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17 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Dix-huitième jour

L'infaillibilité de l'Eglise

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

I. De toutes les prérogatives de l'Eglise, celle qui révolte, qui irrite le plus l'égalité, la liberté et l'indépendance absolues auxquelles notre siècle aspire vainement, et cependant avec une incomparable ardeur, est assurément son infaillibilité. Il est évident que lorsqu'on ne veut voir dans l'Eglise qu'une institution purement humaine, son infaillibilité apparaît naturellement comme une prétention exorbitante, et les conséquences qui en découlent prennent un caractère d'intolérance qui blesse la raison. Toutefois, ne faut-il pas admettre que toutes les souverainetés possibles ne peuvent exister qu'à  la condition d'agir comme si elles étaient infaillibles ? N'y a-t-il pas, et ne faut-il pas qu'il y ait dans tous les gouvernements une voix qui parle en dernier ressort, et dont les décisions soient sans appel ? Car, du moment où l'on pourrait sans cesse remettre en question toute espèce d'arrêt, sous prétexte d'erreurs ou d'injustice, une incertitude funeste planerait sur les droits les mieux acquis, toute direction des affaires deviendrait impossible. L'Eglise, étant le gouvernement de la société chrétienne, a d'autant plus de titres à ce droit commun de l'infaillibilité, que sa juridiction est plus étendue que celle de toutes les autres souverainetés, puisqu'elle embrasse l'univers entier, et que plus le territoire d'un gouvernement est vaste, plus il est nécessaire que les incertitudes en se multipliant ne viennent pas affaiblir l'autorité, ni compliquer l'administration de la  chose publique. Mais ce qui lui donne surtout plus de droit à cette infaillibilité commune à tous les gouvernements, c'est d'abord que l'Eglise restreint son infaillibilité et ne s'en prévaut qu'en matière de religion, telle que la définition des articles de foi, la règle des mœurs, la discipline générale, les constitutions monastiques, la liturgie, la canonisation des saints ; et qu'après dix-huit siècles d'exercice de sa puissance, personne ne pourrait la convaincre de s'être jamais trompée dans son enseignement, qui est encore aujourd'hui le même que celui des apôtres. Depuis dix-huit cents ans ses lois fondamentales n'ont pas subi le moindre changement, et c'est précisément cette immutabilité qui est la source des reproches qu'on lui adresse en l'accusant de rester immobile pendant que les peuples sont, dit-on, dans la voie du progrès. Mais outre cet accord constant avec elle-même, pendant le cours de tant de siècles, accord qui contraste d'une manière frappante avec les variations perpétuelles opérées dans les législations de tous les empires, l'Eglise a toujours eu pour la gouverner des hommes qui réunissaient au plus haut degré les qualités qui peuvent le mieux assurer ici-bas l'infaillibilité des conseils et des décisions. Qui oserait, en effet, contester d'abord aux Pontifes, aux Evêques, aux Pères et aux docteurs qui ont administré et qui administrent encore les affaires de l'Eglise, cette science profonde des livres saints et de la tradition dont ils ont su faire respecter l'intégrité depuis les apôtres jusqu'à nous, et qui n'a cessé de vérifier cet oracle de Malachie : « Les lèvres des prêtres seront les gardiennes de la science, et c'est à la bouche du sacerdoce que l'on demandera la connaissance de la loi » (2, 7) ? Où trouverait-on ensuite plus de sagesse, de prudence, de maturité, de connaissance pratique du cœur humain pour porter et prononcer des jugements ? Y a-t-il jamais eu enfin d'autorité plus indépendante de la pression qu'exercent ordinairement sur les conseils les passions du dehors et celles du dedans ? Jamais, d'une part, l'autorité ecclésiastique n'a cédé Contre sa conscience ni aux menaces, ni à la force brutale des puissances du siècle, elle a préféré le martyre ; et de l'autre, destinée à combattre les inclinations perverses de l'humanité, elle s'en est affranchie elle-même, autant qu'il est permis à la faiblesse de notre nature d'y parvenir, et jamais elle n'a pris de décision importante sous leur influence. Ainsi, une science profonde des choses saintes ; l'expérience et la maturité ; enfin, toute l'indépendance possible ici-bas, pour éviter l'influence des passions : telles sont les garanties qui mettent les décisions de l'Eglise à l'abri de l'erreur, et qui lui assurent déjà  un degré d'infaillibilité supérieur à celui que s'attribuent les autres gouvernements.

II. Mais outre cette infaillibilité de droit commun et de raison, l'Eglise possède encore une infaillibilité absolue et divine, à  laquelle aucune autre ne peut être comparée. Le Verbe s'était fait homme pour apportera Vérité sur la terre, et pour arracher ainsi l'intelligence et la raison humaines au dédale inextricable d'erreurs dans lequel elles s'étaient plongées. Mais, pour que la vérité ne fit pas elle-même naufrage dans 1a suite des temps, et pour qu'elle pût parvenir intacte aux générations les plus reculées au milieu du déluge des fausses doctrines et des subtilités de l'esprit de mensonge, il fallait d'abord que ce dépôt sacré fût confié à des mains sûres, qui non-seulement le garderaient avec intégrité, mais qui en répandraient encore les richesses de siècle en siècle dans l'univers entier. Il fallait ensuite un tribunal suprême et sans appel, dont les décisions fussent revêtues d'une infaillibilité sanctionnée par la parole d'un Dieu, afin de trancher toutes les difficultés, et de dissiper tous les doutes qui pouvaient obscurcir de leurs voiles trompeurs l'éclat des vérités célestes, que le Sauveur voulait faire briller aux yeux de tout homme venant en ce monde. Les apôtres et leurs successeurs furent en effet choisis par Jésus-Christ pour remplir cette double mission. Ils reçurent le dépôt de la vérité ou de la doctrine de l'Evangile ; ils furent chargés de l'enseigner à toutes les nations, et le Sauveur leur promit d'être avec eux, c'est-à-dire de les assister jusqu'à la consommation des siècles : « Allez, leur dit-il, enseignez toutes les nations, baptisez-les au Nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit : enseignez-leur à observer tout ce que Je vous ai commandé : voici que Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation des siècles ». (Matthieu 28, 29, 20). Ainsi, les apôtres enseignant avec l'assistance de Jésus-Christ, jusqu'à la fin des temps, ne pouvaient donc jamais annoncer une doctrine erronée, et devenaient par conséquent toujours infaillibles dans leur enseignement. Mais le divin Maître voulut leur donner une garantie plus positive encore de cette prérogative toute divine et de cet insigne privilège, et il leur assura que jamais les portes de l'enfer, c'est-à-dire l'erreur et le mensonge qui ouvrent l'entrée de l'enfer, ne pourraient triompher de l'Eglise ; en d'autres termes, que l'Eglise serait toujours à l'abri de l'erreur, dépositaire de la vérité et infaillible dans sa doctrine : « Et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle ». (Matthieu 16, 18). Or, comme ces promesses du Sauveur n'ont été faites qu'aux apôtres et à leurs successeurs, c'est-à-dire à l'Eglise Catholique, apostolique et romaine, ce qui sera démontré dans la suite de ces méditations, il en résulte que l'Eglise catholique possède seule la vérité et l'infaillibilité, à  l'exclusion de toute autre société religieuse. Si c'est être intolérant d'admettre que l'Eglise est seule dépositaire de la vérité infaillible qui réduit à néant toute autre doctrine opposée à la sienne ; qui éclaire, échauffe et donne la vie au monde entier des esprits, par l'effusion de ses divins rayons ; pourquoi ne serait-on pas également intolérant lorsqu'on affirme que le soleil est, comme l'indique son nom « Solus », le seul astre qui possède une lumière qui lui soit propre, que tous les autres corps célestes pâlissent devant lui et ne font que refléter quelques rayons empruntés à son immense foyer ; enfin, que le soleil seul éclaire, échauffe et donne la vie au monde physique ? L'un comme l'autre ne sont-ils pas des faits incontestables ; et celui qui a créé un soleil à l'usage, des corps et du temps, pouvait-il négliger d'en créer un à l'usage des âmes et de l'éternité ?

III. Cependant, l'infaillibilité de l'Eglise une fois reconnue, il importe de savoir quel en est le siège. Il est évident que cet insigne privilège devait être réservé à ceux qui ont été chargés spécialement du dépôt de la Foi et du soin d'enseigner les fidèles, c'est-à-dire, au souverain Pontife et aux Evêques ; car ce sont eux qui forment uniquement l'Eglise enseignante. Les pasteurs du second ordre, c'est-à-dire les curés et les autres Prêtres, ne sont que des délégués des évêques, qui portent de leur part aux fidèles l'enseignement qu'ils ont eux-mêmes reçu des premiers pasteurs. Ils n'ont pas la plénitude du Sacerdoce, et par la même ils ne sont pas juges de la foi : l'infaillibilité n'était donc pas nécessaire à l'accomplissement de leurs fonctions. La promesse de l'infaillibilité fut faite par Jésus-Christ, d'abord à Pierre seul, et, dans sa personne, à ses successeurs légitimes. Un an environ avant la passion, et pendant la troisième année de sa prédication, le Divin Maître étant avec ses disciples auprès de la ville de Césarée de Philippe, les interrogea et leur dit : « Qui dites-vous que Je suis ? » Simon-Pierre répondit : « Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Jésus lui répondit à son tour, et lui dit : « Vous êtes heureux, Simon Bar-Jona, parce que ce n'est point la chair et le sang qui vous ont révélé ceci, mais Mon Père, qui est dans les Cieux. Et moi aussi Je vous dis que vous êtes Pierre, et que sur cette pierre Je bâtirai mon Eglise ; et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Et Je vous donnerai les clefs du Royaume des Cieux ; et tout ce que vous lierez sur la terre, sera lié dans les Cieux ; et tout ce que vous délierez sur la terre, sera délié dans les Cieux ». (Matthieu 26, 15-19). Nous lisons encore, dans l'Evangile de Saint Luc, qu'après l'institution du sacrement de l'Eucharistie, et qu'après avoir conféré à ses apôtres l'épiscopat, le Sauveur dit à Pierre au moment où il allait se rendre au jardin des Oliviers : « Simon, Simon, Satan était dévoré du désir de vous cribler, comme on crible le froment : mais j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas : et lorsque tu seras converti, affermis tes frères ». (Luc 22, 31, 32.) D'après ces paroles du texte sacré, nous sommes en droit de conclure que celui qui est la pierre fondamentale de l'Eglise ne saurait chanceler ; car alors il entraînerait dans sa chute la ruine complète de l'édifice sacré qu'il soutient, et contre lequel pourtant les portes de l'enfer ne peuvent prévaloir. Si le chef de l'Eglise pouvait tomber dans l'erreur, ce serait en vain que Jésus-Christ lui-même aurait prié pour que la Foi de Pierre ne défaillît pas, et qu'il aurait confié au chef des apôtres le soin d'affermir ses frères dans la foi. Après sa résurrection, le Divin Maître s'adressant encore spécialement à Saint Pierre, exige de lui une triple profession d'amour et de dévouement, et lui dit solennellement : « Paissez mes agneaux, paissez mes brebis », (Jean 21, 16, 17). Mais, si Pierre n'est pas infaillible dans sa doctrine, comment pourra-t-il conduire les agneaux et les brebis, c'est-à-dire les fidèles et les pasteurs, dans les divins pâturages de la vérité ? Enfin, au moment de remonter au ciel, Jésus dit à tous les apôtres réunis à saint Pierre : « Toute puissance M'a été donnée dans le Ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations... Voici que Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation des siècles ». (Matthieu 28, 19, 20.) Cette nouvelle promesse, loin d'infirmer les trois premières, les corrobore ; car le Sauveur ne promet ici d'être avec ses apôtres jusqu'à la fin des temps , c'est-à-dire d'être infaillibles comme lui-même, qu'à la condition qu'ils seront unis à Pierre, donc, cette prérogative est tellement propre au chef de l'Eglise, qu'elle cesse d'être partagée par les évêques et même par les Conciles, dès qu'ils se séparent du souverain Pontife. Qu'y a-t-il d'étonnant que celui qui est à la tête de l'Eglise ait reçu de Jésus-Christ des privilèges si sublimes et si singuliers ? Dans notre corps mortel, auquel Saint Paul compare la sainte Eglise (Romains, 12, 4), la tête n'a-t-elle pas été plus avantageusement partagée que les autres membres ? N'est-elle pas comme le centre auquel convergent toutes les relations des sens et des autres organes de la vie ? N'est-elle pas le siège principal de l'intelligence, de la volonté et du gouvernement de notre être tout entier ? Aussi, en revendiquant pour le chef de l'Eglise les prérogatives nécessaires et assurées à l'exercice des importantes fonctions dont il est revêtu, nous n'entendons point l'isoler des membres avec lesquels il forme un même corps. Dans un corps, il y a un ensemble d'action, auquel les parties qui le composent prennent une part proportionnée au rôle qu'elles ont à jouer. C'est, en effet, ce qui a lieu dans le gouvernement de la société chrétienne. Quoique les papes ne se soient jamais trompés lorsqu'ils ont prononcé comme souverains juges sur un point de dogme, sur une question de droit, sur les affaires publiques de l'Eglise, et quoiqu'ils aient reçu la promesse qu'en pareille circonstance, l'assistance du Saint Esprit ne leur ferait jamais défaut, ils n'en sont pas moins obligés d'employer tous les moyens convenables pour éclairer leurs jugements. D'autre part, ce n'est pas sans raison que Jésus-Christ a établi les successeurs des apôtres ou les évêques juges de la Foi, et qu'il leur a aussi promis l'infaillibilité lorsqu'ils se tiendraient unis aux souverains Pontifes. C'est ce qui explique pourquoi le chef de l'Eglise a recours, soit aux conciles, soit aux évêques dispersés dans l'univers chrétien, quand il a à prendre quelque décision importante. Mais, comme ni les conciles, ni les évêques séparés du souverain Pontife ne sauraient être infaillibles, nous sommes en droit de conclure que c'est principalement dans le successeur de Saint Pierre que réside l'infaillibilité de l'Eglise.

 

Élévation sur l'infaillibilité de l'Eglise

 

I. Grâces vous soient rendues, Seigneur, d'avoir assuré le dépôt des vérités saintes que vous avez confié à votre Eglise, par le don d'infaillibilité que vous n'avez accordé qu'à elle seule ! Au milieu des erreurs, des systèmes séduisants et des sophismes de toute espèce qui surgissent à chaque instant au sein de la société, comment aurions-nous pu, sans ce secours puissant, discerner les divins oracles d'avec les illusions répandues par l'esprit de mensonge ! Il fallait à l'homme sur la terre, comme autrefois au peuple de Dieu dans le désert, une nuée mystérieuse, qui soutînt sa Foi durant le voyage de la vie, même pendant le jour, c'est-à-dire, lors même que l'Eglise jouirait d'une paix profonde ; il lui fallait surtout pendant la nuit, c'est-à-dire, au milieu des contradictions et des persécutions que devait soutenir l'Epouse de Jésus-Christ, à l'exemple du Divin Maître, une colonne de feu, une lumière éclatante, qui ne laissât aucun doute sur la route à suivre pour arriver au salut éternel. Pourquoi, sous la loi de grâce, serions-nous moins favorisés que les Juifs sous la loi de crainte ? Vous serait-il plus difficile, ô mon Dieu, vous le Tout-Puissant, de faire un miracle qui se perpétuât jusqu'à la fin des temps, que d'en faire un qui a duré pendant quarante ans ? Qu'y a-t-il de surprenant qu'ayant choisi des hommes pour continuer sur la terre l'oeuvre de la rédemption, vous ayez donné à celui que vous avez établi le chef souverain de vos ministres et votre vicaire ici-bas, le don d'infaillibilité ? N'avez-vous pas revêtu tous vos prêtres de pouvoirs bien autrement étonnants, tels que ceux par lesquels ils remettent les péchés et par lesquels ils consacrent le corps adorable de votre divin Fils ? Oui, Seigneur, je crois à l'infaillibilité de votre Eglise et en particulier à celle de son chef ; j'y crois d'une foi aussi vive qu'à tous les autres Dogmes du christianisme, puisque c'est la même autorité qui me l'affirme, et qu'elle repose sur les mêmes oracles.

II. Quelle paix, quelle tranquillité parfaite pour une âme d'être assurée qu'elle possède la vérité ! Pour le comprendre, il faudrait avoir été témoin des luttes affreuses et des désespoirs qui sont le fruit du doute. Aussi, ô mon Dieu, soyez à jamais béni de m'avoir donné cette lumière divine de l'infaillibilité de votre Eglise pour dissiper toutes mes ténèbres, et pour diriger mes pas dans l'étroit sentier qui conduit à la vie véritable de l'éternité. Oui, mon Dieu, Votre Eglise et son vénérable chef n'ont qu'à parler, et aussitôt mon intelligence et ma raison s'inclineront devant eux, comme si votre adorable Fils eût fait entendre lui-même celle voix céleste qui est venue apporter la vérité dans le monde : je m'écrierai alors avec le grand saint Augustin : « Rome a parlé, tout doute a disparu ». Tout doit se taire devant la sagesse infinie dont elle est l'infaillible organe : la sagesse, la prudence, la science humaines ne sont, devant cette éclatante lumière, que des lueurs incertaines qui ne sauraient qu'égarer les imprudents qui les prendraient pour guides. Eh ! La raison de l'homme qu'est-elle donc, pour oser se poser en juge devant les promesses de l'infaillibilité que vous avez faites à votre Eglise et à votre représentant sur la terre ? Cette raison si fragile, si incertaine, qui se trompe à chaque instant lors même qu'il s'agit de choses temporelles et palpables, aurait l'audace de disputer avec les oracles sacrés qui assurent à la société chrétienne la possession absolue et exclusive de la vérité, et qui depuis dix-huit cents ans n'ont jamais été démentis ? Je le sais, Seigneur, cet insigne privilège fait frémir l'erreur ; elle crie à l'intolérance, et elle ne voit pas pourquoi l'Eglise catholique réclame pour elle seule le bénéfice d'une faveur qui paraît exorbitante en présence de la faiblesse humaine. Mais l'erreur est aveugle ; elle ne sait pas voir dans le Saint Evangile que Jésus-Christ n'ayant accordé l'infaillibilité qu'à l'Eglise, dont il est lui-même le fondateur, personne autre ne saurait se l'attribuer, sans faire violence au Texte Sacré, ni sans forfaire aux règles les plus vulgaires du sens commun. Comment d'ailleurs celui qui affirme une chose comme celui qui la nie pourraient-ils être également infaillibles ? O mon Dieu ! Dès que l'homme cesse d'être docile à votre voix, dès que son orgueil le conduit à n'avoir d'autre guide que son propre jugement, il se perd, il marche d'égarement en égarement, il finit par être absurde ; et cette raison dont il était si fier l'abandonne et le livre au ridicule, ou plutôt à la pitié. C'est la chute de Lucifer qui se perpétue sur la terre à différents degrés, depuis Luther et Lamennais jusqu'à l'artisan le plus ignorant et le plus grossier qui voudrait aussi à son tour jouer l'esprit-fort et pouvoir se dire infaillible !

III. Oh ! Sainte Eglise de Jésus-Christ ! Oh ! Pontife suprême. Père vénérable de toute la chrétienté ! Je me prosterne à vos pieds ; je me soumets pour l'avenir, comme pour le présent et le passé, à toutes les décisions, à tous les jugements que vous avez prononcés, ou que vous prononcerez pour éclairer ma Foi. Je ne mets aucune différence entre votre voix et celle de Dieu, qui vous a promis son assistance jusqu'à la consommation des siècles. Mon respect le plus profond, ma docilité la plus parfaite, ma reconnaissance et mon amour sincères, sont des devoirs sacrés que je remplirai fidèlement envers vous jusqu'à mon dernier soupir. Que l'infaillibilité de vos divines lumières ne cesse jamais un instant de briller à mes yeux, jusqu'à ce que la foi et l'espérance cédant leur place à la charité, j'arrive à cette cité sainte qui est l'Eglise du ciel, où je verrai Dieu face à face, et où toutes les splendeurs de la vérité viendront remplir mon âme d'inénarrables délices. Ainsi soit-il.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

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14 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Quinzième jour

La manière dont Jésus-Christ et le Saint Esprit continuent à entretenir la vie dans la Sainte Eglise

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

I. « Dieu le Père, dit saint Paul, a soumis toutes choses à Jésus-Christ son Fils, et il l'a donné pour chef suprême à toute son Eglise, qui est son corps », (Ephésiens, 1, 22, 23.) Jésus-Christ, quoique assis dans la gloire à la droite de son Père, n'en reste donc pas moins le chef invisible, mais non inactif de son Eglise. Il demeure et demeurera jusqu'à la consommation des siècles la tête et le cœur de ce grand Corps, dont chaque chrétien est un membre. De même que la tête occupe le premier rang dans le corps humain, que c'est de là que l'âme anime tout le corps ; de même, Jésus-Christ a la première place dans son corps mystique qui est l'Eglise ; c'est en lui que l'esprit et l'âme, qui animent tout ce corps, résident ; c'est de là que tous les membres reçoivent la vie et la sainteté. Comme la tête est très étroitement unie au corps, de même Jésus-Christ est si étroitement uni au corps de son Eglise, qu'il ne pourra jamais s'en séparer, ni cesser de la gouverner par les influences de son esprit. Mais, comment Jésus-Christ est-il le chef et par conséquent la vie de son Eglise ? Nous sommes conduits ainsi à étudier l'organisation intime de ce corps et le jeu de ses différents ressorts. La vie de l'Eglise, c'est l'union de l'Eglise avec Jésus-Christ, des membres avec leur chef : voyons donc comment s'opère et s'entretient cette union. Cette merveilleuse union se forme : 1° par le Saint-Esprit que Jésus-Christ possède dans sa plénitude, et qu'il communique à tous ses membres, selon la mesure qui leur est propre ; cet esprit est comme l'âme de ce grand corps qu'il anime et qu'il fait vivre. Il n'y a pas deux esprits dans ce corps : le même esprit qui est dans le chef est dans tout le corps et dans chaque membre en particulier : Il n'y a qu'un esprit, dit l'apôtre, de même qu'il n'y a qu'un corps, et nous avons tous été baptisés dans le même esprit, pour n'être tous ensemble qu'un même corps, soit Juifs ou Gentils, soit esclaves ou libres. (1Corinthiens 12, 15.) De même encore que le Saint-Esprit unit le Père et le Fils, et qu'il leur est uni par sa Charité substantielle, de même cet Esprit saint, répandu du chef dans les membres, étant le même, unit les fidèles à Jésus-Christ, afin qu'ils ne fassent plus qu'un corps, et comme un seul homme, et qu'ils n'aient tous ensemble qu'un cœur et qu'une âme : afin qu'ils soient un comme nous, ainsi que le demandait Jésus à son Père. (Saint Jean, 27, 11).

Cette admirable union se forme encore au moyen de la prière qui, par la foi, l'espérance et la Charité, établit des rapports intimes entre Dieu et nous. Elle se forme aussi par la parole divine qui pénètre nos cœurs et leur fait entendre la voix de l'Esprit-Saint. C'est ainsi que peu à peu l'âme sainte de Jésus-Christ s'insinue en quelque sorte dans la nôtre, s'identifie à elle et la fait vivre de sa vie.

Mais c'est surtout par les sacrements que cette union si féconde pour nos âmes s'établit entre le Sauveur et nous : les sacrements sont comme les artères et les canaux qui portent le sang, l'esprit et la vie de Jésus-Christ dans chaque membre, pour les mettre en état d'accomplir leurs fonctions particulières, comme on le voit plus spécialement dans le baptême, la pénitence, l'Eucharistie, le mariage et le sacerdoce ; c'est encore la doctrine de saint Paul : « C'est, dit-il, de Jésus-Christ que tout le corps bien formé et bien uni dans toutes ses parties par les liens qui communiquent la vie, reçoit son accroissement, en vertu d'une opération efficace, selon la mesure qui est propre à chacun des membres, pour que chacun d'eux se développe par la Charité ». (Ephésiens, 4, 16). En effet, tous les Sacrements sont institués pour commencer à nous unir à Jésus-Christ, ou pour perfectionner cette union déjà commencée : le baptême et la pénitence nous arrachent au corps du démon pour nous rendre membres du corps de Jésus-Christ, selon l'âme et selon le corps. Les autres Sacrements augmentent et perfectionnent cette union, surtout la Sainte Eucharistie, par laquelle, selon le langage des saints Pères, nous devenons un même corps et une même âme avec Jésus-Christ et avec tous les autres fidèles ; et ce qui est digne de remarque, c'est que le corps mystique se nourrit de Jésus-Christ même son chef, comme Jésus-Christ se nourrit de Dieu même. C'est la même nourriture pour le chef et pour les membres. Rien n'est capable de rassasier ce grand corps, de le fortifier, de le faire croître, d'entretenir, en un mot, la vie en lui, que le pain vivant descendu du ciel. Le sacrement de mariage inocule, pour ainsi dire, cette vie divine aux générations qui se succèdent, et le sacerdoce qui administre les sacrements, qui prie au nom de tout le corps et qui le nourrit de la parole sacrée, veille à l'entretien de toutes ces sources de vitalité.

II. Méditons maintenant les conséquences lumineuses et pratiques qui découlent tout naturellement de ces principes. Si nous sommes unis à Jésus-Christ comme les membres le sont à leur chef, dès lors nous ne faisons qu'un seul homme avec lui, et la vie des membres doit être la même que celle du chef, c'est-à-dire que nous devons vivre comme Jésus-Christ a vécu, et l'imiter autant que notre faiblesse le permet.

Tous les membres ne faisant avec Jésus-Christ qu'un seul homme, ils participent à toutes les prérogatives de leur chef dans une certaine mesure : nous sommes donc avec lui prêtres, victimes, rois, fils de Dieu, et nous avons droit avec lui à l'héritage céleste.

Tous les membres partagent avec le chef tous les biens et tous les avantages qu'il possède lui-même : ses mérites, ses souffrances, ses humiliations et sa gloire : « Je vous ai donné, disait Jésus-Christ, tout ce que mon Père m'a donné » ; il fait part à tous ses membres de tout ce qu'il a reçu de son Père, c'est-à-dire de sa divinité et de son humanité.

Il suit encore de ce principe capital que tout le bien et le mal qu'on fait au moindre de ses membres, on le lui fait à lui-même, ce qui explique admirablement cette parole du Sauveur : « En vérité, Je vous le dis, toutes les fois que vous aurez fait quelque chose pour le moindre des miens, c'est pour Moi-même que vous l'aurez fait. Et toutes les fois que vous aurez refusé de faire quelque chose pour le dernier des miens, c'est à Moi que vous l'aurez refusé ». (Saint Matthieu 25, 40, 45.) C'est pourquoi l'on peut dire que Jésus-Christ souffre avec ceux qui souffrent ; qu'il est humilié, maltraité, méprisé, persécuté avec ceux de ses membres qui sont éprouvés par tous ces maux. Aussi, criait-il du haut du ciel à Saül qui persécutait son Eglise naissante : « Saül, Saül, pourquoi me persécutez-vous ? » Jésus-Christ porte même bien plus d'amour à son corps mystique qu'à son corps naturel, puisqu'il a laissé immoler celui-ci pour sauver celui-là.

On peut encore conclure que Jésus-Christ étant, comme chef, intimement uni à ses membres, c'est lui qui fait en eux et avec eux tout le bien qu'ils font : c'est lui qui prie, qui pleure, qui agit en eux, qui les fait mériter, et qui les rend dignes de la gloire.

Comme tous les chrétiens qui vivent de l'esprit de Jésus-Christ leur chef sont membres les uns des autres, il en résulte que, quoiqu'ils, n'aient pas tous les mêmes fonctions, ils agissent tous pour l'utilité commune de tout le corps, et participent à tout ce qui lui arrive ; de telle sorte que si un membre souffre, les autres souffrent aussi ; s'il est dans la joie, les autres y sont de même, selon l'admirable comparaison de saint Paul : « l'oeil ne voit pas seulement pour lui-même, mais pour tout le corps ; la main agit et combat, les pieds marchent, la langue parle, l'oreille écoute... tous ces membres font leurs fonctions, et pour eux-mêmes, et pour tout le corps : il suit de là que nous ne pouvons mépriser personne, quelle que soit sa position ; car, dit encore saint Paul, aucun membre ne peut dire à un autre : 'Je n'ai pas besoin de votre secours' ». (1 Corinthiens, 12, 21.)

L'unité d'après laquelle l'Esprit-Saint régit ce corps fait que tous les dons surnaturels et tous les autres biens spirituels qui sont conférés à ce corps profitent à tous les membres ; de sorte que non-seulement ils participent aux mérites de Jésus-Christ, duquel, comme du chef, vient tout le bien et tout le mérite qui se trouve dans le corps ; mais encore, qu'il y a une communauté de prières, de bonnes œuvres et de mérites entre tous les membres de l'Eglise universelle, c'est-à-dire que nous participons d'abord à tout le bien que font actuellement les justes sur la terre, et ensuite à tout celui qui a été fait depuis l'origine dos temps par les saints qui composent l'Eglise triomphante, et par ceux qui font partie de l'Eglise souffrante ; car, ne l'oublions pas, ces trois Eglises ne font qu'un même corps, sont animées par le même esprit de Charité qui les unit, et n'ont qu'un seul et même chef, qui est Jésus-Christ.

Toutefois, tous les membres de ce corps ne participent aux mérites de leur chef et à ceux des autres membres qu'à proportion de leur foi, de leur Charité et de leur union avec Jésus-Christ, comme dans une société où l'on fait de grands bénéfices, ceux qui ont fourni des fonds plus considérables retirent des fruits plus abondants. Or, Jésus-Christ, qui est le chef, le lien et le maître de cette société spirituelle, en distribue les biens et les profits selon les mérites de chacun ; or les mérites sont en rapport avec le degré de notre union à notre chef.

Enfin, il suit des principes que nous avons établis, que tous ceux qui ne sont pas unis à Jésus-Christ par la grâce, ne font point partie du corps mystique de l'Eglise ; puisque, d'après la parole même du Sauveur, toute branche séparée du tronc ne participe pas à la vie du cep et ne saurait porter de fruit. Ainsi, ceux qui se sont placés dans ce malheureux état ne participent en rien aux bienfaits que reçoivent les membres de cet admirable corps. Pour la même raison, tous les corps et toutes les sociétés qui n'ont cas Jésus-Christ pour chef, et qui ne lui sont pas unis, sont des corps sans âme et sans vie surnaturelle. Telles sont les sources intarissables de vie de l'Eglise de Jésus-Christ, et les raisons intimes de son immortalité.

 

Élévation sur la manière dont Jésus-Christ et le Saint-Esprit continuent à entretenir la vie dans la Sainte Eglise

 

I. Je vous rends grâces, ô mon Dieu, de m'avoir fait connaître cette admirable économie et cette sage ordonnance de votre Eglise. Comme tout y est grand et élevé, et cependant simple et à la portée de toutes les intelligences ! Comme tout y est logique, raisonnable, mesuré ! Tout y est prévu, tous les droits y sont ménagés, les sociétés comme les individus y trouvent les lumières et les secours qui leur sont nécessaires pour atteindre leur fin dernière. Vous y apparaissez, Seigneur, selon qu'il convenait à votre majesté souveraine, comme le maître et le chef du royaume des âmes ; comme celui qui, après les avoir créées, leur fournit les moyens d'entretenir la vie en elles, en leur offrant de vous unir à elles, et en vous constituant la source où elles peuvent puiser les éléments de cette vie divine. Vous rendez à l'homme déchu, à l'homme qui s'est avili en se matérialisant, sa dignité première : il avait été créé à votre image, et vous le faites membre d'un corps dont vous êtes l'âme et le chef : vous renouvelez et vous ennoblissez ainsi le sang qui coule dans ses veines. Vous établissez par la prière des rapports d'autant plus honorables pour lui qu'elle le met en contact direct avec votre majesté infinie, et qu'il en recueille des faveurs inappréciables. Vous daignez lui adresser même la parole par la voix de vos ministres pour l'éclairer sur ses devoirs. Puis, comme vous êtes la lumière du monde, vous ne vous contentez pas de la faire briller aux yeux des individus, mais vous répandez encore son éclat sur les sociétés, pour leur apprendre qu'elles relèvent de vous, et que la meilleure garantie qu'elles peuvent se donner, quant à leur durée et à leur prospérité, c'est le respect qu'elles montreront pour votre loi sainte, en en faisant la règle des leurs. Vous vous plaisez encore, dans cette merveilleuse organisation de votre Eglise, à manifester votre bonté sans borne pour ces âmes vos humbles sujettes. Vous voulez même descendre à une sorte de familiarité avec elles, vous voulez qu'elles vous regardent comme un père toujours prêt à pardonner lorsqu'on se repent avec sincérité ; et votre amour pour elles, le désir ardent que vous avez de les voir s'unir à vous de la manière la plus intime, suffisent pour vous décider à vous incarner, en quelque sorte, de nouveau, et à leur donner pour nourriture votre corps, votre sang, votre âme et même votre divinité. Enfin, pour apprendre aux hommes que leur vie entière vous appartient, et qu'ils doivent vous la consacrer sans interruption, depuis le jour où ils ouvrent les yeux à la lumière, jusqu'à  celui où ils les ferment pour la dernière fois ; pour leur manifester aussi l'intérêt plein de Charité que le chef porte à tous ses membres, vous leur représentez votre Eglise comme une tendre mère, que vous avez chargée de veiller sur eux dès leur entrée dans ce monde, jusqu'à leur dernier soupir. C'est pour cela qu'elle baptise les nouveau-nés, et qu'elle se hâte de les faire entrer dans le corps mystique de Jésus-Christ ; qu'elle renoue par le sacrement de Pénitence les liens qui unissaient l'homme à celui qui seul donne la vie, et que le péché avait brisés ; qu'elle nourrit ses enfants du lait de la parole sainte et de la chair adorable du Sauveur pour entretenir et fortifier cette union et cette vie; qu'elle fait descendre les bénédictions du Ciel sur les époux, et qu'elle préside ainsi à l'un des actes les plus solennels de la vie humaine ; c'est encore pour cela qu'elle est au chevet des moribonds, afin qu'à ce moment décisif pour l'éternité, elle ait la joie de les unir à Jésus-Christ pour toujours. Et lorsque tout ici-bas semble consommé, lorsque l'homme a disparu de la scène de ce monde, l'Eglise, dans sa sollicitude, après avoir béni sa tombe, l'accompagne encore de ses suffrages, pour hâter et assurer davantage son repos éternel.

II. Pourquoi, ô mon Dieu, le monde est-il assez aveugle et assez ingrat, pour ne pas reconnaître votre puissance, votre sagesse et surtout votre bonté infinie dans cet ordre admirable et dans ces dispositions miséricordieuses qui ont présidé à l'établissement de votre Eglise ? Hélas ! Nous devons l'avouer, la rougeur au front : c'est que pour être membre vivant de ce corps dont Jésus-Christ est le chef, il faut être uni à ce divin Sauveur comme les membres le sont à la tête. Or, pour arriver à cette union intime, il faudrait, Seigneur, que notre vie eût du moins quelque ressemblance avec la vôtre ; il faudrait que l'Esprit-Saint fût l'âme de nos œuvres. Sans doute, par la grâce du Saint Baptême, nous nous trouvons membres du corps visible de votre Eglise ; mais n'avons-nous pas lieu de craindre que nous n'en soyons des membres morts, et par conséquent exclus de la participation aux avantages que n'en recueillent que les membres vivants ? Quels efforts faisons-nous pour vivre de la vie de notre chef ? Méditons-nous cette sainte vie pour pouvoir ensuite y conformer la nôtre ? Est-ce là notre grande préoccupation, la pensée dominante de notre existence ? Sommes-nous dans la grâce de Dieu et unis à lui par la charité ? Il le faut pourtant pour que la sève de son Divin Esprit circule dans nos veines. Quelle est notre humilité, notre mortification, notre détachement des biens de la terre, la foi qui inspire nos œuvres ? Ce n'est pas assurément que vous exigiez que, pour vous être unis, ô Divin Maître, il soit nécessaire que nous soyons parvenus à la perfection de ces vertus ; mais, il faut au moins que nous travaillions à les acquérir, et notre union sera d'autant plus intime que nous les posséderons à un degré plus élevé. Hélas ! Il faut le confesser, notre horreur pour tout ce qui nous impose quelque gène, quelque contrainte ; pour tout ce qui mot un frein à nos passions, qui contrarie nos sens, nos penchants et nos goûts, nous fait renoncer, Seigneur, à cette bienheureuse union et à tous les avantages qui en découlent ; car, pour y parvenir, il faut savoir se renoncer,s'immoler soi-même, selon votre divin oracle : « Si quelqu'un veut venir après Moi, qu'il se renonce lui-même, qu'il porte sa croix tous les jours, et qu'il Me suive », (Saint Luc 9, 23). Quel bonheur pour ceux qui ont le courage d'être dociles à cette sainte et lumineuse exhortation, et qui parviennent ainsi à vous être unis ! quel trésor de grâces et de faveurs spirituelles y trouvent tous les membres vivants de votre Eglise ! Les derniers comme les premiers ; les plus vils et les plus méprisables selon le monde, comme ceux qui sont les plus honorés, chacun à proportion de sa capacité et de ses besoins ! C'est le même esprit, la même vie qui les animent tous, quoique leurs fonctions soient différentes. C'est dans ce corps mystique, dans ce royaume des âmes, que se trouve cette égalité si rêvée, et qu'il est impossible de réaliser ici-bas, dans les gouvernements temporels des états. Aussi, importe-t-il peu aux membres de cette association spirituelle d'y occuper telle ou telle place, puisque, quelles que soient leurs fonctions, ils participent aux mêmes avantages, et qu'ils ont droit aux mêmes récompenses. Quelle consolation pour tous de savoir que, s'ils vous sont unis par la charité, ô mon aimable Maître, ils sont unis en même temps à tous les membres de votre corps, quelque grand que soit l'espace des lieux qui les séparent les uns des autres ! Par une suite nécessaire, ils ont part aux travaux, aux œuvres, aux prières, à tout ce que font ces membres disséminés sur toute la surface de la terre ; c'est de vous, ô Divin Chef, que toutes ces choses prennent leur mérite. C'est de la vertu de votre sang, qui circule dans tout ce grand corps, qu'elles prennent leur beauté et leur sainteté. Quelle importance pour nous, Seigneur Jésus, d'appartenir comme membres vivants à votre corps ! C'est la vie ou la mort. Ne permettez donc pas que j'en sois jamais séparé en cessant d'être uni avec vous par la grâce ; car vous l'avez dit, on ne peut servir deux maîtres : celui qui n'est pas avec vous est contre vous, et le démon devient son chef ; il lui est en quelque sorte incorporé, soumis à sa domination, et il agit par son esprit. Voilà malheureusement ce qu'est le monde, et ce que tous les mondains aux yeux de la Foi. Arracher les âmes à la puissance du prince des ténèbres pour unir à votre corps, telle est précisément la mission de votre Eglise, qui ne fait que continuer ici-bas, votre conduite, la régénération de l'humanité que êtes venu commencer pendant votre vie mortelle, et qui ne peut s'opérer que par la réunion des membres avec leur chef.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

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10 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Onzième jour

La naissance de Jésus-Christ, fondateur de l'Eglise

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

I. La sagesse humaine aurait sans doute choisi l'une des grandes métropoles du monde connu pour servir de berceau au Rédempteur et au Régénérateur de l'humanité déchue. Elle l'aurait fait naître sous les voûtes dorées d'un somptueux palais et à l'ombre d'un trône majestueux. La sagesse humaine l'aurait voulu entouré d'une puissante armée, de généraux et de ministres expérimentés, habiles et savants ; ayant enfin à sa disposition des richesses immenses. Toutes ces ressources, comparées avec le but que le Sauveur se proposait d'atteindre, n'auraient, en effet, rien eu d'exagéré. Mais il n'appartient qu'à la faiblesse de l'homme de s'entourer ainsi d'une sorte de prestige qui impose à la multitude, et qui déguise avec plus ou moins de bonheur l'infirmité de sa nature ; il n'appartient qu'à elle de se servir de la force brutale pour établir son autorité et pour faire exécuter ses volontés. Un Dieu n'a pas besoin de ces moyens vulgaires : il est assez grand, assez sage, assez puissant, assez riche, pour trouver en lui-même tout ce qu'il lui faut, et pour suffire seul à l'accomplissement de ses desseins. Aussi, le Sauveur du monde se contente-t-il de naître dans une étable, sous les murs de la petite bille de Bethléem ; ses parents sont pauvres, et ce sont de pauvres bergers qui forment tout d'abord sa cour. Le ciel, il est vrai, se charge de manifester aux hommes l'excellence de celui qui vient de voir le jour. A peine est-il né, qu'une lumière céleste et extraordinaire vient frapper d'étonnement les pasteurs qui veillaient pendant la nuit sur leurs troupeaux. La voix d'un ange se fait entendre, et il leur dit : « Ne craignez point, car je viens vous annoncer une nouvelle qui remplira tous les peuples de joie; parce qu'aujourd'hui il vous est né, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur, Vous le reconnaîtrez à ce signe : vous trouverez un enfant enveloppé de langes et placé dans une crèche ». Et aussitôt, à cet ange se réunit une multitude de célestes intelligences qui louaient Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! » (Luc 2, 9 et s.).

