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30 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

9010S

Trente-et-unième jour

Marie figurée par l'aurore, la lune et le soleil

« Quelle est celle-ci qui s'avance comme l'aurore naissante, belle comme la lune, éclatante comme le soleil ? » (Cantique des Cantiques 6, 9).

 

L'aurore représente Marie

 

Avant la naissance de cette Bienheureuse Enfant, le monde, semblable à la terre durant la nuit, était enseveli dans l'obscurité et les ténèbres. L'erreur, le péché, la misère tenaient le genre humain comme accablé d'un sommeil léthargique et mortel. Marie Enfant, messagère du Soleil de la Grâce, éclaira le monde et fit naître la joie dans les cœurs.

 

Réflexion

 

Quand la dévotion à Marie Enfant commence à entrer dans une âme, si pécheresse soit-elle, au même moment commencent aussi pour cette âme l'oeuvre de la Miséricorde et l'espérance de la conversion et du Salut. Si donc cette sainte dévotion avait, au contraire, subi en moi quelque affaiblissement, quel signe serait-ce ? Un signe funeste. Je verrais par là que mon âme court à sa ruine et à sa perte. Aussi veux-je conjurer Marie de ne jamais permettre pour moi un tel malheur.

 

Marie est figurée, en second lieu, par la lune

 

La lune préside à la nuit, et vient en aide aux voyageurs en leur montrant, par sa douce clarté, où poser le pied sur la route, et en leur faisant apercevoir les précipices, ou encore en leur permettant de se défendre des voleurs. De même, la Très Sainte Vierge vient au secours des pauvres pécheurs, en leur obtenant la grâce de voir l'abîme vers lequel ils marchent, et de revenir dans le chemin du Paradis, qu'ils avaient abandonné ; Elle leur découvre les embûches des mondains, leurs ennemis visibles, et des démons, leurs ennemis invisibles, afin qu'ils s'en écartent, se défient de leurs trahisons, et sauvent leurs âme.

 

Réflexion

 

Marie, nous venons de le voir, est bien représentée par la lune. Heureux serais-je si, au milieu de mes égarements et des ténèbres de ma vie pécheresse, j'avais suivi les lumières, les inspirations et les secours spirituels de tous genres que cette lune resplendissante de Dieu est venue m'apporter. Mais hélas ! Il n'en n'a pas toujours été ainsi. Et pourquoi ? Parce que, pour ma part, imitant la lune qui paraît et disparaît et dont l'aspect change continuellement, j'ai agi comme un insensé. Mon inconstance dans le service de Marie m'a bien des fois mis dans le danger de devenir la proie de mes ennemis, et d'être entraîné par eux dans les feux éternels. Aidé du secours de Dieu et de la protection de la Très Sainte Vierge, je promets sincèrement de changer de conduite.

 

Marie est belle et radieuse comme le soleil

 

1° Par Sa Maternité, Elle participe à la dignité du Soleil Divin, c'est-à-dire de Dieu : de Dieu le Père, dont le Fils Jésus est aussi le Sien ; de Dieu le Fils, qui a voulu naître d'Elle et Lui être soumis ; de Dieu le Saint Esprit, avec qui Elle a coopéré à l'Incarnation du Verbe. 2° Par la plénitude de la Grâce qui est en Elle, par Sa Sainteté suréminente, par Sa Gloire incomparable, Marie resplendit, comme le soleil, d'un éclat qui fait pâlir celui de tous les autres astres, c'est-à-dire de tous les Saints.

 

Réflexion

 

Si j'aime véritablement Marie, je dois louer Dieu de l'avoir faite si grande, me réjouir de Son élévation et de Sa félicité, comme si ces avantages étaient mon propre bien, enfin me sentir pressé de la bénir, de l'honorer et de l'exalter sans cesse, dans un désir ardent de la voir connue, servie, aimée et glorifiée de tous.

 

Colloque

 

Aimable Petite Marie, quel est celui qui, connaissant Vos gloires futures, pourrait résister au besoin de Vous témoigner sa vénération, même en Vous voyant emmaillotée de langes, incapable de Vous aider Vous-même, et sujette à toutes les nécessités ? Mais, par ailleurs, si puissants sont Vos attraits qu'on se sent doucement pressé de s'approcher de Vous avec cet abandon et cette confiance qu'inspire une tendre enfant. Laissez-moi donc, ô Marie, Vous exprimer ma profonde admiration, comme à la Reine future de tous les Saints : laissez-moi, en même temps, cédant à l'amour qui me transporte, déposer un baiser tout brûlant sur Votre berceau, et Vous dire de cœur et de bouche : « O Marie Enfant, faites de moi un Saint. Régnez dès maintenant sur mon cœur, afin que je puisse Vous louer et Vous glorifier éternellement ». Ainsi soit-il.

 

Pratique : Réciter avec beaucoup de dévotion ses prières journalières à Marie.

Aspiration : « Aimable Reine de tous les Saints, douce Enfant, conduisez-moi au Ciel ».

 

Exemple

Toute une série de grâces obtenues par la dévotion à Marie Enfant

 

Un Prêtre de Milan, pénétré d'une dévotion toute particulière pour Marie Enfant, est en mesure d'attester avoir reçu un nombre incalculable de grâces depuis le jour où il se sentit attiré vers Elle par les célestes charmes du visage de la Santissima Bambina vénérée chez les Sœurs de la Charité. Tantôt une inquiétude lui tourmentait l'esprit, et la Vierge Enfant, à sa prière, l'en délivrait avec une suavité surhumaine. Tantôt, de graves difficultés surgissant dans l'exercice de son ministère, il recourait à Marie Enfant et en recevait toujours une puissante assistance. D'autres fois les obstacles venaient à l'envi s'opposer aux projets qu'il formait pour honorer Sa céleste Bienfaitrice ; la peine où il se trouvait le conduisait aux pieds de la Sainte Image, afin d'y trouver le secours désiré, et jamais ce secours ne lui faisait défaut. En un mot, si ce digne Prêtre voulait raconter toutes les grâces extraordinaires reçues par lui de la très aimable Petite Madone, il ne pourrait y arriver. Et celle de ces grâces qu'il tient pour la plus insigne, c'est l'amour dont il est épris pour Marie Enfant, amour tel que, pour la faire aimer de tous, non seulement, lui semble-t-il, il offrirait volontiers ses fatigues et ses sueurs, mais de grand cœur il donnerait son sang et sa vie.

Dieu veuille que de tels sentiments soient le partage de tous, des Prêtres surtout. Du Clergé ils se répandraient facilement dans les cœurs des fidèles, et la dévotion à Marie Enfant deviendrait, entre les mains du peuple Chrétiens, une arme victorieuse pour briser l'orgueil des puissances infernales. Ainsi soit-il.

 

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Consécration à Marie Enfant

 

Douce Vierge Marie, nous venons humblement vénérer Votre Enfance. Sous ces faibles dehors Vous réjouissez le Ciel, et Dieu prenait en Vous ses complaisances les plus infinies en attendant Jésus, comme le disent de Vous les Livres Saints : « Parce que J'étais petite, J'ai plus au Très-Haut ».

Ô Doux Bijou de ce grand Dieu, Enfant chérie du Ciel, daignez nous associer à Votre Sainte Enfance. Puissions-nous par elle mériter de garder l'innocence, la sincérité et l'amour filial de cœurs d'enfants à l'égard de Dieu. Divine Vierge Enfant, donnez-nous d'attirer sur nous-mêmes, sur ceux que nous aimons, les regards complaisants du Seigneur.

Vierge Enfant, attente des Nations et du Ciel, effroi des enfers, daignez rendre aux familles Chrétiennes le sentiment de leurs plus nobles devoirs envers Dieu, envers l'Eglise, envers leur pays et envers eux-mêmes. Vierge Enfant, écartez des foyers Catholiques la mort qui vide les berceaux, écartez le péché qui tue les âmes et prépare la mort des corps.

Rendez, ô Vierge Enfant, au beau pays de France son âme sainte, chrétienne, vaillante, simple, laborieuse et héroïque des temps passés. Redonnez à notre cher et grand pays les nombreux foyers d'autrefois. Redonnez, ô Marie, à ces foyers de notre France, les légions d'Anges qui jadis peuplèrent son sol et, devenus hommes, firent à travers le monde rayonner la pensée libératrice du Christ Votre Fils.

Ô Vierge Enfant, douce Reine du noble Pays de France, prenez pitié de Votre Royaume, de Vos aimants sujets, et écartez-en toute trahison, toute perfidie, tout mal par la candeur, le charme et la faiblesse toute-puissante de Votre Enfance.

Soyez, ô Marie, à notre pays, l'aurore qui annonce le jour, la lune qui éclaire nos nuits, le soleil qui resplendit sur nos âmes et féconde leurs labeurs.

Aimable Vierge Enfant, sur Vous le Très-Haut ne peut jeter qu'un regard d'infini Amour ; Sa colère tombe et se désarme dès que Ses yeux voient la pauvre humanité en Votre douce Enfance. Protégez donc nos pères, nos mères, nos époux, nos épouses, nos enfants, nos frères, nos sœurs, tous nos amis. À Votre Enfance, ô Marie, nous remettons en toute confiance le soin de nos destinées temporelles et éternelles, l'avenir et le présent de notre patrie. Nous Vous consacrons nos vies, nos âmes, nos corps, nos pensées, nos familles, nos gloires, nos deuils, nos prêtres, nos hommes d'Etat, nos guerriers, nos écrivains, nos poètes, nos penseurs, nos artistes, nos ouvriers, nos artisans et nos laboureurs.

Ô Vierge Enfant, sauvez-nous, et sauve notre noble pays de France : Vous avez écrasé de Votre pied virginal toute hérésie en écrasant la tête du Démon. Vierge Enfant, écrasez les peuples hérétiques, les infidèles qui, par les armes, voudraient attaquer la liberté de Votre peuple, et faites de ce peuple roi, ô douce Enfant Marie, un peuple de saints en ce monde, pour qu'il soit éternellement le peuple chéri du Dieu dont Vous êtes la Mère, l'Epouse et la Fille. Ainsi soit-il.

 

Fin du Mois de Marie Enfant

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Téléchargez l'intégralité du Mois de Marie Enfant (pdf), en cliquant ici

 

Prochain Mois de dévotion, le Mois de Notre Dame du Perpétuel Secours, rendez-vous le 30 septembre, dans quelques instants...

 

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19 mai 2013

Le Mois de Marie de la Médaille Miraculeuse

Le Mois de Marie de la Médaille Miraculeuse

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Vingtième jour

Les leçons que nous donne Sainte Catherine Labouré

 

La vie de silence

 

Sœur Catherine Labouré, sauf à son confesseur et dans deux rapports écrits par obéissance, en 1856 et 1876, n'a jamais laissé entendre qu'elle fût la privilégiée d'un beau secret. Autour d'elle on parlait de la Médaille. Ni alors, ni après, Sœur Catherine ne révéla que ce fût elle, la novice de 1830. Mêlée à ses compagnes, du ton le plus naturel, à l'occasion elle disait son mot. Mais cette Sœur mystérieuse dont tous, au dehors comme au-dedans, eussent voulu savoir le nom, on ne le révéla jamais de son vivant. Ses lèvres restèrent hermétiquement closes sur l'instrument de la Vierge. Qu'importe son nom, devait-elle penser comme Jean-Baptiste qui ne se proclamait qu'une « voix » ? Ce sont là les grandes profondeurs de l'humilité et du silence de l'âme. Or, Catherine Labouré, sans jamais en sortir, les vécut quarante-six ans. Et c'est là ce qui fait sa grandeur et sa sainteté.

Quarante-six ans d'effacement dans un hospice de vieillards alors que partout l'on cherche votre nom, ô humble Sœur ! Quarante-six ans de silence sur soi, sur des grâces ineffables ! Quarante-six ans pendant lesquels, repliée sur le don divin, elle laissa aller le vain bruit des recherches curieuses ! Cela sans jamais se trahir, pour être mieux à Dieu, à la Charité, à son perfectionnement, voilà l'extraordinaire mérite de Catherine Labouré, l'héroïsme qui l'a conduite aux honneurs des autels. Leçon profonde pour nos orgueils et nos glorioles, même dans notre piété, notre apostolat, notre dévouement qui cherche si souvent les louanges humaines ! Leçon de grands et vivifiants silences : des silences extérieurs autant qu'ils sont possibles, des intérieurs qui attirent Dieu en nous.

 

Lecture

La médaille et le poignard

 

Une dame Catholique de Smyrne, ayant quelques tristes pressentiments au sujet de son fils, le pria, un dimanche matin, de porter à son cou, pour lui faire plaisir, une Médaille Miraculeuse. Il accepta par égard pour sa mère. Le soir, vers dix heures et demie, il est arrêté dans une rue écartée par un voler qui lui demande son argent. Sur son refus, le malfaiteur lui donne un coup de couteau. Le blessé jette des cris, le voleur prend la fuite, un gardien de la paix arrive et étanche le sang qui sort de la blessure ; c'est dans cet état que je jeune homme arrive à la maison. Il s'examine alors et s'aperçoit que la Médaille qui, au moment du coup, se trouvait à la place du cœur, a été percée d'outre en outre par le couteau ; en effet, on y remarque une fente semblable à une boutonnière. Le médecin appelé constata que le coup eût été mortel et la mort instantanée si la Médaille n'eût arrêté la pointe du couteau.

 

Prière

 

O Sainte Catherine Labouré, votre amour du silence est une grande leçon pour nos vies superficielles et enfiévrées. Apprenez-nous à rentrer souvent en nous-mêmes pour y trouver Dieu, pour le consulter, pour vivre en sa présence et par là même éviter le péché et accomplir Sa Divine Volonté. Les âmes trop dispersées ne peuvent être des âmes intérieures. Que nous sachions à votre exemple, et à celui de la Très Sainte Vierge, vivre davantage au dedans de nous-mêmes et aimer ce silence qui fait rencontrer Dieu. Ainsi soit-il.

 

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O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous !

 

Prions les uns pour les autres

 

En ce mois de Marie, durant lequel nous prions Notre Dame de la Médaille Miraculeuse, prions les uns pour les autres. Confiez vos intentions à la prière des internautes. Elle seront publiées ci-après. Envoyez-moi vos intentions à franck.monvoisin@laposte.net

 

« Je viens vous confier les intention de Marie Amédée que maman Marie en ce mois qui lui est confié lui obtienne la grâce de la délivrance totale de tout ses esprits maléfiques qui l'empêchent de réussir sa vie. Maman Marie obtiens lui la grâce de la foi afin qu'elle puisse dire au monde entier tes merveilles et porter plus haut ton étendard et montre lui sa vocation. Obtient aussi a Joséphine la grâce de la réconciliation entre elle et sa maman, sa sœur, son frère, sa nièce, et obtiens pour Francesca la délivrance totale. Donne à pauline la grâce de la foi, l'humilité a Sther, la foi et du travail ». (Pauline)

 

« Merci à tous ceux qui prieront la Très Sainte Vierge Marie, l'Immaculée Conception, pour la conversion sincère de François, mon mari, ainsi que celles de mes enfants Stéphane, Sylvie et aussi de Yukiko et de Mandor. Merci Maman Marie ». (Anne Marie).

 

« Maman Marie, merci m'accorder la santé  du corps intercédez pour moi auprès de votre fils ». (Joseph).

 

« Mes intentions de prière en ce Mois de marie notre Mère : afin qu'elle puisse intercéder auprès de son fils notre seigneur et sauveur Jésus-Christ, pour la réussite, et la victoire de mon voyage ainsi que la protection de tous mes enfants et que je puisse recevoir la délivrance. Merci ». (Godart).

 

« Ma très sainte mère aie pitié de moi et de ma famille, permets par tes prières que Georgy mon frère soit libéré de ses souffrances dues à sa sclérose en plaques, je souhaiterais avec une très grande foi qu'il guérisse physiquement, spirituellement et intellectuellement. Mais je souhaite que ce soit la volonté de dieu. Je te recommande aussi Mattys son fils,mon neveu que j'essaie de convaincre à se baptiser aide moi, je te confie Arnaud mon autre neveu adolescent également, mais aussi son père : Jannick. Enfin, pour moi je prie depuis 8 ans qu'un homme croyant pratiquant soit envoyé par Dieu pour devenir mon époux, mais rien de tout cela, aide moi, maman par l'intercession de sainte Catherine Labouré. Quelque soit ce que Dieu aura décidé aide moi à accepter sereinement ». (Dulio).

 

« Je demande l'intercession de la vierge Marie pour guérir ma sœur Blandine, mère des 4 enfants qui souffre de l'hypertension artérielle, maux de cœur et du début du diabète. Que le Seigneur ait pitié d'elle afin qu'elle puisses continuer à élever ses enfants ; je supplie la Mère de Dieu d'assister ma femme qui attend la venue de notre bébé, la vierge qui nous a assisté pour la venue de cet enfant qu'elle assiste ma femme le jour de son accouchement, qu'elle accouche sans problème et par la voie basse ; je demande aussi la grâce de l'Eternel par la médiation de la mère du seigneur qu'elle accorde à ma mère le visa pour la Belgique pour assister sa fille qui vient d'avoir les jumeaux après vingt ans d'attente. Que le seigneur nous accorde sa grâce de demeurer toujours dans sa présence. Amen ». (Clovis).

 

« Je confie à la Vierge Marie les maux d'yeux de ma mère. Qu'elle vienne à son secours et lui accorde la guérison ». (Jean-Paul).

 

« Je vous confie humblement cette intention de prière. Maman Marie, toi qui a toujours été à mes côtés, je te confie et te consacre mon profond désir de mariage. Veux-tu le purifier selon la volonté de Dieu ? Tu connais tous mes sentiments, mes désirs et mes pensées concernant Christophe, je te les remets avec confiance et beaucoup d'espoir. Viens régner, avec Jésus dans notre coeur et dans notre relation d'amitié. Si c'est la volonté de Dieu que nous soyons bénis et appelés tous les 2 au sacrement du mariage, conduis-nous sur cette voie. Si ce n'est pas la volonté de Dieu, mais la paix dans notre cœur et choisis toi-même mon futur époux et sa future épouse. Ô Maman Marie conçue sans péché, prie pour nous qui avons recours à toi ! » (Elodie).

 

« Mes intentions de prière pour ce mois Marial: « Que Dieu m'aide à débloquer ma situation ma situation financière. Qu'il me trouve un bon boulot qui me permettra d'assurer l'éducation des mes enfants, bref le boulot qui permet de suffire aux besoins de ma famille. Que mes dossiers du parquet avec mes anciens Employeurs puissent trouver des bonnes solutions par la grâce de notre Dame de Médaille Miraculeuse et que ça ne soit pas ma volonté mais celle de notre Dieu. Merci et bonne prière ». (Jean-Pierre).

 

« Pour que la Vierge par l'intercession de Sainte Catherine apporte une leur de spiritualité dans ma vie sentimentale.Je souhaite de tout mon cœur ne plus vivre dans l’infidélité car je ne peux communier. Qu'il soit convertit et sache que le concubinage n'est pas une bonne chose. Que spirituellement il agit et réfléchisse et qu'elle nous rende visite. Je lisais encore les recommandations les recommandations sur les sacrements de réconciliation et l'eucharistie, je souhaite que les choses s’améliore pour nous. Je prie de vivre dans la chrétienté avec lui c'est mon désir et qu'il soit convertis ». (Smile).

 

« Prions le Seigneur par l'intercession de la Vierge par sa Médaille miraculeuse afin qu'il nous aide à avoir un enfant dans notre foyer depuis notre mariage religieux et que la dette qui nous étouffe à ce jour soit allégée et payer tout doucement. que les enfants adoptifs que nous avons dans notre maison trouvent leur épanouissement, la santé et la foi en Dieu. Que les âmes du Purgatoire reposent en paix ». (Paul).

 

« Je vous salue dans le saint nom de Jésus. Pour la conversion de mon mari. pour la conversion de mes frères. Je vous demande de prier pour la guérison de ma nièce Inès. Mon neveu Sami. Mon Neveu Yann qui à 10 ans et demi et qui a perdu la voix. Pour le voyage de mon petit frère Emmenuel J. et le voyage de mon fils, que la grâce du tout puissant soit sur vous que la Vierge Marie vous comble de ses bienfaits j'aime la fille de l'éternel Dieu. La paix du Seigneur soit avec vous. priez pour la paix dans mon foyer et l'amour entre moi et mon mari merci ». (Caroline).

 

« Comment te remercier pour ces merveilles! Je te dit tout simplement : « Merci maman Marie pour la qualité de vie que ton fils et toi offrez à ma famille ici bas ». jamais tu ne m'as jamais rien refusé, tu as toujours été là pour moi alors maman je ne cesserai jamais de t'implorer car je sais tu m'aimes et je suis ta fille à qui d'autre irais je ? Tu es ma mère, ma protectrice, alors en ce mois qui t'est dédié chère Maman je te supplie de tourner ton regard maternel et bienveillant sur ton fils Patrick Olivier dont tu as bien voulu me confier la garde, permets par tes prières à notre Seigneur Jésus-Christ que la providence l'accompagne dans ses examens: Baccalauréat et concours d'entrée dans une école polytechnique du pays ! Vierge miséricordieuse bénie j'implore ton secours et ton assistance prie pour nous qui avons recours à toi car en notre Seigneur Jésus-Christ, nous avons totalement confiance ! Merci ». (Solange).

 

« Vierge Marie je vous demande de prendre sous votre guidance et protection notre fils Stéphane afin qu'il sorte de tous ces soucis dans lesquels il se trouve soucis financiers dus à une mauvaise gestion il était trop jeune pour se lancer dans la vie, demandez pour lui à Jésus de le corriger dans l'amour de l'éduquer dans la droiture de le rendre aux joies de votre Sainte famille protégez aussi son papa qui fait tout ce qu'il peut pour l'aider je vous confie aussi nos deux autres enfants et leur foyer merci Maman du ciel Merci Seigneur ». (Stéphane).

 

« Mon Dieu je te demande de libérer Victor qui es malade, il est interné depuis 22 jour il souffre beaucoup, je te demande de le guérir car il est déprimé sans force sans courage, Je t'en supplie mon Dieu aies pitié de lui ». (Antoine).

 

« Maman Marie, accorde-moi la grâce de tomber enceinte et d’être une mère douce et généreuse conduisant ses enfants sur le chemin de la Foi. Amen ». (Perpétue).

 

« Sainte Vierge Marie, je te prie pour ma santé, merci Marie. Sainte Vierge Marie, Notre Mère, je te prie pour l’unité dans ma famille. Sainte Vierge Marie, je mets entre tes mains ma famille et je te demande de tourner vers Dieu Notre Père et vers Jésus Notre Frère et sauveur mon père ainsi que mes neveux et nièce. Sainte Vierge Marie, Notre Mère, je te prie pour toutes les âmes du purgatoire et spécialement pour ceux qui meurent seuls, ceux qui ne croient pas, ceux pour qui personne ne prie, et pour mon frère et tous les membres défunts de ma famille. Je demande à Notre Mère, la Sainte Vierge Marie de m’aider à construire ma maison, où je souhaite y honorer l’image de la Sainte Famille. Sainte Vierge Marie, chère Maman, je vous demande de protéger notre belle terre, les végétaux et tous les animaux du monde que nous, les hommes, détruisons ». (Maria).

 

« J'ai profondément et avec confiance besoin de l'intercession de la Très Sainte Vierge Marie, restée vierge après la naissance du Seigneur Jésus : aidez-moi a résoudre Les problèmes qui m'accablent depuis des mois, j'ai la certitude que la solution ne peut que venir de la très sainte vierge Marie. Ainsi soit il ». (Matysco).

 

Important

 

N'oubliez pas, surtout, chaque jour, de porter la Médaille Miraculeuse, car c'est le canal privilégié par lequel Marie distribue ses grâces (vous aurez l'occasion de pouvoir le vérifier tout au long de ce mois), de réciter au minimum, 1 notre Père, trois je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père, et trois fois l'invocation : « O Marie conçue sans péchés, priez pour nous qui avons recours à Vous ». Si cela vous est possible, accédez aux Sacrements de l'Eucharistie et de la Réconciliation, au moins chaque semaine pour l'Eucharistie et suivant vos disponibilités pour le Sacrement de Réconciliation. Cela est très important. L'Eucharistie est le centre de toute vie spirituelle et le Sacrement de Réconciliation est la toilette de l'âme...

Les récits des grâces obtenues seront publiés au fur et à mesure et transmis à la Chapelle de la Médaille Miraculeuse à la fin du Mois de Marie.

 

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16 octobre 2013

Le Mois de Notre Dame du Perpétuel Secours 3/4

Le Mois de Notre Dame du Perpétuel Secours

N

Dix-septième jour

Marie est le Perpétuel Secours des pécheurs

 

Tous les hommes sont pécheurs, dit Saint Jean. Aucun homme, par conséquent, n'est digne de s'approcher de Dieu. Heureusement nous avons un Avocat auprès du Père, c'est Jésus-Christ, le Juste par excellence. Frère Charitable, Il sollicitera certainement notre pardon, et, Fils chéri, Il ne manquera pas d'être exaucé. Mais peut-être que la Majesté Divine qui réside en Lui nous effraie ? Rassurons-nous, car nous avons aussi une Avocate en qui nous n'avons rien à redouter : c'est Marie, Sa Mère et la nôtre. Elle a toutes les qualités propres à nous inspirer une confiance sans bornes. Avocate zélée, Elle prend à cœur notre salut. Avocate très sage, Elle connaît les moyens d'apaiser notre juge. Avocate universelle, Elle ne refuse sa protection à personne. Dans nos chutes et nos rechutes, bien loin de nous décourager, recourons avec une perpétuelle confiance à Notre Dame du Perpétuel Secours.

 

Prière à Marie, refuge des pécheurs

 

Voici, ô Mère de mon Dieu, mon unique espérance, voici a vos pieds un misérable pêcheur qui implore Votre pitié. Toute l'Eglise et tous les fidèles vous proclament le Refuge des pécheurs ; Vous êtes donc mon Refuge, c'est à Vous de me sauver. Vous savez combien Votre Divin Fils aime notre Salut ; Vous savez ce que Jésus-Christ a souffert pour me sauver. ô ma Mère, je Vous présente les souffrances de Jésus ; le froid qu'Il endura dans l'étable de Bethléem, les pas qu'Il fit dans le voyage d'Egypte, Ses fatigues, Ses sueurs, le Sang qu'Il répandit, la Douleur qui le fit expirer à Vos yeux sur la Croix. Montrez, en me secourant, que Vous aimez ce Fils Adorable, puisque c'est au nom de Votre Amour pour Lui que je Vous prie de me secourir ; tendez la main à un malheureux qui, du fond de l'abîme, Vous supplie d'avoir pitié de lui. Si j'étais un saint, je ne Vous demanderais pas Miséricorde ; c'est parce que je suis un pécheur que j'ai recours à Vous, la Mère des Miséricordes. Je sais que Votre Cœur compatissant trouve sa consolation à aider les misérables, quand leur obstination ne met pas obstacle à Vos faveurs ; consolez donc Votre Cœur Compatissant et consolez-moi, aujourd'hui que vous avez l'occasion de sauver un malheureux condamné à l'enfer, aujourd'hui que Vous pouvez m'aider, puisque je ne veux pas être obstiné. Je me remets entre Vos mains : dites-moi ce que j'ai à faire, et obtenez-moi la force de l'exécuter. je suis résolu de faire tout ce que je puis pour rentrer dans l'amitié de Dieu. Je me réfugie sous Votre Manteau ; Jésus veut que j'aie recours à Vous, afin que, pour Votre Gloire et pour la sienne, car Vous êtes Sa Mère, je sois redevable de mon salut, non seulement à Son Sang, mais encore à Vos prières ; il m'envoie auprès de Vous, pour que Vous me secouriez. O Marie, me voici, je mets en Vous ma confiance ; Vous priez pour tant d'autres, priez, dites aussi une parole pour moi ; dites à Dieu que Vous voulez mon Salut, et Dieu me sauvera certainement. Dites-Lui que je suis à Vous, je ne vous demande pas autre chose. Ainsi soit-il.

 

Dix-huitième jour

Marie est le Perpétuel Secours des pécheurs

 

Oui, telle est la compassion qu'Elle a de nos misères, tel est l'amour qu'Elle nous porte, qu'Elle prie toujours, et recommence toujours à prier, et ne se rassasie jamais de prier, afin de nous préserver des maux qui nous menacent et de nous obtenir les grâces dont nous avons besoin. Son zèle pour notre défense est insatiable. Cette belle expression est de Saint Germain, qui poursuit en s'écriant avec joie : « O Mère de Miséricorde, qui, après Votre Fils, a autant de zèle que Vous pour nous et pour notre bien ? Qui nous protège comme Vous dans les maux dont nous sommes affligés ? Qui, comme Vous, prend la défense des pécheurs, jusqu'à combattre en quelque sorte pour eux ? Certes, ô Marie, Votre patronage est plus puissant et plus affectueux que nous ne saurions le comprendre. Que nous serions à plaindre, nous, pauvres pécheurs, si nous n'avions pas cette grande Avocate ! Elle est si Puissante, si Miséricordieuse, que le Divin Juge, Son Fils, ne peut condamner les coupables qu'Elle entreprend de défendre ».

 

Prière à Marie, refuge des pécheurs (Voir ci-dessus au 17e jour).

 

Dix-neuvième jour

Marie est le Perpétuel Secours des pécheurs

 

Avocate du genre humain, Marie est si bonne qu'Elle ne refuse de défendre la cause de personne. Elle prend soin du Salut de tous. Elle s'intéresse à tous les fidèles, justes et coupables. Elle se glorifie même d'être appelée l'Avocate des pécheurs, comme Elle l'a déclaré à la Vénérable Sœur Marie Villani. « Après le titre de Mère de Dieu, lui dit-Elle, Je Me fais gloire surtout d'être nommée l'Avocate des pécheurs ». Ah ! Celui-là ferait injure au Cœur de Marie, qui appréhenderait d'aller se jeter à Ses pieds. Loin d'avoir rien de sévère et de terrible, Elle n'est que prévenance, amabilité, bonté. Lisez et relisez tant que vous voudrez les Evangiles, et, si vous trouvez un seul acte de sévérité de la part de Marie, craignez alors de vous approcher d'Elle. Mais vous n'en trouverez aucun ; ayez donc recours à Elle en toute confiance, et Elle vous sauvera par Son intercession.

 

Prière à Marie, réconciliatrice des pécheurs

 

Voici, ô Sainte la plus élevée de toutes les créatures, que de cette terre d'exil, je Vous salue, moi misérable rebelle à mon Dieu, digne de châtiments plutôt que de grâce, de sévérité plutôt que de Miséricorde. Si je parle ainsi, ô ma Reine, ce n'est point par défiance de votre bonté. Je sais que Vous Vous glorifiez d'être d'autant plus bienfaisante que Vous êtes plus grande ; je sais que, si Vous Vous réjouissez de Vos richesses, c'est qu'il Vous est donné de les communiquer à des misérables tels que nous. Je sais que plus ceux qui Vous implorent sont coupables, plus Vous avez à cœur de les protéger, de les sauver. O ma Mère, offrez à Dieu, je Vous prie, ces précieuses larmes que Vous avez jadis répandues pour moi à la mort de Votre Fils, et, par leur mérite, obtenez-moi une vraie douleur de mes péchés. O Marie, faites que désormais je me garde bien de Vous affliger de nouveau par mon ingratitude. A quoi me serviraient les larmes que Vous avez versées pour moi, si je persistais à pécher ? À quoi me servirait Votre Miséricorde, si, en réitérant mes infidélités, j'allais me damner ? Oh ! Non, ma Reine, ne le permettez pas. Vous qui obtenez de Dieu tout ce que Vous voulez et qui exaucez tous ceux qui Vous prient, voici les deux grâces que je Vous demande et que j'attends, et que j'exige même de Vous : être fidèle à Dieu en ne l'offensant plus, et l'aimer le reste de ma vie autant que je l'ai offensé. Ainsi soit-il.

 

Vingtième jour

Marie est le Perpétuel Secours des pécheurs

 

Consolez-vous, ô âmes craintives. respirez et prenez courage, ô pauvres pécheurs. Cette Auguste Vierge, Mère de votre Juge et de votre Dieu, est l'Avocate du genre humain. Elle accueille tout le monde et ne refuse de défendre personne. Lisez et méditez l'exemple suivant. Un pêcheur vivait depuis longtemps éloigné des Sacrements, et ne pensait à rien moins qu'à retourner à Dieu. La curiosité l'attire un jour dans une église ; là, pendant qu'il examine les objets les plus dignes de son attention, ses yeux tombent tout à coup sur la Vierge du Perpétuel Secours. Il s'arrête, contemple longtemps la Sainte Image. Un trouble inconnu vient bouleverser son âme ; des remords insupportables déchirent son cœur, et la grâce le poursuit tellement que, ne pouvant plus supporter la honte de son ébat, il va se jeter aux pieds d'un Prêtre, se réconcilie avec Dieu et devient ainsi l'heureuse conquête de Notre Dame du Perpétuel Secours.

 

Prière à Marie, réconciliatrice des pécheurs (Voir ci-dessus au 19e jour).

 

Vingt-et-unième jour

Marie est notre Perpétuel Secours dans les afflictions

 

L'Eglise nous enseigne à faire monter vers cette Mère compatissante nos cris de détresse, nos soupirs, à verser nos larmes dans son sein. Ame désolée, pourquoi pleurez-vous ? — Ah ! si mon fils, mon époux, si mon père pouvait revenir à Dieu !... Adressez-vous à Marie ; Elle a un Cœur qui comprendra vos larmes. De même que Ruth trouva grâce aux yeux de Booz, ainsi Marie a trouvé grâce aux yeux du Seigneur, en obtenant le pouvoir de recueillir les épis échappés aux moissonneurs. Les moissonneurs, ce sont les ouvriers évangéliques, les missionnaires, les prédicateurs, les confesseurs, qui, par leurs travaux, gagnent chaque jour des âmes à Dieu. Mais il y a des âmes rebelles et endurcies, que, malgré tout leur zèle, ils se voient forcés d'abandonner. Il n'est accordé qu'à Marie de sauver par Sa puissante intercession, ces épis délaissés. Il n'est pas au monde de pécheur tellement désespéré et plongé dans la fange du vice, que Marie l'ait en horreur et le repousse. Ah ! Qu'il vienne seulement réclamer Son assistance et cette tendre Mère saura bien prouver qu'Elle a la volonté et le pouvoir de le réconcilier avec Son Divin Fils, en lui obtenant Son pardon.

 

Prière à Marie pour obtenir une faveur

 

O Notre-Dame du Perpétuel-Secours, montrez que vous êtes véritablement notre Mère, et obtenez-moi... (On spécifie ici quelle grâce on désire, par exemple : le rétablissement de sa santé, la guérison d'un enfant, la conversion d'un époux, d'un fils, d'un père, la réussite de telle affaire, la victoire sur tel vice, etc., etc..) et la grâce d'en user pour la gloire de Dieu et le salut de mon âme.

O Glorieux saint Alphonse, qui, par votre confiance en la bienheureuse Vierge, en avez obtenu tant de faveurs, et qui nous avez si bien prouvé, dans vos admirables écrits, que toutes les grâces nous viennent de Dieu par l'intercession de Marie, obtenez-moi la plus tendre confiance envers notre bonne Mère du Perpétuel Secoure, et conjurez-là de m'accorder la faveur que je réclame de sa puissance et de sa bonté maternelle.

Père éternel, au Nom de Jésus, et par l'intercession de notre Mère du Perpétuel Secours et de Saint Alphonse, je Vous supplie de m'exaucer, à la plus grande gloire de Dieu et au plus grand bien de mon âme. Ainsi soit-il.

 

Vingt-deuxième jour

Marie est notre Perpétuel Secours dans les afflictions

 

Ame désolée, pourquoi pleurez-vous ? — Je tremble pour mon salut.— Ecoutez Saint Bonaventure, cette âme si embrasée de l'Amour Divin, et entrez dans les sentiments de confiance qu'il avait envers notre très aimant Rédempteur Jésus et notre très aimante Avocate Marie. « Le Seigneur m'eût-il l'éprouvé, disait-il, je sais qu'Il ne peut se refuser à quiconque l'aime et le cherche de cœur. Je le serrerai dans les bras de mon amour, et, s'Il ne me bénit, je ne le laisserai point aller ; Il ne pourra se retirer sans m'en traîner avec Lui. Si je ne puis faire autre chose, je me cacherai dans ses plaies. Tant que je demeurerai dans cet asile sacré, Il ne pourra me trouver hors de Lui. Enfin, si mon Rédempteur, à cause de mes péchés, me chasse loin de Lui, j'irai me jeter aux pieds de Sa Mère ; et là, prosterné, je ne partirai point qu'Elle ne m'ait obtenu mon pardon. Car cette Mère de Miséricorde ne saurait être insensible aux misères de ses enfants, ni refuser d'exaucer les misérables qui ont recours à Sa protection, et leur obtenir pardon ».

 

Prière à Marie pour obtenir une faveur (Voir ci-dessus au 21e jour)

 

Vingt-troisième jour

Marie est notre Perpétuel Secours dans les afflictions

 

Ame désolée, pourquoi pleurez-vous ? — j'ai tant à souffrir !.... — Courage ! Le Cœur de Marie a tant souffert aussi ! Pouvez-vous craindre qu'Elle ne voit pas vos peines, qu'Elle n'y compatisse point ! Non, certes ; Elle les voit bien mieux que tout autre, et Elle est bien loin d'y être insensible. Entre tous les Saints, il n'en est aucun qui compatisse à nos maux comme la Reine des Saints. « Dans le temps même qu'Elle vivait sur la terre, dit Saint Jérôme, Elle avait le Cœur si compatissant et si tendre envers les hommes, que personne n'a jamais souffert de ses propres peines autant que cette Bonne Mère souffrait de celles des autres ». « Mais, demande ici Saint Pierre Damien, depuis qu'Elle est élevée à la dignité de Reine du Ciel, n'a-t-Elle pas oublié notre misère d'ici-bas ? — A Dieu ne plaise, répond-il, que nous ayons une telle pensée ! Une Miséricorde pareille à celle qui règne dans le Cœur de Marie ne saurait oublier une misère comme le nôtre ».

 

Prière à Marie pour obtenir sa protection

 

O ma très Sainte Mère, je vois les grâces que Vous m'avez obtenues, et je vois l'ingratitude dont j'ai usé envers Vous. L'ingrat n'est plus digne de bienfaits ; toutefois, je ne veux point pour cela désespérer de Votre Miséricorde, O ma puissante Avocate, ayez compassion de moi ; Vous êtes la dispensatrice de toutes les grâces que Dieu nous accorde, à nous qui sommes si misérables, et s'Il Vous a rendue si puissante, si riche et si bonne, c'est afin que Vous nous secouriez. Je veux me sauver. Je remets donc entre Vos mains mon Salut éternel, je Vous confie le soin de mon âme. Je veux être inscrit au nombre de vos serviteurs les plus dévoués, ne me Refusez point cette faveur. Vous allez à la recherche des malheureux pour les secourir ; n'abandonnez point un pauvre pécheur qui recourt à Vous. Parlez pour moi ; Votre Divin Fils fait tout ce que vous Lui demandez. Prenez-moi sous Votre protection, et cela me suffit ; car si Vous me protégez, je n'ai rien à craindre ; je ne crains rien de mes péchés, parce que Vous m'en obtiendrez, je l'espère, le pardon de mon Dieu ; je ne crains rien des démons, parce Vous êtes plus puissante que tout l'enfer ; je ne crains même rien de mon divin Juge Jésus-Christ, parce qu'à Votre prière, Il s'apaisera. O ma Mère, protégez-moi donc, et obtenez-moi le pardon de mes péchés, l'Amour de Jésus-Christ, la sainte persévérance, une bonne mort, et enfin le paradis. Il est vrai que je ne mérite point ces faveurs, mais si Vous les demandez pour moi au Seigneur, je les obtiendrais. Priez donc Jésus pour moi. O ma Reine Marie, je mets toute ma confiance en Vous, confiance sur laquelle je me repose, et dans laquelle je veux mourir. Ainsi soit-il.

 

Vingt-quatrième jour

Marie est notre Perpétuel Secours dans les afflictions

 

Pour obtenir le perpétuel secours de Marie dans vos perpétuelles misères, honorez-là d'un culte perpétuel qui pourra se pratiquer de la manière suivante : 1° Culte de chaque jour : Réciter chaque jour, matin et soir, trois Ave Maria avec l'invocation suivante : « O Marie, Mère du Perpétuel Secours, priez pour moi ». 2. Culte de chaque semaine : Assister chaque samedi au Saint Sacrifice de la Messe. 3. Culte de chaque mois : Communier et faire la préparation à la mort un dimanche de chaque mois. 4. Culte de chaque année : Célébrer pieusement la fête de Notre Dame du Perpétuel Secours, le 27 juin, par une neuvaine préparatoire terminée par la Sainte Communion le jour de la fête. Ainsi sera réalisé le vrai culte de N.-D. du Perpétuel Secours, qui n'est autre qu'un culte perpétuel envers Marie, un culte de fidélité, de constance et de persévérance, et qui peut se traduire par cette parole : « Si vous êtes fidèle à recourir à Marie, Marie sera fidèle à vous secourir ».

 

Prière à Marie pour obtenir sa protection (Ci-dessus au 23e jour)

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Notre Dame du Perpétuel Secours, priez pour nous.

 

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21 mai 2013

Le Mois de Marie de la Médaille Miraculeuse

Le Mois de Marie de la Médaille Miraculeuse

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Vingt-deuxième jour

Regardons notre Médaille

 

La prière inscrite par Marie

 

Nous avons vu hier que nous devions prier Marie, que nous devions nous adresser à Elle avec la plus filiale confiance. Cependant, diront peut-être quelques âmes, la Sainte Vierge est la Mère de Dieu, l'Immaculée qui n'a jamais connu l'ombre du péché. Comment m'approcher d'Elle ? Je ne suis qu'un pauvre pécheur... Il y a une telle distance entre Elle et moi, pauvre créature ! Arrière toute crainte ! La Très Sainte Vierge s'est chargée Elle-même de nous rassurer et de nous enseigner à la prier. Sœur Catherine était occupée à la contempler lorsque des lettres d'or se formèrent autour de la vision, s'arrêtant à la hauteur des mains chargées de grâces. Bientôt, la Voyante put lire l'invocation suivante : « O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous ».

Ainsi, la Très Sainte Vierge est puissante parce qu'Elle est l'Immaculée. Son privilège ne l'éloigne pas de nous, Elle nous en fait au contraire bénéficier en quelque sorte. Nous pouvons la prier, nous dit-Elle, parce qu'Elle est l'Immaculée. Remarquons bien qu'Elle attend cette prière pour agir en notre faveur. Voyons aussi combien Elle se met à notre disposition. Elle ne nous enseigne pas de longues formules. Non. Une toute petite prière que pourront bégayer les enfants, que pourront murmurer les plus grands malades, les agonisants, une toute petite prière que l'on pourra semer partout, dans la rue, chez soi, dans le recueillement ou en pleine foule. Cette formule enseignée par la Vierge Elle-même, a été traduite dans toutes les langues, répétées sur tous les points du monde ; elle a fait pénétrer la croyance à l'Immaculée Conception dans tous les esprits et dans tous les cœurs. Répétons-là sans nous lasser ! Répétons-là partout, le jour au milieu de nos occupations les plus absorbantes, les plus pénibles, la nuit si nous nous éveillons. C'est la prière enseignée par Marie. Combien nous devons l'aimer !

 

Lecture

Préservation miraculeuse d'un jeune foyer pendant le bombardement de parisienne le 20 avril 1944

(Suite)

 

Voici la suite de l'émouvant récit dont nous avons donné le commencement hier :

« Au risque de me rompre le cou, continue M.G..., je réussis à descendre le long des débris de la cage de l'escalier, m'aidant de tout ce que je trouvais sur mon passage. J'arrive en bas, couvert de poussière ; on m'affirme que ma femme et mon enfant sont vivants et qu'ils ont été transportés au métro, à la station voisine « Joffrin ». En effet, je les trouve là, avec quelle émotion ! Tous deux sont blessés à la tête, leur sang coule, mais ils sont vivants ! Notre médecin de famille se trouve là au poste de secours, ce qui est vraiment extraordinaire ! Il m'affirme que les blessures ne sont que superficielles, ce qui était bien vrai puisque deux jours après, les blessés pouvaient quitter l'hôpital. Ma femme avait en plus une foulure au pied et de légères contusions, mais aucune fracture. C'est un vrai miracle, après une chute pareille, du cinquième étage au deuxième, à travers les démolitions ! Que s'était-il donc passé dans l'escalier ?

Quand ma femme ne répondait plus à mon appel, les locataires du deuxième à gauche, entendant ses gémissements, réussirent à ouvrir leur porte. Il aperçurent ma femme tenant le bébé, tous deux à moitiés ensevelis dans les démolitions de la maison. La tête seule émergeait, protégée par un gros débris d'escalier qui, tout en les blessant, avait empêché l'ensevelissement complet. Ils dégagèrent le bébé (c'est sans doute à ce moment là que ma femme a crié qu'elle n'avait pas l'enfant), puis ils se mirent en devoir de retirer la mère, à moitié évanouie. Ils n'y parvinrent qu'après bien des difficultés. Après l'avoir soignée de leur mieux, ils purent la confier avec l'enfant aux pompiers, qui les firent descendre par la fenêtre de l'appartement du deuxième. C'est alors que ma femme avait crié : « N'oublie pas l'enfant ». Ces détails m'ont été fournis pas les locataires du deuxième. Ma femme ne se souvient plus de rien, ni comment elle est tombée, ni de ce qu'elle a pu dire. Sa pleine connaissance n'est revenue qu'à l'hôpital.

Je reconnais la protection vraiment miraculeuse dont nous avons été l'objet : miracle que ma femme et mon enfant n'aient pas eu des blessures plus graves, miracle que, dans son inconscience, ma femme ait pu répéter des paroles incohérentes qui attirèrent l'attention des voisins. Enfin, notre appartement est indemne, à part les vitres qui sont brisées, les meuble sont intacts. Nous sommes tous trois en bonne santé et bien reconnaissants à Notre Dame de la Médaille Miraculeuse ».

 

Prière

 

Vierge bénie entre toutes les vierges, Mère bénie entre toutes les mère, ô Vous qui nous aimez malgré nos fautes, laissez tomber sur nous un regard de pitié, un regard de bonté. Du sein de la Lumière, ayez pitié de ceux qui tâtonnent misérablement dans les nuits de l'erreur et du doute ; du sein de Votre angélique pureté, ayez pitié de ceux qui luttent et qui étouffent, parfois angoissés, dans la matière où ils s'enlisent ; du sein de la vie, ayez pitié de ceux qui s'enfoncent dans l'ombre de la mort. O Vous qui avez été conçue sans péché, laissez-nous ajouter avec l'imperturbable confiance de l'enfant qui ne sait pas douter du cœur de sa mère : « Priez pour nous qui avons recours à Vous ! » Ainsi soit-il.

 

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O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous !

 

Prions les uns pour les autres

 

En ce mois de Marie, durant lequel nous prions Notre Dame de la Médaille Miraculeuse, prions les uns pour les autres. Confiez vos intentions à la prière des internautes. Elle seront publiées ci-après. Envoyez-moi vos intentions à franck.monvoisin@laposte.net

« Je viens vous confier les intention de Marie Amédée que maman Marie en ce mois qui lui est confié lui obtienne la grâce de la délivrance totale de tout ses esprits maléfiques qui l'empêchent de réussir sa vie. Maman Marie obtiens lui la grâce de la foi afin qu'elle puisse dire au monde entier tes merveilles et porter plus haut ton étendard et montre lui sa vocation. Obtient aussi a Joséphine la grâce de la réconciliation entre elle et sa maman, sa sœur, son frère, sa nièce, et obtiens pour Francesca la délivrance totale. Donne à pauline la grâce de la foi, l'humilité a Sther, la foi et du travail ». (Pauline)

 

« Merci à tous ceux qui prieront la Très Sainte Vierge Marie, l'Immaculée Conception, pour la conversion sincère de François, mon mari, ainsi que celles de mes enfants Stéphane, Sylvie et aussi de Yukiko et de Mandor. Merci Maman Marie ». (Anne Marie).

 

« Maman Marie, merci m'accorder la santé  du corps intercédez pour moi auprès de votre fils ». (Joseph).

 

« Mes intentions de prière en ce Mois de marie notre Mère : afin qu'elle puisse intercéder auprès de son fils notre seigneur et sauveur Jésus-Christ, pour la réussite, et la victoire de mon voyage ainsi que la protection de tous mes enfants et que je puisse recevoir la délivrance. Merci ». (Godart).

 

« Ma très sainte mère aie pitié de moi et de ma famille, permets par tes prières que Georgy mon frère soit libéré de ses souffrances dues à sa sclérose en plaques, je souhaiterais avec une très grande foi qu'il guérisse physiquement, spirituellement et intellectuellement. Mais je souhaite que ce soit la volonté de dieu. Je te recommande aussi Mattys son fils,mon neveu que j'essaie de convaincre à se baptiser aide moi, je te confie Arnaud mon autre neveu adolescent également, mais aussi son père : Jannick. Enfin, pour moi je prie depuis 8 ans qu'un homme croyant pratiquant soit envoyé par Dieu pour devenir mon époux, mais rien de tout cela, aide moi, maman par l'intercession de sainte Catherine Labouré. Quelque soit ce que Dieu aura décidé aide moi à accepter sereinement ». (Dulio).

 

« Je demande l'intercession de la vierge Marie pour guérir ma sœur Blandine, mère des 4 enfants qui souffre de l'hypertension artérielle, maux de cœur et du début du diabète. Que le Seigneur ait pitié d'elle afin qu'elle puisses continuer à élever ses enfants ; je supplie la Mère de Dieu d'assister ma femme qui attend la venue de notre bébé, la vierge qui nous a assisté pour la venue de cet enfant qu'elle assiste ma femme le jour de son accouchement, qu'elle accouche sans problème et par la voie basse ; je demande aussi la grâce de l'Eternel par la médiation de la mère du seigneur qu'elle accorde à ma mère le visa pour la Belgique pour assister sa fille qui vient d'avoir les jumeaux après vingt ans d'attente. Que le seigneur nous accorde sa grâce de demeurer toujours dans sa présence. Amen ». (Clovis).

 

« Je confie à la Vierge Marie les maux d'yeux de ma mère. Qu'elle vienne à son secours et lui accorde la guérison ». (Jean-Paul).

 

« Je vous confie humblement cette intention de prière. Maman Marie, toi qui a toujours été à mes côtés, je te confie et te consacre mon profond désir de mariage. Veux-tu le purifier selon la volonté de Dieu ? Tu connais tous mes sentiments, mes désirs et mes pensées concernant Christophe, je te les remets avec confiance et beaucoup d'espoir. Viens régner, avec Jésus dans notre coeur et dans notre relation d'amitié. Si c'est la volonté de Dieu que nous soyons bénis et appelés tous les 2 au sacrement du mariage, conduis-nous sur cette voie. Si ce n'est pas la volonté de Dieu, mais la paix dans notre cœur et choisis toi-même mon futur époux et sa future épouse. Ô Maman Marie conçue sans péché, prie pour nous qui avons recours à toi ! » (Elodie).

 

« Mes intentions de prière pour ce mois Marial: « Que Dieu m'aide à débloquer ma situation ma situation financière. Qu'il me trouve un bon boulot qui me permettra d'assurer l'éducation des mes enfants, bref le boulot qui permet de suffire aux besoins de ma famille. Que mes dossiers du parquet avec mes anciens Employeurs puissent trouver des bonnes solutions par la grâce de notre Dame de Médaille Miraculeuse et que ça ne soit pas ma volonté mais celle de notre Dieu. Merci et bonne prière ». (Jean-Pierre).

 

« Pour que la Vierge par l'intercession de Sainte Catherine apporte une leur de spiritualité dans ma vie sentimentale.Je souhaite de tout mon cœur ne plus vivre dans l’infidélité car je ne peux communier. Qu'il soit convertit et sache que le concubinage n'est pas une bonne chose. Que spirituellement il agit et réfléchisse et qu'elle nous rende visite. Je lisais encore les recommandations les recommandations sur les sacrements de réconciliation et l'eucharistie, je souhaite que les choses s’améliore pour nous. Je prie de vivre dans la chrétienté avec lui c'est mon désir et qu'il soit convertis ». (Smile).

 

« Prions le Seigneur par l'intercession de la Vierge par sa Médaille miraculeuse afin qu'il nous aide à avoir un enfant dans notre foyer depuis notre mariage religieux et que la dette qui nous étouffe à ce jour soit allégée et payer tout doucement. que les enfants adoptifs que nous avons dans notre maison trouvent leur épanouissement, la santé et la foi en Dieu. Que les âmes du Purgatoire reposent en paix ». (Paul).

 

« Je vous salue dans le saint nom de Jésus. Pour la conversion de mon mari. pour la conversion de mes frères. Je vous demande de prier pour la guérison de ma nièce Inès. Mon neveu Sami. Mon Neveu Yann qui à 10 ans et demi et qui a perdu la voix. Pour le voyage de mon petit frère Emmenuel J. et le voyage de mon fils, que la grâce du tout puissant soit sur vous que la Vierge Marie vous comble de ses bienfaits j'aime la fille de l'éternel Dieu. La paix du Seigneur soit avec vous. priez pour la paix dans mon foyer et l'amour entre moi et mon mari merci ». (Caroline).

 

« Comment te remercier pour ces merveilles! Je te dit tout simplement : « Merci maman Marie pour la qualité de vie que ton fils et toi offrez à ma famille ici bas ». jamais tu ne m'as jamais rien refusé, tu as toujours été là pour moi alors maman je ne cesserai jamais de t'implorer car je sais tu m'aimes et je suis ta fille à qui d'autre irais je ? Tu es ma mère, ma protectrice, alors en ce mois qui t'est dédié chère Maman je te supplie de tourner ton regard maternel et bienveillant sur ton fils Patrick Olivier dont tu as bien voulu me confier la garde, permets par tes prières à notre Seigneur Jésus-Christ que la providence l'accompagne dans ses examens: Baccalauréat et concours d'entrée dans une école polytechnique du pays ! Vierge miséricordieuse bénie j'implore ton secours et ton assistance prie pour nous qui avons recours à toi car en notre Seigneur Jésus-Christ, nous avons totalement confiance ! Merci ». (Solange).

 

« Vierge Marie je vous demande de prendre sous votre guidance et protection notre fils Stéphane afin qu'il sorte de tous ces soucis dans lesquels il se trouve soucis financiers dus à une mauvaise gestion il était trop jeune pour se lancer dans la vie, demandez pour lui à Jésus de le corriger dans l'amour de l'éduquer dans la droiture de le rendre aux joies de votre Sainte famille protégez aussi son papa qui fait tout ce qu'il peut pour l'aider je vous confie aussi nos deux autres enfants et leur foyer merci Maman du ciel Merci Seigneur ». (Stéphane).

 

« Mon Dieu je te demande de libérer Victor qui es malade, il est interné depuis 22 jour il souffre beaucoup, je te demande de le guérir car il est déprimé sans force sans courage, Je t'en supplie mon Dieu aies pitié de lui ». (Antoine).

 

« Maman Marie, accorde-moi la grâce de tomber enceinte et d’être une mère douce et généreuse conduisant ses enfants sur le chemin de la Foi. Amen ». (Perpétue).

 

« Sainte Vierge Marie, je te prie pour ma santé, merci Marie. Sainte Vierge Marie, Notre Mère, je te prie pour l’unité dans ma famille. Sainte Vierge Marie, je mets entre tes mains ma famille et je te demande de tourner vers Dieu Notre Père et vers Jésus Notre Frère et sauveur mon père ainsi que mes neveux et nièce. Sainte Vierge Marie, Notre Mère, je te prie pour toutes les âmes du purgatoire et spécialement pour ceux qui meurent seuls, ceux qui ne croient pas, ceux pour qui personne ne prie, et pour mon frère et tous les membres défunts de ma famille. Je demande à Notre Mère, la Sainte Vierge Marie de m’aider à construire ma maison, où je souhaite y honorer l’image de la Sainte Famille. Sainte Vierge Marie, chère Maman, je vous demande de protéger notre belle terre, les végétaux et tous les animaux du monde que nous, les hommes, détruisons ». (Maria).

 

« J'ai profondément et avec confiance besoin de l'intercession de la Très Sainte Vierge Marie, restée vierge après la naissance du Seigneur Jésus : aidez-moi a résoudre Les problèmes qui m'accablent depuis des mois, j'ai la certitude que la solution ne peut que venir de la très sainte vierge Marie. Ainsi soit il ». (Matysco).

 

« En ce mois de maman Marie, je prie maman marie de prier pour la conversion de mon mari, de mes enfants, de mon frère Ben, mes frères et sœurs et la conversion de chaque membre de ma famille. Merci maman Marie. Ta fille caroline qui t'aime ».

 

« Prions pour David, persécuté dans son travail et pour son épouse Marie-Charlotte qui est au chômage. Que le Seigneur puisse venir toucher ce couple et agréer leurs demandes pour un nouveau travail. Action de grâce pour cette famille avec la venue d'un petit Arthur. Prions pour Jean-Marie qui s'est suicidé. Que le Seigneur lui accorde la clémence. Prions pour toutes les intentions du groupe de la Visitation ainsi que pour les exclus. Prions pour notre gouvernement afin qu'il ne vote plus de lois scélérates. Prions pour la famille. Prions pour notre St Père François ainsi que pour notre Pape Emérite Benoît XVI. Prions pour que les couples puissent être à l'image de la Sainte Famille. Merci, Seigneur, Merci Maman Marie et Sainte Catherine Labouré pour toutes les grâces reçues. Que Dieu vous bénisse ! Union dans la prière ». (Marie).

 

« Je compte sur vos prières pour que Dieu puisse exaucer mes demandes qui consistent à la régularisation du statut de mes enfants et d’autres enfants dans la même situation, à la réussite de mes enfants, à la paix et  prospérité des familles Léo, Louis-Charles et Charles ». (Marie-Jeanne).

