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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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6 novembre 2011

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

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Septième jour

La peine du ver ou du remords

 

Méditation

 

La seconde peine du purgatoire, plus grave encore que celle du feu, est celle du ver ou du remords que causent les fautes de la vie passée. L'âme jette trois douloureux regards sur son existence d'ici-bas, et le premier lui fait voir le mal qu'elle pouvait éviter et qu'elle a cependant commis. Combien de pensées, combien de sentiments mauvais qu'elle pouvait réprimer! Combien de paroles vaines et d'actes indécents qu'elle pouvait omettre ! Combien de faiblesses et de scandales dont elle pouvait se garder! Et, forcée de se reconnaître pour coupable tandis qu'il n'eût tenu qu'à elle de ne pas l'être, elle s'afflige profondément, moins à cause du mal qu'elle s'est fait à elle-même que par la pensée du déplaisir qu'elle a donné à Dieu. Oh! bienheureux vraiment celui à qui sa conscience ne reproche aucune faute! Veillons donc, ô chrétiens, afin de ne jamais tomber dans le péché. Par un second regard plus attentif, qui la pénètre profondément, l'âme voit le bien qu'elle pouvait pratiquer et qu'elle a omis. Que pouvait de plus le Seigneur pour lui faire porter des fruits de salut? Il l'avait fait naître dans le sein de la vraie foi, il l'avait douée d'intelligence et de liberté, il l'avait nourrie de ses sacrements, fortifiée par sa grâce céleste, encouragée par les exemples des bons. Aidée de tant de secours, elle devait parcourir à pas de géant la carrière de la sainteté et arriver à la plus haute perfection. Mais, malgré tout, elle s'est arrêtée souvent dans la voie, souvent elle n'a marché qu'avec lenteur: elle s'est refroidie pour les exercices de piété, elle a laissé échapper les occasions de bien faire, et n'a pas profité de bien des grâces du Seigneur. A la vue de tant de négligences, elle pleure et soupire, car elle ne peut désormais réparer le temps perdu. Quant à nous, chrétiens, nous pouvons encore le réparer par une plus grande ferveur et une inébranlable persévérance dans le service du Seigneur. Et pourquoi ne le faisons-nous pas? Enfin, en jetant un regard vers le ciel, l'âme voit la place qui lui est destinée dans le royaume éternel; mais en même temps elle reconnaît que si elle avait évité tant de fautes qu'elle pouvait éviter , fait tant de bien qu'elle pouvait faire, elle aurait dans le paradis un trône beaucoup plus glorieux; car il est certain que, puisqu'il y a beaucoup de demeures dans cette bienheureuse patrie, chaque degré de mérite augmente à proportion les degrés de gloire, et que plus dans cette vie l'âme s'approche de Dieu par la perfection, plus aussi dans l'autre son trône est voisin du sien. Voulons-nous donc, chrétiens, jouir de la plus grande gloire dans le ciel? Efforçons-nous d'être les plus vertueux et les plus parfaits sur la terre.

 

Prière

 

Faites-nous la grâce, Seigneur, de devenir, comme vous le désirez, parfaits et saints à votre image; de fuir tout ce qui est mal, d'avancer sans cesse dans le bien ; de mériter une belle place auprès de vous dans le paradis. Les âmes du purgatoire, pour l'avoir quelque peu négligé, en sont sévèrement punies, dans cette prison, par les regrets qui les déchirent sans relâche; apaisez leurs remords, ô Seigneur, en leur pardonnant leurs fautes, en leur remettant la peine, en les appelant à la couronne et à la gloire! Car il est trop amer le chagrin qu'ils nourrissent continuellement dans l'abîme.

 

Exemple

 

La baronne Sturton, en Angleterre, fit un jour venir le grand serviteur de Dieu, Jean Cornélius, de la Compagnie de Jésus, pour lui faire célébrer une messe à l'intention de Jean, son mari, qu'elle avait perdu. Pendant la messe, unité la consécration et le Mémento des morts, le prêtre fut ravi dans une longue extase, durant laquelle les assistants virent distinctement sur la muraille latérale de la chapelle «ne clarté ondoyante comme le reflet d'une flamme qui eût brûlé sous l'autel. A la fin de la messe, tout le monde était dans l'impatience d'apprendre de ce bon religieux pourquoi il avait été si long et d'où venait la réverbération si forte observée sur le mur. Alors le serviteur de Dieu, s'écriant: « Bienheureux ceux qui meurent dans le Seigneur », se mit à raconter qu'il avait vu une vaste enceinte où brûlait le feu le plus vif, au milieu duquel l'âme du baron faisait, avec les plus douloureux gémissements, la confession de sa vie passée et s'accusait des fautes qu'elle avait commises, et en particulier des dissimulations qu'elle s'était permises à la cour et dont elle était sévèrement punie; elle pleurait sur la perte des biens spirituels que des considérations humaines lui avaient fait négliger; elle implorait l'intercession des fidèles afin d'obtenir par leurs prières de la miséricorde divine une prompte délivrance. Le bon religieux accompagnait ce récit de larmes abondantes, et ceux qui l'écoutaient en prirent occasion d'éviter à l'avenir toutes sortes de péchés et de marcher avec plus de ferveur dans la carrière du bien. Imitons leur exemple, et pensons qu'il vaut mieux mener à présent une vie plus régulière et plus parfaite que de regretter en vain dans le purgatoire d'y avoir pensé trop tard.

 

Récitons à l'intention des fidèles trépassés cinq Pater, Ave et Requiem, en mémoire de la passion de Notre Seigneur Jésus-Christ; supplions le Père éternel d'avoir pitié de leurs âmes en vue du sang répandu par son divin Fils, et, pour cela, répétons cinq fois l'oraison jaculatoire: « Miséricorde, ô Père Eternel, par le Très Précieux Sang de Jésus-Christ ». Puis, réciter un Notre Père, un je Vous salue Marie et un Requiem aeternam.

 

Suffrage

Dans les réunions avec nos amis et parmi les divertissements de la société n'oublions pas ceux qui ne sont plus, mais faisons-les-y participer en leur donnant quelque secours spirituel.

 

Le pieux archiprêtre d'Arona, Gratien Punzoni, quand il réunissait quelques amis, faisait mettre une certaine quantité de dragées sur la table de jeu; tour à tour ceux qui gagnaient en prenaient quelques-unes, et celui à qui restait la dernière était obligé de dire des messes ou de faire quelque autre bonne œuvre pour les défunts. De cette manière, le jeu n'était pas un danger ou une source de remords, il servait au contraire aux vivants d'honnête récréation, et de soulagement aux âmes du purgatoire. Efforçons-nous de sanctifier aussi nos sociétés par la dévotion pour les morts; ils y seront d'autant plus sensibles que, par une exception bien rare, ils la devront à la joie même des réunions mondaines.

 

Psaume 129

 

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel !

Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière!

Si tu retiens les fautes, Seigneur Seigneur, qui subsistera?

Mais près de toi se trouve le pardon pour que l'homme te craigne.

J'espère le Seigneur de toute mon âme; je l'espère, et j'attends sa parole.

Mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur ne guette l'aurore.

Plus qu'un veilleur ne guette l'aurore,

attends le Seigneur, Israël.

Oui, près du Seigneur, est l'amour; près de lui, abonde le rachat.

C'est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes.

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit,

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Seigneur, donnez-leur le repos éternel;

Et faites briller pour eux la lumière qui ne s'éteint jamais.

 

Des portes de l'enfer arrachez leurs âmes, ô Seigneur!

Qu'ils reposent en paix. Ainsi soit-il.

 

Seigneur, exaucez ma prière,

et que mon cri parvienne jusqu'à Vous !

 

Prions

 

O Dieu, créateur et rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leurs péchés, afin qu'elles obtiennent, par nos très humbles prières, le pardon qu'elles ont toujours attendu de votre miséricorde; vous qui vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel, et faites briller sur eux la lumière qui ne s'éteint jamais,

Qu'ils reposent en paix. Ainsi soit-il.

 

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27 octobre 2011

Le Serviteur de Dieu René Giraudet

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Le Serviteur de Dieu René Giraudet

« Volontaire pour le Christ »

1907-1945

 

René Giraudet est né à Luçon le 4 décembre 1907. Il est ordonné prêtre le 19 décembre 1931 en la chapelle des missions étrangères de Paris. Il est nommé vicaire de Saint-Hilaire-de-Loulay le 5 mars 1932. Il est nommé curé de Saint-Hilaire-du-Bois le 24 janvier 1942. Devant le refus constant des Autorités allemandes d’autoriser la création en Allemagne d’une Aumônerie officielle des travailleurs français, l’abbé Rodhain, Aumônier général des Prisonniers de guerre, avec l’accord et les encouragements d’une partie de l’Episcopat de France, lance un appel aux prêtres volontaires pour partir en Allemagne comme prêtres-ouvriers clandestins. René Giraudet voit là la réalisation possible de son rêve missionnaire et le jeudi Saint 22 avril 1943, c’est le « droguiste » Giraudet qui part pour Berlin où il est accueilli par l’"ancien", l’abbé Bousquet et les responsables du mouvement d’Action Catholique. Après l’arrestation et l’expulsion de Bousquet, il devient l’Aumônier général Mouvement. La vague d’arrestation qui déferle de février à août 1944 ne l’épargne pas. Arrêté le 12 juin, et après 4 mois de prison, il est envoyé à Sachsenhausen où il retrouve la plupart des militants arrêtés, puis à Bergen-Belsen, le « mouroir ». Ce camp, ravagé par le typhus, est libéré par les Britanniques le 15 avril 1945 - parmi les membres de la Mission Vaticane envoyée sur place, René Giraudet reconnaît un confrère vendéen, l’abbé Charles Hauret - celui-ci le fait rapatrier. Arrivé à Paris le 11 juin, il rend son âme à Dieu à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre le lendemain 12 juin. Après une poignante veillée funèbre dans la chapelle de l’Aumônerie générale, rue du Cherche-midi et des obsèques solennelles aux Invalides, présidées par le Cardinal Suhard, Archevêque de Paris, René Giraudet rentre chez lui, accueillit dans sa paroisse par tout un peuple. Les funérailles, présidées par Monseigneur Cazaux, Evêque de Luçon, sont célébrées dans son église le 18 juin suivi, le même jour, par l’inhumation dans le cimetière de Chantonnay. La commémoration oeucuménique des témoins de la foi du XXème siècle qui a réuni, le dimanche 7 mai 2000, au pied du colisée, les différentes confessions chrétiennes autour du pape Jean Paul II n’était pas une canonisation. René Giraudet fait partie d’un groupe d’une cinquantaine de prêtres, religieux, séminaristes, scouts et jocistes victimes du nazisme dont la canonisation comme martyrs de la foi est en préparation depuis 1989.

 

Un livre pour en savoir plus :« 51 martyrs français dans le Reich nazi », de Reimund Haas et Elisabeth Tillmann, édition spéciale pour les JMJ de Cologne 2005 (Cercle d’Initiative Martyrs Français). L’action de l’abbé Giraudet à Berlin y est largement évoquée.

 

Dates importantes de la vie du Père Giraudet

 

4 décembre 1907 : naissance à Luçon

8 décembre : baptême en la cathédrale

31 août 1925 : installation de la famille à Chantonnay

1er octobre 1925 : entrée au grand séminaire Luçon

24 septembre 1929 : entrée aux Missions Etrangères de Paris

19 décembre 1931 : ordination sacerdotale à Paris

27 février 1932 : vicaire St Hilaire de Loulay

8 février 1942 : Curé à St Hilaire du bois

30 Mars 1943 : rencontre avec le Père Rodhain à Paris.

23 avril 1943, arrivée à Berlin le Vendredi Saint

11 juin 1944 arrestation « pour apostolat interdit »

11 juin 1945 rapatriement en France et mort le 12 juin 1945 à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre.

 

Le Message du Père René Giraudet

 

Sa devise comme prêtre : « Avec le Christ, je suis cloué à la croix! »

Une expression : « vendredi saint tous les jours », il invite les jeunes à associer leurs souffrances à celle du Christ sur la croix.

Un symbole : l’ostensoir fabriqué par les jeunes du STO en forme de croix scout. Chaque mois, René Giraudet expose le Saint Sacrement pour la journée de récollection avec les jeunes.

Phrases-clef : « La jeunesse n’est pas faite pour le plaisir, elle est faite pour l’héroïsme »

« Il faut avoir de l’ambition de vivre avec un idéal qui flambe et illumine son voisinage, qui flambe au loin et illumine le monde. »

 

L'émission « Regards, Figures de Sainteté » que je vous invite à écouter ci après, a été réalisée par RCF Vendée.

Regards Figures de Sainteté Le père René Giraudet, volontaire pour le STO en Allemagne pendant la 2nde guerre mondiale. Une émission réalisée par RCF Vendée.

26 août 2011

La Vénérable Margaret Sinclair

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La Vénérable Margaret Sinclair

Religieuse de l'Ordre de Sainte Claire

1900-1925

 

Margaret Sinclair est née à Édimbourg, Ecosse, le 29 Mars 1900. Ses parents étaient de modestes ouvriers, son père, Andrew Sinclair, était balayeur de rue éboueur, et sa mère, Elizabeth Kelly, est mère au foyer, éduquant les nombreux enfants. Margaret aidera sa mère et agira si bien sur les caractères difficiles de ses frères et sœurs, que sa sœur Isabelle deviendra Petite Sœur des Pauvres. Par son tempérament, elle aimait le sport, les œuvres d'art et la beauté de la création. En août 1914, elle commence à travailler en tant qu'apprentie-française polisseuse, rapidement, on remarque sa parfaite conscience professionnelle, mais aussi son sourire et son silence. Elle fut membre engagée du syndicat de son métier. Un fiancé lui est présenté, mais il s'avère que l'individu est irreligieux et blasphémateur. Marguerite le repousse, car elle veut se donner totalement à Dieu. Le 22 Juillet 1923, elle entre au couvent des Clarisses Colletines de Notting Hill, à Londres, le plus pauvre des ordres religieux. Le 11 février 1924, elle prend l'habit religieux et reçoit le nom de Sœur Marie-Françoise des Cinq Plaies et deviendra sœur tourière, car elle exprime le désir de faire l'accueil des visiteurs et de quêter. Le 14 Février 1925, elle prononce ses voeux religieux. Le 9 avril 1925, après avoir contracté la tuberculose de la gorge, avec beaucoup de tristesse, elle entre au sanatorium de l'Essex. Digne émule de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, durant la période de sa maladie, elle ne se plaindra jamais de ses souffrances, même si elle est oubliée dans les soins. Elle remercie sans cesse, même dans les pires moments, et garde toujours le sourire. Lorsqu'elle est entrée dans la vie, le 24 Novembre 1925, un grand nombre des personnes souffrants de la phtisie qui s'étaient recommandés à ses prières furent guéris. Elle fut inhumée au Cimetière de Kensal Green de Londres. Le 22 Décembre 1927, en ouvrant sa cause de Béatification, l'Eglise l'a reconnue Servante de Dieu. Le 6 Février 1978 le pape Paul VI l'a déclarée Vénérable, reconnaissant qu'elle avait pratiqué les vertus à un degré héroïque Le concours des pèlerins venant à son tombeau et le nombre des grâces obtenues par son intercession sont un témoignage éloquent de la sainteté de sa vie.

 

Prière pour demander la béatification de la Vénérable Margaret Sinclair

 

Seigneur Jésus, qui avez doté Votre humble et toujours souriante vierge Margaret Sinclair, d'une part de Vos souffrances et de Votre zèle pour le Salut des hommes, accordez-nous, par sa glorification, d'avoir part à Votre Gloire, ô Dieu, qui vivez et régnez dans tous les siècles et les siècles. Ainsi soit-il.

 

Trois je Vous salue Marie, suivis de l'invocation : « Margaret Sinclair, priez pour nous ».

 

Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

17 novembre 2011

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Purgatoire 

Dix-huitième jour

On secourt les âmes du purgatoire par les saintes Indulgences

 

Méditation

 

Un autre moyen de venir en aide aux âmes du purgatoire, très efficace et qui remonte jusqu'aux temps apostoliques, c'est l'application des indulgences par lesquelles est remise la peine temporelle due au péché. Les mérites de Jésus-Christ, de Marie et des Saints en forment le précieux trésor; et comme ces mérites constituent une valeur infinie, les indulgences se peuvent accorder sans limite; mais l'économie en est réservée aux pasteurs de l'Église et surtout au souverain Pontife. II y a des indulgences pour les vivants, c'est-à-dire qu'on ne gagne que pour soi en accomplissant les œuvres prescrites; il y en a pour les morts, que les vivants peuvent appliquer aux âmes des trépassés. Combien bon se montre le Seigneur en multipliant les moyens de secourir le purgatoire! Parmi les indulgences, il en est de partielles quine remettent qu'une partie de la peine; il en est de plénières qui remettent toute la peine temporelle prescrite pour chaque faute dans les anciens canons pénitentiaux. Ainsi, si on gagne une indulgence partielle pour les âmes du purgatoire, on paie ordinairement une partie de leur dette: par une indulgence plénière, toute la dette est acquittée, et. délivrées de celte prison de feu, elles vont goûter l'éternel bonheur du paradis. Oh! qui de nous pourra faire tant de bien au purgatoire? Tous nous en avons la mission légitime, nous le pouvons tous pourvu que nous le voulions, et plus l'Église ouvre avec générosité ses trésors en faveur de ces âmes, plus nous sommes inexcusables de n'en point profiter. Toutefois, pour gagner les indulgences, même applicables aux défunts, il faut être en état de grâce et accomplir les œuvres prescrites. La première condition est donc de n'avoir aucun péché mortel, au moins quand on achève les œuvres prescrites; dans le cas contraire, il faudrait faire auparavant une bonne confession. La seconde condition est d'accomplir les œuvres, qui consistent pour le plus dans la confession, la communion et la récitation de quelques prières. Il faut noter que ceux qui ont l'habitude do se confesser tous les huit jours n'ont pas besoin de réitérer leur confession chaque fois qu'ils ont l'occasion de gagner une indulgence dans le cours de la semaine. Ainsi, le moyen des indulgences n'est pas seulement profitable aux défunts. il sanctifie encore nos âmes par la fréquentation des sacrements et l'exercice des vertus. Pensons donc à recueillir ce double fruit d'un si précieux moyen de salut.

 

Prière

 

Plus votre bonté se manifeste, Seigneur, dan les abondants moyens que vous nous donnez de venir en aide aux âmes du purgatoire, plus nous devons montrer de zèle à en profiter pour leur avantage et pour le nôtre. Les saintes indulgences sont un trésor sans bornes, toujours ouvert pour les vivants et pour les morts, et dont vous aimez à voir les fidèles s'enrichir. Nous formons donc, Seigneur, l'intention de gagner toutes les indulgences attachées à l'exercice de cette pieuse dévotion, et nous vous promettons d'en acquérir encore d'autres à l'avenir pour les âmes du purgatoire et pour nous-mêmes. Mais vous, Seigneur, prévenez-nous, accompagnez-nous, assistez-nous par votre grâce dans notre pieux dessein, afin que nous ne manquions jamais des dispositions sans lesquelles nous ne pourrions l'accomplir.

 

Exemple

 

Sainte Marie-Madeleine de Pazzi avait avec une grande charité assisté à ses derniers moments une sœur de son ordre qui était morte dans un état de haute perfection. Les religieuses s'étaient empressées non-seulement de réciter pour elle les offices ordinaires, mais elles lui avaient appliqué toutes les indulgences qu'elles pouvaient gagner dans la journée. Le corps était encore exposé dans l'église, et Marie-Madeleine, de la grille où elle se tenait,le regardait avec des sentiments de tendresse et de dévotion en priant pour le repos et la paix de la défunte. Tout à coup elle vit l'âme resplendissante de lumière sortir de cette froide dépouille et s'élever au ciel pour y recevoir la couronne de la gloire éternelle. La sainte ne put s'empêcher de crier: « Adieu, sœur; adieu, âme bienheureuse qui entrez dans le ciel avant que votre corps soit déposé dans la tombe! O bonheur! ô gloire! Dans les embrassements du céleste époux, souvenez-vous de nous qui soupirons sur la terre ». A ces paroles Jésus lui apparut pour la consoler, et lui dit que cette âme avait été si promptement délivrée du purgatoire et admise dans le ciel, par la vertu des saintes indulgences. Depuis lors la dévotion aux indulgences devint telle dans le monastère, qu'on se serait fait un scrupule d'en négliger une seule. Pourquoi une étincelle de cette ferveur ne s'allume-t-elle pas aussi dans nos cœurs? Imitons ces pieuses vierges dans leur zèle, et nous ne pouvons manquer de délivrer les âmes du purgatoire, si nous avons les dispositions requises-pour gagner les indulgences.

 

Récitons à l'intention des fidèles trépassés cinq Pater, Ave et Requiem, en mémoire de la passion de Notre Seigneur Jésus-Christ; supplions le Père éternel d'avoir pitié de leurs âmes en vue du sang répandu par son divin Fils, et, pour cela, répétons cinq fois l'oraison jaculatoire: « Miséricorde, ô Père Eternel, par le Très Précieux Sang de Jésus-Christ ». Puis, réciter un Notre Père, un je Vous salue Marie et un Requiem aeternam.

 

Suffrage

Efforçons-nous de suppléer, par le trésor des indulgences, à la misère extrême des âmes du purgatoire

 

La vénérable Marie de Quito vit en esprit, sur une grande place, une table couverte d'or, d'argent, de diamants, de perles et de toutes sortes de pierres précieuses; elle entendit en même temps une voix qui criait: « Ce trésor est à la disposition de tout le monde: que ceux qui en veulent en prennent pour s'en servir! » C'était l'image de l'immense trésor des indulgences, ouvert tous les jours par l'Eglise à l'avantage des fidèles. Si nous voulons donc en profiter pour nous ou pour les autres, cherchons à gagner des indulgences, et ne négligeons pas d'en appliquer aux âmes du purgatoire à qui elles sont si utiles, et qui les attendent avec tant d'impatience de notre charité.

 

Psaume 129

 

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel !

Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière!

Si tu retiens les fautes, Seigneur Seigneur, qui subsistera?

Mais près de toi se trouve le pardon pour que l'homme te craigne.

J'espère le Seigneur de toute mon âme; je l'espère, et j'attends sa parole.

Mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur ne guette l'aurore.

Plus qu'un veilleur ne guette l'aurore,

attends le Seigneur, Israël.

Oui, près du Seigneur, est l'amour; près de lui, abonde le rachat.

C'est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes.

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit,

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Seigneur, donnez-leur le repos éternel;

Et faites briller pour eux la lumière qui ne s'éteint jamais.

 

Des portes de l'enfer arrachez leurs âmes, ô Seigneur!

Qu'ils reposent en paix. Ainsi soit-il.

 

Seigneur, exaucez ma prière,

et que mon cri parvienne jusqu'à Vous !

 

Prions

 

O Dieu, créateur et rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leurs péchés, afin qu'elles obtiennent, par nos très humbles prières, le pardon qu'elles ont toujours attendu de votre miséricorde; vous qui vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel, et faites briller sur eux la lumière qui ne s'éteint jamais,

Qu'ils reposent en paix. Ainsi soit-il.

 

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18 novembre 2011

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

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Dix-neuvième jour

Dieu désire que nous fassions beaucoup de bonnes œuvres pour les âmes du purgatoire

 

Méditation

 

Les âmes du purgatoire furent durant la vie obéissantes à la loi de Dieu, justes dans leurs amours et victorieuses de leurs ennemis. Aussi le Seigneur les aime avec transport, il désire vivement les voir près de lui et leur tient préparées dans le ciel de glorieuses couronnes. Mais il doit, pour un temps, les traiter presque en ennemi et les punir avec une inflexible rigueur. Ainsi partagé entre les droits de sa justice et les tendres mouvements de sa miséricorde, il tourne tour à tour ses regards vers ces chères âmes, et vers nous qui pouvons les délivrer; et tandis que sa loi éternelle exige qu'il se montre irrité contre elles, son cœur plein d'amour et de miséricorde s'adresse à nous ; il les rejette, et il nous presse, nous sollicite, il va jusqu'à nous prier de faire cesser une pareille lutte, de lui faire une douce violence, de retenir sa main armée pour punir, de lui arracher la verge avec laquelle il châtie ces âmes qu'il aime. Et pourrons-nous refuser à Dieu ce qu'il demande? Quelle joie n'éprouva pas Abraham quand, obligé de sacrifier son fils Isaac, il sentit un ange lui arrêter la main? Combien Saül ne fut-il pas heureux quand son peuple, s'opposant à sa volonté, l'empêcha de mettre à mort le valeureux Jonathas? Nous serons encore bien plus agréables à Dieu si, nous opposant pieusement à sa justice qui punit les âmes du purgatoire, nous les venons soustraire aux châtiments dont il les accable. Mais aussi, combien nous blessons son cœur en nous montrant sourds à son désir et insensibles aux peines cruelles de ses filles chéries! Personne, dit-il avec d'inconsolables gémissements par la bouche de son prophète, personne ne s'oppose à ma colère, et ne calme la fureur de ma justice. Pourrons-nous entendre ces expressions du Seigneur et ne rien faire pour venir au secours des âmes du purgatoire? Sortons, chrétiens, de notre indifférence; unissons-nous à la miséricorde de notre céleste souverain, et faisons tout notre possible pour consoler son cœur dans ses chères filles C'est lui qui se pose en médiateur, c'est lui qui intercède pour elles! Nous, qui si souvent sommes obligés de nous prosterner à ses pieds pour obtenir ses grâces, oserions-nous ne pas faire aujourd'hui ce qu'il nous demande? Ah! qu'il n'en soit pas ainsi: agissons en dieux avec Dieu lui-même, et, par l'abondance de nos suffrages en faveur des défunts, engageons sa bonté de telle sorte, que non-seulement il ne puisse à l'avenir nous refuser ses bienfaits, mais qu'il les redouble et les multiplie comme il faisait avec Job, qui le priait pour ses amis.

 

Prière

 

Votre voix, Seigneur, parle avec trop d'autorité; vos désirs sont une loi trop sacrée pour nous, et puisque vous nous demandez de délivrer par nos suffrages les âmes du purgatoire et de les porter dans votre sein, nous sommes prêts à tout faire pour répondre aux vœux de votre cœur de père. Désormais nous ne voulons rien négliger, et si vous voyez, Seigneur, que notre charité se refroidit, daignez la réchauffer par votre grâce, afin que nous puissions réussir à briser ces chaînes de feu, et à procurer par nos suffrages l'éternelle félicité aux âmes, vos filles bien-aimées.

 

Exemple

 

Le jour de la commémoration des morts, Dom Bernardino Mendoza, voulant donner un témoignage de sa généreuse compassion pour le purgatoire, fit don à sainte Thérèse d une maison avec un jardin qu'il possédait près de Valladolid, pour y établir un monastère en l'honneur de la très-sainte Vierge Marie. Mais la sainte, occupée à foncier d'autres maisons religieuses, différa l'exécution de ce pieux désir, et dans l'intervalle Dom Bernardino fut mortellement atteint et succomba en peu d'instants. Sainte Thérèse en fut extrêmement affligée et le recommanda de toutes ses forces au Seigneur,qui daigna lui révéler que le généreux seigneur n'était pas en enfer, mais dans le purgatoire, dont il ne sortirait qu'au jour où l'on célébrerait la première messe dans le nouveau monastère. La sainte se hâta de partir pour Valladolid, afin de mettre la main à l'œuvre; mais, retenue à Avila par des affaires de grande importance, elle vit apparaître de nouveau le Seigneur, qui lui commanda de se débarrasser de toute autre affaire et de se hâter d'exécuter la pieuse intention du donateur, afin de le délivrer des flammes du purgatoire. La sainte, à cet ordre, envoya de suite à Valladolid le Père Julien d'Avila, pour préparer la fondation nouvelle, et, à peu de là, elle le rejoignit et fit commencer les travaux; mais comme les vastes proportions des bâtiments demandaient beaucoup de temps, elle fit bâtir une petite chapelle provisoire pour l'usage des sœurs qu'elle avait amenées. Cependant elle regrettait de ne pouvoir achever promptement la grande église, dans la crainte que jusque là l'âme de Dom Bernardino ne fût retenue en purgatoire: mais quelle ne fut pas sa consolation quand, à la première messe qui fut dite dans la chapelle, elle fut ravie en extase et vit Mendoza monter au ciel! Elle se réjouit de son bonheur, remercia le Seigneur de la sollicitude avec laquelle il s'était hâté de le délivrer, et devint d'autant plus dévote aux âmes du purgatoire, qu'elle avait appris à quel point le Seigneur s'y intéresse. Imitons sainte Thérèse, imitons Dieu lui même, et cherchons comme cette vierge séraphique à correspondre le plus que nous le pourrons aux intentions de la bonté divine qui désire ardemment voir les âmes du purgatoire arriver air bonheur.

 

Récitons à l'intention des fidèles trépassés cinq Pater, Ave et Requiem, en mémoire de la passion de Notre Seigneur Jésus-Christ; supplions le Père éternel d'avoir pitié de leurs âmes en vue du sang répandu par son divin Fils, et, pour cela, répétons cinq fois l'oraison jaculatoire: « Miséricorde, ô Père Eternel, par le Très Précieux Sang de Jésus-Christ ». Puis, réciter un Notre Père, un je Vous salue Marie et un Requiem aeternam.

 

Suffrage

Il est utile et convenable de consacrer au moins un jour par mois au soulagement des âmes du purgatoire

 

Sachant combien il est agréable à Dieu qu'on travaille à délivrer les âmes du purgatoire, le Père Jean Fabricius, de la compagnie de Jésus, parvint, à force de prières et de sollicitations, à obtenir des supérieurs du collège de Munster qu'ils fissent à un jour de chaque mois célébrer dans leur église un service solennel pour les défunts, avec des messes de requiem et d'autres pieux suffrages. S'il n'est pas possible à tous d'imiter un tel luxe de dévotion, tous du moins nous pouvons destiner un jour par mois à de bonnes œuvres, telles que réciter plus de prières, entendre la messe avec plus de dévotion, pratiquer quelque mortification du corps ou de l'esprit, nous approcher des sacrements, gagner des indulgences, appliquer en un mot toute la journée au soulagement des fidèles défunts. Formons donc aujourd'hui la résolution de consacrer un jour par mois à cette intention.

 

Psaume 129

 

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel !

Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière!

Si tu retiens les fautes, Seigneur Seigneur, qui subsistera?

Mais près de toi se trouve le pardon pour que l'homme te craigne.

J'espère le Seigneur de toute mon âme; je l'espère, et j'attends sa parole.

Mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur ne guette l'aurore.

Plus qu'un veilleur ne guette l'aurore,

attends le Seigneur, Israël.

Oui, près du Seigneur, est l'amour; près de lui, abonde le rachat.

C'est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes.

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit,

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Seigneur, donnez-leur le repos éternel;

Et faites briller pour eux la lumière qui ne s'éteint jamais.

 

Des portes de l'enfer arrachez leurs âmes, ô Seigneur!

Qu'ils reposent en paix. Ainsi soit-il.

 

Seigneur, exaucez ma prière,

et que mon cri parvienne jusqu'à Vous !

 

Prions

 

O Dieu, créateur et rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leurs péchés, afin qu'elles obtiennent, par nos très humbles prières, le pardon qu'elles ont toujours attendu de votre miséricorde; vous qui vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel, et faites briller sur eux la lumière qui ne s'éteint jamais,

Qu'ils reposent en paix. Ainsi soit-il.

 

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5 novembre 2011

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

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Sixième jour

La justice divine dans ses punitions

 

Méditation

 

Les saintes âmes du purgatoire ayant triomphé, pendant la vie, de leur infernal ennemi, il ne serait pas juste qu'après la mort elles tombassent entre ses mains pour y souffrir. Si Dieu permet que les justes eux-mêmes soient ici-bas tentés et tourmentés par ce malin esprit, il ne le permet pas après leur mort, parce que cette vie est un temps de combat et d'épreuve, tandis que l'autre est le terme et la récompense. Aussi est-ce Dieu lui-même qui allume et, par son souffle, entretient le feu du purgatoire dans lequel sont châtiés et purifiés ces élus de la grâce; et, bien qu'il les aime tendrement, il leur fait éprouver les effets les plus rigoureux de sa justice. Comment donc oserions-nous nous plaindre si de temps à autre, sur cette terre, Dieu nous visite par quelque tribulation? Un prophète dit que Dieu est dans le feu, et que, de même qu'un artiste fond et purifie l'or et l'argent dans le creuset, pour les couler ensuite dans le moule et en faire sortir un chef-d'œuvre, ainsi le Seigneur purifie les enfants de Lévi dans les flammes de la prison embrasée, pour les rendre dignes de lui; il les compare encore à un habile sculpteur qui ne cesse de promener le ciseau sur le marbre et redouble ses coups jusqu'à ce qu'il y ait imprimé l'image de l'original qu'il veut reproduire; ainsi, dit-il, Dieu redouble les coups de son inexorable justice sur ces âmes affligées, jusqu'à ce qu'il ait imprimé en elles une image de sa divine perfection, qui les rende dignes de la gloire éternelle du paradis: car, sans un trésor de mérites et sans une perfection consommée, on n'entre pas en paradis. Et que faisons-nous pour nous en rendre dignes? N'être pas tourmentées par les démons dans le purgatoire, est pour les âmes un titre de distinction et de complaisance; mais elles sentent plus vivement les coups du fléau qui les frappe, quand elles pensent qu'elles sont châtiées par la main de Dieu même, qui a tout leur amour. Seigneur, s'écrient-elles, nous vous remercions de la miséricorde qui nous préserve des griffes du dragon infernal; mais, hélas! qu'il est douloureux pour nous de voir sur votre visage la sévérité du juge plus que le sourire du père; de recevoir de votre main des atteintes vengeresses plutôt que l'étreinte d'un époux! La miséricorde s'est convertie en justice, et nous ne ressentons que les traits de votre juste colère. O Père! ô juge! ô vengeur! ô époux! ah! prenez pitié de ceux qui n'aiment et ne désirent que vous.