II. Tel est le simple et sublime récit de la naissance du Rédempteur du monde, du fondateur de l'Eglise. Ce n'est pas seulement un peuple privilégié et isolé, que le ciel éclairera désormais des sublimes lumières qui révèlent à l'homme le seul Dieu qu'il doit adorer, aimer et glorifier, et qui est la source intarissable de la paix du cœur ; toutes les nations sont appelées dès à présent à recueillir cet incomparable bienfait. Le grain de sénevé, dont parle l'Evangile, vient d'être confié à la terre ; il commence à germer, et peu à peu il va se développer. Voici déjà  qu'une étoile mystérieuse apparaît dans l'Orient, celle prédite par Balaam : « Une étoile sortira de Jacob ». (Nombres 24, 17). Au reste, dès les temps les plus reculés, les peuples de l'ancien monde possédaient des traditions merveilleuses qui annonçaient l'apparition d'une étoile extraordinaire et de certaines constellations, comme signes précurseurs de l'avènement du Sauveur et du régénérateur de l'humanité. Dieu, dans son infinie miséricorde, daignant mettre ses enseignements à la portée des hommes, fit briller cette étoile aux yeux des Orientaux qui se livraient avec une sorte de passion à l'étude de l'astrologie. Ils furent frappés de l'éclat prodigieux que répandait cet astre, et soit le souvenir des traditions, soit qu'ils eussent reçu quelque révélation céleste, trois Mages se mirent en route, pour découvrir le lieu de la naissance du Sauveur, qu'ils appelaient eux-mêmes le Roi des Juifs ; lorsque, arrivés à Jérusalem, ils allèrent interroger Hérode pour savoir, non si le Messie avait vu le jour, mais où il était né. Ce qu'il y eut de miraculeux dans cette vocation des Gentils à la Foi, ce fut moins l'étoile elle-même, que sa marche intelligente qui les conduisit à Jérusalem, et de là à  Bethléem, où elle s'arrêta précisément au-dessus de l'étable où reposait le divin Enfant dans une crèche. Les Mages y entrèrent, adorèrent le nouveau-né et lui offrirent de l'or, de la myrrhe et de l'encens.

III. Ce petit enfant, cette crèche, cette étable, malgré leur pauvreté, leur abaissement et leur obscurité, étaient pourtant les premiers rudiments de cette Eglise qui devait bientôt étendre son sceptre sur l'univers entier. Les plus grands fleuves ont souvent une source bien humble et même à peu près ignorée. Les édifices les plus élevés et les plus solides reposent sur des fondements profondément cachés, et les pierres qui servent aux premières assises sont d'une dimension et d'une consistance plus qu'ordinaires. Ainsi en a-t-il été de l'Eglise : la terre était trop fragile pour lui servir de base, et tout ce qu'elle renferme de puissance et de richesses était trop faible et trop misérable pour en devenir les matériaux. Le Ciel est son point d'appui, le Verbe éternel caché dans le sein de son Père au plus haut des cieux, puis incarné dans les entrailles de la plus humble des vierges, est sa pierre angulaire. Les vertus divines, la Foi, l'Espérance et la Charité ; les vertus pratiques, l'humilité, la pauvreté, la mortification et l'amour du prochain ; une organisation fondée sur le culte intérieur et extérieur, et sur le sacerdoce ; enfin, les persécutions sanglantes ou morales, telles sont les ressources célestes à l'aide desquelles l'Eglise est devenue l'édifice le plus élevé, le plus inébranlable qui ait jamais existé. C'est par ces moyens si simples et pourtant si puissants qu'elle a établi son empire immense sur les esprits et sur les cœurs de l'univers entier. Or, tous ces éléments se retrouvent à l'état de germe dans l'étable de Bethléem. Nous y découvrons, en effet, la foi dans les pasteurs et dans les Mages qui y adorent l'enfant nouveau-né comme leur Dieu ; l'espérance de la Rédemption prochaine de l'humanité est dans tous les cœurs de ceux qui visitent le Sauveur dans cette humble réduit ; mais comment croire, comment espérer en un Dieu fait homme, sans être profondément touché des sacrifices qu'il s'impose librement par amour pour les hommes ? Marie, Joseph, les bergers et les Mages qui entourent la crèche, sont donc plongés dans une extase d'amour, et le divin Enfant répond à ces sentiments embrasés par l'effusion de Sa Charité. Dans l'étable, je vois pour ainsi dire le berceau et le pays natal de l'humilité et de la pauvreté chrétiennes, depuis le souverain Maître de la terre par qui tout a été fait et qui est étendu sur un peu de paille dans une misérable chaumière, jusqu'à Marie et Joseph, jusqu'aux bergers et même aux Mages, qui lui sacrifient leurs richesses : tout respire la pauvreté dans cette humble demeure.

La Sainte Famille couchant sur la dure ; la rigueur de la saison, les bergers à la condition rude et laborieuse, les Rois venus d'Orient renonçant au sensualisme de leur pays pour entreprendre un voyage long et pénible : n'est-ce pas là cette mortification qui est l'élément essentiel de la doctrine évangélique que prêche l'Eglise ? Puis, quel nouveau spectacle ! A peine le Sauveur est-il descendu des splendeurs du ciel sur la terre pour épouser la misère de l'homme par amour, pour l'humanité, que déjà  la Charité a comblé les abîmes qui séparaient les différentes classes de la société : les pauvres et les riches, les princes et les roturiers, les fidèles et les païens, se pressent à l'envi autour de cette puissance nouvelle devant laquelle s'éclipsent toutes les autres, et ils sont tout surpris de ressentir pour la première fois autour de ce foyer d'amour les douces influences de la Charité fraternelle. Enfin, l'étable est le premier temple, la crèche le premier autel du culte fondamental de l'Eglise catholique ; la victime offerte, c'est Jésus Enfant, et Jésus en est aussi le Prêtre ; il prélude ainsi au grand sacrifice de la Rédemption, et au sacerdoce de Son Eglise qui devait continuer et perpétuer son œuvre régénératrice. Les ressources matérielles et une sorte de luxe ne sont même pas bannis de ce sanctuaire primitif : l'or et l'encens des Mages y sont acceptés, et les fidèles qui y accourent y apportent tous leurs offrandes. Les anges eux-mêmes veulent le consacrer par leur présence et par leurs concerts, en chantant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ». Et pour qu'aucun des caractères de l'Eglise ne lui manque dès son berceau, Hérode aura la triste gloire d'être son premier persécuteur et son premier tyran.

 

Élévation sur la naissance de Jésus-Christ, fondateur de l'Eglise

 

I. Après quatre mille ans d'attente et d'espérance, vous venez donc, ô Verbe divin, vous manifester aux hommes ; et pour mieux vous proportionner à leur faiblesse, pour que les leçons que vous avez à leur donner leur soient d'une intelligence plus facile, pour réhabiliter plus efficacement leur nature, vous ne dédaignez pas d'épouser leur humanité ! Vous prenez une âme et un corps semblables aux leurs, vous unissez non plus seulement la matière à l'esprit comme dans la création de notre être, mais vous unissez encore l'une et l'autre à la Divinité, par votre incarnation ! Que diront devant un pareil prodige nos beaux penseurs modernes, qui voudraient, dans l'excès de leur zèle et de leur prétendu respect pour la religion, que rien de temporel ou de matériel ne se mêlât à ce qu'ils imaginent ne devoir être qu'uniquement spirituel et surnaturel ? Divin Sauveur ! Combien ces pauvres frères égarés sont loin de connaître les desseins que vous vous proposiez d'accomplir dans le grand œuvre de la Rédemption ! Vous aviez promis de venir réhabiliter l'homme tout entier, son corps par conséquent aussi bien que son âme. Sa déchéance provenait de ce que la chair avait usurpé le domaine que l'âme était destinée à exercer sur lui ; d'esclave qu'elle devait être, elle était devenue reine en ravissant à l'âme le noble sceptre qui lui avait été confié lors de la création. Il fallait donc, pour relever l'homme de l'ignominie dans laquelle il s'était si malheureusement plongé, non pas séparer ce que Dieu avait uni, ni détruire ainsi la nature humaine, mais lui fournir les moyens de rendre la chair plus traitable et l'âme plus puissante ; c'est là tout le plan et le secret de l'Incarnation, de la Rédemption et de la Religion chrétienne. Aussi, votre sagesse infinie, ô divin Maître, commence-t-elle l'oeuvre de la restauration de l'homme, en se servant des mêmes moyens que son Eglise emploiera plus tard pour la continuer, c'est-à-dire qu'elle use de la matière pour en faire le véhicule et le signe des faveurs surnaturelles qu'elle venait apporter à des êtres qui ne pouvaient les saisir que par les sens.

II. Mais permettez. Seigneur, que j'entre dans ce sanctuaire où pour la première fois la Divinité vient habiter avec les hommes, et réaliser le nom mystérieux donné dès longtemps au Messie, le nom d'Emmanuel, « Dieu avec nous ». Que le touchant spectacle dont je vais être l'heureux témoin éclaire mon esprit de vos divines lumières. A peine ai-je foulé le seuil de la pauvre étable où m'amène l'étoile merveilleuse des mages, que j'aperçois, non pas seulement la crèche où repose le Sauveur du monde, mais encore Marie et Joseph plongés dans une adoration profonde ; c'est-à-dire que j'y trouve une famille entière: Marie, la mère, qui a porté Jésus dans son chaste sein, et qui l'a nourri de son sang virginal ; Joseph, le père adoptif du divin Enfant, et enfin le nouveau-né, le Désiré des nations. Pourquoi le Rédempteur du monde, le nouvel Adam, n'est-il pas immédiatement sorti des mains du Créateur, comme notre premier père, à l'état d'homme fait, et parvenu dès l'instant même de sa création à la perfection de l'être ? Le péché, qui avait été la ruine de l'humanité, avait été commis en famille, et tous les âges en avaient été infectés ; vous avez donc voulu, ô mon Dieu, que la source de la restauration du genre humain eût quelque rapport avec sa perte ; vous avez voulu qu'il fût racheté pour ainsi dire en famille, et que le Sauveur passât par tous les âges, non- seulement pour leur donner à tous des exemples de vertu, mais encore pour réhabiliter chacun d'eux en particulier. La femme était tombée dans l'esclavage et le mépris, et vous lui avez rendu sa dignité primitive en la choisissant pour la mère du régénérateur de l'univers ; l'enfance et la vieillesse étaient délaissées et dédaignées, et vous les avez entourées de respect et de sollicitude en voulant que votre Fils unique se fît petit enfant, et qu'il eût un vieillard pour père nourricier. Vous avez ainsi reconstitué la famille, dont les liens avaient été brisés par l'égoïsme, et sur cette famille modèle vous avez enté votre Eglise.

III. L'Eglise, en effet, n'est autre chose qu'une grande famille, et déjà l'étable de Bethléem nous la présente avec les grands caractères qui la distinguent de toute autre société, et qui démontrent de la manière la plus évidente qu'elle est votre œuvre, ô mon Dieu, parce qu'ils sont de l'essence même de la famille telle que vous l'avez fondée. D'abord, elle est visible, elle a quelque chose de sensible et de matériel qui frappe l'homme. Je vois la crèche, l'enfant divin qui y repose, sa mère, son père adoptif, les bergers et les mages qui l'entourent, comme je vois aujourd'hui dans nos temples l'autel, la sainte eucharistie, les ministres augustes qui la consacrent, les fidèles qui se pressent dans le sanctuaire pour l'adorer ; comme je vois encore le vieillard vénérable qui a recueilli la succession sacrée de Saint Pierre, et qui est entouré de toute la hiérarchie sacerdotale destinée à le seconder dans le gouvernement des âmes. Je contemple ensuite dans la sainte famille l'admirable unité de votre Eglise ; tous ses membres ne font qu'un cœur et qu'une âme et le Cœur du divin Enfant est le Centre et le Foyer de la Charité qui les unit. La crèche n'est-elle pas aussi le point d'union entre l'Ancien et le Nouveau Testament ? Tous les soupirs des patriarches et des prophètes y convergeaient, et c'est encore de la crèche ; que s'est élancé le zèle ardent des apôtres pour embrasser l'univers entier de ses feux divins. Votre Eglise est sainte, Seigneur, mais quelle sainteté fut jamais comparable à celle qu'abritait l'étable où s'étaient réfugiés Jésus, Marie et Joseph ? Le caractère de la catholicité se trouve encore sous cet humble toit ; d'abord, c'est le Sauveur qui y habite, et qui appartient à tous les temps : Jésus-Christ, dit l'apôtre, était hier, il est aujourd'hui, et il sera dans tous les siècles. (Hébreux 13, 8). Puis, ce sont les descendants de Sem, Cham et Japhet, qui semblent s'être donné rendez-vous autour de la crèche. Car la bénédiction de Noé promettait à Japhet de dilater son empire jusqu'aux tentes de Sem et de faire habiter ses descendants sous le même toit que ceux de ce dernier. Les Romains, qui s'étaient emparés du royaume de Juda, se chargèrent d'accomplir cette prophétie. Bethléem était trop près de Jérusalem pour que quelques-uns des fils de Japhet n'eussent pas accompagné les Mages dans leur pieuse recherche. Les Mages eux-mêmes venus de l'Arabie occidentale, qui, avec l'Afrique, était échue en partage à Cham, représentaient les descendants de ce fils de Noé, ceux de Sem étaient les bergers. Telles étaient les prémices de la catholicité naissante. Enfin, quel a été le foyer du zèle apostolique y qui a rayonné sur le monde entier, et qui embrasse encore aujourd'hui tous les pasteurs des âmes ? N'est-ce pas à la crèche qu'il faut remonter pour trouver le foyer de ce feu divin, qui inspire tant de dévouement et d'héroïsme ? Aussi, les Mages et les bergers en sortant de l'étable glorifiaient Dieu, et publiaient avec admiration tout ce qu'ils avaient vu et entendu, devenant ainsi les premiers apôtres du christianisme. Daignez, ô mon Dieu, embraser aussi mon âme de ces célestes ardeurs !

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

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2 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Troisième jour

Le purgatoire, ou l'Eglise souffrante

 

I. Pour entrer dans le ciel, le sanctuaire de la sainte Eglise ; pour être admis au sein de cette élite des purs esprits, il faut avoir obtenu ici-bas un triomphe complet sur la chair et sur les sens ; il faut être entièrement libre de toute affection terrestre et matérielle, et ne plus vivre pour ainsi dire que par l'âme ; cap elle seule peut faire partie de ce royaume divin des esprits, et si le corps y a quelque part, ce n'est qu'autant qu'il aura été en quelque sorte vaincu et spiritualisé par le souverain domaine que l'âme aura exercé sur lui. Il faut pour entrer dans la gloire, après s'être souillé par le péché, avoir passé par les douleurs d'une complète expiation ; mais, parmi les chrétiens, et même parmi les justes, il en est bien peu qui, à leur heure dernière, réunissent ces indispensables conditions. Leur âme n'est digne à ce moment suprême, ni du bonheur éternel, ni des supplices sans fin. La justice divine doit donc achever de les purifier pour leur ouvrir ensuite ses célestes tabernacles. Cette doctrine est tellement en harmonie avec la nature humaine, que, depuis le jour où l'homme a commencé à mourir, on a vu commencer aussi une sorte de culte pour les tombeaux, et la prière pour les morts. En tout temps, en tout lieu, dans toutes les religions, tous les peuples de l'univers ont cru que ceux qui ont cessé de vivre étaient soulagés par les suffrages des vivants. Cette croyance, qui fut d'abord celle des Juifs, devint ensuite celle des Chrétiens de tous les siècles. Voilà  pourquoi le saint concile de Trente a pu dire en toute vérité : « L'Eglise catholique, instruite par l'Esprit saint et par les Saintes Ecritures, et par l'antique tradition des Pères, enseigne qu'il y a un Purgatoire, et que les âmes qui y sont détenues sont soulagées par les suffrages des fidèles ».

II. Toutefois, tandis que ces élus sont éprouvés pour la dernière fois, ils ne sont pas délaissés ; et si, la justice ne peut céder entièrement ses droits à la Charité infinie, celle-ci sera assez ingénieuse pour découvrir des moyens de satisfaire l'une et l'autre. Quoique partagée en trois provinces distinctes, l'Eglise universelle n'en forme pas moins un immense et unique empire, dont Dieu est le chef, et dont Jésus-Christ est le médiateur et le lien ; c'est, en effet, le Sang adorable du Sauveur qui cimente toutes les parties de ce gigantesque édifice, et c'est sa grâce et son amour qui unissent entre eux tous ceux qui en sont les éléments. Mais, comme cet amour n'est pas un simple sentiment, et qu'il est vrai et sincère, il ne s'en tient pas à déplorer les souffrances des âmes soumises à l'expiation, ni à gémir sur leurs douleurs ; il met encore tout en œuvre pour les soulager. « Par une admirable économie, dit le P. Ventura, la sagesse et la bonté divines ont réuni en nous et par nous, pauvres voyageurs de la terre, comme par une pierre angulaire mystérieuse, le sublime palais du ciel et la prison profonde du purgatoire, pour en former un seul édifice et une seule maison. C'est pour cela que, placés entre l'Eglise qui règne et qui triomphe dans les cieux, et l'Eglise qui souffre et qui est humiliée, dans le lieu de l'expiation, la même Foi, la même espérance, la même Charité qui nous rendent les concitoyens des saints, les familiers, les alliés et les enfants de Dieu, font encore mieux de nous les associés, les compagnons et les amis des âmes du purgatoire : de même que nous sommes en communication directe avec le ciel, de même aussi nous le sommes, et plus étroitement encore, avec le purgatoire. Voilà  pourquoi, tandis que nous recevons les secours de l'intercession des saints qui jouissent du bonheur céleste, nous soulageons par nos suffrages, quoique voyageurs sur la terre, les âmes soumises à l'expiation ; et pendant que la Divine Miséricorde daigne, à la prière des saints, descendre jusqu'à  nous ici-bas, pour pardonner nos fautes et pour soutenir notre faiblesse ; le Sang de Jésus-Christ, appliqué par nos suffrages, pénètre jusque dans l'abîme, et se répand sur les âmes du purgatoire pour effacer leurs souillures et pour adoucir leurs souffrances. C'est ainsi que nous devenons en quelque sorte le mur mitoyen, la pierre angulaire et principale, au moyen desquels se réunissent entre eux le ciel, la terre et le purgatoire ; c'est ainsi que les vrais chrétiens, qui ont la même foi, que les enfants de la véritable Eglise, qui sont en état de grâce, quoique séparés par des distances incommensurables, sont en communication et en société entre eux, et forment une seule et unique Eglise, un seul corps mystique dont Jésus-Christ est le chef, un seul édifice dont Jésus-Christ est le fondement ». (l'Ecole de Miracles, P. Ventura)

III. C'est, en effet, un touchant spectacle que celui des rapports intimes de foi et d'affection qui existent entre la terre et le purgatoire. Voyez la tendre sollicitude dont la sainte Eglise militante entoure comme une bonne mère ses enfants au delà  du temps, jusque dans l'éternité ! Après les avoir assistés toute leur vie, après avoir sanctifié et recueilli leur dernier soupir, elle veut encore que ceux mêmes qui restent dans l'exil, qui sont incertains de leur destinée, qui sont renfermés dans la prison de leur corps et enchaînés à la terre, s'efforcent par leurs prières d'introduire leurs frères défunts dans la Patrie, de leur assurer la félicité éternelle, de renverser le mur qui les sépare de Dieu et de briser les liens qui les empêchent de s'envoler aux cieux. Elle leur ouvre aussi, après leur mort, le riche trésor spirituel dont Jésus-Christ, son divin époux, lui a confié l'administration. Elle offre pour eux l'adorable sacrifice, le propre sang de son divin époux ; elle leur applique les satisfactions surabondantes du Sauveur et des saints au moyen des indulgences ; elle exhorte avec ardeur les fidèles qui sont encore sur la terre à se mortifier, à faire l'aumône et toute espèce de bonnes œuvres, pour acquitter au plus tôt les dettes de ces âmes impuissantes désormais à se libérer, puisque après le temps de l'épreuve on ne peut plus mériter ni démériter ; car ces âmes désolées n'ont d'autre espérance que celle que leur offrent nos suffrages, et ne peuvent attendre de secours que de nous, leur sort est uniquement entre nos mains. (P. Ventura). Admirable sagesse, admirable charité de l'Eglise qui, toute pourvoyant au soulagement et à la délivrance de ces pauvres prisonnières de la Justice divine, fournit aussi à ceux qui sont encore voyageurs ici-bas des moyens aussi ingénieux qu'efficaces de travailler à leur propre sanctification.

 

Élévation sur le Purgatoire, ou l'Eglise souffrante

 

I. L'Eglise m'exhorte à demander pour vous, mes parents, mes amis et mes frères, un lieu de rafraîchissement, de lumière et de paix ! Vous subissez donc, dans ce lieu consacré à l'expiation, les tortures du feu; vous êtes donc plongés dans d'affreuses ténèbres, dans des angoisses pires encore que celles qui ont peut-être présidé à votre agonie ! Les démons, selon toute probabilité, ne viennent pas attiser le feu qui vous dévore, ni vous jeter leurs cris de désespoir. La main seule de la Justice divine s'appesantit sur vous, mais elle suffit bien à vous faire endurer des peines dont celles de cette vie ne peuvent nous donner qu'une faible idée. Hélas ! Malgré les révélations de la foi, vous n'aviez jamais pu comprendre à quel degré des fautes que nous appelons comparativement légères pouvaient outrager la sainteté infinie de Dieu, et exiger une telle réparation ! Vous n'aviez pas assez compris la puissance d'une vie mortifiée, ni tout ce qu'un acte de pénitence, même peu important, pouvait avoir de valeur pour vous faire échapper au moins à une partie des supplices affreux dont vous êtes aujourd'hui victimes ! Demandez pour moi cette intelligence, et comptez sur mon dévouement pour vous.

II. Ô Seigneur ! Qu'est-ce que la justice des hommes à côté de la vôtre ? elle regarde comme une faiblesse pardonnable ce qui est à vos yeux un crime digne des tourments les plus rigoureux. Les plus grands coupables échappent souvent encore à ses plus laborieuses investigations. Puis, tantôt elle exagère le châtiment, et tantôt au contraire elle reste au-dessous de ce que mériterait l'infraction des lois. Elle décèle à chaque instant son incapacité et son impuissance. Mais au souverain modérateur de l'immense empire des âmes, rien ne saurait échapper. Il sonde les reins et les cœurs, sa sagesse infinie pèse tout dans la balance de son infaillible justice. Aucune faute, aucune faiblesse ne peut se dissimuler, aucune âme, malgré sa subtilité, ne réussirait à se dérober à sa puissance sans bornes. « Où fuir, en effet ? comme dit admirablement le Prophète royal. Si je monte jusqu'au Ciel, c'est le lieu de votre demeure ; si je descends dans les entrailles de la terre, je vous y trouve ; si je prends mon vol dès le point du jour et que je franchisse les mers, c'est votre main qui m'a conduit et votre droite qui m'a soutenu. J'ai dit : Je me plongerai dans les ténèbres, et peut-être me cacheront-elles à ses yeux ; mais les ténèbres sont sans obscurité pour vous, et la nuit n'est pas plus sombre à vos yeux que le jour le plus éclatant, car les replis les plus cachés de ma conscience vous sont connus, depuis que je suis sorti du sein de ma mère ». (Ps. 138).

III. Toutefois, ô mon Dieu, si votre justice est terrible, votre Charité est infinie, et vous avez daigné ne pas rompre même par la mort les liens d'affection qui nous unissaient ici-bas à nos proches, à nos amis, à nos frères en Jésus-Christ. Grâce à nos prières, à nos bonnes œuvres et à quelques sacrifices que nous saurons nous imposer, nous pourrons les soulager : nos expiations pourront solder leurs dettes ; nous pourrons hâter leur entrée dans la gloire. Non, tout ne sera pas fini entre eux et nous après l'heure fatale de la mort; un abîme infranchissable n'existe pas dès lors entre nous et ceux qui nous sont chers ; nous pouvons continuer à avoir des rapports avec eux, et même leur être utiles Quel admirable plan ! Quelles sublimes consolations ! Soyez-en, Seigneur, à jamais béni !

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

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6 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

Santi Pietro e Paolo

Septième jour

L'histoire du Peuple Juif, considérée comme préparation, figure et ébauche de l'Eglise de Jésus-Christ

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

I. Tout se tient dans le plan divin, comme nous l'avons déjà dit, et si les trois Eglises ont entre elles les rapports les plus étroits, comment l'ancien et le nouveau Testament, qui sont pour ainsi dire l'enfance et l'âge mûr de l'Eglise militante n'en auraient-ils pas ? A peine nos premiers parents eurent-ils été chassés du paradis de délices, que, pour les consoler dans leur infortune, Dieu leur promit un Sauveur. Dès lors, les regards et les cœurs de tous les hommes qui conservèrent quelques principes religieux, se tournèrent vers ce libérateur futur. Plusieurs fois Dieu renouvela cette promesse, et elle devint le dogme principal et fondamental de la foi, sous l'ancienne Loi ; de telle sorte qu'il n'y avait alors de salut possible qu'à la condition d'une confiance sans bornes à la venue du Messie. Aussi, le Seigneur suscita-t-il souvent des prophètes pour réveiller et affermir dans son peuple cette importante croyance : et il les multiplia surtout pendant les derniers siècles qui précédèrent la naissance du Sauveur. Plus on en approchait, plus les détails se multipliaient ; à ce sujet, et plus les prédictions prenaient un caractère de précision tel, qu'il a fait dire aux Pères de l'Eglise qu'elles étaient plutôt des narrations historiques que des prophéties.

II. Le divin modérateur des peuples et des événements humains devait donc coordonner avec ce but capital de l'avènement du Rédempteur, la direction qu'il leur imprimait ; il devait en préoccuper les esprits pour y entretenir le souvenir des promesses solennelles qu'il avait faites, et en soutenir la foi par des prodiges et des miracles, qui, dans l'ordre physique devaient être le symbole de ce qu'il se proposait d'opérer plus tard dans l'ordre moral et surnaturel. On devait croire facilement, en effet, que celui qui avait délivré le peuple juif de l'esclavage des Égyptiens par les plaies qu'il envoya à ses oppresseurs puissants, d'une manière si miraculeuse, si publique et si éclatante, devait pouvoir aussi délivrer le genre humain de l'esclavage de l'ignorance et des passions. On devait aisément être convaincu que celui qui avait nourri un peuple entier pendant quarante années dans le désert en faisant descendre tous les jours du ciel, le sabbat excepté, une nourriture merveilleuse, substantielle, qui convenait à tous les goûts et à tous les besoins, la manne; et qui avait fait jaillir une source abondante des flancs d'un rocher aride, saurait trouver un jour une nourriture céleste propre à nourrir les âmes et à les soutenir dans toutes leurs faiblesses et leurs misères. Enfin il était facile de persuader les esprits les plus sceptiques que le même Dieu qui avait fait apparaître une colonne de fumée pendant le jour, et une colonne de feu pendant la nuit pour diriger les pas des Israélites dans les solitudes du désert, avait entre ses mains une puissance suffisante pour établir une Église, c'est-a-dire pour susciter des hommes dont les lumières et la sainteté pussent conduire sûrement la société humaine dans les voies du salut éternel, Après avoir donné à son peuple Abraham, Moïse, David, Salomon et les prophètes, il pouvait bien donner à son Eglise saint Pierre et ses successeurs. Et après avoir fait de Jérusalem la ville sainte et y avoir fait bâtir son temple, il lui était facile de disposer de Rome pour en faire la ville éternelle, et pour y placer le trône impérissable de la catholicité.

III. Au reste, les rapports qui existent entre l'ancien et le nouveau Testament nous montrent à l'évidence que le premier, comme le dit saint Paul (1 Corinthien 10, 11), n'était que la figure du second ; et que l'histoire de l'ancien n'a été écrite que pour nous instruire et nous préparer aux événements du nouveau. C'est ainsi que l'arche de Noë devait être pour nous la figure de l'Église : il n'y a que ceux qui y entrent qui peuvent espérer d'être sauvés. Le sacrifice d'Abraham, et Isaac portant sur la montagne le bois sur lequel il devait être immolé, ne sont-ils pas une vive image de Dieu le Père sacrifiant son Fils unique, et de Jésus-Christ portant sa croix sur le Calvaire, où il devait donner sa vie pour nous ? Plus tard, c'est Joseph vendu par ses frères, qui devient ensuite la source de leur salut et de la protection spéciale que Pharaon leur accorde. Puis, c'est l'agneau immolé, dont le sang a marqué toutes les maisons des Juifs, pour les soustraire aux coups de l'ange exterminateur, et les délivrer de la captivité d'Egypte. N'est-ce pas encore là, trait pour trait, l'histoire même du Sauveur vendu par l'un de ses apôtres, et qui, après avoir versé son sang jusqu'à la dernière goutte pour le salut des hommes, les marque tous de ce sceau précieux au saint baptême pour les délivrer de l'esclavage du péché ! Le peuple de Dieu au milieu, du désert, exposé aux fatigues et aux dangers d'un long voyage, et ayant sans cesse à combattre de redoutables ennemis pour parvenir à la terre promise ; l'arche d'alliance, le tabernacle et son sanctuaire ; enfin le temple de Jérusalem où était l'unique autel sur lequel il fût permis aux Juifs d'offrir des sacrifices : toutes ces choses et tous ces événements nous révèlent clairement l'Église de Dieu traversant les épreuves du désert de cette vie où elle est voyageuse ; les combats nombreux qu'elle a à livrer contre les ennemis du salut avant d'arriver à la félicité éternelle qui lui est promise ; puis, ses temples, ses sanctuaires ; et enfin cette Eglise hors de laquelle on ne saurait offrir à Dieu un sacrifice d'agréable odeur. Dieu pouvait-il mieux disposer l'esprit humain au nouvel ordre de choses qu'il voulait créer par l'établissement de l'Église chrétienne ?

 

Élévation sur l'histoire des Juifs, considérée comme préparation, figure et ébauche de l'Eglise de Jésus-Christ

 

I. Pourquoi, ô mon Dieu, les hommes sont-ils assez aveugles ou assez ingrats pour ne vouloir jamais tenir aucun compte de votre intervention dans les événements humains ? Pourquoi exclure ainsi la puissante influence de celui qui a créé l'univers entier, qui le tient entre ses mains, qui dispose de la vie et de la mort des nations et des peuples comme de celle des hommes et des plus petits insectes ? Tout me révèle ici-bas votre existence, votre grandeur, votre puissance, votre sagesse, votre providence ; d'où viendrait donc que vous qui veillez encore chaque jour à la création de ces milliers d'êtres qui se succèdent ; que vous qui présidez sans cesse à la conservation de l'ordre dans ce vaste univers, vous dédaignassiez pourtant de vous occuper du chef-d'œuvre de vos mains, de celui que vous avez assez honoré pour le créer à votre image et ressemblance et pour le racheter au prix du sang de votre divin fils ? Quoi ! Vous seriez tellement étranger à cette créature privilégiée, tellement indifférent à sa conduite, que vous ne vous préoccuperiez en rien de ses œuvres ? Toutes vos créatures ont ici bas une mission à remplir, et vous les forcez à se plier à vos volontés ; et parce que vous avez fait aux hommes l'honneur de leur donner une intelligence et une volonté libre, eux seuls les plus parfaits et les plus éclairés des êtres créés, n'auraient aucune raison d'existence, aucun but, n'occuperaient aucune place dans vos desseins, si ce n'est de pourvoir à leurs intérêts matériels et à leur bien-être personnel ici-bas ? Seuls ils seraient indépendants de vous et en dehors des plans mystérieux et profonds que votre sagesse infinie a médités de toute éternité ?

II. Oh ! Si nous étions assez malheureux pour partager ces déplorables principes, aussi faux qu'ils sont dangereux, et qui pourtant servent aujourd'hui de règle et de point de départ à tout ce qui se dit, ce qui s'écrit, ce qui se fait dans notre société moderne, au nom des libertés soi-disant conquises par la révolution ; nous n'avons qu'à jeter un coup d'œil rapide sur l'histoire de ce peuple primitif où la foi s'est conservée jusqu'à l'avènement du Messie promis, et nous y verrons l'action continuelle de Dieu sur les hommes ; les lois et le gouvernement qu'il leur donne lui-même. Tantôt ce sont des personnages éminents qu'il suscite pour accomplir une importante mission, comme Noé, Abraham, Joseph, Moïse, David, Salomon, les Macchabées, les Prophètes, etc ; tantôt ce sont des nations ou des rois qui lui servent d'instrument pour châtier son peuple infidèle ; mais, c'est toujours Dieu qui tient la chaîne des événements et qui la déroule selon les vues de sa providence, et c'est toujours l'homme qu'il emploie pour accomplir ses desseins. Sans doute le Tout-Puissant pourrait tout opérer par lui-même,et n'aurait pas besoin de l'homme comme auxiliaire ; s'il lui accorde cet honneur, c'est qu'il veut lui montrer l'estime qu'il fait de lui et lui rappeler sa céleste origine, et que, d'ailleurs, telle est sa volonté, dont il n'a aucun compte à nous rendre.

III. En élevant ainsi mes pensées, Seigneur, les rapports étroits que je remarque entre la destinée du peuple que vous vous étiez choisi, et celle que vous avez faite à votre Église, n'ont plus rien qui m'étonnent. J'y vois au contraire une preuve de plus de votre tendre sollicitude et de votre amour infini pour les hommes. Il s'agissait de faire comprendre à des intelligences devenues charnelles et matérielles par le domaine malheureux que le corps avait conquis sur l'esprit, une institution où tout est spirituel et surnaturel, quoique très positif et très réel. Vous vous servez donc alors de faits qui sont visibles et palpables, de signes et de figures qui frappent les sens, pour faire entendre des choses spirituelles, invisibles, et l'action qu'elles doivent exercer sur l'âme, afin de lui rendre sa dignité et son autorité premières. Pour nous aider dans ces rapprochements lumineux, et pour nous montrer qu'ils ne sont pas le fruit d'un jeu d'esprit plus ou moins ingénieux, vous daignez, ô divin Sauveur, nous en donner pour ainsi dire la clef, en multipliant vous-mêmes dans vos célestes leçons les allusions à l'ancienne loi et les applications que nous devons en faire à la loi évangélique ; à chaque instant, vous nous citez à l'appui de la doctrine nouvelle et sublime que vous nous apportez, les textes des livres sacrés du vieux testament, pour mieux nous faire entendre comment les faits qu'ils racontent, et les principes qu'ils établissent ont une admirable analogie, une connexion intime avec les vérités que vous proclamez, et comment ce gouvernement ébauché et imparfait, suffisant pour un peuple grossier et charnel se perfectionne enfin entre vos mains et devient la loi chrétienne et l'Église de Jésus-Christ, destinées à créer et à régir un peuple nouveau dont l'esprit dominera la chair et dont les vues élevées, surnaturelles et éternelles triompheront des intérêts abjects de la matière et du temps.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

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5 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Sixième jour

L'histoire des faits confirme les indications de la raison

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous!

 

I. Dieu n'a jamais laissé l'homme libre d'agir selon ses caprices : il a toujours exigé qu'il reconnût le souverain domaine qu'il avait et qu'il voulait conserver sur lui ; aussi lui a-t-il toujours fourni les moyens de connaître la vérité, d'être instruit de sa volonté et de l'accomplir. D'abord, dès qu'il l'eut créé, il lui révéla les choses surnaturelles, et il mit son obéissance à l'épreuve en lui défendant de toucher à l'arbre de la science du bien et du mal ; ensuite il lui donna la tradition, sous la garde des patriarches qui conservèrent ainsi fidèlement certaines vérités qui avaient survécu à l'ignorance à laquelle fut condamné notre premier père. Le petit nombre des hommes répandus sur la terre, et le respect qui régnait alors pour les chefs de famille, rendirent ce moyen suffisant pour cette époque ; d'autant plus qu'alors Dieu s'adressait souvent aux hommes, ou directement, ou par le ministère des anges, lorsqu'il avait à leur faire connaître ses volontés. Adam, Abel, Seth, Enos, Hénoch, Mathusalem, Noé, Héber, furent jusqu'à Abraham les représentants principaux du gouvernement spirituel primitif. Ce n'est pas qu'il n'y eût dès lors,comme toujours, des hommes rebelles à la volonté divine, et que les passions égaraient : témoins Caïn, ses descendants et ceux qui furent exterminés par le déluge. Mais le sanctuaire de la vérité et de la vertu n'en resta pas moins inviolable et intact.

II. A mesure que les traditions religieuses étaient plus exposées à l'altération, et que les pratiques fondées sur la Foi pouvaient plus facilement s'effacer des mœurs, soit par la multiplication des Juifs, soit par leurs rapports avec les peuples qui leur étaient étrangers, on remarque le soin tout particulier qu'apporte le Seigneur pour conserver toujours dans leur pureté primitive les croyances et le culte divin. Bientôt après la dispersion des enfants de Noé, l'idolâtrie s'était répandue sur la terre. Ce fut alors que Dieu choisit, parmi les descendants de Sem, un homme destiné à être le chef de tous les croyants, afin de conserver parmi eux la vraie religion. Cet homme fut Abraham, et dès ce moment les Juifs qui furent ses descendants formèrent un peuple à part. Ce peuple merveilleux reçut le nom auguste de peuple de Dieu, et fut chargé d'entretenir le feu sacré des lumières divines, d'en répandre l'éclat autour de lui et de perpétuer le culte du vrai Dieu ainsi que la confiance en la venue du Messie promis à nos premiers parents aussitôt après leur déplorable chute. L'importance de la mission confiée à cet illustre patriarche nous explique la solennité des promesses que lui fit le Seigneur dans cette grave circonstance. Plus tard, le peuple juif est entouré d'idolâtres et dominé par eux dans la captivité d'Egypte, et Dieu lui envoie Moïse qui devient tout à la fois son libérateur et son législateur. Il le délivre de la tyrannie égyptienne, fait en sa faveur plusieurs signalés prodiges, le retient pendant quarante ans dans le désert, loin de toutes les autres nations, pour qu'il ait le temps de se retremper dans ses anciennes traditions, et enfin il lui donne du haut du mont Sinaï, avec un appareil majestueux et terrible, une loi courte et substantielle, qui résume tout ce que la loi naturelle, la tradition et l'autorité des patriarches avaient enseigné jusqu'alors, et où se trouvent en germe tous les préceptes de la loi nouvelle. Gravé sur des tables de pierre, le Décalogue n'était plus exposé à périr au milieu de l'oubli, de l'erreur et des égarements des passions humaines.

III. A dater de ce moment, le culte extérieur qui n'avait encore rien eu de régulier, et qui s'était borné à quelques sacrifices offerts au milieu des campagnes, comme ceux d'Abel, d'Abraham et de Noé, reçut de Moïse des formes précises et liturgiques. Celui-ci, en effet, fit fabriquer une tente ou tabernacle d'après l'ordre qu'il en reçut de Dieu ; c'était un temple portatif, en rapport avec la situation du peuple hébreu qui devait être voyageur jusqu'à son entrée dans la terre promise. Le tabernacle était divisé en deux parties : la première, par laquelle on entrait, renfermait le chandelier d'or à sept branches, la table avec les pains de proposition ou d'offrande, et l'autel par lequel on brûlait les parfums ; la seconde partie, séparée de la première par un voile mystérieux, était le sanctuaire : on y avait placé l'Arche d'Alliance dans laquelle on conservait précieusement les tables de la loi ; et où l'on mit également plus tard la manne du désert et la verge fleurie d'Aaron. La tribu de Lévi fut choisie pour être consacrée au service des autels. Moïse développa dans le Pentateuque, sur l'ordre que Dieu lui en avait donné, les lois morales prescrites par le Décalogue, et il y ajouta les lois cérémonielles et judiciaires spéciales à la nation juive. Enfin, depuis l'entrée des Hébreux dans la terre promise jusqu'à l'arrivée du Messie attendu, sous les Juges comme sous les Rois, dans leurs épreuves comme dans leur prospérité, l'action du gouvernement divin se montra toujours d'une manière évidente sur le peuple qu'il s'était choisi : tantôt par la lecture des livres saints et par leur explication qui avait lieu dans les synagogues ; tantôt par les cérémonies qui se pratiquaient à Jérusalem dans le temple ; tantôt encore par les prophètes que Dieu suscita, surtout vers les derniers siècles. Avant la naissance du Sauveur, et jusqu'à  la descente du Saint-Esprit, sur les apôtres, la loi de Moïse et la synagogue conservèrent toute leur autorité divine, au point que Jésus-Christ Lui-même s'y soumit pendant toute sa vie et qu'il y renvoyait ses propres disciples en leur disant : « Faites tout ce que vous diront ceux qui occupent la place de Moïse ; mais n'imitez pas leurs œuvres ». (Matthieu 23, 3). C'est ainsi que, même avant la prédication de l'Evangile, il y a toujours eu une autorité religieuse chargée par Dieu même de conserver les vérités révélées et d'exercer son influence pour faire accomplir les lois qui en étaient la conséquence.

