Canalblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Images Saintes
Publicité
Archives
Newsletter
Derniers commentaires
Images Saintes
  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
2 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

Arrestation de Jésus 2

 

Troisième jour

3 Avril

 

Jésus lié

 

Prélude : La troupe des soldats, le tribun et les valets des Juifs s'emparent de Jésus et le lient avec des cordes.

 

Méditation

 

Après avoir prouvé sa divinité par le renversement de ceux qui venaient le prendre et la guérison de Malchus, Jésus se laissa saisir et lier. Il est lié comme une victime innocente, dévouée au salut du monde. C'était l'une des prescriptions de la loi que la victime devait être liée, et, pour obéir à la loi, cette victime volontaire se laisse lier. Il est lié comme un captif d'amour, car si l'amour ne se fut d'abord emparé de son Cœur, jamais ses ennemis n'auraient pu l'arrêter. Ô charité, que tes liens sont forts et puissants, puisqu'ils peuvent captiver un Dieu ! Liez- moi donc si étroitement à lui que jamais je ne puisse m'en séparer. Il est lié comme un voleur. Ah ! l'aimable voleur, qui fait sa gloire de ravir les cœurs ! Quand donc vous emparerez-vous du mien, ô mon Jésus ?

En consentant à se laisser lier, Jésus s'est proposé diverses fins, également dignes de sa miséricorde et de sa bonté.

Il veut être lié pour nous tirer de la servitude. Trois sortes de liens le tiennent étroitement attaché : les Juifs le lient, son amour le lie, nos péchés le lient. Mais, en prenant nos liens, il nous tire de l'esclavage du démon et nous met en liberté. « Si vous me cherchez, dit-il, laissez aller mes disciples ». Ah ! mon Sauveur, que d'obligations je vous ai ! Vous avez rompu mes liens, je ne veux plus être esclave. Mes péchés m’avaient livré au démon, je ne pouvais m'affranchir de sa tyrannie, mais vous m'avez dégagé, en présentant vos mains aux chaînes et aux liens. Ô mon libérateur bien-aimé, je vous glorifierai toute ma vie.

Il veut être lié pour nous apprendre à fuir la licence, le libertinage et l'abus de la liberté. Notre Seigneur a mis la vie, le salut et la gloire dans la croix. Abandonnons donc volontiers cette malheureuse liberté que nous avons de pécher et de l'offenser, pour nous lier à lui par les liens de la charité. Il a été d'abord captif de l'amour qui l'a fait descendre du ciel, et il s'est ensuite chargé des liens de la Passion. Si nous voulons monter au ciel, il faut premièrement porter les liens de la Passion et puis ceux de l’amour : embrassons donc les souffrances, et soupirons après la charité. Les Juifs ont mis la main sur Jésus et en ont fait leur captif pour un temps. Que nous serions heureux si Jésus mettait la main sur nous, et nous faisait ses esclaves pour l'éternité.

Il veut être lié, pour lier à son tour les mains à la justice divine et délier celles de la miséricorde. Jésus veut être lié, pour empêcher la justice divine de nous punir : ne pourra-t-il pas aussi lier les mains d'un misérable pécheur tel que moi, pour m'empêcher de l'offenser ? Il a compati à mes liens, ne compatirai-je point aux siens ? Aurai-je le cœur assez dur pour aggraver ses chaînes par la pesanteur de mes crimes et pour les multiplier par le nombre de mes iniquités, qui est vraiment effroyable ?

Il veut enfin être lié pour consoler ses serviteurs affligés, qui gémissent dans les fers, qui languissent dans la servitude. « Souvenez-vous de mes liens », disait l'Apôtre, et saint Jean Chrysostome après lui : « Quand vous êtes dans l'affliction, souvenez-vous des liens de saint Paul ». Or, si les liens des Apôtres et des Martyrs sont sacrés, si nous devons en conserver chèrement la mémoire et leur porter un grand respect, que sera-ce des liens de Jésus-Christ ? Oh! que ces liens sont précieux ! Qu'il est utile d'en rappeler fréquemment le souvenir ! Êtes-vous dans la désolation ? Souvenez-vous de la triste nuit que Notre-Seigneur passa dans les liens avant sa mort. Êtes-vous pressé par la tentation ? Liez votre volonté avec les chaînes de l'humiliation et de la dépendance. Souvenez-vous que Jésus-Christ, pour vous consoler, a bien voulu plier sous la pesanteur de ses chaînes, et souffrir que des hommes de néant entreprissent sur sa liberté, le traînant de tribunal en tribunal, les mains liées, comme un criminel.

