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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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11 août 2009

Neuvaine à Notre Dame du Chêne

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Neuvaine à Notre Dame du Chêne

Pour nous-mêmes et pour nos proches pour demander la libération de toutes nos chaînes


Supplier avec Marie


« L’imploration insistante de la Mère de Dieu s’appuie sur la certitude confiante que son intercession maternelle est toute puissante sur le cœur de son Fils. » (Jean Paul II, Lettre sur le Rosaire de la Vierge Marie, n°16) Puisse cette Neuvaine être pour cous un temps fort de prière avec Marie: qu'Elle vous aide à demander une grâce particulière, pour vous-mêmes et pour d'autres: chaque jour, vous parrainerez une autre personne dans la prière! Chaque jour aussi, vous êtes invité(e) à réciter la prière donnée par l'Evêque du Mans pour la célébration Eucharistique de Notre Dame du Chêne (1er septembre), que vous trouverez ci-après. Si cela vous est possible, enrichissez cette démarche de prière par la participation au Sacrement de Réconciliation au cours de ces 9 jours, et à l'Eucharistie (notamment le dernier jour) comme cela est suggéré dans le directoire de la piété populaire: « Les Triduums, les Septaines et les Neuvaines peuvent être considérés comme une vraie préparation à la fête mariale, s'ils contribuent à stimuler les fidèles dans leur résolution de s'approcher des Sacrements de la Pénitence et de l'Eucharistie et d'approfondir leur vie chrétienne en suivant l'exemple de la Vierge Marie, qui fut le premier et le plus parfait disciple du Christ. » Et si vous n'êtes pas trop loin, venez faire un pèlerinage jusqu'à la Basilique.


P. Dominique Auezenet


Prières quotidiennes


Invocations à l'Esprit Saint


Esprit Saint, viens embraser nos cœurs, viens en nous, viens chanter sur nos lèvres. Esprit Saint, viens embraser nos cœurs, fais monter jusqu'aux cieux nos prières. O Roi céleste Consolateur, Esprit de Vérité, Toi qui es partout présent et qui emplis tout, Trésor de biens et donateur de Vie, viens et demeure en nous, purifie-nous de toute souillure et sauve nos âmes, toi qui est Bonté.


Prière pour demander l'aide de Notre Dame du Chêne


Seigneur Jésus-Christ, Tu as eu la Bonté de donner pour Mère à l'humanité la Très Sainte Vierge, Ta propre Mère: à sa prière, délivre-nous des maux de l'âme et du corps, transforme-nous en vrais fils de Dieu et conduis-nous au Royaume des Cieux. Toi qui règnes avec le Père et le Saint Esprit pour les siècles et les siècles. Amen.

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Premier jour

Venir, un geste de Foi


1494, James Buret, Curé de Vion, dépose la statuette dans un chêne autour duquel colombe et lumières attirent l'attention des habitants. Seigneur Jésus, par un geste tout simple, tu as permis de donner un sens aux signes qui étaient donnés: aujourd'hui encore, aide-nous à poser des gestes de Foi qui nous permettent d'avancer en suivant les signes que Tu nous donnes par l'intercession de Notre Dame du Chêne.


Je te demande cette grâce de libération (....) Je te recommande spécialement N qui semble paralysé(e) par la peur et le doute. Délivre-nous des ténèbres et donne-nous d'avancer avec Foi.


Réciter une invocation à l'Esprit Saint, la prière pour demander l'aide de Notre Dame du Chêne et une dizaine de chapelet.

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Deuxième jour

Une demande de guérison exaucée


1515, un infirme de Juigné venu mettre trois cierges est guéri dans la chapelle qui vient d'être construite. Seigneur Jésus, Toi qui as accordé la grâce d'une guérison à de nombreux malades venus Te prier en ce lieu, nous Te confions toutes nos infirmités et maladies, physiques, psychiques et spirituelles. Viens aujourd'hui encore manifester Ta Compassion envers nos maladies en nous donnant la guérison.


Par l'intercession de Notre Dame du Chêne, je Te demande cette grâce de libération (....), je Te recommande spécialement N qui souffre dans son corps (son cœur, son âme). Soulage nos maux et donne-nous la santé de l'âme et du corps.


Réciter une invocation à l'Esprit Saint, la prière pour demander l'aide de Notre Dame du Chêne et une dizaine de chapelet.

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Troisième jour

La lumière sur l'appel de Dieu


1617, Élisabeth de Quatre barbes viens prier dans la chapelle pour avoir la lumière sur sa vocation et reçoit son appel à être Carmélite. Seigneur Jésus, Tu as donné à bien des personnes de connaître ici leur vocation, ou d'être fortifiées dans leur engagement; accorde-nous la grâce de percevoir Ton appel.


Par l'intercession de Notre Dame du Chêne, je Te recommande cette grâce de libération (...), je Te recommande spécialement N; dans ces heures graves de décision pour l'orientation de sa vie (professionnelle, familiale, spirituelle), inspire-nous ce que nous devons dire et faire et ce que nous devons être dans le mariage, la consécration, la Prêtrise...


Réciter une invocation à l'Esprit Saint, la prière pour demander l'aide de Notre Dame du Chêne et une dizaine de chapelet.

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Quatrième jour

Combattre ce qui ruine notre vie Chrétienne


1595, une femme qui ramassait du bois, a la vision (ou l'apparition) de Notre Dame du Chêne au dessus de la chapelle en ruine, cette chapelle est sa maison. Seigneur Jésus, Tu nous as fait comprendre que nous devions travailler à relever les ruines et à restaurer Ta Maison: aide-nous à construire notre vie Chrétienne et à vivre notre combat spirituel.


Par l'intercession de Notre Dame du Chêne, je Te demande cette grâce de libération (...), je Te recommande spécialement N: délivre-nous des obstacles à la construction du Royaume de Dieu: nos liens avec l'alcool, le sexe, la drogue, l'argent, la télévision, tout ce qui nous empêche d'êtres libres.


Réciter une invocation à l'Esprit Saint, la prière pour demander l'aide de Notre Dame du Chêne et une dizaine de chapelet.

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Cinquième jour

Libérés de nos lassitudes


1621, une femme obtient la guérison d'un enfant difforme en venant prier tous les jours dans la chapelle pendant six semaines. Seigneur Jésus, apprends-nous à prier avec persévérance et confiance, alors que nous risquons d'être découragés et de nous replier sur nous-mêmes par lassitude devant notre pauvreté.


Par l'intercession de Notre Dame du Chêne et à l'imitation de cette femme, je Te recommande cette grâce de libération (...), je Te recommande spécialement N; libère nous de la tentation du suicide, de la dépression, de l'angoisse, du doute, du désespoir; et de tout ce qui nous enferme en nous-mêmes et nous éloigne des autres.


Réciter une invocation à l'Esprit Saint, la prière pour demander l'aide de Notre Dame du Chêne et une dizaine de chapelet.

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Sixième jour

Demander à Marie de nous protéger


Des enfants expliquent au Marquis de Sablé que la statue de Notre Dame du Chêne protège leurs troupeaux. Seigneur Jésus, Tu nous as donné Ta Mère, Marie, qui nous protège des dangers: garde aujourd'hui encore tous les enfants et les jeunes que nous Te confions.


Par l'intercession de Notre Dame du Chêne, je Te demande cette grâce de libération (...), je Te recommande ce(tte) jeune N, qu'il (elle) soit fort(e) dans le combat spirituel en repoussant toutes les sollicitations mauvaises exercées sur la jeunesse. Donne-nous d'accueillir réellement la présence de Marier dans nos vies, à qui nous confions notre croissance spirituelle et la fidélité à notre Baptême.


Réciter une invocation à l'Esprit Saint, la prière pour demander l'aide de Notre Dame du Chêne et une dizaine de chapelet.

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Septième jour

Toujours choisir et respecter la vie


1799, Lefevre, un couvreur de Sablé, achète la chapelle et veut la démolir. Il tombe et se casse une jambe. Seigneur Jésus, Tu as fait comprendre que Tu t'opposait à la destruction de ce lieu. Apprends-nous le respect de toute chose sacrée et surtout, le respect du « temple » de l'Esprit Saint qu'est notre propre corps et celui de l'autre.


Par l'intercession de Notre Dame du Chêne, je Te demande cette grâce de libération (...), je Te confie particulièrement N qui a consenti (subi) l'avortement, ainsi que les personnes qui s'en sont rendues responsables par leur conseil et leur action. Libère-là de sa culpabilité en lui accordant le pardon dans le Sacrement de Réconciliation de L'Église.


Réciter une invocation à l'Esprit Saint, la prière pour demander l'aide de Notre Dame du Chêne et une dizaine de chapelet.

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Huitième jour

Nourris par la lecture de la Parole de Dieu


1860, l'évêque du Mans construit une maison pour des Prêtres missionnaires diocésains. Seigneur Jésus, Tu veux que ce lieu soit une terre fertile dans laquelle notre Foi puise sa nourriture et s'enracine dans la lecture de l'Evangile. Viens nous libérer des pièges tendus par tout ce qui cherche à séduire notre esprit.


Par l'intercession de Notre Dame du Chêne je Te demande cette grâce de libération (...), je Te recommande spécialement N dont l'esprit s'est nourri de lectures sur l'ésotérisme, la franc-maçonnerie, les écrits initiatiques, les rituels magiques... Libère-nous des liens dont nous avons été victimes ou auxquels nous avons donné notre consentement.


Réciter une invocation à l'Esprit Saint, la prière pour demander l'aide de Notre Dame du Chêne et une dizaine de chapelet.

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Neuvième jour

Envoyés en mission par l'Église


1869, l'Evêque du Mans offre la maquette et entreprend la construction d'une basilique à Notre Dame du Chêne. Seigneur Jésus, Tu as suscité au 19e et au 20e siècle, en ce lieu, le dynamisme des Prêtres missionnaires et diocésains, le service des Soeurs de Ruillé sur Loire et l'oeuvre des Petits Clercs; donne aujourd'hui encore le souci de la Mission et de l'Église à toutes les personnes qui viennent Te prier ici, et qui invoquent Marie sous le nom de Notre Dame du Chêne.


Je te demande cette grâce de libération (...), je Te recommande spécialement N que nous soyons libérés de la séduction des fausses religions, des sectes, des idéologies perverses, afin que nous connaissions une nouvelle croissance spirituelle dans le Christ.


Réciter une invocation à l'Esprit Saint, la prière pour demander l'aide de Notre Dame du Chêne et une dizaine de chapelet.

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Notre Dame du Chêne


Pèlerinage situé sur la commune de Vion, à 5 km de Sablé/Sarthe, à côté des Abbayes de Solesmes, à 7 km de l'autoroute A11 (Paris - Le Mans - Angers - Nantes, sortie n° 10), à 50 km des villes du Mans, d'Angers et de Laval, sur la ligne TGV Paris-Sablé


Origine

En 1494, l’abbé James Buret, curé de Vion, découvre une statue dans un vieux chêne entouré « d’une multitude de colombes » et « d’une lumière mystérieuse». En 1515, une petite chapelle est bâtie, mais elle tombe rapidement en ruine. En 1595, une femme ramassant du bois à proximité « voit la Vierge » au-dessus du toit. L’apparition reste silencieuse. Guérisons et vocations sont alléguées. En 1621, l’évêque diocésain reconnaît l’origine surnaturelle des faits.


Symbolique

La lumière est celle de Dieu : Dieu est lumière. Le Chêne peut symboliser la croix. Les colombes pourraient symboliser le Christ, l’Esprit saint, les hommes que le Christ a racheté, l’Eglise dans sa totalité.

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Le saint sépulcre

En 1896, on a construit une reproduction de l'édifice du Saint Sépulcre de Jérusalem. C'était à une époque où les pèlerinages en Terre Sainte commençaient à se développer, mais où l'on n'avait pas autant de facilités de déplacement qu'aujourd'hui.


Actualité du sanctuaire

En 1978, Mgr Alix, évêque du Mans, transforme la maison d’accueil en centre spirituel diocésain, inauguré, deux ans plus tard, par le cardinal Marty, archevêque de Paris. vous y trouverez par exemple des messes pour la guérison spirituelle des familles. Entre 50 000 et 70 000 fidèles se rendent chaque année au sanctuaire en particulier pour Pâques, Pentecôte, Fête-Dieu, 15 août et 1er dimanche de septembre : fête de Notre dame du chêne.


Les propositions du centre spirituel sont en ligne sur

www.notredameduchene.com

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Téléchargez le texte de la Neuvaine à Notre Dame du Chêne (pdf) en cliquant ici

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19 juin 2009

Le Bienheureux Daniel Brottier

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Le Bienheureux Daniel Brottier

1876-1936

Assistant général des Pères du Saint Esprit, Directeur de l'Oeuvre des Orphelins Apprentis d'Auteuil, Missionnaire au Sénégal, Fondateur du Souvenir Africain, Officier de la Légion d'Honneur, Croix de Guerre, décédé saintement, le 28 février 1936, à l'âge de 59 ans.

Né le 7 septembre 1876 à la Ferté Saint Cyr, dans le Diocèse de Blois, le jeune Daniel Brottier ne tarda pas à manifester le désir de se consacrer à Dieu. Ordonné Prêtre à Blois, le 22 octobre 1899, le désir de convertir les infidèles le poussa à entrer chez les Pères du Saint Esprit. Il fut envoyé au Sénégal, où son zèle dévorant s'exerça au profit des Chrétiens et des païens de la paroisse de Saint Louis. Rappelé en France en 1911, il fonde l'Oeuvre du « Souvenir Africain », pour l'érection de la Cathédrale de Dakar. la Grande Guerre le voit 4 années durant, se dépenser héroïquement comme Aumônier, au service des soldats, sur les champs de bataille de la Lorraine, de la Somme, de Verdun, des Flandres. La Guerre finie, il fonde l'Union Nationale des Combattants. En 1923, il est nommé par le Cardinal Dubois, Directeur de l'Oeuvre des Orphelins Apprentis d'Auteuil. Là, grâce à l'appui miraculeux de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face, il réussit en douze ans, à donner à cette oeuvre un essor prestigieux. Il meurt, épuisé de fatigues, le 28 février 1936, laissant la réputation d'un apôtre et d'un homme de Dieu. Il a été Béatifié le 25 novembre 1984, par le serviteur de Dieu Jean Paul II.

« Les médecins cherchent mon mal. S'ils savaient toutes les misères qui frappent à ma porte, et mon impuissance à les soulager toutes, ils sauraient ce qui me brise aujourd'hui ». (Une des dernières paroles du Père Brottier).

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Extraits de l'allocution prononcée par S.Em. Le Cardinal Verdier, Archevêque de Paris, aux Obsèques du Père Brottier, le 2 mars 1936

« Le Bon Père à placé au centre même de notre capitale une oeuvre admirable. Je ne suis pas excessif en disant qu'elle est un miracle permanent. Miracle, cette demeure qui abrite aisément ces 1400 orphelins et leur assure un foyer si aimé. Miracle cette magnifique chapelle dédiée à l'incomparable petite Sainte Thérèse de Lisieux. Miracle, cette fête annuelle qui amène dans ces vastes jardins, toujours plus de 50000 Parisiens si heureux d'acclamer et d'invoquer la chère petite Sainte. » « Mes frères, vous qui fûtes, pendant sa vie, les auxiliaires si précieux de sa Charité, vous garderez, j'en suis sûr, ce poste d'honneur. Oui, au nom du Père Brottier, je vous confie ces 1400 orphelins. Il faut que le miracle continue. Ce sera l'honneur de votre vie et le meilleur gage de votre Salut d'avoir, en dépit des difficultés, gardé dans toute sa beauté, l'oeuvre si paternelle de celui que nous pleurons. »

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Prière pour obtenir la Canonisation du Bienheureux Daniel Brottier

O Dieu qui avez rempli le cœur du Bienheureux Daniel Brottier, de Votre Esprit de Charité, et l'avez poussé sans cesse à une activité merveilleuse pour le soulagement des misères humaines; pour Votre plus grande Gloire et le Salut des âmes, accordez-nous, nous Vous en supplions, à nous aussi, de vivre dans cette Charité active et généreuse. Et si cela Vous est agréable, élevez au rang des Saints dès ici-bas le Bienheureux Daniel Brottier, en nous accordant par son intercession les grâces que nous sollicitons. (Indiquer ici ces grâces). Ainsi soit-il.

Imprimatur

Paris, le 28 janvier 1938

Jean, Card. Verdier

Archevêque de Paris

Les personnes qui, par l'intercession du Bienheureux Daniel Brottier, ont obtenues des faveurs spéciales, sont priées de bien vouloir en donner connaissance à

Mr le Directeur de l'Oeuvre d'Auteuil

40, rue Lafontaine

75016 Paris.

www.fondation-auteuil.org

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Téléchargez le texte de la Prière (pdf) en cliquant ici

12 mai 2009

Hymne Acathiste à Sainte Dévote

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Sainte Dévote

Protomartyre et Sainte Patronne de la Corse

†vers 300

Fêtée le 27 Janvier


Sainte Dévote naquit et vécut sur l'île de Corse au troisième siècle. Elle fut dès son enfance initiée aux mystères chrétiens par sa nourrice et manifesta une inclination marquée pour la vie spirituelle dès ses plus tendres années. Pendant la persécution de Maximien et Dioclétien, elle se réfugia chez le patricien et sénateur Eutice. Barbare venu en Corse persécuter les chrétiens, entendit parler de la jeune ascète. Il voulût qu'elle lui soit livrée par Eutice. Ce dernier refusa un tel acte et fut peu de temps après empoisonné.Traînée devant Barbare, Sainte Dévote refusa d'honorer les dieux païens et fut martyrisée d'horrible manière. Lorsqu'on voulut la torturer sur le chevalet, elle expira et la tradition rapporte qu'une colombe sortit de sa bouche et s'envola vers le ciel. Selon les ordres de Barbare, son corps devait être brûlé. Une vision céleste avertit de pieux chrétiens du forfait qui allait se commettre. Ils dérobèrent le corps et l'embaumèrent et chargèrent un batelier et un prêtre de l'emporter en Afrique du Nord. Sous l'effet de la tempête et à cause de la vétusté de la barque, cette dernière se mit à prendre l'eau et le batelier et son passager écopèrent une grande partie de la nuit. Ils s'endormirent à cause de leur grand épuisement et le batelier fut réveillé par Sainte Dévote elle-même qui lui indiqua que la tempête était maintenant finie et que son bateau était sauf. Elle avertit aussi qu'ils devaient maintenant se diriger vers le lieu où la colombe les mènerait. Une colombe sortit en effet de sa bouche et la vision disparue, cette colombe les guida sans ambages vers un lieu appelé Monachon ( actuel Monaco) où les reliques de la Sainte Protomartyre de la Corse se trouvent depuis lors. Elle apparut souvent au sommet de la citadelle du lieu pour délivrer les chrétiens de leurs adversaires.

Hymne Acathiste à Sainte Dévote, protomartyre de la Corse


Kondakion 1


Invincible martyre à toi nos hymnes de louange, au tyran terrestre inhumain tu ne te rendis pas, tu gardas ton regard toujours levé vers les cieux et tu reçus la couronne d'immortalité, c'est pourquoi nous te clamons: Réjouis-toi Sainte Dévote Protomartyre de la Corse!


Ikos 1


Dès ta naissance tu fus nourrie doublement par le ciel et la terre, ta nourrice te donna avec le lait de l'enfance la manne de l'enseignement chrétien, et ton âme dès ton jeune âge fut ainsi tournée vers le Très Haut, c'est pourquoi nous nous écrions vers toi:

Réjouis-toi Innocence incarnée qui proclame la Vérité

Réjouis-toi Pureté native des disciples parfaits

Réjouis-toi Bourgeon prometteur de l'Arbre de Vie

Réjouis-toi Harpe de la pureté dans le vacarme du péché

Réjouis-toi Ange sur la terre qui retourne aux cieux

Réjouis-toi Pierre précieuse sur la couronne du Roi de Gloire

Réjouis-toi Sainte Dévote Protomartyre de la Corse!


Kondakion 2


Marchant tout ensemble sur terre et au ciel, tu vécus tes jeunes années aux lisières de la sainteté, tu menas une vie pure tournée vers les seules réalités spirituelles, remerciant Dieu en tous temps et en tous lieux et chantant: Alléluia!


Ikos 2


Le Christ très doux accueillit les petits enfants, que les disciples voulaient éloigner de Lui, Il leur dit que le Royaume des Cieux appartiendrait à ceux qui sauraient retrouver l'innocence enfantine, toi qui sus garder cette parole dès l'enfance, tu restas auprès du Christ dès que tu Le connus, pour ta persévérance dans la Voie nous te disons:

Réjouis-toi Rayon essentiel du soleil christique

Réjouis-toi Havre de la parole de Dieu pour les sceptiques

Réjouis-toi Champ fertile pour la moisson du Maître

Réjouis-toi Rempart inexpugnable de la vocation spirituelle

Réjouis-toi Amante sainte de la Vie essentielle

Réjouis-toi Prodrome des chrétiens de l'île de la Corse

Réjouis-toi Sainte Dévote Protomartyre de la Corse!


Kondakion 3


Ouvrant une brèche par ton ascèse et ta prière dans le ciel où tu tenais ton âme ton cœur et tes yeux, tu n'aspiras qu'aux biens célestes et aux certitudes d'En Haut, tu t'enfouis dans l'oraison comme dans un vêtement spirituel chantant sans cesse vers Dieu: Alléluia!


Ikos 3


Vierge sage tu devins l'épouse du Christ dès cette terre, ta lampe était toujours illuminant ton chemin sur la Voie du Maître, et tu fus sans discontinuer proche de Lui par l'amour ardent et la garde des commandements, émerveillés par ta fidélité nous te disons:

Réjouis-toi qui ne voulus vivre que l'Essentiel

Réjouis-toi qui fus fidèle jusques à la fin

Réjouis-toi qui vécus sur terre comme aux cieux

Réjouis-toi qui compris que le Royaume est au-dedans de nous

Réjouis-toi qui ne brûlas que du feu de l'Esprit

Réjouis-toi qui illuminas l'île de ta naissance avec la Lumière du Christ

Réjouis-toi Sainte Dévote Protomartyre de la Corse!


Kondakion 4


La persécution des ennemis de l'Église se faisant jour sur la Corse, tu cherchas refuge chez le noble Eutice et là dans le secret de ton cœur tu t'adonnas plus encore à l'ascèse, sans cesse lisant les saints livres et priant Dieu disant: Alléluia!


Ikos 4


Tu te réfugias entièrement dans l'abri divin de l'oraison, tu livras ton corps déjà frêle aux jeûnes les plus stricts, mais malgré cette dure ascèse ton visage était illuminé d'une sainte lumière, dont l'éclat était insoutenable à ceux qui le voyaient, donne-nous de t'imiter nous qui te disons:

Réjouis-toi Holocauste de prières devant le Très Haut

Réjouis-toi Offrande vivante au Christ très doux

Réjouis-toi Elévation perpétuelle de l'âme devant Dieu

Réjouis-toi Litanie incessante vers l'Autel des cieux

Réjouis-toi Colonne de piété dans le temple divin

Réjouis-toi Dévotion zélée qui ouvre le ciel

Réjouis-toi Sainte Dévote Protomartyre de la Corse!


Kondakion 5


L'étoile de l'enseignement chrétien que tu reçus dès ton jeune âge, tu la suivis patiemment tout au long de ta courte vie, ne voyant qu'elle et ignorant les choses terrestres, car tu savais qu'elle menait au lieu divin où retentit à jamais devant Dieu un ineffable: Alléluia!


Ikos 5


Ému par ta fragilité Eutice voulut t'amener à la raison terrestre, mais tu ne voulus jamais tempérer la rigueur de ton ascèse, esclave docile du Maître de miséricorde, tu poursuivis ta quête du Royaume sans discontinuer et nous t'honorons ainsi:

Réjouis-toi par qui nous sont éclairés les mystères de la grâce

Réjouis-toi par qui nous apprenons la vertu de la fidélité à Dieu

Réjouis-toi par qui nous sommes libérés de l'indolence

Réjouis-toi par qui nous voyons les bienfaits de l'ascèse

Réjouis-toi par qui le monde à venir nous est plus proche

Réjouis-toi par qui nous est révélé le zèle pour le Christ

Réjouis-toi Sainte Dévote Protomartyre de la Corse!


Kondakion 6


Tu savais dès ton jeune âge que pour le disciple véritable, la voie du Christ passe par la Croix salvatrice et la Passion, tu te préparais déjà à monter au Golgotha pour y rejoindre le Christ en chantant: Alléluia!


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Comme un athlète s'apprête pour un combat difficile tu t'exerças à dompter ton corps et tu l'oignis avec ton âme de l'onction mystérieuse de la prière incessante et le glaive de la foi fermement tenu dans tes mains fragiles et tendres tu attendis l'Ennemi de l'Église, émus par ton courage nous te clamons:

Réjouis-toi Modèle parfait des disciples du Christ

Réjouis-toi Contemptrice des richesses du monde déchu

Réjouis-toi Regard fixé sur les Trésors véritables de la grâce

Réjouis-toi Triomphe sur les passions futiles

Réjouis-toi Arc-en-ciel entre la foi et le Royaume

Réjouis-toi Eclair qui illumine nos consciences tièdes

Réjouis-toi Sainte Dévote Protomartyre de la Corse!


Kondakion 7


Comme le Maître tu fus trahie, il fut alors demandé à Eutice de te livrer, mais il refusa de le faire et paya de sa vie la protection de la tienne, il savait que tu ne souillerais pas ton âme pour la sauver, nous admirons son sacrifice admirable et disons vers Dieu: Alléluia!


Ikos 7


Le tyran inhumain Barbare le bien nommé te fit alors arrêter et amener à son tribunal comme il voulait te faire sacrifier aux dieux immondes du paganisme, tu répondis que chaque jour dans ton cœur tu sacrifiais au Vrai Dieu, devant ton courage insigne nous nous écrions vers toi:

Réjouis-toi Audace indomptable des martyrs de la Foi

Réjouis-toi Bouche Sainte qui parle sans crainte des tourments

Réjouis-toi Clameur hardie des vérités du christianisme

Réjouis-toi Théologienne impeccable jusques à la fin

Réjouis-toi Ame dressée vivante devant l'erreur et la mort spirituelle

Réjouis-toi Victoire de l'Esprit sur les idoles terrestres

Réjouis-toi Sainte Dévote Protomartyre de la Corse!


Kondakion 8


Sans craindre pour ta vie transitoire, tu affirmas que les dieux païens n'étaient qu'ouvrages méprisables faits de mains d'hommes et n'étant qu'apparence et illusion ils pouvaient être brisés sans dommage, tu réitéras calmement ton mépris pour ces idoles aiguisant la colère du tyran, devant ta fermeté immarcescible nous chantons à Dieu: Alléluia!


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Vierge frêle et douce tu t'opposas fermement au tyran Barbare, tu ne craignis pas les tourments annoncés et brandis comme des menaces tu n'abandonnas pas la Voie Royale pour retrouver le chemin de la vie passagère, jusqu'à la fin tu tins son regard vers les Cieux et nous te disons:

Réjouis-toi qui mis tes pas dans les pas du Maître

Réjouis-toi qui ne voulus pas Le renier un seul instant

Réjouis-toi qui ne cédas point aux menaces du tyran

Réjouis-toi qui nous insuffles le courage par ton exemple saint

Réjouis-toi qui nous montres la Voie avec douceur et fermeté

Réjouis-toi qui nous guides sur le chemin du Dieu Très-Haut

Réjouis-toi Sainte Dévote Protomartyre de la Corse!


Kondakion 9


Tu fus toujours étrangère au monde, ta piété t'avait déjà ineffablement transportée dans les demeures célestes, c'est pourquoi tu ne voulus point céder aux injonctions du tyran, tu manifestas que pour les chrétiens la Croix est l'Arbre de Vie, admirant ce mystère nous chantons à Dieu: Alléluia!


Ikos 9


Barbare te condamna à mort et tu souffris sans faillir un instant, ton corps fut traîné et déchiré sur les pierres acérées d'une route inégale, puis il te fit suspendre à un chevalet pour y être encore torturée, tu souffris cette passion dans te plaindre et nous te disons:

Réjouis-toi Oblation pure au Roi de Toutes Choses

Réjouis-toi Affermissement terrible de ceux qui doutent

Réjouis-toi Réceptacle du courage où nous allons puiser

Réjouis-toi Douleur transfigurée par la grâce divine

Réjouis-toi Bastion imprenable du sacrifice pour le Christ

Réjouis-toi Témoignage parfait de la force de notre foi

Réjouis-toi Sainte Dévote Protomartyre de la Corse!


Kondakion 10


Vierge sage et courageuse qui avais tenu ta lampe allumée tout au long de ta vie dans l'attente des noces spirituelles te préparant par l'oraison l'ascèse et enfin le martyre, lorsque tu rendis l'esprit à ton céleste époux, une blanche colombe sortit de tes lèvres et s'envola vers les cieux, louons Dieu qui t'accueillit en disant: Alléluia!


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Par ordre de Barbare ton corps précieux devait être brûlé, avertis en secret par une céleste vision de pieux chrétiens l'emportèrent, ils l'embaumèrent avec des parfums et des aromates, puis ils le confièrent à un batelier et à un prêtre pour qu'ils l'emportent en Afrique, célébrant la Providence de Dieu à ton égard, nous te disons:

Réjouis-toi par qui Le Père nous fait montre de Sa protection

Réjouis-toi par qui nous comprenons Sa Providence pour Ses enfants

Réjouis-toi par qui Le Christ nous enseigne la sainteté

Réjouis-toi par qui nous voyons Sa sollicitude pour les Siens

Réjouis-toi par qui l'Esprit nous démontre Sa puissance

Réjouis-toi par qui nous percevons Son souffle béni

Réjouis-toi Sainte Dévote Protomartyre de la Corse!



Kondakion 11


Mais la barque contenant tes restes précieux, par l'effet de la tempête et de la grâce ne voulut pas t'éloigner du lieu que tu avais préparé par ton sang pour les semailles à venir, le batelier s'endormit épuisé et te vit en songe lui indiquer le lieu où tu voulais reposer, émerveillés par ce récit nous chantons vers Dieu: Alléluia!


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Lorsque tu apparus une colombe sortit de ta bouche, elle guida fidèlement la barque vers le lieu où tu voulus demeurer pour l'éternité, tu y reposes toujours jusques aujourd'hui, et nous rendons grâces à Dieu et te clamons:

Réjouis-toi Ancelle éminente du Christ très doux

Réjouis-toi Emule des anges sur notre terre

Réjouis-toi Initiée accomplie de la grâce de Dieu

Réjouis-toi Réceptacle précieux des dons de l'Esprit

Réjouis-toi Prière vive où se réfugie notre prière

Réjouis-toi Fierté suprême de la terre de Corse

Réjouis-toi Sainte Dévote Protomartyre de la Corse!


Kondakion 12


Le batelier et le prêtre donnèrent à tes reliques précieuses l'écrin convenant au temple spirituel de ton corps, tu fus dès lors vénérée par les fidèles qui maintes fois te virent les protégeant ou les délivrant de l'ennemi, admirant la Providence de Dieu qui te garda pour l'éternité face à l'île où tu naquis au ciel nous clamons: Alléluia!


Ikos 12


Invincible martyre Dévote, Vierge pure et sage, tu compris dès l'enfance que cette vie ici-bas est le prologue des cieux, tu suivis les pas du Maître et fus l'écho de Ses enseignements par ton enseignement non de paroles mais d'actes, vénérant ta mémoire sacrée nous clamons à pleine voix:

Réjouis-toi Intercession parfaite devant le Trône divin

Réjouis-toi Baume sur la plaie béante de l'incroyance

Réjouis-toi Manifestation de la céleste harmonie

Réjouis-toi Précieuse vie de l'âme en Dieu

Réjouis-toi Louange accomplie dans les moindres actes

Réjouis-toi Escorte orante de nos soucis terrestres

Réjouis-toi Sainte Dévote Protomartyre de la Corse!


Kondakion XIII

Par ta vie dès l'enfance tu manifestas l'amour de la Sainte Trinité* Par ton martyre tu montras le caractère factice des choses terrestres* Dès le moment de ta naissance au ciel tu te manifestas ô Sainte Dévote* Et tu intercèdes pour ceux qui se réjouissent en chantant avec toi vers Dieu: Alléluia!


Ikos 1


Dès ta naissance tu fus nourrie doublement par le ciel et la terre, ta nourrice te donna avec le lait de l'enfance la manne de l'enseignement chrétien et ton âme dès ton jeune âge fut ainsi tournée vers le Très-Haut, c'est pourquoi nous nous écrions vers toi:

Réjouis-toi Innocence incarnée qui proclame la Vérité

Réjouis-toi Pureté native des disciples parfaits

Réjouis-toi Bourgeon prometteur de l'Arbre de Vie

Réjouis-toi Harpe de la pureté dans le vacarme du péché

Réjouis-toi Ange sur la terre qui retourne aux cieux

Réjouis-toi Pierre précieuse sur la couronne du Roi de Gloire

Réjouis-toi Sainte Dévote Protomartyre de la Corse!


Kondakion 1


Invincible martyre à toi nos hymnes de louange, au tyran terrestre inhumain tu ne te rendis pas, tu gardas ton regard toujours levé vers les cieux et tu reçus la couronne d'immortalité, c'est pourquoi nous te clamons: Réjouis-toi Sainte Dévote Protomartyre de la Corse!


Prière à Sainte Dévote


O Sainte Dévote la bien-nommée, toi qui ne vécus que pour le Royaume des Cieux où tu entras dès l'enfance avec la clef de la prière et de l'ascèse, prie le Christ notre Dieu qu'il nous donne d'être à ton exemple Ses disciples parfaits, accorde à l'Église Corse de croître sur la terre qui t'accueillit, avant que tu ne naisses au Ciel, que la colombe qui sortit de tes lèvres revienne pour guider à jamais les chrétiens sur la Voie Royale des disciples du Christ et les faire aborder sûrement au Royaume de Cieux. Amen!


Tropaire à Sainte Dévote


Ta Martyre Dévote Seigneur dès son jeune âge se revêtit de la prière comme d'une armure, elle mena pour Toi le bon combat et abreuva de son sang virginal la terre de Corse, elle devint la fondation de l'Eglise en ce lieu et vierge sage te rejoignit comme son époux dans les célestes demeures, par ses prières ô Christ notre Dieu sauve nos âmes.


Kondakion à Sainte Dévote


Sainte Dévote tu apparus comme une pure colombe sur la terre de Corse où tu pris ton essort vers le ciel où toujours tu avais gardé ton regard, méprisant le monde passager et sa gloire éphémère, garde dans ton intercession protectrice tous ceux qui célèbrent ta sainte mémoire.


Acathiste composé par Claude Lopez-Ginisty pour la gloire du Dieu Trine et pour la communauté Orthodoxe Corse renaissante

 

Texte extrait du blog http://acathistes-et-offices-orthodoxes.blogspot.com

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Téléchargez le texte de l'Hymne Acathiste à Sainte Dévote (pdf) en cliquant ici

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11 avril 2009

La Nuit de la Résurrection

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La Nuit de la Résurrection

Extrait des révélations de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

Bientôt après je vis la tombeau du Seigneur ; tout était calme et tranquille alentour : il y avait six à sept gardes, les uns assis, les autres debout vis-à-vis et autour de la colline. Pendant toute la journée, Cassius n'avait presque pas quitté sa place dans le fossé, à l'entrée de la grotte. En ce moment il était encore là, dans la contemplation et dans l'attente, car il avait reçu de grandes grâces et de grandes lumières : il était éclairé et touché intérieurement. Il faisait nuit, les lanternes placées devant la grotte jetaient alentour une vive lueur. Je m'approchai alors en esprit du saint corps pour l'adorer. Il était enveloppé dans son linceul et entouré de lumière et reposait entre deux anges que j'avais vus constamment en adoration à la tête et aux pieds du Sauveur, depuis la mise au tombeau. Ces anges avaient l'air de prêtres ; leur posture et leurs bras croisés sur la poitrine me firent souvenir des Chérubins de l'arche d'alliance, mais je ne leur vis point d'ailes. Du reste, le saint sépulcre tout entier me rappela souvent l'arche d'alliance à différentes époques de son histoire. Peut-être cette lumière et la présence des anges étaient-elles visibles pour Cassius, car il était en contemplation prés de la porte du tombeau, comme quelqu'un qui adore le Saint Sacrement.

En adorant le saint corps, je vis comme si l'âme du Seigneur, suivie des âmes délivrées des patriarches, entrait dans le tombeau à travers le rocher et leur montrait toutes les blessures de son corps sacré. En ce moment, les voiles semblèrent enlevés : je vis le corps tout couvert de plaies, c'était comme si la divinité qui y habitait eut révélé à ces âmes d'une façon mystérieuse toute l'étendue de son martyre. Il me parut transparent de manière que l'intérieur était visible ; on pouvait reconnaître dans tous leurs détails les lésions et les altérations que tant de souffrances y avaient produites, et voir jusqu'au fond de ses blessures. Les âmes étaient pénétrées d'un respect indicible mêlé de criante et de compassion.


J'eus ensuite une vision mystérieuse que je ne puis pas bien expliquer ni raconter clairement. Il me sembla que l'âme de Jésus, sans avoir encore rendu la vie à son corps par une complète union, sortait pourtant du sépulcre en lui et avec lui : je crus voir les deux anges qui adoraient aux extrémités du tombeau enlever ce corps sacre, nu, meurtri, couvert de blessures, et monter ainsi jusqu'au ciel à travers les rochers qui s'ébranlaient ; Jésus semblai ; présenter son corps supplicié devant le trône de son Père céleste, au milieu de choeurs innombrables d'anges prosternés : ce fut peut-être de cette manière que les âmes de plusieurs prophètes reprirent momentanément leurs corps après la mort de Jésus et les conduisirent au temple, sans pourtant revenir à la vie réelle, car elles s'en séparèrent de nouveau sans le moindre effort. Je ne vis pas cette fois les âmes des patriarches accompagner le corps du Seigneur. Je ne me souviens pas non plus où elles restèrent jusqu'au moment où je les vis de nouveau rassemblées autour de l'âme du Seigneur.


Pendant cette vision, je remarquai une secousse dans le rocher : quatre des gardes étaient allés chercher quelque chose à la ville, les trois autres tombèrent presque sans connaissance. Ils attribuèrent cela à un tremblement de terre et en méconnurent la véritable cause. Mais Cassius fut très ému : car il voyait quelque chose de ce qui se passait, quoique cela ne fût pas très clair pour lui. Toutefois, il resta à sa place, attendant dans un grand recueillement ce qui allait arriver. Pendant ce temps les soldats absents revinrent.


Ma contemplation se tourna de nouveau vers les saintes femmes : elles avaient fini de préparer et d'empaqueter leurs aromates et s'étaient retirées dans leurs cellules. Toutefois elles ne s'étaient pas couchées pour dormir, mais s'appuyaient seulement sur les couvertures roulées. Eues voulaient se rendre au tombeau avant le jour. Elles avaient manifesté plusieurs fois leur inquiétude, car elles craignaient que les ennemis de Jésus ne leur tendissent des embûches lorsqu'elles sortiraient, mais la sainte Vierge, pleine d'un nouveau courage depuis que son fils lui était apparu, les tranquillisa et leur dit qu'elles pouvaient prendre quelque repos et se rendre sans crainte au tombeau, qu'il ne Leur arriverait point de mal. Alors elles se reposèrent un peu.


