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5 mai 2013

Le Mois de Marie de la Médaille Miraculeuse

Le Mois de Marie de la Médaille Miraculeuse

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Sixième jour

Première apparition de la Sainte Vierge à Sœur Catherine Labouré

 

Nuit du 18 au 19 juillet 1830

 

Le 18 juillet 1830, veille de la fête de Saint Vincent de Paul, la directrice du Séminaire fit une instruction sur la dévotion aux Saints et à la Vierge Marie, ce qui augmenta encore le désir qu'avait la Sœur Catherine de voir sa Mère du Ciel. Elle se coucha en se recommandant à Saint Vincent et à son Ange Gardien, avec la confiance qu'elle allait être exaucée.

Vers 11 heures et demie, elle s'entend appeler par son nom trois fois de suite ; elle entre ouvre son rideau du côté d'où part la voix. Qu'aperçoit-elle ? Un enfant d'une beauté ravissante ; il peut avoir 4 à 5 ans, il est habillé de blanc et, de sa chevelure blonde, aussi bien que de toute sa personne, s'échappent des rayons qui éclairent tout ce qui l'entoure. « Venez, dit-il, venez à la Chapelle, la Sainte Vierge vous attend ». « Mais, pensa Sœur Labouré, qui couchait dans un grand dortoir, on va m'entendre, je serai découverte... » « Ne craignez rien, reprend l'enfant, répondant à sa pensée, il est 11 heures et demie, tout le monde dort, je vous accompagne ».

A ces mots, Sœur Labouré s'habille à la hâte et suit l'enfant qui marche toujours à sa gauche. Partout les lumières sont allumées, au grand étonnement de la Sœur. Sa surprise redouble en voyant la porte de la chapelle s'ouvrir dès que l'enfant la touche du bout du doigt. L'intérieur en est tout illuminé, « ce qui, dit-elle, rappelait la Messe de minuit ». Elle s'avance jusqu'à la table de communion et reste agenouillée, dans la prière.

Le temps semble long à Sœur Labouré, enfin, vers minuit, l'enfant la prévient en disant : « Voici la Sainte Vierge, la voici !... » Au même instant, elle entend distinctement, du côté de l'épître, un bruit léger semblable au frôlement d'une robe de soie. Bientôt une dame d'une grande beauté vient s'asseoir dans le sanctuaire. Ne suivant que le mouvement de son cœur, la petite Sœur, l'humble novice des Filles de la Charité, se précipite alors aux pieds de la Sainte Vierge, posant familièrement les mains sur ses genoux...

 

Lecture

Sauvé par la médaille

 

Le fait suivant se passa à San José (Amérique Centrale), le 2 février 1923. M. Edgar Kepfer, receveur de l'Enregistrement, ayant été frappé d'une de ces désastreuses surprises du sort, si fréquentes depuis la grande guerre, eut un moment d'effroi et de désespoir. Sa tête tourna et, ayant sous la main un revolver chargé, il visa le cœur et de donna le coup fatal. Les témoins de ce malheur et sa famille se hâtèrent de le faire transporter à l'hôpital, où l'on se demandait avec angoisse s'il n'allait pas bientôt succomber. Cependant, les distingués chirurgiens qui l'assistaient, les docteurs Soto et Moreno, trouvaient le blessé dans des conditions surprenantes ; il paraissait devoir vivre... Bientôt les docteurs s'aperçurent que, malgré l'entrée de la balle, le cœur n'était pas perforé... Que s'était-il donc passé ?

O merveilleux bouclier de la Médaille Miraculeuse ! La balle le trouva sur son passage. La médaille souffrit du choc, mais, en même temps, elle arrêta le plomb meurtrier qui, à son contact, se vit forcé de dévier du point de départ et alla se réfugier dans la région dorsale. Elle en fut retirée quelques jours plus tard. Il n'y a eu qu'une voix dans l'hôpital pour proclamer le fait surnaturel. Quant au jeune convalescent, reconnaissant et ému, il s'approcha des Sacrements avec une édifiante ferveur et montra, durant son mois de séjour à l'hôpital, les dispositions les plus consolantes. (Une sœur de l'Hôpital). (Suivent, en espagnol, les certificats signés des Drs Moreno et Soto).

 

Prière

 

O Marie, qui avez daigné apparaître à une humble enfant pour lui révéler Vos tendresses, laissez-nous, comme elle, avec la même simplicité, nous approcher de Vous et Vous parler cœur à Cœur. Vous avez bien des choses à nous dire, à nous aussi ; faites que notre cœur soit assez pur pour entendre Vos paroles et assez généreux pour les mettre en pratique. Restez toujours notre Mère et donnez-nous la grâce d'être toujours Vos enfants ; car plus nous serons enfants avec Vous, plus Vous serez « maman » avec nous. Ainsi soit-il.

 

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O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous !

 

Prions les uns pour les autres

 

En ce mois de Marie, durant lequel nous prions Notre Dame de la Médaille Miraculeuse, prions les uns pour les autres. Confiez vos intentions à la prière des internautes. Elle seront publiées ci-après. Envoyez-moi vos intentions à franck.monvoisin@laposte.net

 

« Je viens vous confier les intention de Marie Amédée que maman Marie en ce mois qui lui est confié lui obtienne la grâce de la délivrance totale de tout ses esprits maléfiques qui l'empêchent de réussir sa vie. Maman Marie obtiens lui la grâce de la foi afin qu'elle puisse dire au monde entier tes merveilles et porter plus haut ton étendard et montre lui sa vocation. Obtient aussi a Joséphine la grâce de la réconciliation entre elle et sa maman, sa sœur, son frère, sa nièce, et obtiens pour Francesca la délivrance totale. Donne à pauline la grâce de la foi, l'humilité a Sther, la foi et du travail ». (Pauline)

« Merci à tous ceux qui prieront la Très Sainte Vierge Marie, l'Immaculée Conception, pour la conversion sincère de François, mon mari, ainsi que celles de mes enfants Stéphane, Sylvie et aussi de Yukiko et de Mandor. Merci Maman Marie ». (Anne Marie).

« Maman Marie, merci m'accorder la santé  du corps intercédez pour moi auprès de votre fils ». (Joseph).

« Mes intentions de prière en ce Mois de marie notre Mère : afin qu'elle puisse intercéder auprès de son fils notre seigneur et sauveur Jésus-Christ, pour la réussite, et la victoire de mon voyage ainsi que la protection de tous mes enfants et que je puisse recevoir la délivrance. Merci ». (Godart).

« Ma très sainte mère aie pitié de moi et de ma famille, permets par tes prières que Georgy mon frère soit libéré de ses souffrances dues à sa sclérose en plaques, je souhaiterais avec une très grande foi qu'il guérisse physiquement, spirituellement et intellectuellement. Mais je souhaite que ce soit la volonté de dieu. Je te recommande aussi Mattys son fils,mon neveu que j'essaie de convaincre à se baptiser aide moi, je te confie Arnaud mon autre neveu adolescent également, mais aussi son père : Jannick. Enfin, pour moi je prie depuis 8 ans qu'un homme croyant pratiquant soit envoyé par Dieu pour devenir mon époux, mais rien de tout cela, aide moi, maman par l'intercession de sainte Catherine Labouré. Quelque soit ce que Dieu aura décidé aide moi à accepter sereinement ». (Dulio).

« Je demande l'intercession de la vierge Marie pour guérir ma sœur Blandine, mère des 4 enfants qui souffre de l'hypertension artérielle, maux de cœur et du début du diabète. Que le Seigneur ait pitié d'elle afin qu'elle puisses continuer à élever ses enfants ; je supplie la Mère de Dieu d'assister ma femme qui attend la venue de notre bébé, la vierge qui nous a assisté pour la venue de cet enfant qu'elle assiste ma femme le jour de son accouchement, qu'elle accouche sans problème et par la voie basse ; je demande aussi la grâce de l'Eternel par la médiation de la mère du seigneur qu'elle accorde à ma mère le visa pour la Belgique pour assister sa fille qui vient d'avoir les jumeaux après vingt ans d'attente. Que le seigneur nous accorde sa grâce de demeurer toujours dans sa présence. Amen ». (Clovis).

« Je confie à la Vierge Marie les maux d'yeux de ma mère. Qu'elle vienne à son secours et lui accorde la guérison ». (Jean-Paul).

« Je vous confie humblement cette intention de prière. Maman Marie, toi qui a toujours été à mes côtés, je te confie et te consacre mon profond désir de mariage. Veux-tu le purifier selon la volonté de Dieu ? Tu connais tous mes sentiments, mes désirs et mes pensées concernant Christophe, je te les remets avec confiance et beaucoup d'espoir. Viens régner, avec Jésus dans notre coeur et dans notre relation d'amitié. Si c'est la volonté de Dieu que nous soyons bénis et appelés tous les 2 au sacrement du mariage, conduis-nous sur cette voie. Si ce n'est pas la volonté de Dieu, mais la paix dans notre cœur et choisis toi-même mon futur époux et sa future épouse. Ô Maman Marie conçue sans péché, prie pour nous qui avons recours à toi ! » (Elodie).

« Mes intentions de prière pour ce mois Marial: « Que Dieu m'aide à débloquer ma situation ma situation financière. Qu'il me trouve un bon boulot qui me permettra d'assurer l'éducation des mes enfants, bref le boulot qui permet de suffire aux besoins de ma famille. Que mes dossiers du parquet avec mes anciens Employeurs puissent trouver des bonnes solutions par la grâce de notre Dame de Médaille Miraculeuse et que ça ne soit pas ma volonté mais celle de notre Dieu. Merci et bonne prière ». (Jean-Pierre).

« Pour que la Vierge par l'intercession de Sainte Catherine apporte une leur de spiritualité dans ma vie sentimentale.Je souhaite de tout mon cœur ne plus vivre dans l’infidélité car je ne peux communier. Qu'il soit convertit et sache que le concubinage n'est pas une bonne chose. Que spirituellement il agit et réfléchisse et qu'elle nous rende visite. Je lisais encore les recommandations les recommandations sur les sacrements de réconciliation et l'eucharistie, je souhaite que les choses s’améliore pour nous. Je prie de vivre dans la chrétienté avec lui c'est mon désir et qu'il soit convertis ». (Smile).

« Prions le Seigneur par l'intercession de la Vierge par sa Médaille miraculeuse afin qu'il nous aide à avoir un enfant dans notre foyer depuis notre mariage religieux et que la dette qui nous étouffe à ce jour soit allégée et payer tout doucement. que les enfants adoptifs que nous avons dans notre maison trouvent leur épanouissement, la santé et la foi en Dieu. Que les âmes du Purgatoire reposent en paix ». (Paul).

 

Important

 

N'oubliez pas, surtout, chaque jour, de porter la Médaille Miraculeuse, car c'est le canal privilégié par lequel Marie distribue ses grâces (vous aurez l'occasion de pouvoir le vérifier tout au long de ce mois), de réciter au minimum, 1 notre Père, trois je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père, et trois fois l'invocation : « O Marie conçue sans péchés, priez pour nous qui avons recours à Vous ». Si cela vous est possible, accédez aux Sacrements de l'Eucharistie et de la Réconciliation, au moins chaque semaine pour l'Eucharistie et suivant vos disponibilités pour le Sacrement de Réconciliation. Cela est très important. L'Eucharistie est le centre de toute vie spirituelle et le Sacrement de Réconciliation est la toilette de l'âme...

Les récits des grâces obtenues seront publiés au fur et à mesure et transmis à la Chapelle de la Médaille Miraculeuse à la fin du Mois de Marie.

 

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24 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Vingt-cinquième jour

Le Rosaire Vivant

 

Les moyens autres que la prière que l'association du Rosaire Vivant emploie pour atteindre le but que nous avons exposé hier, sont, l'aumône, les bons livres, les assemblées. On engage les associés à ajouter à la dizaine qu'ils récitent, l'aspiration suivante: « Seigneur, couvrez de la protection de votre divin cœur notre saint père le Pape », afin de s'attacher de plus en plus au souverain Pontife, qui est le centre de la foi et de l'unité catholique. Les associés sont invités à faire une aumône en entrant dans l'association et à la renouveler tous les ans sous le titre d'annate ou annuel. Cette aumône est destinée à payer les dépenses inévitables de l'association, et le surplus, à répandre de bons livres, des chapelets, des médailles et d'autres objets capables de favoriser la piété ou de procurer des ornements aux églises pauvres et aux autels de la sainte Vierge: cependant il n'est nullement nécessaire de faire cette aumône pour gagner les indulgences.

Elle est entièrement libre; mais elle devient plus ou moins nécessaire pour atteindre le but qu'on se propose; et quand on voit l'impiété employer des sommes énormes pour répandre le mal, les fidèles craindraient-ils de dépenser quelques centimes pour propager le bien ? Non, sans doute; et, ce qui est admirable, c'est qu'en général les pauvres ne sont pas les moins exacts à présenter leur offrande. Qu'il est beau de voir des personnes qui gagnent péniblement leur vie, prendre encore sur la modicité de leur gain ce denier béni qui va multiplier partout des objets propres à ranimer la foi et à toucher les cœurs ! Cependant, si l'on craignait que quelqu'un pût être éloigné du Rosaire Vivant à cause de cette aumône annuelle, il vaudrait mieux se garder de la demander, et même d'en parler à certaines personnes et dans certaines localités.

L'œuvre des bons livres doit être fort à cœur aux associés du rosaire vivant. Il est urgent d'opposer une digue à ce torrent d'ouvrages pernicieux répandus dans toutes les classes de la société. Les bons livres leur servent de contre-poison. Il est donc important de les multiplier autant que possible. C'est aussi ce qu'on se propose dans l'association du Rosaire Vivant qui a pour but de conserver, de propager la foi et les bonnes mœurs; et les bons livres y contribuent pour beaucoup. Aussi est-ce à cette fin qu'on a voulu, et très-sagement, consacrer une partie des aumônes annuelles. Quant aux assemblées, il y en a de trois sortes: celles des personnes qui ont des charges dans l'association; celles des associés d'une même quinzaine; celles plus générales, des associés d'une même paroisse ou localité. On conçoit aisément les avantages de ces réunions qui fournissent d'heureuses occasions de s'entretenir dans la ferveur et dans un esprit de charité, et de tendre tous ensemble au même but. Chaque directeur d'une association du rosaire vivant doit régler sur ce point ce qui convient le mieux pour les personnes et les localités.

Tels sont les différents moyens qui tendent tous plus ou moins directement, mais toujours d'une manière très utile, au but principal du Rosaire Vivant. Le devoir de ce Rosaire, c'est-à-dire la pratique obligée comme condition pour gagner les indulgences, c'est d'être inscrit et associé dans une quinzaine et de dire dévotement, tous les jours, en union avec les autres associés, une dizaine de Chapelet, avec l'intention d'honorer le mystère qui est échu pour le mois. Voilà le devoir essentiel et celui qui suffit. Mais il est bien entendu que, pour mieux profiter du Mystère qui est échu, il faut le méditer, tâcher de s'en pénétrer et de pratiquer la vertu qui en est le fruit. La récitation d'une dizaine du Rosaire jointe à la méditation du Mystère est donc le seul devoir nécessaire; le reste, chacun en prend ce qui lui convient et en ce qui le concerne.

Voici un aperçu des indulgences accordées par Sa Sainteté Grégoire XVI aux associés du Rosaire Vivant: 1° Une indulgence plénière pour chaque associé, le premier jour de fête après son admission. 2° Les indulgences accordées par les souverains Pontifes aux fidèles qui récitent le Rosaire, et que nous avons mentionnées le 16° jour. 3° Une indulgence partielle de cent jours toutes les fois que, les jours ouvrables, on récitera la dizaine assignée. 4° Une indulgence partielle de 7 années et 7 quarantaines, quand on récitera la dizaine assignée, les jours de dimanches et de fêtes, y compris celles où il n'y a plus d'obligation d'entendre la messe, et pendant les octaves de Noël, de Pâques, de la Pentecôte, de la Fête Dieu; de l'Assomption, de la Nativité et de la Conception de la sainte Vierge. 5° Une indulgence plénière aux associés qui auront récite leur dizaine avec exactitude et dévotion, tous les jours, au moins pendant un mois savoir: a) Le 3e dimanche de chaque mois. b) Aux fêtes solennelles de Noël, de l'Epiphanie, de la Circoncision, de Pâques, de l'Ascension, de la Pentecôte, de la Fête-Dieu, de la Très Sainte Trinité, des Apôtres Saint Pierre et Saint Paul et de la Toussaint. c) A toutes les fêtes de la sainte Vierge du bréviaire romain, solennelles ou non solennelles.

Nous allons donner la liste de ces fêtes pour augmenter la confiance en Marie, en montrant combien l'Eglise aime à honorer cette tendre et puissante Mère. Il nous semble que les vrais enfants de l'Eglise doivent être animés des sentiments de dévotion et d'amour les plus vifs envers cette Vierge mère de Dieu , en voyant sous combien de titres différents l'Esprit-Saint a inspiré de la vénérer et de l'implorer. Les épousailles de la sainte Vierge, le 22 Janvier. La Purification de la sainte Vierge, le 2 Février. L'Annonciation de la sainte Vierge, le 25 Mars. La compassion de la sainte Vierge, le vendredi après le dimanche de la passion. Notre-Dame de bon secours, le 26 Avril. Notre-Dame des martyrs, le 13 Mai. Notre-Dame Auxiliatrice, le 24 Mai. L'intérieur de la sainte Vierge, le 1er Juin. Notre-Dame de la paix, le 20 Juin. La Visitation de la Sainte Vierge, le 2 Juillet. Notre-Dame du Mont-Carmel, le 16 Juillet. Notre-Dame des Anges, le 2 Août. Notre-Dame des neiges, le 5 Août. L'Assomption, le 15 Août. Le saint cœur de Marie, le dimanche dans l'octave de l'Assomption. La Nativité, le 8 Septembre. Le saint Nom de Marie, le dimanche dans l'octave de la Nativité. Notre-Dame des sept douleurs, le 8" dimanche de Septembre. Notre-Dame de la merci, le 24 Septembre. Notre-Dame du rosaire, le 1er dimanche d'Octobre. La présentation de la sainte Vierge, le 21 Novembre. Le patronage de la sainte Vierge, le 24 Novembre. L'immaculée conception, le 8 Décembre. Notre-Dame de Lorctte, le 10 Décembre. Notre-Dame de délivrance, le 16 Décembre. L'expectation de la sainte Vierge, le 18 Décembre. Les indulgences plênières sont applicables aux défunts; elles exigent la confession et la communion, et les prières d'usage dans une église.

Résolution

Efforçons-nous d'être animés de l'esprit de la belle dévotion du rosaire, c'est-à-dire de l'esprit de piété et de charité, de ferveur et d'union d'esprit et de cœur avec tous les fidèles. Dieu est Charité, a dit Saint Jean; c'est aussi le trait caractéristique de l'esprit du christianisme: que ce soit donc aussi ce qui nous distingue, et nous serons de vrais enfants de Marie; nous consolerons l'Église qui voit partout tant d'indifférence, tant d'éloignement pour l'esprit de son divin époux. Pratiquons de cœur la dévotion du Rosaire; elle nous rendra des hommes de bonnes œuvres, et nos jours seront des jours pleins et agréables au Seigneur.

Prière

O Dieu de bonté, nous Vous demandons instamment d'exaucer le chef visible de l'Eglise, qui s'exprime ainsi dans son Bref: « Nous en avons la ferme confiance, avec le secours du Seigneur, un des heureux effets de cet exercice, le Rosaire Vivant, ne sera pas seulement de contribuer par sa facilité même à rendre plus fréquente la récitation d'une prière si propre à honorer saintement la Mère de Dieu en tout lieu et en tout temps, mais l'union et le concert de tant d'âmes qui la récitent, lui communiquant, pour ainsi dire, une nouvelle force, elle s'élèvera plus agréable vers ce Dieu qui, pressé par les vœux unanimes de ses serviteurs, se laisse fléchir et incliner vers la clémence3. Qu'il en soit ainsi par l'intercession de Marie. Ainsi soit-il.

 

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12 avril 2012

Les Enfants Martyrs des Lucs sur Boulogne

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Le Massacre des Lucs sur Boulogne

28 février 1794

 

En 1793, les Vendéens s'insurgeaient contre le gouvernement révolutionnaire, persécuteur des Prêtres et de la Religion. Pendant près d'un an, ils tinrent tête aux Armées de la Convention qui, pour en finir, organisa les Colonnes Infernales, avec mission de mettre la Vendée à feu et à sang. Le massacre des Lucs, à la date du 28 février 1794, est l'un des épisodes les plus tragiques de cette histoire.

Les Lucs formaient en ce temps-là deux paroisses : le Grand Luc, 2050 habitants, et le Petit Luc, 100 habitants. Les Bleus s'avancèrent sur deux colonnes parties, l'une de Mormaison, l'autre de Legé. « Sur leur passage, tout flambe : villages, étables, barges, paillers. Tout est détruit. On compte des victimes en près de 60 hameaux. Le Curé du Petit Luc, l'Abbé Voyneau, est horriblement massacré dans le chemin de la Malnaie ; les bleus lui arrachent, dit-on, la langue et le cœur qu'ils écrasent sur les pierres du chemin ».

« A l'approche des bandits, de nombreux paroissiens se sont réfugiés dans l'église du Petit Luc, des vieillards, des femmes avec leurs enfants. Ils se préparent à la mort en récitant le Chapelet. Qui dira la ferveur de cette invocation suprême : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort.... »

« Les assassins arrivent. Sans un mouvement de pitié, ils déchargent leurs fusils sur la foule agenouillée, ils s'acharnent sur les mourants à coups de baïonnettes... Puis, satisfaits, n'ayant plus rien à tuer, ils s'en vont vers les landes de Launay. Parvenus à quelque distance, ils aperçoivent le clocher du Petit Luc. Ils tirent dessus à coups de canon. Le clocher s'effondre, écrasant de sa masse le monceau des victimes encore pantelantes... » (Abbé Auguste Billaud).

En 1863, on découvrit, sous les décombres de l'église, les ossements de ces martyrs enlacés de leurs scapulaires et de leurs chapelets. Un témoin oculaire, l'Abbé Barbedette, Curé du Grand Luc « en ce temps de persécution la plus atroce » a dressé le long martyrologe de ses fidèles. Il a recueilli 563 noms dont 458 nous ont été conservés. Parmi ces morts, beaucoup d'enfants. La Liste suivante ne comprend que ceux de 7 ans et au-dessous. « Les Lucs, a-t-on dit, avec leurs 110 martyrs en fleurs, sont le Bethléem de la Vendée ».

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Liste des enfants martyrs des Lucs

 

Marie-Modeste AIRIAU, de la Ricoulière, 5 ans et 7mois,

Thomas AIRIAU, de Villeneuve, 10 mois,

Joseph ARCHAMBAUD, de Puyberne, 20 mois,

Agathe ARNAUD de Belleville (tuée au Lucs ) 4 ans et demi,

Etienne BERIAU, de l’Erzandière.15 jours,

Marie-Madeleine BERIAU, de Roblin, 2 ans et 11 mois,

Jeanne BERIAU, du Petit-Luc, 4 ans,

Marie BERNARD, de la Jarrie, 3 ans,

Céleste BOISSELEAU, de la Grézaudière, 6 ans,

Pierre BOISSELEAU, de la Gaconnière, 6ans et demi,

François BOSSIS, du bourg du Grand-Luc, 7 mois,

Joseph BOSSIS, son frère, 23 mois,

Louis BOSSIS, autre frère, 5 ans,

Pierre BOUET, de la Surie, 27 mois,

Louis BOURON, de Bourgneuf, 3 mois,

Madeleine BOURON, sa cousine, de Bourgneuf, 3 ans,

Marie CHARUAU, de la Guyonnière, 2 ans,

Marie-Madeleine CHARUAU, sa sœur, 4ans et 3 mois,

Jean CHARRIER, de la Devinière, 3 ans,

Marie DAVIAUD, de l’Erzandière, 1 mois,

Pierre DAVIAUD, son frère, 5 ans et 8 mois,

Jeanne DAVIAUD, au Petit-Luc, 2 ans et 11 mois,

Pierre DAVIAUD, son frère, 4 ans et 10 mois,

Louis EPIARD, du Chef-du-Pont, 5 ans et 10 mois,

Jean-François ERCEAU, de la Sorinière, 27 mois,

Pierre FETIVEAU, de la Gaconnière, 27 mois,

N…FETIVEAU, son frère, 3 mois,

Jeanne FEVRE, du Chef-du-Pont, 5 ans et demi,

Suzanne FORGEAU, de la Sorinière, 20 mois,

Rose-Aimée FORT, du Champ-Dolent, 31 mois,

Pierre-René FORT, son frère, 5 ans et 9 mois,

Marie-Anne FOURNIER, bourg du Grand-Luc, 30 mois,

Jacques FOURNIER, son frère, 5 ans et 5 mois,

Marie GARREAU, de la Cornetière, 7 ans,

Marie-Anne GAUTRET, de la Guénière,7 ans,

Pierre GEAI, des Temples ; 25 mois,

Jean GIRARD, du Chef-du-Pont, 1 an,

Marie-Jeanne GIRARD, sa sœur, 4 ans et 2 mois,

Pierre GIRARD, leur frère, 6 ans et 4 mois,

Pierre GOUIN, des Temples, 1 an,

Louis GRALEPOIS, de la Grézaudière, 13 mois,

Jeanne GRALEPOIS, de la Bretonnière, 5 ans,

Pierre GRATON, du Puy, 3 ans et 4 mois,

Jeanne GRIS, de la Cernetière, 5 mois,

Pierre GRIS, son frère, 5 ans,

Lubin GUILLET, du Bourg du Grand-Luc, 6 ans,

Marie GUITET, de l’Erzandière, 4 ans et demi,

Marie HERMOUET, du bourg du Grand-Luc, 5 mois,

Louis HIOU, de Bourgneuf, 2 ans et 11 mois,

Marie-Anne JOLI, de la Bromière, 27 mois,

Marie MALARD, du Marchais, 4 ans,

Jean MALIDIN, de la Primaudière, 18 mois,

Marie MALIDIN, sa sœur, 3 ans et 11 mois,

Jeanne MALIDIN, de la Bruère, 3 ans,

Rose MALIDIN, sa sœur, 6 ans et 2 mois,

Joseph MANDIN, du bourg du Grand-Luc, 23 mois,

Louis MANDIN, son frère, 5 ans et 9 mois,

Véronique MARTIN, de la Moricière, 1 an,

Marie-Françoise MARTIN, du Petit-Luc, 2 ans,

Louise MARTIN, sa sœur, 5 ans et 4 mois,

Rosalie MARTIN, de la Guénière, 2 ans et 10 mois,

Louise MARTIN, sa sœur, 5 ans et 3 mois,

Rosalie MARTINEAU, de Bourgneuf, 2 ans et 11 mois,

Jean MIGNEN, de la Sorinière, 1 an,

Louise MINAUD, du Brégeon, 15 jours,

Louise-Marie MINAUD, sa sœur, 15 mois,

Jean MINAUD, leur frère, 5 ans et 3 mois,

Pierre MINAUD, autre frère, 6 ans et 11 mois,

Jeanne MINAUD, de la Davière, 15 mois,

André MINAUD, son frère, 4 ans et 2 mois,

Véronique MINAUD, leur sœur, 6 ans et 8 mois,

Pierre MINAUD, leur cousin de la Davière, 4 ans,

Louise MINAUD, de l’Ethelière, 33 mois,

Marie-Anne MINAUD, sa sœur, 6 ans et 11 mois,

Anne MORILLEAU, de la Primaudière, 2 ans

Céleste MORILLEAU, sa sœur, 6 ans et 5 mois,

Jean PERROCHEAU, du Retail, 5 ans et 3 mois,

Pierre POGU, de la Pellerinière, 22 mois,

Jean POGU, son frère, 5 ans,

Rose PREVIT, de Villeneuve, 10 mois,

Marie PREVIT, sa sœur, 6 ans,

Rose REMAUD, de Bourgneuf, 4 ans et 11 mois,

Marie REMAUD, de la Grande-Métairie, 4 ans et demi,

Pierre RENAUD, de la Nouette, 18 mois,

Catherine RENAUD, sa sœur, 3 ans et demi,

Jeanne RENAUD, leur cousine, de la Nouette, 4 ans,

Marie-Anne RENAUD, de la Petite-Brosse, 4 ans,

Pierre RENAUD, son frère, 6 ans et demi,

Marie RICOULEAU, de la Bromière, 22 mois,

Jeanne ROBIN, de la Retardière, 5 ans,

Marie-Anne RORTAIS, de la Guyonnière, 4 ans,

Jeanne ROUSSEAU, de la Gaconnière, 23 mois,

Jean ROUSSEAU, son frère, 3 ans et 11 mois,

Louis ROUSSEAU, autre frère, 7 ans,

Victoire ROUSSEAU, cousine, de la Gaconnière, 11 mois,

Jeanne ROUSSEAU, sœur de Victoire, 4 ans,

Jeanne SAVARIAU, de la Sorinière, 5 ans et 10 mois,

Pierre SIMONEAU, de la Moricière, 6 mois,

Jean SIMONEAU, son frère, 4 ans et 10 mois,

Jacques SIMONEAU, de la Bugelière, 18 mois,

Joseph, SIMONEAU, cousine, de la Bugelière, 8 mois,

Henri SORET, du Petit-Luc, 2 ans,

Jacques SORIN, de la Bromière, 5 mois,

Jean SORIN, son frère, 3 ans et 3 mois,

Madeleine TENET, du Chef-du-Pont, 7 ans,

Louis VRIGNAUD, de la Ricoulière, 23 mois,

Marie-Jeanne VRIGNAUD, de la Cornetière, 3 ans,

Jean-Baptiste VRIGNAUD, son frère, 4 ans et 5 mois.

 

En 1947, Son Eminence, Monseigneur Cazaux, Evêque de Luçon, commença le procès de Béatification de ces petits enfants et Monsieur l'Abbé Prouteau, Curé des Lucs, actif promoteur de la Cause, en porta les pièces à Rome. Les grandes personnes ne pourront, hélas ! Prétendre aux honneurs de la glorification officielle par l'Eglise, faute de document précis nous révélant leurs attitude en face de la mort. Pour les petits enfants, évidemment la question de l'acceptation du Martyre ne se pose pas. Il suffira de prouver qu'ils furent immolés en haine de la religion : démonstration relativement facile, semble-t-il, car les persécuteurs ont pris soin d'avouer eux-mêmes leur haine antireligieuse. Aussi se sont-ils vantés d'avoir pu « décalotter à peu de frais, toute une nichée de calottins qui brandissaient leur insignes du fanatisme ». (C'est-à-dire, évidemment, leurs chapelets et leurs Sacrés Sœurs). En juin 1960, le Bienheureux Pape Jean XXIII appelait sur le Séminaire des Herbiers « l'intercession des jeunes martyrs ». Prions-les nous aussi et demandons à Dieu le succès de leur cause, unique en son espèce dans les annales de la Sainteté.

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Prière pour demander leur Béatification

 

Seigneur Jésus, qui avez couronné de l’auréole des martyrs les petits enfants de Bethléem immolés à votre place par Hérode, daignez nous accorder la Glorification des petits enfants des Lucs, victimes de l’impiété révolutionnaire. N’est-ce pas en haine de votre nom qu’ils furent eux aussi massacrés, nouveaux Saints Innocents de cette paroisse justement surnommée le Béthléem de la Vendée ? Nous Vous supplions donc, ô Divin Ami des enfants, d'exaucer les prières que nous adressons à ces petits anges, afin que, bientôt, la Sainte Eglise puisse les donner pour modèles aux petits enfants de chez nous. Nous Vous demandons encore, ô Jésus, que l'exemple de leur mort nous apprenne l'amour de Votre Sacré Cœur et la vraie dévotion au Rosaire et que leur céleste protection nous aide à montrer dans toutes les actes de notre vie une fidélité chrétienne digne de nos pères. Amen.

 

Cœur Sacré de Jésus, ayez pitié de nous !

Notre-Dame du Petit-Luc, Reine des Martyrs, priez pour nous !

 

Conformément aux décrets d'Urbain VIII, nous déclarons qu'en donnant aux Victimes des Lucs, le titre de Martyrs, nous n'avons voulu prévenir, aucunement, le jugement officiel de l'Eglise.

 

Nihil Obstat

Luçon, le 22 décembre 1961

+ Ch. Massé, V.G.

 

Imprimatur

Luçon, le 22 décembre 1961

+ A.M. Cazaux, Evêque de Luçon.

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17 mars 2012

Souvenez-vous à Notre Dame de Verdelais

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Souvenez-vous à Notre Dame de Verdelais

 

O ma bonne Mère, douce Vierge de Verdelais, souvenez-Vous de moi ! Lorsque je prie au pied de Votre image miraculeuse, ou que, par la pensée, je me transporte dans votre sanctuaire béni, ô Notre Dame de Verdelais, souvenez-Vous de moi ! Vous qui n'abandonnez jamais ceux qui Vous invoquent, Consolatrice des affligés, Protectrice des âmes délaissées, ô Notre Dame de Verdelais, souvenez-vous de moi ! Source toujours ouverte à ceux qui sont altérés de l'Amour Divin, afin que j'aime d'avantage Dieu, souvenez-Vous de moi ! Lorsque je Vous prie pour l'Eglise et pour la France, pour les pauvres pécheurs, et pour ceux qui me sont chers, ô Mère si aimante de Verdelais, souvenez-Vous de moi ! Lorsque je viens Vous dore mes douleurs, Vous confier mes chagrins et mes larmes au souvenir des miens qui souffrent, de ceux que j'aime et que ma mort m'a remis, ô Mère si bonne et si compatissante de Verdelais, souvenez-Vous de moi ! Dans ma dernière agonie, dans ce redoutable passage du temps à l'éternité, ô Vous qui êtes mon espérance, douce Reine de Verdelais, alors surtout, souvenez-Vous de moi ! Faites qu'au Ciel, un jour, ô ma Bonne Mère de Verdelais, je Vous bénisse et Vous remercie éternellement de Vous être si bien souvenue de moi. Ainsi soit-il.


Pour découvrir le Sanctuaire de Verdelais

Notice sur Notre Dame de Verdelais et son 9e centenaire

cliquer sur le lien suivant:

http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/lire-article-83937-8927470-notre_dame_de_verdelais_2.html


Site du Sanctuaire de Verdelais

www.sanctuaireverdelais.fr


10 juillet 2011

Litanies des Bienheureux Martyrs des Pontons de Rochefort

 

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Les Bienheureux Prêtres Martyrs des Pontons de Rochefort

« Fidélité et pardon »

1794-1795

Fête le 27 et le 18 août

 

En 1790 la Révolution exige des prêtres qu'ils prêtent serment à la "Constitution civile du clergé" qui tend, entre autre, à séparer l'Église de France de Rome (l'évêque, comme les prêtres, étant élu et ne pouvant que signifier au Pape son élection). En 1791, l'Etat considère comme suspect tous les non-jureurs et en 1792 il prévoit leur déportation à la Guyane. De plusieurs départements, on achemine vers le port de Rochefort 829 prêtres et religieux réfractaires. Bien qu'ils ne soient pas toujours maltraités sur leur passage, les conditions du voyage sont déjà pénibles et cependant, malgré les possibilités qui leur sont parfois offertes, aucun ne s'échappe. Arrivés à Rochefort, sur la Charente, et après un certain temps de détention, on les embarque sur deux "pontons"; ce sont deux anciens "négriers" ayant servi pour la traite. Mais pour les prêtres, les conditions sont encore plus affreuses qu'elles ne l'étaient pour les esclaves, car il ne s'agit plus seulement de "marchandise" humaine à conserver, mais d'ennemis à éliminer. Quant à la destination vers la Guyane, personne ne l'envisage sérieusement, car avec le blocus des côtes par les Anglais, c'est impossible. On se contente donc de jeter l'ancre au large de l'estuaire de la Charente près de l'île d'Aix et c'est là que resteront les deux pontons. Les conditions sont intenables: entassement, nourriture infecte, habits pleins de poux, épidémie de typhus, interdiction de parler latin et même de prier. Aux moqueries et mauvais traitements, ces martyrs n'opposent aucune parole de malédiction, mais répondent par le pardon et la prière pour le pays. Le bilan est de 547 morts. L'épreuve aura duré du 11 avril 1794 au 12 avril 1795. Le 1er octobre 1995 Jean Paul II en béatifie 64, les seuls pour lesquels il y a des témoignages. Dans la même cérémonie, il béatifie aussi 45 martyrs de la guerre civile espagnole (1936-1939), ainsi qu'un religieux des Écoles pies. En tout 110 bienheureux!

 

Les neuf résolutions
Prises par certains prêtres déportés sur les Deux-Associés


1. Ils ne se livreront point à des inquiétudes inutiles sur leur délivrance ; mais ils s'efforceront de mettre à profit le temps de leur détention, en méditant sur leurs années passées, en formant de saintes résolutions pour l'avenir afin de trouver dans la captivité de leur corps, la liberté de leur âme. Ils regarderont aussi comme un défaut de résignation à la volonté de Dieu, les moindres murmures, les plus légères impatiences, et surtout cette ardeur excessive à rechercher les nouvelles favorables, qui ne peuvent qu'introduire dans leur âme cet esprit de dissipation si contraire au recueillement continuel dans lequel ils doivent vivre, et cette soumission sans borne à la volonté de Dieu, qui doit leur ôter toute inquiétude sur l'avenir.

 

2. Si Dieu permet qu'ils recouvrent, en tout ou en partie, cette liberté après laquelle soupire la nature, ils éviteront de se livrer à une joie immodérée, lorsqu'ils en apprendront la nouvelle. En conservant une âme tranquille, ils montreront qu'ils ont supporté sans murmure la croix qui leur avait été imposée, et qu'ils se disposaient à la supporter plus longtemps encore, avec courage et en vrais chrétiens qui ne se laissent pas abattre par l'adversité.

 

3. S'il était question de leur rendre leurs effets, ils ne montreront aucune avidité à les réclamer ; mais ils feront avec modestie et dans l'exacte vérité la déclaration qui pourrait leur être demandée ; recevront, sans se plaindre, ce qui leur sera donné ; accoutumés, comme ils doivent l'être, à mépriser les biens de la terre et à se contenter de peu, à l'exemple des apôtres.