 

Pratique : Se restreindre volontairement dans l'usage de sa liberté.

Bouquet spirituel : « Souvenez-vous de mes liens ».

 

via_crucis

 

Pour recevoir les méditations du Mois de la Passion, ainsi que les prochaines prières, neuvaines,

abonnez-vous à la newsletter d’images Saintes

 

Retrouvez et suivez Images Saintes sur Facebook

 

Publicité
14 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

Condamnation de Jésus

 

Quinzième jour

15 avril

 

L'arrêt de mort

 

Prélude : Pilate, pâle, livide portant sur son visage les traces des remords contre lesquels il lutte dans son cœur, prononce la sentence injuste.

 

Méditation

 

Les Juifs, apercevant Jésus, que Pilate leur montrait, s'écrièrent aussitôt tout d'une voix : « Crucifiez-le ! Crucifiez-le ! » Ainsi Jésus qui, dans l'excès de sa charité, recherche tout le monde, se voit délaissé de tous. Les Juifs veulent s'en défaire et le livrent aux Gentils. Les Gentils ne veulent point s'en charger, et le renvoient aux Juifs, disant : « Prenez-le vous-mêmes et crucifiez-le ». Les Juifs, se retranchant derrière un texte de loi interprété faussement par leur malice passionnée, le déclarent digne de mort.

Quand Pilate entendit dire aux Juifs que Jésus se disait le Fils de Dieu, il craignit encore plus qu'auparavant. Mais, de la crainte il ne sait passer à l'amour, à la générosité, à la patience, à la vertu. Il rentre dans le Prétoire, et interroge Jésus, lui demandant d'où il est ; ce qu'il aurait dû savoir dès le commencement. Mais Jésus ne répond rien ; ce silence étonne Pilate, qui lui demande pourquoi il ne parle point, vu qu'il a le pouvoir de le délivrer ou de le faire mourir. Jésus répondit : « Vous n'aviez aucune puissance sur moi, si elle ne vous avait été donnée d'en haut ; c'est pourquoi celui qui m'a livré à vous est plus coupable que vous ».

Cependant, les Juifs criaient toujours plus fort : « Si vous le délivrez, disaient-ils, vous n'êtes pas ami de César ». Oh ! si nous avions autant la crainte de déplaire à Dieu et de l'offenser que de déplaire aux grands du monde, comme tout irait bien ! Le respect qu'on leur porte est louable, mais il doit céder à celui que nous devons à Dieu.

Alors, Pilate feignit de rire des menaces des Juifs, en leur disant par moquerie : « Voilà votre Roi ! » Mais, ils redoublèrent leurs cris et forcèrent enfin la faible résistance de ce mauvais juge.

Pilate voyant qu'il ne gagnait que rien et que l'émotion s'augmentait, prit de l'eau, lava ses mains devant le peuple et dit : « Je suis innocent du sang de ce juste ; pour vous, vous y penserez ! » Oh ! l'étrange erreur de ce juge qui croit qu'en se lavant les mains et se disant innocent du sang de ce juste, il se décharge du crime qu'il autorise et qu'il fait exécuter ! Ah ! qu'ils sont nombreux les imitateurs de Pilate,qui se justifient extérieurement devant le monde, mais non pas devant Dieu, qui pénètre dans leur intérieur et voit l'horrible souillure de leur âme.

Mais tout le peuple répondit : « Que son sang soit sur nos enfants ! Oh ! que la furie d'une passion est donc violente ! Pourvu qu'elle se satisfasse, elle n'a égard à rien ; rien ne la touche, ni l'énormité de son crime, ni le repentir qui la suit, ni la peine qu'elle ne peut éviter, ni la perte des biens ou de l'honneur, ni la misère d'une famille, ni aucun autre malheur qui la menace.

