte Religion. On l'instruisit rapidement...

La veille de Noël, elle recevait le Baptême des mains du curé de la paroisse de H. en Seine et Oise. « Vous êtes une petite voleuse de paradis", lui dit Sœur Louise après la cérémonie qui transfigura la jeune fille de bonheur ». « Voleuse de quoi ? Oh ! Non, ma Sœur, je n'ai jamais rien volé... » Et la petite Violette s'en alla joyeusement en prendre possession le jour de l'Epiphanie. Une fois de plus, la Vierge de la Médaille avait agi toute seule, mais à sa manière douce et souverainement puissante, qui illumine toute obscurité et fait tomber toutes les résistances.

 

Prière

 

O Sainte Catherine Labouré, vous avez fidèlement correspondu à la grâce, comme la Vierge Marie servante du Seigneur. Vous n'avez jamais rien refusé à Dieu, c'est pourquoi Il s'est servi de vous comme d'un instrument très docile, pour accomplir de grandes choses. Obtenez-nous d'agir toujours ainsi, les yeux fixés sur Dieu pour connaître Sa Volonté, afin de Lui être fidèles dans les plus petits détails de notre vie, comme aussi dans les choses les plus importantes.

Notre Dame de la Médaille Miraculeuse, si parfaitement fidèle à la grâce divine, priez pour nous. Ainsi soit-il.

 

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O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous !

 

Prions les uns pour les autres

 

En ce mois de Marie, durant lequel nous prions Notre Dame de la Médaille Miraculeuse, prions les uns pour les autres. Confiez vos intentions à la prière des internautes. Elle seront publiées ci-après. Envoyez-moi vos intentions à franck.monvoisin@laposte.net

 

 

« Je viens vous confier les intention de Marie Amédée que maman Marie en ce mois qui lui est confié lui obtienne la grâce de la délivrance totale de tout ses esprits maléfiques qui l'empêchent de réussir sa vie. Maman Marie obtiens lui la grâce de la foi afin qu'elle puisse dire au monde entier tes merveilles et porter plus haut ton étendard et montre lui sa vocation. Obtient aussi a Joséphine la grâce de la réconciliation entre elle et sa maman, sa sœur, son frère, sa nièce, et obtiens pour Francesca la délivrance totale. Donne à pauline la grâce de la foi, l'humilité a Sther, la foi et du travail ». (Pauline)

 

« Merci à tous ceux qui prieront la Très Sainte Vierge Marie, l'Immaculée Conception, pour la conversion sincère de François, mon mari, ainsi que celles de mes enfants Stéphane, Sylvie et aussi de Yukiko et de Mandor. Merci Maman Marie ». (Anne Marie).

 

Important

 

N'oubliez pas, surtout, chaque jour, de porter la Médaille Miraculeuse, car c'est le canal privilégié par lequel Marie distribue ses grâces (vous aurez l'occasion de pouvoir le vérifier tout au long de ce mois), de réciter au minimum, 1 notre Père, trois je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père, et trois fois l'invocation : « O Marie conçue sans péchés, priez pour nous qui avons recours à Vous ». Si cela vous est possible, accédez aux Sacrements de l'Eucharistie et de la Réconciliation, au moins chaque semaine pour l'Eucharistie et suivant vos disponibilités pour le Sacrement de Réconciliation. Cela est très important. L'Eucharistie est le centre de toute vie spirituelle et le Sacrement de Réconciliation est la toilette de l'âme...

Les récits des grâces obtenues seront publiés au fur et à mesure et transmis à la Chapelle de la Médaille Miraculeuse à la fin du Mois de Marie.

 

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21 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Agonie

 

Vingt-deuxième jour

Vingt-deuxième rayonnement

L’Agonie à la Grotte des Oliviers

 

« Pater, non mea voluntas, sed tua fiat » (Luc 22, 42)

 

Une fois encore, avant de quitter la terre, le Seigneur Jésus devait revoir la montagne des Oliviers. La haine des Pharisiens était arrivée à son comble, l'odieux marché avec Judas était conclu, on avait tramé la mort du Juste dans une assemblée démoniaque que Caïphe présidait.

Jésus ayant accompli l'ineffable mystère de la Cène, sortit du Cénacle avec les Douze. Arrivé au dernier soir de sa vie, il fut pris soudain d'une tristesse mortelle. Après s'être donné tout, avec un amour inexprimable, à l'heure d’accomplir le sacrifice entier, il se sentit oppressé d'un poids douloureux et comme envahi par l'agonie.

Au pied de la montagne des Oliviers, à l'entrée de la lugubre vallée de Josaphat, non loin du Cédron qui se creuse un lit désordonné dans la rocaille, est une sorte de caverne profonde qui s'enfonce sous terre. D'un côté se dressent les hauteurs qui portent la Ville sainte, de l'autre, cette montagne des Oliviers, de laquelle Jésus s'élèvera un jour au ciel ; sur la pente tout en bas, le pèlerin contemple encore le jardin de Gethsémani où tant de fois Jésus venait prier et cette grotte où il allait tant souffrir.

