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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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25 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

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Vingt-sixième jour

26 avril

 

« Eli, Eli, lama sabachthani ? »

 

Prélude : Ecoutons ce grand cri que Jésus jette sur la fin des ténèbres, et entendons-le dire : « Mon Dieu ! mon Dieu ! Pourquoi m'avez-vous abandonné ? »

 

Méditation

 

De quel abandon se plaint le fils de Dieu ?

L'abandon des douleurs intérieures dans lesquelles son Père le laisse depuis le commencement de sa Passion, sans lui donner aucune consolation qui pût soulager son mal.

L'abandon des douleurs extérieures, dans lesquelles il le voit abîmé, non-seulement sans le délivrer, mais encore sans lui accorder un seul instant de repos ni de relâche jusqu'à son dernier soupir.

Ne nous troublons donc point, s'il nous semble que Dieu nous ait oublié, vu la grandeur des peines intérieures et extérieures que nous souffrons, Dieu le permet, pour nous purifier et nous rendre dignes de ses plus intimes communications Souvenons-nous d'ailleurs qu'il y a deux autres abandons, bien plus redoutables, puisqu'ils sont le partage des réprouvés : l'impénitence finale et la damnation éternelle.

Mais, puisque le Fils de Dieu s'est offert volontairement à la croix, pourquoi se plaint-il ?

Il se plaint pour nous montrer l'excès de sa douleur.

Il se plaint, pour nous donner l'exemple et nous apprendre que c'est à Dieu qu'il faut nous adresser au plus fort de nos peines, et qu'on peut se plaindre à sa bonté paternelle sans murmurer ni l'offenser.

Il se plaint, pour nous faire entendre que la cause de ses souffrances n'est pas en lui, mais en nous.

Le ciel écoute les plaintes de Jésus avec respect, la sainte Vierge avec douleur, les soldats avec mépris.

Ceux-ci ne le comprennent pas. Ils croient qu'il invoque Elie, et il est le Dieu d'Elie. Ils s'imaginent que sa plainte est une marque de sa faiblesse, et c'est un admirable effet de son amour. Ils pensent qu'il veut se sauver, mais qu'il ne le peut ; et, tout au contraire, il ne le veut pas, mais il le peut.

Oh ! qu'il y en a peu qui entendent la parole de Dieu, peu qui respectent sa parole, peu qui entrent dans le sentiment de sa douleur !

 

Pratique : Dans nos délaissements, plaignons-nous amoureusement à Dieu, en empruntant les paroles de Jésus mourant.

Bouquet spirituel : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ? »

 

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22 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

Crucifixion

 

Vingt-troisième jour

23 avril

 

Trois heures sur la Croix

 

Prélude : Adorons Jésus silencieusement sur la croix ; il prie et il pleure.

 

Méditation

 

Jésus demeure trois heures dans les ténèbres, car, à midi, les ténèbres couvrirent la terre jusqu'à trois heures, et le soleil s'obscurcit. Au moment où toutes les perfections du Verbe incarné sont comme anéanties, le soleil devait s'éclipser. C'était une image et un symbole, car la sagesse divine s'était cachée sous la folie de la croix, la force de Dieu sous sa faiblesse, sa gloire sous les opprobres, son innocence sous le supplice d'un criminel, son immortalité bienheureuse sous les horreurs de la mort.

Quand le chef d'une famille meurt, toute la maison est en deuil : voilà pourquoi l'univers se couvre d'un voile obscur au trépas de son Créateur.

Quand Dieu viendra juger le monde, il y aura des signes dans le ciel et au soleil. n'est-il pas juste qu'il y en ait quand le monde juge son Dieu ?

Autrefois, les ténèbres palpables ne couvraient que l'Egypte, mais à présent, les ténèbres sont universelles, parce que tout le monde participe aux abominations de l'Egypte et les surpasse même par la grandeur du crime qui se commet en la personne de Jésus-Christ.

Jésus imposa silence à ses ennemis, pendant qu'il offrait le sacrifice de sa vie pour l'expiation de leurs crimes. C'est pour la même raison qu'il demeura lui-même trois heures dans le silence. recueilli en la présence de son Père et appliqué à l'oraison.

Par le silence qu'il commande à ses persécuteurs, il montre qu'il a le pouvoir d'un Dieu à qui rien ne peut résister. Par le silence qu'il observe lui-même, il montre qu'il en a la bonté, car nul autre qu’un Dieu n'eut pu exciter une si héroïque patience.

Jésus avait commencé l'œuvre de notre rédemption par une retraite et une oraison de trois heures, il veut aussi l'achever par un silence et une prière également le trois heures.

Marie était au pied de la croix. Elle put donc voir que Notre Seigneur priait avec larmes. Elle s'unit à ses sentiments, offrant à Dieu le sacrifice sanglant de son fils, compatissant à ses tortures, se résignant aux volontés du Père éternel, buvant à longs traits le calice amer qui lui était présenté.

Unissons-nous au Fils et à la Mère.

 

Pratique : Prier souvent en union avec Jésus sur la croix.

Bouquet spirituel : « Cette nuit sera ma lumière ».

 

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16 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

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Dix-septième jour

17 avril

 

Simon de Cyrène

 

Prélude : Les juifs, contraignent un passant, nommé Simon le Cyrénéen, à porter la croix avec Jésus.

 

Méditation

 

Avec quelle rigueur on traîne Jésus vers le Calvaire ! Le bourreau le tire par force avec une grosse corde. La croix pèse tellement sur épaules, qu'elle meurtrit sa chair. Il n'en peut plus tant il est accablé, et néanmoins il marche comme il peut, résolu à supporter cet horrible martyre, jusqu'à ce que les forces lui manquent. Enfin, il est contraint de succomber sous cet affreux fardeau, et de souffrir l'insolence de bourreaux qui le pressent à coups de fouets et d'aiguillon, pour se relever.

Ne vous plaignez donc plus à l'avenir que vous êtes trop chargés ; faites ce que vous pourrez, et, si les hommes ne s'en contentent pas, consolez vous sur l'exemple de Jésus-Christ, qui souffre sans que personne en ait pitié, qui travaille pour le salut de tout le monde, sans que personne lui en sache gré, qui succombe sous le poids de la croix. Il est tellement affaibli par les tourments précédents qu'il chancelle à chaque pas. Comme ses forces défaillent et déclinent visiblement, ils sont contraints de lui donner secours, non point tant pour le soulager que pour prolonger son supplice, craignant qu'il ne meure avant d'être crucifié.

Jésus n'ignore pas leur dessein ; mais comme il n'a point rejeté le fardeau qui devait l'accabler, il ne refuse point non plus le soulagement qui ne doit servir qu'à le faire languir plus longtemps et à lui faire endurer de plus grands tourments.

Est-ce ainsi que je porte ma croix ? Est-ce ainsi que je m'en décharge ? Est-ce dans cet esprit que je mate mon corps et que je subviens à ses besoins ? Il faut lui procurer du repos, dans l'intention de le faire travailler davantage et le rendre apte à procurer de plus grands services à Dieu, à l'Église et au prochain.

Au contraire, ne suis-je pas trop indulgent pour moi-même et trop sévère pour les autres, semblable à ces Pharisiens qui imposaient au peuple des fardeaux insupportables qu'ils n'eussent pas voulu toucher seulement du doigt.

Pense souvent, ô mon âme, à ce lourd fardeau de la croix de Jésus. Tu peux le soulager en trois manières, qui lui seront toutes trois très agréables : la première, en te déchargeant de tes défauts par la mortification et la pénitence ; la seconde, en secourant ses membres affligés qui sont les pauvres; la troisième, en prenant soin de son troupeau, et travaillant au salut des âmes qui sont ses ouailles et que ce divin pasteur a rachetées de son sang.

Il ne se trouve personne qui ose ou qui veuille toucher la croix pour soulager le fils de Dieu dans extrême faiblesse. C'est parmi les Juifs un objet de malédiction, que tout le monde fuit avec horreur. Il faut qu'un étranger s'en charge, et encore ne le fait-il que par force.

Ô mon doux Jésus, ne regardez pas mes inclinations, mais considérez uniquement mon salut ; non ce qui me plaît, mais ce qui vous est agréable ; non que je demande, mais ce qui m'est nécessaire. Prenez mon cœur, changez ma volonté, forcez mes inclinations rebelles.

 

Pratique : Baiser souvent la croix avec respect, reconnaissance et amour.

Bouquet spirituel : Ils le contraignirent à porter la croix de Jésus.

 

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15 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

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Seizième jour

16 avril

 

La Croix

 

Prélude : Adorons humblement la Croix sur laquelle Jésus va bientôt être immolé !

 

Méditation

 

Pilate leur ayant livré Jésus, ils le prirent et l'emmenèrent, sans que personne songeât à le défendre et sans que ce doux agneau leur imposât la plus petite résistance. Puis, ils le dépouillèrent de sa robe de pourpre et lui rendirent ses habits ordinaires, afin qu'il pût être reconnu de tous et d'augmenter par là sa confusion.

Le Saint Esprit voulait nous apprendre par ce détail de la Passion du Sauveur que, pour souffrir et porter dignement la croix avec Jésus, il faut nous dépouiller, comme lui, de toute affection mondaine et nous revêtir de l'amour divin et de la grâce dont Dieu avait couvert le premier homme.

Jésus sortit donc du Prétoire et il trouva sa croix qui l'attendait. Avec quels yeux pleins d'amour il regarda ce bois sacré qu'il allait bientôt empourprer et embaumer de son sang ! C'était l'autel où il devait être immolé comme la victime du monde. C'était le trône de son amour, l'instrument de ses miséricordes, le trophée de ses victoires qu'il avait choisi avant tous les siècles. C'était le but de ses désirs et de toutes les courses de sa vie.

Ô croix plus précieuse que l'or, tu ne seras plus désormais l'instrument d'un supplice ignominieux, mais bien le triomphe des Saints. Depuis que le Sauveur t'a sanctifiée par ses embrassements, tous les élus te chérissent et te respectent. Tu n'es plus un bois infâme, une branche sèche, stérile et maudite ; tu es devenue plus miraculeuse que la verge d'Aaron. Jamais arbre ne fut plus chargé de feuilles, de fleurs et de fruits : de feuilles, pour couvrir la honte du péché ; de fleurs, pour couronner les âmes victorieuses ; de fruits pour rassasier ceux qui ont faim et soif de la béatitude. Tu es l'arche de Noé, qui nous garantis du déluge ; l'échelle de Jacob, qui nous conduis droit au ciel ; la baguette de Moïse, qui fend les flots de la mer Rouge ; le bois salutaire, qui nous adoucis les eaux de Mara, et qui nous animes aux souffrances et aux travaux de cette vie. Ô doux bois, que tu portes un doux fardeau, et combien les clous qui te percent sont doux à l'âme qui les médite et qui en est pénétrée !

Jésus prend la croix sur les épaules. Il va marcher comme un criminel entre deux voleurs, et marchera le dernier, comme étant le plus coupable. Grand spectacle, dit saint Augustin, spectacle qui excite la risée des mondains, mais qui est digne de l'admiration des anges et des hommes. Cette vue doit exciter en nous trois sentiments : le premier, de douleur et de regret de l'avoir offensé, puisque ce sont nos péchés qui rendent sa croix si dure et si lourde ; le second de confusion en songeant à notre nonchalance et à notre tiédeur, lesquelles lui sont plus sensibles que la croix elle-même ; le troisième, d'humiliation à la vue de notre pusillanimité, qui nous fait fuir la croix.

Mais, ô mon âme, considère que Jésus, portant sa croix, portait en même temps toutes nos misères et tous nos péchés. Sois donc tranquille. Jésus-Christ te porte sur ses épaules. Ne crains point, il est assez fort pour porter ta croix, et il veut que tu la portes avec lui ; il te donnera des forces et du courage.

Voilà donc notre roi qui marche devant nous. Voila le modèle qu'il faut imiter. Il y en a qui portent la croix avec beaucoup de lâcheté et la soulèvent à peine de terre, il y en a qui la portent très-haut. Voyez de quel groupe vous êtes, et prenez la résolution de...

 

Pratique : … Porter votre croix avec Jésus.

Bouquet spirituel : « Seigneur, où allez-vous ? »

 

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27 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

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Vingt-huitième jour

28 avril

 

La mort

 

Prélude : Adorons Jésus mort sur la croix.

 

Méditation

 

Enfin, Jésus permet à la mort de s'approcher. Il meurt pour réparer l'honneur de Dieu par le sacrifice et par l'anéantissement d'un Dieu. Il meurt pour racheter la mort éternelle que nous avons méritée par le prix infini de sa propre vie. Il meurt pour nous ouvrir le ciel !

Mais il choisit la mort la plus violente et la plus ignominieuse de toutes. Il lui suffit en échange d'espérer qu'il vivra d’une vie d'amour dans nos cœurs.

La sainte Vierge, dont le cœur était déjà percé des mille glaives que les tourments de son Fils y avaient enfoncés, reçoit enfin le plus cruel de tous en le voyant expirer.

Le centurion, avec les gardes qui l'accompagnent, sont extraordinairement touchés de la mort du Sauveur et deviennent, selon l'expression de saint Augustin, les premières fleurs de la croix.

Le peuple, séduit par les Pharisiens, rouvre les yeux et s'en retourne, chacun frappant sa poitrine.

