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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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8 novembre 2010

Le Serviteur de Dieu Antonio Gaudi

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Le Serviteur de Dieu Antonio Gaudi

Le Saint Architecte

1852-1926


 

L'architecte espagnol Antonio Gaudi, connu notamment pour la construction de la Basilique de la Sagrada Familia de Barcelone, encore inachevée, a récemment eu sa Cause de Béatification acceptée par le Saint Siège. Gaudi, né en 1852, fut rapidement reconnu comme un génie dans son domaine. Les familles les plus aisées de Barcelone lui accordant de grandes commissions afin de  construire des bâtiments et des maisons, cela fit accroitre sa notoriété et sa richesse à un âge assez jeune. Les oeuvres de Gaudi sont uniques et modernes de par leur structures et par leur ornement, qui se constitue de façon très complexe, s'inspirant des organismes biologiques que l'on trouve dans la nature. L'architecte, rejetant les convention, employa des couleurs et incorpora bien souvent les mosaïques dans des structures en béton. La reconnaissance précoce Gaudí a reçu conduit à sa commission à la construction du Temple Expiatoire  de la Sainte Famille en 1878, dont le projet avait vu le jour en 1878, sous l'impulsion de Saint Joseph Manyaet y Vives, en réparation pour les outrages commis contre la famille. La Sagrada Familia deviendra non seulement l'œuvre de sa vie, mais aussi la source principale de sa conversion. Gaudi passa les dernières années de sa vie à superviser la construction de la sublime et magnifique église et à recueillir des fonds afin de financer sa construction. Pendant cette période, il devint profondément croyant: il assistait à la Messe chaque jour et vivait dans une prière continuelle, l'on rapporte même qu'il a bénéficié de grâces et de lumières mystiques. Il renonça à sa richesse matérielle et se consacra totalement à son chef-d'œuvre qui est toujours en construction. L'engagement du Saint architecte dans son oeuvre et son ascétisme continuèrent jusqu'à mort, en 1926, à la suite de blessures reçues après s'être fait renverser par un train de banlieue, alors qu'il se rendait à la Messe quotidienne. Après l'accident, Gaudi, pauvrement habillé, fut pris pour un mendiant et envoyé à l'hôpital des indigents. Quand ses amis le retrouvèrent, Gaudi refusa d'être conduit ailleurs. Deux jours plus tard, le 10 juin 1926, âgé de 74 ans, Antonio Gaudi remit son âme entre les mains du Père. Si Antonio Gaudi accède aux honneurs de la Béatification, il sera le premier artiste professionnel à atteindre cette dignité. C'est en partie pour cette raison, que beaucoup espèrent que la béatification de ce génie artistique et de ce fervent et pieux Catholique se fera rapidement. Le Vénérable Jean-Paul II ainsi que son successeur Benoit XVI, ont eus un intérêt pour l'aboutissement de sa cause, le Pape Benoît XVI, a consacré la Sagrada Familia et lui a décerné le titre de Basilique Mineure le 7 novembre 2010.

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Prière pour demander la glorification du Serviteur de Dieu Antonio Gaudi

Pour la récitation privée


O Dieu notre Père, nous Vous rendons grâce d'avoir accordé à Votre Serviteur Antonio Gaudí, architecte, un grand amour pour la Création et un amour ardent pour l'imitation les Mystères de l'Enfance et de la Passion de Votre Divin Fils. Permettez, nous Vous en supplions, qu'à son exemple et avec la grâce de l'Esprit Saint, nous ayons, nous aussi le goût et l'amour du travail parfaitement accompli, et daignez glorifier Votre serviteur Antonio Gaudi, en nous accordant par son intercession, les grâces que nous Vous demandons (...). Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.


Relations de Grâces

Paroisse de la Sagrada Familia

C/ Provença 450

08025 Barcelona (Espagne)

www.sagradafamiliabcn.com


E-mail: lboneta@arqbcn.org

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Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

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20 décembre 2010

Le Serviteur de Dieu Gaston de Sonis

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Le Serviteur de Dieu Gaston de Sonis

Apôtre du Sacré Cœur, Zouave Pontifical et Héros Catholique

1825-1887


Gaston de Sonis, fils de Charles-Gaston de Sonis et de Marie-Elisabeth de Bébian, naquit le 25 août 1825, à la guadeloupe, où son père était officier. L'enfant vint en France faire ses études, fut admis à Saint-Cyr et à Saumur et en sortit sous-lieutenant au 5° Hussards. en garnison à Castres, il épousa Mlle Anaïs Roger, fille d'un honorable notaire de cette ville. Officier studieux, ferme sur le devoir et la discipline, mais plein de grâce, d'esprit, de vivacité, Sonis fut toujours estimé de ses soldats et de ses chefs. Au soir de sa vie, ses égaux disaient de lui: « le Général de Sonis, c'est l'honneur ». Père de douze enfants, il les aima avec tendresse et s'imposa les plus grands sacrifices pour leur donner la meilleure éducation. Chrétien fervent, il édifia les villes où il séjourna par sa charité envers les pauvres, son assistance quotidienne à la messe, ses communions fréquentes, sa dévotion au Sacré-Coeur de Jésus. Les Arabes, au milieu desquels il passa de longues années, l'appelaient: Maître en piété. Commandant du 17° Corps d'Armée pendant la guerre de 1870, il fit à Loigny, le 2 décembre, à la tête des Zouaves pontificaux que précédait l'étendard du Sacré Coeur, cette charge célèbre qui sauva d'une déroute complète ses troupes et celles de Chanzy. Gravement blessé, il resta la nuit, par un froid de 20 degrès, sur le champ de bataille; il y fut préservé de la mort, fortifié et consolé par Notre-Dame de Lourdes qu'il contemplait en esprit. Quoique amputé de la jambe gauche, bien au dessus du genou, il reprit, aussitôt remis, son commandement et continua de monter à cheval. En 1880, à Chateauroux, en pleine persécution, il se fit mettre en disponibilité pour protester contre l'expulsion des religieux. Ses infirmités, suites de ses blessures, l'ayant, en 1883, forcé à quitter son commandement pour devenir membre d'une commission au ministère de la guerre, il offrit ses souffrances à Dieu pour expier les crimes de l'impiété régnante. Il y ajoutait des mortifications, des jeûnes et portait des instruments de pénitence qui imprimées sur sa chair meurtrie les stigmates de Celui qui fut torturé par nos iniquités. Il mourut à Paris en réputation de sainteté, le 15 août 1187. Son corps, transporté à Loigny, fut inhumé dans la crypte de l'église, près des Zouaves pontificaux et des soldats tombés dans la bataille du 2 décembre 1870. Sur la pierre qui le recouvre, on lit ses paroles de saint Paul qu'il avait choisies lui-même: « Miles Christi », soldat du Christ. Le 26 septembre 1929, au cours du procès canonique qu'il instruit sur sa réputation de sainteté, Mgr Harscouët, évêque de Chartres, procéda à l'exhumation des restes du pieux Général. Après 42 ans, sans le moindre embaumement, le corps fut trouvé dans son cercueil de plomb, entier, les membres souples, en parfait état de conservation. Ne peut-on voir là une rare et délicate attention de la Providence à l'égard d'un de ses enfants les plus dévoués, une récompense, dès ce monde, de son admirable pureté. De nombreux pèlerins sont venus depuis prier à son tombeau, pour implorer de lui force, lumière ou santé, et beaucoup ont été exaucés. Tous les ans, le dimanche le plus proche du 2 décembre, a lieu une cérémonie officielle à Loigny-la-Bataille pour rendre hommage au général de Sonis et aux autres combattants. Il s'agit de la dernière commémoration présidée par des autorités militaires et civiles à perdurer pour une bataille de la guerre de 1870. Enfin, chaque année est organisée une marche de Fains la Folie à Loigny la bataille, en l'honneur et pour la béatification du général de Sonis, quelques semaines avant la pentecôte.


Prière composée par le Général de Sonis


Mon Dieu, me voici, devant vous pauvre, petit, dénué de tout. Je suis là, à vos pieds, plongé dans mon néant. je voudrais avoir quelque chose à vous offrir, mais je ne suis rien que misère. Vous, vous êtes mon Tout, vous êtes ma richesse. Mon Dieu, je vous remercie d'avoir voulu que je ne fusse rien devant vous. J'aime mon humiliation, mon néant. Je vous remercie d'avoir éloigné de moi quelques satisfactions d'amour-propre, quelques consolations de coeur. Je vous remercie des déceptions, des inquiétudes, des humiliations. Je reconnais que j'en avais besoins, et que ces biens auraient pu me retenir loin de vous. O mon Dieu, soyez béni quand vous m'éprouvez. J'aime à être brisé, consumé, détruit par vous. Anéantissez-moi de plus en plus. Que je sois à l'édifice, non pas comme la pierre travaillée et polie par la main de l'ouvrier, mais comme le grain de sable obscur, dérobé à la poussière du chemin. Mon Dieu, je vous remercie de m'avoir laissé entrevoir la douceur de vos consolations. Je vous remercie de m'en avoir privé. Tout ce que vous faites est juste, est bon. Je vous bénis dans mon indigence. Je ne regrette rien, sinon de ne vous avoir pas assez aimé. Je ne désire rien, sinon que votre volonté soit faite. Vous êtes mon maître et je suis votre propriété. Tournez et retournez-moi. Détruisez et travaillez-moi. Je veux être réduit à rien pour l'amour de vous. O Jésus! Que votre main est bonne, même au plus fort de l'épreuve! Que je sois crucifié, mais crucifié par vous! Ainsi soit-il.


Prière au Coeur de Jésus pour demander la béatification du Général de Sonis


Coeur de Jésus, vous que le Général de Sonis a fidèlement servi sur cette terre; Vous, dont la statue était chez lui à la place d'honneur, qu'il écoutait dans ses fréquentes communions et ses longues visites au Saint-Sacrement; Vous, la cause de sa tendre dévotion à Marie et à Joseph; Vous, son modèle dans l'amour de la pauvreté, son guide dans le soulagement des malheureux; Vous, la source de son filial attachement, de sa respectueuse soumission au Pape et à l'Eglise; Vous, dont il se disait et fut le dévoué soldat dans le monde et dans l'armée; Vous, dont la sainte Image flottait sur l'étendard des Zouaves de Charette qu'il fit déployer dans la bataille du 2 décembre 1870; Vous, sa force dans les combats, son soutien dans l'adversité, sa consolation dans la souffrance; nous Vous supplions de hâter la béatification de votre insigne serviteur, de lui accorder le don des miracles, de l'exaucer lorsque nous recourons à lui dans nos difficultés, dans nos peines, dans nos maladies, et qu'il intercède auprès de Vous en notre faveur. Ainsi soit-il.


Coeur de Jésus, sauvez la France, et glorifiez le Général de Sonis.

(50 jours d'indulgences, Raoul évêque de Chartres)


Prière de faire connaître les grâces obtenues par l'intercession du Général de Sonis, au

monastère du Carmel de Verdun (meuse),

ainsi qu'à

Monsieur le Curé de Loigny-la-bataille,

par Orgères (Eure-et-Loire)


Imprimatur

13 Aprilis 1929.

Radulphus, Episcopus Carnuten.


Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

20 octobre 2010

Le Mois du Saint Rosaire

Le Mois du Saint Rosaire

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Vingt-et-unième jour

Le Crucifiement


Les Prodiges


Ayant incliné la tête, Jésus rendit l'Esprit. Et voilà que le voile du Temple se déchira en deux; depuis le haut jusqu'en bas; la terre trembla, les rochers se fendirent, les sépulcres s'ouvrirent, et beaucoup de corps des saints qui s'étaient endormis, ressuscitèrent... Or, le Centurion, qui était vis-à-vis, voyant qu'Il avait expiré en poussant un tel cri, glorifié Dieu, disant: « Vraiment cet Homme était juste ». Et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus, furent saisis d'une grande frayeur et dirent: « Vraiment Celui-ci était le Fils de Dieu ». Et toute la multitude de ceux qui assistaient à ce spectacle, et qui croyaient ce qui se passaient, s'en retournaient frappant leur poitrine. La Mort de Jésus noter sauveur et les prodiges étonnants par lesquels apparaît le deuil de la nature, doivent faire naître en nos âmes les sentiments que manifestèrent les spectateurs de ce grand événement. Faisons d'abord un acte de Foi: « Oui, il n'y a qu'un Dieu qui puisse mourir ainsi! » En second lieu, frappons-nous la poitrine et laissons nos cœurs se déchirer par un sincère repentir, puisque la Mort de Jésus est notre œuvre, à nous pauvres pécheurs. Et comme en crucifiant le Fils, nous avons transpercé le Cœur de la Mère, jetons-nous dans les bras de Marie, Mère de Douleur, afin qu'elle nous obtienne le pardon de Dieu en nous accordant le sien.


Exemple


En 1495, une femme de la ville de Catalogne fut faussement accusée d'un crime qui méritait le feu. On la mit à la torture pour lui faire avouer le crime; elle demeura toujours constante récitant son Rosaire. Enfin elle fut condamnée à la mort, et lorsque le bourreau voulut la pendre, la corde cassa en trois endroits; on apporta d'autres cordes jusqu'à trois fois, et elles cassèrent toutes. Le juge cria à la sorcière! Elle répondit qu'elle devait son secours à son Rosaire et sa confiance en la Sainte Vierge. A ce signe, son innocence fut récompensée et elle fut mise en liberté.


Prière


O Mère de Douleur, qui recevez en Vos bras le Corps ensanglanté de Votre Jésus, apprenez-moi à l'adorer dans cet état de Mort auquel Il se réduit à l'Autel. Puissé-je imiter cet anéantissement du Dieu Vivant, qui se prive de parole, de mouvement et de toute action sensible, et m'enseigne à mourir à moi-même et au monde.

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Méditation du Mystère du Crucifiement


1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père


A la fin: « Grâces du Mystère du Crucifiement de Jésus, descendez dans mon âme ».


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1 décembre 2010

« François et la Joie de l'Evangile »

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« François et la Joie de l'Evangile »

Un spectacle qu'il faut ne surtout pas manquer


Le samedi 11 décembre à 20 heures 30

à l'église Saint Ferdinand de Bordeaux


« François et la joie de l'évangile », est un spectacle monté par la troupe « Laudato Si » et joué avec 20/30 jeunes de la Fraternité Franciscaine de Cholet. C'est un mystère religieux, comme ceux qui étaient joués sur les parvis des églises au Moyen Age, par lequel nous souhaitons partager notre découverte de l'actualité évangélique de Sait François d'Assise.


Pendant 1h30, ces différents tableaux, joués en mime, avec l'accompagnement de chanteurs et de musiciens, permettent à toutes les générations de mettre leurs pas dans ceux de François, des fêtes de sa jeunesse à sa vie de fraternité et de pauvreté. Nous sommes tous invités à découvrir comment sa simplicité et son amour du Christ ont transformé ceux qu'ils rencontrait sur son chemin: bourgeois et brigands, le Sultan au milieu des Croisades, le fameux loup de gubbio...


Ce mystère a été joué de nombreuses fois en France, sur les parvis des basiliques d'Assise et de Padoue en Italie, lors du rassemblement de la Famille Franciscaine à Lourdes en octobre 2009 et du chapitre des familles à Cholet en 2010. En août 2011, il sera donné aux JMJ à Madrid.


Ce spectacle joyeux se déguste (sans limite) à tout âge, n'hésitez pas à venir avec de jeunes enfants. L'entrée est libre, une participation aux frais est seulement demandée.


Renseignements

Les Franciscains de Cholet

Couvent saint François

57, rue Pasteur

49300 CHOLET

Tél : 02 41 62 06 37
franciscainscholet@laposte.net

3 décembre 2010

Neuvaine à Notre Dame du Port

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Neuvaine à Notre Dame du Port


Librairie Catholique,

Rue Barbançon et du Terrail, Clermont-Ferrand, 1843


Approbation de Monseigneur l'Evêque


Nous Louis-Charles, évêque de Clermont, approuvons la présente Neuvaine à Notre-Dame  souterraine du Port, comme propre à favoriser la piété des fidèles.


A Clermont, le 7 mai 1843.

L. C. évêque de Clermont.


Par Monseigneur Boucard, Chan. secrét. Général.


Un mot sur cette Neuvaine


Les souvenirs historiques qui se rattachent à Notre-Dame du Port, et les monuments authentiques où sont consignés les prodiges opérés par la protection de la bienheureuse Vierge invoquée dans ce sanctuaire, disparaissent chaque jour. Nous avons donc cru faire une œuvre agréable à Dieu, et utile aux fidèles de la ville et du diocèse de Clermont, en faisant paraître cette Neuvaine. Ces vieilles chroniques, ces traits signalés de la protection de Marie sur la ville et la province d'Auvergne, ne seront pas sans intérêt, et la piété pourra y trouver un nouvel aliment. A la suite du trait historique de chaque jour, vient une lecture puisée dans les saintes Ecritures, les Pères et l'histoire de l'Eglise, accompagnée d'une prière également tirée des écrits des Docteurs et autres saints personnages. D'autres prières en l'honneur de la sainte Vierge qui expriment les divers besoins de chacun selon son état, sa position particulière. On le voit, rien ne nous appartient dans ce petit travail, si ce n'est l'ordre et l'arrangement des matières. Aussi le déposons-nous avec confiance aux pieds Celle que nous ne savons appeler. S'il peut contribuer à lui gagner un cœur, à inspirer pour elle un sentiment de reconnaissance et d'amour, nous aurons obtenu la plus douce des récompenses. C'est le vœu du dernier, mais non du moins dévoué de ses enfants.


Premier jour

Origine de la dévotion à Notre-Dame du Port


H est peu de sanctuaires dans le monde chrétien qui réveillent d'aussi touchants souvenirs, d'aussi douces pensées, et invitent au recueillement comme l'église de Notre Dame du Port. Nous ne faisons ici que rapporter les impressions de tous les étrangers qui chaque jour viennent la visiter. Ces vieux murs noircis par le temps, cette architecture qui nous reporte à plus de douze siècles, cette chapelle souterraine qui ne laisse qu'à regret pénétrer les rayons du soleil, cette Image miraculeuse autour de laquelle se pressent incessamment des milliers de cœurs, tout est plein de mystère. Le curieux, l'impie lui-même, subissent malgré eux cette salutaire influence , et sentent le besoin de prier. Saint Avit, de la noble famille des Avitus, qui tenait le premier rang parmi les sénateurs d'Auvergne, et dix-huitième évêque de Clermont, jeta les fondements de cette église vers la fin du sixième siècle, de l'an à 575 à 594. Rien ne fut épargné pour rendre ce monument digne de Celle qui devait y être honorée. Les détails que Grégoire de Tours et les historiens qui l'ont suivi, nous donnent sur la construction de cet édifice, et les sacrifices immenses que le saint évêque s'imposa en cette occasion, témoignent hautement, et de sa tendre dévotion envers la Mère de Dieu, et de son zèle pour étendre son culte dans toute la province. Les fidèles comprirent les pieuses intentions de leur saint pasteur, et la multitude ne cessa depuis d'environner l'autel de Marie de sa confiance et de son amour. Tel fut le berceau de cette dévotion. Chrétiens, n'entrez pas ici distraits ou indifférents. Songez à toutes les générations qui se sont agenouillées à votre place, y ont versé avec foi leurs prières, leurs larmes,et se sont relevées heureuses et consolées. Ne vous disent-elles pas ce que doivent être vos prières et vos espérances?


Méditation

Confiance envers la Sainte Vierge


Recueillez-vous un instant. Songez aux motifs qui vous amènent dans ce sanctuaire... Interrogez votre cœur. Demandez-lui s'il est heureux, pleinement heureux? Regardez autour de vous. N'avez-vous rien à réclamer de la Bonté divine? de la protection toute puissante de la Reine du ciel? Hélas! votre poitrine se soulève, et vous ne répondez que par un soupir. C'est assez pour vous révéler l'immensité de votre misère, et vous crier avec force que vous êtes pauvre, bien pauvre! Toutefois, n'allez pas vous livrer à la tristesse, au découragement. Que votre âme se dilate, au contraire, et s'abandonne aux transports d'une sainte joie: vous êtes ici auprès d'une Mère aussi puissante que tendre et compatissante. Si j'osais le dire, vous n'avez pas besoin de franchir, par la pensée, la distance qui sépare la terre du ciel; sa présence est sensible en ce lieu, tout vous raconte sa bonté, sa miséricorde envers les pécheurs et les affligés. Quelle jouissance vous allez goûter pendant ces neuf jours! quels fruits abondants vous allez recueillir de ces doux entretiens où votre cœur va se répandre tout entier dans celui de cette Mère bien-aimée! Ce que la très Sainte Vierge vous demande avant tout, c'est la confiance, une confiance d'enfant. Douter, ce serait l'outrager. Quand les paralytiques, les aveugles criaient: « Jésus, fils de David, ayez pitié de nous », le Sauveur leur adressait cette seule demande: « Croyez-vous dans le Fils de Dieu? » S'ils répondaient: « Oui, Seigneur, je crois ». Jésus-Christ, reprenait aussitôt: « Allez, votre foi vous a sauvés »; ils étaient guéris. Marie, comme son Fils, vous adresse la même demande. Dites, dites sans hésiter: « Oui, ma Mère, je crois que vous êtes toute bonne, toute puissante ». Il suffit, vous êtes entendu, vous êtes exaucé.


Prière du Bienheureux Alain de La Roche


Vierge Sainte, dont la gloire, après celle de Dieu, surpasse toutes nos pensées; Vierge la plus sainte entre tous les saints, souveraine dispensatrice de la grâce, Mère de notre salut et de tous les biens, pourrait-on sans folie cesser de vous aimer, cesser de vous honorer, de vous invoquer? N'êtes-vous pas notre lumière, notre secours, notre consolatrice , notre refuge, et après votre adorable Fils, toute notre espérance, tout notre bonheur? Oh! mille fois heureux, ceux qui savent vous aimer, vous honorer, vous servir en enfants dévoués! O Mère! voilà mon âme, voilà mon corps, ils sont à vous. Que vos leçons, que votre protection m'accompagnent partout et toujours, vous, ma défense et ma vie! Ainsi-soit-il.