Suivons-le, ô pèlerin, dans cette veillée dernière et douloureuse ; il n'a gardé avec lui que trois de ses plus fidèles, les témoins de sa gloire au Tabor : Pierre, Jacques et Jean. Il les quitte au seuil du Jardin, et seul, à cent pas de là, il entre dans la grotte souterraine où la douleur l'attend.

Cette grotte que le pèlerin vénère à deux genoux, cette terre nue, imprégnée du sang divin, a conservé sa simplicité primitive. Elle est très sombre, éclairée seulement par une ouverture pratiquée dans la voûte et par des lampes qui projettent une clarté douce. Une émotion infinie saisit le cœur lorsqu'on entre sous ce roc qui vit les larmes et les défaillances de l'Homme-Dieu. Là, contre ce même rocher, Jésus s'appuyait chancelant, couvert du poids de nos fautes, écrasé sous une douleur acceptée ; là, son adorable Cœur, broyé de douleur, fut foulé comme le raisin sous le pressoir, et il en jaillit une sueur de sang qui inonda la terre... Et factus est sudor ejus sicut guttu sanguinis decurrentis in terram.

Oh ! venez et voyez, ô pèlerin, le doux Jésus en cet état, et si vous n'avez pas un cœur de bronze, vous serez ému jusqu'à pleurer ; car c'est aujourd'hui la vraie Passion de son Cœur ! Être flagellé, couronné d'épines, traîné devant les juges, souffleté par un soldat, chargé de la lourde croix qui meurtrissait ses épaules, enfin être crucifié dans d'horribles tortures… c'est un supplice effrayant ; mais c'est le supplice du corps. Le supplice du Cœur est autrement raffiné et douloureux ; il ressent à l'avance toutes les souffrances, toutes les ingratitudes, toutes les humiliations... Souffrir la trahison d'un apôtre, l'abandon des autres, la lâcheté et la haine des foules ; plonger son regard de Dieu dans tous les âges et voir les péchés s’amonceler, les crimes s'accroître, la rage des hommes augmenter, avec l'ingratitude noire, l'indifférence molle, le scepticisme cruel ; penser à l'inutilité de ses souffrances pour tous ceux-là... et pleurer... pleurer du sang ! Cela, c'est la Passion du Cœur !

Oui, les grandes eaux de la tribulation ont inondé son âme et la douleur entre en lui comme un glaive à deux tranchants. - Il demande grâce : « Mon âme est triste jusqu'à la mort, s'écrie-t-il dans l'excès de son affliction, mon Père, éloignez de moi ce calice... »

Mais sur les hauteurs du Calvaire, il voit dans une vision effrayante la Croix qui se dresse et lui ouvre les bras... elle a un charme tout puissant qui l'attire, et il lui tend les siens... il l'accepte : Pater, fiat voluntas tua !... C'est l'immolation voulue, héroïque, car elle est inspirée non par la gloire, mais par l'amour !

Le Cœur de Jésus souffrait en cette heure tout ce qu'il souffrira plus tard, caché dans le Sacrement, présent à tant d'odieuses ingratitudes, et il semblait être privé soudain de vie et de lumière. Courbé sur terre, le Seigneur luttait, car « il était homme véritable, a dit Isaïe, et il a été jeté dans une grande angoisse ». Il s'écriait : « Mon Père, délivrez-moi de cette heure... Mais c'est pour cette heure que je suis venu » (Jn 12, 27). Mais bientôt, l'amour de son Cœur sacré triompha, plus fort encore que l'agonie ; après avoir imploré la compassion de son Père pour lui-même, il pria pour les siens, et une admirable oraison jaillit de son Cœur, dit saint Bonaventure : « Père saint, regardez-moi et écoutez moi, parce que je suis contristé dans ma vie, que mon esprit est inquiet et que mon cœur est troublé. Père, si vous l'avez décrété, il faut que je subisse entièrement le supplice de la Croix, que votre volonté soit faite ! Mais je vous recommande tous les miens, tous ceux que vous m'avez donné à garder ; je les ai gardés jusqu'ici, ô Père, gardez-les moi maintenant ».

Et c'est ainsi que le Cœur de Jésus, luttant contre l'agonie, triomphait par son amour indomptable.

 

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Invocation

 

Ô Cœur affligé, doux Maître abandonné, vous souffrez seul sans consolation ! Laissez du moins les âmes qui vous aiment consoler votre Cœur. À genoux près de vous, dans cette grotte bénie, laissez-nous venir, par notre repentir et notre amour, prendre un peu de ce fardeau qui vous accable et qui est notre juste partage. Veillons et prions avec vous, ô Jésus, car c'est l'heure des ténèbres, l'heure où les embûches se multiplient et font tomber ceux qui dorment, car l'esprit est prompt et la chair est faible. Apprenez-nous à prier avec votre soumission, Cœur sacré, lorsque votre prière se résumait pour vous dans un héroïque : Fiat.

 

Mirebeau

 

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18 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Lazare

 

Dix-neuvième jour

Dix-neuvième rayonnement

La résurrection de Lazare

 

« Ecce quomodo amabat cum » (Jn. 11, 36)

 

C'est dans la scène inimitable de la résurrection de Lazare, transmise par l'Evangile, que se révèle surtout la divine amitié de Jésus et le côté le plus touchant de son Cœur. Tout ce récit est d'une beauté sobre et vivante, d'une simplicité éloquente qui émeut, et dont nulle parole humaine n'approchera jamais.

