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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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4 novembre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Cinquième jour

Sur la peine que les âmes du purgatoire endurent par la vue de leurs péchés

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

Aimable Sauveur, qui avez bien voulu Vous charger des péchés du monde et tomber en Agonie sous ce poids terrible, faites-moi comprendre la douleur d'une âme qui n'a pas voulu se purifier ici-bas en unissant sa contrition à la Vôtre, et qui est obligée de pleurer ses fautes dans le séjour de l'expiation. Cette vue sera bien propre à me faire sentir la nécessité de satisfaire maintenant à Votre Justice, et de nourrir en moi l'esprit de componction et de mortification.

I. Quelle peine n'ai-je pas ressentie, ô mon Père ! Ô mon Dieu, dans certains moments où la lumière de Votre grâce me montrait plus à découvert les souillures de mon âme; où je pénétrais mieux la multitude et l'énormité de mes fautes; où je sentais combien il est amer d'avoir péché contre Vous ! Cependant je ne connaissais que bien faiblement toute la profondeur de mes plaies, et l'étendue de mes misères. Quelle sera donc, dans le Purgatoire, la douleur d'une âme qui, éclairée par la lumière de Votre Justice, se verra couverte de toutes les infidélités qu'elle aura commises, quand elle en pénétrera toutes les circonstances, et qu'elle en sentira toute l'amertume, sans pouvoir en détourner sa pensée un seul instant ? Au milieu d'une chaleur brûlante, un homme se trouve enveloppé d'un manteau dont la pesanteur l'accable, et il lui est impossible de s'en décharger. Si une multitude d'insectes sont renfermés dans ce manteau, s'ils dévorent, s'ils tourmentent sans relâche par leurs piqûres le malheureux qui en est revêtu, que de douleurs n'éprouvera-t-il pas ?... Si la honte se joint encore à ce supplice ; si le manteau est sale et déchiré, les lambeaux, les taches multipliées, qu'on aperçoit sur ce vêtement, ne peuvent que doubler sa peine; c'est en présence d'une compagnie respectable qu'il paraît dans un état aussi humiliant : n'est-ce pas là, Seigneur, une figure imparfaite de l'état d'une âme accablée, dans le Purgatoire, par la vue de ses péchés ?.... Oh ! qu'il est pesant ce manteau d'iniquités dont elle est chargée !.... Quelle confusion ne ressent-elle pas d'être aperçue par Vos divins regards et par toute la Cour Céleste sous ce vêtement d'ignominie ! Toutes ses fautes sont autant de vers rongeurs qui la déchirent et ne lui laissent point de repos. Que nous serions insensibles, ô mon Dieu, si nous ne cherchions pas à soulager les âmes placées dans une position si douloureuse ! Mais que nous sommes aveugles de songer si peu nous-mêmes aux moyens de satisfaire à Votre Justice. Nous nous empressons d'éviter tout ce qui déplaît à nos sens : les incommodités des saisons, une légère souffrance, quelques contradictions dans nos goûts, suffisent bien souvent pour exciter nos plaintes et nos murmures ; nous ne les endurons qu'avec peine ; nous mettons tout en œuvre pour nous les épargner. Et nous oublions que c'est Votre Miséricorde qui nous frappe en ce monde, pour nous éviter dans l'autre les coups de votre rigueur. Ranimez notre foi, Seigneur, daignez former en nous l'esprit de pénitence, et pénétrez bien nos cœurs de la douleur de nos fautes, afin que nous ne soyons pas accablés dans la vie future par ce redoutable fardeau.

II. Éclairez-moi de plus en plus, ô mon Dieu, et faites-moi connaître les sentiments d'une âme, à la vue des péchés qui la retiennent éloignée de Vous; afin que je compatisse à ses peines, et que je m'épargne à moi-même de semblables regrets. Je considère dans le Purgatoire un pécheur que Votre Miséricorde a longtemps supporté sur la terre, et qui s'est enfin repenti de ses iniquités. Vous lui avez remis la peine éternelle qui était due à ses crimes; Vous lui avez rendu Votre Amour; mais il a donné peu de temps à la pénitence; il ne l'a pas embrassée avec assez d'ardeur, et Votre Justice doit être satisfaite dans l'autre vie. Le voilà donc rendu à lui-même, séparé de tous les objets qui pouvaient partager ses pensées, et lui faire perdre le souvenir de ses honteux déréglements. Il repasse dans son esprit cette longue suite d'ingratitudes, par lesquelles il semblait chercher à lasser Votre patience : tant de préceptes violés, tant de remords étouffés, tant d'actions, de paroles, de pensées, de désirs coupables, qui doivent attirer sur lui le poids de Votre indignation C'est alors qu'il comprend l'étendue de cette Miséricorde que Vous aviez exercée à l'heureuse époque de sa conversion. Comme il se reproche de l'avoir si aisément perdue de vue, d'avoir cessé de gémir sur des fautes dont Votre bonté devait lui faire mieux comprendre la malice, de n'avoir pas fait une pénitence assez généreuse, pour répondre à Votre Amour et se purifier entièrement ! Je considère encore une âme juste, qui a eu le bonheur de conserver Votre grâce; mais qui a souvent contristé Votre Esprit Saint par de légères infidélités. Plus cette âme est pure, plus elle a d'amour pour Vous, ô Dieu infiniment Saint ! Plus aussi elle a horreur des moindres taches qu'elle aperçoit en elle, plus elle a de douleur de ne pas avoir eu soin de les éviter, ou de les faire disparaître, dans le temps où elle le pouvait si aisément. Elle se dit à elle-même avec amertume : « Si j'avais obéi à mon Dieu dans cette occasion où il m'en coûtait si peu, si je ne lui avais pas refusé ce sacrifice, cette parole, si j'avais gagné cette indulgence, je ne serais pas à présent séparée de Lui. Je ne me verrais pas couverte de ces taches honteuses qui lui déplaisent, et je goûterais avec les Saints les délices de Son Amour ». Regrets inutiles: les larmes ne purifient plus quand on a laissé passer le temps de la Miséricorde; il faut que cette âme affligée demeure chargée du poids de ses offenses, sans pouvoir les effacer par ses soupirs.

Prière

Mon Dieu, qui me donnez la grâce de prévoir ces châtiments, accordez-moi encore celle de les éviter par une fidélité sans borne et une pénitence sévère. La charité couvre la multitude des péchés ; je veux donc Vous aimer beaucoup, afin que vous puissiez me remettre beaucoup de fautes; marcher avec courage dans les voies de la mortification; conserver dans mon cœur la douleur de Vous avoir déplu, et recourir souvent à Votre Miséricorde, pour obtenir mon pardon et celui des âmes qui ne peuvent plus Vous fléchir. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

 

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3 novembre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Quatrième jour

Sur la peine que les âmes du purgatoire endurent, par la privation de la vue de Dieu

 

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

Ce n'est pas assez pour moi, ô mon Dieu! d'avoir considéré en général les souffrances des âmes que votre justice retient dans le purgatoire. Je dois les approfondir, les méditer en particulier, afin de mieux comprendre la grandeur de leurs peines, et de pénétrer plus profondément mon âme des sentiments que la foi doit y exciter.

I. Je me transporte, ô mon Dieu, au moment où une âme sort de ce monde, pour paraître devant Votre redoutable Tribunal. Un grand spectacle, selon l'expression de Saint Ambroise, s'offre alors à ses regards : Vous Vous découvrez à elle avec toutes Vos perfections adorables; elle Vous voit dans la splendeur de Votre Gloire, de Votre Puissance, de Votre Beauté; elle est comme investie par l'éclat de Votre Majesté infinie, et ressent pour Vous un amour que nous ne pouvons ni comprendre, ni exprimer. Elle entend les Anges qui chantent Vos louanges, elle voit toute la Cour Céleste qui Vous adore, et met son bonheur à Vous posséder. Elle voudrait se réunir à ces esprits bienheureux, s'élancer dans Votre sein pour être à jamais unie à Vous, et voilà que Vous la repoussez par cette terrible parole: « Retire-toi de moi ». O mon Dieu ! Il faudrait connaître, comme cette âme, Vos amabilités infinies, l'amour qu'elle a pour Vous, le désir qu'elle ressent de Vous posséder, pour concevoir ce qu'elle souffre en entendant cette terrible sentence : « Retire-toi de moi ». Quelle serait la douleur d'un enfant éloigné d'un père tendrement chéri, si, au moment où il le revoit après une longue absence, au moment où il veut se précipiter dans ses bras, et se livrer à l'effusion de sa tendresse, ce père le repoussait avec indignation au lieu de recevoir ses embrassements ! faible image de la douleur d'une âme, qui reconnaît en Dieu son Père, son Créateur, son Rédempteur, son bienfaiteur, qui se précipite vers Lui, et se sent retenue par ces mots sévères : « Retire-toi de moi ». Toujours quelque chose qui nous fait dire avec saint Augustin : « Vous n'êtes pas mon Dieu ». Hélas, Seigneur, j'ai bien mérité de l'entendre cette redoutable condamnation : mes infidélités, mon peu d'ardeur pour me purifier de mes fautes, et m'unir à Vous dans cette vie, me rendent bien digne d'être séparé de Vous après ma mort. Mais je suis encore par Votre bonté dans le Règne de la Miséricorde, et je vais dès ce moment m'efforcer de réparer mes pertes, en Vous aimant de toutes mes forces, en Vous servant avec plus de générosité, et en faisant pénitence de tout ce qui a pu Vous déplaire en moi.

II. J'accompagne en esprit dans le purgatoire, ô mon Dieu, l'âme que Votre Justice y a précipitée. L'amour qu'elle a pour Vous a fait son tourment lorsque Vous l'avez repoussée ; c'est encore cet amour qui cause sa douleur la plus vive, tant qu'elle se voit éloignée de Vous. Nous l'éprouvons déjà dans ce monde : notre cœur est fait pour Vous et il n'y a que Vous qui puissiez le rendre heureux. Quels que soient les objets auxquels ce cœur s'attache, ils ne peuvent jamais nous satisfaire, et nous sentons toujours quelque chose qui nous fait dire avec Saint Augustin : « Vous n'êtes pas mon Dieu ». Mais, cette âme entrée dans la vie future le comprend bien autrement que nous ne pouvons le faire : le voile, qui vous cache à nos regards, ne subsiste plus pour elle ; les créatures ne viennent plus la distraire, et, dans la soif qui la dévore, elle voudrait avoir, non pas deux ailes, mais un million d'ailes pour s'élever jusqu'à vous. « O mon Dieu ! s'écrie-t-elle, c'est à présent que je sens que je suis faite pour Vous aimer, et que je ne puis trouver de repos qu'en Vous. Vous êtes le centre de toutes mes affections ; je Vous aime de tout mon cœur, et je brûle du désir d'être unie à Vous ». Mais comment recevez-vous, Seigneur, les vœux de cette pauvre âme qui soupire après vous avec tant d'ardeur ?.... « Ce n'est pas le moment, répondez-Vous, de me prouver que tu M'aimes, il fallait le dire et surtout le montrer lorsque tu étais sur la terre. Tu me disais bien au pied des autels: « Mon Dieu, je Vous aime de tout mon cœur »; mais tes paroles étaient bientôt démenties par ta conduite. Me montrais-tu ton amour, lorsque tu perdais si aisément de vue Ma présence; lorsque tu te livrais à la dissipation, à la vanité, à la sensualité; que tu méprisais Mes inspirations et Mes grâces. Tu n'as pas voulu répondre aux invitations de Ma tendresse, et maintenant Je serai sourd à tes désirs, jusqu'à ce que tu aies expié tes infidélités dans ce lieu de souffrances ». Quel tourment, Seigneur ! Vous connaître, Vous aimer, ne penser qu'à Vous, s'élancer continuellement vers Vous, se voir toujours repoussé, et savoir qu'on s'est attiré soi-même une punition si douloureuse, parce qu'on n'a pas voulu répondre à Votre Amour !

Prière

O Divin Jésus, exercez Votre Miséricorde infinie sur ces âmes affligées qui Vous désirent, et donnez-leur la paix et le bonheur qu'elles ne peuvent trouver que dans Votre sein; faites-moi aussi sentir les effets de votre bonté, et ne permettez pas que ces considérations me soient inutiles. Accordez-moi la grâce de Vous aimer avec ardeur; de le dire souvent avec un cœur sincère, de Vous le prouver encore plus par mes œuvres et mes sacrifices, afin que je puisse toujours demeurer uni à Vous, et n'être séparé de Vous ni ici-bas, ni dans l'éternité. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

 

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1 novembre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Deuxième jour

Fête des Défunts

 

Sur les souffrances du Purgatoire en général

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

 

Corps de l'oraison

 

Hier, ô mon Dieu! j'ai médité sur le bonheur du Ciel. Oh ! qu'il m'en coûte de quitter la contemplation de ce séjour de gloire, de consolation et de bonheur, dont le souvenir est si propre à nous encourager; mais je dois obéir à Votre Église qui veut que je m'occupe aujourd'hui des âmes souffrantes du Purgatoire. Je Vous bénis, ô Jésus ! Chef Adorable de l'Église, et Vous remercie d'avoir établi, entre les membres qui la composent dans le Ciel, dans le Purgatoire et sur la terre, ces liens de Charité que la mort ne saurait détruire. Nous nous réjouissons du bonheur de nos frères qui sont dans la gloire, ils Vous présentent nos vœux et nos prières, et demandent, pour nous et avec nous, les grâces dont nous avons besoin pour les imiter et pour obtenir la même récompense qu'eux. Vous voulez aussi que nous nous attendrissions sur le sort de ceux de nos frères qui n'ont point encore acquitté leurs dettes envers Votre redoutable justice, et que nous méditions sur la rigueur de leurs souffrances, pour nous exciter à les soulager et à éviter nous-mêmes de semblables malheurs. J'entre ô mon Sauveur ! dans les vues de Votre Miséricorde, et je viens d'abord méditer, en Votre adorable présence, sur la rigueur des souffrances qu'on endure dans le purgatoire.

I. Les souffrances qu'on endure en Purgatoire doivent être proportionnées à la grandeur de Dieu que le pécheur a offensé, à l'énormité et au nombre des péchés dont il s'est rendu coupable. Cette règle de justice est dans ma conscience, ô mon Dieu ! et c'est Vous-même qui l'y avez gravée pour me servir de guide et de juge Or, à ce titre, qu'elles doivent être redoutables les souffrances du Purgatoire, puisque Vous êtes infiniment grand, infiniment pariait, et que toute désobéissance envers Vous, ô Bonté suprême ! renferme un caractère de révolte, de désordre et d'ingratitude qui mérite un châtiment infini! Qui oserait dire, ô mon Dieu! qu'on n'est pas plus coupable, quand on outrage son roi, son bienfaiteur et son père, que lorsqu'on désobéit à un inférieur, à un étranger, à un inconnu dont les droits sont nuls ou incertains ? Mais n'êtes-vous pas, Seigneur, le plus grand de tous les rois, le plus généreux de tous les bienfaiteurs, le plus tendre de tous les pères ? Il n'est donc point de désobéissance, point de révolte, point d'outrage dont l'énormité puisse être comparée au crime dont le pécheur se rend coupable envers Votre infinie Majesté. Oui, il est infiniment coupable, et c'est pour cela sans doute que les peines de l'Enfer sont éternelles; car, si elles ne l'étaient pas, elles ne seraient pas proportionnées à l'injure que vous avez reçue Les peines du Purgatoire n'étant pas infinies dans leur durée, je dois craindre qu'elles ne soient infiniment plus rigoureuses dans leur intensité, même quand vous avez pardonné au pécheur, même quand Vous ne punissez en lui que des fautes légères. Mais ici je ne suis pas livré à de simples conjectures, j'ouvre les annales du monde, et je vois la femme de Loth changée en statue pour un simple regard de curiosité; je vois Moïse privé d'entrer dans la terre promise pour une faute d'impatience et de défiance; je vois David obligé de choisir entre trois fléaux terribles, en punition d'un mouvement de vanité; je vois Ananie et Saphire punis de mort pour un simple mensonge. Si vous punissez aussi sévèrement sous l'empire de la miséricorde, ô mon Sauveur ! que sera-ce donc quand nous n'aurons plus, à notre disposition, les mérites infinis de Votre Précieux Sang, quand nous serons dans cette prison, où il faudra payer jusqu'à la dernière obole?.... Dissipez, ô mon Dieu ! l'aveuglement dans lequel nous sommes plongés; faites-nous comprendre combien il est injuste et cruel envers lui-même, celui qui s'épargne dans cette vie, qui refuse de faire pénitence et s'expose à subir de pareils tourments

II. La raison éclairée par la foi suffit déjà pour m'inspirer des craintes; le langage des Prophètes, des Apôtres et des Docteurs de l'Église est-il propre à me rassurer sur la rigueur des souffrances qu'éprouvent les âmes du purgatoire ? Non, sans doute: tous m'annoncent qu'il faut faire pénitence dans les larmes, le jeûne, la cendre, le cilice. Le Saint Précurseur de Jésus-Christ et Jésus-Christ Lui-même, ont tenu le même langage; tous nous exhortent à faire des sacrifices d'expiation, de renoncement à nous-mêmes, de mortification des sens, sous peine de tomber entre les mains du Dieu vivant, selon la menace de l'Apôtre et de n'être sauvé qu'en passant par ce feu terrible et purifiant dont parle le même Apôtre, et qui doit distinguer, dans nos œuvres, celles qui ont été faites au nom de Jésus-Christ, ou celles qui n'ont été fondées que sur des motifs frivoles, que le vent dissipe comme la poussière ou que le feu consume comme la paille. J'interroge saint Cyprien, et il me dit: « Il vaut bien mieux expier ses péchés ici-bas, même par le martyre, que de remettre à le faire dans l'autre vie, dans cette prison terrible ou l'on paie à Dieu jusqu'aux plus petites fautes ». J'interroge saint Césaire d'Arles, et il me répond: « Que personne ne dise : Qu'importe le temps que je resterai dans le Purgatoire, pourvu que je parvienne à la gloire éternelle. Car, mes frères, le feu du Purgatoire sera plus insupportable que tous les tourments que l'on peut souffrir, ou même imaginer dans cette vie. Vous, qui trembleriez s'il vous fallait mettre un moment le bout du doigt sur des brasiers ardents, comment supporterez-vous celui du purgatoire pendant plusieurs jours, plusieurs mois, plusieurs années? » J'interroge saint Augustin, et il m'assure que les souffrances du purgatoire sont aussi cruelles qu'inouïes; il me dit que les tourments des Martyrs ne sont rien en comparaison de ceux du purgatoire. Saint Jérôme, saint Grégoire Pape, tous les Saints me tiennent le même langage. Saint Thomas, le théologien par excellence, l'oracle de son siècle et de tous les siècles; Saint Thomas ne craint pas de dire que les peines du purgatoire sont les mêmes que celles de l'enfer, et qu'elles n'en diffèrent que par la durée. Quelle serait donc, ô mon Dieu ! la disposition d'une âme qui aurait la possibilité d'échapper un instant à votre justice ? avec quel empressement elle viendrait faire pénitence dans cette vie ! Il n'est aucune austérité qu'elle ne fût disposée à embrasser, aucun sacrifice qu'elle ne fût prête à faire, pour se délivrer de la pénitence redoutable qui lui est imposée dans le Purgatoire. Comment après cela, ô mon Dieu! ne suis-je pas résolu à secourir ces pauvres âmes ? Me fussent-elles inconnues, un sentiment de commisération devrait me toucher; hélas ! je me pique d'avoir le cœur sensible et compatissant pour ceux qui souffrent; quelle compassion ne dois-je pas avoir pour des âmes aussi souffrantes ? Quand mes parents et mes amis sont plongés dans la tristesse et la douleur, mon intérêt redouble, et il n'est rien que je ne fasse pour leur procurer du soulagement; mais c'est souvent en vain que je m'agite et que je m'afflige; Votre Justice et quelquefois Votre Miséricorde ne veulent pas que nos vœux soient exaucés: Vous faites souffrir le corps pour sauver l'âme. Il n'en est pas ainsi des personnes qui souffrent dans le Purgatoire: je suis assuré de les secourir efficacement, et je veux le faire, ô mon Dieu ! par tous les moyens que Vous mettez à ma disposition, par la prière, par le Saint Sacrifice de la Messe, la Sainte Communion, l'aumône, le jeûne, les indulgences, etc. Je le ferai souvent, mais plus particulièrement pendant ce mois.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises le 31 Octobre.

 

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9 novembre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Dixième jour

La pensée du purgatoire doit nous inspirer plus de consolation que d'appréhension

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

Après avoir médité les jours précédents sur l'état de souffrance et les diverses peines des âmes du purgatoire, pour nous former une juste idée de cette portion de l'Église de Jésus-Christ, méditons aujourd'hui les réflexions de Saint François de Sales, dont l'opinion était que de la pensée du Purgatoire nous pouvions tirer plus de consolation que d'appréhension. La plupart de ceux, disait-il, qui craignent tant le purgatoire, le font en vue de leur intérêt et de l'amour qu'ils ont pour eux-mêmes, plus que pour l'intérêt de Dieu. Il est vrai que les tourments en sont si grands, que les plus extrêmes douleurs de cette vie n'y peuvent être comparées; mais aussi les satisfactions intérieures y sont telles, qu'il n'y a point de prospérité ni de contentement sur la terre qui les puissent égaler, quoiqu'elles soient encore infiniment inférieures aux délices du paradis : car, autres sont les biens que Dieu donne pour la consolation des captifs, dit saint Augustin; autres ceux qu'il a réservés pour faire la félicité de ses enfants.

Les âmes dans le purgatoire sont dans une continuelle union avec Dieu. 2. Elles y sont parfaitement soumises à sa volonté, ou, pour mieux dire, leur volonté est tellement transformée en celle de Dieu, qu'elles ne peuvent vouloir que ce que Dieu veut, en sorte que, si le paradis leur était ouvert, elles se précipiteraient en enfer plutôt que de paraître devant Dieu avec les souillures qu'elles voient encore en elles. 3. Elles s'y purifient volontairement et amoureusement, parce que tel est le bon plaisir divin. 4. Elles veulent y être en la façon qu'il plaît à Dieu et pour autant de temps qu'il lui plaira. 5. Elles sont impeccables, et ne peuvent avoir le moindre mouvement d'impatience, ni commettre la moindre imperfection. 6. Elles aiment Dieu plus qu'elles-mêmes et que toutes choses, d'un amour accompli, pur et désintéressé. 7. Elles y sont consolées par les Anges. 8. Elles y sont assurées de leur Salut, dans une espérance qui ne peut être confondue dans son attente. 9. Leur amertume très grande est dans une paix très profonde. 10. Si c'est une espèce d'enfer quant à la douleur, c'est un paradis quant à la douceur que répand la Charité dans leur cœur ; charité plus forte que la mort et plus puissante que l'enfer. 11. Heureux état plus désirable que redoutable, puisque ces flammes sont flammes d'amour et de charité ! 12. Redoutables néanmoins, puisqu'elles retardent la fin de toute consommation, qui consiste à voir Dieu et à l'aimer, et, par cette vue et cet amour, le louer et le glorifier dans toute l'étendue de l'éternité.

Si cela est ainsi, me dit-on, pourquoi tant recommander les âmes du purgatoire ? C'est que, reprend Saint François de Sales, malgré ces avantages, l'état de ces âmes est fort douloureux, et vraiment digne de notre compassion ; et d'ailleurs c'est que la gloire qu'elles rendront à Dieu dans le Ciel est retardée. Ces deux motifs doivent nous engager à leur procurer une prompte délivrance par nos prières, nos jeûnes, nos aumônes et toutes sortes de bonnes œuvres, mais particulièrement par l'offrande du Sacrifice de la Sainte Messe. Ainsi, d'une part, lorsqu'on réfléchit sur les tourments divers, sur les intolérables supplices du purgatoire, on y découvre bien des rapports avec l'affreuse demeure des réprouvés ; souffrances, privation, éloignement de l'Être infiniment parfait, infiniment aimable, c'est-à-dire la peine du dam, n'en est-ce pas assez pour se tracer l'image trop sensible du plus grand des maux ? N'est-on pas forcé de reconnaître tous les caractères d'un enfer passager ? D'autre part, en considérant la manière paisible dont ces âmes saintes se sentent purifier de plus en plus par les souffrances; la sérénité inaltérable, l'inexprimable douceur de leur acquiescement à la volonté suprême, les bénédictions continuelles qu'elles donnent aux coups les plus rigoureux de la main adorable dont la pesanteur les accable : en remarquant surtout leur charité consommée, peut-on s'y méprendre et ne pas voir qu'il n'y a en ce lieu que des élus, des prédestinés, les vrais amis du bon Dieu, ses enfants, les héritiers de son royaume, et bientôt, si nous le voulons, les heureux possesseurs de son essence et de toute sa gloire ? Ne semble-t il pas même que déjà ces âmes goûtent le repos éternel, tant elles sont calmes au milieu des flammes expiatrices ? si elles ne contemplent pas encore face à face le Saint des Saints, du moins la visite, la société de Ses Anges, les consolations admirables qu'elles en reçoivent, enfin la certitude de leur future félicité, les animent, les soutiennent, les établissent dans une paix profonde. Cependant, quelqu'assurées qu'elles soient de plaire au Seigneur et d'en jouir à jamais, leur douleur actuelle est extrême; et ne perdons pas de vue que nous pouvons les secourir, les soulager, abréger le temps de leur prison, et même les en délivrer.