Les prières suivantes doivent être récitées tous les jours.


Prière de Saint François de Sales à la Sainte Vierge pour toutes sortes de besoins

 

Je vous salue, très douce Vierge Marie, Mère de Dieu, et vous choisis pour ma très chère Mère; je vous supplie de m'accepter pour votre fils et serviteur; je ne veux plus avoir d'autre mère et maîtresse que vous. Je vous prie donc, ma bonne, gracieuse et douce Mère, qu'il vous plaise vous souvenir que je suis votre fils, que vous êtes très puissante, et que je suis une pauvre créature vile et faible. Je vous supplie aussi, très douce et chère Mère, de me gouverner et défendre eu toutes mes actions; car, hélas! je suis un pauvre nécessiteux et mendiant qui ai besoin de votre sainte aide et protection. Eh bien donc! Très sainte Vierge, ma douce Mère, de grâce, faites-moi participant de vos biens et de vos vertus, principalement de votre sainte humilité, de votre excellente pureté et fervente charité : mais accordez-moi surtout la grâce spéciale que je sollicite pendant cette neuvaine. Ne me dites pas, gracieuse Vierge, que vous ne pouvez pas, car votre bien-aimé Fils vous a donné toute puissance, tant au ciel que sur la terre. Vous n'alléguerez pas non plus que vous ne devez pas; car vous êtes la Mère commune de tous les pauvres enfants d'Adam, et singulièrement la mienne; puisque donc, très Sainte Vierge, vous êtes ma mère, et que vous êtes très puissante, qu'est-ce qui pourrait vous excuser, si vous ne me prêtiez votre assistance. Voyez, ma mère, et voyez que vous êtes contrainte de m'accorder ce que je vous demande et d'aquiescer à mes gémissements. Soyez donc exaltée sous les cieux, et par votre intercession faites-moi présent de tous les biens et de toutes les grâces qui plaisent à la très sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, l'objet de tout mon amour pour le temps présent et pour la grande Eternité. Ainsi soit-il.


Prière de Saint Bernard


Souvenez-vous, ô très-miséricordieuse Vierge Marie, qu'on n'a jamais entendu dire qu'aucun de ceux qui ont eu recours à vous, imploré votre assistance et réclamé votre secours, ait été délaissé.  Animé d'une pareille confiance, je cours vers vous, ô Vierge des vierges et notre Mère! Je me jette à vos pieds, et pécheur que je suis, je parais devant vous gémissant. Ne rejetez pas, ô Mère du Verbe, mes humbles prières, mais daignez les écouter favorablement et les exaucer. Ainsi soit-il.


O Marie, conçue sans péché, priez pour nous, qui avons recours à vous!

O Marie, refuge des pécheurs, priez pour nous!


Nous avons placé a la fin de la Neuvaine des litanies et prières que chacun pourra choisir selon sa dévotion.


Deuxième jour

Restauration de l'église par Saint Sigon


La ville de Clermont et la province d'Auvergne vivaient paisibles et heureuses à l'ombre des autels de Marie, instruites et édifiées par les exemples d'héroïsme et de vertu des saints évêques qui se succédaient Sur le siège de saint Austremoine, lorsque tout-à-coup les peuples du Nord vinrent fondre sur cette terre et semer partout la désolation et la mort. La ville, ruinée et livrée aux flammes, disparaît, pour ainsi dire, au milieu des cendres, et ses habitants ont la douleur de voir périr, avec leurs demeures, les basiliques dont la construction remontait aux premiers jours de la prédication de la foi parmi nous, et une partie des ossements précieux d'une multitude de confesseurs et de martyrs. Les Barbares étaient à peine partis, Saint Sigon, évêque de Clermont, après avoir déployé en faveur de son troupeau toutes les ressources de sa charité, consacra ses premiers efforts, ses premiers soins à la reconstruction de l'église du Port et à lui rendre son ancien éclat. Cette église avait-elle moins souffert que les autres de cette irruption? Il est permis de le croire, car elle devint alors église principale, et même église cathédrale pendant un certain nombre d'années. Quoi qu'il en soit de ce fait, que nous abandonnons aux archéologues, Saint Sigon, fidèle aux traditions de piété de ses prédécesseurs et surtout de Saint Avit, donna en cette occasion un éclatant exemple de sa dévotion envers la Mère de Dieu. Ce zèle à restaurer avec magnificence le sanctuaire de Notre-Dame du Port, et le silence de tous les monuments historiques sur les autres églises détruites à cette époque, démontrent deux choses d'abord, quelles profondes racines le culte de la Sainte Vierge avait jetées dans le cœur de nos pères dans le neuvième siècle, et le degré de vénération et de gloire dont jouissait l'église du Port. Saint Sigon la choisit pour le lieu de sa sépulture.


Méditation

Puissance de Marie annoncée à l'homme dès l'origine du monde


En parcourant les témoignages prophétiques des saintes Ecritures sur la puissance et la gloire de la  Sainte Vierge, le cœur s'arrête d'admiration et d'étonnement devant ces paroles solennelles sorties de la bouche de Dieu: « Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, elle écrasera la tête ». Ainsi, l'antique serpent ne jouira pas toujours de son triomphe; il sera écrasé à son tour, et par qui? par cette femme forte, par cette seconde mère qui, selon le langage de l'Eglise, doit recouvrer et nous rendre ce que la première avait honteusement perdu. Ainsi, cette Vierge incomparable accomplit, autant qu'il est en elle, une mission correspondante à celle de son Fils. Le premier Adam a entraîné dans sa chute le genre humain; le second, Jésus-Christ, a tout réparé, tout guéri, tout renouvelé. Ecoutons Saint Augustin: « C'est par la femme que la mort est entrée dans le monde; c'est par la femme que la vie nous est rendue; par Eve, la damnation; par Marie, le salut ». Après de semblables paroles, quel autre sentiment pouvez-vous éprouver: que celui de la constance? Vous le voyez, Marie a le pied sur la tête du serpent. Si cet esprit infernal vous presse, vous menace; si, comme le lion rugissant, il est prêt à vous dévorer; si même vous êtes déjà abattu à ses pieds, le remède est aussi facile qu'infaillible: poussez le cri de détresse vers votre Mère: d'un seul regard elle va le faire rentrer dans les enfers; elle vous tend la main, vous êtes sauvé! Et que fait-elle autre chose depuis dix-huit cents ans, sinon de combattre toutes les puissances ennemies de notre salut, de nous protéger, nous, ses enfants, de prêter assistance à tous ceux qui l'invoquent dans leurs besoins? Le démon sait bien qu'il n'a pas d'ennemi plus redoutable, plus terrible sur la terre.


Prière de Saint Epiphane


O Marie, épouse de la très-sainte Trinité, dispensatrice de tous ses biens, vous possédez la plénitude de la grâce. Par vous, Eve a été relevée de sa chute; par vous, Adam est rentré dans le paradis, d'où son péché l'avait chassé. Vierge sainte, vous nous avez tout donné, et cette douce paix dont jouit le monde, et le privilège d'être élevés à la gloire des anges, et la faveur inestimable de pouvoir nous dire les serviteurs, les amis, et par-dessus tout les enfants de Dieu. La mort, vous l'avez vaincue et foulée aux pieds; l'enfer, vous l'avez dépouillé; les idoles, vous les avez renversées ; le ciel et votre divin Fils, vous avez appris à la terre à les connaître. Daignez, ô Marie, prendre quelque intérêt pour les pauvres délaisses. O Mère de Dieu, ô mère de miséricorde, venez à mon secours tous les jours de ma vie! Veillez auprès de mon lit de mort; que l'ennemi craigne de s'en approcher en vous voyant! Conservez ma pauvre âme, ne permettez pas que les sombres et hideuses figures des démons viennent m'épouvanter au jour du jugement. Préservez-moi de la damnation éternelle; faites que j'entre dans l'assemblée des Saints, dans la gloire de votre Fils et dans l'héritage des enfants de Dieu. Ainsi soit-il.


Les autres prières comme le premier jour.


Troisième jour

Comment la dévotion à Notre-Dame du Port s'est étendue après Saint Sigon

 

Le zèle de saint Sigon à restaurer l'église du Port, la magnificence qu'il avait déployée pour l'orner et l'embellir, contribuèrent puissamment à donner un nouvel élan à la dévotion des fidèles. Mais les guerres continuelles qui désolaient là contrée, les incursions fréquentes des peuples ennemis, qui livrèrent plusieurs fois la ville à la dévastation et aux flammes, ne laissaient presque point de repos aux habitants. Aussi combien de monuments précieux de cette dévotion à Notre Dame du Port, ont disparu dans ces temps de troubles! Voici ce qu'il nous a été possible de recueillir d'après des documents authentiques. Le pape Urbain second, venu à Clermont l'an 1095 pour la première croisade, ordonna qu'il serait chanté une messe votive de la Sainte Vierge pour la tenue du concile. Cette messe fut chantée solennellement dans la chapelle souterraine avant d'être célébrée dans les autres églises, en présence de plusieurs Pères du concile, de tous les seigneurs de la province et d'un concours, immense des habitants. Plus tard, en 1320, Aubert Aycelin, évêque de Clermont, frappé des prodiges qui s'opéraient dans le sanctuaire du Port, adresse un mandement à tout le clergé de son diocèse, pour exciter la dévotion des fidèles, et accorde des indulgences à tous ceux qui s'y rendront pour prier et contribueront à l'entretenir et à l'orner. Vers la fin du quatorzième siècle, en 1393, Pierre de Barrière, ayant prêché en présence de Boniface IX et de plusieurs cardinaux, déclara que, sur cinq églises de France célèbres par les faits miraculeux qui s'y opéraient depuis des siècles, la première était l'église du Port. On nous saurait mauvais gré de ne pas rapporter ici une vieille tradition, appuyée sur des titres conservés jusqu'aux jours de la révolution. La voici. Un évêque de Clermont, se disposant à consacrer l'église du Port, fut averti par révélation qu'elle avait été consacrée par le ministère des Anges, comme on le raconte de Notre Dame du Puy et de plusieurs autres églises. La critique sévère peut rejeter le fait, mais les vrais enfants de Marie y trouveront un aliment à leur pieuse croyance. Il y a quelque chose de bien touchant, de bien admirable dans cette dévotion des habitants de la ville et de la province pour la Sainte Vierge, dévotion qui se conserve, se développe à travers les siècles, et forme comme une chaîne de prières qui se succèdent sans interruption depuis Saint Avit jusqu'à nos jours, c'est-à-dire pendant une période de douze cent soixante ans.


Méditation

Marie est Mère de Dieu


Après quatre mille ans d'attente, l'heure est venue pour la réconciliation de la terre et du ciel. Un Ange est chargé de négocier cette grande affaire, il a deployé ses ailes, et d'un vol rapide il est venu saluer l'humble Vierge de Nazareth. La Sainte Trinité attend son consentement pour accomplir le mystère de la Rédemption. O Marie, l'univers a les yeux fixes sur vous; dites un mot, un seul mot, et il va tressaillir de bonheur!.... Prêtez l'oreille, pauvres esclaves de l'enfer, malheureux enfants d'un père coupable; que tout fasse silence autour de vous; c'est la Vierge qui parle: « Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole ». Et le Verbe s'est fait chair; et le monde est sauvé ! Méditons sur ce grand mystère. Marie, Mère de Dieu, quel titre! quelle gloire! Selon la pensée de Saint Thomas, par la maternité divine, Marie est associée en quelque sorte à l'auguste Trinité, et forme avec elle l'alliance la plus étroite qu'il soit possible de concevoir entre Dieu et une pure créature. Bénissons donc mille fois la Bonté divine d'avoir élevé notre Mère à ce degré d'honneur, et répétons avec Marie ce beau cantique: « Mon âme glorifie le Seigneur.... Toutes les générations m'appelleront heureuse, parce que le Seigneur a fait en moi de grandes choses ». La bienheureuse Vierge voit donc à ses pieds les anges, les chérubins, les plus sublimes intelligences; le ciel et la terre sont donc soumis dès ce moment à ses lois. L'enfer commence à pressentir sa défaite et la fin de son règne. Réjouissons-nous, relevons nos fronts humiliés, nos nous annonce la véritable liberté des enfants de Dieu.


Prière de Saint Jérôme


O Mère de mon Dieu! quelle gloire est la vôtre! vous avez conçu, dans votre sein virginal, l'Auteur même de la vie; vous avez pressé contre votre cœur et couvert de vos maternels embrassements, votre bien-aimé Jésus; quoique votre Créateur et votre Maître, vous l'avez vu petit Enfant s'attacher à vous, essayer à vos côtés ses premiers pas et inonder votre âme d'une ineffable jouissance. O heureux enfantement! vous faites tressaillir d'allégresse les anges, vous êtes l'attente de tous les saints. Enveloppé dans une même réprobation, le genre humain tout entier avait besoin de vous pour être déchargé du poids de cet anathème.


Les autres prières comme au premier jour.


Quatrième jour

Extrait des procès-verbaux de Notre Dame du Port et de plusieurs mandements des évêques de Clermont


En 1614, l'hiver fut si long, le froid si âpre, les gelées si extraordinaires dans toute l'Auvergne, et principalement dans la Limagne et les environs de la ville de Clermont, que le germe de tous les grains paraissait étouffé dans le sein de la terre. Le mois de mai était déjà avancé, et la terre, nue comme au mois janvier, ne laissait paraître aucun brin d'herbe, aucune fleur, aucune feuille. Les habitants avaient perdu toute espérance de récolte, et n'avaient en perspective que les horreurs de la famine. Dans ces tristes conjonctures, ils sentirent le besoin de recourir au Ciel. Une assemblée générale du clergé, des autorités et des habitants de la ville, dans l'église cathédrale, le siège vacant, détermine une procession, où devait être portée l'image miraculeuse de Notre Dame du Port. Le 15 mai, c'était le jour fixé, après une messe solennelle chantée dans l'église du Port, les vicaires généraux du diocèse, le clergé de tous les chapitres et de toutes les paroisses de la ville, ainsi que les religieux de tous les ordres, précédés et suivis d'un concours innombrable du peuple, se mettent en marche. Jamais on n'avait vu une multitude aussi recueillie; ce silence, interrompu par les chants graves de l'Eglise, ces larmes qu'on voyait rouler dans tous les yeux, ces visages où se peignait la douleur la plus profonde, cette attitude suppliante, ces gémissements, ces prières ardentes qui partaient de tous les cœurs, tout témoignait de la sincérité de leur repentir et de la vivacité de leur foi. Le Ciel était vaincu; Marie avait obtenu grâce pour ses enfants. Tout-à-coup et pendant la procession la température change et s'adoucit, l'air prend la sérénité des beaux jours du printemps, en quelques jours la terre se couvre d'un tapis de verdure, tout refleurit, tout se développe avec une incroyable rapidité, et cette année, par l'abondance des moissons et de toute espèce de fruits, surpassa toutes celles dont les hommes avaient jamais conservé le souvenir. Deux ans après, Monseigneur Joachim d'Estaing, évèque de Clermont, s'étant assuré, par une enquête juridique signée par les principaux habitants de la ville, de l'authenticité du fait, publia une ordonnance qui instituait le quinze mai comme fête d'obligation pour la ville. Voici les noms des signataires les plus remarquables du procès verbal: M. le président Savaron; noble Jean Vachier, conseiller au présidial; Gilbert llocliias, chanoine de la cathédrale; Balthazar de Raymond, chanoine de Saint-Genès; Etienne Trolier, élu et premier échevin; Antoine Munier ; Meynard; Claude Laborieux; Michel Noëla, ancien procureur du roi en l'élection de Clermont; Hugues Granet, élu échevin, etc. Le procès verbal est dressé et signé par M. Cistel de la Garde, officiai; Baron, secrétaire. Dans le procès verbal, le président Savaron atteste et dépose en outre que quarante-deux ans auparavant, en 1573, le même prodige,accompagné des mêmes circonstances, avait été opéré par l'intertcession de Notre Dame du Port, sous ses yeux et ceux des habitants. Un poème latin de M. Madur, et un mémoire de M. Liftier Samoël, conseiller au présidial, en avaient transmis lé souvenir et les détails. La tradition rapporte aussi plusieurs faits de ce genre arrivés pendant les siècles précédents, et surtout vers la fin du quatorzième siècle.


Méditation

Marie est notre Mère

 

Vous êtes enfant de Marie. Une mère donne la vie; et la première à qui ce beau nom ait appartenu n'a laissé dans le monde que des fruits de mort, et cependant il fallait une mère au monde. O Marie, c'est à vous que ce glorieux titre était réservé! et, qui mieux que vous pouvait y répondre, combler les vœux et les espérances de la terre? Nous pouvons nous consoler maintenant, le Ciel nous a rendu plus que nous n'avions perdu, puisque par Marie et avec Marie nous possédons l'Auteur de la vie, puisque par Marie et avec Marie nous avons un Frère, grand, saint, Fils de Dieu, Dieu lui-même, Jésus enfin, c'est tout dire. Vous êtes enfant de Marie. Si un fils est d'autant plus cher à sa mère qu'il a été enfanté au milieu des angoisses de la mort, des plus cruelles douleurs, personne n'est plus aimé que Vous. Que de souffrances vous lui avez coûtées! qu'il était aigu le glaive qui a transpercé son âme! Vous avez été engendré sur la croix, vous êtes le prix de la mort de Jésus Christ. Ecoutez l'acte solennel qui vous investit de cette précieuse prérogative. « Femme, voilà votre fils, et vous fils, voilà votre Mère ». O bon Jésus, pardonnez au transport de joie qui s'échappe involontairement de notre cœur, en entendant ces mots, lorsque nous devrions pleurer en contemplant vos douleurs et les siennes. Marie est votre Mère. Dans ce mot, sont renfermés et vos espérances, et vos devoirs: vos espérances, car un enfant de Marie ne saurait périr, Saint Bernard nous en donne l'assurance; vos devoirs, car votre vie, vos exemples doivent être dignes en tout d'un véritable enfant d'une aussi douce Mère. Et pourtant que de fois vous l'avez contristée, que de fois vous avez déshonoré ce précieux caractère! Combien de fois ne l'avez-vous pas foulé aux pieds, échangé peut-être contre l'odieuse qualification d'enfant du démon! Ah! s'il en est-ainsi, allez, sans délai vous prosterner au pied du trône de votre Mère; point de retard, aujourd'hui, à l'heure même, reconnaissez votre ingratitude, pleurez votre aveuglement, votre pardon est assuré.


Prière de Saint Alphonse de Liguori


O Marie, ma très sainte Mère! comment se fait-il que vous ayez un enfant qui vous ressemble si peu? vous si parfaite et si bonne, et moi si pervers, si méchant; vous toute brûlante, toute consumée de l'amour divin, tandis que je n'ai de cœur que pour la créature! vous toute belle et pleine de grâce, et moi hélas! si pauvre de vertu? Oh! quel fils indigne vous voyez à vos pieds! Et cependant si indigne que je sois, laissez-moi vous appeler ma Mère! Ce nom seul me console; je sens en le prononçant s'enflammer ma tendresse, ma confiance pour vous; il me dit tous les droits que vous avez à mon amour. Ne vous offensez donc pas si je ne sais vous appeler que du nom de Mère; que ce nom si doux soit mon bouclier, mon dernier cri à l'heure de ma mort. Ainsi-soit-il.


Pour les autres prières, voyez le premier jour.


Cinquième jour

Extrait des archives de Notre Dame du Port et de plusieurs mandements des évêques de Clermont


Vers la fin du mois de juin de l'année 1629, tous les fléaux que le ciel tient en réserve pour les jours de sa colère, vinrent visiter la malheureuse Auvergne. Une grêle terrible et presque générale ruina complètement toutes les récoltes au moment où le cultivateur allait recueillir le fruit de ses sueurs. Ce fléau en appelait un autre, la disette et les horreurs de la famine. La rareté et le prix excessif du blé réduisirent bientôt la plupart des habitants, surtout dans les campagnes, à ne se nourrir que de pain d'avoine. Cette ressource même fut d'assez courte durée, et en plus d'un endroit on vit l'homme partager avec les animaux l'herbe des champs. La ville se montra alors ce quelle a toujours été, ce qu'elle est encore aujourd'hui, grande et généreuse: d'abondantes aumônes furent distribuées, et des milliers de victimes arrachées à la mort. Mais Dieu n'était pas satisfait; son bras était encore étendu sur nous. L'ordre des saisons paraissait comme interverti, de violents orages ne cessaient de désoler les campagnes, l'air était vicié, et l'année 1630 vit éclore la peste. Pendant deux ans, elle exerça partout les ravages les plus inouïs: la population décroissait d'une manière effrayante; l'oreille n'était frappée que des gémissements et des cris des malades, des mourants; des cadavres gisant çà et là glaçaient d'horreur le passant et précipitaient ses pas, si déjà le mal mortel ne l'avait pas atteint; les rues étaient devenues désertes, et, pour tout dire, en un mot, la ville était transformée comme en un vaste cimetière. Les remèdes humains étaient impuissants pour désarmer le Ciel. La ville eut donc recours, comme elle avait fait dans de semblables circonstances, à sa puissante Médiatrice. La statue miraculeuse de Notre Dame du Port est portée processionnellement dans les rues. Inutile de dire avec quels sentiments de foi, de piété, de recueillement, cette touchante cérémonie est accomplie; ce que nous devons dire, c'est que toute cette population agenouillée autour de l'image de Marie, se voua, par un acte public et solennel à Notre Dame du Port, et s'engagea à célébrer sa fête du 15 mai. Ce vœu était à peine formé, qu'à l'heure même la contagion cesse et disparaît entièrement; personne n'est atteint de nouveau, et tous les malades recouvrent la santé. Mgr. l'évêque de Clermont publia un mandement pour confirmer soixante-six ans plus tard, c'est-à-dire l'an 1697, Mgr François Bochard de Saron, pour affermir, et augmenter la dévotion des fidèles envers Notre Dame souterraine, et placer la ville sous sa protection plus immédiate, étendit aux faubourgs et à toute la banlieue, l'ordonnance de chômer la fête du 15 mai. Le procès-verbal de tous ces faits, couvert de signatures, fut déposé dans les archives de l'église.