Il était à peu près onze heures de la nuit lorsque la Sainte Vierge, poussée par l'amour et par un désir irrésistible, se leva, s'enveloppa dans un manteau gris, et quitta seule la maison. Je me demandais avec inquiétude comment on laissait cette sainte mère, si épuisée, si affligée, se risquer seule ainsi au milieu de tant de dangers. Elle alla, plongée dans la tristesse, à la maison de Caïphe, puis au palais de Pilate, ce qui l'obligeait à traverser une grande partie de la ville, et elle parcourut ainsi tout le chemin de la croix à travers les rues désertes, s'arrêtant à tous les endroits où le Sauveur avait eu quelque chose à souffrir ou quelque outrage à essuyer. Elle semblait chercher un objet perdu ; souvent elle se prosternait par terre et promenait sa main sur les pierres : après quoi elle la portait à sa bouche, comme si elle eût touche quelque chose de saint, le sang sacré du Sauveur qu'elle vénérait en y appliquant ses lèvres. L'amour produisait en elle quelque chose de surhumain : car toutes les places sanctifiées lui apparaissaient lumineuses. Elle était absorbée dans l'amour et l'adoration. Je l'accompagnai pendant tout le chemin et je ressentis et fis tout ce qu'elle ressentit et fit elle-même, selon la faible mesure de mes forces.


Elle alla ainsi jusqu'au Calvaire, et comme elle en approchait, elle s'arrêta tout d'un coup. Je vis Jésus avec son corps sacré apparaître devant la sainte Vierge, précédé d'un ange, ayant à ses côtés les deux anges du tombeau, et suivi d'une troupe nombreuse d'âmes délivrées. Il ne faisait aucun mouvement et semblait planer dans la lumière qui l'entourait ; mais il en sortit une vois qui annonça à sa mère ce qu'il avait fait dans les limbes, et qui lui dit qu'il allait ressusciter et venir à elle avec son corps transfiguré ; qu'elle devait l'attendre près de la pierre où il était tombé au Calvaire.


L'apparition parut se diriger du côté de la ville, st la sainte Vierge, enveloppée dans son manteau, alla s'agenouiller en priant à la place qui lui avait été, désignée. Il pouvait bien être minuit passé, car Marie était restée assez longtemps sur le chemin de la croix. Je vis alors le cortège du Sauveur suivre ce même chemin, tout le supplice de Jésus fut montré aux âmes avec ses moindres circonstances : les anges recueillaient, d'une manière mystérieuse, toutes les portions de sa substance sacrée qui avaient été arrachées de son corps. Je vis que le crucifiement, l'érection de la crois, l'ouverture du côté, la déposition et l'ensevelissement leur furent aussi montrés. La sainte Vierge de son côté contemplait tout cela en esprit et adorait, pleine d'amour.


Il me sembla ensuite que le corps du Seigneur reposait de nouveau dans le tombeau, et que les anges y rejoignaient, d'uns façon mystérieuse, tout ce que les bourreaux et leurs instruments de supplice en avaient enlevé. Je le vis de nouveau resplendissant dans son linceul, avec les deux anges en adoration à la tête et aux pieds. Je ne puis exprimer comment je vis tout cela. Il y a là tant de choses, des choses si diverses et si inexprimables, qua notre raison dans son état ordinaire n'y peut rien comprendre. D'ailleurs, ce qui est clair et intelligible quand la le vois, devient plus tard complètement obscur et je ne puis le rendre avec des paroles.


Lorsque le ciel commença à blanchir à l'orient, je vis Madeleine, Marie, fille de Cléophas, Jeanne Chusa et Salomé quitter le Cénacle, enveloppées dans leurs manteaux. Elles portaient des aromates empaquetés, et l'une d'elles avait une lumière allumée, mais cachée sous ses vêtements. Les aromates consistaient en fleurs fraîches qui devaient être jetées sur le corps, en sucs extraits de diverses plantes, en essences et en huiles dont elles voulaient l'arroser. Je les vis se diriger timidement vers la petite porte de Nicodème.

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23 mars 2009

Notre Dame de Beauraing

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Notre Dame de Beauraing

La Reine au Cœur d'Or

Apparitions en 1932

Beauraing, Belgique

Beauraing est une localité des Ardennes Belges, dans la grisaille du pays marinier. Le soir du 29 novembre 1932, Fernande Voisin et son frère André, accompagnés de leurs amies Andrée et Gilberte Degeimbre, vont chercher leur sœur Gilberte au pensionnant situé en contrebas de la voie du chemin de fer. La nuit tombe. Chemin faisant, la petite bande s'amuse à tirer les sonnettes des maisons proches, puis tous repartent en courant vers l'école. Albert sonne à la porte et, en attendant qu'une religieuse vienne ouvrir, il se retourne machinalement: dans la nuit, il voit au-dessus du pont une Dame toute blanche qui va et vient, les mains jointes. Il s'exclame, mais sa sœur lui répond sans même se retourner: « Tais-toi, sot, c'est une auto qui descend de la route de Feschaux. » Finalement tous regardent et voient la Dame. Ils ont peur. A ce moment, la porte du pensionnat s'ouvre, et la religieuse, à qui ils en parlent se moque d'eux: comment la statue de la grotte de Lourdes, aménagée près de l'école pourrait-elle voler? Les enfants repartent en courant; ils se retournent, revoient la Dame, courent de plus belle. Ils rentrent chez eux très émus, racontent ce qu'ils ont vu. On ne les croit pas. Le lendemain, l'incident se reproduit, le surlendemain, jeudi 1er décembre, la Dame apparaît quatre fois: la mère Degeimbre et quelques personnes ont accompagné les enfants qui tombent à genoux, comme foudroyés, dès que l'apparition se manifeste. Il se passe décidément quelque chose! Bientôt la nouvelle se répand, des gens viennent se joindre aux cinq voyants; la Vierge – elle a répondu affirmativement quand les enfants lui ont demandé si Elle est l'Immaculée Conception – apparaît désormais dans une aubépine, près de la grille du pensionnat: chaque soir jusqu'au 8 décembre, fête de l'Immaculée Conception, les enfants vont y réciter le Chapelet, en attendant l'apparition; ce soir-là, la Vierge est plus lumineuse que d'habitude.989_001__2_

Puis quatre jours se passent, sans que les enfants ne voient rien. Est-ce fini? Le « message » est bref; la Vierge a demandé aux enfants « d'être bien sages » et de revenir le jour de l'Immaculée Conception. C'est tout. Mais il y a ces chutes à genoux, spectaculaires, synchronisées, et ces extases où les enfants paraissent insensibles au monde extérieur, absorbés dans la vision de la Vierge toute de blanc vêtue, lumineuse, une couronne d'or posée sur le voile qui couvre ses cheveux, tenant entre ses mains jointes un chapelet, qui leur dira le dernier jour: « Je suis la Mère de Dieu, la Reine des Cieux. »

Le 13 décembre, les apparitions reprennent, se succédant à un rythme irrégulier, souvent silencieuses; mais, tous les soirs, les enfants récitent le Chapelet à l'aubépine, et fidèles et curieux se joignent à eux, de plus en plus nombreux. Le Curé reste sur la réserve, note que le mouvement de ferveur populaire s'amplifie, que des conversions et des retours à la pratique religieuse s'opèrent, notamment dans les familles des voyants, plutôt indifférentes. La presse s'empare de l'évènement, le monte en épingle. Dès médecins interviennent, étudient les extases, une polémique s'ensuit. L'évêque de Namur préconise prudence et discrétion. On écarte toute supercherie, toute suggestion des plus jeunes par les aînées, Andrée et Fernande, qui ont près de 15 ans. La Vierge parle peu: Elle vient pour donner l'exemple de la prière, faire prier une population devenue tiède en matière de religion; le 29 décembre, écartant les mains, Elle dévoile sur Sa poitrine un Cœur d'Or, entouré de rayons; les appels à la prière et au sacrifice se multiplient. La Vierge confie un secret aux enfants, puis c'est la dernière apparition, le 3 janvier 1933.

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Avec le temps, le sens des apparitions se précise: c'est un message en profondeur, au-delà des paroles, intériorisé. Il n'y a pas de sensationnel, de surenchère au merveilleux. L'élan de ferveur initial ne s'est jamais démenti, la vie exemplaire des voyants – tous mariés, (dont il ne reste plus qu'un de vivant) – constitue un beau témoignage de la grâce reçue. Des miracles de guérisons ont déterminé Monseigneur Charue à reconnaître, en 1949, au terme d'une enquête rigoureuse, le caractère surnaturel des faits. Actuellement, le sanctuaire de la Vierge au Cœur d'Or est un des pèlerinages les plus importants de Belgique.

D'après « Les Apparitions de la Vierge », de Joachim Boufflet, Ed. Calmann-Lévy

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Prière à Notre Dame de Beauraing

O Vierge Marie! Vierge de Beauraing! Mère de Dieu, Reine des Cieux! Qu'il fait bon pour l'âme, de vivre en ce lieu que Vous Vous êtes choisi, en ce Beauraing qu'hier encore j'ignorais totalement, et où, je viendrais volontiers me fixer, près de Vous à jamais. O Divin et Gracieux Prophète qui venez et nous! Nous Vous reconnaissons à Vos fruits de Grâce et de Miséricorde. Depuis des mois, Vous en inondez les âmes qui viennent ici Vous visiter. D'aucuns réclament de Vous un miracle extérieur, telle n'est pas notre prière, Vierge de Beauraing! Tout autre l'objet de nos désirs! Notre prière! C'est tout d'abord un acte de profonde et filiale reconnaissance pour Vos bienfaits: bienfaits d'apparitions, bienfaits de conversion, de sanctification! Ce que nous Vous demandons, Mère Bien-Aimée, c'est de réaliser de plus en plus Votre promesse et de donne à ce nouveau centre de pèlerinage que Vous instituez, ce caractère spécifique et durable: lieu de conversion des âmes! A d'autres, les faveurs temporelles: à nous les âmes, ô Marie. Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen.

Permis d'imprimer

Verdun 2 février 1933

Maximilien Huart, Vicaire Général

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Site du sanctuaire de la Vierge au Cœur d'Or de Beauraing

http://beauraing.catho.be

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17 janvier 2009

La Maison de la Vierge

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La Maison de la Vierge

Ephèse, Turquie

Ceux qui ont eu la chance d'aller en pèlerinage à Ephèse y visitent les ruines de la Basilique de Saint Jean, la Caverne des Sept Saints Dormants et Meryem Ana sur la colline de Bülbül Dag. Ceux qui ne peuvent y aller recueilleront le témoignage de cette étonnante histoire.

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En préliminaire

Le dogme de l'Assomption de la Vierge Marie en tout cas depuis 1950, est objet de Foi. La Dormition de Marie était depuis la primitive Église reconnue par les Chrétiens et surtout par les Orthodoxes. Quand au lieu de cette élévation au Ciel, Jérusalem ou Ephèse, c'était une question disputée. Toutefois depuis le siècle dernier, le Cardinal Roncalli (Bienheureux Jean XXIII) et les Souverains Pontifes Paul VI, Jean Paul II et Benoît XVI ayant visité Meryem Ana légitimement en quelque sorte le sentiment que Marie, prise en charge par Saint Jean selon la demande de Jésus en Croix, ait vécu dans la dite Maison. Les circonstances de la découverte de cette maison au 19e siècle méritent, tel un signe providentiel, d'être contées. La Béatification d'Anne Catherine Emmerich en 2004, lève aussi l'hypothèque de ses révélations.

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La découverte

En 1881, un Prêtre Français du Diocèse de Paris, l'Abbé Gouyet, eût l'idée d'aller à Ephèse, pour vérifier l'exactitude de la description de la Maison de la Vierge, telle que la donnait la stigmatisée allemande Anne-Catherine Emmerich dans son livre « La Vie de la Sainte Vierge ». Bien qu'encouragé dans ses recherches par l'évêque du lieu, et après avoir trouvé des traces de cette maison, le rapport de l'Abbé de ne recueillit pas l'assentiment des autorités parisiennes et romaines. Dix ans plus tard, les Filles de la Charité, qui tenaient l'Hôpital Français de Smyrne (Izmir maintenant en Turquie), avaient la coutume de lire pendant le repas un livre pieux. Alors que cette « Vie de la Sainte Vierge » de la visionnaire allemande était lue au réfectoire, et que d'après ses dires Marie aurait vécu près d'Ephèse, la Supérieure de l'Hôpital, Sœur Marie de Mandat-Grancey, dit à l'aumônier, M. Jung, Lazariste « Ephèse n'est pas bien loin, il vaudrait bien la peine d'y aller voir » (Les Lazaristes comme les Filles de la Charité sont mêmes disciples de Saint Vincent de Paul). Le Père Jung demeurait toutefois sceptique.

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Marie et Jean à Ephèse, plan de la Maison de Marie

Le Père Eugène Poulin, Lazariste, Supérieur du Collège du Sacré Cœur à Izmir, qui avait lu le livre de Catherine Emmerich, décida avec le Père Jung de monter avec lui à Bülbül Dag, sur la montagne où était indiquée la fameuse Maison. Le Père Poulin, savant hébraïsant, connaissant le Liber Miraculorum de Grégoire de Tours (538-594) qui parle de Saint Jean vivant dans une maison d'Ephèse... mais n'attachait pas beaucoup de crédit aux déclarations de ce célèbre Evêque de Tours qui mêle parfois l'Histoire et la légende. Les Lazaristes se mettent donc en route vers cette montagne décrite dans le livre de la visionnaire. A 17 km de Meryem Ana, ils rencontre des Kirkindjiotes, Orthodoxes, habitant cette région, qui chaque année, le jour de l'Assomption montaient à un sanctuaire. C'était le Monastir, sorte de Chapelle, doté d'une source « miraculeuse », l'Ayassama. Près de cette chapelle délabrée se trouvait d'après les habitants Kirkindjiotes un lieu dit Panaghia Kapoulou (Panakia Kapoulou), les « Portes de la Toute-Sainte », c'est à dire la Maison de la Vierge. Ces Kirkindjiotes étaient des descendants des premiers Chrétiens d'Ephèse ayant fui cette ville et vivant au pied de la montagne, à une quinzaine de kilomètres d'Ephèse. Ils étaient Orthodoxes, et bien que pour l'Église Orthodoxe Marie soit « endormie » dans le Seigneur à Jérusalem, eux sur place, vénéraient Marie et sa Dormition-Assomption à Panaghia Kapoulou. Tradition multiséculaire. Les Pères Lazaristes vécurent beaucoup de péripéties dans cette région repaire de bandits, dépourvue de route.

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Le jeudi 13 août 1891, vers 11 heures du matin, après une ascension difficile, nos deux Lazaristes arrivent sur une terrasse près d'une chapelle en ruine et couverte de plantations. Livre en mains, ils scrutent le paysage et découvrent plusieurs ressemblances avec la description de la voyante allemande. D'abord les rochers derrière la « maison »; la montagne du haut de laquelle on voit Ephèse et la mer. Quant à la maison elle correspondait à la description de la vision: deux pièces, l'une devant, l'autre derrière. Seule la cheminée n'apparaissait pas. Des fouilles furent entreprises; on y trouva de nombreux indices de l'antiquité de cet établissement (pièce de monnaies, poteries). Le déblaiement des gravats, terres etc... fit apparaître un amas de pierres soigneusement rangées, et sous ces pierres des tuiles noircies d'un côté. C'était de la cendre. Le foyer de la maison, l'âme, était découvert. Les Pères chercheurs consignèrent leur découverte dans un procès verbal, aux fins de la transmission à l'évêque du lieu. (NDLR, en mars 1996, Monseigneur Bernardini nous affirma qu'au milieu des cendres se trouvaient des braises; témoignage transmis mais non consigné dans les PV officiels). A la suite des comptes redus des deux Prêtres, Monseigneur Timoni, évêque de Smyrne, forma une commission compétente, composée de sept Prêtres et de cinq laïcs dont lui-même se réservait la présidence. Le 1er décembre 1892, les douze membres, évêque en tête, montaient à Meryem Ana. Ils consignèrent leurs constatations et leur correspondances des lieux avec le texte d'Anne Catherine Emmerich, en procès verbal en bonne et due forme. Entre temps, la Sœur Marie de Mandat Grancey acheta pour 40 000 Francs le domaine, et utilisa l'argent de sa dot à la réparation de la Chapelle. De nombreux déboires administratifs et policiers vinrent assaillir les religieux gardiens des lieux. Pour certaines autorités Turques, une telle présence Chrétienne en pays Musulman semblait un blasphème. Et pourtant Chrétiens en Musulmans venaient de plus en plus nombreux en pèlerinage à Meryem Ana. Le Gouvernement Turc, en 1950, comprenant l'intérêt touristique du site, ordonna la construction d'une route.

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Meryem Ana et l'Église

Dès 1895, Léon XIII envoya en Orient une commission chargée d'étudier la question des rites orientaux. Le Commissaire principal de cette commission se rendit à Meryem Ana et enquêta sur place. A son retour à Rome il rendit compte directement à Léon XIII. En 1896, Saint Pie X et Pie XI prirent connaissance des brochures avec photos de la maison et félicitèrent les auteurs; en 1931, à l'occasion du 15e centenaire du Concile d'Ephèse, Monseigneur Roncalli (futur Bienheureux Jean XXXIII) manifesta le désir de monter sur la montagne; mais faute de route, il dut y renoncer.

En se rendant à la Maison de la Théotokos près d'Ephèse, les trois récents Papes ont encouragés le pèlerinage qui rassemble parfois autant de Musulmans que de Chrétiens. Marie Mère de Jésus, n'est-elle pas citée 34 fois dans le Coran? Leur pèlerinage n'est peut-être pas preuve de l'authenticité historique de la Maison de la Vierge, rien n'étant rajouté à l'Evangile, mais une incitation à vivre les signes, ces clins d'oeil de la Providence.

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Lieu de réconciliation: Chrétiens et Musulmans

En 1961, Louis Massignon, ce chantre de l'amitié Islamo-Chrétienne, déclarait: « Ephèse doit devenir, avant le rassemblement final à Jérusalem pour tous les groupes Chrétiens et Musulmans le lieu de la réconciliation en Marie « Hazrat Meryem Ana » (Notre Mère en Turc en attendant qu'Israël, la reconnaisse enfin comme la gloire de Sion, rejoigne cette unanimité tant désirée. » Le sanctuaire d'Ephèse est un lieu de rencontre exceptionnel entre les Chrétiens et les Musulmans, « où les divers ex-votos montrent que la Vierge accorde des miracles aux uns comme aux autres ».

Il ne reste plus guère de Chrétiens à Ephèse; mais au-delà du patrimoine Chrétien – la Basilique Saint Jean avec son tombeau, et Meryem Ana – on ressent dans un contact avec nos origines une Église secrète vouée au silence de l'amour. Ce patrimoine-source a marqué la Chrétienté primitive, « une empreinte d'exil, de vie commune érémitique », selon les mots de Louis Massignon (cité par Moncelon).

L'histoire de la Maison de la Vierge à Ephèse et les circonstances de sa découverte n'ont pas à être vues comme un récit merveilleux, un jeu de piste spirituel, mais comme un cadeau affectueux pour notre temps. De l' « Asie » où se réfugia Marie, on entend encore le « faites toute ce qu'Il vous dira » de Cana, et des dernières paroles de Jésus en Croix: « Femme voici Ton fils, puis il dit au disciple: voici ta Mère... Dès cette heure-là, le disciple l'accueillit chez lui » (JN 19, 27).

Texte paru dans le magazine Stella Maris, N° 453 de décembre 2008

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18 décembre 2008

Le serviteur de Dieu Marie-Jean Joseph Lataste

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Le serviteur de Dieu Marie-Jean Joseph Lataste

Fondateur des Dominicaines de Béthanie

1832-1869

Alcide Lataste est né à Cadillac sur Garonne, en Gironde, dans le Diocèse de Bordeaux, le 5 septembre 1832, après une jeunesse remplie de dévouement au sein de la Société de Saint Vincent de Paul, pour laquelle il fonda des Conférences locales, il entra, en 1857, dans l'Ordre des Frères Précheurs, plus communément appelés Dominicains, où il prit le nom de Père Marie-Jean-Joseph. En 1864, il prêcha une retraite aux détenues de la Centrale de Cadillac, actuellement, le Château des Ducs d'Epernon, et, pendant ces jours, il découvrit en elles les merveilleux effets de la Miséricorde et, en certaines, il discerna un réel appel à se donner au Seigneur dans la vie consacrée. C'est dans cette prison, devant le Seigneur exposé, qu'il reçut l'inspiration de fonder une nouvelle famille religieuse dans laquelle toutes les Soeurs, quel que soit leur passé, les unes converties, les autres religieuses, seraient unies dans un même amour et une même consécration, témoignant ainsi que « pour se donner à nous, Dieu ne regarde pas ce que nous avons été, mais ce que nous sommes ». Le Père Marie-Jean-Joseph Lataste est entré dans la Vie à Frâsne-le-Château, en Haite Saône. Il repose actuellement dans la maison généralice, qui se trouve à Saint Sulpice de Favière, où il est entouré de la vénération de ses Filles. La cause pour sa Béatification a été ouverte et ne saurait trop tarder d'aboutir.

Pour approfondir

« Le Précheur de la Miséricorde » aux Ed. du Cerf

« Marie-Madeleine a encore quelque chose a dire », aux Ed. Nouvelles Cité

« Le Message du Père Lataste », aux Ed. Le Livre Ouvert.

Prière du Père Lataste

O mon Jésus, que je Vous aimes! Donnez-Vous à mois et donnez-moi à Vous! Identifiez-moi à Vous: que ma volonté soit la Vôtre! Incorporez-moi à Vous, que je ne vive qu'en Vous et pour Vous! Que je dépense pour Vous tout ce que j'ai reçu de Vous, sans en rien garder pour moi-même! Que je meure à tout pour Vous! Que je Vous gagne des âmes! Des âmes, ô mon Jésus, des âmes!

Relations des grâces

Dominicaines de Béthanie

91 910 Saint Sulpice de Favières

http://dominicainesbethanie.com

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Notice sur le Père Lataste,

cliquer sur le lien suivant:

http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/lirarticle-83937-607782.html

1 décembre 2008

Mon Ciel à moi !

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Mon Ciel à moi !

Pour supporter l'exil de la vallée des larmes
Il me faut le regard de mon Divin Sauveur
Ce regard plein d'amour m'a dévoilé ses charmes
Il m'a fait pressentir le Céleste bonheur
Mon Jésus me sourit quand vers Lui je soupire
Alors je ne sens plus l'épreuve de la foi
Le Regard de mon Dieu, son ravissant Sourire,
Voilà mon Ciel à moi !…

Mon Ciel est de pouvoir attirer sur les âmes
Sur l'Eglise ma mère et sur toutes mes sœurs
Les grâces de Jésus et ses Divines flammes
Qui savent embraser et réjouir les cœurs.
Je puis tout obtenir lorsque dans le mystère
Je parle cœur à cœur avec mon Divin Roi
Cette douce Oraison tout près du Sanctuaire
Voilà mon Ciel à moi !...

Mon Ciel, il est caché dans la petite Hostie
Où Jésus, mon Epoux, se voile par amour
A ce Foyer Divin je vais puiser la vie
Et là mon Doux Sauveur m'écoute nuit et jour
" Oh ! quel heureux instant lorsque dans la tendresse
Tu viens, mon Bien-Aimé, me transformer en toi
Cette union d'amour, cette ineffable ivresse
Voilà mon Ciel à moi !... "

Mon Ciel est de sentir en moi la ressemblance
Du Dieu qui me créa de son Souffle Puissant
Mon Ciel est de rester toujours en sa présence
De l'appeler mon Père et d'être son enfant
Entre ses bras Divins, je ne crains pas l'orage
Le total abandon voilà ma seule loi.
Sommeiller sur son Cœur, tout près de son Visage
Voilà mon Ciel à moi !...

Mon Ciel, je l'ai trouvé dans la Trinité Sainte
Qui réside en mon cœur, prisonnière d'amour
Là, contemplant mon Dieu, je lui redis sans crainte
Que je veux le servir et l'aimer sans retour.
Mon Ciel est de sourire à ce Dieu que j'adore
Lorsqu'Il veut se cacher pour éprouver ma foi
Souffrir en attendant qu'Il me regarde encore
Voilà mon Ciel à moi !...

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face

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28 novembre 2008

Neuvaine à Mère Yvonne-Aimée de Jésus

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Mère Yvonne-Aimée de Malestroit

O Jésus Roi d'Amour J'ai confiance en ta Miséricorde Bonté

1901-1951

Elle naît en 1901 à Cossé en Champagne dans la Mayenne. Entrée en 1927 au Monastère des Augustines de Malestroit, elle en devient la supérieure dès 1935. Elle fonde la Fédération des Monastères d'Augustines en 1946 et est élue première Supérieure Générale. Le 3 Février 1951, elle meurt à Malestroit. Elle a 49 ans. Elle lance en 1928, le projet d'une clinique moderne qui ouvrira ses portes dès 1929."La vie la chargea de fardeaux croissants, pour alléger ceux des autres. Au pire des épreuves, elle resta encourageante, tonique, stimulante, toujours et pour tous, simplement et sans grandes phrases. Tout cela témoigne d'un amour extraordinaire, et extraordinairement efficace."

P. René Laurentin

Portait de Mère Yvonne Aimée de Malestroit

Il y a donc 80 ans ce matin, dans le silence de cette église de Cossé en Champagne, Monsieur le Curé Guesdre a célébré la Sainte Messe et lu le même Evangile que nous venons d’entendre. Ce 16 juillet 1901, la saison était magnifique, le soleil brillait, une grande paix baignait le bourg et les campagnes. Et, le soir, tandis que l’Angélus tintait au clocher roman et que les clochers d’alentour lui répondaient, une petite Yvonne venait de naître dans une vieille maison de Cossé, à deux pas de l’église, chez Monsieur et Madame Alfred Beauvais. Cette enfant qui deviendra Mère Yvonne Aimée, considèrera toujours comme une grâce d’être née en la fête de Notre Dame du Mont Carmel, sous le signe de la Vierge, Mère des Contemplatifs. Le 18 juillet suivant, Yvonne est baptisée dans cette église par Monsieur le curé. Plus tard, chaque année, au 18 juillet, Mère Yvonne Aimée ne cachera pas son bonheur : « c’est, disait-elle, l’anniversaire du jour où je suis devenue fille du Bon Dieu. » En 1942, elle était de passage ici, à Cossé, où j’étais moi-même invité. Elle me conduisait sur la tombe de Monsieur Alfred Beauvais, son Père, trop tôt disparu, « Monsieur Alfred » comme l’appelaient les paysans qui l’adoraient tant il était simple, droit, gai, spontané, généreux, large, accueillant. De lui, elle tenait beaucoup. De Madame Beauvais, elle avait l’activité intense et ordonnée ; et de ses ancêtres du Maine elle avait une foi catholique et un bel équilibre humain. J’entends encore Mère Yvonne Aimée évoquer sur place, ici, ses souvenirs d’enfance : les jeux dans la maison, les veillées devant la cheminée où flambaient des bûches, la petite grotte de Notre Dame de Lourdes dans le jardin où son jeune père l’emmenait prier. Elle m’a demandé de venir avec elle près des fonts baptismaux, ces fonts baptismaux où elle avait reçu la grâce de la seconde naissance. C’était vraiment un pèlerinage aux sources. En effet, à travers la brève existence que fut la sienne, un fleuve de grâce a jailli ici même, pour votre Fédération et pour L’Eglise.

Mais qui était Mère Yvonne Aimée ?

Pour répondre à cette question, il me semble que le mieux, c’est de vous citer des jugements autorisés qui ont été portés sur sa vie, sur son œuvre, sur son expérience chrétienne. L’Historien Daniel Rops ne l’a pas connue mais, dit-il, il admire la beauté des textes rares que l’on connaît d’elle où précise-t-il, on croit entendre l’écho de sainte Catherine de Sienne ou de la Bienheureuse Marie de l’Incarnation. Par contre, le Général Audibert, chef de la Résistance de l’Ouest, a été le témoin et l’un des bénéficiaires de l’hospitalité qu’elle offrit aux blessés paras ou maquisards pendant l’occupation. Frappé de son courage et de sa présence d’esprit dans le danger et les risques énormes qu’elle prenait au nom de cette hospitalité chrétienne, il la saluait en souriant par ces deux mots : « Mon Général. » Et, à la nouvelle de sa mort, il écrivit douloureusement : « Quand disparaît un être de cette clarté, de cette puissance, de cette grandeur, il semble que le ciel s’obscurcisse pour nous. » Voici, maintenant, quelques jugements émanant d’autorités religieuses : Pour Dom Sortais, Abbé général de la Trappe, Mère Yvonne Aimée fut une grande Supérieure qui a bâti toute son œuvre sur le roc de la foi. Personnellement, Dom Sortais avait remarqué le don qu’elle possédait de pacifier et d’épanouir les âmes. Dom Cozien, Abbé de Solesmes, relevait en Mère Yvonne Aimée, je le cite : « le sens de la prière, de la beauté de la liturgie, de la louange de Dieu, à l’école de L’Eglise. » il ajoutait ces mots qui vont loin : « Toute la vie de Mère Yvonne Aimée a été sous l’emprise de Dieu. » Monseigneur Picaud, Evêque de Bayeux et Lisieux. Les Carmélites de Lisieux admirent la manière dont Monseigneur Picaud a compris sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et Mère Yvonne Aimée. De Mère Yvonne Aimée, il a dit en pesant ses mots : « Elle a été un grand témoin du monde surnaturel. » Le Cardinal Larraona qui fut le Secrétaire de la Sacrée Congrégation des Religieux, a déclaré : « Je me souviens très bien de Mère Yvonne Aimée. En prenant l’initiative de rassembler en Fédération les Monastères de son Ordre, elle a fait une œuvre exemplaire dont nous pouvons ici, à Rome, nous inspirer. » Il m’est impossible ce matin d’analyser tous les traits d’Yvonne Aimée. Sa personnalité a suivi une progression constante et atteint vers l’age de 40 ans une plénitude humaine et chrétienne. Je soulignerai seulement deux points : sa conformité à la volonté de Dieu, a foi et son amour envers l’Eucharistie. Une parole de Jésus qu’elle conservait dans son cœur, la bouleversait et éveillait en elle un écho sans fin. C’est celle-ci, en saint Marc : « Qui est ma mère, qui sont mes frères ? Promenant un regard sur ceux qui étaient assis autour de Lui, Jésus ajouta : Voici ma mère et mes frères. Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère. » De même, Mère Yvonne Aimée pouvait rester très très longtemps à méditer cette autre parole de Jésus qu’elle trouvait inépuisable : « Ce ne sont pas ceux qui disent : Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le Royaume des Cieux, mais ceux qui font la volonté de mon Père. » A ses novices elle disait, dans la ligne des paroles précédentes : « Mes petites sœurs, l’amour est d’abord dans la volonté. » Cette mystique de la volonté situait Mère Yvonne Aimée dans le grand courant spirituel qui part de sainte Thérèse de Lisieux, de saint François de Sales, de saint Ignace de Loyola, de saint Bernard, de saint Augustin, de tant d’autres saints, de la Vierge Marie, Servante du Seigneur et de Jésus Lui-même, dont la nourriture était de faire la volonté de son Père. Pour Mère Yvonne Aimée, comme pour ces Maîtres spirituels, la volonté divine n’a rien d’un commandement abstrait et impérieux. Cette volonté divine est sagesse, vérité, miséricorde. Elle est appel à la liberté et appel à l’amour comme le serviteur du Psaume 122 qui a les yeux fixés sur les mains de son Maître, comme l’épouse tendre, calme et spontanée qui tressaille au moindre vouloir du Bien Aimé. Yvonne Aimée écoutait sa voix, sa parole dans L’Eglise. Elle s’est tenue attentive toujours à ses moindres signes. Elle va tout droit au service de Jésus Roi d’Amour. Un jour elle m’a dit : « ma voie est celle des Anges qui ne font jamais attendre Dieu. » Déjà, petite première Communiante de 10 ans, elle avait écrit de son sang : « Je veux n’être qu’à Toi, mais je veux surtout ta volonté. » On comprend, estime un théologien, la montée en flèche d’une âme ainsi livrée à Dieu, jusqu’à l’abandon total. A l’amour qui t’emporte, ne demande pas où il va.

Yvonne Aimée et l’Eucharistie

Pendant la célébration elle se tenait très droite et très recueillie dans sa stalle. Au moment de l’élévation, avant de se prosterner, elle fixait l’Hostie et le Calice un regard intense, un regard brillant et souvent le soir et parfois la nuit, elle venait près de la grille du chœur prier longuement, à genoux devant le Saint Sacrement. Vous avez en main des textes où elle laisse jaillir sa foi envers l’Eucharistie. Vous savez quel événement intérieur, décisif, a été sa première Communion, oui, un grand événement spirituel. Et vous savez aussi à quel point elle prié pour les prêtres. C’est à l’âge de 22 ans que, pour la première fois, non sans une intuition prophétique, elle commença de rechercher les hosties profanées. On a vu Yvonne Aimée jeune fille, revenir blessée et couverte de sang après avoir reçu des coups alors qu’elle cherchait à arracher des hosties emportées par des gens sacrilèges et impies. Dans ce charisme qui frappe beaucoup l’écrivain Julien Green – il en parle dans son journal et il appelle Mère Yvonne Aimée « une femme admirable » – dans ce charisme de recherche, Monseigneur Picaud voyait une récompense de la foi intrépide d’Yvonne Aimée. Avec le recul du temps, on pourrait aussi y découvrir un rappel de la tradition constante de L’Eglise affirmant à l’encontre des Novateurs, que la présence réelle du Corps et du Sang du Seigneur subsiste en dehors de la célébration liturgique. Peut-être aussi, pourrait-on lire un rappel de ce respect extraordinaire dont les chrétiens, fût-ce au péril de leur vie, se doivent d’entourer le pain rompu pour un monde nouveau, l’admirable sacrement où se révèle le plus, disait-elle, la Miséricorde de Jésus, sacrement qui construit l’unité fraternelle des communautés chrétiennes. Plusieurs années avant le Concile, Mère Yvonne Aimée souhaitait des messes du soir. On songe à la joie qu’elle aurait éprouvée à communier sous les deux Espèces et avec quelle ferveur elle aurait suivi ce Congrès Eucharistique international qui s’ouvre ce soir à Lourdes. Mes sœurs, vous avez le droit d’être heureuses de compter dans votre Ordre une Yvonne Aimée, ce guide sûr, cette lumière éblouissante, ce feu brûlant et vous avez raison de commémorer ici sa naissance et son baptême. Oui, le bourg de Cossé n’aura jamais vu tant de blanches Augustines. Elle doit en être ravie, comme elle l’est, certainement, de votre volonté d’approfondir sans cesse votre vocation canoniale qu’elle trouvait si grande et qu’elle a travaillé, 30 ans avant le Concile, à bien adapter aux temps nouveaux dans une fidélité créatrice. Pour sa part, au-delà des charismes qui la mettaient au service de l’Eglise, sa vie a été toute simple parce que basée sur la charité qui est la loi essentielle de vos Communautés Elle était grande dans sa manière d’aimer. Il y avait en elle quelque chose d’eschatologique. Il y avait en elle parfois, comme une anticipation prophétique du monde futur. Et pourtant, pourtant, elle était incroyablement humaine, tout entière au moment présent et bien de son temps. Elle a beaucoup réalisé : jeune fille au service des pauvres dans les bidonvilles de Paris, Prieure de Malestroit, fondatrice et première Supérieure Générale de votre Fédération. Il se trouvait des personnes qui disaient que tout lui réussissait. Elle était la première à rire de cette réflexion naïve, à ne pas se croire infaillible, à encaisser des échecs, des déceptions, des contradictions. Certes, elle a marqué des points et accompli une œuvre considérable et durable ; mais il aurait manqué quelque chose à la beauté de sa vie si tout lui avait réussi humainement. Et, pour que sa configuration au Christ fut plus étroite, elle a reçu, vers l’âge de 20 ans, une grande grâce de compassion. Elle a enduré dans son corps, dans son cœur et dans son âme, des souffrances inouies, un martyre à certaines heures, mais sans jamais le faire peser sur son entourage. Plus elle avançait dans la vie, plus elle s’enveloppait de silence. Au sein de l’action qui mobilisait ses qualités de femme, on la devinait très petite devant Dieu et comme revêtue de douceur et de force, comme immergée dans la paix et la joie qui sont les fruits de l’Esprit Saint. Elle n’avait qu’à exister, sa vie était un appel, sa vie est un appel. Frères et Sœurs, en terminant, je dirai simplement ceci : il n’y aura jamais qu’un moyen de connaître en profondeur Mère Yvonne Aimée, c’est de l’invoquer. L’expérience le montre : sitôt qu’on s’adresse à elle, elle se dévoile en répondant.

Abbé Paul Labutte, Homélie à Cossé en Champagne, le 16 juillet 1981

Neuvaine à Mère Yvonne-Aimée de Jésus

Ô Yvonne-Aimée, tant chérie de Notre Seigneur Jésus, du fond de ma petitesse et de mes faiblesses, je m'adresse à toi qui as été comblée de tant de grâces et de bénédictions par le Seigneur. Daigne solliciter pour moi la grâce de ........ si la Justice de Dieu le permet. Ô Jésus, Roi d'amour, qui a inspiré à Ta Servante Yvonne-Aimée une participation généreuse à Ta tendresse infinie pour les âmes, une ardente dévotion envers la Sainte Eucharistie, une fidélité inébranlable à Ton service, daigne, nous T'en supplions, glorifier en elle tous Tes dons, et m'accorder par son intercession, la grâce que j'implore avec confiance de Ta divine et miséricordieuse bonté. Ô Toi, qui vit et règne avec Dieu le Père dans l'unité du Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.

Téléchargez le texte de la Neuvaine à Mère Yvonne-Aimée (pdf) en cliquant ici

Ô mon Dieu, ne me laisse pas succomber à la tentation mais délivre-moi du Malin.

Ô Seigneur écoute ma prière et que mes cris s'élèvent jusqu'à Toi.

Ô Jésus, Roi d'Amour, j'ai confiance en Ta miséricordieuse bonté.

29 octobre 2008

Prière à Notre Dame des Familles

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Notre Dame des Familles

En Pologne, à Makow-Podhalanski, dans l’église du sanctuaire de Notre Dame des Familles, vous pouvez y découvrir Notre Dame de Pontmain arrivée à la suite du jumelage célébré le 31 août 1986. Et cette prière est, avec l'icône de ND des Familles de Makow, au sanctuaire de Pontmain (Mayenne).

Prière à Notre Dame des Familles

Mère de la Sainte Église, Mère des Familles, à l'exemple de nos pères qui t'ont vénérée depuis longtemps dans ton sanctuaire de Makow, nos familles se consacrent à ton Cœur Immaculé. Prends-nous et obtiens-nous de ton Fils la bénédiction pour chaque jour de notre vie. Dans la joie comme dans la croix, fortifies notre foi et aide-nous pour qu'un jour nous soyons auprès de Toi. Épouse de l'Esprit-Saint, Fille bien-aimée du Père, Mère du Fils de Dieu, Mère de l'Église, aide-nous à rester unis à ton Cœur Immaculé, maintenant et toujours. Amen !

