Canalblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Images Saintes
Publicité
Archives
Newsletter
Derniers commentaires
Images Saintes
  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
5 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

200_001

Sixième jour

De la dignité du Christianisme

 

I. Hélas ! Que notre aveuglement est déplorable ! Nous nous glorifions des fragiles avantages que le monde nous procure, nous nous enorgueillissons des vains titres de noblesse dont la vanité a décoré notre naissance selon la chair, et nous ne connaissons pas la dignité à laquelle nous sommes élevés comme chrétiens et membres de Jésus-Christ. Par le bienfait de Sa Croix, nous sommes devenus, comme dit Saint Pierre, une race choisie, consacrée par un sacerdoce divin, une nation appelée à la sainteté, dont le chef est le Roi des rois, et dont tous les sujets sont héritiers d’un royaume ; un peuple saint dont Jésus-Christ a fait la conquête au prix de Son Sang, pour le faire passer des ténèbres et la région de la mort dans les splendeurs de sa gloire ; et par une étrange stupidité nous aimons notre esclavage, nous préférons les ténèbres de la mort aux lumières de la vie, desquelles Jésus-Christ nous environne. Toutes nos œuvres, si nous étions animés de son esprit, seraient teintes de Son Sang et ennoblies de ses mérites, et nous étouffons les impressions de cet Esprit Divin pour nous livrer à l’esprit du monde ; et des œuvres que sa grâce devrait diviniser, n’ayant rien de commun avec Lui, deviendraient des œuvres de mort.

II. Nous ne sommes presque pas un moment sans recevoir quelque influence de la vie de Jésus-Christ. Si nous résistons aux tentations, c’est la force de Son Sang qui réside avec nous. Si nous nous purifions par la pénitence, ce sont Ses Plaies qui guérissent les nôtres. Si nous sommes éclairé des lumières célestes, c’est de Son Sang que sortent des rayons de lumière. Si nous réprimons la colère et la vengeance, si nous étouffons nos passions, c’est la mort qui nous fait mourir à nous-mêmes, et qui devient en nous le germe d’une vie céleste et divine. Ne devrions-nous pas nous attacher à Sa Croix, baiser Ses Plaies salutaires, nous y plonger comme dans la source unique de la vie ? Ne devrions-nous pas, à l’exemple de Saint Paul, faire consister notre bonheur à porter dans nos corps la mortification de Jésus-Christ, et nous glorifier de porter dans nos humiliations et nos peines les glorieux stigmates d’une mort qui nous fait triompher tous les jours de la mort du péché ?

III. Jésus-Christ ne s’est pas contenté de nous mériter les grâces qui nous sont nécessaires pour pratiquer les vertus chrétiennes, ni en devenant notre chef, de diviniser nos bonnes œuvres dans sa personne, Il a encore voulu être Lui-même notre modèle ; Il a voulu marcher le premier dans la voie difficile qui doit nous conduire au Ciel. Pour nous encourager à souffrir avec soumission, Il a souffert le premier. Il a été doux et humble de Coeur pour nous apprendre à le devenir. Il a vécu dans la pauvreté pour nous apprendre à mépriser les richesses. Les injures qu’Il a pardonnées, les outrages qu’Il a permis qu’on Lui fit, la mort sanglante qu’Il a bien voulu souffrir, ce sont, autant de leçons éloquentes qu’Il a confirmées par Ses exemples. Pour adoucir l’amertume du calice qu’Il nous présente, Il l’a bu le premier jusqu’à la lie ; le premier Il a pratiqué l’Evangile, afin d’animer Ses Disciples à suivre Ses traces. Ayant des secours si abondant dans Sa Croix et Son Sang, et des encouragements si puissants dans Ses exemples, quelles seront nos excuses, si nous manquons de courage pour imiter notre Divin Modèle et nous conformer à notre chef.

IV. Si quelqu’un veut être Mon disciple, à dit Jésus-Christ, marcher après Moi et Me suivre, il fait qu’il se renonce à lui-même, qu’ll soit prêt à sacrifier ses intérêts les plus chers ; il faut que tous les jours il porte sa croix et qu’il s’y laisse attacher après moi. Ce n’est qu’à ce prix qu’on M’appartient. On ne donne des maîtres illustres et des gouverneurs de grandes conditions qu’aux enfants des princes et des rois ; jugeons de la grandeur de notre conditions par la grandeur de Celui qui, étant de toute éternité dans le sein de Dieu, la splendeur de Sa Gloire et l’Image substantielle de Sa Divinité, a bien voulu se faire homme comme nous, pour être notre Maître et notre modèle.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

232_001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de la Passion dans votre boite mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

Publicité
2 décembre 2017

L’Avent avec Maria Santissima Bambina

133_001

L’Avent avec Maria Santissima Bambina

 

Introduction

 

En 1930, Notre-Seigneur révéla à sœur Lucie, la voyante de Fatima, que le Cœur Immaculé de Marie était très offensé, particulièrement par ceux qui  »cherchent publiquement à mettre dans le cœur des enfants l’indifférence ou le mépris, ou même la haine à l’égard de cette Mère Immaculée ».

Pour réparer ces outrages, découvrons pendant cet Avent la merveilleuse histoire de la Santissima Bambina de Milan. Il y a cent trente ans, cette statue manifestait sa puissance par de nombreux miracles, par des conversions et des guérisons spectaculaires.

Éveillons en notre âme une ardente dévotion pour Marie Enfant et essayons de lui plaire par nos vertus. Réjouissons cette Sainte Petite  »en jetant des bouquets de fleurs sur son berceau, de saints soucis de la bien imiter, des pensées de la servir à jamais, des lis de pureté, des roses d’une ardente charité et des violettes de la très désirable humilité et simplicité. Faisons place à cette sainte Enfant ! Elle n’aime que les lieux approfondis par l’humilité, abaissés par la simplicité, élargis par la charité. »  (Saint François de Sales)

Pendant cet Avent, comme l’a recommandé le pape François, prions pour les pauvres enfants chrétiens qui, en ce moment, sont persécutés et même martyrisés, dans plusieurs pays. Que la Santissima Maria Bambina leur donne force et courage dans leurs souffrances et privations. Qu’Elle comble leur cœur de la vraie joie de Noël, même s’ils sont privés de tous cadeaux  ! Avec les carmélites de Laval, disons :

 

« Ô Marie, étends sur le monde

Ton sceptre aussi puissant que doux ;

Daigne surtout à notre France

Rendre sa foi des anciens jours ;

C’est ton royaume… Que ta clémence

Daigne s’en souvenir toujours ».

 

3 décembre

1er Dimanche de l’Avent

La  fête angevine

 

Un jour de 430, l’évêque d’Angers, saint Maurille, vint rendre visite à ses frères, les moines du mont Glonne. Descendu au pied du coteau pour prier dans la solitude, il se vit tout à coup entouré d’une lumière céleste. La Très Sainte Vierge, tenant en ses bras son Divin Enfant, daignait lui apparaître dans un peuplier. Elle dit à son dévot serviteur que la volonté de Dieu et le bon plaisir de son Fils étaient qu’il établît une fête solennelle du jour de sa sainte naissance, le 8 de septembre.

La « fête angevine », comme on l’appela alors, fut inscrite au calendrier du diocèse. Ce n’est que deux siècles plus tard qu’elle se répandit, après une nouvelle manifestation du Ciel.

À l’école de notre Père, désirons être  » enfant de Marie dans toutes les minutes, toutes les secondes de notre existence. Enfant de Marie, cela remplit une vie, c’est un chemin d’accès facile à Dieu. C’est un moyen sûr de devenir frères de Jésus et dévots du Cœur Immaculé ». 

Je vous salue, Aimable Enfant, très chère Souveraine, Cœur de mon cœur, ma joie et mon amour  !

 

Lundi 4 décembre

À Rome

 

Au septième siècle, un pieux catholique avait, tous les 8 septembre, la vision de l’extraordinaire allégresse des anges au Ciel. Il osa demander avec grande révérence pourquoi cette grâce lui était accordée ce jour-là et non un autre. Dieu lui révéla que cette date marquait l’anniversaire de la naissance de sa Très Sainte Mère, et il le chargea de le faire connaître à son Église.

Le saint homme en informa le pape Serge Ier qui introduisit la fête au calendrier romain. Désirant qu’elle soit solennellement célébrée à Rome, il prescrivit une procession aux flambeaux. Le 7 septembre, le clergé et les fidèles se réunirent à l’église Saint-Adrien, puis le cortège s’ébranla au chant des litanies. Arrivé au seuil de la basilique Sainte-Marie-Majeure, le Souverain Pontife, qui avait parcouru pieds nus une partie de la procession, se déchaussa à nouveau, puis pénétra dans le sanctuaire tandis qu’on entonnait le Te Deum. On lava les pieds du Saint-Père qui se prépara à célébrer le Saint-Sacrifice de la messe.

En l’honneur de l’Immaculée récitons notre chapelet pour notre le pape François, afin qu’à l’exemple de Saint Serge Ier, il obéisse humblement aux demandes du Cœur Immaculé de Marie, à Fatima.

Ô Marie Enfant, je vous consacre mon cœur et vous recommande ma Patrie, le Pape et l’Église.

 

Mardi 5 décembre

Le Père Olier

 

Le Père Olier, très dévot envers Notre-Dame, encourageait ses dirigés à honorer la naissance de Marie  :

« Pour entrer dans cette dévotion, vous pourriez avoir chez vous un oratoire où vous mettriez, non une crèche, comme on fait au temps de la Nativité de Notre-Seigneur, mais un petit berceau dans lequel serait la Très Sainte Vierge nouvellement née, ayant d’un côté sainte Anne, de l’autre saint Joachim ; sa couche serait environnée d’anges, dans l’expression du respect, de la joie, de l’admiration.

Vous iriez là tous les jours, rendre vos devoirs à Marie Enfant. Il me semble que c’est une bien douce visite que celle que l’on peut faire en esprit à sainte Anne et à saint Joachim pour leur demander l’entrée de leur sainte demeure et l’accès au berceau de leur sainte Enfant, dont ils sont les gardiens et les anges visibles.

Après les avoir salués, on ira se mettre à genoux auprès du berceau ; on s’unira aux saints anges pour respecter et louer avec eux les grandeurs inconnues de Marie et prendre part à tous les respects et les sentiments amoureux qu’ils offrent à ce chef-d’œuvre de l’amour et de la sagesse divine ».

En bon enfant de Marie, mettons notre âme, notre corps et toute notre vie sous la garde de l’Immaculée.

Charmante Petite Marie, faites-moi la grâce de ne jamais ternir la robe d’innocence de mon baptême.

 

Mercredi 6 décembre

La Statue de cire

 

En 1653, le Père Olier recommanda à l’une de ses pénitentes de dessiner la Vierge Marie, selon ses indications, c’est-à-dire comme un nouveau-né. Cette esquisse parvint, on ne sait comment, chez les franciscaines de Todi, en Italie. S’inspirant du dessin qu’elle avait sous les yeux, la supérieure, mère Isabella Chiara Fornari, modela une très belle statue en cire de la Vierge Enfant.

Tous les monastères voulurent dès lors posséder ce trésor et l’on en fit des copies. Les capucines de Milan ne se contentèrent pas d’une reproduction  ; elles demandèrent l’originale… qu’elles obtinrent  ! Lorsque l’évêque la leur apporta, en 1739, les Milanais se pressèrent aux pieds de la Vierge Enfant. Tous voulaient prier la très douce Petite Marie, la Madonnina.

En 1782, le très anticlérical Joseph II promulgua une loi de suppression des monastères. Les capucines se dispersèrent. Treize d’entre elles trouvèrent refuge dans l’ancien couvent des augustines, emportant la Céleste Petite.

Soyons reconnaissants envers nos parents de nous avoir inculqué l’amour de la Vierge Marie, nous qui sommes ses enfants. N’oublions pas tous ceux qui outragent son Cœur Immaculé et prions pour eux.

Ô très pure Petite Enfant Marie, éclatante de blancheur, je vous demande pardon pour tous ceux qui ne vous aiment pas.

 

Jeudi 7 décembre

Marie en grand chagrin

 

En 1810, une loi de Napoléon contraignit de nouveau les religieuses à se cacher. Nos capucines se réfugièrent chez les chanoinesses du Latran, à Milan. Par prudence, sœur Barbara Viazzoli, qui avait la garde de la statue, la confia à don Louis Bosisio, curé de San Marco, à condition de la remettre dès que possible à quelque ordre religieux. Le respectable ecclésiastique, tout heureux de posséder la ravissante Madone, n’eut pas le courage de s’en séparer. Longtemps après, se sentant proche de sa fin, il constitua héritières de son trésor les sœurs de la Charité, chargées à Milan du soin des malades.

Impossible de décrire la joie des religieuses  ! Leur fondatrice, animée d’une ardente dévotion pour la Vierge Marie Enfant, avait précisément inculqué à ses filles une spiritualité toute d’abandon, de simplicité, d’enfance spirituelle.

Sur les entrefaites, la communauté déménagea et s’installa, le 24 avril 1876, via Santa Sofia avec l’intention de mettre à l’honneur l’aimable Petite Marie. Hélas  ! les autorités ecclésiastiques les en empêchèrent  : ce culte ne devait pas s’étendre hors de la communauté.

La Sainte Petite manifesta aussitôt sa peine : son visage, auparavant si beau, devint jaunâtre et perdit tous ses charmes. Dès lors, les sœurs rangèrent la statue de cire dans sa petite caisse, ne l’exposant plus que le 8 septembre, uniquement sur l’autel du noviciat. Le reste de l’année, la très humble Enfant était laissée dans un complet oubli. Dieu le permettait ainsi pour lui rendre dans la suite un honneur plus éclatant…

Enfants de Marie, veillons à ne pas contrister notre Sainte Mère par notre orgueil et notre mauvais caractère. Au contraire, cherchons à faire plaisir à nos proches.

Ô Céleste Enfant, tournez vers nous vos regards remplis de douceur et de bonté.

 

Vendredi 8 décembre

Immaculée Conception

Honneur à Marie Enfant

 

La Santissima Bambina a la taille d’un nouveau-né (52 cm). Ce petit bébé qui paraît si faible est la Vierge Immaculée. Préservée du péché originel, elle « écrase la tête de l’antique serpent » de son pied virginal et, « seule, elle extermine les hérésies dans le monde entier ». Prédestinée de toute éternité pour devenir mère du Fils de Dieu, elle est revêtue de gloire, de puissance au Ciel, et médiatrice de toutes grâces pour la terre.

C’est pourquoi cette divine Enfant sait consoler les pèlerins qui se pressent plus nombreux que jamais auprès d’elle. Son visage tout de grâce et de douceur les attire.

Les sœurs l’avaient parée de riches vêtements  : des langes en soie blanche garnis de dentelles de prix, un riche bonnet de rubans et de dentelles, une bavette tout en perles fines. Quatre rubans d’or ornés de diamants, turquoises et rubis offerts par les fidèles retenaient les langes. L’auréole, d’un travail fort délicat, était formée d’étoiles en diamant tandis que le nœud retenant le bas du maillot était en filigrane d’or.

En cette fête solennelle de l’Immaculée Conception, adressons-nous souvent à la bien-aimée Petite Marie :

« Je vous salue, ô Céleste Petite, Colombe immaculée qui écrasez la tête du dragon infernal  ! De toute impureté, je vous prie, gardez mon corps ».

 

Samedi 9 décembre

Prodige !

 

Un tel miracle réveilla la ferveur de la communauté envers la très sainte Petite Marie. C’était la preuve que Notre-Dame voulait que cette dévotion privée devienne publique. On ne craignit donc plus de l’offrir de nouveau à la vénération des fidèles.

Un mois après, sœur Giuseppa et sœur Crocifissa étaient guéries miraculeusement. Au début de l’année 1885, la communauté priait la céleste Enfant pour une sœur à l’agonie lorsque, soudain, la moribonde se releva pleine de vie !

Quelques jours après, la douce Enfant signalait encore sa puissance en guérissant à la fois l’âme et le corps d’une pauvre jeune fille. La nouvelle de ces prodiges se répandit et suscita l’enthousiasme. C’est alors que, le 16 janvier suivant, la communauté constata que le visage de la céleste Petite avait repris sa couleur et sa beauté originelles. Il avait retrouvé le teint rose et frais d’un visage d’enfant !

Enfant de Marie, je me préparerai toute la journée à célébrer demain la fête de son Immaculée Conception.

« Demain, souvenez-vous, dès le matin tôt, dans votre cœur et sur vos lèvres, de saluer la Vierge et de lui dire : « Bon anniversaire ! » Et de lui dire un « Je vous salue Marie » qui vienne du cœur. Rappelez-vous-le bien ! » (pape François)

 

img425

 

Téléchargez le texte de ces méditations (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque semaine les méditations de l’Avent avec Maria Santissima Bambina

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

5 avril 2017

2017 Année du centenaire de la fondation de la Mission de l'Immaculée (1)

2017, année du Centenaire de la fondation de la Mission de l'Immaculée

 

Première partie: La Mission de l'Immaculée et Fatima

 

our-lady-of-fatima-icon-916

 

Le dimanche 13 mai 1917, trois enfants gardent leurs brebis sur les collines de Fatima. La petite ville de Fatima de 10.000 habitants se trouve dans la partie ouest centre du Portugal, dans la région de Leiria. Elle est à environ 110 kilomètres au nord de Lisbonne. Elle se trouve dans le district de Santarem. Fatima est une paroisse de la municipalité d’Ourem. Lucie, âgée de 10 ans et ses cousins François et Jacinthe âgés respectivement de le 9 et 7 ans sont les heureux choisis de la Vierge. Notre Dame du Rosaire apparaîtra six fois en 1917, aux petits pastoureaux. Ils étaient des enfants ordinaires, qui ont pris part à un événement extraordinaire. Le jour de la dernière apparition : 13 Octobre 1917, environ 70.000 personnes se sont rassemblées sous la pluie battante parce que Notre Sainte Mère a promis aux enfants un miracle. Celui-ci devait avoir lieu comme un signe de la véracité de ses messages pour eux. Lors de l'apparition, la pluie s'est arrêtée et les nuages se séparèrent. Les spectateurs purent voir : le soleil sans aucune gêne, le tourbillon du soleil et la danse. Avant le Miracle du Soleil, les spectateurs étaient trempés par la pluie. Après, ils étaient complètement secs. Au cours de chacune des apparitions, Notre-Dame parla aux enfants de l'importance de la prière et de la pénitence, surtout pendant les périodes troublées.

Aujourd'hui, les mots de Notre-Dame semblent toujours particulièrement d’actualité en cette année du centenaire des apparitions qui va débuter le 13 mai 2017.

 

9cb7d78a715c792cefb59c075a6249f0

 

Les apparitions de Notre-Dame à Fatima et la fondation de la Mission de l’Immaculée

 

Après les réflexions sur “Le Père Maximilien Kolbe et les oeuvres de miséricorde corporelles et spirituelles”, il reste juste à ouvrir la Porte de notre coeur dans le quotidien pour faire entrer le Seigneur, afin qu’il prenne possession de notre vie et qu’il transforme les lieux où nous vivons et où nous témoignons de Sa Parole. Dieu n’arrête pas de nous étonner avec le don de sa grâce : cette année, nous célébrons le centenaire des apparitions de Notre-Dame à Fatima, qui a commencé le 27 novembre dernier et qui connaîtra son sommet lors de la visite du Pape les 12 et 13 mai 2017 (anniversaire de la première apparition). La Mission de l’Immaculée fête aussi un centenaire : celui de sa fondation par Saint Maximilien Kolbe (le 16 octobre 1917).

Les deux événements s’entrecroisent et se lient, même s’il n’y a pas de preuves directes de leur influence réciproque. En effet, Maximilien Kolbe ne fait jamais allusion aux apparitions à Fatima dans ses Ecrits, et soeur Lucie ne parle pas du franciscain polonais dans ses Mémoires. On peut, tout de même, voir des liens entre les deux réalités. Ce sera l’objet de nos réflexions mensuelles, à la lumière de la Parole de Dieu.

fa38o52n7tp4tecrh0tluu2nrxhjjfmef4d67wqjac


Un grand signe


Saint Jean, dans l’Apocalypse, décrit : « Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles.” (Ap 12,1). Le soleil pour manteau peut signifier son appartenance au Christ. Le bienheureux Paul VI, le 13 mai 1967, au cinquantième anniversaire de la première apparition de la Mère de Dieu à Fatima, a donné à l’Eglise Universelle l’Exhortation apostolique “Signum magnum”. Voici ses paroles : “Le signe grandiose que saint Jean vit dans le ciel : une femme enveloppée de soleil, la liturgie l'interprète, non sans fondement, comme se rapportant à la très sainte Vierge Marie, Mère de tous les hommes par la grâce du Christ rédempteur.” Nous pouvons dire que Marie apparaît à Fatima comme la lumière du matin qui annonce le vrai Soleil qu’est Jésus Christ.

L’apparition de Fatima est un message adressé par Dieu à l’humanité entière à travers Marie. Avec sa foi, l’Immaculée a éclairé les ténèbres du Vendredi Saint et du Samedi Saint. Maintenant, elle vient à nous comme l’Etoile qui indique à l’homme d’aujourd’hui, esclave de son vide, mais plus que jamais assoiffé de Vérité et d’Amour, la vie qui conduit à Dieu, le seul, l’unique et le vrai bien.

Le 13 mai 1917, les enfants étaient à la Cova da Iria pour mener leurs brebis dans les pâturages quand, sur un petit arbre, Notre-Dame apparut plus étincelante que le soleil. Elle les rassura en disant : “N’ayez pas peur, je ne vous ferai pas de mal”. Elle les invita à dépasser la peur. La motivation est simple et profonde : la Dame vient révéler le Visage de Dieu qui a le visage de l’amour gratuit. Devant son Amour, il n’y a de place pour aucune angoisse. Dieu, dans le Christ, s’est rendu solidaire de chaque situation humaine en nous révélant que nous ne sommes pas seuls, car nous avons un Père qui ne peut oublier ses enfants. «Ne crains pas, car je suis avec toi» (Is 43,5) : c’est le mot consolant d’un Dieu qui, depuis toujours, s’implique dans l’histoire de son peuple. Naît ainsi une bonne nouvelle, accessible à tous, même dans le lieu où la vie connaît l’amertume de l’échec.Pendant la deuxième apparition, les enfants demandent : “Que voulez-vous ?” La Dame leur demande de prier, les rendant conscients de ce qui attendait l’humanité si cette dernière avait continué à s’éloigner de Dieu.

Pourquoi la Vierge apparaît-elle aux enfants ? Il y a la guerre, les adultes sont loin et les enfants sont une force de travail. Les enfants ne sont pas faits pour les projets meurtriers que la société offre ni pour une société en guerre. Le Portugal, à l’époque des apparitions, vit une crise sociale et culturelle très forte parce que c’est un moment d’instabilité politique, un moment de passage caractérisé par la “répression anti-chrétienne”, expression employée par des chercheurs portugais. Dans cette atmosphère, font irruption les apparitions de Fatima qui, avec leur message, jettent une lumière de foi et d’espérance sur les tristes événements du siècle dernier. Rappelons que le 20ème siècle est l’un des siècles les plus dramatiques de l’histoire de l’humanité, car il y a eu 187 millions de morts, selon le calcul des historiens. Les stations les plus dramatiques du Chemin de Croix ont été le génocide arménien, la répression mexicaine, la persécution espagnole, les massacres nazis, la destruction communiste, deux guerres mondiales et une bombe atomique.

 

100_001


La Mission de l’Immaculée


En Italie, au cours de la même période, en 1917, naît la Mission de l’Immaculée. L’Association mariale représente la réponse de Maximilien Kolbe et de ses compagnons à la dramatique situation sociale, politique, économique et religieuse du moment. Dans le monde, il y a trois plaies : la guerre, la franc-maçonnerie et le communisme. Le père Kolbe propose la M.I. surtout comme un antidote à la dévastation morale des stratégies sournoises de la franc-maçonnerie italienne et européenne. Face au mal, Maximilien comprend qu’il y a un remède : Marie, l’Immaculée. Il fonde un grand mouvement ecclésial de spiritualité mariale et missionnaire auquel il donne le nom de “Militia”, nom qui évoque son combat pour le bien, pas pour écraser. C’est pourquoi le père Kolbe dira : “On ne peut pas se permettre le luxe de se reposer mais, par l’amour, on doit conquérir tous les hommes pour les conduire à Dieu à travers Marie. “Militia Immaculatae, Mission de l’Immaculée, parce que la consécration à l’Immaculée en est le centre, l’essence”. Maximilien Kolbe brille dans la grande obscurité où vit l’humanité de son temps. (Angela Esposito, mipk).

 

A suivre...

Logo-FR

Prière pour l'Année du Centenaire de de la Mission de l'Immaculée

 

Entre tes mains, ô Vierge Immaculée !

 

Soyez louée, Vierge Immaculée !

Vous avez été la lumière et l'âme de la Mission de l'Immaculée

Pendant les cent premières années de son existence.

Afin de pouvoir suivre fidèlement le Christ, comme saint Maximilien,

Nous avons contemplé vos magnifiques vertus.

En vous, nous avons trouvé la force d'aimer et nous avons apporté en tous lieux l'Amour de votre Fils. Vous êtes toujours notre consolation dans les épreuves de nos vies. Vous êtes notre lumière dans notre œuvre d'évangélisation.

Vous êtes notre force dans notre chemin de foi,

et notre communion avec le Seigneur, nous qui sommes ses disciples.

Entre vos mains, nous remettons aujourd'hui, à nouveau, le don de la Mission de l'Immaculée,

présente dans le monde entier, afin qu'elle puisse apporte à plus grand nombre d'âmes l'amour du Seigneur et la beauté de votre présence compatissante et maternelle.

Que notre apostolat missionnaire rayonne à nos frères et sœurs la miséricorde de Dieu et reflète également de votre tendresse envers chaque personne.

Nous nous laisserons conduire par vous, très douce Mère, certains qu'avec votre protection, nous vivrons selon la volonté de Dieu.

Nous nous laisserons donc conduire par vous, ô très douce Mère,

car, avec votre protection, nous avons le certitude que nous vivrons selon la volonté de Dieu.

Que l'année du centenaire de la Mission de l'Immaculée nous stimule afin que nous devenions des apôtres vaillants du Royaume de Dieu et pour que nous puissions expérimenter votre présence maternelle dans notre mission ecclésiale.

Ô Immaculée, nous nous laissons conduire par vous ! Amen.

 

IMG_0608_tuz (2)

 Prière de l'année Jubilaire de Fatima

 

Salut, ô Mère du Seigneur, Vierge Marie, Reine du Rosaire de Fatima ! Tu es bénie entre toutes les femmes, tu es l’image de l’Église revêtue de la lumière pascale, tu es l’honneur de notre peuple, tu es le triomphe sur l’empreinte du mal. Prophétie de l’Amour miséricordieux du Père, Éducatrice de l’Annonce de la Bonne Nouvelle du Fils, Signe du feu ardent de l’Esprit Saint, enseigne-nous, dans cette vallée de joies et de douleurs, les vérités éternelles que le Père révèle aux tout-petits. Montre-nous la force de ton manteau protecteur. Dans ton Cœur Immaculé sois le refuge des pécheurs et le chemin qui conduit jusqu’à Dieu. Uni(e) à mes frères, dans la foi, l’espérance et l’amour, à toi je me confie. Uni (eà à mes frères, par ton intercession, je me consacre à Dieu, ô Vierge du Rosaire de Fatima. Et enfin, enveloppé (e) dans la lumière qui jaillit de tes mains, je rendrai gloire au Seigneur pour les siècles des siècles. Amen.

 

img001

Téléchargez le texte de ces prières (pdf) en cliquant ici

16 août 2016

Chapelet pour le salut des âmes

icône-de-la-miséricorde1

 Chapelet pour le salut des âmes

5000 âmes sont sauvées chaque fois que vous récitez ce chapelet

Jésus: «Je vous donne un nouveau chapelet pour prier pour les temps que vous vivez, pour le salut de la famille et pour les âmes».

Un nouveau Chapelet du Sacré-Cœur de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie, enseigné par Jésus-Christ, le 18 Février 1998

(Extrait de «Messages du ciel» traduits par le Père Adolf Faroni – Notre Seigneur et Notre Dame parlent au monde à Tina du Saint-Sacrement)

Nihil obstat: 13-VIII-98 Mgr. JC Abriol – Vic. gén. du diocèse de Manille

Notre Seigneur a dit à Tina qu’il faut dire ce chapelet tous les jours et à chaque fois qu’il est récité, 5.000 âmes sont sauvées jusqu’à quatre générations à venir. Cette prière est autant valable qu’un exorcisme parce que la puissance des deux cœurs est si forte qu’elle fera fuir le mal.

1149193_525656060851482_500145873_o

Comment dire ce Chapelet

 

Credo,

Notre Père,

3 Je vous salue Marie

Gloire au Père

Sur les gros grains : Père éternel, je vous offre le Sacré-Cœur de Jésus et le Cœur Immaculé de Marie pour le salut de nos âmes, de nos familles et du monde entier.

Sur chacun des 10 petits grains : Sacré-Cœur de Jésus, aie pitié de nous - Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous.

3 Gloire au Père

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

annee_sainte2016_livret_icone_couv

Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

Remerciements à Fabienne qui m'a autorisé et laissé libre champ pour propager ce petit chapelet qui est très efficace...

Pour recevoir le nombre de copies que vous désirez de ce chapelet, merci d’en faire la demande à catholique.magazine@laposte.net  ou encore appelez le 04.67.62.14.64

14 novembre 2016

Mois des Âmes du Purgatoire

Mois des Âmes du Purgatoire

596_001

Les voix du Purgatoire

Petit mois des morts à l'usage des fidèles

 

Par un tertiaire de Saint François

 

« Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous au moins qui êtes mes amis »

 

Prière pour tous les défunts

A réciter chaque jour

 

Dieu tout-puissant, en présence des terribles rigueurs de votre justice, nous nous humilions. Oui, chaque coup que vous frappez est bien mérité ; nous avons tous péché contre vous, et les flammes du Purgatoire sont bien peu de chose pour compenser l'injure que nous vous avons faite. Mais, Seigneur, dans votre divin Cœur, il y a un océan de miséricorde. Nous nous jetons à vos genoux, et nous vous présentons les souffrances et la mort de notre Sauveur crucifié, votre Fils ; l'amour et les douleurs de Marie, sa mère et la nôtre ; la sainteté, les pénitences de tous les saints du ciel, et, en particulier, de saint Joseph, de sainte Anne et de saint François d'Assise, ainsi que les prières, les sacrifices et les souffrances de toute l'Eglise militante ; nous vous conjurons d'avoir pitié des pauvres âmes du purgatoire ; délivrez-les toutes de leurs peines, du moins allégez leurs souffrances, et qu'au plus tôt elles s'élèvent au ciel pour chanter vos louanges et prier pour nous, pauvres pécheurs, sur la terre. Ainsi soit-il.

 

De Profundis

 

Du fond de l'abîme j'ai crié vers vous, Seigneur :

Seigneur, écoutez ma voix.

Que vos oreilles soient attentives à la voix de ma prière.

Si vous exigez, Seigneur, un compte sévère de nos iniquités,

qui pourra Seigneur, subsister devant vous ?

Vous aimez à pardonner ; aussi, à cause de votre loi,

j'ai attendu, Seigneur, votre secours.

Mon âme l'a attendu sur votre parole,

mon âme a espéré dans le Seigneur.

Depuis le matin jusqu'au soir,

qu'Israël espère dans le Seigneur.

Car dans le Seigneur est la miséricorde

et une abondante Rédemption.

Et il rachètera Israël de toutes ses iniquités,

 

V, Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.

R. Et que la lumière éternelle luise sur eux.

 

V, Seigneur, exaucez ma prière.

R. Et que mes cris s'élèvent jusqu'à vous.

 

Prions

 

O Dieu, Créateur et Rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leur péchés ; afin par que nos très humbles supplications, elles obtiennent le pardon qu'elles ont toujours désiré. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Seigneur, nous vous en supplions : secourez vos serviteurs, que vous avez rachetés par votre précieux sang.

 

V. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.

R. Et que la lumière éternelle luise sur eux.

V. Qu'ils reposent en paix.

R. Ainsi soit-il.

 

5 Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père.

 

Offrande à faire tous les jours

 

Je Vous offre, ô mon Dieu, tout ce que j'ai fait ou ferai et tout ce que j'ai obtenu ou obtiendrais, aujourd'hui de mérites devant Vous, pour le soulagement des âmes du purgatoire, particulièrement aux intentions de ce jour.

 

Acte héroïque

 

O Marie, Mère de miséricorde, je mets entre vos mains, en faveur des saintes âmes du Purgatoire, l'entier abandon de mes œuvres satisfactoires pendant ma vie et des suffrages qui me seront appliqués après ma mort, ne me réservant que la compassion du Cœur de Jésus et la vôtre. Ainsi soit-il.

 

mediafile-3GZomYT3Aio-1

Quinzième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leur avarice

 

Voix du Purgatoire — Nous avons voulu amasser des trésors sur la terre... Que sont devenus tous ces biens ! Hélas ! Nous n'avons rien. Toutes ces richesses nous sont inutiles, et nous expions maintenant nos désirs déréglés, et notre attachement trop vif à ces choses périssables. Que n'avons-nous plutôt amassé des mérites devant Dieu par notre charité et par la pénitence !

 

Prière

 

Vous nous avez vous-même, ô Seigneur, enseigné la sainte pauvreté. Pourquoi les hommes ne suivent-ils pas votre exemple ? Pardonnez à notre ignorance et à notre faiblesse. Puisez dans les richesses de votre Cœur les consolations si nécessaires aux âmes qui souffrent dans le Purgatoire, pour avoir trop aimé les biens de la terre, et faites nous comprendre qu'une seule chose est nécessaire ici-bas : le salut de notre âme. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Seizième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leurs péchés contre la pureté

 

Voix du Purgatoire — Chair que nous avons trop aimée, pour laquelle nous avons sacrifié tant de fois la vertu, l'honneur et le devoir, combien tes plaisirs sont insensés ! Pour toutes nos sensualités nous souffrons éternellement dans un feu allumé par la colère divine. Oh ! qu'il faut payer cher au Purgatoire les jouissances de quelques instants sur la terre !...

 

Prière

 

Dieu de clémence, nous sommes saisis de crainte à la vue de la multiplicité de nos péchés. Pardonnez à la faiblesse de notre chair. Que le souvenir de la pureté de Marie, la Vierge immaculée, de tant de saints et de saintes qui sont avec vous au Ciel, et de tant d'autres encore sur la terre, obtienne le pardon des âmes qui n'ont pas su conserver intact leur corps, temple du Saint-Esprit. Pardonnez-leur. Seigneur, et que, purifiées, elles prennent place au milieu des âmes pures des bienheureux. Ainsi soit- il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Dix-septième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leur gourmandise et de leur ivrognerie

 

Voix du Purgatoire — Nous avons étés créés à l'image de Dieu, avec une âme raisonnable et immortelle. Et, misérables, nous nous sommes vautrées dans la fange. Le Dieu de miséricorde nous a pardonnés, sans doute, mais qu'elle est terrible la peine que nous avons encourue par nos fautes ! Maintenant notre âme est aride comme une terre sans eau, Ayez pitié de nous !

 

Prière

 

Mon Sauveur, qui sur la croix avez souffert d'une soif brûlante, en souvenir de ce cruel tourment et de cette ironie amère qui porta vos bourreaux à vous présenter du fiel et du vinaigre, jetez un regard de compassion sur les âmes qui souffrent dans le Purgatoire à cause de leurs excès dans le boire et le manger, et, appelez-les sans délai au partage de la vie éternelle. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Dix-huitième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leurs médisances et de leurs calomnies

 

Voix du Purgatoire — Âmes généreuses auxquelles nous avons ravi, dans notre fureur insensée, l'honneur et l'amour d'un époux, d'un parent ou d'un ami. Ah ! nous nous sommes fait un plus grand tort à nous-mêmes. Nous voici dans un lieu d'horribles souffrances, pour expier tous les péchés de notre langue. Secourez-nous par vos prières, afin que nous voyions bientôt les clartés du ciel.

 

Prière

 

Pardonnant sincèrement à tous ceux qui nous ont fait quelques torts par médisance et par calomnie, nous vous en supplions, Dieu de vérité et d'amour, pardonnez-leur aussi, et retirez-les du lieu de supplices où elles expient ces fautes, et faites les immédiatement jouir de l'éternité bienheureuse. Ainsi soit- il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Dix-neuvième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leurs blasphèmes

 

Voix du Purgatoire — Dieu nous avait donné une langue pour le bénir, pour célébrer ses louanges, et le remercier de ses bienfaits. Malheureux, nous n'avons su nous en servir que pour l'insulter dans son Nom divin, dans sa sainte Mère, dans ses sacrements, dans tout ce qu'il aimait. Nous avons fait le malheur des nôtres et de notre pays, et nous nous sommes plongés dans un abîme de maux. Implorez pour nous la bonté de ce Dieu que nous n'avons pas même su respecter.

 

Prière

 

Dans votre juste colère. Seigneur, vous avez frappé l'audacieux qui s'est élevé contre vous ; vous l'avez puni de son crime, mais votre miséricorde lui a déjà pardonné, et vous ne l'avez pas perdu à jamais. Continuez à étendre sur lui votre clémence, et remettez lui sa peine pour qu'il puisse monter au ciel y chanter vos louanges. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Vingtième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leur paresse

 

Voix du Purgatoire — Nos jours se sont passés dans la mollesse. Nous avons négligé nos devoirs envers nos familles, envers notre prochain et envers Dieu. Nous avons perdu notre temps, nous avons été sans force pour repousser le mal, sans énergie pour pratiquer le bien. Ah ! maintenant, que notre travail est pénible ! La Justice divine nous presse constamment, et c'est sous des sueurs brûlantes que nous expions notre paresse d'autrefois.

 

Prière

 

Le premier homme, ô mon Dieu, fut condamné pour un péché, à gagner son pain à la sueur de son front. Ce fut donc par le travail qu'il devait mériter son pardon. Le travail fut plus tard sanctifié par l'Enfant-Jésus. En souvenir des travaux de votre divin Fils, nous vous supplions de pardonner à ceux qui souffrent dans le purgatoire à cause de leur paresse sur la terre. Ouvrez-leur la porte du ciel, afin qu'ils puissent pendant toute l'éternité travailler à votre gloire. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Vingt-et unième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leur colère

 

Voix du Purgatoire — Hélas ! Que de fois sur la terre nous avons commis des injustices, prononcé des paroles haineuses et blessantes, et fait des actes détestables de violence. C'est pour cela qu'aujourd'hui Dieu nous a plongés dans les plus profondes humiliations et dans les plus grands malheurs. Vous qui, peut-être, avez été victimes de nos violents excès, pardonnez-nous et priez pour nous.

