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17 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Dix-huitième jour

Les Mages à Bethléem

 

Mais déjà, à la chute du jour qui suivit le départ d’Anne, le cortège des saints rois est arrivé devant Bethléem, près de ce même édifice où Joseph et Marie s’étaient fait inscrire : c’était l’ancienne maison de la famille de David. Il n’en reste plus que quelques débris de murs ; elle avait appartenu aux parents de saint Joseph. C’était un grand bâtiment entouré d’autres plus petits, avec une cour fermée, devant laquelle était une place plantée d’arbres et où se trouvait une fontaine. Il y avait sur cette place des soldats romains, parce que la maison était comme le bureau des collecteurs de l‘impôt. Quand le cortège arriva, un certain nombre de curieux se rassembla autour délai. L’étoile ayant disparu, les rois avaient quelque inquiétude. Des hommes s’approchèrent d’eux et les interrogèrent. Ils descendirent de leurs montures, et des employés vinrent de la maison à leur rencontre avec des branches à la main, et leur offrirent quelques rafraîchissements. C‘était l’usage de souhaiter ainsi la bienvenue à des étrangers de cette espèce.

Pendant ce temps-là, on conduisait leurs montures auprès de la fontaine, sous les arbres, pour les abreuver. C’est qu’on était bien plus poli avec eux qu’avec le pauvre saint Joseph, qui n’avait point, lui, de petites pièces d’or à distribuer. On leur parla de la vallée des Bergers comme d’un bon endroit pour y dresser leurs tentes. Ils restèrent assez longtemps dans l’indécision, mais ils ne firent plus de questions sur le roi des Juifs nouvellement né. Ils savaient que Bethléem était l’endroit désigné par la prophétie ; mais, par suite des discours d’Hérode, ils craignaient d'attirer l’attention. Enfin, ayant vu briller au ciel, sur le côté de la ville, un météore assez semblable à la lune à son lever, ils remontèrent sur leurs chameaux ; puis, longeant un fossé et des murs en ruines, ils firent le tour de Bethléem par le midi et se dirigèrent à l'orient, vers la grotte de la Crèche, qu’ils abordèrent par le côté de la plaine où les Anges avaient apparu aux bergers.

Quand ils furent arrivés près du tombeau de Maraha, dans la vallée qui est derrière la grotte de la Crèche, ils descendirent de leurs montures. Leurs gens défirent beaucoup de paquets, dressèrent une grande tente qu’ils portaient avec eux, et firent d’autres arrangements, avec l’aide de quelques bergers qui leur indiqueront les places les plus convenables. Le campement était terminé en partie, quand les rois virent l‘étoile se montrer, claire et brillante, sur la colline de la Crèche et y diriger perpendiculairement ses rayons. Elle parut grandir beaucoup et répandit une masse de lumière extraordinaire. Ils regardèrent d’abord d’un air très étonné : il faisait sombre; ils ne voyaient pas de maison, mais seulement la forme d’une colline semblable a un rempart. Tout d’un coup, ils furent saisis d’une grande joie, car ils virent dans la lumière la figure resplendissante d’un enfant. Tous se découvrirent la tête pour témoigner leur respect ; puis les trois rois. allèrent vers la colline et trouvèrent la porte de la grotte. Mensor, l'ayant ouverte, vit la grotte remplie d’une lumière céleste, et au fond la Vierge tenant l’Enfant et assise, telle que ses compagnons et lui l’avaient vue dans leurs visions.

Aussitôt il revint sur ses pas, et dit aux autres ce qu’il venait de voir. Alors Joseph sortit de la grotte, accompagné d’un vieux berger, pour aller à leur rencontre. Ils lui dirent en toute simplicité comment ils étaient venus pour,adorer le Roi nouveau-né des Juifs, dont ils avaient vu l’étoile, et pour lui offrir leurs présents. Joseph les accueillit amicalement, et le vieux berger les accompagna près de leur suite et les aida dans leurs arrangements, ainsi que quelques autres bergers qui se trouvaient là.

Cependant les Mages se préparèrent comme pour une cérémonie solennelle. Ils mirent de grands habits blancs qui avaient une longue queue ; ces manteaux avaient un reflet brillant comme s’ils eussent été de soie brute ; ils étaient très beaux et flottaient légèrement autour d’eux : c’était leur costume ordinaire pour les cérémonies religieuses. Ils portaient à le ceinture des bourses et des boites d’or suspendues à des chaînes. Tout cela était recouvert par leurs larges manteaux. Chacun des rois était suivi des principaux personnages de sa suite ; Mensor avait en outre avec lui plusieurs serviteurs qui portaient une petite table, un tapis à franges et plusieurs rouleaux d’étoffe légère.

Le cortège, précédé de Saint Joseph était arrivé dans un fort bel ordre sous la galerie en avant de la porte de la Crèche, on mit sur la table le tapis garni de franges, et chacun des trois rois y plaça quelques unes des boites d’or et les vases qu’ils détachèrent de leur ceinture : c’étaient des présents qu’ils offraient en commun. Mensor et tous les autres ôtèrent leur sandales ; et Joseph ouvrit la porte de la grotte. Deux jeunes gens de la suite de Mensor marchaient devant lui ; ils étendirent une pièce d’étoffe sur le sol de la grotte, puis ils se retirèrent en arrière ; deux autres le suivirent avec la table, où étaient les présents. Arrivé devant la sainte Vierge, il les prit, et, mettant un genou en terre, il les déposa respectueusement a ses pieds. Derrière Mensor étaient les quatre hommes de sa famille qui s’inclinaient humblement Seïr et Théokéno, avec leurs compagnons, se tenaient en arrière dans l’entrée. Quand ils s’avancèrent, ils étaient comme ivres de joie et d’émotion, et inondés de la lumière qui remplissait la grotte ; et pourtant il n’y avait là d‘autre lumière que la Lumière du monde.

Marie, appuyée sur un bras, était plutôt étendue qu’assise sur un tapis, à la gauche de l’Enfant Jésus, qui était couché à la place où il était né, dans une auge recouverte d’un tapis et placée sur une estrade. Mais au moment où ils entrèrent, la sainte Vierge se releva, s’enveloppa dans son voile, et prit dans ses bras l’Enfant Jésus, qu’elle couvrit des plis de ce voile. Mensor s’agenouilla, et, mettant les présents devant lui, il prononça de touchantes paroles par lesquelles il lui faisait hommage, en croisant ses mains devant sa poitrine et en inclinant sa tête découverte. Pendant ce temps, Marie avait mis à nu le haut du corps de l’Enfant, qui regardait d’un air aimable du milieu du voile dont il était enveloppé ; sa Mère, soutenait sa petite tête de l’un de ses bras et remontait de l’autre. Il avait ses petites mains jointes devant sa poitrine, et souvent il les étendait gracieusement autour de lui.

Oh ! Combien se trouvaient heureux de l’adorer, ces chers rois de l’Orient ! Leurs cœurs étaient purs et sans souillure, pleins de tendresse et d’innocence comme des cœurs d’enfants pieux. Il n’y a rien de violent en eux, et pourtant ils sont pleins de feu et d’amour ! C’est dans ces sentiments qu’ils s‘avancèrent successivement pour adorer l’Enfant Dieu.

Mensor s’avança le premier, tirant d’une bourse, qui était suspendue à sa ceinture, une poignée de petites barres compactes, pesantes, de la longueur du doigt, effilées à l’extrémité et brillantes comme de l’or : c’était son présent, qu‘il plaça humblement sur les genoux de la sainte Vierge, à côté de l’Enfant Jésus. Elle prit l’or avec un remerciement gracieux et le couvrit d’un coin de son manteau. Mensor donna ces petites barres d’or vierge, parce qu’il était plein de sincérité et de charité, et qu’il cherchait la Vérité avec une ardeur constante et inébranlable.

Après que Mensor se fut retiré en arrière avec ses quatre suivants, Soir, le roi basané, s’avança avec les siens, et s’agenouilla avec une profonde humilité ; il offrit son présent avec des paroles touchantes : c’était un vase d’or à mettre de l’encens, plein de petits grains résineux, de couleur verdâtre ; il le plaça su ;r la table devant l’Enfant Jésus. Il donna l’encens, parce que c’était un homme qui se conformait respectueusement et du fond du cœur à la volonté de Dieu et la suivait avec amour. Il resta longtemps agenouillé avec une grande ferveur avant de se retirer.

Après lui vint Théokéno, le plus vieux des trois. Il était très avancé en âge ; ses membres étaient roides, et il ne pouvait pas se mettre à genoux ; mais il se tint débout, profondément incliné, et plaça sur la table un vase d’or avec une belle plante verte : c‘était un bel arbuste à tige droite, avec de petits bouquets frisés, Surmontés de jolies fleurs blanches, et qui n’était autre la myrrhe ; il offrit la myrrhe, parce qu’elle est le Symbole de la mortification et de la victoire sur les passions car cet excellent homme avait eu de grandes luttes à soutenir pour triompher de l’idolâtrie, de la polygamie et des habitudes violentes de ses compatriotes. Dans son émotion, il resta si longtemps devant l’Enfant Jésus avec ses quatre suivants, qu’il lassa la patience des autres serviteurs, restés hors de la grotte, en les faisant tant attendre pour voir le Sauveur.

Les paroles des rois et de tous leurs compagnons étaient pleines de simplicité et fort touchantes. En se prosternant et en lui offrant leurs présents, ils s’exprimaient à peu près en ces termes : « Nous avons vu son étoile ; nous savons qu’il est le Roi de tous les rois; nous venons l’adorer et lui offrir notre hommage et nos présents, et tout nous-mêmes ». Ils étaient comme en extase, et dans leurs prières naïves et affectueuses, ils recommandaient à l’Enfant Jésus leurs personnes, leurs familles, leurs pays, leurs bien et tout ce qui avait du prix pour eux sur la terre. Ils offraient au Roi nouveau-né leurs coeurs, leurs âmes, leurs pensées et leurs actions. Ils le priaient de les éclairer, de leur donner la vertu, le bonheur, la paix et l’amour. L’humilité et l’amour transformaient leur nature, et des larmes de joie sillonnaient leurs joues et mouillaient leurs barbes. Ils étaient dans la félicité en songeant qu’ils contemplaient enfin Celui vers lequel, depuis tant de siècles, leurs ancêtres avaient dirigé leurs regards et leurs soupirs avec un désir si constant. Toute la joie de la promesse enfin accomplie étaient en eux.

La Sainte Vierge accepta tout avec d’humbles action de grâces. D’abord elle ne dit rien, mais un simple mouvement sous son voile exprimait sa pieuse émotion. Le petit corps de l’Enfant se montrait brillant entre les plus de son manteau. À la fin, elle adressa à chacun quelques bonnes et gracieuses paroles, et retira un peu son voile en arrière. Quelle leçon pour tous ! Car avec quelle douce et aimable gratitude elle reçoit chaque présent ! Elle qui n’a besoin de rien, qui possède Jésus, accueille avec humilité tous ces dons de l’amour, et nous apprend comment nous devons recevoir à l’occasion les présents et les dons de la charité. Que de bonté encore dans Marie et dans Joseph ! Ils ne gardent.presque rien pour eux, et distribuent tout aux pauvres.

Lorsque les rois eurent quitté la grotte avec leurs suivants et furent retournés à leur tente, leurs serviteurs entrèrent à leur tour. Ils avaient dressé la tente, déchargé les bêtes de somme, mis tout en ordre, et ils attendaient devant la porte, patiemment et humblement. Ils étaient plus de trente et il y avait aussi avec eux une troupe d’enfants qui avaient pour tout vêtement un linge autour des reins et un petit manteau. Les serviteurs entraient cinq par cinq, et un des principaux personnages auxquels ils appartenaient les conduisait. Ils s’agenouillaient autour de l’Enfant et l’adoraient en silence. Enfin, les enfants entrèrent tous ensemble, se mirent à genoux et adorèrent Jésus avec une joie innocente et naïve Les serviteurs ne restèrent pas longtemps dans la grotte de la Crèche, car les rois rentrèrent avec solennité. Ils avaient mis d’autres manteaux longs et flottants, et portaient à la main des encensoirs, avec lesquels ils encensèrent respectueusement l’Enfant. La Sainte Vierge, saint Joseph et toute la grotte ; puis ils se retirèrent après s’être profondément inclinés. C’était une manière d’adorer chez ce peuple.

Pendant ce temps, Marie et Joseph étaient pénétrés de la plus douce joie où on les eût jamais vus ; des larmes d’attendrissement coulaient souvent sur leurs joues. Les honneurs solennellement rendus à l’Enfant-Jésus, qu’ils étaient obligés de loger si pauvrement, et dont les grandeurs mystérieuses devaient rester cachées dans l’humilité de leurs cœurs, les consolaient infiniment. Ils voyaient que la Providence toute puissante de Dieu, malgré l’aveuglement des hommes, avait préparé pour l‘Enfant de la promesse et lui avait envoyé des contrées les plus lointaines ce qu’eux-mêmes ne pouvaient lui donner, l’adoration due à sa dignité rendue par les puissants de la terre avec une sainte magnificence. Ils adoraient Jésus avec les saints rois, heureux eux-mêmes des hommages qui lui étaient rendus.

Les tentes étaient dressées dans la vallée située derrière la grotte de la Crèche jusqu'à la grotte du tombeau de Maraha ; les bêtes étaient rangées en ordre et attachées à des pieux séparés par des cordes. Près de la grande tente qui était voisine de la colline de la Crèche, se trouvait un espace recouvert de nattes, où était déposée une partie des bagages ; mais la partie la plus considérable avait été portée dans la grotte du tombeau de Maraha. Quand tous eurent quitté la crèche, les étoiles s’étaient levées. Ils se rassemblèrent en cercle près du vieux térébinthe qui s’élevait au-dessus de la grotte de Maraha, et entonnèrent des chants solennels à la gloire des étoiles. L’on ne peut dire combien étaient touchants ces chants qui retentissaient dans la vallée silencieuse : pendant tant de siècles leurs ancêtres avaient contemplé, appelé, chanté l’étoile mystérieuse; maintenant tous leurs désirs étaient satisfaits, et ils étaient pour ainsi dire ivres de joie et de reconnaissance.

Cependant saint Joseph, avec l’aide de deux vieux bergers, avait apprêté un petit repas dans la tente des trois rois. Il fit apporter du pain, des fruits, des rayons de miel, quelques herbes et des flacons de baume, qu’ils rangèrent sur une table basse recouverte d’un tapis. Il s’était procuré tout cela dès le matin pour recevoir les rois, dont la sainte Vierge lui avait annoncé d’avance l’arrivée. Quand ceux-ci revinrent à leur tente, saint Joseph les accueillit très amicalement, et les pria, comme étant ses hôtes, d‘accepter le petit repas qu’il leur offrait. Il se plaça a côté d’eux autour de la table, et ils mangèrent. Il ne montrait point de timidité : il était si content, qu‘il, versait des larmes de joie.

Après ce petit repas, Joseph les quitta. Quelques-uns des plus considérables de la caravane allèrent à une hôtellerie de Bethléem ; les autres se placèrent sur leurs couches, qui étaient rangées en cercle dans la grande tente, et se livrèrent au repos. Joseph, revenu à la grotte, réunit tous les présents à droite de la crèche, dans un coin qu’il ferma par des nattes, de façon à cacher ce qui y avait été déposé. La servante d’Anne, qui, après le départ de celle-ci, était restée auprès de la Sainte Vierge, s’était tenue dans une grotte latérale pendant toute la cérémonie ; elle ne reparu que lorsque tous eurent quitté la Crèche. Elle était grave et modeste. Ni la sainte Famille, ni même cette servante ne regardèrent les présents des rois avec une complaisance mondaine. Tout fut accepté avec une humble reconnaissance pour être bientôt distribué avec une inépuisable libéralité.

Ce soir, il y eut à Bethléem un peu d‘agitation lors de l'arrivée du cortège à la maison où l’on payait l’impôt, et plus tard bien des allées et venues dans la ville. Les gens qui avaient suivi le cortège jusqu‘à la vallée des Bergers n’avaient pas tardé. à revenir. Plus tard, pendant que les trois rois, pleins de joie et de ferveur adoraient et déposaient leurs présents dans la grotte, de la Crèche, l'on vit rôder dans les environs, à une certaine distance, quelques Juifs qui espionnaient et chuchotaient ensemble ; plus tard encore on les vit, aller et venir dans Bethléem et faire divers rapports fort peu conformes à la réalité.

Mais cela ne fait-il pas souffrir de voir toujours les méchants, qui, quand le Sauveur s’approche des hommes, vont, viennent, observent, murmurent et répandent ensuite les sottes inventions de leur haine ? Eh quoi ! avoir le salut si près de soi, et le repousser, tandis que ces bons rois, guidés par leur foi sincère dans la promesse, sont venus de si loin et ont trouvé le salut! Oh l combien est déplorable l‘aveuglement et l‘endurcissement des pauvres mortels !

Aujourd’hui encore, pendant la journée, l’on vit, à Jérusalem, Hérode parcourir les Ecritures avec un grand nombre de docteurs et discuter les affirmations des Mages. Bientôt cependant tout rentra dans le, calme, comme si l’on eût voulu assoupir cette affaire.

 

Considération

Saint Joseph d’après Saint Léonard de Port-Maurice

 

Saint Léonard de Port-Maurice fut l’un des saints et des plus zélés missionnaires de la fin du XVIIe et du commencement du XVIIIe siècle. Il avait une très grande dévotion envers la très Sainte Vierge qui l’avait guéri miraculeusement dans les débuts de ses travaux apostoliques, et envers Saint Joseph, ainsi que l’atteste l’un de ses chef d’œuvre oratoire, dont nous ne pouvons que détacher les principaux traits.

Nous passons ce qu’il a dit des grandeurs de Saint Joseph, comme juste, pour recueillir ses plus belles paroles sur ses grandeurs comme Epoux de la Vierge et comme Père de Jésus.

« Il n’est point au pouvoir d’une langue mortelle, dit-il, d’exprimer le comble d’honneur ou fut élevé notre Saint en recevant pour épouse celle qui parut dans le monde comme une aurore naissante, et qui, croissant toujours de vertus en vertus, en fit une riche dot qu’elle apporta à Joseph, son époux. Contemplons, à la clarté de cette aurore céleste, les richesses du très heureux Joseph, qui, par cette sainte alliance, devient en quelque sorte plus grand que lui-même. En effet, l’auguste Vierge ne voulut d’autres conditions sur le contrat de mariage, sinon que son Epoux fût en tout et pour tout semblable à elle, et dans l’innocence des mœurs, et dans la pureté de l’âme. Et comme le contrat passa par les mains du Saint Esprit, qui peut douter que Marie n’ait été exaucée en sa demande, et que Joseph n’ait été enrichi de qualités, de dons et de vertus semblables en tout point à ceux de Marie, son épouse ? Que les évangélistes s’abstiennent d‘exalter ces vertus et ces prérogatives excellentes qui relèvent la dignité de Joseph, peu importe ; il me suffit qu’ils le représentent comme l’Epoux de Marie, virum Mariæ, c’est-à-dire comme celui de tous les mortels qui ressemble le plus à l’œuvre la plus parfaite entre les pures créatures qui soit sortie de la main de Dieu, à savoir, sa Mère ».

D’où le saint prédicateur part pour exalter les excellences attachées à cette dignité d’Epoux de Marie. Après quoi il ajoute :

« Toutefois, ce qui rehausse principalement Joseph en qualité d’Epoux de Marie, c’est qu’à ce titre il est vénéré comme le chef de cette sainte Famille, laquelle ne fut ni toute humaine ni toute divine, mais qui tient de l‘une et de l'autre, et qui, pour cette raison, a été appelée a juste titre la Trinité de la terre. Mais où trouver jamais des paroles pour peindre dignement cette admirable Trinité de Jésus, Marie, Joseph ? Rendez donc de fréquents hommages à l’adorable Trinité du ciel, Père, Fils et Saint Esprit, mais honorez aussi la Trinité sainte qui a habité visiblement parmi nous sur la terre, Jésus, Marie, Joseph. Gravez dans vos coeurs en lettres d’or ces trois noms, ces noms célestes : prononcez les souvent, écrivez les partout. Que, ce soient les premières paroles que vous enseigniez à vos enfants. Répétez plusieurs fois par jour ces noms sacrés, et qu’ils soient encore sur vos lèvres au moment où vous rendrez le dernier soupir ».

Quant à la paternité de saint Joseph, voici ce qu’on nous en dit de plus admirable :

« Joseph n’eut sans doute aucune part à la production de Jésus Christ, mais il n‘en fut pas moins son Père, ainsi que l’affirment tous les docteurs; Il eut à son égard l’autorité aussi bien que la sollicitude et les devoirs d‘un père. Est-il , en effet, une seule des fonctions du meilleur des pères qui n’ait été glorieusement exercée par ce serviteur fidèle et prudent que le Seigneur a préposé au gouvernement de sa famille ? N'est-ce pas Joseph qui recueillit dans ses bras l’Enfant Jésus à peine né, et le coucha sur la paille de la crèche ? N’est-ce pas Joseph qui le déroba à la fureur d’Hérode ? N’est-ce pas lui qui lui fournit, durant trente ans, du travail de ses mains, et à la sueur de son front, la nourriture, le logement et le vêtement ? Combien de fois les bras de Joseph ne servirent-ils pas de berceau a l’Enfant Jésus ? Que de tendres baisers il lui prodigua ! Que de fois il lui donna à manger de sa main, l’habilla, lui apprit à parler, l’exerça au travail ! Car ce divin Enfant voulut paraître en tout semblable aux autres. Et lorsqu’il fut devenu grand, que de fois Joseph ne reposa-t-il pas sur son coeur ? Or, si Joseph se comporta en père si tendre, si dévoué à l’égard de Jésus, comment pensez-vous que dut se comporter Jésus à l’égard de Joseph ? Est-il besoin de dire qu’il a été pour lui le meilleur des fils, lui témoignant un respect, une soumission, une obéissance parfaite en toute chose, comme à son père bien-aimé ?

« Mais pour se convaincre, poursuit-on, que Joseph fut vraiment grand comme juste, plus grand comme époux, très grand comme père, il suffirait de le considérer entre les bras de Jésus et de Marie au moment de rendre son âme à son Créateur. Voyez ce bienheureux Patriarche étendu sur une pauvre couche ; Jésus d’un côté, Marie de l’autre, entouré d’une multitude infinie d’Anges, d‘Archanges, de Séraphins, qui, dans une attitude respectueuse, s’apprêtent à recevoir sa sainte âme. Ô Dieu ! Qui pourra nous dire avec quels sentiments, à ce moment suprême, Joseph dit un dernier adieu à Jésus et à Marie ? Quelles actions de grâces, quelles protestations, quelles supplications, quelles excuses de la part de ce saint vieillard ! Ses yeux et son cœur parlent, sa langue seule se tait ; mais que son silence dit de choses ! Tantôt il regarde Maries, et Marie le regarde à son tour, et avec quelle affection ! Tantôt il tourne ses yeux vers Jésus, et Jésus le regarde, mais avec quelle tendresse ! Il prend la main de Jésus, la presse sur son cœur, la couvre de baisers et l’arrose de ses larmes, en lui recommandant instamment son âme. Il tombe ensuite dans une défaillance d’amour.... et il expire dans les embrassements de Jésus ».

Après quoi, notre Saint prédicateur, s’appuyant sur les témoignages de Sainte Thérèse d’Avila, exhorte les hommes de tous les états et de toutes les conditions à aimer, honorer, invoquer Saint Joseph, parce que, si Marie obtient tout en qualité de mère, Joseph peut tout en sa qualité de juste, d’époux et de père.

 

Pratique

Images de Saint Joseph

 

Nous sommes dans un siècle, siècle pourtant qui oublie vraiment trop vite, ou l’on s’occupe beaucoup de photographie et de la reproduction, par cette photographie, des traits de ceux que l’on aime, que l’on vénère, ou dont on veut garder le souvenir. C’est ainsi que chacun de nous est heureux de se procurer les images de ses parents et de ses amis, de ses bienfaiteurs et de ceux qui lui sont chers. Et nous ne ferions pas de même pour saint Joseph, notre bon père, notre meilleur ami, notre suprême bienfaiteur ? À l’exemple plutôt de saint François de Sales, qui n’avait dans son bréviaire qu’une seule image, celle de saint Joseph, et du P. Louis Lallemant, qui voulut être enterré avec une image de notre Saint qu’il avait eue en grande vénération pendant sa vie, chacun de nous aura la même image en son livre d’église, en son oratoire, en sa chambre, ou dans tout autre endroit distingué de sa maison. C’est un hommage que tous les dévots de saint Joseph lui rendront, et auquel nous devons bien penser qu’il ne sera pas insensible.

« Et je me trompe fort, dit le bon chanoine de Verdun que nous avons déjà cité, si à toutes les fois que nous regarderons les portraits de ce grand Saint et élèverons nos pensées à leur principal sujet, nous ne concevons en même temps une sainte horreur de faire chose qui puisse lui déplaire, fussions-nous tentés le plus violemment du monde, puisqu’il prend connaissance de tout ce qui se passe autour de nous, regarde tout cela, nous voit et tout ce que nous faisons, soit bien, soit mal, dans le grand miroir de l’essence divine. Tellement que, quoique l’image ne nous voie point, néanmoins nous avons sujet de croire que celui de qui elle est l’image, au même temps de l’élévation de notre cœur vers lui, connaît par révélation divine et ordinaire à tous les bienheureux ce que nous faisons, nous regarde agir et prend plaisir ou déplaisir du bien ou du mal de nos actions ».

 

Prière

Pour demander les grâces de son état

 

Ô Père nourricier de Celui qui nourrit toutes les créatures, vrai et fidèle Epoux de la Mère de Dieu, quel est celui d’entre les saints qui peut comparer sa gloire à la vôtre ? Moïse a conduit le peuple de Dieu, et vous avez été le conducteur de Dieu fait homme. Abraham a été le père des enfants d’adoption, et Dieu vous a fait son père et le nôtre. Celui que les rois et les patriarches ont désiré voir un seul jour, vous l’avez élevé, nourri, possédé pendant trente années. Siméon S’estima bienheureux d’avoir tenu une seule fois dans ses bras l’Enfant-Dieu, et cent et cent fois vous l’avez porté dans les vôtres, cent et cent fois vous l’avez mis et remis entre les bras de sa Mère, l’embrassant comme votre Dieu, votre Seigneur et votre Fils. Dieu, pour sauver son peuple, l'a fait sortir de l’Egypte, en multipliant les miracles, et vous, par un dévouement héroïque, vous avez conduit le Fils de Dieu dans le même pays pour l’arracher à la mort.

Faites, ô grand Saint, que, tandis que je me réjouis et vous félicite de vos grandeurs , je ressente les heureux effets de votre puissante protection. Obtenez-moi les lumières dont j’ai besoin pour connaître tous mes devoirs, la force et le courage pour les accomplir. Obtenez-moi ce zèle fort et constant qui sait résister à l’ennemi, surmonter le dégoût, vaincre la répugnance, afin que jamais je n'aie le malheur de négliger mes obligations, ni de les sacrifier à la mollesse, au monde ou au plaisir. Demandez pour moi les grâces d‘une intention droite et pure dans toutes mes Œuvres, afin que, lorsque le jour du Seigneur sera venu, je puisse recevoir la récompense promise au bon et fidèle serviteur. Ainsi soit-il.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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3 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

 

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Quatrième jour

Mariage de saint Joseph

 

Les noces de Marie et de Joseph, qui durèrent sept à huit jours, furent célébrées à Jérusalem, dans une maison près de la montagne de Sion, qu‘on louait souvent pour de semblables occasions. Outre les maîtresses et les compagnes de Marie à l‘école du Temple, il y avait beaucoup de parents d‘Anne et de Joachim, entre autres une famille de Gophna avec deux filles. Les noces furent solennelles et somptueuses. Beaucoup d’agneaux furent immolés et offerts en sacrifice. L‘habit nuptial de la sainte Vierge était si remarquable et si beau, que les femmes qui avaient assisté au mariage aimaient encore à en parler bien des années après.

Voici quel était ce vêtement de fiancée de Marie. Elle avait une robe de dessous en laine sans manches ; les bras étaient enveloppés de bandelettes de laine blanche. Elle mit à son cou une espèce de collerette tombant sur la poitrine et ornée de perles. Elle revêtit ensuite une robe très ample, ouverte par devant avec de larges manches. Cette robe était fond bleu, semée de grandes roses rouges, blanches et jaunes, entremêlées de feuilles vertes, comme les riches chasubles des anciens temps. Le bord inférieur était garni de franges et de houppes, et elle se rattachait par le haut au collet blanc qui couvrait le cou. Sur cette large robe on plaça un scapulaire semblable à celui que portent plusieurs ordres religieux, et entre autres les Carmes. Il était en soie blanche avec des fleurs d’or, large d’une demi-aune et couvert sur la poitrine de perles et de pierres brillantes ; il descendait jusqu’au bas de la robe et recouvrait l’ouverture qui était par devant. Sur le dos pendait une bande semblable, et de plus courtes et plus minces sur les épaules et les bras. Ces quatre bandes formaient une croix autour du cou. Les larges manches sur lesquelles retombaient les parties du scapulaire qui couvraient les épaules étaient rattachées au milieu du bras et de l’avant-bras par des bracelets larges de deux doigts et sur lesquels des lettres étaient gravées. Par-dessus tout cela, elle portait un manteau bleu de ciel qui avait la forme d’un grand drap. Outre ce manteau, les femmes juives portaient encore dans certaines occasions une espèce de manteau de deuil à manches. Le manteau de Marie était assujetti sur la poitrine par un fermoir au-dessus duquel une fraise brodée comme avec des plumes ou de la bourre de soie entourait son cou. Le manteau retombait sur les épaules, revenait en avant des deux côtés et se terminait en queue. Les bords étaient brodés de fleurs d'or.

