Canalblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Images Saintes
Publicité
Archives
Newsletter
Derniers commentaires
Images Saintes
  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
26 décembre 2015

L'Avent avec Saint François d'Assise

L'Avent avec Saint François

tumblr_n1qkyseNDc1sknvnko1_1280

Dimanche dans l'Octave de Noël

 

François renonce à sa charge

 

Très atteint dans sa santé, de retour de son voyage en Orient, François annonce à ses Frères, lors du chapitre de septembre 1220 tenu à la Portioncule, qu'il renonce a sa charge de ministre général de son ordre. Il sait que sa famille religieuse a pris une dimension importante et qu'il n'a plus la force d'être présent auprès de tous ses frères. Mais il va les servir autrement, donnant à tous, jusqu'à sa mort, un exemple insigne d'obéissance et d'humilité. S'il n'intervient plus dans le gouvernement, il veut maintenir une famille dans l'unité et l'observance de l'intuition spirituelle originelle.

 

À l'école de Saint François

« Le Bienheureux François dit, les mains jointes et les yeux levés au Ciel : « Seigneur, je te recommande la famille que Tu m'as confiée jusqu'ici. Maintenant, n'étant plus capable d'en prendre soin en raison des maladies que Tu sais, très doux Seigneur, je la recommande aux ministres. Qu'ils soient tenus de rendre compte devant Toi, Seigneur, au jour du Jugement, si un frère périt par leur négligence, leur exemple ou même leur rude correction » (Thomas de Celano Mémorial 143).

Parole de Dieu : « Fils d'homme, Je t'ai fait guetteur pour la maison d'Israël » (Ezéchiel 3, 17).

 

Dans ma vie

Même dans la faiblesse de cet enfant, c'est l'oeuvre de notre salut qui se réalise. Pour participer au Salut du monde, nous n'avons qu'une seule chose à faire : offrir notre personne, quels que soient nos talents naturels, nos capacités physiques et intellectuelles, notre santé, nos connaissances, notre âge, les conditions de notre existence... François n'a pas moins servi sa famille religieuse et l'Eglise quand bien même il eût démissionné. C'est notre degré d'identification au Christ qui donne à notre vie ne plus ou moins grande fécondité.

 

Résolution : Il m'en sans doute arrivé de me voir retirer une responsabilité, une fonction, une mission. Comment ai-je réagi intérieurement ? Ai-je manifesté du dépit, de la colère, de la rancune ? Je demande une grâce spéciale d'humilité, vertu décisive pour m'obtenir le Ciel.

 

Méditation du Pape François

« Dans le cœur et dans la pensée de Dieu notre monde est la « maison de l’harmonie et de la paix », et est le lieu où tous peuvent trouver leur place et se sentir « chez soi », parce que cela est « bon ». Tout le créé forme un ensemble harmonieux, bon, mais surtout les humains, faits à l’image et à la ressemblance de Dieu, sont une unique famille, dans laquelle les relations sont marquées par une fraternité réelle non seulement proclamée en paroles : l’un et l’autre sont le frère et la sœur à aimer, et la relation avec Dieu qui est amour, fidélité, bonté se reflète sur toutes les relations entre les êtres humains et apporte l’harmonie à la création tout entière. Le monde de Dieu est un monde dans lequel chacun se sent responsable de l’autre, du bien de l’autre. Ce soir, dans la réflexion, dans le jeûne, dans la prière, chacun de nous, tous nous pensons au fond de nous-mêmes : ne serait-ce pas peut-être ce monde que nous désirons ? Ne serait-ce pas peut-être ce monde que tous portent dans le cœur ? Le monde que nous voulons, n’est-il pas peut-être un monde d’harmonie et de paix, en nous-mêmes, dans les rapports avec les autres, dans les familles, dans les villes, dans et entre les nations ? Et la vraie liberté dans le choix des chemins à parcourir en ce monde, n’est-elle pas peut-être celle qui est orientée vers le bien de tous et qui est guidée par l’amour ? » (7 septembre 2013).

 

Lundi

592_001

Exercer l'autorité à la manière du Christ

 

L'obéissance est un élément essentiel de la vie religieuse, et François apparaît dans tous ses textes comme un homme d'autorité. Sa prédication, sa parole familière, son exemple ne cessent de montrer à ses frères comment répondre aux exigences de l'Evangile. La règle qu'il a rédigée manifeste comment ses Frères doivent vivre du Saint Evangile et il y rappelle la manière dont l'autorité doit s'exercer dans sa famille religieuse. Le vocabulaire est lui-même caractéristique : le supérieur général est appelé ministre ou serviteur, les responsables provinciaux ou locaux sont des custodes ou des gardiens de leurs frères.

 

À l'école de Saint François

(Interrogé sur le portrait du ministre général idéal, François répond:) « Ce doit être un homme d'une vie très austère, d'un grand discernement, d'une réputation louable... Après la prière, qu'il décide (…) de répondre à tous, de pourvoie à tous avec douceur. Ce doit être un homme qui ne créé pas un recoin sordide au favoritisme, après de qui le soin des plus petits et des simples n'ait pas moins de force que celui des sages et des grands... Un homme qui exècre l'argent, corruption principale de notre profession et perfection ».

Parole de Dieu : « Je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver à tout prix quelques-uns » (1 Corinthiens 9, 22).

 

Dans ma vie

L'autorité dans l'Eglise est une grâce qui est faite aux Chrétiens pour qu'ils grandissent dans la vie de la grâce. C'est une autorité de service à la suite du Christ qui s'est fait l'un de nous pour prendre notre tête et qui a lavé les pieds de ses disciples, anticipant ainsi le don de sa propre vie qu'il fit au Calvaire. L'Incarnation, c'est le mystère de Dieu qui s'est fait notre serviteur pour nous sauver.

Résolution : J'examine dans quel esprit j'exerce l'autorité dans mes responsabilités séculières ou ecclésiales. Je médite le lavement des pieds et je demande la grâce d'être toujours un bon serviteur des desseins du Père.

 

Mardi

44

« De la Crèche au Crucifiement, Dieu nous livre un profond mystère »

 

L'Incarnation est centrale dans la contemplation et la spiritualité de Saint François. Il est particulièrement représentatif du renouveau de la piété à son époque : un attachement très personnel à la personne du Sauveur, la méditation des grands mystères de son passage sur terre, avec une prédilection pour celui de la Nativité et du Calvaire qui nous révèlent l'Amour infini que le Sauveur porte à sa créature humaine. Dès lors la piété de François est très incarnée, il vit plus qu'il ne médite les mystères de la vie du Sauveur.

 

À l'école de Saint François

« Quand il priait et méditait dans les forêts et les déserts, il remplissait les bois de gémissement, il aspergeait les lieux de ses larmes, il frappait se poitrine de la main et là, ayant trouvé une sorte de sanctuaire plus caché, il conversait souvent avec son Seigneur. Là il répondait à un juge, là il suppliait un père, là il s'entretenait avec un ami, là il badinait avec un époux » (Thomas de Celano, Mémorial 95).

Parole de Dieu : « Le Christ m'a aimé et s'est livré pour moi » (Galates 2, 20).

 

Dans ma vie

La liturgie de cette Fête de Noël nous révèle aussi ce que sera le destin de cet Enfant. Déjà les souffrances et les contradictions ne lui sont pas épargnées : il n'est pas accueilli dans l'auberge de Bethléem, Hérode cherche à me faire mourir, sa famille doit prendre le chemin de l'exil... Tous ces épisodes sont comme l'illustration de ce que dit le Prologue de Saint Jean : « Il est venu parmi les siens et les siens ne l'ont pas accueilli » (Jean 1, 11). Les Saints sont dans la joie et la paix, et pourtant ils participent au mystère de la Croix : en Jésus, Dieu aime l'homme à en mourir.

Résolution : Je fais mémoire des mes principaux refus d'accueil du Christ dans ma vie et je lui demande bien humblement de me pardonner et de me faire goûter la joie et la consolation de Sa Miséricorde. Je pourrai alors reconnaître vraiment en Jésus mon Sauveur, qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi.

 

Mercredi

32

Sainte Claire, la parfaite disciple

 

Claire di Offreduccio est sans doute celle qui a le mieux compris l'intuition spirituelle de Saint François. Issue d'une noble famille d'Assise, elle entend à 17 ou 18 ans la prédication de François. Le 28 mars 1212 elle abandonne le domicile familial avec une compagne pour rejoindre François à la Portioncule. Après un séjour dans un monastère de bénédictines, elle se consacre totalement à Dieu dans une vie de pénitence joyeuse et de pauvreté radicale. Encore une fois les vocations abondent. François écrit pour les « Pauvres Dames » un règlement de vie qui sera approuvé par Innocent IV la veille de la mort de la sainte, en 1253. Selon leur grâce propre les Clarisses réaliseront au cours des âges l'idéal Franciscain.

 

À l'école de Saint François

« Puisque, par inspiration divine, vous vous êtes faites filles et servantes du très haut et souverain Roi, le Père céleste, et que vous avez épousé l’Esprit Saint en choisissant de vivre selon la perfection du saint Évangile, je veux, et je promets, d'avoir toujours, par moi-même et par mes frères, un soin affectueux et une sollicitude spéciale pour vous comme pour eux. » (Claire d'Assise, Règle, 6, 2-4).

Parole de Dieu : « Marie gardait tous ces événements et les méditait dans son cœur » (Luc 2, 18).

 

Dans ma vie

L'existence d'un ordre féminin, à côté des Frères Mineurs, manifeste l'universalité du message de Saint François. L'orientation plus strictement contemplative de la vie des Clarisses montre aussi la complémentarité des charismes et des mission dans le peuple de Dieu. Mais nous pouvons élargir cette remarque aux dimensions de l'Eglise universelle : le Christ vient sur la terre pour réconcilier les Juifs et les païens, les esclaves et les hommes libres, l'homme et la femme. Il harmonise les différences légitimes et Il les unifie par Son Sacrifice puisque c'est pour tous qu'Il a versé Son Sang.

Résolution : En ces jours où s'ouvre une nouvelle année, j'essaie de voir comment être un authentique disciple du Christ, à l'école des Saints, spécialement de Saint François et de Sainte Claire. Par leur intercession, je consacre à Dieu toute cette année en Lui demandant sa bénédiction.

 

Jeudi

47

François en tout conformé au Christ

 

Les années 1224-1225 sont difficiles pour François. Il redoute que l'expansion massive de la Fraternité, les exigences d'une formation intellectuelle poussent les Frères à oublier l'esprit de simplicité évangélique. Le 14 septembre 1224, alors que François fait une longe retraite à l'Alverne, il reçoit les stigmates du Christ Sauveur. C'est ainsi que les difficultés qu'il rencontre et l'angoisse qui le tenaille à propose de l'avenir de sa propre famille reçoivent une nouvelle signification. Il peit encore servir son ordre et l'Eglise, non plus par l'action et la fondation, mais en se laissant parfaitement configurer au Christ qui nous sauve par sa passion bienheureuse.

 

À l'école de Saint François

« En ce temps commencèrent à apparaître dans ses mains et ses pieds les marques de clous, comme il avait vu peu auparavant l'Homme crucifié en-dessus de lui. Ses mains et ses pieds semblaient transpercés au beau milieu... Comme de telles perles rejaillissaient donc en lui, l'homme de Dieu s'efforça avec le plus grand soin de garder caché aux yeux de tous les vivants ce très précieux trésor ».

Parole de Dieu : « Je porte dans mon corps les marques de Jésus » (Galates 6, 17).

 

Dans ma vie

Les Saints nous apprennent à vivre les échecs, les contrariétés, les déceptions. Alors que nous sommes toujours tentés de nous décourager, surtout lorsque nous avons engagé toutes nos forces dans un but précis, leur exemple nous rappelle que Dieu ne juge pas selon nos pauvres critères humains. Peu lui importe le succès de nos entreprises, Il veut que nous nous abandonnions à Lui et donc que nous soyons libres y compris par rapport aux résultats des œuvres que nous réalisons pour Lui. Seul Lui peut donner fécondité et rayonnement à nos actions. Il est le maître.

Résolution : Je suis invité à découvrir que l'essentiel de la vie de Foi et de la morale Chrétienne est d'être fidèle à mon identité de fils de Dieu que rien, pas même le péché, ne peut effacer. Je serai alors parfaitement libre et déterminé pour entreprendre les plus grandes œuvres comme les plus humbles tâches.

 

Vendredi

30_Ioan-Popa_Iisus-Vita-de-vie

L'Eucharistie comme pain de la route

 

Nous avons vu que Saint François a toujours manifesté un grand respect aux Prêtres, parce qu'il leur revient de célébrer la Messe et de distribuer aux fidèles la Sainte Eucharistie. Il entourait d'une particulière attention tout ce qui concerne le Sacrement de l'Autel. Il encourage ses Frères, lors de leur voyage, à entrer et à nettoyer les églises parfois à l'abandon. À la suite du Concile de Latran IV, il demande que les vases sacrés soient bien entretenus et que la Sainte Réserve soit conservée dans un lieu décent. Il a transmis aux Chrétiens une authentique piété à l'égard des signes que Dieu a institués pour manifester sa présence aux hommes et qui continuent la grande œuvre de l'incarnation.

 

À l'école de Saint François

«  Je vous en prie, plus que s'il s'agissait de moi-même, de supplier humblement les clercs... que le très Saint Corps et le Très Saint Sang de notre Seigneur Jésus-Christ... ils doivent par dessus tout les vénérer... et si en quelque lieu le très saint Corps du Seigneur était placé très pauvrement, qu'ils le déposent et le consignent, suivant le commandement de l’Église, en un lieu très précieux ; et qu'ils le portent avec une grande vénération et l’administrent aux autres avec discernement ». (Lettre aux Custodes 2-5).

Parole de Dieu : « Ceci est Mon corps, donné pour vous » (Luc 22, 19).

 

Dans ma vie

Le Christ demeure auprès de nous, à toutes les étapes de notre pèlerinage sur la terre par le moyen des espèces eucharistiques. Chaque fois que la Messe est célébrée, Il rend présent le Sacrifice qu'Il a offert pour glorifier le Père et nous sauver de tous nos péchés. Chaque fois que nous communions, nous le recevons et Il nous fait déjà participer à son éternité. Il est la Force, la Vie, le Soutien de tous les Saints.

Résolution : L'Eucharistie et la prière, avec le Sacrement de pardon, voilà les moyens que Dieu met à ma disposition pour parvenir à la sainteté véritable. Comment mettre à profit des dons aussi magnifiques ?

 

Samedi

256_001

Avec Marie pour Mère

 

Marie est pour François le modèle de la pauvreté évangélique, la parfaite personnification de « Dame Pauvreté », Elle qui s'est entièrement donnée à la personne et à l'oeuvre de son Fils, sans rien retenir pour Elle. Elle a accepté de tout perdre parce qu'Elle est la parfaite disciple de Celui qui s'est dépouillé pour nous enrichir. Il n'y a pas beaucoup de textes explicites de François concernant la Vierge Marie mais il n'est qu'à lire les textes de la tradition Franciscaine pour constater combien ils sont imprégnés d'un esprit profondément marial.

 

À l'école de Saint François

 

« Il embrassait la Mère de Jésus d'un amour indicible, pour la raison que du Seigneur de majesté, Elle nous a fait un Frère. Envers Elle, il s'acquittait de louanges particulières, répandait des prières, offrait ses affections en un si grand nombre et de telle manière que la langue humaine ne pourrait l'exprimer... Il l'a établie l'avocate de l'Ordre et l'a placé sous ses ailes les fils qu'il allait laisser pour qu'elle les favorise et les protège jusqu'à la fin ».

Parole de Dieu : « Voici ta Mère » (Jean 19, 27).

 

Dans ma vie

Le Temps de l'Avent et le Temps de la Nativité son les grands temps liturgiques de la Vierge Marie. Si elle a donné le jour au Fils de Fieu à un moment très précis de l'histoire des hommes, Elle ne cesse d'être Sa Mère très Sainte, et ceci pour l'éternité. Sa mission auprès de ses enfants, les frères de son Fils, ne cesse de répandre aujourd'hui ses bienfaits. Témoin privilégiée du mystère de l'incarnation, Elle représente la participation créée la plus haute au Salut du genre humain. Voilà pourquoi nous confions à son intercession notre conversion et celle du monde.

Résolution : Je remercie la Vierge Marie pour sa présence, sa bienveillance et son soutien et je lui confie toutes les années qui me restent à vivre sur cette terre : « priez pour nous... maintenant et à l'heure de la mort ».

 

Épiphanie du Seigneur

10683571_10204639836734037_6349801939149753748_o

François, un maître et un ami

 

Avec l'Epiphanie, nous terminons donc notre pèlerinage avec Saint François comme compagnon et comme guide. Ses écrits, le témoignage de ses biographes, les multitude d'anecdotes témoignent tout à la fois de la singularité et de l'exceptionnelle originalité de ce Saint fondateur, et de l'exemplarité de sa physionomie spirituelle : l'amour sans partage pour le Christ, l'attachement à la pauvreté évangélique, le service de la fraternité, l'anticipation de la réconciliation universelle de toute la création, l'identification au Sauveur dans Sa Passion bienheureuse font de Saint François, le petit Pauvre, un maître et un ami. Rendons grâce à Dieu d'avoir suscité en son Eglise une telle personnalité !

 

À l'école de Saint François

« Ecris que je bénis tous mes frères, ceux qui sont actuellement dans notre Ordre et ceux qui, jusqu'à la fin du monde, y viendront jusqu'à la fin du monde... Puisque à cause de la maladie, je ne suis pas en mesure de parler, je fais connaître brièvement ma volonté à mes Frères en ces trois paroles : qu'en signe et mémoire de ma bénédiction et du mystère, ils s'aiment les uns les autres ; Qu'ils aiment toujours notre Dame sainte Pauvreté ; et qu'ils se montrent fidèles et soumis aux prélats et à tous les clercs de la sainte Mère Eglise » (Testament de Sienne).

Parole de Dieu : « Entrant alors dans le logis, ils virent l'enfant avec Marie, sa Mère » (Matthieu 2, 11).

 

Dans ma vie

En ce jour où les puissants, les savants et les riches viennent humblement rendre hommage au Roi des rois dans l'humilité de sa naissance en notre chair, nous voulons rendre grâce à Dieu d'avoir ainsi rendu présent son mystère de sainteté en la personne et la vie de Saint François. À son école, apprenons à offrir l'encens de notre prière, l'or de notre amour, la myrrhe de nos mortifications et pénitences à l'Enfant nouveau-né. En lui, c'est toute la création qui prend un nouveau départ et qui est profondément renouvelée. Que toute notre année rayonne de la nouveauté de l'Evangile !

Résolution : Je rends grâce à Dieu pour ce temps d'Avent et de Noël passé en compagnie de Saint François d'Assise.

San Francesco - 30x20 - maggio 2014

Méditation

Cette fois ce sont les grands, les puissants, les savants qui rendent hommage à Celui qui, dans l'humilité de la chair et aux yeux de la Foi, se révèle comme le Roi des nations, Celui à qui tout pouvoir a été remis au Ciel et sur la terre, Celui par qui tout a été fait. Les mages ont l'humilité de reconnaître Sa puissance et Son autorité. Eux qui viennent du paganisme sont pour nous les patriarches dans l'ordre de la Foi. Quel contraste avec la haine et l'orgueil d'Hérode qui cherchera à faire périr l'Enfant en provoquant un crime abominable. Ceux qui ont fait un long et inconfortable voyage offrent au Roi l'or, à Dieu, l'encens, à l'Homme, la myrrhe. Nous-mêmes, à leur suite, offrons l'or de notre amour, la myrrhe de nos mortifications, l'encens de notre prière. Poursuivant le cours de l'année liturgique, nous allons maintenant accompagner le Christ dans Sa Mission, nous allons écouter Sa Prédication, nous allons obéir à Ses Commandement. Nous allons contempler Son Amour qui se donne, Lui qui livre Sa Vie pour nous purifier de tous nos péchés. Nous allons recueillir le don de Sa propre vie puisqu'Il nous communique l'Esprit-Saint qui nous renouvelle et nous pousse à annoncer aux hommes les merveilles du Salut. Que Saint François nous donne de vivre vraiment des mystères du Salut avec un cœur pauvre et joyeux !

 

Extrait du Hors série de Parole et prière « Mon Avent avec Saint François » sorti en 2013

 

Fin de l'Avent avec Saint François d'Assise

san-francesco-berlinghieri-12

 

Téléchargez les méditations de cette semaine (pdf) en cliquant ici

Téléchargez l'intégralité des méditations de l'Avent avec Saint François (pdf) en cliquant ici

Publicité
19 décembre 2015

L'Avent avec Saint François d'Assise

L'Avent avec Saint François

francesco-vero-ritratto

Quatrième Dimanche de l'Avent

 

La nature réconciliée

Encore une fois l'image d'Epinal est riche d'enseignements : François prêche aux poissons et aux oiseaux, il domestique un loup sauvage, il rachète deux agneaux promis à la boucherie et il les rend à son propriétaire à condition qu'il les laisse vivre... Il manifeste à la fois que dans son cœur les temps messianiques de la réconciliation universelle sont advenus et que le disciple du Christ se doit d'aimer toute créature parce qu'elle est sortie de la main de Dieu. Il s'agit là encore d'une attitude contemplative tout imprégnée par la pauvreté évangélique ; les frères auront à cœur de ne pas accaparer à leur profit ce qui est à la disposition de tous.

 

À l'école de Saint François

« Frère Loup, tu fais beaucoup de dommages dans ces contrées et tu as perpétré d'horribles méfaits en massacrant sans miséricorde des créatures de Dieu... je veux faire la paix entre toi et eux, en sorte qu'eux ne soient plus jamais lésés par toi et que, te remettant toute offense passée, ni les chiens, ni les hommes ne te poursuivent plus... je sais que tout ce tu fais de mal, tu le fais à cause de ta faim enragée » (Actes du Bienheureux François 23, 11-16).

Parole de Dieu : « Le loup habitera avec l'agneau » (Isaïe 11, 6).

 

Dans ma vie

La pauvreté de la Crèche nous rappelle que Dieu a choisi les moyens les plus humbles pour nous sauver et nous racheter. Les Chrétiens ont à s'interroger sur leur rapport aux biens matériels et à la création dans son ensemble. Ils ont reçu celle-ci en gérance et devront rendre des comptes sur la manière dont ils utilisent ce que Dieu a mis à leur disposition pour accomplir leur vocation. La question écologique devenue centrale depuis quelque temps nous rappelle que l'homme est appelé à maîtriser sa soif de domination et de profit en se rappelant qu'il est lui-même soumis à son Créateur.

Résolution : Je renonce au gaspillage en apprenant par exemple à me contenter de ce que j'ai et à ne pas me laisser envahir par ce désir de consommation effrénée suscitée par la dictature de la publicité et du paraître. J'en parle aussi à mes proches.

 

Méditation

La tradition spirituelle occidentale fait du mois d'octobre et du mois de mai des temps privilégiés de la dévotion mariale. Mais nous pouvons dire que l'Avent est le grand temps liturgique de la Vierge Marie. Lorsque nous célébrons une naissance, notre attention se porte tout à la fois sur la mère et sur l'enfant qui vient de naître. Marie tient la première place dans la venue dans la Chair du Fils de Dieu. Elle représente tout le genre humain qui est invité à accueillir dans la Foi l'avènement du Sauveur. Elle nous montre que tous sommes appelés à coopérer à notre propre Salut et à celui des autres. Son humilité lui donne de découvrir et de proclamer les merveilles que le Puissant réalise dans sa propre humanité et son intercession nous obtient la grâce de savoir à notre tour consacrer notre vie à la personne et à l'oeuvre du Rédempteur. Elle est vraiment notre Mère et notre éducatrice parce qu'Elle nous apprend à ne vivre que pour Dieu. Alors que la désobéissance d'Eve nous a détourné de la vraie vie et de la joie, la parfaite soumission de Marie nous obtient le don le plus précieux qui soit, la présence même de notre Créateur dans notre cœur. La liberté nous est rendue et nous pouvons enfin aimer et parvenir à la vie éternelle.

 

Quatrième semaine de l'Avent

4512_201205211041

Lundi

 

Servir le Corps du Christ

Personnalité charismatique, François n'a de cesse que de faire confirmer ses intuitions spirituelles, d'abord par l'évêque d'Assise, puis aussi par le Pape de Rome. Il sollicite aussi le cardinal Hugolin de Conti comme prélat protecteur de cette nouvelle fondation religieuse. C'est ce même cardinal Hugolin qui deviendra Pape sous le nom de Grégoire IX (1227-1241). La reconnaissance des Frères Mineurs par le Siège Apostolique fera d'eux une famille religieuse au service de la Mission universelle. François voit en elle une image de la réalisation du mystère de l'Eglise où tous ont un même cœur et une même âme, réunis dans une même Charité, au service d'une même mission.

 

À l'école de Saint François

« La règle et la vie des frères Mineurs est celle-ci : observer le saint Évangile de Notre-Seigneur Jésus-Christ, en vivant dans l'obéissance, sans rien en propre et en chasteté. Frère François promet obéissance et révérence au seigneur pape... et à ses successeurs élus canoniquement en fonction et à l'Église romaine. Et que les autres frères soient tenus d'obéir à frère François et à ses successeurs ». (Regla Bullata 1, 1-3).

Parole de Dieu : Sois le pasteur de mes brebis » (Saint Jean 21, 16).

 

Dans ma vie

Il revient à l'Eglise hiérarchique d'authentifier et de discerner les charismes spirituels dont un baptisé peut faire l'objet. En effet, c'est l'ensemble du peuple Chrétien qui doit bénéficier ainsi de la grâce faite à l'un de ses membres. Dans la lumière de Noël, nous pouvons contempler les innombrables reflets de l'unique mystère de l'incarnation rédemptrice qui viennent éclairer l'Eglise et l'embellir à toutes les étapes de son développement et de sa croissance. C'est toujours l'unique mystère du Christ qui est ainsi reçu, illustré et communiqué, selon la grâce de chaque famille religieuse, de chaque mouvement, de chaque communauté.

 

Résolution : Le mystère de Noël me fait réfléchir à ma place dans l'Eglise, à ma mission, à ma vocation. L'enfant de la Crèche vient réunir dans l'unité de son corps mystique le genre humain appelé au Salut. Je renouvelle ma ferme volonté de servir le Christ dans l'Eglise.

 

Mardi

P1170036

L'amour et la vénération de François pour les prêtres

François intervient à une époque de pleine réforme dans l'Eglise. Or cette réforme porte d'abord sur la sanctification du clergé. En effet les groupes contestataires sont écoutés avec bienveillance par le peuple lorsque celui-ci prend conscience qu'il est guidé par des pasteurs indignes qui négligent leur charge, vivent en concubinage ou cherchent à s'enrichir. Si François a bien conscience de ce nécessaire renouveau, il ne remet jamais en cause la hiérarchie ecclésiastique en son principe. Malgré les oppositions, voire les persécutions, il manifestera toujours un grand respect pour les prêtres en raison de la grandeur de ce qu'ils communiquent, la grâce du Salut.

 

À l'école de Saint François

« Ensuite, le Seigneur me donna et me donne une si grande foi dans les prêtres qui vivent selon la forme de la sainte église romaine, à cause de leur ordre, que, même s'ils me persécutaient, que je veux recourir à eux.. Et je fais cela, car dans ce siècle je ne vois rien corporellement du Très-Haut Fils de Dieu, sinon Son Très Saint Corps et Son très Saint Sang qu'eux même reçoivent et qu'eux seuls administrent aux autres ». (Testament 6 et 10).

Parole de Dieu : « Qui vous écoute, m'écoute » (Saint Luc 10, 16).

 

Dans ma vie

C'est par l'Eglise que Jésus perpétue son œuvre et manifeste Sa présence en ce monde. Pour cela Il a voulu un certain nombres d'institutions, dont le Sacerdoce ministériel. À cause du péché, il y a toujours pour l'homme la tentation de soumettre à son avantage la grâce que Dieu lui a faite pour le service de toute la communauté. C'est ce que nous appelons le cléricalisme. Mais les saints réformateurs comme François rappellent de façon convaincante le caractère instrumental de toute l'institution dans l'Eglise : le ministère et l'exercice de l'autorité sont au service de la sainteté de tout le peuple de Dieu.

Résolution : Aujourd'hui je prie pour l'Enfant Dieu de bénir tous ses Prêtres pour qu'ils soient fidèles à leur vocation et qu'ils l'accomplissent dans la pauvreté du cœur et dans l'humilité.

 

Mercredi

francescogreccio

La simplicité véritable

 

Modèle de simplicité et d'humilité, François n'est guère facile à imiter. Les témoignages nombreux nous permettent de constater que le Petit Pauvre d'Assise aspire à la dernière place parce qu'il est sûr d'y retrouver son Dieu et Sauveur. S'il acceptait les gestes de Charité que lui prodiguaient les Frères spécialement au temps de sa maladie, il ne se laissait jamais vaincre en générosité, donnant tout ce qui lui avait été procuré. Lui-même demande aux Frères de se réjouir d'avoir a mendier leur pain : « C'est ainsi que je veux que mon frère aille à l'aumône et en revienne : dans l'allégresse et joyeux ! » (Compilation d'Assise, 98).

 

À l'école de Saint François

« C'est avec un soin plus attentif que le Saint arborait en lui-même et chérissait dans les autres la Sainte simplicité, fille de la grâce, sœur de la Sagesse, mère de la Justice. En effet, il n'approuvait pas toute sorte de simplicité, mais celle-là seulement qui se contente de son Dieu et tient tout le reste qui se contente de son Dieu et tient tout le reste pour négligeable. C'est celle qui se glorifie dans la crainte de Dieu, qui ne sait faire ni dire le mal » (Thomas de Celano, Memorial 189).

Parole de Dieu : « Seigneur, je n'ai pas le cœur fier, ni le regard ambitieux » (Psaume 131, 1).

 

Dans ma vie

L'homme est insatisfait parce qu'il ne sait pas éduquer et évangéliser son désir. Jésus vient lui apprendre à ne vivre que pour Dieu seul, la source véritable de toute richesse authentique. Ne cherchant que Dieu, notre cœur est libéré de tout attachement désordonné. C'est là le chemin de l'authentique liberté, c'est l'école du don désintéressé de soi-même qui conduit à la perfection de l'amour et de la joie, celle qui nous fait aimer Dieu et notre prochain d'un cœur simple et non partagé.

Résolution : Le but de la vie spirituelle est d'unifier notre vie. L'Enfant qui vient veut m'apprendre à vivre comme Lui en présence de Dieu, dans l'accomplissement le plus exact possible de sa volonté. J'examine ce qui me disperse et je valorise ce qui contribue à unifier mon existence.

 

Jeudi

stf_greccio

Vivre le mystère de Noël

 

François ne cessait de méditer l'Evangile et il avait à cœur de faire entrer ses auditeurs dans cette méditation. C'est ainsi que beaucoup découvrirent le grand motif de l'Incarnation : Dieu qui se rend accessible et « imitable » en Jésus-Christ, par le don de Sa Grâce. Le 25 décembre 1223, alors qu'il visite le village de Greccio dans le Latium, il a l'idée de faire reconstituer la scène de la Nativité, autour d'une mangeoire, avec un âne et un boeuf ! C'est la première Crèche de la Chrétienté occidentale. Bien plus qu'une simple reconstitution théâtrale, il s'agit bien pour le peuple Chrétien de faire mémoire du grand mystère de l'Incarnation, Dieu se fait homme pour nous sauver.

 

À l'école de Saint François

« On convoqua les frères sont convoqués, les habitants arrivent, la forêt résonne de voix et cette nuit vénérable par ses lumières abondantes et claires, ses louanges sonores et harmonieuses, devient splendide et solennelle. L’homme de Dieu, se tenait devant la crèche, rempli de piété, inondé de larmes et débordant par la joie... Il prêche ensuite au peuple présent sur la nativité du pauvre Roi quand il voulait le nommer « l’Enfant de Bethléem », en raison de sa tendresse et de son amour ». (Saint Bonaventure, Légende Majeure 10, 7).

Parole de Dieu : « Et le Verbe s'est fait chair et Il a demeuré parmi nous » (Saint Jean 1, 14).

 

Dans ma vie

Le temps de l'Avent s'achève et nous sommes à nouveau invités à accueillir dans la joie notre Sauveur. Il est l'Emmanuel, « Dieu avec nous ». Voilà pourquoi nous partageons la joie de François et de tous les pauvres du Seigneur. La Crèche autour de laquelle se réunissent toute la maison et toute la communauté paroissiale nous fait expérimenter ce que nous avons de plus précieux et qui nous est communiqué dans ce mystère de pauvreté. L'étable est assez vaste pour contenir le monde entier, chacun y prend sa place avec son lot de misère et de péchés. L'essentiel est d'avoir les yeux fixés sur le frêle Enfant sur qui le Salut du genre humain repose.

Résolution : Durant ma journée je prends un temps pour m'isoler et préparer mon cœur à la célébration de la nuit. Même si je n'ai pas toujours été fidèle à mes bonnes résolutions, je fais un acte de Foi en Celui qui s'est fait Homme par amour pour moi.

 

presepe_greccio

Vendredi

Saint jour de Noël

 

La joie est donnée au monde

La joie de Noël – l'accueil du Salut – a irradié toute l'existence de Saint François au point que tous les contemporains témoignent de la joie et de l'allégresse qui l'habitaient et qu'il communiquait à tous ceux qui le rencontraient ou qui partageaient sa vie. L'exultation le faisait chanter en français, la langue à la mode de l'époque, celle des chansons courtoises, et avec des bouts de bois il mimait une vielle imaginaire, dansant et criant son bonheur d'être tout à Dieu à la suite de son Maître et Seigneur dont nous fêtons aujourd'hui la joyeuse naissance.

 

À l'école de Saint François

« Ce Saint tenait fermement que l'allégresse spirituelle est le remède le plus sûr contre les mille embûches ou fourberies de l'Ennemi. Il disait en effet : « Ce qui fait que le diable exulte de préférence, c'est quand il peut dérober au service de Dieu la joie de l'esprit... Mais quand l'allégresse spirituelle remplit les cœurs, c'est en vain que le serpent répand son venin mortel. Les démons ne peuvent blesser le serviteur du Christ quand ils l'ont vu rempli d'une sainte bonne humeur »... Aussi le Saint s'efforçait-il de se tenir toujours dans la jubilation du cœur, de conserver l'onction de l'Esprit et l'huile de l'allégresse » (Thomas de Celano, Mémorial 125).

Parole de Dieu : « Soyez toujours dans la joie du Seigneur » (Philippiens 4, 4).

 

Dans ma vie

La naissance de Jésus est annoncée aux bergers comme une joyeuse nouvelle et c'est effectivement la joie qui est la note dominante de la liturgie de la nativité et des jours qui suivent. À chaque Chrétien, depuis le joue de son baptême, il est accordé le grand bonheur de vivre dans l'intimité de son Sauveur. C'est là le motif de l'Incarnation : apprendre à chaque homme à vivre en présence de Dieu qui lui pardonne et lui communique sa propre vie.

Résolution : En ce jour de joie, je prends quelques instant pour une grande action de grâce à Celui qui vient nous sauver. Je renouvelle dans le secret de mon cœur ma consécration baptismale et l'engagement à être fidèle aux promesses de mon Baptême.

 

Méditation

À l'occasion de cette fête de la Nativité, demandons à Saint François les sentiments de son cœur pour contempler l'Enfant de la Crèche. Les yeux de notre chair ne voie qu'un fragile bébé, né dans le dénuement le plus extrême, une jeune femme toute heureuse et un humble artisan qui veille avec sollicitude et fierté sur la mère et l'enfant. L'âne et le bœuf offrent à leur manière une aide et une protection. Quelques bergers sont là. Ils ont répondu à un mystérieux appel. Leur présence nous fait entrer dans le mystère de la Foi : cet enfant qui ne parle pas est le Verbe fait chair, la Parole même de Dieu qui va retentir dans le monde entier. Pour la première fois l'attente du genre humain, le fol espoir de l'humanité tout entière ne vont pas être déçus. Le Salut va être communiqué à tous ceux qui accueillent l'Evangile, le pardon divin est promesse de vie éternelle et de résurrection bienheureuse, l'espérance est à portée de tous de main. La plus grande preuve d'amour est donnée puisque le Père livre son Fils entre nos mains. Il nous communique sa propre manière d'aimer, puisque nous recevons de Lui la grâce. Voilà le grand cadeau, le cadeau suprême que Dieu nous fait en cette nuit très sainte.

 

Octave de Noël

1136166

Samedi

 

De la pauvreté à la fraternité

Une famille religieuse manifeste aussi un charisme ou grâce de fondation à travers ses institutions et la manière dont elle s'organise. Parce qu'ils mettent tout en commun, les Frères Mineurs, sous l'impulsion de François, vivent de façon très radicale les exigences d'une vie fraternelle. Comme cela avait été révélé à François, de nombreux disciples de joignent à lui et il doit donc organiser la Fraternité, mais il ne le fait pas seul. Jusqu'en 1222, il réunit chaque année à la Pentecôte tous les Frères Mineurs pour un chapitre général où l'on décide ensemble des adaptations et orientations pour toute la famille Franciscaine.

 

À l'école de Saint François

« Puisque, à cause de la maladie, je ne suis pas en mesure de parler, je fais connaître à brièvement ma volonté à mes Frères en ces trois paroles : qu'en signe de mémoire de ma bénédiction et du mystère, ils s'aiment les uns les autres ; qu'ils aiment et observent toujours notre dame sainte Pauvreté ; et qu'ils se montrent toujours fidèles et soumis aux prélats et à tous les clercs de la sainte mère Eglise » (Testament de Sienne 2-5).

Parole de Dieu : « Alors les Apôtres et les Anciens se réunirent pour examiner cette question «  Actes 15, 6).

 

Dans ma vie

Le Christ est venu pour rétablir entre Dieu et les hommes une fraternité. C'est l'amour de Charité qui unit intérieurement tous les Chrétiens et qui les établit dans la vérité puisque cet amour est le Saint Esprit Lui-même communiqué en plénitude à l'Eglise au matin de la Pentecôte. C'est aussi cet amour qui gagne le cœur de ceux qui n'ont pas encore la Foi. Toute communauté Chrétienne – famille, paroisse, maison religieuse, – doit s'organiser pour manifester au mieux cet amour qui vient de Dieu.

Résolution : Dans ma propre vie et dans la vie de ma communauté, que dois-je changer pour mieux vivre et exprimer cet amour de Dieu qui m'est donné et révélé en ces jours saints de la Nativité ? En cette veille du dimanche de la Sainte Famille, je demande une grâce de renouvellement pour ma famille.

 

Extrait du Hors série de Parole et prière « Mon Avent avec Saint François » sorti en 2013

 

Téléchargez les méditations de cette semaine (pdf) en cliquant ici

san-francesco-berlinghieri-12

 

Pour recevoir par mail, chaque semaine de l'Avent, les méditations de l'Avent avec Saint François, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

12 décembre 2015

L'Avent avec Saint François d'Assise

L'Avent avec Saint François

 

815001

Troisième Dimanche de l'Avent

 

Le témoignage de la Charité

Le témoignage de l'amour fraternel de la première communauté réunie autour de Saint François a frappé les contemporains. Le fondateur multipliait les actes de Charité délicate à l'égard de ses Frères. Ainsi une nuit il demande à toute la communauté de préparer et de partager un bon repas pour venir en aide à un jeune Frère qui souffrait cruellement de la privation de nourriture. François lui-même prend part à ces agapes fraternelles. La pénitence est tout entière au service la Charité !

 

À l'école de Saint François

« Alors qu'ils méprisaient toutes choses terrestres et ne s'aimaient jamais eux-mêmes d'un amour égoïste, il reversaient en commun le sentiment de tout leur amour et s'efforçaient de se donner eux-mêmes en rançon pour subvenir aux besoins des Frères. C'est avec un grand désir qu'ils se rassemblaient, avec un plaisir plus vif qu'ils étaient ensemble... La séparation d'avec les compagnons était pénible,n la coupure amère, l'éloignement cruel » (Thomas de Celano, Vita Prima 38).