 

4. Ils ne satisferont point les curieux qu'ils pourraient rencontrer sur leur route ; ils ne répondront point aux vaines questions qu'ils leur feraient sur leur état passé ; ils leur laisseront entrevoir qu'ils ont supporté leurs peines avec patience, sans les leur raconter en détail, et sans montrer aucun ressentiment contre ceux qui en ont été les auteurs et les instruments.

 

5. Ils se comporteront avec la plus grande modération et la plus exacte sobriété dans les auberges ; ils se garderont bien de faire la comparaison, surtout devant des étrangers, des mets qu'on leur servira avec leur ancienne nourriture, et de paraître y mettre trop de jouissance : l'empressement pour la bonne chère deviendrait un grand sujet de scandale pour les fidèles qui s'attendent à retrouver dans les ministres de Jésus-Christ les imitateurs de sa pénitence.

 

6. Arrivés dans leur famille, ils ne montreront point trop d'empressement à raconter leurs peines ; n'en feront part qu'à leurs parents et amis, et encore avec beaucoup de prudence et de modération ; ils n'en parleront jamais en public et ne céderont point aux instances qu'on pourrait leur faire à cet égard. Ils observeront chez eux et chez les autres une égale frugalité, ne recherchant pas les repas, et s'y comportant, lorsqu'ils croiront devoir accepter les invitations qui leur seront faites, avec autant de modestie que de sobriété.

 

7. Ils se condamneront au silence le plus sévère et le plus absolu sur les défauts de leurs frères et les faiblesses dans lesquelles auraient pu les entraîner leur fâcheuse position, le mauvais état de leur santé et la longueur de leur peine ; ils conserveront la même charité à l'égard de tous ceux dont l'opinion religieuse serait différente de la leur ; ils éviteront tout sentiment d'aigreur ou d'animosité, se contentant de les plaindre intérieurement, et s'efforçant de les ramener à la voie de la vérité par leur douceur et leur modération.

 

8. Ils ne montreront aucun regret de la perte de leurs biens, aucun empressement à les recouvrer aucun ressentiment contre ceux qui les possèdent ; mais ils recevront sans murmure les secours que la nation pourra leur accorder pour leur subsistance, toujours contents du simple nécessaire, tant pour les vêtements que pour la nourriture.

 

9. Ils ne feront ensemble, dès à présent, qu'un cœur et qu'une âme, sans acception de personnes, et sans montrer d'éloignement pour aucun de leurs frères, sous quelque prétexte que ce soit. Ils ne se mêleront point de nouvelles politiques, se contentant de prier pour le bonheur de leur patrie et de se préparer eux-mêmes à une vie nouvelle, si Dieu permet qu'ils retournent dans leurs foyers, et à y devenir un sujet d'édification et des modèles de vertu pour les peuples, par leur éloignement du monde, leur application à la prière et leur amour pour le recueillement et la piété.

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Prière récitée par les Bienheureux Prêtres Déportés

 

Ô Jésus-Christ, tous vos Saints nous disent que votre Cœur a été ouvert pour tous les hommes ; mais bien des prodiges de miséricorde nous disent qu'il a été spécialement ouvert pour la France. O vous qui, dans votre charité, avez pourvu à tous les besoins à venir, en faisant naître cette dévotion au sein du royaume, n'avez-vous pas voulu lui préparer une ressource assurée dans ses malheurs ; et dans le miracle que vous opérâtes, au commencement de ce siècle, en faveur d'une de nos villes qui recourut à votre Cœur sacré, n'avez-vous pas voulu nous laisser un gage de ce que nous devons en espérer si nous y recourons aussi ? Au milieu du fléau destructeur de la peste dans cette malheureuse cité, son charitable pasteur, ses pieux magistrats, vont se prosterner devant votre Cœur, au nom de toute la ville, en lui vouant un culte solennel, et aussitôt la contagion disparaît. O mon Sauveur, en feriez-vous moins pour nous ? Les tristes effets de la contagion de l'impiété et du libertinage subsisteraient-ils encore après que nous aurions réclamé la bonté infinie de votre Cœur divin ? Ah ! quand nous disons à un homme comme nous que nous comptons sur la bonté de son cœur, il ne saurait rien nous refuser. Et qu'est-ce, ô mon Sauveur, que le Cœur de l'homme le meilleur et le plus compatissant, auprès de votre Cœur ? Et nous ne nous confierions pas à la bonté de votre Cœur ! Et nous douterions que de ce Cœur d'où sont sortis tant de miracles de charité, il en sortît encore un aujourd'hui pour nous ! Oh ! non, nous n'en douterons pas... O Jésus-Christ, notre aimable Sauveur, nous nous souviendrons que votre Cœur est le sanctuaire de votre miséricorde et la source de tous les biens. Nous implorons avec la plus tendre confiance, son immense charité pour nous. Nous nous vouerons, nous nous vouons, dès ce moment, au culte de votre adorable Cœur ; tous les cœurs de ce royaume, nous les réunissons par les désirs de la charité, pour les lui offrir tous ensemble. Oui, Cœur de Jésus, nous vous offrons notre patrie tout entière et les cœurs de tous ses enfants. Ô Vierge sainte, ils sont maintenant entre vos mains ; nous vous les avons remis en nous consacrant à vous, comme à notre protectrice et à notre Mère. Aujourd'hui nous vous en supplions, offrez-les, offrez-les au Cœur de Jésus. Ah ! présentés par vous, il les recevra ; il leur pardonnera, il les bénira, il les sanctifiera, il les sauvera, et il sauvera la France tout entière ; il lui rendra la paix, il y fera revivre la foi, la piété et les mœurs ; il y fera refleurir la sainte religion. Ainsi soit-il.

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Litanies des Bienheureux Martyrs des Pontons de Rochefort

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, écoutez-nous.

Christ, exaucez-nous.

Père Céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint, Source de Vie, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous.

Sainte Mère de Dieu, priez pour nous.

Reine des Saints, priez pour nous.

Reine des Martyrs, priez pour nous.

Reine du Ciel, priez pour nous.

Reine de France, priez pour nous.

 

Bienheureux Jean-Baptiste Souzy, Prêtre et Vicaire Général du diocèse de La Rochelle, priez pour nous.

Bienheureux Antoine Bannassat, Prêtre de Saint-Fiel,

Bienheureux Jean-Baptiste de Bruxelles, chanoine de Saint-Léonard,

Bienheureux Florent Dumontet de Cardaillac, aumônier de la comtesse de Provence,

Bienheureux Jean-Baptiste Duverneuil, Carme de la maison d'Angoulême,

Bienheureux Pierre Gabilhaud, Prêtre de Saint-Christophe,

Bienheureux Louis-Wulphy Huppy, Prêtre du diocèse de Limoges,

Pierre Jarrige de La Morelie de Puyredon, chanoine de Saint-Yrieix,

Bienheureux Barthélemy Jarrige de La Morelie de Biars, bénédictin de l'abbaye de Lezat,

Bienheureux Jean-François Jarrige de la Morelie du Breuil, chanoine de Saint-Yrieix,

Bienheureux Joseph Juge de Saint-Martin, sulpicien, directeur de séminaire,

Bienheureux Marcel-Gaucher Labiche de Reignefort, missionnaire à Limoges,

Bienheureux Pierre-Yrieix Labrouhe de Laborderie, chanoine de Saint-Yrieix,

Bienheureux Claude-Barnabé Laurent de Mascloux, chanoine du Dorat ,

Bienheureux Jacques Lombardie, curé de Saint-Hilaire-de-Foissac,

Bienheureux Joseph Marchandon, curé de Marsac,

Bienheureux François d'Oudinot de La Boissière, chanoine du diocèse de Limoges,

Bienheureux Raymond Petiniaud de Jourgnac, vicaire général de l'évêque de Limoges,

Bienheureux Jacques Retouret, carme de la maison de Limoges,

Bienheureux Frère Paul-Jean Charles (frère Paul), moine cistercien de l'abbaye de Sept-Fons,

Bienheureux Frère Elie (Augustin-Joseph) Desgardin, moine cistercien de l'abbaye de Sept-Fons,

Bienheureux Frère Roger (Pierre-Sulpice-Christophe) Favergne, frère des Ecoles chrétiennes,

Bienheureux Joseph imbert, jésuite,

Bienheureux Claude-Joseph Jouffret de Bonnefont, sulpicien, supérieur du petit séminaire d'Autun,

Bienheureux Claude Laplace, prêtre à Moulins,

Bienheureux Noël-Hilaire Le Conte, chanoine de la cathédrale de Bourges,

Bienheureux Pierre-Joseph Le Groing de La Romagère, chanoine à la cathédrale de Bourges,

Bienheureux Jean-Baptiste-Xavier Loir, Frère Mineur Capucin au Petit-Forez,

Bienheureux Frère Léon (Jean) Mopinot, frère des Ecoles chrétiennes à Moulins,

Bienheureux Philippe Papon, Prêtre de Contigny,

Bienheureux Frère Nicolas Sauvouret, Cordelier à Moulins,

Bienheureux Jean-Baptiste Vernoy de Montjournal, chanoine à Moulins,

Bienheureux Frère Louis-Armand-Joseph Adam, Cordelier à Rouen,

Bienheureux Frère Charles-Antoine-Nicolas Ancel, eudiste à Lisieux,

Bienheureux Frère Claude Beguignot, chartreux à Saint-Pierre-de-Quevilly,

Bienheureux Frère Protais (Jean) Bourdon, Frère Mineur Capucin à Sotteville,

Bienheureux Frère Louis-François Lebrun, moine bénédictin de la congrégation de Saint-Maur,

Bienheureux Michel-Bernard Marchand, Prêtre du diocèse de Rouen,

Bienheureux Pierre-Michel Noël, prêtre du diocèse de Rouen,

Bienheureux Frère Gervais-Protais Brunel, moine cistercien de Mortagne,

Bienheureux Frère Sébastien (François) François, Frère Mineur Capucin,

Bienheureux Frère Hubert de Saint Claude (Jacques) Gagnot, carme de la maison de Nancy.

Bienheureux Frère Uldaric (Jean-Baptiste) Guillaume, frère des Ecoles chrétiennes à Nancy,

Bienheureux Frère Thomas (Jean-Georges) Rehm, dominicain au couvent de Schlestadt,

Bienheureux Frère Claude Richard, bénédictin à Moyen-Moutier,

Bienheureux Jean Hunot, chanoine à Brienon-l'Archevêque,

Bienheureux Sébastien-Loup Hunot, chanoine à Brienon-l'Archevêque,

Bienheureux François Hunot, chanoine de Brienon-l'Archevêque,

Bienheureux Georges-Edme René, chanoine à Vézelay,

Bienheureux Frère Lazare Tiersot, chartreux à Beaune,

Bienheureux Scipion-Jérôme Brigeat Lambert, doyen du chapitre d'Avranches,

Bienheureux Jean-Nicolas Cordier, jésuite,

Bienheureux Charles-Arnould Hanus, Prêtre et doyen du chapitre de Ligny,

Bienheureux Nicolas Tabouillot, curé de Méligny-le-Grand,

Bienheureux Antoine, dit Constant, Auriel, vicaire à Calviat et Sainte Mondane,

Bienheureux Elie Leymarie de Laroche, prieur de Coutras,

Bienheureux François Mayaudon, Chanoine à Saint-Brieuc puis à Soissons,

Bienheureux Claude Dumonet, professeur au collège de Mâcon,

Bienheureux Jean-Baptiste Laborie du Vivier, chanoine de la cathédrale de Mâcon,

Bienheureux Gabriel Pergaud, génovéfain de l'abbaye de Beaulieu,

Bienheureux Frère Michel-Louis Brulard, carme de la maison de Charenton,

Bienheureux Charles-René Collas du Bignon, sulpicien, supérieur du petit séminaire de Bourges,

Bienheureux Jacques-Morelle Dupas, vicaire à Ruffec,

Bienheureux Jean-Baptiste Ménestrel, chanoine à Remiremont,

 

Que par vous, nous conservions le Don de la Foi, nous vous en supplions, exaucez-nous.

Pour que nous fuyions les mauvaises compagnies, nous vous en supplions, exaucez-nous.

Pour que nous ayons horreur du blasphème,

Pour que nous sortions de la mort du péché,

Pour que, à votre exemple, nous pardonnions à nos ennemis,

Pour que nous sachions recevoir dignement les Sacrements,

Pour que les pécheurs se convertissent,

Pour que le zèle de l'honneur de Dieu nous embrase,

Pour que nous marchions fidèlement dans la Charité du Christ,

Pour que le Saint Sacrement de l'autel soit toujours la source de notre vie,

Afin que nous y puisions sans cesse lumière et force pour lutter contre le mal,

Pour que Dieu protège son Eglise contre les blasphème,

Pour que Dieu fortifie son Eglise contre les attaques et les violences de ses ennemis,

Pour que Dieu envoie à son peuple de saints Prêtres,

Pour que la France, fille aînée de l'Eglise reste fidèle à son baptême,

Afin que nous imitions votre amour envers Dieu et envers le prochain,

Afin que nous soyons justes, simples et chastes dans toutes nos actions,

Afin que nous conformions toujours notre volonté à celle de Dieu,

Afin que nous aimions Dieu dans les épreuves comme dans la prospérité,

Afin que la prospérité ne nous rende pas orgueilleux et ne nous fasse jamais oublier la Sainte Loi de Dieu,

Afin que nulle peine ou souffrance ne soit capable de nous faire perdre l'amour de Dieu,

Afin que nous obtenions le pardon de nos péchés et la délivrance de nos maux,

Afin que nous puissions toujours goûter les consolations et le secours du Seigneur,

Afin que, après une vie chrétienne, nous puissions mourir de la mort des justes,

 

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

 

Bienheureux ceux qui seront persécutés pour la justice,

Car le Royaume des cieux est à eux.

 

Prions

 

O Dieu, qui avez donné aux Bienheureux Prêtres Martyrs des Pontons de Rochefort, dans l'extrême détresse de la déportation, la grâce de la fidélité et du pardon, nous Vous en supplions, accordez-nous, par leur intercession et à leur exemple, la grâce de demeurer toujours attachés à Votre Eglise et d'être ardents à nous réconcilier avec nos frères. Nous Vous le demandons, par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

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Téléchargez le texte de ces Litanies (pdf) en cliquant ici

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21 mars 2011

Rosaire avec la Vénérable Anne de Guigné

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La Vénérable Anne de Guigné

1911-1922

 

Anne de Guigné naquit le 25 avril 1911, à Annecy-le-Vieux et mourut à Cannes le 14 janvier 1922. La mort de son père, tombé à la tête de ses chasseurs en 1915, fut à 4 ans, le principe de sa « conversion ». Cette enfant d'intelligence vive, de volonté ardente, facilement violente, désobéissante et jalouse, acquit rapidement une douceur et une abnégation peu ordinaires. Sa première communion, à 6 ans, acheva de la transformer. Extérieurement, ce fut la plus simple et la plus aimable des enfants: effacée et modeste, toute à ses petits devoirs et à ses jeux. Intérieurement, Dieu opérait en son âme des merveilles. Son humilité, sa douceur, son obéissance, son amour du sacrifice, son exquise et universelle Charité atteignirent un éclat remarquable. Sa manière de communier remuait les cœurs, et plusieurs fois on la vit comme transfigurée. Sa pureté était rayonnante et sa bonté sans limites. Devant la réputation de sainteté de la petite fille, l'évêque d'Annecy initia son procès en béatification, dès le 21 janvier 1932. Toutefois, les études menées à Rome n'aboutirent pas très vite, le cas d'une toute jeune sainte, non martyre, ne s'étant jamais encore posé. Le procès en vue de la reconnaissance de l'héroïcité des vertus d'Anne fut conclu en 1981, elle était proclamée Vénérable le 3 mars 1990, par le Pape Jean Paul II. Sa fête (locale) a été fixée au 14 janvier.

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Rosaire avec la Vénérable Anne de Guigné

 

Mystère Joyeux

 

Premier Mystère Joyeux

L'Annonciation

 

« Pour la gloire de Dieu »

 

Marie, Vous avez accueilli la parole de l'Ange avec confiance. Vous êtes devenue le « Tabernacle » vivant du Fils de Dieu fait homme : apprenez-nous l'amour et le respect de la vie qui commence.

 

Deuxième Mystère joyeux

La Visitation

 

« Je demande au Petit Jésus d'aller le voir »

 

Pleine de grâce et comblée de gloire, Vous avez visité Elisabeth. Avec Jean, elle a reconnu Jésus, le Fruit de Votre Sein. Donnez-nous de reconnaître Jésus, Seigneur vivant au cœur de nos familles.

 

Troisième Mystère Joyeux

La Nativité de Jésus

 

« O Marie, déposez un instant Jésus dans mes bras »

 

Pleins de confiance et d'espérance, agenouillés près de la Sainte Famille, nous désirons recevoir l'Enfant Jésus au creux de nos bras. O Marie, veillez sur chacun des enfants de nos familles.

 

Quatrième Mystère Joyeux

La Présentation de Jésus au Temple

 

« J'irai à l'Autel de Dieu »

 

Marie, avec Joseph, Votre Chaste Epoux, Vous présentiez Votre Enfant au Père, rendant ainsi toutes grâces. Donnez aux parents le courage de présenter à Dieu leurs enfants pour que s'accomplisse Sa Volonté.

 

Cinquième Mystère Joyeux

Le Recouvrement de Jésus au Temple

 

« O Marie, que je désire recevoir Votre Fils »

 

Seigneur Jésus, Vous connaissez la tristesse des parents qui perdent un enfant. Daignez les réconforter par Votre Parole et donnez-leur pour guide Marie, Mère de Tendresse et de Compassion.

 

Mystères Lumineux

 

Premier Mystère Lumineux

Le Baptême de Jésus

 

« Jésus me dit qu'Il m'aime beaucoup plus que je ne l'aime »

 

Par le Baptême nous devenons semblables au Christ et capables d'aimer de Charité. O Marie, que nos familles soient fidèles à cet amour, unies au Christ et à Son Eglise.

 

Deuxième Mystère Lumineux

Les Noces de Cana

 

« On peut tout demander à Jésus »

 

Marie, dans Votre Sainte Innocence, Vous avez requis de Votre Divin Fils un signe. Que la même Foi, le même amour de nos frères et la même audace guident toutes nos prières adressées à Jésus.

 

Troisième Mystère Lumineux

La Prédication du Royaume

 

« Je veux prier pour me convertir »

 

Seigneur Jésus, Vous avez annoncé et ouvert le Royaume de Dieu. Convertissez nos cœurs pour l'accueillir aujourd'hui ; et faites de nous les témoins zélés du Monde Nouveau où Dieu sera tout en tous.

 

Quatrième Mystère Lumineux

La Transfiguration de Jésus

 

« Je veux que, pour Jésus, mon cœur soit tout pur comme un lys »

 

Votre Visage, ô Christ, rayon de Votre Divinité ! Votre habit de lumière, splendeur de Votre Gloire ! Purifiez nos cœurs pour nous préparer à Vous voir tel que Vous êtes. Revêtissez-nous de Votre Grâce pour Vous suivre fidèlement.

 

Cinquième Mystère Lumineux

L'Institution de l'Eucharistie

 

« Je remercie le Petit Jésus de ce qu'Il veut bien venir dans mon coeur »

 

O merveille de grâce ! Ma bouche Vous chante, ô Pain Vivant descendu du Ciel. Que nos cœurs soient prêts à Vous recevoir en communiant au Saint Sacrement de Votre Corps et de Votre Sang.

 

Mystères Douloureux

 

Premier Mystère Douloureux

L'Agonie de Jésus

 

« Invoque ton Bon Ange »

 

Seigneur Jésus, Vous êtes entré seul dans Votre Agonie. Donnez-nous la force de veiller et de prier pour tous ceux qui souffrent seuls l'angoisse de la mort.

 

Deuxième Mystère Douloureux

La Flagellation de Jésus

 

« Que je suis heureuse ! Je veux bien souffrir encore »

 

Le blasphème, les moqueries et les persécutions Vous frappent encore en Votre Corps qui est l'Eglise. Venez au secours de Vos frères qui souffrent en Votre Nom.

 

Troisième Mystère Douloureux

Le Couronnement d'épines

 

« Pour devenir meilleure, je veux faire un sacrifice »

 

Pour tous ceux qu'accablent le poids des jours, la solitude, la tristesse et l'ennui. Que cette couronne de douleur devienne couronne de gloire pour la vie éternelle.

 

Quatrième Mystère Douloureux

Le Portement de la Croix

 

« Si le Bon Dieu le veut, Il me donnera bien la force »

 

Qu'elle est lourde à porter cette croix... Donnez force et courage à ceux qui marchent à Votre suite sur ce chemin d'humilité et de pardon.

 

Cinquième Mystère Douloureux

La Crucifixion

 

« Mon Bon Jésus, je veux tout ce que Vous voulez »

 

Mystères Glorieux

 

Premier Mystère Glorieux

La Résurrection de Jésus

 

« Je veux que Jésus vive et grandisse en moi »

 

Quel beau matin, unique matin sans fin ! Jésus, Vous nous appelez par notre nom et nous attirez à Vous. Faites-nous vivre en Votre présence dans la joie profonde jusqu'au jour ou nous Vous contemplerons face à Face.

 

Deuxième Mystère Glorieux

L'Ascension de Jésus

 

« Puis-je aller avec les Anges ? »

 

Les yeux levés vers Vous, ô Christ, nous prenons force pour vivre dans la Foi. Venez au secours de notre peu de Foi pour que nos familles rayonnent au cœur du monde.

 

Troisième Mystère Glorieux

La Pentecôte

 

« L'Esprit réside dans l'âme des justes »

 

Esprit Saint, Vous avez recréé l'âme de Vos fils. Que Votre Souffle nous guide pour témoigner de notre Baptême et inviter les hommes à Vous suivre.

 

Quatrième Mystère Glorieux

L'Assomption de Marie

 

« Maman Chérie, je Vous aime ! »

 

O Marie, Mère de Dieu et Mère des hommes, Vous Vous en êtes allée en Paradis. Veillez sur Vos enfants, de Votre regard plein de tendre compassion et accordez-nous, Etoile de la Mer, Votre secours quotidien.

 

Cinquième Mystère Glorieux

Le Couronnement de Marie

 

« O Marie, ma bonne Mère ! »

 

O Marie, Vous avez reçu la couronne de Gloire de Votre Divin Fils pour avoir été la plus humble des créatures. Guidez les familles sur ce chemin de la Sainteté que l'esprit d'enfance.

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Prière pour demander la glorification d'Anne de Guigné

 

Mon Dieu, nous Vous remercions des grâces spirituelles dont il Vous a plu de combler Votre petite Servante Anne de Guigné, et nous Vous demandons, pour Votre Gloire et pour notre Salut, de daigner glorifier cette enfant qui n'a vécu que pour Vous sur la terre, et de nous accorder par son intercession (....) Si cela est conforme à Votre Sainte Volonté. Amen.

 

Imprimatur

Paris, 10 avril 1972

E. Berrar, V.E.

 

Renseignements et relations de grâces

 

Association les Amis d'Anne de Guigné

14, avenue Hoche

75008 Paris

www.annedeguigne.fr

 

E-mail: aag5@hotmail.fr

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Téléchargez le texte de ce Rosaire (pdf) en cliquant ici

17 mars 2011

La Servante de Dieu Marguerite Rutan

 

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Marguerite Rutan

Martyre de la Révolution française

1736-1794

 

Marguerite Rutan naquit à Metz le 23 avril 1736 dans une famille nombreuse et modeste. Entrée chez les filles de la Charité, elle fut envoyée à Dax sur la demande de l’évêque, pour diriger l’hôpital qu’il construisait. Lorsque la Révolution éclata et que certains réclamèrent l’expulsion des soeurs, l’évêque Monseigneur Saurine, se prononça énergiquement pour leur maintien. Après la suppression des ordres religieux, les soeurs de St Vincent de Paul changèrent leur nom en celui de Dames de la Charité et continuèrent le service des pauvres. Le 3 octobre 1793, les religieuses eurent à choisir: prêter serment à la Constitution ou être expulsées. Toutes refusèrent de jurer. Les services qu’elles rendaient aux pauvres et aux malades de la ville étaient tels qu’on n’osa pas tout d’abord demander leur renvoi. A la fin de l’année, Soeur Marguerite fut accusée d’avoir « par son incivisme, cherché à corrompre et à ralentir l’esprit révolutionnaire et républicain » (auprès des militaires en traitement à l’hôpital) et fut envoyée à la maison de réclusion des Carmes. Le 8 avril, la commission extraordinaire fit comparaître la religieuse, ainsi que le père Jean Eutrope de Lannelongue, curé de Gaube et prêtre réfractaire. Tous deux furent guillotinés le lendemain. Marguerite chanta le Magnificat dans sa marche vers l’échafaud. Le 1er juillet 2010, le Saint-Siège a publié le décret reconnaissant le martyre Soeur Marguerite Rutan.

 

Béatification de Marguerite Rutan

Le Dimanche 19 juin 2011

Aux Arènes de Dax à 15h00

 

Pour les chrétiens, tous les hommes, grâce au Christ, sont appelés à « refléter la gloire de Dieu ».Certains hommes et femmes ont vécu plus intensément les exigences de cet amour. Ce sont eux que l'on appelle les saints. La béatification et la canonisation ont pour but de proposer en exemple le témoignage de leur vie et ainsi autoriser un culte public en son honneur. La Béatification désigne l'acte de l'autorité pontificale par lequel une personne défunte est mise au rang des bienheureux. (La béatification est un préliminaire à la canonisation). Il n’y a jamais eu de béatification dans le Diocèse de Dax, puisque avant Benoît XVI, cette célébration se déroulait à Rome. Saint Vincent de Paul est le dernier saint Landais reconnu. C’est dire la chance que nous avons de pouvoir vivre en direct cette béatification.

 

Prière

 

Seigneur notre Dieu, qui, pour le rayonnement de Votre Eglise, avez accordé à Votre Servante Marguerite Rutan la grâce de mourir pour la liberté de la Foi ; nous Vous en supplions, par son intercession, accordez-nous de supporter toute adversité par amour pour Vous, et de tendre de toutes nos forces jusqu'à Vous, qui êtes notre Vie. Accordez-nous enfin les grâces que nous sollicitons par son intercession, afin que nous soit manifestée la puissance de son intercession. Nous Vous le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

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Biographie de Marguerite Rutan : http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/lire-article-83937-2090211-la_venerable_marguerite_rutan.html

 

8 octobre 2010

Le Serviteur de Dieu Frère Julius de Jésus

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Le Serviteur de Dieu Frère Julius de Jésus

Religieux de l'Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes

1837-1927


Le Frère Julius de Jésus, dans le monde, Jean Bouquet, est né à Gaillan, (Gironde, France), le 2 janvier 1837, dans une famille modeste. Répondant à l'appel du Seigneur, il entre à l'âge de 27 ans, au Noviciat des Frères des Ecoles Chrétiennes de Talence (Gironde, France). Il vécut les splendeurs de la vie cachée: simple religieux, vivant et faisant extraordinairement bien les choses les plus ordinaires, il vécut simplement sa vie de religieux Lassalien, entre les communautés de Marmande (Lot et Garonne, France), ou il passa 43 années, effectuant les tâches de cuisinier et d'économe de sa communauté et de Talence, ou il revint passer les dernières années de sa vie, y effectuant la tâche de sacristain. Après une vie de prière et de simplicité accompagnées de grâces extraordinaires, dont une très grande intimité avec la Vierge Marie, qui ne pouvait rien refuser à sa prière toute filiale. Le Frère Julius de Jésus est entré dans la Vie à Talence le 25 juin 1927. Sa Cause de Béatification est actuellement en cours d'instruction. Son corps repose actuellement au Cimetière de Talence, dans le Caveau des Frères des Ecoles Chrétiennes. Toutes les personnes qui l'ont connues de son vivant furent unanimes à reconnaître que le Frère Julius de Jésus était un saint. Confions-nous à son intercession, car Marie qui ne lui a rien refusé sur la terre, lui refuserait-elle quelque chose maintenant qu'il est au ciel?


Prière pour demander la glorification du Serviteur de Dieu


O Dieu, qui avez promis aux humbles qu'ils seront exaltés, et à ceux qui enseignent la justice à un grand nombre qu'ils brilleront comme des étoiles dans l'éternité, daignez glorifier Votre Serviteur, le Frère Julius de Jésus, et faire resplendit son nom parmi ceux de Vos Saints. Que Vos grâces, Seigneur, se multiplient en faveur des fidèles qui Vous implorent en Vous rappelant les vertus qu'il pratiqua sur la terre. Puissions-nous ainsi voir la Sainte Eglise honorer sa mémoire et nous donner en lui un modèle à imiter, un protecteur de plus qui nous assiste dans nos travaux et nos peines, et nous aide a parvenir à la béatitude céleste. Ainsi soit-il.

Je Vous salue Marie

Avec approbation ecclésiastique


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Dernière mise à jour de la page: le 8 octobre 2010

12 octobre 2009

Neuvaine a Saint Joseph Damien de Veuster

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Saint Damien de Molokaï

Serviteur de Dieu et serviteur de l'humanité

1840-1889

Fête le 15 avril


Canonisation à Rome le 11 octobre 2009


Joseph De veuster - le futur Père Damien - naît à Tremelo, en Belgique, le 3 janvier 1840 dans une famille nombreuse d'agriculteurs-commerçants. Alors que son père le destine à prendre la tête de l'exploitation familiale, Joseph décide de se consacrer à Dieu en entrant dans la Congrégation des Sacrés-Coeurs (dite de Picpus d'après le nom de la rue de Picpus à Paris où se trouvait la maison généralice). Son frère Pamphile l'y a précédé. En février 1859, il commence son noviciat à Louvain et il prend le nom de Damien. En 1863, son frère Pamphile, qui devait partir pour la mission des îles Hawaï, tombe malade. Les préparatifs du voyage ayant déjà été faits, Damien obtient du Supérieur Général la permission de prendre la place de son frère. Il débarque à Honolulu le 19 mars 1864 où il est ordonné prêtre le 21 mai suivant. Dès son arrivée, il se jette, corps et âme, dans la rude vie de missionnaire itinérant sur l'île de Hawaï, la plus grande de l'archipel. Pour freiner la propagation de la lèpre, le gouvernement décide, en 1866, de déporter à Molokaï, une île voisine, tous ceux et celles qui sont atteints de ce mal alors incurable. Leur sort préoccupe toute la mission. L'évêque, Mgr. Maigret, en parle à ses prêtres. Pour ne pas les exposer à un péril mortel, il ne veut y envoyer personne au nom de l'obéissance. Quatre missionnaires se présentent: ils iront à tour de rôle visiter et assister les malheureux lépreux dans leur détresse. Le 10 mai 1873, Damien est le premier à partir. A sa demande et selon le désir des lépreux, il restera définitivement à Molokaï. Dans cet enfer du désespoir il apporte l'espérance. Il devient le consolateur des lépreux, le pasteur, le médecin des âmes et des corps, sans faire de distinction de race ni de religion. Il donne une voix aux sans-voix. Peu à peu, il construit une communauté dans laquelle la joie d'être ensemble et l'ouverture à l'amour de Dieu donnent de nouvelles raisons de vivre. Atteint lui-même par la maladie en 1885, il peut s'identifier complètement à eux: "Nous autres, lépreux..." Le Père Damien est, avant tout, un témoin de l'amour de Dieu pour les hommes. Il puise sa force dans l'Eucharistie, présence de Dieu au milieu des hommes, et dans l'adoration sans laquelle il n'aurait jamais pu tenir: "C'est au pied de l'autel que nous trouvons la force nécessaire dans notre isolement..." C'est là qu'il reçoit pour lui-même d'abord l'appui et l'encouragement, la consolation et l'espoir qu'il s'empresse de partager aux lépreux. Il peut alors se dire "le missionnaire le plus heureux du monde". Il meurt le 15 avril 1889. Sa dépouille mortelle est ramenée, en 1936, en Belgique et inhumée dans la crypte de l'église des pères des Sacrés- Cœurs à Louvain. Sa renommée se répand dans le monde entier. Le premier procès en vue de sa béatification s'ouvre en 1938 à Malines (Belgique). Le Pape Paul VI signe, le 7 juillet 1977, le Décret sur "l'héroïcité de ses vertus". En le Père Damien, l'Eglise le propose en exemple à tous ceux qui trouvent dans l'Evangile le sens de leur vie et qui veulent porter la Bonne Nouvelle aux plus pauvres de notre temps. En 1995, le Père Damien était béatifié par le Pape Jean Paul II à Bruxelles. Il a été canonisé à Rome par le Pape Benoît XVI le 11 octobre 2009.


Sur les traces du Père Damien


De nos jours encore, il ne manque pas d'hommes et de femmes pour rejoindre les plus souffrants et les marginalisés de notre monde. D'autres poursuivent la lutte contre la lèpre, comme par exemple la Fondation Damien (en Belgique) et la Fondation Raoul Follereau (en France). Les membres de la Congrégation des Sacrés-Cœurs cherchent a mettre leurs pas dans ceux de leur confrère de Molokaï et a témoigner d'un Dieu proche des pauvres et des exclus, que ce soit dans le tiers monde ou ici. Et combien ne se retrouvent pas aujourd'hui'hui dans des situations impossibles (situations familiales, personnelles ou autres) et dans une impuissance aussi entière que celle du Père Damien face à la lèpre ? Oserons-nous, à son exemple, croire que la foi déplace les montagnes et que l'amour fait des miracles ?

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Neuvaine a Saint Joseph Damien de Veuster

Dieu de Miséricorde, nous Vous rendons grâce pour le Frère Damien, frère universel, père des lépreux, fils des Sacrés-Cœurs. Vous avez suscité en lui un amour passionné pour la vie, pour la santé et la dignité de ceux qui sont tombés au bord du chemin. Nous Vous rendons grâce, car, comme Jésus, il a aimé jusqu'au bout. Nous Vous louons car, comme Marie, il s'est donné sans réserve. Merci, ô Père, de continuer à susciter en nous par l'intercession de Saint Damien de Veuster la sainteté et la passion pour Votre Règne.

Damien notre Frère, vous avez entendu l'appel et vous vous êtes mis en route, missionnaire heureux et généreux, vous avez aimé l'Evangile plus que votre vie, pour l'amour de notre Seigneur Jésus Christ, vous avez quitté votre famille et votre pays, vos sécurités et vos rêves personnel. Enseignez-nous a donner notre vie avec votre joie, à être lépreux avec les lépreux d'aujourd'hui, à célébrer et à contempler l'eucharistie comme la source du don de nous-mêmes. Aidez-nous à aimer jusqu'au bout, et a persévérer, avec la force de l'Esprit, dans la compassion des pauvres et des oubliés pour être de vrais disciples de Jésus et de Marie.

Neuvaine au Père Damien de Veuster


1er jour : Écouter la parole de Dieu

2eme jour : Entreprendre et persévérer

3eme jour : S'engager pour les plus faibles

4eme jour : Aimer la prière

5eme jour : Supporter l'incompréhension

6eme jour : Demander une foi solide

7eme jour : Comme un grain de blé

8eme jour : Etre semblable au Christ

9eme jour : Etre heureux


Prières d'introduction


Dieu, Notre Père, nous Vous rendons grâce pour Damien. Vous l'avez appelé auprès des lépreux de Molokaï. Lui, corps et âme, s'est donné aux pauvres et aux exclus. Par sa vie et son engagement Vous nous montrez que Vous veillez sur nous comme un Père veille sur ses enfants. Nous Vous en remercions.


Saint Père Damien, pleins de confiance, nous commençons cette neuvaine. Souvent nous en avons par-dessus la tête, nous ne savons plus par ou commencer. Notre foi est trop faible, notre amour trop tiède pour vivre en Chrétien. Nous vous en prions, soyez notre appui dans nos besoins, soyez notre intercesseur auprès du Dieu qui vit et règne dans les siècles des siècles. Amen.

Premier jour

Écouter la parole de Dieu


Bienheureux Damien, votre Foi était tellement affinée que vous avez reconnu la voix de Dieu dans les circonstances de la vie. Une visite à votre frère au couvent vous fit prendre la résolution, d'entamer votre vie religieuse ce même jour. La maladie de ce même frère, vous l'avez vue comme invitation de Dieu a partir en mission. Et le souci de l'évêque pour les lépreux de Molokaï fut pour vous un signal de vous présenter comme volontaire.


Nous vous en prions : dans les évènements de chaque jour, dans les expériences de notre vie, faites-nous reconnaitre la voix de Dieu. Que notre foi soit assez forte pour la suivre !

Nous vous prions spécialement pour...


Notre Père... Je vous salue Marie... Gloire au Père...


Deuxième jour

Entreprendre et persévérer


Saint Père Damien, une fois entendue la parole de Dieu, vous vous êtes mis en route. Rien ne pouvait vous empêcher d'avancer, vous forcer retourner en arrière. Vous avez commencé à vivre parmi des centaines de lépreux qui n'avaient plus qu'un but : la mort. Cela s'appelait « l'enfer de Molokaï ». Et vous avez tenu bon.


Nous vous en prions : obtenez-nous de rester fidèles a nos résolutions, de continuer a suivre Jésus-Christ. Donnez-nous la joie bienheureuse de la persévérance et de la fidélité.


Nous te prions spécialement pour...


Notre Père... Je vous salue Marie... Gloire au Père...


Troisième jour

S'engager pour les plus faibles


Saint Père Damien, en missionnaire, confiant dans la Force de Dieu, vous êtes allé vivre parmi les lépreux enlevés a leurs familles, isolés à Molokaï. Comme eux, vous êtes devenu un rejeté. Ainsi, ils ont pu ressentir comment Dieu aime tous les hommes. Et vous, ainsi, vous avez réalisé un prodige: vous leur avez rendu la confiance et vous avez as revalorisé leur vie.

Nous vous en prions : donnez-nous des yeux et un cœur pour tous ceux qui ne comptent plus, qui sont montrés du doigt, ignorés, exclus ou abandonnés. Faites-nous découvrir que Dieu est présent dans le visage de l'homme qui souffre à nos cotés.


Nous vous prions spécialement pour...


Notre Père... Je vous salue Marie... Gloire au Père...