 

Prière

 

Ecoutez, Seigneur, écoutez ces voix qui sont celles de vos filles chéries. Rendez à votre visage la douceur et la sérénité; qu'un rayon de grâce et de clémence brille dans vos yeux; que votre main dépose la verge de la rigueur et de la colère; et, par un de ces traits de bonté qui vous font reconnaître pour le Dieu des miséricordes, amenez ces âmes souffrantes dans le lieu de votre béatitude éternelle. C'est là tout leur désir et c'est aussi le nôtre. Exaucez vos filles qui vous prient, exaucez vos serviteurs qui intercèdent pour elles, exaucez le purgatoire et la terre, en accordant le ciel à cet ardent désir de le posséder avec vous.

 

Exemple

 

Dans le couvent des Frères Mineurs de Paris, mourut un religieux surnommé l'Angélique, à cause de sa vie angélique; un docteur en théologie, qui avait été son confident intime, pensant que la haute perfection à laquelle il était arrivé l'avait fait, jouir immédiatement du bonheur céleste, s'abstint de célébrer les trois messes que, dans ce saint asile, chaque prêtre devait offrir pour chaque religieux défunt. Mais, combien trompeurs sont les jugements des hommes! ce religieux, tenu pour si parfait, tomba dans le purgatoire, où, n'étant pas secouru par les suffrages de l'ami dont il attendait les prières les plus ferventes, il lui apparut une nuit et lui reprocha son oubli avec l'expression de la plus vive douleur. Le docteur, étonné, s'excusa en disant qu'il n'eût jamais pensé qu'une perfection si sublime eût besoin des expiations du purgatoire. Personne ne comprend la sévérité des jugements de Dieu, ni la rigueur de ses châtiments. Les cieux mêmes ne sont pas purs à ses yeux, il voit des défauts dans les plus purs esprits, et il poursuit toute souillure et toute tache avec une justice si rigoureuse, qu'il emploie toute la vertu de sa toute-puissance pour purifier les âmes dans le feu le plus vif et les rendre dignes du paradis. Ces paroles firent repentir le religieux de sa négligence, et, les trois jours suivants, il offrit le saint sacrifice pour cette âme avec tant de ferveur, qu'il obtint sa sortie du purgatoire. Mais si la leçon fut utile au défunt, elle ne profita pas moins au bon religieux, qui dès lors travailla si sérieusement à sa sanctification, que, de sublime interprète qu'il était des divins mystères, il devint un modèle vivant de perfection chrétienne. Que cette leçon nous conduise aussi à la sainteté et nous rappelle au plus exact accomplissement de tous nos devoirs.

 

Récitons à l'intention des fidèles trépassés cinq Pater, Ave et Requiem, en mémoire de la passion de Notre Seigneur Jésus-Christ; supplions le Père éternel d'avoir pitié de leurs âmes en vue du sang répandu par son divin Fils, et, pour cela, répétons cinq fois l'oraison jaculatoire: « Miséricorde, ô Père Eternel, par le Très Précieux Sang de Jésus-Christ ». Puis, réciter un Notre Père, un je Vous salue Marie et un Requiem aeternam.

 

Suffrage

La Volonté de Dieu est de remettre aux trépassés les dettes qu'ils ont contractées envers lui, dans la mesure du pardon que nous accordons à ceux qui nous ont offensés

 

Une riche veuve de Bologne, dont le fils avait été tué par un étranger, et qui réussit à s'emparer du meurtrier, non contente de ne pas le livrer à la justice, le protégea au contraire et le fit son héritier au lieu de l'enfant qu'elle avait perdu. Ce trait si noble d'un cœur magnanime plut tellement au Seigneur, qu'il délivra immédiatement du purgatoire le jeune défunt qui, en montant au ciel, se fit voir à sa pieuse mère dans toute sa joie et toute sa gloire. La justice de Dieu est inflexible, mais il ne se laisse jamais vaincre en générosité. Si nous voulons qu'il remette leurs dettes aux âmes du purgatoire et qu'il les admette dans son palais céleste, commençons par pardonner à nos ennemis et par les admettre à notre amitié; Dieu ne manquera pas à rendre pardon pour pardon, amour pour amour. Que notre exercice de ce jour soit donc de nous réconcilier avec nos ennemis, si nous en avons, à l'intention des âmes du purgatoire.

 

Psaume 129

 

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel !

Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière!

Si tu retiens les fautes, Seigneur Seigneur, qui subsistera?

Mais près de toi se trouve le pardon pour que l'homme te craigne.

J'espère le Seigneur de toute mon âme; je l'espère, et j'attends sa parole.

Mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur ne guette l'aurore.

Plus qu'un veilleur ne guette l'aurore,

attends le Seigneur, Israël.

Oui, près du Seigneur, est l'amour; près de lui, abonde le rachat.

C'est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes.

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit,

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Seigneur, donnez-leur le repos éternel;

Et faites briller pour eux la lumière qui ne s'éteint jamais.

 

Des portes de l'enfer arrachez leurs âmes, ô Seigneur!

Qu'ils reposent en paix. Ainsi soit-il.

 

Seigneur, exaucez ma prière,

et que mon cri parvienne jusqu'à Vous !

 

Prions

 

O Dieu, créateur et rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leurs péchés, afin qu'elles obtiennent, par nos très humbles prières, le pardon qu'elles ont toujours attendu de votre miséricorde; vous qui vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel, et faites briller sur eux la lumière qui ne s'éteint jamais,

Qu'ils reposent en paix. Ainsi soit-il.

 

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7 octobre 2011

Le Mois de Notre Dame du Très Saint Sacrement 4/6

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Le Mois de Notre Dame du Très Saint Sacrement

Méditations extraites des écrits de Saint Pierre-Julien Eymard

Fondateur de la Congrégation du Très Saint Sacrement

 

Treizième jour

Vie de la sainte Famille

 

Méditons sur la vie de la sainte Famille, c'est-à-dire sur la vie de Marie et Joseph en Jésus.

 

I. Jésus était le centre d'amour de Marie et de Joseph: là où est le corps, les aigles se rassemblent; là où est le trésor, là est le cœur. De sorte qu'avoir Jésus était tout le centre de ces heureux parents; on ne tenait ni à Bethléem, ni à Nazareth, ni à l'Egypte: avoir Jésus c'était tout; il était la maison de leur cœur. Comme saint Joseph, quand il avait dû s'absenter, revenait vite, avec joie, avec bonheur, à la maison où était le divin Enfant! Oh! qu'il ne perdait pas le temps loin de lui! Il savait que Jésus était l'amour divin incarné!... Ainsi, ma maison, ma famille, mon centre, c'est l'Eucharistie, le Tabernacle auprès du quel j'habite: je dois, comme Marie et Joseph, n'être bien que là.

 

II. Jésus était la fin de la vie de Marie et de Joseph; on ne vivait que pour lui, on ne travaillait que pour lui. Oh! avec quel plaisir le bon saint Joseph travaillait pour lui gagner le pain de chaque jour, ainsi qu'à sa divine Mère! Comme il apportait avec bonheur le petit salaire de son travail! Et quand il avait un peu plus de peine, comme sa peine lui était agréable, parce qu'elle avait pour fin Jésus! Ainsi Jésus-Eucharistie doit-il être la fin de ma vie, la joie de ma vie, la joie et le bonheur de mon travail; et quelle vie plus belle que celle que l'on passe en compagnie de Jésus au Très Saint Sacrement?

 

III. Jésus était l'aliment continuel de la vie d'union et de l'amour de Marie et de Joseph. Ils étaient si heureux de le regarder, de l'entendre, de le voir travailler, obéir, prier: il faisait tout si bien! Mais ils étaient surtout heureux de voir son intérieur, d'étudier ses intentions, de connaître ses sentiments, les motifs de ses vertus. Ils le voyaient sans cesse chercher et choisir de préférence les occasions de pauvreté, d'obéissance, de pénitence; ils contemplaient ses abaissements et ses anéantissements. Ils admiraient sa fidélité à tout renvoyer à la gloire de son Père, à ne vouloir, comme homme, être la fin d'aucune louange, d'aucune gloire, et à tout rapporter à la Divinité. Jésus, Marie et Joseph n'avaient qu'un but dans toute leur vie, ne voulaient qu'une chose: glorifier le Père céleste. Voilà ce que j'ai à faire. Il faut pour cela que j'entre en l'union de Marie et de Joseph, que je partage leur vie, cette vie de famille, cette vie intime dont Dieu seul a le secret. Oh ! que l'âme est heureuse quand elle contemple l'intérieur de la sainte Famille, tout ce qui s'y disait et s'y faisait: l'évangile de famille de Jésus! Les belles soirées de conversations célestes et de prières de Nazareth! Assurément Jésus expliquait à Marie et à Joseph tout ce que les Ecritures disent de lui; il leur révélait le calvaire et toutes les scènes d'humiliations et de douleurs par où il devait passer; il devait leur montrer dans ses mains la place qu'occuperaient les clous, et cela afin de commencer en sa Mère et en son saint gardien les vertus du Calvaire. Il devait leur parler de l'Eglise, des apôtres, des ordres religieux qui se consacreraient à sa gloire et à la leur, de moi, de ma misère, et de l'immense amour qu'il me portait. Nazareth était devenu le ciel de l'amour et le paradis du second Adam et de la nouvelle Eve; le ciel des vertus les plus pures, de l'amour le plus saint. Quel délicieux parfum montait vers le Seigneur de ce parterre délicieux, où fleurissaient le Verbe incarné, Marie, le juste Joseph! Le Père céleste y trouvait ses délices; les anges l'admiraient; pour moi, je veux y prendre l'amour de la vie pieuse, recueillie en Jésus, Marie, Joseph!

 

Le saint Viatique procuré et accompagné par Marie

 

Une pieuse fille, très dévote à Marie, privée des biens de ce monde, riche seulement de sa foi, était sur le point de mourir sans recevoir, à son grand regret, le Corps de son bien-aimé Sauveur. La Mère de bonté vint à son secours, et, apparaissant, environnée d'un nombreux cortège d'anges, au bienheureux Odéric de Port-Mahon. qui traversait seul une forêt: « J'ai, lui dit-elle, prés d'ici une fidèle servante qui se meurt et qui désire ardemment recevoir le saint Viatique. Le prêtre de sa paroisse est absent; je veux que vous le remplaciez. Je vais donc vous conduire moi-même à l'église, et ensuite chez cette malade, car je veux être présente à sa dernière communion ». Le Bienheureux obéit, et prend le Saint Sacrement, qu'il porte dévotement. Marie l'accompagnait, le visage radieux et empreint d'une douce majesté. Qui dira les hommages de respect et d'amour qu'elle rendait à son Fils caché sous les espèces sacramentelles! La malade reçoit le Corps sacré de Jésus en présence de la sainte Vierge: je laisse à penser de quelles consolations elle fut inondée, et si elle ne se trouva pas bien récompensée d'avoir demandé à cette bonne Mère son très cher Jésus, qu'elle ne refuse jamais à ceux qui s'adressent à elle. (Rossignoli).

 

Pratique : Accompagner, en union avec Marie, le Saint Sacrement quand on le porte aux malades.

 

Aspiration : Reine de bonté! nous vous contemplons au côté du Roi des rois. Jésus-Eucharistie!

 

Quatorzième jour

Compassion de la Très Sainte Vierge

 

I. Marie n'avait à expier aucun péché, ni originel ni actuel; elle n'avait pas été, comme Jésus, chargée par Dieu du poids de nos iniquités; comment se fait-il qu'elle ait tant souffert pendant toute sa vie, où la vie de la mort future de son Fils la poursuit sans cesse, et surtout, plus tard, sur le Calvaire? C'est que la souffrance est la loi de l'amour: c'est l'amour de Marie qui a fait son martyre; et parce qu'elle aimait plus qu'aucune créature, elle a subi un martyre incomparable. C'est encore que la souffrance est la glorification actuelle de Jésus-Christ en nous: par la souffrance, nous le continuons, nous achevons son sacrifice. C'est encore, et surtout, parce que toute maternité se doit acheter par la souffrance. En mettant au monde son Fils immaculé, Marie a échappé à cette loi; mais lorsqu'elle devra devenir notre mère, nous enfanter à la grâce, elle en sentira toute la rigueur. Qu'est-ce que Jésus-Christ n'a pas souffert pour nous recréer en lui? Marie, elle aussi, sera au pied de la croix et subira dans son cœur tous les tourments de la passion, afin de devenir notre mère d'adoption. Etudions la participation de Marie à la passion de Jésus; comprenons, si nous le pouvons, la part qu'elle y prit.

 

II. Marie voyait par une lumière surnaturelle Jésus au jardin des Oliviers; elle partageait sa prière, sa tristesse, son agonie: il y avait tant de sympathie de vie et d'amour entre ces deux cœurs! Elle le voit ensuite trahi par Judas, abandonné de tous, renié par saint Pierre, seul devant ses juges, sans un défenseur, souffleté indignement, traité comme un bouffon: pauvre Mère! Que cet abandon absolu doit lui être cruel! Eh quoi! personne, même parmi les amis de Jésus, ne prendra sa défense! Personne n'osera même le reconnaître! Et lorsque saint Jean vient lui raconter les scènes du jugement chez Pilate, l'inique condamnation à mort, mais son cœur dut se fendre de douleur! Elle est venue sur la place du Prétoire: elle entend les coups de la flagellation; elle voit Jésus mis à côté de Barabbas sur l'ambon, et présenté comme l'égal de ce malfaiteur; elle entend l'Ecce Homo, et les cris féroces de cette multitude impie: « Tolle, tolle, crucifige: Qu'il soit crucifié, qu'il soit crucifié... » Et pour le ravir à ses bourreaux, pauvre mère, elle n'a que ses larmes!

 

III. Elle le suit au Calvaire; elle le rencontre sur cette voie douloureuse qu'il inonde de son sang: leurs yeux, leur cœur, leur douleur s'unissent en un même sacrifice, en une même et entière résignation. Voilà Jésus sur le Calvaire. Marie le voit dépouiller inhumainement et cruellement de ses habits: elle le voit étendu sur la croix; elle entend les coups de marteau qui crucifient ses mains et ses pieds. Quel spectacle pour une mère! Elle aussi est crucifiée; les contre-coups font stigmate sur Marie. Elle le voit quand on l'élève de terre: elle le suit des yeux; et à peine la croix est plantée, que cette mère courageuse, bravant tous les obstacles, s'approche jusqu'au pied de la croix de son Jésus. Là elle le contemple, abîmée dans l'océan de sa douleur: elle ressent chacune des souffrances de son Fils: son âme est figée dans les plaies de Jésus; elle est plus forte que la mort, mais plus crucifiée par son union à Jésus que par toutes les morts et tous les martyres. Elle écoute chacune des paroles de son Fils; elle les recueille pour nous les redire. Elle voit son sang couler, sa vie s'épuiser ; elle entend, sans pouvoir le soulager, Jésus demander à boire: quelle douleur pour une mère î Et enfin elle entend Jésus se plaindre d'être abandonné, même par son Père céleste! Son Fils bien-aimé a rendu le dernier soupir. Que fera Marie? Elle agonisera de douleur et d'amour. Elle recevra son corps sacré, elle l'embrassera avec la tendresse d'une Mère, elle l'adorera avec la foi d'une chrétienne; elle l'ensevelira, comme la veuve désolée son fils unique. Et puis elle pleurera; la vie de Marie se passera à rappeler à sa mémoire les douleurs de la passion, afin de renouveler son martyre et la gloire que ses souffrances rendent à Dieu. Elle parcourra encore la voie douloureuse, nous enseignant la première cette dévotion si pieuse, si puissante auprès de Jésus et si utile à l'âme. du Chemin de la croix.

 

Le Calvaire perpétuel

 

Marie pleurait et souffrait au pied de la Croix. Quels sont ses sentiments de douleur quand elle voit sur nos autels son Fils outragé de nouveau et traité encore avec plus de mépris que sur le Calvaire? La Sœur Marie du Crucifix, de Palma en Sicile: entendit, au moment où un prêtre sacrilège allait dire la Messe, une trompette, semblable au tonnerre, qui faisait entendre ces mots: « Ultio, pœna, dolor! Vengeance, châtiment, torture! » Et elle vit des anges, tenant un glaive, prêts à frapper ce malheureux. Lorsqu'il proféra les paroles de la consécration, il lui sembla que Jésus, comme un doux agneau, se laissait déchirer aux dents de ce loup cruel. Mais, quand il en vint à la communion, le ciel s'obscurcit, les anges pleurèrent autour de l'autel; et la très sainte Vierge se tenait auprès de son Fils, pleurant et comme absorbée dans la douleur immense que lui causait la mort de son .Jésus innocent, en même temps que la perte spirituelle de ce fils ingrat qui osait l'immoler avec tant de cruauté. (S.Alphonse de Liguori. Selva.).

 

Pratique : Réparer par tous les moyens possibles, en union avec Marie, les sacrilèges qui se commettent contre l'Eucharistie.

 

Aspiration : Mère d'amour! faites-nous ressentir l'immensité de votre douleur à la vue de votre Jésus outragé dans le Sacrement.

 

Quinzième jour

Marie après la Résurrection

 

I. Comme Marie avait souffert en union avec son Fils mourant sur la croix, ainsi vivait-elle de son bonheur et de sa joie après qu'il fut ressuscité: la vie de Marie se conformait toujours à la vie de Jésus et la reflétait fidèlement. Pour qui fut la première visite de Jésus ressuscité? Assurément pour sa Mère: il était bien juste qu'ayant participé plus que personne aux sacrifices de sa mort, elle eût la première nouvelle, la première grâce, la première joie de la résurrection. Aussi, à peine sorti du tombeau, Notre-Seigneur vint la visiter, glorieux et triomphant. Il l'avait quittée dans les larmes: il revient dans la joie. Quel moment pour Marie que celui où Jésus ressuscité l'embrassa avec tout l'amour et tout le respect qu'elle méritait! Que se passa-t-il dans cette heureuse entrevue? Nous ne le savons pas par l'Ecriture; mais nous pouvons imaginer les choses les plus aimables. Quelle glorieuse réception dans la petite cellule de Marie! La contemplation de l'amour peut seule nous retracer ce qui s'y passa. Jésus se montra sans doute à sa Mère dans toute sa beauté ressuscitée: aucun des apôtres ne le vit aussi beau que Marie: le regard de l'âme est à raison de sa sainteté: et Marie pénétrait sa beauté intérieure, la perfection de son amour, son bonheur; elle dut voir la gloire de sa divinité à cet heureux moment, puisque les théologiens affirment qu'elle était quelquefois élevée à voir Dieu face à face. Notre-Seigneur s'entretint avec elle; il lui montra ses membres percés de clous que Marie avait baisés avec tant de larmes à la descente de croix, et qui maintenant étaient rayonnants: des trous des clous aux mains et aux pieds sortaient des flots de lumière: plus ses membres avaient souffert, plus ils étaient glorifiés; Marie dut les baiser avec des transports d'amour, et elle sentit l'influence des flots de grâce qui s'en échappaient. Marie dut voir à travers la plaie du côté le cœur sacré de Jésus: Notre-Seigneur lui montra son cœur maintenant animé, battant du mouvement de la vie: il en jaillissait des flammes d'amour. Oh! Marie y porta sans doute ses lèvres avec une sainte tendresse; et si saint Jean, pour avoir posé la tête sur ce cœur divin caché dans le corps et sous les vêtements, en retira cependant tant de grâces, que sera-ce de Marie qui l'embrasse, le baise palpitant à nu sous ses lèvres? Et Marie comprit alors encore plus parfaitement combien ces deux choses, la souffrance et la gloire, la mort et la vie ne sont qu'une seule et même chose devant Dieu!

 

II. Mais Notre-Seigneur ne vint pas seul visiter Marie : il était suivi du cortège de tous les saints qui étaient ressuscites avec lui, de tous les patriarches depuis Adam jusqu'à saint Joseph et au bon larron: tous vinrent, à la suite de leur Roi triomphant, saluer leur Reine. Adam et Eve, à qui Dieu avait promis cette fille, cette Mère du Messie Sauveur, durent se prosterner à ses pieds: c'était à elle, après Notre-Seigneur, qu'ils devaient d'avoir reçu leur pardon ; c'était elle qui leur avait donné leur Libérateur. Et à toutes les félicitations des saints de la loi, qui la remerciaient de leur avoir donné un Sauveur, Marie répondait sans doute: « Magnificat: Mon âme glorifie le Seigneur, parce qu'il a regardé la bassesse de sa servante ». Et saint Joseph, et saint Joachim, et sainte Anne ne vinrent-ils pas faire à cette fille, à cette épouse céleste, leur visite de respect et d'amour? La vue de la sainte Vierge dut combler ces saints de joie: elle était un si pur reflet de la lumière de Jésus! Enfin Notre-Seigneur laissa sa Mère toute consolée, tout embaumée de sa divine présence, pour aller vers Madeleine et ses Apôtres. Sans doute il revint souvent la voir avant son Ascension, et repasser avec elle tous les événements, les joies et les souffrances de sa vie mortelle.

 

III. Mais, du silence des Evangélistes sur cette apparition et sur tout le reste de la vie de Marie, il y a un précieux encouragement à retirer. Marie, après avoir donné Jésus au monde, devait s'éclipser: il fallait qu'elle restât dans l'ombre pour être le modèle des âmes intérieures et la patronne de la vie humble et cachée. La mission de Marie, après la résurrection de son Fils, n'est qu'une mission d'amour et de prière : Notre-Seigneur semble avoir voulu garder pour lui seul le secret de la vie de sa Mère : il l'a voulue tout entière pour lui. Il y a une autre raison: Jésus se cachait au Sacrement, se voilait plus encore que pendant sa vie mortelle: Marie devait imiter cet état, partager cet anéantissement; cette vie cachée est la plus parfaite ; comme Jésus se privait de parole, de mouvement, d'action sensible au Sacrement, Marie ne devait plus parler, plus paraître dans le monde ; parce que Jésus se faisait prisonnier, silencieux, Marie se consacrait à le garder dans le secret d'une vie toute de prière. Sans cet état de Marie, nous ne pourrions pas. nous adorateurs de l'Eucharistie, trouver en Marie notre modèle. Mais Marie, gardienne et servante ignorée du Saint Sacrement, est notre Mère, et sa vie notre grâce. Comme la lumière et la chaleur du soleil vont toujours en augmentant jusqu'à ce qu'il arrive en son plein midi, ainsi Marie devenait chaque jour plus parfaite: ses dernières années furent remplies par un amour d'une largeur, d'une étendue, d'une profondeur si grandes, que nous ne pouvons pas en avoir la plus petite idée. La résurrection de son Fils produisit en Marie ce prodige, qu'elle l'ensevelit, la transforma en la vie ressuscitée de Jésus, vie tout intérieure, invisible, séparée de tout ce qui est créé et unie sans interruption à Dieu. Imitez en cela votre Mère: rappelez-vous que plus la vie est intérieure, plus elle est parfaite; que le feu concentré se conserve, et que le feu découvert s'éteint bientôt. Il y en a peu qui veuillent de cette vie anéantie, parce qu'elle est la dernière immolation de l'amour-propre; mais elle est Je partage des âmes qui, comme Marie, ne veulent plus aimer que Notre-Seigneur, être connues que de Lui.

 

Le paradis pour une Messe en l'honneur de Marie

 

Un fameux voleur n'avait jamais en sa vie fait d'autre bien que de jeûner un samedi et de faire dire en ce même jour une Messe en l'honneur de Marie, afin d'obtenir sa conversion à l'heure de sa mort. Or, voyez jusqu'où s'étend la miséricorde de cette bonne Mère ! Elle apparut à ce misérable et lui dit qu'ayant prié .Jésus pour son salut, elle lui avait obtenu qu'il put prononcer cinq paroles de repentir qui le sauveraient. Peu de temps après, il fut pris par la justice et condamné au gibet. Marie veillait sur lui et se souvenait de la Messe qu'il avait fait dire en son honneur. Aussi, pendant qu'on le conduisait au supplice, elle obtint de Notre Seigneur qu'il lui mît au cœur tant de contrition que, venant à prononcer avec un véritable repentir ces cinq paroles: « Domine, propitius esto mihi peccatori: Seigneur, soyez propice à ce pauvre pécheur », il mérita d'obtenir l'entier pardon de ses crimes et le salut éternel de son âme. (Nicolao Laghi, trat. VI, c. LXXVIII) ;

 

Pratique : Vivre, en union avec Marie, de la vie ressuscitée que mène Jésus au Très Saint Sacrement.

 

Aspiration : Salut, ô Marie! urne d'or très pur, qui contenez la douceur même, Jésus-Hostie, la manne de nos âmes!

 

Seizième jour

Marie notre Mère au Cénacle

 

I. Notre belle part est d'honorer d'un culte tout particulier la vie de Marie au Cénacle, toute dévouée au service et à la gloire de l'adorable Eucharistie; il faut que nous nous inspirions de son esprit et de son amour, pour rendre à notre divin Sauveur, présent parmi nous, un culte d'adoration plus agréable et plus parfait, en union avec celui que lui rendait sa très sainte Mère. Car, pour devenir de bons serviteurs de l'Eucharistie, il faut être des enfants dociles et dévoués de Marie. Ce n'est pas un vain titre que Jésus sur la croix nous a donné sur le cœur de sa Mère; par ce testament d'amour, nous prenons sa place dans le cœur de Marie: cette bonne Mère nous aime désormais comme ses véritables enfants. Inspirez-vous donc de l'esprit de Marie; son esprit est le même que celui de Jésus; elle l'a pris à sa source divine: elle est pleine de sa grâce, afin de vous la communiquer ; elle est la seule vraie et parfaite copie de ses vertus; elle a travaillé pendant trente-trois ans, ayant devant les yeux l'original divin. Elle a tous les secrets de l'amour du Sauveur pour les hommes; elle partage son immense amour pour nous. Oh ! comme Marie nous aime avec tendresse et dévouement! Elle nous aime comme une Mère si bonne et si puissante peut le faire.

 

II. Sa grande mission est de former Jésus en nous; c'est la mission qu'il lui donne au Calvaire. Alors que Marie eut voulu mourir avec Jésus au pied de la Croix; alors que la flamme d'amour de son cœur virginal entourait le corps de son divin Fils, Notre-Seigneur semble lui dire, en lui confiant saint Jean: « Par mon sacrifice, je deviens Sauveur et Père de la grande famille humaine; mais il faut une mère à ces pauvres enfants si jeunes encore; soyez leur Mère, ô femme forte; aimez-les comme vous m'avez aimé, comme je les aime; c'est par amour pour eux que je me suis fait homme, et que mon Père céleste vous a faite ma Mère; c'est pour eux que je donne mon sang et ma vie. Je les aime plus que moi-même, et je transporte sur eux tous les droits que j'ai à votre amour maternel; tout ce que vous ferez pour eux, sera fait pour moi; je vous remets entre les mains le fruit de ma Rédemption, le salut des hommes, le soin de mon Eglise, le service de mon Sacrement d'amour. Formez-moi de vrais adorateurs en esprit et en vérité; qu'ils m'adorent comme vous m'avez adoré; qu'ils me servent comme vous m'avez servi; qu'ils m'aiment comme vous m'avez aimé! » Ce fut là le dernier legs de Jésus, signé de son sang et ratifié par le Cœur de Marie, sa divine Mère. Elle était montée avec Jésus sur le Calvaire, pour y mourir avec lui; elle en redescend avec le disciple son fils d'adoption, avec les saintes femmes ses filles, et vient au Cénacle de l'Eucharistie pour y commencer sa maternité chrétienne au pied du divin Sacrement. Et c'est elle qui formera à Jésus-Eucharistie sa cour d'honneur; c'est elle qui lui formera des serviteurs. Oh! n'en doutez pas, si vous êtes entrés au Cénacle, si vous avez le bonheur de connaître, d'aimer et de servir le Très Saint Sacrement, c'est à Marie que vous le devez; c'est elle qui vous a demandés au Père céleste pour la garde d'amour du Dieu de l'Eucharistie; c'est elle qui vous a conservés purs au milieu du monde; elle qui vous a conduits comme par la main au pied du trône eucharistique. Oh ! remerciez-la bien cette bonne Mère! vous lui devez toutes les grâces de votre vie, et la plus grande de toutes, celle d'aimer et de servir, en lui consacrant votre vie tout entière, le Roi des rois sur son trône d'amour!

 

Elle est ma Mère

 

On sait quel tendre amour Saint Stanislas Kostka avait voué à la très sainte Vierge. Quand on lui demandait la raison de son affection si vive, il répondait, le regard en feu. la voix émue: « Elle est ma Mère! » Or, avant d'entrer dans la Compagnie de Jésus, il tomba gravement malade; et, étant logé chez des hérétiques, il ne pouvait recevoir le Saint Sacrement. C'était à son coeur plein d'amour pour l'Eucharistie un tourment plus cruel que la maladie même qui minait son corps. Il eut recours à sainte Barbe, patronne des agonisants, et sa prière ne tarda pas d'être exaucée. Cette sainte, lui apparaissant environnée d'anges, lui apporta elle-même l'objet de ses désirs, la sainte communion. Mais Marie veillait sur cet enfant privilégié de son cœur: elle voulut lui manifester sous une forme sensible quel était Celui qu'il venait de recevoir sous les voiles du Sacrement. Elle se montra donc à lui tenant son très cher Jésus dans ses bras; puis elle mit ce trésor inestimable sur son lit. On ne peut concevoir l'ardeur, le respect, la tendresse et la consolation que ressentit le saint jeune homme en voyant son lit orné dune fleur si précieuse. Sa maladie commença dès ce moment à baisser; et elle le laissas au bout de peu de temps, parfaitement guéri, ne pouvant résister au contact de l'Auteur dela vie. (Vie des saints, 15 août.)

 

Pratique : Rendre à Notre-Dame du Très Saint Sacrement les respects, les devoirs et l'amour d'un véritable enfant.

 

Aspiration : C'est vous, ô Marie tout aimable! qui nourrissez vos enfants du Pain de l'immortalité.

 

Dix-septième jour

Marie notre Maîtresse au Cénacle

 

I. « Disciple, voici votre Mère ». Quand Marie entendit de la bouche de Jésus cette parole si consolante pour nous, elle eût dû mourir de douleur. Eh quoi! le disciple à la place du Maître, Jean à la place de Jésus, la créature à la place du Fils de Dieu! Mais cette divine Mère accepte par amour cette substitution; elle nous couvre du sang et des mérites de Jésus et nous aime d'un amour sans bornes, au point d'être heureuse de rester vingt-quatre ans encore ici -bas pour nous allaiter de son amour et de ses grâces incomparables, malgré le désir immense qu'elle a d'être unie au plus tôt à son Fils dans la gloire. La mission de Marie sera de faire notre éducation chrétienne. Jésus a acquis tous les trésors de la grâce: Marie n'aura qu'à y puiser, qu'à distribuer le Pain qu'il nous laisse, à faire suivre la loi qu'il nous a dictée. Jésus ne peut demeurer parmi nous dans son état glorieux, nous aurions peur de lui; il reste bien au Sacrement, mais son amour l'y prive de toute action extérieure et l'enchaîne pour le rendre plus aimable, plus accessible à tous. Mais voici notre Mère qui est la sienne aussi; elle a le secret de son cœur et de sa vie: elle va abaisser les vertus de Jésus jusqu'à nous, nous les montrer sous cet aspect aimable et facile à imiter que sait seul présenter une mère: si j'osais dire, elle va materniser Jésus, le rendre aussi doux, aussi facile à aborder et à imiter que l'est une mère à son petit enfant. Oh! que les paroles de Jésus seront belles et touchantes, répétées par la bouche de Marie! Comme ces vertus, si sublimes en elles-mêmes, vont devenir aimables et faciles à imiter, appliquées par Marie! comme Jésus sera beau, aimable, peint par Marie! Que l'éducation sera facile sous une si bonne maîtresse!