 

« Maman je te remercie d'avoir mis à ma disposition des fonds nécessaire pour sortir de mon endettement ! Mère infiniment bonne permets par la grâce de ton fils notre seigneur Jésus-Christ que je puisse effectivement réussir à ouvrir ce compte d'association que l'argent y afférent y  soit alloué! Merci Sainte Mère pour toutes ces merveilles. Amen ». (Solange).

 

« Que maman Marie jette un regard de bonté sur ma sœur Chantal qui est très mal et désorientée. Elle a du diabète de l'eczéma sur tous le corps. Par la puissance de Marie qu'elle soit délivrée de tous les esprits maléfiques qui l'empêchent de vivre sa vie d'enfant de Dieu. Merci pour tous ceux qui prieront pour la très sainte vierge. Merci Maman Marie. » (Stella)

 

« Sainte Vierge Marie et Sainte Catherine Labouré, je vous prie pour mon oncle Vincent et sa famille. Apportez leurs la guérison physique et psychologique. Merci ». (Maria).

 

« Je demande l'intercession de la vierge Marie pour que si c'est la volonté de Dieu je conserve mon emploi ou je suis actuellement afin que je puisse subvenir a ma famille, a l'éducation de mes enfants et aider mes voisins. Merci de tout cœur ». (Antoine-Marie).

 

« Par l’intercession de la vierge Marie que le seigneur guérisse notre sœur en christ Judith makwebo » (Clovis).

 

« Sainte Vierge Marie, obtiens pour moi en ce temps de pentecôte une nouvelle naissance dans les dons de sanctification. Ma jarre de compassion, de joie et de foi a tari. J'ai besoin une profonde effusion pour renaître à la vie d'en haut. J'ai essayé par mes propres forces mais en vain. J'ai besoin de la grâce de Dieu. Cela fait des années que je formule la même prière : « Seigneur Jésus doux et humble de Cœur, rend mon cœur semblable au Tien », mais j'ai l'impression que je vais de mal en pire. Mes péchés sont encore plus noirs. Maman, Prie pour moi. Merci maman Marie. Amen ». (Justine).

 

« O Notre Dame de la Médaille Miraculeuse, je te présente toutes les âmes du purgatoire et surtout celles pour lesquelles on ne prie jamais. Je te confie particulièrement l'âme de mon grand-père Mfoula André, ma grand-mère Biloo Alice, mon père Ndjala Jean-Paul. O maman, pardonne leur péchés et, intercède pour eux auprès de ton fils bien-aimé afin qu'il les reçoive dans son royaume pour qu'elles puissent vous présenter directement nos prières. Je te présente aussi tous mes ennemis maman c'est toi notre mère qui peux nous juger. Amen !!!

O maman Marie tu es notre mère que le seigneur nous a laissé a qui d'autre irions nous ci ce n'est toi. Je te remercie d'avoir donne des enfants a Fabiola, un grand merci a la maison que tu as permis que Pascal et Fabiola trouvent. Je remercie aussi tout le groupe de Prière Rosa Mystica pour toutes les intentions qu'il vous a adressées et toutes les grâces obtenues jusque là !! Je te prie d'intercéder pour moi afin que tous mes projets de constructions soient réalisés pour la gloire de notre seigneur Jésus Christ. Amen !!!

 

Je demande a maman Marie notre Dame de la Medaille Miraculeuse d'intercéder pour la conversion de mon fils Cédric, maman Marie, fais que mes deux filles Malaika et Walidi puissent s'entendre tout le temps. Maman je te confie mes enfants que je n'ai pas accouchés mais que le seigneur lui même m'a donné : Célia, Jordan, Junior et mes deux homonymes donne moi la force et les moyens de pouvoir m'en occuper je te prie maman. Je te demande aussi maman Marie de donner la guérison a Annycette de notre groupe de Prière Rosa Mystica redonne lui sa Santé, maman, afin qu'elle ne soit plus brûlée des qu'elle est a proximité d'une source électrique, pour la gloire de ton fils bien-aimé notre Seigneur Jésus-Christ. Amen !!! » (Solange)

 

« Prions tous les uns pour les autres avec Marie : je confie à la très Sainte Vierge Marie : mon fils Manu qui est au chômage depuis 2 ans, que notre Mère intercède pour lui, afin qu’il trouve courage et volonté de faire des recherches, et qu’il ne se laisse pas démoraliser. Aide aussi ma fille à évoluer dans son nouveau poste, donne leur la foi, Maman Marie je te confie mes enfants ainsi que mes petits enfants et mon couple : priez pour nous. Amen ». (Jeanne).

 

 

Important

 

N'oubliez pas, surtout, chaque jour, de porter la Médaille Miraculeuse, car c'est le canal privilégié par lequel Marie distribue ses grâces (vous aurez l'occasion de pouvoir le vérifier tout au long de ce mois), de réciter au minimum, 1 notre Père, trois je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père, et trois fois l'invocation : « O Marie conçue sans péchés, priez pour nous qui avons recours à Vous ». Si cela vous est possible, accédez aux Sacrements de l'Eucharistie et de la Réconciliation, au moins chaque semaine pour l'Eucharistie et suivant vos disponibilités pour le Sacrement de Réconciliation. Cela est très important. L'Eucharistie est le centre de toute vie spirituelle et le Sacrement de Réconciliation est la toilette de l'âme...

Les récits des grâces obtenues seront publiés au fur et à mesure et transmis à la Chapelle de la Médaille Miraculeuse à la fin du Mois de Marie.

 

Pour recevoir dans votre boite e-mail chaque jour les Méditations du Mois de Marie de la Médaille Miraculeuse, ainsi que des prières et pour être tenus au courant des mises à jour du blog, abonnez-nous à la newsletter d'Images Saintes.

14 mai 2013

Le Mois de Marie de la Médaille Miraculeuse

Le Mois de Marie de la Médaille Miraculeuse

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Quinzième jour

Sainte Catherine Labouré après les Apparitions

 

Que devient Sœur Catherine après les grâces insignes dont elle avait été l'objet ? Placée après sa Prise d'Habit en janvier 1831, à l'Hospice d'Enghien, rue de Reuilly, à Paris, elle allait y passer quarante-six ans dans l'obscurité la plus complète et dans un silence que le Pape Pie XI déclara plus tard « héroïque ». Dans son entourage, on ne sut jamais qu'elle était l'heureuse privilégiée de la Sainte Vierge. Employée d'abord à la cuisine, puis à la lingerie, elle reste ensuite près de quarante ans dans la salle des vieillards, ajoutant à cet office celui de la basse-cour. Elle se plaisait dans ces humbles fonctions, et rien ne lui semblait préférable au bonheur d'être au service des pauvres de Jésus-Christ. Sa piété était fervente, mais toute simple aussi ; elle ne laissait rien voir en elle qui pût la distinguer des autres. Une seule chose a été remarquée : l'importance qu'elle attachait à la fervente récitation du Chapelet.

Depuis le début de l'année 1876, Sœur Catherine parlait souvent de sa mort, ajoutant que, sûrement, elle ne verrait pas l'année 1877. Pendant les derniers mois, elle fut obligée de garder le lit et de cesser cette vie si active qu'elle menait depuis tant d'années. Le 31 décembre, elle eut, dans la journée, plusieurs faiblesses qui firent croire à sa fin prochaine. On lui proposa les dernières consolations de la Religion, qu'elle accepta avec reconnaissance. Elle reçut les Sacrements avec un bonheur et un calme qu'on ne saurait décrire ; puis, sur sa demande, on lui récita les Litanies de l'Immaculée Conception. Elle répétait souvent cette invocation : « Terreur des démons, priez pour nous ! » On l'entendit s'écrier avec un accent de profonde tendresse : « Ma chère Communauté !... Ma chère Maison-Mère !... »

A quatre heures du soir, une nouvelle faiblesse réunissait toutes les Sœurs de la maison autour de la mourante. Ce n'était pas encore, cependant, le dernier moment. A 7 heures, elle parut s'assoupir davantage et, sans la moindre agonie, son âme se détacha de son corps pour aller contempler au Ciel Jésus et Sa Mère Immaculée.

 

Lecture

La Vierge qui protège

 

Voici deux préservations dues à Notre Dame de la Médaille Miraculeuse. Les deux faits ont eu lieu en 1943 :

« Voici ce qui s'est passé dans mon usine de produits chimiques la semaine de Pâques, raconte Mademoiselle Juliette G., habitant le Gard. Vers 4 heures de l'après-midi, alors que chacun était à son travail, une détonation violente fit trembler les murs. Tout le personnel se précipita dehors. Plus de 400 litres d'un produit nocif et bouillant coulait en écumant. La cuve en fonte qui le contenait venait d'exploser ! Penchée sur un côté et arrachée de son support, elle laissait entrevoir une large fente sous le débris de laquelle devait se trouver le corps du jeune homme surveillant le fonctionnement de cette cuve. Mais la joie succéda à l'angoisse en le voyant sain et sauf ! Comme on lui demandait de s'expliquer, il montra sa Médaille Miraculeuse en disant simplement : « C'est elle qui m'a sauvé ! » En effet, il avait eu la pensée d'aller chercher un outil juste au moment de l'explosion. Et sans respect humain, il se mit à réciter doucement l'Avé Maria ». (Juliette G., Gard).

« J'ai été protégée d'une manière extraordinaire par la Sainte Vierge dont je ne quitte jamais la médaille miraculeuse, raconte à son tour Mademoiselle Denise R., habitant à Eu (Seine Maritime). Devant une maison bombardée, ma bicyclette a accroché une brique, ce qui me fit tomber lourdement. Au même moment, un camion arrivait à vive allure. C'était dans un tournant. Il devait m'écraser, mais il s'arrêta à un mètre de moi ; nous n'avons pas pu comprendre comment... Ma chute n'a entraîné qu'un épanchement de synovie au genou, ce qui m'a bien fait souffrir, mais j'ai la conviction que la Sainte Vierge m'a préservée miraculeusement d'une mort certaine ».

 

Prière

 

O mon Dieu, Vous qui choisissez toujours les plus petits instruments pour accomplir Vos grands desseins, donnez-nous la simplicité d'esprit et de cœur de Sainte Catherine Labouré, cette simplicité qui attire Vos regards, afin que nous soyons les heureux bénéficiaires de la Parole que prononça Jésus Vote Fils : « Je Vous remercie, Père, d'avoir caché ces choses aux grands et aux puissants et de les avoir révélées aux touts petits ». Donnez-nous aussi de grandir de plus en plus dans la vertu d'humilité, comme Sainte Catherine Labouré, car Vous résistez aux superbes et ne donnez Vos grâces qu'aux humbles. Ainsi soit-il.

 

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O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous !

 

Prions les uns pour les autres

 

En ce mois de Marie, durant lequel nous prions Notre Dame de la Médaille Miraculeuse, prions les uns pour les autres. Confiez vos intentions à la prière des internautes. Elle seront publiées ci-après. Envoyez-moi vos intentions à franck.monvoisin@laposte.net

 

« Je viens vous confier les intention de Marie Amédée que maman Marie en ce mois qui lui est confié lui obtienne la grâce de la délivrance totale de tout ses esprits maléfiques qui l'empêchent de réussir sa vie. Maman Marie obtiens lui la grâce de la foi afin qu'elle puisse dire au monde entier tes merveilles et porter plus haut ton étendard et montre lui sa vocation. Obtient aussi a Joséphine la grâce de la réconciliation entre elle et sa maman, sa sœur, son frère, sa nièce, et obtiens pour Francesca la délivrance totale. Donne à pauline la grâce de la foi, l'humilité a Sther, la foi et du travail ». (Pauline)

« Merci à tous ceux qui prieront la Très Sainte Vierge Marie, l'Immaculée Conception, pour la conversion sincère de François, mon mari, ainsi que celles de mes enfants Stéphane, Sylvie et aussi de Yukiko et de Mandor. Merci Maman Marie ». (Anne Marie).

« Maman Marie, merci m'accorder la santé  du corps intercédez pour moi auprès de votre fils ». (Joseph).

« Mes intentions de prière en ce Mois de marie notre Mère : afin qu'elle puisse intercéder auprès de son fils notre seigneur et sauveur Jésus-Christ, pour la réussite, et la victoire de mon voyage ainsi que la protection de tous mes enfants et que je puisse recevoir la délivrance. Merci ». (Godart).

« Ma très sainte mère aie pitié de moi et de ma famille, permets par tes prières que Georgy mon frère soit libéré de ses souffrances dues à sa sclérose en plaques, je souhaiterais avec une très grande foi qu'il guérisse physiquement, spirituellement et intellectuellement. Mais je souhaite que ce soit la volonté de dieu. Je te recommande aussi Mattys son fils,mon neveu que j'essaie de convaincre à se baptiser aide moi, je te confie Arnaud mon autre neveu adolescent également, mais aussi son père : Jannick. Enfin, pour moi je prie depuis 8 ans qu'un homme croyant pratiquant soit envoyé par Dieu pour devenir mon époux, mais rien de tout cela, aide moi, maman par l'intercession de sainte Catherine Labouré. Quelque soit ce que Dieu aura décidé aide moi à accepter sereinement ». (Dulio).

« Je demande l'intercession de la vierge Marie pour guérir ma sœur Blandine, mère des 4 enfants qui souffre de l'hypertension artérielle, maux de cœur et du début du diabète. Que le Seigneur ait pitié d'elle afin qu'elle puisses continuer à élever ses enfants ; je supplie la Mère de Dieu d'assister ma femme qui attend la venue de notre bébé, la vierge qui nous a assisté pour la venue de cet enfant qu'elle assiste ma femme le jour de son accouchement, qu'elle accouche sans problème et par la voie basse ; je demande aussi la grâce de l'Eternel par la médiation de la mère du seigneur qu'elle accorde à ma mère le visa pour la Belgique pour assister sa fille qui vient d'avoir les jumeaux après vingt ans d'attente. Que le seigneur nous accorde sa grâce de demeurer toujours dans sa présence. Amen ». (Clovis).

« Je confie à la Vierge Marie les maux d'yeux de ma mère. Qu'elle vienne à son secours et lui accorde la guérison ». (Jean-Paul).

« Je vous confie humblement cette intention de prière. Maman Marie, toi qui a toujours été à mes côtés, je te confie et te consacre mon profond désir de mariage. Veux-tu le purifier selon la volonté de Dieu ? Tu connais tous mes sentiments, mes désirs et mes pensées concernant Christophe, je te les remets avec confiance et beaucoup d'espoir. Viens régner, avec Jésus dans notre coeur et dans notre relation d'amitié. Si c'est la volonté de Dieu que nous soyons bénis et appelés tous les 2 au sacrement du mariage, conduis-nous sur cette voie. Si ce n'est pas la volonté de Dieu, mais la paix dans notre cœur et choisis toi-même mon futur époux et sa future épouse. Ô Maman Marie conçue sans péché, prie pour nous qui avons recours à toi ! » (Elodie).

« Mes intentions de prière pour ce mois Marial: « Que Dieu m'aide à débloquer ma situation ma situation financière. Qu'il me trouve un bon boulot qui me permettra d'assurer l'éducation des mes enfants, bref le boulot qui permet de suffire aux besoins de ma famille. Que mes dossiers du parquet avec mes anciens Employeurs puissent trouver des bonnes solutions par la grâce de notre Dame de Médaille Miraculeuse et que ça ne soit pas ma volonté mais celle de notre Dieu. Merci et bonne prière ». (Jean-Pierre).

« Pour que la Vierge par l'intercession de Sainte Catherine apporte une leur de spiritualité dans ma vie sentimentale.Je souhaite de tout mon cœur ne plus vivre dans l’infidélité car je ne peux communier. Qu'il soit convertit et sache que le concubinage n'est pas une bonne chose. Que spirituellement il agit et réfléchisse et qu'elle nous rende visite. Je lisais encore les recommandations les recommandations sur les sacrements de réconciliation et l'eucharistie, je souhaite que les choses s’améliore pour nous. Je prie de vivre dans la chrétienté avec lui c'est mon désir et qu'il soit convertis ». (Smile).

« Prions le Seigneur par l'intercession de la Vierge par sa Médaille miraculeuse afin qu'il nous aide à avoir un enfant dans notre foyer depuis notre mariage religieux et que la dette qui nous étouffe à ce jour soit allégée et payer tout doucement. que les enfants adoptifs que nous avons dans notre maison trouvent leur épanouissement, la santé et la foi en Dieu. Que les âmes du Purgatoire reposent en paix ». (Paul).

« Je vous salue dans le saint nom de Jésus. Pour la conversion de mon mari. pour la conversion de mes frères. Je vous demande de prier pour la guérison de ma nièce Inès. Mon neveu Sami. Mon Neveu Yann qui à 10 ans et demi et qui a perdu la voix. Pour le voyage de mon petit frère Emmenuel J. et le voyage de mon fils, que la grâce du tout puissant soit sur vous que la Vierge Marie vous comble de ses bienfaits j'aime la fille de l'éternel Dieu. La paix du Seigneur soit avec vous. priez pour la paix dans mon foyer et l'amour entre moi et mon mari merci ». (Caroline).

 

« Comment te remercier pour ces merveilles! Je te dit tout simplement : « Merci maman Marie pour la qualité de vie que ton fils et toi offrez à ma famille ici bas ». jamais tu ne m'as jamais rien refusé, tu as toujours été là pour moi alors maman je ne cesserai jamais de t'implorer car je sais tu m'aimes et je suis ta fille à qui d'autre irais je ? Tu es ma mère, ma protectrice, alors en ce mois qui t'est dédié chère Maman je te supplie de tourner ton regard maternel et bienveillant sur ton fils Patrick Olivier dont tu as bien voulu me confier la garde, permets par tes prières à notre Seigneur Jésus-Christ que la providence l'accompagne dans ses examens: Baccalauréat et concours d'entrée dans une école polytechnique du pays ! Vierge miséricordieuse bénie j'implore ton secours et ton assistance prie pour nous qui avons recours à toi car en notre Seigneur Jésus-Christ, nous avons totalement confiance ! Merci ». (Solange).

 

« Vierge Marie je vous demande de prendre sous votre guidance et protection notre fils Stéphane afin qu'il sorte de tous ces soucis dans lesquels il se trouve soucis financiers dus à une mauvaise gestion il était trop jeune pour se lancer dans la vie, demandez pour lui à Jésus de le corriger dans l'amour de l'éduquer dans la droiture de le rendre aux joies de votre Sainte famille protégez aussi son papa qui fait tout ce qu'il peut pour l'aider je vous confie aussi nos deux autres enfants et leur foyer merci Maman du ciel Merci Seigneur ». (Stéphane).

 

« Mon Dieu je te demande de libérer Victor qui es malade, il est interné depuis 22 jour il souffre beaucoup, je te demande de le guérir car il est déprimé sans force sans courage, Je t'en supplie mon Dieu aies pitié de lui ». (Antoine).

 

« Maman Marie, accorde-moi la grâce de tomber enceinte et d’être une mère douce et généreuse conduisant ses enfants sur le chemin de la Foi. Amen ». (Perpétue).

 

« Sainte Vierge Marie, je te prie pour ma santé, merci Marie. Sainte Vierge Marie, Notre Mère, je te prie pour l’unité dans ma famille. Sainte Vierge Marie, je mets entre tes mains ma famille et je te demande de tourner vers Dieu Notre Père et vers Jésus Notre Frère et sauveur mon père ainsi que mes neveux et nièce. Sainte Vierge Marie, Notre Mère, je te prie pour toutes les âmes du purgatoire et spécialement pour ceux qui meurent seuls, ceux qui ne croient pas, ceux pour qui personne ne prie, et pour mon frère et tous les membres défunts de ma famille. Je demande à Notre Mère, la Sainte Vierge Marie de m’aider à construire ma maison, où je souhaite y honorer l’image de la Sainte Famille. Sainte Vierge Marie, chère Maman, je vous demande de protéger notre belle terre, les végétaux et tous les animaux du monde que nous, les hommes, détruisons ». (Maria).

 

« J'ai profondément et avec confiance besoin de l'intercession de la Très Sainte Vierge Marie, restée vierge après la naissance du Seigneur Jésus : aidez-moi a résoudre Les problèmes qui m'accablent depuis des mois, j'ai la certitude que la solution ne peut que venir de la très sainte vierge Marie. Ainsi soit il ». (Matysco).

 

Important

 

N'oubliez pas, surtout, chaque jour, de porter la Médaille Miraculeuse, car c'est le canal privilégié par lequel Marie distribue ses grâces (vous aurez l'occasion de pouvoir le vérifier tout au long de ce mois), de réciter au minimum, 1 notre Père, trois je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père, et trois fois l'invocation : « O Marie conçue sans péchés, priez pour nous qui avons recours à Vous ». Si cela vous est possible, accédez aux Sacrements de l'Eucharistie et de la Réconciliation, au moins chaque semaine pour l'Eucharistie et suivant vos disponibilités pour le Sacrement de Réconciliation. Cela est très important. L'Eucharistie est le centre de toute vie spirituelle et le Sacrement de Réconciliation est la toilette de l'âme...

Les récits des grâces obtenues seront publiés au fur et à mesure et transmis à la Chapelle de la Médaille Miraculeuse à la fin du Mois de Marie.

 

Pour recevoir dans votre boite e-mail chaque jour les Méditations du Mois de Marie de la Médaille Miraculeuse, ainsi que des prières et pour être tenus au courant des mises à jour du blog, abonnez-nous à la newsletter d'Images Saintes.

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20 mai 2013

Le Mois de Marie de la Médaille Miraculeuse

Le Mois de Marie de la Médaille Miraculeuse

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Vingt-et-unième jour

Regardons notre Médaille

 

La Vierge aux rayons

 

Nous avons dit que lorsque la Sainte Vierge eut offert le globe du monde au Seigneur, Sœur Catherine la vit tout à coup abaisser les mains et les étendre dans un grand geste de miséricorde et d'accueil. Le globe avait disparu, mais des mains de Marie s'échappaient des faisceaux de lumières ruisselant en rayons éblouissants sous lesquels disparaissait tout le bas de son corps. Les mains de la Vierge semblaient fléchir sous le poids de ces rayons de grâces, dont Elle a voulu être reproduite sur Sa Médaille. Quelle consolation pour nous de la contempler ainsi ! Tout à l'heure, Marie offrait au Seigneur nos prières, nos mérites. Maintenant, tout se transforme entre Ses mains. Dieu pourrait-Il refuser ce qui monte vers Lui par l'intermédiaire de Sa Mère ?

Ces mêmes mains maternelles qui s'étaient chargées de nos offrandes vont nous transmettre les grâces d'En-Haut, non pas au hasard. La Sainte Vierge connaît chacun de Ses enfants. Elle entend chacune de leurs supplications. Elle voit chacun de leurs besoins. Elle donne a qui Lui demande, nous rappelant par là l'importance de la prière, ce lien qui nous relie par Elle à Son Divin Fils. En effet, Catherine Labouré s'est bien aperçue que certains anneaux, certaines pierreries ne donnaient aucun rayons. Quel dommage de les laisser pour ainsi dire stériles entre les mains de Celle qui est la Toute-Puissance suppliante ! Quel dommage aussi de la prier mal, de Lui offrir des Chapelets récités sans âme ! Que de grâces dont nous nous privons ainsi !

Rien n'égale les charmes, la grâce, l'expression de tendresse renfermés dans l'attitude de cette Vierge abaissant avec bonté Ses regards et Ses mains chargées de bienfaits sur tous ceux qui veulent se confier à Sa médiation miséricordieuse. Oh ! Regardons souvent la Vierge aux rayons de notre Médaille ! Apprenons à bien la prier.

 

Lecture

Préservation miraculeuse d'un jeune foyer pendant le bombardement de parisienne le 20 avril 1944

 

Cette famille s'était consacrée au Cœur Immaculé de Marie quelques semaines avant. Voici les faits rapportés par le mari :

« J'avais accepté la consécration pour faire plaisir à ma jeune femme, me demandant à quoi cela pourrait bien nous servir. Je ne devais pas tarder à m'en rendre compte. Nous habitions au cinquième étage à gauche, un immeuble du quartier Montmartre où il y a sur chaque palier un appartement à gauche, un autre à droite. Jamais nous ne descendions pendant les alertes ; le soir du 20 avril, la lumière extraordinaire nous fit croire à un incendie et nous nous levons en hâte, d'autant plus que le bruit des avions était de plus en plus fort. Ma femme prend notre bébé de dix mois sur ses bras et nous sortons sur le palier, hésitant sur le parti à prendre. « Il serait plus prudent de descendre », fit ma femme, qui avait très peur. Je rentre dans l'appartement pour prendre ma lampe électrique que j'avais oublié. A ce moment, un fracas épouvantable se produit. Tout paraît s'effondrer autour de moi. Bien vite je retourne sur le palier. Tout avait disparu ! Plus de femme, plus d'enfant, plus d'escalier ! Plus d'appartement à droit ! Ceux de gauche sont restés.

Je me penche au-dessus du trou béant formé par la chute de l'escalier et des appartements de droit. L'incendie qui ravage la maison voisine éclaire tout, mais je ne puis apercevoir à sa lueur que des ruines provoquées par le passage de la bombe. Affolé, je suis convaincu que ma femme et mon enfant son morts. Impossible de descendre à leur recherche puisqu'il n'y a plus d'escalier. Je me penche, j'appelle. Soudains, dans le silence, la voix de ma femme monte : « Attention ! Il y a un trou ! N'oublie pas ta médaille ! » « As-tu l'enfant ? », dis-je à mon tour. « Oui », répond-elle, d'une voix très affaiblie. Impossible de savoir d'où vient exactement la voix. Elle monte du bas de la cage de l'escalier en ruines. De temps à autre, la voix de ma femme répète machinalement : « Attention ! Il y a un troue ! » Puis je l'entends dire : « N'oublie pas l'enfant ! » Que voulait dire cette recommandation ? L'enfant n'était-il plus avec sa mère ? Impossible d'en savoir plus long... j'appelle... Ma femme ne répond plus... Je t'entends répéter encore une fois : « Attention à l'enfant ! » Puis c'est tout. Un silence de mort plane sur les ruines de la maison éclairée par l'incendie tout proche ». (A suivre).

 

Prière

 

Obtenez-nous, ô Marie, cette enfantine et vaillante simplicité, et surtout cette imperturbable confiance en Votre protection. Jusqu'ici, la mienne n'a pas été assez forte ; je crois, mais je n'espère pas selon l'étendue de ma foi. On dirait presque que je doute, ô Marie, et de Votre puissance et de Votre bonté. De Vous, comme du Bon Dieu, « on obtient tout autant qu'on espère ». Je veux donc, désormais, moi aussi, porter Votre Médaille avec confiance et avec fierté, sûr d'avance que Vous m'en récompenserez à Votre manière, c'est à dire en Mère toute-puissante et toute bonne. Ainsi soit-il.

 

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O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous !

 

Prions les uns pour les autres

 

En ce mois de Marie, durant lequel nous prions Notre Dame de la Médaille Miraculeuse, prions les uns pour les autres. Confiez vos intentions à la prière des internautes. Elle seront publiées ci-après. Envoyez-moi vos intentions à franck.monvoisin@laposte.net

 

« Je viens vous confier les intention de Marie Amédée que maman Marie en ce mois qui lui est confié lui obtienne la grâce de la délivrance totale de tout ses esprits maléfiques qui l'empêchent de réussir sa vie. Maman Marie obtiens lui la grâce de la foi afin qu'elle puisse dire au monde entier tes merveilles et porter plus haut ton étendard et montre lui sa vocation. Obtient aussi a Joséphine la grâce de la réconciliation entre elle et sa maman, sa sœur, son frère, sa nièce, et obtiens pour Francesca la délivrance totale. Donne à pauline la grâce de la foi, l'humilité a Sther, la foi et du travail ». (Pauline)

« Merci à tous ceux qui prieront la Très Sainte Vierge Marie, l'Immaculée Conception, pour la conversion sincère de François, mon mari, ainsi que celles de mes enfants Stéphane, Sylvie et aussi de Yukiko et de Mandor. Merci Maman Marie ». (Anne Marie).

« Maman Marie, merci m'accorder la santé  du corps intercédez pour moi auprès de votre fils ». (Joseph).

« Mes intentions de prière en ce Mois de marie notre Mère : afin qu'elle puisse intercéder auprès de son fils notre seigneur et sauveur Jésus-Christ, pour la réussite, et la victoire de mon voyage ainsi que la protection de tous mes enfants et que je puisse recevoir la délivrance. Merci ». (Godart).

« Ma très sainte mère aie pitié de moi et de ma famille, permets par tes prières que Georgy mon frère soit libéré de ses souffrances dues à sa sclérose en plaques, je souhaiterais avec une très grande foi qu'il guérisse physiquement, spirituellement et intellectuellement. Mais je souhaite que ce soit la volonté de dieu. Je te recommande aussi Mattys son fils,mon neveu que j'essaie de convaincre à se baptiser aide moi, je te confie Arnaud mon autre neveu adolescent également, mais aussi son père : Jannick. Enfin, pour moi je prie depuis 8 ans qu'un homme croyant pratiquant soit envoyé par Dieu pour devenir mon époux, mais rien de tout cela, aide moi, maman par l'intercession de sainte Catherine Labouré. Quelque soit ce que Dieu aura décidé aide moi à accepter sereinement ». (Dulio).

« Je demande l'intercession de la vierge Marie pour guérir ma sœur Blandine, mère des 4 enfants qui souffre de l'hypertension artérielle, maux de cœur et du début du diabète. Que le Seigneur ait pitié d'elle afin qu'elle puisses continuer à élever ses enfants ; je supplie la Mère de Dieu d'assister ma femme qui attend la venue de notre bébé, la vierge qui nous a assisté pour la venue de cet enfant qu'elle assiste ma femme le jour de son accouchement, qu'elle accouche sans problème et par la voie basse ; je demande aussi la grâce de l'Eternel par la médiation de la mère du seigneur qu'elle accorde à ma mère le visa pour la Belgique pour assister sa fille qui vient d'avoir les jumeaux après vingt ans d'attente. Que le seigneur nous accorde sa grâce de demeurer toujours dans sa présence. Amen ». (Clovis).

« Je confie à la Vierge Marie les maux d'yeux de ma mère. Qu'elle vienne à son secours et lui accorde la guérison ». (Jean-Paul).

« Je vous confie humblement cette intention de prière. Maman Marie, toi qui a toujours été à mes côtés, je te confie et te consacre mon profond désir de mariage. Veux-tu le purifier selon la volonté de Dieu ? Tu connais tous mes sentiments, mes désirs et mes pensées concernant Christophe, je te les remets avec confiance et beaucoup d'espoir. Viens régner, avec Jésus dans notre coeur et dans notre relation d'amitié. Si c'est la volonté de Dieu que nous soyons bénis et appelés tous les 2 au sacrement du mariage, conduis-nous sur cette voie. Si ce n'est pas la volonté de Dieu, mais la paix dans notre cœur et choisis toi-même mon futur époux et sa future épouse. Ô Maman Marie conçue sans péché, prie pour nous qui avons recours à toi ! » (Elodie).

« Mes intentions de prière pour ce mois Marial: « Que Dieu m'aide à débloquer ma situation ma situation financière. Qu'il me trouve un bon boulot qui me permettra d'assurer l'éducation des mes enfants, bref le boulot qui permet de suffire aux besoins de ma famille. Que mes dossiers du parquet avec mes anciens Employeurs puissent trouver des bonnes solutions par la grâce de notre Dame de Médaille Miraculeuse et que ça ne soit pas ma volonté mais celle de notre Dieu. Merci et bonne prière ». (Jean-Pierre).

« Pour que la Vierge par l'intercession de Sainte Catherine apporte une leur de spiritualité dans ma vie sentimentale.Je souhaite de tout mon cœur ne plus vivre dans l’infidélité car je ne peux communier. Qu'il soit convertit et sache que le concubinage n'est pas une bonne chose. Que spirituellement il agit et réfléchisse et qu'elle nous rende visite. Je lisais encore les recommandations les recommandations sur les sacrements de réconciliation et l'eucharistie, je souhaite que les choses s’améliore pour nous. Je prie de vivre dans la chrétienté avec lui c'est mon désir et qu'il soit convertis ». (Smile).

« Prions le Seigneur par l'intercession de la Vierge par sa Médaille miraculeuse afin qu'il nous aide à avoir un enfant dans notre foyer depuis notre mariage religieux et que la dette qui nous étouffe à ce jour soit allégée et payer tout doucement. que les enfants adoptifs que nous avons dans notre maison trouvent leur épanouissement, la santé et la foi en Dieu. Que les âmes du Purgatoire reposent en paix ». (Paul).

« Je vous salue dans le saint nom de Jésus. Pour la conversion de mon mari. pour la conversion de mes frères. Je vous demande de prier pour la guérison de ma nièce Inès. Mon neveu Sami. Mon Neveu Yann qui à 10 ans et demi et qui a perdu la voix. Pour le voyage de mon petit frère Emmenuel J. et le voyage de mon fils, que la grâce du tout puissant soit sur vous que la Vierge Marie vous comble de ses bienfaits j'aime la fille de l'éternel Dieu. La paix du Seigneur soit avec vous. priez pour la paix dans mon foyer et l'amour entre moi et mon mari merci ». (Caroline).

« Comment te remercier pour ces merveilles! Je te dit tout simplement : « Merci maman Marie pour la qualité de vie que ton fils et toi offrez à ma famille ici bas ». jamais tu ne m'as jamais rien refusé, tu as toujours été là pour moi alors maman je ne cesserai jamais de t'implorer car je sais tu m'aimes et je suis ta fille à qui d'autre irais je ? Tu es ma mère, ma protectrice, alors en ce mois qui t'est dédié chère Maman je te supplie de tourner ton regard maternel et bienveillant sur ton fils Patrick Olivier dont tu as bien voulu me confier la garde, permets par tes prières à notre Seigneur Jésus-Christ que la providence l'accompagne dans ses examens: Baccalauréat et concours d'entrée dans une école polytechnique du pays ! Vierge miséricordieuse bénie j'implore ton secours et ton assistance prie pour nous qui avons recours à toi car en notre Seigneur Jésus-Christ, nous avons totalement confiance ! Merci ». (Solange).

« Vierge Marie je vous demande de prendre sous votre guidance et protection notre fils Stéphane afin qu'il sorte de tous ces soucis dans lesquels il se trouve soucis financiers dus à une mauvaise gestion il était trop jeune pour se lancer dans la vie, demandez pour lui à Jésus de le corriger dans l'amour de l'éduquer dans la droiture de le rendre aux joies de votre Sainte famille protégez aussi son papa qui fait tout ce qu'il peut pour l'aider je vous confie aussi nos deux autres enfants et leur foyer merci Maman du ciel Merci Seigneur ». (Stéphane).

« Mon Dieu je te demande de libérer Victor qui es malade, il est interné depuis 22 jour il souffre beaucoup, je te demande de le guérir car il est déprimé sans force sans courage, Je t'en supplie mon Dieu aies pitié de lui ». (Antoine).

« Maman Marie, accorde-moi la grâce de tomber enceinte et d’être une mère douce et généreuse conduisant ses enfants sur le chemin de la Foi. Amen ». (Perpétue).

« Sainte Vierge Marie, je te prie pour ma santé, merci Marie. Sainte Vierge Marie, Notre Mère, je te prie pour l’unité dans ma famille. Sainte Vierge Marie, je mets entre tes mains ma famille et je te demande de tourner vers Dieu Notre Père et vers Jésus Notre Frère et sauveur mon père ainsi que mes neveux et nièce. Sainte Vierge Marie, Notre Mère, je te prie pour toutes les âmes du purgatoire et spécialement pour ceux qui meurent seuls, ceux qui ne croient pas, ceux pour qui personne ne prie, et pour mon frère et tous les membres défunts de ma famille. Je demande à Notre Mère, la Sainte Vierge Marie de m’aider à construire ma maison, où je souhaite y honorer l’image de la Sainte Famille. Sainte Vierge Marie, chère Maman, je vous demande de protéger notre belle terre, les végétaux et tous les animaux du monde que nous, les hommes, détruisons ». (Maria).

« J'ai profondément et avec confiance besoin de l'intercession de la Très Sainte Vierge Marie, restée vierge après la naissance du Seigneur Jésus : aidez-moi a résoudre Les problèmes qui m'accablent depuis des mois, j'ai la certitude que la solution ne peut que venir de la très sainte vierge Marie. Ainsi soit il ». (Matysco).

« En ce mois de maman Marie, je prie maman marie de prier pour la conversion de mon mari, de mes enfants, de mon frère Ben, mes frères et sœurs et la conversion de chaque membre de ma famille. Merci maman Marie. Ta fille caroline qui t'aime ».

 

« Prions pour David, persécuté dans son travail et pour son épouse Marie-Charlotte qui est au chômage. Que le Seigneur puisse venir toucher ce couple et agréer leurs demandes pour un nouveau travail. Action de grâce pour cette famille avec la venue d'un petit Arthur. Prions pour Jean-Marie qui s'est suicidé. Que le Seigneur lui accorde la clémence. Prions pour toutes les intentions du groupe de la Visitation ainsi que pour les exclus. Prions pour notre gouvernement afin qu'il ne vote plus de lois scélérates. Prions pour la famille. Prions pour notre St Père François ainsi que pour notre Pape Emérite Benoît XVI. Prions pour que les couples puissent être à l'image de la Sainte Famille. Merci, Seigneur, Merci Maman Marie et Sainte Catherine Labouré pour toutes les grâces reçues. Que Dieu vous bénisse ! Union dans la prière ». (Marie).

 

« Je compte sur vos prières pour que Dieu puisse exaucer mes demandes qui consistent à la régularisation du statut de mes enfants et d’autres enfants dans la même situation, à la réussite de mes enfants, à la paix et  prospérité des familles Léo, Louis-Charles et Charles ». (Marie-Jeanne).

 

« Maman je te remercie d'avoir mis à ma disposition des fonds nécessaire pour sortir de mon endettement ! Mère infiniment bonne permets par la grâce de ton fils notre seigneur Jésus-Christ que je puisse effectivement réussir à ouvrir ce compte d'association que l'argent y afférent y  soit alloué! Merci Sainte Mère pour toutes ces merveilles. Amen ». (Solange).

 

« Que maman Marie jette un regard de bonté sur ma sœur Chantal qui est très mal et désorientée. Elle a du diabète de l'eczéma sur tous le corps. Par la puissance de Marie qu'elle soit délivrée de tous les esprits maléfiques qui l'empêchent de vivre sa vie d'enfant de Dieu. Merci pour tous ceux qui prieront pour la très sainte vierge. Merci Maman Marie. » (Stella)

 

« Sainte Vierge Marie et Sainte Catherine Labouré, je vous prie pour mon oncle Vincent et sa famille. Apportez leurs la guérison physique et psychologique. Merci ». (Maria).

 

« Je demande l'intercession de la vierge Marie pour que si c'est la volonté de Dieu je conserve mon emploi ou je suis actuellement afin que je puisse subvenir a ma famille, a l'éducation de mes enfants et aider mes voisins. Merci de tout cœur ». (Antoine-Marie).

 

« Par l’intercession de la vierge Marie que le seigneur guérisse notre sœur en christ Judith makwebo » (Clovis).

 

« Sainte Vierge Marie, obtiens pour moi en ce temps de pentecôte une nouvelle naissance dans les dons de sanctification. Ma jarre de compassion, de joie et de foi a tari. J'ai besoin une profonde effusion pour renaître à la vie d'en haut. J'ai essayé par mes propres forces mais en vain. J'ai besoin de la grâce de Dieu. Cela fait des années que je formule la même prière : « Seigneur Jésus doux et humble de Cœur, rend mon cœur semblable au Tien », mais j'ai l'impression que je vais de mal en pire. Mes péchés sont encore plus noirs. Maman, Prie pour moi. Merci maman Marie. Amen ». (Justine).

 

« O Notre Dame de la Médaille Miraculeuse, je te présente toutes les âmes du purgatoire et surtout celles pour lesquelles on ne prie jamais. Je te confie particulièrement l'âme de mon grand-père Mfoula André, ma grand-mère Biloo Alice, mon père Ndjala Jean-Paul. O maman, pardonne leur péchés et, intercède pour eux auprès de ton fils bien-aimé afin qu'il les reçoive dans son royaume pour qu'elles puissent vous présenter directement nos prières. Je te présente aussi tous mes ennemis maman c'est toi notre mère qui peux nous juger. Amen !!!

O maman Marie tu es notre mère que le seigneur nous a laissé a qui d'autre irions nous ci ce n'est toi. Je te remercie d'avoir donne des enfants a Fabiola, un grand merci a la maison que tu as permis que Pascal et Fabiola trouvent. Je remercie aussi tout le groupe de Prière Rosa Mystica pour toutes les intentions qu'il vous a adressées et toutes les grâces obtenues jusque là !! Je te prie d'intercéder pour moi afin que tous mes projets de constructions soient réalises pour la gloire de notre seigneur Jésus Christ. Amen !!!

 

Je demande a maman Marie notre Dame de la Medaille Miraculeuse d'intercéder pour la conversion de mon fils Cédric, maman Marie, fais que mes deux filles Malaika et Walidi puissent s'entendre tout le temps. Maman je te confie mes enfants que je n'ai pas accouchés mais que le seigneur lui même m'a donné : Célia, Jordan, Junior et mes deux homonymes donne moi la force et les moyens de pouvoir m'en occuper je te prie maman. Je te demande aussi maman Marie de donner la guérison a Annycette de notre groupe de Prière Rosa Mystica redonne lui sa Santé, maman, afin qu'elle ne soit plus brûlée des qu'elle est a proximité d'une source électrique, pour la gloire de ton fils bien-aimé notre Seigneur Jésus-Christ. Amen !!! » (Solange)

 

« Prions tous les uns pour les autres avec Marie : je confie à la très Sainte Vierge Marie : mon fils Manu qui est au chômage depuis 2 ans, que notre Mère intercède pour lui, afin qu’il trouve courage et volonté de faire des recherches, et qu’il ne se laisse pas démoraliser. Aide aussi ma fille à évoluer dans son nouveau poste, donne leur la foi, Maman Marie je te confie mes enfants ainsi que mes petits enfants et mon couple : priez pour nous. Amen ». (Jeanne)

 

« Oh Maman Marie, accorde-moi la grâce de tomber enceinte et d’être une mère douce et généreuse conduisant ses enfants sur le chemin de la Foi. Amen ». (Perpétue).

 

Important

 

N'oubliez pas, surtout, chaque jour, de porter la Médaille Miraculeuse, car c'est le canal privilégié par lequel Marie distribue ses grâces (vous aurez l'occasion de pouvoir le vérifier tout au long de ce mois), de réciter au minimum, 1 notre Père, trois je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père, et trois fois l'invocation : « O Marie conçue sans péchés, priez pour nous qui avons recours à Vous ». Si cela vous est possible, accédez aux Sacrements de l'Eucharistie et de la Réconciliation, au moins chaque semaine pour l'Eucharistie et suivant vos disponibilités pour le Sacrement de Réconciliation. Cela est très important. L'Eucharistie est le centre de toute vie spirituelle et le Sacrement de Réconciliation est la toilette de l'âme...

Les récits des grâces obtenues seront publiés au fur et à mesure et transmis à la Chapelle de la Médaille Miraculeuse à la fin du Mois de Marie.

 

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30 avril 2013

Le Mois de Marie de la Médaille Miraculeuse

Le Mois de Marie de la Médaille Miraculeuse

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Premier jour

La Médaille, souvenir constant de la Sainte Vierge

 

Trop souvent nous nous croyons seuls dans nos peines, qu'elles soient individuelles, familiales ou nationales. Lourde erreur ! Une chère Présence se tient toujours à nos côtés, qu'il suffirait de regarder pour être consolés : cette Présence, c'est celle de la Très Sainte Vierge. Pour trop de chrétiens, la Sainte Vierge n'est qu'une statue immobile ou une image glacée, très belle certes, mais lointaine, quand, en réalité, Elle circule dans notre Pays, dans nos foyers, sur la terre entière, pour y vivre avec nous, avec chacun de nous...

Mais voilà... Nous n'y pensons pas, nous n'y croyons pas à cette présence de la Sainte Vierge. Nous vivons pratiquement comme si Elle habitait uniquement le Ciel et ne s'intéressait que de très loin à Ses enfants de la terre, alors que la réalité est bien autrement consolante ! Pour nous la rappeler, non seulement la Sainte Vierge est descendue plus d'une fois ici-bas, en particulier sur notre terre de France, qu'Elle aime d'un amour de prédilection, mais Elle nous a apporté Son Image afin que nous la portions sur nous et qu'ainsi nous pensions plus souvent à Elle.

Son pur visage nous parle de nos espérances ; Son pied béni qui écrase la tête du serpent nous rappelle que dans le monde surnaturel, Elle est toujours victorieuse. Ses mains rayonnantes de grâces nous disent Sa puissance. Ceux qui se moquent de nos médailles, de nos images, n'ont jamais compris qu'elle était le symbole secret de l'amour ! Ils le comprenaient, nos prisonniers portant sur leur cœur une lettre écrite soit par leur femme, soit par leur vieille maman, ou encore une mèche de cheveux du cher petit, grandissant en leur absence. Souvenirs qui tiennent chaud au cœur, parce qu'ils ont la puissance de l'amour.

Voilà ce que notre Mère du Ciel a voulu nous donner en nous apportant Sa Médaille. Pendant tout ce mois, nous la regarderons, nous en méditerons les leçons pour mieux en comprendre le prix et témoigner à la Sainte Vierge notre reconnaissance.

 

Lecture

C'est un vrai miracle !

 

Que de fois on l'a entendue au cours des bombardements cette exclamation ! Oui, ce sont de vrais miracles de protection que Notre Dame de la Médaille Miraculeuse a accomplis. Nous en lirons ici plusieurs relations durant ce Mois de Marie. Celui dont le récit va suivre s'est passé à Saint Maximin, petit village de l'Oise, en 1944. Une jeune fille, Melle S., écrit :

« J'avais remis à une dame à Paris des médailles miraculeuse pour envoyer à Saint Maximin, très exposé aux bombardements. Cette dame avait là son petit garçon de 9 ans, dont elle était très inquiète, et ses parents très âgés. Le grand-père avait 87 ans. Elle ne parut pas d'ailleurs, d'attacher grande importance à mes médailles mais les envoya cependant. Hubert et sa grand-mère avait lu aussitôt la notice explicative que j'avais jointe, et l'album 1943 de la Médaille Miraculeuse. Chaque jour ils récitaient avec confiance l'invocation « O Marie conçue sans péché... »

Le bombardement annoncé par tract depuis plusieurs jours se produisit dans la nuit du 4 au 5 juillet. Il fut terrible. La partie du paisible village située sur la rive gauche de l'Oise fut complètement anéantie. Résultat : 600 sinistrés sur 1100 habitants. Heureusement, il y eût peu de victimes, les habitants passant la nuit depuis quelques temps dans les carrières voisines. Cependant, à cause du vieillard de 87 ans qui ne pouvait marcher, Hubert et ses grands-parents étaient chez eux. A la vue des fusées, ils descendirent au sous-sol, abri bien précaire, mais où la présence d'une poutre de fer soutenant la cuisine faisait espérer un peu de sécurité.

Une première bombe atteignit la cour de la maison, une seconde le jardin ; une troisième tomba sur la partie de la maison qui conduisait à la chambre du vieux grand-père resté dans son lit, entraînant la cuisine et le plafond de cette chambre à coucher. La grand-mère abritait de son mieux son petit fils, n'ayant qu'une pensée : puisqu'il fallait mourir, que du moins l'enfant ne soit pas trop défiguré afin qu'on puisse le reconnaître et prévenir sa mère ! Le petit Hubert ne cessait de répéter : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous ! », tandis que les débris de toutes sortes le recouvraient déjà avec sa grand-mère !

Au bout de 35 minutes que dura le bombardement, ils purent se dégager sains et saufs, mais ce fut pour tomber dans l'immense entonnoir creusé au jardin par la bombe. Il remontèrent tant bien que mal de cette excavation pour aller à la recherche du pauvre grand-père. Aux appels lancés, on l'entendit répondre : « Oui, je suis vivant ! J'ai caché ma tête sous l'oreiller quand le plafond est tombé ! » On put le sortir par ce qui restait de la fenêtre : la chambre était bouleversée de fond en comble. Tout le village est unanime à crier au miracle ! Le petit Hubert est rentré à Paris tout content, et ses grands parents l'ont rejoint quelque temps après. Tous portent avec la plu grande dévotion la Médaille Miraculeuse qui les a si visiblement arrachés à la mort ».

 

Prière

 

O Notre Dame de la Médaille Miraculeuse, Vous avez voulu vivre avec nous et nous n'y pensons pas ! Nous voici réunis à Vos pieds pendant ce beau Mois qui Vous est consacré, afin de méditer pieusement le souvenir que Vous avez laissé en 1830, de Vos visites sur notre terre de France : Votre Médaille Miraculeuse. Aidez-nous a en bien saisir les leçons afin de Vous mieux connaître et de Vous mieux aimer. O Bonne Mère, qu'un rayon de grâce tombé de Vos mains maternelles illumine chacune de nos âmes, toutes les âmes qui nous sont chères et que nous Vous confions pendant ce Mois où nous voulons, avec toute l'Eglise, Vous honorer et Vous glorifier. Que Votre règne arrive, ô Vierge Immaculée, afin que le Christ vainqueur commande et règne à jamais. Ainsi soit-il.

 

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O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous !

 

Prions les uns pour les autres

 

En ce mois de Marie, durant lequel nous prions Notre Dame de la Médaille Miraculeuse, prions les uns pour les autres. Confiez vos intentions à la prière des internautes. Elle seront publiées ci-après. Envoyez-moi vos intentions à franck.monvoisin@laposte.net

 

Important

 

N'oubliez pas, surtout, chaque jour, de porter la Médaille Miraculeuse, car c'est le canal privilégié par lequel Marie distribue ses grâces (vous aurez l'occasion de pouvoir le vérifier tout au long de ce mois), de réciter au minimum, 1 notre Père, trois je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père, et trois fois l'invocation : « O Marie conçue sans péchés, priez pour nous qui avons recours à Vous ». Si cela vous est possible, accédez aux Sacrements de l'Eucharistie et de la Réconciliation, au moins chaque semaine pour l'Eucharistie et suivant vos disponibilités pour le Sacrement de Réconciliation. Cela est très important. L'Eucharistie est le centre de toute vie spirituelle et le Sacrement de Réconciliation est la toilette de l'âme...

Les récits des grâces obtenues seront publiés au fur et à mesure et transmis à la Chapelle de la Médaille Miraculeuse à la fin du Mois de Marie.

 

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10 novembre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Onzième jour

Motifs qui doivent vous engager à secourir les âmes du purgatoire

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

1° L'intérêt de Dieu

Entre les motifs nombreux que la raison et la religion fournissent à l'envi pour prouver la nécessité, l'importance et les avantages de la dévotion pour les âmes du Purgatoire, il n'en est certainement pas de plus propre à faire impression sur des cœurs Chrétiens, que celui que nous allons méditer aujourd'hui. En effet, l'intérêt de Dieu ! Réfléchissons, un instant sur le sens de ces mots : l'intérêt de Dieu ! C'est-à-dire : il s'agit de procurer à Dieu un accroissement de gloire, et peut-être un des plus grands qu'il puisse recevoir. En faut-il davantage pour nous faire embrasser avec ardeur cette dévotion ?.... Nous sommes heureux de pouvoir prendre pour guide sur ce sujet le grand orateur, Bourdaloue, qui développe ce point avec la solidité et la profondeur qui le caractérisent. Négliger les âmes du purgatoire, c'est n'avoir nul zèle pour Dieu, qui, trouvant sa gloire dans la délivrance de ces âmes justes, veut se la procurer par nous, membres de son Eglise militante, et il a droit de s'en prendre à nous, quand il en est frustré. Nous avons quelquefois, il est vrai, du zèle pour Dieu; mais notre ignorance, aussi grossière qu'inexcusable dans les choses de Dieu, fait que nous n'appliquons pas ce zèle aux véritables sujets où l'intérêt de Dieu est engagé. Or, pour concevoir jusqu'à quel point il est engagé relativement aux âmes du Purgatoire, écoutons le célèbre Pierre de Blois, qui, fondé sur la plus solide théologie, nous enseigne que la dévotion pour le soulagement des âmes du Purgatoire et pour leur délivrance, est une espèce de zèle qui, par rapport à son objet, ne le cède pas à celui de la conversion des païens et le surpasse même en quelque sorte. Pourquoi ? parce que les âmes du Purgatoire étant des âmes saintes et prédestinées, des âmes confirmées en grâces, elles sont incomparablement plus nobles devant Dieu que celles des païens, elles sont pins aimées et plus chéries de Dieu que celles des païens, elles sont actuellement dans un état bien plus propre à glorifier Dieu que celles des païens. Jésus-Christ lui-même a voulu nous servir de modèle et nous a donné dans sa personne l'idée de cette dévotion ou de ce zèle pour les âmes du purgatoire : ce fut lorsqu'il descendit aux enfers, c'est-à-dire, dans cette prison, où, selon l'Écriture, les âmes des anciens Patriarches étaient retenues; il les y consola par sa présence et les en tira par sa puissance. Aussi saint Pierre ne nous parle de cette descente aux enfers que comme d'une mission divine qu'y fit le Sauveur du monde : Jésus-Christ, dit-il, alla prêcher aux esprits qui étaient retenus en prison. Il ne tient qu'à nous d'imiter ainsi Jésus-Christ, nous pouvons, sans descendre dans ces prisons souterraines, délivrer des âmes aussi parfaites et aussi saintes ; et, en le faisant comme lui, en vue de la gloire qui doit en revenir à Dieu, de quelque condition que nous soyons, nous participons à cet esprit apostolique dont il a été la source.

Mais voici une pensée de l'abbé Rupert encore plus touchante. L'on sait que les âmes, qui souffrent dans le Purgatoire, y sont dans un état de violence, parce qu'elles y sont privées de la vue de Dieu ; la chose est évidente ; mais a-t-on jamais réfléchi que le purgatoire fût un état de violence pour Dieu même ? cette pensée nous étonne peut-être ; du moins l'intérêt de Dieu ne nous permet pas de la considérer avec indifférence: méditons-la avec attention. En quoi consiste cet état de violence par rapport à Dieu ? Le voici : c'est que dans le Purgatoire Dieu voit des âmes qu'Il aime d'un Amour sincère, d'un Amour tendre et Paternel, et auxquelles néanmoins Il ne peut faire aucun bien ; des âmes remplies de mérite, de sainteté, de vertu, et qu'il ne peut toutefois encore récompenser ; des âmes qui sont ses élues et ses épouses, et qu'il est forcé de frapper et de punir. Est-il rien de plus opposé aux inclinations d'un Dieu si miséricordieux et si charitable ? Or, nous pouvons faire cesser cette violence en délivrant ces âmes de leur prison, et en leur ouvrant par nos prières le Ciel qui leur est fermé. C'est là qu'elles se réuniront à Dieu; c'est là que Son Amour pour elles agira dans toute son étendue. Tandis qu'elles sont dans le Purgatoire, cet Amour de Dieu est comme un torrent de délices prêt à les inonder, mais arrêté par l'obstacle d'un péché dont la dette n'est pas encore acquittée. Que ferons-nous ? Nous lèverons l'obstacle en satisfaisant pour elles. Car Dieu s'est mis dans une espèce d'impuissance de leur faire du bien, puisque dans l'ordre surnaturel, il n'a que deux sortes de biens : les biens de la grâce et les biens de la gloire. Or, du moment que ces âmes prédestinées sont sorties de ce monde, il n'y a plus de grâce pour elles, parce qu'elles ne sont plus en état de mériter ; et Il ne peut pas encore leur donner la Gloire, parce qu'elles ne sont pas suffisamment épurées pour la posséder. La Bonté Divine cependant ne les a pas abandonnées : elle s'est lié les mains, mais elle nous a donné le pouvoir de les lui délier en intercédant, en satisfaisant pour elles. Dieu semble nous dire : c'est par vous que ces âmes affligées recevront du soulagement dans leurs souffrances ; c'est par vous que, malgré les lois de Ma Justice rigoureuse, elles éprouveront les effets de Ma Miséricorde. Ainsi quand, usant de ce pouvoir, nous délivrons par nos prières une de ces âmes, non-seulement nous procurons à Dieu une gloire très pure, mais nous Lui donnons une joie très sensible; non-seulement nous faisons triompher Sa Bonté, mais nous nous conformons aux dispositions secrètes de Sa Justice, puisque la Justice que Dieu exerce envers les âmes du Purgatoire n'est, pour ainsi dire, qu'une Justice forcée, une justice aisée à fléchir, et qui ne demande qu'un intercesseur pour l'apaiser. Dieu seul, s'écrie Boudon, dans son excellent opuscule intitulé, la Gloire de la Sainte Trinité dans les âmes du Purgatoire, Dieu seul, l'intérêt de Dieu seul, de sa gloire, c'est le grand motif qui doit nous presser de soulager les âmes du Purgatoire. Quel moyen en effet plus propre à procurer Sa gloire, puisque leur délivrance les met dans le Ciel, où Dieu est parfaitement connu, aimé et glorifie. C'est donc contribuer de la manière la plus parfaite à Sa plus grande Gloire que de coopérer à la délivrance des âmes du Purgatoire, pour les faire entrer dans le Paradis.

Instruction

Que toutes les personnes zélées pour la gloire de Dieu, c'est-à-dire que tous les vrais Chrétiens fassent réflexion sur cette vérité ; et si une Sainte Thérèse et d'autres Saints ont protesté qu'ils auraient voulu souffrir tous les tourments imaginables pour un seul degré de la Gloire de Dieu, que ne doit-on pas faire, que ne doit-on pas souffrir pour la délivrance des âmes qui sont dans les flammes purifiantes ? puisque c'est la voie pour Lui en faire rendre des millions de degrés ; et cela non pour un moment, mais pour toute l'éternité.

Prière

Tout à Votre plus grande Gloire, ô mon Dieu, telle sera toujours ma devise, et puisque je suis convaincu que c'est travailler efficacement à procurer cette Gloire que de secourir les âmes du Purgatoire, je Vous demande, ô Dieu Miséricordieux, la grâce de m'intéresser toute ma vie à ces âmes, afin qu'elles Vous glorifient et qu'elles m'aident à Vous glorifier éternellement. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mous des Ames du Purgatoire.