 

Prière

 

O Jésus, qui dans votre douloureuse passion avez montré tant de douceur, ayez pitié de ceux qui souffrent dans le Purgatoire à cause de leur colère. Ces âmes sont dignes de pitié, car, bien souvent elles ont été leur victime, et n'ont pu trouver aucune jouissance même dans leurs passions. Pardonnez-leur et attirez-les au ciel près de vous. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Téléchargez les méditations de cette semaine (pdf) en cliquant ici

145_001

Pour recevoir chaque semaine du mois de novembre les méditations du Mois des Âmes du Purgatoire,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

Publicité
31 octobre 2016

Mois des Âmes du Purgatoire

Mois des Âmes du Purgatoire

775_001

Les voix du Purgatoire

Petit mois des morts à l'usage des fidèles

Par un tertiaire de Saint François

 

« Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous au moins qui êtes mes amis »

 

Permis d'imprimer

Montréal, 20 octobre 1890

L. D. A. Maréchal, V.G.

 

Aux âmes compatissantes

 

Que dirai-je pour toucher vos cœurs ? Venez avec moi dans ce lieu terrible où nos parents, nos frères, nos amis expient si cruellement leurs fautes sous le fouet de la terrible justice de Dieu. Voyez-les enveloppés de flammes, tristes et gémissants. Leurs plaintes déchirantes feraient sécher de frayeur toute créature humaine qui les entendrait. Mais à travers tant d'horreurs et de souffrances, ces pauvres âmes n'ont pas perdu l'espérance.

Hélas ! Pauvre âme, offrez donc vos douleurs à Dieu. Il est si bon qu'il vous pardonnera. Nous ne pouvons rien pour nous, s'écrie-t-elle ; mais vous, mon époux, mon frère, mon ami, vous pouvez beaucoup ; la moindre prière, la moindre bonne œuvre faite pour nous, nous apporte un grand soulagement dans nos peines, ah ! ayez pitié de nous. Au Ciel nous prierons pour vous, et un jour, alors que vous-même souffrirez dans cet horrible lieu, à notre tour nous vous soulagerons ; ne restez pas insensible à nos souffrances. Nous aimons tant Dieu, nous brûlons d'un si grand désir d'être unis à Lui ; vous qui l'aimez aussi, par amour pour Lui, soulagez-nous.

C'est pour vous, chrétiens au cœur sensible, que nous avons préparé ce mois des morts. Faites-le. bien, et il suffira pour soulager considérablement ces saintes âmes. N'oubliez pas qu'au moyen des Sacrements, de la sainte messe, des prières, des bonnes œuvres et des indulgences vous pouvez non seulement soulager, mais délivrer les âmes du purgatoire : et qu'en faisant cela, vous faites l'œuvre la plus agréable à Dieu, et vous abrégez les jours de votre propre purgatoire.

 

mediafile-3GZomYT3Aio-1

Prière pour tous les défunts

A réciter chaque jour

 

Dieu tout-puissant, en présence des terribles rigueurs de votre justice, nous nous humilions. Oui, chaque coup que vous frappez est bien mérité ; nous avons tous péché contre vous, et les flammes du Purgatoire sont bien peu de chose pour compenser l'injure que nous vous avons faite. Mais, Seigneur, dans votre divin Cœur, il y a un océan de miséricorde. Nous nous jetons à vos genoux, et nous vous présentons les souffrances et la mort de notre Sauveur crucifié, votre Fils ; l'amour et les douleurs de Marie, sa mère et la nôtre ; la sainteté, les pénitences de tous les saints du ciel, et, en particulier, de saint Joseph, de sainte Anne et de saint François d'Assise, ainsi que les prières, les sacrifices et les souffrances de toute l'Eglise militante ; nous vous conjurons d'avoir pitié des pauvres âmes du purgatoire ; délivrez-les toutes de leurs peines, du moins allégez leurs souffrances, et qu'au plus tôt elles s'élèvent au ciel pour chanter vos louanges et prier pour nous, pauvres pécheurs, sur la terre. Ainsi soit-il.

 

De Profundis

 

Du fond de l'abîme j'ai crié vers vous, Seigneur :

Seigneur, écoutez ma voix.

Que vos oreilles soient attentives à la voix de ma prière.

Si vous exigez, Seigneur, un compte sévère de nos iniquités,

qui pourra Seigneur, subsister devant vous ?

Vous aimez à pardonner ; aussi, à cause de votre loi,

j'ai attendu, Seigneur, votre secours.

Mon âme l'a attendu sur votre parole,

mon âme a espéré dans le Seigneur.

Depuis le matin jusqu'au soir,

qu'Israël espère dans le Seigneur.

Car dans le Seigneur est la miséricorde

et une abondante Rédemption.

Et il rachètera Israël de toutes ses iniquités,

 

V, Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.

R. Et que la lumière éternelle luise sur eux.

 

V, Seigneur, exaucez ma prière.

R. Et que mes cris s'élèvent jusqu'à vous.

 

Prions

 

O Dieu, Créateur et Rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leur péchés ; afin par que nos très humbles supplications, elles obtiennent le pardon qu'elles ont toujours désiré. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Seigneur, nous vous en supplions : secourez vos serviteurs, que vous avez rachetés par votre précieux sang.

 

V. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.

R. Et que la lumière éternelle luise sur eux.

V. Qu'ils reposent en paix. t

R. Ainsi soit-il.

 

5 Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père.

 

Offrande à faire tous les jours

 

Je Vous offre, ô mon Dieu, tout ce que j'ai fait ou ferai et tout ce que j'ai obtenu ou obtiendrais, aujourd'hui de mérites devant Vous, pour le soulagement des âmes du purgatoire, particulièrement aux intentions de ce jour.

 

Acte héroïque

 

Commençons ce mois en faisant ou en renouvelant l'Acte héroïque :

O Marie, Mère de miséricorde, je mets entre vos mains, en faveur des saintes âmes du Purgatoire, l'entier abandon de mes œuvres satisfactoires pendant ma vie et des suffrages qui me seront appliqués après ma mort, ne me réservant que la compassion du Cœur de Jésus et la vôtre. Ainsi soit-il.

 

Premier jour

Prions pour nos pères et nos mères défunts

 

Voix du Purgatoire – Vous ne saviez, sur la terre, comment nous témoigner votre amour ; c'est maintenant qu'il faut prouver que vous n êtes pas des ingrats. Nous souffrons pour vous. Ce fut l'objet de notre tendresse, ce fut la crainte de vous contrarier qui fit notre malheur. Aujourd'hui nous brûlons... ayez pitié de de nous... !!!

 

Prière

 

Seigneur, qui nous avez fait un commandement d'honorer nos pères et mères et de les aimer : laissez vous toucher par nos prières. Le cœur rempli de tristesse à la pensée des souffrances qu'ils peuvent endurer au Purgatoire, nous vous supplions de les délivrer de leurs peines. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Deuxième jour

Prions pour nos parents

 

Voix du Purgatoire — Nous avez-vous donc oubliés, vous auxquels des liens étroits nous unissaient sur la terre ? Vous, mon époux, mon épouse bien-aimés ; mon frère, ma sœur chéris ; vous les membres de notre famille, liés à nous par la nature. Nous avons reçu tant de marques de votre bonté que c'est avec confiance que nous crions vers vous : allégez nos souffrances. Vous pouvez nous soulager par vos prières et vos bonnes œuvres : N'oubliez pas ceux que vous aimiez autrefois...

 

Prière

 

Oubliez, ô mon Dieu, les offenses de nos parents défunts. Souvenez-vous des prières que nous avons fait monter ensemble, de cette vallée de misères, vers votre trône au ciel ; et, touché de leurs larmes et de nos supplications, que votre divine miséricorde leur vienne en aide et leur accorde le repos éternel. Ainsi soit- il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Troisième jour

Prions pour nos enfants nos élèves et nos protégés

 

Voix du Purgatoire — Ah ! que nous souffrons pour ne pas avoir suivi les conseils de nos parents, de nos maîtres et de nos bienfaiteurs. Il était si facile d'éviter ces routes pour lesquelles nous sommes maintenant au milieu des flammes. Souvenez-vous de nous, vous qui prîtes soin de notre jeunesse et de notre éducation. Continuez toujours vos charitables soins, et que vos prières nous soient un nouveau gage de votre amour.

 

Prière

 

Ayez pitié. Dieu de miséricorde, de nos élèves et de nos protégés décédés, qui souffrent pour expier les fautes de leur vie. Hélas ! peut-être avons-nous failli à nos devoirs envers eux, et sommes-nous la cause de leurs souffrances. Pardonnez-leur et recevez-les dans votre paradis. Ne refusez pas cette grâce à ceux auxquels vous avez confié ces chères âmes ici-bas, c'est la récompense que nous vous demandons pour nos peines et nos labeurs. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Quatrième jour

Prions pour nos amis

 

Voix du Purgatoire — Amis, nous avons autrefois partagé les mêmes plaisirs ; nous avons offensé ce Dieu juste qui aujourd'hui se venge sur nous. Ah ! Il est temps encore pour vous, faites pénitence. Rachetez nos fautes communes. Ici l'on souffre sans mérite. Pitié chers amis, laissez-vous toucher de compassion au souvenir de notre ancienne amitié.

 

Prière

 

Âmes saintes de mes amis, nous implorons pour vous le Dieu des miséricorde : Que sa justice se laisse fléchir par nos accents douloureux et contrits. Nous sommes bien coupables d'avoir offensé un Dieu si bon ; mais le cœur plein de repentir, bien décidés de ne plus vous déplaire à l'avenir, nous crions vers vous, Seigneur : ayez pitié de nos amis qui souffrent dans le purgatoire, et remettez-leur la peine due à leurs fautes. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Cinquième jour

Prions pour les papes, les évêques et les prêtres

 

Voix du Purgatoire — Nous avons consacré notre vie au service des autels, n'est-ce pas vous qui en retiriez le plus grand bénéfice ? Qui vous a baptisé ? Qui vous a transmis le pardon de vos fautes ? Qui vous a distribué le Dieu d'amour à la sainte Table ?.... Nous avons failli quelquefois à nos saints devoirs ! Oh ! Âmes fidèles, priez pour nous en reconnaissance des bons services que vous avez reçus de nous ou de nos successeurs.

 

Prière

 

Mon Sauveur Jésus, qui avez créé, conformé et sanctifié la hiérarchie ecclésiastique dans votre Eglise. Vous, qui êtes le chef et le Père des papes, des évêques et des prêtres catholiques. Vous, qui connaissez le zèle, l'amour qui les a toujours guidés dans votre service sur la terre. Pardonnez-leur les fautes que la fragilité humaine leur a fait commettre : Daignez satisfaire sans délai le désir ardent qu'ils ont vous voir et de vous bénir éternellement dans le ciel. Ainsi soit il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Sixième jour

Prions pour les religieux et les religieuses

 

Voix du Purgatoire — Dieu nous avait donné plus qu'aux autres, c'est pourquoi nous sommes plus cruellement tourmentées : on nous croit au ciel, et l'on ne prie pas pour nous. Secourez-nous, âmes chrétiennes, toute notre vie a été employée à prier pour vous, à instruire vos enfants, à soigner vos malades. Maintenant c'est à votre tour de nous être utile. Nous soufrons d'affreux tourments, n'endurcissez pas vos cœurs.

 

Prière

 

O Sainte Trinité, vous aimez les âmes parfaites, voyez donc combien vos plus chers amis sont affligés dans la prison où le feu où votre Justice les a plongés. La plus grande souffrance est de ne pouvoir vous aimer et vous glorifier d'avantage dans le ciel. Daignez donc, en ce moment même, les introduire en votre présence, les combler de joie et de félicités. Ainsi soit il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Septième jour

Prions pour nos bienfaiteurs

 

Voix du Purgatoire — Vous rappelez-vous les bienfaits dont nous vous avons été comblés ? Vous nous devez la vie, la santé, l'éducation, vos biens, votre conversion, votre persévérance. Et pendant que vous jouissez de tout avec tranquillité et indifférence, nous souffrons ! Écoutez donc nos accents plaintifs ; secourez- nous, priez pour nous, nous vous demandons peu, mais ce peu, ne fut-ce qu'une prière, qu'un jeûne, faites-le bien en reconnaissance de ce que nous avons fait pour vous.

 

Prière

 

Seigneur, qui avez placé la reconnaissance parmi les vertus que vous honorez, nous venons à vos pieds vous supplier de pardonner à nos bienfaiteurs, et de leur faire la remise du temps qu'ils ont encore à souffrir avant d'être admis au nombre des bienheureux. Veuillez ne pas refuser cette grâce à nos prières, afin que ces saintes âmes puissent nous continuer dans le ciel protection qu'ils nous ont accordée sur la terre. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

803_001

Téléchargez les méditations de cette semaine (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque semaine du mois de novembre les méditations du Mois des Âmes du Purgatoire,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

26 novembre 2016

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

11665657_847884551956086_4456970025423031074_n

Accueillir la nouveauté de Dieu avec saints Louis et Zélie Martin

 

Saints Louis et Zélie Martin

 

Ils sont les premiers ! Louis et Zélie Martin, canonisés le 18 octobre dernier, sont le premier couple de l’histoire à être canonisés ensemble, en tant que mari et femme… Mais qui sont-ils vraiment ? Sont-ils uniquement les parents de la petite Thérèse, parents dont la vie aurait semblée inintéressante s’il n’y avait pas eu leur illustre fille ? Sont-ils au contraire des saints inimitables ? En quoi leur vie de foi peut-elle nous être encore significative aujourd’hui ? Enfin, quel lien établir entre ce couple et la grâce de Noël à venir ?

Les différents thèmes abordés au cours des quatre dimanches de l’Avent répondront à ces diverses interrogations. Nous découvrirons en effet le déroulé de leur vie progressivement au cours de la retraite. Cependant, nous pouvons d’ores et déjà répondre à la dernière question : Louis et Zélie, comme Marie et Joseph, ont accueilli le don de Celui qui est la Vie, ils ont accueilli la présence sanctifiante de l’Amour. Leur vie commune, que nous suivrons de manière chronologique au cours de la retraite en ligne, nous donnera de voir combien la grâce de Noël – c’est-à-dire la grâce de l’Amour venant prendre chair parmi nous – s’actualise dans une vie ou dans un foyer partageant la foi quotidienne de l’humble famille de Nazareth.

 

La sainteté dans la vie de famille

 

Mais ne nous faisons pas d’illusions ! Si Louis Martin pouvait écrire à ses filles « que […] notre famille, quoique très humble, a l’honneur d’être au nombre des privilégiées de notre adorable Créateur » (Correspondance Familiale CF 231), cet honneur n’est pas destiné à être l’apanage de foyers familiaux ‘‘élitistes’’. À l’image de la vie de la petite Thérèse, Louis et Zélie ont mené une vie simple, exempte d’événements ou de grâces extraordinaires. Mieux, ils ont traversé des périodes de difficultés d’ordre familial (l’éducation difficile d’une enfant, la mort de plusieurs nourrissons, les finances parfois incertaines du foyer…) ou d’ordre moral (face à la tentation de désespoir notamment…). Même si Louis et Zélie ont vécu au XIXème siècle, leurs difficultés et leurs luttes nous donnent à voir un couple très actuel, proche de nos préoccupations, de nos joies, de nos propres combats.

La sainteté est accessible et elle n’est pas triste : voilà ce que la vie de Louis et Zélie nous enseigne, entre autres. N’ayons donc pas peur d’aspirer comme eux à la sainteté, n’ayons pas peur d’expérimenter à notre tour la beauté de la sainteté chrétienne. Louis et Zélie ne sont pas nés saints, ils le sont devenus… Avaient-ils des prédispositions prometteuses à ce sujet ? Il ne semble pas. Ils ont vécu la foi chrétienne en la prenant ‘‘simplement au sérieux’’, en mettant en pratique les commandements du Christ et en suivant les recommandations de l’Eglise. Cela a changé leur vie. Pas de mortifications démesurées, pas de prosélytisme exacerbé, pas de rigorisme mortifère : Louis et Zélie ont vécu la sainteté dans la situation propre qui était la leur. Que leur exemple et la grâce de la venue de Jésus permettent à l’Esprit de venir embraser le quotidien de nos vies d’aujourd’hui !

 

Notre retraite d’Avent avec les Martin

 

Avec Louis et Zélie, nous apprendrons à accueillir la nouveauté de Dieu qui se dévoile au grand jour de Noël. Nous suivrons quatre étapes, comme les quatre semaines de l’Avent, avec en plus un court message pour le jour de Noël :

 

  1. Attendre l’heure de Dieu

  2. Trouver sa place

  3. Accueillir la vie

  4. Sortir de chez soi

 

Chaque samedi, un message électronique. Vous sera envoyé : vous pourrez aussi y télécharger le texte (en format pdf) qui comprend une méditation pour le dimanche et pour la semaine suivante et un calendrier de l’Avent pour nourrir chaque journée, du lundi au samedi.

 

Bonne retraite à chacun, en union de prière !

 

Fr. Cyril Robert, ocd (Paris)

 

Les sources de cette Retraite

 

J'ai compilé et réactualisé à cette année deux Retraites de l'Avent qui ont été proposée en 2015 en une seule : La 1e retraite a été proposée par les Carmes de Paris dont j'ai gardé les méditations pour le dimanche, et la seconde par le hors série du magazine « Paroles et Prière » Mon Avent avec Saints Louis et Zélie Martin », dont j'ai volontairement placé les textes pour chaque jour de la semaine. F.Monvoisin, rédacteur du blog Images Saintes

 

 

La nouveauté de Dieu

Evangile de Jésus-Christ selon st Luc 2, 10-14

 

L’ange du Seigneur se présenta devant les bergers, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Noël ! Le Verbe prend chair, Jésus naît. Marie et Joseph donnent au monde le Sauveur, les anges chantent « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! » [Lc 2,14]. Les bergers accourent, les mages ne tarderont pas. C’est un instant de paix, un instant de bonheur mais aussi un instant d’épreuve : n’oublions pas que la venue au monde de Jésus advient dans l’inconfort d’une étable, suite au manque d’hospitalité des habitants de Bethléem. Qu’importe, Marie et Joseph ont donné le meilleur d’eux-mêmes et ce meilleur d’eux-mêmes a été… le Fils de Dieu lui-même !

Louis et Zélie ont également cherché à donner le meilleur d’eux-mêmes, là où ils étaient, appuyés sur une foi profonde parfois mise à rude épreuve, mais une foi solidement enracinée en Christ. Ce meilleur d’eux-mêmes s’est traduit là aussi par la venue au monde, par le don au monde, d’une enfant, ou plus exactement du dernier enfant de la famille, venant couronner l’éclat de la sainteté de Louis et Zélie. Deux semaines après cette heureuse naissance de 1873, Zélie témoigne dans une lettre de sa joie après la peine :

« Je suis tout-à-fait rétablie maintenant, la petite va bien aussi, elle promet d’être très forte […] La petite n’est pas du tout difficile pendant le jour, mais la nuit elle nous fait souvent payer cher sa bonne journée. Hier soir, je l’ai tenue jusqu’à onze heures et demie, je n’en pouvais plus de lassitude ; après, heureusement, elle n’a fait que dormir. Cette enfant s’appelle Thérèse ; tout le monde me dit qu’elle sera belle, elle rit déjà. Je m’en suis aperçue pour la première fois mardi. J’ai cru que je me trompais, mais hier le doute n’était plus possible ; elle m’a regardée bien attentivement, puis elle m’a fait un sourire délicieux. Pendant que je la portais, j’ai remarqué une chose qui n’est jamais arrivée avec mes autres enfants : lorsque je chantais, elle chantait avec moi… Je vous le confie à vous, personne ne pourrait y croire. » (CF 85).

Eh bien, osons croire, comme Louis et Zélie donnant au monde Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, en la bonté de Dieu donnant le meilleur en nous ! L’Homme est fait pour donner et se donner lui-même, car il est – au fond de lui-même – Amour, créé à l’image de ce Dieu qui n’est qu’Amour (1 Jn 4,16). Que Louis et Zélie intercèdent ainsi pour nous, qu’ils nous apprennent à faire confiance en Notre-Père, à suivre Jésus-Christ, à être mus par l’Esprit : acceptons nous aussi d’être aimés et d’aimer à notre tour ! Joyeux Noël !

 

Fr. Cyril Robert, ocd (Paris)

 

Première semaine de l'Avent

cp15-0002-carte-postal-2-saints-louis-et-zelie-martin-18-octobre-2015

Attendre l’heure de Dieu

 

Premier Dimanche de l'Avent

Dimanche 27 novembre 2016

 

Evangile de Jésus-Christ selon St Luc 21,25-36

 

En ce temps-là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »

 

La méditation de la semaine

 

« Je suis sûre que tu réussiras si tu le veux » (1ère lettre de Zélie, à son frère, le 1er janvier 1863) Que peut-il y avoir de commun entre l’attente de la venue au monde d’un enfant – ou plus exactement de la venue au monde de l’Enfant sur qui reposent la promesse de Vie et le salut du monde – et les événements catastrophiques évoqués par Jésus dans l’Evangile de ce premier dimanche de l’Avent ? Le Christ, s’adressant à ses disciples, met le doigt sur une venue provoquant « l’angoisse », « la frayeur », l’ébranlement même des fondations du monde. Or, il s’agit de la manifestation glorieuse du Dieu-fait-homme, c’est-à-dire de Celui qui vient à la rencontre de l’humanité pour la mener paître en cette Terre promise à Israël depuis des siècles, en ce Paradis ouvert même à un bandit (le bon larron), en cette Vie de délices où il n’y aura plus ni maladie ni mort ni pleurs ni gémissements !...

 

« Comprenez »…

 

« Comprenez », demande Jésus à ses disciples, oui « comprenez » que l’important n’est pas tant de savoir exactement de quoi l’avenir sera fait, mais de veiller, de prier, de puiser dans la foi la force de tenir debout face à des événements pouvant se révéler dramatiques, imprévus, et bouleversant nos vies. Ainsi, si des hommes de foi en Israël avaient correctement interprété l’Ecriture au point de savoir que le Christ à venir naîtrait à Bethléem, en terre de Juda, personne en revanche n’avait envisagé que le prophète annoncé serait Dieu lui-même venant prendre chair, naissant comme un homme parmi d’autres, en un lieu aussi pauvre qu’une mangeoire… Le roi Hérode ne l’avait pas anticipé, les grands prêtres et les scribes ne l’avaient pas compris, les habitants de Bethléem recevant Joseph et Marie non plus, et le peuple d’Israël lui-même pensait fermement que « le Christ, à sa venue, personne ne saura d’où il est » [Jn 7,27]. Pourtant, Dieu est droit ; il n’est « pas de ruse en Dieu, mon rocher », proclame le Psalmiste [Ps 92 ,16]. Cette incompréhension des hommes et la « menace [évoquée par le Christ] sur le monde habité » [Lc 21,26] viennent du fait que l’homme a perdu sa simplicité d’enfant, son cœur est bien souvent malade et compliqué. La réaction cruelle d’Hérode faisant mettre à mort des enfants innocents, suite à l’annonce de la naissance du Prince de la Paix, dévoile bien un cœur malade et fermé sur lui-même. Le Très-Haut, lui, n’est ni fourbe ni cruel, et son projet pour chacun de nous est simplement un projet de Vie. Si nous soupirons tous après cette Vie - pour laquelle nous avons été façonnés dès l’origine - avons-nous assez de disponibilité de cœur et d’esprit pour la discerner et savoir l’accueillir ? Avons-nous vraiment la foi en ce Dieu qui met en nous ces aspirations immenses au bonheur, à l’épanouissement de nos talents, à la vie de famille ou à la vie consacrée… - et souhaite plus que nous leur accomplissement ?

L’Evangile de ce premier dimanche de l’Avent attire notre attention sur le fait que dans notre quête de bonheur, Jésus ne nous demande pas de ne pas nous tromper mais il nous demande plus fondamentalement de veiller : « veillez donc et priez en tout temps » [Lc 21,36]. La recommandation du Christ appelle une attitude de foi, une attitude de disponibilité à la Vie du Royaume, une attitude remettant éventuellement en cause nos priorités ou nos certitudes. « Cherchez et vous trouverez […] car qui cherche trouve » [Lc 11,9-10], affirme vigoureusement Jésus. Celui qui cherche sait bien qu’il se trompe facilement ou régulièrement (puisqu’il cherche !), avant de trouver ce qu’il cherchait. C’est pourquoi l’appel de l’Evangile de ce jour ne prend pas la forme d’un appel à ne pas se tromper, mais il invite à rester éveillés. Nous avons droit à l’erreur, nous avons droit à la remise en cause de nos certitudes, nous avons droit à l’échec… Dieu nous invite au sein de ces situations, il nous invite surtout au sein de ces situations, à rester dans une attitude de foi vigilante. Nous ne sommes pas le centre de nos vies, nous sommes liés à Celui qui nous a créés et rachetés, nous sommes liés à Celui dont le projet de Vie pour nous demeure ferme jusqu’au bout, y compris dans les méandres de nos vies. « Je suis venu pour que les hommes aient la vie, et qu’ils l’aient en surabondance » [Jn 10,10], rappelle Jésus. Jusqu’où oserons-nous le croire ?

 

Une ouverture de cœur au sein des méandres de nos vies

 

La vie de Zélie Guérin et de Louis Martin nous invite à rester fermes dans cette audace de la foi. Ils ont quotidiennement travaillé, par la prière et par la foi, à obtenir ou à maintenir une véritable ouverture de cœur et d’esprit face aux méandres de leurs vies respectives.

Zélie, née Azélie-Marie Guérin, naît le 23 décembre 1831 dans l’Orne, près d’Alençon, où ses parents déménagent quelques années plus tard. Elle est le deuxième enfant de ses parents Isidore et Louise-Jeanne. L’aînée est sa sœur Elise, le cadet est un garçon. Il s’appelle Isidore, comme son père. Elle reçoit une éducation chrétienne, est entourée de parents attentifs. Malheureusement, ceux-ci sont très austères. En fait, Zélie est privée d’affection, tant par son père que par sa mère, pendant toute sa jeunesse. « Mon enfance, ma jeunesse ont été tristes comme un linceul, écrit Zélie à son frère, car si ma mère te gâtait, pour moi, tu le sais, elle était trop sévère ; elle, pourtant si bonne, ne savait pas me prendre, aussi j’ai beaucoup souffert du cœur » (Correspondance Familiale CF 15). Zélie n’aura jamais ne serait-ce qu’une poupée pour jouer … Mais plutôt que de sombrer dans une certaine déprime, Zélie cherche à maintenir ses aspirations légitimes à la tendresse et à l’affection. Sa soif d’être aimée se reporte sur le Seigneur, sa soif d’aimer à son tour s’oriente vers les plus démunis. Zélie sent monter en elle le désir impétueux de se vouer à Dieu et aux pauvres. Son idéal de mener une vie valant la peine d’être vécue n’est pas entamé par sa « souffrance du cœur »… Zélie cherche quelle peut être la volonté de Dieu pour elle, mais elle ne la comprend pas encore vraiment…

Louis Martin, de son côté, naît quelques années avant Zélie, le 22 août 1823, à Bordeaux. Sept années plus tard, sa famille s’installe à Alençon. Le jeune Louis passe une jeunesse apparemment sans heurts, il apprécie la belle littérature et les ouvrages sur la vie des saints. On pourrait alors penser que Zélie et Louis – vivant tous deux dans la même petite ville – auront tôt fait de se rencontrer, de s’aimer, de se donner l’un à l’autre en fondant une famille. Il n’en est rien ! Louis lui aussi se trompe encore sur l’orientation à donner à sa vie. Après un apprentissage professionnel du métier d’horloger, il s’oriente vers le monastère du Grand-Saint-Bernard, hospice monastique juché à 2 472 mètres d’altitude, à une trentaine de kilomètres du Mont-Blanc, en Suisse. Louis portera toujours en lui un goût prononcé pour la solitude, la contemplation, l’aventure aussi. Mais après un essai au monastère, à l’âge de 22 ans, Louis se voit contraint de revenir à Alençon, pour y apprendre… le latin ! En effet, c’est une condition nécessaire pour devenir chanoine au Grand-Saint-Bernard. C’est une grosse épreuve pour le jeune homme. Pendant un an et demi, il se lance dans l’étude du latin avec opiniâtreté, mais c’est l’échec : il n’y arrive pas, ces études le fatiguent, la déception est terrible. Louis tombe malade…

À Alençon, Zélie se tourne à son tour vers la vie religieuse. Elle a l’ardent désir de devenir Fille de la Charité à l’Hôtel-Dieu d’Alençon, afin de pouvoir se consacrer à Dieu et aux malades hospitalisés. Vers 18 ou 19 ans, elle se rend sur place, accompagnée de sa mère. L’entrevue avec la supérieure tourne court, celle-ci annonce à Zélie qu’elle n’a pas la vocation. Pour Zélie comme pour Louis, c’est l’échec. Le coup est d’autant plus rude que cet idéal de vie religieuse serait venu combler le vide affectif dont Zélie avait souffert depuis sa plus tendre enfance. Les vies de Louis et de Zélie prennent l’allure de deux trajectoires élancées vers le Ciel et subitement brisées. Louis a jeté toutes ses forces dans la bataille, mais c’est la déroute. Zélie s’est réfugiée toute entière dans une vie qu’elle projetait meilleure et pour elle, mais là encore c’est la désillusion…

 

La force puisée dans la foi et la prière

 

Revenons à l’Evangile pour évaluer la situation de Louis et de Zélie : « comprenez » [verset 30], nous dit Jésus aujourd’hui, oui « comprenez » [verset 31] que l’important n’est pas tant de savoir exactement de quoi l’avenir sera fait, que de veiller, de prier, de recevoir dans la foi la grâce de tenir debout face à une épreuve comme celle endurée par Louis et Zélie. L’un comme l’autre puisent en la foi et en la prière la force de ne pas se laisser aller à une certaine déprime. La prière faite par Zélie juste après avoir été éconduite de son projet de vie religieuse l’exprime bien : « mon Dieu, puisque je ne suis pas digne d’être votre épouse […], j’entrerai dans l’état de mariage pour accomplir votre volonté sainte. Alors, je vous en prie, donnez-moi beaucoup d’enfants, et qu’ils vous soient tous consacrés »… Déçue, Zélie se bat pourtant pour continuer à croire en un vrai projet de Vie de Dieu pour elle, malgré une forte tentation de croire que ce projet de Vie n’est, finalement, qu’un ‘plan B’ venant prendre la place d’un ‘plan A’ ayant échoué. Son cœur et son esprit restent ouverts.

Louis, lui, se lance sans plus tarder dans son activité professionnelle. Il tient un commerce d’horlogerie dans la ville. Il ne pense apparemment pas à se marier. Une paroissienne ne tarde pas à lui offrir une statue de la Vierge de l’Annonciation (il s’agit de la future Vierge du Sourire !), Louis se montrant très porté à la prière tout en se révélant très actif dans les milieux caritatifs. Lui aussi, malgré la douleur de n’avoir pas pu réaliser son rêve, maintient une ouverture de cœur et d’esprit envers son Seigneur. Louis, comme Zélie, pourrait faire sienne cette prière du jeune Samuel : « parle [dans ma vie] Seigneur, car ton serviteur écoute » [1 S 3,10]. Cette situation durera plusieurs années. Le Seigneur agira et parlera au cœur de l’un et de l’autre, car ils finiront par accomplir leur projet de Vie ; le 2ème dimanche de l’Avent nous permettra de le découvrir. Ce projet de Vie aboutira si bien que Zélie, forte de cette expérience, pourra écrire à son frère : « je suis sûre que tu réussiras si tu le veux » (CF 1) ; tu réussiras… mais sous le regard du Seigneur, et peut-être pas de la façon initialement envisagée !

 

3 pistes pour s’approprier l’Evangile et suivre l’exemple de Louis et Zélie :

 

Ce 1er dimanche de l’Avent nous permet de constater combien Louis et Zélie ont cherché à comprendre, à l’invitation de Jésus, quel était ce projet de Vie pour chacun d’eux. Avons-nous ou travaillons-nous à avoir, nous aussi, cette disponibilité de cœur et d’esprit pour correspondre au projet de Dieu dans nos vies ? Nous sommes si souvent happés par des agendas bien chargés ou une vie bien (trop) réglée…

Louis et Zélie n’avaient pas envisagé le mariage, au point que leurs déconvenues semblaient prendre la forme d’un échec définitif dans leur vie. Comment envisageons-nous à notre tour nos propres échecs : à vue humaine, ou comme une façon de rebondir malgré une inévitable douleur ? Nous reconnaissons-nous un droit à l’erreur, sous le regard du Seigneur ? Ayons l’audace de nous pardonner à nous-mêmes nos propres erreurs. Ne laissons pas les déconvenues prendre les rênes de nos vies…

Enfin, la foi chrétienne et la prière tiennent une grande place dans la vie de Louis et de Zélie. Elles ont été leur soutien là où elles auraient pu être rejetées (‘si Dieu existe, pourquoi tant de déconvenues s’acharnent-elles contre moi ?’). Elles ont contribué à poser des fondations solides dans leur vie. Notre foi s’éclipse-t-elle, ou se révèle-t-elle au contraire un appui, quand une difficulté vient à se présenter ?

Fr. Cyril Robert, O.C.D. (Paris)

 

Prier chaque jour de la semaine

vignette-canonisation-louis-et-zelie-martin-632281

Lundi 28 novembre

Attiré par Dieu

 

Fils de Pierre-François Martin (1777-1865) et de Fanie Boureau (1730-1883), Louis Martin naît le 22 août 1823 à Bordeaux. Dernier d'une famille de cinq enfants, il est élevé au hasard des garnisons militaires de son père, militaire de carrière. Après ses études, Louis entreprend le métier d'horloger. Âgé de 22 ans, il se sent attiré par la vie consacrée, il demande à entrer au Grand-Saint-Bernard, couvent de Chanoines Réguliers dans les Alpes Suisses. Sa candidature est ajournée car il ne connaît pas assez le latin. Il séjourne ensuite trois années à Paris, puis rejoint Alençon chez ses parents qui occupent un magasin d'horlogerie-bijouterie, rue du Pont Neuf.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« Mon très cher frère, (…) je désire de tout mon cœur que tu réussisses dans tes entreprises et je suis sûre que tu réussiras si tu le veux ; cela ne dépend que de toi, le Bon Dieu protège tous ceux qui ont confiance en Lui, il n'y en a jamais un seul de délaissé ». (Zélie).

 

Parole de Dieu : « Repentez-vous, car le Royaume de Dieu est proche » (Saint Matthieu 4, 17).

 

Dans ma vie

 

Le conseil de Zélie à son frère Isidore est précieux : il lui garantit le succès de son activité professionnelle. C'est en soi véritablement extraordinaire... Pour celui qui rêve de s'épanouir dans son travail, il n'y a pas mieux ! Et Dieu sait si, dans notre monde hyper actif de ce début du XXIe siècle, les candidats au succès sont nombreux. Zélie ajoute simplement une condition, « qui ne dépend que de toi », dit-elle : faire confiance à Dieu qui vient pour nous sauver et mettre en ordre nos affaires si mal en point sans lui. Mais attention, il sait mieux que nous ce qui est bon pour nous !

 

Effet de Conversion : Dans les difficultés professionnelles, je garderai le cœur tendu vers les réalités d'en-haut, à l'image de Louis et Zélie, qui eurent l'audace de tenir bon dans le quotidien parfois hasardeux de leurs entreprises parce qu'ils savaient que le Ciel est le véritable et seul horizon de l'existence.

 

Mardi 29 novembre

Jeunesse

 

Azélie-Martin Guérin, appelée Zélie, naît le 23 décembre 1831 à Gandelain, village proche de Saint Denis sur Sarthon. Son père, Isidore Guérin (1777-1865, ancien de la grande armée qui s'est battu à Wagram, soldat de Masséna et Soult pendant l'invasion espagnole, est affecté à la gendarmerie de Saint Denis sur Sablon. Sa mère, Louise-Jeanne Macé (1805-1859) est une rude paysanne. Zélie n'est pas seule : elle a une sœur aînée, Marie-Louise (1829-1877), et un frère, Isidore (1841-1909) qui naîtra dix ans plus tard. En septembre 1844, ses parents s'installent à Alençon. Zélie et Marie-Louise reçoivent alors une formation soignée au pensionnat des religieuses des Sacrés Cœurs de Picpus.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (A son frère) (…) Dans une grande inquiétude à ton sujet. Mon mari me fait, tous les jours, de tristes prophéties. Il connaît Paris, et il me dit que tu seras en butte à des tentations auxquelles tu ne résisteras pas, parce que tu n'as pas assez de piété. Il me raconte ce qu'il a éprouvé lui-même, et ce qu'il lui a fallu de courage pour sortir victorieux de tous ces combats (…). Prie, et tu ne te laisseras pas entraîner par le torrent ».

 

Parole de Dieu : « Comme l’éclair part de l’orient et brille jusqu’à l’occident, ainsi sera la venue du Fils de l’homme ». (Saint Matthieu 24, 27).

 

Dans ma vie

 

Combien de jeunes sont-ils laissés à eux-même durant leurs études ? Loin de leurs parents et de leur base. Ils sont comme un arbre transplanté des rives verdoyantes d'un gave vers un désert aux nombreux mirages. Ils ont l'impression de contrôler la situation mais, faute de racines bien profondes, ils se dessèchent et confondent l'air du ciel avec les fumées de Satan. Que de paradis artificiels aujourd'hui : la drogue, le sexe, l'alcool, les mondanités, la séduction... Pour que le feuillage des âmes reste toujours vert, il suffit de s'accrocher aux Sacrements, à la parole de Dieu, au service des pauvres, à un directeur spirituel, à la prière silencieuse... et aux bons amis qui nous aident à avancer.

 

Effet de Conversion : Je désire de tout mon cœur offrir aujourd'hui une contradiction, à laquelle je serai en butte, à l'intention d'un jeune, que je connais ou pas, en grave difficultés dans la construction de sa personnalité.

 

Mercredi 30 novembre

Fervent Catholique

 

Alençonnais, Louis mène pendant huit ans une vie paisible, faite surtout de travail et de prière. Ses distractions consistent en de longues parties de pêche, quelques chasses et des soirées sérieuses avec ses amis du Cercle Catholique « Vital Romet ». D'une grande foi vive et fervente, il va à la messe non seulement le dimanche mais aussi en semaine. Il pratique l'adoration du Saint Sacrement et les pèlerinages. Sédentaire, il achète à Alençon ce que l'on appelle « le Pavillon », qui est constitué d'une petite tour entourée d'un terrain propice au jardinage et à la méditation. Va-t-il se marier un jour ? Il a 34 ans, et sa mère s'inquiète pour son avenir.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Tu habites tout près de Notre Dame des Victoires (sanctuaire parisien fondé par Louis XIII) eh bien ! Entres-y seulement une fois par jour pour dire un Ave Maria à la Sainte Vierge. Tu verras qu'elle te protégera d'une manière toute spéciale, et qu'elle te fera réussir en ce monde, pour te donner ensuite une éternité de bonheur... J'ai reçu d'elle des faveurs que moi seule connais » (Zélie).

 

Parole de Dieu : « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure » (St Matthieu 25, 13).

