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19 novembre 2013

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie 15/33

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie

33 jours pour se consacrer à la Très Sainte Trinité par les mains de Marie

 

Troisième semaine

Epouse du Fils

 

« Jésus-Christ notre Sauveur, vrai Dieu et vrai homme, doit être la fin dernière de toutes nos autres dévotions. Autrement elles seraient fausses et trompeuses. Jésus-Christ est l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin de toutes choses. Nous ne travaillons que pour rendre tout homme parfait en Jésus-Christ, parce que c'est en Lui seul qu'habitent toute la plénitude de la Divinité et toutes les autres plénitudes de grâces, de vertus et de perfections. C'est en Lui seul que nous avons été bénis de toute bénédiction spirituelle. Il est notre unique maître qui doit nous enseigner, notre unique Seigneur de qui nous devons dépendre, notre unique chef auquel nous devons être unis, notre unique modèle auquel nous devons nous conformer, notre unique médecin qui doit nous guérir, notre unique pasteur qui doit nous nourrir, notre unique voie qui doit nous conduire, notre unique vérité que nous devons croire, notre unique vie qui doit nous vivifier et notre unique tout en toutes choses qui doit nous suffire ».

(Saint Louis-Marie Grigion de Montfort, « Traité de la Vraie Dévotion », n°61)

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Quinzième jour

Premier jour dans le Cœur de Jésus

Union à l'Humanité du Christ

Consécration de nos actions

 

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

 

Invocation au Saint Esprit

 

« Mon Dieu, éternel Paraclet, je Vous adore, Vous qui êtes la Lumière et Vie de mon âme. Vous auriez pu Vous contenter de m’envoyer du dehors de bonnes pensées, la grâce inspiratrice et le secours ; Vous auriez pu me conduire ainsi dans la vie, et me purifier seulement par Votre Vertu intérieure. Mais, dans Votre infinie compassion, Vous êtes, dès le principe, entré dans mon âme, Vous en as pris possession, et Vous en avez fait Votre Ton temple. Vous habitez en moi d'une manière ineffable par Votre Grâce, mais aussi par Votre éternelle substance, comme si, quoique ne perdant pas ma propre individualité, j'étais en quelque sorte, ici bas même, absorbé en Dieu. Et comme Vous avez pris possession de mon corps même, de ce misérable et terrestre tabernacle de chair, mon corps même est aussi Votre Temple, ô étonnante, ô redoutable vérité ! Je le crois, je le sais, ô mon Dieu ! »

(Bienheureux John Henry Newman)

 

Je crois en Dieu, une dizaine de Chapelet aux intentions de la Sainte Vierge.

 

Parole de Dieu

 

Lettre de Saint Paul aux Romains 12, 1-2

 

« Je vous exhorte, mes frères, par la tendresse de Dieu, à lui offrir votre personne et votre vie en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu : c'est là pour vous l'adoration véritable. Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait ».

 

Saint Luc 6, 27-31, 35-36

 

« Je vous le dis, à vous qui m'écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. A celui qui te frappe sur une joue, présente l'autre. A celui qui te prend ton manteau, laisse prendre aussi ta tunique. Donne à quiconque te demande, et ne réclame pas à celui qui te vole. Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux. Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Dieu très-haut, car Il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants. Soyez miséricordieux comme votre Père est Miséricordieux ».

 

Première Lettre de Saint Paul aux Corinthiens 6, 12-14, 19-20

 

« Tout est en mon pouvoir », dit-on, mais tout n'est pas valable. Tout est en mon pouvoir, mais je ne me laisserai livrer à aucun pouvoir. Les aliments sont pour le ventre, et le ventre pour les aliments ; et Dieu détruira et ceux-ci et celui-là. Le corps est, non pas pour la débauche, mais pour le Seigneur Jésus, et le Seigneur est pour le corps ; et Dieu, par Sa puissance, a ressuscité le Seigneur et nous ressuscitera nous aussi. Ne le savez-vous pas ? Votre corps est le Temple de l'Esprit Saint, qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car le Seigneur a payé le prix de votre rachat. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps ».

 

Message de Marie à Medjugorje du 25 octobre 1988

 

« Chers enfants, mon invitation à vivre les messages que Je donne est un appel de tous les jours. C'est surtout, petits enfants, que Je veux vous rapprocher du Cœur de Jésus ! Petits enfants, voilà pourquoi Je vous invite aujourd'hui à la prière de consécration à Jésus, Mon Fils bien-aimé. Ainsi chacun de vos cœurs Lui appartiendra. Ensuite, Je vous invite à la consécration à Mon Cœur Immaculé. Je souhaite que vous vous consacriez personnellement, mais aussi en tant que familles et que paroisses. Ainsi tout appartiendra à Dieu par Mes mains. Mais priez, petits enfants, pour saisir la grandeur du message que Je vous donne là ! Je ne veux rien pour Moi, mais tout pour le Salut de vos âmes. Satan est puissant, c'est pourquoi, petits enfants, par la prière persévérante, blottissez-vous contre Mon Cœur de Mère. Merci d'avoir répondu à Mon appel ».

 

Méditation

 

« L'aimable Mère témoignait à Son Fils une affection tendre et maternelle. Elle le caressait, lui donnait des baisers, le prenait dans ses bras. Et l'Enfant Jésus agissait de même conformément à Sa nature de tout petit enfant, suçant le lait de Sa Mère, se laissant bercer dans ses bras et cajoler. Il était tout pareil à un petit enfant innocent, quoi qu'Il fût la Sagesse du Père. Ah ! Qui nous donnera jamais d'user des créatures à leur exemple, uniquement en esprit et en Dieu ».

(Marie de Sainte Thérèse, « L'union mystique à Marie »)

 

C'est donc à juste titre que nous pouvons trouver dans la parole « Bienheureuse celle qui a cru » en quelque sorte une clé qui nous fait accéder à la réalité intime de Marie, de celle que l'ange a saluée comme « pleine de grâce ». Si elle a été éternellement présente dans le mystère du Christ parce que « pleine de grâce », par la foi elle y participa dans toute l'ampleur de son itinéraire terrestre : « elle avança dans son pèlerinage de foi » et, en même temps, de manière discrète mais directe et efficace, elle rendait présent aux hommes le mystère du Christ. Et elle continue encore à le faire. Par le mystère du Christ, elle est aussi présente parmi les hommes. Ainsi, par le mystère du Fils, s'éclaire également le mystère de la Mère ».

(Bienheureux Jean Paul II, Redemptoris Mater, n°19)

 

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Prières

 

Prière de consécration

 

Ô Marie, Ton Fils a pris Chair de ta Chair pour que cessent les offrandes d'animaux et que l'homme, devenu sans tache ni défaut par le baptême, s'offre lui-même comme une offrande et un sacrifice de bonne odeur. Marie, qui dans Tes mains, as tenu la première Hostie de monde et n'as fait qu'une seule Chair avec Lui, je Te consacre mon humanité et l'humanité tout entière pour qu'elle devienne une nation sainte, un sacerdoce royal. Donne-moi par cette consécration de sanctifier par mes pensées et mes actions le temple de mon corps pour que la Trinité vienne en lui et y demeure comme Elle demeurait en Toi, jamais attristée par le péché, les mauvaises pensées, la paresse et les actes indignes d'un fils de Dieu.

 

Antienne

 

Quand Marie te portait, toi la grande montagne, tu allégeais son poids.

Quand Elle te nourrissait, tu rassasiais Sa faim.

Quand Elle t'allaitait, tu voulais avoir soif.

Quand Elle te choyait, toi le charbon ardent, Son Sein ne brûlait pas.

(Saint Ephrem)

 

Psaume 1

 

Heureux est l'homme qui ne va pas

au conseil des impies,

il ne s'arrête pas dans la voie des pécheurs

et au banc des rieurs ne s'assied.

Non, son plaisir est dans la loi du Seigneur

car sa loi, il la murmure en son cœur jour et nuit !

Il est semblable à l'arbre planté

sur des torrents d'eau vive près d'un ruisseau,

dont le feuillage ne sèche pas.

Il donne son fruit en son temps

et tout ce qu'il entreprend lui réussit.

Il n'en va pas de même pour les impies :

ils sont comme la balle que le vent emporte.

Voilà pourquoi ils ne tiendront pas

au jour du jugement, pas plus

que le pécheur dans l'assemblée des justes.

Car la voie des justes, Dieu la connaît

mais la voie des impies va se perdre.

 

Prière « Ad Libitum » : Priez Marie avec un texte de votre choix comme par exemple les Litanies, le Souvenez-vous, ou encore une oraison jaillie du cœur...

Invocation : O Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation, priez pour nous et pour le monde ».

 

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Textes extraits du livre « Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie », aux Editions des Béatitudes, pour commander le livre, cliquer ICI

 

Pour recevoir les prières des 33 jours de la Retraite de Consécration par e-mail, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes.

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14 novembre 2013

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie 10/33

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie

33 jours pour se consacrer à la Très Sainte Trinité par les mains de Marie

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Dixième jour

Troisième jour de la semaine dans le sein du Père

Reine de l'univers

Consécration de deux qui exercent un pouvoir

 

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

 

Invocation au Saint Esprit

 

Viens, Esprit Créateur,

visite l'âme de tes fidèles,

emplis de la grâce d'En-Haut

les cœurs que tu as créés.

 

Toi qu'on nomme le Conseiller,

don du Dieu très-Haut,

Source vive, Feu, Charité,

invisible consécration.

 

Tu es l'Esprit aux sept dons,

le doigt de la main du Père,

l'Esprit de Vérité promis par le Père,

C'est Toi qui inspires nos paroles.

 

Allume en nous Ta Lumière,

emplis d'amour nos cœurs,

affermis toujours de Ta Force

la faiblesse de nos corps.

 

Repousse l'Ennemi loin de nous

donne-nous Ta Paix sans retard,

pour que, sous Ta conduite et Ton conseil,

nous évitions tout mal et toute erreur.

 

Fais-nous connaître le Père,

révèle-nous le Fils,

et Toi, le commun Esprit,

fais-nous toujours croire en Toi.

 

Gloire soit à Dieu le Père,

au Fils ressuscité des morts,

à l'Esprit Saint Consolateur,

maintenant et dans tous les siècles. Amen.

(Veni Creator, Traditionnel)

 

Je crois en Dieu, une dizaine de Chapelet aux intentions de la Sainte Vierge.

 

Parole de Dieu

 

Premier Livre des Chroniques 29, 11-12

 

« A Toi, Seigneur, la grandeur et la puissance, la majesté, le prestige et la splendeur ; tout, dans les cieux et sur la terre, est à Toi. A Toi, Seigneur, la royauté, le Souverain qui domine l'univers ; de Toi vient la richesse et la gloire. C'est Toi, le Maître de tout ; dans Ta main, vigueur et puissance, dans Ta main, tout grandit et s'affermit ».

 

Première Lettre de Saint Paul à Timothée 2, 1-4

 

« J'insiste avant tout pour qu'on fasse des prières de demande, d'intercession et d'action de grâce pour tous les hommes, pour les chefs d'État et tous ceux qui ont des responsabilités, afin que nous puissions mener notre vie dans le calme et la sécurité, en hommes religieux et sérieux. Voilà une vraie prière, que Dieu, notre Sauveur, peut accepter, car il veut que tous les hommes soient sauvés et arrivent à connaître pleinement la vérité ».

 

Marc 10, 42-45

 

« Jésus appela les apôtres et leur dit : « Vous le savez : ceux que l'on regarde comme chefs des nations païennes commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur. Celui qui veut être le premier sera l'esclave de tous : car le Fils de l'Homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude ».

 

Message de Marie à Medjugorje du 25 novembre 1992

 

« Chers enfants, aujourd'hui comme jamais Je vous invite à prier. Que votre vie devienne toute entière prière. Sans amour, on ne peut prier. C'est pourquoi, Je vous invite à aimer avant tout le Dieu Créateur de vos vies et alors vous reconnaîtrez Dieu et vous l'aimerez en tous, comme Lui-même vous aime. Chers enfants, c'est une grâce que Je sois avec vous, c'est pourquoi acceptez et vivez Mes messages pour votre bien. Je vous aime et c'est pour cela que Je suis avec vous, afin de vous enseigner et de vous conduire dans une vie nouvelle de conversion et de renoncement. Seulement ainsi vous découvriez Dieu et tout ce qui est maintenant loin de vous. C'est pourquoi, petits enfants, priez ! Merci d'avoir répondu à Mon appel ».

 

Méditation

 

« La terre était donc prédestinée aussi à servir de demeure passagère à la Très Sainte Vierge, et à tous les membres de Jésus-Christ ; à l'Eglise qui devait s'y répandre de toute part et y établir le Règne de Dieu. Or, dans la disposition qu'il donnait à l'univers, Dieu le Père avait présente aussi l'aide qu'il s'était choisie pour la formation de sa famille, et ordonnait avec elle la demeure temporelle de cette même épouse, et de celle de son fils et de tous ses enfants d'adoption, comme un époux bâtit une maison, ou fait disposer une terre avec la participation et le consentement de son épouse bien-aimée. Que l'on conçoive cette dignité auguste d'épouse du Père éternel ! L'éminence et la grandeur de Marie ne sont donc point connues : puisqu'il est vrai de dire qu'elle est le sein universel, où ont été produits le monde et l'Eglise ; qu'elle a porté en soi toute l'oeuvre de Dieu, étant rendue participante de sa puissance, de sa Sagesse, de son amour, de sa fécondité, en un mot, de toutes ses divines perfections ».

(Jean-Jacques Olier, « Vie intérieure de la Très Sainte Vierge »)

 

« Dans tout cet ensemble de préoccupations, la Très Sainte Vierge Marie, fille élue par le Père, se présente au regard des croyants comme l'exemple parfait de l'amour envers Dieu et envers le prochain. Comme Elle le proclame elle-même dans le cantique du Magnificat, le Tout-Puissant a fait en elle de grandes choses, Lui dont le nom est saint (cf. Lc 1, 49). Le Père a choisi Marie pour une mission unique dans l'histoire du salut: être la Mère du Sauveur attendu. La Vierge a répondu à l'appel de Dieu avec une entière disponibilité: « Je suis la servante du Seigneur » (Lc 1, 38). Sa maternité, commencée à Nazareth et vécue suprêmement à Jérusalem au pied de la Croix, sera reconnue en cette année par tous les enfants de Dieu comme une invitation affectueuse et pressante, à revenir vers la maison du Père en écoutant sa voix maternelle: « Faites ce que le Christ vous dira » (cf. Jn 2, 5) ».

(Bienheureux Jean Paul II, « Tertio Milennio Adveniente », 54)

 

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Prières

 

Prière consécratoire

 

Marie, Toi qui étais dans la pensée du Père lorsqu'Il créa les Armées Célestes et le monde, je Te consacre tout ce qui est créé en attendant la restauration finale de toute chose. Marie, Reine Immaculée de l'univers, triomphe et règne sur mon cœur et sur le monde, triomphe sur toutes les puissances des airs, sur les Trônes et les Dominations, sur les sphères angéliques. Mère de Celui qui nous montra e Visage du Père, Roi des rois, Roi pauvre et mendiant de notre amour, je Te consacre tous ceux qui exercent un pouvoir, qu'ils se soumettent au commandement de Jésus et se fassent les serviteurs de tous.

 

Antienne

 

Le sein de Marie a renversé les rôles :

Celui qui tout créa est entré dans son bien,

et pauvre y est venu ;

le Très-Haut vint en Elle

et Humble y est entré

la Splendeur vint en Elle,

arrivant revêtue de misérables teintes.

A Toi soit la louange,

qui rends tout si facile,

Toi le Seigneur de tous !

(Saint Ephrem)

 

Psaume (Livre des Proverbes 8, 22-31)

 

Le Seigneur m'a créée au début de ses desseins,

avant ses œuvres les plus anciennes.

Dès l'éternité je fus fondée,

dès le commencement, avant l'origine de la terre.

Quand l'abîme n'était pas encore, je fus enfantée,

quand n'étaient pas les sources jaillissantes.

Avant que fussent implantées les montagnes,

avant les collines, je fus enfantée ;

avant qu'Il eût fait la terre et la campagne

et les premiers éléments

de la poussière du monde.

Quand il affermit les cieux, j'étais là.

Quand il traça un cercle à la surface de l'abîme,

quand il assigna son terme à la mer,

et les eaux n'en franchiront pas le bord,

quand il affermit les fondements de la terre,

j'étais à ses côtés comme le maître d'oeuvre,

faisant ses délices, jour après jour,

m'ébattant sur la surface de la terre

et mettant mes délices à fréquenter

les enfants des hommes.

 

Prière « Ad Libitum » : Priez Marie avec un texte de votre choix comme par exemple les Litanies, le Souvenez-vous, ou encore une oraison jaillie du cœur...

Invocation : O Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation, priez pour nous et pour le monde ».

 

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Textes extraits du livre « Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie », aux Editions des Béatitudes, pour commander le livre, cliquer ICI

 

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6 novembre 2013

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie 2/33

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie

33 jours pour se consacrer à la Très Sainte Trinité par les mains de Marie

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Deuxième jour

Deuxième jour de la semaine à Nazareth

Pour entrer dans la maison de la Sainte Famille

Consécration de nos sens

 

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

 

Invocation au Saint Esprit

 

Esprit Saint Ta saveur m’est douce

au-delà du rayon de miel

et de toute douceur mesurable.

Faim et désir toujours en moi demeurent,

car Te consommer, je ne le puis.

Est-ce moi qui Te mange ?

Toi qui me manges ?

Je ne sais ;

car, dans mon fond,

les deux semblent vrais.

Tu me réclames d’être avec Toi,

ce qui me donne grande peine,

car je ne veux quitter mon occupation

pour aller dormir entre tes bras.

Il me faut rendre grâce, louange et honneur,

car c’est là ma vie éternelle. Impatience en moi

je ressens, et ne puis savoir ce que c’est.

Si je pouvais acquérir l’unité avec Dieu,

tout en demeurant pour toujours en mes œuvres,

je tairais toute ma plainte.

Que Dieu qui connaît tout besoin fasse de moi

tout ce qu’il veut.

Je me livre tout entière en son pouvoir,

et reste ainsi, en toute souffrance, vigoureuse.

 

(Jan van Ruysbroeck)

 

Je crois en Dieu, une dizaine de Chapelet aux intentions de la Sainte Vierge.

 

La Parole de Dieu

 

Saint Marc 10, 49-52

 

« Jésus s'arrête et dit : « Appelez-le ». On appelle donc l'aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; Il t'appelle ». L'aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus. Jésus lui dit : « Que veux-tu que Je fasse pour toi ? » « Rabbouni, que je voie ». Et Jésus lui dit : « Va, ta Foi t'a sauvé ». Aussitôt l'homme se mit à voir, et il suivait Jésus sur la route ».

 

Livre de la Sagesse 13, 1-9

 

« Insensés par nature tous les hommes qui ont ignoré Dieu, et qui n'ont pas su, par les biens visibles, voir Celui qui est, ni, par la considération de ses œuvres, reconnaître l'Ouvrier. Mais ils ont regardé le feu, le vent, l'air mobile, le cercle des étoiles, l'eau impétueuse, les flambeaux du ciel, comme des dieux gouvernant l'univers. Si, charmés de leur beauté, ils ont pris ces créatures pour des dieux, qu'ils sachent combien le Maître l'emporte sur elles ; car c'est l'Auteur même de la beauté qui les a faites. Et s'ils en admiraient la puissance et les effets, qu'ils en concluent combien est plus puissant celui qui les a faites. Car la grandeur et la beauté des créatures font connaître par analogie Celui qui en est le Créateur. Ceux-ci pourtant encourent un moindre reproche ; car ils s'égarent peut-être en cherchant Dieu et en voulant le trouver. Occupés de ses œuvres, ils en font l'objet de leurs recherches, et s'en rapportent à l'apparence, tant ce qu'ils voient est beau ! D'autre part, ils ne sont pas non plus excusables ; car, s'ils ont acquis assez de science pour arriver à connaître le monde, comment n'en ont-ils pas connu plus facilement le Maître ? »

 

Saint Matthieu 6, 25-33

 

« Je vous dis : Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie, au sujet de la nourriture, ni pour votre corps, au sujet des vêtements. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils ne font pas de réserves dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ? D'ailleurs, qui d'entre vous, à force de souci, peut prolonger tant soit peu son existence ? Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n'était pas habillé comme l'un d'eux. Si Dieu habille ainsi l'herbe des champs, qui est là aujourd'hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ? Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : « Qu'allons-nous manger ? » ou bien : « Qu'allons-nous boire ? » ou encore : « Avec quoi nous habiller ? » Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d'abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus le marché.

 

Message de la Sainte Vierge à Medjugorje du 25 avril 1993

 

« Chers enfants, aujourd'hui je vous invite tous à éveiller vos cœurs à l'amour. Allez dans la nature et regardez comment la nature s'éveille, cela vous sera une aide pour ouvrir vos cœurs à l'amour de Dieu-Créateur. je désire que vous réveilliez l'amour dans vos familles, de telle sorte que là où se trouvent le manque de paix et la haine, l'amour règne. Et quand il y a l'amour dans vos cœurs, alors il y a aussi la prière. Et n'oubliez pas, chers enfants, que je suis avec vous et que je vous aide par ma prière, afin que Dieu vous donne la force d'aimer. je vous bénis et je vous aime de mon amour maternel. Merci d'avoir répondu à mon appel ».

 

Méditation

 

« Une personne qui s'est ainsi volontairement consacrée et sacrifiée à Jésus-Christ par Marie ne peut plus disposer de la valeur d'aucune de ses bonnes actions: tout ce qu'il souffre, tout ce qu'il pense, dit et fait de bien, appartient à Marie, afin qu'elle en dispose selon la volonté de son Fils, et à sa plus grande gloire, sans cependant que cette dépendance préjudicie en aucune manière aux obligations de l'état où l'on est pour le présent, et où on pourra être pour l'avenir ».

(Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion à Marie, 124).

 

« Il faut que les chrétiens approfondissent personnellement et dans chacune de leurs communautés l' « obéissance de la foi » dont Marie est l'exemple premier et le plus éclairant. (...) Ils doivent surmonter des désaccords doctrinaux... (…) Pourquoi, alors, ne pas la considérer tous ensemble comme notre Mère commune qui prie pour l'unité de la famille de Dieu, et qui nous « précède » tous à la tête du long cortège des témoins de la foi en l'unique Seigneur, le Fils de Dieu, conçu dans son sein virginal par l'Esprit Saint ? (…) L'icône de la Vierge au Cénacle, en prière avec les Apôtres dans l'attente de l'Esprit: ne pourrait-elle pas devenir comme le signe de l'espérance pour tous ceux qui, dans le dialogue fraternel, désirent approfondir leur obéissance dans la foi ? »

(Bienheureux Jean Paul II, Redemptoris Mater 29-33).

 

L'amour virginal de Marie rayonne aussi de l'intérieur sur tout son corps et sur toute sa vie physique, les enveloppant d'une sorte de pureté lumineuse et intime (…). L'amour virginal de Marie prend de l'intérieur toutes les capacités et toutes les forces de la vie de l'homme, même les plus profondes et les plus cachées, et les sanctifie en les unifiant de l'intérieur, en les attirant et les unissant à Dieu. Il a d'abord sanctifié les relations physiques de la toute petite Marie avec sa mère Anne, en faisant de ces relations naturelles comme un sacrement de l'Amour Divin (…). Marie est toujours demeurée dans le premier amour du nouveau-né, elle a gardé toute sa vie, dans le boire et le manger, comme dans tout son comportement physique, cette simplicité et cette profondeur du tout-petit (…). Pour elle, les aliments sont une nourriture animée de ce souffle de vie qui vient immédiatement de Dieu, un goût de Dieu, que l'Esprit y a disposé comme un vestige qui nous rappelle son amour, ayant tout créé en vue de l'homme et de son union avec lui ».