Pilate, vaincu par les importunités d'un peuple révolté et furieux, condamne Jésus à la mort et l'abandonne à la rage de ses ennemis.

Voilà Pilate vaincu ! Qui donc a porté Pilate à commettre cette horrible injustice ? Une lâche complaisance, un respect humain, une vaine appréhension de la disgrâce de César.

 

Pratique : Considérer toujours les intérêts de la gloire de Dieu et les faire passer avant ceux de notre esprit propre.

Bouquet spirituel : « Il le livra à leur volonté ».

 

via_crucis

 

Pour recevoir les méditations du Mois de la Passion, ainsi que les prochaines prières, neuvaines,

abonnez-vous à la newsletter d’images Saintes

 

Retrouvez et suivez Images Saintes sur Facebook

 

18 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

10

 

Dix-neuvième jour

19 avril

 

Le crucifiement

 

Prélude : Adorons Jésus en croix.

 

Méditation

 

Voici le lieu du combat le plus signalé qui fut jamais, où le Fils de Dieu triomphe de la puissance des ténèbres et met tous les hommes en liberté. Il est hors de la ville, parce que la victime doit être jetée hors du camp et qu'il faut se dégager du monde pour prendre part aux opprobres de la croix que l'esprit du monde ne peut goûter.

Quand il a dû recevoir les hommages des Anges et l'adoration des Rois, le Sauveur s'est caché dans une étable. Mais, quand il faut mourir sur un gibet, il choisit un endroit éminent et propre à publier partout son humiliation.

En échange du divin banquet qu'il leur prépare, les hommes lui présentent alors à boire le fiel et le vinaigre.

Puis, on le dépouille de ses habits. Il endure cette confusion pour expier l'impudence avec laquelle nous nous glorifions de nos péchés, pour nous rendre la grâce sanctifiante qui est la pourpre royale des élus, pour nous procurer la grâce du Saint Esprit et nous dépouiller du vieil homme, pour consoler les pauvres et obliger les riches à couvrir leur nudité.

Alors, les bourreaux commencent leur horrible besogne, Ils clouent d'abord une main ; puis, ils tirent l'autre avec violence et la percent également avec gros clou. Ils prennent ensuite les pieds et les fixent de la même manière à la croix. Les os se déboîtent, les nerfs se rompent, les veines s'ouvrent, le sang coule, et Jésus est muet. Couché sur le bois de la croix, transi de douleur, tremblant de froid, il lève les yeux vers le ciel et son Cœur vers le Père Eternel auquel il s'offre comme victime pour tous les péchés du monde.

Ayant cloué le Fils de Dieu à la croix, les bourreaux la soulèvent avec des cordes et la laissent retomber lourdement dans la fosse qu'ils avaient taillée dans le roc. À toutes ses secousses le Corps sacré de Jésus s'ébranle, se déchire, se désempare.

En cet état, il apparaît aux yeux du peuple, qui ne le distingue des deux larrons que par la couronne d'épines, par les blessures de son Corps et le titre de la Croix.

Contemplons Jésus en croix. Il baisse la tête pour nous donner le baiser de paix, il ouvre les bras pour nous embrasser, il a les mains percées et ouvertes pour répandre sur nous des torrents de bienfaits, ses pieds sont cloués pour nous attendre et demeurer avec nous. Donnons-nous tout à lui sans réserve, et,confiants en sa bonté qui lui fera oublier nos infidélités passées, proposons-nous avec sa grâce, de mieux faire à l'avenir.

 

Pratique : Saluer toujours le crucifix, quand on le rencontre sur son passage.

Bouquet spirituel : « Ils le crucifièrent ».

 

via_crucis

 

Pour recevoir les méditations du Mois de la Passion, ainsi que les prochaines prières, neuvaines,

abonnez-vous à la newsletter d’images Saintes

 

Retrouvez et suivez Images Saintes sur Facebook

 

7 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

christ the prisoner-001

 

Huitième jour

8 Avril

 

La nuit dans la prison

 

Prélude : Les Juifs voulant s'assurer de leur prisonnier pour le reste de la nuit, l'enfermèrent dans une prison, où il eut beaucoup à souffrir.