La chevelure de la sainte Vierge était arrangée avec beaucoup d’art : elle formait une raie au milieu de la tête et se partageait en un grand nombre de filets non tressés qui, liés transversalement avec des cordons de soie blanche et des perles, formaient un grand réseau tombant sur les épaules et descendant jusqu’au milieu du manteau. Elle portait immédiatement sur les cheveux une guirlande de soie ou de laine blanche qui aboutissait en haut par trois rubans a une espèce de bourrelet de même étoffe. Là-dessus reposait une couronne fermée, enrichie de pierres précieuses et large à peu près comme la main, et sur le devant de cette couronne se trouvaient trois perles placées l‘une au-dessus de l’autre, et une autre perle de chaque côté.

Les vierges du Temple arrangèrent la chevelure de Marie : plusieurs d’entre elles s’y employèrent, et cela se fit plus vite qu’on ne pourrait le croire. Anne avait apporté l’habit de noces, et Marie, dans son humilité, ne voulait pas consentir à s’en revêtir après les fiançailles. Ses cheveux furent rattachés autour de sa tête, on lui mit un voile blanc qui pendait jusqu’au-dessous des épaules, et la couronne fut placée sur ce voile.

La sainte Vierge avait une chevelure abondante d’un blond doré, des sourcils noirs et élevés ; de grands yeux habituellement baissés avec de longs cils noirs, un nez d’une-belle forme et un peu allongé, une bouche noble et gracieuse, un menton effilé ; sa taille était de moyenne grandeur ; elle marchait revêtue de son riche costume avec beaucoup de grâce, de décence et de gravité. Elle mit ensuite pour ses noces un autre habit moins magnifique, Elle portait cet habit rayé à Cana. et dans d’autres occasions solennelles. Elle mettait quelquefois sa robe de noces pour aller au Temple. Il y avait des gens riches qui changeaient trois ou quatre fois d‘habits pour leur mariage, Dans ces habits de parade, Marie rappelait un peu certaines femmes illustres d’une époque postérieure, par exemple, l'impératrice sainte Hélène, et même sainte Cunégonde, quoiqu’elle s’en distinguât par le manteau dans lequel s’enveloppaient ordinairement les femmes juives, et qui ressemblait davantage à celui des dames romaines. Il y avait à Sion, dans le voisinage du cénacle, un certain nombre de femmes qui apprêtaient de belles étoffes de toute espèce.

Quant à saint Joseph, il avait pour habit nuptial une longue robe fort ample, de couleur grise, fermée de haut en bas par des agrafes, ou plutôt par des glands. Les larges manches de cette robe étaient aussi fermées sur le côté par des agrafes, relevées au poignet, et garnies de poches à l’intérieur. Autour du cou il avait une fraise brunâtre, ou plutôt une large étole, et sur la poitrine retombaient deux bandes d‘étoffe blanche, assez semblables aux rabats des prêtres, mais beaucoup plus longues.

Nous ne dirons rien des circonstances du mariage de la sainte Vierge et de saint Joseph, du festin nuptial et de tout le reste de la tête ; mais nous ne pouvons pas passer sous silence ce qui regarde l’anneau nuptial de la sainte Vierge, si célèbre dans l’Église. Cet anneau n’était ni d‘or, ni d’argent, ni d‘autre métal, mais d’une matière brunâtre et chatoyante. Ce n’était pas un petit cercle mince ; il était assez épais, et large d’un doigt. Il paraissait uni, bien que l’on y vit de petits triangles réguliers qui paraissaient enchâssés, et qui supportaient des lettres. De l’un de ses côtés, celui que l’on mettait à l’intérieur, il ne présentait aucun dessin. Cet anneau avait une signification mystérieuse, et il fut conservé plus tard dans une belle église, sous plusieurs serrures. Les personnes pieuses, avant de se marier, lui font toucher leur anneau nuptial.

Ajoutons ici que le saint Époux de Marie, qui avait aussi les cheveux blonds, était grand, grave, avec une singulière expression de douceur, calme, mesuré en toutes choses. Il avait d’excellentes manières et conservait un cachet de distinction jusque dans les rapports les plus familiers. Il avait enfin dans toute sa personne quelque chose qui annonçait une extrême bonté et l’empressement à rendre service.

 

Considération

Saint Joseph dans le moyen-âge

 

Après l’ère des persécutions commence celle des hérésies, qui, attaquant l’une après l’autre les vérités saintes, les dégagent peu à peu de toutes ombres et les font briller à la fin aux yeux des hommes dans tout l’éclat de leur pureté. Déjà la divinité de Notre Seigneur a été affirmée contre Arius, celle du Saint Esprit contre Macédonius, la maternité divine de Marie contre Nestorius, les deux natures et les deux volontés en Jésus-Christ contre les Eutychiens et les Monothélites, le culte des Saints et des Images contre les Iconoclastes et autres, et l’Eglise, ayant ainsi formulé les principaux points de son enseignement, put se livrer avec plus d‘expansion aux développements de son dogme et de son culte.

C’est alors aussi que le dogme chrétien sur saint Joseph commence à se produire comme timidement d‘abord, mais en s'accentuant de jour en jour et de siècle en siècle. Les Pères des premiers âges, les Cyprien, les Grégoire de Nazianze, les Hilaire de Poitiers, les Ambroise, les Jérôme, les Augustin, les Chrysostome, ne font mention de saint Joseph qu’en exposant le mystère de l’Incarnation, mais toujours en exaltant sa justice suréminente, sa virginité associée à celle de Marie, sa grande dignité de Père putatif du Sauveur. Ils n‘en parlent qu‘en passant, mais ils n’en affirment que plus fortement la tradition de l'Eghse. Viennent ensuite le vénérable Bède, saint Pierre Damien, saint Anselme, saint Bernard, saint Bonaventure, qui publient bien plus haut les louanges de saint Joseph, et enfin saint Thomas d‘Aquin, qui, partant de ce point que « plus une chose approche de son principe, plus elle participe à l‘effet de ce principe », en conclut « que si la bienheureuse Vierge participe davantage à la grâce du Christ, c’est parce qu‘elle eut des rapports plus directs avec le Christ ». D’où Suarez et les autres théologiens ont conclu à leur tour que « nul, après la Vierge, n’ayant plus approché du Christ, source de la grâce, et de la Vierge, canal universel de la grâce, que Joseph, nul aussi, après la Vierge, n‘a plus participé a la grâce du Christ que Joseph ». Et c’est sans doute pour tirer les dernières conséquences de son principe que le Docteur angélique a déclaré que « s’il a été donné à certains bienheureux de nous venir en aide dans certaines nécessités, saint Joseph a reçu le pouvoir de nous assister en toutes et de nous couvrir tous de sa paternelle protection ».

Et cependant son culte aussi s’établit, et la peinture murale et sur verre, la sculpture et la statuaire aidant, se développe d’âge en âge. Les Bollandistes se sont même demandé, sans oser se prononcer, si son nom ne figurait pas dans le Martyrologe dit de saint Jérôme, mais traduit et abrégé par lui d'Eusèbe de Césarée, qui vivait au VI° siècle. Quoi qu'il en soit, ils assurent que le culte de saint Joseph fut en honneur, dès les premiers temps, dans les laures ou agrégations anachorétiques de Jérusalem, a Antioche, en Syrie, dans toute l’Église d‘0rient, quoiqu’il ne se soit propagé que plus tard dans l’Eglise d‘Occident. Et ne sont-ce point les Carmes de Syrie qui nous l’auront apporté à la suite des Croisades ? Ce qui porterait a le croire, c’est que l’ordre des Carmes fut le premier à honorer singulièrement saint Joseph. Mais une fois qu’il eut commencé, il fut bien vite suivi par les Franciscains, les Dominicains, les Jésuites, et différentes Eglises particulières en Belgique, en France, en Espagne, en Allemagne, et en Italie.

A partir aussi de cette époque, le culte de saint Joseph commence a se propager, et sa dévotion devient populaire. Ce ne fut cependant qu'au commencement du XVIIe siècle que le Pape Grégoire XV permit sa Fête dans toute l’Eglise. Urbain VIII, allant plus loin que son prédécesseur, ordonna que cette Fête serait de précepte. Son décret, du reste, n’eut son plein effet que sous le pontificat d’lnnocent X, son successeur.

C'est dès lors aussi que l’on s‘empressa de lui ériger partout des églises, des chapelles, des oratoires, et de former sous son patronage diverses Confréries, comme celle des Jeûnes Filles, à Avignon, que l’on croit avoir été établie par Grégoire XV lui-même ; des Écoliers et des Gens mariés, en Belgique ; des Artisans, à Sainte Marie de la Rotonde à Rome. L’Eglise favorise, d’ailleurs, ces associations, en leur accordant de précieuses Indulgences, et le ciel lui-même, pour accroître la dévotion des peuples envers le glorieux saint Joseph, intervient par de nombreux miracles rapportés par les auteurs du temps et qui ne vont plus, pour ainsi dire, discontinuer dans l’Eglise.

Qu’il est donc beau, dès les premières fleurs qu‘il donne, le lys de la dévotion à saint Joseph ! Mais maintenant qu’il est éclos, il ne cessera plus de s’épanouir jusqu’à ce qu‘il ait atteint sa dernière efflorescence à la consommation des siècles. Heureux ceux qu‘il attirera à lui et qui accourront à l’odeur de ses incomparables parfums !

Et vous tous, glorieux Pontifes et éminents Docteurs, plus profonds théologiens et plus pieux auteurs, orateurs sacrés et apologistes chrétiens, succédez-vous les uns aux autres pour faire resplendir ce beau lys, dans la suite des âges, de tout l’éclat de ses fleurs si propres à parfumer tous les cœurs de la bonne odeur de toutes les vertus.

 

Pratique

Mois de saint Joseph

 

C’est le nom que prend le mois de mars, que beaucoup de fidèles consacrent aujourd’hui à notre saint Patriarche, parce que c’est dans ce mois, le 19, que tombe sa Fête principale. Née en Italie, cette dévotion s’est développée sous le regard et les bénédictions du successeur de saint Pierre, et répandue ensuite dans toute l’Eglise. Encouragée par les Souverains Pontifes et par les Evêques, adoptée par toutes les âmes fidèles désireuses de plaire à Jésus et à Marie, confirmée par d’éclatants miracles, elle est bientôt devenue pour ceux qui la pratiquent une source inépuisable de grâces et de consolations.

Mais qu‘y a-t-il à faire pour pratiquer cette dévotion ? Rien autre chose que de rendre, chaque jour du mois, des hommages particuliers à saint Joseph. Moyennant cela, l’on peut gagner les mêmes Indulgences que pendant le mois de Marie, c’est-à-dire l’Indulgence de 300 jours pour chaque jour du mois, et l‘Indulgence plénière une fois dans le mois, au jour que l‘on choisit, pourvu que, s’étant confessé et ayant fait la sainte communion, l’on prie selon les intentions ordinaires.

Ainsi l’a décrété le Pape Pie IX, si zélé pour la gloire de saint Joseph, dans son bref du 27 avril 1865, disposant en outre que ces Indulgences pouvaient être appliquées aux âmes du Purgatoire.

 

Prière

Souvenez-vous à saint Joseph

 

Bon saint Joseph, que j‘éprouve de consolation de penser que si depuis longtemps les pieux dévots de Marie, qui sont aussi les vôtres, ont accoutumé de lui redire chaque jour, et chaque jour avec une nouvelle confiance, leur Souvenez-vous, il leur est venu également au cœur de vous adresser la même prière, au souvenir de vos bontés pour nous et de votre immense puissance auprès de celui qui a bien voulu se faire votre Fils. Et voilà que l’Eglise, pour les récompenser de leur dévotion, a fixé elle-même les paroles de cette prière et a attaché à sa récitation de précieuses Indulgences (300 jours, une fois par jour, applicables aux défunts, 26 juin 1863). C’est donc avec cette sainte Eglise, notre mère, avec le Pape Pie IX, avec tous vos fidèles serviteurs, et dans l’intention de gagner ces Indulgences, que je vous dis moi-même :

« Souvenez-vous , ô très chaste Epoux de la vierge Marie, saint Joseph, mon aimable protecteur, qu’on n’a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont invoqué votre protection et imploré votre secours, soit resté sans consolation. Plein de confiance en votre pouvoir, je viens en votre présence et me recommande à vous avec ferveur. Ah ! ne dédaignez pas mes prières, ô vous qui êtes appelé Père du Rédempteur, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer. Ainsi soit-il ».

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

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11 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Douzième jour

La Grotte

 

A l’extrémité méridionale de la colline autour de laquelle tournait le chemin qui conduisait dans la vallée des Bergers, se trouvait, indépendamment de plusieurs autres grottes ou caves creusées dans le roc, la grotte où Joseph chercha un abri pour la sainte Vierge. L’entrée, tournée au couchant, conduisait par un passage étroit à une espèce de chambre, arrondie d‘un côté, triangulaire de l’autre, située dans la partie orientale de la colline. La grotte était creusée dans le roc par la nature ; seulement, du côté du midi, où passait le chemin qui conduisait à la vallée des Bergers, on avait fait quelques réparations au moyen d'une maçonnerie grossière.

De ce côté qui regardait le midi, il y avait une autre entrée ; mais elle était ordinairement bouchée, et Joseph la rouvrit pour son usage. En sortant par là, on trouvait à main gauche une ouverture plus large qui conduisait à un caveau étroit, incommode, placé à une plus grande profondeur et allant jusque sous la grotte de la Crèche. L’entrée ordinaire de la grotte de la Crèche regardait le couchant. On pouvait voir de là les toits de quelques maisons de Bethléem. Si en sortant par la on tournait à droite, on arrivait à l’entrée d‘une grotte plus profonde et plus obscure, dans laquelle la sainte Vierge fut un jour obligée de se cacher.

Il y avait devant l’entrée du couchant un toit de jonc, appuyé sur des pieux, qui se prolongeait aussi au midi jusqu’au dessus de l’entrée qui était de ce côté, en sorte qu'on pouvait être à l’ombre devant la grotte. A sa partie méridionale, la grotte avait dans le haut trois jours grillés par où venaient l'air et la lumière; une ' ouverture semblable se trouvait dans la voûte du rocher. Elle était recouverte de gazon et formait l’extrémité de la hauteur sur laquelle Bethléem était située.

L’intérieur de la grotte était à peu près disposé comme il suit. Du côté du couchant, on entrait par une porte de branches entrelacées dans un corridor de moyenne largeur, aboutissant à une chambre de forme irrégulière, moitié ronde, moitié triangulaire, laquelle s’étendait surtout du côté du midi, en sorte que le plan de la grotte entière pouvait être comparé aune tête reposant sur son cou : le cou figurerait le corridor, et la tête le souterrain proprement dit. Quand on passait du corridor, qui était moins élevé, dans la grotte creusée par la nature, on descendait sur un sol plus bas ; cependant le sol se relevait tout autour de la grotte, qui était entourée comme d‘un banc de pierre de largeur variable. Les parois de la grotte, sans être tout à fait polies, étaient cependant assez unies et assez propres, et avaient quelque chose qui agréait et charmait.

Au nord du corridor se trouvait l’entrée d'une grotte latérale plus petite. En passant devant cette entrée, on arrivait à l’endroit où Joseph allumait le feu ; puis la paroi tournait au nord-est dans l‘autre grotte plus spacieuse et plus élevée. Ce fut la que plus tard fut mis l’âne de Joseph. Derrière cette place était un recoin assez grand pour recevoir l’âne et où il y avait du fourrage.

C’était dans la partie orientale de cette grotte, en face de l’entrée, que se trouvait la sainte Vierge lorsque la Lumière du monde sortit d‘elle. Dans la partie qui s’étendait au midi se trouvait la crèche où l‘on adora l’Enfant Jésus. La crèche n’était autre chose qu’une auge creusée dans la pierre qui servait pour faire boire les bestiaux. Au-dessus était une mangeoire évasée, formée d'un treillage en bois et élevée sur quatre pieds, de façon que les animaux pouvaient prendre commodément l’herbe ou le foin qu’on y avait placé, et n’avaient qu’à baisser la tête pour boire dans l‘ange de pierre qui était au-dessous.

C’était en face de la crèche, au levant de cette partie de la grotte, qu’était assise la sainte Vierge avec 1’Enfant Jésus, quand les trois rois mages offrirent leurs présents. Si, en partant de la crèche, ou tournait à l’ouest dans le corridor qui précédait la grotte, ou passait devant l’entrée méridionale déjà mentionnée, et on arrivait à un endroit dont saint Joseph fit plus tard sa chambre, en le séparant, du reste, avec des cloisons en clayonnage. Il y avait de ce côté un enfoncement où il déposait toute sorte de choses.

En dehors de la partie méridionale de la grotte passait le chemin qui menait à la vallée des Bergers. Il y avait çà et là sur des collines de petites maisons, et dans la plaine quelques hangars avec des toits de roseaux portés sur des pieux. Au-devant de la grotte, la colline s’abaissait dans une vallée sans issue, fermée au nord et large d’environ un demi-quart de lieue.

Il y avait là des buissons, des arbres et des jardins. En traversant une belle prairie oh coulait une source, et en passant sous des arbres rangés régulièrement, on arrivait au côté oriental de cette vallée, où se trouvait, dans une colline faisant saillie, la grotte du tombeau de Maraha, nourrice d’Abraham, qui était aussi appelée la grotte du Laiton de l’Allaitement. La sainte Vierge y séjourna avec l’Enfant Jésus en diverses occasions. Au-dessus était un grand arbre dans les branches duquel on avait pratiqué des sièges. On voyait mieux Bethléem de cet endroit que de l’entrée de la grotte de la Crèche.

Voici l’histoire de cette grotte de Maraha. Abraham avait une nourrice appelée Maraha, qu’il honorait particulièrement et qui atteignit un âge très avancé. Elle le suivait partout dans ses voyages, montée sur un chameau. Elle vécut longtemps près de lui à Succoth. Plus tard, dans ses derniers jours, elle le suivit aussi dans la vallée des Bergers, où il avait dressé ses tentes dans les environs de cette grotte. Ayant dépassé sa centième année, et voyant sa dernière heure approcher, elle demanda à Abraham d’être enterrée dans cette grotte, sur laquelle elle fit des prédictions et à laquelle elle donna le nom de grotte du Lait ou de grotte de la Nourrice.

La grotte était alors un corridor étroit et élevé, creusé dans une matière blanche qui n’était pas très dure. D’un côté était une couche de cette matière qui ne montait pas jusqu’à la voûte. En montant par dessus cette couche, on pouvait arriver a l'entrée d’autres grottes placées plus haut.

La grotte fut agrandie plus tard, parce qu’Abraham y pratiqua dans la partie latérale une excavation pour le tombeau de Maraha. Sur un gros bloc de pierre reposait comme une auge également en pierre, supportée par des pieds courts et épais.

Cette grotte du tombeau de la nourrice avait un rapport prophétique avec la Mère du Sauveur nourrissant son Fils pendant la persécution ; car, dans l’histoire de la jeunesse d’Abraham, il se trouva aussi une persécution figurative, et sa nourrice lui sauva la vie en le cachant dans une grotte. Le roi qui régnait dans la patrie d’Abraham eut un songe où on lui fit une prédiction sur un enfant qui allait naître et qui devait être dangereux pour lui. Il prit des mesures en conséquence, La grossesse de la mère d’Abraham fut tenue secrète, et elle se cacha dans une grotte pour le mettre au monde. Maraha, sa nourrice, l’allaita en secret. Elle vécut comme une pauvre esclave, travaillant dans une solitude près d’une grotte dans laquelle elle nourrissait l’enfant. Ses parents le reprirent plus tard près d’eux ; et, comme il était beaucoup plus grand que son âge ne le comportait, on le fit passer pour un enfant né antérieurement à la prédiction faite au roi. Étant encore enfant, il courut pourtant des dangers à cause de certaines manifestations merveilleuses, et la nourrice le cacha de nouveau, en l’emportant secrètement sous son large manteau. On fit mourir alors plusieurs enfants de sa taille.

Cette grotte, depuis l’époque d’Abraham, était un lieu de dévotion, surtout pour les mères et les nourrices, et il y avait là quelque chose de prophétique, car l'on vénérait dans la nourrice d’Abraham la figure de la sainte Vierge, de même qu’Elie l’avait vue dans la nuée qui apportait la plaie, et lui avait érigé un oratoire sur le Carmel. Maraha avait coopéré, en quelque sorte, à l’avènement du Messie, puisqu’elle avait nourri de son lait l’aïeul de la sainte Vierge. Il y avait là quelque chose comme un puits profond allant jusqu’à la source de la vie universelle, et on y puisa toujours jusqu‘à ce que Marie y montât comme une eau limpide.

L’arbre qui était au-dessus de cette grotte étendait au loin son ombre comme un immense tilleul, large par le bas et pointu par le haut. C’était un térébinthe. Abraham se rencontra avec Melchisédech sous cet arbre. Ce vieil arbre avait quelque chose de sacré pour les bergers et les gens d‘alentour. On aimait à se reposer sous son ombre et à y prier. Il y avait à côté une fontaine dont l'eau était considérée par les bergers, comme ayant des vertus particulières à certaines époques de l’année. Des deux côtés de l’arbre se trouvaient des cabanes ouvertes où l’on pouvait passer la nuit. Tout cela était entouré d'une haie. Sainte Hélène bâtit une église en cet endroit, et on y a dit la messe.

 

Considération

Saint Joseph d’après Marie d'Agreda

 

La Vénérable Marie de Jésus, abbesse du monastère de l’Immaculée Conception de la ville d’Agréda, eut d’admirables et incontestables révélations sur la vie de la très sainte Vierge et sur celle de saint Joseph. Elle les a consignées dans son ouvrage intitulé « La Cité mystique de Dieu », qu’elle conclut ainsi, pour ce qui concerne saint Joseph :

« Béni soit l’auteur de si grandes merveilles, et béni soit aussi le plus heureux des hommes, Joseph, en qui elles furent toutes dignement opérées! Il mérite que toutes les générations le connaissent et le bénissent, puisque le Seigneur n’a fait pour aucun autre d‘aussi grandes choses et n’a manifesté à aucun autre autant d’amour.

De combien de visions sublimes et d’admirables révélations ne l’a-t-il pas favorisé ! L'on ne saurait les rapporter toutes ; mais on peut s’en faire une idée en considérant qu’il eut une profonde connaissance des mystères de Notre Seigneur et de sa très sainte Mère, ayant vécu dans leur compagnie pendant de si longues années, passant pour le Père de ce divin Sauveur, et constitué le véritable Epoux de notre auguste Reine.

Mais, en outre de cela, le Très-Haut lui a accordé, en récompense de sa grande Sainteté, plusieurs privilèges en faveur de ceux qui se mettraient sous son patronage et qui l’invoqueraient avec une vraie dévotion.

Par le premier de ces privilèges, saint Joseph fait obtenir à ceux qui l’invoquent comme il faut la vertu de chasteté et le triomphe sur les dangereuses tentations de la chair.

Par le second, notre Saint procure de puissants secours pour sortir du péché et recouvrer l’amitié de Dieu.

Le troisième privilège, c’est de nous faire obtenir les faveurs de la très Sainte Vierge et la dévotion envers elle.

Le quatrième assure à ses serviteurs une bonne mort et une assistance particulière contre 1e démon à cette dernière heure.

Le cinquième consiste dans la terreur qu’inspire aux démons le nom seul de saint Joseph.

Le sixième privilège fait obtenir la santé du corps et un soulagement dans les divers maux de la vie.

Enfin, l’effet du septième, c’est d’empêcher les familles de s’éteindre, en leur obtenant des héritiers.

Dieu accorde toutes ces faveurs, et bien d’autres encore, à ceux qui les lui demandent comme il faut, par l'intercession de 1’Epoux de notre Reine, le glorieux saint Joseph, et je prie tous les fidèles enfants de la sainte Eglise d'être bien dévots à ce grand Saint et d’être persuadés qu’ils ressentiront les favorables effets de sa protection, s‘ils se disposent dignement à les mériter et à les recevoir ».

Après quoi, Marie d’Agréda termine par cette merveilleuse instruction, qui lui fut dictée par la très sainte Vierge : « Ma fille, lui dit-elle, c’est avec raison que vous avez écrit que mon époux Joseph est le plus illustre parmi les Saints et les Princes de la Jérusalem céleste ; mais c’est en vain que vous essaieriez maintenant de dépeindre son éminente sainteté. Les mortels ne sauraient l’apprécier avant d’être arrivés à jouir de la vue de Dieu, en qui ils découvriront avec admiration, et en louant, le Seigneur, cette grandeur mystérieuse de mon Epoux.

Au dernier jour, quand tous les hommes seront jugés, les réprouvés pleureront amèrement le malheur d’avoir méconnu, à cause de leurs péchés, ce moyen de salut si puissant et si efficace. Ils regretteront d’avoir négligé de s’en servir, comme ils le pouvaient, pour se concilier l’amitié du juste Juge.

Le monde a trop ignoré jusqu’ici les privilèges, les prérogatives accordées par le Très-Haut à mon saint Epoux, et combien son intercession est puissante auprès de la divine Majesté, ainsi qu’auprès de moi. Je vous assure, ma fille, qu’en présence de la justice suprême, parmi les premiers favoris du Seigneur, mon Epoux est un de ceux qui peuvent le plus efficacement détourner son bras de la tête des pécheurs.

Pour vous, qui venez de recevoir des révélations et des lumières sur les grandeurs incompréhensibles de saint Joseph, ayez soin de faire éclater votre reconnaissance pour cette faveur que le Seigneur a daigné vous accorder. Efforcez-vous d’en profiter, en vous excitant à une plus grande dévotion et à une plus tendre affection envers mon saint Epoux, et bénissez le Seigneur de ce qu’il l’a favorisé de dons si magnifiques, ainsi que de la joie que j’éprouve a les contempler.

Dans tous vos embarras, ayez soin de recourir à son intercession. Propagez aussi la, dévotion envers lui, et que vos religieuses en donnent l’exemple ; car ce que mon Epoux demande dans le ciel, le Très-Haut l’accorde sur la terre. Chacune de ses prières, chacune de ses paroles est pour les hommes une source de faveurs, précieuses et extraordinaires, pourvu qu’ils ne se rendent pas indignes de les recevoir.

Tous ces privilèges découlent de la parfaite innocence et des éminentes vertus de cet admirable Saint, parce qu’elles lui ont valu les faveurs de la bonté divine, qui veut déployer à son égard toute sa magnificence, en répandant les trésors de sa miséricorde sur lui et sur ceux qui auront recours à son intercession ».

 

Pratique

Petit Office de saint Joseph

 

Beaucoup de pieux serviteurs de la très Sainte Vierge sont dans l’usage de réciter plus ou moins exactement, soit son Petit Office, soit le Petit Office de l’Immaculée Conception, etc. C’est une pieuse pratique que l’Eglise a encouragée et bénie. Les pieux serviteurs de saint Joseph ont de même adopté le Petit Office du saint Patriarche, lequel consiste dans la récitation, à chaque heure de cet Office, de quelques versets, d’une hymne, d’une antienne et de l’oraison, en l’honneur du Saint.

L’Eglise n'a point accordé de faveurs spéciales à cette récitation ; mais on peut la pratiquer utilement, soit pour honorer plus particulièrement notre grand Saint, soit pour solliciter sa singulière protection dans des circonstances plus difficultueuses, soit pour le remercier de quelque grâce obtenue par Sa médiation. Cette dévotion est facile et agréable à accomplir, et l’on pourrait citer de nombreux exemples des avantages que l’on y a recueillis.

Il en est qui font remonter son origine jusque dans le moyen-âge. Ce qu’il y a de certain, c’est que ce Petit Office était très usité en France au XVIIe siècle. Ne dégénérons pas de nos ancêtres, et récitons-le souvent nous-mêmes.