Ces vérités sont sanctionnées par l'Église dans la prière pour les âmes du purgatoire qu'elle a insérée dans le canon de la messe, après la consécration. Le prêtre dit : « Souvenez-Vous aussi, Seigneur, de vos serviteurs et de vos servantes N. N. qui, marqués du sceau de la Foi, ont fini leur vie mortelle, pour s'endormir du sommeil de paix. Nous Vous supplions, Seigneur, de leur accorder par Votre Miséricorde, à eux et à tous ceux qui reposent en Jésus-Christ, le lieu de rafraîchissement, de Lumière et de Paix, par le même Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il ». Remarquez ces expressions, tous ceux qui reposent en Jésus-Christ, n'est-ce pas indiquer une des prérogatives du paradis ? Mais en même temps elle demande pour ces âmes le lieu de rafraîchissement, de lumière et de paix, parce que c'est aussi une espèce d'enfer pour ces âmes, à cause des ardeurs des expiations qu'elles souffrent, des ténèbres où elles sont et des agitations qu'elles éprouvent. Ainsi cette prière de l'Église nous démontre tout à la fois et l'état des âmes dans le purgatoire et le soin qu'à son exemple nous devons avoir de les recommander au Seigneur. Enfin l'exemple de notre Divin Sauveur nous aide à concevoir les vérités que nous avons méditées aujourd'hui. Non-seulement Il était assuré de Sa Gloire, mais Sa Très Sainte Ame en jouissait dès le premier moment de Sa bienheureuse création, et cependant cette jouissance dans sa suprême partie, a-t-elle empêché les peines inouïes de Sa Douloureuse Passion ? De même l'assurance d'aller un jour dans le Ciel donne aux âmes du Purgatoire des consolations indicibles, mais elle n'empêche pourtant pas qu'elles ne souffrent d'une manière inexplicable.

Instruction

La lecture de ce jour doit nous inspirer le désir d'acquérir les dispositions de ces saintes âmes, dans toutes nos tribulations, dans toutes les croix que le bon Dieu nous envoie pour expier nos péchés, pour nous donner occasion de faire notre Purgatoire en ce monde. En priant pour elles, demandons-leur de nous obtenir ces dispositions, afin que nous puissions expier entièrement nos fautes par une résignation parfaite à la Volonté Divine, même dans les circonstances les plus pénibles, et par la pratique de toutes les vertus.

Prière

O Dieu de bonté, qui n'avez pas permis que la mort me surprit dans mon péché, faites qu'en priant pour votre Eglise souffrante, j'apprenne à ne vivre et à ne souffrir que pour Vous : que toujours soumis à Votre Sainte Volonté, je repose aussi en Jésus Christ, dans toutes les tribulations de la vie, afin qu'entièrement purifié à l'heure de la mort, j'aille rejoindre les âmes que j'aurai aidé à délivrer des souffrances du Purgatoire. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mous des Ames du Purgatoire.

 

FlamesofMercy

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30 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Trente-et-unième jour

Les cinq Mystères Glorieux

 

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Premier Mystère Glorieux : la Résurrection de Jésus-Christ

Ajoutez après « Jésus »: « Qui est ressuscité pour nous ».

 

Représentez-vous Jésus ressuscitant par sa propre vertu, le troisième jour après sa mort, et sortant du tombeau tout rayonnant de gloire, pour nous associer à Son triomphe.

 

Fruit : Le changement de vie, c'est-à-dire, la résurrection spirituelle.

 

Élévation à Jésus : O Divin Rédempteur, dans un Mystère où Vous triomphez de tout, triomphez aussi de mon cœur, et ne permettez pas que je demeure dans le tombeau du péché. Sauveur adorable, faites un dernier effort de Bonté et de Miséricorde; fendez le rocher de mon cœur; les pierres mêmes ne Vous résistent pas. Parlez, Seigneur, et votre voix pénétrera au fond du tombeau, et m'élèvera, avec Vous, au-dessus de la corruption de mes vices, pour être un nouveau trophée de Votre Victoire.

 

Élévation à Marie : O Marie, la plus heureuse des mères, à la vue de Votre Divin Fils ressuscité, l'amertume de Votre Douleur a été changée en un sentiment de joie ineffable. A Dieu ne plaise que je veuille changer Votre joie en deuil et en tristesse ! Mais j'ai besoin de Votre secours, pour m'affermir dans les plus saintes résolutions; daignez donc m'obtenir la grâce de manifester en moi la vie glorieuse de Jésus-Christ, afin que ma conduite soit, aux yeux de tous, une image vivante et un témoignage solennel de Sa Résurrection. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

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Deuxième Mystère Glorieux : L'Ascension de Jésus-Christ

Ajoutez après « Jésus »: « Qui est monté au Ciel ».

 

Représentez-vous Jésus-Christ accompagné de Ses disciples sur le Mont des Oliviers, les bénissant et s'élevant au Ciel en leur présence, porté sur une nuée qui le dérobe à leurs yeux, et après leur avoir dit: « Voici que Je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles ».

 

Fruit: Le désir du ciel et le mépris dit monde.

 

Élévation à Jésus : O Divin Jésus qui êtes monté au ciel pour m'y préparer les grâces que Vous me réservez; accordez-les-moi et répandez sur moi avec profusion toute sorte de bénédictions spirituelles, afin qu'après avoir été ici-bas pur et saint en Votre présence, je puisse entrer aussi un jour dans les demeures éternelles et m'y asseoir sur un trône de gloire.

 

Élévation à Marie : O Marie, je suis voire enfant adoptif, et, en vertu de cette adoption, Votre Divin Fils est monté au Ciel pour m'y préparer une place; obtenez-moi la grâce de la mériter par l'ardeur de mes désirs, par la ferveur de mes prières et par l'innocence de ma vie, afin que je puisse un jour entrer en possession de ce céleste héritage. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

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Troisième Mystère Glorieux : La Descente du Saint-Esprit sur les Apôtres

Ajoutez après « Jésus »: « Qui a envoyé le Saint-Esprit ».

 

Représentez-vous Jésus-Christ assis à la droite de son Père et envoyant, selon sa promesse, son Esprit-Saint qui descend et s'arrête sur chacun de ses Apôtres sous la forme de langue de feu. Rappelez-vous les effets que cette descente du Saint-Esprit produisit.

 

Fruit: Le recueillement et la pureté.

 

Élévation à Jésus : O Divin Sauveur, aimable Jésus, qui, pour mettre le dernier sceau à l'œuvre de notre rédemption, avez envoyé Votre Esprit-Saint pour éclairer, purifier et embraser nos âmes; faites-Le descendre au fond de mon cœur, avec toute la plénitude de ses dons et l'abondance de Ses grâces. O Esprit consolateur, Don du Très-Haut, Doigt de Dieu, Source de Lumière, renouvelez en moi les effets que Vous produisîtes dans les Apôtres.

 

Élévation à Marie : O Marie qui avez été remplie du Saint-Esprit avec les Apôtres et qui avez été digne de devenir Son plus beau sanctuaire, obtenez de Votre Divin Fils que je sois toujours docile aux inspirations de la grâce, afin de conserver toujours, comme un dépôt précieux, les dons et les fruits du Divin Esprit. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

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Quatrième Mystère Glorieux : L'Assomption de la sainte Vierge

Ajoutez après « Jésus »: « Qui Vous a élevée au Ciel ».

 

Représentez-vous la Sainte Vierge dans la maison du Disciple bien-aimé où Elle termina une vie céleste dans un transport du plus tendre amour divin, et fut retirée du tombeau par les Anges qui la portèrent dans les cieux.

 

Fruit: L'union avec Dieu.

 

Élévation à Jésus : O Jésus qui avez comblé de gloire Votre Sainte Mère lors de Son Assomption, préservez-moi de la corruption des vices, afin que mon âme épurée par votre grâce, s'élève dans le Ciel après ma mort et Vous glorifie éternellement.

 

Élévation à Marie : O Mère de Dieu, Chef-d'œuvre de la grâce, ornée des plus sublimes vertus pour être le Temple vivant de la divinité, le terme de Votre exil est arrivé. Votre Amour, comprimé par une si longue attente, a brisé, par un dernier effort, les liens du corps; et Votre âme affranchie s'est envolée dans les joies éternelles pour s'y reposer délicieusement au sein de la Divinité; obtenez-moi la grâce de me détacher de toutes les choses de la terre, et de n'avoir plus d'autre désir ici-bas que d'être réuni, dans le ciel, avec Vous, pendant toute l'éternité. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

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Cinquième Mystère Glorieux : Le Couronnement de Marie

Ajoutez après « Jésus »: « Qui Vous a couronnée dans le Ciel ».

 

Contemplez Marie élevée au-dessus de tous les Anges et de tous les Saints, sur un trône de gloire, et couronnée par Son Divin Fils comme Reine du Ciel et de la terre.

 

Fruit: La confiance en la sainte Vierge.

 

Élévation à Jésus : O Jésus, je Vous adore dans cette gloire ineffable à laquelle Vous avez associé Marie, et dont Vous avez mesuré la communication et l'étendue sur Votre puissance et Votre tendresse. La gloire dont Vous l'avez couronnée, comme Reine du Ciel et de la terre, était tout à la fois la récompense de Ses mérites, et le glorieux apanage de Sa Maternité Divine. O mon aimable Sauveur, rendez-moi digne d'entrer aussi en participation de la béatitude des cieux. Vous voulez des âmes de foi, livrées entièrement aux opérations de Votre grâce, et fidèles à correspondre à Ses Divines impulsions. Je m'abandonne donc à Vous sans réserve, afin que mon cœur détaché de tout, devienne l'image du Vôtre.

 

Élévation à Marie : O Reine des Anges et des hommes, Vous êtes dans les cieux, au-dessus des Archanges et des Séraphins; Vous êtes supérieure en gloire à tous les Saints, comme Vous l'êtes en vertus et en mérites; Votre pouvoir auprès de Votre Fils égale Votre Amour pour Lui et Votre tendresse pour nous. O Marie, Médiatrice des Chrétiens, canal de toutes les grâces, refuge des pécheurs, consolation des affligés et protectrice de tous les peuples et de tous les empires, nous nous jetons avec confiance dans le sein de Votre Miséricorde; montrez que Vous êtes notre Mère. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

Consécration à la Très Sainte Vierge

 

O Auguste Reine du Ciel, je me prosterne devant Vous pour vous adresser les profonds hommages que je Vous dois, comme à la Mère de mon Dieu. Pénétré d'une reconnaissance toute filiale, je Vous rends de solennelles actions de grâces pour tous les bienfaits que Vous m'avez obtenus du Ciel, et me consacre, ô Vierge Sainte, à votre service. A cet effet, je prends la résolution de dire tous les jours, en Votre honneur, au moins une dizaine du Saint rosaire qui nous rappelle les Mystères de Votre Divin Fils, Vos grandeurs et Vos vertus. Par combien de faveurs signalées n'avez-Vous pas en tout temps récompensé Vos serviteurs fidèles à réciter le rosaire ! Je me propose de Vous honorer par mon zèle pour Votre gloire, par mes prières, mon assiduité aux offices, et par la sainte et fréquente réception des Sacrements, avec le secours de Votre Sainte protection, que je réclame. O Marie ! Je veux imiter Vos vertus, Votre amour pour le recueillement; je ne m'écarterai jamais des règles saintes de la modestie et de cette vertu qui Vous est si agréable; c'est par la pratique de cette belle vertu, qui nous rend semblables aux Anges, que je Vous montrerai que je suis Votre enfant, comme j'éprouverai, ô Marie, par les effets sensibles de Votre généreuse tendresse, que Vous êtes ma Mère. Ainsi soit-il.

 

Fin du Mois du Rosaire

 

Pour télécharger l'intégralité du Mois du Rosaire (pdf), cliquer ici

 

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Prochain Mois de Dévotion, le Mois des Ames du Purgatoire, rendez-vous le 31 octobre.

 

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21 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Vingt-deuxième jour

Pratique des quinze communions en l'honneur des quinze mystères du Rosaire

 

Ces quinze communions doivent être faites quinze mardis de suite, comme nous l'avons vu hier, pour pouvoir gagner les indulgences, et, autant que possible, dans la chapelle ou dans l'église où est établie la Confrérie du Rosaire. On engage les personnes qui pratiquent cette dévotion, à réciter le rosaire en entier le jour de communion en demandant l'assistance de la Sainte Vierge pour en bien méditer les mystères et pour pratiquer avec persévérance le reste de la vie les vertus qu'ils enseignent. Du reste il va sans dire qu'il faut avoir une intention pure et droite, et ne demander que des choses propres à nous procurer le salut et la perfection chrétienne; et pour obtenir plus sûrement la grâce qu'on désire, il faut éviter tout péché, toute imperfection, et être exact aux plus petites choses pour l'amour de Jésus-Christ et de la Sainte Vierge. Enfin, il est bon de faire quelques aumônes extraordinaires, quelques actes de mortifications ou antres bonnes œuvres agréables au Seigneur, taisant le tout en l'honneur du mystère qu'on a médité en communiant.

La préparation à chacune des quinze communions doit consister dans la méditation sur le Mystère en l'honneur duquel on se propose de communier; et dans l'action de grâces on demande avec ferveur la faveur qu'on désire obtenir de Dieu par les mérites de ce Mystère et par l'intercession de la Très Sainte Vierge. On peut le faire par les prières suivantes:

O mon doux Sauveur, je Vous conjure pour l'Amour que Vous m'avez toujours témoigné dans ce Mystère, en l'honneur duquel j'ai fait la présente communion, de m'accorder telle faveur, telle grâce, si elle m'est nécessaire ou utile pour mon salut et mon avancement dans le chemin de la vertu.

O glorieuse Vierge, Reine du Saint Rosaire, très digne Mère de Dieu, je Vous conjure par toutes les grâces que Vous avez reçues du Père, du Fils et du Saint Esprit, comme Fille du Père, comme Mère du Verbe incarné et comme Epouse du Saint-Esprit, et par les mérites de ce Mystère, en l'honneur duquel je viens de communier, de m'obtenir par Votre intercession et crédit tout-puissant auprès de la divine majesté, telle grâce... Ainsi soit-il.

Telles sont les prières qu'on peut répéter après chaque Communion. Quant aux sentiments qu'on doit exciter dans son cœur, aux considérations qu'on doit faire et aux résolutions pratiques qu'on doit prendre, nous en donnerons un exemple pour une des trois classes de Mystères; ce sera suffisant pour en avoir la clef. Du reste si on manifeste le désir d'avoir un ouvrage spécial pour communier ainsi en l'honneur des quinze Mystères, nous prenons bien volontiers l'engagement d'en publier un adapté à cette dévotion.

Communion en l'honneur du 1er mystère joyeux, l'annonciation. Représentez-vous l'Ange vous invitant à vous approcher de la sainte table, et vous adressant les mêmes paroles qu'à la Sainte Vierge: « Ne craignez pas, vous avez trouvé grâce devant Dieu; le sacrement de Pénitence vous a rendu agréable aux yeux de Dieu ». Et répondez avec la Sainte Vierge: « Voici la servante (le géniteur) du Seigneur; voici la plus indigne et fa plus chétive de toutes les créatures qui va s'unir à vous, ô mon adorable Sauveur! qu'il me soit fait selon votre parole; que je n'aie d'autre volonté que la vôtre, que je sois unie à vous pour le temps et pour l'éternité ». Considérez ensuite l'humilité de Jésus et de Marie, du Fils et de la Mère; du Fils, de prendre un corps et une âme comme nous pour nous racheter en souffrant et en mourant sur la Croix : de la Mère, de s'appeler Servante du Seigneur au moment que le Très-Haut la choisit pour être la Mère du Verbe incarné. Quant aux résolutions pratiques, comme l'imitation de Jésus et de Marie est le culte et l'honneur le plus excellent que Tous puissiez leur rendre, à leur imitation, humiliez-vous intérieurement et extérieurement; tâchez d'occuper la dernière place soit à l'église, soit ailleurs, afin que les hommes ne vous considèrent pas; aimez qu'on vous dise vos défauts; honorez les Saints et les Saintes qui se sont distingués par la pratique de la vertu d'humilité.

Communion en l'honneur du 1er mystère douloureux, Jésus au Jardin des Oliviers. Réfléchissez sur la différence qu'il y a entre le calice qui fut offert à Jésus au Jardin des Oliviers et celui qu'Il vous offre à la Sainte Table; celui-là était le calice de douleur qui contenait pour Jésus l'amertume des péchés de tous les hommes dont la vue Lui occasionna une sueur de Sang, tellement elle était horrible; tandis que le calice Eucharistique contient Son Sang Précieux qu'Il vous donne en breuvage; c'est le Pain des Anges, le froment, le vin qui engendre les vierges. Rappelez-vous quel honneur ce fut pour les frères de Joseph de manger à sa table et de boire à sa coupe; l'honneur que vous allez avoir d'être admis à la table du Roi des rois, de manger le pain des Anges et de boire le Sang de l'Agneau Divin, n'est-il pas infiniment plus grand ? Considérez la résignation de Jésus à boire le calice de Sa Douloureuse Passion, pour l'amour de nous: Il fait une oraison de trois heures, prosterné contre terre, suant du Sang et étant triste jusqu'à la mort, mais toujours soumis et résigné à la Volonté Divine. Imitez Jésus, faites oraison, et si vous avez des peines, si Dieu parait vous accabler et vous délaisser, résignez-vous à tout ce que Dieu veut, par Amour pour Jésus agonisant au Jardin des Oliviers.

Communion en l'honneur du 1er Mystère Glorieux, la Résurrection de Jésus. Représentez-vous Jésus triomphant et victorieux de la mort, du démon. de l'enfer et du péché; la joie des Anges et des Saints et surtout de Sa Sainte Mère. Rappelez-vous qu'une âme ressuscitée du péché à la grâce, n'est plus ce qu'elle était auparavant. Ce n'est plus cette âme qui ne se nourrissait que des oignons d'Egypte, je veux dire du péché; ses délices sont de recevoir le Pain des Anges. Partagez la joie de Marie de voir Son Divin Fils ressuscité et savourez votre bonheur de recevoir au milieu de votre cœur votre Sauveur triomphant et glorieux, et demandez-Lui cette paix ineffable qu'il souhaitait à Ses Apôtres. Considérez que pour ressusciter un jour à la gloire et être réuni à Jésus, il faut triompher du péché: prenons donc la résolution de ne plus le commettre, d'éviter même toute imperfection volontaire de propos délibéré, et de travailler tous les jours à dompter notre passion dominante.

Résolution

La lecture de ce jour doit nous faire comprendre l'avantage que les âmes pieuses peuvent retirer de la pratique de cette dévotion de 15 Communions en l'honneur des Mystères du Rosaire. Elle doit tout au moins nous faire prendre la résolution de méditer l'un ou l'autre de ces mystères lorsque nous communions: ce sera sans nul doute un moyen de nous préparer dont nous retirerons un grand profit pour la vie intérieure, puisqu'il nous fera de plus en plus connaître, aimer et imiter Jésus et Marie, ce en quoi consiste la perfection chrétienne.

Prière

Seigneur, mon Dieu, mon unique désir est de m'approcher de la Sainte Table avec les dispositions que Vous avez droit d'attendre de moi; et je suis prêt à employer les moyens les plus propres à me donner ces dispositions. Je méditerai donc les mystères du Rosaire d'une manière pratique, lorsque j'aurai le bonheur de communier, afin de le faire bien et d'une manière profitable pour mon avancement spirituel. Je Vous demande cette grâce, Seigneur, par l'intercession de Notre-Dame du Rosaire. Ainsi soit-il.

 

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Découvrez ou redécouvrez la dévotion des 15 Samedis de la Reine du Rosaire de Pompéi, instituée par le Bienheureux Bartolo Longo, en cliquant ICI

 

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28 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Vingt-neuvième jour

Les cinq Mystères Joyeux

 

Quoiqu'on trouve dans la plupart des livres de prières, et dans de petits traités spéciaux, un aperçu des considérations et des affections propres à chaque mystère, ainsi que le fruit ou la vertu qui en découle, nous croyons faire plaisir aux lecteurs de ce Mois en leur faisant connaître une manière de faire cette méditation en forme d'élévation.

 

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Premier Mystère Joyeux : l'Annonciation de la sainte Vierge

Ajoutez après le mot « Jésus », dans chaque Ave: « Qui s'est fait homme pour nous ».

 

Dans ce premier mystère joyeux, représentez-vous l'envoyé de Dieu, l'archange Gabriel qui annonce à Marie le choix que le Seigneur a fait d'elle pour être la Mère de Dieu, et qui lui révèle comment va s'accomplir ce sublime mystère. Paroles de la sainte Vierge : Voici la servante du Seigneur qu'il me soit fait selon votre parole.

 

Fruit : La vertu d'humilité.

 

Élévation au Verbe Incarné : O Verbe si élevé au-dessus des Cieux, et qui Vous abaissez jusqu'à descendre dans le sein d'une Vierge, quels sentiments de joie et de reconnaissance ne Vous dois-je pas, puisque Vos abaissements sont la cause de ma grandeur ? Vous avez donc voulu Vous faire homme, pour me faire devenir enfant de Dieu. Donnez-moi de connaître et d'apprécier la dignité sublime à laquelle Vous m'avez élevé; et faites-moi la grâce de conserver toujours dans mon cœur, une tendre et vive reconnaissance pour le mystère ineffable de Votre Incarnation.

Élévation à Marie : O Vierge Sainte, choisie de Dieu pour être le premier Temple de notre Divin Rédempteur, Vous confondez mon orgueil par Votre humilité, comme Votre Divin Fils par Son anéantissement; obtenez-moi, avec un profond sentiment de mon néant, une participation de votre foi vive qui a sauvé le monde. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

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Deuxième Mystère Joyeux : la Visitation de Marie

Ajoutez après le mot « Jésus »: "Que Vous avez porté en visitant Sainte Elisabeth"

 

Représentez-vous Marie, qui, dès qu'elle a conçu Jésus-Christ, part et marche avec promptitude vers les montagnes pour aller visiter à Hébron sa cousine Elisabeth. La présence de Jésus en Marie fait tressaillir et sanctifie Jean-Baptiste. Elisabeth prophétise, et Marie prononce le sublime cantique de l'humilité, de la reconnaissance et de l'amour.

 

Fruit: La charité et le zèle.

 

Élévation à Jésus : O Jésus vivant en Marie, qui l'avez portée, par un secret instinct, à faire humblement la première visite à Elisabeth, afin de répandre Vos grâces dans la maison de Zacharie; faites éprouver à mon âme Vos saintes opérations, afin que je ressente l'humble étonnement de Votre présence, les saints transports de Vos divins attraits et la douce paix de Votre ineffable possession.

Élévation à Marie : O Vierge Sainte, bénie entre toutes les femmes, obtenez-moi de Votre Divin Fils la grâce de correspondre promptement à Ses divines inspirations, et d'y être toujours fidèle; afin que mon esprit ravi de sa présence, tressaille de joie, et ne cesse d'exalter les magnificences de Sa toute puissance et de Ses Divines Miséricordes. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

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Troisième Mystère Joyeux : la Naissance de Jésus-Christ

Ajoutez après « Jésus »: « Que Vous avez enfanté demeurant Vierge ».

 

Représentez-vous Jésus, naissant dans l'étable de Bethléem, au milieu de la nuit, couché dans une crèche, exposé aux rigueurs de l'hiver et aux injures de l'air; les Anges qui l'annoncent, les bergers qui l'adorent avec Marie et Joseph.

 

Fruit : La pauvreté et le détachement.

 

Élévation à Jésus : O adorable Sauveur! qui venez nous apporter tous les biens du ciel, laites dès ce moment régner dans mon cœur l'aimable innocence, l'admirable simplicité et la foi vive des bergers; je vous adore avec eux, uni à Joseph et à Marie votre mère; et je veux conserver précieusement le souvenir de ce mystère et les prémices de votre amour.

 

Élévation à Marie : O très pure Mère de Dieu, faites, par Votre intercession auprès de Votre Divin Fils, que ce Mystère, toujours présent à mon esprit, soit les délices et la consolation de ma vie, et que j'offre sans cesse à ce Dieu Sauveur la Charité d'un cœur pur, d'une conscience droite et d'une foi sincère, comme le tribut de ma reconnaissance. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

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Quatrième Mystère Joyeux : la Présentation de Jésus au Temple

Ajoutez après « Jésus »: « Que vous avez offert en sacrifice dans le Temple ».

 

Représentez-vous Marie qui présente Son Fils au Temple et l'offre à Dieu, par les mains du grand-prêtre, comme un Précieux Holocauste et les prémices du Sacrifice sublime qui doit désarmer la Justice Divine.

 

Fruit : L'obéissance et le bon exemple.

 

Élévations à Jésus : O mon Sauveur, Roi du Ciel et de la terre, Vous Vous soumettez à uneLoi qui n'est faite que pour les pécheurs, afin de me donner une leçon sublime d'humilité, de soumission et d'obéissance. Combien je serais ingrat, si je ne sacrifiais pas à Votre Divine Volonté toutes mes affections personnelles, et si je ne m'attachais pas à suivre Vos exemples par une fidélité constante et invariable aux préceptes de Votre Eglise. O Dieu de bonté ! Ne permettez pas que je sois infidèle à mes devoirs.

Élévation à Marie : O Mère de Jésus, fidèle et parfaite image du Sacrifice de Votre Fils, offrez-moi avec Lui; et obtenez-moi de consacrer à Dieu mes passions les plus chères, par un sacrifice entier de tout moi-même, afin que Jésus-Christ soit l'unique objet de mes vœux les plus ardents et de mes plus tendres affections. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

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Cinquième Mystère Joyeux : le recouvrement de Jésus dans le Temple

Ajoutez après « Jésus »: « Que Vous avez retrouvé dans le Temple ».

 

Représentez-vous Marie et Joseph qui ayant été, selon la loi, célébrer la fête de Pâques à Jérusalem, perdirent l'enfant Jésus, et ne le retrouvèrent qu'après trois jours de pénibles recherches , dans le temple , au milieu des Docteurs qu'il écoutait, interrogeait, et étonnait par la sagesse de ses questions et de ses réponses.