Méditation

Respect et amour de l'Enfant Jésus pour la Sainte Vierge


Celui qui a mis dans le cœur des mères et des enfants cette tendresse, cette réciprocité d'affection, qui n'ont pas besoin pour être comprises du secours de la langue; Celui qui a aimé les siens jusqu'à mourir pour eux sur une croix, qui est venu sur la terre pour servir de modèle aux enfants comme aux pères, pouvait-il manquer au respect, à l'amour qu'il devait à sa Mère? Non, ce serait une impiété, un sacrilège, rien que d'y penser! Aussi, quels élans de là charité la plus embrasée partaient à chaque instant du Cœur de Jésus et du Cœur de Marie, la parole ne saurait l'exprimer, ni le cœur le comprendre. Ce que nous pouvons affirmer, c'est que jamais fils ne fut plus soumis à sa mère, jamais mère n'a possédé d'empire aussi absolu sur son fils. Un seul témoignage nous suffira, il répond à tout, c'est l'Evangile qui nous le fournit: « II leur était soumis ». Trente ans s'écoulent, et rien n'est changé à cette vie toute d'obéissance. Quoique son heure ne soit pas encore venue, cependant, par respect pour sa Mère, Jésus fait son premier miracle. Mais si Jésus-Christ honorait ainsi sa Mère sur la terre, il ne l'honore pas moins dans le ciel. Laissons parler l'Esprit-Saint: Quelle est celle qui s'élève dit dé sert, inondée de délices, appuyée sur son Bien-Aimé? Le Roi a placé sur sa lé le le diadème royal, et il a remis le sceptre entre ses mains. L'apôtre saint Jean l'a vue dans le ciel: Elle est environnée du soleil comme d'un vêlement; la lune lui sert de marche-pied; autour de sa tête brille une couronne de doute étoiles; elle est assise à la droite du Tout-Puissant; d'éblouissantes clartés jaillissent de l'or de ses vêtements; les richesses les plus variées forment sa ceinture. C'est ainsi que le Fils de Dieu sait honorer et glorifier sa Mère, c'est ainsi qu'il nous apprend à nous-mêmes la mesure de respect, le degré de confiance que nous devons à cette puissante Reine du ciel.


Prière de Saint Méthode


Comment pourrai-je, ô Mère vierge, ô Vierge mère! chanter vos louanges avec une langue digne de vous? O fille de David, Mère de mon Seigneur et de mon Dieu, si ma langue est impuissante à vous louer dignement, eh bien! la langue de vos pères, les livres sacrés me prêteront leurs pieux accents, leurs saints transports. O tige bienheureuse de Jessé! le Seigneur est avec vous, car il vous a consacrée pour être son tabernacle. C'est par vous, ô Marie! que le Seigneur s'est fait Emmanuel, c'est-à-dire Dieu avec nous. Quoi de plus sublime! quoi de plus merveilleux! Oui, c'est vous qui lui avez fourni ce corps divin, dans lequel je reconnais, dans lequel j'adore mon Dieu. Mère et servante de Dieu, salut! salut, ô vous la seule créature à qui le Seigneur ait voulu devoir quelque chose! Il a dit: « Honorez votre père et votre mère », et ce précepte, il l'observe envers Celle qui lui a donné naissance, envers Celle qu'il a couronnée de gloire au plus haut des cieux. Qui donc, ô Marie! pourrait vous louer autant que vous le méritez?


Pour les autres prières, voyez le premier jour.


Sixième jour

Le trait qui suit est extrait d'un procès-verbal authentique, conservé chez M- Chassaigne, notaire à Clermont.


« Atteint, depuis onze ans, à la jambe gauche, d'un rhumatisme goutteux accompagné des douleurs les plus aiguës, Etienne Durif, originaire de la paroisse de Saint André de Busséol, en ce diocèse, et âgé de 36 ans, avait épuisé vainement en remèdes tout ce qu'il possédait. Devenu pauvre et sans asile, privé tout à la fois de la liberté de plier le genou et de faire le plus léger mouvement du pied, il sollicite l'entrée de l'hôpital, où il passe, en deux reprises, une année. Tout est mis en œuvre pour lui procurer du soulagement; les médecins lui font prendre successivement les bains du Mont-Dore et de Vichy; ces essais ne font qu'irriter le mal. Les divers traitements auxquels il est encore soumis pendant quelques années, ne réussissent pas mieux. Renonçant enfin à toute espèce de remèdes pour se jeter entre les mains de la divine Providence , sa confiance le conduit dans la chapelle souterraine de Notre Dame du Port pour commencer une neuvaine. C'était le 26 mai 1757. Le 3 juin suivant, dernier jour des exercices, après avoir assisté au saint sacrifice de la messe et fait sa prière dans la chapelle comme les jours précédents, animé de la foi là plus vive, la pensée lui vient d'offrir à la sainte Vierge une figure de cire et de faire brûler deux chandelles devant son image. Pressé d'obéir à cette inspiration, il sort et se procure, sans perdre un moment, ces objets. Il n'était pas encore de retour à l'église, qu'il s'aperçoit que sa jambe a repris tout-à-coup sa flexibilité, et le pied son mouvement naturel. Transporté de joie, il court déposer son offrande à la chapelle et y suspendre le bâton et la béquille qui lui sont désormais inutiles. Le bruit de cette guérison éclate bientôt ; elle avait eu de nombreux témoins. En quelques instants, la multitude se presse dans le lieu saint. Cet homme était connu depuis quatre ans; tout le monde l'avait vu, dans son état d'infirmité, se soutenant à peine. M. Omerin, doyen du chapitre du Port et vicaire général du diocèse, ayant immédiatement pris connaissance de tous ces faits, en présence de plusieurs membres du chapitre, de M. l'abbé de Vienne, conseiller clerc en la grande, chambre du parlement de Paris; de M. Doulcet et Bournet, chirurgiens majors des hôpitaux de la ville; de M. Gaudon, apothicaire, et d'une foule de témoins, fait dresser procès-verbal de tout ce qui précède, avec mention expresse de la déclaration des deux médecins, lesquels, après avoir examiné et visité avec le plus grand soin la jambe d'Etienne Durif, qu'ils connaissaient depuis long-temps, après l'avoir fait marcher en présence de toute l'assemblée, n'ont pas hésité à reconnaître l'impossibilité d'une guérison subite ou lente par aucune puissance de remèdes humains, tant l'humeur qui affectait ces parties de la jambe était fixée et consolidée. Toutes les signatures, jointes à celles des médecins, se trouvent au bas du procès-verbal. Ce n'est pas tout; à peine la guérison miraculeuse est juridiquement constatée, que le son de toutes les cloches l'annonce à la ville. Une messe d'actions de grâce est célébrée, et un Te Deum chanté dans l'église souterraine ».


Méditation

Gloires et vertus de Marie


Quelque incompréhensibles que soient la puissance et la gloire de la très Sainte Vierge dans le ciel, ce qui nous frappe surtout, c'est que Dieu a couronné en elle le mérite et la vertu, autant et plus encore, s'il est permis de le dire, que ses brillantes prérogatives. Les privilèges extraordinaires accordés à certaines créatures, ne les affranchissent pas de la loi, et le Seigneur ne prétend pas les appeler gratuitement à la participation de sou bonheur, lui qui a dit que le royaume du ciel souffre violence, et que ceux-là l'emportent qui se font celle violence. Il y a plus, c'est à ces âmes d'élite qu'il réserve ordinairement toutes ses rigueurs, c'est à elles qu'il impose les plus héroïques sacrifices. La vie de tous les saints, le sang de tous les martyrs, les pénitences, les humiliations, les larmes, les prières de tous les grands serviteurs de Dieu, sont une preuve assez éclatante de cette vérité. Et il est vrai de dire que plus une vocation est sublime, plus elle suppose de vertu, de courage et de dévouaient. La sainte Vierge n'est pas exceptée de cette loi générale, et Jésus veut que sa Mère soit la plus grande, la plus glorieuse entre toutes les créatures, par les mérites comme par les prérogatives. Appelée à la plus éminente dignité qu'il soit possible de concevoir, ses souffrances, ses sacrifices, et par-dessus tout sa charité, laissent, bien loin derrière elle, les actions, les prières, les vertus des plus saints personnages. Aussi voyez quels rapports mystérieux entre la vie de Jésus et celle de Marie! Comme l'histoire de la Mère est étroitement et inséparablement liée à celle du Fils: mêmes pensées, mêmes douleurs, ils boivent au même calice, ils sont abreuvés des mêmes amertumes; depuis Bethléem jusqu'au calvaire ils suivent la même, voie. Oh! quelle langue pourra jamais raconter les angoisses, les, déchirements du cœur de Marie, lorsque le glaive Prédit par le saint vieillard vint le transi percer? Ne soyons donc plus étonnés de voir le trône de cette Vierge incomparable dominer celui des Chérubins et des Séraphins, de voir le ciel et là terre s'incliner avec respect et amour devant cette Majesté, qui ne voit au-dessus d'elle que la Majesté même de Dieu. O Jésus! vous qui êtes si bon, si généreux envers vos plus petites créatures, pouviez-vous récompenser avec trop de magnificence les vertus de votre sainte Mère? Ames chrétiennes, ne sentez-vous pas, en lisant ces réflexions, s'accroître votre confiance pour celle qui est aussi votre Mère?


Prière tirée de Sainte Ecritures


Bonne et tendre Mère, lorsque je contemple vos grandeurs et votre gloire, mon cœur est inondé de joie; il a besoin de redire mille fois que cela était juste. Oui, il était juste que la plus humble servante du Seigneur fût proclamée heureuse par toutes les générations; que le Tout-Puissant fît en elle et pour elle de grandes choses; il était juste que Celle qui avait été cruellement blessée par un glaive de douleur, que Celle qui avait eu assez de courage pour recueillir debout, au pied de la Croix, le dernier soupir de son Fils, devînt la gloire de Jérusalem, la joie d'Israël, l'honneur du peuple de Dieu. Salut, ô Reine victorieuse! vous, brillante comme l'aurore qui se lève, belle comme la lune, éclatante comme le soleil, terrible comme une armée rangée en bataille. Puissent, ô Marie, ma langue, mon cœur et toutes les puissances de mon âme vous offrir un sacrifice perpétuel de louanges, célébrer dignement votre puissance, vos vertus et attirer un de ces regards de Mère qui consolent et qui sauvent! Ainsi soit-il.


Pour les autres prières, voyez le premier jour.


Septième jour

Extrait du Manuel de la dévotion à Notre Dame du Port


Une jeune fille de vingt ans, nommée Jeanne Girard, appartenant à Une famille pauvre, mais trè -honnête du Pont de Lempdes (aujourd'hui département de la Haute-Loire), eut, par suite d'une attaque, le côté droit entièrement paralysé. Traitée d'abord avec quelque succès par le chirurgien juré de l'endroit, M. Royer, elle retomba bientôt dans un état plus déplorable encore que le premier, et toutes les ressources de l'art de guérir restèrent sans résultat. Touchés de compassion pour cette infortunée, vouée si jeune à l'existence la plus triste, la plus insupportable, M. Caillé, curé du Pont de Lempdes, et M. Viallard, bailli du même lieu, la font conduire à Clermont, munie de toutes les pièces qui pouvaient lui ouvrir l'entrée d'un des hospices de la ville; ils y joignent le rapport et la déclaration de M. Royer. Toutes les pièces sont datées du 13 mai 1765. Le quatorze du même mois, on la présente au grand Hôtel-Dieu. Le chirurgien, après un mûr examen, ayant déclaré son mal incurable, la refuse et lui conseille de se faire conduire à l'hôpital Saint Joseph, avec l'assurance qu'elle peut, et qu'elle doit même y être reçue. Mais un nouvel obstacle l'attendait là encore; aucun lit n'était vacant. Dieu voulait faire éclater par un nouveau prodige la puissance de la Sainte Vierge. La pauvre fille, repoussée partout, se livra alors à la douleur la plus amère; de retour à son auberge, les pensées les plus sombres, les images les plus sinistres vinrent l'assiéger et remplir les longues heures du soir et de la nuit. Le soleil cependant venait de se lever, et le son des cloches annonçait la solennité du 15 mai. La pieuse hôtesse raconte les merveilles opérées depuis des siècles à Notre Dame du Port. A ce récit, la confiance renaît dans cette âme abattue et presque désespérée. Elle accepte avec transport la proposition de visiter la chapelle souterraine et de s'y faire conduire. Rendue dans ce sanctuaire, elle priait, fervente et recueillie, lorsqu'elle voit tous les fidèles s'agenouiller pour l'élévation. C'était le signal de sa guérison. Elle aussi abandonne sa chaise et se prosterne avec la multitude. Â l'instant la vie est rendue aux membres paralysés. Elle achève d'entendre la messe à deux genoux, sans douleur, sans aucun secours étranger. Le Saint Sacrifice terminé, elle se relève, pleine de force et de vigueur, suspend aux murs de la souterraine les bâtons qui la soutenaient, et la foule la contemple avec admiration et rend gloire à la puissance et à la bonté de la Mère de Dieu. Pendant six semaines encore que dura le séjour de cette fille dans Clermont, chacun, la voyant circuler, agir et travailler, put s'assurer de la vérité de sa guérison. Tous ces faits du reste furent recueillis, accompagnés des pièces authentiques et conservés avec soin. Elle passa ces six semaines chez Madame Champ-Flour de Mauriat, à qui elle avait été recommandée à raison de la petite distance du château de Mauriat à Lempdes.


Méditation

Confiance des Apôtres et des premiers chrétiens envers la très Sainte Vierge

 

Voulez-vous avoir la mesure de votre confiance envers la très-Sainte Vierge, demandez aux Saints de tous les siècles, demandez aux Docteurs de l'Eglise, demandez aux Apôtres eux-mêmes ce qu'ils en ont écrit et pensé, comment ils l'ont honorée. Quel harmonieux concert de louanges Vous allez entendre sortir de leur bouche! Jésus-Christ montant au ciel avait dit à ses apôtres: Je ne vous laisserai point orphelins. Et, en effet, il leur laissait une Mère. Aussi voyez comme Marie tient au milieu d'eux la place de son Fils! Comme elle veille à la garde du troupeau qui lui a été confié! Elle devient le conseil, la lumière, la force, l'âme de l'Eglise naissante. Dans le cénacle, je la vois au milieu des disciples priant et appelant l'Esprit Saint. Comme sa présence réchauffé et enflamme ces hommes encore grossiers et timides! comme sa voix est écoutée avec respect et avidité ! Sans doute, c'est à Pierre, le chef du collège apostolique, qu'il a été dit: « Pais mes agneaux, pais mes brebis ». Mais les apôtres, mais les disciples et les premiers chrétiens (c'est la tradition qui nous le rapporte) ne laissaient pas que de s'adresser constamment à la Mère de Jésus, ils n'attendaient pas, pour l'environner de leurs respects, pour implorer son assistance, qu'elle fût montée au ciel. S'ils avaient le bonheur de la voir, d'entendre une de ses paroles, quels que fussent leurs besoins, leurs peines, ils étaient soulagés; la paix, la joie rentraient aussitôt dans ces cœurs fatigués. Saint Denis l'aréopagite, converti par l'apôtre Saint Paul, avait obtenu la faveur insigne d'être présenté à la Sainte Vierge encore vivante: voici comment il parle de cette bienheureuse visite: « A son aspect tout divin, je me sentis enveloppé d'une splendeur étincelante, j'aperçus une si grande multitude d'esprits célestes qui formaient comme sa cour, et la Vierge elle même était inondée de tant de lumière, que je l'aurais prise pour une divinité, si je n'avais pas été instruit par l'Evangile ». Que ne nous est-il donné de rapporter ici tous les pieux élans, toutes les ardentes aspirations, tous les magnifiques éloges, les titres glorieux que les Pères de chaque siècle, dans leur sainte émulation, ont donnés à la Mère de Dieu! C'est Saint Irénée qui nous répète, avec l'accent de la piété la plus tendre, de la reconnaissance la plus vive, comment la Sainte Vierge a donné le salut au monde en lui donnant Jésus-Christ. C'est Saint Ephrem, cédant aux transports de son amour et saluant Marie la Vierge Sainte et immaculée par excellence, la Reine de la terre et des cieux, l'espérance des affligés, l'espérance de nos pères, la joie des prophètes, la consolation des apôtres, la gloire des martyrs, l'honneur de tous les Saints, etc., etc. C'est Saint Jérôme qui ne trouve pas d'expression assez noble, assez belle, pour célébrer les gloires de Marie, et qui ne voit pas de bonheur comparable à celui d'être son enfant. C'est Saint Cyrille d'Alexandrie qui salue mille fois Marie Mère de Dieu, trésor de l'univers; c'est enfin Saint Bernard, car nous ne pouvons les nommer tous, qui laisse échapper de son cœur les chants les plus suaves: « Marie est la noble étoile de la mer, qui resplendit dans la vaste étendue des cieux, qui éclaire le monde, qui échauffe les âmes plus que les corps, qui détruit les vices et fait germer toutes les vertus », etc., etc.. Enfant de Marie, n'éprouvez-vous pas le besoin d'unir votre cœur et votre voix à tant de Saints et illustres personnages?


Prière de Saint Anselme


O Marie, vous dirai-je, tout transporté de joie, d'espérance et d'amour, quelles seraient notre pauvreté et notre misère, si le Père des miséricordes ne vous eût pas tirée de ses trésors pour vous donner à nous! O mon bonheur! ô ma vie! j'ai mis ma confiance en votre saint Nom. Je sais que mon cœur veut vous aimer, que ma bouche veut vous louer, que mon esprit veut vous contempler, que ma langue désire vous prier; et que mon âme brûle d'être tout à vous. Recevez-moi, soutenez-moi, défendez-moi, conservez-moi, je ne saurais périr entre vos mains.


Pour les autres prières, voyez le premier jour.


Huitième jour

Vœux et pèlerinages à Notre Dame du Port

 

De vieux titres, conservés dans les archives de l'église du Port jusqu'aux jours mauvais où tant de monuments précieux ont péri, faisaient mention d'un grand nombre de pèlerinages, de vœux et de dons faits à la chapelle souterraine par les dauphins, ducs, comtes et seigneurs d'Auvergne, ainsi que par les habitants de la province et même par des paroisses entières et des communautés qui venaient chaque année processionnellement, pendant l'octave de la fête du 15 mai, assister à une messe solennelle et y faire leurs dévotions. Ce pieux usage subsiste encore pour plusieurs et notamment pour la paroisse de Saint Eutrope. Mais notre but n'est pas de rapporter ici tous les témoignages de la confiance de nos pères envers la Sainte Vierge et de leur zèle à visiter Notre Dame du Port. Quelques traits plus rapprochés de nous suffisent à la piété des fidèles. Nous n'avons pas besoin de rappeler le vœu fait par la ville en 1631. Voici des faits plus récents. En 1742, un négociant, surpris en mer par une violente tempête, n'avait d'espoir de salut que dans la protection du ciel; le navire allait disparaître sous les vagues en fureur. La pensée lui vient de se vouer à Notre-Dame du Port. Aussitôt il lui adresse une courte mais fervente prière. A peine a-t-il achevé , que Marie commande, comme autrefois Jésus-Christ, aux vents et à la mer, et il arrive heureusement au terme de sa navigation. De retour à Paris, son premier comme son plus impérieux besoin fut celui de la reconnaissance: trois lampes d'argent envoyées à Notre Dame du Port et accompagnées d'une lettre, où il raconte avec détail comment il a échappé miraculeusement, par la protection sensible de la sainte Vierge, à une mort inévitable, devinrent le témoignage et du prodige de sa délivrance et de la confiance avec laquelle il avait invoqué Marie. Il y a quelques années, une personne, attirée dans le sanctuaire du Port pour solliciter une grâce particulière qu'aucune puissance humaine ne pouvait lui accorder, eut bientôt la consolation de voir le succès de sa prière dépasser ses espérances. Quelques jours après, elle vint elle-même témoigner à la sainte Vierge sa gratitude et sa joie, et joindre au don qu'elle crut devoir faire un billet qui exprimait la protection signalée de Marie qui venait d'éclater sur elle et la faveur extraordinaire qu'elle avait obtenue. Il n'est pas d'année où l'on ne puisse citer quelques traits qui attestent la puissante protection de Marie dans le sanctuaire du Port. C'est ce qui explique pourquoi tant d'âmes affligées, aux prises avec le malheur, ou éprouvées par des douleurs violentes, ou dévorées par le chagrin, ou pressées d'obtenir quelque grâce spirituelle et même temporelle, viennent si souvent, à toutes les époques de l'année et surtout pendant la Neuvaine, la visiter.