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30 mai 2012

Litanies de Notre-Dame des Ermites d'Einsiedeln

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Notre-Dame des Ermites d'Einsiedeln

 

Un sanctuaire de Marie consacré par les mains du Fils de Dieu et de Marie, du Pontife « qui seul demeure pour l’éternité », n'est-ce pas une ravissante merveille ? Et parce que c'est merveilleux, surnaturel, divin, est-ce impossible ?

Le 14 septembre de l'an de grâce 948, c'était un jeudi, et l'Eglise célébrait la fête de l'Exaltation de la sainte Croix, une foule immense stationnait devant une église, autour de la modeste chapelle en bois, dans laquelle saint Meinrad avait prié de longues années, au pied d'une humble statue de la Vierge sans tache. Cette foule pieuse attendait avec une anxieuse ferveur le moment où le pontife de Dieu devait apparaître pour donner à ce sanctuaire la consécration qu'il venait lui apporter. Les heures succédaient aux heures, et la cérémonie sainte ne commençait pas. Tout à coup, aux yeux de la foule impatiente apparaît l'évêque consécrateur. Tous les froide se découvrent, les genoux fléchissent et les têtes s'inclinent sous la main bénissante de Conrad. Mais bientôt le saint prélat élève la voix, et quel ne fut pas l'étonnement, l'admiration de ce peuple de fidèles, en recueillant de ses lèvres ce récit rapide: « Mes enfants, s'écrie à travers ses larmes le saint évêque, vous attendez la consécration de la chapelle de Marie. Elle est faite et la cérémonie est achevée. Cette nuit même, pendant que j'étais en oraison dans le saint lieu, des harmonies d'une ineffable douceur ont retenti à mon oreille. A ces accents qui n'étaient pas de la terre, j'ai levé les yeux, et voici le spectacle qu'il m'a été donné de contempler. J'ai vu les anges chantant toutes les hymnes et faisant les cérémonies prescrites par l'Eglise pour la solennité sainte de la consécration. Et au milieu des anges, j'ai vu le Christ lui-même, le Prêtre de la loi nouvelle, revêtu d'ornements violets, célébrer les adorables mystères, entouré de quelques-uns de ses saints. Il avait à ses côtés saint Pierre, saint Grégoire, saint Augustin et les deux diacres saint Etienne et saint Laurent. Et devant l'autel, debout, dans une lumière éclatante, se tenait la très Sainte-Vierge. Longtemps mes yeux ont joui de cette admirable vision. Et voici qu'au moment où elle allait s'évanouir, une voix m'a dit: « Ne songe plus à consacrer ce sanctuaire, il est consacré par Dieu et ses anges ». »

A ce récit, la foule reste muette de saisissement. Cependant une voix murmure tout haut: « ce n'est qu'un songe ». Alors du haut du ciel descendent ces mots: « Cesse, frère, cesse de vouloir consacrer une chapelle divinement consacrée ». Et trois fois ces mots retentissent aux oreilles de la foule. Au cri échappé de mille poitrines, un même cri répond: « Gloire à Jésus-Christ ! Gloire à sa divine Mère ! Gloire au sanctuaire de Marie ! » On comprend qu'inaugurée par un événement aussi merveilleux, la sainte chapelle des Ermites soit devenue un but de pèlerinage attirant de près et de loin, en ce lieu divinement béni, les multitudes qu'on y voit accourir depuis bientôt mille ans. On comprend aussi que des grâces innombrables aient été obtenues des humbles fidèles invoquant avec confiance Notre-Dame des Ermites, dans tous les dangers menaçant la vie de l'âme et du corps. L'authenticité de la consécration miraculeuse de la sainte Chapelle nous est garantie par une bulle du Pape Léon VIII. Dans cette bulle, le Souverain Pontife rapporte qu'il a entendu le récit de ce fait surnaturel des lèvres mêmes du saint évêque de Constance, Conrad, lequel l'a affirmé de la manière la plus solennelle en présence de son digne ami, l'évêque d'Augsbourg, Saint Ulrich, devant l'empereur Othon-le-Grand et son auguste épouse, Sainte Adélaïde. C'était seize ans après l'événement. Les saints évêques Ulrich et Conrad, avec un grand nombre de princes et d'autres prélats, accompagnaient alors l'empereur dans l'expédition qu'il fit à Rome en 960. Après Léon VIII, d'autres Papes, tels que Nicolas V, Pie II, Léon X, Pie IV, Urbain VIII et Pie VI, ont soumis à un nouvel examen le fait historique de la consécration miraculeuse de la sainte Chapelle, et ils n'ont pu qu'en reconnaître la réalité certaine; et tous se sont plu à rendre à ce fait un solennel hommage, en comblant ce lieu saint de privilèges et d'abondantes indulgences.

Remontons maintenant à l'origine de la sainte Chapelle.En 797, naissait dans un château de la Souabe un enfant que Dieu prédestinait à une haute sainteté. C'était Meinrad, fils du comte Berchthold de Hohenzollern. Confié de bonne heure aux soins du saint abbé de Reichenau, le bienheureux Hatton, son grand-oncle, qui fut l'ami de Charlemagne et l'un des plus grands évêques de Bâle, le jeune Meinrad sut joindre à ses progrès dans la littérature des progrès plus grands encore dans la science des saints. Entré à Reichenau en 807, il se voua tout entier au Seigneur en 825. Il était alors dans sa 29me année. Peu après, il fut envoyé par Hatton à Bollingen sur les bords du lac de Zurich, et mis à la tête du prieuré que sanctifiaient là douze Bénédictins de Reichenau. Meinrad y vécut quelque temps. Mais son âme, embrasée de l'amour divin, était avide de sacrifices. Le saint religieux aspirait au silence, à la solitude, au désert. Il sollicite et obtient de son supérieur la permission de se retirer sur un sommet voisin. Là encore, sur l'Etzel, il se trouvait trop rapproché des bruits du monde. Le saint ermite s'enfonce plus avant dans les noires forêts qui étendent leur ombre sur ce désert. C'est là, qu'abrité par sa cellule faite de branches d'arbres, il trouve enfin le lieu désiré de son repos. Cependant le bruit de sa sainteté ne tarda pas à arriver jusqu'aux oreilles de la pieuse abbesse des Bénédictines de Zurich. C'était la princesse Hildegarde, fille de l'empereur Louis le Germanique. Elle prit soin de faire construire, auprès de la demeure du saint solitaire, une chapelle où elle fit dresser une belle statue de la très Sainte-Vierge. Les anges seuls pourraient nous dire les ferventes prières que répandait saint Meinrad devant la douce image de Marie, jusqu'au jour où il tomba sous les coups sacrilèges des deux assassins, qui terminèrent sa carrière mortelle. C'est cette même statue de Marie, devant laquelle les générations se sont pieusement agenouillées pendant plus de dix siècles, qui est encore de nos jours l'objet de la vénération des 200.000 pèlerins, qui vont chaque année demander à Marie protection, appui, soulagement, guérison, force et consolation dans les peines et les misères de la vie.

Un demi-siècle s'était écoulé depuis le martyre de saint Meinrad. La chapelle abandonnée menaçait ruine. Un pieux chanoine de Strasbourg voulut la relever. C'était l'illustre Bennon, parent du roi de Bourgogne, Rodolphe Ier. Il vint en 906 dans les lieux sanctifiés par le solitaire de l'Etzel, y vivre de la vie de Meinrad et former à cette vie austère les disciples qu'attirait sur les pas de Bennon le parfum de ses vertus. Bientôt des cellules élevées près de la chapelle abritèrent le maître en sainteté et ses dignes élèves. A la prière, Bennon sut joindre le travail des mains. Il enseigna à ses frères de la solitude à défricher en même temps et leurs âmes et les forêts qui leur servaient de retraite. Appelé par la divine Providence, en 925, à occuper le siège des évêques de Metz, il y renonça lorsque son zèle lui eut valu de la part des méchants, avec la persécution la plus sanglante, la perte de ses yeux. Le pauvre aveugle voulut finir ses jours dans son heureux désert. Avant sa mort (940), il reçut une visite qu'appelaient sans doute ses prières. Le prévôt du Chapitre de Strasbourg, saint Eberhard, venait admirer, puis imiter la vie sainte de l'ancien chanoine Bennon. Mais Eberhard alla plus loin. Usant de ses richesses selon Dieu, il acheta les terres à moitié défrichées par saint Bennon, et se mit à construire dans sa nouvelle propriété un monastère digne des deux saints dont ces lieux gardaient la mémoire. En 948, la sainte maison était debout, et debout aussi la nouvelle église qui étendait sur la chapelle primitive l'ombre de son vaste pavillon. C'est alors, comme nous l'avons dit, qu'à la prière du saint fondateur Eberhard, Saint Conrad vint, accompagné de saint Ulrich, pour la double consécration de l'église et de la sainte chapelle. Il ne consacra que l'église, nous avons dit pourquoi.

Après le Bienheureux Eberhard, qui fut le premier abbé proprement dit de la maison de saint Benoît à Einsiedeln, la plupart de ses successeurs, dont quelques-uns furent des hommes vraiment distingués autant par leur science et leurs vertus que par leur prudence et leur haute noblesse, s'appliquèrent à entourer de vénération la sainte chapelle de Marie et à lui rendre l'honneur qui lui est dû. Mais à quoi bon rapporter ce qu'a fait pour le sanctuaire privilégié de Marie la piété de Gérold de Hohensax et d'Augustin de Reding ? A quoi bon redire comment le comte Caspar de Hohenems, pour accomplir le vœu de son oncle Marc Sittich, archevêque de Salzbourg, fit revêtir de marbre à l'intérieur et à l'extérieur la sainte chapelle? A quoi bon rappeler sa magnificence d'autrefois, lorsqu'on sait que les Français de la Révolution ont passé là ? Ils y ont passé comme partout, en blasphémant, en pillant, en détruisant, Vandales du XVIIe siècle. La sainte chapelle n'a pas trouvé grâce devant leur fureur. Ils l'ont démolie et ont jonché le sol de ses débris sacrés. C'est là une des gloires, un des fiers exploits de leur général Schauembourg. Seulement, il n'a pu mettre la main sur la vraie statue miraculeuse. ÎI n'a pu envoyer à Paris comme trophée, qu'une imitation de la statue, heureusement substituée à la véritable. Cependant, ce serait faire injure à la piété des cantons et des villes catholiques de la Suisse, que de passer sous silence les seize cierges qui brûlaient sans cesse aux deux côtés de la sainte image. Ces cierges avaient un poids chacun de 90 livres. Les huit de droite étaient fournis par Schwyz, Fribourg, Zoug, Appenzell, Bregenz, Rapperschwyl, Baden et Einsiedeln; les huit à gauche par Lucerne, Unterwalden, Glaris, Uri, le Toggenbourg, Soleure, le pays de Gaster et de nouveau Einsiedeln. Rappelons encore les cinq lampes d'argent, qui étaient suspendues à la voûte. C'étaient autant de dons, la première de Philippe III, roi d'Espagne; la seconde, de Caspar de Hohenems ; la troisième, de la ville de Lucerne; la quatrième, du duc d'Arnberg; la cinquième était une fondation pieuse. Tous ces trésors et tant d'autres sont devenus la proie sacrilège des révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle.

« Les Français, dit un historien, s'étaient annoncés comme les libérateurs du peuple suisse, comme les soldats de la liberté et les protecteurs des chaumières. Une fois maîtres de l'Helvétie, ils se souillèrent par le meurtre, le pillage, le viol et l'incendie. Ils firent peser sur la Suisse un joug plus humiliant et plus odieux que ne l'avait été celui des Gessler et d'autres baillis autrichiens du XIVe siècle ». Après avoir mis en pièces la sainte chapelle de Marie et dévalisé l'église et le monastère des Ermites, (mai 1798) ils laissèrent debout les bâtiments qu'ils eurent la générosité de ne pas incendier. En 1803, les Pères Bénédictins purent reprendre possession des murs qui leur étaient seuls restés.

A leur retour du Vorarlberg, oit ils avaient trouvé un refuge dans l'abbaye de Saint-Gérold, les fils de saint Benoît rapportèrent avec eux la statue miraculeuse, qu'ils avaient emportée dans leur exil comme leur plus riche trésor. Un peuple immense courut à la rencontre de la sainte statue jusqu'à l'Etzel, et l'accompagna de ses prières, de ses chants, de ses larmes jusqu'au seuil de son sanctuaire encore à demi dévasté. Une nouvelle chapelle ne tarda pas à reprendre la place de celle qu'avait détruite l'impiété française. Elle ne fut cependant entièrement achevée qu'après la chute du tyran qui avait tenu l'Europe sous sa botte de soldat, baignée du sang d'un million d'hommes. En 1817, la sainte chapelle apparut de nouveau dans toute sa beauté, avec son vêtement actuel de marbre noir et gris à l'extérieur, et aux couleurs variées à l'intérieur. Un autel en marbre blanc de Carrare y fut dressé ; et au-dessus de l'autel, dans un ciel de nuages d'or, la statue miraculeuse reprit enfin sa place d'honneur. Sur la façade du nouveau sanctuaire, on voit une table d'airain, représentant la consécration de l'ancienne chapelle par Notre-Seigneur et les anges. C'est un beau monument de la piété de Charles-Albert, roi de Sardaigne.

Marie a retrouvé son sanctuaire. Depuis près d'un siècle, elle se montre de nouveau pleine de grâce, de douceur et de miséricorde, aux regards des milliers de pèlerins qui viennent implorer son secours. Sur eux elle étend sa main droite, tandis que l'Enfant-Dieu, sur le bras gauche de sa Mère, semble sourire à ceux qui la prient, de verser sur eux les dons inépuisables de son amour. Le temps, avec ses dix siècles écoulés depuis saint Meinrad et la pieuse abbesse Hildegarde, a noirci le bois de la figure de la sainte image. Elle n'en est que plus vénérable. Elle rappelle ce chant du cantique sacré qu'adresse à Marie la liturgie sainte de l'Eglise : « Vous êtes noire, mais vous êtes belle ; vous demeurez à jamais la Bien-aimée du Roi immortel des cieux. » L'église, qui étend sur la sainte chapelle l'ombre de ses voûtes élancées, n'a pas le cachet d'une haute antiquité. Son style moderne, dénué de caractère, nous dit assez qu'elle n'est que du dernier siècle. Elle fut en effet reconstruite par le prince-abbé, Thomas-Angélique Schenklin, en 1719, quinze ans après la reconstruction du monastère par son prédécesseur, Maur de Roll d'Emmenholz. En 1837, le Révérendissime abbé, Célestin Mailler, lequel occupe la 49e place dans la série des abbés d'Einsiedeln, fit restaurer avec soin les fresques nombreuses qui ornent l'église et représentent les figures et les allégories ayant trait au sacrifice eucharistique, ce noyau de la foi de l'Eglise, ce foyer de la liturgie sainte. Le tableau du maître-autel, qui représente l'Assomption de Marie, est l'oeuvre du peintre Kraus. Il a été retouché par Paul Deschwanden.

A l'extérieur, la façade de l'église a quelque chose d'imposant. Elle rappelle la façade de Saint-Jean de Latran à Rome. A droite et à gauche du portail, on voit les statues de deux illustres bienfaiteurs de la sainte chapelle et de l'abbaye. Ce sont deux empereurs, Othon Ier et Henri Ier. On aimerait à y voir de même la statue équestre de Rodolphe de Habsbourg, qui éleva l'abbé d'Einsiedeln, en 1274, à la dignité de prince du Saint-Empire. Les deux tours qui ornent la façade renferment quatorze cloches merveilleusement harmonisées. Rien n'est beau comme ces quatorze voix d'airain lorsqu'elles s'unissent, dans un concert grandiose et céleste, pour annoncer aux fidèles et aux échos des environs la grande fête du 14 septembre avec ses milliers de pèlerins et ses grandes cérémonies relevées par la musique et les chants des Pères et des 120 élèves de leur brillant collège. Rien de plus émouvant, le soir de ce même jour, que ces harmonies de l'airain, mêlant leurs voix aériennes aux voix sacerdotales, pendant la procession qui se déroule dans les rues d'Einsiedeln, inondées de la double lumière qui resplendit en même temps à chaque fenêtre et dans les mains pieuses de chaque pèlerin.

Nous ne saurions achever cette trop courte notice, sans signaler encore quelques-uns des grands pèlerinages qui se sont accomplis à travers les siècles à Notre-Dame des Ermites, comme aussi quelques-uns des illustres personnages qui sont venus y apporter leurs dons et leurs prières. Un des plus remarquables pèlerinages à la Sainte-Vierge du désert fut celui des saintes femmes, qui vinrent au XIIIe siècle, non seulement visiter la Sainte-Chapelle, mais se fixer à jamais dans les environs. Après avoir vécu pendant plus d'un siècle sous la règle des Béguines, les religieuses « alpestres » finirent, en 1359, par prendre la règle de Saint-Benoît. En 1403, elles habitaient leur nouvelle maison, avec église, sous la protection du prince-abbé d'Einsiedeln. Après l'incendie de, 1684, les Bénédictines de la prairie (in der Au) d'Alpegg, virent leur monastère se relever de ses cendres par les soins de l'abbé Augustin Hofmann, qui fit célébrer désormais, dans l'intérêt de la clôture, les offices dans l'église des religieuses par un de ses conventuels, en attendant qu'un digne successeur du pieux abbé Célestin Müller vint y établir, en 1846, l'Adoration perpétuelle du Saint-Sacrement. Magnifique institution, qui continue à faire les délices des ferventes filles de Saint-Benoît dans leur modeste église de Tous les Saints.

Est-il besoin de rappeler qu'en 1798, ces humbles religieuses furent chassées de leur monastère par les Français, qui les dépouillèrent, ainsi que leur église, de tout ce qui avait quelque valeur artistique ou matérielle ? Dès avant 1313, le canton de Schwyz, par décision prise dans sa Landsgemeinde, faisait chaque année un pèlerinage à Notre-Dame d'Einsiedeln. Le même voeu s'est fait en 1351 par la ville de Zurich. Le magistrat de Bâle, pendant les ravages de la peste de 1439 en cette ville, voua de même un pèlerinage à Notre-Dame des Ermites, et l'histoire atteste qu'aussitôt le fléau prit fin. Pendant la guerre de Trente ans, en 1636, c'est la ville d'Augsbourg, qui va remercier de sa délivrance la Vierge d'Einsiedeln, et dès 1619, les villes de Feldkirch et de Fribourg en Brisgau s'étaient mises avec empressement sous la protection de Notre-Dame des Ermites. En 1651, c'est la ville de Zell qui accourt aux pieds de Marie, pour la remercier de sa maternelle et bienfaisante protection. De nos jours, il n'y a pas moins de soixante-dix paroisses qui se rendent chaque année en procession à la sainte chapelle du désert. Le demi-canton de Nidwalden continue, comme dans les siècles passés, à s'y rendre en masse et le couvent va processionnellement à la rencontre de ce pèlerinage catholique et national. « C'est ainsi, dit à bon droit le Père Charles Brandis, dans son Pèlerinage à Maria-Einsiedeln, que dès les jours du Bienheureux Meinrad, les âmes avides de paix et de lumière sont venues de siècle en siècle, de génération en génération, s'agenouiller devant la Vierge des miracles; c'est ainsi encore qu'à dater de l'événement merveilleux de l'an 946, le pèlerinage a pris un développement qui n'a pas cessé de croître jusqu'à nos jours ».

Dans la foule innombrable des pèlerins qui ont foulé le sol béni des Ermites, « ce sol, ajoute le Père Brandis, consacré par les vertus de saint Meinrad et plus encore par son sang », il nous plaît de mentionner d'illustres personnages. Après le cardinal Thierry, nonce apostolique en Allemagne, voici venir le roi Charles IV avec une imposante escorte de prélats et de princes, puis l'empereur Sigismond, l'empereur Frédéric III, le duc Henri de Mecklembourg avec son épouse Dorothée de Hohenzollern-Brandenbourg; ce sont ensuite les princes et les princesses de Hohenzollern, qui n'ont pas oublié que saint Meinrad était de leur puissante famille. Ce sont enfin, à la suite de tous les nonces du Saint-Siège en Suisse, des multitudes d'évêques, de la Suisse, de l'Italie, de la France et de l'Allemagne. Parmi les saints qui brillent au ciel de l'Eglise, au nombre des pèlerins de Notre-Dame, après les grands évêques d'Augsbourg et de Constance, saint Ulrich et saint Conrad, il faut nommer la sainte impératrice Adélaïde, Sainte Adelrich et sa mère la bienheureuse Régulinde ; le bienheureux Grégoire, IIIe Abbé d'Einsiedeln; Sainte Elisabeth de Hongrie; Saint Nicolas de Flüe; Saint Charles Borromée, Saint Benoît Labre. Puissent, comme eux et avec eux, tous les pèlerins de Notre-Dame d'Einsiedeln, obtenir, par sa puissante intercession, la grâce de la voir, de l'aimer et de la bénir à jamais dans le Ciel!

 

Texte extrait du livre « Les Principaux Sanctuaires de Marie dans la Suisse Catholique », de Mgr G. F. Chèvre, Fribourg, 1898.

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Litanies de Notre Dame des Ermites

 

Seigneur ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Père Céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, Dieu unique en trois personnes égales ayez pitié de nous.

Notre Dame des Ermites, Sainte Mère de Dieu, toujours Vierge quoique Mère, priez pour nous.

Notre Dame des Ermites, qui êtes bien plus qu'Eve, la mère des vivants,

Notre Dame des Ermites, qui avez réparé tous les maux que la première femme avait fait entrer dans le monde,

Notre Dame des Ermites, qui nous avez donné le vrai fruit de vie, plus précieux que celui du paradis terrestre,

Notre Dame des Ermites, qu'un prophète montrait de loin mettant au monde le fils du très-haut,

Notre Dame des Ermites, qu'un ange descendu du ciel salua avec admiration, comme étant pleine de grâce, élevée au dessus de toutes les femmes,

Notre Dame des Ermites, qui allâtes communiquer les dons de Dieu à Elisabeth votre sainte parente,

Notre Dame des Ermites, qu'Elisabeth ne put recevoir sans s'écrier: D'où me vient que la mère de mon Seigneur fasse des pas vers moi,

Notre Dame des Ermites, qui disiez dans un saint transport : « Voilà que toutes les générations me déclareront bienheureuse, car le Tout-puissant a fait en moi de grandes choses »,

Notre Dame des Ermites, qui voyant l'enfant Jésus annoncé par les anges, montré par l'étoile, adoré par les Mages dans une crèche, conserviez ces choses, les repassant dans votre cœur,

Notre Dame des Ermites, qui fûtes, en tout, semblable à votre divin fils, pendant votre vie humaine,

Notre Dame des Ermites, Reine des Anges et des Saints, élevée au plus haut des cieux à la droite de votre divin fils,

Notre Dame des Ermites, qui regardez encore la terre avec une tendre compassion, quoique vous régniez dans le ciel,

Notre Dame des Ermites, dont le saint nom est honoré, partout, où Jésus est connu est adoré,

Notre Dame des Ermites, que Jésus glorifie sur la terre comme il vous glorifie dans le ciel,

Notre Dame des Ermites, que Jésus-Christ a spécialement glorifiée par la dédicace miraculeuse du Sanctuaire des Ermites,

Notre Dame des Ermites, qui avez été, sur l'autel, brillante comme un éclair, tandis que ce prodige s'opérait,

Notre Dame des Ermites, dont les esprits célestes ont alors célébré les louanges,

Notre Dame des Ermites, qui, en votre Sanctuaire des Ermites, avez reçu les hommages des Empereurs, des Rois et des Princes de l'église,

Notre Dame des Ermites, qui y êtes honorée par le concours non-interrompu des fidèles,

Notre Dame des Ermites, par les mains de laquelle, votre divin fils nous y dispense les trésors de sa grâce et de sa miséricorde,

Notre Dame des Ermites, qui prodiguez les tendresses de votre cœur maternel à tous ceux qui visitent ce Sanctuaire en esprit de dévotion et pénitence,

Notre Dame des Ermites, phare lumineux, qui dirigez notre voie à travers les écueils, dont la mer orageuse de ce monde est parsemée,

Notre Dame des Ermites, arbre de vie, qui recevez sous votre ombrage et nourrissez de vos divins fruits les pèlerins du ciel,

Notre Dame des Ermites, refuge assuré des plus grands pécheurs,

Notre Dame des Ermites, qui changez en larmes de joie et de reconnaissance des larmes de douleur et de pénitence,

Notre Dame des Ermites, douce consolation des âmes affligées et souffrantes,

Notre Dame des Ermites, puissante protectrice de ceux qui vous invoquent dans les périls du corps et de l'âme,

Notre Dame des Ermites, divine institutrice des âmes simples et humbles de cœur,

Notre Dame des Ermites, Oracle du ciel pour tous ceux qui viennent vous consulter avec confiance dans le doute et l'incertitude,

Notre Dame des Ermites, objet de vénération, de confiance, d'amour et de joie pour tous les vrais enfants de l'Eglise,

Notre Dame des Ermites, Canal de toutes les grâces,

Notre Dame des Ermites, qu'on ne saurait invoquer en va in,

Notre Dame des Ermites, que nous honorons et invoquons avec toute l'effusion de nos cœurs,

Marie aux Ermites, glorieuse Mère de Dieu, la plus sainte et la plus puissante de tous les saints, intercédez pour nous.

Notre Dame des Ermites, à laquelle nous demandons une véritable douleur de nos péchés, et la grâce d'une entière conversion, exaucez-nous.

Notre Dame des Ermites, à laquelle nous demandons la grâce de connaître et d'aimer Jésus-Christ et de lui être fidèles jusqu'à la mort, exaucez-nous.

Notre Dame des Ermites, dont nous implorons l'assistance et la protection à l'heure de la mort, exaucez-nous.

 

Agneau de Dieu, faites miséricorde à tous les fidèles en terre, ayez pitié de nous,

Agneau de Dieu, faites miséricorde aux âmes des fidèles trépassés qui reposent en vous, ayez pitié de nous.

Agneau de Dieu, accordez la paix aux vivants et aux morts qui règnent en Tous, ayez pitié de nous.

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

 

Je vous salue Marie, etc.

 

Dans toutes nos peines et tribulations

Venez à notre secours, ô très Sainte Vierge Marie.

 

Prions

 

O Marie, admirable Mère de notre Sauveur, Mère de grâce et de Miséricorde, qui ne repoussez personne, qui nous accueillez tous avec l'empressement d'une mère pleine de tendresse et de bonté; humblement prosternés a vos pieds, nous venons y chercher un lieu de refuge contre la poursuite des ennemis de notre salut, un lieu de consolation et de repos dans nos peines et nos troubles, un lieu de propitiation dans la crainte où nous sommes d'avoir mérité, par nos fautes, l'indignation et la juste colère du Seigneur. O Marie, étendez sur nous votre main protectrice, et manifestez à vos enfants la force et toute l'efficacité de votre intercession. Faites-vous la voie par laquelle nous allions à Jésus-Christ, et le canal par où nous recevions toutes les grâces nécessaires pour persévérer dans son amour. Soyez notre soutien dans les tentations, notre soulagement dans le besoin, notre consolation dans les peines, notre refuge dans les persécutions, notre secours dans les périls; mais surtout dans les derniers combats de notre vie, à l'heure de la mort, quand les puissances de l'enfer feront tous leurs efforts pour ravir nos âmes, en ce moment formidable, dans ce point le plus terrible, dont dépend notre éternité! Oh! c'est alors, ô très-douce et très-charitable Vierge, que nous vous supplions de nous faire sentir toute la tendresse de votre cœur maternel, et la force de votre pouvoir auprès de celui de Jésus, en nous ouvrant dans la source même de la divine miséricorde un refuge assuré, où vivifiés par le don d'une foi vive, d'une ferme espérance, d'une charité ardente, et d'une contrition parfaite, nous puissions arriver à la céleste patrie, pour y bénir avec vous ce divin Rédempteur pendant tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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30 décembre 2008

Le Rosaire médité avec le Père Marie Antoine de Lavaur

Méthode par excellence pour le Saint Rosaire

par le Père Marie-Antoine de Lavaur


Au moyen de cette méthode, on récite le Rosaire sans distraction et on y goûte de célestes consolations.(Celui qui préside à la récitation du Saint Rosaire n'a qu'à lire d'une voix très lente et très accentuée tout ce qui suit, et tous les assistants ensemble à haute voix le Notre Père et le je Vous salue Marie). Quand, seuls, on récite le Rosaire, il suffit à chaque Ave de se souvenir de la circonstance du Mystère, sans la formuler de bouche.

Mystères Joyeux

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Premier Mystère Joyeux

L'Annonciation

vertu à demander: l'humilité

Notre Père...

1. Le monde entier attend l'Incarnation. Je Vous salue Marie...

2. Les Patriarches la demandent.

3. Les Prophètes l'annoncent.

4. Les évènements la figurent et la préparent.

5. Marie prie pour l'obtenir.

6. L'heure venue, la Sainte Trinité entre en conseil.

7. L'Ange Gabriel est envoyé.

8. Il salue Marie.

9. Marie s'humilie.

10. Le Verbe de Dieu s'incarne dans son sein Virginal.

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Deuxième Mystère Joyeux

La Visitation

Vertu à demander: la Charité pour le prochain

Notre Père...

1. La Charité pour le prochain rempli le Cœur de Marie. Je Vous salue Marie...

2. Le zèle pour le Salut des âmes la consume.

3. Elle fait le sacrifice des douceurs de sa solitude.

4. D'un pas rapide, elle franchit les montagnes de la Judée.

5. Elle arrive à la maison d'Élisabeth.

6. Elle salue sa sainte cousine.

7. L'enfant d'Élisabeth tressaille dans son sein.

8. Élisabeth la salue.

9. Élisabeth proclame sa maternité Divine.

10. Marie chante le Magnificat.

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Troisième Mystère Joyeux

La naissance de Jésus

Vertu à demander: l'esprit de pauvreté.

Notre Père...

1. Jésus naît dans une pauvre étable. Je Vous salue Marie...

2. Marie le place dans une pauvre Crèche et le couvre de pauvres langes.

3. Le Ciel s'illumine au milieu de la nuit.

4. Les Anges chantent.

5. La Paix et la Joie sont accordées à la terre.

6. Les Anges vont l'annoncer aux bergers.

7. Ceux-ci tremblent, mais les Anges les rassurent.

8. Ils disent: « Partons et allons voir ».

9. Les Anges les guident jusqu'à la Crèche.

10. Ils adorent le Divin Enfant, ils Lui offrent leurs cœurs et leurs présents, et Jésus les bénit.

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Quatrième Mystère Joyeux

La Présentation de Jésus au Temple

Vertu à demander: l'obéissance

Notre Père...


1. Jésus, Marie, Joseph sont la Trinité de la terre. Je Vous salue Marie...

2. Ils ne vivent que pour obéir à la Trinité du Ciel.

3. Pour cela, ils se rendent au Temple.

4. Ils y portent le Présent des pauvres.

5. Le Saint vieillard Siméon est averti par le Saint Esprit.

6. Il reconnaît son Sauveur dans ce petit Enfant.

7. Il l'adore et le prend dans ses bras.

8. Il le presse sur son cœur.

9. Il chante le Nunc Dimittis.

10. Et il le rend à Sa Mère.

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Cinquième Mystère Joyeux

Jésus retrouvé au Temple


Vertu à demander: ne jamais perdre Jésus


Notre Père...


Marie et Joseph se rendent avec Jésus à Jérusalem. Je Vous salue Marie...

Ils y célèbrent ensemble les fêtes de Pâques.

Quand il faut partir, Jésus se dérobe à leur présence.

Ils sont profondément affligés de Sa perte.

Ils le cherchent sans trêve, nuit et jour.

Ils reviennent à Jérusalem pour le trouver.

Ils le trouvent enfin dans le temple.

Les docteurs l'écoutent dans l'admiration.

Marie et Joseph sont dans la joie.

Jésus revient avec eux à Nazareth et Il leur est soumis.


Mystère Lumineux

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Premier Mystère lumineux

Le Baptême de Jésus


Vertu à demander: l'humilité

Notre Père...

1. Jésus se fait baptiser par Jean dans le Jourdain. Je Vous salue Marie...

2. Il vit l'Esprit de Dieu descendre sur lui comme une colombe

3. Et des cieux une voix disait: Tu es mon Fils bien-aimé

4. Il est conduit par l'Esprit au désert durant 40 jours et 40 nuits

5. Le tentateur par trois fois l'aborda: "Si tu es fils de Dieu..."

6. Et les anges le servaient

7. Jean, le voyant venir à lui, dit: "Voici l'agneau de Dieu qui ôte le péché du monde"

8. Les deux disciples, l'entendant parler ainsi, suivirent Jésus

9. Celui dont il est parlé dans la loi de Moïse, nous l'avons trouvé!

10. D'où tu me connais? -Avant que Philippe t'appelât, je t'ai vu

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Deuxième Mystère lumineux

Les noces de Cana


Vertu à demander: la confiance


Notre Père...


1. Il eut des noces à Cana de Galilée. La Mère de Jésus y était. Je Vous salue Marie...

2. Jésus fut invité à ces noces ainsi que ses disciples

3. La Mère de Jésus lui dit: -Ils n'ont plus de vin

4. Que me veux-tu, Femme, mon heure n'est pas venue

5. Tout ce qu'il vous dira, faites-le

6. Le maître du repas goûta l'eau changée en vin

7. Il aperçut Simon et André son frère. -Venez et je ferai de vous des pécheurs d'homme

8. Il vit deux autres frères, Jacques et Jean, en train d'arranger les filets et il les appela

9. Laissant leur père dans la barque, ils partirent à sa suite

10. Beaucoup crurent en son Nom à la vue des signes qu'il accomplissait

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Troisième Mystère lumineux

L'Annonce du Royaume de Dieu.


Vertu à demander: l'esprit missionnaire


Notre Père...


1. Jésus se rendit avec ses disciples en Judée et il baptisait. Jean aussi baptisait, à Aenon. Je Vous salue Marie...

2. Nicodème, un notable juif, vint de nuit à Jésus. Jésus lui parla du Royaume de Dieu

3. A la femme de Samarie: Qui boira l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif

4. Jésus inaugure sa prédication dans les synagogues. Repentez-vous et croyez à la bonne Nouvelle

5. A la synagogue de Nazareth, il se leva pour faire la lecture du livre du prophète

6. Imposant les mains à chacun des malades et des possédés qu'on lui présentait, par sa Parole il les guérissait.

7. De grandes foules le suivaient. Voyant cela, il gravit la montagne et les enseignait

8. A ses disciples il disait: Vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde

9. Montrez-vous miséricordieux comme votre Père qui est aux cieux est miséricordieux

10. Il passa toute la nuit à prier Dieu, et le jour venu, il appela ses disciples et en choisit douze

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Quatrième Mystère lumineux
La Transfiguration


Vertu à demander: l'émerveillement


Notre Père...


1. Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et jean et les emmène sur une haute montagne. Je Vous salue Marie...

2. Son visage resplendit comme le soleil et ses vêtements devinrent éblouissants comme la lumière

3. Moïse et Élie apparurent, qui s'entretenaient avec lui

4. Seigneur, il est heureux que nous soyons ici

5. Une voix disait dans la nuée: Celui-ci est mon fils bien-aimé. Écoutez-le

6. Jésus les toucha et leur dit: N'ayez pas peur.

7. Qui est le plus grand? Jésus prit un petit enfant et dit: Qui se fera petit, voilà le plus grand dans le Royaume de Dieu

8. Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux

9. Les gens, en très grande foule, étendirent leur manteau sur le chemin, d'autres coupaient des branches aux arbres

10. Ce que vous avez fait à l'un des plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait

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Cinquième Mystère lumineux
L'Eucharistie


Vertu à demander: l'amour


Notre Père...


1. Les disciples firent comme il leur avait ordonné et préparèrent la Pâque. Je Vous salue Marie...

2. Tandis qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna à ses disciples.

3. Prenez et mangez, ceci est mon corps, et ceci est mon sang.

4. Il va être versé pour une multitude en rémission des péchés.

5. La main de celui qui me livre est avec moi sur la table.

6. Je suis au milieu de vous comme celui qui sert.

7. Vous allez tous vous scandaliser à cause de moi, cette nuit même.

8. Après ma résurrection je vous précèderai en Galilée.

9. Je ne boirai plus de ce produit de la vigne, jusqu'au jour où je boirai avec vous le vin nouveau du Royaume de mon Père.

10. Après le chant des psaumes, ils partirent sur le mont des Oliviers.


Mystères Douloureux

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Premier Mystère Douloureux

L'Agonie de Jésus


Vertu à demander: la contrition de nos péchés.


Notre Père...


1. Jésus lave les pieds à ses apôtres. Je Vous salue Marie...

2. Il institue le sacrement adorable de l'Eucharistie.

3. Il se rend au Jardin des Oliviers.

4. Il prend avec Lui Pierre, Jacques et Jean.

5. Il recommande à Ses apôtres la vigilance et la prière.

6. Son Père Lui présente le Calice de la Passion.

7. Il Lui demande de l'éloigner.

8. Mais Il ajoute: « Que Votre Volonté soit faite ».

9. Il la boit jusqu'à la lie. Il tombe en Agonie.

10. Un Ange vient Le soutenir.

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Deuxième Mystère Douloureux

La Flagellation


Vertu à demander: la Chasteté


Notre Père...


1. Jésus est lié par les bourreaux. Je Vous salue Marie...

2. Il franchit le torrent de Cédron.

3. Il est conduit chez Anne.

4. De là chez Caïphe.

5. Il est présenté à Pilate et Pilate l'envoie à Hérode.

6. On Lui préfère Barrabas.

7. On demande Sa mort.

8. Pilate Le fait flageller.

9. On Le dépouille et on L'attache à la colonne.

10. On Le flagelle cruellement.

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Troisième Mystère Douloureux

Le Couronnement d'épines


Vertu à demander: le support des injures


Notre Père...


1. On couronne Jésus d'épines. Je Vous salue Marie...

2. On Le revêt d'un manteau de pourpre.

3. On met, dans Ses main, un sceptre de roseau.

4. On frappe sur sa tête pour enfoncer les épines.

5. On le place sur un trône d'ignominie.

6. On Lui crache au visage.

7. On Le soufflette.

8. On Lui dit: « Devine qui T'a frappé ».

9. On Le bafoue et on Le méprise.

10. Pilate Le montre au peuple en disant: « Ecce Homo ».

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Quatrième Mystère Douloureux

Le portement de Croix


Vertu à demander: la patience.


Notre Père...


1. On présente la Croix à Jésus. Je Vous salue Marie...

2. Il la baise avec Amour.

3. Il la place Lui-même sur Ses épaules.

4. Il faiblit sous son poids et fait trois chutes.

5. Il rencontre Sa Très Sainte Mère.

6. Simon le Cyrénéen L'aide à Porter Sa Croix.

7. Sainte Véronique L'adore et essuie Sa Face Adorable.

8. Il s'arrête pour consoler les femmes qui pleurent.

9. Il leur dit: « Ne pleurez pas sur Moi, mais sur vous et vos enfants ».

10. Il arrive au sommet du Calvaire.

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Cinquième Mystère Douloureux

Le Crucifiement


Vertu à demander: l'Amour de Jésus


Notre Père...


1. On cloue Jésus à la Croix. Je Vous salue Marie...

2. Quatre ruisseaux de Sang coulent de Ses Plaies.

3. Marie entend les coups de marteaux et voit le Sang.

4. Elle ressent dans Son Cœur toutes les Douleurs de Jésus.

5. La Croix est dressée.

6. Jésus y prie pour ses bourreaux.

7. Il pardonne au bon larron et lui promet le Paradis.

8. Il nous donne Marie pour Mère.

9. Il a soif de notre bonheur et de notre amour et on L'abreuve de fiel et de vinaigre.

10. Il dit: « Tout est consommé », Il incline Sa Tête et Il expire.


Mystères Glorieux

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Premier Mystère Glorieux

La Résurrection


Vertu à demander: la Foi vive.


Notre Père...


1. Jésus ressuscite le troisième jour. Je Vous salue Marie...

2. Il apparaît à Marie Sa Mère.

3. Il apparaît à Sainte Madeleine et aux autres Saintes Femmes.

4. Il apparaît aux disciples d'Emmaüs.

5. Il apparaît aux apôtres réunis dans le Cénacle.

6. Il leur donne Sa Paix.

7. Il leur donne le pouvoir de remettre les péchés.

8. Huit jours après Il montre Ses Plaies à Saint Thomas.

9. Il apparaît sur la montagne de la Galilée aux apôtres et aux disciples.

10. Il converse avec eux pendant quarante jours.

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Deuxième Mystère Glorieux

L'Ascension


Vertu à demander: une espérance ferme.


Notre Père...


1. Jésus annonce à Ses apôtres Sa prochaine Ascension. Je Vous salue Marie...

2. Il leur promet de ne pas les laisser orphelins.

3. Il veut demeurer avec nous jusqu'à la fin des siècles.

4. Il va faire ses adieux à Ses amis de Béthanie.

5. Il conduit ses apôtres et Ses disciples sur la Montagne des Oliviers.

6. Il les blâme de n'avoir pas la Foi assez vive.

7. Il leur recommande d'aller au Cénacle avec Marie.

8. Pour prier avec Elle et attendre le Saint Esprit.

9. Il les bénit et s'élève dans les Cieux.

10. Un Ange annonce qu'Il viendra juger le monde.

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Troisième Mystère Glorieux

La descente du Saint Esprit


Vertu à demander: l'ardente Charité


Notre Père...


1. Les apôtres et les disciples se rendent au Cénacle. Je Vous salue Marie...

2. Marie s'y trouve au milieu d'eux.

3. Ils y persévèrent ensemble dans la prière.

4. Ils y attendent ensemble le Saint Esprit.

5. Le jour de la Pentecôte Il descend du Ciel.

6. Il vient sous la forme de langue de Feu.

7. Les esprits sont illuminés et les cœurs enflammés.

8. Les apôtres sont compris dans toutes les langues.

9. Les hommes se convertissent par milliers.

10. Les apôtres vont prêcher dans toute la terre.

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Quatrième Mystère Glorieux

La Sainte mort de la Sainte Vierge


Vertu à demander: la préparation à la mort.


Notre Père...


1. Marie est la Mère et la Gardienne de l'Église naissante. Je Vous salue Marie...

2. Elle dirige les apôtres par Ses conseils.

3. Elle les console et les fortifie dans leurs épreuves.

4. Elle annonce Sa mort prochaine.

5. Elle envoie Ses Anges l'annoncer aux Apôtres.

6. Les apôtres sont transportés autour de leur Mère.

7. Elle leur donne Ses suprêmes conseils et les bénit.

8. L'Amour brise les liens qui la retiennent sur la terre.

9. Jésus vient avec Ses Anges recevoir Son Âme.

10. On Lui fait de pieuses et Saintes funérailles.

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Cinquième Mystère Glorieux

L'Assomption et le Couronnement de Marie


Vertu à demander: un grand amour pour cette Sainte Mère.


Notre Père...


1. Après trois jours Marie est portée au Ciel. Je Vous salue Marie...

2. Les Anges Lui font le plus magnifique triomphe.

3. Les apôtres ne trouvent que des fleurs dans son tombeau.

4. Toute la Cour Céleste vient au devant d'Elle.

5. Elle est placée sur un trône glorieux.

6. La Trinité Sainte la couronne.

7. Les Anges et les Saints la proclament leur Reine.

8. Elle est établie Reine du Ciel et de la Terre et reçoit la France pour apanage.

9. Marie intercède sans cesse pour ses enfants.

10. Elle vient du Ciel les visiter, les consoler et les faire triompher. La France, Royaume de Marie, ne périra jamais.

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Le Père Marie Antoine de Lavaur


Le Père Marie-Antoine (Léon Clergue) est né à Lavaur le 23 décembre 1825. Le centenaire de sa mort a été célébré le 8 février 2007. D'une famille très chrétienne, tout enfant il n'a qu'un désir : être prêtre. Il suit sa vocation et entre au petit séminaire de l'Esquile à Toulouse à 11 ans, et poursuit sa formation théologique au Grand Séminaire. Excellent élève, déjà apôtre zélé, il fonde plusieurs associations : Confrérie du Saint-Sacrement, Confrérie des Hôpitaux, des prisons, ou celle des petits métiers. Il est ordonné prêtre le 21 septembre 1850 et aussitôt nommé vicaire à Saint-Gaudens. Sa piété, son dévouement, son amour des plus pauvres marquent un ministère qui fait époque. C'est à Saint-Gaudens qu'il entend l'appel de Saint-François. Il revêt l'habit de l'Ordre des Frères Mineurs Capucins au noviciat de Marseille le 13 juin 1855, et l'année suivante prononce ses vœux solennels. Presque aussitôt, les Supérieurs lui confient le ministère de la prédication. Il est envoyé à Toulouse dès 1857 pour fonder le couvent de la Côte Pavée, qui sera sa seule résidence durant les cinquante ans que dure son apostolat. Les nombreuses missions qu'il prêche le font nommer « l'Apôtre du Midi ». Ses prédications puissantes produisent des fruits extraordinaires, attirent les foules dans les églises et à la pratique des sacrements. Il reçoit de Dieu la grâce de convertir les pécheurs les plus invétérés. Il sera surtout le grand ouvrier de Notre Dame de Lourdes en sa qualité de confesseur qui lit dans les âmes et ramène la paix dans les cœurs, par le grand nombre de pèlerinages qu'il y conduit, et par les cérémonies populaires qui s'y déroulent encore et dont il est l'initiateur. Aucun genre de ministère, par la parole et une multitude d'écrits, ne lui est étranger : l'apostolat des enfants et des plus pauvres pour lesquels il propage l'œuvre du Pain de St-Antoine de Padoue, l'éveil des vocations religieuses, son combat contre le mal sous toutes ses formes, la défense des droits de l'Eglise et du chrétien, la gloire de Dieu et la dévotion à l'Immaculée Conception... Par sa vie tout entière, qui est un chant d'amour à Dieu et à Marie. Sa vie... un sentiment fort de la présence de Dieu même au milieu des plus dures épreuves et des persécutions, un amour dévorant pour ceux qui souffrent, la dure pénitence qu'il impose à son corps, et un modèle de vie religieuse : « Je meurs dans la pratique de la pauvreté, de l'obéissance, de la chasteté ». Le Père Marie-Antoine meurt en odeur de sainteté le 8 février 1907 dans ce couvent de la Côte-Pavée qu'il a défendu jusqu'au bout du séquestre. Cinquante mille personnes assistent à ses obsèques jusqu'au cimetière de Terre-Cabade. Le 14 novembre 1935 ont lieu l'exhumation et la reconnaissance de son corps parfaitement conservé, transféré dans la chapelle du couvent. C'est là que les fidèles continuent à le prier ; ils obtiennent par son intercession de nombreuses grâces, des guérisons et de grandes faveurs. Les différents procès en vue de sa béatification ont été remis à la Sacrée Congrégation des Rites en 1932, le décret sur ces écrits a été publié en 1945. Selon un mot de Mgr Saliège qui s'est vivement intéressé au succès de la cause, « Le P. Marie-Antoine, qui a gagné de son vivant tant de victoires et, se jouant des obstacles, est toujours arrivé à ses fins, saura obtenir le même succès auprès des hautes personnalités romaines que la confiance du Souverain Pontife a établies pour être juges dans les causes des Bienheureux et des Saints».


Prière pour demander la béatification du Père Marie-Antoine


"Seigneur, Tu aimes manifester Ta puissance et Ta miséricorde par l'appel d'apôtres consacrés totalement à Ton Royaume. Daigne glorifier le Père Marie-Antoine, ce fils de Saint-François qui, durant plus de cinquante ans, Te fit connaître et aimer, surtout des pauvres et des éprouvés, annonça Ton message de conversion et se dépensa sans compter au service de Ton Église. Amen."

Site de l'Association pour la mémoire du Père Marie-Antoine

http://a.p.m.a.free.fr

Téléchargez le texte du Rosaire avec le Père Marie Antoine (pdf) en cliquant ici

Vu et approuvé,

Toulouse, le 8 Décembre 1968,

Père J. Chansou, Vicaire Général

2 août 2008

Le Rosaire médité avec Maria Valtorta 15/20

Le Rosaire médité avec Maria Valtorta

Textes extraits de « L'Evangile tel qu'il m'a été révélé »

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Cinquième Mystère Douloureux : La Crucifixion


