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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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3 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Quatrième jour

Explication de l'Ave Maria

 

Puisque l'Ave Maria se répète si fréquemment dans la récitation du Chapelet, employons deux ou trois jours à nous pénétrer des sentiments que cette belle prière doit faire naître dans notre cœur, et des affections qui doivent en accompagner la récitation. Les âmes pieuses y trouvent une source inépuisable de dévotion et de ferveur; aussi ne pensons-nous nullement à présenter au lecteur tous les sentiments, toutes les affections qu'excite dans le cœur fidèle la récitation de cette prière; nous voulons seulement lui donner lieu de s'en former une idée par les paroles qu'elle a inspirées à quelques fervents serviteurs de Marie.

Quoique l'Ave Maria s'adresse à la sainte Vierge dont on implore l'intercession, cette prière a cependant pour premier objet de louer son divin Fils et de le remercier de son infinie miséricorde, qui a éclaté d'une manière si spéciale dans l'incarnation. Le Saint-Esprit est le principal auteur de cette prière. Le commencement est composé des paroles de l'archange Gabriel, qui fut l'ambassadeur de l'adorable Trinité dans l'accomplissement du plus auguste de tous les mystères; viennent ensuite les paroles que Sainte Elisabeth, inspirée par le Ciel, adressa à la Sainte Vierge; la fin est une addition faite par l'Église. Cette dernière partie est une invocation à la Sainte Vierge; elle y est appelée Mère de Dieu d'après le concile général d'Ephèse qui proscrivit les blasphèmes de Nestorius. Nous ajoutons à la Salutation angélique le nom de celle qui en est l'objet, ce nom étant très propre à nous inspirer des sentiments de respect et de confiance. Ce nom, dit Saint Jérôme, signifie dame, et étoile de la mer. Or, ces deux noms conviennent merveilleusement à celle qui est la Reine du Ciel, notre protectrice et notre étoile sur la mer orageuse du monde. D'autres femmes furent appelées Marie dans l'ancien Testament; mais ce ne fut pas dans le même sens, ni avec la même signification. Il est essentiel de faire attention à ces paroles de l'Évangéliste saint Luc: « Et le nom de la Vierge était Marie ». Ce nom, comme nous venons de le dire, est mystérieux. « Il est, dit saint Bernard, d'une telle vertu et d'une telle excellence, que les cieux tressaillent, que la terre se réjouit, que les Anges ne peuvent retenir leurs transports quand il est » prononcé ».

Le même Père observe que la Sainte Vierge est véritablement l'étoile sortie de Jacob, et placée au-dessus de cette mer redoutable pour nous éclairer par les mérites et par l'exemple de sa vie. « O vous, dit-il, qui êtes battus par les tempêtes de ce monde; levez les yeux vers cet astre brillant, si vous ne voulez point être submergés par les flots. Si les vents des tentations s'élèvent, si vous tombez parmi les rochers des tribulations, regardez l'étoile, invoquez Marie. Si vous êtes tourmentés par les vagues de l'orgueil, de l'ambition, de la médisance, de la jalousie, jetez les yeux sur l'étoile, invoquez Marie. Si vous commencez à tomber dans le gouffre de la mélancolie ou du désespoir, pensez à Marie. Ayez recours à elle dans les dangers, dans les détresses, dans les perplexités; qu'elle ne sorte ni de votre bouche, ni de votre cœur. Avec elle, vous n'avez rien à craindre; lorsqu'elle vous sert de guide, vous ne vous lassez jamais ». Tels sont les sentiments que le nom de Marie doit sans cesse nous inspirer. Ces mots: « Je Vous salue », annoncent de notre part des sentiments de joie et de congratulation. L'Archange les adressa à la sainte Vierge, pour lui témoigner le respect dont il était pénétré. Quoiqu'accoutumé à la gloire des Esprits bienheureux, il fut étonné de celle de Marie, qui était destinée à devenir la mère de Dieu; et que toute la Cour Céleste ne pouvait considérer qu'avec ravissement. Apprenons de là avec quelle humilité des vers de terre et des pécheurs comme nous, doivent adresser à la sainte Vierge la même salutation.

Mais écoutons le dévot auteur de l'Imitation, Thomas a Kempis, paraphraser cette salutation: « Je m'approcherai de Vous avec respect, avec dévotion et avec une humble confiance, lorsqu'il s'agira de Vous offrir la Salutation de l'Ange: je Vous l'offre donc, la tête courbée par respect pour Votre Personne Sacrée, et je désire que tous les Esprits Célestes puissent la répéter pour moi cent mille fois, et beaucoup plus souvent. Je ne connais rien de plus glorieux pour Vous, ni de plus consolant pour nous. Que ceux qui aiment Votre Saint Nom écoutent, et se rendent attentifs. Les cieux se réjouissent et toute la terre doit être saisie d'étonnement quand je dis: « Je Vous salue, Marie ». Le démon et l'enfer tremblent quand je répète: « Je Vous salue, Marie ». La tristesse disparaît, et une joie nouvelle remplit mon âme, quand je dis: « Je Vous salue, Marie ». Telle est la douceur de cette Salutation, qu'il n'y a point d'expressions capables de la peindre; elle est dans le cœur trop profondément, pour que les paroles puissent la rendre. Je me prosterne donc de nouveau devant vous, ô la plus sainte des vierges, pour Vous dire: « Je Vous salue, Marie, pleine de grâces... » Qui me donnera de satisfaire le désir que j'ai de Vous honorer de toutes les puissances de mon âme? Puissent tous mes membres être changés en langues et en voix de feu, pour Vous glorifier sans cesse. O Sainte Mère de Dieu, prosterné en Votre présence, pénétré d'une sincère dévotion de cœur et tout rempli de vénération pour Votre Nom, je Vous présente la joie que Vous causa la salutation qui Vous fut adressée par l'Archange Gabriel; puissé-je répéter avec une bouche aussi pure que l'or, et avec une affection brûlante: « Je Vous salue, Marie, pleine de grâces, le Seigneur est avec vous ! »

Nous nous unissons aux sentiments de respect et de congratulation que l'Ange fit éclater, lorsque nous appelons la Sainte Vierge pleine de grâces ! Sa dignité ne venait point du sang royal de David qui coulait dans ses veines, ni d'aucun autre avantage temporel, mais des dons extraordinaires par lesquels Dieu la distingua des autres créatures. Destinée à devenir la mère de l'auteur de la grâce, elle fut comblée de toutes les faveurs dont est capable un être fini. « Elle fut remplie, selon Saint Bède, de l'océan du Saint-Esprit qui se répandit sur elle ». Elle dut être enrichie des trésors de la grâce à proportion de l'intimité des rapports qu'elle devait avoir avec celui qui en est le principe. C'est pour cela que l'Église lui applique ces paroles du Cantique des Cantiques: « Votre beauté est parfaite, il n'y a point de tache en vous ».

L'éloge de la sainte Vierge, renfermé dans les mots: « le Seigneur est avec vous », est une suite du précédent. Dieu, par Son immensité et par Sa toute-puissance, est avec toutes les créatures, parce que toutes les créatures sont par Lui ce qu'elles sont; mais Il est bien plus intimement avec les justes, demeurant en eux par sa grâce, et leur faisant ressentir les plus précieux effets de Sa Bonté. Quant à Marie, Elle est véritablement pleine de grâces, et à ce titre élevée au-dessus de toutes les créatures; Elle a aussi une union plus intime avec Jésus-Christ dont elle est la Mère. L'Amour dont Elle brûle surpasse celui des Séraphins; Elle est par excellence le Tabernacle du Très-Haut, qui la comble spécialement des Dons que produit une présence aussi extraordinaire, et qui déploie à Son égard tous les trésors de Sa munificence.

« Vous êtes bénie entre toutes les femmes », lui dirent l'Archange et Sainte Elisabeth. C'est à bien juste titre qu'il est dit de Marie qu'elle est au-dessus de toutes les femmes, puisqu'elle a toujours été préservée de la moindre tache du péché, et qu'elle a été l'instrument dont Dieu s'est servi pour lever la malédiction dont le genre humain était chargé. Lorsque Judith eut délivré Béthulie d'une destruction temporelle, Osias, prince du peuple, lui dit: « O fille, vous êtes bénie au-dessus de toutes les femmes qui sont sur la face de la terre3. Le peuple la bénit tout d'une voix en disant: « Vous êtes la gloire de Jérusalem; vous êtes la joie d'Israël; vous êtes l'ornement de votre peuple ». À combien plus forte raison devons-nous appliquer cet éloge à Celle qui a enfanté l'Auteur même de toutes les Bénédictions Célestes qui se répandent sur nous? Marie pouvait donc dire d'Elle-même avec Justice: « Toutes les générations futures m'appelleront bienheureuse ».

Résolution

Prenons la résolution de bien comprendre, de bien méditer, et surtout de dire avec un cœur pur et dévoué à Marie, la belle prière qui Lui est consacrée, afin qu'en prononçant les paroles qui la composent, nous soyons pénétrés des sentiments qui inondent le cœur de ses fidèles serviteurs, et dont la lecture de ce jour nous donne quelque idée. Oh ! que de charmes nous trouverions dans la récitation du Chapelet si nous le disions animés du même respect, du même amour, de la même confiance.

Prière

La grâce que je Vous conjure, Vierge sainte, de m'obtenir de Votre Divin Fils, c'est de Vous aimer, Vous honorer, Vous proclamer Bienheureuse, parce que vous avez été pleine de grâces et que le Seigneur a été avec Vous; telle sera dorénavant mon occupation la plus agréable, car aucune autre n'est aussi propre à m'attirer votre bénédiction et le secours d'en haut. Ainsi soit-il.

 

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7 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Huitième jour

Origine du Rosaire, Saint Dominique

 

Comme c'est à Saint Dominique que l'on doit cette méthode de prier, appelée Rosaire, pratique de dévotion qu'il établit après une apparition dont la Sainte Vierge l'honora en 1208, pendant qu'il prêchait contre les Albigeois, il est nécessaire de faire connaître aux lecteurs ce grand Saint. Il naquit à Calarveja en Espagne. Il était fils de Don Félix de Guzman, nom célèbre qui subsiste encore aujourd'hui. Sa mère s'appelait Dona Jeanne de Aza. On lui donna le nom de Dominique en l'honneur d'un Saint Abbé, appelé Dominique de Silos. Il ne fut pas plus tôt en état de faire usage de sa raison que sa vertueuse mère l'instruisit de ce qu'il devait à Dieu. Sa ferveur était si grande dans sa jeunesse que souvent il se levait pendant la nuit pour prier; il aimait aussi dès lors les pratiques de la mortification. Il fit de rapides progrès dans ses études et acquit une parfaite connaissance de l'Écriture et des Pères. Instruit par les Livres Saints que l'esprit du Seigneur n'habite que dans les âmes chastes, il veillait avec la plus grande attention sur son cœur et sur ses sens. Toujours occupé de la présence de Dieu, il s'entretenait rarement avec les hommes et ne parlait même qu'en peu de mots aux personnes vertueuses.

Les exemples de sa mère lui avaient inspiré une tendre dévotion pour la sainte Vierge et un amour extraordinaire pour les pauvres. Sa charité éclata surtout dans une famine: il se défit de son argent, de ses biens, de ses livres et généralement de tout ce qu'il possédait, pour assister les malheureux. Une pauvre femme, fondant en larmes, lui demanda un jour de quoi contribuer au rachat de son frère que les Maures avaient fait esclave. Les entrailles de Dominique furent émues de compassion; mais, comme il ne lui restait plus rien à donner, il dit à cette femme: « Je n'ai ni or, ni argent; ne vous affligez cependant pas, je sais travailler; offrez-moi aux Maures, en échange pour votre frère; je veux être esclave à sa place ». Celle-ci étonnée d'une pareille proposition n'osa l'accepter; mais Dominique n'en eût pas moins devant Dieu le mérite de la Charité.

Après avoir subi ses examens à l'université de Palencia, il y donna des leçons publiques d'Ecriture sainte et y annonça la parole de Dieu avec un succès étonnant. L'Evêque d'Osina le fit associer aux chanoines réguliers de Saint Augustin qui formaient le chapitre de sa cathédrale; il en fut nommé sous-prieur. Malgré cette charge il continua à prêcher jusqu'en 1203, année où sou évêque l'emmena avec lui en France. Il le conduisit de là à Rome, d'où le pape les renvoya en France avec la mission de prêcher l'un et l'autre les Albigeois, afin de les convaincre et de les convertir. Voici quelques-unes des erreurs adoptées par ces hérétiques. Ils admettaient deux principes, l'un bon et l'autre mauvais. Ils soutenaient qu'il y avait deux Christs, l'un mauvais qui avait paru sur la terre; l'autre bon, qui n'avait jamais vécu dans ce monde. Ils niaient la résurrection de la chair et croyaient que nos âmes étaient des démons condamnés à être renfermés dans des corps, en punition des péchés qu'ils avaient commis dans un état précédent; ils condamnaient les sacrements, etc, etc. L'évêque d'Osma et Saint Dominique ne négligèrent rien pour réussir dans la mission que le souverain Pontife leur avait confiée; mais bientôt l'évêque se retira dans son diocèse et Saint Dominique se trouva chef de la mission; c'était en 1207.

Saint Dominique n'employa contre les erreurs que les armes de la persuasion. Il imitait la douceur, la charité, l'humilité et la pauvreté des Apôtres: mais la corruption des mœurs, l'ignorance des peuples, l'impiété des hérétiques, le fanatisme des infidèles mirent longtemps un grand obstacle au succès de la mission. Saint Dominique en triompha enfin, après trois ans de travaux et de fatigues, par la prédication du rosaire. Ce héros de la foi, un de ces hommes extraordinaires que Dieu tient en réserve dans les conseils de Sa Providence, pour les opposer, comme un mur d'airain, à la fureur des tempêtes, s'adressait avec la plus entière confiance filiale à la sainte Vierge qui a reçu le pouvoir de détruire toutes les hérésies, comme le proclame l'Eglise dans ses chants; mais il joignait aux prières les plus ferventes, les larmes, les jeûnes et tontes les pratiques de la plus austère pénitence afin de pouvoir fléchir plus sûrement la justice de Dieu.

Marie intercède; Dieu exauce les prières du saint apôtre. Un jour la Reine du ciel apparaît à Saint Dominique dans la ferveur de son oraison, le console et lui inspire d'opposer au torrent de l'erreur la prière chrétienne et la majestueuse simplicité de la foi. Saint Dominique comprend parfaitement que la source de tous les maux est l'ignorance ou l'oubli des vérités de la foi et du salut; guidé par la Sainte Vierge, il prend pour symbole le rosaire, formé de trois Chapelets ou de quinze dizaines, et y applique autant de mystères qu'il développe aux fidèles, avec cette éloquence irrésistible qui triomphe de tous les obstacles. Ce fut à Toulouse, en l'année 1208, qu'il institua le rosaire et qu'il commença à le prêcher aux peuples. Toulouse, Montpellier, Agen, etc., furent tour à tour le théâtre de ses combats et de ses succès. Ces succès de la prédication du rosaire furent si rapides qu'ils surpassèrent toutes les espérances et étonnèrent Rome elle-même. Les peuples accouraient en foule pour s'unir à la récitation du rosaire; ils se pressaient autour de la chaire de vérité pour entendre le développement des mystères; ils baisaient le rosaire, l'arrosaient de larmes, et en interrompaient la récitation par leurs sanglots. Bientôt les églises ne peuvent plus suffire au nombre prodigieux des assistants. Saint Dominique est obligé de se porter dans tous les endroits; et sa parole puissante étend au loin tous ses prodiges. L'éloquent panégyriste du rosaire de Marie, en peu de temps a tout changé et converti au moyen d'une simple formule de prières; et tous les peuples célèbrent avec lui la sainteté, la gloire et la puissance de la Mère de Dieu. Telle fut l'origine du rosaire; et ce fait historique n'est plus aujourd'hui contesté: douze souverains Pontifes, au moins, ont déclaré que Saint Dominique était en effet l'auteur du rosaire, que c'était lui qui l'avait institué.

Résolution

Admirons la Providence qui aime pour ainsi dire à recommander l'humilité par les moyens simples qu'elle inspire d'employer pour obtenir ses plus grands effets. Des hommes très-distingués par leur savoir et par leurs vertus furent chargés de travailler à la conversion des hérétiques, et ils n'obtinrent presque aucun succès; Dieu voulait régénérer le pays et abattre l'hérésie par la formule de prière la plus simple, la plus humble, la plus populaire. Efforçons-nous donc de mettre toute notre confiance dans la prière; prions, et nous apprendrons à connaître l'efficacité de ce grand moyen de salut.

Prière

O Seigneur, Dieu de bonté, qui en inspirant à l'un de Vos fidèles Serviteurs, l'efficacité de la prière jointe à la méditation des principaux mystères de la religion, avez voulu nous donner lieu de nous pénétrer de ce tendre et sincère esprit de piété d'où découle l'eau vivante qui sanctifie toutes nos actions, accordez-nous la grâce de pratiquer cet exercice de dévotion avec ferveur et avec fruit. Nous avons la certitude que cette dévotion Vous est agréable: c'en est assez, Seigneur pour nous la faire aimer et pratiquer avec la plus entière confiance. Ainsi soit-il.

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5 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Sixième jour

Explication l'Ave Maria

 

Paraphrase de cette prière en forme de méditation, Indulgences qui y sont attachées

 

Les grâces que nous sollicitons regardent la vie présente où nous courons de si grands dangers, mais surtout l'heure de notre mort qui doit décider de notre éternité. C'est, en effet, dans le dernier moment que le démon renouvelle ses efforts avec plus de fureur; il profite de la faiblesse du corps et de l'esprit; il cherche à nous effrayer par le souvenir de nos péchés passés; enfin, nous nous trouvons alors dans des circonstances si critiques, que nous avons plus besoin que jamais d'une grâce puissante et de la protection de celle qui est le refuge des affligés.

Le mot « Amen », que nous rendons par « Ainsi soit-il », est une répétition et une confirmation de notre prière. Comme le cœur, emporté par l'ardeur de ses affections, va facilement au-delà de ce que les paroles expriment, il n'est pas non plus borné par les paroles dans l'étendue et la variété de ses actes; aussi arrive-l-il souvent qu'un seul mot renferme les actes des plus héroïques vertus. On comprend par là comment l'« Amen » est une répétition des demandes contenues dans l'Oraison dominicale et dans la Salutation Angélique. Plusieurs personnes dévotes y ont trouvé la matière des plus ferventes aspirations pendant la journée; elles se proposaient, en le répétant, de ratifier toutes les louanges qu'elles avaient données à Dieu, de renouveler tous leurs actes de religion, et de s'unir à ceux par lesquels les Esprits bienheureux glorifient et glorifieront le Seigneur pendant toute l'éternité. Le moyen de se pénétrer de pareils sentiments non seulement sur le mot « Amen » ou « Ainsi soit-il », mais encore sur chacune des paroles qui composent, soit la Salutation Angélique, soit les autres prières que nous disons fréquemment, c'est d'en méditer chaque mot. Saint Ignace et Saint François de Sales recommandent ce moyen comme étant très efficace pour ne pas contracter la funeste habitude de réciter ces prières par routine: en les méditant on accoutume son cœur à les goûter. Afin de donner à nos lecteurs une idée de ce genre de méditation qui est infiniment utile, parce qu'il est à la portée de tous et qu'il peut être employé sans livre, pendant la nuit, quand on est en voyage ou même quand on est obligé de faire un travail manuel, nous allons insérer ici la paraphrase de la Salutation Angélique qui se trouve dans la « Dévotion pratique aux Indulgences ».

« Je vous salue, Marie, pleine de grâces ». C'est en cette qualité que l'Archange Gabriel Vous a saluée de la part de Dieu. Eh! comment ne seriez-Vous pas pleine de grâces, puisque Vous étiez destinée à devenir la Mère de l'Auteur même de la Grâce. Je crois donc fermement que, dès l'instant de Votre Conception Immaculée, Vous avez reçu la grâce sanctifiante; que dès lors Vous avez fixé les regards du Tout-Puissant et de la Cour Céleste. Je crois que le Seigneur était avec Vous, qu'Il régnait avec empire sur Votre Esprit et sur Votre Cœur; que Vous ne viviez, que Vous ne respiriez que pour Lui plaire et accomplir Ses Saints Commandements.

« Le Seigneur est avec vous ». Oui, le Seigneur est avec Vous, non-seulement comme Il est avec tous les Justes, mais il y est d'une manière plus intime, plus étroite, plus parfaite, parce que Vous écoutez Sa Voix et l'aimez sans réserve et sans partage. Il est aussi avec moi quand je suis exempt de péché. Que ne puis-je mériter que les Anges disent de moi ce qu'ils disaient de Vous : « le Seigneur est avec Vous ! »

« Vous êtes bénie entre toutes les femmes ». Parce que Vous êtes plus pure, plus parfaite, plus fidèle, et parce que le Saint des Saints a purifié, sanctifié et embrasé Votre Cœur par Sa présence. C'est pour cela que toutes les générations Vous loueront, Vous béniront et célébreront Vos louanges jusqu'à la fin des siècles.

« Et Jésus, le Fruit de Vos entrailles est béni ». Et comment ne le serait-il pas, puisqu'Il est le Fils du Très-Haut et qu'Il porte avec Lui toutes les bénédictions. Qu'Il soit donc à jamais béni, loué et remercié, ce Fils adorable, cet aimable Sauveur que Vous avez donné au monde pour être le Dieu d'Israël, le Libérateur de son peuple, le Rédempteur du genre humain, le Sauveur de tous les hommes.

« Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs ». Ce n'est pas pour Vous seule, Vierge sainte, que Vous avez reçu la grâce; Vous en êtes devenue la dépositaire et la dispensatrice pour la répandre sur nous. Oui, c'est par Vos mains que Dieu veut la faire couler sur nous. Daignez nous faire part de Vos trésors en proportion de nos besoins. Plus nous sommes faibles, plus nous devons exciter la compassion de Votre Tendre Cœur; qu'il nous soit même permis de le dire, Vierge Sainte, plus nous sommes pécheurs, plus nous avons droit à Votre Générosité. Oui, nous y avons droit, parce que c'est aux pécheurs que Vous êtes redevable de la plus belle de toutes Vos prérogatives. Jamais, non jamais, Vous n'auriez été la Mère du Fils de Dieu, si les pécheurs n'avaient pas eu besoin d'un Sauveur !

« Maintenant et à l'heure de notre mort ». Daignez donc, Vierge sainte, Vous intéresser pour nous dès à présent; demandez pour nous des grâces de conversion et de persévérance; demandez surtout la plus précieuse de toutes les grâces, la grâce dont nous aurons besoin dans ce moment suprême qui doit décider de notre sort éternel. Toute notre vie nous implorons Votre Protection puissante; mais c'est au moment de la mort qu'elle nous sera plus nécessaire.

« Ainsi soit-il ». Oui, Vierge Sainte, c'est la faveur que nous Vous conjurons de nous accorder, Vous rappelant la Salutation de l'Ange Gabriel et Votre qualité ineffable de Mère de Dieu.

L'Eglise pour engager les Fidèles à dire fréquemment et dévotement la Salutation Angélique, a attaché à sa récitation soixante jours d'indulgence. Beaucoup de personnes pieuses la disent toutes les fois que l'heure sonne. C'est une pratique très utile, qui rappelle la présence de Dieu et attire les regards et la protection puissante de Marie. L'Angelus, vulgairement appelé les Pardons, est une pratique de dévotion qui consiste à dire trois fois la Salutation Angélique avec les versets que les Fidèles connaissent et qui se trouvent dans la plupart des livres de prières. Cette pratique a été introduite par Saint Ignace pour nous faire souvenir d'élever au moins trois fois le jour notre esprit et notre cœur vers Dieu, de l'adorer, de le remercier de tous ses biens, et surtout du grand bienfait de l'incarnation, de nous recommander à la Sainte Vierge qui a eu tant de part à ce mystère. Tous ceux qui, le matin, ou à midi, ou le soir, récitent dévotement et à genoux l'Angélus, au son de la cloche, gagnent une indulgence de cent jours; de deux cents, s'ils la récitent deux fois, et de trois cents s'ils la récitent trois fois. Ceux qui seront fidèles à cette pratique, c'est-à-dire, qui la réciteront au moins une fois par jour et à genoux, au son de la cloche, pendant un mois, gagneront une indulgence plénière le jour qu'ils choisiront pour se confesser, communier et prier pour les fins ordinaires.

Résolution

Ne négligeons pas un moyen si facile d'honorer la sainte Vierge, de renouveler la pensée de la présence de Dieu et d'élever notre esprit vers Lui pour le remercier de nous avoir donné pour Rédempteur Son Divin Fils. Nous l'emploierons surtout avec ferveur si, en méditant le sens des paroles de la Salutation Angélique, nous nous sommes bien pénétrés des sentiments que celle belle prière doit faire naître dans notre cœur.

Prière

Oraison de l'Angelus

 

Priez pour nous, sainte Mère de Dieu,

Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de notre Seigneur Jésus-Christ.

Seigneur, nous Vous supplions de répandre Votre Divine Grâce dans nos âmes, afin qu'ayant connu par la voix de l'Ange, l'Incarnation de Votre Fils Jésus-Christ, nous arrivions par Sa Passion et Sa Croix, à la Gloire de Sa Résurrection. Par le même Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

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2 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Troisième jour

Des Indulgences attachées aux Chapelets bénits

 

C'est avec regret que l'on voit tant de personnes pieuses qui ont la louable habitude de dire tous les jours le chapelet, se priver des indulgences attachées à ce saint exercice, en ne remplissant pas exactement les conditions prescrites, le plus souvent parce qu'elles ne les connaissent pas. Si elles se servent d'un chapelet non bénit par un prêtre qui en ait reçu de Rome le pouvoir, elles ne gagnent aucune indulgence; elles font seulement, en récitant le chapelet, une œuvre de piété très-bonne et très-louable. Si, au contraire, elles se servent d'un chapelet bénit, elles gagnent diverses indulgences, selon le genre de bénédiction, et selon l'espèce de bonnes œuvres qu'elles font. Il y a, en effet, quatre sortes de chapelets:

1° Le chapelet, n'importe le nombre de dizaines, non bénit, auquel, par conséquent, il n'est attaché aucune indulgence. 2° Le chapelet ordinaire de cinq dizaines, appelé quelquefois de Saint Dominique; s'il est bénit, et si on le récite en méditant les mystères du Rosaire, on gagne les indulgences attachées à la récitation du rosaire, indulgences communes à tous les fidèles et par conséquent différentes de celles accordées aux membres des confréries du Rosaire; nous en parlerons lorsque nous aurons développé l'origine, l'excellence, les avantages, et de cette dévotion. 3° Le chapelet de sainte Brigide, vulgairement appelé Brigittain. Sainte Brigide, patronne de l'Irlande, surnommée la Thaumaturge à cause de la multitude de ses miracles, fonda plusieurs monastères. Au milieu des exercices de piété qui animaient l'émulation des religieuses, il faut distinguer la pratique du chapelet. Sainte Brigide, qui vivait environ sept cents ans avant saint Dominique qui établit le rosaire, ayant inventé la forme du chapelet qu'elle adopta, en introduisit dans tous ses monastères le pieux usage qui excita la ferveur dans le plus haut degré. C'est ce chapelet adopté par les Religieux Brigittains ou du Sauveur, fondé par Sainte Brigitte de Suède, vers l'an 1350, à la bénédiction duquel les souverains Pontifes ont attaché de nombreuses indulgences, comme nous allons le voir. 4° Enfin, le chapelet dit apostolique, est celui qui a été bénit et donné par le saint Père qui y attache les indulgences dont sont favorisés, et les chapelets ordinaires, et les Chapelets Brigittains.

Les Chapelets Brigittains ont de grands avantages sur les chapelets ordinaires avec lesquels ils présentent plusieurs différences. Ils sont composés de six dizaines, ce qui fait en tout, y compris le Pater et les trois Ave de la croix, 68 Ave et 7 Pater. Ce nombre a été choisi dans le but d'honorer les soixante-trois années que, d'après l'opinion commune, la sainte Vierge passa sur la terre, ainsi que les sept douleurs et les sept allégresses. Cependant, quoique le Chapelet Brigittain soit composé de six dizaines, on peut gagner également les indulgences qui y sont attachées, soit en n'en récitant que cinq, soit en disant les quinze dizaines du rosaire. On peut appliquer aussi les indulgences de ces chapelets sur ceux qui n'ont que cinq dizaines.

On lit dans plusieurs ouvrages, entre antres dans la Dévotion pratique aux indulgences, par Mgr l'Evêque de Belley, que la considération ou méditation des mystères n'est pas nécessaire pour gagner les indulgences accordées au chapelet brigittain: c'est une erreur, et une décision du 19 Janvier 1833, de la Congrégation établie à Rome pour résoudre les questions relatives aux indulgences, ne laisse aucun doute sur l'obligation de méditer les mystères en récitant ce chapelet. Il est parlé de cette décision dans le Journal historique, tome V, page 1-45. Les indulgences attachées au chapelet de Sainte Brigide ou Brigittain sont plus étendues; les religieux et les prêtres séculiers qui en ont reçu le pouvoir de Rome, peuvent les appliquer aux chapelets qu'on leur présente à bénir, afin que les fidèles en recueillent des grâces plus abondantes. Il en résulte que les fidèles en récitant le Chapelet Brigittain bénit, gagnent les indulgences qui y sont attachées ; mais à condition qu'ils méditent les mystères du rosaire: en ce cas nous pensons qu'ils peuvent aussi gagner les indulgences accordées à la récitation du rosaire ou chapelet de saint Dominique. Voici, du reste, les indulgences attachées aux chapelets bénits parles Pères Rédemptoristes, et, croyons-nous, par tout autre prêtre qui en a reçu le pouvoir de Rome.

Indulgences plénières. 1° Celui qui récite au moins une fois par semaine le chapelet de cinq dizaines, en s'approchant des sacrements et en priant pour les fins ordinaires, peut gagner une indulgence plénière à chacune des l'êtes principales, y compris celles des Apôtres et de saint Joseph. 2° Une fois par mois aux mêmes condition» et, en outre, en visitant une église, pourvu qu'on récite tous les jours le chapelet. 3° Une fois l'an pour celui qui remplira les mêmes conditions.4° Le jour de Sainte Brigitte (8 Octobre) pour celui qui, étant dans l'usage de réciter au moins une fois la semaine, le chapelet de cinq dizaines, remplira les mêmes conditions. 5° A l'article de la mort pour celui qui recommandera son âme à Dieu et recevra les sacrements ou, s'il ne le peut, invoquera de bouche ou de cœur le nom de Jésus.

Indulgences partielles. 1° 100 jours à claque Credo, Pater, Ave. 2° 7 ans et 7 quarantaines pour celui qui récitera le chapelet de 15 dizaines en l'honneur des 15 mystères. 3° 7 ans et 7 quarantaines à chacune des fûtes de N.-S. et de la sainte Vierge, pour celui qui récite le chapelet au moins une fois la semaine et qui, s'étant approché des sacrements, priera pour les fins ordinaires. 4° 5 ans et 5 quarantaines pour celui qui fera la même chose les Dimanches et les autres jours de fête pendant l'année. 5° 200 jours pour celui qui visitera les prisonniers ou les malades dans les hôpitaux pour las soulager, ou enseignera la doctrine chrétienne à l'église ou dans sa maison. 6° 100 jours pour celui qui portant le chapelet assiste à la messe ou au sermon, ou ramène dans la bonne voie un pécheur, ou enfin pratique quelque bonne œuvre en l'honneur de Jésus-Christ, de Marie ou de Sainte. Brigitte, et récitera 3 Pater et 3 Ave. 7° 40 jours pour celui qui, portant sur soi le chapelet, se mettra à genoux et priera au son de la cloche pour les agonisants. N. B. On peut appliquer toutes ces indulgences aux âmes du purgatoire. Cette liste d'indulgences est extraite d'une brochure imprimée récemment à Liège, sous le titre de: « Exposition des indulgences attachées aux chapelets », par les Pères de la Congrégation du très-saint Rédempteur.

Résolution

Inutile sans doute d'engager à se procurer un chapelet bénit; nos lecteurs en ont un, nous n'en doutons pas; mais tous pensent-ils à gagner les indulgences qui y sont attachées ? En n'y pensant pas, en ne dressant pas leur intention, ils perdent, et pour eux, et pour les âmes du purgatoire, les faveurs que l'Eglise y a attachées par la bénédiction. Évitons donc cette négligence préjudiciable, et, à cette effet, disons chaque jour cette prière ou quelque autre analogue:

Prière

O Dieu infiniment bon et miséricordieux, qui avez laissé à Votre Eglise le pouvoir de remettre les peines dues au péché, nous Vous rendons d'humbles actions de grâces pour ce bienfait ineffable, et nous Vous offrons toutes les prières et les bonnes œuvres que nous ferons dans le cours de cette journée, dans l'intention de gagner pour nous et pour les âmes du purgatoire toutes les indulgences qui peuvent y être attachées. Puissions-nous ainsi, en vertu des mérites surabondants de Jésus-Christ, de la sainte Vierge et des Saints, satisfaire à Votre Justice en ce monde pour n'avoir plus dans l'autre qu'à louer et à bénir éternellement Votre Miséricorde infinie. Ainsi soit-il.

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30 septembre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Premier jour

La dévotion du Rosaire

 

Quoique la dévotion envers la glorieuse Vierge Marie doive être recommandée en général à tous les chrétiens, comme un puissant secours pour mener une vie plus sainte, comme un moyen de trouver plus d'accès auprès de Dieu, et enfin, comme une marque peu équivoque de prédestination; on peut dire qu'entre toutes les pratiques de dévotion inspirées aux fidèles par l'Esprit-Saint pour rendre à la Mère de Dieu le culte qui lui est dû, celle de réciter le rosaire avec les sentiments conformes au but de son institution, est l'une des plus authentiques et des plus agréables à la sainte Vierge. Aussi trouve-t-on peu de personnes recommandables par leur sainteté, respectables par leur rang, leur savoir, leur dignités, qui n'aient été zélées pour cette solide dévotion. Combien de souverains Pontifes, de rois, de princes, etc., ont regardé comme un honneur de se faire inscrire dans les confréries du Rosaire pour pratiquer plus exactement cette dévotion ?

Jouissez-vous, ami lecteur, du même bonheur ? Si vous avez l'avantage de connaître l'excellence de la dévotion du Rosaire, et si, inscrit ou non dans une association formée en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire, vous honorez votre bonne Mère par ce tribut quotidien ou hebdomadaire de louanges, nous vous en félicitons, parce que nous sommes convaincu avec l'Église que ce sera pour vous une source de bénédiction et de salut dans le cours de votre vie et à l'heure de votre mort. Si vous négligez cette pratique de dévotion, si vous n'en connaissez pas l'utilité, oh ! Prenez, nous vous en conjurons, prenez la résolution de consacrer ce mois à lire attentivement, à étudier, à méditer ce que nous allons tâcher de recueillir sur cette dévotion que les fidèles de nos jours n'apprécient plus en général comme elle mérite d'être appréciée, et par suite ne la pratiquent plus avec l'esprit, les dispositions qu'elle exige.

Nous avons choisi le mois d'octobre pour présenter aux fidèles des considérations sur la dévotion du Rosaire, parce que le premier dimanche de ce mois l'Église célèbre la fête solennelle du saint Rosaire, appelée vulgairement la fête du grand Rosaire. Nous dirons plus loin à quelle occasion cette fête fut établie. Plus une dévotion est générale et populaire, a dit un docteur de l'Eglise, plus elle doit nous paraître sainte et divine. Par dévotions populaires on ne peut entendre que celles qui sont plus répandues dans toute l'Eglise, et honorées du suffrage et des faveurs du saint Siège; parce que les dévotions approuvées par le vicaire de Jésus-Christ, le Chef visible de l'Eglise, sont seules vraies, solides, et toujours conformes à la foi et à la raison. De là, les dévotions populaires ne sont pas les dévotions propres uniquement au peuple, mais celles qui sont plus accessibles à toutes les classes inférieures, et qui sont si universellement répandues que les hautes classes de la société se font gloire de s'y associer : par exemple, les dévotions du Scapulaire, du Chapelet, du Rosaire, etc; ces sortes d'agrégations, où se confondent les noms les plus grands avec les plus communs, honorent la dévotion au lieu de lui nuire, et sont conformes à l'esprit de Jésus-Christ. qui a voulu que les sacrements fussent communs à tous ses disciples; que le pauvre s'assied à la table sainte à côté du riche; que tous eussent part à ses grâces sans distinction de rang, de condition, etc.

Cependant les mauvais chrétiens, les faux disciples de Jésus-Christ, les pharisiens du christianisme qui ne pratiquent pas la religion, critiquent ces dévotions populaires, parce qu'elles sont une continuelle censure de leur indifférence: ils déclament contre leur abus et contre leur multiplicité. Mais d'abord les abus ne peuvent jamais détourner d'une bonne œuvre; il suffit de les connaître et de s'en préserver. N'abuse-t-on pas des meilleures choses? Ces dévotions, ces associations ne sont-elles pas bonnes en elles-mêmes, comme par leurs effets? Si 'elles ne l'étaient pas, comment l'Eglise les aurait-elle approuvées et enrichies d'indulgences? D'ailleurs, elles se bornent à des exercices pieux, à des prières communes ou particulières, à quelques œuvres de charité; or, rien n'est plus capable de nourrir et d'animer la piété; rien n'est plus propre à resserrer tous les liens de la religion, à répandre partout l'édification et à exciter une sainte émulation pour la vertu.

Quant à la multiplicité des dévotions que l'on se plaît à critiquer, c'est un reproche qui semble sinon ridicule, du moins injuste; car il en est des dévotions, comme des mets dans un repas, ou des fleurs dans un jardin: on n'impose à personne l'obligation de manger de tous les mets, ni à un particulier de cultiver toutes les fleurs; on ne force personne non plus à embrasser toutes les dévotions : la variété des fleurs dans un jardin et la diversité des mets sur une table sont tout à la fois un ornement et une nécessité pour s'adapter à tous les goûts: de même la multiplicité des dévotions est un ornement pour la piété et une ressource pour les fidèles; mais ils peuvent choisir parmi les dévotions qui leur plaisent davantage, celles qui sont plus analogues à leur état ou à leurs besoins, et qui ne peuvent ni les surcharger, ni nuire à leurs devoirs ou à leurs emplois.

Parmi les dévotions destinées à honorer la sainte Vierge, il en est deux surtout qui ont l'avantage d'être plus anciennes, plus connues, plus faciles et plus universellement répandues; à savoir: celle du Rosaire et celle du Scapulaire. Il n'entre pas dans notre plan de parler de l'excellence de la dévotion du Scapulaire qu'on a la consolation de voir se répandre chaque jour davantage en Belgique; nous ne traiterons, dans ce mois, que de la solide dévotion du Chapelet et du Rosaire. Nous disons du chapelet et du rosaire; car ce sont deux dévotions que les fidèles confondent souvent, n'y ayant au fond que quelques nuances presque imperceptibles qui les distinguent; nous parlerons donc d'abord du chapelet, et ensuite nous nous étendrons sur ce qui concerne le rosaire. Nous ne voulons rien exagérer et nous nous garderons bien de dire que la dévotion du rosaire est une marque infaillible de prédestination, le signe le plus certain du salut et le gage le plus assuré d'une alliance éternelle avec Jésus et Marie; mais nous ne craignons pas de dire avec confiance, en commençant ce mois, que la dévotion éclairée et pratique du rosaire est un grand moyen de salut, une marque non équivoque de prédestination, une voie sûre pour se procurer la protection de la Mère et les faveurs du Fils, et que ces avantages sont promis aux vrais dévots et aux confrères du Rosaire, qui, prosternés au pied de l'autel de Marie, ne s'en approchent pas de bouche mais du cœur, et ne l'honorent pas seulement des lèvres, mais du fond de leurs entrailles. (Isaïe 29. 13).

Résolution

Si nous mettons en pratique la dévotion du Rosaire, nous devons aimer à connaître sa solidité et ses avantages; si nous ne la mettons pas en pratique, nous serions plus qu'indifférents si, ayant en mains cet ouvrage, nous ne prenions pas la résolution de nous éclairer sur ce point, en en faisant la lecture dans le cours du mois d'octobre, dont le 1er dimanche est consacré par l'Église à Notre-Dame-du-Rosaire. Disons donc avec l'auteur la prière suivante.

Prière

Nous venons nous jeter à Vos pieds, Vierge Sainte, pour Vous demander de bénir ce nouveau mois et d'en accepter l'humble dédicace. Obtenez-nous de Votre Divin Époux les lumières qui nous sont nécessaires pour profiter de sa lecture. Il n'a été composé qu'en vue de rappeler aux fidèles une dévotion qui a toujours été chère à vos serviteurs, parce que Vous avez donné mille preuves qu'elle Vous était agréable. Faites, Vierge Sainte, Secours des Chrétiens, qu'elle produise encore de nos jours les effets qu'elle produisit lorsque vous l'inspirâtes à Saint Dominique. Ainsi soit-il.

 

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10 septembre 2012

Le Bienheureux Stanislas Papczyński

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Le Bienheureux Stanislas Papczyński

Fondateur de l'Ordre des Mariens de l'Immaculée Conception

1631-1701

Fête le 17 septembre

 

Le Père Stanislas Papczyński naquit le 18 mai 1631 à Podegrodzie prés de Nowy Sacz (Pologne). A la fin de ses études aux collèges Piaristes, et Jésuites il entra en 1654 dans la Congrégation des Pères Piaristes. Il fut ordonné prêtre en 1661. Extrêmement doué, il fut un pédagogue célèbre et éducateur de la jeunesse renommé dans les collèges piaristes, un prédicateur remarquable, un sage guide spirituel et un auteur des écrits traitant les questions de la rhétorique et de la vie spirituelle. Docile à l’inspiration divine, il fonda en 1673 le premier couvent des Mariens dans la forêt de Skierniewice, village situé dans la région de Mazowsze (Pologne). Il fut à l’origine d’une nouvelle famille monastique dans l’Eglise, celle de Mariens de l’Immaculée conception de la Bienheureuse Vierge Marie. Il assigna a son ordre un triple but : la propagation du culte de l’Immaculée Conception de la Mère de Dieu ; le secours porté aux âmes du Purgatoire, particulièrement a ceux qui ont péri durant les guerres et les épidémies ; ainsi que le travail missionnaire dans les milieux défavorisés spirituellement. Le Père Papczyński fut aussi un apôtre de l’abstinence de l’alcool dont il fit un trait caractéristique de son Ordre. Il mourut en odeur de sainteté le 17 septembre 1701 à Gora Kalwaria, près de Varsovie. C’est là, dans l’église du Cénacle que son corps repose. On commença son procès de la béatification en 1767 à Varsovie, il fut interrompu par le partage successif de la Pologne puis il repris en 1953 à Rome. Le 13 juin 1992 le Bienheureux Jean Paul II signa le décret reconnaissant les vertus héroïques du serviteur vénérable de Dieu le Père Stanislas Papczynski. Le 19 juillet 2007, le Pape Benoît XVI approuva la béatification du Père Stanislas de Jésus-Marie Papczynski, qui eut lieu le 16 septembre 2007 au sanctuaire marial de Lichen–Wloclawek (Pologne).

 

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Neuvaine au Père Stanislas Paczyński

 

Au commencement de la neuvaine faire naître l’intention d’obtenir la grâce nécessaire en s’accordant avec la volonté de Dieu.

 

Premier jour

« Le Puissant fait pour moi des merveilles » Lc 1,48

 

Seigneur, Dieu Tout-puissant, par amour pour le Bienheureux Stanislas, qui s’est chargé de promouvoir, avec une grande ardeur, le culte de l’Immaculée Conception de Marie, Mère de Votre Divin Fils, dans l’ordre qu'il avait fondé, donnez-nous la grâce (…), afin que nous puissions Vous glorifier pour les grandes choses que Vous avez accomplies en Vos saints et permettez-nous de conduire notre vie dans Votre Amour et dans une pureté sans taches.

 

Prière pour une grâce spéciale par l'intercession du Bienheureux Stanislas Papczyński

(a dire tous les jours de la Neuvaine)

 

O Dieu, Père de Miséricorde, qui avez inspiré dans le cœur du Bienheureux Stanislas une grande ferveur pour l’accomplissement des oeuvres miséricordieuses spirituelles et corporelles, accordez-moi (accordez-nous) en son nom et par son intercession la grâce de... pour laquelle je Vous prie (nous Vous prions) humblement. Par Jésus Christ, notre Seigneur. Amen.


Notre Père... Je vous salue, Marie... Gloire au Père...

 

Deuxième jour

« Sa miséricorde s’étend d'âge en âge » Lc 1,50

 

Dieu, Juge plein de justice ! Par amour pour le Bienheureux Père Stanislas, qui a généreusement et de toutes manières porté l’aide âmes des défunts souffrants au purgatoire, faites, afin que nous puissions l’imiter dans ces sublimes œuvres de miséricorde, en particulier pour nos proches défunts, ainsi que pour ceux qui ont le plus besoin de notre aide spirituelle. (dire ensuite la prière pour une grâce spéciale, voir au premier jour).