(Père Thomas Philippe, O.P., « La Vie Cachée de Marie »)

 

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Prières

 

Prière consécratoire

 

Vierge Marie, en qui Jésus a pris chair et corps, je Te consacre tous mes sens afin que, détournés des jouissances grossières, ils me servent à goûter la saveur véritable des choses belles et bonnes que le Créateur nous a destinées, à connaître la joie de régner sur la Création selon la Sagesse de Dieu. Car, comme le Fils de l'Homme est venu mangeant et buvant, je veux que toutes mes facultés concourent à la plus grande Charité. Marie, je Te consacre mes cinq sens, purifie-les afin qu'ils deviennent capables de se réjouir de la Vie et de peu à peu percevoir la réalité des biens à venir.

 

Antienne

 

Je sais qu’à Nazareth, Mère pleine de grâces

Tu vis très pauvrement, ne voulant rien de plus

Point de ravissements, de miracles, d’extases

N’embellissent ta vie, ô Reine des Elus !…

Le nombre des petits est bien grand sur la terre

Ils peuvent sans trembler vers toi lever les yeux

C’est par la voie commune, incomparable Mère,

Qu’il te plaît de marcher pour les guider aux Cieux.

 

(Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, extrait de la poésie « Pourquoi je t'aime, ô Marie »)

 

Psaume 122 (121)

 

O ma joie quand on m'a dit :

« Allons à la maison du Seigneur! »

Maintenant notre marche prend fin

dans tes portes, Jérusalem !

Jérusalem, bâtie comme une ville

où tout ensemble fait corps ;

C'est là que montent les tribus,

les tribus du Seigneur,

là qu'Israël doit rendre grâce

au nom du Seigneur.

Car les sièges de la Justice sont là,

les sièges de la maison de David.

Appelez la paix sur Jérusalem :

Paix à ceux qui t'aiment !

Que la paix règne dans tes murs,

le bonheur dans tes palais !

Pour l'amour de mes frères, de mes amis,

laisse-moi : « Paix sur toi ! »

Pour l'amour de la maison du Seigneur notre Dieu,

je prie pour ton bonheur.

 

Prière « Ad Libitum » : Priez Marie avec un texte de votre choix comme par exemple les Litanies, le Souvenez-vous, ou encore une oraison jaillie du cœur...

Invocation : O Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation, priez pour nous et pour le monde ».

 

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Textes extraits du livre « Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie », aux Editions des Béatitudes, pour commander le livre, cliquer ICI

 

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16 septembre 2013

Messe de la Fête des Stigmates de Saint François

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Messe de la Fête des Stigmates de Saint François

(Extrait du Missel Franciscain, Editions Franciscaines, Paris, 2000)

 

Sur le Mont Alverne, au cours du Carême préparatoire à la Saint Michel, vers la Fête de la Sainte Croix 1224, François est en prière : « Mon Seigneur Jésus-Christ, je Te prie de m'accorder deux grâces avant que je meure : la première est que, durant ma vie, je sente dans mon âme et dans mon corps, autant qu'il est possible, cette douleur que Toi, ô Doux Jésus, Tu as endurée à l'heure de Ta cruelle Passion ; la seconde est que je sente dans mon cœur, autant qu'il est possible, cet Amour sans mesure dont Toi, Fils de Dieu, tu étais embrasé et qui Te conduisais à endurer volontiers une telle Passion pour nous pécheurs » (3e considération sur les Stigmates). Tout ce qui s'est passé ensuite est la réponse de Dieu à cette prière. Comparant François à Moïse, Saint Bonaventure achève ainsi le récit bien connu de la Stigmatisation : « François, l'homme évangélique, descendit de la montagne portant l'image du Crucifié non point sculptée sur des tables de pierre, mais reproduites en sa propre chair par le doigt du Dieu vivant (Légenda Minor 6, 4). Il importe d'aller toujours jusqu'au cœur du mystère : « Si les Stigmates s'étaient ouverts dans sa chair, c'est que la Croix s'était implantée au plus profond de son âme ». (Vita Seconda de Thomas de Celano, 211).

 

Antienne d'ouverture : « Que la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ soit ma seule fierté ; par elle le monde est à jamais crucifié pour moi, et moi pour le monde ». (Galates 6, 14).

 

Prière d'ouverture

 

Pour raviver dans nos cœurs le feu de Ton Amour, Tu as renouvelé, Seigneur, dans le corps de notre Père Saint François, les Stigmates de la Passion de Ton Fils. À sa prière, accorde-nous d'être unis à la mort de Ton Fils et de participer ainsi à Sa résurrection. Lui qui vit et règne avec Toi dans l'Unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Première Lecture

« Je porte dans mon corps la marque des souffrances de Jésus »

 

Lecture de la Lettre de Saint Paul Apôtre aux Galates (6, 4-18)

 

Frères, que la Croix de notre Seigneur Jésus Christ reste mon seul orgueil. Par elle, le monde est à jamais crucifié pour moi, et moi pour le monde. Ce qui compte, ce n'est pas d'avoir ou de ne pas avoir la circoncision, c'est la création nouvelle. Pour tous ceux qui suivent cette règle de vie et pour le véritable Israël de Dieu, paix et miséricorde. Dès lors, que personne ne vienne me tourmenter. Car moi, je porte dans mon corps la marque des souffrances de Jésus. Frères, que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit. Amen.

 

Psaume

(141, 2-3, 6-7, 8)

 

R. Avec le Christ, je suis fixé à la Croix

 

A pleine voix, je crie vers le Seigneur !

A pleine voix, je supplie le Seigneur !

Je répands devant lui ma plainte,

Devant lui, je dis ma détresse.

 

J'ai crié vers toi, Seigneur !

J'ai dit : « Tu es mon abri,

ma part, sur la terre des vivants. »

Sois attentif à mes appels.

 

Tire-moi de la prison où je suis,

Que je rende grâce à ton nom.

Autour de moi, les justes feront cercle

Pour le bien que tu m'as fait.

 

Evangile

« Celui qui veut marcher à Ma suite, qu'il prenne sa croix »

 

Alléluia, Alléluia. « Avec le Christ, je suis fixé à la Croix : je vis, mais ce n'est plus moi. C'est le Christ qui vit en moi » (Galates 2, 19-20). Alléluia.

 

Evangile de Jésus-Christ selon Saint Luc (9, 23-26)

 

Jésus disait à la foule : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour, et qu'il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera. Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c'est en se perdant lui-même et en le payant de sa propre existence ? Si quelqu'un a honte de moi et de mes paroles, le Fils de l'homme aura honte de lui, quand il viendra dans sa gloire et dans celle du Père et des anges.

 

Prière sur les offrandes

 

A l'humble prière de notre Père Saint François, accorde-nous, Seigneur, par cette offrande, de ressentir les bienfaits de la Passion de Ton Fils. Lui qui vit et règne avec Toi dans l'Unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Antienne de la Communion : « Voici en quoi nous pouvons nous glorifier : c'est de nos infirmités, et de porter chaque jour la Sainte Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ » (Admonition 5).

 

Prière après la Communion

 

Dans la personne de notre Père Saint François, Tu as révélé, Seigneur, la richesse du Mystère de la Croix. Fais qu'en suivant son exemple, nous soyons réconfortés par la contemplation de la Croix du Sauveur. Lui qui vit et règne avec Toi dans l'Unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

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27 mai 2013

Litanies de Notre Dame de Rocamadour

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Litanies de Notre Dame de Rocamadour

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous

Seigneur, ayez pitié de nous

Christ, écoutez-nous.

Christ, exaucez-nous.

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, Rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

 

Sainte Vierge Marie, priez pour nous.

Vierge, Reine et Patronne de Rocamadour, priez pour nous.

Notre Dame de Rocamadour, dont le pèlerinage est l'un des plus anciens de France,

Notre Dame de Rocamadour, que Zachée, le Publicain de l'Evangile nous a fait connaître et aimer,

Notre Dame de Rocamadour, à qui Zachée ou Saint Amadour éleva ce sanctuaire,

Notre Dame de Rocamadour, dont Saint Amadour nous a laissé la vénérable image

Notre Dame de Rocamadour, Reine du Sanctuaire que consacra Saint Martial et où il célébra les Saint Mystères,

Notre Dame de Rocamadour, Reine de la Chapelle où Saint Dominique pria et fut béni,

Notre Dame de Rocamadour, Reine près de laquelle Saint Louis s'agenouilla, demandant le bonheur de la France,

Notre Dame de Rocamadour, à qui Roland consacra son épée,

Notre Dame de Rocamadour, dont la bannière gagnait les batailles,

Notre Dame de Rocamadour, dont la main délivrait les captifs,

Notre Dame de Rocamadour, que tous les siècles ont visitée avec amour

Notre Dame de Rocamadour, dont le pèlerinage est enrichi de faveurs spéciales,

Notre Dame de Rocamadour, à qui le Pape Martin V accorda les indulgences de Saint Pierre de Rome,

Notre Dame de Rocamadour, dont le Bienheureux Pie IX a couronné la vénérable statue,

Notre Dame de Rocamadour, que l'impiété et la haine ont souvent voulu détruire,

Notre Dame de Rocamadour, dont le monuments se relèvent par la piété et la reconnaissance,

Notre Dame de Rocamadour, que les peuples visitent comme autrefois,

Notre Dame de Rocamadour, que la Confrérie des pèlerins fait connaître et aimer,

 

Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde pardonnez-nous, Seigneur

Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur

Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde, ayez pitié de nous de nous, Seigneur.

 

Priez pour nous, Notre Dame de Rocamadour,

Afin que nous soyons dignes des promesses de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

Prions

 

Seigneur, nous Vous supplions de répandre Votre Sainte Grâce dans nos âmes, afin qu'après avoir connu par la voix de l'Ange, la miraculeuse Incarnation de Jésus-Christ Votre Fils, nous puissions arriver un jour à la jouissance de la gloire de Sa Résurrection, qu'Il a voulu nous procurer par Sa Passion et par Sa Croix. Par ce même Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

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6 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Douzième jour

Le Vendredi

Fête du Sacré-Cœur

 

Dieu allume en nos cœurs

Le Feu de Son Amour.

Je Vous salue Marie.

 

« Mes yeux et Mon Cœur seront toujours là ». Si le Seigneur fit autrefois cette promesse à Salomon, après qu'il eût bâti le temple de Jérusalem, comment, le Sauveur Jésus ne la renouvellerait-Il pas à chaque instant en notre faveur, Lui qui s'est donné à nous avec tant de générosité et qui a voulu habiter dans nos Saints Tabernacles, jusqu'à la fin des siècles ! Le Cœur de Jésus est là ! L'Eglise rend à ce Cœur Adorable des hommages solennels dans le monde entier. Elle veut l'honorer par un culte digne de Sa Sainteté infinie. Rien n'est plus juste et plus raisonnable. Jésus-Christ a laissé Son Cœur à Ses enfants lorsqu'Il leur a dit : « Ceci est Mon Corps ». En se donnant Lui-même, le Divin Sauveur donnait tout ce qui est dans Lui, tout ce qui constitue l'adorable personne du Verbe fait chair. Il donnait par conséquent Son Cœur !... Il faut bien le remarquer, la fête et la dévotion au Cœur Adorable de Jésus ont pour objet ce Cœur Divin considéré principalement dans la Sainte Eucharistie.

« L'Église a institué la Fête du Sacré Cœur de Jésus pour que les fidèles a honorent, avec plus de ferveur et de dévotion, la charité de Jésus-Christ instituant le Sacrement de Son Corps et de Son Sang, et en même temps pour qu'ils reçoivent des fruits plus abondants de cette Divine Charité ». Mais qui dira le trésor que possède l'Eglise en possédant le Cœur de Jésus ! Faut-il s'étonner de voir la dévotion à ce Cœur sacré répandue dans le monde entier et devenue la dévotion de toutes les âmes qui éprouvent le besoin d'aimer beaucoup, et qui ne trouvent qu'un vide immense dans l'amour de tout ce qui est créé ! Le Cœur de Jésus ! Mais y a-t-il une âme pure, une âme pénitente, une âme sensible qui n'éprouve le besoin de l'aimer et de lui être entièrement consacrée ? Qui pourrait se défendre de cette force qui nous presse, qui nous pousse vers cette céleste dévotion ? Ah ! L'âme qui connaît un peu Jésus-Christ n'oppose à cet attrait aucune résistance.

Le Cœur Adorable de Jésus est là ! Je regarde l'autel, je contemple la porte du Tabernacle, et je me dis à moi-même : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes ! Voilà ce Cœur d'un Homme-Dieu, dans Lequel habite la plénitude de la Divinité ! Voilà la Source de toutes les richesses, le Trône de la Sagesse de Dieu ! C'est le chef-d'œuvre de la toute-puissance ! Ce Cœur a été formé dans le Sein Virginal de Marie, et, pendant neuf mois, tous Ses battements étaient des élans d'amour et des actes du désir le plus violent d'honorer Dieu, et de sauver l'homme coupable. Il continue dans le Tabernacle, sur l'Autel, ce qu'Il fit dès le premier instant de l'Incarnation, et pour mettre le comble à Son Amour, Il veut prendre Son repos sur mon propre cœur, choisir ma poitrine pour Son Tabernacle, et me permettre de ne faire plus qu'une chose avec Lui, afin que les mouvements de mon cœur se confondent avec les mouvements du Sien.

Occupons-nous aujourd'hui des qualités éminentes du Cœur de Jésus, en le considérant devant nous, dans la Divine Eucharistie. Les perfections qui sont en Lui le rendent tellement agréable aux yeux de Dieu, que rien dans tout ce qui a été créé, n'est plus capable d'être l'objet de Ses complaisances. Nous allons en donner la raison.

 

Premier point

Le Cœur de Jésus est l'objet le plus cher à Dieu à cause de Son infinie Pureté

 

Dieu aime ce qui est saint. C'est par la sainteté qu'on approche de Lui. Plus un objet est saint, plus il est agréable à Dieu. Or, rien dans l'univers, dans le Ciel comme sur la terre, rien n'est pur, rien n'est Saint comme le Cœur de Jésus. Pour former le Cœur matériel du Sauveur, il a fallu le Sang de la plus pure des Vierges. L'Eglise s'écrie : « Dieu tout-puissant et éternel, Vous avez préparé, par l'opération du Saint Esprit, le corps et l'âme de la Vierge Marie, pour en faire le digne Tabernacle de Jésus-Christ Votre Fils ». Oui, la Toute-Puissance de Dieu, la Sagesse et l'Amour infinis ont préparé le corps et l'âme de Marie. Marie a été conçue sans péché. Elle a été préparée par des grâces et des privilèges inouïs ; il a fallu qu'un Ange pût dire : « Je Vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec Vous !... » Alors cette Vierge immaculée a fourni de son sang pour former le Cœur matériel de l'Homme-Dieu.

Mais à peine l'Ame humaine de Jésus-Christ est créée et unie à sort Corps, le Saint Esprit se communique à cette âme, et alors s'accomplit ce qu'avait vu de loin Isaïe, et ce que Jésus-Christ dira de lui-même : « Le Saint Esprit s'est reposé sur Moi. Il M'a oint d'une onction sainte ». Et de quelle onction, si ce n'est de cette onction de sainteté infinie, qui est la plus grande richesse de Dieu ? Mais cette âme humaine doit être l'âme d'un Dieu. Le Cœur de Jésus-Christ est déifié dans sa création. Il n'existe pas un instant sans être orné de cette pureté, de cette sainteté qui est en rapport avec Sa haute dignité de Cœur d'un Dieu ! La pureté, la sainteté de Dieu même, infinie, incréée ; onction divine dont le parfum, du Cœur de Jésus, se répandra sur toute Son adorable personne ! Parfum sacré qui pénètre et embaume le Cœur de Jésus par une faveur qui ne peut et ne doit être accordée qu'à Lui seul.

Ah! chantons avec l'Église : « Gratias agimus tibi... quoniam, Tu solus Sanctus, Jesu-Christe... Nous Vous rendons grâce, car Vous êtes le seul saint, Jésus-Christ ». Disons-le à Jésus : « Tous les mouvements, tous les soupirs de Votre Cœur, tous Vos sentiments et tous Vos désirs sont d'une Pureté, d'une Sainteté infinie, de la Pureté et de la Sainteté de Dieu même. Il suit de là que Dieu, en parcourant de Son regard l'immensité des Cieux, en mesurant tout l'espace occupé par la Création, ne saurait y rencontrer un objet plus précieux et plus cher à Son Cœur que le Cœur de Jésus. Ce Cœur est donc l'objet des complaisances infinies de Dieu ; il fait ses plus chères délices. Ah ! Il sera aussi mon Bien, mon Trésor, mon Tout !... Mais moi aussi je veux attirer les regards de Dieu sur moi, je veux être cher à Dieu. Je vais donc examiner mon cœur. Est-il pur ? Je travaillerai constamment à le purifier davantage. Que dis-je ? c'est Vous qui le ferez, ô Jésus ! Vous avez dit : « Heureux ceux qui sont purs par le cœur ». Eh bien Seigneur, créez dans moi ce cœur pur, et purifiez-moi jusqu'au plus intime de mon être.

 

Deuxième Point

Le Cœur de Jésus objet des complaisances de Dieu, parce que c'est le Cœur le plus aimant

 

Le cœur a été donné à l'homme pour aimer. La vie est toute dans l'amour. Aimer c'est donc notre fin. L'objet de l'amour doit être la souveraine amabilité. C'est Dieu. Ce qui est aimable, c'est la beauté et la bonté. Or, Dieu étant infiniment bon, infiniment beau, est, par là même, souverainement aimable. Hélas ! L'homme avait oublié cette vérité. Son cœur s'était détourné de Dieu ; il s'éloignait de sa fin ; ses affections se dirigeaient vers les créatures. Pour réparer ce mal et rétablir l'ordre violé par les hommes, Dieu prend un cœur d'homme. Et quand il veut envoyer sur la terre ce Feu de l'Amour qui doit faire rentrer tous les cœurs dans la voie qu'ils avaient abandonnée, il crée le cœur de Jésus.

Voilà donc, dans l'adorable mystère de l'Eucharistie, un cœur d'homme, mais d'un Homme-Dieu ! C'est le Trône de l'Amour parfait, le Siège d'une Charité immense, le Sanctuaire de Celui qui s'appelle un Feu Brûlant ; c'est le Foyer d'où s'élèvent les flammes qui vont embraser les plus grands cœurs. Madeleine, Augustin, François d'Assise, Thérèse, avaient reçu dans leur poitrine une étincelle de ce Feu Sacré !...

O prodige ! L'homme peut aimer Dieu comme Dieu mérite d'être aimé ! Parce que l'homme aime Dieu avec le Cœur de Jésus, par le Cœur de Jésus, dans le Cœur de Jésus. Mais Dieu a dit : « Moi J'aime ceux qui M'aiment ». Alors, dites si vous le pouvez, de quel Amour Dieu aime le Cœur de Jésus ? Pour le comprendre, il faudrait aussi comprendre l'impétuosité, la force, la vivacité de l'amour qui, du Cœur de Jésus, commença à s'élever jusqu'au sein de Dieu, dès le premier instant qui suivit la création de ce Cœur Adorable. Pendant les neuf mois qui suivirent sa conception dans le Sein de Marie, à la Crèche, à Nazareth, dans sa fuite en Egypte, dans le Temple, Jésus sait qu'Il n'existe en sa qualité D'homme-Dieu que pour remplacer les cœurs d'hommes qui ont refusé d'aimer Dieu, et pour embraser les cœurs que Son Père a désignés pour être Siens ! Alors quelle immensité dans cet Amour qui est venu visiter la terre Pour l'enivrer ! L'Amour Divin habitant dans ce Cœur adorable, c'est Dieu qui aime Dieu par le Cœur d'un Homme-Dieu ! Ô abîme ! Qui en sondera la profondeur !...

Eh bien ! ce prodige continue dans la Divine Eucharistie, appelée par excellence le Sacrement d'Amour. Demandez à Jésus-Christ ce qu'Il fait dans le Saint Tabernacle, Il vous répond : « Mon Coeur brûle au-dedans de Moi ». J'ai dit à mon Père : « Me Voici ! », Dieu peut-il aimer quelque chose au-dessus du Cœur de Jésus ! Et moi ! Mais Dieu est-il satisfait de mon amour pour lui ! Ah ! Seigneur ! comme je Vous ai connu bien tard§ Comme je vous ai aimé trop tard, ô amabilité infinie !

 

Troisième point

Le Cœur de Jésus, objet des complaisances de Dieu, à cause de Son zèle pour la gloire de Dieu

 

A Dieu seul est dû l'honneur et la gloire. Tout ce qui existe doit contribuer à la manifestation et à la propagation de cette gloire. Hélas ! Comme cette vérité est oubliée par le plus grand nombre des hommes ! Assistons en esprit à la création du Cœur de Jésus. Ne semble-t-il pas que le Saint Esprit s'adressant à ce Cœur Divin, au moment où Il vient de le former, Lui adresse cette parole : « Rends Gloire A Dieu » ? Voici en effet ce Cœur que Dieu a trouvé, ou plutôt qu'Il a destiné de toute éternité pour le glorifier de cette gloire infinie qui est due au Souverain être et qui n'est due qu'à lui seul ! Imaginez tous les genres d'honneur, toutes les louanges, tous les témoignages de respect, toutes les adorations, jamais vous ne comprendrez la gloire que rend à Dieu le Cœur adorable de Jésus. C'est un Autel mystérieux, sur lequel brûle continuellement un parfum délicieux de louanges et d'actions de grâces qui réjouit le Cœur de Dieu ! Eternellement, Marie, les Anges et tous les élus placeront sur cet autel leurs adorations, leurs hommages les plus purs !

Le Cœur de Jésus étant un Cœur d'homme, Il a pu glorifier Dieu par le sacrifice, et par le sentiment de toutes les vertus. Sentiments d'humilité, d'obéissance, d'anéantissement... Il a pu glorifier Dieu par l'adoration et la prière. Et qui dira la gloire qui revient à Dieu de ces adorations et de ces hommages ? Pendant qu'il était sur la terre, Jésus-Christ n'a désiré que la gloire de son Père. Il a travaillé constamment pour procurer cette gloire. Dans le Ciel, le Cœur de Jésus loue et glorifie continuellement l'adorable Trinité. Dans la Divine Eucharistie, le Cœur de Jésus se consume en saints désirs de la gloire de son Père, et Il rend à chaque instant une gloire infinie à cette Majesté Souveraine ! Voilà donc ce qui fait du Cœur de Jésus l'objet le plus précieux aux yeux de Dieu. Mon cœur est-il pour Dieu un objet de complaisance ? Il le sera s'il ne cherche et ne désire, en toutes choses, que la plus grande gloire de Dieu.

Ô mon adorable Sauveur ! j'ai le désir d'être quelque chose, et je comprends que l'on n'est en réalité que ce que l'on est devant Dieu! Or, aux yeux de Dieu l'on n'est quelque chose que par le cœur. La beauté, les richesses, le pouvoir, les talents ne sont rien ; Dieu ne peut y avoir égard, le cœur seul peut plaire à Dieu. Ah ! Je vais m'appliquer à rendre mon cœur digne de Dieu par la pureté, l'amour, le zèle pour la gloire de Dieu. Je travaillerai à rendre mon cœur semblable au Cœur de Jésus. Tous les jours, je viendrai adorer ce Cœur divin dans le Sacrement d'Amour. Je m'unirai à Lui par la conformité de mes sentiments avec les siens ; et par-dessus tout je m'efforcerai de me rendre digne de cette union mystérieuse que Jésus forme Lui-même, entre son Cœur et le cœur des Siens, par la Sainte Communion !...

 

Jesu, Patris Cor unicum,

Puris amicum mentibus,

Puris amandum cordibus,

In corde regnes omnium.

 

Jésus, Cœur unique du Père,

Ami des âmes chastes,

Amour des cœurs purs,

Régnez dans tous les cœurs.

 

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6 mars 2013

Litanies de Saint Maximilien-Marie Kolbe

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Litanies de Saint Maximilien-Marie Kolbe

 

Seigneur, ayez pitié de nous

O Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, écoutez-nous.

Christ, exaucez-nous.