 

Méditation

 

On est prisonnier pour crimes ou pour dettes. Quel est donc le crime, quelle est la dette de Jésus ? Ah ! ce n'est point pour ses propres crimes, ni pour ses dettes personnelles qu'on l'a arrêté, mais bien pour les nôtres. Nous étions insolvables et indignes de pardon. Il a donné son sang pour payer nos dettes et sa vie pour expier nos offenses.

Qui donc l'a fait prisonnier ? La justice, la force et l'amour. La justice divine le retient dans cette prison, parce qu'il s'est chargé de nos crimes. La force et la violence de ses ennemis ont prévalu contre lui, parce qu'il a pris sur lui toutes nos faiblesses.

Mais, l'amour est la principale cause de son emprisonnement. C'est l'amour qui l'a enfermé neuf mois dans le sein d'une Vierge. C'est l'amour qui l'a mis dans la grotte de Bethléem et l'a lié dans les langes de l'enfance. C'est l'amour qui l'a resserré dans les espèces du vin, pour le donner à ses disciples. C'est l'amour qui l'a parqué dans le jardin des Oliviers, pour le livrer à ses ennemis. C'est l'amour qui l'enfermera bientôt dans le sépulcre et le fera descendre aux enfers, pour en tirer les captifs. C'est l'amour enfin qui le constitue prisonnier dans la maison du Grand-Prêtre, afin de rompre les chaînes de tous les pécheurs dont il prend la place, et de sanctifier les liens des martyrs et de tous les membres de son corps mystique qui souffrent persécution pour la justice.

Ô prisonnier des prisonniers ! Ô prisonnier d'amour ! Enfermez avec vous tous mes sens et toutes les puissances de mon âme. Ah ! Seigneur, vous qui donnez des bornes à la mer, et qui renfermez ses vagues comme dans une prison, serrez les affections déréglées de mon cœur, arrêtez l'impétuosité des passions qui s'élèvent comme des flots dans cet abîme, et ne permettez pas que mes désirs sortent jamais des bornes du respect et de la soumission que je dois à vos volontés saintes.

Écoutons ce divin prisonnier de l'amour : « Voici, dit-il, que vous avez éloigné de moi tous mes amis ; ils m'ont traité comme un objet d'exécration ; vous m'avez mis dans une prison étroite d'où je ne puis sortir ». (Ps. 83).

Ô mon âme, allons le visiter ! Ne le laissons pas seul dans l'erreur des ténèbres et sous la pesanteur de ses chaînes. Allons le consoler en esprit dans sa captivité. La pensée va partout, malgré les geôliers. L'amour divin force les portes de fer, et il n'est rien d'impénétrable à qui cherche son Dieu avec un cœur sincère.

Voyez avec les yeux de l'âme le beau visage de votre Epoux obscurci par les ténèbres d'un cachot que le soleil n'éclaire jamais. Considérez combien il souffre de la puanteur insupportable de ce cachot étroit et infect, comme tout son corps est accablé sous la pesanteur de ses fers et les mille incommodités d'un séjour qui redouble la douleur de ses blessures.

Ô triste nuit inconnue à tous les siècles ! Il n'y a, dit saint Jérôme, que le jour du jugement qui puisse nous apprendre le martyre qu'elle a fait endurer à notre Sauveur.

Seigneur Jésus, vous aviez coutume de passer les nuits à prier, ou à exercer votre charitable apostolat, ou à prendre un peu de repos nécessaire à votre vie. Mais, cette nuit-là, vous l'avez passée uniquement à souffrir, afin de confondre la paresse, la volupté et les désordres de tant de nuits, que les mondains emploient à vous offenser. Je vous demande pardon de ma lâcheté, et je vous supplie de régler si bien mes veilles et mon repos, que je puisse passer heureusement de la nuit de ce misérable monde, qui n'est qu'une prison pour vos élus, au jour des heureux de l'éternité.

 

Pratique : Visiter ou assister par des aumônes les prisonniers, en souvenir des souffrances de Jésus captif.

