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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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15 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Seizième jour

Modèle accompli des âmes intérieures

 

Le Saint Esprit voulant nous donner une haute estime de la vie intérieure, enseigne que tout l'ornement de la fille du Roi, c'est-à-dire de l’âme sainte, est dans son intérieur au milieu des franges d’or, et des divers ornements dont elle est environnée. Notez, dit excellemment le séraphique saint Bonaventure, que, par ces paroles, le Saint Esprit explique en quoi consiste la beauté et la gloire de l'épouse du Christ ; qu’elle n‘est pas dans la beauté du corps, non plus que dans les richesses temporelles, pas plus que dans les ornements extérieurs, mais dans l’intime du cœur orné par les franges d’or, c'est-à-dire par l’acquisition et l’exercice des vertus théologales. Et le reste.

Le plus pieux de tous les interprètes des Livres saints, le Maître de Saci, développant avec une lumière admirable ce beau texte, dit après saint Jean Chrysostome : « C’est comme si le prophète nous disait : « Ne vous arrêtez pas au dehors, entrez au dedans, et attachez-vous à regarder la beauté de l’âme. Car c'est de cette beauté que je vous parle. Et lorsque vous entendez nommer de riches habits, des franges d'or, et tous les autres ornements, vous devez comprendre que ce langage est spirituel, et qu'il regarde non les ornements extérieurs, mais ceux du dedans, qui consistent dans une piété intérieure, et qui procurent une gloire spirituelle »

Gardons-nous de l'illusion. La vie intérieure ne consiste pas simplement à s’adonner à des exercices de piété parce que l'inclination naturelle y pousse ; c'est une chose si belle, si honorable, si grande de servir Dieu ! que plusieurs prennent volontiers l'idéal pour la réalité ; mais cette vie consiste à s’identifier: par l'union constante, absolue de notre volonté à celle de Dieu et cela dans les moindres choses qui en dépendent, a régler-tous les mouvements du cœur, toutes les pensées de l’esprit, fontes les affections de l’âme selon la divine volonté qui est le principe, la base et la mesure de toute sainteté. Hors de la, il n’y a plus de vie intérieure, c'est-à-dire spirituelle, surnaturelle ; et c’est ici où tombe le masque de la piété.

Or, je dis que saint Joseph est après le Christ et la bienheureuse Vierge le plus beau modèle des âmes intérieures, comme en même temps leur plus doux protecteur. En effet, si d’après mon argument, et comme l’établit très bien l’abbé de Brion sur le texte cité du Psaume, la fille du Roi, qui est l'âme intérieure, prend en Dieu qui est son origine la règle et les moyens de tout ce qu’elle doit faire, convenez que saint Joseph a dû faire de même, de sorte que tout ce qu'il entreprenait, opérait, terminait, était commencé conduit, fini par et selon le mouvement de la grâce, ou du Saint Esprit résidant en son âme. C’était la grande occupation de notre Saint, qu’il regardait comme la plus essentielle, la 'plus utile et la seule qui réponde à la fin suprême de l’homme en ce monde. Jouir des lumières qu’il puisait en Jésus-Christ, des douceurs de sa contemplation, des joies de ses entretiens, assurément ç’a dû être la bonne, belle et riche part de Joseph, et personne ne le conteste, mais était-ce son occupation principale, son but unique, sa fin dernière ? Non, mais bien de se transformer en quelque sorte en Jésus-Christ par la pensée, le sentiment et la volonté -ou l’imitation, de sorte qu’il put dire avant l’Apôtre : « Ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ en moi » Voilà la vie intérieure de saint Joseph. Celle de toutes les âmes qui s’écartent de ces principes avoués par la sacrée Théologie, enseignés par l’Église devient nécessairement l’effet de l’illusion.

C’est pour leur éviter ce grave inconvénient, puisque les suites en peuvent être si funestes, si grandes, si durables, que je leur recommande non seulement d’étudier la conduite de saint Joseph afin de l'imiter, mais aussi de prendre ce Saint pour protecteur, maître et directeur invisible dans ces voies de la vie intérieure. Ce qu'il fera volontiers en leur obtenant les lumières du Saint Esprit, une volonté ardente, forte, généreuse, pour les suivre dans tout ce qu’elles leur montreront de juste, de convenable, de saint en un mot de conforme à la volonté divine manifestée dans les préceptes de la foi, les conseils de l’Évangile, les ordres des supérieures civils ou ecclésiastiques. Ce qu’il fera encore, en obtenant à ces âmes plus,de fidélité, plus d’attention, plus de persévérance dans leurs exercices de piété qui sont de grands moyens pour devenir bien intérieur, et faire de grands progrès dans cette vie divine. Souvent il est tel de ces exercices qui semble pénible, ennuyeux, fatigant, soit absorbement par les affaires temporelles, ou distractions par les objets extérieurs, ou simplement sécheresse accidentelle, l’âme souffre pour s’y appliquer d’une manière vraiment étonnante, quelquefois affreuse, comme sainte Thérèse en fit elle même l’expérience durant de longues années en ce qui touche l’oraison mentale. Eh bien, si dans ces moments de désolation, d’anxiété ou de découragement l'on s’adresse avec instance, ferveur et constance au Cœur du bon saint Joseph, nul doute que l'on en recevra des secours bien sensibles, des grâces bien puissantes qui feront triompher de la nature, toujours avide de jouir et difficilement résignée au sacrifice; on éprouvera que, par la protection de saint Joseph, la nuit même est devenue lumineuse, par ce que les ténèbres de l’erreur, ou des passions qui couvraient l’âme, se seront dissipées pour faire place à la clarté de la vérité et de la charité.

 

Exemples

 

Pendant que le père Lallemant était recteur du collège de Bourges, comme la fête de saint Joseph approchait, il appela deux jeunes professeurs, et leur promit d’obtenir pour chacun d’eux telle grâce qu’ils désireraient, pourvu qu’ils exhortassent leurs élèves à la dévotion envers saint Joseph, et à lui rendre quelque hommage particulier le jour de sa fête. Les deux régents acceptèrent de grand cœur la proposition, et leurs exhortations, furent si efficaces, que le jour de saint Joseph les deux classes entières firent la sainte communion en son honneur. Le même jour, ils se rendirent chez le père recteur, et chacun d’eux lui déclara en secret la grâce qu'il désirait obtenir. Le premier, c‘était le célèbre père Nouet, demanda la grâce de savoir écrire et parler dignement de Notre-Seigneur. On ignore quelle grâce avait demandé le second : on sut seulement qu’il l’avait obtenue. Quand au père Nouet, le lendemain de la fête, ayant changé d’idée, il retourna auprès du père recteur, et lui dit qu’après y avoir mieux pensé, il croyait devoir demander une autre grâce plus utile à sa propre perfection. Le père lui répondit qu’il n’était plus temps, puisque saint Joseph lui avait déjà obtenu la grâce désignée en premier lieu.

Certes, le père Nouet n’eut pas lieu de regretter sa demande, car il obtint de Saint Joseph une telle abondance de lumières, une onction si pénétrante et une si profonde connaissance de Jésus-Christ et des voies spirituelles que ses écrits nombreux qui roulent presque tous sur les mystères de Notre Seigneur, de la bienheureuse Vierge et des Saints, sont des plus estimés, dès plus pratiques et des plus lus. Je peux le dire sans forfanterie, il est difficile d’avoir lu plus que moi de ces auteurs ascétiques et mystiques, mais aucun ne m’a paru surpasser le vénérable père Nouet. Quelle gloire à ajouter à tant d'autres gloires de l’illustre Compagnie de Jésus. Il a écrit deux méditations très longues et très tombantes sur saint Joseph, qui montrent assez qu'elle était sa reconnaissance et son dévouement pour son saint protecteur et Maître.

Un berger avait conservé au milieu des dangers du monde une simplicité et une innocence admirables. Il se rencontra une fois avec un père Jésuite, qui, après quelques moments d’entretien, reconnut en lui une âme d’élite, enrichie de grâces et de dons si sublimes qu’il ne se subvenait pas d’en avoir jamais trouvé un autre plus avancé dans la perfection. L’admiration du religieux redoubla quand il apprit du jeune homme que, depuis dix-huit ans, il était en service, et que jamais personne ne lui avait donné aucune leçon de la vie spirituelle. Cependant, le religieux voyant qu'il parlait de ces matières si relevées avec l’exactitude d’un théologien, lui demanda s’il avait de la dévotion à saint Joseph. « Il y a six ans, répondit le jeune Berger, que Dieu m’a inspiré de le choisir pour maître et pour patron. Ce saint patriarche, ajouta-t-il, m’a fait connaître lui-même qu'il était, après Marie, le plus grand de tout les saints ; qu’il avait été rempli du Saint Esprit bien autrement que les apôtres ; enfin qu’il était le protecteur spécial des âmes intérieures dont la vie, comme la sienne, doit rester cachée aux yeux du monde ». Puis il se mit à parler en termes magnifiques des vertus et des privilèges de saint Joseph, disant qu’en récompense de son incomparable modestie, Dieu a voulu qu'il n’y eût que les âmes extrêmement pures qui eussent des lumières touchant ses grandeurs ; que Joseph avait été un homme de grand silence, discourant fort peu, à l’exemple de Jésus et de Marie avec lesquels il 'aimait à communiquer par le regard plutôt que par les paroles. Bref, il laissa le bon religieux tellement ravi d'admiration, qu’il avait coutume de dire que la rencontre du berger illuminé lui avait valu plusieurs années de religion.

 

Prière du saint archidiacre Boudon à saint Joseph

 

Je me prosterne en votre présence, ô grand saint Joseph et vous honore comme le chaste époux de la Mère de Dieu, le Chef de la plus sainte famille qui fut jamais, le Père nourricier de Jésus-Christ, le fidèle Dépositaire des trésors de la sainte Trinité... Pénétré de respect et d’amour à la vue de vos grandeurs et de votre sainteté, je vous offre et je vous consacre mon cœur, après Jésus et Marie vous en serez le maître et le directeur. Je vous regarderai désormais comme mon Père et mon protecteur, daignez me regarder comme votre enfant. Faites moi sentir les effets de votre grand crédit auprès de Dieu ; et de votre grande charité pour moi. Obtenez-moi une sincère conversion et toutes les grâces dont j'ai besoin pour remplir ses adorables desseins. Obtenez-moi cet esprit de recueillement, cette vie intérieure, cette fidélité à la grâce, cette union intime avec Dieu, cette profonde humilité de cœur, cette parfaite conformité à sa pure et sainte volonté, cette patience dans les adversités, cette estime, cet amour des croix, ce parfait abandon à la conduite du Seigneur, surtout cet amour ardent pour la personne sacrée de Jésus-Christ, et pour sa sainte Mère, qui ont fait votre caractère particulier. Prenez, ô grand Saint, sous votre protection, les âmes intérieures, surtout celles qui, à votre exemple, écoutent et imitent Jésus et Marie dans la retraite et le silence. Ainsi soit-il.

 

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11 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Douzième jour

La ressource des pauvres

 

Saint Joseph choisi pour être le père putatif du Fils de Dieu, pauvre jusque-là que, comme il l’a dit lui-même, il n’avait pas la bonne fortune des renards et des oiseaux qui ont un lieu de retraite, ainsi que les autres animaux, lui n’ayant pas une pierre en propre pour reposer sa tête, Saint Joseph, dis-je, devait, pour remplir dignement son rôle divin, vivre pauvrement lui-même. Quoi qu’issu de race royale, il a pu dire mieux que le prophète : « Je suis pauvre et dans les labeurs dès ma jeunesse ». Sans doute, David avait en vue le Christ lorsqu’il prophétisait ainsi ; mais Saint Joseph, je l’ai assez démontré, a partagé tous les états de la vie temporelle du Sauveur : ces paroles peuvent donc lui être appliquées. Il fut pauvre, bien pauvre, très pauvre, d’une pauvreté méprisée, rejetée et nécessiteuse, selon que le déclare saint François de Sales. On ne le considérait que comme un pauvre charpentier, lequel bien qu’il travaillât avec ardeur pour l'entretien de sa famille, ne pouvait arriver à ce point qu'il ne lui manquât pas plusieurs choses nécessaires : ce sont les paroles de Saint François.

Ainsi donc, comme on le voit d'ailleurs par l'Évangile, le nom de saint Joseph ne rappelle qu'un pauvre artisan. Sa maison était pauvre, sa vie pauvre, et tous ceux qui l’ont vu soit à Bethléem, soit en Egypte, soit à Nazareth, l’ont toujours trouvé pauvre dans sa nourriture, dans ses vêtements, dans ses meubles. Et il en devait être ainsi selon les vues de la Providence. Ce qui autorise saint Liguori à mettre dans la bouche du Père éternel ces paroles qui s’adressent à saint Joseph : « J’ai voulu que tu fusses pauvre, parce que je te destinais à tenir lieu de père à mon fils, pauvre comme toi ». Il en devait être ainsi, afin que les pauvres eussent en saint Joseph un modèle de résignation à imiter, un puissant protecteur à prier. D'autre part, il fallait que Jésus-Christ essuyât la pauvreté de Saint Joseph et la partageât volontairement avec lui, afin qu'il pût consoler les pauvres par son exemple. et par ses discours. Quand le divin Maître et dit solennellement : « Bienheureux les pauvres, parce que le royaume du ciel leur appartient ». Personne n'a pu lui répondre : « Cela vous est facile à dire, Maître, mais si vous aviez éprouvé vous-même les effets de la pauvreté ? » Non ! on n'a pu dire cela à Notre Seigneur, car il eut de suite répliqué : « Je vous ai donné l'exemple ».

Les hommes, dit le très pieux et très docte Silveira fondent leurs royaumes sur l'opulence, Jésus-Christ a fondé le sien dans la pauvreté. C’est sur le vide et le néant que Dieu le souverain ouvrier travaille, et c'est la que son œuvre paraît avec le plus d'éclat. Parce que je me suis annihilée, semble dire la divine Marie, dans son admirable et sublime Cantique, « c'est pour cela que celui qui peut tout a fait en moi, son humble servante, d’admirables choses ». Ainsi la pauvreté et l’humilité qui est une pauvreté en son genre, sont la base et la mesure des opérations divines.

Pauvres, vous le voyez. Joseph, votre patron, a été pauvre, bien plus, le Fils de Dieu a été pauvre, et tous les saints apôtres, martyrs, anachorètes, solitaires, religieux et religieuses ont été pauvres à sa suite. Il faut convenir que la pauvreté est bien honorable, bien précieuse, bien sanctifiante. L’Église l'a toujours ainsi entendue; elle ne canonise personne qui n‘ait été pauvre d’effet, au pauvre d’esprit pendant la vie. Le pauvre, le vrai pauvre,elle le.considère et le traite comme un autre Christ, comme un autre saint Joseph. Dernièrement elle canonise un pauvre, un grand pauvre de ce nom, Benoit Joseph Labre. Ah! quelle pauvreté que la sienne! Quelle leçon ce pauvre a donné au monde, à ce monde voué au matérialisme le plus absolu, adorateur du veau d’or!

Mais j'entends que vous dites : si la pauvreté est humble, si elle est estimée aux yeux de Dieu et par son Église, elle a bien aussi ses peines, ses humiliations devant les hommes. C'est vrai, et c'est par cela même qu’elle est si méritoire pour le ciel. Celle de saint Joseph lui a été aussi une source de.peines incessantes, mais parce qu’il l'a soufferte avec résignation, elle fit de lui un héros de la sainteté, un puissant avocat des pauvres. Imitez-le d’abord, puis, priez-le avec confiance, il vous secourra, de même qu’il l’a fait pour tant d'autres, selon les vues de la Providence. Mais, je tiens à vous en prévenir à l'avance, ne comptez pas qu’il vous secourra toujours d’une manière sensible; il le fera pourtant s’il le juge nécessaire ; toutefois il vous obtiendra assurément la patience, la résignation et le mérite de la vertu.

 

Exemples

 

Mlle A... se trouvait dans une bien triste. position par suite de revers de fortune. Sans'ressource aucune, obligée de gagner sa vie, incapable de servir, ayant perdu la santé; au milieu de toutes ses peines, ne sachant plus que devenir, elle eut la pensée de recourir à saint Joseph, qui lui vint en aide en lui procurant un poste tel qu'elle le désirait et une bonne santé pour le remplir. Rien ne peut rendre la bienveillance et la tendresse de saint Joseph pour les pauvres de Jésus, c'est-à-dire pour les pauvres résignés à la volonté de Dieu, qui le bénissent, ce bon Protecteur, dans la mauvaise comme dans la bonne fortune, surtout s'ils persistent à le prier; écoutez :

Une pauvre fille de la Charité dirigeant un orphelinat était fort en peine pour vêtir ses enfants pendant l'hiver ; elle avait invoqué en vain le secours des âmes charitables qui l’aidaient ordinairement. Toutes ayant placé leurs aumônes ne pouvaient répondre à son désir. Une neuvaine est commencée par ces petits orphelins avec toute la ferveur qu’on peut avoir à cet âge, et notre bon Père saint Joseph ne resta pas sourd; au moment où on s’y attendait le moins, un bienfaiteur inconnu apporte la somme nécessaire pour les vêtements tant désirés. Gloire et action de grâces à notre bon saint Joseph.

Le saint roi David, dans ses admirables et inimitables Psaumes, a dit une parole que le fidèle ne saurait trop méditer : « Ses yeux, dit-il du Seigneur, regardent le pauvre ». Pourquoi, demande le saint Docteur Bonaventure, regarde-t-il le pauvre et non pas le riche ? Parce que la pauvreté d’esprit est une vertu, dans laquelle Dieu se plaît beaucoup, car les pauvres, ajoute-t-il, ont le grand Dieu pour protecteur, ce Dieu qui prend un plaisir infini à condescendre à la piété de leur cœur. Plus loin cet incomparable Père de l’Eglise appliquant ce texte à notre sainte Reine Marie, dit qu’elle est tout œil et toute main ; tout œil pour voir nos misères, toute main pour étendre sur nous avec largesse ses bienfaits. N'est-ce pas ce que nous pouvons dire aussi de notre aimable saint Joseph, le vrai père et pasteur des pauvres en Jésus ?

Des milliers de faits se présentent à moi, ne sachant lequel choisir, je dirai à ceux-là qui voudront bien me croire : « Voulez-vous être du nombre des heureux protégés de saint Joseph ? Soyez pauvres en esprit, je dirai au riche : assistez le pauvre de votre superflu, et comptez les uns et les autres que saint Joseph vous assistera dans vos nécessités avec une affection vraiment paternelle. J’ai dit que des milliers de faits de la bonté secourable de saint Joseph pour les pauvres étaient la sous mes yeux; mais votre piété ne serait pas satisfaite si je ne vous en rappelais au moins un. Il est ancien , c’est un mérite de plus. Il a le contrôle du temps et des savants. Il m'a toujours attendri, il vous intéressera sans doute aussi.

Saint Vincent Ferrier raconte qu’un pieux marchand de Valence, en Espagne, faisait chaque année, le jour de Noël, une aumône aux pauvres. Et voici de quelle manière. Il recevait ce jour-là à sa table trois pauvres, un vieillard, une femme et un petit enfant. Sa foi lui représentait comme infailliblement vraie cette parole du Maître, que tout ce qu’on fait à un pauvre c’est à lui-même qu'on le fait; c’est pourquoi en traitant ces trois personnes, il croyait traiter Jésus, Marie et Joseph en personne. Voyez la bonté de saint Joseph et de toute la sainte Famille. Le charitable marchand apparut après sa mort à quelques personnes pieuses qui priaient pour lui, et leur dit qu'au moment de son dernier passage, Jésus, Marie et Joseph étaient venus le visiter et lui avaient adressé cette invitation : « Puisque durant ta vie tu nous a reçus tous trois dans ta maison, nous venons aujourd’hui tous trois pour te recevoir dans la nôtre ». Il ajouta qu’aussitôt ils avaient pris son âme, et l'avaient conduite à l'éternel festin du paradis.

Cette histoire ou plutôt ce fait pour la consolation des bons riches autant que pour l'utilité des pauvres, montre combien saint Joseph s'intéresse au sort des pauvres. Vous êtes riches, et vous ne savez peut-être que faire de vos biens ? Donnez-en une partie pour sauver l'innocence de cette jeune fille qui meurt de faim et se prostitue parce qu’elle est sans ouvrage. Et il y en a tant a Paris de ces infortunées ! Ce jeune enfant a des dispositions pour le sacerdoce ; il est pieux et vertueux, mais ses parents sont sans ressource, payez-lui, si vous le pouvez, au moins une partie de son séminaire. Vous pouvez encore propager les bons livres, instruire ou faire instruire les ignorants, et ainsi du reste. Faites cela pour vos parents défunts, et comptez que vous ne sauriez mieux placer votre surabondance pour eux, après que vous avez rassasié le famélique et consolé l’affligé...

 

Soupirs du pauvre vers saint Joseph

 

Très doux Consolateur de Jésus et de Marie, écoutez mon humble prière et ne méprisez pas mes supplications. Je suis pauvre. Un large manteau de misère couvre mon corps débile. Ah ! séchez mes yeux mouillés de larmes, soutenez-moi par vos célestes consolations. Vous avez été pauvre avec Jésus pauvre, ô bienheureux Joseph ! Apprenez-moi à aimer la pauvreté, à la supporter avec joie, au moins avec une chrétienne résignation, pour le reste, je m’en remets entièrement à votre si bon Cœur. Comme vous avez un soin très particulier de Jésus et de Marie, je suis convaincu que vous ne m’abandonnerez pas, si je vous aime et vous implore. Tendre Père ! voyez ma misère, et comme il m’est impossible d’en sortir sans votre intervention. Comblez-moi au moins de vos faveurs, et je serai heureux dans mon indigence. Je servirai mon Dieu avec plus de liberté, ici bas, pour le posséder avec plus de plénitude, la haut dans le ciel. Ainsi soit-il.

 

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16 mai 2014

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

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Dix-septième jour

Le baiser pour les pécheurs

 

Le vendredi 26 février, en la dixième Apparition, Bernadette, dès son arrivée à la Grotte, avait franchi la place où elle s'arrêtait d'habitude, et était allée s'agenouiller sur le haut de la pente, au point où, la veille, elle avait gratté la terre. Elle n'avait manifesté aucune surprise de voir couler la nouvelle fontaine, et, s'étant signée, elle y avait bu et s'y était lavée. Après avoir essuyé son visage du coin de son tablier, elle était revenue en arrière s'installer à genoux sur la pierre qui lui servait de prie-Dieu. Entrée immédiatement en communication avec Celle qui faisait tressaillir son âme, elle s'abandonnait avec effusion et tendresse à la récitation de son chapelet, lorsque la voix amie, mais cette fois attristée, qui sortait pour elle du rocher, lui avait fait entendre ces paroles : « Vous baiserez la terre pour les pécheurs ». Tout est harmonique dans l'oeuvre de la Dame, tout converge au même but : la gloire de Dieu par la purification des pécheurs. Les deux grands moyens, déjà  indiqués, pour atteindre ce but, sont la Prière et la Pénitence. La Vierge, plus précise, entre dans le détail, signale un moyen spécial : « Vous baiserez la terre pour les pécheurs ».

Moyen imposé par la justice ! La peine du talion, en vigueur dans la loi mosaïque, obligeait à  rendre œil pour œil, dent pour dent. Elle a été supprimée par l'Evangile : il est interdit aux hommes de l'infliger. A défaut des hommes souvent ignorants, paresseux ou excessifs, les événements l'appliquent ; tôt ou tard, on est puni par où on a péché. Il y a des baisers d'hypocrisie comme celui de Judas, ou de volupté comme ceux qu'inspire la passion sensuelle : il faut qu'il y ait des baisers d'expiation, en haine du péché. Il y a des lèvres menteuses, impudiques, qui répandent le mal en répandant le souffle : il faut des lèvres véridiques, virginales, qui purifient l'ambiance par des senteurs de vérité, de chasteté. Jésus reprochait à son hôte Simon de ne lui avoir point donné de baiser, tandis que Madeleine en couvrait les pieds divins. Ce reproche, le Sauveur l'adresse à une grande partie de l'Humanité dénuée, à son endroit, de toute attention de cœur : « Tu ne m'as pas donné de baiser » (Luc 7, 45). Et la Dame, qui sait le désir, le besoin, le droit, qu'a son Fils de recevoir des baisers four la justice, nous trace notre conduite : « Vous baiserez la terre pour les pécheurs ».