 

Élévation sur le même sujet

 

I. Que vos Miséricordes sont grandes, Seigneur ! L'homme après avoir été comblé de vos bienfaits, après avoir été éclairé de vos divines lumières, après avoir reçu de vos mains une compagne digne de lui, est encore placé par vous dans un lieu de délices ; et malgré tant de faveurs, l'orgueil et la sensualité l'ont emporté sur la reconnaissance ! L'homme a bravé votre volonté, il a voulu être indépendant, il vous a désobéi ! Que n'avait-il pas alors à attendre de votre indignation, de votre justice et de votre toute-puissance ? Vous pouviez le réduire en poussière et l'anéantir. Mais non, votre infinie bonté s'est contentée d'un châtiment temporaire, elle lui a laissé la vie pour éprouver de nouveau sa fidélité et lui rendre l'espérance. Elle a fait plus encore, elle lui a accordé des lumières et des secours surnaturels pour l'aider à triompher dans cette épreuve décisive. Vous avez daigné veiller sur ses destinées futures avec une tendresse paternelle et l'entourer de toute la sollicitude de votre bienveillante providence.

II. Aussi, malgré ses ingratitudes et ses infidélités continuelles, vous n'avez jamais cessé de l'assister. Les patriarches ont d'abord été vos interprètes et l'ont éclairé sur le sens de cette Loi intérieure que vous aviez gravée dans son âme ; puis, vous-même avez écrit votre Loi sainte sur des tables de pierre pour la rendre plus claire et ineffaçable ; vous avez suscité Moïse pour la développer et pour prescrire aux Juifs les moyens les plus propres à ne l'oublier jamais. Vous avez choisi un peuple destiné à en conserver le précieux dépôt, et vous avez permis qu'il subît de longues captivités chez des nations étrangères, afin de répandre dans leur sein les lumières de la Vérité. Enfin, vous avez nettement fixé le culte qui vous est dû, et le respect que l'on devait aux décisions dogmatiques de la synagogue, pour que l'erreur ne pût jamais triompher de la vérité, et pour que celle-ci éclairât sans cesse les peuples de ses divins rayons. Aussi trouvons-nous dans les pays les plus lointains, dans les philosophes les plus célèbres, et même dans l'Islamisme, des débris défigurés de ces principes si sages que Vous aviez révélés à votre peuple, et dont la connaissance confuse s'était répandue par les rapports que les Juifs esclaves ou voyageurs avaient eus avec les hommes qui habitaient sous d'autres climats.

III. C'est ainsi, Seigneur, que vous vous vengez des outrages dont les hommes ne cessent de vous abreuver. Et qui le croirait pourtant, si ce n'était un fait malheureusement trop public, et qui se perpétue tous les jours à la face du soleil ? Les hommes, au lieu de reconnaître et d'adorer cette bonté infinie, qui daigne du haut du trône de sa suprême majesté entourer leurs intérêts éternels de ses soins les plus assidus, refusent d'ouvrir les yeux à la lumière ; ils blasphèment les vérités qui ne leur sont révélées que pour devenir la source de leur salut, ils les méprisent, et proclament hautement, comme un triomphe remporté sur la divinité, leur indépendance et leur liberté ; ils vont même jusqu'à  prendre en pitié ceux qui, disent-ils, sont assez simples pour croire les oracles divins, et le sacerdoce chargé de les publier. Hélas ! Si quelqu'un méritait ici quelque pitié, ne serait-ce pas plutôt ces pauvres malheureux qui ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n'entendent pas ; qui ont une langue qui ne se délie jamais pour la prière, ni pour chanter les louanges de leur Créateur ? Cependant, le temps marche, marche toujours impitoyablement, l'heure dernière approche, et après le jugement ! Quel réveil ! Et que deviendra leur indépendance et leur liberté lorsqu'ils tomberont entre les mains du Dieu vivant ?

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

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22 mars 2014

Le Carême avec Saint Vincent de Paul 4/7

Le Carême avec Saint Vincent de Paul 4/7

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Troisième Semaine de Carême

 

Troisième Dimanche de Carême

Dimanche 23 mars

 

Méditation

« Ferme les yeux, recueille-toi un instant dans le sanctuaire de ton cœur, le Ciel de ton âme », disait la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité. Cette invitation à attendre le temps qu'il faudra jusqu'à ce que parvienne à notre oreille intérieure, profonde, le son discret du silence, malgré les distractions... Ecoutons le léger frémissement de cet ruisselet d'eau vive, musique douce, rafraîchissante, tout droit sortie de la source. Seule l'oraison peut permettre cela, seule l'oraison donne accès à cette découverte bouleversante et inoubliable. Rappelons-nous cette parole du Père à Son Divin Fils : « Tu es Mon Enfant Bien-Aimé, en Toi Je mets tout Mon Amour ». Se savoir aimé de Dieu, Le laisser faire et reposer contre Lui, en Lui, comme un enfant, voilà l'expérience de la présence de Dieu. Une fois encore, fermons les yeux, vaquons à Dieu comme disent les Moines, et écoutons la Parole qui, dans son silence, nous parle de la vie qui n'a ni commencement ni fin : le Père qui engendre le Fils, le Fils qui reçoit tout du Père, dans l'Esprit Saint. Cette plongée dans le mystère de l'Amour Infini renouvelle et restaure : l'être tout entier et l'homme connaît dorénavant les eaux calmes du port tranquille.

 

La Charité en actes

Ce jour-là, Faustino fêtait son deuxième Noël dans la fondation. Il avait dix ans et venait d'ouvrir son petit cadeau avec l'excitation exacerbée d'un enfant de son âge. Alors que nous admirions les différents groupes d'enfants exécuter des danses et des chants de Noël pour l'occasion, deux jeunes enfants chiffonniers et leurs parents passèrent près du portail de la fondation en poussant leur carriole en bois. Voyant cela, je me suis dit avec sincérité que nous étions finalement très impuissants. « On ne peut pas aider tout le monde », pensai-je. Ces quelques mots suffisaient à apaiser ma conscience gênée par le regard triste de l'enfant. Faustino, lui, ne s'est pas demandé s'il pouvait aider « tout le monde », mais comment aider celui-ci qui était devant lui. Sans dire un mot, je l'ai vu approcher du portail et donner son cadeau tout neuf, son unique jouet, à celui dont il avait partagé la condition il n'y a pas si longtemps. Il a ensuite arboré une sourire qui montrait qu'il était profondément heureux... heureux d'avoir donné. Voyant la scène, il s'est alors approché de moi et m'a dit naturellement : « Le pauvre, il n'a rien, lui ». Puis, il a rejoint ses amis pour continuer la fête.

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Lundi de la Troisième Semaine de Carême

Lundi 24 mars

 

La Charité à l'œuvre

Il doit revenir à Paris, chez les Gondi. Ceux-ci insistent beaucoup pour qu'il reprenne son poste. Mais il lui laissent la possibilité d'exercer son ministère itinérant. Vincent prêche sur les terres des Gondi, il fait ma mission, fonde de nouvelles « Charités ». En 1618, il commence à visiter les galériens à Paris. Il est impressionné par leur condition pitoyable. Il dit : « J'ai vu ces gens traités comme des bêtes ». Il ne s'arrête pas à un simple geste de compassion. La Charité enseigne à partager les problèmes de l'homme et aussi à reconstruire des rapports.

 

À l'école de Saint Vincent

« Voyez, mes frères, combien le zèle est grand en ces pauvres filles de s'offrir de la sorte ; s'offrir pour aller exposer leur vie comme des victimes, pour l'amour de Jésus-Christ et le bien du prochain, cela n'est-il pas admirable ? Pour moi je ne sais que dire à cela, sinon que ces pauvres filles seront nos juges au jour du Jugement ; oui, mes frères, ces filles seront nos juges au Jugement de Dieu si nous ne sommes disposés, comme elles, à exposer nos vies pour Dieu. Et qui n'en est point encore venu là, croyez-moi, on peut dire que celui-là est encore bien éloigné de la perfection ».

 

Parole de Dieu

« Heureux l'homme que Dieu corrige ! Lui qui blesse, puis panse la plaie, qui meurtrit, puis guérit de sa main ; six fois de l'angoisse Il te délivrera, et une septième, le mal t'épargnera » (Job 5, 17-19).

 

Dans ma vie

Comme l'âme du Purgatoire a soif d'une purification chaque jour plus complète afin de pouvoir contempler Dieu sans ombre, l'âme qui s'abandonne à l'influence de la grâce n'attend qu'une chose : être lavée de ses imperfection le lus secrètes. L'ardent désir de vivre une union pleine et entière avec Celui qui est à son origine lui donne alors le courage de continuer dans la prière, malgré l'ennui apparent, la sécheresse ou toute tentation. Avec Saint Vincent qui ne refusa pas l'épreuve, nous sommes appelés à entrer sans crainte sur cette voie aride qui aboutit sur les rives du Jourdain ».

 

Résolution

Lorsqu'en cette journée viendra la contrariété, je veillerai à transformer mes réaction d'agacement ou de colère en action de grâce : le Seigneur permet cela pour que je me rapproche de Lui d'avantage encore.

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Mardi de la Troisième Semaine de Carême

Mardi 25 mars

Annonciation du Seigneur

 

À l'école de Saint François de Sales

Fin 1618, l'Evêque de Genève, François de Sales, vient à Paris. Il est reçu par le grand monde avec curiosité et intérêt. Le Saint Evêque ne joue pas le rôle. Il vient, non pas pour recevoir applaudissements et approbations, mais pour convertir. Il raconte la vie de Saint Martin, alors que tous espéraient les feux d'artifice d'une rhétorique brillante. Il rencontre Vincent et lui narre cet épisode. C'est pour Vincent une rencontre importante. Cela l'oblige à revoir son échelle des valeurs. L'évêque de Genève et Sainte Françoise de Chantal lui confient la direction du monastère parisien de la Visitation.

 

À l'école de Saint Vincent

« La Congrégation de la Mission subsistera autant de temps que l'exercice de l'exercice de l'oraison y sera fidèlement pratiqué, parce que l'oraison est comme un rempart inexpugnable, qui mettra les missionnaires à couvert contre toutes sortes d'attaques ; elle est un mystique arsenal, ou comme la tour de David, qui leur fournira toutes sortes d'armes, non seulement pour se défendre, mais aussi pour assaillir et mettre en déroute tous les ennemis de la gloire de Dieu et du Salut des âmes ».

 

Parole de Dieu

« Ô mon Dieu, n'en feras-Tu pas justice, car nous sommes impuissantes devant cette horde immense qui nous attaque. Nous ne savons que faire, aussi est-ce sur Toi que se portent nos regards » (2 Chroniques 20, 12).

 

Dans ma vie

La purification une fois passée, Dieu se donne à l'âme et lui fait goûter à Son Amour et l'illumine, avant-goût de la rencontre céleste. N'y-a-t-il pas là quelque chose de la béatitude des Mages recevant l'Enfant-Dieu dans leurs bras ? De la même façon, lorsque Saint Vincent tenait entre ses doigts la Sainte Hostie, il savait de tout son cœur et de toute son âme que derrière les voiles du Pain se cache notre Dieu. Tressaillant de joie, nous pouvons dire avec Isaïe : « Lève-toi Jérusalem, sois illuminée : car ta lumière est venue et la gloire du Seigneur s'est levée sur toi ».

 

Résolution

Afin d'être le plus agréable possible pour ceux qui m'entourent, je sera attentif à ménager du temps pour l'exercice physique. Le sport n'est pas un ennemi de l'intériorité, bien au contraire. Saint Bruno nous l'assure : l'arc tendu trop fort et trop longtemps perd sa force.

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Mercredi de la Troisième Semaine de Carême

Mercredi 26 mars

 

Les exigences du ministère

Vincent commence à prêcher. La nouveauté se trouve dans la méthode. Il s'oppose à la prédication traditionnelle. Si jusque-là il a considéré le Sacerdoce comme l'unique occasion pour se procurer un moyen de s'affirmer, après son séjour à Clichy il a saisi la beauté du service pastoral ; en même temps il a assimilé les exigences du Concile de Trente a propos du « bon prêtre ». Cela comporte des exigences intérieures et extérieures comme l'esprit de prière, l'austérité de la vie, la résidence dans la paroisse et l'engagement pour mettre en acte les moyens de la pastorale établie : la prédication des Sacrements.

 

À l'école de Saint Vincent

« Aller doucement dans la manière d'agir, et de ne pas se rompre la tête à force de s'appliquer et de vouloir subsister ; d'élever son esprit à Dieu et de l'écouter, parce qu'une de Ses paroles fait plus que mille raisons et que toutes les spéculation de notre entendement... il n'y a que ce que Dieu inspire et qui vient de Lui qui nous puisse profiter, que nous devons recevoir de Dieu pour donner au prochain, à l'exemple de Jésus-Christ, Lequel parlant de Lui-même disait qu'Il n'enseignait aux autres que ce qu'Il avait entendu et appris de Son Père ».

 

Parole de Dieu

« Père, l'heure est venue : glorifie Ton Fils, pour que Ton Fils Te glorifie et que, par le pouvoir sur toute chair que Tu Lui as conféré, Il donne la vie éternelle à tous ceux que Tu Lui as donnés ». (Jean 17, 1-2).

 

Dans ma vie

La vraie gloire, le vrai bonheur, peuvent-ils se rencontrer en dehors de la possession de Jésus-Christ ? À vrai dire, lorsque nous croyons le posséder, c'est en réalité Lui qui nous possède... Servir l'Hôte Divin de notre âme, n'est-ce pas déjà régner avec Lui ? Malheureusement, nos attaches au monde sont parfois trop fortes et nous refusons d'adorer en esprit et en vérité Celui qui est le Roi de nos vies, maintenant et pour l'éternité. Qu'avons-nous fait de Lui, de Sa Royauté sociale, de Son empire d'Amour qui veut s'étendre sur les âmes, sans limite ? Mais nous pouvons nous ressaisir d'un seul regard tourné vers Lui, avec l'aide de Sa Douce et Sainte Mère.

 

Résolution

Éviter le plus possible aujourd'hui de faire du bruit. Trop de bruit nuit à l'âme. Quand je ne pourrai pas faire autrement (machine, paroles, etc...) j'essaierai de garder un esprit de silence, malgré tout.

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Jeudi de la Troisième Semaine de Carême

Jeudi 27 mars

 

Une situation catastrophique

La majorité des Français vit dans les campagnes. Les Curés ont un rôle important dans la conservation et l'accroissement e la Foi. Mais ils ne sont pas à même de remplir ce rôle. « L'Eglise, dit un jour Saint Vincent, tombe en ruine à cause de la mauvaise vie des Prêtres, ce sont eux qui la perdent et la détruisent ». Les églises sont dans une triste situation extérieure. L'intérieur est dans dans des conditions désastreuses. On trouve des Tabernacles avec des Hosties pleines de vers, et où l'on entrepose souvent de l'argent ou des lettres. Vincent n'a plus besoin d'entendre des voix d'en-hait pour savoir la Volonté de Dieu. Ce qu'il voit lui suffit.

 

À l'école de Saint Vincent

« Sachez que quand vous quitterez l'oraison et la Sainte Messe pour le service des pauvres, vous n'y perdrez rien, puisque c'est aller à Dieu que servir les pauvres, et vous regardez Dieu en leurs personnes » et de poursuivre d'une manière très paternelle : « Supportez leurs petites humeurs... Ne vous courroucez jamais contre eux, et ne leur dites point de paroles rudes, ils ont assez à faire de souffrir leur mal. Pensez que vous êtes leur ange gardien visible, leur père et mère... »

 

Parole de Dieu

« Il n'y a donc plus maintenant de condamnation pour ceux qui sont dans le Christ » (Romains 8, 1).

 

Dans ma vie

L'heure est venue de donner à Dieu ma volonté. Avec le Bienheureux Charles de Foucauld, nous pouvons formuler un acte d'abandon : « Père, je remets mon esprit entre Vos mains, j'accepte tout, même ce qui me semble insurmontable, même ce qui me fait frissonner d'angoisse, d'horreur... pourvu que Votre Volonté se fasse en moi et dans Vos créatures, car Vous êtes mon Père et que rien de mauvais pour mon âme ne peut m'arriver lorsque je m'abandonne à Vous. Donnez-moi cette sainte indifférence qui est une autre manière de dire que je Vous aime ».

 

Résolution

En choisissant Dieu, je suis appelé à faire des choix. « Cherchez le Royaume de Dieu et Sa Justice et tout le reste vous sera donné par surcroît ». Un historien Lyonnais, Antoine Lestra, avait pris cette phrase de l'Ecriture pour devise. Pourquoi n'en ferions-nous pas autant ?

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Vendredi de la Troisième Semaine de Carême

Vendredi 28 mars

 

Aumônier des galères

Au début de 1618, il entre dans l'immense misère de la prison des galériens. La condamnation aux galères est une mort lente. C'est un enfer. Plus tard, il dira : « Mes sœurs, quel bonheur de servir ces pauvres forçats, abandonnés entre les mains de personnes qui n'ont point de pitié ! Je les ai vus, ces pauvres, gens, traités comme des bêtes ». Il va intercéder auprès de Pierre-Emmanuel de Gondi afin qu'ils soient traités plus humainement. Il leur fait avoir une nouvelle résidence. En 1619, il est nommé aumônier général des galères. Pour beaucoup de condamnés c'est alors une lueur d'espérance.

 

À l'école de Saint Vincent

« Mais le soleil remplit et vivifie tout pas sa lumière ; il ne découvre pas seulement l'extérieur des choses, mais par une vertu secrète, il pénètre au-dedans. (…) Or les pensées et les considérations qui viennent de notre entendement ne sont que de petits feux, qui montrent seulement un peu le dehors des objets, et ne produisent rien davantage ; mais les lumières de la Grâce, que le Soleil de Justice répand dans nos âmes, découvrent et pénètrent jusqu'au fond et au plus intime de notre cœur, qu'elles excitent et portent à faire des productions merveilleuses ».

 

Parole de Dieu

« C'est pourquoi, mes bien-aimés, fuyez l'idolâtrie. Je vous parle comme à des gens sensés ; jugez vous-même de ce que je dis » (1 Corinthiens 10, 14-15).

 

Dans ma vie

S'il m'arrive de me sentir lourd, lesté par un courage bien faible, s'il m'arrive de porter le poids du jour, de l'ennui, en un mot du dégoût pour tout ce qui me renvoie à ce qui est, au présent, à mon devoir d'état, je Vous remets cela mon Dieu. Soyez ma force, nourrissez-moi de Votre énergie divine... C'est le moment où jamais de me mettre à genoux, de pleurer si nécessaire, d'aller me confesser... Je sais que Vous m'ouvrirez les bras, que Vous ne cessez de m'attendre comme un Père. D'ailleurs, j'ai le pressentiment que Vous êtes déjà en route pour venir à ma rencontre, et j'entends le bruit de vos pas...

 

Résolution

Entre deux mets, le moins on aura ma préférence aujourd'hui. En souvenir de la boisson vinaigrée que le Seigneur Jésus reçut Vendredi-Saint. Je préfère l'amertume de la Croix, prélude au festin éternel, à la saveur sucrée des biens terrestres qui deviennent en peu de temps la proie des vers.

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Samedi de la Troisième Semaine de Carême

Samedi 29 mars

 

La mission permanente

Si au temps de Châtillon, Madame de Gondi à craint de le perdre, maintenant les choses ont changé. La noble dame a compris qu'elle ne peut freiner la générosité de l'homme de Dieu. Si elle l'avait retenu auprès d'elle, Vincent s'y serait senti comme en otage. Pour ne pas le perdre, elle favorise ses aspiration, lui donnant son consentement pour l'oeuvre des missions. Celle-ci doivent se dérouler sur les terres des Gondi. Ainsi s'assure-t-elle du service de son inestimable aumônier. Elle lui lègue une forte somme d'argent dont les revenus doivent payer les frais de mission.

 

À l'école de Saint Vincent

« Il en va de même en l'oraison, lorsqu'on recherche de belles considération, qu'on s'entretient en des pensées extraordinaires, particulièrement lorsque c'est pour les débiter au-dehors en rapportant son oraison, afin que les autres aient de l'estime. C'est là une espèce de blasphème ; c'est, en quelque façon, être idolâtre de son esprit ; car, en traitant avec Dieu dans l'oraison, vous méditez de quoi satisfaire à votre superbe, vous employez ce saint temps à rechercher votre satisfaction et à vous complaire dans cette belle estime de vos pensées, vous sacrifiez à cette idole de la vanité ».

 

Parole de Dieu

« J'ai ouvert à mon Bien-Aimé, mais tournant le dos, Il avait disparu ! Sa fuite m'a fait rendre l'âme. Je l'ai cherché mais je ne l'ai point trouvé » (Cantique des Cantiques 5, 6).

 

Dans ma vie

En veillant à réguler mes humeurs, à les maintenir égales, je prends la route de la paix intérieure. Saint François de Sales conseille toutefois de ne pas se troubler du fait que nous ne pouvons calmer rapidement nos émotions... Il suffit de les remettre à Dieu, de les abandonner à Sa Miséricorde pour qu'Il vienne nous pardonner. Pour mon entourage je serai alors une occasion d'action de grâce pour les bienfaits du Seigneur. Il nous fait continuer de chanter, autant que possible, malgré les difficultés, non pour nous faire illusion, mais pour manifester la Foi qui est la nôtre en la réalité de la joie éternelle qui réside en Dieu et à laquelle nous sommes appelés de toute éternité.

 

Résolution

Aimer et Marie sont deux mots qui marchent ensemble : autant de lettre, et les mêmes. Aimer comme Marie, surtout quand les sentiments indiquent le contraire, voilà le plus sûr chemin pour être au plus près du Cœur de Jésus, comme Saint Jean.

Madagascar, Incarnate Love

Texte extrait du hors série de Parole Prière « Mon Carême avec Saint Vincent de Paul ». Pour vous le procurer ou vous abonner, cliquer ici

25 mai 2014

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

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Vingt-sixième jour

Préparatifs

 

Du 4 au 24 mars, tous les jours et à chaque heure du jour, un mouvement incessant de va-et-vient était établi sur le chemin du Pont-Vieux, et le dessous de la Grotte ne désemplissait jamais. Le dimanche, en particulier, les travaux des champs étant suspendus, on voyait, sur toutes les routes, de longues files de villageois qui venaient renouveler leurs hommages à la Dame de Bernadette. Quant à l'enfant, ne soupçonnant pas qu'elle pût être l'objet d'une attention quelconque, elle ne mettait aucun soin ni à se cacher, ni à se produire. Quatre fois par jour, comme avant les Apparitions, elle traversait une partie de la ville causant et babillant avec ses camarades d'école...

Souvent, le soir, à la sortie des classes, on apercevait une jeune fille se détacher sans bruit de ses compagnes et prendre en toute hâte la direction de Massabielle. Parvenue sous le rocher elle baisait la terre, jetait un regard ardent sur la niche et répandait son cœur dans une affectueuse prière. Avant que la nuit arrivât, elle se levait souriante, faisait un salut d'adieu et disparaissait avec le même empressement qu'elle était venue... Cette jeune fille n'était autre que Bernadette. Aux jours où l'école était fermée, elle allait passer de longues heures avec Celle qui lui avait promis de la rendre heureuse, non pas en ce monde, mais dans l'autre. Elle ne se présentait plus à la Grotte comme durant la quinzaine des Apparitions, c'est-à-dire accompagnée de la foule et à travers les ovations. Elle arrivait seule, enfoncée dans son capulet et faisant le moins de bruit possible. Soit par un sentiment d'humilité, soit pour ne pas attirer l'attention des assistants, elle franchissait la place qu'elle occupait au temps des visions et allait se réfugier au fond de la Grotte. Là, recueillie, effacée, souvent inconnue, elle se livrait à ses méditations et récitait avec piété son petit chapelet.

L'intérieur de la Grotte avait changé d'aspect. Des mains pieuses y avaient élevé un autel rustique, sur lequel on avait placé une statue de la Sainte Vierge. A cette statue, on avait bientôt ajouté des médailles, des cadres, une foule d'objets de piété, comme en une chapelle livrée au culte. Des cierges en grand nombre y brûlaient jour et nuit, et les voûtes de Massabielle commençaient à retentir du chant de cantiques en l'honneur de la Madone des Pyrénées. Aucun pèlerin ne quittait la Grotte sans jeter sur le sol, et plus tard dans un coffret, une pièce de monnaie destinée à l'érection de la chapelle réclamée par la Dame. Le petit trésor n'était gardé par personne, et jamais aucune main téméraire n'osa y toucher.

Cependant, une opinion, tenace comme une certitude, régnait à Lourdes et dans toute la contrée environnante relativement aux visions : c'était que la Dame de la Grotte n'avait pas dit son dernier mot. Les merveilles des extases, le jaillissement extraordinaire de la fontaine, les récits et les ambassades de la voyante demeuraient, en effet, sans explication suffisante, si l'Apparition continuait à se taire sur son nom et sur le but de ses visites. Or, les personnes qui analysaient les événements se refusaient à croire qu'un drame dont toutes les données étaient célestes, pût se terminer sans laisser dans les esprits autre chose que le souvenir brillant, mais stérile, d'une représentation théâtrale.

La période du 4 au 24 mars s'était néanmoins écoulée et aucun fait nouveau n'était venu dissiper les nuages, ni précipiter le dénouement attendu. En ce dernier jour, veille de l'Annonciation, un souffle du ciel passa dans toute la région, invitant les âmes pieuses à se rendre, le lendemain à la Grotte de Massabielle... Il faut cependant le dire, on ne vit pas à la Grotte, ce jour-là, les grandes foules des Apparitions précédentes. On y remarquait plutôt, avec quelques hommes agenouillés ça et là, une riche couronne de jeunes vierges et de pieuses mères, faisant une garde d'honneur à la Dame cachée. En obéissant à l'impulsion intérieure qu'elles avaient ressentie, toutes ces âmes d'élite s'étaient pénétrées de la pensée que quelque grand événement se préparait à la Grotte. À l'avance, elles se demandaient quel pouvait être cet événement. Bernadette entendit aussi, la veille, un appel intérieur.

Qu'on juge de sa joie quand elle comprit que la divine Mère l'appelait à un nouveau rendez-vous. Auprès de l'âtre de famille, dans la veillée du 24 mars, Bernadette fit part à ses parents de l'avis intérieur qu'elle avait reçu et parla, comme d'une chose assurée, du bonheur qui l'attendait le lendemain à la Grotte. Toute pleine de cette pensée, elle alla se coucher, mais le sommeil ne put arriver à ses paupières. La nuit lui parut longue et bien des Ave Maria du chapelet passèrent sur ses lèvres. C'était la veille d'une grande fête de la Vierge : l'Annonciation, première page de la genèse évangélique ; et cette fête, étant donné l'appel de la Dame, devait ménager à Bernadette des visions, des auditions, des goûts de paradis. Il est plus difficile de deviner ses impressions que de les analyser. Elle n'avait plus vu la Dame depuis trois semaines, et elle la reverrait le lendemain : quelle poésie en une telle perspective ! On comprend son insomnie : les grandes allégresses, comme les grandes douleurs, empêchent de dormir...

Les âmes pieuses perçoivent aussi les appels de la grâce. En la vigile des fêtes, quand les cloches sonnent les premières Vêpres et l'Angélus du soir, la voix de la Dame et de Jésus retentit en notre être religieux : « Va à confesse, prépare ta communion de demain, je t'apparaîtrai, je te visiterai, je t'emplirai de mes intimités ». Bernadette constata une prévenance insolite. Aussitôt que les premières lueurs du jour parurent, elle quitta sa couchette, s'habilla avec diligence, et, sans écouter son asthme, qui se réveillait dans sa petite poitrine, elle prit, d'un pas agile, le chemin de Massabielle. O confusion pour elle ! La niche était déjà  illuminée et la Dame attendait !... « Elle était là, disait Bernadette, paisible, souriante et regardant la foule comme une mère affectueuse regarde ses enfants ».

L'histoire du monde, notre histoire personnelle, sont remplies des prévenances de Dieu et de la Dame : il est nécessaire que l'Etre, la Sainteté, la Science, la Puissance qu'est Dieu, préviennent le néant, la misère, l'ignorance, la faiblesse qu'est l'homme. Nous ne pourrons jamais arriver avant Dieu. Nous souvenant que l'exactitude, politesse des grands, doit être davantage la politesse des chrétiens, à qui le Christ donne audience, nous devons, nous pouvons cependant être rigoureusement exacts à l'heure de la messe et des autres offices qui se célèbrent en nos temples sacrés...

Que d'indélicatesses, de fautes, je n'ose dire de crimes, dont certains catholiques se rendent coupables sur ce point ! D'une ponctualité mathématique, tels des instruments de précision, aux concerts, aux cours des facultés, aux salons pour les visites et les dîners, ils traînent en longueur, quand il s'agit d'assister à une cérémonie liturgique. Certaines vaniteuses se font même comme une spécialité des retards aux messes, aux sermons, aux Saints, pour se ménager dans l'église une entrée plus sensationnelle !... L'autel est tout illuminé, Jésus, la Dame attendent, et nous n'y sommes point ! Ah ! Si nous savions leur amour impatient !...

 

Examen

 

Quelles que soient les joies sensibles dont nous soyons privés devant le Saint-Sacrement ou l'autel de Marie, continuons-nous, autant que cela est compatible avec nos devoirs d'état, à venir faire notre adoration ou notre visite à la Sainte Vierge ?... Souvent le soir, à la sortie des classes, Bernadette se rendait en toute hâte à la Grotte, et cependant la Dame ne lui apparaissait plus... Nous nous dégoûtons si vite quand nous ne sentons plus rien... Le soir ! Quel moment propice pour la visite à l'église ! Ce fut le soir du Jeudi Saint et au soir de sa vie que Jésus institua l'Eucharistie... La tombée de la nuit fait penser à la tombée de cette nuit où personne ne peut plus travailler et qui s'appelle la mort : la vie est un jour, la mort c'est la nuit et demain, si nous sanctifions la veille, c'est le Ciel !...

Profitons-nous de nos loisirs pour prolonger notre présence à l'église ?... Aux jours où l'école était fermée, Bernadette allait passer de longues heures à la Grotte.... Nous nous plaignons parfois de manquer de temps pour nos exercices de piété... et quand le temps abonde, nous ne faisons pas davantage, si nous ne faisons pas moins, pour Dieu et Marie...

Aimons-nous à nous trouver dans l'église, quand il n'y a personne ou peu de monde, afin de tenir compagnie à Notre-Seigneur, à la Vierge, et de prier avec plus de recueillement... Bernadette arrivait seule à la Grotte et restait seule sous la roche... Ah ! Les coins de chapelle obscure, on les recherche quand on sait en éveiller les échos, en utiliser les ombres... Comme la Grotte fut promptement transformée en chapelle rustique !... On a beau voler les Fabriques et chercher à appauvrir le Culte, les dons des fidèles ne manqueront jamais... Quand l'Eglise n'aura plus l'or des Rois de l'Orient, elle aura les présents des bergers... C'est l'éternelle histoire...

Comment sanctifions-nous la veille des fêtes ? La veille c'est l'espérance... Le jour c'est déjà  presque le passé... Obéissons-nous aux appels de Dieu ?... Il nous appelle par la voix de notre conscience, par la vue d'un bon exemple, par le rafraîchissement d'un souvenir, par le son des cloches, par la rencontre d'un prêtre.... Préparons-nous soigneusement la veille au soir notre méditation du lendemain ?... Aspirons-nous en quelque sorte Dieu, en songeant à la messe que nous entendrons, à la communion que nous ferons ?... Bernadette sanctifia tout particulièrement cette veille de l'Annonciation... Ô nuit sainte, ô nuit bienheureuse pendant laquelle l'enfant ne put dormir !... Tardive aurore, devait-elle dire, hâte ton cours...

Que serions-nous sans les prévenances de Dieu ?... Il nous prévient dans notre cœur par les mouvements de sa grâce... Il nous prévient au tabernacle par sa présence perpétuelle... Il ne nous fait jamais attendre.... Il nous attend toujours... Le monde était illuminé par la lumière physique toute vierge, quand Adam fut créé... Notre tête était illuminée par la Foi baptismale, quand la Raison, à l'âge des premiers discernements, nous permit de voir un peu clair... La cathédrale de Reims était illuminée, quand Clovis, au jour de Noël, pour son baptême et celui de ses Francs, y entra... l'illumination de nos autels où se trouvent Jésus et sa Mère : quelle félicité pour des yeux clairvoyants !... Je comprends que le fier Sicambre et tant d'autres aient eu des illusions de Ciel !...

 

Prière

 

O Notre Dame, avec quelle complaisance ne deviez-vous point, à son insu, regarder Bernadette dans la Grotte quand, pleine de votre souvenir, elle venait respirer à Massabielle l'air que vous aviez vous-même respiré !... Elle ne vous voyait point.... Mais elle était bien sûre que vous la contempliez... Est-il besoin de voir pour aimer?... La Foi n'est-elle pas plus illuminatrice que nos yeux?... Faites-nous partager la foi de Bernadette.... Elle n'était point seule l'objet de vos regards : vous les promeniez sur tous ceux et toutes celles qui, à la Grotte, venaient vous invoquer.... Mais aussi immense dut être la joie de cette enfant, quand, la veille, vous lui fîtes part du rendez-vous du lendemain. Et le lendemain, plus diligente qu'elle, comme une Mère impatiente de la revoir et de lui accorder une grâce plus grande, vous l'attendiez dans la niche au milieu d'une apothéose lumineuse. Appelez-nous mystérieusement, à notre tour, prévenez-nous de vos amabilités royales, et que notre passion soit comme en Bernadette de vous voir, de vous prier, d'écouter vos paroles, pour vous servir mieux encore et plus vous admirer !...

 

O Marie, conçue sans péché, Priez pour nous qui avons recours à vous.

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Texte extrait du « Mois de Marie à la Grotte de Lourdes », Abbé Archelet, Librairie P. Lethielleux, Paris, 1908

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5 mai 2014

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

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Sixième jour

Demande de la Dame et Promesse

 

Et la Dame, ayant paru ensuite réfléchir un moment, ajouta : « Voulez-vous avoir la bonté de venir ici pendant quinze jours ? » Seconde parole : elle contenait une demande. Demande réelle : « Voulez-vous ? » Tel est le respect de Dieu pour notre volonté, dont il a fait la collaboratrice de ses vouloirs sur nous, pour ce qui se réfère à notre sanctification, que la Dame fait appel, d'abord, à la volonté, au libre arbitre de Bernadette. Elle aurait certes pu intimer un ordre, surtout à une fille de meunier, à une enfant ; elle formule une demande : « Voulez-vous ? »

Demande délicate : « Voulez-vous avoir la bonté ? » ou, selon une variante admise, parfois, dans la traduction de Bernadette : « Voulez-vous me faire la grâce ? » Peut-on rien concevoir comme forme de demande ! La volonté a été respectueusement consultée ; le cœur s'imprègne maintenant de bonté de grâce. La conversation de personnes bien élevées est un des plus grands charmes de société, ici-bas. Que doivent donc être les conversations du Ciel ? Nous en percevons un écho, par Marie : « Voulez-vous avoir la bonté, me faire la grâce ? » Vous qui aimez la Vierge, imitez son langage ; et qu'aucune parole maladroite n'éloigne jamais de vous ceux, si petits soient-ils, que vous avez le devoir d'édifier et convertir !

Demande particulièrement réjouissante : « Voulez-vous avoir la bonté de venir ici pendant quinze jours ? » Ainsi énoncé, l'objet inattendu de la demande apportait à Bernadette une double joie de précision et de durée. Rien ne paralyse comme l'incertitude, l'imprécision de ce qu'on a à faire, lorsqu'on voudrait s'employer pour Dieu ; rien aussi ne désenchante comme la rapidité des moments d'union plus intime avec le Surnaturel. Et Bernadette, maintenant, connaissait son devoir : « venir » ; et elle savait où le remplir : « ici ». Et cela durerait quinze jours ! La Dame me veut ici, devait-elle se dire à elle-même ; donc, ma mère ni personne ne pourra s'y opposer.... Quel apaisement dans son âme, quelle perspective de céleste bonheur !....

« Qu'as-tu répondu ? » lui demanda Antoinette Peyret. « J'ai répondu que oui ». « Mais pourquoi la Dame veut-elle que tu viennes ? » « Je l'ignore, elle ne me l'a pas dit ». « Mais, reprit à son tour Madame Millet, pourquoi nous as-tu fait signe de reculer quand nous étions tout à l'heure après toi ? » « Pour obéir à la Dame ». « Ah ! Soupira avec inquiétude Madame Millet, de grâce, Bernadette, demande-lui si ma présence ici ne lui serait pas importune ». Bernadette leva les yeux vers le haut du rocher, puis se retournant : « La Dame répond : « Non, sa présence ne M'est pas désagréable ». La voyante se remit à prier et avec elle les deux femmes. Dans cette seconde partie de l'Apparition, Madame Millet et Antoinette Peyret remarquèrent que Bernadette interrompait souvent sa prière pour se livrer à un colloque intime avec la Vision. Une heure se passa ainsi, puis tout disparut. Dès que Bernadette fut sortie de la Grotte, Madame Millet et Antoinette Peyret lui demandèrent si elle n'avait pas reçu de nouvelle communication de la Dame : « Si, répondit l'enfant, mi-attristée, mi-joyeuse ; elle m'a dit : « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse dans ce monde, mais dans l'autre ».

Troisième parole : elle contenait une promesse. La dévotion à la Sainte Vierge a toujours été considérée comme un signe certain de pré-destination : « Enfant de Marie, dit l'adage ascétique, enfant du Paradis ». La Dame, pour rafraîchir cette conviction chez les chrétiens et chrétiennes modernes, tant oublieux de leur Salut, promet à Bernadette de la rendre heureuse non en ce monde, mais dans l'autre. Et les promesses de la Dame ne sont ni décevantes ni ruineuses, comme celles des hommes qui promettent tout et ne tiennent rien, soit qu'ils ne puissent ou ne veuillent plus. Il y a un autre monde dont celui-ci est le portique ; et c'est de l'autre monde, du monde de l'éternité bienheureuse, que d'ores et déjà, par nos aspirations et nos œuvres, nous devons faire partie. Mais qui pense à ce monde futur, aujourd'hui que la matière triomphante a jeté son voile sur les yeux de l'Esprit ? De n'y penser point ne le supprime pas. Il existe, et il sera le grand réformateur...

« Puisque la Dame consent à te parler, reprirent les femmes, pourquoi ne lui demandes-tu pas son nom ? » « Je l'ai fait ». « Eh bien ! Qui est-elle ? » « Je l'ignore ; elle a baissé la tête en souriant, mais elle n'a pas répondu ». La révélation du nom était une grâce qu'il fallait mériter. Elle se ferait plus tard.... Bernadette fut reconduite dans sa famille. Comme la meunière Nicolau, Madame Millet et Antoinette Peyret dirent à la mère : « Ah ! Que vous êtes heureuse d'avoir une pareille enfant ! »

Rien de plus vrai. La mère Soubirous, en proie à mille perplexités, n'appréciait peut-être pas alors tout son bonheur. Il était grand cependant. Mère, elle avait le bonheur de l'élection de sa fille par la Dame, supérieure à toutes ; chrétienne, elle avait le bonheur de la coopération directe à l'oeuvre sainte de la Grotte, par ses conseils, ses autorisations et ses souffrances ; femme, elle avait le bonheur de l'illustration même temporelle de son nom par les divulgations prochaines de la Renommée et de l'Histoire. Mais quand on est heureux, on a besoin de se l'entendre dire pour s'en bien pénétrer. Voilà pourquoi je me plais à dire à vous qui venez au Mois de Marie et servez la Vierge : « Vous êtes heureux, heureuse, de pouvoir jouir des intimités de la Dame. Comprenez votre bonheur ».