 

Fruit: Le zèle pour le salut.

 

Élévation à Jésus : O Divin Enfant qui avez voulu nous apprendre qu'il faut tout quitter pour nous instruire, et accomplir l'œuvre de Dieu quand Il nous appelle; imprimez dans mon cœur la crainte de Vous perdre, la douleur de Vous avoir perdu si souvent, et le désir de Vous retrouver au plus tôt, si j'avais encore le malheur de Vous éloigner de moi par mes offenses.

Élévation à Marie : O Mère affligée par l'absence du meilleur des fils, et consolée ensuite par le bonheur de l'avoir retrouvé, obtenez-moi la grâce de ne le perdre jamais par le péché; de sentir vivement Son absence, si mes infidélités l'obligent à s'éloigner; et de n'avoir aucun repos jusqu'à ce que je l'aie retrouvé. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

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27 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Vingt-huitième jour

Méthode qu'il faut observer dans la méditation des Mystères du Rosaire et les fruit que nous devons en tirer

 

Mon cœur s'est échauffé au-dedans de moi, dit le Prophète royal, et le feu s'y allumera dans ma méditation. La méthode générale que nous, devons suivre dans la méditation des mystères du Rosaire, nous est prescrite dans ces paroles, en expliquant ce passage du feu de la charité et de l'Amour de Dieu et du prochain qui s'allumait dans les entrailles du Saint Prophète par la méditation des choses célestes. De manière que, dit Saint Cyrille, méditer, c'est comme frapper avec du fer sur un caillou pour .en faire jaillir du feu: c'est donc au moyeu de la méditation des mystères et réflexions de l'entendement, qu'il faut que vous frappiez sans cesse sur le caillou de votre cœur endurci, jusqu'à ce que vous en tiriez du feu et que vous l'embrasiez enfin lui-même de l'amour de Dieu, de la Charité du prochain, et d'un ardent désir de l'humilité, de la mortification et de toutes les vertus chrétiennes. La méditation ne doit être qu'un moyen pour exciter dans notre cœur le désir de la vertu: car la perfection de la vie chrétienne ne consiste point dans les bonnes pensées ni dans l'intelligence des choses saintes; mais elle consiste dans les solides et véritables vertus, et particulièrement dans les actes que l'on en produit et qui sont l'accomplissement de toute la perfection; par conséquent c'est là-dessus que nous devons le plus insister, et c'est à quoi nous devons principalement nous occuper dans la méditation des mystères du rosaire.

Le premier exercice consiste à se représenter le lieu où le fait qu'on veut méditer s'est passé, comme si réellement on s'y trouvait. Par exemple, si nous avons à méditer le Crucifiement de Notre Seigneur sur le Calvaire, nous nous formerons une idée de toutes les circonstances, telles que les évangélistes nous les ont décrites, par rapport au lieu, aux personnes, aux actions et aux paroles. Or, l'utilité de cet exercice consiste en ce que nous renfermons notre esprit dans l'étendue du sujet que nous méditons, de peur qu'étant aussi volage qu'il l'est, il ne se répande sur d'autres sujets. Cet exercice de l'imagination doit être suivi de celui de l'entendement que nous appelons méditation, et qui n'est autre chose que l'application aux considérations capables d'élever notre volonté vers Dieu et de nous affectionner aux Saints Mystères que nous méditons. C'est en cela que la méditation est fort différente de l'étude; car la fin de l'étude est la science, tandis que la fin de la méditation est l'amour de Dieu et la pratique de la vertu.

Après avoir donc circonscrit, comme nous venons de le dire, notre esprit dans l'étendue du sujet que nous voulons méditer, appliquons notre entendement aux considérations qui en sont la substance et l'exposé; et si notre esprit trouve assez de lumières et d'utilité dans une seule de ces considérations, il faut l'y arrêter, imitant les abeilles qui ne quittent point la fleur à laquelle elles se sont attachées, tant qu'elles y trouvent du miel à sucer. Mais, si notre esprit a de la peine à tirer des réflexions de telle considération et que notre cœur n'y sente pas d'attrait, passons à une autre considération, sans curiosité toutefois et sans précipitation. De-là dans certains livres de prières, les mystères sont simplement indiqués avec une considération et une prière; dans d'autres il y a dix considérations (autant que d'Ave Maria) destinées à donner matière à la méditation des fidèles. Chacun peut choisir la manière de méditer les mystères qui lui convient le mieux d'après ses dispositions, sa facilité à méditer. Il en est de même pour les quelques mots qu'on ajoute à l'Ave Maria pour se rappeler le mystère qu'on médite; ce rappel peut donner lieu chaque fois à de nouvelles considérations et à de nouvelles affections.

C'est, en effet, par cette vive attention de l'esprit que la méditation excite en notre volonté tant de bons et saints mouvements, tels que les suivants: l'amour de Dieu et du prochain, le désir de la gloire céleste, le zèle du salut des âmes, l'ardeur à imiter la vie de Jésus-Christ, la compassion, l'admiration, la joie, la confusion de nos péchés, la confiance en la miséricorde de Dieu et les autres affections auxquelles l'âme doit s'exercer et dans lesquelles elle doit s'épancher le plus qu'elle pourra. Il ne faut pourtant pas s'arrêter tellement à ces affections générales qu'elles fassent négliger de prendre des résolutions spéciales pour la pratique. De là aussi, la nécessité d'avoir en vue, dans la méditation de chaque mystère, une vertu comme suite et fruit de ce Mystère. Ainsi la première parole de Notre-Seigneur sur la Croix, produira dans notre âme le désir de l'imiter dans la pratique du pardon et de l'amour des ennemis; mais cela est peu de chose, si nous ne formons notre résolution de cette manière: « Eh bien ! je ne m'offenserai plus de telles et telles paroles fâcheuses de la part d'un tel, ni de tel et tel mépris que celui-ci ou celui là fait de moi; au contraire, je dirai et ferai telle ou telle chose pour adoucir l'esprit de l'un et pour gagner le cœur de l'autre ». Voilà véritablement le moyen sûr et infaillible de tirer un grand profit spirituel de la méditation bien faite des Mystères du Rosaire.

De même qu'on a dû se préparer à la récitation et à la méditation du Rosaire, en se mettant en la présence de Dieu et en lui demandant le secours de ses lumières et de ses inspirations, on doit de même terminer cette récitation et cette méditation par trois actes qui demandent beaucoup d'humilité. Le premier est de rendre grâces à Dieu de la connaissance qu'il nous a donnée de sa Miséricorde, ou d'une autre de ses perfections, et de le remercier de toutes les saintes affections et résolutions que sa grâce a excitées et opérées en nous. Le second est d'offrir à Sa Divine Majesté toute la gloire qui peut lui revenir de Sa Miséricorde, ou d'une autre de ses perfections, lui présentant encore toutes nos affections et nos résolutions, en union des vertus de Jésus-Christ Son Fils et des mérites de Sa Mort. Le troisième doit être une humble prière par laquelle nous demandons à Dieu la grâce de participer aux mérites de Son Fils, l'esprit de Ses Vertus et principalement la fidélité à nos résolutions, en reconnaissant que l'exécution dépend de Sa Sainte Bénédiction. Enfin, il est à conseiller de prier pour l'Église, nos pasteurs, nos parents, amis et autres personnes, par l'intercession de Notre-Dame du Rosaire, des Anges et des Saints et de finir par un Pater et un Ave. Les personnes qui ont l'habitude de méditer, nous comprendront aisément, et pourront sans la moindre difficulté mettre en usage cette méthode de réciter et de méditer le Rosaire; les autres ne doivent pas s'imaginer qu'elle soit difficile et qu'elle exige beaucoup de temps; en s'y exerçant, elles apprendront par leur propre expérience, qu'elle est très facile. Du reste chacun peut suivre celle qui lui plaît, pourvu qu'elle soit propre à lui faire réciter et méditer le Rosaire avec fruit.

Résolution

Conservez ce qui est bon, dit Saint Paul. Si nous avons une bonne manière de réciter le Rosaire, tenons-nous-y en tâchant seulement de le réciter toujours avec plus de ferveur; si nous reconnaissons que nous ne méditons pas les Mystères d'une manière convenable et fructueuse, tâchons de nous pénétrer de l'esprit d'oraison qui est l'esprit de Dieu et de l'Eglise, afin que nous devenions de fidèles disciples et de parfaits imitateurs de Jésus et de Marie.

Prière

Tout don parfait vient de Vous, Seigneur ! nous venons donc Vous demander instamment la grâce de réciter et de méditer selon l'esprit de l'Eglise le Saint Rosaire, afin qu'en nous pénétrant des Mystères qui le composent, nous pratiquions à Votre plus grande Gloire et pour le Salut de notre âme, les vertus qui en découlent et que Votre grâce seule peut nous faire pratiquer. Nous l'implorons de Vous, Seigneur, par l'intercession de Marie, notre Bonne et puissante Mère. Ainsi soit-il.

 

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26 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Vingt-septième jour

Le Rosaire, Oraison mentale

 

Le Rosaire étant, pour ainsi dire, un livre de méditation, on peut appliquer à la pratique de cette dévotion ce que Saint François de Sales dit, en général, de l'oraison mentale ou méditation. Je vous conseille principalement, dit-il, l'oraison de l'esprit et du cœur, et surtout celle qui est occupée de la vie et de la passion de Notre Seigneur (ce qui a lieu dans la méditai ion des quinze mystères du rosaire); car, à force de le considérer dans l'exercice de la méditation, toute votre âme se remplira de lui, et vous formerez votre conduite intérieure et extérieure sur la sienne. Il est la lumière du monde, c'est donc en lui, par lui et pour lui que nous devons être éclairés. Vous le savez; les petits enfants entendant continuellement parler leurs mères, et s'efforçant de bégayer avec elles, apprennent à parler la même langue: c'est de cette sorte que nous attachant au Sauveur dans la méditation des mystères du rosaire, y observant ses paroles, ses actions, ses sentiments et ses inclinations, nous apprendrons avec sa grâce, à parler comme lui, à agir comme lui, à juger comme lui et à aimer ce qu'il a aimé.

C'est là l'oraison mentale propre à la récitation du Rosaire et qui, d'après l'intention de l'Eglise, doit lui être inhérente; et de quel avantage ne doit pas être pour nous cette méditation, puisque nous ne saurions aller à Dieu le Père que par cette porte qui est Jésus-Christ, ainsi qu'il nous l'a dit lui-même. La glace d'un miroir ne peut arrêter notre vue, à moins qu'elle ne soit enduite d'un côté d'une couche de plomb ou d'étain, de même nous n'aurions jamais pu bien contempler la divinité en celle vie mortelle, si elle ne se fut unie à notre humanité dans Jésus-Christ, dont la Vie, la Passion et la Mort sont pour nos méditations l'objet le plus proportionné à la faiblesse de nos lumières, le plus doux à notre cœur et le plus utile au règlement de nos mœurs.

Le Sauveur s'est appelé le Pain descendu du ciel, pour plusieurs raisons, mais entre autres pour celle-ci: Comme l'on mange le pain avec toutes sortes de viandes, nous devons si bien goûter l'esprit de Jésus-Christ dans la méditation des Mystères du Rosaire, que nous en étant nourris, nous le fassions entrer dans toutes nos actions. Mais, pour s'en nourrir réellement, il faut mettre en pratique ce que Saint Ignace appelle l'exercice des trois puissances de l'âme; c'est-à-dire que, pour méditer chaque Mystère du Rosaire, nous devons exercer la mémoire, l'entendement et la volonté: la mémoire, en nous remettant devant les yeux le mystère que nous avons à méditer; l'entendement, en recherchant les motifs qui peuvent le plus contribuer à échauffer notre volonté; et enfin la volonté, en lui faisant produire les actes de la vertu qui est le fruit de la méditation du Mystère. C'est ce dernier point qui est le principal de tous et celui auquel nous devons nous arrêter, parce qu'il est la fin de la méditation, et en outre parce que le fruit qui doit provenir de toutes les réflexions de l'entendement, doit être d'émouvoir la volonté à la recherche du bien et à la fuite du mal.

Cette manière de méditer est très simple et très à la portée de tout le monde. Par le moyen de cet exercice des trois puissances de l'âme, nous nous représentons le sujet du Mystère que nous avons à méditer; nous nous figurons les circonstances du fait comme s'il se passait sons nos yeux; nous réfléchissons sur les particularités qui nous fourniront des motifs propres à exciter les sentiments analogues au fait rappelé dans ce Mystère, et nous nous livrons à ces sentiments, résolus à pratiquer la vertu qui en découle naturellement et dont nous faisons des actes. Mais il est évident que la volonté étant une puissance aveugle qui ne peut se porter à rien d'elle-même si l'entendement ne la guide, il faut qu'elle soit éclairée par celui-ci pour découvrir ce qu'elle doit ou aimer ou haïr, car nous n'aimons une chose que parce que nous la concevons bonne et digne d'être aimée. Il est donc clair que l'opération de l'entendement est le fondement des autres actes que nous faisons dans l'oraison, et c'est pour cela qu'on l'appelle souvent simplement méditation.

Ce que l'Ecriture dit de la méditation de la Loi du Seigneur, peut s'appliquer très-naturellement à la méditation des mystères du rosaire. « Heureux, dit le Prophète royal, heureux l'homme qui médite jour et nuit sur la Loi du Seigneur ! Il sera comme un arbre qui est planté le long des eaux et qui portera son fruit dans sa saison ». « Heureux, dit-il ailleurs, ceux qui réfléchissent sur ses promesses; c'est une marque qu'ils le recherchent de fout leur cœur ». Donnez-moi l'entendement, dans la méditation dos Mystères du Rosaire, et je ferai de profondes réflexions sur Votre Loi, et je l'observerai de tout mon cœur. « Que si, dit-il dans un autre endroit, Votre Loi n'eût été le sujet ordinaire de ma méditation, peut-être que je serais demeuré dans mon anéantissement, et que j'y aurais péri »; c'est-à-dire, comme l'interprète saint Jérôme, je serais demeuré dans les peines et dans les misères qui m'environnent. Ce qui doit nous donner encore une haute estime de la méditation, en général, et en particulier de la méditation des Mystères du Rosaire, c'est que les Saints disent qu'elle sert à toutes les vertus et à toutes les bonnes œuvres. Mais afin que par l'opposition de son contraire, on vienne à la mieux connaître, il faut savoir que le manque de réflexion est une des principales causes de tous les maux qui arrivent dans le monde, suivant ces paroles de Jérémie: « Toute la terre est désolée d'une désolation universelle, parce qu'il n'y a personne qui fasse aucune réflexion dans son cœur ». Savez-vous pourquoi la terre est si désolée, quant au spirituel ? c'est qu'il parce n'y a presque personne qui rentre en soi-même et qui repasse en son esprit les Mystères ineffables de la religion et les bontés infinies de Dieu. Or, n'est-ce pas ce désordre que ferait cesser la récitation du Rosaire faite dans l'esprit de l'Eglise, c'est-à dire en méditant affectueusement les quinze Mystères qui le constituent et qui sont la base de la religion et de la morale chrétienne ? Qui, en effet, oserait pécher, s'il considérait intérieurement et en esprit de Foi et d'amour que Dieu est mort à cause du péché, et que le péché est un si grand mal, qu'il a fallu que Dieu se fit homme, afin que, par sa mort, il satisfait entièrement pour le péché, à la justice rigoureuse du Père éternel ?

Il n'y a point de doute que si nous faisions les réflexions convenables en méditant les mystères du Rosaire, cela nous servirait d'un frein puissant pour nous faire éviter le péché; aussi est-ce pour cette raison que le démon, qui connaît l'utilité de cette méditation bien faite, essaie continuellement de nous en détourner par tous les moyens possibles: il fait en sorte que nous ne nous servions pas des yeux de fa Foi et que nous croyions comme si nous ne croyions pas, c'est-à-dire sans croire de cœur et d'âme, d'une foi vivante et pratique, afin qu'en voyant, nous ne voyions pas, et qu'en écoutant, nous n'écoutions et ne comprenions pas, faute de réflexions sur ce que nous croyons.

Résolution

Prenons la résolution de nous recueillir et de méditer de notre mieux les Mystères du Rosaire, lorsque nous le récitons: nous pouvons aisément nous convaincre, par notre propre expérience, que la seule manière de le réciter avec fruit, pour la gloire de Dieu et le salut de notre âme, c'est de bien méditer les Mystères afin d'en pénétrer notre esprit et notre cœur. Disons avec l'Apôtre: « Je prierai en esprit; je prierai au-dedans de mon cœur: je chanterai les louanges de Dieu en esprit; je les chanterai au-dedans de mon cœur ».

Prière

Vierge Sainte, parfait modèle des chrétiens ! l'Evangile dit de Vous que vous conserviez dans Votre Cœur et méditiez lus paroles de Votre Divin Fils; nous sommes des enfants qui ne savent rien relativement à la méditation, ô bonne Mère ! apprenez-nous Vous-même à méditer les Mystères du Rosaire, afin que la pratique de cette dévotion nous rende agréables aux yeux de Dieu en nous rendant des hommes d'oraison. Ainsi soit-il.

 

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25 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

 

Vingt-sixième jour

Le Rosaire, prière vocale

 

Le Rosaire étant tout à la fois un livre de méditation, de prières et d'actions de grâces, il est important pour les fidèles qui veulent pratiquer cette dévotion, de connaître l'excellence de la méditation et la manière du la faire en ce qui concerne particulièrement les Mystères du Rosaire. Toute l'étude du chrétien doit être de méditer les Mystères de Jésus-Christ et de régler sa conduite sur les vertus dont il nous offre le modèle. Il n'y a de bonheur, de perfection et de salut ici-bas que dans la connaissance, l'amour et l'imitation de notre Divin Sauveur; c'est aussi la fin que Saint Dominique s'est proposée dans l'institution du Rosaire. Ce fut aussi l'intention formelle des souverains Pontifes qui l'ont approuvé et enrichi d'indulgences; ils ont voulu donner lieu aux fidèles d'étudier et d'accompagner Jésus-Christ dans ses principaux mystères. « Je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem, l'Esprit de grâce et de prière », dit Dieu au prophète Zacharie. Dieu envoya de nouveau cet Esprit en instituant dans l'Eglise le Rosaire qui unit d'une manière si admirable et si salutaire la prière et la méditation. La prière est comme le flambeau dont la méditation reçoit la lumière et l'ardeur. De là le Rosaire, comme nous l'avons vu, est appelé la reine de toutes les prières.

Prier, c'est élever son âme à Dieu pour l'adorer, le remercier et lui demander tout ce qui nous est nécessaire. II y a deux sortes de prières: la prière vocale et la prière mentale; elles sont unies dans la pratique du Rosaire, puisqu'en même temps qu'on prononce des paroles, l'esprit doit être occupé de la méditation d'un Mystère. Nous traiterons aujourd'hui de la prière vocale, et les jours suivants de la prière mentale ou méditation. Il n'est point d'acte de religion plus commun ni plus ordinaire que la prière; mais combien souvent n'est-il pas mal rempli ? Tout retentit des louanges du Seigneur et des vœux qu'on lui adresse, soit en récitant le rosaire, soit autrement; mais le cœur et l'esprit prient-ils de concert avec les lèvres ? et ne peut-on pas dire qu'on récite à la vérité beaucoup de prières, mais cependant qu'on en fait peu qui puissent être agréables au Seigneur ? En ne consultant que le seul bon sens et l'idée qu'il donne de ce saint exercice, pourrait-on voir de sang-froid avec quelle inapplication d'esprit, avec quelle tiédeur, avec quelle indécence même on s'en acquitte d'ordinaire ? et n'aurait-on pas droit de demander si ce n'est pas plutôt pour irriter le Seigneur, que pour l'honorer que nous le prions ?

En effet, la prière doit être un entretien avec Dieu, où l'âme admise, pour ainsi dire, et introduite dans le sanctuaire, expose au Seigneur ses besoins, lui représente ses misères, lui découvre ses tentations et ses faiblesses, et, pénétrée des plus vifs sentiments de respect, d'amour et de reconnaissance, elle tâche de l'honorer autant par sa profonde soumission à ses ordres, que par sa confiance et ses vœux. Un acte de religion si parfait, doit-il n'être qu'une pratique purement extérieure, et si, au moment qu'on traite avec Dieu, l'esprit s'égare jusqu'à perdre volontairement l'attention et la dévotion intérieure, prie-t-on Dieu ? Le vrai culte dépend pour ainsi dire, de notre disposition; Dieu peut être adoré et prié partout pourvu que ce soit partout en esprit et en vérité qu'on l'adore et qu'on le prie. Toujours prêt à pourvoir à tous nos besoins, il demande seulement qu'on les lui expose par la prière: est-il donc concevable que notre manque de foi, et notre inattention rendent inutile un moyen si nécessaire et si aisé, si efficace ! Pourquoi, en effet, la prière nous étant si familière, et Dieu étant si disposé à écouter et à exaucer nos vœux, obtenons-nous si rarement ce que nous demandons par la récitation du rosaire ? c'est que nous prions mal, c'est que nous ne pensons pas sérieusement que c'est à Dieu que nous parlons; autrement lui parlerions-nous avec si peu de respect, si peu d'attention ?

La prière n'est pas seulement la preuve de notre confiance, elle est encore la preuve de notre foi. Quel acte de religion doit donc nous intéresser davantage ? La prière est, parmi tant d'orages qui nous assaillent, l'abri le plus sûr et le plus proche; l'ennemi ne saurait nous forcer dans ce retranchement. Il n'est pas possible de bien prier et de ne pas vaincre. Quel malheur pour ceux à qui ce puissant secours devient inutile! Mais réellement la prière faite comme on la fait souvent, peut-elle être d'un grand secours ? Combien de gens récitent, par exemple, tous les jours le rosaire sans qu'on puisse cependant dire en vérité qu'elles prient ? Dieu n'écoute et n'entend que les prières du cœur. Un Rosaire récité sans attention, sans affection, peut-il être agréable aux yeux de Dieu, qui ne compte pour rien tout culte purement extérieur ? Lisez l'Evangile, vous y verrez que notre divin Sauveur ne fait attention qu'à la foi et à la dévotion intérieures de cette pauvre femme infirme qui touche le bord de sa robe. Vous voyez la foule qui Vous presse, lui disent ses disciples, et Vous demandez qui Vous a touché ? Cette foule tumultueuse fait peu d'impression sur Lui: il faut que le cœur parle et que la Foi agisse, si l'on veut que Dieu exauce. Les seules clameurs de l'aveugle de Jéricho sont peu efficaces; il faut qu'il dise lui-même à Jésus-Christ ce qu'il souhaite.

L'attention de l'esprit et l'affection du cœur sont comme l'âme de la prière. Ne nous étonnons pas si nous sommes si peu exauces. Une prière morte n'opère rien. Chose étrange ! à force de prier, on s'accoutume à ne savoir plus ce qu'on fait quand on prie: l'inattention avilit et profane un si saint exercice. Oh ! quelle différence, si nous pensions que c'est à Dieu que nous parlons quand nous faisons quelque prière ! La multiplicité des prières n'en augmente pas toujours le prix; mais la précipitation avec laquelle on les dit, en relève-t-elle beaucoup le mérite ? Bien des personnes se font une loi de n'en point omettre; mais combien ne s'en font pas une de n'en point profaner ? Deux choses doivent toujours concourir pour bien prier: la dévotion intérieure et le respect extérieur. Toute prière doit être animée d'une foi vive, d'une confiance entière, d'une attention véritable et d'une affectueuse dévotion. Or, une prière ne peut être telle qu'en élevant son cœur à Dieu, en dressant son intention, en unissant sa prière à celles que Jésus-Christ adressait à Son Père sur la terre, et surtout en évitant cette précipitation irréligieuse qui rend si souvent inutile la prière vocale.

Résolution

Concevons aujourd'hui un véritable regret d'avoir fait si souvent nos prières vocales et en particulier d'avoir récité le rosaire d'une manière inconvenante, pour ne pas dire irréligieuse, et prenons la résolution de ne pratiquer dorénavant cet acte de religion qu'avec un véritable respect et une tendre dévotion. N'oublions jamais que la prière, par conséquent la récitation du Rosaire ou du Chapelet est un acte de religion; que c'est un culte que nous rendons à Dieu, une supplique que nous lui présentons; qu'elle doit donc être toujours humble, respectueuse, religieuse et dévote.

Prière

Apprenez-nous Vous-même, Seigneur, à prier. Nous reconnaissons et avouons que souvent nous n'avons pas mérité d'être exaucés dans nos prières, parce que nous les avons faites avec très peu de dévotion, d'attention et de respect. Nous espérons, Seigneur, que, par l'intercession de Notre Dame du Rosaire, Vous exaucerez du moins celle que nous Vous adressons en ce moment, à savoir: de nous pardonner nos irrévérences et de nous apprendre à bien prier. Ainsi soit-il.

 

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23 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Vingt-quatrième jour

Le Rosaire vivant

 

Le Rosaire Vivant est absolument le même que celui de Saint Dominique, il n'en diffère que par la manière de le pratiquer. Pour la récitation simple et privée du Rosaire, chacun dit, chaque jour, au moins une des trois parties du rosaire, c'est-à-dire cinq dizaines. Selon les statuts des Confréries du Rosaire, chaque membre dit dans le cours de la semaine le Rosaire tout entier, c'est-à-dire quinze dizaines. Enfin, pour le Rosaire Vivant, quinze personnes associées ensemble se partagent, pour un mois, les quinze Mystères du Rosaire; et chacune d'elles récite tous les jours une dizaine de son Chapelet en l'honneur de celui de ces Mystères qui lui est échu pendant le mois. Par ce moyen si simple et si facile, le Rosaire est récité chaque jour tout entier entre ces quinze personnes, et autant de fois en entier qu'il y a de quinzaines, sans que chaque personne y mette beaucoup temps; qu'en faut-il en effet pour dire une dizaine de Chapelet ? De cette manière la récitation du Rosaire devient véritablement perpétuelle: et quelle gloire n'en revient-il pas à la Très Sainte Vierge ! Quinze personnes associées ensemble forment un Rosaire Vivant, et la réunion des diverses quinzaines compose la confrérie du Rosaire Vivant, dont tous les membres sont unis par les liens d'une tendre Charité, par une émulation mutuelle pour la gloire de Marie, par une sainte ardeur à implorer sa protection.