Quatrième jour

Aimer la prière


Saint Père Damien, nous lisons dans une de vos lettres : "Sans la présence continuelle de notre divin Maitre sur l'autel, je n'aurais jamais pu tenir." Vous aimiez aimais prier. Même le cimetière, ou tant de vos paroissiens reposaient, était pour vous un lieu de prédilection pour vous recueillir. De cette manière, serein et paisible, vous avez pu réaliser votre oeuvre, supporter les peines corporelles et spirituelles.


Nous vous en prions, faites-nous découvrir dans quelle mesure la prière influence notre vie intérieure, comment, en toutes circonstances elle peut nous aider a tenir le coup, car c'est Dieu qui nous conduit durant les bons jours et les moins bons.

Nous vous prions spécialement pour...

Notre Père... Je vous salue Marie... Gloire au Père...


Cinquième jour

Supporter l'incompréhension


Saint Père Damien, dans le plus grand délaissement, sur la croix, Jésus a prié : "Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ?" (Mc 15, 34) Vous aussi vous êtes passé par la nuit de l'incompréhension et de l'abandon. Vous vous êtes abaissé plus bas que la lèpre. Et pourtant, vous n'avez pas succombé. Votre Foi vous a fait supporter la souffrance, elle vous a purifié.


Nous vous en prions, aidez-nous dans les ténèbres de la vie à ne perdre ni la foi, ni le courage. Apprenez-nous à ne nous fier qu'à Dieu qui est près de nous, toujours, et qui nous assiste dans l'épreuve.


Nous vous prions spécialement pour...


Notre Père... Je vous salue Marie... Gloire au Père...


Sixième jour

Demander une foi solide


Saint Père Damien, Dieu vous a donné la grâce d'avoir une Foi solide. Vos parents vous ont éduqué dans cette Foi. Votre Communauté religieuse vous a aidé à affiner et à renforcer cette foi. Elle vous a porté dans toutes les contradictions de la vie. Elle était votre support dans cette île spéciale que vous avez vous-même appelée « l'île de la mort ».


Nous vous en prions, soyez notre intercesseur auprès de Dieu. Qu'Il nous donne cette grande foi qui nous animera chaque jour, nous dirigera, nous donnera le courage d'aimer Dieu par-dessus tout, et notre prochain comme nous-mêmes.


Nous vous prions spécialement pour...


Notre Père... Je vous salue Marie... Gloire au Père...


Septième jour

Comme un grain de blé...


Saint Père Damien, en allant vivre parmi les lépreux, en créant avec eux une communauté, en devenant lépreux vous-même, vous avez mûri comme un Chrétien. Vous êtes devenu compréhensif, ouvert aux convictions des autres. En mourant lépreux parmi les lépreux, vous avez secoué la conscience du monde. Même la prévision de la mort n'a pas perturbé votre calme et ta sérénité.


Nous t'en prions, montre-nous que la souffrance n'est pas nécessairement un échec. Rappelez-nous les mots de Jésus : "Si le grain ne meurt, il ne porte pas de fruit..." (Jn 12, 24)

Nous te prions spécialement pour...


Notre Père... Je vous salue Marie... Gloire au Père...


Huitième jour

Etre semblable au Christ


Saint P˨re Damien, comme l'apôtre Paul, vous nous dites: "Je suis mort, et ma vie est cachée en Christ." (Col 3, 3) Jour après jour, vous vous êtes identifié à Jésus-Christ. Sur votre lit de mort, vous étiez semblable au Christ sur la croix. Vous vous êtes offert entièrement comme Lui.


Nous vous en prions, faites croitre notre vie en Jésus-Christ, que nous le suivions en tout, dans le détachement et les privations de l'homme-serviteur, jusqu'à'à la croix et la mort, afin d'être un jour glorifié avec Lui.


Nous vous prions spécialement pour...


Notre Père... Je vous salue Marie... Gloire au Père...


Neuvième jour

Etre heureux...


Bienheureux Damien, durant seize années vous avez côtoyé des estropiés, les lépreux voués a la mort. Vous avez connu mépris et incompréhensions. Et peu avant votre mort, vous avez témoigné: « Je suis le missionnaire le plus heureux du monde. » En vous s'est réalisé ce que Jésus a dit dans le sermon sur la montagne : "Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés. Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu." (Mt 5,4;7-8)

Nous vous en prions: Faites-nous désirer ces béatitudes et considérer tout le reste comme accessoire.


Nous vous prions spécialement pour...


Notre Père... Je vous salue Marie... Gloire au Père...


Pour approfondir

www.ssccpicpus.fr

www.saintdamiendeveuster.com

www.fondationdamien.be

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Téléchargez le texte de la Neuvaine à St Damien de Veuster (pdf) en cliquant ici

20 juin 2018

Neuf jours avec Joseph Engling

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Neuf jours avec Joseph Engling

Victime de l'œuvre de Schœnstatt

1898-1918

 

Une neuvaine du Père Alexandre Menningen

 

Introduction

 

 Le 18 octobre 1914, le Père Joseph Kentenich, aumônier de l’internat de Schoenstatt, près de Vallendar, sur le Rhin, suscita parmi les membres de la congrégation mariale d’alors, un courant spirituel qui devint peu à peu, au cours des années, l’Œuvre de Schoenstatt d’aujourd’hui. Depuis ; l’ Œuvre a pris pied dans presque tous les continents. Partout où elle est connue, on cite les noms de ces jeunes cofondateurs qui, sur les champs de batailles de la Première Guerre mondiale, ont offert à la Sainte Vierge le sacrifice de leur vie. Parmi eux, Joseph Engling tient, sans contredit, la première place. Il prit dans l’histoire de la fondation de Schoenstatt, une part prépondérante et ouvrit la voie avec succès. Schoenstatt se fit connaître comme une œuvre authentique de la Providence Divine et obtint l’approbation et la bénédiction de l’Église. Nous sommes donc fondés à penser que, dans la fondation de Schoenstatt, Joseph Engling fut l’instrument de la Providence Divine.

Jusque bien loin, un élan religieux et moral peu ordinaire a suscité une sincère admiration et une grande confiance envers Joseph Engling. C’est ainsi que se multiplièrent bientôt les voix des personnes attestant s’être tournées vers lui dans leurs détresses et leurs soucis et avoir eu leurs prières exaucées grâce à son intercession. D’où le souhait clairement exprimé d’une neuvaine qui soit totalement dans l’esprit de Schoenstatt et de Joseph Engling. C’est à ce souhait que veut répondre ces présentes pages.

La neuvaine est une forme de culte catholique des Saints et de la piété populaire, qui a connu dans les derniers siècles une large propagation. C’est avant tout dans les neuvaines que les gens en grande difficulté ont volontiers cherché leur recours, encore aujourd’hui. Que la prière se prolonge durant neuf jours prouve combien nous mettons notre espérance, non pas en nous mêmes, mais en Dieu et en ses Saints, en qui Dieu se manifeste admirablement.

L’exemple biblique d’une neuvaine, nous le trouvons dans la communauté primitive de Jérusalem. Comme le relatent les Actes des Apôtres, après l’Ascension du Sauveur, elle se rassembla dans le Cénacle autour de Marie, Sa Mère virginale, et durant neuf jours, implora avec Elle la venue du Saint Esprit.

Il n’est pourtant pas nécessaire de poursuivre la neuvaine neuf jours consécutifs. Sans doute même peut elle être faite avec plus de profit si elle se répartit sur un plus grand laps de temps.

Si la neuvaine doit être comprise dans l’esprit de Joseph Engling, on ne peut la concevoir comme une simple prière de demande dans nos peines. Elle se veut bien plutôt une formation éducative pour la tâche que Dieu veut pour notre vie. Elle pourrait dès lors nous donner une méthode succincte pour tendre vers une véritable piété et sanctifier notre vie de tous les jours. Mais surtout l’exemple de Joseph Engling est pour nous une exhortation à nous remettre avec confiance à la Mère de Dieu pour notre tâche quotidienne, son fardeau et sa peine. Il a engagé totalement sa vie au service de la Mère de Grâce de Schoenstatt, même dans ses heures pénibles. C’est elles justement qu’il lui a offertes afin que, de son Sanctuaire, sorte un torrent de grâces pour le renouveau religieux et moral du monde. Si Dieu, dans son dessein insondable, te laisse, malgré tes prières, tes tourments et tes épreuves, remets ton sacrifice entre les mains de la Mère Trois Fois Admirable de Schoenstatt. Demande, en union avec son fidèle serviteur Joseph Engling, que ton offrande devienne source de grâces pour ton salut et celui des autres.

La vie et la mort de Joseph Engling sont étroitement liées au Sanctuaire de la Mère et Reine Trois Fois Admirable de Schoenstatt ainsi qu’à l’œuvre qui en est issue. L’offrande du sacrifice de sa vie sur le champ de bataille fut accompagnée d’une prière : que la Sainte Vierge veuille choisir Schoenstatt comme lieu d’une particulière activité de sa part. Un regard sur le passé et le présent de l’Église le laisse paraître : la Providence de Dieu en a ainsi souvent disposé, que l’intercession de la Mère de Dieu soit liée à un lieu choisi qu’on nomme donc son lieu de grâce ou son sanctuaire. Comment ne pas constater que Marie se laisse approcher partout et toujours en sa qualité de bienveillante médiatrice de grâces en faveur des croyants ? La famille de Schoenstatt a la conviction que l’offrande de la vie de Joseph Engling a contribué à faire de Schoenstatt un lieu de grâce de la Sainte Vierge et le berceau d’une authentique œuvre de Dieu.

 

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Courte biographie de Joseph Engling

 

Joseph Engling naquit le 5 janvier 1989 à Prossitten en Prusse orientale dans une famille d'artisans de 7 membres. Son père était maître tailleur et vivait dans des conditions modestes mais pas vraiment précaires. Une maladie d'enfance eut pour séquelle une légère déformation du sternum, de sorte que les épaules paraissaient un peu voûtée. Bien que sa croissance ultérieure fit de lui un jeune fort et solidement bâti, suite à cette déformation sa silhouette resta pourtant un peu courbée et plutôt gauche. A cela s'ajoutait un léger défaut de prononciation, de sorte que les sons R, S ou L il ne pouvait les prononcer qu'avec difficultés. Ces défauts physiques constituèrent pour sa vie ultérieure une croix réellement pesante, qui lui réserva bien des heures pénibles.

Son naturel fit le lui un jeu réfléchi et sincère, doué d'une vive sensibilité avec un attrait marqué pour la vie familiale. A cela le poussait un besoin inné d'agir, d'affronter avec courage tout travail à la maison comme aux champs. La fête de la Première Communion en 1910, laissa dans son âme très sensible aux choses religieuses une profonde impression. C'est alors que ce garçon âgé de 12 ans entreprit un journal spirituel dont les écrits trahissent un jugement sûr et une piété tendre et mûrie. A 14 ans Joseph Engling se décida pour une vocation sacerdotale et arriva en septembre 1912, alors que celui-ci venait d'être terminé, à l'externat des Pallotins à Schœnstatt, près de Vallendar sur le Rhin. Le jeune campagnard ne donna pas l'impression d'un talent éblouissant mais pourtant d'un écolier appliqué, plus que moyennement doué et d'un bon camarade.

Sans s'arrêter à ses défauts physiques et grâce à son caractère irréprochable, il acquit bientôt parmi ses condisciples un ascendant spirituel communément reconnu. C'est alors qu'il reçut des instructions du Père spirituel la première orientation pour une auto éducation et une formation de caractère méthodiques.

Elle marqua profondément sa vie, sa participation à la fondation de la Congrégation mariale de l'internat, dont devait sortir plus tard la fondation du Mouvement Apostolique de Schœnstatt. L'acte de fondation de cette Congrégation eut lieu le 18 octobre 1914. Ce jour là, le Père Joseph Kentenich, l'instigateur du Mouvement de Schœnstatt, prononça devant les congréganistes cet exposé mémorable qui est entré dans l'histoire de Schœnstatt, sous le nom de « Charte de Fondation ». En décidant cette fondation, le Père aumônier et les jeunes co fondateurs concluaient ensemble ce qui fut appelé plus tard « l'Alliance d'amour » avec la Mère de Dieu, Alliance qui, grâce à une assistance spéciale de la Providence Divine, devint la cellule initiale de l'actuelle Famille de Schœnstatt.

Cette « Alliance d'amour » historique avec la Sainte Vierge, Mère Trois Fois Admirable, Joseph Engling l'a tellement prise à cœur, que le fondateur de l'œuvre de Schœnstatt, des années après, pouvait l'appeler « l'Acte de fondation » vécu. Depuis les jours de l'histoire primitive de Schœnstatt, un trait fondamental se dessina dans sa vie : le rapport d'une filiation spirituelle envers le père et fondateur de la Famille de Schœnstatt à venir. C'est ainsi que, dès lors, il portait à maturité et incarnait clairement ces idées et ces forces vitales qui ont façonné l'œuvre de Schœnstatt.

Durant l'année scolaire 1915-16, Joseph Engling devint Préfet de la Petite Congrégation, qui rassemblait les classes moyennes. Sous son efficace direction, malgré les dures contraintes du temps de guerre, la jeune Congrégation connut un sommet.

C'est à cette époque que se dessina son idéal personnel : « tout à tous et entièrement donné à Marie. » Celui-ci devrait donner à sa vie consistance et orientation. Son amour pour la Mère de Dieu le poussait à un incessant travail et, envers les autres, à un service apostolique plein d'abnégation. Avant tout il fut le précurseur de l'idée de « Capital de grâces » de la Mère Trois Fois Admirable de Schœnstatt. Un ordre du jour spirituel, dans lequel il avait consigné les prières les plus importantes et les sacrifices au quotidien, représentait son incessante contrition à ce « Capital de grâces » .

En novembre 1916, il reçut sa convocation pour le service des armes. Avec 17 autres jeunes de l'internat il partit à Haguenau, en Alsace, pour faire ses classes. A cause de ses défauts physiques il n'était pas fait pour être soldat de parade. De ce fait la vie en caserne devint pour lui une dure et pénible épreuve, surtout lorsqu'il se trouva sous les ordres de gradés inhumains et en compagnie de quelques camarades grossiers. Malgré ces conditions éprouvantes il resta imperturbablement attaché à son effort et à l'entretien de sa vie intérieure et il tint à la caserne son Ordre du jour spirituel exactement comme dans la grande paix de l'internat. Sa persévérance alla jusqu'à servir d'encouragement et de soutient à ses condisciples, qui ne souffraient pas moins de la vie militaire, dont ils faisaient la dure expérience.

Début juin 1917 Joseph Engling partit pour le front. C'est d'abord sur celui de l'Est, en Russie, que fut dirigé son régiment. Certes, il ne vécut pas là de très grands combats. Mais durant les mois que dura son séjour à l'Est, il connut de dures marches, la morsure de la faim consécutive à un ravitaillement insuffisant, la monotonie d'une guerre de position. Là aussi, il poursuivit sans relâche son combat pour la sainteté. C'est à cette époque qu'il rassembla autour de lui un groupe de condisciples dispersés : il resta jusqu'à sa mort leur centre dynamique en maintenant entre eux un échange de pensées par lettres.

Au commencement de l'année 1918 son régiment fut transféré sur un sol abreuvé devant la place forte de Verdun, à proximité de la hauteur 304. Joseph Engling qui, entre temps, s'était avéré soldat d'élite, entra dans la troupe d'assaut du régiment. Dans cette unité, il participa à plusieurs opérations périlleuses. A cette même époque, au milieu de l'agitation de la vie au front, il ne cessa de progresser dans la prière solitaire. Sur son ordre du jour spirituel figurèrent, en plus des prières quotidiennes, nombre d'autres exercices tels que la participation spirituelle à la Sainte Messe, la communion spirituelle, deux heures de gardes, le chapelet, la lecture spirituelle, la bonne intention, l'examen de conscience et la contrition du soir. A cela s'ajoutait une résolution particulière par laquelle il menait le combat contre une faiblesse de caractère ou pour l'exercice d'une vertu. Sur ce vaste programme religieux de chaque jour il se rendait à lui-même des comptes par écrit. Comme l'attestent ses annotations, à peu d'exceptions près, il a tenu consciencieusement, durant toute sa vie de soldat, ce compte-rendu écrit. Durant l'année 1918, il y a ajouté plusieurs fois, dans la tranchée, une journée de récollections personnelle et une fois, autant que faire se put, une retraite privée.

A la mi-avril sa division participa à la grande attaque allemande entre Ypres et Béthune. Plusieurs fois, sous un feu intense, le régiment de Joseph Engling subit de lourdes pertes. Dans l'épouvante de cette guerre de matériel son amour pour Marie grandit jusqu'à l'héroïsme. La Foi en la mission de Schœnstatt le remplit au point d'offrir volontairement sa vie pour que soit atteint ce but : il le fit dans une consécration écrite à la Mère Trois Fois Admirable. Alors que le frisson de la mort régnait autour de lui et que beaucoup de ses camarades tombaient sous les obus, se fit jour en lui la résolution particulière de renouveler en esprit plusieurs fois par jour devant la Sainte Vierge l'offrande du sacrifice de sa propre vie. Le sérieux de cette offrande se vérifia particulièrement dans la paix intérieure avec laquelle il affronta courageusement les plus grands dangers et exerça la camaraderie. Il était là toutes les fois qu'il y avait des blessés à ramener, des ensevelis à dégager et des morts à enterrer. Il était volontaire pour aller chercher le ravitaillement sous les obus.

Les derniers mois de sa vie se passèrent dans les combats de la retraite. En ces jours où les soldats eurent à endurer des souffrances inhumaines, il resta un camarade bon et fidèle à son devoir. C'est justement cette période difficile qui le vit au sommet de son itinéraire spirituel. Et pas seulement en continuant, comme toujours, à tenir fidèlement son Ordre du jour spirituel, qu'il soit complètement épuisé par de longues marches, totalement absorbé dans des opérations ou fatigué à mourir à force de travailler aux terrassements. Durant ces semaines, il ne cessa de penser à adorer chaque heure le Dieu en trois Personnes demeurant dans son âme et ainsi à poursuivre continuellement son chemin avec Dieu. Peu de temps avant sa mort, sa vie de prière atteignit une telle profondeur et une telle intimité qu'elle était comme une constante union à Dieu et qu'elle s'élevait à proximité quasi palpable de Dieu.

Le 4 octobre 1918 au soir, il fut touché, aux environs de Cambrai, à Thun-Saint Martin, par un tir meurtrier. C'est alors que fut scellée dans une mort héroïque sa consécration à la Mère de Dieu. Enterré à la hâte, jusqu'à aujourd'hui l'on a jamais retrouvé son corps.

Parmi les compagnons de Joseph Engling, prévalut depuis toujours la conviction que durant sa vie, il avait pratiqué les vertus avec héroïsme. Quand, avec la première biographie, furent connus ses journaux, lettres et annotations, cette conviction ne fit que s'affermir. On comprend que, ces dernières années, la vénération à son égard ne fait que s'accroître. Tout cela a fait qu'aux autorités ecclésiastiques compétentes fut présentée la proposition d'instaurer la cause de Béatification de Joseph Engling. Cette proposition, Mgr l'évêque l'a reçue favorablement et, le 4 octobre 1952 à Trèves, il a ouvert officiellement le procès. Durant l'été 1964 le procès y aboutit à une conclusion provisoire et l'enquête officielle fut introduite à Rome.

 

Au delà de la mort

  

L’article de Foi concernant la communion des Saints nous enseigne que les élus du Ciel et le peuple de Dieu en chemin sont étroitement unis entre eux. C’est pourquoi l’Église nous engage à demander la céleste intercession de ceux que Dieu a reçu dans sa maison. Nous pouvons espérer que leur intercession peut nous obtenir la bienveillante assistance de Dieu, quand nous nous tournons vers eux pour qu’ils nous aident dans les afflictions de notre pèlerinage terrestre.

La mort précoce de Joseph Engling n’a pas mis fin à son activité terrestre. Les personnes sont de plus en plus nombreuses à témoigner qu’à l’évidence leurs demandes ont été exaucées. Dans les dernières années, des centaines et des centaines, concernant presque toutes les détresses de la vie quotidiennes : cas de maladie, détresses au plan professionnel, souffrance morale, la famille, cas de malheur de toutes sortes, crises dans le couple, crises de la Foi chez des proches, etc...

 

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Neuf jours avec Joseph Engling

 

Prière préparatoire 

 

Dieu bon et miséricordieux, Père de tous les hommes, tu nous as dit par la bouche de Ton Divin Fils : « Demandez et vous recevrez ». Docile à Ta sainte volonté, je viens à Toi dans la détresse de mon cœur et j’implore Ton puissant secours et Ta protection. Montre-moi Ta miséricorde et fais-moi ressentir que Tu es mon Père. Comme l’enseigne Ton Église, Tu révèles Ta puissance, avec une particulière prédilection, par tous ceux qui t’ont servi ici bas avec amour total. C’est pourquoi je dépose, plein de confiance, mon intention dans les mains de Ton serviteur Joseph Engling et j’attends de son intercession que Tu exauces mes prières.

Mère aimée trois fois admirable, Mère de grâce de Schoenstatt, tu es venue déjà en aide à tant de personnes dans leurs multiples détresses. Jette les yeux avec bienveillance sur le grand souci qui accable mon âme. Je l’ai confié aux mains de Ton fidèle serviteur Joseph Engling. Par son amour si tendre, il Te fut toujours donné ici-bas ; maintenant qu’il est devenu Ton protégé de choix, Tu l’exauces volontiers. Par son intercession, que Dieu le Seigneur accueille favorablement ma prière et me donne la joie d’être exaucé grâce à lui. Amen.

 

Premier Jour

Auto éducation et formation de caractère

 

Lecture de la lettre de Saint Paul aux Ephésiens (6,13-18)

 

C'est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté. Tenez donc ferme: ayez à vos reins la vérité pour ceinture; revêtez la cuirasse de la justice; mettez pour chaussure à vos pieds le zèle que donne l'Évangile de paix; prenez par-dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin; prenez aussi le casque du salut, et l'épée de l'Esprit, qui est la parole de Dieu. Faites en tout temps par l'Esprit toutes sortes de prières et de supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints.

 

Sur le champ de bataille de son propre cœur

 

Quand Joseph Engling arriva à l'école de formation de Schoenstatt, il se bâtit un idéal personnel de vie en ces termes: « Tout à tous et entièrement donné à la Sainte Vierge ». C'est ce but que visait tout le combat de sa vie. L'arme avec laquelle il mena le combat fut la résolution particulière. Celle-ci consistait à exercer la vertu que son idéal exigeait le plus dans les circonstances connues ou à combattre la faiblesse qui l'empêchait le plus de tendre vers son idéal. Arrivait-il parmi des camarades frustes, sa résolution particulière s'énonçait de telle façon: « Aimable et serviable dans les relations ». Rencontrait-il des supérieurs désagréables, sa résolution était alors: « Considérez les ordres de l'autorité légitime comme donné par Dieu ». Les efforts et le service des armes devenaient-ils accablants, c'est alors qu'il disait: « Par amour pour la Mère de Dieu, ne pas perdre ma bonne humeur ». Était-il exposé à bien des excitations et des distractions, c'était l'occasion de veiller au recueillement durant la prière. Dès qu'apparaissait clairement l'objectif du combat, il s'y engageait avec sa résolution particulière. Et il la mettait en pratique jusqu'à ce qu'il ait surmonté les difficultés. A chaque confession, il rendait compte de la façon dont il avait tenu sa résolution particulière. C'est ainsi qu'il venait à bout de deux faiblesses innées de caractère: la propension aux accès de colère et aux soudains changements d'humeur. Sa ténacité à mettre en pratique sa résolution particulière en toute situation, malgré les difficultés et les échecs, exigeait un rude combat pour son idéal de vie.

 

Comment vivre cela? 

 

As-tu déjà une fois examiné à fond tes dispositions de caractère? Y as-tu décelé des faiblesses innées? Peut-être as-tu un tempérament irritable qui se répand vite en paroles violentes. Peut-être es-tu porté à rechercher tes aises, à vivre dans l'insouciance et ainsi tu es négligeant dans ton travail professionnel. Ou bien tu es tout de suite blessé, de mauvaise humeur ou mal luné et tu fais peser cela sur ton entourage. Ou bien tu es jouisseur et prétentieux et tu exiges toujours pour toi ce qu'il y a de mieux. Réfléchis donc là-dessus. Quand tu auras trouvé ton plus gros défaut, formule à partir de là ta résolution particulière. Que la vigueur et la fidélité avec lesquelles tu la tiendras aujourd'hui soient, pour ce premier jour, ton cadeau à Notre-Dame de Schoenstatt.

 

Prière

 

Divin Sauveur, Maître et modèle de toute vertu, Tu m'as appelé à Te suivre. Tu veux que je tende vers une vraie sainteté et, pour cela, que je mène un sérieux combat contre mes faiblesses et mes tendances au mal. Voici que je suis prêt à suivre Ton appel. Éclaire mon intelligence pour que je me connaisse vraiment moi-même, fortifie ma faible volonté pour que je ne mollisse jamais dans le combat. Tu me montres en Ton courageux lutteur, Joseph Engling, un modèle lumineux, qui m'instruit et me stimule. Confiant en l'aide de Ta grâce, je veux le suivre. Accorde-moi l'accomplissement de ce que Tu as commencé en moi. Amen.

 

Offrande du soir ( à dire chaque jour)

 

Bien-aimée Mère trois fois admirable de Schoenstatt, accueille favorablement toute ma tâche quotidienne avec toutes ses fatigues et ses fardeaux, et tout ce que j’ai pu accomplir à Ton service. Je Te confie, en Te priant de le répandre en grâce sur tous ceux qui vont en pèlerinage dans Ton Sanctuaire. Sois indulgentes pour les fautes et les faiblesses de ce jour et répare ce que j’ai gâché par na négligence. Je Te remercie pour toute protection et toute bénédiction que tu m’as accordées aujourd’hui. J’implore maintenant de Toi Ton secours pour que je continue à avancer sur le chemin où ton fidèle serviteur Joseph Engling me précède ces jours-ci. Amen.

 

Nous prions avec Joseph Engling (chaque jour)

 

Mère trois fois admirable, je T’offre toutes mes actions, toutes mes bonnes œuvres, tout mon effort de sanctification personnelle pour servir les desseins que toi, ô Mère, tu assignes à notre congrégation. Amen.

 

Deuxième Jour

Priant Solitaire 

 

Évangile de Saint Luc (21, 34-36)

 

Prenez garde à vous-mêmes, de crainte que vos cœurs ne s'appesantissent par les excès du manger et du boire, et par les soucis de la vie, et que ce jour ne vienne sur vous à l'improviste; car il viendra comme un filet sur tous ceux qui habitent sur la face de toute la terre. Veillez donc et priez en tout temps, afin que vous ayez la force d'échapper à toutes ces choses qui arriveront, et de paraître debout devant le Fils de l'homme.

 

Sa prière au quotidien

 

La vie de prière de Joseph Engling atteignit son sommet au milieu des événements agités et stressants du front. Ses exercices spirituels, qu'il voulait assurer au long de la journée, il les inscrivait dans son Ordre du jour spirituel. Chaque soir, par écrit, il notait pour lui-même s'il s'en était acquitté et de quelle façon. Il commençait la journée avec la prière du matin, la bonne intention, la participation en pensée à la Sainte Messe, la communion spirituelle. Durant ce temps, il se transportait assez souvent dans la petite chapelle de grâce de Schoenstatt. Là, il adorait le Sauveur présent dans l'Eucharistie, il renouvelait la participation spirituelle au sacrifice de la Messe et passait l'heure, autant que faire se pouvait, dans le recueillement intérieur. En dehors de cela, au cours de la journée, il récitait le chapelet et faisait une courte lecture spirituelle. Presque chaque mois, il réalisait une journée de récollection et même, à l'occasion, une retraite pour lui seul. Il concluait la journée avec la prière du soir, examen de conscience et un acte de contrition parfaite. Vers la fin de sa vie, chaque heure, il se remettait en présence de Dieu et restait en oraison. Ces exercices spirituels, il les a assurés presque chaque jour de sa vie de soldat. Et pourtant il était fatigué jusque?à l'épuisement par des marches pénibles, des travaux nocturnes de terrassement et par la faim. En ces heures-là, il était parfois complètement absorbé par les péripéties stressantes de la bataille ou bien retourné intérieurement, crispé par son entourage. Dans ces pénibles circonstances, il restait un priant solitaire.

 

Comment vivre cela? 

 

L'exhortation du Divin Sauveur à prier en tout temps est valable aussi pour toi, malgré ton travail quotidien qui disperse ton esprit, et tes occupations professionnelles usantes. Certes, tu ne dois pas exiger de toi ce dont Joseph Engling a été capable. Commence petitement. Mais aujourd'hui, sans doute, pourrais-tu faire un peu plus qu'hier. Peut-être réussirais-tu, pour une journée, à assurer quelques-uns des exercices de l'Ordre du jour spirituel de Joseph. Ou bien tu te fit pour la journée d'aujourd'hui quelques petites pauses de prière. Alors tu te retires un peu à l'écart et tu te recueilles un moment dans la prière. Ce peut être aussi des oraisons jaculatoires, d'instantes prières que tu répètes assez souvent au cours de la journée. Parmi ces suggestions, choisis celles qui te conviennent.

 

Prière 

 

Seigneur Jésus-Christ, Tu nous as exhortés à prier en tout temps. Dans la prière, c'est Ta grâce qui nous visite et nous fortifie dans le combat pour le bien. Apprends-moi à prier comme autrefois Tu as appris à Tes disciples à le faire. Éveille en mon intérieur l'esprit de recueillement, pour que je ne me laisse pas absorber par les distractions de l'existence quotidienne. Éveille en moi le sens de Ta mystérieuse présence en mon âme, élève mon cœur vers Toi dans le silence du recueillement. Fais moi marcher à Ton côté au long de ce jour, comme Tu m'en as donné l'exemple dans Ton serviteur Joseph Engling.

 

Troisième Jour

Tout à tous 

 

Évangile de Saint Jean (15, 9-10, 12-14, 17)

 

Comme le Père m'a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j'ai gardé les commandements de mon Père, et que je demeure dans son amour. C'est ici mon commandement: Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres.

 

Son amour du prochain sans réserve 

 

Joseph Engling était naturellement porté au don de soi à son prochain. D'où aussi son grand idéal de vie: Tout à tous! Déjà à Schoenstatt, il s'imposait cette exigence d'avoir l'œil sur tout besoin de l'autre et d'aller au-devant de chacun dans une totale disponibilité. Ses condisciples savaient qu'on pouvait attendre de lui n'importe quel service. Il donna de son dévouement des manifestations inhabituelles, surtout quand il devint soldat. C'est là que parfois de mauvais camarades abusèrent de sa serviabilité. Bien qu'il leur ait témoigné beaucoup d'amabilité, quelques brutes ont tourné en ridicule sa piété, l'ont volé, grossièrement calomnié ou traité sans ménagements. Après un violent combat intérieur, il en venait pourtant à garder même avec eux des rapports de camaraderie. Un soldat de sa compagnie atteste que Joseph Engling donnait souvent son dernier morceau de pain à des camarades qui avaient faim, dût-il lui-même souffrir de la faim. Au milieu des explosions d'obus, en Flandre, il a souvent, au péril de sa vie et comme volontaire, ramené des blessés, enterré des morts et dégagé des ensevelis. Quand personne ne voulait aller chercher le ravitaillement à cause de la violence des tirs, Joseph se levait en silence et partait. A des hommes d'un certain âge, il faisait arrêter le dur travail de terrassement et l'accomplissait à leur place. Un jour, un père de famille fut détaché pour une patrouille dangereuse et broyait du noir à la pensée des siens au pays, alors bien vite, Joseph s'approcha de lui et dit: « Reste, camarade, j'y vais pour toi! » Comme point final, l'offrande de sa vie que fit Joseph à la Mère de Dieu fut une expression de son amour du prochain et de son zèle pour le Salut des Âmes immortelles.

 

Comment vivre cela? 

 

Aujourd'hui doit être le jour d'un généreux amour du prochain. C'est maintenant que tu devrais accomplir un sacrifice spécial d'amour serviable. Réfléchis où il pourrait se situer. Peut-être vivent dans ton entourage des personnes qui te sont très antipathique. Sois donc patient et aimable dans les relations. Peut-être a-t-on répondu à ta bonne volonté par l'ingratitude, l'indifférence et les blessures. Sois pourtant avenant et prêt à rendre service. Ou bien tu pourrais choisir pour toi aujourd'hui ce qu'il y a de plus humble et de désagréable: tu peux faire cela où on recueille le moins de remerciement et de reconnaissance. Sois donc toute la journée l'aide aimable de ton entourage et cherche à susciter la joie par des services spontanés. Peut-être peux-tu aussi faire un cadeau à quelqu'un au prix d'un sacrifice personnel, faire plaisir discrètement à un pauvre homme, visiter un malade ou choisir quelque chose de ce genre là. Précise-toi maintenant, si possible, en quoi ton sacrifice va consister.

 

Prière

 

Seigneur et sauveur Jésus-Christ, Tu nous appelles Tes amis si nous nous aimons les uns les autres. Je voudrais être digne de Ton amitié et donc apprendre de Toi à aimer les autres comme je le dois. Par la vie de Joseph Engling, Tu m'as mis devant les yeux un exemple de la façon dont je puis être tout  à tous dans le don total de moi-même. Mais dans mon cœur je trouve encore tant d'incitations à l'égoïsme et au désir de jouissance, qui me font obstacle. Dans Ta grâce, purifie donc mon amour pour que je me donne sans attendre en retour, remerciement ni reconnaissance. Par amour pour Toi, je veux, avec bonté de cœur, partager tout besoin et rester disponible à toute assistance. Accorde-moi la force de faire preuve d'amour même là où ma bonne volonté ne reçoit que l'ingratitude et le mépris. Amen.

 

Quatrième jour

Porter la croix avec courage 

 

Évangile de Saint Luc (9, 23-25)

 

Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge chaque jour de sa croix, et qu'il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la sauvera. Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s'il se détruisait ou se perdait lui-même? 

 

Son courage dans la souffrance 

 

La vie n'a pas été pour Joseph Engling une école de facilité. Combien lui ont coûté ses déficiences physiques, son attitudes courbée, sa démarche lourde et son défaut de prononciation! A la caserne surtout, il eut à souffrir beaucoup de la part d'un supérieur un peu « cinglé » et de quelques camarades. Durant la guerre, il affronta de multiples épreuves. Dans les dures conditions de service de leur cantonnement, les nouvelles recrues souffrirent tellement de la faim que des camarades gardèrent de ce séjour, durant bien des années, un souvenir terrible. Un jour, il fut faussement accusé de vol par quelques camarades et dut patiemment supporter un pénible interrogatoire de la part de l'adjudant. La vie au front était souvent faite d'efforts surhumains, à croupir en terre durant des mois dans de misérables trous, par tous les temps. A cela, il fallait ajouter le stress, l'épouvante d'une bataille moderne à grand renfort de matériel. Ses efforts pour engager d'autres personnes à Schoenstatt n'aboutissaient presque jamais. Même parmi les autres congréganistes schoenstattiens, il ne trouva pas toujours une juste compréhension, d'où bien souvent l'impression de solitude. A cela s'ajoutaient de fréquents accès de mélancolie, qui provoquaient chez lui un profond accablement. Toutes ces croix, il les a portées courageusement. Il ne renacla pas devant son sort, ne devint pas aigri à cause des autres, il ne perdit pas courage. Un camarade rapporte que Joseph Engling n'a aucune parole de découragement en 1918 devant la situation générale catastrophique. La peine de ces dures années de guerres, il la déposa en esprit d'offrande dans les mains de la Mère de grâces de Schoenstatt.

 

Comment vivre cela? 

 

Toi aussi, tu as sûrement ta croix à porter. Peut-être est-ce une maladie qui te frappe, ou le dur combat pour la pain quotidien, ou encore un mal moral qui t'accable. Cela pourrait être aussi une peine dans la famille parce que vous devez affronter un coup du sort ou parce qu'un membre de la famille est en extrême danger moral. Ce jour présent doit te trouver fort pour porter la croix. Offre ta peine au Seigneur portant sa croix, uni à la Mère des Douleurs. Répète fréquemment avec Lui, durant ce jours, les paroles qu'Il a prononcées au Mont des Oliviers : « Père, s'il est possible, fais que cette coupe s'éloigne de moi. Pourtant que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse mais la Tienne.

 

Prière

 

Seigneur Jésus-Christ crucifié, comme Toi, j'ai aussi une croix à porter et, comme Toi, je sens peser la charge. Mais ce qui me donne force, c'est que je ne suis pas seul sur le chemin de croix. Tu marches avec moi et partages avec moi le fardeau. Je ne veux donc pas renoncer mais poursuivre fidèlement à Ton côté tant que, selon le dessein insondable du Père Céleste, durera ce chemin de croix. Douloureuse Mère de Dieu, implore pour moi de Dieu la force de rester courageux, comme Tu le fus au pied de la croix. par Tes mains, j'offre tout avec les mêmes sentiments dans lesquels Ton fidèle serviteur Joseph Engling T'a offert les tribulations de sa vie. Amen.

 

Cinquième jour

Apôtre pour le royaume de Dieu 

 

Évangile de Saint Matthieu (28, 18-20)

 

Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde.

 

Le sens et le service apostoliques de Joseph

 

Déjà lorsque Joseph Engling se décida à devenir prêtre, son unique désir était de se consacrer au Royaume de Dieu. Ce désir ne fit que croître quand, à Schoenstatt, il découvrit pour sa vie une haute mission. Ce qui lui en donna la force, ce fut avant tout une foi inébranlable en la mission de Schoenstatt voulue par Dieu pour un renouveau religieux et moral de cette époque dans le Christ. Il devint préfet de la congrégation de l'école et, à cette place de responsable, il déploya parmi les congréganistes un apostolat empressé. C'était un travail de contact, soutenu et sans bruit, de l'un à l'autre. C'est ainsi qu'il réussit à porter la congrégation à un haut niveau. Quand il fut aux armées, il organisa un vaste réseau de correspondance avec ses condisciples et chercha, de cette façon, à les maintenir dans l'amour idéal et la fidélité envers lui. Son apostolat s'exerçait aussi dans son entourage immédiat. Des camarades l'avaient surnommé « l'adjudant de l'aumônier de la division ». Son souci particulier concernait la célébration de la Messe. Même s'il y avait une longue route à parcourir, il cherchait à motiver les camarades pour qu'ils y participent et reçoivent les sacrements. Il faisait des sacrifices particuliers pour l'apostolat par l'écrit. Avec sa maigre solde il s'achetait de bon livres et revues et, dans son sac lourdement chargé, les traînait jusque dans la tranchée. Plus d'une fois, il se tourna vers Schoenstatt et demanda de la littérature missionnaire. L'apostolat de la parole, on le trouve dans son engagement en faveur des enseignements et des droits de l'Eglise. Dans les derniers mois, figurait dans son ordre du jour spirituel une prière pour l'association Saint Boniface et son travail en faveur des frères dans la foi dispersés dans la diaspora.