Mais transportons-nous d'abord, ô pèlerin, au lieu même de cette scène. Nous sommes à Béthanie, voici le tombeau de Lazare ; il est creusé dans le rocher et enfoncé sous terre, on y descend par un obscur escalier de vingt-quatre marches. La grotte souterraine se compose de deux chambres ; l'une est élevée de quelques degrés au dessus de la seconde, qui renfermait le corps de Lazare.

Tandis que le mort repose là de puis trois jours, suivons, ô pèlerin, le Seigneur Jésus qui revient d'une longue course apostolique. Il s'est assis avec ses Disciples sur la Pierre du Colloque, non loin de Béthanie. On voit encore cette pierre célèbre sur le plateau qui domine un paysage fantastique, les monts de Juda s'étagent monotones jusqu'à la plaine de Jéricho, comme les vagues énormes d'une mer pétrifiée.

C'est Marthe impétueuse et pressante qui accourt la première vers le Seigneur, en lui disant avec une plainte mêlée d'un peu de reproche : « Seigneur, si vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort ». Mais Jésus la rassure doucement, lui promet la résurrection de son frère. Marthe le comprend dans un autre sens. « Je sais, dit-elle, qu'il ressuscitera au dernier jour ». Mais le Seigneur éclaire cette foi qui raisonne, et Marthe, enfin convaincue, s'écrie avec un élan de foi vive : « Oui, Seigneur, je crois que vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant qui êtes venu en ce monde ». Sur ces paroles, elle s'en alla et appela Marie, qui était restée à la maison. « Le Maître est là, dit-elle, et il t'appelle ». Aussitôt Marie se leva et vint à Lui. Étant arrivée à l'endroit où était Jésus, elle tomba à ses pieds et dit en pleurant : « Seigneur, si vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort ».

Ce sont les mêmes paroles, la plainte des deux sœurs est toute semblable, mais l'accent en est différent, et Jésus est plus touché de celle-ci que de l'autre. C'est que la plainte de Madeleine a une signification profonde et l'ardeur de son amour est plus grande. Marthe semble faire un reproche : Seigneur, pourquoi êtes vous parti ? Madeleine pleure seulement et veut dire : Seigneur, quand vous êtes présent, aucun malheur ne peut nous atteindre ; mais, hélas ! vous étiez loin de nous !

« Et Jésus, dit l'Évangile, voyant donc qu'elle pleurait et voyant aussi pleurer les Juifs qui étaient venus avec elle, frémit en son esprit et se troubla en lui-même. Et il dit : Où l'avez-vous placé ? Ils lui dirent : Seigneur, venez et voyez. Et Jésus pleura... Les Juifs se dirent entre eux : « Voilà comme il l'aimait »… « Or Jésus, frémissant une seconde fois en lui-même, vint au tombeau qui était une caverne, et il y avait une pierre qui le fermait. Jésus dit : « Ôtez la pierre ». Marthe, la sœur de celui qui était mort, lui dit : « Seigneur, il y a déjà de l'odeur, car voilà quatre jours qu'il est mort ». Jésus lui dit : « Ne vous ai-je pas dit que si vous croyiez, vous verriez la gloire de Dieu ».

On ôta donc la pierre, et Jésus, les yeux levés au ciel, dit : « Mon Père, je vous rends grâces de ce que vous m’avez écouté. Je sais, il est vrai que vous m'écouterez toujours ; mais je le dis pour ce peuple qui m'entoure, afin qu'il croie que vous m'avez envoyé ». Et ayant dit cela, il cria à haute voix : « Lazare, sortez ». Et aussitôt on vit paraître celui qui était mort, les pieds et les mains liés de bandelettes et et la figure couverte d'un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le et laissez-le aller ».

Est-il rien de comparable à cette scène, ô pèlerin ? La tendresse du Cœur de Jésus déborde et nous confond, et il y a là un acte de toute puissance qui nous rappelle bien vite que ce grand Cœur qui aimait était celui d'un Dieu. Et Jésus pleura. Voilà l'homme. Lazare, sortez ! Voilà le Dieu ! Et l'on ne sait qu'admirer le plus, ou de cette faiblesse divine qui le fait pleurer sur la mort d'un ami, ou de cet acte créateur qui lui rend la vie. Ce Cœur qui unit si harmonieusement l'humain et le divin, et qui opère ce prodige à la prière des deux sœurs, révèle la puissance de cette ravissante tendresse plus forte que la mort.

Il est la Résurrection et la Vie ! Celui qui va à ce Cœur ne marche pas dans les ténèbres ; il est son phare lumineux qui le conduira par delà les ombres de la mort. Ne doutons jamais d'une miséricorde inépuisable, courons à Lui au Sacrement de vie, et notre âme ravie, enivrée, sortira des ténèbres du péché, comme cette fois où la mort lâcha sa proie, et où la voix divine rappela l'âme de Lazare des confins de l'éternité.