 

Retrouvez le Petit Office de Saint Joseph en cliquant ICI

 

Prière

Pour tous les besoins

 

Ô saint et fidèle dépositaire des trésors célestes, auguste gardien de Jésus et de Marie, je vous consacre et vous confie tout ce que je suis et tout ce que je possède. Du haut de votre gloire, abaissez un regard de bienveillance sur votre indigne serviteur. Voyez ma pauvreté et ma faiblesse. Grand dispensateur des grâces de Dieu, enrichissez mon indigence. Auguste protecteur de Jésus et de Marie, défendez-moi contre les nombreux ennemis qui assiègent mon âme, ainsi que contre les dangers et les écueils du monde. Faites briller à mes yeux cette divine lumière du soleil de justice qui éclaire mon intelligence et l‘empêche de s’ouvrir aux vanités de la terre. Gardez mon cœur des séductions du siècle et des passions de la chair. Détachez-le de l‘amour trompeur des créatures et de tout ce qui passe. Soyez avec moi, ô saint Protecteur, dans les combats de mon âme ; fortifiez_moi dans mes peines intérieures, et secourez-moi dans mes souffrances corporelles. Soyez mon conseil et mon guide pour la direction de tous mes intérêts spirituels et temporels. Soutenez-moi dans les tentations. Consolez-moi dans les épreuves de cette vie, et surtout dans les difficultés et les angoisses de mes derniers moments. Défendez-moi à cette heure suprême, et obtenez-moi la grâce d’expirer doucement, comme vous, entre les bras de Jésus et de Marie, dans les sentiments de la plus tendre confiance en leur protection et en la vôtre. Ainsi soit-il.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

 

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15 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Seizième jour

Circoncision

 

Pendant le Sabbat, plusieurs personnes vinrent à la grotte de la Crèche, et le soir, après la clôture, les Esséniennes et la servante de Marie apprêtèrent un repas dans une cabane de feuillage, à l’entrée de la grotte. Joseph l'avait dressée avec l’aide des bergers. Il avait aussi vidé la chambre située dans l’entrée de la grotte, y avait étendu des couvertures par terre, et avait tout arrangé comme pour une fête, autant que le comportait sa pauvreté. Il avait ainsi disposé les choses-avant l’ouverture du Sabbat ; car le lendemain était le huitième j0ur depuis la naissance du Christ, lequel devait être circoncis ce jour-là, conformément au précepte divin.

Joseph était allé vers le soir à Bethléem, et il en avait ramené trois prêtres, un homme âgé et une femme qui paraissait une sorte de garde ou d‘assistante, employée ordinairement dans cette cérémonie. Elle apportait un siège dent on se servait en pareille circonstance, et une pierre plate, fort épaisse et de forme octogone, qui renfermait les objets nécessaires. Tout cela fut placé sur des nattes, à l’endroit où la cérémonie devait se faire, c‘est-a-dire à l’entrée de la grotte, entre le réduit de saint Joseph et le foyer. Le siège était un coffre avec des espèces de tiroirs, qui mis à la suite les uns des autres, formaient comme un lit de repos avec un appui d’un côté : on y était plutôt étendu qu'assis. La pierre octogone avait plus de deux pieds de diamètre ; au milieu était une cavité également octogone, recouverte d’une plaque de métal, et qui renfermait, dans des compartiments séparés, trois boites et un couteau de pierre. Cette pierre fut placée a côté du siège, sur un petit escabeau à trois pieds, qui jusqu’alors était toujours reste sous une couverture à la place où le Sauveur était né.

Quand on eut fait ces arrangements, les prêtres saluèrent la sainte Vierge et l’Enfant ; ils s’entretinrent amicalement avec Marie, et ils prirent dans leurs bras 1’Enfant, dont la vue les toucha. Le repas se fit ensuite dans la cabane de feuillage, et une quantité de pauvres gens, qui avaient suivi les prêtres, comme il arrivait toujours dans de semblables occasions, entourèrent la table, et, pendant le repas, reçurent des présents de saint Joseph et des prêtres, en sorte que tout fut bientôt distribué. Cependant le soleil s’était couché, et, en s‘abaissant à l'horizon, il avait laissé pénétrer ses rayons jusque dans la grotte par la porte ouverte.

Pendant la nuit, des lampes furent allumées dans la grotte, et l’on y pria beaucoup et chanta longtemps. La circoncision eut lieu au lever du jour. La Sainte Vierge était attristée et inquiète. Elle avait apprêté elle-même les linges destinés à recevoir le sang et à bander la plaie ; elle les tenait devant elle dans un pli de son manteau. La pierre octogone fut recouverte par les prêtres d'un drap rouge et d‘un autre drap blanc par-dessus, avec différentes prières et cérémonies ; puis l’un des prêtres s’appuya plutôt qu’il ne s’assit sur le siège, et la Sainte Vierge, qui se tenait voilée au fond de la grotte, avec l’Enfant sur les bras, le donna à la servante avec les linges destinés au pansement. Saint Joseph le reçut des mains de la servante, et le donna à la garde qui était venue avec les prêtres. Celle-ci plaça l’Enfant recouvert d’un voile sur la couverture de la pierre octogone.

On fit encore des prières ; puis cette femme ôta à l’Enfant ses langes et le remit sur les genoux du prêtre qui était assis. Saint Joseph se pencha par-dessus les épaules du prêtre et tint l’Enfant par le haut du corps. Deux prêtres s’agenouillèrent à droite et à gauche, tenant chacun un de ses petits pieds : celui qui devait accomplir la cérémonie s’agenouilla devant lui. On découvrit la pierre octogone et on enleva la plaque de métal pour avoir sous la main les trois boîtes où il y avait des eaux vulnéraires et de l’onguent. Le manche et la lame du couteau étaient de pierre. Le manche, brun et poli, avait une rainure où l’on faisait rentrer la lame ; celle-ci, qui était de couleur jaunâtre, ne paraissait pas très affilée. L’incision se fît avec la pointe recourbée du couteau. Le prêtre fit aussi usage de l’ongle tranchant de son doigt, exprime le sang de la blessure, et y mit du vulnéraire et d’autres ingrédients de même nature qu’il prit dans les, boites. La garde prit alors l’Enfant, et, après avoir bandé la plaie, lui remit ses langes. Cette fois, on emmaillota aussi ses bras qui étaient libres auparavant, et en roula autour de sa tête le voile dont on l’avait couvert. Il fut placé de nouveau sur la pierre octogone, et en fit encore des prières.

L’Ange avait dit à Joseph que l’Enfant devait s’appeler Jésus ; mais le prêtre n’agréa pas d’abord ce nom, et se mit en prière pour consulter le Seigneur. Un Ange alors lui apparut et lui montra le nom de Jésus sur un écriteau, pareil à celui qui surmonta la croix sur le Calvaire. Puis, tout ému, il écrivit ce nom sur un parchemin, comme en cédant a une impulsion d’en-haut. L’Enfant Jésus pleure beaucoup après la cérémonie de la circoncision. Saint Joseph le reprit et le mit dans les bras de la Sainte Vierge, qui était restée au fond de la grotte avec deux femmes. Elle le prit en pleurant, se retira dans le coin où était;la crèche, s’assit, couverte de son voile, et apaise l’Enfant en lui donnant le sein. Saint Joseph lui remit aussi des linges teints de sang. On pria de nouveau et l’on chanta des cantiques. La lampe brûlait encore, quoiqu’il fît alors tout à fait jour. Bientôt la sainte Vierge revint avec l’Enfant et le posa de nouveau sur la pierre octogone. Les prêtres lui croisèrent alors les mains au-dessus de la tête de l’Enfant, et lui dirent qu’elle pouvait l’emporter.

Avant de retourner à Bethléem, les prêtres mangèrent quelque chose avec saint Joseph et deux bergers qui, pendant la cérémonie, étaient restés à l’entrée de la grotte, dans la cabane de feuillage. Il a été constaté que tous ceux qui avaient assisté à la sainte cérémonie étaient des gens de bien, et que les prêtres, plus tard, embrassèrent la doctrine du Sauveur. Toute la matinée, on fit encore des distributions aux pauvres qui venaient à la porte. Pendant la cérémonie, l’âne était resté attaché à l’écart.

Ce même jour encore, beaucoup de mendiants fort sales, portant des paquets et venant de la vallée des Bergers, passèrent devant la grotte de la Crèche. Ils semblaient aller à Jérusalem pour une fête. Ils demandèrent l’aumône très insolemment et proférèrent des malédictions et des injures près de la crèche, parce qu'ils ne trouvaient pas que Joseph leur eût donné assez.

La nuit suivante, l’Enfant fut souvent privé de sommeil par la douleur qu’il ressentait : il pleurait beaucoup. Marie et Joseph le prirent tour a tour sur leurs bras et le promenèrent autour de la grotte, en essayant de le calmer.

Le lendemain soir, Elisabeth arriva de Jutta a la grotte de la Crèche, montée sur un âne que conduisait un vieux domestique. Joseph la reçut très amicalement ; Marie et elle s’embrassèrent avec des sentiments de joie indicible. Elle pressa l’Enfant Jésus sur son cœur en versant des larmes. On lui prépara une couche près de la place où Jésus était né. Devant cette place il y avait un tréteau élevé, comme une espèce de tréteau de scieur, sur lequel était un petit coffre où l’on mettait souvent l’Enfant Jésus. Ce devait être une chose habituelle p0ur les enfants, car, déjà chez Sainte Anne, Marie, dans sa première enfance, avait reposé sur un tréteau semblable.

Mais, une fois arrivée, Elisabeth et Marie, assises à côté l’une de l'autre, ne se lassaient pas de s’entretenir affectueusement. La sainte Vierge raconta a sa cousine tout ce qui lui était arrivé jusqu’alors ; et quand elle parla de ce qu’elle avait souffert en cherchant un logement à Bethléem, Elisabeth pleura amèrement. Elle lui raconte, aussi beaucoup de choses touchant la naissance de Jésus. Elle dit qu’au moment de l’Annonciation elle avait été ravie en esprit pendant dix minutes et qu’elle avait eu le sentiment que son coeur devenait double et qu’un bien inexprimable entrait en elle et la remplissait tout entière. Au moment de la Nativité, elle avait eu aussi un ravissement avec le sentiment que les Anges la portaient en l’air agenouillée, et il lui semblait que son coeur était divisé en deux et qu’une moitié se séparait de l’autre. Elle avait perdu dix minutes l’usage de ses sens ; puis ressentant un vide intérieur et un désir immense d’un bien infini qu’elle avait eu jusque là au dedans d’elle et qui n’y était plus, elle avait vu devant elle une éclatante lumière dans laquelle son Enfant avait semblé croître sous ses yeux. Elle l’avait alors vu remuer et entendu pleurer ; puis revenant à elle, l’avais pris sous sa couverture et pressé contre son sein. Car au commencement il lui avait semblé qu’elle rêvait, et elle n’avait pas osé prendre l’Enfant au sein de la lumière où il était plongé. Elle dit aussi qu’elle n’avait pas eu la conscience du moment ou l’Enfant s’était séparé d’elle. Élisabeth lui dit : « Vous avez eu dans votre enfantement des grâces que n’ont pas les autres femmes ; celui de Jean a aussi été plein de douceur, mais les choses se sont passées bien autrement ».

Bien des personnes sont venues visiter la Sainte Vierge et l’Enfant. L’on vit aussi passer plusieurs fois de ces mendiants insolents qui se retiraient l’outrage à la bouche. Saint Joseph ne leur a plus rien donné.

Un autre jour, Marie se cacha encore avec l’Enfant Jésus et Elisabeth dans la grotte latérale, voisine de la grotte de la Crèche. Elles y restèrent toute la nuit. Marie s’y décida, parce que des gens de distinction de Bethléem venaient en foule à la crèche par curiosité. Elle ne voulut pas se montrer à eux.

Enfin la sainte Vierge, avec l’Enfant Jésus, sortit de la grotte de la Crèche et alla dans une autre grotte placée à droite. L’entrée en était très étroite ; quatorze marches en pente conduisaient d’abord dans un petit caveau, puis dans une chambre souterraine plus spacieuse que la grotte de la Crèche. Joseph la sépara en deux au moyen d’une couverture suspendue en l’air. La partie voisine de l’entrée était semi-circulaire ; l’autre partie était carrée. La lumière ne venait pas par en haut, mais par des ouvertures latérales qui traversaient une grande épaisseur de rocher. Les jours précédents, un homme âgé avait enlevé de cette grotte des fagots, des bottes de paille et des paquets de roseaux, comme ceux dont Joseph se servait pour faire du feu. Ce fut un berger qui leur rendit ce service. Cette grotte était plus claire et plus spacieuse que celle de la Crèche. L’âne n’y était pas. L’Enfant-Jésus y fut couché dans une auge creusée dans le roc. Pendent les jours précédents, Marie avait souvent montré aux visiteurs son cher Enfant enveloppé d'un voile et n’ayant sous ce voile d’autre vêtement qu'un linge qui lui entourait les reins. D’autres fois, il était entièrement emmailloté.

De son côté, la garde qui avait assisté à la circoncision est souvent venue visiter l’Enfant. Marie lui donnait presque tout ce qu’apportaient les visiteurs, afin qu’elle le distribuât aux pauvres de Bethléem.

 

Considération

Saint Joseph d’après Bossuet

 

Après et entre les saints et les maîtres de la vie spirituelle, les maîtres de la science et de la parole ont célébré également les louanges de saint Joseph. Le premier qui surgit à l’horizon, c’est leur prince à tous, Bossuet, que l’on a appelé le dernier Père de l’Eglise. C’est à ce titre sans doute que, dans ses Elévations sur les mystères, il a parlé de saint Joseph à la manière des anciens Pères, en exposant le texte sacré. Mais voilà qu’oracle des temps nouveaux, dans un siècle où l‘on ne parlait encore que bien timidement de l’excellence de saint Joseph, il lui consacre deux magnifiques Panégyriques, qui sont en même temps deux de ses plus admirables chefs d'œuvre. Il nous montre, dans le premier, comment saint Joseph a été le juste par excellence, ayant pratiqué à la perfection les trois vertus essentielles de l’homme juste: la simplicité, le détachement, l’amour de la vie cachée. Il aborde, dans le second, avec son coup d’œil d’aigle et sans sourciller, toutes les profondeurs de la théologie relatives au saint Patriarche, sans que son expression fasse jamais défaut à la sublimité de sa pensée.

Il commence cet incomparable panégyrique par établir que trois dépôts furent confiés au juste Joseph par la divine Providence : la sainte virginité de Marie, la personne de Jésus-Christ, et le secret du Père éternel dans l’Incarnation de son Fils. Il montre ensuite comment saint Joseph a gardé ces trois dépôts : le premier, par sa pureté angélique, répondant en quelque sorte à celle de Marie ; le second, par la continuation persévérante de ses soins à Jésus au milieu des persécutions qui l’attaquèrent dès son enfance ; le troisième, par son humilité et son amour de la vie cachée, qui lui firent conserver intact le secret du mystère de l’Incarnation.

Mais il faut l’entendre exposer ce qui regarde le céleste mariage de Marie et de Joseph, dans lequel il trouve, avec saint Augustin, le sacré contrat, l’amour conjugal, et, comme fruit de cette union, le Sauveur Jésus.

Le sacré contrat ! « Car Marie, dit-il, appartient à Joseph, et Joseph à la divine Marie ; si bien que leur mariage est très véritable, parce qu’ils se sont donnés l’un à l’autre. Mais de quelle sorte se sont-ils donnés ? Pureté, voici ton triomphe. Ils se donnent réciproquement leur virginité ; et sur cette virginité, ils se cèdent un droit mutuel. Quel droit ? Celui de se la garder l'un à l’autre. Oui, Marie a droit de garder la virginité de Joseph, et Joseph a droit de garder la virginité de Marie ; ni l’un ni l’autre n’en peut disposer, et toute la fidélité de ce mariage consiste à garder la virginité. Voilà les promesses qui les assemblent, voilà le contrat qui les lie. Ce sont deux virginités qui s’unissent pour se conserver éternellement l'une l’autre, par une chaste correspondance de désirs pudiques.

Qui pourrait, maintenant, nous dire quel devait être l’amour conjugal de ces bienheureux mariés ? Car, ô sainte virginité ! Vos flammes sont d’autant plus fortes, qu’elles sont plus pures et plus dégagées, et le feu de la convoitise qui est allumé dans nos corps ne peut jamais égaler les chastes embrasements des esprits que l’amour de la pureté lie ensemble. Mais où est-ce que cet amour si spirituel s‘est jamais trouvé si parfait que dans le mariage de saint Joseph ? Car dites-nous, ô divin Joseph ! qu’est-ce que vous aimez en Marie ? Ah ! Sans doute, ce n’était pas la beauté mortelle, mais cette beauté cachée et intérieure dont la sainte virginité faisait le principal ornement. C‘était donc la pureté de Marie qui faisait le chaste objet de ses feux ; et plus il aimait cette pureté, plus il la voulait conserver, premièrement en sa sainte épouse, et secondement en lui-même, par une entière unité de cœur ; si bien que son amour conjugal, se détournant du cours ordinaire, se donnait et s’appliquait tout entier a garder la virginité de Marie...

Mais comment le Sauveur Jésus fut-il le fruit sacré de ce saint mariage ? « C’est à cause de sa pureté, dit-il, que Marie a plu au Père éternel ; c’est à cause de sa pureté que le Saint Esprit se répand en elle, et recherche ses embrassements pour la remplir d’un germe céleste. Et, par conséquent, ne peut-on pas dire que c’est sa pureté qui la rend féconde ? Que si c’est sa pureté qui la rend féconde, je ne craindrai plus d‘assurer que Joseph a participé à ce grand miracle ; car si cette pureté angélique est le bien de Marie, elle est le dépôt, et non-seulement le dépôt, mais encore le bien de son chaste époux. Elle est a lui par son mariage, elle est à lui par les chastes soins par lesquels il l’a conservée. Ô féconde virginité ! Si vous êtes le bien de Marie, vous êtes aussi le bien de Joseph. Marie l’a vouée, Joseph la conserve, et tous deux la présentent au Père éternel comme un bien gardé par leurs soins communs. Comme donc il a tant de part a la sainte virginité de Marie, il en prend aussi au fruit qu’elle porte. C'est pourquoi Jésus est son Fils, non pas à la vérité par la chair, mais par l‘esprit, à cause de l’alliance virginale qui le joint avec sa mère ».

Et le reste, que nous n’entreprendrons pas même d’analyser ici.

 

Pratique

Anneau de saint Joseph

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La précieuse relique de l’anneau nuptial que saint Joseph donna à la sainte Vierge, lors de leur angélique mariage, se conserve à Pérouse, où il est l’objet de la pieuse vénération des fidèles, et surtout des époux chrétiens, qui sont trop heureux de pouvoir faire toucher leurs anneaux de mariage a celui de Marie et de Joseph, comme pour attirer sur leur mariage leur protection plus particulière. De là, pour les époux chrétiens de tous les pays, le pieux usage de porter aux doigts des anneaux bénits sous l'invocation du glorieux Patriarche.

Pour les personnes non engagées dans le mariage, elles peuvent aussi porter de ces anneaux, soit en vue de mériter davantage la protection de saint Joseph, soit comme témoignage de leur fidélité à son service, soit comme gage perpétuel de leur saint esclavage.

Tout prêtre peut bénir ces anneaux sans une autorisation spéciale. Voici une formule de bénédiction qui se trouve dans les Bréviaires de l’Ordre du Carmel, et qui est usitée dans les couvents de l’Association des Enfants de saint Joseph :

 

Bénédiction de l’anneau de Saint Joseph

 

V. Adjutorium nostrum, etc. R. Qui fecit, etc.

 

Oremus. Deus, cujus verbe sanctificantur omnia quæ percipimus, effunde, quæsumus, benedictionem tuam super nos et super hunc annulum, ut per intercessionem beatæ Mariæ semper Virginis, ac ejus sponsi Joseph, quæeumque præsentis vitae necessitas postulat, misericorditer cum gratiarum actione assequamùr. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

 

Prière

Récitée dans l’Institut de Saint Jean-Baptiste de la salle

 

« Glorieux saint Joseph, qui avez été choisi de Dieu pour être le Père nourricier du Verbe fait chair, le fidèle Epoux et le gardien de la pureté de la très-sainte Vierge, obtenez-nous du Père une parfaite soumission à sa sainte volonté ; du Fils, une application intérieure à ses divins mystères ; et du Saint-Esprit, la pureté du cœur et du corps, ainsi qu’une entière fidélité à ses grâces ».

Telle est la prière, ô bon saint Joseph, que vous adressent tous les jours les pieux Enfants de Saint Jean-Baptiste de la Salle, nos admirables Frères des Écoles chrétiennes, qui savent si bien vous imiter et marcher dans cette voie de la simplicité et de l’humilité que vous avez tracée à la suite de Jésus et de Marie. Mais comme nous avons bien plus besoin qu’eux de ces vertus, qui vous sont chères, et dans le désir de les obtenir plus efficacement, nous nous unissons à eux pour vous les demander également pour nous, afin que, n0us aussi, nous parvenions à vivre, comme eux et comme vous, dans une parfaite soumission ai la sainte volonté de Dieu le Père, dans la vraie application intérieure aux divins mystères du Fils, et dans cette pureté de cœur et de corps que le Saint Esprit seul peut mettre en nous, en nous donnant l’entière fidélité à ses grâces. Obtenez-nous ces vertus, tout-puissant saint Joseph, de Celui qui, vous ayant adopté pour son Père, fait encore dans le ciel toutes vos volontés, comme il les faisait autrefois sur la terre.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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1 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

 

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Deuxième jour

Jeunesse de saint Joseph

 

Joseph, dont le père s’appelait Jacob, était le troisième de six frères. Ses parents habitaient en avant de Bethléem un vaste édifice qui avait été autrefois la maison paternelle de David, dont le père, Isa ou Jessé, était possesseur. A l’époque de Joseph, il ne restait plus guère que les gros murs de l’ancienne construction. Sa position était charmante, surtout a cause des cours d’eau qui l'entouraient.

Devant la maison, il y avait, comme devant les maisons de l’ancienne Rome, une cour antérieure entourée de galeries couvertes. Il y avait dans ces galeries des figures semblables à des têtes de vieillards. D’un côté de la cour se trouvait une fontaine sous un petit édifice en pierre. L’eau sortait par des têtes d‘animaux. La maison d‘habitation n‘avait pas de fenêtres au rez-de-chaussée, mais il y avait plus haut des ouvertures rondes. Autour de la maison régnait une large galerie, aux quatre coins de laquelle se trouvaient de petites tours semblables à de grosses colonnes, qui se terminaient par des espèces de coupoles surmontées de petits drapeaux. Par les ouvertures de ces coupoles, où conduisaient des escaliers pratiqués dans les tourelles, on pouvait voir de loin sans être vu soi-même. Il y avait de semblables tourelles sur le palais de David à Jérusalem, et ce fut de la coupole de ces tourelles qu'il arrêta un regard coupable sur Élisabeth. Dans le haut de la maison, cette galerie régnait autour d’un étage peu élevé, dont la toiture plate supportait une construction terminée par une autre tourelle. Joseph et ses frères habitaient dans le haut, ainsi qu’un vieux Juif qui leur servait de précepteur. Ils couchaient autour d’une chambre placée au centre de l’étage qui dominait la galerie. Leurs lits, consistant en couvertures qu’on roulait contre le mur pendant le jour, étaient séparés par des nattes qu’on pouvait enlever. Leurs parents, qui ne paraissaient ni bons ni mauvais, ne s’occupaient guère de leurs enfants et avaient peu de rapports avec eux.

Joseph était d’un naturel fort différent de celui de ses frères. Il avait beaucoup d’intelligence et apprenait très bien ; mais il était simple, paisible, pieux et sans ambition. Ses frères lui faisaient toutes. sortes de malices et le rudoyaient de temps en temps. Ces enfants avaient de petits jardins divisés en compartiments ; à l’entrée de ces jardins se trouvaient sur des piliers, dans des espèces de niches, des figures semblables à des enfants emmaillotés, comme on en voyait dans les oratoires de sainte Anne et de la sainte Vierge ; seulement, chez Marie. cette figure tenait un objet assez semblable à un calice, d’où quelque chose sortait en serpentant. Les figures de la maison dont il est ici question ressemblaient seulement à des enfants au maillot avec des visages tout ronds et entourés de rayons. Il y avait des figures de ce genre dans les ornements du temple de Jérusalem, et l’on en rencontrait jusqu’en Égypte, où elles avaient souvent de petits bonnets sur la tête. Parmi les figures que Rachel déroba à son père Laban, il y en avait de semblables, quoique plus petites ; mais la plupart étaient d‘une autre forme. Il y avait aussi chez les Juifs de ces figures couchées dans de petits coffres ou de petites corbeilles. Peut-être qu’elles représentaient Moïse enfant, flottant sur le Nil, et que l’emmaillotage pouvait indiquer les forts liens dans lesquels la loi enchaînait le peuple israélite. Ils avaient de ces petites figures comme nous avons des Enfants-Jésus.

Dans les jardins des enfants, se trouvaient des herbes, des buissons et des arbustes. Les frères de Joseph allaient souvent en secret dans son jardin. pour y faire des dégâts. Ils le faisaient beaucoup souffrir. Pour lui, on le voyait souvent, sous les galeries de la cour, prier à genoux et les bras étendus ; ses frères se glissaient alors près de lui et le frappaient dans le des. Une fois, pendant qu‘il était ainsi à genoux, l'un d’entre eux le frappa par derrière ; et comme il ne paraissait pas s‘en apercevoir, l‘autre recommença si souvent, que le pauvre Joseph tomba en avant sur les dalles. C‘est qu’il avait été ravi en extase pendant son oraison. Quand il revint à lui, il ne se mit pas en colère, il ne pensa pas à se venger, mais il chercha un coin reculé pour y continuer sa prière.

Aux murs extérieurs de la maison étaient adossés de petits logements où demeuraient deux femmes d‘un âge mûr, qui allaient toujours voilées et paraissaient faire partie des gens de la maison, car on les voyait souvent entrer et sortir pour des commissions de toute espèce. Elles portaient l‘eau, lavaient, balayaient, fermaient les ouvertures des fenêtres avec des grilles qu’elles mettaient devant, roulaient les lits contre les murs et mettaient devant des espèces de paravents en nattes. Les frères de Joseph parlaient souvent à ces femmes, les aidaient dans leurs travaux, ou plaisantaient avec elles. Joseph n’agissait pas ainsi : il restait toujours réservé et aimait à être seul.

Les parents de Joseph n’étaient pas très satisfaits de lui : ils auraient voulu qu’il employât ses talents à se faire une position dans le monde ; mais il n’avait aucune inclination de ce côté. Ils le trouvaient trop simple et trop calme : il n’aimait qu’à prier et à travailler tranquillement de ses mains. A une époque où il pouvait bien avoir douze ans, on le vit souvent, pour se dérober aux taquineries continuelles de ses frères, s‘en aller de l’autre côté de Bethléem, non loin de ce qui fut plus tard la grotte de la Crèche, et passer quelque temps près de pieuses femmes qui appartenaient à une petite communauté d’Esséniens. Elles demeuraient contre une carrière pratiquée dans la colline sur laquelle se trouve Bethléem, et habitaient là des chambres creusées dans le roc ; elles cultivaient de petits jardins voisins de leur demeure, et instruisaient des enfants d’autres Esséniens. Souvent, pendant qu’elles récitaient des prières écrites sur un rouleau, à la lueur d’une lampe suspendue à la paroi du rocher, le petit Joseph cherchait auprès d‘elles un refuge contre les persécutions de ses frères et priait avec elles. Il s’arrêtait aussi quelquefois dans des grottes, dont l'une fut plus tard le lieu de naissance de Notre-Seigneur. Il y priait seul ou s‘exerçait à façonner de petites pièces de bois. Un vieux charpentier avait son atelier dans le voisinage des Esséniens, Joseph allait souvent chez lui et apprenait peu à peu son métier ; il y réussissait d’autant mieux qu’il avait appris un peu de géométrie avec s’en précepteur.

L’inimitié de ses frères lui rendit à la fin impossible la demeure dans la maison paternelle. Alors un ami de Bethléem, qui n’était séparé de l‘habitation de son père que par un petit ruisseau, lui donna des habits avec lesquels il se déguisa, et quitta la maison pendant la nuit pour aller ailleurs gagner sa vie à l’aide de son métier de charpentier. Il pouvait avoir alors dix-huit à vingt ans.

Il travailla d‘abord chez un charpentier, près de Lebonah. Ce fut la qu‘à vrai dire, il apprit son métier. La demeure de son maître était contre de vieux murs qui conduisaient de la ville à un château en ruines, le long d’une crête de montagne. Beaucoup de pauvres gens habitaient là dans la muraille, et Joseph, entre deux grands murs où le jour pénétrait par des ouvertures pratiquées en haut, y façonnait de longues barres de bois. C’étaient des cadres dans lesquels on faisait entrer des cloisons en clayonnage. Son maître était un pauvre homme qui ne faisait guère que des ouvrages grossiers et de peu de valeur.

Joseph était pieux, bon et simple ; tout le monde l’aimait. Il rendait, avec une parfaite humilité, toutes sortes de services à son maître, ramassait des copeaux, rassemblait des morceaux de bois et les rapportait sur ses épaules. Plus tard, il passa une fois en cet endroit avec la sainte Vierge, et dut visiter avec elle son ancien atelier.