 

Dans ma vie

 

Le cloître, refuge pour l'homme qui veut chercher Dieu. Nous aussi devrions tous avoir une arcade de cloître dans notre cœur : romane ou gothique, peu importe. Plongés dans le monde, notre bouée est cette chambre secrète, réclusion intérieure, où nous pouvons rencontrer Dieu dans le secret, seul avec le Seul, mais pourtant jamais moins seuls... que lorsque nous sommes seuls. Même marié, Louis va régulièrement « faire retraite » dans cette pauvre cellule qu'il appelle « le Pavillon ». Là, dans le silence, il se renouvelle au contact de la divine présence.

 

Effet de Conversion : A un moment où tout me poussera à détourner la tête d'un pauvre, quel qu'il soit, je veillerai à lui tendre une main secourable, à lui donner à manger, sans oublier de lui dire que Dieu l'aime et se sert des « bons samaritains » qu'il rencontre pour le lui faire savoir.

 

Jeudi 1er décembre

« Je veux devenir un saint »

 

Travailleuse et intelligente, Zélie conservera de son éducation une fragilité pouvant la conduire au scrupule. Les relations familiales ne sont pas très faciles, avec sa mère notamment, et ses souvenirs d'enfance sont empreints de grisailles : « Mon enfance, ma jeunesse ont été tristes comme un linceul ». Elle ressent assez jeune l'appel à la sainteté et songe alors à devenir religieuse et à entrer à l'hôtel-Dieu d'Alençon, mais la supérieure n'est pas de cet avis. Elle devient alors dentellière. En 1853, âgée seulement de 22 ans, elle ouvre une boutique avec sa sœur Marie-Louise qui la quitte peu de temps après pour entrer chez les Visitandines du Mans sous ne nom de sœur Marie-Dosithée.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Tu sais bien que la vie n'est pas longue. Toi et moi, nous serons bientôt au terme, et nous nous saurons bon gré d'avoir vécu de manière à ne pas rendre notre dernière heure trop amère. Maintenant, si tu as le cœur mauvais, tu vas te moquer de moi ; si tu ne l'as pas, tu vas dire que j'ai raison ». (Zélie).

 

Parole de Dieu: « Je te bénis Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits ».

 

Dans ma vie

 

Vivre pour Dieu. Qu'à notre dernier instant nous ayons la force de tout remettre entre ses mains. Ce dernier instant ? Il peut arriver du jours au lendemain, d'une seconde à l'autre. Si un rien nous sépare de l'autre monde, une feuille de papier ou un rideau de soie, rien ne peut nous séparer de l'amour de Dieu qui frappe à la porte de notre cœur en permanence, sur un mode discret ou de manière plus vive. L'Esprit Saint ne cherche-t-il pas à faire naître en nous le Christ ? Avec Notre Dame prononçons alors un « fiat » décisif, que nous pourrons renouveler régulièrement.

 

Effet de Conversion : Je choisis de ne pas avoir peur de la mort, car je sais que Dieu est le maître de la vie et qu'il m'aide à me convertir à condition que je me livre tout entier à Sa Miséricorde.

 

Vendredi 2 décembre

La Volonté de Dieu

 

En 1858, âgé de 35 ans, sur le pont de Sarte de sa ville, louis rencontre Zélie de huit ans sa cadette. Convaincus que le doigt de Dieu est derrière cette entrevue providentielle, ils se marient le 12 juillet 1858 à minuit, à l'église Notre Dame d'Alençon. En premier lieu, ils décident de vivre comme frères et sœurs dans continence perpétuelle. Leur confesseur n'est pas de cet avis... Les naissances vont se succéder entre 1859 et 1873. Zélie donne naissance à neuf enfants, sept filles et deux garçons. Hélas, la mortalité infantile est encore très élevée à l'époque, et les Martin perdent quatre enfants en bas âge.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Marie) Toi, ma Marie, ma grande, ma première, tu sais combien je t'aime ; eh bien continue à te dévouer de plus en plus pour tes sœurs, tâche qu'en te voyant, elles aient sous les yeux un bon modèle à imiter. Dis à Léonie que, si elle continue à être tout à fait bonne fille, je lui donnerai certainement quelque chose qui lui fera plaisir pour le premier jour de l'an ». (Zélie).

 

Parole de Dieu: « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ton épouse, car ce qui a été engendré en est de l’Esprit Saint » (Matthieu 1, 20).

 

Dans ma vie

 

La rencontre entre deux êtres qui vont bâtir ensemble leur vie et s'appuyer l'un sur l'autre pour marcher, comme deux boiteux s'entraident sur le chemin qui grimpe, n'est jamais le fruit du hasard. Le mystère de l'attente caractérise le passage de Dieu. Si les premiers regards, les premières paroles font entrer dans l'avent de l'amour humain, la période antérieure est encore plus mystérieuse car Dieu réalise les connexions intime de l'âme qui, providentiellement seront opérationnelles quand il l'aura permis et voulu. À nous d'entrer dans ce chemin préparatoire, pour que toute rencontre avec nos frères soit comme une naissance de Dieu en nous.

 

Effet de Conversion : Dès que possible, je récite un Ave Maria pour un couple en grande difficulté, et, si opportun, je prendrai contact avec l'un des conjoints pour entendre de ses nouvelles sans m'immiscer dans leur conflit.

 

Samedi 3 décembre

Deuils et labeurs

 

Malgré ces deuils et une maladie du sein qui progresse lentement depuis 1863, Zélie consacre toute son énergie à son époux, sa famille et son entreprise. Cette dernière est prospère et Zélie emploie jusqu'à une vingtaine d'ouvrières. À force de labeur et d'épargne, il faut bien le dire, les époux Martin on acquis une jolie fortune. En 1870, Louis vend son horlogerie à un neveu pour aider sa femme à administrer sa production et son commerce, sans oublier la gestion de ses biens.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) J'ai pleuré de bonheur pour la première fois de ma vie. Tu sais, je suis un peu cause de ta réussite, car j'avais demandé des prières aux Clarisses d'Alençon, le mercredi et le jeudi à dix heures du matin, pensant que c'était l'heure de tes examens, ensuite j'ai communié pour toi ; il faut que tu me saches un peu gré de tout cela ». (Zélie).

 

Parole de Dieu:  « Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne ; donne-nous notre pain quotidien ». (Luc 11, 2-3).

 

Dans ma vie

 

L'argent serait-il davantage tabou chez les chrétiens qu'ailleurs ? Quel rapport entretenons-nous avec l'argent ? Avec un air « de ne pas y toucher ». faussement détaché, nous sommes souvent, en réalité, attirés de manière quasi magnétique par les écus sonnants et trébuchants... Ah ! Si j'avais de l'argent... Et pourtant bien souvent, le mépris du riche se mêle en nous à une authentique soif de pauvreté. L'exemple de Louis est limpide : c'est bien de gagner de l'argent, c'est mieux de partager, faut-il encore disposer de quelques billets honnêtement gagnés. Heureusement qu'il y a des personnes riches, c'est ainsi que les pauvres peuvent manger.

 

Effet de Conversion : Même si j'ai de faibles moyens, je prévois de faire un don à une œuvre ou à une personne qui en a grand besoin.

 

Les textes de cette Retraites ont été publiés en 2015 par Les Carmes de Paris (pour les méditations des Dimanches) et sont extraites du Hors Série de Parole et Prière, "Mon Avent avec Saints Louis et Zélie Martin", publié également en 2015 (pour les textes des semaines).

 

0690116618109

Téléchargez les méditations de cette semaine (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque semaine par mail, pendant le temps l'Avent,

les méditations de l'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin,

abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

12 mars 2016

Le Carême avec le Pape François 6/7

Le Carême avec le Pape François

Découvrir la Miséricorde

du 10 février au 27 mars 2016

icone_christ_jean_clemence

Cinquième Dimanche de Carême

13 mars 2016

 

« Il s’agit pour moi de connaître le Christ, d’éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion » (Philippiens 3, 10).

 

Méditation du Pape François

 

« Heureux ceux qui sont capables d'aider les autres dans leurs erreurs, dans leurs méprises. Qui sont de vrais amis et n'abandonnent personne. Ceux-là sont les purs de cœur, ceux qui réussissent à voir plus loin que le mensonge et qui surmontent les difficultés. Heureux ceux qui voient spécialement ce qui est bon chez les autres ».

 

Dans ma vie

 

C'est plus facile de voir les défauts des autres que leurs qualités... Méfions-nous : les autres risquent d'avoir la même réaction à notre égard ! Et à toujours voir le négatif, on décourage, on blesse, on irrite, alors que le bien... fait tellement de bien !

 

Effet de conversion : Et si... j'essayais de voir uniquement le bien chez les personnes qui m'entourent ?

Je prie pour tous ceux qui ne voient que le mauvais côté des personnes et des choses, afin qu'ils apprennent à d'abord voir le bien et le bon.

 

Cinquième Semaine de Carême

 

Lundi 14 mars 2016

 

« Vous ne connaissez ni moi ni mon Père ; si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père » (Saint Jean 8, 19).

 

Méditation du Pape François

 

« L’Évangile, tout le Christianisme (dans cette parole) : la joie de Dieu c'est de pardonner. (…) La justice humaine ne peut pas sauver le monde, seule la justice de Dieu le peut. Elle s'est révélée sur la Croix : la Croix est le jugement de Dieu sur (les hommes) et sur ce monde. Mais comment Dieu juge ? En donnant sa vie ! Voici l'acte suprême de Justice qui a vaincu une fois pour toutes le Prince de ce monde ; et cet acte suprême de justice est justement l'acte suprême de Miséricorde. La Miséricorde est la vraie force qui peut sauver l'homme et le monde du « cancer » qu'est le péché, le mal moral, le mal spirituel ».

 

Dans ma vie

 

Si on nous permettait de distribuer les condamnations nous serions extrêmement sévères ! Dieu n'agit pas ainsi devant nos nombreuses fautes, sinon nous serions tous pulvérisés depuis longtemps. Alors pourquoi ne pas essayer un peu de Miséricorde lorsque nous prétendons « rendre la justice » ?

 

Effet de conversion : Et si... lors de disputes, j'essayais de combattre le mal par la joie, le bien, la bonne humeur ?

Je prie pour les personnes blessées dans leur famille par une dispute de couple, entre parents en enfants... afin que Dieu les amène à la réconciliation.

 

Mardi 15 mars 2016

 

« Ne me cache pas ton visage le jour où je suis en détresse ! Le jour où j'appelle, écoute-moi : viens vite, réponds-moi ! » (Psaume 101 (102), 3).

 

Méditation du Pape François

 

« Nous avons tous des limites, et personne ne peut reproduire Jésus-Christ dans sa totalité, et bien que chaque vocation se configure principalement avec certains traits de la vie et de l’œuvre de Jésus, il y en a quelques uns qui sont communs et inaliénables. Celui qui est appelé par Dieu ne se vante pas, ne va pas à la recherche de reconnaissance ni d'applaudissements éphémères, ne croit pas avoir monté en grade et ne traite pas les autres comme s'il était sur un piédestal ».

 

Dans ma vie

 

Se disputer, se mettre en colère, « monter sur ses grands chevaux » c'est toujours plus facile... on se lâche ! Mais ensuite, quels dégâts ! On n'imagine pas le mal qui peut rester, durer, ressurgir des années plus tard comme un venin. Prenons-y garde.

 

Effet de conversion : Et si j'essayais de corriger un seul défaut que j'ai durant ce Carême, pas à pas, sans rechercher à faire un effort insurmontable ?

Je prie pour les personnes handicapées physiques ou mentales, car Dieu les aime autant que toutes les autres, afin qu'elles puissent avoir une vie épanouie.

 

Mercredi 16 mars 2016

 

« Heureux ceux qui ont entendu la Parole dans un cœur bon et généreux, qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance » (Saint Luc 8, 15).

 

Méditation du Pape François

 

« Ressentir la Miséricorde, ce mot change tout. C'est ce que nous pouvons ressentir de mieux : cela change le monde. Un peu de Miséricorde rend le monde moins froid et plus juste. Nous avons besoin de bien comprendre cette Miséricorde de Dieu, ce Père Miséricordieux qui a une telle patience ».

 

Dans ma vie

 

Notre Foi n'est pas un simple sentiment, une émotion qui nous fait frémir, mais ce n'est pas non plus une pensée froide, uniquement intellectuelle. Nous devons penser et ressentir les choses, car Dieu nous a donné certes une intelligence, mais aussi un corps pour ressentir les choses.

 

Effet de conversion : Et si... Je me tournais vers ce Dieu Miséricordieux dans le Sacrement de Réconciliation ?

Je prie pour qu'en cette année de la Miséricorde, les cœurs s'ouvrent dans le monde et que chacun se préoccupe plus de son voisin que de ses affaires.

 

Jeudi 17 mars 2016

 

« Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien ; c’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites : « Il est notre Dieu ». » (Saint Jean 8, 54).

 

Méditation du Pape François

 

« Se reposer dans le Seigneur. Le repos, c'est bien nécessaire à la santé de nos esprits et de nos corps, et pourtant souvent il est difficile d'y parvenir, à cause des nombreuses exigences qui pèsent sur nous. Le repos est aussi essentiel pour notre santé spirituelle ; ainsi nous pouvons écouter la voix de Dieu et comprendre ce qu'Il nous demande. Joseph a été choisi par Dieu pour être le père adoptif de Jésus et l'époux de Marie. En tant que chrétiens, nous sommes nous aussi appelés, comme Joseph, à offrir une maison à Jésus ».

 

Dans ma vie

 

Faire une halte de temps en temps, c'est vital. Pour soi dans le silence, mais aussi en couple, en famille... Ces petits temps où l'on pense à son conjoint, à ses enfants sans se soucier du reste sont des respirations vitales.

 

Effet de conversion : Et si... je prenais du temps dans les jours à venir pour méditer en silence dans une église ?

Je prie pour ceux et celles qui se sont éteints ces dernières semaines, afin que Dieu les accueille pour leur repos éternel.

 

Vendredi 18 mars 2016

 

« Tes paroles, Seigneur, sont esprit et elles sont vie. Tu as les paroles de la vie éternelle ». (Saint Jean, 6, 63, 68).

 

Méditation du Pape François

 

« Tout passe, seul Dieu reste. En effet, ont passé des royaumes, des peuples, des cultures, des nations, des idéologies, des puissances, mais l’Église, fondée sur le Christ, malgré beaucoup de tempêtes et de nombreux péchés, reste fidèle au dépôt de la Foi dans le service, parce que l’Église n'est pas l’Église des Papes, des évêques, des prêtres et non plus des fidèles, mais est seule et seulement du Christ ».

 

Dans ma vie

 

Il est normal que nous soyons attachés à la vie que nous menons, à notre histoire, à ceux qui nous entourent, mais tout cela n'aurait aucun sens sans l'éternité de Dieu. À quoi bon tout cela si c'est pour disparaître dans le néant ?

 

Effet de conversion : Et si je m'occupais un peu plus de mes proches en leur consacrant du temps ?

Je prie pour les chrétiens dans le monde, afin qu'ils soient toujours d'authentiques témoins de Jésus-Christ.

 

Samedi 19 mars 2016

 

« Rejetez tous les crimes que vous avez commis, faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau ». (Ézéchiel 18, 31).

 

Méditation du Pape François

 

« Le Seigneur nous appelle à un style de vie évangélique caractérisé par la sobriété, à ne pas céder à la culture de la consommation. Il faut rechercher ce qui est essentiel, apprendre à se dépouiller des mille choses superflues et inutiles qui nous étouffent. Détachons-nous du désir de posséder ; ne faisons pas de l'argent une idole, pour ensuite gaspiller. Mettons Jésus à la première place. Lui peut nous libérer de l'idolâtrie que nous rend esclave ».

 

Dans ma vie

 

L'argent conduit le monde, cela se voit chaque jour et nous-mêmes nous sommes sous son influence. Il nous est difficile de nous en détacher vraiment. Pourtant, si Dieu a permis que nous en ayons, c'est aussi pour aider les autres.

 

Effet de conversion : Et si... je choisissais une œuvre à soutenir financièrement avant la fin de ce Carême ?

Je prie pour toutes les personnes qui ont du pouvoir, afin qu'elles puissent le mettre au service de ceux qui en ont le moins.

 

Texte extrait du Hors série N°5 de « Ma prière »

popefrancisweb

Téléchargez les méditations de cette Semaine (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque semaine les méditations du Carême avec le Pape François,

abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

5 mars 2016

Le Carême avec le Pape François 5/7

Le Carême avec le Pape François

Découvrir la Miséricorde

du 10 février au 27 mars 2016

577_001 (2)

Quatrième Dimanche de Carême

6 mars 2016

 

« Je me lèverais, j'irais vers mon père, et je Lui dirais : « Mon Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi » (Saint Luc 15,21).

 

Méditation du Pape François

 

« Il y a un autre chemin, contraire au chemin du Christ : la mondanité. La mondanité nous offre le chemin de la vanité,de l'orgueil, du succès... le malin l'a proposé aussi à Jésus, durant les quarante jours dans le désert. Mais Jésus l'a repoussé sans hésitations. Et avec Lui, nous aussi nous pouvons vaincre cette tentation, non seulement dans les grandes occasions, mais dans les circonstances ordinaires de la vie. Ce qui nous aide et nous réconforte, c'est l'exemple de beaucoup d'hommes et de femmes qui, dans le silence et de façon cachée, chaque jour renoncent à eux-mêmes pour servir les autres ».

 

Dans ma vie

 

Qui n'aime pas les flatteries qu'on pense du bien de lui, qu'on l'apprécie ? Vivre caché ? Mais dans ce cas qui pensera à nous ? C'est Dieu le plus important et souvent nous le faisons passer en dernier dans nos préoccupations.

 

Effet de conversion : Et si... j'essayais d'être moins sensible à ce que les autres pensent et disent de moi ?

Je prie pour tous ceux qui sont blessés par la médisance, par des jugements hâtifs ; que Dieu guérisse leur cœur.

 

Quatrième Semaine de Carême

 

Lundi 7 mars 2016

 

« Quand j'ai crié vers toi, Seigneur, Seigneur, tu m'as fait remonter de l'abîme et revivre quand je descendais à la fosse » (Psaume 29 (30) 2, 3).

 

Méditation du Pape François

 

« Jésus (…) lave les pieds de Simon-Pierre et des disciples. Pas de geste prophétique, il exprime le sens de sa vie et de sa Passion, service à Dieu et aux frères : « En effet, le Fils de l'Homme n'est pas venu pour se faire servir, mais pour servir ». La même chose s'est passée pour notre baptême, quand la grâce de Dieu nous a sauvés du péché et que nous avons été revêtus du Christ. (…) Dans l'Eucharistie, nous faisons communion avec le Christ, serviteurs pour obéir à son commandement, celui de nous aimer comme Il nous a aimés ».

 

Dans ma vie

 

Servir les autres, s'effacer, laisser la première place dans la discrétion, c'est suivre notre Maître le Christ. Au premier abord, cela semble difficile, mais il y a une joie profonde, intérieure, à faire comme Jésus a agi.

 

Effet de conversion : Et si... j'essayais de laisser la première place aux autres, sans le faire remarquer ?

Je prie pour tous ceux qui sont prêts à tout pour réussir, y compris écraser les autres, pour que Dieu leur montre la vanité de tout cela.

 

Mardi 8 mars 2016

 

« Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, rends-moi la joie d'être sauvé » (Psaume 50 12, 14).

 

Méditation du Pape François

 

« Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l'amour, sur la proximité et sur la tendresse envers les frères. C'est cela qui permettra ou non notre entrée dans le règne de Dieu. Jésus, par sa victoire, nous a ouvert le règne, mais c'est à chacun d'entre nous d'y entrer, dès cette vie, en étant proches de notre frère qui demande de manger, d'être vêtu, accueilli, aidé. Et si vraiment nous pouvons aimer ce frère ou cette sœur, nous serons poussés à partager avec lui ou avec elle ce que nous avons de plus précieux, Jésus Lui-même et son Évangile ! »

 

Dans ma vie

 

Il y a plus de misère autour de nous que nous ne l'imaginons. Nous croyons toujours que la misère c'est loin de nous, dans des quartiers délabrés ou des pays exotiques, mais cela peut exister chez nos proches, nos voisin, les gens que nous croisons chaque jour.

 

Effet de conversion : Et si... j'essayais de m'intéresser un peu plus aux gens qui m'entourent, ceux que je croise chaque jour et auxquels je ne parle pas ou peu ?

Je prie pour ces inconnus que je croise chaque jour sur mon chemin, afin qu'ils connaissent les joies simples de la vie et entrevoient la lumière de la Foi.

 

Mercredi 9 mars 2016

 

« Cieux, criez de joie ! Terre, exulte ! Montagnes, éclatez en cris de joie ! » (Isaïe 49, 13).

 

Méditation du Pape François

 

« Parfois il nous semble que Dieu ne répond pas au mal, qu'il demeure silencieux. En réalité Dieu a parlé, a répondu, et sa réponse est la Croix du Christ : une parole qui est amour, miséricorde, pardon. Elle est aussi jugement : Dieu nous juge en nous aimant. Rappelons-nous cela : Dieu nous juge en nous aimant. Si je le refuse je suis condamné, non par Lui, mais par moi-même, parce que Dieu ne condamne pas, Lui ne fait qu'aimer ».

 

Dans ma vie

 

Si Dieu éliminait le mal il n'y aurait plus besoin de Miséricorde ! Alors que fait-Il ? Nous savons bien que le mal est un mystère, mais il est aussi lié à cette liberté que Dieu nous a laissée de l'aimer ou de nous tourner vers le mal et le causer ainsi aux autres.

 

Effet de conversion : Et si... j'essayais d'être, à mon modeste niveau, un artisan de paix, en apaisant les conflits autour de moi, en m'interposant pour les tensions s'apaisent ?

Je prie pour les peuples qui vivent de la guerre, afin que Dieu les mène sur le chemin de la paix.

 

Jeudi 10 mars 2016

 

« Comment pourriez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique ? » (Saint Jean 5, 44).

 

Méditation du Pape François

 

« Il y a toujours quelqu'un proche de nous qui a des besoins matériels, psychologiques, spirituels. Le plus grand don que nous puissions lui faire est notre amitié, notre préoccupation, notre tendresse, notre amour pour Jésus. Le recevoir signifie tout avoir ; le donner signifie offrir le don le plus grand de tous ».

 

Dans ma vie

 

L'amitié, quel beau cadeau nous pouvons faire par là. Mais ce n'est pas un copinage, une simple camaraderie à laquelle le Christ nous appelle envers les autres. C'est à une relation fidèle, qui traverse les épreuves, qui ne se rompt pas lorsque l'autre a besoin de nous.

 

Effet de conversion : Et si... J'offrais mon amitié à une personne que j'apprécie peu ?

Je prie pour les personnes qui ont peu ou pas d'amis, pour que des liens puissent se nouer avec leur entourage.

 

Vendredi 11 mars 2016

 

« Le Seigneur affronte les méchants pour effacer de la terre leur mémoire » (Psaume 33 (34), 17).

 

Méditation du Pape François

 

« La sagesse du cœur, c'est d'être solidaire avec le frère sans le juger. La Charité a besoin du temps. Du temps pour soigner les malades et du temps pour les visiter. (…) La véritable Charité est un partage qui ne se juge pas, qui ne prétend pas convertir l'autre ; elle est libérée de cette fausse humilité qui, au fond, recherche l'approbation et se comptait dans le bien accompli ».

 

Dans ma vie

 

On a si vite fait de juger. Une parole anodine et notre avis fuse aussitôt... Mais ce que nous disons sur les autres est-il toujours vraiment utile ? Juste ? Nos paroles ne sont-elles pas un peu trop hâtives ou légères ?

 

Effet de conversion : Et si... j'essayais durant quelques jours de ne pas porter de jugement dans mes paroles à l'égard des autres ?

Je prie pour tous ceux qui jugent sans savoir, qui ont déjà un avis sur tout, afin qu'ils prennent le temps de connaître ceux qui les entourent.

 

Samedi 12 mars 2016

 

« Seigneur, tu m’as fait savoir, et maintenant je sais, tu m’as fait voir leurs manœuvres » (Jérémie 11, 18).

 

Méditation du Pape François

 

« L’Église est la mère au cœur ouvert qui sait accueillir, recevoir, spécialement celui qui a besoin de plus de soin, celui qui est le plus en grande difficulté. L’Église est la maison de l'hospitalité. Que de bien pouvons-nous faire si nous acceptons d'apprendre le langage de l'hospitalité, de l'accueil ? Que de blessures, que de désespoirs peuvent se soigner dans une maison où l'on peut se sentir accueilli ! »

 

Dans ma vie

 

L’Église c'est aussi notre maison, mais c'est donc aussi à travers nous que les autres s'y sentiront accueillis ou rejetés. Notre rôle et notre attitude sont donc très importants. Qu'on le veuille ou non, beaucoup de choses dépendent de nous.

 

Effet de conversion : Et si... j'essayais de rendre un service dans ma paroisse à l'occasion de ce Carême ?

Je prie pour le Pape François, et pour l’Évêque de mon diocèse, pour la lourde charge qui est la leur.

 

Texte extrait du Hors série N°5 de « Ma prière »

il_570xN

Téléchargez les méditations de cette Semaine (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque semaine les méditations du Carême avec le Pape François,

abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

19 mars 2016

Le Carême avec le Pape François 7/7

Le Carême avec le Pape François

Découvrir la Miséricorde

du 10 février au 27 mars 2016

1407961014_1_f6

Dimanche des Rameaux et de la Passion

20 mars 2016

 

« C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers » (Philippiens 2, 9-10).

 

Méditation du Pape François

 

« La souffrance de l'autre constitue un appel à la conversion parce que le besoin du frère me rappelle la fragilité de ma vie, ma dépendance envers Dieu et mes frères. Si nous demandons humblement la grâce de Dieu et que nous acceptons les limites de nos possibilités, alors nous aurons confiance dans les possibilités infinies que l'Amour de Dieu a en réserve. Et nous pourrons résister à a la tentation diabolique qui nous fait croire que nous pouvons nous sauver et sauver le monde tous seuls ».

 

Dans ma vie

 

On ne peut jamais se mettre à la place de ceux qui souffrent, mais au moins nous pouvons être à leurs côtés, prier pour eux, les assurer de notre amitié ou de notre amour et les confier au Seigneur.

 

Effet de conversion : Et si... je visitais une personne malade ou très âgée pour la réconforter.

Je prie pour ceux qui souffrent dans leurs corps afin que leur douleur physique soit apaisée et qu'ils soient réconfortés moralement.

 

Semaine Sainte

 

Lundi Saint

21 mars 2016

 

« Qu'une armée se déploie devant moi, mon cœur est sans crainte ; que la bataille s'engage contre moi, je garde confiance » (Psaume 26 (27), 3).

 

Méditation du Pape François

 

« Dans les paroles humaines de Jésus, on sentait toute la force de la Parole de Dieu, on sentait même l'autorité de Dieu, Inspirateur des Saintes Écritures Et une des caractéristiques de la Parole de Dieu, c'est qu'elle réalise ce qu'elle dit, parce que la Parole de Dieu correspond à Sa Volonté. Nous, au contraire, nous prononçons souvent des paroles vides, sans racines, ou des paroles superflues, des paroles qui ne correspondent pas à la Vérité ».

 

Dans ma vie

 

Nous parlons souvent trop vite, trop, pas de manière très juste.... Bref, parler c'est souvent plus l'occasion de faire des maladresses que de faire le bien. Ce Carême est peut-être le bon moment pour progresser dans ce domaine.

 

Effet de conversion : Et si... je parlais un peu moins inutilement ?

Je prie pour réussir à maîtriser mes paroles et pour que de ma bouche ne sorte que du bien.

 

Mardi Saint

22 mars 2016

 

« Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt ». (Saint Jean 13, 31-32).

 

Méditation du Pape François

 

« Notre joie n'est pas une joie qui naît du fait de posséder de nombreuses choses, mais elle naît du fait d'avoir rencontré une Personne : Jésus, qui est parmi nous ; elle naît du fait de savoir qu'avec Lui nous ne sommes jamais seuls, même dans les moments difficiles, même quand le chemin de la vie se heurte à des problèmes et à des obstacles qui semblent insurmontables, et il y en a tant ! Et à ce moment là vient l'Ennemi, vient le Fiable, si souvent déguisé en Ange, et insidieusement nous dit sa parole. Ne l'écoutons pas ! »

 

Dans ma vie

 

Nous avons parfois du mal à le croire, car nous ne le voyons pas physiquement, mais Jésus est avec nous chaque jour de notre vie. Il est réellement présents à nos côtés. Essayons de nous persuader un peu plus de sa présence fidèle.

 

Effet de conversion : Et si... j'essayais de m'imprégner du bon exemple d'un saint en lisant sa vie ?

Je prie pour que Dieu me préserve des tentations multiples de faire le mal.

 

Mercredi Saint

23 mars 2016

 

« Mais je louerai le nom de Dieu par un cantique, je vais le magnifier, lui rendre grâce ». (Psaume 68 (69), 31).

 

Méditation du Pape François

 

« Pour le croyant, la gratitude est au cœur même de la Foi : un chrétien qui ne sait pas remercier est quelqu'un qui a oublié la langue de Dieu. Cela est laid ! Rappelons-nous de la question de Jésus, quand Il guérit dix lépreux et que seul l'un d'eux revint le remercier (cf Luc 17, 18). Une fois j'ai entendu une personne âgée, très sage, très bonne, simple, mais avec cette sagesse de la piété, de la vie, qui disait : « La gratitude est une plante qui ne grandit que dans la terre des âmes nobles ». Cette noblesse d'âme, cette grâce de Dieu dans l'âme nous pousse à dire merci à la gratitude. C'est la fleur d'une âme noble ».

 

Dans ma vie

 

Beaucoup de choses nous paraissent normales et nous pensons qu'il est inutile d'en remercier les gens. Pourtant, un sourire, un merci, un geste de reconnaissance témoignent d'une vraie considération. Pensons-y souvent.

 

Effet de conversion : Et si... j'essayais de remercier vraiment les gens qui m'apportent quelque chose, même quand cela paraît anodin ?

Je prie pour toutes les personnes qui ne savent pas dire merci, afin qu'elles perçoivent le bien qu'elles peuvent faire à travers ce simple mot.

 

Jeudi Saint

24 mars 2016

 

« Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu'il m'a fait ? J'élèverai la coupe du salut, j'invoquerai le nom du Seigneur ». (Psaume 115 (116), 12-13).

 

Méditation du Pape François

 

Tout baptisé est un « christophore », porteur du Christ, comme disaient les pères anciens. Celui qui a rencontré le Christ, comme la Samaritaine du puits, ne peut pas garder pour soi cette expérience. Il fait tous se demander si celui que nous rencontrons perçoit dans notre vie la chaleur de la Foi, s'il voit sur notre visage la joie d'avoir rencontré le Christ ».

 

Dans ma vie

 

Aujourd'hui nous fêtons l'Institution de l'Eucharistie, dans laquelle précisément nous recevons Jésus-Christ en nous. À nous, en sortant de la Messe, de rayonner car nous portons Jésus... et ça ne se voit pas toujours ! Évitons donc dans les minutes qui suivent d'avoir des paroles ou des pensées mauvaises alors que Dieu est dans notre cœur.

 

Effet de conversion : Et si... j'essayais d'aller de temps en temps à la Messe en semaine pour y recevoir Jésus ?

Je prie pour tous les Prêtres qui célèbrent chaque jour la Messe et l'offrent pour le Salut du monde.

 

Vendredi Saint

25 mars 2016

 

« Par suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera » (Isaïe 53, 11).

 

Méditation du Pape François

 

« Jésus, quand Il lamente: « Père, pourquoi M'as-Tu abandonné ? » - blasphème-t-il ? Voilà le mystère. Tant de fois j'ai entendu des gens qui sont dans l'épreuve qui ont tant perdu ou se sentent seuls ou abandonnés et qui se demandent : « Pourquoi ? Pourquoi ? » Ils se révoltent contre Dieu. Et je leur dit : « Continuez à prier comme ça, parce que c'est là aussi une façon de prier. Car c'était aussi une prière quand Jésus disait à Son Père : « Pourquoi M'as-Tu abandonné ? ». »

 

Dans ma vie

 

Dans la souffrance, nous sommes souvent incapables de prier, de sentir la présence du Seigneur, nous avons envie de nous révolter. C'est bien humain. Pensons alors à Jésus sur la Croix, même si nous sommes incapables de faire plus.

 

Effet de conversion : Et si j'essayais déjà de traverser les difficultés quotidiennes avec un peu plus de joie et de bonne humeur ?

Je prie pour demander pardon à Jésus de toutes les fautes dont je l'ai accablé moi aussi sur la Croix.

 

Samedi Saint

26 mars 2016

 

« L’homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que le corps du péché soit réduit à rien, et qu’ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché » (Romains 6, 9).

 

Méditation du Pape François

 

« Reconnaître que l'on a eu un manquement, et être désireux de restituer ce qui a été retiré – le respect, la sincérité, l'amour, – rend digne de pardon. Et ainsi se referme l'infection. Si nous ne sommes pas capables de présenter nos excuses, cela signifie que nous ne sommes pas non plus capables de pardonner. Dans une maison où l'on ne demande pas pardon, l'air commence à manquer, les eaux deviennent stagnantes. De nombreuses blessures des sentiments, de nombreux déchirements dans les familles commencent avec la perte de ce mot précieux : « pardonne-moi ». »

 

Dans ma vie

 

Ah ! Si nous savions demander pardon et pardonner sans limites, le monde s'en porterait certainement mieux. Le pardon chrétien est un trésor merveilleux qui n'a pas d'équivalent, c'est un don que le Seigneur nous a fait. Abusons-en.

 

Effet de conversion : Et si... j'acceptais avec générosité les pardons qui me sont demandés, sans chercher à écraser l'autre ?

Je prie pour tous ceux qui n'osent pas demander pardon, afin que le Seigneur leur donne la force de le faire.

 

Dimanche de Pâques

27 mars 2016

 

« Notre pâque immolée, c’est le Christ ! Célébrons la Fête dans le Seigneur ! Alléluia !) (1 Corinthiens 5 : 7, 8).

 

Méditation du Pape François

 

« Accueillons la grâce de la résurrection du Christ ! Laissons-nous renouveler par la Miséricorde de Dieu, laissons la puissance de Son Amour transformer aussi notre vie ; et devenons des instruments de cette Miséricorde, des canaux à travers lesquels Dieu puisse irriguer la terre, garder toute la création et faire fleurir la justice et la paix ».

 

Dans ma vie

 

C'est le plus grand mystère de notre Foi et le plus beau. Le Christ est revenu des morts pour nous débarrasser définitivement du mal et nous appeler avec Lui au Ciel pour l'éternité. Soyons dans la joie.

 

Effet de conversion : Et si... j'essayais en ce jour d'avoir un « visage de ressuscité » et de rayonner de joie ?

Je prie en remerciant le Seigneur de tous les dons, toutes les joies dont Il m'a gratifié, et je bénis Son Nom.

cf_foucauld_reglements_directoire

Vivre le Sacrement de Réconciliation avec le Pape François

 

« N'oublions jamais qu'il n'existe aucun péché que Dieu ne puisse pardonner ! Si le confesseur n'a pas fait cette chose laide que confesse le pénitent, c'est simplement par la grâce de Dieu. Moi, prêtre, est-ce que j'aime autant le Seigneur que cette petite vieille. Même le plus grand pécheur qui vient devant Dieu pour demander pardon est terre sacrée.

Nous ne pouvons être vraiment dans la paix que si nous nous laissons réconcilier avec Dieu et nos frères dans le Seigneur Jésus. Et cela, nous le sentons tous dans notre cœur quand nous allons nous confesser, avec un poids dans l'âme, un peu de tristesse. Et quand nous recevons le Pardon de Jésus, nous sommes en paix, cette paix de l'âme si belle que seul Jésus peut donner.

Le Sacrement de Réconciliation est un Sacrement de guérison. Quand je vais me confesser, c'est pour guérir, guérir mon âme, guérir mon cœur de quelque chose que j'ai fait et qui ne va pas. L'icône biblique qui explique le mieux cela (…) est l'épisode du pardon et de la guérison du paralytique, où le Seigneur Jésus se révèle à la fois médecin des âmes et des corps.

Il ne suffit pas de demander pardon au Seigneur dans son esprit et son cœur, mais il est nécessaire de confesser humblement et avec confiance ses propres péchés au ministre de l’Église Dans la célébration de ce Sacrement, le Prêtre ne représente pas seulement Dieu, mais toute la Communauté (…). Certains diront : « Moi je me confesse seulement avec Dieu ». Oui, on peut dire à Dieu : « pardonne-moi », lui dire ses péchés, mais ceux-ci sont aussi contre nos frères et contre l’Église Il est donc nécessaire de demander pardon à l’Église et à nos frères à travers la personne du Prêtre.

Célébrer le Sacrement de Réconciliation signifie être enveloppé dans une étreinte chaleureuse : celle de la Miséricorde infinie du Père. Souvenons-nous de la belle parabole du fils qui est parti de chez lui avec l'argent de son héritage. Il a tout gaspillé et ensuite, alors qu'il n'avait plus rien, il a décidé de revenir chez lui, pas comme fils, mais comme serviteur. Il se sentait tellement coupable et avait tellement honte. Quelle surprise, quand il a commencé à parler pour demander pardon, et que le Père ne l'a pas laissé parlé, mais l'a étreint, embrassé et lui a fait fête ! Moi je vous le dis : chaque fois que nous allons nous confesser, Dieu nous embrasse, Il nous fait fête !

Certains ont peur de s'approcher de la Confession. Lorsqu'on va au confessionnal, on ressent un peu de honte, cela arrive à tout le monde. Mais cette honte est aussi une grâce qui nous prépare à être embrassés par le Père qui pardonne toujours.

Le pardon de nos péchés n'est pas quelque chose que nous pouvons nous donner à nous-mêmes. Je ne peux pas dire: « Je me pardonne mes péchés ». Le pardon se demande, se demande à un autre, et dans la confession, nous le demandons à Jésus. Le pardon n'est pas le fruit de nos efforts, mais c'est unn cadeau, un don de l'Esprit Saint qui nous remplit du fleuve de Miséricorde et de grâce qui jaillit incessamment du Coeur béant du Christ Crucifié et ressuscité.

Même d'un point de vue humain, il est bon, pour se libérer, de parler avec son frère, de dire au Prêtre tout ce qui pèse si lourdement sur notre cœur. On sent alors qu'on se libère devant Dieu, l'Eglise et nos frères. N'ayez pas peur de la confession ! Quand on fait la queue pour se confesser, on ressent toutes ces choses, même la honte. Mais ensuite, quand la confession est terminée, on sort libre, grand, beau, pardonné, blanc, heureux !

La réconciliation entre nous et Dieu est possible grâce à la Miséricorde du Père qui, par Amour pour nous, n'a pas hésité à sacrifier Son Fils unique. En effet, le Christ, qui était juste et sans péché, s'est fait péché pour nous quand Il fut chargé de nos péchés sur la Croix, et ainsi nous a rachetés et justifiés devant Dieu. « En Lui » nous pouvons devenir justes. « En Lui » nous pouvons changer, si nous accueillons la grâce de Dieu et ne laissons pas passer en vain le « moment favorable ». S'il vous plaît, arrêtons-nous un peu et laissons-nous réconcilier avec Dieu ».