Père Céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

 

Sainte Marie, priez pour nous

Sainte Mère de Dieu, priez pour nous

Sainte Vierge des vierges, priez pour nous.

Reine Conçue sans péché, priez pour nous.

Reine des Martyrs, priez pour nous.

Saint Maximilien-Marie Kolbe, élu de Dieu, priez pour nous.

Saint Maximilien-Marie Kolbe, ami de Dieu, priez pour nous.

Saint Maximilien-Marie Kolbe, don de Dieu, priez pour nous.

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Témoin de l’Évangile particulièrement semblable au Christ,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Prêtre et adorateur de Jésus-Christ dans l’Eucharistie,

Saint Maximilien, Héraut du Sacré-Cœur de Jésus, priez pour nous.

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Demeure de l’Esprit Saint,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Messager de l’Esprit d’amour,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Louange vivante des Trois Personnes divines,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Chevalier et prophète de l’Immaculée,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Serviteur tout entier consacré à la Mère de Dieu,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Chantre de la Médiatrice de toutes les grâces,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Disciple exemplaire de saint François,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Fils moderne du Poverello,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Héritier et continuateur de la tradition,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Fondateur de la Mission de l'Immaculée,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Apôtre des moyens de communication,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Père des Cités mariales,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Homme de prière et de contemplation,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Exemple lumineux d’humilité et de douceur,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Merveilleux modèle de pauvreté et d’obéissance,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Miroir insigne de pureté et de force,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Image resplendissante de paix et de joie,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Signe éminent de victoire et d’espérance,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Amant passionné de l’Immaculée et de la Sainte Trinité,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Maître d’amour du prochain,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Martyr de la charité,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Saint Maximilien, patron de nos temps difficiles,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Saint Maximilien, lumière et gloire de l’Église,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Saint Maximilien, céleste protecteur aux deux couronnes,

 

Agneau de Dieu, qui effacez le péché du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui enlèves le péché du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui enlèves le péché du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

 

Priez pour nous, ô Saint Maximilien-Marie Kolbe,

Afin que nous devenions dignes des promesses du Seigneur.

 

Prions

 

Seigneur notre Dieu, Vous qui avez mis dans le cœur de Saint Maximilien-Marie Kolbe un ardent amour pour la Vierge Immaculée et un dévouement qui l’a conduit à donner sa vie pour son prochain, nous Vous en supplions, accordez-nous, par son intercession, de nous dépenser pour Votre gloire au service des hommes, en imitant Votre Fils jusqu’à la mort. Lui qui règne avec Vous et le Saint-Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.

 

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29 janvier 2013

Le Serviteur de Dieu Romano Bottegal

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Le Serviteur de Dieu Romano Bottegal

Ermite-missionnaire Cistercien

1921 - 1978

 

Romano Bottegal est né en 1921 à San Donato di Lamon (Belluno, Italie) dans une famille très pauvre. Il était le dernier de six enfants. Tout au long de sa vie, Romano encouragera ses proches à supporter la situation économique particulièrement difficile dans la paix et l'abandon à la providence. Après l'école primaire, le petit Romano entre au Petit Séminaire de Feltre, puis au Grand Séminaire de Belluno, où il est très apprécié par le vice-chancelier Don Albino Luciani, futur Pape Jean-Paul 1er. À 18 ans, il a fait vœu de chasteté perpétuelle. Au fil des années, il développe une théologie forte et fait mûrir sa vocation monastique, mais ses supérieurs et son directeur spirituel lui conseillent d'attendre jusqu'à son ordination sacerdotale, qu'il a reçu le 29 Juin 1946.

Après son ordination, il quitta son diocèse d'origine et entra à l'Abbaye Cistercienne de Tre Fontane à Rome. Là, il fait sa profession solennelle en 1951 et suit les cours à l'Université Grégorienne, où il obtient en 1953 une licence en théologie. Il fut successivement, maître des frères convers, chanteur, puis maître des novices avant d'être élu Prieur.

En 1961, il répond à l'appel de l'abbé de Latroun, en Israël, qui recherchait des candidats pour lancer une fondation trappiste de rite Manonite au Liban, et il obtint de ses supérieurs de participer à cette fondation, qui se préparait à Latroun. Pour ce faire, le Père Romano commença à étudier l'arabe, le syriaque et la liturgie orientale. En décembre 1963, le projet libanais fut abandonné, n'ayant pas reçu la permission du chapitre général des Trappistes de rester, il quitta donc le Moyen Orient pour rentrer à Tre Fontane, où, l'abbé, discernant le sérieux de son engagement monastique et de sa vertu intérieure, lui permit de mener une vie solitaire dans le territoire du monastère.

Quelques temps plus tard, un Supérieur nouvellement nommé à Tre Fontane aux trois fontaines, pensait ne pas pouvoir accorder au Père romano l'autorisation de poursuivre son expérience de vie solitaire dans les murs du couvent. Le Père Romano, qui avait alors acquis la certitude qu'en menant une vie plus austère et solitaire il répondait à un appel du Seigneur, demanda alors un indult d'excloistration qui lui a été accordée par le Saint-Siège, afin de pouvoir mener une vie d'ermite. Après une longue recherche, il parti au Liban ou il fut placé sous l'autorité de l'évêque Melkite de Baalbek et vivant une vie solitaire à Jabbouleh, dans un ermitage appartenant au diocèse. Il y vécu ses dernières années, menant une vie très austère, avec pauvre un régime alimentaire, sans aucun chauffage, mobilier ni confort.

Le Père Romano a toujours entretenu des relations fraternelles avec certains Frères et avec son ancien Supérieur de Tre Fontane, il se préoccupait toujours du bien de la communauté d'une façon claire et sereine, ce qui était l'expression de son esprit, clair et calme, sensible et plein d'amour. La pénitence ne l'a pas endurci, il allait au bout de ce qu'il faisait, mais sans en perdre le sens pratique et sans jamais s'attrister. En effet, il était joyeux, souriant, aimant, plein d'amour et de tendresse aussi. Tous les témoins parlent de sa joie et du rayonnement de la présence du Seigneur sur son visage, fruit aussi aussi de quelques expériences mystiques, dont il a jalousement gardé le secret, mais qui transparaissent dans son « Journal intime ».

Le Père Romano a vécu parmi les musulmans, en priant beaucoup. La prière et le pardon... Arrêté une nuit par des soldats syriens qui avaient envahi et pillé son ermitage, il fut immédiatement remis en liberté par le commandant musulman, qui se recommanda à ses prières. Le Père Romano disait que le meilleur apostolat parmi les musulmans était une vie de pauvreté, de prière, de travail et que sa mission parmi eux était de vivre seul, mais proche des plus pauvres d'entre eux, de les aider et de les aimer. Les agriculteurs locaux se demandaient comment le Père Romano pouvait mener ce genre de vie et croyaient fermement que sa présence appelait sur eux la bénédiction de Dieu. Touché par la tuberculose, épuisé par les privations, le Père Romano est décédé saintement le 19 Février 1978 à l'Hôpital de Beyrouth, à l'âge de 56 ans, après 32 ans de vie monastique, dont 14 passés dans la solitude.

Près de son ermitage se trouve actuellement un couvent qui poursuit l'oeuvre contemplative commencée par le Père Romano. Les Chapitres généraux de 1999 ont approuvé la préparation de sa cause de béatification. En 2000, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a donné son autorisation et son habilitation à poursuivre le processus.

 

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Prière

 

O Dieu, qui inspirez toujours dans l'Eglise de nouveaux Témoins de Votre Amour, je Vous rends grâce et vous loue pour la vie et la vocation de l'ermite-missionnaire Padre Romano Bottegal, ainsi que pour toutes les grâces dont Vous avez daigné l'enrichir. Soumis pleinement à Votre Volonté et au mystère de la Croix, il à vécu pauvrement et humblement pour Vous et il se fit victime en l'holocauste, s'offrant lui-même, en union avec le sacrifice du Christ, pour le salut du monde. Apôtre de la paix et la joie du Ressuscité, il servit ses frères sur la terre avec une profonde Charité et un profond esprit de prière, leur promettant une éternité de services au Ciel en leur faveur.

Je Vous demande, Seigneur, de glorifier devant Votre Eglise le Père Romano et d'exaucer la demande que je confie par son intercession et celle de la Vierge Marie, avec une confiance et un abandon filial en Vous, Dieu Un et Trine, pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Relations de grâces

Postulatzione

Monastero Trappiste Nostra Signora di San Giuseppe

Via della Stazione, 23

I-01030 Vitorchiano (Viterbo)

 

Romanosfpiccolo

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27 novembre 2012

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

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Vingt-huitième jour

Nous pouvons éviter le purgatoire en endurant en esprit de pénitence les afflictions que Dieu nous envoie

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

La Religion m'apprend que si j'ai encore à ma mort des dettes à acquitter envers la Justice Divine, je les acquitterai dans le Purgatoire, prison passagère, il est vrai, mais d'où l'on ne sort qu'après avoir satisfait jusqu'à la dernière obole; et où, en attendant une satisfaction complète, réglée par la Justice de Dieu, on endure les plus grandes souffrances. Saint Césaire d'Arles dit que la moindre peine qu'on y souffre est plus grande que la plus terrible qu'on puisse même imaginer. Il est rare qu'après la mort on ne descende dans ce lieu d'expiation. Il y a néanmoins des moyens de n'y point aller, ou du moins d'y demeurer peu de temps. Parmi ces moyens je dois mettre les afflictions. La religion m'apprend encore que, supportées avec patience et en esprit de pénitence, elles peuvent servir à acquitter dès cette vie toutes mes dettes. Dieu ne tire pas une double vengeance du même péché. Il m'envoie des afflictions dans le dessein que je lés accepte avec humilité et avec résignation comme une punition de mes iniquités; que si je me conforme à ce dessein de Miséricorde, après cette vie il exigera de moi beaucoup moins. Otez la rouille de l'argent, dit le sage (Proverbes 25.), et on en fera un vase très pur. C'est ainsi qu'il faut que mon âme soit purifiée de ses taches, avant de paraître au festin éternel du Roi des cieux. Si elle l'est aujourd'hui par le feu de la tribulation , elle n'aura pas besoin des flammes du purgatoire.

De deux maux il faut toujours choisir le moindre, dit l'auteur de l'imitation de Jésus-Christ; si vous dites que vous ne pouvez pas tout souffrir, comment, ajoute-t-il, pourrez-vous supporter les peines du purgatoire? Il est vrai que je souffre depuis bien des années; mais ces années, si je sais en profiter, valent peut-être pour moi des siècles que je passerais à souffrir dans l'autre vie. Car, à présent Dieu use toujours de clémence, il pardonne aisément; mais le jour viendra où il faudra satisfaire en toute rigueur; d'autant plus qu'il ne tenait qu'à moi, lorsque j'étais sur la terre, d'acquitter beaucoup avec peu de travail. Daignez donc, Seigneur, dirai-je souvent avec Saint Augustin, daignez effacer par tous les moyens que vous jugerez convenables tout ce qui resterait encore de souillures à mon âme, afin qu'après la mort, il ne lui reste plus rien à expier. Si je suis rempli de l'esprit du christianisme, mon âme, semblable à l'épouse sacrée, doit être dans une sainte impatience de voir le Bien-Aimé. Or, pour savoir si j'ai lieu d'espérer que je le verrai aussitôt, ou du moins bientôt après que j'aurai rendu le dernier soupir, je n'ai qu'à interroger mes afflictions. Elles me diront que, servant à me purifier toujours davantage de mes péchés, elles contribuent à me procurer le bonheur de le voir après la mort, beaucoup plus tôt que je ne l'aurais vu, si je passais aujourd'hui ma vie dans le calme et la tranquillité.

Dans quelle affliction n'est pas en cette vie une âme à qui l'on diffère la jouissance d'un bien qu'elle regarde comme sa félicité! Qu'est-ce cependant que ce bien où tendraient ses avides désirs! Fût-il question d'un trône, c'est au fond un néant. Mais je dois juger de là quelle sera la douleur aiguë de mon âme dans le Purgatoire, si j'ai le malheur d'y être détenu, quand elle se verra privée, pour un temps, de la jouissance du seul bien qui soit désirable, et qui mérite le nom de bien, de la possession de vous-même, ô mon Dieu! Souveraine Félicité, pour laquelle je suis créé. Un seul instant de délai paraîtra un siècle. Cette seule peine sera plus dure mille fois que toutes les autres. Vos Saints, lorsqu'ils étaient encore sur la terre, auraient acheté par tous les supplices le bonheur de jouir, pour quelques moments, de votre présence. O mon Sauveur! plutôt que de permettre qu'après la mort le bonheur de Vous voir me soit différé, envoyez-moi aujourd'hui toutes les souffrances que je suis capable d'endurer; je les accepte d'avance avec plaisir et avec reconnaissance; mais je Vous demande la grâce de les supporter avec cet esprit de soumission et de pénitence qui les rend méritoires à Vos yeux.

Si j'avais de Dieu, de ses grandeurs, de ses perfections une juste idée, si je comprenais bien ce que c'est que le péché, le caractère de révolte et d'ingratitude qu'il porte avec lui, loin de me plaindre de ce que je souffre, je trouverais que je souffre trop peu pour réparer, par la souffrance, autant qu'il est en moi, les outrages que j'ai faits à Dieu; pour lui rendre, par la souffrance, autant de gloire, s'il se pouvait, que je lui en ai enlevé par le péché; et je dirais avec Saint Bernard: « Toutes les afflictions sont faciles à supporter, quand je pense à mes péchés passés qui m'ont été remis ». Oui, ces péchés m'avaient mérité l'enfer: la Bonté Divine a daigné me les remettre par les mérites infinis du Sang de l'Homme-Dieu répandu pour moi: mais je dois payer les peines dues à ces péchés; la Justice Suprême l'exige, et, si je meurs sans les avoir payées, le Purgatoire sera ma demeure aussi longtemps que je n'aurai pas entièrement satisfait, car rien de souillé n'entrera dans la Céleste Jérusalem. Or les souffrances, les plus petites souffrances, sont pour moi un moyen certain d'éviter ce terrible séjour dans le lieu d'expiation; ainsi elles peuvent me donner de quoi payer en peu de temps jusqu'à la dernière obole. Ne perdons donc point le fruit de ces précieuses souffrances, et pour ne pas le perdre, pensons souvent au Purgatoire qu'elles nous feront éviter, en nous en faisant faire un sur cette terre, mille fois plus doux que celui qui nous était réservé dans l'autre vie. Disons donc avec le Sage: « Les maux que Dieu nous envoie sont moins des traits de Sa Colère que de son amour ». (Sagesse 8.) Et reconnaissons la vérité des paroles de Saint Jacques: « Mes frères, regardez comme le sujet d'une joie parfaite les diverses afflictions n qui vous arrivent ».

Résolution

Prenons la résolution de nous occuper de l'idée du Purgatoire dans nos afflictions, nos maladies, etc., afin qu'elle nous les fasse supporter chrétiennement et que nous amassion un trésor de mérites pour payer en ce monde toutes les dettes dont notre âme est accablée.

Prière

O Dieu Miséricordieux, accordez-moi la grâce de profiter de toutes les afflictions de cette vie pour faire mon Purgatoire en ce monde, « sachant quel est celui à qui j'ai cru, et tenant cette espérance au fond de mon cœur, que le moment, si court et si léger, des afflictions que nous souffrons en cette vie produira dans nous le poids éternel d'une gloire souveraine et incomparable » (Saint Paul). Faites, ô mon Dieu, que je n'oublie pas non plus cette maxime de vos saintes Ecritures: « Le Seigneur corrige celui qu'Il aime; et, en le corrigeant, Il a pour lui une vraie tendresse de père; Il le regarde comme l'objet de ses plus chers délices » (Prov. 3). Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

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28 novembre 2012

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

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Vingt-neuvième jour

Le Purgatoire considéré comme motif de patience dans les maladies

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

Le premier fruit, que les malades doivent tirer de la pensée du Purgatoire est la haine et la détestation du péché. Car, si l'on peut juger de l'horreur que nous devons avoir de la plus petite faute, par la grandeur de la peine que Dieu nous impose pour la punir, qui ne sait que les peines du Purgatoire sont en cela semblables à celles de l'enfer; qu'elles surpassent, non seulement tout ce que nous pouvons souffrir en cette vie; mais encore tout ce que nous pouvons penser? Rappelons-nous tout ce que nous avons médité sur ce sujet les premiers jours de ce mois, pendant l'octave des morts. Mais surtout pensons à la privation de Dieu: c'est sans doute le comble de leurs maux, tant à cause de l'amour que ces âmes Lui portent, que parce que la possession de Dieu doit être leur béatitude; c'est la où tendent leurs plus ardents souhaits, et néanmoins elles s'en voient éloignées par leur faute, avec la perte de tant de degrés de gloire qu'elles pouvaient acquérir si facilement, et dont elles se sont rendues indignes pour de si basses et si légères occasions. O péché! que tu es un cruel poison et une funeste source de maux! ô sainteté divine! que vous haïssez l'iniquité, puisque vous punissez si rigoureusement les moindres fautes dans vos amis!

Le second fruit, que les malades doivent tirer de la pensée du Purgatoire, est la patience dans leurs peines, et le désir de faire leur purgatoire en ce monde plutôt qu'en l'autre. C'est un acte de prudence d'écouter les gémissements des fidèles trépassés, et d'apprendre d'eux à ne point tomber en de semblables tourments. Comme ils ont plus de charité que le mauvais riche, ils enverraient volontiers des messagers aux malades pour les avertir charitablement, et pour les exciter à souffrir les incommodités de leur maladie avec tant de résignation et de vertu, qu'il ne leur reste rien à payer en l'autre monde. Un jour de fièvre, une tristesse d'une heure, une douleur, un ennui passager qu'ils endureront volontiers pour l'amour de Dieu, abrégera leur séjour dans le Purgatoire, parce que le temps de l'autre vie est un temps de justice, où Dieu fait payer en rigueur tout ce qu'on lui doit, au lieu que cette vie est un temps de grâce et de Miséricorde, où il se contente de peu pour le payement d'une grande dette; en sorte qu'on peut dire qu'il a mis le Purgatoire de sa douceur et de son amour dans la maladie, mais qu'il réserve celui de sa sévérité après la mort; et, ce qui est très important, les peines qu'il fait souffrir après la mort sont pures peines sans mérite, et sans aucun accroissement de grâce, tandis que, dans la maladie, un acte de patience pratiqué comme il faut, n'est pas seulement un payement ou un acquit, mais encore un profit et une acquisition qui nous apporte un trésor inestimable de grâce et de gloire. C'est pourquoi Saint Augustin avait raison de faire cette prière, que le malade doit souvent répéter: « Seigneur, purifiez-moi en cette vie, et me rendez tel que je ne sois point obligé de passer par le feu d'expiation, que je désire éviter, non tant pour m'exempter de la peine, que pour être plus tôt uni à mon souverain bien et à ma dernière fin ».

Le troisième fruit, que les malades doivent tirer de la pensée du Purgatoire, est la Charité qui les porte à offrir à Dieu leurs souffrances, pour délivrer quelqu'une de ces âmes saintes qui sont détenues dans les flammes. On ne peut douter que cette œuvre de miséricorde spirituelle ne soit fort agréable au Fils de Dieu. Le cardinal de Vitry rapporte, dans la vie de Sainte Christine, que cette admirable fille étant morte dans la fleur de son âge, se releva du cercueil, lorsqu'on disait la messe sur son corps, et qu'elle tint ce discours: « L'Ange du Seigneur m'a menée dans le Purgatoire, où j'ai vu de si horribles tourments que je croyais certainement que ce fût l'enfer. De là, il m'a conduite au trône de Jésus-Christ qui m'a donné le choix de demeurer au ciel, ou de retourner au monde pour soulager les âmes du purgatoire par mes prières et par mes souffrances; ajoutant que, si je faisais ce dernier choix, je lui ferais plaisir ». On sait les tourments incroyables qu'elle endura depuis pour plaire à son Epoux Céleste, qui mérite bien sans doute que nous suivions son inclination, en renonçant à nos propres intérêts pour le contenter. C'est aussi ce qu'ont fait plusieurs Saints, qui ont pris sur eux de satisfaire pour les membres de réalise souffrante: il serait facile de citer des traits des plus authentiques et des plus merveilleux. Mais nous aimons mieux rappeler au souvenir des lecteurs une contemporaine, dont plusieurs d'entre eux connaissent sans doute les méditations sur la passion de Jésus-Christ, la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich, religieuse Augustine, en Westphalie morte en 1824. L'ouvrage intitulé: « La douloureuse passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ », d'après les méditations de cette religieuse, contient l'abrégé de sa vie: on y lit: « une grande partie de ses maladies et de ses douleurs (elle fut 20 ans continuellement souffante) provenait de ce qu'elle prenait sur elle les souffrances des autres. Elle avait donc à supporter des maladies qui lui étaient propres, des maux qu'elle prenait à autrui, certaines douleurs pour expier les fautes des autres,... et très-fréquemment des souffrances de satisfactions fort diverses pour les âmes du purgatoire ».

Résolution

Lorsque la maladie nous accablera, ou lorsque nous visiterons et consolerons des malades, appliquons-nous à trouver, dans la pensée du Purgatoire, un puissant motif de patience. En outre sans cesse mille autres occasions se présentent de pratiquer la vertu depatience; recourons donc sans cesse au même moyen, à la pensée du Purgatoire, pour rendre méritoires toutes ces pénibles circonstances de notre vie.

Prière

Pères des Miséricordes, qui avez autrefois retiré Isaac du bûcher, et Votre serviteur Loth de l'embrasement de Sodome, ayez, s'il Vous plait, mon Dieu, la même Bonté pour ces âmes qui sont privées de Votre Gloire, et qui attendent le temps où il Vous plaira de les en faire jouir. Ne différez pas plus longtemps le bonheur après lequel elles soupirent. Ne regardez pas ce qu'elles méritent, mais ce que Votre très cher Fils a souffert pour les rendre dignes du paradis. Appliquez-leur le mérite de son Précieux Sang; et, si Votre Justice exige encore d'elles quelque satisfaction, recevez par Votre Souveraine Clémence le désir que j'ai d'y satisfaire, et vengez sur moi les offenses qu'elles ont commises contre Vous. Que si mon indignité empêchait l'effet de ma demande, mettez mon âme dans un état qui Vous soit agréable, afin de hâter le bonheur de ces Saints et aimables prisonniers, dont le seul désir est de Vous aimer, de Vous voir, de Vous louer et de Vous posséder dans l'éternité. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

 

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14 novembre 2012

Sainte Anna Schäffer de Mindelstetten

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Sainte Anna Schäffer de Mindelstetten

Mystique et stigmatisée bavaroise

1882-1925

Fête le 5 octobre

 

A l'occasion de la canonisation des plusieurs Bienheureux, à Rome, le 21 octobre dernier, parmi lesquels se trouve Sainte Anna Schäffer. Nous avons pensé vous présenter cette grande mystique, qui fut aussi une grande malade, si méconnue dans nos pays francophones. A notre époque, ou la souffrance est si combattue, Anna Schäffer vient nous rappeler son importance, car la souffrance nous configure à la Croix. Que son exemple et son message soient féconds pour nous.

F.M.

 

Vie de Sainte Anna Schäffer


Au cœur de la Bavière, entre Ratisbonne et Ingolstadt, se trouve le petit village de Mindelstetten. C’est là que le 18 février 1882 naquit et fut baptisée Anna Schäffer, fille d’un menuisier du village. La famille était nombreuse et vivait dans des conditions modestes. La mère imprégnait la famille d’un esprit chrétien. L’enfant grandit et devint une jeune fille vigoureuse et pleine de santé. Elle fut une élève brillante, mais resta cependant calme, modeste et pieuse. A l’occasion de sa première communion en 1894, elle offrit sa vie en sacrifice au Sauveur. A 13 ans, elle partit vers Ratisbonne pour devenir domestique. Elle espérait gagner ainsi sa dot pour entrer dans un ordre missionnaire.