Méditation

Comment le culte de la Sainte Vierge s'est répandu dans le monde


La dévotion à la sainte Vierge, les honneurs qu'on lui rend, doivent être quelque chose de bien agréable à Dieu et de bien précieux pour les enfants de l'Eglise, puisque ce culte s'est propagé avec une incroyable rapidité par toute la terre. Interroges tons les siècles du christianisme, tous les saints , parcourez le monde catholique, tout vous parle de Marie; partout je la vois aimée, invoquée, honorée. Jésus-Christ n'a jamais voulu se séparer de sa sainte Mère. Il l'associe à sa gloire, à ses triomphes, comme à ses combats; il veut qu'elle soit honorée partout où il est honoré lui-même; à lui est réservée l'adoration qui n'appartient et qui n'est rendue qu'à Dieu; à sa Mère il donne cette puissance d'intercession qui a tous les secrets de la miséricorde sans jamais blesser la justice; c'est lui qui lave dans son sang les iniquités du monde, qui ouvre les portes du ciel et ferme celles de l'enfer; c'est sa Mère qui a la noble mission d'appeler, de ramener les pauvres pécheurs, de les présenter à son Fils et de faire revivre l'espérance dans les âmes malades et abattues. Aussi, dès les premiers temps du christianisme, que de basiliques dédiées à la Très Sainte Vierge! elle a partout des autels. Je cherche dans l'univers une église, une chapelle, un oratoire où elle n'ait pas de place, et partout je vois briller sa douce image, son nom béni. Elle accompagne et protège les pas do pauvre missionnaire qui parcourt les vastes contrées de l'Amérique, de l'Asie, des îles océaniques et des autres parties du monde. Je la retrouve dans toutes les habitations chrétiennes. Des millions d'hommes se font gloire de revêtir ses livrées saintes, de s'inscrire parmi ses enfants. Après le Nom de Jésus, il n'est, dans l'univers, aucun nom plus connu et surtout plus aimé, aucun nom qui fasse tressaillir plus de cœurs. L'Eglise elle-même, assistée et dirigée par l'Esprit-Saint, vient donner à cet élan des fidèles la sanction de son autorité divine. Elle approuve, encourage, enrichit de tous les trésors dont elle est dépositaire le culte de la Sainte Vierge. Elle en donne même l'exemple, en établissant des fêtes pour honorer ses mystères, ses vertus, ses innombrables bienfaits. Oui, ô Marie, et je me plais à le proclamer, tous les chants de l'Eglise sont pleins de votre nom. Oui, tout l'univers n'a qu'une voix pour l'exalter et Je bénir! Oui, tous les siècles racontent votre puissance et votre gloire! Oh! comme il fait bon mêler sa voix à ce magnifique concert de louanges. Quel bonheur de pouvoir déposer sa faible prière dans cet immense réservoir où sont réunies les prières qui partent incessamment de tous les points du globe! Comme on est fier d'être l'enfant d'une si puissante et si glorieuse Mère!


Prière de Saint Alphonse de Liguori


Mère du Seigneur de l'univers, Marie, la plus sublime, la plus aimable de toutes les créatures, la plus élevée en dignité; il est vrai que plusieurs sur la terre ont le malheur de ne vous point connaître et de n'avoir pour vous ni respect ni tendresse; mais aussi il y a dans le ciel des milliers de bienheureux qui ne cessent de vous louer et vous bénir, et sur la terre même combien d'âmes fidèles brûlent de votre amour! Ah! puissé-je être embrasé de la même flamme et attirer à vous tous les cœurs. Ainsi-soit-il.


Pour les autres prières, voyez le premier jour.


Neuvième jour

Fête et Neuvaine de Notre Dame du Port


Pour parler des merveilles opérées à Notre Dame du Port, nous n'avons pas besoin aujourd'hui d'interroger nos pères, ni de consulter les monuments anciens. Il s'agit d'un fait que tout le monde a sous les yeux. C'est le magnifique spectacle que présente chaque année l'église du Port, le jour de la fête, et pendant tout le cours de la Neuvaine. La ville n'a pas oublié qu'elle accomplit ce jour-là un vœu à jamais mémorable, qu'elle acquitte la dette de la reconnaissance. Aussi, cette solennité a-t-elle un caractère particulier qui n'a rien de commun avec les fêtes paroissiales ou patronales. Elle est véritablement la fête de tout un peuple, de toutes les paroisses réunies. Autrefois, les échevins et toutes les autorités assistaient en corps à la messe, fit suivaient la procession, précédés du clergé de toute la ville et des divers chapitres. Plus tard, et, toujours par suite du même vœu, jusqu'à l'année i83o, le maire et les principaux membres du conseil municipal se sont rendus à la messe et à la procession. Ce qu'il y a de plus frappant ce jour là, comme pendant la neuvaine, et ce qui se reproduit encore aujourd'hui, c'est l'attitude recueillie de la multitude immense qui se presse dans le sanctuaire du Port. Bien avant le lever du soleil, et pendant toute la matinée, quoique les prêtres se succèdent presque sans interruption à l'autel, l'église ne désemplit pas. Il est impossible de résister à une profonde émotion, lorsque le soir l'oeil contemple tous les rangs, tous les âges, femmes, vieillards, enfants, riches et pauvres, mêlés et confondus au pied du même autel, invoquant la même Mère; ce religieux silence, qu'interrompt seul le bruit des pas de la foule, qui se succède incessamment, a quelque chose qui va au cœur et le remue. C'est là le rendez-vous général de tous ceux qui se souviennent qu'il ont une Mère au ciel. Aujourd'hui, les élèves du grand et du petit Séminaire; demain les pauvres, les infirmes, les enfants à qui la charité a offert un asile dans les hôpitaux; d'autres jours, les chœurs de cantiques des diverses paroisses, les députations des communautés religieuses, viennent successivement faire retentir ces voûtes de leurs chants sacrés. Voyez comme cette bonne Mère prête son concours à toutes les œuvres, aux pieuses réunions qui dilatent le cœur et soulagent toutes les misères comme toutes les infortunes!... L'œuvre de la Providence n'est-elle pas son œuvre, n'est-ce pas Elle qui abrite sous son aile la petite orpheline? Les personnages les plus éminents par leurs lumières comme par leur vertu, ont puissamment contribué à entretenir, à échauffer cette dévotion dans le cœur des fidèles. Que d'illustres prélats sont venus et viennent encore célébrer les saints mystères sur l'autel de Marie, et réclamer sa protection pour eux et pour leur diocèse. Plus d'une fois le saint évêque de Bardstown, Mgr. Flaget, est venu prier dans ce sanctuaire, et nous édifier par sa tendre dévotion envers la sainte Vierge; c'est là, c'est aux pieds de cette image miraculeuse qu'un autre évêque, jeune encore, mais dévoré d'un saint zèle, est venu confier le succès de sa mission de l'Océanie centrale, et lui a consacré sa personne, celle de ses prêtres et des frères qui l'accompagnent, tous comme lui enfants de l'Auvergne et de saint Austremoine. Nos évêques surtout nous ont constamment donné d'éclatants exemples de leur confiance envers Notre-Dame du Port; nous nous rappelons avec bonheur que Mgr. de Dampierre, de sainte mémoire, ne commençait aucune visite pastorale, n'entreprenait aucun voyage sans avoir célébré la sainte Messe dans la chapelle souterraine. Et aujourd'hui cet exemple ne nous est-il pas donné plus fréquemment encore par le digne héritier de sa piété comme de son siège?


Méditation

Miséricorde de Marie envers les pécheurs


Je ne sais si vous avez médité ces paroles: « Marie est mère de la miséricorde », pour découvrir tout ce qu'elles renferment de trésors. Quant à moi, je ne puis les prononcer, je ne puis même y songer sans éprouver une joie, une consolation qui ne sauraient s'exprimer. Ce qui me semblance admirable entre les pensées, les sentiments de Jésus et de Marie. Il me semble entendre la voix de cette bonne Mère: « Je suis venue sur la terre pour les pécheurs; ceux qui se portent bien n'ont pas besoin de médecin, mais ceux qui sont malades. Qu'ils viennent donc à moi ceux qui souffrent, ceux qui sont près de succomber, et je les soulagerai. Je suis le salut des infirmes, le refuge des pécheurs, la consolation des affligés, le secours des chrétiens ». Et de tous les points de l'univers je vois accourir autour de ce trône de miséricorde des milliers de pécheurs. Tout ce qui pleure, tout ce qui est visité par le malheur, vient se jeter à ses pieds, implorer son assistance, et alors je vois éclater les miracles de sa puissance et de sa bonté; les coeurs les plus rebelles s'avouent vaincus, et se glorifient de porter ses chaînes. Des retours inespérés, des grâces extraordinaires, des victimes innombrables arrachées à l'enfer, viennent chaque jour réjouir l'Eglise et lui ramener des enfants jusqu'alors indociles et ingrats. Ce que Marie a fait pour tous ces pauvres pécheurs, elle peut, elle veut le faire pour vous. Quelles que soient vos misères, ne craignez rien; plus vous êtes pauvre, plus vous êtes malade, plus vous êtes affligé, et plus vous avez droit à sa protection, à son amour. O vous, s'écrie saint Bernard, qui flottez au gré des vagues sur une mer en fureur, que vos yeux ne perdent pas de vue l'Etoile qui brille sur votre tête, si vous ne voulez pas être englouti par les flots. Si les vents des tentations sont déchaînés contre vous, si les écueils de la tribulation menacent de vous briser, regardez votre Etoile, appelez Marie. Si la tourmente de l'orgueil, de l'ambition, de la médisance, de la jalousie, vous presse, vous désole, invoquez, appelez Marie. Si la colère, ou l'avarice, ou l'aiguillon de la chair, ont déjà envahi votre âme par l'énormité de vos crimes, confus des plaies hideuses de votre conscience, épouvanté au souvenir du jugement, vous êtes déjà enveloppé dans le tourbillon de la sombre tristesse, dans l'abîme du désespoir, pensez, penses à Marie. Dans les périls, dans les angoisses, dans les doutes,invoques Marie. Que ce doux nom soit toujours sur vos lèvres, dans votre cœur; et, pour être exaucé, n'oublies pas les exemples qu'il vous rappelle. En suivant Marie, vous ne vous égares point; en priant Marie, vous ne désespérez point. Avec Marie, vous ne tombez point. Qu'elle vous protège et vous ne craindrez plus rien; qu'elle vous conduise, vous ne sentirez pas la fatigue; qu'elle vous soit propice, et vous arriverez au port du salut.


Prière de Saint Louis de Gonzague

Abandon de tout moi-même à la Sainte Vierge


O Marie, ma souveraine! ô sainte et bonne Mère de mon Dieu! je remets avec une confiance entière entre vos mains bénies, sous votre garde particulière, et dans le sein de votre miséricorde, aujourd'hui et tous les jours, et à l'heure de ma mort, mon âme, mon corps et toute ma destinée. Espérances, consolations, angoisses, misères, maux et biens de toute espèce, ma vie et la fin de ma vie, j'abandonne tout à la tendre Mère que j'ai dans les ci eux, afin que, par votre très-sainte intercession et par vos mérites, ô Marie! toutes mes œuvres soient dirigées et disposées selon l'aimable volonté de votre Fils et la vôtre. Ainsi-soit-il.

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Téléchargez le texte de cette Neuvaine (pdf) en cliquant ici

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30 octobre 2010

Le Mois du Saint Rosaire

Le Mois du Saint Rosaire

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Trente-et-unième jour

Le Couronnement


Puissance de Marie


Plus grande est la Gloire de Marie, plus grande doit être notre confiance. La Bonté de la Reine du Ciel est égale à Sa Puissance et Sa Puissance est sans limites. Que peut, en effet, refuser Jésus à Sa Mère, après Lui avoir soumis sur la terre où Il ne laissait aucune de Ses prières sans l'exaucer? Si l'invocation des Saints est si efficace, parce qu'ils sont les amis de Dieu, combien plus efficace encore sera l'invocation de la Reine des Anges et des Saints, la plus pure des créatures, la Mère de Dieu? Aussi l'histoire de l'Église n'est-elle que l'histoire des bienfaits de Marie. Elle s'est toujours montrée son Refuge et son plus puissant Secours, sous le glaive des persécutions, contre les assauts de l'hérésie, contre les invasions des infidèles. Terrible comme une armée rangée en bataille, la Mère de Dieu assiste encore l'Église contre les attaques de l'incrédulité et des sectes sataniques? Invoquons-là avec confiance et amour sous ce beau titre de Reine du Très Saint Rosaire, qui nous rappelle Sa Puissance, en nous faisant pieusement méditer Ses Joies, Ses Douleurs et Ses Gloires. A la voix du Souverain Pontife, allons tous à Marie par le Saint Rosaire.


Exemple


La journée de Lépante sera un monument éternel du pouvoir de la Mère de Dieu. Le Saint Pape Pie V, Philippe II, Rois d'Espagne et les Vénitiens s'étaient coalisés pour repousser l'invasion Turque. Pour remporter la victoire, les Chrétiens s'appuyaient plus sur la protection de la Sainte Vierge que sur leur nombre. Toute l'Europe était en prières. Les fidèles se rendaient en foules à Notre Dame de Lorette. Dom Juan d'Autriche fit vœu d'aller visiter ce Sanctuaire. Les Chrétiens obtinrent ce qu'ils demandaient; car les deux flottes en étant venues aux mains, les ennemis perdirent dans ce combat, qui dura depuis 6 heures du matin jusqu'au soir, 40 000 hommes, 116 pièces de gros canons, 180 galères, dont 70 furent coulées au fond. Fidèle à sa promesse, Dom Juan se rendit au Sanctuaire, bien qu'on fût  alors au plus fort de l'hiver.


Prière


O Reine des Anges et des Saints, je me réjouis de Votre Gloire et j'ai confiance en Votre Bonté et en Votre Puissance. Obtenez-moi une Foi vive en Jésus, voilé sous les Saintes Espèces, afin qu'un jour je puisse aller contempler Sa Beauté ineffable dans l'éternelle Communion du Ciel!

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Méditation du Mystère du Couronnement de Marie


1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père


A la fin: « Grâces du Mystère du Couronnement, descendez dans mon âme ».


Fin du Mois du Rosaire


Prochain Mois de Dévotion: le Mois de l'Enfant Jésus, Rendez-vous le 31 décembre

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Téléchargez l'intégralité des méditations du Mois du Rosaire (pdf) en cliquant ici


Je voudrais vous remercier de Votre fidélité à Images Saintes, car vous êtes de plus en plus nombreux à vous abonner à la newsletter (400!!!!) En un mois, 100 personnes se sont abonnées et la fréquentation du blog à doublée... Merci... et continuez à faire connaître le blog Images Saintes autour de vous... 


Franck Monvoisin, rédacteur du blog.

28 octobre 2010

Le Mois du Saint Rosaire

Le Mois du Saint Rosaire

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Vingt-neuvième jour

L'Assomption


Le triomphe


Une tradition immémoriale, confirmée par la Fête que l'Église à instituée en l'honneur de ce Mystère, nous apprend que Marie a été transportée en Corps et Âme dans le Ciel. Le Corps virginal de la Mère de Dieu ne devait point connaître la corruption du tombeau. Si la participation au Corps et au Sang de Jésus-Christ est comme un germe et un gage de la résurrection future en chacun des fidèles, que sera-ce de l'étroite union qui a existé entre Notre Seigneur et Sa Très Sainte Mère? Le Corps de Jésus ayant été formé du Corps de Marie; le Corps de Marie ayant été le Temple de Jésus, Son Sanctuaire, Son Tabernacle, Il ne pouvait être condamné aux ignominies qui suivent la mort, et le Fils de Dieu se devait à Lui-même d'en empêcher la profanation en le ressuscitant aussitôt. Contemplons donc, des yeux de la Foi, la glorieuse Assomption de la Vierge Marie, que les Saints Anges transportent dans le Ciel en chantant les hymnes d'allégresse: « Quelle est Celle qui monte du désert appuyée sur le bras de Son Bien-aimé et comblée de délices? » Réjouissons-nous du Triomphe de notre Mère: il est la juste récompense de Sa dignité et de Ses éminentes Vertus.


Exemple


Saint Louis Marie Grignion de Montfort disait: « Je ne sais comment cela se fait, ni pourquoi; mais cela est pourtant vrai: je n'ai pas un meilleur secret pour connaître si une personne est de Dieu, que d'examiner si elle aime à dire l'Avé Maria et le Chapelet. Je dis: si elle aime à dire, car il peut arriver qu'une personne soit dans l'impuissance de le dire, mais elle l'aime toujours.... Je vous prie donc instamment par l'amour que je vous porte en Jésus et en Marie.... de réciter... le Chapelet et même, si vous en avez le temps, le Rosaire tous les jours; et vous bénirez, au moment de votre mort, le jour et l'heure ou vous m'aurez cru ».


Prière


O Marie, après avoir vécu d'Amour, Vous mourrez aussi ce ce même Amour; mais Votre chair virginale, cette nouvelle Arche d'Alliance, ce Tabernacle immaculé du Verbe Incarné, devait être transporté au Ciel par les Anges. Je veux, par Votre secours, que mon corps respecté pour la Sainte Communion, y trouve le gage de sa résurrection glorieuse.

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Méditation du Mystère de l'Assomption de Marie


1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père


A la fin: « Grâces du Mystère de l'Assomption, descendez dans mon âme ».


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8 octobre 2017

Le Bienheureux Solanus Casey

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Le Vénérable Solanus Casey

Frère Mineur Capucin

1870-1957

 

Le message du Père Solanus Casey

 

Qui était le Père Solanus ?

Un homme simple. Un Simple Prêtre. Pas un homme de lettres, bien que parfois il écrivait comme un poète. Pas un homme à diplômes, sa pensée, cependant atteignait une grande profondeur. Pour son époque, il était très en avance sur son temps. Tel un prophète, il était un homme avec un message pour notre temps. Tel un prophète, in vécût une vie soucieuse du peuple de Dieu, souffrant et oeuvrant pour la conversion des pécheurs. Son message, toujours celui de la foi et de la confiance en Dieu, était destiné à consoler et à encourager. Il amenait la paix en insistant avec bienveillance sur nos bonnes relations et notre confiance en Dieu et en nos voisins. Ce prêtre, Frère Mineur Capucin, le Père Solanus Casey, est né le 25 novembre 1870, sixième enfant d’une famille de dix garçons et de six filles, dans une ferme du Wisconsin située sur les rives du Mississippi. Ses parents, des immigrants irlandais, l’appelèrent Bernard, comme son père. Très tôt, ses parents qui craignaient Dieu, lui apprirent l’obéissance, la persévérance et la piété, tandis que la vie à la ferme lui apprit à être pratique et plein de ressources.

A 17 ans, il quitta volontairement la ferme pour un autre emploi, désireux d’apporter sa contribution aux revenus de la famille, après plusieurs années de mauvaises récoltes. Il travailla pendant un certain temps à Stillwater, une ville toute proche dans le Minnesota, comme ouvrier sus les chantiers d’exploitation forestière, comme gardien de prison à mi-temps, et ensuite il fut l’un des premiers conducteurs de tramway lorsque Stillwater installa les nouveaux tramways électriques. En 1981, Bernard pût réaliser son vieux rêve: devenir un prêtre. Il commença ses études à 21 ans, en fréquentant le séminaire de St-François à Milwaukee dans le Wisconsin, où il se dédia à sa formation spirituelle et scolaire. Appelé par Dieu à l’ordre des Capucins, il pris le nouveau nom de Solanus. Bientôt il devint un modèle de la pratique religieuse, toujours fidèle au voeux de Pauvreté, de Chasteté et d’Obéissance. Bien qu’il eut certaines difficultés dans ses études, il édifia tellement les autres religieux et ses supérieurs, de sorte que l’on estima qu’il était digne d’être ordonné prêtre le 24 juillet 1904. Son long ministère débuta alors à New-York.

Pendant les quatorze années où il servit la paroisse du Sacré Cœur dans le quartier Yonkers à New-York, Père Solanus y remplit les modestes fonctions de sacristain, de portier, tout en étant directeur de la Congrégation des Jeunes Femmes, directeur des enfants de choeur et il remplît de nombreuses autres fonctions pastorales. Rapidement il édifia ses paroissiens par l’exemple de ses prières à la messe et aux dévotions, ainsi que par sa grande charité envers les malades, les enfants, ceux qui n’étaient pas catholiques et les pauvres. Les malades particulièrement lui étaient dévoués et attendaient avec impatience ses visites de prêtre et son réconfort. Cet apostolat envers les malades et les pauvres se poursuivit en d’autres places aussi. Il fut assigné pour trois ans à la paroisse de Notre Dame des Douleurs dans la ville de New-York, puis à Notre Dame des Anges à Harlem, New-York, pour trois ans. Après plus de cinquante années son nom y est toujours entouré la plus grande vénération.

Peu de temps après sa nomination au monastère des Frères Mineurs Capucins Saint Bonaventure de Détroit, le 31 juillet 1924, Père Solanus s'y fit connaître et aimer par ses vertus. Toujours disponible pour les pauvres, les malades et les âmes en détresse, il apportait son réconfort et son aide aux personnes de tous âges et de tout mode de vie. Il était prêt et disposé à écouter chacun, à tout moment. Son ministère de charité et de réconfort fut spécialement remarqué durant la crise de 1929, lorsque sa sollicitude envers les pauvres inspira aux Frères Mineurs Capucins de Détroit la création de leur soupe populaire, service de charité qui existe encore aujourd’hui. Pendant les années de guerre, de 1941 à 1945, les conseils et les prières de Père Solanus aidèrent beaucoup de familles inquiètes pour leurs filles et leurs fils engagés dans la grande guerre. Rempli de zèle pour la propagation de la Foi catholique, il promut activement l’aide aux missions et fit preuve d’une grande charité et de sollicitude envers ceux qui n’étaient pas catholiques. Ses conseils sages et sa foi ardente conduisirent beaucoup d’entre eux à la Foi catholique.

Toujours plein de zèle pour les âmes, son sacerdoce pour les malades et affligés se poursuivit sans répit, même plus tard dans sa vie, lorsque ses supérieurs qui voulaient lui donner une retraite bien méritée, l’envoyèrent au monastère Saint Félix à Huntington dans l’Indiana au printemps de 1946. Il y passa son temps entre la prière et le ministère envers les malades et les gens dans la détresse jusqu’à ce que sa santé l’obligea à retourner à Détroit, pour y recevoir des soins médicaux spéciaux. Dix-huit mois plus tard, après environ un mois d’hospitalisation où il supporta ses peines avec une grande force d’âme, sa longue vie de sacrifices fut complétée. Ce fut une vie entière qui fut dévouée à la gloire de Dieu, au service et à la sanctification de ses contemporains, dans un sacrifice entier et total, remplissant à la perfection ses devoirs de Chrétien, de religieux et de prêtre de Dieu. Au cours de sa dernière maladie, il a dit: « J’offre mes souffrances pour que toutes ne soient qu’une. Si seulement je pouvais voir le monde entier se convertir ». Sa dernière action consciente fut de s’asseoir dans son lit et de s’exclamer: « Jésus Christ, entre tes mains je remets mon esprit ». Le Père Solanus est mort en odeur de sainteté à Détroit (Michigan) le 31 juillet 1957 à l’âge de 86 ans ou il est inhumé, dans le monastère Saint Bonaventure.