Ses parents crurent d‘abord qu’il avait été enlevé par des bandits. Plus tard ses frères découvrirent où il était et lui firent de vifs reproches ; car ils avaient honte de la basse condition à laquelle il s’était réduit. Il y resta par humilité; seulement il quitta ce lieu , et travailla dans la suite à Thanath (Thanach), près de Megiddo, au bord d’une petite rivière (le Kison) qui se jette dans la mer. Cet endroit n’est pas loin d’Apheké, ville natale de l’apôtre saint Thomas. Il vécut la chez un maître assez riche ; en y faisait des travaux plus soignés.

Plus tard encore, à Tibériade, il travailla pour un autre maître. Il demeurait seul dans une maison au bord de l’eau. Il pouvait avoir alors trente-trois ans. Ses parents étaient morts depuis longtemps à Bethléem. Deux de ses frères habitaient encore à Bethléem, les autres étaient dispersés. Leur maison paternelle avait passé en d'autres mains, et la famille était promptement tombée en déchéance.

Joseph était très pieux et priait ardemment pour la venue du Messie. Il était occupé à arranger auprès de sa demeure un oratoire où il pût prier dans une plus grande solitude, lorsqu’un Ange lui apparut et lui dit de cesser ce travail ; car, de même qu‘autrefois Dieu avait confié au patriarche Joseph l’administration des, blés de l’Égypte, de même le grenier qui renfermait la moisson du salut allait être confié à sa garde.

Joseph, dans son humilité, ne comprit pas ces paroles et continua à prier avec ferveur, jusqu’au moment où il fut appelé à se rendre au Temple de Jérusalem pour y devenir, en vertu d’une prescription d’en haut, l’Époux de la sainte Vierge. Il ne parait pas qu‘il fût marié antérieurement. Il vivait très retiré et évitait la société des femmes.

 

Considération

Saint Joseph d'après l’Évangile

 

Si le Saint Esprit a dit, au livre de Tobie (12, 7), qu’il est bon de tenir caché le secret du Roi et honorable de révéler et de confesser les œuvres du Très-Haut, l’Évangile aussi, qui est sa parole la plus substantielle, nous racontera bien les merveilles de l‘Incarnation du Fils de Dieu, mais ne trahira pas le secret dont le Seigneur a voulu envelopper son glorieux Père nourricier. Il ne parlera donc du saint Patriarche qu’autant qu’il sera besoin pour l’exposition du grand mystère. Pour ce qui le concerne personnellement, à peine s‘il fera allusion. Et toutefois ce qu'il en laissera voir en dira plus que l’esprit humain ne pourra jamais comprendre et que tous les docteurs ne pourront jamais expliquer.

L’évangile d’abord n’a qu’un mot pour exprimer sa sainteté. Comme Joseph, dit-il, était un homme juste, cùm esset justus. Mais comme ce mot, pris ainsi absolument, implique la réunion et la perfection de toutes les vertus, il n’y a plus rien à ajouter après ce mot, qui écarte jusqu’à la moindre objection que l‘on pourrait élever contre une sainteté au-dessus de toutes les atteintes. Il était juste, juste à tous égards, juste sous tous les rapports, juste au point que la moindre obscurité ne pouvait planer sur sa justice, juste comme Dieu se le devait à lui-même pour faire de Joseph un digne Époux de Marie et un non moins digne Père nourricier de Jésus. Comprenne maintenant qui pourra quelle était la justice de Joseph et quelle est la signification de cette parole de l’Évangile : Comme il était juste.

C’est encore d’un mot qu’il exprime la dignité et les grandeurs de saint Joseph. Il l’appelle l’Époux de Marie, de laquelle est né Jésus, virum Mariæ, de quâ natus est Jesus.

L’Époux de Marie ! Simple parole qui transporte tant de suite Joseph à une hauteur de dignité, et en même temps de vertu, de sainteté et de perfection, qui dépasse toutes les conceptions. Car si Marie a été la plus privilégiée de toutes les créatures, et, comme Mère de Dieu, bien élevée au-dessus de tout ce qu’il y a de plus parfait sur la terre et dans le ciel, il faut bien que Joseph, destiné a être l’Époux de Marie, ait été enrichi de dons, de qualités et de vertus semblables en tout point a ceux de Marie, et soit, après elle, l'être le plus privilégié du ciel et de la terre. Et c’est de Marie qu’est né Jésus ! Dont Joseph devient conséquemment le Père, légalement, en droit, aux yeux des hommes et aux yeux même de Dieu, qui lui communiqué, sauf la génération qu’il ne partage qu’avec l’Immaculée Vierge, tous les autres éléments de la paternité, et non-seulement le titre, mais le naturel, l’amour, l’autorité, les fonctions, les devoirs, et tous les droits d’un véritable père.

Aussi est-ce en cette double qualité d’Époux de Marie et de Père de Jésus que l’Évangile lui attribue, que saint Joseph pourvoit a la naissance de l’Enfant Dieu à Bethléem ; lui impose le nom dans sa Circoncision ; le porte ensuite à Jérusalem pour sa Présentation au Temple ; conduit l’Enfant et la Mère en Égypte pour les soustraire à la colère d‘Hérode ; les nourrit de son travail et de ses sueurs durant les rigueurs de l‘exil, et les ramène enfin à Nazareth, où il reste le chef et le pourvoyeur de la sainte famille jusqu‘à la fin de ses jours.

Mais à Nazareth, Jésus, fils de Marie et de Joseph, leur était soumis, et erat subditus illis. Oui, fils de Marie et de Joseph, parce que ces derniers mots sont dits de Jésus immédiatement après que ses parents l’ayant retrouvé dans le Temple, Marie lui eut dit : « Mon fils, pourquoi en avez-vous agi ainsi avec nous ? Voilà que votre père et moi, vous cherchions bien affligés ». Ecce pater tuus et ego quærebamus te. L’Evangéliste avait déjà dit, du reste, à propos du Cantique du saint vieillard Siméon, que « son père et sa mère étaient dans l‘admiration de ce qui se disait de lui ». Et crut pater ejus et mater mirantes super his quœ dicebantur de illo.

Admirable simplicité du récit évangélique qui, dans sa sublime brièveté, montre, dès le principe, à l’Église saint Joseph tel qu’il est en réalité, le saint Époux de Marie, le vrai Père, quoique d‘adoption, de Jésus, et conséquemment de tous les chrétiens, ces autres enfants de Marie qu’il a également adoptés ! Puis, en énonçant si clairement ses relations avec les trois divines Personnes, avec le Père, qui l’a associé à sa divine paternité, avec le Fils, dont il fut le père sur la terre, avec le Saint Esprit, qui l’a constitué ici-bas l’époux de Marie, avec la Mère Immaculée, qui lui a donné sa part dans l’enfantement et la conservation de son divin Fils, comme il établit merveilleusement les fondements du culte que les générations futures auront a lui rendre dans la suite des âges, en reconnaissant qu’il jouit dans le ciel des mêmes dignités et des mêmes prérogatives qu’il posséda sur la terre ! Et voilà bien ce qui ressort, en effet, du texte sacré.

Maintenant donc que les Pères de l’Église, les Docteurs, les Saints, les auteurs ascétiques, s‘emploient à l’envi, et les uns après les autres, à exalter les louanges du saint Patriarche, ils ne feront jamais que développer ce fond inépuisable de lumière que le Saint Esprit a concentré dans quelques paroles. Tout ce qu’ils diront, selon la pensée d’un pieux auteur, sera contenu dans ce qu’il a dit, mais ils n’arriveront jamais à dire pleinement tout ce qu’il a dit en si peu de mots dans l’Évangile.

 

Pratique

Culte Perpétuel de saint Joseph

 

Le Culte Perpétuel de saint Joseph consiste à réunir un nombre suffisant de personnes, 365 au moins, pour pouvoir offrir chaque jour de l’année un tribut de prières et d’hommages a saint Joseph. Mais pour rendre ce pieux exercice plus facile, soit à établir, soit à maintenir, dans les paroisses et communautés, le Pape Pie IX a approuvé de réduire à trente le nombre des associés, de manière qu’en choisissant chacun leur jour dans le mois, ils puissent consacrer à saint Joseph tous les jours de chaque mois, et par conséquent tous les jours de l’année.

Il convient, ce jour-là : 1° d'entendre la sainte messe et d'y communier en l’honneur de saint Joseph ; 2° de penser davantage à lui et de réciter, à l’intention de ses douleurs et de ses allégresses, sept Pater, Ave et Gloria ; 3° de faire quelque bonne œuvre à sa gloire ; 4° de finir la journée par une visite au Saint Sacrement et l’offrande de son propre cœur à saint Joseph.

Saint Pie IX a enrichi cette pratique de nombreuses Indulgences, d‘abord, de sept ans et de sept quarantaines chaque jour où l‘on s‘acquittera de quelqu‘une des pratiques énoncées plus haut, et ensuite, d‘Indulgences plénières : 1° le jour de l‘inscription ; 2° le jour choisi pour les pratiques du Culte Perpétuel ; 3°aux trois principales Fêtes de saint Joseph ; 4° aux fêtes de l’Immaculée Conception, de la Purification, de l'Annonciation, de l‘Assomption et de la Nativité de la très sainte Vierge ; 5° un jour chaque mois ; 6° à l’article de la mort. Toutes les messes dites pour les âmes des Associés défunts jouissent, en leur faveur, des Indulgences de l'autel privilégié.

 

Offrande de la journée

Attribuée à sainte Madeleine de Pazzi

 

Bénie soit la sainte et indivisible Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, que nous bénirons et confesserons à jamais pour les grandes miséricordes dont ils ont usé envers nous !

Bénie soit la Sainte et très auguste Trinité de la terre, Jésus, Marie, Joseph, que nous louerons et glorifierons à toujours, en reconnaissance des grâces qu’il leur a plu de nous faire et de nous obtenir de Dieu !

Oui, ô adorable et glorieuse Trinité du ciel, qui nous avez donné sur la terre l’admirable Trinité de Jésus, Marie, Joseph, et qui l’avez prévenue des bénédictions de votre douceur, en établissant Jésus comme la source, Marie comme la fontaine, et Joseph comme le canal de l’eau qui coule de votre paradis pour arroser et fertiliser la terre desséchée de nos cœurs, faites-nous la grâce de pouvoir puiser à cette source par leur entremise, et participer ensuite en abondance à leurs bénédictions et à leurs mérites, afin qu’après avoir honoré d’un saint culte cette Trinité sur la terre, nous puissions être admis un jour dans le ciel en leur éternelle et bienheureuse compagnie, où il nous sera permis de jouir à jamais de la Trinité parfaite, en vivant toujours en elle, la louant sans mesure, la bénissant sans cesse, et répétant dans les siècles des siècles :

Bénie soit à jamais la très sainte et très adorable Trinité, du Père, du Fils et du Saint Esprit !

Bénie soit à jamais la très sainte et très auguste Trinité de Jésus, Marie et Joseph !

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

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5 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Sixième jour

Annonciation

Quelque temps après son mariage, la sainte Vierge était restée seule dans la maison de Joseph, à Nazareth. Joseph était parti avec deux ânes, soit pour rapporter quelque chose dont il avait hérité, soit pour prendre les instruments de son métier. Le second mari d’Anne et d’autres personnes avaient été le matin dans la maison, mais ils étaient repartis.

Outre la sainte Vierge et deux jeunes femmes de son âge, qui avaient été sans doute ses compagnes au Temple, il y avait dans la maison sainte Anne avec cette veuve, sa parente, qui était à son service, et qui, plus tard, l’accompagna à Bethléem, après la naissance de Jésus. Sainte Anne avait tout remis à neuf dans la maison. Dans la journée, les quatre femmes allèrent et vinrent dans l’intérieur de la maison, puis se promenèrent ensemble dans la cour. Vers le soir, elles rentrèrent et prièrent debout autour d’une petite table ronde ; après quoi elles mangèrent des herbes qui avaient été apportées. Elles se séparèrent ensuite. Sainte Anne alla encore çà et là dans la maison comme une mère de famille occupée de son ménage. Les deux jeunes personnes allèrent dans leurs chambres séparées, et Marie aussi se retira dans la sienne.

La chambre de la sainte Vierge était sur le derrière de la maison, près du foyer. On y montait par trois marches ; car le sol de cette partie de la maison était plus élevé que le reste et sur un fond de rocher. Vis-à-vis la porte, la chambre était ronde, et dans cette partie circulaire, qui était séparée par une cloison a hauteur d‘homme, se trouvait roulé le lit de la sainte Vierge. Les parois de la chambre étaient revêtues jusqu’à une certaine hauteur d’une espèce de travail de marqueterie faite avec des morceaux de bois de différentes couleurs. Le plafond de la chambre était formé par quelques solives parallèles, dont les intervalles étaient remplis par un clayonnage orné de figures d’étoiles.

La sainte Vierge, en entrant, se revêtit, derrière la cloison de son lit, d‘une longue robe de laine blanche avec une large ceinture, et se couvrit la tête d‘un voile d’un blanc jaunâtre. Pendant ce temps, la servante entra avec une lumière, alluma une lampe à plusieurs bras qui était suspendue au plafond, et se retira. La sainte Vierge prit alors une petite table basse qui était contre le mur, et la mit au milieu de la chambre. Appuyée au mur, elle ne se composait que d‘une planchette mobile repliée sur deux pieds. Marie la releva horizontalement et ramena en avant un troisième pied pour la soutenir. Le côté de la table qui reposait sur ce troisième pied était rond. La petite table était recouverte d’un tapis rouge et bleu au milieu duquel était brodée une figure, qui pouvait être une lettre ou un ornement. Un rouleau de parchemin écrit était sur cette table.

La sainte Vierge l’ayant dressée, entre la place de son lit et la porte, à un endroit où le sol était recouvert d'un tapis, plaça devant un petit coussin rond pour s’y agenouiller. Elle se mit alors à genoux, les deux mains appuyées sur la table. La porte de la chambre était devant elle à droite ; elle tournait le dos à sa couche.

Marie baissa son voile sur son visage et joignit les mains devant sa poitrine, mais sans croiser les doigts. Elle pria longtemps ainsi avec ardeur, le visage tourné vers le ciel ; elle appelait la rédemption, la venue du roi promis au peuple d’Israël, et elle demandait aussi à avoir quelque part à sa mission. Elle resta longtemps à genoux, ravie en extase ; puis elle pencha la tête sur sa poitrine.

Alors, du plafond de la chambre descendit à sa droite, en ligne un peu oblique, une telle masse de lumière, que l’on ne pouvait en supporter la vue. Dans cette lumière était un jeune homme resplendissant, avec des cheveux blonds flottants, qui descendit devant elle à travers les airs : c’était l’ange Gabriel. Il lui parla, et ses paroles sortirent de sa bouche comme des lettres de feu. Marie tourna un peu sa tête voilée vers le côté droit. Cependant, dans sa modestie, elle ne regarda pas. L‘Ange continua à parler. Marie tourna le visage de son côté, comme pour obéir à un ordre, souleva un peu son voile, et répondit. L’Ange parla encore. Marie releva tout à fait son voile, regarda l’Ange et prononça les paroles sacrées : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole ».

La sainte Vierge était dans un ravissement profond. La chambre était pleine de lumière. On ne vit plus la lueur de la lampe qui brûlait ; on ne vit plus le plafond de la chambre. Le ciel parut ouvert. Il y avait au dessus de l’Ange une voie lumineuse, et à l’extrémité de ce fleuve de lumière une figure de la sainte Trinité : c’était comme un triangle lumineux dont les rayons se pénétraient réciproquement. On y reconnaissait ce que l’on ne peut qu’adorer, mais jamais exprimer : Dieu tout-puissant, le Père, le Fils et le Saint Esprit, et cependant un seul Dieu tout-puissant.

Quand la sainte Vierge eut dit : « Qu’il me soit fait selon votre parole », on vit une apparition ailée du Saint-Esprit, qui cependant ne ressemblait pas entièrement à la représentation ordinaire sous forme de colombe. La tête avait quelque chose du visage humain ; la lumière se répandait des deux côtés comme des ailes, et il en partit comme trois courants lumineux vers le côté droit de la sainte Vierge, Où ils se réunirent.

Quand cette lumière pénétra son côté droit, la sainte Vierge devint elle-même lumineuse et comme diaphane : il semblait que ce qu‘elle avait d‘opaque en elle se retirât devant cette lumière comme la nuit devant le jour. Elle était dans ce moment tellement inondée de lumière, que rien en elle ne paraissait plus obscur ni opaque : elle était resplendissante et comme illuminée tout entière.

Après cela l’Ange disparut, et la voie lumineuse dont il était sorti se retira : c’était comme si le ciel aspirait et faisait rentrer en lui ce fleuve de lumière. Il parut en remontant laisser tomber sur la sainte Vierge plusieurs boutons de roses blanches, chacun avec une petite feuille verte.

Mais en ce moment apparut dans la chambre de Marie un horrible serpent. Ce serpent était à peu près de la longueur d’un enfant ; sa tête était large et plate ; il avait à la hauteur de la poitrine deux courtes pattes membraneuses, armées de griffes semblables à des ailes de chauves souris, sur lesquelles il se traînait. Il était tacheté de diverses couleurs d’un aspect repoussant, et rappelait le serpent du paradis, mais avec quelque chose de plus difforme et de plus horrible. Quand l’Ange disparut de la chambre de la sainte Vierge, il marcha sur la tête de ce monstre devant la porte, et l‘on entendit un cri si affreux, que l’on en frissonnait. L’on vit ensuite paraître trois esprits qui frappèrent ce hideux reptile et le chassèrent hors de la maison.

Après la disparition de l’Ange, la sainte Vierge entra dans un profond ravissement, et, toute recueillie en elle-même, elle contemplait et adorait l’incarnation du Sauveur en elle, où il était comme un petit corps humain lumineux, complètement formé et pourvu de tous ses membres. Ici, à Nazareth, c‘est tout autre chose qu’à Jérusalem : à Jérusalem, les femmes doivent rester dans le vestibule ; elles ne peuvent pas entrer dans le Temple ; les prêtres seuls ont accès dans le sanctuaire ; mais à Nazareth, c’est une Vierge qui est elle-même le temple ; le Saint des saints est en elle, le grand prêtre est en elle, et elle est seule près de lui. Combien cela est touchant, merveilleux, et pourtant simple et naturel ! Les paroles de David dans le Ps. 45 sont accomplies : « Le Très-Haut a sanctifié son tabernacle ; Dieu est au milieu de lui, il ne sera pas ébranlé ».

Il était à peu près minuit quand s’accomplit ce mystère. Au bout de quelque temps, sainte Anne entra chez Marie avec les autres femmes. Un mouvement merveilleux dans la nature les avait éveillées : une nuée lumineuse avait paru au-dessus de la maison. Quand elles virent la sainte Vierge à genoux au-dessous de la lampe, ravie en extase dans sa prière, elles s’éloignèrent respectueusement.

Au bout de quelque temps, la sainte Vierge se releva et s’approcha de son petit autel, qui était contre le mur ; elle alluma la lampe et pria debout. Des rouleaux écrits étaient devant elle sur un pupitre élevé. Elle se mit ensuite sur sa couche vers le matin.

Cependant Anne avait reçu une connaissance intérieure de ce qui s’accomplissait. La sainte Vierge aussi savait qu’elle avait conçu le Messie, le Fils du Très-Haut ; elle voyait des yeux de l’esprit tout ce qui se passait en elle, mais elle ne savait pas encore que le trône de David, son père, que Dieu devait lui donner, était un trône surnaturel ; elle ne savait pas encore que la maison de Jacob, sur laquelle, d’après les paroles de Gabriel, il devait régner éternellement, était l’Eglise, la société de l‘humanité régénérée. Elle croyait que le Rédempteur serait un saint roi qui purifierait son peuple et le rendrait victorieux de l‘enfer ; elle ne savait pas encore que ce Roi, pour racheter les hommes, mourrait de la mort la plus cruelle et la plus ignominieuse.

Mais pourquoi le Rédempteur devait-il rester neuf mois dans le sein de sa mère et naître enfant ? Pourquoi n’avait-il pas voulu naître homme fait comme notre premier père, se montrer dans toute sa beauté comme Adam sortant des mains du Créateur ? Ce que l’on en peut comprendre, c’est qu’il a voulu sanctifier de nouveau la conception et la naissance des hommes, qui avaient été si dégradées par le péché originel. Si Marie devint sa mère et s’il ne vint pas plus tôt, c’est qu’elle seule était, ce que jamais créature ne fut avant elle ni sera après elle, le pur vase de grâce que Dieu avait promis aux hommes, et dans lequel il devait se faire homme, pour payer les dettes de l’humanité au moyen des mérites surabondants de sa Passion. La sainte Vierge était la fleur parfaitement pure de la race humaine, écluse dans la plénitude des temps. Tous les enfants de Dieu parmi les hommes, tous ceux qui, depuis le commencement, avaient travaillé à l’œuvre de leur sanctification, ont contribué à sa venue. Elle était le seul or pur de la terre ; elle seule était la portion pure et sans tache de la chair et du sang de l’humanité tout entière, qui, préparée, épurée, recueillie, consacrée à travers toutes les générations de ses ancêtres, conduite, protégée et fortifiée sens le régime de la loi de Moïse, se produisait enfin comme la plénitude de la grâce. Elle était prédestinée dans l‘éternité, et elle a ' paru dans le temps comme Mère de l’Eternel.

 

Considération

Saint Joseph d'après Gerson

 

Gerson, le dévot chancelier de l‘Université de Paris, fut une des grandes figures de ce moyen-âge tant maltraité par la mauvaise foi et surtout par l‘ignorance mais qui n’en restera pas moins l’âge de la vraie vie des peuples, parce qu'il fut l'âge de la vie divine descendue sur la terre et passée dans les mœurs particulières et publiques. On l’appela, de son temps, le docteur très chrétien, comme il l’était en effet. Il se distingua surtout par sa dévotion et son amour pour saint Joseph. Il lui consacra un admirable poème qu’il intitula Josephina. Il eût été heureux de voir sa Fête partout solennisée, et il composa une sorte d’Office en vue de l’établissement de cette Fête. Il écrivit plusieurs lettres dans ce but, et, en 1413, il fit une Exhortation spéciale au duc de Barry a ce sujet. Il en parla aussi au Concile de Constance, et, le 8 septembre 1416, il fit dans ce Concile un magnifique Sermon sur le saint Patriarche. C’est dans ce Sermon qu‘il préconisa l’opinion qui tient que saint Joseph a été sanctifié dès le sein de sa mère. Ses ennemis attaquèrent ce Sermon sur quelques points relatifs à la politique ; mais personne n’ayant réclamé contre celui-ci, il s’ensuit que la doctrine de Gerson est devenue pour ainsi dire celle de ce Concile, composé de 4 Patriarches, 47 Archevêques, 160 Evêques et 564 abbés et docteurs. Voici la substance de ce Sermon :

« C’est de Jacob que fut engendré Joseph, l’Epoux de Marie, Mère de Jésus », nous dit l‘Evangile ; et par ces paroles il met en évidence deux grands principes de notre foi : le premier, que Jésus, qui est appelé le Christ, étant né de Marie, Marie est Mère de Dieu, puisque le Christ est Dieu ; le second, que Joseph étant l’Epoux de Marie, en est aussi le chef, puisque le chef de la femme, c’est l’homme, dit l’Apôtre.

Mais de ces deux principes en découlent deux autres qui s’en déduisent naturellement : le premier, que Marie dut, de toute convenance, briller d’une telle pureté, qu’après celle de Dieu, comme dit saint Anselme, l'on ne peut en concevoir de plus grande ; le second, que Joseph dut, de toute convenance aussi, jouir d’une semblable prérogative, pour que la ressemblance et le rapport d‘un tel époux avec une telle épouse fussent plus parfaits. D'où vient que de même que louer Marie. c’est louer le Christ, son Fils ; louer aussi Joseph, c’est louer à la fois Jésus et Marie. Ce qui explique aussi pourquoi la sainte Ecriture ne donne pas plus de détails sur les louanges, les dignités et les excellences, les vertus, les œuvres et les actions de Marie et de Joseph, parce que le monde, si vaste qu‘il soit, ne contiendrait pas tous les livres qu‘on pourrait écrire sur ce sujet.

Recueillons, toutefois, de ces principes quatre considérations qui priment toutes les autres :

La première, qui regarde la noblesse de l’origine de Marie et de Joseph, noblesse qui s‘étend à l’un comme à l’autre. Car, comme Marie était issue de la race royale de David, ainsi en fut-il de Joseph, époux de Marie, que nous lisons dans l’Evangile être issu également de la maison de David.

La deuxième, qui concerne la sanctification de l’un et de l’autre. Car, si Marie fut sanctifiée dès le sein de sa mère, ou peut l'admettre aussi, par une pieuse croyance, de Joseph, son virginal époux, quoique cette sanctification n'ait pas en lieu de la même manière, Marie ayant été tellement prévenue de la grâce, qu’elle ne fut jamais soumise à la tache originelle, et Joseph n’ayant été sanctifié dans le sein de sa mère qu‘après sa conception et par le baptême du Saint Esprit, comme Jean-Baptiste et plusieurs autres.

La troisième, qui a trait à la répression du foyer de la concupiscence en l‘un et en l‘autre. Car, de même que Marie ne ressentit point la concupiscence originelle et ne fut point exposée à brûler de l’ardeur des vices, ainsi peut-on l’entendre pieusement de Joseph, son virginal époux, à partir surtout du moment qu‘il fut uni à Marie par les liens du plus saint mariage.

Enfin la quatrième, relative aux diverses naissances du Christ par rapport à Joseph et à Marie. L’on peut distinguer, en effet, en Jésus-Christ trois naissances : l’éternelle, la corporelle et la spirituelle.

Pour l’éternelle, c’est celle par laquelle il est engendré de son Père de toute éternité. A celle-ci, ni Marie ni Joseph n’ont en aucune part.

Pour la corporelle, c’est celle qu'il a prise dans le sein de Marie par la seule opération du Saint-Esprit. A celle-là, il n’y a bien que Marie qui y ait directement contribué, mais en faisant de Joseph, son époux, le père putatif et légal, le père d’adoption et de droit, de Notre-Seigneur.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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7 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Huitième jour

Convenance du titre de Notre Dame du Bon Conseil donné à Marie

 

4° - Considérée dans ses rapports avec l'Église.

 

Lorsque Marie devint Mère de Dieu, Elle devint aussi Mère de l'Eglise. Oui, parce qu'elle était Mère de Dieu, Elle était Mère de tous les croyants. A tous les croyants que Marie, siège de la Sagesse, engendrait à Dieu par son humble Fiat, Elle communiqua la lumière de cet esprit de conseil dont Elle était si abondamment pourvue. N'est-ce pas Elle qui, en temps opportun, révéla aux Apôtres ce qu'Elle avait gardé soigneusement dans son coeur ? Qui donc, de la mort à la résurrection du Sauveur, raffermit la foi chancelante des Apôtres ? Marie. Qui enfin, jusqu'à l'Assomption, conseilla et guida leur ministère ? Marie.

Et maintenant, bien que l'Eglise vive d'une vie toute divine, éclairée, guidée, assistée par son divin Fondateur, elle est aussi confiée aux soins pieux et spéciaux de Marie, dont les saintes inspirations et les salutaires conseils la réconfortent et l'instruisent. C'est à la direction de cette Femme bénie, que l'Eglise doit les merveilleux triomphes de la Foi, la paix au sein des discordes civiles, la consolation aux jours les plus amers de son histoire. Grâce aux conseils de Marie, on voit tous les jours des résurrections spirituelles inespérées, des exemples inouïs de pureté dans de timides colombes que l'infernal serpent s'efforce de séduire, des foules de jeunes gens chercher dans la solitude du cloître la perfection chrétienne. Marie pense tendrement à tous, et trace à chacun le chemin qui doit le conduire plus directement au ciel. Aux parents, Elle conseille le bon exemple, aux enfants l’obéissance, aux époux la fidélité, aux jeunes gens le sérieux de la vie. Elle inspire la justice et la prudence aux gouvernants, la doctrine et le zèle aux pasteurs sacrés, la vigilance et la force au Chef suprême de l’Eglise. Pourquoi donc s'étonner que le Vicaire de Jésus-Christ consulte Marie et la prie dans les difficultés de son universel ministère, qu'il parle et assemble les conciles en son nom ? Cette confiance prouve que la mystique Épouse de Jésus est guidée par les très sages conseils de cette Mère, vers laquelle tous sentent le besoin de se réfugier, afin d'acquérir la vérité et la justice. Ainsi le titre de Notre-Dame du Bon Conseil convient parfaitement à Marie, si on la considère dans ses rapports avec l'Eglise. L'Eglise reconnaît Marie pour sa vraie Mère, elle se fait un honneur de la saluer Mère de la Sagesse et une gloire de l'invoquer comme la Mère du Bon Conseil.

 

Exemple

 

En 1891, la fête de l'apparition de la Madone fut célébrée à Genazzano avec la plus grande pompe. Les pèlerins affluaient ; il y en avait des contrées les plus lointaines, et avec quelle foi, quel enthousiasme ils priaient et chantaient ! c’était comme un écho du ciel. Des étrangers, venus à l'église en curieux ou en touristes, en sortaient ébranlés ou convertis. Les messes se succédaient sans interruption de 4 heures à midi. Plus de vingt prêtres entendirent les confessions ; c'est dire si les communions furent nombreuses. Le cardinal Vincent Vannutelli rehaussait de l'éclat de sa présence cette solennité. A signaler, au nombre des pèlerins, le comte Ludovic Pecci, neveu de Léon XIII, venu directement de Carpineto, pour fêter Notre-Dame du Bon Conseil, à laquelle il avait voué une dévotion toute spéciale. Il imitait en cela la dévotion du Pape son oncle.