 

Troisième jour

« déployant la force de son bras, Il disperse les superbes » Lc 1,51

 

Ô Jésus, notre Sauveur et notre Maître ! Par amour pour le Bienheureux Père Stanislas, qui a profité de chaque occasion pour annoncer la Parole de Dieu et porter une l’aide spirituelle a tous ceux qui sont privé de soin pastoral, donnez-nous ce même zèle, afin que nous puissions attirer les autres vers Vous, par la parole et par l’exemple, dans notre marche vers les hautes cimes de la sainteté. (dire ensuite la prière pour une grâce spéciale, voir au premier jour).

 

Quatrième jour

« Il renverse les puissants de leurs trônes et élève les humbles » Lc 1,52

 

Esprit Saint, par amour pour le Bienheureux Père Stanislas qui toute sa vie a fermement défendu la Foi Catholique et qui a manifesté sa disponibilité pour le martyre, accordez-nous cette même grâce, afin que nous puissions grandir dans la Foi et la confesser courageusement par toute notre vie. (dire ensuite la prière pour une grâce spéciale, voir au premier jour).

 

Cinquième jour

« Il comble de biens les affamés et renvoie les riches les mains vides » Lc 1,53

 

Dieu notre Père, par amour pour le Bienheureux Père Stanislas, qui faisant confiance en Votre Providence, au gré de nombreux obstacles et par Votre inspiration a fondé et consolidé la Congrégation de la Bienheureuse Vierge Marie Immaculée, accordez-nous cette même confiance, afin que nous puissions nous distinguer par une confiance inébranlable en Votre puissance, en Votre bonté et en Votre fidélité, guidez-nous sur les chemins épineux que nous traversons vers les splendides promesses de Votre Amour. (dire ensuite la prière pour une grâce spéciale, voir au premier jour).

 

Sixième jour

« Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » Mt 5,7

 

Dieu, Père de Miséricorde, par amour pour le Bienheureux Père Stanislas qui a exprimé son amour pour Vous dans la pratique quotidienne des œuvres de Charité, accorde-nous ce même amour, afin que nous puissions toujours l’imiter généreusement par un brûlant amour du prochain. (dire ensuite la prière pour une grâce spéciale, voir au premier jour).

 

Septième jour

« Qui vous écoute, M’écoute » Lc 10,16

 

Seigneur, qui êtes un Dieu fidèle, par amour pour le Bienheureux Père Stanislas, qui durant toute sa vie et à travers toutes ses œuvres, a manifesté une soumission filiale envers le successeur de Saint Pierre, accordez-nous ce même respect, afin que nous puissions garder une complète fidélité à Dieu, à la Croix et à l’Evangile par une parfaite obéissance à l’Eglise. (dire ensuite la prière pour une grâce spéciale, voir au premier jour).

 

Huitième jour

« Heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des cieux est à eux » Mt 5,5

 

Seigneur, qui nous aimez d'un amour infini, par amour pour le Bienheureux Père Stanislas, qui s’engageait volontiers à vivre rigoureusement dans la pénitence et dans une pauvreté radicale afin de pouvoir se donner à Vous de tout son cœur et de toute son âme, Vous qui nous aimez, accordez-nous ce même esprit de pauvreté et la grâce de résister courageusement aux tentations de la richesse et aux plaisirs du péché en nous dirigeant vers la liberté de l’esprit, dans la vérité et dans Votre amour. (dire ensuite la prière pour une grâce spéciale, voir au premier jour).

 

Neuvième jour

« Courage, Je suis avec vous, n’ayez pas peur’ Mt 14,27

 

Dieu, de qui vient tout commencement et vers qui tout se dirige, par amour pour le Bienheureux Père Stanislas, qui par sa vie a donné un exemple de confiance totale en Votre Sainte Providence, accorde-nous cette même confiance, afin que nous puissions confier à Votre Amour Miséricordieux notre passé et notre futur, toute notre vie en s’accordant à Vous, afin de nous guider sur le chemin évangélique vers Votre Royaume dans le ciel. (dire ensuite la prière pour une grâce spéciale, voir au premier jour).

 

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Chapelet des Dix Vertus Evangéliques de la Très Sainte Vierge Marie

 

Dans leur lutte contre le péché, afin de grandir dans la sainteté, les membres devraient lever les yeux vers Marie, Modèle de tout les vertus qui illumine la communauté des élus. Ce Chapelet s’inspire de la Règle des Dix Vertus évangéliques de la Très Sainte Vierge Marie. Cette Règle fut donnée par l’Eglise à l’ordre des Pères Mariens lors de son approbation en 1699. Le bienheureux père Fondateur fut le premier Marien a prononcer ces veux solennels sur cette Règle le 06 Juin 1701 à Varsovie.

Comment prier ? Faire le signe de la croix et réciter un « Notre Père » et dix « Je vous salue Marie », en ajoutant chaque fois après les paroles « Sainte Marie, Mère de Dieu » une des vertus suivantes : 1. Vierge Pure 2. Vierge Prudente 3.Vierge très Humble 4. Vierge ferme dans la foi 5. Vierge joyeuse dans la louange 6 Vierge Obéissante 7. Vierge Pauvre. 8. Vierge Patiente 9. Vierge Charitable 10. Vierge Compatissante Finir avec : « Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit… » et la prière mariale :

 

V. De votre Conception ô Vierge Marie vous êtes Immaculée,
R. Priez pour nous le Père, vous qui avez mis au monde son Fils Jésus.

 

Prions

 

Ô Père, Vous qui avez préparé la Vierge Marie à devenir une Mère digne de Votre Fils et qui lui avez permis de prendre part, à l’avance, au Salut que le Christ a apporté par Sa mort, Vous qui l’avez préservée du péché depuis le moment de Sa Conception ; aidez-nous, par ses ses prières, à vivre sans péché en Votre présence. Nous Vous le demandons au Nom de Jésus le Christ, Notre Seigneur. Amen.


V. Que la Conception Immaculée de la Vierge Marie.

R. Sois notre Force et notre Protection.

 

19

Litanies du Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie Papczyński

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez nous.

Père Céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie Immaculée, Mère et Reine des Mariens, priez pour nous.

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie Papczyński, priez pour nous.

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, enthousiaste de la croix du Christ,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, vivant image du Christ soufrant,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, prêt à donner sa vie pour le Christ et pour la Foi,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, adorateur du Saint Sacrement,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, docile à l’inspiration du Saint Esprit,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, fils préféré de Marie Vierge Immaculée,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, promoteur du Mystère de l’Immaculée Conception,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, fidèle imitateur des vertus de l’Immaculée, Mère du Christ,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, Fondateur des Mariens,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, apôtre de l’amour de Dieu et du prochain,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, homme de grande confiance,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, exemple de chasteté, de pauvreté et d’obéissance,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, défenseur ardent de la pauvreté évangélique,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, exemple de vie de conversion permanente et de pénitence,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, serviteur de la Miséricorde Divine,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, ardent intercesseur pour les âmes du purgatoire,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, accompagnateur des mourants sur le champ de bataille,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, soucieux ami des pauvres,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, apôtre de l’abstinence,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, sage directeur des consciences,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, maître de prière et de la vie spirituelle,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, infatigable annonceur de la Parole de Dieu,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, enseignant des vérités et des chemins de sainteté,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, artisan de paix et de la réconciliation,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, joie et fierté de la terre polonaise,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, missionnaire, portant l’espérance et le salut pour les païens,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, défenseur de la vie conçu dans le sein maternel,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, intercesseur auprès de Dieu,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, guide sur vers la maison du Père,

Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie, joie du Christ et de la Vierge Immaculée au Ciel,

 

Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, pardonnez-nous Seigneur.

Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, exaucez-nous Seigneur.

Agneau de Dieu qui enlèves le péché du monde, ayez pitié de nous.

 

V. Voila le Serviteur fidèle et prudent,

R. Comblé de gloire par le Seigneur

 

Prions

 

O Dieu, qui avez appelé le Bienheureux Stanislas de Jésus et Marie pour la promotion du culte de l’Immaculée, Mère de Votre Fils, ainsi que pour aider les âmes du Purgatoire, faites, nous Vous en supplions, que par son exemple et par son intercession, nous aspirions à la sainteté en accomplissant les œuvres de miséricorde et en Vous rendant la gloire. Par Jésus, le Christ Notre Seigneur.

 

Téléchargez le texte de ces prières (pdf) en cliquant ici

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Pour approfondir

www.stanislawpapczynski.org

19 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

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Vingtième jour

Sentiments que la vue du Crucifix doit inspirer au cœur du fidèle

 

Voix de Jésus

 

« Oh! que la seule vue d'un Crucifix devrait t'émouvoir, profondément t'émouvoir et enflammer ton cœur!.... Vois les enfants du siècle, Mon fils; vois comme les images de ceux qui les ont aimés leur sont chères! comme ils les conservent précieusement, comme ils les regardent avec plaisir, comme ils les baisent avec tendresse!.... Il y a eu des cœurs si sensibles aux services qu'ils avaient reçus, qu'après la mort de leurs bienfaiteurs, la source de leurs larmes était intarissable, et qu'après même de longs jours écoulés, ils les pleuraient encore comme au premier jour de leur deuil. Hélas! tel n'est pas ton cœur, ô Mon fils: le Mien a consommé pour toi le plus héroïque des sacrifices, et il l'a fait pour un ingrat; et il l'a fait sans autre intérêt que celui de cet ingrat; et il l'a fait avec des circonstances si douloureuses, si déchirantes, si capables de briser de compassion des cœurs d'airain ! Eh bien! Ce sacrifice a-t-il été compris? cet Amour est-il apprécié? Si Je ne t'avais pas témoigné cet Amour ineffable, si Je n'avais pas montré envers toi cet incomparable générosité, aurais-tu été à Mon égard moins reconnaissant, plus froid que tu ne l'as été ? M'aurais-tu oublié plus que tu ne l'as fait? tes offenses envers Moi auraient elles été plus nombreuses? aurais-tu moins pratiqué les vertus dont Je t'ai donné l'exemple? aurais-tu mis moins de soin à éviter ce qui blesse les regards si purs de ton Jésus? Oh! qu'il en eût été bien autrement, si tu avais su te pénétrer de tout ce que devait te rappeler l'image de l'autel sanglant où s'accomplit Mon Sacrifice! Oui, si tu avais regardé le Crucifix avec esprit de Foi, Mes pieds et Mes mains transpercés par des clous, Mon Côté ouvert par une lance, tu n'aurais pu qu'être saisi d'une pieuse émotion; tu te serais lié à Moi de plus en plus par un amour sincère, généreux; et Mon Cœur alors aurait joui de ton cœur Non que J'aie aucun besoin de ton amour, ni que tes dons ou tes refus puissent rien changer à Ma félicité inaltérable, parfaite; mais Je t'aime, et Je voudrais, pour, ton bonheur, que tu fusses tout à Moi. Que de fois, cependant, tu as permis à l'Ange des ténèbres, à Mon vil ennemi, de prévaloir dans ton cœur sur Mon Amour; et encore aujourd'hui que de fois il te demande et tu lui cèdes, Je te demande et tu résistes! Est-ce donc qu'il veut, comme Moi, ton bonheur? Est-ce qu'il a quelque grande récompense à te donner? est-ce qu'il t'aime? est-ce qu'il est aimable? est-ce qu'il est mort pour toi sur une Croix ? »

 

Réflexion

 

Oui, l'image de Jésus crucifié aurait dû m'animer toujours des plus vifs sentiments de reconnaissance et de fidélité. Quel est l'attrait du péché qui n'eût dû céder devant ce signe auguste de dévouement et d'amour? Quelle est la passion que n'eût dû amortir cette pensée: Mon Dieu est mort pour m'arracher à l'esclavage de ce mauvais penchant Mais, d'autre part, quel est le. sacrifice, quelque pénible qu'il soit, qui ne s'adoucisse à la vue de la croix, mémorial sacré de l'immolation sanglante à laquelle un Dieu s'est dévoué si généreusement pour mon bonheur ? Quoi ! mon Sauveur a daigné subir pour moi les douleurs de la flagellation, du couronnement d'épines, du crucifiement, et je refuserais de lui immoler les goûts et les commodités de la nature! Mon Dieu, ne Suivant que l'élan de son amour, a épuisé pour moi les amertumes les plus cruelles, les souffrances les plus vives, les angoisses les plus accablantes, et je refuserais de suivre la voix de sa grâce et d'accomplir ce qu'il demande de moi! O Crucifix! puissent mes yeux ne plus te quitter, et je marcherai à grands pas dans la voie de la piété la plus pure, la plus ardente, la plus généreuse.

 

Pratique

 

1° Faites toujours, avec une grande dévotion, le signe de la croix; baisez pieusement le crucifix, surtout dans vos heures de tentation, de tristesse ou de souffrance. 2° Toutes les fois que vous apercevrez quelque part l'image sainte de la croix, donnez quelque marque de respect à ce monument auguste de l'amour d'un Dieu pour les hommes; mais ayez soin de l'accompagner "d'un vif sentiment d'amour pour le cœur de Jésus, votre adorable victime.

 

Courage inspiré par la vue de la croix à un ouvrier

 

« Il y a, dans un de nos départements, un tisserand sur lequel il semble que le main de Dieu se soit appesantie. Pauvre, malade, abandonné, il éprouve les douleurs les plus aiguës et les privations les plus pénibles : son épouse, il est vrai, lui parait toujours tendrement attachée; mais les accès d'une mélancolie noire dérangent souvent la raison de cette femme; loin qu'elle adoucisse alors à son mari les misères de la vie, elle ne contribue que trop à les lui rendre plus amères. Au milieu des besoins les plus pressants et des infirmités les plus accablantes, cet homme montre une présence et une force d'esprit tout à fait admirables : rien ne lui fait perdre patience, rien n'abat son courage; il en a tant qu'il ne cesse d'exercer son métier. Que faites-vous, lui dit un jour un de ses voisins? Vous n'avez qu'un souffle de vie; à peine pouvez-vous vous soutenir, et cependant vous travaillez encore? Hélas! de quelle ressource peut être votre travail? Laissez-là ce métier, reposez-vous; et s'il vous reste encore quelque force, allez plutôt essayer si l'exposition de vos peines, faite en secret à quelque riche charitable, ne pourra pas vous procurer ce que vous attendez vainement de votre obstination au travail. Je n'en ferai rien, dit le malade, j'ai découvert un trésor; et tant que j'en jouirai, si je ne suis pas à mon aise autant que votre amitié vous le fait souhaiter, au moins mes peines ne seront-elles pas, à beaucoup près, si grandes que vous l'imaginez. Regardez, mon cher voisin, l'image du Fils de Dieu crucifié, collée contre cette muraille; voilà où est mon trésor; voilà où est mon cœur. La mort ne m'épouvantera pas tant que cette représentation vivifiante fera sur moi l'impression que je sens; je ne manquerai ni de confiance, ni d'espérance, ni de courage, ni même de joie, tant que j'irai les puiser dans les plaies de mon Sauveur. La douleur ébranle quelquefois mes résolutions, mais elle ne les ruine pas : quand je manque de tout, quand je suis abandonné, je considère que j'ai quelques traits de ressemblance avec le Christ expirant; quand le mal augmente, j'ai recours à l'image de la croix, et il en sort une vertu qui me le rend supportable. Qu'il est glorieux à un homme de ma condition, à un homme qui ne peut être regardé que comme un vil rebut du monde, d'avoir le Roi des rois pour consolateur et pour modèle! » (Extrait d'un manuscrit de M. Delauro-Dubez, conseiller à la cour royale de Montpellier, auteur de l'Athée redevenu chrétien).

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27 avril 2012

Emission "La vie des Diocèses": Diocèse de Coutances

Emission la vie des Diocèses

Diocèse de Coutances

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Dans cette émission, Monseigneur Lalanne, présente son diocèse ainsi que le Serviteur de Dieu Pierre-Adrien Toulorge, qui sera béatifié le dimanche 29 avril 2012, en la cathédrale de Coutances. La messe de Béatification est à suivre en direct, à 15h30 sur KTO et sur le site internet de la chaine: www.ktotv.com

20 mars 2012

Prière de la Famille Franciscaine de Gironde du 21 mars

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Prière du 21 mars 2012

 

Très chers amis abonnés et visiteurs d'Images Saintes,

Paix et Bien!


Je vous invite à vous joindre à la prière qui se déroule chaque 3e mercredi du mois, dans la chapelle des Soeurs Franciscaines Missionnaires de Marie de Bordeaux. Depuis quelques années, à tour de rôle, les Fraternités Franciscaines organisent un temps de prière, de 19 à 20h00. Je vous invite à vous joindre à notre prière ou que vous habitiez, vous en trouverez ci après le déroulement. La prière de ce mois-ci est organisée par la Fraternité Sainte Claire.


Franck Monvoisin, rédacteur du blog Images Saintes


Chant d'entrée

Ô croix dressée sur le monde – H 30

 

1 – Ô croix dressée sur le monde, ô croix de Jésus-Christ

Fleuve dont l’eau féconde du cœur ouvert a jailli

Par toi la vie surabonde, ô croix de Jésus-Christ

2 – Ô croix sublime folie, ô croix de Jésus-Christ

Dieu rend par toi la vie et nous rachète à grand prix

L’amour de Dieu est folie, ô croix de Jésus-Christ

3 – Ô croix sagesse suprême, ô croix de Jésus-Christ

Le Fils de Dieu lui-même, jusqu’à la mort obéit

Ton dénuement est extrême, ô croix de Jésus-Christ


En ce temps de carême, poursuivant notre cheminement avec Claire, et toujours dans la symbolique du miroir elle nous invite aujourd’hui à :

 

« Contempler le soir »

 

« A la fin de ce miroir, contemple avec quel indicible amour il a voulu souffrir sur l’arbre de la croix et y mourir de la mort la plus honteuse. Placé sur le bois de la croix, ce miroir enseignait lui-même aux passants à quoi ils devaient être attentifs : « ô vous tous qui passez par le chemin, regardez et voyez s’il est une douleur pareille à ma douleur » D’une seule voix et d’un seul esprit, répondons à ses cris et à ses plaintes : « je ne pourrais pas l’oublier et ce souvenir me consume » (4LAg 23-26)

 

Il est resté nu sur le gibet

 

En contemplant le Christ crucifié, Claire se tient devant le buisson ardent d’un amour totalement décentré de lui-même, pure offrande, don radical. Si l’amour de Dieu est révélé par toute la vie de Jésus, nulle part il ne resplendit avec autant d’éclat qu’à l’heure où il accepte de mourir de la mort la plus honteuse. A cette heure, Jésus est pauvre de la plus haute pauvreté, outragé dans sa nudité, rejeté par tous, trahi par ses intimes. Déjà, les langes du nouveau-né de Bethléem avaient quelque chose de pitoyable, mais au moins ils disaient la tendresse et le respect d’une mère. Au calvaire, Jésus est exposé nu aux ricanements de la foule. L’homme pauvre de Nazareth devient un «  pauvre homme » livré à la dérision, à la honte. Au Golgotha, le mépris, l’incompréhension atteignent leur paroxysme. Le rejet, par l’humanité, de l’amour offert par le Crucifié inscrit la plus vive des blessures au cœur du Père.

L’Amour n’est pas aimé ! François aurait voulu parcourir la terre en pleurant la Passion du Seigneur. Il communiait en chaque fibre de son être à cet amour sans limite du Fils de Dieu, au point que les marques de la Passion du pauvre Crucifié s’imprimèrent dans sa chair. Pour Claire, pas de stigmates. Pourtant, comment croire qu’une femme aussi passionnée envers son Seigneur cloué sur une croix par amour de notre amour n’ait pas porté dans son être le plus profond la brûlure d’une telle offrande ?

 

Refrain : Le plus beau des enfants des hommes (CD – Sur les pas de Claire d’Assise)

Est devenu pour nous sauver

Le dernier des derniers des hommes

Pour nous il a tout supporté

On l’a traité pour rien, fouetté sur tout le corps

On l’a traité de chien et conduit à la mort

Il va tout supporter, sans crier au secours

Pour nous réconcilier il invente l’Amour

Achevé sur la croix, Agneau dans l’abattoir

Il nous posse un pourquoi, il invente l‘espoir

Dans le noir du tombeau, dans la mort, dans la nuit

Eclate un jour nouveau, il invente la vie


Silence/ Adoration

 

Dieu a soif

 

Jusqu’à présent, Claire nous demandait de regarder. Et voici qu’elle nous invite à entrer en dialogue. Brusquement, le miroir placé sur le bois de la croix s’anime. Une plainte s’élève au milieu du silence. De la bouche de Jésus en croix, Claire accueille une lamentation de Jérusalem humiliée (Lam 1,12) « Voyez s’il est une douleur pareille à ma douleur ! » Douleur que St Jean traduira par un dernier cri : « J’ai soif » (Jn 19,28) Sur la croix, Jésus connaît une insondable solitude. Solitude de l’amour livré qui ne rencontre que le silence de la fuite, de l’incompréhension, du refus. Le cri de Jésus mourant dévoile son désir infini, sa soif de communion avec la créature. Il blesse le cœur de Claire, lui donnant de prendre la mesure de l’indicible amour.

La prière devant le Crucifié est échange. La prière de Claire, et la nôtre à sa suite se fait rencontre, dialogue d’amour et de compassion, écoute pour essayer de comprendre, avec la grâce de l’Esprit, l’incompréhensible démesure de la miséricorde du Père. Cette contemplation se grave en la mémoire : je ne pourrai pas oublier. La Passion de Jésus habitait Claire jour et nuit. La souffrance de l’Aimé devient la sienne dans une communion qui est à la fois douleur et émerveillement. Prière dont elle fait confidence à Ermentrude de Bruges quand elle lui écrit : « De toutes le fibres de ton être, aime Dieu et son Fils Jésus. Il a été crucifié pour nous, pécheurs. Que jamais son souvenir ne te quitte, mais fais attention à méditer sans cesse les mystères de la croix et les douleurs de sa mère debout sous la croix. (LEr11,12)

 

Gardez en votre cœur le brûlant désir de vous unir au Christ pauvre et méprisé. Alléluia ! Il a souffert pour nous nous le supplice de la croix. Alléluia ! ( CD – Lumières d’Assise)

 

Psaume 15


Veille sur moi Seigneur / car j’ai cherché refuge auprès de toi.

J’ai dit au Seigneur « tu es mon Dieu / Je n’ai pas d’autre bonheur que toi »

Le Seigneur met sa joie dans les saints qui vivent en cette terre/

Il accomplit pour eux les merveilles de son dessein bienveillant.

Mais ceux qui s’empressent vers des dieux étrangers/ voient se multiplier leur détresse. Gardez en votre cœur ….

Je ne verserai pas leurs libations de sang/ je ne mettrai jamais leurs noms sur mes lèvres

Seigneur, ma part d’héritage et ma coupe/ tu veilles sur la part que le sort m’a fixée.

Une terre de délices vient m’échoir en partage/ Un héritage qui me comble de joie.

Je bénis le Seigneur qui m’a révélé son dessein/même durant la nuit mon cœur me le rappelle. Gardez en votre cœur …

 

Le Seigneur est toujours devant mes yeux / il se tient à ma droite, je ne puis chanceler

Aussi mon cœur tressaille et mon esprit exulte/ car ma chair reposera dans la paix

Tu n’abandonneras pas mon âme au pouvoir des Enfers / tu ne laisseras pas ton ami voir la corruption

Tu me feras connaître le chemin de vie+

Et tu me combleras de bonheur devant ta face / près de toi, je serai dans la joie pour

toujours !

Gloire au Père, au Fils, au Saint Esprit,/ pour les siècles des siècles. Amen ! Gardez en votre cœur ….

 

Silence/ Adoration

 

Que je meure par amour de ton amour

 

Si souvent notre prière est remplie de ce que nous voulons dire à Dieu. Et voilà que sur la croix, il nous supplie, il quête de notre part attention à sa douleur, compassion pour son injuste souffrance. Le Christ se fait mendiant de l’amour de chacun. Son invitation à regarder sa douleur, blesse le cœur de Claire. Elle devient vulnérable, à l’image du pauvre Crucifié. Ce souvenir me consume.. Avec Claire nous pouvons demeurer dans une tendresse douloureuse, si pauvre soit-elle, qui nous unira au Bien-aimé, ne pas laisser le Christ seul au moment de la plus haute détresse, devenir présence silencieuse et aimante, souffrant de sa souffrance. Long et difficile apprentissage que celui de consentir à avoir mal de ce qui le blesse, à laisser la peine de Dieu nous toucher, nous affecter, devenir nôtre.

Chaque être humain est l’enfant bien-aimé de Dieu. En son cœur de Père, la douleur s’annonce aussi démesurée que son amour tant qu’un seul de ses petits ne connaîtra pas le bonheur. Jésus pauvre et crucifié, Claire le contemple, lui vient en aide dans chacun des membres accablés de son corps sublime (3LAg8). En sa compassion, elle garde mémoire de la Passion du Christ et la perçoit reflétée en toute réalité souffrante. Ainsi Claire rejoint les femmes de l’Evangile, debout au pied de la croix, et son amour vigilant offre un lieu de repos à la douleur de Dieu.


Que la force brûlante de ton amour, prenne possession de mon âme, afin que je meure par amour de ton amour, comme tu as voulu mourir par amour de mon amour !

( CD – Lumières d’Assise)

 

Silence / Adoration

 

 Les fruits de la Croix

 

Claire n’observe pas à distance la force salvifique du Crucifié, mais elle se laisse envahir tout entière par elle. Du coup elle devient par grâce source de salut, de santé pour ses frères et sœurs souffrantes. Dans la prière, elle participe à l’amour du Crucifié qui guérit : peu à peu, l’indicible amour de Dieu s’imprime dans son cœur, merveilleux échange où elle recueille de l’arbre de la croix toute la force de vie bienfaisante et bonne que l’amour communique. Le Christ rend amour pour amour à celle qui l’aime. Claire brûle de charité pour lui et accomplit des choses extraordinaires par la puissance de la croix. A peine trace-t-elle le signe de la croix sur les malades que leurs infirmités disparaissent (Cel 32). Son attention prévenante s’empresse de soulager autant qu’elle le peut ses sœurs et les autres malades. De toute la force de sa foi, elle s’offre au service des miséreux afin qu’à travers elle, le Crucifié poursuive son œuvre. Rien de magique en cela, mais, en bénissant chacune de ses sœurs, Claire, petite et pauvre, offre à la grâce l’espace libre où elle pourra se déployer, manifestant ainsi que Dieu seul est source de tout bien.

Considérer le mystère de l’ineffable charité de Dieu dans le Christ en croix nous conduit à une même fécondité, car l’amour se donne pour être livré : deviens celui que tu contemples

 

Hymne à la croix

 

Nous te louons, nous t’adorons ! De ta croix a jailli la joie dans le monde

O Christ notre frère venu nous sauver, De ta croix a jailli la joie dans le monde

Sagesse éternelle et Verbe de Dieu, De ta croix a jailli la joie dans le monde

Splendeur de la lumière éternelle du Père, De ta croix a jailli la joie dans le monde

Jésus tu éclaires nos ténèbres et nos nuits, De ta croix a jailli la joie dans le monde

Nous te louons, nous t’adorons ! De ta croix a jailli la joie dans le monde

Voici la croix du Christ, arbre de la vie ! Voici la croix du Christ, signe de la Paix !

Toi qui es venu dans le monde, prends pitié de nous

Toi qui fus pendu à la croix, prends pitié de nous

Toi qui pour nous a accepté la mort en croix, Jésus-Christ, source de la vie

Nous te louons, nous t’adorons ! De ta croix a jailli la joie dans le monde

Voici la croix du Christ, arbre de la vie ! Voici la croix du Christ, signe de la Paix !

(CD Signes n° 63)

 

Silence/adoration

 

Expression libre


Prière de clotûre

 

Nous t’adorons, Seigneur Jésus-Christ

Ici et dans toutes les églises qui sont dans le monde entier

Et nous te bénissons, parce que, par ta sainte croix,

Tu as racheté le monde

 

Prochaines rencontres

 

Mercredi 18 avril 2012 à 19h – «  Devenir écoute » - préparé par l’hospitalité franciscaine

Mercredi 16 mai 2012 à 19h – «  Devenir amour » - préparé par la fraternité St Michel

Mercredi 20 juin 2012 à 19h – « Devenir bénédiction » - préparé par la fraternité Ste Claire

 

Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici


Je vous serai gré reconnaissant de me faire parvenir vos impressions et vos témoignages, concernant ces prières, soit par mail, à franck.monvoisin@laposte.net ou en laissant un commentaire sur le mur d'Images Saintes. Je les ferai suivre aux Fraternités.

 

29 février 2012

La Miséricorde à l'école du Père Lataste

Conférences de Carême

Le Mercredi à 19h30

En l'Eglise Saint Paul-Les Dominicains à Bordeaux

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La Miséricorde à l'école du Père Lataste

 

Mercredi 29 février

« Le Père Lataste : sa vie, son œuvre », Frère Hugues-François Rovarino, O.P. Prieur du Couvent

 

Mercredi 7 mars

« Sa Sainte préférée : Marie-Madeleine », Frère David Macaire, O.P. Prieur de la Sainte Baume (En présence des reliques de Sainte Marie-Madeleine)

 

Mercredi 14 mars

« La Miséricorde », Frère Antoine-Marie Berthaud, O.P. Sous-Prieur du Couvent

 

Mercredi 21 mars

« Sa prédication, ses homélies », Frère Paul-Marie Cathelinais, O.P. Prédicateur

 

Mercredi 28 mars

« Un guide pour les aumôniers de prison », Père Richard Gay, Aumônier de prison

 

Horaire des soirées

19h00 : Vêpres

19h30 : Conférence

20h30 : Complies

 

Adresse et contact

Frères Dominicains

Couvent de la Vierge du Rosaire

20, rue des Ayres

33082 Bordeaux Cedex

http://bordeaux.dominicains.com

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Le Vénérable Marie-Jean Joseph Lataste

Fondateur des Dominicaines de Béthanie

1832-1869

 

Alcide Lataste est né à Cadillac sur Garonne, en Gironde, dans le Diocèse de Bordeaux, le 5 septembre 1832, après une jeunesse remplie de dévouement au sein de la Société de Saint Vincent de Paul, pour laquelle il fonda des Conférences locales, il entra, en 1857, dans l'Ordre des Frères Précheurs, plus communément appelés Dominicains, où il prit le nom de Père Marie-Jean-Joseph. En 1864, il prêcha une retraite aux détenues de la Centrale de Cadillac, actuellement, le Château des Ducs d'Epernon, et, pendant ces jours, il découvrit en elles les merveilleux effets de la Miséricorde et, en certaines, il discerna un réel appel à se donner au Seigneur dans la vie consacrée. C'est dans cette prison, devant le Seigneur exposé, qu'il reçut l'inspiration de fonder une nouvelle famille religieuse dans laquelle toutes les Soeurs, quel que soit leur passé, les unes converties, les autres religieuses, seraient unies dans un même amour et une même consécration, témoignant ainsi que « pour se donner à nous, Dieu ne regarde pas ce que nous avons été, mais ce que nous sommes ». Le Père Marie-Jean-Joseph Lataste est entré dans la Vie à Frâsne-le-Château, en Haite Saône. Il repose actuellement dans la maison généralice, qui se trouve à Saint Sulpice de Favière, où il est entouré de la vénération de ses Filles. La décret autorisant sa Béatification a été signé le 27 juin 2010, celle-ci sera célébrée le 3 juin 2012.

18 janvier 2012

Exercice pour demander le pardon de ses péchés pendant la Sainte Messe

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Exercice pour demander le pardon de ses péchés pendant la Sainte Messe

Avant la Messe


O Dieu tout-puissant qui, dans Votre Miséricorde infinie, daignez, par le Sacrement de Pénitence, nous remettre nos péchés et nous délivrer de la damnation éternelle, voulant satisfaire de plus en plus à Votre Souveraine Justice, j'ai recours au Trésor des Mérites de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Votre Fils unique, et je puise dans cette Source intarissable de quoi suppléer a ma faiblesse et a mon impuissance. Je suis pauvre et misérable, et je n'ai rien à Vous offrir; mais Vous, Ô mon Dieu, qui êtes riche en Miséricorde, effacez jusqu'à la moindre trace de mes prévarications passées; arrachez de mon cœur toute affection, toute inclination qui pourrait Vous contrister, afin que je me rende digne des mérites infinis de l'Homme-Dieu qui va renouveler sur cet Autel le mystère de Sa Passion et de Sa Mort.


Au commencement de la Messe


O Mon Seigneur et mon Dieu, je reconnais et je confesse que mes iniquités me rendent indigne de paraître devant Vous et d'assister à ce redoutable Sacrifice. Mais, avec une entière confiance en Votre Infinie Miséricorde, je Vous supplie d'avoir pitié d'une âme que Vous avez créée à Votre image, de faire grâce a un coupable qui Vous invoque avec l'humilité d'un cœur contrit, de pardonner à un fils prodigue qui cherche à recouvrer l'amitié d'un Père plein de Bonté et d'indulgence. Entrant dans l'esprit et l'intention de l'Eglise, j'implore avec elle Votre Miséricorde, et j'unis mes prières à celles du Prêtre pour obtenir le pardon de mes péchés que j'espère par les mérites de Jésus-Christ, Votre Fils qui, comme une Victime agréable à Votre Cœur, va s'immoler sur l'autel.

Au Kyrié Eleison

Je demande, ô mon Dieu, par des gémissements et des soupirs réitérés, que Vous me fassiez Miséricorde; et quand je Vous dirais a tous les moments de ma vie: « Seigneur ayez pitié de moi », ce ne serait pas encore assez pour le nombre et pour l'énormité de mes péchés.

Au Gloria In Excelsis



Vous méritez, ô mon Dieu, une Gloire infinie, et elle ne peut Vous être dignement rendue que dans le Ciel. Qui sera assez pur pour Vous glorifier et Vous bénir? Vous êtes Lumière, et je suis ténèbres; Vous êtes la Vie, et je suis la mort. Les ténèbres loueront-elles la Lumière? La mort louera-t-elle la vie? Je ne suis que vanité, que misère, que pourriture; je suis conçu et né dans le péché. La louange ne convient pas dans la bouche d'un si misérable pécheur. Que ce soit Votre Puissance qui Vous loue; que Votre Sagesse Vous exalte à jamais. Agneau de Dieu, qui seul pouvez effacer mes péchés, ayez pitié de moi, et du Trône où Vous ôtes assis à la droite de Votre Père céleste, voyez ma profonde misère: car si Vous êtes seul, ô Jésus, infiniment Saint, infiniment Puissant, soyez encore infiniment Miséricordieux pour un pauvre Pécheur qui met en Vous toute sa confiance.

Aux Oraisons



O Dieu éternel, souverain Maître de toutes choses, les âmes des infidèles sont l'ouvrage de Vos Mains; Jésus, Votre Fils unique, a souffert pour leur Salut une mort ignominieuse et cruelle; ne permettez pas qu'Il soit plus longtemps l'objet de leurs blasphèmes. Laissez-Vous fléchir par les prières de l'Eglise, oubliez leur infidélité ; et faites qu'ils reconnaissent comme leur Dieu Celui que Vous nous avez envoyé pour être notre Vie, notre Salut et notre Résurrection, et auquel appartient toute Gloire durant les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

A l'Epitre



O Seigneur, ne Vous levez pas dans Votre Juste Colère: ne punissez pas les violateurs de Votre Sainte Doctrine, ils sont Vos enfants, ils sont nos frères. Recevez les tendres prières que Votre Eglise ne cesse de Vous adresser pour eux, entendez ses soupirs, voyez les larmes amères qu'elle verse dans sa douleur sur les rebelles qui refusent de Vous reconnaître, avec Jésus-Christ, notre médiateur, que Vous avez envoyé. Aidez-moi, mon Dieu, à garder religieusement le précieux dépôt de la Vérité dans une conscience pure; car il m'importe peu de croire, si mes mœurs contrarient et scandalisent ma croyance, de captiver ma raison sous l'empire des mystères, si mon cœur séditieux secoue l'inviolable autorité de Vos Préceptes.

A l'Evangile



Que sert à un homme de gagner tout l'univers, s'il perd son âme? Que donnera-t-il en échange pour elle? Entrez par la porte étroite, parce que la porte de la perdition est large et le chemin qui y mène est spacieux, et il y en a beaucoup qui y entrent. Que la porte de la vie est petite! que la voie qui y mène est étroite, et qu'il y en a peu qui la trouvent! Tout arbre qui est bon produit de bons fruits; et tout arbre qui est mauvais produit de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut produire de mauvais fruits, et un mauvais arbre n'en peut produire de bons. Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. Je vous déclare que, si vous ne faites pénitence. Vous périrez tous. Il y aura plus de joie dans le Ciel pour un seul Pécheur qui fait pénitence que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de pénitence.

Au Credo



Nous voilà parvenus, ô mon Dieu, à ces temps déplorables où la Foi ne semble plus que le partage des simples, où la sainte parole est tournée en dérision. Hélas, chacun marche dans la voie de son conseil et s'applaudit d'une orgueilleuse singularité; l'esprit de système a corrompu la droiture primitive; la jeunesse effrénée corrompt ce qu'elle sait et blasphème ce qu'elle ignore. Il est bien vrai, Seigneur, que, si Vous reveniez sur la terre, Vous y trouveriez à peine une étincelle de Foi. Souvenez-Vous de Vos anciennes Miséricordes: ne permettez pas que ce reste de Foi se retire entièrement d'un Royaume où elle a fait tant de Saints. Rompez le voile qui Vous cache a l'incrédule, faites entendre Votre voix à son cœur, rallumez-y le flambeau d'une foi éteinte, de peur qu'il ne meure dans la nuit affreuse de son crime et de son incrédulité.

A l'Offertoire



Voici, ô mon Dieu, cette créature ingrate qui s'est révoltée contre Vous. Hélas, pénétré de douleur, j'ai en abomination et je déteste de tout mon cœur mes innombrables péchés; je Vous présente en paiement la même satisfaction que Jésus Vous fait sur l'Autel. O Père infiniment Saint, si mes crimes Vous irritent contre moi et me rendent un objet d'horreur et d'exécration à Vos yeux, détournez-les de dessus moi, mais regardez ce Fils unique, ce cher objet de Vos complaisances et de Votre Amour; regardez cet Agneau innocent qui va s'immoler pour effacer les péchés du monde; et, en vue de Ses Mérites, oubliez mes ingratitudes et mes perfidies: oubliez que j'ai mérité mille fois de porter éternellement tout le poids de Vos vengeances dans les Enfers. Souvenez-Vous seulement que j'ai le bonheur d'être un des membres du Corps Sacré de ce Fils adorable, membre indigne à la vérité, mais membre qui Lui est très cher et très étroitement uni; membre pour qui Il prie, pour qui Il est mort sur une Croix, et pour qui Il va encore vous offrir le Sacrifice non sanglant de Sa Chair Immaculée.

A la Préface



O Sainte Victime, qui allez descendre sur cet Autel pour la Gloire de Dieu et le Salut des hommes, c'est à Vous que s'adresse mon humble prière. Tirez-moi de l'abîme profond où je me suis jeté. C'est Vous qui effacez les péchés du monde; c'est à Vos pieds que les Pécheurs contrits retrouvent la Grâce et la Paix. Versez dans mon âme la douleur et l'amour de Sainte Madeleine, les larmes de Saint Pierre, la contrition des Saints Pénitents. Les pures Intelligences, qui composent Votre Cour Céleste, chantent avec transport la Gloire du Dieu trois fois Saint; je ne suis pas digne de mêler ma voix à leurs cantiques; mais je bénis Celui qui vient pour triompher du péché en me rétablissant dans l'innocence, Celui qui veut bien être encore mon Espérance, mon Refuge et mon Libérateur.

Au Sanctus



Louange, honneur et gloire à Vous, ô aimable Rédempteur des hommes, qui êtes entré dans Jérusalem plein de Douceur et de Bonté, et qui, au milieu des louanges que Vous donnait la foule accourue au-devant de Vous, avez versé des larmes sur la ruine de la ville, accordez-moi une entière connaissance de moi-même, afin que je reconnaisse mon indignité, que je m'humilie et me méprise très profondément. Faites, O mon Dieu, que je ne trouve jamais aucun plaisir dans les louanges et la faveur des hommes, mais que je m'adonne aux larmes intérieures de la pénitence et de l'amour; faites que je ressente les peines des autres comme les miennes, et que je pleure leurs péchés aussi amèrement que les miens.

Au Mémento des vivants



Au nom de la Passion et de la Mort de Votre Fils Bien-aimé, au nom de Son Cœur blessé par Amour pour nous, souvenez-Vous, ô Père très Clément, dans Votre Miséricorde, de tant de malheureux qui blasphèment Votre Saint Nom. Ne permettez pas que le Démon continue de ravir a votre tendresse des âmes qui Vous sont toujours chères, et pour lesquelles Jésus-Christ est mort sur la Croix. Excitez en elles une véritable contrition de leurs péchés, et faites en sorte qu'elles Vous dédommagent par leur fidélité des outrages dont elles ont affligé si longtemps Votre Divin Cœur.

A l'Elévation



O Sang Très Précieux, prix et rançon de l'Univers, Source de vie éternelle, qui abreuvez mon âme et la purifiez de toute souillure, je Vous adore profondément, et je voudrais, par la pureté et la ferveur de mes hommages, compenser les outrages que Vous recevez continuellement de la part de tant de sacrilèges blasphémateurs. Eh! Qui pourrait donc ne pas bénir ce Sang d'une valeur infinie? Qui pourrait ne pas se sentir tout brûlant d'amour pour Jésus-Christ qui l'a répandu jusqu'à la dernière goutte par Amour pour nous? O Jésus, qui nous avez donné ce Sang Divin pour racheter nos âmes et guérir nos plaies, convertissez tous les cœurs, afin que tous les cœurs puissent Vous louer, Vous bénir et Vous remercier pendant toute l'éternité. ( 300 jours d'indulgence ).

Après l'Elévation



Que n'ai-je en ce moment, ô mon Dieu, toute l'horreur du péché et toute la contrition qu'avait Jésus Votre Fils, lorsque, accablé sous le poids énorme de mes crimes, et prêt à les expier par de cruels tourments, Il fondait en larmes; et que, tout couvert d'une sueur de Sang, le Visage collé contre terre, Il faisait amende honorable pour moi à Votre Majesté offensée, implorant Votre Miséricorde avec de profonds soupirs et de tendres gémissements! Je la désire cette parfaite contrition, et je Vous la demande de tout mon cœur. Je désavoue tous mes crimes, je les déteste, je confesse que j'ai un tort infini de Vous avoir offensé, mon Père et mon Dieu, et de n'avoir payé Vos bienfaits que par des outrages. Il n'est rien, Seigneur, que je ne veuille faire et souffrir pour expier tant de fautes, et je m'estimerais heureux de mourir ici de douleur pour satisfaire à Votre Justice.

Au second Mémento



O Père Saint, Dieu de miséricorde, par les larmes, la sueur de Sang, les gémissements et les soupirs de Jésus; par les tourments et les douleurs qu'Il a endurés par amour pour nous, ayez pitié de tous les fidèles défunts, et surtout de ceux qui à cause du nombre ou de la gravité de leurs péchés, sont condamnés a des peines plus longues et plus rigoureuses, abrégez la durée et adoucissez la violence de leurs maux.

Au Pater



Vous voyez à vos pieds, Seigneur, un enfant prodigue, couvert de confusion, qui n'ose plus vous appeler Son Père. Je confesse que mes péchés ont déshonoré ce Saint Nom, et qu'ils me rendent indigne de Vos Bontés. Convertissez-moi sincèrement à vous, ô mon Dieu, convertissez les Pécheurs; ramenez dans Votre Eglise, ceux qui s'en sont séparés. Que Votre Volonté à laquelle j'ai eu si souvent la témérité de m'opposer s'accomplisse sur la terre comme dans le Ciel. Pardonnez-moi mes offenses, comme je pardonne toutes celles qui m'ont été faites; préservez-moi de la rechute dans le péché. Eloignez de moi toutes les tentations et les occasions dangereuses, et délivrez-moi du mal que je dois craindre uniquement.

A l'Agnus Dei



O Divin agneau, qui avez bien voulu vous charger des péchés du monde, ayez pitié de moi. Je suis accablé du poids et de l'énormité des miens: portez-les, ô mon Jésus, portez-les, puisqu'en les portant, vous les effacerez, et qu'en les effaçant, vous me donnerez Votre Paix et Votre Amour.