 

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La cause de Béatification du Père Solanus Casey

 

Au début de 1958, le Père Gerald Walker, de l’Ordre des Frères Mineurs Capucins, Provincial de la Province Capucine Saint Joseph envoya aux supérieurs généraux à Rome son rapport sur la vie et les vertus de Père Solanus Casey, de l’Ordre des Frères-Mineurs Capucins. Le Ministre Général des Capucins, Père Benignus de Saint Llario, répondit avec une grande admiration pour Père Solanus, qu’il le considérait comme un extraordinaire exemple, un vrai capucin, voire un double de Saint François. Il écrivit que l’hommage rendu par les catholiques et les non-catholiques au Père Solanus après sa mort, donnent l’ample preuve que notre spiritualité traditionnelle est toujours tout à fait capable de rassembler des personnes dans une conception du monde vraiment spirituelle. Son hommage contribua à soutenir les nombreux récits concernant les vertus exceptionnelles de Père Solanus qui commencèrent à affluer de toutes parts après sa mort.

Un tel nombre de personnes exprimèrent le désir de conserver le souvenir de Père Solanus, qu’en juillet 1960, fut organisée la Guilde de Père Solanus. Elle débuta sous les auspices des Capucins de Détroit, avec l’approbation des Supérieurs de la Province Saint Joseph. L’objectif de la Guilde est de maintenir mémoire de Père Solanus, de répandre la connaissance de son exemple et de sa vie, ainsi que d’oeuvrer à rassembler des informations au sujet de sa vie et de ses actions. La Guilde se dévoue résolument à faire avancer la Cause pour la Béatification et la Canonisation du Serviteur de Dieu.

En 1966, pressé par les appels urgents de beaucoup d’habitants de Détroit et par la Guilde du Père Solanus, le Père Provincial, le Père Gérard Hesse de l’ordre des Frères Mineurs Capucins, envoya à la Curie Générale des Capucins de Rome un compte-rendu des faveurs rapportées par beaucoup de personnes, et attribuées à l’intercession de Père Solanus Casey. Le 4 octobre 1966, le Père Bernadin de Sienne, Postulateur Général de l’Ordre des Capucins, nomma le Père Pascal Siler, de l’ordre des Frères Mineurs Capucins, Vice-Postulateur de la Cause pour la Béatification et la Canonisation du Serviteur de Dieu Solanus Casey. Ensuite, le Père Pascal contacta beaucoup de personnes qui avaient connu Père Solanus et commença à rassembler des informations au sujet de sa vie et de son oeuvre. En 1974, le Frère Léo Wollenweber, de l’ordre des Frères Mineurs Capucins, succéda à Père Pascal et poursuivit les recherches.

Au début de l'année 1961, un écrivain de Détroit, Patrick Derum, proposa d’écrire une biographie de Père Solanus Casey. Il passa sept ans à faire des recherches grâce aux documents mis à sa disposition. Son oeuvre, « Le Portier de Saint Bonaventure », fut publiée en novembre 1968 et a été rééditée plusieurs fois depuis. De plus en plus de personnes qui avait apprécié l’aide de Père Solanus lors de son vivant, relatèrent combien ils avaient été touchés par son contact. D’autres commencèrent à rapporter au Vice Postulateur les résumés des grâces obtenues par son intercession depuis sa mort. La visite à Détroit, en mai 1975, du Ministre Général de l'Ordre des Frères Mineurs Capucins, le Père Pascal Rywalski, donna une nouvelle impulsion à la Cause du Père Solanus Casey. Il encouragea les religieux à la poursuivre, de sorte que le message de Foi et de Charité du Père Solanus puisse inspirer et encourager le monde d'aujourd’hui.

Le 24 juin 1976, lors d’une rencontre avec l’archevêque de Détroit, John Cardinal Dearden, le Vice Postulateur présenta une pétition formelle afin de lancer la Cause de Béatification et de Canonisation du Père Solanus Casey. Petit à petit, les différentes étapes du procès commencèrent se révéler. Une requête officielle pour tous les écrits attribués au Père Solanus fut publiée par le Cardinal Dearden en janvier 1977. En 1980, ces écrits furent rassemblés, dactylographiés et reliés en quatre volumes et finalement emportés à Rome pour le procès. Ce premier document à recommander la Cause auprès de la Sacrée Congrégation pour la Cause des Saints, fut présenté en janvier 1981. Après étude, elle fut recommandé au Saint Père, le Pape Jean-Paul II. Celui-ci accorda le Nihil Obstat le 19 juin 1982, en donnant l’autorisation d’introduire la Cause dans l’archevêché de Détroit.

Le 21 septembre 1983, le nouvel Archevêque de Détroit, Edmund C. Szoska émit un décret pour l’introduction de la Cause et ouvrit une instruction. D’octobre 1983 jusqu’en septembre 1984, cinquante-trois personnes, des prêtes, de religieux et des laïus qui avaient été très proches du Père Solanus furent appelés à témoigner au tribunal. Tous avaient gardé un souvenir très vif de la gentillesse de Père Solanus et de sa sollicitude pour leurs problèmes et leurs besoins. Le 8 octobre 1984, l’instruction fut achevée. Des dépositions furent emmenées à Rome et présentées le 13 octobre 1984 à la Sacrée Congrégation pour la Cause des Saints où elles sont toujours en cours d’étude. Ces témoignages doivent prouver par-dessus tout, que Père Solanus a en effet exalté ses vertus à un degré héroïque.

L’exhumation et l’examen du corps du Père Solanus qui a eu lieu le 8 juillet 1987 en la présence de l’Archevêque Szoka et des officiels du Diocèse, a constitué une autre étape importante. Ensuite, son corps vêtu de nouveaux vêtements et placé dans un cercueil en métal fut réinhumé dans une voûte sous le sol du transept nord de l’église de Saint Bonaventure. Nous ne pouvons anticiper le jugement de l’église, mais tous ceux qui connurent Père Solanus espèrent que son brillant exemple deviendra un signe d’espoir et d’encouragement pour tous les Chrétiens d’aujourd’hui. Puissent tous ceux qui sont intéressés et se sentent vivifiés par la vie de Père Solanus prier pour le succès de cette Cause.

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Dates importantes de la vie du Père Solanus Casey

 

1870: Le 25 novembre: Bernard Casey (Père Solanus) nait près de Prescott dans le Wisconsin.

1870: Le 18 décembre: Bernard Francis Casey est baptisé à l’église St-Joseph des Missions à Prescott dans le Wisconsin.

1883: Première Communion dans l’église St-Patrick à Hudson, Wisconsin.

1887: Il quitte l’école cantonale de Burkhardt, Wisconsin.

1887: Il habite et travaille à Stillwater dans le Minnesota.

1890: Il travaille à Superior, Wisconsin sur les nouveaux tramways électriques.

1892: Il étudie au Séminaire St-François de Sales à Milwaukee, Wisconsin.

1896: Le 24 décembre: Il arrive au Monastère de St-Bonaventure à Détroit dans le Michigan.

1897: Le 14 janvier: Il devient le Capucin Novice, Frère François Solanus.

1898: Le 21 juillet: Il prononce ses premiers voeux à la Chapelle de Saint-Bonaventure à Détroit, Michigan, puis il poursuit ses études au Monastère de St-François à Milwaukee, Wisconsin.

1901: Le 21 juillet: Il prononce ses Voeux Solennels au monastère St-François à Milwaukee, Wisconsin.

1903: Le 8 décembre: Il est ordonné Sous-Diacre de la Chapelle Saint-François de Sales, Milwaukee, Wisconsin.

1904: Le 20 mars: Il est ordonné Diacre de l’église St-François à Milwaukee, Wisconsin.

1904: Le 24 juillet: Il est ordonné prête à l’église St-François de Milwaukee, Wisconsin.

1904: Le 31 juillet: Il célèbre sa Première Sainte Messe à l’église St-Joseph d’Appleton, Wisconsin.

1904: Il arrive au Monastère du Sacré-Coeur dans le quartier new-yorkais de Yonkers ou il est affecté.

1918: Juillet: Il est transféré à la paroisse de Notre-Dame-des-Douleurs dans la ville de New-York.

1921: Le 25 octobre: Il est transféré à Notre-Dames-des-Anges dans le Bronx à New-York.

1924: Le 1 août: Arrivée au Monastère de Saint-Bonaventure à Détroit, Michigan, sa nouvelle affectation.

1945: Le 23 juillet: Il est transféré à la paroisse de St-Michel à Brooklyn, New-York.

1946: Le 25 avril: Il vit à demi-retiré au Monastère St-Félix à Huntington, dans l’Indiana.

1956: Printemps: Il retourne à Détroit, Michigan, pour se faire soigner.

1957: Le 31 juillet: Il rend son âme à Dieu. Il meurt à l’hôpital Saint-Jean de Détroit, Michigan.

1957: Le 3 août: Il est enterré dans le cimetière du Monastère St-Bonaventure de Détroit, Michigan.

1987: Le 8 juillet: Son corps est exhumé puis réenterré dans l’église St-Bonaventure de Détroit, Michigan.

2017: Le 18 novembre: Solanus Casey est béatifié à Détroit, dans le Michigan.

 

 

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La Guilde du Père Solanus, son histoire et son but

 

La Guilde fut créée le 8 mai 1960, lorsqu’un groupe d’amis du Père Solanus se réunit, afin de discuter de l’organisation d’une guilde en sa mémoire. Le 31 juillet 1960, la Guilde tint sa première Assemblée Générale après la Messe du Troisième Anniversaire du Père Solanus. C’est avec l’approbation des Supérieurs Provinciaux des Frères Mineurs Capucins, que furent organisées les élections pour le Conseil des Officiers. Bientôt, beaucoup d’amis de Père Solanus demandèrent d'adhérer à la Guilde. Aujourd’hui, elle est si répandue que l’on trouve des membres dans beaucoup d’endroits aux Etats-Unis et dans quelques pays à l’étranger. Son but est de maintenir la mémoire  du Père Solanus, d’apporter la connaissance de sa vie inspiratrice, de rassembler des informations au sujet de sa vie ainsi que de prier pour la Cause de la Béatification et de lui apporter son soutien. Depuis le début de sa création, la Guilde a activement oeuvré pour la Cause du Père Solanus en la mémoire de qui, les membres ont aidé beaucoup de Novices des Frères Mineurs Capucins et promu les travaux de cet Ordre. Certains membres ont pris part à la tâche ardue qui consiste à repérer des témoins qui ont connu le Père Solanus. Depuis que la Cause a eu une nouvelle impulsion, la Guilde effectue actuellement des travaux de bureau pour le Vice Postulateur de la Cause. Nous encourageons les membres à prier pour la Cause du Père Solanus Casey. Une Messe spéciale a lieu chaque mois pour tous les membres vivants. Une Messe Commémorative a lieu une fois par an pour tous les membres décédés. Une carte de membre spéciale est donnée à chaque adhérent. Tous reçoivent la publication trimestrielle « Father Solanus Guild News ».

 

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Prière pour la canonisation du Père Solanus Casey

 

Ộ mon Dieu, je vous adore et me remets entre vos mains afin d'être la personne que vous désirez que je sois,  Et que j'accomplisse votre volonté aujourd'hui. Je vous remercie des dons que vous  avez donnés au Père Solanus. Si cela est votre volonté, veuillez nous bénir avec la canonisation du Bienheureux Solanus pour que nous puissions imiter et transmettre son amour aux pauvres et ceux qui souffrent dans notre monde. Comme il a accepté avec joie vos plans divins, Je vous demande, selon votre bonne volonté, d'entendre ma prière pour... (votre intention). Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi-soit-il.

 

«Que Dieu soit bénit dans tous ses desseins»

 

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Renseignements et relations de grâces

Guilde du Père Solanus

1780 Mt. Elliott

Detroit, MI 48207-3496 USA

www.solanuscasey.org

 

Mail: solanusguild@thecapuchins.org

 

Téléchargez le texte de cette notice (pdf) en cliquant ici

 

Mise à jour de la page: le 8 octobre 2017

26 octobre 2010

Le Mois du Saint Rosaire

Le Mois du Saint Rosaire

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Vingt-septième jour

La Pentecôte


La Descente du Saint Esprit


Lorsque furent accomplis les jours de la Pentecôte, étant tous ensembles dans le même lieu, soudain il se fit un bruit du Ciel, comme la venue d'un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis, et ils virent apparaître comme des langues de feu, qui, se partageant, s'arrêtèrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous remplis de l'Esprit Saint et commencèrent à parler diverses langues, selon que l'Esprit Saint leur donnait de parler. Les prodiges qui s'accomplissaient au grand jour de la Pentecôte sont l'image de l'action du Saint Esprit dans l'Église et dans nos âmes. Ces langues de feu sont le symbole de la Science merveilleuse qui éclaire les Apôtres, et de la Charité qui anime leur cœur d'un courage intrépide pour aller prêcher partout, et sans crainte de la mort, la religion de Jésus ressuscité. C'est l'Esprit Saint qui dirige et soutien l'Église et ses Pasteurs, la protège et la défend contre les attaques de l'erreur et la rage de ses ennemis; il fait éclore au sein d'un monde aveugle et corrompu des phalanges de docteurs, de vierges et de martyrs. Ouvrons nos âmes à l'action suave et forte de ce Divin Esprit et prions la Vierge Marie de nous obtenir Ses Dons précieux.


Exemple


Le fait suivant arriva dans la ville de Lombay, au Royaume de Valence, un samedi, 5 mai 1607. Les religieux du Couvent de Sainte Croix, chargés de l'administration spirituelle de Lombay, étaient sortis pour porter le Saint Viatique à un infirme appelé François Ballester. Pendant ce temps, le feu prit à une cellule du Noviciat. Il consuma la bibliothèque, les livres, les images des Saints et autres objets, mais il respecta une image de la Reine du Rosaire qui demeura intacte ainsi que le Rosaire dont elle était entourée. On célébrait la Fête du Rosaire et Marie voulut en ce jour vérifier en son honneur ces paroles de l'Esprit Saint: « Au milieu des flammes, je n'ai pas été brûlée ». Ce prodige fut certifié par le Prieur, le Frère Lambert Novella.


Prière


O Marie, Épouse et Mère du Bel, Amour, rendez-moi moins indigne de cette union divine, qui abaisse Dieu jusqu'à l'homme et élève l'homme jusqu'à Dieu. O Vous, que l'Esprit Saint a comblée de Ses Dons, faites-moi participer à la lumière et à la force que par Vous Il a communiquée aux Apôtres.

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Méditation du Mystère de la Pentecôte


1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père


A la fin: « Grâces du Mystère de la Pentecôte, descendez dans mon âme ».


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29 octobre 2010

Le Mois du Saint Rosaire

Le Mois du Saint Rosaire

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Trentième jour

Le Couronnement


La Reine du Ciel


« Il est, dit Jésus, des demeures variées dans la Maison de Mon Père ». Quelle sera donc au Ciel, la place réservée à Marie? Au témoignage des Saints Docteurs, la créature privilégiée que Dieu à choisie pour Sa Mère, ne connaît que Dieu au-dessus d'Elle et le Trône de Son Divin Fils. Avec quel amour la Sainte Trinité tout entière n'accueille-t-Elle pas Marie pour la couronner de gloire? Le Père, le Fils et l'Esprit-Saint ne doivent-ils pas combler de bonheur et de félicité Celle qu'Ils ont comblée de grâce et en qui Ils ont mis toutes leurs complaisances? Voulez-vous mesurer la gloire de la Vierge Immaculée? Mesurez la plénitude de la grâce qu'Elle a reçue, mesurez la profondeur de Son humilité, mesurez l'étendue de Son Amour et de Ses Douleurs! Saluons avec respect la Reine des Anges et des Saints; félicitons-la avec toute la Cour Céleste; soyons heureux du bonheur de notre Mère du Ciel et, avec Son Secours, augmentons nos mérites afin d'augmenter un jour notre gloire. Consolons-nous si parfois, ici-bas, nous sommes méconnus, méprisés; traités injustement: nous avons au Ciel un Père et un Juge, qui compte nos larmes et nos sueurs, et qui nous réserve, en échange, des joies éternelles.


Exemple


Il est rapporté, dans les annales de l'Ordre de Saint Dominique, qu'un jeune religieux était fort désolé de ne pouvoir offrir chaque jour à Marie un bouquet de fleurs comme il l'avait fait dans le monde. Le Prieur qui lui en avait fait la défense, lui dit: « Consolez-vous mon fils; en récitant le Saint Rosaire, vous offrez à la Sainte Vierge des fleurs plus belles que toutes celles que vous pourriez cueillir dans les jardins ». Profitant de ces paroles le novice s'appliqua dès lors à réciter le Rosaire avec une grande piété.


Prière


Nous Vous offrons, Seigneur Jésus, cette dizaine, en l'honneur du Couronnement de Votre Sainte Mère dans le Ciel; et nous Vous demandons, par ce Mystère et par l'intercession de Notre Dame du Saint Rosaire, la persévérance dans la grâce et la couronne dans la gloire.

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Méditation du Mystère du Couronnement de Marie


1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père


A la fin: « Grâces du Mystère du Couronnement, descendez dans mon âme ».


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16 octobre 2010

Le Mois du Saint Rosaire

Le Mois du Saint Rosaire

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Dix-septième jour

Le couronnement d'épines


Royauté de Jésus


Pilate sorti donc de nouveau et leur dit: « Voici que je vous l'amène dehors, afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucune cause (ainsi Jésus sortit portant la couronne d'épines et le vêtement écarlate). Et Pilate leur dit: « Voici l'Homme! » Quand les Pontifes et les satellites l'eurent vu, ils crièrent disant: « Crucifiez-Le, crucifiez-Le... Si vous le délivrez, vous n'êtes pas l'ami de César, car quiconque se fait roi, se déclare contre César.... » Pilate leur dit: « Crucifierai-je votre roi? » Les Pontifes répondirent: « Nous n'avons point d'autre roi que César ». Pilate croyait attendrir le peuple en lui montrant Jésus tout couvert de plaies, mais il ne fit qu'exciter la rage de ces tigres altérés de sang. Les chefs du peuples applaudissent à la cruelle ironie des soldats qui ont tournés en dérision la royauté de Jésus. Pour nous, sous cette couronne d'épines, sous ce manteau d'ignominie, sous ce sceptre dérisoire, sachons reconnaître Jésus notre Roi, notre Maître, notre Souverain Législateur. Dans l'espérance d'une couronne de gloire, acceptons avec joie la couronne d'épines, et courbons-nous sous le joug du Sauveur si doux et léger.


Exemple


Un jour, dans l'église du Collège d'Evora, pendant qu'on faisait les exorcismes sur un homme possédé du Démon, le Bienheureux Martyr Ignace de Azévédo, se trouvait dans une tribune de l'église, où il récitait son Chapelet. Soudain, il fut troublé dans sa prière, par les cris et les gémissements du malheureux énergumène que le Démon bien loin de l'abandonner, tourmentait d'une manière affreuse. Plein de confiance en la Vierge Marie, le Bienheureux Ignace descend de la tribune, s'approche de l'énergumène, et lui mettant son Chapelet au cou: « C'est assez, dit-il à l'exorciste, le Démon obéira: ces armes me suffisent pour le vaincre ». En effet, au même moment, les vexations cessèrent, le possédé se calma et fut délivré pour toujours.


Prière


O Marie, qui avez toujours été intimement associée aux opprobres de Votre Divin Fils, faites qu'au spectacle des mépris dont les hommes l'abreuvent en Son Eucharistie, je m'efforce de Lui élever en mon cœur, sur les ruines de mon amour-propre, un Trône où je Lui rende amour pour Amour.

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Méditation du Mystère du Couronnement d'épines


1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père


A la fin: « Grâces du Mystère du Couronnement d'épines, descendez dans mon âme ».


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27 octobre 2010

Le Mois du Saint Rosaire

Le Mois du Saint Rosaire

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Vingt-huitième jour

L'Assomption

La mort de la Très Sainte Vierge

En quittant cette terre, Jésus avait laissé ici-bas Sa Très Sainte Mère, comme un gage de Son Amour. Elle devait veiller sur le berceau de l'Église comme Elle avait veillé autrefois sur la Crèche où reposait Son Divin Enfant.  Ainsi Marie demeure pour la consolation des Apôtres, l'instruction des Évangélistes, l'édification des premiers fidèles. Confiée à la tendresse du Disciple bien-aimé, Elle lui parle de Son Jésus, Elle Le reçoit pieusement de ses mains dans l'extase de Ses Communions. Tandis que Son corps est sur la terre, Son Âme habite déjà dans le Ciel où Elle contemple la Gloire de Son Bien-aimé. Toutes Ses pensées, tous Ses désirs, toutes les aspirations de Son Âme, tous les battements de Son Cœur montent sans cesse vers Lui. Enfin la Vierge Sainte succombe à la vivacité de Ses désirs, les liens, qui retiennent Son Âme captive, se brisent par l'ardeur de Son Amour, et Elle prend son essor vers le Ciel où l'attend Celui qu'Elle aime. Marie ne redoutait pas la mort qui devait être si douce pour Elle; rien ne l'attachait à la terre; depuis que Son Trésor était au Ciel, là aussi était Son Cœur. Aimons et invoquons Marie et Elle nous assistera à l'heure de notre mort.

Exemple

Le fait suivant est bien propre à montrer combien la Salutation Angélique est agréable à Dieu et à Marie et à faire ressortir en même temps la vertu de cette prière. Nous lisons dans la vie de Sainte Mechtilde, qu'un jour elle demanda à la Sainte Vierge comment elle pourrait obtenir la grâce d'une bonne mort. La Sainte Vierge lui répondit: « Vous recevrez cette grande grâce, si, tous les soirs, avant de vous mettre au lit, vous récitez dévotement les trois Ave Maria, pour remercier la Sainte Trinité de toutes les grâces qu'Elle vous a faites, et Lui demander par Mon intercession celle de mourir saintement ».