 

Comment vivre cela?

 

Toi aussi, tu es appelé à l'apostolat. Mets en oeuvre spécialement aujourd'hui ton esprit apostolique. Rassemble dans ton esprit les occasions qui se prêtent bien au service de l'apostolat. Peut-être peux-tu t'intéresser au travail, aux services de la pastorale paroissiale ou, d'une façon ou d'une autre, participer aux groupes d'Eglise. Peut-être peux-tu faire quelque chose dans le domaine caritatif, pour les missions, pour l'apostolat par la presse. Ou bien fais visite à un malade, fais un don pour une bonne cause. Cultive l'apostolat de la bonne parole et cherche à gagner des personnes en danger. Si une action extérieure t'es impossible, offre aujourd'hui un sacrifice particulier et prie pour l'Eglise de Dieu opprimée.

 

Prière

 

Divin Sauveur Jésus-Christ, par le Baptême Tu m'as appelé à l'apostolat, par la Confirmation Tu m'as sacré militant du royaume de Dieu. Remplis-moi du sentiment de responsabilité pour la mission qui m'est confiée et éveille en moi le sens missionnaire pour Ta Sainte cause. Donne-moi le courage du sacrifice, afin que je ne craigne aucune peine. Le courage de rester fort, afin que nul échec ne me paralyse. Mets dans mon cœur les sentiments qui conviennent sur mes lèvres la parole opportune. Oriente toutes mes actions, tous mes soucis et fais-les tourner à la gloire de Ton Saint Nom et à l'extension de Ton Royaume ici sur terre. Amen.

 

Sixième jour

Tout donné à la Sainte Vierge 

 

Évangile selon Saint Jean (19, 25-27)

 

Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus, voyant sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère: Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple: Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui.

 

Sa dévotion à Marie

 

La grande caractéristique de la vie intérieure de Joseph Engling fut l'amour authentique qui l'anima pour la Mère de Dieu. D'où cette deuxième face de son idéal de vie : « Tout donné à la Sainte Vierge. » Elle était la Reine à qui son cœur appartenait, à qui il confiait tout. Sa vie, son travail, sa prière et sa souffrance, il les comprenait comme une action continuelle au service de la Mère de grâce de Schoenstatt. Les points culminants de sa dévotion mariale étaient toujours les fêtes de Marie et le mois de Mai. C'est alors qu'il rassemblait ce qu'il appelait « les fleurs de mai ». Il entendait par là une grosse brassée de sacrifices vécus dans l'existence quotidienne et qu'il offrait à Marie comme cadeau de Mai. Pendant les durs combats de Flandre sa résolution particulière consista, durant des semaines, à se souvenir souvent, dans la journée, de la Mère de Dieu, à la saluer et à offrir par ses mains tout ce qu'il vivait. Chaque jour, en esprit, il pérégrinait jusqu'à Schoenstatt en son petit sanctuaire. C'était l'endroit même où il se sentait chez lui, où il avait ses racines. Ainsi peut-on lire maintes fois dans son journal intime que les durs efforts et renoncements de sa vie au front étaient devenus légers à la pensée de la Mère trois fois admirable. Le don de soi atteignit un sommet quand, au milieu de la bataille, il mit par écrit sa consécration à la Sainte Vierge. Par ces quelques lignes il offrit à Marie sa vie en sacrifice pour la mission et la cause de Schoenstatt. Jusqu'à dix fois par jour, durant ces semaines passées au danger, il a renouvelé de vive voix sa consécration. Quelques mois plus tard, sur le champ de bataille, celle-ci fut scellée par la mort.

 

Comment vivre cela?

 

Comme ce fut le cas pour Joseph Engling, que ta vie aussi soit entièrement donnée à la Mère de Dieu. Elle est le chemin le plus sûr qui mène au Christ. Pour devenir un serviteur de Marie, il n'est besoin de rien d'autre qu'un amour simple et droit et d'une confiance sincère. Que l'exercice de l'un et l'autre constitue le meilleur de la journée présente. Tu peux mettre en pratique cette intention en accomplissant à la perfection tel devoir d'état par amour pour la Sainte Vierge. Tu peux lui faire plaisir en faisant plaisir aux autres. Tu peux lui témoigner ta vénération en décorant son image chez toi, en visitant une stèle ou une chapelle dédiées à Marie. Adresse-lui ta salutation par le chapelet ou quand sonne l'angélus. En esprit, met-toi en route pour Schoenstatt auprès de la Mère de grâce et là, offre-lui une victoire sur toi-même accomplie avec cœur L'amour te rendra inventif sur les façons d'offrir tes services à la Mère de Dieu.

 

Prière

 

Mère bien-aimée, trois fois admirable, combien ton serviteur Joseph Engling T'a aimée et avec quelle fidélité il Te fut dévoué, sa vie durant ! C'est bien cet amour pour Toi qui l'a fait vivre dans l'intimité de Dieu et lui a donné force d'âme. Moi aussi, je voudrais T'appartenir sans réserve et rester à Ton service. Accepte donc ma consécration, par laquelle je me lie à Toi pour toujours. Pour qu'advienne Ton règne, je veux à l'avenir engager toutes mes forces. De Ton côté, prends ma vie sous Ta protection et façonne-la sur le modèle de Ton divin Fils. En Toi, Mère bien-aimée de Dieu, j'ai mis ma confiance, conduis-moi tout au long de mon pèlerinage terrestre. Amen.

 

Septième jour

Porter le Christ 

 

Lecture de la lettre de Saint Paul aux Galates (2, 16, 19-20)

 

Sachant que ce n'est pas par les œuvres de la loi que l'homme est justifié, mais par la foi en Jésus Christ, nous aussi nous avons cru en Jésus Christ, afin d'être justifiés par la foi en Christ et non par les œuvres de la loi, parce que nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la loi. car c'est par la loi que je suis mort à la loi, afin de vivre pour Dieu. J'ai été crucifié avec Christ; et si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi.

 

Sa vie dans le Christ

 

Dans sa plus grande jeunesse, Joseph Engling vécut une profonde expérience du Christ: la célébration de sa première communion. Dès ce temps-là, âgé de 12 ans, il tenait un journal spirituel, qui porte témoignage de sa maturité de sa vie intérieure. A Schoenstatt cela devint encore plus profond quand il se joignit, à l’intérieur de la congrégation mariale, à la section eucharistique. On peut le constater : les époques que distingue une intense dévotion mariale ne tardent pas à engendrer un amour plus grand encore pour la Christ. C’est ainsi que la célébration quotidienne de l’Eucharistie devient bientôt le centre de ses occupations journalières. Son zèle pour le Christ eucharistique le poussa, durant les vacances dans sa paroisse d’origine, à introduire un usage qui n’existait pas encore: celui de la communion fréquente. Et il commença dans sa propre famille. La participation quotidienne au sacrifice de la Messe, il la prit tellement à cœur que, durant sa vie de soldat, il souffrit beaucoup d’en être privé. En compensation, il s’efforçait, chaque matin, d’y participer en esprit et de faire, à cette occasion, la communion spirituelle. Pendant la journée il se remettait devant la présence de Dieu en son âme par deux heures de garde eucharistique. D’après ses annotations écrites, il s’est acquitté de ses exercices à peu prés chaque jour, quelles que soit les conditions de vie au front. Si l’occasion se présentait de participer réellement à la Messe célébrée par un aumônier, ce jour devenait pour lui un jour de fête qui remplissait son âme d’un réel enthousiasme. Il vivait l’année liturgique de telle façon que, malgré les événements éprouvant du front, les grandes fêtes marquaient sa vie spirituelle. En août 1918, sa résolution particulière fut, tout un temps, de se rendre attentif, chaque heure, à la présence du Fils de Dieu dans son âme : ainsi cheminait-il uni au Christ tout au long de sa journée.

 

Comment vivre cela?

 

Qu’en est-il de ta vie avec et dans le Christ? Es-tu continuellement en état de grâce? comment participes-tu au Saint-Sacrifice de la Messe et comment soignes-tu la réception des sacrements? Ce jour-ci doit traduire ton amour pour le Sauveur eucharistique. Choisis parmi les propositions suivantes quelque chose qui te convienne. Si les circonstances le permettent, assiste aujourd’hui au Saint-Sacrifice de la Messe. Continue dans la journée ta participation à la Messe. Concentre-toi assez souvent dans le recueillement intérieur. Transporte-toi alors en esprit dans l'église de ta communauté pour y adorer comme Joseph Engling une heure de garde. Fais aussi une visite au Saint Sacrement ou une lecture de la Sainte Écriture. Rends grâce à Dieu qui habite en toute âme en état de grâce et te croise aujourd’hui bien plus d’une fois dans le prochain. Que ton salut adressé à l’autre soit en même temps un salut au Christ Jésus.

 

Prière

 

Sauveur Eucharistique, caché mystérieusement sous les apparences du pain, je crois au mystère de Ta présence réelle dans le sacrement de l’autel et je T’adore. Pénètre-moi toujours plus de cette foi pour que je puisse prendre une part active au Saint Sacrifice, que Tu renouvelles chaque jour sur l’autel. En Toi, je voudrais être transformé pour que ce ne soit plus moi qui vive mais Toi en moi. Demeure avec moi, Seigneur, et ne permets pas que je perde jamais par le péché la partage de ta vie. Amen.

 

Huitième jour

Vivre en enfant de Dieu 

 

Lecture de la lettre de Saint Paul aux Romains (8, 14-17)

 

Car tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Et vous n'avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte; mais vous avez reçu un Esprit d'adoption, par lequel nous crions: Abba! Père! L'Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers: héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d'être glorifiés avec lui.

 

Sa vie d’enfant de Dieu

 

Plusieurs mois avant la fin de sa vie, la conscience qu’il avait d’être enfant de Dieu agit sur son âme comme un puissant levier. Cela ne lui vint pas d’un enseignement extérieur mais ce fut la conséquence naturelle et le plus beau fruit de sa piété mariale et de son amour du Christ longtemps entretenus. Désormais, il pratique, au milieu des occupations quotidiennes imposées par la situation, un cheminement constant avec le Dieu trinitaire. Chaque heure il renouvelait expressément sa conviction de la présence de Dieu en son âme. Il élevait son cœur vers lui dans la prière et s’efforçait d’accomplir d’une façon qui plaise à Dieu l’action alors en cours. Cette solitude dans la prière et cette continuelle union à Dieu se haussaient en lui jusqu’à une proximité presque perceptible de Dieu. Mais, en même temps, croissait aussi en lui la délicatesse de conscience de sorte qu’il détectait en lui-même les fautes les plus légères. Cela éveillait le vif désir de racheter ces infidélités par une pénitence et une mortification accrues. Son cheminement avec Dieu était constamment lié à l'exercice précis d’une vertu. C’est ce que laissait entendre sa dernière résolution particulière: se dire à haute voix que Dieu, le Père bien-aimé de tous les hommes, était prés de lui et le poussait au don de soi sans réserve au prochain.

 

Comment vivre cela?

 

Deviens convaincu que, par ton état de grâce, tu es un enfant de Dieu et que tu portes en toi une haute valeur. Vis-tu aussi comme Joseph Engling, ta condition d’enfant de Dieu? Qu’en est-il de ta relation à Dieu? Est-ce la relation de l’homme qui se sait conduit par la main de Dieu le Père, ou bien est-ce la relation troublée par le péché, peut-être même par la crainte non fondée de pécher. Ou bien avances-tu dans la vie sans te poser de questions, sans prendre en compte le fait que Dieu est avec toi et demeure en toi? rappelle-toi assez souvent que Dieu est présent en ton âme et prie-le. Pense que sa providence garde ta vie et la conduit. Laisse-toi donc conduire par lui en toute confiance. Fais lui don de l’action dont tu es justement en train de t’acquitter par devoir d’état. Accomplis-la de telle façon qu’il en soit honoré et non déshonoré. Fais aujourd’hui une lecture de Bible pour approfondir en toi la conscience de la présence de Dieu.

 

Prière

 

Dieu, Père du Ciel, Créateur de ma vie, de qui j’ai reçu tout ce que je suis. Je reconnais ma totale dépendance par rapport à Toi, je T’adore et Te vénère. Je veux aussi T’appartenir totalement et c’est pourquoi je confie à Ta providence tout mon destin. Père Céleste, par Ton Fils Jésus-Christ, Tu as suscité en moi une mystérieuse vie. Rends-Moi conscient, au plus profond de l'âme que je suis à Toi et que Ton amour de Père règne sur moi. Garde-moi dans Ton amour. Sous Ton regard à qui rien n’échappe je veux, fidèle à Tes commandements, aller dans Ta vie. Purifie mon intérieur de tout péché et de tout désordre pour que Te plaise constamment et que mes actes soient un incessant sacrifice de louange à la gloire de Ton Saint Nom. Amen.

 

Neuvième jour

Fidèle jusqu’à la mort

 

Lettre de Saint Paul aux Romains (8, 35-39)

 

Qui nous séparera de l'amour de Christ? Sera-ce la tribulation, ou l'angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l'épée? selon qu'il est écrit: C'est à cause de toi qu'on nous met à mort tout le jour, Qu'on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie. Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car j'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ notre Seigneur.

 

Sa persévérance dans le bien

 

Les paroles de l’apôtre peuvent quasiment à la lettre s’appliquer a la vie de Joseph Engling. Rien n’a pu le faire dévier de son but: devenir un saint. La « détressée du fait de ses défauts corporels et de caractère ne l’a pas découragé. « L’angoisse » provoquée par des fausses accusations n’ont pas engendré chez lui l’amertume à l’égard des autres. La « faim » n’a pas pu stopper sa marche vers l’idéal, le « dénuement » non plus dans les misérables logements de la tranchée. Le « danger » de la bataille ne parvient pas à étouffer sa vie intérieure, et le « supplice », la mort, ne l’a pas séparé du Christ mais l’a uni à Lui pour toujours. On peut considérer comme l’exploit de sa vie, que nul échec ne put briser son élan vers la Sainteté. Il eut le courage, en dépit de tout, de recommencer sans cesse chaque jour. Lui aussi, pourtant, dans les contrariétés de la vie, les accès de découragements auraient pu l’anéantir. Mais jamais ils n’eurent le dessus dans son combat religieux et moral.

 

Comment vivre cela?

 

Tu sais déjà certainement par expérience que la persévérance est ce qu’il y a de plus dur. Cela vaut tout autant pour ton effort vers l’accomplissement de toi-même pour ta prière. Quand donc la vue de tes fautes ou de tes faiblesses va te décourager, rappelle-toi une chose : l’insatisfaction de toi-même, dont tu souffres, est justement signe que la grâce de Dieu est agissante en ton âme Ne renonce donc pas. Dieu est avec toi et si ta prière, apparemment, n’a encore eu que peu de succès, ne pense pas que Dieu s’est détourné de toi. Tu ne connais pas ses insondables desseins. Reste persévérant dans la prière. D’une façon ou d’une autre, tu es toujours exaucé par Dieu. Viendra le temps où tu constateras que le Seigneur agissait justement. Souvent, il a bien tout dirigé justement quand il n’exauçait pas nos désirs humains. Recueille-toi donc aujourd’hui dans une prière de don de toi à la Sainte Volonté de Dieu et promet-lui de ne te laisser détourner da Sa providence par aucun événement. Reste-lui fidèle jusqu’à la mort.

 

Prière

 

Dieu Tout Puissant et Père plein de bonté, Toi qui mystérieusement diriges ma vie selon Tes insondables desseins, apprends-moi à renoncer à ma volonté propre et à être tout donné à la Tienne. Par l’intercession de Marie, Ta Sainte Mère, et de Ton serviteur Joseph Engling, accorde moi la grâce de la persévérance jusqu’à la fin. Fortifie-moi dans les épreuves de cette terre, pour que je ne me laisse pas gagner par le découragement. C’est en Toi que je veux espérer, là où les vues humaines ne laissent plus aucun espoir. Je veux compter sur Toi là où les forces humaines sont impuissantes. C’est en Toi, Seigneur, que je mets ma confiance, ne me laisse jamais périr. Amen.

 

 

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Conclusion

 

Tu as maintenant achevé ta neuvaine à Joseph Engling et, durant neuf jours, tu t’es éduqué à son école. Si donc tu pouvais te compter parmi ceux qui ont éprouvé la bénédiction de son intercession, ou qui l’éprouveront, alors remercie ton intercesseur auprès du Trône de Dieu et remercie aussi la Sainte Vierge, si possible, envoie un message au Secrétariat Joseph Engling, Schönstatt Institut, Marienbrüder, Höhrer Strasse 80an D-56179 Vallendar.

Mais si ta prière n’est pas tout de suite exaucée, ne renonce pas. Bien des gens ont fait la neuvaine, pas seulement une fois, mais plusieurs, avant que Dieu n’agrée leur supplique. Reste donc persévérant. S’il est dans le plan de Dieu d’exaucer ta demande, tu peux avoir confiance que Joseph Engling implorera certainement auprès de Dieu l’heureuse issue de ta prière. Persévère donc inébranlablement dans la confiance. Et si Dieu, en son insondable dessein, en avait décidé autrement, alors acquiesce car c’est pour ton plus grand bien. Dépose avec patience tous tes soucis dans la main de la Sainte Vierge. Du haut de la Croix le Sauveur a béni le monde, de même ta croix actuelle deviendra aussi pour d’autres une source de bénédictions. Ta confiance en la Mère Trois Fois Admirable et en son serviteur Joseph Engling ne reste pas sans réponse. Si tu as fait comme il faut cette Neuvaine, tu t’es enrichi intérieurement. Très certainement, d’une autre façon, elle deviendra pour toi aussi bénédiction, telle que tu ne peux encore aujourd'hui la deviner.

  

Prière

 

Bien-aimée Vierge Marie, Mère Trois Fois Admirable de Schoenstatt ! Arrivé au terme de cette Neuvaine, je viens à Toi et je dépose en tes mains ce que ces neuf jours comportent de travail, de prière et d’esprit de sacrifice. Dans ta bonté sois indulgente et ne tiens pas compte des manques et des défauts qui entachent mon offrande. Reçois-la favorablement comme un signe de mon amour et de ma gratitude. Je te confie l’heureux aboutissement de ma prière. De ta main je recevrai volontiers ce que le Père du Ciel, dans Son insondable Providence, a décidé. S’il accorde ce pour quoi je l’implore, aide-moi à remercier. S’il me laisse ma croix, aide-moi à me plier avec courage à sa Sainte Volonté. À l’exemple de Ton serviteur Joseph Engling, je veux Te servir avec fidélité. Et ainsi j’espère de Ton intercession, protection et bénédiction dans toutes les situations de ma vie. Qu’il soit aussi dorénavant mon compagnon de route et qu’il marche à mes côtés au long de mon pèlerinage terrestre, jusqu’à Toi, dans l’éternelle patrie. Amen.

  

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Prière pour la béatification de Joseph Engling

 

Etends la main, Seigneur, et fais surgir signes, miracles et guérisons par l’intercession de Ton fidèle serviteur Joseph Engling, afin que soient manifestées au monde entier Ton infinie Miséricorde, la puissance et la bonté de la Mère et Reine Trois Fois Admirable de Schoenstatt. Amen.

Bien-aimée Mère et Reine Trois Fois Admirable de Schoenstatt, Mère de Grâce, Tu nous as accordé, en la personne de Ton fidèle serviteur Joseph Engling, un exemple lumineux qui nous indique comment T’aimer et comment lutter pour le Règne de Ton Fils. Avec une fidélité constante, il Te fut totalement donné et, avec un zèle inlassable, il s’est fait tout à tous. Nous t’en supplions, par la puissance de ton intercession, fais qu’il soit inscrit au nombre des saints confesseurs, afin qu’il puisse continuer ici-bas, avec plus d’efficacité encre, à agir pour Ta Gloire et pour le Règne de Ton Fils. Obtiens-nous aussi la grâce de suivre l’exemple de ses vertus et d’être toujours dévoué à ton service dans le sacrifice et la joie de l’amour. Nous promettons d’offrir volontiers par Tes mains, Mère de Grâces de Schoenstatt, toutes nos prières, nos travaux et nos souffrances pour que jaillisse de Ton Sanctuaire un abondant torrent de grâces pour le renouveau religieux et moral du monde dans le Christ. Amen.

 

Relations de grâces

Faire connaître, s’il vous plaît, les cas de prières exaucées à

 

Secrétariat Joseph Engling,

 Schönstatt-Institut,

 Marienbrüder,

 Höhrer Strasse 80a,

 D-56179 Vallendar.

www.josef-engling-france.com.pl

 

Sœurs de Marie de Schœnstatt

Thun St Martin

F. 59 141 Iwuy

www.sanctuairedelunite.fr

 

 

Téléchargez le texte de la Neuvaine à Joseph Engling (pdf) en cliquant ici

 

 

Voir aussi: http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/lirarticle-83937-492492.html

 

 

Pour approfondir

"Joseph Engling et la spiritualité de Schönstatt", de René Lejeune, Editions du Parvis, 1992. Vous pouvez vous le procurer sur le site de l'éditeur en cliquant ici

"Joseph Kentenich et le Mouvement de Schoenstatt, douze portes pour découvrir et comprendre", par une Soeur Ermite, aux Editions Parole et Silence, 2018. Présentation de ce livre sur le site de l'éditeur en cliquant ici

 

2 août 2008

Le Rosaire médité avec Maria Valtorta 18/20

  Le Rosaire médité avec Maria Valtorta

Textes extraits de « L'Evangile tel qu'il m'a été révélé »

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Troisième Mystère Glorieux: L'Effusion de l'Esprit Saint au Cénacle


Il n’y a pas de voix ni de bruits dans la maison du Cénacle. Il n’y a pas de disciples présents, du moins je n’entends rien qui me permette de dire que dans les autres pièces de la maison sont rassemblées des personnes. Il y a seulement la présence et les voix des douze et de Marie très Sainte, rassemblés dans la salle de la Cène. La pièce semble plus vaste car le mobilier, disposé différemment, laisse libre tout le milieu de la pièce et aussi deux des murs. Contre le troisième on a poussé la table qui a servi pour la Cène, et entre eux et les murs, et aussi aux deux côtés les plus étroits de la table, on a mis les lits-sièges qui ont servi à la Cène et le tabouret qui a servi à Jésus pour le lavement des pieds. Pourtant ces lits ne sont pas disposés perpendiculairement à la table comme pour la Cène, mais parallèlement, de façon que les apôtres puissent rester assis sans les occuper tous, en laissant pourtant un siège, le seul mis verticalement par rapport à la table, tout entier pour la Vierge bénie qui est au milieu de la table, à la place qu’à la Cène occupait Jésus. Il n’y a pas de nappe ni de vaisselle sur la table, les crédences sont dégarnies et aussi les murs de leurs ornements. Seul le lampadaire brûle au centre, mais avec la seule flamme centrale allumée; l’autre cercle de petites lampes qui sert de corolle au bizarre lampadaire est éteint. Les fenêtres sont fermées et barrées par une lourde barre de fer qui les traverse. Mais un rayon de soleil s’infiltre hardiment par un petit trou et descend comme une aiguille longue et fine jusqu’au pavé où il dessine une tache lumineuse. La Vierge, assise seule sur son siège, a à ses côtés, sur des sièges : Pierre et Jean, Pierre à droite, Jean à gauche. Mathias, le nouvel apôtre, est entre Jacques d’Alphée et le Thaddée. La Vierge a devant elle un coffre large et bas de bois foncé et qui est ferme. Marie est vêtue de bleu foncé. Elle a sur ses cheveux son voile blanc et par-dessus un pan de son manteau. Les autres ont tous la tête découverte. Marie lit lentement à haute voix, mais à cause du peu de lumière qui arrive jusque là, je crois plutôt qu’au lieu de lire elle répète de mémoire les paroles écrites sur le rouleau qu’elle tient déplié. Les autres la suivent en silence, en méditant. De temps à autre ils répondent si le cas se présente. Marie a le visage transfiguré par un sourire extatique. Qui sait ce qu’elle voit, de si capable d’allumer ses yeux comme deux claires étoiles, et de rougir ses joues d’ivoire comme si une flamme rose se réfléchissait sur elle ? C’est vraiment la Rose mystique... Les apôtres se penchent en avant, en se tenant un peu de biais pour voir son visage pendant qu’elle sourit si doucement et qu’elle lit. Sa voix semble un cantique angélique. Pierre en est tellement ému que deux grosses larmes tombent de ses yeux et, par un sentier de rides gravées aux côtés de son nez, elles descendent se perdre dans le buisson de sa barbe grisonnante. Mais Jean reflète son sourire virginal et s’enflamme d’amour comme elle, pendant qu’il suit du regard ce que lit la Vierge sur le rouleau, et quand il lui présente un nouveau rouleau il la regarde et lui sourit. La lecture est finie. La voix de Marie s’arrête et on n’entend plus le bruissement des parchemins déroulés et enroulés. Marie se recueille en une oraison secrète, en joignant les mains sur sa poitrine et en appuyant sa tête contre le coffre. Les apôtres l’imitent... Un grondement très puissant et harmonieux, qui rappelle le vent et la harpe, et aussi le chant d’un homme et le son d’un orgue parfait, résonne à l’improviste dans le silence du matin. Il se rapproche, toujours plus harmonieux et plus puissant, et emplit la Terre de ses vibrations, il les propage et il les imprime à la maison, aux murs, au mobilier. La flamme du lampadaire, jusqu’alors immobile dans la paix de la pièce close, palpite comme investie par un vent, et les chaînettes de la lampe tintent en vibrant sous l’onde de son surnaturel qui les investit. Les apôtres lèvent la tête effrayés. Ce bruit puissant et très beau, qui possède toutes les notes les plus belles que Dieu ait données au Ciel et à la Terre, se fait de plus en plus proche, alors certains se lèvent, prêts à s’enfuir, d’autres se pelotonnent sur le sol en se couvrant la tête avec leurs mains et leurs manteaux, ou en se frappant la poitrine pour demander pardon au Seigneur. D’autres encore se serrent contre Marie, trop effrayés pour conserver envers la Toute Pure cette retenue qu’ils ont toujours eue. Seul Jean ne s’effraie pas car il voit la paix lumineuse de joie qui s’accentue sur le visage de Marie qui lève la tête en souriant à une chose connue d’elle seule, et qui ensuite glisse à genoux en ouvrant les bras, et les deux ailes bleues de son manteau ainsi ouvert s’étendent sur Pierre et Jean qui l’ont imitée en s’agenouillant. Mais tout ce que j’ai gardé en détail pour le décrire s’est passé en moins d’une minute. Et puis voilà la Lumière, le Feu, l’Esprit-Saint, qui entre avec un dernier bruit mélodieux sous la forme d’un globe très brillant et ardent dans la pièce close, sans remuer les portes et les fenêtres, et qui plane un instant au-dessus de la tête de Marie à environ trois palmes de sa tête qui est maintenant découverte, car Marie, voyant le Feu Paraclet, a levé les bras comme pour l’invoquer et a rejeté la tète en arrière avec un cri de joie, avec un sourire d’amour sans bornes. Et après cet instant où tout le Feu de l’Esprit-Saint, tout l’Amour est rassemblé au-dessus de son Épouse, le Globe très Saint se partage en treize flammes mélodieuses et très brillantes, d’une lumière qu’aucune comparaison terrestre ne peut décrire et descend pour baiser le front de chaque apôtre. Mais la flamme qui descend sur Marie n’est pas une flamme dressée sur son front qu’elle baise, mais une couronne qui entoure et ceint, comme un diadème, sa tête virginale, en couronnant comme Reine la Fille, la Mère, l’Épouse de Dieu, la Vierge incorruptible, la toute Belle, l’éternelle Aimée et l’éternelle Enfant, que rien ne peut avilir, et en rien, Celle que la douleur avait vieillie, mais qui est ressuscitée dans la joie de la résurrection, partageant avec son Fils un accroissement de beauté et de fraîcheur de la chair, du regard, de la vitalité, ayant déjà une anticipation de la beauté de son Corps glorieux monté au Ciel pour être la fleur du Paradis. L’Esprit-Saint fait briller ses flammes autour de la tête de l’Aimée. Quelles paroles peut-Il lui dire ? Mystère ! Son visage béni est transfiguré par une joie surnaturelle, et rit du sourire des Séraphins pendant que des larmes bienheureuses semblent des diamants qui descendent le long des joues de la Bénie, frappées comme elles le sont par la Lumière de l’Esprit-Saint. Le Feu reste ainsi quelque temps... Et puis il se dissipe... De sa descente il reste comme souvenir un parfum qu’aucune fleur terrestre ne peut dégager... Le Parfum du Paradis... Les apôtres reviennent à eux... Marie reste extasiée. Elle croise seulement les bras sur sa poitrine, ferme les yeux, baisse la tête... Elle continue son colloque avec Dieu... insensible à tout... Personne n’ose la troubler. Jean dit en la désignant : "C’est l’autel. Et c’est sur sa gloire que s’est posée la Gloire du Seigneur..." "Oui. Ne troublons pas sa joie. Mais allons prêcher le Seigneur et que soient connues ses œuvres et ses paroles parmi les peuples" dit Pierre avec une surnaturelle impulsivité. "Allons ! Allons ! L’Esprit de Dieu brûle en moi" dit Jacques d’Alphée. "Et il nous pousse à agir. Tous. Allons évangéliser les gens." Ils sortent comme s’ils étaient poussés ou attirés par un vent ou par une force irrésistible. Jésus dit  : "Et ici prend fin l’Œuvre que mon amour pour vous a dictée, et que vous avez reçue à cause de l’amour qu’une créature a eu pour Moi et pour vous. Elle se termine aujourd’hui : Commémoration de Sainte Zita de Lucques, humble servante qui servit son Seigneur dans la charité dans cette Église de Lucques dans laquelle j’ai amené, de lieux lointains, mon petit Jean pour qu’il me serve dans la charité et avec le même amour de Sainte Zita pour tous les malheureux. Zita donnait son pain aux pauvres. en se souvenant que je suis en chacun d’eux et bienheureux seront à mes côtés ceux qui auront donné du pain et à boire à ceux qui ont soif et faim. Marie-Jean a donné mes paroles à ceux qui languissent dans l’ignorance ou dans la tiédeur ou le doute en matière de Foi, en se rappelant ce qui est dit par la Sagesse que ceux qui se donnent du mal pour faire connaître Dieu brilleront comme des étoiles dans l’éternité, en glorifiant leur Amour en le faisant connaître et aimer, et à beaucoup de gens. Et elle se termine aussi aujourd’hui, jour auquel l’Église élève sur les autels le pur lys des champs, Marie Thérèse Goretti, dont la tige fut brisée alors que la corolle était encore en bouton. Et brisée par qui, sinon par Satan, envieux de cette candeur qui resplendissait plus que son ancien aspect angélique ? Brisée parce que sacrée pour son divin Amant. Marie, vierge et martyre de ce siècle d’infamies où on méprise même l’honneur de la Femme, en crachant la bave des reptiles pour nier le pouvoir de Dieu de donner une demeure inviolée à son Verbe qui s’est incarné par l’œuvre de l’Esprit-Saint pour sauver ceux qui croient en Lui. Marie-Jean aussi est victime de la Haine qui ne veut pas que l’on célèbre mes merveilles avec l’Œuvre, arme puissante pour lui arracher tant de proies. Mais Marie-Jean sait aussi, comme le savait Marie Thérèse, que le martyre, quelque nom et quelque aspect qu’il ait, est une clef pour ouvrir sans retard le Royaume des Cieux à ceux qui le souffrent pour continuer ma Passion. L’Œuvre est finie. Et avec sa fin, avec la descente de l’Esprit-Saint, se conclut le cycle messianique que ma Sagesse a éclairé depuis son aube : la Conception Immaculée de Marie, jusqu’à son couchant : la descente de l’Esprit-Saint. Tout le cycle messianique est œuvre de l’Esprit d’Amour pour qui sait, bien voir. Il est donc juste de le commencer avec le mystère de l’Immaculée Conception de l’Épouse de l’Amour et de le conclure avec le sceau du Feu Paraclet sur l’Église du Christ. Les œuvres manifestes de Dieu, de l’Amour de Dieu, prennent fin avec la Pentecôte. Depuis lors continue l’intime, le mystérieux travail de Dieu dans ses fidèles, unis au Nom de Jésus dans l’Église Une, Sainte, Catholique, Apostolique, Romaine, et l’Église, c’est-à-dire ce rassemblement des fidèles : pasteurs, brebis et agneaux, peut avancer sans errer, grâce à l’opération spirituelle, continuelle de l’Amour, Théologien des théologiens, Celui qui forme les vrais théologiens, que sont ceux qui sont perdus en Dieu et ont Dieu en eux : la vie de Dieu en eux grâce à la direction de l’Esprit de Dieu qui les conduit, que sont ceux qui sont vraiment "fils de Dieu" selon la pensée de Paul. Et au terme de l’Œuvre je dois mettre encore une fois la plainte que j’ai mise à la fin de chaque année évangélique, et dans la douleur de voir mépriser mon don, je vous dis : "Vous n’aurez pas autre chose puisque vous n’avez pas su accueillir ce que je vous ai donné". Et je vous dis aussi ce que je vous ai fait dire pour vous rappeler sur le droit chemin l’été passé (21-5-46) : " Vous ne me verrez pas jusqu’à ce que vienne le jour dans lequel vous direz : ‘Béni Celui qui vient au nom du Seigneur’".