Bouquet spirituel : « J'étais prisonnier, et vous ne m'avez pas visité ! »

 

via_crucis

 

Pour recevoir les méditations du Mois de la Passion, ainsi que les prochaines prières, neuvaines,

abonnez-vous à la newsletter d’images Saintes

 

Retrouvez et suivez Images Saintes sur Facebook

 

28 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

09-Jesus-on-the-shore-of-Galilee-002

 

Vingt-neuvième jour

Vingt-neuvième rayonnement

La pêche miraculeuse

 

« Dominus est ! » (Jn. 21, 7)

 

Jésus ressuscité ne pouvait se résoudre à quitter les siens, il vivait encore avec eux, leur apparaissait sans cesse, leur montrait ses pieds et ses mains percés, et rompait avec eux le pain comme il le fit avec les Disciples d'Emmaüs.

Vraiment ses délices sont d'être avec les enfants des hommes ! Quelle tendresse infinie dans ses rapports avec ses Apôtres, quelles douces paroles il leur distribue dans ces apparitions ineffables ; il ne peut les quitter, il les rejoint partout. « Pourquoi êtes-vous tristes ? », demande-t-il aux uns. « Ne vous troublez pas, ne craignez rien », dit-il à ceux-là. « Paix à vous, paix à vous », répète-t-il à tous. Comme le Cœur de Jésus palpite dans ces récits admirables du saint Évangile ! Son amour est transparent, translucide au travers des mots et des actes.

Un jour Pierre, qui était revenu en Galilée après la Résurrection avec quelques Apôtres et Disciples, sentit sa première vocation se réveiller en lui à la vue du beau lac de Tibériade et dit à ses compagnons : « Je vais pêcher ». Thomas, les fils de Zébédée et quelques autres lui répondirent : « Nous allons pêcher avec vous ». Et ils tendirent leurs filets dans la mer ; mais la pêche fut infructueuse, de toute la nuit ils ne prirent pas un seul poisson.

Au matin, Jésus parut sur le rivage et leur dit : « Enfants, avez-vous fait une bonne pêche? » « Non », répondirent-ils sans le reconnaître. Jésus reprit : « Jetez les filets à droite et vous trouverez ». Ils obéirent, mais ne pouvaient plus retirer les filets, tant ils étaient chargés de poissons. Aussitôt Jean dit à Pierre : « C'est le Seigneur ! » Admirable intuition de l'amour ! Jean le reconnaît moins à sa forme visible qu'à son adorable bonté !

Et voyez vous-même, ô pèlerin, combien Jésus est rempli d'une tendre sollicitude pour eux ! Tandis que la barque chargée approchait lentement du rivage, il avait préparé du feu sur le sable pour y faire cuire quelques poissons, et quand ses Disciples furent près de lui, il les servit lui-même de ses mains glorieuses. Le prodige les avait tous confondus, ils reconnaissaient à présent leur Seigneur ; mais n'osaient le questionner, tant ils étaient saisis d'admiration et de respect.

Mais le Maître reprenait avec eux la douce familiarité d'autrefois, son Cœur divin se laissait aller à des épanchements intimes et tendres, excitant en eux leur foi et leur amour. Oh ! l'admirable festin ! Les Disciples contemplent le visage adoré du Maître, et ne peuvent se rassasier de cette vue, ils se nourrissent spirituellement et corporellement avec le Seigneur. Heureuse l'âme qui s'entretient avec Jésus-Christ et qui reçoit les rayonnements de ce Cœur qui apporte le feu sur la terre et cherche à l'allumer dans toutes les âmes !

Ce miracle est d'une grande leçon, ô pèlerin. L'œuvre de l'homme est stérile en soi si Dieu ne la féconde ; mais il faut que l'homme apprenne son impuissance afin de recourir à Dieu en toute entreprise. Ces simples pêcheurs que Jésus-Christ allait élever au sacerdoce en les faisant pêcheurs d'hommes, apprenaient par ce symbole miraculeux que la grâce opérerait des prodiges par leur ministère, que Dieu donnerait une merveilleuse fécondité à leur apostolat. Ils allaient dès lors, à la parole du Maître, jeter les divins filets sur les multitudes et faire des captures d'âmes. Il était donc nécessaire d'exciter leurs sentiments de foi et d'amour au moment où Jésus allait confirmer leur vocation et élever Pierre à la dignité souveraine.