 

II. Elle concevra, formera et perfectionnera Jésus en nous. Elle conçoit Jésus en nous, elle nous le donne. Le Père lui a remis son Fils pour nous le transmettre: le monde était indigne de recevoir le Verbe directement de Dieu: Marie a été notre médiatrice en l'Incarnation; elle continue cette fonction: personne ne vient à la connaissance de Jésus-Christ et n'embrasse sa loi sainte, personne n'obtient la foi qui sauve que par les prières de Marie: sa mission, et elle y est fidèle, est de donner Jésus; il faut le recevoir de ses mains, et c'est en vain qu'on le chercherait ailleurs. De plus Jésus ne grandira en nous que par Marie: toutes les grâces de progrès spirituel ne nous viendront que par elle; c'est sous sa direction maternelle à Nazareth qu'il a grandi: il veut que nous suivions la même loi; aussi voyez dans le saint Evangile que toutes ses grâces principales il les fait par Marie, avec elle: il sanctifie par elle saint Jean-Baptiste; il glorifie son Père et se fait notre modèle à Nazareth, sous ses yeux; il affermit, à sa prière, la foi de ses disciples à Cana; enfin sur la croix il la charge solennellement de notre formation. C'est par Marie enfin qu'il se perfectionnera en nous. La perfection de Jésus en nous est l'œuvre propre du Saint-Esprit; mais de même que cet Esprit d'amour voulut faire son chef-d'œuvre, l'humanité sainte de Jésus avec Marie, de même encore, pour établir en nous la parfaite ressemblance du Sauveur, pour nous transformer en d'autres Jésus-Christ, il demande la coopération de Marie. Plus il trouve Marie dans une âme, plus il opère puissamment: demandez à toutes ces saintes âmes en qui règne souverainement l'amour de Jésus, où elles l'ont puis: elles vous répondront que c'est en Marie. N'est-elle pas le secret de l'esprit de Jésus ? Elle en a la plénitude : elle est la parfaite image du Sauveur, comme le Verbe est l'image accomplie du Père. A elle de nous donner l'esprit de famille: pour cela elle prend toutes les qualités de Jésus, toutes ses vertus, et les faisant passer à travers son cœur maternel elle nous les rend plus suaves et plus faciles et nous encourage à les imiter. Par l'amour de Marie nous allons jusqu'à la sainteté de Jésus; en vivant de la sainteté de Marie, nous vivons de la sainteté de Jésus.

 

III. Qu'il serait beau de rechercher comment elle apprivoise l'enfant avec l'idée de Jésus; comment elle rend le jeune homme généreux pour Jésus; comment elle l'a amené, l'a disposé à la première Communion, et le prépare à un choix de vie convenable et saint! Cette éducation du jeune homme par Marie a une influence permanente sur toute la vie; faite par le sentiment si doux, si enchanteur de son amour et de sa piété, elle laisse une impression que le désordre même n'efface pas, une habitude de respect, même d'amour pour elle qui dure jusque dans l'oubli de Dieu. La grande et douce ligure de Marie nous accompagne partout dans la vie. Heureux qui a reçu d'elle cette première éducation; Marie sera pour lui un levier pour sortir du mal; son nom produira toujours dans son cœur une vibration d'amour! C'est Marie encore qui fait l'éducation de la vierge chrétienne; qui dès l'enfance lui inspire sa piété, son amour pour Jésus: elle blesse son cœur d'un noble feu; elle y excite une divine ambition: elle lui montre son lys immaculé, lui en fait une couronne; et la pressant sur son sein, et la baisant d'un chaste et maternel baiser, elle lui dit: « O ma fille, sois un lys, sois l'épouse de mon divin Fils; donne-lui ton cœur et reçois son anneau virginal: regarde ma couronne, hérite de mon amour pour la virginité, et sois doublement ma fille! » Ainsi Marie forme les vierges, les garde et les défend : Adducentur virgines post eam; Marie est leur reine. Voilà l'éducation de Marie: elle rend la piété douce et facile. Ce qu'elle fit aux premiers jours de l'Eglise, elle le continue. Comme nous, les apôtres avaient l'Eucharistie; mais la première éducation ne se fait pas par le père: une éducation qui a manqué des tendresses maternelles s'en ressent toujours. La sainteté formée par Jésus seul est plus austère: celle que forment Jésus et Marie est plus aimable: témoin saint Jean et saint Paul. Que Marie nous mène à Jésus, qu'elle nous le fasse connaître et aimer comme elle le connut et l'aima: en cela est la sainteté et le bonheur!

 

Marie aime Jésus en nous

 

C'est surtout quand nous possédons Notre-Seigneur dans notre cœur que Marie nous entoure de sa plus maternelle tendresse, parce qu'elle voit alors en nous son très cher Fils. Sainte Opportune, abbesse, étant sur le point de mourir, demanda le Corps sacré de Notre-Seigneur: et telle fut sa dévotion à le recevoir, que non seulement Jésus lui témoigna les plus grandes marques d'amour, mais qu'elle vit encore Marie descendre prés de son lit, et la consoler et la soutenir dans ce dernier combat. La bonne abbesse lui recommanda avec instance ses filles et les intérêts de son monastère. Mettant ensuite les bras hors du lit et les étendant vers Marie comme pour l'embrasser, elle remit entre ses mains son âme avec son dernier soupir. (Nicolao Laghi, trat. II, c. XLVII).

 

Pratique : Priez Marie pour que tous les agonisants reçoivent le saint Viatique.

 

Aspiration : Salut, ô Marie! nuée céleste qui répandez l'Eucharistie sur le monde comme une bienfaisante rosée!

 

Dix-huitième jour

La Vierge Marie au Cénacle

 

Suivons notre Mère au Cénacle, écoutons les leçons qu'elle nous donne; elle les reçoit de son divin Fils, avec qui elle converse jour et nuit: elle est l'écho fidèle et aimable de son cœur et de son amour. Aimons tendrement Marie; travaillons sous son regard, prions avec elle; soyons pour elle des enfants tendrement dévoués; par là nous honorerons Jésus, qui nous l'a donnée pour notre Mère, afin qu'elle nous élève en son amour et en sa propre vie. Mettez-vous donc bien sous la direction de Marie; prenez sa pensée, parlez sa parole, imitez son maintien, faites ses actions, dites son amour, partagez ses souffrances: et tout, en elle, vous dira Jésus, le plus grand service de Jésus, la plus grande gloire de Dieu! Honorez en Marie, au pied de l'Eucharistie, tous les mystères de sa vie: tous n'étaient que des stations qui la menaient au Cénacle. Trouvez dans sa vie au Cénacle le modèle et la consolation de votre vie. Il est vrai qu'au Cénacle, cette auguste Reine est à genoux comme adoratrice et servante du Saint Sacrement; mettez-vous à genoux à côté de votre Mère, vous adorerez et vous prierez avec elle, et vous continuerez ainsi sa vie eucharistique sur la terre. Quand vous irez à la sainte communion, vous vous revêtirez des vertus, des mérites de Marie votre mère et vous communierez avec sa foi et avec son cœur. Oh! comme Jésus sera heureux de retrouver en vous l'image, la reproduction de son aimable et si sainte Mère ! Quand vous travaillerez pour le culte eucharistique, vous vous unirez à l'intention et à la joie de Marie travaillant pour Jésus sacramentel, et vous serez heureux! Oh! comme Marie vous aimera si vous servez bien son Jésus! Comme elle vous protégera si vous ne travaillez que pour la gloire de Jésus! Comme elle vous enrichira si vous ne vivez que de l'amour de Jésus ! Vous la rendrez plus Mère encore, puisque vous la mettrez plus parfaitement dans sa grâce et dans sa mission de Mère des adorateurs de Jésus. Mais soyez modestes comme elle; rappelez-vous sa modestie devant l'ange, et méditez avec quelle modestie elle servait son Fils au Sacrement. Soyez purs comme elle; rappelez-vous qu'elle eût refusé même la gloire de la maternité divine pour garder la fleur de sa virginité, Soyez humbles comme elle, toute perdue en son néant, et toute livrée à la grâce de Dieu. Soyez aimables et doux comme elle; Marie était la douce expression du Cœur de Jésus. Soyez dévoués comme elle: Marie aima jusqu'au Calvaire; elle aima jusqu'à la mort, c'est sur le Calvaire qu'elle devint mère d'amour; c'est là que vous deviendrez de vrais adorateurs, dignes du Cénacle, dignes de Marie et de Jésus !

 

L'image et la réalité

 

Il n'est pas douteux que le respect que l'on témoigne aux images de Notre-Seigneur, et le soin que l'on met à les orner, ne soient très agréables à Marie, et cette dévotion a souvent été récompensée par des prodiges. Cependant les figures, parce qu'elles se voient, ne doivent pas nous faire oublier l'adorable réalité, qui ne se montre qu'à la foi d'un cœur aimant. La vénérable servante de Dieu Thérèse Mexia, de l'Ordre de Saint-Dominique, avait une très grande dévotion à une statue de l'Enfant-Jésus porté dans les bras de sa Mère: elle la parait de fleurs, elle la revêtait d'étoffes précieuses et l'entourait de toutes les attentions que lui suggérait son tendre amour. Or voici la merveilleuse leçon que la sainte Vierge lui donna. Un jour que, présentant à l'Enfant-Jésus une robe travaillée avec grand soin, elle lui disait: « Venez, mon bien-aimé, recevez cette robe que vous offre votre indigne servante », l'Enfant quittâtes bras de sa Mère et descendit sur l'autel pour se rendre aux désirs de Thérèse. Celle-ci le revêt de sa belle robe sans s'occuper aucunement de l'autel et du Tabernacle où résidait en personne Notre-Seigneur. Mais une voix se fait entendre qui lui dit: « Thérèse, tu es tout occupée de l'image. D'où vient que tu oublies le réel et le vivant? » La sainte fille comprit la leçon; et, sans cesser de s'occuper de sa chère statue de l'Enfant-Dieu, elle consacra ses soins à orner l'autel et le Tabernacle eucharistique: elle parvint même à recueillir, à force de soins, assez d'or et d'argent pour faire confectionner un des plus riches et des plus beaux tabernacles qui se voient en Espagne.

 

Pratique : Travailler avec zèle à l'ornementation des autels eucharistiques, surtout pour les églises pauvres.

 

Aspiration : Le Seigneur, ô Marie! vous a ornée comme le Tabernacle de son choix, et Jésus-Hostie a fait ses délices de demeurer en vous!

 

Dix-neuvième jour

La vie d'adoration en union avec Marie

 

I. En considérant, attentivement les raisons qui ont amené Notre-Seigneur à nous laisser sa Mère et à se séparer d'elle, il me semble qu'il l'a fait parce qu'il se défiait de notre faiblesse et de notre inconstance. Notre-Seigneur redoutait que les hommes, ne sachant comment le trouver et l'adorer en son Sacrement, ne se rebutassent et ne l'oubliassent: l'enfant, vous le savez, ne cherche pas longtemps; s'il ne trouve aussitôt ce qu'il souhaite, il change de désir et court à autre chose. C'est ce que Notre-Seigneur craignait de nous. Aussi nous laisse-t-il sa Mère, qui aura la mission de nous prendre par la main, pour nous conduire à son Tabernacle. La sainte Vierge devient donc notre mère pour l'Eucharistie; elle est chargée de nous faire trouver notre Pain de vie, de nous le faire apprécier et désirer; elle reçoit mission de nous former à l'adoration. Elle réunit à Jérusalem une pieuse communauté de femmes; elle se tient au milieu d'elles, distribuant à chacune son trésor et sa grâce d'amour. Son action s'étendait aux disciples, aux premiers fidèles; comme une vraie mère elle élevait ses enfants, les formait à la vertu et à leurs devoirs d'état. Ce que Marie fit alors elle le fera encore pour nous; elle nous instruira, nous montrant Notre-Seigneur dans l'Eucharistie, nous faisant part de sa piété pour lui, de son dévouement à son service; car tout ce qu'a une mère est à ses enfants; c'est pour eux qu'elle amasse. Marie est mère, elle fera donc notre éducation. Quand l'enfant se dérange de son travail, la mère est là pour le rappeler au devoir; s'il est malade, elle le soigne; elle ne quitte pas son enfant; il faut qu'elle remplisse sa mission d'éducatrice. C'est donc Marie qui vous formera; elle vous inspirera sa manière d'adorer; elle fera votre adoration en vous; elle seule peut vous inspirer la vraie, la bonne adoration : il n'y a qu'un cœur de mère qui puisse bien se faire comprendre à son enfant. Il faut que la sainte Vierge vous dise: « Venez adorer avec moi ». Notre-Seigneur a mis Marie sur notre chemin, pour être le trait d'union entre lui et nous. Marie fait la première attraction vers Jésus. L'enfant va d'abord à la mère par instinct; sa mère le conduit ensuite à son père; mais il ne court pas de lui-même vers son père; il suit d'abord sa mère. Notre-Seigneur nous a donc donné Marie pour mère, afin qu'elle soit pour nous un premier centre d'attraction facile; avant de connaître l'Eucharistie nous connaissions déjà le nom de notre Mère, nous l'aimions déjà. Marie nous a attirés à elle; elle nous a formés aux vertus nécessaires à la vie eucharistique; il faut qu'il en soit ainsi; et il est évident pour moi qu'il n'y aura de bonnes vocations au Saint Sacrement, de vraie dévotion à l'Eucharistie que celles qu'aura formées Marie. Non, non, l'enfant ne se forme que dans les bras de sa mère et sur son sein. Il faut que toutes les vocations passent par les mains de Marie pour être agréables au Cœur de Notre-Seigneur.

 

II. Etudiez votre vie passée. N'aviez-vous pas une grande dévotion à la sainte Vierge avant de vous dévouer à l'Eucharistie? Vous soupiriez après sa pureté, son amour; sans connaître la vie eucharistique de Marie, vous disiez : « Oh! si j'avais ses vertus pour servir Jésus! » C'était là une première attraction. Vous faisiez comme le petit enfant; quand il ne peut prendre sa mère par la main, il saisit son tablier, le bas de sa robe; s'il se sépare d'elle un instant, il se croit perdu. Une mère est un centre; elle est toujours un centre; on a besoin de vivre avec elle, de demeurer avec elle. La sainte Vierge n'est pas comme les saints, qui donnent certaines grâces en passant; elle donne toutes les grâces: on a toujours besoin d'elle. C'est la mère encore qui dicte à l'enfant la parole qui plaît au père; elle qui compose le compliment que récitera l'enfant; elle qui prépare le festin selon le goût préféré du père. Voyez-vous où je veux en venir? Je veux vous dire: Adorez Notre-Seigneur en la société de la sainte Vierge. Je ne dis pas: Demeurez en elle: non, Jésus est là devant vous pour que vous vous adressiez directement à lui; mais faites-le avec Marie; vivez avec elle, vivez chez elle: puisque Notre-Seigneur vous l'a donnée comme directrice, n'adorez jamais sans elle. Dites-lui: Bonne Mère, accompagnez-moi; une mère accompagne toujours son enfant; sans vous je ne saurais rien dire. Figurez-vous Marie à genoux au Cénacle; voyez-la adorant son Fils caché dans l'Eucharistie; oh! que ce qu'elle lui disait lui était agréable! Qu'elle savait bien toucher le cœur de son Fils! Mettez-vous donc à genoux à côté de Marie; ne cherchez pas à marcher tout seul; ne marchez pas devant ; mais tenez-vous à côté de Marie, ne faisant avec elle qu'une même adoration, présentant un. même hommage. O Jésus, je ne sais pas adorer, moi; mais je vous offre les paroles, les élans du cœur de votre Mère, qui est la mienne aussi; je ne sais pas adorer; mais je vous répéterai son adoration pour les pécheurs, pour la conversion du monde et tous les besoins de l'Eglise. Et vous réjouirez le cœur de Marie; elle vous montrera à .Jésus, lui disant: « Voyez, ô mon Fils, comme je revis en cette âme; comme je vous adore encore en elle et par elle ». Oh! oui, si quelqu'un doit honorer, aimer et servir Marie, c'est bien celui qui fait profession de vivre pour l'Eucharistie; il a besoin de Marie pour adorer; il faut qu'il ne fasse qu'un avec elle dans son adoration. Ah! laissez la sainte Vierge gouverner votre vie; laissez-la vous mener à Jésus! Elle ne veut qu'une chose, la gloire de son divin Fils et votre bonheur!

 

Marie encourage à communier

 

La sainte Vierge est si désireuse que nous recevions souvent son divin Fils, source de tout bien et de toute grâce, qu'elle voulut elle-même exhorter à communier un bon religieux qu'une crainte exagérée de sa bassesse éloignait du divin banquet. Ce bon Frère se préparait à recevoir le Sacrement de vie, en assistant dévotement à la Messe, lorsqu'il aperçut dans les mains du prêtre, au lieu de l'Hostie, Jésus comme attaché à la croix et répandant par la plaie des pieds une grande abondance de sang. Il en fut si effrayé qu'il n'osa approcher de la sainte Table. La Messe achevée, il demeurait en prière sous le coup de sa frayeur, et l'immaculée Vierge Marie lui apparut et lui demanda pourquoi il n'avait pas reçu le Corps de son très cher Fils. Le bon Frère répondit qu'il s'en était jugé indigne. « Mais quand donc, reprit la Mère de Dieu, seras-tu digne de recevoir un tel Sacrement? Prie mon Fils de te rendre lui-même comme il te veut, et à l'avenir ne t'abstiens plus jamais de communier de ton propre mouvement. » (Nicolao Laghi, trat. III, c. I).

 

Pratique : Se préparer, autant que possible, à la communion par l'assistance à la sainte Messe.

 

Aspiration : Le divin Passereau du Tabernacle a trouvé en vous son nid, ô bienheureuse Vierge! et il y est demeuré avec amour.

 

Vingtième jour

Adoration de foi et de respect de Marie

 

I. Qu'il y aurait de choses à dire sur la vie d'adoration de Marie au Cénacle! Vingt-quatre ans passés dans ce saint lieu où Jésus institua l'Eucharistie, où il avait fixé son premier Tabernacle! Marie était tout occupée à l'adorer, à l'honorer dans sa vie eucharistique; elle passait la plus grande partie des jours et des nuits au pied de ce divin Tabernacle; là était son Jésus, son Fils et son Dieu! Quand elle partait de sa pauvre cellule pour se rendre à l'oratoire du Cénacle, elle commençait déjà son adoration; elle marchait recueillie, les yeux baissés, d'un pas grave et modeste; elle se préparait ainsi à se présenter au Dieu de l'Eucharistie. Arrivée devant le Tabernacle, elle se prosternait avec une grande dévotion et un profond respect, puis composait ses sens dans un simple et pieux recueillement: le corps droit, les mains jointes ou croisées sur la poitrine; ou bien, quand elle était seule, les élevant suppliantes vers le Tabernacle: ses yeux y étaient le plus souvent fixés...

 

II. Marie adorait ensuite avec la foi la plus soumise; elle adorait son Fils caché, voilé sous une forme étrangère; mais son amour passait à travers le nuage et allait jusqu'aux pieds sacrés de Jésus, qu'elle vénérait avec le plus tendre respect: jusqu'à ses mains saintes et vénérables, qui avaient consacré et porté le Pain de vie; elle bénissait la bouche sacrée qui avait prononcé ces paroles adorables: « Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang ». Elle adorait ce Cœur tout embrasé d'amour, d'où était sortie la sainte Eucharistie; Marie eût voulu s'abîmer, s'anéantir devant cette divine Majesté anéantie au Sacrement, afin de lui rendre tout l'honneur et tous les hommages qui lui sont dus.

 

III. L'adoration de Marie était profonde, intérieure, intime. C'était le don d'elle-même. Elle s'offrait tout entière au service d'amour du Dieu de l'Eucharistie: car l'amour ne pose ni conditions ni réserves; il ne pense plus à soi, ne vit plus pour soi; il est étranger à lui-même, et ne vit que pour le Dieu qu'il aime. Tout en Marie allait vers le Saint Sacrement comme vers son centre et sa fin. Un courant de grâce et d'amour s'établissait entre le Cœur de Jésus-Hostie et le cœur de Marie adoratrice: c'étaient deux flammes qui se perdaient en une seule: Dieu fut alors parfaitement adoré par sa créature!

 

IV. Qu'à l'exemple de Marie, l'adorateur se mette à genoux avec le respect le plus profond; qu'il se recueille comme Marie, se mette en esprit à côté d'elle pour adorer: qu'il vienne devant Notre-Seigneur avec cette modestie, ce recueillement intérieur et extérieur qui prépare merveilleusement l'âme à l'office angélique de l'adoration. Qu'il adore Jésus sous les voiles eucharistiques qui dérobent à ses yeux son humanité sainte, avec la foi de Marie et de la sainte Eglise, ces deux mères que le Sauveur lui a données dans son amour; qu'il adore son Dieu comme s'il le voyait, l'entendait ; car la foi vive voit, entend, touche avec plus de certitude que les sens eux-mêmes.

 

Belle leçon de respect donnée par Marie

 

Sainte Véronique, religieuse de Sainte-Marthe de Milan, très dévote au Saint Sacrement, fut, le jour de l'Octave de la Fête-Dieu, en 1489, ravie en esprit dans le ciel au moment où l'on faisait la procession dans son couvent. L'ange du Seigneur lui révéla comment, en ce séjour de gloire, on célébrait merveilleusement cette belle fête. Il lui dit, entre autres choses admirables, que ce jour-là tous les Esprits célestes, revêtus d'ornements blancs et rouges d'un éclat incomparable, entouraient le trône de l'Agneau: les uns chantaient dès cantiques ravissants; les autres faisaient monter vers lui la fumée d'un encens exquis dans des encensoirs d'or. Au milieu d'eux se tenait la glorieuse Vierge Marie. Tous les Saints vinrent deux à deux se prosterner trois fois devant le Christ-Jésus et lui rendre leurs hommages. Pendant ce temps, Marie s'était assise à la droite de son Fils, sur un siège que lui présenta saint Jean-Baptiste. Après que Jésus-Christ eut été adoré par tous les Esprits bienheureux, ils se formèrent en couronne autour de son trône; et alors la sainte Vierge vint à son tour devant lui, et, se prosternant par trois fois, elle l'adora profondément. Mais voici la belle leçon de respect qu'elle nous donne: lorsqu'elle se fut relevée pour se retirer, elle le fit sans tourner le dos au très majestueux Sauveur son Fils; nous enseignant par là avec quel respect nous devons agir quand nous sommes en son auguste présence. (Nicolao Laghi, trat. III, c. XXX).

 

Pratique : Nous tenir avec un souverain respect en présence du Saint Sacrement.

 

Aspiration : O Marie! qui avez servi le Dieu de l'Eucharistie, soyez notre divine maîtresse en cet aimable service!


1 novembre 2011

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

 Du purgatoire au Paradis

Deuxième jour

État du purgatoire

 

Méditation

 

Bien que le Seigneur puisse faire subir où il lui plaît aux âmes des défunts les peines qu'elles ont méritées par leurs péchés, cependant il y a au centre de la terre un lieu spécial, proprement dit le purgatoire, où d'ordinaire sont retenues dans de grandes souffrances celles qui ne sont pas encore assez pures pour le ciel. On l'appelle lieu inférieur, puits profond, mer orageuse, terre de misères et de ténèbres, de tourbillons et d'obscurité; très proche de l'enfer, il en est même comme une dépendance. Quelle horreur doit faire naître dans notre esprit la pensée de cette redoutable prison ouverte par la justice céleste, et quelle compassion pour les âmes qui y subissent leur châtiment! Mais quelles peines souffre-t-on dans le purgatoire? Les saints Pères et les docteurs répondent communément que ce sont les mêmes que dans l'enfer. Il n'y a pas de différence, dit saint Thomas. entre les tourments de l'enfer et ceux du purgatoire. Le même feu, reprend saint Augustin, consume la paille et purifie l'or. Dans les mêmes flammes, ajoute saint Grégoire, le damné trouve son supplice et le juste sa purification. Or, si l'enfer est la peine la plus affreuse que la colère divine ait destinée aux créatures rebelles, pensons quelle douleur ressentent les âmes du purgatoire en se sentant entourées et pénétrées de ce même élément vengeur qui fait le désespoir éternel des réprouvés, La seule différence qu'il y ait entre les souffrances des réprouvés et celles des âmes du purgatoire. c'est que les premières sont éternelles et les secondes temporaires Le damné, à peine entré dans l'enfer, perd l'espérance d'en jamais sortir. Il n'y a plus de rédemption ni de salut pour celui qui a, jusqu'au dernier moment, abusé du salut et de la rédemption que lui avait acquis le très-précieux sang de Jésus-Christ. Les âmes du purgatoire, étant dans la grâce du rédempteur, sont assurées de leur salut éternel. Elles sortiront infailliblement du purgatoire, mais auparavant il leur faudra payer jusqu'à la dernière obole la dette que les fautes de leur vie leur ont fait contracter envers la justice divine. Et quand auront-elles pleinement satisfait? Les unes plus tôt et les autres plus tard, selon la qualité des fautes et la quantité des peines qui y correspondent, et les docteurs nous enseignent que quelques-unes ne sortiront de cette douloureuse prison qu'au jour du jugement dernier. Oh! quelle longue souffrance! Oh! que le péché coûte cher! Évitons donc avec soin de le commettre, et si nous y sommes tombés, hâtons-nous de l'expier en cette vie, pour n'avoir plus rien à payer après la mort.

 

Prière

 

Grand Dieu, donnez-nous, par votre grâce, la force de fuir tous les péchés, ou du moins de les détester pendant cette vie. La prison terrible du purgatoire , les atroces tourments qu'on y souffre, la durée d'une peine si longue, sont autant de puissants motifs qui nous font concevoir une profonde horreur du péché, et qui, nous remuant jusqu'au fond du cœur, nous engagent à ne rien négliger pour secourir ces âmes bénies. Tournez donc vers elles, ô Seigneur, un regard de bonté, et, dans votre grande miséricorde, terminez promptement leurs douleurs. Que leurs tourments fassent place à la gloire, qu'ils changent leur prison pour vos célestes palais où ils pourront vous adorer et vous bénir éternellement.

 

Exemple

 

Dans les conférences spirituelles que saint Malachie, évêque irlandais, tenait souvent avec ses disciples, on parlait un jour de la mort, et chacun fut invité à dire où et quand il voudrait terminer ses jours, dans le cas où il devrait mourir hors de son pays. Les opinions furent diverses: celui-ci désigna tel lieu ou tel temps, celui-là tel autre, chacun suivant sa manière de voir et de juger. Quand ce fut au saint à exposer son sentiment, il choisit, parmi les lieux les plus célèbres du monde chrétien, le monastère de Clairvaux, où florissait alors toute la ferveur de la règle et de la charité, et pour le temps, il désigna le jour de la commémoraison de tous les fidèles trépassés, flin, disait-il, de profiter de la grande quantité de prières pour les morts qui se feraient dans un tel jour et dans une si sainte demeure. Et son désir ne fut pas trompé; car s'étant mis peu après en voyage, pour s'aller prosterner aux pieds du souverain pontife Eugène III, il tomba gravement malade en arrivant à Clairvaux, et reconnut que sa fin était proche. Aussi, levant les yeux vers le ciel avec reconnaissance, il s'écria avec le psalmiste: « Ici est le lieu de mon repos éternel; je l'habiterai parce que je l'ai choisi ». Et, en effet, le matin du deuxième jour de novembre, l'ardeur de la fièvre et la ferveur de la charité devinrent si intenses, que les liens de la vie se brisèrent, et son esprit, sortant de sa prison, accompagné des prières des moines et des fidèles, et entouré d'une foule d'âmes que ses suffrages avaient délivrées du purgatoire, se présenta au tribunal de son juge Jésus-Christ pour recevoir la couronne qu'avaient méritée ses vertus. Dans ce saint jour, où chaque fidèle se souvient des morts qui lut sont chers, n'oublions pas les nôtres, et faisons en sorte qu'ils soient contents de notre pieuse compassion pour eux.

 

Pratique : Récitons à l'intention des fidèles trépassés cinq Pater, Ave et Requiem, en mémoire de la passion de Notre Seigneur Jésus-Christ; supplions le Père éternel d'avoir pitié de leurs âmes en vue du sang répandu par son divin Fils, et, pour cela, répétons cinq fois l'oraison jaculatoire: « Miséricorde, ô Père Eternel, par le Très Précieux Sang de Jésus-Christ ». Puis, réciter un Notre Père, un je Vous salue Marie et un Requiem aeternam.

 

Suffrage

Ne refusons pas en ce jour de prier pour les morts

 

Au jour de la commémoraison de tous les trépassés, les religieux de Sainte-Thérèse sont dans l'usage de se réunir dans la chapelle après l'office, pour l'Offrande des morts, et la chacun promet d'offrir pour eux ou de sévères pénitences, ou de longues oraisons, des aumônes, des indulgences, des messes, des offices, la visite des églises et des hôpitaux, en sorte qu'il se fait une riche collecte de suffrages pour les âmes du purgatoire. Puisqu'aujourd'hui l'Eglise célèbre la commémoraison des morts, imitons cette sainte pratique, choisissons chacun quelque œuvre de piété, promettons aux morts de l'accomplir pour eux, promettons-le à Dieu, et souvenons-nous de tenir notre promesse.

 

Psaume 129

 

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel !

Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière!

Si tu retiens les fautes, Seigneur Seigneur, qui subsistera?

Mais près de toi se trouve le pardon pour que l'homme te craigne.

J'espère le Seigneur de toute mon âme; je l'espère, et j'attends sa parole.

Mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur ne guette l'aurore.

Plus qu'un veilleur ne guette l'aurore,

attends le Seigneur, Israël.

Oui, près du Seigneur, est l'amour; près de lui, abonde le rachat.

C'est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes.

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit,

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Seigneur, donnez-leur le repos éternel;

Et faites briller pour eux la lumière qui ne s'éteint jamais.

 

Des portes de l'enfer arrachez leurs âmes, ô Seigneur!

Qu'ils reposent en paix. Ainsi soit-il.

 

Seigneur, exaucez ma prière,

et que mon cri parvienne jusqu'à Vous !

 

Prions

 

O Dieu, créateur et rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leurs péchés, afin qu'elles obtiennent, par nos très humbles prières,le pardon qu'elles ont toujours attendu de votre miséricorde; vous qui vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel, et faites briller sur eux la lumière qui ne s'éteint jamais,

Qu'ils reposent en paix. Ainsi soit-il.

 

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24 juillet 2011

La Servante de Dieu Maria de la Luz Pena Blanco

 

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La Servante de Dieu Maria de la Luz Pena Blanco

1923-1993

 

Marie de la Luz Pena Blanco, est née à Allariz (Ourense, Espagne), le 16 mars 1923, dans un foyer profondément chrétien. À l'âge de 15 ans, à l'occasion d'une grave maladie, le Saint Esprit lui révèle le Christ. Sa vie change. Elle écrit : « Un désir ardent embrase mon âme: t'aimer sans mesure, de toutes mes forces... » Elle rentre au Monastère Sainte Claire d'Allariz (Ourense), mais, en raison de la maladie, de la pénurie économique et du danger de contagion, les sœurs sont contraintes de la congédier. Rétablie, elle s'oriente vers le Magistère, en s'employant dans l'apostolat auprès des jeunes. Pour le sanctification des prêtres, elle fonde « l'Oeuvre de Santa Maria Oferente », a qui elle a remis toute sa vie. Sa vie a été un chemin vers l'union avec Dieu. « Mon âme te désire et te cherche. Elle te trouve et te désire toujours plus ». Elle est entrée dans la vie le 12 février 1993.

 

Prière pour demander la glorification de Maria de la Luz Pena Blanco

(Seulement pour un usage privé)

 

O Père infiniment miséricordieux, qui avez insufflé à votre Servante Maria de la Luz un ardent désir de s'unir à votre Fils Divin Jésus-Christ et qui l'avez conduit à fonder l'Oeuvre de Santa Maria Oferente, pour la formation et sanctification des Prêtres, nous Vous en supplions, daignez la glorifier dans Votre Sainte Église et accordez-moi les grâces que je Vous demande par son intercession. Par Jésus, le Christ notre Seigneur. Amen.

 

Communiquer les faveurs reçues à

Monasterio de Santa Clara

E- 32600 Allariz (Ourense, Espana).

