Canalblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Images Saintes
Publicité
Archives
Newsletter
Derniers commentaires
Images Saintes
  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
20 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

330_001

Vingt-et-unième jour

Quelle doit être notre confiance en Dieu si nous considérons le don qu’Il a fait au monde de Son propre Fils

 

I. Dieu a tellement aimé le monde qu’il n’a pas fait difficulté de lui donner son propre Fils. Et quel monde ? Un monde ennemi de Dieu, un monde que ses péchés rendaient abominable à sa sainteté divine. Il a envoyé son propre Fils pour sauver ce monde rempli de pécheurs, pour se charger Lui-même de tant de péchés, et les expier, comme si tout seul Il les eût tout commis. qu’avons-nous à craindre de la colère de Dieu, après qu’il a voulu l’éteindre Lui-même dans le Sang de son propre Fils ? Si nous détestons nos péchés, si nous en faisons pénitence, qu’avons-nous à craindre d’eux, après que Jésus-Christ Lui-même a bien voulu les expier, et daigner au défaut de nos propres mérites, nous appliquer les mérites de Son Sang Précieux ?

II. Dieu a voulu que Son Fils se fit homme pour avoir une raison en lui d’aimer tous les hommes, qui en eux-mêmes n’ont rien d’aimable à ses yeux. Il aime Jésus-Chris son Fils unique ; Il l’aime profondément, Il l’aime uniquement ; et parce qu’Il est le chef du genre humain, et le premier-né d’entre les hommes, Il n’aime les hommes qu’en Lui et pour l’amour de Lui : ainsi Dieu nous aime du même amour dont Il aime son Fils, du même amour dont Il s’aime Lui-même. Tandis que nous serons unis à Jésus-Christ, comme de faibles membres sont unis à leur chef, Dieu aura pitié de nous, Il nous aimera, sinon pour nous mêmes, qui sommes si misérables, du moins en faveur de son Fils bien-aimé, qui nous fait part de ses mérites.

III. Dieu a voulu que son Fils unique devint le Sauveur du monde, pour avoir une raison de pardonner aux hommes et de les réconcilier avec Lui. Un pécheur pénitent est couvert du Sang de Jésus-Chris, il est environné de ses mérites, il est sous la sauvegarde de sa Croix. Dieu, voudra-t-il perdre ceux que Jésus-Christ a sauvés, et leur refuser une Miséricorde qui a coûté si cher à Son Fils bien-aimé ?

IV. Dieu a tellement aimé les hommes, que pour les retirer de l’abîme ou le péché les avait plongés, il a voulu que la plénitude de sa divinité en Jésus-Christ, Homme et Dieu tout ensemble ; ce Dieu si jaloux de sa gloire l’a voulu ainsi, afin que les hommes pécheurs puissent avoir en Jésus-Christ un médiateur et un Sauveur digne de Lui, afin que ce Divin Sauveur devînt le principe du Salut de tous les hommes, la source de leur sainteté, et le fondement de toutes leurs espérances.

V. Dieu ayant donné son Fils au monde, a paru l’oublier, pour n’aimer en Lui que les hommes, et ne s’occuper que de l’intérêt de leur salut ; pour les sauver de la mort éternelle, Il a porté contre Lui, dès sa naissance, un arrêt de mort ; Il a voulu que sa vie se passât à les instruire, à leur donner et les leçons et les exemples de toutes les vertus ; Il a voulu que pour gagner les hommes, et les affranchir de l’esclavage du péché, Il fût dans tout le cours de sa vie, et leur maître, et leur modèle, et leur serviteur. Jette-toi, mon âme comme la pécheresse Madeleine, aux pieds de ton Sauveur ; ne crains pas de te jeter entre ses bras, ni, à l’exemple de son Disciple bien-aimé, de te reposer sur son sein. Il n’a pas dans le séjour de sa gloire moins de Miséricorde et de bonté qu’Il n’en a montré sur la terre.

VI. Dieu ne s’est pas contenté de donner son Fils au monde, ni de lui ordonner d’employer toute sa vie à l’oeuvre de son salut ; Il l’a encore condamné à la mort pour procurer aux hommes la vie éternelle. Il l’a arrachée de son sein pour le livrer aux bourreaux ; Il a voulu qu’Il consommât son sacrifice sur l’autel de la Croix, qu’Il devînt une victime d’expiation pour nos péchés. Son Fils réduit à une agonie mortelle, lui demanda grâce pour Lui-même, et Il ne l’obtint pas. Il semble que Dieu nous ait plus aimés que Lui. Et nous aimera-t-il moins au moment où il s’agit de recueillir les précieux fruits du Sacrifice qu’Il lui a offert pour notre salut ?

VII. Jésus-Christ ayant acquis par son obéissance jusqu’à la mort de la croix des mérites infinis, Dieu son Père, à qui Il a offert pour nous le sacrifice de sa vie, nous a incorporés en Lui ; Il l’a rendu notre chef, afin qu’étant les membres de son Fils unique, nous puissions devenir en Lui et par Lui ses enfants. Par là nous sommes devenus les frères et les héritiers de Jésus-Christ. Nous avons part à ses mérites et à toutes ses richesses. Je suis misérable de mes fonds ; mais je suis riche de Jésus-Christ. Ses larmes, ses prières, ses souffrances, tous ses mérites sont à moi. Ô admirable invention de la bonté divine ! Ne pouvant faire que nous fussions tous des Dieux, elle a fait un Homme-Dieu, pour nous rendre participants des richesses de la divinité ; et Dieu, comme dit Saint Paul, en nous donnant son Fils, ne nous a-t-il pas donné toutes choses avec Lui ?

VIII. C’est le baptême et la Foi en Jésus-Christ qui nous unissent à Dieu et nous rendent ses enfants ; ce sont les Sacrement qui nous incorporent à Son Fils bien-aimé. Ô mon âme ! Puisque j’ai le bonheur d’avoir été appelé à la Foi, d’avoir été baptisé dans le Sang de Jésus-Christ ; puisque je lui appartiens et que je suis associé à ses mérites, je puis dire avec confiance que tout est à moi, que malgré mon indignité je mérite tout, qu’en Jésus-Christ et par Jésus-Christ j’obtiendrais toutes choses. Ah ! Mon Dieu, qui me donnera un million de coeurs pour vous aimer comme Vous le méritez !

IX. Ô mon Dieu ! Ô Père très aimable et très miséricordieux ! Qui me donnera un million de coeurs pour Vous rendre une partie de l’amour que Vous m’avez porté en me donnant Votre Fils ? Vous avez voulu qu’Il consacrât toute sa vie au salut des hommes. Durant tout le cours de sa vie, Il s’est moins montré leur maître que leur serviteur. Il les recherchait, Il les prévenait, Il les guérissait de leurs maladies, Il multipliait les pains pour les nourrir, Il leur lavait les pieds, Il les instruisait, Il est mort pour eux, pour eux Il s’est ressuscité et s’est élevé dans les cieux pour y préparer leurs places. Il ne les oublie pas dans le lieu de leur exil, Il leur prodigue Son Sang et Ses mérites infinis qu’Il a mis comme en dépôt dans Ses Sacrements. Ô prodige de Miséricorde et d’amour ! Les paroles me manquent, mes pensées se confondent, mon esprit demeure interdit. Ô amour ! Ô bonté ! c’est tout ce que je puis dire : tant que je vivrai, je ne cesserai d’espérer en vous.

X. Oui j’espérerai dans la Miséricorde de mon Sauveur, quand même j’aurai déjà un pied dans l’enfer. Si Dieu avait voulu me perdre m’aurait-il incorporé à son Fils ? m’aurait-il ordonné l’usage des Sacrements dont la vertu est de me transformer en Son Fils ? En me réprouvant, il réprouverait Son propre Fils ; en me perdant, Il anéantirait sa rédemption et le plus grand ouvrage de Sa Miséricorde. Non, je ne craindrai rien, tandis que je croirai en Lui, que je mettrai ma confiance en Lui, que je me tiendrai attaché à sa Croix. Non rien ne me séparera de la Charité de Jésus-Christ.

XI. Si Dieu ne nous sauve pas pour l’amour de nous qui ne méritons que les rigueurs de sa justice, Il nous sauvera pour l’amour de Son Fils qui a porté la peine de nos péchés ; Il doit une récompense à l’obéissance qu’Il lui a rendue : or cette récompense est le salut de ceux qui croient en Lui : c’est tout ce qu’Il demandait, lorsqu’il Lui offrait Son Sang et Sa Vie. Dieu ne peut nous perdre sans ruiner l’héritage que Son Fils a acquis de Son Sang, sans affaiblir la vertu de Sa Croix, sans arracher de Son Corps adorable des membres qu’Il s’est incorporé. Non, notre divin Sauveur ne peut condamner les pécheurs sans faire violence à Sa Miséricorde ; c’est un malheureux père contraint de souscrire la condamnation de son fils. Ô bonté qui m’avez donné un si bon sauveur, j’espère que Vous me le conserverez, et que vous ne permettez pas que j’en sois séparé.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

232_001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de la Passion dans votre boite mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

Publicité
18 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

085_001

Dix-neuvième jour

Nos péchés mêmes contribuent à exciter notre confiance

 

I. Mon âme, déteste tes péchés, comme les plus grands maux du monde ; mais n’en sois pas effrayée : ce sont des monstres qui n’ont plus de dents ; la Miséricorde Divine les a désarmés : elle les fera servir à ton bonheur et à ton triomphe. s’il est glorieux à Dieu de pardonner et d’user de Miséricorde, les péchés tournent à sa gloire ; ils sont pendant ta vie la source d’une sainte pénitence ; à ta mort ils feront éclater la Miséricorde de ton Sauveur, comme les péchés d’un voleur pénitent la firent éclater sur la Croix.

II. Les larmes que versait Saint Pierre étaient aussi précieuse que le péché qui faisaient couler était affreux. Rien de plus honteux que les désordres de Madeleine, et rien de plus agréable à Jésus-Chris que la pénitence qu’ils excitèrent, que les larmes qu’ils firent répandre. Ô bonté admirable de Dieu ! Ce qui devrait nous perdre, ce qui nous attirait sa haine et sa malédiction, elle le fait servir à nous sauver, et à nous attirer à son amour et à ses grâces. Il n’appartient qu’aux grands médecins de changer le poison en bons remèdes ; il n’appartient qu’à Dieu de tirer la gloire du milieu de la honte, d’extraire la douceur de l’amertume même, et de faire sortir la lumière du sein des ténèbres les plus épaisses.

III. Si notre premier père n’avait pas péché, le Fils de Dieu ne se serait pas fait homme pour sauver le genre humain. Heureuse faute qui a procuré tant de gloire à Dieu et aux hommes une si grande abondance de Miséricorde ! Heureux aussi tous les péchés, les péchés les plus détestables, quand ils sont amèrement pleurés et lavés dans le Sang de l’Agneau ! Un pécheur pénitent est plus cher et plus agréable à Dieu par son humble pénitence qu’il ne lui était odieux pour tous ses péchés. Ô mon âme, que tu dois d’amour à ton Dieu, que tu lui dois de confiance de vouloir tirer sa gloire des injures que tu lui as faites, et d’employer à ton Salut les péchés qui doivent d’attirer sa colère et t’entraîner dans l’enfer !

IV. Ah ! Que toutes les étoiles du firmament soient autant de langues, pour annoncer les Miséricordes de Dieu ans tous les siècles ; que les Anges se joignent à moi, et suppléent à ma faiblesse, pour m’aider à rendre grâce à Son infinie Bonté qui a désarmé Sa Justice, qui en mettant mes péchés sous mes pieds les fait servir à mon élévation.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

232_001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de la Passion dans votre boite mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

17 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

20_lanciano

Dix-huitième jour

Combien la Miséricorde de Dieu envers les pécheurs doit exciter notre confiance au moment de la mort

 

I. Celui entre les mains de qui nous remettons, en mourant, notre esprit, est un Dieu dont la Miséricorde infinie a commencé son cours dès l’origine du monde, et ne l’a jamais interrompu. Dès lors le genre humain comblé de ses grâces et de ses faveurs l’a offensé, et il a eu pitié du genre humain : les hommes ont continué de l’outrager, et il n’a cessé de leur faire du bien ; les attendant à pénitence avec une patience invincible, il conserve toute leur vie, il ordonne au soleil de se lever pour les éclairer, au Ciel et à la terre de les combler de biens, afin que, s’ils périssent, leur perte ne puisse être imputée qu’à eux-mêmes et à leur impénitence volontaire. Aussi est-il dit de Dieu qu’il est riche en Miséricorde et généreux à pardonner, non un péché, mais des péchés sans nombre ; non les péchés d’un peuple, mais les péchés de toutes les nations ; non pour un tempos, mais pour tous les siècles. Ô mon âme, tu n’as à craindre que ton impénitence, et non pas la colère d’un Dieu qui est porté à te pardonner, et qui est infiniment plus miséricordieux que tu n’es pécheresse.

II. Telle est la bonté de Dieu pour les plus grands pécheurs, tandis qu’ils sont sur la terre, qu’il paraît négliger Sa souveraine Majesté, et oublier en faveur de Sa Miséricorde, les droits de Sa Justice ; Il semble rechercher toutes les occasions de leur pardonner : attraits de la grâce, remords de la conscience, invitations, menaces, afflictions, il emploie tout pour les toucher et les convertir, et s’il parvient à gagner leur coeur, il s’en fait une sorte de triomphe. Je vous assure, dit le Sauveur du monde, que les Anges de Dieu se réjouiront lorsqu’un pécheur fera pénitence. Un pécheur est une brebis perdue, que Jésus-Christ, comme un bon Pasteur, recherche jusqu’à ce qu’il l’ait retrouvée, en faveur de laquelle il paraît négliger le soin de tout son troupeau. Un pécheur converti est un enfant prodigue, que Dieu, le meilleur de tous les pères, reçoit avec la plus grande bonté, qu’il comble de biens, sans conserver aucun souvenir de son ingratitude et de ses désordres.

III. Quand Dieu menace les pécheurs, ce n’est pas pour les perdre ; c’est pour les convertir : le plus grand pécheur peut et doit espérer dans Ses Miséricordes, tandis qu’il a un souffle de vie. Jonas connaissait bien le coeur de Dieu, lorsqu’il refusa d’aller à Ninive lui annoncer sa ruine prochaine ; il ne doutait pas que si cette ville abominable faisait pénitence, Dieu ne lui devint propice, et ne révoquât l’arrêt qui la condamnait à une ruine entière. Les menaces et la colère de Dieu sont toujours accompagnées de Miséricordes en faveur des pécheurs contrits et humiliés.

IV. Durant le cours de ma vie criminelle, mon Dieu que j’outrageais indignement me supportais avec patience ; il attendait le retour de son enfant prodigue : loin de me rejeter, il m’a reçu avec bonté quand je suis revenu à lui ; il m’a rétabli dans tous les droits de ses enfants ; mille fois je l’ai offensé, mille fois il m’a pardonné ; il a épargné l’ouvrage de ses mains ; il m’a gardé jusque dans mes désordres, comme la prunelle de ses yeux : ses bontés passées sont un gage assuré de celles que je dois espérer au moment de ma mort : mon plus grand crime en ce moment serait de ne pas espérer en Lui. Non, il ne veut pas que je périsse, ni qu’avec moi périsse le fruit de tant de Miséricordes dont il m’a comblé dans le cours de ma vie.

V. C’est Dieu qui inspire aux mères et aux nourrices tant d’amour et de tendresse pour les petits enfants qu’elles allaitent ; c’est lui qui donne aux pères un coeur si bon pour leurs enfants, qu’on les voir sa sacrifier pour eux, et les aimer malgré les ingratitudes les plus noires et les plus honteux désordres. Que la source de tant de bonté doit être abondante ! qu’il doit être bon et miséricordieux, le coeur qui communique tant de bienfaisance à tant de millions de coeurs ! Celui que fait tous les yeux, sera-t-il aveugle ? Celui qui forme les oreilles, sera-t-il sourd ? Et celui qui forme le coeur des pères et des mères, n’aura-t-il pas l’amour de pères et de mères pour tout ce qu’il à mis au monde ?

VI. Pour le pas succomber sous le poids de nos iniquités, et pour exciter notre confiance dans les Miséricordes du Seigneur, considérons la multitude d’âmes pénitentes qui ont été dans tous les siècles d’illustres monuments de la Miséricorde Divine. La main de Dieu s’appesantissait sur le peuple des infidèles, qui, inconstant, quittait les voies de l’iniquité, pleurait et gémissait et Dieu lui faisait grâce ; ils retombaient puis tendaient les bras et Dieu les relevait ; il retombaient derechef, puis revenaient à eux et Dieu leur pardonnait après tant de rechutes et d’infidélité. Quelle bonté ! Quelle Miséricorde ! Quelle patience invincible ! l’arrêt de Ninive est prononcé ; elle fait pénitence : il est révoqué. Qu’il est beau de voir David, ce roi adultère et homicide, avouer son péché, le détester et obtenir Miséricorde ! Qu’il est beau de voir le roi Manassès tremper ses chaînes de ses larmes, et ces majestés abattues aux pieds de Dieu, triompher hautement de sa justice, et lui lier les mains, pour ainsi dire, au moment de ses plus éclatantes vengeances ! Mais ces insignes pécheurs étaient-ils assurés du pardon de leurs crimes ? Dieu n’a-t-il pas souvent dit qu’au jour et au moment que le pécheur renoncera à ses péchés et retournera à lui, ses péchés seraient jetés dans la mer, et ensevelis dans un éternel oubli ? Le plus grand pécheur peut-il être en doute de la Miséricorde de son Dieu et de sa disposition à le recevoir avec bonté, s’il considère la force des paroles qu’il adressait à son peuple infidèle pour le convertir ? Un mari disait-il, ne reçoit jamais une femme adultère ; ces sortes de plaies ne se ferment point ; et moi j’ai tout un autre coeur pour vous. Que vous m’ayez manqué de Foi, que vous ayez suivi des amants étrangers avec opprobre de mon nom, quelque jaloux que soit mon coeur, et il n’en est pas de plus jaloux ; si vous revenez à moi de bon coeur, je vous recevrai, et nous vivrons ensemble comme auparavant. Comment un pécheur, en méditant ces tendres promesses, ne se convertit-il pas ? Et comment un pécheur converti peut-il redouter la colère de son Dieu ?

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

232_001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de la Passion dans votre boite mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

16 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

035_001

Dix-septième jour

De la bonté de Dieu en général pour nous exciter à la confiance

 

I. Pour accoutumer nos yeux à la lumière, et de crainte qu’ils ne soient éblouis en fixant tout à coup l’élégante Charité de Dieu qui a paru sur la Croix, tournons nos regards vers des objets qui soient plus à notre portée, et dont l’éclat soit plus tempéré ; considérons la Miséricorde et la bonté de Dieu en général : puis nous élèverons les yeux sur la Croix pour y contempler le soleil d’amour dans tout l’éclat de sa lumière dans l’excès de son ardeur.

II. Rentre en toi-même, ô mon âme, sonde les replis de ton coeur. Si tu te sentais coupable de quelque péché secret, ne les détesterais-tu pas ? N’en ferais-tu pas l’aveu sincère aux ministres que Jésus-Christ a établis pour t’absoudre ? Pour l’expier et l’effacer, épargnerais-tu tes regrets et tes larmes ? Non sans doute. Si ta conscience ne te reproche ni d’attache criminelle à laquelle tu n’aies renoncé en vue de ton salut, ni de haine secrète de ton prochain que tu n’aies étouffée, ni d’injustice que tu n’aies réparée ; si elle répond que tu aimes ton Dieu, que tu aimes ton prochain ; sois tranquille : ne redoute ni la mort, ni les jugements de Dieu ; Il ne peut te juger que dans Sa Miséricorde ; Il veut te sauver, puisqu’il t’inspire Lui-même des sentiments de pénitence et qu’Il t’accorde le secours de Ses Sacrements, qui sont les sources de Sa grâce. Les péchés sont moins la cause de damnation que la défiance qui fait mourir les pécheurs dans l’impénitence.

III. Quelques péchés que nous ayons eu le malheur de commettre dans le cours de notre vie, si, pour les effacer, nous avons mêlé nos larmes au Sang de l’Agneau, qui coule dans nos âmes par les Sacrements, ne nous figurons pas que nous allons paraître devant Dieu souillé de ces péchés : ils sont effacés, il n’en reste pas de vertige ; nous sommes revêtus de Jésus-Christ et enrichis de ses mérites. Mourir dans les Sacrements, c’est mourir dans le Sang de Jésus-Christ, et personne ne peut faire naufrage dans ce bain salutaire, à moins qu’il ne s’y plonge avec la perfidie de Judas ou l’impiété des hébreux déicides.

IV. Ne crains pas, mon âme, d’être traînée devant le tribunal de la Justice Divine : ta pénitence sanctifiée par les mérites de ton Sauveur, ayant couvert la multitude de tes péchés, la Justice de Dieu s’est changée pour toi en Miséricorde. Dieu te regarde comme un esclave dont le sont Fils, aux dépens de sa vie, a acheté la liberté, comme une conquête qu’Il a arrachée à l’enfer : ton salut intéresse sa propre gloire. Ne crains rien, Il a répandu sa colère loin de toi sur des peuples rebelles et sur des âmes qu’Il n’a pas attendues à pénitence, ou qui s’obstinent à mourir dans leurs péchés.

V. Dieu est juste, Il n’est que bonté et Miséricorde. Pleurons les péchés où notre faiblesse, et peut-être notre malice nous a entraînés ; renonçons au monde, qui nous est étranger, renonçons à tout ce qui déplaît à Dieu, nous n’aurons rien à craindre de la Justice Divine, qui n’exerce ses rigueurs que contre ceux qui sont obstinément rebelles à sa grâce ; nous lèverons tous les obstacles qui arrêtaient le cours de son infinie bonté ; et notre âme, que nous remettrons entre ses mains au sortir de la prison de son corps, passera dans le sein de Sa Miséricorde, et entrera dans la joie du Seigneur. Dieu n’est que Charité, que bonté et le propre de sa bonté est de se communiquer ; par un effet de cette bonté, il nous a communiqué son être en quelque sorte, lorsqu’il nous a tirés du néant ; par un effet de la même bonté, Il veut nous communiquer Son bonheur. Il est notre Père ; Il préfère que dans nos prières nous Lui donnions ce tendre nom redoutable de Souverain Seigneur ; et que ne fait pas un bon père pour le Salut et le bonheur e ses enfants, de ceux qui l’ont affligé par leur mauvaise conduite ?

VI. Dieu est si bon lorsqu’il proteste que la punition des pécheurs est un œuvre qui lui est comme étrangère, à laquelle il ne se porte qu’à regret, et que ses plus chers délices sont de faire du bien à tous les hommes ; Il imprime au coeur de ses saints la même inclination de bienfaisance et de Charité ; et n’avoue pour ses enfants que ceux qu’une Charité bienfaisante rend semblables à Lui. Dieu ne serait-il pas pour nous, quelque misérables que nous rendent nos péchés, ce qu’il nous ordonne d’être les uns pour les autres, bienfaisant, compatissant à nos misères, patient à supporter nos injures, disposé à nous pardonner et à nous rendre le bien pour le mal ? Serait-il moins miséricordieux que nous ne devons l’être ? Non, l’immense Charité dont il pénètre le coeur de ses Saints, n’est qu’un ruisseau qui coule de l’océan de Sa Miséricorde infinie. Ne croirions-nous pas notre salut en sûreté, s’il dépendait de la Charité de ces hommes apostoliques que Dieu emploie à la conversion des pécheurs ? Qu’avons-nous donc à craindre, si, morts au monde que nous allons quitter, la Foi nous découvre que notre Salut est entre les mains de Dieu même ?

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

232_001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de la Passion dans votre boite mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

30 mars 2018

Le Mois de la Passion

232_001

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

 

Veille du premier jour

Combien il est juste de se soumettre à Dieu, à l’exemple de Jésus-Christ

 

I. Considère, ô mon âme, combien est grande la Majesté de Dieu, puisqu’il a fallu, pour lui rendre l’hommage qui lui est dû, qu’un Homme-Dieu, Son Fils unique, s’anéantit devant Lui, et se rendit obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la Croix.

Obéissance admirable, mais sanglante et terrible ! Dans la mort de Son Fils, Dieu a signalé son souverain pouvoir ; Il a fait éclater les droits de Son autorité, Il a été glorifié comme Il le mérite. Pour rendre un digne hommage à la souveraine grandeur de Dieu, il ne fallait rien moins que l’obéissance et l’anéantissement d’un Homme-Dieu.

II. Après un si grand exemple, qui osera résister à Dieu ? Des vers de terre, comme nous, oseront-ils secouer le joug de l’obéissance, sous lequel Jésus-Christ a plié et sous lequel il est mort ?

III. Considère, mon âme, ton Sauveur attaché à la Croix. Elle a été le terme de toute ses obéissances. Ce n’est qu’après avoir accompli dans le cours de sa vie toutes les Volontés de Son Père, qu’Il y est mort, et y a consommé Son Sacrifice. Pourrais-tu refuser à ton Dieu ta soumission et n’accomplir de ses Volontés que celles qui sont conformes à tes inclinations ?

IV. Considère surtout avec quel amour, avec quel zèle et quel respect Jésus-Christ s’est montré obéissant. « Je ne fais rien, dit-Il Lui-même, que ce qui plaît à Mon Père ; Ma nourriture est d’accomplir Sa Volonté : Mon Père, que Votre Volonté s’accomplisse et non la Mienne ». La seule consolation qu’il paraît avoir sur la Croix, c’est quand, avant d’expirer, se rappelant qu’Il avait accompli toutes les Volontés de Son Père, Il dit, en s’écriant avec une force toute divine : « Tout est consommé ».

V. Que signifient, ô mon âme, ces paroles de Saint Paul : « Jésus-Christ s’est rendu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la Croix » ? que signifient celles que prononça Jésus-Christ Lui-même dans un triste état de sanglante agonie : « O Mon Père, que Votre Volonté soit faite, et non la mienne » ?

Jésus-Christ comprenait la grandeur et la Majesté infinie de Dieu. Il savait que rien n’est plus juste et raisonnable que de se soumettre à Lui, et quoique, comme Son Fils unique Lui fut égal, Il a voulu ajuster à ses éminentes qualités celle de Son Serviteur, se faisant gloire et s’estimant heureux de mourir par Ses ordres.