Quatre hommes musclés, qui par leur aspect me paraissent juifs et juifs dignes de la croix plus que les condamnés, certainement de la même catégorie que les flagellateurs, sautent d'un sentier sur le lieu du supplice. Ils sont vêtus de tuniques courtes et sans manches et ils ont dans les mains des clous, des marteaux et les cordes qu'ils montrent aux condamnés en se moquant d'eux. La foule est agitée par un délire cruel. Le centurion offre à Jésus l'amphore pour qu'il boive la mixture anesthésique du vin myrrhé. Mais Jésus la refuse. Les deux larrons, au contraire, en boivent une quantité. Puis l'amphore à la bouche largement évasée est placée près d'une grosse pierre, presque en haut de la cime. On donne aux condamnés l'ordre de se dévêtir. Les deux larrons le font sans aucune pudeur. Ils s'amusent même à faire des actes obscènes vers la foule et en particulier vers le groupe sacerdotal tout blanc dans ses vêtements de lin et qui est revenu tout doucement sur la petite place plus basse, en profitant de sa qualité pour s'insinuer à cet endroit. Aux prêtres se sont unis deux ou trois pharisiens et d'autres puissants personnages que la haine rend amis. Et je vois des personnes connues comme le pharisien Giocana et Ismaël, le scribe Sadoc, Éli de Capharnaüm... Les bourreaux offrent aux condamnés trois loques pour qu'ils se les attachent à l'aine, et les larrons les prennent avec les plus horribles blasphèmes. Jésus, qui se déshabille lentement à cause de la douleur des blessures, la refuse. Il pense peut-être garder les courtes culottes qu'il a gardées même dans la flagellation. Mais quand on Lui dit de les enlever, il tend la main pour mendier le chiffon aux bourreaux pour cacher sa nudité. C'est vraiment l'Anéanti jusqu'à devoir demander un chiffon aux criminels. Mais Marie a vu et elle a enlevé le long et fin linge blanc qui lui voile la tête sous le manteau foncé et dans lequel elle a déjà versé tant de pleurs. Elle l'enlève sans faire tomber le manteau, le donne à Jean pour qu'il le présente à Longin pour son Fils. Le centurion prend le voile sans difficulté. Quand Jésus va se déshabiller complètement, en se tournant non vers la foule mais vers le côté où il n'y a personne, montrant ainsi son dos sillonné de bleus et des ampoules saignant par les blessures ouvertes ou les croûtes sombres, Longin Lui présente le voile maternel. Jésus le reconnaît. Il s'en enveloppe en lui faisant faire plusieurs fois le tour du bassin en le fixant bien pour qu'il ne tombe pas... Et sur le lin baigné seulement jusqu'alors de pleurs, tombent les premières gouttes de sang, car de nombreuses blessures à peine couvertes de sang coagulé, quand il se baisse pour enlever ses sandales et déposer ses vêtements, se sont rouvertes, et le sang recommence à couler. Maintenant Jésus se tourne vers la foule, et on voit ainsi que la poitrine aussi, les bras, les jambes ont été toutes frappées par les fouets. A la hauteur du foie il y a un énorme bleu et sous l'arc costal gauche il y a sept traces en relief, terminées par sept petites déchirures sanglantes à l'intérieur d'un cercle violacé... un coup féroce de fouet dans cette région si sensible du diaphragme. Les genoux, contusionnés par les chutes répétées qui ont commencé tout de suite après sa capture et se sont terminées sur le Calvaire, sont noirs d'hématomes et ouverts sur la rotule, spécialement le genou droit, en une vaste déchirure sanglante. La foule le méprise en formant une sorte de chœur : "Oh ! Beau ! Le plus beau des enfants des hommes ! Les filles de Jérusalem t'adorent..." Et elle entonne sur le ton d'un psaume : "Mon aimé est candide et rubicond, distingué entre mille et mille. Sa tête est d'or pur, ses cheveux des grappes de palmier, soyeux comme la plume du corbeau. Ses yeux sont comme deux colombes qui se baignent dans des ruisseaux non pas d'eau mais de lait, dans le lait de son orbite. Ses joues sont des parterres d'aromates, ses lèvres pourpres sont des lys qui ruissellent une myrrhe précieuse. Ses mains sont faites comme un travail d'orfèvre, terminées en jacinthe rosé. Son tronc est de l'ivoire veiné de saphir. Ses jambes sont des colonnes parfaites, de marbre blanc sur des bases d'or. Sa majesté est comme celle du Liban, il est plus majestueux que le cèdre élevé. Sa langue est imprégnée de douceur et lui n'est que délices" et ils rient et crient aussi : "Le lépreux ! Le lépreux ! Tu as donc forniqué avec une idole si Dieu t'a ainsi frappé ? Tu as murmuré contre les saints d'Israël comme Marie de Moïse, si tu as été ainsi puni ? Oh ! Oh ! le Parfait ! Tu es le Fils de Dieu ? Mais non ! Tu es l'avorton de Satan ! Lui, au moins, Mammon est puissant et fort. Toi... tu es une loque impuissante et dégoûtante." Les larrons sont attachés sur les croix et amenés à leurs places, l'un à droite, l'autre à gauche par rapport à celle destinée à Jésus. Ils poussent des cris, des imprécations, des malédictions et surtout lorsque les croix sont portées près du trou et les secouent, alors que leurs poignets sont sciés par les cordes, leurs blasphèmes contre Dieu, contre la Loi, les romains et les juifs sont infernaux. C'est le tour de Jésus. Doux il s'allonge sur le bois. Les deux larrons étaient tellement rebelles, que n'arrivant pas à le faire, les quatre bourreaux avaient dû demander l'intervention des soldats pour les tenir, pour qu'à coups de pieds ils ne repoussent pas les argousins qui les attachaient par les poignets. Mais pour Jésus, il n'est pas besoin d'aide. Il se couche et met la tête où on Lui dit de la mettre. Il ouvre les bras comme on Lui dit de le faire, allonge les jambes comme on le Lui ordonne. Il s'occupe seulement de bien ajuster son voile. Maintenant son long corps, mince et blanc, se détache sur le bois sombre et le sol jaunâtre. Deux bourreaux s'assoient sur la poitrine pour la tenir immobile. Et je pense à l'oppression et à la souffrance qu'il doit avoir ressenties sous ce poids. Un troisième Lui prend le bras droit en le tenant d'une main à la première partie de l'avant-bras et de l'autre au bout des doigts. Le quatrième, qui a déjà dans les mains le long clou dont la tige quadrangulaire est en pointe, se termine en une plaque arrondie et plate, large comme un sou d'autrefois, regarde si le trou déjà fait dans le bois correspond à la jointure radio-ulnaire du poignet. Il va bien. Le bourreau applique la pointe du clou au poignet, lève le marteau et donne le premier coup. Jésus, qui avait les yeux fermés, pousse un cri et a une contraction à la suite de la douleur aiguë et ouvre les yeux qui nagent dans les larmes. Ce doit être une douleur atroce qu'il éprouve... Le clou pénètre en rompant les muscles, les veines, les nerfs, en brisant les os... Marie répond au cri de son Fils torturé par un gémissement qui a quelque chose de la plainte d'un agneau qu'on égorge, et elle se courbe, comme brisée, en tenant sa tête dans ses mains. Jésus pour ne pas la torturer ne crie plus. Mais les coups sont là, méthodiques, âpres, du fer contre le fer... et on pense que dessous c'est un membre vivant qui les reçoit. La main droite est clouée. On passe à la gauche. Le trou ne correspond pas au carpe. Alors ils prennent une corde, lient le poignet gauche et tirent jusqu'à déboîter la jointure et arracher les tendons et les muscles sans compter qu'ils déchirent la peau déjà sciée par les cordes de la capture. L'autre main aussi doit souffrir car elle est étirée par contrecoup et autour de son clou le trou s'élargit. Maintenant on arrive à peine au commencement du métacarpe, près du poignet. Ils se résignent et ils clouent où ils peuvent, c'est-à-dire entre le pouce et les autres doigts, exactement au centre du métacarpe. Là le clou entre plus facilement, mais avec une plus grande souffrance car il doit couper des nerfs importants, si bien que les doigts restent inertes alors que ceux de la main droite ont des contractions et des tremblements qui indiquent leur vitalité. Mais Jésus ne crie plus, il pousse seulement une plainte rauque derrière ses lèvres fortement fermées, et des larmes de douleur tombent par terre après être tombées sur le bois. Maintenant c'est le tour des pieds. A deux mètres et plus de l'extrémité de la croix il y a un petit coin, à peine suffisant pour un pied. On y porte les pieds pour voir si la mesure est bonne, et comme il est un peu bas, et que les pieds arrivent difficilement, on étire par les chevilles le pauvre Martyr. Le bois rêche de la croix frotte ainsi sur les blessures, déplace la couronne qui ainsi arrache de nouveaux cheveux et menace de tomber. Un bourreau, d'un coup de poing, la remet en place... Maintenant ceux qui étaient assis sur la poitrine de Jésus se lèvent pour se placer sur les genoux, car Jésus a un mouvement involontaire pour retirer ses jambes en voyant briller au soleil le clou très long qui, en longueur et en largeur est le double de ceux qui ont servi pour les mains. Et ils pèsent sur les genoux écorchés, et pressent les pauvres jambes couvertes de contusions pendant que les deux autres accomplissent le travail, beaucoup plus difficile de clouer un pied sur l'autre, en cherchant à combiner ensemble les deux jointures des tarses. Bien qu'ils s'appliquent à tenir les pieds immobiles à la cheville et aux dix doigts, contre le coin, le pied qui est dessous se déplace à cause de la vibration du clou, et ils doivent le déclouer presque parce qu'après être entré dans les parties molles, le clou, déjà épointé pour avoir traversé le pied droit, doit être amené un peu plus vers le milieu. Et ils frappent, frappent, frappent... On n'entend que le bruit atroce du marteau sur la tête du clou, car sur tout le Calvaire ce ne sont que yeux et oreilles tendues, pour recueillir tout geste et tout bruit et en jouir... Par dessus le son âpre du fer, on entend la plainte sourde d'une colombe : le rauque gémissement de Marie qui se courbe de plus en plus à chaque coup, comme si le marteau la blessait elle, la Mère Martyre. Et on comprend qu'elle semble près d'être brisée par cette torture. La crucifixion est redoutable, égale à la flagellation pour la douleur, plus atroce à voir car on voit le clou disparaître dans les chairs vivantes, mais en compensation, elle est plus brève. Alors que la flagellation épuise par sa durée. Pour moi, l'Agonie du Jardin, la Flagellation et la Crucifixion sont les moments les plus atroces. Elles me dévoilent toute la torture du Christ. La mort me soulage car je me dis : "C'est fini !" Mais elles ne sont pas la fin. Elles sont le commencement pour de nouvelles souffrances. Maintenant la croix est traînée près du trou et elle rebondit sur le sol inégal, en secouant le pauvre Crucifié. On dresse la croix qui échappe par deux fois à ceux qui la lèvent et retombe une fois soudainement, et une autre fois sur le bras droit de la croix, en donnant un affreux tourment à Jésus, car la secousse qu'il subit déplace les membres blessés. Mais quand ensuite on laisse tomber la croix dans son trou, avant d'être immobilisée avec des pierres et de la terre, elle ondule en tous les sens en imprimant de continuels déplacements au pauvre Corps suspendu à trois clous, la souffrance doit être atroce. Tout le poids du corps se déplace en avant et vers le bas, et les trous s'élargissent, en particulier celui de la main gauche, et s'élargit le trou des pieds alors que le sang coule plus fort. Le sang des pieds coule le long des doigts par terre et le long du bois de la croix, mais celui des mains suit les avant-bras, car ils sont plus hauts aux poignets qu'aux aisselles, par suite de la position, et il coule aussi le long des côtes en descendant de l'aisselle vers la taille. La couronne, quand la croix ondule avant d'être fixée, se déplace car la tête se rabat vers l'arrière, en enfonçant dans la nuque le gros noeud d'épines qui termine la couronne piquante, et puis revient se placer sur le front et griffe, griffe sans pitié. Finalement la croix est bien en place et il n'y a que le tourment d'y être suspendu. On dresse aussi les larrons qui, une fois mis verticalement, crient comme si on les écorchait vifs à cause de la torture des cordes qui scient les poignets et rendent les mains noires, en gonflant les veines comme des cordes. Jésus se tait. La foule ne se tait plus, au contraire, mais reprend son vacarme infernal. Maintenant la cime du Golgotha a son trophée et sa garde d'honneur. A la limite la plus élevée la croix de Jésus, aux côtés les deux autres. Une demie centurie de soldats l'arme au pied tout autour du sommet, à l'intérieur de ce cercle d'hommes armés, les dix cavaliers maintenant démontés qui jouent aux dés les vêtements des condamnés. Debout, entre la croix de Jésus et celle de droite, Longin. Il semble monter la garde d'honneur au Roi Martyr. L'autre demie centurie, au repos, est aux ordres de l'aide de camp de Longin sur le sentier de gauche et sur la place plus basse, en attendant d'être employée s'il en était besoin. De la part des soldats, c'est une indifférence à peu près totale. Seul quelqu'un lève parfois son visage vers les crucifiés, Longin, au contraire, observe tout avec curiosité et intérêt, il confronte, et juge mentalement. Il confronte les crucifiés, et le Christ spécialement, avec les spectateurs. Son oeil pénétrant ne perd aucun détail et, pour mieux voir, de la main il protège ses yeux car le soleil doit le gêner. C'est en fait un soleil étrange, d'un jaune rouge d'incendie. Et puis il semble que l'incendie s'éteigne tout à coup à cause d'un nuage noir comme de la poix qui surgit de derrière les chaînes juives et qui parcourt rapidement le ciel et va disparaître derrière d'autres montagnes. Et quand le soleil revient il est si vif que l'oeil ne le supporte que difficilement. En regardant il voit Marie juste au-dessous du talus, qui tient levé vers son Fils son visage déchiré. Il appelle un des soldats qui jouent aux dés et lui dit : "Si la Mère veut monter avec le fils qui l'accompagne, qu'elle vienne. Accompagne-la et aide-la." Et Marie avec Jean, que l'on croit son fils, monte par un petit escalier creusé dans le tufeau, je crois, et franchit le cordon de soldats pour aller au pied de la croix, mais un peu à l'écart pour être vue et pour voir son Jésus. La foule lui déverse aussitôt les insultes les plus outrageantes, en la joignant dans les blasphèmes à son Fils. Mais elle, de ses lèvres tremblantes et blanches, cherche seulement à le réconforter, avec un sourire déchiré sur lequel viennent s'essuyer les larmes qu'aucune force de volonté ne réussit à retenir dans les yeux. Les gens, en commençant par les prêtres, scribes, pharisiens, sadducéens, hérodiens et autres de même acabit, se procurent le divertissement de faire une sorte de carrousel en montant par le chemin à pic, en passant le long de la hauteur terminale et en redescendant par l'autre chemin, ou vice versa. Et en passant au pied de la cime, sur la seconde petite place, ils ne manquent pas d'offrir leurs paroles blasphématrices en hommage au Mourant. Toute la turpitude, la cruauté, toute la haine et la folie dont les hommes sont capables avec la langue sortent à flots de ces bouches infernales. Les plus acharnés sont les membres du Temple avec les pharisiens pour les aider. "Eh bien ? Toi, Sauveur du genre humain, pourquoi ne te sauves-tu pas ? Il t'a abandonné ton roi Belzébuth ? Il t'a renié ?" crient trois prêtres. Et une bande de juifs : "Toi qui pas plus tard qu'il y a cinq jours, avec l'aide du démon, faisais dire au Père... ah ! ah ! ah ! qu'il t'aurait glorifié, comment donc ne Lui rappelles-tu pas de tenir sa promesse ?" Et trois pharisiens : "Blasphémateur ! Il a sauvé les autres, disait-il, avec l'aide de Dieu ! Et il ne réussit pas à se sauver Lui-même ! Tu veux qu'on te croie ? Alors fais le miracle. Tu ne peux, hein ? Maintenant tu as les mains clouées, et tu es nu." Et des sadducéens et des hérodiens aux soldats : "Gare à l'envoûtement, vous qui avez pris ses vêtements ! Il a en Lui le signe infernal !" Une foule en choeur: "Descends de la croix et nous croirons en Toi. Toi qui détruis le Temple... Fou !... Regarde-la, le glorieux et saint Temple d'Israël. Il est intouchable, ô profanateur ! Et Toi, tu meurs." D'autres prêtres : "Blasphémateur ! Toi, Fils de Dieu ? Et descends de là, alors. Foudroies-nous si tu es Dieu. Nous ne te craignons pas et nous crachons vers Toi." D'autres qui passent et hochent la tête : "Il ne sait que pleurer. Sauve-toi, s'il est vrai que tu es l'Élu !" Les soldats: "Et sauve-toi, donc ! Réduis en cendres cette subure de la subure ! Oui ! Subure de l'empire, voilà ce que vous êtes, canailles de juifs. Fais-le ! Rome te mettra au Capitole et t'adorera comme une divinité !" Les prêtres avec leurs compères : "Ils étaient plus doux les bras des femmes que ceux de la croix, n'est-ce pas ? Mais regarde : ils sont déjà prêts à te recevoir tes... (et ils disent un terme infâme). Tu as Jérusalem toute entière pour te servir de paranymphe" et ils sifflent comme des charretiers. D'autres lancent des pierres : "Change-les en pains, Toi qui multiplies les pains." D'autres en singeant les hosannas du dimanche des palmes, lancent des branches, et crient : "Maudit celui qui vient au nom du Démon ! Maudit son royaume ! Gloire à Sion qui le sépare du milieu des vivants !"Un pharisien se place en face de la croix, il montre le poing en Lui faisant les cornes et il dît : "Je te confie au Dieu de Sinaï" disais-tu ? Maintenant le Dieu du Sinaï te prépare au feu éternel. Pourquoi n'appelles-tu pas Jonas pour qu'il te rende un bon service?" Un autre : "N'abîme pas la croix avec les coups de ta tête. Elle doit servir pour tes fidèles. Une légion entière en mourra sur ton bois. Je te le jure sur Jéhovah. Et pour commencer j'y mettrai Lazare. Nous verrons si tu l'enlèves à la mort, maintenant." "Oui ! Oui ! Allons chez Lazare. Clouons-le de l'autre côté de la croix" et comme des perroquets, ils imitent la parole lente de Jésus en disant : "Lazare, mon ami, viens dehors ! Déliez-le et laissez-le aller." "Non ! Il disait à Marthe et à Marie, ses femmes: "Je suis la Résurrection et la Vie". Ah ! Ah ! Ah ! La Résurrection ne sait pas repousser la mort, et la Vie meurt !" "Voici Marie avec Marthe. Demandons-leur où est Lazare et allons le chercher." Et ils s'avancent vers les femmes pour leur demander avec arrogance : "Où est Lazare ? Au palais ?" Et Marie-Magdeleine, alors que les autres femmes terrorisées fuient derrière les bergers, s'avance, retrouvant dans sa douleur sa vieille hardiesse du temps du péché, et elle dit : "Allez. Vous trouverez déjà au palais les soldats de Rome et cinq cents hommes armés de mes terres et ils vous castreront comme de vieux boucs destinés aux repas des esclaves aux meules." "Effrontée ! C'est ainsi que tu parles aux prêtres ?" "Sacrilèges ! Infâmes ! Maudits ! Tournez-vous ! Derrière vous, vous avez, je le vois, les langues des flammes infernales." Les lâches se tournent, vraiment terrorisés, tant est assurée l'affirmation de Marie, mais s'ils n'ont pas les flammes derrière eux, ils ont aux reins les lances romaines bien pointues. En effet Longin a donné un ordre et la demie centurie, qui était au repos, est entrée en faction et elle pique aux fesses les premiers qu'elle trouve. Ceux-ci s'enfuient en criant et la demie centurie reste pour fermer l'entrée des deux chemins et pour faire un barrage à la petite place. Les juifs crient des imprécations, mais Rome est la plus forte. La Magdeleine rabaisse son voile — elle l'avait levé pour parler à ceux qui les insultaient — et revient à sa place. Les autres se joignent à elle. Mais le larron de gauche continue ses insultes du haut de sa croix. Il semble qu'il ait voulu rassembler tous les blasphèmes d'autrui et il les débite tous, en disant pour finir : "Sauve-toi et sauve-nous, si tu veux que l'on te croie. Le Christ, Toi ? Tu es un fou ! Le monde appartient aux fourbes et Dieu n'existe pas. Moi j'existe. Cela est vrai, et pour moi tout est permis. Dieu ? Fariboles ! Mises pour nous tenir tranquilles. Vive notre moi ! Lui seul est roi et dieu !" L'autre larron, celui de droite, a Marie presque à ses pieds et il la regarde presque plus qu'il ne regarde le Christ. Depuis un moment il pleure en murmurant : "La mère", il dit : "Tais-toi. Tu ne crains pas Dieu, même maintenant que tu souffres cette peine ? Pourquoi insultes-tu celui qui est bon ? Et son supplice est encore plus grand que le nôtre. Et il n'a rien fait de mal." Mais l'autre continue ses imprécations. Jésus se tait. Haletant à cause de l'effort que Lui impose sa position, à cause de la fièvre et de son état cardiaque et respiratoire, conséquence de la flagellation subie sous une forme aussi violente, et aussi de l'angoisse profonde qui Lui avait fait suer sang, il cherche à se procurer un soulagement, en allégeant le poids qui pèse sur ses pieds, en se suspendant à ses mains par la force des bras. Peut-être le fait-il pour vaincre un peu la crampe qui déjà tourmente ses pieds et que trahit un frémissement musculaire. Mais le même frémissement affecte les fibres des bras qui sont forcés dans cette position et doivent être gelés à leurs extrémités parce que placés plus haut et délaissés par le sang qui arrive difficilement aux poignets et puis coule par les trous des clous en laissant les doigts sans circulation. Surtout ceux de gauche sont déjà cadavériques et restent sans mouvement, repliés vers la paume. Même les doigts des pieds expriment leur tourment. En particulier les gros orteils, peut-être parce que leur nerf est moins blessé, se lèvent, s'abaissent, s'écartent. Le tronc ensuite révèle toute sa peine avec son mouvement rapide mais sans profondeur qui le fatigue sans le soulager. Les côtes, très larges et élevées d'elles-mêmes, car la structure de ce Corps est parfaite, sont maintenant dilatées plus qu'il ne faut à cause de la position prise par le corps et de l'oedème pulmonaire qui s'est sûrement formé à l'intérieur. Et pourtant elles ne servent pas à alléger l'effort respiratoire d'autant plus que tout l'abdomen aide par son mouvement le diaphragme qui se paralyse de plus en plus. La congestion et l'asphyxie grandissent de minute en minute, comme l'indique la couleur cyanotique qui souligne les lèvres d'un rosé allumé par la fièvre, et les étirements d'un rouge violet qui badigeonne le cou le long des veines jugulaires gonflées, et s'élargissent jusqu'aux joues, vers les oreilles et les tempes, alors que le nez est effilé et exsangue et que les yeux s'enfoncent en un cercle, qui est livide là où il est privé du sang que la couronne a fait couler. Sous l'arc costal gauche on voit le coup propagé à partir de la pointe du coeur, irrégulier, mais violent, et de temps en temps, par l'effet d'une convulsion interne, le diaphragme a un frémissement profond qui se manifeste par une détente totale de la peau dans la mesure où elle peut s'étendre sur ce pauvre Corps blessé et mourant. Le visage a déjà l'aspect que nous voyons dans les photographies du Linceul, avec le nez dévié et gonflé d'un côté, et même le fait de tenir l'oeil droit presque fermé, à cause de l'enflure qui existe de ce côté, augmente la ressemblance. La bouche, au contraire, est ouverte, avec sa blessure sur la lèvre supérieure désormais réduite à une croûte. La soif, donnée par la perte de sang, par la fièvre et par le soleil, doit être intense, au point que Lui, par un mouvement machinal, boit les gouttes de sa sueur et de ses larmes, et aussi les gouttes de sang qui descendent du front jusqu'à ses moustaches, et il s'en humecte la langue... La couronne d'épines l'empêche de s'appuyer au tronc de la croix pour aider la suspension par les bras et soulager les pieds. Les reins et toute l'épine dorsale se courbent vers l'extérieur en restant détachés du tronc de la croix à partir du bassin vers le haut, à cause de la force d'inertie qui fait pencher en avant un corps suspendu comme était le sien. Les juifs, repoussés au-delà de la petite place, ne cessent pas leurs insultes et le larron impénitent leur fait écho. L'autre, qui maintenant regarde la Mère avec une pitié toujours plus grande, et pleure, lui riposte âprement quand il se rend compte qu'elle aussi est comprise dans l'insulte. "Tais-toi ! Rappelle-toi que tu es né d'une femme. Et réfléchis que les nôtres ont pleuré à cause de leurs fils, et ce furent des larmes de honte... parce que nous sommes des criminels. Nos mères sont mortes... Je voudrais pouvoir lui demander pardon... Mais le pourrai-je ? C'était une sainte... Je l'ai tuée par la douleur que je lui ai donnée... Je suis un pécheur... Qui me pardonne ? Mère, au nom de ton Fils mourant, prie pour moi." La Mère lève un moment son visage torturé et elle le regarde, ce malheureux qui à travers le souvenir de sa mère et la contemplation de la Mère va vers le repentir, et elle paraît le caresser de son regard de colombe. Dismas pleure plus fort, ce qui déchaîne encore plus les moqueries de la foule et de son compagnon. La première crie : "Bravo ! Prends-la pour mère. Ainsi elle a deux fils criminels !" Et l'autre renchérit : "Elle t'aime car tu es une copie mineure de son bien-aimé." Jésus parle pour la première fois : "Père, pardonne-leur parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font !" Cette prière vainc toute crainte chez Dismas. Il ose regarder le Christ et dit : "Seigneur, souviens-toi de moi quand tu seras dans ton royaume. Pour moi, il est juste que je souffre ici. Mais donne-moi miséricorde et paix au-delà de la vie. Une fois je t'ai entendu parler et, dans ma folie, j'ai repoussé ta parole. Maintenant je m'en repens. De mes péchés, je me repens devant Toi, Fils du Très-Haut. Je crois que tu viens de Dieu. Je crois en ton pouvoir. Je crois en ta miséricorde. Christ, pardonne-moi au nom de ta Mère et de ton Père très Saint." Jésus se tourne et le regarde avec une profonde pitié et il a un sourire encore très beau sur sa pauvre bouche torturée. Il dit : "Moi, je te le dis : aujourd'hui tu seras avec Moi au Paradis." Le larron repenti se calme et, ne sachant plus les prières apprises pendant son enfance, il répète comme une oraison jaculatoire : "Jésus Nazaréen, roi des juifs, aie pitié de Moi. Jésus Nazaréen, roi des juifs, j'espère en Toi. Jésus Nazaréen, roi des juifs, je crois à ta Divinité." L'autre persiste dans ses blasphèmes. Le ciel devient toujours plus sombre. Maintenant c'est difficilement que les nuages s'ouvrent pour laisser passer le soleil. Mais ils s'amoncellent en couches de plus en plus sombres, blanches, verdâtres, se surmontent, se démêlent selon les caprices d'un vent froid qui parcourt le ciel à intervalles et puis descend sur la terre et puis se tait de nouveau, et l'air est presque plus sinistre quand il se tait, étouffant et mort, que quand il siffle, coupant et rapide. La lumière, d'abord vive outre mesure, est en train de devenir verdâtre. Les visages prennent des aspects bizarres. Les soldats, sous leurs casques et dans leurs cuirasses d'abord brillantes et devenues maintenant comme enveloppées dans une lumière verdâtre et sous un ciel de cendre, présentent des profils durs comme s'ils étaient sculptés. Les juifs, en majorité bruns de peau et de cheveux et de barbe, paraissent des noyés tant leurs visages deviennent terreux. Les femmes semblent des statues de neige bleutée à cause de leur pâleur exsangue que la lumière accentue. Jésus semble devenir sinistrement livide, comme s'il commençait à se décomposer, comme s'il était déjà mort. La tète commence à retomber sur la poitrine. Ses forces manquent rapidement. Il tremble malgré la fièvre qui le brûle. Et dans sa faiblesse, il murmure le nom que d'abord il a seulement dit du fond du coeur : "Maman !" "Maman !". Il le murmure doucement comme dans un soupir, comme s'il éprouvait déjà un léger délire qui l'empêche de retenir autant que sa volonté le voudrait. Et Marie chaque fois ne peut s'empêcher de Lui tendre les bras comme pour le secourir. Les gens cruels rient de ce spasme du Mourant et de celle qui le partage. Ils montent de nouveau par derrière les bergers, qui cependant sont sur la petite place basse, les prêtres et les scribes. Comme les soldats voudraient les repousser, ils réagissent en disant : "N'y sont-ils pas ces galiléens ? Nous devons y être nous aussi qui devons vérifier que justice soit faite complètement, et nous ne pouvons pas voir de loin dans cette lumière étrange." En fait beaucoup commencent à s'impressionner de la lumière qui est en train d'envelopper le monde et certains ont peur. Les soldats aussi regardent le ciel et une sorte de cône qui semble de l'ardoise tant il est sombre, qui s'élève comme un pin de derrière un sommet. Il semble que ce soit une trombe marine. Il s'élève, s'élève et il semble qu'il produise des nuages de plus en plus noirs, comme si c'était un volcan vomissant de la fumée et de la lave. C'est dans cette lumière crépusculaire et effrayante que Jésus donne Jean à Marie et Marie à Jean. Il penche la tête car la Mère, pour mieux voir, s'est mise plus près sous la croix, et il lui dit: "Femme, voilà ton fils. Fils, voilà ta Mère." Marie a le visage encore plus bouleversé après cette parole qui est le testament de son Jésus, qui n'a rien à donner à sa Mère sinon un homme, Lui, qui par amour de l'Homme, la prive de l'Homme-Dieu qui est né d'elle. Mais elle, la pauvre Mère, s'efforce de ne pleurer que silencieusement car elle ne peut pas, elle ne peut pas ne pas pleurer... Ses larmes coulent malgré les efforts qu'elle fait pour les retenir, bien que sa bouche ait son sourire déchirant qu'elle fixe sur ses lèvres pour Lui, pour le réconforter Lui... Les souffrances ne cessent de grandir et la lumière ne cesse de décroître. C'est dans cette lumière de fond marin que sortent de derrière les juifs Nicodème et Joseph, et ils disent : "Écartez-vous !""Impossible ! Que voulez-vous?" disent les soldats. "Passer. Nous sommes des amis du Christ." Les chefs des prêtres se tournent: "Qui ose se déclarer comme ami du rebelle ?" disent les prêtres indignés. Et Joseph, résolument : "Moi, noble membre du Grand Conseil : Joseph d'Arimathie, l'Ancien, et j'ai avec moi Nicodème, chef des juifs." "Qui pactise avec le rebelle est un rebelle." "Et qui pactise avec les assassins est un assassin, Eléazar d'Anna. J'ai vécu en juste. Et maintenant je suis âgé et près de mourir. Je ne veux pas devenir injuste alors que déjà le Ciel descend sur moi et avec Lui le Juge éternel." "Et toi, Nicodème ! Je m'étonne !" "Moi aussi, et d'une seule chose : qu'Israël soit tellement corrompu qu'il ne sait plus reconnaître Dieu." "Tu me dégoûtes." "Écarte-toi alors, et laisse-moi passer. Je ne demande que cela." "Pour te contaminer davantage ?" "Si je ne me suis pas contaminé en restant près de vous, rien ne me contamine plus. Soldat, pour toi la bourse et le billet de laissez-passer." Et il passe au décurion le plus proche une bourse et une tablette de cire. Le décurion en prend connaissance et il dit aux soldats : "Laissez passer les deux." Joseph et Nicodème s'approchent des bergers. Je ne sais même pas si Jésus les voit, dans ce brouillard de plus en plus épais et avec son oeil qui déjà se voile dans l'agonie. Mais ils le voient et ils pleurent sans respect humain, bien que sur eux s'acharnent les imprécations des prêtres. Les souffrances sont toujours plus fortes. Le corps éprouve les premières cambrures de la tétanie et chaque clameur de la foule les exaspère. La mort des fibres et des nerfs s'étend des extrémités torturées au tronc, rendant de plus en plus difficile le mouvement de la respiration, plus faible la contraction diaphragmatique et plus désordonné le mouvement cardiaque. Le visage du Christ passe alternativement d'une rougeur intense à la pâleur verdâtre de celui qui meurt par hémorragie. La bouche se meut avec une fatigue plus grande car les nerfs surfatigués du cou et de la tête elle-même, qui des dizaines de fois ont servi de levier à tout le corps, en s'arc-boutant sur la barre transversale de la croix, propagent la crampe jusqu'aux mâchoires. La gorge, enflée par les carotides engorgées, doit faire mal et doit étendre son oedème à la langue qui paraît grossie et dont les mouvements sont très lents. La colonne vertébrale, même dans les moments où les contractions tétanisantes ne la courbent pas en un arc complet de la nuque aux anches, appuyées comme points extrêmes au tronc de la croix, se courbe de plus en plus en avant, car les membres ne cessent de s'alourdir du poids de la chair morte. Les gens voient ces choses peu et mal car la lumière est désormais couleur de cendre sombre et seuls peuvent bien voir ceux qui sont au pied de la croix. Jésus à un certain moment s'affaisse tout entier vers l'avant et le bas, comme s'il était déjà mort, il n'halète plus, la tête pend inerte en avant. Le corps, depuis les anches vers le haut, est complètement détaché en faisant un angle avec les bras de la croix. Marie pousse un cri : "Il est mort !" Un cri tragique qui se propage dans l'air obscurci. Et Jésus semble réellement mort. Un autre cri de femme lui répond, et dans le groupe des femmes je vois un mouvement. Puis une dizaine de personnes s'éloignent en soutenant quelque chose, mais je ne puis voir qui s'éloigne ainsi. Elle est trop faible la lumière brumeuse. On dirait que l'on est plongé dans une nuée épaisse de cendres volcaniques. "Ce n'est pas possible" crient des prêtres et des juifs. "C'est une feinte pour nous éloigner. Soldat, pique-le de ta lance. C'est un bon remède pour Lui rendre la voix." Et comme les soldats ne le font pas, une volée de pierres et de mottes de terre volent vers la croix, frappant le Martyr et retombant sur les cuirasses romaines. Le remède, comme disent ironiquement les juifs, opère le prodige. Certainement une pierre a frappé adroitement peut-être la blessure d'une main ou la tête elle-même, car ils visaient vers le haut. Jésus pousse un gémissement pitoyable et revient à Lui. Le thorax recommence à respirer avec beaucoup de peine et la tête à se tourner de droite à gauche en cherchant un endroit pour se poser afin de moins souffrir, sans trouver autre chose qu'une peine plus grande. Avec une grande peine, en s'appuyant une fois encore sur ses pieds torturés, trouvant de la force dans sa volonté, uniquement en elle, Jésus se raidit sur la croix, se dresse comme s'il était un homme sain dans toute sa force, il lève son visage en regardant avec des yeux bien ouverts le monde qui s'étend à ses pieds, la ville lointaine qu'on entrevoit à peine comme une vague blancheur dans la brume, et le ciel noir où tout azur et toute trace de lumière ont disparu. Et vers ce ciel fermé, compact, bas, semblable à une énorme plaque d'ardoise sombre, il pousse un grand cri, triomphant par la force de sa volonté, par le besoin de son âme, de l'obstacle des mâchoires raidies, de sa langue enflée, de sa gorge gonflée : "Eloï, Eloï, larnma scébacténi !" (je l'entends parler ainsi). Il doit se sentir mourir, et dans un abandon absolu du Ciel, pour reconnaître par un tel cri l'abandon paternel. Les gens rient et se moquent. Ils l'insultent : "Dieu n'a que faire de Toi ! Les démons sont maudits de Dieu !" D'autres crient : "Voyons si Élie qu'il appelle vient le sauver." Et d'autres : "Donnez-lui un peu de vinaigre, pour qu'il se gargarise la gorge. C'est bon pour la voix ! Élie ou Dieu, car on ne sait pas ce que veut le fou, sont loin... Il faut de la voix pour se faire entendre !" Et ils rient comme des hyènes ou comme des démons. Mais aucun soldat ne donne du vinaigre et personne ne vient du Ciel pour le réconforter. C'est l'agonie solitaire, totale, cruelle, même surnaturellement cruelle, de la Grande Victime. Elles reviennent les avalanches de douleur désolée qui déjà l'avaient accablé au Gethsémani. Elle revient la marée des péchés du monde entier pour frapper le naufragé innocent, pour l'engloutir dans leur amertume. Elle revient surtout la sensation, plus crucifiante que la croix elle-même, plus désespérante que toute torture, que Dieu l'a abandonné et que sa prière ne monte pas vers Lui... Et c'est le tourment final. Celui qui accélère la mort car il exprime les dernières gouttes de sang des pores, parce qu'il écrase les dernières fibres du coeur, car il termine ce que la première connaissance de cet abandon a commencé : la mort. Car c'est de cela comme première cause qu'est mort mon Jésus, ô Dieu qui l'as frappé à cause de nous ! Après ton abandon, par l'effet de ton abandon, que devient une créature ? Ou un fou, ou un mort. Jésus ne pouvait pas devenir fou car son intelligence était divine et, spirituelle comme l'est l'intelligence, elle triomphait du traumatisme total de Celui que Dieu frappait. Il devint donc un mort : le Mort, le très Saint Mort, le Mort absolument Innocent. Mort, Lui qui était la Vie, tué par ton abandon et par nos péchés. L'obscurité devient encore plus épaisse. Jérusalem disparaît complètement. Les pentes du Calvaire lui-même semblent s'annuler. Seule la cime est visible, comme si les ténèbres la surélevaient pour recueillir l'unique et dernière lumière qui restait, en la plaçant comme pour une offrande avec son trophée divin, sur une nappe d'onyx liquide, pour qu'elle soit vue par l'amour et par la haine. Et de cette lumière qui n'est pas de la lumière vient la voix plaintive de Jésus : "J'ai soif !" Il y a en effet un vent qui altère même ceux qui sont en bonne santé, un vent continu, maintenant, violent, chargé de poussière, froid, effrayant. Je pense à la douleur qu'il aura donné par son souffle violent aux poumons, au coeur, au gosier de Jésus, à ses membres glacés, engourdis, blessés. Mais vraiment tout s'est mis à torturer le Martyr. "Un soldat va à un vase où les aides du bourreau ont mis du vinaigre avec du fiel parce que, par son amertume, il augmente la salivation chez les suppliciés. Il prend l'éponge plongée dans le liquide, l'enfile au bout d'un roseau fin et pourtant rigide qui est déjà préparé tout près, et il présente l'éponge au Mourant. Jésus se tend avidement vers l'éponge qui approche. On dirait un enfant affamé qui cherche le sein maternel. Marie qui voit et certainement a cette pensée, gémit, en s'appuyant sur Jean : "Oh ! et je ne puis même pas Lui donner une goutte de mes pleurs... Oh ! mon sein pourquoi ne donnes-tu plus le lait ? Oh ! Dieu pourquoi, pourquoi nous abandonnes-tu ainsi ? Un miracle pour mon Fils ! Qui me soulève pour que je le désaltère de mon sang, puisque je n'ai pas de lait ?..." Jésus, qui a sucé avidement l'âpre et amère boisson, détourne la tète dégoûté. Cette boisson doit en plus brûler les lèvres blessées et gercées. Il se retire, s'affaisse, s'abandonne. Tout le poids du corps retombe sur les pieds et en avant. Ce sont les extrémités blessées qui souffrent la peine atroce de s'ouvrir sous le poids d'un corps qui s'abandonne. Plus un mouvement pour soulager cette douleur. Depuis le bassin jusqu'en haut, tout est détaché du bois et reste ainsi. La tête pend en avant si pesamment que le cou paraît creusé en trois endroits : à la gorge, complètement enfoncée, et de part et d'autre du sterno cléido-mastoïdien. La respiration est de plus en plus haletante et entrecoupée. C'est déjà plus un râle syncopé qu'une respiration. De temps à autre un accès de toux pénible apporte aux lèvres une écume légèrement rosée. Les intervalles entre deux expirations deviennent toujours plus longs. L'abdomen est déjà immobile. Seul le thorax se soulève encore, mais avec beaucoup de difficulté et de peine... La paralysie pulmonaire s'accentue toujours plus. Et toujours plus faible, se transformant en une plainte enfantine, l'appel : "Maman !" Et la malheureuse murmure : "Oui, mon Trésor, je suis ici." Et quand la vue qui se voile Lui fait dire : "Maman, où es-tu ? Je ne te vois plus. Toi aussi tu m'abandonnes ?" ce n'est même plus une parole, mais un murmure à peine audible pour qui recueille avec le coeur plutôt qu'avec l'ouïe tous les soupirs du Mourant. Elle dit : "Non, non, Fils ! Moi je ne t'abandonne pas ! Écoute-moi, mon aimé... Maman est ici, elle est ici... et son seul tourment est de ne pas pouvoir venir où tu es..." C'est un déchirement... Et Jean pleure sans retenue. Jésus doit entendre ses sanglots, mais il ne dit rien. Je pense que la mort imminente le fait parler comme s'il délirait et ne sait même pas ce qu'il dit et, malheureusement, ne comprend pas même le réconfort maternel et l'amour du Préféré. Longin — qui sans le remarquer a quitté son attitude de repos avec les mains croisées sur la poitrine et les jambes croisées, à cause de la longueur de l'attente repose tantôt un pied tantôt l'autre, et maintenant au contraire se raidit dans le garde-à-vous, la main gauche sur son épée, la main droite pendant le long de son côté comme s'il était sur les marches du trône impérial — ne veut pas s'émouvoir. Mais son visage s'altère dans l'effort qu'il fait pour vaincre l'émotion et ses yeux brillent d'une larme que seule retient sa discipline de fer. Les autres soldats, qui jouaient aux dés, ont cessé, et se sont levés pour remettre les casques qui avaient servi pour agiter les dés, et se tiennent en groupe près du petit escalier creusé dans le tuffeau, silencieux, attentifs. Les autres sont de service et ne peuvent changer de position. On dirait des statues. Mais l'un des plus proches et qui entend les paroles de Marie, bougonne quelque chose entre ses lèvres et hoche la tête. Un silence. Puis nette dans l'obscurité totale la parole : "Tout est accompli !" et ensuite c'est le halètement de plus en plus rauque avec, entre les râles, des intervalles de silence de plus en plus longs. Le temps court sur ce rythme angoissé. La vie revient quand l'air est rompu par le halètement âpre du Mourant... La vie cesse quand ce son pénible ne s'entend plus. On souffre de l'entendre... on souffre de ne pas l'entendre... On dit : "C'est assez de souffrance !" et on dit : "Oh  Dieu ! que ce ne soit pas son dernier soupir." Toutes les Marie pleurent, la tête contre le talus. Et on entend bien leurs sanglots car maintenant toute la foule se tait de nouveau pour recueillir les râles du Mourant. Encore un silence. Puis, prononcée avec une infinie douceur, dans une ardente prière, la supplication: "Père, entre tes mains je remets mon esprit !" Encore un silence. Le râle aussi devient léger. Ce n'est plus qu'un souffle qui sort des lèvres et de la gorge. Puis, voilà, le dernier spasme de Jésus. Une convulsion atroce, qui paraît vouloir arracher du bois le corps qui y est fixé par trois clous, monte par trois fois des pieds à la tête, court à travers tous les pauvres nerfs torturés; soulève trois fois l'abdomen d'une manière anormale, puis le laisse après l'avoir dilaté comme par un bouleversement des viscères, et il retombe et se creuse comme s'il était vidé; elle se lève, gonfle, resserre si fortement le thorax que la peau se creuse entre les côtes qui se tendent en apparaissant sous l'épidémie et rouvrant les blessures de la flagellation; elle porte violemment en arrière une, deux, trois fois la tête qui frappe durement contre le bois; elle contracte en un seul spasme tous les muscles du visage, en accentuant la déviation de la bouche à droite, elle fait ouvrir et dilater les paupières sous lesquelles on voit rouler le globe oculaire et apparaître la sclérotique. Le corps se tend tout entier; dans la dernière des trois contractions c'est un arc tendu, vibrant, terrible à voir, et puis un cri puissant, impensable en ce corps épuisé, se dégage, déchire l'air, le "grand cri" dont parlent les Évangiles et qui est la première partie du mot "Maman"... Et plus rien... La tête retombe sur la poitrine, le corps en avant, le frémissement cesse et cesse aussi la respiration.Il a expiré. La Terre répond au cri de Celui qu'on a tué par un grondement effrayant. Il semble que de mille trombes des géants font sortir un son unique et, sur cet accord terrifiant, voici les notes isolées, déchirantes des éclairs qui sillonnent le ciel en tous sens, tombant sur la ville, sur le Temple, sur la foule... Je crois qu'il y aura eu des gens foudroyés car la foule est frappée directement. Les éclairs sont l'unique lumière et irrégulière qui permette de voir. Et puis tout à coup, pendant que durent encore les décharges de la foudre, la terre s'ébranle en un tourbillon de vent cyclonique. Le tremblement de terre et la trombe d'air se fondent pour donner un châtiment apocalyptique aux blasphémateurs. Le sommet du Golgotha ondule et danse comme un plat dans la main d'un fou, dans les secousses sussultoires et ondulatoires qui secouent tellement les trois croix qu'il semble qu'elles doivent les renverser. Longin, Jean, les soldats s'accrochent où ils peuvent, comme ils peuvent, pour ne pas tomber. Mais Jean pendant qu'avec un bras il se tient à la croix, avec l'autre soutient Marie qui, à cause de sa douleur et des secousses, s'abandonne sur son coeur. Les autres soldats, et surtout ceux du côté en pente, ont dû se réfugier au milieu pour ne pas être jetés en bas de la pente. Les larrons crient de terreur, la foule crie encore plus fort et voudrait s'enfuir, mais elle ne le peut. Les gens tombent les uns sur les autres, s'écrasent, se précipitent dans les fentes du sol, se blessent, roulent le long de la pente, deviennent fous. Par trois fois se répète le tremblement de terre et la trombe d'air et puis c'est l'immobilité absolue d'un monde mort. Seuls des éclairs, mais sans tonnerre, sillonnent encore le ciel et éclairent la scène des juifs qui fuient dans tous les sens, les mains dans les cheveux, ou tendues en avant, ou levées vers le ciel, méprisé jusque là et dont maintenant ils ont peur. L'obscurité est tempérée par une lueur lumineuse qui, aidée par l'émission silencieuse et magnétique des éclairs, permet de voir que beaucoup restent sur le sol : morts ou évanouis, je ne sais. Une maison brûle à l'intérieur des murs et les flammes s'élèvent droites dans l'air immobile, mettant une nuance de rouge vif sur le vert cendre de l'atmosphère. Marie lève sa tête de dessus la poitrine de Jean et regarde son Jésus. Elle l'appelle car elle le voit mal dans la faible lumière et avec ses pauvres yeux pleins de larmes. Trois fois elle l'appelle : "Jésus ! Jésus ! Jésus !" C'est la première fois qu'elle l'appelle par son nom depuis qu'il est sur le Calvaire. Enfin, dans un éclair qui fait une sorte de couronne sur la cime du Golgotha, elle le voit, immobile, tout penché en avant, avec la tête tellement inclinée en avant, et à droite, au point de toucher l'épaule avec la joue et les côtes avec le menton, et elle comprend. Elle tend ses mains qui tremblent dans l'air obscurci et crie : "Mon Fils ! Mon Fils ! Mon Fils !" Puis elle écoute... Elle a la bouche ouverte, elle semble vouloir écouter même avec elle, comme elle a les yeux dilatés pour voir, pour voir... Elle ne peut croire que son Jésus n'est plus... Jean lui aussi a regardé et écouté et il a compris que tout est fini. De ses bras il saisit Marie et cherche à l'éloigner en disant: "Il ne souffre plus." Mais avant que l'apôtre termine la phrase, Marie, qui a compris, se dégage, tourne sur elle-même, se penche vers le sol, porte les mains à ses yeux et crie : "Je n'ai plus de Fils !" Et puis elle vacille et tomberait si Jean ne la recueillait toute sur son coeur, puis il s'assoit par terre pour mieux la soutenir sur sa poitrine, jusqu'à ce que les Marie remplacent l'apôtre auprès de la Mère. Elles, en effet, ne sont plus retenues par le cercle supérieur des soldats, car, maintenant que les juifs se sont enfuis, ils se sont rassemblés sur la petite place qui est au-dessous pour commenter l'événement. La Magdeleine s'assoit où était Jean, et allonge presque Marie sur ses genoux, la soutenant entre ses bras et sa poitrine, baisant son visage exsangue, renversé sur son épaule compatissante. Marthe et Suzanne, avec une éponge et un linge trempés dans le vinaigre, lavent ses tempes et ses narines, pendant que sa belle-soeur lui baise les mains en l'appelant d'une voix déchirante, et dès que Marie rouvre les yeux, et tourne vers elle un regard que la douleur rend pour ainsi dire hébété, elle lui dit : "Fille, fille chérie, écoute... dis-moi que tu me vois... Je suis ta Marie... Ne me regarde pas ainsi !..." Et après que le premier sanglot a ouvert la gorge de Marie et que les premières larmes tombent, elle, la bonne Marie d'Alphée, dit : "Oui, oui, pleure... Ici avec moi, comme près d'une maman, ma pauvre, sainte fille", et quand elle l'entend dire : "Oh ! Marie ! Marie ! tu as vu ?", elle dit en gémissant : "Oui ! oui... mais... mais... fille... oh ! fille !..." Elle ne trouve pas autre chose et elle pleure la vieille Marie, des pleurs désolés auxquels font écho toutes les autres, c'est-à-dire Marthe et Marie, la mère de Jean et Suzanne. Les autres pieuses femmes ne sont plus là. Je pense qu'elles sont parties et avec elles les bergers, quand on a entendu ce cri de femme... Les soldats parlent entre eux. : "Tu as vu les juifs ? Maintenant, ils avaient peur." "Et ils se frappaient la poitrine." "Les plus terrifiés c'étaient les prêtres !" "Quelle peur ! J'ai senti d'autres tremblements de terre. Mais jamais comme celui-là. Regarde : la terre est restée pleine de crevasses." "Et il s'est effondré tout un passage de la longue route." "Et dessous, il y a des corps." "Laisse-les ! Autant de serpents de moins." "Oh ! un autre incendie ! Dans la campagne..." "Mais est-il vraiment mort ?" "Et tu ne vois pas ? Tu en doutes ?" Apparaissent de derrière la roche Joseph et Nicodème. Certainement ils s'étaient réfugiés derrière l'abri de la montagne pour se sauver de la foudre. Ils vont trouver Longin. "Nous voulons le Cadavre." "Seul le Proconsul l'accorde. Allez, et vite, car j'ai entendu dire que les juifs veulent aller au Prétoire et obtenir le brisement des jambes. Je ne voudrais pas qu'ils Lui fassent affront." "Comment le sais-tu ?" "Rapport de l'enseigne. Allez. Je vous attends." Les deux se précipitent par la descente rapide et disparaissent. C'est alors que Longin s'approche de Jean et lui dit un mot que je ne comprends pas, puis il se fait donner une lance par un soldat. Il regarde les femmes qui s'occupent toutes de Marie qui reprend lentement des forces. Elles tournent toutes le dos à la croix. Longin se met en face du Crucifié, étudie bien le coup, et puis le donne. La large lance pénètre profondément de bas en haut, de droite à gauche. Jean qui se débat entre le désir de voir et l'horreur de la vision, tourne la tête un instant. 

"C'est fait, ami" dit Longin et il ajoute : "C'est mieux ainsi. Comme à un cavalier, et sans briser les os... c'était vraiment un Juste !" De la blessure suinte beaucoup d'eau et à peine un filet de sang qui déjà forme des grumeaux. Suinte, ai-je dit. Il ne sort qu'en filtrant par la coupure nette qui reste inerte. S'il avait encore respiré, elle se serait ouverte et fermée par le mouvement du thorax et de l'abdomen... ...Pendant que sur le Calvaire tout garde ce tragique aspect, je rejoins Joseph et Nicodème qui descendent par un raccourci pour faire plus vite. Ils sont presque en bas quand ils rencontrent Gamaliel. Un Gamaliel dépeigné, sans couvre-chef, sans manteau, avec son splendide vêtement souillé de terre et déchiré par les ronces. Un Gamaliel qui monte en courant et haletant, les mains dans ses cheveux clairsemés et plutôt gris d'homme âgé. Ils se parlent sans s'arrêter. "Gamaliel ! Toi ?" "Toi, Joseph ? Tu le quittes ?""Moi, non. Mais pourquoi es-tu ici ? Et ainsi ?..." "Chose terrible ! J'étais dans le Temple ! Le signe ! Le Temple tout ouvert ! Le rideau pourpre et jacinthe pend déchiré ! Le Saint des Saints est découvert ! Anathème sur nous !" Il a parlé en continuant de courir vers le sommet, rendu fou par la preuve. Les deux le regardent s'éloigner... ils se regardent... disent ensemble : " 'Ces pierres frémiront à mes dernières paroles !' Il le lui avait promis !..." Ils hâtent leur marche vers la ville. A travers la campagne, entre le mont et les murs, et au-delà, errent, dans l'air encore obscur, des gens à l'air hébété... Des cris, des pleurs, des lamentations... Il y en a qui disent : "Son Sang a fait pleuvoir du feu !" D'autres : "Parmi les éclairs Jéhovah est apparu pour maudire le Temple !" D'autres gémissent : "Les tombeaux ! Les tombeaux !" Joseph saisit quelqu'un qui se cogne la tête contre les murs et il l'appelle par son nom, en le traînant avec lui au moment où il entre dans la ville : "Simon, mais qu'est-ce que tu dis ?" "Laisse-moi ! Un mort toi aussi ! Tous les morts ! Tous dehors ! Et ils me maudissent." "Il est devenu fou" dit Nicodème. Ils le laissent et vont vivement vers le Prétoire. La ville est en proie à la terreur. Des gens errent en se battant la poitrine; des gens font un bond en arrière ou se retournent épouvantés en entendant derrière eux une voix ou un pas. Dans un des si nombreux archivoltes obscurs, l'apparition de Nicodème, vêtu de laine blanche — car pour aller plus vite, il a enlevé sur le Golgotha son manteau foncé — fait pousser un cri de terreur à un pharisien qui s'enfuit. Puis il s'aperçoit que c'est Nicodème et il s'attache à son cou, étrangement expansif, en criant : "Ne me maudis pas ! Ma mère m'est apparue et m'a dit : "Sois maudit pour toujours !" et puis il s'affaisse sur le sol en disant : "J'ai peur ! J'ai peur !" "Mais ils sont tous fous !" disent les deux. Ils arrivent au Prétoire. C'est seulement là, pendant qu'ils attendent d'être reçus par le Proconsul, que Joseph et Nicodème réussissent à savoir la raison de telles terreurs. Beaucoup de tombeaux s'étaient ouverts par suite de la secousse tellurique et il y avait des gens qui juraient en avoir vu sortir les squelettes qui, pendant un instant, reprenaient une apparence humaine et s'en allaient en accusant ceux qui étaient coupables du déicide et en les maudissant. Je les quitte dans l'atrium du Prétoire où les deux amis de Jésus entrent sans faire tant d'histoires de dégoût stupide et de peur de contamination, et je reviens au Calvaire, rejoignant Gamaliel qui, désormais épuisé, monte les derniers mètres. Il avance en se battant la poitrine et, en arrivant sur la première des deux petites places, il se jette parterre, longue forme blanche sur le sol jaunâtre, et il gémit : "Le signe ! Le signe ! Dis-moi que tu me pardonnes ! Un gémissement, même un seul gémissement, pour me dire que tu m'entends et me pardonnes." Je comprends qu'il le croit encore vivant. Il ne se détrompe que quand un soldat le heurtant de sa lance lui dit : "Lève-toi et tais-toi. Inutile ! Il fallait y penser avant. Il est mort. Et moi, païen, je te le dis : Celui que vous avez crucifié était réellement le Fils de Dieu !" "Mort ? Tu es mort ? Oh!..." Gamaliel lève son visage terrorisé, cherche à voir jusque là haut sur la cime, dans la lumière crépusculaire. Il voit peu, mais assez pour comprendre que Jésus est mort. Et il voit le groupe pieux qui réconforte Marie et Jean, debout à gauche de la croix, tout en pleurs, et Longin debout à droite, dans une posture solennelle et respectueuse. Il se met à genoux, tend les bras et pleure : "C'était Toi ! C'était Toi ! Nous ne pouvons plus être pardonnés. Nous avons demandé ton Sang sur nous. Et il crie vers le Ciel, et le Ciel nous maudit... Oh ! Mais tu étais la Miséricorde !... Je te dis, moi, qui suis le rabbi anéanti de Juda : "Ton Sang sur nous, par pitié". Asperge-nous avec lui ! Car lui seul peut nous obtenir le pardon..." il pleure. Et puis, plus doucement, il reconnaît sa secrète torture : "J'ai le signe demandé... Mais des siècles et des siècles de cécité spirituelle restent sur ma vue intérieure, et contre ma volonté de maintenant se dresse la voix de mon orgueilleuse pensée d'hier... Pitié pour moi ! Lumière du monde, dans les ténèbres qui ne t'ont pas compris, fais descendre un de tes rayons ! Je suis le vieux juif fidèle à ce qu'il croyait justice et qui était erreur. Maintenant je suis une lande brûlée, sans plus aucun des vieux arbres de la Foi antique, sans aucune semence ni tige de la Foi nouvelle. Je suis un désert aride. Opère le miracle de faire se dresser une fleur qui ait ton nom dans ce pauvre coeur de vieil Israélite entêté. Toi, Libérateur, pénètre dans ma pauvre pensée, prisonnière des formules. Isaïe le dit :"... il a payé pour les pécheurs et il a pris sur Lui les péchés des multitudes". Oh ! le mien aussi, Jésus de Nazareth..." Il se lève. Il regarde la croix qui se fait toujours plus nette dans la lumière qui revient, et puis il s'en va courbé, vieilli, anéanti. Sur le Calvaire le silence revient, à peine interrompu par les pleurs de Marie. Les deux larrons, épuisés par la peur, ne parlent plus. Nicodème et Joseph reviennent rapidement, en disant qu'ils ont la permission de Pilate. Mais Longin, qui ne s'y fie pas trop, envoie au Proconsul un soldat à cheval pour savoir comment il doit faire aussi avec les deux larrons. Le soldat va et revient au galop avec l'ordre de remettre Jésus et de briser les jambes des autres, par volonté des juifs. Longin appelle les quatre bourreaux, qui se sont lâchement accroupis sous le rocher et sont encore terrorisés par l'événement, et ordonne que les deux larrons soient achevés à coups de massue. La chose arrive sans protestations pour Dismas, auquel le coup de massue déferrée au coeur après avoir frappé les genoux, brise à moitié sur ses lèvres le nom de Jésus, dans un râle. Pour l'autre larron, c'est avec des malédictions horribles. Leur râle est lugubre. Les quatre bourreaux voudraient aussi s'occuper de Jésus pour le détacher de la croix, mais Joseph et Nicodème ne le permettent pas. Joseph aussi enlève son manteau et dit à Jean de l'imiter et de tenir les échelles pendant qu'eux montent avec des leviers et des tenailles. Marie s'est levée tremblante, soutenue par les femmes, et s'approche de la croix. Pendant ce temps, les soldats s'en vont, leur besogne terminée. Longin, avant de descendre au-delà de la place inférieure, se tourne du haut de son cheval pour regarder Marie et le Crucifié. Puis le bruit des sabots résonne sur les pierres et celui des armes contre les cuirasses, et il s'éloigne de plus en plus. La paume gauche est déclouée. Le bras retombe le long du Corps qui maintenant pend à demi détaché. Ils disent à Jean de monter lui aussi, en laissant les échelles aux femmes. Jean, monté sur l'échelle où était d'abord Nicodème, passe le bras de Jésus autour de son cou et le tient ainsi, tout abandonné sur son épaule, en l'enlaçant par son bras à la taille et il le tient par la pointe des doigts pour ne pas heurter l'horrible déchirure de la main gauche, qui est presque ouverte. Quand les pieds sont décloués, Jean a beaucoup de mal à tenir et soutenir le Corps de son Maître entre la croix et son propre corps. Marie se place déjà au pied de la croix, assise en lui tournant le dos, prête à recevoir son Jésus sur ses genoux. Mais le plus difficile c'est de déclouer le bras droit. Malgré tous les efforts de Jean, le Corps pend complètement en avant et la tête du clou est profondément enfoncée dans la chair, et comme ils ne voudraient pas le blesser davantage, les deux hommes compatissants peinent beaucoup. Finalement ils saisissent le clou avec les tenailles et le sortent tout doucement. Jean tient toujours Jésus par les aisselles, avec la tête renversée sur son épaule, pendant que Nicodème et Joseph le saisissent l'un aux cuisses, l'autre aux genoux, et le descendent avec précaution en le tenant ainsi par les échelles. Arrivés à terre, ils voudraient retendre sur le drap qu'ils ont placé sur leurs manteaux, mais Marie le veut. Elle a ouvert son manteau en le laissant pendre d'un côté et écarte les genoux pour faire un berceau à son Jésus. Pendant que les disciples tournent pour lui donner son Fils, la tête couronnée retombe en arrière et les bras pendent vers la terre et frotteraient le sol avec les mains blessées si la pitié des pieuses femmes ne les tenaient pas pour l'empêcher. Maintenant il est sur les genoux de sa Mère... Il semble un grand enfant fatigué qui dort pelotonné sur les genoux maternels. Marie le tient avec le bras droit qu'elle a passé derrière les épaules de son Fils et le gauche qu'elle a passé au-dessus de l'abdomen pour le soutenir aux anches. La tête est sur l'épaule maternelle. Elle l'appelle... l'appelle de sa voix déchirante. Puis elle le détache de son épaule et le caresse avec sa main gauche, prend et étend les mains et avant de les croiser elle les baise, et pleure sur les blessures. Puis elle caresse les joues, spécialement là où il y a des bleus et de l'enflure, elle baise les yeux enfoncés, la bouche restée légèrement tordue vers la droite et entrouverte. Elle voudrait remettre en ordre ses cheveux, comme elle l'a fait pour la barbe souillée de sang mais, en le faisant, elle rencontre les épines. Elle se pique pour enlever cette couronne et veut que ce soit elle qui le fasse, avec la seule main qu'elle a de libre et elle repousse tout le monde en disant : "Non ! Non ! Moi ! Moi !" et il semble qu'elle ait entre ses doigts la tendre tête d'un nouveau-né tant elle le fait avec délicatesse. Et quand elle a pu enlever cette couronne torturante, elle se penche pour soigner par ses baisers toutes les éraflures des épines. De sa main tremblante elle sépare les cheveux en désordre, les remet en ordre, elle pleure et elle parle tout doucement. Avec ses doigts elle essuie les larmes qui tombent sur les pauvres chairs glacées et couvertes de sang, et elle pense les nettoyer avec ses larmes et avec son voile qui est encore autour des reins de Jésus. Elle en tire à elle une extrémité et se met à nettoyer et à essuyer les membres saints. Elle ne cesse de Lui caresser le visage, et puis les mains, et puis les genoux couverts de contusions, et puis elle remonte pour essuyer le Corps sur lequel tombent ses nombreuses larmes. C'est en le faisant que sa main rencontre l'ouverture du côté. La petite main, couverte d'un linge fin, entre presque toute entière dans le large trou de la blessure. Marie se penche pour voir dans la demie clarté qui s'est formée, et elle voit. Elle voit le côté ouvert et le coeur de son Fils. Elle crie, alors. Il semble qu'une épée lui ouvre le coeur, à elle aussi. Elle crie, et puis se renverse sur son Fils et paraît morte, elle aussi. On la secourt, on la réconforte, on veut lui enlever le divin Mort. Elle cri : "Où, où te mettrai-je ? Dans quel lieu qui soit sûr et digne de Toi ?" Joseph, tout penché en une inclination respectueuse, la main ouverte appuyée sur sa poitrine, dit : "Réconforte-toi, Ô Femme ! Mon tombeau est neuf et digne d'un grand. Je le Lui donne. Et Nicodème, mon ami, a déjà porté au tombeau les aromates que lui veut offrir personnellement. Mais, je t'en prie, puisque le soir approche, laisse-nous faire... C'est la Parascève. Sois bonne, ô Femme sainte !" Jean aussi et les femmes la prient dans le même sens et Marie laisse enlever de ses genoux son Fils, et elle se lève, angoissée, pendant qu'on l'enveloppe dans le drap, et elle les prie : "Oh ! faites doucement !" Nicodème et Jean par les épaules, Joseph par les pieds, soulèvent la Dépouille non seulement enveloppée dans le drap mais étendue aussi sur les manteaux qui font office de brancard, et ils descendent par le chemin. Marie, soutenue par sa belle-sœur et la Magdeleine, suivie par Marthe, Marie de Zébédée et Suzanne, qui ont ramassé les clous, les tenailles, la couronne, l'éponge et le roseau, descend vers le tombeau. Sur le Calvaire restent les trois croix. Celle du milieu est nue et les deux autres ont leur trophée vivant qui meurt.


Fruit du Mystère, demandons le pardon pour nos ennemis

2 août 2008

Le Rosaire médité avec Maria Valtorta 11/20

Le Rosaire médité avec Maria Valtorta

Textes extraits de « L'Evangile tel qu'il m'a été révélé »

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Premier Mystère Douloureux: L'Agonie de Jésus à Gethsémani


La route est entièrement silencieuse. Seule l'eau d'une fontaine qui retombe dans un bassin de pierre rompt le profond silence. Le long des murs des maisons, du côté de l'orient, il y a encore de l'obscurité, alors que de l'autre côté la lune commence à blanchir le sommet des maisons et là où la route s'élargit pour former une petite place voilà que la clarté laiteuse et argentée de la lune descend pour embellir aussi les cailloux et la terre de la route. Mais sous les nombreux archivoltes qui vont d'une maison à l'autre, semblables à des pont-levis ou à des étais pour ces vieilles maisons aux ouvertures peu nombreuses sur les rues, et qui à cette heure sont toutes closes et sombres comme si c'étaient des maisons abandonnées, c'est l'obscurité complète, et la torche rougeâtre portée par Simon acquiert une singulière vivacité et une utilité encore plus grande. Les visages, dans cette lumière rouge et mobile, se montrent avec un relief net et tous, tant qu'ils sont, révèlent autant d'état d'âme différents. Le plus solennel et le plus calme, c'est celui de Jésus. Pourtant la fatigue le vieillit en y faisant paraître des lignes inhabituelles qui font déjà apparaître la future effigie de son visage recomposé dans la mort. Jean, qui est à côté de Lui, tourne un regard étonné, dolent sur tout ce qu'il voit. On dirait un enfant terrorisé par quelque récit qu'il a entendu ou quelque promesse effrayante et qui demande de l'aide à qui il sait être plus que lui. Mais qui peut l'aider ? Simon, qui est de l'autre côté de Jésus, a le visage fermé, sombre, de quelqu'un qui rumine des pensées atroces, et c'est encore le seul qui après Jésus montre un aspect plein de dignité. Les autres, qui en deux groupes ne cessent de se déformer, sont tous en fermentation. De temps à autre la voix rauque de Pierre ou celle de baryton de Thomas s'élèvent avec une résonance étrange. Puis ils baissent la voix comme effrayés de ce qu'ils disent. Ils dis­cutent sur ce qu'il faut faire, et l'un propose une chose et l'autre une autre. Mais toutes les propositions tombent car réellement va commencer "l'heure des ténèbres" et les jugements humains restent obscurs et confus. "Il fallait me le dire plus tôt" dit Pierre fâché. "Mais personne n'a parlé. Pas le Maître..." "Oui ! Justement Lui te le disait. Mais, frère ! Il semble que tu ne le connaisses pas !..." "Moi je ressentais quelque trouble et j'ai dit : "Allons mourir avec Lui". Vous vous le rappelez ? Mais, par notre Très Saint Dieu, si j'avais su que c'était Judas de Simon !..." tonne Thomas d'une voix menaçante. "Et que voulais-tu faire ?" demande Barthélemy. "Moi ? Je le ferais encore maintenant si vous m'aidiez !", "Quoi ? Tu partirais pour le tuer ? Et où ?"