 

Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

17 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Dix-huitième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ remplit l'âme de douceur et de paix

 

Le prophète Isaïe avait depuis longtemps prédit que dans la plénitude des temps les âmes puiseraient avec joie les eaux suaves et douces que répandent les fontaines du Sauveur. Et quelles sont ces eaux suaves et douces, sinon les célestes consolations qu'on reçoit par les mérites du sang très-précieux du Rédempteur, qui se répand par autant de fontaines qu'il y a de plaies sacrées? Oh! avant-goût du paradis qu'éprouvent tous les jours ces âmes qui professent une sincère et constante dévotion à ce très-précieux sang! L'âme dévouée à ce sang adorable se console et par ce qu'elle possède déjà, et par ce qu'elle espère: ce qu'elle possède, c'est le trésor inappréciable de la grâce sanctifiante acquise moyennant l'effusion de ce sang de valeur infinie dans la participation des très-saints sacrements. Il n'y a pas de paroles pour décrire la tranquillité d'âme et la douceur d'esprit que le Seigneur répand dans celui qui est dévoué à ce sang divin; celui-là seul peut le dire qui l'a goûté: « C'est un perpétuel festin ». Les anges et la reine des anges, la très-sainte Vierge, et la très-sainte Trinité, regardent cette âme avec un œil d'amour. Oh! quelle paix! oh! quelle sérénité de conscience! Elle se figure déjà goûter sur la terre les délices du paradis: « Bona conscientia non solim sufficit ad solatium, sed etiam ad coronam », nous assure saint Jean Chrysostôme. Si quelquefois Dieu éprouve encore cette âme au creuset de la tribulation, s'il suspend ses délices, c'est pour lui faire acquérir plus de mérites, et elle se sent en paix au milieu même de l'amertume et de la désolation, en se résignant à la volonté de Dieu. Tout cela est l'effet de ce sang très-précieux.

 

Mais l'âme trouve sa consolation dans ce sang, non-seulement par ce qu'elle possède, mais plus encore par ce qu'elle espère; elle en espère tout dans ses prières. Telle est en effet son efficacité, que tout peut s'obtenir en son nom, et que nos prières ne pourraient rien obtenir si elles n'étaient pas accompagnées de ce sang de propitiation et de grâce. Le bienheureux Simon de Cascia nous dit que c'est la sueur de sang répandue par Jésus dans le jardin qui donne l'efficacité à nos prières auprès de Dieu. Si l'âme est tentée, elle sort victorieuse du combat, parce que couverte et armée de ce sang, elle met en fuite les démons; si elle est dans l'affliction, elle espère la consolation; dans les fatigues, le repos; dans les périls, le salut; au moment de la mort, la gloire. Elle connaît bien le trésor qu'elle possède; elle y voit le gage et les arrhes du paradis. Oh! que ces richesses sont inestimables! on peut dire à l'âme dévouée à ce sang ce que saint Jérôme disait à la vierge sainte Eustochie: « Vous êtes munie d'un or sans prix ». Et, en effet, saint Ambroise appelle ainsi le sang très-précieux de Jésus-Christ. Quel est donc celui qui ne voudra pas s'en enrichir? Ne serait-ce pas le comble de la folie, que d'être auprès d'une mine d'or, où l'on serait libre de puiser à volonté, et de préférer gémir dans sa pauvreté? Ah! n'y a-t-il pas folie mille fois plus dans une âme qui néglige une pareille dévotion, et se prive des délices célestes que verse au fond des coeurs ce baume salutaire!

 

Colloque

 

Je comprends maintenant, mon Jésus, ce qui fait mes angoisses et mes misères. Jusqu'ici j'ai peu apprécié votre sang, j'ai vécu dans la tiédeur, et j'ai montré peu d'empressement à le mettre à profit. Ah! que n'aurais-je pas obtenu si, avec une foi vive et une charité ardente, je l'avais souvent offert au pied de votre trône? si, avec un profond sentiment de piété et de respect, je l'avais adoré? si, dans de convenables dispositions, je m'étais approché des très-saints sacrements, qui sont les fontaines où nous le puisons? Mais il n'en sera pas ainsi pour l'avenir; dès aujourd'hui je veux professer la plus fervente dévotion à ce sang de vie éternelle: il fera les délices de mon cœur, le but de tous mes désirs, l'objet de toutes mes affections; et après avoir trouvé dans votre sang ma consolation, ma paix et ma tranquillité pendant cette vie, j'espère trouver par lui une gloire éternelle dans le ciel.

 

Exemple

 

On raconte de sainte Thérèse, qu'ayant un jour le très-saint sacrement dans la bouche, il lui sembla que son visage et sa personne tout entière étaient inondés d'un sang aussi chaud que s'il fût sorti à l'instant des veines qui le contenaient: en même temps la sainte éprouva une délicieuse consolation; et le Seigneur lui dit: « Je veux que mon sang te rende heureuse et confiante en ma miséricorde qui ne te manquera jamais; je l'ai répandu avec douleur, et tu le possèdes avec délices ». Et en effet; à mon Rédempteur, il a coûté le prix immense d'une douloureuse effusion; à moi, il ne coûte presque aucune peine et me procure au contraire la joie et les délices du cœur.

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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23 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Vingt-quatrième jour

L'effusion du sang très-précieux de Jésus Christ dans le jardin de Gethsémani

 

L'heure décrétée de toute éternité s'approchait à laquelle le Fils de Dieu devait se sacrifier pour nous pécheurs, au milieu des plus cruels tourments: et c'est pourquoi, après avoir célébré la Pâque avec ses apôtres, et avoir laissé le gage le plus sincère de sa charité dans l'institution du très-saint sacrement, il sortit du cénacle et se rendit à Gethsémani, où il avait coutume de se retirer pour prier. Mais hélas! dans cette prière il se trouble, s'attriste et souffre l'agonie de la mort. Deux bourreaux s'acharnent contre lui, et déchirent son tendre cœur; c'est d'une part la vue des péchés du monde, et de l'autre la vue des tourments que lui prépare la perfide synagogue. Hélas! quelle tempête de tristesse et de douleurs vient se soulever dans son coeur affligé! Ce fut alors que le sang de Jésus ne trouvant plus sa route accoutumée, ruissela de son front, courut sur son visage, le long de ses vêtements, et enfin coula jusqu'à terre. Jésus tomba alors comme frappé de mort et baigné dans son propre sang. Ici, ô mon âme! comment peux-tu soutenir la vue de Jésus dans ce pénible état! Et quels sont ceux qui vous y ont conduit, ô mon Jésus, et ont fait sortir tout ce sang de votre corps? Il me semble entendre répondre comme il répondit à sainte Catherine de Sienne: « La haine et l'amour; la haine contre le péché, l'amour pour les hommes ». Oh! comment mon cœur ne se brise-t-il pas de douleur et d'amour!

 

Jésus, sentant la faiblesse de son humanité, se tourna vers son divin Père et lui adressa cette prière: « Mon Père, si cela est possible, éloignez de moi ce calice ». Mais voyant que la volonté de son Père était qu'il souffrît la mort, voyant que sa divine justice voulait satisfaction pour les péchés des hommes, il reprit aussitôt : « Que la volonté divine soit faite, et non la volonté humaine »; et intrépide et d'un pas assuré, il alla au-devant de Judas et des soldats qui venaient l'arrêter. Oh! quel grand enseignement nous donne Jésus baigné de sang dans ce jardin! quelle leçon parfaite de résignation à la volonté divine dans toutes nos adversités! « Que votre volonté soit faite », disait-il, quoique au milieu des douleurs. Sont-ce là nos paroles, sont-ce là nos sentiments dans nos angoisses et nos afflictions? Nous résignons-nous entièrement à cette volonté divine qui ne cherche que notre sanctification? Ou bien au contraire, dans notre obstination et noire dureté, ne cherchons-nous pas à satisfaire notre volonté plutôt que celle de Dieu? Si les choses arrivent selon nos désirs, et selon l'amour déréglé de nous-mêmes qui prédomine en nous, il nous est facile de répéter: « Que votre volonté soit faite »: mais si elles sont contraires à notre désir, nous nous irritons, nous nous dépitons, et si alors nos lèvres répètent des paroles de résignation, nos actions les contredisent.

 

Colloque

 

Ah! mon Jésus baigné de sang dans le jardin de vos afflictions, combien aujourd'hui m'instruisez-vous et me confondez-vous à la fois! Vous, au milieu de tant de peines, vous êtes prêt à faire la volonté divine jusqu'à souffrir la mort: et moi, pour le plus léger contre-temps, j'abandonne cette parfaite résignation, qu'à toute espèce de titre je dois à votre très-sainte et très-aimable volonté: vous m'engagez à remettre ma volonté à votre divin Père en m'enseignant dans l'oraison dominicale à répéter de cœur: Que votre volonté soit faite; et moi, combien de fois me suis-je révolté contre cette volonté en m'abandonnant aux perfides instigations de mon amour propre! Aujourd'hui, pourtant, que je reconnais mon erreur, je veux y porter remède; et c'est ce très-précieux sang répandu par vous qui me fera obtenir cette parfaite résignation. Oui, par ce sang de miséricorde , j'ai l'espoir et la confiance que vous me donnerez votre grâce avec la force nécessaire pour répéter dans tous les malheurs, dans toutes les souffrances, dans les infirmités et les angoisses: « Qu'elle soit faite, qu'elle soit faite votre volonté ».

 

Exemple

 

Saint Charles Borromée était très-dévoué au sang adorable de Jésus-Christ, et avant de mourir il voulut aller à la sainte montagne Varallo pour méditer dans les pieuses chapelles de ce sanctuaire les effusions de ce sang précieux. Arrivé presque au dernier terme de sa vie, il fit mettre auprès de son lit une image de Jésus agonisant et priant dans le jardin, afin d'adoucir son passage à l'éternité; et il dit au Père François Panigarola qui vint le visiter, ces paroles: « Je reçois un grand soulagement et une grande consolation dans mes infirmités, par la contemplation des mystères de la passion de Notre-Seigneur, et particulièrement de son agonie dans le jardin, et de sa sépulture, le commencement et la fin de sa passion ». (Vie du saint, par Giussano).

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

 

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22 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Vingt-troisième jour

Le très-précieux sang de Jésus-Christ nous encourage à supporter avec patience notre croix

 

La vie du chrétien doit être une vie crucifiée, dit saint Augustin, puisque nous sommes les disciples de Jésus qui pour nous mourut sanglant sur une croix. Et en effet le Rédempteur lui-même dit dans son Evangile: que celui qui veut le suivre doit prendre sa croix, et doit imprimer ses pas sur les sentiers du Calvaire. Et l'apôtre assure qu'il ne sera jamais digne du nom de chrétien celui-là qui ne vit pas crucifié. Certes nous ne manquons pas d'occasions de crucifier la chair rebelle avec ses désirs dépravés, dans cette misérable vallée de larmes où nous vivons, et où chaque pas nous amène amertumes et souffrances. Or, quel est celui qui portera volontiers sa croix, se résignera entièrement à la volonté divine dans les adversités de la vie? quel est celui qui vivra crucifié? Celui-là qui sera dévoué au très précieux sang de Jésus-Christ, parce qu'il trouvera en lui sa consolation, et un puissant aiguillon pour atteindre à l'abnégation de lui-même, et au crucifiement de sa chair. Si l'âme considère d'un regard attentif et dévoué le crucifié et le sang qui découle de ses plaies, si elle voit sa tête couronnée d'épines, son corps flagellé, son côté ouvert, comment pourra-t-elle refuser de souffrir? A cette vue le cœur se sentira excité à porter sa croix, chaque tribulation deviendra une cause de joie et d'allégresse, et on s'estimera heureux de boire à ce calice dont Jésus a goûté le premier les amertumes. « Si la colère, si l'impatience viennent à se remuer en nous, dit saint Chrysostôme, le sang de Jésus est comme une médecine céleste, qui, introduite dans nos entrailles, fait périr les vers et tous les insectes venimeux qui voulaient nuire à notre vie ». Tant ce sang divin est puissant à réfréner l'impétuosité des passions, et en particulier la colère avec ses déplorables résultats!

 

Quel ne sera pas le soulagement de l'âme au milieu de ses souffrances, si elle considère le mérite acquis pour elle par le sang de Jésus! Non-seulement il a rendu facile la voie de la croix, mais encore il a rendu méritoires nos souffrances et nos tribulations. Arrosées de ce sang de valeur infinie, elles montent vers le ciel où elles trouvent une récompense éternelle; et en vertu de ce sang divin, la souffrance d'un instant enfante un bonheur éternel. C'est pourquoi, animés par ce sang précieux, les apôtres joyeux et pleins d'allégresse allaient courageusement à l'encontre des persécutions; parce qu'ils s'étaient rendus dignes de souffrir pour le nom de Jésus, les outrages, les verges, les chaînes et la mort. Ce sang faisait braver aux martyrs les plus féroces bourreaux, et tous les cruels tourments dont les menaçaient les tyrans; les Solitaires et les Pénitents se sentaient par les mérites de ce sang le cœur inondé de jubilation. Pourquoi ne produirait-il donc pas le même effet dans nos coeurs, ce sang adorable, si nous en avions l'âme, le cœur toujours inondés? si nous méditions les peines et les douleurs de celui qui pour nous l'a versé, si nous l'aimions d'une ardente charité? Oh! bienheureuse l'âme qui se plonge continuellement dans le sang de Jésus!

 

Colloque

 

Sang très-précieux de mon Jésus, quel encouragement vous me donnez à souffrir avec patience ces croix qui sans cesse se rencontrent dans ce misérable exil, et que je n'ai que trop méritées par mes fautes! L'exemple que m'a donné Jésus, et le mérite qu'il a acquis dans l'effusion de ce sang divin, sera toujours pour moi un puissant aiguillon à la souffrance. Lui innocent, il a voulu mourir sanglant sur une croix pour me mériter, à moi pécheur, une gloire éternelle. Il a bu le calice amer de tant de peines pour adoucir mes afflictions, et je refuserais les croix? Non, il ne convient pas, mon Jésus, que je prenne un autre sentier que celui du Calvaire, que vos pas ont foulé pour moi. O croix précieuse! répéterai-je encore, recevez le disciple comme vous avez reçu le Maître dont l'exemple et les paroles m'enseignent à souffrir. Ne craignez pas de me frapper de votre tendre main, je ne cesserai pas de la baiser, car elle me frappe pour mon salut; donnez-moi de souffrir, et je serai satisfait: Brûlez, tranchez, dirai-je avec saint Augustin, ne m'épargnez pas ici, afin de m'épargner dans l'éternité.

 

Exemple

 

Ce fut par de grandes tribulations que le Seigneur éprouva et rendit plus parfaite la vertu de saint Elzéar, comte d'Ariane. Il fut injustement dépouillé de ses biens, attaqué dans son honneur, et soumis à d'autres maux et d'autres souffrances bien cruelles. Cependant au milieu de tant d'amertumes, on ne Je vit jamais donner aucune marque de trouble, jamais il ne se permit une plainte, et encore moins un mouvement d'impatience: cette tranquillité d'âme émerveillait tous ceux qui l'observaient. Un jour la comtesse Delphine son épouse lui demanda l'explication d'une pareille résignation, et il lui répondit: « Quand il me survient une peine, je me cache dans les plaies de Jésus-Christ; je réfléchis combien mon Seigneur a souffert pour moi, et je ne sors pas de ces inflexions, que ces blessures et ce sang n'aient adouci et allégé toutes mes peines ».

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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19 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Vingtième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ fortifie notre espérance

 

Tant que nous vivons dans cet exil et dans cette vallée de larmes, notre ame est comme au milieu d'une mer orageuse, dit saint Bernard; à chaque instant elle court risque de faire naufrage, assaillie sans cesse de mille tentations, par lesquelles le démon cherche à la gagner et à la précipiter dans l'abîme du désespoir; tantôt par le souvenir des fautes passées, tantôt par la terreur du jugement, tantôt par la faiblesse et l'infirmité que nous éprouvons tous, notre ennemi commun cherche à nous entraîner dans la prévarication. Mais quel sera le moyen le plus efficace de ne pas faire naufrage ait milieu de ces flots et de ces tempêtes? Comment l'espérance se maintiendra-t-elle dans notre cœur? Comment chaque jour la vivifier? Comment la fortifier? Ah! vous le savez, âmes pieuses, c'est en regardant Jésus, en qui reposent toutes nos espérances, comme dit saint Paul: « Christi Jesu spei nostrae ». Regardez souvent avec de profonds sentiments de dévotion le sang très-précieux de Jésus; c'est le moyen lé plus précieux et le plus efficace. Offrir souvent au Père éternel ce sang divin, participer souvent aux sacrements, l'invoquer dans les tentations, l'opposer comme un écu inexpugnable à tous les assauts infernaux, et, de cette manière, marcher d'un pas assuré dans les voies du Seigneur, avec la vive confiance que celui qui nous a donné son sang nous donnera la force de ne pas tomber. « Poursuivons, nous dit l'apôtre, la carrière qui nous est proposée, les yeux tournés vers Jésus, l'auteur et le consommateur de la foi ». « Jésus, selon les paroles du même apôtre, nous a rachetés par son propre sang, afin de paraître devant la Face de Dieu où il intercède pour nous ». Au ciel cette hostie immaculée, le plus agréable des sacrifices, ne cesse pas d'être offerte au Père éternel. Contemplons donc ses plaies, et le sang dont elles sont inondées; et le cœur dilaté par ce sang vivifiant, nous cheminerons d'un pas rapide dans les voies du Seigneur.

 

L'âme qui considère ses défauts et ses continuelles imperfections pourrait quelquefois tomber dans le découragement, si ses regards ne se tournaient pas vers l'Agneau immaculé. Mais il n'en sera pas ainsi, si tel est l'objet de ses pensées, de ses regards. Evitez de pécher, mes enfants, disait saint Jean à ses disciples; mais si quelquefois vous tombez en faute, ne vous découragez pas, ne perdez pas la confiance du cœur, car nous avons près du trône du Père un puissant avocat, qui implore constamment pour nous la miséricorde, en faisant parler la voix de son sang innocent. Ainsi donc, si l'âme troublée par la considération trop attentive et réfléchie de ses imperfections, se plonge dans le sang sacré du divin Agneau qui efface les péchés du monde, elle y puisera une merveilleuse consolation: elle pensera que Jésus ne cesse d'implorer, pour notre guérison et notre salut ; elle pensera qu'il est toujours exaucé, et que ce sang tout puissant peut remédier à tous les défauts. Et alors avec une profonde paix du coeur, mais une grande horreur de ses fautes, l'âme supportera ses propres imperfections, se raffermira dans la vertu de l'humilité, et eh vertu de ce sang triomphera de toutes les tentations, comme nous en avertit la séraphique sainte Thérèse; et elle sera guérie par ce remède bienfaisant qui apporte Vie et salut.

 

Colloque

 

Ah! Jésus qui m'aimez tant, quelle force, quelle vie nouvelle mon espérance puise en votre amour! Cet amour va jusqu'à offrir pour moi, à chaque moment, votre sang tout puissant et efficace, devant le trône de votre Père éternel; afin qu'il ne regarde pas mes fautes, mais bien les mérites de ce sang. Ah! que ferais-je, misérable, dans cette vallée de larmes, si vous n'opposiez un aussi puissant remède à tous les maux qui m'assiègent? Je sens ma faiblesse, je vois les périls qui m'entourent, j'ai horreur de mes iniquités passées; mais après tout je me console quand je tourne ma pensée et mon cœur vers votre sang sacré; c'est là mon remède, ma force, mon salut; avec lui je brave tous les ennemis de mon salut: « Si consistant adversùm me castra, non timebit cor meum, dirai-je avec David; si exurgat adversùm me praelium, in hoc ego sperabo ». Que l'enfer se déchaîne contre moi, que le démon s'efforce à m'entraîner dans le gouffre du désespoir, je ne crains rien, car mon esprit et mon cœur sont munis de votre précieux sang: ce sang, vous l'avez répandu pour moi; ce sang, vous me l'offrez avec tant d'amour; ce sang, il a le pouvoir de me sauver. Ainsi donc, mon espérance ne sera pas trompée. J'espère, moi aussi, venir un jour répéter dans le ciel avec les saints, qui ont été sauvés par les mérites de ce sang: « Vous nous aces rachetés, Seigneur, par votre sang ».

 

Exemple

 

Le bienheureux Jacques de Bevagna fut surpris un jour d'une violente tentation, concernant son salut éternel, et quoiqu'il eût pratiqué beaucoup de vertus héroïques, il était extrêmement épouvanté de la crainte de la damnation. Un jour, dans sa désolation et son affliction, il se plaça devant l'image de Jésus crucifié, et il remarqua que de son côté sacré s'échappaient d'abondantes gouttes de sang; en même temps il entendit la douce voix de Jésus qui lui disait: « Que ce sang soit le signe de ton salut ». A cette vue et à ces paroles, toute terreur se dissipa, il sentit dans son cœur un indicible soulagement, et continua plus que jamais à marcher dans une voie de vertu, qui le conduisit à une haute perfection.

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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7 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

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Huitième jour

La vie par le Saint Esprit


L'apôtre saint Paul, dans son admirable Epitre aux Romains, nous révèle les plus sublimes mystères de cette vie spirituelle que le Saint Esprit communique à l'âme des justes, et qui diffère  essentiellement de la vie mondaine. Ecoutons le Docteur des nations: « Mes frères, nous ne sommes pas redevables à la chair, pour vivre selon la chair; si vous vivez selon la chair, vous mourrez. Si, au contraire, vous faites mourir par l'Esprit les œuvres de la chair, vous vivrez ». Et ailleurs: « La chair convoite contre l'Esprit, et l'Esprit convoite contre la chair; et ils sont opposés l'un à l'autre. Je vous le dis donc: Conduisez-vous selon l'Esprit, et vous n'accomplirez point les œuvres de la chair ». Ceux qui sont à Jésus-christ ont crucifié leur chair avec ses passions et ses désirs déréglés. Si donc, nous vivons par l'Esprit, conduisons-nous aussi par l'Esprit. Ces principes sont d'une telle clarté qu'on hésite presque à les expliquer. Il est évident, d'après la doctrine de l'Apôtre, que notre nature déréglée par le péché, dirige ses affections vers les objets créés, et cherche sa félicité dans la jouissance des biens sensibles. Même après avoir été régénérés par le baptême, nous avons à combattre continuellement contre la convoitise et contre ses désirs, parce qu'ils sont opposés à l'Esprit de Dieu.


Ainsi il y a dans l'homme deux principes contraires qui le font agir, et qui remuent toutes ses affections: l'un qui le porte vers le ciel, et l'autre qui l'incline vers la terre; l'Esprit qui est la source de la pureté et de l'innocence, le détache de l'amour des créatures et l'élève vers son Créateur, en lui inspirant des désirs chastes et saints, et des pensées salutaires. La chair, de son côté, l'attache aux biens créés, aux choses sensibles, et le rend leur esclave. Elle ne suggère que des pensées basses et terrestres, des désirs illicites et déréglés, parce qu'elle est toute corrompue par sa propre origine. Ce combat dangereux dure autant que la vie. On ne peut le soutenir que par la grâce du Sauveur qui, seule, donne la force nécessaire pour que la victoire reste à l'Esprit. Le grand Apôtre s'écrie: « Je vois dans les membres de mon corps, une loi qui combat contre la loi de mon esprit, et qui me rend captif sous la loi du péché qui est dans mes membres. Malheureux homme que je suis! qui me délivrera de ce corps de mort? Ce sera, la grâce de Dieu par Jésus-christ Notre-Seigneur ». Heureuses les âmes qui connaissent ce terrible duel, comme l'appelle l'Eglise? heureux le chrétien dont le cœur est le théâtre de ce rude combat! c'est une preuve que l'Esprit de Dieu est en lui; car, dit saint Augustin, l'Esprit convoite contre la chair dans ceux qui sont bons; les mauvais ayant, perdu cet Esprit, la convoitise de la chair n'a plus d'objet; c'est l'état affreux dans lequel vivent beaucoup de chrétiens qui ne combattent plus, parce qu'ils suivent en tout les appétits mauvais de leur pauvre nature. Ils vivent tranquilles, c'est-à-dire, sans combattre; leur paix et leur tranquillité ne sont autre chose que les arrhes de l'enfer. Pour moi qui veux me sanctifier, je veux aussi ce combat, et je l'accepte.


Le Saint Esprit est venu, il m'a revêtu des armes nécessaires pour marcher contre l'ennemi, et pour recevoir ses attaques. Me voici, je suis prêt. Ce sera donc l'Esprit qui combattra !a chair, et si la chair m'attaque, je me vengerai contre elle en l'écrasant, en la crucifiant. Je ferai comme saint Paul qui la châtiait et la réduisait à l'esclavage. Saint Anselme, en traitant ce sujet, me dit: La concupiscence ne veut pas me permettre de faire le bien, que je voudrais? moi je l'empêcherai de faire le mal qu'elle veut. D'ailleurs quand elle crie, quand elle s'agite, je n'ai pas peur, parce que je ne consens pas à ce qu'elle désire! C'en est donc fait, ma vie sera une vie spirituelle. Oh! comme j'aime à revenir sur ce mot de saint Paul: « l'Esprit convoite contre la chair! » Précieuse convoitise! je vais l'irriter, la provoquer, la rendre toujours plus vive, afin qu'elle prenne un empire absolu, et que l'Esprit soumette entièrement la chair. C'est ce que produit dans les âmes justes la présence de l'Esprit de Dieu. Non, je ne suis pas le débiteur de la chair; elle est ma plus cruelle ennemie; tous ses efforts tendent à me damner pour une éternité. Qu'elle en prenne donc son parti, elle obéira à la loi de l'Esprit, et je saurai châtier et punir ses insolentes révoltes. Je suis le débiteur de l'Esprit; Je lui dois tous les biens de la grâce, il veut me conduire à la possession d'un bien infini. Je l'aime, et je me donne à lui; je vivrai de la vie de l'Esprit, en ayant toujours présente à ma mémoire cette parole de saint Paul: « Tous ceux qui sont poussés par l'Esprit de Dieu, sont les enfants de Dieu ».

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En quoi consiste la vie de l'Esprit


Suivons toujours l'enseignement admirable de saint Paul: « Ceux qui sont charnels aiment et goûtent les choses de la chair; ceux qui sont spirituels aiment et goûtent les choses de l'Esprit ». Ces paroles doivent me faire comprendre une chose, c'est qu'il ne s'agit pas, dans toute la doctrine que je  médite, de quelques vérités spéculatives qu'il est facile d'admettre en théorie, en les oubliant dans la pratique. Il s'agit, au contraire, de choses très précises, qui regardent toute ma conduite, et qui doivent avoir la plus grande influence sur toutes les actions de ma vie considérées dans leurs plus petits détails. La vie de la chair, disent les grands Docteurs qui ont expliqué saint Paul, consiste à s'occuper des choses de la terre par-dessus tout, à les aimer de préférence, à les rechercher avec ardeur, à s'en nourrir continuellement, à placer sa félicité dans les jouissances qu'elles procurent. Les hommes charnels, dit un savant commentateur du grand Apôtre, cherchent avec ardeur les biens de ce monde, ils applaudissent quand ils les voient, ils les embrassent avec transport. Les choses de la chair dont parle l'Apôtre, ce sont tous les objets sensibles et agréables à la chair, c'est-à-dire, à la nature viciée par le péché.


D'après cette définition de l'homme charnel, qui ne vit pas de l'Esprit et qui, par là même, ne saurait être compté parmi les enfants de Dieu, je comprends ce qu'il faut penser de l'immense majorité des chrétiens que j'ai sous les yeux, de ceux en particulier qui peuplent les grandes villes. Ou saint Paul a menti, ou ces pauvres chrétiens ne sont plus enfants de Dieu. Mais il est pour moi d'une importance extrême que je sache si je n'ai rien à craindre personnellement. Pour cela, il faut que j'examine sérieusement le caractère de l'homme spirituel opposé à l'homme charnel. L'homme spirituel est celui qui ambitionne les vraies richesses, les dons de la grâce, la possession de Dieu. Ses pensées sont dans le ciel, ses vœux sont pour le ciel, son ambition ne s'arrête jamais plus bas que le ciel. L'homme spirituel sait que par la chair, il est poussé vers les choses du temps, et détourné de sa fin qui est la possession éternelle de Dieu. Alors il craint sa chair, il redoute ses appétits, il déteste ses prétentions. Il veut dominer par l'Esprit de Dieu qui lui a été communiqué, cette partie de son être qui est faite pour obéir, et qui ne peut supporter le joug qu'elle cherche continuellement à secouer. L'homme spirituel voudrait, en quelque manière, sortir de son corps, et ne plus le sentir; il le regarde comme un esclave, comme un animal indompté dont l'humeur fougueuse est un danger pour lui. Il se dit à lui-même: mon corps n'est pas moi, pas plus que ce meuble, que cet habit n'est moi. Il sait que ce même corps n'est qu'une maison de boue destinée à la destruction. L'homme spirituel se persuade que tout ce qui est visible n'est qu'un fantôme, une figure, une vapeur qui s'évanouira bientôt; que c'est une simple apparence, et que la réalité c'est l'Esprit, c'est Dieu, c'est l'âme créée à l'image et à la ressemblance de Dieu. Il comprend que le corps ne sera un jour glorifié que pour avoir pris, autant qu'il était en lui, les qualités de l'Esprit, et qu'il sera appelé alors un corps spirituel! Dans cette persuasion, le fidèle s'efforce de rendre son corps spirituel, autant qu'il le peut, à l'exemple des saints qui ont réduit d'une manière si étonnante les exigences de leurs sens. Ce n'est pas que l'homme spirituel ignore que le corps est pour lui une machine précieuse, très utile, sans laquelle il ne peut rien ici-bas, pas même souffrir pour la gloire de Jésus. Il veut donc conserver cet instrument, et il le doit; mais il étudie avec soin ce qu'il faut accorder par nécessité, et ce qu'il faut refuser pour éviter les révoltes. Il use de finesse, il agit par politique, comme on le fait envers des personnes haïssables dont on a besoin, et que l'on ménage néanmoins pour ne pas tout perdre en un instant. D'après ce principe, l'homme spirituel consulte la vertu de prudence, pour savoir ce qu'il convient d'accorder à ce corps dont les désirs sont insatiables. Il lui mesure avec parcimonie la nourriture, le sommeil, les plaisirs. Il le loge, il le couvre de vêtements; mais une sainte avarice et une rigueur prudente président à cette distribution, puisque la conduite contraire serait tout simplement la sensualité!...


Oh! comme les yeux vont se plaindre! ne les écoutez pas, et refusez-leur beaucoup de choses. L'ouïe sera réduite à entendre Dieu et sa parole, les gémissements et les soupirs du pauvre; elle devra renoncer à mille satisfactions ou criminelles ou dangereuses. L'odorat sera sanctifié, s'il est réduit à vous rendre le service de distinguer la pureté de l'air, ou à juger si les objets dont il faut que vous vous serviez sont véritablement sains. Quant au goût, on peut dire que ses exigences sont devenues telles que beaucoup de chrétiens vivent en qualité de ses esclaves. Oh! quelle sévérité l'homme spirituel déploie contre lui! Il consulte la saine raison pour distinguer ce qui est nuisible ou utile à la conservation, et puis il est impitoyable. Hélas! combien ces détails vont exciter la pitié des mondains! ils n'y verront qu'une folie, je les plains sincèrement, et je me tais. Aujourd'hui, on apprend aux enfants l'art si facile des jouissances physiques. L'industrie et les arts sont coupables devant Dieu, des plus perfides' inventions; et bien des mères qui se disent chrétiennes apprennent à la jeune fille à n'avoir d'autre Dieu que sa chair!... 0 mon Dieu, je ne puis douter de la vérité de ces principes; je les trouve pratiqués par tous les saints, et si je me trompais en les adoptant, je me tromperais avec les justes de tous les siècles, avec saint Paul le docteur des nations; je me tromperais avec Jésus Christ!... Ah! je comprends cette parole de l'Apôtre, et je la méditerai souvent: « L'amour des choses de la chair est une mort ; au lieu que l'amour des choses de l'Esprit est la vie et la paix ».

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Nécessité de la vie de l'esprit


Le grand Apôtre développe son admirable doctrine sur la vie spirituelle, et voici ce qu'il enseigne à tous les disciples de Jésus Christ: « Ceux qui vivent selon la chair, ne peuvent plaire à Dieu; pour vous, vous ne vivez pas de la chair, mais selon l'Esprit, si toutefois l'Esprit habite en vous. Que si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Jésus-christ, il n'est point à lui ». Ici, je dois remarquer avant tout, combien le ton que prend saint Paul est affirmatif; combien la décision qu'il donne est formelle, absolue, n'admettant aucune exception, et rejetant par là même, toute explication par laquelle on s'efforcerait d'atténuer ou d'affaiblir la force de sa parole. Or, quelle est cette décision que tous les sophismes fournis par la fausse piété, par la piété mondaine, ne pourront jamais affaiblir! c'est celle-ci: « Ceux qui vivent selon la chair, ne peuvent plaire a Dieu », Dieu est un Esprit infiniment pur, et par là même, en vertu de sa sainteté parfaite, il déteste, il abhorre les affections impures et les œuvres détestables de la chair. Ceux-là donc qui se renferment dans leur être purement naturel, et que le Saint Esprit ne régénère pas; ceux qui ne vivent pas de la vie surnaturelle, de la vie de l'Esprit, ceux-là ne peuvent plaire à Dieu. Les vertus que fait pratiquer la raison abandonnée à elle-même ne s'élèvent jamais jusqu'à Dieu, et ne peuvent lui être assez agréables pour mériter une récompense éternelle.