Au "Domine non sum dignus"



Hélas, Seigneur, il n'est que trop vrai que je ne mérite pas de Vous recevoir, je m'en suis rendu tout à fait indigne par mes péchés qui m'ont éloigné de Vous. Car, si la femme de Jérusalem courbée sous le poids de ses péchés, osait à peine coller ses lèvres sur Vos pieds sacrés, les arroser de ses larmes, les essuyer de ses cheveux, comment moi plus coupable, parce que j'ai plus abusé, oserais-je Vous demander une part à la plus douce de Vos faveurs? Ah! Seigneur, confus et pénitent. je demeurerai a Vos pieds, je les mouillerai de mes pleurs, non pour les laver, mais pour me laver moi-même; je me garderai bien de lever mes yeux jusqu'à ce que Vous m'ayez dit: « Mon enfant, prends confiance, tes péchés te sont remis », trop heureux, ô mon aimable Jésus, si, dans mon infortune, je Vous reçois d'esprit et de cœur,et si je m'unis à Vous par la Foi, par l'Espérance, par l'Amour.

Aux dernières Oraisons



O Seigneur Jésus, Bon Pasteur, qui avez donné Votre, Vie pour Vos brebis, qui ne voulez pas la mort du Pécheur, mais son retour à la grâce, exaucez la prière que je Vous adresse par le Cœur Immaculé de Marie, pour la conversion des infidèles, l'extirpation des schismes et des hérésies. Recherchez tant de brebis errantes, et faites sortir de leurs cœurs, des larmes de componction et d'amour qui éteignent le feu de leurs passions déréglées et leur obtiennent de jour en jour une plus grande miséricorde.

A la Bénédiction



O Seigneur Jésus, bénissez les justes, afin qu'ils se sanctifient encore; bénissez les pauvres Pécheurs, afin qu'ils se convertissent et ressuscitent à la Grâce; bénissez-nous tous, et que, délivrés de tout mal et fortifiés dans tout bien, nous méritions d'être bénis dans l'éternité, au Nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Au dernier Evangile



O Jésus, vraie Lumière, qui éclaire tout homme venant en ce monde, daignez, je Vous en supplie, par la vertu inestimable du Divin Sacrifice auquel je viens d'assister, dissiper les ténèbres de l'hérésie et de l'erreur. Faites que tous suivent la Lumière de la Vérité et se pressent d'entrer dans le sein de l'Eglise. O Bon Pasteur, qui avez donné Votre Vie pour vos ouailles, protégez Votre Troupeau, et défendez-le contre la force et les pièges de ceux qui viennent sous les dehors de brebis, et qui au dedans ne sont que des loups ravissants. Montrez que Vous êtes avec nous, Seigneur, parce que Vous avez dit: « Voilà que Je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles ». Montrez que Votre Eglise est bâtie sur la pierre ferme, et que les portes de l'Enfer ne prévalent pas contre elle, mais que tous ceux qui la composent confessent Votre Nom et Vous servent dans une pleine et entière liberté.


Prière extraite de « L'Année Pieuse », du P. Ligny, Amiens, Typographie Alfred Garon, 1851

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15 novembre 2011

Le Serviteur de Dieu Georges de Geel

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Le Serviteur de Dieu Georges de Geel

Frère Mineur Capucin Martyrisé au Congo

1617-1652

 

Le Père Georges de Geel, dans le monde Adrien Willems, naquit en 1617. Ordonné Prêtre à Anvers en 1642, il entra la même année dans l'Ordre des Frères Mineurs Capucins, à Louvain. Par zèle des âmes il partit au Congo en 1648, mais il n'y arriva qu'en 1651. On conserve à Rome un dictionnaire congolais écrit de sa main, témoignage de son zèle et de son talent. Assassiné par les habitants du Congo, en 1652, il mourut de la palme des martyrs de la Foi ; des faits merveilleux ont étés officiellement attestés lors de son trépas. La cause de sa Béatification a été introduite à la Curie Archiépiscopale de Malines, avec l'espoir de voir un jour proclamer « Saint Patron du Congo ».

 

Prière pour demander la Béatification du Serviteur de Dieu Georges de Geel

 

O Dieu qui avez rempli Votre Serviteur Georges de l'esprit de zèle apostolique et lui avez accordé la force de sacrifier sa vie pour Vous, tout en implorant le pardon pour ses bourreaux, daignez faire resplendir son nom parmi les Bienheureux martyrs et puisse ainsi, à son exemple, croître en nous l'esprit de zèle et de Charité. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

 

Imprimatur

Mechliniae, die 15 julii 1938

Et. Jos. Carton de Wiart

Vic. Gen.

 

Evulgetur

P. Raphaël ab Oreye

Min. Prov. O.M. Cap.

 

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3 mai 2011

Bienheureux Jean Paul II

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Bienheureux Jean Paul II

« N'ayez pas peur ! Ouvrez grand les portes au Christ ! »

1920-2005

Fête le 22 octobre

 

Karol Józef Wojtyła, devenu Jean-Paul II à son élection au Siège apostolique d'octobre 1978, est né le 18 mai 1920 à Wadowice, petite ville située à 50 km de Cracovie. Il est le plus jeune des trois enfants de Karol Wojtyła et d'Emilie Kaczorowska. Sa mère mourut en 1929. Son frère aîné Edmund, qui fut médecin, est décédé en 1932, leur père, ancien Sous-officier, en 1941. Leur sœur Olga était décédée avant sa naissance. Il fut baptisé le 20 juin 1920, dans l'Eglise paroissiale de Wadowice, par le prêtre François Zak, fit sa Première Communion à 9 ans et reçut la Confirmation à 18 ans. Conclues ses études secondaires près l'Ecole Marcin Wadowita de Wadowice, il s'inscrit en 1938 à l'Université Jagellon de Cracovie et à un cours de théâtre. L'Université ayant été fermée en 1939 par l'occupant nazi, le jeune Karol dût travailler sur un chantier de l'usine chimique Solvay afin de gagner sa vie et d'échapper à la déportation en Allemagne.

 

A compter de 1942, ressentant sa vocation au sacerdoce, il suivit les cours de formation du Séminaire clandestin de Cracovie. Il fut à la même époque l'un des promoteurs du Théâtre Rapsodique, lui aussi clandestin. Après la Seconde Guerre Mondiale, il poursuivit ses études près le Grand Séminaire de Cracovie à peine réouvert, mais également à la Faculté de théologie de l'Université Jagellon, jusqu'à son ordination sacerdotale survenue à Cracovie le 1er novembre 1946 des mains du Cardinal Adam Stefan Sapieha. Il fut ensuite envoyé à Rome par le Cardinal Sapieha et poursuivit ses études doctorales sous la direction du Dominicain français, le P.Garrigou-Lagrange. Il soutint en 1948 sa thèse en théologie consacrée à la Foi dans l'oeuvre de saint Jean-de-la-Croix (Doctrina de fide apud Sanctum Ioannem a Cruce). Durant ce séjour romain, il occupa son temps libre pour exercer son ministère pastoral auprès des émigrés polonais de France, de Belgique et des Pays-Bas. Il rentra en 1948 en Pologne pour être vicaire en diverses paroisses de Cracovie et Aumônier des étudiants jusqu'en 1951 lorsqu'il reprit ses études philosophiques et théologiques. En 1953, il soutint près l'Université catholique de Lublin une thèse intitulée "Mise en valeur de la possibilité de fonder une éthique catholique sur la base du système éthique de Max Scheler". Il accéda ensuite à l'enseignement professoral de la théologie morale et d'éthique sociale au Grand Séminaire de Cracovie et à la Faculté de théologie de Lublin.

 

Le 4 juillet 1958, Pie XII le nomma Evêque titulaire de Ombi et auxiliaire de Cracovie et, le 28 septembre suivant, il reçut la consécration épiscopale des mains de l'Archevêque Eugeniusz Baziak, en la cathédrale du Wawel (Cracovie). Le 13 janvier 1964, il fut nommé Archevêque de Cracovie par Paul VI qui, le 26 juin 1967, l'éleva au cardinalat, du titre de S.Cesareo in Palatio, une diaconie élevée au rang presbytéral pro illa vice.Après avoir participé au Concile Vatican II (1962-1965), où il offrit notamment une importante contribution à l'élaboration de la constitution Gaudium et spes, le Cardinal Wojtyła prit part à toutes les assemblées du Synode des Evêques.

 

Au cours du second Conclave de 1978, il fut élu Pape par les Cardinaux le 16 octobre et prit le nom de Jean-Paul II. Le 22 octobre, Jour du Seigneur, il entamait solennellement son ministère pétrinien de 263º successeur de l'Apôtre Pierre. Son pontificat de près de 27 années allait être l'un des plus longs de l'histoire de l'Eglise. Jean-Paul II a exercé le ministère pétrinien avec un inlassable esprit missionnaire, prodiguant toutes ses énergies poussé par la sollicitude pastorale envers toutes les Eglises et par la charité ouverte à l'humanité tout entière. En 26 années de pontificat, le Pape Jean-Paul II a accompli 104 voyages apostoliques hors d'Italie et 146 visites dans ce pays. Comme Evêque de Rome, il a visité 317 des 333 paroisses de son diocèse. Plus qu'aucun de ses prédécesseurs, il a rencontré le Peuple de Dieu et les Responsables des nations: aux 1166 audiences générales du mercredi ont participé plus de 17.600.000 pèlerins, sans compter toutes les autres audiences spéciales et les cérémonies religieuses [plus de 8 millions de pèlerins seulement au cours du Grand Jubilé de l'An 2000]; outre les millions de fidèles qu'il a rencontrés au cours de ses visites pastorales en Italie et dans le monde. Nombreuses sont les personnalités gouvernementales reçues en audience: il suffit de rappeler les 38 visites officielles et les 738 audiences ou rencontres de chefs d'Etat, ainsi que les 246 audiences et rencontres de premiers ministres.

 

Son amour pour les jeunes l'a poussé à lancer en 1985 les Journées mondiales de la Jeunesse, et les 19 JMJ de son pontificat ont rassemblé des millions de jeunes dans diverses parties du monde. D'autre part, son attention à la famille s'est exprimée par la tenue de Rencontres mondiales des Familles entreprises à son initiative en 1994. Il a promu avec succès le dialogue avec les juifs et avec les représentants des autres religions, les invitant parfois à des rencontres de prière pour la paix, en particulier à Assise. Sous sa direction l'Eglise s'est approchée du troisième millénaire et a célébré le grand Jubilé de l'An 2000, selon les orientations indiquées dans la Lettre apostolique Tertio Millennio adveniente. Celle-ci s'est ensuite ouverte à la nouvelle époque, en recevant ses indications dans la Lettre apostolique Novo Millennio ineunte, dans laquelle il montrait aux fidèles le chemin de l'avenir. Avec l'Année de la Rédemption, l'Année mariale et l'Année de l'Eucharistie il a promu le renouveau spirituel de l'Eglise.

 

Il a donné une impulsion extraordinaire aux canonisations et aux béatifications, pour montrer d'innombrables exemples de la sainteté d'aujourd'hui, qui soient un encouragement pour les hommes de notre temps. Jean-Paul II a procédé à 147 cérémonies de béatification (1338 Bienheureux) et à 51 de canonisation (482 Saints). Il a proclamé Docteur de l'Eglise sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus.

 

Il a considérablement élargi le Collège des Cardinaux, en a créant 231 en 9 Consistoires, plus 1 in pectore, dont le nom n'a jamais été révélé. Il a également présidé 6 réunions plénières du Sacré Collège.Jean-Paul II a présidé 15 Synodes des Evêques: 6 Assemblées ordinaires (1980, 1983, 1987, 1990, 1994 et 2001), 1 générale extraordinaire (1985), 8 spéciales (1980, 1991, 1994, 1995, 1997, 1998 [2] et 1999). Au nombre de ses documents majeurs, on compte 14 encycliques, 15 exhortations apostoliques, 11 constitutions apostoliques et 45 lettres apostoliques. Il a promulgué le Catéchisme de l'Eglise catholique, à la lumière de la Tradition, interprétée avec autorité par le Concile Vatican II. Il a également réformé le Codes de droit canonique latin et oriental, a créé de nouvelles institutions et réorganisé la Curie romaine. A titre privé, en tant que Docteur, a également publié cinq livres: "Entrer dans l'espérance" (octobre 1994); "Don et Mystère: en ce 50 anniversaire de mon ordination sacerdotale" (novembre 1996); "Triptyque romain"- Méditations poétiques (mars 2003); "Levez-vous et allons!" (mai 2004) et "Mémoire et Identité" (février 2005).

 

Jean-Paul II est décédé au Vatican le 2 avril 2005 à 21 h 37', tandis qu'on entrait déjà dans le Jour du Seigneur, Octave de Pâques et Dimanche de la Divine Miséricorde. Les funérailles de Jean-Paul II se sont déroulées le 8 avril 2005, alors que depuis son décès plus de trois millions de fidèles étaient venus à Rome saluer sa dépouille, attendant jusqu'à 24 heures avant d'entrer dans la Basilique St. Pierre. Le 28 avril, le nouveau Pape Benoît XVI a accordé la dispense des 5 années après la mort pour l'ouverture de la Cause en béatification-canonisation de Jean-Paul II. La procédure canonique a été ouverte le 28 juin suivant par le Cardinal Camillo Ruini, Vicaire général pour le diocèse de Rome. Jean Paul II a été béatifié le Dimanche 1er mai 2011, par son successeur, le Pape Benoît XVI, jour de la Fête de la Miséricorde Divine.

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Homélie prononcée par le Pape Benoît XVI lors de la Messe de Béatification du Serviteur de Dieu Jean Paul II, place Saint Pierre, à Rome, le 1er mai 2011

 

Chers frères et sœurs!

 

Il y a six ans désormais, nous nous trouvions sur cette place pour célébrer les funérailles du Pape Jean-Paul II. La douleur causée par sa mort était profonde, mais supérieur était le sentiment qu’une immense grâce enveloppait Rome et le monde entier: la grâce qui était en quelque sorte le fruit de toute la vie de mon aimé Prédécesseur et, en particulier, de son témoignage dans la souffrance. Ce jour-là, nous sentions déjà flotter le parfum de sa sainteté, et le Peuple de Dieu a manifesté de nombreuses manières sa vénération pour lui. C’est pourquoi j’ai voulu, tout en respectant la réglementation en vigueur de l’Église, que sa cause de béatification puisse avancer avec une certaine célérité. Et voici que le jour tant attendu est arrivé! Il est vite arrivé, car il en a plu ainsi au Seigneur: Jean-Paul II est bienheureux! Je désire adresser mes cordiales salutations à vous tous qui, pour cette heureuse circonstance, êtes venus si nombreux à Rome de toutes les régions du monde, Messieurs les Cardinaux, Patriarches des Églises Orientales Catholiques, Confrères dans l’Épiscopat et dans le sacerdoce, Délégations officielles, Ambassadeurs et Autorités, personnes consacrées et fidèles laïcs, ainsi qu’à tous ceux qui nous sont unis à travers la radio et la télévision.

 

Ce dimanche est le deuxième dimanche de Pâques, que le bienheureux Jean-Paul II a dédié à la Divine Miséricorde. C’est pourquoi ce jour a été choisi pour la célébration d’aujourd’hui, car, par un dessein providentiel, mon prédécesseur a rendu l’esprit justement la veille au soir de cette fête. Aujourd’hui, de plus, c’est le premier jour du mois de mai, le mois de Marie, et c’est aussi la mémoire de saint Joseph travailleur. Ces éléments contribuent à enrichir notre prière et ils nous aident, nous qui sommes encore pèlerins dans le temps et dans l’espace, tandis qu’au Ciel, la fête parmi les Anges et les Saints est bien différente! Toutefois unique est Dieu, et unique est le Christ Seigneur qui, comme un pont, relie la terre et le Ciel, et nous, en ce moment, nous nous sentons plus que jamais proches, presque participants de la Liturgie céleste.

 

«Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru.» (Jn 20,29). Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus prononce cette béatitude : la béatitude de la foi. Elle nous frappe de façon particulière parce que nous sommes justement réunis pour célébrer une béatification, et plus encore parce qu’aujourd’hui a été proclamé bienheureux un Pape, un Successeur de Pierre, appelé à confirmer ses frères dans la foi. Jean-Paul II est bienheureux pour sa foi, forte et généreuse, apostolique. Et, tout de suite, nous vient à l’esprit cette autre béatitude : «Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux» (Mt 16, 17). Qu’a donc révélé le Père céleste à Simon? Que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant. Grâce à cette foi, Simon devient «Pierre», le rocher sur lequel Jésus peut bâtir son Église. La béatitude éternelle de Jean-Paul II, qu’aujourd’hui l’Église a la joie de proclamer, réside entièrement dans ces paroles du Christ: «Tu es heureux, Simon» et «Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru.». La béatitude de la foi, que Jean-Paul II aussi a reçue en don de Dieu le Père, pour l’édification de l’Église du Christ.

Cependant notre pensée va à une autre béatitude qui, dans l’Évangile, précède toutes les autres. C’est celle de la Vierge Marie, la Mère du Rédempteur. C’est à elle, qui vient à peine de concevoir Jésus dans son sein, que Sainte Élisabeth dit: «Bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur!» (Lc 1, 45). La béatitude de la foi a son modèle en Marie et nous sommes tous heureux que la béatification de Jean-Paul II advienne le premier jour du mois marial, sous le regard maternel de Celle qui, par sa foi, soutient la foi des Apôtres et soutient sans cesse la foi de leurs successeurs, spécialement de ceux qui sont appelés à siéger sur la chaire de Pierre. Marie n’apparaît pas dans les récits de la résurrection du Christ, mais sa présence est comme cachée partout: elle est la Mère, à qui Jésus a confié chacun des disciples et la communauté tout entière. En particulier, nous notons que la présence effective et maternelle de Marie est signalée par saint Jean et par saint Luc dans des contextes qui précèdent ceux de l’Évangile d’aujourd’hui et de la première Lecture: dans le récit de la mort de Jésus, où Marie apparaît au pied de la croix (Jn 19, 25); et au début des Actes des Apôtres, qui la montrent au milieu des disciples réunis en prière au Cénacle (Ac 1, 14).

 

La deuxième Lecture d’aujourd’hui nous parle aussi de la foi, et c’est justement saint Pierre qui écrit, plein d’enthousiasme spirituel, indiquant aux nouveaux baptisés les raisons de leur espérance et de leur joie. J’aime observer que dans ce passage, au début de sa Première Lettre, Pierre n’emploie pas le mode exhortatif, mais indicatif pour s’exprimer; il écrit en effet: «Vous en tressaillez de joie», et il ajoute: «Sans l’avoir vu vous l’aimez; sans le voir encore, mais en croyant, vous tressaillez d’une joie indicible et pleine de gloire, sûrs d’obtenir l’objet de votre foi: le salut des âmes.» (1 P 1, 6. 8-9). Tout est à l’indicatif, parce qu’existe une nouvelle réalité, engendrée par la résurrection du Christ, une réalité accessible à la foi. «C’est là l’œuvre du Seigneur – dit le Psaume (118, 23) – ce fut une merveille à nos yeux», les yeux de la foi.

 

Chers frères et sœurs, aujourd’hui, resplendit à nos yeux, dans la pleine lumière spirituelle du Christ Ressuscité, la figure aimée et vénérée de Jean-Paul II. Aujourd’hui, son nom s’ajoute à la foule des saints et bienheureux qu’il a proclamés durant les presque 27 ans de son pontificat, rappelant avec force la vocation universelle à la dimension élevée de la vie chrétienne, à la sainteté, comme l’affirme la Constitution conciliaire Lumen gentium sur l’Église. Tous les membres du Peuple de Dieu – évêques, prêtres, diacres, fidèles laïcs, religieux, religieuses –, nous sommes en marche vers la patrie céleste, où nous a précédé la Vierge Marie, associée de manière particulière et parfaite au mystère du Christ et de l’Église. Karol Wojtyła, d’abord comme Évêque Auxiliaire puis comme Archevêque de Cracovie, a participé au Concile Vatican II et il savait bien que consacrer à Marie le dernier chapitre du Document sur l’Église signifiait placer la Mère du Rédempteur comme image et modèle de sainteté pour chaque chrétien et pour l’Église entière. Cette vision théologique est celle que le bienheureux Jean-Paul II a découverte quand il était jeune et qu’il a ensuite conservée et approfondie toute sa vie. C’est une vision qui est synthétisée dans l’icône biblique du Christ sur la croix ayant auprès de lui Marie, sa mère. Icône qui se trouve dans l’Évangile de Jean (19, 25-27) et qui est résumée dans les armoiries épiscopales puis papales de Karol Wojtyła: une croix d’or, un «M» en bas à droite, et la devise «Totus tuus», qui correspond à la célèbre expression de saint Louis Marie Grignion de Montfort, en laquelle Karol Wojtyła a trouvé un principe fondamental pour sa vie: «Totus tuus ego sum et omnia mea tua sunt. Accipio Te in mea omnia. Praebe mihi cor tuum, Maria – Je suis tout à toi et tout ce que j’ai est à toi. Sois mon guide en tout. Donnes-moi ton cœur, O Marie» (Traité de la vraie dévotion à Marie, nn. 233 et 266).

 

Dans son Testament, le nouveau bienheureux écrivait: «Lorsque, le jour du 16 octobre 1978, le conclave des Cardinaux choisit Jean-Paul II, le Primat de la Pologne, le Card. Stefan Wyszyński, me dit: "Le devoir du nouveau Pape sera d’introduire l’Église dans le Troisième Millénaire". Et il ajoutait: «Je désire encore une fois exprimer ma gratitude à l’Esprit Saint pour le grand don du Concile Vatican II, envers lequel je me sens débiteur avec l’Église tout entière – et surtout avec l’épiscopat tout entier –. Je suis convaincu qu’il sera encore donné aux nouvelles générations de puiser pendant longtemps aux richesses que ce Concile du XXème siècle nous a offertes. En tant qu’évêque qui a participé à l’événement conciliaire du premier au dernier jour, je désire confier ce grand patrimoine à tous ceux qui sont et qui seront appelés à le réaliser à l’avenir. Pour ma part, je rends grâce au Pasteur éternel qui m’a permis de servir cette très grande cause au cours de toutes les années de mon pontificat». Et quelle est cette «cause»? Celle-là même que Jean-Paul II a formulée au cours de sa première Messe solennelle sur la place Saint-Pierre, par ces paroles mémorables: «N’ayez pas peur! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ!». Ce que le Pape nouvellement élu demandait à tous, il l’a fait lui-même le premier: il a ouvert au Christ la société, la culture, les systèmes politiques et économiques, en inversant avec une force de géant – force qui lui venait de Dieu – une tendance qui pouvait sembler irréversible. Par son témoignage de foi, d’amour et de courage apostolique, accompagné d’une grande charge humaine, ce fils exemplaire de la nation polonaise a aidé les chrétiens du monde entier à ne pas avoir peur de se dire chrétiens, d’appartenir à l’Église, de parler de l’Évangile. En un mot: il nous a aidés à ne pas avoir peur de la vérité, car la vérité est garantie de liberté. De façon plus synthétique encore: il nous a redonné la force de croire au Christ, car le Christ est Redemptor hominis, le Rédempteur de l’homme: thème de sa première Encyclique et fil conducteur de toutes les autres.

 

Karol Wojtyła est monté sur le siège de Pierre, apportant avec lui sa profonde réflexion sur la confrontation, centrée sur l’homme, entre le marxisme et le christianisme. Son message a été celui-ci: l’homme est le chemin de l’Église, et Christ est le chemin de l’homme. Par ce message, qui est le grand héritage du Concile Vatican II et de son «timonier», le Serviteur de Dieu le Pape Paul VI, Jean-Paul II a conduit le Peuple de Dieu pour qu’il franchisse le seuil du Troisième Millénaire, qu’il a pu appeler, précisément grâce au Christ, le «seuil de l’espérance». Oui, à travers le long chemin de préparation au Grand Jubilé, il a donné au Christianisme une orientation renouvelée vers l’avenir, l’avenir de Dieu, transcendant quant à l’histoire, mais qui, quoi qu’il en soit, a une influence sur l’histoire. Cette charge d’espérance qui avait été cédée en quelque sorte au marxisme et à l’idéologie du progrès, il l’a légitimement revendiquée pour le Christianisme, en lui restituant la physionomie authentique de l’espérance, à vivre dans l’histoire avec un esprit d’«avent», dans une existence personnelle et communautaire orientée vers le Christ, plénitude de l’homme et accomplissement de ses attentes de justice et de paix.

 

Je voudrais enfin rendre grâce à Dieu pour l’expérience personnelle qu’il m’a accordée, en collaborant pendant une longue période avec le bienheureux Pape Jean-Paul II. Auparavant, j’avais déjà eu la possibilité de le connaître et de l’estimer, mais à partir de 1982, quand il m’a appelé à Rome comme Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, j’ai pu lui être proche et vénérer toujours plus sa personne pendant 23 ans. Mon service a été soutenu par sa profondeur spirituelle, par la richesse de ses intuitions. L’exemple de sa prière m’a toujours frappé et édifié: il s’immergeait dans la rencontre avec Dieu, même au milieu des multiples obligations de son ministère. Et puis son témoignage dans la souffrance: le Seigneur l’a dépouillé petit à petit de tout, mais il est resté toujours un «rocher», comme le Christ l’a voulu. Sa profonde humilité, enracinée dans son union intime au Christ, lui a permis de continuer à guider l’Église et à donner au monde un message encore plus éloquent précisément au moment où les forces physiques lui venaient à manquer. Il a réalisé ainsi, de manière extraordinaire, la vocation de tout prêtre et évêque: ne plus faire qu’un avec ce Jésus, qu’il reçoit et offre chaque jour dans l’Église.

 

Bienheureux es-tu, bien aimé Pape Jean-Paul II, parce que tu as cru ! Continue – nous t’en prions – de soutenir du Ciel la foi du Peuple de Dieu. Tant de fois il nous a béni sur cette place du Palais Apostolique. Aujourd‘hui, nous te prions : Saint Père  bénis nous. Amen.

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Office des Lectures pour la Fête du Bienheureux Jean Paul II

 

Charles Joseph Wojtyła naquit en 1920, à Wadowice (Pologne). Après son ordination sacerdotale, il compléta ses études de théologie à Rome. Puis, il revint dans sa patrie, où il exerça diverses charges pastorales et universitaires. Nommé évêque auxiliaire de Cracovie, puis archevêque de ce même diocèse en 1964, il participa au concile œcuménique Vatican II. Elu pape le 16 octobre 1978 sous le nom de Jean-Paul II, il fit preuve d’une sollicitude apostolique extraordinaire, en particulier à l’égard des familles, des jeunes et des malades, qui le conduisit à accomplir d’innombrables visites pastorales dans le monde entier. Parmi les très nombreux fruits laissés à l’Eglise par Jean-Paul II, les plus significatifs sont les suivants : son Magistère d’une richesse incomparable, la promulgation du Catéchisme de l’Eglise catholique et des Codes de Droit canonique pour l’Eglise latine et les Eglises orientales. Il mourut pieusement à Rome, le 2 avril 2005, à la veille du II dimanche de Pâques ou de la divine miséricorde.

 

Commun des pasteurs (papes)

 

Office des lectures

 

Deuxième lecture

 

De l’homélie du bienheureux Jean-Paul II, pape, au début de son pontificat

(22 octobre 1978 : AAS 70 [1978], 945-947)

 

N’ayez pas peur ! Ouvrez les portes au Christ

 

Pierre est venu à Rome ! Qu’est-ce qui l’a guidé et conduit vers cette ville, le cœur de l’Empire, sinon l’obéissance à l’inspiration reçue du Seigneur ? Peut-être ce pêcheur de Galilée n’a-t-il pas voulu venir jusque-là ? Peut-être aurait-il préféré rester sur les rives du lac de Génésareth, avec sa barque et ses filets ? Mais, conduit par le Seigneur et obéissant à son inspiration, il est venu jusqu’ici ! Selon une vieille tradition, pendant la persécution de Néron, Pierre aurait voulu quitter Rome. Mais le Seigneur est intervenu ; il est venu à sa rencontre. Pierre s’adressa à lui et lui demanda : « Quo vadis, Domine ? » (« Où vas-tu, Seigneur ? ») Et le Seigneur lui répondit aussitôt : « Je vais à Rome pour être crucifié une seconde fois. » Pierre retourna à Rome et il y est resté jusqu’à sa crucifixion. L’époque actuelle nous invite, nous pousse, nous oblige à regarder le Seigneur et à nous plonger dans l’humble méditation du mystère du pouvoir suprême du Christ. Celui qui est né de la Vierge Marie, le Fils du charpentier – comme on avait coutume de l’appeler –, le Fils du Dieu vivant, comme l’a confessé l’apôtre Pierre, est venu pour faire de nous tous « un royaume de prêtres ».

 

Le Concile Vatican II nous a rappelé le mystère de ce pouvoir et le fait que la mission du Christ – Prêtre, Prophète-Maître et Roi – continue dans l’Église. Tout le Peuple de Dieu participe à cette triple mission. Et si, autrefois, on déposait sur la tête du Pape la triple couronne, c’était pour exprimer, à travers ce symbole, le dessein du Seigneur sur son Église, à savoir que toute la hiérarchie de l’Église du Christ, et tout le « pouvoir sacré » exercé par elle, ne sont qu’un service, le service qui tend à un unique but : la participation de tout le Peuple de Dieu à cette triple mission du Christ et sa constante fidélité à demeurer sous le pouvoir du Seigneur, lequel tire ses origines non des puissances de ce monde mais du mystère de la Croix et de la Résurrection. Le pouvoir absolu et très doux du Seigneur répond à ce qu’il y a de plus profond en l’homme, aux aspirations les plus nobles de son intelligence, de sa volonté, de son cœur. Ce pouvoir ne s’exprime pas en langage de force, mais dans la charité et la vérité. Le nouveau successeur de Pierre sur le Siège de Rome élève aujourd’hui une prière fervente, humble et confiante : « Ô Christ, fais que je puisse devenir et demeurer un serviteur de ton unique pouvoir ! Un serviteur de ton pouvoir tout imprégné de douceur ! Un serviteur de ton pouvoir qui ne connaît pas de déclin ! Fais que je puisse être un serviteur ! Ou mieux le serviteur de tes serviteurs ».

 

Frères et sœurs, n’ayez pas peur d’accueillir le Christ et d’accepter son pouvoir ! Aidez le Pape et tous ceux qui veulent servir le Christ et, avec la puissance du Christ servir l’homme et l’humanité entière ! N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! À sa puissance salvatrice ouvrez les frontières des États, les systèmes économiques et politiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation, du développement. N’ayez pas peur ! Le Christ sait « ce qu’il y a dans l’homme » ! Et lui seul le sait ! Aujourd’hui, si souvent l’homme ignore ce qu’il porte au-dedans de lui, dans les profondeurs de son esprit et de son cœur. Si souvent il est incertain du sens de sa vie sur cette terre. Il est envahi par le doute qui se transforme en désespoir. Permettez donc – je vous prie, je vous implore avec humilité et confiance – permettez au Christ de parler à l’homme. Lui seul a les paroles de vie, oui, de vie éternelle !

 

Répons

 

R/.  N’ayez pas peur : le Rédempteur de l’homme a révélé le pouvoir de la croix et donné sa vie pour nous ! * Ouvrez, ouvrez les portes au Christ.

V/.  Nous sommes appelés dans l’Eglise à participer à son pouvoir.

R/.  Ouvrez, ouvrez les portes au Christ.

 

Oraison

 

Dieu, riche en miséricorde, tu as appelé le bienheureux pape Jean-Paul II à guider ton Eglise répandue dans le monde entier; forts de son enseignement, accorde-nous d’ouvrir nos cœurs avec confiance à la grâce salvifique du Christ, unique Rédempteur de l’homme. Lui qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.

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Oraison de Messe la Fête du Bienheureux Jean Paul II

Commun des pasteur (papes)

 

Collecte

 

Dieu, riche en miséricorde, tu as appelé le bienheureux pape Jean-Paul II à guider ton Eglise répandue dans le monde entier; forts de son enseignement, accorde-nous d’ouvrir nos cœurs avec confiance à la grâce salvifique du Christ, unique Rédempteur de l’homme. Lui qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.

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Textes extraits du site du Saint Siège www.vatican.va

 

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4 décembre 2010

Litanies de Notre Dame de Chartres

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Litanies de Notre Dame de Chartres


Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus, écoutez-nous.

Jésus, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité sainte, qui êtes un seul Dieu , ayez pitié de nous.


Sainte Marie, Reine et Dame de Chartres,

Notre-Dame de Chartres, plus douce que le rayon du miel,

Notre-Dame de Chartres, belle comme la lune,

Notre-Dame de Chartres, revêtue du soleil et couronnée d'étoiles,

Notre-Dame de Chartres, honorée par les Druides avant votre naissance,

Notre-Dame de Chartres , invoquée par nos pères durant votre vie mortelle,

Notre-Dame de Chartres, source de la piété de nos aïeux,

Notre-Dame de Chartres, gloire et espérance de notre ville,

Notre-Dame de Chartres, miraculeuse en vos saintes images, priez pour nous.

Notre-Dame de Chartres, la divine consolatrice de nos douleurs,

Notre-Dame de Chartres, notre sécurité dans les périls,

Notre-Dame de Chartres, salut du nautonnier,

Notre-Dame de Chartres, guide et soutien du voyageur,

Notre-Dame de Chartres, bouclier du soldat,

Notre-Dame de Chartres, mère des orphelins et des enfants délaissés,

Notre-Dame de Chartres, doux espoir des mères désolées de la perte de leurs enfants,

Notre-Dame de Chartres, santé des malades,

Notre-Dame de Chartres, lumière des aveugles,

Notre-Dame de Chartres, ouïe des sourds,

Notre-Dame de Chartres, ravissant à la mort ses victimes,

Notre-Dame de Chartres, refuge assuré des pécheurs,

Notre-Dame de Chartres, tour d'ivoire de notre cité,

Notre-Dame de Chartres, force de nos remparts,

Notre-Dame de Chartres, terreur de nos ennemis,

Notre-Dame de Chartres, honorée par la multitude incalculable des pèlerins,

Notre-Dame de Chartres, invoquée par les rois et les princes de la terre,

Notre-Dame de Chartres, assise sur un trône d'où vous répandez tant de faveurs,

Notre-Dame de Chartres, posée sur une colonne couverte de tant de baisers et mouillée de

tant de larmes,

Notre-Dame de Chartres, qui possédez ici votre habitation favorite,

Notre-Dame de Chartres, qui nous réjouissez par la présence de votre saint Vêtement,

Notre-Dame de Chartres, objet du culte et de la vénération de tout l'Occident,

Notre-Dame de Chartres, dont les bienfaits ravissent tous les cœurs,

Notre-Dame de Chartres, Reine du ciel et de la terre,

Notre-Dame de Chartres, conçue sans la tache du péché originel,


Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Jésus.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Jésus.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Jésus.


Jésus, écoutez-nous.

Jésus, exaucez-nous.


Priez pour nous, ô sainte Dame de Chartres;

Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.


Prions


O Dieu tout-puissant, qui ne cessez de nous montrer combien la dévotion envers la sainte Dame de Chartres vous est agréable, par les prodiges multipliés que nous obtient sa maternelle intercession, faites-nous la grâce d'être toujours fidèles aux pieux enseignements qu'elle nous donne, afin qu'après avoir observé ici-bas vos divins commandements, nous arrivions au bonheur de vous posséder dans les délices de votre paradis. Amen.


Je vous salue, Marie, gracieuse Dame de Chartres, Reine du saint amour, soyez favorable, en tout temps et en tous lieux, à vos enfants de Chartres, que vous avez toujours chéris avec une prédilection marquée.

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3 décembre 2010

Litanies de Notre Dame du Port

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Litanies de Notre Dame du Port


Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.


Sainte Marie, priez pour nous.

Sainte Mère de Dieu, priez pour nous.

Notre Dame du Port, notre Protectrice et notre Patronne,

Notre Dame du Port, Port des infortunés, ballotés par la tempête,

Notre Dame du Port, Port de la grâce,

Notre Dame du Port, Port, le doux bercail où est ramenée la brebis perdue,

Notre Dame du Port, Port de la miséricorde et du pardon,

Notre Dame du Port, Port d'indulgence où sont accueillies toutes les misères de l'homme,

Notre Dame du Port, Port sûr et tranquille des voyageurs sur l'océan de la vie,

Notre Dame du Port, Port de la paix dans nos agitation et dans nos troubles,

Notre Dame du Port, Port, l'asile de tous les Chrétiens,

Notre Dame du Port, Port, l'asile de tous les coeurs,

Notre Dame du Port, Port de Bénédiction,

Notre Dame du Port, Port de toute consolation,

Notre Dame du Port, Port, la terreur de l'enfer,

Notre Dame du Port, Port, la sauvegarde de la pureté de nos coeurs,

Notre Dame du Port, Port de toutes les vertus,

Notre Dame du Port, Port, l'arsenal de toutes les armes spirituelles,

Notre Dame du Port, Port des vraies félicités,

Notre Dame du Port, notre refuge dans tous nos maux,

Notre Dame du Port, doux espoir des mourants,

Notre Dame du Port, Port assuré du Salut,

Notre Dame du Port, conçue sans péchés,


Agneau de Dieu, qui enlevez le péché du monde, pardonnez-nous Seigneur.

Agneau de Dieu, qui enlevez le péché du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui enlevez le péché du monde, ayez pitié de nous.


Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.


Notre Dame du Port, priez pour nous,

Afin que que nous devenions dignes des promesses du Seigneur.


Prions


Dieu de Bonté, accordez à notre faiblesse les secours de Votre Sainte Grâce, et comme nous honorons la mémoire de la Sainte Mère de Dieu, le port des justes et des pécheurs, faites que par le secours de son intercession, nous puissions nous relever de nos iniquités et arriver au port du Salut éternel. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

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16 novembre 2010

Neuvaine aux Saintes Maries Jacobé et Salomé

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Saintes Marie Jacobé et Marie Salomé

Les Saintes Maries de la Mer

Vie des Saintes Maries Jacobé et Salomé


Vocation et commencement du ministère des saintes Maries


Nous ne connaissons que très imparfaitement ce qui se rattache aux premières années des saintes Maries. A quel moment se mirent-elles à la suite de Notre-Seigneur? De quelle manière s'opéra leur ministère? C'est ce que nous ignorons. Marie Jacobé, selon l'opinion communément reçue, était femme de Cléophas, frère de Saint Joseph, l'époux de la Vierge Marie. Elle fut la mère de deux apôtres, du premier évêque de Jérusalem, Saint Jacques, et de saint Jude, qui se déclare lui-même le frère de Saint Jacques dans sa première épitre. Marie Salomé, ainsi appelée à cause de Salomé, son père, était cousine germaine de Notre Seigneur. Elle fut la mère de Saint Jean, le disciple bien-aimé, et de Saint Jacques, dont les reliques vénérées ont été de tout temps et sont encore l'objet d'un pèlerinage fréquenté à Compostelle en Espagne. Pendant la vie publique du Sauveur, ces âmes pieuses, attirées par la grâce intérieure qu'il répandait dans les cœurs, le suivirent de très bonne heure, l'assistant de leurs biens et le servant lorsqu'il annonçait le royaume de Dieu. Leur fidélité ne se démentit jamais, et, au moment des plus grandes épreuves, leur amour pour la personne du divin Maître ne fit que s'accroître. L'Évangile nous les montre avec Marie Madeleine et la Très Sainte Vierge, sur le Calvaire, au pied de la croix où elles avaient accompagné Notre Seigneur, malgré les menaces des Juifs, les mauvais traitements des soldats et les insultes du peuple. C'est là qu'avec saint Jean et les autres saintes femmes, elles compatirent aux souffrances de leur Maître et devinrent les témoins du testament qui a racheté le monde.


Le jour de la Résurrection, elles se rendirent au sépulcre, dès le matin, portant dans leurs mains de précieux parfums. Personne n'ignore la scène qui se passa près du tombeau, les paroles que l'ange leur adressa et les apparitions dont elles furent favorisées. Si nous suivons les détails évangéliques, nous les voyons parmi les cinq cents disciples qui assistèrent à l'Ascension. Nous les retrouvons aussi au Cénacle; le jour de la Pentecôte, elles reçoivent le Saint Esprit sous forme de langues de feu; et, désormais, pleines de force et de courage, elles suivent les apôtres, comme elles avaient suivi Notre Seigneur Jésus-Christ; elles prient dans le silence de leur cœur pour le succès de leur ministère. Après avoir pleuré au pied de la croix, après avoir assisté à la suprême expiation au Calvaire, elles contemplent avec bonheur la transformation qui s'opère dans le monde. Les peuples accourent en foule pour embrasser la religion de Jésus crucifié. Déjà Jérusalem, la Palestine et les pays les plus éloignés sont devenus chrétiens. Tout annonce la ruine prochaine du judaïsme et la fin du règne des idoles. Mais Satan, quoique terrassé au Calvaire, va essayer de se relever et de réparer sa défaite. C'est lui qui inspire de toutes parts ces cris barbares qui coûtèrent tant de sang: « Mort aux Chrétiens! mort aux Chrétiens! » L'ère de la persécution a commencé pour les amis de Jésus. C'est l'heure marquée par Dieu, où dans un coin perdu de notre patrie, à l'extrémité d'un ilot sauvage, sous le ciel de la Provence quelques persécutés bannis par des ingrats qui cherchent à les faire mourir, viennent apporter les lumières de la foi et travailler à la conversion des Gaules.

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Exil des saintes Maries pour Jésus Christ


Transportons-nous, pour le moment, sur le rivage de cette terre qui a vu mourir le Sauveur. Le ciel est beau, la mer est calme, tout dans la nature est tranquille. Une multitude de Juifs, ayant à leur tète les princes des prêtres et les principaux chefs de la nation, s'agite et s'avance furieuse. Ses cris de rage font contraste avec le calme des éléments. Et, au milieu de cette populace effrénée, marche, les yeux au ciel, un petit groupe d'élus du Seigneur, priant pour les barbares qui vont les vouer à la mort ou à l'exil. C'est Lazare avec ses deux sœurs, Marthe et Madeleine. C'est Maximin, ami de Lazare. Ce sont Marie Jacobé et Marie Salomé, avec leurs deux servantes, Marcelle et Sara. Ce sont Sidoine, l'aveugle de Jéricho, et quelques autres disciples. Les Juifs, ayant reconnu en eux des fervents apôtres de Jésus, veulent s'en défaire. Vont-ils les soumettre à de cruels supplices? Non! Ils craignent que la constance qu'ils montreraient à les supporter, ne leur attire de nouveaux adeptes; ils choisissent un moyen plus lâche: ils les jettent dans une barque sans rames, sans gouvernail, sans provisions. Déjà ces méchants se réjouissent dans leur cœur à la pensée de les voir périr par le naufrage ou par la faim; mais ils ont comptés sans Celui qui commande aux flots et à qui les vents et la mer obéissent. Soudain, sous le coup d'une brise fraîche et légère qui vient de se lever, le bateau, sans voiles ni avirons, guidé par une main mystérieuse, vogue vers la pleine mer. Une pieuse tradition raconte qu'un ange s'en fit le pilote et le conducteur; elle nous montre même Sainte Sara marchant sur les flots, portée sur le manteau de Salomé. Ainsi disparut l'humble nacelle, s'éloignant à jamais des côtes inhospitalières de la Palestine, au grand étonnement delà foule, emportant les nobles fugitifs qui vinrent heureusement aborder près de l'embouchure du Rhône, sur l'île de la Camargue, où ils s'illustrèrent bientôt par leur vie chrétienne et attirèrent les peuples par leurs miracles.


Les Saintes Maries dans le désert de la Camargue


A peine les pauvres exilés eurent-ils mis pied à terre que leur première préoccupation fut de remercier le ciel de la protection miraculeuse dont ils avaient été l'objet pendant leur traversée. Un autel en terre pétrie fut élevé par leurs soins sur la plage, et saint Maximin, avec les autres disciples, y célébra les saints mystères. Au même instant, pour montrer combien leur religion lui était agréable, Dieu fit jaillir, pour leur usage, une source d'eau douce qu'on voit encore de nos jours, dans cet endroit même, où l'on ne trouvait auparavant que de l'eau salée. Pour perpétuer le souvenir de ce prodige, ces saints personnages bâtirent en ce lieu un modeste oratoire qu'ils dédièrent à Dieu, en l'honneur de la Bienheureuse Vierge Marie. Ce devoir de reconnaissance accompli, les proscrits se disent que sur cette terre qui leur a donné un refuge, il doit y avoir des âmes à conquérir. N'écoutant que leur zèle, ils consentent aux douleurs de la séparation. Saint Lazare se dirige vers Marseille dont il devient le premier évêque; Saint Maximin se rend à Aix et fonde bientôt dans cette ville une petite chrétienté. Sainte Madeleine se retire à la Sainte-Baume où elle vit trente ans dans la pénitence et dans les larmes. Sainte Marthe va combattre Terreur sur les bords du Rhône, à Tarascon. Saint Sidoine devient plus tard le second évoque d'Aix. Les Saintes Maries demeurent avec leur servante, Sainte Sara, sur le rivage même de l'Ile, où elles construisent une cellule jointe à l'oratoire.