Le voile du temple se fend pour témoigner l'horreur du crime des Juifs, pour nous montrer que les figures de la loi prophétique sont découvertes, pour symboliser l'ouverture du paradis, pour montrer la séparation du corps et de l'âme de Jésus-Christ, pour signifier le divorce de la synagogue et la rupture des Juifs avec Dieu.

La terre tremble. Ce tremblement miraculeux signifie l'approche de Dieu, son indignation contre le déicide des Juifs, son pouvoir tout-puissant, le changement merveilleux qu'il doit opérer dans l'univers où il établira la loi évangélique et remplira toutes choses de son Esprit.

Les pierres se fendent, tandis que les cœurs des Pharisiens, images des pécheurs obstinés, s'endurcissent.

Les sépulcres s'ouvrent, car la mort est vaincue par cette mort. La mort de Jésus doit être le modèle de la nôtre. Dans ce but, nous nous souviendrons que, pour bien mourir, il faut s'y préparer toute sa vie, il faut suivre l'exemple de Jésus-Christ en nous détachant de la terre et en ne perdant jamais de vue cette heure suprême ; il faut souvent méditer la Passion de Jésus et le moment de sa mort.

Lors donc que vous sentirez que la mort est proche, réconciliez-vous parfaitement avec vos ennemis et priez pour eux de grand cœur ; ouvrez votre cour envers les malheureux, comme Jésus le fit envers le bon larron, après songez aux soins d'avenir de ceux dont vous avez la charge ; rentrez sérieusement en vous-même ; priez, rendez grâce, résignez-vous, demandez pardon, formez tous les actes des vertus que Jésus mourant exerça sur la croix ; exercez en vous l'ardent désir de voir Dieu ; revoyez dans le calme et la paix toute votre vie, en sorte que vous puissiez dire : « tout est accompli » ; puis, jetez-vous amoureusement entre les bras de votre Sauveur et endormez-vous sur son cœur.

 

Pratique : Se disposer à la mort en union avec les sentiments de Jésus-Christ mourant.

Bouquet spirituel : « Ayant baissé la tête, il rendit le dernier soupir ».

 

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20 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

XI

 

Vingt-et-unième jour

21 avril

 

Le bon larron

 

Prélude : Écoutons l'admirable colloque qui s'établit entre Jésus en croix et le larron crucifié à sa droite.

 

Méditation

 

Admirons tout d'abord la foi vive et pénétrante que Jésus inspire au bon larron. Il croit en Notre-Seigneur crucifié, au moment même où tout semblerait devoir le scandaliser, lorsque les Juifs le crucifient, lorsque les Pharisiens le blasphèment, lorsque les apôtres chancellent dans la foi et se cachent.

En second lieu, il le remplit d'une ferme confiance, d'autant plus méritoire qu'elle semble avoir moins d'appui. Le mourant espère que Jésus mort le sauvera. le pécheur attend son pardon de celui qui vient de prier pour ses ennemis.

Enfin, il allume dans son cœur une très ardente charité envers Dieu, dont il soutient l'innocence contre les Scribes et les Pharisiens ; envers le prochain, puisqu'il lui inspire de prêcher son compagnon qui blasphème.

À ces trois grandes vertus, ce voleur repentant ajoute une profonde humilité, un parfait mépris du monde et de la vie présente, une patience héroïque et une sincère pénitence qui le porte à confesser publiquement ses péchés  pour en obtenir le pardon du prêtre de la loi de grâce.

Combien Jésus est bon et libéral envers ceux qui l'invoquent ! Ce larron lui demandait un souvenir, quand il serait venu dans son royaume, et Jésus lui offre son royaume mème. Il donne avec surabondance, il donne sans délai et lui promet qu'il sera aujourd’hui même au paradis. Il donne sans envie ni égoïsme, partageant sa béatitude céleste avec un larron. Il donne sans regret ni repentir, car il a conçu de toute éternité le dessein de rendre les hommes heureux, et il veut le réaliser.

Apprenons à ce spectacle que nous avons un bon maître et qu'il y a un grand avantage à le servir, puisqu'il oublie ses tourments pour écouter un pauvre pécheur ; il se tait devant les malédictions et répond doucement à cette humble prière ; il pardonne sur un mot de repentir.

Apprenons aussi qu'il fait bon porter la croix de Jésus-Christ. Tous portent la croix ici-bas : les saints avec amour, les pénitents avec résignation, les réprouvés avec impatience et désespoir. Choisis, ô mon âme, la croix que tu aimes le mieux !…

Apprenons encore qu'il est important pour le salut de se servir de l'occasion que Dieu nous présente et de faire un bon usage de la grâce.

Apprenons enfin à unir la confiance à la crainte. Qui n'espérerait, en voyant le bon larron sauvé pour un acte de repentir à l'heure de la mort ? Qui ne craindrait, en voyant que de deux criminels il n'y en a qu'un de sauvé ?

 

Pratique : Faire de bonne heure ce que le larron converti fit à l'heure de la mort, de peur d'être surpris.

Bouquet spirituel : « Tu seras avec moi dans le paradis ».

 

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19 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

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Vingtième jour

20 avril

 

« Pardonnez-leur ! »

 

Prélude : Jésus en croix lève les yeux au ciel et prie avec ferveur.

 

Méditation

 

« Mon Père, dit Jésus, pardonnez-leur, parce qu'ils ne savent ce qu'ils font ! » Cette prière est admirable en toutes ses circonstances. Elle est la première d'un Dieu mourant, qui prie pour ceux qui lui arrachent l'honneur et la vie.

C'est la première parole qu'il profère sur la croix, avant de penser à sa mère, à ses amis, à lui-même. Oubliant ses propres intérêts, il donne ses premiers soins à ceux qui en ont le plus besoin, quoiqu'ils le méritent le moins.

Quelle consolation pour une âme faible et pécheresse que ces douces et amoureuses paroles : « Père, pardonnez-leur, parce qu'ils ne savent ce qu'ils font ».

C'est un Fils très aimé qui prie pour ceux qui le sacrifient ; que ne fera-t-il donc pas pour ceux qui veulent le servir ?

C'est le souverain sacrificateur qui s'interpose pour les pécheurs ; que peut craindre celui qui a la prière de Jésus-Christ crucifié pour bouclier contre la justice de Dieu ?

N'ayant que les yeux et la langue de libres, il pleure et il prie pour ceux qui le font mourir. Il pleure par miséricorde, il prie avec une voix toute-puissante qui obtient le pardon à ses ennemis.

Quel cœur pour endurci qu'il puisse être, ne sera touché et vaincu par la force et la vertu de ces paroles ?

Si vous avez de la peine jamais à oublier l'injure que vous avez reçue, je ne vous demande que trois minutes pour considérer quel est celui qui a prié sur la croix, quel tort on lui avait fait, et comment il pardonne.

Ô mon doux Sauveur, serais-je insensible à la douceur de vos attraits ? Votre parole, qui convertit les cœurs les plus durs, ne fera-t-elle point d'impression sur le mien ? Deviendrai-je seul insensible, dans mon opiniâtreté, pendant que vous attirez tout à vous par la chaleur de votre ardente charité ?

Ô Père des miséricordes, ne le permettez pas. Mais, comme vous avez pardonné si généreusement à vos ennemis, faites que je pardonne, pour l'amour de vous, à tous ceux qui me persécutent, afin que vous me pardonniez mes péchés, qui sont la cause de votre mort. C'est moi, seigneur, qui vous ai crucifié et qui renouvelle si souvent l'ignominie de votre passion par mes infidélités. Faites donc que je participe au fruit de cette divine prière que vous fîtes pour vos meurtriers. Recommandez-moi à votre Père céleste ; et, quoique je sois indigne de la grâce que je vous demande, accordez au mérite de votre sang ce que vous refuseriez à mon ingratitude et à ma malice.

 

Pratique : Pardonnez les injures.

Bouquet spirituel : « Pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font ».

 

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5 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

Jésus chez Caïphe 2

 

Sixième jour

6 Avril

 

Chez Caïphe

 

Prélude : Jésus est debout. Le Grand-Prêtre l'interroge. Les soldats et la valetaille entourent Jésus.

 

Méditation

 

Le Grand-Prêtre entreprend de juger le Dieu dont il est le ministre. Il l'interroge sur ses disciples, sur sa doctrine, sur ses disciples, Jésus ne répond rien, il les aime trop pour en dire le mal que mériterait leur lâche abandon. Mais, il répond sur sa doctrine, disant : « J'ai parlé devant tout le monde, je n'ai rien dit en secret. Pourquoi m'interrogez-vous ? Interrogez ceux qui m'ont écouté ; ils savent bien ce que j'ai dit ».

C'était bien là le langage de l'innocence et de la vérité, parlant par la bouche d'un Dieu. Ce ne fut pas l'avis d'un des valets de Caïphe, qui leva la main et couvrit le visage auguste du Sauveur d'un violent soufflet. Cette main était gantée de fer, et le bruit du soufflet retentit dans tout l'appartement, et le sang jaillit en abondance.

À cette atroce injure, Caïphe ne trouva rien à redire, et tous les assistants se livrèrent à des risées scandaleuses. Mais Jésus, toujours patient, toujours désireux de nous laisser l'exemple de la modération en toutes occasions, toujours bon, répartit avec douceur : « Si j'ai mal parlé, rends témoignage du mal. Mais, si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes- tu ? »

Cependant, les Princes des Prêtres et toute l'assemblée étaient en peine de chercher quelque faux témoignage contre Jésus pour le faire mourir. Le Fils de Dieu était là au milieu d'eux, lui, le Juge des vivants et des morts, assujetti au tribunal des plus méchants juges de la terce. Telle est d'ailleurs l'innocence de ce Juste, que ces mauvais juges ne trouvent pas de faux témoins. Ceux qui se présentent se réfutent par leurs propres dires. Jésus se taisait.

Irrité de son silence, Caïphe adjure, au nom du Dieu vivant, Jésus, de lui dire s'il est le Christ fils de Dieu. Par respect pour le nom de son Père, le Sauveur répond : « Vous l'avez dit ». Alors, se livrant à sa fureur déicide, le Grand-Prêtre déchire ses vêtements, accuse Jésus de blasphème, et tous les assistants criaient : « Il est digne de mort ! »

Jusque-là, on avait gardé quelque forme de justice apparente. Mais, une fois le crime résolu, ces sacrilèges se livrent à toute leur rage. Ils lui crachent au visage. Ils se moquent de lui. Ils le frappent. Ils lui bandent les yeux, et, lui donnant des coups sur le visage, ils lui disent : « Prophétise qui est celui qui t'a frappé ! ». Ils profèrent mille blasphèmes contre le doux Sauveur.

Les insultes que le Fils de Dieu subit, dans cette nuit, ne lui furent pas moins sensibles que ses tourments. Ce bandeau, ces soufflets, ces blasphèmes, achevèrent son humiliation. Ô bonté de mon Maître ! Il porte le bandeau sur les yeux pour nous encourager. Il semble vouloir nous assurer qu'il ne veut plus voir nos péchés et qu'il oublie volontiers toutes les offenses que nous avons commises, pourvu que nous n'abusions plus désormais de ses faveurs.

 

Pratique : Se taire devant les injures, par imitation du silence de Jésus chez Caïphe.

Bouquet spirituel : « Jésus se taisait ».

 

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3 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

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Quatrième jour

4 Avril

 

Jésus abandonné

 

Prélude : Jésus lié reste seul entre les mains de ses ennemis, tandis que, au loin, on voit les disciples qui fuient.

 

Méditation

 

À la première vue du péril, les Apôtres oublient leurs bonnes résolutions. Étrange fragilité ! Ils s'imaginent que leur maître, entre les mains des soldats, ne peut plus les secourir. Le souvenir de tant de miracles qu'ils avaient vus, de tant de lumières qu'ils avaient reçues, de tant de prédications qu'ils avaient entendues, de tant de grâces qu'il leur avait accordées, s'efface en un instant et ne sert qu'à rendre leur fuite plus honteuse.

Est-ce donc là où aboutissent toutes ces protestations si souvent réitérées de donner leur vie pour lui ? « Allons et mourons avec lui ! » Ô Thomas, où est l'effet de cette promesse ? « Seigneur, je suis prêt à aller avec vous en prison et à la mort ! » Ô Simon, Pierre, où est ce grand courage que vous faisiez paraître quand vous étiez loin du péril ? Les enfants d'Ephraïm étaient braves, en apprêtant leurs armes ; mais ils ont tourné le dos au jour du combat.

Qui donc osera se fier à ses résolutions, aux lumières de son esprit, à la force de son bras, quand les premières colonnes de l’Église sont ébranlées au moindre effort de la tentation ? Nous promettons beaucoup à Dieu dans nos confessions, au milieu de l'affliction, pendant le danger, et, un instant après, nous nous oublions. Ah ! que l'homme est faible et misérable, si vous ne lui prêtez la main, ô mon Sauveur !

L'abandon de Jésus nous montre aussi le cas que nous devons faire de la fidélité des créatures. C'est une grande vanité de mettre sa confiance dans l'amitié des hommes, une grande folie de se rendre esclave de sa faveur ; un grand aveuglement d'offenser Dieu pour complaire à un ami ; une grande faiblesse de s'inquiéter de leur froideur ou de se plaindre de leur infidélité ! Jésus, le plus aimable de tous les hommes, est délaissé par ceux qu'il avait le plus obligés, et vous trouveriez étrange que vos amis vous quittent, vous qui méritez, à cause de vos péchés, d'être délaissé de toutes les créatures et de Dieu même !