En 1878, en effet, le mois de Marie fut célébré avec une pompe toute particulière. On le clôtura par un Salut solennel que donna Son Éminence le Cardinal Lodochowski. Après la cérémonie, le R. P. Sous-Sacriste offrit à Léon XIII, outre le règlement de la Pieuse Union et quelques histoires de Notre-Dame du Bon Conseil, plusieurs images destinées aux prélats et aux membres de la cour pontificale qui avaient suivi les exercices du mois. Le Souverain Pontife ne se contenta pas d'accepter cette modeste offrande, il donna son nom à inscrire sur les registres de la Pieuse Union, et enrichit de 100 jours d'indulgence la prière suivante :

 

Prière

 

Ô très glorieuse Vierge Marie, choisie par le Conseil Éternel pour être la Mère du Verbe incarné, la Trésorière des grâces divines et l'avocate des pécheurs, je recours à vous, afin que vous daigniez être mon guide et mon conseil dans cette vallée de larmes. Obtenez-moi, par le très précieux Sang de votre divin Fils, le pardon de mes péchés, le salut de mon âme et les moyens nécessaires pour l'acquérir... Obtenez à la Sainte Eglise le triomphe sur ses ennemis et la propagation du règne de Jésus-Christ sur la terre. Ainsi soit-il .

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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13 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Quatorzième jour

Notre Dame du Bon Conseil, Mère de la Charité

 

Le père et l'enfant sont placés à un même foyer : le premier représentant la force, demeurera pour le second, qui est la personnification de la faiblesse, un éternel mystère, si un tiers ne vient pas les rapprocher. Aussi entre le père et l'enfant, Dieu a placé, comme nous le savons bien, une médiation, la mère. Portant en elle l'autorité du père, mais tempérée par la tendresse, elle semble dire à l'enfant : Comprenez-la sous mes baisers. Portant en elle la faiblesse de l'enfant, mais embellie par le sacrifice, elle semble dire au père : Comprenez-la par les séductions de mon dévouement. Elle incline la majesté du père jusqu’à l'enfant, elle élève la naïveté de l'enfant jusqu'à la sévérité paternelle. A l'une elle donne la condescendance, à l'autre la confiance nécessaire pour que la sympathie s'établisse ; et, de cette rencontre de la force et de la faiblesse au sein des étreintes maternelles, naissent les saints amours de nos foyers.

La même chose se retrouve dans la religion. Un jour, Dieu résolut d'abaisser la hauteur des cieux pour Se mettre à la portée des affections de Sa créature. Mais il y avait trop loin, de Sa grandeur qui trône dans les splendeurs éternelles, à notre petitesse tremblante et souillée. Alors, Il place entre les deux la médiation d’une femme. Quand les temps sont accomplis, cette créature semblable à la Sagesse antique dont elle est l'image, atteint d'un extrême à l'autre. D'une main elle semble faire descendre la divinité, de l'autre faire monter l'humanité jusqu'à elle ; et quand Dieu et l'homme se furent vus de près en ses chastes entrailles, unis dans la personnalité adorable de Jésus, alors la loi de crainte cessa pour la famille surnaturelle, et la loi d'amour avait commencé. Voilà, en effet, comment s'explique l'origine de cette réciprocité sublime que le monde ne connaissait pas avant le christianisme, l'amour de Dieu pour l'homme et l'amour de l'homme pour Dieu. Voilà comment Marie est devenue le trait d'union entre le ciel et la terre, et, pour les nations comme pour les individus, la médiatrice de la sainte Charité. N'en avons-nous pas une preuve manifeste dans l'apparition miraculeuse de l'incomparable Image de Notre-Dame du Bon Conseil et dans sa continuelle bienveillance pour tous ceux qui l’implorent ?

 

Exemple

 

Une religieuse, Soeur Agathe de Jésus, raconte ce qui suit : « En passant par une des rues de la ville, je trouve plusieurs personnes, tristes et désolées devant une maison qui m'était connue : « Ma soeur, me disent ces personnes, Louise D... est très malade. Montez, nous vous en supplions, votre visite lui fera du bien ». Je connaissais parfaitement cette jeune fille, ancienne élève d'une de mes compagnes. Je monte... Je trouve la malade très mal. Ses parents sont au désespoir. Louise ne prend rien depuis une semaine ; elle rejette les boissons les plus légères. Le médecin est découragé, il ne sait que faire, que prescrire... Alors, saisissant la main de la jeune fille, je lui dis tout haut : « Louise, je sais que vous aimez la Sainte Vierge ; eh bien ! puisque les médecins n'ont pas de remèdes pour vous guérir, nous commencerons, dès ce soir, une neuvaine à Notre-Dame du Bon Conseil ». L'enfant et la mère y consentent ; quant à moi je me retire. Le soir, il faut l'avouer, j'oubliai la neuvaine ; je ne la commençais que le lendemain matin à 6 heures. Vers 8 heures, on vint m'annoncer que la malade dont la nuit avait été mauvaise éprouvait un mieux très prononcé et avait pu avaler de la tisane et du lait. Dans l'après-midi, je me rendis chez Louise ; elle était assise sur son lit, rayonnante de joie. Parents et amis furent exhortés à redoubler de confiance et de ferveur. Bref, le second jour, la malade put supporter un oeuf à la coque, le quatrième une côtelette, le cinquième elle se levait. Avant la fin de la semaine, elle se trouvait complètement guérie et reprenait ses occupations habituelles ».

 

Prière

 

Ô Mère très aimable du Bon Conseil, appliquez le baume de vos bons conseils sur les plaies de notre coeur : triomphez de sa dureté, détruisez en lui l'orgueil, la vanité, l'amour pervers des créatures ; purifiez-le de toutes ses souillures et allumez en lui une étincelle de votre amour pour Jésus. Puissions-nous à votre imitation, chercher uniquement à Lui plaire, à Le servir en tous temps et en toutes choses, et à supporter toutes les adversités avec une parfaite résignation à Sa sainte volonté. Ô Mère du Bon Conseil, qui aimez tant votre Jésus et qui désirez Le voir aimé partout, exaucez nos prières et accordez-nous la grâce que nous implorons ardemment ici à vos pieds de vivre et de mourir dans votre amour et dans celui de Jésus votre fils. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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12 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Treizième jour

Notre Dame du Bon Conseil, Mère de l’Espérance

 

Dans la famille surnaturelle, comme dans la famille naturelle, il y a une Mère qui a le ministère des saints relèvements et des pardons... Ah ! Dieu savait bien qu'il y a quelque chose de plus difficile à l'homme que de se respecter toujours, c'est de ne pas se trop mépriser quelquefois ; de plus difficile que de ne pas tomber dans les abîmes, c'est d'en sortir. Aussi, tandis que, comme Père, il serait obligé de faire justice, Il met à sa place une Mère, c'est-à-dire quelqu'un qui a tous les droits de grâce de l’amour. De cette sorte, la créature la plus immaculée qu'il y ait au ciel, éprouve de la pitié pour ce qu'il y a de plus coupable sur la terre. Jusqu'au fond de ces précipices, où personne ne vous plaint, où vous n'osez vous regarder vous-même, elle descend pour toucher vos lèpres et là, sans cesser d'être la Reine des anges, Elle devient la mère des misérables ! Marie est la Mère de l'espérance catholique. L'Eglise et Marie sont deux Vierges-mères dont les ressemblances sont si sensibles et les intérêts si communs, que dans les peintures primitives Marie était souvent représentée comme personnification de l'Eglise. Eh bien ! Que fait aujourd'hui la première en faveur de la seconde ? Ils foisonnent de toutes parts les prophètes de malheur, toujours prêts à nous annoncer la fin du monde, et partant des miséricordes divines ; mais la bonté de Dieu n'a pas fait son temps parmi nous.

Michel-Ange, dans sa fresque célèbre du jugement dernier, a représenté ce qui doit caractériser la dernière heure de l'univers avec un accent grandiose et touchant. Au premier plan, on voit Jésus qui, d’un geste foudroyant, précipite des milliers de damnés en enfer, et qui semble dire : « C'est maintenant le jugement du monde ». Au second plan, on voit une femme éperdue, qui se tient derrière Jésus aujourd'hui, parce qu'elle n'a plus le droit de se présenter devant ; une mère qui se désole parce que son pouvoir est fini ; la compatissante Marie en un mot, qui, consternée en voyant son Fils irrité pour la première fois, semble s'écrier : « Plus de satisfaction qui l’apaise, plus de prière qui le fléchisse ! »

L’aspect de cette scène finale donne le frisson ; car, ce qui exprime le mieux les angoisses du dernier jour, ce n'est pas de penser que le monde est en ruines et que Dieu est courroucé, c'est de se rappeler que la douce voix de Marie n'est plus écoutée. Sommes-nous à cette période suprême de Marie sur l'Église et sur les âmes ? Portons-nous les traits d'un peuple abandonné par la miséricorde de Marie ? Jetons les yeux sur la douce Image de la Mère du Bon Conseil qui se fait aimer de plus en plus parmi nous, et nous aurons la réponse.

 

Exemple

 

Notre-Dame du Bon Conseil se fait aimer partout : à Bangalore, dans l'Inde anglaise, c'est une jeune païenne qui avait un grand désir de se faire chrétienne. On lui avait donné une image de Notre-Dame du Bon Conseil ; elle l'avait placée dans un splendide cadre garni de diamants et de pierres précieuses et lui avait élevé un petit autel dans sa chambre. Elle tombe malade ; bientôt on perd tout espoir ; une nuit, on croit qu’elle touche à sa dernière heure. Dans cette extrémité, elle supplie les personnes qui l'entourent de la porter dans la chambre où se trouve l'Image de Notre-Dame du Bon Conseil. On se rend à sa prière. A peine couchée devant l'Image de Marie, la malade se met à l'invoquer avec ferveur et aussitôt un mieux sensible se déclare. Notre-Dame du Bon Conseil aura sans doute donné la santé du corps, comme présage de celle de l'âme...

Au Canada, Notre-Dame du Bon Conseil est tendrement aimée ; aussi Elle s'y montre généreusement débonnaire. C’est dans un hospice que s'est passé naguère le fait suivant raconté par la religieuse qui en a été témoin : « Un jeune homme que nous avions séparé des autres malades à cause d'une jambe qui tombait en pourriture et que le chirurgien ne pouvait couper à cause de sa faiblesse, a prié Notre-Dame du Bon Conseil et pris de ses images. L'amputation a pu se faire et notre cher malade a quitté l’hôpital heureux de n'y avoir laissé que cette jambe ; il attribue sa guérison aux neuf petites images qu'il a avalées».

 

Prière

 

Ô notre douce espérance, Marie Mère du Bon Conseil, vous êtes notre vie, notre joie, notre consolation. Dans cette mer du monde où la nacelle de notre âme est souvent ballottée par de furieuses tempêtes, nous nous écartons du droit chemin, et dans l’incertitude où nous sommes de la direction à suivre, il nous arrive de prendre la mauvaise, alors que nous sommes en présence de la bonne. Vous êtes notre unique étoile, le guide fidèle qui éclaire notre route et nous amène heureusement au port. O mère, tendre Mère, laissez-nous vous demander le soulagement de nos souffrances corporelles, afin d'avoir la force nécessaire pour des remèdes que vous nous indiquez pour nos plaies spirituelles. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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17 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Dix-huitième jour

Notre Dame du Bon Conseil, Vierge très prudente

 

Le troisième acte de la prudence, c'est de trouver les moyens aptes à atteindre la fin proposée. Notre fin, c'est la béatitude éternelle. Or pour atteindre cette béatitude, il n'existe qu'une voie, la voie des bonnes oeuvres.

La Mère de Dieu suivit cette voie, sans jamais s'en écarter. Elle s'occupa continuellement à de saintes oeuvres, se levant au milieu de la nuit et passant de la prière et des pieuses méditations aux travaux manuels. Toutes ses actions tendaient à la gloire de Dieu ; aussi pouvait-elle chanter : « Mes mains dégouttent de la myrrhe la plus précieuse, c’est-à-dire, ne connaissent ni les plaisirs, ni les délices ». Puisque la fin complète l'acte et que tout acte est vain s'il ne tend pas à Dieu, plaçons-nous sous la direction et le patronage de Marie. Près d'elle tout deviendra léger, facile, méritoire et suave.

Se souvenir du passé, ordonner le présent, prévoir l'avenir, voilà d'après un ancien, en quoi consiste la prudence. Marie s’acquitta de ces trois devoirs en perfection, alors surtout que l'Archange Gabriel la salua Mère de Dieu. Le passé s’offrit à sa mémoire pour lui rappeler la chute d'une multitude d'âmes, et ce souvenir lui faisant craindre que l'antique serpent n'essayât de la tromper, la tint dans l'hésitation et la porta à régler sa pensée. Elle songeait également à l'oracle d'Isaïe : « Voici qu'une Vierge concevra et enfantera un Fils dont le nom sera Emmanuel ».

Marie ordonnait le présent. Le discours de l'Ange, rempli de si grands événements, l'exaltait trop pour ne pas lui paraître suspect. Marie désirait être bénie entre toutes les Vierges, et on la proclamait bénie entre toutes les Femmes ! Elle, humble enfant de Nazareth, était saluée pleine de grâces par un céleste messager ! Satan ne se serait-il point transformé en Ange de lumière ? Marie prévoyait l’avenir. Elle se demandait comment elle pourrait préparer au Sauveur une couche convenable, comment la créature enfanterait le Créateur, I'oeuvre son ouvrier, la fille son père. Comment traiterait-elle son nouveau-né ? Le nourrirait-elle de son lait, ou l'adorerait-elle comme son Dieu ? Le serrerait-elle dans ses bras comme son Fils, ou l'invoquerait-elle, en le suppliant comme son Maître ?...

O Mère du Bon Conseil, éclairez notre esprit de votre douce et salutaire lumière, fortifiez notre âme et dirigez-la sans cesse de vos conseils maternels, afin que nous ayons en toute occasion et surtout dans notre conduite spirituelle, la prudence qui fait les saints.

 

Exemple

 

« Deux dames de ma connaissance, écrit un Associé de la Pieuse Union, avaient prêté à un ami pour l'établissement d’un jeune neveu une somme de 30 000 francs, dont les intérêts leur furent fidèlement servis. Cet ami vint à mourir. Jugez de la stupéfaction de ces dames lorsque l'exécuteur testamentaire les pria de rapporter à la succession et sur le champ toutes les sommes que leur ami leur avait soi-disant avancées. Elles eurent beau affirmer que ces sommes leur étaient dues et qu’il y avait une erreur manifeste, elle ne furent point écoutées ; elles se résignèrent donc, pour éviter un procès, à verser immédiatement la totalité des intérêts reçus. Que faire devant une pareille injustice ? de faibles et simples femmes obtiendraient-elles gain de cause ? En attendant, la gêne entrait dans la maison, il fallait se restreindre en tout, se passer même de domestique, chose dure pour deux personnes maladives. Par bonheur, l’une d'elles eut l'inspiration de confier ses intérêts à la Mère du Bon Conseil, elle acheta des images de la Madone et les répandit, fit brûler des cierges devant la Sainte Image et commença une neuvaine avec la plus grande ferveur. La neuvaine était à peine achevée que celui qui semblait vouloir nier la dette remboursait 3 500 francs, montant des intérêts ; par ce fait, il se reconnaissait le détenteur des 30 000 francs. Pour comprendre la grandeur de cette grâce, il faudrait connaître tous les détails délicats et multiples de l'affaire. Toujours est-il que les deux heureuses privilégiées ne cessent de publier leur reconnaissance à Notre-Dame du Bon Conseil ».

 

Prière

 

O Mère du Bon Conseil, merci de la grâce de vos conseils ; ils nous délivrent des ennuis ici-bas, nous fortifient dans les épreuves et nous procurent après les victoires de cette vie mortelle, les joies éternelles du paradis. Oh ! Que votre nom est suave et consolant, ô Mère du Bon Conseil ; attirez donc notre coeur à vous ; faites que nous vous aimions avec une filiale tendresse et que nous vous servions avec une constante fidélité. Accordez-nous enfin qu'en éprouvant la suave efficacité de vos conseils maternels, notre nonchalance ne les rende pas inutiles. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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2 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Troisième jour

Notre-Dame du Bon Conseil avec son Fils

 

Que voyons-nous sur notre belle Image ? Jésus, Marie s'embrassant, gracieux symbole de leur parfaite union. Ce n'est point là une fantaisie d'artiste, mais une vérité qui se réalisa sur terre durant toute la vie de la Très Sainte Vierge, vérité qui subsiste au ciel et qui subsistera éternellement. Marie se trouve étroitement unie à Jésus. N'a-t-elle pas avec Lui les relations les plus intimes que la grâce connaisse, relations de Mère de Dieu à l'égard du Fils incarné du Père céleste ? « Jamais, dit saint Bonaventure, Jésus ne S'est vu sans Marie ou sans l'assistance de Marie ».

L'image que nous vénérons nous montre Jésus se reposant entre les bras de Marie, et cependant nous en parlons comme si elle n'était que l'image de Notre-Dame du Bon Conseil. En cela il n'y a pas un atome de mépris pour le divin Enfant. Lui-même, du reste, nous donne le droit d'agir ainsi. Sa vie ne fut-elle pas, avec ses principaux mystères, unie à la vie de la Très Sainte Vierge ? Quoique cette Image soit pour nous l'Image de Marie plutôt que l’Image de Jésus, le divin Enfant ne s’en montre point jaloux. Cela se comprend : l'honneur accordé à Sa Très Sainte Mère rejaillit tout entier sur Lui-même ; c'est en quoi se vérifie le proverbe : les fils sont la gloire des pères.

Quelle douce joie pour le cœur, à l'aspect d'une image de Marie, tenant son cher Fils dans les bras ! Elle est sublime la figure de la Vierge pleine de grâce, qui, en vertu de son éternelle prédestination, s'offre à nous debout sur le globe terrestre, écrasant de son pied virginal la tête du serpent, plus sublime encore lorsque, appuyée sur la nuée étincelante, entourée des choeurs angéliques qui chantent ses louanges, le regard brillant d'amour, les bras étendus, elle s'élève vers le ciel, avec le désir d'embrasser et de posséder son bien-aimé Fils. Mais, sur l'image du Bon Conseil, Marie tenant son divin Enfant dans les bras, est infiniment belle et souverainement aimable. Là nous apparaît la cause de son absolu bonheur et de son incomparable dignité. «Tout son ornement consiste en Jésus : Il lui est, comme un bracelet précieux, un collier magnifique, un très noble joyau». Prions Marie, véritable prêtre, de nous donner la plus sainte des bénédictions, avec Jésus qu’elle porte si respectueusement, si pieusement !

 

Exemple

 

Dans le Sanctuaire de Genazzano, en dehors des grandes solennités, la Sainte Image est recouverte d'une plaque d’argent et d'une étoffe de soie artistement brodée. Et lorsqu’on la montre à quelque personnage de distinction, des prêtres en rochet président à la cérémonie, et l'Image n’apparaît qu'au milieu des lumières et des nuages d’encens, tandis que de pieux cantiques retentissent en son honneur. Le jour de la fête de la Madone, chants, parfums, lumières et décorations rivalisent d’éclat pour la célébrer. La dévotion des foules est intense, ardente, bruyante, disons le mot, italienne. Ici, une caravane récite ses rosaires ; plus loin, un cortège dit ses cantiques ; là, on chante les litanies. Par moments, comme sous l'effort d'une impulsion magique, un même formidable cri, parti d’un point de la vaste et somptueuse basilique, est répété par toutes les bouches : « Vive Marie ! Vive la Madone ! Sainte Marie ! » Et, après un court silence, qui forme comme l’écho des âmes à ce choeur de voix, les prières, les cantiques, les litanies reprennent leur cadence étrange et passionnée. Ce n'est pas beau, c'est sublime ! Contrairement à ce qu'on ne voit, hélas ! Que trop souvent dans les lieux de pèlerinage, les habitants de Genazzano sont demeurés bien dévots à leur Dame. Chaque soir, au son de l'Ave Maria, il s'en trouve un bon nombre pour se réunir dans l'église et réciter devant son autel, son petit office en latin.

 

Prière

 

Seigneur Jésus, auteur et dispensateur de tout bien, qui, en Vous incarnant dans le sein de la bienheureuse Verge Marie, lui avez communiqué des lumières au-dessus de toutes les intelligences célestes, faites qu'en l'honorant sous le titre de Notre-Dame du Bon Conseil, nous méritions de recevoir toujours de sa bonté des conseils de sagesse et de salut, qui nous conduisent au port de l'éternité bienheureuse. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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1 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Deuxième jour

Description de l'image miraculeuse de Notre Dale du Bon Conseil

 

Tous ceux qui ont eu la consolation de contempler l'Image de la Vierge Mère du Bon Conseil, conservée à Genazzano, ont été frappés de sa beauté toute divine. Elle présente un ensemble ravissant de pureté, de modestie, de simplicité, de douce et maternelle bonté, avec l'empreinte d'une certaine tristesse pleine de calme et de résignation. La Vierge se penche avec amour vers l'Enfant Jésus, qu'elle tient du bras gauche comme appuyé sur ses genoux. L'enfant, passant la main droite sur les épaules de Sa mère, S'efforce de l'attirer à Lui, tandis que Sa main gauche s'appuie doucement sur la poitrine en S'attachant au col brodé de la tunique. Impossible de décrire tout ce qu'il y a de tendresse et d'amour dans cette attitude de l'Enfant et de Sa Mère. La ressemblance est frappante entre les traits de Marie et ceux de son divin Enfant. Les couleurs sont très vives et très fraîches bien qu'elles aient de longs siècles d'existence. C'est une fresque peinte sur une mince et frêle couche de ciment suspendue sans base ni appui d'aucune sorte, fait extraordinaire qui s'est perpétué jusqu'à nos jours.

En 1682 et en 1747, une vérification attentive et scrupuleuse fut faite de ce prodige, par les soins de la Sacrée Congrégation des Rites. Les changements d'aspect qu'on a souvent remarqués dans les traits de la Madone, sont aussi extraordinaires. François-Xavier Vasquez, qui vécut et écrivit sous Benoît XIV, s'exprime ainsi : « Nous avons vu à Genazzano la ravissante Image qui, en 1467, y fut apportée de l'Albanie par les mains des Anges : tous ceux qui la contemplent sont charmés de sa grande beauté. Elle paraît tantôt joyeuse, tantôt triste, tantôt empourprée de teintes rosées, selon les dispositions du visiteur qui s'en approche. Sa beauté vraiment étonnante est digne du ciel ; c'est pour cela qu’autrefois on l'appelait Sainte Marie du Paradis ».

De nombreuses copies ont été faites de la céleste Image et sont vénérées dans une multitude d'endroits. La divine Mère s'est plu à opérer, par leur intermédiaire, les grâces qu'elle a coutume d'accorder aux pieux pèlerins de Genazzano. C'est d’une de ses copies que saint Louis de Gonzague, dans l'église de Madrid, entendit la Vierge Marie lui parler à différentes reprises, le fortifiant dans ses peines et le confirmant dans sa vocation. Saint Alphonse de Liguori avait la sainte Image dans son bureau. Pie IX, la gardait dans son cabinet de travail, et Léon XIII allait souvent la vénérer dans la chapelle Pauline au Vatican.

 

Exemple

 

En 1747, le peintre Luigi Tosi, élève de l'illustre Solimène, fut chargé par la ville de Gênes de faire une copie de l'Image merveilleuse. Il se rendit à Genazzano, et le 11 juin, en la fête de saint Barnabé, il put contempler à son aise la Madone. Il résuma ainsi ses observations : « Les traits de l'enfant sont si délicats et si aimables, les lignes si singulières et si douces que le tableau défie l'artiste le plus consommé, et qu'il semble moins une œuvre humaine qu'une œuvre angélique. En outre, l'Image n'appartient ni au style grec, ni au style gothique, ni au style des siècles passés, ni au style moderne. Elle offre, dans toutes ses parties une telle pureté de goût, qu'il faut en observer avec soin les moindres détails si l'on veut exécuter une copie convenable. L’Image change souvent de couleur et d'expression. Elle se montre d'abord avec des traits joyeux et doux, quoique pâles, puis avec un air de majesté elle prend un visage si radieux et si brillant que ses joues ressemblent à deux roses fraîches et vermeilles. Quand la sainte image change d'aspect, le regard et la lumière des yeux changent aussi. Selon qu'elle a le front serein ou le teint pâle, les yeux deviennent majestueux ou perdent leur éclat, mais quand le visage est enflammé, brillant comme la rose, alors les yeux paraissent plus lucide, plus joyeux, plus ouverts ». Telle est la suave et sainte Image de Notre Dame du Bon Conseil.

 

Prière

 

Prosternés à vos Pieds, ô Vierge Marie Mère du Bon Conseil, nous contemplons en vous, par cette dévote Image, la réunion de tous les dons de la nature et de la grâce que la main de Dieu a prodigués à Ses créatures. Le nom de gracieuse, que la Sainte Eglise donne à votre Image, est pour nous un doux souvenir de votre beauté surnaturelle. Votre visage est céleste, votre regard plein de douceur et d'amabilité. La vue de vos traits si purs ouvre à notre âme un Paradis de saintes pensées et de sentiments du ciel. Vous êtes belle comme le sourire de Dieu, plus agréable que la rose, plus blanche que le lys, plus suave que le cinnamome et les parfums de tous les aromates. Nous vous admirons comme ce qu'il y a de plus beau au ciel et sur la terre après Dieu, nous vous aimons, comme ce qu'il y a de plus précieux et de plus estimable dans toute la création. Ainsi soit-il.

 

 

Texte extrait du livre "Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano", disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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30 avril 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Mois de Marie devant l'Image miraculeuse

de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano

Abbé Eugène Lerat

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Premier jour

Jugement de l’Église sur l'image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil

 

Au temps de la Translation de la Madone par les Anges, Paul Il occupait la Chaire de saint Pierre. Ce Pape se préoccupa fort d'un événement aussi extraordinaire, et ordonna une enquête canonique. Il envoya à Genazzano deux prélats, Gaucher de Forcalquier évêque de Gap, et Nicolas à Crucibus, évêque de l'île Fara, aujourd'hui Lésina, voisine de Scutari. Le résultat de leur enquête fut favorable, car les Papes n'ont pas cessé, depuis cette époque d'encourager la dévotion des peuples à la sainte Image. Citons Sixte IV et saint Pie V, mais surtout Urbain VIII qui vint à Genazzano implorer la Très Sainte Vierge pour la cessation de la peste qui ravageait alors l’Italie. Il fut reçu solennellement par le seigneur de la ville, un membre de la famille Colonna, qui lui adressa ces paroles : « La Reine du ciel et de la terre, la Mère de Dieu a voulu être honorée en ces lieux. L'image qu'on y vénère n'a pas été peinte par le pinceau d'un mortel, elle n'a pas non plus été apportée par la main des hommes, mais elle est, comme on le pense, l'oeuvre d'un artiste céleste. On l'a vue subitement apparaître dans ce temple, de sorte que le Latium n'a rien à envier à Lorette ».

Le 17 novembre 1682, Innocent XI fit couronner solennellement la sainte Image, voulant ainsi obtenir de la bienheureuse Vierge, aide et protection contre les Musulmans, qui menaçaient de nouveau l'Église et l'Europe. Il fut exaucé, et les Turcs essuyèrent sous les murs de Vienne une défaite qui brisa leur puissance sur terre, comme la victoire de Lépante l'avait détruite sur mer.

Les Papes Grégoire XIII, Benoît XIII, Clément XII et Benoît XIV enrichirent successivement le Sanctuaire de Genazzano de grands privilèges. A la fin du siècle dernier, sous le pontificat de Pie VI, la Sacrée Congrégation des Rites, après un mûr examen des preuves qui établissent la vérité de la miraculeuse apparition de l'Image, autorisa un office et une messe propres comme pour la translation de la sainte Maison de Nazareth à Lorette. Bon nombre d'évêques français, dans ces derniers temps, ont introduit cet office dans leurs diocèses, et naguère le Général de la Compagnie de Jésus l'obtenait pour tous ses prêtres. Pie IX avait pour la Mère du Bon Conseil une tendre dévotion. Il aimait à garder près de lui sa belle image, et c'est à elle qu'il recourait au milieu des difficultés si grandes de son long pontificat : c'est devant une image de la Madone qu'il avait célébré sa première messe, et il le rappelait souvent avec bonheur. Léon XIII, dont l'univers admire encore la sagesse, ne cessa de montrer la plus grande sympathie pour la dévotion à Notre-Dame du Bon Conseil.