Cette ile était alors traversée par quelques rares pêcheurs que des auteurs regardent comme des colons marseillais. La source d'eau douce les étonne, le récit de la traversée miraculeuse que font les Saintes attire leur confiance. Elles en profitent pour leur faire connaître la religion de ce Jésus qu'elles ont tant aimé. Leurs paroles et leurs exemples, unis à l'influence intérieure de la grâce gagnent les cœurs; la plupart se soumettent bientôt aux enseignements de la foi et demandent le baptême. Saint Trophime, nous dit la légende, qui avait été laissé à Arles par l'apôtre Saint Paul, a l'occasion de visiter quelquefois ces nouveaux chrétiens et de procurer aux Saintes Maries la bonheur de recevoir la Sainte Eucharistie. C'est au milieu de ces pieuses occupations, dans la pratique de la contemplation et de la prière que les Saintes vécurent encore quelques années. Mais le moment était venu où elles allaient enfin goûter le repos, se réunir à jamais à Dieu, dans le séjour de la gloire et recevoir leur récompense.


Marie Jacobé fut avertie la première de sa fin prochaine par une inspiration divine. Elle eut la consolation de recevoir, pour la dernière fois, des mains de saint Trophime, la Divine Eucharistie, au milieu des sanglots des chrétiens qu'elle avait gagnés à Jésus Christ. Elle les exhorta à persévérer dans leur foi; elle donna à sa sœur l'assurance que leur séparation ne serait pas de longue durée; et rendit son âme à Dieu. Son corps fut recueilli par les insulaires et enseveli avec respect auprès de la fontaine miraculeuse et de l'oratoire où les fidèles avaient coutume de venir prier. Salomé, sa sœur, ne lui survécut pas longtemps. Restée seule, avec Sara, leur servante, toutes ses pensées, toutes ses affections ne furent que pour le ciel, tous ses désirs étaient d'être bientôt réunie à sa sœur. Dieu exauça ses prières. Quelques mois s'étaient à peine écoulés qu'elle s'endormit, elle aussi, dans le Seigneur, au milieu des mêmes honneurs et des mêmes regrets. Son corps fut placé à côté de celui de Jacobé. Sara les suivit bientôt dans la tombe et fut inhumée auprès d'elles. Et depuis plus de dix-huit siècles, sur un rivage autrefois abandonné, reposent les dépouilles des Saintes Maries. Les peuples désireux d'obtenir quelque faveur insigne ne cessent de visiter leur tombeau. Beaucoup viennent dans l'espérance d'être témoins de quelques unes de ces merveilles dont ils entendent sans cesse parler. Il n'est pas rare que ce bonheur leur soit accordé, mais presque toujours ils obtiennent une grâce mille fois plus précieuse pour eux, celle d'une entière et éclatante conversion.

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Neuvaine aux Saintes Maries Jacobé et Salomé


Premier jour

Premières grâces accordées aux Saintes Maries


Veni Creator Spiritus


Venez, Esprit Créateur nous visiter,

Venez éclairer l'âme de vos fils;

Emplissez nos cœurs de grâce et de lumière,

Vous qui avez créé toutes choses avec amour,

Vous le Don, l'envoyé du Dieu Très Haut,

Vous Vous êtes fait pour nous le Défenseur;

Vous êtes l'Amour le Feu la source vive,

Force et douceur de la grâce du Seigneur.

Donnez-nous les sept dons de Votre Amour,

Vous le doigt qui œuvrez au Nom du Père;

Vous dont Il nous promit le règne et la venue,

Vous qui inspirez nos langues pour chanter,

Mettez en nous Votre clarté, embrasez-nous,

En nos cœurs, répandez l'Amour du Père;

Venez fortifier nos corps dans leur faiblesse,

Et donnez-nous Votre vigueur éternelle.

Chassez au loin l'ennemi qui nous menace,

Hâtez-Vous de nous donner la paix;

Afin que nous marchions sous Votre conduite,

Et que nos vies soient lavées de tout péché.

Faites-nous voir le Visage du Très-Haut,

Et révélez-nous celui du Fils;

Et Vous l'Esprit commun qui les rassemble,

Venez en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en Vous.

Gloire à Dieu notre Père dans les cieux,

Gloire au Fils qui monte des Enfers;

Gloire à l'Esprit de Force et de Sagesse,

Dans tous les siècles des siècles.

Envoyez votre Esprit et tout sera créé

et Vous renouvellerez la face de la terre

Prions

O Dieu qui avez instruit les cœurs de vos fidèles par la Lumière du Saint Esprit, donnez-nous, par ce même Esprit, de goûter ce qui est bien et de jouir sans cesse de Ses Divines Consolations. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Notre Père, je Vous salue Marie, gloire soit au Père.

Considérons dans les Saintes Maries deux des premières grâces dont elles furent favorisées. Dieu, dans Ses desseins impénétrables, avait choisi Sainte Marie Jacobé et Sainte Marie Salomé pour être les parentes de la Vierge incomparable et Immaculée qui donna au monde le Sauveur des nations. C'était les désigner pour être aussi les parentes de Jésus. Est-il sur la terre un plus beau titre de noblesse que celui d'appartenir à la famille du Roi des rois, du Prince des princes, du Maître de la terre et des cieux? Les Saintes Maries eurent encore une grâce non moins précieuse: elles furent appelées à suivre le Divin Sauveur pendant Sa vie publique. Si les hommes regardent comme un grand honneur d'être admis quelquefois auprès des grands de la terre, combien fut grand l'honneur accordé aux saintes Maries! Louons-les de ces deux privilèges. Pour nous qui avons le bonheur d'appartenir à la véritable Église, nous participons aux grâces que les saintes Maries reçurent en partage. Nous sommes de la parenté de Jésus. Comment oublier, en effet, ce trait de l'Évangile, où la Mère et les frères du Divin Sauveur vinrent auprès de Lui et le firent appeler, tandis qu'Il parlait à la foule. Ceux qui l'entouraient lui dirent: « Votre Mère et vos frères sont là qui Vous attendent! » Il leur répondit: » « Qui est Ma mère, et qui sont Mes frères? »Et, regardant ceux qui étaient assis autour de Lui: «Voilà, dit-il, Ma mère et Mes frères; car celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est Mon frère, Ma sœur et Ma mère ». Comment ne pas nous rappeler aussi cette réponse de Notre Seigneur à ce cri d'une femme du peuple: « Heureuse la Mère qui vous a donné le jour! » « Heureux plutôt, dit le Seigneur, ceux qui gardent la parole de Dieu, et la mettent en pratique ». Jésus a porté encore plus loin Sa Bonté à notre endroit. Comme les saintes Maries, Il nous a appelés à Sa suite; bien plus Il a voulu vivre avec nous. Et, au commencement de cette neuvaine, Il se tient à la porte de notre cœur pour nous dire: « Mon fils, ouvrez-Moi votre cœur... Mes délices sont d'être avec vous ». Ne résistons pas à une invitation si consolante et si douce. Nous le savons, ce qui ferma à Jésus la porte de notre cœur, c'est le péché. Pleurons jusqu'aux moindres de nos fautes, et nous pourrons répondre, avec le Roi-prophète: « Comme le cerf soupire après tes eaux, de même mon âme soupire vers Vous, ô mon Dieu ». Jésus se rendra avec empressement à nos désirs, Il s'établira un trône dans nos cœurs. Là nous pourrons Lui parler, comme un ami parle à son ami, Lui faire partager nos peines et Lui demander toutes ses faveurs. Rien ne nous privera de ces entretiens avec notre Dieu. L'exemple de sainte Catherine de Sienne doit nous en convaincre. Privée par ses parents d'aller prier dans l'église, elle s'était fait un tabernacle dans son Cœur, où, malgré ses occupation de la journée, elle pouvait toujours contempler Dieu, Lui parler, l'adorer.

O grandes Saintes Maries, faites-nous comprendre la dignité de notre titre de Chrétiens. Ramenez dans le sein ds l'Église les hérétiques qui ont le malheur d'en être séparés. Donnez-nous de voir la laideur du péché, de prier Dieu dans le secret de notre cœur et de nous offrir tout entiers à Lui. Unissez vos prières aux nôtres, nous obtiendrons, dès aujourd'hui, le pardon de nos offenses et nous mériterons ainsi plus de grâces. Ainsi soit-il.


Magnificat

Mon âme exalte le Seigneur,

exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur!

Il s'est penché sur son humble servante;

désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles;

Saint est Son Nom!

Son Amour s'étend d'âge en âge

sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de Son bras,

il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes,

il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés,

renvoie les riches les main vides.

Il relève Israël, son serviteur,

Il se souvient de Son Amour.

De la promesse faîte à nos pères,

en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.

Gloire soit au Père et au Fils et au Saint Esprit,

au Dieu qui est qui était et qui vient, pour les siècles et les siècles. Amen.


Litanies des Saintes Marie Jacobé et Salomé

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Vierge Marie, Immaculée Mère de Jésus, priez pour nous.

Sainte Marie Jacobé, sœur de la Vierge Marie, priez pour nous.

Sainte Marie Salomé, Mère de Jacques et de Jean, disciples de Jésus,

Saintes Maries, qui avez assisté, sur la terre, le Sauveur Jésus,

Saintes Maries, qui avez suivi sur le Calvaire le Sauveur Jésus,
Saintes Maries, qui avez été au Sépulcre pour embaumer le corps de Jésus,

Saintes Maries, qui avez consolé dans la tristesse la Mère de Jésus,

Saintes Maries, qui avez souffert la persécution pour l'amour de Jésus,

Saintes Maries, qui avez été exposées aux périls de la mer pour la Foi de Jésus,

Saintes Maries, qui par vos prières et vos miracles avez converti les peuples à Jésus,

Saintes Maries, qui êtes mortes dans la Foi et l'amour de Jésus,

Saintes Maries, qui dans le Ciel intercédez pour nous conserver la Foi de Jésus,

Saintes Maries, port assuré des matelots,

Saintes Maries, salut de ceux qui sont dans le danger,

Saintes Maries, consolatrices des affligés,

Soyez-nous propices, pardonnez-nous Seigneur.

Soyez-nous propices, exaucez-nous, Seigneur.

Par l'intercession des Saintes Marie Jacobé et Salomé, délivrez-nous, Seigneur.

De tout péché,

Du naufrage et des inondations,

De la rage,

De la peste et de la famine,

De tout mal épidémique,

De la mort éternelle,

Fils de Dieu,


Agneau de Dieu, qui enlevez le péché du monde, pardonnez-nous Seigneur,
Agneau de Dieu, qui enlevez le péché du monde, exaucez-nous, Seigneur,
Agneau de Dieu, qui enlevez le péché du monde, ayez pitié de nous.

Christ, écoutez-nous.

Christ, exaucez-nous.

Prions


Faites, ô Seigneur Jésus Christ, que nous ressentions les effets de la protection des Saintes Maries Jacobé et Salomé, qui ont brûlé du zèle le plus pur à Vous servir pendait votre vie, et à Vous rendre leurs pieux devoirs après votre mort. Vous qui vivez et régnez maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.


Deuxième jour

Les Saintes Maries suivent Jésus dans ses courses apostoliques

Réciter le Veni Creator Spiritus

(voir au premier jour)


Considérons les Saintes Maries répondant à l'appel de Jésus et marchant à sa suite pour écouter ses divins enseignements, et se consacrer tout entières à son service. Oh! si la sainte Vierge avait gravé dans son Cœur les paroles que les bergers avaient entendues prononcer par l'ange, au sujet du Sauveur naissant dans l'étable de Bethléem, les Saintes Maries ne devaient-elles pas conserver dans leur âme cette parole divine qui s'échappait des lèvres de Jésus Lui-même, et qui faisait dire aux Juifs: « Jamais homme n'a parlé comme celui-là »? Mais surtout ne devaient-elles pas être heureuses de témoigner au Sauveur leur vive gratitude, en lui prodiguant leurs soins? Aussi, non contentes d'avoir donné chacune à Jésus deux fils pour Apôtres, elles se donnent elles-mêmes. Saint Mathieu nous les montre, suivant le divin Maître, de la Galilée jusqu'à Jérusalem. Les mêmes paroles qui faisaient la joie des Saintes Maries, et qu'elles recueillaient avec tant de respect, de Foi et d'amour, nous sont annoncées. Dans toutes nos paroisses, elles tombent du haut de toutes les chaires. Qu'il est pénible alors aux pasteurs, à la vue de tant d'âmes indifférentes, de se rappeler cette menace du Sauveur. « Celui qui vous méprise, me méprise, et je ne le reconnaîtrai point au dernier jour ». Qu'il leur est pénible de penser à la parabole du mauvais riche. Le riche demande que Lazare aille avertir ses cinq frères, pour leur faire éviter l'enfer. Dieu lui répond: « Ils ont Mes prophètes, qu'ils les écoutent; s'ils n'ajoutent point foi à leurs paroles, ils ne croiraient pas mieux les morts que je pourrais envoyer vers eux ». Qu'il leur est pénible de pleurer avec Notre Seigneur, sur la Jérusalem nouvelle qui ne veut pas répondre à l'affection qu'ils lui portent! Oh! n'ayons pas d'indifférence pour la Parole Divine, si nous ne voulons point être condamnés! Rappelons-nous plutôt cette image qui nous en est donnée dans les psaumes. « Seigneur! qu'elle est douce Votre Parole; elle surpasse même la douceur du miel. C'est la Lumière qui dirige mes pas et qui me montre ma route ». Nous aurons à cœur de la connaître, et nous comprendrons mieux la pensée de Saint Augustin: « Celui qui méprise la Parole de Dieu est aussi coupable que celui qui prendrait dans ses mains la Sainte Eucharistie, la jetterait dans la boue, la foulerait aux pieds ». Jésus ne nous a pas seulement laissé les Ministres de sa parole, mais Il nous a donné aussi des représentants de Sa Pauvreté; et c'est en servant les pauvres que nous le servirons Lui-même. N'a-t-Il pas pris la forme de ce petit lépreux que Sainte Élisabeth de Hongrie recueillit autrefois sur son passage et emporta dans son lit? N'est-il pas dit dans les Livres Saints: « Celui qui a pitié du pauvre, prête au Seigneur à intérêt; le Seigneur lui rendra ce qu'il a prêté ». Oh! aimons les pauvres, servons en eux Notre Seigneur. Si nous avons conservé dans nos familles la pieuse habitude de lire tous les soirs une page de la vie des Saints, nous remarquerons qu'ils nous en donnent, presque à chaque page, l'exemple.


O Saintes Maries, donnez-nous l'amour de la Parole Divine et l'amour des pauvres. Faites que nous puissions nous entendre dire, au dernier jour: « J'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire; j'ai été dans l'indigence, et vous m'avez secouru; venez posséder le royaume qui vous a été préparé depuis le commencement du monde ». Ainsi soit-il.


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Troisième jour

Les Saintes Maries au pied de la Croix

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Considérons les Saintes Maries debout sur le Calvaire, mêlant leurs larmes à celles de la Sainte Vierge, et contemplant Jésus crucifié; tachons de pénétrer jusqu'au fond de leur âme, et devoir les sentiments qui les animaient à ce moment de si cruelle angoisse. Comme le péché dut leur paraître hideux, puisque c'est lui qui avait amassé sur leur Divin Maître tant d'injures, tant d'outrages, tant de souffrances! Qu'elles durent pleurer sur l'ingratitude des Juifs envers le Sauveur mourant qui leur pardonnait, tandis qu'ils tournaient la tête en signe de mépris! Comme elles durent bien comprendre que la seule voie qui conduise au ciel, c'est celle de la croix, suivant l'a vérité de ces paroles de Notre Seigneur: « Si quelqu'un veut Me suivre, qu'il prenne sa croix, et qu'il se renonce soi-même ». Mettons-nous au pied de notre crucifix, et disons-nous: C'est pour nos péchés que Jésus-Christ a enduré tant de tourments. Arrosons les pieds de notre Divin Maître de ces larmes salutaires qui obtinrent un généreux pardon à la pécheresse de l'Évangile. Prenons la résolution de détester le péché, et de le détruire dans nos cœurs. Portons, en même temps, nos regards sur ce qui se passe autour de nous. Combien d'ingrats qui osent encore injurier le Sauveur! Combien de pécheurs aveuglés se font pour ainsi dire, un devoir de renouveler la scène douloureuse du Calvaire! Conjurons le Sauveur de leur pardonner, car, comme les Juifs, hélas! ils ne savent ce qu'ils font; ils ne connaissent point la noirceur de leur faute. Ils ne savent pas tout l'amour que le Sauveur a pour eux. N'oublions pas surtout que la voie du Ciel n'est autre que la voie de la Croix. Oui, sans doute, il est dur, nous dit l'auteur de l'Imitation, d'entendre cette maxime: « Renoncez à vous-mêmes et portez votre croix; mais il sera bien plus dur encore d'entendre cette condamnation: « Retirez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel ». Quelques croix que le Bon Dieu nous réserve, supportons-les avec résignation, et, pour nous encourager dans nos faiblesses, ayons souvent devant les yeux ce Saint qui, paralysé de tous ses membres, était porté tous les jours par sa mère et son frère à la porte de l'église de Saint-Clément de Rome. Là il sollicitait la compassion des fidèles. Ses infirmités ne l'attristaient point; il était toujours heureux; il se faisait apprendre les chants de l'Église, et les redisait avec un suprême bonheur. Aussi mérita-t-il de s'écrier à ses derniers moments: « Faites silence; n'entendez-vous pas cette douce mélodie qui résonne dans les cieux! » et, en achevant ces paroles, il quittait la terre pour aller chanter avec les anges.


O Saintes Maries, inspirez-nous la haine du péché, convertissez les pécheurs. Embrasez-nous de l'amour de la Croix, afin qu'après avoir partagé les souffrances du Sauveur sur cette terre, nous méritions d'avoir une part à Sa gloire dans les cieux, selon cette parole de saint Paul: « Si nous souffrons avec Jésus, nous partagerons son triomphe ». Ainsi soit-il.

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Quatrième jour
Les Saintes Maries au Cénacle

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Considérons les Saintes Maries en prière au Cénacle, avec les Apôtres et les Disciples de Jésus. Le Sauveur venait de s'élever vers le ciel, en présence de cinq cents Disciples; Il avait promis aux siens de leur envoyer l'Esprit Consolateur, et leur avait dit de l'attendre à Jérusalem. Les apôtres vont se préparer à la venue de l'Esprit Saint. Ils choisissent de préférence la salle qui avait été témoin de l'Institution de l'Eucharistie, ou le Sauveur était venu les visiter quelquefois, après la résurrection. Les Saintes Maries étaient avec eux. Comme leurs prières durent être ferventes! Comme les anges du Ciel devaient contempler, avec bonheur, toutes ces âmes d'élite qui passaient des journées entières dans les entretiens avec Dieu! Et, au jour de la Pentecôte, admises à participer aux grâces qu'apportait à la terre un Dieu consolateur, quelle ne fut pas leur joie! Pour nous, nous avons aussi un Cénacle où les paroles de la Cène sont souvent répétées et produisent les mêmes merveilles. Dieu s'immole tous les jours dans nos églises; Il prend les apparences du pain et du vin pour descendre et habiter parmi nous. Allons prier dans ces nouveaux Cénacles! Et ne nous contentons pas de prier seulement dans nos églises, mais prions encore dans nos familles. Prions toujours, suivant le conseil de Notre Seigneur Lui-même: « Il faut toujours prier, et ne jamais se lasser ». Pour cela offrons foutes nos occupations, tous nos instants, toutes nos pensées à Jésus, dès notre lever. C'est là le gage de la paix, le secret du bonheur et la source des plus nombreux mérites. Dans nos tristesses, rappelons-nous cette pensée du curé d'Ars: « Nos peines, disait-il, fondent devant la prière, comme la neige, devant le soleil ». Dans nos découragements, méditons ce trait de la vie de Jésus: Il priait, lorsqu'un de ses Disciples s'approche: « Seigneur, dit-il, enseignez-nous à prier ». Le Maître contenta ses désirs, et lui enseigna la prière que nous connaissons tous: le Notre Père. Et, pour montrer combien on devait être constant dans la prière, Il ajouta : « Un homme pauvre, mais hospitalier, reçut, au milieu de la nuit, un voyageur; il court aussitôt frapper à la porte de son ami. Prêtez-moi trois pains, lui dit-il, car un hôte m'arrive, et je n'ai rien à lui offrir. Mais l'ami est couché, la maison est close; il refusa de se lever. Le solliciteur ne se rebute pas, il frappe, frappe toujours jusqu'à ce qu'on lui donne les trois pains. Et Moi aussi, je vous le dis, poursuit le Seigneur, demandez et on vous donnera. Quel est celui d'entre vous qui, demandant du pain à son père, en reçoit une pierre; si vous demandez un poisson, vous donnera-t-il un serpent? si vous désirez un œuf, vous offrira-t-il un scorpion? Comment votre Père céleste pourrait-il vous refuser le bien que vous lui demandez ».


O grandes Saintes, gravez dans nos cœurs, ces comparaisons du divin Maître. Mettez sur nos lèvres, autant que dans notre âme, cette demande du disciple: « Seigneur, enseignez-nous à prier ». Nous serons sûrs ainsi de contempler un jour notre Père céleste, d'avoir place dans son royaume et de partager la gloire qu'il réserve à ses élus. Ainsi soit-il.

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Cinquième jour

Les Saintes Maries éprouvées dans leur Foi par la persécution

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Considérons les Saintes Maries, éprouvées dans leur foi. Le jour de la Pentecôte, l'Esprit Saint a donné trois mille conversions à la parole de Saint Pierre. Quelques jours après, cinq mille nouveaux convertis grossissent les rangs de l'Église naissante. Les miracles opérés par les apôtres, leurs prédications entraînent les foules. Mais bientôt les Juifs s'irritent de ce succès, et la persécution commence. Les saintes Maries quittent Jérusalem. Elles sont avec Lazare, Marthe, Madeleine, Maximin et d'autres disciples. Les Juifs voudraient leur faire abjurer leur foi; mais elles ne sauront pas même en rougir, et les menaces de mort les trouveront inébranlables. La mer va être leur tombeau? Non! Non! Dieu se servira de la persécution pour faire éclater sa gloire: il réserve ces âmes d'élite pour la terre privilégiée des Gaules! Louons Dieu qui s'est montré si généreux pour notre patrie! Aurons-nous la gloire d'être persécutés pour le Nom de Jésus? Ah! si une telle grâce nous était donnée, demandons à Dieu la force d'imiter les Saintes Maries. Il est toutefois une persécution à laquelle nous n'échapperons pas. Nous avons un ennemi sans cesse irrité contre nous, et à tout moment, selon l'expression de Saint Pierre, prêt à fondre sur nous, comme un lion sur sa proie; résistons-lui sans crainte, espérons en Dieu, c'est lui qui le terrasse, comme il terrasse les persécuteurs. Ils ont beau se lever contre nous, nos ennemis; Dieu les voit du haut du ciel, suivant la pensée de David, il se joue de leurs efforts, il n'a qu'à dira un mot pour les réduire en poussière. Il est des épreuves qui pourraient mettre en péril notre foi, et nous faire douter de là Bonté divine. Au lieu de dire, comme plusieurs, que Dieu nous a abandonnés, ou qu'il paraît trop sévère, disons, avec l'auteur de l'Imitation: « Il est bon pour nous que des contrariétés nous affligent; elles rappellent à l'homme qu'il est sur une terre d'exil et qu'il ne doit pas placer son espérance ici-bas ». Un infirme avait une dévotion particulière à Saint Thomas de Cantorbery; il alla prier sur son tombeau pour obtenir sa guérison. Sa demande fut exaucée. Bientôt après, il se dit qu'il avait eu tort, peut-être, de demander cette grâce; l'infirmité n'était-elle pas plus nécessaire à son salut! Il retourne une seconde fois au tombeau du saint; il le prie de demander à Dieu pour lui, ce qui lui serait le plus avantageux. Dieu lui envoya sa première infirmité; le chrétien la reçut avec la plus vive consolation.


O Saintes Maries, augmentez notre Foi. Faites que nous ne nous laissions pas vaincre par le respect humain, la fausse honte ou les épreuves. Faites que Dieu pardonne aux persécuteurs de son Église et que, s'il les terrasse, ils puissent se relever, comme Saint Paul, amis de Jésus et passionnés pour Sa gloire. Faites aussi que nous combattions toujours les bons combats pour avoir un jour la palme de la victoire! Ainsi soit-il.

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Sixième jour
Les saintes Maries confiantes en la Providence

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Considérons les Saintes Maries exposées à la fureur des vagues sur un frêle esquif. Vont-elles s'attrister de se voir sans cesse à la veille de périr? S'inquièteront-elles du lendemain, éclateront-elles en gémissements et en larmes? Maudiront-elles leurs persécuteurs? Oh! Non! elles prient pour ceux qui les ont poursuivies de leur haine; elles se rappellent, sans doute, que Jésus autrefois apaisa la, tempête sur le lac de Génésareth; elles se disent qu'il aura la même puissance sur la mer qui les porte, et, pleines de confiance, s'abandonnent entre ses mains. Leur confiance est agréable au Seigneur qui envoie un Ange à leur secours, et leur prépare une terre hospitalière en Camargue. Nous sommes sur la mer du monde, encore plus agitée que celle que traversent les saintes Maries; des écueils nous environnent de toutes parts. Peut-être manquons-nous de confiance. Relisons cette belle page de l'Évangile qu'aucune parole humaine ne saurait égaler: « Votre Père du ciel sait ce qui vous est nécessaire, avant que vous le lui demandiez. Aussi, ne soyez pas en peine du lendemain. Voyez les oiseaux du ciel; ils ne sèment point, ils ne moissonnent point, ils n'amassent rien dans leurs greniers; mais votre Père céleste les nourrit; ne lui êtes-vous pas beaucoup plus chers. Voyez comment croissent les lys des champs; ils ne travaillent point, ils ne filent point; et cependant je vous déclare que Salomon, dans toute sa gloire, n'a jamais été vêtu comme l'un d'eux. Si donc Dieu a soin de vêtir ainsi une herbe des champs qui vit aujourd'hui et demain sera jetée au feu, combien aura-t-il plus de soin pour vous ». Ayons pleine confiance dans le Seigneur, et suivons ce conseil qui résume toute sa doctrine: « Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et Sa Justice, et tout vous sera donné par surcroît ». Écoutons Jésus qui nous dit dans le beau livre de l'Imitation: « Mon fils, laissez-Moi vous diriger comme Je le voudrai, Je sais ce qui vous convient »; et répondons-lui: « Si Vous voulez que je sois dans les ténèbres, soyez béni; si Vous voulez que la lumière m'éclaire, soyez béni; si Vous me jugez digne de consolation, soyez béni ». Saint Dominique priait pour la guérison d'un de ses amis qui lui avait demandé d'entrer dans son ordre, et était tombé gravement malade. La sainte Vierge visita le malade, et lui dit: « Que voulez-vous que Je fasse pour vous? Je viens savoir ce que vous désirez ». Le malade se trouble, il est saisi de crainte et de respect. Une des Saintes qui accompagnent la sainte Vierge l'engage à ne rien demander. « Mon fils, ajouta-t-elle, abandonnez-vous entre les mains de la Mère de Dieu; Elle sait mieux que vous ce qui vous est nécessaire ». Il suivit un conseil si sage, et, s'adressant à la sainte Vierge: « Je ne demande rien, dit-il, je n'ai pas d'autre volonté que la Vôtre ». Et la sainte Vierge, heureuse de cette confiance, le guérit aussitôt.

O Saintes Maries, apprenez-nous à mettre notre confiance dans le Seigneur! Donnez-nous l'intelligence de ces paroles de l'Imitation: « Ne placez pas votre confiance dans l'homme mortel et périssable. Celui qui est pour vous aujourd'hui, demain sera contre vous. Placez toute votre confiance dans le Seigneur ». Oh! oui, ô Saintes Maries, c'est en Lui seul que nous voulons nous confier, pour suivra le conseil que l'Esprit Saint nous donne par son Prophète: « Abandonnez au Seigneur le soin de tout ce qui vous regarde; Lui-même vous nourrira, Il ne laissera pas le juste dans une éternelle agitation ». Ainsi soit-il.

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Septième jour
Les Saintes Maries à leur arrivée sur la terre de Provence

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Considérons les Saintes Maries abordant miraculeusement sur la terre de Provence. Comme autrefois les Hébreux sortis des flots de la mer Rouge, elles vont entonner un cantique d'action de grâces. Elles ne diront pas avec Moïse et les enfants d'Israël: « Chantons des hymnes au Seigneur, parce qu'il a fait éclater sa grandeur et sa gloire, et qu'il a précipité dans la mer le cheval et le cavalier ». Elles ont une hymne d'action de grâces plus belle et plus puissante. Elles dressent un autel. Lazare, Maximin célèbrent les Saints Mystères. C'est Jésus qui est offert, et la reconnaissance des Saintes Maries s'élève jusqu'au trône du Tout-Puissant, portée par les Anges qui, pour la première fois, sont venus adorer, sur cette terre des Gaules, le Dieu Rédempteur de l'Eucharistie. Le miracle de Mara va se renouveler, mais plus éclatant encore. Les Juifs entrèrent, en chantant les louanges du Seigneur, dans le désert de Sur; ils avaient marché pendant trois jours, ils n'avaient point trouvé d'eau. Seules, des eaux amères s'offraient pour apaiser leur soif. Dieu fait éclater sa puissance et en adoucit l'amertume. Ici, il ne faut pas des journées entières pour trouver cette eau douce qui semble faire défaut; elle est donnée par une source qui jaillit même auprès de l'autel où s'est offerte la Victime Sainte. Oh! si nous jetons un regard sur le passé, nous verrons que Dieu nous a fait échapper, nous aussi, à bien des périls, et nous pourrons peut-être nous dire: « Hélas! si, à tel âge, Dieu ne m'avait pas arraché au danger qui me menaçait, je serais dans un océan de flammes, et pour toujours! Si Dieu ne m'avait donné un ange gardien pour me montrer la route, je me serais égare et jeté dans quelque précipice. Si je n'avais, été appelé loin de cette ville coupable, je serais maintenant privé des consolations que j'éprouve ». Oh! chantons aujourd'hui, avec toute l'ardeur dont nous sommes capables, le cantique de reconnaissance de Marie. Assistons avec plus de piété à la Sainte Messe. Quelles sont bien vraies ces paroles de l'Imitation: « Il est amer de voir que le Sacrifice de la messe, qui réjouit le Ciel et sauve le monde, trouve tant d'indifférents. S'il n'était offert que dans un seul lieu de la terre, et par un seul Prêtre, quel désir n'aurions-nous pas de visiter ce lieu, et d'unir nos prières à celles de ce Prêtre! » Sortons de notre tiédeur, et nous aurons le bonheur de nous désaltérer à cette source d'eau vive que Jésus fit connaître à la Samaritaine: « Ah! lui disait-Il, si vous connaissiez le don de Dieu! si vous saviez Celui qui vous demande à boire, vous le Lui demanderiez vous-même, et Il vous donnerait de l'eau vive. Celui qui boira de l'eau de ce puits aura encore soif; mais celui qui boira de l'eau que Je donne, sera désaltéré pour toujours ». Nous connaissons quelle est cette eau vive, nous pouvons la recevoir, c'est la grâce; et, Dieu l'a dit à saint Paul: « La grâce vous suffit ». Demandons-là au Saint Sacrifice de la Messe, et elle jaillira de l'Autel pour venir se répandre dans nos âmes.


O Saintes Maries, rendez-nous plus reconnaissants envers le Ciel. Faites que nous assistions toujours au Saint Sacrifice avec la plus grande ferveur. Aidez-nous à dire avec fruit cette prière de la Samaritaine: « Seigneur, donnez-nous l'eau vive, afin que nous ne soyons plus altérés ». Ce sera le gage de notre bonheur ici-bas et de notre félicité au ciel. Ainsi soit-il.

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Huitième jour

Les Saintes Maries travaillent à la conversion de l'ile qui leur sert de refuge

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Considérons les Saintes Maries travaillant à la conversion de l'Ile de la Camargue. Elles ont obtenu des grâces; elles veulent les rendre fécondes. Leurs exemples, leur vie sainte sont une prédication. Le charme de leur parole, toute empreinte des maximes et Jésus, va jusqu'aux cœurs les plus froids et les plus endurcis. Elles se retirent souvent dans leur petit oratoire. Là, elles prient; et le Seigneur se communique à elles, et dans ce doux entretien Il leur donne les plus sûrs moyens de Le faire connaître, servir et aimer. Louons les Saintes Maries de leur zèle pour le salut des âmes. Comme elles, pourquoi ne prêcherions-nous pas nous-mêmes par le bon exemple! Que de mérites nous seraient réservés, si nous le donnions dans nos paroisses, en assistant assidûment aux Saints Offices, dans nos familles, en remplissant fidèlement nos devoirs religieux; auprès de nos amis, en les entraînant dans la voie du Salut. Pourquoi n'emploierions-nous pas le secours de la parole? Nous aimons Jésus, et nous ne parlerions jamais de Sa Bonté, de Sa Puissance, de Sa Miséricorde! Nous souhaitons le Ciel, et toutes nos paroles seraient pour la terre! Nous verrions l'ingratitude des hommes pour leur Sauveur, et nous ne saurions en gémir! Que cette parole de l'Évangile nous condamne: « Là où se trouve votre trésor, là est aussi votre cœur ». Pourquoi, surtout, n'aurions-nous pas recours à la prière. Nous passons souvent devant nos églises; il serait si agréable au Seigneur que nous allions Lui consacrer quelques minutes, Lui offrir nos adorations! Nous aurions dans la journée plusieurs heures de loisir, et nous ne passerions pas quelques instants auprès du tabernacle! Oh! Non! allons auprès de Jésus qui nous appelle, tombons à Ses pieds et là, pensons aux pauvres malades. Demandons à Dieu qu'Il leur donne le courage de supporter patiemment leurs douleurs et de les sanctifier. C'est là une œuvre de zèle. Pensons aux pécheurs qui l'affligent le plus. Rappelons-nous qu'il peut d'un seul mot briser la glace de leur cœur, et les amener dans le devoir, selon cette comparaison des Livres Saints: « II parlera, et la glace se fondra ». Pensons à nos frères défunts qui gémissent dans les flammes du Purgatoire; demandons la fin de leurs souffrances. En un mot, pensons à ceux qui nous sont chers.


O Saintes Maries, embrasez nos cœurs des flammes de ce feu divin qui vous consumait et vous portait à étendre partout le Règne de Dieu! Donnez-nous le zèle du bon exemple, le courage de la parole et la persévérance de la prière, afin que nous puissions contribuer à augmenter le nombre des serviteurs de Jésus, pour mériter nous-mêmes d'être un jour Ses élus. Ainsi soit-il.

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Neuvième jour

Les Saintes Maries sur le point de se séparer ici-bas pour se retrouver bientôt au ciel

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Considérons les Saintes Maries prêtes à se dire adieu sur cette terre d'exil. Sainte Marie Jacobé vient d'apprendre que sa fin est proche, fille a entendu ces paroles du ciel que le prophète avait dites autrefois au roi Ezéchias: « Votre temps est fini, vous allez mourir ». Une dernière fois, Sainte Marie Jacobé aura la consolation de revoir son Sauveur. Ah! comme elle dut être fervente, cette communion dernière! Comme elle dût être heureuse, Sainte Marie Jacobé, en voyant Jésus venir à elle pour l'assister dans son voyage de cette vie d'exil à la véritable patrie! Quelle ne dut pas être sa reconnaissance! Elle va quitter la terre sans regret. Elle a son Dieu dans son cœur. Elle le contemplera bientôt dans sa gloire. Toutes ses pensées sont pour le ciel; elle appelle Marie Salomé, lui montre, de sa main défaillante, le séjour des élus: « Là, dit-elle, nous nous retrouverons un jour », et ses yeux se fermèrent à la pâle lumière de ce monde, pour aller voir Dieu dans toute Sa Gloire. Demain nous aurons le bonheur de recevoir Jésus dans la Sainte Communion. Faisons naître  en nous les dispositions qu'avait Sainte Marie Jacobé sur son lit de mort. Regardons cette Communion comme si elle devait être la dernière. Dès notre lever, saluons le beau jour qui va luire pour nous. Méditons cette page qui ouvre le quatrième Livre de l'Imitation, elle fera naître en nous les plus doux sentiments: « Et quoi! Seigneur, Vous m'appelez, et qui suis-je pour oser m'approcher de Vous. Cependant, plein de confiance en Votre Bonté et Votre grande Miséricorde, je m'approche de Vous, Seigneur: malade, je viens à mon Sauveur; consumé de faim et de soif, je viens a la source de vie; pauvre, je viens au Roi du ciel ». Allons ensuite vers notre Sauveur, avec l'empressement des Saintes Maries. Les Anges accompagneront Jésus à la table sainte. Ils ne nous diront pas: « Celui que vous cherchez n'est pas ici ». Ah! ils nous diront plutôt: « Réjouissez-vous, soyez dans une sainte allégresse: Jésus vient vers vous, Il va descendre dans vos cœurs ». Lorsque le moment viendra de dire adieu au sanctuaire des Saintes Maries, rappelons-nous que notre tente n'est pas ici-bas dressée pour toujours. Portons nos regards, nos pensées, nos espérances vers le Ciel. Avancerions-nous vers la patrie en téméraires? Ne nous préparerions-nous pas une place dans le Royaume où règnent les saintes Maries? Tous les soirs, avant de nous livrer au sommeil, pensons que le repos que nous allons prendre sera peut-être le repos de la mort. Demandons pardon à Dieu de nos fautes; notre sommeil sera paisible; ainsi la mort ne saura nous surprendre.


O Saintes Maries, disposez nos cœurs à recevoir Jésus. Il va nous apporter les grâces que vous avez obtenues pour nous. Faites que rien en nous n'attriste Son Cœur sacré. Donnez-nous l'intelligence de cette parole de l'Imitation: « Si aujourd'hui je ne suis pas prêt à quitter la terre, le serai-je mieux demain? aurai-je plus de soin pour m'y préparer? » Ah! n'ayons qu'un désir, celui de vivre comme si nous n'avions qu'une heure, un instant qui nous séparent de l'éternité bienheureuse. Ainsi soit-il.

Réciter ensuite le Magnificat puis les Litanies des Saintes Maries

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Texte intégralement extrait du livre « Manuel pour le Pèlerinage des Saintes Maries de Provence », Abbé Lamoureux, Nimes, 1881

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12 octobre 2010

La Servante de Dieu Élisabeth Leseur

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La Servante de Dieu Élisabeth Leseur

« Toute âme qui s'élève, élève le monde »

1866-1914


Lorsque, dans les années 1920, le frère Marie-Albert Leseur reçoit l'ordination sacerdotale, l'étonnement ne vient pas de la vocation tardive de ce Dominicain déjà âgé, mais parce que cette vocation a été obtenue, ainsi que la conversion de cet incroyant convaincu, par les prières de sa femme Elisabeth, décédée d'un cancer en 1914. Elisabeth Arrighi naît à Paris le 16 octobre 1866, première de cinq enfants. Son père, d'origine Corse, est avocat. Elisabeth hérite de lui une nature généreuse, gaie et accueillante, de sa mère une vive intelligence et une mémoire exceptionnelle. Malgré ses fréquents déménagements autour de Paris, la famille Arrighi est un pôle intellectuel où se côtoient des artistes, des savants, des philosophes. Mais, autant que ses capacités intellectuelles, se développe chez la fillette l'aspect religieux. Elle a onze ans quand elle se rend pour la première fois au catéchisme afin de préparer sa première communion: « J'étais bien embarrassée, alors j'ai fait tout bas une petite prière à la sainte Vierge et je n'ai pas tardé à me mettre à l'aise ». Elle s'examine sans découragement, mais sans complaisance: « Mon principal défaut à moi, c'est l'esprit de contradiction. Lorsqu'on dit une chose, je dis le contraire ». Elle est également taquine et très entêtée: « Je ne veux jamais avouer que j'ai tort. Je supplie le bon Dieu de m'aider pour que, lorsque j'aurai commis une faute, je l'avoue aussitôt. » Elle communie le 15 mai 1879 avec une grande joie: « Je n'étais plus seule, j'étais avec Notre-Seigneur. Je ne pouvais pas parler, j'étais trop heureuse. » J'écoutais le bon Dieu qui parlait à mon âme. Dans cette ferveur, elle change sa manière d'étudier: « Sitôt que l'on me faisait une observation, je cherchais à l'écarter; je travaillais mollement. Mon Dieu, aidez-moi à vaincre ma légèreté, à devenir sérieuse, travailleuse, attentive, dévouée. »


À vingt ans, dans les soirées mondaines, Elisabeth ne passe pas inaperçue: elle est charmante et distinguée, sa culture est étendue, son intelligence ouverte et prompte, son caractère gai. Le jeune Félix Leseur, étudiant en médecine, remarque « son joli rire, sa fraîcheur et sa franchise ; nous avions les mêmes goûts ». Le 31 juillet 1889, à 22 ans, Elisabeth l'épouse: J'ai trouvé en Félix tout ce que je désirais. Mais ce mari qu'elle aime tendrement va s'employer à détruire sa foi. Félix, au début de leur mariage, s'était déclaré « très respectueux de la foi et de la religion catholiques. Comment étais-je devenu, de sceptique, antireligieux? La neutralité est un mythe ou une duperie ». Peu à peu, il devient jaloux des croyances de sa femme. En septembre, Elisabeth souffre d'une péritonite que les médecins ne peuvent opérer et dont elle ne guérira jamais complètement. Elle se rétablit doucement et commence avec son mari une série de voyages qui les enchantent tous les deux. Il en profite alors pour l'entraîner dans un tourbillon de mondanités; d'autre part, comme elle est avide de connaître et d'accroître sa culture, Félix lui propose d'étudier le latin et le russe et lui fournit des livres « pleins de génie, certes, mais d'un génie anarchique et destructeur. En 1896 et 1897, Félix voit le succès de son œuvre détestable »: Elisabeth ne prie plus et cesse de pratiquer. Plus tard, Félix frémira devant sa responsabilité dans cette crise intérieure: « Quand je pense à quels dangers j'ai exposé Elisabeth en brisant chez elle le seul point d'appui, le seul secours qui soit! » Un jour, en lisant un livre attaquant le christianisme, Elisabeth est frappée par l'indigence du fond et la fragilité des arguments: dans une salutaire réaction, elle revient aux sources ainsi contestées, à l'Évangile. Félix est furieux, mais rien n'arrêtera plus « cette œuvre admirable de la conversion intérieure, provoquée, guidée, accompagnée par Dieu seul ». Cette foi retrouvée va inspirer toutes ses conversations: « Il ne faut pas être un génie pour défendre sa foi! » et toutes ses actions, l'organisation de sa vie, dans une discrétion et un respect absolu des convictions athées de son mari.

 

Elle fait sienne la devise dominicaine: « Orare et laborare », prier et travailler. La mort de sa sœur en 1905 et le retour de ses souffrances abdominales l'invitent à " réformer sa vie ": « Puisque je ne peux mener entièrement la vie que j'aurais rêvée, il faut que je rende meilleure et plus féconde, pour Dieu et pour les âmes, celle qui m'est destinée ». Elle demande la grâce de devenir plus tendre, plus forte, plus paisible. Son désir est d'être toute à Dieu et « en même temps, de me donner davantage à ceux que j'aime et à tous ceux que la Providence a mis ou mettra sur ma route ». Ses symptômes s'aggravant, on lui prescrit le repos et l'immobilité: « Je vais donc mener une vie de recluse qui ne me déplaît pas ». Elisabeth consacre ainsi de longs moments à la méditation, à l'oraison, à la lecture de livres de spiritualité, « sans pourtant négliger aucun devoir, sans rien perdre de son charme et de sa gaieté foncière ». En 1911, elle est opérée à la suite de la découverte d'une tumeur au sein. Elle offre cette épreuve pour la conversion de Félix: « Laissez-moi, Seigneur, déposer en votre cœur mes souffrances, mes désirs et mes prières ». Pour Elisabeth, la foi est un don de Dieu, si gratuit, si excellent qu'il doit rayonner dans toute sa vie. Ce don est accordé à chaque homme sans aucun mérite de sa part, aussi est-elle opposée à toute querelle, à toute division, à tout parti: « Moi, je suis anti-anti! » Elle réserve chaque jour, dans son emploi du temps, l'heure et demie d'oraison où elle refait ses forces: « Avant d'agir, s'établir dans la paix, fortifier sa volonté par la prière, et ensuite, se mettre à l'œuvre humblement, virilement, joyeusement ». Elle sourit aux descriptions de mortifications excessives et conseille de rechercher plutôt l'" esprit de mortification ": « Accepter les souffrances dans le secret, sans rien faire qui puisse attirer l'attention et en redoublant, au contraire, d'affabilité et de douceur ». Jamais on ne la voit inoccupée; même quand elle est alitée, elle sait utiliser ce temps en ce qu'elle nomme « la science des moments perdus ». Elle n'a pas d'enfant, mais son cœur maternel donne des conseils aux jeunes mères: « Avec vos enfants, sachez vouloir aussi complètement que vous les aimez. Tenez fermement sur un point jusqu'à ce que vous ayez obtenu un résultat, puis vous passerez à un autre point ». Sa crise de foi la rend particulièrement proche des incroyants: « Ceux qui n'ont pas traversé ces moments d'accablement ne connaissent qu'une partie de la souffrance humaine ». Elle oublie ses fatigues, ses épreuves pour aller à la recherche des âmes blessées: « Nous ne passons pas un jour sans rencontrer une détresse du corps ou de l'âme, une tristesse ou une pauvreté ». Elle s'interdit de juger: « J'ai trop compris, en me jugeant moi-même, combien les autres ont droit à l'indulgence ». Son grand désir est la conversion de Félix; pourtant, « jamais femme n'a moins importuné son mari, ne l'a moins pressé de penser comme elle ».