17 octobre 2008

Saint Aventin de Bigorre

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Saint Aventin

Apôtre de la Bigorre et de la Gascogne

Vers 778 -+ Vers 831

Fête le 13 juin

Saint Aventin naquit vers l'an 778, dans un village qui depuis s'est appelé de son nom et qui se trouve à une lieu de Bagnères. Dès sa jeunesse, il se retira dans le désert, où il se livre à la prière et aux pratiques de la plus austère pénitence.

Sa haute réputation de vertu attira dans son ermitage une foule de personne, qui virent le consulter et qu'il édifia par sa sainteté autant que par ses paroles. Un jour qu'il se trouvait dans un bosquet dominant le Val d'Asto et qu'il était en oraison, il entendit le rugissement plaintif d'un ours. Il le vit bientôt descendre de la montagne et se diriger vers lui. S'étant approché du saint anachorète, l'animal blessé levant devant lui sa lourde patte, où s'était fixé une longue épine, et la posa dans ses mains, comme pour réclamer son secours. Aventin sonda avec bonté la blessure et en arraché l'épine; et l'ours s'éloigna de lui après lui avoir témoigné sa reconnaissance par ses caresses. Ce fait prouve que la bienveillance, dont le visage du pieux solitaire était empreint, impressionnait les animaux les plus sauvages et pouvait adoucir leur férocité.

Or, le Seigneur, qui l'avait attiré au désert pour retremper son âme, le rappela au milieu des hommes pour les convertir. Aventin obéit à Sa voix; et, après avoir reçu le Sacerdoce, il se mit à évangéliser la Gascogne. Rien n'est plus admirable que son zèle pour ramener les pécheurs dans la voie du Salut. Comme un missionnaire ardent, il allait d'un village à un autre, cherchant partout des âmes à sauver. Dieu le récompensa par le succès qu'il accorda à ses prédications.

Cependant, les Sarrasins, qui occupaient les montagnes de la Gascogne et qui ne cessaient de persécuter les Chrétiens, résolurent de le faire mourir. Il leur échappa longtemps; mais il finit par tomber entre leurs mains. Après l'avoir accablé de coups, ces barbares lui tranchèrent la tête. Par un prodige inouï, Aventin se releva et, tenant entre ses mains sa tête sanglante, il se dirigea vers le village où il était né. A cette vue, les Sarrasins s'enfuirent épouvantés. Dès qu'il fut arrivé en présence du pays qu'il avait évangélisé, Aventin tomba et jeta ainsi, avant d'expirer, comme un dernier adieu à sa patrie. Les fidèles s'empressèrent de lui donner une sépulture honorable. C'est vers l'an 831 que ce saint Apôtre reporta la couronne du Martyre.

Tropaire de Saint Aventin

Par les flots de tes larmes, tu as fait fleurir la Foi en Bigorre; par tes profonds gémissements, tu as fait rendre à tes souffrances, des fruits au centuple. Tu es devenu par tes miracles en Pyrénées, un brillant flambeau pour l'univers. Prie le Christ-Dieu, ô Bienheureux Père Aventin, de sauver nos âmes. Amen.

Texte extrait du livre « Saint Aventin de Tarbes », aux Editions St Jean le Roumain (Monastère Orthodoxe Saints Clair et Maurin, F- 32700 Lectoure (France).)

www.monasteresaintgeny.fr

2 août 2008

Le Rosaire médité avec Maria Valtorta 19/20

Le Rosaire médité avec Maria Valtorta

Textes extraits de « L'Evangile tel qu'il m'a été révélé »

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Quatrième Mystère Glorieux: La Dormition de Marie


Marie, dans sa petite pièce solitaire, élevée sur la terrasse, est toute vêtue de lin blanc, soit pour le vêtement qui la couvre entièrement, soit pour son manteau fermé à la base du cou, et qui descend derrière ses épaules, soit pour le voile très fin qui descend de sa tête. Elle est en train de ranger ses vêtements et ceux de Jésus, qu’elle a toujours conservés. Elle choisit les meilleurs. Il y en a peu. Des siens, elle prend le vêtement et le manteau qu’elle avait sur le Calvaire; de ceux de son Fils, un vêtement de lin qu’il portait habituellement en été, et le manteau retrouvé au Gethsémani, encore taché du sang qui avait coulé et de la sueur sanguinolente de cette heure terrible. Après avoir plié soigneusement ces vêtements, et baisé le manteau taché de sang de son Jésus, elle se dirige vers le coffre où se trouvent, maintenant depuis des années, rassemblées et conservées les reliques de la dernière Cène et de la Passion. Elle rassemble tout dans un seul compartiment, celui de dessus, et place tous les vêtements dans le compartiment inférieur. Elle est occupée à fermer le coffre quand Jean, monté sans bruit sur la terrasse et qui s’est avancé pour regarder ce que faisait Marie, peut-être impressionné par sa longue absence de la cuisine, où elle doit être montée pour passer les heures de la matinée, la fait se retourner en lui demandant : "Que fais-tu, Mère ?" "J’ai rangé tout ce qu’il est bien de conserver. Tous les souvenirs... Tout ce qui témoigne de son amour et de sa douleur infinis." "Pourquoi, ô Mère, rouvrir les blessures de ton cœur en revoyant ces tristes choses ? Tu es pâle, et ta main tremble... Tu souffres donc de les voir" lui dit Jean en s’approchant d’elle, comme s’il craignait, pâle et tremblante comme elle est, qu’elle allait se sentir mal et tomber par terre. “Oh ! non, ce n’est pas pour cela que je suis pâle et que je tremble. Ce n’est pas parce que se rouvrent mes blessures... En vérité, elles ne se sont jamais fermées complètement. Mais j’ai aussi en moi la paix et la joie et jamais elles n’ont été complètes comme maintenant." "Jamais comme maintenant ? Je ne comprends pas... A moi, la vue de ces choses pleines d’atroces souvenirs, réveille l’angoisse de ces heures. Et moi, je ne suis qu’un disciple. Toi, tu es la Mère..." "Et comme telle, je devrais souffrir davantage, veux-tu dire. Humainement tu dis juste, mais il n’en est pas ainsi. Je suis habituée à supporter la douleur des séparations d’avec Lui. C’était toujours de la douleur, car sa présence et son voisinage étaient mon Paradis sur Terre. Mais aussi volontairement et sereinement supportées, car tout ce qu’il faisait était voulu par son Père, était obéissance à la Volonté divine, et je l’acceptais donc car moi aussi j’ai toujours obéi aux volontés et aux desseins de Dieu pour moi. Quand Jésus me quittait, je souffrais, certainement. Je me sentais seule. Ma douleur quand Lui, enfant, me quitta secrètement pour la discussion avec les docteurs du Temple, Dieu seul l’a mesuré dans sa vraie intensité. Mais pourtant, à part la question juste que moi, sa mère, je lui ai faite pour m’avoir quittée ainsi, je ne Lui ai pas dit autre chose. Et de même, je ne l’ai pas retenu quand il me quitta pour devenir le Maître… et j’avais déjà perdu mon époux, j’étais seule dans une ville qui, sauf quelques personnes, ne m’aimait pas. Et je n’ai pas montré d’étonnement pour sa réponse au banquet de Cana. Lui faisait la volonté du Père. Moi, je le laissais libre de la faire. Je pouvais en arriver à un conseil ou à une prière : conseil pour les disciples, prière pour quelque malheureux. Mais plus que cela, non. Je souffrais quand il me quittait pour aller à travers le monde qui Lui était hostile, et pécheur au point que d’y vivre était pour Lui une souffrance. Mais quelle joie quand il revenait à moi ! En vérité elle était si profonde qu’elle compensait pour moi soixante-dix fois sept fois la douleur de la séparation. Déchirante fut la douleur de la séparation qui suivit sa Mort, mais avec quels mots pourrais-je dire la joie que j’ai éprouvée quand il m’est apparu ressuscité ? Immense la peine de la séparation à cause de sa montée vers le Père, et qui ne devrait finir que quand ma vie terrestre serait accomplie. Maintenant je suis dans la joie, une joie immense comme immense fut la peine, car je sens que j’ai accompli ma vie. J’ai fait ce que je devais faire. J’ai fini ma mission terrestre. L’autre, la céleste, n’aura pas de fin. Dieu ma laissée sur la Terre jusqu’à ce que moi aussi, comme mon Jésus, j’ai eu accompli tout ce que je devais accomplir. Et j’ai en moi cette joie secrète, seule goutte de baume dans ses derniers déchirements pleins d’amertume, qu’a eu Jésus quand il a pu dire  : “Tout est accompli” "Joie en Jésus ? A cette heure ?" "Oui, Jean. Une joie incompréhensible pour les hommes, mais compréhensible pour les esprits qui vivent déjà dans la lumière de Dieu, et qui voient les choses profondes cachées sous les voiles que l’Éternel tend sur ses secrets de Roi, grâce à cette Lumière. Moi, si angoissée, bouleversée par ces événements, associée à Lui, à mon Fils, dans l’abandon du Père, je n’ai pas compris alors. La Lumière s’était éteinte pour tout le monde à cette heure, pour tout le monde qui n’avait pas voulu l’accueillir. Et aussi pour moi. Non à cause d’une juste punition, mais parce que, devant être Corédemptrice, je devais moi aussi souffrir l’angoisse de l’abandon des réconforts divins, les ténèbres, la désolation, la tentation de Satan de ne plus me faire croire possible ce que Lui avait dit, tout ce que Lui souffrit, dans son esprit, du Jeudi au Vendredi. Mais ensuite j’ai compris. Quand la Lumière, ressuscitée pour toujours, m’est apparue, j’ai compris. Tout. Même la secrète, extrême joie du Christ quand il put dire : "J’ai tout accompli de ce que le Père voulait que j’accomplisse. J’ai comblé la mesure de la charité divine en aimant le Père jusqu’à me sacrifier, en aimant les hommes jusqu’à mourir pour eux. J’ai tout accompli de ce que je devais. Je meurs avec l’esprit content, bien que déchiré dans ma chair innocente". Moi aussi j’ai tout accompli de ce qui, ab æterno, était écrit que je devais accomplir. De la génération du Rédempteur à l’aide que je vous apporte à vous, ses prêtres, pour que vous vous formiez parfaitement. L’Église est désormais formée et forte. L’Esprit-Saint l’éclaire, le sang des premiers martyrs la cimente et la multiplie, mon aide a contribué à faire d’Elle un organisme saint que la charité envers Dieu et les frères alimente et fortifie de plus en plus, et où les haines, les rancœurs, les envies, les médisances, mauvaises plantes de Satan, ne poussent pas. Dieu est content de cela, et Il veut que vous l’appreniez de mes lèvres, comme Il veut que je vous dise de continuer à grandir en charité pour pouvoir grandir en perfection, et de même aussi pour le nombre des chrétiens et la puissance de doctrine. Car la doctrine de Jésus est une doctrine d’amour, parce que la vie de Jésus, et aussi la mienne, ont toujours été conduites et mues par l’amour. Nous n’avons repoussé personne, nous avons pardonné à tous. À un seul nous n’avons pas pu donner le pardon parce que lui, esclave de la haine, n’a pas voulu de notre amour sans limites. Jésus, dans son dernier adieu avant sa mort, vous a commandé de vous aimer entre vous. Et il vous a donné aussi la mesure de l’amour que vous devez avoir entre vous en vous disant : “Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. C’est à cela que l’on saura que vous êtes mes disciples”. L’Église, pour vivre et grandir, a besoin de la charité. Charité surtout dans ses ministres. Si vous ne vous aimiez pas entre vous avec toutes vos forces, et si de même vous n’aimiez pas vos frères dans le Seigneur, l’Église deviendrait stérile, et difficile et faible serait la nouvelle création et la supercréation des hommes à leur rang de fils du Très-Haut et de cohéritiers du Royaume du Ciel, car Dieu cesserait de vous aider dans votre mission. Dieu est Amour.[1] Tout ce qu’Il a fait a été fait par amour. De la Création à l’Incarnation, de celle-ci à la Rédemption, de celle-ci encore à la fondation de l’Église, et enfin à la Jérusalem céleste qui rassemblera tous les justes pour qu’ils jubilent dans le Seigneur. C’est à toi que je dis ces choses, parce que tu es l’Apôtre de l’amour et que tu peux les comprendre mieux que les autres..." Jean l’interrompt pour dire : "Les autres aussi aiment et s’aiment." "Oui. Mais tu es l’Aimant par excellence. Chacun de vous a toujours eu une caractéristique bien sienne, comme du reste c’est le cas pour toute créature. Toi, dans les douze, tu as toujours été l’amour, le pur, le surnaturel amour. Peut-être, d’ailleurs : certainement c’est parce que tu es si pur que tu es si aimant. Pierre, de son côté, a toujours été l’homme, et l’homme franc et impétueux. Son frère, André, était silencieux et timide autant que l’autre ne l’était pas. Jacques, ton frère, l’impulsif, au point que Jésus l’a appelé le fils du tonnerre. L’autre Jacques, frère de Jésus, le juste et l’héroïque. Jude d’Alphée, son frère, le noble et loyal, toujours. La descendance de David était visible en lui. Philippe et Barthélemy étaient les traditionalistes. Simon le Zélote, le prudent. Thomas, le pacifique. Matthieu, l’humble qui, se souvenant de son passé, cherchait à passer inaperçu. Et Judas de Kériot, hélas !, la brebis noire du troupeau du Christ, le serpent réchauffé par son amour a été le satanique menteur, toujours. Mais toi, tout amour, tu peux mieux comprendre et te faire voix d’amour pour tous les autres, à ceux qui sont éloignés, pour leur dire mon dernier conseil. Tu leur diras qu’ils s’aiment et qu’ils aiment tout le monde, même ceux qui les persécutent, pour être une seule chose avec Dieu, comme moi je l’ai été, au point de mériter d’être choisie comme épouse de l’Amour Éternel pour concevoir le Christ. Je me suis donnée à Dieu sans mesure, tout en comprenant tout de suite combien de douleur m’en serait venue. Les prophètes étaient présents à mon esprit et la lumière divine me rendait très claires leurs paroles. Ainsi, dès mon premier “fiat” à l’Ange, j’ai su que je me consacrais à la plus grande douleur qu’une mère pût supporter. Mais rien n’a mis de limite à mon amour parce que je sais qu’il est, pour quiconque le pratique, force, lumière, aimant qui attire vers en haut, feu qui purifie et embellit ce qu’il embrase, transformant et faisant dépasser l’humain pour ceux qu’il prend dans son embrassement. Oui, l’amour est réellement une flamme. La flamme qui, tout en détruisant ce qui est caduc, qu’il soit une épave, un rebut, une loque d’homme, en fait un esprit purifié et digne du Ciel. Combien d’épaves, d’hommes souillés, rongés, finis, vous trouverez sur votre route d’évangélisateurs ! N’en méprisez aucun, mais au contraire aimez-les pour qu’ils arrivent à l’amour et se sauvent. Versez en eux la charité. Bien souvent l’homme devient mauvais, parce que personne ne l’a jamais aimé, ou l’a mal aimé. Vous, aimez-les, pour que l’Esprit-Saint revienne les habiter, après leur purification, ces temples que beaucoup de choses ont vidés et souillés. Dieu, pour créer l’homme, n’a pas pris un ange, ni des matières choisies. Il a pris de la boue, la matière la plus vile. Puis, en lui infusant son souffle, c’est-à-dire encore son amour, Il a élevé la matière vile au rang élevé de fils adoptif de Dieu. Mon Fils, sur son chemin, a trouvé beaucoup d’épaves d’hommes tombés dans la boue. Il ne les a pas foulés aux pieds par mépris, mais, au contraire, il les a recueillis et accueillis et en a fait des élus du Ciel. Rappelez-vous-en toujours, et agissez comme Lui l’a fait. Rappelez-vous tout : les actions et les paroles de mon Fils. Rappelez-vous ses douces paraboles. Vivez-les, c’est-à-dire mettez-les en pratique. Et écrivez-les pour qu’elles restent pour ceux qui viendront jusqu’à la fin des siècles, et soient toujours un guide pour les hommes de bonne volonté pour obtenir la vie et la gloire éternelle. Vous ne pourrez certainement pas répéter toutes les paroles lumineuses de l’Éternelle Parole de Vie et de Vérité. Mais écrivez-en autant que vous pouvez en écrire. L’Esprit de Dieu, descendu sur moi pour que je donne au monde le Sauveur et qui est descendu aussi sur vous une première fois et une seconde, vous aidera à vous souvenir et à parler aux foules de manière à les convertir au Dieu vrai. Vous continuerez ainsi cette maternité spirituelle que j’ai commencée sur le Calvaire pour donner de nombreux enfants au Seigneur. Et le même Esprit, en parlant dans les fils recréés du Seigneur, les fortifiera de manière qu’il leur soit doux de mourir dans les tourments, de souffrir l’exil et les persécutions, afin de confesser leur amour pour le Christ et de le rejoindre dans les Cieux, comme déjà l’ont fait Étienne et Jacques, mon Jacques, et d’autres encore... Quand tu seras resté seul, sauve ce coffre..." Jean pâlit et se trouble plus encore qu’il ne l’a fait quand Marie lui a dit qu’elle sentait sa mission accomplie. Il l’interrompt en s’écriant et en lui demandant : "Mère, pourquoi parles-tu ainsi ? Tu te sens mal ?" "Non." "Tu veux me quitter alors ?" "Non. Je serai avec toi tant que je serai sur la Terre. Mais prépare-toi, mon Jean, à être seul." "Mais alors tu te sens mal, et tu veux me le cacher !..." "Non, crois-le. Je ne me suis jamais sentie en force, en paix, en joie comme maintenant. Mais j’ai en moi une telle jubilation, une telle plénitude de vie surnaturelle que... Oui, que je pense ne pas pouvoir la supporter en continuant à vivre. Je ne suis pas éternelle, du reste. Tu dois le comprendre. Éternel est mon esprit. La chair, non. Elle est sujette comme toute chair humaine à la mort." "Non ! Non ! Ne dis pas cela. Tu ne peux pas, tu ne dois pas mourir ! Ton corps immaculé ne peut mourir comme celui des pécheurs !" "Tu es dans l’erreur, Jean. Mon Fils est mort ! Moi aussi, je mourrai. Je ne connaîtrai pas la maladie, l’agonie, le spasme de la mort. Mais pour ce qui est de mourir, je mourrai. Et du reste sache, mon fils, que si j’ai un désir qui est mien, tout entier et seulement mien, et qui dure depuis que Lui m’a quittée, c’est justement celui-ci. C’est mon premier, puissant désir qui est tout mien. Je puis même dire : ma première volonté. Toute autre chose de ma vie n’a été que consentement de ma volonté au vouloir divin. Vouloir de Dieu, mis dans mon cœur de petite fille par Lui-même, la volonté d’être vierge. Son vouloir, mon mariage avec Joseph. Son vouloir ma Maternité virginale et divine. Tout, dans ma vie, a été vouloir de Dieu, et mon obéissance à sa volonté. Mais vouloir me réunir à Jésus, c’est un vouloir tout mien. Quitter la Terre pour le Ciel, pour être avec Lui éternellement et sans arrêt ! Mon désir de tant d’années ! Et maintenant je le sens près de devenir une réalité. Ne te trouble pas ainsi, Jean ! Écoute plutôt mes dernières volontés. Quand mon corps, désormais privé de l’esprit vital, sera étendu en paix, ne me soumets pas aux embaumements en usage chez les hébreux. Désormais je ne suis plus l’hébraïque, mais la chrétienne, la première chrétienne, si on y réfléchit bien, parce que la première j’ai eu le Christ, Chair et Sang, en moi, parce que j’ai été sa première disciple, parce que j’ai été avec Lui Corédemptrice et sa continuatrice ici, parmi vous, ses disciples. Aucun vivant, excepté mon père et ma mère, et ceux qui ont assisté à ma naissance, n’a vu mon corps. Tu m’appelles souvent : “Arche qui contint la Parole divine”. Maintenant tu sais que l’Arche ne peut être vue que par le Grand Prêtre. Tu es prêtre, et beaucoup plus saint et plus pur que le Pontife du Temple. Mais je veux que seul l’Éternel Pontife puisse voir, au temps voulu, mon corps. Ne me touche donc pas. Du reste, tu vois ? Je me suis déjà purifiée et j’ai mis le vêtement propre, le vêtement des noces éternelles... Mais pourquoi pleures-tu, Jean !" "Parce que la tempête de la douleur se déchaîne en moi. Je comprends que je vais te perdre. Comment ferai-je pour vivre sans toi ? Je sens mon cœur se déchirer à cette pensée ! Je ne résisterai pas à cette douleur !" "Tu résisteras. Dieu t’aidera à vivre, et longuement, comme Il m’a aidée. Car s’Il ne m’avait pas aidé, au Golgotha et sur l’Oliveraie, quand Jésus est mort et quand il est monté, je serais morte, comme est mort Isaac. Il t’aidera à vivre et à te rappeler ce que je t’ai dit auparavant, pour le bien de tous." "Oh ! je me rappellerai. Tout. Et je ferai ce que tu veux, pour ton corps aussi. Je comprends aussi que les rites hébraïques ne servent plus pour toi, chrétienne, et pour toi, toute Pure, qui, j’en suis certain, ne connaîtras pas la corruption de la chair. Ton corps, déifié comme aucun autre corps de mortel, et parce que tu as été exempte de la Faute d’origine, et plus encore parce que, outre la plénitude de la Grâce, tu as contenu en toi la Grâce elle-même, le Verbe, c’est pourquoi tu es la relique la plus véritable de Lui, ne peut pas connaître la décomposition, la putréfaction de toute chair morte. Ce sera le dernier miracle de Dieu sur toi, en toi. Tu seras conservée telle que tu es..." "Et ne pleure pas alors !" s’écrie Marie en regardant le visage bouleversé de l’apôtre, tout baigné de larmes. Et elle ajoute : "Si je me conserve telle que je suis, tu ne me perdras pas. Ne sois donc pas angoissé !" "Je te perdrai pareillement même si la corruption ne t’atteint pas. Je le sens, et je me sens comme pris par un ouragan de douleur. Un ouragan qui me brise et m’abat. Tu étais mon tout, surtout depuis que mes parents sont morts et que sont éloignés les autres frères de sang et de mission, et aussi le bien-aimé Margziam que Pierre a pris avec lui. Maintenant je reste seul et dans la tempête la plus forte !" et Jean tombe à ses pieds, en pleurant encore plus fort. Marie se penche sur lui, lui met la main sur sa tête secouée par les sanglots et lui dit : "Non, pas ainsi. Pourquoi me donnes-tu de la douleur ? Tu as été si fort sous la Croix, et c’était une scène d’horreur sans pareille, et à cause de la puissance son martyre et à cause de la haine satanique du peuple ! Si fort pour son réconfort et le mien, à cette heure ! Et aujourd’hui, au contraire, dans cette soirée de sabbat, si sereine et si calme, et devant moi qui jouis de la joie imminente que je pressens, tu es ainsi bouleversé ? ! Calme-toi. Imite, ou plutôt unis-toi à ce qu’il y a autour de nous et en moi. Tout est paix, sois en paix toi aussi. Seuls les oliviers rompent, par leur léger bruissement, le calme absolu de l’heure. Mais il est si doux ce léger bruit, qu’il semble un vol d’anges autour de la maison. Et peut-être ils y sont. Car toujours les anges m’ont été proches, un ou plusieurs, quand j’étais à un moment spécial de ma vie. Ils y furent à Nazareth, quand l’Esprit de Dieu rendit fécond mon sein vierge. Et ils furent chez Joseph, quand il était troublé et incertain à cause de mon état et de la manière de se comporter avec moi. Et à Bethléem, par deux fois, quand Jésus naquit et quand nous avons dû fuir en Égypte. Et en Égypte quand nous fut donné l’ordre de revenir en Palestine. Et s’ils n’ont pas apparu à moi, parce que le Roi des anges Lui-même était venu à moi dès sa Résurrection, les anges ont apparu aux pieuses femmes à l’aube du lendemain du sabbat et ils ont donné l’ordre de dire à toi et à Pierre ce que vous deviez faire. Les anges et la lumière toujours aux moments décisifs de ma vie et de celle de Jésus. Lumière et ardeur d’amour qui, descendant du Trône de Dieu vers moi, sa servante, et montant de mon cœur vers Dieu, mon Roi et Seigneur, m’unissaient à Dieu et Lui à moi, pour que s’accomplisse ce qui était écrit qu’il devait s’accomplir, et aussi pour créer un voile de lumière étendu sur les secrets de Dieu, afin que Satan et ses serviteurs ne connaissent pas, avant le temps voulu, l’accomplissement du mystère sublime de l’Incarnation. Ce soir aussi je sens, bien que je ne les voie pas, les anges autour de moi. Et je sens grandir en moi, au dedans de moi la Lumière, une lumière insoutenable telle que celle qui m’enveloppa quand je conçus le Christ, quand je l’ai donné au monde. Lumière qui vient d’un élan d’amour plus puissant que celui que j’ai habituellement. C’est par une semblable puissance d’amour que j’ai arraché des Cieux, avant le temps, le Verbe pour qu’il devienne l’Homme et le Rédempteur. C’est par une semblable puissance d’amour, telle qu’est celle qui me pénètre ce soir, que j’espère que le Ciel me ravisse et me transporte là où j’aspire à aller avec mon esprit pour chanter, éternellement, avec le peuple des saints et les chœurs des anges, mon impérissable “Magnificat” à Dieu pour les grandes choses qu’Il a faites pour moi, sa servante." "Pas avec ton seul esprit probablement. Et la Terre te répondra, la Terre qui, avec ses peuples et ses nations, te glorifiera et te donnera honneur et amour, tant que le monde existera. C’est ce qu’a prédit Tobie de toi, bien que d’une manière voilée, parce que c’est toi, et non le Saint des Saints, qui as porté vraiment en toi le Seigneur. Tu as donné à Dieu, toi seule, autant d’amour que tous les Grands Prêtres, et tous les autres du Temple n’en ont donné pendant des siècles et des siècles. Un amour ardent et toute pureté. C’est pour cela que Dieu te rendra toute bienheureuse." "Et Il accomplira mon unique désir, mon unique volonté. Car l’amour, quand il est tellement total qu’il arrive presque à la perfection comme celui de mon Fils et Dieu, obtient tout, même ce qui paraîtrait, en jugeant humainement, impossible à obtenir. Souviens-toi de cela, Jean, et dis-le aussi à tes frères. Vous serez tellement combattus ! Des obstacles de tout genre vous feront craindre une défaite, des massacres de la part des persécuteurs, et des défections de la part des chrétiens, à la morale... iscariotique, vous déprimeront l’esprit. Ne craignez pas. Aimez et ne craignez pas. En proportion de la façon dont vous aimerez, Dieu vous aidera et vous fera triompher de tout et de tous, On obtient tout si on devient séraphins. Alors l’âme, cette chose admirable, éternelle, qui est le souffle de Dieu infusé en nous, s’élance vers le Ciel, tombe comme une flamme au pied du Divin Trône, parle et Dieu l’écoute, et elle obtient du Tout Puissant ce qu’elle veut. Si les hommes savaient aimer comme le commande l’antique Loi, et comme mon Fils a aimé et enseigné à aimer, ils obtiendraient tout. C’est ainsi que j’aime. C’est pour cela que je sens que je vais cesser d’être sur la Terre, moi par excès d’amour, comme Lui est mort par excès de douleur. Voilà ! La mesure de ma capacité d’aimer est comble. Mon âme et ma chair ne peuvent plus la contenir ! L’amour en déborde, me submerge et en même temps me soulève vers le Ciel, vers Dieu, mon Fils. Et sa voix me dit : “Viens ! Sors ! Monte vers notre Trône et notre Trine embrassement !” La Terre, ce qui m’entoure, disparaît dans la grande lumière qui me vient du Ciel ! Ses bruits sont couverts par cette voix céleste ! Elle est arrivée pour moi l’heure de l’embrassement divin, mon Jean !" Jean s’était un peu calmé, tout en restant troublé, en écoutant Marie. Dans la dernière partie de son entretien, il la regardait extasié, et comme ravi lui aussi, le visage très pâle comme celui de Marie. La pâleur de cette dernière se change lentement en une lumière d’une extrême candeur, il accourt près d’elle pour la soutenir et en même temps il s’écrie : "Tu es comme Jésus quand il s’est transfiguré sur le Thabor ! Ta chair resplendit comme la lune, tes vêtements brillent comme une plaque de diamant posée devant une flamme d’une extrême blancheur ! Tu n’es plus humaine, Mère ! La pesanteur et l’opacité de la chair sont disparues ! Tu es lumière ! Mais tu n’es pas Jésus. Lui, étant Dieu en plus que d’être Homme, pouvait se conduire par Lui-même, là-haut sur le Thabor, comme ici sur l’Oliveraie, dans son Ascension. Toi, tu ne le peux pas. Tu ne peux te conduire. Viens. Je vais t’aider à mettre ton corps las et bienheureux sur ton lit, Repose-toi." Et, très affectueusement, il la conduit prés du pauvre lit sur lequel Marie s’étend sans même enlever son manteau. Croisant les bras sur sa poitrine, et abaissant ses paupières sur ses doux yeux brillants d’amour, elle dit à Jean qui est penché sur elle : "Je suis en Dieu. Et Dieu est en moi. Pendant que je le contemple et que je sens son embrassement, dis les psaumes et des pages de l’Écriture qui se rapportent à moi, spécialement à cette heure. L’Esprit de Sagesse te les indiquera. Récite ensuite l’oraison de mon Fils; répète-moi les paroles de l’Archange annonciateur, et celles que m’adressa Élisabeth; et mon hymne de louange... Je te suivrai avec ce que j’ai encore de moi sur la Terre..." Jean lutte contre les pleurs qui lui montent du cœur, s’efforce de dominer l’émotion qui le trouble, de sa très belle voix qui au cours des années est devenue très semblable à celle du Christ, chose que Marie remarque en souriant et qui lui fait dire : "Il me semble avoir mon Jésus à côté de moi !". Jean entonne le psaume 118, qu’il dit presque en entier, puis les trois premiers versets du psaume 41, les huit premiers du psaume 38, le psaume 22 et le premier psaume. Il dit ensuite le Pater, les paroles de Gabriel et d’Élisabeth, le cantique de Tobie, le chapitre 24ème de l’Écclésiastique, des versets 11 à 46. Pour terminer, il entonne le “Magnificat”. Mais, arrivé au 9ème verset, il s’aperçoit que Marie ne respire plus, tout en ayant gardé une pose et une attitude naturelles, souriante, tranquille, comme si elle n’avait pas remarqué l’arrêt de la vie. Jean, avec un cri déchirant, se jette par terre contre le bord du lit et il appelle à plusieurs reprises Marie. Il ne sait pas se persuader qu’elle ne peut plus lui répondre, que désormais le corps n’a plus son âme vitale. Mais il lui faut bien se rendre à l’évidence ! Il se penche sur son visage, resté fixe avec une expression de joie surnaturelle, et des larmes abondantes pleuvent de ses yeux sur ce suave visage, sur ces mains pures, si doucement croisées sur sa poitrine. C’est l’unique bain que reçoive le corps de Marie : les pleurs de l’Apôtre de l’amour et de celui que Jésus lui a donné comme fils adoptif. Après la première violence de la douleur, Jean, se rappelant le désir de Marie, rassemble les pans de son ample manteau de lin, qui pendaient des bords du lit, et aussi ceux du voile, qui pendent aussi des deux côtés de l’oreiller, et étend les premiers sur le corps et les seconds sur la tête. Marie ressemble maintenant à une statue de marbre blanc, étendue sur le dessus d’un sarcophage. Jean la contemple longuement et des larmes tombent encore de ses yeux pendant qu’il la regarde. Ensuite il donne une autre disposition à la pièce en enlevant tout mobilier inutile. Il laisse seulement le lit, la petite table contre le mur, sur laquelle il place le coffre contenant les reliques; un tabouret qu’il place entre la porte qui donne sur la terrasse et le lit où gît Marie; et une console sur laquelle se trouve la lampe que Jean allume, car maintenant le soir va venir. Il se hâte ensuite de descendre au Gethsémani pour y cueillir autant de fleurs qu’il peut en trouver et des branches d’oliviers, dont les olives sont déjà formées. Il remonte dans la petite chambre, et à la clarté de la lampe, il dispose les fleurs et les feuillages autour du corps de Marie comme s’il était au centre d’une grande couronne. Pendant qu’il fait ce travail, il parle à la gisante comme si Marie pouvait l’entendre. Il dit : "Tu as toujours été le lys de la vallée, la suave rose, la belle olive, la vigne féconde, le saint épi. Tu nous as donné tes parfums, et l’Huile de Vie, et le Vin des forts, et le Pain qui préserve de la mort l’esprit de ceux qui s’en nourrissent dignement. Elles font bien autour de toi ces fleurs, simples et pures comme toi, garnies comme toi d’épines, et pacifiques comme toi. Maintenant approchons cette lampe. Ainsi, près de ton lit, pour qu’elle te veille et me tienne compagnie pendant que je te veille, en attendant au moins un des miracles que j’attends et pour l’accomplissement desquels je prie. Le premier est que, selon son désir, Pierre et les autres, que je ferai prévenir par le serviteur de Nicodème, puissent te voir encore une fois. Le second c’est que toi, ayant eu en tout un sort semblable à celui de ton Fils, tu doives comme Lui, avant la fin du troisième jour, te réveiller pour ne pas me rendre orphelin deux fois. Le troisième c’est que Dieu me donne la paix, si ce que j’espère qu’il arrive pour toi, comme c’est arrivé pour Lazare, qui ne t’était pas semblable, ne devait pas s’accomplir. Mais pourquoi cela ne devrait-il pas s’accomplir ? Ils sont redevenus vivants la fille de Jaïre, le jeune homme de Naïm, le fils de Théophile... Il est vrai qu’alors le Maître a agi... Mais Lui est avec toi, même s’il ne l’est pas d’une manière visible. Et tu n’es pas morte de maladie comme ceux que le Christ a ressuscités. Mais es-tu vraiment morte ? Morte comme meurt tout homme ? Non. Je sens que non. Ton esprit n’est plus en toi, dans ton corps, et en ce sens on pourrait parler de mort. Mais, à cause de la manière dont c’est arrivé, je pense que ce n’est qu’une séparation passagère de ton âme sans faute et pleine de grâce d’avec ton corps très pur et virginal. Il doit en être ainsi ! Il en est ainsi ! Comment et quand la réunion arrivera-t-elle avec la vie qui reviendra en toi, je ne sais pas. Mais j’en suis tellement certain que je resterai ici, à côté de toi, jusqu’à ce que Dieu, par sa parole ou par son action, me montre la vérité sur ton sort." Jean, qui a fini de mettre tout en ordre s’assoit sur le tabouret, en mettant la lampe par terre près du lit, et il contemple, en priant, la gisante.