Moyen rehaussé par l'humilité ! « Vous baiserez la terre ! » Est-ce là, dira l'orgueil, un geste digne d'une créature humaine ? Ne faut-il pas laisser ce soin à l'animal ? La Religion prescrivant ou conseillant de telles pratiques : quelle trivialité, quelle stupidité !... Convenons-en : c'est trivial, stupide, en apparence, mais en réalité, c'est profondément noble, intelligent, beau. Dans la grotte de Gethsémani qui aurait servi, suivant une légende, de retraite à Adam et Eve après la Chute, Jésus, le nouvel Adam, baisa la terre, mordit la poussière : il s'étendit sur le sol, pour exhaler sa tristesse mortelle et prier. Pourquoi, en sa grotte de Lourdes, l'Eve nouvelle ne nous inviterait-elle pas à baiser la terre pour vaincre le péché ?... En baisant la terre, on reconnaît son origine : il y en a tant qui désavouent leur extraction, qui, parvenus au faîte de leurs visées ambitieuses, se prennent pour des dieux auxquels rien ne manque que l'immortalité... Le contact de nos lèvres avec la terre nous fait descendre de ces hauteurs factices où l'imbécillité humaine se plaît à  élire domicile : on se rappelle qu'on est homme, c'est-à-dire un peu de terre animée par un souffle, et cette sensation d'argile fait davantage apprécier le souffle... On reconnaît aussi sa destinée : on se souvient que, poussière à l'origine, on doit, dans son corps, retourner en poussière. Et pour se spiritualiser davantage, on se traite comme un mort vivant, on procède soi-même aux préliminaires de ses funérailles, à un commencement d'inhumation... Et Dieu, nous voyant nous rapetisser, nous courber, par bon sens, nous grandit par sa grâce, se plaisant à nous faire sentir qu'en nous le fils de la gloire, par nature, est en même temps, par adoption, fils de la gloire éternelle, en Paradis Quiconque s'abaisse sera exalté.

Moyen consacré par l'amour ! Il est des baisers qui, ne rencontrant aucune répugnance, ne coûtent aucun effort et procurent même un plaisir délicat : ils se dégagent spontanément, sans secousse, des lèvres, comme le parfum, des fleurs. Tels ceux qu'échangent, sous le regard encourageant de Dieu, les parents et les enfants, les frères et les sœurs, les épouses et les époux chrétiens. Ne parlons point de ceux que recherche et multiplie, dans l'ombre, la coupable passion : ceux-là  ne coûtent rien à la nature, mais ils coûtent effroyablement cher à la conscience : ils entraînent la perte des vertus... Mais baiser la terre pour les pécheurs, qu'on ne connaît point ou qu'on peut ne point connaître, et qui sont, au surplus, tout ce qu'il y a au monde de plus dégoûtant, car il n'est rien de plus dégoûtant que le péché : voilà qui ne peut être imaginé, pratiqué, consacré, que par l'amour !... On a admiré des Saints baisant, pour en mieux faire la spirituelle conquête, les ulcères des malades les plus rebutants. Il est peut-être plus méritoire et plus admirable de se jeter à terre et d'imprégner de boue ses lèvres, sans être vu de personne autre que de Dieu.... Ami des pécheurs, Jésus agonisant au jardin des Oliviers n'a point reculé, pour eux, devant ce geste : son amour vainquit son effroi, sa tristesse, son dégoût. A nous d'imiter ce modèle : ces sortes de baisers doivent faire partie des manifestations de nos amours. « Vous baiserez la terre pour les pécheurs ».

 

Examen

 

Quel usage faisons-nous de nos lèvres ?... Pensons-nous à leur grande fonction d'interprètes sonores de notre esprit et de notre cœur ?... Les ouvrons-nous pour la prière... pour la sainte Communion... pour la vérité... pour la Charité... Restent-elles fermées aux blasphèmes... aux récriminations et aux mensonges,... aux calomnies.... aux médisances... aux conversations inconvenantes ?... Se ressentent-elles du sel de la sagesse qu'elles reçurent au baptême ?... Se disposent-elles par leur pureté à l'onction suprême qu'elles recevront à l'approche de la mort ? Avec elles, nous exprimons nos pensées par la parole, nos amours par le baiser.... Dieu nous baisa en créant notre âme : mon âme, émission d'un divin souffle, est un baiser de Dieu.... à notre tour, nous devons baiser Dieu, en rendant l'âme : une mort sainte, dernière émission du souffle humain en ce monde, est un baiser de l'âme à Dieu : in osculo Domini...

Le Prêtre baise l'autel.... Il baise aussi le Saint Evangile.... Les ministres sacrés dans les cérémonies baisent la main du célébrant.... On donne, à la grand'messe, le baiser de paix.... Bernadette baisa souvent la terre à la Grotte.... Les spectateurs l'imitèrent.... Bien avant elle, Sainte Jeanne d'Arc disait : « Quand Saint Michel et les anges se séparent de moi, je baise aussi la terre où ils se sont tenus, et je m'incline devant eux ».... Saint Bernard a défini le Saint-Esprit « l'éternel baiser que le Père et le Fils se donnent l'un à l'autre »... Que sont, que valent nos baisers?... Brutus baisa la terre par reconnaissance filiale : pourquoi ne la baiserions-nous pas pour expier les péchés, innombrables et de toute nature, que les lèvres font commettre, depuis la sensualité du paradis terrestre, à l'Humanité dégénérée ?... D'autant que, sur ce point, nous avons pu être, dans une ombre recherchée, fils d'Adam, filles d'Eve...

 

Prière

 

O Notre-Dame, vos lèvres, dont la grâce fut la gardienne et l'inspiratrice, ne servirent qu'aux effusions les plus saintes et ne connurent, sur le front de Jésus enfant, que les plus chastes et les plus délicats baisers.... Les nôtres n'ont pas été consacrées par un semblable usage : plus d'une fois, le péché les a marquées de sa hideuse empreinte. Pour vous être agréable et réparer nos fautes, nous baiserons la terre pour les pécheurs.... C'est ce que fit Bernadette, c'est ce qu'on fait à Lourdes...

 

O Marie, conçue sans péché, Priez pour nous qui avons recours à vous.

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Texte extrait du « Mois de Marie à la Grotte de Lourdes », Abbé Archelet, Librairie P. Lethielleux, Paris, 1908

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23 mai 2014

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

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Vingt-quatrième jour

La dévotion à la Sainte Vierge

 

Le mercredi, 3 mars, fut une journée d'épreuve pour Bernadette : il fallait bien que la Croix marquât son âme apostolique. La Dame attendue n'apparut point. Mais l'apôtre se montra à tous comme un modèle de dévotion à la Dame. La vraie dévotion à la Vierge doit être faite de fidélité aux promesses du passé.

Nous avons tous vu la Dame, par la Foi : consacrés à elle, dès notre baptême, au soir de notre première communion et, plus officiellement encore, lors de notre réception comme enfants de Marie, nous lui avons promis d'être fidèles à certaines pratiques : récitation quotidienne du rosaire, du chapelet ou de quelques dizaines ; port du scapulaire, d'une médaille ; abstinences, mortifications, petit office, les samedis ; communion en chacune de ses fêtes ; fuite de telle occasion dangereuse, correction de tel défaut.... Que faisons-nous de ces promesses ?... Que ne ressemblons-nous à la fidèle Bernadette ? Au matin du 3 mars, elle récita pieusement son chapelet à la Grotte, mais elle ne donna aucun des signes qui caractérisaient ses extases. Elle alla faire sa prière accoutumée sous l'églantier, baisa la terre et revint s'agenouiller à sa place habituelle. Sans regarder davantage au rocher, elle inclina la tête pour se recueillir, demeura quelques instants dans cette attitude ; puis, ayant baisé la terre de nouveau, elle fit le signe de la croix et se leva.

La vraie dévotion à la Vierge doit être faite de résignation aux contrariétés du présent. On comptait sur telle date pour tel événement. On a beaucoup prié et souffert dans ce but : l'événement avorte. La Dame ne paraît pas !... Tombé, depuis quelque temps, en pleine sécheresse spirituelle, on soupirait après une retraite, un pèlerinage, une confession, pour recevoir comme une pluie de grâces. Vaine attente : on reste sec. La Dame ne paraît pas !... Pour peu que ces désappointements se prolongent, on se décourage, on se dégoûte, on se mutine, on lâche tout.... Que n'imitons-nous la sereine Bernadette ? Les personnes qui l'entouraient se mirent à l'interroger comme d'habitude. L'enfant répondit simplement : « La Dame n'est pas venue aujourd'hui ».

La vraie dévotion à la Vierge doit être faite de confiance dans les dédommagements de l'avenir. Dieu a ses raisons de ne pas nous exaucer sur-le-champ. Les événements futurs nous l'apprendront, un peu du moins, si nous savons écouter, comprendre leurs leçons. Mais, en attendant, il faut s'opiniâtrer à croire en sa bonne et intelligente Providence. Il fait le sourd, ne l'est point, et, à son heure, il nous montrera qu'il avait entendu. Vous qui seriez porté, sur les conseils perfides du Malheur, à vous laisser aller à la désespérance en jalousant, jusqu'à  la rage, le bonheur apparent de ceux et celles qui vivent près de vous, gardez votre âme en une sainte patience : Dieu vous témoignera sa compassion. La Dame reviendra... Ainsi se conduisait la confiante Bernadette.

« Peut-être que les apparitions sont finies ? », fit observer l'un des assistants. « Je n'en sais rien, reprit l'enfant, mais en tout cas la quinzaine n'est pas terminée et je reviendrai encore demain ». Comme on le voit, Bernadette ne cherchait jamais à se composer ou à déguiser ce qui se passait à  l'intérieur de la Grotte. Elle acceptait les événements tels qu'ils se présentaient. Sans croire faire de la vertu, elle était toujours soumise et toujours véridique. Ce sont bien là  les traits caractéristiques de la vraie dévotion à la Très Sainte Vierge !...

Cependant le dernier jour de la quinzaine allait luire. On pressentait une manifestation imposante. En prévision des. affluences qui arriveraient en ville le lendemain, le maire de Lourdes adressait, le 3 mars, au capitaine commandant le fort, la réquisition suivante : « La présence considérable d'étrangers que l'on m'annonce pour demain, jour de marché, m'oblige à venir vous demander, dans l'intérêt du bon ordre, de mettre votre troupe à ma disposition. Je vous prie, en conséquence, de vouloir faire que vos soldats disponibles soient rendus demain matin, à six heures, à l'hôtel de la mairie ». Le lendemain, en effet, se produisait la quinzième Apparition.

 

Examen

 

Avons-nous d'abord de la dévotion à la Sainte Vierge ?... Grand serait notre malheur si nous n'avions point de dévotion pour elle ! Nous ressemblerions, en pratique, aux Protestants dont la religion est hélas ! Stérile, parce qu'ils n'ont ni l'arbre, ni le fruit, ni la femme que le Sauveur Jésus a replacés dans le paradis de l'Incarnation : l'arbre, c'est la croix ; le fruit, l'Eucharistie ; la femme, Marie. Sans l'Eve nouvelle, on n'atteint pas à l'arbre ; à plus forte raison ne cueille t-on pas le fruit ! Cette trilogie, divinement réparatrice de la Chute dans l'Eden, est de nécessité dogmatique et morale.... Sans Marie, nous n'aurions plus de Mère, et il y aurait alors les orphelins de la grâce comme il y aies orphelins de la nature...

Notre dévotion à la Sainte Vierge est-elle une dévotion d'esprit avant d'être, ou tout en étant, une dévotion de cœur ? Est-elle raisonnée pour être raisonnable... autant du moins que la raison éclairée par la Foi peut nous permettre de comprendre les sublimités de Marie ?... Avons-nous fait, continuons-nous à faire, une étude approfondie des grandeurs, des fonctions, des beautés de cette Divine Mère ? Connaissons-nous l'histoire de sa vie, telle qu'en des traits saillants et suffisamment révélateurs l'a contée l'Evangile ?... Affectionnons-nous la lecture des livres sérieux qui parlent d'elle ?... Comment devenir convaincu, et la conviction est le premier facteur naturel de toute dévotion, quand on n'a rien étudié, rien appris ? On s'expose à ne faire que de la sentimentalité, et la sentimentalité, fille de l'ignorance, devient logiquement, dès l'irruption de la première épreuve, la mère du caprice.... La crème peut être le dessert du repas spirituel, mais non certes le plat de résistance : les âmes se nourrissent d'idées fortes et se détraquent le tempérament avec les fadaises du cœur...

Ne regardons-nous pas nos consécrations réitérées à Marie comme de pures formalités n'entraînant aucune conséquence de conduite... Ne portons-nous pas le titre d'enfants de Marie comme un titre simplement honorifique qui ne saurait en rien lier la liberté ?... Avons-nous tenu vis-à-vis de la Sainte Vierge nos promesses passées, je n'ose dire nos vœux ?... Qu'avons-nous fait de notre scapulaire, de notre médaille, du supplément d'exercices de piété ou de pratiques de mortification qu'en une heure de ferveur ou d'épreuve sous le coup d'un gros événement contraire, nous nous étions imposés.... Mieux vaudrait ne rien promettre du tout, plutôt que de ne point tenir... On indispose, on afflige ainsi la Vierge au lieu de se concilier ses faveurs et de la réjouir... Quels saints nous serions si nous avions été fidèles à tous nos engagements dans l'ensemble et le détail de notre vie chrétienne !...

Quelle est notre résignation aux contrariétés du présent ?... Il est rare qu'un jour se passe sans que de notre côté, du côté de notre famille ou de la société, nous n'ayons à éprouver quelque déconvenue... Se résigner, d'après l'étymologie latine du terme, c'est signer de nouveau, c'est-à-dire apposer soi-même courageusement sa signature au bas du décret de souffrance que Dieu a permis ou voulu contre nous.... La résignation est la marque caractéristique de l'amour vrai, du dévouement qui, au lieu de se payer de sourires ou de mots, s'affirme par les œuvres...

Encore que nos prières ne soient point exaucées depuis longtemps peut-être, avons-nous toujours foi en notre Etoile, je veux dire en Marie?... Elle n'est point sourde à nos supplications, elle n'a pas cessé d'être puissante et bonne.... Elle reviendra, et son retour, rémunérateur de notre longue et douloureuse attente, nous comblera de joie...

 

Prière

 

O Notre Dame, notre dévotion pour vous doit être une dévotion filiale. Ce mot résume tout : n'êtes-vous pas notre Mère ? Ne sommes-nous pas vos enfants ? Or, entre une mère et son enfant quelles relations existe-t-il ? Il y a identité de vie, communauté de biens, air de famille, échange réciproque de confiance et d'amour. L'identité de vie m'impose donc l'obligation de fuir le péché et de garder la grâce ; la communauté de biens m'oblige à m'enrichir de plus en plus par la pratique des vertus ; l'air de famille m'excitera à rester humble, aimant, innocent comme vous, et la réciprocité de confiance amoureuse deviendra l'enchantement, le soleil sans ombre de ma vie.... Elle m'aime, je l'aime.... Elle me comprend, je la comprends. Qu'importe dès lors qu'elle paraisse, cette Vierge chérie, ou ne paraisse point !... Elle est ma Mère et la sera toujours...

 

O Marie, conçue sans péché, Priez pour nous qui avons recours à vous.

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Texte extrait du « Mois de Marie à la Grotte de Lourdes », Abbé Archelet, Librairie P. Lethielleux, Paris, 1908

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19 mai 2014

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

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Vingtième jour

Intimités

 

Au matin du 28 février, plus de deux mille spectateurs se trouvaient réunis autour du rocher de Massabielle, attendant fiévreusement l'arrivée de la voyante. Bernadette se présenta toute proprette, revêtue de ses modestes habits du dimanche et accompagnée de sa plus jeune tante Lucile... L'entretien mystérieux de la Dame avec sa petite confidente ne donna lieu, en cette douzième Apparition, qu'à des communications intimes et toutes personnelles. Le dessein de la Vierge en ces communications était, semble-t-il, de faire goûter à Bernadette un triple bienfait.

Le bienfait du calme dans le recueillement ! L'apostolat expose aux agitations, aux fièvres du dehors. On finit par s'énerver, par se troubler pour beaucoup de choses, comme disait Jésus à Marthe, son hôtesse. La Dame protège l'enfant contre cette évaporation nuisible à la sérénité. Bernadette devenait de plus en plus un personnage public, elle venait d'être ambassadrice auprès du clergé : autant d'extériorisations qui devaient ou pouvaient l'enfiévrer... Le calme est un agent de première nécessité pour la conduite de la Vie. Il rend maître de soi, et cette maîtrise permet de se connaître à  fond, de se dominer. Il favorise l'audition des voix de la conscience, de la grâce et des événements : la conscience a comme des pudeurs d'intonations que le bruit effarouche et absorbe ; Dieu a des appels discrets que la dissipation empêche de saisir; les événements, même les plus insignifiants, apportent des leçons dont l'écho, pour être nettement perçu, ne peut être recueilli qu'à  tête reposée. Sans calme, on a des légèretés de pensées, des absences de mémoire, des précipitations de jugement, des inégalités d'humeur, des saillies de caractère, des fuites de délicatesse, qui paralysent notre influence, en nous aliénant, plus ou moins, l'estime, la confiance, les sympathies d'autrui. La Dame, voulant faire de Bernadette un modèle de vie à la fois contemplative et active, en faisait une recueillie.

Le bienfait de la lumière dans la réflexion ! On se livre aux autres et, sous couleur de les sanctifier, on se néglige soi-même. L'examen de conscience, fait trop sommairement, ne révèle plus les points faibles qu'il faudrait fortifier, les exercices de piété tronqués, faute de temps, perdent peu à peu, faute d'attention, leurs saveurs primitives. La mortification, sous prétexte de santé à conserver pour faire face aux exigences du labeur quotidien, ne figure presque plus dans notre régime de vie. L'accoutumance conduit à la banalité. Nos œuvres extérieures nous donnent la réputation d'hommes éminents, de femmes remarquables : il est si facile d'être éminent, illustre, aux époques de décadence où les nivellements égalitaires abaissent toutes les toises, tandis que les engouements les relèvent ! Au lieu d'observations que personne n'ose plus nous faire, on reçoit des compliments que tout le monde, j'entends le monde des naïfs ou des intéressés, nous prodigue. Et nous contractons toute sorte de défauts qui font subir autant de déchets à l'oeuvre interne de notre sanctification. La Dame ne veut pas que Bernadette s'imagine être suffisamment sacrée par ses nouvelles fonctions et, pour la prémunir contre une illusion si ravageante, elle la contraint de réfléchir sur soi, par des communications particulières...

Le bienfait de la force dans l'amour ! Notre-Seigneur disait : « Sans Moi, vous ne pouvez rien faire... Celui qui demeure en moi porte beaucoup de fruits ». Il est indispensable d'être toujours uni au Christ pour ne sentir sa faiblesse ni dans les tentations que le Démon suggère, ni dans les luttes que les vertus imposent, ni dans les désappointements que les hommes ménagent. Être uni, surtout avec son Dieu, c'est être fort : l'union fait la force ; c'est aussi aimer : l'union vient de l'amour et l'entretient. Or, cette union génératrice de la force, conservatrice de l'amour, est d'une nécessité encore plus impérieuse, quand croissent les difficultés, compagnes inévitables de toute croissance d'action apostolique. Pour vaincre, il faut redoubler d'intensité et de tendresse dans l'union. Malheur à l'âme qui se relâcherait : elle perdrait sa chaleur de pénétration, sa force, son amour. La fin détruirait l'oeuvre, loin de la couronner... La Dame entend que Bernadette échappe à cette crise, et, pour l'obliger à mener une vie d'union plus amoureuse, elle lui fait de maternelles et toutes spéciales communications, l'ayant déjà  protégée contre toute fièvre par le recueillement, contre toute illusion par des jets de lumière, elle complète l'apostolique éducation de cette enfant, en la munissant d'une plus ample provision de force et d'amour pour la protéger contre tout découragement : rien ne pénètre profondément dans les intelligences, les cœurs et les volontés, comme le caractère personnel, intime, des communications. On se dit tout alors, et on comprend, et on aime, et on accepte tout...

 

Examen

 

Nous présentons-nous toujours propres à l'église ? La propreté est une vertu... Notre corps, temple du Saint-Esprit, doit avoir pour Dieu sa parure... L'Eglise pare magnifiquement le corps de ses ministres à l'autel.... Nous devrions être propres pour nous... pour les autres, mais surtout le dimanche, pour Dieu... Bernadette se présenta proprette le dimanche à la Grotte.... Je sais bien qu'à  certaines Messes, les mondaines apparaissent endimanchées.... Mais leur toilette, au lieu d'être inspirée par la piété, n'est-elle pas provoquée par une vanité sacrilège qui transforme la maison de Dieu en rendez- vous, en salle d'exposition, ou en vitrine de magasins de nouveautés ?... D'autres, au contraire, irréprochables en leur mise quand ils vont en visite, sont d'un négligé humiliant lorsqu'ils se rendent à l'église pour remplir le premier des devoirs...

Quel est notre recueillement ? Ne menons-nous pas une vie presque toute en façade, n'analysant à  peu près jamais nos impressions, ne nous livrant à aucun examen de conscience, à aucun inventaire spirituel, nous dispensant de donner audience aux pensées sérieuses pour ne pas être contraints de regarder en face notre âme et le Bon Dieu ? C'est faire de la piété automatique que de se contenter du culte extérieur : le Royaume de Dieu est au dedans de nous...

Quelle portée ont nos réflexions ? Réfléchissons-nous sur le passé pour le réparer... sur le présent pour le sanctifier... sur l'avenir pour le préparer... sur les droits de Dieu pour le servir... sur la perte des âmes pour les sauver... sur les causes de nos joies pour les épurer, de nos tristesses pour les diminuer, de nos défaillances pour les prévenir.... Peut-être ne réfléchissons-nous que sur les insuccès de notre amour-propre, sur nos mécomptes financiers pour les déplorer, ou sur l'élévation des autres pour les jalouser ?...

Quelles sont nos amours ? Aimons-nous véritablement Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, de toutes nos forces, par dessus toutes choses... Faisons-nous en sorte qu'il soit en nous et autour de nous le plus et le mieux aimé ?

Aimons-nous Jésus comme Dieu, comme Rédempteur, comme Docteur, comme Pasteur, comme Ami, comme Frère ? L'aimons-nous plus que ceux et celles qui nous entourent ?... Ayant plus reçu, nous devons plus aimer... Aimons-nous la Très Sainte Vierge comme le chef-d'oeuvre de Dieu, comme la Mère de Jésus, comme notre Médiatrice, notre Avocate et notre Mère ?... La Mère de Dieu est aussi ma mère... Aimons nous l'Eglise sans laquelle nous ne connaîtrions ni Dieu, ni Jésus, ni Marie, ni l'éternité ? L'aimons-nous pour sa beauté, pour ses bienfaits, pour ses souffrances?... Si jamais je t'oublie, sainte Eglise romaine, que ma droite se sèche et que ma langue s'attache à mon palais !... Aimons-nous les âmes, surtout celles de nos parents, de nos bienfaiteurs, de nos amis, vivants ou morts ? On reconnaît qu'on aime sans illusion à trois signes : la fidélité du souvenir, l'acceptation de la souffrance, le don de soi... Pour qui sont nos pensées, nos douleurs, nos donations ?...

 

Prière

 

O Notre Dame, nous voulons être recueillis, réfléchis, aimants ; faites-nous vos communications. Mais apprenez-nous en même temps à les saisir sans ambiguïté, à  les observer sans inconstance Vous devez avoir, dans l'intimité, tant de choses à nous dire ; si grand est en nous, à défaut du désir, le besoin d'un tenir compte !...

 

O Marie, conçue sans péché, Priez pour nous qui avons recours à vous.

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Texte extrait du « Mois de Marie à la Grotte de Lourdes », Abbé Archelet, Librairie P. Lethielleux, Paris, 1908

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18 mai 2014

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

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Dix-neuvième jour

Les Prêtres

 

En confiant à Bernadette la mission dont nous l'avons vue s'acquitter auprès de son curé, que faisait la Dame ? Elle reconnaissait d'abord le droit sacerdotal : « Allez dire aux prêtres ». Le prêtre est l'intermédiaire obligé entre Dieu et l'homme. Personne ne peut se passer de lui : trait d'union vivant, infrangible. Toutes les religions ont eu leurs prêtres ; les prêtres existeront toujours. Lorsqu'on se targuera d'avoir divorcé avec les représentants des sacerdoces authentiques, on s'en ira dans les Loges s'inféoder aux Vénérables. La parodie sera justicière de l'idée outragée. On ne voulait pas de la dignité réelle, on embrassera la mascarade.