"Non. J'éloignerais le Maître. C'est plus simple." "Il ne viendrait pas !" "Je ne Lui demanderais pas de venir. Je l'enlèverais comme on enlève une femme." "Ce ne serait pas une mauvaise idée !" dit Pierre. Et, impulsif, il revient en arrière, se met dans le groupe des deux fils d'Alphée qui avec Matthieu et Jacques parlent doucement comme des conjurés. "Écoutez : Thomas dit d'éloigner Jésus. Tous ensemble. On pourrait... du Get-Samni par Bethphagé à Béthanie et de là... en route pour quelque endroit. Le faisons-nous ? Une fois Lui mis en lieu sûr, on revient et on extermine Judas." "C'est inutile. Israël n'est qu'une trappe" dit Jacques d'Alphée. "Et maintenant elle est tout près de se fermer. On le comprenait. Trop de haine !" "Mais, Matthieu ! Tu me fais enrager ! Tu avais plus de courage quand tu étais pécheur ! Philippe, parle." Philippe, qui vient tout à fait seul et paraît se faire un monologue, lève le visage et s'arrête. Pierre le rejoint et ils parlent entre eux. Puis ils rejoignent le groupe de tout à l'heure. "Moi, je dirais que le meilleur endroit, c'est dans le Temple" dit Philippe. "Es-tu fou ?" crient les cousins, Matthieu et Jacques. "Mais si là on veut sa mort !" "Chut ! Quel vacarme ! Je sais ce que je dis. Ils le chercheront partout, mais pas là. Toi et Jean avez de bonnes amitiés parmi les serviteurs d'Anna. On donne une bonne poignée d'or... et tout est fait. Croyez-le ! Le meilleur endroit pour cacher quelqu'un que l'on recherche, c'est la maison du geôlier." "Moi, je ne le fais pas" dit Jacques de Zébédée. "Mais écoute aussi les autres, Jean pour commencer. Et si ensuite ils l'arrêtent ? Je ne veux pas qu'on dise que c'est moi le traître..." "Je n'y avais pas pensé. Et alors ?" Pierre est anéanti. "Et alors je dirais qu'il faut faire une chose par pitié. La seule que nous puissions : éloigner la Mère" dit Jude d'Alphée. "Bon !... Mais... qui y va ? Qu'est-ce qu'on lui dit ? Vas-y toi, son parent." "Moi, je reste avec Jésus. C'est mon droit. Vas-y toi." "Moi ?! Je me suis armé d'une épée pour mourir comme Eléazar de Saura. Je traverserai des légions pour défendre mon Jésus et je frapperai sans retenue. Si la force de ceux qui sont plus nombreux me tue, n'importe. Je l'aurai défendu" proclame Pierre. "Mais es-tu vraiment sûr que c'est l'Iscariote ?" demande Philippe au Thaddée. "J'en suis sûr. Aucun de nous n'a un cœur  de serpent. Il n'y a que lui... Va, Matthieu, trouver Marie et dis-lui..." "Moi ? La tromper ? La voir, ignorante, à côté de moi, et puis ?... Ah ! non. Je suis prêt à mourir, mais pas à trahir cette colombe..." Les voix se confondent en un murmure. "Tu entends ? Maître, nous t'aimons" dit Simon. "Je le sais. Je n'ai pas besoin de ces paroles pour le savoir. Et si elles donnent la paix au cœur du Christ, elles blessent son âme." "Pourquoi, mon Seigneur ? Ce sont des paroles d'amour." "D'un amour tout humain. En vérité, en ces trois ans, je n'ai rien fait, car vous êtes encore plus humains qu'à la première heure. Il fermente en vous tous les ferments les plus fangeux, ce soir. Mais ce n'est pas votre faute..." "Sauve-toi, Jésus !" dit Jean en gémissant. "Je me sauve." "Oui ? Oh ! mon Dieu, merci !" Jean paraît une fleur qui plie en se desséchant et qui redevient fraîche sur sa tige. "Je le dis aux autres. Où allons-nous ?" "Moi à la mort. Vous à la Foi." "Mais n'avais-tu pas dit maintenant que tu te sauves ?" Le préféré est de nouveau accablé. "Je me sauve, en fait, je me sauve. Si je n'obéissais pas au Père, je me perdrais. J'obéis, donc je me sauve. Mais ne pleure pas ainsi ! Tu es moins brave que les disciples de ce philosophe grec dont je t'ai parlé un jour. Eux restèrent près de leur maître que faisait mourir la ciguë, pour le réconforter par leur virile douleur. Toi... tu sembles un enfant qui a perdu son père." "Et n'en est-il pas ainsi ? C'est plus que si je perdais mon père ! Je te perds Toi..." "Tu ne me perds pas puisque tu continues de m'aimer. Est perdu quelqu'un qui est séparé de nous par l'oubli sur la Terre et par le jugement de Dieu dans l'au-delà. Mais nous ne serons pas séparés. Jamais. Ni par celui-ci, ni par celui-là." Mais Jean n'entend pas raison. Simon s'approche encore plus près de Jésus et Lui confie à voix basse : "Maître... moi... Simon Pierre et Moi, nous espérions faire quelque chose de bon... Mais... Toi qui sais tout, dis-moi : dans combien d'heures penses-tu être capturé ?" "Avant que la lune ne soit au sommet de son arc." Simon fait un geste de douleur et d'impatience, pour ne pas dire de dépit. "Alors tout a été inutile... Maître, je vais t'expliquer. Tu as presque reproché à Simon Pierre et à moi de t'avoir laissé seul dans ces derniers jours... Mais nous nous éloignions pour Toi... Par amour pour Toi. Pierre, dans la nuit de lundi, impressionné par tes paroles, est venu me trouver pendant mon sommeil et il m'a dit : "Toi et Moi, je me fie à toi, nous devons faire quelque chose pour Jésus. Même Judas a dit vouloir s'en occuper" Oh ! pourquoi n'avons-nous pas compris alors ? Pourquoi ne nous as-tu rien dit, Toi ? Mais dis-moi : tu ne l'as dit à personne ? Vraiment à personne ? Peut-être l'as-tu compris seulement il y a quelques heures ?" "Je l'ai toujours su. Avant même qu'il fût au nombre des disciples. Et pour que son crime ne fût pas parfait, du côté divin et du côté humain, j'ai cherché de toutes les manières de l'éloigner de Moi. Ceux qui veulent que je meure sont les bourreaux de Dieu. Lui, mon disciple et ami, est aussi le Traître, le bourreau de l'homme. Mon premier bourreau car il m'a déjà fait mourir par l'effort de l'avoir à côté de Moi, à ma table, et de devoir le protéger de Moi-même contre vous." "Et personne ne le sait ?" "Jean. Je lui l'ai dit à la fin de la Cène. Mais qu'avez-vous fait ?" "Et Lazare ? Il ne sait vraiment rien Lazare ? Aujourd'hui nous sommes allés chez lui. En effet, il est venu de grand matin, a sacrifié et est reparti, sans même s'arrêter à son palais et sans aller au Prétoire, car lui y va toujours par suite d'une habitude prise par son père. Et Pilate, tu le sais, est dans la ville, ces jours-ci..." "Oui. Ils y sont tous. Il y a Rome, la nouvelle Sion, avec Pilate. Il y a Israël avec Caïphe et Hérode. Il y a tout Israël, car la Pâque a rassemblé les enfants de ce peuple au pied de l'autel de Dieu... As-tu vu Gamaliel ?" "Oui.  Pourquoi me le demandes-tu ? Je dois le revoir aussi, demain..." "Gamaliel, ce soir est à Bethphagé. Je le sais. Quand nous serons arrivés au Gethsémani tu iras trouver Gamaliel et tu lui diras : "Sous peu tu auras le signe que tu attends depuis vingt et un ans". Rien d'autre. Et puis tu reviendras avec tes compagnons." "Mais comment le sais-tu ? Oh ! Maître, mon pauvre Maître qui n'as même pas le réconfort d'ignorer les œuvres d'autrui !" "Tu dis bien ! Le réconfort d'ignorer ! Pauvre Maître ! Car il y a plus d'œuvres mauvaises que de bonnes. Mais je vois aussi celles qui sont bonnes et je m'en réjouis." "Alors tu sais que..." "Simon, c'est l'heure de ma passion. Pour la rendre plus complète, le Père me retire la lumière à mesure qu'on approche. D'ici peu, je n'aurai que ténèbres et la contemplation de ce que sont les ténèbres : c'est-à-dire tous les péchés des hommes. Tu ne peux, vous ne pouvez pas comprendre. Personne, à moins d'y être appelé par Dieu pour une mission spéciale, ne comprendra cette passion dans la grande Passion. Puisque l'homme est matériel, même dans l'amour et dans la méditation, il y en aura qui pleureront et souffriront à cause des coups que j'ai reçus, et de mes tortures de Rédempteur, mais on ne mesurera pas cette torture spirituelle qui, croyez-le vous qui m'écoutez, sera la plus atroce... Parle-moi donc, Simon. Guide-moi sur les sentiers où ton amitié est allée pour Moi, car je suis un pauvre qui perd la vue et qui voit des fantômes, et non des choses réelles..." Jean le serre contre lui et demande : "Quoi ? Tu ne vois plus ton Jean ?" "Je te vois, mais les fantômes surgissent du brouillard de Satan, visions de cauchemar et de douleur. Nous sommes tous enveloppés dans ce miasme d'enfer, ce soir. En Moi, il cherche à créer la lâcheté, la désobéissance et la douleur. En vous, il créera la déception et la peur. En d'autres, qui pourtant ne sont ni peureux ni criminels, il amènera le crime et l'effroi. En d'autres, qui déjà appartiennent à Satan, il donnera la perversion surnaturelle. Je parle ainsi car leur perfection dans le mal sera telle qu'elle dépassera les possibilités humaines et atteindra la perfection qui est toujours dans le surhumain. Parle, Simon." "Oui. Depuis mardi, nous ne faisons que nous déplacer pour savoir, pour prévenir, pour chercher de l'aide." "Et qu'avez-vous pu faire ?" "Rien, ou bien peu." "Et le peu sera "rien" quand la peur paralysera les cœurs." "Je me suis heurté aussi à Lazare... La première fois que cela m'arrive... Heurté car il me paraît inerte... Lui pourrait agir. C'est un ami du Gouverneur. C'est toujours le fils de Théophile ! Mais Lazare a repoussé toutes mes propositions. Je l'ai quitté en criant : "Je pense que l'ami dont parle le Maître, c'est toi ! Tu me fais horreur !" et je ne voulais plus retourner chez lui. Mais, ce matin, il m'a appelé et m'a dit : "Peux-tu encore penser que je suis le traître ?" J'avais déjà vu Gamaliel, et Joseph et Chouza, et Nicodème et Manaën, et enfin ton frère Joseph... et je ne pouvais plus croire cela. Je lui ai dit : "Pardonne-moi, Lazare. Mais je sens ma pensée bouleversée plus que quand j'étais moi-même un condamné". Et c'est ainsi, Maître... Je ne suis plus moi... Mais pourquoi souris-tu ?" "Parce que cela confirme ce que je t'ai dit auparavant. Le brouillard de Satan t'enveloppe et te trouble. Qu'a répondu Lazare ?" "Il a dit : "Je te comprends. Viens aujourd'hui avec Nicodème. J'ai besoin de te voir". Et j'y suis allé pendant que Simon Pierre allait chez les galiléens, car ton frère qui vient de si loin sait plus de nouvelles que nous. Il dit qu'il a été informé par hasard en parlant avec un vieux galiléen, ami d'Alphée et de Joseph, qui habite près des marchés." "Ah !... oui... Un grand ami de la maison..." "Il est ici avec Simon et les femmes. Il y a aussi la famille de Cana." "J'ai vu Simon." "Eh bien, Joseph, par son ami, qui est ami aussi de quelqu'un du Temple qui est devenu son parent par les femmes, a su qu'est décidée ta capture, et il a dit à Pierre : "Je l'ai toujours combattu, mais par amour et tant qu'il était encore fort. Mais maintenant qu'il devient comme un enfant à la merci de ses ennemis, moi, son parent qui l'ai toujours aimé, je suis avec Lui. C'est un devoir de sang et de cœur" Jésus sourit en reprenant pour un instant le visage serein des heures de joie. "Et Joseph a dit à Pierre : "Les pharisiens de Galilée sont des aspics comme tous les pharisiens. Mais la Galilée n'est pas toute pharisienne. Et il y a ici beaucoup de galiléens qui l'aiment. Allons leur dire de se rassembler pour le défendre. Nous n'avons que des couteaux, mais les bâtons aussi sont des armes quand on les manie bien. Et, si les milices romaines n'interviennent pas, nous aurons , vite raison de cette lâche canaille que sont les sbires du Temple". Et Pierre est allé avec lui. Moi, pendant ce temps, j'allais chez Lazare, avec Nicodème. Nous avions décidé de le persuader de venir avec nous et d'ouvrir la maison pour rester avec Toi. Il nous a dit : "Je dois obéir à Jésus et rester ici. Pour souffrir le double..." Est-ce vrai ?" "C'est vrai, Je lui ai donné cet ordre." "Pourtant il m'a donné les épées, elles sont à lui : une pour moi, une pour Pierre. Chouza aussi voulait me donner des épées. Mais... que sont deux lames de fer contre tout un monde ? Chouza ne peut croire que soit vrai ce que tu dis. Il jure que lui ne sait rien et qu'à la cour on ne pense qu'à jouir de la fête... Une ripaille comme à l'ordinaire. Si bien qu'il a dit à Jeanne de se retirer dans une de leurs maisons en Judée. Mais Jeanne veut rester ici, renfermée dans son palais comme si elle n'y était pas. Mais elle ne s'éloigne pas. Elle a avec elle Plautina, Anne et Nique, et deux dames romaines de la maison de Claudia. Elles pleurent, prient et font prier les innocents. Mais ce n'est pas un temps de prière. C'est un temps de sang. Je sens renaître en moi le "zélote" et je brûle de tuer pour faire vengeance !..." "Simon, si j'avais voulu te faire mourir maudit, je ne t'aurais pas enlevé à la désolation !..." Jésus est très sévère. "Oh ! pardon, Maître... pardon. Je suis comme ivre, je délire." "Et Manaën, que dit-il ?" "Manaën dit que cela ne peut être vrai, et que si c'était vrai, lui te suivra même au supplice." "Comme tous vous avez confiance en vous !... Que d'orgueil il y a dans l'homme ! Et Nicodème et Joseph ? Que savent-ils ?" "Rien de plus que moi. Il y a quelque temps, dans une assemblée. Joseph s'en est pris au Sanhédrin. Il les traita d'assassins parce qu'ils voulaient tuer un innocent, et il dit : "Tout est illégal là dedans. Lui le dit bien : c'est l'abomination dans la maison du Seigneur. Cet autel sera détruit car il est profané". Ils ne le lapidèrent pas parce que c'est lui. Mais depuis lors ils l'ont tenu dans l'ignorance totale. Seuls Gamaliel et Nicodème sont restés ses amis. Mais le premier ne parle pas et le second... Ni lui ni Joseph n'ont plus été convoqués au Sanhédrin pour les décisions les plus vraies. Il se réunit illégalement ici et là, à des heures différentes, car ils ont peur d'eux et de Rome. Ah ! j'oubliais !... Les bergers. Eux aussi sont avec les galiléens. Mais nous sommes peu nombreux ! Si Lazare avait voulu nous écouter et aller trouver le Préteur ! Mais il ne nous a pas écoutés... Voilà ce que nous avons fait... Beaucoup... et rien... et je suis tellement accablé que je voudrais aller à travers la campagne en criant comme un chacal, en m'abrutissant dans une orgie, en tuant comme un brigand, pour m'enlever cette pensée que "tout est inutile" comme l'a dit Lazare, comme l'ont dit Joseph et Chouza, et Manaën et Gamaliel..." Le Zélote ne semble plus lui-même. "Qu'a dit le rabbi ?" "Il a dit : "Je ne connais pas exactement les intentions de Caïphe, mais je vous dis que seulement pour le Christ est prophétisé ce que vous dites. Et comme je ne reconnais pas le Christ en ce prophète, je ne trouve pas qu'il y ait lieu de s'agiter. Un homme sera tué, bon, ami de Dieu. Mais de combien de ses semblables, Sion a bu le sang ? !" Et comme nous insistions sur ta Nature divine, il a répété avec entêtement : "Quand je verrai le signe, je croirai". Il a promis de s'abstenir de voter ta mort et même, si possible, de persuader les autres de ne pas te condamner. Cela, rien de plus. Il ne croit pas ! Il ne croit pas ! Si on pouvait arriver à demain... Mais tu dis que non. Oh ! qu'allons-nous faire, nous ?!" "Tu iras chez Lazare et tu chercheras à y amener autant que tu peux. Non seulement des apôtres, mais aussi des disciples que tu trouveras errants sur les chemins de la campagne. Tu essaieras de voir les bergers et de leur donner cet ordre. La maison de Béthanie est plus que jamais la maison de Béthanie, la maison de la bonne hospitalité. Que ceux qui n'ont pas le courage d'affronter la haine de tout un peuple se réfugient là, pour attendre..." "Mais nous ne te laisserons pas." "Ne vous séparez pas... Divisés vous ne seriez rien. Unis, vous serez encore une force. Simon, promets-moi cela. Tu es paisible, fidèle, tu sais parler et commander, même Pierre. Et tu as une grande obligation envers Moi. Je te le rappelle pour la première fois pour t'imposer l'obéissance. Regarde : nous sommes au Cédron. De là tu es monté vers Moi lépreux et d'ici tu es parti purifié. Pour ce que je t'ai donné, donne-moi. Donne à l'Homme ce que Moi j'ai donné à l'homme. Maintenant le lépreux c'est Moi..." "Non ! Ne le dis pas !" disent ensemble en gémissant les deux disciples. "Il en est ainsi ! Pierre, mes frères seront les plus accablés. Mon honnête Pierre se sentira comme un criminel et n'aura pas de paix. Et mes frères.., Ils n'auront pas le courage de regarder leur mère et la mienne... Je te les recommande..." "Et moi, Seigneur, de qui serai-je ? Tu ne penses pas à moi ?" "O mon petit enfant ! Tu es confié à ton amour. Il est si fort qu'il te guidera comme une mère. Je ne te donne pas d'ordre ni de direction. Je te laisse sur les eaux de l'amour. Elles sont en toi un fleuve si calme et si profond que je ne me mets pas en peine pour ton lendemain. Simon, tu as entendu ? Promets, promets-moi !" Il est pénible de voir Jésus tellement angoissé... Il reprend : "Avant que viennent les autres ! Oh ! merci ! Sois béni !" Tout le groupe se réunit. "Maintenant, séparons-nous. Moi, je monte là-haut pour prier. Je veux avec Moi Pierre, Jean et Jacques. Vous, restez ici. Et si vous êtes accablés, appelez. Et ne craignez pas. On ne touchera pas à un cheveu de votre tête.. Priez pour Moi. Déposez la haine et la peur. Ce ne sera qu'un instant... et ensuite la joie sera pleine. Souriez. Que j'ai dans le cœur vos sourires. Et encore, merci de tout, amis. Adieu. Que le Seigneur ne vous abandonne pas..." Jésus se sépare des apôtres et va en avant pendant que Pierre se fait donner par Simon la torche. Celui-ci auparavant a allumé avec elle des rameaux résineux qui brûlent en crépitant au bord de l'oliveraie et répandent une odeur de genièvre. Je souffre de voir le Thaddée qui regarde Jésus d'un regard tellement intense et douloureux que ce dernier se retourne et cherche qui l'a regardé. Mais le Thaddée se cache derrière Barthélemy et se mord les lèvres pour se calmer. Jésus fait de la main un geste qui est bénédiction et adieu, puis il continue son chemin. La lune, maintenant très haute, entoure de sa lumière sa haute figure et paraît la faire plus grande, en la spiritualisant, en rendant plus clair son vêtement rouge et plus pâle l'or de ses cheveux. Derrière Lui, hâtent le pas Pierre avec la torche et les deux fils de Zébédée, Ils continuent jusqu'à ce qu'ils rejoignent le bord du premier escarpement du rustique amphithéâtre de l'oliveraie, auquel sert d'entrée la petite place irrégulière et de gradins les différents escarpements qui montent par échelons des oliviers sur le mont. Puis Jésus leur dit : "Arrêtez-vous, attendez-moi ici pendant que je prie. Mais ne dormez pas. Je pourrais avoir besoin de vous. Et, je vous le demande par charité : priez ! Votre Maître est très accablé." Et en effet il est déjà profondément accablé. Il paraît chargé d'un fardeau. Où est désormais le viril Jésus qui parlait aux foules, beau, fort, l'œil dominateur, souriant paisiblement, avec sa voix retentissante et pleine de charme ? Il paraît déjà pris par l'angoisse. Il est comme quelqu'un qui a couru ou qui a pleuré. Sa voix est lasse et angoissée. Triste, triste, triste... Pierre répond au nom de tous : "Sois tranquille, Maître. Nous veillerons et nous prierons. Tu n'as qu'à nous appeler et nous viendrons." Et Jésus les quitte alors que les trois se penchent pour ramasser des feuilles et des branches pour faire un feu qui serve à les tenir éveillés et aussi pour combattre la rosée qui commence à descendre abondamment. Il marche, en leur tournant le dos, de l'occident vers l'orient, ayant donc en face la lumière de la lune. Je vois qu'une grande douleur dilate encore davantage son œil; c'est peut-être un bistre de lassitude qui l'élargit, peut-être est-ce l'ombre de l'arcade sourcilière. Je ne sais pas. Je sais qu'il a l'œil  plus ouvert et plus enfoncé. Il monte, la tête penchée, seulement de temps en temps il la lève en soupirant comme s'il se fatiguait et haletait, et alors il tourne son œil si triste sur l'oliveraie paisible. Il fait quelques mètres en montée, puis il tourne autour d'un escarpement qui se trouve ainsi entre Lui et les trois qu'il a laissés plus bas. L'escarpement, qui au début ne monte que de quelques décimètres, ne cesse de monter, et il a bientôt atteint deux mètres, de sorte qu'il met complètement Jésus à l'abri de tout regard indiscret ou ami. Jésus continue jusqu'à un gros rocher qui à un certain point barre le petit sentier, peut-être mis pour soutenir la côte qui descend avec plus de rapidité et nue jusqu'à un espace désolé qui précède les murs au-delà desquels est située Jérusalem, et qui vers le haut continue à monter avec d'autres escarpements et d'autres oliviers. Justement au-dessus du gros rocher se penche un olivier tout noueux et tordu. Il semble un bizarre point d'interrogation mis par la nature pour poser quelque question. Les branches touffues au sommet donnent une réponse à la question du tronc, en disant tantôt oui quand elles se penchent vers la terre, tantôt non en se déplaçant de droite à gauche, sous un vent léger qui passe par vagues successives à travers les feuillages et qui parfois exhale seulement l'odeur de la terre, parfois l'odeur légèrement amère de l'olivier, parfois un parfum mêlé de roses et de muguets dont on se demande d'où il peut bien venir. Au-delà du petit sentier, vers le bas, il y a d'autres oliviers et l'un, justement au-dessous du rocher, frappé par la foudre et ayant pourtant survécu, ou découpé je ne sais comment, a, du tronc primitif, fait deux troncs qui se dressent comme les deux branches d'un grand V moulé et les deux feuillages se présentent d'un côté et de l'autre du rocher comme si en même temps ils voulaient voir et cacher, ou lui faire une base d'un gris argenté tout paisible. Jésus s'arrête à cet endroit. Il ne regarde pas la ville qui se fait voir tout en bas, toute blanche dans le clair de lune. Au contraire il lui tourne le dos et il prie, les bras ouverts en croix, le visage levé vers le ciel. Je ne vois pas son visage car il est dans l'ombre, la lune étant pour ainsi dire perpendiculaire au-dessus de sa tête, c'est vrai, mais ayant aussi le feuillage épais de l'olivier entre Lui et la lune dont les rayons filtrent à peine entre les feuilles en produisant des taches lumineuses en perpétuel mouvement. Une longue, ardente prière. De temps en temps il pousse un soupir et fait entendre quelque parole plus nette. Ce n'est pas un psaume, ni le Pater. C'est une prière faite du jaillissement de son amour et de son besoin. Un vrai discours fait à son Père. Je le comprends par les quelques paroles que je saisis : "Tu le sais... Je suis ton Fils... Tout, mais aide-moi... L'heure est venue... Je ne suis plus de la Terre. Cesse tout besoin d'aide à ton Verbe... Fais que l'Homme te satisfasse comme Rédempteur, comme la Parole t'a été obéissante... Ce que Tu veux... C'est pour eux que je te demande pitié... Les sauverai-je ? C'est cela que je te demande. Je les veux ainsi : sauvés du monde, de la chair, du démon... Puis-je te demander encore ? C'est une juste demande, mon Père. Pas pour Moi. Pour l'homme qui est ta création, et qui voulut rendre fange jusqu'à son âme. Je jette dans ma douleur et dans mon Sang cette boue pour qu'elle redevienne l'incorruptible essence de l'esprit qui t'est agréable... Il est partout. C'est lui le roi ce soir : au palais royal et dans les maisons, parmi les troupes et au Temple... La ville en est pleine, et demain ce sera un enfer..." Jésus se tourne, appuie son dos au rocher et croise ses bras. Il regarde Jérusalem. Le visage de Jésus devient de plus en plus triste. Il murmure : "Elle paraît de neige... et elle n'est que péché. Même dans elle, combien j'en ai guéris ! Combien j'ai parlé !... Où sont ceux qui me paraissaient fidèles ?"... Jésus penche la tête et regarde fixement le terrain couvert d'une herbe courte et que la rosée rend brillante. Mais bien qu'il ait la tête penchée je comprends qu'il pleure car des gouttes brillent en tombant de son visage sur le sol. Puis il lève la tête, desserre ses bras, les joint en les tenant au-dessus de sa tête et en les agitant ainsi unis. Puis il se met en route. Il revient vers les trois apôtres assis autour de leur feu de branchages. Il les trouve à moitié endormis. Pierre appuie ses épaules à un tronc, et les bras croisés sur la poitrine il balance sa tête, dans le premier brouillard d'un sommeil profond. Jacques est assis, avec son frère, sur une grosse racine qui affleure et sur laquelle ils ont mis leurs manteaux pour moins sentir les aspérités, mais malgré cela, bien qu'ils soient moins à l'aise que Pierre, eux aussi somnolent. Jacques a abandonné sa tête sur l'épaule de Jean qui a penché la tête sur celle de son frère comme si le demi-sommeil les avait immobilisés dans cette pose. "Vous dormez ? Vous n'avez pas su veiller une seule heure ? Et Moi j'ai tant besoin de votre réconfort et de vos prières !" Les trois sursautent confus. Ils se frottent les yeux, ils murmurent une excuse, accusant la digestion pénible d'être la première cause de leur sommeil : "C'est le vin... la nourriture... Mais maintenant cela passe. Cela n'a été qu'un moment. Nous ne désirions pas parler et cela nous a endormis. Mais maintenant nous allons prier à haute voix et cela ne nous arrivera plus." "Oui. Priez et veillez. Pour vous aussi, vous en avez besoin." *Oui, Maître. Nous allons t'obéir." Jésus s'en retourne. La lune Lui frappe le visage si fort que sa clarté d'argent fait pâlir de plus en plus son vêtement rouge comme si elle le couvrait d'une poussière blanche et lumineuse. Je vois dans cette clarté son visage découragé, affligé, vieilli. Le regard est toujours dilaté mais paraît embué de larmes. La bouche a un pli de lassitude. Il revient à son rocher plus lentement et tout penché. Il s'y agenouille en appuyant ses bras au rocher qui n'est pas lisse, mais à mi-hauteur il a une sorte de sein, comme si on l'avait travaillé exprès. Sur ce sein de dimension réduite, il a poussé une petite plante qui me semble de ces fleurettes semblables à de petits lys que j'ai vues aussi en Italie. Les petites feuilles sont rondes mais dentelées sur les bords et charnues avec des fleurettes sur les tiges très grêles. On dirait des petits flocons de neige qui saupoudrent la grisaille du rocher et les feuilles d'un vert foncé. Jésus appuie ses mains près d'elles et les fleurettes Lui frôlent la joue car il pose sa tête sur ses mains jointes et il prie. Après un moment il sent la fraîcheur des petites corolles et il lève la tête. Il les regarde, les caresse, leur parle : "Vous êtes pures !... Vous me réconfortez ! Dans la petite grotte de Maman, il y avait aussi de ces fleurettes... et elle les aimait car elle disait : "Quand j'étais petite, mon père me disait : "Tu es un lys si petit et tout plein de la rosée céleste' "... Maman ! Oh ! Maman !" Il éclate en sanglots. La tête sur ses mains jointes, retombé un peu sur ses talons, je le vois et l'entends pleurer, alors que ses mains serrent ses doigts et se tourmentent l'une l'autre. Je l'entends qui dit : "A Bethléem aussi... et je te les ai apportées, Maman. Mais celles-ci, qui te les apportera désormais ?..."

Puis il recommence à prier et à méditer. Elle doit être bien triste sa méditation, angoissée plutôt que triste car, pour y échapper, il se lève, va en avant et en arrière en murmurant des paroles que je ne saisis pas, levant son visage, le rabaissant, faisant des gestes, passant sur ses yeux, sur ses joues, sur ses cheveux, ses mains avec des mouvements machinaux et agités, comme ceux de quelqu'un qui est dans une grande angoisse. Ce n'est rien de le dire. Le décrire est impossible. Le voir, c'est partager son angoisse. Il fait des gestes vers Jérusalem. Puis il recommence à élever les bras vers le ciel comme pour demander de l'aide. Il enlève son manteau comme s'il avait chaud. Il le regarde... Mais que voit-il ? Ses yeux ne regardent pas autre chose que sa torture et tout sert à cette torture pour l'augmenter, même le manteau tissé par sa Mère. Il le baise et dit : "Pardon, Maman ! Pardon !" Il semble le demander à l'étoffe filée et tissée par l'amour de sa Mère... Il le reprend. Il est pris par un tourment. Il veut prier pour le surmonter, mais avec la prière reviennent les souvenirs, les appréhensions, les doutes, les regrets... C'est toute une avalanche de noms... de villes... de personnes... de faits... Je ne puis le suivre car il est rapide et irrégulier. C'est sa vie évangélique qui défile devant Lui... et Lui ramène Judas le traître. Son angoisse est si grande, que pour la vaincre il crie le nom de Pierre et de Jean. Et il dit : "Maintenant ils vont venir. Ils sont bien fidèles, eux !" Mais "eux" ne viennent pas. Il appelle de nouveau. Il paraît terrorisé comme s'il voyait je ne sais quoi. Il s'enfuit rapidement vers l'endroit où se trouve Pierre et les deux frères. Et il les trouve plus commodément et plus pesamment endormis autour de quelques braises qui vont mourir et produisent seulement des éclairs rouges dans la cendre grise. "Pierre ! Je vous ai appelés trois fois ! Mais que faites-vous ? Vous dormez encore ? Mais vous ne sentez pas à quel point je souffre ? Priez. Que la chair n'ait pas le dessus, ne vous vainque pas. En aucun de vous. Si l'esprit est prompt, la chair est faible. Aidez-moi..." Les trois, s'éveillent plus lentement, mais finalement ils y arrivent et s'excusent, les yeux ébahis. Ils se lèvent, en commençant par s'asseoir, puis ils se mettent vraiment debout. "Mais vois un peu !" murmure Pierre. "Ceci ne nous est jamais arrivé ! Ce doit être vraiment ce vin. Il était fort. Et aussi ce froid. On s'est couvert pour ne pas le sentir (en effet ils s'étaient couverts avec leurs manteaux, même la tête) et on n'a plus vu le feu, on n'a plus eu froid et voilà que le sommeil est venu. Tu dis que tu nous as appelés ? Et pourtant il ne me semblait pas que je dormais si profondément... Allons, Jean, cherchons des branches, remuons-nous. Cela va passer. Sois tranquille, Maître, que dorénavant !... Nous resterons debout..." et il jette une poignée de feuilles sèches sur la braise et souffle pour faire reprendre la flamme. Il l'alimente avec les branches apportées par Jean, pendant que Jacques apporte un quartier de genièvre ou d'une plante du même genre qu'il a coupé dans un buisson peu éloigné et le met par dessus le reste. La flamme monte haute et gaie éclairant le pauvre visage de Jésus, un visage vraiment d'une tristesse telle que l'on ne peut le regarder sans pleurer. Toute clarté de ce visage a disparu dans une lassitude mortelle. Il dit : "J'éprouve une angoisse qui me tue ! Oh ! oui ! Mon âme est triste à en mourir. Amis !... Amis ! Amis !" Mais même s'il ne le disait pas, son aspect dirait qu'il est vraiment comme quelqu'un qui meurt, et dans l'abandon le plus angoissé et le plus désolé. Il semble que chacune de ses paroles soit un sanglot... Mais les trois sont trop appesantis par le sommeil. Ils semblent presque ivres tant ils marchent en titubant les yeux mi-clos... Jésus les regarde... Il ne les mortifie pas par des reproches. Il secoue la tête, soupire et s'en va à la place qu'il occupait, Il prie de nouveau debout, les bras en croix. Puis à genoux comme avant, le visage penché sur les petites fleurs. Il réfléchit. Il se tait... Puis il se met à gémir et à sangloter fortement, presque prosterné tant il s'est relâché sur ses talons. Il appelle le Père avec toujours plus d'angoisse... "Oh !" dit-il. "Il est trop amer ce calice ! Je ne puis pas ! Je ne puis pas. Il est au-dessus de ce que je puis. J'ai tout pu ! Mais pas cela... Éloigne-le, Père, de ton Fils ! Pitié pour Moi !... Qu'ai-je fait pour le mériter ?" Puis il se reprend et dit : "Cependant, mon Père, n'écoute pas ma voix si elle te demande ce qui est contraire à ta volonté. Ne te souviens pas que je suis ton Fils, mais seulement ton serviteur. Que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne." Il reste ainsi un moment, puis il pousse un cri étouffé et lève un visage bouleversé. Un seul instant, puis il tombe sur le sol, le visage réellement contre terre et il reste ainsi. Une loque d'homme sur qui pèse tout le péché du monde, sur qui s'abat toute la Justice du Père, sur qui descendent les ténèbres, la cendre, le fiel, cette redoutable, redoutable, absolument redoutable chose qu'est l'abandon de Dieu, pendant que Satan nous torture... C'est l'asphyxie de l'âme, c'est être ensevelis vivants dans cette prison qu'est le monde quand on ne peut plus sentir qu'entre nous et Dieu il y a un lien, c'est être enchaînés, bâillonnés, lapidés par nos propres prières qui nous retombent dessus hérissées de pointes et pleines de feu, c'est se heurter contre un Ciel fermé où ne pénètrent pas la voix et les regards de notre angoisse, c'est être "orphelins de Dieu", c'est la folie, l'agonie, le doute de s'être jusqu'alors trompés, c'est la persuasion d'être chassés par Dieu, d'être damnés. C'est l'enfer !... Oh ! je le sais ! et je ne puis, je ne puis voir la douleur de mon Christ, et savoir qu'elle est un million de fois plus atroce que celle qui m'a consumée l'an passé et qui, quand elle me revient à l'esprit, me bouleverse encore... Jésus gémit, au milieu des râles et des soupirs d'une véritable agonie : "Rien !... Rien !... Va-t'en !... La volonté du Père ! Elle ! Elle seule !.., Ta volonté, Père. La tienne, non pas la mienne... Inutile. Je n'ai qu'un Seigneur : le Dieu très Saint. Une Loi : l'obéissance. Un amour : la rédemption... Non. Je n'ai plus de Mère. Je n'ai plus de vie. Je n'ai plus de divinité. Je n'ai plus de mission. C'est inutilement que tu me tentes, démon, avec la Mère, la vie, ma divinité, ma mission. J'ai pour mère l'Humanité et je l'aime jusqu'à mourir pour elle. La vie, je la rends à Celui qui me l'a donnée et me la demande, au Maître Suprême de tout vivant. La Divinité, je l'affirme en montrant qu'elle est capable de cette expiation. La mission, je l'accomplis par ma mort. Je n'ai plus rien, sauf de faire la volonté du Seigneur mon Dieu. Va-t'en, Satan ! Je l'ai dit la première et la seconde fois. Je le redis pour la troisième : "Père : s'il est possible, que ce calice s'éloigne de Moi. Mais pourtant que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui soit faite". Va-t'en, Satan. J'appartiens à Dieu." Puis il ne parle plus que pour dire entre ses halètements : "Dieu ! Dieu ! Dieu !" Il l'appelle à chaque battement de son cœur et il semble qu'à chaque battement le sang déborde. L'étoffe tendue sur les épaules s'en imbibe et devient sombre malgré le grand clair de lune qui l'enveloppe tout entier. Pourtant une clarté plus vive se forme au-dessus de sa tête, suspendue à environ un mètre de Lui, une clarté si vive que même le Prostré la voit filtrer à travers les ondulations des cheveux déjà alourdis par le sang et malgré le voile dont le sang couvre ses yeux. Il lève la tête... La lune resplendit sur le pauvre visage et encore plus resplendit la lumière angélique semblable au diamant blanc-azur de l'étoile Vénus. Et apparaît la terrible agonie dans le sang qui transsude des pores. Les cils, les cheveux, la moustache, la barbe sont aspergés et couverts de sang. Le sang coule des tempes, le sang sort des veines du cou, les mains dégouttent du sang. Il tend les mains vers la lumière angélique et quand les larges manches glissent vers les coudes, les avant-bras du Christ se voient en train de suer du sang. Dans le seul visage les larmes tracent deux lignes nettes à travers le masque rouge. Il enlève de nouveau son manteau et s'essuie les mains, le visage, le cou, les avant-bras. Mais la sueur continue. Il presse plusieurs fois l'étoffe sur son visage en la tenant pressée avec ses mains, et chaque fois qu'elle change de place, apparaissent nettement sur l'étoffe rouge foncé les empreintes qui, humides comme elles le sont, semblent être noires. Sur le sol l'herbe est rouge de sang. Jésus paraît près de défaillir. Il délace son vêtement au cou comme s'il se sentait étouffer. Il porte la main à son cœur et puis à sa tête et l'agite devant son visage comme pour s'éventer, en gardant la bouche entrouverte. Il se traîne vers le rocher, mais plutôt vers le sommet du talus, et s'y appuie le dos. Il reste les bras pendants le long du corps, comme s'il était déjà mort, la tête pendant sur la poitrine. Il ne bouge plus. La lumière angélique décroît tout doucement. Puis elle se trouve comme absorbée dans le clair de lune. Jésus rouvre les yeux. Il lève péniblement la tête. Il regarde. Il est seul, mais il est moins angoissé. Il allonge une main. Il tire à Lui le manteau qu'il a abandonné sur l'herbe et se met à s'essuyer le visage, les mains, le cou, la barbe, les cheveux. Il prend une large feuille, qui a poussé justement sur le bord du talus, toute couverte de rosée et avec elle il achève de se nettoyer en se lavant le visage et les mains et en s'essuyant de nouveau. Il le fait plusieurs fois avec d'autres feuilles, jusqu'à ce qu'il ait effacé les traces de sa terrible sueur. Seul son vêtement est taché, et spécialement sur les épaules et aux plis des coudes, au cou et à la ceinture, aux genoux. Il le regarde et secoue la tête. Il regarde aussi le manteau, mais il le voit trop taché. Il le plie et le pose sur le rocher, là où il forme un berceau, près des fleurettes. Difficilement, à cause de sa faiblesse, il se tourne pour se mettre à genoux. Il prie en appuyant la tête sur le manteau sur lequel sont déjà ses mains. Puis il s'appuie au rocher, se lève, et encore légèrement titubant, il va trouver les disciples. Son visage est très pâle, mais il n'est plus troublé. C'est un visage d'une beauté divine bien qu'il soit exsangue et plus triste qu'à l'ordinaire. Les trois dorment profondément, tout enveloppés dans leurs manteaux, tout à fait allongés près du feu éteint. On les entend respirer profondément en un commencement de ronflement sonore. Jésus les appelle, inutilement. Il doit se pencher et secouer Pierre généreusement. "Qu'est-ce ? Qui m'arrête ?" dit-il en sortant abasourdi et effrayé de son manteau vert foncé. "Personne. C'est Moi qui t'appelle." "C'est le matin ?" "Non. La seconde veille est à peu près terminée." Pierre est tout engourdi, Jésus secoue Jean qui pousse un cri de terreur en voyant penché sur lui un visage de fantôme tant il semble de marbre. "Oh !... tu me paraissais mort !" Il secoue Jacques et celui-ci croit que c'est son frère qui l'appelle et il dit : "Ils ont pris le Maître ?" "Pas encore, Jacques" répond Jésus. "Mais levez-vous maintenant et allons. Celui qui me trahit est proche." Les trois, encore étourdis, se lèvent. Ils regardent autour... Oliviers, lune, rossignols, brise, la paix... Rien d'autre. Cependant ils suivent Jésus sans parler. Les huit aussi sont plus ou moins endormis auprès du feu éteint. "Levez-vous !" tonne Jésus. "Pendant que Satan arrive, montrez à celui qui ne dort jamais et à ses fils que les fils de Dieu ne dorment pas !" "Oui, Maître." "Où est-il, Maître ?" "Jésus, moi..." "Mais qu'est-il arrivé ?" Et au milieu des questions et des réponses confuses, ils remettent leurs manteaux... A peine à temps pour apparaître en ordre à la troupe de sbires, commandée par Judas, qui fait irruption dans la petite place tranquille en l'éclairant violemment avec une foule de torches allumées. C'est une horde de bandits déguisés en soldats, des figures de galériens que déforme un sourire démoniaque. Il y a aussi quelques zélateurs du Temple. Les apôtres sautent tous dans un coin. Pierre devant, et les autres en groupe derrière. Jésus reste où il est. Judas s'approche soutenant le regard de Jésus, redevenu le regard étincelant de ses jours les meilleurs. Et il n'abaisse pas son visage. Au contraire il s'approche avec un sourire de hyène et le baise sur la joue droite. "Ami, et qu'es-tu venu faire ? C'est par un baiser que tu me trahis ?" Judas baisse un instant la tête, puis la relève... insensible au reproche comme à toute invitation au repentir.


Fruit du Mystère, demandons la contrition de nos péchés

16 octobre 2023

Le serviteur de Jean-Thierry Ebogo

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Le serviteur de Jean-Thierry Ebogo

« L’enfant qui voulait devenir Jésus »

1982-2006

 

Jean-Thierry Ebogo naît le 4 février 1982 à Bamenda au Nord-Ouest du Cameroun, il est le fils très fervent couple catholique : René Bikoula et Marie-Thérèse Assengue Edoa. Sa maman raconte que dès sa naissance, elle l’avait offert, dans son cœur, au Seigneur, dans l’espoir qu’il devienne prêtre. Son père surnommait Jean-Thierry le « fils de la prière », car après la naissance de la fille aînée, ils ont longtemps attendu la naissance d’un garçon, et la grande famille faisait pression pour que René prenne une autre femme. Mais le Seigneur exauça la prière du couple qui voulu rester fidèle aux promesses de son mariage religieux : Jean-Thierry arrive et après lui, vinrent d’autres enfants. La famille vivait au rythme des affectations et des déplacements de papa René, qui était gardien de prison, et Jean-Thierry connut donc des lieux et des cultures diverses du Cameroun, ce qui le rendra très ouvert intellectuellement.

Des sa plus tendre enfance, à six ans, Jean-Thierry exprima le désir de devenir prêtre, attiré par l’exemple d’un missionnaire Oblat qui était aumônier de la prison de Maroua : il voulut l’imiter, pour « devenir comme Jésus ». Lui-même racontera ensuite la rencontre avec ce prêtre : « J’étais fou amoureux d’un idéal que je ne connaissais pas, je ne savais rien de la vie du prêtre et pourtant je voulais la faire ».

À treize ans, Jean-Thierry entre au petit séminaire de Guider, au Nord Cameroun. Il poursuivra pourtant ses études et obtiendra son baccalauréat scientifique à Monatélé, dans la région du Centre. Ceux qui l’ont côtoyé se souviennent de lui comme d’un garçon d’une intelligence brillante : il était souvent le premier de la classe. Très généreux, il donnait des cours de répétition aux moins doués ; il était aussi engagé dans les groupes paroissiaux d’action catholique. Avec un sens poussé de la responsabilité face aux difficultés de sa famille, il travaillait pour aider les parents afin d’envoyer ses petits frères à l’école, en faisant le moto-taximan et le photographe.

Il gardait dans son cœur la vocation sacerdotale, mais voulait vivre dans une communauté religieuse, puisqu’il voyait combien de dangers pouvaient rencontrer les prêtres qui vivaient seuls. Il fait une première expérience de pré-noviciat chez les Pères Oblats de Marie Immaculée à Mokolo, au Nord Cameroun, mais il est renvoyé. Interrogés après sa mort, les Pères Oblats expliquent qu’il fut réorienté pour sa tendance à une vie de prière trop intense par rapport à leur charisme. Jean-Thierry rentre déçu à Yaoundé, en se demandant ce que le Seigneur attendait de lui.

Conseillé par une tante religieuse, il arriva, finalement, à la paroisse de Nkoabang, confiée aux Pères Carmes Déchaux. Il fréquente cette paroisse et y fait refleurir les groupes des jeunes. À 21 ans, il devint aspirant chez les Pères Carmes puis, il est fut accepté. Thierry s’y sentit « chez lui » et, selon les témoignages, il s’engageait avec enthousiasme dans les exigences de la vie communautaire, aussi bien dans les travaux champêtres que dans l’apostolat. Les Pères Carmes, enthousiastes, accélérèrent les étapes en décidant qu’il pourrait entrer au noviciat.

 

La mission de la souffrance

 

Mais le Seigneur bouleverse les projets humains et invita plutôt Jean-Thierry à le suivre par un autre chemin. C’est en 2004, à la veille de son départ pour le noviciat au Burkina Faso, pendant un match de football à la paroisse, que Jean-Thierry ressentit une intense douleur à la jambe et son genou enfla. On pense tout d’abord à un accident de jeu, mais à la suite des investigations médicales successives, on diagnostica une tumeur osseuse au genou droit. Il est soumis à la chimiothérapie, mais le traitement s’avéra inefficace : il fallut amputer la jambe droite pour arrêter la tumeur.

Commença alors la via crucis de Jean-Thierry dans les hôpitaux et avec cela, la révélation de sa profonde spiritualité. La veille de l’intervention chirurgicale programmée pour l’amputation de sa jambe, sa maman est à côté de lui et Thierry lui demande de l’aider à bien laver et à bien parfumer la jambe, car, dit-il : « Demain, moi et toi, nous l’offrons au Seigneur, et un don doit être en ordre ».

Quand il était seul pourtant, comme le témoignent ses pensées recueillies dans son journal, il ressentait que le monde entier et ses projets s’écroulaient ; mais il ne montrait à personne sa souffrance physique et spirituelle.

Un jeune qui fréquentait en ce temps-là le Carmel nous a confirmé à ce propos que Jean-Thierry dans son lit d’hôpital se souciait de faire sourire ses amis en visite, en jouant avec la jambe amputée : en y accrochant une casquette, il s’en servait pour saluer les autres. Cet épisode exprime très bien son caractère : intelligent, spirituellement profond, mais aussi sociable et joyeux, plein d’humour pour détendre l’ambiance autour de lui. Dans son journal, il écrit à ce propos qu’il n’aimait pas pleurnicher et devenir répugnant comme certains malades qui inspirent de la peur par leurs cris de douleur ; il ne voulait surtout pas que les autres puissent souffrir à cause de lui.

Les médecins donnent quelques espoirs de guérison et Jean-Thierry ose croire et demander de devenir quand même religieux et prêtre, pour passer le temps dans la maison du Seigneur, le louer et accueillir les pécheurs dans le sacrement de la réconciliation. Il comprend qu’il suivra un noviciat de la souffrance. Après les premiers tâtonnements, c’est comme une vérité qui s’impose avec force, presque jetée à la figure. Il écrira : « Une fois compris ... je l’accueille à cœur joie ». Il confie son chemin aux prières d’une moniale carmélite du monastère d’Etoudi à Yaoundé, sœur Marie Irène de Jésus, afin qu’elle le soutienne dans son noviciat de la souffrance.

Il écrit ensuite une poésie qui montre, à notre avis, la montée de son âme vers le Seigneur, dans un élan d’amour croissant. Il y lit les événements qui le touchent comme une demande de la part du Seigneur du don de son pied afin qu’il puisse aller plus vite et plus loin… Et Jean-Thierry l’offre avec élan : « Prends-le... Je voudrais qu’il parcoure d’abord le cœur des jeunes camerounais pour l’avenir du Carmel de ce pays.. ». Il offre donc son pied au Seigneur afin que sa souffrance donne des fruits de vocation dans les cœurs d’autres jeunes camerounais, qui pourront aller là où il lui est désormais interdit d’arriver.

Une foi si profonde est surprenante sous tous les cieux. Mais elle nous frappe encore plus, puisque en ayant vécu longtemps en Afrique, nous savons que la maladie dans ce contexte est souvent refusée et considérée comme un signe de malédiction, prononcée par quelqu’un qui a « lancé » un mauvais sort ; parmi les croyants, surtout les plus engagés, la maladie n’est pas seulement une épreuve, mais une tentation d’abandonner la foi et de se tourner vers les guérisseurs traditionnels.

L’attitude de foi de Jean-Thierry et son abandon au Seigneur dans sa maladie, en embrassant une mission de la souffrance, sont pour nous l’originalité et le don le plus grand livré par sa vie héroïque à l’Afrique.

 

Voyage de l’espérance

 

L’année qui suit à l’amputation de son pied et de sa jambe, pendant une phase de rémission de la maladie, la congrégation des Carmes Déchaux décide de faire continuer le noviciat de Thierry en Italie, dans la province de Milan dont le scolasticat et la mission de Yaoundé dépendent, et en vue aussi de mener des investigations médicales plus approfondies.

La veille de son départ pour l’Italie, les symptômes de douleur se représentent et deviennent de plus en plus violents, manifestant très tôt que la jeune vie de Jean-Thierry est à nouveau tenaillée par la maladie. Les contrôles répétés et le diagnostic de l’hôpital de Legnano (dans la province de Milan) prononcent la sentence d’un cancer avec des métastases diffusées aux os.

Jean-Thierry est soumis à des soins intensifs auprès d’un centre spécialisé de Turin, mais sans aucune amélioration. Il rentre à Legnano, désormais pour les soins palliatifs. Il demande aux médecins de lui dire la vérité sur son état ; il leur dit ensuite : « Une fois qu’on a donné un sens à la maladie, elle n’est plus une souffrance, mais un chemin vers le Haut, un chemin vers un Autre, un ami qui a souffert comme moi... qui vient à ma rencontre aujourd’hui ». Il témoigne son amour ; il témoigne qu’il a trouvé pour qui vivre... et pour qui mourir.

Sa chambre d’hôpital devient un Carmel mystique, visitée par plusieurs personnes, surtout par les jeunes et les prêtres. Ses confrères aussi le soutiennent. Les docteurs et les infirmiers restent touchés par la patience et la force dans la souffrance de ce jeune. Un docteur s’exclame avec le Provincial des Carmes : « Il n’est pas un malade quelconque. Ce jeune est un saint ! ».

La foi qui était assoupie dans le cœur de nombreuses personnes, en entrant en contact avec Jean-Thierry, redevient un feu qui les embrase. Les témoignages donnés en Italie et ses écrits de cette période témoignent de la profondeur et des fruits de la mission de la souffrance de Jean-Thierry. La congrégation des Carmes au Cameroun, par le Père Giorgio Peruzzotti, qui avait été son directeur spirituel, suit chaque jour les nouvelles de sa santé et prie pour lui, en espérant un miracle.

Le Père Giorgio lui écrit (et il l’affirmera aussi le jour de son inhumation au Cameroun) qu’il espérait que le Seigneur arrêterait la maladie comme il l’avait fait avec la main d’Abraham sur Isaac. Mais que Dieu a voulu différemment… Finalement, tous s’abandonnent à la volonté de Dieu et admirent chaque jour davantage la communication sereine et confiante en Dieu de Jean-Thierry et sa transformation profonde en Jésus qu’il aimait de tout son cœur.

Le Père Peruzzotti l’affirme fort opportunément dans l’introduction à la première plaquette sur sa vie et ses écrits : « Quand Dieu met la main sur un enfant qui le laisse prendre possession de tout son être, ne nous étonnons pas de la transformation qu’il opère pas à pas ».

Pendant que des volontaires et des amis s’alternent dans la chambre de Jean-Thierry et prient avec lui, la Congrégation demande la dispense à Rome pour qu’il puisse prononcer ses vœux perpétuels en l’article de la mort et elle lui sera accordée. Ainsi, dans son lit d’hôpital il prend le nom de frère Jean-Thierry de l’Enfant Jésus et de la Passion, en renfermant toute sa vocation et sa jeune vie : de l’élan de l’enfance à devenir comme Jésus en participant à sa Passion, dans la souffrance.

Il affirme que si la petite Thérèse de Lisieux avait promis une pluie de roses, de grâces du Ciel de sa part, il aurait envoyé, lui, un déluge de vocations pour le Carmel et pour l’Afrique entière.

La profondeur spirituelle et le désir missionnaire de Jean-Thierry atteignent leur sommet dans cette affirmation. À l’occasion de ses vœux perpétuels, les amis de l’Italie se cotisent et permettent ainsi à la maman de Jean-Thierry d’être présente. Les photos de l’évènement montrent la joie de ce jour.

Après un mois, quand le permis de séjour expire, sa mère doit rentrer au Cameroun et la séparation sera déchirante pour tous les deux. Sa maman, Marie-Thérèse, depuis le début, avait été bouleversée par la maladie de Jean-Thierry et avait confié à son fils qu’elle se demandait si le Seigneur avait refusé son offrande, faite à sa naissance.

Sa mère racontait, le jour de l’inhumation de son fils, avec un visage profondément serein, qu’ en Italie, il lui avait réitéré le même rappel depuis le début de sa maladie : « Maman, que la volonté de Dieu soit faite… » ; « Maman, est-ce que tu te rappelles ? Tu m’as offert à Lui depuis ma naissance. C’est comme lorsque tu donnes une petite chèvre ; quand tu iras visiter ton ami, tu ne lui demanderas pas ce qu’il a fait de sa petite chèvre : s’il l’a élevée ou s’il l’a mangée… ; si tu offres un poulet tu ne diras pas à ton ami comment devra-t-il le préparer… Moi, je suis comme la petite chèvre de Dieu… nous ne devons pas demander à Dieu ce qu’il fait de la chèvre que tu lui as donnée dès sa naissance… ». Un rappel doux et ferme à sa maman, afin qu’elle se confie pleinement à la volonté de Dieu, avec le langage de sa culture.

Jean-Thierry meurt le 5 janvier 2006, à 24 ans, en regardant l’image de Jésus en face de lui, en murmurant ses derniers mots : « Il est beau Jésus… Qu’il est beau… ».

Cette beauté, « l’incendie qui avait embrasé son cœur d’enfant – dira encore le Père Giorgio Peruzzotti dans sa biographie – est trop puissant pour s’arrêter, il veut le communiquer au monde entier ».

 

Mission pour toute l’Église

 

Après les obsèques en Italie, à Legnano, sa dépouille a été acheminée au Cameroun où un grand nombre de fidèles et amis du Carmel l’ont accueillie. Nous nous rappelons ces jours-là, l’émotion intense ainsi que la certitude de foi que le Carmel au Cameroun a été marqué à jamais par le passage du jeune Jean-Thierry. Il repose désormais dans le jardin du scolasticat « Edith Stein » de Nkolbisson, à Yaoundé, près de l’Université Catholique, carrefour des jeunes en formation. Sa tombe toujours fleurie est devenue un lieu de prière et de pèlerinage. Les témoignages sur sa jeune vie ont été recueillis et le procès de béatification a été préparé et lancé à Milan.

Le cardinal Angelo Scola, en clôturant à Legnano la phase diocésaine du procès de béatification, avant que toute la documentation passe au Vatican, a affirmé : « Après avoir porté nous-mêmes l’Évangile dans plusieurs zones du monde, nous accueillons aujourd’hui avec joie l’arrivée d’évangélisateurs et de témoins qui viennent de ces terres, comme Jean-Thierry, afin que notre foi puisse ressusciter et apprendre à nouveau à aimer ceux qui sont à côté de nous ».

La cause pour sa béatification a été introduite le 15 février 2013. L'enquête diocésaine a été clôturée le 9 septembre 2014 dans le Diocèse de Milan. Jean Thierry Ebogo est désormais considéré par l’Église catholique comme Serviteur de Dieu. Le décret sur la reconnaissance de ses vertus a été signé le 22 mai 2026. Il est vénérable : première étape avant sa Béatification.

Jean-Thierry sera peut-être le premier saint noir du diocèse de Milan, signe des temps nouveaux de l’Église et de la mission dans toutes les directions.

 

Jean-Thierry Ebogo

 

Prières

 

Dieu d’amour et de miséricorde, tu as sauvé le monde par le mystère de l’Incarnation, Passion et Résurrection de ton Fils bien-aimé Jésus, et Tu as extraordinairement associé à ces mystères ton serviteur le Frère Jean Thierry de l’Enfant Jésus et de la Passion. Donne nous par son intercession, la même foi et endurance dans la souffrance pour que nous puissions être associés à tes amis qui contemplent ton Visage dans ton Royaume. Amen.

 

Père saint, source de toute sainteté, nous te rendons grâce d’avoir donné à ton Église notre Frère Jean-Thierry de l’Enfant Jésus et de la Passion, exemple lumineux de jeunesse consacrée au Christ. Nous Te remercions de l’avoir conduit avec sagesse et amour sur la route étroite de la Croix. Nous te demandons d’exaucer les désirs que lui-même manifestait pendant qu’il était parmi nous : faire descendre une pluie de saintes et solides vocations religieuses et sacerdotales, particulièrement au Carmel ; d’offrir sa vie pour la sanctification des prêtres et d’aider tout homme marchant vers toi. Nous Te demandons d’exaucer son vœu d’être auprès de Toi et, si c’est ta volonté, de nous obtenir la grâce que nous te demandons (...). Amen.