On sent aisément tous les avantages que présente cette méthode par l'union des cœurs et des prières. C'est un moyen de resserrer et d'entretenir les liens de la charité entre les fidèles, qui trop souvent sont indifférents les uns pour les autres; on forme une nouvelle communauté de biens spirituels, que l'on partage avec ses frères. Si l'on peut se réunir quelquefois pour réciter la dizaine ensemble, on perfectionne cette pratique et on la rend plus efficace. En méditant pendant un mois sur le même Mystère, on l'étudie mieux, on s'en pénètre et l'on s'attache à pratiquer la vertu qui en est le fruit: enfin, les personnes les plus occupées peuvent ainsi pratiquer le Rosaire et en recueillir les biens spirituels. Cette nouvelle méthode de pratiquer le Rosaire, qui sans détruire ou altérer l'ancienne, ne doit que la seconder, a été inspirée de Dieu pour ranimer la confiance en Marie, réveiller la ferveur qui se refroidissait et parer aux besoins présents et à venir. Entrons donc de tout notre cœur dans les vues de la Providence: dévoués au culte de Marie, ranimons, faisons revivre la dévotion du Rosaire, répondons à la voix du Père commun des fidèles en nous faisant inscrire dans l'association du Rosaire Vivant.

Cette dénomination a été donnée à cette manière de réciter le rosaire parce que, d'après le mode de son organisation, chaque quinzaine réunissant autant de personnes qu'il y a de Mystères à honorer, chaque division se composant d'autant d'associés qu'il y a de grains dans un Rosaire, ces associés forment comme autant de grains vivants, dévoués par un culte journalier au service de la Mère de Dieu; et, en second lien parce qu'il est mis comme en action par la récitation perpétuelle des prières. Quant à son origine, on la doit à la piété d'une fidèle Servante du Seigneur, Pauline Jaricot, à qui Dieu avait déjà inspiré l'œuvre admirable et si utile de la Propagation de la Foi. C'est à Lyon que cette forme nouvelle de réciter le Rosaire a commencé à être pratiquée: c'était en 1826. Elle y est d'abord demeurée cachée, pour ainsi dire, dans les plaies de Jésus humilié, mais bientôt, comme le grain de sénevé de l'Évangile, elle s'est répandue dans un grand nombre de diocèses. Le souverain Pontife Grégoire XVI l'a solennellement instituée et approuvée par un bref du 27 Janvier 1882. Le père commun des fidèles y exprime avec une sainte effusion de cœur la joie que lui fait éprouver l'établissement de cette pieuse pratique et les espérances qu'il en conçoit. Il y l'ait paraître un vif désir de voir le rosaire vivant se propager et il engage à le répandre. Dans cette vue, il accorde au rosaire vivant de nouvelles et nombreuses indulgences, auxquelles il joint, en outre, celles qui ont été attachées par ses prédécesseurs à la récitation du rosaire. A dater de celle approbation par le Saint Siège, le Rosaire Vivant a fait de nouveaux et rapides progrès; il s'est étendu et s'étend encore dans tous les pays. Répondant à la voix du Souverain Pontife, les évêques le favorisent d'une manière spéciale; plusieurs ont publié des lettres pastorales pour l'établir dans leurs diocèses, le recommandant vivement à leurs ouailles.

Un des buts du Rosaire Vivant, que le souverain Pontife exprime lui-même dans son bref de 1832, c'est de faire revivre et de rendre plus fréquente la pratique du Saint Rosaire, dévotion si belle, mais trop oubliée, en la mettant à la portée de tous, par une méthode plus simple et plus facile; c'est de tendre à réaliser le désir d'un pieux missionnaire, qui eût souhaité de voir le monde entier couvert des grains bénits du Rosaire. Mais des grains muets n'auraient pas rendu à la Mère de Dieu la gloire qu'Elle mérite; il fallait que des grains vivants, que des Rosaires de cœurs, fissent retentir toute la terre de Ses louanges. Cette association nouvelle, loin de préjudicier aux Confréries du Rosaire déjà canoniquement érigées, doit au contraire les favoriser, en disposant ceux qui ne connaîtraient qu'imparfaitement cette dévotion à la goûter davantage et à la pratiquer avec plus d'étendue, selon les règles de ces confréries, car il ne faut pas confondre l'ancienne Confrérie avec l'association du Rosaire Vivant; chacune demeure distincte, et conserve toujours sou organisation, ses règles, les indulgences qui lui sont propres.

Un autre but du Rosaire Vivant, et qui est le principal, c'est de fléchir la colère de Dieu, de faire une sainte violence au Ciel, d'implorer avec des instances réitérées la Divine Miséricorde, par l'entremise de Notre Dame du Rosaire, afin d'obtenir la conservation de la Foi pour nous et pour nos frères, l'avancement et la perfection des justes, la conversion des pécheurs, l'exaltation de la sainte Eglise de Jésus-Christ. Prions sans cesse pour une si noble fin. Si saint Dominique, le Rosaire à la main, put triompher des Albigeois, et réformer des provinces entières, qui sait si, malgré notre indignité, nous n'obtiendrons pas du Cœur de Marie qu'elle confonde l'impiété, non pas en perdant les impies, mais en obtenant leur conversion! Puisque Jésus-Christ nous promet d'exaucer les prières de deux ou trois personnes assemblées en son nom, ne peut-on pas espérer que tant de milliers d'âmes associées au Rosaire Vivant seront exaucées ?

Résolution

Faisons comme beaucoup d'âmes pieuses qui pratiquent les deux manières de réciter le Rosaire, c'est-à-dire, qui le récitent en entier chaque semaine selon les règles de l'ancienne Confrérie et de plus récitent chaque jour une dizaine pour le rosaire vivant. Cette pratique n'a rien que de très-facile. Travaillons donc à propager ces deux manières de dire le Rosaire, à l'exemple du souverain Pontife qui désire si ardemment de rendre plus fréquente la récitation d'une prière si propre à honorer saintement la Mère de Dieu en tout temps et en tout lieu.

Prière

Vierge sainte, c'est Vous qui avez inspiré à l'une de vos fidèles servantes, de former de pieuses associations pour s'unir dans la récitation quotidienne du Rosaire; obtenez de Dieu à tous les associés du Rosaire Vivant, qu'en Vous rendant ce tribut d'hommages, ils remplissent tous leurs autres devoirs de religion et de Charité, et règlent leur conduite sur les préceptes de la vie chrétienne, afin que, Vous devenant de jour en jour plus agréables, Vous les conduisiez à la vie éternelle et qu'ainsi cette dévotion soit pour le peuple fidèle une source abondante de bénédiction et de salut. Ainsi soit-il.

 

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22 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Vingt-troisième jour

Heure annuelle du rosaire perpétuel, Horloge du Rosaire

 

Nous avons déjà fait connaître le rosaire perpétuel; l'heure annuelle en est la pratique. Elle a pris son origine dans le couvent des Dominicains de Bologne, en 1625, et elle a eu l'approbation des Souverains Pontifes. Cet usage précieux s'est répandu ensuite partout et à toujours été la source de mille bénédictions. Chacun est libre de l'adopter, mais comme le rosaire perpétuel est un privilège inhérent à la Confrérie du Rosaire, hors de laquelle on ne peut participer aux indulgences qui y sont attachées, les confrères seuls peuvent s'y faire inscrire. Puisqu'il y a une indulgence plénière il faut que le jour fixé pour l'heure annuelle, on s'approche des saints sacrements.

Pendant cette heure on récite le Rosaire en entier pour tous les confrères, et en particulier pour les agonisants, car c'est surtout pour obtenir de Dieu les secours nécessaires dans les derniers moments de la vie qu'on a établi cette pratique de dévotion. Nous implorons tous les jours la Sainte Vierge de prier pour nous à l'heure de notre mort; par la pratique du Rosaire perpétuel, nous Lui consacrons une heure tout spécialement pour qu'elle protège nos confrères agonisants. Faisons aux autres ce que nous voudrions qu'ils nous fissent; or, puisque nous considérerions comme un bonheur insigne qu'on implorât pour nous cette Mère toute-puissante de Miséricorde lorsque les angoisses de la mort nous accableront, faisons-nous un plaisir de rendre ce service à nos confrères: c'est une œuvre de Charité qui ne peut qu'être très agréable à Jésus et à Marie.

L'association du Rosaire Perpétuel est organisée en peu d'endroits; dans ceux où elle se trouve régularisée, on donne à celui qui s'y fait inscrire un imprime qui contient la formule et les prières suivantes que nous transcrivons comme étant propres à donner une idée exacte de cette association.

O Jésus, mon Sauveur, qui nous avez tant recommandé la Charité par vos leçons et votre exemple, moi soussigné, je Vous prie de vouloir bien agréer l'offrande que je Vous fais du Saint Rosaire pour le soulagement de nos confrères agonisants. Plein de confiance en mes saints Patrons N. N., aujourd'hui du mois de à heure du soir (ou du matin), je me propose de réciter le Rosaire, avec le plus de ferveur possible; et j'ose Vous supplier humblement, ô aimable Sauveur, par la médiation puissante de Marie Votre Mère, de protéger et de défendre les moribonds contre les embûches du démon, de les fortifier et assister dans leur agonie, afin que leur mort soit un heureux passage dans le sein de votre gloire.

Après chaque dizaine de ce rosaire, on dit le credo; et à la fin la prière suivante : O aimable Jésus, par cette douleur amère que vous avez éprouvée dans l'agonie du jardin des Oliviers, et surtout sur la croix, lorsque vous avez remis votre âme entre les mains de votre Père, secourez l'âme de tous nos frères agonisants, au moment de leur mort. Ainsi soit-il.

O Divin Sauveur, si plein de Charité pour les hommes, vous nous avez dit : « Je ne veux point la perte de l'impie, mais la conversion du pécheur, et le salut de tous ceux qui se jetteront avec confiance dans le sein de Mon infinie Miséricorde », et vous nous avez promis de ne jamais refuser ce que l'on demanderait en Votre Nom. Je Vous prie donc, par Votre Saint Nom, de daigner accorder à tous nos confrères qui sont à l'article de la mort, un sentiment profond de leur misère, une vive douleur de leurs offenses, une foi éclairée, une espérance ferme et une Charité parfaite, afin que chacun puisse dire du fond d'un cœur pur: « Seigneur, je remets mon âme entre vos mains ». Ratifiez ce vœu, ô Dieu de bonté, et exaucez ma prière. Ainsi soit-il.

Comme il n'y a point d'heures ni de moments dans la vie, dit saint Augustin, où l'on ne jouisse des bienfaits du Seigneur, on n'en doit point laisser passer sans se souvenir de Lui pour lui rendre des actions de grâces. Entre les moyens conseillés pour se recueillir en la présence de Dieu à toutes les heures de la journée, sans cesser ni son travail ni ses occupations ordinaires, il en est un très facile et dont le Saint Rosaire a donné l'idée: il consiste à consacrer chaque heure du jour à la mémoire et à l'honneur d'un Mystère du Saint Rosaire, en disant un Ave Maria lorsque l'heure sonne, et en faisant une élévation d'esprit et de cœur vers Jésus-Christ et la sainte Vierge. Le cœur de l'homme est comme une horloge dont les poids sont ses affections qui tendent toujours en bas, aux choses de la terre et à l'amour-propre, et se dérangent si on ne les relève souvent vers le Ciel par des oraisons jaculatoires.

Si vous voulez faire usage de ce moyen facile et salutaire de se tenir en la sainte présence de Dieu, et qu'on appelle à juste titre l'Horloge du Rosaire, à cinq heures du matin, pensez au mystère de l'incarnation, adorez le Fils de Dieu fait homme dans le sein de la plus pure des Vierges, et pratiquez l'humilité.

A six heures, considérez la Visitation, admirez la Charité de Jésus, sanctifiant saint Jean, et celle de Marie visitant sainte Elisabeth; secourez votre prochain.

A sept heures, rappelez-vous la Nativité de Jésus-Christ, remerciez-Le d'avoir voulu naître et reposer sur la paille dans une crèche; fuyez toute sensualité.

A huit heures, pensez à la Purification, bénissez avec le saint vieillard Siméon, Jésus présenté au temple; aimez et conservez la pureté.

A neuf heures, voyez Jésus recouvré dans le Temple; soupirez et cherchez avec la sainte Vierge, Jésus que vous avez tant de fois perdu par le péché.

A dix heures, écoutez l'oraison de Jésus au Jardin des Oliviers; compatissez à sa tristesse et à Son Agonie où Il sua du Sang; résignez-vous à souffrir pour Son Amour.

A onze heures, assistez à la Flagellation, détestez vos péchés qui ont fait souffrir Jésus-Christ; et faites pénitence.

A midi, contemplez le Sauveur couronné d'épines; honorez le Roi des rois Jésus outragé, injurié et ayant la Face couverte de crachats; aimez les mépris.

A une heure, suivez avec Marie, Jésus chargé de Sa Croix gravissant la montagne du Calvaire sans se plaindre ni murmurer; supportez de même les croix que Dieu vous envoie.

A deux heures, voyez Jésus Crucifié et expirant sur la Croix pour votre Salut; pardonnez à vos ennemis pour son amour.

A trois heures, réjouissez-vous de la résurrection de Jésus-Christ et de la victoire qu'Il a remportée sur la mort et le démon; ressuscitez promptement du péché à la grâce.

A quatre heures, accompagnez avec les Anges et les âmes des justes détenus dans les limbes, Jésus montant au ciel en triomphe; dédaignez la terre et vivez spirituellement dans le Ciel.

A cinq heures, adorez le Saint-Esprit descendant sur les Apôtres, demandez Sa grâce par Jésus-Christ, et travaillez à la gloire de Dieu.

A six heures, contemplez l'Assomption de la Sainte Vierge, louez-La élevée par les Anges au ciel, et conservez-vous en état de grâce pour y monter aussi un jour.

Enfin à sept heures, assistez au couronnement de la sainte Vierge; invoquez-La comme Reine du Ciel et de la terre, et persévérez dans Sa dévotion.

Oh ! combien ne serait pas fécond en mérites et en bénédictions un jour consacré ainsi au Saint Rosaire sans négliger en rien ses devoirs d'état ! combien ne serait pas sainte cette manière de passer toutes les heures d'une journée !

Résolution

Pour les enfants du siècle tout moyen est bon pour arriver à leurs fins, et ils sont ardents pour adopter tout ce qu'ils croient propre à leur procurer quelque plaisir, quelque bien temporel: les enfants de lumière seront-ils moins ardents à mettre en pratique des moyens tout à la fois faciles, simples et efficaces pour marcher en la sainte présence de Dieu et sanctifier le temps qui ne leur est donné que pour procurer la gloire de Dieu en sauvant leur âme. Qu'il n'en soit pas ainsi de notre part; essayons de cette horloge pour Lien passer une journée, et nul doute que nous n'en fassions usage de nouveau, tellement nous nous en trouverons bien.

Prière

Vous avez dit, Dieu de vérité, que quiconque marcherait en Votre Présence serait parfait; or, puisque Vous m'avez fait connaître aujourd'hui le moyen de marcher en Votre Sainte Présence en méditant dans le cours de la journée les Mystères du Rosaire, accordez-moi la grâce de passer ainsi souvent mon temps en les méditant, afin de vous être uni d'esprit et de cœur et de sanctifier Votre Saint Nom dans toutes mes actions. Ainsi soit-il.

 

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19 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Vingtième jour

Devoirs des confrères du Rosaire

 

Si nous avons, dit Saint Bernard, quelque espérance de salut, si nous pouvons nous flatter d'être du nombre des prédestinés, toute notre confiance est en Marie, toute notre ressource est dans ses mérites et dans sa tendresse pour nous, qui surpasse celle de tous les Saints. Mais, pour mériter sa protection spéciale, les confrères du Rosaire doivent avoir une dévotion éclairée, une dévotion pleine de bonnes œuvres; ils doivent remplir tous les devoirs de leur état et être fidèles aux devoirs ou prescriptions de la Confrérie; en un mot, honorer Marie par le soin continuel d'augmenter toujours le trésor de leurs vertus pour lui en faire hommage: c'est à ce seul titre que Marie, ainsi honorée, viendra, comme nous l'avons vu hier, au jour de leur agonie et de leur mort, calmer leurs inquiétudes, écarter les embûches du démon, leur prodiguer tous les soins d'une tendre mère, et leur ouvrir les cieux.

Dans toutes les Confréries, les membres qui en font partie ont des devoirs à remplir, et il leur importe de les connaître, afin de s'y conformer. Ces devoirs sont ou généraux, ou particuliers; nous allons développer les uns et les autres. Pour entrer dans le véritable esprit des confréries et par conséquent de celle du rosaire, il ne faut jamais oublier qu'il y a des devoirs essentiels, communs à tous les chrétiens et qui doivent, en tout temps, l'emporter toujours sur les devoirs de surérogation. L'Eglise, aussi sage et prudente qu'elle est magnifique dans la dispensation de ses bienfaits, ouvre des trésors aux serviteurs de Marie; mais elle veut que, pour pouvoir y puiser, ils soient d'abord les serviteurs de Dieu, les enfants de son Eglise et les imitateurs de Marie, comme elle est elle-même l'imitatrice de Jésus-Christ. Marie nous dit à tous: « Soyez mes imitateurs, comme je l'ai été de Jésus-Christ ». Il faut donc remplir tous les devoirs du christianisme, c'est-à-dire: 1° Etre fidèle à la Loi de Dieu et aux commandements de son Eglise. 2° Etre exact à remplir tous les devoirs de sa condition, de son état ou de sa profession. 3° S'adonner à la pratique des vertus et des bonnes œuvres.

Quelle fausse dévotion ne serait-ce pas, si l'on prétendait pouvoir se prévaloir de son affiliation à la confrérie du rosaire, pour former dans son cœur la monstrueuse alliance de J.-C. et de Bélial, en laissant régner le péché dans les membres de Jésus-Christ, qui sont devenus le temple du Saint-Esprit ! Ce serait imiter cet empereur romain qui était assez insensé pour honorer tour à tour ses idoles et l'image de Jésus-Christ qu'il conservait dans son palais. Combien néanmoins ne voyons-nous pas de ces faux dévots ? Les uns sont superstitieux et ignorants: ils se croiraient perdus s'ils passaient un seul jour sans dire, selon l'usage de la confrérie, une partie du rosaire, et ils ne se font aucun scrupule de passer des mois entiers dans le dérèglement, dans les fêtes mondaines, etc. Les autres, superficiels et aveugles, sont rigides observateurs des usages et des règles de la confrérie, et ils négligent les devoirs essentiels du christianisme. N'est-ce pas se faire illusion? et les paroles suivantes de l'apôtre Saint Jacques ne s'appliquent elles point à ces faux dévots: « Si quelqu'un d'entre vous croit être vraiment chrétien et religieux, en s'abusant ainsi lui-même; il se trompe étrangement, et sa religion est vaine et chimérique ».

Quant aux devoirs particuliers des confrères, les uns sont d'obligation, les autres de conseil seulement; mais ni les uns ni les autres n'obligent sous peine de péché mortel ou véniel: ceux qui remplissent ces devoirs, sont participants des grâces, faveurs et indulgences y relatives, et des mérites des bonnes œuvres de l'ordre ou de la confrérie; ceux qui sont négligents à les remplir, se privent seulement des avantages particuliers attachés aux devoirs qu'ils ont omis. Les devoirs particuliers d'obligation pour les confrères du Rosaire, sont ceux qu'il faut remplir nécessairement pour être membre de la confrérie et pour jouir de ses privilèges, c'est-à-dire: 1° être inscrit dans le registre de la confrérie; 2° avoir un rosaire ou chapelet bénit et indulgencié; 3° réciter le rosaire en entier une fois dans la semaine; 4° méditer sur chaque dizaine le mystère correspondant; 5° s'approcher des Sacrements, aux jours des indulgences plénières de la confrérie si on veut les gagner.

Quiconque veut devenir membre d'une confrérie du Rosaire, doit se faire inscrire dans le registre de la Confrérie établie dans sa paroisse, ou dans celte qu'il préfère ou affectionne le plus, quelque part qu'elle soit; la plupart des confrères préfèrent celle qui se trouve dans le lieu de leur résidence, et quelques-uns se font quelquefois inscrire dans plusieurs confréries, pour l'édification commune des personnes qui en font partie. Aucun des confrères ne doit omettre la récitation hebdomadaire du Rosaire. Dans le temps de la primitive institution de la Confrérie du Rosaire, on était obligé de réciter le Rosaire en entier, tous les jours; on a ensuite substitué en 1584, à la récitation quotidienne la récitation hebdomadaire: il en résulte qu'il suffit aujourd'hui de réciter le rosaire en entier, une seule fois dans la semaine, et qu'on peut le partager en plusieurs parties, au gré et selon le loisir de chacun. En France l'usage a prévalu parmi les confrères qui ne récitent pas le chapelet tous les jours, de dire deux dizaines par jour et trois dizaines le dimanche, afin de dire ainsi le rosaire en entier, dans l'espace d'une semaine.

On peut réciter le Rosaire en tout temps et en tout lieu, à genoux ou debout, assis ou en marchant, en travaillant même si on se porte bien, et en se reposant si on est malade ou fatigué. Il faut non-seulement réciter le Rosaire de bouche, mais le dire de cœur, et par conséquent méditer et considérer tour à tour et par ordre, les quinze Mystères du Rosaire, non, d'une manière approfondie, mais de sorte qu'on puisse les avoir présents à son esprit, les goûter même et en retirer du fruit. On peut s'en pénétrer par une suite de réflexions, ou mieux encore par une série d'élévations à Jésus et à Marie, sorte de méditations ou de raisonnement qui se confond avec la prière, tandis que l'onction divine s'insinue avec le sentiment au fond du cœur. Nous donnerons une sorte de modèle de ce genre d'élévations après avoir traité de la nécessité de la méditation ou oraison mentale, afin d'en faciliter la méthode et la pratique; chacun est libre de s'y conformer, ou d'en adopter d'autres; mais il faut nécessairement méditer sur chaque mystère, d'une manière quelconque, pour s'acquitter de cette obligation et gagner les indulgences. Les malades et autres personnes, pareillement incapables d'application ou de réflexions suivies, en sont seuls dispensés. Quant à la fréquentation des Sacrements, c'est le directeur de sa conscience que chaque confrère doit consulter afin de suivre ses conseils; mais aucun ne peut gagner les indulgences plénières s'il ne s'approche pas du Tribunal de la Pénitence et de la Sainte Table.

Résolution

Si nous sommes inscrits dans une Confrérie du Rosaire ou si nous sommes décidés à nous y faire inscrire, soyons bien résolus d'en remplir les devoirs; car, bien qu'on n'y soit nullement obligé sous peine de péché, on conçoit que ce n'est guère raisonnable d'être ou d'entrer dans une association sans vouloir remplir aucune des prescriptions de ses statuts. Agir ainsi c'est ressembler à un pauvre, et ne sommes-nous pas des pauvres spirituels, qui se rendrait de son propre mouvement dans un lien plein de richesses, dont il pourrait jouir moyennant quelques petites conditions très faciles à remplir, et qui, négligeant de remplir ces conditions, n'en jouirait pas et demeurerait pauvre.

Prière

Vierge sainte et puissante, obtenez à tous les confrères du Rosaire et à tous les fidèles qui pratiquent cette dévotion, la grâce d'être exacts à remplir les devoirs que l'Eglise a prescrits pour pouvoir avoir part aux faveurs spirituelles dont elle a comblé cette salutaire institution. Ne permettez pas qu'ils soient négligents à s'en acquitter ni qu'ils s'en acquittent mal; faites au contraire, par Votre puissante intercession, qu'ils se distinguent par leur ferveur et par leur exactitude à réciter le Rosaire et à s'approcher des Saints Sacrements les jours d'indulgence plénière. Ainsi soit-il.

 

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18 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Dix-neuvième jour

Avantages de la Dévotion et de la Confrérie du Rosaire

 

2° Droits spirituels que donne la dévotion du Rosaire

 

La dévotion du Rosaire donne à tous les membres de la confrérie des droits infiniment précieux dans toutes les situations de la vie, en santé comme en maladie. D'abord elle les fait participer aux mérites de l'Ordre de Saint Dominique, aux prières et aux bonnes œuvres des confrères; elle leur donne en outre des droits incontestables à la protection de Marie. En vertu de la communion des Saints, tout est commun dans l'Église; mérites, bonnes œuvres, prières, grâces, etc. La charité qui unit tous les membres, opère cette communication réciproque parmi les fidèles qui sont en état de grâce. De même, dans la société du Rosaire, il y a une communication particulière de biens spirituels; et comme, de toutes les confréries particulières qui existent dans la grande société de l'Église, elle est la plus étendue, par conséquent le trésor ou le fond de ces biens spirituels est plus considérable et se communique à tous les membres avec plus d'abondance. Le Saint Sacrifice, les communions, les mortifications, les prières de l'Ordre de Saint Dominique; les vertus, la vie intérieure et crucifiée des Religieux et des Religieuses et du Tiers-Ordre; les bonnes œuvres de tous les dévots de la confrérie du Rosaire; tout cela est appliqué à chacun des membres de cette pieuse association. Tous les âges et tous les sexes, toutes les conditions et tous les états: le prêtre et le laïc, le pauvre et le riche, le prince et le sujet, tous de concert portent à la masse commune le tribut de leur offrande spirituelle; en sorte que, si vous êtes de la confrérie, vous retirer à chaque instant de ce trésor de mérites, de nouveaux avantages pour opérer votre salut ou vous avancer dans la vertu.