Fruit du Mystère, demandons la grâce d'une bonne mort et de la fidélité à Jésus

2 août 2008

Le Rosaire médité avec Maria Valtorta 10/20

Le Rosaire médité avec Maria Valtorta

Textes extraits de « L'Evangile tel qu'il m'a été révélé »

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Cinquième Mystère Lumineux: L'Institution de l'Eucharistie

C'est le commencement de la souffrance du Jeudi Saint. Les apôtres - ils sont dix - s'occupent activement de préparer le Cénacle. Judas, grimpé sur la table, regarde s'il y a de l'huile dans tous les lampions du grand lampadaire qui ressemble à une corolle de fuchsia double, car la tige de suspension est entourée de cinq ampoules qui ressemblent à des pétales, puis un second tour, plus bas, qui est une vraie couronne de petites flammes; puis il y a enfin trois petits lampions suspendus à des chaînettes qui semblent les pistils de la fleur lumineuse. Puis il saute par terre et aide André à disposer avec art la vaisselle sur la table sur laquelle on a étendu une nappe très fine. J'entends André qui dit : "Quel lin splendide !" Et l'Iscariote : "Un des meilleurs de Lazare. Marthe a voulu absolument l'apporter." "Et ces calices ? et ces amphores, alors ?" observe Thomas qui a mis le vin dans les amphores précieuses et les regarde avec admiration en se regardant dans leurs fines panses et il en caresse les poignées ciselées d'un œil de connaisseur. "Qui sait quelle valeur, hein ?" demande Judas Iscariote. "C'est travaillé au marteau. Mon père en serait fou. L'argent et l'or en feuilles se plient facilement à la chaleur. Mais traité ainsi... Un moment peut tout abîmer. Il suffit d'un coup mal donné. Il faut en même temps de la force et de la légèreté. Tu vois les poignées ? Elles sont tirées de la masse et ne sont pas soudées. Choses de riches... Pense que toute la limaille et le dégrossissement se perdent. Je ne sais pas si tu me comprends." "Hé ! si je comprends ! C'est comme fait un sculpteur." "Tout à fait cela." Tous admirent, puis retournent à leur travail. Tel dispose les sièges et tel autre prépare les crédences. Pierre et Simon entrent ensemble. "Oh ! vous êtes venus finalement ! Où êtes-vous allés de nouveau ? Après être arrivés avec le Maître et nous, vous vous êtes enfuis de nouveau" dit l'Iscariote."Encore une tâche avant l'heure" répond brièvement Simon. "Tu es mélancolique ?" "Je crois qu'avec ce qu'on a entendu en ces jours et de ces lèvres que jamais on ne trouve mensongères, il y en a bien une raison." "Et avec cette puanteur de... Bon ! tais-toi, Pierre" murmure Pierre entre ses dents. "Toi aussi !... Tu me sembles fou depuis quelques jours. Tu as la figure d'un lapin sauvage qui sent derrière lui le chacal" répond Judas l'Iscariote. "Et toi, tu as le museau de la fouine. Toi aussi, tu n'es pas très beau depuis quelques jours. Tu regardes d'une façon... Tu as même l'œil de travers... Qui attends-tu ou qu'espères-tu voir ? Tu sembles plein d'assurance, tu veux le faire paraître, mais tu as l'air de quelqu'un qui a peur" réplique Pierre. "Oh ! Quant à la peur !... Tu n'es certainement pas un héros, toi non plus !" "Personne de nous ne l'est, Judas. Tu portes le nom du Macchabée, mais tu ne l'es pas. Moi, je dis avec mon nom : "Dieu fait grâce", mais je te jure que j'ai en moi le tremblement de qui sait porter malheur et d'être surtout dans la disgrâce de Dieu. Simon de Jonas, rebaptisé "la pierre", est mou maintenant comme de la cire près du feu. Il ne se cramponne plus par sa volonté. Lui, que je n'ai jamais vu trembler dans les plus violentes tempêtes ! Matthieu, Barthélemy et Philippe semblent des somnambules. Mon frère et André ne font que soupirer. Les deux cousins, qui ont la douleur de la parenté avec celle de l'amour pour le Maître, regarde-les. Ils semblent déjà des vieillards. Thomas a perdu son entrain, et Simon semble redevenu le lépreux épuisé d'il y a maintenant trois ans tant il est creusé par la douleur, je dirais corrodé, livide, avili" lui répond Jean. "Oui. Il nous a tous suggestionnés par sa mélancolie" observe l'Iscariote. "Mon cousin Jésus, mon Maître et Seigneur et le vôtre, est et n'est pas mélancolique. Si tu veux dire par ce nom qu'il est triste à cause de la douleur excessive que tout Israël est en train de Lui donner, et que nous voyons, et l'autre douleur cachée que Lui seul voit, je te dis : "Tu as raison". Mais si tu uses de ce terme pour dire qu'il est fou, je te l'interdis" dit Jacques d'Alphée. "Et n'est-ce pas de la folie qu'une idée fixe de mélancolie ? J'ai fait aussi des études profanes, et je sais. Il a trop donné de Lui-même. Maintenant il a l'esprit épuisé." "Ce qui signifie de la démence. N'est-ce pas ?" demande l'autre cousin Jude, apparemment calme. "Tout à fait cela ! Il avait bien vu ton père, juste de sainte mémoire, à qui tu ressembles pour la justice et la sagesse ! Jésus, triste destin d'une illustre maison trop vieille et frappée de sénilité psychique, a toujours eu une tendance à cette maladie, d'abord douce, puis toujours de plus en plus agressive. Tu as vu comme il a attaqué pharisiens et scribes, sadducéens et hérodiens. Il s'est rendu la vie impossible comme un chemin couvert d'éclats de quartz. Et c'est Lui qui les a semés. Nous... nous l'aimions tant que l'amour nous l'a caché. Mais ceux qui l'ont aimé sans l'idolâtrer : ton père, ton frère Joseph, et Simon au début, ont vu juste... nous devions ouvrir les yeux en les écoutant. Au contraire, nous avons été tous séduits par sa douce fascination de malade. Et maintenant... Hélas !" Jude Thaddée qui, aussi grand que l'Iscariote, est justement en face de lui et paraît l'écouter paisiblement, a un déclic violent et d'un puissant revers de main il couche Judas sur un des sièges et avec une colère contenue, sans éclat de voix, se penchant, siffle sur son visage de lâche, et Judas ne réagit pas, craignant peut-être que le Thaddée soit au courant de son crime : "Voilà pour la démence, reptile ! Et c'est seulement parce que Lui est à côté et que c'est le soir de Pâque que je ne t'étrangle pas. Mais réfléchis, réfléchis bien ! S'il Lui arrive du mal et qu'il n'est plus là pour arrêter ma force, personne ne te sauve. C'est comme si déjà tu avais la corde au cou et ce seront ces mains honnêtes et fortes d'artisan galiléen et de descendant du frondeur de Goliath qui feront ton affaire. Lève-toi, mollasson libertin ! Et surveille ta conduite." Judas se lève, livide, sans la moindre réaction. Et, ce qui me surprend, personne ne réagit au nouveau geste du Thaddée. Au contraire !... Il est clair que tous approuvent. L'ambiance est à peine redevenue tranquille que Jésus entre. Il se présente au seuil de la petite porte par laquelle sa grande taille passe difficilement, met le pied sur le petit palier et, avec son sourire doux et triste, dit en ouvrant les bras : "La paix soit avec vous." Sa voix est lasse comme celle de quelqu'un qui souffre physiquement et moralement. Il descend, caresse la tête blonde de Jean qui est accouru près de Lui. Comme s'il ignorait tout, il sourit à son cousin Jude et il dit à l'autre cousin : "Ta mère te prie d'être doux avec Joseph. Tout à l'heure il a demandé aux femmes de mes nouvelles et des tiennes. Je regrette de ne l'avoir pas salué." "Tu le feras demain." "Demain ?... Mais j'aurai toujours le temps de le voir... Oh ! Pierre ! Nous allons rester finalement un peu ensemble ! Depuis hier, tu semblés pour Moi un feu follet. Je te vois, puis je ne te vois plus. Aujourd'hui je puis presque dire que je t'ai perdu. Toi aussi, Simon." "Nos cheveux plutôt blancs que noirs peuvent t'assurer que nous ne nous sommes pas absentés par désir de la chair" dit Simon avec sérieux. "Bien que... à tout âge on peut avoir cette faim... Les vieux ! Pires que les jeunes..." dit l'Iscariote offensif. Simon le regarde et il va répliquer. Mais Jésus le regarde aussi et dit : "Tu as mal aux dents ? Tu as la joue droite enflée et rouge." "Oui, j'ai mal. Mais ce n'est pas la peine de s'en occuper." Les autres ne disent rien, et l'affaire se termine ainsi. "Avez-vous fait tout ce qu'il fallait faire ? Toi, Matthieu ? Et toi, André ? Et toi, Judas, as-tu pensé à l'offrande au Temple ?" Les deux premiers, aussi bien que l'Iscariote, disent : "Tout est fait de ce que tu avais dit de faire pour aujourd'hui. Sois tranquille." "Moi, j'ai apporté les primeurs de Lazare à Jeanne de Chouza, pour les enfants. Ils m'ont dit : "Elles étaient meilleurs ces pommes !" Elles avaient la saveur de la faim, celles-là ! Et c'était tes pommes" dit Jean souriant et rêvant. Jésus aussi sourit à un souvenir... "J'ai vu Nicodème et Joseph" dit Thomas. "Tu les as vus ? Tu as parlé avec eux ?" demande l'Iscariote avec un intérêt exagéré. "Oui. Qu'y a-t-il d'étrange ? Joseph est un bon client de mon père." "Tu ne l'avais pas dit avant... C'est pour cela que j'ai été étonné !..." Judas essaie de dépailler l'impression, qu'il avait donnée d'abord, de son inquiétude pour la rencontre de Joseph et de Nicodème avec Thomas. "Il me semble étrange qu'ils ne soient pas venus ici pour te vénérer. Ni eux, ni Chouza, ni Manaën... Aucun des..." Mais l'Iscariote, avec un faux rire, interrompt Barthélemy et il dit : "Le crocodile se terre quand il le faut." "Que veux-tu dire ? Qu'insinues-tu ?" demande Simon, agressif comme il n'a jamais été. "Paix, paix ! Mais qu'avez-vous ? C'est la soirée pascale ! Jamais nous n'avons eu un si digne apparat pour consommer l'agneau. Consommons donc la cène dans un esprit de paix. Je vois que je vous ai beaucoup troublés par mes instructions de ces derniers soirs. Mais, vous voyez ? J'ai fini ! Maintenant je ne vous troublerai plus. Tout n'est pas dit de ce qui se rapporte à Moi. Seulement l'essentiel. Le reste... vous le comprendrez par la suite. Il vous sera dit... Oui. Il viendra Celui qui vous le dira ! Jean, va avec Judas et un autre, prendre les coupes pour la purification. Et puis assoyons-nous à table." Jésus est d'une douceur déchirante. Jean avec André, Jude Thaddée avec Jacques, apportent la vaste coupe, y versent l'eau et offrent l'essuie-mains à Jésus et à leurs compagnons qui font la même chose avec eux. La coupe (qui est un bassin de métal) est mise dans un coin. "Et maintenant à vos places. Moi ici, et ici (à droite) Jean et de l'autre côté mon fidèle Jacques. Les deux premiers disciples. Après Jean ma Pierre forte et après Jacques celui qui est comme l'air. On ne le remarque pas, mais il est toujours présent et réconforte : André. Près de lui, mon cousin Jacques. Tu ne te plains pas, doux frère, si je donne la première place aux premiers ? Tu es le neveu du Juste dont l'esprit palpite et plane sur Moi en cette soirée plus que jamais. Aie la paix, père de ma faiblesse enfantine, chêne à l'ombre duquel se restaurèrent la Mère et le Fils ! Aie la paix !... Après Pierre: Simon... Simon, viens ici un moment. Je veux fixer ton visage loyal. Après, je ne te verrai plus que mal car les autres me couvriront ta figure honnête. Merci, Simon. De tout" et il l'embrasse. Simon, quand il le laisse, va à sa place portant ses mains à son visage en marquant son affliction. "En face de Simon, mon Bartholmaï, deux honnêtetés et deux sagesses qui se reflètent. Ils sont bien ensemble. Et tout près, toi, Jude mon frère. Ainsi je te vois... et il me semble être à Nazareth... quand quelque fête nous réunissait tous à une table... Et aussi à Cana... Tu te souviens ? Nous étions ensemble. Une fête... une fête de noces... le premier miracle... l'eau changée en vin... Aujourd'hui aussi une fête... et aujourd'hui aussi il y aura un miracle... le vin changera de nature... et il sera..." Jésus se plonge dans ses pensées, la tête inclinée, et comme isolé dans son monde secret. Les autres le regardent et ne parlent pas. Il relève la tête et fixe Judas Iscariote auquel il dit : "Tu seras en face de Moi." "Tu m'aimes à ce point ? Plus que Simon, que tu veux toujours m'avoir en face de Toi ?" "Tellement. Tu l'as dit." "Pourquoi, Maître ?" "Parce que tu es celui qui a fait plus que tous pour cette heure." Judas jette un regard changé sur le Maître et sur ses compagnons. Sur le premier avec un air de compassion, sur les autres avec un air de triomphe. "Et à côté de toi, d'une part Matthieu, de l'autre Thomas." "Alors Matthieu à ma gauche et Thomas à ma droite." "Comme tu veux, comme tu veux" dit Matthieu. "Il me suffît d'avoir bien en face de moi mon Sauveur." "Le dernier, Philippe. Voilà, vous voyez ? Qui n'est pas à côté de Moi du côté d'honneur, a l'honneur d'être en face de Moi." Jésus, debout à sa place, verse dans le grand calice placé devant Lui (tous ont de hauts calices, mais Lui en a un beaucoup plus grand en plus de celui des autres. Ce doit être le calice rituel). Il verse le vin. Il l'élève, l'offre, le repose. Puis tous ensemble demandent sur le ton du psaume : "Pourquoi cette cérémonie ?" Question de pure forme, on le comprend, rituelle. Jésus, en chef de famille, y répond : "Ce jour rappelle notre libération de l'Égypte. Que soit béni Jéovah qui a créé le fruit de la vigne." Il boit une gorgée de ce vin qu'il a offert et passe le calice aux autres. Puis il offre le pain, en fait des morceaux, le distribue, ensuite les légumes trempés dans la sauce rougeâtre qui est dans quatre saucières. Une fois terminée cette partie du repas, ils chantent des psaumes tous en chœur. On apporte de la crédence sur la table et on place en face de Jésus le grand plateau de l'agneau rôti. Pierre qui a le rôle de... première partie du chœur, si vous voulez, demande: "Pourquoi cet agneau ainsi présenté ?" "En souvenir de quand Israël fut sauvé par l'agneau immolé. Le premier-né ne mourut pas là où le sang brillait sur les montants de la porte et sur l'architrave. Et ensuite, alors que l'Égypte pleurait ses fils premiers-nés qui étaient morts, depuis le palais royal jusqu'aux taudis, les hébreux, commandés par Moïse, se mirent en marche vers la terre de la libération et de la promesse. Les côtés déjà ceints, les sandales aux pieds, le bourdon en main, le peuple d'Abraham s'empressa de se mettre en marche en chantant les hymnes de la joie" Tous se lèvent debout et entonnent : "Quand Israël sortit d'Égypte et la maison de Jacob du milieu d'un peuple barbare, la Judée devint son sanctuaire"et cætera. Maintenant Jésus découpe l'agneau, verse un nouveau calice, le passe après en avoir bu. Puis ils chantent encore: "Enfants, louez le Seigneur. Que soit béni le Nom de l'Éternel maintenant et toujours dans les siècles. De l'orient à l'occident Il doit être loué"et cætera. Jésus donne les parts en faisant attention que chacun soit bien servi, exactement comme un père de famille parmi ses fils qui lui sont tous chers. Il est solennel, un peu triste, alors qu'il dit: "j'ai ardemment désiré de manger avec vous cette Pâque. Cela a été mon désir des désirs depuis qu'éternellement j'ai été le "Sauveur". Je savais que cette heure précéderait cette autre, et la joie de me donner mettait à l'avance ce soulagement à mon martyre... J'ai ardemment désiré de manger avec vous cette Pâque car jamais plus je ne goûterai du fruit de la vigne jusqu'à ce que soit venu le Royaume de Dieu. Alors je m'assiérai de nouveau avec les élus au Banquet de l'Agneau, pour les noces des Vivants avec le Vivant. Mais y viendront seulement ceux qui auront été humbles et purs de cœur comme je le suis." 