O Dieu! je veux vous plaire; arrachez de mon cœur, cet amour funeste des choses sensibles! cet amour tue l'âme pendant cette vie, et devient pour elle le principe de la mort éternelle. Cet amour, Dieu le haïra toujours, parce que, toujours, il sera opposé à sa pureté infinie. Saint Paul ajoute: « Pour vous, vous vivez selon l'Esprit ». En parlant ainsi, le grand Apôtre désigne les chrétiens, les vrais disciples de Jésus-christ. Ceux-ci ne suivent pas les affections terrestres, et ne s'inquiètent pas des avantages, des biens et des plaisirs que procure la vie présente. Ils ont été régénérés par le Saint Esprit, ils sont devenus des hommes spirituels, et leur amour se porte vers les choses surnaturelles. Nous sommes appelés des hommes spirituels, dit le grand pape saint Léon, si les affections charnelles ne dominent pas dans notre cœur; et l'on peut dire de nous que nous avons quitté la chair, lorsque nous ne suivons plus sa volonté. Mais remarquons la restriction que saint Paul met tout à coup à ce qu'il vient d'affirmer: « Si toutefois l'Esprit de Dieu habite en vous!... » Que signifie cette parole, sinon que la régénération par le baptême ne suffit pas, lorsque parvenus à l'âge de raison, nous avons le malheur de renoncer aux engagements que nous avons pris à l'égard de Dieu et de sa loi sainte, pour vivre suivant les maximes du monde et selon les désirs corrompus de notre cœur? Ce serait donc une erreur monstrueuse de dire: Je suis baptisé, donc me voilà sauvé. Cette proposition est le comble de la démence, et la marque d'un esprit épouvantablement égaré. Ce que saint Paul ajoute, après les paroles que je viens d'entendre, met dans le plus grand jour son enseignement divin: « Si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Jésus Christ, il n'est pas de lui ». Par cet Esprit, dit saint Augustin, il faut entendre le Saint-Esprit lui-même, ou l'Esprit de grâce et d'amour qu'il répand dans les âmes; c'est la même chose. Pour plaire à Dieu, il faut être à Jésus-christ; pour être à Jésus-christ, il faut avoir son Esprit: voilà des principes incontestables. Donc la vie de l'esprit, la vie de l'homme spirituel n'est autre chose que la vie de Jésus Christ, copiée, imitée, répétée par ses disciples.


Donc, pour savoir si je suis de Jésus Christ et par là même de Dieu, je n'ai qu'à répondre à cette question: mes pensées, mes affections, mon langage et mes œuvres, sont-ils une imitation des pensées, des affections, des œuvres de Jésus Christ, ou une imitation de la vie des mondains? Donc, porter les marques extérieures du chrétien, fréquenter les assemblées des fidèles, vaquer à des œuvres bonnes et louables, ce n'est pas un motif suffisant pour croire que l'on est un membre vivant du corps mystique dont Jésus-Christ est le chef, et le seul motif raisonnable qui peut me porter à espérer ce bonheur, c'est la présence de l'Esprit de Jésus Christ dans moi. Enfin l'Apôtre ajoute: « L'Esprit est vivant à cause de la justice », c'est-à-dire, le Saint Esprit qui est lui-même la vie essentielle et incréée est la cause de notre vie spirituelle; c'est lui qui nous communique cette vie divine en nous faisant vivre dans la grâce, dans la pureté, dans l'amour; c'est ce que disent saint Chrysostôme, saint Ambroise et saint Augustin, en expliquant les paroles de saint Paul. Qui doutera maintenant de la nécessité de cette vie de l'Esprit? qui osera la regarder comme un état de perfection auquel doivent sans doute aspirer les prêtres et les religieux, mais qui n'est pas commandé aux simples fidèles? Quoi! être un homme spirituel, s'efforcer de le devenir, travailler tous les jours pour cela, c'est à peine un conseil évangélique? chacun est libre de le pratiquer, et personne n'y est tenu? Erreur fatale, qui précipite un grand nombre de chrétiens dans la vie des sens, dans la vie mondaine, triste avant coureur de la mort éternelle. Ah! je comprends aujourd'hui ce que le Saint Esprit veut de moi; je comprends ce qu'il se propose de faire, si je lui ouvre mon cœur, si je lui livre mon âme. Il établira la vie de Jésus Christ dans moi; il fera de moi un homme spirituel; il m'élèvera au-dessus de ma nature grossière et corrompue; il me fera monter par Jésus Christ jusqu'à Dieu, et me rendra son enfant sur la terre, pour me rendre plus tard dans le ciel l'héritier de sa gloire.

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Les avantages de la vie de l'esprit


Le Saint Esprit, dans l'Écriture, oppose toujours l'homme animal à l'homme spirituel. Ce sont comme deux adversaires continuellement en face l'un de l'autre. Les vices, les défauts du premier nous font connaître les propriétés et les avantages du second. « L'homme animal, a dit saint Paul, ne pénètre pas les choses qui sont de l'Esprit de Dieu ». Hélas! il n'y a qu'à regarder autour de soi pour faire l'application de ce terrible anathème. Parlez à un grand nombre de chrétiens, de Dieu, de Jésus Christ, de l'évangile, du ciel, de l'enfer, vous les laisserez aussi froids qu'ils l'étaient avant de vous entendre. Ils sont dans une sorte de stupidité qui ne se réveille qu'au son de l'argent, ou aux clameurs que pousse la joie mondaine. Mais l'homme spirituel comprend les choses de Dieu. Certes, oui, il les comprend et il les pénètre; saint Paul nous assure qu'il juge de tout, c'est-à-dire, qu'il voit avec évidence la vérité des mystères les plus sublimes révélés par Jésus-christ et enseignés par l'Église, et tandis que la raison de l'homme animal ne peut les concevoir, l'homme spirituel est frappé des lumières et de la clarté qui les environnent. Le grand Apôtre élève encore bien plus haut l'homme spirituel; je l'entends qui s'écrie: « l'Esprit pénètre tout, et même ce qu'il y a de plus caché dans les profondeurs de Dieu, c'est-à-dire, les secrets de Dieu les plus impénétrables, et ce qu'il y a de plus élevé au-dessus de la raison. Or, cet esprit nous est donné, nous l'avons reçu, l'homme spirituel le possède. « Il découvre, dit Job, ce qui, pour l'homme animal, est enseveli dans de profondes ténèbres, et il produit au jour l'ombre de la mort ». N'est-ce pas l'homme spirituel qui a trouvé dans les pages si courtes et si simples de l'Évangile, tous ces trésors de science sacrée que nous nommons les œuvres de saint Augustin, de saint Basile, de saint Jean Chrysostôme et de saint Bernard? Une seule ligne, un mot de ce livre divin n'a-t-il pas suffi pour faire composer des traités admirables qui, bien loin d'épuiser cette source féconde, laissent encore aux saints et aux âmes pieuses des siècles à venir, des richesses incalculables à découvrir? N'est-ce pas l'homme spirituel qui pénètre dans les âmes, qui sonde les cœurs, qui connaît les consciences et met au grand jour leurs secrets?


Oh! comme je désire que mon directeur soit un homme spirituel! il vérifiera en ma faveur la parole de Job, en découvrant ce qui est enseveli dans de profondes ténèbres, en répandant la lumière de Dieu là où régnait auparavant l'ombre funeste de la mort. L'homme spirituel connaît le prix des grâces, il apprécie les bienfaits de Dieu, c'est là un grand bonheur. Je ne puis en douter, après que Jésus Christ lui-même s'est écrié: « Ah! si vous connaissiez le don de Dieu! » Qui le connaît ce don admirable, digne d'une éternelle reconnaissance? C'est l'homme spirituel qui a reçu le Saint-Esprit, et qui vit de la vie de l'Esprit. Saint Paul me l'assure: « Nous avons reçu l'Esprit de Dieu, afin que nous connaissions les dons que Dieu nous a faits », c'est-à-dire, pour avoir cette sagesse céleste qui nous fait connaître les biens ineffables que Dieu avait préparés avant tous les siècles, et qu'il commence à nous prodiguer durant cette vie, avant qu'il nous enrichisse de leur plénitude dans le séjour de l'éternelle gloire. L'homme spirituel qui ne vit plus que de la vie de l'Esprit, est un instrument docile entre les mains de la divine sagesse; elle en fait ce qu'elle veut, un Augustin, un François d'Assise, une Thérèse; saint Paul l'appelle un homme poussé par l'Esprit. Quelle admirable expression! De même que l'âme fait mouvoir le corps, détermine ses mouvements, le transporte d'un lieu à un autre, le Saint-Esprit devenu en quelque sorte l'âme du juste qui vit par lui, le pousse où il veut et devient le maître absolu de tous ses mouvements; toutes ses démarches, toutes ses résolutions doivent être attribuées à l'Esprit de Dieu qui est en lui. De quoi n'est-il point capable? Oh! si je pouvais dire avec saint Paul: « Nous, nous avons l'Esprit de Jésus-christ! » Mais, hélas! j'ai encore à travailler beaucoup pour détruire dans moi l'homme animal, éternel ennemi de la vie spirituelle dont Jésus-christ m'a donné le modèle et m'a exposé les principes! A combien de pauvres âmes s'adressent aujourd'hui ces reproches de saint Paul: « Il faut que je vous parle comme à des hommes charnels, et non comme à des hommes spirituels; n'est-il pas visible que vous êtes encore charnels, et que votre conduite est toute humaine »? L'apôtre saint Jude appelle les hommes qui n'ont pas l'Esprit de Dieu, des animaux. Et telle est la division qui existe parmi les chrétiens: les uns sont mondains, sensuels, charnels, ce sont des animaux qui ne vivent que de la vie des sens: leurs organes sont tout, leur corps est leur divinité. Les autres sont des hommes spirituels qui ne s'occupent qu'à perfectionner en eux les dons du Saint-Esprit et la vie de la grâce. Le choix m'est donné. En finissant cette méditation qui est peut-être la plus importante de toutes, et sur laquelle je me propose de revenir dans le courant de l'année, pour réveiller ma paresse dans les voies de Dieu, je veux me rappeler ces belles paroles du grand Apôtre: « L'homme ne recueillera que ce qu'il aura semé; celui qui sème dans sa chair, recueillera de la chair, la corruption, la mort; et celui qui sème dans l'Esprit, recueillera de l'Esprit la vie éternelle! »

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30 septembre 2010

Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus 15/15

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Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus

Don Tomaselli, Salésien de Don Bosco


Quinzième vendredi

Réparation pour les mourants


Lecture


Le temps est un des plus grands dons que Dieu ait pu nous faire. En utilisant le temps, nous pouvons nous enrichir de mérites pour toute l'éternité: la seule affaire intéressante de la vie est le Salut de l'âme. Mais tout le monde pense-t-il qu'une autre vie nous attend? Tous ont-ils soin de l'âme? Hélas, nous vivons comme si nous devions rester éternellement sur cette terre et pourtant, il faut mourir. Personne ne peut fuir cette loi universelle. Rien n'est plus sûr que la mort et rien n'est plus incertain que l'heure ou elle arrivera. « Soyez prêts, à dit Jésus, car au moment où vous ne vous y attendrez pas, le Fils de l'Homme viendra comme un volent, dans la nuit. Alors veillez ». Tout le monde n'est pas prêt à comparaître devant Dieu; beaucoup vivent en état de péché. Malheur si nous nous trouvons en disgrâce devant Dieu. Chaque jour, il meurt des centaines et des milliers de personnes! Il est un devoir de Charité d'assister les agonisants par la prière et les bonnes oeuvres. Le Sacré Cœur de Jésus, qui est mort sur la Croix pour tous, désire que toutes Ses créatures meurent en Sainte Grâce et, puisque parmi les mourants il y a des pécheurs obstinés, il convient de supplier la Divine Miséricorde pour leur conversion; au moins aux derniers moments. Jésus ne refuse à personne la grâce: Il l'a accordée au Bon Larron. Que ce dernier Vendredi soit consacré à consoler le Cœur de Jésus par la conversion des pécheurs agonisants. Prier pour les mourants devrait être la préoccupation de toute âme pieuse, puisque, chaque jour, beaucoup d'âmes partent pour l'éternité. Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, étant malade, appela une consoeur et lui posa la question suivante: « Si vous, chère soeur, étiez sur le lit de mort, combien je prierais pour vous! Et c'est moi qui suis mourante, priez pour moi, j'ai tant besoin de l'Assistance Divine ». Si une Sainte peut avoir besoin des prières au moment de mourir, que fait-il penser des pécheurs? Prions donc dans ce but et quand il vient à notre connaissance que quelqu'un est en danger de mort, intéressons-nous pour lui faciliter la réception des Sacrements. Si l'on néglige ce grave devoir, on en sera responsable devant Dieu. Si nous apprenons que quelque mourant refuse le réconfort de la religion, offrons à Dieu avec Foi prières et sacrifices, et s'il nous est possible, faisons célébrer le plus grand et le plus puissant des sacrifices, la Sainte Messe, pour lui obtenir de la Miséricorde Divine une bonne mort; nul doute que Dieu accordera, au dernier moment, une grande lumière, afin que le pauvre mourant reconnaisse son triste état et retourne à Dieu. Ce qu'il nous sera possible de faire pour un pécheur qui va mourir sera très cher au Divin Cœur de Jésus, var il rend toute sa valeur au Sacrifice de la Croix. Combien d'âmes nous pouvons sauver dans une journée par notre offrande à leur avantage. La Charité dont nous usons envers les autres, Dieu nous la rendra à notre mort en nous faisant bénéficier des mérites et des sacrifices des âmes vouées à la réparation à Son Cœur Adorable et Miséricordieux. Vierge Sainte, ô ma Mère chérie, assistez-moi, avec Saint Joseph, votre aimable époux, à mon heure dernière, afin que je puisse un jour contempler dans la céleste demeure la vision première de mon enfance: la vivante Crèche, Jésus, Marie, Joseph. Ainsi soit-il.


Bouquet spirituel: Chaque soir, avant de vous endormir, demandez-vous: « suis-je prêt à paraître devant Dieu? »


Prière: Chaque jour de la semaine, réciter 5 Notre Père, je Vous salue Marie et Gloire au Père en réparation des intentions du Vendredi.

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Acte de réparation à la fin des Quinze Vendredis


Mon Dieu, je voudrais pouvoir Vous aimer et Vous honorer comme Vous le méritez. Je voudrais pouvoir Vous rendre le culte qui est dû à Votre Souveraine Grandeur et réparer tous les outrages commis envers Votre Souveraine Majesté. Mais, puisque je n'ai rien a Vous offrir qui soit digne de Vous, car tout ce que je puis faire pour expier mes péchés est disproportionné à leur nombre et à leur gravité, pour suppléer à la pauvreté de mes hommages et à l'insuffisance de mes pénitences, je Vous offre Votre Divin Fils, avec la gloire qu'Il nous a procurée depuis le premier moment de Sa Conception, jusqu'à Son Ascension. Je Vous offre toutes les actions de Sa Vie, de Sa Passion, de Sa Mort. Je Vous offre toutes les Messes qui ont été célébrées sur la terre et qui seront célébrées jusqu'à la fin du monde. Je Vous offre la Sainteté, la Pureté de la Sainte Vierge Marie, je Vous offre toutes les louanges des Chérubins et des Séraphins, je Vous offre le zèle et les fatigues des Apôtres, toutes les souffrances des Martyrs, la piété des Confesseurs, la chasteté des Vierges, les prières, les jeûnes, les mortifications et les bons sentiments de tous les Saints. Je Vous offre toutes les bonnes oeuvres qui ont été faites depuis le commencement du monde avec celles qui s'accompliront jusqu'à la fin des siècles et je Vous supplie de m'en accorder le mérite. Je déteste et abhorre tous les délits qui ont été commis et se commettent dans le monde entier. J'unis mon intention a celle de Jésus-Christ et des Saints, je veux Vous louer, Vous aimer, Vous glorifier, Vous servir comme eux Vous ont loué, aimé, servi et glorifié. Ainsi soit-il.

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Prière pour chaque jour de la semaine


Dimanche

Le Mystère de la Sainte Trinité


Gloire au Père, au Fils, au Saint Esprit. Gloire au Père qui a engendré le Fils par voie de connaissance. Gloire au Fils qui a été conçu par le Père. Gloire à l'Esprit Saint qui procède du Père et du Fils par voie d'Amour. Gloire au Père, qui est principe du Fils; au Fils qui est la splendeur et l'image vivante du Père; à l'Esprit Saint qui les l'Amour du Père et du Fils. Gloire, bénédiction, salut, hommage, adoration à la Très Auguste et Ineffable Trinité; Père, Fils et Saint Esorit, seul Dieu en trois personnes. Nous croyons et adorons le Mystère de la Très Sainte Trinité. Nous offrons toutes les actions de cette journée en l'honneur de ce Très Saint Mystère.


Lundi

Les perfections Divine


Dieu Grand, Puissant, Eternel, Saint et Juste, nous Vous adorons, nous Vous louons, nous Vous bénissons et toutes Vos perfections. Mon Dieu, nous adorons Votre Infinie Bonté, nous nous abandonnons à Votre Providence et respectons Votre Justice; nous nous confions à Votre Miséricorde. Mon Dieu, je Vous offre la Gloire que Jésus-Christ Vous a procurée après Sa Conception jusqu'à Sa Glorieuse Ascension. Je Vous offre tout ce que la Très Sainte Vierge et les Saints ont déjà souffert en Votre honneur. Je Vous offre, en terminant, toutes les louanges, les adorations que les Anges et les Saints Vous ont rendues et Vous rendront pour toute l'éternité. Tout ce que nous ferons aujourd'hui sera réservé à cette Divine Perfection.


Mardi

Au Mystère de l'Incarnation


Béni soit l'instant où le Fils de Dieu sortit du Sein de Son Père pour se faire homme dans le Sein très Pur de la Vierge Marie, et bénies soient les entrailles qui ont porté le Fils de Dieu. Bénie soit l'heure où Jésus est né, celle où Marie fut conçue sans péché. Jésus, mon Sauveur, vrai Dieu et vrai Homme, moi, j'adore Vos deux natures; c'est-à-ire, la nature Divine et la nature humaine qui subissent en Votre Personne. Le Verbe s'est fait chair, Il a habité parmi nous. Tout ce que nous ferons aujourd'hui sera à l'attention et en l'honneur des Mystères de l'Incarnation.


Mercredi

La Vie de Jésus-Christ


Sacré Cœur de Jésus, nous Vous adorons, nous Vous aimons, nous Vous consacrons nos coeurs pour toujours. Divin Jésus, nous Vous bénissons et Vous remercions de tout ce que Vous avez fait pour notre Salut. Donnez-nous Votre Pur Amour. Nous adorons la Vie de Jésus-Christ, nous Lui consacrons notre corps et notre âme. Nous honorons la vie cachée qu'Il a menée avec la Vierge et Saint Joseph, jusqu'à l'âge de trente ans; les trois ans de Sa Vie Publique qu'Il a passés avec Ses Apôtres. Seigneur Jésus, faites qu'à Votre imitation, nous aimions vivre une vie cachée, fuir les périls du monde et les tentations de l'infernal ennemi. Toutes les actions de cette journée, nous désirons qu'elles soient en l'honneur de ce que Jésus-Christ fit pendant le cours de Sa Vie mortelle, unissant nos travaux aux Siens.


Jeudi

Au Très Saint Sacrement


Loué et adoré éternellement soit le Très Saint Sacrement de l'autel. Jésus, mon Sauveur, vrai Dieu et vrai Homme, nous croyons fermement que Vous êtes réellement présent dans le Saint Sacrement. Nous Vous adorons, nous Vous louons, nous Vous aimons de tout notre cœur et unissons nos adorations à celles que les Anges Vous rendent au Ciel. Très Sainte et Très Auguste Trinité, nous Vous offrons toutes les louanges et les adorations que Jésus-Christ rend continuellement dans le Saint Sacrement de l'Autel, par Son état de Victime d'humiliation, d'abaissement et d'anéantissement dans lequel Il s'est mis pour adorer Votre Majesté suprême. Jésus-Christ, mon Sauveur, nous Vous remercions de l'Amour ineffable que Vous nous avez montré dans le Saint Sacrement. Faites-nous la grâce de Vous aimer en cet état d'humiliation, comme le mérite un si grand avantage. Nous Vous faisons amende honorable de toutes les irrévérences, les immodesties, les sacrilèges qui se commettent et qui ont étés commis contre Vous dans le Saint Sacrement de l'Eucharistie et pour réparer, en quelque manière, un si grand mal, nous Vous offrons tous les hommages, toutes les adorations que les Anges et les Saints vous rendent et Vous rendront jusqu'à la fin des siècles. Ne permettez pas que nous soyons assez malheureux pour commettre un sacrilège par une Communion indigne, mais accordez-nous la grâce de toujours communier dignement, fréquemment et surtout au dernier moment de notre vie. Nous Vous offrons toutes les actions de la journée en l'honneur du Très Saint Sacrement de l'Autel.


Vendredi

La Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ


Jésus, mon Sauveur et Rédempteur, nous Vous remercions de tout ce que Vous avez souffert jusqu'à mourir pour notre amour. Jésus, mon Sauveur et Rédempteur, nous mettons toute notre confiance dans les mérites de Votre mort et Vous prions de nous les appliquer. Jésus, mon Sauveur et Rédempteur, accordez-nous la grâce et la gloire que Vous nous avez méritée avec Votre Passion et Votre Mort. Je Vous offre tous les sentiments de compassion qu'a ressentis le Cœur Sacré de la Très Sainte Vierge, de Saint Jean l'Evangéliste, de Sainte Marie-Madeleine au pied de la Croix, et de tous les sentiments des Saints aimants de la Croix. Je déteste mes péchés qui sont la cause de toutes Vos Souffrances; effacez-les avec Votre Précieux Sang. Nous adorons Vos Cinq Plaies, et Vous prions par leur mérite, de guérir toutes les plaies que le péché a fait à nos âmes. Tout ce que nous ferons et souffrirons aujourd'hui, nous voulons le faire en l'honneur de la Passion et de la mort de notre Sauveur Jésus-Christ.


Samedi

La Sainte Famille


O Enfant Jésus, rendez-nous dignes d'honorer Votre Enfance; faites qu'à Votre Exemple et à Votre imitation, nous avancions en grâce et en vertu. O Dieu! Nous Vous offrons le suave Cœur de Marie avec tout l'amour qu'Elle a eu pour nous. Nous Vous offrons toutes les pensées de Son esprit et toutes les actions de Sa vie. O Vierge Marie, Mère de Dieu, nous Vous saluons, nos Vous bénissons, nous Vous honorons et nous Vous aimons comme la plus Sainte, la plus Pure, la plus parfaite de toutes les créatures. O Mère de Jésus et notre Mère, regardez-nous comme Vos vrais fils; nous mettons en Vous, après Dieu, toute notre confiance. O Grand Patriarche Saint Joseph, époux très vertueux de Marie, de Laquelle est né Jésus-Christ, nous vous honorons et vous félicitons que le Sauveur du monde vous ait choisi pour lui tenir lieu de Père sur la terre. Priez pour nous le Cher Enfant Jésus que vous avez porté dans vos brans et qui vous a été soumis sur cette terre. Obtenez-nous, nous vous prions, la grâce de bien vivre et de bien mourir, afin que nous puissions un jour aller Le louer avec vous au Paradis, pour toute l'éternité. Toutes nos actions de la journée, nous les offrons en l'honneur de la Sainte Famille.

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Messe Réparatrice


Il y a obligation d'assister à la Messe les jours de fête. Qui néglige ce devoir, sans un grave empêchement, commet un péché mortel. Que de péchés se commettent pour cette omission. Pour réparer cet outrage à Dieu l'on conseille ce qui suit: Que l'âme fidèle entende la Messe le jours d'obligation, et en plus, une autre Messe avec l'intention de remédier à cette lacune pour les personnes qui, par négligence, n'auraient pas assisté au Saint Sacrifice. Ne pouvait faire ceci le jour de fête, on conseille de le faire dans un jour quelconque de la semaine, au choix et commodité... Si chacun réparait ainsi, que de lacunes spirituelles on pourrait ainsi remédier, tout pour la Gloire de Dieu. Propagez cette initiative qui fait tant plaisir au Cœur de Jésus. La Messe réparatrice a pour but de rendre au Seigneur la gloire que les mauvais Chrétiens Lui ravissent et la réparation qu'omettent de faire tous ceux qui pèchent gravement et ne réparent jamais; ainsi on répare les péchés de ceux qui, par impiété, par intérêt ou par négligence, refusent d'assister à la Sainte Messe, et réparent tous les autres péchés qui se commettent sur la terre. Une chose est d'assister à la Messe réparatrice, et une autre que de faire célébrer la Messe réparatrice. Quand on a la possibilité de le faire, même avec le concours d'autres personnes pieuses, qu'on fasse célébrer la Messe réparatrice pour sa famille ou sa ville, pour son pays ou le monde entier. La Messe réparatrice est le « paratonnerre » de la Justice Divine.


Texte intégralement extrait du livre « La Dévotion des Quinze Vendredis », aux Ed. Pierre Téqui

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Téléchargez l'intégralité des 15 Vendredis du Sacré Cœur de Jésus (pdf) en cliquant ici

17 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Dix-huitième jour

Douleur de Marie à la prise de Jésus dans le Jardin


Après avoir quitte sa sainte Mère, Jésus se rendit au jardin de Gethsémani. Sa Mère éplorée donna un libre cours à ses larmes. Et la Providence ne permit pas que, suivant sa coutume, elle suivît son Fils, afin que dans l'obscurité de cette funeste nuit, cette Vierge sainte ne se trouvât pas mêlée aux soldats, aux pharisiens et à toute cette vile cohorte de meurtriers. Mais elle n'en sentit pas moins les peines de son Fils souffrant. Elle voyait encore mieux par la pénétration de son esprit que par les yeux du corps, l'âme infiniment pure de Jésus-Christ qui, par sa science divine, parcourait à cette heure suprême l'affreuse histoire des péchés des hommes, depuis la désobéissance d'Adam jusqu'au dernier crime qui sera commis à la fin du monde. Mais comme s'il ne lui eut pas suffi de les voir, il les prenait tous sur lui, et chargé de ce fardeau énorme, il se présentait à son Père sous l'apparence de pécheur. Marie voit Jésus dans cette position déplorable, levant les yeux au Ciel, considérant la puissance divine année de foudre, et son Père promenant son regard troublé et irrité. Le Sauveur tombe alors la face contre terre, il pleure, il gémit. Mon Père, s'écrie-t-il, que ce calice amer passe loin de moi! Néanmoins, si vous le voulez, je livre mon dos à la flagellation, ma tête aux épines, mon cœur à la lance, mon corps entier à la croix, pourvu que vous pardonniez à l'homme pécheur. Marie voit encore que pendant que l'aimable Rédempteur accompagne cette offrande de ses larmes, le Père lui envoie un Ange pour le fortifier. Mais à cette consolation succède une défaillance plus complète, il s'ensuit une agonie cruelle, au point qu'il s'échappe de tout le corps de Jésus une sueur de sang! O doux Jésus! ô Mère affligée! Un peu revenu à lui-même, le Sauveur se tourne vers ses trois Apôtres pour en être soulagé; et après en avoir reçu tant de protestations d'amour et de dévouement, il trouve que dans l'oubli de leur divin Maître et d'eux-mêmes, ils sont ensevelis dans un sommeil profond et tranquille. Marie remarque enfin, qu'ayant terminé sa prière douloureuse, Jésus dit à ses Apôtres: « Levez-vous, allons... Le traître s'approche Hélas! » qui aperçoit-il à la tête de cette troupe furibonde? un Apôtre, un Judas, qui, les lèvres encore teintes de son sang divin, lui donne un baiser, et trahit en même temps son bon Maître. Voilà ce que Marie pénètre par son cœur maternel, et ce qui lui fait répéter au milieu de ses soupirs et de ses sanglots: « Quoi! Judas, vous trahissez le Fils de l'Homme par un baiser!.... » Déjà , au signe convenu avec le traître, Marie voit les soldats se jeter sur Jésus, les archers le renverser par terre, l'enchaîner étroitement, l'environner, élever leurs flambeaux, et l'emmener fièrement comme une capture importante. Mais les Apôtres où sont-ils? Ah! ces Apôtres, qui, peu de moments auparavant, protestaient d'aimer si vivement Jésus et d'être prêts à mourir pour le défendre, Marie les voit abandonner leur Maître à l'instant du danger, et s'enfuir précipitamment, semblables aux Israélites qui prirent la fuite dans le combat et laissèrent l'Arche du Seigneur entre les mains des Philistins. O Marie à cette vue, quel supplice pour votre cœur maternel!


Colloque


Vierge affligée! il faudrait n'avoir pas un cœur, pour ne pas compatir à vos vives douleurs. O Ciel! ce corps de Jésus si délicat que vous enveloppâtes de langes, et que vous pressâtes si souvent sur votre cœur avec tant d'amour, est maintenant durement lié et chargé de chaînes pour mes péchés! Mère infortunée, que je vous plains! Et ce qui m'afflige davantage c'est d'avoir contribué moi-même à augmenter vos peines, en me joignant à ces meurtriers qui lièrent le Sauveur dans le jardin, au traître Judas qui le leur livra, aux lâches disciples qui l'abandonnèrent au plus fort du danger. Maintenant aurais-je la cruauté, le courage de vous laisser sans consolation au milieu d'une désolation si affreuse? Oh! Non, Mère affligée, me voilà prosterné à vos très saints pieds, comme un enfant égaré; je reviens à vous pénétré de repentir, et je vous demande humblement pardon de mes fautes énormes et sans nombre; je compatis à vos peines de tout mon cœur, et je vous conjure, par le mérite de vos douleurs, de m'obtenir la grâce de ne jamais plus trahir moi-même votre adorable Fils.


Soupir à Marie


O mon âme! rappelez-vous ce divin enfant que Marie embrassait si doucement, et qu'elle pressait si tendrement sur son cœur; considérez-le à présent lié et garrotté dans le jardin des Oliviers.


Exemple


Deux habitants de Césène étaient liés d'une étroite amitié. L'un d'eux, nommé Barthelemy, malgré ses défauts, conservait une tendre dévotion à Notre Dame des Douleurs, et récitait tout les jours le Stabat en son honneur, sans en être détourné par les railleries de son ami. Un jour que Barthelemy faisait cet acte de piété, il fut transporté hors de lui-même, et il lui sembla d'être jeté avec son ami dans un étang de feu très ardent. Pendant qu'il y souffrait d'atroces douleurs, il vit la très Sainte Vierge qui lui tendit miséricordieusement la main droite et le retira du feu. Ensuite elle lui conseilla de se jeter aux pieds de Jésus Christ et de lui demander pardon de ses péchés. Barthelemy le fit sur le champ, mais il fut repoussé deux fois par le Sauveur; alors la très Sainte Vierge se prosterna devant son divin Fils, et le pria si instamment qu'elle obtint le pardon du coupable, à condition qu'il se convertirait et ferait pénitence de ses péchés. Barthelemy revenu à lui-même, apprit la triste nouvelle que son ami venait d'être misérablement assassiné; il en conclut que la vision était réelle; il attribua sa délivrance de la mort éternelle à la protection de Notre Dame des Douleurs; il quitta le monde, entra dans l'Ordre des Capucins, où il mena une vie très austère, et mourut en réputation de sainteté. (Ex lib. Apum Thom. Cantiprat.)


Pratique: Réciter trois Pater, Ave et Gloria en l'honneur du Cœur affligé de la très Sainte Vierge.

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4 octobre 2010

Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille 6/26

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Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille

Communion Marie Reine des Familles


Cinquième jour

Consécration de notre paternité humaine


Sur le plan humain, la paternité est source de grandes joies, mais c'est une tâche difficile que personne ne peut accomplir parfaitement. Nous avons déjà évoqué l'autorité qui fait grandir ainsi que la réserve respectueuse. Il nous faut maintenant parler du don de soi. La psychologie masculine est marquée par l'égoïsme. Si la mère vit essentiellement pour son foyer, dont elle est le centre, l'homme cherche en dehors de la famille son accomplissement, dans la réussite sociale, dans les liens amicaux, la chasse, la pêche qui lui rappelle ses anciennes origines, les cercles d'amis, les cafés, etc. Jean Paul II parle de « la vérité évangélique du don de soi, sans lequel l'homme ne peut pleinement se trouver », qui permet de comprendre à quelle profondeur ce « don désintéressé s'enracine dans le don de Dieu Créateur et Rédempteur », la grâce de l'Esprit-Saint », dont le célébrant demande l'effusion sur les époux au cours de la cérémonie du mariage. Sans cette « effusion », il serait vraiment difficile de comprendre tout cela et de le réaliser comme la vocation de l'homme ». (Lettre aux Familles). L'homme, par ce qu'il est, accomplit la tâche ingrate de séparateur. Il faut comprendre la noblesse de ce rôle et son absolue nécessité pour les enfants: « La séparation (et non la division) est une nécessité de la vie, une pédagogie du Père Eternel. Relisez le début du Livre de la Genèse: chaque fois que Dieu prononce une parole, il crée puis sépare la lumière des ténèbres, les eaux du ciel et les eaux de la terre. Le sixième jour, il crée l'homme (Adam) puis il sépare ish et isha, l'homme sexué et la femme. Le père provoque donc, par la prise de distance et la séparation maternelle, un travail de deuil: il faut quitter son pays et sa parenté. Abraham est devenu le père de tous les croyants parce qu'il a accepté d'obéir à l'ordre de Dieu lui enjoignant de quitter sa famille et son pays pour se rendre sur la terre que le Seigneur lui montrerait. Le père est le maitre de la séparation et du travail de deuil. Voyons un exemple. Qui invite la Petite Thérèse à quitter son enfance, à laisser l'état d'immaturité psycho-affective dans lequel elle était plongée depuis des années? Qui provoque un changement radical chez cette jeune adolescente le jour de Noël? Son père Louis Martin! Il lui reproche de vouloir encore fêter Noël comme une enfant. Sa parole ville le cœur de Thérèse et la pousse en avant. Ce sera le début d'une « course de géant ». Monsieur Martin a accompli son rôle paternel: pousser à la séparation. » (Séminaire Saint Luc).