Vous participez encore à toutes les bonnes œuvres de chacun des Confrères; et sans énumérer ici les œuvres de Charité de tous les membres de la Confrérie dans tontes les parties du monde, bornons-nous seulement aux œuvres de Charité des Ordres religieux. Le Rosaire est si répandu qu'il est adopté maintenant dans la plupart des communautés religieuses, même dans celles qui étaient peu portées à adopter de nouvelles pratiques de piété, et qui se sont depuis imposé la loi de porter le rosaire ou de le dire : partout on en récite chaque jour une partie. Eh bien ! tout confrère du Rosaire a une part dans tous les actes de Charité que fait chaque Religieux dans tous les Ordres; et combien ces actes ne sont-ils pas multipliés ! Si Dieu vous découvrait les trésors immenses de mérites de tant d'âmes privilégiées sur lesquels vous avez des droits acquis, votre vie toute entière ne suffirait pas pour les contempler, et remercier Marie de ce bienfait; l'éternité seule pourra vous les révéler.

Mais un avantage encore plus précieux sur lequel tout vrai dévot du Rosaire, tout confrère fervent peut compter, c'est d'être assuré de la protection de la sainte Vierge. Marie est la Mère de tous les Chrétiens, mais Elle est particulièrement la Reine, la Maîtresse, l'Avocate et la Protectrice des Confréries qui la reconnaissent pour leur Patronne. C'est à ce titre qu'Elle est la Protectrice spéciale des Confrères du Rosaire. Le jour où nous nous sommes consacrés à Son service, Elle nous a adoptés pour ses enfants de prédilection; et Son Cœur tendre et maternel, depuis ce jour, n'a cessé de veiller sur nous, de nous aider dans nos besoins et de nous secourir dans les dangers. Et quels sont les confrères ou mêmes les fidèles attachés à la dévotion du Rosaire, qui n'ont pas éprouvé les effets de cette protection dans les tentations, les peines et les périls sans nombre qui environnent ici-bas notre faiblesse ? La protection de Marie n'est-elle pas pour eux une source de bénédictions pendant la vie ? Toute la terre est pleine de ses miséricordes. Il n'est point de nation, de royaume, de ville, de bourg, qui n'éprouve sa protection; point de condition, de sexe, d'âge, qui ne participe à ses largesses. Elle les prodigue à tous les fidèles qui se consacrent à Elle pour l'honorer et faire honorer Son Fils par leurs exemples et par leurs vertus. Aussi quel empire n'a-t-Elle pas sur le Cœur de Son Divin Fils !

Le Saint Cardinal Pierre Damien nous assure que Marie s'approche du Trône de la Divine Réconciliation, non comme une servante, mais comme une dame souveraine des confrères, d'où lui vient le titre de Notre-Dame; elle s'avance vers l'autel d'or, moins pour prier que pour y prendre et y puiser tous les biens qui découlent sur nous. Saint Bernardin ne craint pas de dire que si toutes les créatures, même la sainte Vierge, rendent un hommage de soumission à la toute-puissance divine, tout, même son Fils, obéit aussi à la voix de Marie, Mère de Dieu. La Sainte Vierge serait-elle donc plus puissante que Dieu ? dit Saint Anselme. Non, sans doute; mais Dieu a arrêté, dans Son Divin conseil, d'honorer ainsi Marie, afin que les hommes sachent qu'ils peuvent tout obtenir par Elle. Mais c'est surtout à la mort que Marie, puissante dispensatrice des grâces, nous les obtient avec plus d'abondance et d'efficacité. Le Ciel et l'enfer même nous ont attesté cette vérité, comme on le voit dans un ouvrage imprimé à Rome en 1683. Un hérétique qui avait osé blasphémer contre les quinze Mystères du Rosaire en fut puni de Dieu et livré à quinze démons. Saint Dominique, ayant été appelé pour l'exorciser et le délivrer de cette possession, força les démons a faire publiquement amende honorable en faveur du Rosaire. Alors on les entendit s'écrier par la bouche du possédé: « Nous vous disons que quiconque persévérera dans le pieux exercice du rosaire se préservera des feux éternels, par la protection de la sainte Vierge, qui lui obtiendra la grâce de la contrition ». Le Bienheureux Alain de la Roche, ce grand serviteur de Marie, reçut aussi de la bouche de la Sainte Vierge, cette promesse : « Quiconque persévérera dans la récitation de mon psautier du rosaire, je lui obtiendrai la remise de la peine de ses péchés et lui ménagerai la contrition de ses fautes ».

Résolution

Puisque notre désir est de pouvoir mériter le beau et consolant titre d'enfants de Marie pour en être protégés, et dans le cours de notre vie, et à l'heure de la mort, pratiquons avec ferveur et confiance la dévotion du Rosaire si agréable à cette bonne Mère et si propre à nous faire obtenir de sa part une protection spéciale. Cette dévotion n'eût-elle que cet avantage, il suffirait pour nous y attacher de cœur et d'âme.

Prière

Jamais, Vierge Sainte, il n'a été dit que Vous ayez abandonné un de vos vrais serviteurs; aucun ne périra, dit Saint Bernard; obtenez-nous la grâce d'être au nombre de vos vrais serviteurs en pratiquant avec ceux qui Vous aiment, Vous honorent et Vous imitent, la belle et salutaire dévotion du Rosaire. C'est une couronne de prières, d'actes de vertus et de bonnes œuvres qu'en union avec tous les confrères nous voulons Vous offrir sans cesse avec une tendresse filiale; ô la plus douce, la plus puissante, la plus Miséricordieuse des mères. Ainsi soit-il.

 

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16 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Dix-septième jour

La dévotion du Rosaire a été enrichie de nombreuses indulgences et de précieux privilèges

 

Après avoir achevé aujourd'hui la nomenclature des faveurs spirituelles accordées aux Confréries du Rosaire, nous nous instruirons sur la doctrine des indulgences, afin qu'en en comprenant mieux l'importance et l'utilité, nous nous décidions à pratiquer la dévotion du rosaire dans l'esprit qui doit animer les associés.

10° Pour les jours de stations à Rome et autres jours de l'année. a) Toutes les indulgences plénières ou partielles attachées aux stations de Rome, à ceux qui visiteront 5 autels de l'église du rosaire, ou 5 fois un seul autel, au défaut de 5 autels, aux jours de chaque station. b) Une indulgence plénière à ceux qui visiteront l'autel du rosaire; 1° le 3e dimanche d'Avril; 2° aux fêtes de Pâques, de la Pentecôte, de la Trinité, de la Fête-Dieu et du saint patron titulaire de l'Eglise; 3° le dimanche dans l'octave de la Nativité de la sainte Vierge. 11° Pour différentes œuvres de piété. Des indulgences partielles. 1° De cent jours aux confrères qui assistent au Salve Regina des complies dans l'église du rosaire. 2° De 3 ans et 8 quarantaines de plus aux fêtes de la sainte Vierge, des apôtres et des saints de l'ordre de Saint Dominique. 3° De 40 jours de plus, tous les samedis et fêtes de l'année. 4° D'un an de plus encore les samedis de carême, à ceux qui assisteront à la messe, au sermon ou au Salve Regina. 5° De 300 jours, 5 ans et S quarantaines à ceux qui visiteront les infirmes, et à ceux qui accompagneront les morts à la sépulture. 6° De 8 ans à ceux qui assistent aux services hebdomadaires pour les défunts. 7° De 100 jours chaque jour où ils visiteront la chapelle du Rosaire. 8° De 140 jours chaque fois, à ceux qui feront dire le rosaire aux autres. 9° De 100 ans et 100 quarantaines, à ceux qui . vraiment contrits, porteront le rosaire par un respectueux et tendre dévotion envers la sainte Vierge. 10° Enfin de 60 jours généralement pour toutes sortes d'œuvres de piété. 11° Pour les moribonds ou agonisants. a) L'indulgence plénière, qui est propre et applicable aux confrères du rosaire moribonds ou agonisants, pour tous ceux qui récitent le rosaire dans le courant de la semaine. b) Une indulgence plénière aux confrères qui auront reçu les sacrements de Pénitence et d'Eucharistie dans le cours de leur maladie. c) Une indulgence plénière aux confrères qui, contrits, s'étant confessés ou résolus de se confesser, mourront tenant a la main le cierge béni du rosaire, pourvu qu'ils aient récité le rosaire au moins une fois avant leur mort. d) Une indulgence plénière aux confrères qui, confessés et communié, invoqueront, à l'article de la mort, le saint Nom de Jésus, au moins de cœur, s'ils ne peinent le faire de bouche, et donneront quelque signe de contrition. e) Une indulgence plénière aux confrères qui, à l'article de la mort, ayant reçu les sacrements de l'Eglise, et fait leur profession de foi, réciteront le Salve Regina pour se recommander à la sainte Vierge.

Il résulte de cette multiplicité d'indulgences extraites du « Manuel du Chapelet et du Rosaire » par Monsieur l'abbé Sambucy, qu'il faudrait des volumes entiers pour en donner un détail complet, et que les fidèles, afin de pouvoir les gagner toutes ou n'en perdre que le moins possible doivent: 1° Etre reçus dans une Confrérie du Rosaire établie canoniquement. 2° Réciter le Rosaire une fois par semaine en un ou plusieurs jours, ayant soin de méditer les quinze Mystères que nous ferons connaître. 3° Visiter la Chapelle du Rosaire, lorsque cette visite est exigée. Les malades en sont dispensés. 4° S'être confessés et avoir communié et prier selon les fins ordinaires, du moins pour la plupart des indulgences plénières. Nous le répétons, le plus simple est d'avoir l'intention en pratiquant la dévotion du Rosaire, de gagner toutes les indulgences possibles, connues ou inconnues. Il est aussi à conseiller d'en faire l'application aux âmes du purgatoire: rien de plus louable ni de plus digne de la charité chrétienne.

Nous pouvons sans doute maintenant conclure que la dévotion du Rosaire est très excellente, puisqu'elle jouit de tant de faveurs et d'indulgences de l'Eglise; qu'elle réunit tous les autres titres et caractères d'une solide dévotion; et que tout concourt pour la faire apprécier dans l'univers entier. Nous espérons que cette dévotion sera pratiquée chaque jour avec plus de ferveur, parce que, malgré l'affaiblissement de la Foi, on remarque parmi les fidèles une sainte avidité pour gagner des indulgences, et que ces faveurs spirituelles contribuent singulièrement à nourrir la piété. C'est que les fidèles n'ignorent pas qu'il est infiniment important pour nous de faire pénitence de nos péchés dans cette vie et par suite de gagner des indulgences, parce que les peines du purgatoire où l'on ne peut plus mériter, sont bien autres que celles qu'on peut endurer sur la terre même en étant accablé des plus cruelles douleurs.

Le trésor de l'Eglise se compose des mérites et des satisfactions surabondantes de Jésus-Christ, de la Sainte Vierge et des Saints, satisfactions qui, n'ayant pas eu d'application, sont comme en dépôt dans le sein de la Miséricorde et de la Justice de Dieu, pour purifier, sanctifier et enrichir ceux qui ont le bonheur d'en connaître le prix et de se les approprier, en remplissant les conditions qui nous sont imposées. Or, c'est en puisant dans ce précieux trésor que l'Église remet les péchés quant à la coulpe et quant à la peine; quant à la coulpe, par l'absolution qui les efface et justifie le pécheur devant Dieu; quant à la peine, en imposant des pénitences satisfactoires, et en faisant l'application des satisfactions surabondantes de Jésus-Christ et des Saints par les indulgences. Chaque fidèle peut sans doute puiser dans le trésor de l'Eglise et se faire l'application des mérites et des satisfactions de Jésus-Christ par des prières particulières, des jeûnes, des aumônes et d'autres bonnes œuvres. C'est ce que Saint Paul appelait accomplir dans sa chair ce qui manque aux souffrances de Jésus-Christ. Nous pouvons, nous devons même, à l'exemple de l'Apôtre, nous faire sans relâche cette application en demeurant unis à Jésus-Christ, en imitant ses vertus, en vivant de Son Esprit; mais cette application sera toujours plus sûre, plus parfaite, plus efficace quand elle nous sera faite au nom de l'Eglise et en employant les paroles, les pratiques auxquelles elle a attache une application privilégiée des mérites de notre Divin Sauveur.

Mais, dira-t-on peut-être, comment se persuader qu'une courte prière, une petite pratique de piété puisse compenser une pénitence de plusieurs années, par le moyen d'une indulgence ? Il Faut répondre que les grâces les plus précieuses et les plus abondantes sont attachées, dans la religion, à des prières et à des pratiques en apparence fort légères. Nous en trouvons la preuve dans les effets du baptême, de la confirmation, de la pénitence, des paroles de la consécration, etc. Nous sommes trop petits pour être capables de faire de grandes choses, et c'est pour cela, sans doute, que notre divin Maître a voulu ennoblir et diviniser même les plus petites choses, pourvu qu'elles soient faites en son nom et pour l'amour de lui, afin de les rendre dignes de la récompense éternelle qu'il nous prépare. « Celui qui donne un verre d'eau en Mon Nom, dit Jésus-Christ, ne sera pas sans récompense ». (S. Marc, 9, 40).

Résolution

Si d'un côté les indulgences accordées à la récitation du Rosaire, surtout aux membres des Confréries de Notre Dame du Rosaire, sont multipliées et faciles à gagner, nous devons craindre de l'autre de ne pas les gagner, du moins en entier, à cause du peu de disposition intérieure et d'esprit de pénitence que nous apportons en pratiquant cette dévotion. Prenons donc la résolution de faire en sorte que ces indulgences contribuent à nourrir en nous la piété et l'esprit de pénitence, but que l'Eglise se propose en les accordant, et qui a été celui de Saint Dominique eu établissant cette pratique après y avoir été porté par la Sainte Vierge.

Prière

Plus nous apprenons à connaître l'intention de l'Eglise dans la concession des indulgences, plus nous apprécions, Seigneur, l'ineffable faveur que Vous avez faite à vos serviteurs par l'institution du Rosaire et des privilèges que Vous avez inspiré à Votre Eglise d'attacher à cette belle et sainte pratique de dévotion. Trop longtemps, Seigneur, nous l'avons négligée; ou nous l'avons du moins remplie sans en connaître l'excellence; il n'en sera plus ainsi désormais; nous l'espérons de Votre Divine grâce et par l'intercession de Marie. Ainsi soit-il.

 

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15 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Seizième jour

La dévotion du Rosaire a été enrichie de nombreuses indulgences et de précieux privilèges

 

Si l'excellence d'une dévotion doit être appréciée d'après les faveurs que l'Eglise lui a prodiguées, pour la propager et en encourager la pratique, il faut avouer que la dévotion du Rosaire doit être d'un grand prix à ses yeux, puisqu'elle a été enrichie de tant d'indulgences et de si précieux privilèges, qu'elle ne le cède en ce point à aucune autre dévotion. Cette multiplicité de faveurs a été si extraordinaire, que ceux qui ne connaissent ni l'esprit de l'Eglise, ni le but ou le motif des indulgences, en ont pris occasion de taxer les papes de prodigalité. Les fidèles éclairés n'en jugent pas de même: ils savent que l'Eglise a étendu ou augmenté les indulgences du Rosaire, selon les lieux et les circonstances, selon les besoins et les différents genres de bonnes œuvres, mais surtout pour propager l'instruction et la connaissance des mystères de la religion, accroître la piété dans le cœur des fidèles, et maintenir la pureté des mœurs.

Voici d'abord les Indulgences du Rosaire communes à tous les fidèles qui le récitent en méditant les 15 Mystères du Rosaire; bien entendu que le Chapelet ou le rosaire doit avoir été indulgencié par un prêtre qui en avait le pouvoir, en outre, la méditation des Mystères est essentielle pour gagner l'indulgence; le pape Benoît XIII n'en dispense que les personnes qui, par défaut d'intelligence seraient tout à fait incapables de faire cette méditation; pour celles-là, il suffit qu'elles récitent le rosaire avec dévotion. Il y a une indulgence de cent jours pour chaque Pater et pour chaque Ave, soit qu'on récite le rosaire entier, c'est-à-dire 15 dizaines, soit qu'on n'en récite que le tiers, c'est-à-dire 5 dizaines. Il est accordé une indulgence plénière à tous les fidèles qui réciteront chaque jour le chapelet, le jour de l'année à leur choix, où s'étant confessés et ayant communié, ils prieront pour les besoins de l'Eglise. Il y en a d'autres encore que nous mentionnerons dans la liste ci-après.

Voici maintenant les indulgences accordées aux confrères du Rosaire; pour plus de facilité nous les classons en plusieurs divisions. Elles sont toutes perpétuelles et applicables aux morts. 1° Pour le jour de l'admission dans la confrérie. a) Une indulgence plénière, pourvu que les nouveaux inscrits soient contrits, se soient confessés et aient communié. b) Une indulgence plénière aux mêmes, si, ayant communié dans l'église ou chapelle du rosaire, au jour où ils seront inscrits pour la première fois, ils récitent cinq dizaines du rosaire et les prières accoutumées selon les intentions du souverain Pontife. 2° Pour le premier dimanche de chaque mois. Une indulgence plénière aux confrères contrits et confessés qui communieront dans l'église de la confrérie et prieront selon les fins ordinaires. La même indulgence est accordée à ceux qui, sans avoir communié dans l'église de la confrérie, la visitent ce dimanche et prient selon l'usage.

3° Pour les processions du premier dimanche du mois. Une indulgence plénière aux confrères qui, contrits, s'étant confessés et ayant communié, assisteront à la procession et plieront selon les fins ordinaires. 4° pour les fêtes de la sainte Vierge. a) Une indulgence plénière aux confrères qui, contrits, s'étant confessés ou résolus de se confesser au temps prescrit par l'Eglise, visiteront dévotement la chapelle du rosaire depuis les premières vêpres la veille jusqu'après le coucher du soleil du jour des fêtes de la sainte Vierge, savoir: de la Purification, de l'Annonciation, de la Visitation, de l'Assomption, de la Nativité, de la Conception et de la Présentation. b) Une indulgence plénière aux mêmes confrères, s'ils y joignent la communion et font les prières d'usage. c) Une indulgence plénière au jour de la fête de l'Assomption, si, contrits, s'étant confessés et ayant communié, ils visitent dévotement l'église de la confrérie, et y récitent les prières d'usage, autant de fois qu'ils le feront. d) Une indulgence plénière au jour de la fête de l'Annonciation, si, contrits, s'étant confessés et ayant communié, ils récitent le rosaire en entier. e) Enfin des indulgences partielles de 10 ans et 10 quarantaines aux confrères qui réciteront une partie du rosaire dans ces jours de fête; et d'autres indulgences partielles de 7 autres années et autant de quarantaines à ceux qui diront le rosaire en entier et visiteront l'église du rosaire.

5° Pour les processions des fêtes de la sainte Vierge. Une indulgence plénière aux confrères qui, contrits et s'étant confesses ou résolus de se confesser au temps prescrit, accompagneront la procession aux fêtes de la sainte Vierge. 6° Pour la fête du rosaire, premier dimanche d'octobre. a) Toutes les indulgences plénières des 1ers dimanches du mois. b) Une indulgence plénière aux confrères qui, contrits et s'étant confesses à un religieux dominicain, communieront dans une église de la confrérie, le jour de la fête. c) Une indulgence plénière aux confrères qui, contrits, s'étant confessés et ayant communié, visiteront la chapelle du rosaire la veille ou le jour de la fête. Cette indulgence est commune à tous les fidèles. d) Une indulgence plénière aux mêmes confrères au jour qu'ils auront visité la chapelle du rosaire dans un des jours de l'octave. 7° Pour les fêles des mystères du rosaire. a) Une indulgence plénière aux confrères qui, contrits, s'étant confessés et ayant communié, visiteront la chapelle du rosaire. b) Des indulgences partielles 1° de 7 ans et autant de quarantaines à ceux qui réciteront 5 dizaines du rosaire, aux fêtes des Mystères du Rosaire; 2° de 7 ans de plus et de 7 quarantaines, à ceux qui visiteront l'autel du rosaire, aux grandes fêtes, Noël, Pâques, la Pentecôte, l'Assomption et la Toussaint.

8° Pour les visites de la chapelle ou de l'autel du rosaire. a) Une indulgence plénière aux confrères qui, contrits, s'étant confessés et ayant communié, visiteront la chapelle du Rosaire 1° au 1er dimanche de chaque mois et aux l'êtes de la sainte Vierge ; 2° aux fêtes des Mystères du Rosaire de la Sainte Vierge; 3° au 1er dimanche d'octobre; 4° au 8° dimanche d'avril; 5° au jour de la fête de l'Assomption. b) Une indulgence plénière aux fidèles vraiment contrits et s'étant confesses ou résolus de se confesser au temps prescrit, qui visiteront la chapelle du rosaire, aux fêtes de la sainte Vierge. c) Beaucoup d'indulgences partielles. 9° Pour la récitation du rosaire. 1° Aux confrères qui le récitent en entier dans un même jour, a) Une indulgence plénière. b) Toutes les indulgences dont jouissent les fidèles Espagnols pour la récitation de la couronne ou chapelet de la sainte Vierge. 2° Aux confrères qui le réciteront en entier dans le courant de la semaine, a) Une 1ere ind. plénière une fois dans la vie, au jour qu'ils voudront. b) Une 2e ind. plénière à l'article de la mort. c) Des indulgences partielle 1° de 2 années pour chaque tiers du rosaire; 2° de 7 ans et 7 quarantaines; 3° de 10 ans et 10 quarantaines, s'ils sont contrits, se sont confessés ou sont résolus de se confesser. 3° Aux confrères qui réciteront le tiers du rosaire, s'ils sont contrits et si; sont confessés, outre beaucoup d'autres indulgences partielles, une de 50 ans, chaque fois qu'ils le réciteront dans une église ou chapelle de la confrérie. Il y a même une indulgence de 5 ans et 5 quarantaines lorsqu'on prononce le saint nom de Jésus en terminant chaque Ave.

Enfin, pour nous arrêter aujourd'hui dans cette nomenclature, Benoît XIII a accordé au Rosaire le même privilège spécial que Clément XI avait accordé aux Chapelets de Sainte Brigide, c'est-à-dire une indulgence plénière au jour de l'année, à leur choix, à tous les fidèles qui réciteront, tous les jours de l'année, au moins la 3e partie du rosaire, c'est-à-dire 5 dizaines et qui, s'étant confessés, communieront le même jour. De plus, il a accordé au Rosaire le privilège accordé aux Chapelets de sainte Brigide, consistant en cent jours d'indulgence pour chaque Pater et pour chaque Ave, soit qu'on le récite en entier soit seulement en partie, c'est-à-dire 6 dizaines.

Résolution

Après avoir lu ces nombreuses indulgences accordées au Rosaire, ne devons-nous pas prendre la résolution d'aimer et de pratiquer de plus en plus cette dévotion, mais surtout d'y mettre toute l'attention, toute la ferveur nécessaires pour que ces indulgences nous soient appliquées. Ne nous attachons pas à vouloir retenir la quotité de toutes les indulgences partielles, ce n'est pas nécessaire, il suffit que nous ayons l'intention de les gagner en récitant le rosaire avec la méditation des mystères.

Prière

O Dieu de bonté, qui avez donné à Votre Église le pouvoir de remettre les peines dues au péché, nous Vous rendons d'humbles actions de grâces pour ce bienfait, et en particulier pour avoir permis qu'elle accordât de si nombreuses et si importantes indulgences à la récitation du Rosaire et aux Confréries formées en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire. Puissions-nous en profiter, afin qu'au sortir de ce monde nous n'ayons plus rien à satisfaire pour nos péchés. Nous Vous demandons cette grâce au Nom de Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

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1 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

Vierge du Rosaire du Coeur d'Accueil

Deuxième jour

Le Chapelet

 

Si la fausse sagesse du monde affecte quelquefois du mépris pour les pratiques consacrées par la religion ou ennoblies par l'exemple des Saints, c'est qu'elle dédaigne souvent de s'instruire, et qu'elle blasphème ce qu'elle ignore. Eclairons les ténèbres dans lesquelles elle se plaît et dévoilons d'abord à ses yeux l'origine de cette dévotion. C'était la coutume des anciens peuples dans les pays orientaux, d'offrir des couronnes de roses aux personnes distinguées par leur mérite ou par leur dignité: on ne croyait pas pouvoir les honorer mieux que par cette sorte de présent, et les chrétiens se plaisaient à honorer ainsi la sainte Vierge et les Saints. Un grand pontife, un illustre docteur, celui des Saints Pères que l'on a surnommé le théologien par excellence, à cause de la pureté de sa doctrine, Saint Grégoire de Naziance, dans le transport de son amour si tendre pour la suinte Vierge, fut inspiré de substituer à la couronne matérielle de roses, une couronne spirituelle de prières, persuadé qu'elle serait plus agréable à la Mère de Dieu. Il composa à cet effet une suite ou couronne de prières, tissue des plus belles louanges, des plus glorieux titres et des plus excellentes prérogatives de Marie: c'était à peu près comme les prières appelées litanies. Cette invention ingénieuse du quatrième siècle avait son prix et son mérite pour les personnes instruites qui pouvaient se rendre cette sorte de prières familière; mais cette heureuse idée avait besoin, pour être à la portée de tous et pour devenir populaire, d'être composée des prière» les plus ordinaires de l'Eglise, c'est-à-dire, de l'Oraison dominicale, de la Salutation angélique et de la profession de foi du chrétien. C'est l'idée que réalisa, dans le cinquième siècle, Sainte Brigide patronne de l'Irlande, qu'il ne faut pas confondre, comme on le fait souvent, avec Sainte Brigitte, veuve, princesse de Suède, morte à Rome en 1373.