"Maître, tout à l'heure tu as dit que qui n'a pas l'honneur de la place, a celui d'être en face de Toi. Comment alors pouvons-nous savoir qui est le premier d'entre nous ?" demande Barthélemy. "Tous et personne. Une fois... nous revenions fatigués... avec la nausée de la rancœur des pharisiens. Mais vous n'étiez pas las pour discuter entre vous qui était le plus grand... Un enfant accourut près de Moi... un de mes petits amis... Et son innocence adoucit mon dégoût de tant de choses. Ce n'était pas pour dernière votre humanité opiniâtre. Où es-tu maintenant, petit Benjamin à la réponse sage, venue à toi du Ciel car, ange comme tu l'étais, l'Esprit te parlait ? Je vous ai dit alors : "Si quelqu'un veut être le premier qu'il soit le dernier et le serviteur de tous". Et je vous ai donné en exemple l'enfant sage. Maintenant je vous dis : "Les rois des nations les dominent. Et les peuples opprimés, tout en les haïssant, les acclament et on les appelle les rois 'Bienfaiteurs', 'Pères de la Patrie', mais la haine couve sous le respect menteur". Mais parmi vous qu'il n'en soit pas ainsi. Que le plus grand soit comme le plus petit, le chef comme celui qui sert. Qui, en fait, est le plus grand ? Celui qui est à table ou celui qui sert ? C'est celui qui est à table. Et pourtant, Moi je vous sers, et d'ici peu, je vous servirai davantage. Vous êtes ceux qui ont été avec Moi dans les épreuves, et Moi je dispose pour vous d'une place dans mon Royaume, de même que j'y serai Roi selon la volonté du Père, afin que vous mangiez et buviez à ma table éternelle et que vous soyez assis sur des trônes pour juger les douze tribus d'Israël. Vous êtes restés avec Moi dans les épreuves... Il n'y a que cela qui vous donne de la grandeur aux yeux du Père." "Et ceux qui viendront ? Ils n'auront pas de place dans le Royaume ? Nous seuls ?" "Oh ! que de princes dans ma Maison ! Tous ceux qui auront été fidèles au Christ dans les épreuves de la vie seront des princes dans mon Royaume, car ceux qui auront persévéré jusqu'à la fin dans le martyre de l'existence seront pareils à vous qui êtes restés avec Moi dans mes épreuves. Je m'identifie avec ceux qui croient en Moi. La Douleur que j'embrasse pour vous et pour tous les hommes, je la donne comme enseigne à ceux qui sont particulièrement élus. Celui qui me sera fidèle dans la Douleur sera un de mes bienheureux, pareil à vous, ô mes aimés." "Nous avons persévéré jusqu'à la fin." "Tu le crois, Pierre ? Et Moi, je te dis que l'heure de l'épreuve n'est pas encore venue. Simon, Simon de Jonas, voilà que Satan a demandé de vous vanner comme le grain. J'ai prié pour toi, pour que ta foi ne vacille pas. Toi, quand tu te seras repenti, confirme tes frères." "Je sais que je suis un pécheur. Mais je serai fidèle à Toi jusqu'à la mort. Je n'ai pas ce péché. Je ne l'aurai jamais." "Ne sois pas orgueilleux, mon Pierre. Cette heure changera une infinité de choses qui avant étaient ainsi et qui maintenant seront différentes. Combien !... Elles apportent et imposent des nécessités nouvelles. Vous le savez. Je vous l'ai toujours dit, même quand nous allions par des chemins écartés, parcourus par des bandits : "Ne craignez pas, il ne vous arrivera aucun mal parce que les anges du Seigneur sont avec nous. Ne vous préoccupez de rien". Vous rappelez-vous quand je vous disais : "N'ayez pas d'inquiétudes pour ce que vous devez manger et pour le vêtement. Le Père sait de quoi nous avons besoin" ? Je vous disais aussi : "L'homme est beaucoup plus qu'un passereau et que la fleur qui aujourd'hui est de l'herbe et demain est du foin. Et pourtant le Père a soin aussi de la fleur et du petit oiseau. Pouvez-vous alors douter qu'il n'ait pas soin de vous ?" Je vous disais encore : "Donnez à qui vous demande, à celui qui vous offense présentez l'autre joue". Je vous disais : "N'ayez pas de bourse ni de bâton". Parce que je vous ai enseigné l'amour et la confiance. Mais maintenant... Maintenant ce n'est plus ce temps. Maintenant je vous dis : "Vous est-il rien manqué jusqu'à maintenant ? Avez-vous jamais été offensés ?" "Rien, Maître, Et Toi seul as été offensé." "Vous voyez donc que ma parole était vraie. Mais maintenant les anges ont tous été rappelés par leur Seigneur. C'est l'heure des démons... Avec leurs ailes d'or, eux, les anges du Seigneur, se couvrent les yeux, s'enveloppent et souffrent de ce que leurs ailes ne soient pas couleur du chagrin, car c'est une heure de deuil, de deuil cruel, sacrilège... Il n'y a pas d'anges sur la Terre ce soir. Ils sont près du trône de Dieu pour couvrir de leur chant les blasphèmes du monde déicide et les pleurs de l'Innocent. Et nous sommes seuls... Vous et Moi : seuls. Et les démons sont les maîtres de l'heure. Aussi maintenant nous allons prendre les apparences et les mesures des pauvres hommes qui se défient et n'aiment pas. Maintenant que celui qui a une bourse prenne aussi une besace, que celui qui n'a pas d'épée vende son manteau et en achète une, car cela aussi est dit de Moi dans l'Écriture et doit s'accomplir : "Il a été compté parmi les malfaiteurs. En vérité tout ce qui me concerne a son but." Simon, qui s'est levé pour aller au coffre où il a déposé son riche manteau — c'est en effet que ce soir tous ont pris leurs meilleurs habits, et ont par conséquent leurs poignards, damasquinés mais très courts, plutôt couteaux que poignards, à leurs riches ceintures — prend deux épées, deux épées véritables, longues, légèrement courbes, et les porte à Jésus : "Pierre et moi, nous sommes armés ce soir. Nous avons celles-ci, mais les autres n'ont que le court poignard" Jésus prend les épées, les observe, en dégaine une et essaie le tranchant sur l'ongle. C'est une vue étrange et cela fait une impression encore plus étrange de voir cette arme féroce dans les mains de Jésus. "Qui vous les a données ?" demande l'Iscariote alors que Jésus observe en silence. Et Judas paraît sur les épines... "Qui ? Je te rappelle que mon père était noble et puissant." "Mais Pierre..." "Eh bien ? Depuis quand dois-je rendre compte des cadeaux que je veux faire à mes amis ?" Jésus lève la tête après avoir rengainé l'arme et la rend au Zélote. "C'est bien, elles suffisent. Tu as bien fait de les prendre. Mais maintenant, avant que l'on boive le troisième calice, attendez un moment. Je vous ai dit que le plus grand est pareil au plus petit et que Moi je suis le serviteur à cette table, et que je vous servirai davantage. Jusqu'à présent je vous ai donné de la nourriture, service pour le corps. Maintenant je veux vous donner une nourriture pour l'esprit. Ce n'est pas un plat du rituel ancien. Il appartient au nouveau rite. J'ai voulu me baptiser avant d'être le "Maître". Pour répandre la Parole, ce baptême suffisait. Maintenant le Sang sera répandu. Il faut un nouveau baptême même pour vous qui pourtant avez été purifiés, par le Baptiste en son temps, et même aujourd'hui au Temple. Mais cela ne suffit pas encore. Venez que je vous purifie. Suspendez le repas. Il y a quelque chose de plus élevé et de plus nécessaire que la nourriture donnée au ventre pour le remplir, même si c'est une nourriture sainte comme celle du rite pascal. Et c'est un esprit pur, disposé à recevoir le don du Ciel qui déjà descend pour se faire un trône en vous et vous donner la Vie. Donner la Vie à qui est pur." Jésus se lève, fait lever Jean pour sortir plus facilement de sa place, va à un coffre et quitte son vêtement rouge pour le plier et le déposer sur le manteau déjà plié, se ceint la taille d'un grand essuie-mains, puis va à un autre bassin encore vide et propre. Il y verse de l'eau, le porte au milieu de la pièce près de la table, et le met sur un tabouret. Les apôtres le regardent étonnés. "Vous ne me demandez pas ce que je fais ?" "Nous ne savons pas. Je te dis que nous sommes déjà purifiés" répond Pierre. "Et je te répète que cela n'a pas importance. Ma purification servira à celui qui est déjà pur à être plus pur." Il s'agenouille, délace les sandales de l'Iscariote et lui lave les pieds l'un après l'autre. Il est facile de le faire car les lits-sièges sont tournés de façon que les pieds sont vers l'extérieur. Judas est stupéfait et ne dit rien. Seulement quand Jésus, avant de chausser le pied gauche et de se lever, fait le geste de lui baiser le pied droit déjà chaussé, Judas retire vivement son pied et frappe avec la semelle la bouche divine. Il le fait sans le vouloir. Ce n'est pas un coup fort, mais il me donne tant de douleur. Jésus sourit et à l'apôtre qui Lui demande : "T'ai-je fait mal ? Je ne voulais pas... Pardon", il dit : "Non, ami. Tu l'as fait sans malice et cela ne me fait pas mal." Judas le regarde. Un regard troublé, fuyant... Jésus passe à Thomas, puis à Philippe... il suit le côté étroit de la table et arrive à son cousin Jacques. Il le lave, et en se levant le baise au front. Il passe à André qui rougit de honte et fait des efforts pour ne pas pleurer, il le lave, le caresse comme un enfant. Puis c'est Jacques de Zébédée qui ne cesse de murmurer : "Oh ! Maître ! Maître ! Maître ! Tu t'anéantis, mon sublime Maître !" Jean a déjà délacé ses sandales et alors que Jésus se penche pour lui essuyer les pieds, il s'incline pour baiser ses cheveux. Mais Pierre !... Il n'est pas facile de le persuader de se prêter à ce rite ! "Toi, me laver les pieds ? N'y pense pas ! Tant que je suis en vie, je ne le permettrai pas. Je suis un ver, tu es Dieu. Chacun à sa place." "Ce que je fais, tu ne peux le comprendre maintenant, mais par la suite, tu le comprendras. Laisse-moi faire." "Tout ce que tu veux, Maître. Veux-tu me couper le cou ? Fais-le. Mais me laver les pieds, tu ne le feras pas." "Oh ! mon Simon ! Tu ne sais pas que si je ne te lave pas tu n'auras pas part à mon Royaume ? Simon, Simon ! Tu as besoin de cette eau pour ton âme et pour le tant de chemin que tu dois faire. Tu ne veux pas venir avec Moi ? Si je ne te lave pas, tu ne viens pas dans mon Royaume." "Oh ! mon Seigneur béni  Mais alors lave-moi tout entier ! Pieds, mains et tête !" "Celui qui, comme vous, a pris un bain n'a besoin que de se laver les pieds, puisqu'il est entièrement pur. Les pieds... L'homme avec ses pieds va dans les ordures. Et ce serait encore peu car, je vous l'ai dit, ce n'est pas ce qui entre et sort avec la nourriture qui souille, et ce n'est pas ce qui va sur les pieds, en route, qui contamine l'homme. Mais c'est ce qui couve et mûrit dans son cœur et sort de là pour contaminer ses actions et ses membres. Et les pieds de l'homme à l'âme impure vont aux orgies, à la luxure, aux commerces illicites, aux crimes... Ce sont donc parmi les membres du corps, ceux qui ont une grande partie à purifier... avec les yeux, avec la bouche... Oh ! homme ! homme ! Créature parfaite un jour, le premier ! Et ensuite tellement corrompu par le Séducteur ! Et il n'y avait pas de malice en toi, ô homme, et pas de péché !... Et maintenant ? Tu es tout entier malice et péché, et il n'y a pas de parties de toi qui ne pèche pas !" Jésus lave les pieds à Pierre, les baise, et Pierre pleure et il prend dans ses grosses mains les mains de Jésus, les passe sur ses yeux et les baise ensuite. Simon aussi a quitté ses sandales et se laisse laver. Mais ensuite, quand Jésus va passer à Barthélemy, Simon s'agenouille et Lui baise les pieds en disant : "Purifie-moi de la lèpre du péché comme tu m'as purifié de la lèpre du corps, pour que je ne sois pas confondu à l'heure du jugement, mon Sauveur !" "Ne crains pas, Simon. Tu viendras dans la Cité céleste blanc comme la neige." "Et moi, Seigneur ? A ton vieux Bartholmaï que dis-tu ? Tu m'as vu sous l'ombre du figuier et tu as lu dans mon cœur . Et maintenant que vois-tu, et où me vois-tu ? Rassure un pauvre vieux qui craint de ne pas avoir la force et le temps pour arriver à ce que tu veux qu'il soit." Barthélemy est très ému. "Toi aussi, ne crains pas. J'ai dit alors : "Voici un vrai Israélite en qui il n'y a pas de fraude". Maintenant je dis: "Voilà un vrai chrétien, digne du Christ''. Où je te vois ? Sur un trône éternel, vêtu de pourpre. Je serai toujours avec toi." C'est le tour de Jude Thaddée. Celui-ci, quand il voit Jésus à ses pieds, ne sait pas se contenir, il penche la tète sur son bras appuyé à la table et il pleure. "Ne pleure pas, doux frère. Tu es maintenant comme quelqu'un qui doit supporter qu'on lui enlève un nerf et il te paraît ne pas pouvoir le supporter. Mais ce sera une brève douleur. Puis... oh ! tu seras heureux parce que tu m'aimes. Tu t'appelles Jude, et tu es comme notre grand Jude: comme un géant. Tu es celui qui protège. Tes actions sont du lion et du lionceau qui rugit. Tu découvriras les impies qui reculeront devant toi, et les gens iniques seront terrifiés. Moi, je sais. Sois courageux. Une éternelle union resserrera et rendra parfaite notre parenté dans le Ciel." Il le baise lui aussi sur le front comme l'autre cousin, "Je suis pécheur, Maître. Pas à moi..." "Tu étais pécheur, Matthieu. Maintenant tu es l'Apôtre. Tu es une de mes "voix". Je te bénis. Ces pieds, que de chemin ils ont fait pour avancer toujours, vers Dieu... L'âme les excitait et ils ont quitté tout chemin qui n'était pas mon chemin. Avance. Sais-tu où finit le sentier ? Sur le sein du Père qui est le mien et le tien" Jésus a fini. Il enlève la serviette, se lave les mains dans de l'eau propre, reprend son vêtement, retourne à sa place et dit alors qu'il s'assied à sa place : "Maintenant vous êtes purs, mais pas tous. Seulement ceux qui ont eu la volonté de l'être." Il fixe Judas de Kériot qui fait semblant de ne pas entendre, occupé à expliquer à son compagnon Matthieu comment son père se décida à l'envoyer à Jérusalem, conversation inutile dont le seul but est de donner une contenance à Judas qui, malgré son audace, doit se sentir mal à l'aise. Jésus pour la troisième fois verse du vin dans le calice commun. Il boit, fait boire. Puis il entonne et les autres font un chœur : "J'aime parce que le Seigneur écoute la voix de ma prière, parce qu'il tend son oreille vers moi. Je l'invoquerai toute ma vie. J'étais entouré des douleurs de mort" et cætera. Un moment d'arrêt, puis il recommence à chanter : "J'ai eu foi, c'est pour cela que j'ai parlé. Mais j'ai été fortement humilié. Et je disais dans mon trouble : "Tout homme est menteur"." Il regarde fixement Judas. La voix de mon Jésus, fatiguée ce soir, reprend sa force quand il s'écrie : "Elle est précieuse devant Dieu la mort des saints" et "Tu as brisé mes chaînes. Je te sacrifierai une hostie de louange en invoquant le nom du Seigneur" et cætera. Un autre bref arrêt dans le chant et puis il reprend : "Louez tous le Seigneur, ô nations; louez-le tous les peuples. Car elle s'est affermie sur nous sa miséricorde et la vérité du Seigneur dure éternellement." Un autre arrêt bref et puis un long hymne: "Célébrez le Seigneur car Il est bon, car sa miséricorde dure éternellement..." Judas de Kériot chante tellement faux que par deux fois Thomas lui redonne le ton de sa puissante voix de baryton et le regarde fixement. Les autres aussi le regardent car généralement il est bien dans le ton de sa voix, j'ai compris, qu'il en est orgueilleux comme du reste. Mais ce soir ! Certaines phrases le troublent au point qu'il chante faux et de même des regards de Jésus qui soulignent certaines phrases. L'une d'elles : "Il vaut mieux avoir confiance en Dieu que d'avoir confiance en l'homme." Une autre : "Bousculé, j'ai vacillé et j'allais tomber, mais le Seigneur m'a soutenu." Une autre c'est : "Je ne mourrai pas, mais je vivrai et je raconterai les œuvres du Seigneur." Et enfin ces deux, que je dis maintenant, étranglent la voix dans la gorge du Traître : "La pierre rejetée par les constructeurs est devenue la pierre d'angle" et "Béni celui qui vient au nom du Seigneur !" Le psaume fini, pendant que Jésus découpe des tranches de l'agneau et les présente, Matthieu demande à Judas de Kériot : "Mais tu te sens mal ?" "Non. Laisse-moi tranquille. Ne t'occupe pas de moi." Matthieu hausse les épaules. Jean, qui a entendu, dit : "Le Maître aussi n'est pas bien. Qu'as-tu mon Jésus ? Ta voix est faible comme celle d'un malade ou de quelqu'un qui a beaucoup pleuré" et il l'embrasse en restant la tête sur la poitrine de Jésus. "Il a seulement beaucoup parlé, comme moi j'ai beaucoup marché et pris froid" dit Judas nerveux. Et Jésus, sans lui répondre, dit à Jean : "Tu me connais désormais... et tu sais ce qui me fatigue..." L'agneau est presque consommé. Jésus, qui a très peu mangé en buvant seulement une gorgée de vin à chaque calice et en buvant par contre beaucoup d'eau comme s'il était fiévreux, recommence à parler : "Je veux que vous compreniez mon geste de tout à l'heure. Je vous ai dit que le premier est comme le dernier, et que je vous donnerai une nourriture qui n'est pas corporelle. C'est une nourriture d'humilité que je vous ai donnée, pour votre esprit. Vous m'appelez Maître et Seigneur. Vous dites bien car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez le faire l'un pour l'autre. Je vous ai donné l'exemple afin que vous fassiez comme j'ai fait. En vérité je vous dis : le serviteur n'est pas plus que le Maître, et l'apôtre n'est pas plus que Celui qui l'a fait tel. Cherchez à comprendre ces choses. Si ensuite, en les comprenant, vous les mettez en pratique vous serez bienheureux. Mais vous ne serez pas tous bienheureux. Je vous connais. Je sais qui j'ai choisi. Je ne parle pas de tous de la même manière, mais je dis ce qui est vrai. D'autre part doit s'accomplir ce qui est écrit à mon sujet: "Celui qui a mangé le pain avec Moi, a levé son talon sur Moi". Je vous dis tout avant que cela n'arrive, pour que vous n'ayez pas de doutes sur Moi. Quand tout sera accompli, vous croirez encore davantage que Je suis Moi. Celui qui m'accueille, accueille Celui qui m'a envoyé: le Père Saint qui est dans les Cieux, et celui qui accueillera ceux que je lui enverrai il m'accueillera Moi-même. Car je suis avec le Père et vous êtes avec Moi... Mais maintenant accomplissons le rite." Il verse de nouveau du vin dans le calice commun et avant d'en boire et d'en faire boire il se lève, et tous se lèvent avec Lui et il chante de nouveau un des psaumes d'auparavant : "J'ai eu foi, et c'est pour cela que j'ai parlé..." et puis un autre qui n'en finit pas. Beau... mais sans fin ! Je crois le retrouver, pour le commencement et la longueur, dans le psaume 118. Ils le chantent ainsi. Un morceau tous ensemble, puis à tour de rôle chacun dit un verset et les autres un morceau ensemble, et ainsi jusqu'à la fin. Je crois qu'à la fin ils ont soif ! Jésus s'assied, il ne s'allonge pas. Il reste assis, comme nous, et il parle : "Maintenant que l'ancien rite est accompli, je célèbre le nouveau rite. Je vous ai promis un miracle d'amour. C'est l'heure de le faire. C'est pour cela que j'ai désiré cette Pâque. Dorénavant voilà l'Hostie qui sera consommée dans un perpétuel rite d'amour. Je vous ai aimés pour toute la vie de la Terre, mes chers amis. Je vous ai aimés pour toute l'éternité, mes fils. Et je veux vous aimer jusqu'à la fin. Il n'y a pas de chose plus grande que celle-là. Rappelez-vous-en. Je m'en vais, mais nous resterons unis pour toujours grâce au miracle que maintenant j'accomplis." Jésus prend un pain encore entier, le met sur le calice rempli. Il bénit et offre l'un et l'autre, puis il partage le pain, en fait treize morceaux et en donne un à chacun des apôtres en disant: "Prenez et mangez. Ceci est mon Corps. Faites ceci en mémoire de Moi qui m'en vais." Il donne le calice et dit : "Prenez et buvez. Ceci est mon Sang. Ceci est le calice du nouveau pacte dans le Sang et par mon Sang qui sera répandu pour vous pour la rémission de vos péchés et pour vous donner la Vie. Faites ceci en mémoire de Moi." Jésus est très triste. Tout sourire, toute trace de lumière, de couleur l'ont abandonné. Il a déjà un visage d'agonie. Les apôtres le regardent angoissés. Jésus se lève en disant : "Ne bougez pas. Je reviens tout de suite." Il prend le treizième morceau de pain, prend le calice et sort du Cénacle. "Il va trouver sa Mère" murmure Jean. Et Jude Thaddée soupire : "Pauvre femme !" Pierre demande tout bas : "Crois-tu qu'elle sache ?" "Elle sait tout. Elle a toujours tout su." Ils parlent tous à voix très basse comme devant un mort. "Mais croyez-vous que vraiment..." demande Thomas qui ne veut pas encore croire. "Et en doutes-tu ? C'est son heure" répond Jacques de Zébédée. "Que Dieu nous donne la force d'être fidèles" dit le Zélote. "Oh! moi..." va dire Pierre. Mais Jean, qui est aux aguets, dit : "Chut! Le voici." Jésus rentre. Il a dans les mains le calice vide. Sur le fond il y a à peine une trace de vin, et sous la lumière du lampadaire elle semble vraiment du sang. Judas Iscariote, qui a devant lui le calice, le regarde comme fasciné, et puis il détourne son regard. Jésus l'observe et il a un frisson que ressent Jean, appuyé comme il l'est sur sa poitrine. "Mais dis-le ! Tu trembles..." s'écrie-t-il. "Non. Je ne tremble pas de fièvre... Je vous ai tout dit et je vous ai tout donné. Je ne pouvais vous donner davantage. C'est Moi-même que je vous ai donné." Il a son doux geste des mains qui, d'abord jointes, se séparent maintenant et s'écartent alors qu'il baisse la tète comme pour dire : "Excusez-moi si je ne puis davantage. C'est ainsi." "Je vous ai tout dit, et je vous ai tout donné. Et je répète.Le nouveau rite est accompli. Faites ceci en mémoire de Moi. Je vous ai lavé les pieds pour vous apprendre à être humbles et purs comme votre Maître. Car je vous dis qu'en vérité les disciples doivent être comme le Maître. Souvenez-vous-en, souvenez-vous-en. Même quand vous serez haut placés, souvenez-vous-en. Le disciple n'est pas plus que le Maître. Comme je vous ai lavés, faites-le entre vous. C'est-à-dire aimez-vous comme des frères, en vous aidant l'un l'autre, en vous vénérant réciproquement, en étant un exem­ple l'un pour l'autre. Et soyez purs. Pour être dignes de manger le Pain vivant descendu du Ciel et pour avoir en vous et par Lui la force d'être mes disciples dans un monde ennemi qui vous haïra à cause de mon Nom. Mais l'un de vous n'est pas pur. L'un de vous me trahira. De cela, mon esprit est fortement troublé... La main de celui qui me trahit est avec Moi sur cette table, et ni mon amour, ni mon Corps, ni mon Sang, ni ma parole ne le rappellent ni ne le font repentir. Je lui pardonnerais en allant à la mort pour lui aussi." Les disciples se regardent terrifiés. Ils se scrutent, se suspectant l'un l'autre. Pierre fixe l'Iscariote dans un réveil de tous ses doutes. Jude Thaddée se lève brusquement pour regarder à son tour l'Iscariote au-dessus de Matthieu. Mais l'Iscariote a tant d'assurance ! A son tour, il regarde fixement Matthieu comme s'il le suspectait, puis il fixe Jésus et sourit en demandant: "Serait-ce moi, celui-là ?" Il paraît le plus sûr de son honnêteté et qu'il parle ainsi pour ne pas laisser tomber la conversation. Jésus répète son geste en disant : "Tu le dis, Judas de Simon. Ce n'est pas Moi, c'est toi qui le dis. Je ne t'ai pas nommé. Pourquoi t'accuses-tu ? Interroge ton admoniteur intérieur, ta conscience d'homme, la conscience que le Dieu Père t'a donnée pour te con­duire en homme, et rends-toi compte si elle t'accuse. Tu le sauras avant tous. Mais si elle te rassure, pourquoi dis-tu une parole et penses-tu à une chose dont il est anathème même d'en parler ou d'y penser par plaisanterie ?" Jésus parle avec calme. Il semble qu'il soutienne la thèse pro­posée comme peut le faire un savant à sa classe. L'émoi est grand, mais le calme de Jésus l'apaise. Cependant Pierre qui soupçonne le plus Judas — peut-être le Thaddée aussi, mais il le paraît moins, désarmé comme il l'est par la désinvolture de l'Iscariote — tire Jean par la manche. Quand Jean, qui s'est tout serré contre Jésus en entendant parler de trahi­son, se tourne, il lui murmure: "Demande-lui qui c'est." Jean reprend sa position et lève seulement la tête comme pour baiser Jésus et en même temps Lui murmure à l'oreille: "Maître, qui est-ce ?" Et Jésus, très doucement, en lui rendant le baiser dans les cheveux : "Celui auquel je vais donner un morceau de pain trempé." Et prenant un pain encore entier, pas le reste de celui qui a servi pour l'Eucharistie, en détache une grosse bouchée, la trempe dans la sauce de l'agneau dans le plateau, il allonge le bras au-dessus de la table et dit: "Prends, Judas. Tu aimes cela." "Merci, Maître. Oui, j'aime cela" et ne sachant pas ce qu'est cette bouchée, il la mange, alors que Jean, horrifié, va jusqu'à fermer ses yeux pour ne pas voir l'horrible rire de l'Iscariote pendant qu'il mange à belles dents le pain accusateur. "Bon ! Va, maintenant que je t'ai fait plaisir" dit Jésus à Judas. "Tout est accompli, ici (il marque beaucoup ce mot). Ce qui reste encore à faire ailleurs, fais-le vite, Judas de Simon." "Je t'obéis de suite, Maître. Ensuite je te rejoindrai au Gethsémani. Tu vas là, n'est-ce pas, comme toujours ?" "J'y vais... comme toujours... oui.". "Qu'a-t-il à faire ?" demande Pierre. "Il va seul ?". "Je ne suis pas un enfant" plaisante Judas qui met son manteau. "Laisse-le aller. Lui et Moi savons ce qu'il y a à faire" dit Jésus. "Oui, Maître," Pierre se tait. Peut-être pense-t-il qu'il a péché en soupçonnant son compagnon. La main sur le front, il réfléchit. Jésus serre Jean sur son cœur et se tourne pour lui murmurer dans les cheveux : "Ne dis rien à Pierre pour le moment. Ce serait un scandale inutile." "Adieu, Maître. Adieu, amis." Judas salue. "Adieu" dit Jésus. Et Pierre : "Je te salue, garçon." Jean, la tête presque sur le sein de Jésus, murmure : "Satan !" Jésus seul l'entend et soupire. Ici tout s'arrête, mais Jésus dit: "Je suspends par pitié pour toi. Jeté donnerai la fin de la Cène à un autre moment." (la cène continue) Il y a quelques minutes de silence absolu. Jésus a la tête inclinée, en caressant machinalement les cheveux blonds de Jean. Puis il se secoue, lève la tête, tourne son regard, a un sourire qui réconforte les disciples. Il dit : "Quittons la table et asseyons-nous tous les uns près des autres, comme autant de fils autour de leur père." Ils prennent les lits-sièges qui étaient derrière la table {ceux de Jésus, Jean, Jacques, Pierre, Simon, André et du cousin Jacques) et ils les portent de l'autre côté. Jésus prend place sur le sien, toujours entre Jacques et Jean. Mais quand il voit qu'André va s'asseoir à la place laissée par l'Iscariote, il crie : "Non, pas là." Un cri impulsif que son extrême prudence ne réussit pas à empêcher. Puis il se reprend en parlant ainsi : "Il n'est pas besoin de tant de place. En restant assis, on peut tenir sur eux seuls. Ils suffisent. Je vous veux très proches." Jacques de Zébédée appelle Pierre : "Assieds-toi ici. Moi, je m'assois sur ce petit tabouret, aux pieds de Jésus." "Que Dieu te bénisse, Jacques ! Je le désirais tant !" dit Pierre, et il se serre contre son Maître qui est ainsi serré de près par Jean et Pierre, avec Jacques à ses pieds. Jésus sourit : "Je vois que commence à opérer la parole dite auparavant. Les bons frères s'aiment. Moi aussi, je te dis, Jacques : "Que Dieu te bénisse". Ce geste aussi, l'Éternel ne l'oubliera pas, et tu le trouveras là-haut. Moi je puis tout ce que je demande. Vous l'avez vu. Il a suffi d'un de mes désirs pour que le Père accorde au Fils de se donner en Nourriture à l'homme. Avec ce qui vient d'arriver le Fils de l'homme a été glorifié car c'est un témoignage de pouvoir le miracle qui n'est possible qu'aux amis de Dieu. Plus le miracle est grand et plus est sûre et profonde cette divine amitié. C'est un miracle qui, par sa forme, sa durée et sa nature, par son étendue et les limites qu'il atteint, est le plus fort qui puisse exister. Je vous le dis : il est si puissant, surnaturel, inconcevable pour l'homme orgueilleux, que bien peu le comprendront comme il doit être compris et que beaucoup le négligeront. Que dirai-je alors ? Condamnation pour eux ? Non. Je dirai : pitié ! Mais plus grand est le miracle, plus grande est la gloire qui en revient à son auteur. C'est Dieu Lui-même qui dit : "Voilà, mon bien-aimé a voulu cela, il l'a eu, et c'est Moi qui le Lui ai accordé, parce qu'il possède une grande grâce à mes yeux". Et ici Il dit: ''Il a une grâce sans limites comme est infini le miracle accompli par Lui". De même à la gloire qui revient à l'auteur du miracle de la part de Dieu il y a la gloire qui de son auteur revient au Père. Car toute gloire spirituelle, venant de Dieu, revient à sa source. Et la gloire de Dieu, bien qu'elle soit infinie, s'accroît toujours plus et brille par la gloire de ses saints. C'est pourquoi je vous dis : de même que le Fils de l'homme a été glorifié par Dieu, ainsi Dieu a été glorifié par le Fils de l'homme. J'ai glorifié Dieu en Moi-même. A son tour Dieu glorifiera son Fils en Lui. C'est bientôt qu'il va le glorifier. Exulte, Toi qui reviens à ton Siège, ô Essence spirituelle de la Seconde Personne ! Exulte, ô chair qui vas remonter après un si long exil dans la fange. Et ce n'est pas le Paradis d'Adam, mais le Paradis sublime du Père qui va t'être donné comme demeure. S'il a été dit que par la stupeur d'un commandement de Dieu, donné par la bouche d'un homme, le soleil s'est arrêté, que n'arrivera-t-il pas dans les astres quand ils verront le prodige de la Chair de l'Homme monter et prendre place à la droite du Père dans sa Perfection de matière glorifiée ? Mes petits enfants, c'est pour peu de temps encore que je reste avec vous. Et vous, ensuite, vous me chercherez comme des orphelins cherchent leur père mort. Et en pleurant, vous irez en parlant de Lui et vous frapperez en vain à son tombeau muet, et puis encore vous frapperez aux portes azurées du Ciel, avec votre âme lancée dans une suppliante recherche d'amour, disant : "Où est notre Jésus ? Nous le voulons. Sans Lui, il n'y a plus de lumière dans le monde, ni de joie, ni d'amour. Rendez-le-nous, ou bien laissez-nous entrer. Nous voulons être où il est". Mais, pour le moment, vous ne pouvez venir où je vais. Je l'ai dit aussi aux juifs: "Ensuite vous me chercherez, mais où je vais vous ne pouvez venir". Je le dis aussi à vous. Pensez à la Mère... Elle non plus ne pourra venir où je vais. Et pourtant j'ai quitté le Père pour venir à elle et me faire Jésus dans son sein sans tache. Et pourtant c'est de l'Inviolée que je suis venu dans l'extase lumineuse de ma Naissance. Et c'est de son amour, devenu lait, que je me suis nourri. Je suis fait de pureté et d'amour car Marie m'a nourri de sa virginité fécondée par l'Amour parfait qui vit dans le Ciel. Et pourtant c'est par elle que j'ai grandi, en lui coûtant fatigues et larmes... Et pourtant je lui demande un héroïsme tel que jamais il n'en a été accompli, et par rapport auquel celui de Judith et de Jahel sont des héroïsmes de pauvres femmes discutant avec leur rivale près de la fontaine de leur village. Et pourtant personne ne lui est pareil quand il s'agit de m'aimer. Et, malgré cela, je la laisse et je vais où elle ne viendra que dans beaucoup de temps. Pour elle ce n'est pas le commandement que je vous donne à vous : "Sanctifiez-vous année par année, mois par mois, jour par jour, heure par heure, pour pouvoir venir à Moi quand ce sera votre heure". En elle est toute grâce et toute sainteté. C'est la créature qui a tout eu et qui a tout donné. Il n'y a rien à ajouter ni à enlever. C'est le très saint témoignage de ce que peut Dieu. Mais pour être certain qu'il y a en vous la capacité de pouvoir me rejoindre, et d'oublier la douleur du deuil de la séparation de votre Jésus, je vous donne un commandement nouveau. Et c'est que vous vous aimiez les uns les autres. Comme je vous ai aimés, de même aimez-vous l'un l'autre. C'est par cela que l'on saura que vous êtes mes disciples. Quand un père a de nombreux fils, par quoi reconnaît-on qu'ils sont tels ? Pas tellement par l'aspect physique - car il y a des hommes qui sont semblables à un autre homme avec lequel ils n'ont aucun rapport de sang ni non plus de nation - mais par l'amour commun pour la famille, pour leur père, et entre eux. Et le père une fois mort, la bonne famille ne se désagrège pas, parce qu'il y a un même sang et que c'est toujours celui qui vient de la semence du père, et il noue des liens que la mort elle-même ne délie pas parce que l'amour est plus fort que la mort. Or, si vous vous aimez même après que je vous aurai quittés, tous reconnaîtront que vous êtes mes fils et par conséquent mes disciples et que vous êtes frères entre vous, ayant eu un seul père." "Seigneur Jésus, mais où vas-tu ?" demande Pierre. "Je vais où, pour le moment, tu ne peux me suivre. Mais plus tard tu me suivras." "Et pourquoi pas maintenant ? Je t'ai toujours suivi depuis que tu m'as dit : "Suis-moi". J'ai tout quitté sans regret... Or, si tu t'en allais sans ton pauvre Simon, en me laissant sans Toi, mon Tout, alors que pour Toi j'ai quitté le peu de bien que j'avais, ce ne serait pas juste ni beau de ta part. Tu vas à la mort ? C'est bien. Mais moi aussi je viens. Allons ensemble dans l'autre monde. Mais auparavant je t'aurai défendu. Je suis prêt à donner ma vie pour Toi." "Tu donneras ta vie pour Moi ? Maintenant ? Maintenant non. En vérité, oh ! c'est en vérité que je te le dis : le coq n'aura pas encore chanté que tu m'auras renié trois fois. Maintenant c'est encore la première veille. Puis viendra la seconde... et puis la troisième. Avant que résonne le chant du coq tu auras par trois fois renié ton Seigneur." "Impossible, Maître ! Je crois à tout ce que tu dis, mais pas à cela. Je suis sûr de moi." "Maintenant, pour l'instant tu es sur, mais c'est parce que tu m'as encore. Tu as Dieu avec toi. D'ici peu le Dieu Incarné sera pris et vous ne l'aurez plus. Et Satan, après vous avoir déjà appesantis - ton assurance elle-même est une ruse de Satan, un poids pour t'appesantir - vous effraiera. Il vous insinuera : "Dieu n'existe pas. Moi j'existe". Et pourtant, bien que votre esprit sera aveuglé par l'épouvante, vous raisonnerez encore, et vous comprendrez que quand Satan est le maître du moment, le Bien est mort et le Mal agissant, l'esprit abattu et l'humain triomphant. Alors vous resterez comme des guerriers sans chef, poursuivis par l'ennemi, et dans votre frayeur de vaincus vous courberez l'échiné devant le vainqueur, et pour n'être pas tués vous renierez le héros tombé. Mais, je vous en prie, que votre cœur ne se trouble pas. Croyez en Dieu, et croyez aussi en Moi. Croyez en Moi, contre toutes les apparences. Qu'il croie dans ma miséricorde et dans celle du Père aussi bien celui qui reste que celui qui fuit. Aussi bien celui qui se tait que celui qui ouvrira la bouche pour dire : "Je ne le connais pas". Croyez également dans mon pardon. Et croyez que quelles que soient dans l'avenir vos actions, dans le Bien et dans ma Doctrine, dans mon Église par conséquent, elles vous donneront une même place dans le Ciel. Dans la maison de mon Père il y a beaucoup de demeures. S'il n'en était pas ainsi, je vous l'aurais dit. Car je vais en avant, vous préparer une place pour vous. N'agissent-ils pas ainsi les bons pères quand ils doivent amener ailleurs leur petite famille? Ils vont à l'avance préparer la maison, le mobilier, les provisions, et puis ils viennent prendre leurs enfants les plus chers. Ils agissent ainsi par amour, pour que rien ne manque aux petits et qu'ils ne souffrent pas dans le nouveau village. J'agis de même et pour le même motif. Maintenant je m'en vais. Et quand j'aurai préparé une place pour chacun dans la Jérusalem céleste, je viendrai de nouveau, je vous prendrai avec Moi pour que vous soyez avec Moi où je suis, où il n'y aura ni mort, ni deuil, ni larmes, ni cris, ni faim, ni douleur, ni ténèbres, ni feu, mais seulement lumière, paix, béatitude et chant. Oh! chant des Cieux très hauts quand les douze élus seront sur les trônes avec les douze patriarches des douze tribus d'Israël, et chanteront dans l'ardeur du feu de l'amour spirituel, dressés sur la mer des béatitudes, le cantique éternel qui aura pour arpège l'éternel alléluia de l'armée angélique... Je veux que vous soyez là où je serai. Et vous savez où je vais et vous en connaissez le chemin." "Mais, Seigneur ! Nous ne savons rien. Tu ne nous dis pas où tu vas. Comment pouvons-nous savoir le chemin à prendre pour venir vers Toi et pour abréger l'attente ?" dit Thomas. "Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie. Vous me l'avez entendu dire et expliquer plusieurs fois et, en vérité certains, qui ne savaient même pas qu'il existe un Dieu, se sont avancés sur le chemin, sur mon chemin et ont déjà de l'avance sur vous. Oh ! où es-tu, brebis perdue de Dieu que j'ai ramenée au bercail ? Où es-tu, toi dont l'âme est ressuscitée ?" "Qui ? De qui parles-tu ? De Marie de Lazare ? Elle est à côté, avec ta Mère. Tu la veux ? Ou bien tu veux Jeanne ? Certainement elle est dans son palais, mais si tu veux, nous allons l'appeler..." "Non. Pas elles... Je pense à celle qui ne sera dévoilée que dans le Ciel... et à Fotinaï... Elles m'ont trouvé et n'ont plus quitté mon chemin. A l'une j'ai indiqué le Père comme Dieu vrai et l'Esprit comme lévite dans cette adoration individuelle. A l'autre, qui ne savait même pas qu'elle avait un esprit, j'ai dit : "Mon nom est Sauveur. Je sauve celui qui a bonne volonté de se sauver. Je suis Celui qui cherche ceux qui sont perdus pour leur donner la Vie, la Vérité et la Pureté. Qui me cherche me trouve". Et toutes deux ont trouvé Dieu... Je vous bénis. Èves faibles devenues plus fortes que Judith... Je viens, où vous êtes je viens... Vous me consolez... Soyez bénies !..." "Montre-nous le Père, Seigneur, et nous serons pareilles à elles" dit Philippe. "Depuis si longtemps je suis avec vous, et toi, Philippe, tu ne m'as pas encore connu ? Qui me voit, voit mon Père. Comment donc peux-tu dire : "Montre-nous le Père" ? Tu n'arrives pas à croire que je suis dans le Père et le Père est en Moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de Moi-même. Mais le Père qui demeure en Moi accomplit toutes mes œuvres, et vous ne croyez pas que je suis dans le Père et Lui est en Moi? Que dois-je dire pour vous faire croire ? Mais si vous ne croyez pas aux paroles, croyez au moins aux œuvres. Je vous dis et je vous le dis avec vérité : celui qui croit en Moi fera les œuvres que je fais, et en fera encore de plus grandes, parce que je vais au Père. Et tout ce que vous demanderez au Père en mon nom je le ferai pour que le Père soit glorifié en son Fils. Et je ferai ce que vous me demanderez au nom de mon Nom. Mon Nom est connu, pour ce qu'il est réellement, à Moi seul, au Père qui m'a engendré et à l'Esprit qui procède de notre amour. Et par ce Nom tout est possible. Qui pense à mon Nom avec amour m'aime, et obtient. Mais il ne suffit pas de m'aimer. Il faut observer mes com­mandements pour avoir le véritable amour. Ce sont les œuvres qui ; témoignent des sentiments, et au nom de cet amour, je prierai le Père, et Lui vous donnera un autre Consolateur pour qu'il reste pour toujours avec vous. Quelqu'un que Satan et le monde ne peuvent atteindre, l'Esprit de Vérité que le monde ne peut recevoir et ne peut frapper, car il ne le voit pas et ne le connaît pas. Il s'en moquera. Mais Lui est si élevé que le mépris ne pourra l'atteindre alors que, compatissant au-delà de toute mesure, Il sera toujours avec celui qui l'aime, même s'il est pauvre et faible. Vous le con­naîtrez car Il demeure déjà avec vous et bientôt sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins. Je vous l'ai déjà dit: "Je reviendrai à vous". Mais je viendrai avant que ce soit l'heure de venir vous prendre pour aller dans mon Royaume. Je viendrai à vous. D'ici peu, le monde ne me verra plus. Mais vous me voyez et vous me verrez parce que je vis et vous vivez, parce que je vivrai et vous aussi vivrez. Ce jour-là, vous saurez que je suis en mon Père, et vous en Moi, et Moi en vous. En effet, celui qui accueille mes préceptes et les observe, celui-là m'aime, et celui qui m'aime sera aimé de mon Père et il possédera Dieu car Dieu est charité et celui qui aime a Dieu en lui. Et je l'aimerai car en lui je verrai Dieu, et je me manifesterai à lui en me faisant connaître dans les secrets de I mon amour, de ma sagesse, de ma Divinité Incarnée. Ce seront mes retours parmi les fils de l'homme que j'aime bien qu'ils soient faibles et même ennemis. Mais ceux-ci seront seulement faibles. Et je les fortifierai et je leur dirai : "Lève-toi !", je dirai : "Viens dehors !", je dirai : "Suis-moi", je dirai : "Écoute", je dirai : "Écris"... et vous êtes parmi ceux-ci." "Pourquoi, Seigneur, te manifestes-tu à nous et pas au monde ?" demande Jude Thaddée. "Parce que vous m'aimez et observez mes paroles. Celui qui agira ainsi sera aimé de mon Père et Nous viendrons à lui et Nous établirons notre demeure chez lui, en lui. Alors que celui qui ne m'aime pas n'observe pas mes paroles et agit selon la chair et le monde. Maintenant sachez que ce que je vous ai dit n'est pas parole de Jésus de Nazareth, mais parole du Père parce que je suis le Verbe du Père qui m'a envoyé. Je vous ai dit ces choses en parlant ainsi, avec vous, parce que je veux vous préparer Moi-même à la possession complète de la Vérité et de la Sagesse. Mais vous ne pouvez encore comprendre et vous souvenir. Pourtant, quand viendra à vous le Consolateur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, alors vous pourrez comprendre et Lui vous enseignera tout et vous rappellera ce que je vous ai dit. Je vous laisse ma paix. Je vous donne ma paix. Je vous la donne non comme la donne le monde, ni même comme jusqu'à présent je vous l'ai donnée: le salut béni du Béni à ceux qui sont bénis. Plus profonde est la Paix que maintenant je vous donne. En cet adieu, je vous communique Moi-même, mon Esprit de paix, comme je vous ai communiqué mon Corps et mon Sang, pour qu'en vous reste une force dans la bataille imminente. Satan et le monde vont déchaîner la guerre contre votre Jésus. C'est leur heure. Ayez en vous la Paix, mon Esprit qui est un esprit de paix, car je suis le Roi de la Paix. Ayez-la pour ne pas être trop abandonnés. Celui qui souffre avec la paix de Dieu en lui, souffre mais sans blasphème et sans désespoir. Ne pleurez pas. Vous avez bien entendu que j'ai dit : "Je vais au Père et puis je reviendrai". Si vous m'aimiez au-delà de la chair vous vous réjouiriez, car je vais au Père après un si long exil... Je vais vers Celui qui est plus grand que Moi et qui m'aime. Je vous l'ai dit maintenant, avant que cela s'accomplisse, comme je vous ai dit toutes les souffrances du Rédempteur avant d'aller vers elles afin que, quand tout sera accompli, vous croyiez toujours plus en Moi. Ne vous troublez pas ainsi ! Ne vous effrayez pas. Votre cœur a besoin d'équilibre... Je n'ai plus que peu à vous parler... et j'ai encore tant à dire ! Arrivé au terme de mon évangélisation, il me semble n'avoir encore rien dit et tant, tant, tant il reste encore à faire. Votre état augmente cette sensation. Et que dirai-je, alors ? Que j'ai manqué à mon devoir ? Ou que vous êtes si durs de cœur que cela n'a servi à rien ? Vais-je douter ? Non. Je me fie à Dieu et je vous confie à Lui vous, mes bien-aimés. Lui accomplira l'œuvre de son Verbe. Je ne suis pas comme un père qui meurt et n'a d'autre lumière que l'humaine. J'espère en Dieu. Et même en sentant en Moi se presser tous les conseils dont je vois que vous avez besoin et en voyant fuir le temps, je vais tranquille vers mon sort. Je sais que sur les semences tombées en vous, va descendre une rosée qui les fera toutes germer, et puis viendra le soleil du Paraclet, et elles deviendront un arbre puissant. Il va venir le prince de ce monde, avec qui je n'ai rien à faire. Et, si ce n'avait été dans un but de rédemption, il n'aurait rien pu sur Moi. Mais cela arrive afin que le monde sache que j'aime le Père et que je l'aime jusqu'à l'obéis­sance qui me soumet à la mort et que je fais ce qu'il m'a ordonné. C'est l'heure de partir. Levez-vous, et écoutez les ultimes paroles. Je suis la vraie Vigne et c'est mon Père qui la cultive. Tout sarment qui ne porte pas de fruit Lui le coupe et celui qui porte du fruit Il le taille pour qu'il en porte encore plus. Vous êtes déjà puri­fiés par ma parole. Demeurez en Moi et Moi en vous pour continuer à être tels. Le sarment détaché de la vigne ne peut faire de fruit. Il en est ainsi pour vous si vous ne restez pas en Moi. Je suis la Vigne et vous les sarments. Celui qui reste uni à Moi porte des fruits abondants. Mais si l'un se détache, il devient un rameau sec que l'on jette au feu et que l'on brûle, car sans l'union avec Moi, vous ne pouvez rien faire. Restez donc en Moi, et que mes paroles restent en vous, puis demandez ce que vous voulez et cela vous sera fait. Mon Père sera toujours d'autant plus glorifié que vous porterez davantage de fruit et que vous serez davantage mes disciples. Comme le Père m'a aimé, il en est de même pour Moi avec vous. Demeurez dans mon amour qui sauve. En m'aimant vous serez obéissants, et l'obéissance fait croître l'amour réciproque. Ne dites pas que je me répète. Je connais votre faiblesse, et je veux que vous vous sauviez. Je vous ai dit ces choses pour que la joie que j'ai voulu vous donner soit en vous et soit complète. Aimez-vous, aimez-vous ! C'est mon nouveau commandement. Aimez-vous réciproquement plus que chacun de vous ne s'aime lui-même. Il n'y a pas de plus grand amour que celui de qui donne sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis et Moi, je donne ma vie pour vous. Faites ce que je vous enseigne et commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître, alors que vous, vous savez ce que je fais. Vous savez tout de Moi. Je vous ai manifesté non seulement Moi-même, mais aussi le Père et le Paraclet, et tout ce que j'ai entendu de Dieu. Ce n'est pas vous qui vous êtes choisis. Mais c'est Moi qui vous ai choisis et je vous ai élus pour que vous alliez parmi les peuples et que vous fassiez du fruit en vous et dans les cœurs de ceux qui seront évangélisés, et que votre fruit demeure, et que le Père vous donne tout ce que vous demanderez en mon nom. Ne dites pas: "Et alors si tu nous as choisis, pourquoi as-tu choisi un traître ? Si tu connais tout, pourquoi as-tu fait cela ?" Ne vous demandez pas non plus qui est celui-là. Ce n'est pas un homme, c'est Satan. Je l'ai dit à l'ami fidèle et je l'ai laissé dire par le fils aimé. C'est Satan. Si Satan ne s'était pas incarné, l'éternel singe de Dieu, en une chair mortelle, ce possédé n'aurait pas pu se soustraire à mon pouvoir de Jésus. J'ai dit : "possédé". Non. Il est beaucoup plus: il est anéanti en Satan." "Pourquoi, Toi qui as chassé les démons, ne l'as-tu pas délivré ?" demande Jacques d'Alphée. "Le demandes-tu par amour pour toi, craignant de l'être ? Ne le crains pas." "Moi alors ?" "Moi ?" "Moi ?" "Taisez-vous. Je ne dis pas ce nom. J'use de miséricorde, et vous, faites la même chose." "Mais pourquoi ne l'as-tu pas vaincu ? Tu ne le pouvais pas ?" "Je le pouvais. Mais pour empêcher Satan de s'incarner pour me tuer, j'aurais dû exterminer la race humaine avant la Rédemption. Qu'aurais-je racheté alors ?" "Dis-le-moi, Seigneur, dis-le-moi !" Pierre s'est glissé à genoux et secoue Jésus avec frénésie, comme s'il était en proie au délire. "Est-ce moi ? Est-ce moi ? Je m'examine ? Il ne me semble pas. Mais Toi... Tu as dit que je te renierai... Et je tremble... Oh ! quelle horreur si c'était moi !..." "Non, Simon de Jonas, pas toi." "Pourquoi m'as-tu enlevé mon nom de "Pierre" ? Je suis donc redevenu Simon ? Tu le vois ? Tu le dis !... C'est moi ! Mais comment ai-je pu ? Dites-le... dites-le vous... Quand est-ce que j'ai pu devenir traître ?... Simon?... Jean ?... Mais parlez !..." "Pierre, Pierre, Pierre ! Je t'appelle Simon parce que je pense à notre première rencontre quand tu étais Simon. Et je pense comment tu as toujours été loyal dès le premier moment. Ce n'est pas toi. Je te le dis Moi : Vérité." "Qui alors ?" "Mais c'est Judas de Kériot ! Tu ne l'as pas encore compris ?" crie le Thaddée qui n'arrive plus à se contenir. "Pourquoi ne me l'as-tu pas dit avant ? Pourquoi ?" crie aussi Pierre. "Silence. C'est Satan. Il n'a pas d'autre nom. Où vas-tu, Pierre ?" "Le chercher." "Dépose tout de suite ce manteau et cette arme. Ou bien je dois te chasser et te maudire ?" "Non, non ! Oh ! mon Seigneur ! Mais moi... mais moi... Je suis peut-être malade de délire, moi ? Oh ! Oh !" Pierre pleure après s'être jeté par terre aux pieds de Jésus. "Je vous donne le commandement de vous aimer et de pardonner. Avez-vous compris ? Si dans le monde il y a aussi la haine, qu'en vous il n'y ait que l'amour. Pour tous. Combien de traîtres vous trouverez sur votre route ! Mais vous ne devez pas haïr et rendre le mal pour le mal. Autrement le Père vous haïra. Avant vous, j'ai été haï et trahi, Moi. Et pourtant, vous le voyez, je ne hais pas. Le monde ne peut aimer ce qui n'est pas comme lui. Il ne vous aimera donc pas. Si vous lui apparteniez il vous aimerait, mais vous n'êtes pas du monde, car je vous ai pris du milieu du monde, et c'est pour cela que vous êtes haïs. Je vous ai dit : le serviteur n'est pas plus que le maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi. S'ils m'ont écouté, ils vous écouteront vous aussi. Mais ils feront tout à cause de mon nom parce qu'ils ne connaissent pas, ne veulent pas connaître Celui qui m'a envoyé. Si je n'étais pas venu et si je n'avais pas parlé, ils ne seraient pas coupables, mais maintenant leur péché est sans excuse. Ils ont vu mes œuvres, entendu mes paroles, et pourtant ils m'ont haï, et avec Moi le Père, parce que le Père et Moi, nous sommes une seule Unité avec l'Amour. Mais il était écrit : "Tu m'as haï sans raison". Cependant quand sera venu le Consolateur, l'Esprit de vérité qui procède du Père, ce sera Lui qui rendra témoignage de Moi, et vous aussi, vous me rendrez témoignage parce que dès le début vous avez été avec Moi. Ceci je vous le dis pour que, quand ce sera l'heure, vous ne soyez pas abattus et scandalisés. Il va venir le temps où ils vous chasseront des synagogues et où celui qui vous tuera pensera rendre ainsi un culte à Dieu. Ils n'ont connu ni le Père ni Moi. C'est là leur excuse. Je ne vous ai pas dit ces choses en les développant autant avant maintenant, parce que vous étiez comme des enfants à peine nés. Mais maintenant la mère vous quitte. Je m'en vais. Vous devez vous accoutumer à une autre nourriture. Je veux que vous la connaissiez. Personne ne me demande plus : "Où vas-tu ?" La tristesse vous rend muets. Et pourtant, c'est un bien pour vous aussi que je m'en aille, autrement le Consolateur ne viendra pas. C'est Moi qui vous l'enverrai. Et quand Il sera venu, par le moyen de la sagesse et de la parole, les œuvres et l'héroïsme qu'il versera en vous, Il convaincra le monde de son péché déicide et de la justice de ma sainteté. Et le monde sera nettement divisé en réprouvés, ennemis de Dieu, et en croyants. Ces derniers seront plus ou moins saints, selon leur volonté. Mais le jugement du prince du monde et de ses serviteurs sera fait. Je ne puis vous en dire davantage car vous ne pouvez encore comprendre. Mais Lui, le Divin Paraclet, vous donnera la Vérité entière car Il ne parlera pas de Lui-même, mais II dira tout ce qu'il aura entendu de l'esprit de Dieu et Il vous annoncera l'avenir. Il prendra ce qui vient de Moi, c'est-à-dire de ce qui encore appartient au Père, et vous le dira. Encore un peu de temps pour se voir, ensuite vous ne me verrez plus. Et ensuite encore un peu de temps, et puis vous me verrez. Vous murmurez entre vous et dans votre cœur. Écoutez une parabole. La dernière de votre Maître. Quand une femme a conçu et arrive à l'heure de l'enfantement, elle est dans une grande affliction car elle souffre et gémit. Mais quand son petit enfant est venu au jour, et qu'elle le serre sur son cœur, toute peine cesse et la tristesse se change en joie parce qu'un homme est venu au monde. Ainsi pour vous. Vous pleurerez et le monde rira de vous, mais ensuite votre tristesse se changera en joie. Une joie que le monde ne connaîtra jamais. Vous êtes tristes maintenant, mais quand vous me reverrez, votre cœur deviendra plein d'une joie que personne n'aura plus le pouvoir de vous ravir. Une joie tellement pleine qu'elle estompera tout besoin de demander à la fois pour l'esprit et pour le cœur et pour la chair. Vous vous repaîtrez seulement de ma vue, oubliant toute autre chose. Mais justement, à partir de ce moment-là vous pourrez tout demander en mon nom, et cela vous sera donné par le Père pour que vous ayez toujours plus de joie. Demandez, demandez. Et vous recevrez. L'heure vient où je pourrai vous parler ouvertement du Père. Ce sera parce que vous aurez été fidèles dans l'épreuve et tout sera surmonté. Votre amour sera parfait du fait qu'il vous aura donné la force dans l'épreuve. Et ce qui vous manquera, je vous l'ajouterai en le prenant de mon immense trésor et en disant : "Père, tu le vois. Ils m'ont aimé en croyant que je suis venu de Toi". Descendu dans le monde, maintenant je le quitte et je vais au Père, et je prierai pour vous." "Oh ! maintenant, tu t'expliques. Maintenant nous savons ce que tu veux dire et que tu sais tout et que tu réponds sans que personne t'interroge. Vraiment tu viens de Dieu !" "Vous croyez maintenant ? A la dernière heure? Cela fait trois ans que je vous parle ! Mais déjà en vous opère le Pain qui est Dieu et le Vin qui est Sang qui n'est pas venu de l'homme et vous donne le premier frisson de la déification. Vous deviendrez des dieux si vous persévérez dans mon amour et dans ma possession. Non pas comme l'a dit Satan à Adam et Ève, mais comme je vous le dis. C'est le vrai fruit de l'arbre du Bien et de la Vie. Le Mal est vaincu en qui s'en nourrit, et la Mort est morte. Qui en mange vivra éternellement et deviendra "dieu" dans le Royaume de Dieu. Vous serez des dieux si vous restez en Moi. Et pourtant voilà... bien qu'ayant en vous ce Pain et ce Sang, puisque arrive l'heure où vous serez dispersés, vous vous en irez pour votre compte et vous me laisserez seul... Mais je ne suis pas seul. J'ai le Père avec Moi. Père, Père ! Ne m'abandonne pas ! Je vous ai tout dit... Pour vous donner la paix, ma paix. Vous serez encore opprimés. Maïs ayez foi. J'ai vaincu le monde." Jésus se lève, ouvre les bras en croix et dit avec un visage lumineux la sublime prière au Père. Jean la rapporte intégralement. Les apôtres pleurent plus ou moins ouvertement et bruyamment. Pour finir, ils chantent un hymne. Jésus les bénit, puis il ordonne : "Mettons nos manteaux maintenant et partons. André, dis au chef de maison de laisser tout ainsi, par ma volonté. Demain... cela vous fera plaisir de revoir ce lieu." Jésus le regarde. Il paraît bénir les murs, le mobilier, tout. Puis il prend son manteau et s'éloigne, suivi des disciples. Près de Lui se trouve Jean auquel il s'appuie. "Tu ne salues pas la Mère ?" Lui demande le fils de Zébédée. "Non, Tout est déjà fait. Ne faites pas de bruit." Simon, qui a allumé une torche à la lampe, éclaire le vaste corridor qui va à la porte. Pierre ouvre avec précaution le portail et ils sortent tous sur le chemin et puis, faisant jouer une clef, ils ferment du dehors et ils se mettent en route.

Fruit du Mystère, demandons l'amour de l'Eucharistie

2 mai 2008

Le Padre Giacomo Filon de Balduina

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Le Père Giacomo Filon de Balduina

Frère Mineur Capucin

1900-1948

Fête le 21 juillet

Voici, en bref, les lieux ou s'est déroulée la vie du Serviteur de Dieu: Balduina, près de Padoue, en Italie, où il est né le 2 août 1900; Udine, entre Venise et Trieste, où l'on l'appellait le Saint Confesseur, pendant 16 ans. Il avait, pareillement au Padre Pio, le charisme de lire dans les coeurs et dans les consciences. Lourdes, où il est entré dans la Vie, le 21 juillet 1948, en chantant d'une voix très faible le Magnificat. Son corps repose au Cimetière de Langelle, à Lourdes, où petit à petit, sa sépulture s'est transformée en une inexplicable "tombe vivante". Sa vie fut une "vallée de larmes", car ill souffrait d'une encéphalite léthargique, mais, en s'offrant au Seigneur, comme victime pour la sanctification des Prêtre, il la changea en une source de bénédictions pour tous ceux qui s'adressent à Dieu par son intercession.

Prière pour obtenir des grâces

Seigneur Dieu, Père des Miséricordes, Tu as fait de Ton fidèle Serviteur, le Père Giacomo, un admirable minitre du Sacrement de la Réconciliation et l'as uni de façon intime par la maladie à la Croix de Ton Fils, pour le Salut des âmes et la Sanctification des Prêtres. Dans Ta Bonté, daigne glorifier aussi sur la terre ce grand Témoin de Ta Miséricorde et m'accorder, par son intercession, la grâce (....) que je Te demande humblement. Amen.

Notre Père, Je Vous salue Marie, Gloire au Père

Relations de grâces

Padre Rodolfo Saltarin

Convento Cappucini

44, Piazzale Santa Croce

I- 35123 Padoua (Italia)

tel: (039) 049 681 464

e-mail: niratlas@hotmail.com

Biographie du Padre Giacomo Filon,

cliquer sur le lien suivant:

http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/lirarticle-83937-484111.html

Téléchargez l'image avec prière pour la béatification et la photo du Padre Giacomo (pdf) en cliquant ici

2 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Troisième jour

Domaine de Saint Joseph

 

Des théologiens enseignent que, en un sens, Saint Joseph à la prééminence sur Jésus et sur Marie ; cette doctrine est soutenue par le docte Suarez, et elle n’a rien qui blesse la foi. Assurément c’est une chose merveilleuse entre toutes, comme l’observe le saint chancelier Gerson, que saint Joseph ait été, sur la terre, supérieur à un Dieu incarné et à la Mère de ce Dieu incarné; que celui-là a qui toutes les créatures obéissent; ait obéi à Joseph ; que celui-là de qui dépend la plénitude de tous les êtres, ait plié volontiers sous l’empire d’une créature mortelle. Que Marie, la Reine du Ciel et de la terre, la souveraine de l’univers, la Mère de Dieu, ait obéi à saint Joseph, c’est encore la une merveille moins grande sans doute que la première, mais pourtant qui surpasse nos conceptions. Cette prééminence de Saint Joseph sur Jésus et Marie reconnue, il n’est pas difficile d'admettre que ce grand Saint, ce saint unique et incomparable domine toutes les créatures, après la bienheureuse Vierge ; je, dis, après la bienheureuse Vierge, car il est de foi que Marie dans le ciel est la créature qui touche le plus près la divinité, que son crédit est supérieur à toute autre créature, à tel point que les saints Pères la nomment unanimement avec Saint Alphonse-Marie de Liguori, ce puissant écho de la Tradition, « une toute puissante suppliante », ajoutant que tout ce qu’elle veut, se fait à l'instant même. Elle domine sur tout ce qui n'est pas Dieu dans le ciel et sur la terre. Or tel est après celui de Marie le domaine universel de saint Joseph.

 Il a en une certaine manière une pleine et universelle autorité sur toute la Nature, puisque nous voyons que celui à qui toute puissance a été donnée au ciel et sur la terre passe sa vie dans une très parfaite dépendance et exécution de toutes ses volontés. Assurément le pouvoir qui lui a été donné par tout le royaume du Roi des rois, surpasse de beaucoup celui que l’ancien Joseph eut jadis sur l’Egypte, puisqu’en effet, le crédit de celui-ci ne 'se 'fit paraître que sur les vassaux de son prince, tandis que l’autorité de notre Saint s’étend jusque sur le Verbe incarné, et par une conséquence certaine sur toutes les créatures tant celles qui sont sur la terre, que celles qui sont dans le ciel, comme l'affirme Morales après les saints Docteurs. On regarde comme le plus grand miracle dans la Nature que le soleil ait obéi à la voix de Josué. Mais, dit Osorius, la merveille est infiniment plus admirable que Jésus, le Soleil de Justice, ait vécu soumis a saint Joseph. De la vient que notre Saint a été établi dominateur de toutes les créatures ; c’est encore le fruit de l’empire parfait qu’il eut toujours sur lui-même, car toutes les créatures se mettent volontiers au service de celui qui sert Dieu dans toute la générosité de son cœur, dit Saint François d'Assise.

 Un brave et sage capitaine, parlant de son cher fils Diophanes, disait ingénieusement : « Mon fils est tout puissant dans la Grèce, parce qu’il commande à sa mère, et sa mère à moi, et moi aux Athéniens, qui en sont absolument les maîtres ». Trouverez vous étrange, maintenant, que Saint Joseph exerce une certaine omnipotence sur toutes les créatures, puisqu'il commande durant sa vie non-seulement à Marie qui elle-même commande à Jésus, mais aussi à Jésus, Fils de Dieu, à Jésus, auquel le Père éternel a donné pour héritage toutes les nations, et pour possession tons les éléments dont se compose l’univers. Que celui qui voudrait contester cette vérité le fasse. Pour les fidèles éclairés surnaturellement, ils croiront volontiers avec un excellent théologien, que Saint Joseph méritait de gouverner le monde, ayant été le gouverneur de celui-là même qui l’avait crée. On retrouve la même doctrine dans un sermon du pieux Bernardin de Buste, homme si dévoué à la sainte Famille : « Celui, dit-il, qui fut choisi par Dieu, pour diriger son Fils qui est infiniment plus excellent et plus grand que ce monde, qui a gouverné la Vierge son épouse, qui elle aussi, est plus digne que tout l’univers, méritait de gouverner tout le monde ».

 Pour moi, il me semble entendre Notre-Seigneur dire à notre bienheureux Joseph ce que dit autrefois Pharaon au fils de Jacob : « Comme il n’y a personne (excepté Marie, votre épouse, et ma mère) qui vous égale en intelligence et en prudence,ce sera vous qui aurez l’autorité sur ma maison, (ce grand univers), tout mon peuple recevra avec respect les ordres émanés de votre bouche, et je n’aurai au-dessus de vous que le trône et la royauté. Je vous établis sur toute l'Egypte, c’est-a-dire sur tout le monde. Ainsi Jésus-Christ à remis entre les mains de saint Joseph une partie de son pouvoir universel sur tout ce qui existe ; de manière que toutes les créatures sont àu service de Saint Joseph, que son crédit est tel qu'il peut à son gré obtenir du Dieu tout-puissant, toutes sortes de miracles dans l’ordre temporel et spirituel. Et il faut bien qu’il en soit ainsi, pour qu'il puisse être vraiment le Prince et le Protecteur de ses frères le Sauveur du pays et le solide appui du peuple de Dieu.