Imitons ce glorieux exemple, nous qui, par notre nature, sommes les esclaves de Dieu, et ne sommes ses enfants que par Sa grâce. Nous Lui devons une soumission parfaite, parce qu’Il est notre Souverain Seigneur ; nous la Lui devons parce qu’Il est notre Père ; et en nous soumettant à Ses ordres, nous Lui faisons en même temps hommage de notre dépendance, et nous Lui témoignons notre amour.

 

571_001

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

Pour recevoir les méditations du Mois de la Passion dans votre boite mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

Publicité
8 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

744_001

Neuvième jour

Le Crucifix nous apprend à aimer notre prochain

 

I. « Mes enfants, disait le Disciple bien-aimé, aimons-nous les uns les autres ». La Charité fraternelle est le caractère qui distingue les enfants de Dieu. Comment connaissons-nous les excès de l’amour dont Dieu nous a prévenus ? C’est qu’Il a donné sa vie pour nous tous. Nous devons donc aimer nos frères et leur sacrifier dans le besoin jusqu’à notre vie. C’est dans le sein de Jésus-Christ, c’est dans Ses Plaies que Son Apôtre avait puisé cette céleste doctrine ; écoutons Jésus-Christ attaché à la Croix pour le Salut de tous les hommes : la voix de Son Sang plus éloquente encore que celle des ses apôtres, nous annoncera les devoirs de la Charité fraternelle.

II. Nous étions tous frères dans l’ordre de la nature, et c’était une raison suffisante de nous aimer les uns les autres. Dans l’alliance que Jésus-Christ a scellée de Son Sang, notre fraternité est ennoblie. Nous ne sommes pas seulement enfants d’Adam ; nous sommes enfants de Dieu, frères de Son Fils unique, héritiers de Son Royaume. Nous devons donc nous aimer comme les enfants du même père : et ce père étant Dieu Lui-même, quelle doit être la sincérité, le zèle et la pureté de notre amour ? Et Jésus-Christ, le premier-né d’une si grande famille, qui s’est immolé pour le Salut de tous, et même des plus grands pécheurs, étant notre modèle, est-il un de nos frères que nous ne devrions tendrement aimer, quelque méchant qu’il soit ? Est-il dans quelque ce soit de nos frères de misères auxquelles nous ne devrions compatir, des soins que nous ne devions soulager selon notre pouvoir, des injures que nous ne devions être disposés à pardonner ? La haine que nous porterions à nos semblables, se tournerait contre Dieu même et contre Jésus-Christ. Nous haïrions les enfants de Dieu, nous haïrions les frères de Jésus-Christ qu’Il a aimés jusqu’à répandre Son Sang pour eux.

III. Depuis qu’un excès de Charité a attaché Jésus-Christ à la Croix pour sauver tous les hommes, toute la Loi divine semble renfermée dans le précepte de la Charité fraternelle. C’est le seul qu’il dit être le sien, et qu’il annonce comme son précepte par excellence. Je vous fais, disait-il à ses disciples, un commandement nouveau, c’est de vous aimer les uns les autres de la manière que Je vous aime Moi-même. Je vous aime comme mes frères, comme enfants de mon Père, comme membres d’un corps dont Je suis chef, et Je vous aime, jusqu’à Me sacrifier pour Votre Salut. C’est ainsi que vous devez vous aimer, et c’est en vous aimant ainsi que vous vous ferez reconnaître de tout le monde comme Mes véritables disciples. Le précepte qui M’est propre, le précepte distinctif de Mon alliance, c’est que vous vous aimiez les uns les autres comme Je vous ai aimés ; et je ne puis vous témoigner plus d’amour qu’en Me livrant à la mort pour vous.

IV. Que de raisons ne nous présente pas la Croix de Jésus-Christ, de nous aimer les uns les autres et de faire triompher la Charité des répugnances de la nature ? Par le bienfait de Sa rédemption nous ne sommes pas seulement appelés, nous sommes en effet les enfants de Dieu ; et les enfants du même père et d’un père tel que Dieu ; ne doivent-ils pas s’aimer, se secourir, se souffrir les uns les autres et imiter l’indulgence de leur Père céleste, qui fait lever son soleil sur les méchants comme sur les bons ? Le Sang de Jésus-Christ a formé de tous les chrétiens un corps dont chacun d’eux est membre, et dont Il est chef, et tous les membres d’un même corps ne doivent-ils pas s’intéresser l’un à l’autre ? Ne voit-on pas la tête et la main s’abaisser vers le pied pour arracher l’épine qui le blesse. Chrétiens sans foi et indignes du nom que vous portez, réfléchissez et tremblez. Lorsque la haine vous divise, lorsque vous vous entre-déchirez, c’est le corps de Jésus-Christ Lui-même que vous déchirez. Pourquoi Jésus-Christ rassemble-t-il tous ses membres à la même table et les nourrit-il du même pain en leur donnant à tous Son Corps et Son Sang, qu’Il a répandu pour eux tous ? c’est pour les réunion à leur chef dans le même esprit, et entretenir dans leur coeur le feu de la Charité qu’Il est venu allumer sur la terre.

V. Jésus-Christ qui nous a ordonné de nous aimer comme Il nous a aimés Lui-même, est mort pour le Salut des plus grands pécheurs. Il a reçu avec bonté le baiser de Judas ; Il a jeté sur Pierre, au moment qu’il le reniait, un regard de compassion ; Il a offert Son Sang pour les méchants qui le répandaient ; Il ne s’est vengé de leurs cruautés, Il n’a répondu à leurs injures et à leurs blasphèmes, qu’en demandant grâce pour eux et en les excusant. Voilà notre modèle. Nous excuserons-nous de ne pas aimer nos frères, parce que nous n’en sommes pas aimés, parce qu’ils nous haïssent et nous persécutent, parce que leurs défauts et leur mauvais caractère les rendent indignes de notre amour ?

VI. Que rendrons-nous à Jésus-Christ pour tous les biens que nous avons reçus ? Comment reconnaîtrons-nous le bienfait de notre rédemption ; et le paierons-nous du Sang qu’Il a répandu pour nous ? Il nous en offre Lui-même un moyen facile. Aimons nos frères, comme Il nous a aimés ; faisons pour eux ce qu’Il a fait pour nous. Ils sont ses membres et Il regardera comme fait à Lui-même tout ce que nous ferons pour eux. « J’ai eu faim, dira-t-il à ses élus au Jugement dernier, et vous M’avez donné à manger ; J’ai eu soif, et vous M’avez donné à boire ; J’étais étranger, et vous M’avez accueilli ; J’étais nu, et vous M’avez revêtu ; J’étais infirme, et vous M’avez visité ; J’étais en prison, et vous êtes venu Me soulager ». Si Jésus-Christ nous sait tant de gré de ces bons offices auxquels la seule humanité porte les infidèles mêmes, quel gré ne nous saura-t-il pas de notre indulgence a supporter les défauts de nos frères, de notre courage à souffrir leurs mauvais traitements et à pardonner leurs injures, de notre zèle à contribuer à leur sanctification, et des sacrifices que nous ferons pour leur Salut ?

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

232_001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de la Passion dans votre boite mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

6 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

308_001

Septième jour

Le crucifix nous apprend quelle est la grandeur et le prix d’une âme

 

I. Juge, mon âme, de ta dignité et de la grandeur de ta dignité par le prix dont tu as été rachetée. Jette les yeux sur la Croix où ton Sauveur a été attaché. C’est pour toi qu’Il s’est réduit à ce triste état. C’est pour ton salut que ses yeux se sont remplis de larmes, sa bouche de prières, son coeur de sanglots. C’est pour t’arracher à la mort éternelle et t’assurer le bonheur du Ciel qu’Il a satisfait à la Justice Divine. Sa vie et la tienne ont été mises sur la Croix comme dans une balance, et tu l’as emporté ; et par un jugement de la Sagesse divine, il a paru plus convenable qu’un Homme-Dieu perdit la vie que ton Salut et la vie éternelle.

II. Pour juger du prix d’une âme, il faudrait comprendre quel est le mérite de la vie d’un Homme-Dieu, laquelle a été le prix de notre rédemption. Ceux qui sont menacés d’un naufrage, jettent à la mer les marchandises les plus précieuses et s’estiment heureux de racheter leur vie à ce prix : Jésus-Christ, pour nous racheter à la vie, a été jeté dans les abîmes de la mort. Ô vie infiniment précieuse ! Tu seras désormais infiniment chère. Que tu dois être heureuse puisque tu es le prix du Sang d’un Dieu ! Je sacrifierai tout pour te conserver, et que me servirait de gagner le monde entier, si je venais à perdre mon âme, une âme que Dieu a jugée digne de Lui, une âme capable de le glorifier dans les siècles des siècles, une âme que le Fils de Dieu a rachetée de la mort éternelle, en livrant la sienne et en satisfaisant pour moi à la Justice Divine ?

III. Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance, dit le Seigneur au commencement des choses ; et Il forma son corps de terre et de boue, et produisit son âme spirituelle et immortelle par le souffle de Son Esprit Divin. C’est notre âme qui est l’image de la divinité. En animant et vivifiant notre corps, elle y répand des traits frappants de cette ressemblance. Sa dignité éclate à travers ces masses terrestres et le voile de notre corps ; Sa Majesté se peint sur nos visages et inspire une sorte de crainte et de respect aux bêtes même les plus farouches. On voit, dit Saint Augustin, de faibles enfants mener et commander des troupeaux entiers de bêtes dont une seule suffirait pour les écraser : il faut donc que la dignité de leur âme se peigne sur leur front, et qu’il sorte de leurs yeux je ne sais quoi qui inspire le respect et la crainte. Ô homme ! Tu t’estimes trop, et trop peu. Tu te glorifies de ce qu’il y a en toi de vil et de périssable, des avantages d’un corps formé de terre et sujet à la corruption ; et ton âme, cette image vivante de la divinité, cette substance immortelle, sortie du sein de Dieu, tu la négliges, tu n’en fais aucun cas.

IV. Jugeons de la différence de l’âme et du corps par les différents aliments que Dieu leur a préparés. Il nourrit nos corps des fruits de la terre et de la chair des animaux : Sa Parole, les lumières de Sa Sagesse, le Corps et le Sang de Son Fils servent de nourriture à nos âmes. Ô mon âme ! Que ta vie est précieuse ! Quelle est divine, si pour te nourrir tu as besoin d’aliments divins ! Que tu as peu de Foi ; que tu es misérable avec tant de grandeur, si tu préfères à cette vie céleste et divine la vie grossière de ton corps !

V. Si tu veux connaître, ô mon âme, quelle est l’estime que Dieu même fait de toi et de ton Salut, considère Jésus-Christ, Son Fils unique, attaché à la Croix. Nous étions devenus esclaves du démon ; nous avions été vendus à l’enchère, selon l’expression de Saint Paul, sous la malédiction du péché ; et le Fils de Dieu s’est offert à la mort pour nous sauver la vie ; pour racheter nos âmes, il a livré la sienne. Ô âme, d’un prix infini, puisqu’il a fallu que le Fils d’un Dieu devient ta rançon ! Ô vie de l’âme, le prix que le Fils de Dieu a payé pour toi t’a rendue, pour ainsi dire, une vie divine.

VI. On pourrait dire que le Fils de Dieu s’est estimé plus riche en gagnant une âme qu’en jouissant de la vie. Âme précieuse, illustre conquête, tu as été capable de combler les désirs d’un Homme-Dieu. Ton salut l’a dédommagé de la perte de sa vie. Ah ! Que ne peut-on te voir des yeux du corps ! Pourquoi faut-il que ta beauté soit cachée sous le voile d’une chair mortelle ? Tu es préférable à mille mondes, puisque le monde n’est fait que pour servir à ton bonheur, et pour être l’escabeau de tes pieds. Le Seigneur du Ciel et de la terre daigne te chercher ; ses délices sont d’être avec toi et de te communiquer sa gloire. Que la Croix de ton Sauveur t’a rendue précieuse ! Ce n’est pas au prix de l’or et de l’argent qu’il t’a rachetée, c’est au prix de son sang qu’il a répandu pour toi, comme un Agneau pur et sans tache.

VII. Si nous connaissons le prix de notre âme, avec quel soin conservions-nous en elle le don de Dieu, cette vie divine que Jésus-Christ lui a méritée par sa mort ! Exposerions-nous si facilement ce don précieux aux dangers et à la séduction du monde ? Ne le tiendrions-nous pas caché en Dieu avec Jésus-Christ, comme un trésor inestimable que nous voudrions dérober à l’avidité des voleurs qui nous environnent ? Ma mère, disait un pécheur nouvellement converti, qui s’est réfugié dans une solitude pour y mettre son salut en sécurité, je veux sauver mon âme : serez-vous sa caution, si cédant à vos sollicitations, je l’expose continuellement aux dangers du monder où elle avait déjà péri ?

VIII. Ah ! Que Saint Paul connaissait bien le prix d’une âme, lorsqu’il disait aux Corinthiens : « Quel est le Chrétien infirme dans la Foi, dont je ne partage l’infirmité ? Quel est le fidèle qui fait un faux pas, dont la chute ou le péril ne me pénètre de douleur ? » Ce grand apôtre connaissait le prix d’une âme rachetée par le Sang de Jésus-Christ. Il aurait consenti à devenir anathème pour en sauver une seule.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

232_001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de la Passion dans votre boite mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

4 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

175_001-001

Cinquième jour

Sur l’excellence des vertus et l’esprit du Christianisme

 

I. Dieu dispense avec une sorte de prodigalité les biens terrestres et périssables, la santé, les plaisirs, les richesses et les honneurs. Sa providence en accorde la jouissance aux plus indignes ; et les hommes qui n’entrent pas dans la profondeur de ses jugements, regardent ces sortes de biens comme les faveurs d’une fortune aveugle. Ils sont trop vils, et la Sagesse Divine en fait trop peu d’estime pour les faire acheter bien cher.

Il n’en est pas ainsi des biens de la grâce, de ces secours surnaturels, de ces lumières célestes, de ces vertus qui rendent l’homme semblable à Dieu. Dieu a voulu que le Sang de Son Fils en fut le prix, et, quelles ne fussent communiquées qu’à ceux qui Lui sont unis comme les membres à leur chef. Quelle est donc la grandeur et la dignité des œuvres chrétiennes qui reçoivent leur mérite de Jésus-Christ et sont pour ainsi dire, divinisées en Lui.

II. Jésus-Christ est le tronc d’un grand arbre, les chrétiens en sont les branches. La branche ne peut d’elle-même porter le fruit, si elle n’est incorporée au tronc ; ainsi nous ne pouvons faire aucune œuvre salutaire, aucune action qui soit digne des récompenses du Ciel, si nous ne sommes unis à notre chef divin. Je suis la vigne, disait Jésus-Christ à ses disciples, et vous êtes les branches. Celui qui demeure en Moi et en qui Je demeure, produira beaucoup de fruits. Qui n’y demeure pas, est un sarment inutile et une branche infructueuse ; il sera jeté dehors comme une branche stérile ; il deviendra sec et aride : on le ramassera, on le livrera en proie à un feu dévorant. Nous ne pouvons donc avoir aucune vertu ni mérite qui ne découle du Coeur de Jésus-Christ avec Son Sang précieux. Pour être doux, patients, mortifiés, nous devons être revêtus de Lui et transformés en Lui ; et comme dans l’état de grâce nous ne vivons pas, c’est Lui qui vit en nous, les œuvres produite en cet état sont ses œuvres plus tôt que les nôtres.

III. Voilà ce qui fait dire à Saint Paul que nous sommes tous mort à l’égard des biens de ce monde, et que la vie que nous avons acquise est cachée en Dieu avec Jésus-Christ ; c’est à dire que la vie que nous tenons de Jésus-Christ, cette vie surnaturelle, cette vie de Charité, de patience et d’humilité, est tout intérieure et voilée aux yeux des hommes. Elle est cachée en Dieu, parce qu’elle nous détache des créatures pour nous unir et nous attacher à Dieu seul. Elle est cachée avec Jésus-Christ, parce que la vie nous vient de Lui, que nous n’avons de force et de vigueur que celle qui nous vient de la Croix, et nous est inspirée par notre Chef qui opère secrètement en nous pour nous faire opérer comme Lui.

IV. Cette précieuse vérité se montre encore mieux dans le Sacrement adorable que Jésus-Christ a institué pour unir les membres à leur Chef. Je suis, dit-il, le Pain qui donne la vie au monde ; quiconque mangera de ce pain recevra le germe de l’immortalité et le gage d’une vie éternellement heureuse. Ce pain est Ma Chair qui sera immolée pour le Salut du monde. Celui qui mange Ma Chair et boit Mon Sang demeure en Moi, et Je demeure en lui. Nous demeurons l’un dans l’autre pour une société intime de sentiments, par une Charité mutuelle et par une affection réciproque. Comme Mon Père, qui est le Dieu vivant, m’a envoyé, et que Je vis pour Lui, celui qui mange Me mange vivra aussi pour moi ; nous ne serons qu’un sur la terre, et nous commencerons à nous unir pour l’éternité.

Jésus-Christ, dans le Sacrement de Son Amour est donc à nos âmes ce que la nourriture matérielle est à nos corps : avec cette différence que cette nourriture se transforme en nous, et que Jésus-Christ nous transforme en Lui. Il est moins la nourriture que la vie de nos âmes ; Il est le principe de tout ce que nous faisons d’agréable à Dieu, et les actions produites dans une union si sainte sont moins nos actions que les siennes. Tout ce que nous faisons de bien est son ouvrage. Si nous sommes patients et charitables, si nous sommes chastes et patients, c’est Lui qui, comme notre Chef, est chaste, patient, humble et charitable en nous. Ô dignité du Christianisme, qui élève si haut de viles créatures, et donne un si grand prix à des œuvres que les sages du monde ne jugeraient pas dignes de leur estime !

V. Puisque toutes les actions des membres vivants de Jésus-Christ se rapportent à Lui comme à leur chef, et qu’elles tirent de Lui leur mérite, ne soyons pas étonnés que Dieu promette une récompense immortelle à celles qui sont en elles-mêmes les moins considérables. Qu’est-ce que donner un verre d’eau ? Si quelqu’un le donne comme membre vivant de Jésus-Christ, c’est Jésus-Christ Lui-même qui le donne ; c’est Lui qui souffre, qui est humble et obéissant dans ses membres, et ses mérites seront la règle et la mesure de leur récompense. Serait-il étonnant que les Anges de Dieu eussent les yeux ouverts sur toutes les démarches et tous les mouvements d’un chrétien, comme on rapporte qu’un ange comptait les pas d’un ermite qui par mortification allait puiser de l’eau ? Saint Paul n’a-t-il pas raison de nous recommander de rapporter à la gloire de Dieu nos moindres actions ? Soit que vous buviez ? Soit que vous mangiez, soit que vous fassiez quelque autre action que ce puisse être, faites-le en vue de Dieu et pour Sa gloire. C’est que Jésus-Christ ennoblit nos moindres actions, et qu’elles participent aux mérites du Sang Précieux qu’Il a répandu pour nous.

VI. Que la Croix de Jésus-Christ d’où découle tout le mérite de nos œuvres, règle donc le jugement que nous devons en porter. Les hommes estiment les richesses et les biens que la terre produit ; et ce n’est qu’un amas de pourriture qui rentre bientôt dans la poussière d’où il est sorti. Ils admirent les actions des héros du monde, les prodiges de la valeur, de la sagesse, de la grandeur humaine, et rien de tout cela n’a de suite au-delà de cette vie ; et toutes ces belles actions, mortes, aux yeux de Dieu s’ensevelissent dans le tombeau de ceux qui les ont produites. Au lieu que les moindres actions que Jésus-Christ aura cultivées et arrosées de son Sang, les vertus chrétiennes les plus obscures, seront immortelles ; elles triompheront du temps ; elles sortiront de la ruine des siècles, où on les croyait ensevelies, pour recevoir de Dieu une récompense éternelle. C’est alors que ces humbles chrétiens, qui se revêtissent de la mortification de leur Chef, ces chrétiens pauvres et sans aucune distinction aux yeux du monde, seront comblés de bonheur et de gloire, et entreront dans l’héritage des enfants de Dieu.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

232_001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de la Passion dans votre boite mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

3 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

058_001

Quatrième jour

Le Crucifix nous enseigne l’excellence et l’importance des vertus

 

I. Pour te détromper, mon âme, des faux jugements du monde sur la pratique des vertus chrétiennes ; pour connaître quelle est l’excellence de l’humilité, de la patience, les yeux sur Jésus-Christ attaché à la croix. C’est là qu’Il tient son école ; c’est là qu’il prêche à ses disciples avec une éloquence divine, la pratique de la perfection chrétienne.

Il y prêche la patience : un voleur crucifié à son côté est le premier qui en reçoit des leçons qui le convertissent et le sauvent. Il y prêche l’humilité, en se rassasiant Lui-même d’injures et d’opprobres ; et tandis qu’Il expire comme le plus vil et le plus méchant des hommes, le soleil en perdant sa lumière, et la terre en tremblant rendent un illustre témoignage à sa grandeur et à son innocence. Il y prêche la douceur et la Charité ; Il n’ouvre la bouche que pour prier en leur faveur, et ce spectacle attendrit et convertit ces barbares ; ils reconnaissent, ils confessent hautement et en se frappant la poitrine, qu’Il est véritablement le Fils de Dieu.

II. Vois, ô mon âme, avec quelle force Jésus-Christ te prêche sur la Croix la pauvreté, le dénuement et la mortification. Il est dépouillé de tout ; il n’a pas même de vêtements pour couvrir sa nudité. Il n’a sous les yeux que des objets d’affliction, une mère dont le coeur est percé d’un glaive de douleur ; un seul de ses disciples dont la présence Lui rappelle la trahison et la fuite de tous les autres ; des ennemis furieux qui le déchirent, qui se repaissent de ses tourments, qui ajoutent à la cruauté les insultes et les blasphèmes. Son Père paraît l’avoir abandonné. Il ne se montre sensible à la consolation que lorqu’Il voit enfin sa destinée remplie et son Sacrifice consommé.

III. Jésus-Christ ne nous a pas donné des leçons stériles. En pratiquant Lui-même ce qu’Il nous a enseigné, Il nous a obtenu la grâce de le pratiquer, d’être humbles, patients, charitables à son exemple. Pour nous rendre capables de produire des actes qui sont au-dessus de nos forces naturelles ; il a fallu que Son Sang passât de ses veines dans notre coeur ; il a fallu qu’Il nous communiquât son esprit et sa vie. Notre Sauveur et notre Maître est en même temps l’auteur de toute sainteté. Nos vertus relèvent de sa Croix, elles doivent à ses plaies un éternel hommage ; elles doivent retourner comme à leur source.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

232_001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de la Passion dans votre boite mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

25 décembre 2017

Le Mois de Jésus Naissant

Le Mois de Jésus Naissant

Un mois proposé par l’Etoile Notre Dame

6

26 décembre

La grotte du lait

 

« Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode » (Mt 2,1).

 

A Bethléem, non loin de l'église de la Nativité, se trouve la « Grotte du Lait », ou « Grotte de Notre-Dame », appelée aussi « Grotte de la Vierge ». Depuis des siècles, toutes les femmes des environs, juives, chrétiennes et musulmanes, avaient une grande dévotion pour cette grotte, et il y en avait toujours quelques-unes qui venaient y faire leurs prières et recueillir les reliques dites autrefois « du saint lait ». Au milieu de cette grotte il y a un autel, où les religieux de Bethléem célébraient quelquefois la Messe. Plus loin un puits où, selon la tradition, la Sainte Vierge venait laver les langes de l'enfant Jésus, lorsqu'elle était cachée dans la Grotte de Lait. La Grotte du Lait comporte trois grottes : on pénètre dans la première, assez petite, par une étroite entrée, la seconde est sur sa droite, et par là on aboutit à une troisième, spacieuse, de voûte élevée, soutenue par des colonnes : là se trouve la grotte du lait proprement dite, l'autel sur lequel on célèbre l'eucharistie. A son extrémité, se trouvent des renfoncements qui ont servi de sépulcres, dont celui où la Vierge se serait cachée, lors du massacre des saints Innocents : et c'est là qu'elle aurait allaité l'enfant Jésus.

La Sainte Vierge se serait réfugiée quelque temps (dix ou quinze jours selon les Grecs) dans cette grotte juste avant la fuite en Egypte, et pendant le Massacre des Innocents. Certains ont dit que c'était aussi la grotte où eut lieu l'adoration des Mages. D'après une tradition arménienne, la Sainte Vierge serait venue souvent en ce lieu pour allaiter son divin enfant, qui lui donnait un asile plus sûr et plus retiré que la grotte de la Nativité, loin des soldats d'Hérode qui auraient empêché sa lactation, mais qu'elle aurait retrouvé dans la grotte. Quelques gouttes de son lait seraient tombées sur la pierre et en auraient ramolli la substance et blanchi toute la grotte.

Saint Éphrem : « Conçue sans la faute originelle, puisque tu l'avais choisie elle a allaité celui qui nourrit les nations, dans son sein. Comment puis-je donner le lait à toi, la fontaine du lait ; et comment puis-je donner la nourriture à toi qui nourris l'univers de ta table ? Je ne sais comment t'appeler, source et origine de la vie. Je tremble de te dire fils de Joseph mon époux, car tu n'es pas de sa semence. Quoique d'un Père unique, tu es fils de plusieurs: fils de Dieu, fils de l'homme, fils de Joseph, fils de David et fils de Marie. Parce que je t'ai conçu et enfanté, le monde me hait. Source de la vie, je reste avec toi afin de gagner la vie. Avec toi, le puits n'est point un puits, car tu élèves l'homme jusqu'au ciel. Avec toi, le tombeau n'est point un tombeau parce que tu es la résurrection ».