 

Prière

 

Seigneur Jésus-Christ, Toi qui nous as appris à être miséricordieux comme le Père Céleste, et nous as dit que Te voir, c'est Le voir, montre-nous Ton Visage et nous serons sauvés.

Ton regard rempli d'amour a libéré Zachée et Matthieu de l'esclavage de l'argent, la femme adultère et Madeleine de la quête du bonheur à travers les seules créatures : Tu as fais pleurer Simon-Pierre après son reniement, et promis le Paradis au larron repenti. Fais que chacun de nous écoute cette parole dite à la Samaritaine comme s'adressant à nous : « Si tu savais le don de Dieu ». Amen.

 

Texte extrait du Hors série N°5 de « Ma prière »

il_570xN

Téléchargez les méditations de cette Semaine (pdf) en cliquant ici

 

L'intégralité des Méditations du Carême (pdf) est à télécharger ici

 

Fin du Carême avec le Pape François

 

Prochaine dévotion : Le Mois de Marie d'Ars : Rendez-vous le 29 avril

20 février 2016

Le Carême avec le Pape François 3/7

Le Carême avec le Pape François

Découvrir la Miséricorde

du 10 février au 27 mars 2016

Hyla blue largposter copy

Deuxième Dimanche de Carême

21 février 2016

 

« Mais nous, nous avons note citoyenneté dans les Cieux, d'où nous attendons comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ » (Philippiens 3, 20).

 

Méditation du Pape François

 

« Quand nous aidons les pauvres, nous ne faisons pas chrétiennement œuvre de bienfaisance. C'est bon, humain, mais ce n'est pas la pauvreté chrétienne. Il s'agit de donner un peu de soi au pauvre – pas de superflu, mais aussi du nécessaire – car il nous enrichit, Jésus Lui-même ayant dit être dans la pauvreté. Jésus-Christ de la richesse de Dieu, s'est fait pauvre, Il s'est abaissé pour nous. Être pauvre, c'est se laisser enrichir par la pauvreté du Christ et ne pas vouloir être riche avec d'autres richesses que ne soient pas celles du Christ ».

 

Dans ma vie

 

S'enrichir en s'appauvrissant, voilà un beau programme ! À nous de savoir découvrir les richesses que le Christ nous présente et de comprendre qu'elles valent plus que les richesses de ce monde.

 

Effet de conversion : Et si... je donnais aux premières personnes dans la nécessité qui me sollicitent, sans chercher à me demander qui elles sont et ce qu'elles en feront ?

Je prie pour que Dieu m'aide à me détacher des biens superflus et à m'attacher aux richesses du Ciel.

 

Deuxième Semaine de Carême

 

Lundi 22 février 2016

 

« Soyez miséricordieux comme votre Père est Miséricordieux. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés » (Saint Luc 6, 36).

 

Méditation du Pape François

 

« La béatitude des pauvres de cœur (cf Mathieu 5, 3) oriente notre rapport avec les biens matériels et les pauvres. Face à l'exemple et aux paroles de Jésus, nous sentons combien notre conversion est nécessaire, afin que la logique de l'être plus l'emporte sur celle de l'avoir plus ! Les Saints peuvent vraiment nous aider à comprendre le sens profond des Béatitudes ».

 

Dans ma vie

 

« … Car le Royaume des Cieux sera à eux » ! Quelle formidable nouvelle... Si notre Seigneur le dit, nous devons rechercher à tout prix à être ces pauvres de cœur, non pas ayant le cœur vide, mais pauvre de biens matériels et riches de Dieu.

 

Effet de conversion : Et si... j'essayais de partager les soucis des autres pour ainsi les aider à porter leurs difficultés ?

Je prie pour tous ceux qui ont le cœur dut et sec, qui ne sont jamais émus par rien ni personne.

 

Mardi 23 février 2016

 

« Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de ma vue vos actions mauvaises, cessez de faire le mal » (Isaïe 1, 10).

 

Méditation du Pape François

 

« Nous ne pouvons pas penser à un chrétien qui s'arrête : un chrétien qui reste immobile et malade, dans son identité chrétienne, il y a une maladie dans cette identité. Le chrétien est un disciple qui chemine qui va de l'avant. Mais le Seigneur nous le dit aussi, et nous l'avons entendu dans le psaume : « Allez dans le monde entier et proclamez l’Évangile Allez-y, marchez ». Voilà : la première attitude des chrétiens est de marcher, d'aller de l'avant, même s'il y a des difficultés, d'outrepasser les difficultés ».

 

Dans ma vie

 

Dans les épreuves, le découragement vient vite, surtout si on est seul, pas soutenu et qu'on a l'impression de faire tout de travers. Un chrétien seul est un chrétien en danger. Soutenons les autres. Faisons-nous soutenir.

 

Effet de conversion : Et si... j'encourageais les gens autour de moi et les soutenais positivement dans leurs efforts ?

Je prie pour tous ceux qui n'ont plus le courage d'avancer, qui sont accablés et perdent l'espérance.

 

Mercredi 24 février 2016

 

« Moi, je suis sûr de Toi, Seigneur, je dis : « Tu es mon Dieu ! » Mes jours sont dans Ta main délivre-moi des mains hostiles qui s'acharnent ». (Psaume 30 (31) 15-16).

 

Méditation du Pape François

 

« Nous sommes tous appelés à rallumer dans nos cœurs une impulsion d'espérance, qui doit se traduire en œuvres concrètes de paix. Tu ne t'entends pas avec cette personne ? Fais la paix ! Chez toi ? Fais la paix ! Dans ta communauté ? Fais la paix ! Dans ton travail ? Fais la paix ! Œuvres de paix, de réconciliation et de fraternité (…) ces petits gestes ont tant de valeur : ils peuvent être des graines qui donnent espérance, ils peuvent ouvrir des routes et des perspectives de paix ».

 

Dans ma vie

 

Une petite dispute, un différend et ensuite on oublie tout sans se réconcilier. Nous le faisons tous, mais cela laisse des traces... et cela rend nos appels à un monde meilleur plus vains... Allons ! Faisons le ménage dans nos discordes.

 

Effet de conversion : Et si... je demandais pardon à des gens que j'ai blessés ?

Je prie pour que les personnes qui ont fait l'objet d'offenses arrivent à pardonner à ceux qui leur ont fait du mal.

 

Jeudi 25 février 2016

 

« Heureux ceux qui ont entendu la Parole dans un cœur bon et généreux » (Saint Luc 8, 15).

 

Méditation du Pape François

 

« Le Carême est pour l’Église, et pour chaque fidèle, un temps de renouveau pour les communautés. Mais c'est surtout un « temps de grâce » (cf 2 co 6, 2). Dieu ne nous demande rien qu'Il ne nous ait donné auparavant : « Nous aimons parce que Dieu Lui-même nous a aimés le premier » (cf 1 Jean 4, 19). Il n'est pas indifférent à nous. Il porte chacun de nous dans Son Cœur, Il nous connaît par notre nom, Il prend soin de nous et Il nous cherche quand nous l'abandonnons. Chacun de nous l'intéresse ; Son Amour l'empêche d'être indifférent à ce qui nous arrive ».

 

Dans ma vie

 

Le Carême ne doit pas être un temps de tristesse, durant lequel nous devrions avoir des têtes d'enterrement sous prétexte que nous faisons peut-être un petit effort inhabituel. C'est un temps de préparation à la merveilleuse Fête de Pâques, donc de joie.

 

Effet de conversion : Et si... je souriais un peu plus, en toutes circonstances, aux gens qui m'entourent ?

Je prie pour les personnes qui n'arrivent plus à retrouver la joie dans leur cœur et qui semblent ne plus pouvoir en éprouver.

 

Vendredi 26 février 2016

 

« Cherchez le Seigneur et sa puissance, souvenez-vous des merveilles qu'Il a faites, vous la race d'Abraham son serviteur, les fils de Jacob, qu'Il a choisis » (Psaume 104 (105) 4a, 5a, 6a).

 

Méditation du Pape François

 

« L’Évangile est parole de vie ; il n'opprime pas des personnes, au contraire libère ceux qui sont esclaves de beaucoup d'esprits mauvais de ce monde : l'esprit de vanité, l'attachement à l'argent, l'orgueil, la sensualité... L’Évangile change le cœur, il change la vie, il transforme les inclinations au mal en bons propos. L’Évangile est capable de changer les personnes ! C'est donc le devoir des chrétiens d'en diffuser partout la force rédemptrice, en donnant des missionnaires et des hérauts de la Parole de Dieu ».

 

Dans ma vie

 

Si nous ne croyons pas que l’Évangile peut nous changer radicalement, alors à quoi bon être chrétiens ? C'est Dieu Lui-même, qui nous conseille et nous aime, qui nous parle et nous donne la Foi... Cela ne peut que nous transformer.

 

Effet de conversion : Et si... je me mettais un peu plus à l'écoute de ce que Dieu attend de moi, et me tenais prêt à changer ce qui ne va pas ?

Je prie pour que je puisse changer mon cœur avant de demander aux autres de changer eux-mêmes.

 

Samedi 28 février 2016

 

« Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! » (Saint Luc 7, 47).

 

Méditation du Pape François

 

« L’Église est d'abord appelée à être témoin véridique de la Miséricorde, en la professant et en la vivant comme le centre de la révélation de Jésus-Christ. Du cœur de la Trinité, du plus profond du mystère de Dieu, jaillit et coule sans cesse le grand fleuve de la Miséricorde. Cette source ne sera jamais épuisée pour tous ceux qui s'en approcheront. Chaque fois qu'on en aura besoin, on pourra y accéder, parce que la Miséricorde de Dieu est sans fin. Autant la profondeur du mystère renfermé est insondable, autant la richesse qui en découle est inépuisable ».

 

Dans ma vie

 

Quand on voit tout ce que l’Église a toujours fait pour ceux qui étaient dans la détresse, on ne peut qu'être émerveillé de tant d'amour donné et de générosité et souhaiter à notre tour en faire preuve.

 

Effet de conversion : Et si... je faisais preuve non pas de pitié, mais de miséricorde en agissant par amour pour les autres ?

Je prie pour les membres des associations caritatives qui apportent le réconfort aux plus démunis.

 

Texte extrait du Hors série N°5 de « Ma prière »

il_570xN

Téléchargez les méditations de cette Semaine (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque semaine les méditations du Carême avec le Pape François,

abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

9 février 2016

Le Carême avec le Pape François 1/7

Le Carême avec le Pape François

Découvrir la Miséricorde

du 10 février au 27 mars 2016

il_570xN

Mercredi des Cendres

10 février 2016

 

« Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l'accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer ». (Saint Matthieu 6, 1).

 

Méditation du Pape François

 

« Voici le moment pour changer de vie ! Voici le temps de se laisser toucher au cœur. Face au mal commis, et même aux crimes graves, voici le moment d'écouter pleurer les innocents dépouillés de leurs biens, de leur dignité, de leur affection, de leur vie même. Rester sur le chemin du mal n'est que source d'illusion et de tristesse. La vraie vie est bien autre chose. Dieu ne se lasse pas de tendre la main ».

 

Dans ma vie

 

Le Carême commence, c'est le moment d'ouvrir son cœur et son esprit au monde qui nous entoure, à ceux qu'on ne remarque jamais, auxquels on ne faut pas attention, qui pourtant sont tous certainement d'une grande richesse.

 

Effet de conversion : Et si... j'essayais de regarder ceux qui m'entourent avec un regard nouveau, amical, fraternel et désintéressé ?

Je prie pour tous ceux dont personne ne se soucie et à qui personne ne parle jamais.

 

Jeudi après les Cendres

11 février 2016

 

« Je suis venu pour que vois ayez la vie et que vous l'ayez en abondance » (Saint Jean 10, 10).

 

Méditation du Pape François

 

« Qui imagine qu'un sans-abri soit quelqu'un de qui on puisse apprendre ? Qui imagine qu'il puisse être un saint ? Et pourtant la pauvreté est le grand enseignement que nous a donné Jésus quand Il est descendu dans les eaux du Jourdain pour être baptisé par Jean-Baptiste (…). Il l'a fait pour se mettre parmi les gens, les personnes qui avaient besoin du pardon, parmi nous, pécheurs, et pour se charger du poids de nos péchés. C'est cette voie qu'Il a choisie pour nous consoler, nous sauver, nous libérer de notre misère ».

 

Dans ma vie

 

La vraie pauvreté nous semble si difficile ! Quand nous somme attachés à notre confort et à nos biens matériels, nous avons tendance à ne vouloir offrir aux autres que ce dont nous n'avons pas besoin et pas réellement à nous appauvrir pour eux.

 

Effet de conversion : Et si... je décidais de m'appauvrir de quelque chose qui ne m'est pas superflu ?

Je prie pour tous ceux qui ont à peine de quoi vivre et qui doivent à tout moment faire attention pour subsister.

 

Vendredi après les Cendres

12 février 2016

 

« Pitié pour moi, mon Dieu, dans Ton Amour, selon Ta grande Miséricorde, efface mon péché. Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense » (Psaume 50 (51) 3-4).

 

Méditation du Pape François

 

Jésus est Dieu qui se dépouille de sa gloire. Nous voyons ici le choix de la pauvreté de Dieu : de riche qu'Il était, Il s'est fait pauvre pour nous enrichir par Sa pauvreté (cf. 2 Col 8, 9). C'est le mystère que nous contemplons dans la Crèche, en voyant le Fils de Dieu dans une mangeoire ; puis sur la Croix, où le dépouillement arrive à son comble ».

 

Dans ma vie

 

Savons-nous rejoindre Jésus dans sa vie cachée, abandonnant les honneurs, la mise en avant et nous faire oublier ? Pourtant c'est certainement dans le silence et l'humilité qu'on rencontre Dieu.

 

Effet de conversion : Et si... je refusais poliment certains honneurs qui me sont faits ou une certaine visibilité par rapport aux autres ?

Je prie pour tous ceux qui sont guettés par l'orgueil de par leur position, leurs qualités, leur succès, pour que leur cœur reste pur.

 

Samedi après les Cendres

13 février 2016

 

« Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades » (Saint Luc 5, 32).

 

Méditation du Pape François

 

« L’Évangile nous dit ce que le Règne de Jésus demande de nous : il nous rappelle que la proximité et la tendresse doivent aussi être notre règle de vie, et que c'est sur cela que nos serons jugés, sur ce protocole de vie (…) Le Salut ne commence pas par la confession de la Royauté du Christ, mais par l'imitation des œuvres de miséricorde par lesquelles Il a réalisé Son Royaume. Celui qui les accomplit montre qu'il a accueilli la Royauté de Jésus, car il a fait place dans son cœur à la Charité de Dieu ».

 

Dans ma vie

 

Si nous aimons le Christ, le révérons comme Dieu, alors c'est dans nos petits efforts quotidiens plus que par nos belles paroles que nous pourrons véritablement lui montrer notre amour.

 

Effet de conversion : Et si... j'essayais de mieux accomplir mes petits devoirs quotidiens en pensant au Christ ?

Je prie pour ceux qui se paient de mots et de paroles et ne voient pas qu'ainsi ils n'accomplissent pas la Volonté du Seigneur.

 

Texte extrait du Hors série N°5 de « Ma prière »

Icon-to-be-on-earth-the-heart-of-God4

Téléchargez les méditations de cette Semaine (pdf) en cliquant ici

 

 

Pour recevoir chaque semaine les méditations du Carême avec le Pape François,

abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

 

 

5 décembre 2015

L'Avent avec Saint François d'Assise

L'Avent avec Saint François

NPSFA (2)

Deuxième Dimanche de l'Avent

 

Les risques de la vocation

En renonçant au monde, François choisit l'insécurité quant à son avenir. Il n'entre pas dans une famille religieuse qui lui aurait offert un cadre déjà existant et une protection. Sans percevoir encore clairement ce à quoi Dieu l'appelle, il accepte de suivre un chemin obscur. Très concrètement, il renonce aux avantages de son ancien statut et il s'expose aux dangers. C'est ainsi que des brigands qu'il a rencontrés le rouent de coups.

 

À l'école de Saint François

« (Des brigands) lui demandèrent sauvagement qui il pouvait bien être. Ne tremblant devant rien, il leur répondit par cette parole prophétique : « Je suis le héraut du grand Roi ! En quoi cela vous intéresse-t-il ? » Mais eux s'indignèrent ; après lui avoir donné des coups, ils jetèrent le Serviteur de Dieu dans une fosse pleine de neige et dirent, en guise d'insulte au futur pasteur du troupeau du Seigneur : « Couché, le manant héraut de Dieu ! » Après le départ des malfaiteurs, il sauta tout joyeux hors de la fosse et fut retentir d'une voix plus vive ses louanges au Créateur de toutes choses ». (Julien de Spire, Vie de François 10).

 

Parole de Dieu : « Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement contre vous toute sorte d'infamie à cause de moi ». (Saint Matthieu 5, 11).

 

Dans ma vie

La venue d'un enfant dans un foyer est toujours un événement bouleversant. Il en est de même pour la venue en ce monde du Fils de Dieu. Marie et Joseph ont dû accepter de voir tous leurs projets bouleversés et ils eurent à supporter pour cet enfant l'inconfort du voyage à Bethléem, l'angoisse de la persécution d'Hérode, la tristesse d'un exil injuste. La vie en présence de Dieu ne nous donne pas de faire l'économie des difficultés ou des contrariétés. Mais elle nous permet de vivre tous ces événement dans la paix et la confiance, c'est à dire dans l'espérance.

 

Résolution : J'essaie de vivre tous les événements contraires de cette journée dans un esprit de Foi et d'abandon, heureux de pouvoir vivre, à l'instar de Saint François, de l'esprit des béatitudes, la charte fondatrice du Royaume des Cieux.

 

Méditation

 

Pourquoi l'Eglise attache-t-elle une telle importance à l'Ancien Testament ? Pourquoi le Chrétien est-il invité à en faire la lecture pour en tirer une méditation fructueuse ? Notre Foi nous fait ainsi découvrir la longue préparation dans l'histoire de la venue d'un Sauveur. Après le drame du péché de nos premiers parents, après l'entrée de la mort dans la destinée humaine, après la victoire apparente du Démon qui arrache pour un temps la créature à son Créateur, Dieu met tout en œuvre pour nous sauver. Le temps de l'Avent nous donne de communier aux sentiments de pénitence et d'espérance du peuple de la première Alliance. Saint Jean-Baptiste résume à lui seul toute l'histoire du Salut : il est le dernier et le plus grand des prophètes. Champion des droits de Dieu, il se tient sur le seuil du Nouveau Testament, et sa prédication, toujours actuelle prépare nos cœurs à la venue du Messie. Nous avons-nous aussi à prendre avec courage le chemin de la pénitence et de la conversion. Il n'est rien de pire qu'un cœur endurci, une existence qui n'attende plus rien et qui se contente de la morne possession de quelques biens créés. Un grand désir nous possède et nous sommes faits pour une autre lumière, celle qui va jaillir de la grotte de Bethléem et qui a fait la joie du petit Pauvre d'Assise comme celle de tous les Saints.

 

Deuxième Semaine de l'Avent

 

media-317712-1

Lundi

 

La joie et la certitude du pardon

« Le Seigneur me donna ainsi à moi, Frère François, de commencer à faire pénitence ». C'est ainsi que commence le Testament de notre Saint. Le pardon divin est au cœur du message Chrétien et l'Evangile est adressé aux hommes pour leur Salut. À la joie du pardon doit aussi correspondre chez le baptisé le ferme propos, la décision courageuse de ne plus offenser Dieu et de faire pénitence, comme le rappelle la formule de l'acte de contrition. La pénitence est donc un élément essentiel de la vie chrétienne parce qu'elle marque l'exigence de conversion permanente, une exigence d'amour, certes, mais qui suppose des moyens très concrets et la pratique des œuvres de miséricorde.

 

À l'école de Saint François

« Comme il repensait dans l'amertume de son âme aux années qu'il avait mal dépensées... alors une allégresse ineffable et une suprême suavité commencèrent peu à peu à inonder les tréfonds de son cœur. Il commença aussi à défaillir en sortant de lui-même ; ses sentiments s'évanouirent et les ténèbres qui, par crainte du péché, s'agglutinaient en son cœur se dissipèrent ; la certitude se répandit en lui que toutes ses fautes étaient remises et la confiance lui fut procurée qu'il pouvait reprendre souffle en la grâce » (Thomas de Celano Vita Prima, 26).

 

Parole de Dieu : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés » (Marc 2, 5).

 

Dans ma vie

Tout chrétien est appelé à connaître la joie du pardon et le temps de l'Avent le dispose à accueillir Celui qui se fait homme pour réconcilier les hommes avec le Père. La conscience du péché nous rend la Miséricorde d'autant plus accessible. Dès lors, à la lumière du don qui nous est fait, nous sommes encouragés à poursuivre ce chemin de conversion et de pénitence.

Résolution : Pour accueillir la venue du Seigneur avec un cœur humble, je décide aujourd'hui de renouveler, voire de reprendre, ma pratique du Sacrement de Pénitence. J'examine quelle a été ma vie ces dernières semaines et ces derniers mois et je supplie le Saint Esprit de m'éclairer.

 

690_001

Mardi

 

Tout baptisé est un prophète

La conversion suppose un changement de regard d'esprit et de mentalité. Ce sont les premiers mots que Jésus adresse à la foule au début de sa vie publique. Se convertir, c'est accueillir la lumière de la Foi, c'est participer à notre mesure de créature à la connaissance que Dieu a de Lui-même et de toute la création. François, grâce à sa fidélité au Saint Esprit, à ses lumières et à ses inspirations, a bénéficié d'un certain nombre d'intuitions sur la vie et l'avenir de ceux qu'il rencontrait comme sa propre famille religieuse.

 

À l'école de Saint François

« Le Bienheureux Père, transporté par une sorte d'élévation supramondaine, avait soumis par une étonnante vertu tout ce qu'il y eut dans le monde : projetant toujours l'oeil de son intelligence devant cette lumière suprême, non seulement il savait alors par une révélation divine ce qu'il devait faire, mais il faisait de nombreuses prédictions grâce à un esprit de prophétie, scrutait les secrets des cœurs, connaissait les choses absentes, voyait et racontait à l'avance ce qui allait arriver ». (Thomas de Célano, Memorial 27).

 

Parole de Dieu : « Le témoignage de Jésus, c'est l'Esprit de prophétie » (Apocalypse de Saint Jean 19, 10).

 

Dans ma vie

La vie du Sauveur manifeste une constante fidélité au Saint Esprit que son humanité a reçu en plénitude dès le premier instant de sa conception humaine dans le sein de la Vierge Marie au matin de l'Annonciation. Il est venu sur la terre pour nous communiquer cette fidélité et le Saint Esprit est le don le plus excellent que Jésus fait à l'humanité. La sainteté chrétienne est la sainteté même du Christ. Par la venue de son Fils, Dieu fait une œuvre admirable : il nous recrée à l'image du Messie.

 

Résolution : Je demande aujourd'hui la grâce d'une fidélité au Saint Esprit à la suite de Saint François qui s'est mis à l'école de l'hôte intérieur pour accomplir au quotidien la volonté du Père. Je peux choisir dans mon missel, si j'en possède un, une des prières traditionnelles de la liturgie en l'honneur du Paraclet, ou un chant à l'Esprit Saint dont le refrain m'accompagnera toute la journée.

 

29

Mercredi

 

Une règle de vie

Ayant bénéficié de la protection de l'évêque d'Assise, ce premier groupe de disciples autour de François ressent assez vite la nécessité d'être reconnu par l'Eglise universelle en la personne de son Pasteur suprême sur la terre, le Pape Innocent III. En 1209, François adresse au Souverain Pontife une règle sous la forme d'un projet de vie décrivant l'existence des premiers Frères Mineurs (C'est ainsi que François les appelle). Nous n'avons pas gardé trace de cette première ébauche, mais en 1221, les Frères réunis en chapitre votent une première règle composée par François, qui sera suivie d'une autre, plus brève, approuvée en 1223. C'est celle qui est suivie encore aujourd'hui par les trois branches de la Famille Franciscaine.

 

À l'école de Saint François

« La Règle et vie des Frères Mineurs est celle-ci : observer le Saint Evangile de Notre Seigneur Jésus-Christ, en vivant dans l'obéissance, sans rien en propre et dans la chasteté. Frère François promet obéissance et révérence au Seigneur Pape Honorius et à ses successeurs... Et que les autres Frères soient tenus d'obéir à Frère François et à ses successeurs ». (Règle et vie des Frères Mineurs 1, 1-3).

 

Parole de Dieu : « Fais cela et tu vivras » (Luc 10, 28).

 

Dans ma vie

Une règle de vie approuvée par l'Eglise pour un ordre religieux ou une famille de consacrés ne se substitue pas à l'Evangile mais elle apprend à ses membres comment vivre le Saint Evangile, selon la grâce propre d'un fondateur. C'est ce que nous appelons un charisme de fondation. En promulguant ce type de texte, la hiérarchie reconnaît dans cette règle un chemin authentique pour suivre le Christ et servir l'Eglise. Mais parce qu'un charisme est un don fait à l'Eglise en son entier, tous les baptisés bénéficient ainsi de la grâce propre faite à un Saint fondateur.

 

Résolution : De ce que je sais du charisme de Saint François, je tire quelques principes concrets de vie que j'essaie de mettre en pratique dès maintenant. Je peux m'inspirer du propre de la Messe de Saint François (4 octobre). C'est ainsi que je prépare mon cœur à la célébration qui approche.

 

tumblr_nj21bkSxfD1tpkwoyo7_1280

Jeudi

 

La solitude du cœur

L'exemple de Saint François a poussé beaucoup de disciples à le rejoindre. Ensemble, ils forment une communauté fraternelle et missionnaire. Cependant notre Saint, dès le début de sa conversion, est aussi attiré par une vie d'ermite, où, dans la solitude, il passe de très longs moments dans la prière, l'intercession et la louange. Dans les constitutions de l'Ordre, il organise donc cette possibilité pour les Frères de prendre des périodes de vie en solitude. C'est encore une manière d'être fidèle à l'Evangile, à l'imitation du Seigneur Jésus qui consacre une grande partie de sa vie dans l'obscurité de la retraite. C'est aussi une constante dans la vie des Saints. C'est ainsi que leur action et leur prédication touchaient les cœurs et rayonnaient d'une fécondité qui marqué profondément l'Eglise et le monde.

 

À l'école de Saint François

« Ceux qui veulent rester religieusement dans les lieux déserts, qu'ils soient trois frères ou quatre au plus ; que deux d'entre eux soient les mères et aient deux fils, ou un au moins. Que les deux qui sont les mères mènent la vie de Marthe et que les deux fils mènent la vie de Marie ; et qu'ils aient un enclos où chacun aura sa cellule pour prier et dormir. Et qu'ils s'appliquent à retenir le silence » (Règle pour les ermitages, 1-3).

 

Parole de Dieu : « Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. » (Saint Luc 10, 42)

 

Dans ma vie

Le mystère de Noël demande d'être accueilli dans un cœur attentif, disponible, contemplatif et silencieux. C'est toujours dans le silence que Dieu accompli ses plus grandes œuvres. La nécessité de la prière est une constante dans l'enseignement des Saints et, a contrario, la perte du goût de la prière stérilise l'activité de l'Eglise et fait perdre aux Sacrements une part considérable de leur efficacité salvifique.

 

Résolution : Je ménage dans mon emploi du temps des moments de solitude, de désert et de prière et je fais le point sur la résolution prise au premier jour de l'Avent.

 

21

Vendredi

 

Envoyé aux hommes pour leur annoncer la Bonne Nouvelle

À une vie pénitentielle, parfois menée dans la solitude, François ajoute une dimension missionnaire par la prédication. Il ne se retire pas du monde, mais il veut permettre à tous ceux qu'il rencontre de faire l'expérience de la joie du pardon. Voilà pourquoi la prédication tient une place centrale dans les nouvelles formes de vies consacrées qui apparaissent en ce treizième siècle. Le cœur de François s'élargit aux dimensions du monde, tant est grande sa soif du Salut des âmes.

 

À l'école de Saint François

« Considérons, Frères très chers, notre vocation par laquelle, dans Sa Miséricorde, Dieu nous a appelés non seulement pour notre Salut, mais pour le Salut d'un grand nombre en exhortant tous les hommes, plus par l'exemple que par la parole, à faire pénitence de leurs péchés et à avoir en mémoire les commandements de Dieu ». (Légende des Trois Compagnons 36).

 

Parole de Dieu : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples » (Saint Matthieu 28, 19).

 

Dans ma vie

Tout baptisé est appelé à participer à la mission universelle de l'Eglise, quels que soient sa vocation, son état de vie, sa place et sa mission dans le peuple de Dieu et dans le monde. Les modalités concrètes de cette mission peuvent considérablement varier d'une région, d'une époque ou d'une Eglise à une autre. Mais c'est toujours le même Christ et Seigneur que nous devons annoncer. Le lumière qui jaillit de la Grotte de Bethléem doit resplendir dans le monde entier et les Chrétiens ont grâce d'état à la communiquer là ou la Providence Divine les a placés.

 

Résolution : Quels sont les gestes missionnaires que j'ai posés ces derniers temps, y compris et surtout auprès de mes proches, de mes connaissances, de mes relations de travail ou de loisirs ?

 

020_001

Samedi

 

Une prédication féconde

On peut dire que François et ses compagnons sont un évangile vivant et donc une prédication vivante. Leur simplicité, leur pauvreté, leur humilité touchent les cœurs et donnent à leur parole un accent d'authenticité et de vérité qui ne trompent pas ceux qui sont vraiment en recherche ou qui ressentent l'appel à une fidélité renouvelée au Christ. Voilà pourquoi les fruits de conversion et d'adhésion se multiplient. Si François se montre parfois rude dans sa prédication, sa tendresse pour les pécheurs et son amour de Dieu bouleversent ceux qui écoutent sa voix.

 

À l'école de Saint François

« C'était en effet un prédicateur de vérité, conforté par l'autorité apostolique, qui n'usait pas de flatteries et rejetait les caresses des mots ; car le conseil qu'ils donnait aux autres en parole, ils se 54).l'était d'abord donné à lui-même en le mettant en œuvre pour pouvoir dire la vérité avec une très grande assurance. Même les lettrés et les doctes s'émerveillaient de la force de la vérité de ses sermons, qui ne lui venaient pas de l'enseignement d'un homme » (Légende des Trois Compagnons).

 

Parole de Dieu : « Ils étaient frappés par son enseignement, car il parlait avec autorité ». (Saint Luc 4, 32).

 

Dans ma vie

Dans l'Enfant de la Crèche qui ne parle pas encore, nous adorons le Verbe de Dieu, la Parole qui retentit dans le monde pour lui annoncer la Bonne Nouvelle du Salut. Les auditeurs de Jésus seront frappés de son autorité parce qu'Il est la vérité qu'Il annonce et qu'Il proclame. Cette unité est une grâce donnée aux Saints. La Miséricorde qu'ils communiquent, ils en sont les premiers bénéficiaires, ils se sont vraiment mis à l'école du Christ « doux et humble de Coeur ». C'est pou l'Eglise et les missionnaires de l'Evangile le secret de la fécondité de leu parole et de leur prédication.

 

Résolution : Je m'interroge sur la qualité de mes paroles. Ont-elles l'autorité même du Christ parce que je cherche à Lui être uni dans toute ma vie ? Ou alors expriment-elles plutôt le désir de m'imposer et de faire valoir à tout prix mon point de vue, même lorsqu'il n'est pas éclairé ?

 

Extrait du Hors série de Parole et prière « Mon Avent avec Saint François » sorti en 2013

san-francesco-berlinghieri-12

 

Pour recevoir par mail, chaque semaine de l'Avent, les méditations de l'Avent avec Saint François,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

19 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

332_001

Vingtième jour

L'apostolicité de l'Eglise

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

Nous avons déjà  médité sur les dogmes, les mystères et la morale de la doctrine évangélique. Il importe maintenant de méditer sur l'apostolicité de la doctrine et du ministère de l'Eglise, c'est-à-dire, de bien comprendre comment la doctrine évangélique que les apôtres ont prêchée, est encore et sera toujours transmise dans toute sa pureté par l'Eglise, et comment le ministère qu'exerce aujourd'hui l'Eglise et qu'elle exercera jusqu'à la consommation des siècles, est et sera toujours le même que celui des apôtres.

I. L'Eglise a trois moyens de faire connaître et de répandre la doctrine évangélique qu'elle a reçue des apôtres : les livres saints ou l'Ecriture sainte, la tradition et la prédication :

1° les livres saints qui renferment l'ancien et le nouveau Testament. Les livres de l'ancien Testament ont été conservés jusqu'à nos jours tels que les Juifs les avaient transmis aux apôtres, puisque ceux qui sont entre nos mains sont en tout semblables à ceux que les rabbins eux-mêmes possèdent encore aujourd'hui. Que les livres du nouveau Testament soient essentiellement les mêmes que ceux qui sont sortis de la main des apôtres, c'est sur quoi il est impossible d'élever le moindre doute. Pour s'en convaincre il suffit de se rappeler que les apôtres et les disciples de Jésus-Christ se répandirent dans les diverses régions du monde connu ; que partout il se forma des Eglises chrétiennes gouvernées par les pasteurs qu'ils y établirent; que la doctrine qu'ils avaient prêchée fut consignée par eux dans des écrits, et que ces écrits furent disséminés dans toutes les églises. Ces livres sont dès lors révérés comme divins ; les copies s'en multiplient à l'infini. Les Pères en expliquent le texte sacré de siècle en siècle. Comment serait-il possible que des erreurs essentielles eussent pu se glisser dans des livres aussi répandus, aussi connus, respectés au point de voir les martyrs donner leur vie pour soutenir la divinité de la doctrine qu'ils renferment ? Dans des livres, où se trouvent réunis le dogme et la morale de toute la religion chrétienne, et par conséquent toutes les règles de conduite observées par les chrétiens de tous les temps ? Au reste, l'Eglise chargée du dépôt sacré des livres saints a toujours veillé avec le soin le plus scrupuleux à ce que l'intégrité la plus parfaite y fût conservée, et le saint concile de Trente en est une preuve irréfragable.

2° Les apôtres n'ont pas écrit et n'ont pas eu l'intention d'écrire tout ce que Notre-Seigneur Jésus-Christ a dit, ni tout ce qu'il a fait, ni tout ce que le Saint-Esprit leur a révélé ; saint Jean nous en avertit lui-même lorsqu'il dit, à la fin de son Evangile : « Jésus a fait encore beaucoup d'autres choses : si elles étaient écrites, je crois que le monde entier ne pourrait contenir la quantité de livres qu'il faudrait employer pour les y consigner » (Saint Jean, 21, 25) ; et dans sa seconde épître il s'exprime ainsi : « J'aurais encore plusieurs choses à vous écrire, mais je n'ai pas voulu les confier à l'encre ni au papier ; j'espère que je serai bientôt auprès de vous, et que je vous les dirai de vive voix » (2 Jean, 12.) Cette doctrine révélée que les apôtres ont enseignée de vive voix s'appelle parole de Dieu non écrite ou tradition, c'est-à-dire, doctrine transmise de main en main , et toujours reçue dans l'Eglise. Les successeurs des apôtres, les pères de l'Eglise, nous ont transmis dans leurs écrits cette doctrine, qu'ils avaient apprise d'eux de vive voix. Lorsque leur sentiment est unanime sur un point, on en conclut avec raison qu'ils tiennent cette doctrine des apôtres, qu'elle est également la parole de Dieu, comme ce qui est écrit dans les livres saints. Le saint concile de Trente, représentant l'Eglise universelle, met sur le même rang les saintes Ecritures et les traditions non écrites touchant la foi et les mœurs, comme ayant été reçues par les apôtres de la bouche de Jésus-Christ même, ou annoncées par eux sous l'inspiration directe du Saint-Esprit, et étant parvenues jusqu'à nous par la succession non interrompue de l'enseignement de l'Eglise catholique; puis, il déclare anathème quiconque a la témérité de rejeter ces traditions. (Sess. IV). Les protestants eux-mêmes sont forcés de recourir à l'autorité de la tradition, pour fixer le vrai sens des Ecritures sur les mystères de la Trinité et de l'Incarnation, pour reconnaître l'inspiration des livres saints, le précepte de la sanctification du dimanche, etc. Enfin, les sources de la tradition apostolique sont la croyance ou la pratique générale et constante de l'Eglise catholique ; la liturgie prise dans son acception la plus étendue ; les écrits des pères, des papes, des évêques ; et l'autorité de l'Eglise qui, assistée du Saint-Esprit, discerne infailliblement la vérité de l'erreur.

3° Mais, si la sainte Ecriture et la tradition pouvaient et devaient servir de base à l'enseignement de l'Eglise, elles ne suffisaient pas toutefois à la propagation de la foi catholique; aussi le Sauveur, après avoir prêché Lui-même, a-t-il recommandé à ses apôtres de prêcher à leur tour à toutes les nations, et de leur enseigner ainsi tout ce qu'il leur avait appris. Et comme dans la prédication on ne fait autre chose que développer les vérités renfermées dans l'Ecriture et dans la tradition, il en résulte que, quant au fond et quant à la forme, la prédication de l'Eglise est apostolique. L'enseignement par la prédication est tellement une nécessité pour répandre l'instruction religieuse et pour attirer les âmes à la Foi, que les protestants eux-mêmes, inconséquents avec leur propre principe, que la Bible et rien que la Bible suffit à chaque fidèle, ne laissent pourtant pas de convoquer ceux de leur secte aux discours qu'ils font dans leurs prêches, et de leur imposer l'explication qu'ils donnent de l'Ecriture ; d'après eux pourtant, chacun est suffisamment inspiré par l'esprit de Dieu pour interpréter les livres saints, et être infaillible relativement au sens qu'il lui donne. L'Eglise est donc apostolique dans sa doctrine.