 

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Invocation

 

Ah ! doux Seigneur, vous êtes venu sur la terre pour les âmes égarées et perdues ; votre force toute puissante les rappellera à la vie si elles se confient en votre miséricorde ; un seul mot suffit, ô Créateur : Lazare foras ! Appelez les âmes, sauvez-les, forcez les de venir à vous, et puisque vous avez pleuré avec ceux qui pleurent, c'est que votre Cœur est accessible à la compassion ! Laissez-vous attendrir, écoutez nos prières et sauvez les âmes, les pauvres âmes perdues, que votre parole créatrice seule peut rappeler à la vie.

« Ô Seigneur, créez en nous un esprit nouveau, et nous vivrons et nous ressusciterons au dernier jour ! »

 

Mirebeau

 

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17 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

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Dix-huitième jour

Dix-huitième rayonnement

Le Notre Père

 

« Domine, doce nos orare » (Luc, 11, 1)

 

Le Notre Père, cette sublime oraison, est comme le résumé succinct des enseignements du Cœur de Jésus. Il a épanché en cette prière tous ses divins secrets, et son amour pour le Père, et le but de sa mission sur la terre, la foi qu'il nous demande et la charité qu'il nous apporte.

Sur le sommet du Mont des Oliviers s'élève un magnifique Carmel, à la place où Notre Seigneur composa le Pater ; en sorte que sans cesse la voix pure de la prière s'élève comme l'encens vers le ciel, au lieu même où la voix divine enseigna l'oraison.

« Un jour, dit saint Luc, qu'il était en prière en un certain lieu , quand eut achevé de prier, un de ses Disciples lui dit : « Seigneur, apprenez nous aussi à prier, comme Jean la appris à ses Disciples. Et il leur dit : Lorsque vous priez, dites : Père, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive. Donnez nous aujourd'hui notre pain quotidien, et remettez-nous nos péchés, comme nous remettons nous-mêmes à tous ceux qui nous doivent, et ne nous abandonnez pas à la tentation ».

Il me semble, ô Pèlerin, que nous ne puissions mieux faire, nous qui cherchons avidement toutes les admirables manifestations du Cœur de Jésus, que d'étudier cette belle prière qui le révèle tout entier.

Et d'abord : mon Père. Ce nom d'une ineffable douceur dans la bouche du Christ doit être maintenant sur la nôtre, et voici que désormais Dieu sera attentif à la voix d'un homme agenouillé qui lui dira : mon Père. Le Père de famille est au ciel où il nous attend, nous les exilés. L'homme est un oiseau voyageur qui passe un instant au milieu des neiges et des frimas, puis s'envole vers l’Orient pour y jouir d'un printemps sans fin.

« Que votre nom soit sanctifié ». Jésus-Christ est venu sur la terre pour la sanctification des âmes, pour apporter à ce monde corrompu des germes de sainteté. Le Dieu saint est descendu dans une vierge pour sanctifier les hommes, car la sainteté est la croissance du bien surnaturel dans être ; mais cette croissance était atrophiée par le mal, cette sève était tarie, et Jésus est venu la régénérer. « Soyez saints, nous dit le Sauveur, parce que votre Père céleste est saint », et dès lors, la grâce nous est versée pour nous conformer au précepte divin. Puis donc que notre Père est saint et que nous devons désirer sa son nom soit connu et répandu sur toute la terre.

« Que votre règne arrive ». Pourquoi le Seigneur veut-il que le troisième cri de nos cœurs soit celui-ci ? C'est que l'amour exprimé dans la première parole, l'adoration dans la seconde, doivent se témoigner par le zèle. Il ne suffit pas de rendre à Dieu un culte passif, et de l'adorer seulement en esprit, il faut lui sou mettre cet esprit, et l'adorer en vérité avec la volonté et le cœur. C'est ce règne sur les âmes que Jésus-Christ est venu apporter sur la terre, con quête pacifique de l'intelligence et du cœur. Adorer en vérité veut dire : incliner sa faible raison sous les commandements divins, et agir pour étendre le règne de Dieu autour de nous. C'est le zèle qui dévore les vrais serviteurs du Père de famille : « Zelus domús tuæ comedit me ».

« Donnez-nous notre pain quotidien ». C'est le cri de la créature à son Créateur. Le Créateur lui a tout donné, pour elle il a embelli la nature, fait croître les plantes, vivre les animaux ; mais que la créature n'oublie pas sa dette de reconnaissance; que chaque jour, comme un mendiant à la table du riche, elle demande son pain. Dieu qui donne la pâture aux petits oiseaux, qui revêt le lys d'habits plus magnifiques que ceux de Salomon, prendra soin de son enfant qui, tous les jours, sollicite son pain. Le pain ! c'est la nourriture substantielle du corps, et le pain matériel est un symbole du Pain mystique du Sacrement où Dieu, qui pourvoit à sa créature, se donne lui- même en nourriture à l'âme affamée.

« Remettez-nous nos péchés ». Oui, nous sommes tous coupables envers Dieu, tous nous avons besoin de miséricorde et de pardon ; pardonnons d'abord à ceux qui nous ont offensés. Qui sommes-nous pour avoir le droit de nous dire offensés, quand Dieu lui-même pardonne à sa créature ? Jésus-Christ est venu nous apporter le pardon de son Père ; mais ce pardon ne sera accordé qu'à l'âme miséricordieuse, celle dont la récompense sera d'entendre un jour la douce parole dite de Marie-Madeleine : Il lui sera beaucoup pardonné parce qu'elle a beaucoup aimé !