 

Méditation

 

O mon âme ! Viens donc te prosterner aux pieds de cette Mère admirable qui allaite son nouveau né. Viens contempler le mystère de celui qui a pour escabeau la terre et qui pourtant devient fils de l'homme pour mieux nous rejoindre et vivre toutes les réalités de l'humanité. Pénétrée de confiance en lui, prends la ferme résolution de faire tout ce qu'il te dira. Alors tu ressentiras les effets de sa miséricorde, et en te trouvant déchargée du poids sous lequel tu gémis maintenant, tu reconnaîtras avec les fidèles serviteurs de Dieu, que le joug du Seigneur est doux, et que son fardeau est léger.


Prière

 

Donnez-moi, ô mon Dieu ! Cette foi humble et soumise qui ne raisonne pas ; qui ne cherche pas à pénétrer les desseins de votre providence, et à scruter des mystères dont vous avez dérobé la connaissance à l'intelligence de l'homme. Donnez-moi cette foi vigilante et active qui ne se repose pas seulement dans la croyance des dogmes sacrés de la religion, mais qui me détermine à l'accomplissement de tous les devoirs qu'elle m'impose.

Résolutions : Je rendrai, le plus souvent que je pourrai, visite à Jésus dans son temple aux heures où il est le plus abandonné. Je pleurerai aux pieds des autels l'indifférence des chrétiens et les sacrilèges de l'impiété. Je tâcherai, par la ferveur de mes adorations, de dédommager mon Sauveur des outrages sanglants que ses ennemis lui font éprouver.


Un Je vous 
salue Marie

geboorte_van_christus_7klein


Pour recevoir chaque méditations du Mois de Jésus Naissant

pendant le mois de Décembre,

abonnez-vous à la Newsletter d’Images Saintes

 

7 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

 

281_001

 

Huitième jour

Sur l’importance du Salut

 

I. Sauvons notre âme à quelque prix que ce soit. Dans la guerre continuelle que nous avons à soutenir ici-bas, exposons nos biens au pillage ; prodiguons notre santé, n’épargnons ni notre corps, ni nos vies, ni rien de ce qui est périssable : mais nos âmes, ces images vivantes de la divinité, sauvons-les en sacrifiant tout le reste. Notre Divin Maître nous a ordonné de ne pas craindre la rage de ceux qui ne peuvent nous ôter que la vie du corps, mais de craindre et de craindre uniquement celui qui veut précipiter le corps et l’âme dans l’enfer. Imitons Joseph : laissons à nos ennemis nos manteaux pour sauver notre innocence. Souffrons la privation des biens de la terre pour obtenir les biens du Ciel. Sacrifions, s’il le faut, une vie périssable pour mériter la jouissance d’une vie éternelle.

II. Ne jugeons pas de notre âme par la bassesse de notre corps où elle est renfermée, comme un prince chargé de fers et couvert de haillons dans un cachot ténébreux. La pauvreté, les afflictions, les maladies peuvent rendre le corps hideux sans que l’âme perde de sa noblesse. C’est un diamant d’un prix inestimable caché dans un amas de fumier. Le prince sortira du cachot où il languissait, et n’en paraîtra qu’avec plus de gloire. Le diamant sera tiré de l’ordure qui l’obscurcissait, en n’en brillera qu’avec plus d’éclat.

III. Jésus-Christ a vécut sur la terre dans l’état le plus pauvre et le plus humble. Il a paru parmi les hommes comme le dernier d’entre eux. Il est né dans une étable, il a vécu sous un humble toit du travail de ses mains ; son corps a été maltraité jusqu’à ne rien conserver de la figure humaine. Qui aurait dit, en ne jugeant de Lui que par le rapport des sens, que sous ces viles apparences était caché le Roi des Anges, le Sauveur des hommes et le Dieu de Majesté ? Qui dirait de même, sur le rapport trompeur de nos sens, que dans de faibles enfants, qui ont à peine le souffle de la vie ; que dans ces pauvres qui sont couverts de haillons et d’ordures ; que dans ces malades qui pourrissent dans la misère ; que sous ces images hideuses, et dans des corps si misérables, il y eût des âmes plus grandes que dans le Ciel et la terre, et qui ont été estimées aussi précieuses que la vie même de l’Homme-Dieu ? Est-il un malheur égal à celui de la perdre éternellement ?

IV. Cette considération réglera, l’estime que je dois faire de mon corps, qui est périssable et dois rentrer à la terre d’où il est sorti, et de mon âme qui est immortelle et doit retourner à Dieu, qui est son principe. Les richesses, les biens de la terre qui flattent les sens, la pompe des grands, l’éclat des honneurs, tout cela est pour le corps, et ne mérite pas plus d’estime que lui. La Charité, la patience, l’humilité, la parole de Dieu, les Sacrements qui sont la source de la vie, voilà les biens de l’âme ; voilà ce que je rechercherai, ce que j’aimerai, au mépris de tout ce qui ne peut qu’éblouir nos yeux et flatter mes sens.

V. Si Jésus-Christ montre tant d’inquiétude pour le Salut de mon âme, ne dois-je pas m’en inquiéter moi-même ? Ne doit-elle pas m’être encore plus chère qu’à lui ?

Hélas ! Si je la perds, tout est perdu pour moi. Que dis-je, tout est perdu ? Je ne me prive pas seulement d’un bonheur éternel, je m’attire un malheur infini et dans sa rigueur et dans sa durée. Si j’avais deux âmes, le salut de l’une pourrait me dédommager de la perte de l’autre ; mais je n’en ai qu’une, et il dépend de moi de la rendre heureuse ou éternellement malheureuse.

VI. Avons-nous jamais compris quel est le malheur d’une éternelle damnation ? Tâchons de le comprendre en méditant au pied de la Croix ces paroles de notre Divin Maître : « Que servira à l’homme de gagner le monde entier, s’il a le malheur de perdre son âme ? Que peut-il prétendre, s’il s’attire la mort éternelle ? Ou que donnera-t-il pour se racheter, qu’aura-t-il pour se dédommager quand il aura perdu son âme ? » Méditez cette vérité, vous qui connaissez si bien le prix des choses périssables et qui, de tout ce qui vous intéresse, ne négligez que le soin de votre âme.

VII. Quand nous voyons les heureux du siècle au comble des richesses et des honneurs nager dans les plaisirs et les délices, gardons-nous d’admirer ou d’envier leur prospérité. Ce n’est qu’un songe que la mort dissipera bientôt, et dans l’éternité ils seront dépouillés de tout, et plongés dans l’abîme du malheur. Si nous avons part à la pauvreté de Jésus-Christ ; si nous participons à ses souffrances et à ses opprobres, réjouissons-nous : nos maux seront bientôt passés, et la bienheureuse éternité qui nous attend ne passera pas.

VIII. Ô éternité ! Qui me donnera de pénétrer ta profondeur ? Qui me fera comprendre l’importance d’un bonheur ou d’un malheur éternel ? Je ne trouve rien ni dans ce monde ni dans tous les biens ni dans tous les maux du monde qui soit capable de m’en donner l’idée. Croix de mon Sauveur, vous seule pouvez me l’apprendre. Que le bonheur du Ciel est grand puisque pour l’acheter il a fallu tout le Sang de l’Homme-Dieu répandu sur la Croix ? Que la damnation est horrible, que l’enfer est affreux, puisqu’il a fallu que l’Homme-Dieu se chargeât de la malédiction de la terre et du Ciel pour en fermer l’entrée et nous sauver !

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

232_001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de la Passion dans votre boite mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

2 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

29512209_428863647535474_2393491588776113524_n

Troisième jour

Le Crucifix nous donne une idée de la gloire et du bonheur du Ciel

 

I. Quel est le bonheur que Dieu prépare à ses élus dans le Ciel ? C’est un bonheur, dit Saint Paul, que l’oeil n’a point vu, que l’oreille n’a point entendu, que l’esprit de l’homme ne peut concevoir. Jugeons-en parce qu’il en a coûté au Sauveur du monde pour nous l’assurer. Il s’est anéanti, Il a souffert la mort, Il a répandu tout Son Sang pour nous arracher à l’enfer et nous assurer le bonheur du Ciel. Quel bonheur que celui qui n’a de proportion qu’avec des mérites infinis !

II. Jugeons du bonheur du Ciel par la prière fervente que Jésus-Christ, avant d’accomplir son sacrifice sanglant, fit à Son Père pour nous obtenir. Ô mon Père, disait-il, sauvez pour la gloire de Votre Nom, les hommes que Vous m’avez chargé de racheter. Je ne Vous prie pas seulement pour les disciples que J’ai rassemblés, je Vous prie pour tous ceux qui croiront en Moi par leur ministère. Sauvez-les de la corruption du monde ; et accordez-leur le Salut et la vie éternelle. Vous Me les aviez confiés ; Je Vous les rends en mourant ; placez-les dans le Ciel à côté de Votre Fils, et qu’ils aient part à Son bonheur. C’est pour cela que Je me soumets aux rigueurs de Votre Justice ; c’est pour cela que Je vais mourir sur la Croix et consommer Mon Sacrifice. Ô bonheur du Ciel, que Tu dois être grand, ayant été racheté à un si grand prix !

III. Si nous prenions pour juge notre faible raison, il nous paraîtrait incroyable que le bonheur du Ciel, qui est la jouissance de Dieu même, la participation de sa gloire et se son infinie félicité, soit préparé à de viles créatures, à des pécheurs même souillés de tous les crimes. Je jette les yeux sur le crucifix, et j’y vois un mystère plus incroyable encore, le Fils unique de Dieu livré pour le Salut des pécheurs aux opprobres de la mort.

La Miséricorde et la Bonté de Dieu pour moi éclatent bien plus sur la Croix que dans le Ciel même. Si l’on me dit que c’est trop prétendre pour une vile créature et un misérable pécheur d’espérer que je verrais Dieu face à face, que je Lui serai uni par un amour éternel, que j’entrerai en participation de son bonheur et de sa gloire : je dirai que Dieu a fait en ma faveur quelque chose de plus étonnant, lorsqu’il a voulu que Son Fils se chargeât de mes péchés et les lavât dans Son Sang.

Qu’y-a-t-il de plus étonnant que Jésus-Christ ait reçu avec bonté le baiser du traître Judas, ou qu’il veuille me donner dans le Ciel le baiser d’une paix éternelle ? Qu’Il soit mort pour moi entre deux voleurs, ou qu’Il veuille me faire vivre éternellement avec Lui dans la société de Ses membres ?

Croix de mon Sauveur, vous confirmez ma Foi, vous fortifiez mon espérance, vous embrasez mon amour, vous m’êtes un gage assuré du bonheur céleste qui m’est préparé.

IV. Depuis la Rédemption du genre humain par Jésus-Christ, la libéralité de Dieu semble ne pas connaître de bornes. Il accorde le bonheur du Ciel à ceux qui ont visité les prisonniers, qui ont soulagé les affligés, qui ont assisté les pauvres ; il l’accorde à ceux mêmes qui ont donné un verre d’eau en Son Nom. Une légère tribulation, dit Saint Paul, produit un poids infini de gloire. C’est que Jésus-Christ en s’immolant pour nous, a mérité le Ciel et la vie éternelle : nous sommes ses membres, et si grâce nous unit à Lui, Il donne à nos moindres œuvres un mérite divin. Le Ciel sans doute est trop pour moi, mais il n’est pas trop pour Lui. Tout ce qu’il aura de moi, de grandeur et de délices, n’approche pas de ses mérites, pourquoi n’aurais-je point de part au bonheur céleste qu’Il a mérité pour en faire part à tous ses membres ?

V. Je vais, disait Jésus-Christ à ses apôtres, vous préparer une place. Je vous placerai auprès de moi dans le Ciel ; vous participerez à Ma Gloire et à Mon Bonheur. Étant devenus par l’adoption divine enfants de Dieu et frères de Jésus-Christ, nous sommes, dit Saint Paul, les héritiers de Dieu et les cohéritiers de Son Fils. Si comme premier né, il a pris possession du Ciel, n’avons-nous pas droit d’y être reçus nous-mêmes comme ses membres et ses cohéritiers. Chrétiens, que notre destinée en grande ! qu’elle est glorieuse, si vous vous tenez inséparablement uni à votre Chef !

VI. Que les infidèles sont à plaindre ! Ils sont étrangers à l’égard de Jésus-Christ, ils n’ont aucune part à ses mérites, et l’espérance d’une meilleure vie ne les console pas comme nous, des misères de celle-ci. Que sont tous les maux du monde pour un chrétien fidèle, dans l’attente du bonheur du Ciel ? Au milieu des privations il jouit des richesses de la grâce ; au milieu des traverses et des tribulations il goûte une paix délicieuse et l’espérance d’entrer bientôt dans la joie de son Dieu lui donne le lieu même de son exil, un avant-goût du bonheur ineffable que Dieu lui prépare. Je souffre, dit-il avec Job, mais ce n’est pas sans consolation. Dans cette chair même, ou mon âme est assujettie à tant d’infirmités et de misères, je verrai mon Seigneur et mon Dieu.

VII. Chrétiens insensés, plus à plaindre encore que les infidèles, pour des amusements frivoles, pour des biens misérables, pour des plaisirs honteux, pour assouvir des passions qui vous tiennent dans l’esclavage et vous déchirent le coeur vous perdez l’héritage des enfants de Dieu ! Hélas ! Il vous est acquis ; Jésus-Christ l’a acheté au prix de Son Sang. Il s’agit moins pour vous de le mériter que de ne pas vous en rendre indignes, et vous souffrez qu’il vous soit enlevé et donné à d’autres !

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

232_001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de la Passion dans votre boite mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

31 mars 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

Crucifixion Grûnewald

Premier jour

Le Crucifix nous apprend combien est terrible la vengeance que Dieu tire du péché

 

I. Ce sont les péchés des hommes qui ont attaché Jésus-Christ à la Croix. Les Juifs n’ont été que les instruments de la Justice Divine. Il s’était chargé des péchés du monde ; et Dieu, oubliant, pour ainsi dire, qu’Il était Son Fils bien-aimé, a épuisé en Lui toutes les rigueurs de Sa Justice. Il l’a livré à la mort. Il a été frappé, dit le Prophète, de la main de Dieu, à cause de nos péchés. Il a fallu qu’il les portât et qu’il les expiât sur la Croix.

Si Jésus-Christ, pour expier des péchés qu’Il n’avait pas commis, n’a trouvé dans son propre Père aucune miséricorde, que deviendront les pécheurs mêmes, si une mort impénitente les fait tomber entre les mains de Dieu ? Si, Comme l’a dit le Sauveur Lui-même, la plus affreuse rigueur s’est exercée sur l’arbre fertile et sur le bois vert, que fera-t-on du bois sec et de l’arbre stérile et infructueux ?

II. Le moindre sentiment de douleur, la plus légère humiliation aurait été dans le Fils de Dieu un mérite infini : cependant il a fallu, pour expier nos péchés, qu’il passât par tous les genres de douleurs et d’opprobres : il a fallu qu’il épuisât jusqu’à la lie le calice de la colère divine. Où donc une vile créature, coupable devant Dieu, trouvera-t-elle des douleurs et des tourments infinis, et des forces pour les porter, afin de satisfaire à l’infinie la gravité de ses offenses ?

III. Les satisfaction d’une créature coupable envers Dieu étant bornées et sans proportion avec sa grandeur infinie, la Justice divine prendra l’infinité de ses vengeances sur l’éternité qui n’aura pas de fin. Il en sera de cette redoutable Justice comme de la Miséricorde Divine : celle-ci est infinie parce que nous l’éprouvons dans les mérites infinis du Fils de Dieu, notre Sauveur : celle-là sera infinie parce que les rigueurs n’auront jamais de fin. C’est donc une chose horrible et effroyable de tomber entre les mains d’un Dieu vivant.

IV. Le Calvaire est pour nous un théâtre où éclatent ces grandes vérités. Nous y voyons la Justice infinie de Dieu dans la terrible vengeance qu’Il tire de Son propre Fils. Nous y voyons Sa Miséricorde infinie dans l’acceptation qu’Il fait du Sacrifice de Sa Vie pour l’expiation de nos péchés. Si, faute de nous laver dans le Sang précieux de Notre Seigneur, nous ne devenons pas les objets de Sa Miséricorde, attendons-nous à l’être de Sa Justice dont les rigueurs seront infinies, du moins dans leur durée.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

232_001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de la Passion dans votre boite mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

2 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

Icon, Poland, Cabuchet design

Troisième jour

Espérance et confiance en Dieu de Saint Vincent

 

Si la foi de Vincent a été grande, son espérance en Dieu n'a pas été moins parfaite, et l'on peut dire en quelque façon de lui, qu'à l'imitation du père des Croyants, il a souvent espéré contre l'espérance même, c'est-à-dire, qu'il a porté son espérance en Dieu, lorsque, selon toutes les apparences humaines, il y avait moins sujet d'espérer, et comme sa foi étant simple et pure ne s'appuyait que sur la seule vérité de Dieu, aussi, son espérance étant toute élevée au-dessus des sentiments et des raisonnements de la nature, ne regardait que la seule miséricorde et bonté de Dieu.

Quand il était question d'entreprendre quelque affaire pour le service de Dieu, après avoir invoqué sa lumière et reconnu sa volonté, il en espérait tout le succès de la conduite et de la protection de son infinie bonté; et quoique, pour suivre les ordres de la Providence, il employât les moyens humains nécessaires et convenables, il n'y mettait pas pourtant son appui, mais uniquement sur l'assistance qu'il attendait de Dieu. Quand il était une fois engagé de cette façon-là, il espérait tout de Dieu, pour lui et pour les siens ; et si quelques-uns d'entre eux par défaut de confiance, venaient à lui représenter qu'il n'y avait aucune apparence qu'on pût réussir, ou bien qu'il serait très difficile et presque impossible de suffire à ce qu'on entreprenait ; il leur répondait ordinairement : « Laissons faire notre Seigneur, c'est son ouvrage ; et comme il lui a plu le commencer, tenons pour certain qu'il l'achèvera en la manière qui lui sera la plus agréable » ; ou bien il les encourageait, leur disant : « Ayez bon courage, confiez-vous à Notre Seigneur qui sera notre premier et notre second dans le travail commencé, à l'entreprise duquel il nous a appelés ».

Écrivant un jour à un Supérieur d'une des maisons de sa Congrégation : « Je compatis, lui dit-il, à vos travaux qui sont grands et qui croissent quand vos forces diminuent ; c'est le bon Dieu qui fait cela, et sans doute qu'il ne vous laissera pas une si grande surcharge sur les bras sans vous aider à la soutenir ; mais il sera lui-même votre force et votre récompense. Croyez-moi, trois font plus que dix quand Notre Seigneur y met la main; et il la met toujours quand il nous a été les moyens humains et qu'il nous engage dans la nécessité de faire quelque chose qui excède nos forces ».

Or, pour mieux disposer les siens à cette parfaite confiance en Dieu à laquelle il les excitait souvent, il les portait à concevoir une très grande défiance d'eux-mêmes, et à se persuader qu'ils ne pouvaient rien par eux-mêmes, sinon tout gâter dans les ouvrages et desseins de Dieu, afin qu'étant bien convaincus de leur insuffisance, ils eussent à se tenir dans une plus entière et parfaite dépendance de la conduite de Dieu et de l'opération de sa grâce ; et que, pour cet effet, ils eussent incessamment recours à lui par la prière. Voyant un jour quelques-uns des siens qui se laissaient un peu trop abattre et décourager par le sentiment qu'ils avaient de leurs imperfections : « Nous avons, leur dit-il pour les encourager, le germe de la toute-puissance en nous, qui nous doit être un grand motif d'espérer et de mettre notre confiance en Dieu, nonobstant toutes nos pauvretés. Non, il ne faut pas vous étonner de voir des misères en vous, car chacun en a sa bonne part : il est bon de les connaître, mais non pas de s'en affliger démesurément : il est bon même d'en détourner la pensée quand elle nous porte au découragement, et de redoubler notre confiance en Dieu et noire abandon entre ses mains paternelles.

Le véritable Missionnaire, dit-il, ne doit point se mettre en peine pour les biens de ce monde, mais, jeter tous ses soins en la providence du Seigneur, tenant pour certain que, pendant qu'il sera bien établi en la charité, et bien fondé en cette confiance, il sera toujours sous la protection de Dieu, et par conséquent aucun mal ne lui arrivera et qu'aucun bien ne lui manquera, lors même qu'il pensera que selon les apparences tout va être perdu. Je ne dis pas ceci par mon propre esprit, c'est l'écriture sainte qui nous l'enseigne, et qui dit que : Celui qui loge à l'enseigne de la confiance en Dieu, sera toujours favorisé d'une spéciale protection de sa part, et en cet état, il doit tenir pour certain qu'il ne lui arrivera aucun mal, parce que toutes choses coopèrent à son bien, et qu'aucun bien ne lui manquera, d'autant que Dieu lui-même se donnant à lui, il porte avec soi les biens nécessaires tant pour le corps que pour l'âme, et ainsi, mes frères, vous devez espérer que pendant que vous demeurerez fermes en cette confiance, non seulement vous serez préservés de tous maux et de tous fâcheux accidents, mais aussi comblés de toutes sortes de biens ».

 

Fleurs Spirituelles

 

« Celui qui se met entièrement dans les bras de la Providence, et s'abandonne à sa conduite, va en carosse, sans sentir la pesanteur des croix dont il est chargé ; celui qui agit différemment va à pied et se fatigue beaucoup ». (Saint Basile).

« Le poids de la Croix se fait sentir à celui qui la traîne et non à celui qui l'embrasse ». (Sainte Thérèse d'Avila).

« Voici de quoi consoler les âmes qui sont dans les sécheresses, et celles qui sont tentées : un seul propos de ne pas pécher, fait en ce temps, pèse plus dans les balances du Seigneur, que mille actes de vertus faits avec beaucoup de ferveur dans le temps des consolations ». (Saint Jean d'Avila).

 

Pratique : S'il vous arrive de tomber aujourd'hui dans quelque faute, relevez-vous courageusement, sans vous laisser abattre, car le découragement ne remédie à rien, dit Sainte Thérèse. Priez pour les âmes qui manquent de courage à se vaincre, et de confiance en Dieu.

 

Téléchargez cette méditation (pdf) en cliquant ici

Icon, USA, WA, Federal Way

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul

chaque jour pendant le mois de juillet dans votre boite mail,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

2 mai 2017

Le Mois de Marie des Madones Nantaises

Le Mois de Marie des Madones Nantaises

Abbé Ricordel

ND la Blanche de Guérande 2

Notre Dame la Blanche de Guérande

Troisième jour

Notre Dame la Blanche

 

La piété naïve du moyen âge, prenant à la lettre le mot de l’Ecriture, souvent appliqué à la sainte Vierge, « Nigra sum sed formosa, Je suis noire, mais belle », vénérait parfois des Vierges noires, et le pèlerin de Notre Dame de Chartres s’agenouille toujours avec respect devant une de ces antiques statues. Mieux inspirés par la pureté sans tache de la Vierge des vierges, les fidèles aimaient a surnommer Marie Notre Dame-la-Blanche. Ce vocable n’est point inconnu dans le diocèse de Nantes.

Le voyageur, qui se dirige de Rezé vers l’ancien monastère de la bienheureuse Françoise, devenu le petit séminaire de Notre Dame des Couëts, ne tarde pas â rencontrer un modeste édifice. C’est à l’endroit même où la colline se hausse pour contempler le splendide panorama qui se déroule a ses pieds, la verdoyante vallée de la Loire, les vaisseaux chargés de richesses qui descendent ou remontent notre beau fleuve, Chantenay avec ses bruyants ateliers et ses hautes cheminées fumantes, enfin Nantes avec ses églises et ses palais, assise connue une reine sur les coteaux de la rive droite. On aperçoit tout d’abord un édicule surmonté de la croix, abritant sous un arc une statuette de Marie ; au dessous se lit l’invocation : « Notre Dame la Blanche, priez pour nous ». En arrière, séparé des autres constructions par un chemin de ronde, on voit un bâtiment quelconque, assez délabré : un rez-de-chaussée, éclairé par deux fenêtres carrées sans caractère, une vieille porte en anse de panier, et, à l’angle sud, un contrefort de granit. Au dessus, un étage moderne, ressemblant à toutes les maisons voisines. A l’intérieur, un dallage usé, partie en briques, partie en granit, un bénitier poussiéreux, une crédence, trois niches vides creusées au chevet. C’est tout ce qui reste d’une chapelle dédiée à Notre Dame la Blanche.

Rien dans cette masure qui attire l’attention, et pourtant elle est digne de notre respect ; c’est peut être, avec la chapelle de saint Etienne, dans le cimetière de Saint Donatien, la plus vieille église du diocèse de Nantes. Les antiquaires, dont les manies parfois nous font sourire, mais dont les recherches sont souvent fort utiles â l’histoire, ont examiné attentivement ces pauvres murailles ; et ils ont démontré qu’une partie au moins, car l’antique chapelle a été bien des l’ois remaniée, présente des caractères fort anciens. Ils vont jusqu’à prétendre et il semble qu’ils n’ont point tort, que cette insignifiante construction est antérieure au IIIe siècle de l’ère chrétienne. Rezé était alors, sous le nom de Ratiate, une ville plus riche et plus importante que Nantes ; et peut-être ce modeste édifice, resté debout malgré le poids des siècles, est-il le premier temple, consacré, sur cette terre, au culte chrétien. Si nous ne pouvons l’affirmer, du moins est-il permis de conjecturer que c‘est le premier sanctuaire dédié a Marie dans le diocèse de Nantes.

Est-ce pour ce motif qu’il était si vénéré de nos pères ? Peut-être. Ce qui est certain, c’est que Nantes, qui possédait dans ses murs et à ses portes tant d’églises de la Sainte Vierge. tant de pèlerinages fréquentés, allait jusqu’à Rezé invoquer Notre Dame la Blanche. Dans les temps troublés qui précédèrent la réunion de la Bretagne a la France, quand les armées royales, campées à Richebourg, menaçaient Nantes, pointaient leurs canons sur son château ducal et faisaient craindre pour l’indépendance de la patrie bretonne, les fidèles de la ville multiplièrent les processions et visitèrent tour à tour les divers sanctuaires consacrés à Marie : la Collégiale, N.-D. de Bon-Secours, N.D. des Carmes, N.-D. de-Bethléem que l’on vénérait a deux pas d’ici, dans la chapelle de Sainte Catherine, et enfin Notre Dame la Blanche en Rezé.