« Tous ses disciples, l'ayant abandonné, prirent la fuite ». Voilà la prédiction du Fils de Dieu accomplie. Le Pasteur est frappé et les ouailles sont dispersées. La peur qui avait obligé les Apôtres à quitter Jésus les fait s'enfuir et se cacher dans des cavernes voisines !...

Âmes timides, qui vous éloignez de Dieu par une vaine peur, où allez-vous ? qui fuyez-vous ? Vous fuyez la vie, et vous courez à la mort ; vous fuyez un ami fidèle, et vous vous livrez à votre plus cruel ennemi. Pauvres fugitives, arrêtez-vous. Ou bien, si le courage vous manque et si la peur vous domine, fuyez, je le veux bien ; mais, fuyez vos ennemis et ne quittez pas votre Maître. Ne fuyez pas Jésus, mais plutôt fuyez vers Jésus. Ne fuyez pas la Croix, mais plutôt fuyez vers la Croix. S'il est nécessaire, fuyez comme Jean, en vous dépouillant de tout, fuyez sur le Calvaire, plutôt que de vous séparer de Jésus-Christ.

Ô mon Sauveur, quand je considère la fuite de vos disciples, ma fragilité m'étonne et mes infidélités me font trembler, me voyant si loin de vous ! Mais quand je me souviens de leur retour, quand je vois ces fuyards revenir au combat comme des lions, je reprends courage ; et, condamnant leur lâcheté, je m'appuie sur votre grâce. Ô ma force ! Ô mon soutien ! Soutenez-moi dans mes faiblesses, et faites-moi la grâce d'effacer la honte de mes lâchetés passées par une ferveur extraordinaire qui ne dure pas moins que la vie, et qui ne cède ni aux souffrances ni à la mort.

 

Pratique : Se relever de ses chutes avec promptitude et courage, en songeant à la défection des Apôtres.

Bouquet spirituel : Tous les disciples prirent la fuite.

 

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8 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

Jésus devant Pilate

 

Neuvième jour

9 Avril

 

Pilate

 

Prélude : Jésus est amené devant Pilate, qui siégeait dans son Prétoire.

 

Méditation

 

Aussitôt que le matin fut venu, les Grands-Prêtres ayant tenu conseil avec les anciens, les Scribes et toute l'Assemblée firent lier Jésus, l'emmenèrent et le livrèrent à Pilate. Pilate se prêtant à leur fureur, sort sur le perron, vénéré aujourd'hui à Rome sous le nom de Scala Sancta, et leur dit : « De quel crime l'accusez-vous ? » À bout de ressources, les ennemis de Jésus finissent par le charger des plus odieuses calomnies et parviennent à inspirer quelques craintes au cœur de ce juge lâche et faible. Pilate rentre donc dans le Prétoire, et, faisant appeler Jésus, il lui dit : « Êtes-vous le roi des Juifs ? »

Ô Juge, si tu savais quel est celui à qui tu fais cette demande, tu ne l'interrogerais pas sur des accusations injustes, mais tu t'accuserais toi-même devant lui !

Pilate demande à Jésus ce que c'est que la vérité, et n'attend pas même la réponse. Il n'en était d’ailleurs point digne, car, pour connaître la vérité, il faut quitter le vice, purifier son cœur, mortifier ses passions, être humble et simple, et recourir à la prière.

Les Juifs attaquent en vain l'innocence de Jésus. Pilate est contraint, par l'évidence même des faits, de prendre la défense de ce juste. Il sort encore une fois du Prétoire pour aller dire aux Juifs : « Je ne trouve aucun crime en lui ! »

Mais les méchants sont plus acharnés au mal que les gens de bien ne sont zélés à soutenir le parti de la vertu. Pilate est dominé par la crainte de déplaire aux Juifs, il se laisse vaincre, et il abandonne lâchement l'innocent, contrairement au cri de sa propre conscience.

Il voudrait cependant que le Sauveur se défendît lui-même et lui fournit le moyen de le délivrer. Or, Jésus ne répondait ni aux accusations des Princes des Prêtres et des Anciens. Pilate lui disait : « N'entendez-vous donc pas combien on rend de témoignages contre vous ? » Mais, Jésus ne répondait pas un seul mot. Pilate était tout surpris de ce silence. Mais nous, nous savons pourquoi Jésus se taisait.

Il se taisait, pour laisser à ses ennemis la liberté de tout ce que la haine peut suggérer à leur esprit, résolu qu'il était à tout souffrir, de peur de mettre obstacle à notre salut.

Il se taisait, parce qu'il n'avait pas besoin d'être défendu. Son silence était comme le triomphe de son innocence, selon la remarque de saint Ambroise.

Il se taisait pour faire éclater les merveilles de patience et de douceur dont son cœur sacré était plein, et pour mériter à ses disciples une patience invincible dans les souffrances et dans les persécutions.

Il se taisait, par une prudente sagesse, au milieu du tumulte soulevé par les Juifs, voulant nous enseigner que c'est un acte de prudence de se taire quand ceux avec qui nous traitons n'écoutent point le langage de la raison, qu'un chrétien sans silence est une ville sans défense et sans murailles, que le silence est un doux concert de toutes les vertus qui attire Dieu dans l'âme et qui a la même force que la charité, que Dieu prend la défense de ceux qui souffrent avec égalité d'esprit le tort qui leur est fait, enfin que le silence édifie souvent, autant et quelquefois plus que la parole.

Devant ce silence du Sauveur et les interrogations de Pilate, les ennemis de Jésus redoublaient leurs cris et faisaient instance, de peur que Pilate ne le délivrât. Ils l'accusèrent de soulever le peuple lui qui prêchait la soumission à l'autorité. Ils lui reprochèrent de prêcher partout, comme si la doctrine de Jésus ne tendait pas à enseigner et à établir la paix parmi les hommes.

 

Pratique : Pratiquer volontiers le silence devant les accusations et les calomnies.

Bouquet spirituel : « Jésus se taisait ».

 

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6 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

Reniement de Saint Pierre 2

 

Septième jour

7 Avril

 

Chute de saint Pierre

 

Prélude : Pierre renie son Maître qui le regarde avec une tendre commisération.

 

Méditation

 

La présomption et l'orgueil secret de cet Apôtre furent le commencement de sa ruine. Il se fiait en ses propres forces ; elles lui firent défaut. Jésus l'avait averti le soir de veiller pour obtenir le secours du ciel : il l'avait menacé d'une honteuse chute. Mais, il néglige cet avertissement et oublie les paroles de son Maître. Il trouve alors comme un tempérament entre son amour pour Jésus et la crainte que lui inspirent les ennemis du Sauveur. Il le suit, mais de loin, avec une langueur pleine de lâcheté et une froideur que symbolise le froid de cette nuit fatale.

L'occasion prochaine où il se jette et la mauvaise compagnie où il s'engage achèvent de le perdre. Ce téméraire a trop présumé de sa vertu, il tombe dans l'abîme et périt dans le danger auquel il s'est exposé. Comment périt-il ? Suivons les degrés de sa chute, ils sont instructifs et nous donnent de précieuses leçons.

Une servante vient à lui et lui dit : « Tu étais aussi avec Jésus de Nazareth ». Pierre, qui se croyait un lion, tremble à la voix d’une servante, et répond : « Femme, je ne le connais point ». Quoi ! Pierre, toi, le chef de ses disciples, tu ne connais pas le Maître ! Autrefois, tu disais : « Seigneur, où irons-nous, si nous vous quittons, vous qui avez les paroles de la vie éternelle ? » Et maintenant, tu le quittes, te le renies, tu renonces à son amour, et pour aller où ?

Il sort, mais son trouble l'accompagne, et, la crainte d'être regardé comme criminel le ramène dans l'intérieur de la maison. Là, il trouve une nouvelle servante, second écueil qui est la cause d'une seconde chute encore plus dangereuse. Elle lui demande : « N'es-tu point de ceux-là ? » Et il nie pour la seconde fois, il ajoute même à son reniement un faux serment.

Une heure après, le combat recommence. Un de la troupe s'écrie qu'on le reconnaît à son langage et un autre parle de l'avoir vu au jardin des Oliviers. Alors Pierre, vaincu et tremblant, renie son Maître avec d'horribles imprécations.

Ces trois chutes successives et toujours plus graves nous rappellent qu'on ne tombe pas tout d'un coup au fond du précipice, et qu'il importe de se relever promptement, quand on est une fois tombé, de peur d'aller plus bas.

Pendant que Pierre se livrait à ses reniements, Jésus passa et entendit les imprécations de son Apôtre. Combien ces injures durent lui être sensibles ! Néanmoins il eut pitié de la faiblesse de Pierre, et il jeta sur lui un long regard. Oh ! combien ce regard son fut miséricordieux, généreux, charitable, puissant et doux ! Ô mon Jésus, ouvrez les yeux ainsi sur mon âme pécheresse !…

Ce regard de Jésus convertit l'Apôtre infidèle. Il se ressouvint de cette parole du Seigneur : « Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois », et il sortit pour pleurer amèrement son crime.

Apprenons à pleurer nos péchés avec des larmes semblables à celles que Pierre versa pour expier son infidélité.

Ces larmes furent tendres ; elles furent sincères et véritables ; elles sortaient d'un cœur blessé par l'amour ; elles ne cessaient de couler avec une amère violence. « Heureuses larmes, dit saint Léon, qui n'ont pas moins de vertu pour laver son péché que les eaux du Saint Baptême, avec cet avantage que le Baptême ne se réitère point ».

Saint Pierre, sortant de la maison de Caïphe, commença de pleurer, dit l'Evangéliste. Mais, ces larmes, il les continua jusqu'à la mort. Au rapport de saint Clément, en effet, toutes les fois qu'il entendait le chant du coq, Pierre s'agenouillait et versait des larmes si abondantes qu'elles creusèrent ses joues. Profitons de ce grand exemple, et commençons aujourd'hui à faire pénitence de nos péchés, pour ne plus l'interrompre jusqu'à la mort.

 

Pratique : Ne jamais se livrer à une joie immodérée, en se ressouvenant toujours des péchés que l'on a commis et qui doivent nous empêcher de nous réjouir d'une joie mélange.

Bouquet spirituel : Pierre sortit et pleura.

 

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11 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

La Flagellation

 

Douzième jour

12 avril

 

La Flagellation

 

Prélude : Adorer Jésus lié à la colonne.

 

Méditation

 

La complaisance humaine et l'amour de la justice combattent dans le cour de Pilate. Mais enfin, la complaisance l'emporte et lui fait prononcer un arrêt injuste, lâche et cruel. Il condamne Jésus à être flagellé. Au Ciel, par une sévérité pleine tout à la fois de rigueur et d'amour, le Père Eternel ratifie cette condamnation, et Jésus la reçoit avec une admirable humilité.

Or, il était encore revêtu de la robe qu'Hérode lui avait fait mettre. Les bourreaux l'en dépouillèrent et lui ôtèrent tous ses habits, afin de le battre plus à leur aise. Jésus consentit à se laisser dépouiller de ses vêtements, afin de nous revêtir de la grâce et de l'ornement des vertus que le premier homme nous avait fait perdre. Il y consentit pour nous apprendre à nous dépouiller du vieil homme et de nos mauvaises inclinations. Il y consentit, pour expier le luxe scandaleux et les nudités honteuses qui règnent dans la corruption du siècle.

Une fois dépouillé de ses habits, Jésus tendit doucement les mains aux bourreaux, qui le lièrent étroitement à la colonne. Il se laissa ainsi lier, pour affermir son Église et la rendre immuable dans sa foi, pour affermir notre constance au milieu des plus grandes afflictions, pour affermir notre espérance et assurer notre salut.

Bientôt, les coups de fouet tombèrent sur sa chair virginale. Le sang coula de toutes parts, son corps devint livide et se défigura sous les fouets. On l'eût pris pour un lépreux, tant il était couvert de plaies, et pour un homme frappé de Dieu dans le dernier excès de son courroux. Ô bourreaux inhumains ! Vous êtes plus durs que les pierres, mais vous frappez une autre pierre qui a plus de tendresse que vous n'avez de dureté ! Le bruit des coups que vous frappez fait retentir dans le monde entier l'excès de sa bonté, et toutes les plaies que vous ouvrez sur son corps sont autant de sources fécondes d'où s'écoule le baume sacré de son amour. Ô mon âme, adore donc ces ouvertures sacrées, qui sont les caractères visibles de la charité incomparable d'un Dieu qui t'a estimée d'assez de valeur pour une pareille rançon.

Ô vous tous qui passez par le chemin, arrêtez, et voyez s'il est une douleur semblable à celle-là. On lui a enlevé la peau, on arrache ses cheveux, on ouvre ses veines, on froisse ses nerfs, on pénètre jusqu'aux entrailles, on fait voler en l'air des lambeaux de chair sanglante. Sous ce déluge de coups, Jésus innocent se tait, la violence de la douleur seule lui arrache des larmes ; il soupire doucement, il se contracte sous nous les fouets qui le font trembler et gémir. Mais, il ne dit point : « C'est assez ! » Il donne même de la force aux mains cruelles qui le meurtrissent, il ne veut en adoucir ni en modérer la rigueur.