 

 Jean et Maman

 

Relations de grâces

 

Carmes Déchaux

C.47 NKOLBISSON

B.P. 185

YAOUNDE (Cameroun)

 

www.Jeanthieryebogo.org

 

E-mail : ocdnkolbisson@yahoo.fr

Facebook : www.facebook.com/jeanthierry.ebogo

 

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Page mise à jour le 12 novembre 2023

 

26 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Vingt-septième jour

Le directeur invisible des personnes religieuses

 

Les personnes vouées à l’état religieux peuvent et doivent chanter avec David : « La part qui m'est échue est délicieuse et mon héritage est excellent ». Saint Joseph a du parler de même quand il épousa Marie Immaculée, car elle était pour lui un trésor, un héritage d’un prix infini, puisqu’elle lui a donné pour fils et pour dot un Dieu incarné. C'est le même héritage qui est donné aux âmes consacrées au Seigneur dans la sainte religion. Âmes bienheureuses, qu’elle Sachent se contenter de Dieu et estimer leur bonheur. Qu’elles lui disent avec l’abbé Thiébaut, sur le texte précité : « Lorsque je vois, Seigneur, les choix que font les esclaves insensés du monde, que je les plains ! que je me félicite ! Ils choisissent pour la part de leur héritage, l'un des fonds de terre ; l'autre, de ces cens réels ou personnels ; peu lui importe ; un autre, une charge, un emploi, une commission; ils prennent pour la part de leur calice : celui-ci les plaisirs qui enivrent ; celui-là, les honneurs qui entêtent ; cet autre, les fortunes qui éblouissent. C’est là, grand Dieu ! Le vil partage des enfants de la terre. Celui des enfants du ciel, celui que je choisis, c’est vous, Seigneur ! En qui sont les vrais plaisirs, les vrais honneurs, les vrais biens ; disposez à mon égard, comme il vous plaira, des objets présents et sensibles, j'y consens ; mais il n'en est pas ainsi de l‘héritage céleste : je vous demande absolument de me le restituer, comme je me félicite de l’avoir choisi ! Oh ! qu’il m'est avantageux, le sort qui n'est échu ! Oh ! qu’il est excellent, l’héritage qui me vient ! Oui, Seigneur ! Je me trouve si heureux de vous avoir choisi pour partage, que tout autre me parait indigne des regards d'une âme qui a le bonheur de vous posséder.

Saint Alphonse de Liguori dit que sainte Madeleine de Pazzi baisait souvent les murs de son cloître en s'écriant : « O murs, ô murs sacrés, qui me protégez contre les tentations de l’enfer ! » Et elle avait raison ; car je ne saurais mieux comparer les couvents qu’à la sainte maison de Nazareth, où habitaient comme trois religieux, Joseph, Marie et Jésus. Joseph était le supérieur qui présidait à tous les exercices de cette sainte communauté. La l'enfer n’avait pas d’accès, et dans les communautés réglées sur la maison de Joseph, les démons, ni l’esprit du monde, poison mortel pour les religieux, n'y sauraient pénétrer, moins encore y séjourner.

Par le Baptême, les âmes religieuses sont unies étroitement à l’adorable Trinité du ciel ; car la grâce les rend filles du Père, épouses du Fils et temples du Saint-Esprit; mais par la vie de communauté, ces âmes sont consacrées d’une manière toute particulière à la sainte Famille de Nazareth Jésus, Marie et Joseph, Trinité de la terre, comme la nomme Gerson, d'où il suit qu’elles ont pris l’engagement d’imiter la vie de cette sainte Famille, comme aussi, à égale proportion, elles ont le droit de compter sur la protection de Joseph, Marie et Jésus ; Joseph sera leur supérieur et directeur invisible ; il sera même leur pourvoyeur et leur seconde providence, comme il le fut jadis de la famille de Nazareth. Que c'est consolant pour les personnes religieuses ! Il est vrai, les personnes religieuses ont des épreuves à soutenir, des difficultés pénibles à la nature à surmonter pour demeurer fidèles aux moindres points de leur règle ; mais la grâce de Dieu adoucit tout, et fait aisément surmonter toutes les répugnances. Jésus-Christ l’a dit : « Mon joug est doux et mon fardeau est léger », et sa Parole s’est toujours vérifiée. Tous les bons religieux l'ont déclaré à la face du monde entier, que le service de Dieu est préférable à tous les empires. D’ailleurs, s’il faut souffrir quelque chose pour le Seigneur, n’est-ce pas un assez grand honneur ? Saint Joseph n’a-t-il pas souffert sur la terre ? Mais en souffrant en religion, on a l’avantage inappréciable de satisfaire à la divine justice, d’augmenter la somme de ses mérites pour l’éternité. Le bienheureux César de Bus consolait ainsi un de ses neveux qui trouvait un peu dure la vie claustrale : « Mon cher neveu, quand tu regardes le ciel, souviens-toi du paradis, quand tu vois le monde, souviens-toi de l’enfer, où l’on souffre éternellement sans espoir de soulagement ; quand tu vois ton couvent souviens-toi du purgatoire, où l’on souffre, mais en paix et avec la certitude d’être heureux bientôt. Dans le cloître on souffre avec Jésus, Marie et Joseph, tandis que pour l’ordinaire dans le monde on souffre avec les démons/ la différence est à peser.

 

Exemples

 

Une communauté dévouée à saint Joseph a été gardée d’une manière miraculeuse, au milieu des périls épouvantables, des tempêtes affreuses qui ont causé de grands ravages aux environs d’un couvent et qui ont respecté les servantes du glorieux saint Joseph qui demeuraient dans cet asile de paix. Le choléra a exercé de terribles ravages dans tout le pays, mais saint Joseph les et préservées d’une manière merveilleuse.

Des Ursulines, appelées à Lambesc pour y fonder un monastère, s’y rendirent, pleines de con fiance dans les promesses que leur avaient faites des personnes de piété. Ces personnes avaient plus de zèle que de ressources. car rien n'était fait, et les fondatrices ne purent pas même trouver à louer une maison convenable. Se voyant trompées dans leurs espérances, elles concertèrent ensemble leur retour, et décidèrent que le lendemain elles se remettraient en route. Mais saint Joseph leur inspira de recourir à sa protection puissante. Elles commencent, en effet, une neuvaine en son honneur, et il n’attend pas qu’elle soit achevée pour exaucer leurs prières. Le huitième jour, elles reçoivent la visite d’un prêtre qui leur donne sa maison avec une église qu’il venait de faire bâtir pour une autre destination ;

 

Prière à saint Joseph, père et protecteur des personnes religieuses

 

Très glorieux saint Joseph ! Sur la terre, dans la communauté de Nazareth, Jésus vous honora, comme Marie votre Sainte épouse, de son obéissance, de ses respects et de son amour ; il ne peut donc plus rien nous refuser au ciel où vous avez reçu la pleine récompense de vos mérites ? C’est donc avec vérité que l'un de vos plus illustres serviteurs, le vénérable Jean Gerson a pu dire de vous, pour notre consolation : « Dans le séjour des bienheureux, Joseph commande plutôt qu’il ne supplie ». Touchante parole que la conscience des chrétiens qui vous connaissent et vous prient ne cesse de confirmer tous les jours par l’évidence même de vos bienfaits à leur égard. Votre famille spirituelle de prédilection, c’est-à-dire la grande famille des personnes religieuses ressent mieux et plus ordinairement vos soins paternels. Continuez-les, ô très doux Protecteur, et plus spécialement sur l’ordre et sur la communauté, dont j'ai l’honneur inappréciable d’être le membre. Faites la éprouve aussi, votre protection, à tous les chrétiens qu vous implorent avec amour et avec confiance Ainsi soit-il.

 

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31 août 2015

Bienheureux Louis-Edouard Cestac

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Le Bienheureux Louis-Edouard Cestac

Fondateur de Notre Dame du Refuge et de l'Institut des Servantes de Marie

1801-1868

Fête le 27 mars

 

Le Bienheureux Louis-Edouard Cestac, né à Bayonne le 6 janvier 1801, ordonné prêtre le 17 décembre 1825, fut nommé, après quelques années de professorat, vicaire de la Cathédrale, à Bayonne, le 25 août 1831. Le 11 juin 1836, sans autres ressources que sa Foi en la Providence et son recours filial à la Très Sainte Vierge Marie, il fondait un Orphelinat pour les petites filles de la ville. L'année suivante, il entreprenait l'eouvre des Repenties et les recueillait dans un misérable grenier. En 1838, à Anglet, il acquérait au nom de la Très Sainte Vierge, un domaine rural auquel il donna le nom de « Notre Dame du Refuge » et, en 1839 y installait ses pénitentes.

Afin de diriger ses deux œuvres de Charité, sous l'inspiration de la Très Sainte Vierge et sur le conseil de son évêque, il institue la Congrégation des Servantes de Marie, canoniquement érigée le 6 janvier 1842. L'Institut se développe rapidement et, en plus des œuvres primitives, se consacre à l'instruction des petites filles de la campagne. Bientôt ses membres se trouvent dans douze Diocèses de France et à la capitale de l'Espagne, à la tête de 160 établissements. En 1846, il fonde au sein même de la communauté une nouvelle famille, celle des « Solitaires de Saint Bernard », appelées plus communément « Bernadines », vouée au silence perpétuel.

Après une vie de labeur et de souffrances, toute employée à la gloire de Dieu et au salut des âmes, plein de confiance en Marie qu'il avait passionnément aimée et fidèlement servie, Louis-Edouard Cestac mourut en odeur de Sainteté le 27 mars 1896. Déclaré vénérable en 1908, il a été béatifié en la Cathédrale de Bayonne le 31 mai 2015.

 

Pensées du Bienheureux Louis-Edouard Cestac

 

« L'amour de Dieu se nourrit de croix et de sacrifices »

« Regard de Dieu, vérité ! Regard de l'homme, vanité ! »

« Souffrir et offrir ; bien faire et se taire ».

« Qui refuse les croix refuse le Ciel ».

« Une vraie religieuse est une hostie vivante ».

« Aimez Jésus comme l'aimait Marie ; aimez Marie comme l'aimait Jésus ».

« Dans les douleurs de la vie, qu'il est doux de s'abandonner à la Divine Mère du Ciel ».

« Vive la Croix ! Qu'il est bon de la porter pour Dieu avec Jésus, à la suite de Marie ! »

« Oh ! Qu'il est bon au milieu des épreuves de tenir son cœur bien haut, dans l'abandon aux admirables soins de la Divine Providence ».

 

Neuvaine de prière pour obtenir la Canonisation du Bienheureux Louis-Edouard Cestac

 

O Vierge Immaculée, notre Bonne Mère, qui avez, durant sa vie mortelle, favorisé de grâces particulière votre fidèle serviteur, le Bienheureux Louis-Edouard Cetac ; bénissant et protégeant visiblement les œuvres nombreuses et admirables que, sous Votre inspiration, il a établies pour la gloire de Dieu et le salut des âmes sans autre appui que votre maternelle Providence. nous Vous en supplions, en obtenant de votre Divin Fils, la Canonisation de votre fidèle serviteur, afin que l'Eglise le place au rang des Saints du Ciel. Daignez, ô Vierge Puissante, écouter cette prière que nous Vous adressons avec l'ardeur et la confiance la plus absolues, et faites que Jésus nous accorde, par l'intercession du Bon Père, la grâce...

 

Loué et glorifié soit Dieu dans ses admirables serviteurs à jamais !

Bienheureux Louis-Edouard Cestac, priez pour nous

 

Pour approfondir

Blog des Soeurs du Refuge d'Anglet

http://notredamerefuge.over-blog.com/

 

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Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

 

Pour approfondir, je vous invite enfin à visualiser les vidéos suivantes:

 

1- Le Bienheureux Père Cestac, au service des pauvres

 

2- Messe de Béatification du Père Cestac

3- Emission la vie des diocèses

 Diocèse de Bayonne, Lescar, Oloron

28 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Vingt-neuvième jour

Action de l'Eglise sur la société par l'exercice du culte extérieur et public

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

I. Lorsque Dieu conçut le généreux dessein de régénérer l'humanité déchue, il ne voulut pas que son Verbe prît seulement une âme semblable à la nôtre, mais bien aussi un corps matériel comme notre corps. Il voulait restaurer l'homme tout entier, et par conséquent agir sur sa chair aussi bien que sur son âme : les liens étroits qui unissent l'une à l'autre dans notre nature rendaient nécessaire cette action complexe et commune, pour atteindre le but que se proposait la divine miséricorde. Aussi, le Sauveur apparut-il au monde, non comme un pur esprit, mais revêtu de notre humanité tout entière, afin d'exercer une action efficace et salutaire sur nos sens comme sur notre esprit. C'est cette double action que Jésus-Christ a communiquée et confiée à son Église, pour continuer et perpétuer son œuvre de réparation au sein de l'humanité. Nous avons vu la puissance toute spirituelle et sans borne dont le Sauveur a revêtu sa sainte Epouse pour qu'elle pût agir directement sur les âmes et sur vie morale de la société, au moyen de la prédication de la doctrine évangélique et de l'administration des sacrements ; il nous reste à méditer l'influence religieuse que son divin Fondateur lui a donné mission d'exercer extérieurement par le culte public auquel elle préside. Sous le spécieux prétexte de professer un respect plus profond, et une plus haute estime pour le culte divin et pour l'action surnaturelle de la Religion sur le monde des âmes, certains philosophes reprochent amèrement à l'Eglise d'user de moyens extérieurs et matériels pour accomplir son œuvre. Ils voudraient que, pour être digne de la sublimité de ses fonctions, elle se dégageât complètement de tout ce qui est sensible, pour s'appliquer uniquement à la contemplation et au culte exclusivement spirituels. Mais, malheureusement pour eux, la sagesse divine en a jugé autrement. Sans doute, l'Église répudie des hommages purement extérieurs et auxquels l'âme ne prendrait aucune part ; parce que « Dieu est esprit, et il veut que ceux qui l'adorent, l'adorent en esprit et en vérité » (Saint Jean 4, 24); mais comme il a donné à l'homme un corps tout aussi bien qu'une âme, il exige que l'un et l'autre lui rendent leurs devoirs par un culte tout à la fois intérieur et extérieur. Créateur de la nature humaine, il connaissait les lois qui enchaînent l'esprit à la chair, et il a voulu en quelque sorte s'y soumettre lui-même, en se communiquant à nous par les moyens ordinaires qui sont propres à notre nature. En un mot, il a voulu que nous allassions à lui, et venir à son tour à nous par tous les éléments de notre être, par les sens et par l'esprit.

II. Déjà, au temps des Patriarches, il avait exigé des sacrifices ; Moïse lui avait dressé un tabernacle, et avait élu une tribu pour le service des saints autels; plus tard, sous son inspiration, David et Salomon lui élevèrent un temple célèbre, auquel le peuple juif accourait en foule, de toutes les parties de la Judée, afin d'y rendre à Dieu l'honneur qui lui est dû. Jésus-Christ fut à peine entré dans le monde, que l'étable où il naquit devint un sanctuaire. Les bergers s'y pressaient pour l'adorer, et les mages y venaient pour lui offrir de la myrrhe, de l'or et de l'encens. Plus tard, le Sauveur est présenté an temple, et c'est là qu'à l'âge de douze ans il fait entendre pour la première fois ses divins oracles. C'est lui qui nous enseigne la prière vocale par excellence. Il prie lui-même en se tenant à genoux et en se prosternant jusqu'à terre. Au lieu de faire ses miracles par un pur acte de sa volonté, il emploie toujours quelque signe extérieur et sensible : tantôt de la salive, tantôt de la boue ; d'autrefois il guérit subitement les malades et ressuscite les morts, en criant avec force ou en touchant de sa main sacrée ceux auxquels il accorde ces faveurs. Enfin il établit les sacrements, et il veut qu'une matière sensible en soit le signe et indique la grâce spéciale qui leur est propre. L'Eglise, chargée par son divin Fondateur de poursuivre son œuvre réparatrice, n'aurait-elle pas manqué au respect profond qu'elle devait aux institutions et aux exemples de Jésus-Christ son Maître, si elle eût osé changer le plan qu'il lui avait tracé, et suivre une marche différente de celle qui lui avait été enseignée ? Elle y a toujours été fidèle, et depuis dix-huit cents ans elle n'a pas cessé d'en recueillir des fruits merveilleux. Qui pourrait redire, en effet, les impressions profondes et salutaires produites par la majesté et la sainteté de ses temples, par l'édification de ses pieuses assemblées, par la gravité et l'harmonie de ses chants religieux, par ses cérémonies si imposantes et si touchantes? L'impiété ne reconnaît que trop l'influence immense que peut exercer l'Eglise en faveur de la Religion et du salut des âmes par l'éclat de son culte extérieur ; c'est pour cela que, semblable aux Juifs, qui reprochaient à Madeleine la profusion des parfums dont elle couvrait les pieds du Sauveur, prétendant que leur prix serait mieux employé si on le distribuait aux pauvres, elle reproche à son tour à l'Eglise le luxe avec lequel elle décore ses temples et les richesses qu'elle y consacre ; le temps passé dans les assemblées saintes est du temps perdu, et qui serait mieux employé à ses yeux par quelque occupation lucrative ; les cérémonies sacrées ne sont pour les ennemis de l'Eglise que des superstitions et de vains spectacles offerts à l'ignorance et au fanatisme ; et ils redoutent tellement l'empire qu'elles exercent sur les masses, qu'ils leur défendent de franchir le seuil du sanctuaire et de se montrer au sein des villes, même pour en bénir les rues et les demeures. Et si la haine contre la foi va jusqu'à la persécution, le premier de ses exploits est d'abattre les autels et de fermer les temples. Peut-on proclamer d'une manière plus éclatante la puissance prodigieuse que le Sauveur a confiée à l'Eglise dans la pratique du culte extérieur et public ?

III. Sans doute Dieu n'a pas besoin de nos temples pour lui-même, comme un monarque a besoin d'un palais pour en faire le siège de sa grandeur et de sa puissance ; sans doute encore la majesté infinie remplit l'univers entier de sa présence, et partout elle peut entendre nos vœux et nos prières ; mais c'est nous qui avons besoin de ces lieux spécialement consacrés au culte de la divinité. Il est des hommes, nous le savons, qui pour se distinguer de la foule et du vulgaire, pour se faire considérer comme artistes ou comme philosophes, ne voudraient dans nos églises que la pierre nue, de la beauté et de la gravité de laquelle, à leur dire, aucun ornement ne saurait approcher ; qui s'extasient devant la simplicité touchante des pauvres églises de nos campagnes. C'est là, prétendent-ils, qu'ils prient avec le plus de ferveur. Mais nos temples n'ont pas été précisément élevés pour ces exceptions de l'espèce humaine ; c'est aux masses qu'ils sont destinés, et l'on a dû choisir pour les orner ce qui impressionne plus vivement le commun des hommes. Pauvre peuple ! pourquoi vous serait-il refusé de venir de temps en temps sous les lambris dorés de la maison de votre Père, qui est aussi la vôtre, reposer vos yeux fatigués et attristés par le spectacle continuel de la misère qui vous entoure, et contempler les splendeurs religieuses dont la sainte Eglise veut réjouir votre âme désolée ? Pourquoi cette Eglise, votre tendre mère, si quelquefois elle est obligée de vous demander des sacrifices, ne vous convierait-elle pas aussi de temps à autre à ses solennités, pour y dilater vos cœurs, si souvent flétris par les chagrins et les privations de toute espèce ? Quelle est la société qui n'a pas ses fêtes populaires ? Vous ne possédez pas de livres, et le temps d'ailleurs vous manquerait pour les feuilleter ; accourez donc dans le lieu saint : tous les arts y ont été convoqués pour éclairer votre esprit et consoler votre cœur. L'Eglise a mis à la portée de toutes les intelligences les plus sublimes mystères, l'histoire de la religion et celle du divin Sauveur qui a tant aimé les pauvres et les petits. Les sculptures, les peintures sacrées qui couvrent les murailles de ses temples, vous retracent et vous redisent toutes les vérités et les touchantes traditions de notre foi dans un langage saisissant; elle va jusqu'à essayer de vous donner une idée du ciel, où elle veut vous conduire, par ces vitraux admirables, où se pressent une multitude de héros chrétiens, que le soleil rend lumineux, comme pour vous révéler la gloire dont ils jouissent dans le séjour de l'éternelle félicité. L'architecture même de nos édifices religieux sait leur imprimer un caractère particulier qui saisit de respect celui qui en franchit le seuil ; tout y est disposé pour instruire ceux qui y pénètrent : les fonts baptismaux, qui rappellent la régénération de nos âmes ; les tribunaux de la pénitence, qui révèlent les miséricordes infinies de Dieu pour le pécheur ; la table sainte, où tous sont invités sans distinction pour y puiser des forces dans le pénible chemin de la vie; enfin l'autel,où se renouvelle chaque jour le sacrifice auguste de la rédemption.

Mais c'est surtout lorsque nos temples se remplissent de cette foule pieuse, où tous les âges et toutes les conditions se trouvent fraternellement confondus, que l'Église exerce avec plus de succès sa céleste et salutaire influence. Outre l'édification mutuelle et l'entraînement du bon exemple, qu'on y trouve, qui pourrait dire les fruits précieux que la parole divine produit alors dans les âmes, et les glorieuses conquêtes qu'elle fait à la foi et à la vertu, les préjugés et les illusions qu'elle dissipe, les solides doctrines qu'elle établit dans les intelligences, les ennemis qu'elle réconcilie, la paix qu'elle met dans les âmes, les douces consolations qu'elle répand dans les cœurs ? C'est ainsi que l'Église adoucit les mœurs et civilise les peuples les plus barbares, d'une manière bien autrement efficace que ne peuvent le faire les arts, les sciences et l'industrie que la multitude ignore et qu'elle ignorera toujours. Les cérémonies sacrées viennent à leur tour prêter à la sainte Eglise le concours de leur précieuse influence. Si les hommes n'étaient que de pures intelligences, étrangères aux impressions des sens, on devrait sans doute rejeter comme inutile tout l'appareil et la pompe du culte chrétien. Mais nous savons tous, par notre propre expérience, combien les choses sensibles ont d'empire sur le cœur de l'homme, combien l'esprit, naturellement volage, a besoin d'être captivé ; et voilà pourquoi la religion chrétienne déploie devant nous un ordre et une suite de cérémonies qui parlent à nos sens, et qui par leur intermédiaire nous instruisent et nourrissent notre piété. Aussi, tout dans nos rites sacrés est symbolique, et frappe encore plus notre esprit que nos yeux. Quel est, en effet, le dogme ou le précepte qui ne soit retracé, et presque rendu sensible par quelque point du culte public ? Assurément, si l'on considère chaque cérémonie isolément, en dehors des mystères dont elle est pour ainsi dire le langage, dépouillée de la foi qui en est l'âme, il est facile de déverser le ridicule sur ce qu'il y a de plus saint ; mais alors on cesse d'être sincère, et on se met en dehors de la question. Au reste, il suffit de consulter nos souvenirs, de nous rappeler quelqu'une de ces grandes solennités où la religion déploie toutes ses pompes, et où nous étions mêlés à la multitude. Malgré peut-être nos préjugés nous avons été émus, touchés même jusqu'à sentir ce frémissement qui se traduit souvent par des larmes, et nous sommes sortis meilleurs, ou du moins mieux disposés à le devenir. Aussi, là où les pieuses cérémonies de la religion sont négligées ; là où les temples sacrés sont dépouillés de tout ornement, et tombent presque en ruines sous le souffle empoisonné de l'indifférence ; là où le prêtre est forcé de monter au saint autel avec des lambeaux de vêtements sacrés, la foi est bien près de s'éteindre, et avec elle le respect de l'autorité, la justice et la civilisation tout entière; là où il n'y a plus de culte public, Dieu est méconnu ; et quand un peuple n'a plus de Dieu, c'est un corps sans âme et sans vie, qui tombe en dissolution : il retourne à la barbarie.

 

Élévation sur l'action de l'Eglise par l'exercice du culte extérieur et public

 

I. Vous aviez annoncé, Seigneur, par la voix solennelle de vos prophètes, que votre Eglise serait comme la « maison de Dieu élevée sur le sommet des montagnes, au-dessus des collines, à laquelle devaient se réunir toutes les nations » (Isaïe 2, 2 ) ; comme une « haute montagne » qui se montre à toute la terre (Daniel 2, 34). Suivant les Livres Saints, elle devait être une cité qui, étant « placée sur la hauteur », ne peut être cachée (Saint Matthieu 5, 44) ; une société où il y a des « pasteurs et des docteurs chargés d'un ministère public pour l'édification du corps de Jésus-Christ » (Ephésiens 4, 11), « qui est l'Eglise » (Colossiens 1, 24). Enfin, les saintes lettres la montrent comme un troupeau confié à la sollicitude des « évêques, établis par le Saint-Esprit pour gouverner l'Eglise de Dieu » (Actes des Apôtres 20, 28), et pour « prêcher /'Evangile à toute créature » (Saint Marc 16, 15). La société chrétienne devait donc manifester son existence et sa vie autrement que par un culte purement spirituel ; son culte devait être visible comme elle. Son but était de régénérer l'humanité dans toute l'étendue de sa nature, puisque l'homme tout entier avait été corrompu par le péché d'origine ; et c'est pour cela, Seigneur, que vous lui avez donné des moyens d'action qui peuvent atteindre tout à la fois l'âme et le corps. Non, vous n'avez pas voulu que votre Eglise se bornât à la contemplation de vos perfections infinies et de la sagesse de vos divins préceptes ; mais vous l'avez créée pour être la réformatrice et l'âme de toutes les œuvres humaines qui remplissent l'existence des individus et des sociétés ; vous l'avez chargée de suivre l'homme depuis le berceau jusqu'à la tombe, et de présider sans relâche à ses destinées; aussi, vous lui avez donné un corps aussi bien qu'un esprit, afin de perpétuer en elle et par elle les fruits précieux de votre incarnation et de la rédemption. Ainsi, vous continuez par sa bouche la prédication de votre Evangile ; vous offrez encore par ses mains l'auguste sacrifice de la croix; vous dites toujours par son organe aux pauvres pécheurs : « Vos péchés vous sont remis » ; et vous renouvelez sans cesse, par la puissance ineffable dont vous l'avez revêtue, les mystères adorables de la Cène.

II. Mais, ô divin Sauveur, qu'est-ce que le culte extérieur et public de votre Église, si ce n'est l'exercice de ces sublimes fonctions que vous lui avez confiées ? Toutes les cérémonies qui concourent à ses solennités n'ont-elles pas uniquement pour but d'instruire les hommes de votre sublime doctrine, de les conduire peu à peu à la source de la régénération, pour les unir ensuite à vous par la participation a votre divin banquet ? Pourquoi ses temples ? Et ne fallait-il pas à la société chrétienne, comme à toute autre, une maison commune, un lieu consacré aux réunions solennelles, où le législateur suprême pût faire entendre ses oracles ? Ne lui fallait-il pas un palais où la justice divine pût prononcer ses sentences de miséricorde, et acquitter nos dettes ? Le roi de gloire, celui qui a promis d'être avec son Eglise jusqu'à la consommation des siècles, aurait-il été le seul monarque qui n'eût pas eu de trône, le seul Dieu auquel on n'eût pas élevé de sanctuaire, ni d'autel ? Mais cette croix qui couronne le faîte de nos temples, qui domine le tabernacle, qui marche toujours à la tête du peuple chrétien, dont le signe se retrouve partout et se mêle à tous les mystères qui s'opèrent dans le lieu saint, n'est-elle pas une voix éloquente qui rappelle sans cesse à l'homme qu'il ne peut y avoir de salut pour lui qu'autant qu'il sera marqué au sceau du sang divin qui a coulé sur l'arbre de vie ? Quelle leçon salutaire que cette eau lustrale, qui se trouve au seuil du temple ! La prière, semble-t-elle dire, ne peut plaire au Seigneur que lorsqu'elle part d'un cœur pur ou qui désire se purifier. Puis, c'est la tribune sacrée du haut de laquelle tombent ces paroles divines qui éclairent, qui touchent les âmes et les conduisent au tribunal de la miséricorde et de la justification. Mais à peine le miracle de la résurrection spirituelle s'est-il opéré, que je vois le pieux fidèle se diriger vers le sanctuaire : le sacrifice auguste commence. Il y trouve une victime qui s'offre pour l'expiation de ses fautes; une victime qui supplée par ses mérites infinis à l'infirmité de ses adorations, à la froideur de ses prières, à la faiblesse de sa reconnaissance. Il s'unit étroitement au sacrificateur et devient en quelque sorte prêtre avec lui. Voilà pourquoi un admirable colloque s'établit entre eux : tous deux d'abord avouent leurs misères au pied du saint autel, et implorent mutuellement leur pardon ; et lorsque celui qui est revêtu du caractère sacerdotal a franchi les degrés qui montent au tabernacle, il ne cesse pas pour cela, tout en parlant à Dieu, d'adresser encore la parole à ses frères : « Le Seigneur soit avec vous », leur dit-il a plusieurs reprises ; et les assistants s'empressent de lui répondre : « Et avec votre esprit ». A chaque prière les pieux fidèles montrent par une parole d'approbation : « Ainsi soit-il », la part qu'ils prennent aux supplications du prêtre. Plus tard, celui-ci les prie de demander que son sacrifice et le leur devienne agréable à Dieu ; et enfin avant d'entrer dans cette contemplation profonde qui précède immédiatement l'accomplissement du plus saint des mystères, il les exhorte à élever leurs cœurs jusqu'au ciel ; puis, il ne leur parle plus ; car lui-même n'est plus sur la terre. Toutefois, lorsque le sacrifice eucharistique est consommé, le chrétien qui s'est purifié dans les eaux vivifiantes de la pénitence ne s'en tient pas à une simple participation de prière, il veut aussi participer à la victime adorable. Alors, le prêtre reprend la parole, lui déclare quelle est la grandeur et la bonté de celui qu'il va lui donner, et lui rappelle avec douceur combien il est peu digne de le recevoir. Il lui livre enfin le corps du Seigneur, en souhaitant à l'âme fidèle qu'elle sache y trouver une sauvegarde assurée pour la vie éternelle. L'union de l'homme avec Dieu est accomplie, et le but du culte extérieur et public est obtenu !

III. Oh ! Je conçois, ô mon Dieu, les admirables transports du saint roi qui s'écriait : « Que vos tabernacles sont aimables, Seigneur, Dieu des armées : mon âme soupire et elle est prête à tomber en défaillance lorsqu'elle pense au bonheur de se trouver dans votre sanctuaire ! Mon cœur et ma chair font éclater par des transports de joie l'amour qu'ils ressentent pour le Dieu vivant. Le passereau a une retraite, et la tourterelle a un nid pour y mettre ses petits ; pour moi, vos autels seront ma demeure, ô Seigneur des armées, mon roi et mon Dieu ! Heureux ceux qui habitent votre maison, Seigneur; ils vous loueront dans tous les siècles !... Car un seul jour passé dans votre sanctuaire l'emporte sur mille autres jours de ma vie. Ah! combien j'aime mieux être regardé comme le dernier dans la maison de mon Dieu que d'habiter sous te toit des pécheurs ! » (Psaume 83). Lorsque le Temple de l'Ancien Testament et les cérémonies qui s'y passaient faisaient naître des sentiments si tendres et si embrasés, comment pourrait-on douter de la puissante influence que doit exercer sur les cœurs la réalisation des saints mystères qui s'opèrent dans nos églises, et dont le culte antique n'était qu'une figure bien imparfaite ? Ah ! Seigneur, si le ciel et la terre et les merveilles qu'ils renferment publient votre gloire, et forcent les plus incrédules à reconnaître la puissance souveraine de leur auteur, quels seront les fruits qu'il faudra attendre des prodiges de miséricorde que nous révèlent les cérémonies du culte chrétien ? Est-il surtout rien de plus imposant que le spectacle touchant d'un Dieu descendu du ciel et réellement présent sur nos autels, qui bénit ses enfants avec l'amour le plus tendre et le plus désintéressé ? Le parfum de l'encens qui embaume le temple, les saints cantiques qui retentissent de toutes parts, le profond recueillement et le religieux respect de la multitude réunie sous les voûtes sacrées : tout semble dire à l'âme que le ciel s'est abaissé pour un instant jusqu'à la terre. Ah ! malheur à celui qui resterait insensible en présence de cette scène ravissante ; si sa foi n'est pas entièrement éteinte, elle est bien près de l'être.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

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22 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Vingt-troisième jour

Les persécutions de l'Eglise

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

I. Tous ceux qui veulent vivre en accomplissant fidèlement la doctrine de Jésus-Christ, disait l'apôtre Saint Paul, souffriront persécution. (2 Timothée 3, 12). Et Notre-Seigneur avait déjà dit : « Heureux ceux qui souffriront persécution pour la justice; car le royaume des cieux leur appartient. Estimez-vous heureux lorsqu'on vous maudira et que l'on vous persécutera ; lorsqu'on dira faussement toute sorte de mal contre vous par rapport à moi : réjouissez-vous alors, et tressaillez d'allégresse, parce que votre récompense est grande dans le ciel : c'est ainsi qu'ont été persécutés les prophètes, qui sont venus avant vous ». (Matthieu 5, 10 et ss). La destinée de l'Eglise est donc d'être persécutée, et c'est là l'un de ses caractères essentiels et divins. Sans doute, elle aura de temps en temps des moments de repos et de paix ; mais ce ne sera pour ainsi dire que pour lui laisser reprendre haleine, et pour lui donner le loisir de se préparer à de nouveaux combats. Les persécutions entourèrent son berceau : à peine Sauveur était-il né, que déjà  Hérode cherchait à mettre à mort ; et sa vie publique fut une persécution continuelle, qui ne se termina pour lui que lorsqu'il rendit le dernier soupir sur la croix. Les apôtres, disciples et ses successeurs dans l'oeuvre de la rédemption, ne furent pas mieux traités que leur maître, tous reçurent la couronne du martyre pour prix de leur fidélité et de leur dévouement. Mais ce n'était encore là que le prélude des trois premiers siècles de l'ère chrétienne, pendant lesquels l'Eglise devait se fonder et s'établir par le martyre, non plus seulement de ses princes et de ses chefs, mais encore par celui de milliers de chrétiens de tout âge, de tout sexe et de toute condition. C'est encore au prix de ces sacrifices sanglants qu'elle fait aujourd'hui de nouvelles conquêtes en Chine, en Cochinchine et dans une multitude d'autres régions lointaines. Ce n'est pas toutefois uniquement contre la vie de ses enfants que l'on conspire : on s'étudie aussi à attaquer ses dogmes, ses mystères, sa doctrine et même sa morale, dont on admire les principes, comme pour être autorisé à en condamner l'application pratique, que l'on trouve trop austère. On dénature les intentions et l'esprit de la sainte Eglise, on lui prête toutes les passions humaines, et sous ces prétextes futiles qui offrent quelque chose de spécieux aux masses, peu instruites surtout en matière de religion, on lui reproche d'avoir dégénéré de sa perfection primitive, de tomber en décadence, et l'on annonce depuis plusieurs siècles sa mort prochaine. On l'accuse d'idées rétrogrades, de s'obstiner à ne pas progresser avec les lumières des temps contemporains. On attaque ses docteurs, on renverse ses institutions. On traque et l'on épie ses ministres pour les trouver en défaut, et au besoin on les calomnie. On tourne en ridicule ses cérémonies les plus augustes, on raille ses enfants les plus dévoués et les plus fidèles ; c'est, en un mot, une guerre à outrance qu'elle aura à soutenir jusqu'à la fin des temps. L'Eglise ne s'étonne pas de ces persécutions, elle y compte, elle les attend comme une preuve de son institution divine, puisque Jésus-Christ les lui a prédites. « Voilà, lui dit-il que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups : soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes. Prenez garde aux hommes : ils vous traîneront devant leurs tribunaux et vous feront fouetter dans leurs synagogues. Ils vous conduiront à leurs juges et à leurs princes à cause de moi... Le frère livrera son frère pour qu'on le fasse mourir, et le père livrera son fils : les enfants eux-mêmes s'élèveront contre leurs parents pour qu'ils soient mis à mort. Vous serez un objet de haine pour tout le monde à cause de mon nom... Le disciple n'est pas plus que le maître... S'ils ont appelé le père de famille Belzébuth, comment n'en agiraient-ils pas de même avec ses serviteurs ?... Ne craignez donc pas ceux qui peuvent tuer le corps, mais qui sont impuissants à tuer l'âme : mais craignez plutôt celui qui peut précipiter le corps et l'âme dans les supplices éternels » (Matthieu 10, 16 et ss).

II. Les persécutions prédites par Notre-Seigneur à son Eglise ne devaient pas être seulement le fruit de la tyrannie et de l'oppression. Il lui en réservait de moins éclatantes et de plus continues, dans les épreuves ordinaires de la vie. Les premières ne devaient atteindre que les fidèles assez généreux pour confesser publiquement leur foi persécutée ; mais les secondes frappent tous les hommes indistinctement, car elles sont la suite et la punition du péché de notre premier père. Dans les desseins de Dieu, elles sont tout ensemble l'accomplissement des lois de sa justice et de celles de sa miséricorde : une expiation du péché, et une épreuve de notre fidélité. Tantôt il se charge lui-même de nous les envoyer directement par la mort de nos proches ou de nos meilleurs amis, par les maladies, les souffrances et les infirmités qui attristent si souvent notre existence. Tantôt, et le plus ordinairement, les hommes eux-mêmes deviennent entre ses mains, sans le vouloir et même sans le savoir, des instruments de persécution destinés à accomplir les desseins de Dieu sur son Eglise. Ce sont les médisances, les calomnies, les pertes de fortune ; le délaissement de nos amis et de nos proches ; l'ingratitude, des vengeances aveugles et injustes que l'on exerce contre nous ; les partialités, les injustices, les humiliations dont nous sommes victimes ; les caractères et les humeurs difficiles des personnes qui nous entourent, et avec lesquelles nous sommes forcés de vivre. Ce sont, si vous le voulez, des persécutions à coups d'épingle, mais qui n'en sont pas moins rudes ; d'autant plus qu'elles sont inévitables, persistantes, secrètes et de tous les jours. Sans doute, ce genre de persécution ne s'exerce pas uniquement contre les membres de l'Eglise, l'humanité tout entière y est soumise. Mais l'Eglise, dans le plan divin, devant être catholique, les éléments de sa destinée devaient être universels comme elle. Ceux qui ne veulent pas lui appartenir font un mauvais usage des persécutions, comme ils abusent des biens de la terre, et de toutes ces choses que Dieu a mises aux mains de tout le monde pour être des éléments de la vie chrétienne, et par conséquent des moyens de salut. Aussi, ce genre de persécution devient-il pour les enfants de l'Eglise une source continuelle de grâces : les uns sont ramenés à la vérité et à la pratique oubliée ou négligée de leurs devoirs religieux par les épreuves, qui leur ouvrent les yeux sur la vanité des choses du temps ; et, ne trouvant pas sur la terre le bonheur qu'ils comptaient y trouver, ils tournent alors leurs regards vers l'éternité ; les autres, habitués à vivre aux lumières consolantes de la foi, trouvent dans les afflictions que la Providence leur envoie un moyen aussi efficace que facile d'expier leurs fautes et une source intarissable de mérites.

III. Il est un troisième genre de persécutions qui n'est pas moins profitable à l'Eglise de Dieu, et qui ne vient ni de Dieu ni des hommes : mais de nous-mêmes, de l'esprit du monde et du démon : ce sont nos passions, nos mauvais penchants, et les tentations multipliées qui nous livrent sans cesse une guerre acharnée. L'honnêteté naturelle, l'intérêt, la philosophie ont bien pu quelquefois mettre un frein à la fureur de ces ennemis de l'humanité ; mais leur triomphe toujours partiel ne s'accomplissait qu'en développant d'autant plus d'autres mauvais instincts de notre nature corrompue. C'est ainsi que Diogène pratiquait le détachement des richesses, et qu'il se servait de cette apparence de vertu pour nourrir son orgueil. L'Eglise seule a reçu du divin Maître le secret du combat chrétien qui ne fait quartier à aucune passion, qui ne ménage aucun penchant désordonné. Sans doute la faiblesse humaine aidée même de la grâce ne triomphe pas toujours sur toute la ligne, mais elle a sans cesse les armes à la main, et se reproche du moins ses défaites. Cette guerre spirituelle, cette persécution intime sont une des plus rudes épreuves des enfants de l'Eglise, parce qu'elles les exposent à chaque instant au danger de se perdre pour l'éternité, c'est-à-dire, au plus grand des malheurs pour ceux qui vivent sous les inspirations divines de la  foi. Mais aussi, d'autre part, c'est au milieu de ces luttes quotidiennes que les caractères se fortifient, que l'énergie devient du courage, et que celui-ci s'élève jusqu'à l'héroïsme. Les victoires se multiplient, et avec elles les mérites qui assurent à ceux qui les remportent un poids de gloire incomparable dans la vie future. Telle est pour l'Eglise l'avantage immense de ces épreuves. Enfin, tous ces genres divers de persécutions ne suffisent point encore à l'amour ardent de l'épouse de Jésus-Christ pour les souffrances. A l'exemple du divin Sauveur, elle les désire, elle y aspire et s'en impose elle-même par la mortification et la pénitence. De là les jeûnes, les abstinences et les autres austérités qu'elle prescrit ou qu'elle conseille à ceux qui vivent sous ses lois. La persécution, de quelque côté qu'elle vienne, et quel que soit le sens qu'on lui donne, est donc un des éléments de la vie de l'Eglise ; elle en est un des caractères distinctifs.

 

Élévation sur les persécutions de l'Eglise

 

I. Je ne suis plus surpris, ô divin Maître, du langage que vous teniez aux peuples qui se pressaient autour de vous pour entendre vos divins oracles. « Il faut, disiez-vous, que le Fils de l'homme souffre beaucoup ; il faut qu'il soit condamné par les anciens du peuple, par les princes des prêtres et par les scribes ; qu'il soit mis à mort, et qu'il ressuscite le troisième jour ». Aussi disait-il à tous, continue le texte sacré : « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il a se renonce soi-même, qu'il porte sa croix tous les jours, et qu'il me suive. Que celui qui veut sauver son âme, fasse le sacrifice de sa vie, car celui qui en fera le sacrifice pour moi, la sauvera. Que sert, en effet, à l'homme de gagner l'univers entier, s'il se perd lui-même ? » (Luc 9, 22 et ss). Non, je ne suis plus surpris des prédictions que je méditais tout à l'heure, et par lesquelles vous prépariez l'âme de vos disciples à soutenir les rudes combats que vous réserviez à votre Eglise. S'il fallait que le Christ souffrît pour entrer dans sa gloire (Luc 24, 26), comment l'Eglise son épouse aurait-elle pu partager sa couronne sans être associée à ses souffrances ? Aussi le diadème sanglant et glorieux du martyre n'a-t-il jamais cessé entièrement de reposer sur son front. Un vénérable vieillard inspiré de Dieu, vous tenant pressé entre ses bras quelques jours à peine après votre naissance, s'était écrié : « Cet enfant a été envoyé de Dieu pour être la perte et la résurrection d'un grand nombre dans Israël, et il sera en butte à la contradiction ». (Luc 2, 34). N'est-ce pas aussi la destinée réservée à votre Eglise ? Elle vous a succédé dans l'oeuvre admirable de la rédemption : elle annonce partout la doctrine que vous lui avez enseignée et dont vous lui avez confié le précieux dépôt. Les uns la recueillent avec avidité et en suivent fidèlement les préceptes, ils en reçoivent la vie ; d'autres, au contraire, la repoussent avec dédain, et ils se perdent. Dès lors, la sainte Eglise est comme vous en butte à la contradiction. Comme vous, elle a des ennemis qui la persécutent, tantôt par leurs paroles et leurs sarcasmes, tantôt par leurs livres impies. On voudrait l'anéantir ; on l'épie, on la poursuit, on use de violence, on fait couler son sang, ou bien on s'attaque à son Chef vénéré, on le chasse de son trône, on lui arrache sa couronne, on l'exile ou on le charge de fers, on le retient captif dans une étroite prison ; et partout on publie la mort prochaine de votre sainte épouse. Vous lui avez bien prédit, Seigneur, qu'elle serait crucifiée, mais vous lui avez promis aussi l'immortalité. Elle souffrira donc , mais elle n'en deviendra que plus glorieuse, et ne périra jamais !

II. Une de vos plus fidèles servantes, en exprimant son amour pour les souffrances, était bien l'admirable interprète des sentiments de votre Eglise et de la destinée que vous lui avez faite, lorsqu'elle s'écriait : « Ou souffrir, ou mourir » ; une autre disait mieux encore dans l'ardeur de sa charité : « Toujours souffrir, jamais mourir ». C'est bien là, en effet, la véritable devise d'une épouse digne de vous. Tous les jours ses enfants, sans être exposés au martyre, voient se multiplier autour d'eux les occasions de vous témoigner leur amour, en supportant avec résignation et en union avec vos souffrances les épreuves de la vie. Oh ! Que d'âmes saintes qui savent souffrir avec une angélique patience les maladies, les infirmités, les contrariétés de toute sorte, les incompatibilités d'humeur et de caractère ! Avec quel courage et quel héroïsme se soumettent à votre volonté sainte ces généreux chrétiens, qui, semblables aux enfants dans la fournaise, chantent encore vos louanges, lorsque la mort vient les frapper dans leurs plus chères affections, ou que la fortune capricieuse les réduit aux dernières extrémités de la misère ! Combien de Jobs s'écrient encore : « Vous m'aviez tout donné, Seigneur, vous m'avez tout repris, que votre saint nom soit béni ! » Ils n'arrêtent pas leurs regards à ceux qui ne sont que les instruments aveugles de la Providence vis-à-vis d'eux ; jamais la foi leur montre que c'est vous, Seigneur, qui dirigez tous les événements de la vie indépendants de leur volonté ; et comme vous ne faites ni ne permettez rien que pour le plus grand bien de vos enfants, ils doivent toujours, quoi qu'il arrive, vous louer et vous bénir.

III. Ce n'est pas sans un profond mystère, ô divin Sauveur, que la croix est devenue le symbole essentiel du christianisme, que l'Eglise en couronne le frontispice de ses temples, qu'elle l'expose à la vénération publique sur ses autels, qu'elle la porte comme étendard de ralliement dans ses cérémonies les plus solennelles, qu'elle veut que toutes nos principales actions commencent par ce signe auguste, et que tout chrétien donne dans sa maison la place d'honneur à l'image qui lui rappelle que vous l'avez aimé jusqu'à la mort, et à la mort de la croix : le sacrifice, inséparable de l'amour, dont il est la plus vraie et la plus haute expression, devait être le fond de la vie chrétienne. Pour être chrétien, il fallait que l'homme fût, non-seulement prêt à donner au besoin sa vie par amour pour vous; qu'il fût toujours dans la disposition de se soumettre à vos décrets les plus inattendus : mais il fallait aussi qu'il s'immolât sans cesse lui-même à vous, en combattant ses penchants les plus intimes pour les plier au joug de votre loi : la mortification de la chair et des sens devait faire de lui une victime continuelle, et son cœur devait être un autel domestique sur lequel l'holocauste de toutes ses pensées, de ses désirs et de ses affections, vous sera offert chaque jour. Voilà le secret que nous révèle la croix. Si l'auguste sacrifice qui s'offre à chaque instant de l'orient à l'occident est essentiel à la vie de l'Eglise, ô divin Maître, celui des cœurs ne l'est pas moins. Qui pourrait dire les bénédictions célestes qu'attirent sur la terre la réunion de tant d'immolations, de tant de victimes volontaires, non pas seulement de celles où le sang coule, mais encore de celles qui consistent dans l'acceptation secrète et résignée des épreuves, et dans le combat chrétien de tous les jours ? O divin Jésus, accordez-moi la grâce d'en augmenter le nombre en me donnant entièrement à vous, sortant en moi les stigmates de vos plaies adorables, et en vivant de cette vie persécutée et sainte qui est l'un des caractères divins de votre sainte Eglise.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

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11 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Douzième jour

La vie de Jésus-Christ préparant les éléments de Son Eglise

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

I. Le germe de l'Eglise Catholique venait d'éclore dans l'étable de Bethléem ; le Sauveur employa sa vie entière à le développer. Il y travailla d'abord par l'exercice des vertus les plus sublimes et les plus parfaites : l'humilité, l'obéissance, la pauvreté, la mortification, la Charité surtout, furent l'âme de sa conduite et de toutes ses œuvres ; vertus inconnues jusqu'à lui, qui devaient être la vie, la force et la grandeur de son Eglise, et la preuve irréfragable de la divinité de son institution. Jésus naît dans l'humiliation et la pauvreté ; le corps du divin Enfant, si faible, si délicat, est placé sur la paille et dans une crèche, afin de nous instruire par son exemple, et de nous prouver le désir ardent qu'il avait de souffrir pour nous, en commençant sans retard l'oeuvre de notre rédemption. Il fuit humblement devant Hérode son persécuteur, et se soumet à toutes les rigueurs de l'exil. Il obéit avec docilité à Marie et à Joseph, se condamne à gagner son pain à la sueur de son front dans la boutique d'un artisan ; et il mène pendant trente années, sur trente-trois qu'il devait passer sur la terre, une vie obscure et cachée, mais féconde en leçons et en expiations. S'il sort de Nazareth pour commencer sa vie publique, c'est pour se confondre d'abord avec les pécheurs, et recevoir le baptême des mains de Saint Jean-Baptiste ; il s'enfonce ensuite dans le désert, il y prie et il y jeûne pendant quarante jours : il veut même être éprouvé par la tentation. Lorsqu'il instruit ses apôtres, il le fait avec une douceur sans pareille, et supporte leur grossièreté avec une admirable patience. Il guérit les malades, soulage toutes les infirmités, ressuscite les morts, accueille les pauvres avec une bonté jusque-là sans exemple ; il les console et fait même des miracles pour les nourrir. Il fait du bien à tous ceux qui rapprochent. Enfin, l'heure de sa Passion a sonné, il y épuise le calice des humiliations et des souffrances les plus inouïes, il prie pour ses ennemis, et couronne sa vie héroïque en mourant volontairement et sans faiblesse sur la croix, par un excès d'amour pour les hommes.

II. Jésus-Christ, par la manière dont il avait vécu pendant les trente premières années de sa vie, avait posé les fondements d'une doctrine complètement nouvelle, et tellement en opposition avec les passions humaines qu'elle se proposait de combattre, que jamais elle n'aurait trouvé de disciples assez dociles pour l'embrasser, si le Sauveur n'avait eu à sa disposition que des moyens humains ; d'autant plus qu'il ne s'agissait pas seulement de régler la conduite extérieure de l'homme, mais d'atteindre ce dernier jusque dans le sanctuaire de sa conscience, et d'en diriger les actes les plus intimes et les plus secrets. Le divin Maître sortit donc de Nazareth, et après s'être préparé à l'accomplissement de sa céleste mission en pratiquant le premier la doctrine qu'il venait apporter au monde, il commença à prêcher, et à réunir autour de lui quelques disciples. Il leur développa pendant trois ans les maximes fondamentales du christianisme, dont il avait déjà donné lui-même de si héroïques exemples, à savoir : l'humilité, la pauvreté ou le détachement des richesses, la mortification ou la guerre à la chair et aux sens, et la Charité fraternelle. Toutefois, pour perpétuer son enseignement, qui devait traverser tous les siècles, et éclairer les hommes jusqu'à la fin des temps, il choisit parmi ses disciples douze hommes de cœur, pris dans les rangs infimes de la société, afin de convaincre les générations présentes et futures que la doctrine qu'ils allaient bientôt annoncer par toute la terre n'était pas leur œuvre, et que les succès qu'elle devait obtenir par des intermédiaires aussi ignorants et aussi grossiers, ne pouvaient être le fruit de leur science ni de leur habileté personnelles. Pendant trois ans, il s'applique à instruire ces douze hommes, pécheurs de profession pour la plupart, et à les former à la pratique des vertus qu'ils devaient eux-mêmes prêcher et faire accepter un jour au monde entier. C'est ainsi que le Sauveur préludait à l'établissement de son Eglise et qu'il en préparait les éléments.

III. Pourtant, il ne suffisait pas de publier, ni même de confirmer cette nouvelle doctrine par de nombreux et d'éclatants miracles ; il ne suffisait pas de convaincre l'humanité de ses erreurs, et de lui montrer ce qu'elle avait à faire pour marcher désormais dans les voies de la vérité. Il fallait encore lui ouvrir une source intarissable de secours surnaturels pour soutenir sa faiblesse et l'aider à combattre victorieusement son ignorance et sa corruption. Dieu seul était assez puissant et assez bon pour lui accorder cette faveur ; mais la paix, promise aux hommes à la naissance du Sauveur, n'avait pas encore été signée entre le ciel et la terre. Un sacrifice solennel était nécessaire pour apaiser la justice divine en expiant le crime au premier homme et les iniquités de quatre mille ans. Pour ce sacrifice, il fallait une victime pure et sans tache, une victime d'un prix infini, puisque les outrages avaient été adressés à Dieu, qui est un être infini ; il fallait encore un prêtre innocent et sans souillure, qui n'eût pas besoin d'implorer miséricorde pour lui-même, et qui n'eût rien de commun avec les pécheurs. Le fondateur de l'Eglise, Dieu et homme tout ensemble, se dévoua : il fut Prêtre et Victime. Comme homme il donna son sang et sa vie, et comme Dieu il donna un prix infini au sacrifice qu'il offrit sur la Croix. Le monde était racheté : la justice et la paix s'étaient embrassées sur le Calvaire ; la source des faveurs célestes était ouverte. Source incomparable, à laquelle toutes les générations futures devaient pouvoir demander les eaux qui jaillissent jusqu'à la vie éternelle, c'est-à-dire à laquelle les hommes de tous les âges devaient pouvoir aller puiser les secours surnaturels nécessaires pour mettre en pratique une doctrine descendue du ciel avec Jésus-Christ, c'est-à-dire pour vaincre la chair et faire triompher l'esprit. La Charité ingénieuse du Sauveur sut trouver un moyen de rendre accessible à tous la source sacrée des grâces obtenues par l'effusion de son sang adorable. Il institua les sacrements comme autant de canaux divins destinés à nous appliquer les mérites infinis de son sang précieux, en répandant les secours surnaturels dans nos âmes : le baptême d'abord, pour nous réconcilier avec son Père, pour régénérer notre nature corrompue et pour nous entrer en quelque sorte sur lui-même, et nous faire devenir des créatures nouvelles ; la confirmation, pour fortifier davantage encore ces premiers effets de la grâce ; l'Eucharistie, pour affaiblir la concupiscence de la chair et nous faire participer à son esprit, à sa Charité et à sa propre Vie ; la pénitence, où nous devions trouver des remèdes pour toutes les infirmités de notre âme, et la laver des souillures, suites de nos faiblesses ; l'extrême-onction, destinée à nous fournir les secours nécessaires pour ces derniers combats dont l'issue décide de notre sort éternel ; le sacerdoce, qui devait perpétuer son œuvre en répandant son enseignement par toute la terre, et en ouvrant à tous la source divine des grâces par l'administration des sacrements ; enfin, le mariage, qui, établissant un lien indissoluble et sacré entre l'homme et la femme, fermait la porte aux dissolutions de la polygamie, et sanctifiait les générations futures jusque dans leur source. Qui n'admirerait la sagesse infinie qui a présidé à la disposition de tous ces éléments destinés à concourir à la fondation de l'Eglise et à y conserver la vie ? Et quel est celui qui oserait soutenir qu'un fondateur qui emploie de tels moyens n'est pas un Dieu ?

 

Élévation sur la vie de Jésus-Christ préparant les éléments de son Eglise

 

I. Que vos desseins, ô mon Dieu, sont différents de ceux des hommes, surtout dans la manière de les accomplir ! Les hommes, ceux mêmes auxquels vous avez bien voulu accorder une intelligence supérieure, n'ont que des vues courtes et étroites ; et encore pressés de les voir réalisées, parce que la durée de leur existence éphémère ne leur permet pas de prendre leur temps, ils se précipitent dans l'exécution, et emploient la force brutale et la violence pour arriver plus vite à leurs fins, dès qu'ils rencontrent le moindre obstacle à  l'accomplissement de leurs projets. Mais vous, Seigneur, dont les conseils profonds sont impénétrables ; vous qui embrassez d'un seul coup d'oeil tous les siècles passés, présents et futurs ; vous qui tenez dans votre main puissante toutes les destinées des individus et des peuples ; vous, enfin, qui avez l'éternité tout entière pour exécuter les décrets de votre sagesse infinie, vous ne craignez pas de former des plans dont la grandeur écrase notre faible intelligence ; et, lorsqu'il s'agit de les exécuter, certain de n'être jamais arrêté dans votre marche, quelles que soient d'ailleurs la malice et la résistance des puissants de la terre, vous accomplissez vos desseins avec ce calme, cette mesure et cette majesté qui sont le caractère distinctif de vos œuvres. Les siècles sont à vous, pourquoi donc vous hâter ? Non ! La régénération de l'humanité sera soumise aux mêmes lois de douce et lente progression que vous avez imposées à la nature. Les arbres les plus élevés, les plus majestueux et les plus solidement enracinés n'arrivent que peu à peu et insensiblement à leur complet développement; c'est ainsi que vous avez voulu que l'établissement de votre Eglise fût l'oeuvre des siècles, et que, semblable au grain qui est confié à la terre, le plan magnifique ne s'en développât qu'imperceptiblement jusqu'à l'avènement du Sauveur, qui devait y mettre la dernière main et en faire cet arbre gigantesque et mystérieux sur lequel tous les oiseaux du ciel pourraient trouver un abri assuré.