Prière

Nous Vous offrons, Seigneur Jésus, cette dizaine, en l'honneur de Votre Résurrection et de l'Assomption de Votre Sainte Mère dans le Ciel; et, nous Vous demandons, par ce Mystère et par l'intercession de Notre Dame du Saint Rosaire, une tendre dévotion pour une Mère si bonne, et la grâce d'une bonne mort.

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Méditation du Mystère de l'Assomption de Marie

1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père

A la fin: « Grâces du Mystère de l'Assomption, descendez dans mon âme ».

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25 octobre 2010

Le Mois du Saint Rosaire

Le Mois du Saint Rosaire

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Vingt-sixième jour

La Pentecôte


La Retraite


Alors, du Mont des Oliviers, qui est près de Jérusalem, à la distance d'une journée de Shabbat, ils revinrent à Jérusalem. Et, étant rentrés dans le Cénacle, ils montèrent là où étaient rassemblés Pierre et Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélémy et Matthieu, Jacques, fils d'Alphée et Simon le Zélé, et Jude, fils de Jacques. Tous ceux ci, d'une seul âme, persévéraient dans la prière, avec les femmes et avec Marie, Mère de Jésus. Fidèles à la recommandation du Sauveur, les Apôtres demeurèrent à Jérusalem jusqu'à ce qu'ils fussent revêtus de la force d'en haut. Privés de la présence de Jésus, et convaincus de leur propre impuissance et de leur faiblesse pour marcher à la conquête du monde, ils reconnaissaient la nécessité du consolateur promis. Aussi passèrent-ils ces jours dans le recueillement et la prière, encouragés et soutenus par l'exemple de Marie. Défions-nous de nos lumières et de nos propres forces. Recherchons la solitude et la prière afin de nous mettre en communication avec la Force et la Lumière du Saint Esprit, qui nous sont si nécessaires pour résister à la chair, au monde et à Satan. Aimons à solliciter les grâces de Dieu par l'intercession de notre bonne Mère.


Exemple


En 1632, le Mont Vésuve vomissait des torrents de flammes qui avaient déjà brûlé plusieurs villages. Un vent violent couvrait de cendres la ville de Naples et la menaçait d'un embrasement général. Dans cette extrême affliction, les Napolitains invoquèrent la Mère de Celui qui commande au feu aussi bien qu'aux vents et à la mer. Ils firent une procession générale où ils portèrent l'image de Notre Dame du Rosaire. Le Clergé ne fut pas plutôt arrivé près des flammes que le feu s'arrêta et s'éteignit. En mémoire et en reconnaissance de cette miraculeuse délivrance, 150 personnes s'assemblèrent un jour de chaque semaine dans la Chapelle de la Sainte Vierge pour réciter le Rosaire à haute voix en deux chœurs.


Prière


Nous Vous offrons, Seigneur Jésus, cette dizaine en l'honneur du Mystère de la Pentecôte; et nous Vous demandons, par ce Mystère et par l'intercession de Notre Dame du Saint Rosaire, la descente du Saint Esprit en nos âmes.

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Méditation du Mystère de la Pentecôte


1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père


A la fin: « Grâces du Mystère de la Pentecôte, descendez dans mon âme ».


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10 octobre 2010

Le Mois du Saint Rosaire

Le Mois du Saint Rosaire

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Onzième jour

Le Recouvrement de l'Enfant-Jésus


La Réponse


Et après trois jours, ils Le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des Docteurs, les écoutant et les interrogeant. Et tous ceux qui l'entendaient, étaient ravis de Sa Sagesse et de Ses réponses. Et le voyant, ils furent étonnés et Sa Mère Lui dit: « Mon Fils, pourquoi avez Vous agi ainsi avec nous? Voilà que pleins de douleur, Votre Père et Moi-même nous Vous cherchions ». Il leur dit: « Pourquoi Me cherchiez-vous? Ignoriez-vous qu'il faut que Je sois aux choses qui regardent Mon Père?.... » Et Il descendit avec eux et vint à Nazareth, et Il leur était soumis. Et Sa Mère conservait toutes ces choses en Son Cœur. Et Jésus avançait en Sagesse et en grâce devant Dieu et les hommes. La joie de retrouver Jésus fut, pour Marie et Joseph, aussi grande que la douleur de l'avoir perdu avait été vive. Mais pourquoi le Divin Enfant, qui devait passer toute Son adolescence dans une soumission si parfaite, était-Il resté au milieu des Docteurs à l'insu de Ses parents? Il nous l'apprend Lui-même: c'était la Volonté de Dieu Son Père. A l'imitation du Sauveur, donnons l'exemple de l'obéissance la plus entière à tous ceux qui nous commandent de par Dieu, mais si nous avions à choisir, souvenons-nous qu'il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes.


Exemple


Une vertueuse femme de Pavie faisait dire tous les jours le Rosaire à ses enfants, devant l'image de la Sainte Vierge, avant de les envoyer à l'école. Il arriva que l'un d'entre eux, jouant sur un pont, tomba dans la rivière. A cette triste nouvelle, la mère eût aussitôt recours à la Puissante Avocate, et après elle dit un Ave Maria pour lui recommander son enfants, elle courts à la rivière où l'on travaillait pour en retirer l'enfant. A son arrivée l'enfant parut sur l'eau; transportée de joie, elle s'écrie: « Courage, mon fils, invoquez la Sainte Vierge ». Quand il fut retiré de l'eau, l'enfant dit: « Ma mère, je dois la conservation de ma vie à cette Dame devant laquelle vous me faites dire tous les jours mon Chapelet, car dès que je suis tombé dans l'eau Elle m'a reçu sur son genou et m'a sauvé ».


Prière


O Mère désolée, obtenez-moi de trouver auprès du Tabernacle, la consolation à toutes mes peines et les vraies joies que mon cœur réclame. Faites que mon seul bonheur soit de vivre en la douce compagnie de Jésus comme Vous-même à Nazareth.

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Méditation du Mystère du Recouvrement de l'Enfant Jésus


1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père


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24 octobre 2010

Le Mois du Saint Rosaire

Le Mois du Saint Rosaire

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Vingt-cinquième jour

L'Ascension


Les Anges et les Apôtres


Ils le virent s'élever, et une nuée l'enveloppant le déroba à leurs yeux. Et comme ils le regardaient montant au Ciel, voilà près d'eux, debout, deux hommes vêtus de blanc, qui leur dirent: « Hommes de Galilée, pourquoi vous tenez-vous là regardant le ciel? Ce Jésus qui a été enlevé d'au milieu de vous au Ciel, en reviendra comme vous l'avez vu y monter ». Jésus est monté au Ciel, mais Il a voulu se survivre à Lui-même sur la terre, par l'Église qu'Il a fondée. Ses Apôtres, auxquels il à donné tous Ses pouvoirs, doivent continuer Son œuvre par les mêmes moyens qu'Il a employés. Il leur a promis de ne point les laisser orphelins et d'être avec eux jusqu'à la consommation des siècles. Du haut du Ciel, notre Bon Sauveur veille sur nous et sur l'Église qui lui est si chère; Il y est toujours vivant afin d'intercéder pour nous. Dans l'ardente Charité de Son Cœur, Il a voulu demeurer au milieu des siens par l'adorable Sacrement de nos Autels. L'Eucharistie, n'est-ce pas l'âme qui monte au Ciel ou le Ciel qui descend dans l'âme? Redoublons de confiance en ce Dieu si Bon, qui a tant fait pour nous donner le bonheur; Il veut notre Salut, sachons le vouloir nous mêmes.


Exemple


Une pieuse femme passait dans une rue écartée de son logis. « Pourquoi, lui dit-on, cette course singulière? » « Oh! Fit-elle, simplement il y a là un malade qui ne veut pas se réconcilier avec le Bon Dieu, et je vais tant que je puis, jeter devant sa porte des Avé Maria. Je me figure que les prières sont comme des gouttes d'eau de senteur, qui, jetées sur le sol, répandent jusqu'au haut de la chambre leur odeur; je crois que mes Avé Maria finiront par convertir cette pauvre âme. J'ai fait cela souvent, et ça m'a toujours réussi ». C'est une révélation que ces simples paroles: « Semer des prières autour des âmes, afin de les embaumer et de les empêcher de se perdre ».


Prière


O Reine du Ciel, obtenez-moi la grâce de recevoir avec Foi et confiance le Pain des Anges devenu le Pain de l'homme voyageur. Assistez-moi surtout, lorsqu'au dernier de mes jours Il se fera mon Viatique pour l'éternité.

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Méditation du Mystère de l'Ascension de Jésus


1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père


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23 octobre 2010

Le Mois du Saint Rosaire

Le Mois du Saint Rosaire

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Vingt-quatrième jour

L'Ascension


Départ de Jésus


Puis Il les mena dehors jusqu'à Béthanie; et le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, élevant les mains, les bénit. Et il arriva que, pendant qu'Il les bénissait, Il s'éloigna d'eux; et Il était porté au Ciel: « Il fut élevé dans le Ciel, où Il est assis à la droite de Dieu ». Pendant que les Apôtres s'attristent du départ de leur Bon Maître, voici que les Anges se réjouissent, en accourant au devant de leur Roi, qui en ce jour de son triomphe, monte au Ciel pour y prendre possession de Sa Gloire. Il est juste que l'Humanité Sainte du Sauveur reçoive la récompense due à Ses Vertus, à Ses travaux, à Ses souffrances. Avec les Esprits Bienheureux, avec les Justes de l'Ancien Testament, qui font à Jésus une escorte d'honneur, réjouissons-nous; car notre Divin Rédempteur nous ouvre enfin le Ciel, qu'Il nous a conquis par Ses Mérites, Il y monte afin de nous préparer une place. Mais nous devons nous en rendre dignes en nous montrant Ses fidèles imitateurs. Souvenons-nous que le Royaume des Cieux souffre violence et que seuls les violents y montent d'assaut. Supplions Marie, la Reine du Ciel, de nous protéger et de nous aider à obtenir la couronne qui nous est promise.


Exemple


Saint Alphonse de Liguori disait: « Celui qui a une vraie dévotion envers Marie, peut être appelé bienheureux même en cette vie, et regardé comme assuré du Paradis, suivant cette parole: « Celui qui m'aura trouvée, trouvera la vie et obtiendra le Salut ». Mais qui donc trouve Marie, si ce n'est celui qui l'aime et qui l'honore par des dévotions spéciales? Or, parmi les dévotions, je ne sais s'il n'en est une qui soit plus agréable à la Mère de Dieu que le Rosaire. Oh! Quelle belle espérance de Salut ont ceux qui récitent chaque jour le Chapelet avec piété et persévérance! Les livres sont remplis d'exemples d'âmes sauvées par ce moyen ».


Prière


Nous Vous offrons, Seigneur, cette dizaine, en l'honneur de Votre triomphante Ascension dans le Ciel; et nous Vous demandons, par ce Mystère et par l'Intercession de Notre Dame du Saint Rosaire, un grand désir du Ciel, notre chère patrie.

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Méditation du Mystère de l'Ascension de Jésus


1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père


A la fin: « Grâces du Mystère de l'Ascension de Jésus, descendez dans mon âme ».


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9 octobre 2010

Le Mois du Saint Rosaire

Le Mois du Saint Rosaire

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Dixième jour

Le Recouvrement de l'Enfant Jésus


La Recherche


Et l'Enfant croissait et se fortifiait plein de Sagesse; et la Grâce de Dieu était en Lui. Et Ses parents allaient tous les ans à Jérusalem à la Fête de Pâque. Lorsqu'Il eût atteint Sa douzième année, étant montés, suivant leur coutume, à Jérusalem au temps de la fête et s'en revenant, après que les jours de la Fête furent passés, l'Enfant Jésus demeura à Jérusalem, et Ses parents ne s'en aperçurent point. Mais pensant qu'Il était avec ceux de leur compagnie, ils marchèrent tout un jour, et ils le cherchaient parmi leurs parents et leurs connaissances; et ne le trouvèrent point, ils revinrent à Jérusalem pour le chercher. Il n'est point ici-bas de bonheur parfait et toute joie sur la terre est mêlée d'amertume. Marie et Joseph ne devaient pas savourer, dans toute sa douceur, le bonheur de posséder Jésus. Leur vertu devait s'accroître par l'épreuve; c'est pourquoi il entrait dans les desseins de Dieu que leur amour pour le Divin Enfant parût plus sensible par la douleur de l'avoir perdu et par l'empressement à Le rechercher. Cherchons Jésus humblement et avec soumission à la Volonté de Dieu, lorsque, pour éprouver notre fidélité, Il semble se cacher à notre âme. Mais surtout prenons garde de Le perdre par le péché mortel! Une âme ainsi privée de Jésus ne doit se donner aucun repos avant de l'avoir retrouvé.


Exemple


Lorsque Alain fit l'ouverture des leçons de la théologie dans l'Université de Rostoch, il fit son discours d'entrée sur la Salutation Angélique dont il expliqua les merveilles renfermées dans le Mystère de l'Incarnation, avec tant d'éloquence et d'onction, que son discours fut une de ses plus touchantes exhortations à la dévotion du Saint Rosaire. Il prêcha cette dévotion au moins dans l'espace de quinze ans, parcourant la Bretagne, la Picardie, la France, l'Allemagne, l'Angleterre et la Flandre, avec une ardeur incroyable et un tel fruit, que chaque membre de la Confrérie récitait tous les jours les quinze dizaines du Rosaire.


Prière


Nous Vous offrons, Seigneur, cette Dizaine en l'honneur de Votre Recouvrement au Temple par Joseph et Marie; et nous Vous demandons, par ce Mystère et par l'intercession de Notre Dame du Rosaire, la grâce de fuir le monde pour ne chercher que Vous seul.

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Méditation du Mystère du Recouvrement de l'Enfant Jésus


1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père


A la fin: « Grâces du Mystère du Recouvrement de l'Enfant Jésus, descendez dans mon âme ».


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19 octobre 2010

Le Mois du Saint Rosaire

Le Mois du Saint Rosaire

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Vingtième jour

Le Crucifiement


Les Sept Paroles


Or Jésus disait: « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font ». Et Jésus Lui dit: « En vérité Je te le dis, aujourd'hui, tu seras avec Moi dans le Paradis ». Jésus donc ayant vu Sa Mère et le disciple qu'Il aimait, debout près d'Elle, dit à Sa Mère: « Femme, voilà ton fils ». Ensuite, il dit au Disciple: « Voici Votre Mère ». Et vers la neuvième heure, Jésus cria d'une voix forte, disant: « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-Vous abandonné? » Après cela Jésus, sachant que tout était consommé, afin que l'Écriture fût accomplie, dit: « J'ai soif ». Jésus ayant pris le vinaigre, dit: « Tout est consommé ». Puis criant d'une voix forte, Il dit: « Père, Je remets Mon Esprit entre Vos mains ». Quelle éloquente prédication que les Paroles de Jésus en Croix! Ne nous disent-elles pas que, s'Il s'est livré à la mort, c'est par Amour pour nous? Oui, Il nous aime ce Dieu qui pardonne à ses bourreaux, qui ne rebute pas le larron pénitent et qui, après s'être donné Lui-même, nous donne encore Sa tendre Mère. Oui, Il nous aime ce Dieu qui a soif de nos âmes pour leur donner la Vie par Sa mort, qui accepte la malédiction pour douleur pour nous procurer les joies éternelles. Ah! Remettons-nos âmes entre Ses mains, cachons-les dans la Plaie de Son Cœur et vivons en aimant Jésus qui est mort parce qu'Il nous aimait.


Exemple


Saint Benoît-Joseph Labre portai, suspendu à son cou, un grand Rosaire, qui était comme le signe auquel on le reconnaissait. La récitation du Rosaire et la méditation de ses Mystères faisaient sa force et sa consolation; il y trouvait les règles de sa conduite. Les Mystères Joyeux lui enseignaient la pauvreté et l'anéantissement; les Mystères Douloureux, la mortification et l'amour de la souffrance, et par la contemplation des Mystères Glorieux ses pensées atteignaient cette élévation sublime, qui est le privilège des âmes unies à Dieu. C'est ainsi qu'il restait parfois des heures entières agenouillé dans une église, son Rosaire à la main et les yeux fixés sur l'Autel.


Prière


Nous Vous offrons, Seigneur, cette Dizaine, en l'honneur de Votre Crucifiement et de Votre Mort ignominieuse sur le Calvaire; et nous Vous demandons, par ce Mystère et par l'intercession de Notre Dame du Saint Rosaire, la conversion des pécheurs, la persévérance des justes et la délivrance des âmes du Purgatoire.

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Méditation du Mystère du Crucifiement


1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père


A la fin: « Grâces du Mystère du Crucifiement de Jésus, descendez dans mon âme ».


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18 octobre 2010

Le Mois du Saint Rosaire

Le Mois du Saint Rosaire

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Dix-neuvième jour

Le portement de la Croix


Les Femmes de Jérusalem


Or, une grande foule de peuple et de femmes les suivait, se frappant la poitrine et se lamentant sur Lui. Mais Jésus, se tournant vers elles, dit: « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur Moi, mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants; car voici que viendront des jours où l'on dira: « Bienheureuses les stériles, et les entrailles qui l'ont pas engendré, et les mamelles qui n'ont point allaité. Alors ils commenceront à dire aux montagnes: « Tombez sur nous »; et aux collines: « Couvrez-nous ». Car si l'on traite ainsi le bois vert, que sera-t-il fait au bois sec? » Sur le chemin du Calvaire, Jésus est accompagné d'un double cortège d'amour et de haine. Ses ennemis et ses bourreaux l'insultent et le frappent, et des cœurs compatissants l'assistent et le consolent. Après la Vierge Marie, qui seule comprend Son Divin Fils, après Simon de Cyrène et la courageuse Véronique, Jésus rencontre un groupe de femmes qui versent des larmes sur ses souffrances. En reconnaissance de leur compassion, le Bon Sauveur les instruit du Mystère de la Rédemption et, s'oubliant Lui-même, Il les exhorte a pleurer sur leur ville coupable, que menacent de terribles châtiments. Voulons-nous que notre contrition soit sincère, faisons pénitence de nos péchés, qui sont la cause de tous nos maux.


Exemple


Le célèbre Docteur Récamier se faisait une gloire de réciter fidèlement son Chapelet. Un jour, s'étant aperçu qu'un médecin s'étonnait de cette pratique, il lui dit avec une charmante bonhomie: « Quand je suis inquiet d'un malade, quand je trouve la médecine impuissante, je m'adresse au Grand Médecin, à Celui qui sait tout guérir. Seulement, j'y mets de la diplomatie; comme le flot de mes occupations ne me laisse guère le temps d'intercéder autant qu'il faudrait, je prend la Sainte Vierge pour intermédiaire; en me rendant chez mes malades, je récite une ou deux dizaine de Chapelet. Rien de plus facile, vous comprenez? Je suis tranquillement assis dans ma voiture, je glisse ma main dans ma poche, et puis, j'entre en conversation. Le Chapelet est mon interprète et j'y ai souvent recours ».


Prière


O Vierge Puissante et Reine des Martyrs, obtenez-moi l'amour de la Croix et la résignation dans mes peines de chaque jour. Que je ne déserte pas le chemin du Calvaire où le Divin Rédempteur m'invite, à Votre exemple, à boire au Calice de Sa Passion.

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Méditation du Mystère du Portement de la Croix


1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père


A la fin: « Grâces du Mystère du Portement de la Croix, descendez dans mon âme ».


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17 octobre 2010

Le Mois du Saint Rosaire

Le Mois du Saint Rosaire

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Dix-huitième jour

Le Portement de la Croix


Simon de Cyrène


Pilate donc voulant complaire au peuple, livra Jésus à leur volonté pour être crucifié. Ils s'emparèrent donc de Jésus et après qu'ils l'eurent bafoué, ils Lui ôtèrent le manteau et le couvrirent de ses vêtements, et ils l'emmenèrent pour le crucifier. Et Jésus portant Sa Croix, se dirigea vers le lieu que l'on appelle le Calvaire, en hébreux Golgotha. Or, comme ils l'emmenaient, ils rencontrèrent un comme qui passait par là, revenant de sa maison des champs, Simon de Cyrène, père d'Alexandre et de Rufus. Ils le contraignirent et le chargèrent de porter la Croix derrière Jésus. C'est sans aucune résistance, mais avec bonheur, que Jésus accepte la Croix. Pour nous éviter la condamnation aux supplices éternels, le Divin Rédempteur veut bien être condamné, au tribunal des hommes, au supplice le plus infamant, celui qui n'était infligé qu'aux plus vils scélérats. Nouvel Isaac, Il porte le bois du Sacrifice, mais Il succombe sous ce pensant fardeau. Ses ennemis qui veulent le voir expirer sur la Croix, forcent un passant à Lui venir en aide. Qui n'envierait le sort du Cyrénéen? Ce sort n'est-il pas celui de tout Chrétien qui veut aller au Ciel? « Si quelqu'un veut venir  après Moi, dit le Bon Sauveur, qu'il prenne sa croix et qu'il Me suive ».


Exemple


Le Duc de Guise avait une piété digne d'une éternelle mémoire. Pour défendre la ville de Metz assiégée par Charles Quint, il avait plus de confiance en la protection de Notre Dame du Rosaire, que dans la force de ses armées. Il se levait tous les matins au point du jour pour dire le Rosaire, et le récitait avec tant d'attention et de dévotion qu'il ne voulait être interrompu pour quelque affaire que ce fût. Sa piété fut récompensée; car par un trait de la protection fr la Sainte Vierge, l'Empereur leva le siège, et laissa le Duc couvert de gloire.


Prière


Nous Vous offrons, Seigneur Jésus, cette dizaine en l'honneur de Votre Portement de Croix, et nous Vous demandons, par ce Mystère et par l'intercession de Notre Dame du Saint Rosaire, la patience dans toutes nos croix.