Parole de Dieu : « Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples , c'est l’amour que vous aurez les uns pour les autres. » (Saint Jean 13, 35).

 

Dans ma vie

Une communauté est missionnaire parce qu'elle donne un témoignage de Charité mutuelle et d'amour du prochain. C'est cet amour qui est à la source de l'engagement apostolique et qui pousse le baptisé à tout supporter (fatigues, persécutions, inconfort, incompréhensions). C'est aussi le secret de sa persévérance, de son courage, de son abnégation. C'est l'amour qui donne la force de lutter contre l'égoïsme, le repli sur soi, le découragement, l'orgueil. Mais c'est aussi l'amour qui est le but de l'activité missionnaire : que tous les hommes reconnaissent l'amour dont Dieu les aime.

Résolution : Je prends la décision d'aimer tous ceux que je rencontre aujourd'hui puisque je sais que cet amour révèle Dieu. Même si je n'éprouve aucune sympathie pour telle ou telle personne, je lui manifeste bienveillance et intérêt.

 

Méditation

 

L'histoire du Salut et la prédication de Saint Jean Baptiste, comme la liturgie de l'Eglise, existent pour éclairer notre intelligence et convertir notre cœur. Nous avons peut être la bonne habitude de faire régulièrement une retraite spirituelle dans un monastère ou une communauté religieuse, c'est-à-dire de prendre quelques jours pour revenir à l'essentiel, faire le point sur notre vie, grandir dans l'intelligence du mystère chrétien et choisir quelques bonnes résolutions pour notre vie de baptisés. Mais la célébration dominicale est aussi l'occasion de faire cette expérience de renouvellement parce que nous accueillons Celui qui est notre Sauveur. Le pire sentiment serait alors l'indifférence ou la négligence. Il n'y a qu'une seule chose vraiment sérieuse dans notre vie, l'amour que Dieu nous porte et le seul, l'unique, l'irréparable échec serait de ne pas vouloir répondre à cet Amour. Demandons à Saint François de savoir comme lui accueillir avec un cœur d'enfant la joie et la réalité du Salut.

 

Troisième Semaine de l'Avent

 

26

Lundi

 

Une humilité qui touche les cœurs

Le nom que donne François à ses compagnons est très caractéristique : il les appelle les Frères Mineurs, les plus petits, et lui-même se considère toujours comme le serviteur de tous. L'évêque de Terni qui écouta sa prédication s'écria : « Dieu a éclairé son Eglise par ce petit homme pauvre et méprisé, simple et illettré. Les humbles sont ceux qui savent ne pouvoir compter que sur le Seigneur et qui mettent en Lui toute leur espérance. François avait toutes les audaces car son action ne cherchait qu'à glorifier son Maître et son Seigneur. Il ne gardait rien pour lui, ayant une vive conscience de sa fragilité et de faiblesse.

 

À l'école de Saint François

« Humble par le comportement, plus humble par la pensée il était humble au plus haut point dans son estime ; ce prince de Dieu ne voyait pas qu'il avait été placé en première place... car parmi les petits il était le plus petit... sa bouche était éloignée de toute hauteur, ses gestes de toute pompe, ses actions de toute morgue ». (Thomas de Celano, Mémorial 140).

Parole de Dieu : « Le Seigneur a élevé les humbles » (Saint Luc 1, 52).

 

Dans ma vie

La fête de Noël exalte l'humilité. Dieu accepte de se faire notre serviteur en devenant homme. À la suite de la Vierge Marie qui exalte les merveilles que Dieu a réalisées en Elle et par Elle, le Chrétien découvre ce qu'est l'authentique humilité : accueillir dans l'action de grâce l'oeuvre du Salut, reconnaître notre situation de pécheur, rendre toute gloire à Dieu pour le bien qu'Il nous donne d'accomplir. Cette attitude fondamentale que nous apprend le Saint Esprit nous donne d'aborder toute personne « de bas en haut » pour nous mettre joyeusement à son service.

Résolution : Je demande par une prière de mon choix à la Vierge Marie la grâce d'une authentique humilité qui me préserve de la présomption, de l'orgueil et de la vanité. J'apprendrai ainsi à me réjouir du bien et à faire l'expérience d'une authentique liberté.

 

11036622_10205162077909740_4326427214349723476_n

Mardi

 

Une vie mortifiée

Après une jeunesse dorée, François multiplie les actes de pénitence, dont certains peuvent évidemment nous impressionner voire nous effrayer. Notons d'abord la primauté de la mortification intérieure : mendicité, humiliations toujours supportées avec le sourire, incompréhensions, en attendant les grandes douleurs provoquées par les dissensions dans sa propre famille et les stigmates. Enfin il faut remarquer que toutes ces pénitences sont le moyen trouvé par François pour manifester son grand amour pour le Christ crucifié et humilité. Son exemple et son enseignement nous aident à mieux comprendre la place de la pénitence dans la vie du Chrétien.

 

À l'école de Saint François

« C'est à peine ou très rarement qu'il admettait les aliments cuits ; même lorsqu'ils les admettait, souvent ou bien il les assaisonnait avec de la cendre ou bien il noyait dans l'eau froide la saveur de leur assaisonnement... Que dirais-je sur son usage du vin, puisque l'eau elle-même, quand il brûlait du désir de la soif, il ne s'autorisait pas même à en boire à satiété ». (Thomas de Celano, Vita Prima, 51).

Parole de Dieu : « Si vous ne faites pas pénitence, vous périrez tous » (Luc 13, 5).

 

Dans ma vie

Notre réaction lorsque nous abordons le temps du Carême est rarement spontanément chrétienne ; nous prenons quelques résolutions et nous attendons avec impatience le dimanche de Pâques. Or, la pénitence ecclésiale est une occasion précieuse d'approfondir le prix que le Christ a payé pour notre salut. Au lieu de voir dans l'Avent un carême « supportable », examinons la place de la pénitence dans notre vie comme école de la liberté et de l'amour. Prenons conscience du poids du péché dans notre vie, avec son lot de tristesse et de dégoût.

Résolution : A la lumière de l'Evangile et de l'exemple de Saint François, je m'interroge sur les signes de conversion que je dois encore poser dans ma vie. Joyeusement et généreusement, je choisis un ou deux points concrets.

 

17

Mercredi

 

Contre l'oisiveté

Il ne faut pas être victime d'une image d'Epinal à propos de Saint François et de ses compagnons, de gentils et sympathiques idéalistes, vivant dans les bois et distribuant quelques bonnes paroles de paix et d'amour. Si François rompt avec le modèle traditionnel des religieux vivants du travail de leurs mains dans une maison religieuse stable où tout est organisé pour permettre aux moines de vivre de façon autarcique, la mendicité n'est pas une alternative au travail mais une occasion de rappeler aux Chrétiens la place du partage et de l'indispensable pratique des œuvres de miséricorde. Voilà pourquoi dans sa règle, il organise le travail des Frères.

 

À l'école de Saint François

« Et que les frères qui savent travailler travaillent et exercent ce même métier qu'ils ont appris, s'il n'est pas contraire au salut de leur âme et si il être pratiqué honnêtement... Et pour leur travail, qu'ils puissent recevoir tout ce qui est nécessaire, excepté l'argent. Et quand ce sera nécessaire, qu'ils aillent à l'aumône comme tous les autres frère... L'oisiveté est ennemie de l’âme. C'est pourquoi les serviteurs de Dieu doivent toujours s'adonner à la prière ou à quelque bonne activité ». (Règle et Vie des Frères, 3, 7, 8, 11, 12).

Parole de Dieu : « Si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus » (2 Thessaloniciens 3, 10).

 

Dans ma vie

Jésus vient au monde pour une œuvre et Il n'est pas une seconde vie sur terre qui ne soit pas entièrement consacrée à la glorification du Père et au Salut des ses frères les hommes. La Foi Chrétienne nous fait découvrir que tout dans notre existence doit être mis au service de notre participation à notre Salut et à celui de notre prochain. Dieu qui entre dans le temps nous révèle le poids et l'importance du temps qui nous est imparti pour préparer notre éternité.

Résolution : Je m'interroge sur la manière dont j'emploie mon temps, y compris sur mes activités de détente ou de loisirs. Je demande au Saint Esprit de m'éclairer dans mes choix.

 

28

Jeudi

 

Annoncer le Christ à toutes les Nations

Au XIIIe siècle, la vie religieuse mendiante (Franciscaine ou Dominicaine) mentionne explicitement parmi ses objectifs ou ses buts la conversion ds infidèles, autrement dit des Musulmans. Les Croisades du siècle précédent ont mis les Chrétiens en contact avec ceux qui ne reconnaissent pas en Jésus le Dieu sauveur. Plutôt que de critiquer les croyances des non-chrétiens, François recommande à ses Frères de prêcher avec humilité les grandes vérités de la Foi. Si une prédication explicite n'est pas possible, le témoignage de vie des Frères peut suffire à toucher les cœurs. En 1219, François rencontrera le Sultan d'Egypte Al-Kâmil qui le traitera avec honneur et respect.

 

À l'école de Saint François

« Les frères qui s'en vont ainsi peuvent vivre spirituellement de deux manières. Une manière est de faire ni disputes, ni querelles, mais d'être soumis à toute créature humaine à cause de Dieu et de confesser simplement qu'ils sont chrétiens. L'autre manière est, lorsqu'ils verraient que cela plaît au Seigneur, d'annoncer la Parole de Dieu, pour que les infidèles croient en Dieu tout puissant, Père, Fils et Esprit Saint, le Créateur de toutes choses, le Rédempteur et Sauveur, pour qu'ils soient baptisés et deviennent chrétiens ». (Règle Primitive 16, 5-7).

Parole de Dieu : « Malheur à moi si je n'évangélise pas » (I Corinthiens 9, 16).

 

Dans ma vie

Qu'est-ce qu'une bonne nouvelle qui n'est pas annoncée et répandue ? La venue du Messie a été préparée par la grande famille des Justes de l'Ancien Testament et des Prophètes. Et au début de l'Evangile, ce sont les Anges eux-mêmes qui annoncent l'accomplissement des temps messianiques à Zacharie, à Marie et aux bergers. De même ce sont eux qui témoignent de la résurrection auprès des Saintes Femmes avant que le Ressuscité n'apparaisse à ses Apôtres. La grâce de Noël nous donne d'accueillir cette Bonne Nouvelle qui s'incarne en cet Enfant et de l'annoncer aujourd'hui.

Résolution : Je côtoie certainement chaque jour des non-croyants, des agnostiques, des indifférents ou des adeptes d'autres religions. Ai-je le souci de témoigner du Christ ne serait-ce que par la qualité de ma vie Chrétienne ? Je prends le temps aussi de prier pour chacun d'entre eux.

 

313_ckeditor_perso_31626_5436c999a8f71_1

Vendredi

 

La soif du martyre

La vie religieuse est apparue au moment où le Christianisme a été toléré dans l'Empire Romain, puis est devenu religion officielle au cours du IVe siècle. Dès lors la perspective du martyre s'éloignait et il devenait avantageux, d'un point de vue matériel et social, de devenir Chrétien. Les moines sont partis au désert pour vivre l'Evangile dans toute sa radicalité, gardant toujours le désir et la disponibilité de témoigner du Christ en donnant sa vie pour lui. Ce fut le cas de certains, martyrisés en raison de leur fidélité à l'orthodoxie, mais la plupart donnèrent leur vie pour leur attachement à l'Evangile et à leur règle.

 

À l'école de Saint François

« Brûlant du plus ardent désire du martyre, le Bienheureux François... voulut partir pour les région de Syrie, afin d'annoncer l'Evangile de Jésus-Christ aux Sarrasins... Quand le Saint homme débarqua à terre, il se mit à nouveau à répandre la semence de la Parole Divine... Mais la ferveur pour le martyre ne s'attiédit pas en lui... Mais déjà... comme le le Seigneur en disposait autrement pour le Salut de nombreuses autres personnes, lui faisait obstacle par de très graves affections du corps, il rentra à nouveau en Italie ». (Julien de Spire, Vie de François, 34 et 35).

 

Parole de Dieu : « Je suis venu pour allumer du feu sur la terre, et comme Je voudrais que déjà il fût allumé » (Saint Luc12, 49).

 

Dans ma vie

Le Christ est venu apporter un feu sur la terre, une lumière qui doit éclairer tous les hommes. À certaines époques la Charité semble se refroidir, la Foi s'obscurcir, mais Dieu suscite des François d'Assise dont la vie et les paroles réveillent le peuple de Chrétien et provoquent comme un renouveau évangélique et missionnaire. Vivre une nouvelle année liturgique doit revivifier en nous le dynamisme de notre baptême et de notre confirmation. Celui qui vient fait en nos cœurs toutes choses nouvelles !

Résolution : Le récit des martyrs des premiers siècles comme de ceux de notre époque peut m'intimider, voire me faire un peu honte. Mais le martyre est fondamentalement une grâce accordée par Dieu En revanche il dépend de moi d'être martyr dans les petites choses. Je cherche comment je puis témoigner de la vérité.

 

st-francis

Samedi

 

Un nouvel évangélisme

Tous les biographes de Saint François, comme les documents pontificaux, soulignent la nouveauté que représentent l'intuition et l'institution Franciscaines. Beaucoup de groupes se réclamaient d'un retour à l'Evangile – on peut même dire que c'est une constante dans l'histoire de l'Eglise et de ses division – mais c'était pour eux l'occasion de critiquer l'institution ecclésiale, voire d'en contester l'existence et le principe même. Rien de tel chez François mais plutôt l'occasion de faire découvrir à tous l'inépuisable jeunesse de l'Evangile.

 

À l'école de Saint François

« À la fin des temps, ce nouvel évangéliste, pareil à un des fleuves du paradis, a en effet diffusé sur toute la terre des flots de l'Evangile, par une pieuse irrigation ; il a prêché par son action la voie du Fils de Dieu et la doctrine de vérité. Ainsi s'est-il produit en lui et par lui une exaltation inespérée et une sainte nouveauté sur la surface de la terre ; le germe de l'antique religion a renouvelé soudain ceux qui s'étaient longtemps envieillis et étaient très décatis » (Thomas de Celano, Vita Prima 89).

Parole de Dieu : « Voici que je fais toutes choses nouvelles » (Apocalypse de Saint Jean 21, 5).

 

Dans ma vie

Le péché incline la création vers le vieillissement, la maladie et la mort. Dans la grotte de Bethléem est manifesté aux hommes le mystère de leur Salut et donc de leur rajeunissement. Le Christ est l'homme nouveau, prince de la vie, vainqueur du péché et de la mort. Cette vie, Il vient nous la communiquer. Être Saint, c'est participer à l'éternelle jeunesse de Dieu. C'est recevoir de Lui une capacité nouvelle à poser des actes qui ont valeur d'éternité s'ils sont animés par l'Amour même de Dieu qui nous est communiqué par la prière et la grâce des Sacrements. Accueillir l'enfant, c'est échapper au vieillissement en être envahi de la Divine Espérance.

Résolution : Une part de moi-même est envahie par certaines mauvaises habitudes vieillies, qui sont souvent les conséquences de mes défauts. Je ne me résigne pas à cet état de fait et je prends la résolution de combattre les manifestations de mon principal défaut.

 

Téléchargez le texte de ces méditations (pdf) en cliquant ici

 

Extrait du Hors série de Parole et prière « Mon Avent avec Saint François » sorti en 2013

san-francesco-berlinghieri-12

Pour recevoir par mail, chaque semaine de l'Avent, les méditations de l'Avent avec Saint François, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

21 septembre 2015

Bienheureux Jerzy Popieluszko

obraz-ks-jerzy-popielusz_3645

Bienheureux Jerzy Popieluszko

1947-1984

Fête le 19 octobre

 

Jerzy Popieluszko est né en 1947 à Okopy, petit village situé au nord-est de la Pologne, près de Suchowola. Ses parents, Marianne et Ladislas dirigeaient une exploitation agricole. Très pieux dès son plus jeune âge, Jerzy fut enfant de chœur dans son village. Il fera des études assez médiocres dans le lycée de Suchuwola, avant d'entrer, à l'âge de 18 ans,  au séminaire de Varsovie. Ses études furent interrompues pendant deux ans, de 1966 à 1968, à cause de son service militaire. Il fut placé dans une unité spéciale où étaient réunis les séminaristes, à Bartoszyce, petite ville du Nord-Est de la Pologne. À plusieurs reprises il fut soumis à des pressions pour qu'il abjure sa foi chrétienne. Il fallait en effet, et cela grâce à un astucieux système d'endoctrinement effectué par un personnel sélectionné, persuader les séminaristes d’abandonner leurs études cléricales.

Malgré tout, Jerzy Popieluszko fut un excellent soldat, d'un grand courage pour défendre ses convictions, ce qui le conduisit à subir diverses formes de persécutions. Il fut même mis au cachot pendant un mois. Il était malade à la fin de son service militaire et le resta jusqu'à la fin de sa vie. Il fut ordonné prêtre en 1972, à Varsovie, par le cardinal Wyszynski. Vicaire de la paroisse St. Trinity Zabkach, puis de Notre-Dame Reine de la Pologne à Aninie. Il fut nommé, vers la fin de 1978, pasteur de l'équipe médicale: il devait s'occuper des jeunes et du personnel de la santé. Mais ses propres problèmes de santé s'aggravèrent vite. Fin en janvier 1979 Jerzy s'évanouit pendant la célébration de la Messe. Après quelques semaines de séjour à l'hôpital il ne put retourner à ses fonctions antérieures de vicaire. Il fut, de 1979 à 1980 aumônier de l'église universitaire Sainte Anne.

C’est en août 1980 que le Cardinal Wyszynski, lui demanda d’être l’aumônier des aciéries de la capitale. C’est ainsi que le jeune abbé Popieluszko est devenu un ardent défenseur de l’idéal du syndicat de Solidarité, né à la même époque, lors des « accords de Gdansk ». En effet, le 14 août 1980, les employés des chan-tiers navals de Gdańsk, importante ville portuaire sur la Baltique, s'étaient mis en grève sous la conduite de Lech Walesa, et ils demandaient à l'archevêque de Varsovie un prêtre pour célébrer la messe pour eux. Et c'est le Père Popiełuszko qui fut choisi.

Petite remarque : Le syndicat Solidarnosc avait été fondé dans l'illégalité. Ami de Lech Walesa, Jerzy Popieluszko défendit les partisans du syndicat, s'inspirant de la spiritualité du bienheureux Maximilien Kolbe. Malheureusement, toujours aux or-dres de l'URSS, le gouvernement polonais réagit et proclama l'état de siège le 13 décembre 1981: toutes les réunions furent interdites, à l'exception des messes. Le Père Popieluszko continuera son ministère en célébrant, tous les mois, depuis cette date fatidique, une « messe pour la patrie » dans la paroisse où il avait été affecté, Saint-Stanislas-Kotska, en banlieue de Varsovie. Jerzy Popiełuszko, vicaire de la paroisse saint Stanislas Kostka et aumônier du syndicat interdit, célébrait donc, chaque mois, des messes au cours desquelles il pronon-çait, dans ses homélies, de vibrants sermons condamnant courageusement le régime en place. Ces célébrations, qui attiraient des milliers de fidèles, étaient quadrillées par d'importants dispositifs de policiers en uniforme et en civil. Elles débouchaient parfois sur des échauffourées car les policiers en civil n'hésitaient pas à jouer les provocateurs, en appelant en pleine messe les fidèles à prendre les armes, dans le but de museler ou faire tomber le jeune prêtre dont les sermons étaient diffusés dans tout le pays, via Radio free Europe. Pourtant, pratiquant l'amour pour ses ennemis, le Père Popieluszko servait du café chaud aux policiers chargés de le surveiller, lui et les grévistes. Car le Père Popieluszko était surveillé en permanence. La presse communiste parlait de lui comme d'un « prêtre qui célébrait des messes de la haine ».

En automne 1983, le Père Popieluszko figura sur une liste de 69 "prêtres extrémistes" établie par le gouvernement du général Jaruzelski et remis à l'archevêque de Varsovie. Prière était faite au nouveau Primat de Pologne de faire taire ces gêneurs en soutane. La même année, Jerzy est accusé de détention d'armes et est arrêté par la SB, le service de sécurité, mais il est vite relâché grâce à l'intervention du clergé. La nuit suivante, quelqu'un dépose une grenade dans son vestibule. Le Père échappe à cet attentat de justesse. De janvier à avril 1984, le prêtre est convoqué 13 fois par la milice. Il est accusé « d'abus de sacerdoce ». En mars 1984, le Pape lui envoie un cadeau pour le féliciter d'avoir osé critiquer une décision du gouvernement polonais d'interdire les crucifix dans les écoles. La police politique organise le 13 octobre 1984, un accident de voiture pour le tuer mais il y échappe.

 

Les événements vont maintenant se précipiter. Le 19 octobre 1984, au retour d'une visite pastorale à Bydgoszcz, la voiture de l'ecclésiastique est arrêtée par un véhicule banalisé de la police en rase campagne, à 160 km au nord-ouest de Varsovie, sous prétexte d’un contrôle d’alcoolémie. Le père Popieluszko est battu, ligoté et jeté dans le coffre de la voiture de police. Son chauffeur, Waldemar Chrostowski, est menotté et obligé de prendre place à l'intérieur, avec les trois policiers. Mais, ancien parachutiste, Chrostowski profite d'un moment de distraction de ses ravisseurs pour sauter de la voiture en marche. Ses menottes se brisent sous le choc. Paniqués, les policiers décident de poursuivre la route avec Popieluszko dans le coffre.

Chrostowski arriva bientôt au presbytère d'une église et donna l'alerte. Le soir même, la télévision officielle faisait état de l'enlèvement du père Popieluszko par des « inconnus ». Pendant plusieurs jours, aucune nouvelle ne fut donnée sur le sort du père Popieluszko, jusqu’à ce que le 27 octobre 1984, le capitaine Grzegorz Piotrowski déclara : « C’est moi qui l’ai tué, de mes propres mains ». Que s'était-il passé ? Après avoir longtemps roulé, les policiers sortirent du coffre de la voiture l'ecclésiastique à moitié étouffé par son bâillon, et ils le torturèrent jusqu'à ce que mort s'ensuive; puis le corps de Jerzy Popieluszko fut lesté et jeté dans un réservoir d'eau de la Vistule. Le corps du Père Popieluszko fut retrouvé dans un lac artificiel formé par le barrage de Wloclawek, sur la Vistule à une centaine de kilomètres au nord de Varsovie. Le Père Jerzy Popieluszko avait 37 ans.

En novembre 1984, plus de 500 000 personnes se déplacèrent pour les funérailles de Jerzy Popiełuszko, dont les obsèques insufflèrent une seconde vie au syndicat Solidarnosc. Inhumé au cœur même de sa paroisse, sa modeste tombe est devenue lieu de nombreux pèlerinages. Le pape Jean Paul II lui-même est venu s'y recueillir en 1987. L'abbé Popieluszko symbolise aux yeux des Polonais la lutte commune de l'opposition démocratique et de l'Église catholique contre le régime totalitaire en place. Le martyre du jeune prêtre aura entraîné de nombreuses conversions, et même l'éclosion de vocations sacerdotales.

Jerzy Popieluszko a été béatifié le 6 juin 2010. Le pape Benoît XVI demanda que la célébration liturgique en l'honneur du Père Popieluszko ait lieu le 19 octobre, jour de son arrestation. Dans certains endroits sa fête est le 27 octobre.

 

Texte de Paulette Leblanc, extrait du site http://nouvl.evangelisation.free.fr

 

À la suite de la reconnaissance d'une guérison scientifiquement inexplicable, survenue qui a eu lieu en 2001 dans le Diocèse de Créteil, en France, la canonisation du Bienheureux Jerzy Popieluszko est attendue en 2016.

 

53545278

Litanies en l'honneur de la Bienheureuse Mère

(Composée par le Père Popieluszko en mai 1982)

 

Mère de ceux qui placent leur espoir dans la solidarité, priez pour nous.

Mère de ceux qui sont trompés, priez pour nous.

Mère de ceux qui sont trahis, priez pour nous.

Mère de ceux qui sont arrêtés dans la nuit, priez pour nous.

Mère de ceux qui sont emprisonnés, priez pour nous.

Mère de ceux qui souffrent du froid, priez pour nous.

Mère de ceux qui ont eu peur, priez pour nous.

Mère de ceux qui ont été soumis à des interrogatoires, priez pour nous.

Mère des innocents qui ont été condamnés, priez pour nous.

Mère de ceux qui disent la vérité, priez pour nous.

Mère de ceux qui ne peuvent pas être corrompus, priez pour nous.

Mère de ceux qui résistent, priez pour nous.

Mère des orphelins, priez pour nous.

Mère de ceux qui ont été molestés parce qu'ils portaient votre image, priez pour nous.

Mère de ceux qui sont contraints de signer des déclarations contraires à leur conscience, priez pour nous.

Mère des mères qui pleurent, priez pour nous.

Mère de pères qui ont été si profondément attristé, priez pour nous.

Mère de la souffrance Pologne, priez pour nous.

Mère de la Pologne toujours fidèle, priez pour nous.

Nous Vous supplions, ô mère en qui réside l'espoir de millions de personnes : accordez-nous de vivre dans la liberté et dans la vérité, dans la fidélité à vous et à votre Fils. Amen.

maxresdefault

Litanies du Bienheureux Jerzy Popieluszko

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, écoutez-nous.

Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

 

Sainte Marie, priez pour nous.

Sainte Mère de Dieu, priez pour nous.

Reine des martyr, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, martyr intrépide, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, courageux disciple du Christ, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, témoin fidèle de l'Evangile, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, contemplateur de la Croix du Christ, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, fidèle consacré à Marie Immaculée, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, consacré à Dieu depuis l'enfance, elle prie pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, qui avez grandi dans une famille pieuse, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, zélé dans votre service à l'autel, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, contemplateur du visage des saints, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, fidèle à l'appel du Seigneur, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, défenseur de la dignité de chaque être humain, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, défenseur de la vie humaine depuis la conception, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, compatissant envers ceux qui souffrent, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, sensible à la condition des victimes, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, bon pasteur pour les Travailleurs, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, maître et exemple contre la victoire sur le mal par le bien, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, promoteur du courage et de la solidarité, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, défenseur de l'Evangile, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, vous qui avons lutté contre l'esprit de vengeance, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, partisan de la bonne espérance, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, injustement accusé, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, cruellement torturé, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, prêtre du Christ, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, fidèle jusqu'à la fin, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, martyrisé pour la vérité et la liberté, priez pour nous.

Bienheureux Jerzy Popielusko, qui intercédez pour les besoins de l'Eglise et de chaque nation, priez pour nous.

 

Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde, écoutez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

 

J'ai proclamé Votre Justice dans la grande assemblée.

Voyez, je ne retiens pas mes lèvres, Seigneur, Vous le savez.

 

Prions


Dieu éternel et tout-puissant, dans Votre Providence, Vous as fait du bienheureux Jerzy, prêtre, un témoin inébranlable de l’Évangile de la charité et de la dignité humaine, jusqu’au martyre : par son intercession et à son exemple, permettez, nous Vous en prions, que, en vivant dans la vraie liberté, nous sachions vaincre le mal par le bien. Nous Vous le demandons par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec Vous dans l'unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.

3953422_zlo--dobrem-zwyciezaj-

Prière pour demander une grâce

 

Mon Seigneur, source de tout bien, je Vous remercie d'avoir donné, dans Votre amour, la dignité de la prêtrise au Bienheureux père Jerzy Popieluszko. Tu l'as envoyé pour répandre avec ardeur Votre Parole, administrer Vos Sacrements, agir courageusement en Votre Nom et qu'il soit proche de chaque personne demandant le pardon, l'unité et la paix. Par la grâce du Martyre que vous lui avez accordé, il est devenu semblable à Votre Fils Jésus Christ sur le chemin de la croix. Je vous adore et je vous rends grâce, mon Dieu, pour ce don que Vous avez fait à Votre Église, et en particulier pour avoir rendu le Bienheureux Père Jerzy notre intercesseur devant avec Vous dans la distribution de Votre grâce. Dans Votre miséricorde infinie, je vous prie de l'admettre dans la communauté des Saints de Votre Eglise, et de me accorder, par son intercession, la grâce (…) pour laquelle je sollicite sa prière. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

 

Voir aussi : http://imagessaintes.canalblog.com/archives/2010/06/02/18099370.html

 

35

téléchargez le texte de ces prières (pdf) en cliquant ici

 

Pour conclure, voici une petite vidéo présentant la vie du Père Popieluszko

28 mars 2015

Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

454_001

Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

 

Mgr René Combal, actuel chapelain et ancien recteur du sanctuaire Notre-Dame du Laus, nous propose de vivre le Carême en compagnie de la Vénérable Benoîte Rencurel. A l'occasion de l'année jubilaire du 350e anniversaire des premières apparitions, afin de vivre le Carême, retrouvez, chaque jour de la sainte quarantaine, une méditation pour vous plonger dans la Grâce du Laus.

 

Semaine Sainte

 

Dimanche des Rameaux et de la Passion

Dimanche 29 mars

La Passion de Benoîte

 

C’est aujourd’hui le dimanche des Rameaux et de la Passion de Jésus, que nous lisons en entier pendant la messe. La Passion et la mort de Jésus nous renvoie à nos propres souffrances et aux souffrances de l’humanité. Elle nous renvoie à tous ceux qui, comme saint Paul, revivent à leur manière la Passion du Christ. « J’achève dans ma chair ce qui manque à la Passion du Christ » écrit saint Paul.

La Passion du Christ nous renvoie aussi à la Passion de Benoîte si bien décrite par les Manuscrits du Laus. « Je lui demande, écrit Gaillard, ce qu’elle aimait mieux souffrir, si elle avait eu le choix, les tourments des démons ou les stigmates. Elle me répond, les larmes aux yeux avec un grand soupir : les stigmates, parce qu’après cette épreuve elle avait son temps libre ; alors que la persécution des démons est continuelle et ne lui donne presque pas un jour de repos ; ne sachant jamais quand cela va se produire, elle vit dans l’angoisse à cause de l’incertitude du temps et du mal qu’ils lui feront. Mais puisque Dieu le veut ainsi, elle se consacre entièrement à sa volonté et à celle de Marie, sa très chère Mère. Que Dieu fasse d’elle tout ce qui sera dans son bon plaisir, qu’elle ne veut que ce qui lui plaît et qu’elle le prie de lui faire grâce de ne pas l’offenser : ce qu’elle appréhende le plus ; que c’est une des plus grandes faveurs qu’il puisse lui faire. De plus, elle est bien aise de souffrir après que Dieu lui ai fait miséricorde. Outre qu’elle en est accablée de douleur, et ne peut s’en consoler, elle souffre encore extrêmement du corps. Le sieur Peythieu a vu le cœur lui manquer plus de cent fois, quand Dieu est offensé par des vœux extraordinaires, surtout par des ecclésiastiques et d’autres personnes consacrées à Dieu, hommes et femmes. D’autres fois se voyant presque mourir elle disait : « Mon Dieu, le cœur me manque, ne m’abandonnez pas entièrement, je me jette dans les bras de votre Providence divine dont je relève entièrement ». »

Dans son traité sur la mortification et la souffrance de Benoîte, Gaillard écrit : « Elle a commencé ses souffrances dès son enfance, elles n’ont cessé d’augmenter toujours et ne finiront qu’avec sa vie ». Elle est toute à tous et toute à chacun en particulier. Elle souffre avec tous ceux qui souffrent sans qu’on puisse exprimer la douleur qu’elle a dans l’âme et qu’elle n’ose dire à personne.

 

Lundi 30 mars

Lundi Saint

 

Des parfums de Béthanie aux parfums du Laus

 

Dans l’évangile de ce Lundi Saint, Jésus vint à Béthanie. Marie prit un parfum très pur et le versa sur les pieds de Jésus. La maison fut remplie par l’odeur du parfum.

À Pindreau, la Vierge Marie avait dit à Benoîte : « Allez au Laus, vous y trouverez une petite chapelle d’où sortiront de bonnes odeurs ». En arrivant à la chapelle de Bon Rencontre, Benoîte est enivrée par ces parfums qui l’imprègnent chaque fois que la Vierge lui apparaît. Elle a dit que l’odeur des anges est plus grande pour les uns que pour les autres. Pour l’odeur de Marie elle surpasse toute les odeurs de ces créatures… » L’odeur du Christ qui lui inspire d’aller à la Croix d’Avançon est « une odeur très odoriférante qui surpasse de beaucoup celle de Marie ». Il y a en encore davantage : « Le corps de Benoîte lui-même et tous ses vêtements exhalent tous ces parfums qui sont si délicieux qu’ils embaument tous ceux qui l’approchent. » C’est à partir de Pâques 1666 que nous avons des témoignages de personnes qui ressentent ces parfums.

Voici celui de François Grimaud : « L’illustre et révérend Monseigneur Pierre Marion, évêque et comte de Gap, est allé célébrer la messe au Laus, avec tous ceux de sa maison, qui s’y confessèrent et communièrent tous. Étant informé de sa visite, il m’arriva quelque chose que je me cru obligé de faire savoir : alors que j’inscrivais des messes votives devant la chapelle, j’ai senti une odeur si suave pendant sept à huit minutes, que de ma vie je n’ai rien senti de pareil. Cela me causa une satisfaction si grande que je fus hors de moi-même ».

« Le 31 janvier 1688 la Mère de Dieu parle à Benoîte dans sa sainte chapelle et la remplit d’une odeur inconcevable. » « Le 24 mars1690, l’église fut tellement embaumée de cette odeur céleste que chacun en était charmé. » « On a observé en ce mois de mars qu’il ne s’est passé aucune semaine sans que l’église ait été embaumée par cette odeur céleste, jusqu’au mois de mai ».

Après la mort de Benoîte jusqu’à nos jours, nombreux sont les témoignages de cette expérience des parfums. Pour s’en convaincre il suffit de parcourir le livre de René Humetz, Enquête sur les parfums de Notre-Dame du Laus, édité en avril 2008 aux éditions du Sarment. On le trouve à la librairie du Laus.

 

Mardi 31 mars

Mardi Saint

 

De la trahison de Judas et du reniement de Pierre... à la Croix d’Avançon

 

La trahison de Judas et le reniement de Pierre dans l’Évangile de ce jour nous conduisent au mystère de la Passion de Jésus qui trouvera son sommet sur la Croix du Calvaire. Voilà pourquoi cet Évangile de saint Jean nous prépare à vivre et à célébrer la Croix du Vendredi Saint… Nous nous rendons avec lui et Benoîte à la Croix d’Avançon en 1669 où elle eut les deux premières visions du Christ crucifié.

« Benoîte est comme attirée depuis sa chambre par une odeur suave qui la conduit au pied de la Croix d’Avançon. Elle y voit pour la première fois le Christ crucifié qui lui donne le sens et le pourquoi de cette apparition : Il ne souffre plus ainsi à présent, mais c’est pour lui faire voir ce qu’il a souffert pour les pécheurs et l’amour qu’il a eu pour eux. » Depuis ce jour là, Benoîte, attirée par cette croix s’y rend régulièrement, pieds nus, été comme hiver, trois fois par semaine, les mercredis, vendredis, et samedis, jours où elle jeûne. Elle y passe des heures entières en prière.

La deuxième apparition de 1669 va impressionner Benoîte si fortement qu’elle serait morte de douleur si elle avait duré plus longtemps. C’est une préparation à la troisième vision de 1673 et à la crucifixion mystique qui en découlera. Voici les textes de Gaillard dans les manuscrits : « Jésus lui apparut deux fois tout sanglant à la Croix en lui disant : ce que vous me voyez souffrir n’est pas ce que je souffre à présent, mais c’est pour vous faire voir ce que j’ai souffert pour les pécheurs et l’amour que j’ai eu pour eux. La croix était toute sanglante, les anges étaient à genou au pied de la croix, lui disant beaucoup de choses des souffrances de Jésus. Si cette vision avait duré plus longtemps cette bonne fille serait morte de douleur.Quand Dieu voulait lui apparaître à la croix, il lui inspirait dans sa chambre d’y aller, en sentant une odeur très odoriférante qui surpassait de beaucoup celle de Marie : ce qu’il fit plusieurs fois. »

Demandons la grâce aujourd’hui, par l’intercession de Notre Dame du Laus et de Benoîte de mieux voir nous aussi ce que Jésus a souffert pour les pécheurs et l’amour qu’il a eu pour eux. Ce qu’il a souffert pour nous, son amour pour nous.

 

Mercredi 1er avril

Mercredi Saint

 

« Le Seigneur m’a ouvert l’oreille »

 

Dans la lecture de ce Mercredi Saint, tirée du livre d’Isaïe il est écrit : « Le Seigneur m’a ouvert l’oreille ». Lorsque nous écoutons les paroles de Jésus en Croix dans l’Évangile ainsi que  les paroles qu’il a fait entendre à Benoîte au cours de ses cinq apparitions à la Croix d’Avançon, le Seigneur nous ouvre l’oreille.

À la première apparition il lui dit : « Ce que vous me voyez souffrir n’est pas ce que je souffre à présent, mais c’est pour vous faire voir ce que j’ai souffert pour les pécheurs et l’amour que j’ai eu pour eux ». En 1673 il lui dit : « Je me fais voir dans cet état afin que vous participiez aux douleurs de ma Passion ». En 1674, c’est l’ange qui lui dit devant Jésus tout sanglant : « Voilà ce qu’a souffert votre Père et le mien ! Ne voulez vous pas souffrir pour l’amour de Lui ! »

En novembre 1679, il n’y a pas de paroles mais il est dit : « Jésus lui apparut, encore une fois, tout sanglant et perça son cœur de tant de compassion que durant six mois, elle fut inconsolable. »

Laissons l’Esprit Saint nous ouvrir les oreilles et nous toucher le cœur devant une telle expérience.

 

Jeudi 2 avril

Jeudi Saint

 

L’institution de l’Eucharistie et l’estime que Benoîte lui portait

 

En ce Jeudi Saint, jour de l’institution de l’Eucharistie, saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens nous transmet ce qu’il a reçu de la tradition qui vient du Seigneur : « La nuit même où il était livré, le Seigneur prit du pain, puis ayant rendu grâce il dit : « Ceci est mon corps qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Après cela il fit de même avec la coupe… »

Benoîte avait un sens très profond de l’Eucharistie qui provenait probablement de sa familiarité avec Marie que le Pape Jean-Paul II appelle « la femme eucharistique ». En voici la preuve avec une conversation qu’elle eut avec un ermite.

Ce texte est d’autant plus précieux qu’il nous livre des paroles de Benoîte qui sont assez rares dans les manuscrits : « Un solitaire demande à Benoîte s’il ne fallait pas mieux prier Dieu dans sa chambre que d’aller à la messe. « Non, dit-elle car le sacrifice de la messe est d’un mérite infini ; il n’est qu’un et il est commun au prêtre et à ceux qui l’entendent et qui doivent y unir leur cœur, leur intention, leur volonté à la sienne, tout au long de la messe. Mais mon bon frère, ne sortez-vous pas de votre cellule pour une raison qui me saute aux yeux, ne sortez-vous pas de votre cellule pour chercher de quoi vivre ? Ne courez-vous pas ici où là, où l’on se dissipe le plus souvent pour ne pas être toujours recueilli en soi-même ? C’est à vous et non pas à moi de juger tout ce qui se passe dans votre intérieur, d’en faire un sérieux examen et de réfléchir sur les complaisances, les soumissions, les bassesses qu’il faut faire dans le monde à ceux qui vous font du bien, où le plus souvent, Dieu peut-être offensé. Je vous demande pardon mon frère, de la liberté que j’ai prise de vous répondre sur la demande que vous m’avez faite. Car ce n’est pas à moi, une simple fille idiote de vous parler de choses que vous savez mieux que moi ». »

On trouve également ce passage important concernant la Communion spirituelle : De Benoîte à un religieux : « Ceux qui ne reçoivent pas son corps réellement, peuvent le recevoir spirituellement, pour participer au sacrifice de la messe, comme le faisaient les Pères du désert, ces fameux et illustres anachorètes Antoine, Hilaron et d’autres ». Quant à sa foi, elle est immense dans la présence réelle du Saint Sacrement : « Cette bonne fille a tant de foi et de vénération pour le Saint Sacrement de l’autel, qu’elle dit souvent que pourvu qu’elle soit dans l’église où le Saint sacrement repose et où il est exposé, si tout l’enfer venait, il ne pourrait l’épouvanter ».