N’est-il pas vrai que ce sanctuaire, tout modeste qu’il est, mérite un respectueux souvenir ? L’ancien curé de Rezé pensait comme nous et avait acquis, au prix de. lourds sacrifices, ces restes précieux. Je sais que son successeur partage ses sentiments et que le défaut de ressources l’empêche seul, avec les malheurs du temps présent, de restaurer ce cher monument, et de rouvrir a la piété de ses paroissiens ce qui fut le berceau du christianisme chez eux.

Il existait, dans la paroisse de la Chapelle Launay, un établissement religieux, dont les bâtiments sécularisés sont encore intacts, et dont le nom semblerait indiquer qu’on y honorait Notre Dame la Blanche : c’est l’abbaye de Blanche Couronne.

Mais ce n’est qu’une conjecture, et j’aime mieux vous rappeler un autre sanctuaire, plus célèbre et plus beau, et bien dédié, celui-là, â Notre Dame-la-Blanche. Il était, il est encore un des ornements de l’antique cité guérandaise.

Durant les guerres désastreuses qu’occasionna, au XIVe siècle, la succession de Bretagne, Guérande avait pris parti pour le comte de Montfort, dont elle était d’ailleurs l’apanage, et luttait avec énergie pour le triomphe de la cause qu’elle avait embrassée. Louis d’Espagne, qui combattait pour Charles de Blois, vint, a la tête d’une troupe d’Espagnols et de Gênois, mettre le siège devant cette ville. Malgré le courage de ses défenseurs, Guérande fut prise, ses murailles furent rasées, ses maisons réduites en cendre ; ses cinq églises suffirent le même sort et huit mille habitants périrent. C’était, pouvait-on croire, la ruine pour jamais. Heureusement les Montforts furent reconnaissants. Le duc Jean IV, ou plutôt sa mère, l’héroïque Jeanne de Flandre, releva, dès avant son triomphe sur son adversaire, les ruines de Guérande (1348). Non seulement les murailles de la ville, mais les maisons particulières furent reconstruites aux frais du prince. Saint-Aubin fut restauré, incomplètement il est vrai, car il ne devait retrouver que dans les dernières années du XIXe siècle sa splendeur disparue. C’est à ce moment-là que, par les soins du duc, fut élevée la gracieuse chapelle de Notre Dame la Blanche. Remplaçait-elle une ancienne église consacrée à Marie ? Je n’en sais rien. Mais ce que je sais bien, c’est que le duc Jean IV aimait Guérande et y séjournait souvent, c’est qu’il aimait aussi spécialement Notre Dame-la-Blanche.

C’est dans la cité fidèle, qui avait tant souffert pour lui, qu’il voulut signer le traité de paix qui consacrait ses droits à la couronne de Bretagne ; et quand, seize ans plus tard, de nouvelles conventions réconcilièrent la Bretagne et la France, c’est encore dans la ville de Guérande que Jean IV voulut les accepter. Le premier traité avait été signé devant le grand autel de Saint Aubin ; le second fut juré sur la vraie croix, dans l’église de Notre Dame la Blanche.

Ce fut un beau jour pour notre chapelle, et jamais assemblée plus brillante ne fut réunie dans ses murs. Pour la France, représentant le roi, on voyait l’évêque de Chartres, le seigneur de Chevreuse et Arnault de Corbie, premier président du parlement de Paris ; pour la Bretagne, l’élite de ses fils : le duc d’abord, les évêques de Rennes et de Vannes, puis des Rohan, des Rochefort, des Laval, et le sire de Beaumanoir, dont les échos de Mi-Voie redisent toujours la vaillance. Oui, ce fut un beau jour, mais suivi de plus beaux jours encore.

De ce jour date en effet la fin des guerres civiles qui, depuis Si longtemps, désolaient la Bretagne. Notre Dame la Blanche donna cent ans de paix à notre pays, et jamais, dans toute la suite des âges, la Bretagne n’a été florissante comme en ce temps-là. Parcourez nos côtes et nos campagnes bretonnes, vous verrez partout des témoins qui le répètent encore : les cathédrales de Nantes, de Vannes, de Quimper, de Tréguier, et le Folgoët, cette fleur de granit épanouie sur nos landes, et ces flèches gothiques qu’on rencontre, à chaque pas au fond de la Cornouailles et du Léon, sortirent du sol breton en cet âge d’or de la patrie.

Le peuple fut reconnaissant à Notre Dame la Blanche ; chaque mois, a la suite du Chapitre de Saint Aubin, il se rendait processionnellement a la chapelle,et dans la plupart des paroisses de la presqu’île guérandaise, à Piriac, â Saint Molf, à Saillé, ailleurs encore, on éleva des sanctuaires dédiés sous ce nom. La Révolution chassa Notre Dame la Blanche de sa chapelle et. la Vierge, protectrice de la Bretagne, en fut exilée pendant soixante ans. Mais elle y est rentrée, et depuis 1853, la glorieuse chapelle a retrouvé sa splendeur d’autrefois. Les princes n’y vont plus sans doute, mais la piété et la charité en ont fait, pour ainsi dire, leur quartier général, et nous pouvons affirmer que la chapelle n’est point déchue.

Citons enfin, dans le cimetière de Saint Jean de Corcoué, au sommet de ce coteau pittoresque d’où l’on domine la gracieuse vallée de la Logne, ainsi que le bourg et l’église de Saint Etienne, une toute petite chapelle, sous le vocable de Notre Dame la Blanche. Hélas ! maintenant on pourrait l’appeler la Rouge et la dédier à Notre Dame des Martyrs. Écoutez.

Le 28 janvier 1794, un détachement de soldats patriotes venait s’établir à Saint Jean. Un révolutionnaire de Saint Etienne de Corcoué, qui s’était réfugié précédemment a Nantes, arrivait avec eux. Le misérable parcourut ce dernier bourg, et les villages environnants, engageant toutes les personnes qu’il rencontrait a se rendre au camp, sous prétexte de pacification. Deux semaines auparavant, plusieurs personnes de cette paroisse avaient été surprises dans un guet-apens dont nous reparlerons et odieusement massacrées ; malgré ce précédent, une quinzaine de paysans se laissèrent persuader et montèrent a Saint Jean. On les emprisonna à Notre Dame la Blanche. Le traître alors s’en alla trouver le commandant et lui demanda de faire fusiller ces malheureux, le menaçant d’une dénonciation s’il y refusait. Saisi d’horreur et de dégoût, l‘officier lui répondit qu’il pouvait faire lui-même ce qu’il voudrait de ses prisonniers, mais qu’aucun des soldats placés sous ses ordres n’accepterait de les mettre à mort. Le bandit ne recula pas devant le forfait, il pénétra dans la chapelle et, de son sabre, il égorgea tous les voisins et amis qu’il y avait attirés. Le lendemain, les soldats quittaient Saint Jean, mais le commandant, fou de honte et de remords, se brûlait la cervelle avant le départ. Le bourreau, lui, vécut de longues années encore, au milieu des parents de ses victimes. Dieu lui laissait le temps du repentir. Il n’en profita point, et la justice divine le frappa enfin : il périt d’une mort horrible. La petite chapelle est là toujours : il me souvient d’y avoir présidé naguère une procession du mois, et, dans les moisissures dont le temps et l’humidité ont couvert ses vieux murs, je croyais voir les traces sanglantes des martyrs.

 

Faut-il exposer maintenant les raisons de ce poétique vocable ? Il nous rappelle le plus beau fleuron de la couronne de Marie et il nous désigne les vertus que nous devons surtout pratiquer a son exemple.

Quand vous contemplez vos chères petites filles, charmantes et radieuses dans leur costume de communiantes, vous demandez-vous pourquoi ces robes et ces voiles a la blancheur neigeuse ? C’est le symbole de la pureté sans tache avec laquelle il convient de recevoir Celui qui se plaît au milieu des lis. La blancheur, c’est le symbole de la pureté, c’est la couleur des vierges. Telle est la raison d’être du vocable que nous étudions ce soir : Marie s’appelle Notre Dame la Blanche parce qu’elle est pure, parce qu’elle est vierge.

Elle était pure et c’est par là qu’elle attira principalement les regards du Très Haut. Les saints Pères nous l’assurent, et vous mêmes, vous aimez a chanter ce couplet d’un de nos plus gracieux cantiques : « C’est le lis de la vallée dont le parfum précieux, Sur la terre désolée, attira le Roi des cieux ». Elle était vierge aussi. Nous affirmons chaque jour notre foi à ce dogme en récitant notre symbole : « Je crois en Jésus Christ... qui est né de la Vierge Marie ». Non seulement elle était vierge, mais les docteurs catholiques s’accordent à dire qu’elle avait fait à Dieu le vœu de virginité. Tel est, en effet, le sens de sa réponse à l’archange Gabriel : « Comment ces choses s’accompliront-elles, puisque je ne connais point d’homme », c’est-à-dire puisque je suis vierge et que je me suis engagée à le rester toujours ? Ai-je besoin de vous dire après cela quelles vertus nous prêche la Vierge très pure ? Elle prêche, avec l’éloquence de l’exemple, la virginité â l’élite, la chasteté à tous.

Je le sais, tous ne sont pas appelés à garder la virginité : c’est la vertu des anges. Le Maître lui même l’a déclaré : « Tous ne la sauraient comprendre ». Mais il a dit aussi : « Que celui qui peut comprendre comprenne ! » Ses apôtres ne comprirent pas tout d’abord, mais un jour vint bientôt où le Saint Esprit ouvrit leurs oreilles a ce chant des vierges que Jean devait ouïr dans les cieux, chant harmonieux comme un concert de lyres, que nul ne sait ni n’entend, que ceux qui suivent l’Agneau partout ou il va.

Bien des âmes, depuis dix neuf siècles, ont compris a leur tour et ont marché à la suite de l’Agneau : elles ne faisaient que s’engager dans la route tracée par Marie, la Vierge des vierges. Le démon les a poursuivies de cette haine infernale qu’il garde a la femme incomparable dont le pied lui a broyé la tête ; il les poursuit encore. Mais l’exemple de Marie continuera de porter ses fruits et, jusqu’à la fin des temps, le monde verra des fleurs virginales s’épanouir dans le parterre de l’Eglise.

Pour vous, mes Frères, que Dieu n’a point appelés a cette perfection, n’oubliez pas que Marie prêche en même temps la chasteté a tous. C’est la vertu qui faille plus d’honneur a l’homme, puisqu’elle le dégage de la matière pour le faire vivre de la vie des esprits, puisqu’elle le tire de la fange où il s’enlise pour l’élever à la hauteur des anges. mettez votre orgueil à la pratiquer, et, si votre fragilité vous effraie, demandez à Marie de vous tendre la main et de vous aider a gravir ces sommets où règne la divine pureté. Aimez à répéter le gracieux vocable qui a fait le sujet de cet entretien : c’est adresser à notre Mère du ciel la plus délicate des louanges et en même temps la plus efficace des prières que de lui dire : « Notre Dame la Blanche, priez pour nous ».

 

ND la Blanche de Guérande

La Chapelle Notre Dame la Blanche de Guérande

 

Pour recevoir chaque jour les méditations du mois de Marie,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

29 avril 2016

Le Mois de Marie d'Ars

750_001-001

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

 

Par Monseigneur Martin, ancien vicaire de Troyes et d'Avignon, pro-notaire apostolique

 

Avertissement

 

Les Mois de Marie sont nombreux et variés, et répondent en général à tous les besoins de la piété. Nous ne pensions pas qu'il y eût lieu à en publier un nouveau. Plusieurs confrères nous signalent une lacune et nous pressent de la combler. Il n'existe jusqu'à présent aucun Mois de Marie spécial aux familles chrétiennes, et plus particulièrement à l'usage des fidèles de la campagne. C'est dans ce milieu que nous nous plaçons, pour développer les exercices du nouveau Mois de Marie. L'ordre le plus naturel et le plus logique sans contredit serait de suivre, comme la plupart de ceux qui nous ont précédé, la divine économie des mystères qui ont rempli et glorifie la vie de la Sainte Vierge. Nous nous en écarterons cependant, soit pour introduire de la variété dans un sujet qui a été toujours traité de la même manière, soit pour aborder ce sujet à un autre point de vue qui nous parait également pratique. Après la salutation angélique, il n'est pas de prière plus populaire et plus familière à la piété, que celle des Litanies de la Sainte Vierge. En faisant découler nos méditations de chacune des invocations qui les composent, nous en rendrons la récitation plus pieuse, parce que le sens en sera désormais mieux compris. D'ailleurs, les Litanies ne sont-elles pas le plus beau panégyrique composé à la louange de Marie ? Nous aspirons surtout à être simple et pratique. Dans ce but, nous nous sommes inspiré des pensées et du souvenir du saint Curé d'Ars, dont le nom est à lui seul une école de vertus et l'objet d'une vénération toujours croissante. Monsieur Vianney a passé sa vie à catéchiser les humbles. En faisant de notre travail un appendice de son ministère, nous nous sentons encouragé, parce que notre insuffisance ne peut plus être un obstacle au bien que nous avons en vue.

 

Ouverture du Mois de Marie

1005232963_5d5a261f3d_o

Veille du premier jour du mois de Mai

 

L’Église a multiplié les fêtes en l'honneur de la Sainte Vierge. Il ne se passe presque pas un seul mois de l'année, sans qu'elle nous convoque au pied de ses autels, pour l'honorer et l'invoquer. Mais ce nombre de fêtes, déjà si considérable, ne suffisait pas encore à la piété des fidèles. Depuis un certain temps déjà, il s'en est établi une nouvelle, accueillie avec transport par tons les serviteurs de Marie, d'un bout à l'autre du monde catholique. Cette fête, dont la célébration commence aujourd'hui, dure, non seulement un jour, mais un mois tout entier, et le plus beau mois de l'année.

Le mois de mai est la saison où le printemps s'épanouit dans toute sa splendeur, où les prairies se parent de fleurs odoriférantes, où les arbres et les moissons sourient à l'espoir du cultivateur. Que fait la piété des enfants de Marie ? Elle prend toutes les fleurs écloses dans la campagne et en tresse une couronne pour la déposer sur le front de sa mère ; elle recueille toutes les voix de la nature et y joint ses propres accents pour en former un harmonieux cantique à sa louange ; en un mot, elle lui fait hommage du mois de mai, qui perd son nom pour s'appeler désormais le mois de Marie.

Mais si la fête du mois de Marie doit être chère à tous les cœurs, c'est surtout au milieu des champs et au sein des familles chrétiennes qu'elle doit porter l'allégresse et ranimer la. piété. Ne semble-t-il pas en effet, que la plus grande partie de la vie de la Sainte Vierge s'est déroulée dans la campagne et qu'elle y a fait sa demeure de prédilection. L’Évangile nous la représente parcourant les vallées et gravissant les montagnes pour aller visiter sa cousine Elizabeth. C'est dans une étable abandonnée, an milieu des prairies, qu'elle a donné la vie au Sauveur du monde. Elle reçoit la visite des bergers et converse familièrement avec eux. Pendant les longues années de sa fuite et de son exil en Égypte, c'est à l'ombre des arbres qu'elle prenait son repos, et elle n'a guère eu d'autre secours que ceux qu'elle recevait des gens de la campagne. Enfin, Nazareth, où vint habiter la Sainte Famille, n'était qu'un simple village, et l'on montre encore le ruisseau où lu Vierge venait laver les langes du divin Enfant.

Pendant sa vie, la Sainte Vierge a donc habité avec les gens de la campagne, elle se plaisait à leur compagnie et les édifiait par ses exemples. Aujourd'hui quelle règne dans le ciel, c'est sur eux encore, ou peut le croire, qu'elle abaisse ses regards de prédilection, qu'elle se plaît à répandre ses faveurs les plus abondantes. Oui, la vie simple et laborieuse qu'on mène au village, les vertus modestes qu'on y pratique, l'union qui règne dans les familles ; tout lui sourit et appelle sa protection, parce que tout lui retrace et lui représente sa vie de Nazareth, en compagnie de Jésus obéissant et de Joseph son Époux si chaste et si dévoué.

Nazareth ! Humble demeure de la Sainte Famille, vous êtes l'école de toutes les familles chrétiennes. Que de vertus abritées sous ce modeste toit ! Les anges eux-mêmes en sont ravis d'admiration ! C'est à les méditer et à les imiter que nous allons consacrer ce beau mois. Toutes ces vertus sont rappelées dans les Litanies de la Sainte Vierge. Chaque jour, nous en détacherons une invocation, dont nous ferons le sujet particulier de notre méditation. Montrons-nous empressés et fidèles à cette pieuse pratique ; et nous pouvons être assurés que Marie ne nous refusera aucune des faveurs que nous solliciterons par sa puissante intercession. Si la vie de Nazareth pouvait se reproduire au sein de toutes les familles, la perfection descendrait sur la terre, et avec la perfection un bonheur qui serait l'avant-goût du bonheur du ciel.

 

Exemple

Saint François d'Assise et les deux échelles

 

Saint François d'Assise était un de ces hommes à grand caractère, qui ne font rien à demi. Après avoir bien médité sur l'Évangile, après avoir surtout bien médité sur la Passion de Jésus-Christ, il avait compris que le ciel souffre violence, et que c'est par de grands sacrifices qu'on en fait la conquête. Aussi, quoiqu'il eût donné tout son bien aux pauvres, quoiqu'il eût bravé les railleries du monde, il se livrait encore à des austérités très rigoureuses, et il inspirait les mêmes dispositions à tous ceux qui venaient en foule pour être ses disciples. Mais, sur le nombre, il yen avait beaucoup qui se décourageaient.

Un jour, pendant sa méditation, il aperçut deux grandes échelles qui par un bout reposaient sur la terre, mais dont l'autre bout s'élevait jusqu'au ciel. La première était fort droite et couverte de sang. Ceux qui voulaient en user étaient obligés de faire de grands efforts et d'avoir un grand courage ; quelques uns même roulaient du haut en bas et entraînaient dans leur chute ceux qui venaient à leur suite. Tandis que le saint réfléchissait sur ce qui arrivait, et déplorait le malheur de ceux-ci, il aperçut Jésus-Christ revêtu d'un manteau de pourpre, ayant une couronne d'épines sur la tète, qui lui indiquait par signe de faire passer les faibles par la seconde échelle dont la pente était plus douce et du haut de laquelle Marie tendait la main à ceux qui voulaient monter. Le saint comprit alors le sens de cette vision ; il.redoubla de dévotion envers la Sainte Vierge et l'inspira à ses disciples, comme le moyen le plus facile et le plus sur pour arriver au ciel.

On n'entre pas dans une maison, disait le saint curé d'Ars, sans parler au portier. Eh bien ! La sainte Vierge est la portière du ciel.

 

Pratiques : 1° Arrêtez dans votre esprit, et même vous feriez bien, de les écrire, les faveurs particulières que vous désirez obtenir de Marie pendant ce mois qui lui est consacré. 2° Préparez, dans un, lieu recueilli de la maison, une petite chapelle où sera déposée la statue ou l'image de la Sainte Vierge. Vous l'ornerez de quelques fleurs cueillies dans le jardin ou dons la prairie; et chaque soir, vous viendrez faire, en famille, la prière et l'exercice du mois de Marie.

 

Prière

Qu'il sera bon de réciter chaque jour, et à laquelle sont attachées de grandes indulgences

 

Souvenez-vous, ô très douce Vierge Marie ! Que jamais on n'a ouï dire que personne ait eu recours à votre protection, imploré votre assistance, ou demandé votre intercession, et que vous l'avez abandonné. Animé d'une pareille confiance, je cours vers vous, ô Vierge des vierges et notre Mère ! Je me réfugie à vos pieds, et tout pécheur que je suis, j'ose paraître devant vous en gémissant. Ne méprisez pas ô Mère de mon Dieu ! mes humbles prières ; mais rendez-vous propice, exaucez-les, et intercédez pour moi auprès de votre cher Fils.. Ainsi soit-il.

 

Pour demander la pureté

 

Par votre très sainte Virginité, et votre immaculée Conception, ô Vierge très pure et Reine des anges ! obtenez que mon corps et mon âme soient.purifiés. Au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

 

st-john-vianney-detail

Pour recevoir chaque jour pendant le mois de mai

les méditations du Mois de Marie d'Ars,

abonnez-vous à le newsletter d'Images Saintes

10 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

7 San Giuseppe

Onzième jour

Chagrins domestiques adoucis par Saint Joseph

 

Comme il n'y a personne qui ne souffre des chagrins divers dans le monde, il n'y a non plus personne qui ne doive être affectionné à Saint Joseph, l’honorer beaucoup et le prier avec confiance, afin d'être secouru par lui auprès du Tout-Puissant, aidé et consolé par lui dans les peines de la vie. Elles sont si nombreuses, multipliées sous tant de formes, ces peines, que le Saint homme Job en était comme effrayé, ne pouvant que difficilement les exprimer. Écoutez : « L'homme né de la femme vit peu de jours, et il est rassasié de misères ». Pesez bien ces mots ! Et encore : « Il naît comme une fleur qui n’est pas plutôt éclose qu'elle est foulée aux pieds ; il fuit comme l’ombre, et il ne demeure jamais en un même état ». « L’homme né de la femme, reprend saint Bonaventure, voilà quelle est la fragilité de la vie humaine qu’il doit à son origine de la femme ; il vit peu de jours, voilà le peu de consistance de la vie ; il est rassasié de misères, voilà quelles sont les calamités de la vie. il est comme une fleur qui n’est pas plutôt éclose qu’elle est foulée aux pieds ; il fuit comme l'ombre, voilà les vanités de notre vie ; et il ne demeure jamais dans un même état », voilà comme notre vie est sujette à toutes les situations, les plus diversifiées, les plus variables. Et, comme dit l'annotateur de ce Père, l’homme meurt incessamment tant il est misérable! il est une fleur dans le monde et un fumier dans la fosse !

L’Hébreu et le Chaldéen ont une expression plus forte que notre Vulgate ; elle se traduit par : « l‘homme est saturé de la colère divine », parce que les maux de cette vie qui accablent l’homme pécheur, sont la peine de son péché. Marie exempte de toute faute originelle, et Joseph quoique purifié et sanctifié dans le sein de sa mère, selon la doctrine du pieux Gerson et autres Docteurs de l’Église, ne laissèrent pas de souffrir et beaucoup, soit que Dieu voulût augmenter leurs mérites, soit qu'il voulût les rendre plus conformes à Notre-Seigneur dont la vie a été une douleur perpétuelle, soit enfin qu’il voulût nous offrir par eux de grands modèles de résignation et de puissants secours dans les peines qui nous assaillent a chaque instant.

Le texte du bienheureux Job, a donné à saint Grégoire l’occasion de discourir assez longuement sur les maux si diversifiés, qui affligent l’humanité entière depuis le berger dans sa cabane jusqu’au roi sur son trône. Pour le résumer, il dit, cet illustre Docteur, qu’à considérer sérieusement ce qui se passe en ce monde, on n’y trouvera que des peines continuelles, soit en ce qui regarde la conservation de ce corps mortel exposé sans cesse à mille dangers, soit en ce qui regarde ou nos amis que nous craignons à toute heure d’offenser, ou nos ennemis, dont la mauvaise volonté nous peut toujours être suspecte ; soit en ce qui regarde l'exil où nous sommes étant éloignés de notre patrie, et cet effroyable aveuglement par lequel étant privé de la vraie lumière de notre âme, nous nous plaisons à vivre longtemps ici-bas dans cette privation. Tout homme donc, qu’il soit juste ou pécheur, éprouve des chagrins et des revers qui deviennent plus ou moins supportables, selon la disposition morale des individus.

Ainsi les saints, comme Saint Joseph, qui ont souffert des tribulations de la vie, les ont moins ressenties que les criminels pécheurs, comme Voltaire qui se tordait les membres de rage et de désespoir sur son lit de mort. C'est ce qu'a voulu nous faire entendre David par ces paroles : « L’Eternel tient en sa main une coupe de vin le plus pur, qu'il mêle de différentes liqueurs enivrantes. Il en donne à boire aux hommes ; et tous les impies qui sont sur la terre en boiront, ils en suceront jusqu’à la lie ». Toutes ces expressions sont à peser. « Il y a, dit Saint Alphonse de Liguori, dans les mains du Seigneur, un calice plein de vin pur, c'est-à-dire de justice, et en même temps de mélange, c'est-à-dire de bonté, car il tempère la justice par la miséricorde. Et ce calice ainsi tempéré, il verse alternativement sur les hommes, leur donnant tantôt des grâces, tantôt des châtiments, mais que les pêcheurs sachent que la lie, c'est-à-dire la partie la plus amère de ce calice n’est pas vidée ni épuisée ; les impies en boiront tous. En outre des peines de cette vie, infligée aux pécheurs, la plus grande partie leur en est réservée pour le jour du jugement. Ainsi, tandis que les amis de Dieu n’éprouvent que des peines tempérées et adoucies par l’onction de la grâce que Notre Seigneur y répand, ses ennemis, les méchants, en souffrent de bien amères, de bien grandes, de bien poignantes.

Tous tant que nous sommes, combien de chagrins n’éprouvons-nous pas dans la vie domestique surtout ? C’est tantôt un enfant indocile qui se révolte contre nous; un protégé qui ne nous montre que de l'ingratitude ; un ami qui trahit des secrets que nous lui avions confiés ; des parents qui par la plus noire des perfidies nous déshéritent; des maîtres qui sont sévères et excessivement exigeants à notre égard, et bien d’autres cas semblables, sans compter ni les peines d’esprit, ni les angoisses du cœur, ni les maux physiques du corps qui nous font souvenir à tout moment de la misère de notre condition en ce monde. Eh ! Bien ! Parmi ces chagrins, sachons puiser de la consolation en Dieu que l’Apôtre appelle le Dieu de patience et de consolation ; sachons puiser de la consolation en Marie que l’Église nomme la consolatrice des affligés, et l’abbé Francon, la consolatrice de ceux qui pleurent ; sachons puiser de la consolation auprès de Saint Joseph, le doux consolateur des cœurs désolés, peinés, éprouvés. Pour cela, souffrons comme lui en paix et en silence pour l’amour de Notre-Seigneur. Nous voyant ainsi résigné, ainsi fidèle à l’imiter, il s’empressera de nous procurer des consolations, si Dieu les juge avantageuses. Demandons-lui surtout d'être parfaitement résignés à souffrir tout ce qu’il plaira à la Providence qui dispose de tout avec nombre, poids et mesure. Lorsque, dit Tostat, nous voyons les parents de Jésus, le porter petit enfant, avec tant de travail et de peine dans le chemin de l’Egypte, ne semblerait-il pas que Dieu les avaient abandonnés à eux-mêmes ? Non, répond ce Père, mais il voulait nous apprendre à supporter nos épreuves, à souffrir nos chagrins, à leur exemple, avec résignation. C’est par cette résignation dans nos chagrins que nous inclinerons le Cœur de saint Joseph à nous protéger.