Après la mort de son père en 1896, elle fut domestique à Landshut. C’est là qu’en juin 1898, elle reçut l’appel décisif de Jésus: elle devait sous peu, et pour longtemps, beaucoup souffrir. Même si, dans son âme d’enfant, elle avait toujours un grand désir de don total, elle s’était la même année consacrée à Marie, sa première réaction fut celle de tout homme en bonne santé: frayeur et fuite. Elle fut engagée dans une maison forestière à Stammham. C’est à cet endroit, dans la buanderie, que, le 4 février 1901, commença son martyre. Alors qu’elle essayait de remettre en place le tuyau de poêle situé au-dessus de la lessiveuse et qui venait de se détacher, elle glissa et ses deux jambes tombèrent dans la lessive bouillante jusqu’au dessus des genoux. Ni à l’hôpital de Kösching (près d’Ingolstadt), où elle fut tout d’abord conduite, ni dans une clinique à Erlangen (près de Nuremberg), on ne put guérir ses blessures. En mai 1902, définitivement invalide, elle quitta enfin la clinique; à partir de ce moment, son état ne fit que se dégrader, si bien qu’elle fut obligée de garder le lit. A son infirmité vint rapidement s’ajouter une pauvreté noire. Par égards pour la famille de son frère, sa mère et elle durent quitter la maison parentale, louèrent une chambre, et durent joindre les deux bouts avec une pension d’invalidité de 9 Reichsmark. Après une période de révolte, Anna apprit à reconnaître la volonté de Dieu dans sa dure école de souffrance, et y consentit avec toujours plus de joie. La jeune fille reconnut dans son infirmité et sa pauvreté un appel d’amour du Crucifié, la mission et l’accomplissement de sa vie. Elle prit la résolution d’offrir sa vie et sa souffrance en sacrifice à Dieu, et développa un zèle étonnant pour la prière, la pénitence et l’expiation. Le curé du lieu, Karl Rieger, fut pour elle un bon directeur spirituel et lui apportait quotidiennement la Communion. Tout comme les autres habitants du village, il l’aidait également matériellement.

Plusieurs événements extraordinaires eurent lieu lors de l’automne 1910. Elles eut plusieurs visions, Anna parlait de rêves, tout d’abord de Saint François, puis du Sauveur qui était prêt à accepter son sacrifice d’expiation. Elle reçut alors les Stigmates de la Passion, mais peu de personnes eurent connaissance de ce fait. A partir de ce moment, elle se trouva fortifiée dans son service d’apostolat, promettant son intercession et consolant ceux qui le lui demandaient personnellement ou par écrit. Des demandes d’intercessions vinrent non seulement d’Allemagne, mais aussi d’Autriche, de Suisse, et même d’Amérique.

A l’occasion de la fête de Saint Marc en 1923, elle eut une extase et vécut les événements du Vendredi Saint; à partir de ce moment, son état se détériora visiblement: paralysie complète des jambes, crampes atroces à la suite de problèmes au niveau de sa moelle épinière, et cancer du rectum. Cinq semaines avant son retour vers le Père, elle chuta de son lit, la fracture du crâne qui en résulta causa des dommages cérébraux qui diminuèrent l’usage de la parole et la rendirent partiellement aveugle. Ses souffrances, durant les dernières années de sa vie, étaient telles que tous s’étonnaient qu’un être humain puisse supporter une telle torture physique.

Le matin du 5 octobre 1925, mourante, elle reçut pour la dernière fois la Sainte Communion. C’est dans celle-ci qu’elle avait en effet puisé la force de supporter ses 25 années de souffrance. Avant de quitter cette terre, elle se signa une dernière fois et pria « Jésus, je vis pour toi... » Une grande foule assista à son enterrement, le 8 octobre 1925. Le curé Rieger, lors de l’oraison funèbre, s’en tint à mentionner les nombreuses grâces obtenues au cours de cette vie de martyre, et fit allusion à la grandeur de la grâce de Dieu pour la défunte.

Depuis la mort d’Anna, sa tombe ne cesse d’être le but de nombreux pèlerins qui viennent implorer son intercession dans leurs besoins, la remercier pour l’aide qu’elle leur a accordé, et avant tout prier pour sa béatification. On compte jusqu’à présent plus de 14.000 prières exaucées. En réponse à la demande pressante des pèlerins, l’évêque de Ratisbonne, Rudolf Graber autorisa, le 26 juillet 1972, le transfert des ossements de la servante de Dieu du cimetière vers l’église paroissiale de Mindelstetten et annonça l’ouverture de son procès en béatification. Depuis lors, chaque année, à l’occasion de la fête de Sainte Anne (26 juillet), des milliers de personnes affluent vers Mindelstetten et y observent une journée de prière et d’expiation. Après que la commission de la congrégation pour les canonisations ait reconnu sans équivoque le caractère vertueux et héroïque d’Anna Schäffer, le Bienheureux Pape Jean Paul II lui conféra le 11 juillet 1995 le titre de vénérable. Le miracle nécessaire à sa béatification fut officiellement reconnu par Rome le 3 juillet 1998, et elle fut déclarée bienheureuse par le Saint Père le 7 mars 1999. Elle a été canonisée le 21 octobre 2012, par Sa Sainteté le Pape Benoît XVI.

Le message de Sainte Anna Schäffer

La « Schreiner Nandl von Mindelstetten » (la Nandl [Anna] du menuisier de Mindelstetten), comme elle est affectueusement nommée, a été élevée par Dieu comme un signe lumineux de son amour. Elle est de ceux qui, contrairement à la médiocrité ambiante, suivent sincèrement le Christ. Elle montra l’exemple afin que les hommes fassent moins attention au bien-être terrestre qu’au salut éternel (cfr. Hb, 13, 14 et 11, 10), qu’ils fassent également le lien entre l’apostolat d’action et celui de la prière, du sacrifice et de la souffrance, qu’ils offrent discrètement un sacrifice d’expiation et qu’ils vivent un amour responsable du salut de l’âme du prochain. C’est dans cet appel pour nous que se trouve sa grandeur et son importance. Anna a compris ce que St. Jean attestait de Jésus Christ, à savoir qu’il « est la victime offerte pour nos péchés » (1 Jn., 2, 2) et elle fit sienne la parole de l’apôtre Saint Paul : « je trouve la joie dans les souffrances que je supporte pour vous, car ce qu’il reste à souffrir des épreuves du Christ, je l’accomplis dans ma propre chair, pour son corps qui est l'Église » (Col., 1, 24). Sainte Anna Schäffer a reçu l’expiation comme un devoir chrétien, et a laissé en testament cette prière, qui rappelle le message de Fatima: « Sacré Cœur de Jésus, donnez-moi beaucoup d’âmes, particulièrement celles qui, suite au désespoir, ne peuvent plus se prendre en charge; celles qui sont proches du gouffre et qui ont le plus besoin de la grâce. Sacré Cœur de Jésus, multipliez mes souffrances et offrez-moi pour cela des âmes que je puisse sauver pour Vous! Sainte Mère des douleurs, donnez-moi toujours une soif ardente de travailler au salut des âmes immortelles, de prier et de souffrir pour elles!»

 

Neuvaine à Sainte Anna Schäffer


Seigneur, Sainte Anna Schäffer, fortifiée par Votre grâce infinie, s’est consumée en un sacrifice silencieux, dans un abandon héroïque à la Volonté de Dieu. Donnez-nous, à son image et par son intercession, de reconnaître que la prière, le sacrifice et l’expiation sont les meilleurs moyens pour nous mener au salut dans le temps et l’éternité. Donnez-nous la force d’agir à son image. Offrez par son intercession aux pécheurs, la conversion; à l’église, l’unité; aux familles et aux peuples, la paix; aux prêtres, la persévérance et la fidélité; aux jeunes, la crainte de Dieu et la pureté. Appelez les incroyants et les égarés dans Votre Royaume ! Soyez indulgent et Miséricordieux avec les âmes des morts. Écoutez notre prière et accordez-nous par l’intercession de Sainte Anna Schäffer, les grâces (...) pour lesquelles nous Vous prions avec confiance. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.
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Téléchargez le texte de cette Neuvaine (pdf) en cliquant ici

 

Pour approfondir

Biographie de Sainte Anna Schäffer sur le site de l'Abbaye de Clairval, cliquer ICI

22 novembre 2012

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

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Vingt-troisième jour

Troisième moyen propre à secourir les âmes du purgatoire

 

Les indulgences

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

Les âmes du Purgatoire peuvent encore être soulagées par le moyen des indulgences: « Tous les Catholiques, dit Mgr. Bouvier dans son Traité des indulgences, tous les catholiques sont unanimes sur ce point; et le théologien Sylvius, si modéré dans ses décisions, ne balance pas à dire qu'il appartient à la Foi. En effet, l'Église, dans le monde entier, accorde des indulgences applicables aux morts; elle croit donc qu'elles peuvent leur être utiles. Il ne faudrait pas d'autre raison pour nous faire admettre cet article comme indubitable: car, vouloir contester ce que l'Église croit ou pratique dans tout l'univers, serait le comble de la folie, dit Saint Augustin. Et ce que l'Église fait actuellement n'est point une innovation, elle l'a fait de tout temps, comme le prouve l'histoire ecclésiastique. Au surplus, il est de foi qu'on peut offrir pour les morts le saint sacrifice de la messe, les prières, les aumônes et autres bonnes œuvres: or l'indulgence, outre les œuvres pieuses qu'il faut faire pour la gagner, n'est que l'application des satisfactions de Jésus-Christ et des Saints; pourquoi ne pourrait-on pas la présenter à Dieu à l'intention des morts auxquels on s'intéresse? On ne peut voir aucune raison qui empêchât une telle offrande d'être propre à désarmer la justice divine. Concluons donc en toute sûreté que l'indulgence peut être appliquée aux morts ».

« Toutefois l'indulgence ne leur est pas appliquée par manière d'absolution, comme aux vivants, parce que les membres de l'église souffrante ne sont plus sous la juridiction ecclésiastique; elle leur est appliquée en forme de suffrage, c'est-à-dire, qu'en vertu de la concession faite par le Pape, le fidèle qui remplit les conditions prescrites, offre à Dieu des satisfactions suffisantes, puisées dans le trésor infini de l'Église, le prie d'y avoir égard dans sa miséricorde, et de remettre à l'âme qu'il lui recommande, la peine due à ses péchés ». Mgr. Bouvier examine ensuite s'il est plus avantageux, lorsque l'application de l'indulgence est libre, c'est-à-dire pour les vivants ou pour les morts, comme cela arrive souvent, s'il est, dis-je, plus avantageux de la gagner pour les morts que pour soi-même. Il appuie l'opinion que nous avons développée le 21e jour; il est donc d'avis qu'il est plus avantageux de la gagner pour les morts, parce qu'il y a de la générosité à préférer les intérêts du prochain, malheureux surtout, aux siens propres: et en particulier un pécheur, en s'oubliaut pour secourir son frère, fait un acte héroïque. Il prouve ensuite que nos intérêts bien entendus ne souffriront aucun préjudice réel de cette conduite; « car, dit-il, si nous perdons du côté de la peine qu'il nous faudra expier un jour, nous acquérons, par ces actes de dévouement, des mérites qui nous élèveront en gloire dans la béatitude éternelle. Or, ce surcroît de bonheur dans le Ciel l'emporte de beaucoup sur l'avantage qu'il y aurait d'être un peu moins longtemps dans le Purgatoire. En outre, les âmes dont nous aurons accéléré la délivrance, ne nous oublieront pas dans le Ciel: peut-être nous rendront-elles au centuple ce que nous leur aurons prêté. Tout nous invite donc à avoir du zèle et de la piété pour les morts, et à leur appliquer autant d'indulgences que nous le pourrons ».

Il suffit de savoir ce que c'est que les indulgences, pour en faire un saint et fidèle usage; si l'on considère que l'indulgence est une application des satisfactions de Jésus-Christ, comment ne pas s'en servir pour satisfaire pour les âmes du Purgatoire? Nous l'avons dit; il faut prier pour elles; il faut jeûner, répandre d'abondantes aumônes , etc. : mais hélas! tout ce que nous pouvons faire n'est pas grand'chose; la moindre des satisfactions de Jésus-Christ est d'une valeur infinie: voilà bien de quoi payer les dettes de ces âmes; avoir entre les mains un trésor si précieux, et n'en faire aucun usage, est-ce avoir de la charité? N'accuserait-on pas justement de cruauté une personne à qui on aurait confié, dans un temps de famine, une somme d'argent pour assister les pauvres, et qui par négligence n'en ferait aucun usage; et cette personne ne serait-elle pas grandement coupable devant Dieu et devant les hommes? quel sujet de plainte n'auraient pas les pauvres abandonnés dans un si pressant besoin? Et cette personne pourrait-elle s'excuser sur ce qu'elle n'y aurait pas fait réflexion? cependant la négligence des indulgences est quelque chose de plus cruel, et d'une conséquence bien plus considérable, puisque tous les besoins de cette vie ne sont pas comparables à ceux du purgatoire, ni les moyens de les soulager comparables aux satisfactions d'un Homme-Dieu. Cette comparaison du pieux auteur Boudon peut nous donner une idée de l'aveuglement de quantité de personnes qui, portant des objets bénits, ou associées à des confréries enrichies de nombreuses indulgences, n'en iont aucun usage. N'agissent-elles pas comme le serviteur de l'Évangile qui avait caché son talent en terre, et qui fut jeté dehors dans les ténèbres? Prenons donc garde de rendre inutile le prix du sang du Sauveur de tous les hommes: instruisons-nous des indulgences que nous pouvons gagner pour les âmes du purgatoire, et remplissons exactement les conditions requises pour les gagner. Ainsi soyons en état de grâce; faisons ce qui est prescrit, avec attention et la profonde vénération qui est due aux satisfactions de Jésus-Christ, qui, par un excès de charité incompréhensible, veut bien nous donner de quoi satisfaire à toutes les dettes dont nous sommes redevables, et dont sont redevables nos frères devenus membres de son église souffrante. O amour! ô amour de mon Dieu! que tu es peu connu, et que tu es peu estimé et aimé! s'écrie Boudon.

Résolution

Tout fidèle, touché de l'Amour de Dieu et du désir de procurer Sa Gloire, n'aura pas de peine à s'oublier entièrement et à ne penser qu'à accélérer la délivrance des âmes du Purgatoire, en travaillant à gagner pour elles, les indulgences qui leur sont applicables, chaque fois qu'il pourra les gagner. Que si la Charité qui nous anime n'est pas encore assez vive pour faire ainsi abnégation complète de nous-mêmes, rien n'empêche que nous ne suivions l'avis de Bouvier, qui nous propose de partager entre les morts et nous, et de gagner, tantôt à leur intention , et tantôt à la nôtre, les indulgences qui sont susceptibles de cette double application.

Prière

O Très Sainte Trinité, c'est à Votre Bonté infinie et à Votre libéralité sans bornes envers nous, tout indignes que nous en sommes, que nous devons attribuer la largesse avec laquelle Vous récompensez les faibles œuvres de vos serviteurs. Recevez celles que nous faisons pour gagner les indulgences en faveur de nos frères défunts, par les mérites de la Passion et de la Mort de Notre Seigneur Jésus-Christ, et par le Sang Précieux qu'Il a répandu pour eux; que cette satisfaction surabondante les rende participants de toutes les indulgences que les Fidèles s'efforcent de gagner. O Trinité adorable, que le Ciel et la terre Vous rendent avec moi pour ce bienfait mille actions de grâces. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

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13 novembre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Quatorzième jour

Autres motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du Purgatoire

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

L'intérêt de la majesté du Roi des rois, que nous ne pouvons glorifier avec plus d'assurance de Lui plaire et de contenter Son désir, qu'en peuplant le Ciel de nouveaux hôtes; l'intérêt du prochain que nous tirons de la captivité la plus pénible, pour le faire aussitôt jouir du bonheur céleste; notre intérêt personnel, c'est-à-dire celui de notre sûreté au milieu des innombrables ennemis du Salut; celui de notre prospérité même sur la terre; celui d'une prompte délivrance du lieu d'exil, destiné à purifier les âmes, et de l'accélération de notre couronnement dans le Royaume des Cieux; enfin la Charité, la justice, la reconnaissance: tels sont les motifs, aussi touchants que sublimes, qui ont été l'objet de nos méditations les jours précédents. Ils ont dû nous prouver combien cette dévotion est propre à glorifier Dieu et, en outre, combien elle est utile au prochain et à nous-mêmes. Nous allons aujourd'hui méditer deux nouveaux caractères qui la distinguent, et qui nous feront comprendre qu'elle est fondée sur les lumières de la raison, et qu'elle est consolante. Nous verrons par là que les hérétiques, en attaquant, dans leur rage contre l'Église Catholique, la prière pour les morts, n'ont pas seulement foulé aux pieds la Foi et l'enseignement de l'Église universelle, et la tradition de tous les siècles, mais qu'ils ont même méprisé les lumières que la raison seule fournit pour établir cette vérité.

En effet, le simple bon sens, sans science, sans érudition, suffit pour montrer combien la prière pour les morts est raisonnable. Qu'on demande à un chrétien ce que devient l'âme au moment de la mort? Lui, qui reconnnaîl un Dieu Juste, qui adore un Dieu Miséricordieux et néanmoins un Dieu ennemi de toute iniquité, incapable par son essence et par sa nature de laisser entrer dans son royaume rien d'infecté par la contagion du péché, il ne placera pas l'âme encore souillée à côté de celle qui est pure, la faiblesse avec le courage, les œuvres de la fragile humanité avec les œuvres chrétiennes. Cependant, il ne sera pas assez injuste pour fermer à jamais l'entrée du ciel à ces âmes, à la vérité encore souillées, mais qui brillèrent par la pureté de la foi, la vivacité de l'espérance et l'ardeur de la charité. Non, il n'enveloppera pas dans un même sort la surprise et la malice, la faiblesse et le crime, l'homme de bien souillé de quelques tâches légères et le scélérat noyé dans son iniquité. L'un sera purifié, et l'autre sera réprouvé. Point de chrétien, tant soit peu sensé, qui ne raisonne ainsi. De là vient que de tous les dogmes de l'Église catholique il n'y en a guère de plus répandu, de plus généralement reconnu, par ses adversaires mêmes, que le dogme du Purgatoire. La connaissance d'un Dieu Juste et Saint a réuni les religions les plus ennemies, les plus opposées dans la croyance d'un Purgatoire, c'est-à-dire d'un lieu où l'âme se purifie entièrement avant de jouir de la récompense éternelle. Mais les prières des Fidèles ont-elles entrée dans ce rigoureux séjour? car c'est là une condition essentiellement requise pour que ces prières soient raisonnables. Laissons encore de côté les preuves de la tradition et des Pères en faveur de cette vérité, et raisonnons. Nos prières portées dans un lieu où règne la justice d'un Dieu offensé, mais en même temps ami des âmes qu'il châtie, mais en même temps disposé à la miséricorde et à la clémence; nos prières, dis-je, seront-elles rejetées si elles sont faites avec ferveur pour le soulagement et la délivrance de ces âmes captives? Ce Dieu qui nous ordonne de nous aimer les uns les autres, de nous aider les uns les autres, de prier les uns pour les autres: ce Dieu qui veut que tous les chrétiens soient liés ensemble par la prière et par les saintes œuvres, comme les membres d'un seul et même corps; ce Dieu qui, au témoignage de l'Écriture, exauce si efficacement les prières des vivants pour d'autres vivants, méprisera-t-il des vœux purs et ardents en faveur de nos frères morts? Non, le Dieu de la Charité ne rejetera pas l'œuvre de la plus grande, de la plus excellente Charité; car c'est encore là un des caractères de la prière pour les morts; les méditations faites jusqu'à ce jour le prouvent suffisamment, et nous dispensent de nous étendre sur ce point. Développons plutôt un instant le second caractère de la dévotion envers les âmes du purgatoire, qui nous la montrera pleine de consolation.

En effet, quelles sont les réflexions que peut et que doit m'inspirer la prière pour les morts? Elle m'apprend que je dois mourir aussi un jour, et elle m'apprend en même temps que je suis immortel. Elle m'avertit que mes frères ne sont plus et qu'ils sont encore; qu'ils ne vivent plus en ce monde, mais qu'ils vivent au-delà du monde. Comme eux, j'ai une âme immortelle, comme eux, j'ai des droits à la jouissance du ciel; quelques jours d'une vie terrestre ne sont que le commencement de mon être. Bientôt les illusions d'un monde fugitif disparaîtront sans retour; des biens solides et permanents doivent en prendre la place. Cette grande vérité s'altère et s'oublie dans le tumulte des passions, dans le tourbillon des affaires; la prière pour les morts me la rappelle: elle me montre tout à la fois ce que je suis, ce que je serai un jour, ce que je serai toujours. Actuellement je prie pour mes frères, un jour ils prieront pour moi. Plus saints que moi, plus puissants que moi, ils prieront avec plus de succès, avec plus d'efficacité que moi; et la faveur dont ils jouiront auprès de Dieu, ils l'emploieront pour moi. Quelle idée consolante! quel motif de prier pour les morts! Ce sont des amis, selon l'expression du Sauveur du monde, qui m'ouvriront les tabernacles éternels. Et sur la terre, ce que je vois faire à l'Église de Dieu pour ses enfants morts dans sa communion, elle le fera un jour pour moi : je jouirai aussi de ses bienfaits, surtout si je m'occupe avec elle de ses membres souffrants. Mes parents et mes amis m'oublieront aussitôt que j'aurai disparu de dessus la terre; ne m'oubliassent-ils pas, bientôt ils disparaîtront eux-mêmes. L'Eglise du Dieu vivant vivra toujours et ne m'oubliera jamais. La mémoire de l'impie périra , mais la mienne subsistera: l'Eglise ne perdra jamais de vue une âme qu'elle a adoptée et qui lui a été fidèle. Mon père et ma mère m'ont abandonné; mais le Seigneur, l'épouse du Seigneur, la sainte Église, m'a recueilli (Ps. 26). Telles sont les réflexions que -nous devons faire en priant pour les morts; et nous devons les considérer comme un motif bien puissant de pratiquer cette dévotion déclarée par l'Esprit de Dieu sainte et salutaire.

Instruction

Jusqu'à présent peut-être nous n'avions regardé la prière pour les morts que comme quelque chose de triste, uniquement propre à nous donner des idées lugubres; et c'était peut-être ce qui nous la faisait négliger. Les réflexions précédentes nous la feront sans doute considérer sous un autre aspect, et nous inspireront la résolution de ne plus négliger cette œuvre de la plus éminente charité, et pour notre prochain et pour nousmêmes.