Avons-nous assez d’estime pour l’Eucharistie jusqu’à nous déplacer afin de participer à la messe? Car : « Le sacrifice de la messe est d’un mérite infini ».

 

Vendredi 3 avril

Vendredi Saint

 

Le mystère de la croix et la crucifixion mystique de Benoîte

 

En ce Vendredi Saint, nous écoutons le récit de la Passion de Jésus selon saint Jean. Nous prions à toutes les grandes intentions de la prière universelle, pour tous les hommes pour lequel le Christ s’est livré et nous vénérons la Croix : « Voilà le bois de la Croix qui a porté le salut du monde ». Nous sommes conduits de nouveau à la Croix d’Avançon et invités à méditer le récit de l’apparition du Christ crucifié à Benoîte qui est à l’origine de sa crucifixion mystique.

C’est le prêtre Jean Peythieu qui nous rapporte cet événement majeur dans la vie de Benoîte : « La plus célèbre de ces apparitions a été de notre Seigneur Jésus Christ sur une croix en l’année 1673, au mois de juillet, un vendredi. Benoîte moissonnait avec quelques personnes et en présence de quelques étrangers, dans une terre qui était à la chapelle, lorsque par un mouvement divin elle vit notre Divin Sauveur tout ensanglanté qui lui dit : « Ma fille, je me fais voir dans cet état afin que vous participiez aux douleurs de ma Passion ». Et ce qui est merveilleux c’est que, depuis, elle était crucifiée tous les vendredis : son corps étendu en forme de croix, ses pieds l’un sur l’autre, ses doigts tant soit peu fermés et rétrécis aussi, moins pliables qu’une barre de fer.

Mais en échange des ces grandes douleurs elle était très souvent visitée par la Reine de l’Univers qui la laissa dans cette souffrance jusqu’à ce que nous commençâmes à bâtir. Alors, la très digne Mère lui apparut et dit : « Vous n’aurez plus les souffrances du vendredi, vous êtes nécessaire pour distribuer les vivres à cette grande quantité d’hommes et de jeunesse qui viendront des villages pour creuser les fondations et préparer l’emplacement du logement des prêtres. Les prêtres, eux, ne sont pas disponibles parce qu’ils confessent. » Fait admirable, parmi les ouvriers qui étaient quelque fois au nombre de cent ou cent vingt de tout âge et de tout sexe, on n’a entendu aucune parole injurieuse ou malhonnête. Cela dura pendant les deux années de travaux ».

Nous avons à vivre à notre manière notre propre crucifixion mystique. Si, comme le disait le pape Jean Paul II à une assemblée de prêtres et de religieux « dans les difficultés de notre vie quotidienne, nous unissons nos souffrances à celles du Christ crucifié, nous sommes unis immédiatement à la Puissance de sa Résurrection et à la force animatrice de son Esprit ».

 

Nota Bene : ce jour, commence la Neuvaine à la Miséricorde Divine, retrouvez-là en cliquant ICI

 

Samedi 4 avril

Samedi Saint

La veillée au tombeau

La mort et le tombeau de Benoîte

 

Aujourd’hui, samedi Saint, nous demeurons auprès du tombeau du Seigneur et méditons dans le silence et la prière sa Passion et sa mort attendant dans l’espérance la Nuit de sa Résurrection. Alors éclatera la joie de Pâques. Pour nous y aider nous pouvons nous rendre dans la chambre de Benoîte et auprès de son tombeau où son corps repose depuis la fin décembre 1718 dans l’attente de sa résurrection et de la nôtre.

C’est grâce à une lettre du Père Jean-Baptiste Royère à François Malaval, le saint mystique et aveugle de Marseille, que nous connaissons les derniers instants et la mort de Benoîte : « Le mercredi, jour des Innocents, elle nous pria de dire une grande messe pour elle. Ce fut Monsieur l’abbé Poligny qui voulut la dire. Après quoi nous sommes allés la visiter et elle nous dit qu’elle allait mourir. L’après midi nous lui avons donné l’extrême onction qu’elle demandait depuis plusieurs jours. Elle se confessa aussi et se fit laver les pieds et les mains ; quand ce fut l’onction des oreilles Monsieur le Supérieur lui dit : « sœur Benoîte, défaites vous que nous fassions l’onction des oreilles ». Elle répondit : « Elles en ont tant écouté ! » Quand elle reçut les dernier sacrement elle fut toute consolée, n’attendant plus que cet heureux moment où son âme devrait se séparer de son corps. Je m’approchai alors d’elle et lui fit prononcer plusieurs fois le nom de Jésus et de Marie, et je lui présentai le crucifix qu’elle prit entre ses mains tenant la bouche collée contre les pieds de son divin époux.

« Ma bonne sœur, lui dis-je alors, nous sommes vos enfants, ne voulez-vous pas leur donner votre bénédiction ». Elle répondit : « C’est à la Bonne Mère à nous la donner » et tout aussitôt elle sortit la main du lit et nous dit : « Je vous la donne bien volontiers mes Bons Pères ». Elle s’en excusa par respect. Cependant elle ne voulu pas nous refuser cette consolation. Nous nous réunîmes pour dire nos offices en attendant de revenir avec elle toute la nuit. Mais Dieu en ordonna autrement. Sur les huit heures elle dit adieu à ses nièces, à Mr le Prieur, à toute la Compagnie. Elle dit qu’on alluma son cierge ; elle demanda à Mr le Prieur de lui faire la recommandation de l’âme ; elle dit : « La mort vient comme un larron sans crier gare ».

Elle dit à sa filleule Benoîte et à sa chère Isabelle de dire les litanies de l’Enfant Jésus et aussitôt, levant les yeux au ciel, entre les bras de sa nièce et la venue des Anges qu’on reconnut à son visage riant, elle décéda joyeusement, et son âme, selon qu’on peut le croire pieusement, fut portée au ciel par les Esprits Bienheureux. »

Dès lors, le corps de Benoîte repose dans son tombeau dans le chœur de la Basilique devant la chapelle de Bon Rencontre et le Saint Sacrement, près de la lampe à huile du sanctuaire et de l’autel où la messe est célébrée chaque jour. Sur la pierre est gravé : « Tombeau de la sœur benoîte, morte en odeur de sainteté, 1718 »

Nous n’oublions pas pour terminer la prédiction de la Vierge sur l’avenir du Laus faite en 1679 : « La Mère de Dieu confirme à Benoîte ce que l’Ange lui avait dit au commencement de la dévotion du Laus : qu’elle serait plus grande après sa mort… parce que ses ossements feraient des miracles ; que les personnes infirmes y viendront de toutes parts et de bien loin pour guérir et guériront… » Nous en sommes témoins !

product_5292300hd

Saintes et joyeuses fêtes de Pâques à vous tous...!!!!

Publicité
3 août 2014

Notre Dame des Dunes de Dunkerque

img383

Notre Dame des Dunes de Dunkerque

 

En 1403, les ouvriers qui travaillaient à la reconstruction des remparts de Dunkerque découvrirent en creusant dans le sable, au bord de la mer, une source d'eau douce et une statuette de la Sainte Vierge. Une chapelle fut élevée en ce lieu, et, depuis plus de cinq siècles, Notre Dame des Dunes n'a cessé d'y combler de bienfaits signalés les populations des Flandres et les marins de la Mer du Nord qui ont eu recours à sa protection.

340_001 (5)

Prière

 

O Dieu, qui avez trouvé bon de présenter à notre dévotion la statue vénérable de la Très Sainte Vierge Marie, Notre Dame des Dunes, Votre Mère, et qui avez si souvent voulu qu'Elle soit d'un puissant secours pour les marins aux prises avec les tempêtes de la mer, par l'intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, nous Vous en supplions, donnez à votre peuple, constamment aux prises avec les difficultés de la vie de parvenir heureusement au port du Salut. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Dunkerque 15-08-2013 0040

Prière à Notre Dame des Dunes

 

Ô Notre Dame des Dunes, brillante Etoile de la Mer, source inépuisable de Bonté et de Miséricorde, nous nous prosternons à Vos pieds pour Vous offrir l'hommage de notre vénération, de notre confiance et de notre amour, et nous nous mettons sous Votre puissante protection. Souvenez-Vous que nos pères ont réclamé Votre intercession dans toutes leurs nécessité et que Vous les avez toujours secourus avec une grande sollicitude. De grâce donc, Sainte Mère de Dieu, ne rejetez pas les prières que nous Vous adressons dans nos besoins et nos périls, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer. Ainsi soit-il.

Soyez éternellement bénie, louée, aimée et invoquée, Notre Dame des Dunes, notre Mère, notre Patronne, notre Avocate et notre Souveraine. Oh ! Soyez toujours notre secours, notre consolation, notre espérance et notre joie, protégez-nous bénissez-nous et sauvez-nous ! Ainsi soit-il.

Notre Dame des Dunes, priez pour nous

 

Vu et approuvé

Cambrai, le 30 mars 1903

J. Carlier, V.G.

008_001

Téléchargez le texte de ces prières (pdf) en cliquant ici

3 août 2014

Neuvaine à Saint Josse

176_001

Saint Josse

Roi de Bretagne et Ermite en Ponthieu

+ 669

Fête le 13 décembre

 

« Un homme sage sait abandonner propos un royaume terrestre pour obtenir d'être admis dans le royaume des cieux ». (Saint Eucher de Lyon)

 

Josse, ayant été appelé à succédera son frère Judicaël, dans ses Etats de Bretagne, parce que ce prince, s'ennuyant des embarras du gouvernement, avait résolu de rentrer dans le cloître qu'il avait quitté pour monter sur le trône de son père, demanda huit jours comme pour délibérer sur la proposition de son frère mais il ne se servit de ce délai que pour fuir les honneurs dont il voulait se décharger sur lui ; ce qu'il exécuta en se joignant à quelques pèlerins qui allaient à Rome, et qu'il vit comme ils passaient devant la porte du monastère de Saint-Maëlmon, où il se trouvait à ce moment. Ces pèlerins l'admirent volontiers dans leur compagnie et l'emmenèrent avec eux. Saint Josse ayant ainsi renoncé à la royauté pour s'attacher au service du Seigneur, se rendit à Chartres avec ses onze compagnons, et de là tes suivit à Paris, capitale de la monarchie française, où il séjourna quelque temps avec eux. De Paris, les compagnons de Saint Josse, au lieu de se mettre en chemin pour Rome, où ils avaient eu d'abord l'intention d'aller, prirent une route contraire, et se rendirent à la ville d'Amiens en Picardie. Le Saint Prince les suivait toujours, car il n'avait aucun dessein particulier, et n'aspirait qu'à servir Dieu de tout son cœur en quelque lieu que ce pût être, pourvu qu'il y fût inconnu. Sortis d'Amiens, les pèlerins s'avancèrent jusqu'à la rivière d'Authie, la passèrent, et arrivèrent dans un lieu nommé Villa Sancti Petri, où demeurait ordinairement le duc ou comte du pays de Ponthieu, qui s'appelait Haymon, et qui était un seigneur de grande vertu. Il reçut les douze pèlerins, et les traita pendant trois jours avec beaucoup de charité.

Il distingua facilement notre Saint, parce qu'il portait sur son visage un air de grandeur que les autres n'avaient point, et que ses actions et ses paroles se sentaient de la splendeur de sa naissance et de l'éducation royale qu'il avait reçue d'ailleurs, il avait une modestie et une douceur angéliques, lesquelles, jointes au port majestueux que la nature lui avait donné, le rendaient parfaitement aimable et lui conciliaient l'estime et le respect de tous ceux qui le regardaient. Ce prince le pria donc de ne point le quitter, et, ayant obtenu de lui cette faveur, il laissa les onze autres pèlerins continuer leur voyage ; il donna à Josse un appartement dans son palais, lui fit recevoir les Ordres sacrés, et le nomma prêtre de sa chapelle ; puis, pour lui témoigner davantage l'estime qu'il avait de sa vertu, il l'obligea de tenir sur les fonts de baptême un de ses fils qu'il nomma Ursin, en mémoire de Saint Ursin, archevêque de Bourges.

Ce n'était guère l'inclination de Saint Josse de demeurer dans cette cour ; car, quoique sainte et très bien réglée, elle ne laissait pas de le dissiper aussi, après y avoir passé sept ans, il supplia Haymon de lui permettre de se retirer dans une solitude où il pût s'occuper plus tranquillement dans la contemplation des vérités éternelles. Non-seulement le duc ne s'y opposa pas mais voulant favoriser de tout son pouvoir le désir d'un si saint prêtre, il le conduisit dans un lieu désert, sur la rivière d'Authie, que les anciens appelaient Brahic et nommé présentement Raye, où il lui donna une place suffisante pour bâtir un oratoire et un ermitage. Le bâtiment étant achevé, Josse s'y renferma avec un seul disciple qui l'avait suivi do Bretagne, nommé Wurmar ou Wulmar, et commença d'y mener une vie toute céleste, n'ayant d'autre occupation que de célébrer les saints mystères, de chanter les louanges de Dieu, de méditer les paroles de l'Evangile et de converser avec les anges et les saints. Sa conduite et son innocence parurent bientôt par des miracles ; car on dit que les oiseaux et les poissons se familiarisaient avec lui comme ils eussent fait avec Adam dans le paradis terrestre, et qu'ils venaient prendre leur nourriture de sa main avec la même confiance que les poussins la prennent du bec de leurs mères.

Il était aussi extrêmement miséricordieux envers les pauvres, et il ne pouvait leur refuser l'aumône, tant qu'il y avait un morceau de pain dans sa cellule. Un jour qu'il était en oraison dans sa chapelle, il entendit la voix d'un pauvre qui demandait la charité il s'informa de son disciple s'il avait encore quelque provision : « Je n'ai plus, lui dit-il, qu'un pain qui ne peut servir que pour notre nourriture d'aujourd'hui ». « Allez, lui répliqua Josse, coupez-le en morceaux et donnez-en le quart à ce malheureux ». A peine l'eut-il fait, qu'il vint un autre pauvre exposer encore sa misère et demander de quoi soulager sa faim. Le Saint ne voulut pas non plus l'éconduire il dit à Wurmar de prendre un autre quart de ce pain et de le lui porter. Celui-ci n'obéit à ce nouvel ordre qu'en murmurant, craignant de n'avoir pas de quoi nourrir son maître et se nourrir lui-même. Cependant un troisième pauvre, aussi nécessiteux que les deux précédents, arriva peu de temps après Josse le vit, et, sans presque attendre qu'il ouvrît la bouche, il ordonna à Wurmar de lui donner un des deux morceaux qui restaient : « De quoi donc voulez-vous que nous vivions, répliqua le disciple est-ce qu'il faut que nous mourions de faim pour nourrir ces pauvres qui peuvent aller mendier ailleurs ? » « Ne vous troublez pas, mon enfant, lui dit le Saint, faites seulement ce que je vous commande, et Dieu aura soin de nous ».

Dès qu'il eut obéi, et que ce pauvre se fut retiré, on en entendit un quatrième sonner à la porte et demander l'aumône avec encore plus d'instance et d'importunité que les précédents. Que fera Josse ? Le morceau qui lui reste est trop petit pour être partagé entre lui, son disciple et ce pauvre ; le donnera-t-il tout entier ? Il n'aura donc plus rien pour subsister, et il faudra qu'il passe le jour et la nuit suivante sans nourriture. Le retiendra-t-il ? La Charité l'emporta encore alors sur sa propre nécessité et, ne pouvant laisser aller ce mendiant sans assistance, il lui fit donner le reste du pain. Wurmar renouvela ses plaintes, mais il lui fit encore trouver bonne cette disposition, et elle fut bientôt suivie d'une ample récompense car, incontinent après, la divine Providence fit arriver au bord de leur ermitage quatre barques chargées de toutes les choses nécessaires à la vie. Cela fait croire que les quatre pauvres qui s'étaient présentés successivement à Josse pour avoir l'aumône étaient Jésus-Christ même, qui avait pris ces quatre formes différentes pour éprouver la charité de son serviteur.

Il demeura huit ans dans cette solitude mais, se voyant extraordinairement tourmenté par les démons qui lui dressaient sans cesse des embûches, il résolut enfin de se retirer ailleurs il témoigna son dessein au duc Haymon, qui le visitait quelquefois, et ayant obtenu de lui un autre lieu, nommé Runiac ou Rimac, sur la petite rivière de Canche, il y bâtit un oratoire en l'honneur de Saint Martin, et y passa treize autres années Cependant, le malin esprit ne cessant point de le poursuivre, il eut encore recours à ce bon duc pour avoir une autre retraite. « Allons ensemble, lui dit Haymon, et nous vous chercherons un lieu qui vous soit propre ». Dans ce voyage Saint Josse fit sourdre une fontaine dans un lieu sec, en enfonçant son bâton en terre, pour soulager la soif de son bienfaiteur ; cette fontaine a, depuis, donné des eaux en abondance et servi à la guérison de plusieurs malades. Le lieu qu'ils choisirent pour ce nouvel ermitage fut dans une épaisse forêt, entre Etaples et Montreuil, dans un endroit situé entre la rivière d'Authie et celle de Canche. Il leur parut fort commode en ce qu'il était arrosé d'un ruisseau provenant de deux fontaines, dont l'une est nommée la fontaine des Bretons et l'autre la fontaine du Gard. Le duc le fit défricher, et le Saint y construisit aussitôt, de ses propres mains, et avec du bois seulement, deux oratoires l'un en l'honneur de Saint Pierre, prince des Apôtres, l'autre en l'honneur de saint Paul, docteur des Gentils.

Quelque temps après, il voulut faire le pèlerinage de Rome, pour y visiter les tombeaux des saints Apôtres et en apporter des reliques. En ayant obtenu le consentement du duc, il fit tout ce voyage à pied, le bâton à la main et en demandant l'aumône. Le Pape le reçut fort honorablement, lui donna sa bénédiction apostolique et l'enrichit de plusieurs reliques de martyrs. A son retour, comme il se trouvait sur la colline de Bavémont, éloignée d'une lieue de son ermitage, une jeune fille nommée Juyule, aveugle de naissance, eut révélation qu'elle obtiendrait la vue si elle se lavait avec de l'eau dont le Saint prêtre se serait lavé les mains. Elle demeurait avec son père au château d'Airon, qui n'est éloigné de Saint-Josse que d'une demi-lieue elle lui en parla, et son père, ne voulant point négliger une occasion si avantageuse, la conduisit aussitôt sur la montagne où le Saint était arrivé. La fille prit l'eau qui lui avait servi, elle s'en lava le visage, et, par ce remède, elle obtint l'heure même de très-beaux yeux avec l'usage de la vue. Les habitants du lieu firent mettre une croix à l'endroit où cet insigne miracle avait été fait, et pour cela on l'a toujours appelé la Croix, jusqu'à ce que ce monument commémoratif ait été transporté ailleurs.

Dès que le duc Haymon sut le retour du serviteur de Dieu, il fut au-devant de lui et le reçut avec de nouveaux témoignages de respect et d'amitié. Il avait fait bâtir en son absence, auprès de sa cellule, une église de pierre, sous l'invocation de Saint Martin. Elle fut bénite, et Saint Josse y déposa les reliques qu'il avait apportées de Rome. La cérémonie de cette translation se fit le 11 juin et, pendant qu'il célébrait la messe, en présence du même duc et d'un grand concours de seigneurs et de peuple, une main céleste parut visiblement sur l'autel, bénissant le saint Calice et les Oblations, et l'on entendit en même temps une voix qui lui disait : « Parce que vous avez méprisé les richesses de la terre et refusé le royaume de votre père, pour mener en cette solitude une vie pauvre, cachée et éloignée de la demeure des pécheurs, je vous ai préparé une couronne immortelle en la compagnie des Anges ; je serai le gardien et le défenseur perpétuel de ce lieu vous y mourrez, et ceux qui vous invoqueront avec révérence, y recevront l'effet de leurs demandes ». En effet, le Saint y passa le reste de ses jours d'une manière plus angélique qu'humaine, et il mourut le 13 décembre 669.

Son corps virginal fut enseveli dans son propre ermitage mais on ne le couvrit ni de terre ni de pierre, parce qu'il n'avait aucune marque de corruption, et qu'au contraire les cheveux, la barbe et les ongles lui poussaient comme s'il eût encore été en vie de sorte que Winoc et Arnoc, ses neveux, qui lui succédèrent dans la possession de sa cellule, et avaient la clef de son cercueil, étaient obligés de les lui couper de temps en temps, comme on fait à un homme vivant. Le plus ordinairement, on représente Saint Josse en habit de pèlerin, un bourdon à la main et deux clés croisées sur son chapeau, pour indiquer son voyage à Rome. Le sceptre et la couronne qui gisent à ses pieds rappellent la royauté qu'il a refusée. Parfois il porte suspendu à une écharpe l'escarcelle des reliques que lui donna le souverain Pontife. Ce détail, mal compris par quelques peintres, a été plus d'une fois défiguré l'écharpe s'est changée en baudrier, et la cassette en aumônière. On le représente aussi faisant jaillir une source avec son bâton, ou bien partageant son pain avec un pauvre. C'est à tort qu'on lui donne parfois une mitre, puisqu'il ne fut jamais abbé.

Dans l'église de Saint-Josse-sur-Mer, récemment construite, on voit, outre un vitrail moderne, une statue du Patron, haute de deux mètres. Le Prince Breton, en habit royal, foule aux pieds la couronne et le sceptre. Il y a aussi des statues du Saint Ermite dans les églises de Tortefontaine, de Mouriez (1836), de Saint-Josse-au-Val à Montreuil, et dans la chapelle de Saint-Josse-au-Bois (1861). Une ancienne image de Saint Josse, qu'on distribuait jadis aux pèlerins, nous le montre revenant de Rome, sur la colline de Bavémont, avec un coffret de reliques suspendu par une écharpe. On voit dans le lointain l'abbaye qui doit illustrer cette contrée. M. Guénebault, dans son Dictionnaire iconographique, indique les gravures suivantes 1° Saint Josse à genoux devant un autel et embrassant un crucifix d'où sortent trois branches de lys, une de la partie supérieure et les deux autres des bras des anges lui apportent la couronne du triomphe ; 2° le même, refusant la couronne que lui présente son frère ; 3° le même, tenant un crucifix. 

 

Culte et reliques

 

Le culte de Saint Josse était déjà si célèbre au XIe siècle, que des pèlerins se rendaient à son sanctuaire de toutes les contrées de la France et même des pays étrangers. Quelques historiens prétendent que Charlemagne y alla en 793 et que ce fut alors qu'il conçut le projet de reconstruire une hôtellerie monastique dont il devait donner l'administration à Alcuin. il existait dès lors de nombreuses Confréries de Saint-Josse, répandues en France et en Allemagne. Clément X, par une bulle datée de 1673, accorda une indulgence plénière à tous ceux qui, le jour de Saint Josse, visiteraient son église à Dommartin et y feraient la sainte communion. Le village de Parnes (Oise), qui croit posséder des reliques de Saint Josse, rend à son patron un culte tout spécial. Le 13 décembre, on distribue aux paroissiens de petits pains bénits, en souvenir de celui qui fut partagé entre quatre pauvres dans l'ermitage de Brahic. Saint Josse est le patron de Béhen, dans le doyenné de Moyenneville. Il l'était jadis des deux abbayes qui portaient son nom de Saint-Josse-au-Val et d'une ancienne chapelle castrale à Montreuil de la paroisse Saint-Josse à Paris.

D'après les croyances populaires, le saint ermite serait le fondateur d'un certain nombre de paroisses des environs de Dommartin et d'un monastère dont on montre encore quelques vestiges à Mayocque. Nous ignorons pour quel motif Saint Josse est honoré à Javarin (Autriche) et à Ravenshurg (Wurtemberg). Une commune de Farrondissement de Dinan porte le nom de Saint-Judoce. Saint-Josse est le nom d'une rue à Hesmond et à Dompierre et d'un faubourg de Bruxelles. Le nom du saint ermite est inscrit au 13 décembre dans le martyrologe romain, dans quelques martyrologes amplifiés de celui d'Usnard, dans ceux de Bède, de Wandalbert ce qui prouve que, an IXe siècle, comme de nos jours, on invoquait notre Saint pendant les tempêtes. Son nom figure aussi dans les litanies amiénoises du XIIIe siècle.

On célébrait jadis, à l'abbaye de Saint-Josse-sur-Mer, cinq fêtes du patron le 11 juin, apparition de la main miraculeuse (665). On célèbre encore aujourd'hui cette fête à Saint-Josse-sur-Mer, Où on la désigne sous le nom de Saint-Barnabé, à cause de la coïncidence de la fête de cet Apôtre ; le 25 juillet, invention du corps de Saint Josse (977) le mardi de la Pentecôte, procession à Bavémont (La Croix). le 25 octobre, translation des reliques (1195) elle est marquée à tort le 9 janvier dans le Martyrologue Anglican ; le 13 décembre, déposition de saint Josse, elle est mentionnée à tort au 4 août dans quelques anciens calendriers. Le jour de leur fête patronale, les habitants du village de Saint-Josse devaient donner au comte de Ponthieu une vache écorchée quand la fête tombait un jour maigre, cette redevance était changée en un cent d'oaufs et une livre de poivre.

La fête de Saint Josse est marquée au 25 juillet dans le bréviaire amiénois de 1528 ; au 2 décembre, dans ceux de 1746 et 1840 au 13 décembre, dans ceux de Paris et de Beauvais, et dans le Propre actuel d'Arras ; au 14, dans celui de Saint-Valéry ; au 18, dans celui de Sainte Riquier. Depuis l'introduction de la liturgie romaine, on ne fait plus qu'une simple mémoire de Saint Josse, au i3 décembre, dans les diocèses d'Amiens et d'Arras.

L'an 977, le corps de saint Josse fut découvert, au coté droit de l'autel de Saint-Martin, élevé de terre, et déposé sur l'autel de Saint-Martin le 25 juillet. Cette même année, on .commença à bâtir un monastère dans ce lien, et Sigebrand en devint le premier abbé. Dans la suite, ce saint corps fut remis en terre pendant des troubles qui survinrent dans ce royaume, et demeura si bien caché que les religieux mêmes ignoraient où il était. Un simple laïque fit connaître, par révélation, l'endroit où il se trouvait, et ayant été reçu par les religieux, en reconnaissance de ce bon service, il fut établi gardien de ces saintes reliques, par l'abbé qui vivait alors. Mais un autre abbé, ayant succédé à celui-là, n'eut pas pour ce gardien tous les égards qu'il eût du avoir. Cette conduite fit prendre à cet homme la résolution d'enlever la plus grande partie des reliques de Saint Josse, et de les porter en France. Geoffroi, seigneur de Commercy, le reçut avec honneur et lui donna la première dignité de la collégiale du château, où il y avait quatre chanoines. Quelque temps après, le roi Henri assiégea Commercy, le prit et le brûla. Pendant que les flammes dévoraient les édifices, un chanoine enleva les reliques de Saint Josse, et s'enfuit avec son trésor. Il fut rencontré sur le pont par Robert Meflebran, de la dépendance de Raout de Chauldré, l'an des principaux chevaliers de l'armée du roi. Robert demanda au chanoine quel était le paquet qu'il perlait. Le chanoine répondit que c'étaient des ornements et des. livres d'église. On lui ôta tout, et ces précieuses reliques ayant été trouvées, on les mit dans l'église de Saint-Martm de Parnes, dans le Vexin, assez près de Magny. L'église a changé de nom et a pris celui de Saint-Josse ; on y expose ces reliques (tête et os du bras) à la vénération des peuples, tous les ans, le lundi de la Pentecôte elles sont enfermées dans un buste en argent. Le reste est dans l'église paroissiale du village de Saint-Josse, à l'embouchure de la Canche. L'abbaye ayant été supprimée quelque temps avant la Révolution, on transporta les reliques du Saint dans l'église paroissiale. Elles s'y trouvaient à l'époque de la Révolution, et furent alors soustraites à la profanation par le zèle de quelques pieux habitants du lieu, qui les rendirent ensuite, lorsque la tranquillité fut rétablie. Elles furent reconnues, le 3 mai 1805. par Monseigneur l'évêque d'Arras, dans le diocèse duquel se trouve maintenant la paroisse de Saint-Josse-sur-Mer. Le prélat retira de la châsse un os du bras, dont il accorda une partie à l'église de Saint-Saulve de Montreuil. C'est de cette relique qu'on a détaché une parcelle, en 1835, pour la donner à l'église paroissiale d'Yvias, située dans le diocèse de Saint-Brieuc, et dédiée à Saint Josse. Celle de Paris possédait aussi un petit os du Saint, et une partie de vertèbre qui lui fut donnée en 1705. Ces précieux restes sont aujourd'hui perdus. Il y a encore quelques ossements de Saint Josse à la cathédrale d'Arras et à l'Eglise d'Oignies (Pas-de-Calais), à celle de Corbie, etc.

 

(Texte Extrait des Petits Bollandistes volume XIV)

416_001

Neuvaine en l'honneur du Bon Saint Josse

 

Bienheureux Saint Josse, serviteur fidèle de Jésus-Christ sur la terre, joignez à nos prières votre pieuse intercession, afin que, délivrés du poids de nos péchés, nous puissions, par les mérites de votre gloire et l'imitation de vos vertus, obtenir nous-même l'éternelle félicité.

 

Priez pour nous ô Bienheureux Saint Josse,

Afin que nous devenions dignes des promesses qui vous ont été faites par Notre Seigneur Jésus-Christ.

 

Prions

 

O Dieu qui avez daigné promettre, à ceux qui imploreraient la protection de Saint Josse, de ne pas laisser leur demande sans effet, nous Vous en supplions, accordez-nous, par son intercession le courage de détacher nos cœurs des biens d'ici bas et de nous attacher à Vous pour toujours. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

Imprimatur

P. Hoguet, Vicaire Général

Arras, le 5 mai 1929.

josse

Téléchargez le texte de cette Neuvaine (pdf) en cliquant ici

30 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

92461

Trente-et-unième méditation

Action de l'Eglise sur la société au moyen des institutions monastiques

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

Par institutions monastiques nous entendons ici les corps religieux considérés en général, et c'est en ce sens que nous allons méditer sur les avantages immenses que la sainte Eglise a su recueillir de leurs travaux et de leur dévouement. Ici ce n'est plus un moyen d'action essentiel à la constitution de la société chrétienne, tel que ceux dont nous avons parlé jusqu'à présent, et sans lequel l'Eglise ne puisse subsister ni triompher de ses ennemis. Mais les institutions monastiques n'en sont pas moins l'un des plus puissants leviers qui ait été et qui soit encore entre les mains de l'Epouse de Jésus-Christ, pour l'accomplissement de son œuvre de régénération, et l'histoire n'a cessé de montrer qu'il existait une glorieuse solidarité entre la prospérité de l'Eglise et celle des ordres religieux. Le monde le sait bien, et toutes les fois que l'on a voulu frapper la Religion au cœur, c'est toujours aux institutions monastiques que l'on a porté les premiers coups.

I. Le plus éminent service que les ordres religieux aient rendu à l'Eglise, et celui que l'on vante le moins parce que le défaut de foi ne permet pas de l'apprécier, c'est d'avoir servi de sanctuaire permanent à la pratique des conseils évangéliques; c'est d'avoir été le théâtre le plus glorieux et le plus éclatant de la lutte engagée entre l'homme déchu et la régénération que lui apporte l'Evangile, entre la chair et l'esprit, entre la servitude des sens et la liberté morale. C'est dans ces asiles sacrés que l'on voit d'une manière saisissante comment l'homme peut reconquérir son ancienne dignité, son antique noblesse, en disciplinant son âme, et en la transformant par la chasteté, l'obéissance, le sacrifice et l'humilité. Devant ce ravissant spectacle, tout prétexte d'impossibilité tombe et s'évanouit, à la confusion complète de la sensualité et de la lâcheté. Quelle belle leçon la vie religieuse n'a-t-elle pas donnée à la terre en lui montrant des hommes naturellement faibles comme tous les autres, et devenant pourtant assez puissants, avec le secours de la foi, pour se vaincre eux-mêmes et pour pratiquer avec constance les vertus héroïques qui conduisent à la perfection chrétienne ! Quelle prodigieuse influence un pareil exemple ne doit-il pas exercer sur la société chrétienne ! Au milieu de la corruption du siècle, des chrétiens ont conservé les traditions et les vertus si pures et si justement célèbres de la primitive Eglise. L'Evangile d'une main et la mortification de l'autre, ils pratiquent avec une rigueur effrayante ce précepte qui est la mort de la nature dépravée : « Si votre œil vous scandalise, arrachez-le, et jetez-le loin de vous... Si votre main droite est encore pour vous une occasion de scandale, coupez-la, et débarrassez-vous-en, car il vaut mieux perdre un de vos membres, que de souffrir que votre corps entier soit précipité dans l'abîme ». (Saint Matthieu 5, 29, 30). Quoique ce ne soit après tout que ce que pratiquent chaque jour le commun des hommes pour la conservation de leur santé et de leur vie temporelle, un pareil sacrifice paraît une folie aux yeux du monde, lorsqu'il s'agit de l'âme et de la vie éternelle. Il était donc nécessaire qu'il y eût toujours au sein de l'Eglise non-seulement des individus obscurs et ignorés, mais encore des réunions plus ou moins nombreuses de fidèles assez fervents, pour protester contre l'aveuglement général par la profession publique d'une guerre ouverte de l'esprit contre la chair. C'est ainsi que les ordres religieux sont devenus le sel de la terre, qu'ils ont perpétué l'esprit de l'Evangile dans toute sa pureté et qu'ils montrent encore au monde étonné à quelle innocence, à quelle perfection l'homme peut prétendre et parvenir ici-bas, malgré la corruption et la faiblesse de sa nature. Sans doute, ce n'est pas uniquement à l'ombre des monastères que les vertus éminentes peuvent éclore, et que la doctrine céleste des conseils évangéliques s'est conservée intacte. Mais les exemples isolés et disséminés ont une action toujours moins efficace, que ceux donnés par une société de chrétiens unis par les liens de la charité, et que l'Eglise semble placer sur le chandelier comme des phares destinés à guider notre course vers le port de la bienheureuse éternité.

II. L'une des plus grossières erreurs et peut-être des plus communes qui ait cours parmi les gens du monde au sujet de la vie religieuse, c'est de se persuader qu'elle est à peu près uniquement l'asile des âmes tristes, fatiguées, mécontentes de leur condition, incapables de tenir la place que les circonstances leur ont faite au sein de la société, consumées par les désenchantements ou brisées par la douleur. On se figure que les monastères sont, les invalides du monde moral. Quelquefois, il est vrai, des cœurs meurtris dans les combats de la vie et du siècle ont été chercher dans la retraite d'un monastère des remèdes à leurs maux; mais ils n'y ont trouvé la paix qu'à la condition de nouveaux combats. Il n'est pas d'état qui demande plus d'énergie, de courage et de ténacité. Comment, en effet, en concilier les devoirs avec l'indolence, la paresse, le laisser-aller ? Une condition où à chaque instant il faut faire violence à tous les penchants de la nature ; où l'abnégation la plus complète de soi-même, de sa volonté et même de son propre jugement, devient une loi rigoureuse ; où les sens doivent être constamment sacrifiés; où la santé et la vie même ne doivent pas être épargnés si les circonstances le demandent : une telle condition ne peut être embrassée que par des cœurs grands et héroïques, et en général par des âmes encore neuves ; c'est-à-dire, à cet âge où l'homme n'ayant pas encore été abâtardi par le souffle corrompu du monde est en possession de toute sa force ; où il sent bouillir dans ses veines les élans les plus nobles et les plus généreux ; où enfin il éprouve le besoin de se dévouer pour autrui. Voilà pourquoi la vocation religieuse est si souvent le partage de l'élite de la société : une éducation élevée et chrétienne, une grande droiture de vues montrent bientôt le mensonge perpétuel de la vie du siècle, l'injustice presque toujours triomphante et la vanité des choses humaines ; alors on dit facilement adieu aux trompeuses chimères des richesses, des honneurs, des plaisirs et d'un glorieux avenir ici bas, pour embrasser par un choix libre, spontané et volontaire, la pauvreté, la chasteté et l'obéissance. L'homme qui a la conscience de sa dignité ambitionne les grands sacrifices ; et alors, ou il se dévoue à Dieu et à ses frères, dans la vie religieuse, ou il prend les armes pour se dévouer à sa patrie. Deux milices qui demandent le même don de soi ; c'est-à-dire, l'obéissance aveugle à la discipline la plus minutieuse, le renoncement à la satisfaction des sens, et souvent le sacrifice de son sang et de sa vie. Faut-il donc s'étonner si quelquefois les religieux se laissèrent entraîner à prendre les armes pour défendre de saintes causes ; et surtout, si plus souvent encore le soldat quitte l'épée pour revêtir le froc ?

Toutefois, tous les cœurs ne sont pas aussi vigoureusement trempés, lorsqu'ils franchissent pour la première fois le seuil du monastère. Mais, bientôt soumis à cette gymnastique spirituelle de la discipline religieuse, qui sait développer les forces de l'âme, on voit les caractères s'affermir, l'énergie prendre de jour en jour plus d'essor, les efforts se multiplier, et le novice devenir un vrai soldat de Jésus-Christ ; de même que sous le régime de la discipline militaire vous êtes tout surpris de trouver un vaillant guerrier à la place de ce conscrit que vous aviez estimé d'abord timide et grossier. C'est là le second service que rendent à l'Église les institutions monastiques : elles lui forment ses plus courageux et ses plus dévoués athlètes.

III. Grâce à la miséricorde infinie du Réparateur de l'humanité, les liens qui unissaient le ciel à la terre, et que le péché du premier père avaient rompus, ayant été rétablis, la prière fut l'un des plus puissants moyens donnés à la société chrétienne, pour renouer ces liens sacrés, et pour entrer de nouveau en communication avec la Divinité. Aussi, depuis le jour où les apôtres abandonnèrent aux diacres le soin de distribuer les aumônes, estimant, contrairement aux jugements du monde, que la prière et la prédication étaient des fonctions plus importantes qu'ils devaient spécialement se réserver, la sainte Eglise a toujours regardé la prière comme l'un de ses devoirs les plus graves, et l'une de ses ressources les plus assurées. C'est cet auguste ministère qui, en lui donnant une puissance irrésistible et divine, et en lui imprimant un cachet angélique et céleste, la rend si vénérable aux yeux de ses enfants. Ce ministère sublime de l'intercession frappa si vivement les fondateurs d'ordre, que quelques-uns crurent ne pouvoir mieux employer le temps de leurs religieux, qu'en le consacrant presque uniquement à ce saint exercice ; et que tous, du moins, placèrent la prière au premier rang des services que la vie religieuse pouvait rendre à la société chrétienne. De là, ces longs offices qu'ils chantaient solennellement en chœur, et dont le bréviaire, que récitent chaque jour les prêtres, n'est qu'un court abrégé, comme l'indique le nom même de ce livre mis entre leurs mains ; de là, ces veilles prolongées au milieu des nuits. Qui pourrait faire connaître au monde ces torrents de prières, dont les flots sans cesse renaissants s'élèvent nuit et jour, de tous les points du globe, jusqu'au trône des miséricordes, pour remplir les vides laissés par ceux qui ne prient pas, et pour suppléer à l'infirmité de ceux qui prient mal ? Qui pourrait dire surtout les fléaux et les châtiments arrêtés dans la main de Dieu, et les grâces sans nombre descendues sur la terre par la vertu de ces légions de religieux prosternés et suppliants ? Les hommes estiment davantage le ministère de Marthe, l'Eglise avec Jésus-Christ donne la préférence à celui de Marie, et c'est ce qui la rend si reconnaissante pour les prières des religieux qui attirent la rosée des bénédictions divines sur ses innombrables travaux.