 

Exemple

 

« Dans la province de la Nouvelle Espagne, après Mexico, la Puebla est la ville principale. Il y a plusieurs montagnes aux environs qui contiennent des matières sulfuriques et minérales. Parmi ces montagnes, on eu distingue une d’une élévation extraordinaire. Elle est habituellement environnée de nuages à mi-hauteur, et sa cime est si élevée qu'elle se perd dans les cieux. Je ne crois pas avoir jamais vu de montagne si haute. Du milieu au sommet, elle est toujours couverte de neige ; cependant elle brûle constamment dans ses flancs sans se consumer, et elle envoie au dehors une nuée de vapeur que l’on voit clairement même pendant le jour. Les habitants nomment ce mont le Vulcain. Il lance des traits continuels qui tombent presque chaque jour dans la Puebla. Notre ville a cela de particulier, c’est que pendant environ six mois de l’année, de mai à la fin d'octobre, on souffre à peu près tous les jours un orage subit et violent de quelques heures. Durant les autres mois, le ciel paraît de bronze. Mais en outre dans la Puebla il tombe jusqu’à douze de ces traits volcaniques en un jour, et néanmoins ils ne causent jamais de mal à personne. On doit attribuer ce prodige, me dirent les Pères du collège, à la grande dévotion des habitants au glorieux Saint Joseph. Le peuple l'a pris pour son protecteur contre l'intempérie des saisons, et, fidèle à l’invoquer dans le danger, il éprouve les bienfaits de sa protection ». (Lettre du R. P., Goretti de la Compagnie de Jésus).

 

Supplication au Cœur de saint Joseph

 

Cœur très saint, très riche, très noble, très puissant, très fidèle et très compatissant, qui avez à votre disposition toutes les grâces de Notre Seigneur pour sanctifier notre âme et l’usage de tous les éléments qui composent l'univers, pour nous aider dans tous nos besoins de cette vie, ah ! Étendez votre miséricorde sur nous, procurez-nous d’abord un cœur semblable au vôtre par les vertus d’humilité, de douceur, de patience et de bonté, et par surcroît les secours temporels nécessaires à notre avancement spirituel dans la perfection. Ainsi soit-il.

 

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25 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Vingt-sixième jour

Sur l'action du sacerdoce par le Sacrement de pénitence

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

Le cadre restreint que nous nous sommes prescrit ne nous permet pas de nous étendre sur tous les moyens que le divin Fondateur de l'Eglise a placés entre les mains du sacerdoce pour féconder son action sur la société, qu'il était chargé de gouverner et de régénérer. Sans doute il eût été utile et consolant de montrer la puissance irrésistible de la parole divine dans la bouche du sacerdoce ; d'autant plus que c'est par elle qu'il jette la première semence de la foi dans les cœurs. Mais nous en avons déjà  parlè dans plusieurs méditations et notamment dans la sixième. Au reste, l'efficacité de la parole divine est facile à reconnaître : depuis Saint Pierre qui convertit trois mille personnes la première fois qu'il la fit entendre, jusqu'aux prédicateurs de nos jours qui en recueillent des fruits si prodigieux et si nombreux, toujours la parole de Dieu a éclairé et touché les cœurs, bien moins par les talents oratoires plus ou moins éminents de ceux qui l'annoncent, que par la grâce spéciale qu'elle porte avec elle, et qui pénètre dans le sanctuaire le plus intime de l'âme. Quant à la prière, elle est un moyen si puissant entre les mains du sacerdoce, que l'Eglise lui en a fait une obligation rigoureuse en lui imposant le devoir quotidien de la récitation du saint office, et en lui permettant de monter tous les jours au saint autel. C'est à l'aide de la prière que le sacerdoce obtient du ciel les bénédictions divines qui fécondent les efforts de son zèle, et qui préparent les cœurs à recevoir les douces et salutaires influences de la grâce. Ce qu'il nous importe surtout de bien méditer d'abord, c'est l'action qu'exerce le sacerdoce sur les individus et sur la société pour la régénérer, par le pouvoir prodigieux qu'il a reçu de Jésus-Christ de remettre les péchés, c'est-à-dire par le sacrement de pénitence.

I. Si Dieu lui-même n'avait revêtu l'homme de cette auguste et miséricordieuse fonction de réconciliateur, jamais il ne serait venu à l'esprit de qui que se soit de s'arroger le droit de pardonner les injures faites au souverain Seigneur de toutes choses, et surtout d'y mettre pour condition l'aveu humiliant des fautes les plus secrètes et des désordres les plus honteux et les plus intimes de l'âme. La charité infinie de Dieu pour l'humanité pouvait seule trouver un moyen de traiter avec elle de son pardon ; il n'appartenait qu'à sa toute-puissance d'établir les hommes pour être les intermédiaires de sa miséricorde et pour prononcer en son nom l'absolution des coupables ; enfin, il n'y avait qu'une sagesse divine qui pût trouver les conditions les plus convenables pour sauvegarder l'honneur du Très-Haut qui pardonne, et pour ménager les intérêts spirituels du pécheur qui est absous. Aussi, rien de plus positif dans l'Evangile que ces paroles du Fondateur de l'Eglise : « Recevez le Saint-Esprit ; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez » (Saint Jean 20, 22, 23) ; paroles solennelles par lesquelles le Sauveur donna aux apôtres et à leurs successeurs le droit et le pouvoir de briser les chaînes du pécheur et de lui rendre l'amitié de Dieu. Dans toute société bien ordonnée, il y a des magistrats et des juges préposés par le souverain pour veiller à l'exécution des lois ; il y a des tribunaux auxquels sont cités les délinquants ; des sentences sont prononcées au nom du chef de l'Etat, qui les ratifie. Pourquoi la société des âmes, où règne l'ordre le plus admirable, n'aurait-elle pas à sa disposition des ressources analogues pour faire respecter les lois imprescriptibles de Dieu, et pour se gouverner ? Sans doute le tribunal de miséricorde où siège le sacerdoce par l'ordre de Jésus-Christ est un tribunal uniquement spirituel et pour le for intérieur ; mais il est en rapport avec la nature de la société qu'il est appelé à administrer. Il est vrai que l'on n'y prononce jamais d'autre sentence que celle du pardon ; on n'y est point cité par la force brutale, ni malgré soi ; il n'y a d'autre témoin, ni d'autre accusateur que le coupable lui-même qui se présente librement ; les débats, loin d'être publics, ont lieu à huis-clos et dans le plus profond secret ; mais qu'importe, si la société se trouve bien de ce système judiciaire, et si les pécheurs s'en accommodent volontiers ? Depuis dix-huit siècles rien n'a été changé ni au fond, ni à la forme des jugements rendus par le sacerdoce, et jamais société n'a marché avec plus de régularité que la société chrétienne.

II. Quelle influence peut donc exercer le sacerdoce sur les individus et sur la société dans un tribunal si indulgent ? Il console d'abord et encourage le pécheur qu'il reçoit avec la bonté d'un père plutôt qu'avec la sévérité d'un juge. Il examine avec soin l'étendue et la profondeur des plaies de l'âme malade qu'il veut guérir ; il éclaire ses ténèbres, lui découvre ses illusions ; il fait briller d'un nouvel éclat, à ses yeux, les vérités graves et importantes qu'elle a oubliées ou qu'elle n'a pas méditées assez sérieusement ; il lui indique les remèdes à employer, les précautions à prendre ; il l'exhorte avec tendresse et entraînement ; il lui rend le sentiment de sa dignité, en l'arrachant à la dégradation de ses passions ; et en la réconciliant avec Dieu, il lui donne la paix et le bonheur. Une grâce toute spéciale, essentiellement inhérente au sacrement de pénitence, vient joindre l'efficacité infaillible de sa vertu à l'action du ministre de Jésus-Christ, et lorsque le pénitent sort du tribunal de la miséricorde, il se sent tout autre qu'il n'y était entré : il était couvert de confusion, et maintenant il peut lever ses regards vers le ciel avec confiance et appeler Dieu son père ; il était faible, découragé ; le péché semblait l'enlacer dans une étreinte fatale qui l'entraînait presque malgré lui d'abîme en abîme ; il ne voyait devant lui les sacrifices à faire pour sortir de ce déplorable état, que comme des remèdes impossibles ; à présent tout est changé : il espère, non dans ses propres forces, mais dans l'assistance divine ; le charme qui le tenait enchaîné au péché est rompu, son penchant au mal est comme paralysé, et les sages conseils qui lui ont été suggérés ne lui paraissent plus impraticables ; il se décide à mettre la main à l'oeuvre, à rentrer dans la voie des commandements divins et dans le sentier de la vertu. Il était mort à la vie surnaturelle, et il est ressuscité ; il était une branche desséchée séparée du tronc qui est Jésus-Christ, la grâce du sacrement l'en a rapproché et a rétabli la circulation de la sève vivifiante ; il vit et il va désormais porter des fruits pour la vie éternelle. Après cet aperçu, il est facile de comprendre l'influence immense qu'exerce le sacerdoce sur les passions humaines auxquelles il impose un frein salutaire, et sur les individus qu'il réhabilite après les chutes les plus déplorables, et qu'il fortifie contre de nouvelles faiblesses. L'expérience ne vient-elle pas confirmer tous les jours ces indications de la raison ? Un jeune homme est-il docile, soumis à ses parents, modeste dans ses discours et ses actions, laborieux, chaste et d'une vie régulière : on est sûr qu'il s'approche du tribunal de la pénitence. Au contraire, lorsqu'on voit ces jeunes gens au ton fat, aux manières importantes, sans respect pour leurs parents, sans pudeur dans leurs discours, ennemis du travail, sans règle dans leur conduite et surtout dans leurs mœurs, on peut être certain qu'ils ne se confessent plus. Où trouvons-nous les hommes consciencieux, qui ont de la loyauté, qui ont des mœurs réglées, qui combattent sérieusement leurs mauvais penchants ; les hommes désintéressés et dévoués au service du prochain ? Dans les rangs de ceux qui se soumettent à la direction habituelle du sacerdoce. Ce tribunal sacré peut seul régénérer les âmes, dans toutes les conditions et même dans les plus humbles, de telle sorte qu'il les élève jusqu'à la hauteur des plus grands et des plus nobles caractères, et même jusqu'à l'héroïsme. Qu'on nous montre, si l'on peut, hors de là, un saint Vincent de Paul, ou seulement une Sœur de Charité ! Nous n'en faisons pas toutefois un crime à l'humanité : elle est trop faible, sans ce secours divin, pour lutter avec succès contre sa propre corruption ; et c'est pour cela que Jésus-Christ a fait un précepte de se présenter au tribunal de la société des âmes, et de soumettre l'état de sa conscience à la juridiction du sacerdoce. Sans doute l'homme docile qui obéit à cette loi ne sera ni sans défauts, ni impeccable, la perfection n'étant pas de ce monde ; mais il sera meilleur, ou du moins, moins mauvais que celui qui refuse d'user de ce secours surnaturel, pour se conduire d'après ses propres lumières, et avec les seules forces de sa nature déchue.

III. On pourrait dire que l'influence exercée par le sacerdoce au tribunal de la pénitence est incontestable, mais qu'il n'y a qu'un bien petit nombre d'individus qui en recueillent les heureux résultats, puisqu'il n'y en a que bien peu qui s'y présentent ; et que, par conséquent, cette influence doit être fort bornée et presque imperceptible. D'abord, en supposant le nombre de ceux qui fréquentent le sacrement de pénitence, aussi peu considérable qu'on le prétend, nous répondrons que s'il se fût trouvé sept justes dans Sodome et Gomorrhe, ces villes auraient trouvé grâce devant Dieu et n'auraient pas été détruites. Aurait-on regardé comme nulle l'influence qu'auraient pu produire ces sept justes, en sauvant ainsi ces deux malheureuses cités, et en les empêchant d'être anéanties ? Or, nous ne craignons pas de le dire, le salut de notre société moderne est dû à ceux qui vont puiser la sainteté au saint tribunal de la pénitence ; quelque rares qu'on les suppose, c'est la ferveur de leurs prières, ce sont leurs vertus héroïques qui détournent les châtiments dont la justice divine frapperait infailliblement sans cela le monde, à cause de son impiété et de sa corruption. C'est donc en définitive au sacerdoce que la société moderne est redevable de la miséricorde dont le souverain Maître veut bien user à son égard. Toutefois, nous sommes bien loin d'accorder que le nombre de ceux qui se présentent au saint tribunal soit aussi petit qu'on se l'imagine. En effet, il n'existe peut-être aucune famille qui ne compte au moins un de ses membres parmi les pieux fidèles qui réjouissent l'Eglise par leur assiduité à accomplir les devoirs que la religion impose ; et il n'y a peut-être pas non plus de villes, même dans les pays où l'hérésie domine, qui ne renferme quelques-uns de ces fervents catholiques. Or, qui est-ce qui pourrait contester l'influence qu'exerce dans une famille un bon chrétien ou une bonne chrétienne qui se trouve dans son sein ? l'impiété la reconnaît assez, puisqu'elle s'efforce, partons les moyens en son pouvoir, de bannir du foyer domestique toute pratique religieuse. Que n'a-t-on pas dit encore dernièrement dans certains livres sur l'autorité absolue et tyrannique que doit exercer un époux sur sa femme pour l'empêcher surtout d'approcher du saint tribunal de la pénitence ? Comme si un mari avait quelque autorité sur la conscience de celle qui partage sa destinée ! Où serait donc cette liberté des cultes, cette liberté de conscience dont on fait aujourd'hui tant de bruit ? On craint l'influence du prêtre : cette influence existe donc. Ainsi, elle ne s'exerce pas seulement sur ceux qui se mettent directement en rapport avec le sacerdoce au tribunal sacré, mais encore sur leur famille et même sur leur entourage. Elle est par conséquent bien plus étendue qu'on ne le pense communément ; et c'est un grand bonheur pour la société moderne, qui ne tarderait pas sans cela à tomber en dissolution, comme il arriva pour l'Allemagne au temps de Charles-Quint, lorsque le protestantisme eut aboli la confession. Il faut donc conclure que le saint tribunal de la pénitence est un des plus puissants moyens placés par le divin Fondateur de l'Eglise entre les mains du sacerdoce, pour l'aider à accomplir la céleste mission de régénération qu'il lui a confiée en lui disant : « Vous êtes le sel de la terre » (Saint Matthieu 5, 13).

 

Élévation sur l'action du sacerdoce par le Sacrement de Pénitence

 

I. Que vos miséricordes sont infinies, ô mon Dieu ! Vous connaissiez toute l'étendue de la faiblesse humaine ; vous saviez que, quelque léger que soit votre joug, il y aurait pourtant des âmes assez lâches pour s'y soustraire et pour enfreindre les lois que vous ne leur donniez que pour les conduire à la véritable félicité ; et alors, dans votre ineffable bonté, vous avez daigné préparer à ces âmes coupables une piscine salutaire où elles pussent se laver de leurs souillures, un tribunal de miséricorde où la justice et la paix pussent se donner le baiser de la réconciliation. Dans votre amour immense pour les hommes, vous n'avez pas voulu que leurs fautes fussent irrémissibles et sans remède, que la perte de la vie spirituelle fût irréparable. Vous avez largement répandu sur la terre les simples et les spécifiques nécessaires à la guérison des corps ; les âmes vous auraient-elles été moins chères, pour que vous ne leur préparassiez pas aussi des moyens de les rendre à la santé et à la vie ? Vous avez donné à l'humanité des hommes savants qui étudient avec soin les souffrances de leurs semblables, et qui s'appliquent avec un dévouement incomparable à les soulager et à en triompher. Gomment n'auriez-vous pas aussi établi, pour les âmes flétries et blessées par le péché, des hommes doués d'une science toute divine et assez puissants pour les réhabiliter et pour cicatriser leurs plaies ? Ce sont, en effet, les augustes fonctions que remplit le sacerdoce au tribunal sacré de la pénitence, dans lequel vous daignez nous appliquer par son sublime ministère les fruits précieux de la rédemption. C'est là où chaque jour coule ce sang adorable que vous avez répandu sur la croix, et qui ôte les péchés du monde. Quel prodigieux pouvoir que celui que vous avez confié à votre sacerdoce ! Il tient entre ses mains les clefs du ciel ! Il pardonne au nom du Très-Haut ! Il purifie les âmes, il leur rend l'éclat de l'innocence, il les ressuscite !... Et toutes ces merveilles, par quelles mains les opérez-vous ? Assurément par celles de vos ministres sacrés qui ont reçu l'onction sainte et qui sont revêtus d'un caractère divin ; mais encore ? ces ministres, quelque sublimes que soient leur dignité et leurs fonctions, sont des hommes fragiles et sujets aux mêmes misères que le reste de l'humanité ; et c'est en cela. Seigneur, qu'apparaissent davantage votre sagesse et votre infinie bonté. Oui, ce sont des hommes faibles comme nous, pour qu'ils puissent croire à notre faiblesse et compatir aux maladies de notre âme ; des anges, à leur place, n'auraient jamais pu comprendre nos chutes, ni notre ingratitude. Mais, ô mon Sauveur, ces hommes pourront-ils jamais être dignes de l'autorité divine que vous leur confiez ? et ne pourra-t-il pas arriver, hélas ! Que des pécheurs, parmi eux, soient assis à votre place pour absoudre d'autres pécheurs en votre nom ? Votre amour pour les âmes n'a point été arrêté par de semblables considérations. Non, après avoir immolé pour elles votre majesté et votre gloire avec tant de générosité dans votre passion, il vous coûtait peu de perpétuer ce sacrifice, dès qu'il pouvait contribuer à leur salut éternel.

II. Tant de dévouement pour nous, ô divin Maître, restera-t-il sans résultat ? Le dogme de la rémission des péchés demeurera-t-il dans l'Evangile une lettre morte ou stérile ? Se pourrait-il qu'une institution fondée par votre toute-puissance n'atteignît pas le but que vous vous étiez proposé ? C'est, hélas ! Ce que soutiennent ceux qui, redoutant les humiliations de la confession, et plus encore les sacrifices qu'impose la fréquentation du sacrement de pénitence, s'éloignent du saint tribunal. Pour nous, Seigneur, nous n'avons qu'à consulter notre propre expérience pour être convaincus de l'efficacité de ce moyen de salut entre les mains du sacerdoce. Lorsque nous repassons dans l'amertume de notre cœur les années de notre vie qui ont déjà  fui derrière nous, nous reconnaissons que celles où nous avons le moins d'égarements à déplorer, celles où nous avons joui davantage du bonheur et de la paix d'une bonne conscience, sont celles où nous étions le plus exacts à approcher de la confession. Que de courage, que de force, que de consolations n'y avons-nous pas puisés ? Il est, dans la vie, des moments critiques où les charmes de la vertu disparaissent, où les horreurs du vice se changent en attraits séduisants : tout, au dehors et au dedans semble conspirer à pervertir notre cœur : les sens sont amollis, l'âme est sans force et résiste à peine ; l'esprit d'accord avec le cœur ne condamne pas, il se tait ; que dis-je ? il semble approuver. Dans ces circonstances si délicates et si terribles pour les âmes qui vivent encore aux lumières de la foi, c'est aux pieds du prêtre qu'elles retrouvent l'énergie prête à les abandonner ; et elles n'en sont jamais sorties sans se sentir plus calmes, plus ardentes au combat et plus sûres de la victoire. Aussi, si nous avons des chutes à pleurer, rarement les retrouvons-nous dans les jours qui ont immédiatement suivi celui où nous sommes allés chercher des armes pour le combat au tribunal sacré ; car, ô mon Dieu, vous n'y donnez pas seulement la réconciliation et la paix, mais vous en faites encore un arsenal mystérieux, où vous tenez en réserve les secours spirituels les plus puissants contre les ennemis de notre salut. Dans nos doutes sur la foi, dans les anxiétés et les perplexités de notre conscience, dans nos scrupules, une parole, une bénédiction de notre père spirituel suffisent pour les faire évanouir à l'instant. Mais, Seigneur, que n'est-il donné aux pécheurs invétérés qui ont goûté enfin les douceurs de cette institution miséricordieuse, de protester hautement eux-mêmes contre ceux qui prétendent que, dans le tribunal de la pénitence, le sacerdoce n'exerce qu'une influence stérile et sans résultats importants ? Que de remords déchirants ont été calmés ; que de désespoirs, que de fardeaux intolérables pour l'âme coupable ont disparu pour faire place à la paix la plus profonde et aux plus ineffables consolations, dès que le prêtre a eu prononcé ces paroles sacramentelles : « Je vous absous! »... « ô mon âme, bénissez le Seigneur, s'écrient ces pécheurs réconciliés, à l'exemple du saint roi David, que toutes vos facultés louent son saint nom ; n'oubliez jamais tous ses bienfaits : il à pardonné toutes vos iniquités, il vous a guérie de tous vos maux ; il vous a arrachée à la mort, et vous à rendu la vie : oh ! Combien le Seigneur est rempli de tendresse et de miséricorde ; que sa longanimité est grande ! oh ! Oui, il est bien miséricordieux ! Sa colère et ses redoutables menaces ne sont pas éternelles. Il ne nous a pas traités comme le méritaient nos péchés... Sa miséricorde pour ceux qui le craignent ne peut se comparer qu'à l'espace qui sépare le ciel de la terre ; et la distance qui existe entre l'orient et l'occident peut seule donner une idée de celle qu'il a mise entre nous et nos iniquités. Il a pitié de ceux qui veulent le servir, comme un père a pitié de ses enfants ; car, il connaît le limon dont nous sommes formés ; il se rappelle que nous ne sommes qu'un peu de poussière. La vie de l'homme n'est, à ses yeux, que comme un brin d'herbe, et s'effeuille comme la fleur des champs... » (Psaume 102). Tels sont aussi, ô mon Dieu, nos sentiments et les douces émotions que nous éprouvons, lorsque nous venons de nous réconcilier avec vous. Enfin, tous les jours ne voyons-nous pas ceux qui veulent se convertir et devenir meilleurs, commencer l'Å“uvre de leur retour au bien en se rapprochant du tribunal sacré de la pénitence ; tandis que ceux qui veulent donner un libre cours à leurs penchants déréglés s'en éloignent ?

III. Que les familles seraient heureuses ! Quelle harmonie admirable régnerait entre tous les membres qui les composent, si tous se soumettaient régulièrement à ce jugement de miséricorde, que vous avez établi. Seigneur, dans l'effusion de votre bonté infinie pour les hommes, non-seulement afin de leur fournir un moyen facile d'éviter les jugements redoutables de votre justice, mais encore afin d'éteindre dans leur foyer le plus intime toutes les causes de discorde et de désunion ! Un conseiller, un ami ordinaire n'y saurait parvenir ; il serait notre égal, et n'aurait aucune autorité pour faire taire nos passions. Au tribunal de la pénitence, c'est bien aussi un conseiller sûr et charitable, l'ami le plus dévoué, c'est même un père, mais ce n'est plus seulement un homme comme nous, ce n'est plus notre égal. Il est revêtu d'un caractère sacré, il nous parle en votre nom, ô mon Sauveur ! Il a le droit d'imposer silence à nos révoltes ; bien plus, il a reçu de vous le pouvoir de nous conférer une grâce divine qui fortifie et féconde nos bons désirs et nous donne le courage de les mettre en pratique. En faisant le bonheur des familles, au moyen du tribunal de la miséricorde, le sacerdoce fait aussi celui des peuples ; car tous les vices y trouvent leur tombeau, et toutes les vertus y puisent le suc céleste de la grâce qui les soutient et les développe. L'injustice y rencontre un juge impartial qui lui fait rendre impitoyablement le bien mal acquis ; le vindicatif ne peut obtenir le pardon de ses offenses envers Dieu, qu'autant qu'il a pardonné lui-même du fond du cœur à ses frères ; l'homme emporté apprend à mettre un frein à sa colère ; l'orgueilleux est forcé de s'humilier par l'aveu de ses fautes ; l'avare se détache peu à peu des biens de la terre, en rachetant ses péchés par les aumônes qui lui sont prescrites ; celui qui est intempérant s'exerce à la mortification ; le libertin, surtout, trouve dans cette institution salutaire les moyens les plus puissants pour dompter sa chair, et cette grâce que Dieu seul peut donner, et qui seule est capable de donner la victoire ; l'ambitieux, enfin, reçoit cette utile leçon : à savoir, que les premiers sur la terre seront les derniers dans le royaume des cieux, et que les derniers seront les premiers. (Saint Matthieu 20, 16). Qui oserait soutenir que le ministère de celui qui modère ainsi et enchaîne même toutes ces passions, tous ces excès, est inutile à la société ? D'où viennent ces révolutions qui bouleversent de nos jours tout l'ordre social, et qui font couler tant de sang ? Ne serait-ce pas de ce que tous les mauvais penchants de l'homme ont arboré l'étendard de l'indépendance, en secouant dès le jeune âge le joug de ce tribunal bienfaisant, où l'on apprend à les combattre et à en triompher ? Est-il plus honorable pour la liberté humaine de n'être arrêtée dans ses débordements nuisibles à la société, que par des agents de police et des gendarmes, par la cour d'assises, les galères ou la prison ; plutôt que par l'aveu volontaire de ses faiblesses, par les conseils charitables des ministres de Jésus-Christ et par les secours divins que le Ciel envoie ? Ah ! Seigneur ! Quelle admirable école pourtant, que celle du tribunal de vos miséricordes ! C'est là que, dès la plus tendre jeunesse, l'homme apprend à se vaincre lui-même ; c'est là le noviciat le plus parfait de cet esprit de dépendance, de soumission et de respect pour l'autorité, qui forme les bons citoyens, et qui est la plus sûre garantie de l'ordre publie. L'homme est trop grand, la liberté lui est trop chère, pour qu'il puisse faire plier sa volonté rebelle devant des lois et sous une puissance purement humaines, en d'autres termes, pour qu'il puisse obéir à ses semblables ; quels que soient d'ailleurs les titres imposants dont ceux-ci se prévalent, il n'y verra jamais que des égaux. Dieu seul a le droit de mettre un frein à la volonté et à la liberté qu'il a créées ; il n'appartient qu'à lui de les diriger par ses commandements vers la fin pour laquelle il nous les a données. Aussi, dans le tribunal sacré, n'est-ce plus un homme qui parle et qui ordonne, mais Jésus-Christ lui-même, qui a dit : « Celui qui vous écoute m'écoute, celui qui vous méprise me méprise » (Saint Luc 10, 16) ; et lorsqu'on se soumet, c'est à Dieu seul qu'on obéit. C'est ainsi que le sacerdoce a formé et forme encore ces chrétiens héroïques de toutes les classes, de toutes les conditions, de tous les âges, de tous les sexes, parmi lesquels on trouve, à peu près uniquement, les cœurs chastes, désintéressés, et surtout ceux qui se dévouent au service de toutes les misères humaines, et qui paient de leur personne et de leurs biens pour se rendre utiles à la société. Renoncent-ils pour cela à leur liberté ? Oh ! Non, Seigneur, ils apprécient trop ce don incomparable de votre libéralité ; ils apprennent seulement à n'en pas abuser, et à régler, selon les lumières divines que vous daignez leur communiquer par le ministère sacerdotal, l'usage qu'ils doivent en faire. Quelle ingratitude, ô mon Dieu, et quel aveuglement de la part des hommes, de repousser et d'abandonner la pratique d'une institution si sage et si propre à faire le bonheur des individus et de la société dans ce monde, et à assurer leur félicité éternelle dans l'autre ! Permettez qu'en expiation de tous les blasphèmes que l'impiété vomit sans cesse contre ce tribunal sacré où vous vous montrez si miséricordieux pour les hommes, je vous bénisse et vous rende grâce à jamais ; puisque c'est là seulement où je puis trouver la paix de la conscience, la vie de mon âme, le gage le plus certain de ma réconciliation avec vous et des récompenses que vous réservez à ma fidélité.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

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23 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Vingt-quatrième jour

L'Eglise Romaine réunit tous les caractères divins de la véritable Eglise

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

L'Eglise de Jésus-Christ devait être infaillible, parce qu'elle était divine dans son institution, et qu'elle avait pour mission d'imposer sa doctrine à tous les peuples de la terre. Etant infaillible elle devait être Catholique, tous les hommes ayant un égal besoin de la vérité. L'un et l'autre de ces caractères ont pour conséquence l'apostolicité de l'Eglise, c'est-à-dire, la transmission pure et intacte jusqu'à nous de la doctrine et du ministère confiés par Jésus-Christ aux apôtres. Par là même que l'Eglise est apostolique, elle doit être une ; car les apôtres unis entre eux parle même symbole n'ont pas pu prêcher une doctrine ni exercer un ministère qui offrissent des différences essentielles ; et que, dès que la doctrine et le ministère remontent aux apôtres, et qu'ils ne reconnaissent qu'une seule et unique source, ils ne peuvent renfermer aucune divergence notable. Mais, la doctrine et le ministère de l'Eglise étant les mêmes que ceux des apôtres, ils doivent nécessairement partager avec eux le caractère de sainteté qui les distingue : donc l'Eglise est sainte. Or, l'essence même de la sainteté consiste dans le combat livré à l'erreur et aux passions, dans le dévouement et le sacrifice : il appartenait donc à l'Eglise, qui était sainte, d'être persécutée depuis Jésus-Christ et les apôtres jusqu'à la fin des temps, et d'être toujours animée de l'esprit de pénitence. L'Eglise romaine renferme seule tous ces caractères, c'est pour cela que dans la profession de notre foi nous disons : « Je crois en l'Eglise catholique, apostolique et romaine ».

I. L'Eglise romaine est infaillible, c'est-à-dire, qu'elle n'a jamais admis et qu'elle n'admettra jamais des dogmes, qu'elle n'a jamais donné et qu'elle ne donnera jamais un enseignement ni des décisions qui ne soient pas conformes à la parole divine, soit écrite, soit traditionnelle. De tout temps, depuis saint Pierre qui a établi son siège à Rome, jusqu'au Pape François, en passant par l'immortel Pie IX qui y règne encore, on a regardé, dans l'Eglise Catholique, le pape et les évêques comme des dépositaires des Ecritures et de la tradition, comme interprètes de la parole divine, comme juges de la foi, comme formant ce tribunal suprême qui doit juger en dernier ressort tout ce qui intéresse la religion, et auquel seul Jésus-Christ a promis l'infaillibilité en lui disant qu'il serait avec lui et l'assisterait jusqu'à la consommation des siècles, et que l'enfer ou l'erreur ne prévaudrait jamais contre lui. Or, comme le chef des évêques et de l'Eglise entière a son siégé à Rome, c'est bien l'Eglise romaine qui seule a reçu cette prérogative de l'infaillibilité.

II. L'Eglise romaine est répandue dans tout l'univers : elle étend son empire en Europe, en Asie, en Afrique, en Amérique, dans l'Océanie, dans toutes les parties du monde ; et il n'est aucune société chrétienne séparée de sa communion, qui, prise isolément, soit aussi universellement répandue qu'elle, c'est-à-dire, qui possède un nombre d'adeptes égal à celui des Catholiques Romains. En effet, les sectes ne se répandent que pour se diviser et former d'autres sectes, aussi opposées les unes aux autres qu'elles le sont à l'Eglise romaine. C'est le sort de l'erreur et de tous ceux qui n'ont pas reçu la promesse et le don de l'infaillibilité. L'Eglise romaine seule ayant reçu ce privilège divin peut seule répandre sa doctrine et son ministère sans craindre aucune altération. Aussi, malgré tous les efforts de l'esprit de mensonge, continue-t-elle à accomplir chaque jour sa mission céleste : elle enseigne toutes les nations, Dieu voulant dans sa justice et sa bonté mettre la vérité et le salut à la portée de tous : l'Eglise romaine est donc catholique.

III. Elle est encore apostolique, puisqu'elle a recueilli à Rome le précieux héritage des princes des apôtres, Pierre et Paul, et qu'elle n'a jamais enseigné une autre doctrine que celle qui lui a été transmise par les apôtres. Jamais elle ne s'est écartée de cette règle par laquelle elle a confondu toutes les hérésies : « Que rien ne soit innové, et que l'on s'en tienne toujours à ce qui nous a été transmis ». Ce sont les paroles de saint Etienne, pape et martyr, qui vivait vers le milieu du troisième siècle ; et c'est précisément parce que l'Eglise romaine n'a jamais rien voulu innover qu'on l'accuse d'être rétrograde et de ne pas vouloir suivre progrès. Comme elle a possédé dès son institution toutes les vérités nécessaires à son existence et à sa perpétuité, elle n'a, en effet, rien à innover. En vain on a voulu l'accuser d'avoir introduit des dogmes nouveaux et d'avoir altéré son enseignement ; car, jamais on n'a pu assigner l'époque précise, ni citer le nom des auteurs de ces nouvelles doctrines, tandis que l'on connaît parfaitement les Arius, les Pelage, les Nestorius, les Eutychès, les Luther, les Calvin, les Jansénius, et la date exacte de l'apparition de leurs erreurs. D'ailleurs, comment l'Eglise romaine, qui condamnait les novateurs, aurait-elle pu innover elle-même sans encourir le reproche de faire ce qu'elle blâmait si sévèrement dans les autres ? Et pourtant, jamais les Grecs, qui ont toujours été plus ou moins les ennemis et les rivaux des Latins, ne les ont accusés d'avoir introduit la moindre altération dans l'enseignement qu'ils ont reçu des Apôtres. L'Eglise romaine est encore apostolique quant au ministère. La succession de ses pasteurs commence aux apôtres, et vient jusqu'à nous sans interruption morale. L'histoire s'est chargée de nous conserver leurs noms et la date de leur règne. Nous pouvons donc dire avec Saint Augustin : « Je suis retenu dans l'Eglise, par la succession des pontifes sur la chaire de saint Pierre, depuis cet apôtre à qui le Seigneur a confié ses brebis, jusqu'au pape actuel ». Partout et dans tous les temps, on voit, dans les évêques de l'Eglise catholique, la succession de l'ordination avec la succession du pouvoir de juridiction, dont le mode de transmission a toujours été déterminé par la puissance apostolique.

IV. L'Eglise romaine est une : elle seule peut se glorifier de cette unité de doctrine qui la caractérise si bien au milieu des variations sans fin de toutes les sectes qui se sont détachées d'elle. Nous avons la même foi que nos pères, comme nos pères eux-mêmes ne croyaient que ce qu'ils avaient reçu de leurs ancêtres, que ce que leurs ancêtres tenaient des apôtres. Tous les Catholiques Romains professent les mêmes dogmes, admettent les mêmes préceptes évangéliques, les mêmes conseils de perfection. L'Eglise romaine a toujours eu la même Foi, et si elle a ajouté quelques mots à ses anciens symboles, c'est uniquement pour faire connaître aux fidèles, d'une manière plus expresse, ce qu'elle avait toujours cru ; mais sans introduire le moindre changement dans sa doctrine : elle l'a développée, mais ne l'a point altérée. L'Eglise romaine est une non-seulement quant à la doctrine, mais encore quant au ministère. Tous les Catholiques Romains reconnaissent comme institution divine une seule et même hiérarchie composée du chef de l'Eglise, des évêques, des prêtres et des autres ministres de la religion, tous parfaitement unis entre eux. Les laïques ou simples fidèles les regardent comme les seuls pasteurs qui aient reçu de Jésus-Christ le droit et la vertu de les diriger dans les voie du salut. La Chaire de Saint Pierre est pour eux le centre de l'unité Catholique. De tout temps, dans l'Eglise catholique romaine, on a regardé comme schismatiques les fidèles et les prêtres qui se séparent de l'évêque en communion avec les Pape, et les prêtres et les évêques qui se séparent du pape , l'évêque de Rome, successeur de Saint Pierre prince des apôtres ; et c'est même une des raisons qui la font accuser d'intolérance. Sa discipline seule a varié suivant les temps et les lieux, dans l'intérêt moral et spirituel des fidèles et du clergé ; ce qui montre précisément l'injustice de cette accusation : mais son gouvernement n'a jamais varié. L'Eglise romaine est donc une de fait dans son ministère comme dans sa doctrine, et elle Test de droit en vertu de sa constitution qu'elle tient de Jésus-Christ.

V. L'Eglise catholique est sainte, avons-nous dit, parce que son fondateur Jésus-Christ est le Saint des saints, parce que les premiers hommes qui ont travaillé à son établissement étaient des saints ; parce qu'elle a été instituée pour la sanctification des hommes ; parce que ses dogmes, ses mystères, sa morale, sa doctrine, en un mot, sont marqués au sceau de la sainteté ; enfin, elle est sainte, en ce qu'un certain nombre de ses membres sont saints, et qu'il ne peut y avoir de véritables saints que parmi ses enfants. Or, tous ces caractères de sainteté se trouvent réunis dans l'Eglise romaine, et dans elle seule. Qu'elle ait Jésus-Christ pour fondateur, et les saints apôtres pour premiers pasteurs, c'est ce que nous avons démontré en prouvant qu'elle était apostolique. Sa doctrine est sainte, puisqu'elle lui vient aussi directement des apôtres et de Jésus-Christ, qui en est l'auteur. Son histoire tout entière est le récit de ses travaux continuels pour la sanctification des hommes, et du zèle ardent qu'elle a toujours déployé pour y parvenir : témoin ses missions lointaines, au prix des plus rudes souffrances et même de la  vie de ses apôtres. Enfin l'Eglise Romaine a toujours eu des saints parmi ses membres. Jamais elle n'a cessé d'enfanter des justes de tout âge et de tout sexe, dans tous les rangs de la société. Sans doute un grand nombre se sont sanctifiés dans l'obscurité de la vie commune ; mais l'histoire en a enregistré dans tous les siècles qui se sont illustrés par l'éclat de leurs vertus. De tout temps, même de nos jours, on voit dans l'Eglise romaine des martyrs et des confesseurs de la Foi. Tous ses membres ne sont pas des saints, parce qu'ils sont hommes, et par conséquent sujets aux passions et aux faiblesses humaines, et que par là même ils n'ont pas toujours le courage de suivre ses instructions. Mais, comme le dit saint Augustin : « Si nous avons dans quelques scandales publics de justes sujets de douleur, il est aussi d'admirables vertus dont le spectacle doit nous consoler. Cette lie épaisse, qui attriste vos regards, ne doit point faire haïr le pressoir d'où sort en même temps l'huile pure dont la flamme brillante éclaire la maison de Dieu ». (Lettre 78). Il suffit d'ajouter que puisque l'Eglise Romaine possède seule la vraie doctrine de la sainteté, qui est la doctrine de Jésus-Christ, elle seule aussi peut produire des saints.