Pour faciliter cette dévotion nouvelle, il fallait fixer un certain ordre dans ces prières, et trouver un moyen de les distribuer sans confusion, et de les distinguer sans méprise. Pour éviter donc un certain travail de mémoire et ne pas distraire de l'attention de la prière même, Sainte Brigide adopta l'usage des anachorètes ou solitaires de l'Orient, qui, dans ces premiers siècles, se servaient de petits globules de pierre ou de bois, pour mieux compter le nombre de leurs prières; et elle pensa qu'il fallait enfiler ces grains en forme de couronne, et en avoir de différentes grosseurs pour distinguer chaque prière différente. Elle introduisit d'abord dans la Communauté qu'elle avait établie sous la règle de Saint Benoît, cet usage qui se répandit ensuite partout. Sainte Gertrude, Vierge, abbesse de Nivelles, dans le Brabant, et qui vivait dans le septième siècle, se servait de cette sorte de chapelet. comme on le voit dans sa vie; un concile tenu en Angleterre en 810, fait aussi mention de lu même dévotion, comme d'une pratique en usage alors depuis longtemps; et le fameux Pierre l'ermite. le promoteur de la 1ere croisade, dans le onzième siècle, fit adopter aux croisés cette manière de prier à l'aide du chapelet pendu à leur ceinture. Il est résulté de tous ces faits que l'on a attribué l'origine du chapelet, tantôt aux premiers anachorètes, tantôt à Sainte Gertrude ou à Pierre l'ermite; tandis que cette heureuse idée de Saint Grégoire de Naziance a été perfectionnée et promulguée par Sainte Brigide, vierge d'Irlande, vers l'an 499, et non par sainte Brigitte de Suède, qui ne naquit qu'en 1302. Nous avons vu que le chapelet ou couronne tire son origine des couronnes de roses que l'on déposait sur les autels, en l'honneur de Marie ou des Saints ; mais celte sorte de couronne de roses, que l'on appelle en latin et en italien corona, se nommait dans la basse latinité, capellina; en vieux français, chapel de roses; d'où est dérivé le diminutif chapelet ou petit chapel, petite couronne.

L'usage du chapelet est une excellente pratique, pourvu qu'on ait soin en le récitant, de joindre l'esprit à la lettre et d'en écarter toute sorte de superstition, comme d'attribuer l'efficacité de la prière à ce nombre déterminé de Pater et d'Ave plutôt qu'à un autre nombre. Mais, si en récitant un certain nombre de Pater et d'Ave, on n'a d'autre intention que de se conformer au nombre fixé par l'Eglise pour gagner les indulgences qu'elle y a attachées, on ne fait assurément rien de ridicule ni de superstitieux, et c'est même une pratique louable et excellente. En effet, l'excellence d'une dévotion se tire de la fin que l'on se propose, des moyens que l'on emploie et des avantages qui en résultent; or, le chapelet a pour fin principale d'honorer Jésus et Marie; les moyens qu'il fait employer sont, la prière, la méditation et l'imitation des Saints qui ont pratiqué cette dévotion; les avantages qu'il procure sont: toutes les faveurs, les grâces et les prérogatives qui sont attachées à sa récitation; ainsi l'on peut dire avec fondement que celui qui récite le chapelet assidûment, y apprend le secret de bien prier, y trouve les moyens de bien vivre, et obtient par la ferveur de ses dispositions, les grâces nécessaires pour bien mourir. Quoi de plus excellent, de plus utile pour procurer la gloire de Dieu, l'honneur de Marie et le salut de notre âme?

Du reste, l'excellence de la dévotion du chapelet étant la même que l'excellence de la dévotion du rosaire, en traitant de cette dernière dévotion, des avantages qu'elle renferme et des prodiges que Dieu a opérés en sa faveur, tout lecteur sera convaincu qu'elle doit être chère aux fidèles et faire leurs délices par les garanties, les ressources et les avantages qu'elle leur offre. Est-il nécessaire de dire un mot de l'objection faite par les contempteurs de cette pratique, qui, dans leur orgueil dédaigneux, demandent pourquoi tant de Pater, tant d'Ave, tant d'ennuyeuses répétitions ? Eh ! qu'est-ce que toutes les prières de l'Eglise aux yeux de Dieu, sinon des milliers de paroles qui se rapportent à un même sentiment d'amour ? Qu'on l'exprime en Pater, en Ave ou en d'autres prières, n'est-ce pas le même hommage rendu au Seigneur ? Ennuyeuses répétitions ! Et pour qui ennuyeuses ? Est-ce pour Dieu et pour la sainte Vierge ? Vous blasphémez ! Est-ce que que Dieu et la Sainte Vierge peuvent s'ennuyer ? Est-ce d'ailleurs un ennui pour un bon père, pour une bonne mère, d'entendre un enfant répéter mille fois: « Je vous aime » ? de sentir mille fois l'étreinte de ses bras qui les serrent ? Notre Dieu est-il un moins bon père, Marie une moins bonne mère que ceux que nous avons sur la terre ? Sont-ils plus susceptibles d'ennui ? Pour qui donc est cet ennui ? Pour certaines gens qui récitent mal ces prières; pour ces hommes animaux qui ne goûtent pas les choses de Dieu. (Saint Paul). Mais l'âme fidèle, l'âme dévote à Marie, se lasserait-elle jamais de lui dire affectueusement: « Je Vous salue, Marie; Sainte Mère de Dieu, priez pour moi ». Non, le vrai chrétien, le vrai disciple de Jésus-Christ, ne peut pas se lasser, s'ennuyer de répéter sans cesse: « Notre Père, qui êtes aux Cieux ».

Résolution

Prenons la résolution de réciter fréquemment le Chapelet, tous les jours même à l'exemple de tant de fervents serviteurs et de ferventes servantes de Marie. Quelles que soient nos occupations, nous pouvons trouver le temps de le réciter, soit en commun, soit en notre particulier, aux champs, en voyage, en travaillant, etc.; et, si nous le disons avec attention et dévotion, nous ne tarderons pas d'en recueillir les fruits les plus abondants.

Prière

O Mère de Dieu, Vous êtes aussi la nôtre et nous Vous saluons mille fois; jetez sur nous des regards de complaisance et accordez-nous Votre bénédiction lorsqu'on disant notre Chapelet, nous répétons affectueusement le Salut ineffable que vous adressa l'envoyé du Ciel, l'Ange Gabriel, le jour de l'Annonciation. L'assurance où nous sommes que cette pratique de dévotion, cette prière Vous est agréable, nous remplit de la confiance la plus entière. O Mère tendre et puissante, daignez nous obtenir du Dieu de bonté les grâces qui nous sont nécessaires pour nous montrer en tout et partout de Vos vrais enfants. Ainsi soit-il.

 

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10 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Onzième jour

Excellence de la dévotion du Rosaire

 

Nous avons vu hier que la dévotion du rosaire est justifiée par la raison; nous allons voir aujourd'hui qu'elle a été consacrée par l'autorité de l'Eglise et confirmée par la tradition. Les souverains Pontifes sont les organes de l'Eglise; leur autorité doit nous servir de règle et leurs jugements faire loi, surtout lorsqu'ils attestent des faits de tradition ou qu'ils préconisent une dévotion pour la proposer à la piété des fidèles. Leur suffrage doit donc être à nos yeux d'un grand poids; il y a 24 Papes au moins qui ont donné des bulles pour en relever l'excellence et pour en propager la dévotion ou la justifier, depuis Urbain IV contemporain de Saint Dominique et le premier promoteur du rosaire jusqu'à Pie IX. Nous ne pouvons citer que quelques-unes de ces bulles.

Léon X, le 6 Octobre 1520, reconnaît d'abord que la dévotion du rosaire est très-utile pour obtenir de Dieu des secours miraculeux dans les nécessités les plus pressantes; il atteste les grands fruits de cette dévotion étales miracles éclatants qu'elle a produits dans beaucoup de contrées; il confirme et renouvelle les indulgences accordées à la confrérie du rosaire érigée à Cologne, etc. Adrien VI, après avoir attesté que le rosaire est très-utile aux moribonds, et qu'il leur offre de puissants secours contre les artifices et les illusions du démon, à l'heure de la mort, accorde des indulgences aux membres de la confrérie, pourvu qu'ils aient récité une fois le rosaire pendant le cours de leur vie. Clément VII, le 8 Mai 1524, considérant tous les avantages de la confrérie du rosaire, soit pour l'âme, soit pour le corps; les grands biens qui en ont résulté pour les intérêts de la religion, dans l'Eglise; la ferveur qu'elle a ranimée dans les âmes, les grâces extraordinaires qu'elle leur a obtenues, et les m racles mêmes que Dieu a opérés en faveur de ceux qui en ont rempli les devoirs, s'exprime ainsi: « Suivant les traces de nos prédécesseurs qui ont confirmé ou augmenté les indulgences et les privilèges de cette confrérie, y étant porté de notre propre mouvement, et par une dévotion particulière pour cette confrérie du rosaire, nous approuvons, etc ». Saint Pie V, le 18 Juin 1569, après avoir dit que la dévotion du rosaire est une source de paix, de consolation et de ferveur, ajoute que c'est dans cette vue et pour cette fin, qu'il confirme et augmente les indulgences accordées aux confréries du rosaire, afin que tous les associés, appuyés sur la miséricorde de Dieu et sur l'autorité des bienheureux apôtres Saint Pierre et Saint Paul, reçoivent un nouvel accroissement de grâces et de bénédictions. Sixte-Quint, après avoir proclamé que la confrérie du rosaire a procuré toutes sortes de biens à l'Eglise et aux fidèles, s'exprime ainsi: « Ayant considéré mûrement l'utilité du rosaire de la glorieuse Vierge Marie, institué par Saint Dominique et qui lui a été inspire du ciel, selon une pieuse croyance, et y étant excité par la même dévotion envers la sainte Vierge, confirmons, etc ».

Il résulte de toute cette série de 24 Papes qui, selon les circonstances, se sont empressés d'honorer de leur suffrage le rosaire, de préconiser son auteur et de combler de faveurs spirituelles et de privilèges les membres de la confrérie, que l'Eglise a toujours proposé aux fidèles cette dévotion comme appuyée sur de solides fondements, et digne de leur juste appréciation et de leur piété. Une dévotion déjà si autorisée par l'Eglise dans la personne de ses chefs depuis Urbain IV jusqu'au Pontife actuellement régnant, ne pouvait manquer d'être adoptée, encouragée, préconisée et propagée par l'épiscopat et par tous les Saints personnages qui ont illustré l'Église depuis Saint Dominique. Il n'est pour ainsi dire pas d'évêque qui n'ait établi ou conservé, dans les différentes églises de son diocèse, la dévotion du rosaire. De plus, Saint François de Sales avait fait le vœu de dire tous les jours cinq dizaines du rosaire, c'est-à-dire le chapelet. Saint Charles Borromée, archevêque de Milan, non content d'être fidèle à cette dévotion par la pratique journalière du Rosaire, en établit la Confrérie dans son église métropolitaine. Saint Alphonse de Liguori, si éminemment dévot à la Sainte Vierge, portait un Rosaire au cou et un autre à sa ceinture; il avait fait le vœu de le réciter tous les jours et il ne cessait de le recommander dans toutes ses prédications. Les membres de la congrégation qu'il a établie, montrent partout le même zèle à propager cette dévotion.

En France, les évêques s'efforcent de ranimer dans leurs diocèses cette pratique de dévotion en érigeant des confréries. Il en est de même en Belgique et ailleurs. A Berlin même, capitale de la Prusse, la dévotion du Rosaire s'est établie et organisée sous la direction de l'autorité ecclésiastique. Les membres de cette pieuse association, partagés en petites séries de quinze personnes chacune, se réunissent tous les soirs à l'église pour réciter le rosaire en commun. Chaque associé s'oblige de plus à payer une petite cotisation, environ 20 centimes, par semaine. Oh ! si les Catholiques allemands imploraient partout avec ferveur la Mère de miséricorde par la récitation du Rosaire, nul doute que cette Reine puissante n'obtint des grâces signalées, et pour eux, et pour leurs concitoyen ? éloignés encore du giron de l'Eglise, qu'ils ont déserté il y a trois siècles, Comme du temps de Saint Dominique, qu'ils disent en se servant des paroles de Moïse : « Si quelqu'un de vous est au Seigneur, qu'il se joigne à moi pour adresser à Dieu une prière qu'il a prouvé si souvent lui être agréable ». Cette pratique de dévotion ranimera peut-être ce feu de la Charité et de la dévotion chez nos frères qui sont séparés de l'Église de Jésus-Christ.

Les hommes apostoliques ont toujours prêché dans tous les pays, avec zèle et avec succès, cette dévotion; dans tous les temps, ils ont fait retentir les chaires chrétiennes des louanges de Marie et de l'excellence du Rosaire. Tous les auteurs qui ont traité des pratiques de piété envers Marie, ont proposé aux fidèles cette dévotion, en la présentant comme l'une des plus solides que l'on puisse établir en l'honneur de la Très Sainte Vierge, soit que l'on considère son institution qui n'a point eu d'autre objet nue d'honorer le Fils dans les grands privilèges dont il a comblé Sa Très Sainte Mère, et d'honorer la Mère qui, par Son humilité, s'est montrée si digne des faveurs singulières qu'Elle a reçues de Son Fils; soit que l'on considère les fruits de l'institution du Rosaire, c'est-à-dire la conversion des hérétiques albigeois. De là il n'est pas étonnant que cette pratique de dévotion, cette prière, que le Bienheureux Alain appelle la plus noble et, pour ainsi dire, la Reine de toutes les prières, soit universelle et étendue dans tous les endroits où Jésus-Christ est adoré; et que, comme elle est propre à tous les âges, à toutes les conditions, à tous les lieux, il n'y ait point de ville, de village, de famille catholique qui ne soit sous la protection de la Très Sainte Vierge par le Rosaire.

Résolution

Comme nous avons le bonheur d'être des enfants non-seulement soumis et obéissants à notre Mère la Sainte Église, mais déplus, désireux de mettre en pratique tout ce que nous savons être l'objet de ses désirs et de ses conseils; la lecture de ce jour doit nous faire prendre la résolution de nous faire une habitude de réciter chaque jour au moins une partie du rosaire et de nous faire inscrire dans une Confrérie du Rosaire, puisque cette dévotion a été, à tant de reprises différentes, signalée par les souverains Pontifes comme très utile et pratiquée par les plus illustres serviteurs de Jésus-Christ qui ont brillé dans l'Eglise depuis Saint Dominique.

Prière

O Seigneur, Dieu de bonté, qui m'avez accordé la grâce ineffable d'être membre de Votre Eglise et de l'aimer comme ma Mère, donnez-moi toujours à son égard les sentiments de l'amour filial le plus pur et le plus vif, afin que non seulement j'obéisse en tout à ses lois, mais que j'aille toujours au-devant de ses désirs. C'est ce que je Vous demande en particulier relativement à la dévotion du Rosaire; que je la pratique avec Foi, ferveur et confiance, et qu'elle me procure le secret de bien prier, le moyen de bien vivre et l'avantage de bien mourir. Ainsi soit-il.

 

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20 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Vingt-et-unième jour

Devoirs des confrères du Rosaire

 

Les devoirs particuliers dits de conseil pour les confrères du rosaire, quoique de pure dévotion, réunissent de si grands avantages et produisent tant de fruits de grâce et d'édification, que les confrères s'empressent de les remplir avec autant de zèle que de fidélité. Chacun choisit, parmi ces devoirs de conseil, ceux qui lui sont plus faciles, ou plus adaptés à sa position et à ses loisirs. Ces devoirs peuvent se réduire à trois : la pratique de quelques bonnes œuvres, l'assistance aux réunions de la confrérie, et l'assiduité aux dévotions de l'Ordre.

Les bonnes œuvres qui sont propres aux confrères du rosaire, sont des œuvres de charité ou d'édification. Chacun doit pratiquer les bonnes œuvres du christianisme; et la confrérie du rosaire, loin de les négliger, les encourage; mais il n'est ici question que des bonnes œuvres propres à la confrérie, qu'elle conseille, soutient et dirige, dans le but d'unir plus étroitement les confrères et de les secourir dans les moments les plus pressants et les plus critiques de leur vie. Les œuvres de charité, propres à l'association, sont la visite ou le soin des malades et des agonisants, et la piété envers les défunts de la Confrérie. La visite ou le soin des malades, surtout des agonisants, est une de ces œuvres précieuses que la confrérie s'est toujours fait gloire de pratiquer. Quelle douce consolation ne fait-elle pas éprouver, quand on la remplit avec un esprit de foi et de charité! Assis au chevet du lit d'un pauvre moribond, le confrère lui parle de Marie, lui montre le rosaire, et en lui parlant avec effusion de Notre Dame du Rosaire, il calme ses inquiétudes, l'entretient de la félicité des élus et de la couronne réservée aux cœurs purs qui espèrent en la bonté de Dieu et se confient en son amour. Et, si Dieu appelle l'âme à lui, il n'abandonne pas le corps du défunt; il joint ses gémissements et ses pleurs à la prière du prêtre et au Saint Sacrifice qui abrège le temps de l'expiation et délivre des flammes du Purgatoire: car la mort même ne fait pas oublier l'heureuse union et les liens sacrés de la Confrérie. Les confrères hâtent la délivrance des défunts en faisant dire des Messes pour leur repos et leur bonheur, afin que, délivrés par leurs suffrages et leur Charité, ils puissent s'intéresser un jour, à leur tour, pour leur délivrance et leur ouvrir les tabernacles éternels. Un autre devoir des confrères, c'est l'assis-tance à la récitation publique du Posaire. On puise en effet dans la prière commune un grand secours, et dans la ferveur des confrères ira puissant motif d'émulation.

L'exemple des confrères produit une salutaire impression; et la vraie dévotion du Rosaire nous en découvre la facilité dans la pratique, la beauté dans sa simplicité, une variété réelle dans son uniformité apparente et une onction pleine de charmes dans la répétition des divines paroles qui le composent. Malheur à celui qui n'en sentirait pas le prix, et qui, en faisant couler les grains du rosaire ou du chapelet entre ses doigts, ne s'unirait pas du fond du cœur à la prière commune! Quel fruit pourrait-il en retirer ? et quelle perte immense pour son salut, s'il ne profitait pas d'un moyen si efficace ! Et puis, l'assistance aux offices et aux processions des fêtes de la Sainte Vierge et des premiers dimanches du mois, au service annuel pour les défunts et aux autres messes ou offices de la Confrérie; on comprend aisément que la charité mutuelle et l'édification commune font un devoir aux associés de se rendre fidèles à ces différentes pratiques de piété.

En outre, pour gagner les indulgences attachées aux dévotions de l'Ordre, et pour obtenir de Dieu des grâces particulières par la médiation de Marie et par l'intercession de Saint Dominique et de Saint Vincent Ferrier, il faut: 1° l'assiduité à la visite de la chapelle de Notre Dame du Rosaire, aux jours de fête de la confrérie et tous les autres jours auxquels sont attachées des indulgences. 2° L'assiduité à l'heure annuelle du rosaire perpétuel. 3° L'assiduité aux quinze communions des vendredis, en l'honneur de Saint Vincent Ferrier, ce grand panégyriste de Marie et un des plus zélés missionnaires du rosaire. Il y a pour cette dernière dévotion une indulgence plénière, un de ces quinze vendredis, et de plus une indulgence partielle de 7 ans et 7 quarantaines, chacun de ces quinze vendredis. 4° L'assiduité aux communions des quinze mardis, en l'honneur de Saint Dominique auteur du Rosaire. La dévotion des quinze mardis de communion, approuvée et enrichie d'une indulgence plénière et d'une indulgence partielle de cent jours chaque mardi par les souverains Pontifes Innocent XI et Pie VII, avait lieu tous les mardis dans les églises de l'Ordre de Saint Dominique, parce que les Dominicains faisaient ce jour-là, s'il n'y avait pas empêchement, l'office solennel de leur patriarche et fondateur; c'est pour favoriser le concours des fidèles que les papes y avaient attaché des indulgences. Depuis la disparition de cet Ordre en France, des personnes pleines de zèle, mais peu éclairées à cet égard, se sont persuadé que l'on s'était trompé de jour et qu'il fallait substituer les samedis aux mardis; elles sont dans l'erreur; les brefs d'Innocent XI et de Pie VII sont positifs fur ce point; et les indulgences ne sont attachées qu'aux quinze mardis.

Cette dévotion qui a été le siècle dernier fort en vogue, surtout à Toulouse où l'on a compté jusqu'à quatorze cents communions dans la chapelle du Rosaire, consiste à s'engager à communier quinze mardis de suite, en mémoire des quinze Mystères du Rosaire et en l'honneur de la Sainte Vierge, afin d'obtenir de Dieu quelque grâce particulière. On conçoit aisément ce que cette dévotion a de beau, de conforme à l'esprit de l'Eglise, et combien elle est propre à attirer les regards de bonté et de miséricorde de Dieu en faveur dé ceux qui la pratiquent. Si elles n'est pas toujours efficace pour obtenir la grâce qu'on demande, elle l'est toujours pour faire faire de grands progrès dans la vertu et pour faire acquérir beaucoup de mérites.

Le Rosaire a pour but de nous faire imiter Jésus-Christ et les vertus comprises dans les quinze Mystères. La sainte Vierge a inspiré d'y joindre la fréquentation du saint sacrement de l'autel pendant quinze mardis de suite, afin de nous rendre semblables à Jésus-Christ. Si le Rosaire est une source de grâces et si ceux qui le récitent convenablement sont si favorisés de Jésus et de Marie, que ne doit-il pas en être de ceux qui font les quinze communions en l'honneur des quinze mystères, puisqu'ils reçoivent la source de la grâce, Dieu Lui-même avec tous ses dons ? Ils doivent espérer toutes sortes de bénédictions et de faveurs par le moyen de cette dévotion qui rappelle ces heureux temps où les chrétiens communiaient tous les jours. Désirant qu'un des fruits de la lecture de ce mois soit le rétablissement de cette dévotion des quinze communions, nous donnerons demain un aperçu de la manière de la pratiquer.

Résolution

Nous avons besoin d'une grâce spéciale pour bien vivre au milieu des dangers du monde, et pour bien mourir; prenons la résolution de pratiquer cette dévotion des quinze communions en l'honneur des quinze mystères du rosaire pour l'obtenir: et en vue de faire une chose bien agréable à la Sainte Vierge, engageons les âmes pieuses à pratiquer cette dévotion afin qu'elles deviennent de plus en plus semblables à Jésus, dont la connaissance et l'amour ne peuvent qu'augmenter par la méditation des 15 Mystères faite en communiant.

Prière

C'est Vous, tendre Mère du Sauveur, qui, par amour pour nous, avez inspire à vos fidèles serviteurs cette belle et salutaire dévotion si propre à nous faire obtenir de Votre Divin Fils les grâces nécessaires pour nous sauver; nous n'avons qu'un moyen sur de Vous en exprimer notre reconnaissance d'une manière qui Vous soit agréable en même temps qu'elle est profitable pour nous, c'est de la pratiquer et de persuader aux autres de la pratiquer. Intercédez pour nous, Vierge sainte, afin que nous eu retirions tout le fruit que des cœurs bien disposés ne peuvent manquer d'y trouver. Ainsi soit-il.

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9 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Dixième jour

Excellence de la dévotion du Rosaire

 

La dévotion du rosaire se justifie par elle-même; il suffit d'en connaître l'objet et la fin, l'esprit et les pratiques. Son objet est de faire connaître Dieu et Jésus-Christ, son fils; d'honorer Marie et de rendre des actions de grâces à la Très Sainte Trinité; ses pratiques sont la méditation des Saints Mystères de la Religion, et la récitation des trois plus belles prières de l'Église, le Pater, L4Ave Maria et le Gloria Patri, on y joint d'ordinaire le Credo pour commencer. Or, une dévotion appuyée sur ces fondements, ne peut être qu'une dévotion solide et excellente; aussi est-elle justifiée par la raison, consacrée par l'autorité, confirmée par le suffrage de la tradition, autorisée par des miracles, favorisée par le concours unanime des fidèles, enrichie enfin des plus précieuses indulgences du Saint Siège.

1° La dévotion du rosaire est justifiée par la raison. Pour connaître l'excellence de la dévotion du rosaire, il suffirait de parcourir les méditations des quinze mystères du rosaire et de paraphraser les prières qu'on récite; on verrait que le rosaire est tout à la fois un livre de méditation, de prières et d'actions de grâces. C'est un livre de méditation sur la vie, la passion et la gloire du Fils de Dieu , Jésus-Christ notre Seigneur; c'est la substance de tout l'Evangile, le précis de sa doctrine et l'abrégé des grandeurs de Marie.

En effet, dans les Mystères Joyeux, le fidèle découvre combien Dieu nous a aimés , jusqu'à nous donner son propre Fils; quel a été le zèle de Jésus-Christ pour notre salut; par quelles voies il a marché le premier pour nous tracer la route que nous devons suivre; il y apprend encore quels sont les obstacles au salut qu'il faut vaincre; les honneurs, les richesses et les plaisirs qu'il faut mépriser; les vertus d'humilité, de pauvreté et d'obéissance qu'il faut pratiquer; en un mot, il voit dans la vie du divin Sauveur tout ce que son amour infini a fait pour nous, et tout ce que nous devons faire pour lui.