II. L'Eglise est encore apostolique quant au ministère qu'elle exerce : tous les catholiques soutiennent, contre les schismatiques, que la véritable Eglise est celle dont les pasteurs sont les successeurs légitimes des apôtres. L'apostolicité du ministère consiste donc dans la succession non interrompue des évêques sur les sièges fondés par les apôtres ou par leurs successeurs légitimes. On distingue dans le ministère apostolique deux genres de pouvoirs qui émanent des apôtres, et que ceux-ci avaient reçus de Jésus-Christ. L'un est le pouvoir d'ordre, qui est inhérent au caractère épiscopal, et qui s'est perpétué par l'ordination, dont le rit a été déterminé par Notre-Seigneur. Les apôtres ont ordonné les premiers évêques, ceux-ci en ont ordonné d'autres, et ainsi de suite ; de sorte que les évêques de nos jours ont reçu le même caractère, le même pouvoir d'ordre qu'avaient reçus les premiers successeurs des apôtres. Quiconque n'a pas été ordonné, ou ne l'a été que par quelqu'un qui n'était point évêque, ne peut participer au ministère apostolique. Le pouvoir en vertu duquel on peut exercer le pouvoir d'ordre, et prendre part au gouvernement de l'Eglise, est le pouvoir de juridiction ; il naît de l'institution canonique, dont le mode est déterminé par les lois ecclésiastiques émanées des souverains pontifes, ou du moins sanctionnées par eux, en leur qualité de chefs de l'Eglise. Par cette institution, chaque évêque reçoit la juridiction qu'avaient ceux qui les ont précédés, en remontant jusqu'aux apôtres. Les nouveaux évêchés, qui sont érigés par les successeurs des apôtres, sont aussi apostoliques que ceux qu'établissaient les apôtres eux-mêmes, puisqu'ils sont fondés comme les premiers par la puissance apostolique... Le ministère apostolique qui se perpétue par la succession des évêques, comme une propriété spéciale de l'Eglise de Dieu, est une marque qui distingue celle-ci de toutes les sociétés schismatiques. Ce divin ministère a été établi par Jésus-Christ, pour qu'il se perpétuât jusqu'à la consommation des siècles : « Toute puissance, leur dit-il, m'a été donnée dans le ciel et sur la terre... Comme mon Père m'a envoyé, je vous envoie » (Saint Matthieu 28, 19 ; Saint Jean 20, 21). Puis, en conférant à ses apôtres la mission qu'il avait reçue de son Père, il les revêt des pouvoirs nécessaires pour l'accomplir, du pouvoir de prêcher l'Evangile, d'enseigner toutes les nations, d'administrer les sacrements ; et il donne à Pierre, en particulier, le pouvoir de gouverner toute l'Eglise, avec l'autorité de paître les agneaux et les brebis, c'est-à-dire les fidèles et les pasteurs : il confère aussi ces mêmes pouvoirs aux successeurs des apôtres, puisqu'il s'agit d'une mission qui ne doit finir qu'avec le monde, et que, d'ailleurs, il leur promet lui-même son assistance jusqu'à la fin des temps. L'apôtre Saint Paul parle aussi du ministère apostolique comme étant institué de Dieu pour le maintien de la vraie doctrine contre l'erreur, et par conséquent comme d'un ministère qui doit durer autant que l'Eglise. (Ephésiens 4, 11). C'est pourquoi le même apôtre a établi par l'imposition des mains Timothée évêque d'Ephèse, et Tite évêque de Crête, en les chargeant de garder le dépôt de la foi, et de perpétuer leur ministère par l'établissement d'autres pasteurs. (Tite 1, 5). C'est au reste l'enseignement des Pères et de toute la tradition. Il faut toutefois remarquer ici, que, pour que le ministère soit apostolique, il faut non-seulement que le pouvoir d'ordre ait été conféré par des évêques successeurs des apôtres, mais il faut encore que le pouvoir de juridiction ait été donné selon les règles canoniques établies par l'Eglise. De là  cette décision solennelle du saint concile de Trente : « Tous ceux qui osent s'ingérer dans l'exercice du saint ministère, de leur propre autorité, ou qui n'y ont été appelés que par le peuple ou par la puissance séculière et par les magistrats, ne sont pas des ministres de l'Eglise, mais des voleurs et des larrons qui ne sont pas entrés par la porte (Sess. XXIII, c. 4). Anathème à celui qui dira que ceux qui n'ont été légitimement ordonnés ni envoyés par la puissance ecclésiastique et canonique, mais qui viennent d'ailleurs. sont de légitimes ministres de la parole et des sacrements ». ( Sess. XXIII, c. VII.) Ainsi, pour reconnaître si un évêque a le pouvoir apostolique d'exercer son Ministère, il faut examiner si celui dont il a reçu l'ordre et celui qui lui a conféré la juridiction remontent, par une chaîne non interrompue de translation de pouvoirs, jusqu'aux apôtres.

 

Élévation sur l'apostolicité de l'Eglise

 

I. Depuis dix-huit cents ans, ô mon Dieu, vous nous avez conservé dans toute sa pureté la sainte doctrine que vous êtes venu apporter au monde, et que vos apôtres ont prêchée à leur tour à toutes les nations. En vain le père du mensonge s'est-il plu à répandre l'erreur, à soulever les passions, à allumer le feu des persécutions, même dès le berceau de l'Eglise ; en vain au seizième siècle l'une des plus redoutables hérésies a-t-elle bouleversé l'Europe ; en vain la philosophie du dix-huitième siècle a-t-elle employé tour à tour la fourberie, le mensonge, le sarcasme, le ridicule et jusqu'à la force brutale : la vérité est restée intacte au sein de votre Eglise. Les hérésiarques, les philosophes et les tyrans ont passé, mais vos paroles n'ont point passé.Votre Evangile nous est resté tel que nous l'ont transmis vos apôtres et leurs successeurs. La séduction a fait et fait encore, sans doute, d'innombrables victimes dont nous déplorons amèrement la perte ; mais, malgré tous les efforts de l'enfer, votre parole dévie est encore prêchée parmi nous, et chaque jour de nouveaux ouvriers évangéliques surgissent de toutes parts pour aller l'annoncer aux contrées les plus lointaines, et pour la répandre au prix même de leur propre sang. Et si l'Europe, fière du progrès de ses lumières, s'obstine à repousser les rayons divins du Soleil de vérité, afin de se bercer et de s'enivrer dans les délices d'une liberté trompeuse qui est celle du mal, elle finira par retomber dans la barbarie ; tandis que la doctrine apostolique, poursuivant la série de ses victoires dans l'univers entier qui lui a été donné en partage, fera briller son céleste flambeau aux yeux des peuples qui dorment encore à l'ombre de la mort, et leur apportera la vérité et la vie. Elle quittera la terre ingrate qui l'aura dédaignée, mais elle la quittera pour son malheur ; et elle ira féconder de sa bienfaisante chaleur des cœurs plus fidèles et plus dociles. Oh! Seigneur, éloignez de notre patrie ce terrible châtiment, éloignez-le de moi surtout ; et ne souffrez pas que jamais il s'élève dans mon âme une seule pensée réfléchie qui soit en opposition avec ce don précieux de la foi que vous avez daigné m'accorder préférablement à tant d'autres. Si vous trouvez parmi nous si peu de disciples de bonne volonté, ce n'est pas qu'ils puissent, pour la plupart, ignorer de bonne foi la sainteté de votre doctrine ; les livres sacrés sont assez répandus, la tradition est assez connue; votre divine parole retentit assez, à temps et à contre-temps, selon l'expression de l'apôtre, pour qu'il soit facile aux intelligences même les moins élevées et les moins cultivées d'être parfaitement instruites de tout ce qui est nécessaire au salut. Ce ne sont ni les mystères , ni la sublimité de votre enseignement qui effrayent et éloignent les esprits. Il faut le dire à notre honte, ô mon Dieu, c'est l'austérité de votre loi, ce sont les sacrifices qu'elle impose, c'est le détachement des richesses, la chasteté et la mortification, l'humilité qu'elle commande : voilà  ce qui lui suscite tant d'adversaires et d'ennemis, voilà  le secret des schismes, des hérésies, et de toute l'impiété moderne ! Eh bien ! Seigneur, voilà  aussi ce qui affermit ma foi ; car les hommes n'auraient jamais imaginé une doctrine qui est la mort de leurs passions, et si essentiellement opposée à la corruption humaine ; et pour qu'elle ait pu, malgré cela, faire sans cesse de si nombreux prosélytes dans toutes les classes de la société, pendant dix-huit cents ans, il faut convenir que Jésus-Christ seul a pu en être l'auteur, et que par conséquent elle est apostolique.

II. Mais, ô divin Maître, si nous admettons que la doctrine de votre Eglise remonte aux temps apostoliques, et par là même jusqu'à vous, ne faudrait-il pas convenir aussi que ceux qui en ont reçu le dépôt, et qui s'efforcent de la faire connaître et de la répandre dans le monde entier, remplissent un ministère aussi ancien et aussi divin que cette doctrine elle-même ? Quelle paix pour la conscience, quelle consolation pour le cœur d'un chrétien qui peut se dire : les prêtres qui m'instruisent ont été envoyés par mon évêque ; mon évêque a reçu la consécration par des évêques en communion avec la sainte Eglise, et par conséquent successeurs des apôtres ; il a reçu sa mission ou sa juridiction du Souverain Pontife successeur de Pierre ; il est dépositaire de la doctrine apostolique, puisque c'est celle qu'il me fait enseigner : donc le ministère qu'il exerce pour me conduire au salut est le même que celui des apôtres, c'est-à-dire apostolique et par conséquent divin ! Que les hommes fiers de leurs ancêtres établissent des arbres généalogiques pour remonter à grand peine jusqu'au douzième siècle au plus ; qu'ils y retrouvent avec bonheur et orgueil quelque fier-à-bras qui se soit illustré et dont ils réclament à grands cris l'illustre parenté ; pour moi, chrétien avant tout, je puis lire sans tant de peine la longue liste des souverains Pontifes qui ont depuis dix-huit siècles occupé, sans interruption morale, la Chaire de saint Pierre, et remonter ainsi jusqu'au jour où Jésus-Christ dit à celui qu'il établissait le chef de son Eglise : « Paissez mes agneaux, paissez mes brebis... Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, tout ce que vous délierez sera délié... » et jusqu'au jour aussi où le Sauveur dit également à ses apôtres : « Allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit, et apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé... » Et je suis fier à mon tour, à bien plus juste titre, d'avoir pour pasteur un véritable descendant des apôtres, qui m'enseigne les mêmes vérités que les apôtres enseignaient, et qui exerce vis-à-vis de moi le même ministère que celui que Jésus-Christ avait confié aux douze premiers évêques qu'il avait choisis lui-même et qu'il avait consacrés de ses propres mains. Que je plains, ô mon Dieu, les schismatiques, les hérétiques et tous ceux qui vivent loin de la vérité à l'ombre de l'erreur ! Ne pourrions-nous pas leur dire : Montrez-nous votre origine, vous qui voulez avoir chez vous la sainte Eglise? Vous pourrez nous citer Jansénius, Calvin, Luther, Pholius, mais vous serez forcés de vous arrêter là  où l'homme a séparé la branche du tronc sacré de l'Eglise ; et c'est cet homme qui vous a donné son nom ! Vous n'êtes donc pas chrétiens, puisque vous ne remontez pas jusqu'aux apôtres, et par conséquent jusqu'au Christ, dont nous tenons cette glorieuse qualification. N'êtes-vous pas comme des fils sans père, comme des disciples sans maître ; ou plutôt celui que vous regardez comme votre père et votre maître, n'est-il pas comme un successeur sans prédécesseur, comme un pasteur sans mission ? D'où vient sa doctrine, et qui lui a donné le droit de vous arracher aux entrailles du Père céleste, qui est dans les cieux, pour faire de vous ses propres enfants ? Pauvres frères égarés ! Combien nous vous plaignons ! Non, nous n'avons jamais éprouvé pour vous ni mépris, ni indignation, ni ressentiment ; mais nous vous portons, avec la Sainte Eglise, une compassion pleine de charité, et notre vœu le plus ardent c'est que Dieu ouvre enfin vos yeux à la vérité. Pour nous. Seigneur, nous ne saurions assez bénir votre miséricordieuse providence qui nous a fait naître au sein de cette Eglise apostolique, qui, par son auguste ministère, nous a reçus dès notre naissance au nombre de ses enfants, et nous a nourris du lait de son antique et divine doctrine.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

ubi-petruscl2

Pour recevoir les méditations journalières du Mois de Saint Pierre, dans votre boite mail, ainsi que des prières et pour être tenus au courant des mises à jour du blog, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

16 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

040_001

Dix-septième jour

Immuabilité de la Doctrine Évangélique

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

« Êtes-vous celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » (Saint Matthieu 11, 3). Voilà le langage que semblent tenir certains philosophes de nos jours, je dirais même certains chrétiens peu éclairés des lumières de la Foi. Ils pensent que puisque la Loi Mosaïque donnée par Dieu lui-même n'était pas le dernier mot de la sagesse infinie, la Loi Évangélique étant venue apporter un perfectionnement qui place le Nouveau Testament bien au-dessus de l'Ancien ; de même aussi il pourrait se faire que l'Evangile fit place un jour à des croyances et à une morale plus parfaites, c'est-à-dire à des dogmes moins inaccessibles à la raison humaine, à une morale plus commode et plus en rapport avec la faiblesse de notre nature. Tout, dans ce monde, est à l'état de progrès et de perfectionnement, ajoutent-ils : n'y aurait-il donc que la doctrine évangélique qui restât stationnaire et immobile ? Ne doit-elle pas suivre le mouvement des peuples et les progrès de la civilisation ? Les dogmes, la morale et la forme de l'Eglise actuelle sont-ils tout ce que nous devions attendre de Dieu, ou bien devons-nous en attendre d'autres ?

I. Il n'est pas étonnant que la loi ancienne ou la Loi Judaïque ait été remplacée par une loi plus parfaite, par celle de l'Evangile. Tout dans la première annonçait qu'elle n'était que temporaire, qu'elle n'était que l'ébauche et le préambule d'une autre qui devait infailliblement la suivre. La promesse du Messie faite dès le premier âge du monde, la foi à l'avènement de ce Divin Rédempteur, sans laquelle personne ne pouvait être compté au nombre des justes, ni espérer de salut ; les prophéties qui annonçaient l'époque, le lieu où naîtrait le Sauveur, la famille même qui lui donnerait le jour : n'en était-ce pas assez pour montrer que la religion juive ne devait pas avoir une durée indéterminée, et qu'elle subirait immanquablement de la part du Céleste Législateur une transformation ! L'apôtre Saint Paul ne nous dit-il pas que « la fin que se proposait l'Ancienne Loi était le Christ ? » (Romains 10, 4). « La Loi, dit encore le même apôtre (Hébreux 10, 1), n'avait que l'ombre des biens à venir, et non l'image qui renferme la substance même des choses. Tout arrivait à cet ancien peuple en figure » (1 Corinthiens 10,11), et toutes ces choses n'étaient que l'ombre de tout ce qui se devait passer dans la loi nouvelle » (Colossiens 2, 17). « La Loi, dit à son tour Saint Jean (Jean, 1, 17), a été donnée par Moïse, et la grâce et la vérité ont été apportées par Jésus-Christ ». Il faudrait parcourir tout l'Ancien Testament, pour voir toutes ces figures expliquées en Jésus-Christ. On y voit, à chaque page. Dieu promettant à son peuple de le protéger constamment contre ses ennemis, promettant que le Sauveur du monde naîtrait de son sein ; mais nulle part nous ne voyons le Seigneur lui promettre que la synagogue subsisterait jusqu'à la consommation des siècles ; au contraire, nous lisons, au chapitre 21 de Saint Luc, que Jésus prédit aux Juifs la destruction complète de la Cité Sainte et du Temple, foyer de leur religion, et qu'il leur annonce que leur Nation sera dispersée, conduite en captivité sur tous les points de la terre, et foulée aux pieds jusqu'à ce que les peuples aient accompli leur destinée. Quelle comparaison pourrait-on donc établir entre l'Ancienne et la Nouvelle Loi ? Après la figure devait venir la réalité, mais après la réalité que peut-on attendre encore ? Parmi les prophéties, celles qui se rapportaient à la nation Juive, à sa religion et a l'avènement du Messie, se sont accomplies avec une exactitude telle, qu'elles ne laissent aucun doute sur l'accomplissement de celles qui touchent à la doctrine évangélique, à son immutabilité surtout et à sa perpétuité. Puis, viennent les promesses que le Divin Fondateur de l'Eglise a faites à cette dernière de la manière la plus positive, en lui assurant son assistance jusqu'à la consommation des siècles. Enfin, Jésus-Christ n'a-t-il pas dit qu'il était la vérité et la vie ? Ne s'ensuit-il pas que les dogmes, les mystères et la morale qu'il a enseignés étaient, sont et seront toujours la vérité ? La vérité est immuable, et il n'y a rien à attendre, en fait de perfectionnement et de progrès, au-delà de la vérité. Aussi le législateur de l'Eglise Chrétienne n'a pas craint de dire avec cette autorité et cette solennité qui ne redoutent pas un démenti : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas ». (Saint Matthieu 24, 38.) Il n'y a donc aucun changement à attendre dans la Doctrine Évangélique ; c'est un rocher inébranlable et indestructible contre lequel toutes les erreurs se sont brisées depuis dix-huit siècles, et contre lequel elles continueront à se briser jusqu'à la consommation des temps. Il n'y a plus à attendre que Jésus-Christ venant à la fin du monde pour juger les nations sur le respect qu'elles auront professé pour sa doctrine, et sur l'usage qu'elles en auront fait dans leur conduite.

II. On parle beaucoup aujourd'hui des progrès de la civilisation moderne, de leur incompatibilité avec vieux dogmes et les vieilles lois de l'Eglise, et de 1a nécessité où se trouve celle-ci de faire des changements dans sa constitution pour la mettre au niveau de lumières de son siècle. C'est à peu près aussi raisonnable que si l'on voulait que Dieu réformât les lois de la nature, parce qu'elles sont surannées, et qu'elle ne sont plus en harmonie avec les besoins croissant des peuples et avec les progrès incessants de l'industrie. Ainsi, le soleil ne brille pas assez longtemps pour éclairer les travaux urgents entrepris par nos architectes et nos industriels. On comprend que cette périodicité des jours et des nuits fût suffisante pou: nos ancêtres, qui avaient la bonhomie de se reposer la nuit, comme le saint jour du dimanche ; mais aujourd'hui ce système n'est plus tolérable, parce qu'il ne saurait satisfaire l'activité dévorante de notre époque et les exigences de la société présente. On pourrait et dire autant de toutes les autres lois de la nature qui contrarient les vues orgueilleuses et les intérêts cupides de l'humanité. Mais ces lois sont immuables comme celui qui les a établies, et il faut bien que les hommes s'y soumettent et en prennent leur parti. Il en est de même des dogmes et des lois fondamentales de l'Eglise. Ils sont le soleil de justice qui éclaire le monde moral ; et, immuables comme l'astre des jours, placés comme lui à des hauteurs inaccessibles à toutes les puissances humaines. Dieu n'y changera rien, quelles que soient les aspirations nouvelles et les impatiences du siècle des lumières. La vérité est, ou n'est pas ; mais elle ne peut souffrir aucune modification. Et d'ailleurs, ne serait-il pas absurde que le souverain Seigneur fût obligé de toucher aux principes éternels que sa sagesse infinie a donnés au monde pour guider ses pas chancelants dans les voies de la vérité et du salut, selon le caprice et les exigences de ses misérables créatures ? Ne serait-ce pas le renversement de tout ordre et de subordination ? Eh ! Quoi ! l'homme serait introduit dans les conseils divins, et forcerait en quelque sorte le maître de l'univers et le sien à refaire et inscrire des lois selon son bon plaisir ! Non, ce pas Dieu qui pliera devant les sociétés humaines, quelque avancée que soit leur civilisation. Mais celles-ci auront à accepter les vérités que le Tout-Puissant impose, et à en subir les conséquences pratiques, à être un jour contraintes de rendre un compte e de leur résistance ou de leur mépris au souverain-juge des nations. On dira peut-être que l'Eglise, qui a reçu le dépôt de la doctrine évangélique, a été instituée précisément pour administrer ce dépôt sacré, et par conséquent pour le modifier et le mettre en rapport avec les besoins des temps. L'Eglise, sans doute, a reçu de son Divin Fondateur tous les pouvoirs nécessaires pour le gouvernement de la société chrétienne ; mais parmi ces pouvoirs ne se trouve pas celui de rien retrancher, de rien ajouter, de rien changer, en un mot, ni aux dogmes, ni à la morale de l'Evangile, ni aux Sacrements, parce que toutes ces choses étant immuables, ce pouvoir lui devenait inutile. Elle peut lorsqu'elle le juge prudent et utile, toucher à sa discipline, rappeler des lois qu'elle a faites, soit parce les circonstances à l'occasion desquelles elles ont été portées ont changé, soit parce qu'après avoir été pendant longtemps un moyen de sanctification, le relâchement des mœurs en fait une nouvelle source de désobéissance et de perdition. Elle aussi varier sa législation en cette matière selon les temps, les lieux, les dispositions et le génie de peuples. Mais jamais elle ne se croira autorisée à porter la main sur les révélations divines de son Céleste Fondateur. Dieu lui-même, qui seul aurait droit de modifier son propre ouvrage, ne peut rien y changer, parce qu'ayant tout prévu par sa science infinie, et étant la vérité par essence, aucun de ses oracles ne pourra jamais avoir besoin de la moindre modification.

 

Élévation sur l'immutabilité de la Doctrine Évangélique

 

I. Lorsque vous avez parlé, ô Divin Maître, pourquoi l'homme ne tombe-t-il pas à genoux pour adorer les vérités que votre bonté et votre Miséricorde daignent faire briller à ses yeux ? Son cœur ne devrait-il pas éclater en sentiments d'admiration et de reconnaissance pour un bienfait si considérable et si généreux ? L'immutabilité, qui est le sceau divin auquel on reconnaît vos célestes oracles, loin de devenir pour l'humanité un sujet de scandale, ne devrait-elle pas être pour elle une source inépuisable de consolation d'espérance et de paix ? Tout est mobile ici-bas : la fortune est inconstante, la santé est d'une fragilité dont nous faisons tous les jours la douloureuse expérience, l'amitié même, ce feu presque divin , n'est pas à l'abri de ces vicissitudes qui laissent souvent au cœur plus d'amertumes qu'il n'a goûté de joies. N'était-il pas indispensable pour le repos et le bonheur l'homme qu'il pût trouver, même ici-bas, un point d'appui solide, inébranlable, à l'abri des incertitude et de l'instabilité des choses de ce monde ? Oui, Seigneur, vous saviez que notre cœur serait continuellement inquiet, tant qu'il ne reposerait pas en vous; vous saviez que vous seul pouviez satisfaire les désirs insatiables et apaiser les ardeurs qui le dévorent ; et alors, ô mon Dieu, votre majesté suprême n'a pas craint de se révéler à nous d'une manière plus claire et plus expresse que sous l'Ancienne Loi, par les dogmes, les mystères et la morale célestes de votre Evangile. Et comment ces révélations pourraient-elles ne pas être immuables, puisqu'elles sont la manifestation de votre nature et de votre volonté Divines, inaccessibles et supérieures à toutes les vicissitudes humaines ? Ah ! Si les biens de ce monde sont périssables, s'ils peuvent nous être ravis, nous avons appris de vous, du moins, qu'il n'est pas de puissance assez forte pour nous enlever, malgré nous, les espérances fondées sur votre salutaire doctrine. Grâce à votre divine parole, je sais que, lors même que je serais ici-bas abandonné de tous les hommes, j'ai dans le ciel un Dieu qui sera toujours pour moi le meilleur des pères ; que sa providence veille avec une tendresse maternelle sur moi ; que les épreuves de la vie sont, si je veux les souffrir avec patience et résignation, une source de mérites pour la vie future ; je puis sur cette terre trouver des cœurs insensibles à mes gémissements et à mes larmes, qui n'aient ni le temps ni la volonté de m'écouter; mais vous, ô mon Dieu, toujours vous serez prêt à écouter la prière de votre enfant, et à l'exaucer. Je sais, ô mon aimable Sauveur, que vous êtes descendu des hauteurs du ciel, et que vous avez épousé ma nature afin de la réhabiliter, de l'ennoblir et surtout de l'éclairer par vos pieux enseignements et par vos sublimes exemples ; je sais que vous avez expié mes péchés en mourant pour moi sur une croix, et en m'appliquant les mérites infinis de votre précieux sang par le moyen des sacrements. Je sais, enfin, qu'une fois justifié, une fois dans votre grâce, le divin Esprit habite en moi comme dans un temple; que, si je suis fidèle à ses inspirations et docile à sa voix, il sera pour moi un guide assuré dans la route, périlleuse qui conduit au salut ; il sera ma force dans les combats, ma consolation dans mes afflictions et dans mes peines ; je sais que l'amour divin dont il embrasera mon âme soutiendra mon courage et mon dévouement au milieu des plus grands sacrifices. Que j'aie été, ici-bas, riche ou pauvre, heureux ou malheureux selon le monde, considéré ou méprisé, qu'importe ! Ma vie n'est qu'un pèlerinage, le temps de la lutte et de l'épreuve ; mais le repos, un bonheur sans nuage et sans fin, m'attendent dans l'éternité pour prix de mes travaux. Que pourrait-il y avoir à changer dans cette admirable et consolante doctrine ? Qu'est-ce que les hommes pourraient trouver de plus beau, de plus grand, de plus généreux pour le substituer à ces dogmes, à ces mystères, à cette morale descendus des cieux ? Ah ! Seigneur, mais n'est-ce pas précisément parce que vos enseignements sont immuables, que ma confiance est sans bornes ! Si je pouvais seulement douter que ce que vous m'assurez être aujourd'hui la vérité, pût ne l'être plus demain, quelle fidélité, seriez-vous en droit d'attendre de ma part ? Non, vous, ne seriez plus un Dieu, vous seriez semblable à ces hommes légers et inconstants qui défont un jour ce qu'ils ont fait la veille. Impatients de porter votre joug, qu'ils trouvent trop pesant pour leur délicatesse. ils voudraient, au lieu de vous servir, vous mettre à la remorque de leurs prétendus progrès et disposer, selon leur caprice, de vos conseils et de votre volonté.

II. Que votre immutabilité, ô mon Dieu, soit exactement le contraire de cette mobilité de nos sociétés modernes qui ne rêvent que progrès, c'est chose facile à concevoir. Vous êtes l'Etre souverainement et infiniment parfait, la beauté toujours ancienne et toujours nouvelle, selon l'éloquent langage de Saint Augustin ; comment pourrait-on établir une comparaison quelconque entre vous et des êtres chétifs qui sont vos créatures, qui ont tout reçu de vous, et qui ne s'aperçoivent pas que s'il appartient à leur nature de progresser, ce n'est que parce qu'ils sont encore loin de la perfection à laquelle ils aspirent, mais à laquelle ils n'atteindront jamais en cette vie ? Qu'ils vous connaissent peu. Seigneur, et qu'ils sont injustes ceux qui vous croient l'ennemi du progrès, parce que vous êtes immuable ; comme si votre divinité ne devait pas avoir des attributs différents de ceux de l'humanité ! Ils ignorent, sans doute, que vous avez dit vous-même aux hommes : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Matt., 5, 48) ; c'est-à-dire, faites des progrès, faites des efforts, tendez sans cesse à la perfection ; mais la perfection est le terme du progrès; et comme vous seul, ô mon Dieu, êtes la perfection absolue, vous ne sauriez faire de progrès et n'avez pas à en faire. Et c'est parce que votre Eglise professe cette vérité, à savoir, l'immutabilité de votre nature, et par conséquent de vos dogmes, de vos mystères et de votre morale, qu'ils l'accusent de s'opposer aux progrès de l'humanité, en refusant de sortir de son immobilité ! Sans doute, tant qu'il s'agira de la foi, de tout ce qui en relève et de tout ce qui s y attache, elle s'opposera toujours à toute nouveauté, parce qu'il n'a jamais existé, qu'il n'y a au monde et qu'il ne surgira jamais de sage, ni de philosophe, qui puisse enseigner une doctrine qui l'emporte sur celle dont votre adorable Fils lui a confié le dépôt sacré, et que par conséquent y changer quelque chose ne serait pas progresser. Mais il y a loin entre l'immobilité des croyances et les progrès pratiques. L'astre des jours peut bien rester dans une immobilité relative sans empêcher les corps célestes qui l'entourent de faire leurs révolutions autour de lui, puisqu'il y concourt au contraire par sa puissante attraction, et sans cesser lui-même de les vivifier et de les féconder par sa lumière et sa chaleur ; pourquoi n'en serait-il pas ainsi dans l'ordre moral ? Et c'est en effet, Seigneur, l'ordre merveilleux que vous y avez établi, et qui est ainsi reflété dans toute la nature physique. Les enseignements de votre foi sont le centre autour duquel doivent graviter tous les actes humains, toutes les civilisations et les progrès des sociétés. Ce centre doit donc être immuable ; mais les êtres libres qui sont placés sous son influence peuvent et doivent même progresser en tendant à la perfection. Ils s'en rapprocheront d'autant plus qu'ils obéiront plus fidèlement à la force attractive de leur centre qui est cette même foi. Aussi, votre Eglise, chargée de continuer sur la terre la mission que vous étiez venu y commencer comme réparateur de l'humanité, ne cesse de répéter aux hommes : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait ». Elle s'efforce d'exciter dans leurs âmes la faim et la soif de la justice, c'est-à-dire une noble ardeur pour le progrès moral; c'est le but de tous ses travaux et de toutes ses sollicitudes. Mais, de même, ô mon Dieu, que tout ce que renferme cet admirable univers est un hymne perpétuel qui s'élève du sein même des créatures inertes pour célébrer votre puissance et votre majesté ; ainsi toutes les facultés de l'homme, et toutes les œuvres qui en sont les fruits, sont-elles convoquées par votre Eglise à un progrès incessant vers la perfection, afin de publier tous les jours votre gloire avec plus d'éclat et de magnificence. De tout temps aussi, avons-nous vu la société chrétienne marchant à la tête de tous les progrès. Les ouvrages immortels des Pères témoignent assez que la philosophie, la littérature, l'art oratoire et les langues orientales étaient l'objet des plus sérieuses études de la part des chrétiens des premiers siècles. Plus tard, les sciences et les arts menacés par la barbarie ne trouvèrent bien longtemps d'autre asile que les monastères. D'ailleurs, qui n'admirerait les proportions gigantesques de nos vieilles basiliques, la hardiesse et l'élégance de leurs voûtes, la finesse et la légèreté de ces ornementations où la pierre le dispute à nos tissus les plus délicats ? Que fait-on de nos jours qui puisse y être comparé, si ce n'est de faibles imitations sur des dimensions étroites et mesquines ? Existe-t-il dans l'histoire moderne un seul siècle, un seul règne comparables à ceux du pape Léon X, sous le rapport du progrès des lettres et des arts ? C'est, en effet, alors que fleurirent l'Arioste, Accolti, Alamanni, Frascator, Sannazar, Vida, Bembo, Machiavel, Guichardin, Sadolet, Michel-Ange, Raphaël, André del Sarto, le Caravage, Jules Romain , etc. Et c'est aussi à cette époque que fut achevée la plus grande et la plus belle Eglise du monde, Saint-Pierre de Rome. Tout le monde connaît nos grands orateurs : Bossuet, Fénelon, Massillon, Bourdaloue, qui ont porté notre langue à son plus haut degré de perfection. De nos jours n'avions-nous pas à Rome un phénomène de linguistique dans un cardinal qui parlait parfaitement quarante langues sans compter les idiomes populaires ? et ne voyait-on pas, parmi les religieux, des physiciens, des astronomes, des archéologues qui pouvaient le disputer à nos savants français et étrangers les plus éminents ? La vapeur et l'électricité jouent sans doute le rôle le plus important dans nos découvertes modernes ; mais je ne sache pas que l'Eglise ait rien fait pour en entraver les progrès ; n'a-t-elle pas, au contraire, à chaque instant répandu sur elles ses bénédictions ? Quant à la vapeur, au reste M. Arago a démontré que Hiéron d'Alexandrie, cent vingt ans avant notre ère ; Blasco de Garay, en 1543 ; Salomon de Gaus, en 1615 ; et Branca, en 1629, avaient décrit les principaux effets de la vapeur, et imaginé des procédés pour l'employer comme force motrice. Puis, c'est un moine d'Angleterre qui, dans la solitude de son couvent et au milieu de ses éludes profondes, annonce, près de deux cents ans avant l'événement, que la vapeur portera les hommes au bout du monde avec une rapidité inouïe, et qu'ils pourront se communiquer leurs pensées a des distances incommensurables avec la promptitude de l'éclair. Enfin, c'est le célèbre Ampère, chrétien aussi accompli qu'il fut savant physicien, qui découvre toute la théorie des télégraphes électriques. Si les bornes que nous nous sommes prescrites ne nous empêchaient de nous étendre davantage, nous montrerions facilement la part immense qu'a prise l'Eglise et qu'elle prend encore dans la civilisation des peuples en les moralisant, en adoucissant leur caractère farouche, en les organisant, en y établissant les œuvres de bienfaisance inspirées par sa charité ; car l'industrie et les arts peuvent bien jusqu'à un certain point concourir à la prospérité matérielle des nations et au développement de leur intelligence ; mais ils ne tardent pas à engendrer la corruption et l'impiété, dès qu'ils cessent d'être animés par le souffle vivifiant de la foi ; et alors, au lieu de la civilisation, c'est la démoralisation qu'ils répandent. N'était-ce pas un progrès, même sur la bienfaisance officielle et civile de notre siècle, que cette multitude d'institutions charitables et d'hôpitaux fondés par l'Eglise ? Entre les mains de cette tendre mère, le dévouement désintéressé de la charité chrétienne suffisait à l'administration de tous ces établissements ; l'honneur et le bonheur de servir les membres souffrants de Jésus-Christ payaient assez les sacrifices et les peines de ceux qui se consacraient à ce pieux ministère ; aujourd'hui le laïcisme stérile ne sait faire autre chose que de s'emparer de ces inventions admirables de l'Eglise, de ces asiles qu'elle avait bâtis pour les pauvres, et d'y établir une pépinière de fonctionnaires dûment rétribués aux dépens de la charité publique : sous son ingrate influence, le dévouement est devenu mercenaire. Oh ! Seigneur, que les hommes sont injustes lorsque la passion les aveugle ! Le progrès, pour un grand nombre, est uniquement l'affranchissement toujours croissant de toute loi divine et humaine. Ils ne combattent votre Eglise, et ne l'accusent d'immobilité, que parce qu'elle tient d'une main ferme le frein qu'elle oppose à leurs désordres et à une liberté désastreuse. Mais, ô mon Dieu, votre bras puissant qui la soutient triomphera sans peine de leurs vains efforts, et rendra tout son éclat à l'auréole de gloire dont vous avez orné son auguste front, en la prenant pour votre épouse bien-aimée : cette auréole divine peut bien pâlir un instant aux yeux de la multitude sous les coups de l'épreuve ; mais ce n'est que pour apparaître ensuite plus resplendissante, après de nombreuses victoires.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

ubi-petruscl2

Pour recevoir les méditations journalières du Mois de Saint Pierre, dans votre boite mail, ainsi que des prières et pour être tenus au courant des mises à jour du blog, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

8 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

408868859_e31477c15a_o

Neuvième jour

La grande affaire des pères et des mères

 

Je voudrais avoir une voix de tonnerre pour faire entendre par tout l’univers, je voudrais ce chapitre fut lu dans toutes les familles, afin que les parents y apprissent ce qu’ils doivent à leurs enfants. Combien la mission qui leur est confiée pour les instruire, les former à la vertu, les différents sentiers de la perfection chrétienne es rieuse, grande, importante, et divine; comme aussi la protection de Saint Joseph leur peut être extrêmement nécessaire pour s’acquitter comme il convient de ces devoirs. Je pose en thèse générale cette doctrine du Pieux Docteur qui a si bien écrit en faveur de la jeunesse, qu’il mériterait que tout ce qu’il en a fut imprimé en lettres d’or. Ce docteur, c'est Binet, aussi vénéré qu’il est connu ! Il disait : « Il n’est que trop véritable, que la perte des enfants vient très-souvent de la faute des parents qui manquent à cette grande obligation que Dieu leur a imposée de les élever en sa crainte, et de former à la vertu. Sur cent enfants qui sont mal élevés, qui marchent ensuite dans une mauvaise voie, je présume qu’il y en a plus de quatre-vingt dix qui sont tels par la faute de leurs parents. Certes ! une chose de telle conséquence devrait bien faire ouvrir les yeux de ceux qui sont à la tête des gouvernements, afin qu’ils veillent à ce que les pères et les mères donnent ou fassent donner à leurs enfants une éducation chrétienne et solide, et qu’ils punissent rigoureusement ceux qui ne s’y appliqueraient pas.

Par un malheur qu’on ne peut trop déplorer, nos chefs qui devraient donner les premiers l'exemple d'une très grande surveillance en ce qui concerne l’instruction et l’éducation de l'enfance, sont ou indifférents à cet égard, ou ne patronnent que l’instruction et l’éducation païennes. Est-ce que nous n'avons pas vu dans ces jours à jamais néfastes où deux souverains monstres comme il n’y en eut jamais, on fait mettre toute la France en sang, un maire intrus de Paris défendre aux instituteurs laïques de faire apprendre ou réciter les prières et le catéchisme dans les écoles primaires ? Oui, l’impiété portait ses prétentions jusque là, que de détrôner Dieu et la vertu des jeunes cœurs. Ah ! Malheureux athées, bêtes mille fois plus féroces que les tigres et panthères, le vice ne viendra-t-il pas assez corrompre et souiller ces âmes encore innocent Voulez-vous donc hâter leur perte, les précipiter sciemment dans l'abîme ? Dieu soit béni d'avoir maintenu le Gouvernement de la défense dans ses pouvoirs, qui a eu bientôt fait justice de ces hommes pervers, iniques et méchants l'excès en les chassant des places qu’ils étaient indignes d’occuper.

Pour se convaincre de l’importance d’un bonne et sage direction donnée à l'enfance, il faut penser ce que dit l'Esprit-Saint, que le la voie que l'homme aura prise dans sa jeunesse, il la suivra jusque dans sa vieillesse », paroles que le sa chancelier Jean Gerson recommande à notre attention. « Les philosophes et les poètes, dit-il, sont d’accord avec les théologiens sur ce point qu'il faut attacher une grande importance aux habitudes que contracte la jeunesse ». Oui, tous nous garderons toute notre vie nos premières affections nos premières inclinations, nos premières vertus ou nos premiers vices ; sans doute l'homme pour se réformer en allant de pis en mieux, mais que même, il conservera toujours le germe de ses premières passions, et dire que ce germe plus ou moins mauvais ou plus ou moins bon on l’apporte avec soi du sein de sa mère. C’est donc, direz-vous, la mère qui donne les premier éléments d’éducation à l’enfance ? Oui, assurément, et si l’espace le permettait, je vous le prouverais, l’histoire à la main, par des faits irrécusables. Que conclurai-je delà ? Qu’il vaudrait mieux mourir que de se marier à une femme, ou colère, ou adonnée au plaisir, ou à d’autres vices grossiers, parce que telle est la femme, tels sont les enfants. Quand les données de la science médicale, quand le bon sens, quand l’expérience ne viendraient pas confirmer cette vérité, hélas ! trop négligée, parce qu’elle est trop oubliée, j’en donne pour garant le témoignage de l’Esprit-Saint qui est la vérité même, dont le jugement est sans appel : « Telle est la mère, dit-il, telle est la fille », c’est-à-dire pour juger de la fille, considérez la mère, elles se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Le pis est qu’avec une telle mère, l’éducation des enfants devient impossible a la maison paternelle, toute la tâche retombe sur le père, surchargé déjà de bien des travaux. Et il est de ces choses que la mère seulement peut apprendre à un enfant comme de prier Dieu avec piété, d’être doux, paisible avec ses frères et sœurs, humains et respectueux envers tous.