« Allez dire aux prêtres », dit la Dame, pour mieux mettre en saillie le droit sacerdotal. Ce droit, elle l'avait reconnu quand, quarante jours après la naissance de Son Divin Fils, elle s'était rendue au Temple pour s'y purifier, comme si la blancheur, en son essence, pouvait devenir plus blanche encore. Ce droit, elle le reconnaît, à nouveau, en s' adressant à Bernadette : il est sacré, imprescriptible, inaliénable ; il ressort de la volonté positive de Dieu, et Jésus Lui-même, grand-prêtre éternel, fondateur du sacerdoce évangélique, l'a respecté ; il envoyait les lépreux aux prêtres, et il ordonna, à Paul, terrassé sur le chemin de Damas, de s'en référer, pour l'oeuvre de sa sanctification, à Ananie. Quiconque voudra se dispenser du prêtre supprimera le grand ressort, le moteur nécessaire, dans le fonctionnement de l'organisme religieux. On ne peut mettre en branle le Surnaturel dans le monde que par les prêtres. Tous les rêves, toutes les tentatives de séparations laïques, ne prévaudront jamais contre ce droit.

Or, tout droit implique un devoir, et nous trouvons, en la parole de la Dame, l'indication du devoir sacerdotal : « Allez dire aux prêtres qu'il doit se bâtir ici... » Bâtir est la mission du prêtre ; démolir, celle facile et grossière, de ses ennemis : le Bien a le génie de la construction ; le Mal, celui de la démolition. En bâtissant, le prêtre ressemble à Dieu qui a bâti toutes choses, et à Jésus qui a été, selon sa propre expression, le bâtisseur de son Eglise : « Tu es Pierre et sur cette pierre Je bâtirai Mon Eglise ». Or, à l'instar de Dieu qui a créé le monde des esprits et le monde des corps, le prêtre bâtit spirituellement et matériellement. Il édifie le temple spirituel avec le dogme, la morale, les sacrements : matériaux divins. Et il est, de la sorte, l'illuminateur, le purificateur, le sanctificateur, qu'on ne remplace point. En bâtissant les âmes, il bâtit, par concomitance, les familles et les peuples. L'Histoire nous l'apprend : de lui sont nés l'organisation française, l'esprit français, la langue française, le cœur français, la conscience française.

« Simon, fils d'Onias, est le grand-prêtre qui pendant sa vie répara la maison du Seigneur, et durant ses jours affermit le Temple. Par lui furent posées les fondations pour porter au double le mur élevé qui soutient l'enceinte du Temple » (Ecclésiastique 50, 1, 2). La construction matérielle continue à incomber au sacerdoce. Jéhovah avait résolu, depuis Salomon, d'habiter, parmi les enfants des hommes, en une maison sainte. Jésus, faisant déborder la mesure d'amour, a voulu assurer jusqu'à  la consommation des âges et multiplier, au gré des chrétiennes et des chrétiens, son eucharistique présence. C'est avec l'or des riches, les oboles des pauvres, les travaux des artistes et les sueurs des tâcherons, que le prêtre édifie le temple matériel dont il est le gardien. Et toujours, en quelque coin du monde, se répercutera, sûre d'être entendue, l'injonction de la Dame : « Allez dire aux prêtres qu'il doit se bâtir ici... »

Tous les emplacements, pour la construction du Surnaturel, ne sont pas propices. Heureux le prêtre à qui la Vierge, pour le récompenser de ses prières et le tirer de ses indécisions, fait dire : « ici ! » La localisation du devoir facilite, en le précisant, son accomplissement. Dans la parole de la Dame, se trouve la garantie de la liberté sacerdotale : « Allez dire aux prêtres qu'il doit se bâtir ici une chapelle ».

Comment sera bâtie cette chapelle, dans quelles proportions, quelle en sera l'organisation matérielle, comment devra y fonctionner le culte ? C'est l'affaire des prêtres : ils sont libres de construire, d'organiser, comme ils l'entendent. L'ordre émane de Dieu, l'exécution, en son ensemble et ses détails, est du ressort des prêtres. La Dame, respectueuse de leur autonomie, ne risque point d'emprisonner leur initiative personnelle, leur liberté d'action, leur ministère. Les dons de Dieu sont sans repentance ; les droits qu'il consent à nous départir ne sont jamais des leurres. Les hommes jaloux, étroits, sont forts pour les empiètements ; Dieu, immensément large, n'entrave aucune spontanéité, maintient, en leurs limites, toutes les tolérances. Seuls, les manoeuvres et les sots retirent en pratique ce qu'ils ont donné en théorie.... Quand donc la liberté mieux comprise permettra-t-elle à chacun de jouir, en toute tranquillité, de sa place au soleil ?.... Les églises appartiennent aux prêtres comme les prétoires aux juges, les tribunes politiques aux parlementaires, les casernes aux soldats : il faut les y laisser. Le caprice mène à la démence ; le despotisme à l'anarchie...

 

Examen

 

Respectons-nous les prêtres ? les nôtres surtout, car la Religion catholique étant la seule vraie ; nos prêtres sont les représentants du seul vrai sacerdoce.... Si les Protestants respectent leurs ministres, les Juifs leurs rabbins, les Musulmans leurs imams, et nous ne saurions trop les en louer, de quel respect ne devons-nous pas entourer nos prêtres !... Voyons-nous en eux les délégués, les mandataires de Jésus-Christ ? Ils remplissent ses fonctions, ils tiennent sa place, ils s'identifient avec sa personne auprès des âmes !... Les écoutons-nous ? leur obéissons-nous ? Les défendons-nous ?... Les persécutions dont on les accable à cause de Jésus nous les devraient rendre plus chers.... Comme les premiers chrétiens persécutés aimaient leurs prêtres !... Les aidons-nous à remplir leur devoir de bâtisseurs... L'impiété a volé leurs biens, mais ils ont gardé leur honneur.... Ce qu'a démoli la Politique haineuse, il faut que la Charité le reconstruise... Elle a démoli l'éducation par la neutralité laïque : à nous de la rebâtir par l'apostolat du Catéchisme.... Elle a démoli la Famille par le divorce, à nous de la rebâtir par l'apologie et indissolubilité... Elle a démoli la société par le bannissement de Dieu : à  nous de la rebâtir par le relèvement des chrétiennes et sociales vertus... Elle a appauvri les églises, en attendant, si elle le peut, de les fermer : à  nous de les doter de nos bonnes œuvres pour y conserver le culte et y tenir le plus grand nombre de cœurs ouverts à Dieu...

N'entravons-nous pas quelquefois, par nos mutineries, nos oppositions ou nos froideurs, la liberté sacerdotale ?... C'est aux prêtres qu'il appartient de mener les paroisses, et on rencontre des paroissiens et des paroissiennes qui, par leurs générosités, leurs ingérences ou leurs intrigues, voudraient mener les prêtres,... Laissons les prêtres libres : Dieu se charge d'asservir ceux qui abuseraient de leur liberté... Dans les églises, il y a, parmi les chapelles latérales ou circulaires, la chapelle de la Vierge : elle est même d'ordinaire le mieux ornée... Dans le temple de notre âme, notre dévotion à la Vierge, telle une chapelle mystique, est-elle l'objet de nos soins particuliers ?... « Je veux, nous dit la Vierge, qu'on bâtisse une chapelle ici » : dans votre cœur... Comment honorons-nous Marie ?... Ne laissons-nous passer inaperçue, sans décoration supplémentaire de notre âme, aucune de ses fêtes ?... Que sont, sous ce rapport, nos samedis ?... Comment sanctifions-nous jusqu'ici son Mois de Mai, déjà  à son déclin ?...

 

Prière

 

O Notre Dame, si, enfant, vous vous montrâtes souverainement respectueuse, au temple, envers les prêtres de la vieille alliance, quel ne doit pas être votre respect pour les prêtres de votre Fils Jésus !... Comme il devait vous tarder, s'il est permis de vous attribuer la plus légitime impatience, de mettre Bernadette en relations avec les prêtres, seuls capables de continuer, après l'enfant, l'oeuvre de votre prédilection, à Lourdes!... Des prêtres, d'aucuns n'en voudraient plus.... Mais vous, vous en voulez, et vous les appelez.... On les maudit, bénissez-les ; on les dépouille, secourez-les ; on les attaque, défendez-les ; si on les expulse, ramenez-les. Les prétendus bâtisseurs de liberté ont donné leur mesure.... Il est temps que, pour sauver la France, vous inspiriez au peuple désabusé la résolution de s'éloigner des exploiteurs et de se rapprocher des prêtres en les chargeant, devant les ruines sociales, de rebâtir ici !...

 

O Marie, conçue sans péché, Priez pour nous qui avons recours à vous.

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Texte extrait du « Mois de Marie à la Grotte de Lourdes », Abbé Archelet, Librairie P. Lethielleux, Paris, 1908

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12 mai 2014

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

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Treizième jour

Les Secrets

 

Le lendemain, mardi 23 février, avait lieu la septième Apparition. Interrogée sur ce que la Dame lui avait dit, Bernadette répondait qu'elle avait reçu trois secrets, mais que ces secrets ne regardaient qu'elle seule. La voyante ajoutait que les confidences qui lui avaient été faites ne pouvaient être communiquées à personne, pas même à son confesseur. Des indiscrets ont cherché bien souvent, soit par insinuation, soit par ruse, soit par des promesses, à arracher à l'enfant les révélations de la Vierge. Toutes les tentatives ont échoué, et Bernadette a emporté avec elle ses secrets dans la tombe. Les Apparitions avaient fait de la voyante un disciple du Surnaturel ; les dépositions en avaient fait un témoin ; les contrariétés, une éprouvée ; les secrets en firent une initiée. Ainsi le voulait la logique progression de l'oeuvre : on est élu, on parle, on souffre : dès avant l'entrée définitive dans la lice, on est récompensé par l'initiation.

Or, l'initiation, nécessairement mystérieuse, revêt toujours la forme du Secret. Ce qu'il y a au monde de plus vital et de plus captivant est ce qui est le plus caché. Aussi, innombrables sont les secrets, et les ausculteurs de la curiosité sont sans cesse en éveil. Il y a les secrets de la nature, les secrets de la religion, les secrets du génie ; les secrets de l'intelligence : les secrètes pensées ; les secrets du cœur : les secrètes amours; les secrets d'état, les secrets professionnels ; les secrets de société : les sociétés secrètes Seuls, les intimes, sont les initiés. En latin, le mot secret est synonyme de sacrement : « Sacramenta regis abscondere bonum est : il est bon de cacher les secrets du roi, disait l'archange Raphaël à Tobie ». Le secret pourrait être défini le sacrement de l'amitié : signe sensible institué par le cœur pour produire, comme autant de grâces naturelles, les initiations et les intimités. Bernadette, recevant des secrets de la Dame, devenait une amie intime, une initiée...

Or, le secret, qu'apporte-t-il ? Il apporte, toujours une révélation de haute estime. Avant de s'ouvrir, quand on a le souci de sa dignité et qu'on ne veut pas s'exposer aux mécomptes, on sonde le terrain, on étudie, on tâte ceux en qui on pourra s'épancher. Et l'on ne se décide aux aveux, enveloppés jusque-là d'ombres épaisses, que lorsqu'on a acquis la certitude d'être bien compris, mieux aimé. Le secret communiqué est alors, non une expectoration d'enfant, une prurition de vanité maladroitement satisfaite, mais un hommage judicieux rendu à l'intelligence, à la délicatesse de celui, de celle à qui nous le livrons. Sur cette estime intellectuelle, morale, se greffe la confiance qu'on ne sera point trahi. Et l'estime et la confiance font éclore, selon les circonstances et les personnes, l'amour ou l'amitié.

Ainsi agit la Dame envers Bernadette : elle la juge prête aux communications confidentielles, et lui témoigne la plus haute estime avec le plus profond attachement ! Le secret apporte, quelquefois, la révélation d'une joie. Une bonne aubaine, depuis longtemps désirée, arrive enfin : on réserve la primeur de la nouvelle aux amis : joie individuelle. La famille nourrit l'espoir d'un prochain rejeton, un héritage est sur le point d'échoir, une amélioration notable de situation se prépare : on en prévient les amis : joie familiale. Mis au courant des arcanes de la diplomatie, des élaborations de la politique, on est, dès la veille, renseigné sur l'événement, coup de bourse, coup d'état, vrai coup de baguette magique, qui rendra plus riant l'aspect des lendemains : on en cause, à mots couverts mais suffisamment compréhensibles, avec ses amis : joie sociale. Le projet d'une fête a été conçu, une décision importante pour le fonctionnement de la paroisse, pour la dignité et l'indépendance de l'église, pour la prospérité d'une congrégation, là où la liberté permet aux congrégations de fleurir, va être prise : on le sait, on en parle aux amis : joie religieuse.

Les secrets de la Dame renfermèrent sûrement une part de joie pour Bernadette : pendant l'Apparition, ses yeux eurent les étincellements, ses lèvres les sourires, ses traits la grâce que nous avons décrits. Il fallait que l'enfant fût d'une pureté, d'une humilité, d'une efflorescence d'âme bien agréable à Dieu, pour que la Vierge, se confiant à elle, lui ménageât ces jubilations, ces transports de céleste bonheur. La Dame est-elle aussi contente de nous ? Ses secrets, pour nous, seraient-ils un écho de sa joie maternelle ? Heureuses les âmes qui inspirent à Marie un tel contentement !

Le secret apporte, souvent la révélation d'une grande souffrance. On n'en peut plus ; à l'insu du voisinage, parce qu'on a des coquetteries de pudeur, on est martyrisé en son âme, sinon en son corps ; on mugira comme un torrent, si l'on n'a pas l'occasion de murmurer comme un ruisseau ; on a trouvé le consolateur, la consolatrice, et les sons qu'on exhale ressemblent à des glas. Le mystère de la plupart des existences humaines est fait de larmes que les yeux se refusent à verser devant les yeux d'autrui : on nous voyait sourire, on nous entend gémir... Les notes tristes ne manquèrent certes point aux secrets de la Dame : à la fin de l'extase, on vit Bernadette se traîner à genoux, jusque sous l'églantier, se recueillir, baiser terre et retourner, toujours sur ses genoux, à la place momentanément abandonnée. Cette souffrance de Marie ne pouvait venir que des pécheurs pour lesquels déjà elle avait conseillé de prier.

Ah ! Si, quand le tentateur nous incite au péché, nous prenions l'habitude de songer à la Dame, et de nous écrier en un bond d'indignation : « Non, je ne veux point pêcher : la Dame souffrirait », quel réconfort nous puiserions, pour la lutte, en cette évocation filiale ! Ainsi peut-être, s'il n'est pas inconvenant de risquer une interprétation des intimités de la Vierge avec son initiée, les trois secrets commis à Bernadette furent : le premier, une révélation d'estime ; le second, une révélation de joie ; le dernier, une révélation de douleur. Trilogie sacrée dont nous ne pourrons jamais, profanes, connaître au juste le motif musical et l'harmonie, ici-bas !...

 

Examen

 

N'aurions-nous pas aimé recevoir comme Bernadette les secrets de la Dame ? Quelle lumière, quel honneur, quelle sécurité pour cette enfant !... Le secret est créateur d'amitié : on se met toujours un peu, pour quelques minutes au moins, sur un pied d'égalité avec celui, celle à qui on se livre.... Le secret est illuminateur de conduite : ce qui nous manque, c'est de voir les choses de Dieu, et celles de notre âme : l'initiation aux arcanes donne le mot de quelques-unes des énigmes qui entourent notre être.... Le secret est inspirateur d'amour : un lien plus fort unit ceux qui se sont parlé, en excluant les autres du mystère des intimités.... Le secret est sanctificateur de vie quand il émane, directement ou indirectement, de Dieu : voyant mieux, aimant plus, se sentant moins seul, on se sanctifie davantage...

Telle grâce de lumière plus vive, telle impulsion spirituelle plus vigoureuse, n'ont-elles pas été, au cours de notre vie, comme des secrets que nous communiquait la Vierge ?... Je n'ai rien entendu, disait le Père Ratisbonne, mais j'ai tout compris.... De même, sans rien entendre matériellement, nous comprenons tout au fond de notre cœur, comme si nous avions tout entendu.... Il en est beaucoup parmi les dévots de la Vierge à qui sont parvenus de la sorte quelques-uns des célestes secrets...

Etudions-nous, éprouvons-nous nos amis avant de les initier à nos pensées intimes ? On en trouve si peu qui soient capables de porter, de garder, de comprendre un secret !... Trop parler nuit... La parole est d'argent et le silence est d'or... On ne se repent jamais de s'être tu, quand le devoir ne commande pas de parler... Avons-nous été sobres dans nos épanchements de joie ?... La joie est si facilement mauvaise conseillère.... Il faut beaucoup de vertu pour rester Saint, avec un peu de cette joie qu'apporte, par intervalles, la réussite dans la vie.... La prospérité est un vin capiteux pour les petites cervelles.... Le plaisir, rendant très expansif, est surtout redoutable.... La révélation de son secret à Dalila fit de Samson le bouc émissaire et la victime de ses ennemis...

Avons-nous été plus sobres encore de paroles au temps de la douleur ?... C'est alors qu'il faut du flair pour le choix de ses confidentes et de ses confidents.... La souffrance nous incline à mendier la consolation comme des enfants.... On s'affaiblit en s'ouvrant, et par l'ouverture où a passé la compassion passe vite, si l'on n'y veille, le péché... Au deuil du bonheur s'ajoute, en ces occurrences, le deuil plus navrant des vertus... On aurait dû se taire, on a parlé, on s'est découronné... Le secret confié a-t-il été pour nous un dépôt sacré ? Ne nous sommes-nous jamais départis de la discrétion, de la reconnaissance, de la fidélité, que le secret impose ?... Que de fois les petits mots préparent les gros mots !...

 

Prière

 

O Notre Dame, nous ne sommes point assez saints pour mériter vos secrètes communications, à l'instar de Bernadette. Mais si vous vous décidiez, malgré notre indignité, à révéler vos impressions sur nous, serait-ce de la joie ou de la tristesse que notre conduite ferait monter de votre cœur à vos lèvres ?... Nous ne sommes pas assez délicats pour vous rendre joyeuse, et nous sommes assez indifférents, je n'ose dire criminels, pour vous faire pleurer... Parlez-moi quand même dans le tête-à-tête, dans le cœur-à-cœur de la grâce dont vous êtes la distributrice... Dites vos secrets mécontentements, je me corrigerai ; vos secrètes angoisses, je les consolerai ; vos secrètes allégresses, je tâcherai de les accroître et les partagerai !...

 

O Marie, conçue sans péché, Priez pour nous qui avons recours à vous.

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Texte extrait du « Mois de Marie à la Grotte de Lourdes », Abbé Archelet, Librairie P. Lethielleux, Paris, 1908

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21 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

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Vingt-deuxième jour

Marie figurée par Rachel

« Rachel était belle, d'un visage agréable » (Genèse 29, 17). « Rachel, sentant que la violence du mal la faisait mourir, et étant près d'expirer, nomma son fils Bénoni, c'est-à-dire « le fils de m douleur » (Genèse 35, 18).

 

Rachel, figure de Marie

 

Les interprètes des Livres Saints ont vu, pour certaines raisons d'analogie, une figure de Marie en Rachel, la célèbre épouse de Jacob, comme dans les autres femmes illustres de l'Ancien Testament. Les traits de ressemblance entre l'une et l'autre sont, en effet, très frappants.

 

Réflexion

 

Rachel signifie « Brebis », et ce nom seul rappelle déjà Marie, choisie de Dieu pour être la Mère de Jésus, l'Agneau qui efface les péchés du monde, Agneau sans tache et plein de mansuétude. Moi aussi, j'appelle Marie ma Mère ; mais quelle différence entre Jésus et moi ! Jésus efface le péché, et moi je le commets et le fais commettre aux autres ; Jésus est la douceur même, et moi je suis d'un difficile caractère et vindicatif. Je l'espère, cependant, Marie agira envers moi comme une mère, et m'aidera à me corriger.

 

Traits de ressemblance entre Rachel et Marie

 

La beauté incomparable de Marie a été figurée par celle de Rachel. Le Patriarche Jacob aima Rachel d'un amour sans mesure, et Dieu aima Marie non seulement plus que toutes les autres femmes, mais plus que toutes les créatures. Enfin Rachel prit soin de Joseph, figure de Jésus, et Marie prit soin de Jésus : Rachel mourut en donnant le jour à Benjamin, et Marie souffrit les plus déchirantes angoisses en enfantant les hommes, que Jésus s'était substitués et en nous donnant par Jésus la vie de la Grâce.

 

Réflexion

 

Je dois en toute vérité être appelé par Marie « l'enfant de sa douleur », en raison de mes péchés sans nombre, et de l'affliction si profonde qu'ils ont causés à Son Cœur en procurant la douloureuse mort de Jésus, Son Fils Bien-Aimé. Si, au moins aujourd'hui, j'avais cessé de mériter ce triste nom ! Ah ! Je le promets à ma Mère désolée, ce nom ne sera plus le mien.

 

Pensée pratique

 

Nous considérant comme les enfants du Cœur transpercé de Marie, comprenons qu'il ne nous suffit pas de Lui rendre un amour quelconque ; nous Lui devons un amour vraiment filial, l'amour le plus tendre dont notre cœur soit capable.

 

Réflexion

 

Si je veux me montrer un véritable enfant de Marie, toutes les fois que je penserais à mes péchés, je me rappellerai en même temps Ses Douleurs, et ce souvenir contribuera puissamment, je l'espère, à faire naître en moi l'esprit de componction et à me maintenir dans la fidélité à mes devoirs.

 

Colloque

 

Le Saint Esprit me recommande de ne jamais oublier les gémissements de la mère qui me donna cette misérable et passagère existence. Combien plus dès lors ne suis-je pas obligé de garder le souvenir constant des douleurs de Celle qui souffrit bien plus encore pour m'enfanter à la vie surnaturelle de la grâce ! C'est Vous, ô belle et gracieuse petite Marie, c'est Vous qui fûtes destinée à devenir pour moi cette seconde mère. Je Vous reconnais dès maintenant pour telle, et jamais, je n'oublierai les cruelles angoisses que Vous avez endurées pour moi, pauvre pécheur. Afin de Vous témoigner ma reconnaissance, je prends la résolution d'être prêt à faire pour l'amour de Vous tous les sacrifices, comme une preuve que je Vous reconnais, ô Marie, pour ma véritable Mère. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Réciter sept je Vous salue Marie en l'honneur de Notre Dame des Sept Douleurs.

Aspiration : « Par Vos Douleurs, ô Mère très Douce, obtenez Miséricorde aux pécheurs ».

 

Exemple

Une grâce, qui n'en semble pas une, est obtenue de Marie Enfant

 

Une dame de Milan raconte ainsi le fait suivant, dans lequel elle eut la part principale :

« Au mois de juillet dernier, un télégramme m'appela inopinément à la campagne, hors de l'archidiocèse, pour assister un de mes petits neveux, âgé d'un peu plus de six ans, nommé Auguste, pris soudainement de la terrible maladie de la diphthérite. J'y volais en toute hâte, mais à dire vrai, le cœur brisé de douleur, persuadée que j'allais être témoin d'une scène des plus déchirantes. Je savais devoir trouver les parents du petit malade les yeux tout humide encore des larmes versées à la mort d'un autre de leurs enfants, nommé Gaston, ravi à leur amour depuis trois mois seulement, à l'âge de quatre ans.

Je me les représentait en proie à la douleur de perdre encore Auguste, qui allait être le neuvième de leurs enfants morts à cet âge si tendre. J'allais voir cet enfant que j'aimais tant, lutter en vain contre la violence de la fatale maladie, se débattre dans les étreinte d'une lente et cruelle agonie, et rendre enfin le dernier soupir. Ô mon Dieu, de quelle amertume ces tristes images ne remplissaient-elles pas mon cœur durant le voyage ! Mais une autre pensée venait de temps en temps rasséréner mon âme : je m'étais munie d'un remède qui, j'en avais la confiance, guérirait mon neveu en danger. Ce remède n'était autre que du coton béni par le contact de la Sainte Image de Marie Enfant. Cette pensée semblait me faire sortir d'un abîme de douleur.

A mon arrivée, je trouvai hélas ! Toutes choses telles que mon imagination ne me les avait que trop fidèlement dépeintes. Mon petit neveu était presque à l'extrémité ; tous les assistants versaient des larmes. Moi-même je laissai couler les miennes ; mais l'espoir de sauver l'enfant me donna du courage. « Allons, dis-je, prions Marie Enfant ». Nous priâmes quelques temps, mêlant nos pleurs à nos prières. Je mis ensuite un peu de coton bénit dans un verre d'eau et j'en donnai à boire au cher malade ; le pauvre petit, sachant que c'était une eau bénite par la Santissima Bambina, s'efforça – et avec quel élan de confiance ! – d'en avaler au moins quelques gouttes, car sa gorge si enflammée ne laissait plus rien passer et à peine pouvait-il respirer. J'appliquai ensuite le saint coton à la gorge de l'enfant, espérant toujours une crise heureuse et sa guérison. Monsieur le Curé vint peu après, pour la seconde fois, lui donner sa bénédiction. Qui pourrait dire avec quelle marques de dévotion le petit malade écoutait les paroles du Prêtre ; il priait avec lui et demandait pardon de ses péchés. Pour moi, je tremblais à l'idée de me résigner à la perte de ce petit ange. Chaque fois que je lui parlais de Marie Enfant, il me répondait par un sourire vraiment céleste.