II. C'est encore ainsi, ô Divin Maître, que vous vous contentez de poser pour ainsi dire la première pierre de votre Eglise, d'en réunir les matériaux sans vouloir y mettre la dernière main, et que vous abandonnez sans crainte à vos apôtres et à leurs successeurs le soin de formuler les lois spéciales dont vous avez donné le principe fondamental, et les détails du gouvernement dont vous avez déterminé la nature. Les puissances humaines, toujours pressées de voir leur législation à l'oeuvre, et d'en recueillir les fruits, hâtent son application par le moyen expéditif de la force, de la contrainte et des châtiments exemplaires. Mais ce n'était ni une obéissance purement extérieure, et encore moins hypocrite, ni la docilité de l'esclavage qui pouvaient changer et régénérer le cœur de l'homme ; aussi, Seigneur, est-ce à son intelligence et à sa conscience que vous en appelez, par respect pour sa liberté et pour la dignité de sa raison et de sa nature. Vous voulez qu'après avoir été instruit de votre sainte doctrine, l'homme l'embrasse librement, par conviction et par amour pour vous. Ce moyen de rappeler l'humanité de ses erreurs et de ses égarements sera moins direct et moins expéditif peut-être, mais il attaquera le mal dans sa racine, il ira saisir l'homme dans le sanctuaire même de son âme, et au lieu de ne le changer qu'à la surface il en fera un chrétien vrai et sincère. Il développera dans son cœur les instincts généreux et les sentiments élevés qui n'y sont pas encore entièrement éteints ; il en fera avec le temps un serviteur dévoué et fidèle. C'était l'intelligence de l'homme, sa raison et sa volonté qui avaient été viciées par le péché d'origine : c'était sur elles que le restaurateur de l'humanité devait agir pour les réhabiliter. Sans doute, il n'appartenait qu'à vous, ô mon Dieu, à vous qui sondez les cœurs et les reins, à vous qui avez créé l'âme de l'homme, de trouver le spécifique qui seul pouvait lui procurer une guérison radicale ; vous seul étiez assez puissant pour en rendre l'application efficace et praticable, surtout en en plaçant l'administration entre des mains aussi faibles que celles de vos apôtres et de ceux qui sont chargés de perpétuer leur ministère. Et pourtant, à la voix de ces prédicateurs de votre Evangile, n'avons-nous pas vu, et ne voyons-nous pas encore tons les jours les cœurs les plus hautains et les plus orgueilleux devenir doux, humbles et obéissants comme des petits enfants ? les personnages les plus sensuels et les plus abandonnés aux plaisirs, embrasser les rigueurs d'une vie austère, pénitente et mortifiée ? L'amour désordonné des richesses se changer en un détachement parfait des biens de la terre ? Et enfin, l'amour divin et une ardente Charité pour ses semblables, prendre la place de l'indifférence et d'un égoïsme révoltant ? A de semblables résultats qui ne reconnaîtrait, Seigneur, l'oeuvre de vos mains ? Oui, je le crois et je le confesse hautement : il n'appartenait qu'à Jésus-Christ, Dieu et homme tout ensemble, de fonder et de constituer l'Eglise.

III. Mais si je reconnais ici votre toute-puissance et votre sagesse infinies, quelle admiration profonde, quelle tendre reconnaissance ne font pas naître en moi les merveilles et les prodiges de miséricorde que votre Charité pour les hommes a su faire sortir de la parole de votre adorable Fils et du Sang Précieux qu'il a répandu pour nous ? C'est bien la même parole qui avait dit à toute la création : « Croissez et multipliez », qui a prononcé plus tard, par les lèvres du Sauveur, ces quelques mots devenus si féconds : « Allez, enseignez toutes les nations, et baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Ô Evangile ! Parole céleste et toute divine, vous renfermez une sagesse si profonde, une connaissance si parfaite du cœur de l'homme, une si douce onction, qu'en la lisant avec le respect et la piété qu'elle commande, on se sent le cœur pénétré de lumières surnaturelles, et embrasé du plus pur amour ! Depuis dix-huit siècles, au milieu des bouleversements politiques et des révolutions sans nombre qui ont ébranlé et renversé tous les trônes, comme les destinées des nations ; au milieu des erreurs dont l'ignorance et les passions humaines ont inondé la société ; au milieu de ce chaos inextricable de législations diverses, qui se sont succédé les unes aux autres, en démentant le lendemain celles qui avaient été enfantées ou établies la veille, la parole sainte de l'Evangile est sortie seule de ce naufrage universel de la vérité, avec toute sa pureté, avec tout l'éclat de ses sublimes lumières et avec toute sa fécondité primitive ! La sainte Eglise en avait reçu le dépôt pour la régénération du genre humain, et elle a pu vérifier de la manière la plus incontestable l'infaillibilité de cet oracle du Sauveur : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas ». (Matthieu 24, 88). Que vous êtes bon, Seigneur, d'avoir ainsi rendu la vérité accessible à toutes les intelligences, et surtout de l'avoir rendue impérissable entre les mains de l'Eglise ! Mais, si une fois éclairé par ces lumières venues du ciel, je viens contempler les trésors de grâces que votre ingénieuse Charité renferme dans les sacrements pour nous faire participer aux fruits de la passion de votre divin Fils, comment ne pas tomber dans une extase d'admiration, de reconnaissance et d'amour ! Non, vous ne voulez pas seulement que dans notre prière nous osions vous donner le nom de père, mais vous voulez qu'en réalité nous soyons vos fils adoptifs ; vous ne vous contentez pas de pardonner au pécheur en vertu du sang que le Sauveur a versé, vous permettez, vous exigez même qu'il s'unisse intimement à lui dans la sainte Eucharistie pour qu'il ne fasse plus qu'un avec Jésus-Christ, et qu'il vive de sa vie ; pour que sa nature corrompue soit corrigée par la nature divine du divin Réparateur, et pour que sa dégradation disparaisse sous le poids de la gloire et de la dignité de votre adorable Fils auquel il s'est uni. Que la grandeur de vos miséricordes en soit à jamais bénie !

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

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21 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Vingt-deuxième jour

Sur la sainteté de l'Eglise

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

L'apôtre Saint Paul disait aux Ephésiens : « Jésus-Christ a aimé son Eglise, et il s'est livré à la mort pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant par l'eau divine de la parole de vie, afin de la faire paraître devant lui pleine de gloire, sans tache, sans ride, sans rien de semblable, et de la rendre sainte et sans aucun défaut ». (Ephésiens 5, 27.) Aussi, tous les chrétiens professent-ils que l'Eglise est sainte, comme le prouve le Symbole des apôtres qu'ils récitent chaque jour.

I. L'Eglise est sainte en ce que : 1° son fondateur Jésus-Christ est le Saint des saints, la source de toute sainteté. Or, Jésus-Christ étant toujours le chef, quoique invisible, l'âme et la vie de son Eglise, il en résulte qu'elle vit, qu'elle ne pense, qu'elle n^agit que par lui. C'est en cela, dit saint Jean, que Dieu a fait paraître son amour envers nous, en ce qu'il a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui. (Epître de S. Jean, 4, 9). Nous avons vu, au reste, dans la méditation quinzième, comment Jésus-Christ continue à entretenir la vie dans son Eglise. Cette Eglise peut donc dire comme saint Paul : « Je vis, ou plutôt ce n'est plus moi qui vis, mais Jésus-Christ qui vit en moi ; et si je vis encore dans ce corps mortel, j'y vis en la foi du Fils de Dieu, qui m'a aimé, et qui s'est livré lui-même à la mort pour moi » (Galates 2, 20). Ainsi l'Eglise est sainte, puisque c'est Jésus-Christ qui lui a donné la vie en la fondant, et qu'il continue de la faire vivre de sa vie, en vivant lui-même en elle. 2° Elle est sainte encore en ce que les premiers hommes qui ont travaillé à son établissement étaient des saints, et que, puisqu'un bon arbre ne peut produire que de bons fruits, des saints n'ont pu coopérer qu'à la fondation d'une société dont le caractère essentiel fût la sainteté.

II. L'Eglise est sainte parce qu'elle a été instituée pour la sanctification des hommes. « Le Seigneur, dit l'apôtre Saint Paul, a établi les uns pour être apôtres, d'autres pour être prophètes, d'autres pour être évangélistes, d'autres pour être pasteurs et docteurs, afin qu'ils travaillent à la sanctification des saints, qu'ils remplissent les fonctions de leur ministère pour l'édification du corps de Jésus-Christ, qui est l'Eglise ». (Ephésiens 4, 11, 12). Aussi, voyons-nous que tous ses efforts, ses travaux, ses sacrifices ont pour but de rendre les hommes meilleurs et de les conduire à la perfection. Tous les jours elle accomplit fidèlement sa mission, qui consiste à continuer l'œuvre de la Rédemption, en annonçant la parole divine, ou la vérité, pour détruire l'erreur et éclairer les âmes ; en appliquant, par l'administration des sacrements, les mérites de la passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour purifier les hommes de leurs souillures, pour les soutenir contre la corruption du siècle et les conduire enfin à la sainteté, et au bonheur du ciel qui en est la récompense.

III. L'Eglise est sainte, parce que sa doctrine, c'est-à-dire, ses dogmes, ses mystères et sa morale, sont marqués au sceau de la sainteté, puisqu'ils sont l'ouvrage de Dieu lui-même, et qu'ils ne nous sont imposés par lui que pour nous conduire à la sainteté.

IV. L'Eglise enfin est sainte, en ce qu'un certain nombre de ses membres sont saints, et qu'il ne peut y avoir de véritables saints que parmi ses enfants. Comment, en effet, une mère si sainte ne serait-elle pas féconde en saints ? Aussi, saint Pierre parlant de la société chrétienne l'appelle : « La nation sainte, le peuple d'acquisition ». (Pierre 1, 11). L'Eglise renferme pourtant dans son sein des justes et des pécheurs, des bons et des méchants, des parfaits et des imparfaits ; ils sont mêlés ensemble et unis par la profession publique de la même foi, par la participation extérieure aux mêmes sacrements, et par la dépendance des mêmes pasteurs légitimes dont le pape est le chef visible ; le péché mortel ne sépare pas les méchants de l'Eglise, tant qu'ils conservent l'habitude de la foi ; c'est, en effet, ce qu'enseigne la doctrine catholique. Mais ce mélange des justes et des pécheurs ne saurait être un obstacle à la sainteté de l'Eglise, puisque celle-ci comptait déjà parmi ses membres, dès son origine, un Judas et de faux frères ; et que si elle ne retranche pas les mauvais de son sein, c'est qu'elle espère toujours les voir se convertir, et qu'elle se dirige par le même esprit que Jésus-Christ son époux, qui ne voulait pas que l'ivraie fût séparée du bon grain avant le temps de la  moisson. Le saint Evangile ne nous représente-t-il pas encore l'Eglise comme l'aire qui contient à la fois la paille et le froment ; comme le filet qu'on jette à la mer, et que l'on retire plein de poissons de toute espèce ; comme le mélange des boucs avec les brebis, du méchant serviteur avec le serviteur fidèle, des vierges prudentes avec les vierges folles ? Il n'y a que quelques péchés énormes, et notamment ceux commis avec opiniâtreté contre la foi, qui puissent la décider à retrancher de sa communion ceux qui ont l'audace de les commettre. Encore ne le fait-elle que pour conserver intact le précieux dépôt de la foi lorsqu'il est menacé, et est-elle toujours prête à réhabiliter et à recevoir à bras ouverts tous ceux qui abjurent leurs erreurs et qui demandent à rentrer dans son sein. La sainteté consistant dans la profession sincère de la foi divine, et dans la pratique soutenue des vertus chrétiennes enseignées dans l'Evangile, dont l'Eglise a été établie seule dépositaire par Jésus-Christ, il s'ensuit qu'il ne peut y avoir de véritables saints que parmi ses enfants. Cette vérité ne renferme pas plus d'intolérance que celle-ci : « L'eau est le seul élément où les poissons puissent vivre et se multiplier ». Ailleurs que dans l'Eglise on peut être un homme de bien, courageux, héroïque même ; on peut posséder des vertus morales et humaines ; mais il n'appartient qu'à l'Eglise de surnaturaliser toutes ces vertus, de leur imprimer un sceau divin, et par conséquent de faire des saints.

 

Élévation sur la sainteté de l'Eglise

 

I. La sainteté, c'est l'ordre ; comme le péché est le désordre. Et c'est parce que vous êtes la sainteté par essence, ô mon Dieu, que toutes nos œuvres portent le cachet d'un ordre admirable et immuable. Cet immense univers qui se déploie sous nos yeux n'en est-il pas une preuve éclatante ? Depuis les jours de la création jusqu'à nous, le soleil et tous les autres corps célestes du firmament, la terre et tout ce qu'elle renferme n'ont-ils pas accompli leurs révolution, n'ont-ils pas rempli les fonctions qui leur avaient été assignées, avec une exactitude mathématique et avec une harmonie parfaite ? Mais cet ordre physique merveilleux, qui règne dans la création, n'est qu'une faible image de celui que vous avez établi dans votre Eglise, qui, étant aussi l'ouvrage de vos mains, devait être marquée au même sceau. Ici, ce n'est plus seulement un mécanisme gigantesque et dont les détails infinis et les lois savantes ont été, depuis près de s mille ans, le désespoir des plus grands génies, qui ont bien découvert quelques-uns de vos secrets, mais qui sont encore bien loin d'en avoir le dernier mot ; il ne s'agit plus de la vie purement organique des végétaux et des animaux, dont la physiologie se rend compte jusqu un certain point, assez pour en admirer la fidèle régularité, mais non pour en comprendre le ressort intime. Toutes ces merveilles ne sont que des accessoires l'usage du monde des esprits voyageurs sur la terre, au milieu desquels l'Eglise vient restaurer et rétablir l'ordre divin et primitif que le péché d'origine avait détruit. L'ordre physique aurait-il seul ses garanti dans les lois constantes de la création? Oh ! Non ! Seigneur, le monde moral est d'une nature bien autrement noble et élevée, pour que vous n'ayez pas pour aux moyens d'y maintenir aussi l'ordre nécessaire à sa vie et sa conservation. Mais l'Eglise, l'instrument surnaturel dont vous avez voulu vous servir pour atteindre ce but si important, ne doit-elle pas posséder elle-même ce principe de vie qu'elle est destinée à communiquer à l'univers entier, c'est-à-dire, l'ordre moral ou la sainteté ?

II. Oui, Seigneur, je le crois fermement, vous êtes la sainteté même, la sainteté par essence. Toutefois, vous n'avez pas voulu que votre sainteté fût une perfection purement spéculative, un trésor enfoui. Vous en êtes la source première ; mais il entrait dans vos ineffables desseins d'en répandre les eaux fécondes dans tous les cœurs, et c'est ce qu'accomplit chaque jour votre Eglise. C'est elle que vous avez établie dépositaire et distributrice de ces célestes richesses. C'est elle qui, puisant à pleines mains dans les eaux divines de la sainteté, nous sanctifie dès que nous faisons notre entrée dans ce monde, en nous donnant la naissance spirituelle. Dès lors, elle devient notre mère et nous entoure de sa plus tendre sollicitude. Elle bégaye avec nous les maximes de l'éternelle sagesse et de la sainteté chrétienne, dont elle seule possède les secrets. Elle nous ouvre ensuite le trésor de ses sacrements, par lesquels nous réparons les brèches faites à notre sanctification, et où nous trouvons les secours nécessaires non-seulement pour en relever les ruines, mais encore pour en faire un édifice indestructible, et capable de résister à toutes les attaques du monde et du démon. C'est elle, enfin, qui fait descendre chaque jour sur ses autels la victime sainte qui ôte les péchés du monde, la victime qui expie nos erreurs, et qui demande sans cesse grâce pour nous, la victime source de toute sainteté ; elle l'offre à nos adorations, elle nous convoque à y participer pour nous inoculer pour ainsi dire ses vertus, et elle la conserve précieusement dans son sanctuaire, comme son plus riche trésor, afin que le Dieu de sainteté soit toujours avec nous.

III. Oh ! Eglise de Jésus-Christ, notre mère bien-aimée, comment ne seriez-vous pas le sanctuaire de la sainteté ? Marie est bénie entre toutes les femmes, elle est la reine de tous les saints, parce que le Sauveur s'est incarné une fois dans ses chastes flancs, qu'elle l'a porté pendant neuf mois dans ses entrailles, qu'elle l'a nourri de son lait et bercé dans ses bras, et qu'elle nous a donné celui qui venait apporter la sainteté ou le salut au monde. Mais vous, ne devez-vous pas aussi à votre tour être à jamais bénie, puisque c'est vous qui répandez sur la terre toutes les bénédictions que le ciel lui envoie ? Vos mains entre lesquelles le Fils de Dieu s'incarne tous les jours tant de fois, depuis plus de dix-huit siècles ; vos mains qui le portent et le donnent aux hommes pour être la nourriture de leur âme, ne sont-elles pas pures et saintes ? Vos lèvres sur lesquelles se trouvent sans cesse la doctrine céleste du salut, des paroles de paix et de réconciliation, et les plus ferventes prières ; vos lèvres ne sont-elles pas saintes aussi ? Et votre cœur de mère tout brûlant de Charité pour vos enfants, votre cœur généreux qui ne compte pour rien les plus pénibles travaux, les sacrifices et les souffrances de toute espèce, le martyre même, s'il le faut, pour sauver les âmes ! Oh ! Oui, je le proclame hautement, et avec un profond sentiment de reconnaissance, votre cœur est le sanctuaire de la sainteté. Mais, vous n'êtes pas seulement notre mère, vous êtes aussi l'épouse de Jésus-Christ ; vos noces spirituelles ont été célébrées sur le Calvaire, lorsque, dans le sommeil de la mort, le nouvel Adam voulut que son Côté sacré fût ouvert, pour que vous fussiez en quelque sorte la chair de sa chair, le sang de son sang, le cœur de son cœur. Votre âme c'est la sienne ; vous ne faites qu'un avec lui. Ah ! Si la sainteté réside quelque part sur la terre, c'est bien dans l'Epouse du Saint des saints que nous devons la retrouver. C'est là, en effet, Seigneur, où vous en avez placé la source divine ; aussi est-ce vers elle que se tourneront toujours mes yeux et mon cœur pour y trouver la main secourable et puissante destinée à soutenir ma faiblesse et à me conduire au séjour bienheureux où vous avez daigné me préparer la récompense que vous réservez à vos saints.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

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24 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Vingt-cinquième jour

Le Sacerdoce et la Hiérarchie de l'Eglise Romaine

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

Lorsque Jésus-Christ en se faisant homme épousa l'humanité malgré l'état de dégradation et d'humiliation où elle se trouvait, son but était de la régénérer, de la réhabiliter et de lui rendre la grandeur et la noblesse qui, dans les plans primitifs de la Providence lors de la création de l'homme, étaient ses caractères naturels. Il n'épargna, pour accomplir cette œuvre gigantesque et divine, ni les travaux, ni les sacrifices ; il y consacra sa vie entière, et mit le dernier sceau à son amour pour les hommes en mourant sur la croix, afin que son sang devînt pour eux une source intarissable de vie. A la société corrompue qu'il voulait restaurer, ou plutôt refondre, il opposa une société nouvelle, la société chrétienne, c'est-à-dire l'Eglise. Déjà il avait confié à celle-ci le dépôt de sa doctrine divine et immuable, comme moyen de régénérer l'humanité et d'y entretenir la vie ; il lui laissa encore, avant de monter au ciel, le sacerdoce et le mariage chrétiens, deux autres sources intarissables aussi de restauration et de perpétuité : méditons d'abord sur le sacerdoce.

I. Il est de foi que, « dans le nouveau Testament, il y a un sacerdoce extérieur et visible », et qu'il y a, dans l'Eglise catholique, « une hiérarchie d'Institution divine, qui se compose d'évêques, de prêtres et de ministres ». (Concile de Trente, sess. XXIII.) Les livres saints font mention des évêques, des prêtres et des diacres. Aussi, les pères, les docteurs et les conciles de l'Eglise latine et de l'Eglise grecque, de l'Orient et de l'Occident, ont constamment reconnu cette hiérarchie comme un dogme catholique, comme une institution de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Le Sauveur a donc établi pour son Eglise un sacerdoce dont il a voulu être le premier prêtre, afin de lui communiquer ses propres pouvoirs et de le rendre, plus vénérable. L'ancien Testament avait bien aussi un sacerdoce, mais il n'était que l'ombre et la figure de celui de la loi nouvelle. Jésus-Christ était homme, comme les prêtres de la tribu de Lévi, parce qu'il fallait être homme pour compatir aux infirmités humaines ; mais en même temps il était Dieu pour sanctifier les hommes. Il n'a pas reçu son sacerdoce par voie de naissance et de succession ; Jésus-Christ n'a succédé à personne : il l'a reçu immédiatement de son Père. Les prêtres de l'ancienne loi offraient premièrement des sacrifices pour eux-mêmes afin de se purifier ; mais il n'en a pas été ainsi de Jésus-Christ ; étant Dieu, impeccable et la sainteté même, il n'avait pas besoin d'expiation pour lui-même ; c'est seulement pour les péchés du peuple qu'il s'est offert ; non pas uniquement pour le peuple juif, comme le faisait l'ancien sacerdoce, mais pour tous les peuples du monde et toutes les générations passées, présentes et futures, jusqu'à la consommation des siècles ; car Jésus-Christ sera prêtre éternellement : « Dieu l'a juré, et il ne rétractera jamais son serment », (Psaume 109). D'ailleurs, comme le dit saint Paul, « par là même que Jésus-Christ existera éternellement, il possède un sacerdoce éternel ». (Hébreux 7, 24.) Or, le Sauveur est prêtre éternellement en deux manières : d'abord, « en se présentant maintenant pour nous dans le ciel devant la face de Dieu » (Hébreux 9, 24), et en lui montrant ses plaies qui plaident sans cesse notre cause ; « c'est pourquoi il peut sauver éternellement ceux qui vont à Dieu par lui, qui est toujours vivant pour prier pour nous » (Hébreux 7, 28). Ainsi, dit le grand apôtre : « Ayant un pontife grand, qui est monté au plus haut des cieux, Jésus, le Fils de Dieu, demeurons fermes dans la foi, approchons donc avec confiance du trône de la grâce, afin d'obtenir miséricorde, et de trouver la grâce pour être secourus dans nos besoins ». (Hébreux 4, 14, 16). Le sauveur est encore prêtre éternellement, parce qu'il s'est donné dans son sacerdoce des successeurs qui sont chargés de continuer jusqu'à la consommation des siècles l'oeuvre de la rédemption, qu'il a commencée en offrant lui-même le sacrifice de la croix, et en fondant son Eglise. Le sacerdoce exercé par le Pape, les évêques et les prêtres, n'est donc autre chose que la continuation de celui même de Jésus-Christ, et est, par conséquent, absolument le même.

II. Le sacerdoce, pour accomplir la mission qui lui était imposée, fut d'abord revêtu, par le divin Fondateur de l'Eglise, de la magistrature destinée au gouvernement de cette nouvelle société. Pierre et ses successeurs furent placés à sa tête, comme chefs spirituels de toute la chrétienté ; et à mesure que l'Evangile étendait ses conquêtes, de nouveaux évêques étaient établis pour administrer les Eglises qui venaient de se former. Vers le quatrième siècle, on commença à investir quelques évêques d'une autorité de juridiction supérieure aux autres ; car, l'épiscopat renfermant en lui la plénitude du sacerdoce, il était impossible au point de vue de l'ordination d'y rien ajouter. On les appela d'abord Evêques du premier siège, puis Métropolitains, plus tard on leur donna aussi le nom d'Archevêques ; ceux-ci avaient ordinairement des suffragants, c'est-à-dire, plusieurs évêques qui relevaient d'eux. Les titulaires des sièges des plus grandes cités devinrent ensuite patriarches, et eurent sous leur juridiction les métropolitains et les évêques. On appela de ce nom les évêques de Rome, de Jérusalem, d'Antioche, d'Alexandrie, et plus tard de Constantinople. Chaque nation avait ainsi son patriarche. Celui des Latins était à Rome, et celui-ci, sous le nom de pape par excellence, était regardé comme patriarche universel. Celui des Juifs convertis résidait à Jérusalem, celui des Syriens à  Antioche, celui des Egyptiens à Alexandrie, et enfin celui des Grecs à Constantinople. Le dernier degré du sacerdoce, celui qui renferme le plus grand nombre de ceux qui travaillent au salut des âmes, est celui des simples prêtres. Ils reçoivent leur juridiction de l'évêque dans le diocèse duquel ils exercent leur ministère ; ils sont placés comme curés pour gouverner les paroisses qui composent les diocèses, ou comme vicaires pour assister les curés dans l'exercice de leurs fonctions. D'autres s'adonnent plus spécialement à la prédication, et vont porter la parole divine en divers lieux, soit pour soulager les pasteurs des âmes, auxquels les occupations paroissiales si multipliées ne laissent que peu de temps pour se préparer à annoncer la parole sainte ; soit pour réveiller la foi et la ferveur par une série d'instructions : ce sont les missionnaires. Enfin, avant d'arriver à la prêtrise, le lévite est d'abord séparé du commun des fidèles par la cérémonie de la tonsure, qui le met au nombre des clercs ; puis, il passe successivement par les quatre ordres mineurs, qui correspondent à autant de fonctions diverses. Ces quatre ordres mineurs sont : les portiers, qui, dans les premiers siècles de l'Eglise, avaient pour fonctions d'ouvrir et de fermer les portes du lieu saint et d'avoir sous leur garde les vases et les ornements sacrés ; les lecteurs, qui faisaient la lecture des livres saints dans l'assemblée des fidèles ; les exorcistes, dont le ministère consistait à chasser les démons des corps de ceux qui en étaient possédés ; puis, les acolytes : ceux-ci portaient des chandeliers surmontés de flambeaux, se tenaient de chaque côté du livre des Evangiles pendant qu'on en faisait la lecture solennelle, et apportaient au sous-diacre le pain et le vin pour le sacrifice. Après avoir reçu successivement les quatre ordres mineurs, celui qui aspire au sacerdoce doit être ordonné sous-diacre, d'abord; puis, diacre. Dans l'Eglise latine ces deux ordres sont regardés comme majeurs et sacrés. Les fonctions du sous-diacre sont de préparer le pain et le vin pour la messe, de chanter l'épître et de servir le diacre au saint sacrifice. Son ordination lui donne le pouvoir de verser l'eau dans le calice, après que le diacre y a versé le vin. Il est spécialement chargé de la propreté des vases sacrés et de tout le linge de l'autel. En outre, les sous-diacres sont astreints à la loi du célibat et àla récitation de l'office divin. Quoique tous ces ordres remontent à la plus haute antiquité, puisque saint Ignace, martyr, qui avait été disciple de saint Jean l'Evangéliste, les nomme tous dans une lettre qu'il écrivait aux habitants d'Antioche, néanmoins ils ne sont pas d'institution divine comme le diaconat, la prêtrise et l'épiscopat, dont ils sont pour ainsi dire le noviciat. Le diaconat est donc un ordre sacré supérieur au sous-diaconat et inférieur à la prêtrise. Le diacre chante l'Evangile dans les messes Solennelles, verse le vin dans le calice et présente immédiatement au prêtre le pain et le vin qui doivent être consacrés ; il reçoit encore, en vertu de son ordre, le pouvoir de porter la sainte Eucharistie et de la distribuer aux fidèles. Pour avoir une idée générale de l'organisation et de la hiérarchie de l'Eglise, il ne nous reste qu'un mot à dire du cardinalat. Cette dignité, créée par la discipline ecclésiastique, est la plus éminente après la papauté. « Les cardinaux, dit Barbosa, sont les conseillers, les fils du pape, les lumières de l'Eglise ; des lampes ardentes, les pères spirituels, les colonnes de l'Eglise, ses représentants ». Mais la plus auguste de leurs prérogatives est bien, sans contredit, celle qui leur confère le droit de nommer le pape et de présider au gouvernement de l'Eglise, lorsque le siège est vacant.

III. Avec le gouvernement de la société chrétienne, Jésus-Christ confia encore au sacerdoce le dépôt de la législation et de la doctrine évangéliques, et les moyens nécessaires pour assurer l'accomplissement des devoirs qu'elles imposent. Aussi, le souverain Pontife et l'Episcopat tout entier, qui seuls possèdent le sacerdoce dans toute sa plénitude, ont-ils toujours été regardés dans l'Eglise comme les seuls dépositaires et les seuls gardiens de la Loi de Dieu et des vérités de la Foi. Les simples prêtres ne peuvent eux-mêmes exercer validement et légitimement leur ministère, qu'à la condition, non-seulement d'avoir été régulièrement ordonnés par les évêques qui sont en communion avec le Saint-Siège, mais encore, d'avoir reçu leur mission de l'autorité épiscopale ou papale. Il faut qu'il leur ait été dit par les successeurs des apôtres : « Allez, enseignez toutes les nattons »... Avec quelle intégrité et quel courage le corps enseignant de n'a-t-il pas toujours conservé dans toute sa pureté le précieux dépôt de la doctrine chrétienne ? Que de martyrs l'ont scellé de leur sang ! Fidèle à la voix du divin Maître, le Saint-Siège fait annoncer par tout l'Evangile avec un zèle incomparable, et il envoie des hommes apostoliques pour le répandre même dans les contrées les plus lointaines. Mais ce n'était pas assez de faire connaître aux hommes la vérité et les loi d'après lesquelles ils devaient régler leur conduite ; il fallait aussi leur fournir des moyens assez puissants pour contrebalancer et pour vaincre leur penchants au mal, afin de pouvoir suivre les lumières qui brillaient à leurs yeux. Jésus-Christ y a pourvu en établissant les sacrements ; et c'est encore le sacerdoce qu'il a chargé de les administrer, lorsqu'il dit aux apôtres : Allez, enseignez toutes les nations et baptisez-les... Tous les péchés que vous remettrez seront remis »... C'est ainsi que le sacerdoce devient pour la société chrétienne, c'est-à-dire pour l'Eglise, une source intarissable de régénération, de perpétuité et de vie : le sacerdoce de l'Eglise, étant le même que celui de Jésus-Christ, est éternel. Aussi, le Sauveur n'a-t-il pas voulu qu'il n'appartînt, comme sous l'ancienne loi, qu'à une seule famille ou à une seule tribu qui aurait pu s'éteindre dans la suite des siècles ; il n'a pas voulu qu'il fût héréditaire. Il choisit et appelle lui-même à cet éminent ministère ceux qu'il veut et c'est par l'invocation du Saint-Esprit et par l'imposition des mains que, depuis les apôtres jusqu'à la consommation des siècles, le sacerdoce saura se multiplier, se perpétuer, et rester au sein de l'Eglise pour en être l'âme jusqu'à la fin des temps.

 

Élévation sur le Sacerdoce et la Hiérarchie de l'Eglise Romaine

 

I. Je vous adore, ô mon Sauveur, comme le grand-prêtre de la loi nouvelle ; comme le Souverain Prêtre, la source première du sacerdoce et de tous les pouvoirs divins qu'il possède. Vous n'êtes venu sur la terre, vous ne vous êtes fait homme, que dans le but d'accomplir l'oeuvre de la rédemption. Mais, pour l'opérer, il fallait d'une part réconcilier Dieu avec l'humanité, et de l'autre fournir à la faiblesse humaine des moyens efficaces d'éviter le péché et de ne plus mériter la colère divine. Il fallait, en un mot, que vous fussiez prêtre, puisqu'il n'appartient qu'au sacerdoce, et c'est sa fonction essentielle, d'être le médiateur entre Dieu et les hommes, afin de renouer entre eux les liens primitifs qui les unissaient, et que le péché a rompus ; c'est ce qu'annonçait le roi-prophète, lorsque, entrevoyant le Messie dans un avenir lointain, il s'écriait : « Vous êtes revêtu d'un sacerdoce éternel, selon l'ordre de Melchisédech, (Psaume 109, 4). Aussi, Seigneur, votre vie tout entière a-t-elle été un sacrifice continuel, dont vous étiez tout à la fois le prêtre et la victime ; et depuis que vous avez quitté la terre, vous continuez aux cieux vos fonctions sacerdotales, en vous offrant sans cesse à votre Père pour les hommes comme une victime éternelle de propitiation et de salut. Toujours en union avec le sacerdoce que vous avez confié à vos apôtres et à leurs successeurs, vous lui inspirez le zèle de la gloire de Dieu et du salut des âmes, vous lui donnez le courage et l'héroïsme du sacrifice et de la charité, vous lui communiquez votre divin esprit ; du haut de votre gloire vous ratifiez ses sentences, vous pardonnez ceux qu'il absout, et lorsqu'il vous adjure, selon le commandement que vous lui en avez fait vous-même, de descendre sur les autels qu'il a élevés en votre honneur, vous obéissez avec une docilité incomparable à la faible voix qui vous appelle. Vous voulez que vos prêtres soient tenus pour d'autres vous-même, et que leur parole soit recueillie avec le même respect que la vôtre : « Celui qui vous écoute m'écoute, celui qui vous méprise me méprise ». (Luc 10, 16). Et déjà vous disiez par votre prophète : « Ceux qui touchent à vous, touchent à  la prunelle même de mon œil ». (Zacharie 2, 8). Quelle miséricorde de votre part, ô mon divin Sauveur, d'avoir revêtu d'une aussi sublime dignité des êtres aussi fragiles que les hommes, afin de nous rendre le salut plus facile ! Vous vous incarnez pour ainsi dire de nouveau dans tous les prêtres, puisque c'est votre sacerdoce qu'ils remplissent. Je les entourerai donc désormais de la plus profonde vénération ; et si j'apercevais en eux quelque chose qui pût révéler la faiblesse de l'humanité, j'imiterais ce grand monarque qui disait que s'il voyait un prêtre coupable de péché, il le couvrirait de son manteau impérial, pour soustraire aux yeux des peuples ces misères et ces faiblesses inséparables de la fragilité qui est le triste partage de enfants d'Adam.

II. Lorsque je considère. Seigneur, l'ordre admirable que vous avez établi dans le gouvernement de votre Eglise ; cette hiérarchie sacrée qui, depuis plus de dix-huit siècles, est restée immuable avec tous ses degrés ; lorsque je vois l'humble docilité de tous ceux qui en occupent les rangs divers, et que je viens à comparer la constitution de cet empire des âmes, qui s'étend à l'univers entier, avec celle des royaumes de la terre, qui pendant le même temps ont subi de si nombreuses transformations, au milieu des troubles, des agitations politiques et trop souvent des guerres civiles les plus sanglantes ; je ne puis m'empêcher de reconnaître que votre sagesse et votre esprit président à ce gouvernement divin, et que vous accomplissez fidèlement la promesse que vous avez faite à votre Eglise d'être tous les jours avec elle jusqu'à la consommation des siècles. Les hommes appellent à leur aide la surveillance d'une police ombrageuse, les tribunaux, la force brutale, les châtiments les plus rigoureux : dans votre Eglise, le zèle, la charité, la conscience et l'influence morale font tous les frais nécessaires au maintien de l'ordre et de la discipline. Ce n'est pas pourtant que la société chrétienne ait toujours vécu dans une paix profonde ; les attaques et les orages ne lui ont pas manqué, souvent même de faux frères ont voulu déchirer son sein, et se sont efforcés de répandre l'ivraie de l'erreur au milieu du bon grain de la vérité ; mais vous, ô divin Maître, vous avez commandé aux vents et aux tempêtes, et aussitôt tous les ennemis de votre Eglise se sont dissipés comme une poignée de poussière, et le calme le plus parfait s'est rétabli. Oh ! Que votre gouvernement est tout à la fois doux et puissant ! Son chef sur la terre n'est qu'un pauvre vieillard faible et désarmé ; ses ministres ne portent pas l'épée ; et cependant, ses plus redoutables adversaires tremblent devant lui, et vont se briser à ses pieds ; jamais autorité ne fut plus profondément respectée. Ah ! Seigneur, c'est que vous lui avez révélé le secret de cette divine administration ; vous lui avez dit : « Aimez, paissez mes agneaux, paissez mes brebis ».

III. Que de merveilles et de prodiges, ô mon Sauveur, dans le gouvernement de votre Eglise ! Pour perpétuer votre sacerdoce sur la terre, vous n'avez accordé de préférence à aucune famille, à aucune condition, il n'y a pas de classe privilégiée, vous vous adressez à tous les hommes : grands ou petits, pauvres ou riches, simples ou doués d'une haute capacité ; que vous importe, puisque c'est vous qui leur donnez la science des saints et les pouvoirs sublimes dont l'efficacité fait seule tout le succès de leur ministère ? Vous vous contentez de faire un appel aux hommes de cœur et de bonne volonté. Et que leur promettez-vous en récompense de leur dévouement ? Des travaux multipliés, des souffrances et des sacrifices de toutes sortes, des mépris, des affronts, etc., en un mot, d'être traités comme vous l'avez été vous-même ; et néanmoins depuis dix-huit siècles les ouvriers apostoliques ont-ils jamais manqué ? vous avez revêtu du caractère le plus éminent, des fonctions les plus délicates et les plus difficiles, des hommes faibles et soumis comme les autres à toutes les misères de l'humanité ; et depuis dix-huit cents ans ils ont pu diriger avec un succès sans exemple la société chrétienne répandue sur toute la terre, et sauver votre Eglise des naufrages sans nombre dont elle ne cesse d'être menacée ! Quels moyens leur avez-vous donc donnés pour dompter la férocité des peuples barbares, pour subjuguer les esprits prévenus ou rebelles, pour triompher de la tyrannie et de la force brutale ? Ils n'ont reçu de vous aucun des moyens humains employés par les conquérants, par les princes de la terre, par les législateurs ou les modérateurs des peuples. La prière, l'influence de la parole divine qu'ils font entendre, le pouvoir de réconcilier les pécheurs avec Dieu, celui de faire descendre la victime sainte sur les autels et de la distribuer en nourriture aux âmes fidèles, telles sont les seules armes dont vous leur ayez accordé l'usage. Comment avec des ressources si faibles aux yeux du monde ont-ils pu remporter tant de victoires, triompher de tous les efforts des puissants du siècle ligués contre votre Eglise ? Ah ! Seigneur, vous l'avez dit : « Voilà que je suis avec vous jusqu'à la consommation des temps » ; et qui pourrait vous résister ? Qui pourrait abattre ce que vous soutenez ?

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

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20 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Vingt-et-unième jour

L'unité de l'Eglise

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

 

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

I. L'Eglise étant destinée à être la gardienne de la doctrine que Dieu a donnée à la terre par le ministère de Jésus-Christ, et l'Eglise ayant reçu la mission de faire connaître et de faire observer cette doctrine dans l'univers entier ; cette Eglise devait être une comme la vérité qu'elle enseigne, et comme le Dieu qui l'a chargée de remplir ces sublimes fonctions. Les hommes ne peuvent donc pas, en sûreté de conscience, s'attacher suivant leur caprice à n'importe quelle Eglise ; mais ils sont tenus, sous peine de se perdre pour l'éternité, d'entrer dans l'Eglise que Jésus-Christ a établie, et Jésus-Christ n'en a établi qu'une seule, l'Eglise Catholique et Apostolique ; à elle seule il a communiqué ses pouvoirs, et donné la mission de continuer son œuvre de la Rédemption des hommes jusqu'à la consommation des siècles. Notre Seigneur, en effet, n'a-t-il pas dit : « J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie : il faut que je les y amène, elles entendront ma voix, et il n'y aura qu'un troupeau et qu'un pasteur » (Saint Jean 10, 16) ? Et dans la prière qu'il adresse à Dieu son Père, il dit : « Père Saint, conservez en votre nom ceux que vous m'avez donnés, afin qu'ils ne fassent qu'un, comme vous et moi nous ne faisons qu'un. Ce n'est pas seulement pour eux que je prie, mais encore pour tous ceux qui croiront en moi, afin que tous ensemble ne soient qu'un : comme vous, mon Père, vous êtes en moi et moi en vous, qu'ils soient de même un en nous, afin que le monde croie que vous m'avez envoyé. Aussi, leur ai-je donné la gloire que vous m'avez donnée, afin qu'ils ne soient qu'un, comme vous et moi nous ne sommes qu'une même chose ». Saint Jean 11, 20-22.) L'apôtre Saint Paul écrivant aux Eph2siens dit encore : « Ayez soin de conserver l'unité d'un même esprit par le lien de la paix ; puisque vous n'êtes qu'un seul corps et qu'un esprit, ayant tous été appelés à la même espérance. Il n'y a qu'un Seigneur, qu'une foi, qu'un baptême ; il n'y a qu'un Dieu, père de tous ». (Ephésiens 4, 3-6).

II. Mais cette unité de l'Eglise, contrairement à celle que les Protestants admettent en principe, renferme nécessairement l'unité de doctrine et l'unité de communion, de ministère ou de gouvernement. L'unité de doctrine, d'après les Protestants, consiste dans la croyance de quelques articles fondamentaux seulement ; et ils prétendent qu'on peut se sauver dans toutes les communions qui ont conservé ces articles : ils rejettent par conséquent l'unité du ministère ou du gouvernement. L'unité de doctrine, dans le sens orthodoxe, consiste dans la croyance, au moins implicite, de toutes les vérités révélées et reçues comme telles dans l'Eglise Catholique. Il n'y a pas de distinction possible à établir entre des articles fondamentaux et d'autres qui ne le seraient pas. Jésus-Christ, en effet, donnant aux apôtres leur mission, ne leur dit pas : « Enseignez aux hommes tels ou tels dogmes indispensables au salut, désignez-leur les articles fondamentaux pour qu'ils puissent les discerner d'avec les autres ». Il veut que les apôtres « annoncent et fassent observer tout ce ce qu'il leur a commandé ». (Saint Matthieu 28, 19, 20). Il leur dit encore : « Prêchez l'Evangile à toute créature ; celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné ». (Saint Marc 16, 15, 16). Il est donc de toute nécessité de croire, non à une partie de l'Evangile, mais à l'Evangile tout entier ; à la doctrine de Jésus-Christ telle qu'elle a été transmise par les apôtres, telle qu'elle nous est enseignée par les évêques leurs successeurs. Enfin, il promet à l'Eglise enseignante son assistance jusqu'à la consommation des siècles sans distinction d'articles ; et il n'admet aucune exception lorsqu'il dit : « Si quelqu'un n'écoute pas l'Eglise, tenez-le pour un païen et un publicain ». (Saint Matthieu 28, 17). Puis, c'est Saint Paul qui atteste qu'il ne peut exister plusieurs doctrines qui puissent conduire au salut : « Quand nous vous annoncerions nous-mêmes, dit-il aux Galates, ou lorsqu'un ange descendu du Ciel vous annoncerait un Evangile différent de celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème ». (Galates 1, 9.) Saint Paul ne fait pas plus que Jésus-Christ de distinction entre ce qui est fondamental et ce qui ne l'est pas. Or, serait-il vrai que les hérétiques de tous les temps, et, en particulier, que les sectes sans nombre de la Réforme, toutes opposées les unes aux autres, professassent la doctrine de l'Evangile, telle qu'elle nous a été transmise par les apôtres ? évidemment non : ils ne sont donc pas dans l'unité, ils en sont sortis, et encourent par là même l'anathème de l'apôtre. Terminons par ce passage du disciple bien-aimé, de l'apôtre de la Charité, de saint Jean, en un mot, qui ne laissait pas néanmoins de dire : « Quiconque ne demeure point dans la doctrine de Jésus-Christ, mais qui s'en éloigne, ne possède point Dieu ; et quiconque demeure dans la doctrine de Jésus-Christ possède le Père et le Fils. Si quelqu'un vient à vous et n'a pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, et ne le saluez point, car celui qui le salue participe à ses œuvres perverses ». (2 Jean, 9, 10-11.) Or, qu'est-ce que la doctrine de Jésus-Christ, si ce n'est l'Evangile tout entier, sans y rien retrancher ? Aussi, est-ce cette doctrine que l'Eglise a reçue des apôtres et qu'elle n'a cessé d'enseigner, et c'est pour cela qu'elle est complètement une dans sa doctrine, mais d'une manière bien différente et plus parfaite que ne le sont les protestants.

III. L'unité de la communion, du ministère ou du gouvernement, est le second caractère indispensable de l'unité de l'Eglise. Il consiste dans la soumission aux pasteurs légitimement institués, et principalement au pape, chef visible de l'Eglise. On est hérétique lorsqu'on rejette sciemment une vérité que l'Eglise enseigne comme révélée ; on est schismatique lorsqu'on s'élève contre l'autorité suprême du souverain Pontife, et qu'on rompt l'unité du ministère en se séparant de la communion des pasteurs légitimes l'un et l'autre sont rebelles à l'Eglise et encourent cet anathème prononcé par Jésus-Christ : « Celui qui n'écoute pas l'Eglise doit être traité comme un païen et un publicain ». (Saint Matthieu 10, 17.) L'unité de communion, de ministère ou de gouvernement, est une conséquence nécessaire de l'unité de doctrine Aujourd'hui, plus que jamais, les gouvernements sentent la nécessité de la centralisation, pour qu'il y ai unité d'action et de direction dans leurs affaires comment donc l'Eglise pourrait-elle parvenir à maintenir l'unité de doctrine et l'unité des moyens nécessaires pour la faire observer dans le monde entier, si elle ne possédait l'unité d'action et de direction, c'est-à-dire l'unité de communion, de ministère ou de gouvernement ? Cette unité est la force de l'Eglise ; c'est pour cela que, de tout temps, ceux qui ont été ou qui sont encore les ennemis de la société chrétienne établie par Jésus-Christ, se sont efforcés d'attaquer ce privilège divin qui n'a été accordé qu'à elle seule, et qu'elle n'a jamais cessé de posséder seule aussi depuis dix-huit cents ans. Dès les temps apostoliques l'erreur cherchait à se mêler à la doctrine pure et céleste de l'Evangile, et Saint Paul en avertissant les fidèles des dangers qui les menaçaient, leur signale l'unité des efforts du ministère sacré de l'Eglise, comme le seul moyen de conserver l'unité de la foi. « Dieu, dit-il, a donné à son Eglise quelques-uns pour être apôtres, d'autres pour être prophètes, et d'autres pour être évangélistes, d'autres pour être pasteurs et docteurs, afin qu'ils travaillent à la perfection des saints, qu'ils s'appliquent aux fonctions de leur ministère, et qu'ils édifient le corps de Jésus-Christ, jusqu'à ce que nous parvenions tous à l'unité d'une même Foi et d'une même connaissance du Fils de Dieu... afin que nous ne soyons pas des enfants flottants, et que nous ne nous laissions pas emporter çà  et là  à  tout vent de doctrine, par la malice des hommes, et par leur astuce à nous circonvenir dans l'erreur ». (Ephésiens 4, 11 et ss) Mais comment ce ministère apostolique et pastoral, établi dans l'Eglise de Jésus-Christ pour maintenir l'unité de la Foi, pourrait-il atteindre ce but, s'il ne possédait pas lui-même cette unité, et s'il était permis à chacun de s'ingérer de soi-même, sans mission, dans le gouvernement de l'Eglise ? Quelle garantie resterait-il à l'unité de la foi contre l'erreur, si on pouvait élever autel contre autel, et se séparer des pasteurs, dont le ministère remonte par une succession non interrompue jusqu'aux apôtres ? Saint Paul va jusqu'à mettre les divisions, les schismes, sur le même rang que les œuvres de la chair, qui excluent du royaume des cieux. (Cf. Galates 5, 19 et ss). L'esprit des apôtres est passé à leurs successeurs ; et de tout temps les évêques, les pères et les docteurs ont insisté sur la nécessité absolue d'être soumis aux pasteurs légitimes, excluant du salut éternel ceux qui se séparent de la communion de l'Eglise. L'Eglise catholique et apostolique, fondée par Jésus-Christ, possède donc seule l'unité de doctrine et de ministère ; aussi, est-ce à elle seule que Jésus-Christ a dit : « Voilà que je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles ».

 

Élévation sur l'unité de l'Eglise

 

I. Que seraient devenus les hommes, ô divin Maître, si vous les aviez abandonnés à leur faible raison, à leur jugement personnel, au milieu des erreurs sans nombre qui surgissent de toute part ? Vous qui veniez sur la terre pour réparer les suites funestes du péché de notre premier père, ne deviez-vous pas dissiper les ténèbres de l'ignorance, au moins en ce qui regarde notre fin dernière ou notre salut éternel ? Et n'est-ce pas pour cela que vous vous êtes annoncé comme étant la lumière véritable destinée à éclairer tout homme qui vient en ce monde ? C'est ce que vous avez fait, ô mon Sauveur, pendant tout le temps de vos prédications. Mais, pour que la vérité ne fît jamais naufrage, après votre retour dans la gloire de votre Père, vous avez fondé un corps enseignant auquel seul vous avez confié le dépôt de votre doctrine, et vous lui avez accordé le privilège divin de l'infaillibilité, pour qu'il jugeât en dernier ressort du sens véritable de vos oracles. Vous avez établi l'Eglise, et vous l'avez chargée de cette sublime mission. Or, si l'Eglise a été fidèle à ce divin mandat, elle a dû conserver scrupuleusement la doctrine sacrée qu'elle a reçue de votre bouche, et la répandre au loin dans toute sa pureté, et telle que vous la lui avez enseignée. C'est, en effet, ce qu'elle a heureusement accompli ; et c'est pour cela que son enseignement, ayant toujours été le même dans tous les siècles, est marqué au sceau de l'unité. Grâces vous soient rendues, ô mon Dieu, de ce que vous avez daigné donner au monde un sanctuaire où la vérité fut toujours à l'abri de tous les vents de l'erreur, un organe immortel de la science divine du salut, qui, malgré la diversité des langues, et les modifications incessantes qui se succèdent dans le langage d'une même nation, ne permet pas que la saine doctrine subisse aucune altération. Je comprends maintenant pourquoi la sainte Eglise, qui veille avec tant de sollicitude sur la conservation parfaite du précieux dépôt de la foi, a voulu adopter, pour exprimer sa pensée et ses jugements en cette matière délicate, une langue presque immuable parce qu'elle n'est plus d'un usage populaire, et que les règles en sont irrévocablement fixées. Oui, c'est ainsi que le latin est devenu la langue universelle et presque unique de l'Eglise : l'unité de langue devenait encore une garantie nouvelle de l'unité de la doctrine qu'elle devait enseigner.

II. Plus on médite votre sainte parole. Seigneur, et plus notre intelligence s'illumine de vos divines clartés ! Puisque votre parole est immuable, puisque le ciel et la terre passeront, mais qu'elle ne passera pas, elle est donc aujourd'hui ce qu'elle a été dans tous les temps, depuis que vous avez bien voulu l'apporter au monde et la lui faire entendre. Mais, comme c'est cette parole céleste qui a établi l'auguste ministère qu'exerce la sainte Eglise, il s'ensuit nécessairement que ce ministère divin n'a jamais pu être fondé sur d'autres bases que sur celles que vous aviez vous-même posées, ni s'écarter des principes que vous lui aviez donnés ; s'il n'en était ainsi, votre doctrine, qui est parvenue intacte jusqu'à nous, en serait l'éclatante condamnation. Et pourtant, qui est-ce qui nous a conservé cette doctrine sans tache, sans l'ombre d'altération ? Qui est-ce qui nous l'enseigne ? N'est-ce pas le ministère sacré de la sainte Eglise ? Une dans sa doctrine, elle est donc une aussi dans son ministère : quoi de plus rationnel, de plus logique ? Aussi, quelle facilité pour l'enseignement de ce qu'il importe nécessairement à l'homme de connaître pour être sauvé ! De père en fils les mêmes vérités se transmettent aisément aux esprits les moins favorisés de la nature ; le même ministère s'exerce en tout temps, en suivant les mêmes principes et les mêmes usages : comment ses actes ne se graveraient-ils pas dans les intelligences les plus grossières ! Les âmes élevées n'y trouvent pas moins pour cela le plus vaste champ qui fut et qui sera jamais, à leurs profondes et sublimes méditations. Tous les cœurs sont consolés et nourris abondamment dans tous les temps et dans tous les lieux par cet unique aliment des vérités saintes, qui leur est distribué par cet unique ministère qui est comme Dieu, dont il est le digne instrument, toujours ancien et toujours nouveau. C'est la manne du désert toujours tombant des cieux, et qui sous une forme unique satisfaisait tous les goûts et pourvoyait largement à tous les besoins. Hélas ! Ô mon Dieu ! aujourd'hui comme au temps du peuple de Dieu, il y a des hommes sensuels et inconstants qui sous prétexte de progrès, voudraient du nouveau, et qui murmurent contre vous, en se plaignant de la monotonie de la nourriture céleste que vous leur envoyez ; ils voudraient, non plus un aliment surnaturel pour leur âme, ils le trouvent trop léger, mais quelque chose de matériel qui pût satisfaire leurs sens affamés, comme aux siècles du paganisme et de la barbarie : c'est ainsi qu'ils entendent le progrès.

III. L'unité, Seigneur, vient de vous qui êtes essentiellement un, et c'est pour cela que l'on ne peut rien imaginer de plus parfait. Aussi, se trouve-t-elle dans la nature même de l'homme, comme une loi primitive et générale, à laquelle chacun se sent pressé d'obéir, croyant trouver la félicité dans son accomplissement. Si nous nous contemplons nous-mêmes, nous voyons tous nos organes contribuant à un but unique, la conservation de la vie. Nous retrouvons bien dans notre être une double substance, l'une matérielle qui est le corps, l'autre spirituelle qui est l'âme, dont l'union intime est l'un des plus profonds mystères ; mais, toujours en vertu de la loi de l'unité l'une commande à l'autre, et l'âme dirige les efforts de toutes ses facultés et de celles du corps, dont elle est la reine, vers un seul but : le bonheur. C'est encore la puissance reconnue de cette loi qui a porté les hommes à s'associer, soit pour s'entre aider et faciliter leurs moyens d'existence, soit pour accomplir des œuvres qu'ils n'auraient jamais pu exécuter tout seuls. De là cet adage : « L'union (ou l'unité) fait la force ». Pourquoi, dans tous nos gouvernements, la centralisation joue-t-elle un si grand rôle ? Pourquoi les conquêtes, les annexions qui font de plusieurs Etats un seul empire ? Sans doute l'ambition y a sa part, mais la tendance invincible à l'unité y a bien aussi la sienne. Aussi tous les grands génies ont-il rêvé de réunir tous les peuples sous un seul sceptre. Mais, ô mon Dieu, vous ne le permettrez jamais ; il n'appartient qu'à vous d'être le Roi de toutes les nations de la terre et de régner sur tous les cœurs : faut-il donc s'étonner que vous ayez donné à votre Eglise, chargée de vous représenter et d'agir ici-bas en votre nom, l'empire de l'univers entier : « Allez, enseignez toutes les nations » ; et comme cet empire doit durer jusqu'à la consommation des siècles, est-il surprenant que vous ayez armé cette Eglise du pouvoir irrésistible de l'unité ? Pouvoir tout à la fois invincible et plein d'une ineffable douceur, qui fait de tous les fidèles répandus sur la terre une seule et unique famille, un seul et même esprit, un seul et même cœur. Soyez à jamais béni. Seigneur, d'avoir ainsi pourvu votre Eglise de cette unité sainte réunit la charité et la force : une force supérieure lie de tous les hommes et même à celle de l'enfer, qui est par conséquent de nature à mettre la sécurité dans toutes les âmes qui se réfugient dans le sein votre Epouse bien-aimée ; une Charité toute céleste est elle-même le lien indissoluble de l'unité, et répand dans les cœurs de tous vos enfants les effusions délicieuses de votre divin amour.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

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18 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Dix-neuvième jour

La Catholicité de l'Eglise

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

I. L'Eglise est catholique ou universelle sous tous les points de vue. L'universalité est une conséquence nécessaire de sa nature même. L'Eglise, en effet, n'est autre chose que le gouvernement visible établi sur la terre par Dieu lui-même pour conduire les hommes à leur fin dernière, c'est-à-dire, pour leur apprendre à connaître, à aimer et à servir l'Etre suprême, leur Créateur, leur souverain Seigneur, et mériter par ce moyen les récompenses de la vie future et éternelle. Or, comme tous les hommes, sans exception, sont destinés à cette fin, et n'ont été créés que pour y parvenir, il en résulte que l'action de l'Eglise, ou du gouvernement visible de Dieu ici-bas, doit s'exercer sur tous les individus comme sur tous les peuples : l'Eglise doit donc être universelle ou catholique. On le voit, ce caractère est essentiel et inhérent à sa mission ; c'est pour cela que Jésus-Christ dit à ses apôtres : « Allez, enseignez toutes les nations, et baptisez-les au Nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à pratiquer tout ce que je vous ai enseigné », (Matthieu 28, 19, 20). Dieu, notre souverain Maître, a le droit incontestable de dicter des lois à tous les hommes et à tous les peuples, et d'exercer sur eux une action universelle et sans limites ; l'Eglise, qui est son pouvoir exécutif, est donc revêtue de la même prérogative ; et c'est pour cela, qu'ayant le droit et même le devoir de se mêler à tous les actes humains, pour les soumettre à sa salutaire influence, comme nous le disions dans la cinquième méditation, elle est nécessairement catholique ou universelle. Les hommes, sans doute, peuvent résister à cette influence ; ils peuvent même secouer entièrement le joug que l'Eglise leur impose, et se révolter ouvertement contre elle, mais ils ne pourront jamais la dépouiller des droits qu'une autorité inattaquable, celle de Dieu-même, lui a conférés.

II. Aussi, comme l'action que Dieu a voulu exercer sur les hommes par son Eglise a commencé à se produire dès l'origine des temps, qu'elle s'est perpétuée sans interruption jusqu'à nous, d'abord par les patriarches, puis par Moïse, par les rois, par les juges, par les prophètes et par la hiérarchie établie définitivement sous la loi Evangélique ; et qu'elle continuera à s'exercer ainsi, malgré tous les efforts de l'impiété, jusqu'à la consommation des siècles, la catholicité de l'Eglise s'étend à tous les temps. L'Eglise est encore catholique en ce sens qu'elle enseigne toutes les vérités que Jésus-Christ lui-même a enseignées par ses apôtres, et qu'aucune de ces vérités n'a cessé d'être comptée au nombre de ses dogmes, depuis qu'elle en a reçu le dépôt ; parce que les hommes sont et seront toujours ce qu'ils ont été, c'est-à-dire, aussi sujets à l'erreur en ce qui regarde leurs intérêts éternels, aussi portés au mal et aussi faibles dans l'accomplissement de leurs devoirs ; et que, par conséquent, toujours il sera nécessaire de faire briller à leurs yeux la même lumière divine par laquelle le Seigneur daigne éclairer leurs pas dans la voie du salut. Enfin, l'Eglise est catholique quant aux lieux, en ce qu'elle est répandue simultanément, en vertu de la nature même de son institution, dans la plus grande partie des régions connues; en ce qu'elle est constamment plus répandue que chacune des sociétés séparées de sa communion. Jamais aucune secte n'a été et ne sera, nous ne disons pas plus nombreuse, mais aussi nombreuse que l'Eglise de Jésus-Christ ; les prophètes, le Sauveur du monde, les apôtres, les pères et les docteurs de tous les temps, s'accordent à nous représenter l'Eglise comme devant être constamment universelle sans cesser d'être une ; à  la différence des Protestants, qui, par Eglise catholique, entendent la réunion de toutes les sociétés chrétiennes qui admettent les articles fondamentaux réduits à leur plus simple expression, et qui diffèrent néanmoins entre elles sous une multitude de points de vue de la plus haute importance. Comment peut-on, d'ailleurs, appeler Eglise l'amas de plusieurs sectes, qui, loin d'avoir entre elles aucune union, se regardent les unes comme hérétiques, les autres comme idolâtres, et qui se disent toutes mutuellement anathème ?