 

Examen

 

Connaissons-nous les vouloirs spéciaux de Dieu, de la Vierge, sur nous ?... On les connaît par les poussées de la grâce vers tel sacrifice ou telle action, par les élancements du cœur, par les incitations de la conscience, par les impasses auxquelles nous acculent les événements, par les indications de notre confesseur.... Répondons-nous : « Je veux », par un intelligent libre-arbitre, afin de ne pas être obligés, au jour de notre mort, de le dire par nécessité inexorable, alors que Dieu, ne nous demandant plus notre avis, nous dira d'un ton qui ne souffrira ni réplique ni délai : « Je veux ? »... Ouvrons-nous notre cœur, plus encore que notre esprit, aux désirs divins, aux ordonnances divines, mettant de la coquetterie à avoir toutes les bontés pour Dieu, à lui faire toutes les grâces, car ce qu'il regarde dans les œuvres c'est avant tout le cœur.... Bernadette répondit oui.

Ne sommes-nous point de ceux qui commencent avec entrain le mois de Marie, mais qui, avant la première quinzaine ou la fin de la seconde, ne remettent plus les pieds à l'église, non parce qu'ils sont retenus chez eux par la maladie ou les affaires, mais parce que rien ne leur plaît tant que l'inconstance, rien ne leur pèse plus que la continuité ?.... Sommes-nous bien convaincus que notre présence est fort agréable à Marie, à condition que dans ses sanctuaires nous sachions la prier avec ferveur et prendre des résolutions qui provoquent chez nous l'imitation plus parfaite de ses exemples et de ses vertus ?... Tout culte doit rendre imitateur.... Pensons-nous souvent au bonheur sans mélange ni terme qui nous attend au Ciel ?... Ne cherchons-nous pas plutôt être heureux sur cette terre, à la façon des mondaines et des mondains : désirant les richesses, les honneurs, les plaisirs qui deviennent si facilement des causes d'éternelle damnation ?...

Tout en ayant, je le veux supposer, une vraie dévotion intérieure à la Très Sainte Vierge, savons-nous faire pour elle, extérieurement, des sacrifices de toilette, par la simplicité de mise qui convient à des Enfants de Marie ?... Que de jeunes filles refusent aujourd'hui de s'habiller de blanc, de porter le voile virginal ! Si encore c'était pour économiser, elles pourraient être excusables. Mais elles ont peur de ne pas être assez belles, assez élégantes, pendant quelques heures, aux yeux du monde : des robes, des chapeaux, à la dernière mode, cadrent mieux avec leurs goûts de vanité qu'elles amalgament avec des airs et des pratiques de religion. Car à notre époque, par une anomalie tristement caractéristique, les personnes honnêtes ont la manie de se vêtir souvent comme celles qui ne le sont pas, afin de paraître, dirait-on, avoir quelque relent de légèreté ou de vice ; et celles qui ne sont pas honnêtes recourent à tous les vernis de l'hypocrisie pour reproduire les dehors de celles qui le sont.... C'est le monde renversé !.. La Dame plus belle, plus élégante que toutes, j'imagine, ne se montra pas si difficile : elle apparut à la Grotte tout juste avec le costume : robe blanche et ceinture bleue, admis dans l'association des Enfants de Marie à la paroisse de Lourdes, et elle consacra de la sorte, en l'irradiant d'une N'estimez-vous pas qu'une telle leçon de toilette ne devrait point passer inaperçue ?... 

 

Prière

 

O Notre-Dame, nous voulons avoir la bonté, vous faire la grâce de venir dans votre sanctuaire, non pas seulement pendant quinze jours, mais durant tout ce mois, qui n'aura que le tort très grand d'être trop court. Veuillez, en revanche, avoir la bonté, nous faire la grâce de nous promettre, comme à Bernadette, le bonheur du Paradis. « Salut, César, ceux qui vont mourir te saluent », disaient dans l'arène fatale les gladiateurs de Rome. Salut, disons-nous aussi, aux richesses, aux honneurs, aux plaisirs tyranniques : les enfants de la Vierge, uniquement épris des biens du Ciel, regardent la mort prochaine comme une libératrice, et ne vous accordent qu'un salut de pitié....

 

O Marie, conçue sans péché, Priez pour nous qui avons recours à vous.

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Texte extrait du « Mois de Marie à la Grotte de Lourdes », Abbé Archelet, Librairie P. Lethielleux, Paris, 1908

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29 avril 2014

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

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Veille du premier jour

L'arrivée à la Grotte

 

C'est donc à Lourdes que nous allons passer ce mois de mai tant désiré et enfin revenu. Pour le soin, souvent exagéré, du corps, on se ménage dans les stations balnéaires des cures d'eau, dans les stations climatériques des cures d'air. Remercions Dieu de nous avoir inspiré la pensée, fourni le moyen, d'entreprendre aux Pyrénées, en la station mystique la plus bienfaisante du monde, la cure d'âme dont notre esprit, notre volonté, notre cœur, plus ou moins fatigués, éprouvent le besoin. Quand on arrive au sommet des montagnes, dans les coins de forêt, sur la grève des plages, aux bords des sources, après lesquels on soupirait, la première chose qu'on fait, une fois installé en sa chambre d'hôtel, c'est de respirer en toute hâte le grand air, d'écouter le rythme, de regarder l'écume, de recevoir l'embrun des vagues, de se livrer, à l'orifice des fontaines, à d'impatientes libations. De même, sitôt arrivé à Lourdes, se hâte-t-on, avec une célérité plus légitime, de venir « voir le roc sauvage, où la Vierge un jour descendit, la Vierge au radieux visage qui nous console et nous bénit ». Et, tant qu'on a le bonheur de demeurer en cette ville sainte et d'y vivre en pèlerin, on fait de la Grotte le centre principal de ses journalières activités.

Ainsi ferons-nous, si vous le voulez, chaque jour de ce mois ! La Grotte de Massabielle explique d'ailleurs tout Lourdes, comme la grotte de Bethléem révéla aux Bergers tout le mystère de Noël, comme la grotte du jardin des Oliviers initia les trois Apôtres à l'agonie du Sauveur, comme le tabernacle, façon de grotte symbolique, contient toute l'économie cultuelle de nos églises par la présence de Jésus-Hostie....

Transportons-nous donc au 11 février 1858, et apprenons aujourd'hui de Bernadette elle-même les préliminaires de la Première Apparition.

« Le jeudi gras, il faisait froid et le temps était sombre. Après notre dîner, ma mère nous dit qu'il n'y avait plus de bois dans la maison, et elle s'en chagrinait. Ma sœur Toinette et moi, pour lui faire plaisir, nous nous offrîmes à aller ramasser des branches sèches sur le bord de la rivière. Ma mère nous répondit que non, parce que le temps était trop mauvais et que nous pourrions nous exposer à tomber dans le Gave. Jeanne Abadie, notre voisine et notre amie, qui gardait son petit frère à la maison et qui avait envie de venir avec nous, alla remettre son frère chez elle, et revint un moment après, en nous disant qu'elle avait la permission de nous accompagner. Ma mère se fit prier encore, mais voyant que nous étions à trois, elle nous laissa partir. Nous prîmes tout d'abord la rue qui conduit au cimetière, à côté duquel on décharge du bois, et où l'on trouve par moments des copeaux abandonnés.

Nous n'y trouvâmes rien ce jour-là. Nous descendîmes la côte qui mène près du Gave, et arrivées au Pont-Vieux, nous nous demandâmes s'il fallait aller vers le haut ou le bas de la rivière. Nous décidâmes d'aller vers le bas ; et prenant le chemin de la forêt nous arrivâmes à la Merlasse. Là, nous entrâmes dans la prairie de M. de Lafitte par le moulin de Savy. Une fois à l'extrémité de cette prairie, presque en face de la Grotte de Massabielle, nous fûmes arrêtées par le canal du moulin que nous venions de traverser. Les eaux de ce canal n'étaient pas fortes, car le moulin ne marchait pas, mais elles étaient froides, et, pour ma part, je craignais d'y entrer. Jeanne Abadie et ma sœur, moins peureuses que moi, prirent leurs sabots à la main et passèrent le ruisseau. Cependant lorsqu'elles furent de l'autre côté, ces drôles se mirent à crier au froid, et se baissèrent sur elles-mêmes pour réchauffer leurs pieds. Tout cela augmentait ma crainte, et je sentais que, si j'entrais dans l'eau, mon asthme allait me reprendre. Alors je priai Jeanne Abadie, qui était plus grande et plus forte que moi, de venir me passer sur ses épaules. « Oh ! Ma foi, non ! Répondit Jeanne ; tu n'es qu'une mignarde et une ennuyeuse, si tu ne veux pas passer, reste où tu es ». Ces drôles, après avoir ramassé quelques morceaux de bois sous la Grotte, disparurent le long du Gave ».

La première Apparition fut donc précédée pour Bernadette d'une contrariété. Un embarras matériel lui attirait une humiliation ; elle était traitée de mignarde, d'ennuyeuse. Ces aménités de langage ne sont-elles point aussi servies par le monde aux personnes qui font profession de piété ? Mignardes, ennuyeuses même, elles peuvent l'être, et le sont, pourquoi en disconvenir ? lorsque, dépourvues de l'habileté rudimentaire qu'ont les autres pour vaincre les obstacles, elles obligent leurs parents ou leurs amis, leurs serviteurs ou leurs servantes, à leur rendre des services dont, avec un peu d'intelligence et de bonne volonté, elles devraient se passer. Mais ces personnes, méticuleuses et importunes, ne représentent point la véritable piété. La piété véritable est, au contraire, large d'esprit et d'un commerce plein de délicatesses, de réserves et de charmes. Mais voilà ! Le monde ne se donne pas la peine de distinguer, et même, lorsque, comme Bernadette, nous nous heurtons à des difficultés réelles, il fait pleuvoir sur nous ses quolibets et ses ricanements.

C'est convenu : pour n'être ni mignard, ni ennuyeux, il faut être mondain. Heureusement, les contrariétés, grandes ou petites, suscitées par le monde, sont la rançon de prochaines récompenses, même temporelles. On s'applaudit alors d'avoir été traité de mignard, d'ennuyeux... Qui sait si vos assiduités au Mois de Marie ne vont point faire décocher contre vous, flèches peu malfaisantes, ces qualificatifs ? Réjouissez- vous, ce sont les préludes obligatoires des interventions du Surnaturel.

 

Examen

 

Quelles sont nos dispositions au début de ces exercices ? Ne les regardons-nous pas comme un usage de bon ton, comme un agréable passe-temps, comme une effusion de sentimentalité religieuse, au lieu d'y voir une série de pressantes invitations à la prière, à l'effort sanctificateur ?... Apprécions-nous le bienfait de cette cure d'âme qui commence, mille fois plus que les mondains et les mondaines n'apprécient les avantages corporels de leur séjour à la montagne, dans les bois, aux villes d'eaux, durant la belle saison que l'on devrait appeler souvent la saison laide du péché ?... Sommes-nous franchement décidés à suivre, quoi qu'il en coûte, le pieux traitement, le régime de vie plus sainte, prescrit par notre confesseur : sublime spécialiste, médecin des consciences dont la santé est à refaire ou à fortifier ?... Quelles prévenances avons-nous envers nos parents, surtout s'ils, sont tristes et dans le besoin ?... Bernadette, pour faire plaisir à sa mère, s'offrit, par un jour sombre et froid, à aller ramasser des branches sèches sur le bord de la rivière.... Avons-nous confiance en Dieu qui veille sur nos destinées à chaque instant de notre vie, et qui, nous crûssions-nous abandonnés, intervient en notre faveur, si magnifiquement ?... Le 11 février 1858 était, pour les Soubirous et leur fille, une date divine qu'ils ne soupçonnaient point.... Ah ! Si nous connaissions les grandes dates de la Providence sur nous !... Leur échéance est peut-être proche... Si nous savions, par notre docilité, les préparer...

 

Prière

 

O Notre-Dame, attirez-nous à vous, comme vous avez attiré, à son insu, Bernadette à la Grotte, vous proposant de vous montrer à ses regards. Quelle surprise vous lui réserviez, tout juste quand, son asthme la rendant raisonnablement craintive, elle encourait la raillerie de ses compagnes ! Surprenez-nous, pendant ce mois, par quelqu'une de vos gâteries maternelles, que nous importeront alors les critiques dont les superficiels, les vaniteux ou les jaloux pourront nous abreuver ?...

 

O Marie, conçue sans péché, Priez pour nous qui avons recours à vous.

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Texte extrait du « Mois de Marie à la Grotte de Lourdes », Abbé Archelet, Librairie P. Lethielleux, Paris, 1908

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30 décembre 2013

Neuvaine à Notre Dame du Puy 1/4

Neuvaine à Notre Dame du Puy

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Premier jour

Origine de la dévotion à Marie, son ancienneté

 

La première gloire de Notre-Dame du Puy est fondée sur l'ancienneté de son origine, et cette première considération nous amène naturellement à considérer l'ancienneté de la dévotion même à Marie, à cette auguste Reine dont la splendeur a si glorieusement éclairé les rochers abrupts du Mont Anis. Dévotion à Marie ! 1°Elle est aussi ancienne que le monde ; 2° elle est aussi ancienne que l'Église ; 3° elle doit être aussi ancienne que le cœur de tous les chrétiens.

 

La dévotion à Marie est aussi ancienne que le monde

 

J'aurais pu dire quelque chose de plus, et, me transportant dans le sein de Dieu lui-même, représenter cette Vierge auguste, prédestinée avant tous les siècles, et vivant, pour ainsi dire, déjà dans les pensées de l'Éternel, J'aurais pu contempler les Saints Anges, dès le premier moment de leur félicité, recevant une communication claire et sublime des abaissements du Verbe, et en l'adorant d'avance dans le mystère de Son Incarnation, saluant aussi par une vénération anticipée la créature privilégiée qui devait un jour devenir Sa Mère. Mais il ne m'appartient pas de sonder les profondeurs des mystères divins ; et sans remonter si haut, la terre ne m'offre-t-elle pas des marques assez reculées de la dévotion à la Mère de Dieu ?

A peine le premier homme a-t-il sacrifié son bonheur à une vaine et déplorable curiosité, que Dieu fait briller les premiers rayons de cette gloire qui doit environner son existence. La voyez-vous paraître cette femme puissante et redoutable à l'enfer? En vain le démon voudrait-il la supplanter, comme il a su le faire à l'égard de la première Ève; elle le foulera sous ses pieds, et écrasera, sans rien craindre, sa tête superbe.

Dès ce moment, tous les Patriarches et tous les Prophètes annonceront, comme en chœur, la venue future et désirée de cette aurore bienfaisante qui apportera au monde la lumière et la vie. Ils célébreront avec Isaïe cette Vierge qui doit concevoir et donner à la terre le véritable Emmanuel, le Dieu avec nous. Les figures se joindront aux prédictions des envoyés du ciel, pour esquisser d'avance les traits qui doivent la caractériser. Ce sera ici le buisson de Moïse, qui, plein de Dieu et brûlant sans se consumer, figurera le sein virginal, qui, sanctuaire de la Divinité, sera, sans se consumer, brûlé par le feu du divin amour; là la baguette d'Aaron,qui, fleurissant contre les lois ordinaires de la nature, présagera l'enfantement surnaturel et ineffable de la Vierge-Mère ; plus loin l'arche d'alliance, qui, composée d'un bois incorruptible, nous apprendra que dans cette arche de l'alliance nouvelle il ne saurait y avoir ni corruption, ni souillure ; ce sera la toison de Gédéon, qui, demeurée sèche au milieu de l'humidité générale répandue sur la terre, nous préparera à voir cette créature bénite, seule préservée du torrent d'iniquités qui inonde le monde ; et heureusement humectée de la rosée céleste au milieu de la sécheresse universelle, nous montrera la grâce inondant son cœur parmi la disette à laquelle sont réduites toutes les nations qui ne reçoivent que par son canal les présents du ciel. Que dirons-nous du trône de Salomon, tout couvert de l'or le plus pur ? N'est-ce pas l'âme de Marie, toute radieuse de l'or de la charité ? La nuée d'Élie d'où s'échappe cette pluie si douce, si féconde, n'est-ce pas Marie, répandant avec Jésus toutes les grâces sur la terre ?

Mais pourquoi parler de ces figures mortes et inanimées, quand tant d'autres figures animées et vivantes viennent s'offrir à mes regards ? Sara de stérile devient féconde, et enfante, dans la personne d'Isaac, la victime sacrée de l'obéissance ; Marie voit la fécondité s'unir en Elle, avec la virginité, et engendre par un prodige ineffable le Dieu fait obéissant jusqu'à la crèche et jusqu'à la croix. Rebecca revêt Jacob des riches habits de son fils aîné, et attire ainsi sur lui la bénédiction paternelle ; Marie revêt en Jésus l'humanité de la nature divine comme d'un riche manteau, et fait ainsi découler sur elle les trésors dont elle est la source. Marie, sœur de Moïse, passe sa vie dans l'exercice de la pureté, et chante à la tête des filles d'Israël un cantique de louanges après la délivrance de son peuple ; Marie, Mère de Jésus, conserve avec fidélité le glorieux privilège d'une inaltérable modestie, et entonne, pour célébrer les Divines Miséricordes du Sauveur, un cantique d'actions de grâces et d'amour. Jahel est bénie entre les femmes pour avoir immolé le persécuteur des enfants de Dieu ; Marie, pour avoir renversé le pouvoir de l'oppresseur tyrannique du genre humain, est exaltée au-dessus de toutes ses semblables. Judith tranche la tête d'Holopherne, et le peuple est sauvé ; Marie écrase la tête du démon, et le salut est assuré à l'univers. Esther se présente devant Assuérus, et sa médiation puissante détourne la mort prête à frapper toute la nation juive ; Marie se prosterne devant le Trône de Dieu, et les fléaux temporels ou spirituels dont les hommes étaient menacés, sont dissipés par la force de ses supplications. Abigaïl apaise par sa prudence et par ses présents la colère du roi David, qui allait frapper un prince orgueilleux et insensible ; Marie, par l'offrande de ses vœux et de ses vertus, désarme le courroux du Seigneur irrité de l'orgueil et de l'insensibilité des hommes qui, destinés à être rois des créatures, en sont devenus, par de honteuses passions, les misérables esclaves.

Les païens eux-mêmes n'ont pas été sans quelque pressentiment de la gloire future de cette Reine incomparable; leurs sibylles ont célébré ses louanges ; leurs poètes ont salué son aurore ; leurs druides ont élevé un autel à la Vierge qui devait enfanter. La terre semble s'être unie au ciel pour l'honorer par un concert universel d'éloges et d'espérances. Serions-nous les seuls à ne pas vénérer celle que tous les âges ont environné de leur vénération ?

 

La dévotion à Marie est aussi ancienne que l'Église

 

En vain l'hérésie voudrait-elle, dans ses blasphèmes, ranger la piété envers la Mère de Dieu parmi les pratiques inconnues aux premiers siècles de la foi chrétienne, et inventées par le mysticisme des siècles modernes ; jamais l'Église n'a oublié ce que mérite de respect et d'hommage l'auguste Mère du Créateur. Formée par l'exemple même du glorieux Archange qui la salua avec tant d'égard et de soumission, elle l'a toujours traitée avec la même soumission et les mêmes égards. Quelle joie, quels transports dans Élisabeth, lorsque, ravie à la vue de la Mère future de son Sauveur, elle s'écrie, pleine de l'Esprit de Dieu : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni. Et d'où me vient cette grâce que la « Mère de mon Seigneur veuille venir à moi ? Je n'ai pas plutôt entendu votre voix, lorsque vous m'avez saluée, et que mon enfant a tressailli de joie dans mon sein. Vous êtes bienheureuse d'avoir cru, parce que la parole du Seigneur s'accomplira en vous ! »

Quelles marques de tendresse Jésus ne lui donne-t-il pas lui-même en opérant à sa demande le premier de ses miracles, et en la confiant sur la croix à son Disciple bien-aimé ! Quelle attention filiale dans saint Jean, devenu, par le choix même du Fils de Dieu, son remplaçant sur la terre ! Quelle dévotion dans les Saints Apôtres qui ne croient pas pouvoir mieux se préparer à la réception de l'Esprit divin, qu'en se tenant en prières dans la compagnie de Marie ! Quel empressement à tout quitter pour venir, ainsi que l'enseigne la tradition, entourer son lit de mort, assister à ses derniers moments, et ensevelir, pour quelques instants, ce corps qu'une résurrection prématurée devait bientôt rappeler à la vie et transporter dans le ciel ! N'est-ce pas Saint Pierre qui consacra et érigea en chapelle la pauvre demeure de Nazareth, où Marie a pris naissance, reçu son éducation, et conçu le Verbe divin ? N'a-t-on pas lieu de croire que c'est lui qui joignit dans les prières du Saint Sacrifice la commémoraison de la Mère avec l'immolation du Fils ? Ne sont-ce pas les Apôtres qui, avant de se séparer, ont composé ce symbole de foi où Marie est déclarée Vierge et Mère de Dieu ? Ne croit-on pas avec raison que Saint Jacques a prêché en Espagne la dévotion envers cette auguste Reine, avec la connaissance de Jésus et de sa divinité ? Les privilèges de Marie ne se trouvent-ils pas déjà exprimés dans les anciens Pères qui se rattachaient de si près aux temps apostoliques ? Un auteur ancien écrivant à Saint Jean, sous le nom de saint Ignace, n'affirme-t-il pas que dans elle « la nature d'une sainteté angélique se trouvait associée avec la nature humaine ? » Saint Ignace lui-même ne reconnaît-il pas que « c'est d'elle qu'est véritablement né le Fils de Dieu, sans que jamais elle ait eu connaissance d'un homme mortel ? »

Saint Justin et saint Irénée ne proclament-ils pas que « comme la première Eve a été, par sa désobéissance, la cause de la perte du genre humain, ainsi la seconde Ève a été, par son obéissance, le principe de son salut ? » Ce dernier n'ajoute-t-il pas ailleurs que « comme le genre humain avait été assujetti à la mort par une vierge, il a été par une autre vierge délivré de la mort ». Nous pourrions ajouter à ces antiques témoignages bien d'autres éloges prodigués dans le siècle suivant par un Origène qui la nomme « la mère du Fils unique de Dieu, le temple de sa gloire, le palais du Créateur, la maison immaculée du céleste Époux » ; par un saint Grégoire de Néocésarée, qui proclame que « le trésor de toutes grâces était renfermé en elle, et que seule parmi les familles du monde elle a été parfaite de corps et d'esprit » ; par un saint Denis d'Alexandrie qui la peint comme « la fille unique de la vie, comme un tabernacle qui a été fait non par la main des hommes, mais par le Saint-Esprit, et qui par là mérite toute espèce de louanges, comme un paradis virginal qui possède tout et ne manque de rien » ; par un saint Méthode qui la dit « mère du Créateur, mère des fidèles, propitiatoire de la divinité, robe sans tache, créature assez riche pour avoir prêté à Dieu qui n'a besoin de rien la chair qu'il n'avait pas ». Mais ce que nous avons exposé suffit abondamment pour démontrer que la piété de l'Église envers Marie a pris naissance avec son établissement, et que si elle s'est développée davantage dans les siècles postérieurs, c'est parce qu'elle avait sa source dans la foi primitive et dans les enseignements apostoliques.

 

La dévotion à Marie doit être aussi ancienne que le cœur de tous les chrétiens

 

Et certes peut-on, sans aimer Marie, commencer à porter ce nom ? Être chrétien, n'est-ce pas connaître, servir, aimer Jésus ? Jésus n'est-il pas le Fils de Marie ? Comment aimerait-on le Fils sans aimer la Mère ? D'ailleurs la vie du chrétien ne commence-t-elle pas par un bienfait de cette illustre protectrice ? S'il est vrai, comme l'a publié saint Bernard, que Dieu n'accorde aucune grâce sur la terre, qui ne passe par les mains de Marie, n'est-ce pas à Marie que nous sommes redevables de notre adoption divine par le baptême ? Et serait-il possible de ne pas, dès le premier instant de sa raison, consacrer son cœur tout entier à cette bienfaitrice libérale, dont la bonté a prévenu nos prières et nos mérites pour nous introduire dans le bercail de l'Église et nous rendre participants des glorieuses prérogatives d'enfants de Dieu ?

C'est donc à vous, ô Marie ! Qu'après Dieu, j'aurais du offrir les prémices de mes affections ; c'est à vous, qu'après Dieu, j'aurais dû adresser mes premiers vœux et mes premiers sentiments ; mais hélas ! N'ai-je pas trop tardé peut être à m'acquitter de ce devoir ? Les plus belles années de ma vie ne se sont-elles pas écoulées sans penser à vous, et n'ont-elles pas été peut-être employées à déchirer votre cœur en offensant votre divin Fils ? Ô ma tendre Mère ! Je vous ai connue trop tard ; j'ai commencé trop tard à vous aimer ; mais si mon amour n'a pas été aussi ancien que mon existence, je veux du moins qu'il commence dès ce moment pour se perpétuer jusqu'à mon dernier soupir. Aidez-moi vous-même à vous aimer, à vous servir, et assurez ainsi ma persévérance et mon salut, puisqu'il est impossible de se perdre quand on a le bonheur de vous aimer et de vous servir.

 

Prière à la Très Sainte Vierge

Tirée des sermons de l'empereur Léon VI, dit le Sage ou le Philosophe

 

O Vierge bienheureuse, la prédiction que Vous avez faite s'est réellement accomplie pour Vous. Oui, voici que toutes les nations célèbrent Vos louanges en Vous proclamant bienheureuse.... Bienheureuse ! C'est le titre que Vous donnent tous les peuples de la terre, à la vue des prodiges ineffables accomplis par Votre ministère, de ces prodiges par lesquels le bras du Tout-Puissant a fait briller en vous sa puissance, lorsque, par un mystère qui surpasse la raison, prenant de vous une chair mortelle, il a, par son humilité, renversé le prince superbe de l'orgueil et exalté la bassesse des humbles. Bienheureuse ! ainsi vous saluent ceux qui, réduits à l'indigence avant que germât sans semence l'épi fécond que vous avez produit, ont été, depuis sa naissance, comblés de la douce abondance de tous les biens. Il est vrai que l'ancien peuple d'Israël avait une arche qui, reproduisant d'avance vos traits, le protégeait quand il était pressé par l'adversité et le soulageait, quelquefois dans ses besoins. Mais ce qui se passait alors, n'étant qu'une image et une figure de l'avenir, était loin d'égaler les dons répandus par votre munificence. Aussi les Juifs n'obtenaient-ils pas toujours secours par son assistance ; le salut ne leur était donné que lorsque, animés envers Dieu d'un esprit de piété, ils ne s'éloignaient point de la voie droite des préceptes divins.... Mais il n'en est pas ainsi de vous, ô Marie ! Ce n'est pas là l'assistance, la protection, la défense que vous accordez au peuple nouveau. Vous avez commencé par aider de votre puissance ceux qui avaient entièrement succombé aux attaques du péché, et maintenant encore, ce n'est pas seulement aux âmes fidèles à marcher dans la route des commandements célestes que vous prodiguez vos faveurs, c'est envers ceux-là même qui marchent dans les sentiers du déréglement et s'exposent, par leur désobéissance, à de justes peines, que vous déployez votre miséricordieux pouvoir, afin de les arracher aux supplices qu'ils ont mérités ; car Dieu, par respect pour son arche sacrée, se montre clément à l'égard de ceux qui sont indignes de toute clémence, les exempte du châtiment, incline la balance de sa justice et la fait pencher d'un autre côté. Par égard pour vous, il semble faire acception des personnes ; les mains qui sont tendues vers lui sont celles-là même qui l'ont porté sur la terre ; pourrait-il ne pas les honorer ? Non, elles ne s'élèveront pas en vain vers lui; il ne saurait les mépriser ; il se laisse fléchir, et, n'écoutant que sa miséricorde et sa clémence, il remet la dette aux pécheurs, et daigne rendre ses faveurs à des ingrats qui n'avaient à attendre qu'une juste punition. Ainsi, dès que vous êtes présente, il ne reste pas même à nos adversaires la confiance de prononcer une parole ; dès que la joie de votre splendeur a brillé, il n'y a plus de place pour la tristesse. Vous êtes, dès le commencement, venue dans le monde pour le ramener à un état plus heureux; vous conservez encore aujourd'hui la même volonté et vous ne cessez de répandre sur nous des bienfaits.

Les Israélites avaient aussi un chandelier remarquable par l'éclat de sept lampes lumineuses, ainsi qu'une urne où la manne était conservée, une branche mystérieuse qui donnait une fleur, symbole glorieux de votre virginité, et beaucoup d'autres objets précieux qui distinguaient avec raison ce peuple de toutes les autres nations; mais tous ces monuments religieux se sont évanouis avec le bruit et la majesté de leur nom; car, comme ils étaient une ombre de votre grandeur, ô Marie, ils se sont éclipsés à la lueur de votre lever radieux. Pour vous, qui brillez comme un chandelier éclairé d'une perpétuelle lumière, vous avez toujours arraché et vous arrachez encore les âmes à la mort ténébreuse du péché ; vous embaumez le monde par les fleurs de vos vertus ; vous lui avez donné la fleur du salut, et en même temps vous le nourrissez par l'aliment substantiel du pain de vie. C'est de vous, comme d'une source intarissable, que découlent de continuels bienfaits, et par cette émission perpétuelle de grâces, vous comprimez l'impétuosité et la violence-des malheurs que nous endurons. Les nuages de la tristesse se dissipent lorsque, par votre clarté, vous ramenez la sérénité sur notre vie; les maladies s'enfuient, la terreur des périls se change en sécurité ; point de bien qui ne soit obtenu quand vous le voulez ; point de mal qui ne soit banni pourvu que vous prêtiez voire secours. Il vous accorde tout, et par vous il se plaît à tout prodiguer, celui qui, pour honorer l'ouvrage de ses mains, vous a fait naître dans ce monde.... ô Vierge ! Ô Mère ! qui avez réuni dans votre personne deux privilèges si différents, la virginité et la fécondité ! Ô puissante protectrice ! Ô asile assuré ! Ô ancre inébranlable qui maintenez par votre force et conservez l'univers !... Ah ! Je ne vous demande pas de prolonger les années de ma vie ; cette vie, je ne l'aime pas avec tant d'ardeur ; je n'éprouve peint un insatiable désir de cette navigation pleine d'amertume et d'agitation ; mais si Dieu a décrété mon émigration prochaine de ce monde, accordez-moi du moins d'être soulagé du poids de mes péchés. Si, au contraire, il me fallait demeurer encore dans la chair.... faites que je paisse, d'une manière utile et à moi-même et au peuple, le troupeau qui m'est confié ; ou plutôt paissez-moi vous-même avec lui ; conduisez tous mes pas, de peur que, dans ce jugement suprême, on ne me demande compte des déréglements d'autrui, et que les fautes des sujets ne deviennent la cause de la damnation du monarque. Puissions-nous tous plutôt dans la vie future, comme dans ce jour de la vie présente, célébrer une fête éternelle et nous réjouir à jamais dans le grand triomphe des premiers-nés du Seigneur, en Jésus-Christ, votre premier-né, votre Fils, le Seigneur de toute créature, à qui convient la gloire, la puissance, l'honneur et l'adoration dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

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Deuxième jour

Le Sanctuaire de Marie au Puy

 

Le Sanctuaire de Notre-Dame du Puy, concentré d'abord dans un espace étroit, et dépouillé presque de tout ornement, s'est agrandi avec les années, a revêtu de jour en jour une nouvelle magnificence, et a fini par devenir un monument unique qui attire l'admiration des savants aussi bien que la dévotion des âmes pieuses. C'est que dans tous les temps, les fidèles ont eu un zèle ardent pour décorer les palais de Marie ; c'est que les motifs les plus graves justifiaient cette sainte ferveur ; c'est que la dévotion sait inventer mille moyens de réaliser le désir de glorifier ainsi la puissante et miséricordieuse protectrice du genre humain. Ainsi nous arrivons naturellement à considérer: 1° quel a été, dès les premiers siècles de l'Église, le zèle des chrétiens à honorer la Très Sainte Vierge par l'érection et l'embellissement de ses temples ; 2° quels motifs puissants les ont animés dans ces religieuses entreprises ; 3° quels moyens nous pouvons employer pour nous montrer les dignes enfants de ces antiques et dévoués serviteurs de la Mère de Dieu.

 

Zèle des anciens chrétiens à honorer la Très Sainte Vierge par l'érection et l'embellissement de ses temples

 

Nous avons déjà parlé de la tradition qui rapporte à Saint Pierre la consécration de la première chapelle dédiée à Marie, dans la chambre même de Nazareth, où le Verbe s'est fait chair, et nous aurions pu ajouter a ce premier exemple les souvenirs de l'Église Espagnole, attribuant à Saint Jacques la construction de la célèbre église de Notre-Dame du Pilier, ainsi que les vieilles chroniques de France nous montrant à Marseille un sanctuaire bâti par Sainte Marthe, sous le vocable de cette auguste reine. Mais, pour ne point entrer dans des discussions étrangères à notre sujet, qui ne sait qu'un des plus anciens temples élevés à la gloire de Marie est dû à la piété du Saint Pape Callixte I, auquel l'on attribue ordinairement la fondation de l'église de Sainte-Marie au-delà du Tibre dans la capitale du monde chrétien ; fondation accompagnée, au rapport de Paul Orose et de Charlemagne, d'un prodige qui frappa de surprise les idolâtres, étonnés de voir naître une fontaine d'huile dans ce lieu le jour même où prit naissance le Sauveur du monde ? Qui ne sait que le grand Constantin, après sa conversion au christianisme, ayant fondé la ville célèbre qu'il appela de son nom, voulut la dédier à la Vierge Marie, Mère de Dieu notre Seigneur, en présence de tous les Pères assemblés pour le grand Concile de Nicée, et qu'au moment où, bâtissant une église en l'honneur de cette glorieuse patronne de la nouvelle cité, il ne pouvait trouver personne d'assez habile pour élever d'énormes colonnes destinées à l'ornement de cette basilique, la bienheureuse Vierge, selon la narration de Saint Grégoire de Tours, apparut en songe à l'architecte chargé de ce travail, pour lui révéler un moyen facile de réussir dans cette difficile entreprise ? Sainte Hélène, digne émule de la dévotion de son illustre fils, n'enrichit-elle pas la Palestine de trois temples magnifiques également destinés à rappeler la mémoire des mystères dont Marie a été l'instrument, l'un au lieu où elle eut le bonheur d'enfanter le Sauveur ; le second dans la vallée de Josaphat, où l'on croit qu'elle fut ensevelie ; le troisième près de Bethléem, où l'ange apparut aux bergers ? L'impératrice Pulchérie, sœur de l'empereur Théodose-le-Jeune, si connue par la protection qu'elle donna aux Pères du Concile d'Éphèse, ne rivalisa-t-elle pas, sous le même rapport, de dévouement avec la mère du premier empereur chrétien, en dotant la ville de Constantinople de trois nouveaux édifices religieux, l'un sur la place des fondeurs, appelé Chalcoprace, que consacra le patriarche saint Germain, et où l'on déposa la ceinture de la Vierge, dont ce Saint Prélat a si magnifiquement célébré la valeur dans plusieurs admirables discours ; l'autre, que l'on nomma Notre-Dame conductrice, parce qu'elle voulut elle-même servir de guide à deux aveugles qui vinrent, sur son inspiration, y retrouver la lumière, et où se conservait sa précieuse image peinte d'après nature par Saint Luc, avec les langes sacrés du Sauveur, dont l'avait enrichie l'impératrice Eudoxie ; le dernier enfin, si célèbre sous le nom d'église des Blaquernes, qui, bâti sur le port de Constantinople, possédait une précieuse collection de reliques antiques et vénérables ? Le successeur de cette pieuse princesse, Léon, surnommé le Grand, ajouta à ces somptueux édifices deux basiliques nouvelles, décorées avec une magnificence royale, l'une au port et l'autre sous les murailles, pour servir de défense à cette fameuse cité, que l'on nommait par excellence la ville de la Vierge. Mais il semble que l'empereur Justinien surpassa tous ses prédécesseurs par l'espèce de sainte passion qui le portait à préparer à Marie et à ses fervents serviteurs de nouveaux et religieux asiles. Parmi les ouvrages exécutés sous son règne et par son ordre, on compte, outre plusieurs autres monuments moins connus, les églises bâties à l'honneur de Marie sur la montagne des Oliviers, sur le sommet du Sinaï, en Samarie, à Jéricho, à Carthage, à Constantinople, à Antioche, et surtout la célèbre Notre-Dame-la-Neuve, qu'il fit construire dans la ville de Jérusalem, et dont l'érection fut signalée par la découverte d'une forêt de cèdres et d'une carrière de marbre rouge qui, chacune dans son genre, fournit à l'édifice les matériaux nécessaires à sa solidité et à son embellissement.

Si, de l'Orient, nous revenons parcourir les royaumes de notre Europe, que de nouvelles preuves du dévouement des peuples pour préparer à Marie des demeures dignes de ses hautes prérogatives ! En France, Notre Dame de Chartres, Notre Dame du Puy, Notre Dame de Rocamadour, Notre-Dame de Boulogne, Notre Dame de Liesse, Notre Dame de Fourvière, Notre-Dame des Vertus, Notre Dame de Paris, etc... en Espagne, Notre Dame de Montserrat, Notre Dame de la Garde, Notre Dame de Guadeloupe, Notre Dame de la Roche-Française, dont l'église magnifique fut bâtie par Jean II, roi de Castille ; en Italie, ou plutôt dans Rome seule, centre glorieux de cette illustre péninsule, quarante-six temples dédiés à la Vierge-Mère, à la tête desquels viennent se placer les basiliques célèbres de Notre Dame des Neiges et de Sainte Marie Majeure, où se garde une autre image de Marie, sortie des pinceaux de l'évangéliste Saint Luc. Partout Marie a des palais où, reine bienfaisante, elle donne une audience facile à ceux qui l'invoquent ; et comme s'il ne suffisait pas qu'elle eût des sanctuaires désignés par son nom et soumis à son empire, voilà que Jésus lui-même veut partager avec elle ses propres temples, et lui céder en quelque sorte, dans toutes les églises de l'univers, une chapelle consacrée à son culte, et un autel qui, surmonté de son image, emprunte d'elle son titre et ses droits à la confiance populaire.

 

Mais quels puissants motifs ont poussé toutes les générations à ces pieuses constructions ?