Mais les institutions monastiques ne se bornaient pas à ce seul ordre de bienfaits. Elles savaient aussi pratiquer la charité active : ce sont elles qui, dans les siècles de tyrannie, se sont chargées de protéger l'innocence et le malheur contre l'oppression et l'injustice avec une sainte liberté et un indomptable courage ; depuis Saint Benoît qui ne craint pas de résister à Totila. jusqu'à ses moines qui soutenaient par leur énergie les chrétiens obligés de lutter contre les abus du régime féodal ; car, alors, l'impiété n'allait pas encore jusqu'à se rire de la malédiction de Dieu et de celle des hommes consacrés au service des autels. Jamais l'aumône ne fut répandue avec plus de libéralité ni d'intelligence que par les moines : n'avaient-ils pas parmi leurs dignitaires les infirmiers des pauvres ? Qui a jamais offert une aussi généreuse et aussi continuelle hospitalité à la foule indigente, témoin entre autres les religieux du Saint-Bernard ? En temps de guerre, leur monastère n'était-il pas l'abri et la sauvegarde des vaincus ? Personne mieux que les institutions monastiques n'a compris l'esprit de charité, et n'a plus mérité de l'Eglise par sa tendresse pour les faibles et pour les pauvres.

Toujours les ordres religieux ont été les défenseurs les plus intrépides de l'Eglise, et lui ont fourni ses plus illustres pontifes ; toujours le clergé régulier l'a emporté en science, en sainteté, en courage et en dévouement, sur le clergé séculier ; car il avait sur ce dernier l'inappréciable avantage de la retraite, du silence, de la discipline et de la vie commune. C'est de ses rangs que sont toujours sortis et que sortent encore les missionnaires les plus ardents aux fatigues, aux dangers de toute espèce et même au martyre, pour répandre l'Evangile sur les plages les plus lointaines, les plus barbares, les plus inaccessibles. Ils n'ont jamais cessé d'être pour l'Eglise une réserve d'élite, prête à marcher et à se dévouer au premier signal, au premier cri d'alarme.

On dit qu'un jour le plus grand général des temps modernes, et en même temps le plus intelligent législateur de notre siècle, étant parvenu au faîte du pouvoir, fit appeler la supérieure générale des sœurs de charité, et lui parla du projet qu'il avait formé de simplifier l'organisation religieuse, en réunissant en un seul ordre et sous une seule règle cette variété infinie de congrégations et d'institutions monastiques : « Alors, Sire, répliqua la sœur avec finesse. Votre Majesté réduira pour la même raison tous les corps de son armée à une même arme ! » C'est assez dire pourquoi cette diversité d'instituts religieux au sein de l'unité. Pourquoi les uns se consacrent au ministère sacerdotal des âmes, tandis que les autres armés en chevaliers soutiennent le choc des hordes musulmanes prêtes à envahir l'Occident. Pourquoi ceux-ci vont briser les chaînes des captifs, ceux-là veillent au chevet des malades, et d'autres instruisent les ignorants. Ne fallait-il pas que chacune des misères humaines eût ici-bas, par la miséricorde infinie de Dieu, sa consolation et les remèdes particuliers qu'elle réclame ?

Conçoit-on qu'après tant de dévouement et de services rendus, on ne puisse trouver autre chose à alléguer en faveur des institutions monastiques, pour leur faire trouver grâce aux yeux des hommes de nos jours, que les travaux inouïs auxquels ils se sont livrés pour le défrichement des forêts, la mise en culture des landes et des déserts ; pour la transcription et la conservation d'une multitude prodigieuse de monuments historiques et littéraires ? On veut bien encore leur tenir compte de leur érudition merveilleuse, et de ces ouvrages d'une effrayante étendue, que plusieurs générations de moines, animés d'un même esprit, pouvaient seuls entreprendre et conduire heureusement à leur terme. On devrait, surtout dans notre siècle plus que dans tout autre, admirer leur culte désintéressé de la science. On ne peut pas non plus se refuser de convenir que, sans esclaves et sans pressurer les peuples, comme le firent les Egyptiens et les Romains, que sans avoir jamais rien pris à personne, mais avec la seule ressource de l'aumône, de leur patience et de leur constance inépuisables, ils ont couvert le monde d'édifices gigantesques dont le goût exquis le dispute à la solidité et à la durée. Tous ces services, pourtant, n'étaient pour ces prétendus fainéants que l'accessoire de ces travaux d'une bien autre portée, qui les ont rendus les auxiliaires les plus utiles à l'Eglise, et que nous avons placés en première ligne, puisqu'ils avaient pour but la réhabilitation de l'humanité, la restauration de l'âme, en lui rendant sa première dignité, c'est-à-dire, son empire absolu sur la chair et les sens.

 

Élévation sur l'action de l'église sur la société au moyen des institutions monastiques

 

I. Vous aviez dit, Seigneur : « Si vous voulez être parfait, allez, vendez ce que vous possédez, et donnez-le aux pauvres ; vous aurez alors un trésor dans le ciel; puis, venez et suivez-moi ». (Saint Matthieu 19, 21). Vous aviez conseillé ailleurs la sainte virginité, en faisant entendre que ceux-là seuls en comprennent l'excellence et ont le courage de la pratiquer, auxquels Dieu en fait la grâce. Votre apôtre, à son tour, déclare que la virginité n'est pas un précepte, mais qu'en la conseillant il croit être animé de votre esprit. (1 Corinthiens 7, 25, 40.) C'est sur ces principes divins que vous avez fondé l'état religieux ; et pour engager les chrétiens fervents et généreux à embrasser cette voie de la perfection, vous avez promis à « tous ceux qui quitteraient leur maison, ou leurs frères ou leurs sœurs, ou leur père ou leur mère, ou leur femme ou leurs enfants, ou leurs propriétés, par amour pour vous, pour se consacrer plus entièrement à votre service, qu'ils recevraient le centuple et auraient la vie éternelle ». (Saint Matthieu 19, 29.) Détacher l'âme de tout ce qui est matériel, briser même les liens que la nature a formés, pour donner la préférence au bien suprême, pour s'attacher uniquement à vous, ô mon Dieu, et n'aimer que vous, n'était-ce pas le moyen le plus efficace de rappeler l'homme à sa dignité primitive ? N'avez-vous pas le droit de demander à vos créatures toutes leurs affections à l'exclusion de tout autre, puisque vous avez même celui de leur demander le sacrifice de leur propre vie ? Vous n'avez voulu, ô divin Sauveur, au nombre de vos serviteurs d'élite, que des âmes généreuses, détachées de toutes les choses de la terre et prêtes à tous les sacrifices; des âmes dont la seule ambition fût de marcher sur vos traces avec autant de fidélité que le permet la faiblesse humaine, de souffrir et de mourir pour vous. Qui donc aurait le droit de le trouver mauvais ? L'apôtre Saint Jean nous a révélé les trois principes du mal et de la perdition : l'amour des richesses, l'amour des plaisirs et l'orgueil. A votre tour, vous nous faites connaître les trois vertus destinées à leur servir d'antidote : la pauvreté, la chasteté et l'humilité. La pratique de ces vertus portées à un degré de perfection héroïque, voilà ce que vous demandez à ceux qui veulent se consacrer particulièrement à votre divin service dans la vie religieuse, et voilà aussi ce qui fera de ces hommes déjà assez courageux pour marcher sous un pareil drapeau, les plus vaillants soldats et les plus intrépides défenseurs de votre sainte Eglise.

II. Que votre sagesse est profonde et mystérieuse, ô mon Dieu, et combien elle se plaît à humilier la sagesse humaine en lui donnant à chaque pas les plus désespérants démentis ! Je ne m'étonne plus d'entendre votre grand apôtre s'écrier : « Ce ne sont pas les sages selon la chair, ni les puissants, ni les grands du siècle, que Dieu a appelés à la foi, mais ceux qui étaient réputés insensés, afin de confondre les sages ; il a choisi de préférence les faibles pour être ses disciples, afin de confondre les forts ; et ceux qui étaient un objet de mépris, afin d'humilier ceux qui croient être quelque chose ». (1 Corinthiens 1, 26 et ss). Et votre mort cruelle, ô divin Jésus, n'a-t-elle pas été la preuve la plus éclatante de cette sublime doctrine ? En vous ôtant la vie, vos ennemis croyaient éteindre en vous la lumière céleste de la vérité, qui démasquait leurs vices ; ils pensaient anéantir votre puissance en l'étouffant dans votre sang, et faire cesser les miracles qui affaiblissaient leur autorité ; ils étaient convaincus que les opprobres et les humiliations qu'ils vous faisaient subir seraient la ruine de votre nom, de votre doctrine et de vos œuvres; et voilà que par un prodige qui déconcerte tous les calculs de leur prudence et de leur sagesse, c'est précisément votre mort qui rend la vie à l'humanité mourante, qui met le dernier sceau à vos célestes enseignements, et en fait la lumière du monde ; c'est elle qui devient la cause de votre résurrection, le plus grand de tous vos miracles; et votre ignominieuse passion est pour vous la source d'une gloire éternelle. Après cela, comment être surpris que ceux qui veulent marcher à votre suite emploient également les moyens les plus opposés à la sagesse humaine, pour parvenir à l'héroïsme de la vertu ? Comment s'étonner de voir des hommes vendre leurs biens, les distribuer aux pauvres, pour s'enrichir; renoncer aux affections les plus légitimes, pour satisfaire plus complètement le besoin qu'ils ont d'aimer ; se soumettre au joug de l'obéissance la plus minutieuse, pour conquérir la vraie liberté et la fécondité d'action ; s'étudier avec persévérance à apaiser tous les élans de la nature, pour brûler d'un zèle plus ardent et plus pur ; se refuser tous les plaisirs du monde, accabler leur corps sous le poids des austérités et du travail, pour établir dans leur âme la joie la plus parfaite et la plus durable ; trouver la grandeur d'âme au sein des humiliations, et la force morale en s'isolant de tous les secours humains ; enfin, jouir de la paix la plus profonde au milieu d'une guerre à outrance et des combats les plus rudes et les plus multipliés ? C'est bien là, en effet, « la folie de la croix aux yeux de ceux qui marchent dans la voie de la perdition ; mais « pour ceux qui aspirent au salut, c'est l'esprit de Dieu ». (1 Corinthiens 1, 48). Et que peut-il y avoir de plus sage et de plus raisonnable que le sacrifice de tout ce qui passe en faveur de ce qui est éternel, que de dompter ses passions pour ne pas en devenir le jouet et l'esclave ? D'être quelques jours le dernier sur cette terre ingrate et trompeuse, à la condition d'être exalté et glorifié à jamais dans le royaume des cieux? en un mot, de préférer la réalité à l'illusion, la vérité au mensonge ? Oh ! Qu'ils sont heureux, Seigneur, ceux qui ferment l'oreille aux révélations hypocrites de la chair et du sang, et qui n'ouvrent les yeux qu'aux clartés divines de la foi !

III. Oui, dès ce monde, Seigneur, vous voulez confondre les impostures de la sagesse du siècle ! Le bonheur, ce don si rare et si désiré ici-bas, où le trouverons-nous ? Pour qu'on puisse lui donner ce nom, il faut qu'il soit profond et durable, à l'abri de l'inconstance de la fortune et des vicissitudes humaines ; il faut surtout, pour sauvegarder votre justice, qu'il soit à la portée de tous, et qu'il dépende uniquement de la volonté de chacun. Or, si je prête l'oreille, je n'entends s'élever de toute part que des plaintes et des gémissements. Je ne connais qu'un seul état où règne le bonheur le plus parfait qui puisse exister sur la terre, parce qu'il réunit, autant que le comporte la condition humaine, toutes les conditions et les qualités que nous venons de signaler : c'est l'état religieux. Au sein de cette vie qui paraît si triste, si monotone et si austère, particulièrement à ceux qui ferment les yeux aux lumières de la foi, toujours, Seigneur, vous avez daigné répandre, dans les cœurs qui se sont dévoués sincèrement à votre service, la joie et la félicité à un degré inconnu au reste des hommes. Le témoignage unanime et constant de vos fidèles serviteurs ne doit-il pas trouver plus de créance auprès de nous, que les déclamations amères de ceux qui, sans avoir jamais bien su ce qu'étaient les monastères, les ont qualifiés de prisons ? Il faudrait, pour se convaincre davantage de l'excellence et de l'étendue de ce bonheur réservé à la vie religieuse, lire les écrits que nous ont laissés les Pères, les docteurs, les historiens monastiques ; mais outre cette suavité délicieuse et surnaturelle que vous accordez, ô mon Dieu, comme un avant-goût de la céleste félicité, aux âmes qui vous ont choisi pour leur unique partage, vous leur faites goûter ce charme et cette paix que vous avez attachés au témoignage de la bonne conscience et aux victoires remportées sur les passions. A l'abri des agitations du monde, des troubles et des inquiétudes qui sont le cortège obligé de l'ambition et de l'intérêt, le Religieux vit insouciant des besoins de la vie matérielle et domestique, et réserve toute son activité pour l'appliquer sans partage aux œuvres qui lui sont confiées. Quelle que soit la nature de celles-ci, peu lui importe, parce qu'elles sont dans l'ordre de l'obéissance et surnaturalisées par la prière. Il est privé des spectacles bruyants du siècle ; mais il a ceux de la nature, il les admire et en jouit comme d'un reflet de la beauté divine ; son cœur se dilate en les contemplant, et le recueillement qui entoure son existence lui permet d'entendre les concerts de louanges que toutes les créatures célèbrent à la gloire de leur auteur. Dieu sait trop bien que l'amour est la loi du cœur, pour la flétrir dans l'âme de ceux qui, afin de se donner à lui, ont brisé tous les liens des plus tendres affections: la religion discipline les passions et les purifie sans les anéantir, ni même les amoindrir. Aussi, faut-il aller dans les monastères pour y apprendre, avec la science du vrai bonheur, celle d'aimer saintement, fortement et fidèlement ; parce que les Religieux, surtout, aiment Dieu, et qu'ils aiment les hommes en lui, de cet amour qui est fort comme la mort. Ce sentiment sublime qui, de sa nature, tend comme le feu à se dilater et à tout embraser de ses divines ardeurs, est le foyer du bonheur personnel de ces hommes de Dieu, et devient aussi le germe fécond des bienfaits sans nombre qu'ils ne cessent de répandre autour d'eux. Leurs portes et leurs cœurs sont ouverts à toutes les infortunes; ils ont des consolations et des remèdes pour toutes les peines de la vie. Aussi jamais institution ne fut plus populaire, c'est-à-dire plus goûtée et plus aimée par les classes inférieures et indigentes, dont elle est la providence. Comment les Religieux ne seraient-ils pas aimés, eux qui aiment si bien ! Le bonheur d'être utiles à leurs semblables, s'ajoutant à celui qu'ils goûtent déjà derrière les murs de leur cloître, supprime, pour ainsi dire, chez eux les tristes années de leur vieillesse, en donnant à leur cœur une jeunesse perpétuelle ; car l'amour est la vie du cœur, et ils aiment Dieu et leurs frères jusqu'au dernier soupir. Telles sont, ô divin Maître, les célestes douceurs dont vous inondez ces prétendues victimes sur lesquelles le monde ne s'apitoie que pour miner et renverser, s'il le pouvait, l'état religieux, l'un des plus sûrs boulevards de votre église. Ah ! Si ce genre de vie est une source intarissable de tristesse, de chagrins et de regrets amers, comment verrait-on toujours la sérénité, l'affabilité et la joie empreintes d'autant plus profondément sur les traits de ceux qui l'ont embrassé, que leur vie est plus austère et qu'ils sont plus fidèles à en remplir les devoirs ? Comment se ferait-il que, quoique voués à la sainte chasteté, les ordres religieux se multipliassent avec une merveilleuse fécondité ; et qu'il ne fallût rien moins pour les disperser, qu'une autorité jalouse et ombrageuse qui ose porter une main sacrilège sur leurs modestes demeures, et sur les aumônes pieuses dont l'administration leur est confiée ? D'où vient que, lorsque l'impiété va jusqu'à violer ces sanctuaires et à ouvrir par la violence les portes de ces soi-disant prisons, il faille employer la force brutale pour en arracher ceux qui les habitent ? Ah ! Seigneur, nous devons le dire et nous l'avouons avec douleur : oui, parmi ces légions innombrables de fidèles disciples, il s'en est trouvé quelques-uns qui ont été prévaricateurs, qui ont renoncé à l'honneur d'être pauvres, mortifiés et humbles avec vous , pour retourner lâchement aux richesses, à la volupté et à l'orgueil de la vie, auxquels ils avaient d'abord généreusement renoncé. Mais la trahison de Judas ne fit pas des traîtres de tout le reste des apôtres, et celle de Luther ne saurait affaiblir l'éclat du zèle de Xavier, ni celui de la charité de Vincent de Paul. Laissons à Cham son impudence et ses railleries insolentes : pour nous, ô mon Dieu, nous nous joindrons aux autres fils bénis de Noë pour couvrir du manteau de la décence et du respect les souillures dont votre Eglise est innocente, et nous dirons à ceux qui ne savent pas faire la part de l'infirmité humaine : Que celui qui est sans péché jette la première pierre à ces institutions fondées par l'esprit de Dieu et célébrées par la reconnaissance des faibles, des petits, des pauvres et des malheureux !

306_001

Conclusion du Mois de Saint Pierre

 

Nous pensons qu'il ne sera pas inutile de faire suivre les méditations et les élévations que nous avons développées, d'un sommaire qui fasse mieux saisir l'ensemble du plan divin qui a présidé à l'établissement de l'Eglise, et qui fasse mieux comprendre comment les différents principes sur lesquels l'Eglise de JésusChrist est fondée se lient aux moyens qu'elle emploie pour accomplir sa mission. Les numéros correspondent à chaque méditation et élévation.

I. L'Église universelle renferme le monde entier des esprits ; elle ne se borne pas à la terre, elle renferme encore le Ciel et le Purgatoire.

II. Le ciel, c'est le trône suprême de Dieu le Père, la résidence glorieuse du Fils, le temple spécial de l'Esprit-Saint ; la demeure de Marie, des anges, des saints de tout âge, de tout sexe et de toute condition. C'est le centre d'où rayonne sur l'Eglise universelle tous les secours célestes et toute la félicité, dont Dieu est la source unique. Le ciel est en même temps le centre où convergent tous les vœux, toutes les espérances et toutes les louanges.

III. Le Purgatoire est le lieu d'expiation pour les âmes qui sont encore souillées de quelques fautes légères, ou qui n'ont pas encore acquitté toutes leurs dettes envers la justice divine. Toutefois, l'Eglise militante est la pierre angulaire, qui touche d'une part au ciel par les grâces qu'elle reçoit de l'intercession des saints qui jouissent de la gloire éternelle ; et qui, d'autre part, communique avec le purgatoire, en soulageant par ses suffrages, par le saint sacrifice de la messe et par le trésor des indulgences, les âmes soumises à l'expiation. Le sang de Jésus-Christ, par l'application duquel l'Eglise de la terre reçoit des secours du ciel, et vient en aide elle-même au purgatoire, est comme le ciment qui unit ces trois demeures pour n'en faire qu'un seul édifice, l'Église universelle.

IV. L'Eglise de la terre ou l'Eglise militante est la société éprouvée ici-bas, le berceau des âmes. Le ciel y trouve des élus : donc le ciel suppose l'existence de l'Eglise de la terre, puisque c'est dans ce lieu d'épreuve qu'il recrute ceux auxquels il sert de récompense. Le purgatoire suppose à son tour, d'abord, l'existence de l'Eglise militante, et ses fragilités qu'il fait expier ; et ensuite l'Eglise triomphante, à laquelle il rend les âmes, renouvelées et purifiées. Mais toute société doit être régie par des lois et par un gouvernement. Dieu, qui est l'ordre par essence, après avoir créé l'admirable harmonie qui règne dans le ciel et dans le purgatoire, et qui les unit entre eux, devait nécessairement ne pas abandonner la terre au hasard, et y établir des lois : d'abord, pour régler la société qui l'habite, et ensuite pour la mettre en rapport avec l'Eglise du ciel et avec celle du purgatoire, qui ne forment avec l'Eglise de la terre qu'un seul et même corps : il devait y établir un gouvernement pour la diriger et pour veiller à l'exécution de ces lois ; et il l'a fait en établissant son Eglise. Ce gouvernement devait être naturellement tout à la fois temporel et spirituel, pour répondre à l'organisation humaine, qui est tout ensemble corps et esprit. Il fallait, en effet, que ce gouvernement pût atteindre des êtres qui n'ont de perception que par les sens, et qu'il élevât par ce moyen leur esprit jusqu'à l'ordre surnaturel.

V. Or, comme un gouvernement n'est établi que pour assurer le maintien de l'ordre, il s'en suit qu'il doit nécessairement avoir une influence efficace sur tous les actes de ceux qui lui sont soumis, d'autant plus qu'aucun de ces actes ne saurait être indifférent à cet ordre et à la fin que Dieu se propose.

VI. Au reste, les faits historiques viennent à l'appui de ces indications de la simple raison. L'Eglise, c'est-à-dire une société régie par des lois et par un gouvernement spirituels, a existé dès l'origine du monde et de la société, et elle a pris des normes diverses et successives jusqu'à l'époque fixée dans les desseins de Dieu, pour la restauration de l'humanité par la rédemption divine. Dès lors, son organisation a été complète, définitive et immuable.

VII. Ces faits providentiels étaient les préambules, la figure, la préparation et comme l'ébauche de l'Église que devait établir Jésus-Christ.

VIII. Aussi, Dieu a-t-il réglé et disposé dans le monde tous les événements de manière à préparer les esprits à l'avènement du Messie, à l'établissement de l'Eglise et à la propagation de l'Evangile.

IX. Ensuite, suivant toujours une marche progressive, Dieu fait prédire positivement l'institution et l'établissement de l'Eglise.

X. Puis, il marque d'un sceau frappant et facile à reconnaître de tous celui qui doit en être le fondateur ; il réalise, pour le manifester, tout ce qui a été promis, figuré et prédit à son sujet.

XI. Enfin, après tous ces préparatifs, le Fondateur de l'Eglise apparaît au monde, et établit d'abord les premiers rudiments de l'Eglise qu'il voulait fonder, dans des conditions diamétralement opposées à la sagesse humaine.

XII. Jésus-Christ emploie toute sa vie à préparer les éléments de son Eglise : il commence par annoncer sa doctrine en la pratiquant lui-même le premier; il la prêche ensuite et l'enseigne à ceux auxquels il veut en confier plus lard la prédication, et les forme à ce ministère sacré. Mais comme il ne suffisait pas de faire connaître la vérité aux hommes, s'ils restaient trop faibles pour la pratiquer, il institue des moyens par lesquels tous pourraient obtenir la force de faire passer sa doctrine dans leurs œuvres.

XIII. Il couronne enfin ses travaux par l'établissement définitif de son Eglise, à laquelle il confère des pouvoirs divins et donne définitivement un chef, afin d'assurer l'accomplissement de la mission qu'il lui confie, c'est-à-dire afin qu'elle puisse continuer jusqu'à la consommation des siècles l'œuvre de régénération qu'il a commencée.

XIV. Il veut qu'un prodige éclatant serve à publier solennellement en face de l'univers entier l'installation de l'Eglise ; et le Saint-Esprit descend en forme de langues de feu sur les apôtres le jour de la Pentecôte.

XV. Théorie divine de la manière dont Jésus Christ lui-même et le Saint-Esprit continuent à entretenir la vie dans la société chrétienne par l'entremise de l'Eglise.

XVI. Moyens principaux que Jésus-Christ a établis et confiés à son Eglise pour que cette vie divine découle du chef, qui n'est autre que lui-même, dans les membres, c'est-à-dire dans chacun des fidèles. Le premier de ces moyens est l'enseignement de sa doctrine, dont il n'a laissé le dépôt qu'à son Eglise. Cette doctrine divine renferme : 1° des dogmes, ou principes qui servent de base à toute la religion chrétienne ; 2° des mystères, qui ne sont autre chose que les dogmes et la morale chrétienne mis, en quelque sorte, en action dans les faits les plus saillants de la vie du Sauveur ; 3° la morale, ou les règles pratiques de toutes les vertus.

XVII. Mais, afin que cette doctrine admirable pût devenir pour l'Eglise une base inébranlable, sur laquelle elle pût reposer avec assurance jusqu'à la fin des temps, il fallait qu'elle fût immuable comme l'œuvre de réparation que Jésus-Christ venait établir avec l'aide de l'Eglise.

XVIII. Il fallait, par conséquent, que l'Eglise fût dotée du privilège divin de l'infaillibilité dans ses décisions doctrinales ; sans cette prérogative, en effet, jamais elle n'aurait pu conserver intact et pur le dépôt sacré de la vérité qui lui était confié.

XIX. La doctrine et les moyens de salut dont l'Eglise est dépositaire étant immuables, ils devaient être toujours les mêmes qu'aux temps apostoliques : l'Eglise devait donc être apostolique.

XX. L'indispensable nécessité de l'unité de sa doctrine découle nécessairement de son immutabilité; et l'Eglise devait aussi posséder l'unité de ministère et de gouvernement, car un corps ne peut avoir deux têtes : donc l'Eglise devait être une.

XXI. Comme l'Eglise a été fondée par Jésus Christ, le Saint des saints ; que ses premiers apôtres ont été des saints; qu'elle a été instituée pour la sanctification des hommes; que sa doctrine, ses mystères, sa morale et les moyens qu'elle emploie pour accomplir sa mission, sont marqués au sceau de la sainteté ; qu'elle a formé des saints dans tous les siècles, et que seule elle possède les principes et les moyens indispensables pour conduire les hommes à la sainteté : il s'en suit que la sainteté est un de ses attributs les plus éminents.

XXII. La persécution sera encore l'un des caractères essentiels et divins de l'Eglise, parce que la nature de son œuvre est de combattre sans cesse l'erreur et les passions humaines qui, à leur tour, conspirent et luttent sans cesse contre elle.

XXIII. Enfin, elle est catholique, puisque, répandue sur tous les points du globe, elle est revêtue partout des mêmes propriétés et des mêmes prérogatives ; et qu'elle est destinée à conduire tous les hommes à Dieu, leur dernière fin.

XXIV. L'Eglise romaine réunit seule tous ces caractères divins.

XXV. Outre le dépôt de la doctrine divine et immuable que Jésus-Christ a confié à son Eglise, comme un moyen de régénérer l'humanité et d'y entretenir la vie, deux autres sources intarissables de restauration et de perpétuité lui ont été laissées encore par son céleste Fondateur pour la seconder dans sa sublime mission: d'abord, le sacerdoce, que le Sauveur a revêtu de la magistrature nécessaire pour le gouvernement de la nouvelle société chrétienne; et qu'il a chargé exclusivement de la garde de la législation et de la doctrine évangéliques.

XXVI. En confiant au sacerdoce le gouvernement des âmes et la législation renfermée dans l'Evangile, Jésus-Christ l'a établi le juge des consciences, et lui a donné, pour compléter les pouvoirs nécessaires à l'exercice de ces fonctions, la faculté de lier et de délier, c'est-à-dire, de refuser le pardon et d'absoudre.

XXVII. Par la parole divine, le sacerdoce éclairait les intelligences, il purifiait les cœurs et leur rendait la vie par le sacrement de la réconciliation ; il lui fallait encore un puissant auxiliaire, pour désinfecter, si je puis m'exprimer ainsi, les âmes corrompues par le péché d'origine, pour y entretenir cette vie divine et pour les unir intimement à Dieu. C'est l'Eucharistie que Notre-Seigneur a instituée pour atteindre ce triple but, et qui opère tous ces prodiges entre les mains des prêtres de la nouvelle loi, par l'auguste sacrifice des autels et par la sainte communion.

XXVIII. A la doctrine évangélique et au sacerdoce, confiés à l'Eglise pour rendre son action plus efficace sur l'humanité, le Sauveur a joint le sacrement de mariage ; et c'est ainsi qu'après avoir tracé lui-même les lois de ce saint état, il y a attaché des faveurs et des secours surnaturels destinés à régénérer la famille en la sanctifiant jusque dans sa source.

XXIX. De tous ces moyens d'action résulta le culte extérieur et public. Celui-ci, tout en étant la manifestation naturelle du culte intérieur, devenait entre les mains de l'Eglise un moyen puissant d'exercer sa salutaire influence sur les âmes, pour les éclairer, les toucher et les attirer à la pratique des vertus. D'ailleurs, la nature de l'homme, composé d'un corps et d'une âme, réclamait ce double culte. Tous deux devaient à Dieu leurs hommages pour le bienfait de la création, tous deux avaient besoin de la grâce de la régénération, puisque c'était pour atteindre ce double but que le Verbe s'était incarné.

XXX. La loi nouvelle, destinée à la restauration du genre humain, avait pour principe fondamental l'amour de Dieu et l'amour du prochain par rapport à Dieu. Or, l'Eglise seule ayant reçu le dépôt de cette loi céleste, et possédant seule l'Eucharistie ou la source intarissable de l'amour divin, pouvait donc seule aussi exercer les œuvres inspirées par la charité, et en posséder le monopole ; c'est-à-dire, qu'il n'appartenait qu'à elle de convertir une œuvre de bienfaisance purement naturelle et humaine, en un acte surnaturel de charité, et qu'il n'y avait qu'elle qui pût se dévouer perpétuellement,en tout temps, en tout lieu, pour tous sans exception, avec le désintéressement le plus complet, sous l'inspiration de l'amour divin devenu le mobile dominant de tous ses actes. C'est avec ce levier puissant de la charité chrétienne, dont elle seule a reçu le don précieux, qu'elle agit avec tant de force et de douceur sur l'univers entier, et qu'elle gagne tous les cœurs.

XXXI. Enfin, l'Eglise a su former dans son sein des institutions spéciales, où la pureté de sa doctrine et de sa morale, où la perfection évangélique se conservent intactes, comme dans un sanctuaire impénétrable à la corruption du siècle. Ces institutions précieuses renferment l'élite de ses enfants, et sont encore pour l'exercice de son importante mission une ressource incomparable. Là, elle montre au monde étonné les triomphes héroïques que l'esprit peut remporter sur la chair, avec le secours de la grâce ; là, sa charité trouve les auxiliaires les plus intelligents et les plus dévoués pour répandre ses bienfaits ; et c'est encore dans ces espèces de forts détachés, que l'on appelle monastères, qu'elle est sûre de rencontrer, au moment de l'épreuve et des combats, les hommes les plus fortement trempés et les plus vaillants défenseurs : les institutions monastiques sont donc devenues entre ses mains un moyen d'action des plus puissants.

 

Conclusion

 

Telle est l'Église, cette société chrétienne dont la nature et le plan général sont si peu connus. Ses fondements divins se trouvent au premier âge du monde ; ses formes anciennes et successives n'étaient qu'une préparation à sa forme actuelle et définitive, qui est l'œuvre du Verbe fait chair ; sa mission réparatrice lui a été donnée par Jésus-Christ lui-même, et ne finira qu'avec les siècles. Enfin, les moyens d'action qu'elle a reçus pour travailler à la restauration de l'humanité tout entière, auront toujours la même efficacité, parce que leur source vient de Dieu, dont la Toute-Puissance n'a pas de borne et qui, par conséquent, ne saura jamais rencontrer d'obstacle invincible.

L'Eglise n'est donc pas l'œuvre des hommes : une œuvre précaire, sujette au changement selon le caprice de l'humanité, selon le génie des nations, selon les différents esprits qui animent les peuples arrivés à tel ou tel degré de civilisation. Faite de toutes pièces par Jésus-Christ lui-même, dont toutes les œuvres sont parfaites dès le premier jet, parce qu'étant Dieu il sait tout et prévoit tout, elle n'a pas à suivre, comme les institutions humaines, les diverses phases et les divers degrés du progrès : elle n'aura donc jamais rien à changer, et elle n'a même pas le pouvoir de rien changer au plan divin de son Fondateur, ni aux principaux moyens d'action qui ont été placés entre ses mains, non comme une propriété, mais comme un dépôt inviolable. Elle restera immuable jusqu'à la fin des temps, et l'humanité devra se plier à ses lois, si elle tient à se régénérer et à reconquérir sa dignité originelle ; si elle refuse de se soumettre à ce joug si doux, elle retombera infailliblement dans la barbarie, victime de son orgueil et de ses passions déchaînées. Jésus-Christ étant Dieu, la lumière et le Sauveur du monde, il n'appartenait qu'à lui seul ici-bas de régler sans contrôle et d'imposer d'une manière absolue les conditions auxquelles il entendait restituer au genre humain ses titres de noblesse et lui accorder la félicité éternelle. Il a chargé l'Eglise de faire connaître aux hommes ses volontés, et de les aider à les accomplir ; il ne nous reste donc qu'à admirer sa bonté et sa miséricorde infinies, qui le font descendre si bas, à adorer ses décrets divins, et à lui témoigner notre profonde reconnaissance, en nous soumettant avec amour à la direction pleine de tendresse de celle qu'il veut que nous appelions notre mère.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

Fin du Mois de Saint Pierre

 

ubi-petruscl2

Téléchargez l'intégralité des méditations du Mois de Saint Pierre (pdf) en cliquant ici

 

 

Très chers amis d'Images Saintes,

 

Paix et joie !

 

Voilà bientôt 10 ans qu'a débuté l'aventure Images Saintes, ainsi, au fur et à mesure du temps, c'est une vraie vocation qui a vu le jour : accompagner votre vie spirituelle, et vous êtes toujours plus nombreux à venir puiser dans ces pages... Vous êtes environ près de 5000 personnes par jour à venir, du monde entier, puiser dans ces pages qu'il faut toujours plus remplir avec et par de bons textes et de belles images... Afin de poursuivre cet apostolat riche et fécond, de nouveaux Mois de dévotion sont en cours de frappe et viendront prochainement accompagner votre prière. Si toutefois vous aviez des textes et des images a proposer, pour le blog, je suis bien volontiers preneur, merci donc de les adresser à franck.monvoisin.33@gmail.com Et ils seront publiés dans les temps à venir...

Images Saintes vous donc donne rendez-vous très prochainement, afin d'accompagner toujours plus votre méditation et votre prière.

 

Merci de votre fidélité et que les Cœurs Unis de Jésus et de Marie vous bénissent !...

A très bientôt...!!!

 

Le rédacteur du blog,

Frank Monvoisin, laïc consacré.

 

 

Pour recevoir des prières et pour être tenus au courant des prochaines mises à jour du blog, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

24 mai 2014

Le Cantique de Marie en Breton

dsc1121-copy

Le Cantique de Marie en Breton

(Extrait de l'album "Kan Ar Gedour, le Chant du Veilleur")

 

R. Magníficat, magníficat anima mea Dóminum

 

Mélein e ra m'inéan brasted en Eutru Doué,

d'en Eutru Doué hebkén é laran trugéré.

Ged men Doué, me Salvér, ged nerh é garanté,

ne bad mui me halon, sailh e ra ged er joé. R.

 

Mon âme exalte le Seigneur,

Exulte mon esprit en Dieu mon sauveur.

 

A lein en néañv é sell izélded é vatéh ;

rag-sé é vein galùet eurus ér bed a-béh.

Treù kaer en des groeit dein en hani 'zo ihuél ;

re vo de virùikén mélet é anù santél. R.

 

Il s'est penché sur son humble servante ;

désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ;

Saint est son nom !

 

é vadeleh heb par é-kevér er ré vad

o héli heb skuéhein a rummad de rummad.

é-kevér er ré fall é gounnar 'zo spontus ;

én un taol é tismantr o chonjeù randonus.

 

Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, Il disperse les superbes.

 

Ged ur gér é tiskar er rouané ihuélañ ;

àr en tron é saù tud ag er stad izélañ.

Rein e ra d'er hêh peur madeù ged larganté,

hag é laosk er pinùig de gouéh ér beuranté.

 

Il renverse les puissants de leur trônes,

Il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés,

renvoie les riches les mains vides.

 

Doh Israel é bobl en des añfin trué ;

ag é vadeleheù en des choñj a-neùé.

Choñj en des ag en treù en doé grateit eid mad

d'hon tud a rumm de rumm ha d'Abraham hon tad.

 

Il relève Israël son serviteur,

Il se souvient de son amour,

De la promesse faite à nos pères,

en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.

 

Gloér d'en Tad ha d'er Mab ha d'er Spered Santél,

De Zoué é tri personn re vo gloér peurbadel.

 

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit,

A Dieu en trois personnes, gloire éternelle.

18 mai 2014

Saint Yves Hélory de Kermartin

tredrez-saint-yves

Saint Yves Hélory de Kermartin

Saint Patron de la Bretagne

1253-1303

Fête le 19 mai

 

Yves Hélory de Kermartin (1253-1303) est l'avocat des humbles et des opprimés. Dès le début de sa vie universitaire à Paris et Orléans, tout le pécule dont le gratifient ses parents sera ms au service des étudiants moins fortunés que lui. Nommé juge ecclésiastique à Rennes en 1280, il bouleverse le Diocèse par son souci de la justice et la vérité ; les revenus de sa charge passent entre les mains des pauvres. Réclamé par l'évêque de Tréguier (son diocèse d'origine), Yves est ordonné prêtre malgré ses réticences et nommé curé de paroisse, tout en conservant ses fonctions de juge diocésain. Il est le plus mal loti des pauvres, à qui il donne tout, même son lit. Il se fait l'avocat des petits et de ceux qui ne peuvent payer un procès et s'en va plaider jusqu'à Tours. En 1283, les Frères Mineurs (Franciscains) qui l'ont marqué à Paris et à Rennes, arrivent à Guingamp. À partir de 1289, Yves est souvent leur hôte. Désormais il va porter, avec la corde et les sandales, un costume assez semblable au leur, sans doute l'habit du Tiers Ordre de Saint François (qui était une sorte de bure de couleur grise cendre pour symboliser la pénitence revêtue en entrant dans le Tiers Ordre, ndlr). À sa mort, le 19 mai 1303, il connaît le même dénuement et la même soif que Saint François d'Assise. « Mon fils, vivez toujours de manière à être un saint », lui avait souvent répété sa mère au temps de sa jeunesse ; devenu adulte, il reconnaissait combien il lui en coûtait de devenir pauvre, frères et serviteur. En 1347, le Pape Clément VI proclame sa canonisation. Et en 1351, le Chapitre général des Frères Mineurs ordonne de l'inscrire au calendrier liturgique Franciscain comme Tertiaire de Saint François.

 

Oraison

 

Dieu de qui vient tout ce qui est juste et bon, Tu as établi Saint Yves comme juge parmi ses frères, et Tu as fait de lui un grand ami des pauvres : accorde-nous, par son intercession, de rechercher passionnément la justice et de communier à ton amour pour les hommes. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

 

(Extraits du Missel Franciscain)

 

11613870503_6e5e87ffba_o

Pedenn da Aotrou Sant Erwan



Aotrou Sant Erwan benniget,
E Breizh ar Patron hollvrudet,
C’hwi, helavar en ho komzoù
Hag hollskouerius en oberoù.

Difennet hoc’h eus ar c’horker
Pa voe taget gant ar piaouer :

Breutait c’hoazh, ni hoc’h asped,
Evit ar paour-kaezh Bretoned,
Ma vo rentet d’o yezh karet
Ar gwir a zo dezhi dleet,
Hag e kanimp meuroberoù

’N Aotrou Doue ’n hon ilizoù.
Ouzh rogentez ar juloded
Gourbannit kaoz ar baloded,
Korkerien dizifenn o yezh.
Bezit o breutaer el Lez,
Ma tassono ar c’hanennoù
A ray tridal hor c’halonoù.

Aotrou Sant Erwan galloudus,
’N em ziskouezit karantezus :
Ar brezhoneg n’eo ket maro :
Gant ho skoazell ec’h advevo,
Hag e kanimp gwitibunan :
’Vel Sant Erwan n’eus ket unan.

 

Prière à Monsieur Saint Yves



Monsieur Saint Yves bienheureux,
En Bretagne Patron illustre,
Vous, éloquent en vos paroles
Et exemplaire en vos actions.

Vous avez défendu les gueux
Mal accusés par les croquants :

Plaidez encore, nous vous prions,
En faveur des pauvres Bretons :
Pour que soit rendu à leur langue
Le droit sacré qui lui est dû ;
Et nous chanterons les merveilles
Du Seigneur Dieu dans nos églises.

Proclamez la cause des petits,
Tels des miséreux sans défense
Devant la morgue des nantis
Soyez avocat à la Cour,
Pour que résonnent ces beaux chants
Qui font tressaillir nos vieux cœurs.