« Mon fils, fait dire le Bienheureux Gerson à Jésus-Christ, dans l’Imitation, vous allez encore être exercé sur la terre, et passer par beaucoup d'épreuves. J'entremêlerai quelquefois à vos maux la douceur de mes consolations, car vous n'en jouirez pas encore avec abondance. Fortifiez-vous donc, et résolvez vous courageusement à faire et à souffrir tout ce qui est contraire à la nature ». Cet avis si plein de sagesse, recevons-le comme venant aussi du bienheureux saint Joseph et dicté par son bon Cœur.

 

Exemples

 

« Un père de famille qui porte un des beaux noms de notre France, M. de M. ayant perdu toute sa fortune, cherchait vainement un emploi qui lui permit de venir en aide aux siens. Plein de confiance en Saint Joseph, il s’adressa à lui, et sa confiance ne fut pas trompée. Il a obtenu une place longtemps désirée, et dans sa reconnaissance, il demande que ce trait de bonté de son puissant Protecteur soit un nouveau sujet de confiance pour tous nos lecteurs ». Je puis encore vous citer un autre trait : « Plusieurs membres d’une famille, très éprouvés déjà, avaient un procès dont la perte eût amené la ruine complète. Leur cause était juste ; mais la justice humaine, si souvent en défaut, faisait appréhender une issue bien pénible. Saint Joseph est invoqué, et le procès est gagné... »

Il y a quelque temps, une personne se trouvait fort embarrassée, sa famille venait de subir une perte qui la plongeait dans la. misère. Dans son indigence, le malheureux père fait appel à l’affection d’un de ses fils vivant hors de la maison paternelle ; mais le fils, riche en amour filial, était pauvre d’ailleurs : il n’avait rien, absolument rien. Que va-t-il faire ? Sa tendre dévotion à Saint Joseph le conduit au pied de son autel : la, il se jette à genoux, et de son cœur brûlant s’échappe cette fervente prière : « Saint Joseph.... je voudrais secourir mon père, mais vous voyez mon impuissance... Ce que je ne puis, vous le pouvez, saint Joseph,venez, venez à mon secours, saint Joseph aidez-moi, et à jamais je célébrerai vos bontés ». Sa voix suppliante était montée jusqu'aux cieux : l'auguste époux de Marie l'avait entendue, il l’avait exaucée. Une heure après, un inconnu mettait à la disposition du suppliant une somme qui rendait à sa famille tout ce que l'infortune lui avait ravi.

Un père de famille très affectionné à saint Joseph désirait mettre son enfant dans une institution ecclésiastique, où les mœurs de cet enfant fussent sauvegardées. Épuisé de ressources par les suites de la guerre et du long siège de Paris, il se trouvait très affligé de ne pouvoir moralement réaliser son désir. La pensée lui vint d'aller recommander cette affaire d'une manière toute particulière à son Saint Protecteur devant sa statue dans une église de la capitale. Saint Joseph l'entendit et l’exauça, il lui fit trouver quelques ressources, l’enfant entra au collège et reprit de ce jour-là même, le nom de Joseph qu'il avait reçu au saint Baptême.

 

Prière de l'affligé à Saint Joseph

Mon très doux Protecteur, à qui m’adresserai-je dans mes peines ? Sinon à vous qui avez été établi par Jésus-Christ notre tendre Père et Consolateur, le secours et le protecteur de tous les chrétiens. Voici, ô Saint Joseph, que l'affliction est venue fondre sur moi, et je tremble à la pensée de ma faiblesse et de mon inconstance ; je crains de faillir à mes résolutions, à mes promesses, à mes bons propos. De grâce, céleste Consolateur, entendez mon humble prière, exaucez mes vœux ; que votre Cœur si aimant et si généreux, verse dans le mien, si pauvre et si affligé, ce fleuve de grâce et de bénédictions qui donne un remède à toutes les plaies, un baume à toutes les douleurs, une joie à toutes les tristesses, une consolation à toutes les infortunes, une ressource assurée à tous les maux de l'âme et du corps. Fortifiez-moi tellement qu’après avoir comme vous souffert avec Jésus et pour Jésus en cette vie, le partage avec vous sa gloire en l'autre. Ainsi soit-il.

 

11043224_885070911514199_6096526239423953483_n

Pour recevoir chacune des méditations du Mois de Saint Joseph par mail,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

9 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

001_001

Dixième jour

Le protecteur des veufs

 

Trois états partagent le monde chrétien, la virginité, le mariage et le veuvage ; de ces états la virginité est le plus excellent, comme le démontre l’Apôtre. Le veuvage vient après enfin le mariage. Aussi la viduité est placée milieu. Saint Joseph a été à la fois vierge et époux, mais il n’a pas passé par le veuvage, mort avant sa très sainte épouse. Quoiqu’il en soit, comme la viduité chrétienne tient un éminent dans l’Église, parce qu’elle est une sorte de virginité accidentelle et que, d’ailleurs, elle conforme aux desseins de la Providence, à la doctrine de l’Église, à la saine morale, il est constant qu’elle est bien considérée par saint Joseph qui a les mêmes inclinations que Notre Seigneur et qu’elle peut être l’objet très légitime et tendre protection. En douter, serait faire injure au Cœur si bon de notre Saint. L'état de viduité quoiqu’il mette l’homme ou la femme en dehors des peines attachées au mariage, n’est pas pour cela plus exempt de tribulations de bien des genres ; mais avec un fond de piété et de vrai christianisme on se les rend plus aisément douces, supportables et méritoires. Toutes les conditions ont leurs avantages et leurs désavantages ; toutes aussi ont leurs grâces que Dieu accorde pour le servir et s’y sanctifier. Or, celle des veufs est bien propre à atteindre cette fin. D’ailleurs, le Ciel semble y verser avec plus d’abondance la rosée fertilisante de ses bénédictions, bien entendu quand les veufs ou les veuves s’en rendent dignes par des mœurs chastes, réglées et conformes aux règles chrétiennes tracées par le Christ et.les Apôtres.

Comme les personnes veuves sont souvent désolées, soit parce qu’elles avancent sur le déclin de la vie, soit parce qu’elles se trouvent seules pour l’ordinaire, qu’elles n’ont aucun consolateur qui les distraie de leurs peines, adoucissent leur sort. il est bon de leur montrer combien leur état est grand, excellent et sanctifiant ; je le ferai, d’après saint Jean Chrysostôme. Qu’il plaise à saint Joseph de donner sa bénédiction aux paroles de ce grand Docteur. « La viduité qui semble être un nom de misère, ne l’est nullement, mais c’est une dignité; un honneur et une très-grande gloire, ce n’est pas une infamie, mais une couronne. Oui qu’une veuve n’ait pas de mari qui converse avec elle, Jésus-Christ l’objet même de sa conversation, et il écarte loin tous les maux qui pourraient lui arriver dès qu’une veuve est persécutée, il suffit qu'elle présente devant Dieu, qu’elle se mette à genoux, qu’elle gémisse dans l’amertume de son cœur, qu'elle répandre des larmes, et cela seul pourra garantir des embûches de tous ceux qui la persécutent. Les larmes, les gémissements, prières continuelles sont les véritables armes avec lesquelles les veuves peuvent non-seulement se défendre de la violence des hommes, et repousser les attaques des démons. (…)

Ailleurs le saint Docteur rassure les veuves qui ont des enfants encore jeunes, en leur disant qu’elles doivent se confier en Dieu qui prendra soin d’eux comme un bon père ; que ce qu’elles ont à faire c’est de leur donner une éducation sainte qui assurera leur bonheur.

Dans tous les cas, une veuve chrétienne doit se consoler beaucoup d’être si heureusement délivrée de la servitude du mariage, car son état la met dans une plus grande paix, la rend plus capable de s’unir à Notre-Seigneur par la prière et les bonnes œuvres. « Veuve, dit le cardinal Hugues, signifie divisée en deux, c’est-à-dire éloignée de son mari ». Mais si elle est loin de son mari elle est plus proche de Dieu, pourvu qu'elle vive régulièrement ; car alors Dieu lui tient lieu d’époux et d'appui. Saint Jérôme rapporte de sainte Mélanie qu’après la mort de son mari et de ses fils, elle courut se prosterner aux pieds de Jésus-Christ, et elle lui sourit comme s’il était devenu son époux. « O Seigneur, lui dit Mélanie, il vaut mieux vous servir, vous qui m’avez délivrée d’un si grand fardeau ». Tels doivent être vos sentiments, ô veufs et veuves chrétiennes ! Comptez que si vous les prenez pour règle de votre conduite, infailliblement le Seigneur vous donnera en abondance ses grâces. Marie et saint Joseph aussi vous couvriront de leur salutaire protection et vous consoleront, si vous les priez dans vos désolations. Il importe de peser ceci, car tous les veufs et toutes les veuves ne sont pas dignes des soins si tendres de la divine Providence, ni de la protection du Cœur de saint Joseph, parce que toutes ne sont pas agréables au Seigneur, ne vivent pas dans sa grâce et la pratique de sa loi. Le séraphique Docteur distingue trois genres de viduité. Le premier est celui de ces personnes qui à l'imitation de la veuve de l’Évangile, vivent dans les jeûnes, les maisons et les supplications, comme il se lit aussi de Judith ; l’autre est celui de ces personnes qui se font une occupation de courir dans les maisons et les familles, et se chargent de soins superflus qui ne les concernent pas ; l’autre enfin, est celui de celles qui vivent dans les délices, dans la bonne chère, qui sont curieuses, causeuses, médisantes et ne respirent que les plaisirs. Souvent, ajoute ce saint Père, Dieu permet que ces dernières tombent dans la misère ; ce qu'elles pourraient éviter, si elles vivaient saintement, qu’elles fussent pleines d’espérance en Dieu. Car, dit l‘Apôtre, la veuve vraiment veuve espère en Dieu et insiste dans la prière. La foi et la confiance en Dieu des veuves rend leurs prières toutes puissantes auprès du Seigneur et sur le Cœur de saint Joseph, quand elles sont soutenues par une vie chrétienne et vertueuse.

 

Exemple

 

Une veuve d’un âge très-avancé se trouvait délaissée de ses parents ; mais comme elle n’avait pas délaissé le Dieu de sa jeunesse et qu’elle avait une grande confiance en la Providence, le Ciel vint à son secours. Elle avait l’habitude de faire dévotement ses prières devant une statue de Saint Joseph. Une fois qu’elle se trouvait saris pain, et sans argent pour s’en procurer. elle s’avisa de se lever la nuit, d’allumer une lampe près de la statue devant laquelle elle pria longtemps à genoux. Une voisine qui aperçut cette lumière à l’heure de minuit, remarqua qu’elle brûlait encore quelques heures après. Dans la crainte où elle était que la veuve fut malade, elle alla bien vite frapper à sa porte. Celle-ci tardait à ouvrir ; la voisine durant ce temps entendit la veuve qui disait : « Mon bon Saint Joseph, vous qui avez nourri la Sainte Famille au prix de vos travaux et de vos sueurs, me laisserez-vous mourir de faim ? » Alors la voisine frappa plus fort, et avec insistance, la veuve vint lui ouvrir et sur la demande de celle-ci, elle lui dit qu’elle souffrait horriblement de la faim, et qu’elle venait de prier Saint Joseph qu’il voulut bien s’intéresser à son sort ! « Ma chère, répondit la voisine, ne vous inquiétez plus : il y a assez de ressource chez moi, vous, y participerez maintenant tant que vous vivrez, vous et moi, seulement vous me rendrez participante de vos prières au Seigneur et au bienheureux saint Joseph, dont autrefois j’ai entendu raconter les merveilles de sa puissante protection ». De tels faits se renouvellent souvent, Sans que peut-être on l‘entente au céleste protecteur qui les accomplit.

 

Prière d'une veuve à saint Joseph

 

Grand Saint, dont le Cœur est plein de compassion pour le malheur, dont les mains puissantes et secourables protègent la veuve et l’orphelin, juste Joseph, prêtez l'oreille aux accents de ma douleur. Hélas, je suis une veuve affligée ! j’ai perdu l’appui de ma faiblesse, le consolateur de mes jours ; le deuil a voilé mon visage, un pain mouillé de larmes fait ma nourriture. A qui donc aurai-je recours, sinon à vous, bien-aimé Joseph? A vous qui fûtes le tuteur de l’Enfant Jésus, le soutien de la Vierge Marie, sa mère. A vous que le Seigneur a établi chef de son royaume et économe de la Providence ! A vous qui vous laissez attendrir par les larmes, qui adoucissez les amertumes et comblez les espérances. J'adore les impénétrables desseins du Ciel, persuadé qu’il ne m’éprouve que pour mon bien. Mon cœur divisé jusqu’à présent ne voudra plus aimer que Dieu, il fuira pour toujours ce monde frivole, ces plaisirs dangereux, puis s’élevant sur les ailes de la prière dans les régions sereines du Paradis, il criera vers vous, ô tendre Joseph, afin d'exciter la compassion de votre Cœur si doux, et d’attirer toutes les grâces qui en découlent incessamment. Bénissez donc, ô mon saint Protecteur, la veuve qui vous implore à genoux : soyez l’administrateur de mes biens,mon consolateur dans mes ennuis et mes peines, le directeur de ma conscience. Mais, très Saint Joseph, bénissez aussi mes enfants ! Je les recommande tous à votre Cœur si plein de sollicitude. Hélas ! pauvres petits, ils n’ont plus de père et ils ne pèsent pas encore toute la perte de cette absence ! Vous leur en tiendrez lieu désormais; vous partagerez avec leur mère tous les soins que réclament leur jeunesse. Et, de mon côté, ô bienheureux Joseph, je leur apprendrai à Vous honorer par leurs hommages et surtout par une vie chrétienne, qui les rende dignes, et moi avec eux, de partager éternellement votre gloire dans le ciel. Ainsi-soit-il.

 

san jose chaste heart

Pour recevoir chacune des méditations du Mois de Saint Joseph par mail,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

3 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

481_001

Quatrième jour

Recours à Saint Joseph

 

J’ai montré ce que valait à nous le titre de Patron de l’Église donné à Saint Joseph, et comme nous avons en ce Saint un modèle accompli, un protecteur généreux. C'est là, n’en doutons pas, une grande gloire que le Christ réservait à son Père putatif en ces derniers temps. Après la glorification de Marie dans le plus beau, le plus grand, le plus cher de ses privilèges, son Immaculée conception, il convenait que Saint Joseph reçut l'apogée de sa glorification terrestre, en étant choisi et constitué par la sainte Église pour son Patron et Protecteur universel. Joseph est cet habile charpentier qui entretient l’Arche, dans les flancs de laquelle est le salut de tous; mais s’il prépare un abri tutélaire à l'humble. pénitence, ne doutons pas aussi qu’il n'apprête un cercueil pour les ennemis endurcis de Dieu et de son Église, qui, en ce moment de meurtre, de sang et de carnage, trament de noirs complots contre son Auguste chef,ou qui essaient de corrompre l’intégrité de la foi et la pureté de la morale de l’Évangile, en faisant donner à l’enfance une instruction et une éducation païennes ; en propageant divers éléments d’impiété, livres obscènes, feuilles anti-religieuses, bals et théâtres immoraux. Toutes ces choses appellent bien-haut la malédiction divine sur nos têtes, comme le déclare en plusieurs lieux de ses savants et onctueux écrits le saint Docteur Gerson. Et en ces jours de désolation, de douleurs et de deuil, nous n’éprouvons que trop bien comment le ciel sait se venger, ou plutôt, venger les droits de Dieu, méconnus, méprisés, foulés aux pieds par les enfants des hommes prévaricateurs.

Pour nous, Chrétiens, qui considérons Saint Joseph aussi bien que Marie très Sainte comme un trône de grâce et de miséricorde dont nous devons nous approcher avec confiance, ainsi que saint Paul le dit de Jésus-Christ ; pour nous qui envisageons saint Joseph aussi bien que Marie, son Épouse comme la Main de Dieu, au moyen de laquelle l’Éternel nous secourt, selon qu’il est dit dans un Psaume précédent : « Il étendra sa main en rétribuant » et ailleurs : « Vous me protégez de votre main ». Et encore : « Vous ouvrez votre main et tout animal est rempli de vos bienfaits » ; pour nous, dis-je, qui sommes persuadés du grand crédit de Saint Joseph dans le Ciel, recueillons avec respect, avec-amour, avec reconnaissance cette parole que nous adresse l’Église, que nous adresse Jésus-Christ lui-même : « Dans toutes vos nécessités, allez à Joseph » : « Ite ad Joseph ! »

« Ite ad Joseph ! » fut-il crié à l’antique Egypte, et les peuples entiers, avides des biens de la terre, affamés d’un pain matériel, accoururent à ce Joseph qui devint pour eux l’image brillante de la Providence. « Ite ad Joseph ! » répéterons-nous, nous-mêmes, et à nous et aux autres, au milieu d’un monde privé par sa propre faute des biens spirituels, c’est-à-dire de la vérité, de la Foi, de la grâce, et de la paix, de ces biens qu'il cherche vainement loin de Dieu. « Ite ad Joseph ! » Le Patriarche du Nouveau Testament ne fera pas moins que le premier. Docile aux impulsions de son Cœur si compatissant et à nos prières ardentes, il nous secourra, obtiendra des lumières au Souverain-Pontife et aux prélats qui gouvernent l’Église, tous les dons et les faveurs nécessaires aux divers membres de ce corps mystique du Christ, afin que chacun remplisse dignement la fin que l’Eternel lui a tracée dans sa vocation sur la terre.

Écoutons donc la voix de Jésus-Christ, la voix de Marie, la voix de l’Église et celle de tant de saints et de Docteurs qui crient : « Allez, allez à saint Joseph ! Adressez-vous à lui avec la plus entière confiance dans tous vos besoins temporels et éternels, sûrement sa protection ne vous fera jamais défaut, si vous savez vous la concilier ».

Je disais dans un ouvrage sur Saint Joseph, composé et imprimé il y a dix ans, qui compte plusieurs réimpressions : Elle est bien belle cette gracieuse image qui fait partie de la collection des Grandes images catholiques, où Marie, la divine Mère de Jésus, est représentée assise sur un trône ; les misérables de toute sorte, et qui est-ce qui ne l'est point ? lui présentent chacun leurs requêtes ; les uns lui demandent une guérison, d’autres le pain de chaque jour ; ceux-ci quelque chose de mieux, la santé de l’âme, la victoire sur les passions, la pureté ; et ceux-là l'amour de Dieu et la persévérance. Mais, cette bonne Vierge, leur montrant de la main Saint Joseph, les envoie tous à ce grand et puissant Avocat ; des anges présentent les suppliques au Saint qui les signe en vertu des pouvoirs que Jésus-Christ lui a accordés. Touchant tableau, m’écriai-je ? Ah ! si les hommes comprenaient, ou du moins voulaient comprendre cette voix assez forte qui crie à tous pour être entendue de tous : « Ite ad Joseph ! » « Allez à saint Joseph ! » Allez à lui dans toutes vos nécessités ; dans quelque position pénible que vous puissiez être, et quelque soit votre profession, vous trouverez en Joseph un excellent modèle à imiter, un puissant et fidèle protecteur à supplier, et le reste ».

Ce que je disais alors, je le répète avec bonheur aujourd’hui. J’ai tant d’obligations à Saint Joseph, comme aussi j'éprouve un si grand besoin de sa protection, que je veux m'unir à la piété de mes Lecteurs. Qu’ils ne dédaignent pas la lecture de ces quelques faibles pages composées en l’honneur de ce Bienheureux Saint, dans ces jours de pénible épreuve où la capitale est investie par le plus barbare des ennemis de la religion et de la paix, afin que ces bien-aimés Lecteurs remercient et prient Saint Joseph pour moi, qui n’ai eu en vue que de les édifier plutôt que de les instruire.

Nous tous donc, ménageons-nous la protection de Saint Joseph, comme nous y engage la Sainte Église, notre mère. Avec elle implorons sans cesse les prières de saint Joseph, et ne doutons point, comme le dit l’Abbé de Saci, que celui qui a porté durant sa vie la qualité de père de Jésus-Christ ne soit très-puissant auprès de lui après sa mort, pour attirer sur nous les grâces qui nous sont nécessaires, et que nous lui demanderons par l’intercession et par les mérites d'un si grand Saint ». Soyons bien persuadés que cette confiance honorera beaucoup Notre Seigneur et Marie, épouse de Saint Joseph, qui ne savent rien refuser de tout ce qu’on leur demande de juste, d'honnête, d’utile par l’intercession de Joseph, comme la séraphique sainte Thérèse l'affirme.

 

Exemple

 

Une dame veuve se trouvait dans une situation d'affaires bien pénible ; elle avait surtout à écrire une lettre très difficile et très délicate relativement à ces mêmes affaires. Dans son extrême embarras, elle place sur son bureau une petite statue de saint Joseph, et, s’adressant au saint protecteur de sa jeunesse qu’elle avait toujours vénéré et invoqué, elle lui demande avec simplicité de lui dicter cette lettre qu'elle ne sait seulement pas commencer ; rassurée par cette prière, elle prend la plume et écrit... La lettre terminée assez rapidement, elle la relit et s’aperçoit avec émotion que c’est absolument ce qu'il y avait de plus convenable à dire dans la circonstance actuelle. Elle remercie le bon saint Joseph avec effusion de cœur et reste convaincue que c’est bien lui qui lui est venu en aide, d’autant plus que depuis sa lettre expédiée, elle ne se ressouvient plus de ce qu’elle a écrit.

 

Prière du Bienheureux Jean Gerson à Saint Joseph, pour demander son secours

 

Illustre Patriarche, Saint Joseph, noble rejeton de David, ami particulier de la justice, l’égal des plus illustres Prophètes, resplendissant aussi de l’éclat de la virginité, le gardien de Marie, le témoin, le pourvoyeur et le fidèle ministre de Jésus-Christ, le confident du mystère qu’ont ignoré les siècles passés, vous qui avez porté dans vos mains le Verbe fait chair et avez commandé à Celui qui commande à l’univers, vous l’époux et le seigneur de la Mère du Seigneur des seigneurs ; vous qui avez accompli si excellemment votre pèlerinage de la terre et régnez maintenant dans la céleste patrie, exempt de toute crainte, de tout labeur, de toute angoisse, daignez, nous vous en supplions, abaisser sur nous des regards bienveillants et venir à notre secours dans les mille dangers que nous courons. Soyez des pauvres pèlerins que vous voyez à vos pieds le protecteur, le guide. la ressource ; soutenez-les dans leurs fatigues, ôtez les obstacles qui leur obstruent le chemin. Dirigez les aveugles, relevez, ceux qui tombent, et obtenez-nous à tous la grâce pour guide, l’espérance pour bâton, la paix dans la foi, les douceurs de l’oraison. Faites aussi, par votre protection, que nous surmontions les suggestions du démon, du monde et de la chair, et ne rejetez point des pécheurs à l'occasion desquels le Seigneur a tant fait pour vous et votre sainte Épouse, la divine Mère de Dieu. C’est par là que vous mettrez le comble aux obligations que nous vous avons et à la reconnaissance que nous vous devons. Ainsi soit-il.

SAN JOSE SAO JOSE ITAPIRANGA ST JOSEPH CHASTE HEART CORAZON

Pour recevoir chacune des méditations du Mois de Saint Joseph par mail,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

2 septembre 2014

La Prière de Saint Patrick

 Prière de Saint Patrick

Par Hélène Goussebayle

 

Je me lève aujourd'hui grâce à une force puissante :

L'invocation de la Trinité, la Foi en la Trinité,

La confession de l’Unité du Créateur du monde.

 

Je me lève aujourd'hui,

Par la force de Dieu pour me guider,

La puissance de Dieu pour me soutenir,

La sagesse de Dieu pour me diriger,

L'œil de Dieu pour regarder devant moi,

L'oreille de Dieu pour m'entendre.

 

La parole de Dieu pour parler pour moi,

La main de Dieu pour me garder,

Le chemin de Dieu pour me précéder,

Le bouclier de Dieu pour me protéger,

L'armée de Dieu pour me sauver,

Des tentations et de l'ennemi.

 

Christ avec moi, Christ devant moi, Christ derrière moi,

Christ en moi, Christ sur moi, Christ sous moi,

Christ à ma droite, Christ à ma gauche,

Christ en la largeur, Christ en la longueur, Christ en la hauteur,

Christ dans le cœur de qui pense à moi,

Christ dans tout œil qui me voit,

Christ dans toute oreille qui m'écoute.

 

Christ avec moi, Christ devant moi, Christ derrière moi,

Christ en moi, Christ sur moi, Christ sous moi,

Christ à ma droite, Christ à ma gauche,

Christ en la largeur, Christ en la longueur, Christ en la hauteur.

 

Je me lève aujourd'hui grâce à une force puissante :

L'invocation de la Trinité, la Foi en la Trinité,

La confession de l’Unité du Créateur du monde.

 

Au Seigneur est le salut,

Au Christ est le salut.

Que Ton salut Seigneur soit toujours avec nous.