« Après qu'ils eurent mangé, dit saint Jean, le Seigneur dit à Pierre : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ne m’aiment ceux-ci ? » « Oui, Seigneur, répondit-il, vous savez que je vous aime ». Et trois fois Jésus renouvela cette demande et trois fois Pierre, avec un élan plus ardent, lui répondit : « Oh ! oui, Seigneur, je vous aime ». Et Jésus lui dit : « Pais mes brebis... »

Celui qui devait être le plus élevé en dignité, devait être aussi plus éprouvé en amour, plus fortifié en la foi. Déjà l'amour avait sa récompense, « car c'est l'office de l'amour, dit saint Augustin, de paître le troupeau du Seigneur ». Et par cette consécration de Pierre, le Cœur de Jésus transportait en son Apôtre et par lui en tous ses prêtres une partie de son grand amour pour les hommes.

Le Seigneur s'entretint encore quelques instants avec ses Disciples, puis il disparut. Ses visites n'étaient qu'une vision fugitive, mais infiniment consolante et douce. C'était pour eux un peu comme la visite eucharistique l'est pour les âmes. Elle est courte, l'âme ressent le bonheur de la présence réelle, sans pourtant savourer la douceur de ne plus la perdre.

Sur cette terre d'ombres, il en sera ainsi jusqu'à la fin ; la jouissance pleine est réservée pour l'éternité, et nous ne goûtons ici bas qu'en de furtifs instants combien le Seigneur est doux !

911_001

 

Invocation

 

Seigneur, ne nous abandonnez pas dans notre exil, car nous vous aimons, oh ! oui, Maître, vous le savez ; mais si notre foi est chancelante, notre amour peu ardent, ayez pitié de notre faiblesse et fortifiez-nous, afin que nous aussi nous devenions des apôtres, apôtres par l'exemple et par la prière. Si vous nous apparaissiez tout-à-coup dans la splendeur de votre humanité sainte, nul ne pourrait résister à vos attraits ; mais nous ne vous voyons pas, vous ne nous consolez pas toujours, et pourtant toujours dans le silence de l'oraison, votre divin Cœur attentif rayonne avec amour sur l'âme qui prie.

 

Mirebeau

 

Pour recevoir les méditations du Mois du Sacré Cœur par mail,

abonnez-vous à la Newsletter d’Images Saintes

 

Publicité
24 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Heure de la Miséricorde

 

Vingt-cinquième jour

Vingt-cinquième rayonnement

Le Cœur ouvert par la lance

 

« Fluminis impetus lætificat civitatem Dei » (Ps. 45, 5)

 

Les amis du Sauveur veillaient au tour de sa dépouille mortelle, priant et sanglotant. Le corps sacré, tout blanc comme une neige très pure, s'élevait devant ces pauvres désolés avec une majesté tranquille. Il avait fini de souffrir, le Fils de l'Homme, mais la trace de ses blessures horribles formait sur cette blancheur, des sillons empourprés du sang divin, maintenant glacés par la mort.

Soudain, cette mère qui veillait tout en pleurs et les quelques fidèles éplorés virent s'approcher des soldats qui venaient achever l’agonie des crucifiés, en leur brisant les jambes avant de les ensevelir.

Ils tressaillirent d'une douleur nouvelle en pensant à ce dernier outrage qu'allait subir le Sauveur, ils se mirent à supplier les soldats de l'épargner, leur montrant le saint corps dont la livide blancheur attestait la mort. « Alors, dit saint Jean dans son évangile, un soldat vint, qui de sa lance, ouvrit le côté de Jésus, et aussitôt il en sortit du sang avec de l'eau.

En effet, poussé par une force irrésistible, accomplissant sans le savoir une prophétie, Longin brandit sa lance et, s'avançant à cheval à quelques pas de la Croix, il perça le côté droit du Sauveur avec une telle violence que la pointe ressortit après avoir traversé le cour de part en part.