En juillet 1913, Elisabeth doit s'aliter: maux de tête, violents vertiges, vomissements signalent le cancer qui se généralise en elle. Elle supporte ses souffrances avec une patience et une égalité d'humeur qui forcent l'admiration de ses proches et le respect de Félix qui ne la quitte pas. Elle décline rapidement, au point qu'on la croit condamnée: « Je n'existais plus, sans une pensée, dans une sorte de coma ». Mais en août se produit une spectaculaire rémission alors qu'Elisabeth achève une neuvaine adressée à une petite Carmélite morte seize ans plus tôt, sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus. Durant cinq semaines, elle se remet à travailler, à écrire, à reprendre ses occupations. En novembre, tous les symptômes réapparaissent peu à peu. Les périodes de crise sont de plus en plus nombreuses, de plus en plus rapprochées. Quand la souffrance lui laisse un peu de répit, elle s'en étonne « comme d'une chose anormale ». Les douleurs de tête provoquent des crises impressionnantes qui s'accompagnent de convulsions, de tremblements, d'angoisses et la laissent épuisée, « brisée mais courageuse, réconfortante même et enjouée le plus souvent », s'excusant des soins que son état réclame. Elle accepte tout, n'exige rien: « Personne ne fut plus facile à soigner ». Son état nauséeux justifierait des désirs de nourriture qu'elle ne formule pas. Ceux qui la visitent se trouvent plongés dans « un bain de sérénité ». Elle offre au mal qui la ronge « une résistance physique extraordinaire soutenue par une résistance morale plus grande encore ». Le 27 avril, elle tend les bras vers Félix pour un ultime adieu avant de sombrer dans un coma où on la voit encore souffrir: elle se plaint, gémit, dévorée de fièvre, torturée par la soif sans rien pouvoir absorber. Elle meurt dans les bras de son mari le 3 mai 1914. Après sa mort, son visage prend une expression souriante et sereine. Elle est enterrée le 6 mai sans que son corps ait manifesté la moindre altération. Félix, pour la première fois, se demanda alors s'il y avait quelque chose en dehors du monde matériel. Un an plus tard, il communia. Devenu dominicain et prêtre, il se dévoua à la cause d'Elisabeth et continua, à travers une abondante correspondante, l'œuvre de compassion, d'écoute et d'accueil de « cet être véritablement exceptionnel ».


Texte extrait du site www.feuetlumiere.org

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Prière composée par Élisabeth Leseur

Extraite de « Journal et Pensées de Chaque Jour », 18 juillet 1912


Mon Dieu, je dépose à vos pieds mon fardeau de souffrances, de tristesses, de renoncements: j'offre tout par le Cœur de Jésus, et demande à Votre Amour de transformer ces épreuves en joie et en sainteté pour ceux que j'aime, en grâces pour les âmes, en donc précieux pour Votre Eglise. Dans cet abîme d'accablement physique, de dégoûts et de lassitude morale, de ténèbres où Vous m'avez plongée, laissez passer une lueur de Votre triomphante clarté. Ou plutôt (car les ténèbres de Gethsémani et du Calvaire sont triomphantes), faites servir tout ce mal au bien de tous. Aidez-moi à cacher le dépouillement intérieur et la pauvreté spirituelle sous la richesse du sourire et les splendeurs de la Charité. Lorsque la Croix se fait plus lourde, mettez Votre douce main sur le fardeau posé par Vous même sur mon âme et sur tout mon corps endolori. Seigneur, je Vous adore et suis encore, toujours, votre débitrice, puisqu'en divin contre-pied à mes souffrances, Vous avez l'Eucharistie et le Ciel! Alléluia!


Imprimatur

Flum. Januario

12 augusti 1922

+ Sebastianus. Arc. Coad.


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27 septembre 2010

La Vénérable Anne de Guigné

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La Vénérable Anne de Guigné

1911-1922

« Je veux que pour Jésus, mon cœur soit pur comme un lys ».

« On a bien des joies sur la terre, mais elles ne durent pas; celle qui dure, c'est d'avoir fait un sacrifice ».


Anne de Guigné naquit le 25 avril 1911 à Annecy-le-Vieux, et mourut à Cannes, en odeur de Sainteté le 14 janvier 1922. La mort de son admirable père, tombé à la tête de ses chasseurs en 1915, fut, à quatre ans, le principe de « sa conversion ». Cette enfant, d'intelligence vive, de volonté ardente, facilement violente et jalouse, acquit rapidement une douceur et une abnégation peu ordinaires. Sa Première Communion, à six ans, acheva de la transformer. Extérieurement, ce fut la plus simple et la plus aimable des enfants; effacée et modeste, toute à ses petits devoirs et à ses jeux. Intérieurement, Dieu opérait en son âme des merveilles. Son humilité, sa douceur, son obéissance, son amour du sacrifice, son exquise et universelle Charité atteignirent un éclat remarquable. Sa manière de communiquer remuait les coeurs, et plusieurs fois on la vit comme transfigurée. Ses pensées révélaient aussi sa sainteté. Sa pureté était rayonnante et sa bonté sans limites.


Neuvaine au Sacré Cœur pour obtenir la glorification d'Anne de Guigné


Seigneur Jésus, Vous qui avez dit, dans Votre grand Amour: « Laissez venir à Moi les petits enfants », nous Vous en supplions, accordez-nous la grâce que nous Vous demandons, afin que, glorifiant par Vos miracles, l'enfant privilégiée de Votre Divin Cœur, nous puissions mieux Vous servir en l'imitant et mieux Vous aimer en l'invoquant. Ainsi soit-il.


Imprimatur

Annecy, le 1er novembre 1925

+ Florent-Michel Marie

Evêque d'Annecy


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12 septembre 2010

Vénérable Chiara Luce Badano

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La Vénérable Chiara Luce Badano

1971-1990

Fête le 7 octobre


L'histoire de Chiara Badano est simple et extraordinaire à la fois. Sa naissance le 29 octobre 1971 à Sassano (Italie du Nord-Ouest) comble de joie ses parents qui, depuis onze années espéraient un tel événement. Bien que la famille ne dispose que de modestes revenus, le papa est camionneur , la maman quitte son poste d'ouvrière dans une entreprise de pâtisserie pour « suivre sa fille ». Chiara, enfant joyeuse et vive, sait se réjouir des petites choses et se montrer généreuse. Dans un devoir d'école, elle demande à Jésus pour Noël non pas des jouets mais « la santé pour mamie Gilda et toutes les personnes qui ne vont pas bien ». A neuf ans, elle fait une rencontre fondamentale pour le reste de sa vie avec "l'idéal de l'unité", lors d'un rassemblement d'enfants du Mouvement des Focolari. Son enthousiasme est tel qu'elle va entraîner ses parents à participer au Familyfest en 1981, un festival mondial de familles organisé par les Focolari. Ce sera le début de leur conversion…


La souffrance embrassée rend libre


En parcourant les cahiers d'école de Chiara, on note son émerveillement devant la vie. Adolescente, elle aime retrouver ses copains et copines dans un café les soirs de week-end. Elle adore chanter et danser, ne supporte pas de rester immobile et aimerait bien être hôtesse. Très sportive, elle pratique la natation, le tennis et les balades en montagne. C'est précisément lors d'un match de tennis qu'elle éprouve une douleur subite et lancinante à l'épaule. Les médecins, qui au début avaient diagnostiqué un simple cal osseux, doivent se rendre à l'évidence. Il s'agit en fait d'une forme de cancer des os parmi les plus graves et les plus douloureuses. Chiara accueille la nouvelle avec courage. Après un long silence, sans pleurs ni rébellion, elle dit: « Je suis jeune, je m'en sortirai! ». Pour elle, commence en fait une rapide ascension vers la sainteté. Examens médicaux, opérations chirurgicales, chimiothérapie… Rien n'y fait et le mal galope, atteignant la moelle épinière. Ses jambes sont désormais paralysées. Les soins s'avèrent très douloureux. Chiara refuse cependant la morphine parce cela lui enlèverait toute lucidité. Elle se dit convaincue que la souffrance embrassée rend libre. Sa force, elle la puise dans sa foi, dans sa découverte à travers la spiritualité des Focolari de Jésus, de « Jésus abandonné » qui a pris sur lui toutes les souffrances lors de son cri d'abandon sur la croix. « L'important, c'est de faire la volonté de Dieu. J'avais des projets personnels, mais Dieu avait les siens pour me garder avec lui. Jésus m'a envoyé cette maladie au moment juste. Vous ne pouvez imaginer quelle est ma relation avec Jésus maintenant! Il me semble qu'il m'appelle à quelque chose de plus, de plus grand… raconte Chiara à ses amis. Peut-être vais-je rester sur un lit pendant des années. Je n'en sais rien. Pour moi, il n'y a que la volonté de Dieu qui importe: la faire bien, vivre l'instant présent, entrer dans le « jeu » de Dieu […] Un autre monde m'attend et je n'ai qu'à m'abandonner. Je sens que je fais partie d'un projet splendide qu'on me dévoile peu à peu ». Ces paroles fortes accompagnent son témoignage de vie.


Sa chambre, lieu de rencontres et d'unité


Chiara offre tout ce qu'elle vit pour les jeunes, pour son diocèse, pour ceux qui sont loin de la foi, pour les missions, pour les Focolari. Le jour de ses 18 ans, elle reçoit une importante somme d'argent… qu'elle s'empresse de donner à un ami qui travaille en Afrique auprès d'enfants pauvres et malades. Sa chambre, d'abord à l'hôpital, puis à la maison, devient lieu de rencontres, d'apostolat et d'unité. C'est son « église ». Les médecins sont touchés par son attitude. L'un d'eux, Antonio Delogu, commente: « Son sourire et ses grands yeux lumineux nous prouvaient que la mort n'existe pas, il n'y a que la vie ». La chimiothérapie lui fait perdre ses cheveux auxquels elle tenait tant. A chaque mèche qui se détache, elle prononce un simple et intense « Pour toi, Jésus ». Un dialogue lumineux de foi et d'amour surnaturel s'établit avec sa maman qui passe d'interminables journées auprès d'elle. « Maman, est-ce juste de mourir à 18 ans? », « Je ne sais pas si c'est juste. Mais si Dieu a ce dessein sur toi, nous devons faire sa volonté »; « Maman, cela me plairait tellement de faire de la bicyclette, et Dieu m'a pris mes jambes », « Jésus t'a pris tes jambes, mais il t'a donné des ailes! », « Tu as raison. Si on me demandait si je voulais me promener, je dirai non parce que, telle que je suis, je suis plus proche de Jésus »… Chiara Lubich, la fondatrice des Focolari, la suit au long de sa maladie et entretient avec elle une correspondance vitale. « Je lui dois tout » affirme l'adolescente, au point de lui demander un « nom nouveau » pour marquer son adhésion particulière à l'idéal de l'unité. Ce sera: Chiara Luce (Claire Lumière) telle une lumière qui illumine tant de personnes. Nombre de personnes viennent lui rendre visite. « Si au début, nous venions la voir pour la soutenir, bien vite nous avons compris qu'elle nous attirait comme un aimant » commente un jeune. Tous ceux qui viennent la voir expérimentent près d'elle une « atmosphère de paradis ». Assis sur un tabouret au pied du lit de Chiara, l'évêque du diocèse (Aqui) Mgr Martino, est frappé par la profondeur spirituelle de Chiara: « Son apprentissage de la sainteté est soutenu par son idéal de vie, par sa générosité, par sa disponibilité à l'amour si caractéristique des adolescents […] Je sentais aussi en elle la présence de l'Esprit Saint qui la rendait capable de transmettre à ceux qui l'approchaient sa façon d'aimer Dieu et tous les hommes ». Emu, le cardinal Saldarini lui demande un jour: « Tu as des yeux merveilleux, une lumière merveilleuse. D'où te vient-elle? ». Et Chiara Luce de répondre simplement: « Je m'efforce d'aimer beaucoup Jésus ».


« Si tu le veux, toi, Jésus, moi aussi je le veux »


« Si tu le veux, toi, Jésus, moi aussi je le veux » ne cesse de répéter Chiara Luce alors que le mal progresse inexorablement et que la souffrance la tenaille. « Je me sens si petite et le chemin à parcourir est si ardu! Mais c'est l'Epoux qui vient à ma rencontre… » reprend-elle, rappelant en cela ce qu'a vécu la « Petite » Thérèse de Lisieux. Jésus abandonné est tellement son Epoux que Chiara Luce désire se préparer particulièrement à sa rencontre. Elle choisit une robe blanche avec une petite ceinture rose et la fait essayer à une amie pour voir l'effet produit. Ce sera sa robe pour « les noces », ses funérailles. C'est elle qui choisit les fleurs, les chants, les lectures et donne pour consigne à sa mère: « Quand tu me prépareras sur mon lit de mort, maman, tu ne devras pas pleurer, mais répéter « Maintenant Chiara Luce voit Jésus ». » Ainsi, le dimanche 7 octobre 1990, le jour de Notre-Dame du Rosaire, à quatre heures du matin, elle adresse ses dernières paroles à sa mère: « Sois heureuse car je le suis! » Son dernier don sera celui de ses yeux qui, greffés, permettront à deux garçons de retrouver la vue. 2000 personnes, au moins, de tous âges et de tous milieux sociaux, croyants ou non, assistent à ses obsèques. Il y règne une atmosphère de joie simple. Mgr Martino qualifie dans son homélie Chiara Luce de « fruit de la famille chrétienne, d'une communauté de chrétiens, d'un mouvement qui vit l'amour réciproque et rayonne de la présence de Jésus ». Tout ne s'arrête pas là. Bien au contraire. Des personnes qui apprennent l'histoire de Chiara Luce se sentent poussées à vivre plus radicalement l'Evangile, à mettre Dieu à la première place dans leur vie. Sa tombe est même devenue un lieu de pèlerinage accueillant fleurs, offrandes pour « ses » petits amis d'Afrique, lettres et demandes de grâces. Sa sainteté est devenue contagieuse… A tel point que, le 7 décembre 1998, la Congrégation pour la cause des saints a fait savoir à l'évêque du diocèse d'Aqui qu'aucun obstacle ne s'opposait à l'enquête diocésaine en vue de la béatification de la « servante de Dieu », Chiara Badano. Dans quelques mois, son dossier sera soumis au Vatican. « Soyez une génération de saints! » répète toujours Chiara Lubich aux jeunes Focolari. Chiara Luce, par sa vie, ses vertus prouvées, sa charité sans limite et sa confiance totale en Dieu, est un reflet de l'unique sainteté, celle de Dieu. Ainsi, est-il tout à fait possible d'être sainte à 18 ans!


Texte extrait du site www.servir.freesurf.fr

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Béatification de Chiara Luce Badano le samedi 25 septembre 2010 à Rome


Elle est la première du Mouvement des Focolari à accéder à la béatification. Une jeune fille de 19 ans, Chiara Luce Badano, décédée en 1990 d’un cancer des os qu’elle a vécu de façon héroïque. Chiara Luce née à Sassello (près de Savone) le 29 octobre 1971, a manifesté très tôt sa générosité. À 4 ans, elle choisissait avec soin les jouets qu’elle voulait offrir aux enfants pauvres. A 9 ans, elle rencontre les jeunes du Mouvement des Focolari. Elle fait sien immédiatement leur idéal d’unité et d’amour, et s’engage dans sa paroisse. À 17 ans, un cancer des os est diagnostiqué. L’adolescente débordante d’énergie sera immobilisée par la maladie et se réalisera pleinement. « Si tu le veux, Jésus, je le veux aussi » aimait-elle répéter. Son rayonnement est immédiat, tant et si bien qu’à peine 10 ans après sa mort en 1990 son procès de béatification est engagé. En décembre 2009, la publication par Benoît XVI du décret reconnaissant un miracle attribué à Chiara Luce et la faisait passer de « vénérable » à « bienheureuse ». C’est Mgr Maritano, qui l’a connue personnellement alors qu’il était son évêque (diocèse d’Acqui) qui a pris l’initiative du procès de béatification: « Il m’a semblé que son témoignage était important, en particulier pour les jeunes. Nous avons besoin de sainteté aujourd’hui aussi. Il faut aider les jeunes à trouver une orientation, un but, à dépasser les incertitudes et la solitude pour trouver des réponses aux questions suscitées par les difficultés, la souffrance, la mort, toutes leurs inquiétudes. » Chiara Lubich (1920-2008), la fondatrice des Focolari, à qui Chiara Luce Badano était très liée par une correspondance fournie, avait commenté en mars 2000 à la fin de la phase diocésaine du procès de béatification: « Nous pouvons nous ressourcer à sa vie. Elle est un modèle et un témoin pour les jeunes et pour les personnes plus âgées car elle a su transformer sa « passion » en un chant nuptial. » La présidente actuelle du Mouvement des Focolari, Maria Voce, propose de « saisir cette occasion pour faire connaître le plus largement possible le message que Chiara Luce nous a laissé: « Dieu est Amour. » Les cérémonies de béatification seront présidées le samedi 25 septembre 2010 à Castel di Leva près de Rome par Mgr Amato, Préfet de la Congrégation pour la cause des saints, et le dimanche 26 septembre dans la Basilique de St Paul-hors-les-murs, par le Cardinal Bertone, Secrétaire d’État du Vatican. Le samedi soir un rassemblement festif et priant de jeunes se tiendra dans la Salle Paul VI au Vatican.


Extrait du site www.france-catholique.fr

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Prière pour demander la glorification de la Vénérable Chiara Luce Badano


Ô Père, source de tout bien, qui, par les mérites de ton Fils Jésus, suscites des merveilles de bonté en ceux qui se confient à ton amour, nous te rendons grâces pour le témoignage chrétien de Chiara Badano. Animée par l'ardeur de ton Esprit, elle a trouvé dans l'union avec Jésus l'idéal de vie et la force d'accomplir, en filial abandon à ta volonté, l'offrande de sa jeunesse pour le bien de l'Église. S'il est conforme à ton dessein que l'exemple de la Vénérable Servante de Dieu soit proposé à la vénération des fidèles, nous te prions, accorde-nous la grâce (….) pour l'exaltation de ta bonté de Père. Nous te le demandons pour le Christ, notre Seigneur. Amen.


Bibliographie: Un sourire de paradis, Éditions Nouvelle Cité (96 p.10 euros)

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Pour mieux connaître Chiara Luce Badano


Sites sur Chiara Luce Badano

www.chiaralucebadano.it

http://chiaraluce.free.fr


Biographie détaillée et photos sur le site www.focolari.fr

23 mars 2016

Neuvaine à la Miséricorde Divine

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La Dévotion au Christ Miséricordieux

La dévotion à la Divine Miséricorde constitue un authentique mouvement spirituel au sein de l’Église catholique. Elle a été promue par la religieuse polonaise Faustine Kowalska (1905-1938). Celle-ci est connue dans le monde entier pour avoir fait peindre la fameuse icône du Christ Miséricordieux d'après l'apparition dont elle avait été favorisée, pour faire connaître au monde la Miséricorde du Cœur de Jésus. Le Saint-Père a béatifié sœur Faustine le 18 avril 1993 et l’a canonisée le 30 avril 2000. C’est lors de la canonisation que le pape a annoncé l’institution du Dimanche de la Miséricorde divine. Jean Paul II attachait une telle importance au Message de la Divine Miséricorde révélé à Ste Faustine qu'il voulut faire d'elle la première canonisée de l'an 2000 et du troisième millénaire ! Et ce jour-là, pour lui donner un relief encore plus particulier, il ne canonisa qu'elle ! C'était le 30 avril 2000. Les messages qu'elle a reçus de Jésus se situent exactement dans le prolongement de ceux reçus par Sainte Marguerite Marie à Paray le Monial, de Sainte Gertrude, et de saint Jean le disciple bien aimé. « Il est alors important que nous recevions entièrement le message qui provient de la Parole de Dieu en ce deuxième Dimanche de Pâques, qui dorénavant, dans toute l'Église, prendra le nom de "Dimanche de la Miséricorde divine" », avait-il déclaré. « Sœur Marie Faustine a été élue par le Seigneur Jésus secrétaire et apôtre de Sa Miséricorde pour transmettre au monde entier son grand message . Dans l'ancien Testament, lui dit-Il, j'ai envoyé à mon peuple des prophètes et avec eux la foudre. Aujourd'hui, je t'envoie vers toute l'humanité avec ma miséricorde. Je ne veux pas punir l'humanité endolorie, mais je désire la guérir en l'étreignant sur mon cœur miséricordieux (P.J. 1588) », précise la biographie de soeur Faustine publiée par le Vatican ( cf. www.vatican.va ). Sœur Faustine Kowalska appartenait à la Congrégation des Sœurs de Notre Dame de la Miséricorde. Elle a passé au couvent treize ans, en remplissant les fonctions de cuisinière, de jardinière et de Sœur portière dans plusieurs maisons de la Congrégation, le plus souvent à Plock, Wilno et Cracovie, en Pologne. Elle est morte à l’âge de 33 ans à Cracovie, le 5 octobre 1938. Ses reliques reposent au sanctuaire de la Miséricorde Divine de Cracovie-Lagiewniki. Elle n’invente rien dans son message, elle transmet après St Thomas d’Aquin, les données théologiques, exégétiques et traditionnelles, sur la foi en la divine miséricorde. Un témoignage universel de Sainteté.

L'Icône du Christ Miséricordieux

La première fois que le Christ Miséricordieux se manifesta à Faustine, ce fut le 22 février 1931, à Plock, en Pologne. « Le soir, écrit la Soeur, me trouvant dans ma cellule, je vis Jésus-Christ, vêtu d'une robe blanche,il levait la main droite pour bénir pendant que son autre main reposait sur son Coeur. De son vêtement, légèrement entrouvert sur la poitrine, s'échappaient deux faisceaux de rayons lumineux : l'un blanc, l'autre rouge. En silence, je contemplais le Seigneur. Mon âme était remplie de crainte et en même temps, d'une joie immense ». Alors Jésus lui dit: « Peins un tableau; représente-Moi tel que tu me vois, avec l'inscription: « Jésus j'ai confiance en Vous ». Je promets que l'âme qui vénérera cette image ne périra pas et qu'elle vaincra l'ennemi dès ce monde, mais surtout à l'heure de la mort, Je la défendrai moi-même comme ma propre gloire... » Jésus explique: « Ces rayons signifient l'eau et le sang. L'eau qui justifie les âmes, le sang qui est vie de l'âme. Ils jaillissent de mon Coeur, ouvert sur la Croix. Ces rayons abritent l'âme de la colère de Mon Père. Heureux qui vit à leur ombre ; la justice ne l'atteindra pas ». « Je demande que cette Image soit honorée, ordonne Jésus, d'abord dans votre Chapelle, ensuite à travers le monde entier ». "Le Christ est l'Image, l'Icône du Dieu invisible", nous dit Saint Paul (Col. 1,15). En lui, par l'Incarnation, Dieu s'est fait à la mesure de l'homme. C'est cela que l'Icône est chargée de signifier.

Promesses du Christ

Quelques Promesses du Christ, dictées à Sainte Faustine.

Nous le savons,  Jésus ne peut ni se tromper, ni nous tromper

Les âmes qui propagent la vénération de ma miséricorde, je les protège durant toute leur vie, comme une tendre mère son nourrisson, et à l’heure de la mort, je ne serai pas pour elles un Juge, mais le Sauveur miséricordieux. En cette dernière heure, l’âme n’a plus rien pour sa défense si ce n’est ma miséricorde ; heureuse l’âme qui, sa vie durant, se plongeait dans la source de la miséricorde, car la justice ne l’atteindra pas. Écris : "Tout ce qui existe est contenu dans les entrailles de ma miséricorde, plus profondément que l’enfant dans le sein de sa mère. Oh ! combien douloureusement me blesse l’incrédulité en ma bonté. Ce sont les péchés de méfiance qui me blessent le plus douloureusement" (Petit Journal de Sœur Faustine, § 1074-1075)

Pour Annoncer Dieu Miséricorde, celui qui choisit de transmettre ce message, en particulier à ceux qui ne connaissent pas Dieu Père Miséricordieux s’appliquera à ramener vers Dieu les personnes qui souffrent d’être éloignées de Lui: «Que les plus grands pécheurs mettent leur espoir en ma miséricorde. Ils ont droit avant tous les autres à la confiance en l’abîme de ma miséricorde. Ma fille, écris sur ma miséricorde pour les âmes tourmentées. Les âmes qui s’adressent à ma miséricorde me réjouissent , à de telles âmes, j’accorde des grâces bien au-dessus de leurs désirs. Je ne peux punir même le plus grand pécheur s’il invoque ma pitié, mais je l’excuse en mon insondable et inconcevable miséricorde. Qui ne veut pas passer par la porte de ma miséricorde, doit passer par la porte de ma justice... ». (Petit Journal de Sœur Faustine, § 1146) 47. (extrait du Petit journal de Ste Faustine)

Un soir, dans ma cellule, je vis Jésus vêtu d’une tunique blanche, une main levée pour bénir, la seconde touchait son vêtement sur la poitrine. De la tunique entr’ouverte sortaient deux grands rayons, l’un rouge, l’autre pâle. Je fixais le Seigneur en silence, l’âme saisie de crainte, mais aussi d’une grande joie. Après un moment, Jésus me dit ; " Peins un tableau de ce que tu vois, avec l’inscription: « Jésus, j’ai confiance en Vous ! » Je désire qu’on honore cette image, d’abord dans votre chapelle, puis dans le monde entier". "Je promets que l’âme qui honorera cette image, ne sera pas perdue. Je lui promets aussi la victoire sur ses ennemis dès ici bas, e  spécialement à l’heure de la mort . Moi-même je la défendrai comme Ma propre gloire. " Lorsque j’en informai mon confesseur, il me répondit : « Oui, cela te concerne, peins l’image de Dieu dans ton âme. » Lorsque je sortis du confessionnal, j’entendis de nouveau ces paroles : « Mon image est en toi .Je désire qu’il y ait une fête de la Miséricorde. Je veux que cette image que tu peindra avec un pinceau, soit solennellement bénie le premier dimanche après Pâques : ce dimanche doit être la Fête de la Miséricorde."

"Je désire que les prêtres proclament Ma grande miséricorde envers les âmes pécheresses. Quelles n’aient pas peur de s’approcher de Moi. Les flammes de la miséricorde Me brûlent. Je veux les répandre sur les âmes." Jésus se plaignit ainsi :  "La méfiance des âmes Me déchire le Cœur, mais la méfiance d’une âme choisie Me fait encore plus mal. Malgré la Miséricorde dont Je l’inonde, elle se méfie de Moi. Même Ma Mort ne lui suffit pas. Malheur à qui en abuse". Comme je voulais fuir ces inspirations intérieures, Dieu me dit qu’au Jour du Jugement, Il me demanderait compte d’un grand nombre d’âmes.

Ces deux rayons indiquent le Sang et l’Eau - le rayon pâle signifie l’Eau, qui purifie les âmes ; le rayon rouge signifie le Sang, qui est la vie des âmes"... "Ces deux rayons jaillirent des entrailles de ma Miséricorde, alors que Mon Cœur, agonisant sur la croix, fut ouvert par la lance". "Ces rayons protègent les âmes de la colère de Mon Père. Heureux est celui qui vivra dans leur lumière, car la Main du Dieu Juste ne l’atteindra pas. Je désire que le premier dimanche après Pâques soit la fête de la Miséricorde". "L’humanité ne trouvera pas la paix tant qu’elle ne se tournera pas avec confiance vers Ma miséricorde". "Oh ! Comme l’incrédulité de l’âme Me blesse. Cette âme confesse que Je suis Saint et juste, et ne croit pas que Je suis la Miséricorde ! Mais elle se méfie de Mon amour. Les démons aussi croient en Ma justice, mais ne croient pas en Ma bonté. Mon cœur se réjouit de ce titre de Miséricordieux. Proclame que la Miséricorde est le plus grand attribut de Dieu. Toutes les œuvres de mes mains sont couronnées de Miséricorde."

Un jour, Jésus me dit : " Mon regard sur cette image est le même que celui que J’avais sur la Croix." "Je donne aux hommes un moyen, avec lequel ils doivent venir puiser la grâce à la source de la Miséricorde. Ce moyen, c’est cette image, avec l’inscription : " Jésus, j’ai confiance en Vous !" "Toutes les âmes qui vénéreront ma miséricorde et propageront sa gloire en incitant les autres âmes à la confiance en ma miséricorde - ces âmes ne connaîtront pas l'effroi à l'heure de la mort. Ma miséricorde les abritera lors de cette dernière lutte "... "Dis-leur qu'aucune âme faisant appel à ma miséricorde n'a été déçue ni n'a éprouvé la honte. .. Ecris: Si l'on récite ce chapelet auprès d'un agonisant, je me tiendrai entre le Père et l'âme agonisante, non pas en tant que Juge juste, mais comme Sauveur miséricordieux. "

Jésus demande une Fête de la Miséricorde

Cette demande a été clairement formulée à sainte Faustine Kowalska (1905-1938). Le message de sœur Faustine a été noté dans le Petit Journal quelle a rédigé à la demande de Jésus et de ses confesseurs. Elle y a fidèlement noté tous les souhaits de Jésus, de même qu’elle a décrit l’union intime de son âme avec Dieu. En 1931 : « Je désire qu’il y ait une Fête de la Miséricorde…le premier dimanche après Pâques (…) doit être la Fête de la Miséricorde » Les flammes de la Miséricorde me brûlent. Je veux les répandre sur les âmes ». (Petit Journal - & 49) En 1936 : La Fête de la Miséricorde est issue de mes entrailles. Je désire qu’elle soit fêtée solennellement le premier dimanche après Pâques. (Petit Journal - & 698)

Dimanche 30 avril 2000: institution de la Fête de la Miséricorde

C’est le jour où sœur Faustine a été canonisée par Jean-Paul II. En même temps, le pape décide que, dorénavant, dans toute l’Église, ce dimanche prendra le nom de « Dimanche de la Miséricorde divine ». La place de cette fête dans l’année liturgique a été choisie par Jésus Lui-même. Cela montre le rapport étroit qui existe entre le mystère pascal de notre Rédemption et cette fête. Les textes de la liturgie de ce dimanche évoquent plusieurs fois la Miséricorde. La Fête de la Miséricorde est d’abord un jour où l’on honore spécialement Dieu dans ce mystère. Mais c’est aussi un jour de grâce pour tous, et surtout pour les pécheurs. Jésus a attaché à cette Fête de grandes promesses : " Ma fille, parle au monde entier de mon inconcevable Miséricorde. Je désire que la Fête de la Miséricorde soit le recours et le refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs. En ce jour les écluses de ma Miséricorde sont ouvertes. Je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s'approcheront de la source de ma Miséricorde. Toute âme qui s’approchera de la confession et de la sainte Communion recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition. En ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s’écoule la grâce. Qu’aucune âme n’ait peur de s’approcher de Moi, même si ses péchés sont comme l’écarlate (…) Le genre humain ne trouvera pas la paix tant qu'il ne se tournera pas vers la source de ma Miséricorde ». (Petit Journal -  § 698)

 Chapelet à la Miséricorde Divine

Jésus a dicté cette prière à la Sœur Faustine à Vilnius la nuit du 13/14 septembre 1935. (Petit Journal 475-477) Il lui en parlé 14 fois, tout en expliquant son but et les promesses liées à elle.

Ma fille, incite les âmes à dire ce chapelet que je t’ai donné...s’il récite ce chapelet une seul fois, obtiendra la grâce de mon infini miséricorde...Par ce chapelet tu obtiendras tout, si ce que tu demandes est conforme à ma volonté. (Petit Journal 1541, 687, 1731)

Récitation du chapelet à la Miséricorde Divine

(pour l'écouter cliquer sur le titre ci-dessus et à la fin de chaque jour de la neuvaine)

 

 (on récite les prières suivantes sur le chapelet ordinaire)

 

Au début

Notre Père qui êtes aux cieux, que Votre Nom soit sanctifié, que Votre règne vienne, que  Votre Volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour. Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivre nous du Mal. Amen.

Je Vous salue Marie, comblée de grâces, le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre. Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant d'où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois en l'Esprit Saint, à la sainte Eglise catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen.

Sur les gros grains, une fois: Père Eternel, je Vous offre le Corps et le Sang, l’Ame et la Divinité de Votre Fils Bien-aimé, notre Seigneur Jésus Christ, en réparation de nos péchés et de ceux du monde entière.

Sur les petits grains, 10 fois: Par sa douloureuse Passion, soyez miséricordieux pour nous et pour le monde entière.

Pour terminer, 3 fois: Dieu Saint, Dieu Fort, Dieu Eternel, ayez pitié de nous et du monde entier.

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Neuvaine à la Miséricorde Divine

La Neuvaine est le dernier acte de lutte spirituelle pour les âmes qui se sont égarées sur le chemin de la vie et qui ont perdu la foi, l’espérance et l’amour. La neuvaine doit être une prière « pour la conversion du monde entier et la connaissance de la Miséricorde Divine » (PJ 1059).

Elle doit être célébrée à compter du Vendredi Saint pour préparer la Fête de la Miséricorde Divine mais à tout autre moment de l’année aussi. Le désir du Seigneur est que Faustine amène les âmes à la source de la Miséricorde Divine « afin qu’elles puisent force et fraîcheur, ainsi que toutes les grâces dont elles ont besoin dans les difficultés de la vie et particulièrement à l’heure de la mort » (PJ 1209). Il annonce également qu’Il ne refusera rien à l’âme qui lui sera amenée à la source de sa miséricorde (cf. ibid.). Chaque jour de la neuvaine doit être une prière pour des groupes de personnes différents. Le désir du Sauveur est donc clair, il veut que nous nous souciions non seulement de notre salut, mais également de celui des autres. Comme nous pouvons facilement le remarquer, cet appel à la prière ne concerne pas uniquement les pécheurs, mais différentes catégories de personnes, y compris celles qui au quotidien plaisent à Dieu. Ainsi, l’humanité deviendrait une immense famille de prière unie par la glorification de la Miséricorde Divine et par l’imploration de cette miséricorde pour ceux qui en ont besoin. « Je désire que durant ces neuf jours, tu amènes les âmes à la source de ma miséricorde, afin qu’elles puisent force et fraîcheur, ainsi que toutes les grâces dont elles ont besoin dans les difficultés de la vie et particulièrement à l’heure de la mort. Chaque jour tu amèneras jusqu’à mon cœur un groupe d’âmes différent et tu les plongeras dans l’océan de ma miséricorde. Et moi, je ferai entrer toutes ces âmes dans la demeure de mon père. Tu feras cela dans cette vie et dans l’autre. Je ne refuserai rien aux âmes que tu amèneras à la source de ma miséricorde. Et chaque jour par ma douloureuse passion, tu solliciteras de mon Père des grâces pour ces âmes.» « J’ai répondu: Jésus, je ne sais comment faire cette neuvaine, ni quelles âmes conduire tout d’abord à Ton Cœur très compatissant. Et Jésus me répondit qu’il me dirait chaque jour quelles âmes je devrai conduire à Son Cœur. » (PJ 1209)

 

Premier jour

Paroles de Notre Seigneur

 

« Aujourd’hui, amène-Moi l’humanité entière, et particulièrement tous les pécheurs et immerge-la dans l’océan de Ma Miséricorde. Tu Me consoleras ainsi dans cette amère tristesse dans laquelle Me plonge la perte des âmes. »

 

 Demandons miséricorde pour l’humanité entière.

« Très Miséricordieux Jésus, dont le propre est d’avoir pitié de nous et de nous pardonner, ne regardez pas nos péchés, mais la confiance que nous avons en Votre infinie Bonté et recevez-nous dans la demeure de Votre Cœur très Compatissant et ne nous en laissez pas sortir pour l’éternité. Nous Vous en supplions par l’Amour qui Vous unit au Père et au Saint-Esprit ». (PJ 1211)

 

 « O toute-puissance de la miséricorde divine,

secours pour l’homme pécheur,

Tu es miséricorde et océan de pitié,

Tu viens en aide à celui qui Te prie avec humilité. »

 Notre Père… je Vous salue Marie… Gloire au Père …

« Père Eternel, jetez un regard de miséricorde sur toute l’humanité enfermée dans le Cœur très compatissant de Jésus, et particulièrement sur les pauvres pécheurs, et par Sa douloureuse passion, témoignez-nous de Votre Miséricorde afin que nous glorifions la toute-puissance de Votre Miséricorde pour les siècles des siècles. Amen. »

 Chapelet à la Miséricorde Divine


Deuxième jour

Paroles de Notre Seigneur


«
Aujourd’hui amène-Moi les âmes sacerdotales et religieuses, et immerge-les dans Mon insondable Miséricorde. Elles M’ont donné la force d’endurer Mon amère Passion, par elles comme par des canaux, Ma Miséricorde se déverse sur l’humanité ». (PJ 1212)

Prions pour le clergé et les religieux

« Très miséricordieux Jésus, de qui provient tout ce qui est bon, multipliez Vos grâces en nous, afin que nous accomplissions de dignes actes de Miséricorde, pour que ceux qui nous regardent, glorifient le Père de miséricorde qui est au ciel. » (PJ 1213)

 

 « La source de l’amour divin demeure dans les cœurs purs,

Plongés dans la mer de la miséricorde,

rayonnante comme les étoiles,

Claire comme l’aurore. »

 Notre Père… je Vous salue Marie… Gloire au Père…

« Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur ce groupe d’élus de Votre Vigne, les âmes sacerdotales et religieuses, et comblez-les de la puissance de Votre bénédiction, et par le Sentiment du Cœur de Votre Fils dans lequel elles sont enfermées, accordez leur la force de Votre Lumière, afin qu’elles puissent guider les autres sur les chemins du salut, pour chanter ensemble la gloire de Votre insondable Miséricorde pour l’éternité. Amen. » 

Chapelet à la Miséricorde Divine


Troisième jour

Paroles de Notre Seigneur


«
Aujourd’hui amène-Moi toutes les âmes pieuses et fidèles et immerge-les dans l’océan de Ma Miséricorde; ces âmes M’ont consolé sur le Chemin de Croix, elles furent cette goutte de consolation au milieu d’un océan d’amertume. » (PJ 1214)

Prions pour tous les chrétiens fidèles

« Très Miséricordieux Jésus qui accordez à tous avec surabondance les grâces du trésor de Votre Miséricorde, recevez-nous dans la demeure de Votre Cœur très Compatissant, et ne nous en laissez pas sortir pour les siècles. Nous Vous en supplions par l’inconcevable Amour dont brûle Votre Cœur pour le Père Céleste. » ( 1215)

« Impénétrables sont les merveilles de la miséricorde,

insondables au pécheur comme au juste, sur tous,

Tu jettes un regard de pitié,

Tu nous attires tous vers Ton amour. »

Notre Père… je Vous salue Marie… Gloire au Père…


«
Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes fidèles, héritage de Votre Fils, et par Sa douloureuse passion, accordez-leur Votre Bénédiction et entourez les de Votre  incessante Protection afin qu’elles ne perdent ni l’amour ni le trésor de Votre Sainte Foi, mais qu’avec le chœur des Anges et des Saints, elles glorifient Votre Infinie Miséricorde pour les siècles des siècles. Amen ».

Chapelet à la Miséricorde Divine


Quatrième jour

Paroles de Notre Seigneur

« Aujourd’hui amène-Moi les païens et ceux qui ne Me connaissent pas encore, J’ai également pensé à eux durant Mon amère Passion, et leur zèle futur consolait Mon Cœur. Immerge-les dans l’Océan de Ma Miséricorde ». ( 1216 )

Prions pour les païens et incroyants

« Très Compatissant Jésus qui êtes la Lumière du monde entier, recevez dans la demeure de Votre Cœur très Compatissant les âmes des païens qui ne Vous connaissent pas encore; que les rayons de Votre grâce les illuminent, afin qu’elles aussi glorifient avec nous les merveilles de Votre Miséricorde, et ne les laissez pas sortir de la demeure de Votre Cœur très Compatissant ». (PJ 1217)

« Que la lumière de Ton amour

Illumine les ténèbres des âmes,

fais que ces âmes Te connaissent,

et qu’elles glorifient avec nous Ta miséricorde.»

 Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

« Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes des païens et de ceux qui ne Vous  connaissent pas encore, mais qui sont enfermés dans le Cœur très Compatissant de Jésus. Attirez-les vers la Lumière de l’Evangile. Ces âmes ne savent pas combien est grand le bonheur de Vous aimer; faites qu’elles glorifient la largesse de Votre Miséricorde dans les siècles des siècles. Amen. »

 Chapelet à la Miséricorde Divine


Cinquième jour

Paroles de Notre Seigneur

« Aujourd’hui amène-moi les âmes des hérétiques et des apostats et immerge-les dans l’Océan de Ma Miséricorde; dans Mon amère Passion, elles Me déchiraient le Corps et le Cœur, c’est-à-dire Mon Eglise. Lorsqu’elles reviennent à l’unité de l’Eglise, Mes Plaies se cicatrisent, et de cette façon elles Me soulageront dans Ma Passion ». ( 1218)

Prions pour ceux qui errent dans la foi

« Très miséricordieux Jésus qui es la bonté même, Tu ne refuses pas la lumière à ceux qui Te la demandent, reçois dans la demeure de Ton Cœur très compatissant les âmes des hérétiques et des apostats et attire-les par Ta lumière à l’unité de l’Eglise, et ne les laisse pas sortir de la demeure de Ton cœur très compatissant, mais fais qu’elles aussi glorifient la largesse de Ta miséricorde. » ( 1219)

 « Même pour ceux qui mirent en pièces le manteau de Ton unité,

coule en Ton Cœur une source de pitié,

la toute-puissance de Ta miséricorde, ô Dieu,

peut retirer même ces âmes de l’erreur. »

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père …


«
Père Eternel, jetez un regard Miséricordieux sur les âmes des hérétiques et des apostats qui, persistant obstinément dans leurs erreurs, gaspillèrent Vos bontés et abusèrent de Vos Grâces. Ne regardez pas leurs fautes, mais l’amour de Votre Fils et Son amère Passion qu’Il souffrit également pour elles, puisqu’elles aussi sont enfermées dans le Cœur très Compatissant de Jésus. Faites qu’elles aussi glorifient Votre Immense Miséricorde dans les siècles des siècles. Amen. » 

Chapelet à la Miséricorde Divine


Sixième jour

Paroles de Notre Seigneur


« Aujourd’hui, amène-moi les âmes douces et humbles ainsi que celles des petits enfants et immerge-les dans ma miséricorde. Ces âmes ressemblent le plus à mon cœur, elles m’ont réconforté dans mon amère agonie ; je les voyais veiller comme des anges terrestres qui veilleront sur mes autels, sur elles je verse des torrents de grâces. Seule une âme humble est capable de recevoir ma grâce, aux âmes humbles j’accorde ma confiance. » (PJ 1220)

Prions pour les enfants et les âmes humbles


«
Très miséricordieux Jésus qui avez dit Vous-même: Apprenez de Moi que Je suis Doux et Humble de Cœur; recevez dans la demeure de Votre Cœur très Compatissant les âmes douces et humbles, ainsi que celles des petits enfants. Ces âmes plongent dans le ravissement le ciel entier et sont la prédilection particulière du Père Céleste, elles sont un bouquet de fleurs devant le Trône Divin où Dieu seul se délecte de leur parfum. Ces âmes demeurent pour toujours dans le Cœur très compatissant de Jésus et chantent sans cesse l’hymne de l’Amour et de la Miséricorde pour les siècles. » (PJ 1221).

« L’âme véritablement humble et douce

respire déjà le paradis sur terre,

et le parfum de son cœur humble

ravit le Créateur Lui-même. »

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père …

« Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes douces et humbles, et sur les âmes des petits enfants, enfermées dans la demeure du Cœur très Compatissant de Jésus. Ce sont ces âmes qui ressemblent le plus à Votre Fils, le parfum de ces âmes monte de la terre et atteint Votre trône. Père de Miséricorde et de toute Bonté, je Vous implore par l’Amour et la prédilection que Vous avez pour ces âmes, bénissez le monde entier, afin que toutes les âmes puissent chanter ensemble la gloire de Votre Miséricorde pour l’éternité. Amen ». (PJ 1223)

 Chapelet à la Miséricorde Divine


Septième jour

Paroles de Notre Seigneur

« Aujourd’hui, amène-Moi les âmes qui honorent et glorifient particulièrement Ma Miséricorde et immerge-les dans Ma Miséricorde. Ces âmes ont le plus vivement compati aux souffrances de Ma Passion et ont pénétré le plus profondément dans Mon Esprit. Elles sont le vivant reflet de Mon Cœur Compatissant. Ces âmes brilleront d’un éclat particulier dans la vie future, aucune n’ira dans le feu de l’enfer, Je défendrai chacune d’elles en particulier à l’heure de la mort ». (PJ 1224)

Prions pour ceux qui vénèrent la Miséricorde Divine et propagent sa dévotion

« Très Miséricordieux Jésus dont le Cœur n’est qu’Amour, recevez dans la demeure de Votre  Cœur très Compatissant les âmes qui honorent et glorifient Votre Miséricorde. Ces âmes sont puissantes de la force de Dieu Lui-même; au milieu de tous les tourments et contrariétés, elles avancent confiantes en Votre miséricorde, ces âmes sont unies à Jésus et portent l’humanité entière sur leurs épaules. Ces âmes ne seront pas jugées sévèrement, mais Votre Miséricorde les entourera au moment de l’agonie. » (PJ 1225)

« L’âme qui célèbre la bonté de son Seigneur

est tout particulièrement aimée de Lui.