Fruit du Mystère, demandons les Dons du Saint Esprit

2 août 2008

Le Rosaire médité avec Maria Valtorta 14/20

Le Rosaire médité avec Maria Valtorta

Textes extraits de « L'Evangile tel qu'il m'a été révélé »

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Quatrième Mystère Douloureux: Le portement de Croix


Après sa condamnation, Jésus reste ainsi, gardé par les soldats attendant la croix, pas plus d'une demie heure, peut-être encore moins aussi. Puis Longin, chargé de présider l'exécution, donne ses ordres. Mais avant que Jésus soit conduit dehors, sur le chemin, pour recevoir la croix et se mettre en marche, Longin l'a regardé deux ou trois fois avec une curiosité déjà nuancée de compassion et, avec le coup d'œil de quelqu'un habitué à certaines choses, il s'approche de Jésus avec un soldat et Lui offre pour le désaltérer une coupe de vin, je crois, car il coule d'une vraie gourde militaire un liquide d'un blond rosé clair. "Cela te fera du bien. Tu dois avoir soif et dehors, il y a du soleil, et la route est longue." Mais Jésus répond : "Que Dieu te récompense de ta pitié, mais ne te prive pas." "Mais moi, je suis sain et fort. ..Toi... Je ne me prive pas... Et puis volontiers je le ferais dans ce cas pour te réconforter... Une gorgée... pour me montrer que tu ne hais pas les païens." Jésus ne refuse plus et boit une gorgée de la boisson. Il a les mains déjà déliées, comme il n'a plus le roseau ni la chlamyde et il peut le faire Lui-même. Ensuite il refuse, bien que la boisson fraîche et bonne devrait soulager la fièvre qui déjà se manifeste dans les traces rouges qui s'allument sur ses joues pâles et sur ses lèvres sèches et gercées. "Prends, prends. C'est de l'eau et du miel. Cela soutient, désaltère... Tu me fais pitié... oui... pitié... Ce n'était pas Toi qu'il fallait tuer d'entre les hébreux... Hélas !... Moi, je ne te hais pas... et je chercherai à ne te faire souffrir que le nécessaire." Mais Jésus ne recommence pas à boire... Il a vraiment soif... La soif terrible de ceux qui ont perdu du sang et des fiévreux... Il sait que ce n'est pas une boisson narcotinisée et il boirait volontiers. Mais il ne veut pas moins souffrir. Mais je comprends, comme je comprends ce que je dis grâce à une lumière intérieure que, plus que l'eau au miel, le réconforte la pitié du romain. "Que Dieu te rende en bénédictions ce soulagement" dit-il ensuite. Et il a encore un sourire... un sourire déchirant avec sa bouche enflée, blessée, qu'il remue difficilement aussi parce que entre le nez et la pommette droite est fortement enflée la forte contusion du coup de bâton qu'il a reçu dans la cour intérieure après la flagellation. Arrivent les deux larrons encadrés chacun par une décurie de soldats. C'est l'heure de partir. Longin donne les derniers ordres. Une centurie est disposée sur deux rangs distants de trois mètres l'un de l'autre, et elle sort ainsi sur la place où une autre centurie a formé un carré pour repousser la foule afin qu'elle ne gêne pas le cortège. Sur la petite place, se trouvent déjà des hommes à cheval : une décurie de cavalerie avec un jeune gradé qui les commande et avec les enseignes. Un soldat à pied tient par la bride le cheval moreau du centurion. Longin monte en selle et va à sa place à deux mètres en avant des onze cavaliers. On apporte les croix : celles des deux larrons sont plus courtes. Celle de Jésus est beaucoup plus longue. Je dis que la pièce verticale n'a pas moins de quatre mètres. Je la vois apportée déjà formée. J'ai lu à ce sujet, quand je lisais... c'est-à-dire il y a des années, que la croix fut formée en haut du Golgotha et que le long du chemin les condamnés portaient seulement les deux poteaux sur leurs épaules. C'est possible, mais moi, je vois une vraie croix bien formée, solide, avec les bras parfaitement encastrés dans la pièce principale et bien renforcée par des clous et des boulons. En fait, si on réfléchit qu'elle était destinée à soutenir le poids appréciable qu'est le corps d'un adulte et à le soutenir même dans les convulsions finales, appréciables aussi, on comprend qu'elle ne pouvait être montée sur le sommet étroit et incommode du Calvaire. Avant de donner la croix à Jésus, on Lui passe au cou l'écriteau avec la mention "Jésus le Nazaréen Roi des Juifs". La corde qui le soutient s'emmêle dans la couronne qui se déplace et griffe là où il n'y a pas déjà de griffures et pénètre en de nouveaux points en donnant une douleur nouvelle et en faisant de nouveau couler du sang. Les gens rient d'une joie sadique, insultent, blasphèment. Maintenant ils sont prêts, et Longin donne l'ordre de marche : "D'abord le Nazaréen, derrière les deux larrons; une décurie autour de chacun, les sept autres décuries sur les ailes et comme renfort, et le responsable sera le soldat qui fait frapper à mort les condamnés". Jésus descend les trois marches qui amènent du vestibule sur la place. Et il apparaît tout de suite avec évidence que Jésus est dans des conditions de grande faiblesse. Il vacille en descendant les trois marches, gêné par la croix qui repose sur son épaule toute écorchée, par l'écriteau qui se déplace devant Lui et dont la corde scie le cou, par les balancements qu'imprimé au corps la longue pièce de la croix qui saute sur les marches et sur les aspérités du sol. Les juifs rient de le voir comme un homme ivre qui tâtonne et ils crient aux soldats: "Poussez-le. Faites-le tomber. Dans la poussière le blasphémateur !" Mais les soldats font seulement ce qu'ils doivent faire, c'est-à-dire ordonnent au Condamné de se mettre au milieu du chemin et de marcher. Longin éperonne son cheval et le cortège se met lentement en mouvement. Longin voudrait aussi faire vite en prenant le chemin le plus court pour aller au Golgotha car il n'est pas sûr de la résistance du Condamné. Mais la pègre déchaînée — et l'appeler ainsi, c'est encore un honneur — ne veut pas de cela. Ceux qui ont été les plus rusés sont déjà en avant, au carrefour où la route bifurque pour aller d'un côté vers les murs, de l'autre vers la ville. Ils s'agitent, crient quand ils voient Longin prendre la direction des murs. "Tu ne dois pas ! Tu ne dois pas ! C'est illégal ! La Loi dit que les condamnés doivent être vus par la ville où ils ont péché !" Les juifs, qui sont à la queue du cortège, comprennent que par devant on essaie de les frustrer d'un droit et ils unissent leurs cris à ceux de leurs collègues. Par amour de la paix, Longin prend la route qui va vers la ville et en parcourt un tronçon. Mais il fait signe aussi à un décurion de venir près de lui (je dis décurion parce que c'est un gradé mais c'est peut-être quelqu'un que nous appellerions son officier d'ordonnance) et il lui dit doucement quelque chose. Celui-ci revient en arrière au trot, et à mesure qu'il rejoint le chef de chaque décurie il transmet l'ordre. Ensuite il revient vers Longin pour dire que c'est fait. Enfin il rejoint sa place primitive dans le rang derrière Longin. Jésus avance haletant. Chaque trou de la route est un piège pour son pied qui vacille et une torture pour ses épaules écorchées, pour sa tête couronnée d'épines sur laquelle descend à pic un soleil exagérément chaud qui de temps à autre se cache derrière un rideau de nuages de plomb, mais qui, même caché, ne cesse pas de brûler. Jésus est congestionné par la fatigue, par la fièvre et par la chaleur. Je pense que même la lumière et les cris doivent le tourmenter. Et s'il ne peut se boucher les oreilles pour ne pas entendre ces cris déchaînés, il ferme à demi les yeux pour ne pas voir la route éblouissante de soleil... Mais il doit aussi les rouvrir parce qu'il bute contre les pierres et contre les trous et chaque fois qu'il bute, c'est une douleur car il remue brusquement la croix qui heurte la couronne, qui se déplace sur l'épaule écorchée, élargit la plaie et augmente la douleur. Les juifs ne peuvent plus le frapper directement; mais il arrive encore quelques pierres et quelques coups de bâton, les premières spécialement dans les petites places remplies par la foule, les seconds au contraire dans les tournants, dans les petites rues où l'on monte et descend des marches tantôt une, tantôt trois, tantôt davantage, à cause des dénivellations continuelles de la ville. Là, nécessairement, le cortège ralentit et il y a toujours quelque volontaire qui défie les lances romaines pour donner un nouveau coup au chef d'œuvre de torture qu'est désormais Jésus. Les soldats le défendent comme ils peuvent. Mais même en le défendant ils le frappent parce que les longs manches des lances, brandies en aussi peu d'espace, le heurtent et le font buter. Mais arrivés à un certain point les soldats font une manœuvre impeccable et, malgré les cris et les menaces, le cortège dévie brusquement par un chemin qui va directement vers les murs, en descendant, un chemin qui abrège beaucoup la route vers le lieu du supplice. Jésus halète toujours plus. La sueur coule sur son visage en même temps que le sang qui coule des blessures de la couronne d'épines. La poussière se colle sur ce visage trempé et le maculent de taches étranges, car il y a aussi du vent maintenant. Des coups de vent syncopés à longs intervalles où retombe la poussière que la foule a élevée en tourbillons, qui amènent des détritus dans les yeux et dans la gorge. A la Porte Judiciaire sont déjà entassés quantité de gens, ceux qui, prévoyants, se sont choisis de bonne heure une bonne place pour voir. Mais un peu avant d'y arriver, Jésus a déjà failli tomber. Seule la prompte intervention d'un soldat, sur lequel Lui va presque tomber, empêche Jésus d'aller par terre. La populace rit et crie : "Laissez-le ! Il disait à tous : "Levez-vous". Qu'il se lève Lui, maintenant..." Au-delà de la porte, il y a un torrent et un petit pont. Nouvelle fatigue pour Jésus d'aller sur ces planches disjointes sur lesquelles rebondit plus fortement le long bois de la croix. Et nouvelle mine de projectiles pour les juifs. Les pierres du torrent volent et frappent le pauvre Martyr... Alors commence la montée du Calvaire. Un chemin nu, sans un brin d'ombre, avec des pierres disjointes, qui attaque directement la montée. Ici aussi, à l'époque où je lisais, j'ai lu que le Calvaire n'avait que quelques mètres de hauteur. Possible. Ce n'est certainement pas une montagne. Mais c'est une colline, et certainement pas plus basse qu'est par rapport à Lungami le mont aux Croix, là où se trouve la basilique de Saint Miniato à Florence. On dira : "Oh ! c'est peu de chose !" Oui, pour quelqu'un qui est sain et fort c'est peu de chose. Mais il suffit d'avoir le cœur faible pour sentir si c'est peu ou beaucoup !... Je sais qu'après avoir eu le cœur malade, même alors qu'il s'agissait d'une manière bénigne, je ne pouvais gravir cette pente sans souffrir beaucoup et je devais m'arrêter à chaque instant, et je n'avais pas de fardeau sur les épaules. Et je crois que Jésus avait le cœur très malade surtout après la flagellation et la sueur de sang... et je ne contemple rien autre que ces deux chose?. Jésus éprouve donc une douleur aiguë dans la montée et avec le poids de la croix qui, longue comme elle est, doit être très lourde. Il trouve une pierre qui dépasse et, épuisé comme il l'est, il lève trop peu le pied, il bute et tombe sur le genou droit réussissant pourtant à se relever à l'aide de la main gauche. La foule pousse des cris de joie... Il se relève, il avance de plus en plus courbé et haletant, congestionné, fiévreux... L'écriteau, qui cahote devant Lui, Lui gêne la vue et son long vêtement, maintenant qu'il avance courbé, traîne par terre par devant et gêne sa marche. Il bute de nouveau et tombe sur les deux genoux, en se blessant de nouveau là où il est déjà blessé, et .la croix qui échappe de ses mains et tombe, après Lui avoir frappé fortement le dos, l'oblige à se pencher pour la relever et à peiner pour la mettre de nouveau sur ses épaules. Pendant qu'il le fait on voit nettement sur son épaule droite la plaie faite par le frottement de la croix, qui a ouvert les plaies nombreuses de la flagellation et en a fait une seule qui transsude de l'eau et du sang, de sorte que la tunique est toute tachée à cet endroit. Les gens applaudissent même, heureux de ces chutes si mauvaises. Longin incite à se hâter, et les soldats, à coups de plat de dague, invitent le pauvre Jésus à avancer. On reprend la marche avec une lenteur de plus en plus grande malgré tous les efforts. Jésus semble tout à fait ivre tant sa marche est chancelante et il heurte tantôt l'un tantôt l'autre des deux rangs de soldats, occupant toute la route. Les gens le remarquent et crient : "Sa doctrine Lui est montée à la tête. Vois, vois comme il titube !" Et d'autres, qui ne sont pas du peuple, mais des prêtres et des scribes, ricanent : "Non ! Ce sont les festins dans la maison de Lazare qui encore Lui montent à la tête. Ils étaient bons ? Maintenant mange notre nourriture..." et d'autres phrases semblables. Longin, qui se tourne de temps en temps, a pitié et commande une halte de quelques minutes. Et il est tellement insulté par la populace que le centurion ordonne aux troupes de charger. Et la foule lâche, devant les lances qui brillent et menacent, s'éloigne en criant et en descendant ça et là sur la montagne. C'est ici que je revois sortir de derrière des décombres, peut-être de quelque muret éboulé, le petit groupe des bergers. Désolés, bouleversés, poussiéreux, déchirés, ils appellent à eux le Maître par la force de leurs regards. Et Lui tourne la tête, les voit... Il les fixe comme si c'était des visages d'anges, paraît se désaltérer et se fortifier de leurs pleurs, et il sourit... On redonne l'ordre d'avancer et Jésus passe juste devant eux et entend leurs pleurs angoissés. Il tourne avec difficulté la tête de sous le joug de la croix et leur sourit de nouveau... Ses réconforts... Dix visages... une halte sous le soleil brûlant... Et puis, tout de suite, la douleur de la troisième chute complète. Et cette fois, ce n'est pas qu'il bute. Mais il tombe par un soudain fléchissement de ses forces, par une syncope. Il s'allonge en se frappant le visage sur les pierres disjointes, restant dans la poussière, sous la croix retombée sur Lui. Les soldats essaient de le relever. Mais comme il paraît mort, ils vont le rapporter au centurion. Pendant qu'ils vont et viennent Jésus revient à Lui, et lentement, avec l'aide de deux soldats dont l'un relève la croix et l'autre aide le Condamné à se mettre debout, il reprend sa place. Mais il est vraiment épuisé. "Arrangez-vous pour qu'il ne meure que sur la croix !" crie la foule. "Si vous le faites mourir avant, vous en répondrez au Proconsul, souvenez-vous-en. Le coupable doit arriver vivant au supplice" disent les chefs des scribes aux soldats. Ceux-ci les foudroient de leurs regards féroces mais, par discipline, ne parlent pas. Longin, cependant, a la même peur que les juifs que le Christ meure en route et il ne veut pas avoir d'ennuis. Sans avoir besoin que quelqu'un le lui rappelle, il sait quel est son devoir de préposé à l'exécution et il y pourvoit. Il y pourvoit en désorientant les juifs qui sont déjà accourus en avant par la route qu'ils ont rejointe de tous les côtés de la montagne en suant, en se griffant pour passer à travers les buissons rares et épineux du mont aride et brûlé, en tombant sur les détritus qui l'encombrent comme si c'était un lieu de déblai pour Jérusalem, sans sentir d'autre peine que celle de perdre un halètement du Martyr, un de ses regards douloureux, un geste même involontaire de souffrance, et sans d'autre peur que celle de ne pas arriver à avoir une bonne place. Longin donne donc l'ordre de prendre le chemin le plus long qui monte en lacets au sommet et qui pour cela est beaucoup moins rapide. Il semble que ce soit un sentier qui, à force d'être parcouru, soit devenu un chemin suffisamment pratique. Ce croisement de chemin avec l'autre arrive environ à moitié de la montagne. Mais je vois que plus haut, par quatre fois, la route directe se trouve coupée par celle qui monte avec beaucoup moins de pente et qui par compensation est beaucoup plus longue. Et sur cette route, il y a des gens qui montent mais qui ne participent pas à l'indigne chahut des obsédés qui suivent Jésus pour jouir de ses tourments : des femmes pour la plupart, en pleurs et voilées, et quelques petits groupes d'hommes très peu nombreux en vérité, plus en avant de beaucoup que les femmes, qui vont disparaître à la vue quand, en continuant, le chemin fait le tour de la montagne. Ici le Calvaire a une sorte de pointe faite en museau d'un côté alors que de l'autre elle tombe à pic. Les hommes disparaissent derrière la pointe rocheuse et je les perds de vue. Les gens qui suivaient Jésus hurlent de rage. C'était plus beau, pour eux, de le voir tomber. Avec des imprécations obscènes au Condamné et à ceux qui le conduisent, ils se mettent en partie à suivre le cortège judiciaire et en partie montent presque en courant par la route rapide pour se dédommager de leur déception par une excellente place sur le sommet. Les femmes, qui s'avancent en pleurant, se retournent en entendant les cris, et voient que le cortège tourne de ce côté. Elles s'arrêtent alors en s'adossant au mont, craignant d'être jetées en bas par les juifs violents. Elles abaissent encore plus leurs voiles sur leurs visages et il y en a une qui est complètement voilée comme une musulmane, ne laissant libres que ses yeux très noirs. Elles sont vêtues très richement et ont pour les défendre un vieil homme robuste dont, enveloppé dans son manteau comme il l'est, je ne distingue pas le visage. Je ne vois que sa longue barbe plutôt blanche que noire qui sort de son manteau foncé. Quand Jésus arrive à leur hauteur elles sanglotent plus fort et se courbent en profondes salutations. Puis elles s'avancent résolument. Les soldats voudraient les repousser avec leurs lances, mais celle qui est couverte comme une musulmane écarte un instant son voile devant l'enseigne arrivé à cheval pour voir ce que c'est que ce nouvel obstacle, et il donne l'ordre de la faire passer. Je ne puis voir son visage ni son vêtement, car elle a déplacé son voile avec la rapidité d'un éclair et son habit est complètement caché par un manteau qui arrive jusqu'à terre, lourd, fermé complètement par une série de boucles. La main, qui pour un instant sort de dessous pour déplacer le voile, est blanche et belle, et c'est avec ses yeux noirs l'unique chose que l'on voit de cette grande matrone certainement influente puisque l'officier de Longin lui obéit ainsi. Elles s'approchent de Jésus en pleurant et s'agenouillent à ses pieds pendant que Lui s'arrête haletant... et pourtant il sait encore sourire à ces pieuses femmes et à l'homme qui les escorte qui se découvre pour montrer qu'il est Jonathas. Mais celui-ci, les gardes ne le font pas passer, seulement les femmes. L'une d'elles est Jeanne de Chouza. Elle est plus défaite que quand elle était mourante. De rouge, elle n'a que les traces de ses pleurs et puis c'est tout un visage de neige avec ses doux yeux noirs qui, ainsi brouillés comme ils le sont, sont devenus d'un violet foncé comme certaines fleurs. Elle a dans les mains une amphore d'argent et l'offre à Jésus, mais Lui refuse. D'ailleurs son essoufflement est si grand qu'il ne pourrait même pas boire. De la main gauche, il s'essuie la sueur et le sang qui Lui tombe dans les yeux, qui, coulant le long de ses joues rouges et de son cou par les veines gonflées dans le battement essoufflé du cœur, trempe tout son vêtement sur la poitrine. Une autre femme, qui a près d'elle une jeune servante avec un coffret dans les bras, l'ouvre, en tire un linge de lin très blanc, carré, et l'offre au Rédempteur. Il l'accepte et comme il ne peut avec une seule main le faire par Lui-même, la femme pleine de pitié l'aide, en faisant attention de ne pas heurter la couronne, à le poser sur son visage. Jésus presse le linge frais sur son pauvre visage et l'y tient comme s'il trouvait un grand réconfort. Puis il rend le linge et parle : "Merci Jeanne, merci Nique... Sara... Marcella... Élise... Lidia... Anne... Valeria... et toi... Mais... ne pleurez pas... sur Moi... filles de... Jérusalem... mais sur les péchés... les vôtres et ceux... de votre ville... Bénis... Jeanne... de n'avoir...plus d'enfants... Vois... c'est une pitié de Dieu... de ne pas... de ne pas avoir d'enfants... car... ils souffrent de... cela. Et toi aussi... Élisabeth... Mieux... comme cela a été... que parmi les déicides... Et vous... mères... pleurez sur... vos fils, car... cette heure ne passera pas... sans châtiment... Et quel châtiment, s'il en est ainsi pour,.. l'Innocent... Vous pleurerez alors... d'avoir conçu... allaité et... d'avoir encore... vos fils... Les mères... de ce moment-là... pleureront parce que... en vérité, je vous le dis... qu'il sera heureux... celui qui alors... tombera... sous les décombres... le premier. Je vous bénis... Allez... à la maison... priez... pour Moi. Adieu, Jonathas... éloigne-les..." Et au milieu d'un cri aigu de pleurs féminins et d'imprécations juives, Jésus se remet en marche. Jésus est de nouveau trempé de sueur. Les soldats aussi suent et les deux autres condamnés, car le soleil de ce jour d'orage est brûlant comme la flamme et le flanc de la montagne devenu brûlant lui aussi s'ajoute à la chaleur du soleil. Que devait être l'effet de ce soleil sur le vêtement de laine de Jésus, en contact avec les blessu­res des fouets, il est facile de l'imaginer et d'en être horrifié... Mais Lui ne profère pas une plainte. Seulement, bien que la route soit beaucoup moins rapide et n'ait pas ces pierres disjointes, si dangereuses pour son pied qui traîne maintenant, Jésus titube toujours plus fort, allant heurter un rang de soldats puis le rang opposé, et fléchissant de plus en plus vers la terre. Ils pensent supprimer cet inconvénient en Lui passant une corde à la taille et en la tenant par les deux bouts comme si c'étaient des rênes. Oui, cela le soutient, mais ne Lui enlève pas son fardeau. Au contraire, la corde en heurtant la croix, la déplace continuellement sur l'épaule et la fait frapper la couronne qui désormais a fait du front de Jésus un tatouage sanglant. De plus, la corde frotte la taille où se trouvent tant de blessures et certainement doit les ouvrir de nouveau. Aussi la tunique blanche se colore à la taille d'un rosé pâle. Pour l'aider, ils le font souffrir plus encore. Le chemin continue, il fait le tour de la montagne, revient presque en avant vers la route rapide. Là se trouve Marie avec Jean. Je dirais que Jean l'a amenée en cet endroit ombragé, derrière la pente de la montagne, pour qu'elle se refasse un peu. C'est l'endroit le plus escarpé de la montagne. Il n'y a que ce chemin qui la côtoie. Au-dessous la côte descend rapidement et au-dessus la pente est aussi forte. A cause de cela les cruels la négligent. Là il y a de l'ombre, car je dirais que c'est le septentrion, et Marie, adossée comme elle l'est à la montagne, est à l'abri du soleil. Elle se tient debout appuyée au flanc de la montagne mais elle est déjà épuisée. Elle aussi halète, pâle comme une morte dans son vêtement bleu très foncé, presque noir. Jean la regarde avec une pitié désolée. Lui aussi a perdu toute trace de couleur et il est terreux, avec deux yeux las et écarquillés, dépeigné, les joues creusées comme s'il avait été malade. Les autres femmes : Marie et Marthe de Lazare, Marie d'Alphée et de Zébédée, Suzanne de Cana, la maîtresse de la maison et d'autres encore que je ne connais pas, sont au milieu du chemin et elles regardent si le Sauveur arrive. Ayant vu que Longin arrive, elles accourent près de Marie pour lui donner la nouvelle. Marie, soutenue par le coude par Jean, se détache, majestueuse dans sa douleur, de la côte du mont et se met résolument au milieu du chemin, en ne s'écartant qu'à l'arrivée de Longin qui, du haut de son cheval, regarde la femme pâle et celui qui l'accompagne, blond, pâle, aux doux yeux de ciel comme elle. Et Longin hoche la tête pendant qu'il la dépasse suivi des onze cavaliers. Marie essaie de passer entre les soldats à pied mais ceux-ci, qui ont chaud et sont pressés, cherchent à la repousser avec leurs lances, d'autant plus que du chemin pavé volent des pierres pour protester contre tant de pitié. Ce sont encore les juifs qui lancent encore des imprécations à cause de l'arrêt causé par les pieuses femmes et disent : "Vite ! Demain c'est Pâque. Il faut tout finir avant le soir ! Complices qui méprisez notre Loi ! Oppresseurs ! A mort les envahisseurs et leur Christ ! Ils l'aiment ! Voyez comme ils l'aiment ! Mais prenez-le ! Mettez-le dans votre Ville maudite ! Nous vous le cédons ! Nous n'en voulons pas ! Les charognes aux charognes ! La lèpre aux lépreux !" Longin se lasse et éperonne son cheval, suivi des dix lanciers, contre la canaille qui l'insulte et qui fuit une seconde fois. C'est en le faisant qu'il voit une charrette arrêtée, montée certainement des cultures maraîchères qui sont au pied de la montagne et qui attend avec son chargement de salades que la foule soit passée pour descendre vers la ville. Je pense qu'un peu de curiosité chez le Cyrénéen et ses fils l'ont fait monter jusque là, car il n'était vraiment pas nécessaire pour lui de le faire. Les deux fils, allongés sur le tas de légumes, regardent et rient après les juifs en fuite. L'homme, de son côté, un homme robuste sur les quarante-cinquante ans, debout près de l'âne qui effrayé veut reculer, regarde attentivement vers le cortège. Longin le dévisage. Il pense qu'il peut lui être utile et lui ordonne : "Homme, viens ici." Le Cyrénéen fait semblant de ne pas entendre, mais avec Longin on ne plaisante pas. Il répète l'ordre de telle façon que l'homme jette les rênes à un de ses fils et s'approche du centurion. "Tu vois cet homme ?" lui demande-t-il, et en parlant ainsi, il se retourne pour indiquer Jésus et il voit à son tour Marie qui supplie les soldats de la laisser passer. Il en a pitié et crie : "Faites passer la Femme." Puis il reprend à parler au Cyrénéen : "Il ne peut plus avancer ainsi chargé. Tu es fort. Prends sa croix et porte-la à sa place jusqu'à la cime." "Je ne peux pas... J'ai l'âne... il est rétif... les garçons ne savent pas le retenir." Mais Longin lui dit : "Va, si tu ne veux pas perdre l'âne et gagner vingt coups comme punition." Le Cyrénéen n'ose plus réagir. Il crie aux garçons : "Allez vite à la maison et dites que j'arrive tout de suite" et puis il va vers Jésus. Il le rejoint juste au moment où Jésus se tourne vers sa Mère que seulement alors il voit venir vers Lui, car il avance si courbé et les yeux presque fermés comme s'il était aveugle, et il crie : "Maman !" C'est la première parole depuis qu'il est torturé qui exprime sa souffrance. Car dans cette parole, il y a la confession de tout et de toute sa terrible douleur de l'esprit, du moral et de la chair. C'est le cri déchiré et déchirant d'un enfant qui meurt seul, parmi les argousins et au milieu des pires tortures... et qui arrive à avoir peur même de sa propre respiration. C'est la plainte d'un enfant qui délire et que déchirent des visions de cauchemar... Et il veut la mère, la mère parce que seul son frais baiser calme l'ardeur de la fièvre, que sa voix fait fuir les fantômes, que son embrassement rend la mort moins effrayante... Marie porte la main à son cœur comme si elle avait reçu un coup de poignard et vacille légèrement, mais elle se reprend, hâte sa marche et en allant les bras tendus vers son Fils martyrisé, elle crie : "Fils !" Mais elle le dit d'une telle manière que qui n'a pas un cœur d'hyène le sent se fendre par cette douleur. Je vois que même parmi les romains il y a un mouvement de pitié... et pourtant ce sont des hommes d'armes habitués aux tueries, marqués de cicatrices - Mais la parole : "Maman !" et "Fils !" sont toujours les mêmes et pour tous ceux qui, je le répète, ne sont pas pires que des hyènes, et sont dites et comprises partout, et soulèvent partout des flots de pitié... Le Cyrénéen a cette pitié... Il voit que Marie ne peut embrasser son Fils à cause de la croix, et qu'après avoir tendu les mains, elle les laisse retomber, persuadée de ne pouvoir le faire. Elle le regarde seulement, essayant de sourire de son sourire martyr, pour le réconforter alors que ses lèvres tremblantes boivent ses larmes. Lui, tordant la tête de sous le joug de la croix, cherche à son tour à lui sourire et à lui envoyer un baiser avec ses pauvres lèvres blessées et fendues par les coups et la fièvre. Le Cyrénéen, à ce spectacle, se hâte d'enlever la croix et il le fait avec la délicatesse d'un père, pour ne pas heurter la couronne et ne pas frotter les plaies. Mais Marie ne peut baiser son Fils... L'attouchement, même le plus léger, serait une torture sur les chairs déchirées, et Marie s'en abstient. Et puis... les sentiments les plus saints ont une pudeur profonde et ils veulent le respect ou du moins la compassion. Ici, c'est la curiosité et surtout le mépris. Se baisent seulement leurs deux âmes angoissées. Le cortège se remet en marche sous la poussée des flots d'un peuple furieux qui les presse, les sépare, en repoussant la Mère contre la montagne, l'exposant au mépris de tout un peuple... Maintenant, derrière Jésus, marche le Cyrénéen avec la croix. Et Jésus, libéré de ce fardeau, marche mieux. Il halète fortement, portant souvent la main à son cœur comme s'il avait une grande douleur, une blessure à la région sterno-cardiaque, et maintenant qu'il le peut, n'ayant plus les mains liées, il repousse les cheveux tombés en avant, tout gluants de sang et de sueur, jusque derrière les oreilles, pour sentir l'air sur son visage congestionné, il délace le cordon du cou qui le fait souffrir quand il respire... Mais sa marche est plus facile. Marie s'est retirée avec les femmes. Elle suit le cortège une fois qu'il est passé, et ensuite, par un raccourci, elle se dirige vers le sommet de la montagne défiant les imprécations de la plèbe cannibale. Maintenant que Jésus est libre, le dernier lacet de la montagne est assez vite parcouru et ils sont proches de la cime toute remplie d'un peuple qui pousse des cris. Longin s'arrête et il ordonne que tous, inexorablement, soient repoussés plus bas, pour dégager la cime, lieu de l'exécution. Une moitié de la centurie exécute l'ordre en accourant sur place et en repoussant sans pitié tous ceux qui s'y trouvent, en se servant pour cela de leurs dagues et de leurs lances. Sous la grêle des coups de plat et des bâtons les juifs de la cime s'enfuient. Et ils voudraient se placer sur l'esplanade qui est au-dessous. Mais ceux qui y sont déjà ne cèdent pas et parmi ces gens s'allument des rixes féroces. Ils semblent tous fous. Comme je l'ai dit l'an dernier, le Calvaire, à son sommet, a la forme d'un trapèze irrégulier, légèrement plus haut d'un côté, à partir duquel la montagne descend rapidement pour un peu plus de la moitié de sa hauteur. Sur cette petite place on a déjà préparé trois trous profonds tapissés de briques ou d'ardoises, creusés exprès, en somme. Tout près d'eux, il y a des pierres et de la terre prêtes pour butter les croix. D'autres trous, par contre, ont été laissés pleins de pierres. On comprend qu'ils les vident d'une fois sur l'autre selon le nombre de ceux qui servent. Sous la cime trapézoïdale, du côté où la montagne ne descend pas, il y a une sorte de plate-forme en pente douce qui forme une seconde petite place. De celle-ci partent deux larges sentiers qui côtoient la cime, de sorte que celle-ci est isolée et surélevée d'au moins deux mètres de tous les côtés. Les soldats, qui ont repoussé la foule de la cime, apaisent, à coups persuasifs de lances, les rixes et dégagent le chemin pour que le cortège puisse passer sans encombre dans le bout de chemin qui reste, et ils restent là à faire la haie pendant que les trois condamnés, encadrés par les cavaliers et protégés en arrière par l'autre demie centurie, arrivent au point où ils doivent s'arrêter: au pied du plancher naturel, surélevé qui forme la cime du Golgotha. Pendant que cela arrive, j'aperçois les Marie et un peu en arrière d'elles Jeanne de Chouza avec quatre autres des dames de tout à l'heure. Les autres se sont retirées et elles doivent l'avoir fait par elles-mêmes car Jonathas est là, derrière sa maîtresse. Il n'y a plus celle que nous appelons Véronique et que Jésus a appelée Nique, et sa servante manque aussi et aussi la dame toute voilée à laquelle les soldats obéirent. Je vois Jeanne, la vieille qu'on appelle Élise, Anne et deux que je ne saurais identifier. Derrière ces femmes et les Marie, je vois Joseph et Simon d'Alphée, et Alphée de Sara avec le groupe des bergers. Ils ont lutté avec ceux qui voulaient les repousser en les insultant, et la force de ces hommes, que multiplient leur amour et leur douleur, s'est montrée si violente qu'ils ont vaincu en se créant un demi-cercle libre contre les juifs lâches qui n'osent que lancer des cris de mort et tendre leurs poings. Mais rien de plus, car les bâtons des bergers sont noueux et lourds et la force et l'adresse ne manquent pas à ces preux. Et je ne me trompe pas de parler ainsi. Il faut un vrai courage pour rester aussi peu nombreux, connus comme galiléens ou fidèles au Galiléen, contre toute une population hostile. L'unique point, de tout le Calvaire, où on ne blasphème pas le Christ ! Le mont, des trois côtés qui descendent en pente douce vers la vallée, n'est qu'une fourmilière. La terre jaunâtre et nue ne se voit plus, et sous le soleil qui va et vient, paraît un pré fleuri de corolles de toutes les couleurs tant sont serrés les couvre-chefs et les manteaux des sadiques qui le couvrent. Au-delà du torrent, sur le chemin, une autre foule; au-delà des murs, une autre encore. Sur les terrasses les plus proches, une autre. Le reste de la ville nu... vide... silencieux. Tout est ici : tout l'amour et toute la haine. Tout le Silence qui aime et pardonne, toute la Clameur qui hait et lance des imprécations. Pendant que les hommes préposés à l'exécution préparent leurs instruments en achevant de vider les trous, et que les condamnés attendent dans leur carré, les juifs réfugiés dans le coin opposé aux Marie les insultent. Ils insultent même la Mère : "A mort les galiléens ! A mort ! Galiléens ! Galiléens ! Maudits ! A mort le blasphémateur galiléen ! Clouez sur la croix même le sein qui l'a porté ! Loin d'ici les vipères qui enfantent les démons ! A mort ! Purifiez Israël des femmes qui s'allient au bouc !..." Longin, qui est descendu de cheval, se tourne et voit la Mère... Il ordonne de faire cesser ce chahut. La demie centurie, qui était derrière les condamnés, charge la racaille et désencombre complètement la seconde petite place, alors que les juifs s'échappent à tra­vers la montagne en s'écrasant les uns les autres. Les onze cavaliers descendent aussi de cheval et l'un d'eux prend les onze chevaux en plus de celui du centurion et les mène à l'ombre, derrière la côte de la montagne. Le centurion se dirige vers la cime. Jeanne de Chouza s'avance, l'arrête. Elle lui donne l'amphore et une bourse, et puis se retire en pleurant, pour aller vers le coin de la montagne avec les autres. Là-haut, tout est prêt. On fait monter les condamnés. Jésus passe encore une fois près de la Mère qui pousse un gémissement qu'elle cherche à freiner en portant son manteau sur sa bouche. Les juges la voient et rient et se moquent d'elle. Jean, le doux Jean, qui a un bras derrière les épaules de Marie pour la soutenir, se retourne avec un regard féroce, son oeil en est phosphorescent. S'il ne devait pas protéger les femmes, je crois qu'il prendrait à la gorge quelqu'un de ces lâches. A peine les condamnés sont-ils sur le plateau fatal que les soldats entourent la place de trois côtés. Il ne reste vide que celui qui surplombe. Le centurion donne au Cyrénéen l'ordre de s'en aller et il s'en va de mauvaise grâce cette fois et je ne dirais pas par sadisme, mais par amour, si bien qu'il s'arrête près des galiléens en partageant avec eux les insultes dont la foule prodigue au petit nombre de fidèles au Christ. Les deux larrons jettent par terre leurs croix en blasphémant. Jésus se tait. Le chemin douloureux est terminé.


Fruit du Mystère, demandons, en union avec Jésus, la patience dans les épreuves

12 avril 2008

Notre Dame de Bonne Nouvelle de Rennes

Num_riser0025Notre Dame de Bonne Nouvelle

Basilique Notre Dame de Bonne Nouvelle en Saint Aubin, Rennes, France

Bien moins connue que Notre Dame des Miracles et Vertus, vénérée en la Basilique Saint Sauveur, l'icône miraculeuse de Notre Dame de Bonne Nouvelle vénérée actuellement en la Basilique Saint-Aubin-Notre-Dame de Bonne-Nouvelle de Rennes a pourtant une histoire étroitement liée à la Bretagne et à la ville de Rennes, retour sur les faits.

Originesnotre_dame_de_Bonne_Nouvelle

D'après la tradition l'origine de Notre Dame de Bonne Nouvelle, remonte à la période des guerres de successions, en l'an 1364, Jean de Montfort, appuyé par les Anglais, à la suite d'un voeu, il remporte une victoire, lors de la terrible et sanglante bataille d'Auray. Suivant son voeu, Jean de Montfort fera alors construire un couvent de Dominicains qui sera placé sous le patronnage de Notre Dame de Bonne Nouvelle. Très rapidement, d'après le Bienheureux Yves Mahyeuc , Evêque de Rennes (1462-1541), dans le cloître de ce couvent, se trouvait alors un tableau qui miraculeux qui fut le théâtre de miracle prodigieux attirant les pèlerins en nombre important, plus tard, l'on amménagea une chapelle pour abriter l'icône, « une petite chapelle dédiée spécialement à la Sainte Vierge et établie dès le principe dans le côté méridional du cloître, communiquant avec l'église par des voûtes ouvrant sur le choeur ». Pami les pèlerins illustres qui virent prier en la chapelle Notre Dame de Bonne Nouvelle, l'on rapporte le missionnaire Dominicain, Saint Vincent Ferrier, décédé à Vannes en 1418/ et l'apôtre des régions de l'Ouest de la France, Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, apôtre de Marie, fondateur des Pères de Saint Gabriel et des Filles de la Sagesse, auteur mystique, décédé en Vendée, à Saint Laurent sur Sèvres en 1716. L'un des faits marquants de l'histoire de la chapelle est la célébration des fiancailles de la Duchesse Anne de Bretagne avec le Roi de France Charles VIII, le 19 novembre 1491, qui par leur mariage, verra la Bretagne, jusque là indépendante, être rattachée définitivement à la France. le_voeu

Le voeu

En 1632, alors qu'une terrible épidémie de peste sévissait dans les contrées voisines; Notre Dame de Bonne Nouvelle étendit si fortement son manteau protecteur sur la ville de Rennes, que les habitants de la ville, en reconnaissance, firent le voeu d'offrir à leur Protectrice une maquette de la ville de Rennes en argent massif. Monseigneur de Cornulier fixa la commémoration du voeu au 8 septembre 1634. Ensuite, chaque année, la célébration du voeu fut fidèlement suivie jusqu'à la révolution française, pendant laquelle le maire de Rennes décida de vendre la précieuse maquette du voeu, stoppant ainsi les célébrations.

L'incendie de 1720

35310514L'on rapporte aussi un autre fait miraculeux qui se déroula pendant le terrible incendie, qui ravagea la ville de Rennes alors essentiellement composée de maisons de bois et de colombages qui brûlèrent, on le devine comme de la paille. Pendant cet incendie qui eût lieu le 23 décembre 1720, les habitants de Rennes virent, dans le ciel, Notre Dame de Bonne Nouvelle, comme les encourageant et les bénissant. Cet épisode est peint sur une toile que l'on peut voir en la Basilique Saint Aubin, sur la toile est ecrit: « Original du voeux fayt à Notre-Dame de Bonne Nouvelle par les habitants des Lices, Rue St Louis, Portes St Michel, Place Sainte Anne, préservée de l'incendie du 22 décembre jusqu'au trente, l'année 1720, Huguet In-Em fecit 1721. » L'on peut aussi voir un autre tableau de ce fait en la basilique Saint Sauveur, voisine.

Quelques années plus tard, à la suite d'une épidémie de cholera qui sévissait, en 1849, l'on envisagea de remettre les cérémonies au goût du jour. Le 2 août 1861, l'orfèvre de Napoléon III réalisa une nouvelle maquette du voeu que l'on peut encore voir de nos jours, et le 8 septembre suivant, l'Archevêque de Rennes, Monseigneur de Saint Marc, relança définitivement les commémorations du voeu. Depuis, chaque année, l'Archevêque de Rennes perpétue cette tradition en offrant un cierge votif à Notre Dame de Bonne Nouvelle pour la ville de Rennes. Après la démolition de l'antique chapelle de Notre Dame de Bonne Nouvelle etn la fermeture du Couvent des Dominicains, l'icône miraculeuse fut entre temps transférée dans l'actuelle Basilique voisine de Saint Aubin, dont la construction mmença à partir de 1884 pour être définitivement achevée en 1904. 46000A

st_aubin_autelCette basilique est actuellement dénommée Basilique Notre Dame de Bonne Nouvelle en Saint Aubin, et se trouve place Sainte Anne à Rennes et conserve toujours la précieuse icône, enchâssée dans le maître autel. La Basilique Saint Aubin garde aussi la mémoire d'un illustre paroissien, le Bienheureux Marcel Callo baptisé dans cette église en 1921, Marcel Callo était jociste rennais mort en déportation en 1945 à Mathausen. Il fut béatifié en 1987, par le serviteur de Dieu Jean Paul II. L'on peut actuellement voir, dans l'une des chapelles latérales de la Basilique, la toile qui fut dévoilée à Rome, lors de la célébrations de la Béatification.

aujourd'hui

Actuellement, Notre Dame de Bonne Nouvelle, avant d'être une église paroissiale, continue à recevoir la visite et les prières des rennais (quand la Basilique est ouverte, car, hélas, elle subit le même destin que tant d'autres sanctuaires, souvent pillés et sacagés, elle est donc ouverte pratiquement que pour les heures des offices, dommage!) Des rassemblements de prières s'y tiennent autour des dates suivantes: le 17 janvier, fête de Notre Dame de Pontmain, le 11 février, fête de Notre Dame de Lourdes, le 19 mars, fête du Bienheureux Marcel Callo et le 8 septembre, fête de la Nativité de Marie et commémoration du voeur.