« Ne nous abandonnez pas à la tentation ». La tentation est l'épreuve inévitable du juste ; elle devient son trophée de gloire quand il l'a vaincue. Mais personne ne peut vaincre sans Dieu ; il nous l'a appris en priant et jeûnant sur le Mont de la Sainte-Quarantaine ; il a été tenté lui-même ; mais il a prié et repoussé la tentation ; l'humaine nature que portait Jésus-Christ n'a été triomphante qu'avec l'aide de Dieu. La tentation n'est pas le mal ; mais jusqu'où ira la faiblesse ? Qui nous arrêtera sur la pente ? Qui empêchera la colombe de se salir dans la boue ? Le Cœur de Jésus seul qui recueillera la colombe menacée, la gardera à l’abri, en sorte que l'ennemi terrassé n'ira pas plus loin : Arrête, le Cœur de Jésus est là !…

 

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Invocation

 

Ô Père, écoutez votre Fils, c'est lui qui nous a appris à prier, c'est son Cœur qui vous prie pour nous, car nous ne savons que balbutier cette admirable prière, nous la répétons comme des enfants sans comprendre toute sa beauté ; mais du moins, nous avons la volonté d'accomplir tous les enseignements qu'elle contient. Exaucez-nous, car c'est votre Fils qui implore, et c'est unis à son oraison que nos lèvres suppliantes vous disent : Père !

 

Mirebeau

 

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28 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Vingt-neuvième jour

Combien notre rédemption est abondante ;

mais c’est le plus grand des malheurs d’en abuser

 

I. Pour connaître la fécondité de la rédemption de Jésus-Christ, considérons ce qui se passe dans une âme pécheresse qui retrouve la vie dans la mort de son Sauveur. Elle est tombée dans le péché, elle est coupable et ennemie de Dieu : il faut donc ou qu’elle périsse et soit condamnée à la mort éternelle, ou que Jésus-Christ meure pour elle et la régénère dans Son Sang. Car, comme disait Saint Pierre, il n’y a de salut qu’en Jésus-Christ ; il n’y a que Son Sang qui ait la vertu de nous laver de nos péchés. Que fera cette âme malheureuse entre l’espérance et la crainte ? Elle embrasse la Croix de Jésus-Christ ; Il s’offre à la mort pour elle ; Il meurt, Il offre de nouveau le sacrifice de Son Sang et cette âme est arrachée à l’enfer, qui menaçait de l’engloutir, et ses péchés sont effacés, et Dieu lui rend sa grâce et son amour.

II. Si elle est fidèle à conserver le trésor que Jésus-Christ lui a acquis au prix de Son Sang, il semble que ce Divin Sauveur peut se consoler de l’avoir rachetée aux dépens de sa vie, et qu’il lui est glorieux de jouir de sa conquête. Mais si, inconstante et volage, elle abandonne encore son Dieu, et se replonge dans ses premiers désordres, il semble alors qu’elle est sans ressource, et que son salut est désespéré. Jésus-Christ avait donné la vie pour sa réconciliation : ses nouveaux péchés ont éteint la vertu de sa mort, ils ont rendu ses mérites inutiles, ils ont anéanti le fruit de sa rédemption. Cette âme infidèle est à la veille de périr éternellement : quel parti prendra-t-elle ? Si accablée sous le poids de son iniquité, elle se prosterne devant Dieu, quel langage lui tiendra-t-elle ?

Ah ! Mon Dieu, j’ai perdu mon Sauveur : que ferai-je, si Vous ne me le donnez encore ? j’ai foulé Son Sang aux pieds : que ferai-je si Vous ne me le rendez, pour me laver et me purifier de nouveau ? Ah ! Si le sang d’Abel a demandé vengeance et s’il a été exaucé, Dieu sera-t-il sourd aux cris du Sang de Son Fils, dont le pécheur abuse indignement, et qu’il foule aux pieds toutes les fois qu’il s’abandonne au péché ?

III. Cependant, au lieu d’une éternelle malédiction, si le pécheur se reconnaît encore et fait pénitence, la mort de Jésus-Christ se ranime encore pour lui rendre la vie ; ce divin Sauveur, dont la Miséricorde est inépuisable, et dont les satisfactions sont assez abondantes pour l’expiation d’une infinité de péchés, ouvre encore ses plaies pour, y recevoir le coeur du pécheur contrit et humilié, et le laver dans Son Sang. Saint Paul parlait de nos rechutes réitérées et des conversions qui leur succèdent, lorsqu’il disait : « Il y en a qui crucifient de nouveau Jésus-Christ ». Nous le crucifions lorsque nous retombons dans le péché, parce qu’il a été attaché à la Croix en punition du péché : nous le crucifions encore, lorsque la pénitence nous fait recourir à sa croix, parce que, pour nous réconcilier avec Dieu, Il doit rouvrir Ses Plaies, Il doit encore faire couler Son Sang, et mourir, pour ainsi dire, de nouveau. C’est de quoi Il se plaint amèrement, en disant des pécheurs : « Ils ont ajouté de nouvelles douleurs à Mes douleurs ».