 

Thomas A Kempis, ou l'auteur des ouvrages qui portent son nom, nous l'explique par cette belle parole : « Comme autrefois le temple de Salomon surpassait par la splendeur de ses ornements tous les temples de l'univers, et attirait par la célébrité de son nom et l'abondance de ses richesses les glorieux hommages des rois et des peuples, ainsi le temple spirituel de Dieu, qui est Marie, brille par sa pureté sans tache au dessus de tous les temples de l'univers, et mérite par là des honneurs plus grands et un plus ardent amour ». C'est donc parce qu'elle a été le temple de la Divinité, un temple vraiment digne de Dieu, un temple convenable à sa grandeur, un temple unique dans son genre, un temple vivant, un temple saint, un temple plus grand que le ciel, un temple où s'est reposé l'Esprit Saint et où s'est concentrée la nature divine, c'est pour cela qu'on s'est empressé à lui dresser à elle-même des autels et des temples, afin d'honorer dans sa personne le Dieu Sauveur dont elle a été le Glorieux sanctuaire. Oui, son cœur était bien le sanctuaire de la Divinité, lorsque, à la parole de l'ange, l'Esprit Saint descendait en elle, et que la vertu du Très-Haut la couvrait de son ombre ; il était bien son sanctuaire, pendant ces mois de bénédictions et de grâces, où le Fils de Dieu reposait dans ses entrailles virginales ; il ne l'était pas moins quand, après la Résurrection et l'Ascension du divin Sauveur, tous les jours elle allait le recevoir à l'autel des mains du disciple bien-aimé, et s'unissait intimement à lui dans le sacrement auguste de sa charité. Que dis-je ! n'avait-elle pas même commencé à être son temple par la vertu de l'innocence, qui attire Dieu dans les âmes pures, avant de le devenir par le mystère ineffable de l'Incarnation du Verbe ? N'a-t-elle pas continué à l'être tous les jours de sa vie par sa fidélité à demeurer attachée à lui par le recueillement intérieur et les transports du saint amour ? Le temple de Dieu est saint ; et quel temple égala jamais en sainteté et en perfection la conscience si pure de la Vierge immaculée ? Le temple de Dieu est une maison de prières ; et dans quelle maison offrit-on jamais au Seigneur des prières plus ferventes et d'aussi profondes adorations ? Le temple du Seigneur est un lieu de sacrifices ; et quels sacrifices n'a pas immolés dans le secret au Seigneur, l'âme tendre et sensible de Marie, soit au moment où elle entendait la parole de Siméon, soit lorsqu'elle fuyait avec Jésus vers l'Égypte, soit quand, debout au pied de la croix, elle recueillait sur elle les gouttes précieuses de son sang adorable, soit enfin lorsque, condamnée à un exil prolongé sur là terre, elle soupirait après l'heure de sa délivrance, mais avec un abandon sans réserve à la volonté suprême. Ô palais auguste que la Sagesse éternelle s'est bâti de toute éternité ! Ô sanctuaire ineffable où se sont opérés les plus hauts mystères ! n'est-il pas juste que nous vous consacrions des églises, puisque vous-même avez été comme le premier temple où s'est consommée la grande œuvre de notre salut ? Mais ne sommes-nous pas aussi les temples et les sanctuaires du Tout-Puissant ? Et si les édifices religieux élevés à la gloire de votre nom sont capables de vous plaire, ne vous plaisez-vous pas davantage encore dans la consécration qui vous est faite des corps et des âmes de vos enfants ? Mais voyez-vous en nous des sanctuaires dignes de vous et de votre Fils ? N'y apercevez6vous pas des souillures qui puissent blesser la pureté de vos regards et des siens ? O Marie ! purifiez, sanctifiez, ornez, embellissez ces églises intérieures et animées, afin qu'elles soient dignes de la majesté du grand Dieu qui a dit: Si quelqu'un m'aime, nous viendrons à lui et nous établirons en lui notre demeure.

 

Moyens à prendre pour imiter le zèle des premiers chrétiens à l'égard des temples de Marie

 

Des grands et des rois ont employé leur puissance et leurs richesses à dresser des monuments à l'honneur de la Mère de Dieu ; ils ne pouvaient sans doute en faire un meilleur usage. Mais tous ne sont pas nés dans l'illustration et la grandeur; il n'a pas été donné à tous de jouir de l'abondance et de posséder des trésors. Que reste-t-il donc aux petits et aux pauvres pour témoigner à Marie, dans ses temples, leur dévouement et leur amour? Eh! ne savonsnous pas qu'à l'exemple de Dieu, Marie ne regarde pas la valeur des dons, mais l'affection de celui qui donne? Si l'obole de la veuve ('2) était plus agréable au Seigneur que les riches offrandes des opulents du siècle, une obole présentée à Marie dans son sanctuaire ne sera-t-elle pas quelquefois reçue avec plus de bienveillance que les sommes énormes prodiguées peut-être par l'orgueil plutôt que par la piété? De pauvres ouvrières, de simples filles de campagne, en ornant l'autel de celle qu'elles aiment à appeler leur Mère, et en déposant devant son image un humble bouquet de fleurs empruntées à la nature, n'auront-elles pas souvent plus de mérites au jugement de Marie que les dames opulentes et les superbes seigneurs des plus illustres cités? Sachons donc, chacun selon ses facultés, contribuer, soit par nos présents, soit par notre travail, à la gloire des lieux consacrés à la Reine du ciel.

Mais cherchons plutôt encore à les honorer par notre piété; dérobons, autant qu'il dépendra de nous, quelques instants à nos occupations temporelles pour venir orner sa maison par notre présence, car la présence d'enfants chéris est pour une bonne mère le plus doux de tous les ornements ; avec cux, la demeure la plus humble devient pour elle un palais; sans eux, les palais même ne lui semblent qu'une obscure prison. Cependant, pour que cette vue satisfasse son cœur et le comble de joie, il faut qu'elle trouve dans sa jeune famille les sentiments de l'affection et la perfection des œuvres. C'est donc avec un esprit recueilli, avec un cœur obéissant, avec une âme embrasée d'amour que nous devons paraître dans la maison de cette Vierge miséricordieuse, à qui nous sommes redevables de la vie spirituelle. Loin de nous, quand nous nous présentons devant son trône, cet esprit de légèreté qui l'afflige, ces révoltes passionnées qui la désolent, cette froideur et cette insensibilité qui la dégoûtent. Allons à elle dans son sanctuaire; mais allons-y pour prier avec attention, pour écouter avec docilité ses inspirations salutaires, pour reconnaître ses bontés par une charité vive et agissante; allons à elle avec ces saintes dispositions, et elle nous obtiendra d'être sur la terre de dignes sanctuaires de la Divinité, et de mériter, après cette vie, une place dans le temple de la gloire.

 

Prière de Saint Germain, archevêque de Constantinople


Je vous salue, ô vous qui, touchée de compassion à la vue de l'affreuse nudité où nous avait réduits, dans le jardin d'Éden, le fruit pernicieux qui donna la mort à nos âmes, nous avez recouverts d'un vêtement magnifique.., que la main des hommes n'a point tissu, mais qui nous a été imposé par Dieu lui-même; vous qui, lorsque nous étions enfoncés dans la fange de l'iniquité, nous avez été donnée comme la rémission des péchés, ô épouse sacrée du Tout Puissant !... Je vous salue, ô vous qui, sous vos pas si bien réglés, avez foulé ce tyran qui m'entraînait, pour me nuire, à la transgression, ce conseiller perfide, cet ennemi de tout bien, ce serpent trompeur qu'on appelle le Diable, et avez pris, comme par la main, notre nature corruptible et toujours prête à tomber, pour la conduire, dans votre compagnie, au sanctuaire spirituel et au tabernacle divin qui ne vieillit jamais ! Je vous salue, ô vous qui avez fait éclore la clarté d'un jour de joie et d'allégresse sur la tête de ceux qui se trouvaient comme enchaînés dans les ténèbres du trépas, dans l'abîme de l'infirmité, et auxquels vous avez promis de dissiper, par la puissance de Dieu, cette obscurité funeste, ô Marie, plus sublime que tous les miracles. Je vous salue, ô vous qui distillez sur nous la rosée divine de l'intelligence, ô nuée brillante qui avez fait lever sur notre horizon, enveloppé des ombres de la mort, le plus éclatant de tous les soleils !... ô source qui, prenant votre origine dans le ciel, formez ces fleuves rapides de la connaissance de Dieu, qui entraînent, par les eaux limpides et pures de la foi orthodoxe, le limon de l'hérésie ! Je vous salue, ô divin paradis, ô séjour de la sagesse, ô jardin plein de charmes, planté parla main du Tout-Puissant,... où fleurit le bois de vie pour communiquer la science de la vérité et donner l'immortalité à ceux qui en goûtent ! Je vous salue, ô édifice sacré, ô palais immaculé et sans tache du grand Roi, de Dieu lui-même, ô vous qui avez été revêtue de sa majesté et avez appelé tous les hommes à recevoir en vous une sainte hospitalité, où ils pourront jouir des mystères de la foi depuis leur première origine !... Je vous salue, ô nouvelle Sion, ô sainte Jérusalem, ô cité auguste du grand Roi, dans les tours de laquelle Dieu est clairement connu, et au milieu de laquelle il passe sans l'ébranler et sans lui porter atteinte, tandis qu'il émeut les nations et fait tomber les rois à vos pieds pour rendre hommage à votre gloire !... Je vous salue, ô montagne féconde et ombragée, où a été nourri l'Agneau raisonnable qui a effacé nos péchés et guéri nos maladies, et d'où s'est détachée, sans l'aide d'une main humaine, cette petite pierre qui a renversé les autels des idoles, et, par un prodige admirable à nos yeux, est devenue la pierre angulaire ! Je vous salue, ô saint trône de Dieu, ô trésor sacré, ô brillante et glorieuse maison, ô vénérable tabernacle, ô vase choisi que Dieu a réservé pour son usage, ô propitiatoire de tout l'univers, ô ciel qui racontez la gloire du Très-Haut, ô miraculeux Orient d'où s'élève un astre qui ne connaît pas de couchant, dont le sommet du ciel est le point de départ, et dont personne ne saurait éviter la chaleur, c'est-à-dire la conduite providentielle !.... Je vous salue, Marie, pleine de grâce, plus sainte que les saints, plus haute que les cieux, plus glorieuse que les chérubins, plus digne d'honneur que les séraphins, et plus vénérable que toute créature !... Je vous salue, ô radieuse colombe qui nous avez apporté le rameau d'olivier, symbole du salut et signe certain de la fin du déluge où s'engloutissaient les intelligences, ô urne d'or pur qui renfermez la manne véritable, Jésus-Christ, la douceur et les délices de nos âmes !

O Reine de pureté qui méritez tout hommage et toute vénération, ô cœur dédié au Seigneur par une consécration qui surpasse la condition de toute créature, ô terre que l'homme n'a point cultivée, ô champ toujours intact, ô vigne abondante en pampres magnifiques, ô vase où se puise la joie, ô source qui répandez l'eau comme par torrent, ô Vierge-Mère, ô Mère toujours Vierge, ô trésor d'intégrité, ô chef-d'œuvre de chasteté, daignez, par la vertu de vos douces supplications, que l'autorité maternelle rend si puissantes auprès de votre Fils et de votre Dieu, de ce Dieu créateur de tous, que vous avez engendré sans père, nous conduire dans le port assuré du salut, et tenant en main le gouvernail de l'ordre ecclésiastique, nous préserver du naufrage dont nous menacent les flots de l'hérésie et des scandales ; ornez les prêtres, comme d'un manteau glorieux, de la justice et de la joie pure, d'une foi droite et irréprochable ; dirigez dans la paix et dans le repos les sceptres des empereurs orthodoxes qui, de préférence à la pourpre, à l'or, aux diamants, aux pierres précieuses, vous regardent comme leur couronne, leur vêtement royal et l'ornement inamissible de leur puissance ; renversez et subjuguez les nations barbares et infidèles qui vous déchirent par leurs blasphèmes et outragent avec vous le Dieu qui de vous a pris naissance ; soyez, à l'heure du combat, la protectrice de l'armée qui s'appuie toujours sur votre secours, et confirmez, selon le précepte de Dieu, le peuple appelé à la dépendance dans la pratique d'une facile et soumise obéissance; couronnez de triomphes cette ville (Constantinople) qui vous appartient et qui vous considère comme sou rempart et son fondement; doublez ses forces et soyez sa gardienne; conservez toujours la beauté de ce temple sacré, votre demeure ; défendez vos panégyristes de toutes calamités et de toute angoisse spirituelle; donnez la liberté aux captifs ; tendez au monde entier votre main auxiliatrice, afin que nous puissions célébrer, dans une pompeuse splendeur, avec la solennité de ce jour, toutes vos autres solennités , en Jésus-Christ, le Roi de l'univers et notre vrai Dieu, à qui conviennent la gloire et l'empire, ainsi qu'au Père, centre de la sainteté et principe de la vie, dans la compagnie de l'Esprit consubstantiel, qui partage leur essence et leur domination, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

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Troisième jour

La statue miraculeuse de Notre Dame du Puy

 

La Très Sainte Vierge, en jetant un si vif éclat sur son Image du Puy, n'a pas voulu glorifier seulement cette antique et vénérable Statue, riche et précieux don du plus saint de nos rois ; elle s'est proposé en même temps de recommander aux fidèles une pieuse confiance et une tendre dévotion pour toutes les autres représentations de son auguste personne. Aussi la perte de ce religieux trésor peut-elle jusqu'à un certain point se compenser par les souvenirs qui nous en restent et par les autres figures qui rappellent à nos yeux les traits de cette Mère chérie. Nous sommes ses enfants, et à ce titre, il faut nous faire un bonheur comme un devoir 1° d'honorer ses Images, 2° de propager ses Images, 3° de retracer son Image dans toute notre conduite, trois pensées importantes qui méritent toute notre attention.

 

Il faut honorer les Images de Marie

 

L'église l'a fait dans tous les temps. C'est une tradition antique et universelle que Saint Luc, peintre et médecin tout ensemble, employa son talent à reproduire le visage sacré de cette auguste Vierge dans plusieurs tableaux, dont les plus célèbres sont celui que la princesse Eudoxie, femme de Théodose, envoya à l'impératrice Pulchérie, qui lui fit bâtir un temple magnifique à Constantinople, et celui que Rome conserve encore aujourd'hui, et qui fut porté en procession à travers les rues et les places publiques de cette glorieuse cité par Saint Grégoire le Grand, au moment où elle était désolée par une peste cruelle, dont la vue de cette miraculeuse peinture dissipa en un moment les miasmes empoisonnés. Les Pères du second Concile de Nicée, septième général, ont déclaré hautement « qu'ils vénéraient les Images de la Mère de Dieu, de Notre Dame, l'irréprochable, l'immaculée et la glorieuse mère de toute pureté qui a enfanté le Fils du Très-Haut ». Dans cette noble et catholique assemblée, on ne craignit pas de citer des faits miraculeux opérés par ces Images sacrées, entre autres la révélation faite par une d'elles à saint Basile, du trépas sanglant de Julien l'Apostat, accordé aux prières du Saint martyr Mercure, et la tentation dont, au rapport d'un ancien auteur, fut tourmenté un fervent anachorète, à qui le démon voulut, mais en vain, persuader de ne plus rendre hommage a une pieuse figure de, Marie, exposée dans sa cellule. Saint Jean de Damas, ce célèbre athlète de la vraie Foi contre l'hérésie des iconoclastes, cet illustre docteur, qui, après avoir eu la main coupée par le bourreau, la recouvra par la puissance de son auguste protectrice, rapporte la guérison d'un homme perclus de la moitié du corps, qui fut rappelé à sa première vigueur par Saint Étienne le Jeune, en révérant deux images, l'une de Jésus et l'autre de sa Mère, présentées à sa vénération. Saint Germain, patriarche de Constantinople, dans une de ses lettres lue au septième Concile général, raconte qu'à Sozopolis, ville de la Pisidie, on voyait une Statue de la Vierge dont la main laissait découler continuellement un baume précieux qui guérissait toutes sortes de maladies, ce que confirme la Vie de saint Eutychius, patriarche de la même ville, qui rendit la santé à un enfant moribond, en le frottant de cette divine liqueur. Nous serions infinis, si nous voulions raconter en détail tous les exemples qui peuvent inspirer le respect pour les saintes Images de Marie. Ici c'est, d'après le récit de Nicéphore, un de ces précieux trésors découvert dans un cyprès par l'éclat d'une grande lumière qui en jaillit la nuit et le jour ; là c'est un portrait de Marie qui fait reconnaître saint Alexis que la pénitence avait, quoique présent, dérobé à l'œil même de ses parents désolés ; plus loin c'en est un autre qui console Marie Égyptienne au moment où elle était arrêtée par une main invisible à la porte de l'église, dans laquelle elle cherchait vainement à pénétrer pour adorer la sainte Croix ; d'un autre côté, c'est une figure irritée de cette Mère ordinairement si pleine de douceur, qui repousse l'impie Anatolius, prosterné devant elle pour prier ; c'est enfin, selon le témoignage de saint Grégoire Pape, une représentation de cette puissante Patronne de Constantinople, qui, portée solennellement autour des murailles, délivre la ville des Sarrasins dont les troupes la tenaient assiégée depuis deux ans.

Cette dévotion, si conforme à la raison et à la piété, bien loin de s'affaiblir avec le temps, n'a cessé de prendre de nouvelles forces. L'histoire que nous venons de lire en est une preuve évidente qui se retrouve dans tous les lieux célèbres consacrés à la Reine du ciel. Que dis-je ! Est-il aujourd'hui, je ne dis pas une église, mais une maison pieuse qui ne se montre parée de quelqu'un de ces religieux ornements ? D'innombrables médailles ne reproduisent-elles pas sur le cuivre et sur l'argent les plus célèbres Images de la Mère de Dieu ? Celle qui a mérité, par les grâces qu'il a plu à Dieu d'y attacher, d'être appelée miraculeuse, ne brille-telle pas sur la poitrine des femmes chrétiennes, et ne se cache-t-elle pas même quelquefois sous les vêtements des hommes qui ont conservé le sentiment précieux de la foi ? Le Saint Scapulaire, si heureusement empreint des traits de Marie, n'est-il pas comme un préservatif assuré suspendu au cou de la plupart des fidèles ? N'est-ce pas enfin aux pieds de cette Vierge toute-puissante, rendue visible par le pinceau ou par la sculpture, que les âmes les plus égarées, que les ennemis même de l'Église viennent abjurer leurs erreurs et leurs déréglements ?

Que l'image de Marie soit donc, Seigneur, l'objet de nos respects ; qu'elle garde nos demeures, qu'elle conserve nos personnes, qu'elle nous accompagne dans toutes nos démarches. Fidèles à l'honorer, et protégés continuellement par sa présence, nous braverons, sans rien craindre, les séductions du monde et les attaques de l'enfer ; les traits de l'enfer et du monde viendront s'émousser sur elle, comme sur un bouclier d'airain, comme sur un rempart inexpugnable.

 

Il faut propager les images de Marie

 

Car nous ne devons pas nous contenter de jouir nous-même des avantages qu'elles procurent ; mais il convient de les communiquera tous ceux qui nous environnent. Avons-nous des parents vertueux et de pieux amis ? encourageons-les à persévérer, à croître même dans ces utiles pratiques. Aurions-nous le malheur de voir ceux que nous chérissons, dans l'oubli de leur devoirs, et dans la haine de Dieu ? faisons tous nos efforts pour leur inspirer du moins quelque confiance aux saintes Images de Marie. Obtiendrions-nous seulement qu'ils consentissent à les porter sur eux-mêmes, soyons persuadés qu'alors nous aurions déjà remporté une grande victoire. Qui n'a pas appris qu'armés de ce nouveau palladium, des voyageurs exposés, comme il n'est que trop ordinaire aujourd'hui, à d'horribles dangers, sur ces nouvelles routes si rapides et si périlleuses, ont seuls été préservés au milieu des cadavres et des flammes, d'une mort qui semblait inévitable ? Ne sait-on pas que de braves soldats ont vu quelquefois tous leurs compagnons d'armes tomber sans vie à leurs côtés, tandis qu'une main invisible détournait les coups qui auraient dû les renverser, parce que les traits de Marie, gravés sur une pieuse médaille, reposaient sur leur cœur ? Des époux, des frères n'ont-ils pas échappé souvent à un trépas funeste, parce qu'ils portaient, peut-être sans le savoir, ce puissant préservatif, qu'avait déposé dans leurs vêtements l'industrieuse sollicitude d'une épouse ou d'une sœur ? Ce sont là des moyens de propagation, qui ne surpassent ni les forces ni les ressources de qui que ce soit; les pauvres même et les petits peuvent les réaliser dans le cercle étroit qui les environne ; mais le riche est capable d'étendre plus loin les effets de son zèle ; il peut, en visitant les malheureux, joindre à l'aumône corporelle une image simple, mais touchante, de celle qui a consenti elle-même à vivre dans l'indigence, une médaille commune, mais souvent bien puissante, de cette douce et aimable patronne des infirmes et des misérables, dont elle a partagé le sort. Cette charité ne sera sans doute ni moins agréable à Dieu, ni moins utile aux infortunés qui en seront l'objet, que toutes les autres œuvres de bienfaisance auxquelles nous pourrions nous adonner.

 

Il faut retracer en nous-même l'Image de Marie

 

Mais le point essentiel pour nous, c'est de ne pas oublier nos propres intérêts en procurant ceux du prochain; c'est de graver en nous, comme des enfants bien nés, tous les traits de notre mère ; car comment montrer que nous lui appartenons, s'il ne se trouve en nous aucun caractère de ressemblance avec elle ? Aussi semble-t-elle nous dire, avec bien plus de raison encore que le grand Apôtre : « Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même de Jésus Christ ». Écoutons cette parole, et travaillons à nous conformer au grand modèle qui nous est offert.

1° Modèle de foi, Marie n'hésite pas en entendant la promesse de l'ange ; elle croit à l'oracle céleste, et si elle demande comment ce prodige s'accomplira, ce n'est pas par suite d'un doute, c'est par le désir d'apprendre l'ordre de la Providence dans cet auguste mystère. Aussi Sainte Élisabeth lui dira-t-elle : « Vous êtes heureuse, parce que vous avez cru ».

2° Modèle de pureté; Marie estime si fort cette belle vertu, qu'elle aimerait mieux renoncer au privilège de la maternité divine, que de porter atteinte à la sainte virginité. « Comment cela se fera-t-il, puisque je suis étrangère à tout commerce humain ? »

3° Modèle d'obéissance; Marie a renoncé à sa propre volonté, pour suivre en tout point la volonté de Dieu manifestée par ses supérieurs ; elle obéit à tous, aux empereurs païens, à la loi mosaïque, aux auteurs de ses jours, à Saint Joseph, au Disciple bien-aimé. Elle obéit en tout, dans les occasions les plus pénibles, comme dans les circonstances les plus aisées, quand il faut fuir en Égypte, comme quand il faut revenir à Nazareth. Elle obéit avec des dispositions toujours parfaites, dans la seule vue de plaire au Seigneur et de procurer sa gloire.

4° Modèle d'humilité ; Marie ne se prévaut ni de sa naissance, ni des grâces spirituelles qu'elle a reçues ; elle cache à tous, même à saint Joseph, le secret de sa grandeur ; elle se proclame servante du Seigneur, au moment où elle en devient la mère ; elle passe sa vie dans l'obscurité d'une pauvre chaumière, sans éclat, sans actions brillantes, sans développements miraculeux de sa puissance ; elle se plaît à être oubliée, et comptée pour rien.

5° Modèle de patience ; Marie souffre tout sans murmurer et sans se plaindre : la crèche et son dénuement, l'exil et ses privations, le Calvaire et ses douleurs ne sauraient l'abattre; elle est debout au pied de la croix, non moins résignée dans ce moment suprême, que quand elle se voyait, à Bethléem, contrainte de se réfugier dans une pauvre étable.

6° Modèle de charité ; Marie aime Dieu, jusqu'à vivre, jusqu'à mourir d'amour ; elle aime le prochain, jusqu'à consentir à la mort cruelle de celui qui possède son cœur tout entier et comme son créateur, et comme son fils. Prodiges ineffables, qui ne se représentent nulle part ailleurs ! Mourir d'amour pour Dieu, et sacrifier pour l'homme le Dieu dont l'amour occasionne sa mort ! quelle tendresse admirable! quelle ineffable charité !

Jetez, chrétiens, les yeux sur ce grand modèle, et faites de généreux efforts pour le reproduire dans votre conduite ; que la foi dirige toutes vos œuvres, que la pureté règne dans votre cœur, que l'obéissance règle vos démarches, que l'humilité vous porte à vous anéantir devant Dieu et devant les hommes, que la patience vous soutienne dans les afflictions, que la charité enfin couronne toutes vos vertus, et alors vous deviendrez véritablement dignes d'appeler Marie votre mère, et de vous compter au nombre de ses bien-aimés enfants.

 

Prière de saint Germain de Constantinople

 

O Marie, Mère de Dieu, accordez votre secours et votre protection à ceux qui célèbrent vos solennités; délivrez-nous par vos puissantes prières de toute nécessité et de tout péril; éloignez de nous non-seulement le poison funeste de la maladie, et les calamités de tout genre, mais encore la juste colère de votre fils et ses terribles menaces pour l'avenir ; placez-moi, en vertu de votre titre de Mère du Seigneur, dans ce lieu de délices, où brille la lumière, où règne la paix, où se distribuent avec abondance tous les biens capables de combler les désirs de l'homme. Qu'elles soient réduites au silence les lèvres artificieuses dont l'orgueilleuse malice et les fiers dédains osent insulter votre innocence ; que leur image soit réduite au néant dans votre cité ; que vos ennemis soient confondus, qu'ils tombent en défaillance, qu'ils périssent, et qu'ils sachent que vous vous appelez Notre Dame. seule vous êtes la Mère de Dieu, la plus sublime de toutes les créatures terrestres, la divine épouse que nous bénissons dans la foi, que nous honorons par le désir, que nous révérons avec crainte, que nous ne cessons d'exalter, et que, dans notre vénération, nous proclamons bienheureuse. Oui, bienheureux parmi les hommes est votre père, bienheureuse votre mère parmi les femmes ; bienheureuse votre maison, bienheureux ceux qui vous ont connue, bienheureux ceux qui vous ont vue ; bienheureux ceux qui ont eu de douces relations avec vous ; bienheureux ceux qui vous ont servie, bienheureux les lieux que vos pieds ont foulés ; bienheureux le temple où vous avez été offerte ; bienheureux Zacharie qui vous a reçue dans ses bras ; bienheureux Joseph, qui vous a prise pour son épouse ; bienheureuse votre couche, bienheureux votre tombeau, car vous êtes le souverain honneur, la récompense souveraine, la souveraine grandeur.

Mais, ô ma reine, ô seule consolation que Dieu m'a donnée, rosée céleste qui apaisez mes brûlantes ardeurs, pluie bienfaisante qui descendez d'en haut pour humecter mon cœur desséché, lampe brillante qui dissipez les ténèbres de mon âme, guide fidèle de mes pas, soutien de ma faiblesse, vêtement de ma nudité, richesse de mon indigence, remède de mes inguérissables blessures, ô vous qui éteignez mes larmes, qui faites cesser mes gémissements, qui dissipez mes calamités, qui allégez mes douleurs, qui brisez mes chaînes, ô espérance de mon salut, exaucez mes prières, soyez touchée de mes soupirs, accueillez mes lamentations, et prenez pitié de mes misères ; que les entrailles de votre miséricorde se laissent attendrir et fléchir par mes pleurs ; car vous êtes la Mère du Dieu de bonté et de clémence. Regardez-moi et recevez favorablement mes supplications, comblez le désir de mon âme altérée... Introduisez-moi dans la terre promise à la douceur, dans les tabernacles des justes, dans la région des saints. Daignez, ô vous qui êtes la protectrice, la joie, l'allégresse, les délices de tous, daignez, je vous eu conjure, m'inonder de consolations... dans la félicité vraiment ineffable du divin roi qui est né de vous, dans son incorruptible sanctuaire, dans ses douceurs perpétuelles dans ses satisfactions exemptes de tout dégoût, dans son royaume interminable et sans fin. Oui, vous êtes ma reine, vous êtes mon refuge, ma vie et mon secours, mou armure et ma gloire, mon espérance et ma force, accordez-moi la grâce de jouir... dans ce céleste séjour des dons inénarrables et incompréhensibles de votre Fils. Car vous avez, je le sais, en votre qualité de Mère du Très Haut, autant de pouvoir que de tendresse ; c'est cette pensée qui m'inspire la confiance, et m'anime d'une sainte audace. Ne permettez pas, ô reine de pureté, que je sois frustré dans mon attente, mais faites plutôt que j'en obtienne l'accomplissement, ô épouse de Dieu même, qui par un ineffable prodige avez enfanté l'attente de l'univers notre divin maître Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Seigneur, à qui convient toute gloire, tout honneur et toute adoration avec le Père éternel et l'Esprit vivifiant, maintenant et toujours, et dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

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1 décembre 2013

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie 27/33

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie

33 jours pour se consacrer à la Très Sainte Trinité par les mains de Marie

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Vingt-septième jour

Sixième jour à l'ombre de l'Esprit

« Voici ta Mère »

prends Marie et Elle te prendra

Consécration de tout ce qui n'est pas encore consacré

 

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

 

Invocation au Saint Esprit

 

Celui qui a parlé par les Prophètes

Et qui fut annoncé par la Loi

À des hommes imparfaits,

Le Paraclet, Dieu véritable, se révèle aujourd'hui

Aux serviteurs et aux témoins du Verbe.

Sceau et empreinte du Dieu vivant,

L'Esprit est reçu par les Apôtres dans le Feu.

Il se révèle dans le Don des Langues,

Car Il est la Force qui procède du Père.

Roi des rois, Unique de l'Unique, ô Verbe,

Toi qui nais éternellement du Père inengendré,

Dans Ton Amour Tu as fait briller

Ton Esprit tout-puissant sur Tes Apôtres.

Toi qui as régénéré notre nature blessée par la mort,

Ô Verbe de Dieu, Tu nous inondes du torrent

Sorti de Ton Côté Immaculé et transpercé,

En nous marquant du Sceau de la ferveur de l'Esprit.

(Prière Orientale des Eglises, Laudes du Lundi de Pentecôte)

 

Je crois en Dieu, une dizaine de Chapelet aux intentions de la Sainte Vierge.

 

Parole de Dieu

 

Apocalypse 3, 20-21

 

« Voici que Je me tiens à la porte, et Je frappe. Si quelqu'un entend Ma voix et ouvre la porte, J'entrerai chez lui ; Je prendrai Mon repas avec lui, et lui avec Moi. Le vainqueur, Je le ferai siéger près de Moi sur mon Trône, comme Moi-même, après Ma Victoire, Je suis allé siéger près de Mon Père sur Son Trône ».

 

Saint Matthieu 7, 7-11

 

« Demandez, vous obtiendrez ; cherchez, vous trouverez ; frappez, la porte vous sera ouverte. Celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve ; et pour celui qui frappe, la porte s'ouvrira. Lequel d'entre vous donnerait une pierre à son fils qui lui demande du pain ? ou un serpent, quand il lui demande un poisson ? Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux Cieux donnera-t-Il de bonnes choses à ceux qui les Lui demandent ! »

 

Livre d'Isaïe 62, 1-5

 

« Pour la cause de Jérusalem je ne me tairai pas, pour Sion je ne prendrai pas de repos, avant que sa justice ne se lève comme l'aurore et que son salut ne flamboie comme une torche. Les nations verront ta justice, tous les rois verront ta gloire. On t'appellera d'un nom nouveau, donné par le Seigneur lui-même. Tu seras une couronne resplendissante entre les doigts du Seigneur,un diadème royal dans la main de ton Dieu. On ne t'appellera plus : « La délaissée », on n'appellera plus ta contrée : « Terre déserte », mais on te nommera : « Ma préférée », on nommera ta contrée : « Mon épouse », car le Seigneur met en toi sa préférence et ta contrée aura un époux. Comme un jeune homme épouse une jeune fille, celui qui t'a construite t'épousera. Comme la jeune mariée est la joie de son mari, ainsi tu seras la joie de ton Dieu ».

 

Message de Marie à Medjugorje du 25 février 1992

 

« Chers enfants, aujourd'hui Je vous invite à vous rapprocher encore plus de Dieu, à travers la prière. Seulement ainsi, pourrai-Je vous aider et vous protéger de toute attaque satanique. Je suis avec vous et J'intercède pour vous auprès de Dieu afin qu'Il vous protège. Mais J'ai besoin de vos prières et de votre « oui ». Vous vous perdez facilement dans les choses matérielles et humaines, et vous oubliez que Dieu est votre plus grand Ami. C'est pourquoi, mes chers petits enfants, rapprochez-vous de Dieu afin qu'Il vous protège et vous garde de tout mal. Merci d'avoir répondu à Mon appel ».

 

Méditation

 

« C'est donc bien Jean qui prend Marie d'abord. Il était nécessaire de préciser que, bien évidemment, c'est Dieu qui prend tout, le premier. Mais au point de vue de ce que nous devons faire, nous, il nous fait d'abord prendre Marie avec cette sainte violence que je vous montrais et dont Marie ne se plaindra jamais. « Le Royaume des Cieux souffre violence, et seuls les violents s'en emparent » (Mt 11, 12). Marie nous dit : « Prends-Moi donc, tu ne m'as pas assez prise. Prends-Moi comme tu Me l'as promis si souvent, tiens ta parole. Tu M'as promis si souvent, non seulement d'être à Moi tout entier, mais de Me prendre de façon à ce que Je sois à toi tout entière. Tu M'as répété tant de fois des paroles qui n'ont pas d'autre signification que celle-là. Eh bien ! Maintenant : « Prends-Moi selon ta parole ». Et surtout : « Ne Me confonds pas dans Mon attente » ; il y a si longtemps que J'attends, si longtemps que Je désire voir arriver cette heure, ce moment, à partir duquel tu Me prendras dans toutes tes intimités ! » Jean a répondu pleinement à cette attente de Marie, au pied de la Croix ».

(Père Dehau, « Eve et Marie »)

 

« La dimension mariale de la vie d'un disciple du Christ s'exprime précisément, d'une manière spéciale, par cette offrande filiale à la Mère de Dieu, qui a commencé par le testament du Rédempteur sur le Golgotha. En se livrant filialement à Marie, le chrétien, comme l'Apôtre Jean, «reçoit parmi ses biens personnels» la Mère du Christ et l'introduit dans tout l'espace de sa vie intérieure, c'est-à-dire dans son «moi» humain et chrétien: «Il l'accueillit chez lui». Il cherche ainsi à entrer dans le rayonnement de l'«amour maternel» avec lequel la Mère du Rédempteur «prend soin des frères de son Fils », «à la naissance et à l'éducation desquels elle apporte sa coopération» à la mesure du don qui est propre à chacun de par la puissance de l'Esprit du Christ. Ainsi également s'exerce la maternité selon l'Esprit, qui est devenue le rôle de Marie au pied de la Croix et au Cénacle ».

(Bienheureux Jean Paul II, Redemptoris Mater, n°45)

 

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Prières

 

Prière consécratoire

 

Marie, je Te consacre tout ce que je ne T'ai pas encore consacré, ce que je n'ai pas su encore Te donner, prends-le, je T'en supplie, ma Mère, ma Sœur, mon Amie. Ce qui en moi, et que j'ignore, Te craint encore, touche-le, purifie-le, envahis-le. Je veux Te prendre chez moi, dans l'intimité la plus profonde de mon être. Épouse de Dieu, soutiens-moi, pour que j'entre dans la chambre nuptiale de mon âme, ce lieu profond que je ne peux visiter dans Toi. Ma Toute Pure, prépare le secret de ma nuit le baldaquin des noces pour lesquelles le Très-Haut m'a créé. Enveloppe-moi de Toi comme l'Esprit T'a couverte de Son Ombre.

 

Antienne

 

« Sous l'abri de Ta Miséricorde,

nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu »

(Sub Tuum)

 

Psaume

Livre d'Isaïe 27, 2-5

 

La vigne délicieuse, chantez-là !

Moi le Seigneur, j'en suis le gardien ;

à tout instant je l'arrose

de peur que ne tombe son feuillage ;

nuit et jour je la garde.

Je n'éprouve point de colère !

Qu'il y ait épines et ronces,

je leur ferai la guerre,

je les brûlerai toutes !

Ou bien qu'on s'abrite en mon refuge,

Qu'on fasse la paix avec moi,

la paix, qu'on la fasse avec moi !

 

Prière « Ad Libitum » : Priez Marie avec un texte de votre choix comme par exemple les Litanies, le Souvenez-vous, ou encore une oraison jaillie du cœur...

Invocation : O Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation, priez pour nous et pour le monde ».

 

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Textes extraits du livre « Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie », aux Editions des Béatitudes, pour commander le livre, cliquer ICI

 

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15 mars 2014

Le Carême avec Saint Vincent de Paul 3/7

Le Carême avec Saint Vincent de Paul 3/7

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Deuxième Semaine de Carême

 

Deuxième Dimanche de Carême

Dimanche 16 mars

 

Méditation

L'acte d'abandon du Bienheureux Charles de Foucauld n'est pas très connu tel qu'il a été écrit vraiment. On l'a beaucoup résumé. Le voici tel qu'il est avec ses répétitions, merveilleuses : « Mon Père, je remets mon esprit entre vos mains ». C'est la prière de notre Maître, de notre Bien-Aimé... Puisse-t-elle être la nôtre... et qu'elle soit non seulement celle de notre dernier instant, mais celle de tous les instants : Mon Père, je me remets entre Vos mains ; mon Père, je me confie à Vous ; mon Père, je m'abandonne à Vous ; mon Père, faites de moi tout ce qu'il Vous plaira ; quoi que Vous fassiez de moi, je Vous remercie ; merci de tout ; je suis prêt à tout ; j'accepte tout ; je Vous remercie de tout ; pourvu que Votre Volonté se fasse en toute vos créatures, en tout vos enfants, en tous ceux que Votre Cœur aime, je ne désire rien d'autre, mon Dieu ; je remets mon âme entre Vos mains ; je Vous la donne, mon Dieu, avec tout l'amour de mon cœur, parce que je Vous aime et que ce m'est un besoin d'amour de me donner, de me remettre entre Vos mains avec une infinie confiance, car Vous êtes mon Père ».

 

La prière

Intoy avait huit ans lorsqu'il n'eut d'autre solution que de fuir le foyer familial et se réfugier dans la rue. Il venait de perdre sa maman. Ses premières semaines à la fondation furent des plus instables. Intoy retournait dans son groupe de rue régulièrement : respirer du solvant, voler, se battre... se vendre. Lors d'un passage au centre d'accueil, un discussion fut peut être un vrai tournant pour lui. « Tu es peut être fort Intoy, tu es peut être un vrai caïd, mais c'est vrai pour les autres, cette façade que tu montres, non pas pour toi-même. Tu n'es pas assez fort pour choisir le bien ». Intoy était pris à son propre jeu : « Si je le peux, et je vais vous le prouver, je le promets ». Depuis, notre caïd n'a plus jamais quitté la fondation. Il y a deux ans, Intoy est venu me voir et d'un ton audacieux me dit : « Mon père, c'est mon anniversaire aujourd'hui, il faut donc que j'aie un cadeau, n'est-ce pas ? Voilà, j'aimerai que vous m'emmeniez à la chapelle, j'aimerais dire quelque mots à ma maman ». Je suis resté sans voix et je l'ai accompagné. Intoy s'est agenouillé. Et voilà notre caïd, un dur-de-dur redouté par la plupart des jeunes, qui se mit à discuter avec sa maman et lui exprimer tout son amour, toute sa douleur, laissant couler abondamment ses larmes.

Poland, Warsaw, 3

Lundi de la Deuxième Semaine de Carême

Lundi 17 mars

 

En paroisse

Pendant ce temps, en 1612, Vincent reçoit la charge de la paroisse des Saints Sauveur et Médard de Clichy, un village de six cent âmes, proche de Paris. Il se jette, avec enthousiasme, dans cette nouvelle expérience. La population n'a pas été habituée à un tel genre de Prêtre. Cela la change. La liturgie est très soignée, ainsi que le catéchisme. Il fonde aussi une sorte d'école cléricale avec douze garçons. Après une année, sur le conseil de Bérulle, Vincent accepte de devenir aumônier d'une famille de l'aristocratie, les Gondi.

 

À l'école de Saint Vincent

« L'humilité donc, qui consiste à s'anéantir devant Dieu et à se détruire soi-même pour placer devant Dieu dans son cœur, à ne chercher l'estime et la bonne opinion des hommes, et à combattre sans cesse tous les mouvements de la vanité. L'ambition fait qu'une personne s'établit, cherche la bonne renommée, qu'on le dise : « La voilà ! » L'humilité fait qu'elle s'anéantit, afin qu'il n'y ait que Dieu seul qui paraisse, à qui la gloire soit rendue... ».

 

Parole de Dieu

« Quand tu offres un festin, invite au contraire des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles » (Luc 14, 13).

 

Dans ma vie

Veillons à ne pas répandre l'ivraie. L'ivraie, dans nos communautés, dans nos familles, ce pourrait être l'attachement excessif que nous portons à l'action, la communication, internet, au téléphone portable... sans parler de Facebook. Trouver son bonheur dans « l'informationnite aigüe » c'est prendre un gros risque quant à la qualité de notre vie intérieure. Si nous ne savons garder une certaine dose de silence, de solitude, en un mot de retrait par rapport au monde, nous ne pourrons rester vraiment « du Christ », et notre grille de lecture des événements sera... mondaine.

 

Résolution

Je programmerai un repas avec une personne que je n'ai pas envie de recevoir, soit parce qu'elle me dégoûte, soit parce que je n'éprouve à son endroit que du désintérêt. Et je l'accueillerai avec un large sourire et des fleurs sur mon buffet.

Austria, Vienna, Gumpendorf, Vincent and silence

Mardi de la Deuxième Semaine de Carême

Mardi 18 mars

 

Avec la noblesse

Dans le palais des Gondi, Vincent doit être précepteur et conseiller. Plus que sur les enfants, son influence est forte sur les parents. C'est durant le séjour chez les Gondi qu'a lieu un changement total. Vincent, en 1617, désormais convaincu qu'il doit suivre Dieu, est disposé voire résigné à accueillir la Volonté de Dieu sur sa vie.