Tout à coup il se tourna vers sa mère, qui se tenait près de lui, et, de son mieux, il la pria de le couvrir comme s'il eut voulu dormir. Sa mère le fit ; l'enfant resta alors dans cette position et ne fit plus aucun mouvement. Son âme innocente, sans secousse, sans agonie, s'était envolée dans les bras de la Sainte Vierge.

O vertueuse mère d'Auguste, je prends part à ta douleur : voilà, en effet, la neuvième victime que la mort te demande en si peu d'années ; mais aussi je te porte une sainte envie, attendu que c'est le neuvième enfant que tu donnes au Ciel. La Reine des Anges, éprise de tes enfants, te chérit tendrement, car tu es mère de petits anges ».

 

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29 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

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Trentième jour

Marie figurée par la Femme de l'Apocalypse

« Un grand signe apparu dans le ciel : c'était une femme revêtue de soleil, ayant la lune sous ses pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles » (Apocalypse 12, 1).

 

La Femme de l'Apocalypse, figure de Marie

 

Saint Ambroise, Saint Augustin, Saint Bernard et plusieurs autres docteurs voient, dans cette mystérieuse femme, une admirable figure de la Très Sainte Vierge.

 

Réflexion

 

Dieu, voulant manifester aux hommes Sa Miséricorde préférablement à Sa Justice, choisit parmi les plus pures créatures le sexe le plus faible, la femme, et, ayant formé Marie, il l'éleva si haut, l'orna de dons si sublimes et si rares, et la fit participer à ses divines perfections à un degré tel, qu'Elle ne saurait Elle-même comprendre Sa grandeur. Je puis donc prendre courage au milieu de mes misères, en pensant que, malgré cela et même précisément à cause de cela, le Dieu de Miséricorde voudra bien faire éclater en moi Sa Miséricorde infinie.

 

Raisons de cette ressemblance

 

C'est chose certaine : dans la Femme de l'Apocalypse, tous les Saints Pères reconnaissent l'Eglise. Mais, dans un certain sens, l'Eglise, c'est Marie : car la Sainte Eglise est, pour ainsi dire, résumée tout entière en Marie, en tant que Marie est Mère de Jésus, Chef Divin de l'Eglise et de tous les membres qui la composent. Comme l'Eglise, Marie est revêtue de soleil, c'est-à-dire de Jésus-Christ, qui l'investit entièrement et l'orne de Son Esprit, de Ses Vertus et des Dons de Sa Grâce. Comme l'Eglise, Marie a sous Ses pieds la lune, c'est-à-dire, selon l'explication de Saint Grégoire, toutes les choses terrestres et instables, qu'Elle méprisa, et dont Elle se servit, comme d'un marche-pied, pour arriver à la possession des biens immuables et éternels. Enfin, douze étoiles, représentant les douze Apôtres, lui forment une couronne, car, après avoir reçu le Saint Esprit, au jour où Il descendit en même temps sur Marie et sur eux, les Apôtres travaillèrent à étendre le Royaume dont Jésus est le Roi et Marie la Reine. (Les douze étoiles symbolisent aussi les douze Tribus d'Israël ndlr).

 

Réflexion

 

Quelle consolation n'est-ce pas pour moi de savoir que j'appartiens à cette Sainte Eglise représentée par Jésus comme Chef, et par Marie comme Mère de tous les membres de ce Corps Mystique ! Je me garderais donc d'être dans l'Eglise comme un membre gangrené et difforme, m'efforçant au contraire de travailler à me perfectionner chaque jour davantage dans la pratique des vertus.

 

Pensée morale

 

Puisque Marie représente l'Eglise, la dévotion à Marie est conséquemment une des marques les plus évidentes, les plus indubitables qu'on appartient à la véritable Eglise militante, et un des signes les plus certains qu'on est prédestiné à faire un jour partie de l'Eglise triomphante dans le Paradis.

 

Réflexion

 

Serai-je sauvé ? Telle est la préoccupation qui, de temps en temps, vient m'assaillir et remplir mon cœur de perplexité. Qu'ai-je à répondre ? Je ferai tout mon possible pour honorer, servir et aimer Marie, et j'aurai ainsi l'assurance de mon Salut éternel. Oui, la dévotion à Marie est la marque des prédestinés.

 

Colloque

 

O la douce et consolante pensée que celle-ci, ô Marie ! En Vous voyant, Dieu voyait et Il voyait encore toute l'Eglise, particulièrement toute la famille de Ses élus. En Vous, en effet, Il voyait encore la Mère de tous les fidèles, la Reine de tous les Saints, en Votre qualité de Mère de Jésus, de Mère de la Grâce et de la Miséricorde. Je dois donc, ô très Sainte et très Aimable Enfant, faire tous mes efforts pour me tenir uni à Vous, pour m'attacher à Vous, Vous servir, Vous aimer et Vous imiter. Malheur à moi si Vous n'accueillez sous Votre égide maternelle les imparfaits et les pauvres pécheurs ! Je serai perdu ; le Seigneur ne me reconnaîtrait plus que pour un des siens ; Jésus me rejetterait comme un étranger, et c'en serait fait de moi. Mais Vous, ô Céleste Petite, j'en ai l'assurance, Vous me protégerez et me reconnaîtrez pour vôtre, malgré ma misère, pourvu que je désire me corriger et devenir meilleur. Oui, ô Marie, je le désire, et je l'espère de Votre toute-puissante intercession, car Vous êtes la Mère du Bel Amour, de la crainte, de la science et de la Sainte Espérance. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Demander pardon à Marie des fautes commises pendant ce mois qui s'achève.

Aspiration : « Vous qui êtes la Reine des Martyrs, donnez-moi la force dans les maux qui m'arrivent ».

 

Exemple

Deux grâces merveilleuses obtenues par la dévotion à Marie Enfant

 

Une excellente femme se voyait dans l'impossibilité de se servir de son pied gauche, à cause d'une vive douleur qu'elle ressentait au talon. S'étant présentée au chirurgien d'un grand hôpital de Milan, celui-ci, après un examen attentif, lui déclara que le traitement serait long et douloureux. En attendant, il ordonna à la pauvre estropiée d'appliquer pendant quarante-huit heure un vésicatoire énergique sur la partie malade, de revenir ensuite se faire visiter, et là, il verrait, par l'effet du vésicatoire, quels remède employer. Une des parentes de l'infirme lui mit donc le vésicatoire, mais en même temps elle plaça par dessus un de coton bénit par le contact de l'image miraculeuse de la Santissima Bambina, en exhortant la patiente à se recommander avec Foi à Marie. La malade ne tarda pas à s'endormir et reposa tranquillement toute la nuit. Le lendemain matin, voulant se lever, elle prenait, comme d'habitude, de grandes précaution pour ne pas se faire mal au talon en le heurtant par mégarde, et elle n'osait se décider à poser le pied par terre, alors surtout qu'elle était sous l'action du douloureux médicament. Pourtant elle ne sentait plus aucune douleur, et il lui semblait être guérie. « Ô chère petite Madone, dit-elle, serais-je donc guérie ? Essayons ». Tout doucement d'abord, elle pose le pied sur le pavé ; elle l'appuie ensuite d'avantage, le talon surtout, mais elle n'éprouve aucun mal. « Il n'y a plus de doute, s'écrie l'heureuse femme, mon mal a disparu ; Marie Enfant m'a guérie ». En effet, ayant enlevé l'emplâtre, on trouva le vésicatoire encore intact ; la guérison était visiblement due tout entière au coton béni de Marie Enfant.

Voici une autre grâce obtenue par l'intercession de la Santissima Bambina : Le jour de la Nativité de la Très Sainte Vierge, en 1886, venait au monde, à Trévise, une enfant qui reçut au Baptême ne nom de Maria Bambina, car on attribuait son heureuse naissance à la Vierge Enfant, à qui sa pauvre mère s'était recommandée. La pauvre femme s'était vue à toute extrémité à la naissance de ses deux premiers enfants, et les avait perdu en leur donnant le jour. Ce troisième accouchement s'annonçait dans des conditions encore plus alarmantes, et néanmoins Marie Enfant ne se contenta pas de sauver la mère, mais elle préserva l'enfant de tout accident. Aussi, en régénérant cette petite dans les eaux du baptême, voulut-on imprimer sur elle, pour ainsi dire, le souvenir de la faveur obtenue, en lui donnant, comme nous l'avons dit, le nom de Maria Bambina.

 

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28 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

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Vingt-neuvième jour

Marie figurée par l'épouse du Cantique des Cantiques

« Vous êtes belle, ô ma bien-aimée, et pleine de douceur ; Vous êtes belle comme Jérusalem, et terrible comme une armée rangée en bataille » (Cantique 6, 3).

 

Marie est représentée directement par l'épouse du Cantique des Cantiques

 

L'Abbé Rupert et d'autres interprètes expliquent le Cantique des Cantiques de Salomon dans le sens particulier, mais principal (comme le remarque Cornelius a Lapide), de l'Amour mutuel de Jésus et de Marie. C'est aussi ce que fait la Sainte Eglise, qui, dans le culte d'hyperdulie qu'elle rend à Marie, se plaît à tresser avec les versets de ce Cantique sacré la couronne de louanges qu'elle lui décerne.

 

Réflexion

 

Quand on veut se former une idée, au mois vraisemblable, de l'amour réciproque de Jésus et de Marie, on doit se représenter d'un côté l'amour de tous les enfants pour leurs mères, de l'autre amour de toutes les mères pour leurs enfants, et, après cela, reconnaître que l'amour mutuel de Jésus et de Marie est au-dessus de toute comparaison. Pour tout dire en un mot, c'est un amour immense et sans mesure, un amour digne d'un Dieu et de la Mère d'un Dieu. Et moi, malheureux pécheur, je laisse mon cœur rester encore si froid dans l'amour de Jésus et de Marie !

 

Marie est figurée indirectement par l'épouse du Cantique des Cantiques

 

Dans le sens premier, total et adéquat, le sujet du Cantique des Cantiques, c'est l'amour réciproque de Jésus et de son épouse, la Sainte Eglise ; mais l'Eglise est représentée par Marie, comme la fille par sa mère. Pareillement, dans son sens second, partiel, le Cantique sacré nous chante l'amour de Jésus-Christ pour l'âme juste ; mais l'âme de Marie n'a-t-elle pas été formée par Jésus lui-même comme une parfaite image de la sienne, et comme le prototype de tous les élus et de tous les saints ?

 

Réflexion

 

Quelle reconnaissance ne dois-je pas à Dieu de m'avoir fait naître dans la véritable Eglise ! Hélas ! Sans cela je n'aurais pas appris à aimer Marie. Quel malheur c'eût été pour moi ! Ô Marie, Marie, je reconnais que Vous méritez un culte tout particulier, et je me sens dans une vraie nécessité de Vous aimer de tout mon cœur. Plutôt mourir que de ne pas aimer Marie !

 

Conséquence pratique

 

Penser à Marie, c'est penser à l'oeuvre la plus parfaite, qui, parmi les pures créatures, soit jamais sortie des mains du Tout-Puissant, et ait été produite par l'Amour infini de Dieu pour les hommes. La dévotion à Marie doit donc être sans mesure, comme le culte que lui décerne l'Eglise est incomparablement supérieur à celui qu'elle rend aux autres Saints.

 

Réflexion

 

Voici ce que je me propose de faire à l'avenir : chaque fois que je prierai Jésus, je Lui demanderai la grâce qui m'est la plus chère, celle de m'apprendre à aimer Marie d'un filial amour ; et, quand je parlerai aux hommes, je les prierai de m'aider à aimer Marie, et je ferai tous mes efforts pour que tous les cœurs soient embrasés d'un si beau, si profitable, si délicieux amour.

 

Colloque

 

Anges du Paradis, et vous tous Saints du Ciel et de la terre, unissez-vous à moi pour louer Marie Enfant. Ô bien-aimée Petite, quelles louanges Vous donnerai-je ? Je ne sais, car Votre grandeur est au-dessus de toute louange ? Vous êtes les délices de Dieu, qui Vous aima toujours, qui Vous sanctifia dès le premier instant de Votre Conception, qui répandit dans Votre âme la plénitude de Sa Grâce. Soyez donc aussi toutes mes délices, ô Marie. Ô très belle, très gracieuse petite Marie, oui je veux Vous aimer, Vous aimer toujours, Vous aimer de tout mon cœur et à tout prix, parce que Vous le méritez, parce que Jésus, dont je dois imiter l'exemple pour pouvoir me sauver, m'a appris à Vous aimer ainsi. Je Vous en conjure, ô Sainte Enfant, accordez-moi de connaître toujours plus votre ineffable amabilité, afin de toujours mieux Vous servir, Vous louer, Vous glorifier et Vous aimer du plus ardent amour. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Visiter Marie Enfant, ou, si on ne le peut, prier quelques instants devant son image.

Aspiration : « Vous êtes assise dans la Gloire, ô ma Mère, obtenez-moi d'être assis à Vos pieds ».

 

Exemple

Deux guérisons obtenues par l'intercession de Marie Enfant

 

Une personne de Milan, nommée E.R., languissait depuis six mois sur son lit, par suite d'une paralysie qui lui avait complètement enlevé l'usage des jambes. Se voyant dans cet état, absolument incapable de venir en aide à sa famille, et sans espoir de guérir, abandonnée qu'elle était des médecins, l'infortunée se laissait aller à une affliction profonde et faisait compassion à tous ceux qui venaient la voir. Nul ne pouvait parvenir à relever son courage, tant il lui semblait impossible de recouvrer à jamais la santé. Il était réservé à Marie Enfant d'apporter à la pauvre paralytique une complète consolation. En effet, entendant parler des grâces signalées, parfois même miraculeuses, que la Santissima Bambina accordait à pleines mains à ceux qui se recommandaient à son intercession, elle songea à prendre, elle aussi, pour obtenir sa guérison, ce moyens si conforme aux sentiments de Foi et de piété qui l'animaient. Elle pria donc une de ses amies de faire toucher au saint Berceau de la Vierge Enfant quelques linges qu'elle lui remit. A peine les eût-on rapportés ainsi bénis, qu'elle les appliqua sur les parties paralysées de son corps et aussitôt elle fut guérie.

Une autre grâce presque semblable fut accordée à une jeune femme de la province de Milan. Depuis cinq mois elle gardait le lit, retenue par une si énorme enflure des jambes, qu'il lui était impossible de faire le moindre mouvement sans des douleurs assez violentes pour occasionner des spasmes. Comme la malade dont nous avons parlé précédemment, elle recourut par la prière à la Vierge Enfant, et, s'étant procuré du coton qui avait touché au saint Berceau, elle en enveloppa ses membres enflés et continua à se recommander assidûment à la Céleste Petite pendant neuf jours. Ce temps écoulé, toute l'enflure disparut comme par enchantement, la malade se trouva complètement guérie, et ses forces étaient si bien revenues qu'elle voulu consacrer ses premiers pas à se rendre à la Chapelle de Marie Enfant, en action de grâces de la faveur qu'elle venait de recevoir.

 

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27 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

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Vingt-huitième jour

Marie figurée par Esther

« Le roi (Assuérus) aima Esther plus que toutes ses autres femmes, et elle trouva grâce et faveur devant lui au-dessus de toutes » (Esther 2, 17).

 

Esther, figure de Marie

 

Saint Bonaventure reconnaît en Esther cette ressemblance avec Marie, quand il dit : « La Souveraine des Anges et des hommes est figurée par la reine Esther ».

 

Réflexion

 

Esther signifie « cachée ». Or Marie, considérée dans toute la suite de sa vie sur la terre, peut être appelée à juste titre l'âme cachée par excellence. Sa vie, en effet, fut entièrement ignorée du monde, et les Evangélistes eux-mêmes n'en parlent qu'avec une brièveté mystérieuse. C'est qu'il convenait que la Mère du Dieu véritablement caché l'imitât jusqu'à l'héroïsme dans Sa vie cachée et inconnue aux hommes. Mais à cette obscurité devait succéder pour Elle une glorification qu'on pourrait dire presque divine, après Sa triomphante Assomption. Heureux serais-je, moi aussi, si je sais vivre inconnu au monde et uniquement occupé à louer Dieu.

 

Traits de ressemblance entre Marie et Esther

 

La reine Esther plut au roi Assuérus, plus que toutes les autres femmes, et fut si agréable à ses yeux qu'il lui promit la moitié de son royaume, et la révocation du décret ordonnant la destruction du Peuple Juif. De même Marie, à qui l'Ange adressa ces paroles : « Vous avez trouvé grâce devant le Seigneur » (Luc 1, 30), a été établie par Dieu Corédemptrice du monde, Reine du Ciel et de la terre, et Dispensatrice de Sa Miséricorde.

 

Réflexion

 

La beauté véritable, c'est la Beauté Divine. Marie fut divinement belle, non seulement dans Son corps, chef d'oeuvre du Dieu qui l'avait choisie pour Mère, mais aussi et bien plus encore dans Son âme, toute remplie de Grâce, de Dons Célestes et de Sainteté. Celui dont l'âme est belle, est assuré d'être aimé de Dieu et de faire ses délices. Ô vanité du monde, qui n'estime que la beauté matérielle ! Puissé-je ne jamais tomber dans une telle illusion !

 

Pensée morale

 

Voulons-nous que Marie nous fasse participer aux effets de la Miséricorde Divine ? Imitons-la en étant miséricordieux envers les autres : « Bienheureux les miséricordieux, parce qu'ils obtiendront eux-mêmes Miséricorde » (Matthieu 5, 7).

 

Réflexion

 

L'amour de miséricorde et de compassion le plus excellent, et qui révèle une vraie Charité envers le prochain, c'est celui qu'on pratique en compatissant aux peines des autres, quand leur défauts peuvent occasionner des désagréments et surtout leur faire perdre l'estime et la bienveillance. Je m'appliquerai donc de toutes mes forces à faire régner cet amour dans mon cœur.

 

Colloque

 

O Marie, quand je Vous contemple au Ciel, assise à la droite de Votre Divin Fils sur le Trône Auguste de Votre Gloire, et investie de cette Majesté ineffable qui convient à la Reine du Ciel et de la terre, j'éprouve une sentiment de souverain respect et en même temps de vive confiance, car, si Vous êtes Reine, Vous êtes aussi notre Avocate et le Refuge des pécheurs. Mais lorsque ensuite je Vous considère comme une toute petite Enfant, telle que Vous l'étiez aux premiers jours de Votre vie mortelle, ce que je ressent est plus que du respect, et je suis doucement pressé d'en user envers Vous avec tout l'abandon dont mon cœur est capable. Et alors, si je le pouvais, de combien de baisers ardents et pleins d'amour je couvrirais Votre gracieux visage ! Quelles caresses je Vous prodiguerais ! Comme je Vous embrasserais et Vous serrerais étroitement sur mon cœur ! Cependant, la Foi me découvrant sous ces dehors de l'enfance Celle qui doit être un jour la Mère de mon Dieu, vient arrêter mon élan, et me dire de me regarder comme indigne même de baiser le berceau où Vous reposez et les langes qui Vous enveloppent. Au milieu de ces sentiments différents, l'amour dont je suis enflammé pour Vous veut se faire une issue, et force ma langue à Vous répéter et à Vous protester que je Vous aime, ô très aimable Petite, que je veux Vous aimer toujours d'avantage, et Vous aimer toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Faire souvent des actes d'amour envers Marie.

Aspiration : «  O Mère aimable, Mère Tendre et Clémente, je Vous donne mon âme ».

 

Exemple

Marie Enfant console une mère qui la prie

 

Les grâces sont accordées à ceux qui prient avec dévotion et avec Foi. Et, parce que c'est un fait reconnu que, chez les femmes Chrétiennes, la prière réunit le plus souvent ces deux conditions, il n'y a pas lieu de s'étonner que souvent aussi, elles trouvent place dans les exemples de grâces que nous relatons ici. Celui que nous allons citer est encore une faveur obtenue par une mère au profit de sa jeune enfant.

Dans une ville de Lombardie, une femme dont les traits altérés annonçaient une grande douleur, se présenta à son Curé afin de savoir de lui quelle pratique de dévotion elle devait faire pour obtenir une grâce à sa petite fille : « « Si vous la voyiez, disait-elle, cette pauvre enfant ; elle est pleine de santé et belle comme un petit ange ; seulement, alors qu'à son âge les autres enfants balbutient déjà depuis longtemps quelques mots, ma petite continue à être complètement muette. Elle aura bientôt deux ans, et je n'ai pu l'entendre dire « maman » ou « papa ». Mon Dieu, quel malheur ! » Et, achevant ces mots, la mère toute émue se mit à pleurer. « Ne vous chagrinez pas, ma brave femme, lui répondit le Curé ; je connais un remède qui pet guérir même les enfants muets : c'est de prier la Santissima Bambina. Tenez, prenez ceci ». Et en même temps il lui présenta une médaille de Marie Enfant. « Suspendez cette médaille au cou de votre petite, ajouta-t-il, recommandez sa guérison avec confiance à Marie, et vous verrez que, par son intercession, le Bon Dieu vous consolera ». Encouragée par ces bienveillantes et saintes paroles, la bonne mère se retira, résolue à commencer sans délai une Neuvaine à la Vierge Enfant. Jusqu'à la fin de cette Neuvaine, sa ferveur alla toujours croissant. Le dernier jour arrivé, elle venait d'achever son pieux exercice, lorsqu'elle entendit soudain sa petite fille l'appelant de la chambre où elle était couchée, et prononçant distinctement le mot « maman ». Hors d'elle-même, la pauvre femme accourut, ne se possédant pas de joie, et de nouveau, à plusieurs reprises, l'enfant répéta : « Maman, maman... », au milieu des baisers dont la couvrait sa mère. La Santissima Bambina avait délié la langue de la petite fille de Sa servante.

 

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26 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

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Vingt-septième jour

Marie figurée par Judith

« Et Judith dit :... Louez le Seigneur notre Dieu : Il n'a point abandonné ceux qui ont espéré en Lui, et, par moi sa servante, Il a fait éclater Sa Miséricorde » (Judith 13, 17-18).

 

Judith, figure de Marie

 

« Marie, dit Saint Bonaventure, a été bien représentée par Judith, cette femme dont le nom est si célèbre ».

 

Réflexion

 

Le nom de Judith signifie « qui loue Dieu », et, pour ce motif, Judith peut être déjà considérée comme une parfaite figure de Marie. Nous sommes, en effet, autorisés à le croire, Marie, depuis Sa Conception Immaculée, a toujours loué le Seigneur ; mais Sa louange revêtit un caractère plus sublime encore depuis le moment où Elle devint la Mère de Jésus. Son Cantique Magnificat devait être pour Elle comme une mélodie continuelle par laquelle Elle charmait le Cœur du Verbe Incarné. Et moi, jusqu'à présent ai-je imité Marie comme j'y étais obligé ? Tout devrait m'exciter à louer le Seigneur ; mais, au milieu de cet univers, immense concert de voix qui s'unissent pour bénir le Très-Haut, ne resté-je point muet et indifférent peut être pendant un temps considérable, ou, si quelque fois je loue Dieu, mon cœur de ne demeure-t-il point étranger à ce qu'expriment mes lèvres ? Combien j'ai mieux à faire à l'avenir !

 

Comment Judith a été la figure de Marie

 

Judith a été la figure de Marie d'abord par sa chasteté, louée en ces termes par le grand-prêtre et par le peuple : « Vous avez déployé un courage viril et vous avez eu un cœur ferme, parce que vous avez aimé la chasteté » (Judith 15, 11). Or, Marie fut un vrai prodige de chasteté. Par suite, Elle fut un prodige de force et de courage, et de même que Judith, en coupant la tête d'Holopherne, délivra Béthulie des Assyriens qui l'assiégeaient, de même Marie, en écrasant la tête du Serpent infernal, fut la Libératrice du monde entier.

 

Réflexion

 

Pour imiter Marie, il ne doit point suffire de ne pas obéir à mes passions, mais je dois, en outre, m'efforcer de leur couper la tête, c'est à dire travailler de tout mon pouvoir à mortifier celle qui domine toutes les autres ; le plus souvent cette passion est l'orgueil.

 

Application pratique

 

Le Démon est l'ennemi né de Marie, qui est destiné par Dieu à le combattre et à le vaincre, non seulement par son avantage personnel, mais encore pour le nôtre. Donc, un moyen assuré pour triompher des tentations, c'est le recours à Marie.

 

Réflexion

 

Pour résister aux tentations, il ne devra pas me suffire d'invoquer le Nom de Marie, si terrible à l'Enfer ; je ferai plus encore : afin de prévenir les assauts de l'Ennemi, je renouvellerai dons souvent cette salutaire invocation, et par là je me rendrai en même temps plus facile la pratique de la vertu.