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Antienne


C'est dans le calme et la confiance que sera votre force. (Isaïe 30: 15).

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La Parole de Dieu


Lorsqu'on a compris que le père de la Parabole n'est autre que Dieu, on peut tirer une leçon d'authentique psychologie paternelle. Méditons sur le silence respectueux du père, sur sa façon de s'adapter au tempérament de chacun, sur son autorité paisible sur sa maison, sur son absence d'égoïsme: seul le bonheur de ses enfants l'intéresse. Notons encore l'absence de reproche, nous sommes loin des « je te l'avais bien dit », de l'homme qui a toujours raison contre ses proches.


Luc 12 : 11-32


« Il dit encore: Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père: Mon père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir. Et le père leur partagea son bien. Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout ramassé, partit pour un pays éloigné, où il dissipa son bien en vivant dans la débauche. Lorsqu'il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla se mettre au service d'un des habitants du pays, qui l'envoya dans ses champs garder les pourceaux. Il aurait bien voulu se rassasier des carouges que mangeaient les pourceaux, mais personne ne lui en donnait. Étant rentré en lui-même, il se dit: Combien de mercenaires chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim! Je me lèverai, j'irai vers mon père, et je lui dirai: Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils; traite-moi comme l'un de tes mercenaires. Et il se leva, et alla vers son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de compassion, il courut se jeter à son cou et le baisa. Le fils lui dit: Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils. Mais le père dit à ses serviteurs: Apportez vite la plus belle robe, et l'en revêtez; mettez-lui un anneau au doigt, et des souliers aux pieds. Amenez le veau gras, et tuez-le. Mangeons et réjouissons-nous; car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie; il était perdu, et il est retrouvé. Et ils commencèrent à se réjouir. Or, le fils aîné était dans les champs. Lorsqu'il revint et approcha de la maison, il entendit la musique et les danses. Il appela un des serviteurs, et lui demanda ce que c'était. Ce serviteur lui dit: Ton frère est de retour, et, parce qu'il l'a retrouvé en bonne santé, ton père a tué le veau gras. Il se mit en colère, et ne voulut pas entrer. Son père sortit, et le pria d'entrer. Mais il répondit à son père: Voici, il y a tant d'années que je te sers, sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour que je me réjouisse avec mes amis. Et quand ton fils est arrivé, celui qui a mangé ton bien avec des prostituées, c'est pour lui que tu as tué le veau gras! Mon enfant, lui dit le père, tu es toujours avec moi, et tout ce que j'ai est à toi; mais il fallait bien s'égayer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et qu'il est revenu à la vie, parce qu'il était perdu et qu'il est retrouvé ».


C'est dans le calme et la confiance que sera votre force.

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L'enseignement de l'Eglise


« Appelés à donner la vie, les époux participent à la puissance créatrice et à la paternité de Dieu (cf.  Ep 3, 14-15 ; Mt 23, 9). « Dans le devoir qui leur incombe de transmettre la vie et d’être des éducateurs (ce qu’il faut considérer comme leur mission propre), les époux savent qu’ils sont les coopérateurs du Dieu créateur et comme ses interprètes. Ils s’acquitteront donc de leur charge en toute responsabilité humaine et chrétienne ». (Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 2367).


« En désignant Dieu du nom de « Père », le langage de la foi indique principalement deux aspects: que Dieu est origine première de tout et autorité transcendante et qu’il est en même temps bonté et sollicitude aimante pour tous ses enfants. Cette tendresse parentale de Dieu peut aussi être exprimée par l’image de la maternité (cf. Is 66, 13; Ps 131, 2) qui indique davantage l’immanence de Dieu, l’intimité entre Dieu et Sa créature. Le langage de la foi puise ainsi dans l’expérience humaine des parents qui sont d’une certaine façon les premiers représentants de Dieu pour l’homme. Mais cette expérience dit aussi que les parents humains sont faillibles et qu’ils peuvent défigurer le visage de la paternité et de la maternité. Il convient alors de rappeler que Dieu transcende la distinction humaine des sexes. Il n’est ni homme, ni femme, il est Dieu. Il transcende aussi la paternité et la maternité humaines (cf. Ps 27, 10), tout en en étant l’origine et la mesure (cf. Ep 3, 14; Is 49, 15): Personne n’est père comme l’est Dieu. Jésus a révélé que Dieu est « Père » dans un sens inouï: Il ne l’est pas seulement en tant que Créateur, Il est éternellement Père en relation à son Fils unique, qui éternellement n’est Fils qu’en relation au Père: « Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, comme nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut bien Le révéler » (Mt 11, 27) ». (Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 239-240).


C'est dans le calme et la confiance que sera votre force.

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L'exemple de la Famille Martin


En parlant de son père, Thérèse disait: « Il est des choses que le Cœur sent, mais que la parole et même la pensée ne peuvent arriver à rendre ». Elle eut une autre idée de la paternité divine en observant son père de la terre:


Toutes les après-midi j'allais faire avec lui une petite promenade, visiter le Saint Sacrement, un jour dans une église, le lendemain dans une autre. C'est ainsi que j'entrai pour la première fois dans la chapelle du Carmel. Papa me montra la grille du choeur, me disant que derrière étaient des  religieuses. J'étais bien loin de penser que, neuf ans plus tard, je serais parmi elles; que là, dans ce Carmel béni, je recevrais de si grandes grâces! Après la promenade (pendant laquelle papa m'achetait toujours un petit cadeau d'un ou deux sous) je rentrais à la maison, alors je faisais mes devoirs; puis, tout le reste du temps, je restais à sautiller dans le jardin autour de papa, car je ne savais pas jouer à la poupée. C'était une grande joie pour moi de préparer les tisanes avec de petites graines et des écorces d'arbres que je trouvais par terre. Quand mes infusions prenaient une belle teinte, je les offrais vite à papa, dans une jolie petite tasse, je les portais ensuite à papa dans une jolie petite tasse, ce pauvre petit père quittait son ouvrage et puis, en souriant, il faisait semblant de boire avant de me rendre la tasse, il me demandait (comme à la dérobée) s'il fallait en jeter le contenu, quelques fois je disais oui, mais souvent le remportais ma précieuse tisane, voulant la faire servir plusieurs fois. J'aimais à cultiver mes petites fleurs dans le jardin que papa m'avait donné; je m'amusais à dresser de petits autels dans l'enfoncement qui se trouvait au milieu dans le mur, quand j'avais fini, je courais vers papa et l'entraînant, je lui disais de bien fermer les yeux et de ne les  ouvrir qu'au moment ou je lui dirais de le faire, il faisait tout ce que je criais: « Papa, ouvre les yeux! », il les ouvrait et s'extasiait, pour me faire plaisir, admirant ce que je croyais être un chef-d'oeuvre ! » (Manuscrit A, folio 14).


C'est dans le calme et la confiance que sera votre force.

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Prière consécratoire


Marie, Mère du Bel Amour, je Vous consacre mon temps et mon argent, mes biens intérieurs et extérieurs, pour que Vous m'aidiez à les ordonner au bien commun. Donnez-moi d'être un bon époux et un bon père pour mes enfants en m'inspirant un amour pur et désintéressé. Je renonce à toute jalousie envers mes enfants, par rapport à ma femme, j'accepte de grand cœur que son corps se transforme dans les maternités, je renonce à mon égoïsme masculin. Intercédez auprès du Père du Ciel pour que me soient donnés les dons de sagesse, de conseil et de prudence.


C'est dans le calme et la confiance que sera votre force.

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Exercice


Cet exercice consistera en un examen de conscience du père. Il notera sur la page de gauche d'une feuille de copie les domaines dans lesquels se manifeste l'égoïsme masculin. Le temps: combien de temps je consacre à ma famille, à ma femmes, à l'éducation de mes enfants? Mon temps t'appartient-il? N'est-ce pas une fausse croyance de penser que le temps passé à une autre chose qu'à a accomplir ce que je désire vraiment ne m'appartient pas? La réussite sociale: est-ce vraiment réussir que de me donner totalement à mon activité professionnelle, à mes ambitions? Jésus ne dit-il pas qu'il ne sert à rien de gagner le monde entier si on le paie de sa vie? La première réussite n'est-elle pas l'harmonie de ma famille? L'argent: comment j'utilise mon argent? Est-ce que je me dis: c'est mon argent, puisque c'est moi qui le gagne, je peux l'employer comme bon me semble? Mes rêves: quels sont mes rêves que je poursuis en solitaire? Comment les réaliser en y associant ma famille? A quel rêve dois-je renoncer? Est-ce que je ne me rassure pas en me disant que ces rêves sont aussi pour leur bonheur, alors qu'ils ne sont que le fruit de mon égoïsme? Sur la page de droite en vis-à-vis, le père proposera des solutions et inscrira ses résolutions de changement.

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3 octobre 2010

Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille 5/26

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Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille

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Quatrième jour

Consécration de l'identité filiale


En ce jour nous entendons consacrer notre filialité. En effet, nul n'est père s'il n'est d'abord fils. Dans le monde moderne, nos générations essaient de réinventer la famille, de procéder par rupture, pour produire la nouveauté, nous refusons la continuité. Combien disent: « Je ne voudrais pas ressembler à mon père, je ne ferais surtout pas ce que mon père a fait »? Nous avons vu avec la compulsion de répétition, que, voulant échapper à une fatalité, nous répétons les mêmes erreurs, au lieu de trouver les solutions appropriées qui nous réconcilieraient avec le passé et avec nos parents. La Bible et la Tradition à sa suite, enseignent que la paternité se reçoit de Dieu, que toute paternité sur la terre procède du Père Céleste. Nous entrons donc dans une démarche de reconnaissance de cette paternité enseignée par le Christ, et que l'Esprit nous révèle intimement. Nous demanderons le don de piété filiale et nous reconnaîtrons que, même défigurée, la paternité humaine est reçue d'en-haut.

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Antienne


A la place de tes pères te viendront des fils, tu en feras des princes par toute la terre. (Psaume 45: 16).

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La Parole de Dieu


1 Jean 2: 23


« Quiconque nie le Fils, n'a pas non plus le Père; quiconque se déclare publiquement pour le Fils, a aussi le Père ».


2 Pierre 1: 16-17


« Ce n'est pas, en effet, en suivant des fables habilement conçues, que nous vous avons fait connaître la puissance et l'avènement de notre Seigneur Jésus Christ, mais c'est comme ayant vu sa majesté de nos propres yeux. Car il a reçu de Dieu le Père honneur et gloire, quand la gloire magnifique lui fit entendre une voix qui disait: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection ».


Galates 4: 1-7


« Or, aussi longtemps que l'héritier est enfant, je dis qu'il ne diffère en rien d'un esclave, quoiqu'il soit le maître de tout; mais il est sous des tuteurs et des administrateurs jusqu'au temps marqué par le père. Nous aussi, de la même manière, lorsque nous étions enfants, nous étions sous l'esclavage des rudiments du monde; mais, lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d'une femme, né sous la loi, afin qu'il rachetât ceux qui étaient sous la loi, afin que nous reçussions l'adoption. Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos coeurs l'Esprit de son Fils, lequel crie: Abba! Père! Ainsi tu n'es plus esclave, mais fils; et si tu es fils, tu es aussi héritier par la grâce de Dieu ».


A la place de tes pères te viendront des fils, tu en feras des princes par toute la terre.

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L'enseignement de l'Eglise


« Dieu est le Père Tout-Puissant. Sa paternité et sa puissance s’éclairent mutuellement. En effet, il montre sa Toute-Puissance paternelle par la manière dont Il prend soin de nos besoins (cf. Mt 6, 32); par l’adoption filiale qu’il nous donne (« Je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur Tout-Puissant »: 2 Co 6, 18); enfin par sa miséricorde infinie, puisqu’il montre sa puissance au plus haut point en pardonnant librement les péchés ». (Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 270).


« La paternité divine est la source de la paternité humaine (cf. Ep 3, 14); c’est elle qui fonde l’honneur des parents. Le respect des enfants, mineurs ou adultes, pour leurs père et mère (cf. Pr 1, 8; Tb 4, 3-4) se nourrit de l’affection naturelle née du lien qui les unit. Il est demandé par le précepte divin (cf. Ex 20, 12). Le respect pour les parents (piété filiale) est fait de reconnaissance à l’égard de ceux qui, par le don de la vie, leur amour et leur travail, ont mis leurs enfants au monde et leur ont permis de grandir en taille, en sagesse et en grâce. « De tout ton cœur, glorifie ton père et n’oublie pas les douleurs de ta mère. Souviens-toi qu’ils t’ont donné le jour; comment leur rendras-tu ce qu’ils ont fait pour toi? » (Si 7, 27-28). Le respect filial se révèle par la docilité et l’obéissance véritables. « Garde, mon fils, le précepte de ton père, ne rejette pas l’enseignement de ta mère ... Dans tes démarches, ils te guideront; dans ton repos, ils te garderont; à ton réveil, ils te parleront » (Pr 6, 20-22). « Un fils sage aime la remontrance, mais un moqueur n’écoute pas le reproche » (Pr 13, 1) ». (Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 2214-2216).


A la place de tes pères te viendront des fils, tu en feras des princes par toute la terre.

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L'exemple de la Famille Martin


« Ah! Que je voudrais pouvoir expliquer ce que je sens!... Voici un exemple qui traduira un peu ma pensée. (…) Je suppose que le fils d'un habile docteur rencontre sur son chemin une pierre qui le fasse tomber et que, dans cette chute, il se casse un membre, aussitôt son père vient à lui, le relève avec amour, soigne des blessures, employant à cela toutes les ressources de son art et, bientôt son fils complètement guéri lui témoigne sa reconnaissance. Sans doute cet enfant a bien raison d'aimer son père! Mais je vais encore faire une autre supposition. (…) Le père ayant su que sur la route de son fils se trouvait une pierre, s'empresse d'aller devant lui et la retire (sans être vu de personne). Certainement, ce fils, objet de sa prévoyante tendresse, ne sachant pas le malheur dont il est délivré par son père, ne lui témoignera pas sa reconnaissance et l'aimera moins que s'il eût été guéri par lui, mais s'il vient à connaître le danger auquel il vient d'échapper, le l'aimera-t-il pas davantage? Eh bien, c'est moi qui suis cet enfant, objet de l'amour prévoyant d'un père qui n'a envoyé Son Verbe pour racheter les justes, mais les pécheurs. Il veut que je l'aime parce qu'Il m'a remis, non pas beaucoup, mais tout. Il n'a pas attendu que je l'aime beaucoup comme Sainte Marie Madeleine, mais il a voulu que je sache comment il l'avait aimée d'un amour d'ineffable prévoyance, afin que maintenant, je l'aime à la folie). (Manuscrit A, folio 38).


A la place de tes pères te viendront des fils, tu en feras des princes par toute la terre.

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Prière consécratoire


Très Sainte Vierge Marie, je Vous consacre ma filialité, apprenez-moi à être un véritable fils, Vous qui êtes la Mère du Fils de Dieu, Vous qui êtes l'Epouse de l'Esprit, priez-Le de m'accorder la piété filiale, afin que je reçoive ma paternité humaine et spirituelle du Père des Miséricordes. En ce jour, avec Votre aide, je pardonne ses manquements à mon père de la terre, et je reconnais que je suis son fils selon la chair, parce qu'il m'a transmis le merveilleux cadeau de la vie. Je reconnais aussi que je suis son fils spirituel, car la vie procède de Dieu.


A la place de tes pères te viendront des fils, tu en feras des princes par toute la terre.

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Exercice


Puisque la paternité humaine procède de la Paternité Divine, il est important d'avoir une juste représentation de Dieu le Père. Lorsque nous essayons de l'imaginer, la première image qui nous vient est celle d'un vieillard! Certes, il est question, dans la Bible, de l'Ancien des Jours aux cheveux et à la barbe blanche comme la neige, mais notre imagination est tributaire de bien d'autre chose. En fait, nous voyons le Père comme un grand-père! Posons-nous la questions: quel âge avait notre père quand nous étions jeune enfant? En général, entre vingt et trente-cinq ans. Nous nous souvenons d'avoir expérimenté des sentiments filiaux quand nous étions encore petits, à quoi ressemblait notre père alors? Dans cet exercice, on peut également situer le lieu où nous voyions le Père. Nous pourrons ensuite le rapprocher de nous jusqu'à ce que nous le sentions vivre en nous, dans notre cœur.

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3 octobre 2010

Le Serviteur de Dieu Hermann Cohen

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Le Serviteur de Dieu Hermann Cohen

Père Augustin-Marie du Très Saint Sacrement

1820-1871


Hermann Cohen naît en 1820 à Hambourg dans une famille juive. Très jeune, il commence une carrière de pianiste qui le mènera auprès des plus grands virtuoses de son époque, dans une vie dissolue et paresseuse. C'est au contact du Saint Sacrement, en 1847, que commence sa conversion. Un an plus tard, il fonde l'Adoration Eucharistique Perpétuelle à Paris. Désormais, l'axe essentiel de sa vie sera le Christ présent dans l'Eucharistie. En 1849, il entre dans l'Ordre du Carmel, fait son noviciat au Carmel du Broussey, en Gironde, et prend le nom de Frère Augustin-Marie du Très-Saint Sacrement. Il fonde plusieurs couvent en France et, en 1862, restaure l'Ordre du Carmel en Angleterre. En 1870, il part en Allemagne, comme aumônier des prisonniers français, où il meurt en 1871/ Il fut un ami des petits comme des grands (Sainte Bernadette Soubirous, le Saint Curé d'Ars...) Son corps repose, depuis avril 2010, dans la chapelle du Carmel du Broussey.


Prière pour obtenir la Béatification du Père Augustin-Marie du Très Saint Sacrement


O Marie, Vierge immaculée, qui avez guéri miraculeusement à la grotte de Lourdes le Père Augustin-Marie du Très-Saint-Sacrement, pour qu'il vous serve parfaitement dans votre Ordre du Carmel, obtenez-nous de la Bienheureuse Trinité la grâce de (...) par l'intercession et les mérites de votre fidèle chevalier « qui ne connut rien de plus délicieux que de souffrir pour Jésus » et qui fut exaucé dans son ardente prière « de ne pas passer un instant de sa vie sans souffrir quelque chose pour son bon plaisir, pour son service et pour sa gloire ». O Marie, Mère de l'Eucharistie, obtenez-nous la glorification de ce grand converti de l'Hostie rédemptrice. Daignez mettre en lumière cet apôtre embrasé du Sacrement d'Amour de votre Fils Jésus afin qu'il nous communique à tous, prêtres et fidèles, son zèle brûlant pour l'adoration de la divine Présence au Tabernacle, la célébration digne et vécue du Sacrifice de la Messe, et la Sainte Communion fervente et fréquente. Hâtez ainsi sur toute la terre, tout spécialement sur votre peuple d'Israël, le triomphe de la royauté eucharistique du Fils de David, le Pain vivant descendu du Ciel en votre sein virginal. Amen.


Imprimi potest
+ Joannes Olphe-Gailliard
Abbas Sanctae Mariae


Imprimatur
+ Petrus Maria Théas

Episcopus Tarbiensis et Lourdensis


Prière de signaler les grâces reçues par l'intercession du Père Augustin-Marie du Très-Saint-Sacrement, à la

Postulation de la cause du Père Hermann
Monastère du Broussey
33410 Rions

www.perehermann.org

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Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

1 octobre 2010

Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille 4/26

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Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille

Communion Marie Reine des Familles


Troisième jour

Consécration de l'identité masculine


Saint Joseph est l'exemple même de la véritable virilité. L'Evangile prend soin de préciser qu'il était un homme juste: « Marie avait été accordée en mariage à un homme juste nommé Joseph ». Sa personnalité de prime abord nous paraît effacée, mais son silence traduit une juste réserve, il n'intervient qu'à bon escient, il est l'image de la force tranquille, de la douceur alliée à la puissance. L'homme n'est pas celui qui écrase son entourage, sa force protectrice doit s'exercer avec tact et discrétion. Joseph signifie en hébreu « Dieu augmente », nous trouvons ainsi dans le nom du chef de la Sainte Famille sa vocation et sa mission. Augmente se dit en latin augere, qui a donné en français le substantif autorité. L'autorité, en effet, est la capacité à faire grandir l'autre et non à le dominer. Dans nos familles, le père intervient souvent « à chaud », sous l'emprise de la colère et d'une manière ponctuelle, alors que la véritable virilité est une présence masculine constante, ferme et douce, secourable en permanence et sécurisante. La virilité est courageuse, véritable rempart entre les forces destructrices du monde et la famille. La force de l'homme est dans le Nom de Jésus, comme le dit Jean Paul II, en citant les Actes des Apôtres: « Le Nom de Jésus a rendu la force à cet homme » (Actes 3: 16): dans la précarité de l'existence humaine, Jésus porte a son accomplissement le sens de la vie » (Evangile de la Vie § 31). Les rôles de l'homme et de la femme, s'ils sont complémentaires, ne sont pas interchangeables. Un manque dans le rôle de l'un ou l'autre des parents, risque de provoquer de graves troubles identiques chez les enfants.

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Antienne


Heureux l'homme qui a trouvé la Sagesse, et l'homme qui possède l'intelligence! (Proverbes 3: 13).

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Parole de Dieu


Genèse 1: 27


« Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme ».


Genèse 5: 1-2


« Voici le livre de la postérité d'Adam. Lorsque Dieu créa l'homme, il le fit à la ressemblance de Dieu. Il créa l'homme et la femme, il les bénit, et il les appela du nom d'homme, lorsqu'ils furent créés ».


Genèse 6: 9


« Noé était un homme juste et intègre dans son temps. Noé marchait avec Dieu ».


Proverbes 11: 23-31; 12: 1-3


« Le désir des justes, c'est seulement le bien; L'attente des méchants, c'est la fureur. Tel, qui donne libéralement, devient plus riche; Et tel, qui épargne à l'excès, ne fait que s'appauvrir. L'âme bienfaisante sera rassasiée, Et celui qui arrose sera lui-même arrosé. Celui qui retient le blé est maudit du peuple, Mais la bénédiction est sur la tête de celui qui le vend. Celui qui recherche le bien s'attire de la faveur, Mais celui qui poursuit le mal en est atteint. Celui qui se confie dans ses richesses tombera, Mais les justes verdiront comme le feuillage. Celui qui trouble sa maison héritera du vent, Et l'insensé sera l'esclave de l'homme sage. Le fruit du juste est un arbre de vie, Et le sage s'empare des âmes. Voici, le juste reçoit sur la terre une rétribution; Combien plus le méchant et le pécheur! Celui qui aime la correction aime la science; Celui qui hait la réprimande est stupide. L'homme de bien obtient la faveur de l'Éternel, Mais l'Éternel condamne celui qui est plein de malice. L'homme ne s'affermit pas par la méchanceté, Mais la racine des justes ne sera point ébranlée ».


Heureux l'homme qui a trouvé la Sagesse, et l'homme qui possède l'intelligence!

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L'exemple de la Famille Martin


Voici le portrait physique et moral de Louis Martin campé par le Père Piat: « Louis Martin était de taille élevée (il mesurait 1 m 76), prestance d'officier, physionomie sympathique, front vaste et découvert, teint clair avec un beau visage encadré de cheveux châtains, et dans les yeux bruns, une flamme douce et profonde: il tenait à la fois du gentilhomme et du mystique. Il ne manquait pas d'impressionner. Une jeune fille très fortunée, amie de sa famille, avait projeté de s'unir à lui. Il étudia sa demande. Son atelier lui était devenu une retraite claustrale où il prolongeait le rêve si tôt brisé. Il n'est que douceur et bienveillance, s'abstenant de juger ou donnant systématiquement au prochain le préjugé favorable. Il va plus loin. Appréciant hautement, comme son Patron, Saint Louis, la béatitude promises aux « apaiseurs », il ne craint pas, à plusieurs reprises, servi par son courage physique et son intrépidité naturelle, de séparer des malandrins qui se battent au couteau ». (Père Piat, Histoire d'une Famille, aux Ed. Téqui).


Heureux l'homme qui a trouvé la Sagesse, et l'homme qui possède l'intelligence!

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L'enseignement de l'Eglise


« Il revient à chacun, homme et femme, de reconnaître et d’accepter son identité sexuelle. La différence et la complémentarité physiques, morales et spirituelles sont orientées vers les biens du mariage et l’épanouissement de la vie familiale. L’harmonie du couple et de la société dépend en partie de la manière dont sont vécus entre les sexes la complémentarité, le besoin et l’appui mutuels. « En créant l’être humain homme et femme, Dieu donne la dignité personnelle d’une manière égale à l’homme et à la femme » (FC 22; cf. GS 49, § 2). « L’homme est une personne et cela dans la même mesure pour l’homme et pour la femme, car tous les deux sont créés à l’image et à la ressemblance d’un Dieu personnel » (MD 6) ». (Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 2333, 2334).


« La compénétration réciproque du « donner et recevoir en don », qui crée une authentique communion des personnes, appartient à l'homme. Enrichi du don de la femme, dans sa personne et dans sa féminité, il s'enrichit encore en se donnant à son tour, car il y manifeste l'essence spécifique de sa masculinité qui, à travers la réalité du corps et du sexe, atteint la profondeur intime de la possession de soi, grâce à laquelle il est capable d'être accueilli par la femme comme don, dans la révélation intérieure et spirituelle de sa masculinité, en même temps qu'avec toute la vérité de son corps et de son sexe; et, ainsi, l'homme se retrouve lui-même, à travers ce don sincère de soi, de sorte qu'il peut à nouveau accueillir la femme dans un don et un accueil plus grands encore ». (Jean Paul II, discours du 6 février 1980).


Heureux l'homme qui a trouvé la Sagesse, et l'homme qui possède l'intelligence!

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Prière consécratoire


Sainte Vierge Marie, comme jadis les chevaliers, je Vous choisis comme ma Dame, comme ma Reine, je Vous remets ma force d'homme pour qu'elle soit au service d'une civilisation de l'amour, au service de la faiblesse et de la pauvreté, au service du droit, de la justice et de la Miséricorde. Je Vous demande de me révéler à moi-même mon identité masculine et de me faire ressembler de plus en plus au Juste Joseph qui Vous protégea physiquement et qui fut le Gardien de Votre Mystère. Ne permettez pas que la colère me domine, mais accordez moi la douceur.


Heureux l'homme qui a trouvé la Sagesse, et l'homme qui possède l'intelligence!

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Exercice


On médite d'abord sur le portrait physique et moral de Saint Joseph. Quel est son aspect extérieur? Que traduit-il de son identité? Ses épaules sont larges, son corps est fort comme celui d'un travailleur, son visage exprime la douceur. On place devant soi une chaise vide puis on s'imagine que Saint Joseph est assis dessus. On se demande quelle qualité de Joseph on voudrait acquérir, celle qui nous manque le plus. On la contemple un moment chez Joseph assis en face de soi. Les yeux fermés, on se lève lentement et on va s'asseoir sur la chaise de Joseph. Comme au théâtre, on entre dans la peau du personnage, on expérimente ce qu'il vit. Quand on ressent bien la les qualités que l'on avait choisies, on se lève, toujours les yeux fermés, et on reprend sa place initiale, on ouvre les yeux et on essaie de ressentir ces qualités. On imagine comment dans l'avenir on expérimentera ces nouvelles ressources.

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21 novembre 2009

Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 7/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Septième mardi

Charité de Saint Antoine pour le prochain


Répondant à un docteur de la loi qui l'interrogeait, Notre Seigneur dit: Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme et de tout votre esprit. C'est à le premier et le plus grand commandement. Le second lui est semblable: Vous aimerez votre prochain comme vous-même. C'est là toute la loi et les prophètes. Notre Seigneur attache tant d'importance au deuxième commandement, celui de la dilection fraternelle, il le déclare semblable au premier. Jésus, à la dernière Cène, voulant le graver d'une manière ineffaçable dans le cœur des Apôtres, leur dit, avec toute l'affection du plus tendre des Pères: Mes petits enfants, je vous donne un commandement nouveau, c'est que vous vous aimiez les uns les autres ; mais que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimés moi-même. Notre Seigneur l'appelle un commandement nouveau ! Le divin Maître continuant son sublime discours de la Cène revient de nouveau à ce commandement, et cette fois il l'appelle son propre commandement à lui: Voici mon commandement, c'est que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimés. personne n'a un plus grand amour que celui qui donne sa vie pour ses amis. Vous, vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. Etre les amis du bon Jésus, à la seule condition d'aimer notre prochain comme nous-mêmes, quelle céleste faveur et combien elle nous montre l'excellence de la charité fraternelle! Notre aimable Sauveur revient une troisième fois à ce commandement de l'amour du prochain et il leur dit avec l'accent d'une insistance toute divine: Ce que je vous commande, c'est que vous vous aimiez les uns les autres. N'est-ce pas là le sublime d'un cœur aimant ? L'apôtre saint Paul, qui a tant aimé Notre Seigneur, a poussé l'amour pour ses Frères jusqu'à désirer d'être anathème afin de les donner tous à Jésus, son adorable Maître! N'est-ce pas la charité fraternelle poussée jusqu'au delà même des limites du possible? Et le même Apôtre, recommandant toutes les autres vertus aux premiers chrétiens, leur disait: Mes bien-aimés Frères, ayez par-dessus tout la charité : car c'est elle qui est le lien de la perfection! Ames pieuses, qui lisez ces lignes, vous qui êtes si pleines de charité pour vos frères, écoutez maintenant les instructions de l'Esprit-Saint, le Dieu d'Amour, afin de vous perfectionner encore dans l'accomplissement de la grande loi de la Charité fraternelle. Et que saint Antoine soit lui-même notre modèle et notre guide : car il a couru lui-même avec une ardeur irrésistible dans les voies si belles de la prédilection envers ses frères ! Voulons-nous donc ne jamais manquer à la charité, servons-nous toujours, vis-à-vis de notre prochain, de paroles prévenantes et pleines de douceur; car, dit l'Esprit-Saint : La parole douce multiplie les amis et adoucit les ennemis : et la langue gracieuse produit dans l'homme de bien des fruits abondants. Evitons donc les paroles piquantes, sans exclure pour cela une sainte gaieté, car " le Sage par ses paroles mêmes se rend aimable. Evitons aussi les contestations, parce qu'elles proviennent de notre esprit de contradiction, et l'Esprit Saint nous dit que chacun a le droit d'abonder dans son sens ; ou de notre opiniâtreté dans notre propre jugement. Lorsqu'il suffit de dire oui, oui, non, non, abstenez-vous de toute contestation, dit le Sage, et vous empêcherez ainsi un grand nombre de fautes! Et si quelqu'un, par inadvertance ou par fragilité humaine, nous a dit une parole peu obligeante, répondons-lui sur le ton de la douceur, car Une douce réponse brise la colère, tandis qu'une parole dure excite la fureur. Enfin si nous avons eu le malheur de nous oublier nous-mêmes, que le soleil ne se couche pas sur notre différend, mais disposons-nous à une réconciliation mutuelle, afin de pouvoir dire dans notre prière du soir, sans mentir Dieu: Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Quant aux absents, ne critiquons jamais une action bonne, sous prétexte qu'elle part d'une intention mauvaise, car Dieu seul lit au fond des cœurs. Pour les actions qui paraissent indifférentes, pratiquons cette belle parole de saint François de Sales: Si une action avait cent visages, il faudrait toujours la regarder par le plus beau ! Quelle aimable charité! Enfin si une action est évidemment mauvaise, la vraie charité trouve encore des excuses ; elle rejette la faute de la personne qui l'a commise, ou sur la violence de la tentation, ou bien sur son ignorance. C'est ainsi que fit notre divin Maître, vis-à-vis de ses bourreaux, lors qu'il disait: Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font! O bon saint Antoine, vous qui avez pratiqué jusqu'à l'héroïsme, l'amour du prochain, obtenez-nous, nous vous en conjurons, par votre puissant crédit auprès de Dieu, que nous observions toujours nous-mêmes les Règles de la charité fraternelle que l'Esprit Saint vient de nous donner, et qu'ainsi, après avoir, à votre exemple, accompli ici-bas ce précepte si cher au divin Maître, nous soyons un jour aussi, admis avec vous au séjour de la gloire!