 

papyrus-old-stationery1

Chanson extraite de l'excellent album « Louanges Celtiques »,

Disponible en téléchargement sur I Tunes et en écoute sur Deezer

et également sur le site d'Hélène Goussebayle : http://helenegoussebayle.fr/accueil/

27 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

809_001

Vingt-huitième jour

Action de l'Eglise sur la société par le Sacrement de Mariage

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

Le mariage chrétien, ou le sacrement de Mariage, est le troisième principe de régénération et de perpétuité que Jésus-Christ a donné a son Eglise. Le premier est la doctrine évangélique ; le second est le sacerdoce. Le sacerdoce et le mariage, à eux seuls, tiennent entre leurs mains, non-seulement les destinées des familles, mais encore celles des peuples de l'humanité tout entière. Aussi, sont-ils les seules professions que le divin Maître ait élevées à la dignité de sacrement. Le but qu'ils devaient atteindre demandait, en effet, une action toute-puissante capable de triompher de la corruption générale et des maximes mensongères du siècle. Il fallait encore que ces deux états fussent revêtus d'une autorité et d'une majesté divines pour commander le respect dont ils doivent être entourés. Enfin, ceux qui s'y dévouent avaient besoin de grâces spéciales pour être à la hauteur des devoirs si graves et si importants que leur condition leur impose. L'institution de ces deux sacrements pourvoit à toutes ces nécessités.

I. Pour bien comprendre l'influence immense qu'exerce sur la société le mariage chrétien, ou le sacrement auguste établi pour sanctifier et consacrer l'union des époux, il est important de remonter à l'institution primitive de ce saint état, et de bien comprendre le but du Créateur lorsqu'il le fonda. Lorsque le livre de la Genèse nous parle de la création des animaux, il nous rapporte que Dieu se contenta de leur dire: « Croissez et multipliez », sans rien ajouter qui pût faire entendre qu'il s'agît d'autre chose, sinon de perpétuer leur espèce et de se multiplier matériellement avec leurs instincts aveugles. Mais, quand le texte sacré nous entretient de l'homme, son langage est tout autre: « Dieu, dit-il, créa l'homme à son image, et il le créa à l'image de Dieu; il fit l'homme et la femme, il les bénit, et ce fut après qu'il ajouta : « Croissez et multipliez, et remplissez la terre ». (Genèse 1, 27- 28). Créé à l'image de Jésus-Christ, suivant l'interprétation des Pères, l'homme devait multiplier sa postérité, non pas seulement en la formant d'hommes semblables à lui sous le rapport physique et intellectuel, mais encore en la formant d'hommes à l'image de Jésus-Christ. Dieu l'ayant en quelque sorte associé à l'œuvre de la création, l'homme devait donc contribuer aussi pour sa part à la création morale de ses descendants, et s'efforcer de reproduire en eux le divin modèle sur lequel il avait été lui-même formé. Or, c'est dans ce travail, qui consiste à former des descendants à l'image de Jésus-Christ, c'est-à-dire, à les former à toutes les vertus morales, religieuses et sociales, travail imposé aux parents, que se trouve le but principal que Dieu se proposa en instituant le mariage et en bénissant lui-même les deux premiers époux. Telle fut l'influence immense que le Seigneur voulut donner au mariage sur l'avenir et les destinées des familles et des sociétés.

II. Mais, le péché du premier père ayant corrompu le sens primitif de l'institution du mariage, les hommes oublièrent la fin sublime de ce saint état, et la catastrophe terrible du déluge universel fut le solennel châtiment de cet oubli criminel. Le souvenir de cette épouvantable punition, les communications intimes de Dieu avec les patriarches, et plus tard la loi mosaïque entourèrent de nouveau le mariage, chez le peuple de Dieu, d'assez de respect, d'honneur et de dignité, pour que les Juifs aient pu conserver pendant plus de quinze cents ans encore l'esprit de famille et leur nationalité, fruits ordinaires des mariages contractés selon l'esprit de Dieu. Ce fait est d'autant plus frappant, qu'autour du peuple juif s'agitaient de toute part les philosophes, les sages et les législateurs païens, qui, ayant parfaitement compris la haute influence du mariage sur la destinée des empires, s'efforçaient de forger des lois capables de maîtriser le torrent des passions et de rétablir l'ordre complètement détruit dans les familles, et dans les états qu'ils gouvernaient. Les Lycurgue, les Périclès, les Platon en Grèce ; les Romulus, les Numa, les décemvirs,les Auguste pour l'Empire romain, sentaient si vivement l'influence que peut exercer le mariage sur le bonheur des peuples et sur la prospérité des nations, que tous usèrent les ressources de leur génie et de leur sagesse, pour s'efforcer d'inventer des lois qui pussent replacer le mariage dans des conditions capables de sauvegarder les bonnes mœurs, et de garantir l'unité de la famille et de la société. Mais tous échouèrent et tombèrent dans les excès les plus monstrueux, pour éviter ceux dont l'expérience avait fait justice. Dieu seul, en effet, qui avait créé les cœurs, pouvait trouver ce secret impénétrable à l'intelligence humaine ; et lui seul surtout pouvait communiquer aux hommes la force nécessaire pour être fidèles aux règles qu'il allait leur révéler et leur imposer.

III. Après tous les vains efforts des sages et des savants du siècle, apparut donc le souverain Législateur, le divin Réparateur qui devait réhabiliter la race humaine déchue. Lorsqu'on veut relever un édifice qui tombe en ruines, on le reprend par la base. Aussi, l'un des premiers soins du Sauveur fut-il de rétablir le mariage sur ses fondements primitifs, en lui rendant l'unité et l'indissolubilité. C'est ainsi qu'en deux mots il résolut ce problème inextricable, devant lequel les meilleurs esprits et les plus hautes intelligences avaient été forcés d'avouer leur incapacité, depuis quarante siècles. Sans l'unité, la famille, qui est essentiellement un corps organisé et monarchique, devenait impossible. Sans l'indissolubilité, il fallait admettre le divorce qui n'est qu'une polygamie mal déguisée, et dont une triste expérience a fait justice, comme étant la ruine de la famille. Aussi, dans les pays où il est encore toléré, la législation l'a-t-elle entouré de tant de difficultés, qu'elle l'a rendu presque inabordable. D'ailleurs, l'unité et l'indissolubilité étant corrélatives ne devaient former qu'une seule et même loi. C'était l'indissolubilité qui devait rendre à la femme la dignité que la polygamie païenne et le divorce lui avaient ravie. Grâce à cette loi si sage du mariage chrétien, elle ne pouvait plus être le vil jouet de la brutalité de l'homme; elle redevenait, comme au premier jour de la création, la compagne de son époux, et non son esclave; elle avait voix délibérative dans les affaires intimes de la famille, et elle pouvait être souvent l'utile conseillère et la consolatrice de celui qui partageait sa destinée, en soutenant son courage quelquefois chancelant dans les jours mauvais de la vie. Ainsi, l'homme lui-même aussi bien que la femme allait recueillir les heureux fruits de cette législation divine. Il n'était plus seul sur la terre; il avait retrouvé, selon la parole de l'Ecriture, « une aide semblable à lui, l'os de ses os, la chair de sa chair ; c'est pour cela que l'homme abandonnera son père et sa mère pour s'attacher à son épouse, et ils seront deux en une seule chair ». (Genèse 2, 21 et ss). Texte sacré qui démontre à l'évidence que l'institution primitive du mariage renfermait l'obligation rigoureuse de l'indissolubilité. Cette indissolubilité devenait surtout une loi de stricte justice vis-à-vis des enfants; car ils avaient droit à autre chose qu'à ce pain amer de la séparation, que leur garantissaient les législateurs du divorce, et dont chacun des époux qui se quittent peut, en effet, leur donner la moitié ; on leur devait autre chose que les leçons des maîtres qui se paient à prix d'or ; ils avaient droit à cette éducation de tous les jours et de toutes les nuits, pour laquelle Dieu n'a pas cru que ce fût trop de réunir les deux vies d'un père et d'une mère ; ils avaient droit à cette société de la famille que la mort même ne peut rompre, sans que l'époux survivant se sente jamais capable de réparer l'absence de l'autre. Le mariage n'a que des conséquences irréparables, aussi la famille qu'il créa ne peut avoir que des liens indissolubles. L'indissolubilité fait donc la force de la famille ; et comme les sociétés ne se forment que de l'agglomération des familles, et qu'elles ne peuvent trouver de meilleur modèle pour leur organisation que la famille elle-même, il en résulte que le mariage chrétien en réhabilitant la société domestique, en y rétablissant l'ordre, la dignité, l'unité et la stabilité, exerce l'influence la plus salutaire, la plus efficace et la plus considérable sur la société tout entière.

 

Élévation sur l'action de l'Eglise vis-à-vis de la société par le Sacrement de Mariage

 

I. Pouviez-vous, Seigneur, contempler d'un œil indifférent le désordre et la corruption dont les plus viles passions de l'homme avaient infecté l'institution primitive et fondamentale de la société ? Votre divine Providence, qui veille avec tant de sollicitude sur la conservation et le bon ordre des œuvres sorties de vos mains, pouvait-elle, en entreprenant la restauration du genre humain, ne pas pourvoir à la réparation d'un mal si profond, et dont les conséquences funestes avaient perverti l'humanité tout entière ? Oh ! Non, Seigneur, votre miséricorde infinie, et l'ardent amour que vous aviez pour le salut du monde,vous ont inspiré le moyen puissant et radical qui seul pouvait purifier à jamais la source des générations futures, en instituant le sacrement de Mariage. Aussi, Saint Paul appelle-t-il ce sacrement grand par excellence, puisqu'il est le symbole de l'alliance que Jésus-Christ a daigné former avec notre humanité et avec son Église. Mais si l'union intime contractée entre le Verbe divin et la nature humaine, et si celle que sa grâce et sa charité ont consommée avec l'Église son épouse, sont irrévocables et indissolubles, ces caractères essentiels devaient être également ceux des unions auxquelles le Sauveur voulait imprimer le sceau de son sang précieux par l'auguste sacrement de Mariage. Toutefois, pour adoucir ce que cette loi rigoureuse pourrait avoir de dur pour l'inconstance humaine, vous avez voulu que le sentiment le plus doux, c'est-à-dire l'amour, en fût le principe et le fondement. Vous avez voulu que la fidélité a cet amour fût sacrée et inviolable. Pouviez-vous mieux entrer dans les dispositions que la nature elle-même a gravées dans le cœur de l'homme qui a encore quelque respect pour son honneur ? Quel est, en effet, celui qui n'est pas jaloux d'un premier amour, d'un amour fidèle et constant ? Et la loi de l'indissolubilité est-elle autre chose que la consécration de ce sentiment si noble, si pur et si juste ? Il est vrai que les passions humaines s'élèveront, dans leurs excès, contre ces règles si naturelles pourtant de l'ordre, de l'honnêteté et du vrai bonheur ; l'homme aura des luttes quelquefois terribles à soutenir contre lui-même. Mais c'est pour cela, Seigneur, que votre miséricorde et votre bonté ont daigné élever le mariage a la dignité de sacrement ; vous vouliez ainsi non-seulement purifier et sanctifier l'amour légitime, mais encore ouvrir aux époux chrétiens une source inépuisable de secours surnaturels, qui seuls pouvaient leur donner la force de triompher de la corruption, et de garder religieusement leur promesse sacrée de fidélité mutuelle.

II. L'amour vrai ne peut exister, en effet, sans le sacrifice : aimer, c'est se donner, se sacrifier. Le sacrifice est la pierre de touche de l'amour ; c'est vous, ô divin Maître, qui nous l'avez dit vous-même : « Personne n'aime autant que celui qui fait le sacrifice de sa vie pour ceux qu'il aime » (Saint Jean 15, 13), et c'est ainsi que vous avez voulu nous prouver combien vous nous aimiez. Il y a donc dans le mariage plus qu'un simple et froid contrat ; il y a un double sacrifice qui ne connaît ni bornes, ni conventions, lorsque l'amour en est véritablement l'âme et le principe. Aussi, est-ce pour cette raison que chez tous les peuples le mariage a voulu des autels pour témoins et des dieux pour vengeurs ; et que, chez les chrétiens, le sang d'un Dieu, versé par l'amour, en est le sceau. Oui, dans le mariage, vous avez voulu, Seigneur, qu'il y eût deux sacrifices qui en formassent le lien indissoluble. La femme sacrifie ce que Dieu lui a donné d'irréparable, ce qui faisait l'objet de la sollicitude de sa mère. Elle sacrifie sa première beauté, cette fleur pleine de fraîcheur qui embellit tous les ouvrages qui sortent de la main du Créateur ; souvent elle sacrifie sa santé, et toujours ce premier élan d'amour qui ne se donne pas deux fois, ce charme que le veuvage en lui rendant la liberté ne saurait lui restituer. L'homme en retour sacrifie sa liberté et son repos pour se charger de la responsabilité d'une famille. L'homme arrivé au terme de son éducation, dans toute la force de son corps et de son esprit, maître de lui-même, se lasse bientôt de s'appartenir. Il est tourmenté d'un besoin infini de se donner, et s'il ne se donne pas tout entier à Dieu dans le service de la prière, ou à la société dans le service des armes, un inexorable ennui ne lui laisse pas de paix, qu'il n'ait trouvé au monde une créature à laquelle il puisse se donner, non pas à demi, ni pour un temps, mais tout entier et pour toujours. Rien, en effet, ne rendra plus à l'homme ces incomparables années de la jeunesse, cet essor d'imagination capable de tout, excepté de désespérer, et cet effort d'un premier amour qui peut tout vaincre pour faire à autrui un sort glorieux et doux. S'ils savent ce qu'ils font, les deux époux sacrifient toutes ces choses, et ils sont heureux de les sacrifier.

III. Mais, ce double sacrifice, les deux époux ne se le font pas seulement l'un à l'autre. Il entrait dans les vues de votre infinie sagesse, ô mon Dieu, qu'il ne fût que le prélude et le noviciat de celui qu'ils devaient faire aux enfants à naître, en faveur desquels ils consentent à subir toutes les charges et toutes les douleurs de la vie domestique, à donner jusqu'à la dernière veille de leurs nuits, jusqu'à la dernière goutte de leurs sueurs et de leur sang. Car les enfants nés ou à naître sont les créanciers perpétuels de l'association conjugale. Elle leur doit premièrement la vie, l'éducation jusqu'à la majorité et les moyens d'existence, des aliments à tout âge s'ils deviennent infirmes ou malheureux, et assurément des conseils et des exemples. Elle leur doit ce que des époux séparés plus ou moins légalement ne pourront plus tenir, lors même qu'ils ont fait de leurs enfants un partage impie ; parce que chacun des époux n'a qu'une partie de ce qu'il faut pour payer la dette que le mariage a contractée envers eux, et que-vous n'avez pas moins voulu, Seigneur, la réunion et l'unité des époux pour les élever, que pour leur donner la vie, comme l'atteste votre divine parole : « Que l'homme se garde de séparer ce que Dieu a uni ». (Saint Marc 10, 9.) Les enfants sont des tiers intéressés qui n'ont pas pris part au contrat qui a fixé leur sort ; on ne peut donc rien changer à ce contrat sans blesser la justice à leur égard ; d'autant plus que, ne pouvant pas être rendus à la paix du néant, ils peuvent encore moins que les parties contractantes être remis au premier état en entier. Vous avez voulu, ô mon Dieu, que le sacrifice et le dévouement fussent la condition essentielle du mariage chrétien, pour que la famille, devenant l'école du sacrifice, préparât ainsi, sous l'œil et la direction de l'Eglise, des citoyens prêts à se dévouer au bien de tous, et éminemment propres à former une société robuste et capable de résister aux plus rudes épreuves. C'est, en effet, aux côtés de sa femme trop faible pour se suffire à elle-même, c'est au berceau de son enfant qui a besoin de tout, que l'homme apprend à se priver, à se contraindre, à supporter un travail dur et continuel ; qu'il apprend à se dévouer, à vivre pour autrui, c'est-à-dire, qu'il apprend tous les devoirs et les vertus de la vie civile. Oh ! Je comprends maintenant, Seigneur, que vous ayez réservé à votre Église, destinée à perpétuer sur la terre l'œuvre de la réparation du genre humain, une source de grâces toute spéciale pour exercer son action bienfaisante sur les sociétés ; et qu'à l'aide du sacrement de Mariage elle puisse transfigurer un amour purement naturel en un dévouement et un esprit de sacrifice tout divins, capables des plus nobles et des héroïques vertus.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

ubi-petruscl2

Pour recevoir les méditations journalières du Mois de Saint Pierre, dans votre boite mail, ainsi que des prières et pour être tenus au courant des mises à jour du blog, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

26 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

438_001

Vingt-septième jour

Sur l'action du Sacerdoce par le Sacrement de l'Eucharistie

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

L'Eucharistie et le sacerdoce sont corrélatifs : toute religion doit avoir des sacrifices et par conséquent des prêtres pour les offrir. D'où il suit, pour le dire en passant, qu'à proprement parler, le protestantisme ne devrait pas être regardé comme une religion, puisque la plupart de ses sectes n'ont ni sacrifice, ni sacrificateurs. C'est, en effet, le pouvoir d'offrir à Dieu des victimes ; d'être, par l'accomplissement de cette auguste fonction, l'intermédiaire entre Dieu et les hommes, qui constitue le sacerdoce. C'est pour cela que l'obligation la plus étroite et la plus éminente du sacerdoce chrétien est l'oblation du sacrifice eucharistique, qui n'est autre chose que la continuation de celui de Jésus-Christ sur le calvaire. Le Divin Maître, la veille de sa mort, prit entre ses mains du pain, le bénit et le donna à ses disciples, et il dit : « Prenez et mangez, ceci est mon corps ». Puis, prenant le calice, il rendit grâces, le leur donna, et il dit : « Buvez-en tous, car c'est mon sang, le sang du nouveau Testament, qui sera répandu pour la rémission des péchés de tous les hommes ». (Saint Matthieu 26, 26-28). « Faites ceci en mémoire de moi » (Saint Luc 22, 19). Dès lors, le sacrement auguste de l'Eucharistie fut institué, et le sacerdoce fut investi du pouvoir sublime de consacrer le pain et le vin, c'est-à-dire, d'en changer la substance, de telle sorte, qu'après les paroles sacramentelles et par leur vertu, ce pain et ce vin, dont il ne reste plus que les apparences, sont réellement et substantiellement le corps, le sang, l'âme et la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Tel est l'admirable et puissant élément que le Sauveur a placé entre les mains de ses prêtres pour rendre plus efficace leur action sur l'humanité et pour assurer ainsi le succès de leur importante mission. Le sacerdoce, fidèle aux enseignements de son Divin Fondateur, exerce de deux manières cette influence céleste que lui donne le précieux trésor qui lui a été confié : d'abord, en offrant lui-même l'adorable sacrifice de l'Eucharistie, et en conservant celle-ci dans ses sanctuaires pour y être l'objet de la vénération du peuple chrétien ; ensuite, en faisant participer les fidèles à cet auguste sacrement par la sainte communion, pour entretenir en eux le principe et l'aliment de la vie spirituelle et surnaturelle, qui consiste essentiellement dans l'union de l'âme avec Jésus-Christ.

I. L'action du sacerdoce sur la société chrétienne par l'Eucharistie s'exerce donc, premièrement, par le culte public, dont le saint sacrifice de la messe, et la présence réelle offerte à l'adoration des fidèles, sont l'âme, l'aliment et la vie. Tout, en effet, dans nos temples comme dans notre liturgie, est subordonné au sanctuaire, et tout y converge. Nous parlerons plus tard de l'influence du culte public en général, qui n'est, pour ainsi dire qu'une introduction et une préparation à l'acte principal de ce culte, le sacrifice eucharistique. Chez tous les peuples et dans toutes les religions, les sacrifices offerts publiquement en l'honneur de la Divinité produisent toujours sur les masses de vives et salutaires impressions. Ils leur rappellent l'autorité souveraine et toute-puissante du Créateur et du Maître de l'univers, et leur inspirent un sentiment de crainte et de dépendance religieuses, qui les retient dans le devoir et qui adoucit leurs mœurs. C'est au pied des saints autels que les hommes apprennent qu'il y a au-dessus d'eux une force irrésistible qui-préside aux destinées des individus, des familles et des empires. C'est ce qui explique pourquoi de tout temps, même dans le paganisme, on a offert des sacrifices pour attirer les bénédictions du ciel sur les entreprises et les affaires importantes des états et des fortunes privées. Mais l'action exercée sur les esprits par les sacrifices a toujours été proportionnée à la valeur et à la dignité des victimes immolées : tantôt, les fruits de la terre et les aliments dont les hommes se nourrissent en font tous les frais ; tantôt ce sont des animaux, des tourterelles, des agneaux et des béliers, des chèvres et des boucs, des génisses et des taureaux. Toutefois, l'insuffisance de ces victimes pour apaiser la justice divine, jointe à la cruauté et à l'esprit de vengeance, inspira les sacrifices humains. Il semblait, en effet, plus convenable et plus juste que les crimes des hommes fussent expiés par l'effusion du sang de leurs semblables, que par l'immolation des animaux; la dignité de notre nature réclamait des victimes qui ne lui fussent pas inférieures en noblesse. « Il était impossible, dit saint Paul (Hébreux 10, 4) que le sang des taureaux et des boucs pût expier les péchés ». L'homme même était impuissant à laver ses frères de leurs iniquités, puisque son propre sang n'était pas exempt de souillure. Il fallait bien, pour racheter l'humanité, une victime humaine ; mais pour obtenir grâce devant Dieu, il fallait encore qu'elle fût sainte, innocente, sans tache ; qu'elle n'eût rien de commun avec le péché, et qu'elle l'emportât en noblesse et en dignité sur toutes les créatures, afin de n'avoir pas besoin de solliciter son pardon avant de demander celui du peuple. C'est pour cela que le Fils de Dieu s'est fait homme, et qu'il s'est ensuite offert en victime sur la croix pour le salut du monde. Qui pourrait contester à cet auguste sacrifice l'action prodigieuse et toute-puissante qu'il a exercée et qu'il exerce encore sur les peuples de l'univers entier ? Mais la foi nous enseigne qu'à part la scène sanglante du calvaire, le sacrifice eucharistique offert tous les jours sur nos autels est le même que celui de la croix : il n'est donc pas surprenant que sa féconde influence perpétue les fruits produits par l'arbre de vie sur lequel le Sauveur s'est immolé la première fois. Aussi l'Eucharistie est-elle pour l'Eglise ce que le soleil est à la nature : chaque jour cet astre bienfaisant se lève successivement sur toutes les parties du globe pour y répandre la lumière, la chaleur, le mouvement et la vie ; et chaque jour aussi le Soleil de justice apparaît partout dès l'aurore sur nos autels dans la sainte Eucharistie, afin d'éclairer les intelligences, d'embraser les cœurs du feu sacré de la charité, d'enflammer le zèle et d'établir le règne de Jésus-Christ dans les âmes, dont il est la vie.

II. Aussi, le divin Maître, dans son amour infini pour les hommes, ne s'est pas contenté de confier à ses prêtres l'honneur insigne d'immoler la victime sainte; il a voulu, pour atteindre son but plus sûrement encore, qu'elle fût distribuée par leurs mains à ses fidèles serviteurs. C'est là le second moyen d'action que fournit au sacerdoce le sacrement d'amour. Le sacerdoce, en effet, trouve dans cette manne céleste une double ressource pour agir sur les âmes : elle les nourrit d'abord ; puis elle neutralise, autant qu'il est possible ici-bas, les tristes et funestes suites du péché d'origine. La vie de l'âme consiste dans son union avec Dieu, comme la vie du corps consiste dans son union avec l'âme. L'âme comme le corps a besoin de nourriture pour vivre, et si Dieu a si largement répandu sur la terre les aliments nécessaires pour entretenir la vie dans la partie matérielle de notre être, comment aurait-il négligé de pourvoir à la subsistance de la partie spirituelle qui est la plus noble sans contredit ? Non certes, il ne l'a pas oubliée, puisque c'est lui-même qui veut être la nourriture de notre âme ! Et il ne pouvait même en être autrement. D'après l'ordre naturel établi par le Créateur, toute créature trouve, dans le sein qui lui a donné l'existence, l'aliment dont elle a besoin pour entretenir sa vie : la plante puise dans la terre qui l'a enfantée les sucs nourriciers qui lui sont nécessaires; les animaux et l'homme lui-même rencontrent le lait qui doit les nourrir, dans le sein de la mère qui les a portés ; l'âme ayant reçu l'être immédiatement de Dieu, comme l'enseigne saint Thomas d'Aquin, doit donc aussi trouver en lui son aliment. Mais, comment Dieu peut-il nourrir de lui-même l'âme de l'homme ? D'abord, le divin Maître nous dit, dans le saint Evangile, que « l'homme ne se nourrit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». (Saint Matthieu 4, 4). Ainsi, Dieu commence à se communiquer à notre âme par sa parole renfermée dans les divines Écritures, ou annoncée par ses apôtres, qu'il a chargés de l'enseignement chrétien des nations. Il faudrait maintenant lire tout le chapitre sixième de l'Evangile selon Saint Jean pour voir avec quelles délicates précautions le divin Sauveur arrive à révéler à ses disciples que c'est lui-même surtout, c'est-à-dire, son corps, son âme et sa divinité, qui seront désormais la nourriture de nos âmes : il leur déclare d'abord l'insuffisance de la manne du désert, qui n'était que la figure de l'aliment céleste qu'il nous préparait ; puis il proclame hautement qu'il est le pain vivant descendu du ciel, et que celui qui mangera de ce pain vivra éternellement. Et pour qu'aucun doute ne puisse s'élever sur la nature de ce pain venu du ciel, il ajoute que ce pain est sa chair même qu'il doit sacrifier pour donner la vie au monde : « Ma chair, dit-il, est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage. En vérité, en vérité, je vous l'affirme : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous ». (Saint Jean 6, 56, 54). Il ne restait plus qu'à préciser comment nous pourrions manger sa chair et son sang adorables, et c'est ce qu'il a fait la veille de sa mort à la sainte Cène, lorsqu'il institua définitivement le sacerdoce et la sainte Eucharistie, ainsi que nous l'avons indiqué plus haut. C'est ainsi que Dieu lui-même devient la nourriture de nos âmes.