IV. Ainsi Jésus-Christ, à la conversion d’un pécheur auquel Il avait si souvent appliqué les mérites de Son Sang, est obligé de reprendre la qualité de Sauveur, et d’acquitter encore par l’effusion de Son Sang, les nouvelles dettes qu’il a contractées. Ô mon Jésus ! Doit s’écrier un pécheur que Dieu reçoit en grâce après tant d’infidélités, ô mon Sauveur ! Car Vous l’avez été tant de fois et Vous l’êtes encore aujourd’hui ! Sauveur ancien, Sauveur nouveau ! Ah ! Bonté ancienne, bonté nouvelle ! Vous serez toujours nouvelle à ma pensée ; votre dernier bienfait ne s’effacera jamais de ma mémoire et j’aimerais mieux mourir mille fois que de perdre par une nouvelle infidélité le fruit précieux de ma rédemption.

V. Que doit penser, que doit dire une âme à la vue des objets funestes qui ont corrompu son innocence ? Ah ! Mon Dieu, des beautés mortelles qui m’ont séduites et empoisonnées, ce vain éclat des richesses, ces faux honneurs du monde, ne sont que des fantômes propres à me séduire ; ce sont des appâts empoisonnés dont le démon et le monde se servent pour me corrompre et me perdre. Non, jamais je ne m’y laisserai prendre ; je ne serai jamais assez ingrat pour crucifier Jésus-Christ de nouveau et le contraindre à répandre encore Son Sang pour effacer mes nouvelles iniquités.

VI. Mais enfin que le pécheur d’habitude n’ait pas la présomption sacrilège de croire que plus il commettra de péchés, plus le Sang de Jésus-Christ en effacera. s’il est assez ingrat pour abuser des miséricordes divines, qu’il ne soit pas assez insensé pour croire qu’Il peut accumuler péchés sur péchés, crimes sur crimes, parce que Dieu est infiniment bon, parce que les satisfactions de Jésus-Christ sont infinies. Jésus-Christ ne sauvera pas tous ceux pour lesquels Il est mort ; Il ne sauvera que les pécheurs véritablement pénitents, et Son Sang criera vengeance contre tous ceux qui l’auront profané dans le péché et l’impénitence ; Il tombera sur eux comme Il est tombé sur les juifs impénitents et endurcis. Le Sauveur du monde ne peut être indifférent pour les hommes ; Il est établi où pour les sauver de leurs péchés, où pour les perdre dans leur impénitence. Il sauvera tous ceux qui invoqueront Son Saint Nom, qui mêleront les larmes de la pénitence au Sang Précieux qu’Il a répandu pour effacer leurs péchés, et qui auront profané dans l’habitude du péché et de l’impénitence le Sang qui devait les purifier et les sauver. Ô mon âme, n’abuse pas du Sang de Jésus-Christ ; il se répand sur toi dans les Sacrements ; n’en approche qu’avec le plus profond respect, avec un coeur vraiment pénitent et sincèrement converti. Alors ne mets pas de bornes à ta confiance et ne te désespère pas, ni pour le nombre, ni pour l’énormité de tes péchés.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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15 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Seizième jour

Le Crucifix nous enseigne à souffrir nos maux avec patience

 

I. Que disait Saint Paul aux chrétiens de son temps, pour adoucir leurs afflictions, et les animer à souffrir patiemment et constamment les persécutions ? c’est d’avoir toujours sous les yeux Jésus-Christ souffrant et mourant en croix, après n’avoir essuyé que des contradictions dans tout le cours de sa vie.

II. Jésus-Christ, chargé de nos misères et attaché à la croix, buvant le calice de Sa Passion, en a retenu pour Lui toute l’amertume. La pointe des clous et des épines dont Il a été percé, s’est émoussée, pour ainsi dire, en Lui ; les souffrances y ont perdu ce qu’elles avaient de plus amer ; et quand elles passent de Lui à nous, comme des eaux vives qui traversent une mine d’or, elles sont mêlées d’une onction secrète qui les nous les rend douces, consolantes et souvent même délicieuses.

III. Chrétiens qui souffrez, pour vous animer et vous consoler, jetez les yeux sur Jésus-Christ souffrant. Vous souffrez par nécessité, et Il a souffert par choix et par amour pour vous. Il a subi par ses souffrances la peine des péchés que vous avez commis ; ne devez-vous pas la subir avec Lui ? Le coupable doit-il être traité plus doucement que son innocente caution ? Il a souffert comme votre chef pour vous animer par son exemple ; Il a affronté volontairement les dangers et la mort, pour aplanir la rue carrière que tout homme est condamné à parcourir durant le cours de sa vie mortelle ; unissez par une soumission volontaire vos souffrances nécessaires à celles dont votre Sauveur s’est chargé par amour pour vous : c’est le seul moyen d’en adoucir l’amertume, de les sanctifier, et de les changer en semences immortelles d’un éternel bonheur.