Dans les Mystères Douloureux, le chrétien comprend quelle est la malice du péché; l'horreur qu'il doit nous inspirer; les châtiments qu'il nous prépare et quelle vengeance Dieu tirera des pécheurs impénitents, puisqu'il n'a pas épargné son propre Fils. Il voit ce que c'est que le péché, puisqu'il a fallu offrir une si grande victime à Dieu pour le réparer; ce que c'est que l'enfer, puisqu'il a fallu tant de douleurs pour nous en arracher; ce que c'est que le paradis, puisqu'il a fallu la Mort du Fils de Dieu pour nous le mériter; ce que vaut notre âme et ce qu'elle à coûté, puisqu'elle a été achetée à un si haut prix, au prix du sang d'un Dieu. Eh ! Qui pourrait, à la vue des tourments de notre Seigneur, refuser de souffrir et de porter ses croix avec patience? Combien elles doivent nous paraître de légers châtiments, en comparaison de nos offenses, et avec quelle reconnaissance nous devons les recevoir de la main de Dieu.

Dans les Mystères Glorieux, le fidèle entrevoit les biens et la gloire que Jésus-Christ prépare dans le Ciel à ceux qui l'auront imité sur la terre; le bonheur d'une âme ressuscitée à la grâce par 1'Esprit-Saint, et l'inébranlable fondement de notre espérance, Jésus, au plus haut des cieux, où il est notre pontife, notre avocat et notre intercesseur; enfin, il découvre dans l'élévation de Marie et dans son Couronnement, les grandeurs de la Mère de Dieu, et le motif de notre confiance en la puissance et en la Unité de Celle qui a été établie la reine du ciel et de la terre, la dispensatrice des grâces, la mère et la médiatrice de tous les chrétiens , la protectrice de tous les peuples et de tous les empires.

Le Rosaire est aussi un livre de prières; il se compose des prières les plus usitées dans l'Église, et les plus parfaites. Quoi de plus parlait que la prière du Pater, l'Oraison dominicale, c'est a-dire, l'oraison que le Seigneur a daigné nous apprendre Lui-même ? Pouvons-nous réciter une prière plus sublime que cette prière Divine descendue des cieux, qui renferme tout ce que nous pouvons demander pour la gloire de Dieu, pour nous-mêmes et pour le prochain ? Nous demandons d'abord la gloire de Dieu, l'accomplissement de Sa Volonté sur la terre, comme les Anges l'accomplissent dans le Ciel; pour nous et le prochain, les biens spirituels du Salut, les biens temporels de la vie présente, et les biens éternels du Royaume de Dieu; enfin, la grâce d'être délivrés des maux passés, par le pardon de nos fautes, et des maux présents, par la préservation du péché; et des maux futurs, par le triomphe sur nos passions, afin de jouir de la paix de cette vie et du bonheur de l'autre.

Quoi de plus touchant que la prière de l'Ave Maria que nous avons expliquée et paraphrasée longuement les premiers jours de ce mois ? Cette prière est composée des paroles de la Sainte Ecriture et de celles de l'Eglise qui nous rappelle les grandeurs et les privilèges de Marie et y joint les louanges de la Mère de Dieu, pour augmenter les motifs de notre confiance et la ferveur de notre prière.

Quoi de plus noble que cette doxologie du Gloria Patri, qui termine chaque dizaine ? Profession de Foi si précise à l'égard du mystère ineffable d'un seul Dieu en trois personnes, que nous ne saurions trop louer et bénir; hymne de reconnaissance sublime, que les fidèles à l'exemple des chœurs célestes, répètent souvent avec l'Eglise dans l'Office Divin, en l'honneur de la Très Sainte Trinité.

Enfin, quoi de plus propre à nourrir et à entretenir la foi que la récitation du Credo, du symbole des Apôtres, qui contient l'abrégé des principales vérités que nous devons croire ? Voilà tout le plan du Rosaire développé; voilà son esprit mis à la portée de tous: eh bien ! je le demande à toute personne sensée, y a-t-il la moindre chose que la raison puisse désavouer ? Ce serait donc faire trop d'honneur à l'irréligion, que de vouloir traiter sérieusement les questions oiseuses que son ignorance a mises quelquefois en avant sur la simplicité, sur l'uniformité des prières du Rosaire sur l'ordre et la division des mystères qui le composent; si, d'un autre côté, il n'est rien de plus simple, de plus naturel, de plus populaire de l'autre, est-il rien de plus beau, de plus profond et de plus élevé? Est-il rien de plus agréable à Jésus-Christ et à Marie, de plus utile aux hommes et, par conséquent, de plus digne de Dieu ? Que pouvez-vous désirer à Dieu de plus grand que la sanctification de Son Saint Nom, l'avènement de Son Règne et l'accomplissement de Sa Volonté ? Que pouvez-vous demander à Dieu de plus nécessaire pour vous que votre pain quotidien, le pardon de vos offenses, le secours contre les tentations, la délivrance des vrais maux? Que pouvez-vous dire à Marie de plus agréable que les paroles de l'Archange, en lui annonçant le mystère du Verbe incarné? Et pouvez-vous employer plus utilement la protection de Marie, qu'en la priant d'être votre médiatrice pendant la vie et à la mort ? Admirez la Divine Providence; Elle n'a pas voulu confier à l'éloquence humaine le modèle de nos prières, ni l'éloge des Vertus de Marie; le Fils de Dieu est venu nous apprendre Lui-même à bien prier, et Il a envoyé un Archange pour nous apprendre à louer Sa Mère.

L'Oraison Dominicale est l'abrégé de toute la religion, la règle de nos devoirs, le symbole de la Foi le plus sublime, le code de morale le plus parfait, et la leçon de charité la plus touchante: le Père qui nous promet tout; le Fils qui pardonne tout; le Saint-Esprit qui accorde tout: rien n'est oublié; et dans la Salutation Angélique le mystère ineffable d'un Dieu fait homme, d'une Vierge mère de Dieu: quels objets divins à contempler ! Peut-on se lasser de les admirer, et peut-on ne pas répéter souvent et avec transport les paroles qui sont consacrées pour nous les rappeler ? Quel plaisir de les dire et de les redire cent fois ! N'est-il pas infiniment doux de se rappeler ce qu'on aime ? Il n'y a qu'un cœur indifférent qui puisse en trouver la répétition ennuyante.

Quant à l'ordre et à la division de ces Mystères, rien n'est plus adapté à l'économie de notre sainte Religion. Les Mystères du premier ordre sont les objets de la Joie de Marie, parce qu'ils sont le principe de notre Salut; les Mystères du second ordre sont les motifs de Ses Douleurs, parce qu'ils accusent notre ingratitude; les Mystères du troisième ordre sont les sujets de Sa Gloire, parce qu'ils nous ouvrent le paradis; or, quelles leçons instructives dans tous ces détails et dans tous ces objets, dans ces motifs, dans ces exemples ? Quoi de plus propre à éclairer notre esprit, à toucher notre cœur et à diriger nos actions ? Le Rosaire nous apprend à bien prier, à bien vivre et à bien mourir; que les fidèles étudient donc tous le Rosaire avec soin: les ignorants, pour s'instruire; les pécheurs, pour se convertir; les justes, pour se sanctifier; les parfaits, pour persévérer dans la perfection des voies divines: la raison seule nous en ferait un devoir, si la foi n'en avait déjà révélé les avantages.

Résolution

Ne négligeons pas de réfléchir aux motifs que la raison et le simple bon sens nous donnent pour prouver l'excellence de la dévotion du rosaire. Saint Paul exige des fidèles de ne rendre à Dieu qu'un culte raisonnable, c'est-à-dire, fondé en raison. Sans doute, il suffit à tout fidèle de savoir une pratique de dévotion reçue dans l'Eglise, pour être sûr qu'elle est raisonnable; mais il n'en doit pas être moins consolant pour nous d'avoir acquis aujourd'hui la conviction qu'en ne consultant que la raison seule, le Rosaire est une dévotion très appropriée aux besoins spirituels de l'homme; par conséquent, que nous ferons chose agréable à Dieu en la pratiquant.

Prière

Nous Vous rendons mille actions de grâces, Seigneur, d'avoir daigné faire connaître aux fidèles une pratique de dévotion si à la portée de tous, si aisée et si propre à leur inspirer les sentiments qui seuls peuvent Vous être agréables. Ne permettez pas, Seigneur, que nous la négligions, ni que nous l'accomplissions sans cette ferveur et sans cet esprit de Foi, d'espérance et de confiance filiale qui doivent distinguer Vos vrais serviteurs. Nous Vous demandons ces grâces par l'intercession de Marie, notre bonne Mère. Ainsi soit-il.

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17 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Dix-huitième jour

Avantages de la Dévotion et de la Confrérie du Rosaire

 

1° Secours spirituels que procure la dévotion du rosaire

 

Avant de considérer les avantages de la dévotion du Rosaire, nous devons prémunir les fidèles contre quelques illusions ou fausses interprétations qu'on ne peut admettre. Quand on parle des dévots du Rosaire, on n'entend point parler de ceux qui se contentent de le réciter sans pratiquer les vertus qu'il prescrit, mais de ceux qui, en le récitant, conforment leur conduite aux vérités saintes qu'il enseigne. Il n'est pas convenable ni permis de dire qu'une dévotion est au-dessus de toutes les autres; qu'elle est une marque infaillible de prédestination, le signe le plus certain du salut, etc. Mais nous répétons aujourd'hui avec confiance et conformément à l'esprit de l'Eglise, ce que nous disions déjà le premier jour, à savoir: que la dévotion éclairée et pratique du rosaire est un grand moyen de salut, une marque non équivoque de prédestination, une voie sûre pour se procurer la protection de la Mère et les faveurs du Fils; et que ces avantages sont promis aux vrais dévots et confrères du rosaire, qui, prosternes au pied de l'autel de Marie, « ne s'en approchent pas de bouche, mais de cœur; et ne l'honorent pas seulement des lèvres, mais du fond de leurs entrailles ». (Isaïe, ch. 29).

La dévotion du Rosaire est aussi utile dans ses effets que solide dans ses fondements. L'expérience nous apprend qu'elle éclaire les ignorants et instruit les savants eux-mêmes; qu'elle convertit les pécheurs, perfectionne les justes, et prévient ou soulage tous les maux. L'histoire nous la montre de tout temps comme une source abondante de toute sorte de biens, le fléau de l'hérésie, la terreur des infidèles, le rempart de la foi et des bonnes mœurs. Elle est maintenant si accréditée partout qu'elle est regardée avec raison comme la dévotion des prédestinés, par les secours qu'elle procure aux confrères du Rosaire et par les droits qu'elle leur donne. Parmi les secours multipliés que procure la dévotion du Rosaire, nous ne parlerons que de ceux qui sont propres à la confrérie, savoir: l'union qui en lie saintement tous les membres; les indulgences que l'Eglise y a attachées, et la méditation des principaux mystères.

L'union et l'assistance des confrères du Rosaire, cimentées par le bon exemple et la ferveur qui lient tons les membres dans un esprit de Charité, furent de tout temps de précieux avantages de la dévotion du rosaire. Dès son berceau, cette dévotion jeta partout un si vif éclat, que l'exemple des confrères semblait faire revivre les plus beaux jours de la primitive Eglise. Le Bienheureux Alain de la Roche, ce grand prédicateur du Rosaire et beaucoup d'autres orateurs sacrés nous en ont tracé un tableau fidèle, bien propre à ranimer parmi les chrétiens cette union des premiers temps et cette antique ferveur. En effet, dès l'origine de cette dévotion, le Rosaire, récité dans des sentiments de religion et de Foi, attira sur les peuples tant de grâces et de bénédictions du ciel, qu'on ne voyait partout que changement de vie, conversion de mœurs, pénitence si sincère et si fervente, qu'on aurait pris ceux qui s'engageaient dans cette pieuse association plutôt pour des Anges que pour des hommes. A l'exemple de Marie, ils entraient par leurs sentiments dans l'esprit des quinze Mystères: tantôt on les voyait remplis de consolations divines, dans la méditation des mystères joyeux, renoncer avec courage à toutes les joies d'un monde profane; tantôt on les voyait baignés de larmes et l'âme pénétrée de componction, dans la méditation des mystères de douleur, souffrir avec résignation toutes les peines et les afflictions d'ici-bas; tantôt enfin on les voyait dans la méditation des mystères glorieux, avec un visage si serein et un esprit si calme, qu'ils semblaient ne plus tenir à la terre, et jouir déjà, par anticipation, de la félicité et de la gloire des bienheureux. Ces effets étaient si visibles, même dans le commerce de la vie, qu'on distinguait les confrères du rosaire de tous les autres fidèles, comme autrefois les premiers Chrétiens, par leur union, leur ferveur, leur Charité et leur persévérance dans la prière et les bonnes œuvres. Tout semblait commun entre eux; ils ne faisaient qu'un cœur et qu'une âme; la tâche habituelle qu'ils s'imposaient était remplie avec la plus tendre sollicitude: assister la veuve et l'orphelin, revêtir l'indigent, doter le pauvre, consoler les affligés, visiter les malades, conforter les agonisants: tels étaient les fruits de leur zèle à l'égard de leurs confrères: tels étaient les doux engagements de leur pieuse confraternité. O beaux jours ! qui nous donnera de les revoir ? Heureuse la confrérie qui les verra revivre ! Heureux les confrères qui trouveront dans cette communication mutuelle, les ressources de la charité et les secours précieux du salut !

Un des plus solides et des plus précieux avantages de la dévotion du Rosaire est la multitude des indulgences que l'Église y a attachées pour engager les fidèles à embrasser cette dévotion. Les souverains Pontifes, comme nous en avons déjà vu le détail, ont ouvert tous les trésors de l'Église, avec une sorte de profusion, en faveur des confrères du Rosaire, non pour encourager la tiédeur ou la négligence des faux dévots, mais pour nourrir la piété, entretenir la ferveur des vrais chrétiens, multiplier les conversions, inspirer la pénitence, augmenter l'amour de Dieu et conduire à la plus haute perfection. Ces indulgences sont en si grande quantité, que nous ne craignons pas de dire qu'il n'est point de Confrérie dans l'Eglise que les souverains Pontifes aient comblée d'un plus grand nombre d'indulgences et de privilèges. Quelle ressource donc pour les fidèles associes à cette dévotion! quelle perte immense, s'ils ne mettaient pas à profit un secours aussi facile et aussi efficace ! Combien ne seraient-ils pas ennemis d'eux-mêmes et négligents pour leurs propres intérêts, s'ils refusaient de recueillir un si précieux héritage; et quel compte n'auraient-ils pas à rendre à Dieu d'avoir négligé des sources aussi abondantes de salut ?

Enfin, un des avantages les plus signalés de la dévotion du rosaire, c'est l'habitude qu'elle fait contracter de la méditation. Ce point est si important que nous le considérerons spécialement un jour. Il est évident que le dessein de l'Eglise en comblant de faveurs la dévotion du rosaire a été de donner lieu à ses enfants de méditer de la manière la plus facile et le plus à la portée de tous, les principaux mystères de la religion. En récitant le rosaire, ils suivent Jésus-Christ pas à pas dans toutes les démarches qu'il a faites pour leur salut, et reconnaissant que par eux-mêmes ils ne méritent pas d'être exaucés dans leurs prières, ils ont recours à l'intercession de sa Très Sainte Mère, pour rendre leur dévotion plus agréable à son cher Fils. Un vrai enfant de l'Eglise en récitant le rosaire, après avoir contemplé Jésus-Christ dans son état glorieux et lui avoir rendu tous les hommages qu'une foi vive exige d'un cœur reconnaissant, doit s'unir au divin Sauveur, par l'amour, par des dispositions toutes conformes aux siennes; avoir les mêmes pensées, entrer dans les mêmes sentiments. Sa naissance temporelle sur la terre devient le modèle de sa naissance spirituelle; sa naissance, son incarnation, son enfance et les humiliations qui en ont été l'apanage sont pour le chrétien un pressant motif de renoncer a la vaine estime du monde, à la fausse gloire et aux pompes du siècle profane; l'a retraite de Jésus-Christ, ses travaux, sa prière continuelle et surtout l'excès de ses anéantissements dans sa passion, le convainquent aussi de la nécessité qu'il y a de mener sur la terre une vie pénitente, crucifiée, mortifiée, pour se rendre conforme à son chef; enfin, portant les yeux jusque sur le trône de gloire où Jésus-Christ est assis à la droite de Son Père qui a récompensé ses humiliations, il ne vit plus sur la terra que comme un étranger, qui désire sans cesse de se réunir à Jésus-Christ, dans la Céleste Patrie; les bonnes œuvres qu'il pratique sans relâche sont les fruits de ses pieuses réflexions en récitant le rosaire, les effets des fervents désirs de son cœur rempli d'amour par la méditation des mystères de ta Vie, de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ. Quels immenses avantages ne découlent donc pas pour le chrétien de la pratique de cette dévotion !

Résolution

Convaincus comme nous le sommes que nous ne pouvons rien sans le secours continuel de la grâce de Jésus-Christ, implorons-la fréquemment par la récitation du rosaire qui est comme un baume qui fera pénétrer dans notre âme la bonne odeur de Jésus-Christ, en nous rendant semblables à ses plus fervents disciples par notre humilité, notre charité, notre patience; en on mot, par toutes les vertus dont il a été un parfait modèle. Oh! qu'il est avantageux et qu'il est doux, s'écrie le roi-prophète, que les frères vivent dans l'union de prières, comme cela a lieu dans la dévotion du rosaire. « Si deux d'entre vous, dit Jésus-Christ, s'unissent ensemble sur la terre pour prier, quelque chose qu'ils demandent, elle leur sera accordée par mon Père ».

Prière

Nous Vous remercions, Seigneur, de nous avoir fait comprendre les avantages du Rosaire; Vous avez promis formellement d'exaucer les prières et les vœux de ceux qui sont unis ensemble; or cette dévotion nous apprend à unir la méditation à la prière et ainsi à prier plus du cœur que des lèvres; elle est donc pour nous un fond inépuisable de richesses, et Marie nous y apprend à vivre de la véritable vie qui peut seule nous rendre heureux en cette vie et en l'autre. Ainsi soit-il.

 

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8 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Neuvième jour

Le Rosaire en général

 

Le Rosaire, en général, est un Chapelet plus étendu ou l'application d'un Chapelet de quinze dizaines aux quinze principaux mystères de la religion. L'étymologie du mot Rosaire est la même que celle du Chapelet; il dérive aussi de couronne ou bouquet de roses. On l'appelle ainsi, parce que de même qu'on dit que nos prières sont, devant Dieu, un encens d'agréable odeur, de même la Couronne du Saint Rosaire est l'hommage d'une couronne spirituelle, formée de louanges et de prières, que l'on offre à la Sainte Vierge et à Son Divin Fils, comme on dépose à leurs pieds des couronnes de fleurs et de roses. Saint Grégoire de Naziance avait donné la première idée du chapelet; Sainte Brigide en avait inventé la forme et promulgué la dévotion; Saint Dominique perfectionna l'une et l'autre, et lui donna le nom de Rosaire. Le chapelet ordinaire de Sainte Brigide était composé de 6 dizaines ou de 68 Ave Maria, en l'honneur des 63 années de la Très Sainte Vierge; Saint Dominique, pour honorer les mystères du Verbe incarné composa le rosaire, de 150 Ave Maria distribués en 15 dizaines, précédées chacune d'un Pater et terminées par le Gloria Patri, qu'il substitua au Credo qui termine chaque dizaine du chapelet de Sainte Brigide.

Ce nombre de 150 Ave Maria, qui répond au chiffre des psaumes de David, et ce verset du Gloria Patri imité de l'usage introduit par le pape Damase, en 868, à la fin de chaque psaume de l'Office Divin, firent appeler le Rosaire le « Psautier de la sainte Vierge ». On distingue trois sortes de dénominations du Rosaire : le rosaire ordinaire, le rosaire perpétuel, et le rosaire vivant. Le rosaire ordinaire consiste à réciter le rosaire entier ou les quinze dizaines, une fois la semaine. Le rosaire perpétuel consiste à réciter, une fois l'année, le rosaire entier, à une heure du jour on de la nuit qu'on s'est prescrite. Le rosaire vivant consiste à réciter le rosaire entier dans l'espace seulement de quinze jours, en ne disant qu'une seule dizaine tous les jours, en union de quinze personnes qui en récitent une chacune et méditent un des 15 mystères. Le rosaire ordinaire est celui de la confrérie du rosaire; il consiste à réciter 150 Ave Maria sur les petits grains et 15 Pater sur les gros grains, et à méditer à chaque dizaine, sur l'un des quinze principaux mystères que l'on divise en mystères joyeux, douloureux et glorieux. Les cinq mystères joyeux sont: l'Annonciation, la Visitation, la Naissance de Jésus-Christ, Sa présentation et Son recouvrement dans le Temple. Les cinq mystères douloureux sont: l'Agonie de Notre-Seigneur au jardin des Oliviers, la Flagellation, le Couronnement d'épines, le Portement de la Croix et le Crucifiement. Les cinq mystères glorieux sont: la Résurrection du Sauveur, Son Ascension, la Descente du Saint-Esprit, l'Assomption de la sainte Vierge, et Son Couronnement dans le ciel. Ces quinze mystères sont un abrégé de l'Evangile, un précis de l'histoire, de la Vie, des Souffrances et des Triomphes de Jésus-Christ mis dans un ordre à la portée de tout le monde, et propre à graver dans la mémoire les vérités du christianisme.

Il ne suffit pas de connaître le rosaire superficiellement, pour se déterminer à embrasser cette dévotion; il faut encore connaître à fond la formule des prières et des méditations dont elle se compose, son excellence, ses avantages, les devoirs et les usages de la Confrérie, afin de se conformer aux règles tracées par l'Eglise, et de pouvoir ainsi jouir des fruits qui en résultent, comme des faveurs qui y sont attachées. S'il est important de connaître les biens que l'on doit recueillir d'une succession, il faut aussi savoir à quelles conditions; il faut en quelque sorte essayer ses forces, pour s'assurer si l'on pourra en supporter les charges et acquitter les obligations. Nous développerons, les jours suivants, tout ce qui pourra éclairer la piété des fidèles, nourrir et perfectionner leur dévotion par rapport au rosaire, de manière à rendre ce qui concerne cette dévotion aussi complet que possible.

La dévotion du Rosaire Perpétuel est une dévotion libre, indépendante même de la Confrérie du rosaire, mais elle en est un magnifique accessoire. En France, il est d'usage que ceux qui se font inscrire dans la Confrérie du Rosaire, se fassent inscrire dans le registre du rosaire perpétuel, pour l'heure annuelle du Rosaire qu'ils ont choisie afin de réciter pendant cette heure-là, le rosaire en entier pour tous les confrères et surtout pour les agonisants. Nous ne croyons pas que cette dévotion soit connue en Belgique; puisse la lecture de ce mois inspirer l'idée de l'y implanter ! On voit que le Rosaire Perpétuel est une devotion dans le genre de l'adoration perpétuelle. On lui donne le nom de Céleste, d'abord, parce qu'elle imite et fait la fonction des Esprits Célestes qui sont continuellement en adoration, dans le Ciel, devant le trône de Dieu; ensuite, parce qu'elle remplace l'Office Divin continuel et successif qui avait lieu autrefois dan» plusieurs abbayes où les religieux divisés en plusieurs chœurs, se succédaient perpétuellement dans l'église, et se relevaient successivement même la nuit, pour y chanter sans aucune interruption les louanges de Dieu. Quelle dévotion plus céleste, en effet. que celle qui, dans toutes les parties du monde. laisse aux pieds des autels, en tout temps et en toute heure du jour et de la nuit, des âmes ferventes, pour offrir à Jésus et à Marie les hommages, les vœux et les prières de tant de confrères unis par les liens de la charité ? Est-il rien de plus touchant, de plus doux, de pins consolant que la pensée de ce ravissant spectacle qui est en si parfaite harmonie avec celui des cieux?

Tandis que vous vaquez aux affaires de votre état et aux sollicitudes du jour et de la vie, des milliers d'associés prosternés humblement devant le sanctuaire, offrent en votre nom et pour vous, la prière qui terme l'enfer, réjouit la terre et ouvre les cieux. Vous en recueillez le fruit, le mérite et les bénédictions qui y sont attachées. Combien ne serait-il pas à désirer que cette dévotion pût s'établir et se répandre en Belgique ! La paroisse de Saint Thomas d'Aquin à Paris, offre continuellement, aux pieds des autels, ce spectacle touchant de ferveur et d'édification; les personnes de la plus haute distinction sont les premières à en donner l'exemple. Pie VII a accordé, le 16 Février 1808, une indulgence plénière aux fidèles qui, inscrits pour l'heure du rosaire, réciteront, pendant l'heure qui leur est assignée, le rosaire en entier: cette indulgence est applicable aux âmes du purgatoire.

Le Rosaire Vivant a été établi pour être comme le véhicule et le soutien des confréries du rosaire. Cette dévotion accoutume peu à peu les fidèles à réciter une dizaine du rosaire chaque jour; ils en diront bientôt volontiers deux par jour et trois le dimanche, c'est-à-dire, tout le rosaire en sept jours, tel qu'il est prescrit pour les membres de la confrérie du rosaire; or, cette différence presque insensible, leur paraîtra si peu de chose qu'ils ne balanceront plus à continuer la récitation du Rosaire hebdomadaire, et à se faire inscrire dans la confrérie, afin de gagner des indulgences plus multipliées et plus étendues, et de participer à des avantages et à des privilèges bien plus précieux. Nous parlerons un autre jour de l'origine, du but, des pratiques et des indulgences de l'association du Rosaire Vivant; nous nous bornerons aujourd'hui à rapporter les paroles de Sa Sainteté Grégoire XVI, dans son bref du 27 Janvier 1842: « Nous n'avons pas hésité de revêtir une pratique si salutaire de notre autorité et de notre approbation pontificale, et de l'accréditer, en y attachant des indulgences, parce que nous nous rappelons les grands avantages qu'a ressentie toute l'Eglise catholique, lorsque le peuple fidèle a commencé à implorer la puissante protection de la sainte Vierge par la récitation du Rosaire Car nous avons la ferme confiance qu'un des heureux effets de cet exercice sera de contribuer par sa facilité même, à rendre plus fréquente la récitation d'une prière si propre à honorer saintement la Mère de Dieu, en tout temps et en tout lieu, et à lui communiquer une nouvelle force par l'union et le concert de tant d'associés qui le récitent ».