 

Colloque

 

Quand je me rappelle, ô Très Sainte Petite Marie, l'action éclatante de Judith tranchant la tête d'Holopherne et délivrant ainsi ses concitoyens de la servitude et d'une ruine entière, je me sens pressée de louer le Dieu Tout-Puissant, qui, par la main d'une faible femme, a fait une œuvre si merveilleuse. Mais j'exalte bien plus encore cette puissance infinie de Dieu lorsque je pense qu'Il a voulu se servir de Vous, ô Marie, pour arracher à l'esclavage du tyran infernal l'humanité tout entière asservie à son empire. Ah ! Qu'il est vrai de dire : « Le Puissant fit pour moi des merveilles... Il a déployé la force de son bras ! » Louange donc et bénédiction au Seigneur ! Mais Vous, ô Bien-Aimée Petite, je Vous prie et Vous conjure de me retenir sur la pente du péché, qui aboutit à l'esclavage du démon. Il Vous suffit pour cela de me tenir à l'abri sous le bouclier de Votre Protection. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Dès qu'on est tenté, implorer aussitôt le secours de Marie.

Aspiration : « O Vous, la Vierge des vierges, rendez mes affections chaque jour plus pures ».

 

Exemple

Guérison d'un horrible mal obtenue par l'intercession de Marie Enfant

 

Depuis longtemps déjà une excellente femme ressentait aux narines de vives douleurs. Ce quelle redoutait devint bientôt une réalité : ce mal n'était autre qu'un affreux cancer se développant progressivement. Malgré toute la patience et la résignation de la malade, la nature de son mal et la vivacité de la douleur, qui ne lui laissait pas un instant de repos, la mettaient dans un état à faire pitié à tous. Parmi les personnes qui, de temps en temps, venaient la visiter pour la consoler, se trouvait une amie dont le cœur était rempli de Charité et de solide piété. Cette dame, apprenant de la maladie l'inutilité des remèdes non moins douloureux que variés employés pour la guérir : « Eh bien ! Lui dit-elle, puisqu'il en est ainsi, c'est un signe qu'il fait faire usage des remèdes surnaturels, et recourir à la prière, plus puissante que tous les remèdes naturels ». « Et qui devrais-je prier ? », répondit la pauvre malade. « Mon cœur me dit, repartit son amie, que si nous confions votre guérison à Marie Enfant, nos vœux seront exaucés ». La malade eut à peine entendu prononcer le nom de Marie Enfant qu'elle sentit naître en son âme une douce espérance d'être guérie. Les deux amies commencèrent immédiatement une neuvaine à la Santissima Bambina, et en même temps elle se procurèrent un peu de coton bénit par le contact de la sainte image, afin de l'appliquer sur le mal. Quand la malade eut reçu un flocon de ce précieux coton, elle ressentit qu'il était le remède souverain destiné à la guérir. Se recueillant alors un instant, elle prononça du fond de son cœur ces paroles : « O Marie Enfant, guérissez-moi, s'il Vous plaît ». Puis, avec une grande Foi, elle posa et pressa le coton son son mal, en répétant toute émue la même prière. Un moment après, avec l'impression d'une personne qui se sent guérie, elle enleva le coton. Non-seulement le cancer s'était arrêté subitement, mais il avait entièrement disparu, sans même laisser l'ombre d'une cicatrice qui rappelât l'horrible mal. Au pieux lecteur de juger de la joie et de la reconnaissance excitées par une si merveilleuse guérison, dans le cœur de celle qui en était l'objet.

 

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24 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

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Vingt-cinquième jour

Marie figurée par Déborah

« Or, il y avait une prophétesse nommée Déborah... Déborah et Barac chantèrent ce cantique ». (Juges 4, 4 ; 5, 1).

 

Déborah, figure de Marie

 

Le nom de Déborah signifie « abeille » et les Saints Pères comparent, en effet Marie à l'abeille. D'autre part, Cornelius a Lapide affirme que Déborah a été véritablement une figure de la Très Sainte Vierge.

 

Réflexion

 

Le nom d'abeille convient admirablement à Marie. En effet, au sens spirituel, elle a véritablement produit le miel céleste qui est Jésus, dont le Nom est doux comme le miel, dont la Miséricorde adoucit tous les cœurs, dont la grâce répand la suavité sur toutes les amertumes de l'esprit. En outre, Marie Elle-même, par Son Nom, par Sa Tendresse Maternelle, par Sa protection tout d'Amour, distille incessamment le miel dans l'âme de ses enfants et de ses serviteurs. Suis-je en droit de dire que je ressemble à ma Céleste Mère ? Mes procédés envers le prochain, au lieu d'être doux comm le miel, ne sont-ils point, au contraire, amers comme l'absinthe ?

 

Ressemblance entre Déborah et Marie

 

Barac ne consentit point à marcher contre l'ennemi, sans être accompagné par Déborah : de même Jésus, et après lui, les Apôtres et tous les Saints, ont pris et prendront toujours pour compagne, dans leurs entreprises, Marie, Mère de Jésus et Reine de tous les Saints. De plus Déborah, après la mort de Sisara, tué par Jahel, entonna un cantique sublime : de même Marie, devenue Mère du Vainqueur de l'Enfer a chanté Son Divin Cantique.

 

Réflexion

 

Si cette vie est un combat, et si je veux m'assurer le triomphe final, celui duquel dépend le cantique de la victoire, je devrai me couvrir du manteau de Marie, comme d'un bouclier impénétrable, et m'attacher à ma Céleste Reine par une dévotion constante. Je ne cesserai donc pas un instant de réclamer Son assistance, je ferai tout ce qu'Elle m'inspirera, et ainsi je bannirai toute crainte. Combattre avec Marie, c'est être certain de la victoire et du Salut.

 

Pensée pratique

 

Pour assurer le succès de toute entreprise, il suffit de mettre sa confiance en Marie, notre douce protectrice, qui peut et veut nous assister dans tous nos besoins.

 

Réflexion

 

Marie peut nous secourir en toute occasion : c'est une vérité aussi certaine que Sa qualité de Mère de Dieu. Elle est disposée à le faire en effet : c'est encore une vérité tout aussi indubitable, car c'est Elle notre Mère. L'essentiel est donc de la prier avec une Foi vive, parce qu'Elle est la Mère de Dieu, et de recourir à Elle avec la ferme confiance d'être exaucé, parce qu'Elle est notre Mère.

 

Colloque

 

O très gracieuse petite Marie, vos dévots serviteurs Vous comparent à l'abeille, non seulement parce que Vous en avez la pureté et l'activité infatigable, mais encore parce que, comme l'abeille a tout à la fois le miel et l'aiguillon, ainsi, pour ceux qui Vous honorent, Vous avez, malgré leurs fautes, la douceur du miel, et, pour les ennemis des âmes, Vous êtes terrible comme une armée rangée en bataille. Eh bien ! Aimable Petite, soyez pour moi toute douceur et toute clémence, j'en ai besoin, car je suis un grand pécheur ; mais, je Vous en conjure, combattez aussi avec moi et pour moi les ennemis de mon Salut, auxquels j'ai cédé tant de fois. De grâce, ô Marie, aidez-moi à leur résister, à les vaincre, à les désarmer, afin que je puisse chanter éternellement avec Vous l'hymne de la victoire. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Porter sur soi quelque objet de piété en l'honneur de la Très Sainte Vierge.

Aspiration : « O Vous qui êtes la Reine de tous les Saints, nous Vous demandons avec larmes grâce et miséricorde ».

 

Exemple

Marie Enfant guérit instantanément la fille d'une de ses fidèles servantes

 

Les grâces corporelles ont pour but le bien du corps ; cependant, quand Dieu les accorde, Il a toujours en vue le bien de l'âme, et c'est dans le même but que Marie Enfant intervient pour nous les obtenir. Le bienfait reçu soulage le corps, c'est vrai, mais, pour le recevoir, toujours il a fallu prier, quelquefois même longtemps et avec une ferme confiance. Une fois obtenu, ce bienfait produit nécessairement en celui qui en a été l'objet, un accroissement d'amour et de reconnaissance envers la céleste Bienfaitrice ; il opère en même temps un renouvellement de dévotion dans tous ceux qui en ont connaissance, en leur faisant comprendre toujours mieux la bonté et le pouvoir de Marie Enfant. Voici maintenant le récit de la guérison que nous avons annoncée :

La pieuse comtesse N.N., avait une petite fille de onze ans. Depuis trois semaines, cette enfant ne pouvait plus garder aucun aliment, si peu qu'elle prit. Tout les soins étaient inutiles, tous les remèdes impuissants. Cependant, elle dépérissait à vue d'oeil, et sa mère, qui l'aimait tendrement, était dans des angoisses mortelles. « Allons, dit un jour la comtesse à sa fille, recourons à Marie Enfant et Elle nous consolera ». L'enfant y consentit avec joie. Alors la mère et la fille commencèrent ensemble à implorer avec beaucoup de ferveur et de confiance l'intercession de la Santissima Bambina, et firent des prières spéciales à cette intention. Une grâce si ardemment sollicitée ne se fit pas longtemps attendre. Un soir, la petite fille, qu'un jeûne si prolongé avait exténuée et anéantie, se tourne tout à coup vers la comtesse : « Maman, dit-elle, tu ne sais pas, un ange, oui un ange vient de me dire que je suis guérie ». Et la mère hors d'elle-même : « Dieu le veuille, ma chérie, mais en attendant tu ne peux pas encore prendre de nourriture... » A quoi l'enfant répond : « Je me sens faim. C'est si vrai que j'ai envie de manger de la viande salée ; donne-m'en, et tu verras ». La mère n'était pas encore convaincue. Cependant elle fit apporter à sa fille ce qu'elle désirait. Il était onze heures du soir. L'enfant mangea sans difficulté, assurant que ce repas lui restaurait l'estomac et qu'elle ne s'était jamais sentie si bien depuis qu'elle était au monde. En effet, elle s'endormit ensuite, et passa toute la nuit dans un sommeil tranquille ; le lendemain son estomac était en parfait état : la guérison était manifeste. La comtesse s'empressa de la conduire au Sanctuaire de la Vierge Enfant, où toute deux rendirent à Marie les plus affectueuses actions de grâces.

 

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22 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

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Vingt-troisième jour

La Très Sainte Vierge figurée par Marie, sœur de Moïse et d'Aaron

« Marie, la prophétesse, sœur d'Aaron, prit donc un tambourin et toutes les femmes marchèrent à sa suite, ayant aussi des tambourins et formant des choeurs de musique. Et Marie chantait la première, disant : « Chantons des hymnes au Seigneur, car Il a fait éclater Sa Gloire, et Il a précipité dans la mer le cheval et le cavalier » (Exode 15, 20-21).

 

Myriam, sœur de Moïse et d'Aaron, figure de la Très Sainte Vierge

 

Dans le texte du Livre de l'Exode que nous venons de citer, la sœur de Moïse et d'Aaron est pour la première fois appelée Marie (on ne lui donne pas ce nom aux versets 4 et 7 du chapitre 2) ; c'est seulement, en effet, après le passage de la Mer Rouge qu'elle commença à être la figure de la Très Sainte Vierge. Tel est le sentiment de Cornelius a Lapide sur ce texte.

 

Réflexion

 

Le nom de Marie signifie d'abord « élevée », et, à cause de cette signification, Marie, sœur de Moïse et d'Aaron, qui fut élevée au-dessus de toutes les femmes d'Israël pour être leur conductrice, figure bien la Vierge Marie, dont l'élévation à quelque chose de vraiment divin. Or, qu'ai-je fait, moi, pour exalter et glorifier ma céleste Reine ? Ai-je célébré Ses fêtes avec la dévotion convenable ? Me suis-je acquitté avec ferveur et assiduité des pratiques de piété qui vont à Son honneur ? Si j'ai à me réformer sur ce point, je promettrai sincèrement à Marie de le faire.

 

Raisons de cette ressemblance

 

Marie, sœur de Moïse, chante l'hymne de la délivrance de la servitude d'Egypte, et Marie, Mère de Jésus, chante son divin « Magnificat ». Celle-là, par Son exemple, invite les autres femmes d'Israël à se livrer à la joie, et Marie est pour les autres femmes le parfait modèle de toutes les vertus. Toutes les deux sont vierges : l'une est prophétesse, l'autre la Reine des Prophètes. « Dans l'Ancien Testament, dit Saint Ambroise, la vierge israélite guidait le peuple dans le passage de la mer : dans le Nouveau, la Vierge Marie, devenue Mère du Roi des Cieux, est choisie pour procurer le Salut des hommes ».

 

Réflexion

 

Pour ma part, je ne dois rien souhaiter plus vivement que d'avoir Marie pour guide et d'être aidé par Elle à effectuer heureusement, par une sainte mort, le passage de cette vie à l'éternité. Alors, là-haut, dans la Terre Promise du Paradis, je pourrais chanter éternellement un hymne de reconnaissance. Je suivrais donc toujours la route tracée par les exemples de ma Céleste Mère.

 

Application morale

 

Le caractère de la vraie dévotion à Marie, c'est la fidélité et l'application à marcher sur les traces de cette Vierge Sainte et à l'imiter dans la pratique de la vertu. Voilà la partie essentielle de cette dévotion ; tout le reste doit être considéré comme accessoire.

 

Réflexion

 

En ce qui la concerne, Marie est fidèle à me servir de guide sur la mer de ce monde, par les saints exemples qu'Elle m'a données de toutes les vertus. Le malheur est que je La perds facilement de vue et, au lieu de La suivre, je m'abandonne à l'impulsion de mes passions. Et qui sait combien peu il s'en faut encore peut être pour que mon sort soit fixé, et que je sois destiné à être bienheureux au Ciel avec Marie, ou damné dans l'Enfer avec les démons ? Au quoi je veux me résoudre ?

 

Colloque

 

O Marie, si le monde vous avait connu des Votre Enfance, il aurait pur comprendre le sens de Vos vagissements, et il les eût écoutés avec plus de joie qu'aucun hymne de triomphe ; car, en entendant cette voix enfantine, il eût appris qu'Elle venait enfin de paraître sur la terre Celle qui devait l'affranchir de l'esclavage du démon. Pour moi, ô Marie, je Vous reconnais avec bonheur comme notre Libératrice, et je remercie Dieu de vouloir bien par Vous, si je suis fidèle à Vous suivre dans les voies de la Sainteté, me faire traverser sain et sauf la mer orageuse de cette vie et arriver au port de la Bienheureuse éternité. Ô très aimable Marie Enfant, aidé de Votre secours, j'ai l'espérance d'être enfin délivré de mes ennemis et de pouvoir chanter avec Vous : « Il a renversé les grands de leur trône et exalté les humbles ».

 

Pratique : Prendre un temps pour méditer sur l'un des mystères de la Vie de la Très Sainte Vierge.

Aspiration : « Reine des Confesseurs, faites que ma vie rende gloire à notre Sainte Foi ».

 

Exemple

Guérison d'une religieuse converse, dévote à Marie Enfant

 

Nul ne peut douter : Marie, Mère de la Grâce, obtient de Dieu des faveurs de tous genre à ceux qui ont recours à Elle ; cependant se sont surtout celles de l'ordre temporel que mentionne l'histoire. Assurément les grâce accordées dans l'ordre spirituel sont en très grand nombre ; mais, étant surtout intérieures, elles demeurent plus facilement le secret de ceux qui les reçoivent. Par ailleurs, le commun des lecteurs trouve plus d'attrait au récit des faits sensibles. Tels sont les motifs pour lesquels, dans le catalogue des prodiges dus à l'intercession de Marie Enfant, on conserve surtout la relation des grâces temporelles. Voici une autre guérison opérée, au moyen de la dévotion à la Santissima Bambina, en faveur d'une Sœur converse du Couvent des Dames Anglaises établi à Darjeeling, dans l'Himalaya :

Depuis longtemps déjà, cette religieuse était atteinte de la spinite. Les douleurs très aiguës qu'elle éprouvait dans l'épine dorsale et aux genoux, l'empêchaient de marcher et de se tenir debout sans appui pour aller d'un lieu à un autre, elle était réduite à se traîner en rampant. Une personne dévote à Marie Enfant lui remit un jour une médaille de la Santissima Bambina. A cette vue, la malade se sentit l'âme inondée d'une joie inconnue, jointe à une confiance d'être bientôt guérie par l'intercession de cette douce Vierge et rendue ainsi plus utile à sa Communauté.

Sans tarder, elle commença avec beaucoup de ferveur une Neuvaine de prières à Marie Enfant. Les premiers jours, la Sainte Vierge voulut mettre sa Foi à l'épreuve ; le mal s'aggrava même à ce point que, dans l'excès de la souffrance, la pauvre Sœur ne pouvait plus prononcer une parole. Bien loin de perdre courage, elle prit alors la médaille bénie et la posa sur sa poitrine ; à l'instant même, elle recouvra la voix. Elle se la plaça ensuite sur l'estomac, puis sur les genoux. A ce contact sacré, elle se sentit inspirée de se lever ; aussitôt elle se dressa seule et se tint debout sans l'aide de personne. Soutenue par deux religieuses, elle voulut essayer de faire quelques pas, et, peu d'instants après, laissant tout appui, elle se mit à marcher seule et librement, à la stupéfaction et à la grande joie de celles qui furent témoins d'un fait si merveilleux. Par suite de cette guérison miraculeuse et inattendue, la dévotion à Marie Enfant commença, on le comprend, à jeter de profondes racines sur ces hautes montagnes de l'Asie, ce qui fait espérer pour ces Chrétientés lointaines une moisson abondante en fruit de Salut.

 

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15 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

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Seizième jour

Marie figurée par le palmier

« Le juste fleurira comme le palmier » (Psaume 91)

 

Le palmier figure de Marie

 

« J'ai étendu mes branches comme le palmier de Cadès » (Eccl. 24, 18) « Le palmier, dit Cornelius a Lapide, représente mystiquement la Bienheureuse Vierge ». Aussi l'Eglise fait-elle de ce symbole, comme des autres, l'application à Marie, dans le culte qu'elle lui rend.

 

Réflexion

 

Le Juste est celui qui, fidèle à toutes ses obligations, s'applique à suivre en tout et toujours le bon plaisir de Dieu. On le compare pour ce motif au palmier fleuri, parce qu'il embellit son âme des fleurs de toutes les vertus, et par suite s'enrichit de magnifiques fruits de bonnes œuvres et de mérites excellents pour le paradis. À ce compte, suis-je en droit d'être appelé Juste ? Désiré-je au moins me rendre digne d'un si beau titre ?

 

Raisons de la ressemblance entre le palmier et Marie

 

Le palmier est un très bel arbre, dont la tendance est de toujours s'élever ; il produit des dattes, espèce de fruit très doux, et ses branches sont employées comme un emblème de victoire. Ainsi en est-il de Marie. Dans l'église (appelée par les Saints Pères le « délicieux jardin de palmiers de Jésus-Christ »), Elle s'élève au-dessus de tous les Saints comme leur Reine ; Elle offre aux hommes les doux fruits de Sa Clémence, et leur donne la victoire sur leurs ennemis spirituels.

 

Réflexion

 

Si je ne travaille pas à acquérir la perfection propre à mon état, au lieu d'édifier le prochain en m'élevant aux plus hauts sommets de la vertu, j'irai toujours en déclinant et en me traînant dans la fange d'imperfections de toutes sortes, et je mériterai d'être foulé aux pieds comme un vil arbrisseau et jeté au feu comme un herbe inutile.

 

Pensée morale

 

Marie invite ses serviteurs à apprendre d'Elle la sainte crainte de Dieu. « Venez, mes enfants, écoutez-moi, je vous enseignerai la crainte du Seigneur » (Psaume 33). Profondément enracinés dans ce sol de la sainte crainte de Dieu, nous pourrons, nous aussi, semblables à des palmiers croissant et grandissant près de Marie, résister victorieusement aux tentations et produire des fruits de sainteté.

 

Réflexion

 

On ne peut se passer de la sainte crainte de Dieu ; si nous n'avons pas celle des parfaits, qui craignent Dieu parce qu'ils l'aiment, ayons au moins celle des imparfaits, qui le craignent parce qu'il châtie les pécheurs. Cette seconde crainte doit toujours demeurer dans notre âme, tant que nous sommes sujets au péché ; elle est comme la racine de la vie du Juste, qui, malgré son avancement dans la perfection, sent néanmoins de temps en temps le besoin de recourir à ce frein pour ne pas offenser Dieu.

 

Colloque

 

O très aimable Petite Marie, l'Esprit Saint Vous compare à un beau palmier, élevé et chargé de fruits ; c'est de moi au contraire qu'Il parle lorsqu'Il compare les pécheurs à la paille, à la balayure, aux épines et aux productions viles et infructueuses de ce genre. Et ce n'est que trop juste. Vous, par Votre sublime sainteté, Vous êtes digne de cet honneur ; mais moi, avec toutes mes misères et mes péchés sans nombre dont je me suis rendu coupable jusqu'ici, je mérite toutes les qualifications les plus humiliantes. Malgré cela, je me sens encore le courage de m'approcher de Vous, de Vous contempler et de Vous adresser mes supplications. Et pourquoi ? Ah ! Sainte Enfant, parce que, si Vous êtes un palmier, les fruits de grâce que Vous produisez si abondamment me sont réservés. Je Vous en conjure donc, inclinez-Vous vers moi, Palmier céleste, daignez me faire part des doux fruits de vos faveurs ; alors, j'en ai la confiance, nourri de cet aliment délicieux, je deviendrai moi-même un arbre fécond en fruits dignes de la gloire éternelle. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Faire une pratique de piété extraordinaire pour honorer Marie Enfant.

Aspiration : « Mère très Chaste, obtenez-moi, je Vous en supplie, la grâce d'être toujours maître de mes sens et de mon cœur ».

 

Exemple

Marie Enfant préserve d'une mauvaise mort un malheureux égaré

 

Une jeune dame, plongée dans une grande affliction, venait souvent se prosterner dans l'oratoire de Marie Enfant, la priant avec une dévotion qui indiquait une confiance sans borne en Sa protection. Quel était l'objet de ses supplications ? C'était la conversion d'un de ses frères, qui, depuis longtemps menait une vie indigne d'un Chrétien et en était arrivé jusqu'à se moquer de la religion. Sur ces entrefaites, ce pauvre jeune homme fut atteint d'une maladie ayant tous les caractères de la phtisie ; le malheureux marchait donc à grands pas vers l'éternité. Tremblant pour le sort de son frère, la pieuse dame essaya, mais en vain de lui persuader de se préparer à la mort, si prochaine pour lui humainement parlant. Mais chaque fois qu'elle ouvrait la bouche pour prononcer le mot de Confession, il entrait dans une fureur et ne lui répondait que par d'horribles blasphèmes. Sa pauvre sœur en était consternée et désolée à un point qu'on ne saurait dire. Cependant la Santissima Bambina lui réservait la plus douce consolation. Un jour, s'approchant du malade pour lui présenter à boire, elle eût soin de mêler à l'eau un peu de coton béni. Le malade but quelques gorgées, et au même instant survint le Curé de la paroisse. La bonne dame demanda à son frère s'il voulait bien le recevoir ; celui-ci répondit que ce qu'il voulait c'était d'être laissé tranquille. A cette annonce, le Curé se retira, disant qu'en cas d'accident, aussitôt averti il serait là. Peu après, le malade demanda lui-même d'un ton très calme à sa sœur si le Curé était encore dans la maison. « Et pourquoi me le demandes-tu ? », lui dit-elle. A quoi il répondit : « Je désire le voir... lui parler... me confesser. » On peut s'imaginer l'étonnement et la joie de la pieuse sœur à cette réponse inattendue ! En toute hâte, elle fait appeler le Curé, qui en un instant est au chevet du malade, et reconnaît en lui un de ces changements opérés par la Droite du Très-Haut : le pauvre moribond était devenu plein de résignation, le pécheur endurci était un pénitent sincère, le contempteur obstiné des Sacrements était animé du désir de se réconcilier avec Dieu et affamé du Pain des Anges. L'heureux converti de Marie Enfant reçut, en effet, toutes les consolations et les secours de la Religion, avant d'être, par la mort, séparé de sa sœur et des autres membres de sa famille fondant en larmes, larmes de douleur, parce que le défunt leur était enlevé, mais aussi larmes pleines de suavité et d'intime douceur devant une mort si belle, dans laquelle se révélait bien la puissance de Marie Enfant auprès de Dieu, en faveur de ceux qu'on Lui recommande avec confiance.

 

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20 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

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Vingt-et-unième jour

Marie figurée par Rebecca, mère de Jacob

« Rebecca revêtit Jacob de très beaux vêtements d'Esaü..., elle lui mit autour des mains la peau des chevreaux et lui en couvrit les parties nues du cou » (Genèse 27, 15, 16).