Exemple


L'an 1674, un africain qui avait été acheté à un marchand d'esclaves, était au service d'un chevalier, dans la ville de Naples. Ayant eu l'occasion de s'emparer d'une somme d'argent considérable, il l'emporta furtivement. Il mit dans le complot un autre domestique du logis ; et, l'entraînant dans sa fuite, il s'embarqua avec lui sur un navire qui faisait voile vers la Sicile. Ils étaient sur le point d'entrer au port, quand une violente tempête s'étant élevée, son compagnon fut renversé par le vent et enseveli au fond de la mer. Le maure craignit un pareil sort ; mais il sentit tout à coup la main de saint Antoine qui le saisissait par les cheveux en lui criant: Rends ce que tu as volé ; ou bien tu vas périr. En disant ces mots le Saint le ramena dans Naples, où il rencontra son maître. Celui-ci avait fait dire un certain nombre de messes en l'honneur du Saint, et il cherchait à découvrir la trace de son serviteur fugitif. L'esclave ne pouvant pas éviter sa présence, tomba à ses pieds, et lui demanda pardon pour l'offense qu'il avait commise envers lui. Il obtint sa grâce sans peine: après cela ayant déposé l'argent qu'il avait dérobé, il le restitua à son maître, selon l'ordre qu'il en avait reçu du Saint. Tout fut profit pour lui: il échappa à une mort certaine; et il racheta son âme du péché et de l'enfer, en recevant le baptême qui le mit au rang des fidèles du Seigneur.


Répons Miraculeux (voir au premier mardi)

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7 décembre 2009

Neuvaine en l'honneur du Bienheureux Ivan Merz

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Bienheureux Ivan Merz

1896-1928

Fête le 10 mai


Ivan Merz naquit le 16 décembre 1896 à Banja Luka en Bosnie, dans une famille dont l'appartenance à la religion catholique était de pure tradition et toute extérieure. Il fut élevé dans un milieu libéral. Après avoir terminé ses études secondaires en 1914, il passe trois mois à l'Académie militaire de Vienne. Il la quitte en 1915 et commence des études de droit et de philosophie à l'université de Vienne. La Première Guerre mondiale a déjà éclaté. Il est mobilisé et envoyé au front ou il connaît toutes les horreurs de la guerre. Celle-ci terminée, il poursuit des études de lettres à Vienne (1919-1920) puis à Paris (1920-1922), à la Sorbonne et à l'Institut catholique, en tant que boursier du Comité catholique des amitiés françaises à l'étranger. De Paris il écrit à sa mère: "La foi catholique est ma vocation dans la vie." Après ses études, Ivan réalisa cette vocation à l'admiration de tous ceux qui le connurent. En 1922, il rentre en Croatie ou il devient, à Zagreb, professeur de langue et de littérature françaises au gymnase classique archiépiscopal, (Petit séminaire), établissement secondaire pour la formation des futurs prêtres. Il obtient le doctorat à l'université de Zagreb, avec une thèse écrite en français et intitulée: L'influence de la liturgie sur les écrivains français, de Chateaubriand à nos jours. Il admirait beaucoup et vénérait la culture et la spiritualité françaises. La spiritualité des auteurs français marqua toute sa vie religieuse ainsi que son activité comme professeur et comme apôtre de la jeunesse croate. Son attachement à la France et à ses écrivains fut grand. Merz a beaucoup contribué à répandre les valeurs culturelles et spirituelles de la France en Croatie, et cela aussi bien par la parole que par ses écrits, comme cela fut bien mis en valeur par E. Beaupin dans un article commémoratif publié dans la revue des Amitiés catholiques françaises (15 juin 1928, p. 2). Après les épreuves de la guerre, sa réflexion personnelle, ses études, ses contacts avec des intellectuels et avec des convertis français ainsi que l'expérience de Lourdes, conduisent Ivan Merz à être convaincu de la vérité de la foi chrétienne. Il se donne complètement au Christ en faisant, comme laïc, à l'âge de vingt-sept ans, le vœu de chasteté perpétuelle. Il consacre tout son temps libre à l'éducation de la jeunesse croate, dans l'organisation catholique des Aigles, à laquelle il donne la devise "Sacrifice - Eucharistie - Apostolat". Il a emprunté cette devise à la Croisade eucharistique française, aujourd'hui Mouvement eucharistique des jeunes (MEJ), organisation catholique française qu'il admirait et qu'il s'efforçait d'implanter en Croatie. Son projet fut réalisé après sa mort, lorsque l'association des Aigles (supprimée en 1929 par la dictature serbe) continue d'exister en prenant pour nouveau nom celui choisi par Ivan Merz Kri`ari (Croisés), devenant ensuite la plus grande organisation des jeunes catholiques en Croatie. En tant qu'intellectuel catholique, c'est par la parole, par des conférences et par ses écrits, qu'Ivan Merz suscite auprès des jeunes et des adultes l'enthousiasme pour le Christ et pour l'Église. Passionnément intéressé par la liturgie, il est l'un des initiateurs du mouvement liturgique en Croatie. C'est également lui qui introduit systématiquement dans les milieux ecclésiastiques de Croatie les idées de Pie XI concernant l'Action catholique. Sa pensée est caractérisée par l'amour et par la fidélité à l'Église, à Rome et au Pape. Bien qu'il soit jeune et laïc, il est considéré comme un pilier de l'Église en Croatie. Avec son travail apostolique et son activité très étendue dans la presse catholique, il laisse un héritage spirituel précieux, devenu source d'inspiration pour les générations qui l'ont suivi. Ivan Merz était un homme à la foi vivante. Homme de prière, d'adoration, de sacrifice et d'abandon à Dieu dans la souffrance, il recevait quotidiennement l'eucharistie. Il avait une vaste culture, était très proche des hommes et savait témoigner à chacun un amour charitable. Pour beaucoup de jeunes catholiques, son nom évoquait - et évoque toujours - un programme de vie et d'action. Il avait l'intention de fonder un institut séculier - une communauté de laïcs - qui travaillerait pour le Christ et pour l'Église. Après sa mort, cette idée fut partiellement réalisée par sa collaboratrice Marica Stankovic, fondatrice de la Communauté des Auxiliatrices du Christ Roi. Après le Concile Vatican II, qui a mis en lumière le rôle et la place des laïcs dans la vie de l'Église et dans son action envers le monde, la personnalité et l'œuvre d'Ivan Merz devaient acquérir une signification particulière. Les mérites qu'il acquit dans son travail pour l'Église lui valent en Croatie une reconnaissance profonde. Ivan Merz mourut en odeur de sainteté, le 10 mai 1928 à Zagreb, dans sa trente-deuxième année. En 1958, on ouvrit un procès diocésain en vue de sa béatification, procès qui se poursuit au Vatican, auprès de la Congrégation pour les causes des saints. En 1977, son corps a été transféré dans la basilique du Sacré Cœur à Zagreb, église centrale des jésuites croates ou, durant les six dernières années de sa vie, il avait l'habitude de prier et d'assister quotidiennement à la messe. A plusieurs reprises, le pape Jean Paul II a parlé aux jeunes Croates d'Ivan Merz en leur proposant la vie chrétienne de celui-ci comme un exemple. Les grâces et les faveurs obtenues par l'intercession d'Ivan Merz ne cessent de se multiplier. Après l'établissement de la démocratie en Croatie, on renouvela l'organisation catholique des jeunes dénommée Krizari (Croisés). Cet important héritage spirituel d'Ivan Merz continue d'exercer son influence bienfaisante et éducative sur la jeunesse croate. Plusieurs biographies et un grand nombre d'articles et d'études ont été consacrés à la vie d'Ivan Merz. Dans les universités pontificales à Rome, on a soutenu deux thèses de doctorat sur la vie et l'œuvre d'Ivan Merz. La première, datant de 1975 et ayant pour auteur l'abbé Marin [karica, est intitulée Ivan Merz, promoteur du renouveau liturgique en Croatie; la seconde, achevée en 1978 par le p. Bozidar Nagy SJ, port le titre Ivan Merz, homme de foi et éducateur à la foi. A l'occasion du centenaire de la naissance d'Ivan Merz, célébré en 1996 dans sa patrie croate ainsi qu'à Paris ou il fut étudiant, on a entrepris la publication de ses Œuvres complètes qui comprendront en tout dix volumes. Le premier de ceux-ci est la présente œuvre, sa thèse de doctorat. Nous terminerons cette courte biographie d'Ivan Merz en citant un article commémoratif publié deux semaines après sa mort dans le journal La Croix du 23 mai 1928: "Comme professeur de langue française au Petit séminaire de Zagreb, il répandait parmi ses élèves, prêtres de demain, l'amour de la France et sa culture catholique... Cette mort prématurée a brisé de grands espoirs, mais il reste aux catholiques croates une consolation: c'est qu'Ivan Merz est mort comme un saint après avoir vécu comme un saint."

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Neuvaine en l'honneur du Bienheureux Ivan Merz


Cette neuvaine peut être récitée à deux intentions: la préparation pour la solennité liturgique du bienheureux Ivan Merz que l’on célèbre le 10 mai, ou lors d’un autre événement lié à la mémoire de différents anniversaires d’Ivan Merz. la prière des personnes désireuses d’obtenir une grâce par l’intercession d’Ivan Merz. Dans ce cas, il faut rajouter aux prières et textes de méditation prévus pour chaque jour, une prière particulière afin de recevoir les grâces demandées. Ceux qui récitent la neuvaine, dans le but d’obtenir une grâce, doivent avoir en vue que la sainte liturgie en général et l’Eucharistie en particulier, était pour Ivan Merz une source où s’alimentait sa foi et à laquelle il puisait la force pour sa sanctification. Par conséquent il est conseillé aux personnes priant la neuvaine à Ivan Merz afin d’être exaucées par son intercession, de recevoir le sacrement de pénitence et de communier au moins une fois durant la neuvaine et, pour ceux qui le peuvent, d’aller se recueillir sur la tombe d’Ivan Merz à Zagreb (Croatie) en la Basilique du Sacré-Cœur. La neuvaine est rédigée selon ses différentes vertus et complétée par les pensées personnelles d’Ivan Merz. Pour la prière publique en église les pensées peuvent être lues en alternance par des lecteurs.


Prière d'introduction


Seigneur Dieu nous commençons cette neuvaine en l’honneur de ton serviteur fidèle, le bienheureux Ivan Merz qui T’a glorifié sur la terre et par lequel Tu as été merveilleusement loué. En lui Tu nous donnes un merveilleux exemple de la sainteté en nous encourageant à suivre le chemin de sa vie dans la fidélité à l'Évangile. Par son intercession donne-nous toutes les grâces nécessaires pour l’accomplissement de nos devoirs professionnels et pour réaliser dans notre vie chrétienne la sainteté en Te glorifiant ainsi ici sur la terre. Par notre Seigneur Jésus Christ. Amen.


Premier jour

La vie, la mort: la fugacité, l'éternité


Bienheureux Ivan, en méditant le mystère de la vie et de la mort dans ta jeunesse, tu as très vite perçu le caractère passager de tout ce qui est terrestre. L’idée de l’éternité était continuellement présente à ton esprit. Durant la première guerre mondiale, tu as été quotidiennement confronté à la souffrance et à la mort, puis illuminé par la grâce Divine, tu as complètement changé ton regard sur le monde. Les réponses satisfaisantes à toutes les questions vitales, tu les as trouvées uniquement dans la foi chrétienne. Guidé par la grâce Divine tu as écrit tes pensées, qui sont toujours d’actualité. Aujourd’hui nous t’écoutons parler à travers ces paroles, que tu nous a laissées :


Pensées du Bienheureux Ivan Merz sur la fugacité de vie


« Cette vie n’est seulement qu’une courte préparation à l’éternité. »

« Nous devons veiller à adoucir cette courte existence par une vie ascétique. »

« Je sens que cette vie est seulement une phase passagère vers l’éternité. »

« Douleur, souffrance, regard sur ces milliers de mutilés, morts et gens épuisés … tout cela purifié l’homme de tout ce qui est passager, et avec une grande énergie, suggère le sens de la vie. »

« La question qui interpelle le plus l’homme est le phénomène de la mort. »

« La vie n’est pas un plaisir, mais un sacrifice. »

« L’homme n’est ici qu’un voyageur, sa vraie destination n’est pas la terre, il est élu pour quelque chose de plus grand. »

« La philosophie du bonheur repose sur l’axe central où tous nos désirs tendent vers l’autre monde. »

« Il nous faut diriger toutes les forces de cette vie vers celle qui suit notre séjour sur la terre. »

« Utilisons toutes nos énergies pour sauver nos âmes et celles de nos proches. »


Seigneur Dieu, Tu as éclairé ton serviteur le bienheureux Ivan Merz afin de comprendre le sens de la vie et trouver les réponses à toutes les questions dans la lumière de la foi chrétienne. Après beaucoup de réflexions, le bienheureux Ivan avait compris que cette vie terrestre n’est que la préparation pour celle du ciel dans laquelle il est déjà entré. Par son intercession nous Te prions d’accorder à nous aussi la grâce d’un regard éclairé sur cette vie terrestre afin de prendre conscience de sa fugacité pour l’utiliser le mieux possible en vue de l’éternité. Que rien sur cette terre ne nous détourne de la vie éternelle vers laquelle nous voyageons et dans laquelle ton bienheureux serviteur Ivan est déjà entré. Nous Te prions par notre Seigneur Jésus Christ. Amen.


Si par la neuvaine on demande une grâce particulière par l’intercession d’Ivan, il faut ajouter chaque jour cette prière :


Notre Père céleste, dans le bienheureux Ivan Merz Tu nous as donné un bel exemple des vertus chrétiennes. Par sa sainte vie il nous a montré qu’avec la grâce de Ton aide nous pouvons atteindre la sainteté dans la vie laïque. Aide-nous afin qu’encouragés par son amour envers le Christ et l'Église nous marchions aussi vers la sainteté et héritions de sa ferveur apostolique pour l’élargissement de Ton Royaume. Par son intercession je Te prie de bien vouloir m’accorder la grâce que je Te demande maintenant… si cela peut être utile à mon salut éternel et à Ta gloire. Par Jésus Christ, notre Seigneur. Amen.


(A cette prière on peut ajouter aussi les litanies d’Ivan Merz.)


Deuxième jour

Dieu et la religion


Bienheureux Ivan, élevé dans un milieu libéral, c’est seulement vers la fin de tes études secondaires que tu as commencé à réfléchir plus sérieusement au sens de la foi chrétienne. En observant le monde créé autour de toi, particulièrement le cosmos, tu es arrivé à la conclusion de l’existence du Créateur, maître de tout. Par ta réflexion personnelle, en observant la nature, à travers l’art aussi, tu as découvert dans la foi catholique un trésor à tel point que tu lui as consacré toute ta vie. Tu nous as laissé les merveilleuses pensées par lesquelles tu t’es élevé vers Dieu et qui témoignent du rayonnement de la grâce dans ton cœur et dans ton intelligence. Tu étais toujours disponible pour répondre à l’appel du Seigneur.


Pensées du Bienheureux Ivan Merz sur Dieu et de la religion


« Toutes les merveilles du monde, toute la nature nous font découvrir que la source de tout se trouve dans l’incommensurable Esprit, dans l’Idéal de l’humanité, dans la Vérité, la Bonté et la Beauté. »

« Je crois au Seigneur Dieu tout-puissant, je crois qu’il est le parfait Esprit dans la liberté de volonté et de grandeur. »

« Mon Dieu, comme je t’aime, comme je te remercie car tu combles mon âme d’une douceur délicieuse. A quel point mon âme s’élève, comme elle vole vers Toi ; elle voudrait, par une force surhumaine, sortir de ce corps et partir là-haut pour s’unir avec Toi éternellement. »

« La meilleure utilisation de son temps c’est la contemplation de Dieu et de ses révélations. »

« La satisfaction absolue se trouve seulement en Dieu. »

« Il existe un Dieu qui agit continuellement sur les âmes humaines. »

« L’homme, qui est le maître de toute la nature, a le droit de se servir d’elle, mais il a aussi le devoir, comme le Maître de tout et au nom de toute la nature, d’honorer et de glorifier Dieu. »


Prions


Seigneur Dieu, Ton serviteur, le bienheureux Ivan, éclairé et guidé par Ta grâce a trouvé le chemin vers Toi. Tu T’es révélé à lui dans les beautés du monde créé, dans la grandeur du cosmos et dans la profondeur du cœur qui aspirait vers Toi, sa source. Tu l’as attiré vers Toi, et lui, il était toujours prêt à répondre à l’incitation de Ton Esprit. Par son intercession donne-nous aussi la grâce de nous rendre à tes appels, de Te découvrir et Te trouver dans les choses créées, pour qu’à travers cela nous puissions monter vers Toi afin qu’ensemble avec le bienheureux Ivan nous nous unissions aussi pour l’éternité avec Toi. Par Jésus Christ, notre Seigneur. Amen.


Troisième jour

Jésus-Christ, Amour de son Cœur dans l'Eucharistie


Bienheureux Ivan, Jésus Christ, le Sauveur était au cœur de ta vie. Tu l’as d’abord découvert comme souverain de l’Univers, puis tu as décelé sa présence dans la liturgie de l'Église, dans sa hiérarchie, et particulièrement dans la personne de l’évêque de Rome – le Pape. Tu le reconnaissais aussi dans ton prochain. Tu t’es consacré au Très Saint Cœur du Christ, que tu adorais. Tu rencontrais ton Sauveur dans la sainte Eucharistie, centre de ta vie spirituelle. Tu participais tous les jours la sainte messe en y recevant la Sainte Communion, tu adorais le Saint Sacrement depuis les premières années de ta jeunesse. Cet amour pour Jésus eucharistique, tu le répandais dans le cœur des jeunes. Jésus présenté dans l’Eucharistie t’a donné la force de réaliser de nombreuses actions apostoliques. Tout ce que tu as fait, tu l’as fait à la gloire du Très Saint Cœur de Jésus ( journal du 21/01/1928). La Providence Divine a voulu que ton corps repose, dans l’attente de la résurrection, sous les voûtes de la Basilique du Sacré-Cœur à Zagreb, lieu de ta consécration au Cœur de Jésus. Nous écoutons tes pensées qui nous inspirent :


Pensées du Bienheureux Ivan Merz sur la fugacité de vie


« Christ est venu au monde pour sanctifier toute la nature, chaque homme et chaque nation. »

« La Communion est source de vie. »

« Chacun sait à quel point la proximité de l’Eucharistie fortifie. »

« N’oublions pas l’immense amour du Christ et consacrons une attention plus grande à cette petite et solitaire Hostie blanche qui nous attend dans les églises froides. »

« La sainte Communion, où votre corps et votre âme s’unissent avec la Divinité elle-même, doit être le sommet de votre vie. »

« En vous unissant avec le Christ, dans la sainte Communion, s’accomplit déjà sur la terre votre but ultime et vous devenez participants de l’essence Divine. »

« L'Eucharistie nous mène vers le sommet de la perfection chrétienne ; vers une véritable vie spirituelle. »

« L’Eucharistie est notre première joie sur la terre ; par Elle nous devenons les participants de la future gloire dans le ciel. »

« En la sainte Communion l’âme glorifie les triomphes de Dieu, elle devient semblable à sa Fiancée, elle devient divine, elle devient participante de l’immensité et de l’éternité. »

« Cœur de Jésus, je te consacre ma vie : si en ton honneur, je dois souffrir pour arriver à Toi, que Ta volonté soit faite. »

« Le Sacré Cœur de Jésus est le plus fort élément pour la rechristianisation de la société. »

« J’attends la miséricorde du Seigneur, et l’inamovible, complète, et éternelle possession du Très Saint Cœur de Jésus. »


Prions


Seigneur Jésus, Tu as donné au bienheureux Ivan la faculté de Te découvrir ainsi que la richesse de Ta vie divine dans Ton Cœur très saint, qu’il aimait si ardemment. En Toi il a trouvé le centre de sa vie. Tu l’as gratifié d’une faculté particulière de compréhension et d’une confiance forte dans le très saint sacrement de l’Eucharistie. De tout son être il adorait profondément ce mystère de Ton amour en le recevant tous les jours dans son cœur et souvent il l’adorait dans les églises qu’il fréquentait. Par son intercession donne-nous aussi la compréhension de l’amour de Ton Très Saint Cœur afin que nous puissions humblement Te servir, faire découvrir l’amour de Ton cœur aux autres en répandant Ta gloire, mener notre prochain vers leur salut. Donne-nous la grâce que la sainte Eucharistie devienne pour nous aussi le centre de notre vie spirituelle où nous puiserons la force pour notre sanctification et l’amour envers nos prochains. Par Jésus Christ, notre Seigneur. Amen.


Quatrième jour

Bienheureuse Vierge Marie


Bienheureux Ivan, tu étais particulièrement habité par une profonde piété pour la Bienheureuse Vierge Marie. Jeune homme, tu as eu recours à Notre-Dame pour t’aider à lutter contre le péché et à préserver la pureté de ton âme. En son honneur tu as fait vœu de chasteté et Elle t’a aidé à y être fidèle. Tous ceux qui te connaissaient témoignaient de ta ferveur et de ta candeur. Tu as particulièrement approfondi ta dévotion à la Vierge Marie à Lourdes où tu affectionnais le chapelet - avec l’Eucharistie. Il est devenu ton ami le plus fidèle avec lequel tu priais tous les jours jusqu’à ta mort. Tu répandis activement la dévotion à Notre-Dame de Lourdes à laquelle tu as consacré de nombreuses conférences et des textes importants. Tu accordais beaucoup d’importance au rôle de la Bienheureuse Vierge Marie dans la vie spirituelle de chaque chrétien tel qu’en témoignent des pensées stimulantes ainsi que des prières sincères où tu demandes son aide.


Pensées Bienheureux Ivan Merz sur la Bienheureuse Vierge Marie


« Ma bonne mère, la plus Grande, je t’en prie, remplie mon âme de beaux sentiments et de pensées généreuses, indique-moi toujours le vrai chemin, même s’il est difficile de le suivre. »

« Ma prière, je l’oriente maintenant vers l’Immaculée : dans cette ville, à Vienne, qu’elle m’accompagne sur mes pas. Que chacun de mes chemins et de mes pas soit dirigé vers le bien. »

« Mère éternelle, Toi incarnation de la poésie, de tout ce qui est beau et éternel, donne-moi que je puisse continuer à recevoir les grâces de la beauté. »

« Lorsque le prêtre nous distribue l’Eucharistie, il le fait à la place de la Bienheureuse Vierge Marie qui, dans son immense amour, nous donne la plénitude de sa propre vie intérieure, de sa vie illimitée et éternelle, qui nous donne Dieu, Jésus Christ eucharistique. »

« Même si la Bienheureuse Vierge Marie n’a pas entièrement guéri mes yeux – je lis avec difficulté – à Lourdes, je me suis attaché au chapelet qui restera jusqu’à ma mort mon ami le plus fidèle. »

« Quand vous trouverez la vie difficile et que les problèmes s’abattront sur vous, prenez votre chapelet, Marie vous consolera et vous donnera, la force de tout supporter avec calme, dans un abandon total à la volonté de Dieu. »

« Prions Marie sans cesse, pour qu’un jour, remplis de la sainte joie, nous trépassions dans sa tendre embrassade et sur le Cœur de Jésus. »


Prions


Seigneur Jésus, le bienheureux Ivan vénérait particulièrement Ta Mère Marie, notre Mère; c’est à elle qu’il a recouru, surtout dans les tentations contre la chasteté. Il l’a honoré tous les jours priant et récitant le chapelet. Il répandait sa gloire et la défendait lorsqu’il sentait qu’était déconsidérée sa sollicitude maternelle pour le salut des âmes manifestée lors de ses apparitions à Lourdes. Nous Te prions afin que, par l’intercession d’Ivan, nous aussi, vénérions autant ta très sainte Mère et qu’elle soit la protectrice de la pureté de nos âmes, qu’elle soit notre consolation dans les derniers moments de nos vies. Amen.


Cinquième jour

l'Église, Corps Mystique du Christ


bienheureux Ivan, éclairé par la grâce Divine tu as compris, à l’instar de saint Paul, le mystère de l'Église, corps mystique du Christ. Tu as su voir et trouver dans l'Église la présence du Christ. Alors qu’un jour on te demandait pourquoi tu aimais l'Église Catholique, tu as répondu : car je vois en Elle une image claire du Sauveur bien aimé et de Dieu Christ, avec toutes ses perfections, et en la personne du Saint-Père, sous l’apparence de l’homme, je vois mon Dieu et mon Seigneur. Ce profond amour de l'Église, constitutif de ta personne, a marqué ta vie d’intellectuel catholique et se manifestait concrètement par une grande fidélité à l’évêque de Rome – le pape, successeur de Pierre, ainsi qu’aux autres membres de la hiérarchie de l'Église. Les encycliques du pape, ses discours, ses messages, tu les as étudiés minutieusement puis tu les a divulgués, auprès des jeunes en particulier. Tous ce que tu as écrit au sujet de l'Église jaillissait de ta profonde expérience. Bien que tu ne sois pas prêtre, tu étais le pilier de l'Église de Dieu – c’est ainsi que l’on parlait de toi. De ton grand amour envers l'Église découlait ton engagement apostolique qui avait pour but d’attirer le plus grand nombre au sein de l'Église - une, catholique et apostolique. Tes pensées relatives à la sainte Église et au Saint Père sont marquées par une foi profonde et enthousiasme débordant:


Pensées du bienheureux Ivan Merz sur l'Église et le Saint Père


« La plus grande chose qui existe au monde est la sainte Église, la plus grande chose dans l'Église est la sainte Messe, et dans la Messe c’est la transsubstantiation. »

« l'Église est le sommet et le centre de la culture de toute l’humanité. »

« Que le Seigneur Jésus qui en l'Église a consacré tout la nature et toutes les actions humaines, soit le centre de tout. »

« l'Église est le splendide reflet du Christ incommensurable, du Christ en personne. »

« Le Pape est le Christ visible et vivant sur la terre parmi les gens, il est le fiancé de l’église universelle. »

« La papauté est le fondement et l’inébranlable rocher sur lequel est édifiée l'Église. »

« Une des caractéristiques fondamentales de chaque catholique romain, est d’aimer le saint Père et d’accorder toutes ses pensées et ses actions à ses désirs et décisions. »

« L’édifice de notre vie spirituelle, de notre connaissance religieuse et de nos activités, doit s’élever sur l’inébranlable fondement des vérités que la papauté enseigne sans tromperie. »

« A Rome on ressent que tous les peuples sont frères et sœurs dans une même famille, qui est la sainte Église, dont le père est le supérieur, l’éternel Vicaire Divin, l’évêque de Rome. »


Prions


Seigneur, à Ton serviteur, le bienheureux Ivan, Tu as donné une profonde connaissance du mystère de la sainte Église à laquelle il a consacré tout son être et l’amour de son cœur. En elle il a regardé la présence du Christ Sauveur et désiré attirer toutes les âmes à l'Église. Il a cultivé un amour singulier envers le Saint-Père et propagé son amour parmi les jeunes et auprès de tous les catholiques. Nous Te prions, par son intercession, afin que nous puissions aussi aimer, défendre, servir la sainte Église, écouter et suivre ses prêtres et, comme le bienheureux Ivan, lire attentivement chaque déclaration du Pape, introduire son enseignement dans notre vie, afin de contribuer à la propagation de Ton Règne. Par Jésus Christ, notre Seigneur. Amen.


Sixième jour

Le sommet de la prière en liturgie


Bienheureux Ivan, ta vie spirituelle est pour nous un exemple. Par ta prière persévérante tu étais complètement plongé en Dieu. Tu consacrais jusqu’à quatre heures par jour à la prière sous différentes formes : sainte messe, bréviaire, chapelet, adoration, chemin de croix. Le cœur et le centre de ta vie spirituelle était la sainte liturgie – la prière officielle de l'Église catholique. Tu as puisé au quotidien dans le sommet de l’Eucharistie la grâce, l’énergie et l’inspiration pour t’élever vers la sainteté et t’engager dans l’apostolat. Conscient de la grande valeur de la liturgie pour toute vie chrétienne, tu y as initié par tes enseignements les jeunes comme les adultes en devenant l’un des pionniers du renouveau liturgique. Tes pensées merveilleuses nous font découvrir le sanctuaire de ton âme plongée dans le monde surnaturel, ton âme qui, déjà ici bas, aspirait perpétuellement à chanter la louange de Dieu que tu chantes maintenant dans l’éternité avec les chœurs des anges :


Pensées du Bienheureux Ivan Merz sur la liturgie


« Notre esprit aspire à un grand et parfait Esprit. Dans la prière il parle avec Lui et Il lui répond si mystérieusement que l’homme pense respirer l’air d’en haut. »

« Dans la liturgie l’homme rend, de manière la plus parfaite, l’hommage à Dieu - l’honneur qui Lui appartient. »

« La liturgie est la prière officielle de l'Église, c’est la prière officielle de la Fiancée du Christ, c’est un dialogue entre la Fiancée et son divin Fiancé. »

« Comme c’est, selon saint Jean, l’Agneau le centre du ciel, de même, la sainte liturgie se déroule autour de la très sainte Hostie – autour de Jésus Christ lui-même. »

« La sainte liturgie est le meilleur guide qui nous fait découvrir, à la manière très pédagogique, toutes les particularités de la vie de notre Sauveur. »

« Par la méditation liturgique chaque catholique devient grand et universel, il commence à ressentir ce que ressent l'Église – elle-même. »

« Sur le fondement de la liturgie s’éduque chaque âme en particulier. »

« La liturgie est une pédagogie au sens propre, car grâce à elle le croyant vit dans son âme toutes les phases de la vie éternelle du Christ. »

« Priant à la manière liturgique le fidèle s’associe aux chœurs angéliques qui louent perpétuellement le Créateur, et ainsi l’homme commence à s’exercer au service qu’il fera plein de joie et d’enthousiasme dans l’éternité. »

« La sainte liturgie est un des plus puissants moyens de la paix universelle. »


Prions


Seigneur Dieu, Ton serviteur le bienheureux Ivan était profondément uni avec Toi dans la prière quotidienne. Il a continuellement levé son intelligence et son cœur vers Toi qui l’a attiré. Tu lui as donné la grâce de comprendre la valeur et la nécessité de la sainte liturgie pour une vraie vie chrétienne et une consécration personnelle. Donne-nous aussi cette grâce d’être fidèles à nos prières. Par l’intercession d’Ivan, donne nous la force de surmonter l’indolence et la tiédeur en consacrant le temps nécessaire à la prière qui nous unit à Toi. Par sa prière donne-nous la grâce que nous aussi, nous trouvions dans la sainte liturgie une source de spiritualité et de sanctification personnelle et qu’ainsi nous nous associons déjà maintenant, ici-bas, aux chœurs des anges en chantant Ta louange.


Septième jour

Le combat du corps et de l'esprit contre le péché et l'effort pour la perfection morale spirituelle


Bienheureux Ivan, depuis ta jeunesse tu as senti dans ton être, comme l’écrit saint Paul, la loi de l’esprit et la loi du corps qui luttent l’une contre l’autre (Romains 7, 21-23). D’un côté tu as ressenti l’aspiration vers la perfection morale, vers la sainteté chrétienne, de l’autre tu as reconnu ta faiblesse et tes limites face à ces idéaux. Éclairé par la grâce Divine, tu es devenu conscient que la sainteté chrétienne ne peut être réalisée que par une vie fortement spirituelle, qui implique la prière, la fréquentation des sacrements de pénitence et de communion, la lecture de la sainte Écriture, l’ascèse personnelle, la maîtrise de soi. Pour cela tu as utilisé tous les moyens proposés par l'Église et les maîtres de la spiritualité chrétienne afin d’atteindre ton but en faisant de ton âme un chef-d’œuvre. Tu nous as laissé de belles pensées, qui dévoilent ta vie spirituelle, sans hésiter à parler de tes faiblesses, tes luttes et tes tribulations. Par ces témoignages tu nous encourages et tu nous montres qu’il est possible de dominer son corps et ses désirs, d’acquérir les vertus chrétiennes et d’atteindre à la sainteté en suivant Jésus :


Pensées du bienheureux Ivan Merz sur le combat du corps et de l’esprit contre le péché


« Puisque le péché est le plus grand mal, en vérité le mal unique, car il nous prive de l’unique bien – de Dieu, il s’en suit qu’il faut mépriser le péché et lutter contre lui par tous les moyens. »

« Tous ce que nous faisons, toutes les actions doivent avoir pour but qu’en ce monde l’on pèche moins et l’on fait plus de bonnes œuvres. »

« Qui milite dans les rangs de l'Église a seulement un ennemi – le péché. Tout le reste sont des choses peu importantes dont il faut se servir pour contester le péché et favoriser le salut des âmes. »

« Il n’est pas suffisant de croire. Notre foi doit être un système, un indicateur pour la vie, afin de ne pas agir contre le principe de la justice et de l’éternité. »

« Être un catholique pratiquant cela doit devenir mon but. »

« Notre corps est soumis à une loi tout à fait différente de celle qui habite notre âme. »

« Les tentations m’assaillent terriblement, mais la prière m’élève. Dans le sacré des sacrés, en mon cœur, la foi est inébranlable. »

« Il nous faut entrer dans une lutte sanglante pour ne pas nous engloutir dans la banalité du monde. »

« Humilité, renoncement à soi même, silence et bonnes actions, sont uniques et réels maintenant et après la mort. »

« Je tendrai à la sainteté, à l’union avec le Seigneur Dieu et je le prierai pour qu’il me donne la force de résister ainsi qu’une force créatrice dans le combat vital. »

« Deux sacrements – la sainte confession et la sainte Communion - sont les sources d’une continuelle et efficace réforme de la vie intérieure de chaque catholique. »

« Dieu veut guider les hommes par les hommes. Le confesseur reçoit de Dieu les grâces particulières pour nous montrer la volonté Divine. »


Prions


Père céleste, Tu as inspiré le bienheureux Ivan à mener une vie spirituelle. Il a résolument répondu à Tes appels et a saisi assidûment tous les moyens donnés par l'Église pour Te faire dans son âme une demeure digne de Toi, pour former son âme, afin de mener entièrement une vie de grâce. Tu lui as donné une lumière intérieure pour comprendre ses faiblesses et trouver la force de lutter contre elles. Ainsi il construisait son caractère et se levait vers le chemin de la sainteté. Par Ta grâce il a vaincu les tentations et fait un chef-d’œuvre de son âme. Nous Te prions, par son intercession, donne-nous aussi la force pour vaincre les faiblesses de l’esprit et du corps, afin, que guidés par son exemple et par l’aide céleste, nous nous élevions vers la sainteté. Par Jésus Christ, notre Seigneur. Amen.