Prions et demandons à Notre Dame de Bonne Nouvelle et au Bienheureux Marcel Callo, de faire de nous des témoins vivants de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.

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Renseignements

Paroisse Notre Dame de Bonne Nouvelle

46, rue Saint Melaine

35 000 Rennes (France)

tel: 02 99 38 84 10

19 mars 2008

Bienheureux Marcel Callo

Bienheureux Marcel Callo

"Il avait le regard d'un Saint"

1921-1945

Fête le 19 mars

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Biographies du Bienheureux Marcel Callo,

cliquer sur les liens suivants:

http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/lirarticle-83937-699038.html

http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/lirarticle-83937-699041.html

29 avril 2024

Mois de Marie avec Saint Louis-Marie Grignion de Montfort

Mois de Marie avec Saint Louis-Marie Grignion de Montfort

 

 

Veille du premier jour

La grâce est nécessaire pour devenir saint : le moyen de l'obtenir, c'est Marie

 

I. Âme, image vivante de Dieu et rachetée du sang précieux de Jésus-Christ, la volonté de Dieu sur vous est que vous deveniez sainte comme lui dans cette vie, et glorieuse comme lui dans l'autre. L'acquisition de la sainteté de Dieu est votre vocation assurée, et c'est là que toutes vos pensées, paroles et actions, toutes vos souffrances et tous les mouvements de votre cœur doivent tendre, ou bien vous résistez à Dieu, en ne faisant pas ce pour quoi il vous a créé et vous conserve maintenant. Oh ! quel ouvrage admirable ! la poussière changée en lumière, l'ordure en pureté, le péché en sainteté, la créature en son Créateur et l'homme en Dieu ! Ouvrage admirable, je le répète, mais ouvrage difficile en lui-même et impossible à la seule nature. Ô âme, comment feras-tu ? Quels moyens choisiras-tu pour monter où Dieu t'appelle ?

Les moyens de salut sont connus de tous : ils sont marqués dans l'Evangile, expliqués par les maîtres de la vie spirituelle, pratiqués par les saints, et nécessaires à tous ceux qui veulent se sauver et arriver à la perfection. Pour pratiquer tous ces moyens de salut et de sainteté, la grâce de Dieu est absolument nécessaire, et cette grâce est donnée à tous plus ou moins grande : car Dieu, quoique infiniment bon, ne donne pas la grâce également forte à tous, quoiqu'il la donne suffisante à chacun. L'âme fidèle, avec une grande grâce, fait une grande action, et avec une faible grâce fait une petite action : le prix et l'excellence de la grâce donnée par Dieu et suivie par l'âme font le prix et l'excellence de nos actions. Tout se réduit donc à trouver un moyen facile d'obtenir de Dieu la grâce nécessaire pour devenir saint, et c'est celui que je veux vous apprendre.

 

II. Je dis que, pour trouver cette grâce de Dieu, il faut trouver Marie, parce que :

1º C'est Marie seule qui a trouvé grâce devant Dieu, et pour soi et pour chaque homme en particulier. Les patriarches et les prophètes, tous les saints de l'ancienne loi n'ont pu trouver cette grâce.

2º C'est elle qui a donné l'être et la vie à l'Auteur de toute grâce, et, à cause de cela, elle est appelée la Mère de la grâce : Mater gratiæ.

3º Dieu le Père, de qui tout don parfait et toute grâce descend comme de sa source essentielle, en lui donnant son Fils, lui a donné toutes ses grâces, en sorte que, comme dit saint Bernard, la volonté de Dieu lui est donnée en Elle et avec Elle.

4º Dieu l'a choisie pour la trésorière, l'économe et la dispensatrice de toutes ses grâces, en sorte que toutes ses grâces et tous ses dons passent par ses mains ; et, selon le pouvoir qu'elle en a, suivant saint Bernardin, elle donne à qui elle veut, comme elle veut et autant qu'elle veut les grâces du Père éternel, les vertus de Jésus-Christ et les dons du Saint-Esprit.

5° Comme, dans l'ordre naturel, il faut qu'un enfant ait un père et une mère, de même, dans l'ordre de la grâce, il faut qu'un véritable enfant de l’Église ait Dieu pour père et Marie pour mère ; et s'il se glorifie d'avoir Dieu pour père n'ayant point la tendresse d'un véritable enfant pour Marie, c'est un trompeur qui n'a que le démon pour père.

6º Puisque Marie a formé le Chef des prédestinés qui est Jésus-Christ, c'est à elle aussi de former les membres de ce Chef, qui sont les vrais chrétiens. Quiconque veut donc être membre de Jésus-Christ plein de grâce et de vérité doit être formé en Marie par le moyen de la grâce de Jésus-Christ qui réside en elle en plénitude pour être communiquée en plénitude aux vrais membres de Jésus-Christ et à ses vrais enfants.

7° Marie a reçu de Dieu une domination particulière sur les âmes pour les nourrir et les faire croître en Dieu. Comme l'enfant tire toute sa nourriture de sa mère, qui la lui donne proportionnée à sa faiblesse, de même les prédestinés tirent toute leur nourriture spirituelle et toute leur force de Marie.

8° Marie est appelée par saint Augustin, et est, en effet, le moule vivant de Dieu, forma Dei, c'est-à-dire que c'est aussi en Elle seule qu'un Dieu Homme a été formé au naturel sans qu'il lui manque aucun trait de la divinité ; et c'est en Elle seule que l'homme peut être formé en Dieu au naturel autant que la nature humaine en est capable par la grâce de Dieu.

III. La difficulté est donc de savoir trouver véritablement la divine Marie pour trouver toute grâce abondante. Dieu étant maître absolu peut communiquer par lui-même ce qu'il ne communique ordinairement que par Marie. Cependant, selon l'ordre naturel que la divine Sagesse a établi, il ne se communique ordinairement aux hommes que par Marie. Dans l'ordre de la grâce, comme dit saint Thomas, il faut, pour monter et s'unir à lui, se servir du même moyen dont il s'est servi pour descendre à nous pour se faire homme et pour nous communiquer ses grâces. Le moyen donc pour trouver la grâce et une grâce abondante, c'est une vraie dévotion à Marie.

 

Histoires

 

Dès l'âge de cinq ans, le P. de Montfort goûtait les vérités chrétiennes assez vivement pour les répéter à sa mère. Mais il exerçait surtout son zèle envers une de ses jeunes sœurs nommée Louise, qu'il affectionnait plus que les autres. Quoique enfant, il mettait tout en œuvre pour lui faire quitter les amusements de l'enfance, et la séparait par adresse de ses compagnes pour la mener prier Dieu.

Témoignait-elle quelque répugnance ? il lui faisait de petits présents, et lui disait : « Ma petite sœur, vous serez toute belle, et tout le monde vous aimera si vous aimez Dieu ». Aussitôt elle le suivait et attirait ses compagnes pour réciter le chapelet à l'exemple de son frère. Pour les engager à le dire tous les jours, il leur donnait ce qu'il avait de plus beau. Le plus grand plaisir qu'elles pouvaient lui faire était de lui parler ou de lui faire parler de Dieu.

Cette intelligence si vive des choses de Dieu dans un âge si tendre, ce mépris des amusements qui font la vie de l'enfance, ce zèle pour la gloire de Dieu, cette tendresse filiale pour la Sainte Vierge nous montrent que, dès l'aurore de sa vie, le P. de Montfort eut des communications intimes avec Dieu, et que Marie, dont il devait être, après saint Bernard, un des plus dévots serviteurs et le panégyriste le plus profond, n'attendit pas que cette âme prédestinée vint la chercher. Pareille à cette sagesse dont il est parlé dans l'Ecriture, elle le prévint, allant à sa rencontre comme une mère pleine de tendresse (Vie du Vén. P. de Montfort, par Pauvert).

 

Dévotion d'O'Connell pour Marie

 

Les plus grands génies du catholicisme ont toujours montré une tendresse vraiment filiale envers la sainte Vierge.

« Qui plus que le grand O'Connell fut plus tendre pour la Reine du ciel et plus zélé pour son culte ? Il en parlait au peuple comme de la Mère du peuple. Il est devenu fameux, ce jour que, emporté par un sentiment extraordinaire de dévotion et de tendresse pour Marie, il en fit l'éloge en présence de plus de cent mille personnes, catholiques et protestants tous ensemble. Cette multitude, ravie et comme suspendue à ses lèvres, crut entendre un docteur, un Père de l’Église énumérer les gloires et chanter les louanges de la Mère de Dieu. Après sa célèbre harangue qui devait faire ouvrir aux catholiques les portes du Parlement anglais, pendant que les plus fameux orateurs s'animaient dans ce grand débat, O'Connell se tenait là, retiré dans un angle de la salle, récitant le Rosaire... » (P. Ventura).

Ce fut en répétant souvent la tendre prière de Saint Bernard Souvenez-vous, en renouvelant à chaque instant des actes de contrition, et en prononçant les noms de Jésus et de Marie, que s'éteignit cette grande voix qui avait ébranlé le monde et que s'envola cette grande âme qui avait éveillé l'admiration de la terre (Chrétiens et hommes célèbres au XIXe siècle, A. Baraud).

 

Pratique : Demandez à Dieu de vous communiquer quelque chose de l'esprit de sainteté qui était en Marie. Cet esprit de sainteté, c'est l'Esprit-Saint pénétrant l'âme de Jésus-Christ et celle de sa Mère dans un degré de perfection que nous ne comprendrons jamais. - Dieu veut nous communiquer par la Sainte Vierge ce même esprit, avec toutes ses inclinations, à une double condition : nous détacher de nous-même, nous unir à Dieu par la charité.

 

 

Ô Jésus, venez et vivez en nous, par Marie, dans votre esprit de sainteté !

 

16 décembre 2022

L'Avent avec les Saints du Carmel

L'Avent avec les Saints du Carmel

 

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Quatrième Semaine

Enseignés par saint Joseph, accueillir le don inouï de Celui qui vient

 

Sous le patronage de saint Joseph

 

Tandis que nous approchons de la nuit de Noël, la liturgie nous fait entendre les récits des événements qui ont immédiatement précédé la naissance du Sauveur. Ce dimanche, l’évangéliste Matthieu nous rapporte l’annonce reçue par saint Joseph. Cette « annonce à Joseph » nous est peut-être moins familière que celle reçue par la Vierge Marie, racontée par saint Luc, et commémorée lors de la solennité de l’Annonciation, ainsi que chaque jour, par la prière de l’Angelus. C’est pour nous l’occasion de nous laisser rejoindre, sur notre chemin d’Avent, par saint Joseph, lui que la tradition spirituelle du Carmel affectionne particulièrement.

À son sujet, sainte Thérèse d’Avila affirmait notamment : Je ne vois pas comment on peut penser à la Reine des anges et à tout ce qu’elle eut à souffrir en compagnie de l’Enfant-Jésus, sans remercier saint Joseph de les avoir si bien assistés l’un et l’autre. Ceux qui ne trouvent pas de maître pour leur enseigner l’oraison n’ont qu’à prendre ce saint pour guide et ils ne feront pas fausse route (Livre de la Vie 6, 8). C’est donc au nom du réalisme de l’incarnation – et d’un bon sens élémentaire ! – que sainte Thérèse nous encourage à nous tourner vers saint Joseph. À la suite de sainte Thérèse, à la fin du XVIIe siècle, les Carmes déchaux instaurèrent une fête du « patronage de saint Joseph », pour célébrer leur Protecteur. Ne pourrions-nous pas nous aussi vivre cette dernière semaine de l’Avent sous le patronage de saint Joseph, en le choisissant comme guide ? Pour ce faire, commençons par nous mettre à l’écoute du récit évangélique de « l’annonce à Joseph » :

Voici comment fut engendré Jésus Christ :

Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret.

Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »

Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».

Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse (Mt 1, 18-24).

 

Face aux imprévus…

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette annonce est déroutante pour Joseph. Accueillir la venue du Fils de Dieu dans sa vie, cela va le conduire à renoncer à son projet personnel, ou plutôt à renoncer à la forme qu’il avait légitimement envisagée pour la réalisation de son projet personnel. Certainement, il sent dans son cœur l’appel à être époux et père. Cependant, après la visite de l’ange du Seigneur, il va recevoir de Dieu lui-même la façon dont se réaliseront ses désirs : il sera époux et père, mais d’une manière bien différente de ce qu’il avait imaginé, d’une manière encore plus belle et féconde que ce qu’il avait imaginé.

Pour ce qui nous concerne, tout au long de notre retraite, notre désir de la venue du Fils de Dieu a grandi, notre confiance en sa venue certaine s’est affermie. Mais aussi, soyons bien sûr qu’il viendra à nous de la manière qu’il voudra et non pas forcément de la manière que nous imaginons. Alors, en cette dernière semaine, il nous est bon de nous laisser enseigner par saint Joseph : pour cela, voyons comment Joseph lui-même parvient à consentir à l’inouï qui est en train de se produire dans sa vie.

D’abord, comme l’ange l’y encourage, il fait confiance à Dieu : « Ne crains pas ». Peut-être nous demandons-nous quelle pourrait bien être la peur qui menace Joseph, lui dont l’évangéliste saint Matthieu nous dit qu’il est « un homme juste » ? Sans doute celle d’un fiancé amené à renoncer à ses projets les plus chers, et même à son projet de vie. En effet, l’irruption inouïe du Fils de Dieu dans la vie de sa fiancée amène Joseph à consentir à renoncer non pas à un élément de sa vie, mais de renoncer à sa vocation profonde, ou tout au moins à l’image qu’il en avait jusque-là. C’est une plongée dans l’inconnu qui peut susciter un véritable effroi : il lui est demandé d’accepter une paternité si différente de ce qu’il avait légitimement prévu.

Nous aussi, nous pouvons connaître des remises en cause, petites et grandes, de nos projets personnels. Évidemment, il importe que nous soyons des acteurs responsables de notre vie, que nous ne nous laissions pas ballotter au gré des événements. Mais quand l’inattendu surgit dans notre vie, Joseph nous invite à ne pas craindre, à faire confiance, afin de pouvoir accueillir, même dans ce que nous n’avions pas prévu, le dessein d’amour de Dieu.

Ensuite, le messager divin demande à Joseph : « Prends chez toi Marie ton épouse ». Rendu capable d’accueillir la nouveauté du projet du Seigneur, Joseph est appelé à collaborer à l’œuvre de Dieu. En effet, « prendre chez lui » son épouse, ce n’est pas seulement accueillir celle-ci dans une maison, c’est prendre soin d’elle, veiller sur elle et sur l’Enfant qu’elle porte : Joseph sera le responsable, le gardien de la Sainte Famille, le garant de l’accomplissement de la vocation divine de Marie et de son Fils.

Nous aussi, à travers les circonstances parfois déroutantes de nos vies, nous sommes appelés à découvrir comment nous allons participer à la croissance du Royaume de Dieu en notre monde, comment nous allons soutenir nos frères et sœurs afin qu’ils grandissent dans l’accomplissement de leur propre vocation. Joseph nous montre le chemin du véritable amour du prochain : avec discrétion et discernement, prendre dans notre cœur, dans notre prière, dans la sollicitude de notre action, ce soin de la relation d’autrui avec Dieu.

Enfin, saint Matthieu nous rapporte que, une fois réveillé, « Joseph fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit ». Tel est Joseph qui, sans bruit, agit selon la parole du Seigneur, dans l’humilité de celui qui ne cherche pas de bonnes raisons pour accomplir sa volonté propre à la place de celle du Seigneur mais trouve sa joie à agir, dans la silencieuse confiance, selon la Parole d’un autre. Très bien ! mais nous, comment ferons-nous ce que le Seigneur attend de nous ? dans quel songe entendrons-nous la voix d’un ange qui nous dira sur quels chemins marcher ? Allons, restons éveillés ! nous ne sommes pas moins bien lotis que saint Joseph : si nous ne portons pas dans nos bras l’Enfant-Jésus comme il l’a fait, nous recevons dans nos mains le Corps eucharistique du Christ ; si nous n’entendons pas en rêve la voix des anges, nous écoutons la Parole de Dieu dans le silence de notre prière. Et cela suffit – ô combien ! – pour que nous nous levions et que nous fassions ce que le Seigneur attend de nous.

 

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Saint Joseph dans l’iconographie carmélitaine

 

Pour vivre cette semaine sous le patronage de saint Joseph, nous pouvons aussi nous laisser instruire par l’iconographie carmélitaine du « patronage de saint Joseph ». Nous en voyons un exemple au centre de la façade du carmel de Saint-Joseph d’Avila, le premier carmel fondé par sainte Thérèse : la statue de saint Joseph et l’Enfant-Jésus, de Giraldo de Merlo (1574-1629). En fait, au Carmel, dès la fin du XVIe siècle, le patronage de saint Joseph a été l’occasion du développement d’une iconographie spécifique, marquée par deux nouveautés importantes dans la façon de représenter saint Joseph avec l’Enfant-Jésus.

La première nouveauté tient dans le fait que Joseph est peint ou sculpté avec les traits d’un homme jeune, et non plus ceux d’un vieillard comme dans l’iconographie inspirée par les évangiles apocryphes. Sainte Thérèse elle-même, déjà, a aimé et promu ces représentations, encore au nom du réalisme de l’Incarnation : puisque sa mission est de prendre soin d’une épouse et d’un enfant, d’affronter des circonstances difficiles, il est clair que saint Joseph devait être dans la force de l’âge pour pouvoir assumer au mieux cette responsabilité.

Ensuite, dans ces représentations iconographiques, saint Joseph ne porte pas l’Enfant dans ses bras, mais ils marchent côte à côte, la main dans la main. Joseph est ainsi celui qui apprend à marcher à cet enfant, celui qui veille sur ses premiers pas et est prêt à le relever s’il tombe, celui qui s’émerveille et se réjouit de la croissance et de l’apprentissage de l’autonomie de ce fils, celui qui sera capable de le laisser aller sur son propre chemin. Mais bien sûr, par cette image, Joseph ne nous montre pas seulement qu’il prend soin de l’enfant, il nous montre comment il vit dans la présence de Jésus : en se mettant lui-même sous la conduite de Jésus. Ainsi, il nous enseigne que, pour chacun de nous, la vie spirituelle, la communion avec Dieu, consiste essentiellement à tenir la main de Jésus et à nous laisser guider par lui, pas à pas, à travers un chemin que nous ne connaissons jamais d’avance.

Vivre dans la présence de Jésus, marcher main dans la main avec Jésus, comme saint Joseph et à son exemple, sous son patronage, faire confiance au chemin sur lequel Jésus lui-même nous conduit, ce n’est évidemment pas une jolie image bucolique. C’est le chemin de la foi, et de la foi qui témoigne de son amour par ses œuvres plus que par des grands sentiments. Comme le souligne le Pape François, en saint Joseph, nous voyons le reflet, le modèle et le patron, de « tous ceux qui, apparemment, sont cachés ou en "deuxième ligne" [mais qui] jouent un rôle inégalé dans l’histoire du salut » car il est « l’homme qui passe inaperçu, l’homme de la présence quotidienne, discrète et cachée » (Lettre apostolique Patris corde).

À ce titre, saint Joseph nous rappelle de manière lumineuse, dans l’ombre, que la sainteté à laquelle nous sommes appelés, c’est d’abord la sainteté que le Pape François a appelée « la sainteté de la porte d’à-côté » (cf. Gaudete et exsultate n. 7), c’est-à-dire la sainteté de l’humble accomplissement de notre devoir d’état, de nos engagements petits et grands ; la sainteté de l’attention aux autres, spécialement les plus petits et les plus fragiles, dans le quotidien de la vie, là où nous sommes et pas là où nous rêverions d’être ; la sainteté du courage et de la persévérance, de la créativité en temps de crise. Telle est la sainteté de la vie dans la présence de Dieu, au moyen de l’écoute patiente, croyante, de la Parole de Dieu, et de la mise en œuvre humble et déterminée des appels reçus de Dieu, comme Joseph qui, quand il se réveilla, « fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit ».

 

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Marcher main dans la main avec Jésus

 

Maintenant, c’est à notre tour ! Pendant cette semaine, nous pouvons notamment suivre les pistes suivantes :

- je me rends attentif aux « petits services » que je peux rendre aux personnes que je rencontre –celles qui me sont les plus proches, ou bien celles que je croise « par hasard » : en faisant pour elles ces « petits riens », je sème et récolte déjà quelque chose de la joie de Noël.

- je cherche à reconnaître les attentions dont je suis le bénéficiaire : rien de banal, chacun de ces petits gestes est l’écho de la main de Dieu, qui vient prendre soin de moi.

- face à une situation déroutante ou inattendue, je demande la grâce de reconnaître à quelle ouverture cela m’appelle peut-être. Il ne s’agit pas d’accepter des choses inacceptables, mais d’être disponible pour modifier librement le regard que je porte sur les choses, les événements, les personnes, afin de voir plus large.

Ne le sentons-nous pas ? Déjà l’Enfant de la Crèche s’approche de nous et nous tend la main : « C’est lui qui nous donne la joie d’entrer déjà dans le mystère de Noël pour qu’il nous trouve, quand il viendra, vigilants dans la prière et remplis d’allégresse » (Préface n°2 des messes du temps de l’Avent).

 

Bonne préparation à Noël !

 

fr. Anthony-Joseph Pinelli, ocd (Paris)

 

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Prier chaque jour de la semaine avec saint Joseph

 

Lundi 19 décembre

Prier les mains vides

 

« Je voudrais persuader toutes les âmes qu’elles doivent porter de la dévotion à ce glorieux saint Joseph. Une longue expérience, en effet, m’a montré les grâces qu’il nous obtient de Dieu. » Sainte Thérèse d’Avila, Vie 6, 7

« Mets dans le Seigneur ta réjouissance : il t’accordera plus que les désirs de ton cœur. Remets ton sort au Seigneur, compte sur lui, il agira… » (Ps 37,4-5)

Comme un pauvre, je mendie aujourd’hui la grâce de la joie spirituelle.

 

Mardi 20 décembre

Devenir serviteur

 

« Saint Joseph va devenir un grand contemplatif du Verbe de Dieu, un contemplatif aussi de la Vierge Marie, son épouse. » Bienheureux Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus, La Vierge Marie toute Mère.

« Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m’advienne selon ta parole ! » (Lc 1,38)

Je cherche aujourd’hui à rendre service à mon prochain et en remerciant le Seigneur.

 

Mercredi 21 décembre

Choisir l’action de grâces

 

« Ma consolation fut grande. Aussi, je ne me lassais pas de rendre grâces à Dieu et à mon glorieux père saint Joseph. » Sainte Thérèse d’Ávila, Vie 30, 7

« Le juste aura sa joie dans le Seigneur et son refuge en lui ; ils s'en loueront, tous les cœurs droits. (Ps 64, 11)

Que saint Joseph m’aide à devenir plus juste devant Dieu en apprenant à rendre grâces chaque jour pour tous les dons reçus.

 

Jeudi 22 décembre

Développer notre intimité avec Jésus

 

« Marie et Joseph avaient fait l’expérience d’une vie seul à seul avec Dieu, et avaient été préparés pour leur mission particulière… Dans les chants de louange qui nous ont été transmis, s’exprime leur adoration émerveillée devant les merveilles divines. » Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, Source cachée n° 244

« Moi, je prends appui sur ton amour ; que mon cœur ait la joie de ton salut ! Je chanterai le Seigneur pour le bien qu’il m’a fait. » (Ps 13,6)

Quels moyens ai-je pris en cet Avent pour être plus proche du Seigneur ?

 

Vendredi 23 décembre

Se confier à la Sainte Famille

 

« Quand l’épreuve sera finie / Nous en avons le doux espoir : / Près de la divine Marie, / Saint Joseph, nous irons vous voir. » Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Poésie 54

« Lève-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère. » (Mt 2, 13)

Je confie ma propre famille à la sainte famille de Nazareth.

 

Samedi 24 décembre

Au creux de Ses bras


« Ne vous traînez plus à ses pieds, suivez ce ‘premier élan qui vous entraîne dans ses bras. C’est là votre place.’ » Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, LT 261

« Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous balancerai sur mes genoux. » Is 66, 11-12

Le Seigneur nous invite à nous laisser aimer en cette veille de Noël : goûtons cette joie !

 

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27 février 2012

Le Chemin de Croix avec Marthe Robin

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Le Chemin de Croix avec Marthe Robin

Suivre Jésus sur son chemin de croix en méditant l'évangile avec des paroles de Marthe Robin

 

L'agonie de Jésus

 Jésus sortit pour se rendre, comme d'habitude, au mont des Oliviers, et ses disciples le suivirent. Il s'écarta à la distance d'un jet de pierre environ. Se mettant à genoux, il priait: « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne ».

Marthe Robin : « Après des années d'angoisse, de péchés, de doutes profonds, après bien des épreuves physiques et morales, j'ai osé, j'ai choisi le Christ Jésus, Lui le Verbe Incarné, l'agneau Sauveur du monde pour maître, pour modèle unique et parfait ».

 

Nous t'adorons et nous te bénissons, ô Christ, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père.

 

Jésus est arrêté

 « Celui que j'embrasserai, c'est lui: arrêtez-le ». Aussitôt, Judas s'approchant de Jésus, il lui dit : « Salut, Rabbi ! », et il l'embrassa. Jésus lui dit: « Mon ami, fais ta besogne ». Alors ils s'avancèrent, mirent la main sur Jésus et l'arrêtèrent.

Marthe Robin : « Aimer, c'est sans retour se dévouer sans cesse. C'est se laisser trahir sans jamais se venger. C'est plus que se donner, c'est faire avec noblesse, l'abandon de soi-même et ne jamais changer ».

 

Nous t'adorons et nous te bénissons, ô Christ, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père.

 

Jésus est humilié

Pilate ordonna d'emmener Jésus pour le flageller. Les soldats tressèrent une couronne avec des épines, et la lui mirent sur la tête; puis ils le revêtirent d'un manteau de pourpre. Ils s'avançaient vers lui et ils disaient: « Honneur à toi, roi des Juifs! » Et ils le giflaient.

Marthe Robin : « L'humiliation est la voie directe qui mène a l'humilité, source de toute vraie grandeur. Elle est aussi un moyen énergique pour nous détacher des créatures et nous attacher à Dieu ».

 

Nous t'adorons et nous te bénissons, ô Christ, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père.

 

Jésus est condamné à mort

Pilate reprit: « Que ferai-je donc de Jésus, celui qu'on appelle le Messie? » Ils répondirent tous: « Qu'on le crucifie! » Il poursuivit: « Quel mal a-t-il donc fait? » Ils criaient encore plus fort: « Qu'on le crucifie! »

Marthe Robin : « Quel travail, quelle ascension, Dieu a opéré en moi! Mais que de soubresauts de cœurs, que d'agonie de volonté il faut pour mourir à soi! »

 

Nous t'adorons et nous te bénissons, ô Christ, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père.

 

Jésus est chargé de sa croix

Jésus portait lui-même sa croix. Il sortis de la ville, marchant vers le lieu dit du crâne en hébreux Golgotha.

Marthe Robin : « Que ma lourde crois envoyé par mon Père des cieux, voulue de sa bonté divine, reçue de ses mains bien-aimées, acceptée avec la plus grande, la plus profonde soumission et l'amour le plus sincère, ne soit pas un sujet d'épouvante, mais un moyen précieux de sanctification et de salut ».

 

Nous t'adorons et nous te bénissons, ô Christ, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père.

 

Jésus tombe sous le poids de la Croix

Il n'était ni beau, ni brillant pour attirer nos regards, son extérieur n'avait rien pour nous plaire. Il était méprisé, abandonné de tous. Homme de douleurs, familier de la souffrance... Et pourtant c'était nos blessures qu'il portait, nos souffrances dont il était accablé...

Marthe Robin: « Ô mon âme, relève toit, pleure, amis espère et regarde le ciel. Jésus a quitté le ciel pour souffrir sur cette terre et porter sa croix. A notre tour portons la croix et suivons Jésus en regardant le ciel ».

 

Nous t'adorons et nous te bénissons, ô Christ, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père.

 

Jésus est crucifié

Lorsqu'on fut arrivé au lieu dit: « Le Crâne », ou « Calvaire », on mit Jésus en croix, avec les deux malfaiteurs, l'un à droite et l'autre à gauche.

Marthe Robin : « Quand les douleurs sont atrocement douloureuses, je pense que le bon Dieu qui est si bon me donne de souffrir en proportion de ce que je l'aime et de ce qu'il m'aime. C'est pourquoi je suis toujours souriante et que j'ai toujours tant de paix ».

 

Nous t'adorons et nous te bénissons, ô Christ, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père.

 

Jésus pardonne

Jésus disait: « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font ».

Marthe Robin : « Dans quel océan d'amour nous vivons! Est-il possible que Dieu nous aime à ce point ?On dirait que notre bonheur fait partie de son bonheur à Lui. Il se réjouit de notre retour, du pardon qu'il nous accorde comme s'il avait besoin de nous. Et il veut que toute la cour céleste, tous les Anges, tous ses amis partagent sa joie. Dieu est l'offensé et c'est lui qui se réjouit le plus de pouvoir pardonner ».

 

Nous t'adorons et nous te bénissons, ô Christ, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père.

 

Jésus nous donne sa mère

Près de la croix de Jésus se tenait Sa Mère, avec la sœur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant Sa Mère, et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à Sa Mère: « Femme, voici ton fils ». Puis il dit au disciple: « Voici ta Mère ». Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.

Marthe Robin : « Je suis toute à vous, ô ma bonne et tendre mère et tout ce qui est en moi, tout ce qui est moi vous appartient parce que je suis votre enfant ».

 

Nous t'adorons et nous te bénissons, ô Christ, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père.

 

Jésus meurt sur la croix

Jésus poussa à nouveau un grand cri et dit: « Père entre tes mains je remets mon esprit! » Puis ayant incliné la tête, Il rendit l'esprit.

Marthe Robin : « Ô Jésus, Tu as dit: « Personne ne m'ôte la Vie, je la donne librement ». Je t'en supplie, donnes mous de souffrir et de mourir comme toi, non par ce que nous sommes obligés, ni comme des esclaves, mais librement, saintement, amoureusement... Oh! Non! Mourir ni par faiblesse, ni par chagrin, ni à cause de la maladie, mais comme Jésus et avec Jésus mourir d'amour... Que ma maladie soit l'amour! Que la mortelle blessure par laquelle ma vie s'écoule soit une blessure d'amour! »

 

Nous t'adorons et nous te bénissons, ô Christ, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père.

 

La résurrection de Jésus

N'ayez pas peur! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié? Il est ressuscité: il n'est pas ici. Voici l'endroit où on l'avait déposé. Et maintenant, allez dire à ses disciples et à Pierre: Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l'a dit.

Marthe Robin : « La douleur n'a qu'un temps bien court... Mais le bonheur aura le temps de la bienheureuse éternité. La Croix est attachée à la Joie et la Résurrection suit de bien près la mort. Chante ô mon âme les extraordinaires merveilles opérées en toi. Dieu t'a crée fille de son amour. Il t'a adoptée au baptême, Il t'a pardonné toutes tes fautes, Il t'a voulue pour Lui seul, Il t'a ressuscité dans son Amour ».

 

Nous t'adorons et nous te bénissons, ô Christ, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père.


Texte extrait du site internet du Foyer de Charité de Tressaint: www.tressaint.com

 

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26 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Vingt-septième jour

Des effets que la grâce et l’esprit de Jésus-Christ doivent produire en nous

 

I. Pour juger de l’abondance des grâces que Dieu répand dans le monde en vue des mérites de Son Fils, pensons que les patriarches et les prophètes soupiraient sans cesse après le Messie, qu’ils le demandaient comme une rosée céleste et la plus précieuse production de la terre, qui devait y répandre le salut et la vie. Dès lors ces saints hommes par leurs désirs et la préparation de leur coeur devenaient participants des mérites du Sauveur. Pensons ensuite qu’à la naissance du Messie, les Anges, les hommes, des pauvres et des riches, des bergers et des rois, lui rendirent leurs hommages, et devinrent les prémices de l’Église qu’Il devait sanctifier par les mérites de Son Sang. Pensons enfin qu’après la mort du Sauveur, Dieu ouvrit le trésor de ses grâces, et les répandit en abondance sur tous ceux que Son Fils avait tirés de l’esclavage et rachetés au prix de Son Sang.

II. Jugeons de là que jamais Dieu n’a accordé de grâces au monde qu’en vue des mérites de Son Fils. À l’exemple des patriarches, élevons notre coeur à Jésus-Christ dès le matin, et disons-lui : « Ô mon Sauveur, répandez-vous dans mon coeur comme une douce rosée ; croissez dans mon âme comme un rejeton qui produise en elle des fruits de salut. Sans Vous mon âme est sèche et mon coeur stérile ».

III. Le soir pensons que tout ce que nous avons fait de bien durant la journée, tout ce que nous avons pratiqué des vertus, tout cela nous vient du Sang précieux répandu sur la croix. Ah ! Seigneur, devons-nous nous écrier, ce sont Vos faiblesses qui m’ont donné des forces ; ces sont Vos langueurs, c’est Votre Agonie qui l’a inspiré cette vigueur. Que les anges Vous en bénissent à jamais !

IV. Enfin, comme Jésus-Christ ne nous donne Ses grâces qu’afin que nous puissions nous vaincre nous-mêmes, que pour résister au péché et pratiquer les vertus dont Il nous a donné l’exemple ; comme, selon Saint Paul, les Juifs qui ne vivaient que dans l’attente de la loi de grâce sous laquelle nous avons le bonheur e vivre, étaient pauvres et indignes en comparaison de nous, quelle fidélité ne devons-nous pas avoir à profiter des grâces que Jésus-Christ nous a prodigués, à seconder la force qui nous inspire, à produire des actions dignes des secours dont Il nous favorise, et à nous montrer en cette occasion les dignes enfants de Dieu, les frères et les cohéritiers de Jésus-Christ !

V. La plus douce et la plus importante considération que nous puissions faire, c’est que tout ce que nous obtenons de grâces et de lumières d’en-haut, nous est donné par Jésus-Christ et en vue de ses mérites ; que ce sont les fruits précieux du Sang qu’Il a répandu pour nous ; mais que toutes ces grâces ne nous sont données que pour devenir semblables à Jésus-Christ mourant pour nous ; qu’elles doivent par conséquent nous porter à la mort intérieure et à la mortification de nos passions. C’est ce qui a fait dire à Saint Paul : « Mes frères vous êtes morts et crucifiés avec Jésus-Christ ».

VI. De même que le vieil Adam nous ayant laissé l’héritage de sa corruption, notre vie naturelle ne peut être que corrompue et déréglée : ainsi Jésus-Christ le nouvel Adam, nous ayant transmis son esprit, notre vie doit être surnaturelle comme la sienne. À son exemple nous devons être doux et humbles de coeur, patients et mortifiés, pleins de zèle et de Charité. C’est ce que Saint Paul entendait, lorsqu’il a dit que comme la malignité qui nous est venue d’Adam nous a rendus méchants et dépravés comme lui, la bénédiction qui nous vient de Jésus-Christ doit nous réformer et nous rendre bons comme Jésus-Christ ; Dieu veut que l’influence de sa grâce et la participation de son esprit produisent en nous cette divine ressemblance. Je travaille, dit Saint Paul, et ne cesse de travailler jusqu’à ce que j’ai formé Jésus-Christ en moi.

VII. La mortification est le principal trait de ressemblance avec Jésus-Christ, puisque c’est en mourant pour nous qu’Il nous a engendrés. C’est sa mort qui nous donne l’esprit et la vie. Notre vie, pour tenir de son principe, doit donc être une vie de mort et de mortification continuelle. Nous devons exprimer en nous le dépouillement et l’anéantissement du Dieu de majesté, qui, pour nous sauver et nous réformer, naît dan une étable et meurt sur une croix. Un vrai disciple de Jésus-Christ doit se renoncer soi-même et porter sa croix tous les jours. c’est ce qu’Il nous a recommandé Lui-même, avant de se laisser attacher à la Croix et d’y mourir pour nous. Ce n’est pas tant pour nous éteindre les feux de l’enfer que Jésus-Christ répandit Son Sang, que pour retracer dans nos âmes l’image de la divinité que le péché avait effacée. Ce n’est donc qu’en mourant au péché et en crucifiant les passions qui nous y entraînent, que nous pouvons être les vrais disciples de Jésus-Christ, ses frères, ses cohéritiers et ses images vivantes.

VIII. N’est-ce pas une folie digne de pitié, n’est pas une chose monstrueuse que tant de chrétiens que Jésus-Christ à régénérés dans Son Sang, étouffent son esprit divin dont Il les a remplis, et préfèrent les ténèbres à la lumière qui les environne de toute parts ? Ils sont chrétiens, et ne vivent pas mieux que des infidèles et des idolâtres. Où sont ceux dont la vie soit intérieure et spirituelle, qui mortifient leurs sens, qui attachent leurs passion déréglées à la Croix de Jésus-Christ, qui, pour ne vivre que de l’esprit de Jésus-Christ, étouffent en eux l’esprit du monde, cet esprit d’orgueil et d’impiété, de plaisir et de vanité, d’avarice et de concupiscence ?

Où sont ceux qui vivent cachés en Dieu avec Jésus-Christ et qui s’appliquent à imprimer en eux avec le Sang précieux du Sauveur l’image de la divinité ? Pécheurs, si vous avez eu le malheur de passer votre vie dans l’ensorcellement de la bagatelle, il est encore temps de rétablir en vous cette image divine que le monde et les passions ont effacée. Jésus-Christ attaché à la Croix vous tend encore les bras ; jetez-vous y avec confiance, recevez Son Sang, dans un coeur contrit et humilié. Il vous fera entendre les paroles consolantes qu’Il dit avant de mourir à un voleur pénitent, dont peut-être la vie tout entière n’avait pas été plus réglée que la vôtre.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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10 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Onzième jour

Le Crucifix nous apprends que nous ne sommes plus à nous, mais à Jésus qui est mort pour nous

 

I. Jésus-Christ est mort pour nous afin d’acquérir le droit de régner sur nous. Vous n’êtes point à vous dit Saint Paul ; c’est à Jésus-Christ que vous appartenez ; Il vous a acheté à un grand prix : et quelle conquête est plus justement à Lui que celle qu’Il a payée de tout Son Sang ! j’étais un esclave malheureux, et Jésus-Christ m’a rendu la liberté en se rendant esclave en ma place. j’étais condamné à la mort, et Jésus-Christ, pour me sauver, a sacrifié Sa propre vie. Pour me gagner à Lui, Il a répandu Son Sang, et a triomphé sur la Croix de toutes les puissances qui me tenaient dans l’esclavage. Je lui ai trop coûté pour ne pas lui faire hommage de la liberté qu’Il m’a procurée, de la vie qu’Il m’a rendue, et pour n’être pas à Lui sans réserve.