 

Exemple

 

C'était pendant la captivité de Pie VII à Fontainebleau. Une famille patriarcale de nos provinces de l'est, chez laquelle le culte des Papes est héréditaire comme la foi, avait sollicité la faveur de faire bénir par le Saint-Père divers objets de piété. Le Vénérable Vieillard accueillit cette prière avec Sa paternelle bonté. Sa Sainteté daigna en outre prendre une petite Image de la Vierge Mère qu'Elle avait dans son bréviaire, la bénit et l'offrit à la personne qui s'était chargée de ce message. Celui-ci, à son retour, en fit don à la digne famille que nous venons de citer. Quelle était cette Image ?... C'était Notre-Dame du Bon Conseil. Oui ; c'était bien Elle, la divine Conseillère, qui voulait venir en France, par la main de son Pontife ; c'était bien notre chère Madone du Bon Conseil, que Pie VII venait de donner à notre Patrie, cette France où il souffrait, mais qu'il aimait d’une tendresse toute spéciale, puisque peu de temps après son élévation au Souverain Pontificat, il écrivait : « Nous sacrifierions notre vie pour ceux de nos enfants qui habitent la France... Ne vous semble-t-il pas que Léon XIII se fit l'écho de ces sentiments quand il parla de la France ou qu’il écrivit à ses Évêques ?... Quant à l’Image donnée par Pie VII, après une période de 80 ans où une seule famille la vénérait, un fac-similé fut offert au saint Évêque, Mgr Pifferi, Sacriste1 de Sa Sainteté, incomparable apôtre de Notre-Dame du Bon Conseil, qui, à plusieurs reprises, vint en France apporter aux membres de la Pieuse Union, avec ses bénédictions, les encouragements du Vicaire de Jésus-Christ. La sainte Image elle-même a été offerte, en 1903, à Sa Sainteté Pie X qui « l'agréa beaucoup à cause de sa provenance ».

 

Prière

 

Que votre incessante prière, ô Marie, garde spécialement ceux qui, durant ce mois, vous offriront leurs hommages. N'oubliez pas, au ciel, ceux qui ne vous oublieront pas sur la terre. O notre Souveraine, notre médiatrice, daignez nous recommander à votre Fils, nous réconcilier avec Lui, nous présenter à Lui. Faites, nous vous en supplions, qu'Il nous rende participants de Son bonheur, Celui qui, par votre médiation, S'est rendu participant de nos misères et de nos faiblesses. O Marie, Mère du Bon Conseil, nos délices à nous seront, pendant tout ce mois et pendant toute notre vie, d’être avec vous par la prière et par l'amour, afin de pouvoir habiter près de vous dans l’éternité de gloire. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano, disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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4 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Cinquième jour

Convenance du titre de Notre-Dame du Bon Conseil donné à Marie

 

1° Par rapport à Dieu dans la Création

 

Parmi les titres si variés et si nombreux dont le Christianisme a honoré Marie, il faut compter celui de Mère du Bon Conseil, titre qui lui est justement dû comme nous allons le voir d'abord en la considérant par rapport à Dieu dans la création. Marie, en vertu de son éminente dignité de Mère du Verbe, n'est-elle pas le terme des Conseils éternels ? Or, parmi les œuvres de la Divinité que les Conseils éternels, c'est-à-dire, la volonté de Dieu, ont pour but, il convient de placer en premier lieu la création et la rédemption. La fin de la création est assurément la gloire du Seigneur, étant la fin de toutes choses comme il en est le commencement, mais, d'autre part, on ne peut nier que la fin secondaire de la création ne soit Marie. Dieu, dans Son plan éternel, avait décidé que toutes les choses créées devaient être rapportées à Marie, comme symboles de Ses vertus et lui être soumises comme des vassales toujours prêtes à obéir à Son commandement souverain. Nous pouvons donc dire, avec saint Bernard, que Dieu a créé le monde pour Marie et qu'Il le conserve pour Marie.

Voyez plutôt : l'univers ne célèbre-t-il pas dans un langage muet les gloires de cette Femme incomparable ? C’est pour sa pureté la neige du Liban ou le lys de la vallée ; pour sa douceur le rayon de miel ou le parfum du baume ; pour son humilité le nard, plante chétive, ou la violette des collines ; pour sa charité la pourpre de la rose. Toutes les créatures enfin, depuis le cèdre de la montagne jusqu’à l'hysope des champs, figurent Celle que les générations proclament bienheureuse. Le ciel et la terre exécutent les ordres de Marie. Elle commande : vents, foudres, pluies disparaissent aussitôt. Elle parle, les flots s'apaisent, les pestes cessent, les fléaux reculent et s'enfuient. Bref toutes les créatures écoutent leur gracieuse Maîtresse. Mais les hommes et les anges lui doivent une plus noble soumission, vu qu'Elle étend sur eux un plus auguste empire. Marie règne sur les hommes. Elle s'empare de leurs pensées, de leur volonté, de leur science, de leurs ardeurs. L'humanité, d'un bout à l'autre du monde, a recours à Elle dans ses nécessités spirituelles et corporelles, lui demandant la santé, la paix, la vie, la béatitude. N'est-ce pas là une reconnaissance incontestable de cette royauté ? Enfin, Marie règne sur les anges, qu’elle ravit par l'entière contemplation de sa majesté. Aussi les choeurs des anges la servent, la louent, la bénissent et la proclament le chef-d'oeuvre de la création. Quand il s'agit d'exécuter ses ordres, ils se mettent à l'oeuvre rapides comme le vent, plus ardents que le feu.

Ainsi Dieu a voulu que tout se rapportât à cette auguste Reine, terme de Ses conseils, fin secondaire de la création. C'est donc à juste titre que nous l'appelons N.-D. du Bon Conseil.

 

Exemple

 

Un prêtre de l'Ouest de la France expose ainsi au Directeur des Annales de Notre-Dame du Bon Conseil la manière extraordinaire dont la Madone s'est révélée à lui : « A la fin de novembre 1886, je reçois une lettre d'une religieuse de la Visitation du Mans ; à cette lettre étaient jointes une photographie de Notre-Dame du Bon Conseil et une notice concernant l'Image miraculeuse et la Pieuse Union. L'Image me semble singulièrement belle, mais le récit des prodiges de la Sainte Image de Genazzano me fait d'abord sourire : j’étais pris du défaut de saint Thomas !... Cependant la Sainte Vierge fait éclater la merveilleuse vertu de sa sainte Image. Je n'en puis détacher les yeux..., elle me gagne..., m'attire..., me séduit..., si bien qu'à une seconde lecture de la notice, l’incrédule devint un admirateur enthousiaste, et déjà surgit en son cœur un désir ardent, incompréhensible de devenir apôtre de cette aimable Madone. Jamais je n'oublierai l'ineffable impression que je ressentis alors ; mon cœur pas plus que mes yeux ne pouvait se détacher de l'Image miraculeuse, et avec cela, impossible d'éloigner de mon esprit la pensée de prêcher cette dévotion qui m’apparaît si belle. Il en fut ainsi durant un mois... ; je n'y pouvais plus tenir..., il fallait céder à la douce violence de la Divine Mère ! En dépit de mille obstacles, j'expose une copie de la Sainte Image de Notre-Dame du Bon Conseil dans mon église et j'établis la Pieuse Union ».

 

Prière

 

Ô Mère très aimable, de votre dévote Image tournez vos regards vers nous : embrasez nos cœurs de l'amour du ciel et détruisez en nous l'amour du monde. Dirigez vers la céleste patrie nos pensées et nos affections ; obtenez-nous cette pureté et cette douceur qui firent vos plus chères délices. Puissions-nous ainsi mériter de contempler un jour dans le Paradis votre ineffable beauté, et de former une joyeuse couronne autour de votre trône avec les Anges et les Saints. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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3 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Quatrième jour

La Pieuse Union sous le patronage de Notre-Dame du Bon Conseil

 

Comme l'expérience a souvent démontré que la Sainte Vierge n'accorde pas seulement ses grâces à ceux qui viennent à Genazzano se prosterner devant son image, mais encore à ceux qui la vénèrent dans d'autres églises ou qui la gardent chez eux avec honneur, on a fondé à Genazzano, une association de prières sous le nom de la Pieuse Union. Benoît XIV, par un bref en date du 2 juillet 1752, lui donna son approbation et voulut le premier inscrire de sa propre main son nom sur le registre de l’association. Quelque temps après, elle comptait plus de cent quatre-vingt dix mille membres. Les malheurs des temps diminuèrent ce zèle au commencement de notre siècle ; mais cette Pieuse Union a repris de nouveaux développements. Elle s'est répandue dans toute l’Europe et même en Amérique. Elle compta parmi ses membres plusieurs Papes, Pie VIII, Pie IX et Léon XIII. Les plus beaux noms parmi les cardinaux de tous les pays, ainsi que la plupart des membres de l’Épiscopat figurent sur nos registres de la Pieuse Union.

Le but de cette union est d’encourager le culte de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, de l'honorer spécialement dans son titre de Mère du Bon Conseil, par le moyen de l'Image qu'elle a si miraculeusement placée dans l'église de Genazzano, et qu'elle y conserve d'une façon non moins extraordinaire. Aussi les associés, outre l'inscription de leurs noms dans le registre de l'association, doivent-ils avoir en leur possession, et autant que possible exposée aux regards dans leurs appartements, une copie du céleste original. La vue de cette touchante représentation de la Vierge-Mère et de son divin Enfant sera pour eux l'occasion de beaucoup de grâces et de pieux sentiments. En regardant souvent l'Enfant et la Mère, ils seront portés à les aimer tous les deux, toujours de plus en plus. On peut cependant satisfaire à cette première obligation des Associés en portant sur soi une médaille ou le scapulaire de Notre-Dame du Bon Conseil. Les Associés doivent en outre, dire tous les jours trois fois l'Ave Maria aux intentions des membres de la Pieuse Union, et chaque année faire dire ou célébrer une messe. On peut, si on est dans l’impossibilité de faire autrement, remplacer cette dernière œuvre par la communion. En remplissant ces conditions, les Associés ont part au trésor spirituel de la Pieuse Union ; ils se mettent tout spécialement sous la protection de Celle que l'Eglise appelle le Trône de la Sagesse, et méritent, par la direction de son Conseil, d'éviter les embûches de Satan, et ordonner sûrement leur vie vers le terme de l'éternelle béatitude.

 

Exemple

 

La chapelle Pauline, au Vatican, possède depuis un certain nombre d'années, une splendide image de Notre-Dame du Bon Conseil, ayant appartenu, dit-on, au vénérable serviteur de Dieu, le R. P. Etienne Bellesini. Cette image avait pour tout ornement un cadre doré, posé sur un piédestal bien simple et bien modeste. Pie IX entoura le cadre de rayons étincelants, renouvela le piédestal et fit construire un autre autel, vrai chef-d’oeuvre de style, de goût et de délicatesse. Un jour que le Pape, escorté de sa noble antichambre et de plusieurs cardinaux et prélats, était allé vénérer la pieuse Image, le R. P. Guillaume Pifféri, se prosternant aux pieds de Sa Sainteté, lui offrit deux images et une Histoire de Notre-Dame du Bon Conseil. Semblable cadeau fut fait à la plupart de ceux qui accompagnaient le Souverain Pontife. Le R. P. Pifféri ne s'en tint pas là ; désirant enrichir les registres de la Pieuse Union du nom immortel de Pie IX, il communiqua sa pensée à Mgr Negroni, serviteur dévoué de la Madone. Deux jours après, 25 avril 1872, on fêtait à la chapelle Pauline Notre-Dame du Bon Conseil ; le ministre en profita pour dire au Souverain Pontife avec quelle joie les Révérends Pères Augustins inscriraient son nom sur les registres de Genazzano. Pie IX sourit ; la proposition allait trop à son cœur pour qu'il la refusât. Le 16 mai suivant, le Supérieur général des Augustins et le Prieur de Genazzano offrirent au Souverain Pontife avec leurs remerciements, une très belle Image. Genazzano tout entier se mit en fête et un Triduum solennel d'actions de grâces fut célébré en l'honneur de la Madone des Papes.

 

Prière

 

Ô Vierge Mère du Bon Conseil, c'est sur les traces des Vicaires de votre Fils que nous venons à vous avec amour et confiance. Ils nous ont donné l'exemple : nous voulons les imiter en vous rendant chaque jour un hommage de respect et de tendresse filiale, et en attirant un grand nombre d’âmes à votre amour et à celui de Jésus. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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30 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Trente-et-unième jour

Triomphe

 

L’histoire des Saints ne finit pas à leur mort, elle s‘étend au delà, parce qu’elle plonge ses racines dans une autre vie d’où le Seigneur manifeste ici-bas leur gloire. Ainsi en est-il de celle de Claire la Sainte, de l'illustre vierge que nous avons suivie pas à pas, durant le cours de son pèlerinage terrestre. Maintenant, ou la découvrir sinon dans les régions de l'immortalité, à travers le sillon tout illuminé encore des feux de son passage ?…

Mais avant de parler de sa gloire et de sa puissance au ciel, racontons les obsèques triomphantes de la séraphique vierge.

A ce mot : « Claire est morte ! » toute la ville d’Assise se porte a son humble couvent. « La Sainte est morte ! Elle est au ciel ! Elle prie pour nous ! » Telles étaient les paroles qu'on entendait de toutes parts dans la cité et aux environs, tant la réputation de sa sainteté était fondée et universelle.

Avant même qu'elle fût ensevelie, on eut quelque raison de craindre que ses restes mortels ne fussent, par motif d’une ambition sainte, l’objet d’un pieux larcin. La municipalité d’Assise, revendiquant les droits de la cité, fit par prudence cerner le monastère pour garantir à la bonne ville de François la possession d’un aussi précieux trésor.

Prévenu avec sa cour du décès de Claire, le pape innocent IV prit aussitôt le chemin d’Assise, tenant à présider lui-même ses funérailles.

Elles furent, comme on pouvait s’y attendre, un éclatant triomphe. En présence de ses cardinaux et d'un nombreux clergé, le pape témoigna hautement de sa foi et de sa ferme conviction en la sainteté de la morte et, un an plus tard, comme nous allons le dire tout à l‘heure, Alexandre IV l’inscrivait au catalogue des Saints.

De nombreux miracles avaient témoigné en effet de la sainteté de Claire ; les chroniques en foisonnent ; il est parlé d’aveugles et de paralytiques guéris, d’aliénés furieux recouvrant leur raison, d’enfants, petits et grands, que la Sainte ramène des portes du tombeau.

Citons en particulier la guérison d’un pauvre enfant paralytique, due à son merveilleux crédit. Les parents, en sollicitant la guérison de leur fils, si tristement infirme, avaient promis d’en faire le Chevalier de la Sainte, expression de l'époque, si celle-ci rendait la vigueur à ses pauvres membres inertes. Claire guérit l’enfant et le petit Chevalier de la Sainte vole d'un bond à son tombeau pour l’en remercier avec ses parents.

Un autre enfant, emporté par un loup furieux, échappe à sa voracité au moment même où la mère désespérée du pauvre petit, déjà entre les dents du loup, appelle Claire à son secours.

Ces miracles et bien d'autres portaient au loin, dans l’Italie et ailleurs, la. réputation de sainteté de l’illustre Abbesse envolée, et le jour vint bientôt où le Siège-Apostolique se prononça en ce point et décerna à l’admirable Princesse des Pauvres, à l’incomparable Duchesse des Humbles les honneurs de la canonisation. Ce fut le jour anniversaire de son bienheureux trépas, 11 août 1254. Sa fête fut fixée au lendemain, douzième jour du mois d'août. Six ans plus tard, les restes mortels de la Sainte, merveilleusement conservés, étaient transférés à l'église récemment bâtie pour es recevoir, l’église de Sainte Claire à Assise.

Pendant six longs siècles, le corps de la Séraphique Vierge reposa invisible dans le massif tombeau qui le renfermait. Mais le jour vint, où brille à nouveau au regard des hommes cette « pure lumière destinée à illuminer le monde ». Le trente août 1850, après sept grandes journées de recherches et de travaux, Claire fut retrouvée dans son antique et glorieux cercueil. Aujourd’hui, les restes précieux de la sainte reposent dans sa crypte solitaire, et autour de sa châsse bénie, veille comme une légion d’anges l’heureuse tribu de ses enfants...


Laus Deo !


Réflexions et Avis

 

En terminant ce beau mois passé en la douce compagnie de sainte Claire, nourris de ses exemples et des sentiments de son cœur, prenons aujourd'hui à ses pieds la grande et sainte résolution de travailler à notre sanctification avec une nouvelle ardeur.

La générosité et de constants efforts sont indispensables en ce point. La sainteté, comme on l’a vu pour Claire, est l‘œuvre de notre travail, et chacun de nous l’avance et la perfectionne dans la mesure de l’attrait qui l'y attire et de l'ardeur qu’il y déploie.

Rappelez-vous, âme pieuse, que le Ciel ne s’obtient que par la vertu et la vertu ne s’acquiert que par le combat. Quiconque aspire à la sainteté doit s’armer de courage, combattre sans trêve ses inclinations perverses, s’élever au-dessus de soi-même et tendre à s'unir à Dieu de plus en plus. Telle fut la sublime et divine théorie des saints. Qu’elle soit aussi la nôtre ! Comme eux, tournons vers les trésors de la grâce toutes nos aspirations, la moindre parcelle de ceux-ci vaut mieux que tout l'or du monde, et l'âme qui s'attache à les acquérir n'y goûte-t-elle pas joie et consolation ? S’il en est autrement parfois et que la vertu ne nous présente qu’aspérités et rabats, ne vaut-il pas mieux, dit saint Jérôme, combattre un peu de temps, se retrancher, demeurer sous les armes, se fatiguer sous la cuirasse et goûter ensuite les fruits de la victoire, que de s'engager dans une peine éternelle pour s'affranchir de celle qui n’est que passagère et ne dure qu’un temps ?


Avis des Saints

 

« Si vous aimez la terre vous devenez terrestres, si vous aimez le ciel, vous devenez célestes ; si vous aimez Dieu, vous vous rapprochez-de Dieu » (Saint Augustin). « Réjouissez-Vous à la pensée que tant de millions d'anges et de saints aiment Dieu parfaitement » (Saint Alphonse de Liguori). « Ne vous attachez pas à cette terre qui fuit sans cesse sous vos pas, élevez plus haut vos affections et vos espérances. Sursum corda ! »(Saint Pierre Chanel).


Couronne de sainte Claire

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La Bienheureuse Claire-Isabelle Fornari, vierge de son Ordre (1697-1744)

 

Encore une de ces âmes ardentes que consume l'amour de Dieu et la soif de souffrir pour lui. L’amour divin fut tel en la chère Bienheureuse qu'il se forma à l'endroit de son cœur une blessure profonde. De cette plaie mystérieuse sortaient quelquefois des flammes véritables, réelles, qui consumaient à cet endroit la robe et même le scapulaire de la sainte Clarisse. D’autres fois, il s'en échappait des rayons d'une lumière resplendissante et un parfum céleste qui remplissait tout le monastère. Le cœur même de la Bienheureuse était transpercé de trois clous et de nombreuses épines dont les pointes acérées s’apercevaient aisément à travers la blessure et lui causaient d'indicibles douleurs. Jésus, son adorable Epoux, l'associa d'une façon merveilleuse aux douleurs de sa Passion. Elle eut les stigmates de ses plaies aux pieds, aux mains et dans son côté. Notre-Seigneur lui départit en même temps que ses douleurs d’ineffables consolations qui ravirent son âme : Extases, visions, faveurs extraordinaires, Claire-Isabelle eut tout cela à l’égal des saints les plus favorisés.

 

Pratique : La persévérance. S'exciter aux sacrifices qu’elle exige par les récompenses du Ciel.


Prière


En terminant ce mois béni, ô Séraphique Mère, je me consacre à vous. Étendez sur moi votre ineffable protection et daignez en favoriser aussi tous ceux qui me sont chers. Préservez-nous du pêché, le plus grand de tous les maux. Obtenez-nous de servir fidèlement le Seigneur, de mourir dans son saint amour, afin de.l‘aimer et de le glorifier éternellement avec vous dans le Ciel. Ainsi soit-il !

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Fin du Mois de Sainte Claire

 

Prochain Mois de Dévotion : Mois de Jésus Naissant, rendez-vous le 30 novembre

 

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Appel

J'ai découvert l'existence de ce très beau mois de Sainte Claire, cette année, que j'ai entièrement scanné à la bibliothèque municipale de Bordeaux, alors que j'y effectuait des recherches sur le passé franciscain de la ville, ainsi que de la Gironde et de l'Aquitaine. Ce livre a été publié au Monastère de l'Avé Maria de Talence (dans lequel vécut et mourut la Bienheureuse Marie Céline de la Présentation (+ en 1897, béatifiée à Bordeaux en 2007).

Cet ouvrage n'a pas été réédité depuis près de 90 ans. Je lance donc un appel à un éditeur qui serait éventuellement intéressé pour le publier en version papier. Merci de me recontacter si cela vous intéresse à franck.monvoisin.33@gmail.com

F.Monvoisin Rédacteur du blog Images Saintes,

laïc consacré.

26 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Vingt-septième jour

Sa dévotion à la Passion


Fille du séraphin d’Assise qui portait sur sa chair sanglante les stigmates de Jésus-Christ, Claire les avait au fond de son cœur. Pouvait-elle ne pas_ressentir d’une façon intime et permanente les douleurs de la Passion. elle qui vivait perpétuellement du souvenir de Jésus en Croix, de ses plaies et de ses souffrances ?...

« Tous les jours, elle consacrait plusieurs heures à méditer sur les douleurs de Jésus. Elle ne pouvait presque ni s’en occuper ou les rappeler à ses compagnes sans verser d'abondantes larmes. Elle avait, dit le bienheureux évêque de Porto, un attrait particulier pour l’office de Sexte et de None, parce que l'un rappelle le crucifiement, l’autre la mort du divin Agneau. Elle ne se bornait pas à la récitation de l’office ecclésiastique auquel les religieuses de Saint-Damien étaient déjà tenues ; elle disait encore fréquemment celui de la Croix que son glorieux Père avait composé, ainsi que la prière en l’honneur des cinq Plaies qu'elle entremêlait d'intarissables larmes... Elle cachait constamment sous sa pauvre tunique un cordon formé de treize nœuds, comme un mémorial secret des coups et des blessures de son bon Maître. Inconsolable toutes les fois qu’elle pensait au mépris que font les hommes de son sang précieux, elle aurait volontiers répandu le sien jusqu'à la dernière goutte pour le salut de ces ingrats et pour dédommager Notre-Seigneur de leur mépris et de leur indifférence... »

La Passion de Jésus-Christ était aussi le sujet touchant de ses pieux entretiens avec ses compagnes. C’était, comme dit l’abbé Demore. le livre choisi, l’unique, on peut dire, qu’elle présentait a ses filles spirituelles. Claire voulait qu’elles y étudiassent l'amour infini du Sauveur et les obligations de la reconnaissance envers lui. La Passion de Jésus, voilà donc le livre ouvert constamment au regard de Claire et de ses filles... La croix ! Voilà le miroir sans tache dont elle ne détournait jamais les yeux… Les souffrances d'un Dieu ! Voilà l’objet habituel de leurs pensées et de leurs affections... ses plaies entr'ouvertes leur plus doux asile... sa pauvreté leurs richesses, sa couronne d'épines, leur diadème de gloire.

« Je vous en conjure, mes très chères sœurs, disait souvent la sainte Abbesse a ses filles, ne perdez jamais de vue la Passion du Sauveur ; ayez-la constamment présente à la mémoire et faites en sorte d’en raviver le souvenir dans votre esprit par une méditation continuelle ».

La Sainte elle-même était si embrasée d’amour pour Jésus crucifié qu'elle passait les jour et les nuits à pleurer sur les souffrances du Sauveur. Satan, l'ennemi s’en montrant furieux, Dans sa rage, il mettait tout en œuvre peur l’empêcher de donner cours à ses tendres sentiments de douleur et de compassion. Une fois entre autres, il apparut devant elle la nuit sous une forme hideuse et s’ingénia par toute espèce de raisons fausses à la persuader qu'elle finirait par devenir aveugle et par perdre l’esprit si, elle continuait à pleurer. La Sainte, sans s’émouvoir lui répondit : « Celui qui doit jouir de la lumière éternelle ne saurait être aveugle ». A ces mots, Satan prit la fuite.

La dévotion de Claire a la Passion se manifestait aussi par le signe de la croix au moyen duquel elle faisait de fréquents miracles.


Réflexions et Avis


De l’avis des saints, aucun exercice ne saurait être plus agréable à Dieu et plus avantageux pour l’âme que la méditation des souffrances du Sauveur. Écoutons ce qu'en dit saint Alphonse de Liguori :

« La dévotion à la Passion de Jésus-Christ est la plus utile et la plus affectueuse de toutes les dévotions, c'est la plus agréable à Dieu, celle qui console davantage les pêcheurs et qui inspire plus d'amour. De quelle source recevons-nous tous les biens, sinon de la passion du Sauveur ? D’où nous vient l'espérance du pardon, la force contre les tentations, la confiance d'aller en Paradis, tant de lumières, d’invitations pleines d’amour, de désirs de conversion, sinon de la Passion du Sauveur ? Il avait donc bien raison l’apôtre, de dire anathème à qui n’aime pas Jésus-Christ !

Saint Bonaventure dit qu'il n’y a point de dévotion plus propre à sanctifier une âme que la méditation de la Passion de Jésus-Christ et il nous conseille de la méditer tous les jours, si nous voulons faire du progrès dans l'amour de Dieu. Saint Augustin assure qu'on mérite davantage en versant une seule larme au souvenir de la Passion qu‘en jeûnant continuellement au pain et à l'eau : c’est pour cela que les saints se sont toujours occupés de la Passion du Sauveur. Saint François d’Assise est devenu par là un séraphin ; il pleurait un jour a chaudes larmes ; quelqu'un lui en demanda la cause : « Je pleure, répondit le Saint, les souffrances et les ignominies de mon Sauveur et ce qui m'afflige le plus, c’est que les hommes pour qui il a tout souffert n'y pensent point ». A ces mots, ses larmes augmentèrent, de sorte que celui qui l’avait interrogé se mit aussi à pleurer lui-même. Un agneau qui bêlait, ou tout autre chose qui lui rappelait le souvenir de la Passion suffisait à ce Saint pour lui faire verser des pleurs. Un jour qu‘il était malade, on lui conseilla de se faire lire quelque livre de piété : « Mon livre, répondit-il, c’est Jésus crucifié ». Aussi exhortait-il sans cesse ses religieux à penser toujours à la Passion. Quiconque ne s'enflamme point de l'amour de Dieu en contemplant Jésus en croix ne l'aimera jamais ».

Que la pensée des souffrances de jésus vous soit habituelle. Heureuse l'âme qui en est là ! Dieu se complaît en elle, parce qu’elle-même vit d’un souvenir qui l’honore et le glorifie

 

Avis des Saints


« Ayez toujours devant les yeux la voie humble et pauvre de la Sainte Croix, par laquelle nous a conduit Jésus-Christ, notre Sauveur » (Saint François d’Assise). « Méditez continuellement le mystère de la Passion et les douleurs de la très sainte Vierge au pied de la Croix » (Sainte Claire d’Assise). « Aimez la Croix et marchez constamment dans le chemin du Calvaire ». (Sainte Catherine de Bologne).

 

Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique


La Bienheureuse Paule de Montaldi, vierge de son Ordre (1443-1514).


Toute jeune encore, le peuple l'appelait déjà la petite Sainte. Sa vertu alla croissant avec l’âge et, dès l’aurore de sa quinzième année, Paule, la blanche fleur de Montaldi, quittait le bourg natal, le toit paternel et venait dans tout l’épanouissement de son adolescence et dans toute la joie de son âme se consacrer au seigneur. C’est à Mantoue, au monastère de Sainte-Lucie, que la jeune fille avait choisi sa retraite. Une fois clarisse, Paule consacra toutes les forces et l‘énergie de son âme à l(acquisition des vertus propres a son état. Les veilles prolongées, les disciplines et les jeûne rigoureux, rien ne semblait devoir satisfaire sa soit d’austérité et de souffrance. Le démon lui livra de rudes attaques, mais l’humble fille de sainte Claire, confiante en la grâce de son céleste Epoux, lutta courageusement et remporta sur son ennemi d’innombrables victoires.


Pratique : La dévotion à la Passion.


Prière


Que ne puis-je, ô glorieuse Mère, avoir sans cesse à l‘esprit, comme vous, le souvenir de Jésus crucifié ! Daignez m'obtenir cette grâce, unie à celle d'un plus ardent amour et d’une plus grande générosité pour lui. Ainsi soit-il.

 

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22 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Vingt-troisième Jour

Duchesse des humbles

 

Autre appellation significative que nous allons méditer aujourd’hui. La Bulle de canonisation l’a décernée à Claire en même temps que l’immortel et si glorieux titre de Princesse des pauvres.

Devant la sainte Eglise, Claire apparut si belle au jour de son triomphe, si éclatante en pureté, si généreuse dans sa pauvreté et l'esprit d’abaissement, qu’Alexandre IV ne crut pouvoir l’exalter d'une façon plus éloquente en l‘inscrivant au rang des saints.