Si Jésus se laisse ainsi cruellement fouetter, c'est qu'il veut donner l'horreur et la crainte du péché, nous apprendre à supporter patiemment les coups de fouet au moyen desquels la Providence nous châtie ; servir d'exemple à la pénitence des pécheurs qui se convertissent et sentent le besoin de satisfaire à la justice divine, enseigner aux âmes qui avancent dans la perfection combien la mortification est utile, et aux justes combien l'amour de Dieu et des âmes lie étroitement à tout ce qui contraint la nature.

Quand on le délia de la colonne, Jésus tomba par terre de faiblesse, et il demeura couché dans son sang, comme Job sur son fumier. Comme Job, aussi il combattit le prince des ténèbres, il fit pénitence et pria pour ses élus.

 

Pratique : Considérer dans les petites épreuves de la vie, le souvenir des coups de fouet qui atteignirent Jésus lié à la colonne.

Bouquet spirituel : Pilate leur livra Jésus couvert de plaies.

 

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1 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

Arrestation de Jesus Giotto

 

Deuxième jour

2 Avril

 

Le baiser de Judas

 

Prélude : Au milieu de la nuit éclairée mystérieusement par la douteuse clarté des lanternes que portent les soldats, celui qui les guide s'avance vers Jésus et imprime sur sa face auguste le baiser de la trahison.

 

Méditation

 

Il leur avait dit : « Celui que je baiserai, c'est lui ! Arrêtez-le ! » Le nom du traître ? Judas, un nom que Jésus avait souvent prononcé avec amour, depuis le jour où il le prononça pour la première fois en l'appelant à l'honneur de le suivre ! Judas, l'un des douze privilégiés, le disciple de Jésus, rempli de grâces, favorisé du don des miracles, l'apôtre devient le chef des ennemis de Dieu. Tremblons à la vue de ce malheur, humilions- nous et entrons en une humble défiance de nous-mêmes.

Ô mon Sauveur, tout le monde vous trahit, vous qui faites du bien à tout le monde. On se sert des choses les plus saintes pour trahir la sainteté même. On prend le baiser de paix pour signal de la guerre. Pour perdre Jésus, les traîtres feignent l'esprit et la douceur de Jésus ! Que de prières hypocrites, que de communions sacrilèges renouvellent le baiser de Judas !

Ô ami fidèle, à qui me fierai-je ? À vous seul. Le cœur des hommes est un abîme insondable. On ne peut faire fonds sur leur amitié. Mais vous, vous ne trompez jamais personne. Voilà le sujet de ma confiance. Elle serait entière, si vous pouviez vous fier à moi, ainsi que je puis me confier en vous.

« Mon ami, dit Jésus au traître, pourquoi êtes-vous venu ? Judas, vous trahissez le Fils de l'Homme par un baiser ! » Jésus fait un dernier effort sur le cœur de Judas, tandis que ce traître emploie toutes ses forces pour le perdre. Voilà donc la beauté souveraine aux prises avec la souveraine malice. Judas vient contre Jésus, armé de perfidie et de violence ; et Jésus s'approche de Judas avec les armes de l'humilité et de l'amour. Judas lui donne un baiser plus cruel que tous les traits les plus envenimés, et Jésus se baisse pour le recevoir, avec une simplicité et une générosité divine. Judas salue son maître avec les dehors d'une amitié feinte ; Jésus lui offre avec une affection sincère l'occasion de son salut éternel. Judas, semble-t-il lui dire, si vous n'avez plus d'amour pour moi, j'en ai encore pour vous, et je suis aussi prêt à vous donner le pardon que je l'ai été à recevoir l'injure que vous me faites.

Jésus combat la malice de Judas par sa bonté. Quelle sera donc l'issue de ce combat ? Hélas ! ils mourront tous les deux ; mais leur fin sera bien différente. Jésus nous ouvrira le ciel en mourant ; Judas se le fermera pour jamais. Oh ! que les hommes prennent de peine pour se perdre ! Que ne cela que fait pas ce malheureux pour avancer sa ruine ? Il va, il vient, il passe la nuit dans l'inquiétude. Que gagne-t-il donc ? Trente deniers, et puis la malédiction de Dieu !... Un petit intérêt temporel et la réprobation éternelle, voilà en effet toute la récompense des pécheurs.

Ô mon Sauveur, est-ce donc pour les hommes se consument de fatigues, de soucis et de labeurs ? Si je le veux, je puis me sauver avec moins de peine qu'ils n'en prennent pour se perdre. Pourquoi donc ne ferais-je pas pour mon salut ce que vos ennemis font pour leur damnation ?

« Mon ami, pourquoi êtes-vous venu ? » Cette question de Jésus à Judas, je veux me l'adresser souvent à moi-même, comme si j'entendais la bouche auguste du Rédempteur la proférer à mon endroit. « Pourquoi êtes-vous venu » dans le monde, dans la religion, dans la vie chrétienne, dans la pratique des vertus, dans la piété ? Est-ce pour y vivre en païen et en mondain, pour scandaliser vos frères, par votre mauvais exemple ?

Pourquoi allez-vous à l'oraison, à l'église, à la messe, à la visite du Saint-Sacrement, à l'adoration, à la Table Sainte ? Est-ce donc pour y perdre le temps en distraction, en oisiveté, en mille pensées extravagantes, que vous entretenez lâchement, sans respecter la majesté de Dieu, qui est présent, qui s'offense de vos irrévérences ? Quel fin, quel but, quelle récompense, quel fruit espérez-vous d'une conduite aussi criminelle, d'une vie si déréglée ?

 

Pratique : S'examiner soigneusement sur la manière dont on s'approche de la Sainte Table, de peur de renouveler le baiser de Judas.

Bouquet spirituel : « Mon ami, pourquoi êtes-vous venu ? »

 

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23 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

Rome au moyen-âge 1-001

 

Vingt-quatrième jour

Une dernière fois à Rome

 

Prélude. - Représentons-nous le saint patriarche, entrant, pour la dernière fois, dans cette Ville Reine, où son cœur et sa foi l'ont si souvent amené, et entrons dans ses sentiments de vénération pour Rome, où siège l'interprète infaillible de la vérité sur la terre.

 

Réflexions

 

L'éloquent restaurateur de l'Ordre Dominicain en France l'a dit, avec un accent ému, dont rien n'égalerait l'incomparable autorité :

« Avec la création du Tiers Ordre, la carrière de Dominique était achevée. Il ne lui restait plus qu'à faire ses adieux à tout ce qu'il avait aimé sur la terre, et Rome occupait sans doute la première place dans ses affections. C'est là qu'il était venu avec Azevedo, son premier ami, lorsque sa vie publique n'était point encore commencée ; là qu'il était retourné pour obtenir l'approbation et la confirmation de son ordre ; là qu'il avait édifié Saint Sixte et Sainte Sabine, planté le centre de son ordre, exercé la charge de maître du sacré palais, obtenu la confiance de deux grands papes, ressuscité trois morts, et vu s'élever jusqu'au triomphe la vénération que le peuple avait pour lui ; là que résidait dans une infaillible majesté le vicaire de Celui qu'il avait aimé et servi tous les jours de sa vie. Pouvait-il mourir sans avoir reçu de lui une dernière bénédiction ? Pouvait-il fermer les yeux sans les avoir jetés encore une fois sur les collines de la sainte cité ? Pouvait- il croiser ses mains pour jamais avant d'avoir offert un sacrifice suprême sur les autels des apôtres Pierre et Paul ? Pouvait-il livrer ses pieds à l'immobilité avant d'avoir foulé, pour n'y plus revenir, les sentiers de l'Aventin et du Cælius ? Rome ouvrit donc une sixième fois ses entrailles de mère au grand homme qu'elle avait enfanté dans sa vieillesse, et qui devait lui susciter des fils et des fidèles, jusqu'en des mondes dont le nom n'était pas encore connu. Honorius III lui donna, dans plusieurs diplômes, de nouvelles marques de sa sollicitude et de sa souveraine paternité ».

Rome, dit un historien, avait été témoin de l'épopée de sa vie ; désormais Saint Sixte et Sainte Sabine allaient devenir des noms classiques parmi ses enfants, et si, comme nous avons lieu de le croire, une lumière prophétique lui avait révélé que l'époque de sa mort n'était pas éloignée, il devait éprouver un charme particulier dans ces derniers adieux qu'il adressait au théâtre qui avait vu les scènes familières de sa vie.

Pendant qu'il était à Rome, Dominique eut la joie d'y rencontrer et d'y embrasser une dernière fois Foulques de Toulouse. Un acte nous est resté de cette rencontre, portant un sceau où le saint est représenté en habit de Frère Prêcheur, un bâton à la main, avec cette exergue : « Sceau de Dominique, ministre des prédications ».

 

Pratique : Témoigner en toute occasion de sa vénération pour le chef de l’Église, en prenant part aux diverses manifestations de la piété filiale de la chrétienté envers le Pape.

Invocation : Saint Dominique, gardien de la bergerie du Seigneur, priez pour nous !

 

Trait historique

Adieux à Rome

 

Chaque la jour le revit encore à la grille de Saint Sixte, exhortant les Sœurs à garder avec soin la Sainte Règle, qui les avait amenées à une vie plus parfaite. L'affection profonde qu'il portait à ses filles spirituelles est célèbre par un miracle fixé par sœur Cécile à cette époque. Il frappa un jour, à la porte du couvent, et sans entrer, il demanda à la portière des nouvelles des sœurs Théodore, Tedrana et Ninfa. Elle répondit que les trois sœurs étaient malades de la fièvre. « Dites- leur de ma part, répliqua Dominique, que je leur commande d'être guéries ». Aussitôt qu'elles eurent reçu ce message, elles se levèrent en pleine santé. La présence de Dominique à Rome était toujours bien vue. Le saint était connu des cardinaux et de plusieurs personnages attachés à la cour pontificale, qui recherchaient avec empressement sa société ; car, selon qu'il est rapporté dans la bulle de sa canonisation, personne ne lui parla jamais sans devenir meilleur ; mais la popularité était la dernière chose qu'il recherchait, et il est certain que la célébrité, dont il jouissait à Rome, fut un des principaux motifs qui le décidèrent à résider à Bologne, où il retourna au commencement du mois de mai. (Vie de saint Dominique, par l'abbé Chirat).

 

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30 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Trente-et-unième et dernier jour

Consécration

 

Prélude. - Prosternons- nous aujourd'hui, avec tous les pieux enfants de saint Dominique, aux pieds d'une image de notre bienheureux Père et renouvelons-lui l'hommage de notre filiale confiance, nous consacrant de nouveau à son culte et à son imitation, pour mériter d'éprouver les effets de sa puissante protection.

 

Acte de consécration à Saint Dominique

Composé par le Bienheureux Jourdain de Saxe

 

Très saint prêtre de Dieu, Confesseur vénérable, Prédicateur éminent, Bienheureux Père saint Dominique, choisi vierge par le Seigneur, vous qui avez su entre tous plaire à Dieu et être aimé de lui, pendant vos jours ; vous, qui vous êtes rendu glorieux par votre vie, par votre doctrine et vos miracles, nous nous réjouissons de vous avoir pour avocat favori auprès du Seigneur notre Dieu. Vers vous, qu'entre les Saints et les élus de Dieu je vénère d'une dévotion toute spéciale, j'élève la voix du fond de mon cœur, dans cette vallée de misère.

Je vous en prie, ô Père miséricordieux, soyez favorable à mou âme pécheresse, privée de toute vertu et de toute grâce, et enveloppée d'une multitude de fautes et de la lèpre des pécheurs. Soyez favorable à mon âme coupable et infortunée, ô âme bénie et bienheureuse de cet homme de Dieu, qui fûtes enrichie par la grâce divine de tant de bénédictions, que, non-seulement elles vous élevèrent au repos bienheureux, au séjour de la paix, à la gloire céleste, mais que, par l'exemple de votre vie admirable, elles en entraînèrent un grand nombre d'autres à la même béatitude, après les avoir animés par de doux conseils, les avoir instruits par une doctrine suave, et les avoir excités par de ferventes paroles. Soyez-moi donc favorable, Bienheureux Dominique, et inclinez l'oreille de votre pitié vers le cri de mes supplications.

Se réfugiant vers vous dans sa pauvreté, mon âme indigente se prosterne devant vous, et aussi humblement qu'elle le peut, elle s'efforce de se présenter languissante à vos pieds. Mourante, elle tâche, selon ses forces, de vous supplier, en sollicitant vos puissants mérites et vos tendres prières, afin que vous daigniez la vivifier, la guérir et la combler des dons abondants de votre bénédiction ; je sais, oui, je le sais, et je suis sûr que vous le pouvez ; et, d'après votre grande charité, j'ai la confiance que vous le voulez ; et j'espère de la miséricorde immense du Sauveur, que tout ce que vous aurez voulu près de lui vous l'effectuerez. J'espère aussi de votre tendre familiarité avec Jésus-Christ, votre bien-aimé choisi entre mille , qu'il ne vous refusera rien, mais qu'auprès de lui (qui, bien qu'il soit le Seigneur Dieu, est cependant aussi votre ami), vous obtiendrez ce que vous voudrez.