Huitième jour

L’amour envers le prochain par l'apostolat Chrétien et la coopération avec le Christ dans la propagation du Royaume de Dieu


Bienheureux Ivan, l’amour de Dieu était étroitement lié, dans ta vie, à l’amour du prochain. Ton amour du prochain manifestait avec éclat et splendeur ton amour de Dieu. Que la bonne nouvelle de Jésus Christ et la foi chrétienne se répandent, que les hommes découvrent le bonheur dans sa vérité et son amour et qu’ils entrent en son Royaume, tel était le but de ton action apostolique, que tu menais avec empressement. Le Christ est l’accomplissement de tous nos désirs et de toutes nos aspirations. Tu n’as eu de cesse de propager cette vérité ultime dans ton entourage, parmi les jeunes en particulier. Que ce soit par la parole, par l’écriture ou par un engagement direct, ton apostolat concernait tous les domaines de l’existence. Tu étais particulièrement proche des jeunes professionnellement, comme professeur de lycée, mes aussi pendant ton temps libre. Tu as souhaité les former pour qu’ils deviennent des vrais chrétiens et des disciples du Christ. Tu nous as laissés de très belles pensées concernant tes activités apostoliques et la nécessité de travailler pour sauver les âmes et propager le Royaume de Dieu.


Pensées du bienheureux Ivan Merz sur l’amour envers le prochain et l’apostolat


« Le jour que l’on consacre à autrui n’est pas un jour perdu, mais un jour gagné. Les jours où l’on n’a rien fait pour les autres, juste pour soi, ceux-ci sont des jours perdus. »

« Faire œuvre de charité à l’homme qui souffre c’est le fondement de chaque vie spirituelle. »

« La jeune génération cultive en son cœur l’amour envers notre Sauveur, toujours présent avec elle dans la sainte Eucharistie, dans laquelle, cette jeunesse, puise la force pour son action, pour son apostolat. »

« Toute activité humaine doit être pour l’amour, pour l’apostolat, en raison de l’élargissement du Royaume de Dieu entre les gens. »

« Il y a plus important que l’art : éduquer et guider les gens vers le Christ. L’art, comme tout ce qui est créé, n’a pour but que d’aider l’homme à arriver jusqu’au Christ. »

« Le premier critère dans chaque activité doit être le salut des âmes, le bien pour l'Église et cela, selon la conception du Saint Siège. »

« Le catholicisme ne se propagera pas s’il n’y pas de Travailleurs, de Priants et de Martyrs. C’est une loi dans l’élargissement du Royaume de Dieu. »

« Le fond de notre activité apostolique et son succès se trouvent en nous-mêmes, en notre relation avec Jésus, qui doit vivre en nous. »


Prions


Seigneur Dieu, Ton serviteur le bienheureux Ivan, Tu l’as comblé de Ton amour dont il a témoigné par son désintéressement en l’offrant aux autres de différentes manières. Cet amour notamment, il l’a manifesté en menant vers Toi les jeunes, travaillant pour leur bien, pour le salut de leurs âmes et tachant de faire d’eux des chrétiens conscients et formés. Nous Te prions que par son intercession, nous aussi, nous puisions répandre par notre désintéressement Ton amour et travailler pour l’élargissement de Ton Royaume en attirant vers Toi le plus possible d’âmes. Amen.


Neuvième jour

Par la Croix et le sacrifice à la Sainteté


Bienheureux Ivan, en menant assidûment une vie spirituelle tu t’élevais vers la perfection chrétienne. Toujours prêt à collaborer avec la grâce Divine tu as travaillé intensément à ta propre éducation et à l’acquisition des vertus chrétiennes. La souffrance et la douleur t’accompagnaient dès ta jeunesse : la maladie oculaire, le séjour dans l’horreur de la guerre, les souffrances intérieures dues à l’incompréhension de ton labeur, ta dernière maladie et ta mort dans la fleur de l’âge. En t’en remettant à la volonté Divine, tu recevais toutes ces souffrances patiemment en les offrant à Dieu comme un sacrifice. Par la douleur tu pouvais plonger très profondément dans le mystère de la croix du Christ en comprenant mieux sa valeur rédemptrice. Et quand le Seigneur t’a fait savoir qu’il fallait quitter ce monde et s’en aller vers lui, alors que tu étais si jeune, tu as résolument accepté sa décision en offrant à Dieu ta jeune vie pour la jeunesse croate. Des milliers de jeunes t’ont suivi dans ton chemin vers Dieu. « Merci aigle du Christ, Tu nous as montré le chemin vers le Soleil ! » Ces mots nous montrent à quel point ton sacrifice a plu à Dieu. Dans ton testament qui est en même temps ta profession de foi la plus solennelle, tu as écrit que tu partais pour rencontrer l’amour Divin du Cœur Sacré de Christ et t’unir à lui et ceci dans une profonde espérance et certitude.


Pensées du bienheureux Ivan Merz sur la souffrance, la passion, la croix


« Exercer consciencieusement mes devoirs professionnels en les considérant comme la croix de ma vie; comme ma crucifixion quotidienne, qui apporte de la bénédiction dans l’œuvre du salut des âmes. »

« Nous devons consacrer toute notre attention à l’éducation de nous- mêmes et à l’étude du catholicisme. »

« La lutte pour la sainteté, l’ascèse, doit être notre pain quotidien. Elle nous ouvre des horizons intérieurs, crée de nous des êtres altruistes, soutient en nous le combat contre le mal, et nous donne la force de ne pas succomber. »

« Jésus, ne me permet jamais que je te trahisse et donne-moi la force que par le sacrifice volontaire je devienne de plus en plus semblable à toi. »

« Ne jamais oublier Dieu ! Sans cesse aspirer à l’union avec Lui. »

« Il y a en moi une flamme pour les hauteurs infinies, des ardeurs pour l’inaltérable embrassement du Fils, du Père et de l’Esprit. »

« Toute la chrétienté est construite sur le sacrifice. Qui ne sait pas ce qu’est le sacrifice, ne peut pas comprendre le christianisme. »

« Si le Seigneur souhaite que vous souffriez, et ne veut pas votre guérison, il vous faudra vous remettre entre Ses mains, car même le plus petit bacille ne peut bouger sans la présence et l’action du Seigneur. »

« Par la souffrance on peut faire plus pour le Royaume de Jésus que par un grand travail, par des discussions sophistiquées et par des discours et des écrits splendides. »

« Avec nos yeux terrestres, peut-être ne verrons nous pas les fruits de notre souffrance, mais là-haut, dans le Cœur de Dieu, il nous apparaîtra combien d’âmes de sauvées, combien d’actions catholiques sont bénies par ces souffrances. »

« La souffrance est le moyen le plus fort pour sauver et sanctifier les âmes. »

« Mon Dieu, prends-moi, ne permets pas que je pose mon regard à côté et que je regrette pas mon choix. Donne-moi d’accepter le calice de la souffrance et que sur cette terre j’invoque Ton nom, puis qu’après cela, je puisse Te regarder face à face ! »

« La vie pour moi était le Christ, et la mort, un gain. »

« J’attends la miséricorde du Seigneur et l’inamovible, complète et éternelle possession du Très Saint Cœur de Jésus. »

« Mon âme a atteint le but pour lequel elle était créée. »


Prions


Seigneur, par la souffrance et le sacrifice Tu as guidé le bienheureux Ivan jusqu’à la sainteté. Tu lui as donné une claire connaissance de la valeur d’acceptation volontaire de la Croix que nous rencontrons quotidiennement dans notre vie. Il l’a mis à profit pour sa sanctification. A la fin de sa vie, il n’a pas passivement accepté son acte d’agonie, mais l’a transformé en valeur spirituelle en l’offrant comme un sacrifice pour la jeunesse. Nous Te prions, que par son exemple et son intersession nous aussi, nous puissions T’offrir nos souffrances et nous remettre à Ta sainte volonté. Donne-nous la grâce, qu’à l’exemple du bienheureux Ivan nous puissions aussi attendre Ta miséricorde pour entrer un jour dans la possession de l’amour de Ton cœur divin. Par notre Seigneur, Jésus Christ. Amen.

Vice-Postulation

8 rue Emile Cordon

F - 93400 Saint Ouen (France), tél. et fax 01 40 12 57 36, international +33 1 40 12 57 36

Postulatura di Ivan Merz

A.Stepinca 27,

HR-31000 Osijek, Croatie.

Tel. - fax: 385-31-211.509


Site Internet: http://www.ffdi.hr/ivan-merz

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Téléchargez le texte de la Neuvaine au Bx Ivan Merz (pdf) en cliquant ici

8 novembre 2009

Le Serviteur de Dieu Matteo d'Agnone

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Le Serviteur de Dieu Matteo d'Agnone

Frère Mineur Capucin

1563-1616


Le Serviteur de Dieu Matteo d'Agnone naquit en 1563 de parents très pieux qui lui donnèrent au Baptême le prénom de Prosper. L'éducation, profondément chrétienne qu'il reçut de ses parents lui fit voir Dieu en toutes les choses. Il fréquenta l'université de Naples les universités de philosophie et de médecine. L'idéal franciscain idéal resplendit dans son esprit, et dans cette lumière, il préféra devenir Frère Mineur Capucin, afin de pouvoir faire connaître les vérités de la théologie et devenir un pieux médecin des âmes. Il fait son noviciat à Sessa Aurunca et après un bref séjour dans la province religieuse de Naples, il est envoyé chez les Frères Mineurs Capucins de Foggia. La, il se distingue par son grand amour pour la Vierge Marie, dont il avec beaucoup de passion défendait l'hypothèse de la montée au Ciel de son corps et de son âme lors de l'Assomption. Elu Supérieur local et provincial, il fut aussi un savant et fervent orateur. Le Seigneur lui accorda le charisme de prophétie et il fut aussi un puissant thaumaturge. Par le simple Signe de la Croix qu'il effectuait, eût lieu un très grand nombre de guérisons à Agnone, à Vaste et a Serracapriola. Il fut aussi un puissant exorciste. Beaucoup de douleurs physiques accompagnèrent sa vie et elles furent pour lui, une constante occasion de louer et de rendre grâce au Seigneur. Trois mois avant sa mort, il fut envoyé au couvent de Serracapriola et les frères de ce couvent l'accueillirent en chantant le Te Deum. Il entra dans la vie le 31 octobre 1616. Le 5 Mai 1751 eût lieu la reconnaissance canonique d'abord par Mgr Scipione De Laurentis, évêque de Larino et le 19 Octobre 1978, un sexon exament qui fut réalisé par Mgr. Angelo Crisci, évêque de San Severo. Le 26 Avril 1984, ce même évêque de San Severo, ouvra le procès information diocésain pour la Béatification du Père Matteo d'Agnone. Le 19 Juin 1996, Mgr. Cesare Bonicelli a ouvert officiellement la cause de béatification et de canonisation en la cathédrale de San Severo. Le 9 Mai 2002, Monseigneur Michele Seccia, au dans le couvent des Capucins de Serracapriola, a présidé la célébration solennelle et la cérémonie de clôture pour la phase diocésaine de la cause de Béatification. Le 16 mai 2002 les dossiers contenants la documentation historique sur le Serviteur de Dieu a été remise à la Congrégation des Saints. Le 31 Mars 2006 la même Sacrée Congrégation a publié un décret de validité du Procès Diocésain. En Juin de 2006, un rapporteur de la cause a été nommé.


Prière à la Vierge Marie pour demander la glorification du Serviteur de Dieu, le Padre Matteo d'Agnone


O Vierge Marie, notre Mère, vous vous êtes toujours montrée sensible à vos fidèles, nous vous prions humblement pour que vous nous obteniez de la Sainte Trinité, par votre puissante intercession de fille du Père, de mère du Fils et d'épouse de l'Esprit, la glorification de votre serviteur le Père Matteo d'Agnone, qui, par ses paroles et ses écrits, montra et promulga l'assomption au Ciel de votre corps et de votre âme, ainsi que la divine royauté de votre Fils, qui est aussi notre Seigneur Jésus-Christ. Nous avons confiance en votre aide maternelle.


Trois je Vous salue Marie


Imprimatur

San Severo, 25.3.1984

† Angelo Crisci, Evêque


Pour recevoir des images et des biographies et pour transmettre des relations de grâces attribuées au Serviteur de Dieu Matteo d'Agnone, s'adresser au

Père Cipriano de Meo, Couvent des Cappuccinos, I- 71016 Saint Sévère (FG)

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Téméchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

21 novembre 2009

Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 8/13

tonio

Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Huitième mardi

Amour de Saint Antoine pour la Croix


C'est Notre Seigneur qui a dit et qui nous le répète dans son saint Evangile. Si nous ne faisons pénitence, nous périrons tous. Depuis le péché d'Adam, c'est la loi de la souffrance pour tout homme venant en ce monde. La vie ici-bas est un combat continuel. Le saint homme Job se trouvait dans le rude combat dont il parle, et il disait encore: L'homme né de la femme vit peu de temps et cette vie si courte est pour lui toute pleine de misères. Les mauvais chrétiens ne veulent pas se soumettre à l'indispensable loi de la mortification, de la pénitence. Comme ils ne sont pas au Christ, ils dédaignent de crucifier leur chair avec ses vices et toutes ses convoitises. Et comme ils ne mettent aucun frein aux inclinations mauvaises de la nature, leurs propres passions les tyrannisent : et c'est là, dès ce monde, le châtiment de leur orgueil, semblables à ces philosophes païens, dont l'apôtre saint Paul retrace l'horrible portrait dans sa Lettre aux Romains: Ils sont inexcusables, parce que ayant connu Dieu, ils ne l'ont point glorifié comme Dieu, ou ne lui ont pas rendu grâces ; mais ils se sont perdus dans leurs pensées, et leur cœur insensé a été obscurci. Aussi Dieu les a livrés aux désirs de leurs cœurs, à l'impureté ; en sorte qu'ils ont déshonoré leurs propres corps en eux-mêmes, se livrant à des passions d'ignominie... remplis de toute iniquité, malice, fornication, avarice, méchanceté ; pleins d'envie, de meurtre, de l'esprit de contention, de fraude, de malignité, délateurs, détracteurs, violents, orgueilleux, arrogants, inventeurs de toutes .sortes de mal, insensés, dissolus, sans affection, sans fidélité, sans miséricorde, qui ayant connu la justice de Dieu, n'ont pas compris que ceux qui font ces choses sont dignes de mort ; et non-seulement ceux qui les font, mais quiconque aussi approuve ceux qui les font. " Les chrétiens médiocres admettent la nécessité de la mortification, de la pénitence, mais ils n'en accomplissent pas bien les œuvres. Ils trouvent la pratique de la vertu difficile ; ils croient au-dessus de leurs forces le précepte de l'amour des ennemis, du pardon des injures. Il se créent des raisons imaginaires pour échapper à la loi de l'abstinence et du jeûne, et ils vont rarement se prosterner aux pieds du prêtre pour faire l'humble aveu de leurs fautes. Ils ne ressemblent point non plus à Jésus Crucifié, et ils s'exposent ainsi à leur damnation éternelle. Les bons chrétiens, les vrais disciples de Jésus Crucifié, ceux-là comprennent la loi delà pénitence et travaillent à la mettre généreusement en pratique. Comme pour la sainte vertu d'humilité, les Saints trouvent aussi trois degrés dans la pratique de la mortification. Le Premier est celui que nous enseigne l'Apôtre Saint Pierre, quand il dit: Mes bien-aimés, je vous conjure, comme étrangers et voyageurs sur cette terre, de vous abstenir des désirs charnels qui font la guerre à l'âme. Heureux, dit saint Bernard, celui qui se regarde comme un voyageur sur la terre, qui connaît et qui pleure le malheur de son exil et qui s'adressant à Dieu lui dit du fond de son cœur: Seigneur, ne soyez point sourd à mes larmes; je suis devant vous un étranger et un voyageur, comme tous ceux qui m'ont précédé, rappelez-moi donc auprès de vous. Il est certain que ce Premier degré est d'une vertu très-haute, et nous ne ferons pas peu, si nous pouvons y parvenir; mais il y en a pourtant un autre plus élevé et d'une perfection plus sublime. C'est celui que saint Paul nous désigne quand il dit: Vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Jésus-Christ en Dieu. Ce n'est donc pas assez que nous soyons comme des voyageurs, il faut que nous tâchions d'y être comme des personnes mortes. Heureux, s'écrie encore saint Bernard, celui qui est mort de cette sorte! car cette mort est une véritable vie, puisqu'elle nous conserve sans tache au milieu du siècle, ou que plutôt elle nous en sépare dès ici-bas complètement. Le Troisième degré se trouve dans ces paroles du même Apôtre: Le monde m'est crucifié, et moi je suis crucifié au monde. Ce degré est encore plus élevé que le Second; car, à celui qui est parvenu jusque-là, c'est peu que l'estime et la gloire du monde lui soient indifférents comme à un mort, elles sont même pour lui une croix et un supplice; et de l'ignominie et du mépris, il en fait le sujet de sa joie et de sa gloire. A Dieu, ne plaise que je me glorifie en autre chose qu'en la Croix de N. S. Jésus-Christ. " Tout ce que le monde aime, est une croix pour moi, et tout ce qui est une croix pour le monde est pour moi douceur et jouissance ! Que chacun de nous juge là-dessus, dit toujours saint Bernard, jusqu'à quel degré il est parvenu, et tâche de faire tous les jours de nouveaux progrès, parce que c'est en s'élevant de vertu en vertu que nous verrons enfin le Dieu des dieux dans la céleste Sion. Notre grand Saint, à l'imitation de saint Paul et de saint François, son séraphique Père, a parcouru ces trois degrés de la mortification chrétienne. En effet, qui pourrait dire jusqu'à quel point saint Antoine a porté l'esprit et la pratique de la mortification, de la pénitence ? Dès sa plus tendre enfance, il mortifie ses appétits et ses goûts; il mate son corps innocent par les veilles et les privations. Devenu Frère Mineur, il jeûne les sept carêmes pratiqués par saint François ; sa vie est un carême perpétuel. Il n'accorde qu'un petit nombre d'heures au repos ; et quel repos ! pris le plus souvent sur la terre nue. Il est vêtu d'une simple tunique, d'étoffe rude et grossière, qui ne peut le défendre des rigueurs du froid en hiver ; et qui, par sa pesanteur, lui rend plus intolérables les chaleurs de l'été. Sous cette tunique, il cache de rudes cilices; il ensanglante son corps par de fréquentes disciplines. A ces mortifications volontaires viennent s'ajouter la fatigue des voyages, accomplis à pied la plupart du temps, la privation de nourriture, les fatigues de la prédication et du tribunal de la pénitence. Arrivé au terme de sa vie, ce vrai pénitent ne croit pas avoir assez fait, et d'une voix tremblante, il récite avec ses Frères les Psaumes de la Pénitence.


Exemple


Vers la fin du dix septième siècle, les monuments historiques racontent la conversion miraculeuse d'un jeune indien du royaume de Bengale. C'était un esclave que les Pères de Saint-Augustin, établis dans ces parages, avaient acheté. Ils mirent tous leurs soins à lui apprendre les vérités du salut; mais ils ne purent pas venir à bout de vaincre l'obstination du petit païen, très- épris du culte de ses ancêtres. Or, un jour, tandis qu'il était seul dans une chambre où se trouvait l'image de saint Antoine Padoue, on l'entendit pousser des cris perçants. Les Pères accoururent aussitôt ; et aux questions qu'ils lui adressèrent pour savoir ce qui lui était arrivé, il répondit que le Saint dont l'image était suspendue à la muraille, avait dénoué la corde qu'il portait autour des reins, et qu'il lui avait donné une rude discipline, en lui commandant d'embrasser la religion de Jésus-Christ. C'est ce qu'il fit peu de jours après. Non content d'être chrétien, il prit l'habit religieux, et il commença à prêcher l'Evangile. Les succès qu'il obtint furent tels qu'en peu de temps il convertit jusqu'à vingt mille païens. Les Pères de Saint Augustin, ne pouvant pas, à eux seuls, baptiser et catéchiser convenablement un si grand nombre de néophytes, firent appel aux missionnaires les plus voisins. Ceux-ci répondirent à leur invitation, et ils mirent la faux dans cette moisson! déjà jaunissante. Dieu bénissait leurs travaux; aussi le nombre des nouveaux chrétiens se multiplia avec une rapidité merveilleuse.


Répons Miraculeux (voir au premier mardi)

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21 novembre 2009

Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 1/13

tonio

Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Origine des 13 mardis de Saint Antoine


Saint Antoine est mort un vendredi, mais certaines difficultés soulevées au sujet des obsèques et des nombreux miracles opérés au contact de ses restes sacrés firent différer la date de sa sépulture. Il ne fut inhumé que le mardi 17 juin 1231. En ce Jour d'impérissable mémoire les prodiges furent plus nombreux et plus éclatants que jamais. Ce jour de merveilles ne pouvait s'oublier, la reconnaissance et l'admiration des peuples firent que le mardi devint spécialement consacré à saint Antoine. Ainsi on choisissait de préférence le mardi pour aller prier sur le tombeau du Saint. C'était une croyance générale à Padoue que l'on obtenait toutes les grâces que l'on désirait en ce jour. Ensuite on se mit à faire des Neuvaines en l'honneur du grand Thaumaturge; et saint Antoine montra combien lui étaient agréables les neuvaines qui étaient faites en son honneur. Une pieuse personne ayant promis au Saint qu'elle visiterait son Tombeau pendant neuf jours consécutifs s'il délivrait son champ d'une multitude d'oiseaux qui venaient piller ses cultures de blé au moment de la moisson, fut à l'instant même exaucée, ainsi que le rapportent les Annales de l'Ordre: les oiseaux s'envolèrent soudainement comme effrayés, pour ne plus jamais revenir. Un événement encore plus saisissant rendit célèbre la dévotion des Neuf Mardis. C'est un grand miracle opéré par saint Antoine en 1617, en faveur d'une noble Dame de Bologne, en Italie, et que nous rapporterons un peu plus loin. Les Frères Mineurs divulguèrent aussitôt ce miracle et recommandèrent vivement la dévotion des Neuf Mardis. Cette pratique se répandit rapidement dans toute l'Italie et dans beaucoup d'autres endroits du monde catholique. La dévotion des peuples n'en resta pas là. Le mardi étant consacré à saint Antoine: le miracle autorisait cette dévotion. Les fidèles portèrent à treize le nombre des mardis destinés à honorer le Saint, et cela en souvenir de sa bienheureuse mort arrivée le 13 Juin. L'Eglise a approuvé cette dévotion par son autorité suprême et l'a enrichie de nombreuses indulgences. Ce que l'Eglise approuve sur la terre est approuvé au Ciel, Dieu l'a montré glorieusement en accordant d'innombrables grâces aux ceux qui pratiquent la dévotion des treize mardis de saint Antoine.


Indulgences accordées a la dévotion des Treize Mardis


Une Indulgence Plénière, pour chacun des Treize Mardis consacrés à honorer spécialement saint Antoine, a toute période de l'année, aux membres de la Pieuse Union qui font cet exercice de dévotion, en l'honneur du saint Thaumaturge, pourvu qu'à chacun des mardis, après s'être confessés et avoir communié, ils visitent une église ou un oratoire public, et y prient aux intentions du Souverain Pontife (Décret de la S. C. des Indulg. du 4 mai 1894).


Premier mardi

Saint Antoine, tout aimable dès son enfance


Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. Et Dieu nous a donné son Fils unique sous la forme douce, aimable et attrayante d'un petit enfant! Jésus, notre divin Maître, a toujours montré, durant les trois années de sa vie publique sur la terre, une grande prédilection pour les petits enfants; et cela à cause de leur simplicité et de l'innocence de leur cœur. Le saint Evangile nous montre partout le très doux Sauveur, en compagnie de ces anges de la terre, les chers petits enfants. Un jour, entre autres, se trouvant aux confins de la Judée, au delà du Jourdain, de grandes foules l'avaient suivi, et il guérit tous les malades. Alors on lui présenta des petits enfants, pour qu'il leur imposât les mains et pria sur eux. Mais ses disciples, encore très ignorants, menaçaient ceux qui les présentaient. Jésus les voyant fut indigné et leur dit: « Laissez les petits enfants venir à moi et ne les en empêchez pas, car le royaume des cieux est à eux et tous ceux qui leur ressemblent. En vérité, je vous le dis: Quiconque n'aura pas reçu le royaume de Dieu comme un petit enfant, n'y entrera pas. Et les embrassant et imposant les mains sur eux, il les bénissait ». Dans une autre circonstance, les disciples demandaient à Notre Seigneur qui sera le plus grand dans le royaume des cieux; et le divin Maître prit un petit enfant, le plaça au milieu d'eux et leur enseigna l'humilité. Et lorsque plus tard, Jésus entre triomphalement dans Jérusalem, il rencontre au Temple, ses amis, les petits enfants qui chantent hautement ses louanges... Marie, la douce Reine du ciel, a divine Mère, a toujours aussi marqué sa prédilection pour les petits enfants: dans ces célestes apparitions, n'est ce pas ordinairement à des petits enfants qu'elle se manifeste avec amour? A Lourdes, à la Salette, à Ponmain, etc... on ne voit là d'abord que de jeunes, d'innocents enfants! O heureux parents! s'ils comprenaient leur bonheur, lorsque le bon Dieu leur accorde de nombreux enfants ! Car c'est alors qu'on pourrait leur adresser ces magnifiques paroles du Roi-Prophète: « Bienheureux tous ceux qui craignent le Seigneur, qui marchent dans ses voies. Et toi, vénéré Père de la nombreuse famille, en te nourrissant du travail de tes mains, tu es heureux, et le bonheur sera toujours ton partage. Ta femme, de son côté, sera, dans l'intérieur de ta maison, comme une vigne féconde; et tu verras tes aimables petits enfants, comme de jeunes plants d'oliviers, rangés autour de la table, dans une innocente allégresse ». Car c'est ainsi que sera béni l'homme qui craint le Seigneur. Heureux parents d'une nombreuse famille, que le Seigneur donc vous bénisse du haut de Sien ; et que vous voyiez, pour la consolation de votre vieillesse, vos enfants bénis, et les enfants de vos enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération; c'est là la paix sur Israël! Les parents de notre Saint eurent ce bonheur, parce qu'ils reçurent avec joie, comme un présent du ciel, cet enfant de bénédiction. Dieu, dit un pieux Auteur, Dieu voulait surtout faire du petit Fernando, qui devait plus tard s'appeler Antoine, un grand saint : pour cela, il orna ses parents de toutes les vertus qui font les vrais chrétiens. Dieu, en effet, a coutume, quand il destine un enfant à une grande sainteté, de le confier d'abord au sacerdoce le plus suave et le plus doux, à celui d'une bonne mère. Il agit ainsi à l'égard de notre Saint. Grâce à sa pieuse mère, le petit Antoine connut le bon Dieu dès les premières lueurs de sa raison, et il l'aima tendrement. Il apprit aussi d'elle qu'il avait au ciel une autre Mère, la Mère du bon Jésus ! et Dona Térésa se plaisait, en le berçant sur ses genoux, à lui chanter ce Cantique si doux, qu'il répétait avec elle, qu'il chanta ensuite souvent dans sa vie et qu'il chanta encore pour la dernière fois au moment de partir pour le ciel: O gloriosa Domina, O glorieuse Souveraine ! Quand il pleurait, sa mère n'avait qu'à le porter à la fenêtre et à lai montrer l'église de Sainte-Marie; l'enfant tendait ses petits bras vers la Vierge et ne pleurait plus. Ses parents le conduisirent le plus tôt possible à cette église bénie, où il avait reçu le saint Baptême. C'est dans une de ces visites au sanctuaire de Marie, c'est devant l'image de la Reine du Ciel que ses parents l'entendirent prononcer de lui-même, à l'âge de cinq ans, le vœu de virginité perpétuelle ! O aimable Enfant, maintenant que dans les splendeurs des Cieux vous jouissez pour toujours de la présence de Jésus et de Marie, ah ! daignez nous bénir, nous qui sommes encore dans ce triste exil de 1a terre; bénissez aussi tous nos chers petits enfants du Canada, et obtenez par votre puissante et aimable intercession que Jésus et Marie veillent sur leurs jeunes ans, les accompagnent et les protègent à travers tous les dangers de la vie et les introduisent un jour, comme vous, ô aimable Saint, dans les éternelles joies du beau Paradis !


Exemple


Une Dame de Bologne, en Italie, était restée pendant vingt-deux ans de mariage sans enfants, et ayant entendu parler du grand nombre de miracles que faisait saint Antoine, allait souvent se prosterner devant l'autel de cet admirable thaumaturge chez les Frères-Mineurs. Une nuit le Saint lui apparut en songe, revêtu d'une admirable gloire : il lui dit d'aller neuf Mardis de suite visiter l'église des Frères-Mineurs, d'y faire chaque fois la sainte Communion et de prier devant son Image, lui promettant que ses désirs seraient accomplis. Elle crut à la promesse et obéit. Elle eut, en effet, un enfant, mais quelle ne fut pas sa douleur en voyant que le nouveau-né était une masse de chair plutôt qu'un enfant ! Toutefois elle ne perdit pas confiance, elle le fit emmailloter et le fit déposer sur l'autel du Saint. Saint Antoine n'avait pas seulement en vue d'éprouver la confiance de cette bonne mère et de lui donner ensuite une grande joie ; il voulait par un éclatant et indéniable prodige établir à jamais la dévotion des Neuf Mardis, Pendant qu'on exécutait l'ordre de la Dame, celle-ci priait ardemment son Saint bien-aimé, Or, on avait à peine déposé sur l'autel cette masse de chair, informe et muette, qu'on entendit un petit vagissement, une voix enfantine : on court à l'autel, on enlève le maillot et l'on voit, ô prodige ! cette masse de chair transformée en un enfant d'une rare beauté. Ce miracle rendit célèbre la gloire du Saint et l'efficacité de la Neuvaine des Mardis : divulgué en Italie, en Autriche, en Allemagne, en France, en Espagne et dans les Pays-Bas, il excita chez tous ces peuples une dévotion telle envers saint Antoine, qu'on suivit en foule dans toutes les églises des Frères-Mineurs la dévotion des Neuf Mardis (et plus tard, par extension des Treize). On a continué cette pratique jusqu'à nos jours, pratique que le bon Saint n'a cessé d'encourager par des merveilles sans nombre. "


Répons Miraculeux

( A réciter à chaque Mardi)


Si vous voulez des miracles, écoutez; la mort, l'erreur, les calamités, le démon, la lèpre sont mis en fuite. Les malades se lèvent guéris.


La mer s'apaise, les chaînes tombent des mains des captifs; le jeune homme et le vieillard demandent l'usage de leurs membres elle recouvrement des choses perdues et l'obtiennent.


Les dangers disparaissent, la misère n'existe plus: qu'ils le racontent ceux qui ont éprouvé ses bienfaits, que les habitants de Padoue le redisent.


La mer s'apaise, etc.


Gloire soit au Père, au Fils, et au Saint-Esprit.


La mer s'apaise, etc.


Saint Antoine, priez pour nous.

Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.


Prions


O mon Dieu, que la puissante intercession du bienheureux Antoine, votre confesseur, réjouisse votre Eglise, en lui obtenant toujours de nouvelles faveurs spirituelles et la jouissance des joies éternelles, par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi-soit-il.

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