IV. Si nous sommes affligés, dans ce monde ou par des revers de fortune, ou par l’indigence, ou par les maladies ; si nous sommes en butte à la haine, à la calomnie, aux plus injustes persécutions ; si, en voulant faire le bien, nous n’essuyons que des contradictions, nous ne recueillons que des peines qui nous semblent stériles ; qu’il nous est facile de trouver la consolation au pied de la Croix ! c’est ainsi, nous dit-elle, que votre Maître a été traité dans tout le cours de sa vie ; il a ouvert la carrière des souffrances ; pour l’aplanir et la sanctifier, il y a marché le premier et l’a arrosée de Son Sang ; quelle gloire de marcher sur ses traces ! Quel bonheur de Lui ressembler dans les traits de sa vie qui l’ont rendu votre Sauveur, et l’ont élevé au-dessus de toutes les créatures dans un rang égal à la souveraine puissance de Dieu même 

V. En quoi consiste, selon la doctrine de Saint Paul, le mystère de la prédestination des chrétiens ? Dans leur ressemblance avec Jésus-Christ ; de même que pour la perfection d’un corps il doit régner un certain ordre de conformité entre le chef et ses membres. C’est pour cela que le même Apôtre nous assure que quiconque veut vivre dans la piété, sur le modèle de Jésus-Christ souffrira persécution ; que si nous sommes ses frères et cohéritiers, c’est à condition que nous retracerons en nous l’image de sa vie crucifiée ; et que nous ne serons glorifiés avec Lui dans le Ciel qu’autant que nous aurons part sur la terre à ses souffrances.

VI. Nous plaindrions-nous du prix auquel on met notre bonheur ? Quelques tribulations que nous avons à supporter, dit Saint Paul, j’estime que les peines de cette vie ne méritent pas d’être comptées parmi quelque chose, en comparaison de la gloire future qui se manifestera un jour dans nos personnes. Dans cette vallée de misères, les souffrances sont inévitables, en quelque condition qu’on se trouve ; le plus grand nombre souffre sans consolation, sans mérite et sans espérance. Un chrétien fidèle ne soutient pas seulement ses peines et ses souffrances avec soumission, la croix de son Sauveur y répand une onction qui en adoucit l’amertume ; il y trouve un trésor qui doit être le prix d’une gloire et d’un bonheur éternel. Animé de la même foi que Saint Paul, au milieu des plus grandes tribulations, il est comblé de consolation et de joie ; et si cette joie, cette consolation ne sont pas toujours sensibles, la vertu de la Croix anime sa patience et soutient son courage.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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11 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Douzième jour

Comment nous appartenons à Jésus-Christ

 

I. Jésus-Christ a bien le droit de dire, en considérant nos âmes, qu’Il a rachetées par sa mort : Voilà Mon Sang et Ma vie. Elles lui tiennent lieu du Sang qu’Il a répandu, et de la vie qu’Il a sacrifiée, comme un héritage tient à un acquéreur lieu de l’argent qu’il a donné pour l’acquérir. Mon âme est donc à Jésus-Christ, de même que Son Sang et Sa vie qui en est le prix, et si pour mes péchés j’ai le malheur de la perdre, ce n’est pas mon bien que je perds, c’est celui de Jésus-Christ, c’est Son Sang et Sa Vie, et je deviens véritablement complice de la mort de l’Homme-Dieu. Ah ! Quels reproches n’ai-je pas à craindre de sa part, si je refuse de vivre soumis à Sa Loi ! Malheureux, me dira-t-il, rends-moi le Sang que J’ai répandu pour toi : rends-Moi la vie que j’ai sacrifié pour ton Salut.

II. Les mauvais chrétiens, dit Saint Paul, qui par leurs péchés crucifient de nouveau Jésus-Christ en eux-mêmes, n’ont rien à se promettre pour le terrible Jugement de Dieu, et le supplice d’un feu vengeur ; je dis d’un feu jaloux de la gloire de Jésus-Christ qui sans jamais anéantir ses ennemis, les brûlera toujours. Un prévaricateur de la Loi de Moïse, continue le même Apôtre, étais mis à mort sans pitié et sans rémission. Quels châtiments sont donc réservés à un prévaricateur de la Loi de Jésus-Christ, à un Chrétien sacrilège, qui aura foulé aux pieds le Sang du Fils de Dieu, ce Sang Précieux et Divin, dont l’effusion a consommé l’alliance de Dieu avec les hommes ?

III. Dans une âme fidèle, qui vit dans la dépendance et l’amour de son Sauveur, Jésus-Christ règne comme dans un empire qu’Il a acquis au prix de Son Sang. Il y trouve en quelque sorte l’équivalent de la vie qu’Il a sacrifiée pour s’en assurer la possession. En me donnant à Lui, je lui rends le Sang qu’Il a répandu, je Lui rends la vie qu’Il a perdue pour moi. La gloire que je puis Lui rendre le dédommagera de ses opprobres et de ses souffrances ; Sa grâce qui régnera dans mon coeur le ressuscitera, le fera revivre en moi. Ce n’est que dans mon coeur qu’Il peut être victorieux de la mort qu’Il a bien voulu souffrir pour s’en assurer la possession. Il y vit, Il y règne avec toute la gloire qu’Il désire, s’il est à lui ; et s’il est asservi au péché, Jésus-Christ y est encore, mais dans un état de mort et d’humiliation, comme il était sur la Croix, puisque, selon la doctrine de Saint Paul, les Chrétiens qui pèchent, crucifient de nouveau le Fils de Dieu en eux-mêmes.