Car qu'est-ce que ce bien-aimé pourrait refuser à celui qu'il aime ? Que ne donnerait-il pas à celui qui, méprisant toutes choses, n'a pas hésité de se donner, lui et tout ce qui lui appartenait, à ce cher bien-aimé ? Ainsi nous osons le dire, oui, nous vous louons et vous vénérons.

Encore à la fleur de l'âge, vous avez conservé votre virginité à ce magnifique époux des vierges. Vêtu de la blancheur baptismale et paré des grâces du Saint Esprit, vous avez voué votre âme au Roi des rois, dans les sentiers de l'amour le plus pur. Depuis longtemps muni des armes de la règle, vous avez disposé des degrés vers le ciel dans votre cœur. Croissant de vertus en vertus, vous vous êtes élevé du bien au mieux. Vous avez présenté à Dieu votre corps comme une hostie vivante, sainte et agréable. Formé par une loi divine, vous vous êtes tout entier consacré à Dieu. Ayant enfin abordé la voie de la perfection, après avoir tout abandonné, pour suivre, dépouillé de tout, Jésus-Christ pauvre lui-même, vous avez préféré amasser des trésors dans les cieux plutôt que sur la terre.

Vous reniant tout-à-fait vous-même, et portant courageusement votre croix, vous vous êtes appliqué à suivre les traces de notre Rédempteur et véritable guide. Par zèle de Dieu, consumé d'un feu divin, mû par votre excessive charité, dans la ferveur d'un esprit ardent et par vœu de pauvreté, vous vous êtes adonné tout entier à la religion apostolique et très parfaite ; et, pourvoyant à cette œuvre par un conseil d'en haut, vous avez institué l'Ordre des Frères Prêcheurs. Par vos mérites glorieux et par vos exemples, vous avez éclairé la sainte Eglise dans toute la terre. Ayant enfin quitté la prison de la chair, ravi dans la cour suprême, vous êtes monté glorieux dans le ciel. Encore revêtu de votre première robe d'innocence, vous vous êtes approché de Dieu, ô notre puissant avocat. Je vous en supplie donc, vous qui avez désiré avec tant de zèle le salut du genre humain, secourez-moi, secourez tous mes chers frères, tout le clergé et le peuple et le pieux sexe féminin.

Vous êtes, par-dessus tous les Saints et après la Bienheureuse Reine des vierges, mon espérance et ma douce consolation. Vous êtes mon refuge de prédilection. Prêtez-vous donc favorablement à mon aide. Je me réfugie vers vous seul, vers vous seul je m'approche hardiment, je me prosterne à vos pieds. Suppliant, je vous invoque comme mon patron, je vous implore, je me recommande à vous avec dévotion. Daignez, je vous en conjure, me recevoir, me garder, me protéger, me se courir avec bonté, afin qu'avec l'aide de votre protection, je sois digne d'acquérir la grâce désirée de mon Dieu, de trouver miséricorde et d'obtenir pour mon salut les remèdes de la vie présente et de la vie future.

Obtenez-moi cela, ô Maître, obtenez-le moi je vous en prie, Chef illustre, Père nourricier, Bienheureux Dominique, qu'il en soit ainsi ! Je vous demande instamment de me secourir, moi et tous ceux qui vous invoquent. Soyez nous véritablement Dominique, c'est à-dire le gardien vigilant du troupeau du Seigneur. Veillez toujours sur nous, et gouvernez ceux qui vous sont confiés ; réformez-nous, et, corrigés, réconciliez- nous avec Dieu. Après cet exil, offrez-nous avec joie au Seigneur béni et à notre Seigneur et sauveur Jésus Christ le Fils bien aimé et très-haut de Dieu, dont l'honneur, la louange, la gloire, la joie inénarrable, la félicité perpétuelle, avec la glorieuse Vierge Marie, et toute la cour des habitants du Ciel, subsistent sans fin dans les siècles éternels. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Former la résolution de célébrer encore l'année prochaine et tous les ans jusqu'à la mort les saints exercices du mois consacré à saint Dominique.

Invocation : Saint Dominique, notre bon père, priez pour nous !

 

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Fin du Mois de Saint Dominique

 

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Prochain mois de dévotion : le Mois de Saint François d’Assise

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29 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Trentième jour

Sur les autels

 

Prélude. - Unissons-nous à l'enthousiasme avec lequel les fils de saint Dominique durent célébrer le premier office public en l'honneur de leur bienheureux père.

 

Réflexions

 

La translation des restes du saint patriarche eut lieu le 24 mai 1233, pendant le chapitre de l'Ordre, qui se tenait à Bologne, aux fêtes de la Pentecôte, sous la présidence du bienheureux Jourdain de Saxe. Une odeur suave s'exhala de ces restes sacrés. « Nous avons senti, dit Jourdain, cette précieuse odeur, et ce que nous avons vu et senti, nous en rendons témoignage. Nous ne pouvions nous rassasier d'ouvrir nos sens à l'impression qu'elle nous causait, quoique nous fussions resté de longues heures près du corps de saint Dominique à la respirer. Elle n'apportait avec le temps aucun ennui, elle excitait le cœur à la piété, elle opérait des miracles. Touchait-on le corps avec la main, avec une ceinture ou quelque autre objet, aussitôt l'odeur s'y attachait ».

Ce miracle n'eut pas lieu seulement au moment de la translation. Flaminius, qui vivait trois cents ans plus tard, écrivait en 1527 : « L'odeur sacrée s'exhale encore de nos jours des saintes reliques ». Dieu récompensait, par un signe extérieur, l'admirable pureté de cette âme innocente.

Impossible de relater ici les innombrables miracles qui rendaient chaque jour plus glorieux le sépulcre de saint Dominique. On ne sentait même pas le besoin de ces miracles, pour attester sa sainteté. « Quel besoin y a- t- il de canonisation ? disait un de ses disciples ; la sainteté de maître Dominique est connue... » Ce pendant, le clergé et le peuple attendaient cette canonisation. La bulle, qui l'inscrivait au catalogue des saints, fut enfin publiée au mois de juillet 1234. Par une heureuse rencontre, le pape Grégoire IX, que des rapports d'une amitié si étroite avaient lié avec les fondateurs des deux Ordres, des Frères Mineurs et des Frères Prêcheurs, les éleva tous deux sur les autels pendant son pontificat. Il disait souvent : « Je ne doute pas plus de la sainteté de cet homme, que de celle de saint Pierre et de saint Paul ».

Trois fêtes ont été consacrées à vénérer la mémoire de saint Dominique : le 4 août, au lieu du 6, anniversaire de sa mort, déjà consacré à la fête de la Trans figuration ; le 24 mai, en mémoire de la translation de ses reliques et le 15 septembre, en l'honneur de l'image miraculeuse de Soriano.

 

Pratique : Célébrer, chaque année, avec une filiale dévotion, chacune des trois fêtes de notre bienheureux père.

Invocation : Saint Dominique, vous qui êtes vêtu d'un manteau royal, priez pour nous !

 

Trait historique

La bulle de canonisation

 

Pour notre consolation et la gloire du bienheureux Dominique, nous ne terminerons pas ces réflexions pieuses en son honneur sans relire quelque chose du magnifique hommage que lui a rendu le vicaire de Jésus-Christ :

« Dieu a suscité les légions des Frères Prêcheurs et Mineurs, avec leurs chefs élus pour le combat. L'un de ces chefs fut saint Dominique, homme à qui Dieu avait donné la force et l'ardeur de la foi, et au cou duquel il avait attaché, comme au cheval de sa gloire, le hennissement de la divine prédication. Dès l'enfance, il eut un cœur de vieillard, pratiqua la mortification de la chair et rechercha l'auteur de la vie. Consacré à Dieu sous la règle du bienheureux Augustin, il imita Samuel dans le service assidu du temple, et continua Daniel dans la ferveur de ses religieux désirs. Athlète courageux, il suivait les sentiers de la justice et de la voie des saints, se reposait à peine de la garde du tabernacle et des offices de l’Église militante, soumettant la chair à la volonté, les sens à la raison, et, transformé en un seul esprit avec Dieu, s'efforçait de se perdre en lui par l'excès de la contemplation, sans diminuer dans son cœur et dans ses œuvres l'amour du prochain. Pendant qu'il blessait à mort les délices de la chair, et frappait d'éclat lumineux l'intelligence aveuglée des impies, tout le reste des impies trembla, toute l’Église des fidèles tressaillit. La grâce ce pendant croissait en lui avec l'âge, et le zèle du salut des âmes l'enivrait d'une ineffable joie, non content de s'être donné tout entier à la parole de Dieu, il convertit au ministère évangélique un si grand nombre d'hommes, qu'il mérita d'avoir un nom et une œuvre dans la terre des patriarches. Devenu pasteur et prieur parmi le peuple de Dieu, il institua par ses mérites un nouvel ordre de prédicateurs, le régla par ses exemple, et ne cessa de le confirmer par d'évidents et authentiques miracles. Car, entre autres signes qui manifestèrent sa puissance et sa sainteté durant le cours de sa vie mortelle, il rendit la parole aux muets, la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, l'action aux paralytiques, la santé à une foule de malades, et il parut clairement, à tous ces prodiges, quel était l'esprit qui animait la glèbe de son très saint corps. Nous donc qui l'avons connu et qui avons eu dans le spectacle même de sa vie une insigne preuve de sa sainteté, maintenant que des témoins dignes de foi nous ont attesté la vérité de ses miracles, nous croyons avec le troupeau du Seigneur confié à nos soins, que, grâce à la miséricorde de Dieu, il pourra nous être utile par ses suffrages, et qu'après nous avoir consolé sur la terre par son aimable amitié, il nous aidera dans le ciel de son puissant patronage ». (Bullaire de l'Ordre des Frères Prêcheurs).

 

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28 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Vingt-neuvième jour

Glorieuses manifestations

 

Prélude. - Suivons, avec tous les habitants de Bologne et en nous mêlant à la troupe des enfants de saint Dominique, les funérailles triomphantes de notre bienheureux Père.

 

Réflexions et trait historique

 

À l'heure même de la sainte mort du glorieux patriarche, frère Guala, prieur du couvent de Brescia et depuis évêque de cette ville, s'étant appuyé contre la tour où étaient les cloches du couvent, ſut pris d'un léger sommeil. Dans cet état, il vit des yeux de l'âme une ouverture qui se faisait au ciel, et deux échelles qui descendaient jusqu'à terre par cette ouverture. Au sommet de l'une était Jésus-Christ ; au sommet de l'autre était la bienheureuse Vierge, sa Mère. Au bas, entre les deux échelles, un siège était placé, et sur ce siège, quelqu'un était assis, ayant la ressemblance d'un frère ; mais on ne discernait pas quel était ce frère, parce qu'il avait la tète voilée de son capuce, à la manière des morts. Le long des deux échelles, des anges montaient et descendaient en chantant des cantiques ; et les échelles s'élevaient au ciel, tirées par Jésus Christ et sa sainte Mère, et avec elles le siège et celui qui était assis dessus. Quand elles furent tout à fait en haut, le ciel se ferma et la vision disparut. Frère Guala, quoique encore faible d'une maladie récente, se rendit à Bologne, et connut que Dominique était mort le même jour et à la même heure où il avait eu cette vision.

Le même jour, frère Raoul était allé de Rome à Tivoli, en compagnie de Tancrède, prieur de Sainte Sabine. À l'heure de sexte, il célébra la messe, et se souvint devant Dieu, durant le saint sacrifice, du bienheureux fondateur qu'il savait alors à l'extrémité, à Bologne. Comme il priait, il lui sembla voir la grande route de cette ville, et Dominique sortant de Bologne entre deux hommes d'un aspect vénérable, le front ceint d'une couronne d'or et resplendissant de lumière. Ces deux vieillards, comme les deux anges de la première vision, symbolisent l'action et la contemplation si merveilleusement unies en saint Dominique.

On rapporte aussi qu'un étudiant de l'Université, très attaché au saint, et qui n'avait pu assister à ses funérailles, le vit, la nuit suivante, assis dans l'église Saint Nicolas, brillant d'une gloire extraordinaire. La vision était si distincte qu'il s'écria : « Comment êtes-vous encore ici, maître Dominique ? - Je vis dans le ciel, lui répondit le saint, puisque Dieu a daigné m'accorder la vie éternelle ». Quand il alla à Saint Nicolas, il vit que Dominique avait été enseveli à l'endroit même où il était apparu.

Le cardinal Hugolin arriva à Bologne peu après que Dominique eut rendu le dernier soupir. Il voulut célébrer lui-même l'office de ses funérailles et vint à Saint Nicolas, où se trouvèrent aussi le patriarche d’Aquilée, des évêques, des abbés, des seigneurs et tout un peuple. On apporta sous les yeux de cette multitude le corps du saint, dépouillé du seul trésor qui lui fut resté : c'était la chaîne de fer. Tous les regards et tous les cours étaient attachés sur ce corps sans vie. L'office commença par des chants qui se ressentaient de la tristesse universelle, et qui tombaient des lèvres comme des larmes. Mais peu à peu la pensée des Frères s'éleva au-dessus de ce monde ; ils ne virent plus leur père vaincu par la mort et ne leur laissant que des restes inanimés. Sa gloire leur apparut par la certitude qu'ils en avaient. Un chant de triomphe succéda aux lamentations funèbres, et une joie inénarrable descendit du ciel dans les esprits. En ce moment, le prieur de Sainte Catherine de Bologne, nommé Albert, que Dominique avait affectionné, entra dans l'église et la joie des Frères tombant à l'improviste au sein de sa douleur personnelle, il ne se posséda plus. Le voilà qui se jette sur le corps du saint ; il le couvre de baisers, il le sollicite par de longs embrassements, comme s'il eut voulu le forcer de revivre et de lui répondre. Les reliques de son ami se montrent sensibles à l'excès de sa piété. Albert se relève et dit à Ventura : « De bonnes nouvelles, père prieur, de bonnes nouvelles. Maître Dominique m'a embrassé et m'a dit que cette année même j'irai le rejoindre dans le Christ ». Il mourut en effet dans l'année .