Monsieur Saint Yves très puissant,
Pour nous, montrez-vous très aimant :
La langue bretonne n’est pas morte :
Avec votre aide elle va revivre,
Et nous chanterons tous ensemble :
Il n’en est pas un comme Saint Yves.

 

Nann n'eus ket e Breizh

Cantique traditionnel à Saint Yves

Diskan: 

Nann, n’eus ket e Breizh, nann, n’eus ket unan,

Nann, n’eus ket ur sant, evel sant Erwan,

Nann, n’eus ket ur sant, evel sant Erwan.

Refrain: 

Non, il n’y a pas en Bretagne, non, il n’y a pas un,

Non, il n’y a pas un saint, comme saint Yves,

Non, il n’y a pas un saint, comme saint Yves.

1 

N’eus ket en Argoad, n’eus ket en Arvor,

Koulz ha sant Erwan ’vit an dud a vor,

Koulz ha sant Erwan ’vit an dud a vor.

 

Il n’y a pas en Argoat ni en Arvor,

Aussi bon que saint Yves pour les gens de la mer,

Aussi bon que saint Yves pour les gens de la mer. 

2

Nann, n’eus ket er vro, ’vel ma lavarer,

Hag a ve ken mat ’vit al labourer,

Hag a ve ken mat ’vit al labourer.

 

Non, il n’y a pas dans le pays, partout on le dit,

Qui serait si bon pour le paysan,

Qui serait si bon pour le paysan.

3 

N’eus ket kaeroc’h skouer d’an dud a lezenn 

Evit sant Erwan, skouer ar veleien,

Evit sant Erwan, skouer ar veleien.

Il n’y a pas plus bel exemple pour les gens de loi

Avec saint Yves, prêtre exemplaire,

Avec saint Yves, prêtre exemplaire.

4 

Evel hon Tadoù, int, tud a gredenn,

Lavaromp d’ar Sant, ’n ur gaer a bedenn,

Lavaromp d’ar Sant, ’n ur gaer a bedenn :

Comme nos ancêtres l’étaient, croyants,

Parlons au saint, celui-là est un bon prieur,

Parlons au saint, celui-là est un bon prieur.

5 

Aotrou Sant Erwan, Patron Breizh-Izel,

Bezañ treitour deoc’h, nann, kentoc’h mervel,

Bezañ treitour deoc’h, nann, kentoc’h mervel.

Saint Yves, patron de la Basse-Bretagne,

Être traître envers vous, non, plutôt mourir,

Être traître envers vous, non, plutôt mourir.

88918323

Sant Erwan, pedit evidomp!

Saint Yves, priez pour nous!

4 février 2014

Le Serviteur de Dieu Simon Valadier de Bussières

621_001 (3)

Le Serviteur de Dieu Simon Valadier de Bussières

Fondateur des Franciscaines de Notre Dame de la Mission

1842-1881

 

Le Père Simon naquit à Bussières, au Diocèse de Clermont (France), le 13 janvier 1842. Ce fut à Moulins qu'il entra au Grand Séminaire et fut ordonné Prêtre en 1865. Vicaire à Arfeuilles, ensuite, aumônier à Vichy, il rentra dans l'Ordre Franciscain en 1872. Missionnaire ardent et parfait, le Père Simon fonda une congrégation Franciscaine pour seconder les efforts des missionnaires. Il mourut en cours de Mission à Messeix, (Puy de Dôme, France) le 9 décembre 1881 et fut inhumé à Bussières où reposent ses précieux restes entourés de la vénération de ses Filles de Notre Dame de la Mission. (En 1973, la Congrégation des Filles de N.D. de la Mission s'est unie avec 6 autres, pour créer la Congrégation des Soeurs de Saint François d'Assise de Montpellier)

 

Prière

 

O Dieu qui avez inspiré au Père Simon Valadier un grand zèle pour réveiller la Foi dans les âmes et un profond respect pour le Sacrement de nos Autels ; qui dans ce but, l'avez soutenu dans ses écrits, dans sa prédication et dans la fondation d'un institut religieux, daignez toujours bénir ses œuvres d'apostolat et de religion. S'il entre dans votre plan divin de le faire glorifier par l'Eglise, nous Vous supplions de faire éclater son crédit auprès de Vous en nous accordant les grâces que nous sollicitons. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

 

Imprimatur

J.-J. Bouchéras,

Vic. Gén.

 

valadier 001

Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

30 décembre 2013

Neuvaine à Notre Dame du Puy 3/4

Neuvaine à Notre Dame du Puy

419_001

Sixième jour

Le noble épiscopat, le vénérable Chapitre et les glorieuses alliances de Notre Dame du Puy

 

Honorer les évêques, unir nos voix à celles des pieux chanoines qui chantent tous les jours les louanges de la Très Sainte Vierge, nous glorifier d'appartenir à cette auguste Reine par les nœuds d'une sainte alliance, ce sont là trois grandes leçons que nous donne encore Marie dans son sanctuaire, et que nous devons, pour le bien de notre âme, recueillir avec autant de docilité que d'empressement.

 

Honneur aux évêques

 

Marie a été par les Apôtres honorée comme la Mère de Dieu; mais les Apôtres, à leur tour, ont reçu de Marie, malgré, sa haute dignité, les hommages justement dus au caractère épiscopal dont ils étaient revêtus. C'est que l'évêque, appelé de Dieu, comme le grand-prêtre Aaron, est le représentant de Jésus Christ sur la terre ; il parle au nom du Très-Haut, dont il est te prédicateur ; il a été placé par l'Esprit Saint pour gouverner l'Eglise que le Sauveur a acquise par son sang ; l'écouter, c'est écouter Jésus-Christ; le mépriser, c'est mépriser le Divin Maître et le Père céleste qui l'a envoyé ; il offre le sacrifice, et sa prière apaise la colère céleste ; il impose les mains, et le divin Esprit descend sur les fidèles, et de saints ministres sont consacrés, et de nouveaux prélats s'élèvent pour continuer et perpétuer le pouvoir auguste de l'apostolat. Âme du grand corps de son église, c'est lui qui porte, de toutes parts, soit par lui-même, soit par ses délégués, le mouvement et la vie ; il instruit par la langue des docteurs ; il régénère par la main qui verse sur les fonds sacrés l'eau purifiante du baptême ; il assiste par les pasteurs inférieurs les indigents et les malades ; il bénit par leur ministère la légitimité des unions chrétiennes ; il siège en la personne des confesseurs au saint tribunal, et prononce par leur bouche les paroles de la réconciliation ; car le prêtre ne peut rien que par l'évêque, dont il tient la place et dont il exerce l'autorité dans la mesure qui lui est confiée. A l'évêque a été donnée par le Fils de Dieu cette noble et solennelle mission : « Comme mon Père m'a envoyé, je vous envoie : les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et retenus à ceux à qui vous les retiendrez ». L'Église, enfin agitée par les attaques de l'hérésie ou par les scandales du déréglement, veut-elle prononcer des décisions infaillibles ou frapper de ses anathèmes les prévaricateurs, c'est l'évêque seul qui peut s'asseoir dans l'assemblée des juges suprêmes de la vérité, ou lancer sur les coupables les foudres vengeresses qui les séparent du nombre des fidèles et les livrent au pouvoir de l'enfer. Honneur donc aux évêques ! Regardons-les comme nos pères ; écoutons-les comme nos docteurs, suivons-les comme nos guides, obéissons à leur voix comme à la voix de nos pasteurs. Honneur aux évêques ! Ne rougissons pas de nous agenouiller à leurs pieds, de baiser avec respect l'anneau sacré qui brille à leur doigt comme un gage précieux de leur alliance avec l'église qu'ils doivent gouverner, et de recevoir religieusement par leurs mains les bénédictions célestes dont ils sont les dispensateurs.

Honneur aux évêques ! Quelque élevés que nous soyons, quelque savants que nous prétendions être, n'allons pas, en matière de foi et de doctrine, présumer de nos propres lumières jusqu'à préférer nos vues et nos idées personnelles aux graves enseignements qu'ils font entendre du haut de leurs chaires apostoliques ; souvenons-nous que, hommes du monde ou membres du clergé, nous avons une même obligation d'aller puiser à ces sources salutaires les leçons que nous devons étudier pour nous-mêmes ou communiquer aux autres. Honneur aux évêques ! Soyons soumis à leurs ordres, en rendant à Dieu, par l'obéissance a leurs commandements, ce que nous devons à Dieu, comme nous rendons à César, par notre déférence aux décisions des magistrats, ce que nous devons à César. Honneur aux évêques ! Gardons-nous bien de toucher, par les égarements d'une langue criminelle, les oints et les christs du Seigneur ; ayons toujours devant les yeux cet oracle du Saint-Esprit : « Vous ne parlerez pas mal de ceux qui sont comme les dieux de la terre, et vous ne maudirez pas le prince de votre peuple ». Bien loin de les blâmer, de les tourner en ridicule, de les condamner, nous nous plairons à relever leurs vertus, à exalter leur zèle, à publier leurs bonnes œuvres. Honneur aux évêques ! S'il est dit, à l'égard des plus petits et des plus simples disciples du Sauveur : « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés », nous éviterons avec soin esprit jeune encore, d'un esprit ignorant, d'un esprit souvent borné, les actes et les démarches de ceux que notre Seigneur a placés sur son tribunal spirituel pour porter des sentences qui descendent et partent du ciel.

Honneur aux évêques ! Gémissons sur l'épouvantable désordre dont nous sommes tous les jours témoins dans le malheureux siècle où nous vivons; gémissons de voir nos dignes prélats continuellement insultés par des feuilles impies et mensongères, attaqués par d'ignobles pamphlets, maltraités par les prétendus interprètes des lois, réformés dans leur enseignement doctrinal par des autorités séculières, critiqués même, et souvent avec amertume, par de faux frères, ou plutôt par des enfants égarés, qui ne craignent pas de joindre leur voix à celle des ennemis de la religion pour outrager ceux que leur devoir serait de respecter et de défendre. Honneur aux évêques ! Et certes ne méritent-ils pas nos hommages par leur science et par leur piété, aussi bien que par leur dignité et leur caractère ?

 

Union de prières avec les Chanoines qui récitent le Saint Office

 

L'Église désirerait que ses enfants pussent être jour et nuit en oraison devant la majesté infinie de Dieu ; mais les devoirs de la société sont pour la plupart des fidèles un obstacle à cette adoration perpétuelle. Comment, en effet, les chefs de maison, les mères de famille, les magistrats, les hommes d'étude, les artisans, les ouvriers pourraient-ils, sans manquer à leurs obligations, se rendre plusieurs fois par jour dans le temple saint pour ne s'occuper que des louanges spirituelles de la Divinité ? C'est pour suppléer à cette absence involontaire de la plus grande partie des chrétiens, que les Chapitres ont été établis, afin que les membres qui les composent viennent du moins, aux heures marquées, offrir au Seigneur de pieuses supplications, d'abord pour eux-mêmes, et ensuite pour leurs frères exposés par la nécessité des circonstances à la dissipation et aux pièges innombrables du monde. Mais en donnant ainsi aux personnes appelées à vivre dans le siècle des représentants devant le Seigneur, l'Église n'a pas prétendu les exempter de tout exercice de religion et de piété. Bien loin de là, elle a encouragé par ses indulgences et par ses grâces le zèle des âmes pieuses pour l'oraison et pour la prière. Elle avait bien compris que le Bréviaire, tel qu'il est récité par les chanoines et les religieux, était une charge trop pesante pour être imposé, pour être proposé même aux simples fidèles. Aussi, afin de ne pas effrayer la tiédeur ou surcharger la faiblesse, a-t-elle, dans sa prudente sollicitude, imaginé de rédiger un Petit Office consacré à la louange de Marie, et qui, par sa brièveté, peut être à la portée de tous, comme il devait être au goût de tous par l'auguste objet qu'il avait en vue.

Composé d'abord, à ce que l'on croit, par le Bienheureux Pierre Damien, cardinal et évêque d'Ostie, sur l'ordre du pape Grégoire VII, prescrit aux prêtres par Urbain II dans le Concile de Clermont pour le succès de la croisade, recommandé spécialement par Pie V à ceux qui sont obligés de dire le Saint Bréviaire, adopté dans un grand nombre de communautés religieuses, récité par une multitude de grands serviteurs et d'illustres servantes de Dieu, tel qu'un Saint Louis, roi de France ; une Sainte Élisabeth, reine de Pologne ; un Saint Charles, cardinal et archevêque de Milan ; un Saint Vincent Ferrier ; une Sainte Brigitte ; une Sainte Catherine de Suède, sa fille, et tant d'autres qu'il serait trop long de citer, le Petit Office de Marie fait encore aujourd'hui la consolation de plus d'une âme fidèle, dont la plus douce joie est de s'acquitter en sa présence de cet acte de religion. Avons-nous pour ce pieux exercice la même dévotion que ces fervents chrétiens, dont plusieurs vivaient comme nous, et peut-être plus que nous, au milieu du monde ? N'avons-nous pas cru que les occupations de notre état ne nous laissaient pas le loisir d'embrasser une pratique que des rois et des princes savaient allier avec les embarras de la plus haute position sociale ? Si quelquefois nous avons entrepris de le réciter, au moins à certains jours plus spécialement consacrés à la Très Sainte Vierge, n'avons-nous pas quitté peut-être bientôt, par légèreté et par inconstance de caractère, la résolution que nous avions formée dans le moment de la ferveur ? Enfin, quand nous avons eu le bonheur de pouvoir offrir à Marie cet hommage de fidélité, ne nous en sommes-nous pas acquittés avec dégoût, avec dissipation, avec froideur, avec précipitation, sans penser presque aux paroles qui coulaient sur nos lèvres, sans presque éprouver aucun des sentiments exprimés dans les psaumes par le Prophète, et dans les prières qui les accompagnent par l'Église, qui les a si sagement disposées pour l'édification et la sanctification de ses enfants ?

 

Sainte hardiesse à ne pas rougir des nœuds qui nous lient à Marie

 

C'était pour les communautés que Notre Dame du Puy honorait de son alliance, une distinction et une gloire, de posséder le droit de s'asseoir dans le chœur de sa basilique, parmi les ministres dévoués à son culte. Les princes eux-mêmes et les monarques, ainsi que nous l'avons vu, s'estimaient heureux de pouvoir partager leurs places et leurs vêtements ; ils se dépouillaient avec joie des ornements de la royauté pour se couvrir de l'humble livrée de la Vierge de Nazareth; décorés de ces marques d'un pieux esclavage, ils ne croyaient pas descendre de leur dignité ; ils pensaient au contraire monter à une dignité plus sublime ; servir Marie leur paraissait un plus grand honneur que de dominer sur les provinces d'un vaste empire ; servir Dieu, c'est régner; c'est encore régner que de servir la Mère de Dieu.

Mais, hélas ! À quels excès de déréglement ne conduisent pas la fausseté de l'opinion et la faiblesse du caractère ? N'arrive-t-il pas souvent que, aveuglé par les raisonnements trompeurs du monde, on regarde comme une bassesse de porter les marques du dévouement pour celle que les anges se font gloire de révérer et de servir ? N'en vient-on pas jusqu'à rougir de célébrer ses fêtes, de communier dans les jours de ses mystères, de tenir à la main la couronne de prières établie en son honneur, de la saluer trois fois le jour, au son de la cloche qui nous rappelle la visite de l'envoyé céleste, de recourir à elle dans les tentations et dans les périls, de montrer en un mot qu'on la regarde comme sa souveraine et comme sa mère ? N'est-on pas assez lâches, dans certaines circonstances, pour ne pas prendre sa défense devant les impies qui l'outragent, ou les mondains qui la tournent en ridicule. ? Ne laisse-t-on pas même quelquefois des enfants et des inférieurs manquer au respect qui lui est dû, sans avoir le courage de faire entendre un mot de réprimande et de reproche ?

Eh ! Quoi ? est-ce donc un sujet d'humiliation de servir celle que Dieu a prédestinée de toute éternité pour être la Mère de son propre Fils! est-ce donc se dégrader que de faire profession d'une juste vénération pour cette créature privilégiée, qui dans le ciel est élevée au-dessus des hommes et des séraphins ? Quoi ! l'on recherche avec ardeur les emplois qui approchent des grands et des puissants du monde, on se glorifie de les posséder, on en porte les marques distinctives avec un orgueil poussé quelquefois jusqu'à la folie ; et quand il s'agit non plus d'une princesse mortelle ou d'une reine selon le monde, mais d'une reine céleste et d'une immortelle princesse, on se laisse dominer par le sentiment absurde d'une coupable honte! Mais reste-t-il donc dans ces âmes pusillanimes quelques sentiments de foi et de raison ? Où est la foi, si l'on ne croit pas à la grandeur de cette Vierge-Mère ? Et si l'on croit à sa grandeur, et qu'on rougisse de lui appartenir, où est la raison, où est la sagesse, où est le bon sens ?

O Marie, je crois à votre grandeur, car mon cœur n'a pas perdu la foi ; ô Marie, votre grandeur à laquelle je crois, me fait comprendre la gloire qui se trouve à vivre fidèle à votre service, car mon esprit jouit de sa raison toute entière. O Marie, fondé sur la foi et sur la raison, je veux donc à jamais me faire gloire d'être votre sujet, votre serviteur, votre enfant ; recevez-moi, a ce triple titre, sous votre puissante protection, et faites que mon courage à soutenir vos intérêts, m'assure, avec le secours de vos prières, les bénédictions de Dieu sur la terre, et dans le ciel une couronne impérissable.

 

Prière d'un anonyme dans Alcuin

 

Que toute créature exalte la Mère du Créateur ! que le Ciel et la terre s'inclinent devant son auguste majesté, avec tout ce qu'ils renferment ; que les enfants de l'Église exaltent leur mère; que ceux qui ont été rachetés par le Seigneur lui disent : « O reine du monde, nous élevons vers vous tout à la fois et nos mains, et nos yeux, et notre esprit ; nous fléchissons les genoux devant la gloire de votre grandeur, nous courbons la tête en votre présence, et nous dirigeons vers vous dans le ciel des prières pleines de soupirs ! Ne dédaignez d'abaisser du sommet de l'Olympe ces yeux avec lesquels vous contemplez la gloire incompréhensible de la lumière éternelle, sur les supplications de vos serviteurs jetés, loin de leur sublime patrie, dans la corruption du monde. Voici que pécheurs nous sommes debout devant ce juge terrible, dont la main redoutable fait brandir sur nos têtes le glaive de sa colère, et qui pourra la détourner de nous ? » Personne, ô bonne maîtresse, ne saurait être plus propre à opposer sa main à l'épée du Seigneur, que vous, créature bien-aimée de Dieu, qui la première avez communiqué à la terre la miséricorde céleste. Ouvrez donc, ô mère de clémence, la porte de votre tendre cœur aux gémissements et aux vœux des enfants d'Adam, qui de toutes les parties de l'univers viennent chercher, à l'ombre de votre protection, un abri contre la terreur des divines vengeances. Les yeux baignés de larmes, le cœur pénétré de dévotion, nous vous supplions à grands cris d'adoucir à notre égard l'indignation qu'ont allumée dans votre Fils la gravité de nos offenses, et de nous concilier par vos prières la grâce que nous avons perdue par notre ingratitude. C'est par ses plaies que nous avons été guéris ; c'est à lui que nous venons encore demander remède, parce que nos cicatrices se sont envenimées et corrompues, et qu'il n'y a rien de sain en nous. Regardez, auguste princesse, et voyez les douleurs et les blessures de notre âme ; car nous vous avons révélé notre cœur avec confiance, nous savons que votre bonté est inappréciable, et que vous êtes véritablement la mère de miséricorde, puisque vous qui avez d'un pied toujours sûr traversé les routes glissantes de ce monde immonde, et qui durant les jours de cette vie au milieu des pécheurs avez brillé devant Dieu d'une telle sainteté, que seule vous avez mérité d'approcher du trône de l'éternel monarque, vous n'avez pas cependant horreur du pécheur même le plus corrompu, vous ne le méprisez pas, s'il soupire vers vous, et demande votre intervention avec un cœur pénitent. Votre pieuse main le retire du gouffre du désespoir, votre souffle lui inspire le doux remède de l'espérance, et quoiqu'il ait mérité le dédain du monde entier, vous l'embrassez avec un amour maternel, vous le réchauffez dans votre sein, et vous ne l'abandonnez pas dans sa misère que vous ne l'aviez fait rentrer en grâce avec le juge redoutable de l'univers...

On a dit de vous, ô Mère de Dieu, des choses admirables, mais il y a encore place à de nouvelles louanges; mais quand il s'agit de vous louer, toute langue ne fait que balbutier. Car il n'est point de langage, point de discours chez aucune nation vivant sous le ciel, qui puisse expliquer pleinement l'étendue de votre gloire. O grande, ô pieuse, ô très aimable Marie ! Vous ne sauriez même être nommée sans échauffer l'âme, ni rappelée à la pensée sans réjouir le cœur de ceux qui vous aiment ; jamais vous n'entrez dans la mémoire du pieux chrétien sans y répandre la douceur que la libéralité divine vous a rendue comme naturelle. Et maintenant nous Tous suivons, ô grande reine, en poussant vers vous ce cri de tout notre cœur : aidez notre faiblesse, enlevez notre opprobre. Voyez-vous cette tunique de peau qui nous environne ? C'est la tunique d'Ève notre mère, cette tunique qu'elle nous a transmise dès le commencement, lorsqu'elle a revêtu la chair de ses enfants de sa confusion, comme d'un double habillement. Car notre terre a reçu de sa main la semence d'une double misère ; elle a conçu et enfanté pour nous les épines et les ronces ; de l'iniquité dans notre âme, des calamités dans notre corps; elle a communiqué la mort à l'une et à l'autre. O malheureux héritage, ô cruelle infirmité de la chair humaine, jusqu'à quand te souffrirons-nous ? tu as fait courber profondément nos épaules, car tu es un fardeau bien lourd, et nous t'avons trop longtemps portée. Hélas ! Combien tu nous as abaissés au dessous des anges, en nous rendant semblables aux animaux sans raison ! Quelle force tu as déployée, toi qui n'a pu être guérie que par la mort du Fils de Dieu ! Combien tu t'es élevée au-dessus de nous, lorsque dans ta folie tu as prétendu t'élever jusqu'à celui qui est au-dessus de tout ! Et qui donc nous délivrera de la corruption de cette peau vile et misérable ? Ce sera la grâce de notre Sauveur, de votre Fils, ô Marie, de ce Fils, qui pour nous décharger de nos infirmités, s'est fait infirme volontairement lui-même, et qui, pour devenir la mort de notre mort, a malgré son innocence subi la mort pour les pécheurs. Et qui a, pour parler en notre faveur au cœur de notre Seigneur Jésus-Christ, autant de qualités que vous, ô bienheureuse Marie, qui vous reposez avec tant de suavité, au midi éternel dans les embrassements de votre Fils bien-aimée, et jouissez dans la plénitude de la joie de ses familiers entretiens ? Parlez, ô grande reine, car votre Fils vous écoute, invoquez sur nous le nom de sa bonté, afin que nous soyons guéris de la lèpre du corps et de l'esprit ; faites-nous rejeter ce venin homicide, qu'Ève a distillé des restes de son fruit maudit pour nous en composer un funeste breuvage. Ah ! plût à Dieu que dans son ivresse elle eût seule épuisé ce calice, ou plutôt qu'elle l'eût répandu tout entier. Que par vos prières, ô nouvelle Ève, notre joug tombe en pourriture devant l'onction de la miséricorde de Dieu ; que notre jeunesse se renouvelle comme celle de l'aigle, afin que devenus des hommes nouveaux, unis à de nouveaux citoyens, nous chantions d'une nouvelle voix un cantique nouveau dans ce lieu où toutes choses sont nouvelles, célébrant le jubilé éternel au son des cymbales de la jubilation. Qu'elle soit ôtée de nos yeux la nuée grossière qui les couvre, afin que contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous soyons absorbés par l'Esprit du Seigneur dans la mer immense de la divine lumière, et que liés à notre Dieu par les chaînes de la charité, nous ne fassions plus avec lui qu'un même esprit ; que cette grâce, ô Marie, nous soit accordée par votre Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, à qui appartient la louange, la gloire et l'action de grâces dans les siècles éternels. Ainsi soit-il.

 

532_001

Septième jour

Les privilèges accordés aux pèlerins de Notre Dame du Puy

 

Je ne m'arrêterai pas ici à considérer les privilèges temporels dont jouissaient les serviteurs de Marie fidèles à la visiter dans son église du Puy. Mais, à la vue de ces grâces spirituelles accordées avec tant de profusion à cette auguste Basilique, nous pourrons nous appliquer à méditer sur cette multitude d'indulgences, et souvent d'indulgences plénières, que l'Église, dans sa tendre condescendance, se plaît à accorder à ses enfants. Trois pensées serviront à nous occuper utilement : 1° la vérité des indulgences ; 2° l'utilité des indulgences ; 3° la facilité des indulgences. N'est-il pas juste de travailler à obtenir des faveurs certaines dans leur existence, avantageuses dans leurs effets, faciles dans leur acquisition ? Sachons réfléchir et décider.

 

Vérité des indulgences

 

Personne n'ignore que l'indulgence est la rémission de la peine temporelle due aux péchés, et que, comme le péché est effacé par l'absolution, ainsi est remise par l'indulgence la peine temporelle que le pénitent a méritée par les fautes vénielles dont il s'est rendu coupable, ou qui lui reste à acquitter, par une espèce de commutation, à la place des tourments éternels dont il s'était rendu digne par les offenses mortelles de sa vie précédente. Or, cette pratique des indulgences est tellement fondée sur la vérité, qu'elle a commencé avec l'Église et s'est avec elle perpétuée jusqu'à nos jours. Les Apôtres nous en ont donné le premier exemple, et l'on sait que saint Paul, après avoir, par une juste rigueur, retranché du corps des fidèles l'incestueux de Corinthe, consentit, par une douceur tout évangélique, à user d'indulgence à son égard, de peur qu'accablé sous le poids de la tristesse, il ne tombât dans l'abîme du désespoir. La sévérité des pénitences publiques imposées aux coupables n'empêcha pas les premiers pasteurs de se montrer indulgents envers les pénitents dont la contrition paraissait plus vive et la ferveur plus ardente. Du fond de leurs prisons ou du pied même de l'échafaud sur lequel ils allaient expirer, les confesseurs et les martyrs demandaient grâce pour certains pécheurs, et priaient les évêques de les réconcilier, en considération du mérite de leurs souffrances, dont ils désiraient leur faire l'application. Cette faveur ne leur était pas refusée, et l'on était convaincu qu'en vertu de l'union qui existe entre tous les membres de la grande famille, dont Jésus-Christ est le chef, les biens spirituels étaient tellement communs, que la surabondance des grâces qui se trouvait dans les plus parfaits pouvait être légitimement communiquée aux plus misérables. La cessation des persécutions put bien mettre un terme à l'intercession des martyrs, puisqu'il n'y avait plus d'épreuves ni de combats, mais elle ne tarit point la source de ces bénédictions spirituelles qui sortent du trésor inépuisable où Dieu aime à réunir, avec les mérites infinis de Jésus-Christ, les mérites, bien inférieurs sans doute, mais cependant encore très précieux, de ses serviteurs et de sa divine Mère. Aussi ce pieux usage s'est-il toujours conservé, malgré les efforts des hérétiques pour le renverser, et le saint Concile de Trente a-t-il décidé, avec son autorité infaillible, que « le pouvoir d'accorder les indulgences a été donné par Jésus-Christ à son Église... et que ce serait s'exposer à l'anathème que d'oser disputer à l'Église le droit de les accorder ».

Et certes, l'Église n'est-elle pas investie par Jésus-Christ même de l'autorité la plus absolue sur les consciences ? Le Sauveur n'a-t-il pas dit aux Apôtres, et par eux à leurs successeurs : « Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera également délié devant le trône de Dieu » ? Qui pourrait croire que l'Église aurait assez de puissance pour fermer les portes de l'enfer et n'en aurait pas une assez grande pour ouvrir celles du purgatoire ? Est-il donc moins facile de payer à la justice de Dieu la dette légère d'une peine temporelle que d'arracher de ses mains vengeresses une âme exposée à d'éternels supplices ? Pierre, et celui qui le remplace sur la terre, n'ont-ils pas reçu les clefs du royaume céleste ? et comment pourraient-ils en ouvrir l'entrée, s'il ne leur avait pas été donné de lever l'obstacle des peines temporelles qui en excluent encore les âmes déjà réconciliées, mais non encore entièrement quittes envers la justice de Dieu ?

Et ne dites pas que l'Église peut bien avoir le pouvoir de délier les vivants, mais qu'elle ne saurait exercer son autorité sur les morts, qui ne sont plus en sa dépendance ; car, d'après les enseignements de la foi, autre est la manière dont elle procède à l'égard des chrétiens qui sont encore sur la terre, et autre celle dont elle use par rapport aux défunts qui sont déjà entrés dans la vie future : elle absout les premiers, elle intercède pour les seconds ; envers les uns, elle déploie l'autorité de juge ; envers les autres, elle emploie la prière de suppliant ; elle décharge ceux-là de toute obligation, en dédommageant cependant, par une offrande proportionnée, la justice suprême ; mais pour ceux-ci, elle se contente de les racheter en comptant au Seigneur, jusqu'à la dernière obole, la solde de la dette qu'ils avaient contractée envers lui. Les vivants sont délivrés par sentence, les morts sont par rançon rendus à la liberté. Ainsi l'Église, en accordant aux uns et aux autres les célestes faveurs dont elle est la dispensatrice, ne fait qu'accomplir le ministère de justice et de charité dont l'a chargé dès le commencement son divin et tout-puissant fondateur.

 

Utilité des indulgences

 

Qui peut dire : « Mon cœur est sans tache ; je suis pur de tout péché ? » Qui oserait, après avoir eu le malheur d'offenser Dieu, se rendre le consolant témoignage qu'il a non seulement obtenu le pardon de ses fautes, mais encore satisfait à toutes les exigences de la rigueur d'un Dieu justement irrité ? Que de grands pécheurs qui ne pourraient même acquitter pendant toute leur vie les dettes immenses qu'ils ont contractées par leurs énormes et innombrables désordres ! Si la sainte Épouse de Jésus-Christ n'excédait pas les bornes de l'équité, lorsque, dans les premiers siècles, elle condamnait les impudiques et les adultères, même pour une seule chute, à de longues années d'humiliations et d'austérités, comment seraient-ils capables d'atteindre l'indispensable proportion de la pénitence, ces malheureux qui ont passé leur vie tout entière dans la fange et l'infamie des passions ? Mais que les plus grands coupables ne se laissent point abattre ; qu'ils renaissent à la confiance ; qu'ils jettent un regard d'espérance sur la généreuse, mais prudente libéralité de leur mère. Loin de nous la pensée de croire qu'elle vienne, par une indulgence insensée, détruire dans les âmes l'esprit de mortification et de sacrifice. Elle ne prétend pas, par une fausse douceur, mettre des coussins sous les coudes du pénitent ; elle veut seulement le soulager dans sa faiblesse, l'aider dans ses efforts, suppléer à son impuissance, comme si elle lui disait : « Je connais la grandeur de vos fautes ; je sais combien rude devrait être votre pénitence ; mais je n'ignore pas non plus la faiblesse de votre nature. Travaillez selon vos forces ; priez, veillez, jeûnez, ne ménagez point votre corps ; réduisez-le en servitude ; domptez, avec les passions charnelles, les déréglements de votre cœur et les attachements pervers de votre volonté. Quand vous en serez là, c'est-à-dire quand vous ferez de votre part tout ce qui dépendra de vous pour rapprocher Dieu et désarmer sa colère, comptez sur moi ; je n'abandonne pas les âmes qui se livrent sans ménagement au martyre intérieur de la mortification. Payez de vos dettes ce que vous êtes capable de payer par vous-même, et ce qui surpasserait réellement vos forces, je m'engage à l'acquitter en tout ou en partie à votre place. Voici des indulgences plus restreintes, en voici de plus étendues; tantôt ce sont des cinquante, des cent, des mille jours de rémission que je vous présente ; tantôt des trois, des sept, des dix années que je mets à votre disposition ; quelquefois des pardons pleins et entiers, des jubilés grands et solennels, où comme dans l'ancienne loi, chacun est délivré de toutes ses dettes, rendu à la liberté, et rétabli dans la possession de tous ses biens ».

Tel est le langage de l'Église, qui, placée entre Dieu et le pécheur, ménage également les intérêts de l'un et de l'autre, et sauve le pénitent en réparant, avec une sage proportion, les outrages faits à la majesté de Dieu et en achevant de purifier les âmes coupables, mais vraiment contrites. Voyez comme elle leur offre en même temps de nouveaux et efficaces moyens de sanctification ; car cette remise de la peine due aux péchés, elle ne l'accorde pas gratuitement; elle veut qu'on y arrive par des prières et par des bonnes œuvres. Réciter certaines oraisons, visiter des églises, se prosterner devant de pieuses images ou les porter avec respect, répandre des aumônes dans le sein des pauvres, jeûner à certains jours marqués, honorer la croix et la passion du Sauveur, s'approcher dévotement des sacrements de la réconciliation et de l'Eucharistie, en un mot, honorer Dieu, soulager le prochain , se sanctifier soi-même, tels sont les suppléments réclamés de nous pour tenir place des pénitences plus austères dont nous étions comptables à la vengeance du Seigneur. Et les ennemis de l'Église ont dit qu'en accordant des indulgences, elle favorisait le relâchement et tendait à éteindre l'esprit de la vraie pénitence ! Quelle extravagance et quelle folie ! L'expérience n'est-elle pas là pour réfuter, par d'incontestables exemples, ces inventions et ces calomnies de l'erreur.

 

Facilité des indulgences

 

C'est bien à ce sujet que l'on peut appliquer cet oracle de Dieu par la bouche de Moïse : « Le commandement que je vous fais aujourd'hui n'est pas au-dessus de vous, ni loin de vous, ni place au plus haut des cieux, de peur que vous ne disiez : « Oui d'entre nous pourra monter au ciel et nous l'apporter, afin que nous l'entendions et que nous le mettions en pratique ? Il n'est pas au-delà de la mer pour vous donner occasion de dire : « Qui de nous pourra traverser l'Océan et l'apporter jusqu'à nous, afin que nous puissions l'entendre et le pratiquer ; il est près de vous, dans votre bouche, dans votre cœur afin que vous l'accomplissiez ». Et en effet les pieuses pratiques dont nous venons de parier ne sont-elles pas aussi faciles que salutaires ? Quoi de plus aisé que de repasser les grains d'un chapelet en répétant la Salutation de l'ange ? Que peut-il en coûter pour glorifier dans de saintes litanies les noms sacrés de Jésus et de Marie ? Est-ce un grand et pénible sacrifice que de faire par des actes courts, mais fervents, une profession sincère de la foi, de l'espérance et de l'amour ? Faut-il un grand héroïsme pour passer un quart-d'heure dans l'exercice de l'oraison ? Serait-ce un lourd fardeau que de porter sur soi l'image de la Très Sainte Vierge ? Une légère aumône donnée à l'indigence et au malheur serait-elle au-dessus de nos ressources et de nos moyens ? Enfants de ces illustres pèlerins qui traversaient les flots irrités et les terres infidèles pour aller se prosterner dans les lieux consacrés par la vie et par la mort du Sauveur, regarderions-nous comme impossible de parcourir dans une église voisine de notre demeure la voie sacrée de la croix ? Avons-nous besoin d'un grand courage pour aller nous prosterner aux pieds d'un prêtre plein de miséricorde et de charité, pour lui faire, sous le sceau d'un secret inviolable, l'humble aveu de nos fautes, et obtenir par cet acte d'humiliation, et surtout par un profond repentir, le pardon des péchés qui ont souillé notre conscience ? Pourrait-il enfin se faire que notre cœur redoutât comme une peine ce qui doit être pour un chrétien le principe de la joie et du bonheur ; qu'il ne se décidât qu'avec répugnance à venir se présenter an banquet divin et se nourrir du pain des anges ? Non, il n'est rien dans ces recommandations de l'Église qui soit rude et difficile, tout est à la portée des âmes mêmes les plus simples et les moins avancées dans la perfection, il ne faut pour les accomplir que la bonne volonté et le désir de posséder plutôt Dieu dans son royaume. Quoi ! Seigneur, vous mettez sous mes yeux et entre mes mains des moyens si certains, si décisifs, si faciles, pour m'acquitter envers vous de toutes les dettes que j'ai eu le malheur d'accumuler depuis que je suis dans le monde, et je serais assez misérable, assez faible, assez coupable pour refuser de m'en prévaloir ! Ne permettez pas que je tombe dans ce nouveau désordre qui me serait peut-être plus funeste que tous ceux dans lesquels je me suis précipité jusqu'à ce jour, et si j'ai souvent violé les préceptes de votre loi, ne me laissez pas, par un excès d'ingratitude, rejeter avec mépris les secours que vous me présentez pour réparer les funestes effets de mes anciennes passions.

 

Prière de Saint André de Jérusalem

 

Je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. Je vous salue, instrument de joie, qui, après avoir détruit la condamnation infernale, l'a remplacée parle bonheur de la justification. Je vous salue, vierge vraiment bénie, illustre princesse, temple auguste de la divine splendeur, palais du grand roi élevé par la main du tout-puissant, couche nuptiale où le Fils de Dieu a contracté avec la nature humaine une admirable alliance, créature prédestinée avant que de naître, réconciliation de Dieu avec l'homme, trésor de la vie immortelle, ciel plus élevé que le firmament, et où le soleil de la gloire a fixé son domicile ; lieu capable de contenir le Très-Haut, qui ne saurait être contenu que dans vous seule; terre sainte et virginale, de laquelle a été tiré l'Adam nouveau, pour le rachat de l'ancien....

Je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, le Seigneur qui a dit : « Que la lumière soit, que le firmament se forme », le Seigneur qui a produit ensuite tous les autres prodiges de cette admirable création....

Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni. Oui, vous êtes vraiment bénie, car le Seigneur vous a bénie comme son tabernacle, lorsque vous avez porté dans votre sein Jésus-Christ, plein de la gloire de son Père; Jésus-Christ, Dieu et homme tout ensemble; Jésus-Christ, avec les deux natures dont il se compose et qui forment la perfection de son être.

Vous êtes bénie entre toutes les femmes, vous qui avez renfermé dans le sanctuaire inviolable de votre virginité le céleste trésor en qui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science.... Vous êtes vraiment bénie, vous qui, seule entre toutes les mères, avez été préparée pour mère à votre Créateur, sans que la fécondité maternelle portât aucune atteinte à l'éclat de votre virginité.... Vous êtes vraiment bénie vous qui, seule, avez eu l'honneur de donner la vie à Jésus notre Sauveur, le fruit béni de vos entrailles ; vous par qui toutes les nations font entendre ce cri d'allégresse : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » ; et encore : « Béni est pour l'éternité le nom de sa gloire ; sa gloire remplira toute la terre ».

Vous êtes bénie entre toutes tes femmes, vous que toutes les générations appellent bienheureuse, que les rois comblent de louanges, que les princes vénèrent, dont les riches du peuple sollicitent par leurs prières un regard, à la suite de laquelle le chœur des vierges, dont les unes suivent et les autres précèdent, s'efforce d'entrer dans le temple du Maître de l'univers. Vous êtes bénie entre toutes les femmes, vous qu'Isaïe d'un œil éclairé par la lumière céleste, a nommé Vierge et Prophétesse.... ; qu'il a clairement représentée sous la figure d'un livre dont les feuillets sont fermés par un sceau divin. Vous êtes vraiment bénie, vous qu'Ézéchiel a annoncée comme l'Orient, comme la porte close par laquelle Dieu seul doit passer, et qui après son passage doit rester close comme auparavant. Vous êtes seule véritablement-bénie, vous que Daniel, cet homme de désirs, a vue sous la figure d'une grande montagne, que l'admirable Habacuc a contemplée sous l'emblème d'une colline ombragée, et que David, votre aïeul, a célébrée, dans ses chants prophétiques, comme la montagne de Dieu, la montagne grasse, la montagne fertile, la montagne où il a plu au Seigneur d'habiter. Vous êtes bénie entre toutes tes femmes, vous que Zacharie, dans ses divines et claires visions, a considérée sous l'image d'un chandelier d'or, où brillent sept lampes et sept tuyaux du même métal, symbole des sept dons du divin Esprit qui l'illuminent de toutes parts....

Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni ; ce fruit, dis-je, qui, mangé par Adam, notre premier père, lui a fait heureusement rejeter l'ancien et trompeur aliment que la ruse du démon lui avait fait avaler ; ce fruit d'où découle ce goût suave qui ôte au bois son amertume et s'infiltre dans la nature humaine pour la purifier ; ce fruit qui, au désert, a fait jaillir du rocher, pour abreuver Israël dans sa course errante, des sources qui se débordaient comme des fleuves, a ramené à la douceur les eaux de Mara, et fait pleuvoir un pain céleste, nouveau genre de nourriture que n'a pas produit le sein de la terre entrouverte par la charrue. Béni ce fruit qui, par le ministère d'Élisée, a rendu potables et fécondes, en vertu du mélange d'un sel mystérieux, des eaux stériles et amères. Béni ce fruit qui, comme une grappe choisie de raisin, après avoir germé dans le sein incorruptible d'une vierge, et donné une fleur odorante, s'est colorée en prenant sa maturité. Béni ce fruit d'où naissent les fontaines de cette eau qui jaillit jusqu'à la vie éternelle, ce fruit qui forme le pain de vie, je veux dire le corps du Seigneur, et nous fournit le breuvage salutaire du calice de l'immortalité. Béni ce fruit dont toute langue célèbre la sainteté dans le ciel, sur la terre et dans les enfers.... Oui, ô Marie! vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni.

153_001

4 mars 2014

Le Carême avec Saint Vincent de Paul 1/7

Icon, Syriac_jpg

Le Carême avec Saint Vincent de Paul

 

Mercredi des Cendres

Mercredi 5 mars

 

Devenir Prêtre

Vincent de Paul est né à Pouy, aujourd'hui Saint Vincent de Paul tout près de Dax (Landes, France), le 24 avril 1581. Il est le troisième de six enfants. Les parents, Jean Depaul et Bertrande de Moras le jugent probablement apte à étudier pour devenir Prêtre. Non pas qu'il soit meilleur ou plus pieux que les autres enfants. La religion ne se discute pas. Pour les paysans des Landes, c'est là chose naturelle.

 

A l'école de Saint Vincent

« Que les Prêtres s'appliquent au soin des pauvres, n'était-ce pas l'office de Notre Seigneur et de plusieurs grands Saints, qui n'ont pas seulement recommandé les pauvres, mais qui les ont eux-mêmes consolés, soulagés et guéris ? Les pauvres ne sont-ils pas les membres affligés de Notre Seigneur ? Ne sont-ils pas nos frères ? Et si les Prêtres les abandonnent, qui voulez-vous qui les assiste ? »

 

Parole de Dieu

« Mais tu veux que la vérité soit au fond du cœur : fais donc pénétrer la Sagesse au-dedans de moi ! » (Psaume 50,8).

 

Dans ma vie

À la suite du Christ, nous sommes invités à entrer dans le combat de Dieu. Les cendres reçues rappellent que rien n'est à attendre d'ici-bas, mais que tout bien nous vient d'en-haut. La lumière évangélique invite à la conversion : le combat de Dieu c'est aussi témoigner de Jésus, mort et ressuscité pour nous. Par nos actions au service des pauvres, l'aumône, le renouvellement de notre union à Dieu, la prière, et enfin l'effort de détachement à l'égard des choses créées, le jeûne, nous avons toutes les armes pour, à la suite de Saint Vincent de Paul, vivre un véritable renouvellement intérieur.

 

Résolution

Pendant cet temps de pénitence et d'amour qui s'ouvre, que je mette en premier lieu la prière et la Charité. Aimer Dieu et aimer son prochain sont les deux phares pour avancer sur la route de l'Evangile. Dans l'amour, il n'y a pas de temps à perdre.

 

527_JPG

Jeudi après les Cendres

Jeudi 6 mars

 

Une vision simple

On peut se demander en quoi ses origines sociales l'ont influencé. Pour toujours, Vincent a une vision « paysanne » du monde et des choses, même des réalités spirituelles : sa lecture de la Sainte Ecriture est typique d'un homme de la campagne. Le passage biblique qu'il choisit est celui de Luc où le Christ, dans la synagogue de Nazareth, proclame qu'il a été envoyé pour évangéliser les pauvres. (Luc 4, 18).

 

À l'école de Saint Vincent

« De sorte que, s'il en trouve parmi nous qui pensent qu'ils sont à la Mission pour évangéliser les pauvres et non pour les soulager, pour remédier à leurs besoins spirituels et non temporels, je réponds que nous devons les assister et faire assister en toutes les manières, par nous et pour autrui. (…) Faire cela, c'est évangéliser par paroles et par œuvres, et c'est le plus parfait, et c'est aussi ce que Notre Seigneur a pratiqué, et que doivent faire ceux qui le représentent sur la terre d'office et de caractère, comme les Prêtres ».

 

Parole de Dieu

« Yahvé a recherché son serviteur Jacob ! Ils n'ont pas été altérés, ceux qu'Il a menés dans les déserts » (Isaïe 48, 20-21).

 

Dans la vie

Saint Vincent de Paul choisit de marcher à la suite du Christ et déploya son ministère dans deux directions : le service des grands de ce monde et celui des petits. Ne fut-il pas le confesseur des grands aristocrates tout comme le serviteur des pauvres ? Son zèle pour les humble ne fut pas mû par une quelconque dialectique, par une lutte des classes avant la lettre. Dans les deux cas, il répondit à un appel de l'Eglise qui lui demandait d'annoncer l'Evangile. Une question mérite d'être posée : qui sont les pauvres aujourd'hui ? Les millionnaires matérialistes de Dubaï ou les humbles de Cuzco (Pérou) ?

 

Résolution

Je vivrai, pendant la durée de ce jour, le plus possible uni à Dieu. Plus ma relation avec le Christ croîtra, plus mes actions seront prière. Afin qu'à mon contact les incrédules reconnaissent que Jésus est Dieu, qu'Il est l'Amour.

 

Gunth 070_jpg

Vendredi après les Cendres

Vendredi 7 mars

 

La valeur du travail

À la différence des autres réformateurs de l'Eglise de France, de famille noble, il donne toujours une grande importance au travail. Sa vision religieuse n'est jamais comme celle e dévots de salon critiqués dans Tartufe de Molière. Il connaît, lui, la valeur des mains calleuses et la prière silencieuse de la sueur et de la fatigue. Dès l'âge de quinze ans, il va étudier chez les Récollets de Dax. À partir de 1597, il poursuit ses études à l'université de Toulouse.

 

À l'école de Saint Vincent

« Nous devons tout recevoir de Dieu pour donner au prochain, à l'exemple de Jésus Christ, lequel parlant de lui-même disant qu'Il n'enseignait aux autres que ce qu'Il avait entendu et appris du Père. L'oraison est donc une prédication qu'on se fait à soi-même pour se convaincre du besoin qu'on a de recourir à Dieu et de coopérer avec sa grâce pour extirper les vices de notre âme et pour y planter les vertus. Il faut dans l'oraison s'appliquer particulièrement à combattre la passion ou la mauvaise inclination qui nous gourmande, et tendre toujours à la mortifier ; parce que, lorsqu'on est venu à bout de celle-là, le reste suit aisément ».

 

Parole de Dieu

« Purifie-moi avec l'hysope et je serai pur ; lave-moi, et je serai plus blanc que neige » (Psaume 50,9).

 

Dans ma vie

Remercions l'infinie bonté de Dieu qui, en nous rendant par Sa Grâce participants de Sa Nature Divine, a réalisé en nous par les mérites de Jésus et l'intervention de l'Eglise, un dessein d'éternelle prédilection : « Je t'ai aimé d'un amour éternel, et Je t'ai attiré à Moi dans la Miséricorde » (Jérémie 31,3). Demandons au Seigneur de confirmer son œuvre de restauration de tout notre être en faisant nôtre la prière liturgique de l'Eglise, car, lorsqu'est célébré en mémorial le Sacrifice du Christ, c'est l'oeuvre de notre rédemption qui s'accomplit, nous dit une oraison du Missel ;

 

Résolution

Souvent, les sorties à l'extérieur mettent sur notre route des pauvres, des mendiants de toutes sortes. Je veillerai à leur donner sinon de quoi manger, tout au moins l'assurance de ma proximité fraternelle, par un sourire, une parole, un geste de cordialité. Au nom du Christ.

Gunth 003_jpg

Samedi après les Cendres

Samedi 8 mars

 

Un esprit entreprenant

Si Vincent manque d'argent, il ne manque pas d'esprit d'entreprise. À tout prix, il veut devenir Prêtre. L'accession aux Ordres est rapide. Vincent obtient les dimissoriales pour l'ordination sacerdotale le 13 septembre 1599, du Vicaire Général de Dax. Aussitôt ordonné, il cherche à obtenir une paroisse qui lui est contestée : c'est alors qu'il fait un voyage à Rome (probablement en 1601). Il en reste impressionné.

 

À l'école de Saint Vincent

« Le caractère des Prêtres est une participation du Sacerdoce du Fils de Dieu qui leur a donné le pouvoir de sacrifier Son propre Corps et de Le donner en viande afin que ceux qui en mangent vivent éternellement. C'est un caractère tout divin et incomparable, une puissance sur le Corps de Jésus-Christ que les Anges admirent et un pouvoir de remettre les péchés des hommes qui est pour eux un grand sujet d'étonnement et de reconnaissance. N'y-a-t-il rien de plus grand et admirable. Oh ! Qu'un bon Prêtre est une grande chose ».

 

Parole de Dieu

« Il est impossible d'échapper à Ta main. Les impies qui prétendaient ne pas Te connaître furent fustigés par la force de Ton bras » (Sagesse 16, 15-16).

 

Dans ma vie

L'adoration de Jésus-Christ ouvre à notre zèle un champ sans limite. Nous le savons, les ouvriers appelés pour la moisson ne répondent pas suffisamment à l'appel du Divin Semeur. Avec Saint Vincent de Paul qui ne refusa aucun sacrifice pour l'annonce de la Parole de Vie, osons nous préparer pour le combat et avançons munis des armes de la Lumière. Laissons aux fils des ténèbres les modes d'actions qui sont les leurs. Quant à nous, ne refusons pas de nous abaisser, de laisser habiter en nous le Christ afin qu'il croisse et nous diminuions, pour que Son Règne arrive. Adeviat regnum tuum.

 

Résolution

Je fleurirai mon coin prière. Ce pourra être une statue de Notre Dame, un crucifix, une icône, pour signifier tout l'amour et l'affection que j'ai pour Dieu, la Vierge Marie et les Saints. Et je me prosternerai devant ces images pour adorer mon Seigneur.

 

Icon, Germany, Lippstadt_jpg

Texte extrait du hors série de Parole Prière « Mon Carême avec Saint Vincent de Paul ». Pour vous le procurer ou vous abonner, cliquer ici

Inscrivez-vous pour recevoir dans votre boite mail, chaque semaine pendant le Carême, les méditations et prières du Carême avec Saint Vincent de Paul, en vous abonnant à la newsletter d'Images Saintes.

18 février 2014

Bienheureuse Rosalie Rendu

Rosalie 021, icon

Bienheureuse Rosalie Rendu

Fille de la Charité de Saint Vincent de Paul

1786-1856

Fête le 7 février

 

Né à Confort (Ain, France), le 8 septembre 1786, elle entra dans la Compagnie des Filles de la Charité à 16 ans. Envoyée à la Maison de Charité du quartier Saint Marcel, paroisse Saint Médard, à Paris, elle en devint bientôt Supérieure et y vécut 54 ans, combattant la misère sous toutes ses formes dans un complet oubli d'elle-même et la pratique des plus hautes vertus religieuses. Sous son impulsion, les œuvres se multipliaient selon les nécessités : écoles, patronages, orphelinats, visites des pauvres et des malades, asiles pour les vieillards. Aucune détresse ne lui échappait. Émeutes et épidémies la trouvaient vaillante pour soulager les victimes. Le Bienheureux Frédéric Ozanam lui demanda de l'initier à la Charité, et elle est à l'origine des Conférences de Saint Vincent de Paul, comme de la plupart des œuvres sociales de l'époque. Elle mourut le 7 février 1856, regrettée des riches auxquels elle avait su apprendre la joie d'accomplir leur devoir envers les malheureux, pleurée des Pauvres qui avaient en cette vraie Fille de Saint Vincent, une amie et une mère. Son corps repose actuellement, dans l'attente de la Résurrection, à Paris, au Cimetière Montparnasse. Soeur Rosalie a été déclarée Bienheureuse le 9 novembre 2003 par le Bienheureux Jean Paul II.

 

« Une fille de la charité est une borne sur laquelle tous ceux qui sont fatigués ont le droit de déposer leur fardeau » (Soeur Rosalie)

 

Prière pour demander la canonisation de la Bienheureuse Rosalie Rendu

 

Seigneur Jésus, dont le Cœur Divin, Fournaise ardente de Charité, a embrasé ici-bas d'un si brûlant amour de Dieu et du prochain, le cœur de la Bienheureuse Soeur Rosalie Rendu, faites, nous Vous en supplions, éclater par de si grands miracles, la puissance de son intercession auprès de Vous, afin qu'elle soit bientôt, par l'autorité de Votre Eglise, reconnue et déclarée Sainte, ô Vous qui vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. Amen.

 

De très nombreuses faveurs tant spirituelles que temporelles ont été obtenues par l'intercession de la Bienheureuse Rosalie Rendu. On est prié de signaler les nouvelles grâces qui pourraient être ainsi reçues à la

 

Maison-Mère des Filles de la Charité

140 rue du Bac

75340 Paris Cedex 07 (France)

http://filles-de-la-charite.org

 

SrRosalie

Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

15 février 2014

Le Bienheureux Gabriele Maria Allegra

Bx Allegra

Le Bienheureux Gabriele Maria Allegra

Frère Mineur missionnaire en Chine

1907-1976

Fête le 26 janvier

 

Le Père Gabriele Maria Allegra est né à San Giovanni La Punta, Catane, le 26 décembre 1907, et mort à Hong Kong le 26 janvier 1976. En 1923, il entre dans l'Ordre des Frères Mineurs en 1931 et fut envoyé en mission en Chine, où y il prodigua les trésors de son esprit et de son cœur. Son œuvre la plus monumentale fut la traduction de la Bible en chinois. Il fonda une Ecole biblique et sociologique. Il organisa des réunions avec les Frères Séparés, expositions et conférences bibliques, etc... Il compila enfin un dictionnaire Biblique. Il n'était pas seulement un savant et un intellectuel, mais il était avant tout un missionnaire de Dieu, infatigable dans la prédication et la confession, aidant les pauvres et les malades, en particulier les lépreux. Tous ceux qui le connurent unanimes à reconnaître que : « Le Père Gabriele Allegra est un saint ». Il a été béatifié, selon les norme voulues par le Pape Benoît XVI, à Catane, le 29 septembre 2012.

 

Prières pour demander des grâces par l'intercession du Bienheureux Gabriel Maria Allegra


O Dieu, Tout-Puissant et Miséricordieux, qui êtes notre repos quand nous sommes fatigués, notre soutien quand nous sommes faibles, notre consolation quand face à la douleur, écoutez la prière que nous Vous adressons avec confiance. Elevez au rang des Saints de Votre Eglise, le Bienheureux Père Gabriele Maria Allegra, et accorde-moi, par son intercession, les faveurs dont j'ai grand besoin... Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.


Réciter trois Gloire au Père, en l'honneur de la Sainte Trinité et un « Salve Regina » en l'honneur de la Vierge Marie.


Pour plus d'informations et communications de grâces reçues, contacter la


Postulation Générale

Via Santa Maria Mediatrice 25

00165 - Rome (Italie)

 

246_001

Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

30 décembre 2013

Neuvaine à Notre-Dame du Puy 4/4

Neuvaine à Notre-Dame du Puy

419_001

Huitième jour

Les honneurs rendus à Marie dans son église du Puy

 

Les papes et les évêques, les princes et les rois, les grands et les petits, les nationaux et les étrangers, des chrétiens de tout âge, de tout sexe, de toute condition, se sont empressés, depuis plusieurs siècles, d'honorer Marie dans la sainte basilique qu'elle a choisie pour sa demeure, soit en lui faisant de pieuses visites, soit en lui présentant de riches offrandes, mais toujours en déposant à ses pieds les sentiments d'un respect profond et d'un entier dévouement. C'est que Marie est digne des hommages de l'univers : 1° par sa dignité ; 2° par ses prérogatives ; 3° par sa sainteté. Serait-il possible de méditer ces vérités et de rester indifférent à son égard ?

 

Honneur dû à Marie à cause de sa dignité

 

Marie est la Mère de Dieu ! Quelle grandeur peut être comparée à ce titre auguste ? S'il est vrai, comme le dit saint Eucher, que « tel est le fils, telle également est la mère », et que, selon le langage d'un ancien auteur, « la chair de Marie est la chair de Jésus-Christ », qui pourrait exprimer la hauteur de cette sublime vocation ? Qu'il nous suffise de méditer cette parole du grand saint Grégoire : « Si vous voulez connaître la Très Sainte Vierge et vous former une idée de sa qualité et de sa grandeur, jetez les yeux sur son Fils, et l'excellence de l'un vous mettra en état de comprendre l'excellence de l'autre ». Les peuples n'honorent pas seulement les rois, ils étendent leurs hommages jusqu'à la noble princesse qui leur a donné le jour ; la splendeur du diadème fait rejaillir son éclat sur le sein qui les a portés et sur les mamelles qui les ont nourris. Marie a nourri Jésus, le Roi des rois ; elle a porté dans ses chastes entrailles le Monarque de l'univers, les rayons de la Divinité ne doivent-ils pas resplendir sur elle ? ne doit-elle pas partager jusqu'à un certain point les hommages que les nations rendent au Maître tout-puissant qu'elle a le droit d'appeler son fils ?

Oui, le Fils de Dieu est son fils ! Et, dans le jour de sa naissance, elle a pu lui dire ce que le Père éternel lui disait avant tous les siècles : « Vous êtes mon Fils, et je vous ai engendré aujourd'hui ». Le Fils de Dieu est son fils ! Et longtemps avant l'accomplissement de ce grand mystère, le Prophète l'avait annoncé par cet oracle solennel : « Voici qu'une vierge concevra et qu'elle enfantera un fils qui sera nommé Emmanuel, c'est-à-dire Dieu avec nous ». Le Fils de Dieu est son fils ! Et un des plus illustres Archanges sera chargé de lui révéler ce divin secret ; il lui dira : « L'esprit-Saint surviendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre, c'est pourquoi le Saint qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu ». Le Fils de Dieu est son fils ! Et sainte Élisabeth, éclairée d'une lumière surnaturelle, reconnaîtra l'excellence de sa dignité, en s'écriant : « Et d'où me vient ce bonheur, que la Mère de mon Seigneur daigne venir à moi ? » Le Fils de Dieu est son fils ! Et tous les Pères de l'Église s'accorderont dès le commencement dans cette doctrine si bien exprimée par cette parole de saint Grégoire de Naziance : « Si quelqu'un ne croit pas que la sainte Vierge Marie est Mère de Dieu, il est hors de la Divinité ». Le Fils de Dieu est son fils ! Et le Concile général d'Ephèse, assemblé dans la cause de Nestorius, fulminera contre lui et ses sectateurs cette terrible sentence : « Si quelqu'un ne confesse pas que l'Emmanuël est Dieu véritable, et par conséquent que la Vierge Marie est Mère de Dieu, parce qu'elle a engendré corporellement Dieu qui s'est fait chair, qu'il soit anathème ». Le Fils de Dieu est son fils ! Et l'Église, dans le Symbole de sa foi, fera solennellement répéter à ses enfants que « le Verbe éternel s'est incarné de la Vierge Marie par l'opération de l'Esprit Saint ». Le Fils de Dieu est son Fils ! Et tous les jours, et plusieurs fois le jour, elle placera sur nos lèvres cette glorieuse invocation : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous ».

Mère de Dieu ! Quel titre ! Quelle dignité ! Quelle sublime exaltation ! Qu'au nom de Mère de Dieu, le ciel s'incline, la terre se prosterne, l'enfer frémisse jusqu'au fond de ses abîmes. Et comment donc l'hérésie a-t-elle osé disputer à cette auguste Mère de si légitimes hommages ? ne serait-ce pas un crime que de laisser sans honneur celle que Dieu a daigné élever à une place si éminente ? Les mépris déversés sur la Mère, ne retomberaient-ils pas nécessairement sur le Fils ? Le Fils n'est-il pas glorifié par la gloire que le chrétien fidèle rend à sa Mère ?

 

Honneur dû à Marie à cause de ses prérogatives

 

Sans doute la Mère de Dieu devait bien recevoir de son divin Fils des privilèges capables de la distinguer des autres créatures ; aussi des merveilles particulières éclateront-elles dans sa conception, dans sa vie, dans sa mort, dans sa résurrection, dans son triomphe après son trépas.

1° Merveilles dans sa conception immaculée et sans tache. Tous les hommes, frappés en Adam apporteront avec eux à leur entrée dans le monde la souillure originelle ; quelques âmes privilégiées seront, il est vrai, sanctifiées dès le sein maternel ; mais quoique purifiées avant leur naissance, elles auront, dans le temps qui s'est écoulé entre leur conception et leur réconciliation miraculeuse, subi la loi commune du péché, et courbé la tête sous le joug du démon. Marie seule n'a jamais été sujette de l'enfer ; seule elle a pu dès le commencement de son existence entendre cette parole du Seigneur: Vous êtes toute belle, ô ma bien-aimée, et il n'y a pas de tâche en vous ; seule comme le disent les saints docteurs, « elle n'a pas été infectée par le souffle venimeux du dragon infernal ; seule elle a toujours été dans la lumière et jamais dans les ténèbres ; seule elle peut être appelée un paradis où le serpent n'a jamais eu d'entrée ; seule parmi les enfants d'Adam elle a participé à sa chair sans participer à ses souillures, et certes, qui pourrait le croire, le Fils de Dieu eût-il voulu naître d'une vierge que le péché originel aurait un moment déshonorée ». Que l'on célèbre donc la nativité de quelques saints personnages que Dieu a daigné appeler à lui avant leur apparition sur la terre ; pour Marie ce ne sera pas seulement sa naissance que nous fêterons avec une pieuse joie, ce sera surtout sa conception immaculée que nous honorerons avec l'Église dans le sentiment d'une juste admiration et d'une allégresse religieuse.

2° Merveilles dans sa vie, exemption de tout péché même véniel. L'homme quelque saint, quelque parfait qu'il soit, s'il n'est prévenu d'une grâce singulière de Dieu, ne saurait passer un temps considérable, et à plus forte raison tout le temps de son existence, sans tomber dans quelqu'une de ces fautes légères, de ces petites imperfections qui échappent nécessairement à la faiblesse humaine. Le plus juste, dit le Sage, pèche sept fois le jour. C'est une vérité dont ne nous convainc que trop notre propre et malheureuse expérience, mais pour Marie l'Église croit, selon la décision d'un concile général, que jamais la moindre faute n'est entrée dans son cœur, que jamais elle n'a cédé à la plus légère imperfection. La gloire du Fils demandait que sa Mère fût toujours intacte, et le démon ne pouvait avoir rien de commun avec celle que des liens si nobles et si étroits attachaient à la Divinité.

3° Merveilles dans sa mort, causée non par la maladie, mais par l'amour. Les hommes finissent ordinairement par suite d'infirmités ou par affaiblissement de l'âge. S'ils ont le bonheur d'être fidèles au service de Dieu, ils peuvent mourir dans les sentiments, dans les transports de l'amour ; mais l'amour n'est pas la cause de leur trépas, ce n'est pas en eux la violence de l'amour qui arrache du corps une âme incapable de rester plus longtemps séparée de l'objet de sa tendresse ; mais Marie, qui n'avait pas péché en Adam, ne connaissait pas les douleurs de la maladie ; l'âge ne pouvait la faire courber sous son poids ; il fallait pour mettre un terme à sa vie un autre principe de séparation et de rupture entre l'âme qui vivifiait le corps, et le corps qui retenait l'âme captive. Ce grand principe ce sera l'amour, amour qui, né avec elle, s'est toujours accru durant les longues années de son exil sur la terre ; amour dont la violence est devenue si impérieuse qu'elle ne peut plus y résister davantage; amour qui a frappé enfin la victime et brisé les nœuds pénibles qui l'attachaient encore à ce monde périssable. Marie rend son dernier soupir, et ce dernier soupir n'est en elle qu'un acte plus ardent d'amour et de charité.

4° Merveilles après son trépas dans sa résurrection anticipée. Il n'a été, il ne sera donné à aucun des élus de reprendre, avant le jour du dernier jugement sa dépouille mortelle ; alors seulement est fixée pour le genre humain cette grande résurrection qui réunira chaque âme au corps, qu'elle avait animé durant la vie. Mais Marie a partagé la gloire de son divin Fils ; comme lui, victorieuse de la mort, elle s'est hâtée de sortir radieuse de sa sépulture ; elle est ce sanctuaire du Très-haut auquel Dieu n'a pas laissé ressentir la corruption du tombeau. Les reliques des saints sont répandus de toutes parts dans l'Église, chaque pays, chaque contrée a conservé les membres et les ossements de ceux qui les ont sanctifiés par leur zèle ou édifiés par leurs vertus. Marie est la seule dont le corps ne parait nulle part, dont on chercherait en vain les ossements précieux : serait-ce que les chrétiens, fidèles à conserver les moindres restes des confesseurs et des martyrs, auraient, par une coupable négligence, laissé perdre les restes bien plus sacrés de la Mère du Rédempteur ? n'est-ce pas plutôt que cette chaire virginale transportée d'avance dans le ciel, ne saurait plus se retrouver sur la terre ? Le tombeau de Marie n'est-il pas vide comme celui du Sauveur, et ce vide même n'est-il pas comme un témoin qui dépose en faveur de sa résurrection glorieuse et anticipée ?

5° Merveilles dans le triomphe qui lui est accordée au plus haut des deux. Portée sur les ailes des anges, elle s'est élancée vers le séjour de la félicité ; les esprits bienheureux se sont empressés de voler à sa rencontre ; de saints cantiques ont retenti autour d'elle : « Ouvrez vous, Portes éternelles, laissez entrer la Mère du roi des rois ». Princes de la sainte cité, demandez-vous avec étonnement : « Quelle est celle-ci qui s'avance du désert, inondée de délices et appuyée sur son bien-aimé ? » Car Jésus lui-même s'est levé pour aller à la rencontre de sa Mère, et la présenter au Père éternel, qui pose sur sa tête la couronne immortelle ; un siège éclatant de lumière a été placé pour elle à la droite du Dieu qu'elle a enfanté ; elle s'assoit sur ce trône éblouissant de splendeur, et commence, pour ne jamais le voir finir, Ce règne de bonheur et de gloire que le souverain juge lui a préparé comme la récompense de ses sacrifices.

O Marie, si je n'ai pas comme vous été conçu dans l'innocence, j'ai du moins été dès les premiers instants de ma vie rétablie dans cette innocence parla grâce du saint baptême. Que je ne l'ai-je conservée aussi bien que vous par la fidélité à éviter les moindres fautes ? Que n'ai-je travaillé à exciter dans mon cœur ce saint amour qui me préparerait aux consolations d'une sainte mort ? et ne puis-je pas comme vous me mettre en état de mériter, sinon immédiatement après mon trépas, du moins à la fin des siècles, la grâce de ressusciter îla gloire ? Ne puis-je pas me rendre digne, eu marchant sur vos traces, de m'asseoir à vos côtés dans le royaume éternel, et de partager à jamais les délices qui inondent votre cœur ?

 

Honneur dû à Marie à cause de son éminente sainteté

 

La sainteté, c'est aux yeux de Dieu le plus grand titre à son estime. Quand une pieuse femme s'écrie en parlant du Sauveur : « Bienheureux le sein qui vous a porté, et les mamelles qui vous ont nourri » ; le Sauveur répond : « Bien plus heureux ceux qui écoutent ma parole, et qui la mettent en pratique ». Être mère de Dieu, c'est beaucoup, c'est beaucoup de ressusciter dans la splendeur, d'être exalté au plus haut des cieux; mais tous les titres et tous les privilèges s'éclipsent devant l'éclat radieux de la sainteté. Et où trouver une sainteté comparable à celle de Marie ? Sainteté pure dans son principe, entière dans son étendue, inébranlable dans sa fermeté.

1° Sainteté pure dans son principe. Les vertus de Marie ne prenaient pas leur source dans la vanité, dans le goût, dans le caprice du moment, dans l'intérêt personnel; son intention toujours droite n'avait que Dieu en vue dans toutes ses actions, dans toutes ses paroles, dans toutes ses pensées, dans toutes ses affections : L'idée de Dieu, pouvait-elle dire avec le Prophète, est toujours présente à mon esprit ; la volonté de Dieu faisait la règle et le but de toutes ses démarches.

2° Sainteté entière dans son étendue. Il n'est pas une vertu qu'elle n'ait pratiquée ; et dans chacune de ces vertus il n'est pas un degré de perfection qu'elle n'ait atteint, autant qu'il est possible à une créature. Les autres saints ont eu chacun quelque vertu favorite dans laquelle, sans négliger le reste, ils paraissaient exceller d'une manière particulière; c'était dans les Apôtres, le zèle ; dans les Martyrs, le courage; dans les Anachorètes, l'austérité ; c'était dans un Saint François de Sales, la douceur ; dans un Saint Vincent de Paul, l'humilité ; dans une Sainte Thérèse, la patience ; dans un Saint François Xavier, l'ardeur de la Charité; encore n'avaient-ils dans ces vertus de prédilection pu monter que quelques-unes de ces marches mystérieuses qui conduisent au sommet de la perfection ; mais dans Marie se trouve réuni par une heureuse alliance le chœur aimable de toutes les vertus ; mais Marie a, par rapport à chacune de ces vertus, franchi jusqu'à la dernière ligne , jusqu'à la dernière barrière qui sépare le créateur d'une perfection consommée.

3° Sainteté inébranlable dans sa fermeté. Rien de plus commun que de voir les âmes chrétiennes se démentir dans les engagements qu'elles ont contractés avec Dieu. Pleines de courage dans un moment de ferveur, elles ne montrent souvent, quelques instants après, que tiédeur et indifférence ; elles passent avec une déplorable facilité de la piété à l'oubli de la religion, de la vertu au vice, de la table de Jésus-Christ à la table du démon. Mais Marie avait compris que l'assurance du salut ne se trouve que dans la persévérance, et malgré la longueur de sa vie, elle ne s'est jamais laissée aller au moindre relâchement; toujours fidèle, toujours exacte, toujours vigilante, elle se fortifiait chaque jour davantage par le bon usage des grâces célestes, et par la sainte habitude de la docilité aux inspirations intérieures.

Hélas ! Que mes dispositions ont été jusqu'à présent éloignées de celle de Marie ? Que de défaut d'intention pure dans mes démarches ! Que de recherches de moi-même et de mes intérêts personnels ! Combien a été petit le nombre de mes vertus ! Combien ces vertus si rares ont-elles encore été imparfaites ! Que de légèreté dans ma conduite et d'inconstance dans mes résolutions! En sera-t-il toujours de même ? Ne prendrais-je pas enfin une détermination inébranlable d'être à Dieu sans réserve et pour toujours: je le souhaite je le désire, mais est-il vrai que je le veuille sincèrement ? O Marie, soutenez ma faiblesse, et fortifiez ma volonté chancelante. J'ai mis en vous ma confiance; non, je ne serai pas confondu.

 

Prière de Thomas A Kempis

 

Je viens, ô Vierge sainte, avec humilité et révérence, avec confiance et dévotion me présenter devant vous, portant sur mes lèvres la Salutation de Gabriel que je veux vous offrir en suppliant... Le ciel se réjouit, la terre entière est dans le ravissement quand je dis : « Je vous salue, Marie ». Satan fuit, l'enfer tremble, quand je dis : « Je vous salue, Marie ». La tristesse s'éloigne, la joie revient quand je dis : « Je vous salue, Marie ». La tiédeur s'évanouit, le cœur se fond d'amour, quand je dis : « Je vous salue, Marie ». La dévotion croît, la componction prend naissance, l'espérance se dilate, la consolation augmente, quand je dis : « Je vous salue, Marie ». L'âme se ranime, la volonté malade se fortifie dans le bien, quand je dis : « Je vous salue, Marie ». Car telle est la suavité de cette Salutation bénite qu'aucune parole humaine ne saurait l'expliquer ; c'est un abîme toujours plus profond que nulle créature ne peut sonder. Aussi fléchissant de nouveau les genoux devant vous, ô Vierge très sainte, me fais-je un bonheur de répéter : « Je vous salue, Marie, pleine de grâce »...

Oh ! Plût au Ciel, que pour satisfaire au désir que j'éprouve de vous honorer, de vous saluer avec toutes les forces de mon cœur, tous mes membres soient changés en autant de langues, et ces langues en voix de feu, pour que je trouve le moyen de vous glorifier éternellement, ô Mère de mon Dieu ! Plût au Ciel que je puisse, pour tant de péchés par lesquels je vous ai contristée en offensant grièvement votre Fils, vous offrir cette douce Salutation de l'archange, comme une pure et sainte victime d'oraison, destinée à expier tous mes déréglements ! plût au ciel, puisque ma vie est si fragile et si passagère, que, pour tous mes excès et mes négligences, pour toutes mes pensées vaines, immondes et perverses, tous les esprits bienheureux et toutes les âmes des justes vous disent, ô très pieuse Vierge, et vous redisent mille et mille fois, dans les sentiments d'une dévotion pure et d'une ardente prière, cette première Salutation que l'auguste Trinité a voulu vous faire adresser par son ange...

Et maintenant, prosterné en votre présence, je veux, s'il était possible, vous offrir avec une bouche d'or, cette Salutation angélique, qui, instituée et réglée par le Saint Esprit, convient si bien à la grandeur de votre dignité et de votre sainteté. Cette prière est petite par le nombre des mois, mais profonde par le sens des mystères ; courte en paroles, mais étendue en vertu ; plus douce que le miel, et plus précieuse que l'or, digne d'être continuellement ruminée dans la bouche du cœur, d'être souvent lue et répétée par des lèvres pures... mais malheur aux âmes dégoûtées ; malheur à ceux qui prient sans recueillement et sans piété, qui ne pèsent point ces paroles d'or, qui ne sentent pas le goût de ce breuvage délicieux, qui tant de fois disent : « Je vous salue, Marie », sans attention et sans respect.

Ô très Douce Marie, gardez-moi de cette grave négligence, de cette funeste lâcheté, et accordez-moi le pardon des fautes que j'ai commises à cet égard; à l'avenir je serai plus dévot, plus fervent et plus attentif en disant : « Je vous salue, Marie », soit au chœur, soit dans ma cellule, soit dans le jardin, soit dans la campagne, soit dans tout autre lieu. Et maintenant que vous demanderai-je, ô ma très chère maîtresse, et que puis-je vous demander de mieux, de plus utile, de plus nécessaire pour moi indigne pécheur, que de trouver grâce devant vous et devant votre Fils bien-aimé ? J'implore donc la grâce de Dieu par votre intervention et votre libéralité, ô vous, qui, selon le témoignage de l'ange, avez trouvé auprès de Dieu la plénitude de la grâce. Aucune demande ne saurait m'être plus chère, et il n'est rien dont j'aie un plus pressant besoin que la grâce et la miséricorde de Dieu. La grâce de Dieu me suffit, quand même tout le reste me serait refusée, car que sont sans elle tons mes efforts ? et qu'y a-t-il d'impossible, quand elle m'aide de son assistance ? J'ai dans mon âme beaucoup d'infirmités diverses ; mais la grâce divine est un remède bien efficace contre toutes les passions ; si elle daigne se communiquer à nous, il n'en est pas qu'elle ne dompte. J'ai aussi une grande indigence de science et de sagesse spirituelle ; mais la grâce divine est la souveraine maîtresse, qui enseigne la discipline céleste, dont les leçons suffisent pour me donner en un moment toutes les instructions nécessaires ; car faire au-delà du nécessaire quelque demande, ou vouloir acquérir quelque connaissance au-delà de ce qui est permis, c'est un excès dont nous éloigne la grâce qui nous avertit de nous humilier sous sa puissance, et de nous contenter de sa possession. Obtenez-moi donc, ô Marie, ô vierge clémente, obtenez-moi cette grâce qui est si noble et si précieuse, que je ne dois raisonnablement rien demander ou rien désirer autre chose que la grâce pour la' grâce elle-même.

 

085_001 (2)

Neuvième jour

Les miracles opérés par Notre Dame du Puy

 

Le pouvoir de faire des miracles est une faveur que Dieu accorde quelquefois à ses amis, plutôt pour manifester sa puissance et faire impression sur le cœur des peuples qui en sont témoins, que pour l'avantage et l'utilité des thaumaturges qui les opèrent. S'il en résulte quelquefois pour eux un peu d'honneur aux yeux des hommes, il ne leur en revient cependant pas plus de mérites que des actions les plus ordinaires et les plus communes. C'est ce qui nous explique pourquoi nous ne trouvons dans la vie de la Très Sainte Vierge le récit d'aucun prodige, quoiqu'en sa qualité de Mère de Dieu elle semble avoir eu plus de droit que toute autre à la communication de la puissance divine. Mais si elle n'en a pas fait durant les jours de son pèlerinage, combien ne les a-t-elle pas multipliés depuis son exaltation dans la gloire, quoique cependant elle paraisse dans quelques circonstances fermer l'oreille à la prière de ceux qui réclament les secours de sa merveilleuse autorité! De là trois sujets de réflexion : 1° Marie n'a pas fait de miracles durant sa vie, et c'est pour nous apprendre l'humilité ; 2° Marie a fait depuis sa bienheureuse mort et elle fait encore tous les jours de grands, de nombreux miracles, et c'est pour nous exciter à la confiance ; 3° Marie refuse quelquefois de faire des miracles que semble réclamer une piété véritable, et c'est pour punir ou corriger notre présomption.

 

Marie n'a pas fait de miracles durant sa vie, et c'est une leçon d'humilité qu'elle nous donne

 

Les Apôtres exercent sur la nature un pouvoir comme absolu ; ils guérissent les malades, ils redressent les boiteux, ils fortifient les paralytiques, ils ressuscitent les morts; le démon lui-même cède à leur empire et quitte à leur parole les corps des possédés qu'il tourmentait. Marie, du moins l'histoire de l'Évangile garde sur ce point un silence qui nous porte à le penser, Marie ne fait rien de semblable. Aux noces de Cana, elle ne soulage pas par elle-même l'indigence des nouveaux époux ; elle ne commande pas aux éléments ; elle se contente d'adresser à son Fils une simple prière. L'obscurité dont elle s'enveloppe en cette occasion, elle aime à s'y plonger de plus en plus durant tout le reste de sa vie. Dieu, qui la regardait avec tant d'amour, se plaît à favoriser lui-même le choix qu'elle a fait d'une profonde humilité, et à environner toutes ses actions de mystérieuses ténèbres. Cependant qui pourrait douter que si Marie eût sollicité quelques grâces merveilleuses, elle n'eût été infailliblement exaucée? Mère de son Dieu, aurait-elle pu souffrir de sa part un triste et pénible refus ? Mais la vie cachée est la sublime vocation à laquelle elle est appelée par la Providence ; elle ne veut, elle ne désire d'autre avantage sur la terre que d'être ignorée, méconnue, méprisée même du monde. Il faut donc que l'humilité soit un trésor bien précieux, puisque la Très Sainte Vierge, si éclairée des lumières d'en haut, l'a préférée à la grâce même des miracles; il faut qu'elle ait une bien grande valeur devant le Fils de Dieu, puisque après l'avoir embrassée lui-même en s'anéantissant jusqu'à la croix, il a voulu en orner sa Mère comme du bijou le plus riche, comme de la plus brillante parure. Il faut surtout qu'elle soit aussi nécessaire que pénible à l'homme, puisque le maître de la vraie sagesse a pris de si étonnants moyens pour nous engager à la pratiquer, et nous a fourni, pour nous servir de règle et d'encouragement dans cette difficile carrière, de si admirables exemples.