 

Rebecca, figure de Marie

 

Comme mère de Jacob, qui fut tout ensemble l'ancêtre et la figure de Jésus-Christ, Rebecca est la figure de Marie, selon le sentiment de plusieurs commentateurs de nos Livres Saints.

 

Réflexion

 

Le nom de Rebecca signifie en latin « saginata », c'est-à-dire « nourrie ». Par là encore, cette femme Juive peut être considérée comme la figure de Marie dans l'ordre spirituel, attendu que la Très Sainte Vierge a été nourrie spirituellement par Dieu de l'aliment de la grâce plus parfaitement qu'aucune autre créature, au point d'être appelée « Mère de la Grâce. Si donc je veux recevoir une grâce proportionnée à mes besoins, je m'obtiendrai par une fidèle dévotion envers Marie, de qui je dois l'attendre.

 

Traits de ressemblance entre Rebecca et Marie

 

Rebecca connut, par une révélation d'en haut, les destinées de son fils Jacob : Marie apprit par l'Ange Gabriel et par le Saint Vieillard Siméon celles de Jésus. Rebecca revêtit Jacob, figure des Justes, des vêtements d'Esaü : Marie revêtit Jésus, le Juste par excellence, des dépouilles de l nature humaine pécheresse.

 

Réflexion

 

Quel motif d'humilité et de douleur je dois puiser dans la pensée que, par la coopération de Marie, Jésus s'est revêtu de la nature humaine déshonorée par les péchés des hommes, et souillée encore davantage par tous ceux dont j'ai eu le malheur de me rendre coupable jusqu'à présent ! Mais, j'en ai la confiance, grâce à la protection de Marie, Jésus, en s'en chargeant, les a déjà effacés par les mérites de Sa Passion et de Sa Mort.

 

Pensée morale

 

Marie, figurée par la mère de Jacob, est appelée par Saint Bonaventure « Mère Universelle de tous les fidèles ». Ainsi, pour éprouver plus parfaitement la douce efficacité de cette Maternité de Marie, attachons-nous à Jésus son Fils, avec une Foi de jour en jour plus vive, une Foi pratique, une Foi qui se manifeste par les œuvres.

 

Réflexion

 

Jamais je ne remercierai assez mon Dieu de m'avoir accordé le don de la Foi : mais aussi je dois ne pas cesser un seul instant de veiller sur moi-même, de peur que, ne vivant pas d'une manière conforme à ma croyance, je ne devienne semblable à ce serviteur paresseux de l'Evangile qui enfouit follement le talent qu'on lui avait confié à faire valoir. Toujours je me souviendrais que « le Juste vit de la Foi » (Hébreux 10, 38).

 

Colloque

 

O Sainte Marie Enfant, j'éprouve une joie ineffable en pensant que les plus illustres femmes de l'Ancienne Alliance ont été, dans l'idée de Dieu, prédestinées à Vous figurer, Vous la bénie entre toutes les femmes. Mais je me réjouis particulièrement de Vous voir figurée par Rebecca. Cette mère, en effet, favorisa Jacob son plus jeune fils, de préférence à l'aîné. Et Vous, ô Marie, n'aurez-Vous pas une spéciale affection pour nous autres Chrétiens, qui, venus après la Synagogue, avons été substitués à ses fils dans la fondation de l'Eglise ? Je Vous prie donc, ô très aimable Petite, de pousser vers Dieu Vos tendres vagissements, les Lui offrant, comme autant de prières pour m'obtenir la fidélité aux promesses de mon Baptême, et la grâce de vivre en vrai fils de l'Eglise Catholique, Apostolique et Romaine, dont Vous êtes, ô Marie, la Mère très aimante. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Se tenir avec beaucoup de respect et de modestie dans la Maison de Dieu

Aspiration : « O Marie, Vierge très Prudente, servez-moi de guide au milieu des ténèbres ».

 

Exemple

Opération chirurgicale très dangereuse, parfaitement réussie grâce à l'intercession de Marie Enfant

 

Une dame de Milan obtenait, il y a peu de temps, une guérison par l'intercession de Marie Enfant. Voici comment elle raconte le fait :

« Depuis plusieurs mois déjà, dite-elle, je sentais au côté droit une dureté qui me causait de la douleur. D'après les médecins, elle avait tous les caractères d'une tumeur ; aussi, de leur avis unanime, une opération était le seul moyen de guérison à essayer. Je demandais alors à Marie Enfant de m'inspirer s'il était mieux ou non pour moi de recourir à ce moyen douloureux et difficile, et j'allai la prier dans sa magnifique Chapelle, chez les Sœurs de la Charité. Après l'avoir longuement implorée, je me sentis le courage de me soumettre à l'opération, et en même temps j'eus comme une assurance de son plein succès. Ainsi fortifiée, je m'abandonnai sans la moindre peine aux mains des chirurgiens, étonnés de mon intrépidité. L'intervention terminée, on constata en effet l'évidente intervention de Marie ; en effet, étant données toutes les circonstances, l'art seul et les forces de la natures eussent été insuffisantes à amener une guérison si difficile et néanmoins si parfaitement obtenue. La tumeur était relativement énorme, et, pour l'extraire, je dus subir un véritable et sanglant martyre, d'autant plus pénible que j'étais devenue d'une maigreur effrayante et réduite à un état de prostration extraordinaire. Malgré cela, je n'eus, à la suite de cette opération, qu'une demi-heure de fièvre, et les profondes incision faites dans les chairs mirent relativement peu de temps à se cicatriser entièrement. Aussi ceux qui auparavant avaient craint une issue funeste, ne revenaient pas de leur étonnement en me voyant si promptement rétablie et ne pouvaient s'expliquer une telle merveille. Pour moi je n'avais pas de peine à la comprendre, sachant, à n'en pouvoir douter, que je devais attribuer cette guérison éclatante à la toute-puissante protection de la Santissima Bambina, dont la bénédiction avait rendu efficaces les efforts de l'art, comme je Lui avais demandé avec une si grande confiance ».

 

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19 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

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Vingtième jour

Marie figurée par Sara, Mère d'Isaac

« Et Sara dit : ''Dieu m'a donné un sujet de joie'' » (Genèse 21, 6).

 

Sara figure de Marie

 

Marie a été représentée par Sara, mère d'Isaac, dont le nom signifie « rire » ; en effet, Jésus, Son Divin Fils, a été véritablement la joie du monde entier, comme le déclare l'Abbé Rupert.

 

Réflexion

 

La Sainte mère d'Isaac est encore une figure de Marie. Sara attribua à Dieu la naissance de son fils ; ainsi Marie, après avoir dit à l'Ange : « Qu'il Me soit fait selon Ta Parole », attendit l'accomplissement du Mystère de Dieu qui Lui était annoncé. Dieu seul étant la cause principale de toutes choses, et dans l'ordre de la nature et dans l'ordre de la grâce, c'est à Lui que nous devons toujours rapporter tout bien, à Lui que nous devons en témoigner notre reconnaissance. Sans doute me trouverais bien infidèle sur ce point : désormais je m'efforcerai de me corriger.

 

Raisons de cette ressemblance

 

Sara, déjà avancée en âge, devint, par une faveur particulière de la Providence, mère d'Isaac, en qui toutes les générations devaient être bénies : de même Marie, sans intervention humaine, devait devenir Mère du Sauveur du monde. Sara en se disant sœur d'Abraham, le préserva de la violence des barbares : ainsi, nous adressant à Marie, pouvons-nous lui dire avec Saint Bonaventure : « O Sara, dites aussi que vous êtes notre sœur ; et, à cause de vous, Dieu nous accordera ses biens et nous préservera des assauts des Egyptiens de l'Enfer ».

 

Réflexion

 

Ce qui rendit célèbre l'épouse d'Abraham, c'est qu'Isaac, son fils, était la figure de Jésus-Christ ; et voilà principalement en quoi Sara représente Marie, dont toutes les grandeurs ont leur source dans Sa qualité de Mère de Dieu. À cette gloire, nous pouvons, nous devons même aspirer, nous aussi, en amenant, par l'apostolat Chrétien, à la connaissance, à l'amour, et à l'imitation de Jésus, tant d'infortunés en qui Dieu ne règne pas encore par Sa Grâce et Sa Charité.

 

Application pratique

 

La pensée qu'en recourant à Marie, nous recourons à un membre de l'humanité, appartenant à notre race et à notre famille, mais en même temps réellement et très étroitement uni de parenté avec Dieu, doit être pour nous le plus puissant encouragement à nous montrer ses serviteurs et à espérer tout bien de sa protection.

 

Réflexion

 

Les Saints disent vrai : Marie mérite tellement nos louanges et nos hommages, que tout ce que nous pourrons dire et faire restera toujours bien au-dessous de ce que nous Lui devons. Aussi est-il juste de conclure avec eux que, sauf ce qui appartient exclusivement à Dieu, nous pouvons attribuer à Marie toutes les excellences inimaginables ; or, n'y-a-t-il pas pour nous à le faire une sorte d'enthousiasme et d'ineffable complaisance, puisque, nous le savons, Marie étant de notre famille, toute cette splendeur de la Mère de Dieu rejaillit sur nous ?

 

Colloque

 

Elle fut bien favorisée la mère d'Isaac, en recevant de Dieu, d'une manière si éloignée de toute prévision, la grâce de mettre au monde ce grand Patriarche, qui fut la souche dont voulut naître le Sauveur. Mais, ô Sainte Enfant, Vous êtes sans comparaison plus heureuse et plus privilégiée, Vous qui, dès l'éternité, avez été appelée et prédestinée à devenir la Mère Elle-même de ce Divin Libérateur si longtemps attendu ! Oui, c'est bien à vous qu'il convenait de prononcer ces paroles : « Mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur ! » O Céleste Petite, soyez aussi pour moi une cause de joie offerte par le monde, mais de cette joie véritable jaillissant du Cœur de Jésus et que Vous savez obtenir à Vos serviteurs, joie sainte qui les soutient et les fortifie dans le service de l'amour de Dieu. Cette joie-là, je Vous la demande et je l'attends de Vous. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Prendre la résolution de s'abstenir, pour l'amour de Marie, de boire et de manger hors l'heure des repas.

Aspiration : « Vous êtes la Cause de notre joie, ô Marie, donnez-moi la joie du cœur ».

 

Exemple

Guérison instantanée d'un aveugle obtenue par l'intercession de Marie Enfant

 

Il est facile de le constater, à notre époque où l'on cherche à entraîner le peuple dans l'indifférence religieuse et l'incrédulité, la Providence veille au salut des simples et soutient merveilleusement leur Foi, quelque fois même à l'aide des miracles. Au nombre de ces faits miraculeux, on doit placer la guérison dont nous allons faire le récit :

Le jeune G.G., fils unique d'une veuve indigente, fut pris d'une terrible fièvre typhoïde qui le conduisit aux portes du tombeau. S'il ne perdit pas la vie, il le dut assurément aux supplications ardentes par lesquelles sa mère inconsolable fit violence au Cœur de Marie Enfant. La maladie dont on redoutait l'issue fatale céda enfin à l'énergie des remèdes, rendus efficaces par la bénédiction de Marie. Le bonheur de la mère fut toute fois de peu de durée ; son fils était guéri, il est vrai, de la fièvre typhoïde, mais l'ardeur du mal et la force des remèdes l'avaient rendu totalement aveugle. Pauvre mère ! Elle avait demandé la guérison de son fils. L'unique soutien de son existences, ses prières, l'arrachent à la mort, cependant il va vivre hélas ! Pour lui être une charge et non un secours. Comment n'être pas ému de compassion à un tel spectacle ? Et Marie Enfant, en qui bat un Cœur digne d'être Celui de la Mère future de la Miséricorde même, de Jésus, qui un jour, s'incarnera dans son sein virginal, se montrera-t-Elle sans entrailles pour cette mère affligée ? La pauvre veuve comprit que sa prière ne pouvait être rejetée, et, sans rien perdre de sa confiance, elle commença avec son fils une neuvaine à Marie Enfant. La neuvaine finie, le petit aveugle voyait déjà assez pour se conduire tout seul. Bientôt, il pouvait distinguer les objets ; puis insensiblement, et toujours de mieux en mieux, il recouvra complètement la vue. L'heureux jeune homme en garde aujourd'hui une si vive reconnaissance à sa Céleste Libératrice, qu'il ne peut pas se lasser d'exalter Sa Puissance auprès de Dieu et de la remercier de la Bonté dont Son Cœur est rempli pour tous les malheureux.

 

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18 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

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Dix-neuvième jour

Marie figurée par Eve

« Adam donna à sa femme le nom d'Eve, parce qu'elle était la mère de tous les vivants » (Genèse 3, 20).

 

Eve, figure de Marie

 

Il semblerait plus juste, dit l'Abbé Rupert, d'appeler Eve la mère des morts que la mère des vivants » ; il n'en est rien cependant, « car, ajoute Saint Epiphane, Eve pouvait porter ce nom en sa qualité de figure de celle qui devait être la véritable mère de tous les vivants, c'est à dire de Marie ».

 

Réflexion

 

Eve tomba dans le péché malgré sa sainteté et les dons de Dieu dont elle était enrichie. C'est une leçon pour moi : si je m'expose à l'occasion du péché, se serait une présomption de croire que je ne succomberai pas à mon tour. J'examinerai donc si de temps en temps, je ne me jette pas volontairement dans le danger d'offenser Dieu, et, si ma conscience me fait quelque reproche à cet égard, tout aussitôt et sans chercher de prétexte, j'y mettrai ordre et je fuirai généreusement l'occasion.

 

Traits de ressemblance entre Eve et Marie

 

Eve a été créée par Dieu dans un état d'innocence, et, avant sa chute, elle était ornée de la justice originelle, exempte de la concupiscence, et toute sainte : enfin, dans l'ordre naturel, elle était véritablement la mère de tout le genre humain. De même, Marie a été conçue sans la tache du péché, préservée de la concupiscence, établie dans une parfaite sainteté, et, en sa qualité de Mère de Dieu, Elle est devenue la Mère de l'Eglise Universelle.

 

Réflexion

 

Combien grande est la Miséricorde de Dieu envers l'homme ! Au lieu d'abandonner à la rigueur de Sa Justice Adam et Eve devenus pécheurs, et de laisser à la postérité l'héritage de Sa malédiction, ce Dieu de Bonté avait déjà décrété l'oeuvre de la Rédemption, et nous réserverait la seconde Eve pour en faire la réparatrice des maux que la première nous avait causés. Marie, la nouvelle Eve, est l'expression la plus belle de la Divine Miséricorde : Marie doit donc être tout mon amour.

 

Pensée pratique

 

Si dans les difficultés sans nombre qui se rencontrent au service de Dieu, nous avons soin de recourir à la protection de Marie en lui rappelant nos misères, comme étant l'héritage laissé à ses enfants par la première Eve, Marie, soyons-en certains, nous accordera Sa Miséricordieuse assistance.

 

Réflexion

 

Dans l'ordre de la Divine Providence, Marie est sans aucun doute destinée à être le Refuge des pécheurs ; Elle sert de contre-poids à la première mère universelle, dont la faute contribua à faire de nous des pécheurs. Oui, l'idéal de Marie est tout ce qu'il y a de plus cher et de plus consolant pour notre cœur. En Marie, les innocents ont un Refuge qui les met à l'abri de toute chute : en Marie, les pécheurs ont une protectrice efficace qui les aide efficacement à se relever ; en un mot, Marie est toute notre espérance.

 

Colloque

 

Quelle est merveilleuse, quelle est admirable cette prérogative par laquelle Dieu Vous a donné un rang à part entre toutes les femmes, ou plutôt entre toutes les créatures, ô très Sainte Petite Marie ! Vous aussi, selon la nature, Vous êtes fille d'Eve, oui, de la coupable et malheureuse Eve ; mais, prédestinée à la Maternité Divine, Vous lui avez obtenu la grâce qui l'a sanctifiée, et la vie éternelle qui l'a rendue bienheureuse. Vous méritez donc à bon droit, ô Marie, le titre de Mère de tous les vivants, des vivants de la vie surnaturelle et de la vie éternelle. Ah ! Je Vous en conjure, très gracieuse Petite, jetez un regard de Miséricorde sur moi, fils malheureux de la première Eve, sur moi l'héritier de son péché et de ses infortunes ! Que ce regard me dise tout de l'Amour que Vous me portez, et fortifie dans mon cœur l'espérance certaine que Vous m'aiderez à mériter ici-bas la mort des Justes, et ensuite la vie éternelle avec Vous dans le Ciel. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Lire quelque ouvrage traitant de la Très Sainte Vierge.

Aspiration : « O Marie, Vous êtes la Mère du Créateur, c'est Sa Volonté que Vous soyez aussi la mienne ».

 

Exemple

Guérison miraculeuse d'un enfant opérée par la Santissima Bambina

 

Il y a quelques années, la Vierge Enfant remplissait d'une indicible consolation les cœurs de ses pieux serviteurs, en opérant une de ces guérisons qui font jaillir spontanément sur les lèvres des témoins le mot : « miracle ! » Le fait eut lieu à Milan dans la Chapelle des Soeurs de la Charité, voici comment :

Un jeune garçon âgé de moins de quinze ans, du nom de C.D., atteint de la spinite ou inflammation de la moelle épinière, était si étrangement courbé qu'il ne pouvait se tenir sur ses pieds et inspirait la pitié à tous ceux qui le voyaient. Son père et sa mère surtout en ressentaient une extrême affliction. Comme ils étaient profondément chrétiens, il n'y avait pas en Lombardie, leur Patrie, de sanctuaire de la Sainte Vierge où ils ne conduisissent leur pauvre enfant, dans l'espoir que Celle qui est la Santé des infirmes, la Consolatrice des affligés, les consolerait en le guérissant. Mais ce n'était dans aucun de ces sanctuaires que Marie voulu faire éclater la puissance de son intercession et la Tendresse de Son Cœur Miséricordieux. Le lieu choisi par cette Céleste Mère était la petite Chapelle des Soeurs de la Charité à Milan, devenue Sanctuaire de Marie par les grâces nombreuses qu'y ont reçues les pieuses personnes de toutes conditions qui la fréquentent depuis de plusieurs années, et dans laquelle on vénère avec une grande dévotion la gracieuse statue de la Vierge au berceau. Les parents du jeune infirme apprirent l'existence de ce Sanctuaire, et entendirent raconter les guérisons miraculeuses obtenues par ceux qui avaient recours à la Madonnina. Il y volèrent, eux aussi, pour recommander leur pauvre enfant à Marie, avec l'assurance d'être enfin exaucés. Ce qui se passa alors eut alors quelque chose de vraiment merveilleux et contribua puissamment à la gloire de la Santissima Bambina, en même temps qu'il excita dans les cœurs une dévotion qui alla jusqu'à l'enthousiasme. Le petit rachitique arriva tout courbé et difforme à la Sainte Chapelle, plutôt porté par ses parents que marchant. Dans le cher Sanctuaire régnait un pieux silence, interrompu seulement par les soupirs des parents et de l'enfant. Mais bientôt, dans cette atmosphère de dévotion et sous le gracieux regard de Marie, le petit malade parut se ranimer et revenir à la vie. Quelques moments s'écroulèrent encore dans la prière, et la transformation était complète : toute trace de difformité avait disparu, la spinite était guérie, et l'enfant, devenu agile, se tenait droit, comme si jamais il n'avait eu aucun mal.

 

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17 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

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Dix-huitième jour

Marie figurée par le lys

« Israël germera comme le lys » (Osée 14, 6).

 

Le lys, figure de Marie

 

« Comme un lys entre les épines, telle est ma bien-aimée parmi les filles d'Israël » (Cantique 2, 2). Cette bien-aimée que l'Epoux Divin chérit à cause de son exemption de toute souillure, c'est Marie. (Saint Bernard).

 

Réflexion

 

Autant le lys est beau quand il est intact et dans toute sa blancheur, autant il est désagréable à voir quand il commence à se faner et à jaunir. Ainsi de l'âme ; autant elle doit être belle aux yeux de Dieu lorsqu'elle conserve son innocence, autant elle doit lui inspirer d'horreur et de dégoût dès qu'elle est souillée par le péché. Si donc j'avais eu le malheur de perdre la blanche robe de l'innocence baptismale, quel déplorable changement se serait opéré en moi pour l'oeil de Dieu ! Je devrais en être inconsolable.

 

Traits de ressemblance entre le lys et Marie

 

Par l'élévation de sa tige, la blancheur de sa corolle et la suavité de son parfum, le lys est considéré comme la reine des fleurs : de même, Marie s'élève au milieu de tous les Saints par Sa Dignité en quelque sorte Divine, par Sa miraculeuse Virginité, l'éminente sainteté de Sa Vie et l'éclat de Ses Vertus.

 

Réflexion

 

Si j'avais perdu la blancheur de l'innocence, je pourrais encore la recouvrer par la pénitence. En effet, par la Vertu du Sang de l'Agneau Divin, la pénitence donne à l'âme souillée une blancheur supérieure à celle du lys et de la neige. Et si j'ai été semblable à un lys brisé et flétri, aujourd'hui réparé par la Grâce, je puis contribuer, par mes bons exemples et mon zèle, à ce que d'autres lys se conservent toujours intacts et purs de toutes souillures.

 

Application morale

 

A l'exemple de Marie, élevons notre cœur et notre esprit au-dessus des choses terrestres, en nous éloignant des occasions de porter atteinte à la chasteté, et en nous efforçant, par notre exemple, d'attirer les autres à la pratique des vertus.

 

Réflexion

 

Le lys est l'emblème de la sainte pureté, et puisque, par cette Vertu, Marie est devenue la Reine des Vierges, je dois m'efforcer aussi d'être comme un lys blanc au milieu de tant de souillures dont le monde actuel est inondé. Il me fait pour cela une grande circonspection, afin d'éviter les occasions de scandale et de séduction qui se rencontrent partout. Dans ce but, à l'exemple de Marie, je me tiendrai éloigné du monde, et je m'adonnerai à une vie pénitente et mortifiée.

 

Colloque

 

Si Jésus est le Bien-Aimé qui se nourrit parmi les lys, Vous, ô Marie Enfant, Vous devez être, entre tous les lys, celui qui Lui est le plus agréable. Il Vous a choisie pour Mère, précisément parce que, entre toutes les femmes, Vous lui avez paru la plus Sainte, la plus parfaite, la plus Immaculée. Auprès de Vous toutes les autres femmes, même saintes, tous les hommes, même parfaits, n'ont été, aux yeux de Jésus, que de grossières épines. Vous seule n'avez jamais été souillée d'aucune tache du péché, et si grand a été votre amour pour la pureté virginale que le Cœur très pur du Fils de Dieu en a été épris. Par là je comprends, ô Céleste Petite, ce que je dois faire pour plaire à Jésus et pour Vous plaire. Je dois être si exempt de toute faute, si pur, si immaculé que, de plante desséchée et d'épine très dure, comme je l'ai été par le passé, je devienne à l'avenir, en menant une tout autre vie, semblable à un lys par la vertu. Je Vous en conjure, ô très aimable Enfant, aidez-moi à réaliser mon désir. Ainsi soit-il.

 

Pratique : S'appliquer avec soin à la garde des yeux, qui sont les fenêtres de l'âme.

Aspiration : « Vous qui avez été conçue sans la tâche du péché originel, sauvez la race malheureuse qui en a été infectée ».

 

Exemple

Marie Enfant guérit de la surdité une de ses fidèles servantes

 

Dans le monde, on tient pour un grand avantage d'avoir l'amitié des personnes influentes, leur faveur étant considérée comme un moyen d'obtenir un secours efficace dans les nécessités de la vie. Mais trop souvent ces espérances sont déçues, tant il est rare de trouver des amis dans le malheur. Heureux, doit-on dire au contraire, celui qui a pour amis ceux qui dont les crédit est puissant auprès de Dieu, car, en sollicitant leur intercession, il obtient toutes sortes de bienfaits, ceux-là même qui sont au-dessus de l'ordre naturel.

C'est de ce trésor d'une amitié sainte que jouissait une vertueuse dame, affligée d'une surdité presque totale. Une de ses amies, personne très pieuse et très dévote à Marie Enfant, la voyant, lui suggéra de recourir aux moyens que nous offre la Foi, et que nous fournit la dévotion pratique. Un jour donc, c'était en l'année 1885, après avoir visité la Santissima Bambina et l'avoir priée avec ferveur pour son amie, cette pieuse personne se fait donner du coton béni mis en contact avec la Sainte Image. Du même pas, elle va trouver l'infirme et lui présente ce coton comme un excellent remède à sa surdité, l'engageant à le mettre dans ses oreilles avec une grande confiance en la protection de Marie. Celle-ci y consent bien volontiers, et sur les champ toutes les deux commencent une dévote Neuvaine à la Vierge Enfant.