Prière

O Dieu de bonté, je me joins à la Sainte Eglise, à cette tendre mère, et je Vous implore de concert avec elle pour tous ces enfants chéris que le lieu d'expiation achève de purifier, et auxquels personne ne s'intéresse directement. Rendez, Seigneur, plus efficaces les prières que nous Vous adressons pour ces âmes privées de tout secours: faites-les participer abondamment aux mérites infinis du Sang Précieux de notre Divin Sauveur, Jésus, le Christ, notre Seigneur Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

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12 novembre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Treizième jour

Suite des motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du Purgatoire

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

3° Notre propre intérêt

Si les deux motifs que nous avons médités les jours précédents, ne suffisent pas pour nous exciter à travailler à procurer la Gloire de Dieu et la délivrance des âmes souffrantes ; si nous sommes de ces hommes qui n'aiment qu'eux-mêmes, et qui n'ont égard qu'à leur intérêt personnel, ce troisième motif ne nous laissera aucun doute sur les avantages de cette dévotion. En effet, quel intérêt plus grand pour nous que de contribuer à la délivrance d'une âme du Purgatoire ? Quel avantage que de pouvoir dire : Il y a une âme dans le Ciel qui m'est en partie redevable de son bonheur, une âme que j'ai mise en possession de sa béatitude, une âme spécialement engagée à prier pour moi ! Ne peut-on pas compter cet avantage parmi les grâces du Salut, et peut-être parmi les marques de la prédestination ? Si Dieu, par une révélation expresse, me faisait aujourd'hui connaître dans le séjour bienheureux une âme que j'eusse tirée du purgatoire, et qu'il me la désignât en particulier, avec quelle foi ne l'invoquerais-je pas ? Avec quelle confiance n'aurais-je pas recours à elle ? Avec quelle ferveur ne lui recommanderais-je pas mon salut éternel ? Or, il ne tient qu'à nous d'avoir cette consolation : car s'il y a en effet quelqu'une de ces âmes fidèles dont nous ayons avancé le bonheur, quoique nous ne la connaissions pas, elle nous connaît bien; et nous pouvons toujours en espérer du secours, comme d'une âme qui nous est acquise, dont nous avons été en quelque sorte les libérateurs, et qui, par conséquent, ne nous oubliera jamais. Non, elle ne fera certainement pas comme cet officier de Pharaon, qui, dès qu'il fut sorti de sa captivité, ne se souvint plus de Joseph, ni des étroites obligations qu'il lui avait. Il n'est pas nécessaire que nous disions à cette âme glorieuse ce que Joseph dit à cet homme ingrat : « Ame sainte, à qui, tout pécheur que je suis, j'ai pu procurer la liberté et la félicité dont vous jouissez, souvenez-vous de moi dans le lieu de votre repos, et usez envers moi de miséricorde, comme j'en ai usé envers vous : soyez touchée de mon état, comme je l'ai été du vôtre, et engagez Dieu par vos prières à me tirer de l'esclavage de mon péché, comme je l'ai engagé par les miennes à vous tirer du lieu de vos souffrances ». Il serait inutile de lui tenir ce langage, puisqu'étant sainte et bienheureuse, elle est désormais incapable de manquer à aucun devoir.

Mais, d'un autre côté, savons-nous ce qui nous arrivera, si nous n'avons pas ce zèle pour les âmes du Purgatoire ? C'est qu'on nous traitera un jour comme nous aurons traité les autres ; c'est que Dieu permettra qu'on nous abandonne, comme nous aurons abandonné les autres. Vérité si constante, que dans la pensée d'un savant théologien, un chrétien qui n'aurait jamais prié avec l'Église pour les âmes du Purgatoire, par une juste punition de Dieu, serait lui-même incapable de profiter dans le Purgatoire des prières que l'Eglise offrirait pour lui ; et, quoique cette opinion ne soit pas absolument reçue, au moins est-elle plus probable en ce sens que si, par la vertu des prières de l'Eglise, il y a des grâces pour les âmes du Purgatoire, nul n'y doit moins prétendre, ni n'en serait exclu avec plus de raison, que celui qui, pendant sa vie, aura négligé de prier pour les âmes de ses frères. En outre Dieu permettra que nos amis, nos parents, nos survivants les plus chers et les plus intimes ne songent plus à nous, dès qu'ils cesseront de nous voir, et qu'ils nous effacent de leur mémoire, comme nous aurons effacé de nos cœurs ceux qui nous avaient précédé en l'autre monde. Or, quelle perte irréparable pour nous que celle de la reconnaissance infinie des âmes dont nous aurions accéléré le bonheur par l'application de nos mérites ! Oui ! reconnaissance infinie, puisqu'elle serait en quelque sorte proportionnée au bien immense que nous leur aurions procuré. Jouir plus tôt d'un Dieu; cet avantage se peut-il comprendre ou exprimer ? Et l'âme qui nous en serait redevable abandonnerait-elle la nôtre à la merci des dangers sans nombre dont nous sommes sans cesse menacés ? Oh ! Comme elle veillerait sur nous du haut des Cieux, comme elle s'empresserait de présenter nos vœux et nos prières devant le trône de l'Éternel ! Comme elle solliciterait en notre faveur Ses grâces les plus abondantes et les plus précieuses ! Contribuer de tout son pouvoir à la prompte transmigration des âmes du lieu de leur exil dans la cité permanente du Roi des Cieux, c'est donc travailler pour ses propres intérêts, opérer efficacement son Salut, l'assurer même, autant qu'il est possible. Donnez et il vous sera donné, dit Jésus-Christ ; ainsi, si vous donnez vos soins à ces pauvres âmes, la Divine Providence prendra soin de vous ; si vous les négligez, on vous négligera. C'est ce que l'on voit tous les jours : Dieu, par un juste Jugement, permet qu'on oublie ceux qui ont oublié les âmes des défunts. L'Ecrivain Sacré a donc raison de dire : « C'est une sainte et salutaire pensée que de prier pour les morts ».

Instruction

Si nous sommes encore trop imparfaits, trop charnels en quelque sorte, pour que les deux premiers motifs fassent impression sur nous, ce troisième nous fera sans doute réfléchir. La prière pour les morts est sainte et salutaire ! Ces deux qualités nous prouvent les avantages de tous genres attachés à la dévotion pour les âmes du Purgatoire : nous ne serons donc pas assez ennemis de nous-mêmes pour la négliger plus longtemps.

Prière

O Dieu Tout Puissant ! Vous avez daigné permettre, dans Votre infinie Bonté, que les œuvres de Miséricorde méritent, à ceux qui les exercent, les grâces les plus abondantes : mille actions de grâces Vous soient rendues de nous avoir donné un moyen si salutaire de travailler à notre Salut, en nous intéressant aux âmes du Purgatoire. Accordez-nous d'être fidèles à pratiquer cette dévotion, ne doutant pas qu'elle ne nous soit très profitable. Par les mérites de Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

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20 novembre 2012

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

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Vingt-et-unième jour

Cession de nos bonnes œuvres en faveur des âmes du Purgatoire

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

Remarquons d'abord qu'il y a trois choses dans les bonnes œuvres: elles sont méritoires; c'est-à-dire qu'elles méritent un degré de gloire; elles sont impètratoires, en ce qu'elles obtiennent quelque Grâce de Dieu; elles sont satisfactoires; parce qu'elles satisfont pour nos péchés. Or, en tant qu'elles sont méritoires, nous n'en pouvons faire part à personne; car le mérite est personnel. C'est, à proprement parler, en tant qu'elles sont satisfactoires que nous pouvons les offrir pour les autres: c'est donc en ce sens que nous pouvons en faire un transport, une cession; et, en ce cas, toute la satisfaction appartient à ceux en faveur desquels nous nous en privons. C'est donc de cette manière que nous pouvons offrir toutes nos bonnes œuvres, nos souffrances, etc., etc., pour les âmes du Purgatoire. Nous avons vu hier que toutes nos bonnes œuvres peuvent être des moyens de soulager les morts, et qu'ainsi Ton peut en mille circonstances venir à leur secours, sans rien faire d'extraordinaire. Nous allons aujourd'hui méditer une excellente résolution que nous proposons aux âmes jalouses de témoigner à Dieu leur parfait dévouement. Elle consiste à lui offrir généralement tous les mérites expiatoires ou satisfactoires de la vie, en faveur des défunts. Nous conseillons en outre d'en laisser l'application à la Sainte Vierge; car personne ne peut plus saintement en disposer, puisqu'elle le fera toujours pour la plus grande Gloire de Dieu, qui doit être la fin de toutes nos œuvres. Ce sera, de plus, un témoignage du véritable amour que l'on a pour elle, puisqu'on lui remet tout ce qu'on a, et tout ce qu'on peut lui donner, l'honorant ainsi, non-seulement par quelques actions particulières, mais par toutes généralement.

Ne craignons pas de nuire à nos intérêts, par ce transport général de nos bonnes œuvres. Quelqu'accumulées que puissent être les dettes dont nous nous croyons chargés envers la Justice Divine, quel risque courons-nous, en cédant à Dieu nos propres intérêts et nos droits les plus légitimes? Les péchés sans doute crient pénitence; mais la charité crie encore plus haut en faveur des âmes souffrantes. Le transport que nous faisons du fruit de nos travaux et de nos œuvres, par le motif d'une Charité sublime, n'est-il pas incomparablement plus estimable en lui-même et plus méritoire devant Dieu, que tout ce que nous pourrions entreprendre par le motif de notre intérêt personnel. Il est vrai que l'on se prive des satisfactions pour ses propres péchés, mais cet acte héroïque de charité nous est même plus utile que si nous nous réservions nos satisfactions, et a plus de force auprès de Dieu, qui est la charité même, pour nous acquitter de nos dettes. « Donnez, dit Jésus-Christ, et il vous sera donné ». Mais de quelle mesure se servira-t-on? Nous serons traités comme nous aurons traité les autres: si nous donnons peu, il nous sera donné peu; si nous donnons tout, tout nous sera donné. Le chrétien assez généreux pour consacrer à la Gloire de Dieu tout le trésor de mérites qu'il pourra amasser pendant le cours de sa vie, en l'abondonnant aux nécessités pressantes de ses frères défunts, ne recevra-t-il pas au jour du jugement une mesure surabondante, si pleine qu'elle se répandra par dessus, comme s'exprime l'Écriture?

Mais, dit-on, la charité bien ordonnée commence par soi-même. Rien de plus vrai, lorsqu'il est question du Salut. Chacun est tenu d'employer à cette importante et unique affaire tout ce qu'il a reçu de talents et de grâces. A quelque prix que ce soit, il faut qu'il se sauve, malgré la chute de l'univers entier. Mais s'agit-il de soulager et de secourir au plus tôt les amis de Dieu, nos frères souffrants, en leur faisant part des biens spirituels dont nous ne pouvons nous-mêmes recueillir les avantages qu'après la mort; fallût-il nous dépouiller en leur faveur de toutes nos acquisitions en ce genre; au fond et en dernière analyse, qu'est-ce qu'une pareille cession opérée, dirigée par des vues si nobles et si pures? L'acte seul de cette cession n'est-il pas d'une plus grande valeur que tout ce qu'on cède? N'est-ce pas une action de pure Charité, et ainsi plus agréable à Dieu, et plus méritoire que si l'on avait en vue ses propres intérêts? On ne peut donc se dépouiller ainsi, sans être aussitôt revêtu de richesses beaucoup plus précieuses et inaliénables. C'est pour Dieu, et conséquemment à Dieu, que l'on cède tout, que l'on donne tout. Or, en donnant tout à Dieu, est-il permis de penser qu'on court aucun risque de perdre? Donner à Dieu, c'est toujours un prêt saintement usuraire, dont Dieu Lui-même se fait caution en nous disant: « Donnez et il vous sera donné ». Puisse une si sainte usure tenter la pieuse avarice de tous les fidèles?

Ne craignons donc pas de négliger nos intérêts spirituels en faisant ce Sacrifice, puisqu'au contraire c'est un moyen d'augmenter beaucoup le mérite de nos bonnes œuvres, et ainsi d'arriver à une plus grande gloire dans le Ciel. Même plus on est grand pécheur, plus cet abandon semble devoir être héroïque, parce qu'alors on donne tout son nécessaire. Si le juste ne peut exercer une plus grande Charité, à plus forte raison le pécheur qui, malgré les nombreuses satisfactions qu'exigent ses péchés, vient au secours de son prochain, ne s'occupe que de ces âmes qui, ne pouvant plus mériter, sont dans la souffrance et dans l'éloignement de Dieu: il ne se réserve rien, il consacre tout à la Gloire de ce Maître si bon, si magnifique; un tel sacrifice ne doit-il pas l'emporter sur tous les sacrifices des vertus subordonnées à la charité, telle que la pénitence? Car ce sacrifice, cet acte de pure charité, n'a-t-il pas principalement Dieu en vue? Heureux donc les chrétiens qui, dans un parfait oubli de tout intérêt propre, ne se regardent plus, n'envisagent que Dieu seul et son unique gloire; qui ont, pour tout intérêt, le seul intérêt de Dieu! Ils ne pensent, ils ne se soucient, ils ne cherchent, ils ne veulent et dans le ciel et sur la terre, dans le temps et dans l'éternité, que Dieu seul; il leur su Hit que la donation de toutes leurs bonnes œuvres le glorifie hautement; car pour un seul degré de sa gloire il n'y a rien qu'ils ne fussent prêts à faire et à souffrir; et, en contribuant d'une manière si abondante à la délivrance des âmes du Purgatoire, ils savent que c'est lui procurer la plus haute gloire qu'on lui puisse rendre. Comme il y a différents degrés de Charité, ceux qui n'en ont pas une si étendue peuvent offrir toutes leurs bonnes œuvres pour une année, pour un mois, pour une semaine, pour un jour, et réitérer quelquefois la même offrande. Et, si notre désintéressement n'est pas assez complet pour abandonner à la disposition de la Sainte Vierge le choix des âmes auxquelles il lui plaira d'appliquer nos suffrages, rien n'empêche que l'on ne prie en particulier pour les personnes envers lesquelles l'on est plus obligé; l'on peut s'adresser à cette Mère de miséricorde, afin qu'elle leur fasse part de nos satisfactions. Mais la perfection de ce sacrifice fait tout laisser entre les mains de Dieu; les inclinations de la nature, les intérêts de la chair et du sang, tout cède à la pure gloire de Dieu.

Résolution

Le désir que nous avons de soulager les âmes du Purgatoire, doit nous faire adopter avec empressement le moyen que nous venons de méditer, puisqu'il est appuyé sur tous les motifs que nous avons énumérés les 11e, 12e et 13e jours. Mais, comme nous savons que nos œuvres sont si souvent nulles à cause de notre tiédeur, adressons à Dieu de tout notre cœur la prière suivante pour obtenir de sa miséricorde de saints intercesseurs en faveur de nos frères souffrants.

Prière

Esprit-Saint, Vous avez suscité, à différentes époques, des ordres religieux de tous genres, propres à subvenir à tous les besoins de l'Eglise militante: ô Père des lumières, pénétrés de compassion et de zèle pour les morts, nous Vous conjurons de susciter également, en faveur de l'Eglise souffrante, un nouvel ordre, dont le but principal soit de s'occuper jour et nuit du soulagement et de la délivrance des âmes du Purgatoire; dont l'intention invariablement appliquée aux morts dirige les opérations tant du ministère que de la dévotion, comme jeûnes, veilles, oraisons, prédications, etc., etc. Vous seul, Esprit Créateur, pouvez inspirer l'exécution d'un pareil établissement si propre à procurer la plus grande gloire de Dieu, et après lequel mon cœur ne cessera de soupirer. Ainsi soit-il.

Offrande

Père Eternel, nous Vous offrons le très Précieux Sang qui coula pour nous de la Plaie de la main droite de Jésus, et, par les mérites et la vertu de ce Sang Précieux, nous supplions Votre Divine Majesté de nous accorder Sa sainte bénédiction, afin que par elle nous puissions être protégés contre nos ennemis et être délivrés de tous les maux: que la bénédiction du Dieu tout-puissant, du Père, du Fils et du Saint Esprit descende sur nous et y demeure toujours. Ainsi soit-il. Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

praying for the poor souls

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19 novembre 2012

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

 

Vingtième jour

Deuxième moyen propre à secourir les âmes du purgatoire

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Prières, jeûnes, aumônes, etc.

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

La coutume de prier pour les morts n'est pas nouvelle; les Pères les plus anciens en font mention. Voici comment Saint Augustin en parle dans un de ses sermons: « Nos pères nous ont laissé cette tradition, qui est observée dans toute l'Eglise, c'est qu'il y ait un temps, lorsqu'on offre le Sacrifice, où l'on prie pour ceux qui sont morts dans la communion du Corps et du Sang de Jésus-Christ. L'on prie alors expressément pour les morts, et l'on ne peut douter qu'ils n'en retirent du soulagement; ce n'est point inutilement que l'Église prie pour eux ». Toutes les paroles de Saint Augustin sont dignes d'être remarquées. 1°. Il nous apprend l'antiquité de la tradition: on n'en connaît point le commencement; par conséquent, selon les principes de Saint Augustin, c'est une tradition qui vient des Apôtres. 2°. Cette tradition est suivie par toute l'Eglise: la prière pour les morts est enseignée et pratiquée dans toute l'Église. Or l'Église, qui est la colonne et le fondement de la Vérité, ne peut enseigner, ni pratiquer que ce qu'elle a reçu de Jésus-Christ. et des Apôtres. 3°. On prie pour ceux qui sont morts dans la communion du Corps et du Sang de Jésus-Christ. Il faut être mort dans le sein de l'Église, être un de ses membres et lui appartenir pour avoir part à ses prières. 4°. On ne peut pas dire qu'une si sainte et si ancienne pratique soit inutile; elle est d'un grand fruit pour les morts; et c'est pour cela que la piété chrétienne doit nous engager à procurer aux morts un secours que le Seigneur a laissé en notre pouvoir et qui leur est d'une grande utilité. Mais si nous nous étendons sur ce passage de Saint Augustin, ce n'est que pour l'édification des Fidèles et nullement pour leur instruction: ils connaissent l'utilité de la prière pour les morts, et même en se faisant un de leurs devoirs essentiels d'offrir tous les jours avec l'Église le Saint Sacrifice pour eux, ils savent que, si c'est là un moyen sûr de les soulager, ils ont encore bien d'autres moyens qu'ils peuvent mettre en usage pour venir puissamment au secours des âmes du Purgatoire. C'est ainsi qu'après le Sacrifice de l'Autel, ils attachent le plus haut prix à tout ce qui tient à ce Divin Holocauste, la Communion sacramentelle et spirituelle, les visites au Saint Sacrement, l'oblation de l'Adorable Victime, même hors le temps et le lieu où elle est solennellement immolée. Ces pratiques, aussi salutaires que douces et consolantes, tiendront le premier rang parmi les dévotions qu'une piété éclairée doit se proposer, parce qu'elles sont conformes à l'esprit dans lequel le Sauveur du monde institua cet auguste Sacrement. Sa présence réelle au milieu de nous, jusqu'à la consommation des siècles, n'annonce-t-elle pas clairement le désir, l'empressement où Il est de s'unir à nous et de faire droit à nos humbles requêtes. L'Eucharistie est proprement le siége, le trône de Son Amour. C'est donc dans le secret de Sa Face, ou dans le silence de Son Sanctuaire, et quand vous le possédez au-dedans de vous-mêmes que vous devez Lui confier le vif intérêt que vous prenez à ces morts, qui lui sont encore infiniment plus chers qu'à vous. Pourrait-Il vous refuser leur soulagement, leur délivrance lorsque vous les Lui recommandez dans des moments si précieux, Lui qui se donne à vous avec tant de générosité, lui qui se plaît à vous voir attendris, pleins de charité et de compassion pour des âmes qu'il chérit: ce n'est plus vous qui priez, c'est Jésus-Christ qui prie, qui gémit en vous, qui implore la clémence d'un juge qui ne cherche qu'à être apaisé. Communiez donc pour les morts; visitez souvent le Dieu Eucharistique; adressez-vous sans cesse à Son Divin Cœur; il est impossible que ce ne soit un moyen efficace pour adoucir les peines de ces âmes rachetées par le Sang Adorable de ce même Dieu Eucharistique.

Nous ne parlerons pas des autres prières, des Offices de l'Église pour les morts, des Psaumes, du Pater, de l'Ave et du Chapelet :ce sont autant de moyens excellents de soulager nos frères souffrants, pourvu que toute prière quelconque soit faite avec les sentiments de piété, d'attention, de dévotion, de compassion qui doivent accompagner toutes les prières, et en particulier celles pour les morts; autrement ce serait vouloir, par de nouveaux péchés, satisfaire pour les péchés de nos frères. La prière nous offre sans doute des moyens nombreux d'intercéder près de Dieu pour les âmes du Purgatoire, et ce serait manquer à ce qu'on doit aux morts que de les priver d'un secours aussi afficace que celui du Sacrifice et de la prière; mais ce serait bien peu connaître les secours que nous pouvons leur procurer que de les borner ainsi; car la Bonté et la Miséricorde de Dieu sont si étendues qu'Il reçoit, comme satisfactions pour le compte de ces âmes, toutes les bonnes œuvres, tous les actes de vertu que pratique un chrétien. Tout ce que nous pouvons faire d'agréable à Dieu nous sert à payer leurs dettes, pourvu que nous soyons en état de grâce: parce qu'alors toutes nos bonnes œuvres sont vivantes, fructifient et satisfont pour nous et pour elles; en un mot, elles sont méritoires, salutaires et efficaces, si elles partent d'un cœur bon, pur, innocent, qui soit dans un état d'amitié avec Dieu. Ainsi l'aumône, le jeûne, la mortification, l'abstinence, la pratique des vertus chrétiennes, etc., etc., tout cela peut et doit être offert à Dieu, comme des œuvres satisfactoires, en faveur des morts. En dressant notre intention pour en faire cette application, l'aumône, tout en rachetant nos péchés, rachète aussi ceux de ces âmes. Si vous n'avez pas le moyen de faire des aumônes, dirigez à cette fin les bons services que vous rendez au prochain, vos travaux, vos occupations; offrez-les à Dieu pour en appliquer tout le mérite à ces âmes. Jeûnez, si vous pouvez; sinon privezvous de quelque chose, de quelque plaisir, de quelque divertissement; jeûnez en vous abstenant de paroles inutiles, médisantes, etc., etc., offrez vos peines, vos afflictions, vos maladies, les maux que vous endurez en cette vie, en les acceptant avec résignation; appliquez-en le mérite aux âmes du Purgatoire, et remerciez la Providence de ce qu'elle vous met à même d'ouvrir le Ciel à tant d'âmes auxquelles vous pouvez apporter quelque soulagement par votre généreux sacrifice. Pourriez-vous avoir une plus belle occasion de glorifier le Seigneur, puisque, par là, vous procurez à vos frères la possession du ciel? Ce que Saint Jacques dit de la Charité envers les orphelins et les veuves, avec quel fondement de vérité ne pouvons-nous pas le dire de cette dévotion envers les âmes du purgatoire? « La religion pure et sans tache aux yeux de Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leur affliction, et à se conserver pur de la corruption du siècle présent ». « La Charité, dirons-nous avec Saint Pierre, aux fidèles qui pratiquent cette dévotion, La charité couvre beaucoup de péchés. Ceux qui souffrent selon la Volonté de Dieu, persévérant dans les bonnes œuvres, remettent leurs âmes entre les mains de Celui qui est leur Créateur et qui leur sera fidèle ».

Considération

Il n'est donc pas pour ainsi dire de moment en notre vie, où nous ne puissions secourir les âmes du Purgatoire, si nous avons soin de nous conserver en état de grâce, et d'offrir, à cette intention, toutes nos actions à Dieu. Ainsi ce n'est pas seulement au Saint Sacrifice de la Messe, au pied du Trône du Dieu Eucharistique, ou lorsque nous prions avec ferveur, que nous exerçons cette Charité sublime; nous remplissons même ce devoir en offrant nos bonnes œuvres quelconques, le plus petit acte de vertu, que cette considération influe sur toute notre conduite, et que la pensée du soulagement que nous pouvons si aisément apporter à ces saintes âmes, soit pour nous un motif de ne perdre jamais l'amitié de Dieu.

Oraison de l'Eglise

O Dieu qui pardonnez aux pécheurs, et qui aimez le Salut des hommes, nous supplions Votre Bonté d'accorder à tous ceux qui sont nos frères par le lien d'une société particulière, à nos proches et à nos bienfaiteurs, qui sont sortis de ce monde, qu'étant aidés par l'intercession de la Bienheureuse Marie toujours Vierge, et de tous les Saints, ils soient admis avec eux à la participation de la béatitude éternelle. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

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18 novembre 2012

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

 

Dix-neuvième jour

Premier moyen propre à soulager les âmes du purgatoire

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Le Saint Sacrifice de la Messe

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

Les moyens que nous avons de secourir les âmes qui souffrent dans le Purgatoire, et qui sont propres à leur procurer du soulagement dans leurs peines, et même à les en délivrer, peuvent se diviser en trois classes : 1° Le Saint Sacrifice de la Messe, que l'on offre ou que l'on fait offrir à ce dessein; sacrifice qui, étant en partie institué pour cette fin, est d'une efficacité merveilleuse. 2° Les prières, les jeûnes, les aumônes et toutes les œuvres pénibles qui étant satisfactoires peuvent être offertes pour le soulagement de ces âmes souffrantes. 3° Les indulgences qui leur sont applicables, et que nous pouvons gagner si facilement.