Résolution

Que notre résolution de ce jour soit d'unir la méditation à la prière; c'est le moyen de bien prier, et nous avons déjà une idée assez nette du Rosaire, pour comprendre qu'il a pour but d'accoutumer à la méditation les personnes qui le récitent. Joignons-nous, au moins d'esprit, aux fidèles qui le récitent, en tout ou en partie, chaque jour, avec une nouvelle ferveur pour toucher le Cœur de Dieu et attirer Sa Divine Miséricorde.

Prière

Je me joins. Seigneur, à vos fervents serviteurs attentifs à Vous payer chaque jour leur tribut d'hommages, de prières et d'actions de grâces, en récitant en tout ou en partie le rosaire, qui a procuré et qui procure encore de si grands avantages à l'Eglise, en faisant implorer avec tant de ferveur la puissante protection de la Sainte Vierge. Mon désir est de voir s'établir dans tous les pays le Rosaire Perpétuel; je Vous promets, Seigneur, de m'y adonner dès maintenant, je me propose de consacrer chaque année, une heure à la récitation des quinze dizaines du rosaire, faite avec attention et ferveur. Ainsi soit-il.

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6 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

PioV

Septième jour

A quelle occasion fut établie la Fêle de Notre-Dame du Rosaire qui se célèbre le 1er Dimanche d'Octobre

 

Puisque c'est cette fête qui nous a fait consacrer le mois d'octobre à des considérations sur la dévotion du Rosaire, nous croyons convenable, après avoir parlé du Chapelet, d'apprendre aux lecteurs à quelle occasion l'Église l'a établie. Comme nous recevons sans cesse de nouvelles faveurs et de nouveaux bienfaits de la Très Sainte Vierge, l'Eglise a soin de lui en marquer sa juste reconnaissance par de nouvelles solennités et par des Fêtes particulières, qui excitent et augmentent tous les jours la dévotion des Fidèles. Ce qui a donné occasion à la fête de Notre-Dame du Rosaire, est une des plus signalées faveurs qu'a reçue la chrétienté de la protection toute-puissante de la mère de Dieu, dans le temps que les Turcs, fiers des grandes conquêtes qu'ils faisaient tous les jours sur les chrétiens, ne se promettaient rien moins que d'envahir toute l'Europe, et d'aller arborer le croissant sur le dôme de l'église de Saint-Pierre à Rome.

Il y avait déjà près d'un siècle que les Turcs répandaient la terreur dans tonte la chrétienté par une continuité de victoires que Dieu permettait pour punir les péchés des chrétiens et pour réveiller leur foi à demi éteinte. Soliman III, ayant pris Belgrade en l'an 1522, vint jusqu'à Vienne et conquit par ses généraux plusieurs provinces en Europe. Selim II, son fils et son successeur, maître de l'île de Chypre en 1571, croyant que rien ne pouvait résister à ses armes, mit en mer la plus nombreuse et la plus formidable flotte qu'on eût encore vue, au moyen de laquelle il se promettait de conquérir toute l'Italie. L'effroi avait saisi une partie de la chrétienté dont le sort, pour ainsi dire, dépendait d'une bataille. L'armée navale des chrétiens était de beaucoup inférieure à celle des Turcs, et il n'y avait que le secours du ciel qui pût leur faire espérer la victoire. Ils l'obtinrent par l'intercession de la sainte Vierge, à qui- toute l'armée se dévoua selon l'intention du saint Pape Pie V. Ce fut le 7 octobre 1571 que se livra cette mémorable bataille, la plus célèbre que les chrétiens aient jamais gagnée sur mer.

Au moment qu'on déploya l'étendard donné par le souverain Pontife et sur lequel était brodée l'image de Jésus-Christ sur la Croix, toute l'armée le salua avec de grands cris de joie et les officiers ayant donné le signal de la prière, toute l'armée s'agenouilla et adora l'image sacrée de Jésus-Christ. C'était un spectacle admirable de voir ces guerriers se prosterner avec humilité et confiance devant le Crucifix et demander à Dieu par l'intercession de la Sainte Vierge représentée sur l'encadrement de l'étendard, la grâce de vaincre les infidèles.

Cependant les deux flottes s'approchaient, et celle des Turcs était poussée par un vent favorable qui faisait tout craindre. On s'adressa avec encore plus de ferveur à la Sainte Vierge sous les auspices de laquelle on combattait; et tout à coup le vent changea et devint très favorable aux chrétiens. Bientôt l'air fut obscurci de la fumée de l'artillerie et après trois heures de combat acharné, avec un avantage presque égal, les chrétiens comptant plus sur la protection du ciel que sur leur bravoure, virent tout à coup plier les ennemis qui commençaient à se retirer vers la côte. Faisant alors un nouvel effort, ils tuèrent Ali-Pacha et enlevèrent le drapeau Turc. Don Juan, général en chef, fit crier victoire et ce ne fut plus un combat, mais une horrible boucherie des Turcs qui se laissaient égorger sans se défendre. Ils perdirent plus de trente mille hommes, non compris cinq mille prisonniers, tandis que les chrétiens y perdirent si peu de monde, que tout l'univers reconnut visiblement le secours du Ciel et la protection signalée de Marie.

Le saint pape Pie V eût révélation de la victoire au moment que les Turcs furent défaits, et il fut si persuadé qu'elle était l'effet de la protection particulière de la Sainte Vierge, qu'il institua cette fête sous le titre de Notre-Dame de la Victoire. Le martyrologe romain en parle en ces termes: « Le même jour, septième d'octobre, la commémoration de Notre-Dame de la Victoire, Fête que le Saint Pape Pie V institua en action de grâces de la glorieuse victoire que les chrétiens remportèrent en ce jour sur les Turcs dans un combat naval, livré dans le golfe de Lépante, par l'assistance particulière de la sainte Vierge ». Comme la dévotion du saint rosaire, si chère à la Mère de Dieu, et établie depuis longtemps avec tant de fruit dans l'Eglise, avait été un des moyens dont ce saint pape s'était servi pour engager la sainte Vierge plus particulièrement à favoriser les armes des chrétiens dans une occasion si périlleuse, il voulut que la fête de Notre Dame de la Victoire fût en même temps la solennité du Saint Rosaire; et le pape Grégoire XIII était si convaincu que la bataille de Lépante avait été gagnée sur les Turcs par la vertu de cette célèbre dévotion, qu'en reconnaissance envers la sainte Vierge, il ordonna qu'on en fit la solennité le 1er dimanche d'octobre dans toutes les églises ou cette sainte confrérie serait érigée.

Enfin, le souverain pontife Clément XI ayant appris la célèbre victoire remportée sur les Turcs par les troupes de l'empereur le jour de la fêle de Notre-Dame-aux-Neiges, le 5 Août 1716, voulut proclamer qu'on devait cette victoire signalée à la protection spéciale de la sainte Vierge; en conséquence, il ordonna que la solennité du saint Rosaire, fixée au 1er dimanche d'octobre, fût une fête de précepte dans toute l'Église, persuadé que la dévotion du rosaire était le moyen le plus propre pour remercier la sainte Vierge des grâces reçues par son assistance et sa toute-puissante protection, et pour en obtenir de nouvelles. Le titre de Notre-Dame de la Victoire est plus ancien que la bataille de Lépante. C'est en effet depuis le premier âge de l'Église que les fidèles ont ressenti la protection de la sainte Vierge sur les ennemis de la foi: c'est cette visible protection qui lui a fait donner à si juste titre le nom de Notre-Dame de la Victoire. Lors du fameux siège de Rhodes si glorieusement soutenu l'an 1480 par les chevaliers de saint Jean de Jérusalem, nommés dans la suite les chevaliers de Malte, le célèbre grand-maître, Pierre d'Aubusson, fut si convaincu qu'ils devaient leur délivrance à la sainte Vierge, qu'il fit vœu de faire bâtir une église magnifique sous le titre de Sainte-Marie de la Victoire; on y travailla aussitôt que les fortifications de la ville eurent été réparées.

Résolution

Célébrons cette Fête en entrant dans les intentions de l'Église que la lecture de ce jour nous a fait connaître. Remercions Dieu d'avoir protégé la chrétienté d'une manière si visible par l'intercession de Marie invoquée par les fidèles dévoués au saint rosaire. Que cette idée que la sainte Vierge tient, pour ainsi dire, en mains le sort des combats et des empires, nous inspire encore plus de confiance pour l'implorer dans les luttes continuelles que nous avons à soutenir contre les ennemis de notre salut, le démon, le monde et la chair.

Prière

Oraison de la messe de cette Fête

Nous Vous supplions, Dieu tout-puissant, de favoriser de vos grâces ceux qui célèbrent la solennité du Rosaire en l'honneur de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Jésus-Christ, afin que, tandis que nous méditons ses sacrés Mystères sur la terre, nous méritions, après cette vie, d'en retirer et d'en goûter les fruits dans le ciel. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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14 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Quinzième jour

Les Confréries en général et de la Confrérie du Rosaire en particulier

 

Le mot de confrérie signifie la réunion de plusieurs personnes qui s'engagent à vivre ensemble ou à s'entr'aider dans des intérêts temporels ou spirituels, comme des frères et des sœurs; aussi ces personnes sont-elles appelées, dans le langage ordinaire, confrères et consœurs. On fait remonter l'origine des confréries, prises en général, jusqu'au roi de Rome, Numa Pompilius qui, dit-on, établit de ces sortes d'associations pour les arts et les métiers, et voulut que chacun fit des sacrifices aux dieux tutélaires qu'il leur avait assignés. A l'origine du christianisme, tous les fidèles vivaient dans une si grande Charité réciproque, qu'ils n'avaient qu'un cœur et qu'une âme, et ne faisaient, pour ainsi dire, qu'une grande confrérie spirituelle. De là, nous ne voyons pas dans l'histoire des premiers siècles, qu'il ait été question alors d'établir des Confréries spéciales, comme il y en a eu depuis. La première dont il soit fait mention après l'établissement des confréries du rosaire, est celle dite du Confalon, établie sous le pontificat de Clément IV, en 1267. Son but était de racheter les chrétiens faits captifs par les Sarrasins; elle portait un étendard appelé Confalone, qui lui donna son nom; sur cet étendard était l'image de la Sainte Vierge, sous la protection de laquelle elle s'était mise.

Bientôt il se forma d'autres associations de personnes pieuses qui se proposaient, les unes, de s'aider réciproquement à faire pénitence et à pratiquer la vertu; d'autres, de soulager les âmes du purgatoire par des indulgences, des prières, des aumônes et d'autres bonnes œuvres; celles-ci de secourir les pauvres, de consoler les affligés, d'assister les malades, d'ensevelir les morts, etc.; celles-là, d'honorer tel ou tel mystère de la religion, d'exciter ou d'entretenir la dévotion envers la Très Sainte Vierge, les Anges et les Saints. L'Église a toujours encouragé ces pieuses réunions, en leur accordant des grâces spéciales, des privilèges et surtout beaucoup d'indulgences. Le nombre des Confréries qui ont existé ou qui existent encore maintenant dans les différentes parties de l'Église est très considérable; nous ne parlerons que de la Confrérie du Rosaire, après avoir examiné la question de savoir s'il est utile aux fidèles de se faire inscrire dans ces pieuses associations.

D'après les paroles de Jésus-Christ: « Où deux ou trois sont assemblés en Mon Nom, Je me trouve au milieu d'eux », nous ne devons pas craindre d'assurer que c'est Lui-même, en quelque sorte, qui est le premier auteur de ces pieuses associations. L'union fait la force: telle est la devise des armoiries belges; or, notre force spirituelle ne consiste-t-elle pas aussi dans l'union, dans la communion des Saints ? Et cette union, ne sera-t-elle pas plus forte, si elle a lieu avec des personnes ferventes et décidées à bien vivre et à bien mourir ? Le profit spirituel que nous ferons en unissant nos bonnes œuvres et nos prières avec ces fidèles serviteurs, ne sera-t-il pas plus considérable, que si nous les faisions isolément et sans pouvoir jouir des faveurs accordées à ces associations ? L'Eglise primitive était une grande Confrérie dont tous les membres se distinguaient par leur charité et leur ferveur; aujourd'hui ses membres sont confondus dans la foule et ce n'est, en général, que dans ces pieuses associations qu'on les retrouve. Quel avantage n'y a-t-il donc pas de s'unir a eux, afin que nos prières si peu agréables d'elles-mêmes au Seigneur, et si peu propres à nous en obtenir des grâces, reçoivent quelque valeur, aient quelque mérite par celles de plus fervents associés ? Et puis, l'exemple qu'ils nous donnent, les vertus qu'ils pratiquent, la charité dont leur cœur est embrasé pour Dieu: ne sont-ce pas là des moi ifs suffisants pour nous faire mettre en pratique le conseil suivant de Saint François de Sales.

« Entrez volontiers dans les Confréries du lieu où vous demeurez, et principalement en celles dont les exercices vous feront espérer plus d'utilité et d'édification: ce sera une manière d'obéissance fort agréable à Dieu; car, bien que l'on ne vous ordonne rien sur ce point, il est toutefois aisé de voir que l'Eglise vous le recommande; et ses intentions se font assez connaître, par les indulgences et les autres privilèges qu'elle accorde à ces pieuses sociétés. D'ailleurs, c'est un vrai exercice de la charité chrétienne, que d'entrer dans les saintes inspirations des autres, et de contribuer à leurs bons desseins; et quand vous feriez en votre particulier et avec plus de goût quelque chose d'aussi bon que ce qui se fait dans les confréries, Dieu, cependant, y est plus glorifié par l'union que la piété y fait des esprits et des oblations. Je dis la même chose de toutes les prières et des dévotions publiques auxquelles nous devons contribuer autant que nous pouvons, de notre bon exemple, pour la gloire de Dieu, pour l'édification du prochain, et pour la fin commune qu'on s'y propose ».

Enfin, un motif qui doit engager à entrer dans ces pieuses associations , c'est l'espèce d'obligation d'engagement, libre toutefois et non strict, qu'on contracte de pratiquer telle dévotion, de fréquenter les sacrements, etc.; cet engagement d'honneur, pour ainsi dire, fait qu'on s'habitue à réciter telle prière ou à faire telle bonne œuvre, habitude qu'on n'aurait pas prise si l'on n'était pas membre de telle confrérie, parce qu'en général l'homme a besoin d'être astreint par quelque lien, à faire quelque chose, pour s'en bien acquitter. C'est ainsi qu'en se faisant inscrire dans la confrérie du rosaire, on a l'intention et l'on contracte l'habitude de réciter, une fois par semaine, le rosaire, en méditant les quinze mystères. De plus, cette pratique de dévotion engage à communier le 1er dimanche du mois et aux fêtes de la Sainte Vierge, pour gagner les indulgences accordées ces jours-là.

Ce fut peu de temps après l'institution du rosaire qu'on établit des confréries sous le titre du saint rosaire et qu'on dressa des statuts. La ferveur toujours croissante leur mérita bientôt la sanction du Saint Siège. On croit que ce fut sous le pontificat d'Urbain IV, vers l'année 1261. On vit alors s'élever de toutes parts des chapelles et des autels en l'honneur de Notre Dame du Rosaire, afin d'y ériger la confrérie que tant de papes ont depuis enrichie d'un grand nombre d'indulgences, comme nous le verrons demain.

Résolution

Les engagements contractés en s'associant à une confrérie, n'obligeant nullement sous peine de péché, qu'est-ce qui pourrait nous empêcher de nous faire inscrire dans celle du Rosaire, établie entre autres à Liège, dans les églises de Saint Jean et de Saint Denis ? La plupart des fidèles récitent moralement tous les jours un Chapelet. Eh bien! Pour gagner plusieurs indulgences accordées aux confrères du Rosaire, il suffit qu'ils récitent trois Chapelets par semaine, avec méditation des quinze Mystères; car c'est cette méditation qui produit tant de fruit, et qui distingue la récitation du Rosaire de celle du Chapelet ordinaire.

Prière

Nous Vous rendons mille actions de grâces, Seigneur, d'avoir établi dans votre Eglise ces saintes associations enrichies de faveurs spirituelles. Rendez-nous dignes d'en faire partie, afin qu'en prenant part aux mérites, aux prières et aux bonnes œuvres des associés, nous devenions de jour en jour plus attachés à vos Saintes Lois, et que par la protection de Marie que nous voulons honorer en nous faisant inscrire dans une Confrérie du Saint Rosaire, nous obtenions la grâce de sanctifier Votre Nom, de Vous glorifier et de régner avec Vous éternellement dans le ciel. Ainsi soit-il.

 

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4 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Cinquième jour

Explication de l'Ave Maria

 

Les louanges que nous donnons à la Sainte Vierge se rapportent principalement a Dieu et sont l'expression de l'hommage que nous Lui rendons pour le bienfait de l'incarnation. La pieuse femme dont il est parlé dans l'Evangile, s'écria en entendant la Divine Doctrine de Jésus-Christ: « Bienheureux est le Sein qui Vous a porté; bienheureuses les mamelles qui Vous ont allaité ». Son but principal était de louer le Fils. De même les louanges que nous adressons à Marie en récitant la Salutation angélique, se réfléchissent sur Son Divin Fils qui seul l'en a rendue digne; aussi la Salutation angélique est-elle une excellente doxologie pour l'ineffable Mystère de l'Incarnation. Après avoir reconnu que Marie est bénie au-dessus de toutes les femmes, nous ajoutons: « Le fruit de vos entrailles est béni »; mais Il est béni dans un sens infini, oui plus sublime que Sa Mère, étant le Principe et la Source de toutes les bénédictions, de celles qui sont dans Marie, comme de celles qui sont dans les autres créatures; étant la fin à laquelle se rapportent tous les dons que sous louons et que nous admirons dans la Sainte Vierge. Jésus-Christ est béni par Dieu, par les Anges et par les hommes: par Dieu, comme Son Fils Bien-Aimé qui Lui est consubstantiel; par les Anges, qui tiennent de Lui leur être, la grâce et la gloire dont ils jouissent; par les hommes, qu'Il a sauvés et rachetés par Son Incarnation. Nous ne pouvons penser aux maux infinis dont Il nous a délivrés, aux peines et aux fatigues qu'Il a souffertes pour nous, au prix dont Il a payé notre rançon, aux biens inestimables qu'Il nous a mérités, au bonheur éternel du Ciel, à l'excès de Sa Bonté et de Sa Miséricorde, à Sa Majesté et à Ses Divines Perfections; nous ne pouvons, dis-je, nous rappeler tous ces objets, sans regarder comme singulièrement bénie Celle qui a donné à la terre cet Adorable Sauveur; mais on ne doit faire aucune comparaison entre le Fils et la Mère, parce que l'une est redevable à l'autre de Sa grandeur et de Sa gloire.

Nous ajoutons à cette doxologie le Nom de Jésus, qui est un Nom rempli d'une grâce et d'une douceur inexprimable; un nom qui fait les délices et la consolation des âmes dans lesquelles règne la Charité; un Nom qui est redoutable aux esprits de ténèbres, et qui mérite l'adoration de toutes les créatures; un Nom auquel tout genou doit fléchir dans le Niel, sur la terre et dans les enfers, et qui inspire à tout ce qui existe les plus vifs sentiments de respect et de vénération.

La dernière partie de la Salutation angélique renferme une prière. Celle des Esprits bienheureux dans le Ciel consiste principalement en des actes d'adoration, d'amour, de louanges et de reconnaissance. Unissons-nous à eux dans cette vallée de larmes; mais, nos misères et nos besoins étant extrêmes, nous ne devons nous présenter devant le Très-Haut qu'avec une humilité profonde, et un vif sentiment de notre faiblesse. Ce sont ces dispositions qui sont comme l'âme de la prière. Dieu connaît toute la profondeur de nos plaies, et sa bonté infinie le porte à avoir compassion de nous; mais sa colère s'allume lorsqu'il nous voit insensibles à nos propres maux. Il veut quel nous fassions l'aveu de notre néant, que nous gémissions sur les désordres que le péché a causés dans notre âme, et que nous reconnaissions la dépendance absolue où nous sommes de sa miséricorde et de sa grâce. Quand un pauvre nous demande l'aumône, ses besoins le rendent éloquent; il n'omet rien pour exciter notre compassion; il entre dans le détail le plus touchant de ses souffrances. Voilà le modèle qui! nous devons imiter lorsque nous prions. Exposons à notre Père Céleste notre pauvreté spirituelle; représentons-lui nos divers besoins, afin de fléchir Sa Miséricorde. Conjurons-le de mettre Lui-même dans nos cœurs les dispositions qu'il désire y voir, et de nous inspirer ce que nous devons Lui dire dans la prière pour être exaucés.

Nous avons recours aux Anges et aux Saints, et nous leur demandons leur intercession; mais nous nous adressons avec une confiance particulière à la Sainte Vierge, comme au Refuge des affligés et des pécheurs. Nous répétons Son Nom dans la récitation du Chapelet, pour nous exciter au respect et à la dévotion envers Elle. Nous l'appelons Mère de Dieu, pour marquer son éminente Dignité, et pour animer notre confiance en Sa Protection. En effet, que n'obtiendra-t-elle pas d'un Dieu qui a daigné naître d'Elle? Nous rappelons en même temps qu'Elle est aussi notre Mère Spirituelle, puisque nous sommes par adoption les frères et les cohéritiers de Jésus-Christ. Elle a pour nous une tendresse plus que maternelle; comme Elle surpasse toutes les créatures en Charité, Elle est beaucoup plus touchée de nos misères, et plus disposée à nous secourir, que ne peut l'être la mère dont nous avons reçu le jour. En vain cependant nous flatterons-nous de mériter Sa Compassion, si nous ne mettons fin à nos désordres, et si nous ne cessons de rendre inutiles à notre égard les mérites du Sang de Son Fils.

Ces paroles: « Sainte Marie, mère de Dieu », sont comme la préface de la prière dans laquelle nous la supplions d'intercéder pour nous. Nous ne la prions point de nous donner la grâce, car nous savons qu'Elle est un don de Dieu, et que Lui seul peut nous la donner; nous la conjurons seulement de demander la grâce pour nous à Son Fils, et d'obtenir par Son intercession que nos prières ne soient point rejetées. Nous prenons le titre de pécheurs, que nous méritons si justement, pour l'attendrir sur notre sort, et pour ressentir les effets de Sa Charité et de Sa Compassion. Marie connaissant bien plus distinctement que les autres créatures le mal du péché, et les désordres qui en sont la suite, proportionne à cette connaissance Sa Charité pour nous: mais nous n'en devons pas moins faire l'aveu de nos crimes avec une douleur sincère; car la volonté qui conserve de rattachement pour le péché, provoque la Colère de Dieu et celle de tous Ses Saints, qui aiment souverainement Sa Justice et Sa Gloire. Comment donc des pécheurs impénitents osent-ils se présenter devant Dieu avec des mains encore teintes, pour ainsi dire, du Sang Adorable de Son Fils qu'ils ont profané, et qu'ils continuent de fouler aux pieds? Nous éprouverons la Miséricorde Divine et la Charité de la Sainte Vierge, à proportion de la vivacité de notre componction.

Marie, en devenant Mère de l'Auteur de la Miséricorde, a pris des entrailles de compassion pour les pécheurs; ainsi, lorsque nous nous avouons pécheurs, nous exprimons suffisamment ce que nous demandons à Dieu; à savoir: un véritable repentir, la rémission de nos fautes, et la force de résister à toutes les tentations qui nous sollicitent au mal. Nous demandons aussi les autres secours dont nous avons besoin, toutes les vertus et surtout la Charité. Quoique tous ces objets ne soient pas nommément exprimés, ils sont néanmoins compris dans notre prière. Quelle autre chose, en effet, pourrions-nous demander à Dieu par l'intercession de Celle que l'Auteur de la grâce a choisie pour Sa Mère ?

Résolution

Ne perdons jamais de vue, en disant le Chapelet, que nous sommes des pécheurs, de pauvres pécheurs qui avons besoin d'être l'objet des Miséricordes du Seigneur; présentons-nous comme tels aux pieds de la Mère du Verbe incarné, de cette Mère de Miséricorde, notre espérance, notre vie, comme l'appelle l'Église, et implorons-la avec confiance, avec certitude d'en être secourus si nous sommes fidèles à entretenir en nous les sentiments de repentir qu'Elle nous obtiendra de Son Divin Fils, si nous l'invoquons avec ferveur et dévotion.

Prière

O Très Sainte Marie, Mère de Dieu, combien de fois n'ai-je pas offensé Dieu et mérité l'enfer par mes péchés ? Déjà la sentence aurait pût être été exécutée dès mon premier péché, si, touchée de compassion pour moi, Vous n'aviez arrêté, par Votre intercession, le bras de la Justice Divine. O Vierge Sainte, mille actions de grâces vous soient rendues, c'en est fait, Vous avez brisé la dureté, l'insensibilité de mon cœur; Vous avez gagné toute ma confiance; je Vous invoque comme l'enfant le plus tendrement attaché à sa mère. Ne permettez pas, ô ma tendre Mère, que je me détourne jamais de Vous, ni de Dieu qui, par Votre entremise, me dispense chaque jour tant de miséricordieuses faveurs. Ainsi soit-il.

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