Le lendemain matin, à peine éveillée, la sourde d'hier entendait, à son grand étonnement, sonner les heures, chose absolument nouvelle pour elle. C'en fut assez pour inonder son cœur de joie et lui donner l'assurance que la Santissima Bambina avait déjà commencé à exaucer ses prières. Elle poursuivit donc sa Neuvaine avec plus de dévotion encore, et, quand elle l'eut terminée, elle continua de se recommander à Marie, constatant chaque jour une amélioration sensible dans son état, et déclarant à tous qu'assurée maintenant de sa guérison, elle irait bientôt remercier Marie Enfant de l'avoir entièrement délivrée de sa surdité. Elle fut bientôt guérie, en effet, et accomplit sa promesse.

 

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23 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

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Vingt-quatrième jour

Marie figurée par Rahab de Jéricho

« Je me souviendrai de Rahab » (Psaume 86).

 

Rahab de Jéricho, figure de Marie

 

Dans le Psaume 86, que nous venons de mentionner, la cité de Dieu, c'est-à-dire Jérusalem, représente allégoriquement la Sainte Eglise ; il en est de même de Rahab. Et puisque l'Eglise applique d'une manière mystique à Marie, en qui elle est comme résumée tout entière, les figures sous lesquelles les Livres Sacrés la symbolisent elle-même, nous pouvons, selon le sentiment du Cardinal Huges, voir aussi en la célèbre Rahab une figure de Marie.

 

Réflexion

 

Rahab signifie « Dilatée ». Or, par son nom, par sa puissance, par sa protection, la Mère de Dieu est vraiment dilatée, et ne peut l'être davantage. Partout ou se trouve un Chrétien Marie est invoquée ; le Créateur ayant voulu Lui être soumis sur la terre, toutes les créatures Lui obéissent comme à leur reine. Et moi ai-je su en pratique reconnaître Marie pour ma Souveraine ? Ou plutôt n'abusè-je pas trop souvent de ma liberté pour secouer l'aimable joug de Son gouvernement ?

 

Rapports entre Rahab et Marie

 

Rahab crut au Dieu des Hébreux et pourvut à la sécurité des deux explorateurs envoyés par Josué ; par là elle se préserva de la mort avec toute sa famille, en faisant reconnaître sa demeure aux assaillants au moyen d'un cordon rouge suspendu à la fenêtre. De même, Marie, appelée Bienheureuse à cause de sa Foi, donna l'hospitalité dans son sein à Celui qui devait détruire le règne de Satan, et dont la Passion, suivant Saint Ambroise était figurée par le cordon rouge de Rahab.

 

Réflexion

 

S'il est un sujet dont la Très Sainte Vierge désire voir ses serviteurs occuper constamment leur esprit, c'est la Passion de Son Divin Fils. Le souvenir des souffrances endurées pour nous par Jésus-Christ, est, en effet, le moyen le plus propre à nous inspirer la crainte du péché, une sainte ardeur pour expier par la pénitence nos fautes passées, et un amour véritable pour Jésus, c'est-à-dire un amour qui vit de sacrifices.

 

Application pratique

 

Le Fils de Dieu ne dédaigna point de compter parmi ses ancêtres Rahab la pécheresse, comme l'affirme Saint Matthieu : « Salmon engendra Booz, de Rahab » (Matthieu 1, 5) ; de même Il a voulu que cette femme fut la figure de Sa Mère. Par conséquent, l'âme de notre dévotion envers Marie doit être une grande confiance en Elle, considérée comme les Refuge des pauvres pécheurs.

 

Réflexion

 

La Très Sainte Vierge, voulant sauver les pécheurs, emploie pour y parvenir le moyen indiqué par Jésus, lorsqu'Il compara ses apôtres à des pécheurs attirant les poissons dans leur filet par l'appât d'autres poissons semblables à eux. Ainsi, la vue de mes défauts et de mes péchés ne dois pas m'empêcher de travailler à attirer mon prochain dans les filets de Notre Seigneur. Marie saura faire de moi son instrument pour gagner à Dieu des pécheurs qui me ressemblent.

 

Colloque

 

O Sainte Marie Enfant, Vous sachant si grande devant Dieu, je n'oserai m'approcher de Vous, car je reconnais combien je m'en suis rendu indigne par mes grands péchés. Mais Votre âge si tendre et Votre amabilité enfantine m'attirent et m'encouragent à Vous parler sans crainte et avec simplicité. Laissez-moi donc, ô Céleste Enfant, Vous demander une grâce, et daignez, je Vous en conjure, l'implorer de Dieu en ma faveur avec une ardeur qui égale ma confiance en Votre médiation. Cette grâce, la seule que je réclame de Vous, est celle d'être admis au nombre de vos protégés. Je ne désire rien de plus, et cela me suffit pour être assuré de mon Salut. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Visiter quelques malades pour l'amour de Marie.

Aspiration : « O Marie, Vous avez guéri par milliers des âmes malades : mon cœur Vous découvre ses plaies ».

 

Exemple

Secours donné par Marie Enfant à un petit garçon

 

La Santissima Bambina n'est sourde aux prières de personne ; mais, on l'a remarqué, elle témoigne une prédilection particulière pour les petits enfants. On dirait que, vénérée et invoquée Elle-même comme enfant, telle qu'Elle est représentée dans la gracieuse Image des Sœurs de Milan, Elle a plus de sympathie pour l'âge de la pureté et de l'innocence. Si fréquentes sont, en effet, les grâces accordées par cette Vierge bénie à ces petites créatures, qu'on peut à peine en dire le nombre. Parmi ces heureux enfants, nous devons citer un petit garçon, nommé G.F., âgé de dix ans, favorisé dernièrement par la Santissima Bambina d'une assistance tout à fait miraculeuse.

Cet enfant s'amusait un jour à je ne sais quel jeu du genre de ceux qui ont tant d'attrait pour cet âge si vif et si volage. Tout à coup un cri perçant se fait entendre au milieu des ébats de la troupe bruyante. C'était le petit G., portant la main à une de ses oreilles, il pleurait à chaudes larmes, répétant qu'il souffrait à en défaillir. Sa mère épouvantée accourt et lui demande la cause de son mal. L'enfant répond qu'il à un noyau de cerise dans l'oreille et que la douleur est insupportable.

La mère essaya tous les moyens pour extraire le noyau, mais inutilement ; plus on employait d'expédient, plus l'enfant criait et se lamentait à navrer le cœur de la pauvre mère. A son tour, le chirurgien aux soins duquel il fut confié, usa de tous les instruments de son art, les plus propres à obtenir un résultat, mais sans plus de succès ; tous ses efforts augmentèrent plutôt les souffrances du petit patient : « Puisqu'il en est ainsi, dit alors la mère, je sais ce que je ferai. Voilà plusieurs mois écoulés déjà, et les moyens de la médecine empirent l'état de mon fils. Marie, Santé des Infirmes, se chargera de le guérir. Oh ! Oui ! Marie Enfant m'accordera cette grâce ». Aussitôt elle commença, en l'honneur de la Santissima Bambina, une neuvaine de prières, à laquelle s'unirent avec toute la ferveur possible son petit malade et toutes les personnes de sa maison. On pria, en effet, de manière à faire à la Vierge Enfant une douce et irrésistible violence ; avant la fin de la Neuvaine, les pieux suppliants étaient déjà exaucés. Voici comment : un matin l'enfant, toujours aussi souffrant et tellement agité qu'il passait les nuits sans sommeil, se tenait la tête inclinée sur un petit bassin pour se laver, quand tout à coup il sentit dans l'oreille un élancement si violent qu'il faillit en perdre connaissance. En même temps tomba de son oreille dans le petit bassin un petit corps dur comme un caillou. Il le prend, le regarde... c'était le fatal noyau, que la main charitable de Marie Enfant venait d'extraire elle-même. Une plaque commémorative placée contre un des murs du sanctuaire de la Santissima Bambina rappelle aux visiteurs de la petite chapelle cette grâce due à l'intercession de la Vierge au berceau. Vive Marie Enfant !

 

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13 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

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Quatorzième jour

Marie figurée par le Cyprès de Sion

 

« (Le Pontife Simon) paru comme un cyprès qui s'élève en haut » (Eccl. 50,11).

 

Le cyprès, figure de Marie

 

La Sainte Eglise applique à Marie ce passage de l'Ecriture, où, parlant de la Sagesse, il lui fait dire : « Je me suis élevée comme le cyprès de la montagne de Sion » (Eccl. 24, 17).

 

Traits de ressemblance entre le cyprès et Marie

 

Le cyprès est un arbre de forme très élégante, toujours vert, et dont les feuilles, aux dires des naturalistes, ont une propriété médicinale. De même, Marie est un prodige de beauté, Elle est et a toujours été Sainte et l'Eglise l'invoque sous le nom de « Santé des infirmes ». L'Abbé Rupert ajoute pieusement que, comme on emploie le bois du cyprès a faire des tables pour écrire ou pour servir les repas et des lits pour prendre son repos, ainsi la Bienheureuse Vierge nous fournit tout secours dans nos différentes nécessités : Elle nous est un livre, une nourriture, un repos.

 

Réflexion

 

Je dois, moi aussi, dans la mesure du possible, m'occuper du bien spirituel du prochain : seulement, si je veux faire aux autres tout le bien que je dois, il faut, avant tout et par dessus tout, m'efforcer de devenir bon moi-même, mais de cette bonté qui consiste à pratiquer le bien véritable, le bien qui est tel aux yeux de Dieu. Combien de fois, au contraire, le bien que je fais au prochain n'est-il pas vicié par mon amour-propre !

 

Application pratique

 

Une des marques de la dévotion à Marie est et doit être la persévérance dans son service. Les plantes qui ne demeurent pas toujours vertes, ne sont pas à leur place à côté du cyprès, symbole de Marie.

 

Réflexion

 

De sa nature, il est vrai, la volonté de l'homme est changeante et mobile, et facilement, de bonne qu'elle était, elle devient mauvaise ; mais si l'âme tend toujours en haut comme le cyprès, si elle cherche constamment à conformer sa volonté à celle de Dieu, elle peut s'enrichir de tant de grâces qu'elle demeurera habituellement bonne et droite, et, par suite, dans une disposition permanente de produire des actes qui procurent la gloire de Dieu et le bien du prochain.

 

Colloque

 

Je ne voudrais pas, ô toute aimable petite Marie, que, comparée au cyprès par le Saint Esprit en raison de vos inestimables qualités, et digne par conséquent de figurer avec honneur parmi ceux qui cherchent à Vous ressemble par l'excellence de la vertu, Vous fussiez obligée, en ce qui me concerne, de faire l'effet d'un cyprès, oui sans doute, mais d'un cyprès servant à l'ornement d'un cimetière. En effet je ne puis le dissimuler et le Vous le confesse, ô Marie, je ne sais quelle est en moi la vertu qui ne soit, sinon entièrement morte, du moins flétrie et presque desséchée. Malgré cela, je prétends et je me persuade Vous être tout dévoué ! Oh ! Oui, céleste Petite, je reconnais mon erreur, et je recours à vous, afin que par Votre puissante intercession, Vous fassiez reverdir en mon âme les vraies et solides vertus : alors je n'aurais plus honte de paraître en Votre présence, et je pourrai, sans illusion de ma part, me croire Votre serviteur. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Examiner quelle est la pratique de piété envers Marie pour laquelle on est le moins fervent, et travailler à se réformer sur ce point.

Aspiration : « O Vase admirable d'ardente dévotion, remplissez mon esprit et enflammez mon cœur ».

 

Exemple

Grâce spirituelle obtenue par une personne dévote à Marie Enfant, en faveur de ses deux fils

 

Il y a quelques années, dans la ville de M. une veuve désolée et profondément affligée, mais très dévote à Marie Enfant, expérimenta l'efficacité de sa protection en faveur des pauvres pécheurs. Elle avait deux fils, depuis longtemps éloignés de Dieu et vivant en dehors de toute pratique religieuse ; le souvenir de l'époque où, pour la dernière fois, ils avaient accompli leur devoir pascal s'était même effacé de son esprit. Mais à force de prier et de supplier la Vierge Enfant, elle se sentit le courage de livrer un suprême assaut au cœur de l'aîné, prenant pour cela occasion de l'approche de Pâques. « Allons mon cher enfant, lui dit-t-elle, tu feras tes Pâques cette année, n'est-ce pas ? Il y a si longtemps que tu ne les fais pas ». « Ma mère, répondit aussitôt le jeune homme, je vous le promets, le temps prescrit pour accomplir le devoir pascal ne passera pas cette année sans que j'y aie satisfait ». Et il tint parole. Mais ce n'était pas tout : restait à faire la conquête du plus jeune ; celui-ci fut moins facile à gagner et résista assez longtemps. Sa mère pensa alors à se servir de l'entremise de son fils aîné, dont l'exemple et les conseils seraient, espérait-elle, les meilleurs moyens à employer, et lui communiqua son désir. Il consentit à venir à sa bonne mère, puis, cherchant une occasion favorable, il finit par persuader à son jeune frère de faire, lui aussi, sa communion pascale. Certes, ce fut alors une véritable Pâque pour la dévote servante de Marie Enfant ! Qui pourrait dire avec quelle joie et quelle allégresse elle alla ensuite visiter sa céleste bienfaitrice ! Et ce ne fut point là une grâce passagère et momentanée, car le changement de vie opéré chez les deux fils, leur persévérance et leur conduite de plus en plus chrétienne, furent pour la pieuse veuve les preuves les plus évidentes qu'ils avaient été véritablement convertis par l'intercession de Maria Santissima Bambina. Combien de mère pourraient espérer la même consolation, si elles savaient s'adonner la la piété, à la prière et à la dévotion envers Marie !

 

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10 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

 

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Onzième jour

Marie figurée par l'Arche d'Alliance

 

« Vous ferez une arche de bois de Setim » (Exode 25, 10)

 

L'Arche d'Alliance, figure de Marie

 

Saint Jean Chrysostome appelle Marie « L'Arche vivante du Divin Législateur ». De plus, la Sai,te Eglise l'invoque sous le nom d'Arche d'Alliance.

 

Réflexion

 

Pour plaire à Marie, je dois, autant qu'il peut dépendre de moi, travailler à lui ressembler : je devrais donc, moi aussi, être semblable à l'Arche d'Alliance. Mon corps, il est vrai, tend de sa nature à la corruption, et, au lieu de m'aider à conserver intacts les trésors de l'âme, de la grâce et de la vertu, il me met, au contraire, par ses penchants dépravés, dans un continuel danger de les perdre. Mais, par la pratique de la mortification, par l'exercice persévérant de la prière et la fréquentation des Sacrements, je parviendrais à tenir ma chair soumise à l'esprit, et ainsi mon corps, conservant sa véritable noblesse, qui est la sainteté, pourra surpasser en dignité l'Arche d'Alliance, et être, comme il le doit, un vrai Temple de l'Esprit Saint.

 

Traits de ressemblance entre l'Arche et Marie

 

L'arche était d'un bois incorruptible et Marie a été conçue sans péché. L'arche était revêtue d'or à l'intérieur et l'âme de Marie fut parfaitement sainte. Au dessus de l'arche était le Propitiatoire et Marie est propice et favorable à tous. Dans l'arche étaient conservées la verge d'Aaron, les Tables de la Loi et une mesure de Manne ; de Marie nous est venu le Pain de Vie, le Verbe de Dieu, l'Auteur de la Loi.

 

Réflexion

 

Mon principal soin devrait être de garder toujours dans mon cœur, comme dans une arche, l'adorable Trinité : le Père, auquel est attribué la Puissance, représentée par la verge miraculeuse ; le Fils, qui est la Sagesse du Père, figurée par les Tables de la Loi ; le Saint Esprit, Amour du Père et du Fils, et dont la Manne, qui renfermait en soi tout ce qu'il y a de précieux, est le symbole. Oui, le Règne de Dieu est au-dedans de nous, tant que nous l'aimons et que nous nous maintenons en état de grâce.

 

Application pratique

 

Si l'Arche d'Alliance, simple figure de la réalité, fut pour le Peuple Hébreu la source de tout bien, Marie, l'Arche véritable, ne sera-t-Elle pas bien plus encore pour ses serviteurs une cause de bonheur et de félicité ? « Celui qui Me trouvera, trouvera la Vie, et puisera le Salut dans le Seigneur » (Proverbes 8, 35). Qui trouve Marie, trouve la vie éternelle.

 

Réflexion

 

Marie, figurée par l'Arche, est pour nous bien autrement digne d'amour que l'Arche ne l'était pour les Hébreux ; en effet, Marie, malgré sa dignité incomparable, nous inspire cependant une souveraine confiance, car Elle est notre Mère.

 

Colloque

 

En Vous voyant si petite, ô Marie, je ne pourrais, naturellement parlant, me faire quelques idées de vos grandeurs. Mais, éclairés par la Foi, les yeux de mon âme découvrent, dans cette petitesse extérieure, un objet digne de toute admiration, la Mère future du Sauveur, la Reine du Ciel et de la Terre, l'Arche Mystique de la Nouvelle Alliance, en un mot, tout ce qui est sorti et peut sortir de plus beau et de plus saint des mains du Dieu Créateur et Sanctificateur. Ô très auguste Enfant, le cœur attendri, je Vous vénère et Vous rends très humblement mes hommages. Et parce que je sais que, quoique Enfant, Vous m'entendez, je Vous supplie d'être aussi pour moi cette arche qui me défende contre tous mes ennemis et attire sur moi les bénédictions du Ciel. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Faire un acte de mortification dans le boire ou le manger, pour plaire à Marie Enfant.

Aspiration : « Arche auguste d'Alliance, usez de Votre puissance en ma faveur ».

 

Exemple

Une jeune enfant guérie par la Vierge Enfant

 

Au mois de juillet 1885, à Milan, une enfant de trois ans à peine, ayant échappé à la vigilance de sa mère et s'amusant près du feu, se brûla horriblement, on ne sait par quel accident. Aux cris désespérés de la pauvre petite, la mère accourt, et voyant la gravité du mal, appelle immédiatement le médecin. Celui-ci, après avoir examiné les plaies, déclare à cette mère affligée que, la nuit suivante, sa chère enfant aurait un très violent accès de fièvre. À cette nouvelle, malgré l'heure avancée, la mère courut chez les Sœurs de la Charité pour faire bénir par la Santissima Bambina deux petites pièces de linge, en les faisant toucher à son berceau. Pleine de confiance en Celle qui est la santé des infirmes, elle se disait intérieurement que ces linges ainsi bénis guériraient son enfant. De retour dans sa demeure, la pieuse mère fit usage sans tarder du précieux remède dont elle s'était munie, et appliqua ces linges successivement sur les membres endoloris de sa fille, en répétant en même temps ces paroles : « Sainte Marie Enfant, sauvez ma petite fille ». La nuit se passa sans aucun symptôme de fièvre. Seulement les brûlures restaient encore, et la pauvre enfant poussait des cris continuels que rien ne pouvait apaiser ; la pauvre mère en avait le cœur déchiré, car elle l'aimait ardemment. Quinze jours s'étaient déjà écoulés sans aucune amélioration. Dans sa douleur, la pieuse femme prend alors sa petite malade dans ses bras et va tout droit à la Chapelle des Sœurs de la Charité. Là, elle prie longuement, et avec une telle ferveur qu'en la voyant on eût put assurer qu'elle serait exaucée. Sa prière terminée elle demanda et obtint qu'on fit toucher son enfant au berceau dans lequel repose la statue miraculeuse. À ce contact, la petite donna aussitôt les signes d'un mieux sensible, et, quand elle fixa son regard sur la gracieuse Madone, on vit un doux sourire sur ses lèvres enfantines. La Foi de la mère avait obtenu la grâce si ardemment désirée. Dès ce moment les plaies de la petite malade commencèrent à se cicatriser, et, au bout que quelques jours, elle avait entièrement recouvré la fraîcheur et la santé.

 

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9 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

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Dixième jour

Marie figurée par la toison de Gédéon

 

« Gédéon, s'étant levé de grand matin, pressa la toison et remplit une coupe de la rosée qui en sortit » (Juges 6, 38).

 

La toison de Gédéon, figure de Marie

 

Le Psalmiste fait allusion à cette figure quand il dit : « (Le Verbe de Dieu) descendra comme la pluie sur la toison » (Psaume 61). C'est pourquoi Saint Proclus affirme que Marie est la toison immaculée, tout imprégnée d'une rosée céleste.

 

Réflexion

 

Afin de me disposer à recevoir la rosée de la Grâce Divine, il faut que mon cœur soit, non pas comme une pierre dure laissant écouler l'eau sans en être imbibée et sans même en garder une seule goutte, mais comme une douce peau d'agneau, couverte de sa laine, qui reste toute pénétrée de l'eau qu'elle reçoit. Le cœur s'attendrit par l'usage des choses spirituelles, aussi, mettrai-je tous mes soins à m'y adonner.

 

Raison de la ressemblance entre la toison de Gédéon et Marie

 

La toison de Gédéon, couverte de rosée sur la terre desséchée qui l'entoure, est la vive image de Marie, pleine de grâce : dans le sein de Marie, en effet, les nuées célestes firent pleuvoir le Juste, qui ensuite inonda le monde entier des flots de Sa Grâce. Ainsi parle Saint Bernard.

 

Réflexion

 

Les faveurs du monde sont impuissantes à satisfaire le cœur de l'homme, car Dieu a fait ce cœur capable de l'aimer, Lui le Bien infini, et c'est pourquoi Il a dit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur » (Deutéronome 6, 5). Quand donc serais-je véritablement heureux ? Quand tous les biens et toutes les faveurs des hommes seront pour moi aussi viles et aussi insipides que le sable aride du désert. Si, au contraire, le monde et ses biens excitent mon intérêt et commencent à me plaire, alors aussi je commencerai à sentir le désert dans mon cœur.

 

Conséquence pratique

 

La Volonté de Dieu est manifeste : pour obtenir Sa Grâce, nous devons recourir à Marie, en qui, comme l'enseigne le même Saint Bernard, le Rédempteur a déposé le prix de notre rançon, avant de nous le communiquer.

 

Réflexion

 

Voulons-nous éprouver l'efficacité de la protection de Marie et de son intercession auprès du Trône de la Grâce ? Prions-la incessamment de nous obtenir les biens spirituels, les biens célestes, les biens de l'éternité. Quant à ceux du temps, de la terre et du corps, n'y songeons que comme un surcroît, et seulement en tant qu'ils peuvent nous aider au bon usage des biens éternels. Les joies, les richesses et les honneurs du Ciel, voilà ce que nous devons sans cesse demander à Marie, et sans aucun doute Elle nous exaucera.

 

Colloque

 

O très aimable Petite Marie, Vous voyez en moi une pauvre et très misérable créature, incapable de quoi que ce soit, sinon que de pécher. Vous le savez, je ressemble à une terre brûlée par les ardeurs du soleil, où il ne peut pas même pousser un brin d'herbe. Oui, je le répète, je ne suis en votre présence qu'une terre sans eau. Vous au contraire, dès le premier instant de Votre existence, Vous avez été comblée avec surabondance des dons de Dieu les plus riches et les plus précieux.

Je Vous félicite du fond de mon cœur d'un tel privilège, ô Marie, mais en même temps je Vous supplie de jeter sur moi un regard plein d'Amour de Vos ravissants petits yeux. Cela suffit à mon bonheur, car, je le sais, par expérience, ô Sainte Enfant, de Votre aimable regard découle une source de grâces qui inonde mon âme de douceur et fait de mon cœur un paradis. Cette prière je Vous l'adresse donc avec toute la confiance que Votre Bonté m'inspire, et je n'attends pas moins de la tendresse de Votre Cœur. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Travailler à faire connaître le pouvoir de Marie Enfant.

Aspiration : « Vous qui êtes la Mère du Sauveur, Vous me sauverez, moi pauvre pécheur ».

 

Exemple

Une jeune Luthérienne se fait Catholique au moyen de la Dévotion à la Santissima Bambina

 

Dans le courant du mois de mai 1891, se présentait chez une dame de Milan une jeune fille étrangère, pour la prier de lui procurer une place dans une famille honnête. Il y avait dans sa physionomie je ne sais quoi de candide et de mélancolique à la fois, qui lui concilia de suite les sympathies de sa bienfaitrice. Celle-ci, la voyant émue jusqu'aux larmes : « Pourquoi pleurez-vous mon enfant ? » lui dit-t-elle. Et la jeune fille de répondre : « Parce que je crains beaucoup les dangers auxquels je vais être exposée dans le monde actuel, loin des yeux de ma mère au milieu des pièges et des séductions du siècle ». La pieuse dame apprit alors qu'elle appartenait à la religion luthérienne et sentit toute la difficulté de l'entreprise dont elle allait se charger. Cependant elle ne se découragea pas : soutenue par son amour de Marie et par la confiance qu'elle avait en Sa protection, elle se mit à consoler de son mieux la pauvre affligée et lui proposa de porter à son cou une médaille de la Santissima Bambina. La jeune fille accepta la médaille avec de grandes marques d'affection, et, comme cette dame l'exhortait à se recommander à la Vierge Enfant, elle promit de la faire, ajoutant que, dans son jeune âge, elle avait appris le je Vous salue Marie, et qu'elle le récitait pour trouver la place qu'elle désirait. Il n'en fallut pas davantage à la pieuse dame pour avoir l'assurance que la chère petite Madone accorderait pleinement à cette jeune personne la ferveur souhaitée. En effet, Marie ne s'en tint pas à lui procurer une place où elle pût honnêtement gagner sa vie ; une grâce bien autrement précieuse que reçut son heureuse protégée, ce fut de se sentir intérieurement pressée d'un désir ardent de sa faire Catholique, puis de trouver dans une maison religieuse des secours prompts et dévoués pour l'aider à s'instruire autant qu'il était nécessaire avant d'abjurer l'hérésie, enfin, de recevoir le Baptême et de faire sa Première Communion avec une ferveur dont les Sœurs qui en furent témoins se sentirent extrêmement consolées et édifiées.