 

Pratique : Invoquer souvent saint Dominique, pour obtenir la grâce si précieuse d'une bonne mort.

Invocation : Saint Dominique, vous qui êtes placé parmi les premiers sièges des bienheureux, priez pour nous !

 

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27 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Vingt-huitième jour

La sainte Mort

 

Prélude. - Contemplons le saint mourant et suivons son âme, quand elle est introduite dans le paradis.

 

Réflexions et traits historiques

 

Dominique s'affaiblissait alors si rapidement, que ses enfants virent qu'en peu d'instants ils seraient privés de leur père, auquel leurs cœurs étaient attachés avec une si grande tendresse. Tous fondaient en larmes. Frère Rodolphe soutenait la tête du saint, et essuyait la sueur de son beau visage avec un linge.

Frère Ventura se pencha sur lui, et lui dit : « Père, vous savez dans quelle tristesse et dans quelle désolation vous nous laissez ; souvenez-vous de nous devant le Seigneur ». Alors le bienheureux recueillit ses forces, qui l'abandonnaient peu à peu, et, élevant les mains et les yeux au ciel, il dit d'une voix claire et distincte : « Père saint, j'ai accompli votre volonté, et ceux que vous m'aviez donnés, je les ai conservés et gardés ; maintenant je vous les recommande, conservez-les et gardez-les ». Puis, se tournant vers ses enfants, il leur dit tendrement : « Ne pleurez pas , mes enfants, je vous serai plus utile où je vais, que je ne l'ai jamais été en cette vie ».

Un d'entre eux, lui demandant encore de leur dire où il voulait être enseveli, il répliqua, comme il l'avait déjà dit : « Sous les pieds de mes frères ! » Il parut alors s'apercevoir pour la première fois qu'on l'avait placé sur un lit , et il recommanda aux frères de l’en ôter et de le placer à terre sur des cendres.

Les novices s'étant retirés, il appela douze des plus anciens et des plus graves d'entre les frères, et fit tout haut en leur présence la confession générale de sa vie à frère Ventura. Quand elle fut terminée, il ajouta, en s'adressant à tous : « La miséricorde de Dieu m'a conservé jusqu'à ce jour une chair pure et une virginité sans tache ; si vous désirez la même grâce, évitez tout commerce suspect. C'est la garde de cette vertu qui rend le serviteur agréable au Christ, et qui lui ôte gloire et crédit devant le peuple. Persistez à servir le Seigneur dans la ferveur de l'esprit ; appliquez-vous à soutenir et à étendre cet ordre, qui n'est que commencé ; soyez stables dans la sainteté, dans l'observance régulière , et croissez en vertu ».

Puis, troublé en lui-même de son aimable et sainte naïveté, il dit tout bas à frère Ventura : « Frère, je crois que j'ai péché en parlant publiquement aux frères de ma virginité, j'aurais dû m'en taire ». Après cela, il se tourna de nouveau vers eux, et, employant la forme sacrée du testament, il leur dit : « Voici, mes frères bien-aimés, l'héritage que je vous laisse comme à mes enfants : ayez la charité, gardez l'humilité, protégez la pauvreté volontaire ». Et afin de donner une plus grande sanction à la clause de ce testament qui regardait la pauvreté, il menaça de la malédiction de Dieu et de la sienne quiconque oserait corrompre son ordre en y introduisant la possession des biens de ce monde.

Il dit alors : « Commencez », et on commença la recommandation de l'âme, et Dominique la faisait avec les frères, du moins on voyait ses lèvres se mouvoir.

Mais quand on en fut arrivé à ces mots : « Venez à son aide, saints de Dieu ; venez au-devant de lui, anges du Seigneur, prenez son âme et portez-la en présence du Très-Haut, ses lèvres s'agitèrent une dernière fois, ses mains et ses bras firent un mouvement d'ascension vers le ciel,et il expira, dans la cinquante-et-unième année de son âge. On était au 6 août 1221, à l'heure de midi, un vendredi.

Ô Dominique, j'accompagne de mes hommages votre âme dans son ascension, faites-moi partager un jour votre triomphe.

Ses enfants en pleurs restèrent quelque temps auprès de son corps, sans oser toucher à ses restes sacrés. Quand vint le moment de songer aux funérailles, ils commencèrent à dépouiller leur père de la tunique dans laquelle il était mort, et qui n'était pas à lui, mais au frère Monéta ; des larmes de tendresse coulèrent de nouveau de leurs yeux, quand ils découvrirent une chaîne de fer étroitement serrée autour de sa taille ; aux cicatrices et aux marques qu'elle avait faites, ils reconnurent qu'il l'avait portée depuis de nombreuses années. Rodolphe l’ôta avec le plus grand respect, et la donna plus tard au bienheureux Jourdain, successeur de Dominique dans le gouvernement de l'ordre, qui la garda comme une précieuse relique.

 

Pratique : Former le dessein d'invoquer le nom de saint Dominique, après ceux de Jésus, Marie et Joseph, au moment de la mort.

Invocation : Saint Dominique, vous qui êtes entré dans le paradis, accompagné et conduit par Jésus et Marie, priez pour nous !

 

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26 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Vingt-septième jour

La maladie

 

Prélude. - Contemplons notre bienheureux père étendu sur la couche où la fièvre consume sa vie mortelle, tandis que ses regards cherchent le ciel qui s'ouvre pour recevoir cette grande âme.

 

Réflexions et traits historiques

 

Ces précieux détails sont si pieusement instructifs que, dans cette méditation comme dans les deux qui vont suivre, nous n'avons rien de mieux à faire qu'à relire, en les complétant l'un par l'autre, les récits des deux récents biographes auxquels nous avons souvent eu recours durant ce mois.

On était au plus fort des chaleurs de l'été. Un soir, à la fin du mois de juillet, Dominique entra au couvent de Saint Nicolas. Malgré la fatigue, il s'entretint jusqu'à minuit avec le prieur et le procureur ; puis, il se rendit à l'église, où il demeura en prière jusqu'à l'heure des matines, malgré les instances des deux pères, inquiets de son état. Les matines terminées, il avoua que l'ardeur de la fièvre l'empêchait de veiller debout. Malgré la souffrance cependant, il refusa de se coucher dans un lit, il se tenait tout habillé sur un sac de laine. Les progrès du mal ne lui arrachaient aucune marque d'impatience, aucune plainte, aucun gémissement ; il paraissait joyeux comme l'ordinaire. Son front était baigné de la sueur que lui causaient ses vives souffrances, mais alors même il ne voulut point s'épargner, et il commanda qu'on fit venir les novices autour de lui, pour qu'il pût leur parler ; car il sentait que c'était la dernière fois qu'il allait les voir. Pendant tout ce temps, sa patience et sa douceur ne se démentirent pas, et la pâleur de la mort, qui se répandait sur ses nobles traits, ne put point en altérer la joie un seul instant.

Les frères cependant ne désespéraient pas encore de la vie de leur père. Ils ne pouvaient croire que Dieu le ravît sitôt à l’Église et à eux. D'après le conseil des médecins et dans la pensée que le changement d'air lui serait salutaire, ils le transportèrent à Sainte Marie du Mont, église dédiée à la sainte Vierge sur une hauteur voisine de Bologne. Lui cependant, sachant bien qu'aucun secours humain ne pourrait opérer sa guérison, fit venir la communauté autour de lui. Il voulait donner à ses fils son dernier testament :

« Ayez la charité dans vos cœurs, leur dit-il, pratiquez l'humilité à l'exemple de Jésus Christ et faites votre trésor et vos richesses de la pauvreté volontaire. Vous savez que servir Dieu c'est régner, mais vous devez le servir par amour et de tout votre cœur. C'est seulement par une sainte vie et la fidélité à votre règle, que vous pourrez honorer votre profession ».

Il parlait ainsi, couché sur le plancher, tandis que les frères pleuraient autour de lui. La maladie, rebelle à tous les remèdes et à tous les vœux, ne fit qu'empirer. Dominique, se croyant près de mourir, appela de nouveau les frères auprès de lui. Ils vinrent au nombre de vingt avec leur prieur Ventura, et se rangèrent autour du malade gisant devant eux. Il leur adressa un discours, dont les historiens disent que jamais paroles plus touchantes n'étaient sorties de son cœur. « Il ne poussa pas un gémissement, dit Ventura dans sa déposition, je ne l'entendis jamais prononcer des paroles si excellentes et si pleines d'édification ».

Il reçut ensuite le Sacrement de l'Extrême Onction. Puis, ayant su de frère Ventura que le religieux préposé à la garde de l'église de Sainte Marie du Mont se promettait d'y garder son corps et de l'y ensevelir, il dit : « À Dieu ne plaise que je sois enseveli ailleurs que sous les pieds de mes frères ! Portez-moi dehors, dans cette vigne, afin que j'y meure, et que vous me donniez la sépulture dans notre église ».

Les frères craignaient de le voir expirer pendant la route, ils obéirent à ses ordres, et le reportèrent en pleurant à Saint Nicolas, à travers les champs et les vignes, enveloppé dans une couverture déchirée. Comme il n'avait pas de cellule à lui au couvent, on le déposa dans celle du frère Monéta. On voulut le changer de vêtements ; mais il n'en avait pas d'autres que ceux qu'il portait sur lui, et Monéta donna une de ses tuniques pour le couvrir.

Après être resté paisible environ une heure, il appela auprès de lui le prieur et lui dit : « Préparez-vous », voulant parler de la recommandation de l'âme. Mais, comme ils allaient commencer, il ajouta : « Vous pouvez attendre un peu », et ce fut peut-être en ce moment que, selon la révélation faite à sainte Brigitte, la mère de Dieu, envers laquelle il s'était montré un si loyal et si affectionné serviteur, lui apparut et lui promit de ne jamais retirer à son Ordre son patronage et sa protection.

 

Pratique : Demander à Dieu la grâce de la bonne mort par l'intercession de saint Dominique et invoquer souvent le nom de ce bienheureux père dans la maladie.

Invocation : Saint Dominique, afin qu'à notre mort nous soyons reçus avec vous dans le ciel, priez pour nous.

 

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24 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Vingt-cinquième jour

À Bologne

 

Prélude : Représentons-nous Dominique debout, au milieu de l'assemblée de ses chers fils, les représentants de l'ordre entier réunis à Bologne, et leur faisant une exhortation qui est comme le testament de son grand cœur.

 

Réflexions

 

Ce fut à la Pentecôte de 1221 que Dominique réunit pour la deuxième et dernière fois le chapitre général des Frères Prêcheurs. Celui qui avait suivi si fidèlement l'action du Saint Esprit, le poussant dans la carrière apostolique, semble avoir voulu abriter sous la protection spéciale du Saint Esprit l'héritage de zèle qu'il allait laisser à sa postérité. Il se leva au milieu des disciples, comme autrefois Pierre debout au milieu des apôtres, et ce Cénacle entendit vibrer les dernières exhortations de cette grande âme.

J'aime à me représenter ce spectacle. Dominique semble transfiguré par l'approche du ciel, qui projette déjà sur son mâle visage quelques rayons de l'immortalité. Jamais, il ne parla comme il parle. Ses fils, émus, ravis, transportés, regardent leur père et recueillent avidement chacune des paroles qui tombent de ses lèvres, comme on recueille les moindres parcelles d'un trésor qui va tarir. C'est le testament d'un père qui va mourir, et ceux qui seront tantôt orphelins écoutent avec une filiale émotion ses dernières volontés. Ô Dominique, révélez-nous quelque chose de vos sublimes accents, communiquez-nous quelque chose de ce feu ardent que votre discours alluma dans le cœur de vos disciples, afin que nous soyons dignes de porter votre nom et d'appartenir à votre sainte famille !

Après avoir exposé l'état florissant de l'ordre en diverses contrées, le saint proposa de l'étendre plus loin. Il divisa dès lors ses frères en huit provinces, et, comme la Hongrie et l'Angleterre ne comptaient point encore de couvents de son ordre, Dominique envoya deux apôtres du sein même du chapitre général. Par la Hongrie, le saint réalisait son rêve, celui de se rapprocher, au moins par les siens, de ces royaumes idolâtres où il avait tant désiré de prêcher le nom de Jésus-Christ, et où ses fils recueillirent bientôt une moisson de palmes sanglantes, en confessant la foi. Par la mission d'Angleterre, il achevait de prendre possession de l'Europe, et le vœu de ce cœur grand comme le monde était satisfait.