 

A l'école de Saint Vincent

« Si nous considérons bien ce beau tableau que nous avons devant les yeux, cet admirable original de l'humilité, Notre Seigneur Jésus-Christ, se pourrait-il faire que nous donnassions entrée en nos esprit à aucune bonne opinion de nous-même, nous voyons si fort éloignés de ses prodigieux abaissements ? Serions-nous si téméraires que de nous préférer aux autres, voyant qu'il a été postposé à un meurtrier ? Aurions-nous quelque crainte d'être reconnus pour misérables, voyant l'innocent traité comme un malfaiteur, et mourir entre deux criminels comme le plus coupable ? »

 

Parole de Dieu

« Courage, mon peuple, mémoire d'Israël ! Vous avez été vendus aux nations, mais non pour l'anéantissement » (Baruch 4,6).

 

Dans ma vie

Corrompre l'oeuvre de Dieu en y mêlant des principes de ruines, c'est toute l'ambition du Malin. Saint Vincent connut des heures de combat durant lesquelles il sentit très fortement les attaques de l'anche déchu. Il étudia, pria et consulta avant de prendre les décisions qui s'imposaient. Il sait que Notre Dame est une alliée indispensable dans ce travail de déminage... Avec elle, il n'est de situation qui ne se trouve débrouillée. Tout est pur, tout est vrai, tout est simple en Elle. La restauration de l'Eglise ne peut pas ne pas passer par Elle. Ô Marie, Mère de l'Eglise, intercédez pour nos familles et nos communautés.

 

Résolution

Je veux que cette journée soit tout entière consacrée à Notre Dame. C'est pourquoi je vais répartir que la journée quelques instants réservés à la prière : du chapelet, de l'Angélus, ou encore les Litanies. Très Sainte Vierge Marie, conduisez-moi à Jésus !

Austria, Witten, Vincent de Paul and poor as Christ

Mercredi de la Deuxième Semaine de Carême

Mercredi 19 mars

Fête de Saint Joseph

 

De la responsabilité des Prêtres

En janvier 1617, Vincent se trouve en Picardie. Il est appelé auprès d'un paysan moribond, que l'on tient pour un homme de Dieu. Et pourtant, sa confession générale est pour lui la révélation d'une misère spirituelle incroyable. Les gens ne se confessent plus et préfèrent garder en eux-mêmes leurs propres misères, sans pouvoir s'en libérer, et cela par honte. Il ne s'agit pas d'un cas isolé. Vincent comprend que ce n'est pas faute d'avoir des Prêtres. Il y en a trop. Mais ils préfèrent s'occuper d'eux-mêmes et de leurs propres affaires.

 

À l'école de Saint Vincent

« Si donc (le Christ) se montrait sévère en certaines occasions, Lui qui était essentiellement doux et bénin, c'était pour corriger les personnes à qui Il parlait, pour donner la chasse au péché et ôter le scandale ; c'était pour édifier les âmes et pour notre instruction. Oh ! Qu'un fruit supérieur qui agirait de la sorte ferait un grand fruit ! Ses corrections seraient bien reçues, parce qu'elles seraient faites par raison, et non par humeur : quand il reprendrait avec vigueur, ce ne serait jamais par emportement, mais toujours pour le bien de la personne avertie ».

 

Parole de Dieu

Ne crains point, Daniel, car du premier jour où, pour comprendre, tu as résolu de te mortifier devant ton Dieu, tes paroles ont été entendues » (Daniel 10, 12).

 

Dans ma vie

Saint Vincent était un battant. Il n'eut pas peur de travailler dur, même lorsqu'il était prisonnier des Barbaresques, retenu en esclavage. Son témoignage de Foi au milieu des infidèles musulmans toucha les cœur et provoqua au moins une conversion. Adorons le Verbe de Dieu sorti de Son éternel repos pour venir ici-bas, au prix d'un dur labeur, glorifier Son Père et opérer notre Salut. Demandons-Lui la grâce de coopérer, autant qu'Il l'attend de nous, à l'oeuvre de notre Rédemption. Ainsi, nous gagnerons à Dieu de nombreuses âmes et ferons nôtre cette parole de Saint Paul à Timothée : « Travaille comme un bon soldat du Christ Jésus ».

 

Résolution

« Dieu premier servi ». Voilà une devise qui pourrait conduire mes pas aujourd'hui. Qu'en toute décision, programme ou rencontre, le Seigneur Jésus soit au centre. Un moyen tout simple : élever mon âme souvent vers Lui.

Markus 01

Jeudi de la Deuxième Semaine de Carême

Jeudi 20 mars

 

Un sermon inoubliable

Le paysan qui s'est senti compris et soulagé, décide d'en parler à Madame de Gondi. Elle en est bouleversée. Elle demande à Vincent ce qui pouvait se faire. Elle suggère à son confesseur de monter en chaire, de parler aux gens et de les exhorter à la confession générale. C'était le 25 janvier, Fête de la Conversion de Saint Paul. Il fait « un sermon » que toute la population comprend. Le confessionnal est pris d'assaut. Pour l'heure, l'unique chose claire est qu'il ne peut plus s'enfermer dans le palais des Gondi qui devient, pour lui, toujours plus petit et suffocant.

 

À l'école de Saint Vincent

« Voilà le premier acte de la douceur, qui est de réprimer le mouvement contraire, dès qu'on le sent, soit en arrêtant tout à fait la colère, soit en l'employant si bien dans la nécessité, qu'elle ne soit nullement séparée de la douceur... Le second acte de la douceur est d'avoir une grande affabilité, cordialité et sérénité de visage vers les personnes qui nous abordent, en sorte qu'on leur soit à consolation ».

 

Parole de Dieu

« Des profondeurs je crie vers toi, Yahvé : Seigneur, écoute mon appel ! Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière ! » (Psaume 129, 1-2).

 

Dans ma vie

« Le Christ a aimé l'Eglise et s'est livré pour elle », écrit Saint Paul aux Ephésiens. En fondant les Lazaristes, Saint Vincent de Paul a répondu à un appel de Jésus et a agrémenté l'Eglise d'une fleur nouvelle dans le magnifique parterre qui orne le jardin de la Nouvelle Jérusalem. À son exemple, nous devons entrer constamment dans une attitude filiale envers l'Eglise et ses chefs, le Pape et les évêques. Aussi, veillons à ce que notre assentiment au Magistère sot toujours généreux et confiant. Dans le doute ? Pas d'inquiétude, le Christ a promis au Pape l'assistance particulière de l'Esprit Saint.

 

Résolution

Je veillerai à laisser de l'ordre matériellement derrière moi. Que mon activité ne soit pas vécue au détriment du bien-être des autres : nettoyer ce que j'aurai sali, ranger ce que j'aurai dérangé... Le charnel devient spirituel quand il est accompli en Jésus-Christ, nous dit Saint Ignace d'Antioche.

Vincent de Paul 01, his works

Vendredi de la Deuxième Semaine de Carême

Vendredi 21 mars

 

La conversion des Prêtres

Il demande à partir en paroisse de campagne. C'est à Châtillon-les-Dombes, aujourd'hui Châtillon-sur-Chalaronne, proche de Lyon. Les six Prêtres qui s'y trouvent, préfèrent les auberges à la prière. Vincent s'applique d'abord par son exemple à convertir les Prêtres. C'est la chose la plus difficile. Le 20 août, on vient dire à Vincent que tous les membres d'une famille sont malades et sans ressources. Il change alors le sujet de sa prédication. Sa parole est fortement convaincante. Entré en contact avec l'autre face de la misère, la pauvreté matérielle, il a la certitude que la solidarité paysanne ne suffit plus, pas plus que l'aumône.

 

À l'école de Saint Vincent

« Et comme nous devons être employés à l'entour des pauvres gens des champs, de messiers les ordinands, des exercitants et de toute sortes de personnes, il n'est pas possible que nous produisions de bons fruits, si nous sommes comme des terres sèches qui ne portent que des chardons. Il faut quelque attrait et un visage qui plaise, pour n'effaroucher personne... Ô Sauveur, que ceux-là étaient bienheureux qui avaient la grâce de Vous aborder ! Quel visage ! Quelle douceur, quelle cordialité leur montriez-Vous pour les attirer ! »

 

Parole de Dieu

« Je m'épuise à crier, ma gorge brûle, mes yeux sont consumés d'attendre mon Dieu » (Psaume 68, 4).

 

Dans ma vie

Avec Saint Vincent qui n'hésita pas à consacrer sa vie à Notre Dame, remercions l'immense bonté de Notre Sauveur qui, non content de nous prodiguer les ardeurs de Sa Charité infinie, voulut nous donner quelle surabondance ! – le Cœur de Sa Mère pour être comme un écoulement et une extension du Sien. À nous de répondre à ce double Amour du Fils et de la Mère par un redoublement d'humble et reconnaissante tendresse. Dieu qui donna tout à Jésus nous donna encore Marie afin que soit évidente Sa Bonté. « Louange à Dieu pour son inénarrable don » (2 Corinthiens 9,15).

 

Résolution

Avant que mes yeux ne s'endorment, j'aurais veillé à demander pardon à toute personne parmi mes proches que j'aurai pu blesser : mon conjoint, éventuellement mon enfant (si cela est opportun). Il n'est pas bon que la nuit recouvre la colère.

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Samedi de la Deuxième Semaine de Carême

Samedi 22 mars

 

Apôtre des pauvres

Il pense que c'est le devoir de l'Eglise de s'engager dans la lutte contre la misère. Il réunit quelques personnes du village. Il leur propose de former un groupe pour aider les malades pauvres de leur village. Tous sont enthousiastes. Vincent écrit alors un règlement. Ainsi naissent les Compagnies de la Charité. Ce sont des groupes paroissiaux de base qui annoncent une nouvelle façon de comprendre l'Eglise comme lieu de la Charité.

 

À l'école de Saint Vincent

« Le troisième acte de la douceur est quand, ayant reçu déplaisir de quelqu'un, on passe outre, on n'en témoigne rien, ou bien on dit en l'excusant : « Il n'y pensait pas, il l'a fait par précipitation ; un premier mouvement l'a emporté » ; enfin on détourne sa pensée du grief prétendu... la douceur ne nous fait pas seulement excuser les affronts et les injustices que nous recevons, mais elle veut même qu'on traite doucement ceux qui nous les font, par des paroles aimables, et s'ils venaient à l'outrage jusqu'à donner un soufflet, qu'on le souffre pour Dieu ; et c'est cette vertu qui fait cet effet-là ».

 

Parole de Dieu

« Quand je crie, Tu réponds, Dieu mon Justicier, dans l'angoisse, Tu me mets au large ; pitié pour moi, écoute ma prière » (Psaume 4, 2).

 

Dans ma vie

L'oraison, cette prière qui nous fait entrer dans le silence de Dieu, donne sa fécondité à notre action au service des plus pauvres. Un disciple de Saint Vincent, le Bienheureux Frédéric Ozanam, n'hésitait pas à dire que l'aide aux démunis ne peut pas se passer d'une démarche explicite d'évangélisation. Donner le pain de la terre ne voudrait rien dire si n'était associée à ce geste l'annonce du kérygme, c'est-à-dire la réalité de la naissance, de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ. Faire oraison et ensuite servir les pauvres, voilà le beau programme vincentien : prie et sert.

 

Résolution

J'essaierai de vivre au présent. Avec Sainte Thérèse de Lisieux, je ne regarderai en arrière que pour louer la Miséricorde de Dieu, et en avant, que pour reformuler ma confiance en Lui. Iesu in Te confido ! Jésus, j'ai confiance en Toi !

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Texte extrait du hors série de Parole Prière « Mon Carême avec Saint Vincent de Paul ». Pour vous le procurer ou vous abonner, cliquer ici

12 novembre 2013

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie 8/33

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie

33 jours pour se consacrer à la Très Sainte Trinité par les mains de Marie

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Huitième jour

Premier jour de la semaine dans le sein du Père

L'union du Père et de Marie

Consécration de nos origines

 

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

 

Invocation au Saint Esprit

 

Esprit de Sainteté, rendez-vous le Maître

de tout mon cœur pour aimer,

de mon esprit pour connaître,

de ma langue pour charmer,

de mes sens et mes puissances

pour agir ou pour souffrir,

de mes biens, de mes souffrances

et de tout pour vous servir.

 

Faites de mon cœur un temple,

de ma langue un instrument

pour servir à tous d'exemple,

pour parler éloquemment.

Par Jésus et par Marie,

régnez en moi puissamment,

afin que j'en glorifie

Dieu seul éternellement.

(Saint Louis Marie Grignion de Montfort)

 

Je crois en Dieu, une dizaine de Chapelet aux intentions de la Sainte Vierge.

 

La Parole de Dieu

 

Lettre de Saint Paul aux Ephésiens 1, 3-6

 

« Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ. Dans les cieux, il nous a comblés de sa bénédiction spirituelle en Jésus Christ. En Lui, Il nous a choisis avant la création du monde, pour que nous soyons, dans l'amour, saints et irréprochables sous son regard. Il nous a d'avance destinés à devenir pour Lui des fils par Jésus Christ : voilà ce qu'Il a voulu dans sa bienveillance, à la louange de sa gloire, de cette grâce dont Il nous a comblés en son Fils bien-aimé ».

 

Deuxième Livre des Martyrs d'Israël 7, 22-23

 

« Je suis incapable de dire comment vous vous êtes formés dans mes entrailles. Ce n'est pas moi qui vous ai donné l'esprit et la vie, qui ai organisé les éléments dont chacun de vous est composé. C'est le Créateur du monde qui façonne l'enfant à l'origine, qui préside à l'origine de toute chose. Et c'est lui qui, dans sa miséricorde, vous rendra l'esprit et la vie, parce que, pour l'amour de ses lois, vous méprisez maintenant votre propre existence ».

 

Livre de la Genèse 2, 7-9

 

« Alors le Seigneur Dieu modela l'homme avec la poussière tirée du sol ; Il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l'homme devint un être vivant. Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l'orient, et y plaça l'homme qu'il avait modelé. Le Seigneur Dieu fit pousser du sol toute sorte d'arbres à l'aspect attirant et aux fruits savoureux. il y avait aussi l'arbre de vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal ».

 

Message de la Sainte Vierge à Medjugorje du 11 Juillet 1987

 

« Ô enfants, Je veux que vous viviez chaque nouveau jour dans l'amour et la paix. Je veux que vous soyez les porteurs de paix et d'amour. Les gens qui ont tant besoin de ces grâces de paix et d'amour. Les gens ont tant besoin de ces grâces de paix et d'amour, mais ils les ont perdues parce que qu'ils ne prient pas. Créez dans vos cœurs une prière continue, parce que seulement ainsi, vous serez capables d'être des vases préparés pour Dieu. Par la prière, votre Père vous modèlera en vases selon son désir. Pour cela, abandonnez-vous entièrement à Lui. Merci d'avoir répondu à Mon appel ».

 

(Cyrille Auboyneau, « Paroles du Ciel, Messages de Marie à Medjugorje », Editions des Béatitudes)

 

Méditation

 

« Si, dans le dessein de Dieu, l'épouse devait être donnée à l'époux, comme une aide semblable à lui, ce n'est pas seulement pour qu'elle contribuât à la naissance des enfants ; mais encore pour qu'elle concourût par sa sollicitude maternelle, par sa tendresse et sa bonté, par par sagesse de ses conseils, à leur éducation et à leur établissement. Sans doute en nous prédestinant à devenir les membres de Son Fils, Dieu le Père nous a appelés, selon le décret de Sa Volonté et par un pur effet de Sa Grâce, qu'Il nous a donnée en Jésus-Christ, avant tous les siècles : nous ayant déjà comme créés en Lui, et ayant préparé les œuvres saintes qu'Il désirait que nous fissions pour Sa Gloire... C'est pourquoi dans la plénitude des temps, lorsqu'Il aura donné l'être à Sa sainte épouse, Il lui montrera l'économie de ses desseins sur chaque âme ».

(Jean-Jacques Olier, « Vie Intérieure de la Très Sainte Vierge », 77)

 

« Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine qui tient que la bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu tout puissant, en vue des mérites de Jésus Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel, est une doctrine révélée de Dieu, et qu’ainsi elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles ».

(Bienheureux Pie IX, Bulle « Ineffabilis Deus » du 8 décembre 1854)

 

« Pour être la Mère du Sauveur, Marie " fut pourvue par Dieu de dons à la mesure d’une si grande tâche " (LG 56). L’ange Gabriel, au moment de l’Annonciation la salue comme " pleine de grâce " (Lc 1, 28). En effet, pour pouvoir donner l’assentiment libre de sa foi à l’annonce de sa vocation, il fallait qu’elle soit toute portée par la grâce de Dieu. Au long des siècles l’Église a pris conscience que Marie, " comblée de grâce " par Dieu (Lc 1, 28), avait été rachetée dès sa conception. C’est ce que confesse le dogme de l’Immaculée Conception, proclamé en 1854 par le pape Pie IX : La bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel (DS 2803). Cette " sainteté éclatante absolument unique " dont elle est " enrichie dès le premier instant de sa conception " (LG 56) lui vient tout entière du Christ : elle est " rachetée de façon éminente en considération des mérites de son Fils " (LG 53). Plus que toute autre personne créée, le Père l’a " bénie par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ " (Ep 1, 3). Il l’a " élue en Lui, dès avant la fondation du monde, pour être sainte et immaculée en sa présence, dans l’amour " (cf. Ep 1, 4). Les Pères de la tradition orientale appellent la Mère de Dieu " la Toute Sainte " (Panaghia), ils la célèbrent comme " indemne de toute tache de péché, ayant été pétrie par l’Esprit Saint, et formée comme une nouvelle créature " (LG 56). Par la grâce de Dieu, Marie est restée pure de tout péché personnel tout au long de sa vie ».

(Catéchisme de l'Eglise Catholique, 490-493)

 

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Prières

 

Prière consécratoire

 

Marie présente dans la pensée du Père, Marie, épouse des desseins du Père, rappelle-moi dans l'enveloppement de Ta présence maternelle, que j'ai été créé avec sagesse et par amour afin que je puisse dire, rempli de reconnaissance pour un Père si infiniment Bon : « Je Te rends grâce, Seigneur, pour la merveille que je suis ». Marie, visite l'instant de ma conception, je Te le consacre. Je Te consacre mon père et ma mère de la terre, je Te consacre leur union. Je Te consacre toutes les unions de la terre pour qu'à l'image de Dieu, l'homme donne la vie avec sagesse et par amour.

 

Antienne

 

Ô Jésus, notre cher époux,

notre Dieu, notre Frère.

Venez, venez naître en nous

par Votre Sainte Mère,

afin que nous puissions par Vous

aller à Votre Père.

(Saint Louis-Marie Grignion de Montfort)

 

Psaume 127 (126)

 

Si le Seigneur ne bâtit la maison,

en vain peinent les maçons ;

si le Seigneur ne garde la ville,

en vain la garde veille.

 

En vain tu avances ton lever,

tu retardes ton coucher,

mangeant le pain des douleurs,

quand Il comble son bien-aimé qui dort.

 

C'est la largesse du Seigneur que des fils,

récompense que le fruit des entrailles ;

comme des flèches en la main du héros,

ainsi les fils de la jeunesse.

 

Heureux l'homme qui de ces traits

a pu remplir son carquois ;

sur la place, quand il affronte ses ennemis,

il tient tête à ceux qui l'attaquent.

 

Prière « Ad Libitum » : Priez Marie avec un texte de votre choix comme par exemple les Litanies, le Souvenez-vous, ou encore une oraison jaillie du cœur...

Invocation : O Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation, priez pour nous et pour le monde ».

 

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Textes extraits du livre « Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie », aux Editions des Béatitudes, pour commander le livre, cliquer ICI

 

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23 novembre 2013

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie 19/33

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie

33 jours pour se consacrer à la Très Sainte Trinité par les mains de Marie

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Dix-neuvième jour

Cinquième jour dans le Cœur de Jésus

La solitude de Marie

Consécration de notre solitude

 

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

 

Invocation au Saint Esprit

 

O très Saint et très Adorable Esprit,

faites-moi entendre Votre Douce et Aimable Voix.

Je veux être devant Vous

comme une plume légère,

afin que Votre Souffle m'emporte où il veut

et que je ne lui oppose jamais la moindre résistance.

(Vénérable François-Marie Libermann)

 

Je crois en Dieu, une dizaine de Chapelet aux intentions de la Sainte Vierge.

 

Parole de Dieu

 

Saint Jean 16, 32-33

 

« L'heure vient - et même elle est venue - où vous serez dispersés chacun de son côté, et vous Me laisserez seul ; pourtant Je ne suis pas seul, puisque le Père est avec Moi. Je vous ai dit tout cela pour que vous trouviez en Moi la paix. Dans le monde, vous trouverez la détresse, mais ayez confiance : Moi, Je suis vainqueur du monde ».

 

Livre de la Genèse 2, 18-23

 

« Le Seigneur Dieu dit : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui correspondra ». Avec de la terre, le Seigneur Dieu façonna toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les amena vers l'homme pour voir quels noms il leur donnerait. C'étaient des êtres vivants, et l'homme donna un nom à chacun. L'homme donna donc leurs noms à tous les animaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes des champs. Mais il ne trouva aucune aide qui lui corresponde. Alors le Seigneur Dieu fit tomber sur lui un sommeil mystérieux, et l'homme s'endormit. Le Seigneur Dieu prit de la chair dans son côté, puis il le referma. Avec ce qu'il avait pris à l'homme, il forma une femme et il l'amena vers l'homme. L'homme dit alors : « Cette fois-ci, voilà l'os de mes os et la chair de ma chair ! On l"appellera : femme ».

 

Saint Matthieu 26, 36-41

 

Jésus parvint avec ses disciples à un domaine appelé Gethsémani et leur dit : « Restez ici, pendant que Je m'en vais là-bas pour prier ». Il emmena Pierre, ainsi que Jacques et Jean, les deux fils de Zébédée, et il commença à ressentir tristesse et angoisse. Il leur dit alors : « Mon âme est triste à en mourir. Demeurez ici et veillez avec moi ». Il s'écarta un peu et tomba la face contre terre, en faisant cette prière : « Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de Moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux ». Puis Il revient vers Ses disciples et les trouve endormis ; Il dit à Pierre : « Ainsi, vous n'avez pas eu la force de veiller une heure avec Moi ? Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l'esprit est ardent, mais la chair est faible ».

 

Message de Marie à Medjugorje du 25 juin 1988

 

« Chers enfants, aujourd'hui Je vous invite à l'amour qui est soumis à Dieu et qui Lui plaît. Petits enfants, l'amour accepte tout ce qui est amer et difficile, à cause de Jésus qui est Amour. Pour cela priez Dieu, chers enfants, pour qu'Il vienne vous aider, mais pas selon vos désirs, mais selon Son Amour. Abandonnez-vous à Dieu, afin qu'Il puisse vous guérir, vous consoler et pardonner en vous tout ce qui est un blocage sur le chemin de l'Amour. De cette manière, Dieu peut former votre vie et vous grandirez dans l'Amour. Louez Dieu, petits enfants, avec le chant de louange de l'Amour, afin que l'Amour de Dieu puisse grandir en vous de jour en jour jusqu'à sa plénitude. Merci d'avoir répondu à Mon appel ».

 

Méditation

 

Accepter une solitude humaine totale pour s’unir à Marie. Entre la mort et la résurrection de son Fils, elle est la seule à garder la foi, l’espérance et la charité. La réponse de l’humanité au sacrifice du Christ est concentrée en elle seule. De même, dans ces temps qui nous séparent de la résurrection finale, en elle seule nous trouvons toutes les vertus pour espérer, croire et aimer et voir du fond de notre vallée de larmes le triomphe du Christ. Marie sera toujours avec Jésus… jusqu’au sépulcre, où celle qui est la vie ne peut entrer, ne cherchant point le Vivant parmi les morts. Car il est vivant en son Cœur ; et l’esprit de Jésus, séparé de son corps, repose dans l’esprit et le Cœur de Marie, tandis que son corps repose dans le tombeau. »

(Bérulle)

 

« Puis il dit au disciple : « Voici ta mère ». Dès cette heure-là, le disciple l'accueillit chez lui » (Jn 19, 25-27). On reconnaît assurément dans cet épisode une expression de la sollicitude unique du Fils pour la Mère qu'il laissait dans une très grande douleur. Cependant le « testament de la Croix » du Christ en dit plus sur le sens de cette sollicitude. Jésus faisait ressortir entre la Mère et le Fils un nouveau lien dont il confirme solennellement toute la vérité et toute la réalité. On peut dire que, si la maternité de Marie envers les hommes avait déjà été antérieurement annoncée, elle est maintenant clairement précisée et établie: elle résulte de l'accomplissement plénier du mystère pascal du Rédempteur. La Mère du Christ, se trouvant directement dans le rayonnement de ce mystère où sont impliqués les hommes – tous et chacun –, est donnée aux hommes – à tous et à chacun – comme mère ».

(Bienheureux Jean Paul II, Redemptoris Mater, n°23)

 

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Prières

 

Prière consécratoire

 

Marie, Mère du Bel Amour, je Te consacre tout sentiment de solitude en moi, je Te consacre tout désir humain de rompre avec la solitude. Comme il est écrit : il n'est pas bon que l'homme reste seul, il est aussi dit que Dieu a formé du côté de l'homme une aide semblable à lui. Marie, alors que le Fils de l'Homme s'était endormi sur la Croix, par le coup de lance porté au Côté du Nouvel Adam, est née de l'Eau, du Sang et du Feu de Son Cœur la nouvelle Eve qui est l'Eglise. Marie, obtiens pour moi l'amour de la solitude car c'est en elle seulement que seul avec le Seul, s'abolit la solitude profonde et que l'homme retrouve son vis-à-vis. Marie, je Te consacre tous ceux qui souffrent de la solitude physique, de la solitude psychologique, qu'ils Te trouvent, ô Mère, ô Sœur, ô Amie, ô Bien-Aimée de nos cœurs.

 

Antienne

 

« Toute vie est une messe

et toute âme est une hostie ».

(Marthe Robin)

 

Psaume 27 (26)

 

Le Seigneur est ma lumière et mon salut

de qui aurais-je crainte ?

Le Seigneur est le rempart de ma vie,

devant qui tremblerais-je ?

 

Quand s'avancent contre moi les méchants

pour dévorer ma chair,

ce sont eux, ennemis, adversaires,

qui chancellent et succombent.

 

Qu'une armée vienne camper contre moi,

mon cœur est sans crainte ;

qu'une guerre éclate contre moi,

j'ai là confiance.

 

Une chose qu'au Seigneur je demande,

la seule que je cherche :

c'est d'habiter la maison du Seigneur

tous les jours de ma vie,

de savourer la douceur du Seigneur,

de rechercher son palais.

 

Car il me donne en sa hutte un abri

au jour de malheur ;

il me cache au secret de sa tente,

sur le roc il m'élève.

 

Maintenant ma tête s'élève

sur les rivaux qui m'entourent,

je viens sacrifier en sa tente

des sacrifices d'ovation.

 

Je veux chanter, je veux jouer pour le Seigneur.

 

Écoute, Seigneur, mon cri d'appel

pitié, réponds-moi !

De Toi mon coeur a dit : « Cherche Sa Face » ;

C'est Ta Face, Seigneur, que je cherche

ne me cache point Ta Face.

 

N'écarte pas ton serviteur avec colère ;

c'est Toi mon secours.

Ne me laisse pas, ne m'abandonne pas,

Dieu, mon salut,

si mon père et ma mère m'abandonnent,

le Seigneur me recevra.

 

Enseigne-moi, Seigneur, Ta voie,

conduis-moi sur les chemins de droiture

à cause de mes poursuivants ;

ne me livre pas à l'appétit de mes adversaires,

contre moi se sont levés de faux témoins

qui soufflent la violence.

 

Je le crois, je verrai la bonté du Seigneur

sur la terre des vivants.

Espère dans le Seigneur,

prends cœur et prends courage,

espère le Seigneur.

 

Prière « Ad Libitum » : Priez Marie avec un texte de votre choix comme par exemple les Litanies, le Souvenez-vous, ou encore une oraison jaillie du cœur...

Invocation : O Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation, priez pour nous et pour le monde ».

 

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Textes extraits du livre « Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie », aux Editions des Béatitudes, pour commander le livre, cliquer ICI

 

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21 novembre 2013

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie 17/33

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie

33 jours pour se consacrer à la Très Sainte Trinité par les mains de Marie

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Dix-septième jour

Troisième jour dans le Cœur de Jésus

Recouvrement de Jésus au Temple

Consacrer à Marie les absences sensibles de Dieu, les sécheresses

 

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

 

Invocation au Saint Esprit

 

« Esprit Saint, par le feu que Vous avez allumé en nous, nous prions, nous méditons, et nous faisons pénitence. Nos âmes, si Vous les quittiez, ne pourraient pas vivre davantage que ne feraient nos corps si le soleil s'était éteint. Mon très saint Seigneur et Sanctificateur, tout bien qui existe en moi est à Vous... Si je diffère de Vos saints, c'est parce que je ne demande pas assez ardemment Votre Grâce, ni une grâce assez grande et parce que je ne profite pas diligemment de celle que Vous m'avez donnée. Augmentez en moi cette Grâce de l'Amour, malgré toute mon indignité. Elle est plus précieuse que tout au monde. Je l'accepte en place de tout ce que le monde peut me donner. Oh ! Donnez-la-moi ! Elle est ma vie ! »

(Bienheureux John-Henry Newman)

 

Je crois en Dieu, une dizaine de Chapelet aux intentions de la Sainte Vierge.

 

Parole de Dieu

 

Saint Luc 2, 48-50

 

En voyant Jésus au milieu des docteurs, dans le Temple, ses parents furent stupéfaits, et Sa Mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-Tu fait cela ? Vois comme nous avons souffert en Te cherchant, ton père et Moi ! » Il leur dit : « Comment se fait-il que vous M'ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C'est chez Mon Père que Je dois être ». Mais ils ne comprirent pas ce qu'Il leur disait ».

 

Siracide 2, 1-8

 

« Mon enfant, si tu prétends servir le Seigneur, prépare-toi à être mis à l'épreuve. Arme-toi de courage et de résolution, ne sois pas tourmenté, quand la détresse est là. Attache-toi au Seigneur, ne t'en écarte plus ; tu ne pourras qu'y gagner, à la fin de ta vie. Accepte tout ce qui peut t'arriver et montre-toi patient, quand survient l'humiliation. N'oublie pas que l'or est éprouvé au feu ; ceux qui plaisent à Dieu doivent aussi passer au creuset de l'humiliation. Si tu Lui fais confiance, Il te viendra en aide ; suis ton chemin tout droit et espère en Lui. Vous qui reconnaissez l'autorité du Seigneur, comptez sur sa bonté ; ne vous en détournez pas, sinon vous tomberez. Vous qui reconnaissez l'autorité du Seigneur, ayez confiance en Lui ; vous ne risquerez pas de manquer votre récompense ».

 

Saint Marc 15, 33-37

 

« Quand arriva l'heure de midi, il y eut des ténèbres sur toute la terre jusque vers trois heures. Et à trois heures, Jésus cria d'une voix forte : « Éloï, Éloï, lama sabactani ? », ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » Quelques-uns de ceux qui étaient là disaient en l'entendant : « Voilà qu'il appelle le prophète Élie ! » L'un d'eux courut tremper une éponge dans une boisson vinaigrée, il la mit au bout d'un roseau, et il lui donnait à boire, en disant : « Attendez ! Nous verrons bien si Élie vient le descendre de là ! » Mais Jésus, poussant un grand cri, expira ».

 

Message de Marie à Medjugorje du 25 mars 1992

 

« Chers enfants, aujourd'hui comme jamais auparavant, Je vous invite à vivre Mes messages et à les mettre en pratique dans votre vie. Je suis venue chez vous pour vous aider, c'est pourquoi Je vous invite à changer de vie. Vous avez pris un chemin de misère, un chemin de ruine. Quand Je vous ai dit : « Convertissez-vous, priez, jeûnez, réconciliez-vous », vous avez pris ces messages superficiellement. Vous avez commencé à les vivre pour ensuite les abandonner, parce que c'était difficile pour vous. Non, chers enfants ! Quand une chose est bonne vous devez persévérer dans le bien et ne pas penser : « Dieu ne me voit pas, Il ne m'écoute pas, Il ne m'aide pas ». Et ainsi vous vous êtes éloignés de Dieu et de Moi à cause de votre intérêt. Je désirais faire de vous une oasis de Paix, d'Amour et de Bonté. Dieu désirait, par votre amour et avec son aide, que vous fassiez des miracles et ainsi donniez l'exemple. C'est pourquoi, voici ce que Je vous dis : Satan se joue de vous et de vos âmes, et moi, je ne peux pas vous aider parce que vous êtes loin de Mon Cœur. C'est pourquoi priez, vivez mes messages et ainsi vous verrez les miracles de l'Amour de Dieu dans votre vie quotidienne. Merci d'avoir répondu à mon appel ».

 

Méditation

 

« La Vierge exprime une douleur très amère quand Elle dit : « Vois, ton père et Moi nous Te cherchions dans l'angoisse » (Luc 2, 48). Mystiquement, en effet, ce goût est affligeant, amer et exerçant, édifiant pour le développement de l'âme dans une séparation de l'aimé qui vole haut, et de la perte du Bien-Aimé.

Par ce goût amer, l'âme entière, dépendant de Lui, ne peut plus trouver de repos, toujours jalouse par amour de ne pas se séparer par sa faute. Il s'en suit qu'elle court partout, cherchant son Bien-Aimé, et qu'elle réclame à toute créature son aide, pour découvrir Celui que son cœur aime. Cette mère montre que cette douleur a été en elle de façon très vertueuse... Si la Très Sainte Vierge n'a pas manqué d'être exercée en de telles occasions, elle qui dès l'instant de Sa Conception a été entièrement remplie de l'Esprit Saint, c'est pour qu'elle nous soit un exemple que Jésus fit ainsi raisonnablement, désirant qu'elle montre mystiquement combien l'âme fait de progrès dans une telle expérience de douleur de l'absence du Bien-Aimé et de sa recherche inquiète. En effet, c'est avec une douceur toujours plus abondante que le Bien-Aimé revient vers l'âme, si aucune faute de négligence ne la rend indigne ».

(Saint Bernardin de Sienne, cité par Ephraïm dans « Marie Intime »)

 

« Oh ! Ce « pourquoi » d'enfant ! Transpercer le Cœur de Marie, cela convenait à un vieillard, à un prêtre. Mais un enfant, son enfant ! N'oublions pas que cet enfant était un prêtre, beaucoup plus que Siméon ne pouvait l'être, en un sens le seul prêtre, en tout cas, le seul qui l'ait toujours été, qui l'était par la nécessité de son être... « Pourquoi Me cherchiez-vous ? » dit Jésus à Sa Mère dans le Temple. « Pourquoi M'avez-vous abandonné ? » cri-t-Il à Son Père sur l'Autel de la Croix. Ce cri du Calvaire est tellement effrayant que les évangélistes ont hésité à le traduire. Ils nous l'ont livré dans toute la rudesse des syllabes sémitiques : « Lamma sabactani ». Les deux « pourquoi » se correspondent, ils ont l'un et l'autre quelque chose d'insondable, d'incompréhensible... Ce Jésus qui voyait Dieu, qui jouissait de la vision béatifique plus que tous les Saints et tous les Anges ensemble, n'est plus que l'Homme de douleur et d'une telle douleur ! Cependant, je me demande si le « pourquoi » de l'enfant n'est pas aussi effrayant pour nous ».

(Père Dehau, « Eve et Marie)

 

« L'annonce de l'ange à Marie tient dans ces paroles rassurantes : « Sois sans crainte, Marie » et « Rien n'est impossible à Dieu » (Lc 1, 30. 37). En vérité, toute l'existence de la Vierge Mère est enveloppée par la certitude que Dieu est proche d'elle et l'accompagne de sa bienveillante providence. Il en est ainsi de l'Eglise, qui trouve « un refuge » (Ap 12, 6) dans le désert, lieu de l'épreuve mais aussi de la manifestation de l'amour de Dieu envers son peuple (Os 2, 16). Marie est parole vivante de consolation pour l'Eglise dans son combat contre la mort. En nous montrant son Fils, elle nous assure qu'en lui les forces de la mort ont déjà été vaincues : « La mort et la vie s'affrontèrent en un duel prodigieux. Le Maître de la vie mourut ; vivant, il règne ».(Missel Romain, Séquence de la Messe de Pâques) ».

(Bienheureux Jean Paul II, Evangelium Vitae, n°105)

 

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Prières

 

Prière consécratoire

 

Ô Vierge, je Te consacre tous ces moments où je perds Dieu d'une manière visible, sensible, où le sacrifice de Ton Fils me devient étranger. Je me consacre dans Ta Foi et dans Ton Espérance afin que je ne trébuche pas, que je ne m'arrête pas en chemin. Je Te consacre mes sécheresses, mes nuits spirituelles, les moments où je ne sais plus discerner le Corps de Ton Fils dans les Sacrements et dans mes frères et plus particulièrement les plus pauvres. Ô Marie, Notre Dame de l'Effroi, je Te consacre mes angoisses et mes doutes, mes paniques et mes petites morts, je Te consacre l'heure de mon agonie. Ma vie et ma mort T'appartiennent pour que, par elles, Tu honores Ton Fils et Tu glorifies Dieu. Je Te consacre la vie et la mort de mes parents et de mes proches.

 

Antienne

 

Puisque le Roi des Cieux a voulu que sa Mère

Soit plongé dans la nuit, dans l’angoisse du cœur ;

Marie, c’est donc un bien de souffrir sur la terre ?

Oui souffrir en aimant, c’est le plus pur bonheur !…

Tout ce qu’Il m’a donné Jésus peut le reprendre

Dis-lui de ne jamais se gêner avec moi…

Il peut bien se cacher, je consens à l’attendre

Jusqu’au jour sans couchant où s’éteindra ma foi…

(Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, Poésie « Pourquoi je t'aime, ô Marie »)

 

Psaume 22 (21)

 

Mon Dieu, mon Dieu,

pourquoi m'as-tu abandonné ?

Loin de mon salut et des paroles que je rugis ?

Mon Dieu, je crie de jour, et tu ne réponds pas,

de nuit, et pas de silence pour moi.

 

Mais Toi, tu es saint,

tu qui habites les louanges d'Israël.

En toi se fièrent nos pères,

ils se fièrent en Toi et tu les délivras.

Vers Toi ils crièrent et furent sauvés,

ils se fièrent en Toi et ne furent pas en honte.

 

Moi, moi je suis un ver et non pas un homme,

un dégoût pour les humains, le mépris du peuple.

Tous ceux qui me voient se moquent de moi,

ils grimacent de la lèvre, ils hochent la tête.

« Ils espère en Dieu ? Qu'il le délivre donc !

Et qu'il le secoure, puisqu'il l'aime ! »

Oui, c'est toi qui m'as tiré du ventre,

qui me donne confiance

sur les seins de ma mère.

Sur toi j'ai été jeté au sortir de la matrice,

dès le ventre de ma mère, mon Dieu c'est toi.

Ne t'éloigne pas de moi :

oui, l'angoisse m'approche et aucune aide !

 

De nombreux taureaux me cernent,

les bêtes énormes de Basan m'encerclent.

Ils ouvrent contre moi leur gueule,

un lion qui déchire et rugit.

 

Je me répands comme de l'eau

et tous mes os se disloquent,

mon cœur est comme de la cire,

il fond dans mes viscères.

 

Ma force se dessèche comme un tesson d'argile

et la langue me colle aux mâchoires,

tu me couches dans la poussière de la mort.

 

Oui, les chiens m'entourent,

une bande de malfaiteurs m'encercle,

comme un lion autour de mes mains et mes pieds.

 

je peux compter tous mes os !

Eux, ils regardent, ils me voient.

Ils se partagent mes habits,

ils tirent au sort mon vêtement.

 

Et toi, Seigneur, ne t'éloigne pas !

Ô ma force, vite à mon aide !

Délivre mon âme du glaive,

de la patte du chien, mon unique !

Sauve-moi de la gueule du lion,

des cornes des taureaux ; oui Tu m'as répondu.

 

Je proclamerai ton nom à mes frères,

au milieu de la grande assemblée, je te louerai.

Vous qui le Seigneur, louez le,

 

Toute la descendants de Jacob, glorifiez-le,

frémissez devant Lui,

vous toute la descendance d'Israël.

Car il ne méprise pas,

ne repousse pas l'humiliation du pauvre, il ne lui cache pas sa face,

il écoute son cri.