II. Par la création j’étais assujetti au souverain pouvoir de Dieu, j’étais l’esclave du Créateur. Par le péché j’ai été assujetti au pouvoir du démon ; je suis devenu son esclave. Par la rédemption je suis devenu l’esclave de Jésus-Christ. Glorieux esclavage, qui a détruit celui du démon et ennobli celui du Créateur ! j’appartiens à Jésus-Christ et comme son ouvrage et sa conquête. Sa toute-puissance qui m’a tiré du néant, et Sa Charité qui m’a tiré de l’esclavage du péché et de l’abîme de l’enfer, ont sur moi des droits inaliénables. Ô mon âme ! qu’il est doux, l’esclavage qui te soumet à ton Créateur et à ton Sauveur ! Qu’ils sont précieux, les liens qui, pour t’enchaîner, ont été formés par la puissance et la Miséricorde Divine ! Et que tu serais malheureuse, si tu osais les rompre et te soustraire au souverain empire de Jésus-Christ !

III. Les pécheurs, les plus grands ennemis de Jésus-Christ, ne peuvent se soustraire à son empire. Dieu l’a établi juge des vivants et des morts. Parce qu’Il s’est humilié, dit Saint Paul, en se rendant obéissant jusqu’à accepter la mort et la mort de la Croix, Dieu l’a exalté au dessus de tous les hommes, et Lui a donné un Nom qui est au-dessus de tout les noms créés, afin qu’au Nom de Jésus, toute créature fléchisse le genou dans le Ciel, sur la terre et dans les enfers. La Croix de Jésus-Christ lui a donc donné sur moi un droit inaliénable qu’Il exercera ou dans Sa Miséricorde ou dans Sa Justice. Si je refuse d’être l’esclave heureux de Son Amour, je deviendrais nécessairement l’esclave infortuné de Sa Justice. Dans le Ciel ou dans l’enfer, je serai soumis également à Son souverain pouvoir, et de Sa Croix découlera ou mon bonheur ou mon malheur éternel. Le Sang qu’Il a répandu pour moi, demandera à Dieu ou mon Salut, si je lui suis fidèle, ou si je ne m’attache pas à Lui, mon éternelle condamnation. Je ne puis ne pas lui appartenir : il est seulement à mon choix de vivre ou sous l’empire de Sa Miséricorde ou sous celui de Sa Justice.

IV. Je devrais appartenir à Jésus-Christ et m’attacher à Lui sans réserve par le seul titre de la reconnaissance. Il m’a sauvé de la mort et de la mort éternelle par le sacrifice de Sa propre vie. Que mon ingratitude serait monstrueuse, si je méprisais, si je trahissais, si j’outrageais un bienfaiteur si généreux. Mais je me dois à Lui un titre bien plus rigoureux : Il m’a acheté, Il a payé ma rançon de tout Son Sang ; je suis tout à Lui à titre de justice. Et comment pourrais-je me soustraire à son empire ? Où me cacherais-je pour me dérober à la justice de mon Sauveur, dont le pouvoir s’étend au Ciel et sur la terre, et entre les mains de qui Dieu a remis sa souveraine autorité sur les vivants.

V. Mon Père, disait Jésus-Christ, sur le point d’aller à la mort, Je Vous ai glorifié sur la terre, j’ai accompli l’oeuvre dont Vous M’aviez chargé, J’ai enseigné aux hommes ce que J’ai appris de Vous ; Je vais à la Croix pour les racheter et les réconcilier avec Vous au prix de Mon Sang : glorifiez-Moi à votre tour. Et quelle est la récompense que Jésus-Christ demandait à Son Père avec tant d’ardeur ? C’est que les hommes pour lesquels Il mourait puissent le connaître et le glorifier ; c’est qu’Il fût leur Roi comme Il est leur Sauveur, et que son empire sur toutes les créatures fût tellement étendu que personne ne pût obtenir la vie éternelle que par Lui. Dieu, dit Saint Paul, a exaucé les vœux de Son Fils unique à cause de sa piété respectueuse et de son obéissance parfaite à toutes ses volontés. Aussi Son Nom après avoir été le jouet des Gentils et le scandale des Juifs, est béni dans le Ciel, est adoré sur la terre, et est devenu redoutable à l’enfer, et il n’est pas sous le Ciel, comme l’a dit le Prince des Apôtres, d’autre nom donné aux hommes, par le pouvoir duquel ils puissent être sauvés. Il faut donc croire en Jésus-Christ, invoquer Son Nom, se soumettre et s’unir à Lui ou renoncer au Salut.

VI. Jésus-Christ a souffert ; Il a versé des larmes ; il a répandu Son Sang ; Il a sacrifié Sa vie pour que je puisse Lui appartenir, et que de l’empire du démon je puisse passer sous le Sien. Il est en mon pouvoir de le consoler dans ses douleurs, d’essuyer ses larmes, de Lui faire recueillir le fruit de Sa Passion, de le faire triompher de ses opprobres et de ses souffrances. Serais-je assez ingrat, assez ennemi de moi-même, pour ne pas me donner à Lui, pour préférer l’empire du monde et du démon à son empire ? Et comment serais-je assez insensé, pour ne pas me dévouer entièrement à Lui sachant que, quoi que je fasse, je ne puis me soustraire à son empire, que Sa Croix triomphera éternellement, ou dans le Ciel par la communication de son bonheur et de sa gloire, ou dans l’enfer par le rigueurs de Sa Justice ?

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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9 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Dixième jour

Sur la Charité fraternelle

 

I. Quiconque aime le Père, qui a donné la vie, dit Saint Jean, aime aussi les enfants qui l’ont reçue. Il suit de là que quiconque aime Jésus-Christ qui donne la vie de la grâce à tous les chrétiens, aime aussi tous les chrétiens, qui doivent leur génération spirituelle au Sang Précieux de Jésus-Christ. Il suit encore que quiconque n’aime pas ses frères, qui sont enfants, de Dieu et membres de Jésus-Christ, n’aime pas Jésus-Christ Lui-même. Si quelqu’un me dit, ajoute le même Apôtre : j’aime Dieu, et que j’aperçoive qu’il hait son frère, je dis qu’il est un menteur ; car s’il n’aime pas son frère qu’il voit, et dont les besoins viennent frapper ses yeux, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas, et dont les perfections infiniment aimables ne tombent pas sous les sens ?

II. Tout ce que je fais à mon prochain soit bien, soit mal, c’est à Jésus-Christ que je le fais. Saint Martin couvre de la moitié de sa cape la nudité d’un pauvre, et Jésus-Christ se montre à lui revêtu de cet habit. Saul poursuit les chrétiens pour les faire périr, et Jésus-Christ lui dit en le terrassant : « Saul, Saul, pourquoi Me persécute-tu ? » Toutes les fois dira Jésus-Christ au jugement dernier et à ses élus et aux réprouvés, toutes les fois que vous avez rendu un bon ou mauvais office à un seul de mes frères et même au plus petit d’entre eux, c’est à Moi que vous l’avez rendu. Je ne verrai donc que Jésus-Christ dans mes frères ; je les aimerai, quoiqu’ils n’aient rien d’aimable en eux-mêmes ; je les aimerai, parce qu’ils sont les enfants de notre père commun, parce que Jésus-Christ est leur Sauveur et le mien, et que ma propre indignité ne l’empêche pas de me supporter et de m’aimer. Je les aimerai et mon amour sera un écoulement de celui que j’ai pour mon Dieu et mon Sauveur. Ainsi j’aimerai mon Sauveur de toutes les manières dont il peut et dont Il veut être aimé, et dans Lui-même, et hors de Lui-même ; c’est-à-dire, dans ses images vivantes, et dans les membres de ce corps mystique dont Jésus-Christ est le chef.

III. Jésus-Christ n’a promis à son jugement dernier le bonheur du Ciel qu’aux âmes compatissantes et charitables ; il ne condamne aux tourments de l’enfer que les coeurs durs et sans compassion pour leurs frères. On dirait que la Charité est la seule vertu du Christianisme. C’est que la Charité toute seule renferme toutes les autres vertus et couvre la multitude des péchés. C’est que par les œuvres de Charité on est assuré de toucher et de gagner le coeur de Dieu et d’en obtenir le centuple de tout ce que nous faisons en faveur de nos frères, le centuple de nos aumônes et de tout ce qu’il nous en coûte pour les assister et les soulager, la récompense au centuple et des peines que nous prenons pour les instruire et les sanctifier, et de notre patience à supporter leurs défauts, et de notre générosité à pardonner leurs injures et à leur rendre le bien pour le mal. Donnez, dit notre Divin Maître, et l’on vous donnera. Montrez-vous patients, indulgents, bienfaisants et généreux envers vos frères et Dieu se montrera tel à votre égard et pour quelques bien temporels dont vous serez dépouillés, et quelques légers sacrifices que vous aurez faits à la Charité, il versera dans votre sein des trésors de biens spirituels dont la mesure sera pleine, comble, surabondante, et en quelque sorte excessive.

IV. Les Saints n’ont trouvé le secret d’amasser d’immenses trésors de mérites qu’en imitant la patience, le zèle et la Charité de leur Divin Maître. Les pécheurs n’en ont pas d’autres de se réconcilier avec Dieu qui renonce à ses droits en ferveur de nos frères. Qu’un pécheur pénitent, après des œuvres de Charité, après avoir étouffé un ressentiment, après avoir pardonné une injure en vue de Jésus-Christ, se jette aux pieds du Crucifix ; la grâce qui en découlera, répandra en son coeur la plus douce confiance dans la Miséricorde Divine. Le jeune Gualbert éprouva cette faveur. Touché d’un vif sentiment de religion, il pardonna à son ennemi qu’il était sur le point d’immoler, et qui implorait sa clémence en lui présentant les bras en forme de croix. Il entre ensuite dans une église et prie devant un crucifix qui incline la tête en signe d’approbation. Cette œuvre de Charité fut le principe de sa conversion et d’une sainte vie qui lui a mérité les honneurs de l’Église.

V. Que me dit la Foi, lorsque je suis aux pieds du Crucifix ? Elle me dit que j’étais un malheureux esclave, chargé de crimes et destiné à la mort éternelle, que comme je ne pouvais ni calmer la juste colère de mon Souverain, ni acquitter mes dettes, son Fils unique touché de compassion en ma faveur, a pris ma place : qu’il a satisfait pour moi ; qu’il a donné sa vie pour me sauver de la mort éternelle et moi, je poursuivrais dans mes frères qu’il a rachetés comme moi, les plus légères offenses ! Et tandis que j’éprouve tant d’indulgence et de compassion, je n’aurai pour mes frères que dureté et insensibilité ! Ô Croix de Jésus, je me rends indigne de vous, je vous outrage toutes les fois que je livre mon coeur à l’animosité, et que je le ferme à la patience et à la compassion.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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31 août 2016

Mois de Saint Michel Archange et des Saints Anges

Nouveau Mois de Saint Michel Archange et des Saints Anges

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Le Précieux Sang et le Saints

 

« La dévotion à saint Michel est un signe de prédestination ». (Saint Alphonse de Liguori)

 

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Vive le Sang de Jésus !

 

À Saint Michel Archange

 

Chef des armées célestes, premier Adorateur du Verbe incarné et de son Sang précieux, premier Sujet de la Reine du ciel. Introducteur des âmes dans la gloire...

Le « Quis ut Deus » de votre fidélité à Dieu, et de votre triomphe sur son ennemi, vibre sans cesse sur les lèvres humaines qui célèbrent votre gloire. Adorateur (rice) du Précieux Sang, je voudrais faire résonner davantage, dans l'hymne d'amour que je vous consacre, une note qui remue bien délicieusement mon âme chaque fois que sa vibration arrive à mon oreille. Cette note, ô sublime Adorateur du Verbe incarné, tous deux nous la chantons à l'unisson, c'est la note de notre reconnaissance ! « Vive le Sang de Jésus ! » Oui, « Vive le Sang de Jésus ! » puisque c'est à ce Sang, ô saint Michel, que vous devez la grâce de votre « Quis ut Deus ». « Vive le Sang de Jésus ! » par lequel vous avez vaincu l'infernal ennemi. « Vive le Sang de Jésus ! » qui vous a couronné de tant d'honneur et de félicité dans le ciel de la gloire. Que les louanges rendues à ce Sang, au long de cet humble ouvrage, rejaillissent sur vous, ô glorieux Archange, et que celles dont vous serez directement l'objet retournent à la gloire de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Daignez bénir ces pages et les rendre fructueuses. Qu'elles Contribuent à étendre votre culte et à placer sous protection un grand nombre de ces pauvres humains qui luttent si difficilement pour conquérir leur couronne. Surtout, ô Saint Archange, qu'elles me valent votre assistance à la mort, afin que je sorte du dernier combat victorieu(x)se par le Sang de l'Agneau.

V. S. J.

Saint Hyacinthe, en la fête de saint Michel Archange, 29 septembre 1893.

 

Vive le Sang de Jésus !

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Le Précieux Sang et les Anges

 

Une belle page du R. P. Faber pour servir d'introduction

 

Dans son livre intitulé « Le Précieux Sang », Faber encadre l'histoire du Précieux Sang dans le tableau d'une « procession » qui nous montre le Sang du Christ sortant de l'éternelle pensée de Dieu, circulant dans le temps et remontant au ciel, après avoir pris, sur son passage, chacune de ces créatures de Dieu qui lui doivent leur beauté propre.

« La première fois que le Dieu invisible s'est rendu visible, ce n'a été que l'éclair d'un moment, et au loin s'étendait déjà le vaste monde des Anges palpitant de lumière... L'éclat qui les environnait était le reflet du Précieux Sang. C'est de lui qu'ils sortaient, et c'est à cause de lui qu'ils ont existe. C'est de lui qu'ils tiraient cette merveilleuse variété de grâces qui les ornaient. Leur sainteté n'était qu'un manteau fait de son royal tissu, et c'est à ses courants surnaturels qu'ils puisaient la beauté de leur nature.

Il semble ici que la procession se soit arrêtée un petit instant ou peut-être n'est-ce que le jaillissement soudain de la lumière qui a paru ressembler à un arrêt momentané. Les nouvelles créatures de Dieu, les premières intelligences créées, les premiers-nés de l'Intelligence Incréée reçurent ordre de prendre leur place dans les rangs, et d'accompagner la grande procession du Précieux Sang... C'est alors que, véritablement, trop véritablement, il y eut un moment d'arrêt, comme s'il se manifestait un refus de soumission et d'obéissance. Une lueur brille, qui semble indiquer une lutte à outrance ; un éclair des armes des Archanges traverse l'espace, et le cri de guerre de Michel, le premier cri créé, retentit parmi les montagnes éternelles. Un tiers de cette création de lumière si pure a refusé d'adorer le Sang humain du Verbe incarné, et ils sont, en un instant, précipités dans les sombres abîmes, et le cortège se resserre, et la lumière, restée fidèle, brille dans ses rangs diminués, avec plus de splendeur que jamais... »

Dans ce brillant exposé du grand Docteur du Précieux Sang, trois pensées doivent nous frapper : 1° les Anges doivent au Sang de l'Agneau immolé et les grâces dont ils ont été ornés dans leur création et celles de leur persévérance dans l'amitié de Dieu ; 2° Tous les Anges ne persévèrent point dans cette dernière grâce ; 3°Ceux qui la perdirent ne la recouvrirent point.

 

I- Les Anges doivent leur bonheur au Précieux Sang

 

Saint Jean nous dit dans son Apocalypse, qu'il vit dans le Ciel, « un agneau qui était là, comme égorgé » (Ap 5, 6). Pourquoi le ciel, comme la terre, présente-t-il à ses habitants un perpétuel emblème du Sang versé sur notre globe par le Verbe incarné ?

C'est que la créature angélique, comme la créature humaine, doit au Précieux Sang tous les trésors de grâce qu'elle possède. « Chacun des Anges, disait encore Faber, était resplendissant sous des milliers de faveurs célestes. Tous étaient admirables, tous revêtus de la sainteté et des dons les plus magnifiques.... Cependant, il n'y avait pas une seule de ces grâces qui, pour chacun deux, ne leur eût été méritée par le Sang de Jésus, et qui ne trouvât son type et son modèle dans ce Sang Précieux. Le Précieux Sang, le sang de l'homme, était comme la rosée qui recouvrait tout le royaume des anges..., C'est donc à juste titre qu'ils peuvent réclamer le droit d'entonner le chant de l'Agneau, à l'immolation et au sacrifice duquel ils sont redevables de tant de bénédictions ».

Et l'homme aussi doit tout au Précieux Sang !,... La moindre des grâces qu'il reçoit chaque jour ne lui arrive que par les mystiques canaux des plaies de Jésus immolé. C'est pourquoi, à l'instar de l'Ange qui, au sein de sa félicité, conserve un mémorial perpétuel de l'Agneau égorgé, l'homme élève partout, dans le lieu de sa rédemption, le signe sacré qui l'élèvera un jour, jusqu'à la patrie de l'Ange.

Et en union avec les anges, « ces roses plantées sur les eaux silencieuses de Siloé, ainsi que s'exprime saint Anselme, rendons nos hommages à l'Onde vivante qui baigne la cité de Dieu, et, avec le saint enthousiasme de la reconnaissance et de l'amour, écrions-nous comme le même saint Anselme : « O fleuve de paix ! Ô parfum du jardin de délice ! Ô sagesse qui embrasse toute l'étendue du Ciel ! C'est par vous que les esprits célestes brillent et resplendissent ! » c'est par vous aussi que nous espérons briller et resplendir un jour dans la cité des élus.

Ô Milice angélique, envoyez aux combattants d'ici-bas une une goutte de cet élixir divin dont les mérites anticipés vous fortifièrent à l'heure de l'épreuve, afin que, fidèles comme vous, nous soyons admis à nous abreuver avec vous aux eaux de l'éternelle félicité. Ainsi soit-il.

 

II. — Tous les Anges ne persévérèrent pas

 

« Dès le commencement, ajoute Faber, Dieu invita les Anges à adorer le Précieux Sang. Leur adoration devait être un double exercice d'humilité : d'humilité à l'égard de lui-même, d'humilité à l'égard des hommes qui étaient si fort au-dessous d'eux. C'était l'épreuve à laquelle il voulait soumettre leur fidélité. Il leur a montré son Fils bien-aimé, la seconde personne de la Sainte Trinité, dans sa sainte humanité. Le Verbe avait pris une nature inférieure à la nature angélique, et dans cette humble nature, il était couronné leur roi... le fils d'une mère terrestre devait être leur chef, et cette fille d'Eve devait elle-même être leur Reine ».

A cette révélation, l'Ange est interdit Sondant, de son regard profond, la distance qui sépare la nature angélique de la nature humaine. l'Esprit sublime et immortel se sent avili à la pensée d'adorer un Dieu-homme, un Dieu revêtu de chair et de sang... à la première vue, tous les Anges peut-être éprouveront un frémissement involontaire : c'était l'heure de la tentation... Plus rapide que l'éclair fut le regard qui .s'échangea entre ces purs Esprits. Un tiers des Anges, adhérant à la pensée du plus brillant d'entre eux, s'écria avec Lucifer : « Non serviam ! Je n'adorerai pas cet Homme-Dieu ». Au même instant, retentit le « Quis ut Deus ? » de Michel : « Qui est comme Dieu ? » lui répondent les légions demeurées fidèles... Et ce cri de victoire se répercute de cieux en cieux, pendant que Lucifer et ses phalanges orgueilleuses sont précipités dans l'abîme de feu que le Tout-Puissant vient de créer !

Et à l'homme, Dieu pardonne « jusqu'à soixante-dix-sept fois sept fois ! » Il lui pardonne aussi souvent qu'il se repent !.. Pourvu que l'homme, à la mort soit trouvé fidèle à la grâce de son dernier pardon, les péchés de sa vie eussent-ils été plus nombreux que les grains de sable du rivage, il occupera, un jour, au ciel, un des trônes des anges déchus ! Pourquoi, ô saints Anges, l'homme a-t-il été l'objet d'une telle miséricorde ? C'est parce que le Père céleste a tellement aimé l'homme qu'il lui adonné son Fils unique, afin que dans son Sang il lavât toute ses iniquités. Mais pourquoi Dieu aima-t-il l'homme plus que l'Ange ? Le cœur ne demande point pourquoi il est aimé, il se contente d'aimer en retour.

O Christ-Sauveur, en union avec l'Ange que votre Sang a préservé de toute chute ? Je vous aime et je vous bénis ! Pauvres enfants d'un père qui a prévariqué au paradis d'Eden, comme l'Ange au paradis des Cieux où en serions-nous avec notre triple concupiscence, ni la condition de notre Salut eût été celle de l'Ange ? Qu'il serait grand le nombre des âmes qui n'attendraient plus que la sentence de malédiction ! Ô saints Anges, qui pénétrez me mystère du Précieux Sang qu'il l'admirez plus que les hommes, parce que vous en saisissez mieux toute l'étendue , je vous en supplie, aimez, louez, bénissez pour moi le Sang qui nous a valu d'être placés ici -bas sous l'empire souverain de la miséricorde. Ainsi- soit-il.

 

III. — Pourquoi les Anges ne furent point rachetés

 

Mais pourquoi le Précieux Sang ne fut il pas un Sang rédempteur pour l'Ange comme pour l'homme ? C'est que, pour sauver l'Ange, il eût fallu un Ange-Dieu, Aucune hostie angélique et divine ne s'offrant pour la réparation de l'ange déchu, il fut voué à l'éternelle réprobation.

« Quand même, dit le P. Faber, tous les Anges ensemble, et les bons et les mauvais, auraient souffert volontairement les plus affreux tourments, volontairement subis, n'auraient pu satisfaire devant Dieu pour le péché du moins coupable des rebelles... il en eu été autrement si Notre-Seigneur s'était revêtu de la nature angélique ».

Mais « le Verbe s'est fait chair... » Et l'Homme-Dieu a racheté l'homme pécheur par l'effusion de tout son Sang sur la Croix ! Ah ! Que nous serions à plaindre si le Verbe ne s'était fait Homme, et si, devenu l'un de nous, il n'eût pris sur lui l'énorme dette de nos Péchés !.. Nés dans la malédiction nous aurions vécu misérables ; nous serions morts dans le désespoir, et notre éternité, comme celle de l'ange prévaricateur, eût été une éternité de pleurs et de grincements de dents. Mais, grâce à Jésus, notre Frère rédempteur, grâce à son Sang répandu, nous appellerons éternellement Dieu « notre Père ! » Si nous le voulons, oui, tous, nous serons sauvés.

L'enfant, qui vient de souiller sa robe d'innocence par un premier péché grave, n'a qu'à se plonger, avec confiance et amour, dans le bain du Sang divin, et une nouvelle grâce de régénération lui est accordée. L'adolescent et l'homme dans la vigueur de l'âge, qui ont eu le malheur d'égarer leurs pas dans les sentiers de la vie, peuvent, en recueillant le Sang dont le Bon Pasteur a rougi les ronces de son chemin, retrouver la voie qui conduit au ciel. Même le vieillard aux prises avec la mort, après une existence coupable, peut encore s'élancer vers le ciel, pourvu qu'avec un cœur contrit, il saisisse la main de Jésus crucifié et offre le Sang qui en découle, en expiation de ses péchés.

Après avoir fait ces considérations invitons les Anges à bénir et à remercier pour nous et avec nous le Dieu-Homme dont le Sang répandu nous associera à leur bonheur... Dans la véhémence de notre gratitude, écrions-nous sans cesse : « Mon Jésus, je vous remercie d'avoir bien voulu vous faire Homme par amour pour nous ». « Que Jésus soit à jamais béni et remercié pour nous avoir sauvés au prix se tout son Sang ». « Vive le Sang de Jésus, maintenant et toujours et dans tous les siècles des siècles ! » Ainsi soit-il.

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Mois de Saint Michel et des Saints Anges

Pieux exercices pour chaque jour du mois

 

Le Matin

 

Bonjour mon bon Ange, à vous je me recommande ; je vous remercie de m'avoir gardé cette nuit, gardez-moi, s'il vous plaît, aujourd'hui, sans péril, sans danger, sans mort subite, surtout sans offenser mon Dieu. Ainsi soit-il.

 

Le Soir

 

Bonsoir mon bon Ange, à vous je me recommande ; je vous remercie de m'avoir bien gardé pendant cette journée ; gardez-moi, s'il vous plaît, cette nuit, sans péril, sans danger de mort subite, surtout sans offenser mon Dieu. Ainsi soit-il.

 

Prières du Matin et du Soir

 

Ajoutez à vos prières ordinaires cette invocation de la Sainte Eglise : Saint Michel Archange et vous tous, ô saints Anges, défendez-nous dans nos combats, afin que nous ne périssions par au redoutable jugement de Dieu ».

 

En toutes sortes de nécessités

 

Glorieux Saint Michel archange, souvenez-vous de nous : ici et partout, priez toujours pour nous le Fils de Dieu.

 

Prières en l'honneur de saint Michel Archange

(Bienheureux Louis-Zéphirin Moreau)

 

Glorieux saint Michel, chef de la milice céleste et défenseur de la sainte Église, nous admirons les sublimes perfections dont le bon Dieu s'est plu à vous orner et à vous enrichir, et nous nous prosternons avec bonheur devant vous pour réclamer votre puissante intercession. Souvenez- vous que nous faisons partie de la grande famille des chrétiens que vous êtes particulièrement chargé de protéger ; que nous sommes continuellement exposés à tomber dans les pièges de Lucifer qui veut nous entraîner, comme ses complices les mauvais anges, dans une rébellion criminelle contre notre Dieu, et que, malheureusement et bien des fois, nous nous sommes laissé surprendre par les artifices de ce cruel ennemi de nos âmes.

Levez-vous, ô Prince de la milice céleste, et dissipez ces légions infernales, en faisant retentir à leurs oreilles le cri sublime : « Qui est semblable à Dieu ? », qui les terrassa et les fit tomber dans l'abîme de tous les maux. Nous avons à combattre le jour et la nuit contre ces esprits de malice répandus dans l'air, et ils ne nous laissent ni repos ni trêve : qui pourrait mieux nous défendre contre leurs morsures envenimées que vous, ô glorieux Archange, qui les avez mis en fuite lorsqu'ils eurent l'audace de s'attaquer à Dieu et de vouloir se rendre semblables au Très-Haut. Soyez notre protecteur et notre défenseur, et faites que nous combattions toujours à côté de vous dans les rangs de cette milice sacrée dont vous êtes l'auguste chef. C'est notre désir le plus ardent et la grâce que nous sollicitons en toute confiance de votre bonté.

En vous priant pour nous, nous ne pouvons oublier de vous prier aussi pour notre mère la sainte Église, et pour son chef visible, notre saint Père le Pape. Hélas ! depuis longtemps, il est aux mains de ses ennemis, et ne peut gouverner librement la sainte Église confiée à sa sollicitude. La ville éternelle est profanée de toute manière ; un gouvernement impie y est établi et travaille avec un acharnement infernal à la destruction des monuments religieux qui s'y sont accumulés depuis des siècles, et qui en faisaient l'ornement et la gloire. L'univers catholique est dans la stupeur : il prie et fait instance au ciel pour la délivrance de son pontife et pasteur bien-aimé. Aidez-nous, ô bienheureux Archange, levez votre glaive puissant ; faites disparaître de la cité sainte l'immonde cohorte d'hommes pervers qui la souillent ; rendez-lui ses solennités et ses joies, en lui redonnant son Pontife et son Roi. Délivrez notre saint Père le Pape de la captivité où il languit ; faites-le triompher au plus tôt de ses ennemis, et qu'il règne longtemps encore sur son vaste empire si heureux de lui obéir. C'est la grâce que nous vous demandons de tout notre cœur. Ainsi soit-il.

 

La Couronne Angélique

Ou Chapelet de Saint Michel

 

Cette dévotion doit son origine à la circonstance suivante : Saint Michel apparut, en 1751, une illustre servante de Dieu, Antonia d'Astonac, carmélite en Portugal. Il lui déclara qu'il voulait qu'on composât, en son honneur, neuf salutations correspondant aux neuf Chœur des Anges. Elles devaient consister chacune, dans la récitation d'un Pater et de trois Ave en l'honneur des trois hiérarchies angéliques ; puis de quatre Pater, dont le premier en son honneur, le deuxième en l'honneur de saint Gabriel, le troisième de saint Raphaël et le dernier de l'Ange Gardien. En compensation, le glorieux prince de la cour céleste promit que quiconque lui rendrait ce culte, aurait, en se rendant à la sainte table, un cortège de neuf anges choisis dans chacun des neuf chœurs. De plus, pour la récitation quotidienne de ces neuf salutations, il promit son assistance continuelle et celle des saints Anges durant tout le cours de la vie, et, après la mort, la délivrance du purgatoire pour soi et pour ses parents. Voilà ce qu'on trouve relaté dans la Vie de la Sainte, livre II, chapitre 14.

 

Formule de la Couronne

 

On commence en baisant la médaille, faisant le signe de la Croix, puis on dit, le plus parfaitement possible, un acte de contrition, à genoux devant l'image du Saint Archange, s'il se peut, on récite les salutations suivantes :

Dieu, viens à mon aide.

Seigneur, à notre secours.

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit,

comme il était au commencement, maintenant et toujours, pour les siècles des siècles. Amen.


Sur les grains près de la médaille : Réciter quatre Notre Père : le premier en l’honneur de Saint Michel, le second en l’honneur de Saint Gabriel, le troisième en l’honneur de Saint Raphaël et le quatrième en l’honneur de notre Ange Gardien.


Puis, la salutation au premier Chœur des Anges, suivie d'un Notre Père sur le gros grain et trois Je vous salue Marie sur les trois petits grains rapprochés, … et ainsi de suite avec les choeurs suivants.


Salutations aux choeurs des Anges : Au premier Chœur des Anges. Par l'intermédiaire de saint Michel et du Chœur céleste des Séraphins, que le Seigneur nous rende dignes d'être enflammés d'une parfaite charité. Ainsi soit-il.


Au deuxième Chœur des Anges. Par l'intercession de saint Michel et du Chœur céleste des Chérubins, que le Seigneur nous fasse la grâce d'abandonner la voie du péché et de courir dans celle de la perfection chrétienne. Ainsi soit-il.


Au troisième Chœur des Anges. Par l'intermédiaire de saint Michel et du Chœur céleste des Trônes, que le Seigneur répande dans nos cœurs l'esprit d'une véritable et sincère humilité. Ainsi soit-il.


Au quatrième Chœur des Anges. Par l'intercession de saint Michel et du Chœur céleste des Dominations, que le Seigneur nous fasse la grâce de dominer nos sens et de nous corriger de nos mauvaises passions. Ainsi soit-il.


Au cinquième Chœur des Anges. Par l'intercession de saint Michel et du Chœur céleste des Puissances, que le Seigneur daigne protéger nos âmes contre les embûches et les tentations du démon. Ainsi soit-il.


Au sixième Chœur des Anges. Par l'intercession de saint Michel et du Chœur admirable des Vertus célestes, que le Seigneur ne nous laisse pas succomber à la tentation, mais qu'il nous délivre du mal. Ainsi soit-il.


Au septième Chœur des Anges. par l'intermédiaire de saint Michel et du Chœur céleste des Principautés, que le Seigneur remplisse nos âmes de l'esprit d'une véritable et sincère obéissance. Ainsi soit-il.


Au huitième Chœur des Anges. Par l'intercession de saint Michel et du Chœur céleste des Archanges, que le Seigneur nous accorde le don de la Persévérance dans la foi et dans les bonnes œuvres, pour pouvoir arriver à la possession de la gloire du Paradis. Ainsi soit-il.


Au neuvième Chœur des Anges. par l'intercession de saint Michel et du Chœur céleste de tous les Anges, que le Seigneur daigne nous accorder d'être gardés par eux pendant cette vie mortelle, pour être conduits ensuite à la gloire éternelle du ciel. Ainsi soit-il.


Antienne : Très glorieux saint Michel, chef et prince des armées célestes, gardien fidèle des âmes, vainqueur des esprits rebelles, favori de la maison de Dieu, notre admirable guide après Jésus-Christ, vous dont l'excellence et la vertu sont suréminentes : daignez nous délivrer de tous les maux, nous tous qui recourons à vous avec confiance, et faites par votre incomparable protection, que nous avancions chaque jour dans la fidélité à servir Dieu.


V.: Priez pour nous, ô bienheureux saint Michel, Prince de l'Eglise de Jésus-Christ.

R.: Afin que nous puissions être dignes de ses promesses.


Oraison : Dieu tout puissant et éternel, qui par un prodige de bonté et de miséricorde pour le salut commun des hommes, avez choisi pour prince de votre Eglise le très glorieux Archange saint Michel ; rendez-nous dignes, nous vous en prions, d'être délivrés, par sa bienveillante protection, de tous nos ennemis, afin qu'à notre mort aucun d'eux ne puisse nous inquiéter, mais qu'il nous soit donné d'être introduits par lui en présence de votre puissante et auguste majesté. Par les mérites de Jésus-Christ N.-S.. Ainsi soit-il.

 

Pour obtenir des images, chapelets de Saint Michel, statuettes, offrande de messes, s'adresser à :


Maison du Pèlerin,

B.P. 1

50170 Le Mont Saint Michel (France)


Extrait de la prière d’exorcisme du Pape Léon XIII,

et recommandée par l’Abbaye du Mont Saint Michel


Prince très glorieux de la milice céleste, saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat contre les esprits méchants répandus dans le monde pour perdre les âmes. Venez au secours des hommes que Dieu a créés à son image et à sa ressemblance, et qu’il a rachetés à grand prix de la tyrannie du démon. La sainte Église vous vénère comme son gardien et son protecteur. C’est à vous que le Seigneur a confié la mission d’introduire dans le bonheur du ciel les âmes rachetées. Priez donc le Dieu de paix de vaincre Satan, afin qu’il ne puisse plus retenir les hommes dans ses chaînes et nuire à l’Église. Présentez au Très-Haut nos prières, afin que sans tarder le Seigneur nous fasse miséricorde. Amen.

 

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Premier jour

Motifs propres à nous exciter à la pratique fervente des pieux Exercices de ce Mois

 

Le P. Récupito, cite par saint Alphonse de Liguori, assure que La dévotion à saint Michel est un signe de prédestination an paradis. La raison en est que, comme ministre du Verbe incarné, le glorieux Archange aime beaucoup les âmes rachetées par le Sang du Dieu-Homme ; et que, pouvant les secourir efficacement, à raison de son crédit auprès de Dieu, il ne manque jamais d'assister celles qui se placent sous sa protection. C'est ce qu'au rapport de Saint Anselme, il déclara à Satan qui tourmentait un religieux mourant : « Sache, lui dit saint Michel, que tu n'auras jamais aucun pouvoir sur les âmes qui ont recours à moi et qui sont sous ma protection ». Ou ces âmes ne perdent pas l'amitié de Dieu, ou elles la recouvrent et obtiennent la grâce de la persévérance finale. L'Eglise atteste, dans l'office du saint Archange, au 8 mai, que, « lorsqu'on honore saint Michel on participe à ses bienfaits, et que lorsqu'il s'intéresse à une âme, il lui obtient le royaume des cieux ». Les deux exemples suivants appuient cette assertion ; ils sont cités par saint Alphonse de Liguori.

Un trésorier du roi de Pologne nommé Hubert Salonic, après avoir vécu dans le crime, fut atteint d'une maladie mortelle. Aux prises avec la mort, il se regardait comme perdu, voyant que les démons accouraient en foule pour se saisir de lui. Il avoua qu'il allait être damné si le chef de la milice angélique ne l'eût secouru. Mais, au moment où tout lui paraissait désespéré, saint Michel, qu'il avait honoré pendant sa vie, lui apparut ; il chassa les démons et dit à l'agonisant que Dieu lui accordait huit jours de vie pour réparer les désordres de sa conscience. La lumière et l'onction de la grâce pénétrant dans son âme, le pécheur fait appeler un prêtre, se confesse avec les sentiments du plus vif repentir, reçoit avec piété les sacrements de l'Eglise et meurt avec une grande espérance de saint.

Un autre malheureux pécheur se trouvant aussi près de mourir, fut si violemment tenté de désespoir qu'il alla jusqu'à refuser les sacrements de la sainte Eglise. Mais, malgré ses crimes, il avait conservé certains sentiments de dévotion envers saint Michel : ce fut son salut. Au moment où il allait expirer, l'archange de la bonne mort lui apparut, lui révéla qu'il avait prié pour lui, et que Dieu lui accordait encore trois heures de vie Le moribond, après avoir remercié son céleste bienfaiteur, fit appeler un prêtre. On courut à un couvent de Dominicains qui se trouvait peu éloigné ; mais, en chemin, le courrier rencontra deux de ces religieux qui lui dirent qu'une personne inconnue les avait priés de se hâter d'aller confesser le malade, et qu'ils s'y rendaient en toute diligence. On présuma avec raison que cet inconnu n'était autre que saint Michel. Le moribond se confessa avec une vive componction, et, les trois heures étant écoulées, il expira dans la paix et l'espérance d'aller remercier, au ciel, celui dont la médiation l'avait sauvé.

Il ne faudrait pas conclure de ces exemples que, pourvu qu'on honore saint Michel, menât-on une vie dépravée, on mourra dans la grâce de Dieu : mais on en peut conclure que, si le saint Archange a couvert de sa protection des âmes qui la méritaient si peu, à plus forte raison ne manquera-t-il pas d'assister, à l'heure de la mort, les âmes qui l'auront invoqué habituellement et qui auront fait des efforts constants pour vivre dans la grâce de Dieu.