Dans son discours, le grand patriarche exhorta les frères à l'étude de la science sacrée, afin qu'ils s'élevassent à la hauteur de la mission imposée par le nom et l'état de Prêcheurs. Il leur rappela que les papes les avaient recommandés à la bienveillance de l’Église universelle, ce qui semblait les placer sous la direction toute spéciale du vicaire de Jésus-Christ. Il leur montra qu'ils étaient des ouvriers désignés pour travailler à la gloire de Dieu et au salut des âmes, et ce but, conclut-il en insistant sur ce point capital, ne pouvait être atteint sans une soigneuse étude des divines Ecritures. Il enjoignit donc à tous les Prêcheurs de s'appliquer sans cesse à l'étude de la théologie, et de porter toujours avec eux les Evangiles et les Épitres.

« Appliquons-nous, dit-il en terminant, appliquons-nous avec énergie, aux grandes actions que Dieu demande de nous ! » Paroles et conseil d'un héros !

 

Pratique : Ne pas reculer devant la grandeur ou la difficulté des entreprises que Dieu propose à notre zèle pour sa gloire.

Invocation : Saint Dominique, notre auguste père, priez pour nous !

 

Trait historique

La confusion du démon

 

Deux frères, se rendant à Bologne, rencontrèrent sur leur route un homme qui les joignit, et chercha à lier conversation avec eux. Il s'informa du but de leur voyage, et entendant parler du prochain chapitre : « Quelle est, dit-il, la grande affaire dont vous allez vous occuper ? - De l'établissement de nos frères dans de nouveaux pays, répondit l'un des deux voyageurs ; l'Angleterre et la Hongrie sont parmi les contrées proposées. - Et la Grèce aussi ? dit l'étranger, et l'Allemagne encore ? - Oui, répliqua le frère, on dit que nous serons bientôt répandus dans toutes ces contrées ». Alors, l'étranger jeta un cri plein d'angoisse et s'écria : « Votre Ordre est ma confusion ». Il s'élança aussitôt dans les airs et disparut. Les frères reconnurent la voix du grand ennemi de l'homme, contraint de rendre témoignage du pouvoir que les serviteurs de Dieu exerçaient contre lui. (Traduit de l'anglais, par l'abbé Chirat).

 

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12 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Treizième jour

L'ordre apostolique

 

Prélude. - Dominique, humblement agenouillé aux pieds du trône pontifical, reçoit des mains du vicaire de Jésus-Christ la bulle qui confirme son ordre et lui assigne un rang spécial dans les familles religieuses.

 

Réflexions

 

Peu d'histoires ramènent aussi puissamment que celle-ci l'attention du lecteur catholique vers la nécessité de regarder toujours, du côté de Rome et de son siège suprême, pour rester de dignes enfants de l'Église, pour y opérer le bien que la Providence peut nous appeler à faire et pour rester dans l'ordre divin, en dehors duquel il n'y a qu'erreur, révolte, égarement et perversion.

Dominique est un des plus parfaits modèles de cette soumission entière du cœur et de l'esprit à la direction du Saint Siège apostolique.

Innocent III venait de mourir ; mais, Pierre ne meurt jamais. Le saint fondateur le savait bien. Il se dirigea humblement, pour la troisième fois, vers Rome, afin de rendre compte à Honorius III de la mission que Pierre lui avait confiée par la bouche d'Innocent. Les oppositions furent vives, elles ne manquent jamais aux œuvres de Dieu, et, avec les intentions les plus droites, beaucoup d'hommes fidèles se font les instruments de l'homme ennemi pour entraver les entreprises saintes. Le vicaire de Jésus-Christ, qui reçoit de plus haut ses inspirations et à qui l'assistance spéciale est pro mise du divin fondateur de l’Église, combla Dominique des témoignages de sa bienveillance pontificale. Il confirma de son autorité suprême l'ordre Dominicain et lui assigna ainsi définitivement son rang glorieux dans ces familles religieuses , que Dieu suscite dans le cours des siècles pour aider son Eglise dans le difficile voyage qu'elle poursuit vers l'éternité.

Les trois bulles qu’Honorius III accorda à saint Dominique présentent une gradation providentielle, qui nous révèle peu à peu les rayons de cette grande lumière que l'ordre nouveau était destiné à répandre sur le monde. « Dans la grande bulle, délibérée en consistoire et signée par les Cardinaux, il n'est question en aucune manière du but de l'ordre. On le désigne simplement comme un ordre canonique sous la règle de saint Augustin ». La seconde bulle est plus claire dans sa brièveté ; elle appelle les enfants de Dominique « des champions de la foi et de vraies lumières du monde ». Enfin, le troisième diplôme les qualifie ouvertement de « Prêcheurs », les loue pour le passé de leurs travaux apostoliques, et les encourage pour l'avenir.

C'est cette troisième bulle, que nous allons lire, comme notre charte de noblesse et comme un témoignage de la sollicitude de Jésus-Christ envers l'Ordre Apostolique des Prêcheurs.

 

Pratique : Parler toujours avec respect des actes du Saint Siège et ne se départir jamais de sa piété filiale en vers le Souverain Pontife.

Invocation : Saint Dominique, vous qui avez été choisi et aimé par notre divin Sauveur, priez pour nous !

 

Trait historique

Une bulle d'Honorius III

 

« Honorius, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à ses chers fils le Prieur et les Frères de Saint Romain, Prêcheurs dans le pays de Toulouse, salut et bénédiction apostolique.

Nous rendons de dignes actions de grâces au dispensateur de tous les dons pour celui qu'il vous a fait, et dans lequel nous espérons vous voir persévérer jusqu'à la fin. Dévorés au-dedans du feu de la charité, vous répandez au dehors un parfum célèbre qui réjouit les cœurs sains et rétablit ceux qui sont malades. Vous leur présentez, en habiles médecins, des mandragores spirituelles qui les préservent de la stérilité, c'est-à-dire la semence de la parole de Dieu, échauffée par une salutaire éloquence. Serviteurs fidèles, le talent qui vous a été confié fructifie dans vos mains, et vous le restituerez au Seigneur avec surabondance. Athlètes invincibles du Christ, vous portez le bouclier de la foi et le casque du salut, sans crainte de ceux qui peuvent tuer le corps, employant avec magnanimité contre les ennemis de la foi cette parole de Dieu qui va plus loin que le glaive le plus aigu, et laissant vos âmes en ce monde pour les retrouver dans la vie éternelle.

Mais parce que c'est la fin et non le combat qui couronne, et que la persévérance seule recueille le fruit de toutes les vertus, nous prions et exhortons sérieusement votre charité par ces lettres apostoliques, et pour la rémission de vos péchés, de vous fortifier de plus en plus dans le Seigneur, de répandre l'Evangile à temps et à contre-temps, d'accomplir enfin pleinement le devoir d'évangélistes. Si vous souffrez pour cette cause quelques tribulations, non seulement supportez-les avec égalité d'âme, mais réjouissez-vous et triomphez avec l'Apôtre d'avoir été jugés dignes de souffrir des opprobres pour le nom de Jésus. Car ces légères et courtes afflictions sont en travail d'un poids immense de gloire, à qui ne sont pas comparables les maux de ce temps.

Nous vous demandons aussi, nous qui vous tenons sur notre sein comme des fils plus particulièrement aimés, d'intercéder pour nous auprès de Dieu par le sacrifice de vos prières, afin que peut-être il accorde à vos suffrages ce que nous n'obtiendrions pas par nos propres mérites ». (Bullaire de l'Ordre des Frères Prêcheurs).

 

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20 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Vingt-et-unième jour

En Espagne

 

Prélude. - Dominique redescend le versant des Pyrénées, et salue les anges gardiens de sa bien-aimée patrie.

 

Réflexions

 

La grâce ne détruit point la nature, elle la perfectionne et l'embellit. Or, l'un des sentiments les plus naturels à l'homme, c'est l’amour de sa patrie. Ce sol privilégié où l'on a respiré l'air natal, entre les bras de sa mère, conserve un charme que l'exilé seul a bien senti.

Notre saint patriarche avait une des natures les plus merveilleusement douées, qu'on rencontre dans les annales de la sainteté. Le sentiment dont nous parlons, loin de lui être étranger, existait chez lui à un haut degré. Il avait quitté la terre natale et la maison de ses pères, pour obéir à l'impérieux attrait de la grâce divine, qui l'appelait à faire de la terre entière la patrie de son apostolat et de sa grande postérité. Mais, dans un coin aimé de son âme, Dominique conservait l'amour et le souvenir de l'Espagne. Dès qu'il le put, il y revint, sinon pour l'habiter, au moins pour la doter des plus beaux fruits de son zèle apostolique.

Celui qui a vécu loin de son pays pourrait seul décrire, ou plutôt il peut seul sentir, ce que dut être ce doux revoir !... Avec quelle émotion Dominique salua, du sommet des Pyrénées, l'ange protecteur de son héroïque patrie ! Avec quelle joie intime il revoyait les chers souvenirs de son enfance ! Les historiens nous ont conservé plus d'un épisode de ce retour : ils témoignent tous de l'amour ardent de Dominique pour l'Espagne.

De son côté, l'Espagne salua, avec enthousiasme et ferveur, ce grand homme, sa gloire. Le jeune chanoine d'Osma lui revenait Prêcheur, père d'un ordre déjà célèbre, thaumaturge, fléau de l'hérésie, soutien et honneur de la sainte Eglise de Dieu. Tous s'empressaient sur les pas de l'homme de Dieu, riche seulement des biens surnaturels, mais riche à profusion, et tout prêt à répandre ses dons surabondants sur la terre natale. Il fonda le couvent de Ségovie, où le souvenir des austérités et des extases du saint revit toujours dans une grotte fameuse. Il planta le blanc drapeau des Prêcheurs au centre de la capitale espagnole, et tous, princes, grands et petits, y bénissent encore celui que ses compatriotes appelèrent « le bon Dominique de Guzman ».

 

Pratique : Chercher à faire du bien dans son pays natal.

Invocation : Saint Dominique, gloire de la catholique Espagne, priez pour nous.

 

Trait historique

Comment voyagent les saints

 

Dominique voyageait toujours à pied, avec son bagage sur les épaules et son bâton à la main. En sortant des villes ou des villages qu'il traversait, il ôtait sa chaussure, poursuivant nu-pieds sa route, malgré les sentiers âpres, les pierres aiguës et les épines. Il ne voulait jamais permettre qu'un de ses compagnons de voyage portât sa besace, malgré toutes leurs filiales instances. Lorsque, de la pente des collines, il a percevait la ville ou ils allaient entrer, il s'arrêtait, la regardait longuement, pleurait sur les misères et les péchés de ses habitants. Puis, poursuivant sa route, quand il arrivait aux portes de la ville, il reprenait ses chaussures et s'agenouillait pour demander humblement à Dieu que ses péchés n'attirassent point sur elle les châtiments du ciel. Il regardait rarement autour de lui ; ses yeux, presque constamment baissés, semblaient ne pas voir les objets environnants. Si la pluie venait à tomber ou si quelque accident survenait, il exhortait ses compagnons à la confiance et entonnait une hymne à la sainte Vierge ou au Saint Esprit. Il gardait fidèlement les jeûnes, les abstinences, les moments de silence et toutes les constitutions de l'Ordre. Il trompait la longueur du chemin en s'entretenant des choses de Dieu ou en faisant de pieuses lectures à ses compagnons. Son courage lui fit toujours mépriser tout danger personnel. Il sentait et disait que c'était une bonne et joyeuse chose de louer Dieu, aussi chantait- il volontiers des psaumes et des cantiques sacrés. Les haltes dans les couvents ou même dans les auberges, étaient toujours l'occasion de répandre la parole de Dieu. Enfin, dit le Bx Jourdain de Saxe, partout où il était, sur la route avec ses compagnons, ou avec ses convives et la famille des hôtes qui le recevaient, ou bien au milieu de grands personnages, de princes ou de prélats, sa parole édifiait toujours, et les traits historiques qu'il avait coutume de citer, animaient les âmes de ses auditeurs à l'amour de Jésus-Christ et au mépris du monde. Partout en un mot, soit par ses paroles, soit par ses œuvres, il se montrait l'homme de l'Evangile. (Vie de St Dominique, par divers auteurs).

 

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19 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Vingtième jour

Le Salve Regina

 

Prélude. - Se recueillir, sous les regards de Marie, pour méditer sur le beau témoignage de prédilection que cette sainte mère donna à l'ordre naissant, pendant le séjour de Dominique à Rome, et que le cérémonial dominicain a fidèlement honoré de puis par un rite quotidien.

 

Réflexions et trait historique

 

Nous voici arrivés à cette belle époque de la vie du saint patriarche, où les prodiges semblent naître à chaque pas sur sa route et où la sainte Vierge manifeste avec une tendre sollicitude son maternel patronage sur l'ordre naissant.

Empruntons la parole de cette sœur Cécile qui fut, pour Dominique, quelque chose de ce que fut Paule pour Jérôme ; Claire d'Assise pour François d'Assise ; Jeanne de Chantal pour François de Sales.