 

De toi vient ma louange

dans la grande assemblée,

j'accomplirai mes vœux

devant ceux qui le craignent.

Les pauvres mangeront et seront rassasiés,

louez le Seigneur, vous qui le cherchez,

que vive votre cœur à jamais !

 

Toutes les extrémités de la terre se souviendront,

et reviendront au Seigneur,

toutes les familles de nations

se prosterneront devant Toi.

Car la royauté est au Seigneur,

le maître des nations.

Les repus de la terre mangent,

mais ils se prosterneront ;

devant lui se courberont tous ceux qui descendent

à la poussière,

ce qui ne peuvent faire revivre leur âme.

 

Une descendance le servira ;

on annoncera Adonaï aux générations à venir.

Ils viendront, ils raconteront au peuple naissant

la justice qu'il a opérée.

 

Prière « Ad Libitum » : Priez Marie avec un texte de votre choix comme par exemple les Litanies, le Souvenez-vous, ou encore une oraison jaillie du cœur...

Invocation : O Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation, priez pour nous et pour le monde ».

 

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Textes extraits du livre « Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie », aux Editions des Béatitudes, pour commander le livre, cliquer ICI

 

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20 novembre 2013

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie 16/33

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie

33 jours pour se consacrer à la Très Sainte Trinité par les mains de Marie

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Seizième jour

Deuxième jour dans le Cœur de Jésus

Mère du Verbe, la conversation avec Marie

Consécration de nos pensées et de nos paroles

 

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

 

Invocation au Saint Esprit

 

« O Esprit-Saint, Divin Paraclet, Père des pauvres, Consolateur des affligés, Sanctificateur des âmes, me voici prosterné en Votre présence, je Vous adore avec la plus profonde soumission, et je répète mille fois avec les Séraphins qui se tiennent devant Votre Trône : « Saint ! Saint ! Saint ! ». Vous qui avez rempli d'immenses grâces l'âme de Marie et enflammé d'un saint zèle les cœurs des apôtres, daignez aussi embraser mon cœur de Votre Amour. Vous êtes un Esprit Divin, fortifiez-moi contre les mauvais esprits ; Vous êtes un Feu, allumez en moi le Feu de Votre Amour ; Vous êtes une Lumière, éclairez-moi en me faisant connaître les choses éternelles ; Vous êtes une Colombe, donnez-moi des mœurs pures ; Vous êtes un Souffle plein de douceur, dissipez les orages que soulèvent en moi les passions ; Vous êtes une langue, enseignez-moi la manière de Vous louer sans cesse ; Vous êtes une nuée, couvrez-moi de l'ombre de Votre Protection ; enfin, Vous êtes l'Auteur de tous les Dons Célestes : Ah ! je Vous en conjure, vivifiez-moi par la Grâce, sanctifiez-moi par Votre Charité, gouvernez-moi par Votre Sagesse, adoptez-moi pour Votre enfant par Votre Bonté, et sauvez-moi par Votre infinie Miséricorde, afin que je ne cesse jamais de Vous bénir, de Vous louer, et de Vous aimer, d'abord sur la terre pendant ma vie, et ensuite dans le Ciel durant toute l'éternité.

(Saint Alphonse de Liguori, Docteur de l'Eglise)

 

Je crois en Dieu, une dizaine de Chapelet aux intentions de la Sainte Vierge.

 

Parole de Dieu

 

Première Lettre de Saint Pierre 3, 9-10

 

« Ne rendez pas le mal pour le mal, ni l'insulte pour l'insulte ; au contraire, appelez sur les autres la bénédiction puisque, par vocation, vous devez recevoir en héritage les bénédictions de Dieu. En effet, celui qui aime la vie et désire connaître des jours heureux, qu'il garde sa langue du mal et ses lèvres de tout mensonge ».

 

Saint Jean 1, 1-18

 

« Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. Par Lui, tout s'est fait, et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans Lui. En Lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée. Il y eut un homme envoyé par Dieu. Son nom était Jean. Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n'était pas la Lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage. Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout hommeen venant dans le monde. Il était dans le monde, lui par qui le monde s'était fait, mais le monde ne l'a pas reconnu. Il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu. Mais tous ceux qui l'ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. Ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d'une volonté charnelle, ni d'une volonté d'homme : ils sont nés de Dieu. Et le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu'il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. Jean Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « Voici celui dont j'ai dit : Lui qui vient derrière moi, il a pris place devant moi, car avant moi il était ». Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce : après la Loi communiquée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Dieu, personne ne l'a jamais vu : le Fils unique, qui est dans le sein du Père, c'est lui qui a conduit à le connaître ».

 

Lettre de Saint Paul aux Ephésiens 4, 29-32

 

« Aucune parole mauvaise ne doit sortir de votre bouche ; mais, s'il en est besoin, dites une parole bonne et constructive, bienveillante pour ceux qui vous écoutent. En vue du jour de votre délivrance, vous avez reçu en vous la marque du Saint Esprit de Dieu : ne le contristez pas. Faites disparaître de votre vie tout ce qui est amertume, emportement, colère, éclats de voix ou insultes, ainsi que toute espèce de méchanceté. Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns aux autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ ».

 

Message de Marie à Medjugorje du 25 février 1989

 

« Chers enfants, aujourd'hui, Je vous invite à la prière avec le cœur. Durant ce temps de grâces Je voudrais que chacun d'entre vous s'unisse à Jésus. Mais sans des prières perpétuelles vous ne pouvez ressentir la beauté et la grandeur des grâces que Dieu vous offre. Ainsi, petits enfants, emplissez vos cœurs, en tout temps, même par de toutes petites prières. Je suis avec vous et Je veille sans cesse sur chaque cœur qui se donne à Moi. Merci d'avoir répondu à Mon appel ».

 

Méditation

 

« Qu'y a-t-il de plus intime et de plus conjoint au fils que la mère, et au Fils de Dieu que la Mère de Dieu qui le conçoit dans soi-même, qui le porte dans ses entrailles, qui l'enclôt et comprend en soi, comme partie, et partie si noble de soi ; voire la partie la plus noble de soi-même ? Car l'état de mère a ce privilège en la nature, d'avoir et de porter double esprit, double cœur, double vie en un même corps. Et l'état de mère de Dieu donne ce privilège à la Vierge par nature et par grâce d'avoir Jésus en soi, et de l'avoir comme partie noble de soi, et d'avoir l'esprit, le cœur, et la vie de Jésus si intimes, si conjoints à Son esprit, à Son Cœur et à Sa Vie, qu'il est l'esprit de son esprit, le cœur de son cœur, et la vie de sa Vie.

Vous donnez vie à Jésus, car il est votre fils. Vous recevez vie de Jésus, car il est votre Dieu. Et vous êtes ainsi donnant et recevant vie tout ensemble. Et comme le Verbe Divin est recevant et donnant tout ensemble, être, vie et gloire en l'éternité, la recevant du Père, la donnant au Saint Esprit : ainsi vous, ô Vierge Sainte, qui avez l'honneur d'être la Mère du Verbe incarné, Vous, dis-je, à son exemple et imitation, Vous êtes recevant et donnant vie tout ensemble : Vous êtes donnant vie à Jésus, et recevant vie de Jésus. Vous donnez vie à Jésus animant de Votre Cœur et de votre esprit le cœur l'esprit de Jésus. Et vous recevez du Cœur et du corps de Jésus vivant et rendant en vous, vie en votre cœur, en votre corps, et en votre esprit tout ensemble ».

(Bérulle)

 

« Mais l’Église, enseignée par l’Esprit et riche d’une expérience séculaire, reconnaît que la piété envers la Vierge, subordonnée à la piété envers le divin Sauveur et en liaison avec elle, a également une grande efficacité pastorale et constitue une force pour la rénovation de la vie chrétienne. La raison d’une telle efficacité est facilement perceptible. En effet, la mission multiple de Marie à l’égard du Peuple de Dieu est une réalité surnaturelle opérante et féconde dans l’organisme ecclésial. Il est réjouissant de considérer les aspects particuliers d’une telle mission et de voir comment ils s’orientent, chacun avec son efficacité propre, vers le même but : reproduire dans ses fils les traits spirituels de son Fils premier-né. Nous voulons dire par là que la maternelle intercession de la Vierge, sa sainteté exemplaire, la grâce divine qui est en elle, deviennent pour le genre humain motif d’espérance ».

(Paul VI, Marialis Cultus, n°57)

 

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Prières

 

Prière consécratoire

 

Marie, Mère du Verbe, je Te consacre mon cœur intellectuel et spirituel, ce lieu où peuvent naître les pensées mauvaises qui soufflent l'homme comme les paroles qui consolent et édifient. Marie, que du trésor de mon cœur ne viennent que des choses bonnes, comme de Ton Cœur est sorti le Trésor qui allait enrichir le monde entier. Ô Mère du Verbe, garde-moi du vain bavardage, que ma parole soit prière, que de ma parole naisse le Verbe dans les cœurs. Marie, je Te consacre ma langue. Toi qui est la bouche silencieuse des apôtres, veille sur la porte de mes lèvres et place une garde angélique à ma bouche, et surtout fais naître en moi le Verbe ; que mon cœur déborde de paroles belles.

 

Antienne

 

Voyons dans le sein de Marie,

ce Cœur qui n'est que Feu,

qui, plein du Saint Esprit, s'écrie :

« Amour, Amour, Amour de Dieu ! »

(Saint Louis-Marie Grignion de Montfort)

 

Psaume

Prologue de l'Evangile de Saint Jean (1, 1-18)

 

Au commencement était le Verbe

et le Verbe était avec de Dieu,

et le Verbe était Dieu.

Il était au commencement avec Dieu.

Tout fut par Lui et sans Lui rien ne fut.

De tout être, Il était la vie,

et la vie était la lumière des hommes

et la lumière luit dans les ténèbres,

et les ténèbres n'ont pu l'atteindre.

Parut un homme envoyé de Dieu.

Il se nommait Jean.

Il vint comme témoin,

pour rendre témoignage à la Lumière,

afin que tous crussent par lui.

Il n'était pas la Lumière,

mais le témoin de la lumière.

Le Verbe était la Lumière véritable,

qui éclaire tout homme ;

il venait dans le monde

et le monde fut par Lui

et le monde ne l'a pas connu.

Il est venu chez les lui

et les siens ne l'ont pas reçu.

Mais à tous ceux qui l'ont reçu,

il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu

à ceux qui croient en son nom,

Lui que ni sang,

ni vouloir de chair

ni vouloir d'homme, d'homme,

mais Dieu a engendré.

Et le Verbe s'est fait chair,

et il a demeuré parmi nous,

et nous avons vu sa gloire,

gloire qu'il tient de son Père comme Fils unique,

plein de grâce et de vérité.

Jean lui rend témoignage. Il proclame :

« Voici celui dont j'ai dit : Lui qui vient après moi,

est passé devant moi, parce qu'avant moi il était ».

Oui, de sa plénitude nous avons tous avons reçu

et grâce après grâce.

Car la Loi fut donnée par l'intermédiaire de Moïse,

la grâce et la vérité sont venues par

Jésus Christ.

Nul n'a jamais vu Dieu ;

le Fils unique, qui est dans le sein du Père,

Lui, l'a fait connaître.

 

Prière « Ad Libitum » : Priez Marie avec un texte de votre choix comme par exemple les Litanies, le Souvenez-vous, ou encore une oraison jaillie du cœur...

Invocation : O Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation, priez pour nous et pour le monde ».

 

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Textes extraits du livre « Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie », aux Editions des Béatitudes, pour commander le livre, cliquer ICI

 

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18 novembre 2013

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie 14/33

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie

33 jours pour se consacrer à la Très Sainte Trinité par les mains de Marie

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Quatorzième jour

Septième jour de la semaine dans le sein du Père

Marie consacrée au Temple

Consécration de nos engagements envers Dieu

(Vœux, promesses faites à Dieu)

 

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

 

Invocation au Saint Esprit

 

Viens, Esprit Saint, Toi qui m'as élu et séparé

de ce monde et établi devant la Face de Ta Gloire,

de même, maintenant, garde-moi à l'intérieur,

debout pour toujours, inébranlable,

dans Ta demeure en moi :

qu'en Te voyant perpétuellement,

moi, le mort, je vive ; qu'en Te possédant,

moi, le pauvre, je sois toujours riche ;

qu'en Te mangeant et Te buvant,

en me vêtant à chaque instant de Toi,

j'aille de délices en délices

en d'inexprimables biens :

car c'est Toi qui est tout bien et toute gloire

et tout délice

et c'est à Toi qu'appartient la gloire sainte,

consubstantielle et vivifiante Trinité,

Toi que vénèrent, que confessent,

qu'adore et que servent

dans le Père, le Fils et le Saint Esprit

tous les fidèles,

maintenant et toujours et aux siècles des siècles.

(Saint Syméon le Nouveau Théologien)

 

Je crois en Dieu, une dizaine de Chapelet aux intentions de la Sainte Vierge.

 

Parole de Dieu

 

Saint Jean 17, 15-19

 

« Je ne demande pas que Tu les retires du monde, mais que tu les gardes du Mauvais. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Consacre-les par la Vérité : Ta Parole est Vérité. De même que Tu M'as envoyé dans le monde, Moi aussi, Je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux Je Me consacre Moi-même, afin qu'ils soient, eux aussi, consacrés par la Vérité ».

 

Saint Luc 2, 22-32

 

« Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : « Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur ». Ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes. Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C'était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d'Israël, et l'Esprit Saint était sur lui. L'Esprit lui avait révélé qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Messie du Seigneur. Poussé par l'Esprit, Syméon vint au Temple. Les parents y entraient avec l'enfant Jésus pour accomplir les rites de la Loi qui le concernaient. Syméon prit l'enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s'en aller dans la paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes,et gloire d'Israël ton peuple ».

 

Psaume 84 (83), 2-5

 

« De quel amour sont aimées tes demeures, Seigneur, Dieu de l'univers ! Mon âme s'épuise à désirer les parvis du Seigneur ; mon cœur et ma chair sont un cri vers le Dieu vivant ! L'oiseau lui-même s'est trouvé une maison, et l'hirondelle, un nid pour abriter sa couvée : tes autels, Seigneur de l'univers, mon Roi et mon Dieu ! Heureux les habitants de ta maison : ils pourront te chanter encore ! »

 

Message de Marie à Medjugorje du 16 mai 1987

 

« Ô enfants ! Rappelez-vous, la seule façon pour vous d'être toujours avec Moi et de savoir la Volonté du Père, c'est de prier. C'est pourquoi je Vous appelle aujourd'hui encore. Ne laissez pas Mes appels sans réponse. Continuez à prier malgré tout et vous comprendrez la Volonté du Père et Son Amour. Chers enfants, quand Dieu appelle les hommes, c'est vraiment une grande chose. Pensez combien il serait triste de laisser passer ces occasion que Dieu vous accorde sans les saisir ! Alors n'attendez pas demain ou après-demain. Dites oui à Jésus maintenant. Et que ce oui soit pour toujours. Merci d'avoir répondu à Mon appel ».

 

Méditation

 

« Séparée de la maison de ses parents, dans une âge si tendre, cette très Sainte Enfant, en entrant au Temple, s'abandonne à Dieu dans un oubli du monde et une mort d'Elle-même, une ferveur et un zèle qui ne peuvent être compris. Elle renouvelle alors ses vœux d'hostie et de servante, avec une amour plus admirable qu'Elle ne l'avait fait dans le Temple sacré des entrailles de Sainte Anne, cet amour allant toujours croissant de moment en moment, et n'ayant, en Elle, ni interruption ni relâche, ce qui le rendait comme immense. Toute consumée par cet amour, elle ne veut avoir de vie, de mouvement, de liberté, d'esprit, de corps, rien absolument qu'en Dieu. La donation qu'elle fait d'Elle-même est si vive, si ardente et si pressante, que son âme st dans la disposition actuelle et perpétuelle de se livrer sans cesse à Dieu, et d'être toujours de plus en plus à Lui, croyant, pour ainsi dire, n'y être jamais assez, et voulant y être encore davantage encore, s'il lui était possible. Enfin, s'offrant comme une hostie vivante et consacrée à Dieu dans tout Elle-même, et dans tout ce qu'elle serait un jour, Elle renouvelle la consécration qu'elle avait déjà faite à Dieu de toute l'Eglise, au moment de Sa conception ; et spécialement celle des âmes qui, à son exemple, se consacreraient à Son Divin service dans tant de saintes communautés ».

(Jean-Jacques Olier, « Vie Intérieure de la Très Sainte Vierge », t.1)

 

« Marie consent au choix de Dieu pour devenir, par l'Esprit Saint, la Mère du Fils de Dieu. On peut dire que le consentement qu'elle donne à la maternité est surtout le fruit de sa donation totale à Dieu dans la virginité. Marie a accepté d'être choisie comme Mère du Fils de Dieu, guidée par l'amour nuptial, qui « consacre » totalement à Dieu une personne humaine. En vertu de cet amour, Marie désirait être toujours et en tout «donnée à Dieu», en vivant dans la virginité. Les mots : « Je suis la servante du Seigneur » expriment le fait que, depuis le début, elle a accueilli et compris sa maternité comme un don total de soi, de sa personne, au service des desseins salvifiques du Très-Haut. Et toute sa participation maternelle à la vie de Jésus Christ, son Fils, elle l'a vécue jusqu'à la fin d'une manière qui répondait à sa vocation à la virginité ».

(Bienheureux Jean Paul II, Redemptoris Mater, n°39)

 

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Prières

 

Prière consécratoire

 

O Marie, Toi qui porteras le Temple dans Ton sein, Tu viens dans le Temple afin d'y consacrer Ta Virginité, afin de Te garder pour que, en fille de David, Tu donnes à Dieu une demeure plus vaste que le monde. Donnez-moi d'entrer dans le Temple du Corps de Ton Fils qui est l'Eglise et de m'y consacrer et de faire de ma vie une consécration toujours renouvelée et chaque fois plus grande dans l'amour. Marie, je me consacre dans Ta Chasteté, ô Miroir d'Angélique pureté. Je me consacre dans Ta pauvreté, Toi qui, comblée par Dieu dans l'ordre de la nature et dans celui de la Grâce, T'offres inconditionnellement, ne retenant rien pour Toi, pas même un regard. Je me consacre dans Ton obéissance, Toi qui T'es soumise à la Loi de nos pères pour Te conformer totalement à la Volonté du Père.

 

Antienne

 

« Ecoute, Vierge Marie, la voix de Ton Seigneur, cours au-devant de Ton Bien-Aimé, Fille de Jérusalem : dans le secret de ses desseins, Il T'a choisie, pour que Tu habites à jamais en Sa maison ».

(Liturgie d'André Gouzes)

 

Psaume 48 (47)

 

Il est grand, le Seigneur,

qu'il soit loué sans cesse,

dans la ville de notre Dieu !

 

La montagne ou resplendit sa sainteté,

et qui s'élève en sa beauté,

fait la joie de toute la terre.

Plus que la montagne du nord

n'est la demeure des dieux,

le Mont Sion est la cité du grand roi.

 

Dieu demeure en elle, au milieu de ses tours,

il a manifesté qu'Il est sa forteresse.

Voici que les rois s'étaient rassemblés,

vers elle, tous ensembles, ils marchaient.

 

Dès qu'ils ont vu, ils ont été saisis d'effroi,

pris de panique, ils se sont enfuis.

Alors un tremblement les a saisis,

une angoisse comme la femme qui accouche.

 

Ce fut comme un vent de tempête,

qui brise les vaisseaux qui s'en vont vers Tarsis.

Comme nous l'avions entendu dire,

ainsi maintenant, nous l'avons vu

dans la ville du Seigneur, Dieu de l'Univers.

 

Dans la ville du Seigneur notre Dieu,

lui qui en a fondé les assises pour toujours.

Seigneur, nous avons vu le prix de Ton Amour,

au milieu de Ton Temple.

 

Comme Ton Nom, Seigneur,

que Ta louange, s'étende

jusqu'aux confins de la terre !

Par Ta main droite, Tu nous combles de Ton Salut.

 

La la montagne de Sion se réjouit,

et ses filles, les villes de Juda, exultent de joie,

à cause de ta victoire.

Formez un cortège à l'entour de Sion,

en chemin, dénombrez ses tours !

 

Que vos cœurs s'attachent à ses murailles !

Parcourez ses forteresses !

Et vous direz à la génération qui vient

que le Seigneur est notre Dieu,

pour toujours et à jamais,

Lui qui nous conduit au-delà de la mort !

 

Prière « Ad Libitum » : Priez Marie avec un texte de votre choix comme par exemple les Litanies, le Souvenez-vous, ou encore une oraison jaillie du cœur...

Invocation : O Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation, priez pour nous et pour le monde ».

 

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Textes extraits du livre « Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie », aux Editions des Béatitudes, pour commander le livre, cliquer ICI

 

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17 novembre 2013

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie 13/33

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie

33 jours pour se consacrer à la Très Sainte Trinité par les mains de Marie

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Treizième jour

Sixième jour de la semaine dans le sein du Père

Enfance de Marie

Consécration à l'esprit d'enfance

 

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

 

Invocation à l'Esprit Saint

 

Hâtez-vous de recevoir l'Esprit

qui vient de Dieu, l'Esprit Divin,

afin de devenir héritiers

du Royaume céleste pour les siècles.

Mais si dès ici-bas, vous ne devenez pas célestes,

comment pouvez-vous bien prétendre

habiter avec le Christ dans les cieux ?

Courez donc avec ardeur, courez tous,

afin que nous soyons jugés dignes

de nous trouver au-dedans du Royaume des Cieux

et de régner avec le Christ, le maître de tout,

à qui revient toute gloire,

avec le Père et l'Esprit,

pour les siècles des siècles. Amen.

(Saint Syméon le Nouveau Théologien)

 

Je crois en Dieu, une dizaine de Chapelet aux intentions de la Sainte Vierge.

 

Parole de Dieu

 

Saint Matthieu 18, 1-5

 

« Les disciples s'approchèrent de Jésus et Lui dirent : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux ? » Alors Jésus appela un petit enfant ; Il le plaça au milieu d'eux, et Il déclara : « Amen, Je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n'entrerez point dans le Royaume des Cieux. Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, c'est celui-là qui est le plus grand dans le Royaume des cieux. Et celui qui accueillera un enfant comme celui-ci en Mon Nom, c'est Moi qu'il accueille ».

 

Lettre de Saint Paul aux Romains 8, 10-15

 

« Si le Christ est en vous, votre corps a beau être voué à la mort à cause du péché, l'Esprit est votre vie, parce que vous êtes devenus des justes. Et si l'Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. Ainsi donc, frères, nous avons une dette, mais ce n'est pas envers la chair : nous n'avons pas à vivre sous l'emprise de la chair. Car si vous vivez sous l'emprise de la chair, vous devez mourir ; mais si, par l'Esprit, vous tuez les désordres de l'homme pécheur, vous vivrez. En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. L'Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont encore peur ; c'est un Esprit qui fait de vous des fils ; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l'appelant : « Abba ! »

 

Saint Luc 10, 21-22

 

Jésus exulta de joie sous l'action de l'Esprit Saint, et dit : « Père, Seigneur du Ciel et de la terre, Je proclame Ta louange : ce que Tu as caché aux sages et aux savants, Tu l'as révélé aux tout-petits. Oui, Père, Tu l'as voulu ainsi dans Ta Bonté. Tout M'a été confié par Mon Père ; personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler ».

 

Message du 5 août 1984

 

Notre Dame à dit à Vicka, Marija et Jelena que le vrai jour de sa naissance était le 5 août. Pendant trois jours avant la célébration du deux millième anniversaire de la naissance de Marie, il y eut jeûne et prière continuelle ; soixante-dix prêtres ont confessé sans arrêt ; un grand nombre de gens furent convertis. « Jamais dans ma vie, je n'ai pleuré de douleur comme ce soir je pleure de joie. Merci ! » Je suis très heureuse ; continuez. Continuez à prier et à jeûner ».

 

Méditation

 

« Marie s'abandonne à nous sans réserve pour que nous nous abandonnions à Elle. Ne pouvant accepter Marie dans cette élévation qui est pourtant celle qui nous est promise, Elle nous est proposée sous la forme la plus humble, la plus petite qui soit, dans Son berceau. De même, ne pouvant la contempler dans la beauté de la plénitude de la féminité (« La Sainte Vierge est si belle qu'on voudrait mourir pour la revoir », Sainte Bernadette), il nous est donné de nous émerveillé devant la grâce de Son enfance.

Jean-Jacques Olier invite à la dévotion à Marie Enfant : « Il me semble que c'est une bien douce visite que l'on peut faire en esprit à Sainte Anne et à Saint Joachim, pour leur demander l'entrée dans leur Sainte demeure, et l'accès au berceau de leur Sainte Enfant, dont ils sont les gardiens et les anges visibles. Après les avoir salués par l'oraison composée en leur honneur, on ira se mettre à genoux auprès du berceau, et là, en tout recueillement et piété, on s'unira aux Saints Anges, pour respecter et louer, avec eux, les grandeurs inconnues de Marie ; et par la Foi, on se répandra dans l'intérieur de tous ces esprits célestes, afin de prendre part à la diversité des respects et des sentiments amoureux qu'ils offrent à ce chef d'œuvre de l'Amour et de la Sagesse Divine ».

(Ephraïm, « Commentaire sur la Vie Intérieure de la Très Sainte Vierge de Jean-Jacques Olier »)

 

« Tout au long de l’Ancienne Alliance, la mission de Marie a été préparée par celle de saintes femmes. Tout au commencement, il y a Eve : malgré sa désobéissance, elle reçoit la promesse d’une descendance qui sera victorieuse du Malin (Gn 3, 15) et celle d’être la mère de tous les vivants (Gn 3, 20).

En vertu de cette promesse, Sara conçoit un fils malgré son grand âge (Gn 18, 10-14 ; 21, 1-2). Contre toute attente humaine, Dieu choisit ce qui était tenu pour impuissant et faible (1 Co 1, 27) pour montrer sa fidélité à sa promesse : Anne, la mère de Samuel (1 S 1), Débora, Ruth, Judith et Esther, et beaucoup d’autres femmes. Marie « occupe la première place parmi ces humbles et ces pauvres du Seigneur qui espèrent et reçoivent le salut de lui avec confiance. Avec elle, la fille de Sion par excellence, après la longue attente de la promesse, s’accomplissent les temps et s’instaure l’économie nouvelle » (LG 55).

(Catéchisme de l'Eglise Catholique, n° 489)

 

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Prières

 

Prière consécratoire

 

Ô Marie, je me consacre à Ton Enfance. En elle, j'accueille le regard émerveillé du Père et tout Son Amour, Son innocent Amour, Sa Foi dans une toute petite Fille qui concentre toute l'espérance du monde. En Toi, je me consacre à l'insoupçonnable Amour du Père. En Toi, Marie, je me consacre à l'espérance pour communiquer l'émerveillement du bonheur à venir dans la famille de Dieu. Ô Marie, je me consacre à Ton Enfance où je trouve le courage de Te prendre dans mes bras, de Te prendre sur mon cœur en devenant ainsi le plus intime de la Reine des Cieux.

 

Antienne

 

Réjouis-toi, Rayonnement de Joie !

Réjouis-toi, par Qui le mal a disparu !

Réjouis-toi, Tu relèves Adam de sa chute !

Réjouis-toi, par Toi Eve ne pleure plus !

(Hymne Acathiste)

 

Psaume 8

 

O Seigneur, notre Dieu,

que Ton Nom resplendit par tout l'univers !

Toi, Seigneur, qui, par-dessus les cieux,

a répandu l'éclat de Ta Gloire ;

la louange des enfants, des tout-petits,

Tu l'établis comme un rempart de force,

pour faire face à qui se dresse contre Toi,

pour détruire ennemis et rebelles.

 

Je contemple Ton ciel, ouvrage de tes mains,

où tu as disposé la lune et les étoiles.

Qui est l'homme, Seigneur,

pour que tu aies souvenir de lui,

le fils de l'homme,

pour que tu prennes soin de lui ?

 

Tu l'as créé presque à l'égal des Anges,

et Tu l'as couronné de gloire et de splendeur.

Tu l'as établis maître sur l'œuvre de tes mains,

tu as mis toutes choses à ses pieds,

les brebis et les bœufs par troupeaux,

et tous les animaux des champs,

les oiseaux dans le ciel, les poissons dans la mer,

qui vont leur chemin au fond des eaux.

O Seigneur, notre Dieu,

que Ton Nom resplendit par tout l'univers !

 

Prière « Ad Libitum » : Priez Marie avec un texte de votre choix comme par exemple les Litanies, le Souvenez-vous, ou encore une oraison jaillie du cœur...

Invocation : O Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation, priez pour nous et pour le monde ».

 

 

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Textes extraits du livre « Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie », aux Editions des Béatitudes, pour commander le livre, cliquer ICI

 

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16 novembre 2013

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie 12/33

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie

33 jours pour se consacrer à la Très Sainte Trinité par les mains de Marie

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Douzième jour

Cinquième jour de la semaine dans le sein du Père

Conception Immaculée formant le Cœur de Marie

Consécration de nos capacités d'aimer

 

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

 

Invocation au Saint Esprit

 

« Je Te rends grâces d'être devenu un seul esprit avec moi, sans confusion, sans mutation, sans transformation, toi le Dieu au-dessus de tout, et d'être pour moi devenu tout en tous, nourriture inexprimable et parfaitement gratuite, vêtement éblouissant, purification qui me baigne de ces impérissables et saintes larmes que ta présence apporte à ceux que Tu visites. Je Te rends grâce d'être pour moi devenu Lumière dans couchant, soleil sans déclin ; car Tu n'as pas où Te cacher, Toi qui de Ta Gloire emplis l'univers ! Non, jamais à personne Tu ne T'es caché, mais c'est nous qui toujours nous cachons de toi, en refusant d'aller à Toi : pourquoi Te cacherais-tu, Toi qui ne Te détournes pas d'un seul d'entre les êtres, qui n'en repousses pas un seul ? Viens donc, ô Maître, aujourd'hui dresse en moi Ta tente ; fais Ta maison et demeure continuellement, inséparablement, jusqu'au bout, en moi, ton serviteur ».

(Saint Syméon le Nouveau Théologien)

 

Je crois en Dieu, une dizaine de Chapelet aux intentions de la Sainte Vierge.

 

Parole de Dieu

 

Lettre de Saint Paul aux Romains 8, 28-29

 

« Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, Lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu'ils sont appelés selon le dessein de Son Amour. Ceux qu'Il connaissait par avance, Il les a aussi destinés à être l'image de Son Fils, pour faire de ce Fils l'aîné d'une multitude de frères ».

 

Saint Luc 1, 28-38

 

« L'Ange du Seigneur entra chez Marie et dit : « Je Te salue, comblée de grâce, le Seigneur est avec Toi ». A cette parole, Elle fut toute bouleversée, et Elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L'ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car Tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que Tu va concevoir et enfanter un Fils ; Tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, Il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu Lui donnera le trône de David son père ; Il régnera pour toujours sur la Maison de Jacob, et Son Règne n'aura pas de fin ». Marie dit à l'Ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque Je suis vierge ? » L'Ange lui répondit : « L'Esprit Saint viendra sur Toi, et la Puissance du Très-Haut Te prendra sous Son Ombre ; c'est pourquoi Celui qui va naître sera Saint, et Il sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu'Élisabeth, Ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu'on l'appelait : « la femme stérile ». Car rien n'est impossible à Dieu ». Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur, que tout se passe pour Moi selon ta parole ». Alors l'Ange la quitta ».

 

Livre de Siracide 1, 11-21

 

Reconnaître l'autorité du Seigneur est un titre de gloire dont on peut être fier ; on se voit couronné d'une joie débordante. Reconnaître l'autorité du Seigneur satisfait pleinement le cœur, donne grande joie et longue vie. Pour celui qui respecte le Seigneur tout ira bien jusqu'au bout ; il restera béni jusqu'à son dernier jour. Reconnaître l'autorité du Seigneur est l'a b c de la sagesse. La sagesse destinée aux fidèles prend corps avec eux dans le ventre de leur mère. Elle a fait son nid pour toujours chez les humains, et leurs descendants pourront compter sur elle. Reconnaître l'autorité du Seigneur, c'est la sagesse pleine et entière. Elle offre alors aux humains ses fruits en abondance. Leur maison tout entière se remplit de ce qu'ils désirent et leurs greniers sont pleins de ce qu'elle procure. Reconnaître l'autorité du Seigneur, c'est le couronnement de la Sagesse ; elle fait fleurir bien-être et bonne santé. La Sagesse répand à flots l'art de bien comprendre les choses, elle élève la valeur de ceux qui l'ont saisie. Reconnaître l'autorité du Seigneur, c'est la racine de la Sagesse ; et ce qu'elle produit, c'est une longue vie.

 

Prière dictée à Jelena le 28 novembre 1983

 

O Cœur Immaculé de Marie,

débordant de bonté,

montre-nous Ton Amour pour nous.

Que la Flamme de Ton Cœur, ô Marie,

descende sur tous les peuples.

Nous T'aimons immensément.

Imprime en nos cœurs un véritable Amour.

Que notre cœur languisse de Toi.

Ô Marie, Douce et Humble de Cœur,

souviens-Toi de nous quand nous péchons.

Tu sais que nous, les hommes,

nous sommes pécheurs,

par Ton Cœur très Saint et Maternel,

Guéris-nous de toute maladie spirituelle.

Rends-nous capable de regarder 

la bonté de Ton Cœur Maternel,

et qu'ainsi nous nous convertissions

à la Flamme de Ton Cœur.

Amen.

 

Méditation

 

« Dieu voulant donc produire la Mère de Son Fils, dans un état de Sainteté le plus parfait où puisse être élevée une simple créature, se répand en Elle, au moment même où Elle est conçue. Ainsi, dès Sa Conception, Marie est, pour les Personnes de la Très Sainte Trinité, le premier objet de leur solide contentement qui eût encore paru au monde ; l'unique objet de leur amoureuse complaisance en terre, depuis Adam... Au moment donc de la Conception de Marie, Dieu la préserve de cette malignité. Il sanctifie Sa chair afin que tout Ses sens et Ses mouvements ou passions ne tendent directement qu'à Dieu seul, et ne regardent que Lui en toutes choses. En vertu de cette sanctification, Sa haine aura pour objet tout péché, Son désir, la Gloire de Dieu ; Sa crainte, tout ce qui peut déplaire à Dieu et contredire Ses desseins ; Sa joie sera de posséder Dieu et de Le voir honoré ; Son espérance, de Se voir un jour pleinement consommée dans Sa Gloire ».

(Jean-Jacques Olier, « Vie Intérieure de la Très Sainte Vierge, 77)

 

« Dans le langage de la Bible, « Grâce » signifie un don particulier qui, suivant le Nouveau Testament, prend sa source dans la vie trinitaire de Dieu lui-même, de Dieu qui est amour (1 Jn 4, 8). Le fruit de cet amour est « l'élection », celle dont parle la Lettre aux Ephésiens. En Dieu, cette élection, c'est la volonté éternelle de sauver l'homme par la participation à sa propre vie (2 P 1, 4) dans le Christ : c'est le salut dans la participation à la vie surnaturelle. Ce don éternel, cette grâce de l'élection de l'homme par Dieu produisent comme un « germe de sainteté », ou en quelque sorte une source naissant dans l'âme comme le don de Dieu lui-même qui vivifie et sanctifie les élus par la grâce ».

(Bienheureux Jean Paul II, Redemptoris Mater, n°8)

 

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Prières

 

Prière consécratoire

 

Marie, pécheur ma mère m'a conçu ! Un homme peut-il retourner dans le ventre de sa mère pour naître de nouveau ? Dans Ton sein, Marie, je me consacre tout entier depuis l'instant de ma conception jusqu'à ce jour, pour que l'homme nouveau conçu par le Baptême puisse grandir dans la chaleur de Ton Amour Immaculé. Puisqu'en Toi, Marie, toutes les lois de la nature sont renouvelées, en Toi je veux demeurer pour que la Loi nouvelle agisse en mes membres et que l'amour virginal me pousse a faire le bien que je veux faire et à refuser le mal que je ne veux pas faire. Autant le péché est lais, autant Tu es Belle, Marie, et notre Roi s'est épris de Ta Beauté. Je me consacre sans réserve à Toi, Mère du Bel Amour, miroir d'angélique pureté, pour que mon âme renouvelée plaise à Dieu, Père, Fils et Saint Esprit.

 

Antienne

 

« Ô joie unique ! Cause de notre joie, ô Fleur de Galilée au doux Parfum, attirez-nous à Votre suite, Immaculée, tous en commun ».

(Marthe Robin)

 

Psaume

(Livre de la Sagesse 7, 27-30 ; 8, 1)

 

« Dans la Sagesse, est un esprit intelligent, saint, unique, multiple, subtil, agile, pénétrant, sans souillure, clair, impassible, ami du bien, acéré, incoercible, bienfaisant, ami des humains, constant, ferme, sans souci, qui peut tout, surveille tout, pénètre tous les esprits, les intelligents, les purs, les plus subtils. Car, plus que tout mouvement, la Sagesse est mobile ; elle traverse et pénètre tout grâce à sa pureté.

Elle est un souffle de la Puissance Divine, une effusion toute pure de la gloire du Tout-Puissant ; aussi, rien de souillé ne pénètre en elle. Elle est un reflet de la lumière éternelle, un miroir sans tache de l'activité de Dieu, une image de son excellence.

Bien qu'unique, elle peut tout, sans sortir d'elle-même, elle renouvelle toutes choses.

Elle se répand au long des âges dans les âmes saintes, elle en fait des amis de Dieu et des prophètes ; car Dieu n'aime que celui qui vit avec la Sagesse. Elle est, en effet, plus belle que le soleil, elle surpasse toutes les constellations ; comparée à la lumière, elle l'emporte : car elle fait place à la nuit, mais contre la Sagesse le mal ne saurait prévaloir. Elle déploie sa force d'un bout du monde à l'autre et d'une manière bienfaisante régit l'univers ».

 

Prière « Ad Libitum » : Priez Marie avec un texte de votre choix comme par exemple les Litanies, le Souvenez-vous, ou encore une oraison jaillie du cœur...

Invocation : O Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation, priez pour nous et pour le monde ».

 

 

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Textes extraits du livre « Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie », aux Editions des Béatitudes, pour commander le livre, cliquer ICI

 

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29 novembre 2013

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie 25/33

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie

33 jours pour se consacrer à la Très Sainte Trinité par les mains de Marie

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Vingt-cinquième jour

Quatrième jour à l'ombre du Saint Esprit

La Consolatrice épouse du Consolateur

Consécration à la consolatrice des Alligés

 

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

 

Invocation au Saint Esprit

 

Roi Céleste, consolateur,

Esprit de Vérité,

Toi qui es partout présent,

et qui remplis tout.

Trésor de biens et donateur de Vie,

viens et demeure en nous,

purifie-nous de toute souillure

et sauve nos âmes,

Toi qui es Bonté.

(Liturgie Byzantine)

 

Je crois en Dieu, une dizaine de Chapelet aux intentions de la Sainte Vierge.

 

Parole de Dieu

 

Deuxième Lettre aux Corinthiens 1, 3-5

 

« Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père plein de Tendresse, le Dieu de qui vient tout réconfort. Dans toutes nos détresses, Il nous réconforte ; ainsi, nous pouvons réconforter tous ceux qui sont dans la détresse, grâce au réconfort que nous recevons nous-mêmes de Dieu. De même que nous avons largement part aux Souffrances du Christ, de même, par le Christ, nous sommes largement réconfortés ».

 

Livre d'Isaïe 66, 10-14

 

« Réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez à cause d'elle, vous tous qui l'aimez ! Avec elle soyez pleins d'allégresse, vous tous qui portiez son deuil ! Ainsi vous serez nourris et rassasiés du lait de ses consolations, et vous puiserez avec délices à l'abondance de sa gloire. Voici ce que dit le Seigneur : Je dirigerai vers elle la paix comme un fleuve, et la gloire des nations comme un torrent qui déborde.Vous serez comme des nourrissons que l'on porte sur son bras, que l'on caresse sur ses genoux. De même qu'une mère console son enfant, moi-même je vous consolerai,dans Jérusalem vous serez consolés. Vous le verrez, et votre cœur se réjouira ; vos membres, comme l'herbe nouvelle, seront rajeunis. Et le Seigneur fera connaître sa puissance à ses serviteurs ».