Elle est toujours proche de la source vive

et puise les grâces en la miséricorde divine.»

 Notre Père… je Vous salue Marie… Gloire au Père…

« Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes qui glorifient et honorent Votre  plus grand attribut, c’est-à-dire Votre infinie Miséricorde, qui sont enfermées dans le Cœur très Compatissant de Jésus. Ces âmes sont un vivant Evangile, leurs mains sont pleines d’actes de Miséricorde et leur âme débordante de joie chante l’hymne de la Miséricorde du Très-Haut. Je  Vous supplie mon Dieu, manifestez-leur Votre Miséricorde selon l’espérance et la confiance qu’elles ont mis en Vous, que s’accomplisse en elles la promesse de Jésus qui leur a dit : les âmes qui vénèreront Mon Infinie Miséricorde, Je les défendrai Moi-même durant leur vie et particulièrement à l’heure de la mort, comme Ma propre Gloire ».

Chapelet à la Miséricorde Divine


Huitième jour

Paroles de Notre Seigneur

« Aujourd’hui, amène-Moi les âmes qui sont dans la prison du Purgatoire et immerge-les dans l’abîme de Ma Miséricorde, que les flots de Mon Sang rafraîchissent leurs brûlures. Toutes ces âmes Me sont très chères, elles s’acquittent envers Ma Justice; il est en ton pouvoir de leur apporter quelque soulagement. Puise dans le trésor de Mon Eglise toutes les indulgences, et offre-les pour elles… O si tu connaissais leur supplice, tu offrirais sans cesse pour elles l’aumône de ton esprit, et tu paierais leurs dettes à Ma Justice.» (PJ 1226)

Prions pour les âmes du purgatoire

« Très miséricordieux Jésus qui avez dit Vous-même vouloir la Miséricorde, voici que j’amène à la demeure de Votre Cœur très Compatissant les âmes du Purgatoire, les âmes qui Vous sont très chères, mais qui pourtant doivent rendre des comptes à Votre Justice: que les flots de sang et d’eau jaillis de Votre Cœur éteignent les flammes du feu du Purgatoire afin que, là aussi, soit glorifiée la puissance de Votre Miséricorde ». (PJ 1227)

« De la terrible ardeur du feu du purgatoire,

une plainte s’élève vers Ta miséricorde

Et ils connaissent consolation,

soulagement et fraîcheur,

dans le torrent d’eau à Ton sang mêlé.»

 Notre Père… je Vous salue Marie… Gloire au Père…

« Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes souffrant au purgatoire, mais qui sont enfermées dans le Cœur très Compatissant de Jésus, je Vous implore par la douloureuse passion de Jésus, Votre Fils, et par toute l’amertume dont Son âme très sainte fut inondée, montrez Votre Miséricorde aux âmes qui sont sous Votre regard juste; ne les regardez pas autrement que les plaies de Jésus, Votre très cher Fils, car nous croyons que Votre Bonté et Votre pitié sont sans mesure ».

Chapelet à la Miséricorde Divine

 

Neuvième jour

Paroles de Notre Seigneur

« Aujourd’hui, amène-Moi les âmes froides et immerge-les dans l’abîme de Ma Miséricorde. Ce sont ces âmes qui blessent le plus douloureusement Mon Cœur. C’est une âme indifférente qui au Jardin des Oliviers M’inspira la plus grande aversion. C’est à cause d’elles que J’ai dit: « Père, éloignez de Moi ce calice, si telle est Votre volonté »; Pour elles l’ultime planche de salut est de recourir à Ma Miséricorde. » (PJ 1228)

Prions pour les âmes tièdes

« Très compatissant Jésus qui n’êtes que pitié, je fais entrer dans la demeure de Votre Cœur très Compatissant les âmes froides, que dans ce feu de Votre pur Amour se réchauffent ces âmes glacées, qui ressemblent à des cadavres et Vous emplissent d’un tel dégoût. O très compatissant Jésus, usez de la toute puissance de Votre Miséricorde et donnez-leur l’amour divin car Vous pouvez tout ». (PJ 1229).

« Feu et glace ensemble ne peuvent être mêlés

car le feu s’éteindra ou la glace fondra

Mais Ta miséricorde, Ô mon Dieu

peut soutenir de plus grandes misères encore. »

 Notre Père… Je vous salue Marie…Gloire au Père …

 

« Père Eternel, jetez un regard de miséricorde sur les âmes froides qui sont cependant enfermées ans le Cœur très Compatissant de Jésus. Père de miséricorde, je Vous supplie par l’amertume de la passion de Votre Fils et par Son agonie de trois heures sur la croix, permettez qu’elles aussi célèbrent l’abîme de Votre Miséricorde… »

Chapelet à la Miséricorde Divine

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Sainte Faustine Kowalska

1905-1938

Helena Kowalska naît le 25 août 1905 en Pologne, dans le village de Glogowiec. Ses parents, Marianna et Stanislaw Kowalski, sont agriculteurs, pauvres et pieux. Elle est la troisième d’une famille de dix enfants. Charitable, obéissante et humble, elle a très jeune le goût de la prière et dès sept ans, Helena entend l’appel de Dieu à une vie consacrée. Elle fait sa Première Communion à neuf ans, pleinement consciente de la personne divine qu’elle accueille, Jésus. Pour aider financièrement ses parents, elle arrête l’école et travaille comme servante dans des familles aisées. Ses parents refusant qu’elle entre au couvent, elle essaie longtemps d’étouffer sa vocation ; mais à la suite d’une vision du Christ qui souffre et l’appelle, elle quitte sa famille et va travailler à Varsovie constituer sa dot de religieuse. Elle entre le 1er août 1925 chez les Soeurs de Notre-Dame de la Miséricorde et y reçoit le nom de Soeur Marie-Faustine. Elle est cuisinière, jardinière, soeur portière dans plusieurs couvents de la Congrégation, en particulier à Varsovie, Cracovie, Plock et Vilnius. Soeur Marie-Faustine a une vie mystique très riche et reçoit de nombreuses grâces extraordinaires (visions, révélations, don de prophétie.), mais rien ne transparaît dans sa vie simple et dévouée de religieuse. "Ces dons ne sont que des ornements de l’âme, mais ils ne constituent ni le contenu, ni la perfection. Ma sainteté et ma perfection consistent en une étroite union de ma volonté avec celle de Dieu . " (Petit Journal §1107) Malade de la tuberculose, touchée aux poumons et aux intestins, elle vit, unie à Jésus, de grandes souffrances physiques et morales, offertes pour le Salut des pécheurs. Dieu fait de soeur Faustine, "témoin inattendu", la secrétaire et l’ apôtre de sa Miséricorde pour le monde entier : "Dans l’Ancien Testament, j’ai envoyé à mon peuple des prophètes, et avec eux la foudre. Aujourd’hui, je t’envoie vers toute l’humanité avec ma Miséricorde. Je ne veux pas punir l’humanité endolorie, mais je désire la guérir en l’étreignant sur mon coeur miséricordieux ." (Petit Journal §1588) A partir de 1934, elle note, à la demande de son confesseur puis de Jésus lui-même, tout ce que lui dit Jésus et tout ce qui concerne l’union intime qu’elle a avec Dieu. " Secrétaire de mon plus profond mystère, ton devoir est d’écrire tout ce que je te fais connaître à propos de ma Miséricorde, au profit des âmes qui, en lisant ces écrits, seront consolées et auront le courage de s’approcher de moi ", lui dit Jésus. (Petit Journal §1693) Dans son message à soeur Faustine, Jésus propose de nouvelles formes d’intercession et de prière pour vivre, annoncer et propager ce message de la Divine Miséricorde : l’image du Christ ressuscité, la fête du dimanche de la Divine Miséricorde, le chapelet de la Miséricorde, l’Heure de la Miséricorde, la Neuvaine à la Miséricorde divine ; la confiance et la charité, le zèle missionnaire. Soeur Marie-Faustine meurt à Cracovie le 5 octobre 1938, âgée d’à peine 33 ans, des suites de la tuberculose. Son procès de béatification est ouvert en 1968 et clos en 1992. Le pape Jean-Paul II la proclame sainte le 30 avril 2000 à Rome. Ses reliques reposent au sanctuaire de la Miséricorde Divine de Cracovie-Lagiewniki.

Neuvaine à Sainte Faustine

Nous pouvons accompagner les prières de la Neuvaine à la Miséricorde Divine par une prière parralèle à Sainte Faustine, messagère de Jésus Miséricordieux.

O Dieu, dont la miséricorde excelle en toutes Vos oeuvres, je Vous remercie des innombrables et extraordinaires grâces que Vous avez daigné accorder à Votre Servante. Sainte Faustine, et en particulier pour la révélation de Votre Infinie Miséricorde que Vous désirez répandre, dans la grave situation des temps présents, sur chaque âme et sur toute l'humanité et égarée.  Je Vous demande avec une grande confiance, daignez me manifester aussi Votre Miséricorde si cela n'est pas contraire au bien de mon âme, accordez-moi la grâce de (......), qui me tient tant à coeur. Faites-le par les mérites et par l'intercession de Sainte Faustine, que Vous avez  voulu choisir pour être la confidente et l'apôtre de Votre miséricorde. Puisque Votre  Miséricorde n'a pas de limite, je Vous supplie aussi par l'intercession de Sainte Faustine, entourez de Votre Miséricorde notre patrie bien-aimée, et préservez-la de tout danger. Faites que nous demeurions fidèles à Votre Fils et à la Sainte Eglise catholique. Amen.

Téléchargez le texte de la Neuvaine de la Miséricorde Divine (pdf) en cliquant ici

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Dernière mise à jour de la page: le 23 mars 2016

1 avril 2010

Semaine Sainte 2010

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Semaine Sainte 2010

La Dernière Cène de Notre Seigneur Jésus-Christ

Extrait des visions de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

Préparatifs de la Pâque

Jésus étant âgé de trente-trois ans dix-huit semaines moins un jour. C'est hier soir qu'eut lieu le dernier grand repas du Seigneur et de ses amis, dans la maison de Simon le lépreux, à Béthanie, où Marie-Madeleine répandit pour la dernière fois des parfums sur Jésus: Judas se scandalisa à cette occasion; il courut à Jérusalem, et complota encore avec les princes des prêtres pour leur livrer Jésus. Apres le repas, Jésus revint dans la maison de Lazare, et une partie des apôtres se dirigea vers l'auberge située en avant de Béthanie. Dans la nuit, Nicodème vint encore chez Lazare, et s'entretint longtemps avec le Seigneur; il retourna à Jérusalem avant le jour, et Lazare l'accompagna une partie du chemin. Les disciples avaient déjà demandé à Jésus où il voulait manger la Pâque. Aujourd'hui, avant l'aurore, le Seigneur fit venir Pierre, Jacques et Jean : il leur parla beaucoup de tout ce qu'ils avaient à préparer et à ordonner à Jérusalem, et leur dit que, lorsqu'ils monteraient à la montagne de Sion, ils trouveraient l'homme à la cruche d'eau ils connaissaient déjà cet homme, car, à la dernière Pâque, à Béthanie, c'était lui qui avait préparé le repas de Jésus; voilà. pourquoi saint Matthieu dit : un certain homme. Ils devaient le suivre jusqu'à sa maison, et lui dire: " Le maître vous lait savoir que son temps est proche, et qu'il veut faire la Pâque chez vous ". Ils devaient ensuite se faire montrer le Cénacle qui était déjà préparé, et y faire toutes les dispositions nécessaires. Je vis les deux apôtres monter à Jérusalem en suivant un ravin au midi du Temple, vers le côté septentrional de Sion. Sur le flanc méridional de la montagne du temple il y avait des rangées de maisons: ils marchaient vis-à-vis ces maisons an remontant un torrent qui les en séparait Lorsqu'ils eurent atteint les hauteurs de Sion qui dépassent la montagne du Temple, ils se dirigèrent vers le midi, st rencontrèrent, au commencement d'une petite montée, dans le voisinage d'un vieux bâtiment à plusieurs cours, l'homme qui leur avait été désigné : ils le suivirent et lui dirent ce que Jésus leur avait ordonné. Il se réjouit fort à cette nouvelle, et leur répondit qu'un repas avait déjà été commandé chez lui (probablement par Nicodème), qu'il ne savait pas pour qui, et qu'il était charmé d'apprendre que c'était pour Jésus. Cet homme était Héli, beau-frère de Zacharie d'Hébron, dans la maison duquel Jésus, l'année précédente, avait annoncé la mort de Jean-Baptiste. Il n'avait qu'un fils, lequel était lévite, et lié d'amitié avec Luc, avant que celui-ci ne fût venu au Seigneur, et en outre, cinq filles non mariées. Il allait tous les ans à la fête de Pâques avec ses serviteurs, louait une salle et préparait la Pâque pour des personnes qui n'avaient pas d'hôte dans la ville. Cette année, il avait loué un Cénacle, qui appartenait à Nicodème et à Joseph d'Arimathie. Il en montra aux deux apôtres la situation et la distribution intérieure.

Le Cénacle


Sur le côté méridional de la montagne de Sion, non loin du château ruiné de David et du marché qui monte vers ce château du côté du levant, se trouve un ancien et solide bâtiment entre des rangées d'arbres touffus, au milieu d'une cour spacieuse environnée de bons murs. A droite et à gauche de l'entrée, on voit dans cette cour d'autres bâtisses attenant au mur, notamment à droite, la demeure du majordome, et tout auprès, celle où la sainte Vierge et les saintes femmes se tinrent le plus souvent après la mort de Jésus. Le Cénacle, autrefois plus spacieux, avait alors servi d'habitation aux hardis capitaines de David, et ils s'y exerçaient au maniement des armes. Avant la fondation du Temple, l'arche d'alliance y avait été déposée assez longtemps, et il y a encore des traces de son séjour dans un lieu souterrain. J'ai vu aussi le prophète Malachie caché sous ces mêmes voûtes: il y écrivait ses prophéties sur le saint Sacrement et le sacrifice de la Nouvelle Alliance. Salomon honora cette maison, et il y faisait quelque chose de symbolique et de figuratif que j'ai oublié. Lorsqu'une grande partie de Jérusalem fut détruite par les Babyloniens, cette maison fut épargnée. J'ai vu bien d'autres choses à son sujet, mais je n'en ai retenu que ce que je viens de dire. Cet édifice était en très mauvais état lorsqu'il devint la propriété de Nicodème et de Joseph d'Arimathie: ils avaient disposé très commodément le bâtiment principal, qu’ils louaient pour servir de Cénacle aux étrangers que les fêtes de Pâques attiraient à Jérusalem. C'est ainsi que le Seigneur s'en était servi à la dernière Pâque. En outre, la maison et ses dépendances leur servaient, pendant toute l'année, de magasin pour des pierres tumulaires et autres, et d'atelier pour leurs ouvriers: car Joseph d'Arimathie possédait d'excellentes carrières dans sa patrie, et il en faisait venir des blocs de pierre, dont on faisait sous sa direction des tombes, des ornements d'architecture et des colonnes qu'on vendait ensuite. Nicodème prenait part à ce commerce, et lui-même aimait à sculpter dans ses moments de loisir. Il travaillait dans la salle ou dans un souterrain qui était au-dessous, excepté à l'époque des fêtes: ce genre d'occupation l'avait mis en rapport avec Joseph d’Arimathie; ils étaient devenus amis et s'étaient souvent associés dans leurs entreprises. Ce matin, pendant que Pierre et Jean, envoyés de Béthanie par Jésus, s'entretenaient avec l'homme qui avait loué le Cénacle pour cette année, Je vis Nicodème aller et venir dans les bâtiments à gauche de la cour où l'on avait transporté beaucoup de pierres qui obstruaient les abords de la salle à manger. Huit jours auparavant, j'avais vu plusieurs personnes occupées à mettre des pierres de côté, à nettoyer la cour et à préparer le Cénacle pour la célébration de la Pâque ; je pense même qu'il y avait parmi elles des disciples, peut-être Aram et Themeni, les cousins de Joseph d'Arimathie. Le Cénacle proprement dit est à peu près au milieu de la cour, un peu dans le fond; c'est un carré long, entouré d'un rang de colonnes peu élevées, qui, si l'on dégage les intervalles entre les piliers, peut être réuni à la grande salle intérieure, car tout l'édifice est comme à jour et repose sur des colonnes et des piliers ; seulement, dans les temps ordinaires, les passages sont fermés par des entre-deux. La lumière entre par des ouvertures au haut des murs. Sur le devant, on trouve d'abord un vestibule, où conduisent trois entrées; puis on arrive dans la grande salle intérieure, au plafond de laquelle pendent plusieurs lampes: les murs sont ornés pour la fête, jusqu'à moitié de Leur hauteur, de belles nattes ou de tapis, et on a pratique dans le haut une ouverture, où l'on a étendu comme une gaze bleue transparente. Le derrière de cette salle est séparé du reste par un rideau du même genre. Cette division en trois parties donne au Cénacle une ressemblance avec le Temple; on y trouve aussi le parvis, le Saint et le Saint des Saints. C'est dans cette dernière partie que sont déposés, à droite et à gauche, les vêtements et les objets nécessaires à la célébration de la fête. Au milieu est une espèce d'autel. Hors du mur sort un banc de pierre élevé sur trois marches; sa forme est celle d'un triangle rectangle dont la pointe est tronquée; ce doit être la partie supérieure du fourneau où l'on fait rôtir l'agneau pascal, car aujourd'hui, pendant le repas, les marches qui sont autour étaient tout à fait chaudes. Il y a sur le coté une sortie conduisant dans la salle qui est derrière cette pierre saillante. C’est là qu'on descend à l'endroit où l'on allume le feu: on arrive aussi par là à d'autres caveaux voûtés, situés au-dessous de la salle. L'autel ou la pierre saillante renferme divers compartiments, comme des caisses ou des tiroirs à coulisse. Il y a aussi en haut des ouvertures, une espèce de grille en fer, une place pour faire le feu, une autre pour l'éteindre. Je ne puis pas décrire textuellement tout ce qui se trouve là: cela semble être une espèce de foyer pour faire cuire des pains azymes et d'autres gâteaux pour la Pâque, ou encore pour brûler des parfums et certains restes du repas après la fête : c'est comme une cuisine pascale. Au-dessus de ce foyer ou de cet autel se détache de la muraille une sorte de niche en bois : plus haut se trouve une ouverture avec une soupape, probablement pour laisser sortir la fumée. Devant cette niche ou au-dessus je vis l'image d'un agneau pascal: il avait un couteau dans la gorge et il semblait que son sang coulât goutte à goutte sur l'autel; Je ne me souviens plus bien comment cela était fait. Dans la niche de la muraille, sont trois armoires de diverses couleurs qu'on fait tourner comme nos tabernacles pour les ouvrir ou les fermer; j'y vis toutes espèces de vases pour la Pâque et des écuelles rondes; plus tard, le saint Sacrement y reposa. Dans les salles latérales du Cénacle sont des espèces de couches en maçonnerie disposées en. plan incliné, où se trouvent d'épaisses couvertures roulées ensemble, et où l'on peut passer la nuit. Sous tout l'édifice se trouvent de belles caves. L'Arche d'alliance fut déposée autrefois au-dessous de l'endroit même où le foyer a été depuis construit. Sous la maison se trouvent cinq rigoles, qui conduisent les immondices et les eaux sur la pente de la montagne car la maison est située sur un point élevé. J'ai vu précédemment Jésus y guérir et y enseigner : les disciples aussi passaient souvent la nuit dans les salles latérales.

Dispositions pour le repas pascal

Lorsque les apôtres eurent parlé à Héli d'Hébron, celui-ci rentra dans la maison par la cour: pour eux, ils tournèrent à droite et descendirent au nord à travers Sion. Ils passèrent un pont et gagnèrent, par un sentier couvert de broussailles, l'autre côté du ravin qui est en avant du Temple et la rangée de maisons qui se trouve au sud de cet édifice. Là était la maison du vieux Siméon, mort dans le Temple après la présentation du Christ; et ses fils, dont quelques-uns étaient secrètement disciples de Jésus, y logeaient actuellement. Les apôtres parlèrent à l'un d'eux, qui avait un emploi dans le Temple; c'était un homme grand et très brun. Ils allèrent avec lui à l'est du Temple, à travers cette partie d'Ophel par où Jésus était entré dans Jérusalem, le jour des Rameaux, et gagnèrent le marché aux bestiaux, situé dans la partie de la ville qui est au nord du Temple. Je vis dans la partie méridionale de ce marché de petits enclos où de beaux agneaux sautaient sur le gazon comme dans de petits jardins. C'étaient les agneaux de la Pâque qu'on achetait là. Je vis le fils de Siméon entrer dans l'un de ces enclos : les agneaux sautaient après lui et le poussaient avec leurs têtes comme s'ils l'eussent connu. Il en choisit quatre, qui furent portés au Cénacle. Je le vis dans l’après-midi s'occuper, au Cénacle, de la préparation de l’agneau pascal. Je vis Pierre et Jean aller encore dans différents endroits de la ville et commander divers objets. Je les vis aussi devant une porte, au nord de la montagne du Calvaire, dans une maison où logeaient la plupart du temps les disciples de Jésus, et qui appartenait à Séraphia (tel était le nom de celle qui fut appelée depuis Véronique). Pierre et Jean envoyèrent de là quelques disciples au Cénacle et les chargèrent de quelques commissions que j'ai oubliées. Ils entrèrent aussi dans la maison de Séraphia, où ils avaient plusieurs arrangements à prendre. Son mari, membre du conseil, était la plupart du temps hors de chez lui pour ses affaires, et même lorsqu'il était à la maison, elle le voyait peu. C'était une femme à peu prés de l'âge de la sainte Vierge, et depuis longtemps en relation avec la sainte Famille; car lorsque Jésus enfant resta à Jérusalem après la fête, c'était par elle qu'il était nourri. Les deux apôtres prirent là divers objets, qui furent ensuite portés au Cénacle par des disciples, dans des paniers couverts. C'est là aussi qu'on leur donna le calice dont le Seigneur se servit pour l'institution de la sainte Eucharistie.

Du calice de la Sainte Cène

Le calice que les apôtres emportèrent de chez Véronique est un vase merveilleux et mystérieux. Il était resté longtemps dans le Temple, parmi d'autres objets précieux d'une haute antiquité dont on avait oublié l'usage et l'origine. Quelque chose de semblable est arrivé dans l'Eglise chrétienne, où bien des objets sacrés, précieux par leur beauté; leur antiquité, sont tombes dans l'oubli avec le temps. On avait souvent mis au rebut, vendu, ou fait remettre à neuf de vieux vases et de vieux bijoux enfouis dans la poussière du Temple. C'est ainsi que, par la permission de Dieu, ce saint vase, qu'on n'avait jamais pu fondre à cause de sa matière inconnue, avait été trouvé par les prêtres modernes dans le trésor du Temple parmi d'autres objets hors d'usage, puis vendu à des amateurs d'antiquité. Ce calice, acheté par Séraphia avec tout ce qui s'y rattachait, avait déjà servi plusieurs fois à Jésus pour la célébration des fêtes et à dater de ce jour, il devint la propriété constante de la sainte communauté chrétienne. Ce vase n'avait pas toujours été dans son état actuel: je ne me souviens plus quand on avait mis ensemble les diverses pièces dont il se composait maintenant, ni si c'était par l'ordre du Seigneur. Quoi qu'il en soit, on y avait joint une collection portative d'objets accessoires, qui devaient servir pour l’Institution de la sainte Eucharistie. Le grand calice était posé sur un plateau dont on pouvait tirer encore une sorte de tablette, et autour de lui étaient six petits verres. Je ne me souviens plus si la tablette contenait des choses saintes. Dans ce grand calice se trouvait un autre petit vase ; au-dessus un petit plat, puis un couvercle bombé. Dans la pied du calice était assujettie une cuillère qu'on en tirait facilement. Tous ces vases étaient recouverts de beaux linges et renfermés dans une enveloppe en cuir, si je ne me trompe : celle-ci était surmontée d'un bouton. Le grand calice se compose de la coupe et du pied qui doit avoir été ajouté plus tard, car ces deux parties sont d'une matière différente. La coupe présente une masse brunâtre et polie en forme de poire; elle est revêtue d'or, et il y a deux petites anses par où on peut la prendre, car elle est assez pesante. Le pied est d'or vierge artistement travaillé; il est orné dans le bas d'un serpent et d'une petite grappe de raisin, et enrichi de pierres précieuses. Le grand calice est resté dans l'église de Jérusalem, auprès de saint Jacques le Mineur, et je le vois maintenant encore conservé quelque part dans cette ville; il reparaîtra au jour, comme il y est reparu cette lois. D'autres églises se sont partagé les petites coupes qui l'entourent; l'une d'elles est allée à Antioche, une autre à Éphèse: chacune des sept églises a eu la sienne. Elles appartenaient aux patriarches qui y buvaient un breuvage mystérieux, lorsqu'ils recevaient et donnaient la bénédiction, ainsi que je l'ai vu plusieurs fois. Le grand calice était déjà chez Abraham: Melchisédech l'apporta avec lui du pays de Sémiramis dans la terre de Chanaan, lorsqu'il commença quelques établissements au lieu où lut plus tard Jérusalem ; il s'en servit lors du sacrifice où il offrit le pain et le vin en présence d'Abraham, et il le laissa à ce patriarche. Ce vase avait été aussi dans l'arche de Noé. “ Voici des hommes, de beaux hommes qui viennent d'une superbe ville: elle est bâtie à l'antique ; on y adore ce qu'on veut, on y adore même des poissons. Le vieux Noé, avec un pieu sur l'épaule, se tient dans le côté de l'arche ; le bois de construction est rangé tout autour de lui. Non, ce ne sont pas des hommes: ce doit être quelque chose de plus relevé, tant ils sont beaux et sereins; ils apportent à Noé le calice qui, sans doute, a été égaré quelque part. Je ne sais pas comment s'appelle cet endroit. Il y a dans le calice une espèce de grain de blé, mais plus gros que les nôtres ; c'est comme une graine de tournesol ; et il y a aussi une petite branche de vigne. Ils parlent à Noé de sa grande célébrité; ils lui disent de prendre ce calice avec lui, qu'il y a là quelque chose de mystérieux. voyez, il met le grain de blé et la petite branche de vigne dans une pomme jeune qu'il place dans la coupe. Il n'y a point de couvercle au-dessus, car ce qu'il y a mis doit toujours croître en dehors. Le calice est fait d'après un modèle qui, je crois, est sorti de terre quelque part, d'une façon merveilleuse. Il y a là un mystère, mais il est lait sur ce modèle. Ce calice est celui que J'ai vu figurer dans la grande parabole l, à l'endroit où était le buisson ardent. Le grain de froment s’est développé jusqu'à l'époque de Jésus-Christ ”. La Sœur raconta tout ce qu’il vient d'être dit du calice dans un état d'intuition tranquille et voyant devant elle tout ce qu'elle décrivait. Souvent elle semblait lutter contre ce qui se présentait à elle et poussait des exclamations mouvantes. Pendant son récit relatif à Noé, elle était tout absorbée dans sa vision. A la fin, elle poussa un cri d’effroi, regarda autour d'elle et dit: " Ah ! j'ai peur d'être obligée d'entrer dans l'arche ; je vois Noé, et je croyais que les grandes eaux arrivaient ". Plus tard, étant tout à fait revenue à son état naturel, elle dit: " Ceux qui ont apporté le calice à Noé portaient de longs vêtements blancs et ressemblaient aux trois hommes qui vinrent chez Abraham et lui promirent que Sara enfanterait. Il m'a semblé qu'ils enlevaient de la ville quelque chose de saint qui ne devait pas être détruit avec elle et qu'ils le donnaient à Noé. La ville même périt dans le déluge avec tout ce qu'elle contenait. Le calice fut à Babylone, chez des descendants de Noé restés fidèles au vrai Dieu, ils étaient tenus en esclavage par Sémiramis. Melchisédech les conduisit dans la terre de Canaan. et emporta le calice. Je vis qu'il avait une tente près de Babylone, et qu'avant  de les emmener, il y bénit le pain et le leur distribua, sans quoi ils n'auraient pas eu force de le suivre. Ces gens avaient un nom comme Samanéens. Il se servit d'eux et de quelques Chananéens habitant des cavernes, lorsqu'il commença à bâtir sur les collines sauvages où fut depuis Jérusalem ". Il fit des fondations profondes à la place où furent ensuite le Cénacle et le Temple et aussi vers le Calvaire. Il y planta le blé et la vigne. " Après le sacrifice de Melchisédech, le Calice resta chez Abraham. Il alla aussi on Egypte, et Moise en fut possesseur. Il était fait d'une matière singulière, compacte, comme celle d'une cloche, et qui ne semblait pas avoir été travaillée comme les métaux, mais être le produit d'une sorte de végétation. J'ai vu à travers. Jésus seul savait ce que c'était ".

Jésus va à Jérusalem

Le matin, pendant que les deux apôtres s'occupaient, à Jérusalem, des préparatifs de la Pâque, Jésus, qui était resté à Béthanie, fit des adieux touchants aux saintes femmes, à Lazare et à sa mère, et leur donna encore quelques instructions. Je vis le Seigneur s'entretenir seul avec sa mère ; il lui dit, entre autres choses, qu'il avait envoyé Pierre, qui représentait la foi, et Jean, qui représentait l’amour, pour préparer la Pâque à Jérusalem. Il dit de Madeleine, dont la douleur la jetait dans une sorte d'égarement, que son amour était grand, mais encore un peu selon la chair, et qu'à cause de cela, la douleur la mettait hors d'elle-même. Il parla aussi des projets du traître Judas, et la sainte Vierge pria pour lui. Judas était encore allé de Béthanie à Jérusalem, sous prétexte de faire des payements et divers arrangements. Le matin, Jésus s'enquit de lui auprès des neuf apôtres, quoiqu'il sût très bien ce qu'il faisait. Il courut toute la journée chez des Pharisiens, et arrangea tout avec eux. On lui fit même voir les soldats chargés de s'emparer du Sauveur. Il calcula toutes ses allées et venues de manière à pouvoir expliquer son absence. Il ne revint vers le Seigneur que peu de temps avant la Cène. J'ai vu tous ses complots et toutes ses pensées. Lorsque Jésus parla de lui à Marie, je vis beaucoup de choses touchant son caractère. Il était actif et serviable, mais plein d'avarice, d'ambition et d'envie, et il ne luttait pas contre ses passions. Il avait fait de miracles et guéri des malades en l'absence de Jésus. Lorsque le Seigneur annonça à la sainte Vierge ce qui allait arriver, elle le pria, de la manière la plus touchante, de la laisser mourir avec lui. Mais il lui recommanda d'être plus calme dans sa douleur que les autres femmes; il lui dit aussi qu'il ressusciterait, et lui indiqua le lieu où il lui apparaîtrait. Elle ne pleura pas beaucoup, mais elle était profondément triste et plongée dans un recueillement qui avait quelque chose d'effrayant. Le Seigneur la remercia, comme un fils pieux, de tout l'amour qu'elle lui avait porté, et la serra contre son cœur. Il lui dit aussi qu'il ferait spirituellement la Cène avec elle, et lui désigna l'heure où elle la recevrait. Il fit encore à tous de touchants adieux et donna des enseignements sur plusieurs objets. Jésus et les neuf apôtres allèrent, vers midi, de Béthanie à Jérusalem; ils étaient suivis de sept disciples qui, à l'exception de Nathanael et de Silas, étaient de Jérusalem et des environs. Parmi eux étaient Jean Marc et le fils de la pauvre veuve qui le jeudi précédent, avait offert son denier dans le Temple, pendant que Jésus y enseignait. Jésus l'avait pris avec lui depuis peu de jours. Les saintes femmes partirent plus tard. Jésus et sa suite erraient ça et là autour du mont des Oliviers, dans la vallée de Josaphat et jusqu'au Calvaire. Tout en marchant, il ne cessait de les instruire. Il dit, entre autres choses, aux apôtres que jusqu'à présent il leur avait donné son pain et son vin, mais qu’aujourd’hui il voulait leur donner sa chair et son sang, qu'il leur laisserait tout ce qu'il avait. En disant cela, le Seigneur avait une expression si touchante que toute son âme semblait se répandre au dehors, et qu'il paraissait languir d'amour dans l'attente du moment où il se donnerait aux hommes. Ses disciples ne le comprirent pas: ils crurent qu'il s'agissait de l'agneau pascal. On ne saurait exprimer tout ce qu'il y avait d'amour et de résignation dans les derniers discours qu'il tint à Béthanie et ici. Les saintes femmes se rendirent plus tard dans la maison de Marie, mère de Marc. Les sept disciples qui avaient suivi le Seigneur à Jérusalem ne firent point ce chemin avec lui: ils portèrent au Cénacle les habits de cérémonie pour la Pâque, les déposèrent et revinrent dans la maison de Marie, mère de Marc. Lorsque Pierre et Jean vinrent de la maison de Séraphia au Cénacle avec le calice, tous les habits de cérémonie étaient déjà dans le vestibule, où ces disciples et quelques autres les avaient apportés. Ils avaient aussi couvert de tentures les murailles nues de la salle, dégage les ouvertures en haut, et apprêté trois lampes suspendues. Pierre et Jean gagnèrent ensuite la vallée de Josaphat, et appelèrent le Seigneur et les neuf apôtres. Les disciples et les amis qui devaient faire aussi la Pâque dans le Cénacle vinrent plus tard.

Dernière Pâque

Jésus et les siens mangèrent l'agneau pascal dans le Cénacle, divisés en trois troupes de douze, dont chacun, était présidée par l'un d'eux, faisant l'office de père de famille. Jésus prit son repas avec les douze apôtres dans la salle du Cénacle. Nathanaël le prit avec douze autres disciples dans l’une des salles latérales, douze autres avaient à leur tête Eliacim, fils de Cléophas et de Marie d’Héli, et frère de Marie de Cléophas: il avait été disciple de Jean Baptiste. Trois agneaux furent immolés pour eux dans le Temple avec les cérémonies habituelles. Mais il y avait un quatrième agneau, qui fut immolé dans le Cénacle ; c'est celui-là que Jésus manges avec les apôtres. Judas ignora cette circonstance, parce qu'il était occupé de ses complots et n'était pas revenu lors de l'immolation de l'agneau: il vint très peu d'instants avant le repas. L’immolation de l'agneau destiné à Jésus et aux apôtres fut singulièrement touchante : elle eut lieu dans le vestibule du Cénacle avec le concours d'un fils de Siméon, qui était Lévite. Les apôtres et les disciples étaient là, chantant le ils. psaume. Jésus parla d'une nouvelle époque qui commençait; il dit que le sacrifice de Moïse et la figure de l'agneau pascal allaient trouver leur accomplissement: mais que, pour cette raison, l’agneau devait être immolé comme il l’avait été autrefois en Egypte, et qu'ils allaient sortir réellement de la maison de servitude. Les vases et les instruments nécessaires furent apprêtés, an amena un beau petit agneau, orné d'une couronne qui fut envoyée à la sainte Vierge dans le lieu où elle se tenait avec les saintes femmes. L’agneau était attaché le des contre une planche par le milieu du corps, et il me rappela Jésus lié à la colonne et flagellé. Le fils de Siméon tenait la tête de l'agneau : Jésus le piqua au cou avec la pointe d’un couteau qu'il donna au fils de Siméon pour achever l'agneau. Jésus paraissait éprouver de la répugnance à le blesser ; il le fit rapidement, mais avec beaucoup de gravité. Le sang fut recueilli dans un bassin et on apporta une branche d’hysope, que Jésus trempa dans le sang. Ensuite il alla à la porte de la salle, en peignit de sang les deux poteaux et la serrure, et fixa au-dessus de la porte la branche teinte de sang. Il lit ensuite une instruction, et dit, entre autres choses, que l'ange exterminateur passerait outre, qu’ils devaient adorer en ce lieu sans crainte et sans inquiétude lorsqu'il aurait été immolé, lui, le véritable agneau pascal ; qu'un nouveau temps et un nouveau sacrifice allaient commencer, qui dureraient jusqu'à la fin du monde. Ils se rendirent ensuite au bout de la salle, près du foyer où avait été autrefois l'arche d'alliance : il y avait déjà du feu. Jésus versa le sang sur ce foyer. et le consacra comme autel. Le reste du sang et la graisse furent jetés dans le feu sous l’autel. Jésus, suivi de ses apôtres, fit ensuite le tour du Cénacle en chantant des psaumes, et consacra en lui un nouveau Temple. Toutes les portes étaient fermées pendant ce temps. Cependant le fils de Siméon avait entièrement préparé l’agneau. Il l'avait passé dans un pieu : les jambes de devant étaient sur un morceau de bois placé en travers : celles de derrière étaient étendues le long du pieu. Hélas ! il ressemblait a Jésus sur la croix, et il fut mis dans le fourneau pour être rôti avec les trois autres agneaux apportés du temple. Les agneaux de Pâque des Juifs étaient tous immolés dans le vestibule du Temple, et cela en trois endroits : pour les personnes de distinction, pour les petites gens et pour les étrangers. L'agneau pascal de Jésus ne fut pas immole dans le Temple : tout le reste fut rigoureusement conforme a la loi. Jésus tint plus tard un discours à ce sujet, il dit que l'agneau était simplement une figure, que lui-même devait être, le lendemain, l'agneau pascal, et d'autres choses que j'ai oubliées. Lorsque Jésus eut ainsi enseigné sur l'agneau pascal et sa signification, le temps étant venu et Judas étant de retour, on prépara les tables. Les convives mirent les habits de voyage qui se trouvaient dans le vestibule, d'autres chaussures, une robe blanche semblable à une chemise, et un manteau, court par devant et plus long par derrière ; ils relevèrent leurs habits jusqu'à la ceinture, et ils avaient aussi de larges manches retroussées. Chaque troupe alla à la table qui lui était réservée : les deux troupes de disciples dans les salles latérales, le Seigneur et les apôtres dans la salle du Cénacle. Ils prirent des bâtons à la main. et ils se rendirent deux par deux à la table, où ils se tinrent debout à leurs places, appuyant les bâtons à leurs bras et les mains élevées en l'air. Mais Jésus, qui se tenait au milieu de la table, avait reçu du majordome deux petits bâtons un peu recourbés par en haut, semblables à de courtes houlettes de berger. Il y avait à l'un des côtés un appendice formant une fourche, comme une branche coupée. Le Seigneur les mit dans sa ceinture de manière à ce qu'ils se croisassent sur sa poitrine, et en priant il appuya ses bras étendus en haut sur l'appendice fourchu. Dans cette attitude, ses mouvements avaient quelque chose de singulièrement touchant : il semblait que la croix dont il voulait bientôt prendre le poids sur ses épaules dût auparavant leur servir d'appui. Ils chantèrent ainsi : " Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël " ! ou " Loué soit le Seigneur ", etc. Quand la prière fut finie, Jésus donna un des bâtons à Pierre et l'autre à Jean. Ils les mirent de côté ou les firent passer de main en main parmi les saints apôtres. Je ils m'en souviens plus très exactement. La table était étroite et assez haute pour dépasser d'un demi pied les genoux d'un homme debout ; sa forme était celle d'un fer à cheval ; vis-à-vis de Jésus, à l'intérieur du demi cercle, était une place libre pour servir les mets. Autant que je puis m'en souvenir, à la droite de Jésus étaient Jean, Jacques le Majeur et Jacques le Mineur ; au bout de la table, à droite, Barthélémy ; puis, en revenant à l'intérieur, Thomas et Judas Iscariote. A la gauche, Simon, et prés de celui-ci, en revenant, Matthieu et Philippe. Au milieu de la table était l'agneau pascal, dans un plat. Sa tête reposait sur les pieds de devant, mis en croix ; les pieds de derrière étaient étendus, le bord du plat était couvert d'ail. A côté se trouvait un plat avec le rôti de Pâque, puis une assiette avec des légumes verts serrés debout les uns contre les autres, et une seconds assiette, où se trouvaient de petits faisceaux d'herbes amères, semblables à des herbes aromatiques ; puis, encore devant Jésus, un plat avec d'autres herbes d'un vert jaunâtre, et un autre avec une sauce ou breuvage de couleur brune. Les convives avaient devant eux des pains ronds en guise d'assiettes ; ils se servaient de couteaux d'ivoire. Après la prière, le majordome plaça devant Jésus, sur le table, le couteau pour découper l'agneau. Il mit une coupe de vin devant le Seigneur, et remplit six coupes, dont chacune se trouvait entre les deux apôtres. Jésus bénit le vin et le but ; les apôtres buvaient deux dans la même coupe. Le Seigneur découpa l'agneau ; les apôtres présentèrent tour à tour leurs gâteaux ronds et reçurent chacun leur part. Ils la mangèrent très vite, en détachant la chair des os au moyen de leurs couteaux d'ivoire ; les ossements furent ensuite brûlés. Ils mangèrent très vite aussi de l’ail et des herbes vertes qu'ils trempaient dans la sauce. Ils firent tout cela debout, s'appuyant seulement un peu sur le dossier de leurs sièges. Jésus rompit un des pains azymes et en recouvrit une partie : il distribua le reste. Ils mangèrent ensuite aussi leurs gâteaux. On apporta encore une coupe de vin mais Jésus n'en but point : Prenez ce vin, dit-il, et partagez-le entre nous ; car je ne boirai plu, de vin jusqu’à ce que vienne le royaume de Dieu. Lorsqu'us eurent bu, ils chantèrent, puis Jésus pria ou enseigna, et on se lava encore les mains. Alors ils se placèrent sur leurs sièges. Tout ce qui précède s'était fait très vite, les convives restant debout. Seulement vers la fin ils s'étaient un peu appuyés sur les sièges. Le Seigneur découpa encore un agneau, qui fut porté au. : saintes femmes dans l'un des bâtiments de la cour où elles prenaient leur repas. Les apôtres mangèrent encore des légumes et de la laitue avec la sauce. Jésus était extraordinairement recueilli et serein : je ne l'avais jamais vu ainsi. Il dit aux apôtres d'oublier tout ce qu'ils pouvaient avoir de soucis. La sainte Vierge aussi, à la table des femmes, était pleine de sérénité. Lorsque les autres femmes venaient à elle et la tiraient par son voile pour lui parler, elle se retournait avec une simplicité qui me touchait profondément. Au commencement, Jésus s'entretint très affectueusement avec ses apôtres, puis il devint sérieux et mélancolique. “ Un de vous me trahira. dit-il, un de vous dont la main est avec moi à cette table ”. Or, Jésus servait de la laitue, dont il n'y avait qu'un plat, à ceux qui étaient de son côté, et il avait chargé Judas, qui était à peu près en face de lui, de la distribuer de l'autre côté. Lorsque Jésus parla d'un traître, ce qui effraya beaucoup les apôtres, et dit : “ un homme dont la main est à la même table ou au même plat que moi ”,  cela signifiait : “  un des douze qui mangent et qui boivent avec moi, un de ceux avec lesquels je partage mon pain ”. Il ne désigna donc pas clairement Judas aux autres, car mettre la main au même plat était une expression indiquant les relations les plus amicales et les plus intimes. Il voulait pourtant donner un avertissement à Judas, qui, en ce moment même, mettait réellement la main dans le même plat que le Sauveur, pour distribuer de la laitue. Jésus dit encore : “ Le Fis de l'homme s’en va, comme il est écrit de lui ; mais malheur à l'homme par qui le Fils de l'homme sera livré : il vaudrait mieux pour lui n'être jamais né. ” Les apôtres étaient tout troublés et lui demandaient tour à tour : “ Seigneur, est-ce moi ” ? car tous savaient bien qu'ils ne comprenaient pas entièrement ses paroles. Pierre se pencha vers Jean par derrière Jésus, et lui fit signe de demander au Seigneur qui c'était ; car, ayant reçu souvent des reproches de Jésus, il tremblait qu'il n'eût voulu le désigner. Or, Jean était à la droits de Jésus et comme tous, s'appuyant sur le bras gauche, mangeaient de la main droite, sa tête était prés de la poitrine de Jésus. Il se pencha donc sur son sein et lui dit : “ Seigneur, qui est-ce ? Alors il fut averti que Jean avait Judas en vue. Je ne vis pas Jésus prononcer ces mots : “ Celui auquel je donne le morceau de pain que j'ai trempé ” ; je ne sais pas s'il le dit tout bas, mais Jean en eut connaissance lorsque Jésus trempa le morceau de pain entouré de laitue, et le présenta affectueusement à Judas, qui demanda aussi : “  Seigneur, est-ce moi ” ? Jésus le regarda avec amour et lui fit une réponse conçue en termes généraux. C'était, chez les Juifs, un signe d'amitié et de confiance. Jésus le fit avec une affection cordiale, pour avertir Judas sans le dénoncer aux autres. Mais celui-ci était intérieurement plein de rage. Je vis, pendant tout le repas, une petite figure hideuse assise à ses pieds, et qui montait quelquefois jusqu'à son coeur. Je ne vis pas Jean redire à Pierre ce qu’on avait appris de Jésus ; mais il le tranquillisa d'un regard.