VI. La persécution est le dernier caractère de la véritable Eglise, que nous avons signalé. Ce caractère est-il au front de l'Eglise romaine ? C'est à peine si nous osons poser cette question. L'histoire et tous ses monuments semblent se lever avec enthousiasme pour y répondre. Il n'est aucune ville qui ait donné à l'Eglise autant de martyrs que Rome. On ne peut faire un seul pas dans cette capitale du monde chrétien sans y rencontrer la trace du sang généreux répandu pour la foi. Que serait-ce si nous parcourions les catacombes, qui recèlent encore dans leur sein les ossements de tant de victimes de leur généreuse fidélité à Jésus-Christ ? Il n'est pas surprenant, en effet, que le christianisme, allant s'établir au cœur du monde païen, ait été plus persécuté encore à Rome que partout ailleurs. Au reste, lorsque le sang de l'Eglise romaine eut cessé de couler autour de la Chaire de Saint Pierre, ses flots continuèrent néanmoins à être versés en d'autres lieux pour la cause de la foi chrétienne ; et aujourd'hui encore elle compte de nombreux martyrs en Chine, en Cochinchine et dans une multitude d'autres régions aussi inhospitalières. Mais Rome étant le siège du gouvernement de l'Eglise Catholique, elle n'a presque jamais cessé d'être de préférence le but spécial des persécutions de l'impiété contre la religion de Jésus-Christ, et trop souvent elle a été même la victime de l'ambition et de la colère des peuples et des rois. Les Goths, Genseric, Théodoric, Totila, les Lombards et bien d'autres, y portèrent successivement le fer et le feu ; et son histoire n'est qu'une persécution presque continuelle. Mais jamais elle ne s'en est alarmée ; confiante dans les promesses de son divin Epoux, elle a toujours souffert avec calme et résignation, avec dignité et sans faiblesse ; car elle savait que la barque de Pierre peut bien être plus ou moins agitée par les tempêtes, mais qu'elle ne périra jamais. Ainsi l'Eglise romaine est infaillible, Catholique, Apostolique, Une, Sainte, et l'objet des persécutions du monde : elle est donc la véritable Eglise fondée par le Divin Sauveur.

 

Élévation sur l'Eglise romaine réunissant tous les caractères divins de la véritable Eglise

 

I. O sainte Eglise Romaine ! Lorsque je jette un regard sur les sociétés religieuses qui se partagent la terre, je ne vois que vous seule qui réunissiez tous les caractères divins qui manifestent de la manière la plus éclatante que vous n'êtes pas l'ouvrage d'une intelligence humaine. Comme vous laissez loin derrière vous tous ces rêves creux et ces systèmes étroit des génies et des philosophes, même les plus éminents ! Il est impossible de vous contempler avec quelque attention, sans être frappé de ces rayons célestes qui s'échappent de votre front et qui révèlent au plus aveugles votre origine toute divine. Où se trouve ailleurs que dans votre sein l'interprète infaillible des oracles sacrés de celui qui est le Très-Haut ? Je cherche sur la terre une société qui invoque le vrai Dieu et qui compte un aussi grand nombre d'adorateurs en esprit et en vérité que vous comptez d'enfants, et je n'en découvre aucune. Qui pourrait vous disputer les droits évidents de votre antiquité, lorsque votre généalogie bien connue vous fait remonter jusqu'aux apôtres, jusqu'à Jésus-Christ, leur divin Maître ? Que les sectes qui se sont violemment séparées de vous nous montrent l'unité de leurs adhérents à côté de votre immutabilité ! Elles pourront nous nommer d'honnêtes gens et des héros même sortis de leurs rangs ; mais jamais elles ne pourront nous montrer des saints, puisqu'elles ne possèdent pas la vraie doctrine de la sainteté. Elles nous rappelleront bien le nom de quelques fanatiques morts pour défendre leurs erreurs et leurs œuvres ; mais elles seront impuissantes à prouver que la persécution est leur destinée à tout jamais, parce qu'on ne persécute à perpétuité que la vérité et la justice. Vous seule surtout, ô sainte Épouse de Jésus-Christ, possédez le trésor sacré de la Charité Divine dont l'éclat laisse dans les ténèbres les plus profondes la bienfaisance parement humaine et la philanthropie, qui n'en sont qu'une froide et misérable contrefaçon. Eglise de Jésus-Christ, ô Eglise romaine, que vous êtes belle ! Ô beauté toujours ancienne et toujours nouvelle, sans tache et sans ride ; ô ma mère bien-aimée, soyez donc à jamais bénie d'avoir daigné me recevoir dans votre sein, et de me compter au nombre de vos enfants !

II. Que vos conseils, ô Seigneur, sont admirables, et que vos voies sont profondes ! Une éternelle succession fut destinée à Saint Pierre. Il devait toujours y avoir un Pierre dans l'Eglise, pour confirmer ses frères dans la Foi, et pour tenir sans cesse la main au gouvernail ; mais il lui fallait un siège fixe pour l'exercice de cet office. Quel siège lui choisîtes-vous, ô Divin Maître ! Et qui pourrait assez admirer votre sagesse ! Ce ne pouvait être Jérusalem, parce que le moment était venu où, faute d'avoir connu le temps de sa visite, elle allait être livrée aux gentils, et détruite de fond en comble. L'heure de la conversion des gentils, d'autre part, avait aussi sonné ; ils allaient entrer en foule dans le temple de Dieu, c'est-à-dire dans son Eglise. Quel fut alors le lieu sur lequel tomba votre choix, Seigneur ? Rome, la maîtresse du monde, la reine des nations, et en même temps la mère de l'idolâtrie, la persécutrice des saints, c'est elle qui obtint vos préférences pour y placer le centre de la Foi qui devait être prêchée, comme d'un lieu plus éminent, à toute la terre. Vous aviez préparé de loin l'empire romain pour la recevoir. Un si vaste empire, qui réunissait dans son sein tant de nations, était destiné à faciliter la prédication de votre Evangile, et à lui donner un cours plus libre. A la vérité, l'Evangile devait encore aller plus loin que les conquêtes romaines, et il devait être porté aux nations les plus barbares ; mais enfin l'empire romain devait être son siège principal. Merveille ! les Scipion, les Pompée, les César, en étendant l'empire romain par leurs conquêtes, devaient être en quelque sorte les pionniers destinés à préparer les voies au règne de Jésus-Christ ; et, selon cet admirable conseil, Rome devait être la capitale de l'empire spirituel du Sauveur, comme elle l'était de l'empire temporel des Césars. Dès lors. Seigneur, vous avez tellement disposé les choses, que les successeurs de saint Pierre, à qui on donna par excellence le nom de Papes, c'est- à-dire celui de Pères, ont fait de la Chaire de Saint Pierre la chaire de l'unité, dans laquelle tous les évêques et tous les fidèles, tous les pasteurs et tous leurs troupeaux, se sont unis.

III. Aussi Rome, pour tout chrétien qui l'a visitée, est-elle, non pas seulement le plus vénérable des sanctuaires, mais encore la patrie et la maison paternelle. On s'y trouve comme chez sa mère, on y respire plus librement, l'atmosphère y est plus douce et plus suave qu'en aucun lieu du monde. Il semble qu'on y retrouve ce qu'on avait vu dans son enfance, parce qu'à chaque pas on y voit les lieux où habitèrent et souffrirent Saint Pierre et Saint Paul, tous ces Martyrs et ces Saints illustres qui furent nos pères dans la foi, et dont on nous racontait les sublimes vertus dans nos jeunes années. On s'attendrait presque à les rencontrer pleins de vie, tant leur mémoire est encore vivante, et le parfum qu'ils ont laissé après eux se sent encore partout. Seigneur ! Que vous montrez bien, ô Rome surtout, que vous êtes notre Père, et que vous êtes l'Epoux de votre Eglise bien-aimée ! Comme votre charité se plaît à se dilater et à répandre ses divines influences dans cette ville privilégiée ! Là  tous les malheureux à quelque classe de la société, à quelque nation qu'ils appartiennent, trouvent un asile et le sein d'une mère pour s'y reposer et s'y consoler. Depuis les têtes couronnées, que l'instabilité des choses humaines a chassées de leurs états, jusqu'au pauvre pèlerin que la foi amène les pieds nus, jusqu'au tombeau des saints apôtres, tous rencontrent dans la ville sainte un accueil fraternel, délicat et cordial, tel qu'on pourrait à peine l'espérer au sein de sa propre famille. Cette majesté si douce, si pleine de noblesse et de grandeur, que vous voyez apparaître dans les traits et la tenue des princes de l'Eglise et du souverain Pontife, au milieu des imposantes cérémonies de la religion, se change bientôt, lorsque vous les abordez personnellement, en une affabilité et un abandon qui vous font oublier, au bout de quelques instants de conversation, que vous parlez aux premiers dignitaires de la chrétienté. Nulle part, aucun souverain n'est aussi abordable que le Saint-Père ne l'est au Vatican ; et il est impossible d'exprimer les sentiments de respect et d'amour qu'il sait inspirera ceux auxquels Dieu fait la grâce de l'approcher. Comme il réalise bien son nom, saint Père ! Oui, lorsque vous êtes prosternés à ses pieds, vous croiriez être aux pieds de Saint Pierre ou de Jésus-Christ Lui-même. Il semble qu'une émanation de sainteté vous pénètre tout entier et vous absorbe. Puis, lorsque sa douce main vous relève après vous avoir béni, lorsque sa parole bienveillante s'est fait entendre, vous retrouvez le bon Père de la famille chrétienne, et un cœur si doux et si tendre que vous en êtes tout interdit. Eglise romaine, pourquoi vos ennemis ne vous voient-ils pas de près ? ils reconnaîtraient d'instinct que vous êtes véritablement l'épouse de Jésus-Christ ; ils cesseraient de vous persécuter ; ils seraient heureux de vous appeler leur mère, de vous aimer et d'être vos enfants soumis et dévoués !

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

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7 novembre 2013

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie 3/33

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie

33 jours pour se consacrer à la Très Sainte Trinité par les mains de Marie

 

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Troisième jour

Troisième jour de la semaine à Nazareth

Pauvreté dans l'esprit

La pauvreté spirituelle

Consécration des biens intérieurs

 

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

 

Invocation au Saint Esprit

 

Viens Esprit Saint,

Viens, Feu d'amour,

Viens, Père des pauvre,

épris de mes blessures,

Viens, Esprit Saint, en nos cœurs

et envoie du haut du Ciel un rayon de Ta Lumière.

Viens en nous, Père des pauvres,

Viens, dispensateur des dons,

Viens, Lumière de nos cœurs.

 

Je crois en Dieu, une dizaine de Chapelet aux intentions de la Sainte Vierge.

 

La Parole de Dieu

 

Deuxième Lettre de Saint Paul aux Corinthiens 12, 9-10

 

« Mais il m'a déclaré : « Ma grâce te suffit : ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » Je n'hésiterai donc pas à mettre mon orgueil dans mes faiblesses, afin que la Puissance du Christ habite en moi. C'est pourquoi j'accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort ».

 

Saint Luc 1, 46-49

 

« Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur, Mon esprit exulte en Dieu Mon Sauveur. Il s'est penché sur Son humble Servante ; désormais tous les âges Me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour Moi des merveilles ; Saint est son nom ! »

 

Lettre de Saint Paul aux Romains 11, 33-36

 

« Quelle profondeur dans la richesse, la Sagesse et la Science de Dieu ! Ses décisions sont insondables, Ses chemins sont impénétrables ! Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui a été son conseiller ? Qui Lui a donné en premier, et mériterait de recevoir en retour ? Car tout est de Lui, et par Lui, et pour Lui. A lui la gloire pour l'éternité ! Amen ».

 

Message de la Sainte Vierge à Medjugorje du 25 novembre 1990

 

« Chers enfants, aujourd'hui Je vous invite à faire des œuvres de Miséricorde, avec amour et par amour pour Moi et pour nos frères et sœurs, les vôtres et les miens. Chers enfants, tout ce que vous faites pour les autres, faites-le dans une grande joie et avec humilité envers Dieu. Je suis avec vous, et de jour en jour Je présente vos sacrifices et vos prières à Dieu, pour le Salut du monde. Merci d'avoir répondu à Mon appel ».

 

Méditation

 

« Ce bon Maître n'a pas dédaigné de se renfermer dans le sein de la sainte Vierge comme un captif et un esclave amoureux, et de lui être soumis et obéissant pendant trente années. C'est ici, je le répète, que l'esprit humain se perd, lorsqu'il fait une sérieuse réflexion à cette conduite de la Sagesse incarnée, qui n'a pas voulu, quoiqu'elle le pût faire, se donner directement aux hommes mais par la très sainte Vierge : qui n'a pas voulu venir au monde à l'âge d'un homme parfait, indépendant d'autrui, mais comme un pauvre et petit enfant, dépendant des soins et de l'entretien de sa sainte Mère. Cette Sagesse infinie, qui avait un désir immense de glorifier Dieu son Père et de sauver les hommes, n'a point trouvé de moyen plus parfait et plus court pour le faire que de se soumettre en toutes choses à la très sainte Vierge ».

 

(Saint Louis-Marie Grigion de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion, 139)

 

« Marie, poussée par la charité, se rend donc dans la maison de sa parente. A son entrée, Elisabeth répond à sa salutation et, sentant l'enfant tressaillir en son sein, «remplie d'Esprit Saint», à son tour salue Marie à haute voix: «Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein!» (cf . Lc 1, 40-42 ). Cette exclamation ou cette acclamation d'Elisabeth devait entrer dans l'Ave Maria, à la suite du salut de l'ange, et devenir ainsi une des prières les plus fréquentes de l'Eglise (…). Dans la salutation d'Elisabeth, tous les mots sont lourds de sens; cependant ce qu'elle dit à la fin semble d'une importance primordiale «Bienheureuse celle qui a cru en l'accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur!» (Lc 1, 45) 28. On peut rapprocher ces mots du titre «pleine de grâce» dans la salutation de l'ange. Dans l'un et l'autre de ces textes se révèle un contenu mariologique essentiel c'est-à-dire la vérité sur Marie dont la présence dans le mystère du Christ est devenue effective parce qu'elle «a cru». La plénitude de grâce, annoncée par l'ange, signifie le don de Dieu lui-même; la foi de Marie, proclamée par Elisabeth lors de la Visitation, montre comment la Vierge de Nazareth a répondu à ce don ».

 

(Bienheureux Jean Paul II, Rédemptoris Mater, n°12)

 

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Prières

 

Prière consécratoire

 

Marie, choix de Dieu, petite Pauvre dépouillée de tout regard sur Toi-même et riche en espérance des biens du Royaume, je Te consacre mon intelligence, mes pensées, surtout celles qui me semblent les plus élevées et les plus belles, car aucune pensée ne peut concevoir le Royaume que Dieu engendre dans les pauvres et en Toi d'abord, Chef d'oeuvre de la Création. Je Te consacre tout don, tout bien spirituel afin que jamais je ne m'en considère comme l'auteur ; que je puisse m'écrier avec Toi que Dieu exalte les humbles et qu'Il résiste aux orgueilleux. Marie, prends-moi à Ton école de douceur et d'humilité de cœur.

 

Antienne

(Luc 1, 46-50)

 

Mon âme exalte le Seigneur,

exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur.

Il s'est penché sur son humble servante ;

désormais tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles,

Saint est Son Nom !

Son Amour s'étend d'âge en âge

sur ceux qui le craignent.

 

Psaume 113 (112)

 

Louez, serviteurs du Seigneur,

louez le Nom du Seigneur !

Béni soit le nom du Seigneur,

dès maintenant et à jamais !

Du soleil levant au soleil couchant,

loué soit le Nom du Seigneur !

Exalté par dessus tous les peuples, Adonaï !

Sa gloire domine les Cieux !

Qui est comme le Seigneur notre Dieu,

Lui, qui s'élève pour siéger siéger

et descend pour voir les cieux et la terre.

De la poussière il relève le faible,

du fumier il retire le pauvre,

pour l'asseoir avec les princes,

avec les princes de son peuple.

Il assied la femme stérile installe en sa maison,

heureuse mère au milieu de ses fils.

 

Prière « Ad Libitum » : Priez Marie avec un texte de votre choix comme par exemple les Litanies, le Souvenez-vous, ou encore une oraison jaillie du cœur...

Invocation : O Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation, priez pour nous et pour le monde ».

 

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Textes extraits du livre « Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie », aux Editions des Béatitudes, pour commander le livre, cliquer ICI

 

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9 novembre 2013

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie 5/33

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie

33 jours pour se consacrer à la Très Sainte Trinité par les mains de Marie

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Cinquième jour

Cinquième jour de la semaine à Nazareth

Entrer dans la chambre nuptiale

Joseph époux du secret de Marie

Consécration de l'âme

 

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

 

Invocation au Saint Esprit

 

Esprit Saint ! Amour ! Amour ! Dites-moi quel chemin conduit à un si délicieux séjour, où est le sentier de la vie qui mène à ces prairies fécondées de la Rosée Divine, où se désaltèrent les cœur altérés.

Ô Amour, Vous seul connaissez ce chemin qui mène à la vie et à la Vérité ; c'est en Vous que s'accomplit l'alliance pleine de délices qui unit entre Elles les Divines Personnes de la Trinité Sainte.

Par Vous, ô Esprit Saint, son répandus sur nous les plus précieux dons. De Vous procèdent les semences fécondes qui produisent les fruits de la Vie. De Vous émane le miel si doux des délices qui ne sont qu'en Dieu. Par Vous descendent sur nous les eaux fertiles des bénédictions divines, les dons si chers de l'Esprit.

(Sainte Gertrude)

 

Je crois en Dieu, une dizaine de Chapelet aux intentions de la Sainte Vierge.

 

La Parole de Dieu

 

Saint Jean 4, 10-14

 

Jésus répondit à la samaritaine : « Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais Celui qui te dit : « Donne-moi à boire », c'est toi qui Lui aurais demandé, et Il t'aurait donné de l'Eau Vive ». Elle lui dit : « Seigneur, Tu n'as rien pour puiser, et le puits est profond ; avec quoi prendrais-tu l'Eau Vive ? Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? » Jésus lui répondit : « Tout homme qui boit de cette eau aura encore soif ; mais celui qui boira de l'Eau que Moi Je lui donnerai n'aura plus jamais soif ; et l'Eau que Je lui donnerai deviendra en lui Source jaillissante pour la vie éternelle ».

 

Colossiens 3, 2-4

 

Tendez vers les réalités d'en haut, et non pas vers celles de la terre. En effet, vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu. Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire.

 

Luc 19, 1-10

 

Jésus traversait la ville de Jéricho. Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d'impôts, et c'était quelqu'un de riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il n'y arrivait pas à cause de la foule, car il était de petite taille. Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui devait passer par là. Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et l'interpella : « Zachée, descends vite : aujourd'hui il faut que J'aille demeurer dans ta maison ». Vite, il descendit, et reçut Jésus avec joie. Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un pécheur ». Mais Zachée, s'avançant, dit au Seigneur : « Voilà, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j'ai fait du tort à quelqu'un, je vais lui rendre quatre fois plus ». Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd'hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d'Abraham. En effet, le Fils de l'Homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ».

 

Message de la Sainte Vierge à Medjugorje du 25 juillet 1992

 

« Chers enfants, aujourd'hui Je vous invite à l'abandon total à Dieu. Tout ce que vous faites et tout ce que vous possédez, donnez-le à Dieu afin qu'Il règne sur votre vie comme un Roi sur tout ce que vous possédez. De cette manière, à travers Moi, Dieu peut vous conduire à la profondeur de la vie spirituelle. Petits enfants, n'ayez pas peur, car Je suis avec vous, même quand vous pensez qu'il n'y a pas d'issue et que Satan règne. Je vous apporte la paix. Je suis votre Mère et la Reine de la Paix. Je vous bénis avec la bénédiction de la joie afin que Dieu soit tout pour vous dans la vie. Merci d'avoir répondu à Mon appel ».

 

Méditation

 

« Il faut faire toute chose en Marie, c'est-à-dire qu'il faut s'accoutumer peu à peu à se recueillir au-dedans de soi-même pour y former une petite idée ou image spirituelle de la très Sainte Vierge. Elle sera à l'âme l'Oratoire pour y faire toutes ses prières à Dieu, sans crainte d'être rebutée ; la Tour de David pour s'y mettre en sûreté contre tous ses ennemis ; la Lampe allumée pour éclairer tout l'intérieur et pour brûler de l'amour divin; le Reposoir sacré pour voir Dieu avec elle ; et enfin son unique Tout auprès de Dieu, son recours universel. Si elle prie, ce sera en Marie ; si elle reçoit Jésus par la sainte communion, elle le mettra en Marie pour s'y complaire ; si elle agit, ce sera en Marie ; et partout et en tout elle produira des actes de renoncement à elle même ».

(Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, « Le Secret de Marie », 47)

 

« L’action de l’Église dans le monde est comme un prolongement de la sollicitude de Marie : en effet, l’amour diligent de la Vierge à Nazareth, à la maison d’Elisabeth, à Cana, au Golgotha – moments du salut d’une immense portée ecclésiale – se continue dans l’inquiétude maternelle de l’Église pour que tous les hommes arrivent à la connaissance de la vérité, dans son souci des humbles, des pauvres et des faibles, dans son engagement continuel pour la paix et la concorde sociale, dans son zèle pour que tous les hommes aient part au salut qui leur a été mérité par la mort du Christ. De cette façon, l’amour pour l’Église se traduira en amour pour Marie, et réciproquement ; car l’une né peut subsister sans l’autre, comme le fait observer avec perspicacité Saint Chromace d’Aquilée : « L’Église se réunit dans la chambre haute (du cénacle) avec Marie, qui fut la Mère de Jésus, et ses frères ».

(Paul VI, « Marialis Cultus », 28)

 

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Prières

 

Prière consécratoire

 

O Marie, Jardin secret où le Verbe a grandi en silence, je T'ouvre les portes du sanctuaire de mon âme, ce lieu caché de mon esprit que seul visite l'Esprit du Dieu Vivant, la chambre nuptiale dans l'Epoux seul possède la clef. Fontaine scellée dont l'eau est réservée à ceux qui acceptent de vivre le mystère de la transformation de l'eau baptismale en sang du martyre, viens en Reine dans ma chambre royale et orne-la de Ton Amour infini, ô Fille e Jérusalem. Je Te consacre ce lieu très profond que je n'ai fait que pressentir et que je ne connaîtrai pleinement que dans la lumière de Ta présence.

 

Antienne

 

En attendant le Ciel, ô ma Mère chérie,

Je veux vivre avec toi, te suivre chaque jour.

Mère, en te contemplant, je me plonge ravie

Découvrant dans ton cœur des abîmes d’amour.

Ton regard maternel bannit toutes mes craintes,

Il m’apprend à pleurer, il m’apprend à jouir.

Au lieu de mépriser les joies pures et saintes,

Tu veux les partager, tu daignes les bénir.

(Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, Poésie « Pourquoi je t'aime, ô Marie »).

 

Psaume 85 (84)

 

Ta complaisance, Seigneur, est pour la terre,

Tu fais revenir les captifs de Jacob ;

Tu lèves les torts de ton peuple,

Tu couvres toute sa faute ;

Tu retires tout Ton emportement,

Tu reviens de l'ardeur de ta colère.

Fais-nous revenir, Dieu de notre salut,

domine ton ressentiment contre nous,

seras-Tu pour toujours irrité contre nous,

garderas-Tu ta colère d'âge en âge ?

N'est-ce pas toi qui reviens nous vivifier ?

Et ton peuple en Toi se réjouis.

Fais-nous voir, Seigneur, ton amour,

que nous soit donné Ton Salut !

J'écoute ! Que dit le Seigneur ?

Ce que Dieu dit, c'est la paix

pour son peuple, ses amis,

pourvu qu'ils ne reviennent à leur folie.

Proche est Son Salut pour ceux qui le craignent,

et la Gloire habitera notre terre.

Amour et Vérité se rencontrent,

Justice et Paix s'embrassent ;

Fidélité germera de la terre,

et des Cieux Justice se penchera.

Le Seigneur Lui-même donne le bonheur,

et notre terre donne son fruit ;

Justice marchera devant Lui

et Paix sur la trace de ses pas.

 

Prière « Ad Libitum » : Priez Marie avec un texte de votre choix comme par exemple les Litanies, le Souvenez-vous, ou encore une oraison jaillie du cœur...

Invocation : O Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation, priez pour nous et pour le monde ».

 

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Textes extraits du livre « Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie », aux Editions des Béatitudes, pour commander le livre, cliquer ICI

 

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9 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Quinzième jour

Le lundi de la troisième semaine après l'octave de Pentecôte

 

Venez, Esprit Créateur,

Visitez l'âme de tes fidèles,

Remplissez de la grâce d'En-Haut

les cœurs que Vous avez créés.

Je Vous salue Marie.

 

La vie que mena le peuple d'Israël dans le désert avant la conquête de la terre promise, est une figure frappante de la vie chrétienne sur cette terre de pèlerinage et d'exil. Le fidèle marche vers la véritable terre promise qui est le Ciel, et sur sa route, il rencontre mille difficultés, il est exposé à mille dangers, il combat des ennemis nombreux. L'israélite voyageur manquait de pain dans la solitude du désert. Si Dieu ne fût venu à son secours, il aurait infailliblement péri. Il cria vers le Seigneur, et le Seigneur entendit sa voix. Moïse annonça au peuple qu'il verrait bientôt la gloire de Dieu. Dès le matin on vit tomber du Ciel un petit grain blanc qui couvrit la terre. C'était le pain miraculeux qui devait servir de nourriture, pendant quarante ans, aux enfants de Jacob. Ce pain fut appelé La Manne. La manne était regardée par les Juifs comme le Pain du Ciel. Ce nom lui est donné dans l'Ecriture qui l'appelle encore Pain des Anges. Les descendants d'Abraham se glorifiaient de ce que leurs pères avaient mangé ce pain miraculeux.

Il est impossible de ne pas voir dans la manne une figure du pain Eucharistique. C'est Jésus-Christ Lui-même qui établit la similitude en faisant ressortir les magnifiques privilèges de la réalité sur la ligure, de la manne chrétienne sur la manne des Juifs. « Vos pères, dit le Sauveur, ont mangé la manne dans le désert et ils sont morts ; il n'en est pas ainsi du pain dont Je vous parle ; celui qui le mange vivra éternellement ». Ce principe étant une fois établi, on n'est plus surpris en lisant dans la Sainte Écriture les choses magnifiques qui sont dites de la manne, puisqu'on y découvre l'intention du Saint Esprit, qui a été de faire connaître l'excellence de la nourriture préparée par Jésus au chrétien voyageur dans le désert de cette vie. Voici ce que dit la Sagesse : « Vous avez donné à votre peuple la nourriture des Anges, et vous lui avez présenté le Pain du Ciel qui renferme tous les délices et tout ce qui peut flatter le goût. Ce pain montrait combien est grande Votre douceur envers vos enfants ».

Ne croit-on pas entendre Jésus-Christ lorsqu'il disait aux enfants de ceux qui avaient mangé la manne : « Je suis le Pain vivant descendu du Ciel. Je suis le Pain de vie. Ce n'est pas Moïse qui vous a donné le Pain du Ciel, mais Mon Père vous donne le vrai Pain du Ciel, le Pain qui donne la vie au monde. Le pain que Je donnerai, c'est Ma Chair immolée pour le salut du monde. Ma Chair est véritablement une Nourriture, et Mon Sang une Boisson ». Or, si la manne fut annoncée comme un signe de la gloire du Seigneur, qui dira la gloire que Dieu manifeste par la Sainte Eucharistie ; la gloire qui revient à Jésus-Christ et qui rejaillit sur son Eglise, de l'institution de cet adorable Mystère ? Ici ce n'est plus, comme dans le désert, l'ouvrage des Anges, mais l'œuvre de Dieu même. Ce n'est pas seulement un Pain qui vient du Ciel, mais un Pain qui est incomparablement au-dessus du Ciel, puisque c'est la Chair et le Sang de Celui qui orne les Cieux de toute leur gloire. C'est donc à la Divine Eucharistie qu'il faut donner le nom du Pain des Anges, non qu'il soit fait pour eux et qu'ils doivent s'en nourrir, mais, dit le savant et pieux cardinal Hugo, parce que les hommes qui le mangent doivent devenir purs comme des Anges.

 

Premier point

La Sainte Eucharistie est le Pain destiné à nourrir le fidèle qui voyage

 

Il est certain que, semblable à la manne des Israélites, la Sainte Eucharistie est destinée à soutenir et à fortifier l'âme fidèle dans le voyage qu'elle doit faire pour arriver au Ciel. Pour marcher, il faut des forces ; il en faut bien davantage pour combattre en marchant. Lorsqu'on ne peut faire un pas sans rencontrer un ennemi, il faut du courage, de l'énergie, des efforts continuels pour avancer. Tel est notre état pendant cette vie. Or, celui qui ne mange pas perd ses forces ; il n'est propre ni au combat, ni à la fatigue du voyage. Celui qui n'a pas soin de réparer ses forces, en prenant souvent sa nourriture, les verra bientôt épuisées. Il faut encore que la nourriture soit d'autant plus substantielle que les combats sont plus multipliés et exigent une plus grande énergie.

Eh bien ! Voici le Pain des forts, c'est-à-dire le Pain qui fortifie, qui soutient dans les fatigues de la vie chrétienne et dans les combats qu'il faut livrer, tous les jours, contre les ennemis du salut. « Prenez et mangez, dit Jésus-Christ. Celui qui se condamnerait à un jeûne excessif, comment conserverait-il ses forces ? D'où vient tant de faiblesse dans un grand nombre d'âmes ? Est-il bien difficile d'en trouver la cause ? La manne n'était pas, pour les Israélites, le but du voyage, de la fatigue et des combats. Ce but c'était la terre promise, récompense de la fidélité et de la persévérance. Pour le Chrétien, la terre promise c'est le Ciel, voilà la fin vers laquelle il tend tous les jours ; voilà le terme de son voyage, la récompense de la sainteté. La Sainte Eucharistie n'est donc pas la récompense de la sainteté, c'est le moyen donné à l'homme pour qu'il devienne saint. Une sainteté commencée, par l'exemption du péché mortel, suffit pour qu'en se nourrissant du Pain Eucharistique avec foi et amour, l'âme trouve dans cette céleste nourriture le moyen de s'élever à la plus sublime perfection.

O mon Dieu, comme j'ai peu compris ces vérités ! Mille actions de grâces Vous soient rendues par toutes les créatures, ô Divin Sauveur ! Oui, une table est dressée devant moi, c'est Vous qui l'avez préparée, j'en approcherai souvent. Je recevrai avec reconnaissance et amour ce Pain Céleste qui me rendra fort contre tous mes ennemis !...

 

Deuxième point

Conditions pour manger le pain des Anges

 

Les Israélites ne tardèrent pas à se dégoûter de la manne. Ce Pain leur parut insipide, ils n'en furent plus satisfaits. Leur ingratitude envers Dieu fut telle que, dans leurs murmures contre Moïse, ils témoignèrent le regret de n'avoir plus à leur disposition les viandes grossières et les oignons de l'Egypte. Quand le cœur s'éloigne de Dieu et qu'il s'abandonne à l'amour des créatures, le Pain des enfants de Dieu n'est plus qu'une fade nourriture. Ce n'est pas assez ; ce Pain donne la mort. De six cent mille Hébreux sortis de l'Egypte sous la conduite de Moïse, Josué et Caleb seuls arrivèrent à la terre promise. Il en est ainsi parmi les Chrétiens. Le Pain des Anges ne donne pas à tous l'immortalité ; il en laisse un grand nombre dans un état de faiblesse et de langueur voisin de la mort ; pour plusieurs il se change en un véritable poison. « Les justes le reçoivent, s'écrie l'Eglise, les méchants aussi ; mais que leur sort est différent ! Pour les uns, il devient un principe de vie ; pour les autres, un principe de mort ».

Pour manger le Pain Eucharistique, il faut une disposition de Foi et d'amour qui manque à un grand nombre d'âmes. Les unes sont faibles, d'autres sont bien malades, de là le peu de fruit qu'elles retirent de cette céleste nourriture. Il y a des remèdes qui sont absolument nécessaires aux malades, avant qu'on puisse leur donner une nourriture solide. Celui qui mangerait du pain, lorsqu'il est atteint de la fièvre, ne s'exposerait-il pas à une mort à peu près certaine ? Ici j'entends Saint Ambroise qui me dit : « Votre fièvre, c'est l'amour de l'argent ; votre fièvre, c'est votre sensualité ; votre fièvre, c'est votre ambition ; votre fièvre, c'est votre colère ». O Ciel ! Il est bien grand le nombre de ceux qui mangent le Pain du Ciel avec une âme malade ! Ce malheur ne m'est-il jamais arrivé !...

Il y a des infirmités légères qui ne s'opposent pas à la réception du Divin Sacrement. Mais qui sera le juge ? L'illusion est si facile !... Je veux ne jamais me juger moi-même. Dès qu'un doute fondé sur l'état de mon âme se présentera à mon esprit, J'irai Au Voyant, j'ouvrirai mon cœur en toute simplicité, et j'obéirai. Pour éviter le malheur d'une communion coupable, je vivrai dans la ferveur et je m'efforcerai d'être tellement dévot au Saint Sacrement, que ma conscience me rendra ce consolant témoignage : Tu n'approches de l'Autel que par amour pour Jésus-Christ !...

 

Troisième point

Effets produits dans l'âme par cette Divine Nourriture

 

La manne avait un goût délicieux; en s'accommodant à la volonté de ceux qui la mangeaient, elle se changeait en tout ce qui leur plaisait. Figure admirable des effets que produit la Sainte Eucharistie dans les âmes bien préparées ! Elle a pour ces âmes toutes sortes de délices, elle les rassasie, elle contente tous leurs désirs ; elle surpasse toute la douceur des plaisirs grossiers de la terre. Un saint évêque disait : « La Divine Eucharistie a le goût de tous les Mystères, selon la Foi et la dévotion de ceux qui la reçoivent. Qu'on se représente Jésus-Christ avec toutes les grâces de Sa Divine Enfance, ou bien dans les opprobres et les tourments de Sa Passion ; ou, si l'on aime mieux, dans la gloire de Sa Résurrection et de Son Ascension. Le Fils de Dieu fera sortir de la Divine Eucharistie autant de différentes délices que l'on concevra d'images sous lesquelles une âme se plaît à contempler Jésus-Christ ».

Ames pieuses, ne l'avez-vous pas éprouvé souvent ? La Sainte Communion n'a-t-elle pas eu pour vous un attrait particulier dans les Fêtes de Noël, de l'Epiphanie, de la Passion, du Jeudi Saint, de Pâques, de l'Ascension, de Pentecôte, et ne vous semble-t-il pas qu'en ces jours solennels, vous découvrez, dans cette manne cachée, une saveur, un goût particulier que vous appelleriez volontiers le goût du Mystère ? La Sainte Eucharistie, dit encore Saint Bernard, a le goût de toutes les vertus. Quelle douceur de charité, de patience, d'humilité ? La Foi et l'espérance pénètrent dans l'âme. La Divine Pauvreté, l'aimable et céleste pureté, on les goûte délicieusement, par la communion du Corps et du Sang de Jésus-Christ. La Divine Eucharistie a le goût de Dieu, de Jésus-Christ. L'âme a ouvert, comme le dit Saint Jérôme, la bouche de son cœur, et Dieu l'a remplie ! Quel parfum, quel goût exquis de divinité dans l'intérieur du fidèle ! Comme il goûte Jésus-Christ, Ses perfections adorables, toutes les Paroles qui sont sorties de Sa bouche !... Quand le Saint-Esprit a dit : « Je serai Leur Dieu ». C'est comme s'il eut dit : « Je les rassasierai Moi-même et de Moi-même ; Je leur serai tout ce qu'ils peuvent souhaiter ; leur vie, leur salut, leur repos, la perfection de tous les biens !...O Jésus ! Manne délicieuse et cachée, me nourrir de Vous, ce sera mon unique félicité !

 

In figuris praesignatur

Cum Isaac immolatur,

Agnus paschae deputatur

Datur manna patribus.

 

D’avance il est annoncé en figures,

Lorsqu’Isaac est immolé,

L’Agneau pascal, sacrifié la manne,

Donnée à nos pères.

 

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17 décembre 2012

Litanies de Notre Dame du Folgoët

Litanies de Notre Dame du Folgoët

 

L'histoire merveilleuse de Notre Dame du Folgoët

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Salaün, le Fou du bois

 

Vers le milieu du XIVè siècle vivait dans une clairière de la forêt lesnevienne, un homme nommé Salaün. Les habitants le nommaient familièrement "Le Fou du Bois" (Fol ar Coat). Considéré comme un « innocent », Salaün mendiait son pain de ferme en ferme. Il demandait l'aumône, en répétant inlassablement : « Ave Maria ! Salaün mangerait bien un morceau de pain ! » (Salaün a zebfre bara !) Il aimait à se balancer sur la branche d'un arbre, au-dessus de la fontaine, et il chantait à pleine voix : « Ô Maria ». En même temps, il se plongeait dans l'eau jusqu'aux épaules. Sa mort survenue vers 1358 (à 48 ans) laissa les gens indifférents. Il fut enterré au village de Lannuchen qui occupe l'ancien emplacement du cimetière et de l'église d'Elestrec (ancienne paroisse du Folgoët), près du manoir de Kergoff. Aujourd'hui encore on peut voir le calvaire encadré des quatre pierres ovoïdes qui proviennent de son tombeau. Mais peu de temps après sa mort, on découvrit sur sa tombe, près du chêne où il se balançait et de la fontaine où il trempait son pain, un lys sur lequel on lisait ces mots écrits en lettres d'or : « Avé Maria ». En ouvrant la tombe, on constata que ce lys avait pris racine dans la bouche du défunt. Le miracle attira rapidement les foules et on voulut bâtir une chapelle sur la tombe de "l'innocent".

Averti des merveilles qui se déroulaient au Folgoët, Jean IV de Monfort, pour se faire pardonner les exactions commises par ses alliés  dans tout le Léon durant la guerre : pillages d'églises, de monastères, et pour accomplir son vœu d'édifier un sanctuaire à Notre-Dame, favorisa la construction de l'église actuelle. Dès 1365, il vint au Folgoët et posa la première pierre de l'édifice. Mais les guerres qui survinrent à cette époque firent suspendre les travaux. Jean IV mourut en 1399 en recommandant à son fils Jean V de continuer son oeuvre. Il vint au Folgoët en 1404 et les travaux recommencèrent. En 1419, Monseigneur de La Rue, évêque de Léon, bénit le sanctuaire qui fut érigé en Collégiale par Jean V en 1423.

 

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La Basilique

 

Au début du XVè siècle, le sanctuaire du Folgoët est le témoin  à la fois de la piété populaire, et des périodes de calme et de troubles que la Bretagne a traversées. Avec tant d’autres édifices religieux, il dit l'architecture religieuse qui fleurit un peu partout dans la région avec la paix retrouvée.

La façade, qui manifeste une grande sobriété, frappe en même temps par la disparité des deux clochers : celui du nord, ouvragé et fignolé comme une châsse, lance vers le ciel sa flèche dorée avec ses clochetons et ses galeries ajourées ; celui du sud paraît avoir été chapeauté par des gens à bout de ressources. Autant la façade nord montre de dépouillement, autant le côté sud de l’édifice brille par la richesse de son ornementation. Que ce soit la galerie en festons trilobés qui court au bord du toit, que ce soient les clochetons débordant de ce toit, ou les gargouilles avec lesquelles l’imagination de l’artiste s’est donné libre cours, ou la profusion des feuillages.