Des cris d'angoisse avaient répondu à cet acte brutal ; mais Longin, converti jusqu'au fond de l'âme, descendit de cheval et à genoux sur le sol, il reçut le fleuve sacré d'eau mêlée d'un peu de sang qui jaillissait du côté entr'ouvert. Une lumière, la lumière surnaturelle qui sort du divin Cœur, toujours rayonnant malgré la mort, avait éclairé le cœur de Longin.

L'amour du Cœur de Jésus, comme une semence fertile qui s'échappe d'une corolle entr'ouverte et flétrie, tombe de la Croix sur le monde pour le féconder. Mystère nouveau ! la mort fait jaillir la vie ! Jésus-Christ avait donné tout son sang, mais pour qu'on sût bien qu'il nous donnait tout son amour, il voulut que son Cour fût perforé et ouvert aux yeux de tous. C'était le don dernier, le suprême rayonnement de ce divin Soleil, caché sous les voiles de la mort. Ce coup de lance est la blessure de l'amour, afin que par cette plaie visible, dit saint Bernard, nous connussions la plaie invisible que l'amour y a faite.

« Admirable parole de l'Évangile ! observe saint Augustin. Il n'est pas dit que le soldat perça le Cœur de Jésus, ni qu'il le blessa, il ne se sert d'aucune expression semblable ; mais il dit qu'il l'ouvrit, comme pour nous montrer dans ce Cœur la porte de la vie d'où sont sortis avec l'eau et le sang les Sacrements de l'Église, sans lesquels on ne peut atteindre à la vie véritable ». C'est pourquoi les Pères disent que l'Église, dont les principaux Sacrements sont ici représentés par l'eau du Baptême et le sang de l’Eucharistie, est sortie du côté de Jésus-Christ mort, comme Eve était sortie du côté d'Adam endormi.

Admirez donc, ô pèlerin, comme Jésus nous ouvre la source intarissable de la grâce, cette source d'eau vive qui jaillit jusqu'à la vie éternelle. Unissons nous à ceux qui étaient là, les quelques amis fidèles, le soldat vaincu, tous émus de douleur et de compassion. Pour la divine Mère, présente à ce suprême outrage, la parole de Siméon était accomplie : Un glaive percera votre âme de part en part. « Ah ! oui, s'écrie saint Bonaventure, le fer de la lance a traversé du même coup le Cœur du Fils et l'âme de la Mère ! »

Pour nous, la lance de Longin ouvrait les écluses de la grâce. Approchons-nous de ce Cœur, ô pèlerin, désormais il nous est ouvert ; portons lui nos fardeaux, nos douleurs, nos misères, il est assez grand pour les recevoir, assez généreux pour les soulager. Faisons en lui notre demeure ; n'est-ce pas là, dans cette fente mystérieuse, que nous irons vivre et nous reposer, comme le passereau solitaire, comme l'hirondelle qui se fait un nid ? Passer invenit sibi domum, et turtur nidum sibi ponat pullis suos.

La tradition rapporte que Longin avait les yeux fatigués et presque aveugles, et qu'il recouvra subitement la vue : la vue extérieure et la vue intérieure. C'est bien là l'image de l'obscurité plus ou moins épaisse qui recouvre les yeux de notre âme. Nous aussi, nous serons illuminés par la contemplation du Sacré Cœur qui nous verse à flots la lumière, la grâce, l'amour. Mais il nous faudra aussi, ô pèlerin, réparer cette blessure outrageante causée par les offenses des hommes ; il nous faudra ranimer notre zèle, prier, aimer dans la mesure que recommande saint Bernard : La mesure d'aimer Dieu est de l'aimer sans mesure, et sa raison, de l'aimer sans raison.

Un jour ne serons-nous pas mille fois heureux d'entendre le Sauveur lui-même nous adresser cette parole du Prophète : « Vos consolations ont rempli de joie mon âme, à proportion du grand nombre de douleurs qui ont pénétré mon Cœur ! »

 

Jésus Miséricordieux 2

 

Invocation

 

Ô Cœur admirable que l'amour a blessé, laissez-nous adorer cette blessure grande ouverte qui resplendit divinement dans la mort. Le vase sacré est brisé ; mais l'amour qu'il contenait est immortel. C'est à cette source d'amour que viendront puiser les fidèles de tous les siècles, qui sont accablés et malheureux, c'est là que les faibles trouveront la force, et les forts l'humilité. Tous se réfugieront désormais dans la plaie de votre côté, ô Jésus, comme dans un bienheureux asile, comme dans une forteresse imprenable !