Nous allons aujourd'hui faire quelques réflexions sur le Sacrifice de l'Autel, considéré comme Sacrifice d'expiation, ayant la vertu de satisfaire à la Justice Divine quand il est offert pour les morts. Ce que nous en avons dit prouve l'efficacité de ce sacrifice, qui ne perd rien de son mérite par l'état de péché où se trouve celui qui l'offre. C'est donc avec raison que saint Grégoire s'écrie : « Le Sacrifice non sanglant de l'autel est un remède souverain pour soulager les morts ». Et nous pourrions ici imiter la conduite de ce prophète qui, envoyé de Dieu à un roi insensible aux misères de son peuple, s'adressa, non à ce prince, mais à un autel, en s'écriant: « Autel, Autel! » où l'on immole tous les jours la Victime Sainte; Victime de propitiation et d'expiation pour les vivants et pour les morts. Ouvrez tous les livres de religion: vous y verrez qu'on doit fonder et établir ses espérances, principalement sur l'adorable Sacrifice de la messe. Lui seul peut opérer par lui-même, indépendamment des dispositions du Prêtre ou des assistants, l'heureux effet que nous désirons. Il ne faut que penser au mérite que doit avoir aux yeux du Père Céleste l'immolation réelle, quoique mystique, de Son Fils unique et consubstantiel: cette pensée jointe à une Foi vive nous inspirera une confiance sans bornes, et nous nous empresserons de satisfaire l'ardeur avec laquelle toutes les âmes du Purgatoire attendent que le Sang de l'Agneau sans tâche coule pour elles sur les autels. Elles éprouvent, elles sentent la vertu qu'il a, ce Sang Précieux, de calmer leurs tourments, d'apaiser, d'éteindre les flammes auxquelles elles sont en proie. L'on ne sera donc pas surpris de lire ce que raconte le Bienheureux Henri Suso, qu'un religieux mort lui apparaissant se plaignit à lui de ce qu'il en était délaissé; et comme Suso lui répondit qu'il offrait tous les jours ses prières pour lui; il faut du Sang de Jésus, lui répliqua-t-il, voulant parler du Sacrifice de la Messe. De tout temps, l'Église l'a offert pour les morts; la Foi nous enseigne cette vérité. A tous les sacrifices nous faisons mémoire des Fidèles « qui nous ont précédés avec le signe de la Foi, et qui dorment dans le sommeil de la paix ». Mais, outre cette mention journalière et générale de toutes les âmes du Purgatoire dans le Mémento pour les morts flu canon de la Messe, l'Église désire encore que ce Sacrifice expiatoire soit offert pour les défunts à leur décès; et dans tous les temps, excepté certaines fêtes, elle permet que l'on dise des Messes pour les morts, au gré des Fidèles qui les demandent. Et quoique, à toutes les Messes auxquelles l'on assiste, l'on doive prier et offrir le Sacrifice pour les morts, du moins lorsqu'on est arrivé à la partie où l'Eglise les recommande, c'est surtout aux Messes de requiem qu'il faut joindre ses vœux à ceux de l'Église et se pénétrer de zèle et de compassion pour la délivrance de ces Ames souffrantes. Il faut dire avec le prêtre ces paroles touchantes : « Seigneur , accordez le repos éternel à vos serviteurs. Ouvrez-leur ce beau séjour de lumière où vous ferez leur éternelle félicité. Dieu de Miséricorde, pardonnez à des enfants que vous chérissez et sur lesquels vous n'exercez que malgré vous les rigueurs de votre justice: absolve, etc., etc ». En un mot, récitez avec une charitable instance et avec une Foi vive les prières que l'Eglise adresse au Seigneur pour ses enfants décédés.

Que les pauvres ne craignent pas d'être privés des fruits du Sacrifice expiatoire, parce qu'ils n'ont pas le moyen de le faire offrir. C'est pour tous les morts qu'il est offert chaque jour dans tout l'univers. Le Père commun en applique le mérite à tous ses enfants. C'est un trésor que l'Église répand sur tous les Fidèles souffrants: en vertu de la Communion des Saints, les prières pour les morts sont communes; ce qui ne profite pas aux réprouvés profite aux Fidèles décédés dans la paix. Combien de mauvais riches dans les enfers, pour qui on réclame en vain une goutte de rafaîchissement! C'est sur les pauvres qu'elle retombera; c'est sur eux que se répandront les soulagements inutilement sollicités pour des morts qui ont abusé des trésors de la terre. Le juste distributeur de tous les dons sait rendre à chacun ce qui lui est dû : il a pourvu à tout. Si votre père, votre mère, vos enfants µ, vos héritiers manquent de moyens ou de volonté pour faire offrir pour vous le Saint Sacrifice, le Seigneur ne vous abandonnera pas; Il vous prendra sous Sa protection; Il vous appliquera le fruit de tant de sacrifices perdus pour des riches réprouvés: « Mon père et ma mère m'ont abandonné, mais le Seigneur m'a recueilli ». (Psaume 26). Ces réflexions doivent nous faire sentir l'avantage que nous avons sur celui qui meurt au sein d'une église schismatique, où l'on ne prie point pour les morts. Oh! véritablement cette église n'est pas la véritable, car elle n'a point pour eux le cœur et les entrailles d'une vraie mère. Dès qu'ils ont disparu de la terre, elle les perd de vue, elle les oublie, elle les abandonne à la Justice de Dieu et à leur destinée. L'Église catholique, au contraire, mère toujours sensible et tendre, toujours inquiète sur le sort de ses enfants, les suit de cœur et d'esprit après leur mort. Elle s'efforce de toucher et de fléchir le Dieu de Bonté par des Sacrifices sans cesse renouvelés. Elle fait couler sur eux le Sang de l'Agneau qui, comme une rosée rafraîchissante, tempère l'ardeur des flammes qui les purifient. Elle paye leurs dettes en offrant à Dieu pour eux la surabondance des satisfactions et des mérites infinis de Jésus-Christ, notre rédempteur.

Or, ou nous ne sommes plus enfants de cette tendre mère, nous ne sommes plus dignes de réclamer ce beau titre, ou nous devons entrer dans ses sentiments et ses vœux, et nous joindre à elle pour offrir la victime sainte pour la délivrance des âmes du purgatoire. C'est le moyen par excellence de venir à leur secours, puisque c'est Jésus-Christ lui-même que nous offrons à Dieu, c'est-à-dire ce sacrifice seul agréable aux yeux de Dieu, seul expiatoire et propitiatoire, ce Sang répandu pour la rédemption du genre humain, et par la vertu duquel la Justice Divine peut être satisfaite. De là ce zèle et cet empressement des mourants à demander qu'après leur mort on se souvienne d'eux dans les prières et surtout dans le sacrifice de la messe. Rien n'est plus édifiant que d'entendre les derniers vœux de Sainte Monique, mère de Saint Augustin. Elle ne demande point d'être enterrée somptueusement, mais seulement « qu'on se souvienne d'elle au Saint Autel, au mystère duquel elle avait assisté tous les jours de sa vie, et d'où elle savait qu'on dispense la Victime Sainte, dont le Sang a effacé l'arrêt porté contre nous ». Monique assistait tous les jours au Sacrifice de l'Église, elle connaissait le mérite et le prix de ce sacrifice. Elle demande qu'on se souvienne d'elle au Saint Autel. Les vœux de Monique étaient trop justes pour n'être pas exaucés; et Saint Augustin rapporte que, selon la sainte coutume, le corps de Monique étant encore auprès de la fosse, et avant qu'il y fût descendu, l'on offrit pour elle le Sacrifice de notre Rédemption: preuve évidente que c'est une dévotion sainte, solide et des mieux appuyée que de prier pour les morts, et surtout d'offrir pour leur soulagement le Sacrifice de l'Agneau sans tache.

Résolution

Combien de fois n'avons-nous pas assisté au Saint Sacrifice de la Messe, sans même penser aux âmes du Purgatoire, sans nous joindre au Prêtre intercédant pour elles? Ne retombons plus dans cette négligence, dans cette faute qui dénote une insensibilité ou une ignorance bien coupable. A chaque Messe, et particulièrement aux messes pour les morts, unissons-nous avec ferveur au Prêtre, à l'Église priant pour les membres souffrants de Jésus-Christ, qui lui-même offrira cette prière à Son Père Eternel, et en obtiendra certainement quelque soulagement pour ces âmes prédestinées.

Offrande du saint Sacrifice pour le soulagement des âmes du Purgatoire

Prosterné humblement devant Vous, Souverain Créateur de l'univers, je viens Vous offrir Votre Divin Fils pour les fidèles morts dans Votre Grâce, mais qui payent encore à Votre Justice les péchés qu'ils n'ont pas expiés pendant leur vie. Ce sont entre autres des parents, des amis, des bienfaiteurs, qu'un juste devoir m'ordonne de secourir. Et quel secours plus efficace puis-je leur procurer, ô mon Dieu, que de Vous offrir, pour leur délivrance, le Sang du Sauveur de tous les hommes. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Exemple

La vie de Saint Charles Borromée nous fournit la preuve de sa vive Charité pour les morts et, en particulier, de sa sollicitude à faire offrir pour eux le Saint Sacrifice. La peste, qui depuis si longtemps ravageait Milan, ayant cessé, ce grand et charitable Prélat crut que plusieurs de ceux qui en étaient morts, à Milan et dans la province, n'avaient peut-être laissé personne qui priât Dieu pour eux. Mu d'une Charité véritablement paternelle, il fit celébrer trois Offices solennels pour le repos de leurs âmes, l'un à la cathédrale où tout le Clergé assista, et les deux autres en deux églises collégiales; on fit la même chose dans toutes les paroisses, dans tous les chapitres, et dans toutes les églises des religieux, et chaque Prêtre dit en son particulier une Messe à cette intention. Il adressa une lettre pastorale à son peuple pour l'exhorter de se trouver, autant qu'il le pourrait, à tous ees services, et de soulager ces pauvres âmes par leurs prières, leurs aumônes, la visite des églises, et par toutes sortes de bonnes œuvres. Et, afin de les y animer davantage, il y décrivit combien les tourments du Purgatoire sont rigoureux et incompréhensibles.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

 

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16 novembre 2012

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

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Dix-septième jour

Piété envers les morts, toute chrétienne et cependant inutile

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

Continuons à méditer les défauts qui empêchent que notre piété envers les morts leur soit d'aucun profit. Celui qui va nous occuper aujourd'hui est le plus commun et le plus déplorable: car quoi de plus triste que d'employer inutilement les moyens qu'indique la religion, de faire sans fruit des œuvres saintes? Piété chrétienne dans le fond, et néanmoins inutile devant Dieu; ce sont deux caractères difficiles en apparence à accorder, et qui se trouvent cependant dans tous ceux qui, en priant pour les morts, sont eux-mêmes dans un état de mort, c'est-à-dire dans la disgrâce et dans la haine de Dieu. Car, dans ce funeste et malheureux état de péché mortel, en vain le pécheur rend aux âmes du purgatoire des devoirs chrétiens, en vain prie-t-il et intercède t-il pour elles, en vain fait-il des largesses aux pauvres, en vain pratique-t-il tout ce que le zèle d'une dévotion particulière peut lui suggérer: ces âmes souffrantes ne tireront jamais de lui aucun secours. Tandis que Dieu vous regarde, à cause de votre état de péché, comme son ennemi, vous êtes incapable de les soulager: toutes vos prières sont réprouvées, toutes vos aumônes perdues, tous vos jeûnes, toutes vos pénitences de nul effet: le péché, dont votre conscience est chargée, anéantit la vertu de toutes vos œuvres; et comment serait-il possible que ce que vous faites fût de quelque valeur pour ces saintes âmes, puisqu'il n'est de nul prix pour vous-même? Le moyen que vous fussiez en état d'acquitter leurs dettes auprès de la justice divine, puisqu'il est certain que pour vous-même, Dieu, sans déroger à sa miséricorde, ne reçoit rien alors de vous en payement? Secourir une âme dans le Purgatoire, c'est lui transporter le fruit des bonnes œuvres qu'on pratique, et le lui céder: ainsi pour pouvoir, dans l'état de péché mortel, la soulager, il faudrait que, dans cet état, les bonnes œuvres eussent quelque mérite devant Dieu. Or, il est de foi qu'elles n'en ont aucun, parce que, sans la grâce et la charité, ce sont des œuvres mortes, et qui n'ont pas le principe de la vie, et si elles sont mortes pour le pécheur qui les pratique, faut-il s'étonner qu'elles le soient encore plus pour ceux auxquels il prétend les appliquer?

Il faut toutefois excepter le Sacrifice de la Messe, dont le mérite ne dépend point de la sainteté de celui qui l'offre, beaucoup moins de celui qui le fait offrir, mais qui est uniquement attaché à la personne de Jésus-Christ et au prix de Son Sang: il s'ensuit qu'un pécheur, dans l'état même de son désordre, peut contribuer au repos des âmes du Purgatoire en faisant offrir pour elles ce Sacrifice, dont une des principales qualités est d'être souverainement propitiatoire pour les vivants et pour les morts. Il le peut, et il le doit avec d'autant plus de raison que ce Sacrifice est le seul moyen que Dieu lui laisse de suppléer à l'impuissance où il se trouve de secourir autrement ces âmes prédestinées: car Dieu alors regarde l'Hostie qu'on Lui présente, qui est Jésus-Christ, et non point celui par le ministère ou les soins duquel on la Lui présente, qui est le pécheur. Mais, du reste, il est toujours vrai que le pécheur, en agissant par lui-même, ne peut rien faire qui soit profitable aux morts.

Si nous avons un vrai désir de soulager les âmes du purgatoire, nous devons, avant tout, commencer par nous mettre en état de grâce: c'est là l'essentiel, puisqu'autrement, malgré la meilleure volonté, malgré nos prières et nos bonnes œuvres, nous ne leur serons d'aucun secours. C'est aussi là le fondement de cette dévotion, si solennelle dans l'Église, qui consiste à se purifier par le sacrement de Pénitence et par la participation du corps de Jésus Christ, pour se disposer à secourir utilement et infailliblement les âmes du purgatoire, le jour de la commémoration des morts. De tout temps dans le christianisme on a prié pour les morts, mais Dieu réservait à ces derniers temps cette excellente pratique de se sanctifier pour les morts. Autrefois dans l'ancienne loi l'on observait quelque chose de semblable; et Saint Paul, en écrivant aux Corinthiens, fait mention d'une espèce de baptême dont les Juifs avaient coutume d'user pour le soulagement des morts. Mais ce que pratiquaient les Juifs, n'étaient que la figure, et la vérité devait s'accomplir en nous. Lavez-vous, nous dit le prophète Isaïe, purifiez-vous; cessez de faire le mal, apprenez à faire le bien; venez ensuite, et soutenez devant moi la cause de ces âmes pour qui vous vous intéressez: c'est alors que je vous écouterai, que j'accepterai vos oblations, que je me laisserai fléchir par vos prières. Saint François-Xavier nous dit la même chose dans une de ses lettres: « Vous pensez à vos frères qui souffrent dans un autre monde, vous avez la religieuse ambition de les soulager; mais pensez d'abord à vous-mêmes: Dieu n'écoute point celui qui se présente à lui avec une conscience souillée; avant d'entreprendre de soustraire des âmes aux peines du purgatoire, commencez par délivrer les vôtres de l'enfer ». Cet avertissement nous regarde tous, et pour peu que tout ce que nous avons médité jusqu'à ce jour, sur l'état des âmes de l'Église souffrante et sur les motifs de les secourir, ait laissé en nous quelqu'impression, nous nous ferons un devoir de rentrer en grâce avec Dieu et d'éviter les souillures du péché, pour pouvoir agir efficacement en leur faveur. Car par là nous glorifierons Dieu, par là nous ne perdrons pas le fruit de nos bonnes œuvres et nous consolerons nos frères dans leur affliction; par là aussi nous attirerons sur nous les grâces du salut les plus abondantes.

Considération

Tout se lie dans notre Divine Religion. Pour travailler efficacement au soulagement des âmes du Purgatoire, notre premier devoir est de nous purifier. Cette obligation doit nons rendre encore plus chère cette dévotion, puisque, indirectement, elle nous procure un si grand avantage. N'oublions jamais les principes médités en ce jour. Examinons-nous soigneusement, lavonsnous, si c'est nécessaire, dans les eaux salutaires de la pénitence, avant de songer à satisfaire pour ces âmes souffrantes et à les délivrer.

Prière

O mon Saint Ange gardien, c'est à vous que je m'adresse aujourd'hui pour vous demander de me rappeler souvent à l'esprit que, si je veux satisfaire mon vif désir de secourir les âmes du Purgatoire, je dois être en état de grâce, puisqu'autrement tout ce que je ferais pour elles serait sans effet: ajoutez ce motif à tous ceux que vous m'inspirez, afin que je sois de plus en plus attentif et empressé à rentrer dans cet état, si, ce qu'à Dieu ne plaise, le péché m'en avait fait sortir. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

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15 novembre 2012

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

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Seizième jour

Défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

Notre Charité doit être sans doute maintenant instruite et éclairée par les méditations faites jusqu'à ce jour, sur la nécessité de soulager les membres de l'Église souffrante, et nous sommes déterminés à remplir ce devoir que nous n'avons peut-être que trop négligé: occupons-nous donc aujourd'hui des moyens convenables et efficaces de le remplir: car l'on peut avancer avec un grand évêque, qui fut autrefois une des lumières de l'Église de France, Saint Sidoine Apollinaire, que dans le monde même chrétien, il y a peu de personnes qui, selon les principes et les règles de la religion, aient pour les morts une solide et vraie Charité. Et, en effet, on en voit peu qui contribuent réellement à soulager leurs peines; peu qui se servant des moyens que nous fournit le christianisme, leur procurent les secours dont ils ont besoin et dont ils pourraient profiter. On ne laisse pas cependant, à en juger par les apparences, d'avoir pour les morts de la piété; mais il arrive que ce qu'on appelle piété pour les morts, est une piété stérile et infructueuse; ou une piété d'ostentation; ou une piété mondaine et païenne, qui n'agit point par les vues de la Foi; ou, enfin, une piété qui, toute chrétienne qu'elle est, ne produit que des œuvres mortes, c'est-à-dire des œuvres sans mérite, parce qu'elles ne sont pas faites en état de grâce. L'on peut appeler piété stérile et infructueuse pour les morts, celle qui ne consiste qu'en de vains regrets, qu'en d'inutiles lamentations, qu'en des cris lugubres. « Nous voyons, dit Saint Bernard, des morts pleurer d'autres morts; nous voyons des hommes vivants, mais tout mondains et par là morts devant Dieu, pleurer sincèrement et amèrement la mort de ceux qui leur ont été chers pendant la vie: mais que nous paraît-il de tout cela? beaucoup de pleurs et peu de prières, peu de charité, peu de de bonnes œuvres; des gémissements, niais de nul effet; des excès de désolation sans aucun fruit. Ceux qui pleurent de la sorte, méritent bien eux-mêmes d'être pleurés ».

Et, en effet, de quel secours peut être à une âme l'excès de votre douleur? Tous ces témoignages d'une affection outrée et sans mesure seront-ils capables d'adoucir sa peine; et pensez-vous que ce feu purifiant, dont elle ressent les vives atteintes, puisse s'éteindre par les larmes qui coulent de vos yeux? « Ah! mon frère, écrivait Saint Ambroise à un seigneur distingué, pour le consoler sur la perte qu'il avait faite d'une sœur qu'il aimait uniquement, réglez-vous jusque dans votre douleur. Toute violente qu'elle est soyez équitable et chrétien. Dieu vous a ôté une sœur, qui vous était plus chère que vous-même: priez pour elle et pleurez sur vous. Pleurez sur vous, parce que vous êtes un pécheur encore exposé aux tentations et aux dangers de cette vie; et priez pour elle afin de la délivrer des souffrances de l'autre. Voilà le zèle que vous devez avoir : car voilà ce qui peut lui servir, et de quoi elle vous sera éternellement redevable ». Appliquons-nous à nous-mêmes ces paroles de Saint Ambroise: nous éviterons par là le danger de n'avoir pour les morts qu'une piété stérile et infructueuse. Rien de plus commun aussi qu'une piété d'ostentation pour les morts, c'est-à-dire une piété qui se borne à l'extérieur des devoirs funèbres, aux cérémonies d'un deuil, à l'appareil d'un convoi, à tout ce qui peut briller aux yeux des hommes; aimant ce faux éclat jusque dans les choses les plus saintes, tels que sont les services de l'Église, où souvent il y a plus de pompe que de religion. Non pas toutefois qu'on veuille condamner tout ce ce qui se pratique extérieurement dans les funérailles, car l'abus qu'on en fait n'empêche pas que ce ne soient de saints devoirs dans leur origine et dans l'intention de l'Église, qui les a institués; mais l'on veut seulement dire que ce n'est pas à cela que doit se borner toute notre piété envers les morts; que, si nous en demeurons là, nous ne faisons rien pour eux; que, comme l'a très bien remarqué Saint Augustin, tout ce soin d'une honorable sépulture est plutôt une consolation pour les vivants qu'un soulagement pour les morts; solatia vivorum, non subsidia mortuorum; qu'une âme dans le purgatoire nous est incomparablement plus obligée des bonnes œuvres et des aumônes, dont nous lui appliquons le fruit, que de toute la dépense et de toute la magnificence de ses obsèques; qu'une communion faite pour elle lui marque bien mieux notre reconnaissance, que les plus riches et les plus superbes monuments; et qu'il y a, au reste, une espèce d'iniquité, ou même d'infidélité, à n'épargner rien quand il s'agit de l'inhumation d'un corps, qui n'est dans le tombeau que pourriture, tandis qu'on néglige de secourir une âme qui est l'épouse de Jésus Christ et l'héritière du Ciel.

Parlerons-nous encore d'une autre espèce de piété pour les morts, de cette piété toute mondaine et toute païenne, qui, n'ayant pour objet que la chair et le sang, n'agit pas dans les vues de la foi? Elle n'inspire pour les morts que des sentiments naturels, que des sentiments peu soumis à Dieu, que des sentiments qui montrent bien qu'au lieu d'aimer la créature pour Dieu, l'on n'aime Dieu, ou plutôt l'on n'a recours à Dieu que pour la créature. Ah! mes frères, disait saint Paul aux Thessaloniciens, à Dieu ne plaise que je vous laisse ignorer ce qui concerne les morts, et la conduite que vous devez tenir à leur égard. Je veux que vous te sachiez , afin que vous ne vous attristiez pas, comme tes nations infidèles, qui n'ont nulle espérance dans l'avenir. Prenez garde, dit saint Jean Chrisostôme en expliquant ce passage: il ne leur défendait pas de pleurer la mort de ceux qu'ils avaient aimés et dû aimer pendant la vie; mais il leur défendait de pleurer comme les païens qui, n'étant pas éclairés des lumières de la vraie religion, confondent là-dessus la piété avec la sensibilité, le devoir avec la tendresse, ce qui doit être de Dieu avec ce qui est purement de l'homme. La Foi seule nous apprend à en faire le discernement; et réglant en nous l'un par l'autre, elle nous fait concevoir pour les morts des sentiments chrétiens et raisonnables. Ce sera aussi la Foi qui, les jours suivants, nous apprendra quels sont les seuls moyens convenables et efficaces, propres à apporter du soulagement aux âmes du purgatoire; la prière, le Saint Sacrifice, les bonnes œuvres : en un mot, tout ce que la vraie piété pratique pour plaire à Dieu, et obtenir ses faveurs pour les vivants et pour les morts.

Résolution

Retranchons de notre piété pour les morts tout ce qu'il y a d'humain, tout ce qui peut la rendre infructueuse: que la Foi seule nous anime et soit le mobile de tout ce que nous faisons pour leur soulagement. Quel désagrément, et pour nous et pour les morts auxquels nous nous intéressons, si des sentiments peu chrétiens nous faisaient perdre le fruit des soins que nous nous donnons pour marquer notre amour envers ceux que nous avons chéris sur la terre!