Mais ces exemples admirables, qui s'applique à les retracer dans sa conduite ? Ne semble-t-il pas, au contraire, que la principale étude, je ne dis pas seulement des mondains, mais des chrétiens eux-mêmes, soit de paraître et de briller aux yeux de leurs semblables ? On en cherche avec ardeur toutes les occasions; on s'efforce de mettre au jour les talents que l'on peut avoir reçus de la nature; on proclame ses bonnes œuvres; on aime à manifester, à exagérer même ses vertus ; que dis-je ! On se glorifie souvent des avantages les moins propres à nourrir la vanité, si la vanité savait être raisonnable; on exalte sa naissance, comme s'il avait dépendu de nous de naître dans un palais plutôt que dans une chaumière ; on étale avec faste ses richesses, comme si les richesses pouvaient augmenter ou accroître notre mérite ; on est flatté de rouler dans un équipage brillant et d'être escorté par de nombreux serviteurs, comme si cette pompe extérieure ne nous était pas étrangère ; on en vient même jusqu'à se complaire dans l'éclat des vêtements et dans le clinquant de la parure, comme si c'était un grand honneur de cacher les misères de l'humanité sous le produit des plantes ou sous la dépouille des animaux. Ainsi l'orgueil va-t-il chercher son aliment jusque dans les objets non-seulement les plus indifférents, mais encore les plus propres à le renverser et à le confondre.

Oh ! Que bien plus sage est l'âme fidèle à imiter le soin de Marie à demeurer dans l'obscurité ! Pénétrée de la connaissance de sa misère, elle ne court pas après les applaudissements et les éloges ; elle n'expose pas le trésor de ses mérites et de ses vertus à la rapacité du brigand infernal en les étalant aux yeux du monde. Prudente et sage, elle les renferme précieusement dans le secret de son cœur, comme dans un coffre impénétrable, où ses richesses se conservent en assurance sous la garde de l'humilité. Le Sauveur l'a dit : « Celui qui s'abaisse sera élevé » ; elle estime heureuse d'être au dernier rang sur la terre, dans l'espérance d'occuper au ciel un rang distingué parmi les élus.

 

Marie a fait depuis sa bienheureuse mort et fait encore tous les jours de grands, de nombreux miracles, et c'est un motif de confiance qu'elle nous présente

 

Quelle est dans le monde la province, la ville, je dirai presque la famille, où ne se conserve le souvenir de quelques prodiges de miséricorde opérés par la puissante bonté de cette douce et tendre Mère ? Ces innombrables pèlerinages où pendent de toutes parts des tableaux commémoratifs, de riches offrandes, des cœurs d'or et de vermeil, ne sont-ils pas comme des témoins toujours subsistants des grâces accordées par la Très Sainte Vierge à des âmes reconnaissantes ? Prodiges temporels : ce sont des maladies guéries, des périls évités, des affaires conduites à une heureuse fin, des familles consolées, des rejetons accordés à des mariages stériles, des enfants rendus à la tendresse maternelle, des morts arrachés au tombeau. Prodiges spirituels : ce sont des pécheurs convertis, des âmes tièdes ranimées, des tentations vaincues, des passions domptées, des vertus acquises, des mérites accumulés. Prodiges perpétuels ; les autres Saints semblent avoir un temps de splendeur après lequel ils disparaissent pour faire place à leurs successeurs : les Grégoire thaumaturge, les Gervais et les Protais, les Martin de Tours, les Geneviève de Paris et tant d'autres qui, avant ou après eux, ont étonné le monde par l'exercice d'une puissance merveilleuse, ne jettent plus aujourd'hui le même éclat. Mais le pouvoir de Marie est toujours le même; je me trompe : il va tous les jours prenant de nouveaux accroissements, et nous pouvons dire, sans crainte d'être démentis, que jamais il ne s'est déployé d'une manière aussi sensible, aussi manifeste, aussi étendue qu'à notre époque.

Heureux donc ceux qui placent en Marie leur Confiance ! Oui, il est bon de se confier en Marie, plutôt que de se reposer sur la protection des hommes, d'espérer en elle, plutôt que de mettre dans les princes du siècle son espérance. Si la maladie m'étend sur un lit de douleur, si la pauvreté me fait sentir ses privations, si le danger menace des personnes qui me sont chères, c'est à Marie que je m'adresserai pour obtenir, pourvu que telle soit la volonté de Dieu, et que ces grâces séculières ne nuisent point à mon salut, le remède dans mes souffrances, le soulagement dans ma pauvreté, la conservation des objets légitimes de mon amour. Je lui dirai : « Celui que vous aimez est malade » ; « guérissez-moi, ô ma reine ! Car le trouble et l'angoisse ont pénétré jusqu'à mes os ». Et puis : « Je suis pauvre et réduit à la mendicité ; « souvenez-vous de mon indigence ». Et encore : « les périls nous ont environnés ; détournez de nous la colère du Seigneur ». Si les passions se révoltent dans mon cœur comme des bêtes farouches, si les tentations s'élèvent comme d'impétueuses tempêtes, si la faiblesse, comme un épuisement intérieur en moi, m'expose à de tristes chutes, c'est encore vers Marie que je tournerai mes regards avec d'autant plus de sécurité que je saurai plus certainement que mes demandes ne peuvent manquer de lui plaire. Je lui dirai : « O ma Mère ! Une bête cruelle menace de me mettre en pièces ; ne permettez pas que mes ennemis puissent dire : « Nous l'avons dévoré ». Jeté dans la haute mer par les vents tumultueux qui agitent mon cœur, j'ai été presque submergé dans les flots et par la violence de l'orage. Délivrez-moi des profondes eaux ; ne souffrez pas que je disparaisse englouti dans l'abîme. Atteint d'une maladie de langueur, mon esprit est tombé en défaillance ; vivifiez-moi dans votre miséricorde. Si enfin, ce qu'à Dieu ne plaise, le péché s'emparait de mon cœur et me donnait un coup mortel, je ne me livrerais pas au désespoir ; je me souviendrais que Marie est le refuge des âmes égarées ; je la prierais avec une nouvelle ardeur ; je m'écrierais du fond de ma misère : O Vierge clémente ! Qui avez arraché tant d'infortunés aux tourments futurs, ayez pitié de moi et daignez, vous en avez le pouvoir, me ressusciter par votre puissante intercession ; n'abandonnez pas mon âme à l'enfer ; retirez-la des mains du prince cruel qui y domine. Ah ! Déjà, si vous n'étiez souvent venue à mon aide, cette âme coupable n'aurait eu d'autre habitation que les cachots éternels. O Mère du Dieu des vertus ! convertissez-moi encore aujourd'hui ; convertissez-moi, ô vous qui avez donné le salut au monde, et par un heureux changement, assurez-moi le bonheur d'être un jour avec vous dans le paradis.

 

Marie cependant refuse quelquefois de faire des miracles que semble réclamer une piété véritable

 

Et d'où vient qu'elle s'abstient dans certaines circonstances d'opérer les œuvres merveilleuses que l'on sollicite auprès d'elle ? Serait-ce la puissance qui lui ferait défaut ? Non sans doute, car en sa qualité de Mère de Dieu, elle peut tout obtenir de celui qu'elle a mis au monde. Serait-ce la bonté qui lui manquerait ? Non sans doute, car elle est notre mère, et ne saurait sans de graves et imposantes raisons ne pas faire droit à nos requêtes. Mais prenons y garde ; on demande quelquefois ce que l'on ne devrait pas demander, et dans les demandes même légitimes, non-seulement on ne prend pas les moyens pour assurer l'effet de ses désirs, mais on fait même souvent ce qui peut mettre obstacle au succès : dans le premier cas, c'est irréfléxion ; dans le second, c'est témérité ; dans le troisième, c'est dérision.

1° Demandes irréfléchies. On prie pour arriver aux honneurs, et peut-être les honneurs nous enfleraient ; on prie pour avoir des richesses, et peut-être les richesses nous séduiraient ; on prie pour réussir dans un établissement projeté, et peut-être cet établissement nous pervertirait ; on prie pour recouvrer la santé, et peut-être la santé nous perdrait ; on prie pour la vie d'un enfant encore dans l'âge de l'innocence, et peut-être, si sa vie était prolongée, aurait-il le malheur de tomber dans la réprobation. L'on ne voit pas ces inconvénients et ces dangers ; Marie les voit et les apprécie ; comment pourrait-elle, en exauçant des vœux inconsidérés, faire le malheur de ceux qui l'invoquent ?

2° Demandes téméraires. Ce que l'on réclame peut être juste et conforme à la volonté de Dieu, mais on ne s'applique nullement à aider la grâce qui n'opère rien sans nous. Ainsi l'on demande la conversion, mais on ne rentre pas en soi-même, on n'examine pas sa conscience, on ne va que rarement se présenter au saint tribunal, on ne s'excite point au repentir et à la ferme résolution de renoncer au péché. Croyons-nous que Marie soit obligée de tout faire, tandis que nous languirons dans une coupable oisiveté ? Ainsi l'on voudrait obtenir la faveur insigne de la dévotion, mais on ne s'adonne que faiblement à la prière, on ne se fait pas une habitude de l'oraison, on n'assiste que de loin en loin et sans esprit intérieur à la sainte messe, on n'approche du banquet divin qu'avec dégoût et à de longs intervalles. Oserions-nous le penser ? Marie montrerait-elle pour notre sanctification plus de zèle et d'ardeur que nous n'en montrons nous-mêmes : travaillons selon nos forces, et la protection de la Très Sainte Vierge ne nous manquera jamais.

3° Demandes dérisoires. On sollicite une grâce, et on emploie tous les moyens pour y mettre obstacle ; on fait des vœux pour garder la belle vertu de modestie, mais en même temps on donne toute liberté à ses regards, on se nourrit de lectures romanesques et de feuilletons licencieux, on se jette dans des sociétés dangereuses, on se permet des conversations libres et familières, on ouvre son cœur à toutes les impressions de la volupté : quelle moquerie dans une semblable prière ! On voudrait que Marie accordât le détachement du monde, et cependant on suit ses maximes, on fréquente ses assemblées, on se livre à ses plaisirs, on assiste à ses spectacles, on prend une part active à ses danses et à ses folies : est-ce là une prière ? n'est-ce pas plutôt une insultante risée ? On invoque Marie pour avoir la charité, et l'on nourrit dans son cœur les sentiments de la haine ; la douceur, et l'on se livre sans résistance à l'emportement ; l'humilité, et l'on ne respire que l'orgueil ; la justice, et l'on ne s'occupe qu'à s'enrichir par des voies iniques ; le détachement, et l'on n'a d'autres pensées que celles de l'intérêt. Arrêtons-nous, c'est assez de dérision et d'outrages; si nous avons ainsi prié, gardons-nous bien de nous plaindre ; le droit de se plaindre appartient à Marie, et non pas à nous. Sachons-nous réformer, sachons prier avec les dispositions convenables, et nous verrons se réaliser pour nous cette parole de Saint Bernard, que jamais une grâce n'a été en vain demandée à cette Vierge également bonne et puissante, mais non moins sage et discrète dans la distribution de ses faveurs.

 

Autre prière de Thomas à Kempis

 

O Vierge fervente et toujours pure, ô Mère de Dieu, ô Marie, qui surabondez d'ineffables délices que l'esprit humain ne peut ni exprimer, ni comprendre ; me voici, moi, votre pauvre serviteur, prosterné, le cœur rempli de pieuses affections et la tête humblement courbée, devant le trône glorieux où vous êtes, dans le royaume céleste, assise au dessus des anges, et que vous avez mérité, ô très digne Mère de Dieu, par une humilité plus profonde que celle de toutes les filles de Jérusalem.

Je sais, ô Mère privilégiée, que je ne suis pas digne de lever vers vous mes regards impurs, trop souvent hélas ! Souillés par la concupiscence de la chair, par la concupiscence des yeux, et par l'orgueil de la vie... Mais encouragé par la multitude de votre miséricorde, je nourris la bonne et ferme espérance d'obtenir promptement la grâce d'une pleine réconciliation par votre bonté à vous révéler à moi et à intercéder en ma faveur... C'est appuyé sur votre clémence et votre mansuétude, que je viens me réfugier sous votre protection, là où les infirmes reçoivent la force, et les captifs la délivrance; soyez donc miséricordieuse envers moi ; soyez à mon cœur une bonne mère, afin que par une heureuse expérience j'éprouve maintenant que vous êtes la consolatrice de tous, et le soulagement fidèle de ceux qui vous servent et espèrent en vous.

Mais ce que je vous demande encore, ô Marie, ô glorieuse Mère de Dieu, c'est de ne pas vous lasser depuis ce moment jusqu'à ma dernière heure, de fixer sur moi un regard serein et propice ; recevez-moi sous votre garde, et étendez sur moi vos bras saints et maternels dans tous les lieux où je marcherai, surtout quand viendra ce dernier jour dont j'ignore l'époque, et cette heure si redoutable de la mort à laquelle je ne saurais échapper ; ô reine clémente, ma confiance salutaire dans toutes mes angoisses, mais principalement à cet instant suprême, souvenez-vous alors de moi, assistez-moi à la fin de la vie, et consolez mon âme tremblante. Protégez-la contre la malice des esprits immondes ; qu'ils n'osent pas s'approcher de moi ; honorez-moi de votre aimable présence ; que la multitude des anges et des saints viennent avec vous me visiter. Travaillez par vos prières très pures à apaiser, avant que je quitte la lumière, la face divine de votre Fils que j'ai si souvent et si grièvement offensé par mes péchés ; après quoi recevez cette pauvre âme au moment où elle quittera cet exil pour le grand voyage, et introduisez la par les portes du Ciel dans les délicieuses demeures du paradis. Placez-moi près de vous, et parlez pour moi à votre Fils, faites entendre pour moi à ce roi de tous les siècles une bonne et douce parole, vous qui avez reçu le glorieux salut de la bouche de Gabriel...

Agréez donc la prière que votre serviteur répand maintenant devant vous; regardez-moi, ô vierge Marie, très miséricordieuse Mère de Jésus, qui vous a aimée par-dessus toutes les créatures, et souvenez-vous toujours de moi. Si quelquefois je vous oublie, c'est, vous le savez, avec un vrai déplaisir ; pour vous, veuillez ne pas me mettre en oubli, vous qui avez enfanté la miséricorde.

Il me faut, ô vierge Marie, il me faut déjà prendre congé de vous ; je vous salue les genoux en terre, j'incline dévotement mon front en votre présence ; les mains jointes, je vous offre mes actions de grâce ; et afin que vous écoutiez favorablement et que vous exauciez ma prière, j'honorerai encore votre face par une respectueuse salutation : « Je vous salue, Marie pleine grâce, le Seigneur est avec vous, vous fille bénie entre toutes les femmes, et béni est le fruit de vos entrailles Jésus-Christ. Ainsi soit-il.

 

Neuvaine extraite du livre « Les Gloires de Notre Dame du Puy », Père Caillau, Paris, Librairie Camus, 1846

911_001

Téléchargez l'intégralité des méditations et prières de cette Neuvaine (pdf) en cliquant ici

6 décembre 2013

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie 32/33

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie

33 jours pour se consacrer à la Très Sainte Trinité par les mains de Marie

102_001

Trente-deuxième jour

Quatrième jour au sein de la Trinité

Marie Reine de la Paix

Consécration à Marie Reine de la Paix

 

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

 

Invocation au Saint Esprit

 

O Esprit de Dieu,

Esprit de Vérité et de Lumière,

demeure constamment en mon âme

par Ta Grâce divine,

que Ton Souffle dissipe les ténèbres

et que dans Ta Lumière

les bonnes actions se multiplient.


Ô Esprit de Dieu,

Esprit d’Amour et de Miséricorde,

qui verses en mon cœur le baume de la confiance,

Ta Grâce confirme mon âme dans le bien,

lui donnant une force invincible : la constance.


Ô Esprit de Dieu, Esprit de Paix et de Joie,

qui réconfortes mon cœur assoiffé,

verse en lui la vivante Source de l'Amour Divin

et le rends intrépide dans la lutte.


Ô Esprit de Dieu, hôte très aimable de mon âme,

je désire de mon côté Te garder fidélité,

tant aux jours de joie

qu'aux heures de souffrances ;

je désire, Esprit de Dieu,

vivre toujours en Ta présence.


O Esprit de Dieu, qui imprègnes mon être

et me fais connaître Ta Vie Divine et Trinitaire

et m'inities à ton Etre Divin,

ainsi unie à Toi, j'aurai la Vie éternelle.

(Sainte Faustine Kowalska)

 

Je crois en Dieu, une dizaine de Chapelet aux intentions de la Sainte Vierge.

 

Parole de Dieu

 

Apocalypse de Saint Jean 21, 2-5

 

« J'ai vu descendre du ciel, d'auprès de Dieu,la cité sainte, la Jérusalem nouvelle, toute prête, comme une fiancée parée pour son époux. Et j'ai entendu la voix puissante qui venait du Trône Divin ; elle disait : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes ; Il demeurera avec eux, et ils seront son peuple, Dieu Lui-même sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort n'existera plus ; et il n'y aura plus de pleurs, de cris, ni de tristesse ; car la première création aura disparu ». Alors celui qui siégeait sur le Trône déclara : « Voici que Je fais toutes choses nouvelles. Écris ces paroles : elles sont dignes de foi et véridiques ».

 

Saint Jean 14, 26-27

 

« Le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en Mon Nom, Lui, vous enseignera tout, et Il vous fera souvenir de tout ce que Je vous ai dit. C'est la Paix que Je vous laisse, c'est Ma Paix que Je vous donne ; ce n'est pas à la manière du monde que Je vous la donne. Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés ».

 

Lettre de Saint Paul aux Romains 14, 17-19

 

« Le royaume de Dieu ne consiste pas en des questions de nourriture ou de boisson ; il est Justice, Paix et Joie dans l'Esprit Saint. Celui qui sert le Christ de cette manière-là plaît à Dieu, et il est approuvé par les hommes. Recherchons donc ce qui contribue à la paix, et ce qui nous associe les uns aux autres en vue de la même construction ».

 

Message de Marie à Medjugorje du 25 septembre 1986

 

« Chers enfants, Je vous demande de faire voir aux autres ce qu'est la paix, par votre propre paix ; pour qu'eux aussi commencent à la rechercher vraiment. Vous êtes dans la paix, chers enfants, et vous ne pouvez pas comprendre ce qu'est le manque de paix. Ainsi, par la prière et par votre vie, aidez à détruire ce qui est mauvais dans l'être humain. Démasquez la tromperie dont Satan se sert. Priez pour que la Vérité triomphe dans tous les cœurs. Merci d'avoir répondu à Mon appel ».

 

Méditation

 

« Marie, étoile de la mer, rayonnant aussi sur toutes les terres, réchauffant les âmes plutôt que les corps. Elle est cette splendide étoile qui se lève sur l'immensité de la mer brillant par ses mérites, éclairant par ses exemples.

Ô toi qui te sens loin de la terre ferme, emporté sur les flots de ce monde au milieu des orages et des tempêtes, ne quitte pas des yeux la lumière de cet astre si tu ne veux pas sombrer. Si le vent des tentations s'élève, si l'écueil des tribulations se dresse sur la route, regarde l'étoile, appelle Marie.

Si tu es ballotté par les vagues de l'orgueil, de l'ambition, de la médisance, de la jalousie, regarde l'étoile, appelle Marie.

Si la colère, l'avarice, les désirs impurs secouent la nacelle de ton âme, regarde vers Marie.

Si, troublé par l'énormité de tes crimes, honteux des turpitudes de ta conscience,n effrayé par la crainte du jugement, tu commences à te laisser aller à la tristesse, à glisser dans le désespoir, pense à Marie.

Dans les périls, les angoisses, les doutes, pense à Marie, invoque Marie. Que Son Nom ne s'éloigne jamais de tes lèvres, qu'il ne s'éloigne pas de ton cœur ; et, pour obtenir le secours de sa prière, ne néglige pas l'exemple de sa vie. En la suivant, tu es sûr de ne pas dévier ; en la priant, de ne pas désespérer ; en la consultant, de la pas te tromper ».

(Saint Bernard, Docteur de l'Eglise)

 

« L'Agneau immolé vit en portant les marques de la Passion dans la splendeur de la Résurrection. Lui seul domine tous les événements de l'histoire : Il en brise les « sceaux » et, dans le temps et au-delà du temps, il proclame le pouvoir de la vie sur la mort. Dans la « nouvelle Jérusalem », c'est-à-dire dans le monde nouveau vers lequel tend l'histoire des hommes, « de mort, il n'y en aura plus ; de pleur, de cri et de peine, il n'y en aura plus, car l'ancien monde s'en est allé » (Ap 21, 4). Et tandis que, peuple de Dieu en pèlerinage, peuple de la vie et pour la vie, nous marchons avec confiance vers « un ciel nouveau et une terre nouvelle » (Ap 21, 1), nous tournons notre regard vers Celle qui est pour nous « un signe d'espérance assurée et de consolation ».

Ô Marie, Aurore du monde nouveau, Mère des vivants, nous Te confions la cause de la vie : regarde, ô Mère, le nombre immense des enfants que l'on empêche de naître, des pauvres pour qui la vie est rendue difficile, des hommes et des femmes victimes d'une violence inhumaine, des vieillards et des malades tués par l'indifférence ou par une pitié fallacieuse. Fais que ceux qui croient en ton Fils sachent annoncer aux hommes de notre temps avec fermeté et avec amour l'Evangile de la vie. Obtiens-leur la grâce de l'accueillir comme un don toujours nouveau, la joie de le célébrer avec reconnaissance dans toute leur existence et le courage d'en témoigner avec une ténacité active, afin de construire, avec tous les hommes de bonne volonté, la civilisation de la vérité et de l'amour, à la louange et à la gloire de Dieu Créateur qui aime la vie ».

(Bienheureux Jean Paul II, Evangelium Vitae, n°105)

madonna011

Prières

 

Prière consécratoire

 

Marie, fleur de Galilée, Fille de David, Tu es le Temple que ton père n'avait pu construire malgré l'adresse du prophète Nathan : « Le Seigneur avec Toi », Tu es le Voile du temple et le lieu très Saint, Tu es l'Arche et la Porte qui conduit au cœur du Sanctuaire, Tu es la Mère de Jérusalem, la ville sainte dont tous les membres font corps. Cité qui voit la paix, épouse du Messie, le Prince de Paix, Tu es la Reine de la Paix et Tu nous donnes Celui qui donne la paix, non comme le monde la donne, mais comme seul Dieu peut la rétablir. Ô Marie, je me consacre totalement à Toi pour devenir un artisan de paix, un artisan de la présence divine qui sauve et rétablit l'alliance de l'homme avec l'homme, de l'homme avec le monde, de l'homme avec Dieu.

 

Antienne

 

Ô Marie ! Mer tranquille, distributrice de paix, Marie, terre féconde ! Tu es l'Arbre nouveau qui a porté la Fleur odorante du Verbe, Fils Unique de Dieu. En Toi, Terre féconde, fut semé le Verbe. Tu es à la fois la Terre et l'Arbre.

(Sainte Catherine de Sienne, Docteur de l'Eglise)

 

Psaume 72 (71)

 

Ô Dieu, donne au roi Ton Jugement,

au fils de roi Ta Justice,

qu'il rendre à Ton peuple sentence juste,

jugement à tes petits.

Montagnes, apportez, et vous, collines,

la paix au peuple.

Avec justice, Il jugera le petit peuple,

Il sauvera les fils de pauvres,

Il écrasera leurs bourreaux.

 

Il durera sous le soleil et la lune

siècle après siècle ;

Il descendra comme la pluie sur le regain,

comme la bruine mouillant la terre.

 

Devant Lui, se courbera la bête,

ses ennemis lécheront la poussière ;

les rois de Tarsis et des îles rendront tribut.

 

Les rois de Saba et de Seba feront offrande.

Tous les rois se prosterneront devant lui,

tous les païens le serviront.

 

Il délivrera le pauvre qui appelle

et le petit qui est sans aide ;

compatissant au faible et au pauvre,

Il sauvera l'âme des pauvres.

 

De l'oppression, de la violence,

Il rachètera leur âme,

leur sang sera précieux à ses yeux.

On priera pour lui sans relâche,

tout le jour, on le bénira.

 

Profusion de froment sur la terre

jusqu'au sommet des montagnes !

Abondance comme au Liban à l'éveil de son fruit !

Floraison comme l'herbe sur la terre !

 

Que Son Nom soit béni à jamais,

qu'il dure sous le soleil !

Bénies seront en Lui toutes les races de la terre,

que tous les païens le disent bienheureux !

 

Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël,

qui seul fait des merveilles ;

Béni soit à jamais son nom de gloire,

toute la terre soit remplie de sa gloire,

Amen ! Amen !

 

Prière « Ad Libitum » : Priez Marie avec un texte de votre choix comme par exemple les Litanies, le Souvenez-vous, ou encore une oraison jaillie du cœur...

Invocation : O Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation, priez pour nous et pour le monde ».

 

media-451142-1

Textes extraits du livre « Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie », aux Editions des Béatitudes, pour commander le livre, cliquer ICI

 

Pour recevoir les prières des 33 jours de la Retraite de Consécration par e-mail, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes.

22 novembre 2013

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie 18/33

Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie

33 jours pour se consacrer à la Très Sainte Trinité par les mains de Marie

102_001

Dix-huitième jour

Quatrième jour dans le Cœur de Jésus

Co-rédemption, Epoux de Sang

Consécration des souffrances

 

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

 

Invocation au Saint Esprit

 

Feu et lumière

qui resplendissent sur la face du Christ,

Feu dont la venue est parole,

Feu dont le silence est lumière,

Feu qui établis les cœurs dans l’action de grâce,

Nous te magnifions.


Toi qui reposes en Christ,

Esprit de sagesse et d’intelligence,

Esprit de conseil et de force,

Esprit de science et de crainte,

Nous te magnifions.


Toi qui scrutes les profondeurs de Dieu,

Toi qui illumines les yeux de notre cœur,

Toi qui te joins à notre esprit,

Toi par qui nous réfléchissons

la gloire du Seigneur,

Nous te magnifions.

(Saint Ephrem)

 

Je crois en Dieu, une dizaine de Chapelet aux intentions de la Sainte Vierge.

 

Parole de Dieu

 

Lettre de Saint Paul aux Romains 8, 18-23

 

« J'estime donc qu'il n'y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que Dieu va bientôt révéler en nous. En effet, la création aspire de toutes ses forces à voir cette révélation des fils de Dieu. Car la création a été livrée au pouvoir du néant, non parce qu'elle l'a voulu, mais à cause de celui qui l'a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l'espérance d'être, elle aussi, libérée de l'esclavage, de la dégradation inévitable, pour connaître la liberté, la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons bien, la création tout entière crie sa souffrance, elle passe par les douleurs d'un enfantement qui dure encore. Et elle n'est pas seule. Nous aussi, nous crions en nous-mêmes notre souffrance ; nous avons commencé par recevoir le Saint-Esprit, mais nous attendons notre adoption et la délivrance de notre corps ».

 

Lettre de Saint Paul aux Colossiens 1, 24

 

« Je trouve la joie dans les souffrances que je supporte pour vous, car ce qu'il reste à souffrir des épreuves du Christ, je l'accomplis dans ma propre chair, pour son corps qui est l'Église ».

 

Saint Mathieu 11, 28-30

 

« Venez à Moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et Moi, Je vous procurerai le repos. Prenez sur vous Mon joug, devenez Mes disciples, car Je suis Doux et Humble de Cœur, et vous trouverez le repos. Oui, Mon joug est facile à porter, et Mon fardeau, léger ».

 

Message de Marie à Medjugorje de novembre 1991

 

« Lorsque vous avez un problème, une souffrance, une maladie, ne dites pas : « oh, pourquoi c'est tombé sur moi et pas sur quelqu'un d'autre ! » Non, chers enfants, dites plutôt : « Seigneur, je Te remercie pour le cadeau que Tu me fais ». Car la souffrance, lorsqu'elle est offerte, est source de grandes grâces pour vous et pour les autres. Lorsque vous êtes malades, beaucoup d'entre vous ne prient que pour répéter : « Guéris-moi, guéris-moi ! » Non, chers enfants, cela n'est pas bien ; car ainsi vos cœurs ne sont pas ouverts à Dieu. Vous refermez vos cœurs sur votre maladie et vous n'êtes ouverts ni à la Volonté de Dieu, ni aux grâces qu'Il veut vous donner. Priez plutôt ainsi : « Seigneur, que Ta Volonté soit faite en moi ». Alors seulement, Dieu pourra vous communiquer Ses Grâces, selon vos vrais besoins qu'Il connaît mieux que vous. Cela peut être la grâce de la guérison, la grâce d'une force nouvelle, de la lumière, de la joie... Il vous suffit d'ouvrir vos cœurs à Dieu. Merci d'avoir répondu à Mon appel ».

(Cyrille Auboyneau, « Paroles du Ciel, Messages de Marie à Medjugorje », aux Editions des Béatitudes)

 

Méditation

 

Par Marie, la Rédemption s'étend aux pécheurs jusqu'aux âmes aux portes de l'enfer, selon Saint Ephrem. Quelles douces promesses Sainte Brigitte n'a-t-elle pas entendues de la bouche du Seigneur à ce propos ! On lit au livre de ses révélations qu'un jour, cette Sainte entendit Jésus qui causait avec Marie et qui lui disait : « Ma Mère, demandez-moi ce que Vous voudrez ; jamais je ne Vous refuserai une seule de vos demandes ». Et Il ajoutait : « Sachez-le, tous ceux qui, en Votre Nom, Me demanderont quelques grâce, même s'ils sont pécheurs, Je promets qu'ils l'obtiendront, à condition qu'ils veuillent se convertir ». Sainte Gertrude eut la même révélation : elle entendit notre Rédempteur Lui-même dire à Marie que, dans Sa Toute-Puissance, Il lui avait accorder d'user comme Elle de Sa compassion envers les pécheurs qui La prient ».

(Saint Alphonse de Liguori, Docteur de l'Eglise)

 

« Ô Marie, Marie, Temple de la Trinité, ô Marie, porteuse du Feu, Marie, distributrice de Miséricorde, Marie, qui as fait germer le Fruit Divin !... Marie, rédemptrice, en un sens, du genre humain ! (La souffrance de Ta Chair, dans le Verbe, n'a-t-elle pas sauvé le monde?) Le Christ fut Rédempteur par Sa Passion ; Toi par la douleur du corps et de l'âme ».

(Sainte Catherine de Sienne, Docteur de l'Eglise)

 

« La Croix est l’unique sacrifice du Christ « seul médiateur entre Dieu et les hommes » (1 Tm 2, 5). Mais, parce que, dans sa Personne divine incarnée, « il s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme » (GS 22, § 2), il « offre à tous les hommes, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associés au mystère pascal » (GS 22, § 5). Il appelle ses disciples à « prendre leur croix et à le suivre » (Mt 16, 24) car « il a souffert pour nous, il nous a tracé le chemin afin que nous suivions ses pas » (1 P 2, 21). Il veut en effet associer à son sacrifice rédempteur ceux-là même qui en sont les premiers bénéficiaires (cf. Mc 10, 39 ; Jn 21, 18-19 ; Col 1, 24). Cela s’accomplit suprêmement pour sa Mère, associée plus intimement que tout autre au mystère de sa souffrance rédemptrice (cf. Lc 2, 35) : En dehors de la Croix il n’y a pas d’autre échelle par où monter au ciel (Sainte Rose de Lima) ».

(Catéchisme de l'Eglise Catholique, n°618)

 

6_lombardia

Prières

 

Prière consécratoire

 

O Marie, debout au pied de la Croix, je Te consacre toute souffrance, ô Mère des Douleurs. Sachant que nul être au monde n'a souffert, souffre ou souffrira autant que Toi en Te voyant remplie de larmes et de douceur, non pas effondrée mais debout, Tu attires en Ton Cœur toutes les souffrances de ce monde pour les unir au Cœur de Jésus et en faire une offrande, une Eucharistie continuelle. Mère des Sept Douleurs, Cœur Transpercé de Marie, le Cœur de Jésus est mort pour nous et ne ressent plus aucune douleur sur la Croix. C'est dans Ton cœur à Toi que s'opère la souffrance rédemptrice. Dans cette Passion qui dure jusqu'à la fin du monde, Tu es la Compassion, aussi je T'offre toutes les souffrances qui ne sont pas offertes. Ô Mère, qu'elle ne soient pas perdues, mais qu'elles servent à la rédemption des corps et des âmes, ô Marie Médiatrice et Co-Rédemptrice par la Volonté d'Amour de Ton Fils.

 

Antienne

 

« Toute vie est une messe

et toute âme est une hostie ».

(Marthe Robin)

 

Psaume

Magnificat

(Saint Luc 1, 46-55)

 

Mon âme exalte le Seigneur,

exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur.

Il s'est penché sur son humble servante,

désormais tous les âges Me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour Moi des merveilles,

Saint est son nom !

Son amour s'étend d'âge en âge

sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras,

il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes,

il élève les humbles.

Il comble de bien les affamés,

renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël son serviteur,

il se souvient de son amour,

de la promesse faite à nos pères,

en faveur d'Abraham et de sa race à jamais.

 

Prière « Ad Libitum » : Priez Marie avec un texte de votre choix comme par exemple les Litanies, le Souvenez-vous, ou encore une oraison jaillie du cœur...

Invocation : O Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation, priez pour nous et pour le monde ».

 

475040_378998985549193_295403442_o

Textes extraits du livre « Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par Marie », aux Editions des Béatitudes, pour commander le livre, cliquer ICI

 

Pour recevoir les prières des 33 jours de la Retraite de Consécration par e-mail, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes.

17 octobre 2013

Litanies du Bienheureux Ceferino Gimenez-Malla

ceferino-jimenez-el-pele

Bienheureux Ceférino Gimenez malla

Tertiaire Franciscain, Gitan, Martyr

1861-1936

Fête le 4 mai

 

Ceferino Gimenez-Malla, né en 1861 à Fraga province de Huesca, d'une famille gitane pauvre d’Espagne, s'était établi, car il était nomade, en 1880, maquignon à Barbastro, petite ville d'Aragon, à une heure de la frontière française. C'était un Gitan, surnommé « El Pelé » par les siens, ce qui signifie crûment « les couilles », afin de signaler sa grande force de caractère. Les bonnes relations qu'il savait entretenir tant avec sa communauté qu'avec les payos faisaient de lui un médiateur de premier ordre et lui valurent d'être surnommé « le Maire des Gitans ». Ceferino découvrit assez tardivement la foi en fréquentant les séances de prières d'un ordre franciscain. Ne sachant ni lire ni écrire, il s'était pourtant rendu célèbre pour sa foi profonde, pour sa capacité d'atténuer les conflits et, aussi, pour sa volonté d'aider tous les souffrants. Une histoire de sa vie raconte qu'en 1918, sur la place de Barbastro, un tuberculeux s'écroula sur terre en crachant du sang. En dépit de la menace de contamination, El Pele a accouru vers lui pour le nettoyer de son mouchoir. Aux dires de ses contemporains, c'était un homme grand et maigre, habillé avec soin et « distingué ». Il se maria et se sédentarisa peu à peu à Barbastro (Nord de l'Espagne). N'ayant pas d'enfant, il adopta « la Pepita », nièce de sa femme. Très pieux, il aimait l'Eucharistie (assistance quotidienne à la messe et adoration nocturne) et la Vierge Marie (chapelet). Il avait un don pour catéchiser les enfants en leur racontant des histoires. Homme de la paix, on l'appelle pour arbitrer des conflits entre gitans ou des conflits inter ethniques. L'évêque lui-même a recours à ses conseils. Devenu membre de Saint Vincent de Paul, il est généreux envers les pauvres. En 1936, il fut incarcéré par les Républicains pour avoir essayé de défendre un prêtre soupçonné de collaboration franquiste. En effet, pendant la révolution de 1936, il voit une foule de miliciens s'acharner dans la rue contre ce jeune prêtre. Il prend sa défense. On l'arrête. Quand on lui a demandé s'il avait une arme, il a sorti sans mot dire un chapelet de sa poche ! Un ami de la Pepita, anarchiste, essaie de le libérer : il lui suffirait d'être discret et de renoncer à son chapelet. N'étant pas ecclésiastique, il aurait pu avoir la vie sauve, mais il refusa de renier publiquement sa foi pour recouvrer la liberté. Il fut exécuté sommairement, à la nuit, le 9 août (il avait 75 ans) au bord d'une fosse commune creusée dans le cimetière de Barbastro. Au moment d'être fusillé en même temps que dix-huit autres personnes, Ceferino tenait un chapelet entre ses mains et s'exclama : « Viva el Cristo Rey ! ». « C´était quelque chose d´incroyable, a témoigné un soldat présent dans l´événement, qui fut ensuite Curé dans une paroisse à Zaragoza, ils avançaient, pleins de joie, on dirait qu´ils allait à une fête. Ils ne s´arrêtaient pas de chanter et de réciter des prières ». Ceferino Gimenez-Malla a été béatifié le 4 mai 1997, à Rome, par le Pape Jean-Paul II.

 

90025C

Litanies du Bienheureux Ceferino Gimenez-Malla, Franciscain Séculier Martyr

(Pour un usage privé)

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, écoutez-nous.

Christ, exaucez-nous.

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous.

Sainte Vierge, conçue sans péché priez pour nous.

Sainte Vierge Marie, Reine des Martyrs, priez pour nous.

Saint François d'Assise, priez pour nous.

Sainte Claire d'Assise, priez pour nous.

 

Bienheureux Ceferino, homme de paix, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, honnête dans votre travail, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, fidèle à votre famille et vos amis, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, catéchiste des enfants, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, Gitan toujours fidèle à sa parole, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, qui avez aidé les pauvres, les personnes âgées et les malades, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, fidèle à la Messe et à la Communion, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, dévot constant et fidèle de la Très Sainte Vierge Marie, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, confiant en Dieu dans les difficultés, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, emprisonné pour avoir défendu un prêtre, priez pour nous. 

Bienheureux Ceferino, qui avez prié le rosaire en prison, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, qui vous avez préféré perdre la liberté plutôt que de renoncer à votre Foi, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, qui, pour l'amour de Dieu, avez pardonné à ceux qui vous ont persécuté, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, qui avez été martyrisé pour votre foi en Dieu, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, modèle et protecteur des Gitans, priez pour nous.

 

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

 

Priez pour nous, ô Bienheureux Ceferino,

Afin que nous devenions dignes des promesses du Seigneur.

 

Prions

 

Seigneur notre Dieu, qui avez accordé au Bienheureux Ceferino le courage et la force de confesser sa Foi chrétienne jusqu'à verser son sang pour le Christ, nous Vous en supplions, suscitez dans Votre Église, présente dans toutes les nations, de courageux témoins de la vérité de l'Évangile consacrant leur vie au service des autres. Nous Vous le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

 

beato_zeferino (11)

Téléchargez le texte de ces Litanies (pdf) en cliquant ici

29 octobre 2013

Kantik di Maria, le Cantique de Marie en Breton

6861415817_03ae336670_o

Kantik di Maria

Le Cantique de Marie en Breton

 

Va ene a veul an Aotrou, ha va spered en em laouena e Doue va Salver,

abalamour m'en deus sellet ouzh izelded e servijerez.

Ha setu, diwar vremañ e vin galvet eürus gant an holl rummadoù,

rak an Holl-C'halloudeg en deus graet traoù bras din. E anv a zo santel,

hag e drugarez en em astenn a oad en oad war ar re a zouj anezhañ.

Diskouezet en deus nerzh e vrec'h.

Stlabezet en deus ar re o doa soñjezonoù lorc'hus en o c'halon.

Didronet en deus ar re c'halloudek ha savet en deus ar re vihan.

Leuniet en deus a vadoù a re o doa naon ha kaset en deus kuit ar re binvidik er goullo.

Sikouret en deus Israel e servijer, o kaout soñj eus e drugarez,

evel m'en doa henn lavaret d'hon tadoù, e-keñver Abraham hag e lignez da viken.