Duchesse des humbles ! Qu’est-ce à dire, sinon que la douce Abbesse de Saint-Damien excella dans la pratique de l’humilité comme dans celle de la pauvreté ? Elle a brillé non moins par l‘une que par l’autre, si bien que l’humilité et la pauvreté, ces deux vertus-sœurs, sont en quelque sorte les fleurons les plus éclatants de son céleste diadème. Plus notre Sainte aimait la pauvreté, plus elle allait disparaissent dans la profonde humilité. Chez tous les Saints, la note de l’une est généralement celle de l’autre ; impossible qu’il en soit autrement. car la chère et bénie pauvreté conduit toujours à l'humilité.

Mesurons donc l'humilité de Claire à la hauteur de cette pauvreté divine qu’elle aima si éperdument et pratiqua si parfaitement.

Quelques-unes de ses admirables paroles en ce point nous le révéleront mieux encore. Écoutons ses accents d’une humilité ravissante : « Moi, Claire, malgré mon indignité, servante de Jésus-Christ et des Pauvres Sœurs du monastère de Saint-Damien, et plante inutile dans le champ du Seigneur… je tremble en songeant à la fragilité de ma nature et crains d’en faire encore plus la triste expérience… Quel bonheur, écrit-elle à l’ardente Agnès de Bohême, quel bonheur de penser que par votre ardeur à imiter Jésus-Christ pauvre et humble, vous suppléez à mes défauts et compensez si abondamment les imperfections de mon zèle à imiter ce divin Modèle… Vivre pauvre et s’attacher à Jésus-Christ pauvre, quel bonheur !… Considérer les humiliations qu’il a embrassées pour nous et le suivre en devenant, s’il le faut, pour lui, un objet de mépris aux yeux du monde... c’est à cela que nous devons aspirer ».

Aux paroles viennent s’ajouter les actes : par humilité, Claire refuse constamment durant plus de trois ans le titre d’Abbesse et n’en veut point d'autre que celui de servante : « Ancilla », se disant même en toute occasion une servante inutile.

Par humilité, elle recherche pour elle ce qu’il y a de moindre, laissant aux autres ce qu’il y a de mieux. Les occupations les plus pénibles et les plus vulgaires font sa joie, les derniers offices du monastère sont ceux qu’elle se réserve de préférence. Abbesse, on la voit de plus en plus se confondre et s’anéantir. Plus on l’honore, plus elle s’abaisse ; plus elle est au-dessus des autres, plus elle s’anéantit ; elle-même sert ses compagnes à table, lave les pieds des sœurs quêteuses lorsqu’elles reviennent au monastère et les baise avec une expression de foi et de reconnaissance qui n’a d’égale que son incomparable humilité.

 

Réflexions et Avis


De même que l'estime et l’amour de la pauvreté tirent mépriser à notre héroïne les richesses de la terre, de même aussi l’estime et l'amour de l’humilité la portèrent à mépriser les honneurs du monde pour embrasser les humiliations de Jésus-Christ. Si Claire, comme nous l’avons vu, fut une incomparable amante de la pauvreté, elle fut aussi une sublime passionnée de l’humilité.

« Mais tout d'abord, qu’est-ce que l’humilité ? Être humble, c'est s'ignorer soi-même pour ne connaître que Dieu seul ; c’est donner à ce grand Dieu la seule gloire qu’il ambitionne, en confessant avec joie et par des hommages sans cesse renouvelés que tout est à lui, que tout vient de lui et que tout doit retourner à lui. Être humble; c’est faire un acte de suprême adoration, acte qui consiste à affirma le souveraine amabilité, la souveraine beauté de notre Dieu et qui se résume en ces mots : « Vous êtes tout, Seigneur, et je ne suis rien ; à vous donc louanges, honneur, amour et gloire, et à moi le mépris, la confusion ». Être humble enfin, c'est recevoir toute chose de la main de Dieu avec une amoureuse confiance, comme l'enfant reçoit des mains de son père, parfaitement convaincu que par lui-même il ne mérite rien, que l’amour seul lui donne tout ce qu’il possède, que l’amour: seul l‘a fait tout ce qu’il est ». (Auteur d’Allons au Ciel!)

Tel fut bien le caractère de l'humilité. Aussi profonde que sincère, de notre glorieuse Mère. Tel devrait bien être aussi le caractère de la notre, âme pieuse. L’humilité mettrait ainsi une garde à nos yeux pour qu’ils ne soient jamais détournée de la vue salutaire de notre bassesse et de notre néant, et nous tiendrait dépendant en tout et partout de la volonté de Dieu, comme nous le sommes de sa toute-puissance. Elle serait la force de notre bras, nous faisant agir n toute rencontre pour la plus grande gloire de Dieu. Elle serait l‘appui de nos pieds dans la vie du Ciel, y guidant nos pas, encourageant nos efforts et deviendrait finalement la main qui nous en ouvrirait la porte, car nul ne doit prétendre entrer au Ciel s’il ne s’est humilié devant Dieu et nul n'aura autant de part à sa gloire que l'âme qui aura été vraiment humble ici-bas, aimant à s‘abaisser devant les autres et restant toujours vile à ses propres yeux.


Avis des Saints

 

« Humilions-nous pour faire notre salut » (Saint Dorothée de Gaza). « La première chose à faire pour attirer en nous la grâce, c’est de se bien convaincre que de nous-mêmes, nous ne sommes rien et que tout ce qu’il y a de bon en nous vient de Dieu » (Sainte Catherine de Bologne). « Aimez a être oublié, méprisé et compté pour rien » (Saint Bonaventure).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Antoinette de Florence, religieuse de son Ordre (1401-1472)



Du commencement à la fin de sa vie, une admirable ferveur la distingue sans cesse. Élue Abbesse, elle communique à ses filles ce feu sacré et fait régner ainsi à un très haut degré l’esprit de régularité, de pauvreté et de pénitence. A l’amour divin qui ne cessait de l'embraser, elle donnait sans relâche l'aliment d'une maison où elle passait les nuits presque entières. Une nuit qu'elle était en oraison dans l’église, un globe de feu vint reposer sur sa tête et illuminer tout à coup le lieu où elle se trouvait. D‘autres loin, on la vit élevée de terre et ravie en extase.


Pratique : s'exercer à l’humilité en ayant soin d’en pratiquer aujourd‘hui même quelque acte généreux.


Prière


J’admire plus que jamais, ô Mère, la belle humilité qui brille en vous ! Puisse-t-elle rayonner jusqu'à moi et me faire apprécier plus que je n’ai fait jusqu’ici les motifs et les occasions nombreuses que j'ai de pratiquer une telle vertu. Aidez-moi, je vous en conjure, à devenir comme vous douce et humble de cœur, à l‘exemple de Jésus. Ainsi soit-il.

 

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1 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Révérende Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Deuxième Jour

Naissance

 

Claire naquit sous le beau ciel de l'Ombrie, dans les États Romains, tout prés d'Assise, au château de Sasso-Rosso dont son père, le comte Favorino de Sceffi, était seigneur absolu. Ce fut le 16 juillet 1194 que vint au monde cette enfant de bénédiction dont la naissance si vivement attendue par ses heureux parents vint les combler de joie et de bonheur.

Claire était la première enfant que leur donnait le ciel, la première fleur dont s’émaillait leur foyer, le plus doux rayon qui en illuminait l’avenir. Aussi, par Quels transports de joie fut saluée l’apparition radieuse de cet ange au berceau !... Parents, amis, serviteurs, tous en ce jour exultaient d’allégresse. Ce fut une joie universelle aussi parmi les habitants d’Assise et dans la campagne environnante, et tous s'unissaient au château et aux environs pour célébrer la venue de l’aimable enfant dont les charmes célestes ravissaient déjà tous les cœurs.

« En venant au monde, écrit Mgr Ricard, la fille d'Hortulana n’avait laissé voir aucune douleur, pas une larme, pas un cri. Quand sa mère la presse sur son cœur, un sourire de joie céleste sembla illuminer le visage de l'enfant, elle apparut avec une auréole de béatitude anticipée, présage des consolations qu'elle apportait à sa famille, à la ville d’Assise, à l’Église tout entière ». Faut-il s'étonner alors de la joie universelle que causa dans Assise et aux environs la naissance de l'heureuse prédestinée ? « Sans qu'ils pussent s'en rendre compte, les compatriotes de cette enfant bénie se sentirent transportés d’une allégresse irrésistible et tous s'abordaient joyeux et contents, se demandant, comme à la naissance de Jean-Baptiste : « Que pensez-vous donc que sera cet enfant ? »

Hortulane, sa mère, aurait pu leur répondre, elle qui, en donnant le jour à sa fille, entendit retentit de nouveau à l’oreille de son sœur, cette parole qui l’avait naguère si délicieusement consolée : « Ne crains point Hortulane, tu vas donner au monde une pure lumière, la joie et le salut des âmes ».

L’héritière des Sceffi fut baptisée à la cathédrale d’Assise et reçut le doux nom de Claire ou Clara, nom prophétique qu’elle devait illustrer par ses vertus en en réalisant d’une manière parfaite les lumineuses significations.

 

Réflexions et avis


« Que sera cet enfant ? Autour du berceau de Claire, où les attiraient les parfums de l‘innocence, les anges du ciel à leur tour durent également se poser la même question. Ne savons-nous pas que les esprits célestes aiment ces frais berceaux de nouveau-nés, et qu’ils font leur délice d’y accourir joyeux pour y contempler dans l’extase les ravissantes merveilles de la pureté et de la grâce ?

L’avenir de l'angélique baptisée d’Assise, s’il leur fut révélé, dut les remplir de joie et de consolation !

Puisse-t-il en avoir été ainsi du vôtre, âme pieuse, car nul doute que les anges du ciel n’aient entouré aussi votre éclatant berceau et ne s'y soient posé la même question qu’en face de celui.de Claire : « Quel sera cet enfant ? » Votre âme au sortir du baptistère leur apparut si complètement belle, si merveilleusement pure nous les splendeurs de la grâce, si grande avec son immortel titre d‘heureuse enfant des cieux qu'en l‘admirant sous l’éclat d’une telle beauté, l'ange ne pouvait que se demander aussi : « Que sera cette âme ? Que sera-t-elle pour le Seigneur qui l’a créée, pour le Dieu qui l’a tant aimée et si magnifiquement comblée ? »...

Que sera-t-elle cette âme ?... Grande question qui fut peut-être alors pour les anges un mystérieux secret... A vous de le résoudre aujourd’hui, âme pieuses. à vous d’y répondre. Qu'avez-vous été depuis votre apparition ici-bas ? Qu’êtes-vous à l’heure présente ?... Avez-vous été pour Dieu ce que vous devez être ?.. Êtes-vous bien pour lui ce qu’il désirait ?...

Êtes-vous bien pour Dieu l’âme véritablement chrétienne qui l’adore en esprit et en vérité ? L'âme invariablement fidèle qui n’est heureuse que dans sa volonté.

Lui gardez-vous ce cœur d’enfant avec lequel il veut être aimé, honoré, obéi, comme il en a le droit et selon que vous-même en avez la douce obligation ?...

Louer Dieu, l’aimer et le servir, tel est l’unique motif de notre existence, telle est la fin unique et suprême de l‘homme ici-bas. Tout est là pour nous dans ce lieu d’exil, et cependant, combien imparfaitement peut-être remplissons-nous cette obligation si grande et si importante... Écoutons plus docilement la voix de notre ange gardien. Nul ne sait mieux que lui l’importance de nos devoirs à cet égard... Ne le contristons pas en ne les remplissant qu'a demi. Dieu veut que nous soyons des saints, efforçons-nous de le devenir et répondons ainsi, comme l‘admirable vierge d’Assise, aux vues de Dieu sur nous et au désir de ses anges, car la volonté de Dieu est que nous soyons saints.


Avis des Saints

 

« Commençons maintenant à faire le bien et à y avancer, car jusqu'ici nous n’avons pas fait beaucoup de progrès ». (Saint François d'Assise). « Méprisons la créature pour apprendre a aimer le Créateur ». (Saint François d'Assise). « Songeons que le principe, la vie, et le terme de l’âme est l’union à Notre Seigneur ». (Saint François de Sales). « N’oublions pas que nous marchons vers l’éternité ». (Saint Pierre Chanel).


Couronne de Sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Béatrix, sa jeune sœur, célèbre par sa sainteté » (XIIIe siècle)


Elle vint avec sa pieuse mère rejoindre à Saint-Damien, Claire et Agnès, et eut le bonheur de revêtir en même temps qu elle l'habit religieux, « la mère suivant ainsi les traces de ses filles et la fille celle de ses sœurs ». Béatrix devint comme sa mère une religieuse de haute vertu. Toutes deux moururent avant sainte Claire au monastère de Saint-Damien ; mais leurs restes furent transportés plus tard en celui de Saint Georges, quand les sœurs vinrent l'habiter.

Pratique : Renouvelez les promesses du Baptême en déplorant d'y avoir manqué bien des foi Si Dieu ne cesse de nous donner son constant secours, ne cessons pas de nous montrer fidèles.

 

Prière

 

Daignez, ô glorieuse Mère, m'obtenir une fidélité parfaite aux vues de Dieu sur moi. Je veux désormais ne vivre que pour lui l’aimer, le servir et le glorifier en toute chose... Obtenez-moi cette grâce, je vous en conjure, et celle de ne jamais causer au cher Gardien de mon âme l'inexprimable peine d'avoir affaire à un cœur indocile et ingrat. Ainsi soit-il.

 

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10 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire

 

Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Onzième jour

À Saint Ange du Panso

 

Après la scène qui avait eu lieu au couvent de Saint Paul, François juges prudent de transférer notre héroïne au cloître de Saint Ange, plus voisin de la Portioncule. Ce monastère appartenait également aux Bénédictines. Là, Claire n’aurait pas à, craindre autant qu'à Saint Paul les récidives justement redoutées de ses parents, et le saint Patriarche pourrait plus facilement veiller sur elle. Accompagné de Bernard et de Philippe, deux de ses plus chers disciples, le Saint conduisit Claire dans ce nouvel asile.

Comme on l’a deviné déjà, la vocation de Claire et son entrée au cloître firent grand bruit à Assise. Chacun l’envisageait à sa manière, ainsi qu‘on l‘avait fait en pareille circonstance de la vocation extraordinaire de François : Les critiques cependant ne tardèrent pas de tomber pour faire place à l’admiration... Aux yeux de ses compatriotes, Claire, au château, était déjà une sainte, pourquoi tant s‘étonner alors de son héroïque détermination ? Une telle âme: n'était pas pour le monde et tout faisait bien voir depuis longtemps qu’elle appartiendrait uniquement au Seigneur... Au Roi du ciel et de la terre, qui oserait la disputer ? Les parents de Claire eux-mêmes, pénétrés d’une secrète admiration à la vue de son courage et de sa persévérance, consentirent à la laisser en paix dans sa solitude. Mais un événement du même genre devait les y amener bientôt plus furieux que jamais. Nous voulons parler de la vocation d’Agnès, la sœur cadette de notre héroïne.

Au cœur de la seconde fille de Favorino, la voix de l’Époux céleste venait aussi de se faire entendre. L'entrée de sa sœur au cloître avait fait colore dans son âme la même aspiration. Quitter le monde et se consacrer à Dieu, ne plus rien voir du siècle et ne converser qu‘avec Dieu et ses anges, depuis le départ de Claire. Agnès ne songeait et ne rêvait qu‘à cela... Or, un matin, n'y tenant plus, la jeune fille s'échappe du loyer paternel et court au monastère de Saint Ange annoncer à sa sœur sa grande résolution et l'assure qu'elle vient demeurer avec elle pour partager son bonheur. Elle aussi veut être l’Épouse de Jésus et embrasser la Pauvreté pour toujours.

« Ô ma très douce sœur, s'écria Claire dans le transport de sa joie. bénie soit à jamais la miséricorde de Dieu qui vous gratifie d’une si belle vocation ! Pour vous, comme pour moi, je n'ai demandé qu’une chose au Seigneur, c’est d‘habiter pour toujours dans sa sainte Maison : unau petii a Domino, hanc requiram, ut habitem in domo Domini...( Psaume 26).

On pressent le nouvel orage qui va fondre sur les deux colombes au petit nid de Saint Ange lorsque le Comte s’apercevra du départ de sa seconde fille... Il fut terrible en effet. Mais Agnès résista comme l’avait fait sa sœur. Douze hommes de sa famille, rassemblés par son père furent envoyés vers Agnès pour la sommer de rentrer au château ou l'y ramener de force. « Ils avaient la fureur dans l'âme », à tel point qu’exaspérés par la constance de la Sainte, l’un d’eux osa bien fondre sur elle à coups de pied et de poing. Il la prit par les cheveux essayant de la tirer dehors les autres la poussant et l'enlevant dans leurs bras, l'entraînèrent comme une proie à travers les pentes de la montagne, déchirant ses habits dans la lutte et semant la route de ses cheveux attachés. On conçoit là douleur de Gloire à la vue d‘un tel spectacle... son cœur brisé demande un miracle au ciel. en faveur de cette sœur chérie. Le prodige ne se fait pas attendre : le corps d’Agnès devient si lourd dans les mains de ses bourreaux qu'il leur est impossible de le changer de place... Force leur est de l’abandonner ou il se trouve, tandis qu' un châtiment du Ciel s'appesantit soudain sur l'un des agresseurs, son oncle Monaldo, qui furieux de se retirer confus, avait osé lever la main pour frapper encore l‘Innocente victime.

Agnès comme sa sœur, avait triomphé. Toutes deux entonnèrent ravies le chant de l’action de grâces.


Réflexions et Avis

 

La force et le secours d'en haut ne sont jamais refusés à qui les demande. Ils sont départis à l‘âme en proportion de ses besoins. Plus une épreuve l’accable, plus les encouragement de la grâce viendront la soutenir et la fortifier. De nous-mêmes, nous ne pouvons rien. Impossible par conséquent de résister par nos propres forces aux tentations de cette vie, aux séduction du monde aux attraits des plaisirs, même aux simples convoitises des sens. Où que s'engage la lutte et quelque forme qu elle prenne il nous faut la grâce de Dieu pour la soutenir et en triompher. Demandons-là au premier danger. jetons vers Dieu le cri de l'appel et de la confiance. Les Saints n‘ont pas agi autrement. Si forts et si ancrés qu'ils fussent dans la vertu, le sentiment d‘une humilité qui les distingue les fit toujours se défier d‘eux-mêmes, tout craindre et tout appréhender de leur propre faiblesses ; mais ils demeurent néanmoins toujours confiant dans le secours d’en-haut, et dans cette persuasion, toujours fermes dans le bien qu'ils entreprirent et admirables de courage pour l'accomplir... Cette force que nous admirons chez les Saints est puisée en Dieu ; elle naît de leur confiance. Voyez Claire et Agnès, chacune aussi ferme qu'énergique à l'heure de l'assaut. Elles le soutiennent sans faiblir ; sans s'intimider, sans céder... Où donc le secret de cette force, de cette mâle énergie ? Claire et Agnès l'ont trouvée au pied de l'Autel... Elles ont levé les yeux vers le Tabernacle du Seigneur d'où le secours, comme elles s‘y attendaient, devait leur venir et, fortes de cet espoir, chacune pouvait dire avec le Psalmiste : « Le Seigneur est mon défenseur et mon Dieu. Sa miséricorde me préviendra toujours, et c‘est pourquoi je demeurerai ferme et constante ».


Avis des Saints


« Ah ! Demeurer fidèle en serviteur du grand Roi, mon cœur ne cessera de vous le demander par les entrailles de Jésus-Christ » (Sainte Claire). « Qu(on est heureux quand on sert Dieu ! » (Saint François d'Assise). « Souffrons tout pour l’amour de jésus-Christ et l'établissement de son règne ». (Saint Pierre Chanel).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique


La Bienheureuse Hélène Enselmine. vierge de son Ordre, au monastère d’Arcella, non loin de
Padoue (1208-1243)


Malade durant seize ans, elle ne cesse d‘édifier ses sœurs par sa résignation, son admirable patience, une amabilité à toute épreuve. Son visage rayonnait toujours et on accourait pour la voir surtout lorsqu'elle était en extase. Un jour de la fête de saint François, comme elle méditait sur les vertus du saint Patriarche et sur les grands mérites qu’il s'est acquis, elle entendit une voix céleste qui lui disait : « François fut puissant sur la terre, mais au Ciel il est aujourd‘hui plus puissant ».


Pratique : invoquer sainte Claire aux heures où le besoin de force et de courage se fait le plus sentir.


Prière


Secourez-moi, ô puissante Mère, lorsque vous me verrez faillir dans mes résolutions. Hélas ! Tout est à craindre de ma faiblesse, mais que n’ai-je pas lieu d‘attendre de votre maternel secours ? Ne le refusez pas à une âme qui a un droit spécial à votre sollicitude et à votre amour. Ainsi soit-il.

 

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8 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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 Neuvième jour

L'entrée au cloître

 

Depuis de longues heures déjà, la nuit enveloppait de ses ombres la forteresse de Sasso-Rosso. Au château et aux alentours, tout était calme et silencieux. C’est l’heure propice, l’heure choisie pour le départ de Claire. Sans nulle hésitation et toujours parée de ses plus beaux habits, la jeune vierge se dispose à quitter la maison paternelle en compagnie de sa fidèle Bonna.

Par une porte dérobée du château, il leur serait facile, pensaient-elles, d'en franchir le seuil... et dans cet espoir, toutes deux s'y dirigent doucement et dans le plus grand silence...

Mais quel n’est pas l'étonnement des deux amies lorsqu’elles voient la porte, d'ordinaire si facile à ouvrir, fermée de manière à résister maintenant à tous leurs efforts. Elles la trouvent solidement barricadée avec de fortes barres et de grosses pierres. Que faire alors ?...

L’héroïque enfant adresse une prière à Dieu, et le miracle vient à son aide. De ses faibles mains, elle retire sans peine les énormes pieux et les grosses pierres qui lui barraient le passage et parvient ainsi à s’échapper sans bruit du château paternel... Nul ne peut soupçonner au manoir cette fuite imprévue.

Claire et sa fidèle compagne dirigent leurs pas vers la Portioncule. On les y attend avec une sainte impatience à laquelle se mêle depuis quelques instants une certaine anxiété. Le retard de Claire sème l'inquiétude dans la pieuse assemblée... François redoute que celle-ci n’ait été surprise au moment d’effectuer son départ, et que, arrêtée par ses parents, il ne soit plus libre à la sainte enfant d'accomplir ce qu’elle avait si courageusement résolu... Que fera-t-elle alors ?

L'arrivée bénie de l'angélique attendue calme aussitôt l‘angoisse. Angelis suis Deus mandavit de te... Le Seigneur avait commandé à ses anges de la garder dans toutes ses voies !

François et ses frères viennent au devant de l'illustre arrivante. Ils la conduisent au chant des psaumes dans cette humble chapelle de la Portioncule, leur ciel ici-bas … C'est là qu'ils assistent ravis à l‘admirable scène de son oblation à Dieu... Ils voient la jeune fille, d'un cœur joyeux fouler aux pieds ses riches atours, présenter ravie au tranchant du fer sa belle chevelure, réclamer avec impatience à la place du brocard, de la soie, des dentelles et des magnifiques boucles d’or, la bure grossière, le voile sombre le bandeau plat et la corde à nœuds.

François lui donne ces livrées séraphiques... Claire à échappé au monde ; elle est devenue l’épouse du Christ. Saluons en elle la fondatrice des Pauvres Dames. L'ordre à germé !

Ce grand acte accompli, le Saint, accompagné de plusieurs de ses frères, conduit la jeune vierge au cloître de Saint Paul de Chiascio, situé à faible distance de la Portioncule. C’était un monastère fervent de bénédictines. Claire y fut accueillie avec la plus sainte joie comme une recrue céleste. Mais la petite plante de Saint François n'y devait pas rester longtemps. L'enfer déjà suscitait l’orage contre elle.

 

Réflexions et Avis


Comme nous l’avons remarque hier, d‘admirables rapprochements se découvrent entre le grand acte accompli en ce jour par notre héroïne et le symbolisme délicieux du dimanche des Rameaux. L'entrée solennelle de Claire dans le cloître est un triomphe, une victoire que chantent les Anges du ciel... Elle est en même temps pour elle l‘indice d'un avenir de souffrance au devant duquel nous la voyons néanmoins s’élancer généreuse. La pensée du divin Rédempteur faisant son entrée triomphante à Jérusalem, et se disposant en même temps aux souffrances et aux ignominies prévues de sa douloureuse Passion, excitait l‘auteur de cette jeune vierge et encourageait ses premiers pas dans le chemin royal de l'immolation qu'elle devait parcourir. Les délicieux accents liturgiques semblaient merveilleusement appropriés aussi aux cérémonies touchantes d‘une telle oblation.

À celle qui venait d'abandonner le monde sur l‘appel divin, ils rappelaient la sortie d’Égypte du peuple d'Israël et en imploraient sur elle les bénédictions célestes comme les reçut alors le législateur du peuple de Dieu. Ailleurs, n’est-elle pas représentée par la blanche colombe pressée de s‘enfermer dans l'Arche ?... et s’il est question de ce peuple fidèle qui étendit ses vêtements sous les pas de Jésus, avec quel merveilleux à propos ne pouvait-on pas lui appliquer des paroles : « Que votre Élue, Seigneur, vous prépare les voies de la foi et que toute pierre de scandale étant ôtée, elle puisse suivre vos pas et voir fleurir devant vous les branches spirituelles de ses bonnes œuvres ».

Que le souvenir de la Passion de jésus nous soit comme à sainte Claire un stimulant de générosité et d'amour. Excitons-nous à pratiquer la vertu par la pensée de ce que Notre Seigneur a souffert pour nous. C’est un encouragement dont notre âme aura souvent besoin peut-être. Si belle qu'elle soit aux yeux de la foi, la vertu, quand il s’agit de la pratiquer, n'est pas toujours envisagée au point de vue de ses splendeurs. Ce n‘est pas toujours sur la tige d'un rameau verdoyant ou fleuri qu'elle se présente à nous, et lorsqu’elle nous apparaît desséchée, sans douceur et sans parfum, nous sommes tentés peut-être de la repousser ou de lui faire triste accueil... Ne recherchons pas le goût sensible dans la vertu. L'aurore de Pâques en fleur ne peut briller toujours pour l’âme chrétienne, pour l‘âme qui doit acheter le ciel au prix de luttes et de combats sans nombre.

La vertu, comme le royaume des cieux, souffre violence, il n’y a que les intrépides et ceux qui se font violence qui l‘emportent.


Avis des Saints


« Soyez dans la même disposition ou a été Jésus-Christ » (Saint Paul). « Offrons à Dieu ce que nous avons de meilleur » (Saint Bernard). « Regardez le ciel qui vous invite à prendre la Croix et à suivre Jésus-Christ qui vous précède » (Sainte Claire). « Nous sommes dans l’erreur si nous ne voulons être être saints de la manière dont Dieu veut que nous le soyons ». (Saint Ignace).

 

Couronne de sainte Claire

Fleur Séraphique

La Bienheureuse Bénédicte, particulièrement appréciée de saint François et de la bienheureuse fondatrice (XIIIe siècle).


Le Séraphique patriarche avait souvent prédit à sainte Claire que celle-là lui succéderait ajoutant qu‘elle en était digne. Le suite justifia en effet cette prédiction. Nommée Abbesse, le Ciel se se plut à confirmer cette élection par une série de prodiges. Les miracles naissaient délicieusement sous les pas de la Bienheureuse. On eût dit que toutes choses lui étaient soumises et qu’elle avait la puissance de se faire obéir de toute la création.

Pratique : Apporter au service de Dieu la ferveur et la générosité qu'il demande.


Prière


Ô glorieuse vierge, intrépide amante de Jésus Christ, obtenez-moi de l’aimer comme vous sans partage, de le chercher Lui seul au mépris de toutes les jouissances du monde et aux dépens même de mon repos et de ma vie. Qu'il me sera bon de participer ainsi aux dispositions de votre âme généreuse et si agréable à l’Époux divin. Ainsi soit-il.

 

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6 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

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Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

Septième jour

Épreuve

 

Éclairé d'un rayon céleste sur les destinées de Claire, François bénit le Ciel qui la lui amenait. il eut pour elle des paroles d‘encouragement et de flamme, des accents du ciel, et Claire, heureuse et confiante, lui ouvrit son âme avec abandon. Elle le supplia d'en être le guide et de la conduire sur les pas de Jésus, dans les voies du renoncement, de la pauvreté et du sacrifice que lui-même a tracées.

Elle était vraiment conquise à l'Époux céleste et prédestinée à de grandes choses cette jeune vierge d’Assise. François eût pu dès lors, et sans la moindre hésitation, se prononcer sur la vocation de Claire. D’un regard prophétique, il entrevoyait déjà l'admirable parcours qu‘allait traverser dans la perfection cette âme ardente et généreuse. Toutefois, avant d'accéder à ses désirs, il jugea bon, en guide prudent et sage, de la soumettre à une épreuve aussi extraordinaire que Sublime.