Ô mon âme, tandis qu’il t’est libre de servir Dieu ou le monde, tu as entre les mains la vie et la mort de ton Sauveur. Tu lui rends la vie qu’Il a donnée pour toi, si tu lui es fidèle ; si à son empire tu préfères l’empire du monde et du démon, tu deviens coupable de sa mort, et au dernier jour Il te redemandera le Sang qu’il aura inutilement répandu pour toi.

IV. Dépouillez-vous du vieil homme, dit Saint Paul, abandonnez en toutes choses sa manière de penser, d’agir, de parler, revêtez-vous de l’homme nouveau ; qu’il retrace en vous l’image de Dieu que le péché avait effacée. Le vieil homme, c’est Adam avec ses convoitises, c’est la chair avec ses concupiscences, c’est le monde avec son orgueil ; ce sont ces inclinations vicieuses que nous avons héritées d’un père criminel. L’homme nouveau, c’est le Fils de Dieu fait homme, la plus parfaite image de la Divinité ; c’est Jésus-Christ, qui s’étant chargé des iniquités du vieil homme, l’a attaché à sa croix pour l’y faire périr avec lui. Faisons-nous donc une idée de la vie chrétienne que nous professons d’après la doctrine de Saint Paul. Elle suppose la mort, le crucifiement et la sépulture du vieil homme, sur le modèle de la mort, du crucifiement et de la sépulture de Jésus-Christ, afin que le corps de péché soit détruit en nous, que nous ne soyons plus les membres du péché, mais les membres de Jésus-Christ qui est l’homme nouveau qui doit vivre en nous. Tandis que je respirerai, j’aurai à soutenir une guerre intestine entre le vieil homme et l’homme nouveau entre la chair et l’esprit, entre Jésus-Christ et le démon. C’est à moi de décider lequel des deux sera vainqueur et triomphant, mais je ne dois pas oublier qu’au triomphe de Jésus-Christ est attaché mon bonheur éternel, et mon malheur éternel au triomphe du démon.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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21 décembre 2017

Le Mois de Jésus Naissant

Le Mois de Jésus Naissant

Un mois proposé par l’Etoile Notre Dame

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22 décembre

La montée des bergers à Bethléem

 

« Vers elle marchent des bergers avec leurs troupeaux ». (Jérémie 6,3). « Lorsque les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent les uns aux autres : «Allons jusqu'à Bethléem...» (Luc 2,15).

Les bergers de Bethléem sont, dans l'évangile selon saint Luc, les gardiens de troupeaux de moutons. Illuminés par la révélation céleste. Au delà de ce sens littéral et historique de base, nous avons un autre sens qui renvoie à la vie des disciples après Pâques et à la vie de l'Eglise. Les gestes et les paroles des bergers sont mises en relation avec la foi et l'activité que les disciples de Jésus ont eue quand leur esprit fut illuminé par la révélation de la résurrection.

Les bergers de Bethléem sont l'image des bergers de l'Eglise qui comme ces bergers de Bethléem vont annoncer à tous la révélation reçue. Les bergers de l'église sont les disciples de Christ, les apôtres qui annoncent l'évangile, l'apôtre Pierre, les évêques, les prêtres, les diacres ou les recteurs de monastères, les prédicateurs, les docteurs de l'église, mais aussi tous ceux qui s'occupent au moins de deux ou trois personnes… Suis-je un berger de Bethléem ?

 

Méditation

 

O mon âme ! Aujourd'hui, l'ange du Seigneur s'adresse peut-être à moi comme il l'a fait pour les bergers. Est-ce que je crois aux paroles de l'ange. Est-ce que je me mets en route pour aller le trouver dans cette grotte de Bethléem ? Ton Sauveur va venir, un enfant va t'être donné, ton Rédempteur approche. Est-ce que je suis prêt à aller vers l'enfant Jésus pour reconnaître qu'il est né de Marie et qu'il est Fils de Dieu ? Que faire pour me présenter à Jésus avec un cœur simple, sans orgueil ?

 

Prière


Augmentez mon doux Jésus, l'amour que je vous porte. Ne me laissez pas être infidèle. Ô feu qui brûlez continuellement sans jamais vous éteindre ! Ô amour qui êtes toujours ardent sans vous refroidir ! Brûlez-moi, et que je sois tout consumé d'amour ! Mon Dieu, vous êtes ma force et mon refuge ; faites que je périsse plutôt que de jamais cesser de vous aimer.

 

Résolutions : Je considérerai souvent l'ineffable bonté du Fils de Dieu qui veut bien habiter parmi les hommes. Je m'estimerai infiniment heureux de pouvoir fréquenter la maison du Seigneur, et je n'y paraîtrai jamais qu'avec recueillement et dévotion. Lorsque je m'apercevrai que des amis sur lesquels je comptais m'ont été infidèles et ont trahi mes intérêts, je me rappellerai la perfidie de Judas, et je me proposerai comme exemple la conduite du Sauveur à son égard.

 

Un Je vous salue Marie

 

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