Prière

Seigneur, mon Dieu, je Vous demande instamment la grâce d'être guidé par une Foi vive dans tout ce que je ferai pour le soulagement des âmes du Purgatoire: ne permettez pas que des motifs indignes d'un chrétien fassent de ces œuvres des œuvres mortes, sans mérite pour moi et sans aucun effet pour mes frères souffrants. Par les mérites de Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Âmes du Purgatoire.

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14 novembre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Quinzième jour

Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà dans le ciel

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

Quoique convaincus de l'importance et de l'efficacité de la prière pour les morts, nous admettons souvent un préjugé bien funeste pour certaines âmes. On les néglige parce qu'on les considérait comme saintes, comme vivant toujours dans la Grâce de Dieu; on les croit donc dans le Ciel, et par conséquent on les oublie, on ne leur porte aucun secours. Ce n'est pas que le souvenir de ces vertueuses âmes soit effacé: au contraire, on ne cesse d'en parler avec de nouveaux éloges, et on se fait gloire d'avoir eu part à leur intimité. Mais il semble que l'admiration même tarisse toutes les sources de la compassion qu'elles méritent. Il semble que l'excellence même de leurs qualités et la réputation avantageuse dont elles jouissent, empêchent tout le monde de songer à leurs besoins pressants. Ainsi se hâte-t-on de les placer au Ciel, quelquefois longtemps avant qu'elles n'y soient: car, qui ne sait que Dieu découvre dans les plus grandes âmes ce que ni l'homme ni l'ange ne soupçonnent même pas? Dieu seul connaît la mesure des grâces dont il les favorise, et celle de leur fidélité à y correspondre: Dieu est le seul témoin et le juste appréciateur de leurs combats et de leurs victoires: Dieu seul voit la hauteur du rang qu'il leur destine dans Son Royaume, et les conditions auxquelles elles doivent y atteindre. Quelle âme plus héroïque, plus consommée en Dieu, que celle d'un P. La colombière, jésuite? Cependant ne se vit-elle pas arrêtée au moment de prendre possession de sa couronne, suivant la révélation qu'en eut sa pénitente, la principale institutrice de la dévotion au Sacré Cœur de Jésus? Quelqu'éminentes qu'aient donc paru les vertus de ceux ou de celles que la mort nous enlève, soyons persuadés que nous ne saurions leur témoigner un amour plus tendre et plus généreux qu'en nous occupant vivement du passage, toujours inquiétant, du temps à l'éternité. Et, du reste, nous ne devons pas craindre de perdre le fruit de nos vœux et de nos prières en faveur de ces âmes, déjà peut-être introduites au lieu du repos éternel: les besoins de l'église souffrante ne sont-ils pas immenses? Abandonnons au Seigneur l'application de nos œuvres satisfactoires; si l'âme pour laquelle nous prions n'a pas besoin de nos secours, ils ne seront pas perdus, ils seront appliqués à d'autres infortunés.

Le préjugé que nous combattons aujourd'hui provient de la fausse idée que les hommes se forment de la sainteté; ils ne connaissent pas la pureté nécessaire pour paraître devant Dieu. Pour peu qu'ils voulussent y réfléchir, ils se convaincraient de la vérité de l'opinion de tous les Saints sur la rareté prodigieuse des âmes assez éprouvées, assez saintes pour passer sans délai de cette vallée de larmes à la Céleste Patrie, dans les tabernacles du Dieu vivant. Ils comprendraient même en tremblant que le nombre des âmes jugées dignes d'aller en Purgatoire est très petit. Si l'on s'en tient cependant à l'opinion presque générale des chrétiens, ne semble-t-il pas, au contraire, que le Purgatoire est le partage ou la destinée du plus grand nombre des mourants? C'est qu'ils s'aveuglent sur les obligations que nous impose le titre de disciples de Jésus-Christ, c'est-à-dire disciples de l'Homme-Dieu, pauvre, humble, doux, pénitent, mortifié, méprisé, etc., etc. Qu'ils examinent en particulier chaque vertu absolument nécessaire pour être sauvé. Sur la Charité seule, que de prévarications imperceptibles à une foule de gens d'esprit, de gens éclairés? Savent-ils que quelquefois le silence même est très-criminel? Pénètrent-ils jamais les vrais motifs de tant d'omissions à l'égard du prochain? Aperçoivent-ils tout le danger d'une médisance fine? Soupçonnent-ils seulement les suites d'une légère raillerie? Touchant l'intérêt, la cupidité, l'ambition, ils s'autorisent des moindres prétextes; une raison tant soit peu spécieuse les détermine aussitôt. Quant à la vanité, et souvent une vanité aussi étrange que puérile, qui pourrait en calculer au juste les délits? Et la sensualité, et l'oisiveté: quel amas, quelle immensité de dettes on accumule! Multiplier continuellement les fautes légères de toute espèce, et n'y prendre pas garde; se laisser aller à tous ses goûts, ses penchants, ses caprices, sans autre considération que celle de ne pas enfreindre ou violer les préceptes quant à l'essentiel; ne songer qu'aux douceurs de la vie et jamais à la pénitence; ne se priver de rien, ne se gêner en rien; n'avoir jamais aucun sacrifice à faire; substituer souvent sa santé au devoir, son amusement aux affaires, le jeu aux bonnes œuvres; se réjouir tant que l'on peut, réfléchir sur son âme le moins que l'on peut; toujours voir le présent, rarement l'avenir; éloigner l'idée de la mort; prier néanmoins, mais comment? assister aux offices, entendre la Parole de Dieu, approcher des Sacrements, faire des lectures pieuses, mais comment et avec quel fruit? Ainsi vit-on; ainsi meurt-on communément; et voilà, ce semble, bien des classes de fidèles, réputés bons, que nous présente ce petit tableau: fidèles irréprochables aux yeux d'un monde, je ne dis pas profane, mais chrétien même. Que d'illusions détruites sur ces prétendus saints, si Dieu nous ouvrait les yeux, comme il les ouvrit au Cardinal Aubert, devenu Pape sous le nom d'Innocent VI. Un jour qu'il s'entretenait avec un solitaire, tout à coup Dieu fit voir à l'un et à l'autre, qu'au moment même où ils conversaient ensemble, les âmes tombaient en foule dans l'enfer; qu'un très petit nombre allait en Purgatoire et que trois seulement avaient le bonheur d'entrer dans le Ciel.

Défendons-nous toutefois d'une autre préjugé qui nous ferait considérer comme réprouvées certaines âmes qui, pendant leur vie mortelle, nous ont paru vicieuses et coupables. Jugement terrible que l'exemple de Jacob pleurant son fils Joseph, qu'il croyait dévoré par une bête féroce, devrait nous empêcher de porter: car, de même que Joseph respirait encore et gémissait dans la captivité, en attendant le sort le plus glorieux que Dieu lui préparait, cette âme, que vous croyez frappée d'une mort éternelle, est peut-être une âme prédestinée; elle languit dans le Purgatoire et Dieu lui destine une place dans le Ciel. Prions donc pour tous les morts, aussi bien pour les pécheurs morts dans la communion de l'Église, que pour les justes que nous croyons jouir déjà de la gloire céleste. Les secrets du cœur humain nous sont trop inconnus pour faire de ces exceptions, et priver par là de nos secours des âmes qui en ont peut-être le plus grand besoin.

Considération

Que la méditation de ce jour n'ait pas pour seul résultat de détruire en nous ce préjugé, si nous l'avrons pour certaines âmes; qu'elle nous fasse en outre rentrer en nous-mêmes; et prenons la ferme résolution de travailler à entrer sans délai après notre mort dans le ciel, de peur qu'à l'exemple de tant de chrétiens tièdes, qui ne visent qu'au purgatoire, nous ne soyons engloutis comme eux dans les abîmes éternels de l'enfer.

Prière

Saints Anges gardiens de toutes ces âmes qui souffrent encore dans le Purgatoire, et que leurs frères de l'Eglise militante croyent faussement jouir du bonheur éternel, dissipez ce funeste préjugé; inspirez-nous de nous intéresser efficacement à leur triste sort, et joignez-vous à nous pour obtenir du Dieu des Miséricordes que nos satisfactions leur ouvrent incessamment les portes du Ciel, afin que, par leur intercession rendue plus vive par leur reconnaissance, elles nous obtiennent la grâce de les rejoindre à l'heure de notre mort. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

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2 novembre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Troisième jour

Sur la cause des souffrances qu'on endure en purgatoire

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

Après avoir médité, ô mon Dieu, sur la rigueur des souffrances qu'on éprouve dans le Purgatoire, il est important pour moi de méditer sur les causes qui ont attiré un si grand malheur sur les pauvres âmes qui y sont détenues : je trouverai dans cette méditation un nouveau motif de venir à leur secours et de me préserver moi-même d'une pénitence aussi sévère dans l'autre vie.

I. Qui sont ceux qui vont en purgatoire ? L'Eglise nous y montre d'abord des pécheurs infiniment coupables, qui ont passé leur vie dans le crime et le désordre; qui ont abusé de tous les dons de Dieu, résisté à toutes ses grâces, lutté contre tous les assauts que Votre Bonté infinie, ô mon Dieu ! livrait à leur cœur, pour les toucher; cependant, par l'effet d'une Miséricorde incompréhensible, à la prière d'une mère tendre, d'une épouse pleine de foi, d'un enfant paré de toutes les richesses de la grâce et de l'innocence, ce pécheur est rentré en lui-même au moment de la mort, ou sur le déclin de la vie; il a compris tout ce qu'il y avait de coupable dans son obstination dans le mal, il a compris tout ce qu'il y avait de déraisonnable et d'imprudent à paraître au tribunal de Jésus-Christ, couvert de crimes; il a fait une bonne confession; il s'est converti sincèrement, et il est mort dans ces heureuses dispositions. Mais est-il juste que ce pécheur soit admis tout de suite parmi les Saints ? Non, mon Dieu ! Vous devez à Votre Sainteté, à Votre Sagesse, à Votre Justice, de mettre une différence entre l'âme fidèle et ce pécheur si longtemps obstiné; il a mérité l'enfer mille fois et peut-être un million de fois, par les péchés mortels dont il s'est rendu coupable; sa vie n'a été qu'une longue suite d'iniquités; il n'a pas accompli le précepte de la pénitence sur la terre, il faut qu'il l'accomplisse après la mort; il faut que cette pénitence soit proportionnée au nombre et à l'énormité de ses crimes; il faut qu'elle soit une compensation ou du moins une commutation des peines de l'enfer; dès lors je ne dois plus m'étonner de la rigueur des peines qu'il endure et de la longueur du temps qu'il restera en purgatoire. Mais que cette pensée est effrayante pour moi, ô mon Dieu, qu'elle est propre à me toucher, à m'inspirer une salutaire compassion pour tant de personnes qui m'intéressent et qui ne se sont converties qu'au moment de la mort; je me réjouissais de leur conversion et j'avais de justes raisons de le faire; mais je ne pensais pas assez aux flammes purifiantes où elles gémissent et où elles gémiront encore longtemps.

II. Parmi les pécheurs qui sont dans le purgatoire, il en est qui sont moins coupables sans doute, mais dont la punition est cependant aussi sévère. C'étaient des âmes faibles et inconstantes dans le bien, dont la vie était une alternative continuelle de vices et de vertus, de conversions et de rechutes. Le temps de Pâques, du jubilé, d'une retraite, les trouvait disposés à tout faire pour vous, ô mon Dieu, à tout sacrifier pour remplir leurs devoirs; mais bientôt après la dissipation les entraînait, les passions les subjuguaient de nouveau, les habitudes reprenaient leurs cours, et l'iniquité devenait pour ainsi dire leur élément. Hélas ! Seigneur ! que de bonté Vous avez eue pour eux en les poursuivant ! que de patience vous avez exercée en les attendant ! quel malheur si vous les aviez appelés à Votre tribunal pendant qu'ils étaient loin de Vous ! Mais non, ô Dieu de Miséricorde ! Vous avez compati à leurs faiblesses, Vous avez eu égard aux bonnes œuvres qu'ils ont faites, aux bons exemples qu'ils ont donnés, au repentir qu'ils ont éprouvé et manifesté au déclin de la vie et surtout au moment de la mort; ils ont reçu tous les Sacrements dans de saintes dispositions, Vous leur avez pardonné; mais ils n'ont pas fait pénitence. Les bonnes œuvres qu'ils ont faites ont servi à obtenir leur conversion; mais la plupart n'en a retiré aucun mérite pour le Ciel, parce qu'elles n'ont pas été faites en état de grâce. C'est donc aussi dans le Purgatoire que ces pécheurs vont achever leur pénitence; n'eussent-ils commis qu'un seul péché mortel, qu'elle devrait être longue cette pénitence ! qu'elle devrait être sévère, puisqu'ils ont.mérité de la subir éternellement. C'est encore en tremblant, ô mon Dieu, que j'entends prononcer cet arrêt, parce que je crains d'y trouver ma propre condamnation : daignez avoir pitié de moi et des âmes coupables qui sont déjà entre les mains de votre justice.

III. Mais que vois-je, ô mon Dieu ! Parmi les âmes qui sont dans le Purgatoire, il en est qui Vous ont servi constamment avec fidélité; il en est qui n'ont jamais souillé par le péché mortel la robe d'innocence qu'elles avaient reçue au baptême, ou qui du moins n'ont jamais persévéré dans ce malheureux état; il en est qui se sont consacrés à vous par des vœux héroïques Oh ! C'est ici que ma foi est déconcertée, et que ma conscience est plus troublée ! J'ai besoin de me rappeler Votre Bonté infinie, ô mon Dieu, l'union étroite que Vous voulez contracter avec vos élus, l'invitation que Vous leur ferez de partager Votre Gloire, Vos perfections infinies, pour comprendre que Votre sévérité est toujours dictée par Votre Justice. J'ai besoin de me rappeler qu'il est impossible que rien de souillé et d'imparfait puisse entrer dans l'essence divine. Je considère donc de plus près la robe nuptiale dont ces âmes sont revêtues, et je la vois couverte d'une infinité de petites taches qui en ternissent l'éclat et la beauté; je comprends alors, ô mon Dieu, que ces taches n'ayant point été consumées par le Feu de la Charité, elles doivent l'être par les flammes du Purgatoire. Je comprends que si ces taches paraissent peu considérables à nos yeux, c'est que nous n'avons pas une assez haute idée de Votre Sainteté.... C'est le nombre de ces taches, Seigneur, qui provoque Votre sévérité, c'est l'abondance des lumières et des moyens de sanctification que Vous avez accordés à ces âmes, et dont elles n'ont pas profité, qui les rend plus coupables. Il n'est donc personne qui puisse espérer d'échapper à cette purification douloureuse qui nous est préparée dans le Purgatoire; personne qui ne doive craindre... Dans quelle classe de pécheurs dois-je me mettre, ô mon Dieu ! C'est à ma conscience à répondre.

 

Résolutions et prière

 

Puisque je puis encore me soustraire aux souffrances du purgatoire, ou du moins en diminuer la durée ou l'intensité, je vais m'appliquer, ô mon Dieu, à mener une vie plus mortifiée, plus humble et plus pénitente. Je vais nourrir dans mon cœur le feu de Votre Divin Amour et l'alimenter à chaque instant par des sacrifices; je vais m'appliquer à supporter avec plus de patience les contradictions, les maladies, les privations auxquelles je serai assujetti malgré moi; je vais m'imposer des pénitences volontaires, qui me fassent expier les satisfactions criminelles auxquelles je me serai abandonné; je vais multiplier le nombre de mes bonnes œuvres, pour apaiser votre justice et obtenir grâce pour les âmes du purgatoire et pour moi. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

 

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8 novembre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Neuvième jour

Sur la durée des souffrances du purgatoire et l'oubli des vivants à l'égard des morts

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

Qu'il est redoutable, ô mon Dieu, ce feu vengeur et surnaturel allumé dans le Purgatoire pour suppléer à la pénitence que n'ont pas faite les pécheurs convertis, et pour faire expier aux justes les péchés même les plus légers dont ils se sont rendus coupables ! Mais si, revenant sur les méditations précédentes, je jette un coup d'œil sur les regrets que fait éprouver aux âmes du Purgatoire l'abus des grâces sans nombre qu'elles ont reçues, et des moyens de sanctification qui leur ont été prodigués ; si on joint à ce tableau la vue des péchés qu'elles ont commis ou fait commettre ; si on y joint surtout, ô mon Dieu, ce ver rongeur, ce tourment de l'amour qu'elles ont pour vous, et qui leur fait désirer si ardemment de s'unir à Vous, sans pouvoir l'obtenir : quelles souffrances peuvent être comparées à celles d'une âme du Purgatoire ? Il n'en est pas sur la terre, nous disent les Saints Docteurs, et cependant on peut encore y ajouter la longueur du temps que durent ces peines, et l'oubli dont nous nous rendons coupables envers elles.

I. Combien de temps doivent durer les souffrances des âmes du Purgatoire ? C'est le secret de la Divinité. Vous seul, ô mon Dieu, pouvez connaître la juste proportion qu'il doit y avoir entre les dettes que nous avons contractées envers Vous et la ferveur que nous avons mise à les payer. L'enseignement de votre Eglise ne nous apprend rien sur cela ; mais sa conduite toujours sage, toujours dirigée par Vous, a de quoi nous effrayer. Dès les premiers siècles, elle voulait qu'on fit des prières, qu'on chantât des Psaumes, qu'on offrît le Saint Sacrifice de la Messe, le troisième, le neuvième, le quarantième jour; qu'on fit même l'anniversaire et qu'on le répétât plusieurs fois... O vous qui gémissez depuis longtemps dans un lit de douleur, dites-nous s'ils passent vite les moments de souffrance ; dites-nous combien elle paraît longue la nuit qui vous laisse en proie aux gémissements et aux larmes. Il n'est pas jusques au sommeil paisible qu'on voit goûter aux autres qui ne fasse sentir plus vivement la peine d'en être privé On compte les heures, on attend le jour avec impatience, et quand il est arrivé, que de nouveaux genres d'inquiétudes et de tourments semblent se donner rendez-vous autour du malade !... Mille soucis, mille préoccupations l'agitent, les jours lui paraissent des années, et les années des siècles Que sera-ce donc dans le purgatoire, ô mon Dieu ! Où les maux sont si cruels ! Que sera-ce d'y rester plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois, plusieurs années, et même plusieurs siècles ! Or, l'Église permet les anniversaires séculaires, et elle nous fait entendre par-là qu'il y a des pécheurs qui, en compensation des peines de l'enfer qu'ils ont méritées par leurs péchés, feront pénitence dans le Purgatoire pendant plusieurs siècles, et même jusques à la fin du monde. Justice infinie de mon Dieu, que vous êtes redoutable, et que nous sommes aveugles d'y penser si peu ! A quoi pensons-nous donc, et que peut-il y avoir qui soit plus digne de notre attention, qui demande de notre part plus de prévoyance ? Réveillez, Seigneur, toute mon attention sur ces vérités importantes et pratiques ; faites que je les médite pour moi, qui puis encore les mettre à profit, et pour les âmes du Purgatoire que je puis soulager, et que j'ai trop oubliées jusqu'à présent : oubli que je dois me reprocher, pour l'éviter à l'avenir.

II. Les âmes du Purgatoire savent, comme nous et mieux que nous, la facilité que nous avons de les soulager et d'abréger le temps de leurs souffrances ; elles voient de temps en temps des compagnes de leur malheur, qui sont délivrées par les prières des vivants, par le Saint Sacrifice de la Messe, par toutes sortes de bonnes œuvres. Quel redoublement de peines elles doivent éprouver en voyant qu'on les oublie ! Ecoutons le langage que leur prête l'Église dans ses offices : « Ayez pitié de nous, vous qui êtes nos amis, parce que la main redoutable du Tout-Puissant nous a frappés; vous nous avez donné tant de marques d'attachement, d'intérêt et de tendresse pendant la vie, ne vous resterait-il aucun sentiment de compassion après notre mort, dans le moment où nous en aurions plus besoin ?... Ayez pitié de nous, vous qui par vos conseils, vos exemples, vos négligences à veiller sur notre conduite, avez contribué à prolonger nos souffrances dans ce lieu d'expiation !... Ayez pitié de nous, vous qui partagiez nos plus douces jouissances, nos fêtes brillantes, nos repas somptueux, ces plaisirs frivoles, s'ils n'étaient pas criminels, dont nous expions ici les fausses et coupables délices !... Ayez pitié de nous, vous qui habitez nos maisons, qui possédez nos champs ! Pourriez-vous nous oublier, tandis qu'il vous est impossible d'ouvrir les yeux, de faire un pas, d'entretenir une conversation sans que notre nom et nos bienfaits se présentent à vous ?.... Ayez pitié de nous, vous qui avez hérité de notre fortune, et que nous avons spécialement chargés, par des legs et des fondations, de faire acquitter le saint sacrifice de la messe, et de distribuer des aumônes aux pauvres, pour obtenir le repos après lequel nous soupirons! comment ne rougissez-vous pas de nous oublier, de nous refuser une si petite portion des biens que nous vous avons laissés... Ayez pitié de nous, vous qui pleurez encore notre mort, qui nous érigiez des monuments couverts d'éloges fastueux ! Eh! que nous importent aujourd'hui ces vains arrangements de mots, ces monuments de marbre et d'airain ? Ni vos larmes, fruit de la sensibilité, ni vos pompes funèbres, inspirées par l'amour propre, ni vos éloges mensongers, ne peuvent nous être utiles et soulager nos maux : quelques prières ferventes, quelques larmes de pénitence, quelques aumônes versées dans le sein des pauvres, mais principalement le saint sacrifice de la messe que vous feriez offrir pour nous, voilà ce qu'il nous faut, voilà ce qui nous consolerait, voilà ce qui adoucirait nos douleurs, voilà ce qui abrégerait le temps de nos souffrances ». Ai-je pensé, ô mon Dieu ! Que les âmes qui m'adressent un langage si touchant sont celles de mes parents, de mes amis, de mes bienfaiteurs, de ce père et de cette mère qui m'étaient si chers ?.... Ai-je pensé que c'est tel N. ou tel N. morts depuis longtemps peut-être, dont j'habite la maison, dont je possède les biens, et envers lesquels j'use de prescriptions pour me délivrer des obligations qui m'ont été imposées ? Ai-je pensé que c'est l'âme de tel N. mort depuis peu, que j'aimais, que j'aime encore, qui cherche à remuer mon cœur, à réveiller ma foi, à invoquer ma générosité ? Pourrais-je négliger encore les sacrifices qu'ils me demandent ? Non, Seigneur, je ne serai pas insensible à ces tendres reproches....

Résolutions

Je Vous remercie, ô mon Dieu, de m'avoir rappelé des obligations qu'il est si facile de perdre de vue : cette Octave des morts a fait sur moi une vive impression. Pendant le reste de ce mois de Novembre, en m'instruisant de plus en plus sur la Charité envers les morts, je continuerai à offrir mes prières, mes communions, le Saint Sacrifice de la Messe auquel j'assisterai, les indulgences que je gagnerai, et généralement toutes les bonnes œuvres que je ferai, pour le soulagement des âmes du purgatoire. Tous les Lundis je prierai spécialement pour elles. Le premier Lundi de chaque mois surtout, je redoublerai de zèle et de ferveur pour obtenir leur délivrance. J'assisterai au Saint Sacrifice de la Messe à cette intention; je relirai une des méditations propres à me rappeler cet important devoir, et la résolution que je prends de le remplir avec plus de fidélité. J'y trouverai le double avantage que je me suis promis pendant cette Octave, celui de soulager mes frères, et celui de me préserver, du moins en partie, des souffrances que j'éprouverais dans ce séjour de douleur, si je n'avais pas fait une sévère pénitence de mes péchés.