Afin de mériter la protection de saint Michel, nous pourrions peut-être adopter quelques-unes des pratiques suivantes. La meilleure sera celle que nous garderons le plus fidèlement : 1° Ajouter, à la prière du matin et du soir, la courte invocation suivante : Saint Michel Archange, défendez-nous dans nos combats, afin que nous ne périssions pas au redoutable jugement de Dieu. 2° Le prier, au moment de la tentation ou d'un danger quelconque, par très précieux Sang de Jésus-Christ. 3° Réciter, au moins le lundi, le Chapelet qu'il a fait composer, et à la récitation duquel il a promis de si nombreux avantages. 4° Célébrer la neuvaine qui précède ses fêtes ; 5° Jeûner la veille de celle de ses fêtes que les circonstances nous permettent de chômer avec plus de piété. 6° Faire, du mois de septembre, un mois de pieux exercices en son honneur. 7° Entrer dans quelqu'une de ses Confréries.

 

Prière très efficace qu'il serait avantageux de réciter tous les jours

 

Auguste Reine des cieux, souveraine Maîtresse des Anges, vous qui avez reçu de Dieu le pouvoir et la mission d'écraser la tête de Satan, nous vous le demandons humblement, envoyez les légions saintes pour que, sous vos ordres et par votre puissance, elles poursuivent les démons, les combattent partout, répriment leur audace et les refoulent dans l'abîme. Qui est comme Dieu ? Saints Anges et Archanges, défendez-nous, gardez-nous. bonne et tendre Mère, vous serez toujours notre amour et notre espérance. O divine Mère, envoyez les saints Anges pour me défendre et repousser loin le moi le cruel ennemi. Ainsi soit-il.

 

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Deuxième jour

L'Emploi de l'Ange

 

Le mot Ange n'indique point la nature de l'Esprit céleste ; il détermine son office, son emploi, le ministère qu'il exerce : ange signifie messager, envoyé. En faudrait-il davantage pour être tenté de croire que, même en son ciel, Dieu a tout créé pour l'homme ? Quoi ! ces Intelligences sublimes, dont l'auguste Trinité forme sa cour, portent un nom qui semble surtout indiquer leurs fonctions auprès de l'homme ! Les Anges sont les messagers, les envoyés de Dieu. Et où iront- ils exercer leur emploi ? Partout où se trouvera l'homme. Ils viennent demander à une fille d'Eve le sang dont l'Esprit Créateur veut se servir pour former la Victime qui doit sauver le monde par l'effusion de son Sang. Ils viennent annoncer à la terre la paix de celui qui veut tout pacifier par le Sang de son Fils. Ils viennent informer Joseph qu'il faut fuir, parce qu'on cherche à verser trop tôt le Sang de l'Enfant-Dieu. Et plus tard, ils descendent à Gethsémani apporter à la Victime déjà sanglante une réponse qui fait de son fiat l'acte de la plus sublime adoration de la volonté, du Père céleste, volonté immuablement fixée dans son décret de ne sauver l'homme qu'en l'inondant des flots d'un Sang divin. Et, depuis le Calvaire, combien d'envoyés célestes sont descendus vers l'homme ! Tous les jours, comme dans la vision de Jacob, ils montent et descendent.

Ô Esprits de lumière, divins Envoyés, apportez-moi du ciel, je vous en conjure, une grâce efficace qui me fasse correspondre à l'amour de mon Dieu, et qui me mérite de glorifier éternellement le Sang rédempteur. Ainsi soit-il.

 

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Troisième jour

L'Empire des Anges

 

Comme Messagers de Dieu ou Exécuteurs de ses ordres, les Anges exercent un grand empire sur nos âmes et sur nos corps. Dieu, cependant, ne leur a point communiqué la puissance de pénétrer jusqu'à l'intime de nos âmes : les anges ignorent nos pensées et nos sentiments secrets. Notre cœur est un sanctuaire que l'œil de Dieu s'est réservé, mais dont il nous a confié la clef. Cette disposition de la Providence le nous prouve-t-elle pas la divine jalousie du cœur de Dieu ? Son ardent amour pour l'homme ?

« Mon fils, donne-moi ton cœur », semble-t-il nous dire par cette réserve imposée à l'ange, « donne-le-moi, puisque seul j'ai le droit d'y entrer. C'est moi qui l'ai fait si tendre et si aimant, si affamé d'amour et de bonheur, et je ne l'ai fait ainsi que pour moi ... Si tu me le donnes, je me féliciterai du Sang qu'il m a fallu verser pour l'obtenir ; je le montrerai aux Anges comme une capture faite sur l'infernal ennemi, et, en me voyant ainsi aimé, ils chanteront, à la gloire de mon Sang triomphant, l'hymne delà jubilation et de l'action de grâce... Mais, si tu me le refuses, je me tiendrai tristement assis à sa porte ; je saisirai toutes les occasions de me le faire ouvrir, en m'efforçant de cacher à l'ange déchu le mystère d'ingratitude qui m empêche de jouir d'un butin conquis au prix de tant de Sang et de souffrances ».

Ô saints Anges, puisque les secrets de mon cœur vous sont cachés, je veux vous les révéler, afin que vous m'aidiez a réaliser ma sainte ambition. Je voudrais aimer mon Dieu comme vous l'aimez vous-mêmes. Ah ! Je vous en supplie, déposez dans mon cœur une goutte du Sang qui jaillit, un jour de sa poitrine transpercée, et je saurai rendre à mon Jésus amour pour amour, sang pour Sang. Ainsi soit-il.

 

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Quatrième jour

L'Ange et le cœur humain

 

A la vérité, Dieu n'a point voulu permettre à l'Ange de s'introduire par lui même jusqu'au sanctuaire intime de l'âme humaine ; mais il permet à l'homme d'y introduire l'Ange Pour cela il suffit d'un acte de notre volonté. Dès que nous désirons le regard de l'Ange, l'œil angélique est illumine sur tout ce que nous voulons qu'il voie de notre intérieur. Quelle dignité possède donc l'âme humaine, puisque Dieu la traite avec une si respectueuse réserve ! Sa ressemblance avec Dieu, le prix qu'elle coûte nous dit mieux que toute parole et sa valeur et sa noblesse : elle vaut e Sang d'un Dieu !

Et quelle réserve, quelle discrétion pratiquerons-nous dans nos rapports mutuels de société, si nous voulons imiter l'exquise délicatesse de Dieu envers nous ! Que les secrets du prochain nous soient toujours sacrés, quand il nous les communique ; et qu'ils nous le soient encore davantage, s'il se peut, quand il se les réserve. Sérieux examen à faire ici, si nous étions enclins à juger les intentions du prochain.

Ô saints Anges, si Je ne puis imiter la perfection de Dieu dans ses sublimités, obtenez-moi de lui ressembler, au moins, dans cette aimable réserve envers le prochain qui consiste à n'entrer chez lui que dans la mesure qu'il le veut, et à ne rien sortir des intimités de sa maison. Ainsi soit-il.

 

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Cinquième jour

Les neuf Choeurs des Anges

 

Les Anges sont divisés en neuf chœurs et forment trois hiérarchies. La première hiérarchie est composée des Séraphins, des Chérubins et des Trônes ; la seconde comprend les Dominations, les Puissances et les Vertus ; la troisième est formée des Principautés, des Archanges et des Anges. La fonction spéciale des Anges de chaque chœur est déterminée dans la prière suivante :

Séraphins ardents, vous qui, placés au foyer éternel de l'amour, plongez sans cesse vos regards dans les rayons du soleil de justice, allumez dans nos cœurs, par la vertu du Sang divin, le feu sacré dont vous être consumés.

Chérubins très éclairés, vous qui êtes admis dans les secrets de Dieu dissipez les ténèbres de nos âmes, et, par la vertu du Sang divin, faites briller à nos yeux cette lumière surnaturelle qui nous fasse bien comprendre les vérités du salut.

Trônes sublimes et éblouissants de beauté, vous sur qui repose le Tout- Puissant, et qui intimez ses ordres aux anges inférieurs, obtenez-nous, par la vertu du Sang divin, la paix avec Dieu, avec le prochain et avec nous-mêmes.

Dominations suprêmes, vous qui avez autorité sur tous les chœurs angéliques chargés d'exécuter les ordres de Dieu, régnez sur nos esprits et sur nos cœurs ; et, par la vertu du Sang divin, aidez-nous à connaître et à accomplir fidèlement la volonté de Dieu.

Puissances invincibles, vous qui avez pour mission d'écarter les obstacles et d'éloigner les ennemis qui s'opposent à l'exercice des volontés divines, défendez-nous contre les attaques du démon, du monde et de la chair ; et, par la vertu du Sang divin, rendez-nous victorieux dans nos luttes contre cette triple puissance.

Vertus célestes, qui veillez à l'harmonie de la création matérielle, vous dont le nom signifie force, ayez pitié de notre faiblesse ; et obtenez-nous par la vertu du Sang divin, que nous souffrions avec patience tons les maux de cette vie.

Principautés souveraines, vous qui êtes les princes des nations, nous vous conjurons de veiller d'une manière efficace sur notre patrie, afin qu'elle réalise les desseins de Dieu sur elle. Gouvernez aussi nos âmes et nos corps, et, par la vertu du Sang divin, daignez nous faire atteindre nos destinées éternelles.

Archanges très nobles, vous qui, sous le commandement de saint Michel, gardez et protégez la sainte Eglise, daignez la délivrer de ses ennemis intérieurs et extérieurs. Veillez aussi sur le Père commun des fidèles, ainsi que sur tous les enfants de cette épouse immaculée du Christ ; et, par la vertu du Sang divin, faites-nous vivre et mourir dans sa foi, son espérance et sa charité, afin que nous soyons éternellement unis à son divin chef, Jésus-Christ Notre-Seigneur.

Anges très saints, vous que le zèle des intérêts de Dieu transporte plus rapidement que l'éclair partout où ils doivent être sauvegardés, protégez sa cause dans nos âmes ; et, par la vertu du Sang divin, obtenez-nous la grâce insigne de la persévérance finale. Ainsi soit-il.

 

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Sixième jour

Les Anges assistants au Trône de Dieu

 

Les Anges qui n'ont point de ministère extérieur sont désignés plus particulièrement sous le nom d'assistants au Trône de Dieu.

Contempler sa face divine ; se baigner dans la source des délices ineffables qui constituent le bonheur du ciel ; offrir les louanges, les prières, les bonnes œuvres des mortels ; plaider la cause des humains contre les démons ; montrer incessamment, en leur faveur, le Précieux Sang de Jésus ; telles sont leurs attributions spéciales. Elles sont surtout exercées par les Séraphins, les Chérubins et les Trônes.

Il est des âmes ici-bas dont les fonctions ressemblent à celles des Anges qui n'ont aucun ministère extérieur ce sont les âmes vouées à la vie contemplative.

Regarder le ciel.... la croix... l'autel, contempler, à la lumière de la foi, les perfections divines, l'Homme de douleurs revêtu d'opprobres, de Sang et de plaies ; s'unir aux louanges, aux bénédictions, au perpétuel Sanctus des Anges et de toute la cour céleste plaider la cause des justes et des pécheurs auprès du Souverain des cieux, offrir incessamment, en leur faveur ainsi que pour tout ce qui souffre ici bas, le Très Précieux Sang de Jésus, telles sont leurs fonctions essentielles. Leur vie, c'est l'essai du ciel, le prélude de la béatitude, presque la condition de l'Ange avant sa confirmation dans l'état de grâce.

Le monde aveugle, qui n'entend rien aux choses de Dieu, n'a que du dédain pour cette classe d'ouvriers à genoux ; il la croit frappée de stérilité. Mais l'Eglise, mais les âmes que Dieu illumine assurent que l'action des contemplatifs est à peu près celle des anges assistants au Trône de Dieu : c'est-à-dire que, par leur perpétuelle médiation auprès de Jésus-Hostie, ils obtiennent le succès des œuvres que les Anges voués à l'action poursuivent avec tant de zèle, d'abnégation et de dévouement.

O vous. Séraphins, Chérubins, Trônes sublimes, qui contemplez sans cesse l'auguste Trinité ; ô vous, Esprits de lumière et de feu qui adorez sans interruption les Plaies glorieuses de l'Homme-Dieu assis à la droite du Père, je vous en conjure, par le bonheur même dont vous jouissez, offrez en ma faveur le Sang précieux de ma Rédemption ; plaidez, avec ce Sang, la cause de mon âme souillée ; rappelez les douleurs au milieu desquelles il a été versé, et faites en sorte que cette pauvre petite créature humaine, qui vous implore, ait un jour le bonheur de contempler son Dieu face a tace et de s'enivrer à la source de vos inépuisables délices.

De plus, saints Anges, daignez multiplier ici-bas les âmes contemplatives, ces assistantes au trône de Jésus-Hostie. Obtenez-leur de vous imiter si bien dans la. sainteté de leur vie, qu'elles méritent de participer aussi à la fécondité de votre ministère. Ainsi soit-il.

 

La synaxe des Archanges

Septième jour

Les sept Anges debout devant Dieu

 

« Je suis Raphaël, disait l'un de ces Anges à Tobie, un des sept qui nous tenons debout devant Dieu ». Les fonctions de ces Anges, est-il dit quelque part, sont de veiller aux sept dons du Saint-Esprit, afin de les obtenir, de nous les communiquer et de les faire fructifier ; de dompter les sept démons qui président aux sept péchés capitaux ; de nous faire pratiquer les sept vertus nécessaires au salut, c'est-à-dire les trois vertus théologales et les quatre vertus cardinales.

S'il en est ainsi, ne peut-on pas dire avec vérité que l'attribution spéciale de ces Anges est d'appliquer, de distribuer, d'administrer le Sang divin aux âmes ?

En effet, les dons du Saint-Esprit ne nous sont mérités que par les sept effusions du Sang infiniment précieux de Jésus-Christ ; le péché ne peut être dominé, vaincu, arraché d'une âme que par la force puisée dans ce Sang Divin ; et il n'y a également que la puissance émanant du Sang de l'Agneau immolé qui puisse nous rendre aptes à la pratique des vertus.

Le célèbre oratorien, Faber, facilite encore cette conclusion, en se montrant incliné à admettre la pieuse croyance développée dans les lignes suivantes dictées par l'éminent théologien : « Chacun des sept Anges qui se tiennent devant le trône de Dieu est, dit-on, commis à la garde d'un Sacrement. L'Eucharistie est assignée à saint Michel, le Baptême à saint Gabriel, la confirmation à saint Uriel, la Pénitence à saint Jéhudiel l'Extrême-Onction à saint Raphaël, l'Ordre à saint Sealtiel et le Mariage a saint Barachiel ».

Les sacrements étant, selon l'expression même du P. Faber, les vases du Précieux Sang, nous pouvons donc dire que les sept anges qui président aux sacrements sont, en vérité les gardiens, les dépositaires, les ministre du Précieux Sang.

O saints Anges. voici mon âme, baignez-la, submergez-la, noyez-la dans les flots du Sang qui nous a mérité toute grâce, toute protection, tout secours pour le temps et pour l'éternité et obtenez-moi par le Sang même auquel vous devez votre félicité, de recueillir bien précieusement dans mon âme toutes les gouttes qui m'en sont offertes dans les grâces de Dieu et dans les sacrements de la sainte Eglise. Ainsi soit-il.

 

Extrait du « Nouveau Mois de Saint Michel Archange et des Saints Anges », publié en 1893 par le Monastère du Précieux Sang, à Saint Hyacinthe (Canada)

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13 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Quatorzième jour

Modèle et gloire des domestiques

 

L'état de domesticité est bon en lui-même, conforme aux desseins du Créateur et sanctifiant. Notre-Seigneur, comme pour lui mériter des grâces et servir de modèle a ceux qui s’y trouveraient engagés, a bien voulu, ainsi que le déclare l'Apôtre, prendre la forme d’un domestique, ou, selon la Version commune, d’un serviteur. On raconte, dit là-dessus saint Liguori, comme un grand prodige d’humilité, que saint Alexis, fils d’un grand seigneur romain, ait voulu vivre comme un domestique dans la maison de son père, mais quelle comparaison entre l’humilité de ce Saint et celle de Jésus-Christ ? Il y avait quelque différence de condition entre le fils et le serviteur du père d’Alexis ; mais entre Dieu et le serviteur de Dieu il y a une différence infinie. En outre, ajoute le saint Docteur, le Fils de Dieu étant devenu le serviteur de son Père, se fit même le serviteur de ses créatures, comme il l'était de Marie et de Joseph pour lui obéir. De plus il devint le serviteur de Pilate, puisque celui-ci le condamna a la mort qu’il accepta avec obéissance. Il devint le serviteur de ses bourreaux qui le flagellèrent, le couronnèrent d’épines, le crucifièrent, en acceptant les tourments qu’ils lui faisaient souffrir, en leur obéissant humblement, et en se soumettant à toutes leurs volontés.

Certes, l’exemple seul de Notre-Seigneur qui a bien voulu se faire domestique, doit amplement suffire pour arrêter les plaintes des personnes qui accusent la Providence,de les avoir soumises à cette condition en apparence vile, abjecte, humiliante de la domesticité ; il doit bien suffire aussi pour les consoler dans leurs peines, leur faire paraître la servitude.dont ils font profession honorable devant Dieu et devant les vrais chrétiens, qui savent que plus l'homme s'abaisse ici-bas, plus il est grand devant Dieu et acquiert des mérites pour le ciel.

Mais, comme quelque bon en lui-même que paraisse cet état, quelque conforme qu’il soit aux maximes et à l'esprit de l’Evangile, il a pour tout ses écueils et ses dangers, ses difficultés et ses devoirs ; qu'il exige nécessairement beaucoup de grâces, de patience, d'obéissance, de pureté d'intention, pour qu’on puisse y acquérir la perfection, il est raisonnable, juste, nécessaire même d'offrir aux personnes qui s’y trouvent engagées des ressources spirituelles pour atteindre ce but. Or, l’une de ces ressources précieuses, inestimables, salutaires, est la protection du grand saint Joseph. Saint Joseph probablement aura été un ouvrier apprenti, c’est-à-dire domestique, avant que d’exercer lui-même son art de charpentier. Or, il sait pour y avoir passé, quelles sont les peines que peuvent éprouver les domestiques, il est, par conséquent, plus incliné à les consoler, à les aider de toutes les manières,s’ils veulent bien se recommander à lui avec confiance, simplicité persévérance.

Quoique saint Joseph soit bien disposé à couvrir de sa protection tous les domestiques qui l’honoreront, il est certain qu’il favorisera plus volontiers tous ceux qui, comme il le faisait, accompliront fidèlement leurs devoirs ; puisque c’est par la seulement qu’on se rend agréable à Dieu et à ses saints. Pour simplifier autant que possible ces devoirs, je les résume dans l’obéissance et la pureté d’intention ; l’obéissance, c'est pour la forme, la pureté d'intention, c'est pour l'esprit. Obéir à ses supérieurs parce qu’on y est forcé par sa condition, que la vie en dépend, obéir en murmurant, obéir en partie, tout cela n’est pas l’obéissance chrétienne ; mais leur obéir comme on obéirai à Dieu lui-même que l'on respecte et honore dans les supérieurs, obéir avec simplicité, promptitude, fidélité, voilà la vraie et parfaite obéissance, l'obéissance méritoire, parce qu’elle est volontaire et pure dans l’intention. Telle doit être celle du domestique chrétien, qui veut remplir dignement sa carrière sur la terre, mériter l’estime honnête des hommes, et pardessus tout, avant tout, la gloire céleste.

 

Exemples

 

Un domestique qui remplit ainsi son devoir est un héros infiniment préférable au conquérant des villes, dit la très sainte Bible. Il accumule mérites sur mérites. Parce qu’il s’est soumis aux volontés de Dieu en ce monde, il verra la sienne accomplie dans l’autre ; et, d'ailleurs, il peut compter sur le secours divin et le patronage de saint Joseph.

Une personne de confiance, employée comme surveillante dans la communauté de la Miséricorde à Laval, fut attaquée d’une maladie grave, dont on ignorait le principe, avec une fièvre continue qui la menaçait d’une fin prochaine. Après trois mois de souffrances aiguës, le médecin perdit tout espoir de la guérir. Dans cet état désespéré, la malade eut recours au ciel, se fit conduire à saint Joseph-des-Champs pour y demander par l’intercession de ce Saint ou sa guérison, ou une bonne mort. Elle y entendit la messe, communia et se trouva à l’instant guérie. Dès le lendemain elle reprit ses occupations domestiques ordinaires.

Saint Joseph aide les domestiques surtout en ce qui regarde la vie intérieure dont leurs emplois semblent les distraire. En partant de Rouen, écrivait le père Surin au père Lallemand, je me trouvais placé dans la voiture, près d’un jeune homme d’environ dix-huit ans. Son extérieur était des plus simples, et son langage, celui d’un homme sans instruction ; domestique depuis plusieurs années, il n'avait rien appris, et ne savait ni lire ni écrire. Quel fut donc mon étonnement en conversant avec lui, de voir que ses lumières étaient admirables ! Il me parla en effet de la vie intérieure avec tant de clarté, d’abondance et de solidité, que j'en étais dans le ravissement, n'ayant jamais rien lu ni entendu d’aussi satisfaisant, ni d’aussi élevé sur cette matière. Il faisait une oraison perpétuelle... L’ayant interrogé sur tous les points tant spéculatifs que pratiques de la vie intérieure, il satisfit à mes questions avec une capacité qui me remplit d'étonnement... Je m’avisai de lui demander s’il était dévot à saint Joseph. « Depuis six ans, me dit-il, je me suis mis sous sa protection spéciale, d’après le conseil de Jésus-Christ lui-même ». Et là-dessus il se mit à faire le plus bel éloge des prérogatives de ce grand Saint, en m'assurant qu’il tenait tout du Sauveur lui-même. Ce maître des âmes, comme il l’appelait, avait été le sien dans cette science suréminente qu'il possédait à un degré si étonnant.

 

Supplication à Saint Joseph

Bienheureux Joseph qui nous avez appris l’amour de la dépendance et de la servitude, nous vous supplions d’être notre protecteur dans les emplois que la divine Providence nous a confiés. Faites-nous bien comprendre, ô illustre Saint, que la vraie grandeur est tout entière dans l’assujétissement aux hommes, et surtout a nos maîtres pour l’amour de Dieu, c’est-à-dire en tout ce qui n'est pas évidemment opposé à son adorable volonté. Il est vrai, les humiliations, le renoncement et même souvent les privations sont notre partage ici-bas; mais fortifiés par votre exemple et surtout par celui du Fils de Dieu, qui s’est fait esclave et a obéi à,ses serviteurs, même jusqu'à la mort de la Croix, pour notre amour, nous acceptons volontiers les peints de notre condition, devenue honorable par Jésus-Christ et par vous, ô grand Saint. Soutenez-nous dans nos travaux, et aidez. nous à conserver toujours l'esprit de soumission et de dépendance vis-à-vis ceux que Dieu a établis sur nous et qui tiennent sa place à notre égard. Ainsi soit-il.

 

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3 août 2014

Litanies de Notre Dame de Bon Encontre

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Notre Dame de Bon Encontre

Consolatrice des Affligés

Patronne de l'Agenais

 

En 1422, au lieu dit « La Croix-des-Chemins », ancien village de Pau, aujourd'hui Bon Encontre, un petit oratoire était déjà dédié à la Très Sainte Vierge Marie. Cette petite chapelle protégeait une croix qui avait la particularité d'être creusée dans sa partie verticale. On avait déposé dans cette cavité une statue, de style gothique, de la Mère du Seigneur, dont la légende rapporte que Jacmes Frayssinet, qui était gardien d'un troupeau, étonné par le comportement d'un bœuf qui était en arrêt devant un buisson d'épines. Jacmes s'approche du buisson et y découvre ce qui deviendra la statue miraculeuse, une terre cuite représentant une vierge tenant dans ses bras un enfant. La Reine de Navarre, Marguerite de Valois, fut rapidement mise au courant de la dévotion entourant cette statue ainsi des nombreux miracles obtenus en la vénérant. Le 25 août 1584, elle décida la construction d'une église qui sera consacrée en 1604. La statue est conservée dans un reliquaire de la basilique. Le pèlerinage a toujours attiré de nombreux fidèles venus du Lot-et-Garonne, mais aussi de régions plus lointaines.

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Litanies de Notre Dame de Bon Encontre

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Saint-Esprit, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Trinité, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

 

Sainte Marie, Notre Dame de Bon Encontre, priez pour nous.

Notre Dame de Bon Encontre, honorée par un animal sans raison, priez pour nous.

Notre Dame de Bon Encontre, invoquée par nos pères, priez pour nous.

Notre Dame de Bon Encontre, source de la piété de nos aïeux,

Notre Dame de Bon Encontre, miraculeuse en votre sainte image,

Notre Dame de Bon Encontre, visitée par les princes de la terre,

Notre Dame de Bon Encontre, notre sécurité dans les périls,

Notre Dame de Bon Encontre, consolatrice dans les afflictions,

Notre Dame de Bon Encontre, notre refuge dans les malheurs,

Notre Dame de Bon Encontre, notre libératrice dans les tentations,

Notre Dame de Bon Encontre, notre santé dans les maladies,

Notre Dame de Bon Encontre, soutien des faibles,

Notre Dame de Bon Encontre, protectrice des étudiants,

Notre Dame de Bon Encontre, soutien du soldat,

Notre Dame de Bon Encontre, salut du nautonier,

Notre Dame de Bon Encontre, tutelle des orphelins,

Notre Dame de Bon Encontre, espoir des mères,

Notre Dame de Bon Encontre, secours des enfants,

Notre Dame de Bon Encontre, lumière des aveugles,

Notre Dame de Bon Encontre, ouïe des sourds,

Notre Dame de Bon Encontre, espérance des désespérés,

Notre Dame de Bon Encontre, refuge des pécheurs,

Notre Dame de Bon Encontre, trésor des pauvres,

Notre Dame de Bon Encontre, gardienne de la France,

Notre Dame de Bon Encontre, qui défendez le Saint Siège,

Notre Dame de Bon Encontre, qui avez écrasé l'hérésie,

Notre Dame de Bon Encontre, qui nous avez délivré de la peste,

Notre Dame de Bon Encontre, si chère aux pèlerins,

Notre Dame de Bon Encontre, Reine du clergé,

Notre Dame de Bon Encontre, conçue sans la tache originelle,

Notre-Dame de Bon Encontre, notre secours pendant la vie et à l'heure de la mort,

 

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

 

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

 

Notre Dame de Bon Encontre, priez pour nous,

Afin que nous devenions dignes des promesses de Notre Seigneur Jésus-Christ.

 

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Mon Dieu, qui par vos prophètes avez annoncé au monde la Vierge qui doit enfanter le Désiré des Nations, accordez-nous par l'intercession de Notre Dame de Bon Encontre les grâces que nous sollicitons de Votre Bonté Paternelle, et formez dans nos cœurs Jésus-Christ, Votre Divin Fils, qui vit et règne avec Vous dans les siècles et les siècles. Ainsi soit-il.

 

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Prière et consécration à Notre Dame de Bon Encontre

 

O Notre Dame de Bon Encontre ma Mère et ma souveraine, avec quel bonheur je me prosterne à Vos pieds ! Nul ne peut dire tous les prodiges que Vous opérez chaque jour en faveur des âmes qui Vous invoquent, aussi, quelle confiance et quel amour animent vos enfants !

O Vierge aux miracles, comme Vous appelaient nos pères, guérissez ceux qui souffrent, consolez ceux qui pleurent, préservez les familles, protégez les enfants, veillez sur les justes pour les soutenir, sur les pécheurs pour les convertir, sur les Prêtres pour les fortifier, sur les fidèles pour les sauver.

O Mère aimable et pleine de bonté, ayez pitié d'une âme qui se fait gloire de Vous appartenir. Détournez les dangers auxquels je suis exposé ; dispersez mes ennemis, soutenez ma faiblesse, assistez-moi dans tous les moments de ma vie, dirigez-moi jusqu'à la fin de la course sur la mer orageuse de ce monde et conduisez-moi au port de la bienheureuse éternité, où j'espère Vous voir, Vous louer et Vous aimer avec tous les élus pour les siècles et les siècles. Ainsi soit-il.

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Prière à Notre Dame de Bon Encontre

 

Vous, que nos pères ont tant aimé et que nous chérissons tendrement à leur exemple, veuillez nous donner comme à eux, des témoignages de votre sainte protection. Secourez-nous dans tous nos besoins, consolez-nous dans toutes nos peines et après nous avoir aidés pendant la vie, assistez-nous à l'heure de la mort. Amen.

 

Site internet de la Basilique et de la Paroisse de Bon Encontre

http://paroissenotredamedebonencontre47.over-blog.com

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 Téléchargez le texte de ces Litanies (pdf) en cliquant ici

1 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

MOST CHASTE HEART OF ST JOSEPH MESSAGES OF ITAPIRANGA BRAZIL mensagem sao jose

Deuxième jour

Grande confiance en Saint Joseph

 

Je réduis les motifs de cette confiance à trois principaux, et d’abord à son crédit pour nous auprès du Christ. Sur la terre son pouvoir s'est étendu sur Jésus-Christ ; il a rendu des services réels à ce divin Enfant ; il l’a sauvé. en Egypte ; il l’a ramené dans ce pays ; il l’a conduit au temple et ramené à la maison ; il l’a vêtu, logé, nourri du travail de ses mains et de la sueur de son visage ; en sa qualité de père adoptif, de père légal, de père nourricier et protecteur, il a fait pour Jésus ce qu’un père fait pour son fils. Rappelez-vous ici quel fut autrefois le pouvoir étonnant de Moïse, plus grand encore a été celui de saint Joseph. Moïse n’avait que la conduite du peuple de Dieu, et Joseph a eu la conduite du Fils de Dieu même : Moïse n’a été que simple serviteur de la maison de Dieu, Joseph a été établi comme Maître de tout ; Moïse eut un successeur à qui le soleil obéit une fois, et Joseph a vu le Créateur du soleil lui obéir pendant plusieurs années ; si ce saint homme a été si puissant sur la terre, combien ne l’est-il pas-davantage dans les cieux ?

Ce qui augmentera sûrement notre confiance en saint Joseph, c’est que tout puissant près de Dieu, il est tout charité pour nous. Comme Père de Jésus et comme Epoux de Marie, il nous regarde tous comme ses enfants. Quel vif intérêt ne prend-il donc pas à notre salut? Jusqu’où ne le désire-t-il pas ? Avec quelle ardeur ne sollicite-t-il pas les secours qui nous sont nécessaires pour l’opérer ? Plaçons ici les figures à côté de la réalité ; consultons les types pour connaître la vérité, rappelons-nous l’histoire d’un Joseph, fils d’un premier Jacob, et comparons-là avec celle de notre Joseph, fils d'un second Jacob, quelle admirable conformité entre la vie de ces deux saints ! Quelle admirable conformité surtout pour le soin à soulager la misère des malheureux ! Le premier garda des froments pour tout le peuple ; le second eut le pain vivant en sa garde, tant pour lui que pour le monde entier ; le premier fut établi intendant général sur l'Egypte,... le second a été établi comme un économe fidèle et prudent sur toute la famille de Jésus-Christ. Lorsque l’Egyptien pressé par la faim allait demander des aliments à son roi, celui-ci le renvoyait à Joseph qui lui en donnait autant qu’il lui en fallait ; et lorsque nous avons besoin de grâces ou même de biens temporels dans l’ordre du salut, le Christ, notre Dieu, nous dit de nous adresser à saint Joseph, et qu’il,nous exaucera par lui. Qui dira avec quelle sollicitude, avec quel amour saint Joseph s’intéresse à nous ! Ne sait-il pas que nous sommes ses frères, et même ses enfants spirituels, étant par la grâce les frères de Jésus, son Fils bien-aimé ? Certes, ce motif me dispense bien d'en alléguer d’autres, telles que la volonté de Dieu, son honneur et la gloire de Jésus.

Saint Joseph n’est pas seulement très-puissant et très-bon pour nous secourir, il est encore très fidèle lorsque nous le prions. Ce que l’Apôtre écrit de Moïse, qu’il a été fidèle dans toute la maison de Dieu peut se dire de notre Saint. Il n’en est pas de lui comme des hommes dont le caractère est léger, inconstant, trompeur comme le déclare l'Esprit-Saint ; c’est un Ami, un Protecteur dévoué, un Père dont l’amour pour ses enfants est inaltérable. Il ne repousse personne, si grand pécheur que l’on puisse être, pourvu qu’on ait un sincère désir de se corriger et de se donner à Dieu. Ceux qui souffrent le plus, qui sont le plus méprisés et rebutés des hommes sont les mieux accueillis et les plus protégés par lui dont la vie a été si remplie de peines de tout genre. Et pour appliquer à saint Joseph, ce que l'Apôtre dit du Christ : « C’est par ce qu’il a souffert lui-même et qu’il a été éprouvé, qu’il est puissant et fidèle pour secourir ceux qui sont mis à l’épreuve ».

Ces trois qualités de puissant, bon et fidèle protecteur se trouvent réunies en saint Joseph au degré le plus absolu qui fut jamais accordé à aucun homme. Notre confiance doit donc être solide, entière et persévérante lorsque nous le supplions. Toutefois je suis bien aise de la consolider encore plus en ajoutant que notre Saint est un Protecteur généreux et éclairé. Non ! saint Joseph ne ressemble pas aux grands de la terre, qui souvent parce qu’ils sont élevés au-dessus de leurs frères dont ils ne sentent plus les revers de l’infortune, refusent avec arrogance ce qu'on sollicite, ou n’en accordent comme à regret qu’une partie. Il n’oublie pas que si l’Eternel l’a enrichi de toutes manières, c'est afin qu’il fasse refluer sur nous ses richesses abondantes avec une grande libéralité, qui nous engage à rendre à Dieu des actions de grâces pour les singuliers privilèges dont il l'a orné, le pouvoir immense dont il l’a investi. Généreux et d’une admirable magnificence, jamais il ne rejette une prière, et toujours il accorde plus qu'on ne lui demande. Comme Dieu, et par les trésors infinis que Dieu a mis à sa disposition, il nous fournit abondamment toutes les choses dont nous avons besoin. Observez bien ces derniers mots : « Les choses dont nous avons besoin ». Car, comme il connaît mieux nos vrais intérêts que nous ne les connaissons nous-mêmes, si ce que nous désirons obtenir par son entremise doit nous détourner de la voie du salut, il a trop de sagesse et nous aime avec une tendresse trop éclairée pour se rendre à nos vœux téméraires. Alors il agit à notre égard, comme le ferait un riche vertueux à l’égard d’un pauvre qui, mourant de faim et presque nu, demande des objets de luxe et de pure fantaisie, au lieu de ces choses qui ne le garantiraient pas de la misère, le riche lui donne du pain et des vêtements. Lors donc qu’il nous semblera que saint Joseph ne nous exauce pas au gré de nos désirs, appelons la foi à notre aide et persuadons-nous bien qu’il nous exauce de la manière la plus utile à nos intérêts éternels surtout, qui sont les seuls vrais, puisque en qualité de disciple du Christ, « nous ne considérons pas les choses visibles, mais les invisibles, dit l’Apôtre, parce que les choses visibles sont temporelles et que les invisibles sont éternelles ». Que d’ailleurs les courts instants de cette vie ne nous sont donnés, qu'afin que nous opérions notre salut avec crainte, c’est-à-dire en y rapportant tout le reste comme à l'affaire unique, personnelle et essentielle.

Le Bienheureux Jean Gerson a dit une parole qui semble hardie, qui réduite même à sa plus faible expression, ne laisse pas que de nous encourager beaucoup à recourir avec une pleine confiance à saint Joseph : « Non impetrat sed imperat », dit ce dévot chancelier, avec cette concision qui domine dans l’Imitation, c’est-à-dire saint Joseph, quand il prie Notre-Seigneur pour nous, commande plutôt qu’il ne supplie, ce que ce saint Père explique : « Quand, dit-il, un époux, quand un père prie son épouse ou son fils, c’est une sorte de commandement qu’il leur adresse ». D’ailleurs cet adage a été par les Pères et les Docteurs de tous les âges appliqué à Marie très sainte, pourquoi ne pourrait-on l’appliquer aussi à saint Joseph ? puisque nous ne lui donnons, qu’on l'entende bien, qu’une autorité de suppliant, mais dont les prières sont si efficaces, si puissantes, si bien accueillies qu'elles valent des ordres. Telle au fond est la pensée du Docteur très chrétien. C'est un doux empire que lui a cédé sur son Cœur le Verbe fait chair, qui seul, avec les deux autres personnes de la très adorable Trinité, a par sa nature divine la souveraine puissance.

 

Exemple

 

On écrit au Révérend Père Huguet : « Notre communauté, vouée à l’enseignement des jeunes demoiselles, se trouvait dans le besoin ; une somme assez considérable nous était nécessaire ; pour l’obtenir, nous avons eu l’heureuse pensée de nous adresser au père adoptif du Sauveur : une neuvaine a été commencée a cet effet le 5 de mars ; les élèves se sont jointes à la Communauté avec une ferveur édifiante, quoiqu’elles ne connussent pas le motif de nos prières. Elles se sont avisées de plus d'offrir tous les jours une petite mortification que chacune allait déposer aux pieds du bon Patriarche, écrite sur un petit papier. Notre saint protecteur n’a pas été insensible aux sacrifices de ces cœurs innocents : samedi dernier, une personne qui n’avait aucune connaissance de notre position nous a porté justement la somme que nous demandions. La communauté a été rendre immédiatement ses actions de grâces a celui qui venait de nous donner une preuve si touchante de sa puissance et de sa bonté en permettant de ne rien négliger pour lui en témoigner notre reconnaissance ». M. P. Religieuse du Saint Nom de Jésus.

 

Acte d’espérance en saint Joseph

 

Saint Joseph, notre grand et très fidèle Protecteur, nous espérons avec une ferme confiance, que votre Cœur très doux nous obtiendra par les mérites de Jésus-Christ toutes les grâces dont nous avons besoin pour nous sanctifier en ce monde et pour arriver au bonheur éternel. Ainsi soit-il.

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2 juin 2014

Notre Dame de Buglose et le Berceau de Saint Vincent de Paul

 

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Notre Dame de Buglose et le Berceau de Saint Vincent de Paul

 

Il y a quelques semaines, au début du mois de mai, je suis allé, à l'occasion du rassemblement régional des Franciscains du Sud Ouest, visiter les Sanctuaires de Notre Dame de Buglose et du Berceau de Saint Vincent de Paul, voici donc, pour vous, quelques photos des lieux... F.M.

 

 

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