Mais étudions maintenant les effets prodigieux de cet aliment céleste, et comment il a la vertu de nourrir notre âme et de neutraliser jusqu'à un certain point, dans notre humanité déchue, les suites déplorables du péché de nos premiers parents. La vie existe pour notre corps, lorsque étant uni à l'âme, toutes ses fonctions s'opèrent régulièrement selon l'ordre établi par le Créateur : la vie existe donc également pour l'âme, lorsque étant unie à Jésus-Christ, toutes ses facultés agissent selon l'ordre établi par la loi divine. Or, rien ne contribue plus puissamment à faire régner cet ordre dans l'âme, et par conséquent rien n'y répand plus de vie, que la réception de la sainte Eucharistie. Celle-ci agit d'abord sur les sens qui, depuis la chute originelle, sont devenus indociles et l'un des principaux obstacles à l'accomplissement de nos devoirs envers Dieu. Outre que ce sacrement exige, comme préparation à le recevoir, le repentir des fautes passées et la mortification de la chair ; l'humilité et la foi, qui sont la mort des sens ; enfin l'amour, dont le propre est le détachement et le sacrifice de soi-même pour l'objet aimé ; il donne encore à la partie matérielle de notre être par l'attouchement de la chair sacrée et du sang adorable de Jésus-Christ, que l'on reçoit dans la sainte communion, plus de souplesse et de docilité ; il y apaise la révolte, en éloigne la corruption, en fortifie la faiblesse. Dans la sainte Eucharistie, Jésus-Christ nous communique encore sa divinité, son esprit et son âme avec toutes les vertus dont il est la source première, et paralyse ainsi, ou du moins affaiblit les vices héréditaires de la partie spirituelle de notre être. Mais ce n'est pas tout : non-seulement la chair devient moins rebelle, et l'âme reprend sur celle-ci quelque chose de cette autorité absolue dont elle jouissait avant la déchéance de notre nature; mais bientôt l'âme unie à Jésus-Christ par la communion entraîne, dans le torrent de la circulation de la vie divine qui l'anime, tous les éléments de cette vie commune ; elle spiritualise et divinise en quelque sorte les occupations et les travaux les plus matériels ; c'est ainsi que, par son action, un verre d'eau est changé en une couronne de gloire éternelle, et les fonctions les plus viles sont surnaturalisées et ennoblies. Devenue médiatrice à son tour entre le monde matériel et le monde spirituel, comme Jésus-Christ entre la nature humaine et la divinité, cette âme fait chanter, pour ainsi dire, par toutes les créatures, un cantique de gloire et de reconnaissance au Créateur, et démontre d'une manière palpable que l'Eucharistie est l'âme de la vie pratique. Bien plus, la vertu divine, dont le fidèle qui a communié est pénétré et qui rayonne autour de lui, ne s'arrête pas à vivifier pour ainsi dire les créatures passives ; mais elle va même jusqu'à entraîner après elle les créatures libres, par le charme céleste de la beauté morale qui resplendit en lui. C'est un aimant qui attire, c'est une sorte d'autorité pleine de douceur qui subjugue sans tyrannie ; on l'admire, on obéit à sa séduisante influence, sans effort et comme naturellement. De là les conquêtes sans nombre que peut faire à Jésus-Christ celui qui communie saintement, et par conséquent l'action puissante qu'il exerce sur la société. Si nous remontons à la source de cette régénération des âmes, nous trouvons l'Eucharistie, et derrière elle le sacerdoce catholique qui seul en a reçu le dépôt des mains du Sauveur, avec le privilège insigne de la consacrer et de s'en servir comme du moyen le plus puissant, pour rétablir le règne de Dieu sur l'humanité, et pour travailler au salut des individus et des peuples.

 

Élévation sur l'action du Sacerdoce par le Sacrement de l'Eucharistie

 

I. O Seigneur ! Que votre sacerdoce me paraît grand lorsque je le contemple au saint autel, placé entre Dieu et les hommes, comme médiateur entre le ciel et la terre ! lorsque je le vois offrant l'adorable sacrifice de l'Eucharistie en expiation de tous les crimes et de toutes les iniquités qui se multiplient chaque jour dans le monde et qui semblent braver votre justice. Qu'on insulte un homme, qu'on lui cause quelque tort dans les biens de la fortune ou de la réputation, on poursuit le coupable et on exige de lui la réparation de ses méfaits. Si l'on venait à manquer au respect que l'on doit à l'autorité, ou à celui qui la représente, si on en parlait avec mépris, si on en secouait le joug avec dédain, la juste punition ne s'en ferait pas longtemps attendre.Vous seul, ô mon Dieu, pourriez-vous être outragé impunément ? Vos lois saintes seraient-elles violées et foulées aux pieds sans que votre justice fît sentir ses rigueurs ? Le châtiment terrible des anges prévaricateurs, la catastrophe épouvantable du déluge, le feu et le soufre qui tombèrent sur Sodome et Gomorrhe, sont des preuves frappantes du contraire ; puis, les tourments éternels de l'autre vie dont vous menacez, dans votre Evangile, ceux qui refuseront ici-bas d'obéir à vos commandements, démontrent assez que, quoique votre bonté soit infinie, votre justice pourtant doit aussi avoir son cours. D'où vient donc, Seigneur, que de nos jours les châtiments les plus éclatants ne fondent pas sur nous ? Ah ! Certes, ce n'est ni la multitude, ni l'énormité des iniquités qui font défaut : le monde en a-t-il jamais été plus souillé ? Ah ! Seigneur, c'est le sacrifice auguste offert par votre sacerdoce, qui arrête votre bras ! C'est ce prêtre si calomnié, si méprisé, qui en vous sacrifiant chaque jour l'Agneau sans tache, et en vous montrant les plaies sacrées de votre divin Fils, renouvelle sans cesse l'immolation du calvaire, et obtient grâce et miséricorde pour vos ennemis et les siens. Qui pourra jamais comprendre toute la puissance du sacerdoce sur votre cœur, ô mon Dieu, lorsqu'il tient entre ses mains consacrées Jésus-Christ lui-même comme victime, et qu'il vous adjure on son nom, non-seulement de pardonner, mais encore d'accorder des faveurs à ceux qui vous ont outragé ? A la vue de ce sang adorable vous frémissez en quelque sorte, vous reconnaissez votre propre sang, celui de Jésus mort sur la croix pour le salut du monde ; vous êtes désarmé, vous pardonnez et vous ouvrez le trésor de vos grâces pour les répandre avec la libéralité dont un Dieu seul est capable. Mais, le prêtre n'offre pas seul la victime sainte : les pieux fidèles, vos enfants, accourus pour unir leurs supplications à celles du ministre sacré, entourent l'autel de toute part, et font monter jusqu'à vous ce faisceau de prières, auquel le cœur d'un père ne saurait résister. Ah ! Sainte Eglise romaine ! Avec le sacrifice de l'Eucharistie je m'explique votre force; je comprends que tous les efforts de l'enfer viennent se briser à vos pieds ! Vos victoires et vos conquêtes ne m'étonnent plus ! Quand je pense que du couchant à l'aurore vos ministres sacrés ne cessent de lever les mains par milliers vers le Tout-Puissant, et commandent, pour ainsi dire, à sa miséricorde et à sa bonté de pardonner et de bénir, en offrant pour gage les mérites infinis du Sauveur, je ne suis plus surpris de l'influence immense du sacerdoce sur la société. On pourra bien le persécuter, lui enlever tous ses biens, abattre ses autels et renverser ses temples. On pourra faire quelques martyrs, enchaîner quelques prêtres ; mais il en restera toujours assez pour pouvoir trouver un peu de pain et un peu de vin, et offrir le sacrifice eucharistique au milieu des forêts s'il le faut, ou dans les cavernes cachées des déserts ; il n'en faut pas davantage pour assurer à jamais le triomphe du sacerdoce sur l'impiété et la corruption. Mais au milieu de cette lutte acharnée du bien et du mal qui ne doit finir qu'avec les temps, permettez, Seigneur, que j'aille me reposer un instant à l'ombre de vos autels. Si j'entrais dans un temple de la réforme, à la vue de ce mobilier muet, tel qu'on le rencontre dans tous les amphithéâtres des facultés, ne trouvant ni autel, ni aucun signe qui m'indique la divinité qu'on y adore, si ce n'est des voûtes et une architecture qui révèlent que des étrangers sont venus s'emparer de la demeure du maître qui l'habitait, après l'en avoir chassé ; dans cette solitude nue et désolée, mon cœur se sentirait vide et glacé, et ne pourrait se défendre d'une profonde tristesse. Oh! qu'il en est bien autrement dans nos églises ! À peine ai-je foulé le seuil du lieu saint, que l'eau de la purification se présente à moi et semble me dire qu'il faut être pur pour avancer plus loin. En effet, je lève les yeux et déjà j'aperçois au fond du sanctuaire le signe du salut arboré sur le tabernacle, et il me dit à son tour : « Ton Dieu est là, il te voit, il f attend, il t'écoute ». Dès l'abord j'avais senti frémir autour de moi une atmosphère de vie qui réjouissait mon âme, je comprenais que je n'étais pas seul dans le temple, et que celui qui est l'hôte par excellence y résidait. Mais dès que mes regards se sont portés sur la porte du tabernacle, et que je les y ai fixés, mon cœur s'est ému ; il avait en quelque sorte entendu palpiter, derrière ce voile impénétrable aux sens, celui qui a dit : « Je suis la vie ». Une lampe solitaire brûle et veille auprès de lui comme une prière continuelle, image vivante de celles que la sainte Eglise ne cesse de lui adresser. C'est à vos pieds, Seigneur Jésus, qu'il fait bon, et que l'on comprend les sentiments qu'éprouvèrent les apôtres sur le Tabor, lorsqu'ils voulaient y dresser leurs tentes. Toutefois, qu'est-ce encore que ces audiences privées, en comparaison de ces réceptions solennelles, aux jours où, sortant de vos tabernacles, vous apparaissez aux yeux de la multitude sur un trône plus ou moins brillant, mais toujours entouré d'une douce majesté ? Ah ! Quel doux moment que celui où le prêtre, ouvrant le saint tabernacle, cette prison volontaire où vous vous renfermez par amour pour nous, semble rompre vos chaînes pour vous montrer aux fidèles assemblés, et leur dit en votre nom : « Venez à moi, vous tous qui travaillez, et qui portez le poids de la vie, et je vous donnerai force et courage ». (Saint Matthieu 11, 28.) Qu'il est beau devoir alors les foules immenses, accourues de toute part, tomber à genoux, se prosterner, vous adorer dans le plus profond recueillement ! Puis, lorsque tout est terminé, chacun se retire en silence, le cœur embaumé, emportant au foyer domestique et au milieu du monde les douces et salutaires influences reçues des mains du sacerdoce, et la vie est conservée au sein de la société.

II. Oui, Seigneur, vous êtes la vie de nos âmes, et depuis la création de l'homme vous n'avez jamais cessé de le nourrir de vous-même. Dans l'état primitif, c'est-à-dire avant la chute originelle, cette vie sublime de l'âme s'entretenait naturellement et sans effort par la vue de votre majesté infinie, par les communications intimes et directes qui existaient entre vous et l'homme, par la connaissance qu'il avait de vos divines perfections et par l'amour qui embrasait son cœur. L'intermédiaire des sens n'y était pour rien ; leur domaine ne s'appesantissait pas alors sur l'âme et ne l'attirait point vers la matière ; l'âme pouvait aisément s'élever jusqu'à Dieu, parce qu'elle dominait les sens. Mais cet ordre primitif une fois brisé et renversé par la désobéissance de nos premiers parents, les sens prirent le dessus, l'âme fut abîmée dans la chair : la vue de cette beauté toujours ancienne et toujours nouvelle, que vous aviez daigné lui montrer, ô mon Dieu, avec tous ses célestes attraits, cette vue qui lui était naturelle avant le péché, ne fut plus, après ce malheur, du ressort de sa nature corrompue ; elle devint pour elle d'un ordre surnaturel. Ah ! Seigneur, nous ne comprendrons jamais assez l'étendue de ce terrible châtiment ! Deux choses vinrent mettre obstacle à cette vue, et à cette communication directe ou immédiate de l'âme avec votre divinité, qui était sa vie : d'un côté, elle ne put plus rien voir qu'à travers les sens, et vous ne tombez pas sous les sens, puisque vous êtes un pur esprit; de l'autre, en rendant les sens complices de son péché, elle les révolta et les déchaîna contre elle, de telle sorte qu'au lieu d'en être la souveraine, elle devint l'esclave de leur tyrannie qui ne cessa depuis lors de la détourner des choses du ciel. C'en était donc fait de la vie de l'âme ; et la mort éternelle eût été son infaillible et triste partage, si dans votre miséricorde et votre bonté infinies vous n'eussiez trouvé un moyen de vous communiquer à l'âme humaine, même à travers la barrière grossière des sens. Pendant quatre mille ans, hélas ! Temps de justice et de rigueur, un seul peuple fut éclairé de vos lumières divines, et des hommes inspirés, des patriarches, des législateurs, des rois, des prophètes furent chargés de les lui transmettre. Mais votre amour immense pour l'humanité ne pouvait s'en tenir à ce faible moyen, et se borner à ne faire luire le soleil de la vérité qu'aux yeux d'un si petit nombre de vos enfants. Aussi, après quarante siècles, les larmes, les prières et les vœux embrasés des justes de tous les temps obtinrent que le grand mystère de l'incarnation s'accomplît : le Verbe se fit chair, en prenant un corps et une âme semblables aux nôtres. Vous vîntes donc, ô mon Dieu, en la personne de votre adorable Fils, renouveler votre alliance avec les hommes, et les rappeler à la vie. Toutefois, ô divin Maître, vous ne deviez passer que quelques années sur cette terre, et vous vouliez pourtant apporter à nos âmes un secours digne de votre munificence, qui s'étendît non-seulement à la Judée et aux hommes privilégiés qui auraient pu vous contempler pendant votre vie mortelle; mais un secours qui, traversant toutes les mers et toutes les générations, pût rendre la vie à tous les peuples, et aux hommes de tous les temps jusqu'à la consommation des siècles. Que seriez-vous donc venu faire sur la terre, ô foyer sacré de la vie de nos âmes, si, après y avoir passé quelques jours, vous vous étiez retiré dans le fond de votre éternité, ne laissant d'autres traces de votre passage que quelques souvenirs fugitifs et quelques rayons échappés a votre divinité ? Puisque vous aviez daigné épouser notre humanité pour arriver à nos âmes au moyen des sens, et pour devenir ainsi pour elles le seul foyer possible de leur vie : ce foyer devait donc rester au sein de l'humanité pour la vivifier perpétuellement. C'est pour cela, divin Sauveur, que vous avez voulu donner une extension infinie à votre incarnation, selon le langage des Pères, en établissant la sainte Eucharistie, qui, sous l'apparence d'une nourriture matérielle, nous fît comprendre que vous vouliez être l'aliment et le principe de la vie de nos âmes. Et pour qu'il ne nous restât aucun doute à cet égard, vous nous avez déclaré que, si nous ne mangions la chair du fils de l'homme, et que si nous ne buvions son sang, nous n'aurions pas la vie en nous. (Saint Jean, 6, 54.) Cette manducation, matérielle et spirituelle tout à la fois, de votre personne adorable devenait le moyen de traverser la barrière des sens pour pénétrer jusqu'à notre âme et pour lui donner la vie en s'unissant à elle.

Ah ! Divin Sauveur, c'est parce que la sainte communion est la nourriture essentielle de l'âme, et qu'il y va de sa vie, et de sa vie éternelle, que vous en avez fait aux hommes un précepte aussi formel, comme l'atteste le texte sacré que nous venons de lire ! Faut-il donc s'étonner que la sainte Eglise à son tour soit venue préciser vos ordres, en commandant à tous les fidèles de vous recevoir au moins une fois par an, aux solennités pascales ? Que l'on vienne maintenant nous faire l'éloge de ces banquets tumultueux où, sous prétexte dé fraternité et d'égalité, on réunit quelquefois des hommes dont les passions déchaînées font trembler la société. Depuis dix-huit siècles la sainte Église réunit tous les jours autour du banquet eucharistique, sans distinction de sexe, de rang et de fortune, dans le silence et le recueillement, l'élite de l'humanité, c'est-à-dire, tout ce qu'elle renferme dans son sein de plus pur, de plus charitable et de plus vertueux. Toutefois, ce n'est pas encore assez pour votre amour, ô divin Jésus, de convoquer à votre table tous les chrétiens sans distinction de position sociale ; vous voulez encore que l'on vous porte à ceux qui vous désirent, et qui ne peuvent aller à vous. Vous voulez que vos ministres aillent consoler sur leur lit de souffrances ceux de vos enfants que vous appelez au lieu du repos éternel, pour qu'ils puissent recevoir le pain des forts, ce viatique si nécessaire pour soutenir notre faiblesse au moment du grand voyage, et surtout le gage de la vie bienheureuse, c'est-à-dire de l'union divine qui ne finira jamais. Mission admirable du sacerdoce auquel il est réservé de consacrer le pain des anges, et de le distribuer aux enfants de Dieu; d'unir ainsi le ciel avec la terre, et de verser des torrents de vie au sein de la société !

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

ubi-petruscl2

Pour recevoir les méditations journalières du Mois de Saint Pierre, dans votre boite mail, ainsi que des prières et pour être tenus au courant des mises à jour du blog, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

14 mai 2014

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

809_001

Quinzième jour

La Confession ou La Fontaine

 

Jusqu'ici, la Dame avait montré à Bernadette seulement sa beauté et sa bonté comme Visiteuse, sa sainteté comme Orante, son habileté comme Educatrice. Le matin du jeudi 25 février, pendant la Neuvième Apparition, Elle manifesta à tous sa puissance comme Thaumaturge. Relatons les faits :

Après quelques minutes de méditation, Bernadette se leva pour s'avancer vers la Grotte. Elle écarta en passant les branches de l'églantier et alla baiser la terre sous la roche, au delà  du buisson. Bile redescendit ensuite la pente, et, s'étant recueillie, elle retomba dans l'extase. Au bout de deux ou trois dizaines de chapelet, la voyante se leva de nouveau, se montra embarrassée ; tout hésitante, elle se tourna vers le Gave et fit deux ou trois pas en avant. Tout à coup, elle s'arrêta brusquement, regarda en arrière, comme quelqu'un qui s'entend appeler et écouta des paroles qui semblaient lui venir du côté du rocher. Elle fit un signe affirmatif, se remit en marche, non plus vers le Gave, mais vers la Grotte, à l'angle gauche des excavations. Aux trois quarts de la montée, elle fit halte et promena autour d'elle un regard troublé. Elle leva la tête comme pour interroger la Dame, puis, résolument, elle se courba et se mit à gratter la terre. La petite cavité qu'elle venait défaire se remplit d'eau ; après avoir attendu un moment, elle but et s'y lava la figure ; elle prit aussi un brin d'herbe qui poussait sur le sol et le porta à sa bouche...

Les quelques personnes qui, après l'extase, se trouvèrent à côté de Bernadette, l'amenèrent à s'expliquer sur la scène insolite qui venait de se produire à Massabielle. S'adressant à la jeune fille, elles lui dirent : « Mais, Bernadette, tu t'es montrée ce matin bien distraite à la Grotte. Pourquoi ces allées et venues ? Pourquoi gratter la terre ? Pourquoi boire de l'eau qui devait te répugner ? » « Voici, répondit l'enfant d'une manière toute simple et toute naturelle, pendant que j'étais en prières, la Dame m'a dit d'une voix amicale, mais en même temps sérieuse : « Allez boire et vous laver à la fontaine ». Comme je ne savais pas où était cette fontaine et que je croyais que cela n'y faisait rien, je me suis dirigée vers le Gave. La Dame m'a rappelée et m'a fait signe du doigt de me rendre sous la Grotte à gauche, j'ai obéi, mais je ne voyais pas d'eau. Ne sachant où en prendre, j'ai gratté la terre et il en est arrivé. Je l'ai laissée s'éclaircir un peu, puis j'ai bu et je me suis lavée ».

« Tu as aussi mangé de l'herbe, pourquoi cela ? » « Je ne sais, la Dame me l'a fait comprendre ». La Vierge, ayant préalablement demandé à Bernadette de prêcher la Pénitence, devait lui en indiquer le moyen pratique entre tous : se laver, laver son âme à la mystique fontaine du Sacrement de Pénitence. Or, toute l'économie de ce sacrement, pour ce qui nous concerne, se trouve en ce qu'a fait l'apôtre de la Grotte corroborant, par l'exemple, sa précédente prédication. Elle gratta la terre après s'être déplacée : ce que nous faisons par la Confession.

Pour se confesser, il faut se déplacer : on quitte ses idées, ses occupations, ses relations habituelles, et on vient à l'église, dans la direction des confessionnaux. Instinctivement, telle Bernadette allant, ignorante, vers le Gave, nous voudrions aller du côté opposé. Croyant que cela n'y fait rien, nous irions trouver les mondains tumultueux, emportés comme certaines eaux de rivière ; nous irions vers quelque cœur compatissant, ami ; ou même, à l'instar de nos frères égarés les Protestants, nous nous adresserions directement à Dieu. Mais cela y fait quelque chose, cela y fait tout : Dieu n'a établi, pour la purification des âmes, qu'une fontaine : celle du sacrement de pénitence, et il n'y a que le prêtre, son fondé de pouvoir, qui en puisse faire jaillir les flots. C'est donc à l'église, chez le prêtre, et non ailleurs, pas même à Dieu, eût-on la prétention de se passer d'intermédiaire sacerdotal, que tous doivent aller boire et se laver. « Allez boire et vous laver à la fontaine ».

Là, en présence du prêtre, on gratte son âme.Gratter la terre paraît, de prime abord, un geste d'une banalité humiliante ; l'emploi même de ce verbe, qui est pourtant le mot propre, chatouille peu agréablement les oreilles des dilettantes du langage. Et cependant, c'est en grattant la terre, au moment du labour, que le soc des charrues prépare les semailles, espoir des moissons. Gratter la terre, c'est donc le geste initial du paysan, premier bienfaiteur de tout pays ! Et cependant encore, c'est en grattant la terre que le fossoyeur permet aux corps humains de descendre dans les fosses pour y attendre, sous la garde de la croix, la résurrection des chairs flétries et des os desséchés. Gratter la terre c'est donc aussi le geste initial de la Mort ! Double geste sacré !...

Or, gratter la terre, c'est découvrir ce qui était caché. Cette découverte en l'âme se fait par l'examen de conscience. Absorbés par le dehors, nous ne connaissons presque pas en nous le dedans. Vienne la confession : on pénètre dans les plis et replis de sa conscience, on recherche les faits, on en étudie les causes : on découvre par cette inquisition intérieure ce qui échappait au contrôle extérieur des yeux : on a gratté son âme. Gratter la terre, c'est encore la débarrasser de ce qui la recouvrait : ce qui se fait en l'âme par la confession proprement dite, par l'aveu. L'examen découvre le mal ; l'aveu l'expulse, nous en délivre. En vain, se connaîtrait-on, si, après avoir creusé du regard l'abîme de ses misères, on ne les chasse point à coups d'aveux, les misères y subsistent toujours. L'examen fait comprendre le besoin qu'on a d'être lavé ; l'aveu rejette la souillure, prépare la purification....

Se déplacer, découvrir son âme, la dégager de tout ce qui est terrestre, limoneux : tel est le triple effort préparatoire à la réception du sacrement de pénitence ! Partout ailleurs, ce triple effort de nos pieds, de nos yeux, de nos mains, serait en pure perte. « Ne sachant où prendre de l'eau, j'ai gratté la terre, racontait l'enfant, et il en est arrivé ». Quand on gratte son âme, il arrive d'abord l'eau du repentir : on est humilié d'avoir été si sot, si ingrat, si paresseux, si criminel ; on est ému jusqu'aux larmes de constater que, par contre. Dieu a été si clément, et l'eau de nos componctions fait sourdre et éclater en cascades sublimes l'eau des miséricordes du Seigneur.

 

Examen

 

Nous avons un notaire, un médecin, un pharmacien.... Avons-nous un confesseur ?... Nous déplaçons-nous sans retard pour aller le voir, sitôt que nous avons eu le malheur de pêcher.... Ne restons-nous pas des mois, je n'ose dire des années, sans nous confesser, malgré l'urgent besoin que nous en aurions ?... Le péché, pendant ce temps, pourrit dans l'âme... Quelle putréfaction !... Nous confessons-nous la veille des fêtes de la Sainte Vierge pour être spirituellement plus reluisants de propreté à ses yeux réjouis ?... Bernadette, docile aux indications de la Dame, se dirigea vers la Grotte, à l'angle gauche des excavations...

Arrivés près du confessionnal, nous mettons-nous en présence de Dieu, puis en présence de notre âme pour nous examiner ?... Combien de temps consacrons-nous à l'examen de conscience ?... sur quoi le faisons-nous porter ? Nous étudions-nous à fond pour connaître le mal dans sa racine et non pas seulement dans ses manifestations externes.... Après avoir dit : « Qu'ai-je fait, qu'aurais-je dû faire ? » ajoutons-nous : « pourquoi l'ai-je fait ? Pourquoi ne l'ai-je pas fait ? »... L'examen de conscience est lamentablement négligé... On rencontre des pénitentes qui se préparent à entrer au confessionnal, en babillant avec leurs voisines, en regardant à droite, à gauche, pour contrôler tout ce qui se passe, en consultant la pendule ou leur montre pour savoir le temps que dure la confession des autres, en demandant le nom de celle-ci, en observant la toilette ou la physionomie de celle-là... Quelle préparation !... Bernadette, sans s'occuper de l'assistance, gratta, sous la Grotte, tranquillement la terre...

Nous voici au confessionnal ! Voyons-nous Jésus-Christ dans le prêtre ? Quelle foi, quelle humilité nous animent ? quelle loyauté nous inspire ! Nous confessons-nous avec méthode : suivant l'ordre des commandements de Dieu et de l'église, évoquant les péchés capitaux et nos devoirs d'état pour ne rien oublier ?... Nous confessons nous avec intelligence, indiquant, après les avoir recherchées, les causes et les circonstances aggravantes de nos chutes ?... Nous confessons-nous avec franchise, ne cachant aucun péché, éclaircissant tout doute, ne recourant à aucun palliatif, à aucune excuse ?... Nous confessons-nous avec netteté, exposant les situations telles qu'elles sont et ne parlant pas à  voix basse, n'entrecoupant pas nos moitiés d'aveux par une toux diplomatique... de façon à ne pas être compris ou même entendus de notre confesseur ?... Nous confessons-nous avec prudence, ne disant que ce qu'il faut, que tout ce qu'il faut, sans exciter notre imagination par le rappel de souvenirs inutiles, dangereux, troublants?... « J'ai gratté la terre, disait Bernadette, et l'eau est arrivée »... Quand on approfondit l'étude de son âme et du sacrement de pénitence, la lumière se fait et tous les aveux, quelque longs et pénibles qu'ils soient, arrivent au bout des lèvres.