Ah ! Quand on considère bien comment l’éducation première des enfants du peuple est faite aujourd’hui, on ne peut que gémir, on ne s'étonne des maux les plus grands qui viennent fondre la société comme sur les familles. On se demande comment la terre peut porter des monstres humains comme ces parents qui élèvent leurs enfants pour le culte du démon, du monde et passions. Le mal existe, aveugle est celui qui le le verrait point, bien à plaindre qui n’en prendrait pas la portée, qui n'en prévoirait pas les suites funestes. « Nous voyons, dit le docteur Thiébaut, les pères et mères dans la classe des pauvres, laissant à leurs enfants en bas âge toute liberté de ce de jurer et d’user des termes les plus grossiers sans cultiver leur esprit, ni par eux, ni par d’autres.Nous voyons les pères et les mères dans la classe des riches, instruire à fond leurs enfants de la sagesse des Egyptiens, de la danse, de la musique, de la fable, de l‘histoire profane, au lieu de leur donner à peine une, première teinture sagesse chrétienne : second défaut des pères et des mères, second obstacle à l'éducation des enfants. Nous voyons qu'une mère ou pointilleuse indolente, soustrait sa fille à la houlette du Pasteur, lorsqu’elle est en âge de faire sa première communion, en la confiant à des étrangers. Troisième défaut, troisième obstacle à l’éducation chrétienne, à l’ordre que Jésus-Christ a voulu être entre les ouailles et le Pasteur. Nous voyons que les enfants, ayant fait leur première communion, les pères et mères les abandonnent aussitôt à eux-mêmes, comme si leurs droits et leurs obligations, envers ces enfants, cessaient à cette époque. Quatrième défaut, quatrième obstacle à la bonne éducation, source féconde des désordres où tombent les jeunes gens, en se liant à de mauvaises compagnies, en suivant les exemples pernicieux des libertins qu’ils fréquentent ! »

Voila comme l’éducation des enfants est faite dans notre siècle. On se fait difficilement l’idée de ce que doit coûter à des pères et mères chrétiens qui veulent dans l’intérêt à la fois temporel et éternel de leur enfants réagir contre une si détestable coutume. Ah! il importe pour eux de prendre pour modèle les soins de saint Joseph à l’égard de l’Enfant Jésus, et de prier ce grand Saint de leur venir en aide dans tous les obstacles que leur zèle pourrait rencontrer en ce qui concerne l'éducation honnête et chrétienne de leurs chers enfants. L’un de ces plus grands, sans contredit, vit de ce que ces enfants fréquentent d’autres enfants mal élevés, abandonnés à eux-mêmes et vicieux. Cela arrive parce que ces enfants ne sont pas éveillés par leurs parents indifférents, ou lâches. Ah ! S’ils imitaient la vigilance de saint Joseph sur l'Enfant-Dieu, quoiqu’il n’eût pas besoin d'être surveillé, leurs enfants seraient bien meilleurs qu'ils ne le sont et ils croîtraient dans l'innocence et la vertu à mesure qu’ils avanceraient en âge, comme il est rapporté du deux Fils de Dieu devenu pour notre amour, le doux Fils de Joseph et de Marie.

Certains parents après avoir pris tous les soins imaginables de leurs enfants, et leur avoir insufflé la vertu, ont le regret bien amer de voir que enfants ne répondent pas assez à leur vigilance. Sans doute c’est la une affliction sensible au ce de ces parents, affliction d’autant plus intense, que Dieu et la vertu en sont les motifs. Que feront-ils dans cette situation si pénible ? Se livreront au désespoir ? maudiront-ils leur progéniture ? Ah ! qu’ils s’en gardent bien ! Mais plutôt qu se jettent aux pieds de notre bon saint Joseph qu'ils prient et suppliant sans se lasser son Coeur très doux, très compatissant, et je les assure qu'ils verront ces enfants revenir de leurs égarements et leur donner une satisfaction d'autant grande que leur chagrin aura été plus lourd.

 

Exemple

 

Une femme de condition médiocre avait une fille qui n’édifiait point ses sœurs par sa conduite ; la mère s’en affligeait beaucoup, et chaque fois qu'elle entrait à l’église à Turin, elle se jetait à genoux devant le tableau de Saint Joseph, et le priait avec larmes de lui obtenir la conversion de sa fille. Une fois elle eut une bonne inspiration : « Si je lui donnais une image de saint Joseph ? Elle ne la voudrait pas... ou bien elle la déchirerait ; c'est égal, essayons ». En disant cela, elle se lève, et, pleine d’une grande confiance, elle va chez un marchand d’images religieuses, choisit celle qui lui paraît la plus belle, et la porte à la maison. La jeune fille était absente , et sur sa table à ouvrage on voyait un livre qui n’était pas, certes, un livre de dévotion. « Dois-je mettre dedans une image religieuse ? O Saint Joseph, pardonnez-moi, mais je ne puis faire autrement ». Sa fille revient à la maison et reprend son livre. « Chose curieuse ! S'écrie-t-elle, qui peut m’avoir mis une image de Saint Joseph dans mon livre ? Je ne sais qu’en faire ! » Elle dit qu’elle ne sait qu'en faire, mais en attendant elle la regarde attentivement, elle la trouve belle, elle ne se lasse pas de la contempler ; et puis elle la retourne. elle lit une prière qui était au verso, et elle regarde encore l’image; et puis... et puis elle pleure, jette son mauvais livre à terre, et se trouve subitement touchée de la grâce et complète convertie.

 

Gémissements d’une mère aux pieds de saint Joseph

 

O Saint Patriarche et chef de la sainte Famille, il n’est pas une maison vraiment chrétienne qui ne se fasse un devoir de vous honorer et de recourir à vous dans la tribulation et l’angoisse. Vous inclinez doucement votre oreille, et ouvrez largement votre Cœur miséricordieux aux supplications qui vous sont adressées. Voici, ô saint Protecteur, qu’une malheureuse mère vient déposer à vos pieds bénis les peines dont est rempli son cœur à la vue de ses enfants ingrats et méchants. Vous seul, Bienheureux Joseph, savez bien m’entendre, me comprendre et me soutenir parce que vous savez ce qu'est un cœur de pour le fruit de son sein. Voyez couler mes larmes, écoutez les gémissements de mon cœur et bénissez une mère qui vous demande la résurrection spirituelle de son enfant. Faites plus, et ô grand Saint ! Aidez-moi dans le pénible travail de l’éducation de mes enfants, dirigez-moi et guidez-moi dans ce travail de tous les instants ; mais surtout bénissez les efforts de mon zèle, je vous en prie par l'amour que vous portez au saint Enfant Jésus. Oui, obtenez-moi de bien élever mes enfants dans la vertu et la piété : s’ils s'égarent, oh ! Ramenez-les vite. Quel malheur s’ils venaient jamais à périr pour l’éternité ! Si je n’en fais pas des saints, ce seront des réprouvés en enfer. Quelle alternative ! Que c’est déchirant, que c’est affligeant pour un cœur de mère ! Ah ! mon bon Saint, non, mes enfants ne se perdront pas, je vous les confie, je les place a vos pieds sacrés, même dans votre Cœur, afin qu'en la vie et à la mort ils soient constamment à vous et protégés par vous. Ainsi soit-il.

 

02

Pour recevoir chacune des méditations du Mois de Saint Joseph par mail,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

7 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

casamento001

Huitième jour

Le type consolateur des époux

 

L’apôtre enseigne que le mariage est un grand Sacrement, en ce qu’il représente l’union de Dieu et de l’Église. Mais combien plus parfaitement le mariage de Saint Joseph avec Marie, représentait-il cette union mystérieuse,dit saint Bonaventure ? Écoutons le saint Chancelier Jean Gerson, qui avait fait de ce magnifique sujet une étude toute particulière, comme il paraît par les belles choses qu’il en a écrites dans ses Considérations sur saint Joseph, « Jésus-Christ, comme vierge, est conjoint vierge pareillement à l’Église », dit ce dévot Docteur. On trouve en ce virginal mariage de Marie et de Joseph, qu’un homme vierge est joint à la vierge; et comme Jésus-Christ et une lignée spirituelle de la sainte Église, pareillement Saint Joseph et Notre-Dame ont eu ce bel enfant, ce béni fruit de vie, Jésus.

« Toute la cour du paradis et les Anges bienheureux, dit encore Gerson, tressaillèrent de joie de ce saint et sacré mariage. Car la virginité est la sœur des Anges, et ils virent que par ce mariage leur nombre serait réparé. Egalement les anciens Pères qui étaient dans les limbes, et qui, comme on peut le penser eurent connaissance des grâces spéciales de cette solennité, en furent tout joyeux, car leur rédemption approchait. On peut croire aussi que plusieurs des âmes détenues dans le purgatoire, en furent délivrées et élargies, en l’honneur et considération de ce joyeux, saint et glorieux mariage. De plus, nous pouvons religieusement penser que toutes les fois que nous, pécheurs, faisons mémoire honorable de ce mariage, nous en recueillons les biens et les aumônes de grâce et de pardon, de spirituelle joie et de dévotion. Car c'est pour nous pécheurs, et principalement pour notre salut que fut célébré ce mariage. Ainsi nous devons y avoir singulière confiance, amour, honneur et révérence, de quelque état, de quelque âge, et de quelque sexe ou condition que nous soyons, et quelque grâce que nous veuillons solliciter, et spécialement pour demander la paix et l'union. Car ici est signifiée l’union de la sainte Église à Jésus, son époux, et de l’âme à Dieu.

Ainsi s'exprime le saint Docteur Gerson sur cet ineffable mystère, auquel il fut on ne peut plus dévot. Par où l'on voit que les époux ont a la fois un beau modèle à étudier et une efficace protection à espérer du saint mariage de Joseph et de Marie, les deux plus saints époux qui seront jamais.

Saint Joseph est le modèle le plus accompli des époux, comme la vierge sainte est l’idéal le plus sublime des épouses. Son mariage a été l’ouvrage de l’Esprit-Saint, observe le vénérable Silveira, uni en Dieu à sa sainte épouse ils ne faisaient qu’un esprit et qu’un cœur pour aimer et servir Dieu plus parfaitement. Prédestiné pour être uni à la plus parfaite des créatures, il avait des dispositions et des vertus qu’aucun époux n’a pu jamais avoir à égal degré. Sous ce rapport, notre Saint a possédé des éléments de perfection dans le mariage, que nul autre ne saurait posséder. Mais il n’est pas moins certain que la grâce n’a pas tout opéré en lui sans son acquiescement et sa fidèle correspondance, et que, par conséquent, il a eu des peines, des combats intérieurs à surmonter pour vivre en paix et en toute douceur, avec la plus paisible et la plus douce des vierges, comme la nomme l’Église. C’est principalement sous ce rapport que le Cœur virginal de Saint Joseph-doit être présenté à l'admiration et à l’imitation des époux chrétiens.

La paix, la justice, la charité ont formé la sainte alliance de Joseph et de Marie et ont très intimiment uni leurs Cœurs en Dieu. Aussi bien, si la soumission de Marie est volontaire, la domination de Joseph est respectueuse ; si elle l'honore comme chef de la famille, il la respecte comme chef du mystère. Leur reconnaissance est mutuelle, et tous leurs intérêts sont saints, parce qu'ils n’ont qu’un objet, qui est Jésus-Christ. Voyez quelle union dans ce mariage ! Faut-il sur l'édit d'un superbe empereur, faire profession publique de soumission et de servitude, ils vont, ensemble confondre leurs noms avec les noms de tout l’univers. Dans tous les mystères de l’enfance du Christ, Joseph se rencontre toujours avec sa très sainte Épouse, dans une communauté de pensées et de sentiments, d’affections et de volontés.

Les époux qui honorent comme il convient, par leur vertus dans le mariage, l’union de Joseph et de Marie, ont de grands motifs d’espérer de ces deux très Saints Époux secours et protection dans toutes leurs nécessités, ainsi que de bien douces consolations dans les peines cuisantes du mariage. Qu’ils viennent donc avec une entière confiance aux pieds de notre bon Saint Joseph qui les comprendra d’autant mieux et les aidera d’autant plus efficacement que, quoiqu'il fut marié à la plus douce et la plus accomplie des épouses, qu’il soit possible d’imaginer, il connût néanmoins les peines et les tribulations inséparables des unions les mieux assortie, ainsi qu'on le voit par l’Evangile. Son tendre et béni Cœur est donc en état de compatir plus vivement aux épreuves des époux qui l’implorent, de pouvoir les leur rendre plus acceptables, plus douces et plus mémoires pour la bienheureuse éternité, et même pour cette vie temporelle.

Oh ! qu'un mariage est heureux, quand l’époux et l’épouse s'animent à servir Dieu, à le prier, à le louer par l’union des sentiments de piété et de vertu ; quand un époux chérit son épouse d'une affection aussi pure que celle avec laquelle Saint Joseph aimait l’incomparable Marie pour sa modestie, pour sa simplicité, pour sa chasteté ; quand l'un et l’autre s’efforcent, comme Joseph et sa virginale Épouse, de marcher dans les voies du Seigneur d'une manière ferme et irrépréhensible ; qu’ils se consolent dans leurs afflictions inévitables ; qu’ils ont les mêmes vues, une même espérance, les mêmes désirs, une même règle, celle de l’Evangile. Au contraire, un mariage devient comme un enfer, quand les époux vivent sans union, sans esprit de paix, sans but honnête e.t chrétien, en un mot sans vertu, sans lois, sans frein. La bénédiction de l’éternel n’y est pas, car elle ne demeure pas dans le trouble, le désordre et les disputes ; c’est donc sa malédiction qui y séjourne. De tels époux ne comprennent pas la dignité du mariage, et ils n’y répondent pas non plus. Semblables à cette herbe, dont parle David, qui trompe la main qui la moissonne, ceux qui seront près d'eux, qui verront ou entendront ce qui se passe dans leur demeure, ne diront point : « Que la bénédiction de l’Eternel soit sur vous. nous vous bénissons au nom du Seigneur ». J’ajouterai que ces époux n’auront pas les faveurs particulières de Saint Joseph, à moins qu’ils ne s’amendent et qu'ils reviennent avec sincérité de leurs égarements. Pourtant, ils ont un si pressant besoin de consolations, de secours spirituels !

Voyez dans ce ménage cette femme éplorée, les cheveux épars, et toute décomposée ; elle a pour époux un ivrogne, un dissipateur, un méchant ; elle vous montre les plaies encore saignantes qu’il lui et faites. Peut-être y a-t-il de sa faute à elle même, mais enfin le mal existe ; elle souffre beaucoup et en désespérée. D’autre part, je vois un époux triste, affligé, déconcerté, la face noyée dans ses pleurs, pourquoi gémit-il ? de quoi se plaint-il ? Il est brave, honorable, chrétien, bon chrétien et par conséquent bon époux : Qu’a-t-il donc ? soit imprévoyance, soit entraînement, soit imprudence il a pris pour compagne une des cousines de Satan, une femme prétentieuse, insoucieuse, acariâtre, négligente, incapable d’élever comme il convient, ses enfants, de gouverner la maison par ce qu’elle est à la fois sale, paresseuse, dissipatrice. Voilà pourquoi ce mari soupire, pourquoi il gémit et se plaint aux portes d’autrui. Voir pleurer un homme, c'est chose triste. Avec une femme plus convenable, plus douce, plus soumise, plus diligente, plus chrétienne, en un mot mieux élevée, il eut coulé des jours heureux et joui en quelque sorte du bonheur de saint Joseph dans la compagnie de Marie, sa sainte épouse. Tout est-il donc perdu pour lui ? Non ! Mais qu'il s’adresse à Saint Joseph qui lui obtiendra la résignation, cette vertu, la plus belle auréole de l’homme souffrant, le plus digne hommage dû à la divinité, comme la plus propre à le purifier et à lui faire gagner le ciel ; qui peut être même, car il est si bon Saint Joseph, convertira, ou du moins réformera par les grâces qu’il lui procurera son épouse infortunée.

 

Exemples

 

Un père de famille vivait depuis longues années dans l’oubli de ses devoirs religieux. Au mois de mars, son épouse et ses enfants entreprirent une neuvaine à saint Joseph pour obtenir sa conversion. La clôture en fut fixée au 19 mars, jour de la fête du Saint. Au même jour, cet homme, ignorant ce que les siens faisaient à son intention, entra par hasard dans une église; il y entendit une instruction qui le toucha, et se confessa avant de sortir. Il a persévéré depuis dans les meilleures dispositions.

Une femme pieuse souffrait avec résignation les rudes traitements de son mari, qui vivait contre toutes les lois de l'honnêteté et de la morale. L'épouse fidèle essaya de tous les moyens pour ramener dans le bon chemin l’époux infidèle, mais tout fut inutile. Enfin elle eut recours au modèle des époux, à saint Joseph, qui la consola aussitôt et l’exauça ; car ce malheureux reçut de Dieu de si grandes grâces, qu’il détesta ses péchés, répara les scandales qu’il avait donnés, s’appliqua à vivre chrétiennement et saintement, à la consolation de tout le monde et en particulier de sa pieuse épouse (Bollandistes).

 

Oraison du bienheureux Gerson en mémoire du mariage de Saint Joseph

 

Vierge sainte et sacrée, veuillez m'obtenir cette grâce de votre cher et doux Enfant Jésus, qu’on puisse en votre dite église de Notre Dame de Paris, et toutes les autres de la chrétienté célébrer dignement sans superstitions, le virginal mariage du saint, juste et vierge Joseph avec vous, lequel vous aima d'un amour si pur, vous garda et vous gouverna avec tant de soins vous, et le béni Enfant Jésus, vous accompagna toujours, vous honora chastement et saintement, comme vous le fîtes à son égard avec tant de bonté et d’humilité, de sorte que maintenant il jouit avec vous de la gloire. Que par les mérites et les intercessions votre chaste Époux, le très doux et glorieux Jésus qui vous est né, que.vous avez nourri en ce mariage sacré, nous fasse être participant des noces célestes et de la gloire éternelle, lui qui est l'Epoux de l’église triomphante, et Dieu béni dans tous les siècles. Ainsi soit-il.

 

G07-StJoseph1

Pour recevoir chacune des méditations du Mois de Saint Joseph par mail,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

6 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

05

Septième jour

Le protecteur des vierges

 

Saint Alphonse de Liguori, qui a écrit un ouvrage si divin sur la virginité, assure d’abord que les Vierges qui ont le bonheur de se vouer à l’amour de Jésus, qui lui consacrent le lys de leur pureté, sont aussi chères à Dieu que les Anges. Vous pouvez juger de la combien aussi elles sont agréables à Marie, que l’Eglise appelle la Reine des Vierges, et à Saint Joseph, que je leur offre pour protecteur. Jésus est l’ami et l’époux des Vierges, il paît, comme le dit l’Ecriture, au milieu des lys de la piété, c’est-à-dire parmi les âmes chastes. Marie et Joseph sont les soutiens et les protecteurs des Vierges, parce que la virginité fut leur état permanent. À ce titre les Vierges appartiennent plus particulièrement que les autres à Saint Joseph. Et s’il est vrai que la pureté approche l’âme de Dieu, il est également certain qu’elle dispose merveilleusement l’âme qui en est ornée à s'attirer les regards et les faveurs de saint Joseph, l’Epoux Vierge d'une Vierge. Le jeune époux, dit Isaïe, demeurera avec la Vierge, son épouse. Cet époux, explique Saint Bonaventure, est saint Joseph qui a vécu très-purement et très-chastement avec la sainte Vierge Marie. Il est appelé « jeune » pour sa pureté éclatante, et c’est dans la pureté et la sainteté de son épouse qu’il trouve sa joie et sa félicité.

Ne considérez pas simplement Joseph comme l’époux de Marie, mais bien comme un époux Vierge. Si sa qualité d'époux de la Mère de Dieu est la véritable et essentielle base de ses grandeurs, sa qualité d’homme-Vierge est le principe et la source certaine de son bonheur. En effet, il n’eut pas été choisi pour Epoux à Marie, ni pour Père putatif du Sauveur s’il n'avait toujours vécu chaste et vierge. Et l’union qu'il contracta avec la divine Marie, loin de diminuer sa virginité, la perfectionna et y mit le sceau dont l’Esprit-Saint fut le garant. Bossuet, parlant de ce mariage tout mystérieux et tout angélique, dit très bien : « Ce sont deux virginités qui s’unissent pour se conserver éternellement l’une l’autre par une chaste correspondance ; et comme deux astres qui allient leur lumière. Belle et juste comparaison qui honore singulièrement la virginité de Marie et de Saint Joseph, et qui, si elle établit la bienheureuse Mère de Dieu la Reine des Vierges, montre saint Joseph comme le porte étendard de la virginité, selon que l’appelle Carthagène.

Bossuet semble s’être inspiré de la pensée du chancelier Gerson, qu'il appelait son Maître, et auquel il a dû, en partie, la profondeur de la pensée et la force des expressions. D'après la gracieuse idée du vénérable Gerson, quand Joseph s’unit à la Vierge, l’on vit, pour la première fois, sur la terre, la virginité se marier avec la virginité. Dieu créa et sanctifia Saint Joseph tout exprès pour Celle qui devait être sa propre Mère. nous devons croire qu'il le rendit son semblable en pureté, qu’il le fit presque son égal en virginité et que, selon l'expression biblique, il donna à Marie un aide qui lui ressemblât. Ce qui fait ajouter au docte commentateur Escobar : « Dieu fit Joseph, en quelque sorte semblable a Marie, l’ayant doté comme elle de l’ornement des plus belles vertus ».C’était pour le Saint Patriarche un rapport de convenance. Et Dieu tout puissant, tout bon, qui a pu le faire aussi pur, aussi chaste, l’a fait. Il convenait, il était juste, raisonnable, équitable, que le Dieu de toute sainteté et de toute pureté non-seulement naquit d’une Mère Vierge, mais encore qu’il fut nourri, conservé, porté par un Père saint et Vierge, le plus saint et le plus vierge de tous les hommes saints et vierges. Penser autrement serait faire injure à Dieu et à son Fils Jésus-Christ, ainsi qu'à Marie et à Joseph, son époux.

Le pieux et célèbre Escobar, n'a fait que rendre sous une autre forme la doctrine du chancelier Gerson, qui dit, en style laconique : « Saint Joseph, plus pur que tous les hommes, a été semblable à la glorieuse Vierge Marie ». Du reste l’opinion généralement admise dans l’Église, et qui est appuyée sur les témoignages les plus nombreux des Pères, sur une vénérable tradition, sur le sentiment commun des fidèles, c’est que Saint Joseph n’a pas été seulement vierge, mais vierge au degré le plus excellent, après sa très sainte Épouse.

Car d’après les saints Docteurs, Saint Joseph connût par l’inspiration divine, peut-être par le ministère d’un Ange, qu’il était destiné à être l’époux de la Mère de Dieu. dès lors il fit vœu de virginité, afin que le lys de la pureté de son crieur, exhalât devant Dieu un plus suave parfum. Il ne fut poussé au mariage que par le souffle divin, et il est possible qu’une fois marié avec l'Auguste Vierge, il renouvela comme elle son vœu de virginité perpétuelle. Cette doctrine est affirmée par plusieurs Pères, tels que saint Augustin, saint Bonaventure, saint Thomas et le pieux Gerson. Il est certain que Saint Joseph-Vierge fut un époux très digne de Marie-Vierge. Il le prouva bien par les actes de sa très Sainte Vie, par le zèle avec lequel il prit la défense de l’honneur et de la virginité de cette chaste Épouse, pour empêcher la calomnie de noircir sa réputation. De là vient que Saint Albert le Grand l’appelle le Protecteur ; le Patron de Marie, le protecteur des vierges.

Les saintes Vierges, ces fleurs mystiques de l’Église, le jardin de délices du Christ, qui tendent à la perfection, parce qu’elles sont les favorites de ce divin Epoux qu’elles ont choisi pour leur partage pour cette vie et la vie future, sont aussi les protégées du Cœur de Saint Joseph, quand elles l’honorent comme elles le doivent faire. Elles sont nommées dans la Bible, les prémices de Dieu et de l'Agneau Jésus, « par la raison, dit le saint cardinal Hugues, que les premiers fruits sont les plus agréables, et que, ainsi les Vierges lui sont plus agréables et plus chères que les autres personnes ». Mais si elles ont le plus de droit aux faveurs divines, elles ont également plus d’assurance de voir notre bon Saint Joseph les protéger dans tous leurs besoins. Notez bien que ce qui est dit ici des Vierges s'applique également a ces âmes qui, quoiqu’elles soient engagées dans les liens du mariage, mènent une vie détachée, innocente, et comme l’aigle volent dans les régions supérieures de la perfection, les regards fixés vers les biens célestes. Sursum corda ! Selon la grande devise du bienheureux Gerson : avoir toujours l’esprit et le cœur élevés vers Dieu, c'est là la virginité parfaite.

Il importe donc beaucoup de se conserver chaste et vierge pour jouir des bénédictions du Cœur de saint Joseph ; car l’Ecriture dit que celui qui aime la pureté du cœur aura le roi pour ami, c'est-à-dire Jésus. Les saints dans le ciel sont aussi autant de rois, mais Saint Joseph est, après Marie, le plus grand de ces rois ; or, que ne peut-on pas obtenir de lui si on possède sa faveur et son amitié ? Pour vivre dans la chasteté, il faut nécessairement en prendre les moyens, tels que la fuite des occasions, condition première ; ensuite le recueillement, la modestie, la prière assidue, surtout dans les tentations. Quand malgré notre vigilance et notre fuite des mauvaises occasions nous sommes tentés, la seule invocation de Jésus, de Marie et de Joseph, faite avec humilité et confiance suffit pour nous faire vaincre l'ennemi, purifier notre intelligence et notre cœur des mauvaises suggestions, effets de la nature corrompue de concert avec les esprits infernaux.

Saint Alphonse de Liguori dit, dans son Imitation : « Théophile, pour persévérer dans la pureté et vous délivrer du vice contraire, il faut vous recommander souvent et avec instance a la Reine des Vierges, à Marie. Celui qui a recours à elle sera délivré de la luxure, en prononçant seulement son nom avec confiance. Beaucoup de personnes tentées contre la chasteté ont triomphé par une simple aspiration affectueuse à Marie Immaculée ». Et ce Saint Père ajoute : « Les images de cette chaste. Vierge éteignent les ardeurs de la concupiscence en ceux qui les regardent avec dévotion ». On peut bien dire la même chose du très-saint Joseph, de son nom et de ses images.

Quand donc Satan et la concupiscence s'élèvent contre nous, après avoir fait respectueusement un Signe de Croix, au moins avec le pouce sur la poitrine pour consacrer notre cœur à la très adorable Trinité et à Jésus crucifié, faisons une dévote aspiration à Marie Immaculée et au Cœur de saint Joseph. Si nous avons une image du Saint, fixons-là d’un regard suppliant, mais confiant, et serrons-là sur la poitrine, saint Joseph nous aidera à triompher de notre faiblesse et de la malice de Satan. Rappelons-nous souvent cette belle pensée du saint Maître Gerson : « Autant de tentations vaincues, autant de perles brillantes sont attachées à la couronne que le Seigneur nous prépare dans le ciel, si nous sommes en sa sainte grâce ».

Courage donc, ô Vierges ! Courage, ô âmes chastes, dignes épouses de l’Agneau Jésus, persévérez sous la protection de Saint Joseph dans la voie bienheureuse que vous avez choisie, qui vous procurera les grâces de votre bien-aimé Seigneur. Sachez que la virginité est cette meilleure part que vous pouviez désirer, part que l’âme conservera avec un signe distinctif durant toute l’éternité, alors qu’elle Sera glorifiée à l’égal des anges de Dieu. Aussi, devez-vous tout faire et tout souffrir pour l’amour de Jésus-Christ, plutôt que de sacrifier l’aimable et céleste pureté.

 

Exemple

 

L’une des Congréganistes des Enfants de Marie, de Lyon, touchée de la beauté de la grâce sanctifiante, demandait souvent à son Bon Père, c’est le nom que ces jeunes enfants donnent à l’envi à Saint Joseph, de la lui conserver toujours. Un jour, c’était en 1858, aux environs du jour de l’an, où il y a dans le pensionnat sortie générale. l’enfant entre en classe toute joyeuse, court auprès de sa maîtresse d’un air triomphant. Elle était couverte de rougeurs. La maîtresse également étonnée de cette éruption subite et de la joie qu’en témoignait la jeune fille, l’interroge avec intérêt. « Ah ! Madame, répond celle-ci, j’ai gagné ma cause auprès de saint Joseph ! Il doit y avoir des fêtes à la maison, à l’occasion du mariage de ma sœur, j’ai craint d’y souiller mon innocence et d'y perdre la grâce, et j’ai dit à Saint Joseph : « Bon père, empêchez que je sorte ». « Voyez », et elle montrait ses mains et son visage tout défigurés par l’éruption. « Je ne puis aller au grand air en cet état ! »

 

Supplication à Saint Joseph pour obtenir la pureté

 

Grand Saint, qui êtes couronné des plus beaux lys de la virginité, qui par l'admirable chasteté de votre vie, avez mérité de devenir le gardien et le Père nourricier de Jésus, le Roi des Vierges, et l’Epoux de l’Immaculée Mère de Dieu, apprenez-nous le secret de cette vertu angélique, le plus bel ornement de votre Saint Cœur. Elle nous favorisera aussi de l'insigne privilège d’avoir le Roi des cieux pour ami. Par les mérites de la pureté de votre béni Cœur, ô doux Protecteur, rendez-nous pures et chastes comme vous, afin qu’après avoir été uni à Jésus-Christ l'amateur des âmes vierges et pures durant cette vie, nous puissions éternellement le contempler avec vous dans la céleste patrie. Ainsi soit-il.

 

tumblr_mji74nOHLY1rsd0e4o4_r1_1280

Pour recevoir chacune des méditations du Mois de Saint Joseph par mail,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

5 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

574_001 (2)

Sixième jour

La protection de la jeunesse

 

Saint Joseph couvre des ailes de sa protection non-seulement l’enfance, mais encore la jeunesse. C'est toujours l'enfance, mais elle est passée dans un âge qui devient d’autant plus dangereux pour elle, que les sens sont plus tendres, plus ouverts, et plus impressionnables aux vanités du siècle. Tout ce qui est dans le monde, dit saint Jean, est concupiscence de la chair, concupiscence des yeux, et orgueil de la vie. Ce.sont la les trois grands filets que Satan à tendus dans l'obscurité pour attraper une multitude de jeunes gens ; ce sont la les trois amorces par lesquelles il se les attire pour les précipiter dans l’abîme de la perdition. Or saint Joseph qui sait que les dangers pour la jeunesse sont nombreux, grands et difficiles à surmonter, s'offre à ces jeunes gens pour leur servir de guide et de protecteur.

Comme guide, ses exemples sont bien propres à faire impression sur l'esprit de la jeunesse. D’après de graves auteurs, on ne vit jamais un jeune homme d’une piété plus éminente, d’une pureté plus parfaite, d'une modestie plus angélique, d’un esprit plus droit, d"un cœur plus généreux, d’une application plus soutenue à s'instruire, d'un caractère plus doux et plus aimable à l’égard de tous. Ses regards, ses gestes, ses discours, tout en notre Saint était réglé par le mouvement du Saint-Esprit qui habitait en lui, comme dans son temple. C'est ainsi que le jeune Joseph s’avançait de vertu en vertu, comme parle le prophète, et qu'il s’en servait de degrés pour gravir déjà le sentier âpre, étroit et élevé de la perfection. Saint Joseph ne fait jamais défaut aux tendances si bienveillantes de son bon Cœur, pour secourir les jeunes gens qui l’implorent avec piété et. confiance. Il est deux époques principales où ils ont un plus grand besoin de sa douce protection, pour la première communion et pour le choix d’un état : de ces deux circonstances dépend la bonne ou la mauvaise direction de la vie, le bonheur ou le malheur temporel et éternel. C'est là une chose extrêmement importante.

Saint Joseph a trop à cœur de voir Notre Seigneur Jésus-Christ son Fils adoptif, aimé et servi par la jeunesse, pour ne pas s‘empresser d'obtenir des grâces de lumières et de ferveur aux âmes encore innocentes qui vont le recevoir la première fois au banquet Eucharistique ; il jouit du bonheur qu’ils sont appelés à goûter en reposant sur le Cœur de Jésus, comme il s’y reposait lui-même sensiblement, lorsqu’il le portait dans ses bras à Nazareth. A cette fin, il les aide merveilleusement par les inspirations intérieures qu’il leur communique, au moyen de leur Ange gardien, à se préparer à cet acte si grand, si décisif et si honorable. Que les enfants donc qui se disposent à la première communion, recourent à saint Joseph, comme à leur Père et puissant Protecteur ; ils verront les fruits précieux qui découleront de cette pratique pour le jour fortuné où ils s’unirent à Jésus tout entier et pour le reste de la vie. Surtout, que ce jour-là, ils se consacrent plus particulièrement à notre Saint, par un acte qu’ils devront renouveler aux grandes fêtes de l'année où ils recevront le Dieu qui réjouit leur jeunesse.

La protection de Saint Joseph n'est pas moins assurée aux jeunes gens dans les sentiers périlleux qu'ils auront à parcourir après la première communion, notamment pour le choix d’une profession, que le pieux Grenade et le saint docteur Liguori appellent la maîtresse route de la vie. Il n’est que trop ordinaire de passer légèrement sur ce point qui entraîne des conséquences infinies. Il faut se bien persuader que, comme l’écrit l’Apôtre, chacun reçoit de Dieu le don qui lui est propre, c’est-à-dire, selon le commentaire de Corneille, que Dieu donne à chacun sa vocation, et lui choisit un état dans lequel il veut le sauver. Pour connaître cette vocation, il faut des lumières, il faut aussi du courage pour la suivre une fois qu’elle est reconnue et sanctionnée par l’autorité du directeur de la conscience, qu’il est utile de consulter à ce sujet. Or, ces grâces de lumière et de force, saint Joseph ne manque jamais de les obtenir aux jeunes gens qui l’en prient avec ardeur et avec pureté d’intention.

Pères et mères, dit un pieux et savant Curé, amenez donc vos enfants à Saint Joseph, placez-les sous sa puissante protection. Il les protégera, les défendra contre le démon, qui est encore plus à redouter que le cruel Hérode. Sachez aussi qu’il vengera leur faute contre vous-mêmes, si vous en êtes la cause, par votre négligence, vos scandales et vos exemples mauvais. Et vous, aimable jeunesse, aimez votre père Saint Joseph ; honorez-le de tout votre pouvoir, chantez ses louanges, recourez à lui avec une confiance filiale ; il reçoit avec plaisir les hommages des enfants vertueux. Si vous vous montrez ses dignes enfants, si vous êtes soumis, respectueux, aimables comme l’Enfant Jésus, il aura pour vous la même tendresse, la même protection, les mêmes soins.

Pour la jeunesse, le prêtre est ce que Saint Joseph était à l’égard de Jésus adolescent : il lui est tout a la fois Père, Protecteur et Pourvoyeur. Que les jeunes gens ne craignent donc pas d’aborder le prêtre, au contraire qu’ils viennent à lui en toute confiance, comme ils viennent à Notre Seigneur et à Saint Joseph, lui raconter leurs peines, leurs combats intérieurs, et lui demander, de ces conseils salutaires que Dieu leur dicte toujours, dans ce cas, pour les âmes droites et sincères. Mais pour obtenir ces résultats si désirables, il faut inspirer à l’enfance une grande estime, un grand respect et une sainte vénération pour le prêtre. Cette estime et cette confiance qu’ils auront alors conçues pour l’Homme de Dieu, ne disparaîtra jamais entièrement de leur cœur. « Les enfants, dit le saint chancelier Gerson, sont très capables de recevoir les premiers principes des bons enseignements, lorsqu’ils ne sont pas encore imbus des fausses opinions, et que de pernicieuses doctrines n’ont pas encore germé profondément dans leurs cœurs ».

Il importe donc extrêmement de prendre l’enfance sous la protection de saint Joseph pour l’amener à Jésus-Christ, et afin qu’elle y demeure fixée pour tous les âges de la vie. Mais l’enfance ne viendra à Jésus-Christ, ne se maintiendra avec lui durant la jeunesse surtout, que par l'intermédiaire du prêtre, le représentant vivant de la personne du Christ même. Oh ! qu’ils font de mal, qu'ils sont coupables et criminels, ceux-là qui inspirent à l’enfance et à la jeunesse l’éloignement du prêtre, le mépris du prêtre ; et quel déplaisir. ils causent à Notre Dame et à saint Joseph ! N'est-ce pas où tendent ces libres-penseurs qui veulent l’instruction et l’éducation exclusivement laïques ?

Le pieux traducteur et interprète du Traité de Parvulis, du Bienheureux Gerson, l’abbé Gouvenot, écrit les lignes qui suivent, que je livre à la méditation surtout des pères et mères et des maîtres de l’enfance, qui veulent plaire à saint Joseph et imiter sa conduite, pour mériter sa douce protection. « J'ai souvent entendu raconter par les mères la joie de leurs enfants, et elles disaient dans leur langage si simple et si beau : « Mon enfant est aux Anges ». Ce bonheur de l’innocence dans l’enfant durera S'il est conduit au catéchisme dès son jeune âge, (ajoutons et même après sa première communion). Il entendra avec fruit les instructions, et surtout il s’habituera à voir dans le prêtre l’Ami de son enfance : il se rappellera le dévouement sacerdotal, ce sera une douce figure qui lui apparaîtra dans les dangers et les tentations, et alors il viendra épancher son cœur et ouvrir son âme sur le sein de cet Ami que le Ciel a formé pour le bonheur des hommes. Si l’habitude des pratiques de piété et de religion est donnée à l’enfant, il deviendra la gloire de son père et de sa mère, et il croîtra en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes.

Ce qu’il faut aujourd’hui plus que jamais, parce que les moyens de corruption sont mille fois plus nombreux, mille fois plus actifs et plus dangereux que dans les siècles écoulés ; ce qu’il faut dis-je, et de suite et sans retard, comme l’inculque avec tant de force dans ses beaux écrits, le très-savant évêque d’Orléans, c’est une éducation chrétienne, forte et prononcée de l’enfance et de la jeunesse et surtout des petites filles.

J’ai insisté, insisté beaucoup sur ce point capital, décisif dans mon ouvrage Feminiana ; daigne le bon saint Joseph faire comprendre à mes lecteurs cette chose, comme je la conçois moi-même. Ne voyez-vous pas que notre pauvre société se meurt, périt, qu'il n’y a plus de famille, plus de respect, plus d’harmonie, plus d’amour saint dans la famille; de là, quels désordres dans le monde ! Ah ! que nous avons besoin du regard paternel et protecteur du Bienheureux Joseph ! « Il n’y a plus d’enfants ! », s’écrie le docte chanoine Tridon. Ce mot, ajoute-il, devenu proverbial, exprime une lamentable vérité. Il révèle une calamité plus grande que ne pourraient être la peste, la guerre et la famine réunies. Il n’y a plus d’enfants, c’est à-dire plus d’innocence, plus de simplicité, plus d’obéissance, par conséquent plus de vie au cœur des jeunes générations, qui, dans vingt ans occuperont notre place... Le terme est court, bâtons-nous! ».