 

Saint Jean 11, 32-44

 

« Marie arriva à l'endroit où se trouvait Jésus ; dès qu'elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si Tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ». Quand il vit qu'elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus fut bouleversé d'une émotion profonde. Il demanda : « Où l'avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Viens voir, Seigneur ». Alors Jésus pleura. Les Juifs se dirent : « Voyez comme il l'aimait ! » Mais certains d'entre eux disaient : « Lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? » Jésus, repris par l'émotion, arriva au tombeau. C'était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre ». Marthe, la soeur du mort, lui dit : « Mais, Seigneur, il sent déjà ; voilà quatre jours qu'il est là ». Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l'ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ». On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je Te rends grâce parce que Tu M'as exaucé. Je savais bien, Moi, que Tu M'exauces toujours ; mais si j'ai parlé, c'est pour cette foule qui est autour de moi, afin qu'ils croient que tu m'as envoyé ». Après cela, il cria d'une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains attachés, le visage enveloppé d'un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller ».

 

Message de Marie à Medjugorje du 25 février 1991

 

« Chers enfants, aujourd'hui Je vous demande de vous décider pour Dieu, car l'inquiétude de vos cœurs produit comme fruit l'éloignement de Dieu. Dieu est la Paix même, c'est pourquoi approchez-vous de Lui par la prière personnelle. Ensuite, vivez la paix dans vos cœurs. De cette façon la paix de votre cœur coulera comme un fleuve sur le monde entier. Ne parlez pas de la paix, mais faite la paix ! Je bénis chacun d'entre vous et chacune de vos bonnes décisions. Merci d'avoir répondu à Mon appel ».

 

Méditation

 

« Vous qui m'avez engendré, faites-moi miséricorde ! À chaque fois que nous constatons plus précisément notre misère : après une faute, dans la maladie ou l'impuissance. Quand tout manque ou que tout nous menace, levons les yeux pleins de larmes et de « désespoir » vers notre Mère : Vous qui m'avez engendré, ayez pitié de moi ! Et attendons avec assurance son intervention toute-puissante. Jamais une mère n'a résisté aux cris et aux larmes de son petit, si ingrat fût-il précédemment. Crions vers elle, surtout pour qu'elle nous apprenne à aimer l'Amour. Avec cette confiance, nous garderons toujours notre calme au milieu de vicissitudes, et ce calme glorifie notre Mère : « Du calme, mon enfant, tu auras des peines, mais Je suis là !... » La cause profonde de la Passion du Christ est le jugement humain s'insurgeant contre la Sagesse Incarnée... La Vierge a assisté à ce drame. Son Fils et son Dieu en butte à la contradiction ! Contradiction dont Elle a porté le poids toute sa vie. Même avec les joies de la la Résurrection. Celui qui se met bravement à l'école de la Sagesse est le véritable consolateur de Jésus et de Marie, il fait pour sa part cesser la contradiction. Et la Passion du Christ se change en joie profonde et pour lui et pour son Divin Maître, et pour Sa Mère, heureux d'aimer et de s'immoler pour l'Amour, qu'Il est ».

(Père Gabriel Jacquier, la Vie Mariale, Les Carnets Noirs »)

 

« La mission maternelle de la Vierge pousse le Peuple de Dieu à se tourner avec une confiance filiale vers Celle qui est toujours prête à l’exaucer avec une affection de mère et un secours efficace d’auxiliatrice. le Peuple de Dieu a donc pris l’habitude de l’invoquer comme Consolatrice des affligés, Salut des malades, Refuge des pécheurs, pour obtenir dans les tribulations le réconfort, dans la maladie le soulagement, dans la faute la force libératrice ; parce que, libre du péché, elle conduit ses fils à vaincre le péché avec une résolution énergique. Et cette libération du péché et du mal (cf. Mt 6, 13), il faut le réaffirmer, est la première étape nécessaire de tout renouveau de la vie chrétienne ».

(Paul VI, Marialis Cultus, n°57)

 

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Prières

 

Prière consécratoire

 

Marie, Mère de toutes les douleurs – car Tu les connus toutes, tant Ton âme était unie à Celle de Ton Fils lorsqu'Il pleura sur Lazare dont la chair était corrompue à cause de l'affliction d'Adam – Marie qui T'affligeas avec toutes les filles de Jérusalem sur le Temple et sur les enfants de Ton Peuple, Marie qui éprouvas aussi les larmes de Sang à l'heure de l'Agonie, Tu éprouvas aussi les larmes de Feu de l'Esprit lors de la première Pentecôte et connus la plénitude de la consolation. Je me consacre à Ton Cœur Immaculé irradiant la douce lumière de toutes les consolations de l'Esprit. Ô Consolatrice, épouse du Consolateur, je me consacre à Ton infinie Tendresse. Ô mon Avocate qui me défends de toutes les accusations du démon, motivées par la multitude de mes péchés, ô Mère dont l'Amour donne toujours raison à ses enfants, je me consacre à Ton Cœur très Tendre pour devenir un autre consolateur, en fils très ressemblant de sa mère.

 

Antienne

 

Il faut pour qu’un enfant puisse chérir sa mère,

Qu’elle pleure avec lui, partage ses douleurs.

O ma Mère chérie, sur la rive étrangère,

Pour m’attirer à toi, que tu versas de pleurs !…

En méditant ta vie dans le saint Evangile,

J’ose te regarder et m’approcher de toi.

Me croire ton enfant ne m’est pas difficile

Car je te vois mortelle et souffrant comme moi...

(Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, Poésie « Pourquoi je t'aime, ô Marie »)

 

Psaume 46 (45)

 

Dieu est pour nous refuge et force,

secours dans l'angoisse toujours offert.

Aussi ne craindrons-nous si la terre est changée,

si les montagnes chancellent au cœur des mers,

lorsque mugissent et bouillonnent leurs eaux

et que tremblent les monts à leur soulèvement.

Avec nous le Seigneur Shabbaot,

citadelle pour nous, le Dieu de Jacob !

 

Un fleuve ! Ses bras réjouissent la cité de Dieu,

il sanctifient les demeures du Très-Haut.

Dieu est en elle ; elle ne peut chanceler,

Dieu la secourt au tournant du matin ;

des peuples mugissaient,

les royaumes chancelaient,

il a élevé la voix, la terre se dissout.

Avec nous le Seigneur Shabbaot,

citadelle pour nous, le Dieu de Jacob !

 

Allez, contempler les hauts faits du Seigneur,

Lui qui rempli la terre de stupeurs.

Il met fin aux guerres jusqu'au bout de la terre

l'arc, il l'a rompu, il a brisé la lance,

il a brûlé les boucliers au feu.

Arrêtez, connaissez que Moi Je suis Dieu,

exalté sur les peuples, exalté sur la terre !

Avec nous le Seigneur Shabbaot,

citadelle pour nous, le Dieu de Jacob !

 

Prière « Ad Libitum » : Priez Marie avec un texte de votre choix comme par exemple les Litanies, le Souvenez-vous, ou encore une oraison jaillie du cœur...

Invocation : O Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation, priez pour nous et pour le monde ».

 

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Textes extraits du livre « Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie », aux Editions des Béatitudes, pour commander le livre, cliquer ICI

 

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15 novembre 2013

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie 11/33

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie

33 jours pour se consacrer à la Très Sainte Trinité par les mains de Marie

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Onzième jour

Quatrième jour de la semaine dans le sein du Père

L'épouse qui révèle le Père éternel

Consécration de notre intimité avec Dieu

 

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

 

Invocation au Saint Esprit

 

Esprit Saint, que Ta grâce nous assiste,

qu’elle vienne habiter nos cœurs

après avoir chassé tous les vices.

Esprit bienfaisant,

Lumière des hommes,

délivre notre âme

de ses mortelles ténèbres.

 

Esprit Saint, Toi qui aimes

toujours les justes pensées,

dans Ta bonté, répands Ton Onction

dans tous nos sentiments.

 

Esprit qui purifies

toutes les souillures,

purifie le regard

de notre homme intérieur,

pour que nous puissions voir

le Père suprême,

que peuvent seuls contempler

les regards d’un cœur pur.

 

Tu as inspiré les prophètes,

pour qu’ils célèbrent à l’avance

les louanges du Christ.

Tu as fortifié les apôtres

pour qu’ils annoncent au monde entier

le triomphe du Christ.

 

Lorsque Dieu, par Son Verbe,

a créé l’édifice du ciel, de la terre et des mers,

c’est Toi qui étendais Ta Puissance

sur les eaux pour qu’elles donnent la vie aux âmes.

 

C’est Toi, par Ton Souffle,

qui as créé des hommes spirituels

c’est Toi Seigneur, qui as unifié le monde,

divisé par ses langues et ses religions ;

Toi, le meilleur de tous les Maîtres,

Ramène les idolâtres au culte de Dieu.

 

Exauce donc nos supplications,

Esprit Saint, car sans Toi

toutes les prières sont jugées impuissantes,

indignes de toucher les oreilles divines.

 

Toi qui as enseigné les saints de tous les siècles

en les enveloppant de ton impulsion puissante,

c’est Toi-même qui as rendu glorieux ce jour

en comblant aujourd’hui les apôtres du Christ

par une grâce sans précédant,

inconnue de tous les siècles.

(Humbert de Roman)

 

Je crois en Dieu, une dizaine de Chapelet aux intentions de la Sainte Vierge.

 

Parole de Dieu

 

Saint Jean 15, 4-5

 

« Demeurez en Moi, comme Moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en Moi. Moi, je suis la Vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en Moi et en qui Je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de Moi, vous ne pouvez rien faire ».

 

Livre de l'Exode 3, 1-6

 

« Moïse gardait le troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à l'Horeb, la montagne de Dieu. L'ange du Seigneur lui apparut au milieu d'un feu qui sortait d'un buisson. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer. Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas ? » » Le Seigneur vit qu'il avait fait un détour pour venir regarder, et Dieu l'appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! » Dieu dit alors : « N'approche pas d'ici ! Retire tes sandales, car le lieu que foulent tes pieds est une Terre Sainte ! Je suis le Dieu de ton père, Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob ». Moïse se voila le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu ».

 

Saint Jean 7, 37-39

 

« Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à Moi, et qu'il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l'Écriture : Des fleuves d'eau vive jailliront de son coeur ». En disant cela, Jésis parlait de l'Esprit Saint, l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Jésus. En effet, l'Esprit Saint n'avait pas encore été donné, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié par le Père ».

 

Message de Marie à Medjugorje 18 mars 1993

 

« Chers enfants ! Mon désir est celui-ci : donnez-Moi vos mains, ainsi Je pourrai vous porter comme une mère sur le juste chemin, ainsi Je pourrai vous porter vers votre Père. Ouvrez votre cœur et laissez-Moi entrer. Priez, car Je suis avec vous dans la prière. Priez, ainsi Je pourrai vous guider. Je vous amènerai à la paix et au bonheur. Merci d'avoir répondu à Mon appel ».

 

Méditation

 

« Le mariage n'est autre chose que l'expression sainte du Père éternel, qui engendre et porte en soi Son Verbe et fait seul, par Sa personne, ce que le mari et la femme expriment au dehors, en produisant ensemble un fils, qui est le terme de leur génération, l'un engendrant le frut, l'autre le portant. Mais parce que Dieu le Père engendre son Verbe dans une féconde virginité, Il veut exprimer dans Sa sainte épouse seule, et montrer au-dehors, cette fécondité vierge et sans corruption ».

(Jean-Jacques Olier, « Vie Intérieure de la Très Sainte Vierge », 77)

 

« Marie nous entraîne d’abord à croire. A croire dans l’amour de Dieu le Père qui nous entoure constamment: ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui a aimé le premier. A croire dans la puissance du Christ manifestée dans la Rédemption. Il est le Dieu sauveur, pressenti par Isaïe. Il est la source de vie, surabondante. Il est la vérité de Dieu et la vérité de nos pauvres existences. Il est le chemin de Dieu et le chemin de l’homme, le seul homme pleinement conforme à sa vocation. A croire en l’Esprit Saint que Marie a accueilli sans réserve et qui nous est donné à nous aussi. Nous sommes sûrs de cet amour du Dieu Trinité; c’est en nous ouvrant à lui par la foi que nous serons, avec Marie, bienheureux, et que nous recevrons à notre tour le goût et la force d’aimer ».

(Bienheureux Jean Paul II, discours aux jeunes dans la Basilique Saint Pie X, à Lourdes, le 15 août 1983)

 

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Prières

 

Prière consécratoire

 

Marie, épouse de l'Esprit en qui le Verbe s'est incarné, en Toi le Père continue à engendrer le Fils. L'unique activité du Père est cet engendrement d'Amour, et de leur Amour commun avec l'Esprit, déborde l'œuvre de la création. Ô Marie, je Te consacre tout ce qui en moi aspire à l'union avec Dieu, je Te consacre tout ce qui en moi désire les fiançailles et le mariage avec mon Créateur et mon Dieu. En Toi seule mon corps trouvera la chasteté parfaite que requiert une telle intimité, en Toi seule mon âme et mon esprit seront virginisés pour l'étreinte divine, en Toi seule mon abandon sera total et je ne craindrai plus de prendre dans le plus intime de moi-même l'épouse dans tache de l'Epoux de Feu. En Toi seule, Buisson Ardent, je ne craindrai pas d'être consumé par des baisers de Sa bouche.

 

Antienne

 

« Ô Marie, char de Feu, Tu as porté le Feu caché et voilé sous la cendre de Ton Humanité. Ô Marie, vaisseau d'Humilité, en Toi se conserve et brille la Lumière de la vraie science avec laquelle, T'élevant au-dessus de Toi-même, Tu as charmé le Père éternel : aussi Il T'a ravie, Il T'a attirée à Lui par un Amour unique, car c'est cette Lumière et ce Feu de Ta Charité, c'est l'huile de Ton Humilité qui ont attiré Sa Divinité et l'ont inclinée à venir en Toi, bien que déjà l'ardeur extrême de Ta Charité sans mesure la pressât de venir à nous ».

(Sainte Catherine de Sienne, Docteur de l'Eglise)

 

Psaume

(Siracide 24, 9-22)

 

Avant les siècles,

dès le commencement Il m'a créée,

éternellement je subsisterai.

Dans la Tente Sainte, en Sa présence j'ai officié ;

c'est ainsi qu'en Sion je me suis établie,

que dans la cité bien-aimée j'ai trouvé le repos

qu'en Jérusalem j'exerce mon pouvoir.

Je me suis enracinée chez un peuple païen plein de gloire,

dans le domaine du Seigneur, en son patrimoine.

J'ai grandi comme le cèdre du Liban,

comme le cyprès sur le Mont Hermon.

J'ai grandi comme le palmier d'Engaddi,

comme les plants de roses de Jéricho,

comme un olivier magnifique dans la plaine,

j'ai grandi comme un platane.

Comme le cinnamome et l'aspalathe,

comme une myrrhe de choix j'ai embaumé,

comme du galbanum, de l'onyx et du stacte,

comme la vapeur d'encens dans la Tente.

J'ai étendu mes rameaux comme un térébinthe,

ce sont des rameaux de gloire et de grâce.

Je suis comme une vigne

aux pampres charmants,

et mes fleurs sont des produits

de gloire et de richesse.

Venez à moi, vous qui me désirez ;

et rassasiez-vous de mes fruits.

Car mon souvenir est plus doux que le miel,

mon héritage plus doux qu'un rayon de miel.

Ceux qui me mangent auront encore faim,

ceux qui me boivent auront encore soif.

Celui qui m'obéit n'aura pas à en rougir

et ceux qui font mes œuvres ne pécheront pas.

 

Prière « Ad Libitum » : Priez Marie avec un texte de votre choix comme par exemple les Litanies, le Souvenez-vous, ou encore une oraison jaillie du cœur...

Invocation : O Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation, priez pour nous et pour le monde ».

 

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Textes extraits du livre « Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie », aux Editions des Béatitudes, pour commander le livre, cliquer ICI

 

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13 novembre 2013

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie 9/33

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie

33 jours pour se consacrer à la Très Sainte Trinité par les mains de Marie

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Neuvième jour

Deuxième jour de la semaine dans le sein du Père

Epouse des desseins de Dieu

Consécration des innocents

 

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

 

Invocation au Saint Esprit

 

Venez, Père des Lumières,

donnez-moi Votre Sagesse,

ce goût de la Vérité,

cette Charité qui presse

sans forcer la volonté,

cette grâce si féconde,

cet attrait si ravissant,

cette paix sainte et profonde

et ce secours tout-puissant.

 

Vous ne voulez pas contraindre

ma mauvaise volonté,

c'est pourquoi j'ai tout à craindre

de ma propre liberté.

aux attraits de Votre grâce

j'ai trop souvent résisté,

je me rends, prenez la place

avec toute autorité.

(Saint Louis-Marie Grignion de Montfort)

 

Je crois en Dieu, une dizaine de Chapelet aux intentions de la Sainte Vierge.

 

La Parole de Dieu

 

Saint Matthieu 2, 14-17

 

« Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l'Enfant et Sa Mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu'à la mort d'Hérode. Ainsi s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète : « D'Égypte, J'ai appelé Mon Fils ». Alors Hérode, voyant que les mages l'avaient trompé, entra dans une violente fureur. Il envoya tuer tous les enfants de moins de deux ans à Bethléem et dans toute la région, d'après la date qu'il s'était fait préciser par les mages. Alors s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète Jérémie ».

 

Lettre aux Hébreux 7, 26-27

 

« C'était bien le grand prêtre qu'il nous fallait : Saint, sans tache, sans aucune faute ; séparé maintenant des pécheurs, Il est désormais plus haut que les cieux. Il n'a pas besoin, comme les autres grands prêtres, d'offrir chaque jour des sacrifices, d'abord pour ses péchés personnels, puis pour ceux du peuple ; cela, Il l'a fait une fois pour toutes en s'offrant Lui-même ».

 

Apocalypse de Saint Jean 12, 1-5

 

« Un signe grandiose apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds,et sur la tête une couronne de douze étoiles. Elle était enceinte et elle criait,torturée par les douleurs de l'enfantement. Un autre signe apparut dans le ciel : un énorme dragon, rouge feu,avec sept têtes et dix cornes,et sur chaque tête un diadème. Sa queue balayait le tiers des étoiles du ciel, et les précipita sur la terre. Le Dragon se tenait devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l'enfant dès sa naissance. Or, la Femme mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations, les menant avec un sceptre de fer. L'enfant fut enlevé auprès de Dieu et de son Trône ».

 

Message de Marie à Medjugorje du 25 décembre 1992

 

« Chers enfants, aujourd'hui, Je désire vous mettre tous sous Mon Manteau et vous protéger de toutes les attaques sataniques. Aujourd'hui, c'est le jour de la Paix, mais dans le monde entier il y a un grand manque de paix. C'est pourquoi Je vous appelle tous à construire avec Moi, à travers la prière, un nouveau monde de paix ; cela, Je ne peux le faire sans vous et c'est pourquoi Je vous appelle tous avec Mon Amour Maternel et Dieu fera le reste. Alors ouvrez-vous au Plan de Dieu et à Ses desseins afin de pouvoir collaborer avec Lui à la paix et au bien. N'oubliez pas que votre vie ne vous appartient pas mais que c'est un don à travers lequel vous devez donner la joie aux autres et les guider vers la vie éternelle. Chers enfants, que la tendresse de Mon Petit Jésus vous accompagne toujours. Merci d'avoir répondu à Mon appel ».

 

Méditation

 

« L'épouse qui jouit des droits et des prérogatives des épouses ordinaires, entre en possession de son époux, qui devient sien ; et ensuite en communauté parfaite de tous les biens qu'il possède. Elle entre unité de cœur et d'âme, en unité d'esprit, de pensées, de vouloir, et ne devient qu'un en tout, avec son époux ; d'où il suit qu'elle a part à ses desseins, à ses ordres, à ses œuvres. Ainsi Dieu le Père, comme un saint et fidèle époux, veut mettre la Très Sainte Vierge en union et en parfaite jouissance de sa personne, de tous ses biens, de ses trésors et de sa gloire, et ordonner avec elle de tous ses desseins ».

(Jean-Jacques Olier, « Vie intérieure de la Très Sainte Vierge », T.1)

 

« Dans le Livre de l'Apocalypse, le « signe grandiose » de la « Femme » (12, 1) s'accompagne d'un « second signe apparu au ciel : un énorme Dragon rouge feu » (Ap 12, 3), qui représente Satan, puissance personnelle maléfique, et en même temps toutes les forces du mal qui sont à l'œuvre dans l'histoire et entravent la mission de l'Eglise. Là encore, Marie éclaire la communauté des croyants : l'hostilité des forces du mal est en effet une sourde opposition qui, avant d'atteindre les Disciples de Jésus, se retourne contre sa Mère. Pour sauver la vie de Son Fils devant ceux qui le redoutent comme une dangereuse menace, Marie doit s'enfuir en Egypte avec Joseph et avec l'enfant (cf. Mt 2, 13-15). Marie aide ainsi l'Eglise à prendre conscience que la vie est toujours au centre d'un grand combat entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres. Le dragon veut dévorer « l'enfant aussitôt né » (Ap 12, 4), figure du Christ, que Marie enfante dans « la plénitude des temps » (Ga 4, 4) et que l'Eglise doit constamment donner aux hommes aux différentes époques de l'histoire. Mais cet enfant est aussi comme la figure de tout homme, de tout enfant, spécialement de toute créature faible et menacée, parce que — ainsi que nous le rappelle le Concile —, « par son Incarnation, le Fils de Dieu s'est en quelque sorte uni Lui-même à tout homme ». (Gaudium et Spes, 22) C'est dans la « chair » de tout homme que le Christ continue à se révéler et à entrer en communion avec nous, à tel point que le rejet de la vie de l'homme, sous ses diverses formes, est réellement le rejet du Christ. Telle est la vérité saisissante et en même temps exigeante que le Christ nous dévoile et que son Eglise redit inlassablement : « Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille » (Mt 18, 5) ; « En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25, 40).

(Bienheureux Jean Paul II, « Evangelium Vitae », 104)

 

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Prières

 

Prière consécratoire

 

O Marie, Mère de Miséricorde, petite épouse du Père des Miséricordes, entrailles du Père et Son Amour maternel pour le Fils et sa multitude de frères, Marie dont le cœur a été transpercé par la méchanceté des hommes lorsque Hérode apprit le dessein de Dieu pour son peuple, Marie je Te consacre le sein de toutes les mères de la terre. Marie, nouvelle Eve, Marie la vivante et Mère de la Vie, je Te consacre tous les embryons du monde et particulièrement ceux qui viendront au monde dans les circonstances mes plus abjectes, ceux dont la vie a été prise avant que le mystère de la vie ait grandi en eux. Je Te consacre toutes les âmes innocentes dont les corps ont été massacrés dans le sein de leur mère.

 

Antienne

 

Ô Marie, Tu es devenue le Livre où est écrit notre Loi. Aujourd'hui a été écrite en Toi la Sagesse du Père éternel. Aujourd'hui se manifeste en Toi la force et la liberté de l'homme ».

(Sainte Catherine de Sienne, Docteur de l'Eglise)

 

Psaume 147 (146-147)

 

Alléluia ! Louez le Seigneur ;

Il est bon de chanter notre Dieu,

douce est la louange.

Bâtisseur de Jérusalem, Seigneur !

Il rassemble les déportés d'Israël,

lui qui guérit les coeurs brisés

et bande leurs blessures ;

qui compte le nombre des étoiles,

et appelle chacune par son nom ;

il est grand, notre Seigneur, Tout-puissant,

à son intelligence point de mesure.

 

Le Seigneur soutient les humbles,

jusqu'à terre, il abaisse les impies.

Entonnez pour le Seigneur l'action de grâce,

jouez pour notre Dieu sur la harpe :

 

Lui qui drape les cieux de nuées,

qui prépare la pluie à la terre, qui fait germer l'herbe sur les monts

et les plantes au service de l'homme,

qui dispense au bétail sa pâture,

aux petits du corbeau qui crient.

Ni la vigueur du cheval ne lui agréé,

ni le jarret de l'homme ne lui plaît ;

le Seigneur se plaît en ceux qui le craignent,

en ceux qui espèrent son amour.

 

Fête le Seigneur, Jérusalem, loue ton Dieu, ô Sion !

Il renforça les barres de tes portes,

il a chez toi béni tes enfants ;

il assure ton sol dans la paix,

de la graisse du froment te rassasie.

Il envoie son Verbe sur la terre ;

rapide court sa parole ;

il dispense la neige comme la laine,

répand le givre comme cendre.

 

Il envoie sa glace par morceaux ;

à sa froidure, qui peut tenir ?

Il envoie sa parole et fait fondre,

il souffle son vent, les eaux coulent.

 

Il révèle à Jacob sa parole,

ses lois et jugements à Israël :

pas un peuple qu'il ait ainsi traité,

pas un qui ait connu ses jugements. Alléluia !

 

Prière « Ad Libitum » : Priez Marie avec un texte de votre choix comme par exemple les Litanies, le Souvenez-vous, ou encore une oraison jaillie du cœur...

Invocation : O Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation, priez pour nous et pour le monde ».

 

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Textes extraits du livre « Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie », aux Editions des Béatitudes, pour commander le livre, cliquer ICI

 

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11 novembre 2013

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie 7/33

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie

33 jours pour se consacrer à la Très Sainte Trinité par les mains de Marie

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Septième jour

Septième jour de la semaine à Nazareth

Attraction de la Croix et mort d'amour

Consécration du cœur pour le monde

 

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

 

Invocation au Saint Esprit

 

Viens, Consolateur souverain,

hôte très doux de nos âmes,

adoucissante fraîcheur.

 

Dans le labeur, le repos;

dans la fièvre, la fraîcheur;

dans les pleurs, le réconfort.

 

Ô lumière bienheureuse,

viens remplir jusqu'à l'intime

le cœur de tous tes fidèles.

 

Sans ta puissance divine,

il n'est rien en aucun homme,

rien qui ne soit perverti.

 

Lave ce qui est souillé,

baigne ce qui est aride,

guéris ce qui est blessé.

 

Assouplis ce qui est raide,

réchauffe ce qui est froid,

redresse ce qui est dévié.

 

À tous ceux qui ont la foi

et qui en toi se confient,

donne tes sept dons sacrés.

 

Donne vertu et mérite,

donne le salut final,

donne la joie éternelle.

(Séquence de la Pentecôte)

 

Je crois en Dieu, une dizaine de Chapelet aux intentions de la Sainte Vierge.

 

La Parole de Dieu

 

Saint Marc 12, 29-33

 

« Jésus s'adressant au scribe qui l'interrogeait, lui fit cette réponse : « Voici le premier : « Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force ». Voici le second : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l'Unique et qu'il n'y en a pas d'autre que lui. L'aimer de tout son coeur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices ».

 

Jean 19, 28-30

 

« Après cela, sachant que désormais toutes choses étaient accomplies, et pour que l'Écriture s'accomplisse jusqu'au bout, Jésus dit : « J'ai soif ». Il y avait là un récipient plein d'une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d'hysope, et on l'approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli ». Puis, inclinant la tête, il remit l'esprit.

 

Apocalypse 14, 12-13

 

« C'est là qu'on voit la persévérance des saints,ceux qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus. Alors j'ai entendu une voix qui venait du Ciel. Elle me disait d'écrire ceci : « Heureux désormais les morts qui s'endorment dans le Seigneur. Oui, dit l'Esprit de Dieu,qu'ils se reposent de leurs peines,car leurs actes les suivent ».

 

Message de la Sainte Vierge à Medjugorje du 25 mars 1991

 

« Chers enfants, aujourd'hui Je vous invite à vivre la Passion de Jésus dans la prière et en union avec Lui. Décidez-vous à donner davantage de temps à Dieu, Lui qui vous a donné ces jours de Grâce. Pour cela, chers enfants, priez et renouvelez l'amour pour Jésus d'une manière spéciale dans vos cœurs. Je suis avec vous, Je vous accompagne de Ma bénédiction et de Mes prières. Merci d'avoir répondu à Mon appel ».

 

Méditation

 

Pour l'Immaculée, le corps n'offre-t-il pas comme la possibilité d'un double martyre : un martyre sanglant sous la pression extérieure des ennemis de Dieu et un martyre d'amour qui est une nouvelle mort d'amour, non plus dans la douceur et le repos du recueillement, mais dans la violence de ses ardeurs enflammées qui sont trop fortes pour le corps et font éclater le cœur ».

(Père Thomas Philippe, O.P., « La Vie Cachée de Marie)

 

« Bienheureuse celle qui a cru». Cette bénédiction atteint la plénitude de son sens lorsque Marie se tient au pied de la Croix de son Fils (cf. Jn 19, 25). Le Concile déclare que cela se produisit « non sans un dessein divin » : « Souffrant cruellement avec son Fils unique, associée d'un cœur maternel à son sacrifice, donnant à l'immolation de la victime, née de sa chair, le consentement de son amour », Marie «garda fidèlement l'union avec son Fils jusqu'à la Croix» (Lumen Gentium, n° 58) : l'union p poiar la foi, par la foi même avec laquelle elle avait accueilli la révélation de l'ange au moment de l'Annonciation. (…) Par une telle foi, Marie est unie parfaitement au Christ dans son dépouillement ».

(Bienheureux Jean Paul II, « Redemptoris Mater », n°18)

 

« Jean, le sarment de la pureté, a puisé la plénitude du savoir dans l'océan inénarrable de la théologie, en se penchant sur la poitrine du Seigneur pendant le dîner (Jean 13, 25) ; mais l'époux de la Vierge, le Chaste Joseph, a puisé la Grâce de l'Esprit Saint dans cet océan divin, quand le Seigneur Jésus s'est penché sur sa poitrine en qualité de fils ».

(Gloria, t.4, Liturgie Gréco-Catholique du 19 mars)

 

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Prières

 

Prière consécratoire

 

Marie, Mère du Christ, le Messie souffrant, qui par sa mort a vaincu la mort, prie pour moi maintenant et à l'heure de ma mort afin qu'elle soit une mort d'amour, une consommation totale de ma vie où, jour après jour, je serai mort d'amour pour le monde qui refuse de vivre d'amour. Marie, Toi qui mourais de ne pas mourir avec Ton Fils et que le glaive a transpercée, je Te consacre mon corps et mon cœur, afin que, dans le Corps du Christ, je sois ce cœur infiniment mourant et infiniment vivant, broyé mais rendant l'amour à la haine, la douceur à l'amertume, la bénédiction à l'injure.

 

Antienne

 

Ô sainte Mère,

daigne donc graver les plaies du Crucifié

profondément dans mon cœur.

Ton enfant n'était que blessures,

Lui qui daigna souffrir pour moi ;

donne-moi part à Ses souffrances.

Etre avec Toi près de la Croix

et ne faire qu'un avec Toi,

c'est le vœu de ma douleur.

Ô Christ, à l'heure de partir,

puisse Ta Mère me conduire

à la palme de la victoire.

(Séquence de la Messe de la Vierge des Douleurs)

 

Psaume 116 (114-115)

 

Alléluia !

J'aime ! Car le Seigneur écoute

le cri de ma prière,

il penche vers moi son oreille

le jour où j'appelle.

 

Les lacets de la mort m'enserraient,

les filets du Shéol ;

l'angoisse et l'ennui me tenaient,

j'appelais le Nom du du Seigneur.

Ah ! Seigneur, délivre mon âme !

Le Seigneur est justice et pitié,

notre Dieu est tendresse.

Le Seigneur défend les petits,

j'étais faible, il m'a sauvé.

Retourne, mon âme, à ton ton repos,

car le Seigneur t'a fait du bien.

Il a gardé mon âme de la mort,

et mes pieds du faux pas.

Je marcherai en présence du Seigneur

sur la terre des vivants.

 

J'ai foi ! Lors même que je dis :

« Je suis trop malheureux ».

J'en étais à me dire en mon trouble :

« L'homme n'est que mensonge ».

 

Comment rendrai-je au Seigneur

tout le bien qu'il m'a fait ?

J'élèverai la coupe du salut,

en appelant le nom du Seigneur.

J'accomplirai mes vœux envers le Seigneur ;

que tout son peuple soit présent !

 

Elle en coûte aux yeux du Seigneur

la mort de ses amis.

Ah ! Seigneur, moi ton serviteur,

moi ton serviteur, fils de ta servante,

tu défais mes liens.

 

Je t'offrirai le sacrifice d'action de grâces,

en appelant le nom du Seigneur ;

je marcherai en présence du Seigneur

sur la terre des vivants.

 

J'accomplirai mes vœux envers le Seigneur ;

que tout son peuple soit présent,

dans les parvis de la maison du Seigneur,

au milieu de toi, Jérusalem !

 

Prière « Ad Libitum » : Priez Marie avec un texte de votre choix comme par exemple les Litanies, le Souvenez-vous, ou encore une oraison jaillie du cœur...

Invocation : O Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation, priez pour nous et pour le monde ».

 

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Textes extraits du livre « Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie », aux Editions des Béatitudes, pour commander le livre, cliquer ICI

 

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10 novembre 2013

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie 6/33

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie

33 jours pour se consacrer à la Très Sainte Trinité par les mains de Marie

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Sixième jour

Sixième jour de la semaine à Nazareth

Amour de Charité

Consécration des relations affectives et spirituelles

 

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

 

Invocation au Saint Esprit

 

Venez, Père des lumières,

Venez Dieu de charité,

Formez en moi mes prières,

montrez-moi la vérité,

Faites descendre en mon âme

un charbon de Votre Feu

Qui la pénètre de flamme

et la remplisse de Dieu.

 

Venez, Saint-Esprit, qui faites

les martyrs, les confesseurs,

Les apôtres, les prophètes,

les grands héros, les grands cœurs,

C'est votre seule conduite

que mon Sauveur a suivie:

Afin donc que je l'imite,

Conduisez-moi comme lui.

(Saint Louis-Marie Grignon de Montfort)

 

Je crois en Dieu, une dizaine de Chapelet aux intentions de la Sainte Vierge.

 

La Parole de Dieu

 

Première Lettre de Saint Pierre (1, 22 ; 2, 1)

 

« En obéissant à la vérité, vous vous êtes purifiés pour vous aimer sincèrement comme des frères. D'un cœur pur, aimez-vous intensément les uns les autres, Débarrassez-vous donc de toute méchanceté et de toute fausseté, de vos hypocrisies, de vos jalousies, de toutes vos médisances ».

 

Saint Matthieu 1, 20-21-24

 

« Joseph n'avait formé ce projet, lorsque l'Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l'Enfant qui est engendré en Elle vient de l'Esprit Saint ; Elle mettra au monde un Fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire : « Le-Seigneur-sauve »), car c'est Lui qui sauvera son peuple de ses péchés ». Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l'Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse ».

 

Premier Livre de Samuel (18, 1-3)

 

« Dès que David eut fini de parler à Saül, Jonathan s'attacha à David et l'aima comme lui-même. Ce jour-là, Saül retint David et ne le laissa pas retourner chez son père. Alors, Jonathan fit alliance avec David, parce qu'il l'aimait comme lui-même ».

 

Message de la Sainte Vierge à Medjugorje du 25 décembre 1987

 

« Chers enfants, réjouissez-vous avec Moi ! Mon Cœur est dans la joie à cause de Jésus, et aujourd'hui Je veux vous Le donner. Je souhaite, chers enfants, que chacun ouvre son cœur à Jésus et Je vous Le donne avec Amour. Je souhaite, chers enfants, que Jésus vous transforme, vous enseigne et qu'Il vous protège. Aujourd'hui, Je prie pour chacun de façon particulière, et Je vous présente à Dieu pour qu'Il se manifeste en vous. Je vous demande une prière sincère avec le cœur. Que chacune de vos prières soit une rencontre avec Dieu. Dans le travail et dans votre vie de tous les jours, placez Dieu à la première place. Aujourd'hui, Je vous appelle avec gravité : écoutez-Moi et faites ce que Je vous demande. Merci d'avoir répondu à Mon appel ».

 

Méditation

 

« Je me tourne ici un moment vers Vous, ô mon aimable Jésus, pour me plaindre amoureusement à Votre Divine Majesté de ce que la plupart des Chrétiens, même les plus savants, ne savent pas la liaison nécessaire qui est entre Vous et Votre sainte Mère. Vous êtes, Seigneur, toujours avec Marie, et Marie est toujours avec Vous et ne peut être sans Vous, autrement elle cesserait d'être ce qu'Elle est. Elle est tellement transformée en Vous par la Grâce qu'Elle ne vit plus, qu'Elle n'est plus. C'est Vous seul, mon Jésus, qui vivez et régnez en Elle, plus parfaitement qu'en tous les Anges et les Bienheureux. Ah ! Si l'on connaissait la Gloire et l'Amour que Vous recevez en cette admirable Créature, on aurait de Vous et d'Elle bien d'autres sentiments. Elle Vous est si intimement unie, qu'on séparerait plutôt la lumière du soleil, la chaleur du feu ! Je dis plus, on séparerait plutôt tous les Anges et les Saints de Vous, que la Divine Marie : parce qu'Elle Vous aime plus ardemment et Vous glorifie plus parfaitement que toutes vos créatures ensemble ».

(Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, « Traité de la Vraie Dévotion », 63)

 

« Ô Cœur de Jésus vivant en Marie et par Marie ! Ô Cœur de Marie vivant en Jésus et pour Jésus ! Ô liaison délicieuse de ces deux Cœurs ! Béni soit le Dieu d'Amour et d'Unité qui les unit ensemble ! Qu'Il unisse notre cœur à ces deux Cœurs, et qu'Il fasse que ces trois Cœurs vivent en unité, en l'honneur de l'Unité Sacrée qui est dans les Trois Personnes Divines ! »

(Bérulle)

 

« Pendant les années de la vie cachée de Jésus dans la maison de Nazareth, la vie de Marie, elle aussi, est « cachée avec le Christ en Dieu » (cf Col 3, 3) dans la foi. En effet, la foi est un contact avec le mystère de Dieu. Constamment, quotidiennement, Marie est en contact avec le mystère ineffable de Dieu fait homme, mystère qui dépasse tout ce qui a été révélé dans l'Ancienne Alliance. Dès le moment de l'Annonciation, l'esprit de la Vierge-Mère a été introduit dans la « nouveauté » radicale de la révélation que Dieu fait de lui-même, et elle a pris conscience du mystère. Elle est la première de ces « petits » dont Jésus dira un jour : « Père, ... tu as caché cela aux sages et aux intelligents et tu l'as révélé aux tout-petits » (Mt 11, 25) ».

(Bienheureux Jean Paul II, « Redemptoris Mater », n°17)

 

« Réjouis-toi, toi qui as déposé ton âme avec joie dans les mains du Doux Jésus et de l'épouse bien-aimée. Nous te supplions d'intercéder avec elle auprès de la Très Sainte Trinité à côté de qui tu es présent, pour nous accorder la grande miséricorde »

(Gloria, t.5, Liturgie Greco-Catholique du 19 mars)

 

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Prières

 

Prière consécratoire

 

Ô Cœur de Marie dans lequel a battu le Cœur de Dieu, Tu as donné à Joseph la plénitude de la béatitude des cœurs purs, lui qui par Ton Cœur, par Ton Sein, par Tes mains, a pu voir Dieu, Le toucher, Le couvrir de baisers et recevoir de Lui le plus tendre des Amours, le plus Humain et le plus Divin. Ô Marie, Toi dont le Cœur Immaculé contemplait le Père Eternel, Tu as communiqué à Joseph le don de la Paternité véritable le Tu lui as donné un Fils pour l'exercer. Épouse de Joseph, Mère de Dieu, je Te consacre mon cœur et tous ses mouvements, je Te consacre toutes mes affections humaines et spirituelles afin que, partageant avec moi les privilèges dus à Ta Conception Immaculée, Tu transfigures toutes ces relations.

 

Antienne

 

Ô Jésus, vivant en Marie,

venez et vivez en votre serviteur.

Ô Jésus, vivant en Marie,

dominez toute puissance adverse.

Ô Jésus, vivant en Marie,

en votre esprit à la gloire du Père.

(Jean-Jacques Olier)

 

Hymne à la Charité (1 Co 13, 1-8)

 

« J'aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, si je n'ai pas la Charité, s'il me manque l'amour, je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. J'aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, et toute la foi jusqu'à transporter les montagnes, s'il me manque l'amour, je ne suis rien. J'aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j'aurais beau me faire brûler vif, s'il me manque l'amour, cela ne me sert à rien. L'amour prend patience ; l'amour rend service ; l'amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d'orgueil ; il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s'emporte pas ; il n'entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L'amour ne passera jamais ».

 

Prière « Ad Libitum » : Priez Marie avec un texte de votre choix comme par exemple les Litanies, le Souvenez-vous, ou encore une oraison jaillie du cœur...

Invocation : O Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation, priez pour nous et pour le monde ».

 

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Textes extraits du livre « Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie », aux Editions des Béatitudes, pour commander le livre, cliquer ICI

 

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