III. L'universalité de l'Eglise quant aux lieux, c'est-à-dire son expansion simultanée dans la plus grande partie de l'univers connu, est une conséquence naturelle de son institution. Destinée à éclairer et à régir tous les peuples de la terre et toutes les générations qui se succèdent, elle devait, pour pouvoir atteindre ce but, trouver dans l'homme des dispositions naturelles qui fussent en harmonie avec l'organisation et la mission célestes qu'elle avait reçues de son Divin Fondateur. Le Sauveur, en effet, n'ayant fait son Eglise que pour le service de l'humanité et afin de la conduire au salut, a calqué en quelque sorte la nature même de sa hiérarchie et l'économie de ses fonctions, sur celle de la famille humaine. Lui-même a voulu être le père de la famille chrétienne, l'Eglise ou ses ministres en sont la mère, tous les fidèles sont des frères. Comme père, il impose des lois à ses enfants, la mère est chargée de les promulguer et de veiller à ce qu'elles soient fidèlement observées. Elle exhorte les fils rebelles au respect et à la soumission ; sans cesse elle remplit les fonctions de médiatrice entre les enfants ingrats et le père justement irrité. Elle plaide la cause des premiers, elle apaise par ses ferventes prières la sévérité de son Epoux, elle réconcilie et bénit. Elle s'efforce d'entretenir la plus tendre affection entre tous les membres de cette immense famille, en cimentant leur union par les liens de la Divine Charité. Comment s'étonner maintenant si l'Eglise réunit à tant d'autres caractères qui révèlent sa céleste origine, celui de l'universalité, puisque la nature de son organisation, et jusqu'aux sentiments les plus délicats et les plus généreux qui l'animent, se trouvent déjà universellement répandus dans la famille, et par conséquent dans toutes les sociétés qui couvrent la surface du globe ? C'est ce qui explique en partie, comment il a été plus facile à l'Eglise de Jésus-Christ, qu'à toutes les sectes qui s'en sont séparées, de l'emporter par le nombre de ses conquêtes, et de pouvoir revendiquer avec justice pour elle seule le titre divin de catholique.

 

Élévation sur la Catholicité de l'Eglise

 

I. Le péché d'origine avait jeté un voile funèbre sur toute la terre. Le soleil de la vérité s'était caché sous des nuées obscures et semblait s'être retiré à jamais dans le secret de son sanctuaire. L'ignorance la plus profonde régnait depuis quatre mille ans parmi les hommes, au point de vue de leurs intérêts éternels. La Judée seule, qui abritait le peuple que Dieu s'était choisi entre tous les peuples, avait conservé la connaissance du vrai Dieu, et nourrissait l'espérance de la rédemption future. Ses prophètes annonçaient avec joie le moment heureux où le genre humain tout entier recevrait les lumières divines et serait éclairé par le Sauveur, qui, semblable à l'astre des jours, devait inonder toute la terre de l'éclat de ses célestes rayons. « Le Messie, disait le Saint Roi David, aura les nations pour héritage, et les extrémités de la terre pour possession ». (Psaume 2) « Il dominera d'une mer jusqu'à l'autre, et du fleuve jusqu'aux limites de l'univers ». (Psaume 61). « Tous les rois de la terre l'adoreront ; toutes les nations lui obéiront ». « Tous les peuples de la terre se convertiront au Seigneur ; toutes les familles des nations se prosterneront devant lui ». (Psaume 21). Isaïe, parlant au nom de Dieu au Rédempteur du monde, s'écriait : « Voilà que je t'ai établi la lumière des nations, pour que tu portes le salut qui vient de moi jusqu'aux extrémités de la terre ». (Isaïe 49). Malachie, à son tour, donnait à entendre la diffusion de l'Eglise de Jésus-Christ sur toute la terre, par opposition avec l'Eglise Judaïque qui n'était que pour la Judée : « Je ne mets plus en vous ma volonté, disait aux Juifs le Seigneur des armées, et Je ne recevrai plus de dons par vos mains, car, du levant jusqu'au couchant, mon nom est glorifié par toutes les nations ; et en tout lieu on offre et on sacrifie en Mon Nom une oblation pure ». (Malachie 1). C'est ainsi, Seigneur, que Vous annonciez au monde étonné l'étendue de vos miséricordes, et comment votre Eglise, pour en être l'instrument, devait être catholique et établir son règne sur l'univers entier !

II. Vous-même, ô Divin Sauveur, vous rappeliez à vos apôtres que ces prophéties devaient s'accomplir en vous : « Ainsi il est écrit, leur disiez-vous, ainsi il a fallu que le Christ souffrit et qu'il ressuscitât le troisième jour d'entre les morts, et qu'en son nom la pénitence et la rémission des péchés fussent prêchées dans toutes les nations, en commençant par Jérusalem ». (Luc 24, 47). « Allez dans le monde entier ; prêchez l'Evangile à toute créature ». (Marc 16, 18.) « Vous recevrez la vertu de l'Esprit Saint, qui descendra sur vous ; et vous Me servirez de témoins dans Jérusalem, dans la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre ». (Actes des Apôtres 1, 8). Je comprends, après de semblables paroles, que les apôtres aient annoncé l'Evangile et établi des Eglises dans toutes les contrées qu'ils ont pu parcourir, sans distinction de peuples ou donations. Aussi, saint Paul écrivait-il aux Romains qu'il avait reçu la grâce de l'apostolat pour soumettre toutes les nations à la Foi, au nom de Jésus Christ (Romains 1, 5), ajoutant que la foi qu'il leur prêchait s'était répandue dans tout le monde. (Romains 8). Il fallait bien, en effet, que les apôtres eussent appris de vous, ô mon divin Maître, que votre Eglise devait être catholique, pour s'expliquer leur zèle, les nombreux voyages qu'ils ont entrepris, les dangers de toute espèce qu'ils ont courus sur terre et sur mer, tous les travaux en un mot qu'ils ont entrepris pour la propagation de l'Evangile. Et ce qui lèverait tous les doutes à ce sujet, s'il en pouvait exister, ce serait cet article qu'ils ont inséré dans le symbole de leur Foi, et dont ils exigeaient la profession de la part des premiers chrétiens : « Je crois à la Sainte Eglise catholique. C'est encore cette même foi à la catholicité de l'Eglise de Jésus-Christ qui me révèle le secret de cette ardeur infatigable qui n'a cessé d'animer dans tous les temps, depuis dix-huit siècles, des milliers d'ouvriers évangéliques, qui n'ont pas craint d'affronter toutes les souffrances et même la mort, pour aller porter dans les contrées les plus lointaines les bienfaits du christianisme.

III. Vos apôtres. Seigneur, avaient à peine rendu le dernier soupir au milieu des tourments du martyre, que déjà votre Eglise était répandue dans tout le monde connu : les uns avaient porté l'Evangile dans l'Orient et jusque dans les Indes, d'autres au sein de la civilisation grecque et Egyptienne, à Athènes, à Alexandrie ; Saint Pierre avait choisi l'Occident pour le champ de ses travaux et avait envoyé des missionnaires dans les Gaules, en Espagne et jusqu'en Afrique. Aussi Tertullien, qui vivait au troisième siècle depuis l'établissement du christianisme, disait-il dans son apologie de la religion chrétienne : « Les Maures, les Marcomans, les Parthes même, quelque nation que ce soit, renfermée dans ses limites, est-elle plus nombreuse qu'une nation qui n'en a d'autres que l'univers ? Nous ne sommes que d'hier et nous remplissons tout ce qui est à vous, vos villes, vos îles, vos forteresses, vos colonies, vos bourgades, vos assemblées, vos camps, vos tribus, vos décuries, le palais ; le sénat, le forum ; nous ne vous laissons que vos temples ». O mon Dieu ! Qui ne reconnaîtrait la puissance de votre bras dans un changement si subit opéré sur la surface de la terre, sans force matérielle, sans le secours de la science humaine, par des hommes ignorants, appartenant aux classes infimes de la société ; sans autre moyen, en un mot, que la croix et la prédication des vérités, que leur avait enseignées leur Divin Maître. Comment ces païens vivant au sein du luxe, d'une vie molle et sensuelle, dans un siècle où les lettres, les sciences, les arts et la civilisation étaient parvenus à un si haut degré de perfection, ont-ils pu embrasser en foule une doctrine dont les principes fondamentaux étaient le détachement des richesses, la mortification de la chair et l'humilité, et dont l'auteur était un crucifié ? Comment surtout ont-ils été jusqu'à donner leur vie en si grand nombre, plutôt que de renoncer à la croire et à la pratiquer? Ah ! Seigneur, c'est que, selon votre promesse, vous étiez avec votre église, vous avez travaillé avec vos apôtres : vous parliez par leur bouche, ils étaient inspirés par votre Divin Esprit, votre Divine Charité les soutenait et les animait. Vous aviez promis que votre Eglise s'étendrait de l'orient à l'occident, et vous avez opéré cette révolution prodigieuse en quelques années, par le seul ministère de ces hommes simples que vous aviez revêtus de vos pouvoirs divins : votre Eglise est devenue Catholique, et ce seul caractère suffirait à prouver la divinité de son institution. Oui, mon Dieu, je le confesse et je le publie hautement : Je crois en l'Eglise catholique !...

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

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9 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Dixième jour

Réalisation des promesses, des figures, des prophéties en Jésus-Christ, fondateur de l'Eglise

 

 Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

I. A peine l'homme était-il tombé, que le Seigneur lui annonçait un Sauveur. Cette première promesse, quoique vague et générale, suffit néanmoins pour fermer le cœur de l'homme au désespoir ; et elle fut pendant près de deux mille ans l'unique espérance du genre humain. Une seconde promesse vient toutefois éclaircir la première ; c'est à Abraham qu'elle est faite : Dieu lui dit que c'est de sa race que naîtra le Messie. Nous ne chercherons donc plus le Messie dans la généralité des nations, mais uniquement dans la postérité d'Abraham. Mais Abraham a sept enfants ! La troisième promesse est faite à Isaac, et par là  même sont écartés les peuples qui descendent des autres rejetons. Isaac à son tour a deux héritiers, Esaü et Jacob : ce dernier est choisi, par une quatrième promesse, pour être la souche de laquelle doit naître le Messie. C'est ainsi que peu à peu, et à mesure que nous avançons de siècles en siècles, la vérité se dégage des nuages qui en obscurcissaient l'éclat. Cependant, Jacob à douze fils : quel sera celui qui verra le Sauveur naître de sa race ? Une nouvelle promesse devient nécessaire, et c'est à Juda qu'elle est faite. Une dernière promesse vient enfin fixer les incertitudes qui pouvaient encore surgir sur celle des familles de Juda, qui devait donner le jour au Rédempteur du monde, en désignant la maison de David. Nous sommes donc certains maintenant que l'homme aura un Sauveur, et que ce Sauveur naîtra de la race de David. Mais comme celle-ci donnera naissance à un grand nombre d'enfants, il faudra que de nouvelles révélations nous viennent en aide, pour nous faire reconnaître le Messie au milieu de cette multitude de descendants de David.

II. Aussi, Dieu se réservait-il de nous désigner le Rédempteur promis d'une manière bien autrement précise : d'abord, par des figures, qui nous donnent une idée générale de sa mission divine ; nous n'en citerons que quelques-unes. Dans Adam, le Messie nous a été représenté comme devant être le père d'un monde nouveau, s'associant une épouse, l'os de ses os, la chair de sa chair, c'est-à-dire la sainte Eglise : ce qui fut accompli lorsque son côté sacré fut ouvert pendant le sommeil de sa mort. Dans Abel innocent, nous le voyons mis à mort par les mains de ses frères ; dans Noé, c'est le Rédempteur du monde qui le sauve d'une ruine universelle et qui repeuple la terre d'enfants de Dieu ; dans Melchisédeck, offrant le pain et le vin en sacrifice, nous retrouvons son sacerdoce éternel ; dans Isaac, son sacrifice sur le Calvaire ; dans Joseph, nous reconnaissons le Sauveur vendu par ses frères, condamné pour un crime dont il est innocent, placé entre deux criminels à l'un desquels il annonce la vie, à l'autre la mort, enfin comblant généreusement de biens ses frères dénaturés. Il est représenté dans l'agneau pascal, s'offrant en sacrifice et préservant son peuple de l'ange exterminateur ; dans la manne, nourrissant miraculeusement la nation voyageuse d'une nourriture descendue du ciel. Le serpent d'airain nous montre le Sauveur élevé sur une croix et guérissant la morsure des serpents ; Moïse est l'image vivante du Rédempteur qui délivre le genre humain de la captivité où il gémissait ; dans David, nous le voyons terrassant un géant malgré l'inégalité de ses forces, maltraité par un prince jaloux, persécuté par un fils ingrat, gravissant à pied et en pleurant la montagne des Oliviers, insulté par un homme à qui il défend de faire aucun mal ; dans Salomon, nous le contemplons assis sur un trône magnifique, entouré de puissance et de gloire, doué d'une sagesse divine, et élevant à la gloire de Dieu son Père un temple merveilleux. Tous ces différents caractères conviennent si parfaitement au Messie, qu'il est impossible de ne pas le reconnaître, avec les écrivains sacrés du nouveau Testament et avec les pères de l'Eglise, pour le type de toutes ces figures.

III. Toutefois, ces traits épars et voilés sous des ombres plus ou moins épaisses ne suffisaient pas encore à désigner clairement Jésus-Christ, le fondateur de l'Eglise. Dieu voulait que le Messie fût annoncé d'une manière si évidente et si précise, qu'il fût impossible à l'homme de s'y tromper, à moins d'un aveuglement volontaire et obstiné. Alors il suscite les prophètes ; et si le peuple juif n'avait gardé entre ses mains les livres de ces hommes inspirés, on n'aurait pas manqué de les attribuer à la mauvaise foi des chrétiens, tellement le Messie et les mystères de sa vie sont dépeints avec précision et dans les plus minutieux détails. Voici, en effet, ce qu'ils disaient de lui plusieurs siècles avant l'avènement du Rédempteur : Le Messie sera Dieu et homme tout ensemble, il sera fils de Dieu et fils de David ; il naîtra à Bethléem de Juda, d'une mère toujours vierge ; sa naissance arrivera lorsque le sceptre de David aura passé dans les mains d'un étranger. Il sera adoré dans son berceau par des rois qui lui offriront en présents de l'or et des parfums ; à l'occasion de sa naissance, on fera mourir tous les petits enfants de Bethléem et des environs à cause de lui ; il se retirera en Egypte, d'où Dieu son Père le fera revenir plus tard. Il sera pauvre, et l'humilité, la bonté, la justice, seront son caractère. Il sera si doux, qu'il n'achèvera pas de briser le roseau rompu, et n'éteindra pas la mèche qui fume encore. Il aura un précurseur, qui, élevant la voix dans le désert, prêchera la pénitence et s'efforcera de préparer les hommes à le reconnaître et à s'attacher à lui. Le Messie prêchera le salut aux pauvres et aux petits ; de nombreux prodiges lui rendront témoignage : il guérira les lépreux, délivrera les possédés ; il rendra la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, la vie aux morts.

Cependant son peuple le méconnaîtra : il sera persécuté, contredit, calomnié ; il entrera dans Jérusalem, au milieu des acclamations, monté sur une ânesse suivie de son ânon. Un de ses disciples, mangeant à sa table, le trahira et le vendra pour trente pièces d'argent ; cet argent sera rapporté dans le temple et donné à un potier pour prix de son champ. Ses ennemis se saisiront de sa personne ; tous ses disciples l'abandonneront, il sera maltraité, déchiré de coups, couvert de crachats, traité comme un ver de terre. On lui percera les pieds et les mains ; comme l'agneau qu'on porte à la boucherie, il n'ouvrira pas même la bouche pour se plaindre, il sera placé entre des malfaiteurs ; on lui donnera à boire du vinaigre ; on partagera ses vêtements et on tirera sa robe au sort. Enfin, il sera mis à mort, et Daniel assigne l'époque précise où ces choses s'accompliront, c'est-à-dire quatre cent quatre-vingt-dix ans après l'époque à laquelle il parlait. Par sa mort, il expiera toutes les iniquités du monde dont il se sera volontairement chargé. Il restera trois jours dans le tombeau ; il en sortira plein de vie, montera au Ciel et enverra l'Esprit-Saint à ses disciples. Il convertira les nations, qui s'empresseront de toutes parts d'abandonner leurs idoles pour s'attacher à lui ; d'une extrémité de l'univers à l'autre, les peuples les plus différents de mœurs et de langage se réuniront pour l'adorer. Il établira un sacrifice nouveau qui remplacera seul tous les autres sacrifices et qui sera offert, non pas dans un seul pays et dans un seul temple, mais dans tous les pays du monde, depuis l'Orient jusqu'à l'Occident. A de semblables traits, qui pourrait douter que Jésus-Christ ne soit le Messie promis ?

 

Élévation sur la réalisation des promesses, des figures et des prophéties en Jésus-Christ, fondateur de l'Eglise

 

I. L'Eglise, dont l'action devait avoir une influence si universelle et si intime ; l'Eglise, qui devait régner sur toutes les nations et sur toutes les consciences, ne pouvait avoir d'autre fondateur que vous, ô mon Dieu ! Car à vous seul appartient le sceptre de la terre et le gouvernement des âmes. C'est pour cela, Seigneur, que vous avez voulu que Jésus Christ, qui venait sauver le monde et établir une autorité spirituelle destinée à continuer d'âge en âge son, œuvre réparatrice, pût être facilement reconnu pour votre Fils unique, et, par conséquent, comme étant revêtu de votre nature divine. Cette suite non interrompue pendant quatre mille ans, de promesses, de figures, de prophéties qui n'ont cessé de l'annoncer avec une solennité pleine de majesté ; tous ces événements, toutes ces circonstances, tous ces faits particuliers, clairement vus à travers les siècles futurs et si littéralement accomplis, démontrent avec une incontestable évidence que celui qui en était l'objet était plus qu'un simple mortel, qu'il était un Dieu. Sans doute, la très Sainte Vierge Marie a partagé jusqu'à un certain point cette même prérogative, quoiqu'elle ne soit que la servante du Seigneur, et bénie seulement entre toutes les femmes ; mais c'est qu'elle devait être votre mère, ô divin Maître ! Et qu'en cette qualité, votre grandeur et votre gloire devaient rejaillir, jusqu'à un certain degré, sur celle qui était prédestinée à vous donner le jour.

II. Quoique l'empire que devait exercer votre divin Fils, Seigneur, ne fût qu'un empire tout spirituel, et quoique sa mission n'eût d'autre but que de régner sur les âmes, vous ne vous contentez pas de préparer les voies à son entrée dans le monde et à la mission toute spirituelle qu'il va accomplir dans le sanctuaire le plus intime des cœurs, par des moyens purement abstraits, intérieurs, et qui ne sauraient tomber sous les sens. Vous qui aviez créé l'homme, et qui connaissiez tout l'empire que la chair a usurpé sur l'esprit, vous saviez bien que l'intelligence humaine n'aurait jamais pu saisir des opérations qui n'auraient rien eu de matériel, et qui n'eussent pas été de nature à frapper les sens. Toutefois, si, pour descendre jusqu'à notre infirmité, vous avez recours à des moyens qui sont en rapport avec elle, vous les employez avec une grandeur et une magnificence qui ne peuvent laisser aucun doute sur la divinité de celui qui les met en œuvre. Lorsque je vois une puissance qui règle la marche des siècles, qui dispose des nations comme le potier de son argile, tantôt en les élevant au faite de la gloire, tantôt en les humiliant et en les brisant sous la force irrésistible de son bras, selon que le demande l'accomplissement de ses mystérieux desseins ; lorsque je vois un être lire nettement dans un avenir de quatre mille ans les plus minutieux détails des destinées humaines, et les publier plusieurs siècles avant l'événement ; lorsque je le vois se jouer des passions des hommes pour en faire des instruments si dociles à sa volonté sainte, qu'il les force à concourir dans une certaine mesure à l'exécution de ses immuables décrets ; je reconnais alors, dans toutes ces merveilles, la même main qui déroula la voûte des cieux plus facilement encore que le voyageur ne déploie sa tente au désert, et qui d'un seul mot couvrit la terre de toutes ces richesses dont nos yeux sont étonnés, et la peupla de ces myriades d'animaux dont nous admirons la prodigieuse variété. J'y reconnais, en un mot, ô mon Dieu, la puissance et la sagesse infinies de votre divinité.

III. Et vous, ô divin Sauveur, qui avez été le but et l'objet de toutes ces merveilles ; vous, en qui se sont accomplies les promesses, les figures et les prophéties de quarante siècles, comment ne seriez-vous pas l'envoyé de Dieu, et Dieu vous-même ? Le saint roi David ne met-il pas sur vos lèvres ces paroles prophétiques : « C'est vous, ô mon Père, qui m'avez établi le roi de Sion votre montagne sainte, c'est-à-dire qui m'avez donné la royauté de votre Eglise dont la montagne de Sion est la figure ? Le Seigneur m'a dit : Aujourd'hui je vous ai engendré : demandez, et je vous donnerai toutes les nations en héritage, et j'étendrai votre souveraineté jusqu'aux extrémités de la terre ! » (Ps. 2.) N'est-ce pas de vous dont le prophète Isaïe a dit : « Voici qu'une vierge concevra et enfantera un fils, qui sera appelé Emmanuel, c'est-à-dire Dieu avec nous » ? (Isaïe 7, 14.) Et ailleurs : « Il sera appelé l'Admirable, le Fort, le Père du siècle futur, le Prince de la paix, et le nom de Dieu sera son nom ». (Isaïe 9, 6.) L'ange Gabriel annonçant à Marie qu'elle vous porterait dans son sein, ne lui a-t-il pas dit à son tour : « Vous enfanterez un fils auquel vous donnerez le nom de Jésus. Il sera grand, et il sera appelé le Fils du Très-Haut. Le Seigneur lui donnera le trône de David son père, et il règnera sur la maison de Jacob, c'est-à-dire sur l'Eglise, pendant toute l'éternité ». (Luc 1, 31, 32). Oui, mon Sauveur, vous êtes Dieu, je le confesse ! Tous les prodiges qui vous ont annoncé me le prouvent de ]a manière la plus éclatante ; celui qui devait racheter le monde et offrir à Dieu une expiation et une réparation dignes de lui, devait être Dieu lui-même ; et il n'appartenait qu'à un Dieu de fonder l'Eglise ou l'empire des âmes et des consciences, parce qu'il n'y avait qu'un Dieu qui eût le droit de leur imposer des lois, et qui pût leur ouvrir une source intarissable de secours surnaturels et divins puisés dans son propre cœur, pour soutenir la faiblesse de l'homme et le conduire à la gloire éternelle.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

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7 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Huitième jour

La manière dont Dieu a réglé les événements de tous les siècles pour disposer les esprits à l'avènement du Messie, à la propagation de l'Evangile et à l'établissement de l'Eglise

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

I. Lorsqu'on étudie l'architecture d'un monument, ce n'est pas l'examen isolé de chaque pierre prise en particulier, qui peut nous donner une idée de l'ensemble ni de la destination de l'édifice. Mais lorsque nous en contemplons la forme générale, lorsque nous examinons les rapports de chaque partie avec le tout, nous voyons qu'une pensée mère y a présidé, que tous les détails convergent à un même but que l'on s'était proposé, et qu'une intelligence créatrice a tout disposé pour l'atteindre. C'est ainsi que nous devons étudier l'histoire. S'arrêter à des faits isolés sans s'inquiéter des rapports qu'ils ont entre eux ou avec l'événement principal dont ils ne sont que des matériaux ou des accessoires ; ne pas chercher à découvrir l'acte moral dont ces faits ne sont que la manifestation ou l'épanouissement ; ne pas élever ses pensées plus haut que la terre et que la politique humaine ; ce n'est pas étudier sérieusement l'histoire, ce n'est pas en vouloir connaître la vraie philosophie, ni le dernier mot. Aussi faut-il être chrétien pour voir autre chose dans l'histoire, que le combat perpétuel des passions humaines, leurs intrigues, leur fureur, leur tyrannie et trop souvent leur cruauté. Le chrétien qui sait que le souverain maître du ciel et de la terre manie les nations, les trônes et les Rois comme un enfant qui donne à la cire qu'il tient entre ses doigts la forme qu'il lui plaît, le chrétien, dis-je, ne s'arrête pas à la terre ; il demande humblement à Dieu le secret de ses conseils dans les événements qui se déroulent sous ses yeux, et il cherche des enseignements divins dans les œuvres des hommes. La foi en la Providence lui montre Dieu à la tête de tous les événements, dont il est, en dernière analyse, l'âme et le principal moteur.

II. Aussi, lorsque nous jetons un regard sérieux sur le spectacle qu'avait offert la terre jusqu'à l'époque de l'avènement du Messie, nous voyons que tout ce qui s'était passé jusqu'à ce moment dans le monde et que la situation politique et morale dans laquelle il se trouvait alors, avaient uniquement eu pour objet de disposer les esprits et les voies à l'accomplissement du plus grand événement que l'histoire ait jamais eu et qu'elle aura jamais à enregistrer : l'apparition du Rédempteur et du restaurateur de l'humanité, et l'établissement de son Eglise destinée à développer et à perpétuer son œuvre. Ici, ce ne sont pas des interprétations faites à plaisir ; Dieu, qui connaissait la perversité de l'esprit humain, a pris soin d'envoyer ses prophètes pour annoncer plusieurs siècles à l'avance tout ce qu'il ferait pour préparer les voies à Son Christ. C'est ainsi que, sans parler des prophéties antérieures qui n'avaient jamais cessé de se renouveler, depuis la chute de nos premiers parents, Isaïe prédit aux Juifs que les Assyriens les puniront de leur idolâtrie par les victoires qu'il remporteront sur eux et par la captivité de Babylone. Puis, lorsque le châtiment a atteint son but, Dieu brise le pouvoir des Assyriens, d'autant plus inutile dès lors à ses desseins, que cet empire voulait anéantir le peuple d'Israël. Isaïe annonce encore aux Juifs leur délivrance, et nomme Cyrus, roi des Perses, comme leur libérateur, deux cents ans avant la naissance de ce prince. Les Mèdes et les Perses renversent le trône d'assyrie, Jérusalem et son temple sont rebâtis, la prospérité et même un vif éclat sont rendus au peuple de Dieu. Mais, une prophétie de Daniel annonçait qu'après avoir rempli sa mission, l'empire des Perses céderait le sceptre à celui des Grecs, qui était destiné à faciliter la prédication de l'Evangile. Il y parvint en effet, en répandant au loin la connaissance de la langue grecque, en faisant connaître et en rendant célèbres parmi les Gentils les livres des Juifs et leur attente d'un libérateur tout-puissant, qui devait apporter le salut aux hommes et les réconcilier avec Dieu. Toutefois, d'après la prophétie de Daniel, l'empire Romain devait aussi apporter son concours à la gloire du Messie et à l'établissement de son règne. Il avait pour mission d'être le pionnier de l'Evangile, d'ouvrir et de faciliter aux prédicateurs de la loi nouvelle toutes les communications d'un bout du monde à l'autre, et c'est dans ce but que Dieu fit passer dans les mains des Romains la monarchie grecque, dès qu'elle eût accompli les conseils divins pour lesquels elle avait été établie. Telle fut et telle est encore la réalisation de cette parole du Prophète Royal : Reges eos in virgâ ferrea, et tanquàm vas figuli confringes eos, et nunc erudimini qui judicatis terram. Vous gouvernerez les nations avec un sceptre de fer, et vous les briserez comme un potier met en poussière ses vases d'argile. Et maintenant profitez de cette leçon, vous qui gouvernez les peuples de la terre ». L'Empire romain devenu maître de la Judée, devait encore servir à vérifier cette prophétie de Jacob, qui annonçait à son lit de mort, que le Messie viendrait lorsqu'un Roi étranger à  la nation juive serait assis sur le trône de Juda.

III. L'avènement d'un futur libérateur du genre humain était attendu, non-seulement par les Juifs, mais encore par les païens, qui, dans les rapports nombreux qu'ils avaient eu avec les descendants d'Abraham, soit pendant la captivité de Babylone, soit pendant la durée de l'Empire grec, avaient recueilli cette tradition qui devint presque générale dans l'univers entier ; voilà  pourquoi ce libérateur avait été proclamé par Malachie le « Désiré des nations ». Ce fut aussi par le même moyen, qu'un certain nombre de philosophes connurent non-seulement la promesse d'un envoyé de Dieu, qui devait réhabiliter l'homme, mais encore le péché originel, le mystère de la sainte Trinité et quelques autres vérités révélées au peuple de Dieu, dont on a à tort attribué la notion, à leur perspicacité, philosophique. Quoi qu'il en soit, vers l'époque où le Messie parut, cette croyance en son avènement était si vive, que suivant une tradition des Juifs, un grand nombre de Gentils se rendirent à Jérusalem, afin de voir le Sauveur du monde quand il viendrait racheter la maison de Jacob. Les Romains comme les autres nations partageaient ces convictions. Tacite écrivait : « Qu'on était généralement persuadé que les anciens livres des prêtres annonçaient qu'à cette époque l'Orient prévaudrait, et que de la Judée sortiraient les maîtres du monde ». Suétone à son tour l'affirme positivement : « Tout l'Orient, dit-il, retentissait de l'antique et constante opinion que les destins avaient arrêté, qu'à cette époque la Judée donnerait des maîtres à l'univers ». Virgile, interprète de l'attente générale, chantait la prochaine arrivée du Fils de Dieu, qui, descendant du Ciel, allait ramener l'âge d'or sur la terre, effacer le crime et faire périr le serpent. Enfin, la Sibylle de Cumes décrivait en même temps le règne du Messie, à peu près dans les mêmes termes que le prophète Isaïe. Il est vrai, que lors même que les prophéties eussent été inconnues, l'état général de corruption où étaient plongés tous les peuples, l'ignorance profonde dans laquelle vivaient toutes les nations au point de vue religieux, si l'on en excepte les Juifs ; l'idolâtrie répandue de manière à ne faire de l'univers entier qu'un vaste temple d'idoles, auraient suffi pour faire sentir la nécessité d'une régénération, d'une lumière surnaturelle et d'une puissance divine, afin de retirer le genre humain du matérialisme et de l'abaissement dans lequel il était tombé. Les peuples les plus civilisés, les plus habiles dans les arts, les sciences et lettres, tels que les Egyptiens, les Grecs et les Romains, s'étaient eux-mêmes précipités dans cet abîme ; et les philosophes, les sages, les législateurs les plus illustres, impuissants à les en retirer, devenaient encore les complices de leurs erreurs et de leurs désordres. Les Juifs, qui seuls avaient conservé la connaissance et le culte du vrai Dieu, mêlaient depuis longtemps dans la religion des superstitions indignes de la divinité. La lumière de la vérité ne brillait donc plus pour l'immense majorité des hommes, et elle ne jetait même pour le peuple que Dieu s'était choisi, qu'une pâle lueur qui semblait prête à s'évanouir pour toujours. Cependant, l'Empire romain, après une lutte longue et sanglante, embrassait dans son vaste sein presque toutes les nations connues ; Auguste, vainqueur de ses nombreux rivaux, était tranquillement assis sur le trône des Césars ; la terre entière reposait dans une paix profonde, lorsque Jésus, le Rédempteur du genre humain, le Désiré des nations, fit son entrée dans le monde, à Bethléem, dans le fond d'une étable.

 

Élévation sur le sujet précédent

 

I. Lorsque des hauteurs des cieux où vous régnez, Seigneur, avec tout l'éclat de votre majesté, vous abaissez vos regards jusque sur cette terre qui occupe si peu de place dans le vaste univers que votre main puissante a créé de rien, et qu'elle gouverne pour ainsi dire en se jouant, vous voyez les faibles mortels s'agiter, mettre en œuvre toutes les ressources de leur politique étroite et bornée, se faire la guerre pour monter sur un escabeau qu'ils décorent du nom de trône ; lorsque vous les voyez surtout attribuer à leur sagesse et à leur puissance les événements que vous avez préparés vous-même dans vos conseils et dont ils ne sont que les chétifs instruments; quelle pitié ne doivent pas vous inspirer leurs prétentions, leur orgueil et leur ambition ! Comment ne leur faites vous pas sentir plus souvent la pesanteur de votre bras, pour leur apprendre que c'est de vous que relèvent les empires, les nations, les sceptres et les couronnes ? Mais non ; vous êtes un Dieu patient, miséricordieux et plein de longanimité : Vous ne voulez pas la mort du pécheur, mais qu'il vive. Puis, votre justice se réserve l'éternité, où elle rendra alors à chacun selon ses œuvres, et où personne ne pourra échapper à sa sévérité, quel que soit le rôle qu'il ait joué, ou le rang qu'il aura occupé ici-bas.

II. Que vous êtes grand, ô mon Dieu ! Et que nous sommes petits ! Lors même que vous nous révélez le secret de vos desseins, et que nous les voyons ensuite se dérouler au grand jour sous nos yeux, notre faible intelligence en est encore éblouie, et ne peut y croire sans un secours de votre grâce. Je comprends maintenant cette parole du prophète Royal qui affirme que mille années devant vos yeux sont comme le jour d'hier, qui s'est déjà  évanoui, (Psaume 89). Quarante siècles se sont écoulés entre la promesse du Messie et son avènement, et l'histoire des temps primitifs, de l'accroissement de la population sur la terre, de l'établissement des nations et de la succession des grands empires qui se sont disputés le pouvoir suprême, ne nous apparaît encore qu'à travers d'épais nuages, malgré les traditions et les monuments nombreux qui nous sont restés. Pour vous. Seigneur, tout est resplendissant de lumière, et vous enchaînez tous ces nombreux événements pour les faire servir à l'accomplissement de vos plans divins, avec autant de facilité que l'enfant tresse des fleurs pour en former une couronne ! Votre sagesse infinie a tout prévu, votre infaillibilité n'a jamais hésité, votre toute-puissance n'a jamais connu d'obstacle. Vous avez dit, et tout a été fait selon votre volonté. Les hommes reconnaissent votre existence à la magnificence de vos œuvres, et ils refusent d'admettre l'action de votre divine Providence sur eux-mêmes et sur leurs entreprises ?

III. Pouviez-vous, pourtant, leur fournir de plus vives lumières ? Vos prophètes annoncent dans les plus grands détails les destinées du peuple juif, leurs châtiments, l'établissement et la destruction des empires, l'époque précise de la chute du royaume de Juda. Ils prédisent les circonstances les plus minutieuses de la vie du Messie promis, le moment, le lieu de sa naissance, le genre de mort par lequel il expiera les péchés du monde ; la ruine de Jérusalem et de son temple qui ne doivent plus être le centre de la vraie religion, ni survivre à l'ancienne loi à laquelle Jésus-Christ a substitué l'Evangile, dont la consolante et lumineuse doctrine sera prêchée à toutes les nations ; la dispersion de ce peuple que Dieu s'était choisi et qui, devenu déicide, sera condamné comme Caïn a errer sur la terre et à porter sur son front la flétrissure de son crime ; vous multipliez les figures pour rendre plus palpables et plus frappants les événements que vous faites annoncer ; vous imprimez à l'univers entier le sentiment intime du besoin d'un Sauveur et d'un libérateur ; les païens eux-mêmes et leurs oracles le publient ; et malgré l'accomplissement ponctuel de tant de prophéties, malgré la réalisation de tant de figures, malgré cette voix solennelle de la conscience publique qui est l'organe infaillible de la vérité, malgré les aveux mêmes des ennemis jurés du Christ, les hommes s'obstinent dans leur aveuglement ! Ils refusent de voir et d'entendre ; et ne veulent pas reconnaître que c'est vous, Seigneur, qui, dans une pensée de miséricorde et d'amour, avez dirigé cette longue série d'événements divers destinés à préparer les esprits et les cœurs à la venue du Messie ! Pardonnez-leur, ô mon Dieu, car ils ne savent ce qu'ils font ; et après avoir prodigué en leur faveur les miracles et les prodiges de tout genre, opérez encore celui d'ouvrir leurs yeux à la vérité.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

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12 avril 2014

Le Carême avec Saint Vincent de Paul 7/7

Le Carême avec Saint Vincent de Paul 7/7

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Sixième Semaine de Carême

Semaine Sainte

 

Dimanche des Rameaux et de la Passion

13 avril

 

Méditation

Le Bienheureux Abbé Edouard Poppe, béatifié par Jean Paul II en 1999, fut un ardent disciple du Crucifié. Il nous aide à aimer la Croix, source de joie et de vie éternelle : « Mon Dieu, je me livre à Vous, moi qui n'ai même pas gravé le Calvaire, moi qui ose à peine regarder la Croix et qui ne l'ai pas encore embrassée. Je me ferai à l'austère pensée qu'il faut souffrir et s'attacher à la Croix avec Vous. Je me rappellerai chaque matin, au lever, le devoir de souffrir, et je m'empresserai d'embrasser Vos Plaies sur mon crucifix. Marie, ma Mère, je Vous ai tout donné ; arrangez, disposez tout en moi de façon que je sois prêt à la souffrance. Aimer sans souffrir est aussi vain que souffrir sans aimer... La paix nous dispose à la Croix. Il est dangereux d'oublier, au temps de la consolation, la venue prochaine de la Croix... hélas, nous ne sommes pas encore acclimatés à la rigueur de la Doctrine Evangélique : « Qui veut être mon disciple, qu'il prenne sa croix ». Jésus, je Vous en supplie, rendez Votre sanglant Crucifiement si présent à mon âme que je m'enflamme d'amour et d'une sainte ardeur à Vous suivre, en sorte que je ne cherche plus que la Croix et l'oubli ici-bas. Là-haut, ces croix se changeront en gloire, en bonheur et en ravissement ».

 

L'amour d'une mère

Maylenn, a fait une tentative de suicide en décembre 2001. ayant préféré la vie chaotique des gangs à la misère de ses proches, elle a quitté le foyer familial et sombré petit à petit dans l'engrenage de la rue. Désespérée d'avoir un jour la force de s'en sortir, elle a préféré ingurgiter une boîte de médicaments pour disparaître plutôt que de demander pardon. Maylenn était dans un état semi-comateux. Elle gardait les yeux fermés mais son corps réagissait de temps en temps. Nous étions désarmés. Soudain l'éducatrice qui l'avait suivie se leva : « Je pars chercher sa maman. Je sais où la trouver. Il faut qu'elle vienne ». Elle revint deux heures après, accompagnée de la maman, affolée. Elle approcha de sa fille et lui dit d'une voix tremblante d'émotion : « Maylenn, ma chérie, pourquoi as-tu fait ça ? Je t'aime tant. S'il te plaît reviens-nous ». Puis elle lui prit calmement la main et la serra très fort contre son cœur. Aussitôt nous vîmes couler de chaudes larmes des yeux de notre jeune désespérée. C'était incroyable, Maylenn semblait se battre contre l'inéluctable et le miracle eut lieu : défiant tous les pronostics médicaux, l'empoisonnement fut enrayé et l'injection jugulée. Aujourd'hui Maylenn a retrouvé les siens. Sa réconciliation est le fruit magnifique de l'amour d'une maman.

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Lundi Saint

14 avril

 

Toujours plus pauvres

En 1649, la Fronde fait se tarir beaucoup de petits ruisseaux d'où provenaient les ressources. Certaines nourrices rapportent les enfants parce que les salaires ne sont pas payés. Le pain, les vêtements et l'argent font défaut. Seules les dettes grandissent. Vincent veut une fois encore réunir les Dames. Beaucoup disent ne plus avoir d'argent. Mais elles ont encore beaucoup de bijoux, biens, cadres de prix, tapisseries multicolores, habits et serviteurs. Et une fois de plus, Vincent sait les persuader.

 

À l'école de Saint Vincent

« Chaque chose produit comme une espèce et image de soi-même, ainsi qu'on voit dans une glace un miroir, qui représente les objets tels qu'ils sont : un visage laid y paraît laid, et un beau y paraît beau. De même les bonnes ou les mauvaises qualités se répandent au-dehors ; et surtout la Charité, qui est d'elle-même communicative, produit la Charité ; et un cœur vraiment embrasé et animé de cette vertu fait ressentir son ardeur, et tout ce qui est dans un homme charitable respire et prêche la Charité ».

 

Parole de Dieu

« Contre toi s'avance un destructeur. Monte la garde au rempart, surveille la route, ceins-toi les reins, rassemble toutes tes forces » (Nahum 2, 2).

 

Dans ma vie

Par nature, l'amour pour les créatures est limité et le nombre des objets entre lesquels il se partage l'affaiblit. Notre humanité a besoin de la Force de l'Esprit Saint pour aimer de l'amour même de Dieu. La Bonté de Dieu suffit à tout, dépasse tout. Dieu a des milliards d'enfants et pourtant il les aime d'un amour unique, infini et débordant. Tout l'amour qui est en nous est participation à cet éternel Amour. Laissons la Sainte Trinité faire son œuvre de divinisation de notre âme. Notre amour sera alors vrai et, avec Saint Vincent, nous n'aurons plus peur de prendre les pauvres dans nos bras.

 

Résolution

Attentif à ceux qui me sont confiés, par la vigilance et la prière, je ferai en sorte de les protéger des attaques de l'ennemi. J'exercerai ainsi la responsabilité qui est la mienne à l'égard de mes enfants, de mes semblables, des plus vulnérables.

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Mardi Saint

15 avril

 

En mission

Tout homme a un point faible. Les pauvres sont le point faible de Vincent. Il ne peut refuser l'appel des esclaves de Tunis et d'Alger, pas plus que celui de Madagascar. Ses missionnaires partent bientôt pour Tunis et Alger où se trouvent des dizaines de milliers d'esclaves Chrétiens. À Madagascar ils ont pour mission de s'occuper de la vie chrétienne des colons Français et de l'évangélisation des Malgaches. En diverses vagues, Vincent y envoie vingt-cinq missionnaires.

 

À l'école de Saint Vincent

« Nous courons après la science comme si tout notre bonheur en dépendait. Malheur à nous si nous n'en avons ! Il faut en avoir, mais en suffisance, il faut étudier, mais sobrement. D'autres affectent l'intelligence des affaires, de passer pour gens de mise et de négociation au-dehors. C'est à ceux-là que Dieu ôte la pénétration des vérités Chrétiennes : aux savants et aux entendus du monde. À qui la donne-t-Il donc ? Aux simples du peuple, aux bonnes gens. Nous vouons cela vérifié dans la différence qu'on remarque en la Foi des paysans et la nôtre. Ce qui me reste de l'expérience que j'en ai est le jugement que j'ai toujours fait que la vraie religion, la vraie religion. Messieurs, la vraie religion est parmi les pauvres ».

 

Parole de Dieu

« Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au Ciel ; puis, viens, et suis-moi » (Marc 10, 21).

 

Dans ma vie

Le grand avantage de la vie Chrétienne c'est d'avoir un Maître Divin aux pieds duquel nous pouvons recourir quand nous le voulons. Sans doute, nous avons notre Saint Patron, notre Bon Ange, notre confesseur, notre conjoint, des amis... Mais le Maître Suprême est le Bien-Aimé qui suivait avec une immense affection Sainte Marie Madeleine. Venons à Lui, enivrons-nous de Son Sang, plongeons-nous dans la Source intarissable qui jaillit de Son Côté, de Son Cœur qui a tant aimé les hommes. Cœur Sacré de Jésus, inondez-nous de Vos douceurs, guérissez nos âmes, donnez-nous la paix.

 

Résolution

Pourquoi ne pas profiter du « grand nettoyage de printemps » pour mettre de côté ce qui ne m'est pas utile à la maison afin de le partager avec ceux qui n'ont pas ou peu ? Une fois le sac rempli, j'ajouterai une chose, une « babiole » ou un vêtement qui me plaît bien et je donnerai le tout.

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Mercredi Saint

16 avril

 

Dans les épreuves

La chose qui accable le plus Vincent est le manque de nouvelles. Ses fils sont loin. Ils ne savent rien d'eux. Il prie et espère. Quand, dans l'été 1657, un bateau arrive à Nantes, il en parle à sa communauté : « Nous avons su qu'un bateau est arrivé à Nantes, mais n'ayant reçu aucune nouvelle, nous attendions pour savoir l'état de nos confrères lointains. Sont-ils morts ? Sont-ils vivants ? Nous ne le savons pas. En quelque état qu'ils soient, prions Dieu pour eux. Et quand bien même il serait vrai qu'ils fussent morts, devrions-nous pour cela abandonner cette œuvre, cette terre qu'eux et ceux qui les ont précédés ont commencé à défricher ? Ô Jésus, il faut bien s'en garder ».

 

À l'école de Saint Vincent

« C'est Dieu qui m'a fait l'honneur de m'appeler, il faut donc que j'écoute Sa voix ; c'est Dieu qui m'a destinée à ces exercices charitables, il fait donc que je m'y applique ». Il n'a pas voulu, Mesdames, que vos yeux aient vu le Sauveur, comme ceux de Saint Syméon ; mais Il veut que vous entendiez sa voix pour aller où Il vous appelle, sinon aveuglément, comme Saint Paul, du moins avec joie et tendresse, car de l'entendre et de n'y point répondre, ce serait vous rendre indigne de la grâce de votre vocation ».

 

Parole de Dieu

« Je suis la Résurrection, qui croit en Moi, fut-il mort, vivra ; et quiconque vit en croit en Moi ne mourra jamais » (Jean 11, 25-26).

 

Dans ma vie

Pour bien prier, il faut avoir l'esprit attentif et le cœur libre. Trop parler conduit à d'inutiles distractions : nous sommes comme une ville dont les remparts seraient ouverts de tous côtés, nuit et jour. À ce recueillement de l'intelligence, joignons le détachement du cœur. Pour rejoindre celui que son cœur aime, l'âme doit rejoindre la chambre haute et briser les liens qui le retiennent à l'esprit du monde. L'adage Cartusien Soli Deo, c'est-à-dire « Dieu seul », parle à toute âme éprise de Dieu : en amour on ne partage pas. Nous serons alors moins distraits et davantage transparents à la grâce.

 

Résolution

Où en suis-je de ma relation avec mes beaux-parents, avec les « pièces rapportées » (valeurs ajoutées!) de ma famille ? Est-ce que je donne des nouvelles ? Il n'est pas trop tard pour le faire, pour renouer un contact, donner un pardon...

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Jeudi Saint

17 avril

 

À l'approche de la mort

Vincent vit jusqu'à un âge fort avancé. On a l'impression que son lent vieillissement, comme son attachement à la vie, sont déterminés par sa volonté de ne pas abandonner le service. Jusqu'à la fin, il veut rester à son poste de travail. C'est surtout à partir de 1659 que sa santé se détériore. Il ne peut plus descendre à l'église et doit se résigner à célébrer la Messe dans la Chapelle de l'infirmerie. Plus tard, la faiblesse de ses jambes l'empêche de se tenir debout et de célébrer la Messe. On transforme alors la chambre contiguë à la sienne en Chapelle.

 

À l'école de Saint Vincent

« Faites out le bien que vous voulez, si vous ne le faites pas bien, il ne vous profitera de rien Saint Paul nous l'a enseigné. Donnez vos biens aux pauvres, si vous n'avez pas la Charité, vous ne faites rien, non donneriez-vous même vos vies... il faut imiter le Fils de Dieu, qui ne faisait rien que par le motif de l'Amour qu'Il avait pour Dieu Son Père... Toutes vos actions doivent tendre vers ce même amour ».

 

Parole de Dieu

« Mes enfants, comme il est difficile d'entrer dans le Royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou de l'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu » Marc 10 23-25).

 

Dans ma vie

Saint Vincent avait choisi Marie pour Reine de son cœur et de son apostolat. L'amour qu'il avait pour Elle donnait des ailes à son apostolat, à son action auprès des affamés. Le visage de Saint Vincent de Paul parle à tous de bonté. C'était l'homme de la bonté. Une explication est possible : il avait tellement l'expérience de la Bonté Maternelle de Notre Dame, sa Mère du Ciel, qu'il était pétrit de douceur et d'attention. En remettant à Marie nos bonnes œuvres, nos apostolats, nous sommes sûrs qu'ils seront protégés. Le manteau de Notre Dame est vaste comme le monde.

 

Résolution

Qu'est-ce que bien vivre ? Certains pauvres et malades vivent mieux que nombre de bien portants... Pourquoi ? Parce qu'ils ont choisi de recevoir leur jeunesse véritable de Celui qui est dans rides depuis l'aube des siècles. Aussi, aujourd'hui, je décide d'aller à la Messe ou, le cas échéant, de vivre une communion de désir, pour vivre vraiment.

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Vendredi Saint

18 avril

 

Sans une plainte

Les souffrances intenses le consument peu à peu. Sa seule plainte consiste en pieuses exclamations. Son visage toujours doux et affable ne laisse pas soupçonner la souffrance qu'il endure. Il dit à ses visiteurs : « Notre Seigneur a bien plus souffert que moi ». Et encore : « Ce n'est rien comparé à ce que mes péchés m'ont mérité ». De sa chambre il continue à recevoir, à écrire, à donner des conseils. La nuit il souffrait souvent d'insomnies et le jour il s'assoupit souvent.

 

À l'école de Saint Vincent

« Si le Fils de Dieu en Sa conversation paraissait si bon, combien plus a-t-Il fait éclater Sa douceur en Sa Passion ! Ayons donc cet exemple et ne quittons jamais de vue la mortification de Notre Seigneur, puisque nous sommes obligés, pour Le suivre, de nous mortifier après Lui. Formons nos affections sur les Siennes, afin que Ses pas soient la règle des nôtres dans la voie de la perfection. Les Saints sont saints pour avoir marché sur Ses traces, pour avoir renoncé à eux-mêmes et s'être mortifiés en tout. La mortification est une grande aide dans le chemin de la prière ».

 

Parole de Dieu

« Heureux est l'homme, celui-là qui ne va pas au conseil des impies, ni dans la voie des égarés ne s'arrête, ni au banc des rieurs ne s'assied, mais se plaît dans la Loi de Yahvé, et murmure Sa Loi jour et nuit ! » (Psaume 1, 1-2).

 

Dans ma vie

Le Christ ressuscité est venu pour racheter ceux qui ont confiance en Lui, « afin que ceux qui ont confiance en Votre Bonté, soient délivrés de toute adversité », dit une Collecte de la Messe. En effaçant le péché originel, Jésus a brisé le pacte qui nous liait à l'Enfer et nous pouvons échapper, si nous le voulons, aux griffes du Démon. Bénissons notre Dieu qui n'a pas craint d'envoyer Son Fils pour nous sauver. Quelle belle leçon ! À nous maintenant de donner notre vie pour nos frères en leur annonçant par notre parole, mais surtout par notre exemple, l'Evangile de la Vie Eternelle.

 

Résolution

Je décide d'offrir joies et contrariétés de cette journée pour le Souverain Pontife. Pour que le Seigneur lui donne la grâce et la force de gouverner la Barque de Pierre avec prudence et fidélité à la Doctrine Catholique. Et je renouvellerai intérieurement mon affection filiale envers lui.

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Samedi Saint

19 avril

 

Son dernier souffle

Le dimanche 26 septembre, il reçoit, au milieu de sa communauté, le Sacrement des malades, après quoi il ne fait que répéter « Dieu viens à mon aide » et « Jésus ». Il professe sa Foi et bénit ses enfants. Le 27, vers quatre heures du matin, à l'heure où habituellement il se levait, il entre en agonie. « Il mourut dans sa chaise, près du feu, tout habillé, sans effort ni convulsion. L'agonie, loin de défigurer ses traits, semblait lui avoir donné une beauté et une majesté, dont tout le monde s'étonnait ». Ainsi meurt celui que les pauvres vénéraient comme leur père, celui déjà entré dans la légende par ses services rendus aux pauvres, à l'Eglise et à la France.

 

À l'école de Saint Vincent

« Ressouvenez-vous que nous vivons de Jésus-Christ par la mort de Jésus-Christ et que nous devons mourir en Jésus-Christ par la vie de Jésus-Christ et que notre vie doit être cachée en Jésus-Christ et pleine de Jésus-Christ et que pour mourir comme Jésus-Christ, il faut vivre comme Jésus-Christ. Nous sommes en cette vocation fort conformes à Notre Seigneur Jésus-Christ qui, e semble, avait fait son principal, en venant au monde, d'assister les pauvres et d'en prendre soin. Et si l'on demandait à Notre Seigneur : « Qu'êtes-Vous venu faire en cette terre ? « Assister les pauvres. « Autre chose ? », « Assister les pauvres ! »

 

Parole de Dieu

« Il est trois choses que mon âme désire, qui sont agréables à Dieu et aux hommes : l'accord entre frères, l'amitié entre voisins, un mari et une femme qui s'entendent bien » (Siracide 25, 1).

 

Dans ma vie

Saint Vincent, sentant sa mort prochaine, était émerveillé par la puissance transformante de la grâce, à condition que l'homme ouvre son cœur à Dieu. Il contemplait les esprits célestes en adoration devant le Tombeau du Fils de Dieu, Tombeau devenu vide par l'extraordinaire miracle de la Résurrection. Saint Vincent méditait alors sur le mystère insondable de l'infinie Miséricorde envers la nature humaine à laquelle le Sauveur s'est unie, en la préférant à la nature angélique. C'est dire si notre race déchue à trouvé la grâce après de Dieu.

 

Résolution

Voulant servir la joie de mes frères, de ceux avec lesquels j'ai du mal à communiquer, je vais chercher à leur faire plaisir et à les écouter en me décentrant de moi-même, de mes petites idées, de mon moi. Et je leur sourirai.

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Dimanche de Pâques

Résurrection du Seigneur

Christ est ressuscité !

20 avril

 

Méditation

En 1978, au terme d'une longue et douloureuse maladie, s'éteignit un jeune Franciscain Français, le Frère Marie-Emmanuel de la Croix. Ceux qui l'ont croisé ont reconnu en lui les traits d'une belle figure, témoignant de la Résurrection jusqu'au bout. Voici quelques lignes de son testament spirituel qui se présente comme une supplique au Père : « Accordez-moi la grâce d'endurer avec patience et douceur Vos mystères douloureux en cet exil, afin d'avoir très vite accès à Votre gloire éternelle, car je sais bien que seul le chemin de la croix conduit à la porte du Ciel. C'est un bien raide sentier, il est vrai, mais l'assurance de Votre Amour inébranlablement fidèle me ramène sans cesse et inflexiblement à Vous qui voulez dispenser Vos trésors à ceux qui Vous aiment. Donnez-moi de rester toujours das l'humilité et l'obéissance à Votre Loi et d'accomplir ce que je Vous ai refusé dans ma faiblesse et mes égarements, de participer à Votre Sacerdoce éternel, afin de m'offrir sans cesse – par Jésus et Marie – Père, tout envahi par Vous, et chanter l'abîme de Vos Miséricordes in aeternum ».

 

L'identification au Christ

Il faut prier... J'aperçus la peur dans ses yeux. Un regard teinté d'une angoisse terrible. Darwin, notre jeune enfant de la rue atteint de la myopathie de Duchenne, était au crépuscule de sa vie. Nous avions vu la maladie évoluer petit à petit au cours des sept années passées à la Fondation. Notre petit héros qui ne parlait pas de son infirmité comme d'une maladie, mais la comprenait comme une mission, lui qui avait, dans son âme et dans son corps, une intimité avec le Crucifié que peu de grands priants connaissent, notre jeune Saint s'empoisonnait le sang petit à petit. Il allait bientôt s'éteindre et recevoir la couronne de lauriers qui ne se flétrit pas. Nous lui soutenions la main afin qu'il puisse écrire sur un cahier posé devant lui. Péniblement, avec une écriture maladroite, il m'écrit deux petites phrases : « Un immense merci » et « Je suis très heureux ». Bien plus que de simples mots, c'est un testament qu'il m'a ainsi laissé. Une joie irradiait effectivement de lui, une joie authentique. Une joie qui brillait au cœur de sa souffrance. Une joie inexplicable mais bien réelle. Darwin avait tout – extérieurement – pour être malheureux, même désespéré, mais il embrassait intérieurement une joie parfaitement spirituelle.

Icon, Spain, Madrid DC SV

Prière à Saint Vincent de Paul

Saint Vincent de Paul, apôtre et témoin de la Charité du Christ, donnez-nous d'aimer Dieu aux dépens de nos bras et à la sueur de nos visages. Aidez-nous à nous abandonner à Sa Providence, fidèles à découvrir Son action dans tous les événements de notre vie. Soutenez-nous dans notre désir de discerner et d'accomplir la Volonté de Dieu. Obtenez-nous un cœur tendre et compatissant aux lisères et aux souffrances des autres, spécialement des plus démunis de ce monde. Accompagnez-nous dans notre service des hommes et intercédez auprès du Fils de Dieu, pour que nous devenions dans notre travail, notre famille, notre quartier, notre paroisse, nos communautés, des passionnés de Son Evangile d'Amour. Amen.

 

Texte extrait du hors série de Parole Prière « Mon Carême avec Saint Vincent de Paul ». Pour vous le procurer ou vous abonner, cliquer ici

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Rendez-vous le 30 avril pour le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes.

Pour recevoir les méditations et prières du Mois de Marie dans votre boite mail, chaque semaine jour du mois de mai, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes.

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