Prière

Bénissez, ô mon Dieu, les saintes et salutaires dispositions que Vous m'inspirez. Et Vous, Vierge Sainte, Mère des affligés, obtenez-moi la grâce de les avoir sans cesse devant les yeux. Mon bon Ange gardien, donnez-moi de temps en temps quelques-uns de ces avertissements intérieurs qui sont si intimes, si touchants, si efficaces quand on s'y rend attentif. Mon Saint Patron, Saints et Saintes du paradis, veillez sur nous, priez pour nous, afin que nous profitions de vos leçons et de vos exemples. Ames souffrantes dans le Purgatoire, qui pouvez obtenir pour nous de nouvelles grâces et de nouvelles faveurs, quoique vos prières soient devenues sans mérite et sans force pour vous, priez pour nous au milieu de vos peines; nous travaillerons sans relâche à les abréger, et à vous ouvrir les portes du ciel où nous avons la confiance que vous nous restituerez au centuple tout ce que nous aurons fait pour vous. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mous des Ames du Purgatoire.

 

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17 novembre 2012

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

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Dix-huitième jour

Quels sont les différents moyens de soulager les morts

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

Le Dieu de bonté et de Miséricorde a établi une alliance de prières et de bonnes œuvres entre tous les membres de Son Eglise, dans le Ciel, sur la terre et dans le Purgatoire: c'est la Communion des Saints que proclame le Symbole des Apôtres. En vertu de cette union nous pouvons soulager nos frères souffrants dans le Purgatoire; le Seigneur a pour agréable tout ce que nous faisons en leur faveur, il l'accepte comme une dette payée; il est satisfait, il se relâche des droits de Sa Justice en voyant la Charité qui nous anime pour demander grâce les uns pour les autres. C'est un bon père que l'amour filial désarme en faveur d'un enfant coupable, lorsqu'il est sollicité par ses autres enfants. Économie admirable de la justice et de la clémence divine! Justifia et fax oscuJatœ sunt. Le grand-prêtre Aaron, voyant que Dieu, irrité contre son peuple, avait fait sortir des entrailles de la terre un feu dévorant qui en avait fait périr plus de quatorze mille, courut au milieu du peuple, que le feu continuait d'embraser, offrit l'encens à Dieu, et, se tenant debout entre les morts et les vivants, il pria pour le peuple et la plaie cessa. Exemple admirable qui doit exciter notre zèle et notre piété, puisque les lumières de la Foi nous montrent une multitude innombrable d'âmes dans le Purgatoire qui n'ont ni Sacrifice, ni Prêtre, ni Autel pour offrir l'encens à Dieu. Sur la terre un pécheur peut, avec la grâce du Seigneur, secouer et briser les fers dont le péché l'accable: mais les âmes du Purgatoire ne peuvent rien ni par elles-mêmes, ni par le secours de la Grâce; elles ont besoin de notre ministère pour sortir de leur prison; c'est à nous de les délier, de les élargir. Les laisserions nous dans un si grand besoin sans nous empresser de les en tirer? songeons que leurs chaînes sont de feu, et que, par conséquent, il n'y a point de temps à perdre pour les leur ôter. D'ailleurs ne serait-ce pas la plus grande cruauté, la plus insigne ingratitude de notre part, de ne pas répondre aux vues miséricordieuses de notre Père Céleste, à qui Sa Justice ne permet plus de pardonner à ces âmes, mais qui nous donne le pouvoir de satisfaire pour elles? Oh quel pouvoir! Le mépriserions-nous!

Nous contribuons en deux manières à la délivrance des âmes du purgatoire; par voie d'intercession et par voie de satisfaction. La première manière renferme le saint sacrifice de la messe et la prière : car tout le corps mystique de l'Église peut réunir son intercession commune en faveur des morts, et il le fait dans le saint sacrifice de la messe. Chaque membre de l'Église peut aussi employer séparément son intercession pour les morts; et c'est ce qui arrive lorsque quelqu'un en particulier adresse pour eux des prières au Père des miséricordes. La seconde manière de soulager les morts, c'est-à-dire par voie de satisfaction , renferme le jeûne et l'aumône. Par le jeûne , et par tout ce qu'on appelle les pénitences afflictives, nous pouvons diminuer la peine que doivent les morts à la justice divine; et par l'aumône, nons pouvons la racheter, cette peine. Cependant , ces compensations ne sont acceptées de Dieu que par manière de suffrage, ainsi que s'exprime l'Église, parce qu'il n'y a pas de proportion entre les peines qu'impose aux morts la justice divine, et celles qu'elle accepte en échange de la part des vivants. La justice divine ne condamne les hommes en ce monde qu'à de légères peines : Maintenant il ne punit pas les crimes dans sa sévérité (Job). Dans l'autre vie, Dieu exerce sa justice avec la dernière rigueur : Je vous dis en vérité, vous ne sortirez point de là que vous n'ayez payé jusqu'à la dernière obole. (Matt.) C'est donc toujours une grâce quand le Seigneur reçoit les peines de cette vie pour compenser les peines de l'autre vie. Il n'a pas coutume de rejeter cette compensation; mais il est en droit de le faire. Il ne nous reste donc que de prier avec instance qu'il veuille bien ne la point refuser.

Voilà pourquoi les Saintes Écritures ne nous disent rien de plus, sinon de prier pour les morts: tout ce que nous faisons pour eux se doit rapporter là. Ainsi jeûnons, mortifions notre chair, donnons l'aumône, mais prions toujours en même temps la Miséricorde du Seigneur, afin qu'elle daigne agréer ces offrandes, si inférieures aux dettes dont nous sollicitons la remise pour nos frères. Unissons encore et nos offrandes et nos prières au Sang de Jésus Christ qui demande beaucoup plus efficacement que nous. Une des vertus de ce Sang Adorable est d'ouvrir les prisons à tant d'âmes enchaînées que dévore une soif ardente de voir Dieu, et que l'impuissance de se délivrer par elles-mêmes retient dans les fers. C'est Vous qui, par le Sang de Votre Alliance, avez fait sortir les captifs du fond du lac qui était sans eau. (Cf. Zacharie) N'oublions pas que, quoique les Fidèles condamnés au Purgatoire soient morts dans la Grâce, il s'en trouve néanmoins parmi eux qui ont négligé de prier pour les morts, et qui, par rapport à eux-mêmes, ont mieux aimé remettre après la mort à satisfaire pour leurs péchés, que d'y satisfaire pendant la vie. Par cette conduite ils ont mérité que le Seigneur leur refuse la Grâce qu'Il accorde aux autres, en considération de nos prières. Si nous voulons donc soulager ces morts, il faut prier pour eux avec plus d'instance, parce qu'ils sont bien plus indignes d'avoir part aux trésors de Miséricorde que Dieu dispense dans le Purgatoire, que les âmes qui furent autrefois et plus miséricordieuses envers les autres et plus précautionnées pour elles-mêmes.

Résolution

Puisque l'intérêt de Dieu, celui des âmes souffrantes et le nôtre nous font une obligation de prier pour les morts, prenons la résolution de nous éclairer sur la manière de remplir avec le plus de fruit cet important devoir. Pensons souvent à cette qualité de sauveurs que Dieu daigne nous accorder, et usons de ce pouvoir qui nous procurera d'abondantes bénédictions, en même temps qu'il apportera d'indicibles soulagements aux âmes du purgatoire.

Prière

Je Vous rends mille actions de grâce, ô mon Dieu, de nous avoir accordé le pouvoir de soulager nos frères souffrants par des moyens si faciles. Nous ne pouvons mieux exprimer notre reconnaissance, Seigneur, qu'en faisant usage de ce pouvoir; qu'en exerçant la qualité glorieuse de sauveurs, que Vous daignez nous faire partager avec Votre Sivin Fils, par les seuls mérites duquel nos œuvres peuvent vous être agréables et apporter du soulagement aux âmes du Purgatoire. Gloire à Dieu et à Jésus-Christ pour tous les bienfaits dont est comblée la Sainte Eglise! Ainsi soit-il.

Exemple

Nous n'avons jusqu'à présent rapporté aucune des nombreuses révélations concernant le Purgatoire que racontent des écrivains respectables; mais nous lisons dans la vie de Saint Thomas d'Aquin un fait rapporté par un auteur contemporain, et qui ne peut étonner dans la vie d'un Saint comblé de tant de faveurs extraordinaires; nous allons le copier parce qu'il est extrêmement propre à nous prouver combien nous pouvons aisément soulager les âmes du purgatoire, si nous sommes persévérants à intercéder pour elles. Un jour que Saint Thomas répandait dans l'oraison son âme devant Dieu, avec autant de confiance que d'humilité, sa sœur, morte depuis peu abbesse de Sainte Marie de Capoue, lui apparut pour lui apprendre qu'elle était en Purgatoire, et le prier de l'aider par ses sacrifices à satisfaire à la Justice de Dieu. Le Saint le fit; il ajouta plusieurs mortifications aux prières qu'il offrit et qu'il fit offrir pour elle. Après quelques jours sa sœur se montrant à lui une seconde fois, l'assura qu'elle était déjà dans la Gloire, et le remercia de ce qu'il avait fait pour lui en avancer la possession. Il lui demanda quel était l'état de ses deux frères déjà morts. Elle lui répondit qu'un des deux était en Paradis, et l'autre encore dans le Purgatoire. Saint Thomas demeura d'autant plus consolé, qu'il y avait longtemps que l'incertitude du Salut de ses frères affligeait sensiblement son cœur. Depuis leur mort il n'avait cessé de solliciter la Divine Bonté de lui faire connaître quel était l'état de ces âmes, pour lesquelles il offrait tous les jours les Saints Mystères. Dieu voulut bien marquer, par une double faveur, combien ses prières et sa Charité Lui étaient agréables, puisqu'il lui avait déjà accordé le salut d'un de ses frères, et qu'il lui envoyait sa sœur pour l'en assurer. Cette sœur, qui lui apparut, était la même qui, s'étant chargée de le détourner d'entrer en Religion, fut persuadée par son frère d'y entrer elle-même. Ainsi la Charité fraternelle de Saint Thomas procura un double avantage à sa sœur en l'arrachant pendant sa vie aux vanités du siècle, et en abrégeant les peines du Purgatoire après sa mort.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

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6 novembre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Septième jour

Sur la peine que les âmes du purgatoire endurent par la vue des bienfaits de Dieu

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

J'adore, ô mon Dieu, l'équité de Vos jugements, qui éclate dans Vos châtiments aussi bien que dans Vos récompenses. Vous ne laisserez aucune de nos œuvres sans la punir ou la couronner dans la vie future. Tous nos pas, toutes nos paroles seront comptés : un verre d'eau donné pour l'amour de Vous aura une gloire éternelle pour récompense, et toutes nos infidélités nous seront reprochées. Ce n'est pas seulement sur les péchés que nous avons commis que Vous exercerez Votre Jugement. Vous nous rappellerez le souvenir des grâces que Vous nous aurez accordées, et Vous nous demanderez compte des fruits qu'elles auront produits en nous. Les Saints conserveront dans le Ciel ce précieux souvenir, ils seront pénétrés d'un transport éternel d'amour et de reconnaissance, en considérant Vos Miséricordes. On conservera aussi dans le Purgatoire la mémoire de Vos bienfaits; mais cette vue, si douce pour les Bienheureux, ne sera qu'un sujet de regret et de douleur pour les âmes qui auront abusé de Vos Dons précieux. Je vais, ô mon Dieu ! Méditer devant vous l'étendue de cette souffrance, afin de me l'épargner à moi-même, et de soulager les âmes qui l'éprouvent en ce moment.

I. On méditera dans le Purgatoire, et l'on méditera sans distraction, sur les faveurs qu'on aura reçues de Dieu, et sur l'ingratitude avec laquelle on les aura méprisées. Toutes les grâces reviendront à la pensée ; on comprendra alors combien l'on s'est rendu coupable, en dédaignant les trésors de la Divine Bonté. Il me semble entendre, ô mon Dieu, la voix d'une âme qui fut autrefois l'objet de Votre Prédilection, et qui gémit sur l'abus des grâces intérieures qui lui ont été prodiguées. « Que sont devenus, s'écrie-t-elle dans sa douleur, ces temps heureux, où Dieu me parlait au cœur, comme un tendre père parle à l'enfant qu'il aime. Avec quelle bonté Il m'invitait à Lui donner mon amour, à m'occuper de Lui, à retrancher ce défaut, à lui faire ce sacrifice ! » J'entendais ces inspirations et je reconnaissais la voix de Sa Grâce; mais j'ai endurci mon cœur, et j'ai refusé de ré pondre à Ses desseins. A quoi ont servi tant de remords qui m'ont reproché mes fautes ? Tant de bons désirs, de saints attraits que l'Esprit Saint a formés en moi ? Je versais quelques larmes; je prenais des résolutions aux pieds du Seigneur, et je les oubliais presque aussitôt pour suivre mes penchants, sans être arrêté par la crainte de Lui déplaire. Combien de fois ne m'a-t-Il pas invité à me livrer au saint exercice de l'oraison, pour entendre ses leçons, lui exposer mes besoins, puiser dans le trésor de Ses Grâces ! Je me suis rendu tous ces secours inutiles, par mon peu de ferveur; je n'ai pas voulu répondre à l'Amour de mon Dieu, et maintenant je ne sens plus que le poids de Son indignation... » C'est ainsi que la connaissance des bienfaits de Dieu, qui doit faire notre bonheur dans le Ciel, devient dans le Purgatoire le tourment des âmes qui n'ont pas voulu y correspondre. Prévenons ce tourment en disant à Dieu du fond de notre cœur : « Dieu de bonté, qui exercez depuis si longtemps sur moi Votre Clémence, Vous me faites la grâce de reconnaître mon portrait dans ce tableau que Votre Lumière me découvre. Et moi aussi j'ai souvent endurci mon cœur contre la voix de Votre Grâce. Attendrai-je, pour réparer ce malheur, le temps où les remords seront sans fruit, et les satisfactions sans mérite. Non, mon Dieu, je veux m'appliquer dès ce moment, par mon repentir, ma reconnaissance et ma fidélité à Votre Grâce, à réparer l'abus que j'ai fait de Vos Dons. Pénétrez mon cœur du souvenir de Vos bienfaits et de mon ingratitude. Conservez-y toujours ce double sentiment, pour me servir d'aiguillon dans Votre service, et faites que je sois sans cesse occupé sur la terre à Vous témoigner ma reconnaissance, pour que je puisse encore chanter Vos Miséricordes dans l'éternité ».

II. On considérera dans le Purgatoire toutes les grâces qu'on aura reçues durant la vie ; grâces intérieures, qui n'auront été aperçues que par le cœur, ou plutôt, ô mon Dieu ! Qui n'auront été bien connues jusqu'alors que par Votre Miséricorde infinie; car qui peut savoir tout ce que Vous opérez dans une âme que Vous voulez attirer à Vous ? Grâces extérieures : c'est ce qui me reste à considérer en Votre présence, afin de mieux comprendre les regrets qu'on se prépare quand on ne profite pas de Vos Dons. Quelle longue suite de bienfaits se présente à ma pensée, Divin Jésus ! Lorsque je me représente les moyens que Vous avez établis pour nous appliquer les mérites de Votre Précieux Sang ! A peine m'aviez-Vous accordé le bienfait de l'existence que Vous m'avez rendu par le baptême l'enfant de Dieu et de l'Église, Votre frère, Votre membre, et le cohéritier de Votre Gloire; des parents chrétiens, des maîtres zélés ont dirigé mes pas dans la voie de Vos commandements. Vous m'avez donné dès ma jeunesse un confesseur charitable, dont les avis auraient dû opérer en moi les plus heureux effets ; Vous me prodiguiez des instructions qui auraient produit des fruits au centuple dans une terre moins ingrate ; la voix de Vos ministres, de saintes lectures, des exemples édifiants, des conseils salutaires me pressaient continuellement de Vous servir avec plus de fidélité, et j'ai résisté à toutes ces invitations. Combien de communions qui devaient enrichir mon âme des vertus renfermées dans Votre Cœur Adorable, et qui me sont devenues inutiles par mon peu de préparation et de recueillement ! Vous me conduisiez dans la retraite pour me faire entendre Votre voix avec plus de force; tantôt Vous me ménagiez des occasions de me recueillir, et Vous communiquiez à ceux que Vous m'aviez donnés pour guides des lumières plus pénétrantes sur mes besoins, un zèle ardent pour me retirer de ma langueur; et moi, je me dérobais à leur vigilance, afin de me perdre plus aisément; j'arrêtais Votre main bienfaisante, en persévérant dans ce défaut qui Vous fermait mon cœur. Où serais-je, ô mon Dieu, si Votre Bonté n'avait surpassé ma malice ; ces flammes dévorantes auraient-elles suffi pour me faire expier mon ingratitude, si Vous m'aviez retiré, comme je le méritais, les grâces qui m'ont retenu sur le bord de l'abîme éternel ? Ah ! comment ai-je pu Vous aimer si peu, Vous qui ne cessiez de me combler des marques de Votre Bonté et de Votre Miséricorde ? Comment ai-je pu, pour une légère satisfaction, pour ne pas m'imposer un peu de contrainte, un faible sacrifice, consentir à Vous déplaire et me mettre dans la nécessité de demeurer éloigné de Vous ! Tels sont, dans le Purgatoire, les regrets d'une âme juste qui n'a pas toujours été fidèle aux grâces dont Dieu l'a comblée. Mais il faudrait aimer comme elle pour concevoir la douleur que ces remords lui font éprouver.

Prière

Faites-moi sentir, Seigneur, autant que j'en suis capable, cet amour qui pénétrera nos cœurs, lorsque nous connaîtrons Vos perfections adorables dans la vie future, afin que je puisse aussi gémir, comme je le dois, sur les ingratitudes dont je me suis rendu coupable envers Vous. Il me sera doux de pleurer maintenant l'abus de Vos bienfaits et de l'expier en portant Votre Croix, parce que ma pénitence unie à la Vôtre me rendra plus agréable à Vos yeux, et plus digne de Vos récompenses. Aidez-moi donc à prévenir des regrets stériles, par un repentir efficace, et purifiez-moi entièrement dans ce monde par la mortification, par l'amour, par la reconnaissance, afin que je ne sois point séparé de Vous quand je sortirai de cet exil, et que les effets de Votre Miséricorde ne soient jamais le sujet de ma condamnation. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mous des Ames du Purgatoire.

 

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5 novembre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Sixième jour

Sur la peine qu'on ressent en purgatoire, par la vue des péchés qu'on a donné occasion de commettre

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

C'est une satisfaction bien douce, aimable Jésus, pour les Saints, qui ont imité Votre zèle, de voir dans le Ciel des âmes qui leur sont redevables de la félicité qu'elles goûtent. Qu'il est consolant d'avoir travaillé à Vous gagner des cœurs, quand on sait combien Vous désirez d'allumer le feu de Votre Amour sur la terre ; mais qu'il est douloureux de penser qu'on a contribué à renverser Votre Empire, et à perdre les âmes qui ont coûté tout Votre Sang. Voilà Seigneur une des peines qui se font sentir dans le Purgatoire. Aidez-moi à la bien comprendre, et ne permettez pas que j'en fasse l'expérience dans ce lieu de douleur.

I. Une âme juste, qui Vous connaît et Vous aime, ô mon Dieu, comme on le fait dans la vie future, souffre un tourment bien rigoureux en voyant les iniquités qui la séparent de Vous. Elle souffre peut-être plus encore, en considérant les péchés qu'elle a fait commettre aux autres, parce que l'amour du prochain, se réunissant à l'amour qu'elle a pour Vous, augmente sa douleur, « O mon Dieu ! s'écrie-t-elle, si je n'avais offensé que Vous, je pourrais adoucir mes regrets en pensant que ces flammes me purifient de mes fautes; mais comment pourrais-je réparer le mal que j'ai fait à mes frères par mes mauvais exemples et mes conseils ? Je devais les porter au bien ; Vous m'aviez commandé de les aimer comme Vous nous avez aimés Vous-même; Vous, Seigneur, qui n'avez pas cru en faire trop, en descendant du Ciel et en donnant Votre Vie pour nous procurer le Salut. Mais au lieu de les sauver, j'ai travaillé à leur perte. C'est en marchant sur mes traces et en écoutant mes paroles, qu'ils se sont éloignés de Vous ». Mon Dieu ! dira cette personne chargée par état de veiller sur les âmes que la Providence avait confiées à sa garde : « Vous m'aviez donné des enfants, des serviteurs, des élèves. C'étaient là de précieux dépôts dont je n'ignorais pas que je devais un jour Vous rendre compte, et j'ai négligé d'en prendre soin. Mon peu de vigilance sur leur conduite, mon peu de zèle pour les instruire et les porter au bien, a été la cause de leurs chutes : j'ai laissé périr sans culture ces plantes que Vous aviez arrosées de Votre Précieux Sang. Si un grand prince m'avait confié l'éducation de ses enfants, je n'aurais rien négligé pour m'acquitter dignement d'un emploi si honorable. Vous êtes le Père de ceux dont Vous m'aviez promis de regarder comme fait à Vous-même tout ce que je ferais pour eux, et de récompenser mes efforts par une gloire éternelle. Que je suis coupable d'avoir si mal répondu aux vues de Votre Amour ! » Je plains, ô mon Dieu, le sort de ceux qui sont livrés à ces remords déchirants dans le Purgatoire; je Vous supplie d'exercer sur eux Votre Clémence, et de leur donner la paix et le repos. Mais ne pourrais-je pas m'adresser à moi-même de semblables reproches, et n'ai-je pas bien sujet de craindre les rigueurs de Votre Justice, si je ne profite pas des lumières que Votre Bonté me donne en ce moment ? Pardon, Seigneur, de tant de scandales et d'omissions dont je me suis rendu coupable ; aidez-moi à les expier par mon repentir, et à réparer le tort que j'ai fait à Votre Gloire, en m'appliquant avec zèle à procurer le salut de mon prochain.

II. Je n'ai pas encore compris, ô mon Dieu! tout ce qu'il y a de pénible dans les regrets d'une âme qui gémit en purgatoire, sur les péchés dont elle a été la cause. La vue des maux que ces fautes ont attirés sur ceux qui les ont commises, est encore pour elle un tourment bien digne d'exciter notre compassion. Pour qui cette âme a-t-elle été une occasion de scandale et de chute ? Pour des frères, des sœurs, des amis ou des parents chéris, qui sont peut-être avec elle dans ce séjour d'expiation. Elle voit leurs souffrances, elle entend leurs plaintes ; combien elle doit souffrir elle-même en songeant qu'elle est la cause de leurs douleurs ! Mais si le scandale avait été donné dans une matière importante, si l'âme, qui l'a reçu, avait été précipitée dans un abîme éternel ! O mon Dieu ! je m'arrête et je frémis à cette pensée déchirante ; il n'est pas possible de concevoir et d'exprimer tout ce qu'il y a d'amer dans ce reproche de la conscience : « J'ai perdu une âme, elle criera éternellement vengeance contre moi, dans l'enfer ». Il y a encore sur la terre des amis, des frères vivants que l'on a portés au mal; ils continuent de suivre les exemples de cette âme ; elle sait qu'ils offensent Dieu, qu'ils sont en danger de se perdre ; elle sent qu'elle est l'auteur de tous ces maux ; et elle ne peut plus les arrêter.

Prière

Ah ! Seigneur, je conçois maintenant que mes offenses ne sont pas les seules qui doivent exciter mes craintes, et qu'on ne saurait répandre trop de larmes, quand on a eu le malheur de porter les autres à pécher. Je l'ai eu ce malheur, et je le déplore en Votre Présence ; mais je vais commencer une vie nouvelle avec le secours de Votre Grâce. Je m'efforcerai par mes paroles et par mes exemples de porter mes frères à Vous servir ; je veillerai avec plus de soin sur les âmes que Votre Providence à confiées à ma sollicitude, et je Vous demanderai souvent pour elles et pour moi le pardon et les grâces dont nous avons besoin. Bénissez mes résolutions, Divin Jésus ; faites passer dans mon cœur, pour les rendre efficaces, une partie du zèle qui consume le Vôtre, et recevez, pour la délivrance des âmes que Votre Justice retient captives, toutes les œuvres de Charité que je pourrai embrasser. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mous des Ames du Purgatoire.

 

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