« A la vue de l’incendie, ajoute plus loin le même écrivain, qui dévore et menace de tout engloutir, il y en a qui dissertent sur les progrès du.mal, sur l'énormité des pertes présentes et les dangers de l’avenir. Discours inutiles, vaines lamentations. Une chose est à faire : courir à la chaîne et verser de l'eau.

Chaque jour, le Bienheureux Gerson recommandait à la Vierge Immaculée et à Son virginal Époux, Saint Joseph, les petits enfants qu’il instruisait à Lyon, et Marie et Joseph versaient abondamment sur ces jeunes plantes la rosée Salutaire des bénédictions célestes, « Mes enfants, leur disait ce saint Maître, aimez, aimez beaucoup la sainte Famille, Jésus, Marie et Joseph ! Adressez vous et Elle dans tous les besoins de l’âme et du corps, du temps et de l’éternité. Dans vos peines, dans vos tentations, dans vos épreuves et vos désolations, invoquez avec confiance leurs noms bénis et vous serez.de suite consolés, soulagés, éclairés et sauvés ! » Quel bel exemple pour les parents et les instituteurs de l’enfance et de la jeunesse, dont le Bienheureux Serviteur de Dieu Gerson, est le Modèle et le Patron. On ne saurait trop inculquer à cette chère jeunesse, comme le rappelle sans cesse notre bien-aimé Pontife Pie IX, l’esprit de prière, les bonnes pensées et les saintes maximes et une grande confiance en la Trinité de la terre Jésus, Marie et Joseph, comme Gerson la qualifiée le premier.

L’enfance et la jeunesse ont tant besoin de secours ! Qui ne sait que l'enfance a toute la fragilité des jeunes plantes, que les grâces naturelles de la jeunesse l’exposent à des dangers dont la vieillesse est affranchie, abandonnée qu’elle est des passions plutôt qu’elle ne s’est soustraite a leur empire. Hélas ! Ces premières années, les plus belles de la vie, s’écoulent rapidement. Si l’on considère alors quelle est la force de l’habitude, si l’on pense avec un ancien philosophe que cette force est si grande qu’elle devient en quelque sorte une seconde nature, on restera profondément convaincu qu’il n’y a rien de plus à craindre et de plus amer dans leurs suites que les mauvaises coutumes, comme au contraire il n’y a rien de plus doux, de plus satisfaisant pour la conscience que les bonnes.

 

Exemple

 

On écrit au Révérend Père Huguet, l’apôtre incomparable de saint Joseph : « Remerciez avec nous, Révérend Père, Marie et Joseph, d’avoir arrêté par un miracle presque évident, un mariage commencé, selon les apparences, sous les auspices de notre Saint Patron. La confiance sauve. Nous avons fait en son honneur quelques pratiques de piété, nous avons fait brûler des bougies devant son image, nous lui avons dit d'agir ! Il a permis que nous fussions détrompés et il a préservé une jeune fille pieuse et confiante de chaînes qui auraient été trop pesantes ».

 

Prière à Saint Joseph, Guide de la jeunesse

 

C'est à juste titre, pieux et bon Joseph, que l'on vous regarde comme le Patron de la jeunesse, vous qui servîtes de guide à l'enfance du Sauveur. Ah ! Ne perdez pas de vue les besoins du jeune âge, si exposé à mille périls par son inexpérience et sa simplicité. Guide de Jésus en Égypte, dirigez la jeunesse a travers les montagnes, les voies tortueuses de cette vie. Obtenez pour elle du Sauveur Enfant la fuite du monde, la crainte de ses séductions. Que par vos suffrages et ceux de la bonne Marie, chaque enfant soit un autre Jésus en docilité, en tendresse, en respect ; qu’il console l’Église par sa foi, ses parents par son amour; et que, vertueux jusqu'à la mort, il les dédommage des peines qu’il leur fit éprouver. Riche en pouvoir auprès de Dieu, vous l'êtes en miséricorde, n'abandonnez ni l'enfance, ni la vieillesse. Ainsi soit-il.

 

O Olhar de são José

Pour recevoir chacune des méditations du Mois de Saint Joseph par mail,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

4 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

003_001

Cinquième jour

Saint Joseph accueille l'innocence

 

Nul doute que le Cœur de saint Joseph n'ait pour l’enfance chrétienne une prédilection particulière, parce qu’elle est la plus vive image de l‘enfant Jésus confié à sa vigilance, à ses soins, à sa tendresse. Jésus est appelé le Jésus des petits enfants, Marie, Notre Dame des enfants, parce qu’elle les aime de l’amour de son Fils. Pourquoi saint Joseph, qui partage leurs sentiments, ne serait-il pas appelé le Père spirituel et le Protecteur des enfants ? Tout enfant lui rappelle l’Enfant Jésus, donc tout enfant lui est cher; tout enfant chrétien est membre de Jésus, donc tout enfant chrétien est aimé de Saint Joseph comme était aimé Jésus. Je sais que Joseph aimait à la fois Jésus comme son fils et comme son Dieu ; ce ne peut donc être que du premier amour qu'il aime les enfants, et, certes, c'est là un grand honneur. un grand bonheur pour les enfants sages d’être ainsi considérés, ainsi aimés par notre Saint. Ce leur est un gage bien grand de sa paternelle protection sur eux. Si quelqu’un osait douter de cette tendresse du Saint Patriarche pour l'enfance, nous lui mettrions devant les yeux l'amour immense que le Sauveur avait pour ce jeune âge. N'est-ce pas lui, Jésus, qui laissa tomber de ses lèvres divines cette parole pleine de douceur et de charme : « Laissez venir à moi les petits enfants ? » Or, incontestablement le Cœur virginal de Joseph a participé aux sentiments et aux dispositions du Cœur adorable de Jésus ; il a donc dû prendre aussi ses affections pour l’enfance ; il éprouve donc pour eux le même amour, et il peut donc dire, lui aussi : « Laissez venir à moi les petits enfants, parce qu’en venant à moi ils iront sûrement à Jésus, qui est seul le salut et la vie ». Ce sont les expressions que le savant et pieux frère Philippe prête à notre Saint, et elles lui conviennent très bien.

Non seulement saint Joseph aime les enfants, mais il les protège, de son trône céleste, avec une attention et une bienveillance toutes spéciales. Je ne saurais mieux les décrire qu’en empruntant la plume du spirituel écrivain et supérieur général des Frères que je viens de citer, qui a la mission si noble, la fonction si auguste de diriger les milliers d’enfants de toutes les conditions confiés aux soins de ses disciples. Saint Joseph, dit-il, veille sur les enfants du haut du ciel ; il s’intéresse à tout ce qui peut contribuer à leur salut ; il leur continue la sollicitude qu'il avait pour l’Enfant-Dieu qu’ils représentent ; il se fait auprès de lui leur intercesseur, et leur obtient toutes les grâces qui leur sont nécessaires ; il pourvoit avec une tendresse toute paternelle aux besoins de leurs âmes ; il les protège contre les attaques des démons, il déjoue la perfidie de ces esprits de ténèbres, dont Hérode n’était que l’aveugle instrument. et qui n'aspirent qu'à faire mourir Jésus dans le cœur des hommes. Saint Joseph protège surtout les enfants sages et d’une conduite vertueuse, il les secourt dans tous les dangers de l’âme et du corps ou ils sont tous exposés. Il sait que le démon, brûlant de rage, est continuellement à leur poursuite, et il redouble de zèle, de soins sur eux ; il envoie les Anges qui les défendent et, selon l’expression du Psalmiste, les portent dans leurs mains, de crainte qu'ils ne se blessent dans le chemin de la vie contre la pierre du scandale et des séductions qui les environnent de toutes parts. Mais, pour que les petits enfants obtiennent ces faveurs si précieuses, il importe qu’ils soient dévots à Saint Joseph ; qu’ils le prient souvent, surtout le matin et le soir, et dans le moment du danger. Il faut donc que les parents et les maîtres les initient a ces petites pratiques de piété, qui attireront sur ces jeunes âmes les bénédictions du ciel les plus abondantes.

Dans un ouvrage consacré exclusivement au très Saint Joseph, il n’y aurait qu'un esprit méticuleux et mal fait qui pût trouver à redire d’y rencontrer si souvent le nom vénérable et doux avec les éloges du pieux Gerson. On ne saura jamais tout ce que cet incomparable Docteur à fait, d'une part pour la glorification terrestre de saint Joseph, et de l'autre pour l'instruction et l’éducation chrétiennes des petits enfants. Plus on étudie avec impartialité ces deux grands traits caractéristiques de cette majestueuse et belle figure du Catholicisme, plus on demeure étonné, ravi, stupéfait. Ses détracteurs sont et ne peuvent être que des ignorants ou des malveillants ! Ailleurs, on l’a montré comme un homme poussé par le désir de contribuer de toutes manières à la gloire de saint Joseph, le célébrant dans ses discours, le chantant dans ses poésies qui forment un traité d'un charme naïf en même temps que d‘une érudition profonde, ne cessant, par sa parole, par sa plume, et par sa grande influence dans l’Église, de travailler à la gloire du Saint qu’il avait choisi pour protecteur et en quelque sorte pour ami. Ici nous allons le présenter travesti en maître d'école et en catéchiste des enfants, pour les attirer, ou comme il s'exprime, pour les entraîner vers Jésus-Christ. « De parvulis trahendis ad Christum ». Tel est l'admirable ouvrage que Gerson écrivit sur ses vieux jours, ouvrage où surabonde la sagesse, la douceur, la piété et surtout l’onction, digne frère de l’Imitation, et que monsieur le curé de Saint Sulpice appelle « un petit Chef d’œuvre de douce piété », et monseigneur Dupanloup « un beau Traité ».

Montrons Comment le Serviteur et l'Ami de Saint Joseph, qui dut être si favorisé par ce grand Saint et par l'auguste vierge Marie, quoique son héroïque humilité nous ait voilé sa vie à son déclin dans la solitude, montrons, dis-je, comment Gerson savait, lui, avec une douceur inexprimable, attirer les enfants à Jésus-Christ. Il est question de ces paroles que le Christ dit a ses disciples qui repoussaient avec menaces ceux qui lui présentaient des petits enfants : « Laissez venir à moi les petits enfants », et le reste. Si, dit le Bienheureux Docteur, nous pesons ces paroles qui sont autant d‘oracles et de sentences, nous aurons contre ceux qui négligent le salut des enfants et les éloignent du divin Maître, la matière d’une vive et sévère leçon qu'ils ne méritent que trop. Mais loin de nous un zèle amer, loin de nous la colère et les paroles irritantes. Dans un sujet qui regarde les enfants, nous imiterons leur simplicité, et nous éviterons tout ce qui sentirait la déclamation, l’aigreur et la contention. Nous nous rappellerons, pour nous inspirer d'un si touchant exemple, la modération avec laquelle le Sauveur reprit ses disciples, malgré la peine que lui causait leur conduite ; nous nous rappellerons ses paroles en cette circonstance : « Laissez venir a moi les petits enfants !... »

Le Docteur très chrétien, le Maître des consolations divines, n’écrivit en partie son sublime Traité : « De parvulis Trahendis ad Christum », que pour répondre à ses ennemis et aux ennemis du règne de Jésus qui critiquaient sa conduite, ne pouvant concevoir comment un homme de son mérite, revêtu d'une telle dignité, qui jouait un rôle si grand dans les affaires de l’Église et de l'Etat avait pu s'abaisser, s’annihiler en quelque sorte jusqu’à instruire les petits enfants pauvres. Mais aux yeux éclairés de Gerson, il n'y avait pas de fonction plus divine que celle d’attirer les enfants au Sauveur. Par la il voulait poser les vrais moyens de réformer l’Église, ce qu’il n’avait pu obtenir au Concile de Constance. Il faudrait lire en entier ce Traité pour comprendre la noble idée qu’il se faisait de l’éducation chrétienne de l'enfance et des fonctions angéliques de ceux qui s’y appliquent. « Si nous réfléchissons, dit-il, que Jésus-Christ n'a rien fait d'inutile et n’a rien dit que de grave et de sérieux, nous conviendrons qu’il n’avait pas en vue une chose de peu d’importance, lorsqu’il appelait à lui les petits enfants, qu’il réprimait ses disciples bien-aimés, qui s’opposaient à ce que ses enfants lui fussent présentés. « Il les entourait en leur imposant les mains et il les bénissait ».

« Qui pourrait, ô divin Jésus, s’écrie le bienheureux Docteur, qui pourrait rougir d’être à votre exemple humble avec les enfants ? Qui serait assez vain et assez fier de son rang et de sa science pour oser mépriser leur jeune âge, leur ignorance et leur faiblesse, quand vous, qui êtes le Dieu béni dans tous les siècles, qui êtes celui en qui ont été cachés tous les trésors de la sagesse et de la science de Dieu, vous êtes abaissé jusqu'à les Embrasser et les presser dans vos bras sacrés ! Loin de nous donc, loin de nous toute fierté, loin de nous la pensée coupable de nous éloigner des enfants. L’exemple divin donné par Notre Seigneur a laissé bien loin derrière lui cette affabilité de Socrate, si vantée par les philosophes, parce qu’il ne rougissait pas, pour se délasser des affaires publiques, de jouer avec les enfants en courant, comme eux, à cheval sur un bâton. Oh ! qu’il aurait amusé nos Catons, nos censeurs modernes ! qu’ils auraient ri s’ils l'avaient vu se recréer de la sorte ! Si nous nous permettons aussi de jouer avec les enfants, c’est pour leur apprendre à avoir horreur de toute immodestie, de toute parole impie, de tout mauvais jeu, de toute action libre. Il y a en outre deux autres bonnes raisons : la première, c'est de nous abaisser, pour faire, la volonté de Dieu, à l’exemple de David, qui, dépouillé de ses ornements royaux, dansa de toutes ses forces devant l’arche d’alliance ; la seconde, c’est de chercher un simple délassement à l’esprit ».

Ainsi justifiait sa conduite ce grand serviteur de Saint Joseph, dont l’admirable. dévouement pour l'éducation de l’enfance arrachait des larmes d'émotion au grand et savant pontife Benoît XIV, qui le propose pour modèle à tous les ministres de l'Évangile. Il leur recommande qu’ils aient pour se stimuler dans le sublime apostolat de. l'instruction chrétienne, surtout des enfants à l’Église, l’exemple de Gerson, chancelier de l'Église et de la Faculté de Paris, qui fut, en son temps, une lumière de grand éclat, et dont la réputation n’était pas moindre que le mérite.

 Tout récemment le Cardinal Giraud, le proposait aussi comme l'un des plus grands catéchistes de l’Église catholique. « Ce chancelier de l'Université, dit cette Éminence, le docte et pieux Gerson, quittant les conseils des rois et les conseils de l’Église, pour se faire humble répétiteur de l’alphabet de la foi, et ne voulant d’autre couronne à son illustre vieillesse qu’une troupe de petits enfants réunis pour l’écouter, et pour apprendre de sa bouche ‘la crainte et la loi du Seigneur ». En effet, voulant pratiquer la sainte humilité qu’il recommande si fortement dans l’Imitation, à, un haut degré, il enseignait dans sa vieillesse, dit une tradition répétée par des milliers de plumes, avec beaucoup d’assiduité le catéchisme aux enfants de la ville de Lyon. A la fin de chaque leçon, il faisait réciter à ces petits innocents cette prière : « Mon Dieu, mon Créateur, faites miséricorde à votre pauvre serviteur Jean Gerson ! » Ces voix angéliques arrachaient des larmes des yeux de tous ceux qui les entendaient, et attiraient les miséricordes de Dieu sur ce vertueux et saint Serviteur de saint Joseph, et sur toute la cité Lyonnaise. Il mourut (agenouillé au pied de son crucifix), par un effet de l’amour divin, disent le Cardinal Bona et Saint François de Sales. Heureuse mort, conforme a celle de Marie et de Joseph qu’il avait si bien glorifiés ! La cité Lyonnaise hérita de la dévotion et de l‘amour de Gerson pour saint Joseph ; là plus que partout ailleurs le Saint Patriarche fut toujours fort honoré, et en retour y multiplia les prodiges de son Cœur compatissant, comme on peut s'en convaincre par la lecture du beau livre du père Paul de Barri sur saint Joseph.

 

Exemple

 

Un digne émule de Gerson, comme lui dévoré du zèle des âmes des petits enfants, Saint Jean-Baptiste De la Salle, fondateur des Frères des Écoles chrétiennes, qui rendent un service d’une portée infinie et l’Église et à la société, reprit et continua sur une plus vaste échelle l’œuvre du Saint Docteur Gerson, l'instruction et l’éducation chrétiennes de l'enfance. Rien ne saurait rendre la dévotion qu’il avait pour saint Joseph, le gardien de l‘enfance de Jésus... Il mit son Institut sous sa protection, dès le premier instant de sa fondation, il ne négligea aucun moyen pour l'honorer et le faire honorer par ses Disciples. Il leur ordonna de réciter chaque soir les litanies de ce grand Saint, d'observer religieusement sa fête, de recourir à sa bonté dans tous leurs besoins. Les Frères ont toujours rempli ce vœu de leur Saint Fondateur. On ne saurait exprimer avec quel soin ils inculquent à l'enfance une tendre vénération pour saint Joseph. Ajoutons que leurs communautés furent des premières à pratiquer régulièrement le Mois de Saint Joseph.


Invocation à Saint Joseph pour les enfants

 

Grand Saint Joseph rempli des grâces du bon Dieu, replete gratia, comme disait le Bienheureux Gerson, et orné des plus belles vertus comme d’autant de fleurs du paradis, on dit que vous aimez d'un amour de père tous les membres de la famille chrétienne, que tous ceux qui vous invoquent sont assurés d’avance d'être exaucés, et qu'il suffit de frapper à la porte de votre Cœur béni pour y être aussitôt introduit, consolé, enrichi de dons célestes. Cependant, il est une portion de cette famille chérie, qui paraît être plus intéressante à vos yeux, plus chère encore à votre Cœur et à qui vous ne savez rien, absolument rien refuser, ce sont les enfants. Quand donc, ô bienheureux Père de Jésus, les enfants viennent à vous et vous adressent une prière, exaucez-les prenez-les sous votre sauvegarde, afin que préservés des embûches du démon qui en veut à leur innocence, ils arrivent sous votre direction à Jésus-Christ. Ainsi soit-il.

 

corpo-glorioso-sao-jse-jacarei2

Pour recevoir chacune des méditations du Mois de Saint Joseph par mail,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

13 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

462_001

Quatorzième jour

L'installation solennelle de l'Eglise le jour de la Pentecôte

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

I. Les apôtres, sur la parole de leur Maître, étaient retournés à Jérusalem après avoir été témoins de son ascension ; ils y attendaient dans le silence et la retraite le Saint-Esprit que le Sauveur leur avait promis, et qui devait donner l'âme et la vie à cette nouvelle institution dont tous les éléments et l'organisation avaient été si habilement préparés, c'est-à-dire, à l'Eglise. Les préparatifs en avaient été faits dans l'ombre de la vie modeste et commune que Jésus-Christ avait menée sur la terre, au milieu des opprobres dont il avait été l'objet, et des souffrances de toute espèce auxquelles il s'était soumis, jusqu'à mourir sur une croix. Mais il ne s'agit plus ici de préparatifs, il n'est plus question maintenant que de faire recueillir à l'humanité tout entière les fruits du sang répandu par le régénérateur du monde, et ceux de la victoire qu'il avait remportée sur le péché et sur la mort. Aussi, le Saint-Esprit qui devait annoncer à l'univers ce triomphe éclatant, et qui allait commencer sa mission de vie en renouvelant la face de la terre, ne choisit pas comme le Verbe fait chair un hameau pour l'accomplir. Ce ne sera plus à Bethléem, mais dans la ville sainte, dans la ville la plus illustre de la Judée, dans celle qui a été témoin des humiliations du Fils de Dieu, qu'il descendra solennellement des cieux sur l'Eglise naissante, pour l'embraser de ses feux divins, pour lui donner une âme vivante. dont la généreuse activité ne s'arrêtera qu'à la consommation des siècles. Le temps du silence, de l'obscurité, des révélations faites en secret à quelques hommes seulement ou à une nation privilégiée, est passé. Un grand bruit se fait entendre, ou croirait une tempête, un vent impétueux ; des langues de feu apparaissent en plein jour et vont se reposer avec majesté sur tous ceux qui attendaient dans le cénacle le Paraclet promis. Le moment choisi par la providence divine pour ce grand événement est celui où une foule innombrable de Juifs et de peuples, de toute sorte de pays, se trouvent réunis pour la célébration de la Pentecôte, époque à laquelle on solennisait chez les Juifs l'anniversaire du jour où la loi avait été donnée sur le mont Sinaï. Il y avait alors à Jérusalem, dit le texte sacré (Act. des apôtres 2, 9 et ss), des Parthes, des Mèdes, des Élamites, des habitants de la Mésopotamie, de la Judée, de la Cappadoce, du Pont et de l'Asie. On y voyait encore des hommes venus de la Phrygie, de la  Pamphylie, de l'Egypte et du côté de la Libye qui est près de Cyrène ; il y avait même des étrangers, tels que des Romains, des Crétois et des Arabes. Il était impossible d'installer avec plus de pompe l'Eglise de Jésus-Christ, et de promulguer avec plus de publicité et d'éclat la Loi Évangélique, qui allait devenir Catholique, et s'étendre par conséquent non plus seulement à la Judée, comme la loi mosaïque, mais à l'univers entier.

II. Aussi, à peine le prodige est-il opéré, que les apôtres, ces hommes jusqu'alors timides, grossiers et ignorants, se mettent tout à coup à parler les langues de tous les peuples divers accourus à la métropole du Judaïsme, de telle sorte que tous s'en étonnent et se disent les uns aux autres : « Comment ces hommes peuvent-ils nous parler à chacun dans la langue de notre pays ? Ne sont-ils pourtant pas tous Galiléens ? Qu'est-ce que cela signifie ? Il y en avait pourtant qui s'en moquaient, et qui disaient : « Ce sont des misérables qui sont ivres ». ». Ce fut alors que Pierre, à la tête des autres apôtres, commença à exercer pour la première fois l'éminente fonction de chef de l'Eglise. Il se plaça sur un lieu élevé, prit la parole au nom du collège apostolique ; et comme la multitude de ceux auxquels il voulait se faire entendre était considérable, il s'écria d'une voix forte et solennelle (Actes des Apôtres 2) : « Hommes de la Judée, et vous tous qui habitez Jérusalem, écoutez ceci, et prêtez une oreille attentive à mes paroles : ces gens ne sont point ivres comme vous le croyez, puisqu'il n'est encore que la troisième heure du jour. Ce dont vous êtes témoins est l'accomplissement de la prédiction du prophète Joël, qui a dit que, dans les derniers jours de l'existence de la synagogue, le Seigneur répandrait son esprit sur toutes les générations, et en particulier sur ses apôtres, auxquels il accorderait des dons surnaturels. La Loi Évangélique qui sera promulguée alors, sera la dernière qui sera annoncée aux hommes jusqu'au jour où des prodiges apparaîtront dans le Ciel et sur la terre pour annoncer le jugement dernier ; et il n'y aura que ceux qui se seront soumis à cette Loi sainte qui seront sauvés. Israélites, écoutez encore ces paroles : Jésus de Nazareth, cet homme en faveur duquel Dieu a rendu un si éclatant témoignage pour votre salut, en opérant par lui sous vos yeux, comme vous le savez, tant de miracles, de prodiges et de choses merveilleuses ; ce Jésus, qui a été livré entre vos mains par les desseins arrêtés dans les divins conseils et par la prescience de Dieu, vous lui avez donné la mort en le faisant crucifier par des hommes impies. Mais il a vaincu la mort, et par sa puissance divine et par sa seule volonté il a été rendu à la vie, comme David l'avait clairement annoncé. Or, ce même Jésus après être ressuscité (comme nous en sommes tous témoins, puisque depuis nous l'avons vu, nous lui avons parlé, et nous l'avons touché plusieurs fois) est monté au Ciel, où il est assis plein de gloire à la droite de Dieu ; et selon la promesse qu'il en avait reçue de son Père céleste, il a envoyé et répandu sur nous le Saint-Esprit ; et c'est ce divin Esprit qui a opéré les merveilles dont vous êtes témoins, et qui nous a inspiré les paroles que vous venez d'entendre. Que la maison d'Israël sache donc bien que Dieu a établi et proclamé Seigneur du monde entier et Roi de son peuple ce Jésus que vous avez fait mourir sur une croix ». C'est au milieu de Jérusalem, devant cet immense auditoire, en face des scribes, des pharisiens et des prêtres qui se trouvaient sans doute dans la foule, que Pierre a le courage de parler ainsi, lui qui naguère tremblait à la voix d'une femme. La vertu du divin Esprit, qui l'avait pénétré en descendant sur lui, donna une si grande autorité à sa parole, qu'aussitôt cette multitude qui l'écoutait se sentit le cœur profondément touché de componction, et se prit à s'écrier, en s'adressant à Pierre et aux autres apôtres : « Frères, frères, que faut-il que nous fassions ? » Pierre leur répondit alors : « Faites pénitence, recevez le baptême au nom de Jésus-Christ pour recevoir le pardon de vos péchés, et vous recevrez les dons du Saint-Esprit ». Trois mille hommes se présentèrent à l'instant même et furent baptisés. Tels furent les fruits de la première prédication faite dès le jour de la prise de possession de l'Eglise chrétienne.

III. Si, comme le dit l'Evangile, on reconnaît l'arbre à ses fruits, comment ne pas reconnaître la main de Dieu dans l'établissement de l'Eglise, à la vue de ces changements miraculeux opérés dans le cœur de cette multitude ? N'est-ce pas un prodige insigne que de voir Pierre convertir et gagner en un seul jour, et par un seul discours, plus d'âmes à Jésus-Christ que le Précurseur du Sauveur pendant plusieurs années, et que le Sauveur lui-même pendant les trois ans de sa mission divine dans toute la Judée ? Mais ce qui met le comble à l'étonnement, c'est qu'à la voix du premier chef visible de l'Eglise, et dans une seule instruction, trois mille personnes aient été non pas seulement transportées d'un enthousiasme passager, mais assez profondément convaincues et touchées, pour changer entièrement de mœurs et de vie. On les voit aussitôt affamées de cette doctrine nouvelle qu'elles entendent sortir de la bouche des apôtres, quoiqu'elles l'eussent dédaignée alors que le divin Maître s'efforçait de la leur enseigner ; elles ne trouvent de vrai bonheur qu'à se réunir pour adresser ensemble à Dieu de ferventes prières ; pour assister en commun, non plus aux sacrifices sanglants de l'Ancien Testament, mais à l'oblation pure du divin Agneau, et pour participer avec les prêtres de la nouvelle loi à la victime eucharistique, au pain des anges. Tous les anciens sentiments d'égoïsme et d'intérêt personnels, qui étaient leur caractère dominant et le cachet spécial de leur nation, ont disparu et ont fait place au feu céleste du zèle et de la Charité. Ces premiers chrétiens ne font plus qu'un cœur et qu'une âme ; ils se dépouillent même de leurs biens, il vont jusqu'à vendre leurs maisons et leurs champs, et à en porter le prix aux pieds des apôtres, afin de venir en aide aux pauvres, à chacun selon leurs besoins. Les Actes des apôtres citent eux-mêmes avec admiration la généreuse libéralité d'un Juif de la tribu de Lévi, natif de Chypre, qui vendit son champ, c'est-à-dire, d'après le moine Alexandre qui écrivit sa Vie, une terre considérable avec des constructions magnifiques, et qui en réalisa le prix pour venir au secours des indigents. Il s'appelait Joseph ; il mérita d'être élevé plus tard à l'apostolat à la place du prévaricateur Judas, et on lui donna alors le nom de Barnabé, qui signifie fils de consolation. Ce qui montre, de la manière la plus évidente, que, dès la naissance de l'Eglise, Pierre lui-même, le premier des souverains pontifes, avait un temporel, qui devint tellement considérable que les apôtres ne pouvant plus suffire à l'administrer, établirent des diacres pour les charger de ce soin. (Actes des Apôtres 6). Voilà l'Eglise militante telle qu'elle est encore aujourd'hui, et telle que l'Esprit-Saint l'a faite, en fécondant par sa vertu divine les éléments établis par le Sauveur du monde.

 

Élévation sur l'installation solennelle de l'Eglise le jour de la Pentecôte

 

I. Enfin, Seigneur, votre œuvre est consommée ! Le jour est arrivé où le souffle de votre divin Esprit va donner la vie à cette Eglise prédite et annoncée par tant de figures et de prodiges depuis quatre mille ans ; à cette Eglise l'objet des travaux incessants du Verbe incarné pendant les trente-trois années qu'il a passées sur la terre ! Que votre puissance est grande ! Ô divin Esprit ! Quelles merveilles elle opère dans les cœurs ! Les apôtres, malgré tous les soins du Sauveur, malgré les lumières célestes qu'ils avaient reçues à son école et les nombreux miracles dont ils avaient été témoins, n'avaient encore qu'une foi chancelante ; ils étaient d'une faiblesse dont ils n'avaient donné que trop de preuves pendant les jours critiques de la passion de leur bon Maître ; leur ignorance extrême, leur intelligence bornée qui ne saisissait rien de ce qui n'était pas matériel ou palpable, tout en eux semblait les rendre incapables d'accomplir la mission sublime qui leur avait été confiée par le Sauveur. Mais ils étaient humbles, aveuglément dociles, et pleins de cette bonne volonté à laquelle Dieu a promis la paix, et par conséquent la victoire. Aussi, quoique ne comprenant guère encore la portée de la promesse que Jésus-Christ leur avait faite, de leur envoyer son Esprit consolateur, ils retournent néanmoins à Jérusalem aussitôt après l'Ascension de leur divin Maître ; et là, ils passent dix jours dans la retraite et la prière. Saints fondateurs de notre foi ! Quel admirable exemple vous nous avez laissé pour ces moments d'épreuve. Où les clartés de la Foi semblent disparaître à nos yeux, pour faire place aux plus épaisses ténèbres ! Mais aussi quel a été le prix de votre héroïque constance ! L'Esprit-Saint est descendu sur vous avec tous ses dons, et a fait de vous en un instant des hommes nouveaux. Tout à coup votre foi est devenue inébranlable ; votre timidité naturelle s'est changée en cette force invincible qui ne craint ni les menaces, ni la puissance des hommes, lorsqu'il s'agit de la gloire de Dieu et du salut des âmes ; votre dévouement est sans bornes, et le divin Esprit a tellement illuminé vos âmes, que toutes vos paroles portent la lumière et l'onction de la grâce dans le cœur de ceux qui vous écoutent, et les convertissent par milliers. Vos écrits eux-mêmes, quoique sortis de votre plume depuis plus de dix-huit siècles, sont encore tout brûlants du Feu divin qui les a dictés, et renferment des leçons de philosophie et de métaphysique si sublimes, que, malgré les progrès si vantés des lumières, elles laissent bien loin derrière elles tout ce que les hommes les plus profonds et les plus savants ont enfanté jusqu'à ce jour. Bien plus, vos successeurs n'ont pas craint d'associer vos œuvres à l'Evangile lui-même, comme en étant le commentaire et le développement les plus parfaits ; ils en ont fait un même livre, dont chaque mot est entouré d'un tel respect, que l'Eglise entière en fait la règle de sa Foi. Enfin, avant de vous séparer pour aller porter la bonne nouvelle du salut aux nations dispersées dans l'univers entier, vous avez su, sous l'inspiration du Saint-Esprit descendu sur vous dans toute sa plénitude, vous avez su, dis-je, renfermer en douze phrases ou douze articles tous les principes fondamentaux de la  foi chrétienne; et votre symbole a été si accompli du premier jet, que, depuis plus de dix-huit cents ans, l'Eglise n'a jamais rien eu à y retrancher ou à y ajouter.

II. Vous aviez dit, ô mon Sauveur, que votre Père ne cessait d'agir, et que par conséquent vous qui lui étiez égal par nature, vous agissiez aussi sans cesse (Saint Jean, 5, 17) ; l'action et la vie, en effet, ne sont qu'un ; et puisque vous êtes la vie par excellence et la source première de tout ce qui a vie, il est évident que vous ne pouviez rester dans l'inaction. Aussi, en fondant votre Eglise, en lui donnant la vie par l'effusion du Saint-Esprit qui en pénètre et en anime tous les membres, vous avez voulu qu'elle partageât avec vous ce caractère divin de la vitalité, qui est l'action. Jusqu'alors vos apôtres, calmes et retenus, s'étaient contentés de recueillir avec docilité vos leçons ; ils les méditaient dans le fond de leur cœur, et ils s'en tenaient au rôle de disciples. Mais à peine l'Esprit de vie est-il descendu sur eux, qu'aussitôt, à l'instant même, ils ne peuvent plus contenir dans leur sein embrasé les vérités qu'ils y tenaient captives depuis trois ans ; ils prennent la parole, ils exhortent à temps et à contre-temps, comme disait Saint Paul ; la verge des persécuteurs, les chaînes, les prisons, les tourments les plus cruels, rien ne peut leur fermer la bouche ; et ils ne cesseront d'annoncer l'Evangile, même malgré toutes les puissances de la terre, qu'après la consommation des siècles. Depuis que l'Eglise a reçu cette vie divine, le repos ne lui est plus possible : les passions se récrieront, les efforts de l'impiété se réuniront pour arrêter sa marche,pour lui imposer silence, pour paralyser ses œuvres, mais rien ne pourra ni l'arrêter, ni la faire taire. Semblable à ces fleuves majestueux auxquels on veut imposer des digues, mais qui renversent en un jour les travaux de plusieurs années ; ou bien, qui peuvent changer de lit pour féconder d'autres contrées, sans que pour cela leurs flots cessent de couler avec la même abondance : l'Eglise de Jésus-Christ brisera sans effort tous les obstacles qu'elle rencontrera sur sa route ; et si les décrets divins, auxquels seuls elle obéit, l'obligent à quitter des régions ingrates, ce sera pour porter se bienfaits à des peuples qui en seront plus dignes, et pour faire connaître dans l'univers entier le nom de Jésus-Christ, qui, en la fondant, lui a communiqué son esprit, sa vie et son immortalité.

III. Comment s'étonnerait-on, ô Divin Esprit, de la puissance et de la vitalité de l'Eglise, lorsque vous-même en êtes devenu l'âme, lorsque vous l'avez embrasée du Feu sacré de la Charité ? Vous qui êtes l'amour consubstantiel du Père et du Fils, le baiser du Père éternel et de son Fils unique (comme le dit saint Bernard), le lien indissoluble de l'indivisible Trinité, ne deviez-vous pas, en effet, allumer ce sentiment divin dans les cœurs que vous aviez remplis de votre céleste essence ? L'amour de Dieu et de nos semblables n'est-il pas le premier fruit de votre présence dans une âme ? On connaît tout ce dont est capable l'amour profane, et l'on pourrait s'étonner de la puissance de l'amour divin ? « L'amour de Jésus-Christ, dit le pieux auteur de l'lmitation (livre 3, 5), est plein de noblesse, et il inspire l'accomplissement des grands desseins. Il n'y a rien au ciel et sur la terre de plus doux que cet amour ; il n'y a rien de plus fort, de plus élevé, qui dilate autant le cœur, qui le remplisse de plus de bonheur, gui le satisfasse plus entièrement ; il n'y a rien, en un mot, de meilleur ; car l'amour est né de Dieu, et il ne peut trouver de repos qu'en Dieu, c'est-à-dire en l'aimant plus que tout ce qu'il a créé. Celui qui aime vole et court avec joie Rien ne pèse à l'amour, il ne tient aucun compte du travail ; il entreprend plus qu'il ne peut ; à ses yeux rien n'est impossible, parce qu'il croit que tout lui est possible et permis. Aussi il est capable de tout ; et tandis que celui qui n'aime pas se laisse aller à l'abattement et au découragement, celui qui aime fait et achève beaucoup de choses... L'amour veille, et il ne dort pas pendant son sommeil ; quoique las, jamais il n'est fatigué ; l'affliction ne lui resserre pas le cœur, la crainte ne le trouble pas ; mais comme une vive flamme, comme un flambeau ardent, il s'élance dans les régions supérieures, et s'y élève sans obstacle. Celui qui aime connaît tout ce qui se trouve renfermé dans ce mot : Amour... » Je m'explique maintenant, ô Divin Esprit, ce zèle ardent qui n'a cessé d'animer la sainte Eglise pour la propagation de la foi au prix de tant de fatigues, de souffrances et même du martyre. Je m'explique cette Charité ardente qui met sur ses lèvres dès les premières paroles qu'elle adresse aux hommes, le nom si doux de frères, nom qui devient la qualification générale de tous ceux qui sont unis en Dieu par la même Foi et par le même amour. C'est encore dans ce sentiment sublime et céleste, dont vous embrasez tous les cœurs vraiment chrétiens, que je trouve la source de toutes ces œuvres instituées par l'Eglise pour voler au secours de ceux qui souffrent, et qui ont besoin d'une assistance quelconque ; au point que les païens eux-mêmes s'écriaient on parlant des premiers chrétiens : « Voyez comme ils s'aiment ! » Oui, ô Esprit d'amour, il n'y a que vous qui puissiez inspirer cette Charité intelligente, désintéressée et délicate, qui est plus heureuses de se sacrifier pour des frères, que ne le sont ceux-ci en se voyant entourés de ses soins et de ses dévouements.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

ubi-petruscl2

Pour recevoir les méditations journalières du Mois de Saint Pierre, dans votre boite mail, ainsi que des prières et pour être tenus au courant des mises à jour du blog, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

4 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

img-2

 Cinquième jour

Nécessité de l'influence de l'Eglise sur tous les actes de l'homme et de la Société

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous!

 

I. L'Eglise est l'intermédiaire par lequel Dieu, le soleil de justice, veut diriger tout homme qui apparaît dans ce monde. Elle n'a été instituée par son divin auteur que dans le but unique de guider et de soutenir l'homme et la société dans le voyage de la vie et de les conduire, par la réhabilitation du domaine de l'esprit sur la matière, à la félicité spirituelle et suprême du ciel. C'est l'Eglise qui, saisissant les âmes à leur entrée dans ce monde par le saint baptême, fait ensuite leur éducation spirituelle en leur apprenant à dompter la chair et à faire plier les choses temporelles sous le joug des espérances et des promesses éternelles. C'est là  la seule raison d'être de son établissement ; or, quel est l'homme, quelle est la société qui, soucieux de parvenir à la fin pour laquelle ils ont été créés, c'est-à-dire, d'arriver au souverain bonheur après le pèlerinage de cette vie, pourraient raisonnablement se soustraire à l'action de l'Eglise sur eux, pour suivre leurs propres lumières, ou celles que réprouvent la loi et le gouvernement donnés par Dieu lui-même ?