 

Prière

 

O Notre-Dame, soyez remerciée d'avoir fait de Bernadette le modèle de l'âme qui va à confesse, examine sa conscience et accuse ses fautes : elle se déplaça et gratta la terre.... Nous nous déplaçons assez souvent pour aller nous confesser, nous les habitués des pratiques religieuses... Mais la routine nous empêche de retirer de ces déplacements tous les avantages qui, pour notre âme, en devraient résulter.... « Que je me connaisse, disait Augustin, afin que je me déteste !... » Que je me connaisse, vous dirai-je à mon tour, afin que je me confesse, et que je me confesse méthodiquement, intelligemment, loyalement, prudemment, immédiatement, afin que, découvrant mes misères et m'en débarrassant à coups d'aveux, je sois plus digne, eu égard à votre miséricorde, d'obtenir le pardon du prêtre, représentant de votre divin Fils !...

 

O Marie, conçue sans péché, Priez pour nous qui avons recours à vous.

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Texte extrait du « Mois de Marie à la Grotte de Lourdes », Abbé Archelet, Librairie P. Lethielleux, Paris, 1908

173_001

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie, chaque jour, dans votre boite mail, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

30 mai 2014

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

media-68054-1

Trente-et-unième jour

Dernière station à la Grotte

 

Voici, pour cette année du moins, s'il plaît à Dieu, notre dernière station à la Grotte de Lourdes. Nous aurions voulu, n'est-il pas vrai ? Y demeurer toujours. Mais hélas ! Ici-bas tous les lilas meurent et, comme les chants des oiseaux, les Mois de Marie, surtout aux bords du Gave, sont courts...

En choisissant une grotte pour théâtre de ses dix-huit Apparitions, la Dame des Pyrénées n'a fait qu'ajouter dix-huit chapitres glorieux à l'histoire religieuse des Grottes dans le monde. Une grotte, dissimulée, parmi les arbres du Paradis terrestre, aurait servi de retraite à Adam et Eve après leur prévarication... Jacob bénit ses fils chacun selon sa bénédiction. Puis il leur donna cet ordre : « Je vais être réuni à mon peuple ; enterrez-moi avec mes pères dans la grotte qui est dans le champ d'Ephron, le Héthéen, dans la grotte du champ de Macpéla, en face de Mambré, au pays de Canaan : c'est la grotte qu'Abraham a acquise d'Ephron, le Héthéen, avec le champ, pour avoir un sépulcre qui lui appartînt. C'est là qu'on a enterré Abraham et Sara, sa femme, c'est là qu'on a enterré Isaac et Rébecca, sa femme, et c'est là que j'ai enterré Lia.... Lorsque Jacob eut achevé de donner ses ordres à ses fils, ayant retiré ses pieds dans le lit, il expira et fut réuni à ses pères.... Les fils de Jacob firent donc envers leur père comme il leur avait commandé. Ils le transportèrent au pays de Canaan et l'enterrèrent dans la grotte du champ de Macpéla ».

« Et Josué, et tout Israël avec lui, retourna au camp à Galgala. Les cinq rois s'enfuirent et se cachèrent dans la grotte à Macéda. Josué dit : « Roulez de grosses pierres à l'entrée de la grotte, et mettez-y des hommes pour les garder.... Puis Josué dit : « Ouvrez l'entrée de la grotte, faites-en sortir les cinq rois et amenez-les moi ». Ils firent ainsi et lui amenèrent les cinq rois qu'ils avaient fait sortir de la grotte, le roi de Jérusalem, le roi d'Hébron, le roi de Jérimoth, le roi de Ivachis et le roi d'Eglon.... Puis Josué les frappa de l'épée et les fit mourir ; il les pendit à cinq arbres, et ils y restèrent pendus jusqu'au soir. Vers le coucher du soleil, Josué les fit descendre des arbres ; on les jeta dans la grotte où ils s'étaient cachés, et l'on mit à l'entrée de la grotte de grosses pierres qu'on y voit encore aujourd'hui ».

« David monta du rocher de l'évasion et s'établit dans les lieux forts d'Engaddi. Saül prit trois mille hommes d'élite d'entre tout Israël, et il alla à la recherche de David et de ses gens jusque sur les rochers des boucs sauvages. Il arriva au parc des brebis qui étaient près du chemin ; il y avait là  une grotte où il entra pour se couvrir les pieds, et David et ses gens étaient au fond de la grotte.... David se leva, puis coupa à la dérobée le bord du manteau de Saül. Après cela, le cœur lui battit, de ce qu'il avait coupé le pan du manteau de Saül.... Saül s'étant levé pour sortir de la grotte, continua sa route. Alors David se leva et, sortant de la grotte, il se mit à crier après Saül : « O roi, mon seigneur ». Saül regarda derrière lui, et David s'inclina le visage contre terre, et se prosterna, et il dit à Saül : « Vois dans ma main le coin de ton manteau. Puisque j'ai coupé le coin de ton manteau et que je ne t'ai pas tué, reconnais et vois qu'il n'y a dans ma conduite ni méchanceté ni révolte et que je n'ai point péché contre toi »... Et Saül éleva la voix et pleura. Il dit à David : « Tu es plus juste que moi... Maintenant je sais que tu seras roi ».

« Elie se leva, mangea et but, et avec la force que lui donna cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu'à la montagne de Dieu, à l'Horeb. Là, il entra dans la grotte (et il y passa la nuit.... Jéhovah dit : « Sors, et tiens-toi dans la montagne devant Jéhovah, car Jéhovah va passer. Et il y eut un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers : Jéhovah n'était pas dans le vent. Après le vent, il y eut un tremblement de terre: Jéhovah n'était pas dans le tremblement de terre. Et après le tremblement de terre, un feu : Jéhovah n'était pas dans le feu. Et après le feu, le murmure d'une brise légère. Quand Elie l'entendit, il s'enveloppa le visage de son manteau, et étant sorti, il se tint à l'entrée de la  grotte... Et Jéhovah lui dit : « Va, reprenant ton chemin, au désert de Damas, et quand tu seras arrivé, tu oindras Hazaël pour roi de Syrie ; tu oindras Jéhu, fils de Nanisi, pour roi d'Israël, et tu oindras Elisée, fils de Saphat, d'Abel-Méhana, pour prophète à ta place ».

On lisait dans les mêmes écrits, comment le prophète, sur un ordre reçu de Dieu, fit transporter avec lui le tabernacle et l'arche, et qu'il se rendit ainsi à la montagne que gravit Moïse et d'où il contempla l'héritage de Dieu. Arrivé là, Jérémie trouva une habitation en forme de grotte, et il y déposa le tabernacle et l'arche, ainsi que l'autel des parfums, et en boucha l'entrée.

A son tour, Jésus, le Verbe fait chair, naquit dans une grotte, ressuscita Lazare dans une grotte, agonisa, au jardin des Oliviers, dans une grotte, fut enseveli, au Golgotha, dans une grotte... Et, selon l'Apocalypse, quand sera ouvert le sixième sceau, quand se produira le grand tremblement de terre, quand le soleil deviendra noir comme un sac de crin, quand la lune entière paraîtra comme du sang, et que les étoiles tomberont vers la terre, comme les figues vertes tombent d'un figuier secoué par un grand vent, c'est dans des grottes et dans les rochers des montagnes que les rois de la terre, et les grands, et les généraux, et les riches, et les puissants, et tout esclave ou homme libre, se cacheront.

Mais, en attendant, c'est la Grotte de Lourdes, qui, toute resplendissante de lumière, tandis que ses sœurs de l'Evangile et de la Bible sont plongées dans les ombres d'un passé évanoui, continue, depuis un demi-siècle, à abriter en sa puissante image, après l'avoir possédée en personne, Marie, l'Eve nouvelle, la Reine des Patriarches, l'Inspiratrice des Prophètes, l'Espoir des temps antiques, la Mère de l'Adam nouveau, la Consolatrice des affligés, le Secours des chrétiens, la Porte du Ciel, le Tabernacle, l'Arche d'alliance, l'Autel des parfums du second Testament...

On l'appelle Grotte de Massabielle, c'est-à-dire de « Masse vieille », de « vieux rocher ». Son nom évoque son histoire, et son histoire est belle. La Science nous l'apprend. A rencontre des monts voisins dont la cime hautaine atteste les grandes révolutions terrestres qui soulevèrent les Pyrénées, Massabielle demeura disloquée, renversée à demi... Plus tard, disent encore les Savants, le fleuve de glace qui descendit du cirque de Gavarnie inondant la vallée du Gave la couvrit de ses vagues... Elle fut ignorée des hommes, durant de longs siècles,... jusqu'au jour où, le 11 février 1858, cette Grotte, manifestement prédestinée par le Christ pour l'honneur de sa Mère, devint ce qu'elle est encore aujourd'hui : l'abri des justes, le refuge des pécheurs, le tombeau du Mal, le berceau du Bien, l'hôpital des incurables, le laboratoire des Savants honnêtes, le foyer des miracles, l'oratoire des âmes, le rendez-vous des peuples, le sanctuaire de Jésus en son eucharistique présence, le Gethsémani de la Vierge dolente, le Tabor de l'Immaculée-Conception. Car, comme le disait Pie X en l'une de ses audiences de mars 1904, « Je considère les Apparitions de Lourdes avec toutes leurs conséquences si admirables, si opportunes et si salutaires, comme une des grâces les plus insignes qui aient été méritées à l'Eglise par la proclamation dogmatique de l'Immaculée-Conception ».

Des flancs de cette Grotte entre toutes bénie sortent des brises légères, maternelles caresses de Marie sur les âmes ; et, mieux qu'en la grotte d'Horeb, Jéhovah est dans ces brises surnaturellement fécondes... Sur son seuil, expirent les rafales des humaines passions, les commotions de la Politique antireligieuse, les embrasements de l'Anarchie, car Jéhovah n'est point dans ces vents, dans ces tremblements, dans ces feux. Et quand se sont apaisées les insolences haineuses, les justes, tel Elie, se livrent, pour la restauration des vertus dans le monde, à de saintes et royales onctions...

En cette Grotte, règne surtout la Vierge. Impossible de risquer la moindre coupure à son manteau de mérites immense autant qu'indéchirable. Mais, avec l'audace du repentir escomptant la clémence, on peut, d'un bord, d'un pan, d'un pli, si petit soit-il, de ce manteau de notre Reine, enrichir sa personnelle indigence, et se présenter devant Dieu, certain d'être mieux accueilli que David par l'inconstant Saül. Et maintenant, Grotte pyrénéenne, palladium de la France et du monde, après avoir passé, près de ton églantier, devant ta niche, à la lumière des blancs cierges dont la mèche fumante noircit sans cesse les parois de tes excavations, le Mois des fleurs, il nous faut te quitter, pour aller dans nos familles, en souvenir des grâces que tu nous procuras, porter des fruits...

O toi qui fus témoin des larmes de Bernadette en sa dernière visite, avant son départ pour Nevers ! Asile saint dont les délices inspirèrent à l'enfant virginale cette réponse où s'exhalait toute la gratitude de son âme : « A Lourdes, la Grotte était mon Ciel ! » pour nous aussi, durant trente-un jours, tu auras été un coin du Ciel !... Vois nos pleurs, perçois nos battements d'amour, et permets-nous d'adresser à ta royale Hôtesse, tandis que nous jetons sur sa statue un suprême regard, le cri final de l'Eglise, en une de ses Antiennes, pendant le Carême, saison mystique, Cure d'âme de l'année : « Adieu, à la plus belle des créatures, adieu Dame de Lourdes, Reine de notre Mois de Mai trop tôt fini, adieu et priez le Christ, votre Fils, notre divin Sauveur, pour chacun de nous tous : Vale, ô valde decora, et pro nobis Christum exora ! »

 

Examen et résolution

 

Comment avons-nous passé ces cinq semaines ?... Avons-nous scrupuleusement suivi le régime, le traitement du confesseur, médecin de notre conscience ?... Nos stations journalières à la Grotte ont-elles été des moments d'étude religieuse, de prière fervente, de sanctification effective ?... Qu'ont été nos oraisons, nos confessions, nos adorations, nos communions, nos conversations, nos actions ? Nous sentons-nous l'âme mieux portante, plus fraîche? Avons-nous plus de lumières sur Marie, plus d'amour pour cette bonne Mère, plus de confiance en sa miséricorde, plus de zèle pour l'avancement de sa gloire ? De quels défauts nous sommes-nous corrigés ? De quelles vertus nous sommes-nous parés ?... Quelles grâces avons-nous sollicitées, obtenues ?... Qu'espérons-nous encore ?...

Humilions-nous, si nous avons à nous reprocher quelque infidélité. Remercions, si notre programme spirituel, de tous points réalisé, nous a valu un notable amendement.... Et prenons des résolutions en rapport avec nos besoins.... Avons-nous besoin d'être humbles... purs... détachés de quelque créature... charitables dans nos paroles... fidèles à tel exercice de piété depuis quelque temps négligé... mortifiés dans telle fréquentation, en telle lecture ?... Prenons la résolution, non point vague, générale, mais précise, particulière, de le devenir... Et que nos résolutions, au lieu d'être ce que l'on ne tient pas, ce qui partant accuse et aggrave, soient, au contraire, ce que nous tenons, ce qui nous tient et ce qui, devant Dieu, nous sauvera.... Tel ce dernier jour du Mois de Mai, le dernier jour de notre vie arrivera, plus tôt peut-être que nous n'y songeons.... Heureux serons-nous alors, si nous avons pensé à Marie, parlé à Marie, ressemblé à Marie, travaillé, souffert, vécu pour Marie : le dernier jour de notre terrestre existence sera pour nous le premier du Mois de Marie qui, au Ciel, ne finira jamais...

 

Prière

 

O Notre Dame, nous ne saunons mieux clore le cycle de nos invocations quotidiennes qu'en vous adressant la prière composée, le 8 septembre 1903, par le pieux Pie X, en vue de l'année jubilaire de la Proclamation du Dogme de votre Immaculée Conception : « Vierge très sainte, qui, ayant plu au Seigneur êtes devenue sa Mère immaculée de corps et d'esprit, dans la foi et l'amour, regardez avec bienveillance les malheureux qui implorent votre puissant patronage. Le malin serpent, contre qui fut lancée la première malédiction, ne continue que trop à combattre par ses embûches les enfants d'Eve. Ah ! Vous, ô notre Mère bénie, notre Reine et notre avocate qui, dès le premier instant de votre conception, avez écrasé la tête de l'ennemi, exaucez les prières que nous vous conjurons, unis à vous d'un seul cœur, de présenter au trône de Dieu, pour que nous ne tombions jamais dans les pièges qui nous sont tendus, et qu'ainsi nous arrivions tous au port du salut, et qu'à travers tant de dangers, l'Eglise et la société chrétienne entonnent encore une fois l'hymne de la délivrance, de la victoire et de la paix. Ainsi soit-il ».

 

O Marie, conçue sans péché, Priez pour nous qui avons recours à vous.

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Texte extrait du « Mois de Marie à la Grotte de Lourdes », Abbé Archelet, Librairie P. Lethielleux, Paris, 1908

 

Fin du Mois de Marie

 

Prochain Mois de dévotion, le Mois de Saint Pierre, rendez-vous le 31 mai.

 

173_001

Téléchargez l'intégralité des méditations du Mois de Marie à la Grotte de Lourdes (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Pierre, chaque jour, dans votre boite mail, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

28 mai 2014

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

187_001

Vingt-neuvième jour

Première Communion de Bernadette et Récompense

 

Dans l'intervalle du 7 avril au 16 juillet, la Dame n'apparut point. La mission publique de Bernadette était remplie. Il fallait qu'elle rentrât dans la vie privée. D'autant qu'elle avait à se préparer à sa Première Communion. Ayant goûté à la Grotte, et jusqu'au mystique enivrement, les suavités de la Mère de Dieu, le temps lui devait durer de goûter à l'autel les suavités de Jésus, le divin Fils. Elle fut instruite de ses devoirs religieux à la chapelle de l'Hospice, et le 3 juin, en cette même chapelle, elle s'approcha de la Table sainte pour la première fois. A l'occasion de cette douce et sainte fête, on espérait à Lourdes que la petite voyante serait favorisée d'un de ces ravissements angéliques qui faisaient l'admiration des foules aux roches Massabielle. Il n'en fut rien. Bernadette, les mains jointes, s'avança vers l'autel, reçut son Dieu dans son cœur virginal et revint à sa place, sans donner d'autre signe que celui d'une immense et profonde félicité. La sœur de M. Estrade ayant demandé à la première communiante : « Dis-moi, Bernadette, qu'est-ce qui t'a rendue la plus heureuse : ou de recevoir le bon Dieu, ou de converser, à la Grotte, avec la sainte Vierge ? » Bernadette hésita un moment, puis elle répondit : « Je ne sais : ces choses-là  vont ensemble et ne peuvent pas être comparées. Ce que je sais, c'est que j'ai été bien heureuse dans les deux circonstances ».

Le 16 juillet, ce double bonheur lui fut réservé : les deux circonstances se réunirent, comme se réunissent parfois deux arcs-en-ciel, pour verser leurs radiations sur son âme. Elle avait communié le matin, pour la troisième ou quatrième fois, et dans l'après-midi de la même journée, vers le soir, se trouvant en prière dans l'église paroissiale, elle entendit la voix douce de la Vierge Immaculée retentir au fond de son cœur, lui disant de venir à la Grotte. Pourquoi ce retour à l'église, dans la soirée ? Peut-être, pour assister à une de ces Bénédictions du Très Saint-Sacrement qui sont revêtues de tant de poésie céleste et qu'on donne dans les paroisses où la piété est en honneur, au déclin de certains jours... ; sûrement, pour prolonger son action de grâces, au pied de l'autel, dans le voisinage du Sauveur dont, le matin, elle s'était nourrie. Le quart d'heure qui suit la sainte Communion ne suffisant point, selon elle, à la reconnaissance, elle revenait là où était son trésor Et la Vierge, pour la récompenser de sa délicatesse, lui faisait percevoir, à l'oreille du cœur, l'appel connu des Visions... Quelle félicité ! Elle allait passer de l'Autel à la Grotte, du Fils, caché sous le voile du Sacrement, au face à face de la Mère « Ces choses là  vont ensemble », si « elles ne peuvent pas être comparées ».

Les récompenses surnaturelles, décernées par Jésus et Marie aux âmes qui les servent, sont plus nombreuses, en ce monde, que ne l'imaginent les superficiels. Les intimités du Divin sont faites de douceurs sans pareilles. La vie des Saints est pleine de ces gâteries excessives : la Croix a distillé des baumes qui leur ont procuré des surabondances d'allégresse dans les tribulations ; la douleur est devenue leur volupté ; leurs mécontentements ont fait leurs joies. Ceux-là mêmes qui restent étrangers à ces ivresses de la sainteté ne laissent pas, dans la vie ordinaire, que de bénéficier de l'admirable système de compensations institué par Dieu, en faveur de ses serviteurs et de ses servantes, pour leur ménager comme des senteurs de roses parmi les meurtrissures des épines...

C'est surtout dans nos églises, devant le tabernacle, que ces grâces rémunératrices sont départies. Autrefois, le Psalmiste chantait : « Que tes demeures sont aimables, Jéhovah Sabaoth ! Tes autels, Jéhovah Sabaoth, mon roi et mon Dieu ! Heureux ceux qui habitent ta maison ! Mieux vaut un jour dans tes parvis que mille loin de toi. Je préfère me tenir sur le seuil de la maison de mon Dieu, plutôt que d'habiter sous les tentes des méchants, car Jéhovah Dieu est un soleil et un bouclier ; il donne la grâce et la gloire ». Qu'eût dit le chantre d'Israël, s'il avait pu entrevoir, et, mieux encore, savourer l'Eucharistie ?... C'est dans le commerce eucharistique, aux heures d'adoration, de communion, d'actions de grâces, que se font sentir les plus enchanteresses pénétrations de Dieu... La Dame, elle-même, ne nous trouve jamais plus beaux, n'est jamais autant portée à nous bénir, que lorsque, comme Bernadette, elle nous voit dans la posture de la prière, en nos églises paroissiales, sous l'influence directe du Très Saint-Sacrement Passion de l'Eucharistie, quand serez- vous la mienne, comme vous avez été, à partir de son institution, le soir du Jeudi Saint, la passion de Marie ? O manifestations, ô caresses maternelles de la Dame ! Ô Epiphanies, ô donations particulières, ô tendresses du Fils ! « Ces choses-là vont ensemble et ne peuvent pas être comparées ».

 

Examen

 

N'avons-nous pas une piété intermittente, faite d'accès les jours de grande solennité, et de calme plat, sinon de dégoût et d'infidélités, le reste du temps ?... Bernadette aimait et servait également la Dame, quoiqu'elle ne parût point... Attachons-nous à la Première Communion l'importance qu'elle mérite, surtout à une époque et dans une société où la Première Communion devient souvent le seul acte public de religion que l'on fasse en toute sa vie ?...

Comment préparons-nous nos enfants à la Première Communion ? Leur en parlons-nous longtemps à l'avance pour faire miroiter devant leurs yeux cette céleste perspective, pour accélérer les palpitations d'amour de leur cœur innocent ? Les faisons-nous prier avec nous, au pied de leur lit, dans une chambre recueillie et non pas au milieu des conversations de famille, pour obtenir de Dieu et de la Vierge la grâce de les préparer à la venue de ce grand jour ?... Leur faisons-nous, nous-même le catéchisme, leur inspirant le goût de ce livre, leur faisant apprendre, réciter, comprendre leurs leçons ?... Ne sommes-nous pas de ces pères qui ne parlent jamais de Religion devant leurs enfants et qui font croire de bonne heure à leur fils, par leurs criminels exemples, que la Religion n'est bonne que pour les femmes ?... Ne sommes-nous pas de ces mères inintelligentes, volages, qui se déchargent à peu près exclusivement de la question religieuse, pour ce qui regarde leurs enfants, sur les éducateurs et les éducatrices à qui elles les ont confiés ?...

Nous occupons-nous des enfants pauvres pour les habiller, des enfants élevés entièrement dans l'ignorance de Dieu à la mode laïque, pour les instruire ?... Au lieu de gaspiller notre temps et nous plaindre de nos trop longs désœuvrements ou de notre ennuyeuse solitude, ne pourrions-nous pas, ne devrions-nous pas, catéchistes volontaires, adopter des petits garçons, des petites filles, qui sans nous seraient des échantillons du paganisme moderne, pour remplir envers eux nos devoirs de religieuse paternité, maternité... Ignorons-nous qu'on compte par milliers dans nos grandes villes les enfants non baptisés, et les jeunes gens qui, baptisés, n'ont jamais communié ?... Oh ! On se ferait volontiers catéchiste des enfants appartenant à des familles aisées et surtout riches... Mais catéchiste des enfants déguenillés, mal-propres, comme il y en a tant dans nos cités par l'incurie ou la misère des parents !... Bernadette fut instruite à la chapelle de l'Hospice...

Célébrons-nous chaque année l'anniversaire de notre première Communion ? Nous rappelons-nous ce que nous étions alors et ce que nous avons promis ?... Le souvenir de notre première Communion n'est-il pas pour nous accusateur ?... Il l'est sûrement, si nos communions subséquentes ont eu moins de ferveur, au lieu d'en avoir davantage.... La première fois, nous étions nécessairement, à cause de notre âge, des novices de la Communion ; par la répétition des mêmes actes, nous aurions dû devenir, si je puis ainsi dire, des profès : quelle erreur de croire et quelle honte d'être contraint d'avouer que notre première Communion fut la plus belle non seulement à cause de sa poésie, mais encore à cause de nos dispositions !... Comme si à vingt ans, à quarante ans, et plus tard, on ne devrait pas être, religieusement, plus habile, plus parfait qu'à douze ans !...

Communions-nous souvent, selon le désir de Notre-Seigneur et la pressante invitation que vient d'adresser Pie X, son vicaire infaillible ?... Des scrupules entretenus par le Démon qui y trouvera son compte, des paresses spirituelles plus ou moins avouables, ne nous éloignent-ils pas, malgré l'avis contraire de notre confesseur, de la  sainte Table : Que valent nos préparations éloignées et prochaines ?... nos actions de grâces ?... nos visites au Saint Sacrement dans la soirée ?... nos assistances aux Saints ?... Faisons-nous de l'Eucharistie notre divine panacée dans les doutes, dans nos peines, dans nos chutes ?... Marie ne nous attire à elle que pour nous jeter dans le Cœur de Jésus...

 

Prière

 

O Notre Dame, sans vous manifester extérieurement à Bernadette pendant les deux mois qui précédèrent sa Première Communion, vous ne laissâtes pas que de la travailler intérieurement. Et si sa mère se chargea, au foyer, de la robe blanche et du voile dont elle avait besoin, comme première communiante, pour la toilette de son corps, c'est vous sa Mère du Ciel, qui vous occupâtes particulièrement de la parure de son âme. Hélas ! vous savez les épreuves par lesquelles passent aujourd'hui les premiers communiants : aidez les prêtres, les parents, les personnes pieuses qui les préparent, et montrez-vous pour cette jeunesse admise, d'ordinaire en ce mois de Mai, à  l'eucharistique festin la Dame véritable de la première Communion.... C'est aussi l'usage, en ce grand jour, qu'après avoir ratifié, la main sur l'Evangile, ses promesses baptismales, on se consacre à vous ... Acceptez cette consécration de vos enfants de France tout parés de blancheur et, par un attrait plus vif pour le Bien, par une perception plus nette de vos beautés sans tache, donnez-leur, comme récompense, la plus précieuse qu'ils puissent recevoir, d'avoir, pour vous et leur Dieu Jésus-Christ, une fidélité qui ne s'altère point...

 

O Marie, conçue sans péché, Priez pour nous qui avons recours à vous.

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Texte extrait du « Mois de Marie à la Grotte de Lourdes », Abbé Archelet, Librairie P. Lethielleux, Paris, 1908

173_001

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie, chaque jour, dans votre boite mail, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

Publicité
Publicité
Publicité