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Méditation du Mystère du Portement de la Croix


1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père


A la fin: « Grâces du Mystère du Portement de la Croix, descendez dans mon âme ».


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15 octobre 2010

Le Mois du Saint Rosaire

Le Mois du Saint Rosaire

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Seizième jour

Le couronnement d'épines


Opprobres


Or, les soldats prenant Jésus, le conduisirent dans la cour du Prétoire et rassemblèrent autour de Lui toute la cohorte; et, l'ayant dépouillé, ils le revêtirent d'un manteau de pourpre; et tressant une couronne d'épines, ils la mirent sur Sa tête et un roseau dans sa main droite: et venant à Lui, et ployant le genou devant Lui, ils le raillaient, et commencèrent à le saluer disant: « Salut, ô Roi des Juifs », et ils Lui donnaient des soufflets. Et, crachant sur Lui, ils prenaient un roseau et le frappaient Sa tête; et, mettant les genoux en terre, ils l'adoraient. N'était-ce pas assez pour le Fils de Dieu de la vie humble et obscure qu'Il avait choisie? Fallait-il donc qu'il subît les mépris, les affronts et les plus sanglants outrages, au point de devenir le jouet de soldats abrutis et avinés? Le Dieu qui avait la forme de l'esclave, a voulu boire jusqu'à la lie le calice si amer des humiliations, pour expier l'orgueil, le premier et le plus grand des péchés, celui qui nous avait perdus. Ainsi la Gloire de Dieu tire vengeance, en la personne de Son Fils Bien-aimé, des usurpations dont le genre humain s'était rendu coupable dans sa folle ambition. Ainsi Jésus couronné d'épines nous apprend a accepter les blessures faites à notre amour-propre.


Exemple


Un homme riche et puissant intenta un jour à un procès à une veuve, femme pauvre, mais dévote au Rosaire; il avait si bien gagné le juge, que celui-ci n'osait conserver le droit de cette veuve et avait résolu de prononcer la sentence contre elle. Cette femme n'espérant aucune justice de la part des hommes, eut recours à la Sainte Vierge, qu'elle invoqua avec confiance, et cette Mère de Consolation ne permit pas que le juge prononçât la sentence injuste.


Prière


Nous Vous offrons, Seigneur, cette dizaine en l'honneur de Votre Couronnement d'épines; et nous Vous demandons, par ce Mystère et par l'intercession de Notre Dame du Saint Rosaire, la mortification de notre orgueil et la fuite du respect humain.

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Méditation du Mystère du Couronnement d'épines


1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père


A la fin: « Grâces du Mystère du Couronnement d'épines, descendez dans mon âme ».


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14 octobre 2010

Le Mois du Saint Rosaire

Le Mois du Saint Rosaire

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Quinzième jour

La Flagellation de Jésus-Christ


Patience de Jésus


Mais ils insistaient encore avec plus de grands cris, demandant qu'Il fût crucifié; et leurs clameurs augmentaient de violence, et ils répétaient: « Qu'Il soit crucifié! Crucifiez-Le! » Alors donc Pilate prit Jésus et le fit flageller. Sur l'ordre de gouverneur, les soldats Romains se jettent sur Jésus pour le dépouiller de Ses vêtements. Ils l'attachent ensuite à la colonne et, armés de verges et de fouets, ils le frappent cruellement de coups innombrables. Bientôt tout le Corps de la Divine Victime est défiguré et couvert de Plaies; Sa Chair vole en lambeaux et Son Sang coule par torrents. Il est impossible d'exagérer la rigueur des souffrances qu'endura dans cette circonstance la Chair virginale, si délicate et si sensible de l'Homme-Dieu. Et pour qui souffre-t-Il ainsi? C'est pour nous; c'est afin d'expier les nombreux péchés qu'un Corps insoumis fait commettre à l'âme qui ne sait pas le dompter. Dans Sa Flagellation si douloureuse, Jésus nous apprend à mortifier sévèrement notre corps et à éviter avec courage tout acte de paresse, de gourmandise ou de sensualité.


Exemple


Il y avait en Picardie, un pauvre fou, qui, dans ses accès de folie se déchirait lui-même et déchirait ceux qui l'entouraient. Ses parents et ses amis, émus de compassion, s'occupèrent de lui trouver un remède, et, à cet effet, ils eurent recours à Dieu et à la Sainte Vierge, les priant de le délivrer d'une si terrible maladie. Dans cette intention, ils le firent inscrire dans la Confrérie du Saint Rosaire, lui passant au cou un Rosaire béni. O miracle! Au moment où ils lui remirent le Rosaire, il se calma et demeura libre et doux comme un agneau. Ce fait est rapporté par le Bienheureux Alain de la Roche, qui déclare en avoir été témoin.


Prière


O Vierge Sainte, dont la vie toute pure et préservée de tout péché a été cependant une continuelle mortification, obtenez-moi cette Vertu qui m'est difficile et néanmoins si nécessaire. Apprenez-moi à conserver chaste mon corps si souvent sanctifié au contact du Corps même de Jésus-Christ.

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Méditation du Mystère de la Flagellation de Jésus-Christ


1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père


A la fin: « Grâces du Mystère de la Flagellation de Jésus-Christ, descendez dans mon âme ».


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14 octobre 2010

Canonisation du Bienheureux André Bessette

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Le Frère André Bessette

Le Petit Chien de Saint Joseph

1845-1937


Grand événement pour le Québec! Le Dimanche 17 octobre, le Frère André Bessette sera canonisé. Cet homme d'une grande humilité est connu aujourd'hui dans le monde entier. On lui doit le plus grand sanctuaire au monde dédié à Saint Joseph. Retour sur sa vie.


Le Frère André, comme on l'appelait au Québec, avait une très grande dévotion à Saint Joseph, Patron de l`Église Universelle. Comme Saint Joseph, il connut lui aussi la souffrance, la pauvreté, le dur travail, et il se confia toujours à la Divine Providence. Personne, en le voyant, n'aurait pu imaginer que ce frêle religieux pourrait entreprendre la tâche colossale de construire sur le Mont-Royal la plus grande Basilique dédiée à Saint Joseph dans le monde entier, mais c'est ce qu'il fit, et le fondement de l'Oratoire est fait de plus de prières que de pierres, car il en a fallu des sacrifices et des prières de la part du bon Frère et de ses amis pour ajouter ce joyau à la couronne de Saint Joseph.


Prénommé Alfred dans sa jeunesse, le Frère André est né à St Grégoire d`Iberville, le 9 août 1845 de l'union d`Isaac et Clotilde Bessette, le huitième de leurs douze enfants, et toute cette famille vivait dans une petite maison d'une seule pièce. Ses deux parents étaient très pieux et travailleurs: Isaac était menuisier et charron, et sa mère était ménagère. Étant pauvres, ils n'avaient souvent que du pain de seigle à manger, mais leur amour mutuel, ancré sur celui du bon Dieu, faisait que ça ne les empêchait pas d'être heureux. Un an après la naissance d'Alfred, la famille déménagea à Farnham pour que m. Bessette puisse avoir plus d`ouvrage.


Alfred fut de naissance affligé d'un problème d'estomac qui l'empêchait de manger la plupart des aliments. Cette infirmité le rendit plus fragile que ses frères et, bien qu'il désirait ardemment suivre son père et ses frères quand ils allaient bûcher, il était toujours trop malade pour ce faire. Clotilde avait toujours une place spéciale dans son cœur pour Alfred, et elle s'efforçait de lui préparer des mets qu'il pouvait digérer.


Mme Bessette était de nature enjouée, un beau sourire illuminant toujours son visage. Mais un jour de février 1851, elle fut incapable de sourire. En effet elle eut le cœur brisé lorsque des voisins se présentèrent ce jour-là à sa porte pour lui annoncer que son mari était mort écrasé sous un arbre qu'il venait d'abattre! Bien que glacée par la douleur, elle ne se laissa pas décourager, enterra son défunt mari le lendemain, et retroussa ses manches. À force de travail elle réussit à garder ses enfants près d'elle, mais l'effort était trop grand pour que cela dure, et au bout de quatre ans elle contracta la tuberculose. Obligée de répartir ses enfants parmi les familles de la parenté, elle garda néanmoins le petit Alfred à ses côtés. Tous deux déménagèrent chez Marie, la sœur de Clotilde, et chez son mari Timothée Nadeau, qui vivaient alors à Saint Césaire, un village voisin. Clotilde combattit vaillamment la terrible maladie pendant deux ans mais, se sentant près de la fin, elle fit venir tous ses enfants à son chevet, et elle les consola en leur disant: «Mes chers enfants, voici que votre cher père nous a quitté il y a six ans pour se rendre au Ciel. Le bon Dieu désire maintenant que je vous quitte à mon tour. Priez pour moi. N'oubliez pas la tombe de votre père. Enterrez-moi à ses côtés au cimetière de Farnham. Je veillerai sur vous du haut du Ciel.» Le dix novembre 1857, elle mourut à l'âge de quarante-trois ans.


Monsieur Nadeau n'étant pas riche, il encouragea Alfred, alors âgé de douze ans, à gagner son pain quotidien. Il s'arrangea pour que le garçon devienne apprenti auprès d'un cordonnier, mais cela se révéla impossible car Alfred souffrait trop de l'estomac pour pouvoir passer ses journées penché au-dessus de pièces de cuir, pour les couper, et les fixer à grands coups de marteau. Cela provoquait des crises aiguës de son mal. C'est durant cette période de douloureux apprentissage qu'Alfred fut préparé à sa première communion par le Curé André Provençal et, lors du grand jour, il décida d'imiter Saint Joseph pour le restant de sa vie.


Malgré sa maladie, Alfred n'hésitait pas à faire pénitence: Il portait souvent une ceinture de cuir bardée de fer, ou une chaîne de fer, ou un autre instrument de pénitence autour de la taille. En plus il dormait sur la dure, à même le plancher! Une autre partie de ses pénitences, et peut-être la plus méritoire, lui venait de ses cousins qui rejetaient sur lui la responsabilité de leurs mauvais coups. De nature très sensible, il arrivait alors souvent qu'Alfred pleurât lorsqu'il se retrouvait seul.


En avril 1860, Timothée Nadeau se joignit aux centaines d'autres Canadiens qui se lancèrent à la conquête de l'or californien. À cette époque les gouvernements se montrèrent incapables de favoriser le développement de l'agriculture au pays, et ceci était particulièrement criant au Québec, où il y eut une véritable émigration vers les États-Unis.


M. Nadeau avait établi sa famille à Farnham avant de partir pour son périple. Alfred devint quant à lui garçon de ferme chez les Ouimet, près de Saint Césaire. C'était un garçon jovial et travaillant, et il se plaisait à occuper ses temps libres par des exercices de dévotion, et parmi ceux-ci il développa l'habitude de converser avec Saint Joseph, ce qui augmenta en lui son amour pour ce saint, ainsi que son désir de l'imiter. En ce grand saint il trouva un modèle idéal à suivre ainsi qu'un ami pour le guider dans la voie de la sainteté. Après avoir passé un an chez les Ouimet, Alfred s'essaya à d'autres métiers pendant une période qui dura trois ans. Malgré ses efforts et son ardent désir de devenir boulanger, puis forgeron, il n'était pas assez solide pour ces durs métiers, et dut les abandonner.


Il se décida donc, à l'âge de 18 ans, à joindre la troupe grandissante des jeunes Canadiens-Français qui s'expatriaient aux États-Unis pour y trouver des conditions plus décentes de vie. Or, en 1863, ce pays était en pleine guerre civile, et les manufactures manquaient de bras. Les jeunes Québécois y étaient donc bien accueillis, et rétribués par des gages bien plus élevés que ceux auxquels ils étaient accoutumés chez eux. Alfred se retrouva donc au Connecticut, où il travailla dans les usines de plusieurs villes. À cause de sa santé, il devait de temps à autre quitter ces dernières pour aller travailler au grand air dans des fermes.


En 1867, Alfred revint à Saint Césaire au Québec, avec en poche la connaissance de l'anglais, ce qui dans le futur allait se révéler très utile. C'est à cet endroit que le Curé Provençal le mit en contact avec les Frères de Sainte Croix, qui y dirigeaient une école commerciale. Cette Congrégation avait été fondée en France par le Bienheureux Basile Moreau, et celui-ci était venu en 1847 au Canada pour y restaurer un système d'éducation francophone et catholique, lequel avait été détruit par les Protestants, après leur conquête du Canada en 1763. En fait les Britanniques avaient déjà pris quelques mesures en 1824 et 1841 pour satisfaire les Canadiens Français, car ils craignaient que ceux-ci ne se laissent séduire par des promesses américaines, et ne les joignent pour bouter l'Anglais hors de Nouvelle-France. Donc le français fut reconnu comme une langue officielle, la culture française eut droit de cité, la persécution directe contre le Catholicisme cessa. Mais pour que les Canadiens puissent s'identifier au nouveau pays créé par la Conquête, il fallait les faire participer à la vie publique, et pour cela il fallait leur permettre à nouveau de recevoir une éducation dans leur langue natale. C'est ce qui explique les autorisations données aux ordres religieux d'ouvrir des écoles au Québec. Le dévouement et l'abnégation dont les âmes consacrées ont fait preuve dans leur rôle d'éducateurs, fut la cause de cette vénération dont ils furent l'objet de la part de nos bons Canadiens jusqu'à récemment.


Le Curé Provençal était convaincu de la vocation d'Alfred, et lui parla en ce sens; mais notre pauvre ami se récusa aussitôt, invoquant son incapacité à lire ou à écrire. Le bon Curé lui répondit: «Ce n'est pas une raison. Il y a des Frères qui n'ont pas besoin des ces choses: ils se dévouent aux tâches matérielles. Jeune homme, vous n'avez pas besoin de savoir lire ou écrire, pour savoir prier!» Durant deux ans, à cause de sa faible santé, Alfred hésita à demander son admission chez les Frères de Sainte Croix. Mais sur l'encouragement du Curé, Alfred fit son entrée au Noviciat des Frères à Montréal, en remettant au Supérieur une lettre cachetée par l'abbé Provençal, qui y disait: «Je vous envoie un saint!»


Après quelques semaines Alfred reçut l'habit religieux des Frères de Sainte Croix, et prit le nom de Frère André, en l'honneur de son ami et protecteur le Curé André Provençal. Au bout d'un an le Père Guy, Maître des Novices, apprit au Frère André qu'à cause de sa mauvaise santé, il avait peu de chances d'être admis aux vœux, et de demeurer Religieux. Mais le bon Dieu n'avait pas dit son dernier mot: Mgr Bourget, Évêque de Montréal, vint visiter le Noviciat quelques jours plus tard, et le Frère André plaida auprès de lui sa propre cause. «S'il vous plaît, Excellence, aidez-moi. Je désire tellement devenir Frère.» Le bon Évêque, le regarda avec gentillesse et lui dit: «Ne craignez point mon cher fils, vous serez admis à faire votre Profession Religieuse.» De son côté, le Père Guy plaidait la cause du Frère André auprès de ses confrères: «Si ce jeune homme devient incapable de travailler, il pourra au moins prier. Chers confrères, notre vocation n'est-elle pas d'enseigner aux gens comment prier? Cet homme le leur montrera par son exemple!». Et c'est le 22 août 1872 que la promesse de Mgr Bourget se trouva vérifiée, et que notre ami Alfred Bessette fut admis à prononcer les vœux perpétuels de pauvreté, chasteté, et obéissance, qui allaient faire de lui jusqu'à sa mort le «Frère André».


Son noviciat étant terminé, on lui donna le travail de Portier du Collège de Mont-Royal, poste qu'il allait occuper pendant quarante ans. Convaincu qu'il devait à l'intercession de saint Joseph de se trouver nommé au Mont-Royal, le Frère André résolut d'y honorer son saint favori d'une manière spéciale. Désirant y bâtir un sanctuaire en son honneur, il alla y planter une médaille de Saint Joseph. Il était loin de savoir que ce faisant, il allait aider à la réalisation de la prophétie du saint Curé d'Ars faite à Basile Moreau des années auparavant: «Cette Congrégation de la Sainte-Croix, après beaucoup d'épreuves, fera de grands travaux!»


En tant que Portier, le Frère se devait de répondre à la sonnerie de l'entrée, et d'avertir les Religieux et les étudiants quand ils recevaient de la visite au Parloir. Il devait de plus réveiller les Religieux à 05:00 le matin, et sonner la cloche marquant les divers exercices de la journée. De plus il devait veiller à maintenir le parloir et les corridors en état de propreté immaculée, sans oublier la distribution du courrier ni les courses en carriole pour aller porter le linge des pensionnaires à laver chez leurs parents respectifs. Mais ce n'est pas tout: Notre bon Frère était aussi le barbier des élèves, et le Sacristain des Prêtres! Bref, une vie bien remplie!


Bien qu'il continuât à souffrir de cruels maux d'estomac, ce qui limitait sa nourriture à du pain trempé dans du lait, le bon Frère accomplissait son devoir d'état le mieux possible, tout en priant constamment, et il se confiait à la Providence pour le reste. Après les prières du matin et la méditation, le Frère assistait à la Messe près de l'entrée de la chapelle, de façon à pouvoir entendre la sonnerie de la porte du collège. Il avait coutume de prier longtemps après que la communauté se soit retirée pour la nuit. S'endormait-il à genoux, il reprenait ses prières dès qu'il se réveillait. Suite à un incident où le Frère avait entendu des bruits suspects durant la nuit, un confrère décida qu'à l'avenir la porte intérieure de la chapelle serait verrouillée elle aussi pour la nuit. Quelle ne fut pas un soir sa surprise de voir le Frère André pénétrer dans la chapelle en ouvrant la porte sans clef, comme si de rien n'était!


Le Frère aimait aussi aller prier sur la montagne faisant face au collège. Un soir qu'il s'y était rendu avec un élève, et qu'ils s'étaient agenouillés dans une clairière, le Frère confia à son jeune compagnon: «J'ai enfoui ici une médaille de Saint Joseph. Prions pour que nous puissions un jour acheter ce terrain.» Ils revinrent souvent prier à cet endroit, et un jour le Frère dit: «Nous obtiendrons ce coin de terre, Saint Joseph en a besoin!» Un jour que le Frère Albéric, Économe, demandait au Frère André pourquoi, malgré le soin qu'il mettait à ranger son bureau, il retrouvait toujours sa statue de Saint Joseph tournée vers la montagne quand venait le matin, celui-ci répondit: «C'est parce qu'il veut y être honoré!» Il faut savoir que la situation à ce regard était loin d'être encourageante: En effet le propriétaire de cette partie de la montagne était un vieil égoïste qui souvent n'hésitait pas à lâcher ses chiens contre les Novices qui aimaient à s'y promener durant leurs récréations. Or les autorités du Collège avaient proposé à quelques reprises au vieux grigou de lui acheter sa terre, car elles craignaient d'y voir se construire un centre de villégiature, ce qui aurait troublé profondément la vie du collège. Mais le prix demandé était exorbitant, et ce fut un particulier qui acheta le lot, et celui-ci ne voulut rien entendre des offres subséquentes des Pères de Sainte Croix. Le Frère Albéric décida alors d'enterrer une médaille de Saint Joseph, comme le Frère André l'avait fait quelques années auparavant. Finalement, le 20 juillet 1896, les Pères purent acheter la propriété convoitée.


Le Frère André était toujours disposé à aider les autres. Les élèves et leurs parents n'hésitaient pas à se confier à lui et à se recommander à ses prières. Bientôt, de plus en plus de gens en vinrent à réaliser que celles-ci étaient très efficaces. Au cours de son périple quotidien vers le bureau de Poste, le Frère s'arrêtait souvent en chemin pour visiter les malades, et il leur donnait de l'huile ayant brûlé devant la statue de saint Joseph située dans la chapelle du collège. Avant peu, les malades se mirent à répandre une rumeur: le Frère André était un saint! Dieu lui avait accordé le pouvoir de guérir! Comme le Frère continuait ses visites aux malades, il eut l'occasion d'en préparer plusieurs à faire une bonne mort, et les gens du quartier en vinrent à lui demander de s'occuper aussi de préparer les morts pour les funérailles. Un jour il arriva qu'après avoir rendu ce service à un homme décédé quelques heures plus tôt, le Frère se retira dans sa chambre pour y prier après sa journée bien chargée. Il entendit soudain un épouvantable fracas de vaisselle brisée dans le réfectoire voisin. Accouru précipitamment sur les lieux, quelle ne fut pas la surprise de notre ami de constater que tout y était en ordre! Cet incident surprenant se renouvela souvent au fil des jours, et parfois le Frère apercevait un énorme chat noir dans le réfectoire qui causait lui aussi des bruits effrayants avant de disparaître. Le bon Frère déclara à un témoin éberlué: «Je comprends maintenant qu'il s'agit du Démon qui veut me faire peur et me déranger, à cause des œuvres de charité que je fais.»


La dévotion de notre ami envers Saint Joseph augmentait pour ainsi dire quotidiennement. Un certain jour le Frère Albéric, qui s'était blessé à la jambe et était immobilisé dans sa chambre depuis un mois, se désespérait de ne pouvoir se rendre aux cérémonies en l'honneur de Saint Joseph au jour de sa fête patronale. Il fit une neuvaine au grand saint avec le Frère André, et bien que la veille son état ne s'était pas amélioré, le 19 mars il put se rendre avec joie à la chapelle! Une autre fois, il advint qu'un jeune élève se trouvait confiné au lit depuis plusieurs jours en raison d'une fièvre maligne. Lors d'une récréation, le Frère se rendit à l'infirmerie, et dit au jeune malade: «Lève-toi, petit paresseux! Tu es en parfaite santé. Va-t-en jouer dehors avec les autres!» Le garçon commença par hésiter, mais se sentant effectivement mieux il alla rejoindre ses camarades. Le Frère fut réprimandé par le médecin du collège pour ce geste «imprudent», mais quand celui-ci examina le garçon, il fut bien obligé d'admettre que l'enfant était effectivement guéri!