 

A l'intérieur, le regard est tout de suite attiré par cette merveille de ciselure qu’est le jubé, les dentelles de pierre de Kersanton qu’on retrouve dans les arcatures et les guirlandes des autels de l’abside, et la statue de la Vierge vénérée au Folgoët. Et depuis 2002, un nouveau mobilier d’un tout autre style, en laiton et châtaignier, est venu s’intégrer à cet ensemble. Il traduit la foi des chrétiens d’aujourd’hui, et il dira aux générations futures comment nous concevions la façon de pratiquer la religion en ce début du troisième millénaire.

 

Texte extrait du site : http://notre-dame-folgoet.cef.fr

 

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Litanies de Notre Dame du Folgoët

 

Seigneur ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Père Céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, Dieu unique en trois personnes égales ayez pitié de nous.

 

Notre Dame du Folgoët, Mère de Jésus-Christ, Sauveur du monde, priez pour nous.

Notre Dame du Folgoët, Vierge sans tâche,

Notre Dame du Folgoët, Vierge Puissante,

Notre Dame du Folgoët, Vierge Clémente,

Notre Dame du Folgoët, Vierge Fidèle,

Notre Dame du Folgoët, Arche de l'Alliance du Seigneur,

Notre Dame du Folgoët, Dispensatrice des grâces célestes,

Notre Dame du Folgoët, Reine du Ciel et de la terre,

Notre Dame du Folgoët, Joie du Paradis,

Notre Dame du Folgoët, notre Mère et notre Espérance,

Notre Dame du Folgoët, notre Refuge et notre Défense,

Notre Dame du Folgoët, Force des Prêtres,

Notre Dame du Folgoët, Guérison des malades,

Notre Dame du Folgoët, Santé des infirmes,

Notre Dame du Folgoët, Refuge des pécheurs,

Notre Dame du Folgoët, Consolatrice des affligés,

Notre Dame du Folgoët, Assistante des Chrétiens,

Notre Dame du Folgoët, Espérance des désespérés,

Notre Dame du Folgoët, Protectrice de la Bretagne,

Notre Dame du Folgoët, qui sauverez Rome et notre Saint Père le Pape,

Notre Dame du Folgoët, qui sauverez la France,

 

Afin que Vous gardiez l'innocence de nos plus jeunes enfants, nous Vous prions, ô Notre Dame du Folgoët.

Afin que Vous redoubliez Vos prières pour les jeunes gens exposés aux séductions du monde,

Pour notre pays,

Pour nos parents, pour nos familles,

Pour nos amis, pour nos ennemis,

Pour les infidèles et pour les pécheurs,

Pour nos parents et amis absents,

Pour nos chers défunts,

 

Agneau de Dieu, faites miséricorde à tous les fidèles en terre, ayez pitié de nous,

Agneau de Dieu, faites miséricorde aux âmes des fidèles trépassés qui reposent en vous, ayez pitié de nous.

Agneau de Dieu, accordez la paix aux vivants et aux morts qui règnent en Tous, ayez pitié de nous.

 

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

 

Notre Dame du Folgoët, ô Marie conçue sans péchés,

Priez pour nous qui avons recours à Vous.

 

Oraison

 

Souvenez-Vous, ô Sainte Mère de Dieu, qui avez daigné faire éclater aux yeux de tous la sainteté de Votre Serviteur Salaün, qu'on a jamais entendu dire qu'aucun de ceux qui ont eu recours à Vous dans Votre Sanctuaire du Folgoët, ait été abandonné. Animés de la même confiance et prosternés à Vos pieds, nous implorons Votre protection. Souvenez-Vous, ô puissante Reine de la Bretagne, que notre pays a toujours été fidèle à Votre culte. Gardez au cœur des Bretons la Foi des anciens jours, et que jusqu'au dernier moment de notre vie, nous marchions sous votre bannière : Catholiques et Bretons ! Ainsi soit-il.

 

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Téléchargez le texte de ces Litanies (pdf) en cliquant ici

24 novembre 2012

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

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Vingt-cinquième jour

La pensée du Purgatoire nous instruit sur la grièveté du péché véniel

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

La pensée du Purgatoire doit nous préserver d'une erreur bien commune parmi les chrétiens, et cependant bien funeste et très souvent la cause de la damnation éternelle. Cette erreur consiste à n'attacher pour ainsi dire aucune importance, ou du moins très peu d'importance, aux fautes légères, au péché véniel. On traite de bagatelle ce qui cependant est une offense de Dieu aussi bien que le péché mortel, quoique moindre; et ce qui convient au péché mortel lui convient aussi, mais d'une autre manière. Nous ne nous étendrons pas ici pour prouver que souvent le peché, que nous appelons véniel, est mortel, puisque ce qui fait la différence du mortel et du véniel, en beaucoup d'occasions, c'est le plus ou moins de matière, l'attention et la connaissance plus ou moins grande, le consentement plus ou moins parfait. Supposons qu'en effet tous les péchés que nous commettons soient véniels: est-ce une raison d'être parfaitement tranquille et de dire: « Ce n'est rien, c'est une petite faute que Dieu pardonne aisément? » Chrétiens, qui tenez ce langage, je vous demanderai d'abord: Croyez-vous encore à l'Évangile? hé bien! qu'y lisez-vous? Celui qui méprise les petites fautes, dit le Sauveur, tombera peu à peu dans les grandes. Remarquez qu'il ne dit pas celui qui les commet par hasard et par fragilité, aucun saint n'est exempt de ces fautes; mais celui qui les méprise, c'est-à-dire celui qui les commet par principe et par habitude. Vous ne connaissez donc point ces deux autres textes de l'Ecriture sainte: Dieu a en horreur le pécheur et son péché. Abstenez-vous de tout ce qui a l'apparence de péché. Ces dernières paroles de l'Apôtre Saint Paul sont remarquables; il veut que nous évitions jusqu'à l'apparence du mal; il n'est pas question pour lui de distinguer entre les grandes et les petites offenses: il sait, et nous devons tous savoir, qu'il n'y a rien de petit dans ce qui a rapport à un Dieu, si grand et si parfait, et dans ce qui peut lui plaire, ou lui déplaire. Le premier et le plus grand de tous les préceptes est celui d'aimer Dieu. Or, est-il croyable qu'on ait beaucoup d'amour pour Dieu, quand on consent librement à l'offenser? quelque légères qu'on suppose ces offenses, sont-elles compatibles avec une sincère tendresse, avec un attachement réel? Non-seulement ce n'est pas avoir pour Dieu l'amour qu'il mérite que de se permettre, de propos délibéré, une multitude de fautes, sous prétexte qu'elles sont vénielles, ou réputées légères; c'est de plus manquer au respect qui lui est dû, et se rendre digne du même reproche qu'il faisait autrefois au peuple d'Israël par un de ses Prophètes: « Vous m'appelez tous les jours votre père, votre maître: où est donc le respect, la crainte filiale que le titre de père exige? où est donc la soumission, l'obéissance entière et parfaite qu'un maître a droit d'attendre de ses serviteurs ? »

Mais ne combattons aujourd'hui cette erreur que par la vue du Purgatoire. Nous y distinguons deux sortes d'habitants: les uns, après avoir péché mortellement dans le cours de leur vie, se sont convertis et ont reçu la grâce de la justification ou dans le sacrement de Pénitence, ou par la contrition parfaite avec le désir du Sacrement. La peine éternelle leur a été remise, mais ils n'ont pas expié la peine temporelle due à leurs péchés; ils l'expient dans le Purgatoire. Les autres expient des péchés véniels non effacés, ou la peine temporelle due à ces péchés. Oh! qui pourrait comprendre les tourments qu'ils endurent! Les Saints Pères ne sont-ils pas d'avis qu'il vaudrait mieux souffrir les plus cruelles maladies, les douleurs les plus aiguës pendant des siècles que de passer un jour en Purgatoire? Et vous oseriez dire que le péché véniel est peu de chose! Les peines du Purgatoire nous prouvent au contraire le fondement de l'opinion des théologiens qui trouvent, jusqu'à un certain point, dans le péché véniel, les deux caractères d'insolence et d'ingratitude qu'on remarque dans le péché mortel. De là l'embarras d'expliquer la différence qu'il y a entre l'un et l'autre. En effet, il semblerait d'abord que toute offense de Dieu, toute désobéissance à ses lois devrait exciter sa colère, son indignation, sa haine et, par conséquent, être mortelle de sa nature. Ainsi la raison, guidée par les lumières de la Foi, nous porterait plutôt à augmenter l'énormité du péché véniel, qu'à la diminuer; et le purgatoire, en nous découvrant les supplices réservés au péché véniel, nous apprend qu'ils ne diffèrent des supplices de l'enfer, réservés au péché mortel, que par leur durée. Écouterons-nous donc encore notre amour-propre, qui voudrait nous persuader que le péché véniel n'est rien d'important, et que Dieu ne peut, ni ne doit s'en tenir offensé?

La vue du Purgatoire ne nous prouve-t-elle pas d'une manière certaine que le plus léger des péchés renferme toujours un fond de malignité très odieux en lui-même; odieux à un tel degré que toutes les bonnes œuvres de l'âme qui l'a commis, que dis-je? que toutes les bonnes œuvres que pourraient faire toutes les créatures, ne plairaient pas tant à Dieu, ne le glorifieraient pas tant que ce seul péché véniel lui déplaît et le déshonore: tellement odieux que s'il ne fallait qu'un péché véniel, fût-ce le plus léger, pour tirer de l'enfer tous les démons et tous les damnés, il faudrait les abandonner à leur malheureux sort, plutôt que de commettre un simple péché véniel. Voilà ce que tous les Saints ont pensé et enseigné. Aussi avec quelle douleur, avec quelles larmes abondantes ne s'accusaient-ils pas dans le sacré Tribunal de la Réconciliation, même des fautes les plus légères, échappées à la fragilité humaine! Ayant sous les yeux la satisfaction exigée par la justice divine dans le purgatoire, avec quelle rigueur ne se punissaient-ils pas des plus petites fautes! Ils auraient mieux aimé souffrir toutes les humiliations, tous les outrages, tous les supplices imaginables, que de commettre, de propos délibéré, le moindre péché véniel. C'est qu'ils savaient combien il déplaît à Dieu, combien il s'en tient offensé! Et peut-on douter, en effet, de l'énormité du péché véniel aux yeux de Dieu, non-seulement lorsqu'on promène des regards attentifs sur les supplices du Purgatoire, mais même lorsqu'on réfléchit sur la manière terrible dont il l'a si souvent puni? Les Saints Livres nous offrent mille exemples de la vengeance éclatante que le Seigneur a tirée des fautes les plus dignes de pardon en apparence. Citons-en quelques-uns; ils sont propres à détruire en nous toute espèce de doute, d'incrédulité sur la peine due à ce que nous appelons faute légère, notre esprit ne pouvant comprendre l'infinie justice du Dieu trois fois saint. Méditons ces divers traits et tremblons. Un Israélite est surpris ramassant un peu de bois le jour du sabbat. Ce péché nous paraît sans doute bien léger. On consulte le Seigneur; il ordonne que ce malheureux soit lapidé.

Osa, voyant l'Arche du Seigneur au moment d'être renversée, y porte la main pour la soutenir. Nous serions tentés de louer son zèle; mais ce zèle paraît au Seigneur, indiscret ou trop peu respectueux: il frappe Osa, et l'étend mort au pied de l'Arche Sainte. Les Philistins renvoient cette même Arche du Seigneur aux Israélites, à qui ils l'avaient enlevée. Dès qu'elle arrive au pays des Bethsamites, ce bon peuple, ravi de revoir le gage précieux de la protection du Seigneur, se livre au plaisir de la contempler. Cette joie ne semble-t-elle pas juste? Ne provenait-elle pas d'un principe louable? On peut, il est vrai, reprocher aux Bethsamites une curiosité trop libre et trop hardie; c'en est assez: l'arrêt de mort est prononcé et exécuté contre une grande partie du peuple et des chefs. Ezéchias reçoit une ambassade du roi de Babylone. Pour témoigner aux envoyés sa satisfaction et leur faire honneur, il leur montre tous ses trésors. Il est probable qu'il entra un peu d'ostentation, ou de vaine complaisance dans cette action; que l'œil de Dieu, auquel rien n'échappe des plus secrètes pensées, aperçut ici quelque tache d'amour-propre. Mais qui de nous se croirait fort coupable, s'il était tombé en pareille faute? Cependant Dieu lui envoie le prophète Isaïe pour lui déclarer, de sa part, que tous les trésors qu'il vient d'exposer aux regards des ambassadeurs étrangers, seront transportés dans leur ville; et que ses propres enfants deviendront les esclaves du tyran de Babylone.

Un Prophète ayant reçu ordre du Seigneur de faire sa route sans se détourner ni s'arrêter nulle part, est engagé, chemin faisant, par un autre prophète, à prendre chez lui quelque nourriture. Celui-ci feint qu'un Ange lui a donné commission de l'inviter et de le conduire dans sa maison. Trompé par ce discours non suspect, il se rend à l'invitation. Qui ne croirait que Dieu lui pardonnera une désobéissance presque involontaire? Écoutez-en la punition: à peine s'est-il remis en route qu'un lion sort de la forêt et l'étrangle. Des enfants rencontrent le prophète Elisée, dont le front chauve les frappe; ils crient après lui et l'insultent. Ce sont des enfants, et il semble que l'âge doit excuser ou diminuer leur faute. Cependant deux ours fondent sur eux tout à coup et en dévorent quarante-deux. Tels sont quelques-uns des exemples rapportés par l'Écriture sainte : peuvent-ils nous laisser le moindre doute sur la sévérité avec laquelle Dieu punit le péché véniel? Et, s'il ne le punit pas en cette vie, ne le fera-t-il pas dans l'autre? Remarquez que ces exemples visibles de la Justice Divine n'ont eu lieu que pour un seul péché véniel; qu'en sera-t-il donc de la punition de ces péchés que nous multiplions pour ainsi dire à l'infini? Ne devons-nous pas dire, avec l'Évangile: « Si on traite ainsi le bois vert, que fera-t-on du bois sec? » Descendez un instant en esprit dans le lieu d'expiation, dans le Purgatoire; et demandez à ces âmes, qui sur la terre méprisaient ces petites fautes, ce qu'elles souffrent dans les flammes expiatrices et qu'elles souffriront peut-être encore longtemps pour ces prétendus riens, qu'elles reconnaissent, mais hélas! trop tard, avoir été autant d'offenses contre Dieu, dont la justice exige une sévère satisfaction.

Résolution

Il n'est pas trop tard pour nous de réfléchir sur la grièveté du moindre péché. En nous faisant un devoir de secourir les âmes du Purgatoire, le premier fruit de cette dévotion sera de nous instruire sur l'offense que nous faisons à Dieu en commettant la plus petite faute. En conséquence nous regarderons le péché le plus léger comme un très-grand mal, et nous l'éviterons avec le plus grand soin. « Celui qui craint Dieu, ne néglige rien. » (Ecclésiaste) « Peut-on appeler léger, un péché qu'on ne peut commettre sans quelque mépris de Dieu ». (Saint Eucher.)

Prière

Vierge Sainte, conçue sans péché, c'est à Vos pieds que je me jette aujourd'hui: je compte avec confiance sur Votre protection pour obtenir la grâce de concevoir la plus grande horreur du péché; qu'en méditant sans cesse la manière terrible dont Dieu le punit dans le Purgatoire, j'en reconnaisse la grièveté, et que je l'évite avec le plus grand soin. O Marie! ô ma mère! protégez-moi et secourez les toutes âmes du Purgatoire. Ainsi soit-il.

 Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

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25 novembre 2012

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

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Vingt-sixième jour

Quelles sont les âmes qui vont en Purgatoire

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

L'on entend souvent des chrétiens, peu fervents et n'ayant nulle idée du bonheur du Ciel, dire fort sérieusement: Qu'il craignent bien l'enfer, mais que, quant au Purgatoire, ils ne pensent pas à l'éviter: ils sont tout décidés à y faire quelque séjour, parce que, ajoutent-ils avec une humilité feinte, ils ne sont pas assez saints et n'ont pas envie de se donner la peine de le devenir, pour entrer tout de suite après leur mort dans le séjour de la gloire. Tous les auteurs sont d'avis qu'un pareil langage doit faire trembler sur la destinée de ceux qui le tiennent: il prouve tout au moins une indifférence bien coupable, et l'ignorance la plus impardonnable de la sainteté de Dieu et de sa haine souveraine pour le péché. Réfléchissons aujourd'hui sur la vie qu'ont menée sur la terre les âmes qui vont en purgatoire, et nous reconnaîtrons que de semblables dispositions ne sont guères propres à introduire ces chrétiens indifférents dans ce lieu d'expiation.

D'abord, nous savons tous que le nombre de ceux qui se sauvent est petit: « Il y a beaucoup d'appelés, dit le Sauveur, et peu d'élus ». C'est une vérité que l'Écriture nous marque expressément, et qu'elle nous rend sensible par des figures et des comparaisons. Il n'y eut que très-peu de personnes, dit l'Apôtre, c'est-à-dire huit, qui se sauvèrent dans l'arche. La seule famille de Loth fut préservée des flammes qui détruisirent cinq grandes villes. De la prodigieuse multitude d'Israélites qui sortirent d'Egypte pour la terre de promission, il n'y eut que Josué et Caleb qui y entrèrent. L'Écriture compare le nombre des élus à ce peu d'olives qui restent sur l'arbre après qu'on l'a secoué, à ce peu de grappes qui restent sur la vigne après la vendange, à ce peu d'épis qui échappent au moissonneur. C'est ce chemin rude et étroit où très peu de gens s'engagent, et où cependant il faut s'engager, même pour parvenir en Purgatoire; c'est cette petite porte par où il n'y a que très peu de personnes qui puissent entrer; c'est cette ville située sur la montagne, où peu ont le courage de monter. Si les âmes qui vont en Purgatoire n'ont pas fait les derniers efforts pour gravir cette montagne, ce sentier escarpé qui conduit au Ciel, du moins elles ne l'ont point fui; et, si elles s'en étaient écartées, elles y sont rentrées et ont fait des efforts pour ne plus le quitter, et surmonter les obstacles qu'elles y rencontraient. Or, est-ce là la conduite des chrétiens lâches et indifférents? Et peuvent-ils espérer avec quelque fondement partager le sort de ces âmes et être comptés au nombre des élus? qu'ils raisonnent un instant et ils comprendront leur erreur et le danger de leur indifférence.

En effet, pour se sauver il faut croire l'Évangile, se régler sur ses maximes, suivre Jésus-Christ, conformer sa vie à la sienne, imiter ses exemples; sans cela point de Salut, c'est un article de Foi: or est-ce là ce que font ces chrétiens? Pour se sauver il faut se renoncer soi-même, porter sa croix, se faire violence, haïr son âme, c'est-à-dire mortifier ses sens, ses passions, ses inclinations naturelles et sensuelles; y pensent-ils ces gens qui crient bien haut qu'ils ne veulent pas être des Saints? Ne font-ils pas le contraire? De sorte qu'une règle sure pour connaître ce que l'Évangile nous enseigne et ce que nous devons pratiquer, c'est de faire le contraire de ce que font la plupart des chrétiens, et en particulier ceux dont nous parlons; et n'est-ce pas une règle sûre pour juger qu'il y en aura peu de sauvés, c'est-à-dire qui iront en Purgatoire? Il n'y a que deux routes pour aller à Dieu, pour être sauvé. Ces deux routes sont l'innocence et la pénitence. Dès qu'on est sorti de la première, c'est sans espérance d'y pouvoir rentrer; il ne reste que la seconde, qui nous est toujours ouverte; ressource unique pour la plupart des hommes. Or les chrétiens qui ne veulent pas suivre cette dernière route; qui, sentant la nécessité de faire pénitence de leurs péchés, ne veulent pas se gêner en cette vie, et laissent à satisfaire à la justice divine dans les flammes expiatrices; ces chrétiens sontils des disciples de Jésus-Christ? Suiventils la voie qu'ont suivie les âmes du Purgatoire? Celles-ci, touchées de l'offense faite à Dieu par leurs fautes, se sont converties à lui de tout leur cœur, et ont évité le péché et toute attache au péché avec le plus grand soin; et, si elles ne sont pas entrées immédiatement après la mort dans le Ciel, c'est qu'elles n'avaient pas encore entièrement satisfait à la justice divine, ou qu'enfin, malgré leur vigilance continuelle, elles ont offensé le Très-Haut, mais plutôt par fragilité que par malice. En un mot, c'a été sur la terre de saintes âmes, occupées toute leur vie, ou du moins depuis leur conversion, à plaire en tout à leur Créateur, travaillant à imiter leur Sauveur. C'étaient des âmes fidèles, suivant la voie de la justice et de la sainteté, auxquelles on n'a pu reprocher que ce qu'il est bien difficile à l'homme d'éviter; exemptes de tout ce qui fait les grands vices, il ne leur a manqué que peu de ce qui fait les grandes vertus. Leurs péchés ont été des péchés de faiblesse plus que de volonté; ou, si ce furent des péchés griefs, ils ne sont point descendus dans le tombeau avec le pécheur; ils ont été détestés, ils ont été pleures, ils ont été lavés dans le sang de Jésus-Christ. Par conséquent, dans le purgatoire, ce sont des âmes qui n'ont plus de péchés, sur lesquelles il ne demeure que la trace, que l'ombre du péché. Ces pénitents du purgatoire, ce sont des justes qui se sont endormis du sommeil de paix; ce sont des justes dont la grâce et la charité ont formé les derniers soupirs; ce sont des âmes que Dieu aimait et dont il était aimé, lorsqu'encore sur la terre, elles faisaient de grands efforts pour obtenir le pardon de leurs fautes, et pour ne plus l'offenser.

Maintenant, chrétien lâche, vous, qui vous flattez d'aller en Purgatoire, si nous tracions votre portrait, nous fournirait-il quelque trait de ressemblance avec celui de ces saintes âmes? Vous voulez vous dispenser de faire le moindre effort pour parvenir à ce degré de justice et de sainteté, et cependant jouir de leur sort qui, quoiqu'extrèmement douloureux, doit toutefois avoir pour terme le Ciel et ses délices! Sur quoi donc fondez-vous votre espoir? vous ne pouvez, dites-vous, éviter le Purgatoire, parce que vous ne voulez pas être un saint? Mais n'est-ce pas pour devenir un saint, n'est-ce pas pour tendre à la sainteté que vous existez? N'est-ce pas pour connaître, aimer et servir Dieu, et parvenir au ciel que vous avez été créé? Jésus-Christ ne vous dit-il pas, à vous comme à tous ses disciples: « Soyez parfaits, de même que votre Père céleste est parfait »? Et vous osez proclamer, sans trembler pour votre salut, que vous ne voulez pas être un saint? Et vous vous flattez en même temps que vous irez en Purgatoire? Illusion, illusion, lâche chrétien! le Purgatoire n'est point pour vous; ce séjour des âmes chéries de Dieu, des âmes pénitentes, ne sera jamais votre séjour; mais l'enfer, oui l'enfer, s'ouvrira seul pour les contempteurs de la sainteté; pour ceux qui méprisent la perfection recommandée par Jésus-Christ à ses disciples; pour ceux qui abusent des grâces et de la Miséricorde d'un Dieu infiniment Bon; pour ceux enfin qui bravent Sa Justice et qui négligent, pour ainsi dire de propos délibéré, de l'apaiser pendant le cours de la vie, Examinez si telle n'est pas votre conduite, vous qui vous vantez niaisement de vouloir vous contenter du Purgatoire. Si vous êtes prudent, si vous voulez assurer votre Salut, ne bornez pas ainsi vos vues; rappelezvous la fin pour laquelle vous avez été créé; travaillez à parvenir au Ciel, trop heureux si votre lâcheté et votre tiédeur vous donnent entrée dans le lieu d'expiation. Enfin, méditez attentivement ces paroles des Livres Saints: « Je vous ai appelés pendant la vie, et vous n'avez pas voulu venir; je rirai et je me moquerai aussi de vous à votre mort ». (Proverbes) Répondez dès maintenant à la voix de Dieu qui vous appelle, et imitez les âmes qui n'ont mérité d'aller en purgatoire que par une vigilance soutenue et des efforts continuels.

Considération

Si la mort me frappait aujourd'hui, dans l'état de tiédeur où peut-être je languis depuis si longtemps, quel serait mon sort?... Pourrais-je me flatter d'être admis en purgatoire?... O mon âme! médite, tremble et change une bonne fois de vie, puisque tu sais que le Purgatoire même s'ouvre difficilement pour les chrétiens tièdés et lâches.

Prière

O Dieu bon et magnifique en sainteté, mon cœur est l'ouvrage de Vos mains; il est le prix de Votre Sang: les vœux et les soupirs qu'il vous adresse en ce moment au pied de Votre Croix sont l'effet de Votre Grâce; qu'est-ce qui l'empêche, ô mon Sauveur! Qu'il ne soit rempli de Votre Saint Amour? Je Vous l'offre et Vous le consacre dès cet instant; préparez-le Vous-même pour en faire une hostie digne d'être consumée à Votre Gloire par le Feu de la Charité. Otez-en tout ce qui Vous déplaît: lavez-le des taches du péché: purifiez-le de toute affection terrestre: rendez-le saint et agréable à Vos yeux, afin qu'il ne vive plus pour lui-même, mais pour Vous et de Vous qui régnez dans la gloire de Votre Père, à jamais. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

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11 novembre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Douzième jour

Motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du purgatoire

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

2° L'intérêt de ces âmes

On ne peut se figurer une misère pareille à celle d'une âme qui, d'une part, souffre des maux dont notre imagination ne pourrait se former la plus petite idée, des maux qui du Purgatoire lui feraient un enfer, si l'espérance ne la soutenait; et qui, d'autre part, est dans une entière impuissance de s'en délivrer, et même de se procurer le moindre soulagement. Tel est l'état des âmes du purgatoire : en existe-t-il de plus digne de compassion ? Aussi il se rencontrerait difficilement un cœur assez dur pour n'en être pas touché, s'il le comprenait ou si seulement il voulait y réfléchir. En effet, quelle impression n'éprouveriez-vous pas, si Dieu faisait paraître devant vous une de ces âmes affligées, et que vous fussiez témoin de leurs tourments ? si vous entendiez leurs gémissements et leurs plaintes, et si, du fond de leurs cachots, elles poussaient jusqu'à vous ce cri lamentable: « Miseremini mei !!! » Ayez pitié de moi !!! » Il est certain que plus une personne est pauvre, plus nous sommes obligés de la secourir. Or, qui est plus pauvre que celui qui n'a rien, qui doit beaucoup, et qui n'a aucun moyen de travailler, de gagner ou de demander; et qui cependant doit satisfaire jusqu'au dernier denier, en souffrant des tourments inexprimables jusqu'à ce qu'il ait satisfait. Méditons un instant cet état extrême de misère et de pauvreté, et nous aurons une idée de l'état de délaissement des âmes du Purgatoire et du besoin extrême qu'elles ont qu'on vienne à leur secours. Nous comprendrons aussi pourquoi Saint Thomas enseigne que les prières offertes pour les morts sont mieux reçues que celles que l'on fait pour les vivants, parce qu'ils ne peuvent s'aider.

Il y a une obligation étroite, et la Loi de Dieu le commande, d'assister ceux qui sont dans la dernière nécessité. Cette Loi est générale, et s'étend sur les personnes étrangères et inconnues : mais il y en a dans les flammes purifiantes qui sont de notre connaissance, envers lesquelles nous avons peut-être des obligations, ou qui ne sont dans ces flammes qu'à cause de nous : il y a de nos amis, de nos parents, des frères, des pères et des mères qui se voient au milieu des tourments, délaissés de ceux qui leur doivent leur existence, leur fortune, etc.; quelle douleur pour eux, parmi de si grandes peines, de ne recevoir aucun secours de tant de personnes que les liens formés par la parenté ou l'amitié leur faisaient considérer comme d'autres eux-mêmes ? Voyez quelle différence entre la conduite que nous tenons à leur égard depuis leur mort, et celle que nous tenions de leur vivant : au moindre petit mal qu'ils éprouvaient nous travaillions à les soulager ; aucune peine ne nous coûtait : si nous avions vu une étincelle les atteindre, nous eussions aussitôt volé pour l'éteindre : si la maladie violente qui a tranché leurs jours eût dégénéré en une longue infirmité, s'ils languissaient encore sur leur lit de douleur, oserions-nous leur refuser quelques veilles, quelques assiduités ? Et maintenant, misérables et aveugles que nous sommes, nous les abandonnons, malgré la facilité de les secourir, dans des supplices qui ne se comprennent point ! Partout si une maison brûle on y court de tous côtés ; on voit une agitation générale, et cela pour empêcher que du bois, que des meubles ne brûlent ; et des âmes créées à l'image de Dieu, et des personnes pour qui nous devons avoir la plus grande considération, elles ont beau crier, appeler au secours, l'on ne fait rien pour elles ; on les oublie, on les néglige, quoiqu'on soit convaincu qu'elles peuvent avoir le plus grand besoin d'être secourues !!!

Faites à autrui ce que vous voudriez qu'on vous fit. Or, réfléchissez un instant et supposez-vous mort en état de grâce : le souverain juge a trouvé votre conscience exempte ou purifiée de tout délit assez grave pour vous faire encourir son indignation ; mais d'anciennes fautes trop légèrement expiées, une vie un peu sensuelle, des passions encore vives, plusieurs omissions inexcusables, etc., vous empêchent de posséder l'héritage céleste, d'ici à un terme connu de Dieu seul, et peut-être éloigné. Vous voilà donc réduit à une captivité extrêmement douloureuse, vos pensées se portent vers la terre, où bientôt votre souvenir sera entièrement effacé. Vous y voyez tous les hommes remplis d'eux-mêmes, et occupés du présent, comme s'il n'y avait point d'avenir. Oh ! si vous le pouviez, que ne feriez-vous pas pour intéresser leur insensibilité, pour toucher leur cœur, pour solliciter des prières, des bonnes œuvres propres à soulager vos maux ? Vous sentiriez alors tout le prix de cette Divine Charité qui est l'âme du Christianisme, l'espoir des malheureux, la ressource et le lien des deux mondes. Eh bien ! Cette Charité admirable que vous ne cesseriez d'implorer dans la cruelle extrémité où il est à propos de vous contempler vous-même d'avance, cette Charité si sainte, si active, si compatissante, ne vous parle-t-elle pas au fond du cœur pour tant d'âmes souffrantes dont vous pouvez, à certains égards, être le sauveur ? Dieu Lui-même ne vous dit-il pas : « Ce que vous ferez au moindre des miens, je le réputerai fait à moi-même ? » Ne parlons plus de parents, d'amis, etc. ; oublions, s'il se peut, tous les égards humains, tous les intérêts de la chair et du sang ; ne voyons ici que Dieu qui nous presse, nous sollicite, et veut être l'objet de la Charité qu'Il nous inspire. Secourons ses enfants, ses élus qui n'ont plus d'autre ressource que nos mérites qui, unis à ceux de Jésus-Christ, sont tout-puissants auprès de Dieu pour la délivrance des âmes du Purgatoire. Notre Divin Sauveur ne promet-il pas le bonheur éternel à ceux qui nourrissent ceux qui ont faim, vêtissent ceux qui sont nus ? Et pourquoi ? parce que les services qu'on rend aux pauvres, aux malheureux, c'est à Jésus-Christ qu'on les rend. Or, si ce Dieu de bonté daigne se substituer à nos frères souffrants en cette vie ; à plus forte raison se substitue-t-il à ceux qui souffrent dans l'autre, et qui sont même les principaux membres de Son Corps mystique. Tous les autres motifs, quelque justes, quelque beaux, quelqu'importants qu'ils nous semblent, ne sont-ils pas moins forts que celui-ci ? Eh ! que sommes-nous donc, s'il ne détermine pas nos volontés à faire les plus grands efforts pour le soulagement de tant de justes, dans lesquels nous savons que Jésus-Christ souffre, en nous laissant le pouvoir de le soulager ?

Instruction

Habituons-nous à voir Jésus-Christ dans chaque membre de l'église souffrante. Que ne doit pas produire en nous cette pensée : « Je peux soulager Jésus-Christ souffrant !!!... » Elle réveillera sans doute notre Foi, et nous fera prendre la résolution de ne négliger aucun moyen de secourir les âmes du purgatoire, qui peuvent être soulagées et délivrées par nous avant le terme fixé par Dieu.

Prière

Oui, Seigneur, c'est Vous-même que j'aurai intention de secourir en secourant les âmes du Purgatoire : je Vous demande la grâce de ne perdre jamais de vue cette pensée qui redouble mon zèle et mon empressement à soulager mes frères souffrants. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mous des Ames du Purgatoire.

 

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7 novembre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Huitième jour

Sur la peine qu'on endure dans le purgatoire

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

Le péché souille l'âme qui le commande, et le corps qui l'exécute. Il doit donc être puni dans l'âme et dans le corps, et c'est là, ô mon Dieu, ce qui s'accomplit par Votre Justice dans le Purgatoire. L'âme spirituelle souffrira, par un effet de Votre Puissance infinie, des peines sensibles, pour expier les fautes qu'elle aura commises dans les sens qui lui auront servi d'organes . « Celui dont les œuvres auront été imparfaites sera sauvé, dit le grand Apôtre; mais il sera sauvé comme par le feu ». Et les Pères de l'Église, interprétant ce passage, entendent par ce feu celui qui purifie les justes dans le Purgatoire, et nous enseignent que les tourments qu'on y endure surpassent tout ce qu'on peut souffrir de plus rigoureux ici-bas. Je vais, Seigneur, descendre par la Foi dans ces brasiers ardents, où mes amis et mes parents gémissent peut-être, afin de compatir aux souffrances de ceux qui les habitent, et de concevoir l'horreur que je dois avoir pour le péché qui vous a contraint de les créer.

I. Le feu de ce monde, ô mon Dieu, a été allumé par Votre Miséricorde afin de servir à nos besoins, et cependant nous le regardons, avec raison, comme le plus rigoureux de tous les supplices. Quelle doit donc être la rigueur du feu allumé par Votre Justice, afin de punir nos offenses et de réparer l'injure faite à Votre grandeur infinie, par le péché ? Oui, ce feu surnaturel aura des qualités bien différentes de celui que nous voyons sur la terre. Ce sera un feu qui agira sous Votre Divine influence, et qui participera en quelque sorte de Votre Puissance, de Votre Justice, de Votre Sainteté. La violence de la douleur nous empêche quelquefois de la sentir dans toute son étendue, parce qu'elle nous fait perdre la connaissance ; un feu ardent se détruit bientôt lui-même, et il ne lui faut pas longtemps pour ôter à ceux qu'il consume le sentiment et la vie ; mais il n'en sera pas ainsi de celui du Purgatoire : ce feu participera de Votre Puissance, il ne se consumera point lui-même. Son activité est toujours égale, et le sentiment de la douleur qu'il produit ne s'affaiblit point en se prolongeant. Il participe encore de Votre Justice; il découvre dans l'âme jusqu'aux moindres souillures, et ne laisse rien sans châtiment; il punit dans la langue les paroles coupables qu'elle a prononcées, dans les yeux, tous les regards qui les ont profanés, dans les oreilles, tout ce qu'elles ont écouté de contraire à Votre Loi. Oh ! Combien l'âme, tourmentée par ce feu terrible, regrette de n'avoir pas réduit son corps en servitude par une mortification générale ! Comme elle se reproche d'avoir accordé à ses sens tout ce qui pouvait les satisfaire, au lieu de s'en servir pour pratiquer une pénitence par laquelle il lui était si aisé de se purifier ! Je n'attendrai pas, ô mon Dieu, d'éprouver moi-même un si redoutable châtiment, pour réparer les fautes que j'ai commises par toutes les portes de mon âme. Je me mortifierai dans mes paroles, dans toute ma conduite, je ne me servirai plus de mes sens que pour Votre Gloire et pour l'accomplissement de Votre Volonté. Soutenez-moi, Seigneur, car ma faiblesse est incapable de tout sans Votre Grâce. Je Vous offre, pour l'expiation de mes offenses, et pour le soulagement des âmes qui se purifient dans les flammes, ces légers sacrifices que je suis résolu de m'imposer.

II. Ce qu'il y a peut-être de plus terrible, ô mon Dieu, dans le feu du Purgatoire, c'est l'intelligence et le discernement que Vous lui donnez pour reprocher à l'âme les fautes qui l'ont éloignée de Vous. Ce feu vengeur de Votre Sainteté outragée distingue le nombre, les circonstances de toutes les infidélités qui ont été commises ; il rappelle à l'esprit toutes les pensées déréglées, au cœur toutes les affections coupables; il porte avec lui une lumière pénétrante qui montre à découvert tout ce qu'il y a d'affreux dans le péché, et en fait sentir toute la confusion. Alors, l'âme est déchirée tout à la fois par le désir ardent qui la porte à s'élancer vers Vous, et le sentiment de son indignité qui l'accable de honte. Elle ne regarde plus comme de petites choses ces fautes qu'elle excusait avec tant de facilité, et si elle voulait encore se justifier sur la légèreté de la matière, sur sa jeunesse, sur le peu de temps qu'elle a passé sur la terre, le feu vengeur lui répondrait : « Tu n'en as été que plus coupable en refusant à ton Dieu, pendant ce peu de jours, des sacrifices si légers, qui devaient te procurer le bonheur de Lui être uni pour l'éternité ». Du moins, Seigneur, si l'on pouvait se dire au milieu de ces terribles souffrances, ce que les Martyrs se disaient autrefois dans les supplices, ce que le chrétien infirme peut encore se dire aujourd'hui sur son lit de douleur : « Les peines que j'endure me rendent plus agréable aux yeux de Dieu ; je lui donne des témoignages de mon amour ; je deviens semblable à Jésus-Christ, et mes souffrances unies aux Siennes seront toutes récompensées par une gloire infinie ». Mais on ne peut plus tenir ce langage, quand on est entré dans le règne de Votre Justice. Les peines sont alors sans aucun mérite, parce qu'elles ne sont plus volontaires, et que Jésus-Christ ne souffre plus avec nous. Cependant, Seigneur, Votre Miséricorde Vous porte à désirer de trouver quelqu'un qui arrête Votre bras, en satisfaisant pour ces âmes que Vous ne frappez qu'à regret. Eh bien ! Me voici prêt à embrasser tous les moyens que votre bonté me présente pour les soulager : les bonnes œuvres, les prières, les Sacrements, les indulgences, les occasions de souffrir que Votre Providence me ménage, et toutes les privations que je pourrai m'imposer.

Prière

O Marie, Vous que l'Église appelle avec tant de raison la Consolatrice des affligés et le Salut des infirmes, venez au secours de ces âmes souffrantes, et daignez employer en leur faveur Votre puissante intercession. Saint Alphonse m'apprend que Votre Nom suffit pour leur procurer de la consolation lorsqu'il retentit dans le lieu de leurs douleurs, et que Vos prières sont comme une douce rosée qui descend dans les flammes pour en tempérer les ardeurs. J'invoquerai donc souvent Votre Nom, Auguste Marie, je ne me lasserai point d'implorer Votre bonté pour moi et pour ces âmes affligées, je mettrai entre Vos mains tout ce que je ferai pour leur soulagement. Mes péchés me rendent indigne d'obtenir les grâces que je sollicite, mais Vos Vertus et vos glorieux privilèges Vous donnent tout pouvoir auprès de Votre Fils, et je serai toujours exaucé en vous prenant pour mon appui. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mous des Ames du Purgatoire.

 

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