« Un soir que Dominique était resté dans l'église à prier, il en sortit à l'heure de minuit, et entra dans le corridor où les frères do avaient leurs cellules et dormaient. Lorsqu'il eut achevé ce qu'il était venu faire, il se mit de nouveau à prier à l'une des extrémités du corridor, et regardant par hasard à l'autre bout, il vit s'avancer trois femmes, dont l'une qui était au milieu paraissait la plus belle et la plus vénérable. Ses compagnes portaient l'une un vase magnifique, l'autre un aspersoir qu'elle présentait à sa maîtresse. Celle-ci aspergeait les frères et faisait sur eux le signe de la croix. Dominique alla au-devant de la femme qui bénissait, et qui était déjà au milieu du corridor, près de la lampe suspendue en cet endroit. Il se prosterna à ses pieds , et, quoiqu'il l'eût déjà reconnue, il la supplia de lui dire qui elle était.

En ce temps-là, cette belle et dévote antienne, le Salve Regina ne se chantait point dans le couvent des frères et des sœurs de Rome ; elle y était seulement récitée à genoux après Complies. La femme qui bénissait répondit donc au bienheureux Dominique : « Je suis celle que vous invoquez tous les soirs, et lorsque vous dites : Eia ergo, advocata nostra ! Je me prosterne devant ‬mon Fils pour la conservation de cet ordre ».

Alors, le bienheureux Dominique s'informa qui étaient ces deux jeunes filles, dont elle était accompagnée. À quoi la bienheureuse Vierge répondit : « L'une est Céline, l'autre Catherine ». Et ayant achevé sa ronde, aspergé et béni le reste des frères, elle disparut.

Or, le bienheureux Dominique retourna prier au lieu où il était auparavant ; et à peine commençait-il à prier, qu'il fut ravi en esprit jusqu'à Dieu. Il vit le Seigneur ayant à sa droite la bienheureuse Vierge, et il lui semblait que Notre Dame était vêtue d'une chape de couleur de saphir. Et, regardant tout autour de lui, il voyait devant Dieu des religieux de tous les ordres, mais il n'en voyait aucun du sien. Il se prit donc à pleurer amèrement , et il n'osait s'approcher du Seigneur ni de sa mère. Notre Dame lui fit signe avec la main de venir. Mais, il n'osait point s'approcher, jusqu'à ce que le Seigneur lui eut fait signe à son tour. Il vint alors, et se prosterna devant eux en pleurant amèrement. Le Seigneur lui dit : « Pourquoi pleures-tu si amèrement ? » Il répondit : « Je pleure, parce que je vois ici des religieux de tous les ordres, et que je ne vois personne du mien ». Et le Seigneur lui dit : « Veux-tu voir ton ordre ? » Il répondit en tremblant : « Oui, Seigneur ».

À ce moment, la bienheureuse Vierge ouvrit la chape dont elle hein paraissait revêtue, et l'étendant sous les yeux du bienheureux Dominique, de telle sorte qu'elle couvrait de son immensité toute de la céleste patrie, il vit sous elle une multitude de ses frères.

Le bienheureux Dominique se prosterna pour rendre grâce à Dieu et à la bienheureuse Marie, sa mère, et la vision disparut ; il revint à lui-même et sonna la cloche des matines. Lorsque les matines furent terminées, il convoqua les frères au chapitre, où il leur fit un beau discours sur l'amour et la vénération qu'ils devraient avoir pour la bienheureuse Vierge, et il leur rapporta entre autres choses cette vision.

Le bienheureux Dominique lui même raconta cette vision à la Sœur Cécile et aux autres sœurs de Saint Sixte, comme si elle fût arrivée à un autre ; mais les frères qui étaient présents faisaient signe aux sœurs que c'était à lui même qu'elle était arrivée ».

 

Pratique : Se renouveler dans une dévotion affectueuse, constante et pratique, envers la très Sainte Vierge.

Invocation : Saint Dominique, vous qui, comme un autre Elie, avez été ardent propagateur du culte de Marie, priez pour nous !

 

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17 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Dix-huitième jour

Paris

 

Prélude. - Pénétrons avec un saint respect dans cette maison de Saint Jacques, à Paris, où Dieu vient d'appeler les premiers Prêcheurs à fonder leur premier établissement dans la capitale de la France.

 

Réflexions

 

Au jour où l'immortel Lacordaire vint inaugurer l'ordre et l'habit des Frères Prêcheurs en face de son pays, le grand orateur ne choisit pas d'autre sujet que celui-ci : la vocation de la Nation Française !

« La nation franque, s'écriait le sublime enfant de Saint Dominique, était la première nation catholique donnée par Dieu à son Eglise. Ce n'est pas moi qui décerne cette louange magnifique à ma patrie ; c'est la papauté à qui il a plu, par justice, d'appeler nos rois « les fils aînés de l’Église ». De même que Dieu a dit à son fils de toute éternité : « Tu es mon premier-né », la papauté a dit à la France : « Tu es ma fille aînée ». Elle a fait plus, s'il est possible ; afin d'exprimer plus énergiquement ce qu'elle pensait de nous, elle a créé un barbarisme sublime : elle a nommé la France « le royaume christianissime ». Ainsi, primogéniture dans la foi, excellence dans la foi, tels sont nos titres, telle était notre vocation ».

Plus loin, après avoir montré comme la France est demeurée fidèle à cette vocation providentielle, l'éloquent Prêcheur concluait : « Nous pouvons le dire, confondant par un orgueil légitime les fils avec les pères, nous avons accepté le contrat proposé par le Fils de Dieu au libre arbitre des nations : nous avons connu, aimé, suivi la vérité ; nous avons combattu pour elle les combats du sang et de l'esprit ; nous avons vaincu Arius, Mahomet, Luther et fondé temporellement la papauté. L'arianisme défait, le mahométisme défait, le protestantisme défait, un trône assuré au pontificat, voilà les quatre couronnes de la France, couronnes qui ne se flétriront pas dans l'éternité ».

Ce que le digne héritier de l'esprit de saint Dominique a si splendidement exposé dans ce chef d'œuvre que tout catholique français devrait savoir par cœur, le patriarche de l'ordre apostolique l'avait compris et deviné : il vit, dans son regard de prophète, l'appoint que sa postérité spirituelle devait apporter à l'accomplissement du rôle de la France dans cette grande mission de la Providence ; il voulut que ses fils prissent immédiate possession de leur place au centre même du champ de bataille : il les envoya à Paris !

Paris, le cœur de la France, aujourd'hui comme alors, Paris, le centre de cette vie que Dieu réglait et sur laquelle Dieu voulait bien compter, Paris effraya les premiers Prêcheurs qui lui furent députés par le saint fondateur. Mais, Marie, la reine de la France et la reine des Frères Prêcheurs, encouragea ses enfants à défendre son royaume, où elle leur assignait ce poste d'honneur, que l'éloquent restaurateur de l'ordre dominicain leur a rendu et qu'ils occupent, avec tant d'éclat, pour la défense de la vérité et l'honneur de la France.

 

Pratique : Priez souvent pour que la France reste fidèle à sa belle vocation.

Invocation : Saint Dominique, qui, comme Michel, protecteur de la France, vous êtes levé pour la défense du nom de Jésus, priez pour nous !

 

Trait historique

Les premiers Dominicains de Paris

 

À mesure qu'ils avançaient vers la grande cité, ils sentaient croître en eux le doute et l'affliction. Leur humilité leur faisait redouter de prêcher dans une ville, où une université célèbre renfermait tant de fameux docteurs et de maîtres versés dans les sciences sacrées ; mais Dieu voulut bien les encourager, en révélant à frère Laurent tout le bien qui résulterait de cette mission, les faveurs que Dieu et la bienheureuse Vierge leur accorderaient dans leur maison de Saint Jacques, et les brillantes étoiles de sainteté et de savoir qui s'élèveraient de ce couvent pour illuminer non-seulement l'ordre, mais la France et l’Église entière. Cette révélation consola si fort l'âme de frère Laurent qu'il en fit part à ses compagnons pour les consoler eux-mêmes, et ceux ci y ayant ajouté foi, car ils avaient une haute idée de la sainteté de frère Laurent, conçurent une grande confiance ; ils entrèrent donc avec joie dans la capitale de la France, et toutes choses arrivèrent comme elles avaient été prédites. (Diario Domenicano, par Marchese).

 

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16 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

Dominicaines

 

Dix-septième jour

Le Monastère des dominicaines

 

Prélude. - Représentons-nous le saint fondateur, prêchant avec force et douceur, aux religieuses qui l'écoutent avec un filial respect et s'empressent de se ranger sous la conduite de l'éloquent directeur que le Pape leur a donné.

 

Réflexions

 

Les Papes Innocent et Honorius avaient toujours nourri la pensée de faire de Saint Sixte un couvent, pour y réunir un certain nombre de religieuses qui vivaient à Rome, dans une trop grande liberté, sans clôture, et quelques-unes même dans la maison de leurs parents. Dominique se décida à abandonner ce premier asile de son Ordre, en l'échangeant contre celui de Sainte Sabine, devenu si célèbre depuis, et il entreprit l'œuvre de réformation dont le Souverain Pontife l'avait chargé.

C'est dans cette négociation longue, difficile, souvent douloureuse, que Dominique manifesta tous les dons que le Saint Esprit lui avait départis. Son indomptable fermeté de caractère, sa patience inaltérable au milieu des plus humiliantes déceptions, son humble fidélité à tous les ordres du Saint Siège, la douceur de son âme, la persuasive autorité de son éloquence, éclatèrent au grand jour, pendant tous les pourparlers qui précédèrent l'entrée des religieuses à Saint Sixte. La plupart refusaient de sacrifier la liberté qu'elles avaient eue jusque là de sortir du cloître et de visiter leurs parents.

Dominique trouva, dans le secours de la Vierge Marie, un auxiliaire puissant pour vaincre toutes ces difficultés. Il y avait à Rome un monastère de religieuses appelé Sainte Marie au-delà du Tibre, à cause de sa position. On y conservait un des portraits de la Sainte Vierge, attribué par la tradition au pinceau de saint Luc. Celle-là était célèbre et vénérée entre toutes, parce que le pape saint Grégoire le Grand avait arrêté le fléau de la peste en la portant en procession dans la ville de Rome. On croyait aussi que le pape Sergius III l'ayant placée dans la basilique de Saint Jean de Latran, elle était revenue d'elle-même à son ancienne demeure. L'abbesse de ce monastère et toutes les religieuses, excepté une, firent profession d'obéissance entre les mains de Dominique, à cette seule condition qu'elles emporteraient avec elles l'image de la Sainte Vierge, et que si l'image quittait Saint Sixte d'elle-même pour retourner à son Eglise primitive, leur vœu d'obéissance serait annulé. Dominique accepta la condition, et le tranquille établissement du tableau de saint Luc, qui ne retourna plus au Trastevere, consolida l'œuvre tant désirée de la réformation de la vie religieuse parmi les femmes à Rome.

 

Pratique : Invoquer l'assistance de la Sainte Vierge dans toutes ses entreprises, surtout quand elles sont difficiles.

Invocation : Saint Dominique, qui êtes le Benjamin très aimé de Marie, priez pour nous !

 

Trait historique

Le jeune ressuscité

 

Comme donc le bienheureux Dominique était assis avec les cardinaux, l'abbesse et ses filles étant présentes, voilà qu'un homme entre en s'arrachant les cheveux et en poussant de grands cris. On lui demande ce qu'il a, il répond : « C'est le neveu de monseigneur Etienne, qui vient de tomber de cheval et de se tuer ! » Or, le jeune homme s'appelait Napoléon. Son oncle, en l'entendant nommer, se pencha défaillant sur la poitrine du bienheureux Dominique. On le soutint ; le bienheureux Dominique se leva, lui jetant de l'eau bénite, et le laissant dans les bras des autres, courut à l'endroit où le corps du jeune homme était gisant, tout brisé et horriblement déchiré. Il ordonna qu'on le transportât dans une chambre séparée, et qu'on l'y enfermât. Puis il dit au frère Tancrède et aux autres frères de tout préparer pour la messe. Le bienheureux Dominique, les cardinaux, les frères, l'abbesse et les religieuses allèrent donc au lieu où était l'autel, et le bienheureux Dominique célébra avec une grande abondance de larmes. Mais, lorsqu'il fut arrivé à l'élévation du corps du Seigneur, et qu'il le tenait en haut dans ses mains, selon la coutume, lui même fut élevé de terre d'une coudée, tous le voyant et en étant dans la stupeur. La messe achevée, il retourna au corps du défunt, lui, les cardinaux, l'abbesse, les sœurs, et tout le monde qui se trouvait là, et lorsqu'il fut auprès du corps, il en arrangea les membres l'un après l'autre de sa main très sainte ; ensuite il se prosterna à terre, en priant et pleurant. Trois fois il toucha le visage et les membres du défunt pour les remettre en leur lieu, et trois fois il se prosterna. Lorsqu'il se fut relevé pour la troisième fois, il fit le signe de la croix sur le mort, et debout du côté où était la tête, les mains tendues vers le ciel, son corps au-dessus de terre de plus d'une coudée, il cria à haute voix : « Ô jeune homme Napoléon, je te dis au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, lève-toi ! » Aussitôt, à la vue de tous ceux qu'un si étonnant spectacle avait attirés, le jeune homme se leva sain et sauf et dit au bienheureux Dominique : « Père, donnez-moi à manger ». Le bienheureux Dominique lui donna à manger et à boire et le rendit joyeux et sans aucune trace de blessure au cardinal son oncle. (Relation de la Sœur Cécile).

 

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