Rose, c'était le nom de la nouvelle baptisée, toute vêtue de blanc, et le visage rayonnant d'un air angélique, reflet de la beauté intérieure dont son âme était ornée par la grâce, s'empressa d'aller se jeter aux pieds de la Vierge Enfant et de lui témoigner sa reconnaissance pour un bienfait qu'elle considérait comme l'événement le plus heureux de sa vie. Non contente de son bonheur : « Ah ! Disait-elle, si mon père et ma mère pouvaient un jour goûter la joie que je sens aujourd'hui dans mon cœur ! Je ne cesserais pas désormais de prier Marie Enfant jusqu'à ce que j'obtienne encore cette grâce de sa bonté ».

 

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19 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Exercice pour le Jeudi de la quatrième semaine après l'Octave de Pentecôte

Actions de grâces

 

Allez entendre la Sainte Messe. Offrez l'adorable sacrifice et la sainte Communion, dans l'intention particulière de remercier Dieu, pour toutes les grâces qu'il vous a accordées pendant le mois du Saint Sacrement. Avant ou après la Messe, lisez attentivement les réflexions qui suivent. Enfin, terminez cet exercice par la récitation du Te Deum.

« J'ai demandé au Seigneur une seule chose, et je la rechercherai uniquement, c'est d'habiter dans la Maison de mon Dieu tous les jours de ma vie afin que je contemple les délices du Seigneur ».

Elle est bien triste cette vie qu'il faut employer entièrement à combattre. Heureuse l'âme qui connaît la Maison du Seigneur, et qui trouve ses plus chères délices dans le Sanctuaire où Jésus a fixé Sa demeure. J'ai compris cette vérité, et le Divin Sauveur m'a inondé de lumières pendant ces jours précieux consacrés à honorer la Divine Eucharistie ! Maintenant qu'il me soit permis de faire monter vers le trône de Votre Miséricorde, ô Jésus, qui êtes ma Lumière, ma Force et ma Vie, les sentiments de reconnaissance dont mon âme est pénétrée à la vue de vos bienfaits. Si le Roi-Prophète s'écriait autrefois dans l'ivresse de son amour : « Que Rendrai-je au Seigneur pour tous les biens dont Il m'a comblé », quels seront les transports de mon âme, à la pensée des jours pleins de délices que j'ai passés dans la méditation du grand et ineffable Mystère de nos Autels ? J'ai trouvé cette Montagne fertile, cette Montagne de Dieu où il a plu à mon Sauveur de fixer Sa Demeure. J'emprunterai à la colombe ses ailes pour m'élever, et je trouverai le lieu de mon repos, en fuyant loin du tumulte des hommes, jusqu'à la solitude du Sanctuaire.

Telle est ma résolution inébranlable. La reconnaissance me conduira devant le Dieu du Tabernacle. Aucun jour de ma vie ne s'écoulera, sans que je visite son Temple. Ma dévotion la plus chère aura pour objet la Divine Eucharistie. Je veux ce signe, ce caractère particulier des Élus et des amis de Dieu. Mon plus beau titre sera celui de serviteur dévoué du Très-Saint-Sacrement.

Ô Marie, Vierge immaculée, présentez Vous même à Votre Divin Fils ces résolutions que sa grâce m'a inspirées, ces sentiments qu'Il a gravés Lui-même dans mon cœur ; demandez-Lui qu'Il les bénisse. Bénissez-les Vous-même, et daignez m'obtenir, par Votre protection toute-puissante, la grâce de ne jamais les oublier. Amen ! Amen ! Amen !...

 

Te Deum

 

Te Deum laudámus,

Te Dóminum confitémur.

Te ætérnum Patrem,

Omnis terra venerátur.

 

Tibi omnes ángeli,

Tibi cæli et univérsæ potestátes:

Tibi chérubim et séraphim

Incessábili voce proclámant:

 

Sanctus, Sanctus, Sanctus,

Dóminus Deus Sábaoth.

Pleni sunt cæli et terra

Maiestátis glóriæ tuæ.

 

Te gloriósus apostolórum chorus,

Te prophetárum laudábilis númerus,

Te mártyrum candidátus

Laudat exércitus.

 

Te per orbem terrárum

Sancta confitétur Ecclésia,

Patrem imménsæ maiestátis;

Venerándum tuum verum et únicum Fílium;

Sanctum quoque Paráclitum Spíritum.

 

Tu rex glóriæ, Christe.

Tu Patris sempitérnus es Fílius.

Tu, ad liberándum susceptúrus hóminem,

Non horruísti Vírginis úterum.

 

Tu, devícto mortis acúleo,

Aperuísti credéntibus regna cælórum.

Tu ad déxteram Dei sedes, in glória Patris.

 

Iudex créderis esse ventúrus.

Te ergo quæ´sumus, tuis fámulis súbveni,

Quos pretióso sánguine redemísti.

Ætérna fac cum sanctis tuis in glória numerári.

 

Salvum fac pópulum tuum, Dómine,

Et bénedic hereditáti tuæ.

Et rege eos,

Et extólle illos usque in ætérnum.

 

Per síngulos dies benedícimus te;

Et laudámus nomen tuum

In sæ´culum, et in sæ´culum sæ´ culi.

 

Dignáre, Dómine,

Die isto sine peccáto nos custodíre.

Miserére nostri, Dómine,

Miserére nostri.

 

Fiat misericórdia tua,

Dómine, super nos,

Quemádmodum sperávimus in te.

In te, Dómine, sperávi:

Non confúndar in ætérnum.

 

Nous Vous louons, ô Dieu !

Nous Vous bénissons, Seigneur.

Toute la terre Vous adore,

O Père Eternel !

 

Tous les Anges,

Les Cieux et toutes les Puissances.

Les Chérubins et les Séraphins

S’écrient sans cesse devant Vous :

 

Saint, Saint, Saint est le Seigneur,

Le Dieu des armées.

Les cieux et la terre,

Sont plein de la majesté de votre gloire.

 

L’illustre chœur des Apôtres,

La vénérable multitude des Prophètes,

L’éclatante armée des Martyrs,

Célèbrent Vos louanges.

 

L’Église sainte publie Vos grandeurs,

Dans toute l’étendue de l’univers,

Ô Père dont la majesté est infinie !

Elle adore également Votre Fils unique et véritable ;

Et le Saint-Esprit consolateur.

 

Ô Christ ! Vous êtes le Roi de Gloire.

Vous êtes le Fils éternel du Père.

Pour sauver les hommes et revêtir notre nature,

Vous n’avez pas dédaigné le sein d’une Vierge.

 

Vous avez brisé l’aiguillon de la mort,

vous avez ouvert aux fidèles le royaume des cieux.

Vous êtes assis à la droite de Dieu

Dans la gloire du Père.

 

Nous croyons que Vous viendrez juger le monde.

Nous Vous supplions donc de secourir vos serviteurs,

Rachetés de Votre Sang précieux.

Mettez-nous au nombre de Vos Saints,

Pour jouir avec eux de la Gloire éternelle.

 

Sauvez Votre peuple, Seigneur,

Et versez Vos bénédictions sur votre héritage.

Conduisez Vos enfants

Et élevez-les jusque dans l’éternité bienheureuse.

 

Chaque jour nous Vous bénissons ;

Nous louons Votre Nom à jamais,

Et nous le louerons dans les siècles des siècles.

 

Daignez, Seigneur, en ce jour,

Nous préserver du péché.

Ayez pitié de nous, Seigneur, 

Ayez pitié de nous.

 

Que Votre Miséricorde, Seigneur, se répande sur nous,

Selon l’espérance que nous avons mise en Vous.

C’est en Vous, Seigneur, que j’ai espéré,

Je ne serai pas confondu à jamais.

 

Fin du Mois du Saint Sacrement

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Téléchargez l'intégralité des Méditations du Mois du Saint Sacrement (pdf) en cliquant ici

 

Prochain Mois de dévotion, le Mois de Marie Enfant, rendez-vous le 31 juillet

 

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18 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Vingt-quatrième jour

Le Mercredi de la quatrième semaine après l'Octave de Pentecôte

 

Venez Esprit Saint,

O Lumière Bienheureuse,

Venez remplir jusqu'à l'intime

le cœur de tous Vos fidèles.

Je Vous salue Marie...

 

Nous lisons dans l'Ecriture Sainte ces paroles consolantes : « La Bénédiction de Dieu est comme un fleuve qui se déborde ». Il y a peu d'expressions qui soient plus souvent employées dans les Livres Saints que celles de Bénédiction, Bénir, Béni. Et dans l'Eglise rien aussi de plus usité que l'action de bénir. Voyez les Sacrements, que de bénédictions les accompagnent ! A la Messe, la bénédiction par le Signe de la Croix est répétée continuellement. L'Eglise bénit toutes choses. Enfin les fidèles sont bénis avec la Sainte Eucharistie. N'est-il pas très raisonnable de chercher la signification de ces mots : « Bénir, bénédiction ? » Il y a deux manières d'employer cette expression. Tantôt c'est l'homme qui bénit Dieu, tantôt Dieu qui bénit l'homme. Dans le premier sens dont nous n'avons pas à nous occuper ici, ce mot signifie que la créature loue Dieu, le remercie, et désire sa gloire, c'est-à-dire, que cette gloire soit connue et se propage dans le monde entier. Mais si c'est Dieu qui bénit l'homme, que faut-il entendre par les expressions déjà citées ? Ouvrons les livres saints ; l'Esprit de Dieu sera notre guide.

Dieu est arrivé au cinquième jour de la création et Il n'a encore rien béni de tout ce qu'Il a fait. Ce jour là, le cinquième, Il fait des êtres vivants, les animaux, Il les bénit. Le lendemain, le sixième jour, Il fait l'homme à son image et à sa ressemblance. Or, l'Ecriture dit : Il fit l'homme et la femme, et Il les bénit ». Voilà une première remarque bien importante et qui jette un grand jour sur cette question : Que fait Dieu quand Il bénit ? Or, si Dieu parle en bénissant, et surtout la première fois qu'il bénit, il est évident, qu'il doit dire ce que c'est que bénir. Eh bien! Dieu parle réellement. Voici les paroles de l'historien sacré : « Il les bénit et Il dit : « Croissez et multipliez-vous ». Donc, pour Dieu, bénir c'est donner un principe d'accroissement et de multiplication. La bénédiction est donc la communication de la vertu de fécondité. Quand Noé sort de l'arche, après le déluge, Dieu le bénit avec toute sa famille, et Il leur dit : « Croissez et Multipliez-vous ». C'est surtout dans l'histoire d'Abraham que nous découvrons toute la pensée de Dieu quand Il bénit. Si nous cherchons l'effet, le fruit de cette bénédiction que Dieu donne si souvent au Saint Patriarche, nous les trouverons dans cette magnifique promesse : « J'augmenterai et Je multiplierais ta race comme les étoiles du Ciel et comme le sable qui est sur le rivage de la mer ». La bénédiction d'Isaac, de Jacob, de Joseph, de tous les Patriarches, renferme toujours une promesse d'accroissement. Quand le Seigneur, après avoir mis à l'épreuve la fidélité de Job, voulut le récompenser, Il Le BéNit, et aussitôt ses enfants et ses troupeaux se multiplièrent.

Si de l'Ancien Testament nous passons au Nouveau, il nous sera facile de prouver que ces mots « Bénir, Bénédiction », quand c'est Dieu qui bénit Sa créature, ont toujours le même sens. Avant de le prouver, faisons une remarque. Dans l'ancien Testament, la terre était la figure du Ciel, les biens temporels la figure des biens spirituels. La bénédiction de Dieu promettait l'abondance des moissons, la multiplication des troupeaux. Depuis Jésus-Christ, il s'agit d'accroissement, de multiplication dans un ordre bien plus élevé, l'ordre surnaturel, les biens de la grâce, les richesses de l'âme. Voilà pourquoi Saint Paul ne parle pas comme Abraham, Isaac, Jacob, Moïse ; mais il dit la réalité dont les Saints Patriarches exprimaient la figure. Écoutons le grand Apôtre : « Béni soit Dieu le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a comblés en Jésus-Christ de toutes sortes de bénédictions spirituelles pour le Ciel ».

Nous concluons de ces paroles de Saint Paul, que la Bénédiction, sous la Loi nouvelle, produit les mêmes effets que dans l'ancien Testament, mais dans un ordre de choses bien supérieur. Sainte Elisabeth dit à Marie : « Vous êtes bénie parmi toutes les femmes ». Cette bénédiction, tout le monde la comprend. C'est un accroissement, une abondance, une multiplication que l'Ange Gabriel avait déjà annoncée ; car après avoir dit : « Vous êtes bénie parmi toutes les femmes », il ajoute : « Vous avez trouvé grâce devant Dieu. Vous concevrez dans Votre Sein, et Vous enfanterez un Fils, a qui Vous donnerez le Nom de Jésus. Il sera grand, et sera appelé le Fils du Très-haut. Le Seigneur Dieu Lui donnera le trône de David son Père : Il Régnera éternellement sur la Maison de Jacob, et Son Règne n'aura pas point de fin ».

Voilà donc ce fils d'Abraham, le vrai Isaac par qui tous les peuples de la terre seront comblés de bénédictions. Il vient avec la bénédiction de Dieu Son Père ; quel Royaume ! Quel empire va devenir le sien !... Si Jésus-Christ multiplie les pains dans le désert, c'est en les bénissant. Au moment d'instituer la Divine Eucharistie, Il bénit le pain, et Saint Marc nous dit que ce fut en le bénissant qu'Il le distribua à Ses Disciples, et qu'Il prononça ces sublimes paroles : « Ceci est Mon Corps ». Avant de monter au Ciel, Jésus-Christ bénit solennellement ses Apôtres et tous ses Disciples. Nous connaissons les suites et les conséquences de cette bénédiction. Elle signifiait : « Croissez et multipliez-vous ». On sait aujourd'hui si le genre humain l'a reçue.

 

Premier point

Nous devons estimer la Bénédiction du Saint Sacrement

 

Il est certain que si nous avions vu Jésus-Christ de nos yeux, si nous l'avions entendu de nos oreilles et touché de nos mains, comme s'exprime le Disciple bien-aimé, nous aurions regardé comme un grand honneur de pouvoir nous prosterner aux pieds de cet Homme-Dieu, pour Lui demander Sa bénédiction. Tous les jours, nous demandons aux Prêtres et aux Religieux, mais surtout aux Évêques de nous bénir. Nous regardons comme un grand bonheur de voir le Souverain Pontife, et d'être béni par le vicaire de Jésus-Christ. Mais les Prêtres, les Évêques, le Pape lui-même, que font-ils lorsqu'ils nous bénissent ? Ils agissent comme ministres de Jésus-Christ, ils demandent à Dieu de nous bénir Lui-même. Voilà pourquoi ces formules consacrées par la Liturgie : « Que le Dieu Tout-puissant, le Père, le Fils et le Saint Esprit, vous Bénisse », ou bien : « Que la Bénédiction du Dieu Tout-puissant, le Père, le Fils et le Saint Esprit descende sur vous ». C'est un vœu formé en notre faveur, c'est une prière qui monte au Ciel et qui attire toujours sur nous quelque grâce spéciale.

Mais la Bénédiction du Très Saint Sacrement est quelque chose de bien plus grand et que nous devons estimer davantage. Ici c'est Jésus-Christ Lui-même qui nous bénit. C'est la raison pour laquelle le prêtre, suivant les prescriptions de l'Eglise, ne doit prononcer aucune parole, lorsqu'il bénit les fidèles avec le Corps de Jésus-Christ. Après le Saint sacrifice de la Messe et la Communion, peut-on concevoir quelque chose de plus grand, une cérémonie plus auguste, que la Bénédiction du Saint Sacrement ? Quand le prophète Isaïe a vu de loin une Bénédiction au milieu de la terre, ne pourrions-nous pas dire qu'il a annoncé ce grand acte par lequel le Sauveur, dans le monde entier, bénit tous ses enfants ? Quand le grand Prêtre Melchisedech, offrant le pain et le vin, bénit le Saint Patriarche Abraham, ne Figurait-il pas le Sauveur caché sous les espèces Eucharistiques, et bénissant les fidèles qui sont les vrais enfants d'Abraham ?

Mais n'allons pas chercher des figures. Ces enfants que le Sauveur caressait en les bénissant; ces malades qu'Il bénissait, en imposant Ses mains divines sur leur tête accablée de douleur; ces saintes femmes qui tombèrent à ses pieds après la Résurrection, et voulurent être bénies ; les Apôtres et tous les Disciples, sur lesquels il éleva ses mains pour les bénir, avant de quitter la terre, ont-ils été plus honorés que nous ? Et si nous le voulons, les faveurs qui leur furent accordées, ne les recevrons-nous pas nous-mêmes ? Ah ! Si la grâce est comme un Paradis de délices dans les bénédictions. Si saint Paul nous annonce une moisson abondante dans les bénédictions. S'il est écrit que le juste sera plein des bénédictions du Seigneur, qui pourra dire ce qui est donné à l'âme fidèle quand elle est bénie par la Sainte Eucharistie ? Comment concevoir l'effet de cette parole du Sauveur quand il nous bénit : « Croissez, c'est Moi qui le veux, croissez en mérites, en vertus, en richesses spirituelles. Montez, élevez-vous, vers les collines éternelles ; multipliez vos fruits, que votre moisson soit abondante ; c'est Moi qui vous le dis, en vous bénissant. Cet accroissement, cette multiplication de tous les biens, c'est Ma bénédiction qui les donne !...

O Ciel ! je n'ai jamais bien pensé à ce trésor inépuisable de grâces et de sainteté, la Bénédiction du Très Saint Sacrement ! Désormais je l'estimerai davantage, et ma conduite prouvera que je regarde comme un très grand honneur de recevoir souvent cette bénédiction.

 

Deuxième point

Nous devons désirer la Bénédiction du Saint Sacrement

 

Plus un bien est grand, plus il est estimable, plus aussi on doit le désirer. Ce désir se manifeste par les moyens que l'on emploie et les efforts que l'on fait pour arriver à une pleine possession. Un Chrétien qui estime et qui regarde comme un grand bonheur la Bénédiction du Saint Sacrement, ne néglige rien pour la recevoir souvent. Il saisit, avec un saint empressement, toutes les occasions qui se présentent d'être béni par Jésus-Christ. L'Eglise qui connaît notre profonde misère a voulu multiplier en notre faveur les Bénédictions du Saint Sacrement. Elle nous invite à ne pas négliger ce moyen de sanctification et de Salut. Elle veut que nous soyons bénis souvent par Jésus-Christ ; et comme le Divin Sauveur a laissé à son Épouse la libre disposition de Son Corps et de Son Sang, dans le Sacrement de l'Eucharistie ; cette mère tendre et toujours riche en amour à l'égard de ses enfants, les appelle fréquemment au pied des Saints Autels, pour prier son Céleste Époux de les bénir. Tantôt c'est un office solennel qui se termine par la Bénédiction du Très Saint Sacrement ; tantôt cette Bénédiction nous est donnée en récompense de notre zèle et de notre empressement à accompagner le Saint Viatique; d'autres fois ce sont des faveurs encore plus signalées. Il nous est permis d'élever des autels sur les places publiques, dans nos rues et contre les murs de notre propre maison ; Jésus-Christ vient, Il se repose un instant sur ces autels si bien nommés, « les reposoirs », et de là le Divin Maître bénit tout un peuple, Il bénit notre famille, nos enfants !.... O amour de Jésus !...

Mais tous les hommes correspondent-ils à cet amour ! Oh ! non. On en voit un grand nombre qui sont appelés et qui ne viennent pas. L'Eglise les invite et ils refusent de se rendre aux pieds de l'adorable Sauveur. Malheureux ! il est écrit : « Il n'a pas voulu la bénédiction, elle s'éloignera de lui ». La Bénédiction de Jésus aurait ouvert le sein de la Divine Miséricorde : elle a été refusée, la Miséricorde s'éloigne. Pour moi, Seigneur Jésus, il n'en sera plus ainsi. Partout où je serai appelé pour être béni par vous, on me verra accourir avec un saint empressement. Mille fois plus heureux de recevoir, ne fût-ce que sur votre passage, la Bénédiction que Vous donnez à Vos enfants, mille fois plus heureux que si le monde ouvrait devant moi ses trésors. Bénissez-moi, Divin Sauveur, afin que j'éprouve ce que dit le Prophète : « Vous l'avez prévenu de la douceur de Vos bénédictions ». Je prends en particulier la résolution de ne jamais passer devant une Eglise sans y entrer pour Vous demander de me bénir ; et quand je quitterai le Lieu Saint, ce sera encore après Vous avoir prié de me donner Votre bénédiction, que je recevrai en esprit, et avec un vif sentiment de reconnaissance. Seigneur, je ne Vous quitte point sans que Vous m'ayez béni !

 

Troisième point

Dispositions pour recevoir la Bénédiction du Saint Sacrement

 

Qui dira les sentiments de Foi, de dévotion, de confiance et d'amour dont l'âme de Marie était pénétrée lorsqu'elle demandait à son Divin Fils de la bénir, et que Jésus plein de Tendresse pour Sa Sainte Mère, plaçait ses mains divines sur le front de cette Auguste Vierge !... Qui dira le respect profond et tous les sentiments de piété tendre, affectueuse dont furent inondés les cœurs des pasteurs de Bethléem, des mages venus de l'Orient, lorsque prosternés devant le berceau de l'Enfant-Dieu, Marie plaça les mains de Jésus sur leur front ? Je sais que l'Évangile ne raconte pas ces choses, mais est-ce une illusion de ma piété de me les représenter ! Pourquoi donc recourir à des suppositions ? Madeleine est venue chez le Pharisien, où Jésus se trouvait ; elle est tombée aux pieds du Sauveur ; Jésus l'a bénie par ces paroles : « Vos Péchés vous sont remis, votre Foi vous a sauvée ; allez en paix ». Or, pénétrons, si la chose est possible, dans l'âme sublime de Madeleine, et imaginons la joie, la reconnaissance, la dévotion de cette illustre pénitente, demandant à l'Homme-Dieu de la bénir !...

Le juste et le pécheur doivent être avides des Bénédictions de Jésus-Christ ; l'un et l'autre doivent y apporter des dispositions relatives à l'état de leur âme. Il me semble voir Jacob béni par Isaac et recevant la promesse de tous les biens que le Seigneur avait montrés de loin à Abraham. Esaü apprend cette préférence donnée à son frère. Quel désespoir ! Quelle désolation ! Mais Isaac est toujours son père; il tombe à ses pieds : « Mon Père, n'avez-vous pas réservé pour moi une bénédiction ? » et son Père le bénit. Le pécheur viendra comme Esaü, il dira à Jésus-Christ : « Seigneur, toutes Vos grâces sont-elles pour les justes ? Je m'étais éloigné de Vous, c'est vrai, mais n'avez-Vous pas réservé pour moi une bénédiction ? » Le Cœur de Jésus sera touché, et le pécheur sera béni, et il entendra dans le fond de son âme, cette parole délicieuse : « Va, Mon fils, et ne pèche plus ». Le juste vient avec une Foi vive, il se prosterne, il demande au Sauveur d'étendre Sa main, et de le toucher, et Jésus lui répond : « Mon fils, sois béni !... »

O Jésus, je préparerai mon âme, j'irai à Vous avec une vraie dévotion ; Vous me bénirez. Vous direz sur moi : « Que la rosée du Ciel inonde ton âme ; que le froment préparé pour Mes élus, que le vin délicieux dont j'enivre les vierges, Mes épouses chéries, te soient donnés avec abondance ». Et votre bénédiction deviendra la source de toutes les grâces qui devront me conduire au Salut. Amen.

 

Lauda, Sion, Salvatorem,

Lauda ducem et pastorem,

In hymnis et canticis,

 

Loue, Sion, ton Sauveur,

Loue ton chef et ton Pasteur,

Par des hymnes et des cantiques.

 

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