Quelque temps après, une épidémie de variole atteignit le collège, et l'infirmerie de l'ancien Noviciat se trouvait remplie de patients, tant Religieux qu'étudiants. Quelques-uns moururent, malgré les soins assidus prodigués par le Supérieur du collège, et par le Frère André. À un certain point, notre ami pria Saint Joseph de faire cesser l'épidémie. Dès ce moment plus personne ne fut atteint, et les malades se trouvèrent subitement guéris!


Il serait impossible de calculer exactement combien de guérisons le bon Frère obtint par ses prières. Des mourants recouvraient la santé, des cas «désespérés» étaient guéris, des jambes et des bras infirmes devenaient normaux comme par un jeu d'enfant. Parfois la cure était instantanée: «Lève-toi et marche!», mais cela pouvait aussi prendre du temps et de la persévérance, des prières et des neuvaines. Il arrivait que la guérison ne soit que partielle, mais alors le Frère donnait un avertissement: «Continuez de prier, si vous ne voulez pas perdre ce que vous avez gagné!» Un seul mot du Frère était parfois suffisant pour obtenir la guérison complète d'un malade vivant au loin! La recette du Frère était invariable: «Ayez confiance en st Joseph! Frottez la partie malsaine avec une médaille ou de l'huile de Saint Joseph.» Il allait parfois jusqu'à frotter lui-même la partie malade, et il y avait alors une guérison instantanée.


On comprend que la nouvelle du pouvoir de thaumaturge du bon Frère ne mit pas longtemps à se répandre dans Montréal. De plus en plus de gens, certains souffrant même de maladies contagieuses, se massaient littéralement dans le parloir du collège, pour être reçus par le Frère. Ils en arrivèrent même à envahir les corridors. Mais cela ne plaisait pas aux parents d'élèves, car ils craignaient que leurs garçons n'attrapent quelque maladie infectieuse. La foule des visiteurs en vint à troubler réellement la vie de l'institution; il fallait prendre des mesures pour que tout rentre dans l'ordre. Les supérieurs ordonnèrent donc au Frère de cesser de recevoir les malades. Notre ami obéit, mais pas les malades, qui continuèrent d'affluer en masse. Les supérieurs trouvèrent un compromis: Le Frère André se devrait à l'avenir de recevoir ses malades à la station de tramway de l'autre côté de la rue. Mais ceci eut pour effet que les passagers du tramway se plaignirent du danger constitué par la présence des malades, spécialement durant l'hiver quand ils se réunissaient à l'intérieur. De plus, les malades qui ne savaient rien de la nouvelle disposition, continuaient de se rendre au collège. Les supérieurs, de même que les autorités diocésaines étaient très mal à l'aise devant la situation. Mgr Bruchési, Archevêque de Montréal, se fit mettre au courant par le Provincial de la Congrégation de Sainte Croix. Apprenant que le Frère André s'était toujours montré obéissant, il dit au Provincial: «Alors laissez le faire. Si son œuvre est de Dieu elle continuera, sinon elle s'effondrera d'elle-même.»


Vers la même période, les Supérieurs avaient autorisé le bon Frère à mettre de côté l'argent reçu des élèves à qui il coupait les cheveux, et celui donné comme aumône par les fidèles, de façon à réunir une somme suffisante pour l'érection d'un petit sanctuaire à Saint Joseph. Ils lui avaient aussi permis de placer sur la montagne une petite niche abritant une statue du saint. À l'été de 1904 le Frère avait économisé $200.00, et il obtint la permission de bâtir un petit oratoire à flanc de montagne. Le Portier, maintenant âgé de soixante ans, se mit hardiment à l'ouvrage. Il fallut d'abord ouvrir une voie d'accès et acheter les matériaux de base. Les $200.00 ne durèrent pas longtemps, mais de nombreux bienfaiteurs mirent temps et argent à la disposition du saint Frère. Au mois d'octobre de la même année, un petit oratoire, suffisant à peine à contenir un autel et un espace suffisant pour le prêtre et un servant de messe, fut complété. Deux grandes portes s'ouvraient à l'avant, et permettaient aux gens d'assister à la messe de l'extérieur, où deux bancs avaient été installés sur le gazon. Mais bien sûr il était impossible aux pèlerins malades de se réunir là, et ils continuèrent donc d'aller au collège. Les Supérieurs envisagèrent alors de se débarrasser du problème en nommant le Frère au Nouveau-Brunswick, mais le Père Dion (Provincial) et un groupe de Religieux plaidèrent la cause du Frère: «Agrandissez la chapelle et chauffez-la. Les pèlerins l'utiliseront sûrement.» Les autorités du collège autorisèrent alors un groupe de laïcs à se constituer en comité, et à transformer l'oratoire pour qu'il soit accessible toute l'année. Les travaux furent complétés en novembre 1908, et le nouveau bâtiment pouvait maintenant accueillir 200 personnes à l'année longue. En 1909 un autre bâtiment fut construit, abritant un magasin d'objets pieux, un restaurant, un bureau et une salle d'attente pour Frère André et ses malades. À l'été 1910 une sacristie fut ajoutée à l'oratoire, avec une chambre à l'étage. Les Supérieurs nommèrent alors le Frère André Gardien du sanctuaire, et il logea dans la chambrette en question. C'est durant la même année que le Père Clément, professeur au collège, fut assigné comme aide au Frère André; mais le Père perdait rapidement la vue et se désespérait de ne pouvoir plus enseigner. Mais le bon Frère, reconnaissant que le Père était très utile pour calmer les âmes troublées, et bien sûr pour les confessions, ne s'en fit pas outre mesure et se mit à prier. Le lendemain, la vue du Père s'était grandement améliorée, et il put poursuivre son enseignement!


Les pèlerins vinrent au sanctuaire par centaines d'abord, et bientôt par milliers. Le Frère André passait entre huit et dix heures par jour dans son bureau, recevant trente à quarante personnes à l'heure. Au fil des années, il y eut un très grand nombre de guérisons miraculeuses, et les pèlerins exaucés laissèrent dans la chapelle des centaines et des centaines de cannes, béquilles, autres appareils, et plaques de marbre, en guise d'ex-voto. Bien que le décompte exhaustif des guérisons ait été difficile, on a pu néanmoins en consigner 435 pour la seule année 1916!


Le Frère André ne manquait jamais d'encourager et d'aviser ses malades, à une époque où déjà la société évoluait rapidement, et pas souvent pour le mieux. Il avait aussi un bon sens de l'humour, et l'utilisait fréquemment pour donner des petites leçons. Un jour il vit une femme cueillir des pommes vertes des arbres de la communauté. Celle-ci vint le voir plus tard pour être guérie de douleurs à l'estomac. Le Frère lui déclara: «Frottez-vous avec une médaille de Saint Joseph et, bien sûr, cessez de manger des pommes vertes!» À une autre femme se plaignant de ressentir constamment un poids sur la poitrine, il répondit: «Ce n'est sûrement pas votre décolleté qui vous embarrasse. Frottez-vous jusqu'à ce que le tissu s'allonge!» À une autre dame portant une robe un peu courte il demanda: «Ne craignez-vous pas de vous enfarger dans votre robe?» Il est à noter que le Frère, amant de la modestie et de la pureté, n'accepta jamais de toucher les femmes pour les guérir. Cela n'empêcha pas les mauvaises langues d'aller bon train, et de faire circuler rumeurs et calomnies odieuses au sujet du saint Religieux, ce qui causa bien des souffrances à cette âme sensible. Il s'ouvrit un jour à un de ses amis laïcs au sujet de sa peine. Mais ce soi-disant ami tourna le Frère en ridicule, et dévoila ses confidences à tout un chacun. Nouvelle croix pour notre saint! Seule sa dévotion ardente envers la Passion de Notre Seigneur put l'aider à supporter patiemment cette dure épreuve. Cette dévotion l'aidait aussi à gagner des âmes au Christ. Souvent il prenait son crucifix entre les mains, et méditait tout haut, décrivant aux pauvres pécheurs les multiples souffrances du Sauveur. Il soupirait alors, les larmes aux yeux: «Ah! Si seulement on aimait Dieu, si seulement on L'aimait comme Il nous a aimés!»


Durant les vingt dernières années de sa vie, l'œuvre de construction du grand Oratoire St-Joseph devint la dominante de ses pensées et de ses prières. Il entreprit des tournées au Canada et en Nouvelle-Angleterre pour recueillir des aumônes. Lorsqu'il parlait du bon Saint Joseph, et du projet de l'Oratoire, il amassait de nombreux et généreux dons de ses auditeurs. Lentement, mais sûrement, l'édifice de béton s'éleva au flanc du Mont-Royal. Mais vint un jour où les Supérieurs se découragèrent devant l'énormité de la tâche et les coûts croissants. Quant à lui, le bon Frère remarquait: «Je ne verrai pas l'achèvement des travaux à l'Oratoire, mais le projet se complétera. De toutes façons, ce n'est pas mon projet, c'est celui de st Joseph!» En 1931 les travaux arrêtèrent cependant, par manque de fonds, et comme la Grande Dépression débutée en 1929 se poursuivit pendant plusieurs années, le chantier en vint à une halte complète pendant une longue période. Sans toit, la future Basilique ressemblait à une gigantesque dent cassée au flanc de la montagne. En 1936, les autorités de la Congrégation de Sainte Croix se réunirent pour décider si on allait continuer, ou bien arrêter là le projet. Le Frère André les encouragea: «Mettez une statue de Saint Joseph au milieu de l'édifice. S’il veut un toit au-dessus de sa tête, il s'arrangera bien!» Ce que les Supérieurs firent le jour même. Deux mois plus tard, ils avaient reçu suffisamment de dons pour reprendre les travaux.


Bien qu'ayant alors plus de 90 ans, le bon Frère n'en continuait pas moins d'être plein de compassion, et de s'occuper de ses chers malades et de ses pauvres. Mais avec l'âge sa santé, qui avait toujours été faible, déclina rapidement, et notre ami s'épuisa plus rapidement, ce qui le rendit quelque peu irritable et nerveux. À la fin de 1936 il souffrit de gastrite aiguë, et fut transporté à l'hôpital de Saint Laurent. Début janvier 1937 il eut une thrombose et, bien que souffrant beaucoup, il remarqua à un de ses compagnons: «Comme le bon Dieu et bon. Comme Il est beau et puissant. Oui, Il doit être très beau, puisque l'âme, qui n'est qu'un rayon de Sa Beauté est si belle!» Peu après il tomba dans un coma, et les autorités de l'hôpital permirent aux malades d'entrer dans sa chambre. Ils défilèrent un à un autour de son lit, pour y faire une prière et toucher ses mains qui en avaient guéri en si grand nombre.


Finalement, le six janvier 1937, le jour de l'Épiphanie, Frère André Bessette s'éteignit en paix, muni des sacrements de l`Église. Il avait 92 ans. Il fut exposé le même jour à l'Oratoire, et les visiteurs venus lui rendre un dernier hommage affluèrent en masse compacte. Malgré la température hivernale humide et froide, la foule ne cessa de circuler autour de son cercueil, et cela dura pendant une semaine! Parmi les visiteurs il y avait beaucoup de malades, d'aveugles, de boiteux, et le Frère ne les oublia pas, car plusieurs s'en retournèrent chez eux guéris! Les visiteurs vinrent de partout au Canada, mais aussi de divers États américains: Maine, Rhode Island, Massachussets, Connecticut, New Hampshire, et Vermont. En tout et partout c'est environ un million de personnes qui cette semaine-là gravirent la pente du Mont-Royal menant à l'Oratoire St-Joseph, pour voir une dernière fois l'humble Frère de Sainte Croix. Le jour des funérailles, Mgr Limoges, Évêque de Mont-Laurier, officia, et Son Éminence le Cardinal Villeneuve, Archevêque de Québec prononça l'oraison funèbre: «Quelqu'ait été la réputation de vertu de ses enfants, l`Église insiste pour que lors de leurs funérailles des prières soient dites et des supplications faites pour les fautes que la fragilité humaine aurait pu leur faire commettre durant leur vie. Elle nous interdit de la devancer dans le jugement sur l'héroïcité de leur vertu et la certitude de leur entrée au Paradis, car c'est une prérogative qu'elle se réserve. Mais avec tout le respect que l'on doit à Notre Sainte Mère l`Église, nous pouvons dire aujourd'hui que nous célébrons la fête de l'Humilité!»


En juin 1978, le Pape Paul VI déclara le Frère André «Vénérable» et, le 23 mai 1982, le Pape Jean-Paul II le déclara «Bienheureux». Même si aujourd'hui le corps du Frère André repose dans une modeste tombe de granit noir, la puissance de son intercession n'a pas diminué pour autant, au contraire! Sur sa tombe nous pouvons lire les mots «Pauper, Servus, Humilis», c'est-à-dire: «Pauvre, Serviteur, Humble». Et cela résume bien sa vie et son idéal. En effet il a vécu dans toute sa rigueur son vœu de pauvreté: il n'était pas du tout concerné par les richesses, et remettait au service de Dieu toutes les aumônes qu'il recevait. Serviteur, il était aux ordres de tout un chacun, spécialement durant ses années comme Portier du collège, mais aussi dans son service auprès des pauvres, les consolant et priant pour eux. Humble, il l'était sans limite: acceptant humblement les réprimandes de ses supérieurs et collègues, et disant à la ronde qu'il n'était que le «petit chien de Saintt Joseph»! Donnant toujours, il ne demandait rien, et il ne voulait surtout pas que la ferveur des pèlerins le mette sur un piédestal. Il n'est pas étonnant dès lors que des millions de personnes soient venues le visiter durant sa vie et après sa mort, pour recevoir des bienfaits spirituels et matériels. Si nous pouvions imiter le Frère André même un petit peu, nous en profiterions beaucoup. Mais hélas! Notre faiblesse humaine est si grande! Demandons donc au Bienheureux Frère André de nous obtenir la grâce de le suivre dans son imitation du grand Saint Joseph!


Texte extrait du site www.sspx.ca

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Apprenez-nous la confiance dans la prière

Prière à Saint Joseph et au Bienheureux Frère André


Saint Joseph, avec toi, pour toi, nous bénissons le Seigneur. Il t'a choisi entre tous les hommes pour être le chaste époux de Marie, celui qui se tient au seuil du mystère de Sa Maternité Divine et qui, après Elle, l'accueille dans la Foi comme l'Oeuvre du Saint Esprit. Tu as donné à Jésus une paternité liégale en lien avec la lignée de David. Tu as constamment veillé sur la Mère et l'Enfant avec une sollicitude affectueuse, pour assurer leur vie et leur permettre d'accomplir leur destinée. Le Sauveur Jésus a daigné se soumettre à toi, comme un père, durant son enfance et son adolescence, et recevoir de toi l'apprentissage de la vie humaine, pendant que tu partageais sa vie dans l'adoration de son mystère. Tu demeures auprès de Lui, protèges spécialement ce peuple Canadien qui s'est placé sous ton patronage. Aide-le à s'approcher à son tour du mystère du Christ dans les dispositions de Foi, de soumission et d'amour qui ont été les tiennes. Regarde les besoins spirituels et matériels de tous ceux qui recourent à ton intercession, en particulier des familles et des pauvres de toutes pauvretés: par toi, ils sont sûrs de rejoindre le regard maternel de Marie et la main de Jésus qui les secourt.


Et toi, Bienheureux Frère André Bessette, portier du Collège et gardien de cet Oratoire, ouvre à l'Espérance tous ceux qui continuent à solliciter ton aide. Apprends-leur la confiance dans la vertu et la prière et, avec elle, le chemin de la conversion et des Sacrements. Que par toi et par Saint Joseph, Dieu continue à répandre ses bienfaits sur la Congrégation de Sainte Croix, sur tous ceux qui fréquentent cet Oratoire, sur la cité de Montréal, sur le peuple de Québec, sur tout le peuple Canadien et sur l'Eglise entière.


(Prière prononcée par le Vénérable Jean Paul II à l'Oratoire Saint Joseph de Mont Royal, le 10 septembre 1984, extraite du livre « Les prières de Jean Paul II, Ed. Bayard/La Documentation Catholique)


Bienheureux Frère André, Priez Pour Nous!
Bon Saint Joseph, Priez Pour Nous!

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Pour approfondir

Site de l'oratoire Saint Joseph de Mont Royal

www.saint-joseph.org


Site sur le Frère André

http://frere-andre.saint-joseph.org/fr


Congrégation de Sainte Croix

www.cscfrance.org


Pour suivre la Messe de Canonisation du Frère André en direct

Dimanche 17 octobre à 10 h 00, visible en ligne sur le site de la Chaine KTO

www.ktotv.com

13 octobre 2010

Le Mois du Saint Rosaire

Le Mois du Saint Rosaire

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Quatorzième jour

La Flagellation de Jésus-Christ


Jésus et Pilate


Pilate leur parla de nouveau, désirant renvoyer Jésus: « Que voulez-vous donc que je fasse du Roi des Juifs? Que ferai-je donc de Jésus qui est appelé le Christ? » Mais eux redoublaient leurs cris, disant tous: « Qu'Il soit crucifié! Crucifiez-Le, crucifiez-Le! » Et Pilate, pour la troisième fois, leur dit: « Mais quel mal a fait Celui-ci? Je ne trouve aucun cause de mort en Lui. Je le châtierai donc et le renverrai ». Livré à ses ennemis par la trahison de Judas, Jésus est conduit chez Anne, Caïphe, Hérode et Pilate. Le peuple, excité par les Pharisiens et ses chefs, demande à grand cris la mort du Sauveur. Pilate qui le saint Innocent, à recours à divers expédients pour calmer la fureur du peuple, mais il ne fait que l'exciter d'avantage. En condamnant injustement Jésus au supplice barbare de la Flagellation, il ne fera que montrer sa coupable faiblesse, la rage des ennemis de cet Innocent accusé, et la douceur, la patience surhumaine du Doux Agneau qui se laisse conduire à la boucherie sans se plaindre et sans se venger. Gardons-nous de toute injustice, qui nous serait lâchement conseillée par la crainte des hommes.


Exemple


Nous trouvons dans les Annales de la Propagation de la Foi le trait suivant: Un jour, Monseigneur l'Évêque de Castone visitait ses tribus en récitant son Chapelet, lorsque tout à coup il rencontre plusieurs brigands qui se précipitent sur lui en brandissant leurs poignards sur sa tête. « D'où viens-tu, lui dirent-ils? Où vas-tu? Que fais-tu? » Le Saint Évêque leur répondit: « Je viens de France, je vais chercher des âmes, et je prie pour vous », et il leur présenta avec énergie le Chapelet qu'il tenait à la main. Ces furieux se calment aussitôt, et se retirent stupéfaits et étonnés. Quand le Démon vous tente et vous menace, quand il vous assiège par les tentations, récitez le Chapelet, la vue de cette Arme Divine le mettra en fuite.


Prière


Nous Vous offrons, Seigneur Jésus, cette dizaine en l'honneur de Votre sanglante Flagellation; et nous Vous demandons, par ce Mystère et par l'intercession de Notre Dame du Saint Rosaire, la mortification de nos sens.

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Méditation du Mystère de la Flagellation de Jésus-Christ


1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père


A la fin: « Grâces du Mystère de la Flagellation de Jésus-Christ, descendez dans mon âme ».


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12 octobre 2010

Le Mois du Saint Rosaire

Le Mois du Saint Rosaire

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Treizième jour

L'Agonie


La Prière


Et s'étant un peu avancé, Il s'éloigna d'eux à la distance d'un jet de pierre; et s'étant mis à genoux, Il tomba Face contre terre, et Il demandait que, s'il était possible, cette heure s'éloignât de Lui, et Il dit: « Père, toute ces choses Vous sont possibles; éloignez ce calice de Moi; toutefois, non pas ce que Je veux, mais ce que Vous voulez ». Et il vint vers Ses disciples et Il les trouva endormis par suite de leur tristesse. Et Il dit à Pierre: « Simon, tu dors? Et tu n'as pas pu veiller une heure avec Moi? Veillez et priez, afin que vous n'entriez pas en tentation, car l'esprit est prompt, mais la chair est faible ». Il s'en alla de nouveau pour la seconde fois et pria, disant: « Mon Père, si ce calice ne peut s'éloigner de Moi, sans que Je le boive, que Votre Volonté soit faite.... » Et Il pria pour la troisième fois disant les mêmes paroles. Quelle touchante leçon nous donne le Sauveur agonisant! Plus Il souffre, plus Il prie. La prière est donc le plus grand remède et la consolation la plus efficace à nos douleurs. L'humanité de Jésus craint les tourments, mais entre la crainte et l'amour le Cœur du Bon Maître n'hésite plus: Il accepte, Il se soumet et prononce cette admirable prière: « Mon Père, que Votre Volonté soit faite! » Nous pouvons sans doute demander l'éloignement de la souffrance, mais sachons toujours répéter le fiat de la résignation.


Exemple


Saint Hugues, Évêque de Grenoble, éprouvait toujours une satisfaction très grande à réciter et à méditer l'oraison dominicale. Il n'y avait point de jour qu'il ne la dit souvent. Étant tombé malade, il ne fit presque autre chose, pendant toute la nuit, que de la réciter. Le domestique, qui le soignait, lui fit observer que la récitation de cette prière si souvent répétée, pourrait être nuisible à sa santé. « Détrompez-vous, reprit le Saint, la récitation d'une prière si belle ne peut me faire aucun mal: je sens même qu'elle me fait un grand bien. A proportion que je la dis, les forces de mon corps s'augmentent, et mes incommodités diminuent ».


Prière


O Cœur si délicat et si aimant de Marie, qui consoliez le Cœur de Jésus de l'ingratitude et de la méchanceté des hommes, aidez-moi à Lui procurer la juste réparation qu'Il demande à Ses amis.


Méditation du Mystère de l'Agonie de Jésus-Christ


1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père


A la fin: « Grâces du Mystère de l'Agonie de Jésus-Christ, descendez dans mon âme ».

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