Le lavement des pieds

ils se levèrent de table, et pendant qu'ils arrangeaient leurs vêtements, comme us avaient coutume de le faire pour la prière solennelle, le majordome entra avec deux serviteurs pour desservir, enlever la table du milieu des sièges qui l'environnaient et la mettre de côté. Quand cela fut fait, il reçut de Jésus l'ordre de faire porter de l'eau dans le vestibule, et il sortit de la salle avec les serviteurs. Alors Jésus, debout au milieu des apôtres, leur parla quelque temps d'un ton solennel. Mais j'ai vu et entendu tant de choses jusqu'à ce moment, qu'il ne m'est pas possible de rapporter avec certitude le contenu de son discours ; je me souviens qu'il parla de son royaume, de son retour vers son père, ajoutant qu'auparavant il leur laisserait tout ce qu'il possédait, etc. Il enseigna aussi sur la pénitence, l'examen et la confession des fautes, le repentir et la justification. Je sentis que cette instruction se rapportait au lavement des pieds, et je vis aussi que tous reconnaissaient leurs péchés. s'en repentaient, à l'exception de Judas. Ce discours fut long et solennel. Lorsqu'il fut terminé, Jésus envoya Jean et Jacques le Mineur chercher l'eau préparée dans le vestibule, et dit aux apôtres de ranger les sièges en demi cercle. Il alla lui-même dans le vestibule, déposa son manteau, se ceignit et mit un linge autour de son corps. Pendant ce temps, les apôtres échangèrent quelques paroles, se demandant quel serait le premier parmi eux ; car le Seigneur leur avait annoncé expressément qu'il allait les quitter et que son royaume était proche, et l'opinion se fortifiait de nouveau chez eux qu'il avait une arrière-pensée secrète, et qu'il voulait parler d'un triomphe terrestre qui éclaterait au dernier moment. Jésus étant dans le vestibule, fit prendre à Jean un bassin et à Jacques une outre pleine d'eau ; puis, le Seigneur ayant versé de l'eau de cette outre dans le bassin, ordonna aux disciples de le suivre dans la salle où le majordome avait placé un autre bassin vide plus grand que le premier. Jésus, entrant d'une manière si humble, reprocha aux apôtres, en peu de mots, la discussion qui s'était élevée entre eux ; il leur dit, entre autres choses, qu'il était lui-même leur serviteur et qu'ils devaient s'asseoir pour qu'il leur lavât les pieds. Ils s’assirent donc dans le même ordre que celui où ils étaient placés à la table, les sièges étant ranges en demi cercle. Jésus allait de l'un à l'autre, et leur versait sur les pieds, avec la main, de l'eau du bassin que tenait Jean ; il prenait ensuite l'extrémité du linge qui le ceignait, et il les essuyait. Jean vidait chaque fois l'eau dont on s'était servi dans le bassin placé au milieu de la salle, et revenait près du Seigneur avec son bassin. Alors Jésus faisait, de nouveau, couler l'eau de l'outre que portait Jacques dans le bassin qui était sous les pieds des apôtres et les essuyait encore. Le Seigneur qui s'était montré singulièrement affectueux pendant tout le repas pascal s'acquitta aussi de ces humbles fonctions avec l’amour le plus touchant. Il ne fit pas cela comme une pure cérémonie, mais comme un acte par lequel s'exprimait la charité la plus cordiale. Lorsqu'il vint à Pierre, celui-ci voulut l'arrêter par humilité et lui dit : “ Quoi ! Seigneur, vous me laveriez les pieds ” ! Le Seigneur lui répondit : “ Tu ne sais pas maintenant ce que je fais, mais tu le sauras par la suite ”. Il me sembla qu'il lui disait en particulier : “  Simon, tu as mérité d'apprendre de mon père qui je suis, d'où je viens et où je vais ; tu l'as seul expressément confessé : c'est pourquoi je bâtirai sur toi mon Eglise, et les portes de  l'enfer ne prévaudront point contre elle.. Ma force doit rester prés de tes successeurs jusqu'à la fin du monde ”. Jésus le montra aux autres apôtres, et leur dit que lorsqu'il n'y serait plus, Pierre devait remplir sa place auprès d'eux. Pierre lui dit : “ Vous ne me laverez jamais les pieds ”. Le Seigneur lui répondit : “ Si je ne te lave pas, tu n'auras  point de part avec moi ”. Alors Pierre lui dit : “ Seigneur, lavez-moi non seulement les pieds, mais encore les mains et la tête ”. Et Jésus lui répondit : “ Celui qui a déjà été lavé n'a plus besoin que de se laver les pieds : il est pur dans tout le reste. Pour vous aussi vous êtes . purs ; mais non pas tous ”. Il désignait Judas par ces paroles. Il avait parlé du lavement des pieds comme d'une purification des fautes journalières, parce que les pieds, sans cesse en contact avec la terre, s'y salissent incessamment si l'on manque de vigilance. Ce lavement des pieds fut spirituel et comme une espèce d'absolution. Pierre, dans son zèle, n'y vit qu'un abaissement trop grand de son maître : il ne savait pas que Jésus, pour le sauver, s'abaisserait le lendemain jusqu'à la mort ignominieuse de la croix. Lorsque Jésus lava les pieds à Judas, ce fut de la manière la plus touchante et la plus affectueuse : il approcha son visage de ses pieds ; il lui dit tout bas qu'il devait rentrer en lui-même, que depuis un an il était traître et infidèle. Judas semblait ne vouloir pas s'en apercevoir, et adressait la parole à Jean ; Pierre s'en irrita et lui dit : “ Judas, le Maître te parle ” ! Alors Judas dit à Jésus quelque chose de vague, d’évasif, comme : “ Seigneur, à Dieu ne plaise ” ! Les autres n'avaient point remarqué que Jésus s'entretint avec Judas, car il parlait assez bas pour n'être pas entendu d’eux : d’ailleurs ils étaient occupés à remettre leurs chaussures. Rien de toute la passion n'affligea aussi profondément le Sauveur que la trahison de Judas. Jésus lava encore les pieds de Jean et de Jacques. Jacques s'assit et Pierre tint l'outre : puis Jean s'assit et Jacques tint le bassin. Il enseigna ensuite sur l'humilité : il leur dit que celui qui servait les autres était le plus grand de tous, et qu'ils devaient dorénavant se laver humblement les pieds les uns aux autres ; il dit encore, touchant leur discussion sur la prééminence, plusieurs choses qui se trouvent dans l’Evangile : après quoi il remit ses habits. Les apôtres déployèrent leurs vêtements qu'ils avaient relevés pour manger l'agneau pascal.

Institution de la Sainte Eucharistie

Sur l'ordre du Seigneur, le majordome avait de nouveau tressé la table, qu'il avait quelque peu exhaussée ; il la couvrit d'un tapis sur lequel il étendit une couverture rouge, et par-dessus celle-ci une couverture blanche ouvrée à jour. Ayant ensuite replacé la table au milieu de la salle, il mit dessous une urne pleine d'eau et une autre pleine de vin. Pierre et Jean allèrent dans la partie de la salle où se trouvait le foyer de l'agneau pascal pour y prendre le calice qu'ils avaient apporté de chez Séraphia, et qui était dans son enveloppe. Ils le portèrent entre eux deux comme s’ils eussent porté un tabernacle, et le placèrent sur la table devant Jésus. n’y avait là une assiette ovale avec trois pains azymes blancs et minces, qui étaient rayés de lignes régulières ; il y avait trois de ces lignes dans la largeur, et chaque pain était à peu près une fois plus long que large. Ces pains, où Jésus avait déjà fait de légères incisions pour les rompre plus facilement. turent placés sous un linge auprès au demi pain déjà mis de côté par Jésus lors du repas pascal : il y avait aussi un vase d'eau et de vin, et trots boites, l'une d'huile épaisse, l'autre d'huile liquide, et la troisième vide avec une cuiller à spatule. Dès les temps anciens, on avait coutume de partager le pain et de boire au même calice à la fin du repas c'était un signe de fraternité et d'amour usité pour souhaiter la bienvenue et pour prendre congé ; je pense qu'il doit y avoir quelque chose à ce sujet dans l'Ecriture sainte. Jésus, aujourd'hui, éleva à la dignité du plus saint des sacrements cet usage qui n'avait été jusqu'alors qu'un rite symbolique et figuratif. Ceci fut un des griefs portés devant Caiphe par suite de la trahison de Judas : Jésus fut accusé d'avoir ajouté aux cérémonies de la Pâque quelque chose de nouveau : mais Nicodème prouva par les Ecritures que c'était un ancien usage. Jésus était placé entre Pierre et Jean : les portes étaient fermées, tout se faisait avec mystère et solennité. Lorsque le calice fut tiré de son enveloppe, Jésus pria et parla très solennellement. Je vis Jésus leur expliquer la Cène et toute la cérémonie : cela me fit l'effet d'un prêtre qui enseignerait aux autres à dire la sainte Messe. Il retira du plateau sur lequel se trouvaient les vases une tablette à coulisse, prit un linge blanc qui couvrait le calice et l'étendit sur le plateau et la tablette. Je le vis ensuite ôter de dessus le calice une plaque ronde qu'il plaça sur cette même tablette. Puis il retira les pains azymes de dessous le linge qui les couvrait, et les mit devant lui sur cette plaque ou patène. Ces pains, qui avaient la forme d'un carré oblong, dépassaient des deux cotés la patène, dont les bords cependant étaient visibles dans le sens de la largeur Ensuite il rapprocha de lui le calice, en retira un vase plus petit qui s'y trouvait, et plaça à droite et à gauche les six petits verres dont il était entouré. Alors il bénit le pain, et aussi les huiles, à ce que je crois : il éleva dans ses deux mains la patène avec les pains azymes, leva les yeux, pria, offrit, remit de nouveau la patène sur la table et la recouvrit. Il prit ensuite le calice, y fit verser le vin par Pierre, et l'eau qu'il bénit auparavant, par Jean, et y ajouta encore un peu d'eau qu'il versa dans une petite cuiller : alors il bénit le calice, l'éleva en pliant, en fit l'offrande et le replaça sur la table. Jean et Pierre lui versèrent de l'eau sur les mains au-dessus de l'assiette où les pains azymes avaient été placés précédemment : il prit avec la cuiller, tirée du pied du calice, un peu de l'eau qui avait été versée sur ses mains, et qu'il répandit sur les leurs ; puis l'assiette passa autour de la table, et tous s'y lavèrent les mains. Je ne me souviens pas si tel fut l'ordre exact des cérémonies : ce que je sais, c'est que tout me rappela d'une manière frappante le saint sacrifice de la Messe et me toucha profondément. Cependant Jésus devenait de plus en plus affectueux ; il leur dit qu'il allait leur donner tout ce qu'il avait, c’est-à-dire lui-même : c'était comme s'il se fût répandu tout entier dans l'amour. Je le vis devenir transparent ; il ressemblait à une ombre lumineuse. se recueillant dans une ardente prière, il rompit le pain en plusieurs morceaux, qu'il entassa sur la patène en forme de pyramide ; puis, du bout des doigts, il prit un peu du premier morceau, qu'il laissa tomber dans le calice. Au moment où il faisait cela, il me sembla voir la sainte Vierge recevoir le sacrement d'une manière spirituelle, quoiqu’elle ne fût point présente là. Je ne sais comment cela se fit, mais je crus la voir qui entrait sans toucher la terre, et venait en face du Seigneur recevoir la sainte Eucharistie, puis je ne la vis plus, Jésus lui avait dit le matin, à Béthanie, qu'il célébrerait la Pâque avec elle d'une manière spirituelle, et il lui avait indiqué l’heure où elle devait se mettre en prière pour la recevoir en esprit. Il pria et enseigna encore : toutes ses paroles sortaient de sa bouche comme du feu et de la lumière, et entraient dans les apôtres, à l'exception de Judas. Il prit la patène avec les morceaux de pain (je ne sais plus bien s'il l'avait placée sur le calice, et dit : “Prenez et mangez, ceci est mon corps, qui est donné pour vous ”. En même temps, il étendit sa main droite comme pour bénir, et, pendant qu'il faisait cela, une splendeur sortit de lui ; ses paroles étaient lumineuses : le pain l'était aussi et se précipitait dans la bouche des apôtres comme un corps brillant : c'était comme si lui-même fût entré en eux. Je les vis tous pénétrés de lumière. Judas seul était ténébreux. Il présenta d'abord le pain à Pierre, puis à Jean: ensuite il fit signe à Judas de s'approcher ; celui-ci fut le troisième auquel il présenta le sacrement, mais ce fut comme si la parole du Sauveur se détournait de la bouche du traître et revenait à lui. J'étais tellement troublée, que je ne puis rendre les sentiments que j'éprouvais. Jésus lui dit : “ Fais vite ce que tu veux faire ”. Il donna ensuite le sacrement au reste des apôtres, qui s'approchèrent deux à deux, tenant tour à tour l'un devant l'autre, un petit voile empesé et brodé sur les bords qui avait servi à recouvrir le calice. Jésus éleva le calice par ses deux anses jusqu'à la hauteur de son visage, et prononça les paroles de la consécration : pendant qu'il le faisait, il était tout transfiguré et comme' transparent ; il semblait qu'il passât tout entier dans ce qu'il allait leur donner. Il fit boire Pierre et Jean dans le calice qu'il tenait à le main, et le remit sur la table. Jean, à l'aide de la petite cuiller, versa le sang divin du calice dans les petits vases, et Pierre les présenta aux apôtres, qui burent deux dans la même coupe. Je crois, mais sans en être bien sure, que Judas prit aussi sa part du calice, il ne revint pas à sa place, mais sortit aussitôt du Cénacle les autres crurent, comme Jésus lui avait fait un signe, qu'il l'avait charge de quelque affaire. Il se retira sans prier et sans rendre grâces, et vous pouvez voir par là combien l'on a tort de se retirer sans actions de grâces après le pain quotidien et après le pain éternel. Pendant tout le repas, j'avais vu prés de Judas une hideuse petite figure rouge, qui avait un pied comme un os desséché, et qui quelquefois montait jusqu’à son cœur ; lorsqu'il fut devant la porte, je vis trois démons autour de lui : l'un entra dans sa bouche, l'autre le poussait, le troisième courait devant lui. Il était nuit, et on aurait cru qu'ils l'éclairaient ; pour lui, il courait comme un insensé. Le Seigneur versa dans le petit vase dont J'ai déjà parlé un reste du sang divin qui se trouvait au fond du calice. puis il plaça ses doigts au-dessus du calice, et y fit verser encore de l'eau et du vin par Pierre et Jean. Cela fait, il les fit boire encore dans le calice, et le reste, versé dans les coupes, fut distribué aux autres apôtres. Ensuite Jésus essuya le calice, y mit le petit vase où était le reste du sang divin, plaça au-dessus la patène avec les fragments du pain consacré, puis remit le couvercle, enveloppa le calice et le replaça au milieu des six petites coupes. Je vis, après la résurrection, les apôtres communier avec le reste du saint Sacrement. Je ne me souviens pas d'avoir vu que le Seigneur ait lui-même mangé et bu le pain et le vin consacrés, à moins qu'il ne l'ait fait sans que je m'en sois aperçue. En donnant l’Eucharistie, il se donna de telle sorte qu'il m'apparut comme sorti de lui-même et répandu au dehors dans une effusion d'amour miséricordieux. C'est quelque chose qui ne peut s'exprimer. Je n'ai pas vu non plus que Melchisédech lorsqu'il offrit le pain et le vin. y ait goûté lui-même. J'ai su pourquoi les prêtres y participent, quoique Jésus ne l'ait point fait. Pendant qu'elle parlait, elle regarda tout à coup autour d'elle comme si elle écoutait. Elle reçut une explication dont elle ne put communiquer que ceci : “  Si les anges l'avaient distribué, ils n'y auraient point participé ; si les prêtres n'y participaient pas, l'Eucharistie se serait perdue : c'est par là qu'elle se conserve ”. Il y eut quelque chose de très régulier et de très solennel dans les cérémonies dont Jésus accompagna l'institution de la sainte Eucharistie, quoique ce fussent en même temps des enseignements et des leçons. Aussi je vis les apôtres noter ensuite certaines choses sur les petits rouleaux qu'ils portaient avec eux. Tous ses mouvements à droite et à Fauche étaient solennels comme toujours lorsqu'il priait. Tout montrait en germe le saint sacrifice de la Messe. Pendant la cérémonie, je vis les apôtres, à diverses reprises, s'incliner l'un devant l'autre, comme font nos prêtres.

Instructions secrètes et conspirations

Jésus fit encore une instruction secrète. Il leur dit comment ils devaient conserver le saint Sacrement en mémoire de lui jusqu’à la fin du monde ; il leur enseigna quelles étaient les formes essentielles pour en faire usage et le communiquer, et de quelle manière ils devaient, par degrés, enseigner et publier ce mystère, il leur apprit quand ils devaient manger le reste des espèces consacrées, quand ils devaient en donner à la sainte Vierge, et comment ils devaient consacrer eux-mêmes lorsqu'il leur aurait envoyé le Consolateur. Il leur parla ensuite du sacerdoce, de l'onction, de la préparation du saint Chrême et des saintes huiles (1). Il y avait là trois boites, dont deux contenaient un mélange d'huile et de baume, et qu'on pouvait mettre l'une sur l’autre, il y avait aussi du coton prés du calice. Il leur enseigna à ce sujet plusieurs mystères, leur dit comment il fallait préparer le saint Chrême, à quelles parties du corps il fallait l'appliquer, et dans quelles occasions. Je me souviens, entre autres choses, qu'il mentionna un cas où la sainte Eucharistie n'était plus applicable : peut-être cela se rapportait-il à l’Extrême Onction ; mes souvenirs sur ce point ne sont pas très clairs. Il parla de diverses onctions, notamment de celle des rois, et dit que les rois, même injustes, qui étaient sacrées, tiraient de là une force intérieure et mystérieuse qui n'était pas donnée aux autres. Il mit de l’onguent et de l'huile dans la boite vide, et en fit un mélange. Je ne sais pas positivement si c'est dans ce moment, ou lors de la consécration du pain, qu'il bénit l'huile. Je vis ensuite Jésus oindre Pierre et Jean, sur les mains desquels il avait déjà, lors de l'institution du saint Sacrement, versé l’eau qui avait coule sur les siennes, et auxquels il avait donné à boire dans le calice. Puis, du milieu de la table, s'avançant un peu sur le côté, il leur imposa les mains, d'abord sur les épaules et ensuite sur la tête. Pour eux, ils joignirent leurs mains et mirent leurs pouces en croix, ils se courbèrent profondément devant lui, peut-être s'agenouillèrent-ils. Il leur oignit le pouce et l'index de chaque main, et leur fit une croix sur la tête avec le Chrême. Il dit aussi que cela leur resterait jusqu'à la fin du monde. Jacques le Mineur, André, Jacques le Majeur et Barthélémy reçurent aussi une consécration. Je vis aussi qu'il mit en croix, sur la poitrine de Pierre, une sorte d’étole qu'on portait autour du cou, tandis qu'il la passa en sautoir aux autres, de l'épaule droite au côté gauche. Je ne sais pas bien si ceci se fit lors de l'institution du saint Sacrement ou seulement lors de l'onction. Je vis que Jésus leur communiquait par cette onction quelque chose d’essentiel et de surnaturel que je ne saurais exprimer. Il leur dit que, lorsqu’ils auraient reçu le Saint Esprit, ils consacreraient le pain et le vin et donneraient l'onction aux autres apôtres. Il me fut montré ici qu'au jour de la Pentecôte, avant le grand baptême, Pierre et Jean imposèrent les mains aux autres apôtres, et qu'ils les imposèrent à plusieurs disciples huit jours plus tard. Jean, après la résurrection, administra pour la première fois le saint Sacrement à la sainte Vierge. Cette circonstance fut fêtée parmi les apôtres. L'Eglise n'a plus cette fête ; mais je la vois célébrer dans l'Eglise triomphante. Les premiers jours qui suivirent la Pentecôte, je vis Pierre et Jean seuls consacrer la sainte Eucharistie ; plus tard, d'autres consacrèrent aussi. Le Seigneur consacra encore du feu dans un vase d'airain ; il resta toujours allumé par la suite, même pendant de longues absences ; il lut conservé à côté de l'endroit où était déposé le saint Sacrement, dans une partie de l'ancien foyer pascal, et on l'y alla toujours prendre pour des usages spirituels. Tout ce que Jésus fit lors de l'institution de la sainte Eucharistie et de l'onction des apôtres se passa très secrètement, et ne fut aussi enseigné qu'en secret. L'Eglise en a conservé l'essentiel en le développant sous l'inspiration du Saint Esprit pour l'accommoder à ses besoins. Les apôtres assistèrent le Seigneur lors de la préparation et de la consécration du saint Chrême, et lorsque Jésus les oignit et leur imposa les mains, cela se fit d'une façon solennelle. Pierre et Jean furent-ils consacrés tous deux comme évêques, ou seulement Pierre comme évêque et Jean comme prêtre? Quelle fut l'élévation en dignité des quatre autres ? C'est ce que je ne saurais dire. La manière différente dont le Seigneur plaça l'étole des apôtres semble se rapporter à des degrés différents de consécration. Quand ces saintes cérémonies turent terminées, le calice prés duquel se trouvait aussi le saint Chrême fut recouvert et le saint Sacrement fut porta par Pierre et Jean dans la derrière de la salle, qui était séparé du reste par un rideau et qui fut désormais la sanctuaire. Le lieu où reposait le saint Sacrement n'était pas tort élevé au-dessus du fourneau pascal. Joseph d'Arimathie et Nicodème prisent soin du sanctuaire et du Cénacle pendant l'absence des Apôtres. Jésus fit encore une longue instruction et pria plusieurs fois. Souvent il semblait converser avec son Père céleste : il était plein d'enthousiasme et d'amour. Les apôtres aussi étaient remplis d'allégresse et de zèle, et lui faisaient différentes questions auxquelles il répondait. Tout cela doit être en grande partie dans l'Ecriture sainte. Il dit à Pierre et à Jean qui étaient assis la plus près de lui différentes choses qu’ils devaient communiquer plus tard, comme complément d’enseignements antérieurs, aux autres apôtres, et ceux-ci aux disciples et aux saintes femmes, selon la mesure de leur maturité pour de semblables connaissances. Il eut un entretien particulier avec Jean ; je me rappelle seulement qu'il lui dit que sa vie serait plus longue que celle des autres. Il lui parla aussi de sept Eglises, de couronnes, d'anges. et lui fit connaître plusieurs figures d'un sens profond et mystérieux qui désignaient, à ce que je crois, certaines époques. Les autres apôtres ressentirent, à l'occasion de cette confidence particulière, un léger mouvement de jalousie. Il parla aussi de celui qui le trahissait. “ Maintenant il fait ceci ou cela ”, disait-il ; et je voyais, en effet, Judas faire ce qu'il disait. Comme Pierre assurait avec beaucoup de chaleur qu'il resterait toujours fidèlement auprès de lui, Jésus lui dit : “ Simon, Simon, Satan vous a demandé pour vous cribler comme du froment ; mais j'ai prié pour toi, afin que la foi ne défaille point. ” Quand une fois tu seras converti, confirme tes frères. “Comme il disait encore qu'ils ne pouvaient pas le suivre où il allait, Pierre dit qu'il le suivrait jusqu'à la mort, et Jésus répondit : “  En vérité, avant que le coq n'ait chanté trois fois, tu me renieras trois fois ”. Comme il leur annonçait les temps difficiles qui allaient venir, il leur dit : “ Quand je vous ai envoyés, sans sac, sans bourse, sans souliers, avez-vous manqué de quelque chose ” ? “  Non ”, répondirent-ils. “ Maintenant ”, reprit-il, “ que celui qui a un sac et une bourse les prenne. Que celui qui n'a rien vende sa robe pour acheter une épée, car on va voir l'accomplissement de cette prophétie : il a été mis au rang des malfaiteurs. Tout ce qui a  été écrit de moi va s'accomplir ”. Les apôtres n'entendirent tout ceci que d'une façon charnelle, et Pierre lui montra deux épées, elles étaient courtes et larges comme des couperets. Jésus dit : “ C'est assez, sortons d'ici ”. Alors ils chantèrent le chant d'actions de grâces, la table fut mise de côté, et ils allèrent dans le vestibule. Là, Jésus rencontra sa mère Marie, fille de Cléophas. et Madeleine, qui le supplièrent instamment de ne pas aller sur le mont des Oliviers ; car le bruit s'était répandu qu'on voulait s'emparer de lui. Mais Jésus les consola en peu de paroles et passa rapidement : il pouvait être 9 heures. Ils redescendirent à grands pas le chemin par où Pierre et Jean étaient venus au Cénacle, et se dirigèrent vers le mont des Oliviers. J'ai toujours vu ainsi la Pâque et l'institution de la sainte Eucharistie. Mais mon émotion était autrefois si grande que mes perceptions ne pouvaient être bien distinctes : maintenant je l'ai vue avec plus de netteté. C'est une fatigue et une peine que rien ne peut rendre. On aperçoit l'intérieur des coeurs, on voit l'amour sincère et cordial du Sauveur, et l'on sait tout ce qui va arriver. Comment serait-il possible alors d'observer exactement tout ce qui n'est qu’extérieur : on est plein d'admiration, de reconnaissance et d'amour : on ne peut comprendre l'aveuglement des hommes ; on pense avec douleur à l'ingratitude du monde entier et à ses propres péchés. Le repas pascal de Jésus se fit rapidement, et tout y fut conforme aux prescriptions légales. Les Pharisiens y ajoutaient ça et là quelques observances minutieuses.

Coup d'oeil sur Melchisédech

Lorsque Notre-Seigneur Jésus-Christ prit le calice lors de l'institution de la sainte Eucharistie, j’eus uns autre vision qui se rapportait à l'Ancien Testament. Je vis Abraham agenouille devant un autel ; dans le lointain étaient des guerriers avec des bêtes de somme et des chameaux : un homme majestueux s'avança prés d'Abraham et plaça sur l'autel le même calice dont Jésus se servit plus tard. Je vis que cet homme avait comme des ailes aux épaules ; il ne les avait pas réellement ; mais c'était un signe pour m'indiquer qu'un ange était devant mes yeux. C'est la première fois que j'ai vu des ailes à un ange. Ce personnage était Melchisédech Derrière l'autel d'Abraham, montaient trois nuages de fumée : celui du milieu s'élevait assez haut ; les autres étaient plus bas. Je vis ensuite deux rangs de figures se terminant à Jésus. David et Salomon s'y trouvaient. (Etait-ce la suite des possesseurs du calice, des sacrificateurs, ou des ancêtres de Jésus ? la Sœur a oublié de le dire.) Je vis des noms au-dessus de Melchisédech, d'Abraham et de quelques rois. Puis je revins à Jésus et au calice. Le 3 avril 1821, elle dit, étant en extase : “ Le sacrifice de Melchisédech eut lieu dans la vallée de Josaphat, sur une hauteur. Je ne puis maintenant retrouver l'endroit ”. Melchisédech avait déjà le calice. Je vis qu'Abraham devait savoir d'avance qu'il viendrait sacrifier ; car il avait élevé un bel autel, au-dessus duquel était comme une tente de feuillage. Il y avait aussi une sorte de tabernacle où Melchisédech plaça le calice. Les vases où l'on buvait semblaient être de pierres précieuses. Il y avait un trou sur l'autel, probablement pour le sacrifice. Abraham avait amené un superbe troupeau. Lorsque ce patriarche avait reçu le mystère de la promesse, il lui avait été révélé que le prêtre du Très-Haut célébrerait devant lui le sacrifice qui devait être institué par le Messie et durer éternellement. C'est pourquoi, lorsque Melchisédech fit annoncer son arrivée par deux coureurs dont il se servait souvent, Abraham l'attendit avec une crainte respectueuse, et éleva l’autel et la tente de feuillage. Je vis qu'Abraham plaça sur l'autel, comme il le faisait toujours en sacrifiant, quelques ossements d'Adam ; Noé les avait gardés dans l'arche. L'un et l'autre priaient Dieu d'accomplir la promesse qu'il avait faite à ces os, et qui n'était autre que le Messie. Abraham désirait vivement la bénédiction de Melchisédech. La plaine était couverte d'hommes, de bêtes de somme et de bagages. Le roi de Sodome était avec Abraham sous la tante. Melchisédech vint d'un lieu qui fut depuis Jérusalem ; il y avait abattu une forêt et jeté les fondements de quelques édifices ; un bâtiment semi-circulaire était à moitié achevé et un palais était commencé. Il vint avec une bête de somme grise, ce n'était pas un chameau, ce n'était pas non plus notre âne ; cet animal avait le cou large et court. Il était très léger à la course, il portait d'un côté un grand vaisseau plein de vin et de l'autre une caisse où se trouvaient des pains aplatis et différents vases. Les vases, en forme de petits tonneaux, étaient transparents comme des pierres précieuses. Abraham vint à la rencontre de Melchisédech. Je vis celui-ci entrer dans la tente derrière l'autel, offrir le pain et le vin en les élevant dans ses mains, les bénir et les distribuer : il y avait dans cette cérémonie quelque chose de la sainte Messe. Abraham reçut un pain plus blanc que les autres, et but du calice qui servit ensuite à la Cène de Jésus, et qui n'avait pas encore de pied. Les plus distingués d'entre les assistants distribuèrent ensuite au peuple qui les entourait du vin et des morceaux de pain. Il n'y eut pas de consécration : les anges ne peuvent pas consacrer. Mais les oblations furent bénies, et je les vis reluire. Tous ceux qui en mangèrent furent fortifiés et élevés vers Dieu, Abraham fut aussi béni par Melchisédech : je vis que c'était une figure de l'ordination des prêtres. Abraham avait déjà reçu la promesse que le Messie sortirait de sa chair et de son sang. Il me fut enseigné. plusieurs fois que Melchisédech lui avait lait connaître ces paroles prophétiques sur le Messie et son sacrifice: “  Le Seigneur a dit à mon Seigneur, asseyez-vous à ma droite jusqu'à ce que je réduise vos ennemis à vous servir de marchepied. Le Seigneur l'a juré et ne s'en repentira pas. Vous êtes prêtre dans l'éternité selon l'ordre de Melchisédech. ” Je vis aussi que David. Lorsqu'il écrivit ces paroles, eut une vision de la bénédiction donnée par Melchisédech à Abraham. Abraham, ayant reçu le pain et le vin, prophétisa et parla par avance de Moise, des lévites, et de ce que le premier donna à ceux-ci en partage. Je ne sais pas si Abraham offrit aussi lui-même ce sacrifice. Je le vis ensuite donner la dîme de ses troupeaux et de ses trésors; j'ignore ce que Melchisédech en fit ; je crois qu'il la distribua. Melchisédech ne paraissait pas vieux; il était svelte, grand, plein d'une douce majesté ; il avait un long vêtement, plus blanc qu'aucun vêtement que j'aie jamais vu : le vêtement blanc d'Abraham paraissait terne à côté. Lors du sacrifice. Il mit une ceinture où étaient brodés quelques caractères, et une coiffure blanche semblable à celle que portèrent plus tard les prêtres. Sa longue chevelure était d'un blond clair et brillanta comme de la soie ; il avait une barbe blanche, courte et pointue, son visage était resplendissant. Tout le monde le traitait avec respect; sa présence répandait partout la vénération et un calme majestueux. Il me fut dit que c'était un ange sacerdotal et un messager de Dieu. Il était envoyé pour établir diverses institutions religieuses. Il conduisait les peuples, déplaçait les races, fondait les villes. Je l'ai vu en divers lieux avant le temps d'Abraham. Ensuite je ne l'ai plus revu.

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16 mars 2010

Le Vénérable Jean-Marie Robert de La Mennais

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Le Vénérable Jean-Marie Robert de La Mennais

Fondateur des Frères de l'Instruction Chrétienne et des Filles de la Providence

1780-1819

Jean-Marie Robert de La Mennais naquit à Saint Malo neuf ans avant l'effroyable Révolution Française. La Providence qui le destinait à en réparer les ruines dans les âmes, lui inspira l'idée de devenir Prêtre. Grâce à sa vive intelligence et aux leçons de quelques Prêtres échappés aux poursuites révolutionnaires, Jean-Marie se prépare rapidement au Sacerdoce. A vingt-trois ans et demi, il recevait l'Onction Sacerdotale. Déjà son âme brûlait d'un désir très vif d'étendre le Royaume de Dieu en Bretagne et dans la France entière. Son zèle le porta d'abord vers l'enfance et la jeunesse. Il devient professeur, il se fait éducateur, car il veut à tout prix donner à l'Eglise et à sa Bretagne des Chrétiens profondément convaincus et surtout des Prêtres dont le besoin se fait sentir partout. Elevé, par des évènements providentiels, jusqu'aux fonctions d'Administrateur d'un vaste Diocèse, l'Abbé de La Mennais déploie une ardeur encore plus grande pour le Salut des âmes, en même temps qu'une indomptable énergie pour la défense des droits de l'Eglise. A une besogne particulièrement écrasante, le Saint Prêtre ajoute celle d'un prédicateur de Retraites à toutes les classes de la société. Il a surtout pitié de l'enfance qu'il voit abandonnée à tous les dangers de l'ignorance et de l'oisiveté. Il gardera pour les jeunes âmes, toute sa vie durant, une particulière tendresse. Pour elles, il crée des écoles, et pour diriger ces écoles, il fonde deux sociétés enseignantes: les Frères de l'Instruction Chrétienne de Ploërmel et les Filles de la Providence de Saint Brieuc. Dans ses écoles de Frères, il cueille, comme autant de fleurs de choix, les meilleurs élèves qu'il dirige, d'après leurs aptitudes et l'inclination de la Grâce, soit vers le Noviciat de Ploërmel, soit vers l'un ou l'autre des nombreux collèges ecclésiastiques qu'il a établis en Bretagne. Bientôt son oeuvre d'éducation absorbe les journées entières de cet ardent apôtre des jeunes. Lui, l'héritier d'une noble famille, appelé par sa naissance à occuper les premières charges de l'Eglise de France, vint s'enfermer pour le reste de ses jours, dans une humble maison de Ploërmel, afin d'y pratiquer la vie commune avec des disciples choisis, comme ceux de Jésus, dans les plus humbles conditions. L'on a dit à son sujet: « Les fidèles de la Bretagne entière ne prononcent jamais le nom de Jean-Marie de La Mennais sans y joindre le titre de saint ». L'Eglise l'a déclaré Vénérable en 1911 et les démarches se poursuivent à Rome pour qu'il soit Béatifié. Que tous les amis des Frères de l'Instruction Chrétienne et des Filles de la Providence unissent leurs prières pour obtenir que le Vénérable Jean-Marie de La Mennais reçoive, s'il plaît à Dieu, les honneurs de la Béatification.

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Prière pour demander la Glorification du Vénérable Jean-Marie Robert de La Mennais

O Jésus, qui avez tant aimé les petits enfants et qui avez inspiré au Vénérable Jean-Marie Robert de La Mennais la pensée de fonder, pour leur Salut, deux Congrégations vouées à l'éducation Chrétienne de la jeunesse, daignez écouter l'humble prière que nous Vous adressons pour la glorification de Votre Serviteur. Faites, nous Vous en supplions, ô bon Jésus, que bientôt l'auréole des Bienheureux, rayonne au front du Vénérable Jean-Marie Robert de La Mennais, et qu'il soit ainsi reconnu comme modèle de dévouement à la Sainte Eglise et patron de nos écoles Catholiques. Amen.

Seigneur, glorifiez Votre Serviteur, le Vénérable Jean-Marie Robert de La Mennais (X3)

Imprimatur

Gerard Coderre

Ev. Coadj. À S. Jean de Qué.

Relations de grâces

Frères de l'Instrution Chrétienne de Ploërmel

Via della Divina Provvidenza, 44,

I-00166 Roma

Frères de l'Instrution Chrétienne de Ploërmel

B.P. 35

F-56801 Ploërmel Cedex

E-mail: mmplo.fic@wanadoo.fr

Site de la Congrégation

www.lamennais.org

www.mennaisien.org

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11 mars 2010

Le Vénérable Pie XII

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Le Vénérable Pie XII

1876-1958

Sa jeunesse

Eugenio Maria Giuseppe Giovanni Pacelli est né à Rome le 02 mars 1876 d'une mère dont la famille est bien connue du Saint Siège pour des services rendus et d'un père avocat à la Rote Romaine. Durant ses études, il obtient trois licences: théologie, droit civil et droit canonique. Il est ordonné prêtre en avril 1899. Puis, sur recommandation, il entre au Vatican dans une Congrégation chargée des relations internationales et devient cardinal 3 ans plus tard.


La première guerre mondiale


Il tente de dissuader l'Italie d'entrer en guerre et l'empereur François-Joseph de se montrer patient. En avril 1917, il devient nonce apostolique à Munich, unique représentation de l'état pontifical en Allemagne. Ses résultats sont décevants Tout en faisant connaissance avec l'Église catholique allemande, il s'instruit des discussions entre l'URSS et le Vatican. Son travail diplomatique le pousse à signer des concordats (traité signé entre un état et le Saint Siège afin de défendre les activités catholiques) avec différents états et Hitler, alors chancelier.


La seconde guerre mondiale


En 1938, il s'élève sans succès contre l'Ansschluss et en mars 1939, Eugénio Pacelli devient Pie XII. Son pontificat débute avec la deuxième guerre mondiale. Il tente en vain de tenir l'Italie en dehors du conflit. L'Allemagne nazie n'a pas l'intention de respecter le concordat signé en 1933. Il y aura d'ailleurs plus d'un millier d'arrestations de prêtres et de religieux dont 304 iront à Dachau. Les évêchés de Munich, Rottenburg et Freiburg seront saccagés, les religions étant, pour les nazis, des idéologies rivales à éliminer. Les évêques polonais demandent au pape d'intervenir au vu des atrocités nazies dans leur pays mais le Vatican a peur que ses déclarations n'accroissent les persécutions comme les déportations en Hollande qui, non seulement n'avait pas diminué, mais avaient augmenté après un appel des évêques. Pie XII donnera alors cette "consigne" à ceux qui font appel à lui: "Nous laissons aux pasteurs en fonction sur place le soin d'apprécier si, et dans quelle mesure, le danger de représailles et de pression, comme d'autres circonstances dues à la longueur et à la psychologie de la guerre, conseillent la réserve -malgré les raisons d'intervention- afin d'éviter des maux plus grands. C'est l'un des motifs pour lesquels nous nous sommes imposés des limites dans nos déclarations". En juillet 1942, les évêques de Hollande s'insurgent contre les déportations. Non seulement elles ne cessent pas, mais des prêtres le sont également, en représailles. 79 % des juifs hollandais seront ainsi déportés, soit un chiffre supérieur à celui des autres pays. Aussi, les prélats demandent au pape de rester prudent pour éviter que la situation n'empire pour les juifs et que les catholiques subissent le même sort. Il faut également protéger ceux qui arrivent à se cacher en ne mettant pas en danger les catholiques qui, eux, les cachent. C'est alors que le "silence" devient "prudence" et non "complicité". Son radio-message de Noël 1942 sera ainsi le dernier appel public à un retour à la paix, les deux suivants concernant la civilisation chrétienne et la démocratie. Il optera pour l'ouverture des instituions du Vatican aux victimes du nazisme dans la Rome occupée. En 1943, environ cinq mille juifs seront recueillis dans les couvents et monastères d'Italie, trois mille hébergés à Castel Gandolfo et 400 enrôlés dans la Garde Pontificale.


L'après-guerre


Les difficultés viennent alors du communisme et toutes les nonciatures des pays proches de l'URSS ferment leurs portes à l'exception de la Pologne qui accorde quelques libertés à l'Église catholique.


Son action pastorale


Il proclame le dogme de l'Assomption de la Vierge Marie en novembre 1950 et accomplit un immense travail sur la restauration de la liturgie romaine, écartant nouvelles coutumes ou rites périmés. Il condamne ainsi l'archaïsme considéré comme une rupture avec la tradition. Il réforme également le rite romain relatif à la semaine sainte. Il aurait été témoin de certaines apparitions à Fatima.


Sa mort. Les hommages rendus.


Il meurt le 9 octobre 1958 à Castel Gondolfo des suites d'une grave maladie dont il souffrait depuis quatre ans. A sa mort, Golda Meïr, ministre israélien des affaires étrangères, déclara, à l'ONU :"Nous pleurons un grand serviteur de la paix et de la charité. Pendant les dix années de la terreur nazie, quand notre peuple a souffert un martyr effroyable, la voix du pape s'est élevée pour condamner les bourreaux et pour exprimer sa compassion envers les victimes." Le rabbin Herzog et le Dr Elio Toaf, grand rabbin d'Italie, ont salué sa mémoire comme celle d'un juste. Albert Einstein a déclaré: "L'église catholique a été la seule à protester contre les assauts hitlériens portés à la liberté. Jusqu'à lors, je n'avais pris aucun intérêt pour elle, mais aujourd'hui j'éprouve une grande admiration pour l'Église, qui seule a eu le courage de se battre pour la liberté spirituelle et la liberté morale." Le Grand Rabin de Rome, Israël Zolli, touché par le dévouement et la charité du pape Pie XII, se convertit au catholicisme avec son épouse en 1945 et prit le nom de baptême de Eugène Pio. L'écrivain et diplomate juif Pinchas Lapide, alors qu'il n'apprécie guère la religion catholique, puisque écrivant dans son livre "Rome et les Juifs" que "Jésus se mit à croire à son omnipotence", a cependant rapporté que, d'après ses recherches, Pie XII, malgré les risques encourus, avaient pu sauver près de 850 000 juifs. Les exemples ne manquent pas et de nombreux survivants sont allés le remercier au Vatican, quelque temps après la fin de la guerre dont des délégués de "United Jewish Appeal" ou encore un ensemble de 94 musiciens juifs issus de 14 pays qui sont venus jouer au Vatican la neuvième symphonie de Beethoven en reconnaissance.


Origine de la Polémique autour de Pie XII


Tout a commencé en 1963 avec la sortie d'une pièce de théâtre "Le Vicaire" d'un auteur est-allemand Roch Hochhuth. Pour la première fois, il y est fait état du "silence" du pape. S'ensuivent neuf livres sur le sujet. Deux d'entre eux, dont le fameux Hitler's Pope de Cornwell attaquent le Pape sur la question. En 2001, Costa Gavras adapte la pièce au cinéma. Depuis, la polémique n'a fait qu'enflé, donnant au final du crédit à Roch Hochhuth, auteur à la personnalité fort controversée puisqu'en 1965, il approuve les propos de David Irving, négationniste notoire. Ce dernier, accusé d'avoir des sympathies nazies, a perdu, en 2000, un procès en diffamation et, en 2007, il est condamné, par la justice autrichienne, à deux ans de prison ferme pour négation de la shoah.


Pourquoi cette pièce de théâtre?


Avant même la guerre, le pape alors nonce apostolique se souciait des discussions avec la Russie et s'inquiétait de la montée du communisme. D'ailleurs en 1949, il excommunie les communistes. Les attaques venues de l'Est se multiplient à laquelle s'ajoutent les reproches le patriarche orthodoxe russe accusant le pape d'être un agent de l'impérialisme américain. A la mort de Pie XII, les soviétiques voulaient détruire l'autorité morale du Vatican. C'est alors qu'apparut cette pièce de théâtre dont l'auteur n'était pas spécifiquement communiste mais qui avait des connaissances sympathisantes avec le régime soviétique, tel Erwin Piscator, son producteur. Le Vatican crut bon de répondre aux attaques induites par cette pièce, des livres et des publications donnèrent chacun leur avis sur le "silence". Tout le monde se jeta dans la bataille: chrétiens, juifs, non croyants... et cela fit boule de neige. Tant est si bien qu'aujourd'hui tout le monde se souvient du "silence" mais pas de la pièce de théâtre. Paradoxalement, de nombreuses personnes, sans le savoir, pensant défendre les victimes juives, accordent du crédit à un individu qui nie l'existence même de la shoah!!!