« Si les charmes de la Pauvreté vous attirent, prouvez-le, dit-il à Claire, prouvez-le en quittant la riche toilette que vous portez. Couvrez-vous d'un sac, et parcourez la ville en demandant l'aumône de porte en porte ». « Oh ! volontiers, s’écria Claire tout heureuse, Père, je le ferai de grand cœur pour vous convaincre et pour goûter la, pauvreté de mon Jésus ».

Et la fille du comte Favorino, vêtue à la mendiante, parcourut sa ville natale, allant, de porte en porte, solliciter humblement l’aumône d’un morceau de pain pour l’amour de Dieu.

Chose vraiment merveilleuse ! Personne, hormis le Saint, ne reconnut Claire de Sceffi sous les haillons qui la couvraient. Ces livrées de la pauvreté qu'elle avait si joyeusement revêtues ne la distinguèrent qu’aux yeux de Dieu et des anges.

« Après l’avoir accueillie, entendue, éprouvée, François, dit un pieux auteur, lui rendit visite au château paternel en compagnie sans doute du frère Rufin, parent de la famille. Ils se virent ainsi à plusieurs reprises. A mesure qu’ils le faisaient, ils étaient l’un et l’autre plus convaincus qu’une Providence attentive avait présidé à leur rencontre. Claire ne se laissait pas d’entendre la parole de François aussi éloquente dans le tête-à-tête qu'en présence de la foule, et qui, en la révélant à elle-même, la remplissait d’une lumière et d’une douceur divines. De son côté, François était ravi de ce qu'il découvrait dans son interlocutrice ; cet accent si sincère, ce courage simple et décidé à tous les sacrifices, plus encore, cette fois à un appel venant du ciel, c'étaient tous les caractères des âmes conviées aux noces de l’Époux divin. Claire était manifestement de ces âmes. il fallait se hâter de l’offrir au Seigneur comme une belle proie que le monde commençait à convoiter ». (M. Le Monnier).


Réflexions et Avis


Attachons-nous aux vertus solides et nous n'aurons pas à craindre de nous égarer. L'humilité et l'obéissance sont de ce nombre... et les saints nous disent qu’on ne peut excéder en ce point... C’est au moyen de ces vertus, l’obéissance et l'humilité, que saint François d’Assise voulut s'assurer et qu’il fut convaincu de la ferveur de Claire. La vertu qui tend à s'écarter de l‘obéissance est une vertu illusoire et sans fondement... de même celle qui est dépourvue d'humilité ; elles crouleront l’une et l’autre comme un édifice bâti sur le sable mouvant et que le moindre orage peut renverser.

Aspirant au cloître pour s‘y donner à Dieu, rien ne parut difficile à Claire et rien ne lui coûter pour atteindre ce but. Eût-on exigé mille et mille fois plus, sa ferveur n'eut pas hésité une seconde à l’accomplir... Plus il est demandé à l'âme fervente, plus elle est heureuse, estimant comme un grand bonheur l’occasion qui lui est donnée de témoigner son amour à Dieu en faisant pour lui quelque chose de plus signalé. Le prix d'un seul acte de cette nature est d’une valeur incompréhensible. Au ciel seulement nous en connaîtrons tout le mérite.

Cependant, l’occasion de faire de grandes choses pour Dieu se présente rarement, et nous devons nous porter d‘un cœur aussi généreux à la pratique des plus humbles vertus qu‘aux actes prévus d'une perfection plus relevée. Dieu ne demande pas l'impossible. Nous n'aurons à lui rendre compte que des choses que nous aurons pu faire. Par conséquent, double raison pour nous de les accomplir. Sachons donc apprécier l‘humble semence des petites vertus ; celles-ci germent en nombre dans le sillon de notre vie et peuvent se cueillir en quelque sorte sous chacun de nos pas. Oh ! La belle moisson qui nous est offerte ! Insensé et mille fois coupable qui la dédaigne et la méprise.

 

Avis des Saints

 

« On déplaît à Dieu quand on obéit avec chagrin, et en cherchant à connaître la raison de tel ou tel commandement » (Saint Bernard). « Le vrai obéissant doit considérer en toute chose non la difficulté plus ou moins grande du commandement, mais l‘autorité de celui qui le fait et le mérite de l’obéissance » (Saint François d'Assise). « Rappelons-nous que la sainteté ne consiste point à faire de grandes choses, mais à vivre chrétiennement dans la condition où nous a placés la Providence ». (Saint Pierre Chanel).

 

Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique


La Bienheureuse Benvenuta de Pérouse qui fut vraiment la bienvenue au petit cloître de Saint Damien (XIIIe siècle).


Elle avait connu Claire dans le monde, sa famille étant très liée avec celle des Sceffi Son entrée réjouit vivement la sainte Fondatrice, heureuse de voir cette âme si chère se donner à Dieu. Longtemps éprouvée par la maladie, et finalement privée de l'usage de la parole, Benvenuta fut l'heureuse miraculée de la Sainte Mère. Ce miracle est l'un des plus éclatants de l'illustre Fondatrice, touchée de compassion à la vue de sa fille toujours si obéissante et réduite a ce triste état, Claire fit sur elle le signe de la Croix et la pauvre malade guérit instantanément.

Pratique : S’exciter au détachement des choses de ce monde par Cette parole d‘un grand saint ; « Qu’est-ce que cela pour l’éternité ? »


Prière


Ô vous qui avez si généreusement renoncé aux honneurs du monde pour embrasser la pauvreté et l'humilité de Jésus-Christ, obtenez-moi la force dont j’ai besoin pour la pratiquer moi-même selon que l'imposent mes devoirs d’état, car toujours et partout l’âme chrétienne est tenue de vivre détachée des biens de la terre et de s’appliquer à devenir douce et humble de cœur. Ainsi soit-il.

 

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5 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Sixième Jour

Vocation révélée

 

En 1212. François vint à Assise prêcher le Carême, l'Esprit divin qui inspirait toutes ses démarches lui ayant appris déjà le grand mystère dont il allait devenir l’instrument.

Il n'était bruit dans toute la ville que des prédications du saint pénitent. Claire eut un vif désir de l’entendre, et la pieuse Hortulane. sa mère, cédant aux sollicitations de sa fille chérie, voulut bien la conduire elle-même, avec sa jeune sœur Agnès, à la cathédrale de Saint Rufin où prêchait François. La comtesse et ses filles eurent donc la joie de l'y entendre.

« Claire écoutait, profondément remuée par cette parole-neuve, imagée, ardente, qui pénétrait jusqu‘à la division de son âme. jamais homme n'avait parlé devant elle, comme parlait le séraphique apôtre. Tout à coup, est-ce une illusion ? Il semble que le regard pénétrant du prêcheur s'est arrêté sur la jeune fille et veut sonder dans les profondeurs de cette âme virginale ». (Mgr Ricard)

« Le Saint, disent les histoires des premières origines des deux Ordres, le Saint avait appris par révélation la vie si extraordinaire de la jeune vierge. il savait qu’elle devait être un jour la principale coadjutrice de ses travaux. le fondement du nouvel ordre qu‘il se proposait d‘établir et que c'était lui qui enlèverait au monde une si noble dépouille pour la consacrer à Jésus-Christ, le souverain Roi. Convaincu donc de l’importante mission de Claire, il désirait la voir et parler à son cœur ; il pensait déjà enlever au prince des ténèbres une proie qui devait n’appartenir qu’au Monarque de la lumière, et il ne cessait de coutume la bonté divine de venir à son secours et d’abriter au plus tôt dans son sanctuaire un trésor si précieux ».

Claire sortit tout émue de la cathédrale et rentra au château. Des pensées de vocation séraphique l'agitaient délicieusement. À l'exemple de ces Moines dont François était le fondateur et le chef, elle rêvait de vivre pauvre, mendiante, obscure, crucifiée au monde et toute à Jésus, au Dieu qu’elle aimait.

« Décidément, se dit la jeune Claire, François sera pour moi l’ange du grand conseil. C'est lui qui révélera à mon âme les desseins de Dieu et m‘indiquera ce que je dois faire ». Forte de cette persuasion, qu’elle fit partager bientôt à une de ses parentes, Bonne Guelfuccio, Claire eut l'inappréciable avantage par l’entremise de cette pieuse tante, et sous prétexte d'une visite au frère Rufin allié de la famille de Sceffi, d’obtenir une entrevue avec l‘admirable séraphin d‘Assise... Le résultat eut pour but de l'éclairer pleinement sur sa vocation.


Réflexions et avis


Claire avait prié le Seigneur de un montrer, sa voie, et son cœur en lui avait placé toute son espérance. Elle attendait confiante et toujours suppliante le rayon de lumière qui devait orienter sa marche, la guider vers la Montagne sainte et illuminer soit entrée dans les tabernacles du Seigneur... Son attente ne fut pas trompée, son espoir ne fut point déçu.

Ainsi qu'à l’illustre converti du chemin de Damas, une voix mystérieuse se fit entendre à son âme lui disant comme à Paul : « Va trouver mon serviteur, il te dira ce que tu dois faire ». Ce n’est jamais en vain que nous implorons le secours du Ciel : Grâces de lumière, de force, de direction, etc., aucune ne sera jamais refusée à l'âme qui la sollicite… Dieu nous aime trop pour rester sourd à nos prières et les laisser sans réponse. S‘il diffère, attendons, mais sûrement, l'heure du secours viendra. Sa divine lumière saura chasser les ombres et faire de la plus sombre nuit un jour illuminé de célestes clartés.

Comme pour Claire, c’est la divine obéissance qui nous trace la voie. Hors de là, nous marchons dans les ténèbres en faisant fausse route, et malheur à qui chemine au bord d’un tel précipice... Un aveugle peut-il conduire un autre aveugle ? a dit Jésus. Notre propre jugement, comme notre propre volonté, est aveugle. L’un ne saurait être guidé par l’autre, et tous deux sont des guides aveugles et insensés contre lesquels il tout se tenir en garde. Attachons-nous à l‘obéissance, car elle est la voie sûre qui conduit au ciel. L’âme qui cherche à connaître la volonté de Dieu et qui s‘offre à la suivre est dans le chemin de la vraie sainteté. Quelle paix délicieuse elle goûte à chercher le bon plaisir divin et à l‘accomplir ! C'est déjà le Paradis ici-bas ! Saint Bernard a dit : « Ôtez la propre volonté, et il n'y aura plus d‘enfer, on peut dire aussi qu‘aimer la volonté de Dieu, c’est avoir déjà le ciel ! »


Avis des Saints


« Celui qui manque de conseil ressemble à un vaisseau sans pilote ballotté ci et là par les vents » (Saint Basile). « Celui qui ne veut point d'autre maître que lui-même est le disciple d'un maître insensé » (Saint Bernard). « L’on ne peut tomber dans l’erreur aussi longtemps qu'on se défie de soi et qu'on préfère s’en rapporter à la sagesse d’autrui qu‘à se propre appréciation ». (Vénérable Louis de Blois). « Préparez-vous, mes enfants, à accomplir la volonté du Seigneur ». (Saint François d‘Assise).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Francisca, une de ses premières compagnes de Saint Damien (XIIIe siècle).


Elle fut favorisée, comme la sainte Mère des prédilections de l'Enfant Jésus. Un jour, le 1er mai, tandis qu’elle méditait sur la parole de Jésus à son apôtre : « Philippe, celui qui me voit, voit mon Père », Notre-Seigneur lui apparut tout à coup sous la forme d‘un petit enfant tout rayonnant de beauté. Un autre jour, c’est dans l’Hostie qu'elle aperçut son divin Époux tout environné de rayons éclatante. Elle tomba en extase et y demeura longtemps. Éprouvée de longues années par de violents maux de tête, qui ne la quittaient pas, sainte Claire la guérit miraculeusement.

Pratique : S‘affectionner à la volonté de Dieu : en prendre conseil en toute occasion : rien n'avance autant pour une âme son progrès vers la perfection.


Prière


Bienheureuse Mère sainte Claire, obtenez-moi l'amour de l'obéissance, cette vertu que vous avez tant aimée. Qu'elle me dirige en tout, partout et toujours, afin qu’en toute chose je n’agisse que pour Dieu avec le désir constant de faire ce qui lui plaît. Ainsi soit-il.

 

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3 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Quatrième Jour

Appel divin

 

Au manoir des Sceffi, Claire s’épanouissait dans tout l’éclat de son printemps. Elle était l'orgueil de son père, l’enfant des prédilections de sa mère, « qui lui portait un amour plus tendre qu’à ses sœurs, parce qu’elle les surpassait singulièrement dans la piété ». Tout en elle effectivement rappelait la vertu et en retraçait les charmes.

Claire brillait aux yeux de tous par son angélique modestie non moins que par sa beauté. Aussi vertueuse qu’aimable, spirituelle et belle, l’histoire nous la montre estimant bien au-dessus des avantages naturels dont elle était douée, ceux qui résultent de la sagesse et de la vertu. Sa piété allait croissant et l’attrait de la pénitence, déjà, la portait à ces mortifications secrètes et volontaires qui distinguent les saints. Sous la dentelle et la soie des riches habits que lui donnait sa mère, la jeune vierge cachait des instruments de pénitence qui constituaient pour sa chair délicate un douloureux supplice. Claire l'endurait avec bonheur pour l'amour de Jésus. et sous le dur cilice qui la meurtrissait et Que nul ne soupçonnait, elle restait la plus délicieuse et la plus parfaite jeune fille, la perle incomparable de l’Ombrie... Grâce et nature en effet semblaient rivaliser de concert pour l’enrichir des meilleurs dons. Au château, comme aux alentours, l’éloge de Claire était sur toutes les lèvres, tant étaient vrais, attrayants et doux les charmes de ses qualités morales et de ses vertus.

Devant leur belle adolescente. et dans une fierté bien légitime, ses parents eux-mêmes ne tarissaient pas d'admiration.

Faut-il s’étonner ensuite de voir les plus nobles et les plus opulentes familles de la péninsule aspirer à son alliance et les nobles châtelains de Sasso-Rosso, si fiers de leur fille, caresser l‘espoir de la fiancer bientôt à l‘un des plus riches et des plus brillants seigneurs de son temps ?

Mais ce n’est point à un époux de la terre que l'héritière des Sceffi donnera son cœur. Sa foi, comme son amour, elle l’a jurée au Christ, a Lui qu'elle a vu, qu'elle a aimé et chéri uniquement ! à Jésus, qui dès son jeune âge eut les prémices de sa tendresse et de son amour. Insensible aux propositions les plus séduisante de la terre, la jeune vierge n'entend qu’une voix. celle du Bien-Aimé divin qui l’attire, la voix de l’Époux céleste qui murmure à son cœur. et plus doux que jamais, son mystérieux « Veni... ! » Claire, docile et généreuse, brûle d'y répondre.


Réflexions et avis


Créée pour Dieu, l’Être suprême, le souverain Bien, pour l’aimer, le servir et le posséder un jour, est-ce merveille que l'âme tende à Dieu et rêve de s’unir à Lui ? « Dieu a des attraits, dit Lemann, et ces attraits sont tels que nous nous sentons emportés vers lui aspirant non seulement à le connaître, à l‘aimer, à le servir, mais, ce qui est plus fort, à nous unir à lui. Sa beauté nous attire, son infini nous captive, son inconnu nous semble la béatitude ; c'est pourquoi, à certaines heures, tout notre être s'élance vers lui soupirant avec le prophète : « Seigneur, qui est semblable à vous ? » ou avec l’Épouse du Cantiques des Cantiques ; Attirez-moi à vous, ô le Bien-aimé de mon cœur ; et je courrai à l'odeur de vos parfums ».... À ces moments-là, on aspire à posséder Dieu de la possession la plus forte et la plus intime... »

Telles furent furent déjà au printemps de sa vie respirations de Claire, et telles nous les voyons persister ardentes, généreuses, embrasées, à cette heure où le monde s‘acharne à la disputer à Dieu. Non ! la victoire ne sera pas au monde, mais au vainqueur du monde, au « Christ amour ! ». À Lui qui, douze siècles avant, laissait aux siens, pour les soutenir dans la lutte contre son éternel ennemi, ce magnifique encouragement : « Ne craignez pas, j’ai vaincu le monde ».

L'attitude ferme et généreuse de la jeune vierge était la réponse de son âme à l'appel divin.


Âmes privilégiées, qui entendez comme elle cet appel sublime, le doux « Veni » du Christ, ah ! N'endurcissez pas votre cœur. Ne résistez pas à l’appel du Seigneur, aux vues de son amour. La vocation religieuse est une grâce de choix à laquelle il faut répondre sous peine d'encourir la disgrâce de Dieu et d‘exposer son salut.

L’âme qui n’a pas le courage de le suivre chemine hors de la voie où Dieu l'invitait à marcher pour arriver au bonheur. et Au contraire, dit Saint Alphonse de Liguori, quel bonheur est le partage même ici-bas de ceux qui, renonçant au monde, se sont.donnés à Dieu sans réserve et lui ont consacré le peu de jours qu’ils ont à passer sur la terre, sans parler encore du trône éminent qui leur est réservé dans le ciel et des joies infinies qui les y attendent.

Mais si la vocation religieuse n’est pas donnée à tous, c'est néanmoins de tous que Dieu sollicite le cœur et qu'il demande l‘amour : « Enfant, donne-moi ton cœur ! »

Ces paroles sont le tendre appel du cœur de Dieu à l‘amour que nous lui devons, appel qu’il adresse avec une suavité ineffable à tous ses enfants. Âme pieuse, que votre cœur y réponde ! qu'il se donne à lui sans partage et qu’aucun rival n’y vienne partager un amour qui est dû entièrement à lui !


Avis des Saints

 

« Toute attache aux créatures nous empêche d‘être entièrement à Dieu ». (Saint Jean de là Croix). « Autant nous donnons d’amour aux créatures, autant nous enlevons à Dieu » (Saint Philippe de Néri). « Aimons donc le Seigneur de tout notre cœur et de tonte notre âme, puisque c'est là ce qu’il demande de nous ». (Saint François d'Assise).

 

Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Aimée, sa nièce chérie (XIIIe siècle)


Elle dut aux prières de la sainte Fondatrice la grâce de renoncer au monde pour s’attacher au céleste Époux. Il est dit que Jésus la traita en enfant gâtée. Un jour elle aborde Claire au moment où celle-ci est favorisée du bonheur de tenir l’enfant Jésus dans ses bras... En présence d'un tel prodige, Aimée se prosterne et adore l'adorable Enfant qui se rend visible à ses yeux... Jésus la bénit de sa divine main et laisse l'heureuse Aimée et ta tante, ses deux privilégiées, inondées de joie.

Pratique : Réitérer avec ferveur le don de soi à Dieu, et réitérer souvent cette aspiration ardente : « Seigneur, mon Dieu, je veux être tout à vous ! »


Prière

 

Aux appels d’en-haut que je réponde comme vous, ô séraphique Mère ; aux désirs de mon Dieu que tout cède chez moi. Est-ce en vain que Jésus formulerait ses vœux à mon âme, est-ce en vain qu’il me déclarerait sa douce volonté ? Obtenez-moi de l'aimer sans partage et de' lui être fidèle jusqu’à la mort. Ainsi soit-il.

 

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27 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

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Vingt-huitième jour

Vincent donne des règles à sa Congrégation et dit plusieurs choses très considérables sur ce sujet

 

Ce fut en l'année 1638 que Vincent ayant mis les règles et Constitutions de sa Congrégation, dans le bon ordre qu'il souhaitait, son grand âge et ses infirmités presque continuelles lui faisant prévoir qu'il ne lui restait plus guère de temps à vivre, comme il avait toujours aimé les siens pendant sa vie, il voulut leur donner des preuves signalées de cet amour, avant sa mort, en leur laissant son esprit exprimé dans ses règles et constitutions.

Comme donc la communauté de la maison de Saint-Lazare était assemblée un vendredi soir 17 Mai de la dite année, Vincent leur fit un discours fort affectif et tout paternel sur le sujet de l'observance des mêmes règles, lequel ayant été recueilli par quelqu'un qui était présent, nous en rapporterons ici quelques extraits qui feront voir de quel esprit Vincent était animé, et avec combien de prudence et de retenue, de charité et de zèle, il avait dressé ses règles pour le bien de sa Congrégation.

Il commença par les motifs que sa Congrégation avait d'aimer et de bien observer ses règles : « Il me semble, dit-il, que par la grâce de Dieu, toutes les règles de la congrégation de la Mission tendent à nous éloigner du péché, et même à éviter les imperfections, à procurer le salut des âmes, servir l'Eglise et donner gloire à Dieu, de sorte que quiconque les observera comme il faut, s'éloignera des péchés et des vices, se mettra dans l'état que Dieu demande de lui, sera utile à l'Eglise, et rendra à Notre Seigneur la gloire qu'il en attend. Quels motifs, Messieurs et mes frères, de s'exempter des vices et des péchés autant que l'infirmité humaine le peut permettre, glorifier Dieu, et faire qu'il soit aimé et servi sur la terre ! Ô Sauveur ! Quel bonheur ! Je ne puis assez le considérer ; et néanmoins elles ont de quoi porter ceux qui les pratiquent à une haute perfection ; et non seulement cela, mais encore à détruire le péché et l'imperfection dans les autres, comme ils l'auront détruit en eux-mêmes. Si donc la petite compagnie a déjà fait quelques progrès dans la vertu, et si chaque particulier est sorti de l'état du péché, et s'est avancé dans le chemin de la vertu, n'est-ce pas par l'observance des mêmes règles qu'il a fait cela ? Si, par la miséricorde de Dieu, la compagnie a produit quelque bien dans l'Eglise par le moyen des missions et par les exercices des ordinants, n'est-ce pas parce qu'elle a gardé l'ordre et l'usage que Dieu avait introduits, et qui sont prescrits par ces mêmes règles ? Oh ! Que nous avons donc grand sujet de les observer inviolablement, et que la congrégation de la Mission sera heureuse, si elle y est fidèle ».

Un autre motif qu'elle a pour cela, est que ses règles sont presque toutes tirées de l'Evangile, comme chacun le voit, et qu'elles tendent toutes à conformer notre vie à celle de Notre Seigneur ; car il est dit que ce divin Sauveur est venu, et a été envoyé de son Père pour évangéliser les pauvres, pour annoncer l'évangile aux pauvres, comme par la miséricorde de Dieu, la petite compagnie tâche de faire, laquelle a grand sujet de s'humilier et de se confondre de ce qu'il n'y en a point eu encore d'autre, que je sache, qui se soit proposé pour fin particulière et principale d'annoncer l'évangile aux pauvres, et aux pauvres les plus abandonnés. C'est là notre fin. Oui, Messieurs et mes frères, notre partage sont les pauvres. Quel bonheur de faire la même chose pour laquelle Notre Seigneur a dit qu'il était venu du Ciel en terre, et moyennant quoi, nous espérons, avec la grâce, d'aller de la terre au Ciel. Faire cela, c'est continuer l'ouvrage du Fils de Dieu, qui allait volontiers dans les lieux de la campagne chercher les pauvres. Voilà à quoi nous oblige notre règle, à servir et à aider les pauvres, que nous devons reconnaître pour nos seigneurs et pour nos maîtres.

Ô pauvres, mais bienheureuses règles, qui nous engagent à aller dans les villages, à l'exclusion des grandes villes; pour faire ce que Jésus-Christ a fait. Voyez, je vous prie, le bonheur de ceux qui les observent, de conformer ainsi leur vie et toutes leurs actions à celles du Fils de Dieu. Ô Seigneur, quel motif avons-nous en cela de bien observer ces règles qui nous conduisent à une fin si sainte et si désirable ! « Vincent ayant ainsi parlé, fit approcher les prêtres, à chacun desquels il donna un petit livre contenant les règles exprimées, qu'ils voulurent par dévotion recevoir à genoux, réservant au lendemain de distribuer les autres au reste de la communauté, parce qu'il était trop tard.

Après la distribution l'assistant de la maison se mit derechef à genoux, et lui demanda sa bénédiction au nom de toute la compagnie, qui s'était mise en une semblable posture : sur quoi Vincent s'étant lui-même prosterné, dit ces belles paroles, d'un ton de voix fort affectif, et d'une manière qui faisait bien paraître l'ardeur de son amour paternel : « Ô Seigneur ! Qui êtes la loi éternelle et la loi immuable, qui gouvernez par votre sagesse infinie tout l'univers, vous de qui les conduites des créatures, toutes les lois et toutes les règles de bien vivre sont émanées comme de leur source ; ô Seigneur ! Bénissez, s'il vous plaît, ceux à qui vous avez donné ces règles-ci, et qui les ont reçues comme procédant de vous. Donnez-leur, Seigneur, la grâce nécessaire pour les observer inviolablement, jusqu'à la mort. C'est en cette confiance et en votre nom, que tout misérable pécheur que je suis, je prononcerai les paroles de la bénédiction que je vais donner à la compagnie ».

Voilà une partie du discours que Vincent fit en cette occasion, lequel il prononça d'un ton de voix médiocre, humble, doux et dévot, et de telle sorte qu'il faisait sentir aux cœurs de tous ceux qui l'écoutaient, l'affection particulière du sien ; il leur semblait qu'ils étaient avec les Apôtres écoutant parler Notre-Seigneur, particulièrement en ce dernier sermon qu'il leur fit avant sa mort, où il leur donna aussi ses règles, en leur imposant le grand commandement de la parfaite dilection.

Vincent ne s'est pas contenté de donner seulement des règles aux Missionnaires, mais il en a encore données aux filles de la charité, dont il était le Père. Avant tout il proposa à ces vertueuses filles, pour maxime fondamentale, de se considérer comme destinées par la volonté de Dieu, pour servir Notre Seigneur Jésus-Christ corporellement et spirituellement en la personne des pauvres malades, tant hommes que femmes ou enfants, soit honteux ou nécessiteux; et pour se rendre dignes servantes d'un tel Seigneur, dans un emploi si saint, de travailler soigneusement à leur propre perfection, faisant tous leurs exercices en esprit d'humilité, de simplicité et de charité, et en union de ceux que Notre Seigneur Jésus Christ a faits sur la terre, et pour la même fin qui exclut toute vanité ou respect humain, et tout amour-propre et satisfaction de la nature.

Il leur a aussi fort particulièrement recommandé quelques autres vertus qu'il a jugées les plus nécessaires à leur état, comme l'obéissance à leurs supérieurs et à Messieurs les Curés ; l'indifférence aux lieux, aux emplois et aux personnes ; la pauvreté pour s'affectionner à vivre pauvrement, comme servantes des pauvres; et la patience pour souffrir de bon cœur, et pour l'amour de Dieu, les incommodités, contradictions, moqueries, calomnies et autres mortifications qui leur arrivent, même pour avoir bien fait ; se remettant en esprit que tout cela n'est qu'une partie de la croix que notre Seigneur veut qu'elles portent après lui sur la terre, pour mériter de vivre un jour avec lui dans le Ciel.

« Une fille de charité, disait-il, a besoin de plus de vertu que les religieuses les plus austères. Il n'y a point de religion de filles qui ait tant d'emplois qu'elles en ont : car les filles de la charité ont presque tous les emplois des religieuses, ayant premièrement à travailler à leur propre perfection, comme les religieuses carmélites et autres semblables ; secondement au soin des malades, comme les religieuses de l'hôtel-Dieu de Paris; troisièmement à l'instruction des pauvres filles, comme les Ursulines ».

Voici ce que portent quelques articles des règles particulières que Vincent a données aux Sœurs qui servent les pauvres malades dans les paroisses : « Elles considéreront qu'encore qu'elles ne soient pas dans une religion, cet état n'étant pas convenable aux emplois de leur vocation, néanmoins, parce qu'elles sont beaucoup plus exposées que les religieuses cloîtrées et grillées, n'ayant pour monastère que les maisons des malades, pour celle de quelque pauvre chambre, et bien souvent de louage; pour chapelle l'église paroissiale, pour cloître les rues de la ville, pour clôture l'obéissance, pour grille la crainte de Dieu, et pour voile la sainte modestie: pour toutes ces considérations, elles doivent avoir autant ou plus de vertu que si elles étaient professes dans un ordre religieux. C'est pourquoi elles tâcheront de se comporter en tous ces lieux-là, du moins avec autant de retenue, de récollection et d'édification que font les vraies religieuses dans leurs monastères ; et pour obtenir de Dieu cette grâce, elles doivent s'étudier à l'acquisition de toutes les vertus qui leur sont recommandées par leurs règles, et particulièrement d'une profonde humilité, d'une parfaite obéissance, d'un grand détachement des créatures ; et surtout elles useront de toutes les précautions possibles pour conserver parfaitement la pureté du corps et du cœur ».

 

Fleurs Spirituelles

 

« La perfection d'une personne de communauté consiste dans une exacte obéissance à ses règles. Celle qui les observera les plus fidèlement sera sans doute la plus parfaite ». (Saint Alphonse Rodriguez).

« La prédestination des religieuses est attachée à l'amour de leur règle, et à faire ponctuellement ce qu'elles doivent en vertu de leur vocation ». (Saint François De Sales).

Pratique : Soyez aujourd'hui fidèles à la moindre des règles par amour pour Notre-Seigneur Jésus-Christ. Priez pour les religieuses qui sont les plus exactes à observer leurs règles.

 

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