II. Mais, comme tous les actes privés de l'homme, et à plus forte raison les actes collectifs de la société, ont une portée positive, faible ou puissante, peu importe, sur le développement ou l'atrophie de l'esprit relativement au domaine qu'il doit avoir sur la matière, et qu'aucun de ces actes ne peut rester indifférent, puisque ne pas gagner de terrain dans une pareille situation, c'est en perdre ; il faut nécessairement en conclure que tous les actes humains, quelle que soit d'ailleurs leur importance, doivent subir l'influence salutaire de l'Eglise établie de Dieu, précisément pour les diriger vers le but qu'il s'est proposé, et pour soutenir la faiblesse humaine, jusqu'à ce qu'ils l'aient atteint.

III. De là, l'obligation rigoureuse où sont tous les hommes et la société tout entière de se conformer à  la volonté divine, en se soumettant à ses lois et au gouvernement de l'Eglise qu'il a fondée, sous peine de vivre ici-bas sous le joug tyrannique de la force brutale, et sous l'esclavage humiliant de la matière et des passions, sans autre perspective pour l'avenir que les redoutables châtiments que Dieu réserve, comme sanction de ses lois et de ses institutions, à ceux qui les auront méprisées, ou qui du moins auront agi selon leurs caprices et leur commodité, sans tenir le moindre compte de ses volontés. Hélas ! Le nombre de ces aveugles est grand ; car l'élément matériel de notre être est frappé plus vivement par les jouissances temporelles et présentes, que notre âme ne l'est par les promesses du souverain bonheur futur et éternel. Prions Dieu de ne pas partager cette folie et ce malheur.

 

Élévation touchant la nécessité de l'influence de l'Eglise sur tous les actes de l'homme et de la société

 

I. Que vous êtes bon, Seigneur, d'avoir jeté un regard plein de Miséricorde sur l'homme, qui, en vous désobéissant, avait perdu toutes les prérogatives de sa dignité originelle, et de lui avoir fourni les moyens nécessaires pour reconquérir ses titres de noblesse et de gloire. Comment pourrions-nous regarder comme une servitude la soumission aux lois et au gouvernement établis précisément pour nous arracher à l'esclavage de la chair, des sens et de la matière ? Comment, au contraire, tous les hommes ne conforment-ils pas leurs pensées, leurs projets, leurs actions, leur conduite et leur vie tout entière, aux règles si sages que vous leur avez tracées de votre propre main ? comment ne se laissent-ils pas diriger par cette autorité paternelle et salutaire que vous leur avez donnée pour les guider et les soutenir dans les voies de la vérité et de la félicité éternelles ?

II. Quels pourraient donc être les motifs qui sembleraient autoriser l'homme à se soustraire à l'influence de l'Eglise ! Serait-ce que l'humanité dont les vues sont si courtes, la science si bornée, le jugement si exposé aux illusions, remporterait en capacité sur Dieu et sur le gouvernement qu'il a établi pour diriger lui-même ses créatures vers le bien à travers le labyrinthe d'erreurs et l'aveuglement des passions qui inondent le monde ? Mais une semblable présomption serait le comble de l'absurdité et de la folie. L'homme réclamerait-il au nom de sa liberté ? Voudrait-il soutenir qu'il ne relève que de ses convictions et de sa volonté personnelle ? D'abord, qu'est-ce qu'une conviction qui peut produire et abriter la bonne foi ? C'est la conséquence d'une étude approfondie et sérieuse, et ceux qui se permettent de semblables allégations n'ont le plus souvent envisagé la question religieuse que d'une manière fort superficielle, si toutefois ils s'en sont jamais occupés. Dieu, d'ailleurs serait-il juste s'il n'avait promis et assuré à chacun de nous les grâces et les lumières suffisantes pour discerner la vérité et la faire luire dans notre cœur ? Ensuite ne relever que de sa volonté serait ne pas reconnaître le souverain domaine de celui qui est l'arbitre de nos destinées et qui tient notre vie et notre mort entre ses mains. Dieu, ne permettez pas que de semblables inepties abusent la faiblesse de ma raison ! Non, je le reconnais, vous ne portez aucune atteinte à ma liberté en daignant m'indiquer la route que je dois prendre pour arriver au bonheur suprême, ni en me donnant un guide charitable pour m'y conduire.

III. Oh ! Seigneur, vous êtes mon Créateur, mon Maître et mon Père, je vous appartiens donc comme l'ouvrage de vos mains, je suis votre serviteur et votre enfant ; quoi donc de plus raisonnable que de subir votre influence ou celle de votre gouvernement, c'est-à-dire de votre Eglise, dans mes pensées, mes projets, mes actes importants ou non ? Vous êtes mon Maître, donc rien ne m'appartient ; vous êtes mon Père, vous avez donc droit à tout mon amour ; et c'est parce que je vous aime que je vous soumettrai librement tout mon être, mon intelligence, ma volonté, mon cœur tout entier, ma conduite et ma vie. Qu'il s'agisse de mes intérêts matériels ou de ceux qui regardent mon âme ; de mes devoirs envers moi-même, ou de ceux qui lient les hommes entre eux au sein de la société ; que les questions les plus graves que puissent agiter les peuples et les empires soient en jeu, ou qu'on ne traite que d'une simple pratique de piété, tout relève de vous seul, ô mon Dieu, et par conséquent de l'autorité de vos lois et de votre Eglise, et je m'y soumets avec amour et respect.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

ubi-petruscl2

Pour recevoir les méditations journalières du Mois de Saint Pierre, dans votre boite mail, ainsi que des prières et pour être tenus au courant des mises à jour du blog, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

17 février 2015

Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

benoite-w

Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

 

Mgr René Combal, actuel chapelain et ancien recteur du sanctuaire Notre-Dame du Laus, nous propose de vivre le Carême en compagnie de la Vénérable Benoîte Rencurel. A l'occasion de l'année jubilaire du 350e anniversaire des premières apparitions, afin de vivre le Carême, retrouvez, chaque jour de la sainte quarantaine, une méditation pour vous plonger dans la Grâce du Laus.

 

Mercredi des Cendres

18 février 2015

Réconciliation

 

« Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu ». Ce texte est tiré de la deuxième lecture de ce mercredi des Cendres, qui est le premier jour du Carême. Nous vous proposons cette année, à l’occasion de l’année jubilaire des 350 années des apparitions de Notre Dame du Laus, de vivre ce Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel et dans la grâce du Laus, comment ne pas remarquer que cet appel de Saint Paul coïncide avec l’appel de la Vierge Marie à Benoîte ?

« J’ai destiné ce lieu pour la conversion des pêcheurs… Beaucoup viendront ici se convertir. » Se convertir, n’est-ce pas se réconcilier avec Dieu ? C’est la raison des apparitions de la Mère de Dieu à Benoîte. Tous les jours de ce Carême, nous essaierons d’éclairer les textes de l'Ecriture à la lumière de la grâce du Laus et de l’expérience de Benoîte. Tout au long de sa vie, Benoîte a travaillé au service de la conversion et de la réconciliation sous la conduite de Marie. Dès ce premier jour, mettons-nous avec Benoîte sous la conduite de Marie et laissons-nous toucher par cet appel à la réconciliation.

 

Jeudi après les Cendres

19 février

Aumône

 

Dans l’Evangile du Mercredi des Cendres que nous reprenons en ce deuxième jour de carême, Jésus nous dit : « Quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner de la trompette devant toi comme ceux qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues pour se faire valoir devant les hommes. Vraiment je le déclare, ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fais ta main droite, afin que ton aumône reste invisible. Ton Père voit ce qui est invisible, il te le revaudra ».

Quand Benoîte travaillait chez la veuve Astier, qui avait six enfants en bas âge, elle partageait tous les jours sa nourriture aux enfants de sa patronne à l’insu de leur mère, disant que c’était assez qu’elle mange la semaine suivante chez son autre maître… Ce qu’elle fait auprès des enfants de sa maîtresse, elle l’a pratiqué aussi en d’autres temps avec ses compagnes, leurs portant le pain qu’elle portait en gardant ses moutons ». Le prêtre Jean Theyssier, son confesseur écrit : « Il faut que je dise que Benoîte a beaucoup de charité, comme on le connaît… par la distribution qu’elle fait des aumônes qu’elle reçoit et qui serait nécessaires pour sa subsistance : elle a une adresse merveilleuse pour les cacher aux yeux des hommes ». Que Benoîte nous aide à vivre, à notre manière, comme elle, le partage discret pendant ce carême.

 

Vendredi après les Cendres

20 février

Prière

 

En ce troisième jour de Carême, dans le même évangile du Mercredi des Cendres, à la suite de l’aumône, Jésus nous invite à vérifier notre manière de prier. « Et quand vous priez, ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle : quand ils font leurs prières, ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et les carrefours pour se montrer aux hommes. Vraiment je le déclare, ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi quand tu pries, retire toi dans ta chambre, ferme la porte et prie ton père qui est là, invisible ; ton père voit ce qui est invisible, il te le revaudra ».

« Dans le commencement de la dévotion, écrit le chanoine Pierre Gaillard dans son manuscrit, Benoîte passait souvent toute la nuit en prière dans la petite chapelle… Elle se cachait, parfois, dans un champ de blé pour prier. » Durant l’hiver 1664-1665, après la première apparition à la chapelle de Bon Rencontre, elle montait chaque jour à la chapelle du Laus, y restant deux à trois heures, toute seule avec la Vierge. Elle prie parfois des nuits entières en simple chemise sur le sol de sa chambre. Durant trente ans, elle va prier pendant la nuit à la chapelle de la Croix d’Avançon, nu-pieds, même en hiver, y restant de trois à quatre heures, trois fois par semaine. Qu’elle nous aide à mieux vivre la prière pendant ce temps de carême.

 

Samedi après les Cendres

21 février

Le jeûne

 

En ce Samedi après les Cendres, quatrième jour de ce temps de Carême, nous continuons à méditer sur le même Evangile du Mercredi des Cendres. C’est une invitation à nous interroger sur notre manière de jeûner. « Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme ceux qui se donnent en spectacle ; ils se composent une mine défaite pour bien faire connaître aux hommes qu’ils jeûnent ; Vraiment, je vous le déclare : ils ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume toi la tête et lave toi le visage : ainsi ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton père qui est là, invisible ; ton Père voit ce qui est invisible, il te le revaudra ».

Benoîte fait parfois des jeûnes de six à huit jours pour ramener des pécheurs à la pénitence. Son repas solitaire est souvent un peu de pain dans sa soupe, quelques noix et un peu de fruit. Ses directeurs lui ordonnent en 1710 de prendre un peu de vin à cause de la faiblesse de son estomac. Elle jeûne surtout les mercredis, vendredis et samedis. Aux jeûnes d’obligation elle prend pain et eau, parfois un peu de soupe, mais parfois elle ne se contente que de l’eau, parce qu’elle a donné son pain à des pauvres. Les jours d’affluence, elle reste de l’aube à la nuit à parler aux uns et aux autres sans prendre le temps de manger. Et pourtant, les pèlerins étaient marqués par la sérénité qui émanait de son visage. Quand la Vierge lui apparaissait, elle était comme un soleil, nous disent les manuscrits.

L’exemple de Benoîte ne nous invite pas forcément à l’imiter mais à trouver notre manière de jeûner, compte tenu de notre santé et de nos moyens, « car l’homme ne se contente pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Le Droit Canon nous indique (canon 1249) que tous les fidèles sont tenus de faire pénitence chacun à sa façon… (canon 1251). L’abstinence et le jeûne seront observés le mercredi des Cendres et le vendredi de la Passion et de la Mort de Notre Seigneur Jésus Christ. L’abstinence de viande ou d’une autre nourriture tous les vendredis de carême.

 

laus2

Pour recevoir chaque semaine les méditations du Carême avec Benoîte Rencurel par e-mail,

abonnez-vous à le newsletter d'Images Saintes.

12 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

195_san_pedro_iconos_del_camino_neocatecumenal_jpg

Treizième jour

L'établissement définitif de l'Eglise par Jésus-Christ

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

I. Tous les éléments de l'Eglise étaient prêts ; le sang du Sauveur qui avait coulé était comme le ciment destiné à unir étroitement toutes les parties de l'édifice de l'Eglise et à le rendre indestructible ; le prodige de la résurrection de celui qui l'avait fondée lui promettait l'immortalité ; il ne restait donc plus qu'à faire un seul tout de ces matériaux épars, et à les lier étroitement avec la pierre angulaire, qui était Jésus-Christ. Mais Jésus-Christ, tout en restant la pierre angulaire de l'Eglise universelle, allait quitter la terre pour s'élever au plus haut des cieux, et pour rester à jamais dans le séjour de la gloire. Il fallait donc à l'Eglise militante un chef visible, représentant et vicaire du Sauveur du monde, revêtu comme lui de pouvoirs célestes qui lui permissent de continuer l'oeuvre du divin Fondateur. Depuis longtemps celui-ci avait jeté les yeux sur Simon, pour remplir ces sublimes fonctions ; il avait même habitué peu à peu les autres apôtres à le regarder comme devant un jour marcher à leur tête. La foi vive de Simon, son zèle et son amour ardent, son énergie et sa douceur le signalaient sans doute à l'attention du Sauveur, et avaient déterminé son choix. Aussi, dans le cours de ses prédications, lorsque Jésus-Christ cherche une barque pour parler au peuple, c'est dans celle de Simon qu'il monte de préférence ; c'est dans cette même barque qu'il opère une pêche miraculeuse-, c'est encore à Simon qu'il s'adresse directement lorsqu'il veut interroger ses apôtres, comme c'est aussi Simon qui prend la parole pour répondre au nom de ses collègues ; c'est Simon d'abord, et après lui Jacques et Jean, que Jésus prend avec lui pour monter au Tabor, et plus tard, pour l'accompagner sur la montagne des Oliviers la veille de sa mort : enfin, il prélude au choix définitif qu'il doit faire de Simon, avant de monter au Ciel pour l'établir son lieutenant sur la terre et le chef de son Eglise, lorsque, après l'avoir considéré attentivement le jour où il lui fut présenté pour la première fois, il lui dit : « Tu es Simon, fils de Jean, tu t'appelleras Kephas, ce qui veut dire Pierre » (S. Jean, 1, 42) ; et lorsqu'il lui adresse ces mémorables paroles. l'année qui précéda celle de sa Passion : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume des Ceux. Et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux ; et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux ». (Matthieu 16, 18 et SS) Puis, la veille du jour où il devait consommer son sacrifice, Jésus-Christ lui dit encore après la cène : « Simon, Simon, voilà que Satan demande à vous cribler comme le froment. Mais, j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas, et lorsque tu seras revenu, tu affermiras tes frères ». (Luc 23, 31 et SS).

II. Ce ne fut, toutefois, que peu de jours avant de remonter au ciel, que le Sauveur proclama solennellement et d'une manière définitive l'élection de Saint Pierre comme devant être désormais le chef de son Eglise, et qu'il constitua irrévocablement celle-ci pour continuer son œuvre jusqu'à la fin des temps. Jésus-Christ, se trouvant au milieu de ses Apôtre, le sixième jour après sa résurrection, jeta un regard plein de bonté sur Simon-Pierre, et lui adressa ces mystérieuses paroles rapportées par l'Evangéliste Saint Jean (21, 18 et ss) : « Simon, fils de Jean, m'aimez-vous plus que ceux-ci ? Il lui répondit : « Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime ». Il lui dit : « Paissez mes agneaux ». Il lui dit de nouveau : « Simon, fils de Jean, m'aimez-vous ? » Il lui répondit : « Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime ». Il lui dit : « Paissez mes agneaux ». Il lui dit une troisième fois : « Simon, fils de Jean, m'aimez-vous ? » Pierre fut attristé de ce que Jésus lui avait dit une troisième fois : « M'aimez-vous ? » et il lui répondit : « Seigneur, vous connaissez toute chose : vous savez que je vous aime ». Il lui dit : « Paissez mes brebis ». Peu de temps après, les onze disciples étant réunis sur une montagne de Galilée que Jésus leur avait désignée, le Sauveur s'approcha d'eux et leur dit : « Toute puissance m'a été donnée dans le Ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations et baptisez-les au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit : apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit : et voici que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation des siècles ». (Matthieu 28, 18 et ss). Il ajouta enfin : « Je vais vous envoyer le divin Esprit que mon Père vous a promis. Retirez-vous donc à Jérusalem jusqu'à ce que vous ayez été revêtus de la force d'en haut ». (Marc, 24, 49.).

III. L'Eglise était définitivement constituée et établie : toutes les nations, c'est-à-dire la terre tout entière, avaient été placées sous sa juridiction par Jésus-Christ lui-même, elles devenaient le théâtre de ses infatigables travaux ; sa doctrine immuable et divine, puisqu'elle était sortie des lèvres de l'Homme-Dieu son maître, allait être à jamais consignée dans les Saints Evangiles. Seule elle en avait reçu le dépôt sacré, et son céleste fondateur avait marqué d'avance du sceau de l'infaillibilité les jugements qu'elle aurait à porter, dans la suite des siècles, contre les erreurs qui tenteraient d'altérer la pureté de son enseignement ; elle était revêtue du droit non-seulement d'instruire, mais encore d'imposer aux hommes les vérités de la foi sans souffrir de contrôle. Sa mission était de les répandre partout et de les faire pénétrer dans tous les cœurs. Les moyens de développer les germes de vie renfermés dans la parole sainte étaient entre ses mains : c'étaient la prière, le Sacrifice par excellence et les sacrements. Les pouvoirs les plus merveilleux réservés jusqu'alors à Dieu seul lui avaient été communiqués par un prodige de la miséricorde infinie. Elle pouvait naturaliser tous les hommes enfants de Dieu, leur ouvrir les portes de la vie surnaturelle, leur donner des droits positifs au royaume des cieux ; réconcilier les pécheurs avec leur créateur qu'ils avaient offensé, effacer les souillures de leur cœur, et arrêter en quelque sorte le cours de la justice divine en déchirant leur condamnation, puisque les clefs du ciel lui étaient confiées. La présence réelle de son divin Maître lui était assurée jusqu'à la consommation des siècles, puisqu'elle n'avait que quelques paroles à prononcer pour le faire descendre sur ses autels. Elle pouvait même s'unir à lui pour participer de plus en plus à sa sainteté, à sa justice, à sa force, à sa puissance, et le donner aux fidèles pour leur inoculer ainsi la vie et les vertus, dont le Sauveur avait donné l'exemple. Enfin, elle avait un chef ici-bas destiné à maintenir l'unité dans la société chrétienne, et à donner les lois nécessaires pour le gouvernement et les besoins de cette monarchie divine. Tel était l'état de l'Eglise lorsque Jésus-Christ ressuscité quitta la terre pour monter au ciel. Rien ne manquait à son organisation, mais elle n'avait pas encore reçu l'impression du souffle divin qui devait lui donner le mouvement et la vie ; semblable à Adam formé par les mains du Tout-Puissant, mais sur lequel l'esprit de Dieu n'était pas encore descendu pour lui donner une âme vivante et agissante. Nous verrons bientôt comment la descente du Saint-Esprit sur les apôtres opéra ce prodige, et mit la dernière main à ce grand œuvre de la fondation de l'Eglise Catholique.

 

Élévation sur l'établissement définitif de l'église par Jésus-Christ

 

I. Plus j'avance dans la méditation de l'établissement de votre Eglise, Seigneur, et plus je suis frappé de la sagesse divine qui y a présidé. Votre toute-puissance avait créé le monde entier en six jours ; vous n'aviez eu qu'à prononcer un mot : « Fiat ! » et aussitôt toutes les merveilles que nous contemplons sortaient du néant. Mais lorsqu'il s'agit de l'édifice sacré de votre Eglise, vous employez quatre mille ans à en exécuter le plan, quelque irrévocablement qu'il fût conçu dans vos divins conseils ; et après être descendu du ciel sur la terre pour mettre vous-même la main à ce grand œuvre, vous y travaillez pendant trente-trois ans, et la vie entière du Verbe incarné s'y consume ! Pourquoi une si grande différence entre ces deux prodigieuses créations ? La première et suprême raison que j'en découvre, c'est votre grand amour ô mon Dieu, pour votre Eglise, ou plutôt pour les hommes, en faveur desquels vous l'avez établie. Il semble que vous vous soyez plu à prolonger la durée de votre ouvrage pour savourer plus longuement le bonheur que vous éprouviez en préparant à l'humanité les moyens de salut que lui réservait votre miséricorde infinie. La seconde raison pour laquelle il me semble que l'univers et tout ce qu'il renferme a dû vous coûter à peine quelques jours et quelques paroles, c'est qu'alors rien n'entravait votre volonté ; tous les éléments vous étaient soumis et obéissaient fidèlement à vos ordres, tandis que, pour établir votre Eglise, il n'en a pas été ainsi. Le respect que vous vous étiez prescrit pour la liberté de l'homme, les convenances de sa nature que vous avez daigné consulter, ses susceptibilités même que vous vouliez ménager, les événements humains dont vous n'avez pas cru devoir précipiter le cours naturel, motivent suffisamment vos délais ; les hommes se pressent parce que le temps leur échappe malgré eux : mais vous, Seigneur, vous êtes le maître de l'éternité ! Enfin, la troisième raison qui m'explique le peu de temps que vous avez employé à la création du monde physique, et les siècles que vous avez consacrés à la création du monde moral, c'est-à-dire à l'édification de votre Eglise, c'est la haute estime que vous aviez vous-même de cette œuvre par excellence, et celle que vous en vouliez donner aux hommes. Hélas ! Comment ont-ils répondu à votre attente ? L'incrédulité, les persécutions, l'indifférence, tel est le triste accueil qu'ils ont fait et qu'ils font encore à cette ingénieuse invention de votre Charité pour eux. Au lieu de se réfugier amoureusement dans le sein de cette tendre mère pour y trouver un remède et un adoucissement dans les épreuves de leur exil ; au lieu d'élever vers vous leurs voix reconnaissantes ; semblables à ces fils dénaturés qui renient les entrailles qui les ont portés et les mamelles qui les ont nourris, ils repoussent sa main bienfaisante qui se lève encore sur eux pour leur pardonner et les bénir ; ils sont sourds à sa douce voix qui veut apaiser leur fureur, ils la blasphèment et la couvrent de leurs outrages Pardon, Seigneur, pardon, pour ces enfants égarés de la meilleure des mères ; permettez-nous de vous dire avec votre divin Fils : « Pardonnez-leur, ils ne savent ce qu'ils font ».

II. Quel beau spectacle cependant pour la foi, qu'un Dieu confiant à des hommes, par condescendance et par amour pour l'humanité, la continuation et l'achèvement de la plus belle de ses œuvres ! Pourquoi, Seigneur, confier à des mains si fragiles des pouvoirs si sublimes et si divins? n'avez-vous pas à redouter que l'emploi n'en soit pas toujours fait avec cette sagesse, cette prudence, cette modération qui devraient être la caractère constant de tout ce qui est divin de sa nature? Eh quoi ! Je tremble, lorsque j'entends la voix d'un mortel faible, rempli de misères, portant au fond de son cœur la racine de toute iniquité, appeler entre ses mains le Dieu de toute sainteté, le Dieu qui possède à un degré infini toutes les perfections ! Je tremble lorsque je vois cet être soumis au triste héritage de l'ignorance, suite du péché d'origine, et revêtu néanmoins du droit de condamner les erreurs et de sauver la vérité ; lorsque je le vois, lui, qui chaque jour pleure sur ses propres infidélités, lier ou délier les pécheurs ! Mais pourquoi tremblerais-je, ô mon divin Sauveur, lorsque votre sagesse infinie n'a pas hésité un instant ? C'est en faveur des hommes que vous établissiez votre Eglise, et les hommes devaient être gouvernés par leurs pairs et non par des anges. N'avez-vous pas vous-même donné la meilleure preuve de cette nécessité en épousant la nature humaine, durant votre apparition sur la terre ? Oh ! oui, je le comprends, Pierre qui a péché sera plus indulgent qu'un ange ne l'aurait été, parce que sa propre faiblesse lui fera mieux apprécier celle de ses frères ; et c'est précisément parce que Pierre n'est pas impeccable, que le pécheur se jettera avec plus de confiance dans ses bras pour y chercher son pardon et sa réconciliation avec Dieu. Jésus ! Que votre sagesse est profonde ! Mais, surtout que votre amour est grand ! Combien vous faites peu d'état de votre propre gloire, lorsqu'il s'agit du salut des âmes ! Que les moyens que vous établissez pour leur venir en aide puissent parfois devenir pour vous une source d'outrages et d'humiliations, que les ministres de vos miséricordes soient les premiers à avoir eux-mêmes besoin de votre indulgence et de vos pardons, ce n'est pas ce qui vous préoccupe ; vous voulez avant tout mettre le salut à la portée de tous, et que les plus timides et les plus coupables trouvent des cœurs de frères pour les accueillir et les absoudre. Voilà pourquoi vous avez établi Pierre, les apôtres et leurs successeurs, c'est-à-dire des hommes, pour gouverner votre Eglise.

III. Toutefois, ô divin Maître, ces hommes qui deviennent ici-bas vos représentants et vos ministres, qui tiennent votre place et agissent en votre nom, qui continuent en un mot dans le monde l'oeuvre divine de la rédemption que vous aviez à peine commencée, ne sont-ils que des hommes semblables à tous les autres hommes ? N'est-ce pas vous qui les avez choisis et appelés à votre suite, vous qui les avez instruits ? ne les avez-vous pas séparés et distingués d'entre tous les hommes par l'imposition de vos mains sacrées ? N'est-ce pas à eux seulement que vous avez dit : « Recevez le Saint-Esprit. Tous les péchés que vous remettrez seront remis, et tous ceux que vous retiendrez seront retenus » ? (Jean 20, 23). Et après la cène, après avoir consacré le pain et le vin et le leur avoir distribué, n'est-ce pas encore seulement à eux que vous avez recommandé de faire ceci en mémoire de vous ? (Luc 22, 19.) Ces hommes que vous avez séparés de la foule de vos autres disciples, ne sont-ils pas les seuls auxquels vous ayez dit : « Allez, enseignez toutes les nations » ? (Matthieu 28, 18). Et n'avez-vous pas ajouté, pour qu'on apprît à les entourer du plus profond respect : « Celui qui vous écoute m'écoute ; et celui qui vous méprise me méprise : or, celui qui me méprise méprise celui qui m'a envoyé » ? (Luc 10, 16). Puis, lorsque parmi ces hommes que vous aviez choisis, j'en vois un que vous établissez pour être leur chef, en lui donnant l'autorité non-seulement de paître les agneaux, c'est-à-dire les simples fidèles, mais encore les brebis, c'est-à-dire les mères ou les pasteurs mêmes des agneaux ; lorsque vous adressant spécialement à lui, vous lui remettez les clefs du ciel ; je le demande, après tous ces soins particuliers et assidus que vous prenez pour marquer cette classe d'hommes d'un sceau sacré et divin, après les avoir revêtus de pouvoirs sans pareils sur la terre, et leur avoir donné un chef encore plus puissant qu'eux, destiné à présider, à diriger leurs travaux et à maintenir l'unité de leur action, comment pourrait-on désormais les confondre avec la foule, et ne voir rien en eux qui les en distingue ? Sans doute, pour être revêtus d'un caractère sacré, ils n'en sont pas moins hommes, et ne sont pas affranchis par là des faiblesses de l'humanité ; mais vous, ô mon Sauveur, leur fondateur et leur maître, n'étiez-vous pas aussi véritablement homme, et ne vous étiez-vous pas soumis à toutes les misères de la nature humaine, hors le péché ? Et pourtant vous n'en possédiez pas moins toute la puissance de la Divinité. Dieu et homme tout à la fois, vous avez voulu pour vos ministres et vos représentants sur la terre des hommes revêtus de pouvoirs divins : vous les avez voulus hommes, pour qu'ils pussent se mettre en rapport avec leurs semblables ; et vous leur avez conféré des pouvoirs divins, pour qu'ils fussent à même de servir d'intermédiaires entre Dieu et les hommes, d'intercéder pour eux et de faire descendre sur la terre le pardon et les secours du ciel. C'est ainsi, ô divin Maître, qu'avant de remonter dans votre gloire, vous avez voulu asseoir définitivement votre Eglise, et lui laisser des moyens infaillibles et impérissables d'aller partager un jour votre félicité.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

ubi-petruscl2

Pour recevoir les méditations journalières du Mois de Saint Pierre, dans votre boite mail, ainsi que des prières et pour être tenus au courant des mises à jour du blog, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

8 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

065_001

Neuvième jour

La prédiction de l'établissement de l'Eglise

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

I. Ce n'était pas seulement un libérateur temporaire qu'il fallait à l'humanité pour la réhabiliter ; il lui fallait, pour opérer en elle une restauration profonde et durable, des lois nouvelles, une source permanente de secours qui soutint sa faiblesse de génération en génération, et un gouvernement capable de faire observer ces lois et de distribuer sagement ces secours. Il lui fallait, en un mot, l'Eglise. Aussi, les prophètes ne se bornèrent-ils pas à prédire le Messie ; mais ils annoncèrent encore l'Eglise, qui devait être le moyen employé par le Sauveur pour sauvegarder le fruit de ses travaux et pour en répandre les ressources infinies dans tous les temps et dans tous les lieux. Cette Eglise avait déjà  été annoncée, comme nous l'avons vu, par des figures. Saint Paul nous dit, en effet, que tout ce qui est arrivé chez les Juifs est la figure de ce qui s'accomplit chez les chrétiens. (1 Corinthiens 10, 1, 6 ; 2) Les saints Pères sont unanimes à regarder Jésus-Christ et l'Eglise comme symbolisés par tout l'Ancien Testament. Saint Augustin entre autres s'exprime ainsi : « Tout l'Ancien Testament est caché dans le Nouveau : les patriarches, leurs alliances, leurs paroles, leurs actions, leurs enfants, leur vie tout entière, étaient une prophétie continuelle de Jésus-Christ et de l'Eglise ; toute la nation Juive, son gouvernement tout entier était une grande prophétie de Jésus-Christ et du royaume chrétien ». Origène, Tertullien, saint Jean Chrysostome tiennent le même langage.

II. Le prophète Osée annonce que l'Eglise, le royaume de Jésus-Christ s'étendra sur toutes les nations, même sur celles qui jusqu'alors n'avaient pas fait partie du peuple de Dieu. (Osée, 2, 23, 25 et 1, 10.) Michée, à son tour, prédit que la génération du Rédempteur est éternelle ; qu'il convertira les nations ; que son empire n'aura pas de fin. (Michée 5, 4, 5.) « Il viendra un temps, dit Jérémie au nom du Messie, où Je ferai une nouvelle alliance avec la maison d'Israël et la maison de Juda ; alors J'écrirai mes lois dans leur cœur, et tous Me connaîtront depuis le plus petit jusqu'au plus grand, (Jérémie 31, 31.) Ezéchiel ajoute par la bouche du souverain pasteur : « Je ferai avec mes brebis une alliance de paix, mon alliance sera éternelle. Je les multiplierai, et j'établirai pour jamais Mon Sanctuaire au milieu d'elles. Mon Tabernacle sera chez elles ». (Ezéchiel, 37). Le prophète Aggée s'écrie au nom du Seigneur : « Encore un peu de temps et l'ébranlerai le ciel et la terre, la mer et tout l'univers ; j'ébranlerai tous les peuples et le Désiré des nations viendra ». (Aggée, 2, 8). Puis enfin, c'est Malachie qui s'exprime ainsi : « Voici ce que dit le Seigneur : Mon affection n'est pas pour vous (Israël) ; et je ne recevrai plus d'offrande de votre main ; car depuis l'Orient jusqu'à  l'Occident, mon nom est grand parmi les nations, et en tout lieu on m'offre un sacrifice et on présente une oblation pure en mon nom, parce que mon nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur des armées. (Malachie, 1). A mesure qu'approchait l'avènement du Messie et de son Eglise, une lumière extraordinaire se répandait dans le monde. C'était comme les premiers rayons de l'Etoile de Jacob ; elle va paraître, et Cicéron, tout païen qu'il est, annonce une loi éternelle, universelle, la loi de toutes les nations et de tous les temps : un seul maître commun, qui serait Dieu même, dont le règne allait commencer.

III. Toutes ces prophéties annoncent évidemment que la nouvelle alliance que Dieu va former avec les hommes à l'avènement du Rédempteur aura ce caractère remarquable qui la distinguera de l'ancienne : c'est qu'elle embrassera toutes les nations, l'humanité tout entière, au lieu d'un seul peuple. Que ces nouveaux liens qui uniront l'homme à son Créateur ne seront plus temporaires comme sous l'ancienne loi; mais qu'ils seront sans fin. Elles proclament que les sacrifices du vieux testament cesseront et qu'une nouvelle victime d'une ineffable pureté sera désormais offerte, non plus comme autrefois dans le seul temple de Jérusalem, mais chez toutes les nations et sur toute la surface de la terre. Mais, quelle est cette loi qui sera écrite dans tous les cœurs et qui fera connaître le vrai Dieu à tous les hommes depuis le plus petit jusqu'au plus grand ? N'est-ce pas l'Evangile ! Quelle est cette société nouvelle qui va se former entre Dieu et toutes les nations qui couvrent la surface du globe, cette société universelle ? N'est-ce pas l'Eglise ! Quelle est cette victime sans tache, et ce sacrifice offert en tout lieu, de l'Orient à l'Occident ? n'est-ce pas le sacrifice par excellence de l'Eglise, le sacrifice eucharistique où s'immole Jésus-Christ, l'Agneau de Dieu ! L'établissement futur de la sainte Eglise a donc été prédit d'une manière surnaturelle et divine, sans qu'il puisse planer encore aucun doute sur ce sujet.

 

Élévation sur la prédiction de l'établissement de l'Eglise

 

I. Que de moyens admirables votre condescendance et votre bonté n'ont-elles pas mis en œuvre, ô mon Dieu, pour triompher de l'aveuglement des hommes ! Comment peut-il se faire qu'il y en ait encore qui puissent fermer les yeux à la vive lumière que vous n'avez cessé de faire briller pour vaincre leurs doutes et pour éclairer leurs ténèbres ? Votre divin esprit a fait incessamment entendre sa voix puissante pendant quatre mille ans. Il a parlé par des figures ; des signes et des prodiges ; il a choisi un peuple entier, le seul de l'antiquité dont on ait une histoire complète et authentique ; et l'existence de ce peuple a été une continuelle prophétie en action : l'Esprit, de Dieu a inspiré le plus grand de ses Rois, et sa voix éloquente a chanté les Miséricordes infinies de Dieu sur les hommes, le Messie promis dont il était lui-même la vive image, l'établissement du Règne de Dieu sur toutes les nations de la terre, c'est-à-dire de l'Eglise, et surtout les combats continuels qu'elle aurait à soutenir. Enfin, à mesure que les temps, où toutes ces solennelles promesses allaient s'accomplir, approchent, les nuages qui couvraient encore la réalité de leurs ombres mystérieuses se déchirent, le langage divin devient plus clair et plus explicite. Pendant plus de quatre cents ans, il eut pour organes une suite non interrompue d'hommes dont la sainteté éminente et le zèle ardent pour l'observation de la Loi et la gloire de Dieu, donnaient à leurs oracles un caractère de vérité qui ne pouvait laisser aucun doute dans les esprits. D'ailleurs, l'accomplissement exact de leurs prédictions relativement à des événements moins éloignés ne permettait pas la moindre incertitude sur ceux qu'ils avaient annoncés comme devant se réaliser à une époque plus reculée.

II. Il semble, que devant un pareil faisceau de lumières, que devant l'histoire d'un peuple dont la merveilleuse existence dure quatre mille ans : histoire où l'on remarque d'une manière si évidente le doigt de Dieu, dirigeant constamment et avec une logique invincible les événements qui la remplissent, vers un but unique, la venue du Messie et l'établissement de l'Eglise ; il semble, Seigneur, que les hommes qui restent encore assis dans leurs ténèbres et à l'ombre de la mort, se plaisent à former les yeux aux divines clartés que votre Miséricordieuse Charité a daigné faire briller d'un si grand éclat pour les instruire. Mais, ce qui les rend plus inexcusables encore, c'est que depuis dix-huit cents ans les prophéties de l'Ancien Testament continuent à s'accomplir à la lettre sous leurs yeux, et que leurs yeux continuent à ne pas voir la vérité. En vain, selon les oracles divins, le temple de Jérusalem a disparu et n'a jamais pu être relevé malgré les efforts d'un prince puissant et impie; en vain, l'Empire romain, malgré ses forces et son étendue gigantesques, est tombé devant le sang des martyrs ; et le trône pacifique de Saint Pierre s'est établi sur les ruines de celui des Césars ; en vain, l'Evangile est prêché à toutes les nations, et le sacrifice auguste de l'Agneau sans tache est offert du couchant à l'aurore, comme les prophètes l'avaient annoncé, rien ne peut vaincre l'obstination de leur aveuglement ! Ah ! Mon Dieu, c'est que la Foi n'est pas une pure conviction humaine : c'est un don de votre main que vous n'accordez qu'aux humbles et aux hommes de bonne volonté !

III. Qu'est-ce que l'homme, Seigneur, lorsque vous l'abandonnez à lui-même ? On dirait qu'en s'éloignant de vous toutes les admirables facultés dont vous l'avez doué se retirent de lui à leur tour, et le réduisent à l'état d'idiotisme au point de vue religieux. Son intelligence s'émousse, sa raison s'obscurcit. Mais, ce qui est plus déplorable encore, et ce qui rend son ignorance impardonnable, c'est que sa volonté s'est corrompue sous l'influence de ses sens qui la dominent et qui la tiennent dans l'esclavage. Il voudrait connaître la vérité, il sent une aspiration intime qui le porte à la chercher ; mais bientôt un amour désordonné de lui-même lui fait redouter de connaître trop clairement les sacrifices qui en sont la conséquence et qu'il n'a pas le courage de s'imposer. Il préfère alors un doute paresseux dont il ne tire aucune conséquence pratique qui puisse gêner son insouciante béatitude. Que les prophètes publient leurs oracles, que les faits les plus éclatants viennent les confirmer, qu'à  la voix de Dieu les empires les plus puissants disparaissent comme le sable des déserts ; que le Seigneur envoie des apôtres jusqu'aux extrémités de la terre pour y faire connaître le vrai Dieu et porter la civilisation aux peuples barbares : il ne voit en tout cela que l'oeuvre d'un aveugle destin, de la politique ou de la volonté humaines, et ses regards éteints dans un froid égoïsme ne lui permettent pas de porter sa vue au delà de l'étroit horizon qui l'entoure. Mais plus l'homme abuse des lumières que vous lui prodiguez, ô mon Dieu, plus il semble que votre longanimité s'accroisse, et déjà peut-être, avez-vous marqué le jour où les illusions s'évanouiront pour faire place à la vérité, et l'heure à laquelle le salut sonnera pour le malheureux indifférent et pour l'aveugle volontaire.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

ubi-petruscl2

Pour recevoir les méditations journalières du Mois de Saint Pierre, dans votre boite mail, ainsi que des prières et pour être tenus au courant des mises à jour du blog, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

Publicité
Publicité
Publicité