La béatification


L'idée est venue de Paul VI. Jean Paul II l'a reprise puis mise en attente car la commission d'historiens juifs et chrétiens qu'il a réunie n'a pu s'entendre, faute de pouvoir consulter la totalité des archives. Benoît XVI, à son tour, la ressort. Cette décision, pour l'Église catholique, rend témoignage de la vie chrétienne de Pie XII en qui elle voit un grand théologien, précurseur de Vatican II. Sa cause est donc, pour l'instant, à l'étude.


Texte extrait du site Benedictus.fr


Reconnaissance des vertus héroïques de 10 baptisés, dont Eugenio Pacelli et Karol Wojtyla

Source: zenit.org


Dimanche 20 décembre 2009. Benoît XVI reconnaît les « vertus héroïques » de 10 baptisés, dont les papes Pie XII (Eugenio Pacelli) et Jean-Paul II (Karol Wojtyla), et deux fondateurs, un Français, le P. Louis Brisson, et une Anglaise, Mary Ward. Ces décrets de la Congrégation pour les causes des saints, qui ont été présentés après consultation et expertise des historiens et des théologiens, ont été approuvés le 19 décembre, à l'occasion de l'audience accordée par le pape au préfet de cette Congrégation, Mgr Angelo Amato. Ces décrets n'ouvrent pas la porte à la béatification. Il faudra ensuite non seulement qu'un miracle dû à l'intercession de ces baptisés soit reconnu, mais aussi que le pape donne son feu vert pour la béatification, qui reste toujours une décision du souverain pontife. En effet, la réunion des conditions nécessaires à une béatification ne suffit pas: le pape évalue le bienfait pastoral qu'une béatification peut apporter et le temps adapté à une telle proclamation. Certaines causes sont parfois enlisées pendant des années pour différents motifs. Ces décrets concernent donc d'abord les vertus héroïques des serviteurs de Dieu suivants (7 Italiens dont un laïc, un Polonais, un Français et une Anglaise: Giacomo Illirico da Bitetto, frère franciscain (1400-1496): il est déjà appelé « bienheureux » du fait que son culte a été « confirmé » le 29 décembre 1700, mais cela ne le dispense pas de repasser par cette étape moderne, rigoureuse, de discernement des « bienheureux »; Pio XII (Eugenio Pacelli), pape (1876-1958), salué à sa mort par les communautés juives et notamment Mme Golda Meir, pour son action pour sauver des juifs pendant la Shoah, comme l'ont rappelé les récents travaux des historiens qui ont restauré l'image calomniée par l'œuvre de Rolf Hochhuth « le Vicaire » dans les années soixante (cf. Philippe Chenaux, « Pie XII, Diplomate et pasteur », le Cerf 2003 ; ou Pierre Blet, « Pie XII et la Seconde Guerre mondiale, Perrin, et « Pie XII et la Seconde Guerre mondiale d'après les archives du Vatican, Perrin); Jean-Paul II (Karol Wojtyła), pape (1920-2005); Louis Brisson, prêtre français et fondateur des Oblats et Oblates de Saint-François de Sales (1817-1908); Giuseppe Quadrio, prêtre italien, salésien de Don Bosco (1921-1963); Mary Ward, fondatrice anglaise de l'Institut des Sœurs de la Bienheureuse Vierge Marie, aujourd'hui, Congrégation de Jésus (1585-1645); Antonia Maria Verna, fondatrice italienne de l'Institut des Sœurs de la Charité de l'Immaculée Conception (1773-1838); Maria Chiara Serafina di Gesù Farolfi, fondatrice des Sœurs clarisses franciscaines missionnaires du Saint-Sacrement (1853-1917) ; Enrica Alfieri, religieuse italienne des Sœurs de la Charité de Sainte Jeanne Antide Thouret (1891-1951); Giunio Tinarelli, laïc italien, de la Pieuse union des Ouvriers silencieux de la Croix (1912-1956).

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Prière pour la Béatification de Pie XII


O Jésus, Pontife Éternel, qui avez daigné élever Votre Serviteur fidèle Pie XII à la suprême dignité de Votre Vicaire ici-bas, et lui avez concédé la grâce d'être un défenseur intrépide de la Foi, un courageux champion de la Justice et de la Paix, un glorificateur zélé de Votre Très Sainte Mère et un exemple lumineux de Charité et de toutes les vertus, daignez maintenant, en vue de ses mérites, nous accorder les grâces que nous Vous demandons, afin que, assurés de son efficace intercession auprès de Vous, nous puissions le voir un jour élevé à la gloire des autels. Amen.

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Téléchargez le texte de la prière pour la béatification de Pie XII (pdf) en cliquant ici

10 mars 2010

Le Mois de Saint Joseph

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Mois de Saint Joseph

Onzième jour

Les bergers adorent Jésus; Joie de Joseph.

Quoique Jésus eut auprès de lui des adorateurs en esprit et en vérité, et que les hommages des cœurs brûlants de Marie et de Joseph lui tinssent lieu des adorations de tous les hommes: néanmoins, son cœur était altéré: il voulait voir à ses pieds ces hommes qu'il aimait tant. Il leur envoie un de ses anges; mais il est chargé de choisir ses premiers adorateurs parmi les pauvres. C'est à des bergers qu'il s'adresse; il leur annonce le Sauveur qui leur est né, et qu'ils attendent depuis longtemps. Certains de la naissance de ce Sauveur, par la parole d'un ange et la vue d'une lumière éclatante qui les environne et éclaire leur esprit en échauffant leur cœur, ils partent aussitôt: ils hâtent leurs pas, et bien tôt ils sont près de la grotte. Ils entrent et voient d'un côté Marie, les yeux fixés sur son divin Fils qui regarde sa Mère; de l'autre, Joseph, plongé dans une profonde méditation de ce mystère adorable; ils voient aussi Jésus au milieu d'eux. La vue de cet aimable Enfant les remplit d'une douce joie qu'ils expriment par des mouvements naturels et spontanés. Le Sauveur, qui aime les âmes simples, les éclaire; et aussitôt ils se prosternent, l'adorent, et s'empressent de lui offrir leurs petits présents. Quelle joie pour Marie et Joseph de voir qu'ils ne sont pas les seuls à adorer, à aimer Jésus! Aussi la tendre Marie et le bon Joseph, qui voient en eux leurs enfants adoptifs, s'empressent-ils de les accueillir. Joseph les conduit auprès de Jésus, et le leur fait contempler, en leur racontant tontes les circonstances de cette nuit si pénible et si heureuse tout à la fois. Marie veut aussi leur montrer qu'elle les aime; elle prend Jésus et le leur présente. Ces bons bergers baisent ses pieds et ses mains; ils se retirent ensuite comblés de joie et pleins d'amour pour Jésus, Marie et Joseph.

Désir de voir aimer Jésus

Entrons aussi dans cette étable; et nous trouverons Joseph et Marie, et ils nous conduiront à Jésus; mais ce sera à une condition, que nous ferons tous nos efforts pour faire connaitre et aimer Jésus par tous ceux que nous pourrons. Si nous avons le bonheur de connaître et d'aimer le bon Sauveur, ne laissons pas brûler ce feu dans nos cœurs seulement; il faut que ceux de nos frères brûlent aussi des mêmes flammes. Réjouissons-nous lorsque nous voyons que Jésus est connu, aimé, adoré: affligeons-nous, an contraire lorsque nous voyons qu'on ne l'aime pas, qu'il est des chrétiens qui seront assez malheureux un jour pour le blasphémer pendant toute l'éternité. Ah! prions, prions pour eux; offrons, pour cette fin, à Jésus quelque petite mortification; donnons de bons exemples; c'est ainsi que nous pourrions faire connaître et aimer Jésus. Excitons, surtout par nos discours et nos avis, les personnes que nous connaissons, à l'aimer, à le servir avec fidélité. Parlons toujours de Dieu dans nos conversations, nos visites; au moins prenons la résolution, en l'honneur de saint Joseph, d'y laisser quelque parole pour Dieu.

Exemple

Dans les premières années du dix-septième siècle l'ordre des Chartreux éprouva une grande affliction: il ne se présentait plus de sujets pour y entrer, les noviciats étaient vides: il allait se dépeupler peu à peu et se fondre, comme une armée qui, faute de recevoir de temps en temps des recrues, se fond insensiblement et se réduit à rien. Sur ces entrefaites, le chapitre général de l'ordre se tint à la Grande-Chartreuse. Les principaux Pères, pour conjurer le danger qui les menaçait, proposèrent  de recourir à la protection de saint Joseph; d'après leurs avis, on décréta que l'ordre entier reconnaîtrait le Saint comme son patron, et que désormais sa fête serait élevée au rang des plus solennelles. Le décret fut exécuté, et on ne tarda pas à en voir les effets. Dès ce moment, les vocations se déclarèrent, et les noviciats se remplirent de manière à ne plus laisser de crainte ou d'inquiétude pour la conservation de cet ordre vénérable.  (Patrignani liv. 2 ch. 2.) .

O Marie, conçue, etc.

Je vous salue, Joseph, etc.

Un Pater et un Ave pour tous les religieux et les religieuses

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Prions les uns pour les autres

Intentions de prières confiées à saint Joseph

« Priez pour mon frère pierre auguste qui est aussi franciscain en cote d'ivoire et je voudrais qu'il devienne prêtre. Aussi pour le visas de mon fils Pierre Guillaume en Côte d'ivoire pour me rejoindre ici en Ecosse. car cela fait dix ans qu'on est séparés. Pour mon mariage ». (M.S.)

« Saint Joseph, aidez-nous à trouver un appartement au plus vite ». (F.M.)

« S’il vous plaît priez St Joseph pour mon époux afin qu’il obtienne du travail ». (M.A.A.B.)

« En ce mois de mars, dédié à Saint Joseph, je vous demande de bien vouloir prier pour un petit garçon de 9 ans, (Andrea) très gravement malade depuis l'age de 2 ans. Ses conditions sont désespérées. Prions pour sa guérison impossible pour les hommes...  Et, pour une autre personne (Dino) dans le comas pour une hémorragie cérébrale. » (L.C.)

« Mon mari vient de décéder, je vous demande de prier pour moi afin que je retrouve la paix. Priez également pour le repos de son âme, il s'appelait EDDY GASPARD ». (M.D.)

« Priez pour que mon affection sorte et se déroule très bien » (A. H.)

« Que je retrouve confiance et moi-même et la santé », je vous remercie «  (M.J.)

« Je voudrai prier sur l'intention que Saint Joseph m'aide à rendre la personne que J'aime heureuse avec moi, et de pouvoir s'unir si c'est la volonté de Dieu dans le secret de mariage afin qu'on forme une famille chrétienne, et je prie pour que Saint Joseph puisse le rapprocher de La Vierge Marie afin qu'Elle puisse le rapprocher de Jésus » (H.S.)

« Que le Seigneur m'aide à trouver un bon mari, à bien écrire et bien lire pour être efficace dans mes cours. Saint Joseph intercède pour moi auprès de ton fils ». (M.N.)

« Je voudrais prier sur l'intention que saint Joseph m'aide à m'unir à mon mari dans le sacrement du mariage et ainsi approcher à la table sainte du Seigneur; car depuis 6 ans nous ne nous communions plus car nous avions eu un enfant. Mais que tout cela soit faite selon la volonté de Jésus et non la mienne ». (B.A.)

« prions pour Christophe qui a eu un grave accident travail ,qu'il  est beaucoup de courage  ainsi que toute sa famille qui est très présente auprès de lui  ;nous sommes tous avec vous dans nos prières ». (M.J.)

« Je demande à saint joseph régler mes problèmes de coeur et de prier pour ma mère malade de l'insuffisance rénale chronique. » (T.L.)

« Saint Joseph, Aidez-moi à éduquer ma fille Nancy comme vous avez su le faire avec le petit Jésus que le Père vous a confié ». (F.A.)

« Seigneur,je te demande d'envoyer, un ange à l homme que j aime. Il est apparu à Joseph,alors qu'il s'apprêtait à rompre secrètement,avec Marie. Toi, qui sait "rattraper"ce qui semble perdu, manifestes Toi,pour que nous puissions nous soumettre à Ta Volonté. » (L.S.)

« Saint Joseph, je vous en supplie touchez le coeur d' Emmanuel pour sa conversion et preparer son esprit, son coeur pour la réconciliation, les retrouvailles, le pardon avec Edith la mère de ses enfants. Merci saint Joseph ». (E.F.)

« Demandez à St Joseph de régler pour moi tous mes problèmes de travail ». (S.V.)

« Venez en aide, St Joseph, a jacqueline quelle trouve un petit logement bien exposé merci pour elle; une amie que j'apprécie beaucoup » (M.J.)

« Saint Joseph intercède et obtiens moi s'il te plait la grâce de rencontrer mon âme soeur. Saint Joseph patron des travailleur obtient un emploi à mon frère Jocelyn Saint Joseph, toi qui a fondé un foyer voit le poids de la solitude et obtient moi de rencontrer mon mari (l'être qui m'aimera et que j'aimerai aussi ». (N.D.)

« Pour Léa et Ramata en quête d'un emploi, par vos prières, je les confie à saint Joseph; pour moi même Florence qui suis en stage probatoire depuis 8 mois, Que Saint Joseph, par son intercession auprès de son Fils, m'obtienne la signature d'un contrat et que mon travail soit béni à jamais ». (T.Z.)

« Je vous prie de bien vouloir prier saint Joseph pour moi, afin que ma situation d'immigration, soit totalement résolue cette année, et que je puisse être définitivement régularisé, ici en grande Bretagne. Merci infiniment ». (S.L.)

« Que Saint Joseph nous aide à ne pas porter de jugement sur les autres ». (M.N.)

« Pour que Saint Joseph prie pour moi afin que je puisse obtenir mon permis de conduire ». (D.M.)

« Glorieux Saint Joseph s'il te plait intercède pour moi auprès de ton fils Jésus pour qu'il me donne une grande foi car je suis faible et froide je veux l'aimer beaucoup et être esclave de la Vierge et Sainte Mère de Jésus. Saint Joseph Prier pour moi ». (B.A.)

« Bon Saint Joseph, je te confie mon fils Alexandre. Aidez le a pouvoir surmonter sa dyslexie. C'est une souffrance perpétuelle pour lui et aussi pour nous, ses parents ». (N. M.)

« En ce mois de Saint Joseph, je lui adresse mes intentions de prière suivantes: en intercédant auprès de notre Père afin que mon époux assume ses devoirs domestiques tout au long de notre vie terrestre; je vous prie Saint Joseph, Chef de la Sainte Famille de veiller sur ma famille d'origine et celle que tu viens de me donner. Intercède auprès de Jésus pour que tous les démembrements de ma famille vivent dans l'Amour, la Paix et dans le respect des commandements de l'Éternel; Je souhaite m'ouvrir mon Cabinet et j'ai besoin des moyens pour y parvenir. Saint Joseph, Priez pour moi; Modèle des travailleurs, Saint Joseph Intercède auprès de Dieu afin que je serve dans mon ministère par amour et apporte des solutions aux mutliples problèmes qui me seront posés; Nourricier du Fils de Dieu, Saint Joseph avec le concours de la Très Sainte Vierge Marie donne moi les moyens ainsi qu'à mon époux d'entretenir, d'élever et de faire  grandir notre progéniture dans la foi chrétienne; Saint Joseph, Priez pour mes parents Marc et Bernadette qui ne cessent de me montrer la grandeur de notre Père Céleste. Priez pour que Dieu Tout Puissant veille sur eux et qu'il leur comble de bénédictions; Saint Joseph, priez enfin pour ceux qui cherchent l'emploi, pour ceux qui veulent la consolation, l'amour, pour ceux qui veulent vivre en famille, pour les hommes, les époux qui veulent être comme toi pour la bonne marche de leur foyer; Saint Joseph, Très sainte Vierge Marie et Jésus, veille sur moi, tous ceux qui me sont chers et surtout ceux qui veulent mon mal. Faites de moi une femme, mère et épouse vertueuse ». (M.N.A.)

« Que marie et joseph nous donnent leur coeur de patience et qu'ils nous aident à être comme eux » (M.N.)

« Saint Joseph, aidez-moi dans mon rôle de père de famille » (J. R.G).

« Bon Saint Joseph, accorde à mon beau-frère la grâce de pouvoir vendre son appartement, car cela se présente plutôt mal...accorde lui aussi beaucoup de grâces dans sa vie professionnelle, c'est très dur là aussi... je te remercie bon Saint Joseph, tu es si bon, si puissant auprès du Saint Enfant Jésus et de Marie.. sois loué Seigneur pour la Sainte Famille! » (A.M.C)

« Priez pour moi pour que je retrouve la foi et retrouve le chemin de l'Eglise. Je vous prie de prier pour ma famille et ma sante aussi. Je vous remercie d'avance ». (N. A.)

 

Si vous aussi, avez des intentions de prières à confier à Saint Joseph, envoyez les moi par mail à franck.monvoisin@laposte.net et elles seront confiées à la prière des internautes.

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3 janvier 2010

Dimanche de l'Epiphanie

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Dimanche de l'Epiphanie

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 2,1-12


Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut pris d'inquiétude, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les chefs des prêtres et tous les scribes d'Israël, pour leur demander en quel lieu devait naître le Messie. Ils lui répondirent: « A Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem en Judée, tu n'es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Judée ; car de toi sortira un chef, qui sera le berger d'Israël mon peuple. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l'étoile était apparue; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l'enfant. Et quand vous l'aurez trouvé, avertissez-moi pour que j'aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Sur ces paroles du roi, ils partirent. Et voilà que l'étoile qu'ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s'arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l'enfant. Quand ils virent l'étoile, ils éprouvèrent une très grande joie. En entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Mais ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

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L'Adoration des trois Mages

Extraits des révélations de Maria Valtorta


Celui qui m'avertit intérieurement me dit : "Appelle ces contemplations que tu vas avoir et que je te présenterai : "Les Évangiles de la Foi" car, pour toi et pour les autres, ils viendront mettre en lumière la puissance de la Foi et de ses fruits, et vous assurer dans votre foi en Dieu. "


Je vois Bethléem, petite et toute blanche, rassemblée comme une couvée de poussins sous la lumière des étoiles. Deux rues principales s'y coupent à angle droit, l'une venant d'au-delà du pays, c'est la route principale qui continue au delà de la ville, et l'autre qui coupe la ville dans toute sa largeur mais ne va pas plus loin. D'autres petites rues découpent ce petit pays, sans la moindre trace d'un plan d'ensemble comme nous le concevons, mais s'adaptant au terrain qui est à plusieurs niveaux, et aux maisons qui se distribuent ça et là selon les accidents du sol et les caprices des constructeurs. Tournées les unes à droite, les autres à gauche, d'autres de biais par rapport à la rue qui les borde, elles l'obligent à se présenter comme un ruban qui se déroule avec des sinuosités au lieu d'être un chemin rectiligne qui va d'un endroit à l'autre sans déviation. De temps en temps il y a une petite place, soit pour un marché, soit pour une fontaine, soit parce que, à cause des constructions qui se dressent au hasard, elle est restée une portion de travers où l'on ne peut plus rien construire. À l'endroit où il me semble que je dois particulièrement m'arrêter, il y a précisément une de ces petites places irrégulières. Elle devrait être carrée ou au moins rectangulaire. Elle s'amène comme un trapèze si bizarre qu'on dirait un triangle acutangle dévié au sommet. Le côté le plus long, la base du triangle, est un bâtiment large et bas, le plus large du pays. Du dehors, c'est une haute muraille lisse et nue sur laquelle s'ouvrent à peine deux portes cochères maintenant bien closes. À l'intérieur, au contraire, sur toute une cour carrée il y a de nombreuses fenêtres au premier étage, pendant qu'au rez-de-chaussée on voit des portiques qui entourent des cours jonchées de paille et de détritus avec des vasques pour abreuver chevaux et autres animaux. Aux rustiques colonnes des portiques il y a des anneaux pour attacher les animaux et, sur un côté, un vaste hangar pour abriter les troupeaux et les montures. Je comprends qu'il s'agit de l'auberge de Bethléem. Sur deux autres côtés de même longueur il y a des maisons et des maisonnettes les unes précédées d'un jardinet; d'autres non, parce que parmi elles il yen a qui ont la façade sur la place et d'autres à l'arrière. Sur l'autre côté plus étroit, en face le caravansérail, il y a une unique maisonnette avec un petit escalier extérieur qui donne accès au milieu de la façade aux chambres du premier étage. Elles sont toutes fermées car il fait nuit. Il n'y a personne dans les rues à cause de l'heure. Je vois qu'augmente la clarté nocturne qui tombe d'un ciel constellé d'étoiles si belles dans le ciel d'Orient, si vivantes et si grandes qu'elles paraissent toutes proches et qu'il serait facile de les rejoindre et de les toucher, ces fleurs qui brillent sur le velours du firmament. Je lève les yeux pour me rendre compte de la source de cette croissance de lumière. Une étoile de grandeur inhabituelle, comme une petite lune, s'avance dans le ciel de Bethléem. Les autres semblent s'éclipser et lui donner passage, comme des suivantes au service de la reine, tant son éclat les surpasse et les fait disparaître. Du globe qui semble un énorme et clair saphir éclairé de l'intérieur par un soleil, part un sillage lumineux dans lequel, à la prédominance du clair saphir se fondent les blonds des topazes, les verts des émeraudes, la lueur opalescente des opales, les clartés sanguines des rubis et les doux scintillements des améthystes. Toutes les pierres précieuses de la terre sont dans ce sillage qui parcourt le ciel d'un mouvement rapide et ondulant comme s'il était vivant. Mais la couleur qui domine, c'est cette couleur qui semble pleuvoir du globe de l'étoile : la paradisiaque couleur de pâle saphir qui descend pour colorer d'argent azuré les maisons, les rues, le sol de Bethléem, berceau du Sauveur.


Ce n'est plus la pauvre cité, qui pour nous ne serait qu'une agglomération rurale. C'est une fantastique cité de contes de fées où tout est d'argent. L'eau des fontaines et des vasques est comme du diamant liquide. Avec la splendeur d'un plus vif éclat, l'étoile s'arrête au-dessus de la petite maison qui se trouve sur le côté étroit de la petite place. Ni ses habitants, ni ceux de Bethléem ne la voient parce qu'ils dorment dans les maisons fermées. Cependant l'étoile accélère les palpitations de sa lumière, et sa queue vibre et se balance davantage en décrivant des demi-cercles dans le ciel qui s'éclaire tout entier par l'effet de ce filet d'astres qu'elle entraîne, de ce filet de pierres précieuses qui resplendissent de mille couleurs sur les autres étoiles comme pour leur communiquer une parole joyeuse. La petite maison est toute baignée de ce feu liquide de perles. Le toit de la petite terrasse, le petit escalier de pierre sombre, la petite porte, tout est un bloc de pur argent saupoudré d'une poussière de diamants et de perles. Nul palais de roi n'a eu, ni n'aura un perron semblable à celui-ci fait pour recevoir les pas des anges, pour servir à la Mère qui est la Mère de Dieu. Ses petits pieds de Vierge Immaculée peuvent se poser sur cette éclatante blancheur, ses petits pieds destinés à se poser sur les degrés du trône de Dieu. Mais la Vierge ne sait rien de cette féerie. Elle veille près du berceau du Fils et prie. En son âme elle possède des splendeurs qui surpassent celles dont l'étoile embellit les choses. De la rue principale s'avance un défilé : chevaux harnachés et d'autres conduits à la main, dromadaires et chameaux, les uns montés, les autres chargés. Le son des sabots fait un bruit d'eau qui ruisselle, en les heurtant, sur les pierres d'un torrent. Arrivés sur la place, tous s'arrêtent. Le défilé, sous le rayonnement de l’étoile, est d'une splendeur fantastique. Les ornements des très riches montures, les habits des cavaliers, les visages, les bagages, tout resplendit ravivant et unissant le propre éclat des métaux, des cuirs, des soies, des gemmes, des pelages, à la clarté de l'étoile. Les yeux rayonnent et les bouches sourient parce que une autre splendeur s'est allumée en leur cœur : celle d'une joie surnaturelle.


Pendant que les serviteurs se dirigent vers le caravansérail avec les animaux, trois personnages de la caravane descendent de leurs montures respectives qu'un serviteur conduit ailleurs et se dirigent à pied vers la maison. Là, ils se prosternent, front contre terre, baisant la poussière. Ce sont trois personnages puissants comme l'indiquent leurs très riches habits. L'un, de peau très foncée, à peine descendu d'un chameau s'enveloppe tout entier dans un magnifique vêtement de soie blanche. Son front est ceint d’un cercle de métal précieux et il a à la taille une riche ceinture d'où pendent un poignard ou une épée dont la garde est ornée de gemmes. Les deux autres, descendus de deux magnifiques chevaux, sont vêtus l'un d'une étoffe rayée très belle où domine la couleur jaune. Cet habit est fait comme un long domino garni d'un capuchon et d'un cordon qui semblent faits tout d'une pièce en filigrane d'or tant ils sont ornés de broderie d'or. Le troisième porte une chemise de soie bouffante qui sort d'un large et long pantalon serré aux pieds. Il est enveloppé dans un châle très fin, véritable jardin fleuri tant sont vives les couleurs dont il est orné tout entier. Sur la tête un turban retenu par une chaînette ornée de chatons de diamants. Après avoir vénéré la maison où réside le Sauveur, ils se relèvent et se rendent au caravansérail où les serviteurs ont frappé et fait ouvrir. Ici s'arrête la vision.


Elle reprend trois heures plus tard avec la scène de l'adoration des Mages à Jésus. Voilà le jour. Un beau soleil resplendit dans un ciel d'après-midi. Un serviteur des trois mages traverse la place et monte le petit escalier de la maisonnette. Il rentre. Il sort. Il retourne à l'auberge. Les trois Mages sortent, suivis chacun de son propre serviteur. Ils traversent la place. Les rares passants se retournent pour regarder les majestueux personnages qui passent très lentement avec solennité. Entre la venue du serviteur et celle des trois, il s'est passé un bon quart d'heure ce qui a donné aux habitants de la maisonnette le temps de se préparer à recevoir les hôtes. Ceux-ci sont encore plus richement vêtus que le soir précédent. Les soies resplendissent, les gemmes brillent, un grand panache de plumes de grand prix parsemé d'écailles encore plus précieuses étincelle sur la tête de celui qui porte le turban.


L'un des serviteurs porte un coffre tout orné de marqueteries dont les garnitures métalliques sont en or buriné. Le second porte une coupe d'un travail très fin, couvert par un couvercle tout en or ciselé. Le troisième une sorte d'amphore large et basse, en or également, avec une fermeture en forme de pyramide qui à son sommet porte un brillant. Ces objets doivent être lourds, car les serviteurs ont peine à les porter, spécialement celui qui est chargé du coffre. Les trois montent l'escalier et entrent. Ils pénètrent dans une pièce qui va de la route à l'arrière de la maison. On aperçoit le jardinet par derrière à travers une fenêtre ouverte au soleil. Des portes s'ouvrent dans les deux autres murs, d'où regardent les propriétaires de la maison : un homme, une femme et trois ou quatre enfants entre deux âges. Marie est assise avec l'Enfant sur son sein et Joseph debout à côté. Mais elle se lève aussi et s'incline quand elle voit entrer les trois Mages. Elle est toute vêtue de blanc. Si belle dans son simple habit blanc qui la couvre de la base du cou aux pieds, des épaules aux poignets délicats, si belle avec la tête couronnée de tresses blondes, en son visage que l'émotion couvre d'un rose plus vif, en ses yeux qui sourient avec douceur, avec une bouche qui s'ouvre pour saluer : "Dieu soit avec vous." Les trois Mages en restent un instant interdits. Puis ils s'avancent, se prosternent à ses pieds et la prient de s'asseoir. Eux non, ils ne s'assoient pas malgré l'invitation de Marie. Ils restent à genoux appuyés sur leurs talons. En arrière et à genoux aussi, sont les trois serviteurs. Ils sont tout de suite derrière le seuil. Ils ont posé devant eux les trois objets qu'ils portaient et ils attendent. Les trois Sages contemplent le Bébé. Il me paraît avoir de neuf mois à un an tant il est éveillé et robuste. Il repose sur le sein de sa Mère. Il sourit et jase avec une voix de petit oiseau. Il est tout vêtu de blanc, comme la Maman, avec des sandalettes minuscules aux pieds. Un petit vêtement très simple : une tunicelle d'où sortent les petits pieds remuants, les mains grassouillettes qui voudraient tout saisir, et surtout le très joli petit visage où brillent les yeux d'azur foncé, et la bouche qui fait des fossettes des deux côtés quand il rit et découvre ses premières petites dents. Les petites boucles de cheveux semblent une poussière d'or tant ils sont brillants et vaporeux.


Le plus âgé des Sages parle au nom de tous. Il explique à Marie qu'ils ont vu, une nuit du mois de décembre précédent une nouvelle étoile qui s'est allumée dans le ciel avec une inhabituelle splendeur. Jamais les cartes célestes n'avaient porté cet astre ou ne l'avaient signalé. Son nom était inconnu. Elle n'avait pas de nom. Née du sein de Dieu, elle avait fleuri pour dire aux hommes une vérité bénie, un secret de Dieu. Mais les hommes n'en avaient pas fait cas, car leurs âmes étaient plongées dans la boue. Ils ne levaient pas leurs regards vers Dieu et ne savaient pas lire les paroles qu'Il trace - qu'Il en soit éternellement béni - avec les astres de feu sur la voûte des cieux. Eux l'avaient vue et s'étaient efforcés de comprendre sa voix. Renonçant de bon cœur au peu de sommeil qu'ils accordaient à leurs membres, oubliant de manger, ils s'étaient plongés dans l'étude du Zodiaque. Et les conjonctions des astres, le temps, la saison, les calculs des anciens temps et des combinaisons astronomiques leur avaient dit le nom et le secret de l'étoile. Son nom : "Messie". Son secret : "Être le Messie venu au monde". Et ils étaient partis pour l'adorer chacun à l'insu des autres. Traversant monts et déserts, vallées et fleuves, voyageant de nuit, ils étaient venus vers la Palestine car l'étoile allait dans cette direction. Et chacun, des trois points différents de la terre, s'en allait vers cette direction, et ils s'étaient trouvés ensuite ensemble au-delà de la Mer Morte. La volonté de Dieu les avait réunis là, et ensemble ils étaient allés de l'avant se comprenant, bien que chacun parlât sa langue propre, comprenant et pouvant parler les langues des pays traversés par un miracle de l'Éternel. Ensemble ils étaient allés à Jérusalem parce que le Messie devait être le Roi de Jérusalem, le roi des Juifs. Mais l'étoile s'était cachée sur le ciel de cette ville. Ils avaient senti leurs cœurs se briser de douleur et s'étaient examinés pour savoir s'ils avaient démérité de Dieu, Mais s'étant rassurés la conscience, ils étaient allés trouver le roi Hérode pour lui demander dans quel palais était né le Roi des Juifs qu'ils étaient venus adorer. Le roi, ayant réuni les princes des prêtres et les scribes, leur avait demandé où pouvait naître le Messie et ils avaient répondu : "A Bethléem de Juda."


Ils étaient venus vers Bethléem et l'étoile était réapparue à leurs yeux, avait quitté la Cité Sainte et le soir précédent avait augmenté de splendeurs. Le ciel était tout embrasé. Puis, l'étoile s'était arrêtée, rassemblant la lumière des autres étoiles en son rayonnement, au-dessus de cette maison. Ils avaient compris que c'était là que se trouvait le Divin Né. Maintenant ils l'adoraient, offrant leurs pauvres cadeaux et, par-dessus tout, leur cœur qui n'avait jamais cessé de bénir Dieu pour la grâce qu'Il leur avait accordée et d'aimer son Fils dont ils voyaient la sainte Humanité. Ensuite ils retourneraient rendre compte au roi Hérode parce que lui aussi désirait l'adorer. "Voici à la fois, l'or qu'il convient à un roi de posséder, voici l'encens comme il convient à un Dieu, et voici, ô Mère, voici la myrrhe parce que ton Enfant Né, qui est Dieu, est aussi un Homme et dans sa chair et sa vie d'homme il connaîtra l'amertume et la loi inévitable de la mort. Notre amour voudrait ne pas les dire, ces paroles et penser que sa chair est éternelle comme son Esprit. Mais, ô Femme, si nos cartes et surtout nos âmes ne se trompent pas, Lui, ton Fils est le Sauveur, le Christ de Dieu et pour ce motif il devra, pour sauver la terre, prendre sur Lui le mal de la terre dont un des châtiments est la mort. Cette résine est pour cette heure, pour que ses chairs saintes ne connaissent pas la pourriture de la corruption et conservent leur intégrité jusqu'à la résurrection. Qu'à cause de ces dons, Lui se souvienne de nous et sauve ses serviteurs en leur donnant son Royaume." Pour l'instant, pour en être sanctifiés, qu'elle, sa Mère, offre son petit Enfant "à notre amour. Et en baisant ses pieds descende sur nous la bénédiction céleste." Marie, qui a surmonté l'effroi provoqué par les paroles des Sages et a caché sous un sourire la tristesse de la funèbre évocation, offre le Bébé. Elle le met sur les bras du plus ancien qui l'embrasse et reçoit ses caresses, et puis le passe aux autres. Jésus sourit et joue avec les chaînettes et les franges des trois. Il regarde avec curiosité l'écrin ouvert plein d'une matière jaune et brillante. Il rit en voyant que le soleil fait un arc-en-ciel en touchant le brillant du couvercle de la myrrhe. Puis les trois rendent le Bébé à sa Mère et se lèvent. Marie aussi se lève. Le plus jeune des Mages donne à son serviteur l'ordre de sortir, alors on s'incline de chaque côté. Les trois parlent encore un peu. Ils ne peuvent se décider à quitter cette maison. Des larmes d'émotion se voient dans tous les yeux. A la fin ils se dirigent vers la sortie, accompagnés de Marie et de Joseph.


Le Bébé a voulu descendre et donner sa petite main au plus ancien des trois. Il marche ainsi, une main dans la main de Marie, l'autre dans celle du Sage qui se penche pour le conduire. Jésus a le pas encore incertain de l'enfant et rit en frappant du pied la bande lumineuse que fait le soleil sur le pavé. Arrivés au seuil - il ne faut pas oublier que la pièce prenait toute la longueur de la maison - les trois personnages prennent congé en s'agenouillant une dernière fois et en baisant les pieds de Jésus. Marie, penchée sur le Bébé, prend sa petite main et la guide pour faire un geste de bénédiction sur la tête de chacun des Mages. C'est déjà un signe de croix tracé par les petits doigts de Jésus que guide Marie. Puis les trois descendent l'escalier. La caravane est déjà là toute prête et qui attend. Les bossettes des chevaux resplendissent au soleil couchant. Les gens se sont rassemblés sur la petite place pour voir l'insolite spectacle. Jésus rit en battant les petites mains. La Maman l'a soulevé et appuyé au large parapet qui borde le palier. Elle le tient, avec un bras sur sa poitrine pour l'empêcher de tomber. Joseph est descendu avec les trois et tient l'étrier à chacun d'eux pendant qu'ils montent à cheval ou à chameau. Maintenant, serviteurs et maîtres, tout le monde est en selle. On donne le signal du départ. Les trois se courbent jusque sur le cou de leurs montures pour un ultime salut. Joseph s'incline. Marie aussi, et elle se met à guider la petite main de Jésus en un geste d'adieu et de bénédiction.

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Méditation de Saint Pio de Pietrelcina sur l'Epiphanie


Considère, mon âme, les trois rois mages qui, entièrement donnés à leurs études astronomiques, virent apparaître dans le ciel une nouvelle étoile ; ils admirèrent dans le nouvel astre une lumière tout à la fois nouvelle et mystérieuse. Déjà instruits de ce que l’apparition d’un nouvel astre annoncerait la venue sur la terre du Messie attendu, une lumière bien plus resplendissante et merveilleuse illumine leur esprit. Le travail intérieur de la grâce les remue et les emplit de ferveur. Prêts désormais à répondre à l’appel divin, ils abandonnent tout, jusqu’au confort de leurs palais, et affrontent un voyage long, désastreux et incertain ; pendant l’une des saisons les moins favorables, ils partent à la recherche de celui qui les appellent pour se manifester à eux, pour qu’ils l’adorent, lui présentent leurs hommages comme au roi suprême du ciel et de l’univers entier. L’étoile, symbole de la foi, les meut et les guide vers celui qui les appelle intérieurement par l’impulsion de la grâce, car personne ne peut aller à lui s’il ne l’attire. Jésus appelle les pauvres et simples bergers par le moyen des anges, afin de se manifester à eux. Il appelle les savants (mages) par l’étoile de leur science, et tous, mus par l’influence intérieure de sa grâce, courent à lui pour l’adorer. Il nous appelle tous par ses inspirations divines, et se communique à nous par sa grâce. Combien de fois ne nous a–t-il pas, nous aussi, amoureusement invités ? Et nous, avec quelle rapidité avons-nous répondu ? Mon Dieu, je rougis et je me sens plein de confusion de devoir répondre à une telle question ! Que n’a-t-il entrepris pour se faire chemin de notre cœur et l’approcher du sien, ne se rebutant pas de notre misère ! Mais qu’est-ce que l’homme que tu en prennes souci ? Tu abandonnes ton palais céleste pour aller à la recherche de la brebis perdue. Tu te manifestes à elle, et par les impulsions de ta grâce tu l’appelles sans cesse, tu attires son cœur vers toi, afin qu’elle te connaisse de près, t’aime, t’adore. As-tu vraiment besoin d’elle pour être pleinement heureux dans ton paradis ? Non, c’est ta bonté ordinaire qui te pousse vers elle, c’est ton amour qui aime à se répandre et à la conquérir, pour la rendre heureuse de cette même félicité dont tu es rempli. O Jésus, nous sommes un rien laid, et c’est justement pour cela que tu nous cherches : pour nous donner ton être divin, par l’opération et la communication de ta grâce. O Jésus, qui pourra te résister ? Fais que, pauvre comme je suis, je te demande tout ce dont j’ai besoin pour te plaire, qui vienne de toi et te soit agréable. Donne –moi et conserve en moi cette foi vive qui me fasse croire et agir pour ton seul amour. Et ceci est le premier don que je te présente et, uni aux saints mages, prosterné à tes pieds, je confesse sans aucun respect humain devant le monde entier que tu es notre seul et vrai Dieu.


Les mages arrivèrent à Jérusalem et ne trouvèrent aucun signe extérieur de fête, comme ils l’auraient pensé, pour le grand avènement du nouveau roi. L’étoile qui les guidait, quand ils entrèrent dans la ville, disparut à leurs yeux. Leur foi est coulée dans un ciment solide ; ainsi ils n’hésitent pas : fermes dans leur foi, ils demandent des nouvelles du Messie né. Personne ne sait quoi leur dire. Les gens de ce monde, engouffrés dans leurs affaires, vivent dans l’obscurité et dans l’erreur ; ils n’ont nulle pensée quant à leur salut éternel, ils ne sont nullement empressés de savoir qu’il est venu, ce Messie attendu avec des soupirs par les païens, prophétisé et prédit par les prophètes. Alors, les mages, qui suivent l’impulsion de la grâce et de la ferveur, fermes dans l’espérance de trouver celui que le peuple n’a pas voulu reconnaître et a rejeté du milieu de lui, vont vers Hérode. Lui, il doit savoir où est né le vrai roi des Juifs. Mais là aussi c’est la désillusion, car lui non plus ne sait rien. Cachant sa méchanceté et la peur que ce nouveau roi, tant désiré par Jacob et ses descendants, lui conteste son trône, et simulant un sentiment de zèle religieux, il demande à savoir où les prophètes dirent que devait naître le Messie et si le temps prédit par Daniel était déjà achevé. S’en étant assuré, il le révèle aux mages, et leur recommande que, quand ils l’auraient trouvé, ils reviennent ici pour que lui-même puisse aller l’adorer et lui rendre les honneurs qui lui sont dus. Quelle ruse ! Combien d’impiété se cache-t-elle derrière ce zèle feint ! Et quelle foi que celle des mages ! Ceux-ci, ayant appris le lieu où le Messie devait être né, se remettent en route, fermes et convaincus qu’ils découvriraient celui qui, caché, appelle à lui les cœurs qui le cherchent en vérité et dans une charité ardente. A peine sortis de Jérusalem, voici que l’étoile leur apparaît à nouveau et les précède, afin qu’ils ne s’égarent pas en chemin. La foi nous guide, nous aussi ; et nous, à la suite de sa lumière, nous parcourons sûrement le chemin qui conduit à Dieu, à sa patrie, comme les saints mages, sous la garde de l’étoile, symbole de la foi, arrivent au lieu désiré. L’étoile s’arrête au-dessus de la grotte et eux, illuminés par la grâce divine, reconnaissent dans cette masure le palais du roi du ciel nouveau-né. Emus, ils entrent ; mais que leur est-il donné à voir pour qu’ils reconnaissent le roi divin, le Messie ? Quelle certitude est la leur, face à tant de pauvreté, que ce bébé tremblant qu’ils voient dans les bras d’une jeune fille, est leur Dieu ? Qu’est-ce qui le leur révèle, de telle sorte qu’ils s’abîment dans une profonde adoration devant lui ? Qu’ils montrent qu’ils sont venus de loin pour l’adorer et le vénérer, pour apporter en tribut devant lui les honneurs comme au roi des rois, alors qu’aucune cour céleste ou terrestre ne l’entoure ? Mais Jésus les a appelés pour se manifester à eux. Il les attirés à lui pour qu’ils le reconnaissent. L’émotion intérieure les fait se prosterner à terre. Les mouvements internes de la grâce révèlent à leurs âmes que ce tendre nouveau-né est Dieu et homme, qu’il est le vrai Messie. Les battements fréquents et précipités de leurs cœurs leur confirment qu’il est leur Dieu incarné. Ainsi prosternés à terre, ils humilient devant l’Eternel fait enfant, leur dignité royale. Ils le reconnaissent, l’adorent, l’aiment, lui apportent en tribut les honneurs royaux, se placent sous sa domination divine et s’offrent à lui avec tout ce qu’ils ont et qui leur appartient. Ils embrassent avec transport ces petits pieds divins, que sa gracieuse mère leur propose d’embrasser,et, après avoir épanché leurs cœurs enflammés d’amour, ils lui offrent trois présents : l’encens car ils le reconnaissent comme leur Dieu, la myrrhe car il est homme, l’or car il est roi. Avertis ensuite en songe par un ange de s’en retourner par un autre chemin dans leur pays, et ainsi de ne pas donner satisfaction à la méchanceté d’Hérode, ils s’en vont de Bethléem, mais seulement de corps, car ils laissent là leurs cœurs. Eux, brûlants de zèle pour la gloire de Dieu, transformés en apôtres, répandent dans leurs peuples par l’exemple et la parole la bonne odeur de Jésus Christ ; ils proclament les merveilles de Dieu, que leurs yeux ont vues et que leurs cœurs ont goûtées. Ils professent sans respect humain leur foi et l’espérance à venir en cet enfant, qu’il sera le Sauveur. Par ses mérites, ils participeront un jour, avec tous les disciples de l’Evangile, à sa gloire dans la bienheureuse patrie du ciel. L’amour ne souffre pas de retard, et eux, à peine revenus, ne se reposent pas de leurs fatigues, mais font connaître et aimer celui qui, par l’action de la grâce, avait conquis leurs cœurs, les emplissant de cette charité qui aime se répandre, parce que le cœur, dans sa petite masse, ne peut la contenir et aime communiquer ce qui le remplit. O Jésus, avec les saints mages nous t’adorons, avec eux nous t’offrons les trois dons de notre foi te reconnaissant et t’adorant comme notre Dieu humilié par amour pour nous, comme cet homme revêt de la fragile chair pour souffrir et mourir pour nous ; et, mettant notre espérance en tes mérites, nous sommes assurés de parvenir à la gloire éternelle. Par notre charité, nous te reconnaissons souverain d’amour de nos cœurs, priant pour que, dans ta bonté infinie, tu daignes agréer ce que tu nous as toi-même donné. Daigne transformer nos cœurs comme tu as transformé ceux des rois mages et ais encore que nos cœurs, ne pouvant contenir les ardeurs de ta charité, te proclament aux âmes de nos frères afin de les conquérir. Ton règne n’est pas loin et tu nous feras participer à ton triomphe sur terre, puis participer à ton règne au ciel. Fais que, ne pouvant contenir les dons de ta charité divine, nous prêchions par l’exemple et par les œuvres la royauté divine. Prends possession de nos cœurs dans le temps afin de la posséder dans l’éternité ; que jamais nous ne nous retirions de dessous ton sceptre : ni la vie ni la mort ne valent que nous nous séparions de toi. Que notre vie soit une vie qui puise en toi à larges gorgées d’amour, pour se répandre ensuite sur l’humanité ; qu’elle nous fasse mourir à chaque instant, afin de vivre seulement de toi, afin que tu sois répandu en nos cœurs.

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Prions


Aujourd'hui, Seigneur, Vous avez révélé Votre Fils unique aux Nations, grâce à l'étoile qui les guidait; daignez nous accorder, à nous qui Vous connaissons déjà par la Foi, d'être conduits jusqu'à la claire vision de Votre splendeur. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

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