 

 

Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.

Il s'est penché sur son humble servante ;

désormais tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ;Saint est son nom !

Son amour s'étend d'âge en âgesur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras,il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes,il élève les humbles.

Il comble de bien les affamés,renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël son serviteur,il se souvient de son amour,

de la promesse faite à nos pères,en faveur d'Abraham et de sa race à jamais.

 

29 août 2013

Neuvaine préparatoire à la Fête de la Nativité de la Vierge Marie

Neuvaine préparatoire à la Fête de la Nativité de la Vierge Marie

Nativité de Marie

La Fête de la Nativité de la Vierge Marie

Le 8 septembre

 

Tout est miracle dans l’histoire de la Sainte Vierge ; Sa naissance ne fait point exception, et, bien que pauvre et vulgaire aux yeux du monde, elle apparaît aux yeux de la foi entourée des plus éclatantes merveilles. Aussi est-ce avec raison que l’Église s’écrie en ce jour : « Votre naissance, ô Marie, Mère de Dieu, a rempli tout le monde de consolation et d’allégresse, parce que le Soleil de justice, Jésus-Christ, notre Dieu, est né de Vous, Lui qui nous a tirés de la malédiction où nous étions plongés et nous a comblés de bénédictions ; Lui, qui, ayant ruiné l’empire de la mort, nous a introduits dans la vie éternelle ». Cette Fête, en effet, doit être une réjouissance universelle ; ce n’est pas un heureux présage pour une ville ou pour un peuple, mais pour l’humanité tout entière.

Joachim et Anne, Ses parents, étaient de la race de David, de laquelle devait naître le Sauveur promis au monde ; mais ils étaient avancés en âge et n’avaient point d’enfants ; donc nulle espérance humaine pour eux de donner naissance au Rédempteur attendu. Dieu, qui aime à confondre les calculs des hommes et les prévisions naturelles, jugea autrement et renouvela pour Joachim et Anne la merveille dont l’Ancien Testament nous rapporte plusieurs exemples. Les deux vieillards reçurent l’annonce des desseins de Dieu, et au temps marqué Marie paraissait au monde. Toute pure, toute immaculée avait été Sa conception, toute pure et toute privilégiée fut Sa naissance.

Quelle joie ce jour-là dans la maison de Joachim ! Quelles félicitations de la part des amies de la vertueuse Anne ! Figurons-nous combien devait être ravissante cette enfant de bénédiction, sanctifiée dès le premier instant de Sa vie, et dont les facultés n’avaient pas connu un seul instant le sommeil ni l’imperfection ! Les Saints ne tarissent pas d’éloges sur la naissance de Marie : « Avant la naissance de Marie, disent-ils, le monde était enseveli dans les ténèbres du péché ; avec Elle paraît l’Aurore qui annonce le Soleil de Justice. Parfaite dès Sa naissance, Marie ne fit que croître chaque jour en vertus... »

Astre toujours progressant en lumière, si beau dès Son apparition, qu’il devait être éblouissant au terme de Sa course ! Quel bonheur pour les élus de contempler au Ciel les merveilles opérées par Dieu en Marie ! En attendant, unissons-nous à l’Église qui L’honore aujourd’hui sous cent titres différents dans une multitude de sanctuaires vénérés.

34-1

Une homélie de Saint Jean Damascène

« Venez, toutes les nations ; venez, hommes de toute race, de toute langue, de tout âge, de toute dignité. Avec allégresse, fêtons la nativité de l’allégresse du monde entier ! Si même les païens honorent l’anniversaire de leur roi..., que devrions-nous faire, nous, pour honorer celui de la Mère de Dieu, par qui toute l’humanité a été transformée, par qui la peine d’Eve, notre première mère, a été changée en joie ? Eve, en effet, a entendu la sentence de Dieu : « Tu enfanteras dans la peine » (Gn 3,16) ; et Marie : « Réjouis-toi, toi qui es pleine de grâce... Le Seigneur est avec toi » (Lc 1,28). Que toute la création soit en fête et chante le saint enfantement d’une sainte femme, car elle a mis au monde un trésor impérissable. Par elle, la Parole créatrice de Dieu s’est unie à la création entière, et nous fêtons la fin de la stérilité humaine, la fin de l’infirmité qui nous empêchait de posséder le bien. La nature a cédé le pas à la grâce. Comme la Vierge Mère de Dieu devait naître d’Anne, la stérile, la nature est restée sans fruit jusqu’à ce que la grâce ait porté le sien. Il fallait qu’elle ouvre le sein de sa mère, celle qui allait enfanter « le Premier-né de toute créature », en qui « tout subsiste » (Col 1,15.17). Joachim et Anne, couple bienheureux ! Toute la création vous est redevable ; par vous, elle a offert au Créateur le meilleur de ses dons : une mère digne de vénération, la seule mère digne de celui qui l’a créée ».

 

media-280134-1

Neuvaine préparatoire à la Fête de la Nativité de la Vierge Marie

Du 31 août au 8 septembre

 

Invocation au Saint Esprit

 

Venez, Esprit-Saint, remplissez les coeurs de vos fidèles, et allumez en eux le feu de votre amour.»

 

Envoyez votre Esprit-Saint, et tout sera créé.
Et vous renouvellerez la face de la terre.

 

Oraison

 

Ô Dieu, qui avez instruit les cœurs des fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous en ce même Esprit le goût du bien, et la grâce de jouir toujours de ses divines consolations. Par le Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

Prière

 

O Très Sainte Vierge Marie, élue et destinée dès l'éternité à être la Mère du Fils unique du Père ; ô Vous qui avez été prédite par les Patriarches et désirée par toutes les Nations ; Sanctuaire et Temple vivant de l'Esprit Saint ; soleil sans tache à cause de Votre Conception Immaculée ; Souveraine du Ciel et de la Terre, Reine des Anges : humblement prosternés à Vos pieds, nous Vous rendons l'hommage de notre vénération, et nous nous réjouissons de l'anniversaire solennel de Votre Bienheureuse Naissance, Vous suppliant, de fond de notre cœur, de daigner, dans Votre Bonté, venir prendre en nos âmes une naissance spirituelle, afin qu'éprises de Votre Douceur de Votre Amabilité, elles vivent toujours unies à Votre très Doux et très Aimable Cœur.

 

1. Et maintenant, nous Vous adresserons neuf fois la Salutation Angélique, en l'honneur des neuf mois qui précédèrent Votre naissance, Vous rappelant d'abord avec bonheur qu'issue de la race royale de David, Vous avez été mise au monde par Sainte Anne, Votre Bienheureuse mère. Je Vous salue Marie...

2. Nous Vous saluons, ô Céleste Petite, Colombe éblouissante de pureté, qui en dépit du dragon infernal, avez été conçue sans la tâche originelle. Je Vous salue Marie...

3. Nous Vous saluons, Aurore toute resplendissante, qui, Messagère du Divin Soleil de Justice, avez apporté à la terre les premiers rayons de la lumière. Je Vous salue Marie...

4. Nous Vous saluons, ô Enfant d'élection, qui, semblable à un soleil pur de toute tache, avez apparu au monde au milieu de la plus sombre nuit du péché. Je Vous salue Marie...

5. Nous Vous saluons, ô Lune radieuse de beauté, qui avez éclairé le monde, enveloppé des ténèbres les plus épaisses du paganisme. Je Vous salue Marie...

6. Nous Vous saluons, ô guerrière invincible, qui seule, aussi forte qu'une armée entière, avez mis en fuite tout l'enfer. Je Vous salue Marie...

7. Nous Vous saluons, ô belle âme de Marie, possédée par Dieu dès l'éternité. Je Vous salue Marie...

8. Nous Vous saluons, ô Enfant si chère ; nous vénérons Votre saint et petit corps, les langes sacrés dont Vous avez été enveloppée, le saint berceau où Vous avez reposé, et nous bénissons le moment où Vous avez apparu au monde. Je Vous salue Marie...

9. Enfin, nous Vous saluons, ô très aimée Petite, ornée de toutes les Vertus dans un degré incomparablement plus élevé que tous les autres Saints : aussi, digne Mère du Sauveur, devenue féconde par l'Opération du Saint Esprit, Vous avez enfanté le Verbe Incarné. Je Vous salue Marie...

 

Prière

 

O très gracieuse Enfant, qui par Votre heureuse naissance, avez consolé le monde, réjoui le Ciel et terrifié l'Enfer, Vous qui avez apporté aide et secours à ceux qui étaient tombés, force et courage aux affligés, santé aux infirmes, allégresse à tous, nous Vous supplions avec l'affection la plus tendre, de renaître spirituellement dans nos âmes par Votre Sainte Dilection ; renouvelez notre esprit dans Votre service, ravivez dans nos cœurs le Feu de Votre Amour, et faites fleurir en nous les vertus qui peuvent nous rendre de plus en plus agréables à Vos yeux très purs. O Marie, soyez-nous Marie, en nous faisant ressentir les effets salutaires de Votre très Doux Nom. Que l'invocation de ce Nom béni soit notre consolation dans les épreuves, notre espérance dans les dangers, notre bouclier dans les tentations, notre respiration au moment de la mort. Que le Nom de Marie soit un miel pour notre bouche, une mélodie pour nos oreilles, une jubilation pour notre cœur. Ainsi soit-il.

 

V. Votre Naissance, ô Virginale Mère de Dieu,

R. a apporté la joie au monde entier.

 

Oraison

 

Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux, qui, par la coopération du Saint Esprit, avez préparé le Corps et l'âme de Marie Enfant pour la rendre digne d'être la Mère de Votre Fils, faites que, par les vertus et l'intercession de Celle dont nous vénérons de toute l'affection de notre cœur la très Sainte Enfance, nous soyons délivrés de toute souillure de l'esprit et du corps, et que nous puissions parfaitement imiter son humilité, son obéissance et sa Charité. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur et notre Dieu, qui vit et règne avec Vous dans l'Unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Extrait du livre « Marie enfant, ou la Santissima Bambina » de Suzanne Foccart, Tours, Alfred Mame, 1910.

028_001

Téléchargez le texte de cette Neuvaine (pdf) en cliquant ici

1 juillet 2013

Neuvaine Perpétuelle à Notre Dame de Knock

Neuvaine Perpétuelle à Notre Dame de Knock

OLofKnock8040-1-1a

L'histoire de Knock

 

Le jeudi 21 août 1879, vers 8 heures du soir, la Bienheureuse Vierge Marie, accompagnée de Saint Joseph et de Saint Jean l'Évangéliste sont apparus sur le mur extérieur sud de l'église de Knock, une petite bourgade située dans le Comté de Mayo, en Irlande. A côté d'eux et un peu à droite se trouvait un autel avec une croix et la figure d'un agneau, autour de laquelle les anges planaient. L'apparition fut silencieuse, pas une parole ne fut prononcée par les célestes Visiteurs. Il y eut 15 témoins officiels à l'apparition, jeunes et adultes, qui furent témoins de l'apparition qui durant pendant deux heures sous une pluie battante et qui récitèrent le Rosaire. Deux commissions d'enquête, en 1879 et en 1936, ont conclu que leurs témoignages étaient dignes de confiance et satisfaisants.

Aujourd'hui, Notre Dame de Knock compte parmi les plus grands sanctuaires mariaux du monde, après avoir bénéficié de la pleine approbation de l'Église, depuis de nombreuses années. Il a reçu les privilèges de quatre papes et le privilège le plus récent a été la visite de Sa Sainteté du Bienheureux Jean-Paul II, le 30 Septembre, 1979.

 

knock1

Neuvaine à Notre Dame de Knock

 

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen.

 

Rendons gloire au Père tout-puissant,

à son fils Jésus-Christ le Seigneur,

à l'Esprit qui habite en nos cœurs,

maintenant et pour toujours. Amen.

 

Notre Dame de Knock, Reine de l'Irlande, Vous avez donné espoir à Votre peuple dans un moment de détresse et l'avez réconforté dans son chagrin. Vous avez inspiré d'innombrables pèlerins à prier avec confiance Votre Divin Fils, et se souvenir de sa promesse: « Demandez et vous recevrez, Cherchez et vous trouverez ». Aidez-moi à me souvenir que nous sommes tous des pèlerins en route vers le paradis. Remplissez-moi d'amour et de souci pour mes frères et sœurs dans le Christ, en particulier pour tous ceux qui vivent avec et autour de moi. Confortez-moi quand je suis malade, déprimé ou solitaire. Apprenez-moi comment prendre part toujours plus pieusement à la sainte messe et enfin, priez pour moi maintenant, et à l'heure de ma mort.

 

Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, donnez-nous la Paix, Seigneur.

 

Saint Joseph, choisi par Dieu pour être l'époux de Marie, le Protecteur de la Sainte Famille, le gardien de l'Eglise. Protégez toutes les familles dans leur travail et les loisirs et la gardez-nous pendant notre pèlerinage sur les chemins de la vie.

 

Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, donnez-nous la Paix, Seigneur.


Saint Jean, Disciple bien-aimé du Seigneur, Prêtre fidèle, Enseignant de la Parole de Dieu, Aidez-nous à toujours être affamé de la Parole de Dieu, à être fidèles à la messe et à nous aimer les uns les autres.

 

Notre Dame de Knock, priez pour nous.

Refuge des pécheurs, priez pour nous.

Reine de l'Assomption, priez pour nous.

Reine du Rosaire, priez pour nous.

Mère de Nazareth, priez pour nous.

Reine des Vierges, priez pour nous.

Secours des chrétiens, priez pour nous.

Santé des malades, priez pour nous.

Reine de la Paix, priez pour nous.

Notre-Dame, Reine et Mère, priez pour nous.

Notre-Dame, Mère de l'Eglise, priez pour nous.


(Ici, Présenter ses propres intentions particulières)


Avec les Anges et les Saints, prions.

 

Rendons gloire au Père tout-puissant,

à son fils Jésus-Christ le Seigneur,

à l'Esprit qui habite en nos cœurs,

maintenant et pour toujours. Amen.

 

Instruction : La Neuvaine publique nationale a lieu chaque année au sanctuaire de Knock du 14 au 22 Août. Le Rosaire et la participation à la Sainte Messe et la réception de la communion est recommandée chaque jour de Neuvaine. La Neuvaine perpétuelle se récite à un jour fixe chaque semaine.

 

Imprimatur: +Michael Neary, Archbishop of Tuam

Our-Lady-of-Knock-Limited-Edition-Print-02

Téléchargez le texte de cette Neuvaine (pdf) en cliquant ici

18 juin 2013

Le Serviteur de Dieu Michel Guérin

P4-Portrait_Michel_GUERIN

Le Serviteur de Dieu Michel Guérin

Premier Pasteur et fondateur de la ville de Pontmain

1801-1872

 

Michel Guérin, dit l’Abbé Guérin, (1801-1872) était un prêtre français du XIXe siècle, premier curé et fondateur de la paroisse de la ville de Pontmain rattachée au diocèse du Mans jusqu’à la création du diocèse de Laval en 1855. Il est né à Laval en 1801. Il devint vicaire à Saint-Ellier après son ordination. En 1840, il fut nommé premier curé d’un pauvre petit hameau : Pontmain. À son arrivée, tout était à mettre en ordre. Il décida d’abord d’agrandir l’église et d’embellir l’édifice. Tout de suite, ses nouveaux paroissiens prirent confiance en lui. L’abbé Guérin aimait particulièrement la Vierge Marie et il fit partager cette dévotion à sa paroisse. Il fonda ainsi la Confrérie de Notre-Dame du Mont-Carmel et du Cœur Immaculé. Il dédia aussi un autel à la Vierge Immaculée et lui consacra sa paroisse. Sa paroisse devenait très pieuse. Après la messe du dimanche, les fidèles restaient pour les vêpres et pour le chapelet. Le curé de Pontmain voulait à tout prix faire éduquer les enfants de sa paroisse dans les principes de l’Église catholique. C’est ainsi qu’en 1842, il fit bâtir une école et fit venir deux religieuses d’un village voisin. Durant la Guerre franco-allemande de 1870, l’abbé Guérin fit célébrer des messes pour les soldats de Pontmain partis combattre. Avant leur départ, il les avait consacrés à la Vierge Marie et leur avait promis qu’ils reviendraient. C’est durant ces années difficiles pour la France que la Vierge Marie se manifesta à quelques enfants, dans la soirée du 17 janvier 1871. L’abbé Guérin ne vit pas l’apparition mais fit chanter des louanges à la Vierge par le village. En 1872, l’apparition fut reconnue et pendant quelques mois, Michel Guérin s’occupa de l’accueil des pèlerins. Il mourut quelque temps après, le 29 mai, suite à une longue maladie. Samedi 1er juin, à 16h, en la basilique de Pontmain, a été ouvert le procès en béatification de l’Abbé Guérin, curé de Pontmain à l’époque de l’apparition mariale.

 

444_001

Prière pour obtenir l’intercession du Serviteur de Dieu Michel Guérin

 

Seigneur mon Dieu, Tu as choisi le prêtre Michel Guérin, pasteur au coeur brûlant, pour rassembler le petit peuple de Pontmain et en faire une communauté fervente de foi, d’espérance et d’amour. Lié à ses paroissiens à la vie et à la mort, c’est dans un attachement filial et inconditionnel à la Vierge Marie qu’il puisa l’ardeur de sa mission pastorale. Afin que grandisse dans notre Eglise la ferveur de la prière, la confiance en Dieu qui exauce en peu de temps et la dévotion envers la Vierge Marie, Mère de l’espérance, apparue à Pontmain, puisse la sainteté de l’abbé Michel Guérin être bientôt reconnue. Et, par l’intercession de ton rayonnant serviteur, accorde-nous, Père très bon, la grâce que nous te demandons maintenant avec confiance. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

 

(Notre Père, Je vous salue, Gloire au Père)


Avec la permission de Mgr Thierry Scherrer, Evêque de Laval (1 juin 2013)

 

Pour les grâces reçues attribuables à la prière de l’abbé Michel Guérin, merci d’en informer le Sanctuaire de Pontmain

 

Centre Pastoral du Sanctuaire

3 rue Notre-Dame

F-53220 Pontmain

Tél : 02 43 05 07 26

Mail : cause.michelguerin@orange.fr

 www.sanctuaire-pontmain.com

 

abbe_guerin_michel__094971500_1047_23052013

Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

16 septembre 2013

Liturgie des Heures pour la Fête des Stigmates de Saint François 2/2

Liturgie des Heures pour la Fête des Stigmates de Saint François

 

07franci

Milieu du jour

 

Dieu, viens à mon aide,

Seigneur, à notre secours,

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit.

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen. Alléluia.

 

Les Psaumes sont ceux du jour de la semaine

 

Antienne : « Dieu l'a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous avez crucifié ».

 

La Parole de Dieu

 

De la Lettre de Saint Paul Apôtre aux Romains (6, 4-6)

 

Si, par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c'est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d'entre les morts. Car, si nous sommes déjà en communion avec lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons encore par une résurrection qui ressemblera à la sienne. Nous le savons : l'homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix.

 

Ou

 

De la Lettre de Saint Paul Apôtre aux Galates ( 2, 20-21)

 

Je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi. Ma vie aujourd'hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi. Il n'est pas question pour moi de rejeter la grâce de Dieu. En effet, si c'était par la Loi qu'on devient juste, alors le Christ serait mort pour rien.

 

Ou

 

De la Lettre de Saint Paul Apôtre aux Romains 6, 8, 11)

 

Si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. De même vous aussi : pensez que vous êtes morts au péché, et vivants pour Dieu en Jésus Christ.

 

V. Nous T'adorons Seigneur Jésus-Christ, Tu as racheté le monde par Ta Croix.

 

100_4550b

Soir

 

Dieu, viens à mon aide,

Seigneur, à notre secours,

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit.

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen. Alléluia.

 

Hymne

 

Frère François

qui parles de la joie parfaite

en parfait dénuement,

que rien n'arrête notre élan vers le partage,

le pur courage et la transperce du cœur

jusqu'au jour du Seigneur.

 

R. Ta prière nous garde

et nous aide à prier.

Ton amour nous regarde :

Il nous aide à prier.

 

Frère François

les clous de la croix pesante

son entrés dans ton corps !

Que chacun tente son effort jusqu'à l'usure

de sa mesure et souffre l'entière douleur

pour l'amour du Seigneur.

 

Frère François

qui chantes Ta Foi sereine

à la face du Ciel,

que nous entraîne l'éternel don de lumière

à cette terre dans l'universelle ferveur :

bénissons le Seigneur !

 

Frère François,

quand il reviendra en gloire

celui qui t'a choisi,

pour qu'il s'empare de tes fils, mets à l'avance

ta ressemblance dans leur âme

offerte à l'ardeur

de l'Esprit du Seigneur.

 

Psaume 11

Eloge de la crainte de Dieu

 

Antienne

A. Dieu a manifesté en François le mystère de Son Fils Crucifié.

B. Illuminé par la vision du Séraphin, François a éprouvé la puissance de la Résurrection ; et blessé par la douceur du Crucifié, il s'est écrié : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ».

 

Heureux qui craint le Seigneur,

qui aime entièrement sa volonté !

Sa lignée sera puissante sur la terre ;

la race des justes est bénie.

 

Les richesses affluent dans sa maison :

à jamais se maintiendra sa justice.

Lumière des cœurs droits, il s'est levé dans les ténèbres,

homme de justice, de tendresse et de pitié.

 

L'homme de bien a pitié, il partage ;

il mène ses affaires avec droiture.

Cet homme jamais ne tombera ;

toujours on fera mémoire du juste.

 

Il ne craint pas l'annonce d'un malheur :

le cœur ferme, il s'appuie sur le Seigneur.

Son cœur est confiant, il ne craint pas :

il verra ce que valaient ses oppresseurs.

 

A pleines mains, il donne au pauvre ; +

à jamais se maintiendra sa justice,

sa puissance grandira, et sa gloire !

 

L'impie le voit et s'irrite ; +

il grince des dents et se détruit.

L'ambition des impies se perdra.

 

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit,

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Psaume 115

Action de grâce pour une guérison

 

Antienne

A. Je n'ai voulu savoir parmi vous que Jésus, le Crucifié.

B. François, le Seigneur t'a parlé, et tu lui as répondu. Maintenant, de tes yeux, tu connais le Mystère ; comment rendre à ton Dieu tout le bien qu'Il t'a fait ?

 

Je crois, et je parlerai,

moi qui ai beaucoup souffert,

moi qui ai dit dans mon trouble :

« L'homme n'est que mensonge. »

 

Comment rendrai-je au Seigneur

tout le bien qu'il m'a fait ?

J'élèverai la coupe du salut,

j'invoquerai le nom du Seigneur.

Je tiendrai mes promesses au Seigneur,

oui, devant tout son peuple !

 

Il en coûte au Seigneur

de voir mourir les siens !

Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur,

ton serviteur, le fils de ta servante, *

moi, dont tu brisas les chaînes ?

 

Je t'offrirai le sacrifice d'action de grâce,

j'invoquerai le nom du Seigneur.

Je tiendrai mes promesses au Seigneur,

oui, devant tout son peuple,

à l'entrée de la maison du Seigneur,

au milieu de Jérusalem !

 

Rendons Gloire au Père Tout-Puissant,

A son Fils Jésus-Christ le Seigneur,

A l'Esprit qui habite en nos cœurs

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Cantique de Saint Pierre (1 Pierre 2)

 

Antienne : Mis à mort selon la chair, Christ a été vivifié par l'Esprit.

 

C'est pour nous que le Christ à souffert ; +

il nous a marqué le chemin*

pour que nous allions sur ses traces.

 

R. Par ses blessures, nous sommes guéris.

 

Il n'a pas commis le péché ;

dans sa bouche, on n'a pu trouver de mensonge.

 

Insulté, sans rendre l'insulte, +

maltraité, sans proférer de menace, *

il s'en remettait à Celui qui juge avec justice.

 

C'était nos péchés qu'il portait, dans son corps, sur le bois, +

afin que morts à nos péchés *

nous vivions pour la justice.

 

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit,

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

La Parole de Dieu (Galates 2, 19b-20)

 

Avec le Christ, je suis fixé à la croix : je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi. Ma vie aujourd'hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi.

 

R. Portons sa croix dans nos vies et suivons-le jusqu'à la fin !

V. Dans Ta Volonté, Seigneur, Tu m'as conduit et Tu m'a emporté dans la gloire. R.

V. Par Ton propre Sang, Tu as racheté mon âme. R.

V. Sainte Marie, prie pour nous le Roi, Ton Fils, livré à la mort. R.

V. Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit. R.

 

Cantique de Marie

 

Antienne

A. Je suis mort au monde. Ma vie est cachée avec le Christ en Dieu.

B. Réjouis-toi, montagne inaccessible ! Réjouis-toi, buisson non consumé ! Dame Sainte, Servante du Seigneur, intercède pour nous.

 

Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu mon sauveur !

 

Il s’est penché sur son humble servante,
désormais tous les âges me diront bienheureuse.

 

Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !

 

Son amour s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.

 

Déployant la force de son bras
Il disperse les superbes.

 

Il renverse les puissants de leurs trônes,
Il élève les humbles.

 

Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.

 

Il élève Israël son serviteur,
Il se souvient de son amour,

 

de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et de sa race, à jamais.

 

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit
pour les siècles des siècles. Amen.

 

Intercession

 

Marqués de la Croix, prions avec confiance le Fils Bien-aimé du Père :

 

R. Par Ta Croix, Seigneur, sauve-nous.

 

Christ Jésus, Tu nous as aimé le premier en prenant le chemin de la Croix :

Que Ta grâce ne manque jamais à ceux qui vivent aujourd'hui Ta Passion.

 

Tu as posé sur François les signes de Ta pâque :

Que naissent au creux de notre pauvreté les marques de Ta vie qui passe la mort.

 

Tu plonges dans le feu de l'amour ceux qui acceptent de te suivre :

Que ta seule présence convertisse nos cœurs et féconde nos vies.

 

Tu offres la surabondance de Ta Vie à l'homme qui se dépouille de tout pour ne vivre que de Toi :

Accueille dans Ta demeure ceux qui ont quitté cette terre dans l'abandon confiant à Ta Grâce.

 

Intentions libres.

 

Notre Père

 

Oraison

 

Pour raviver dans nos cœurs le feu de Ton Amour, Tu as renouvelé, Seigneur, dans le corps de notre Père Saint François, les Stigmates de la Passion de Ton Fils. À sa prière, accorde-nous d'être unis à la mort de Ton Fils et de participer ainsi à Sa résurrection. Lui qui vit et règne avec Toi dans l'Unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

048_001

Téléchargez le texte de cet Office (pdf) en cliquant ici

27 mai 2013

Les Treize Mardis de Saint Antoine de Padoue 11/13

Les Treize Mardis de Saint Antoine de Padoue

BF 14 P S

Onzième Mardi

Saint Antoine, semeur de miracles

 

Au moment où l'Eglise plaça sur les Autels le Saint de Padoue, la joie fut grande et l'enthousiasme débordant. Durant les siècles suivants, Saint Antoine fut toujours un saint aimé et invoqué, un saint populaire à qui on s'adressait pour retrouver les objets perdus, tandis que maintenant, de toutes les parties de la péninsule italique, de toutes les parties de l'Europe et du monde entier, il est salué comme le soutien de toutes les infortunes, le consolateur de toutes les douleurs, le sauveur de la société malade et usée, en un mot, comme le grand thaumaturge. « C'est un vaste courant qui pousse les peuples chrétiens vers cet aimable saint, et ce courant prend les proportions d'une imposante manifestation religieuse ». Aussi le Souverain Pontife Léon XIII, à la vue de cet immense réveil de dévotion pour le semeur de miracles, a-t-il déclaré qu'Antoine n'était pas seulement le Saint de Padoue, mais le Saint du monde entier.

Nous avons suivi Saint Antoine dans ses courses apostoliques ; nous avons admiré son zèle pour le Salut des âmes, et nous avons, au passage, signalé quelques-uns de ses miracles ; cependant nous craignons d'avoir laissé dans l'ombre la grande gloire d'Antoine, gloire qui, comme une céleste auréole, couronnait son front durant sa vie, et qui n'a cessé de grandir, a travers les siècles, pour arriver à jeter aujourd'hui le plus vif éclat. Nous voulons parler du don qu'il a reçu de Dieu, le don de faire des miracles. Nous voulons essayer de combler cette lacune. Il y a deux époques distinctes à étudier. La première est celle des miracles opérés par Antoine vivant, et la seconde est celle des miracles accomplis par le Saint depuis qu'il jouit du bonheur du Ciel.

Dans les deux époques, il y a nécessairement un choix à faire, car les miracles sont innombrables. Au jour solennel de la canonisation du saint, un lecteur donna, du haut de la chaire, la liste de cinquante miracles les plus éclatants, juridiquement constatés par l'enquête canonique. Ce chiffre était sans doute éloquent, mais il était bien au-dessous de la réalité. Que dire des miracles accomplis depuis la mort d'Antoine et principalement de nos jours ? C'est le cas de répéter ces paroles des Bollandistes : « Les miracles d'Antoine sont si fréquents et si continus, qu'ils constituent tous ensemble un seul et même miracle qui dure toujours. Le miracle serait, non pas qu'il continuât de faire des miracles, mais qu'il cessât d'en opérer ».

II nous faut donc choisir, au milieu des innombrables merveilles qui nous sont racontées par les chroniqueurs pour le passé et par les différents bulletins pour l'heure présente, il nous faut choisir les faits les plus saisissants, et en même temps les plus consolants et les plus fortifiants, ceux qui peuvent contribuer le plus à élever l'âme vers Dieu, seul Maître et Seigneur Tout-Puissant.

En 1224, Antoine prêchait le carême à Verceil. Ses sermons et ses exhortations avaient remué la population ; mais la moisson n'était pas aussi abondante que le souhaitait l'apôtre. Pour retourner ce peuple tout entier, c'est-à-dire pour le convertir et le ramener à Dieu, Antoine comprenait qu'il fallait frapper un grand coup, et il ne cessait dans ses ferventes prières de demander l'occasion, la puissance et la grâce de remuer profondément ces âmes qu'il évangélisait. Or, un matin, comme il prêchait a Saint Eusèbe, un convoi entra dans l'église. Des gémissements et des cris de douleur se faisaient entendre, car le défunt avait été enlevé prématurément à l'affection et a la joie de sa famille. Antoine, en entendant ces voix plaintives, se sentit ému et il s'arrêta. Alors, on le vit se recueillir, la tête inclinée sur la poitrine, les mains jointes ; il priait. Bientôt il releva la tête, il étendit la main vers le cercueil, et, d'une voix forte, qui devait avoir l'accent de la voix du Sauveur parlant au fils de la veuve de Naïm ou à son ami Lazare, il prononça ces mots : « Jeune homme, au nom de Jésus-Christ, lève-toi ». L'auditoire paraissait haletant ; il sentait que le divin passait sur lui, et, a la vue de l'adolescent sortant plein de vie de son cercueil, l'enthousiasme souleva cette foule, et les acclamations de tout un peuple, témoin de ce miracle, éclatèrent, se joignant à la stupéfaction et à la joie des parents du ressuscité.

En 1225, Antoine prêchait dans la cathédrale de Montpellier. Or, le jour de Pâques, en présence de tout le clergé de la ville, devant un immense auditoire, tout à coup il cessa de parler ; il pâlit, se pencha sur le bord de la chaire et resta silencieux. Grand fut l'étonnement des fidèles réunis dans le Temple du Seigneur, mais plus grande encore fut leur admiration quand ils apprirent qu'à ce même moment, Antoine, qu'ils avaient en chaire sous leurs yeux, avait paru dans l'église de ses Frères, au choeur où il devait remplir un office. C'était un miracle de bilocation. Son devoir rempli parmi ses Frères, Antoine revint à lui et acheva son sermon. Un miracle de même nature eut lieu à Limoges pendant la Semaine Sainte de l'année 1226.

Pendant son séjour dans le Limousin, Antoine se montra rempli de compassion et de pitié pour les mères de famille. L'une d'elles vit son enfant tomber dans une chaudière d'eau bouillante ; elle appela le Saint, et le Saint, après avoir prié, effaça aussitôt et fit disparaître instantanément toutes les brûlures que le pauvre petit avait sur le corps. Une autre, ayant assisté à la prédication d'Antoine, trouva, en rentrant chez elle, son enfant mort dans son lit. Aussitôt elle revint auprès du saint, et, d'une voix entrecoupée de sanglots, elle lui raconta son malheur. Le Saint eut pitié de cette immense douleur, et il dit à cette mère affligée : « Ma fille, allez, ayez confiance, votre fils est plein de vie ». La pauvre mère crut a la parole de l'homme de Dieu, et, ayant regagné sa maison en toute hâte, elle trouva son enfant plein de vie et de santé ».

En 1617, eut lieu à Bologne un miracle que nous ne voulons pas passer sous silence parce qu'il se rapporte d'une manière toute particulière à la dévotion, qui consiste à honorer Saint Antoine le mardi. Sans doute, les funérailles du Saint ont été célébrées un mardi, et dès lors le peuple chrétien a pris la louable habitude de rendre un culte particulier a Saint Antoine ce jour-là ; mais il y a encore une autre raison, et cette raison nous la trouvons dans ce miracle. Donc, en 1617, une dame de Bologne demandait au Saint une grande faveur. Chaque jour, elle se répandait en supplications ; chaque jour, elle répétait ses prières les plus pressantes et renouvelait avec instance sa demande. Voulant sans doute la récompenser de sa persévérance et de sa confiance, le Saint lui apparut en songe et lui dit : « Visitez mon image neuf mardis de suite dans l'église Saint François, et vous serez exaucée ». La pieuse femme obéit, et son désir fut réalisé. En souvenir de la bienheureuse mort d'Antoine arrivée le 13 juin, on consacre souvent treize mardis à ce bon et grand Saint. Cette pieuse pratique est louable et l'Église l'a enrichie d'indulgences.

Choisissons encore quelques fleurs dans ce magnifique bouquet que les chroniqueurs et les historiens de Saint Antoine se sont plu à composer avec amour et reconnaissance.

En 1709, en Provence, la petite ville de Cuges, qui a le bonheur de posséder une partie considérable du crâne de Saint Antoine, faillit être la proie et la victime d'un violent incendie. « Le 28 juillet, dit un rapport de l'époque, le feu ayant pris les bois aux quatre coins du terroir, il était visible qu'ils allaient être tous brûlés. On n'eut pas plus tôt sorti en procession, avec la châsse du Saint Patron, que le feu s'éteignit et s'arrêta à la prière qui fut faite au grand Saint ». Cette prière était le vœu d'une procession annuelle, qui se fait encore de nos jours, le dernier dimanche de juillet.

Le fait suivant se passa à Rome, et il est rapporté par Luigi Lenti, qui l'avait appris des témoins oculaires. A la fenêtre d'un troisième étage jouait un enfant de six ans, tandis que sa mère travaillait à quelques pas de lui. II se pencha trop en avant pour regarder dans la rue et il tomba dans le vide. « Ah ! Saint Antoine ! » s'écria aussitôt la pauvre mère en voyant son fils disparaître, et elle se précipita dans la rue, le cœur serré, la poitrine haletante, croyant trouver son enfant écrasé sur le pavé. Quelle ne fut pas sa surprise en le retrouvant tranquille et souriant et ne se ressentant nullement de l'horrible chute qu'il venait de faire. Heureuse et le couvrant de caresses, elle le pressa de questions. « Comment cela s'est-il passé ? Un moine, dit l'enfant, m'a reçu dans ses bras et m'a posé doucement à terre ». La pieuse femme songea immédiatement à Saint Antoine. Ne l'avait-elle pas invoqué au moment de l'accident ? Elle conduisit donc son enfant à l'église de l'Ara Coeli pour y remercier son bienfaiteur. A la vue du tableau de Saint Antoine, l'enfant s'écria vivement : « Mère, voila celui qui m'a pris dans ses bras et qui m'a sauvé ».

Nous pourrions continuer encore longtemps a raconter les miracles de notre grand Saint, et nous serions loin d'avoir épuisé la matière. Aussi pouvons-nous dire, comme Bossuet, parlant d'un grand prince, mais avec plus de raison que lui : « Nous sommes effrayés par la grandeur du sujet ». Sous notre plume viennent se placer tout naturellement les paroles d'un pieux annaliste, cité par Mgr Ricard. Cet annaliste, après avoir raconté une multitude de miracles de Saint Antoine, s'arrête comme lassé ou ébloui et déclare qu'il est impuissant à tout dire. « Tels sont, dit-il, les miracles que le Seigneur a daigné accomplir par son serviteur Antoine. Il y en a bien d'autres qui ne sont pas consignés dans ce livre. Au milieu d'une si grande abondance, j'ai choisi ceux que je viens de raconter pour fournir des matériaux a ceux qui voudront travailler à augmenter la gloire du Saint ».

Arrêtons-nous aussi, et, d'ailleurs, nous en avons assez dit pour montrer qu'Antoine est vraiment un grand thaumaturge. II a été le libérateur de Padoue, il sera aussi le sauveur de notre société. Adressons-lui donc avec confiance nos prières et nos supplications. Disons-lui : "Saint Antoine, qui ressuscitez les morts, Saint Antoine, qui domptez la fureur des tyrans, Saint Antoine, qui guérissez les malades, Saint Antoine, semeur de miracles, priez pour nous !"

 

Réflexions

Le Sacrement de Pénitence


II nous a paru bon de fermer la trop courte série de nos petites méditations par quelques réflexions sur le Sacrement de la Pénitence, sacrement qui rend la vie à l'âme, en remettant les péchés commis après le Baptême. Le Sauveur Jésus institua ce sacrement, le jour de Sa Résurrection, lorsque, retrouvant les Apôtres réunis dans le Cénacle, Il souffla sur eux, en disant : « Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez ». II y avait autrefois, à Jérusalem, une source miraculeuse, qu'on appelait la Piscine probatique. L'Ange du Seigneur, à certains moments, venait agiter l'eau de la piscine, et le malade qui, le premier, y était plongé, était guéri.

Nous sommes tous des malades, et les infirmités de nos âmes sont grandes. Dans Sa Bonté, le Sauveur nous a préparé une nouvelle Piscine probatique, où nous devons, tous trouver la guérison. C'est le Sacrement de Pénitence. Ajoutons que, pour trouver la guérison dans ce Sacrement, nous devons nous en approcher avec les sentiments d'une vraie et sincère contrition. « C'est elle, dit le concile de Trente, qui prépare l'homme, tombé dans le péché après le Baptême, a recevoir son pardon ».

Or, la contrition consiste en deux sentiments. L'un est le regret, la douleur d'avoir offensé Dieu, et l'autre est la résolution, la volonté ferme de ne plus l'offenser. De même qu'il peut exister deux motifs d'avoir cette douleur, de même il peut y avoir deux sortes de contrition. La première est la douleur d'avoir offensé Dieu, parce que le péché est une insulte à Dieu très bon et très aimable ; la deuxième est causée surtout par la crainte de l'enfer : celle-ci est l'attrition ou contrition imparfaite, celle-là est la contrition parfaite. Ajoutons aussi que nous devons faire l'aveu de nos fautes au ministre de Jésus-Christ, qui prononce la sentence et qui nous donne une pénitence à faire. Voilà donc une nouvelle source de grâces, que le Sauveur a ouverte pour nous. Voilà le moyen qu'Il nous a donné de reconquérir son amitié, quand nous l'avons perdue par le péché. Remercions-le du fond du cœur, et allons souvent nous baigner dans ces eaux salutaires qui fortifient et qui guérissent.

 

Prières : Notre Père, je Vous salue, Si Quaeris, Trois Gloire soir au Père, suivis de l'invocation : « Saint Antoine de Padoue, priez pour nous ».

 

Oraison


O grand Saint Antoine, vous dont le cœur est si plein de bonté, et qui avez reçu de Dieu le don de faire des miracles, secourez-moi en ce moment, afin que, par votre assistance, j'obtienne la grâce que je demande (nommer la grâce), et que je puisse ainsi glorifier de plus en plus le Seigneur qui opère par vous de si grandes merveilles.

 

S

Pour recevoir les méditations et les prières des 13 mardis de Saint Antoine par e-mail, ainsi que des prières et pour être tenu au courant des mises à jour, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes.

Publicité
Publicité
Publicité