 

Mirebeau

 

Pour recevoir les méditations du Mois du Sacré Cœur par mail,

abonnez-vous à la Newsletter d’Images Saintes

 

19 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Jésus pleure sur Jérusalem

 

Vingtième jour

Vingtième rayonnement

Jésus pleure sur Jérusalem

 

« Videns civitatem flevit ». (Luc 19, 41)

 

Sur la pente du Mont des Oliviers, non loin du Jardin de Gethsémani qui forme un grand carré de verdure avec ses oliviers vénérables, il est un petit rocher qui s'avance comme une plateforme en saillie. De là on découvre la ville de Jérusalem étendue toute blanche telle qu'une toison d'agneau sur les six collines. La Vallée de Josaphat l'enserre comme une ceinture de deuil avec ses sombres cavernes qui trouent la rocaille comme les alvéoles d'un essaim desséché.

Sur ce rocher dont nous parlons, une église fut élevée par les Croisés ; les ruines qui en restent amoncelées ont gardé son vocable : Dominus flevit. Le Seigneur pleura...

Il avait pleuré déjà, le Seigneur, devant la douleur de Marie-Madeleine à la mort de Lazare, il avait pleuré aussi tout petit enfant, livré à l'humaine misère, car l’Église chante au jour de Noël : « L'enfant vagit, enfermé dans l'étroite crèche ». Et voici la troisième fois que l'Evangile nous rapporte l'histoire de ces larmes divines.

Ce jour-là donc Jésus descendait de Bethphagé, village situé sur le Mont des Oliviers, du côté de la pente qui le sépare du Mont du Scandale. Il avait envoyé ses Disciples lui chercher une ânesse à Bethphagé, et chevauchait humblement monté sur l'ânesse suivie de son ânon, se dirigeant vers Jérusalem où la multitude allait l'acclamer. Déjà le peuple arrivait au loin avec des palmes et des rameaux d'oliviers chantant : « Hosanna au Fils de David ! Hosanna au plus haut des cieux ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »

C'était ce jour-là qu'on introduisait dans le Temple les agneaux ornés de fleurs et de rubans qui allaient être immolés pour la Pâque. Touchant symbole de l’Agneau divin qui allait être aussi livré et immolé. Sa venue était annoncée depuis cinq siècles par ces paroles qu'il inondait de clarté : « Réjouis-toi, Fille de Sion, voici ton Roi, le Juste et le Sauveur qui vient à toi. Il est pauvre et il est monté sur une ânesse et sur le poulain de l'ânesse ». Mais Jésus qui connaissait l'inconstance des foules et l'ingratitude de son peuple, s'arrêta sur le rocher qui domine la Ville Sainte, et jetant un douloureux regard sur elle, il pleura, disant : « Ah ! si du moins, en ce jour qui t'est donné, tu connaissais ce qui peut te procurer la paix ! mais maintenant tout cela est caché à tes yeux. Car il viendra un temps où tes ennemis t'environneront de tranchées, ils t'enfermeront et te serreront de toutes parts. Ils te détruiront entièrement toi et tes enfants qui sont dans ton enceinte, et ils ne laisseront pas pierre sur pierre, parce que tu n'as pas connu le temps où tu as été visitée ».

Contemplez Jésus pleurant sur Jérusalem et sur nous, ô pèlerin, voyez ce Cœur divin se fondre en plaintes douloureuses sur ce peuple ingrat, sur cette cité brillante qui va accomplir le plus épouvantable des crimes... et pleurez avec lui. Ce crime se renouvellera tant de fois dans l'humanité coupable ! Lui, l'Agneau sans tache, il pleure sur les hommes cruels qui le condamneront bientôt ; sur les faibles de tous les siècles que l'erreur en traîne ; sur les lâches qui l'acclament un jour, le crucifient le lendemain ; sur la longue suite des hommes qui tourneront le dos à sa Croix ou méconnaîtront son Cœur... et il pleure ! Larmes divines, larmes précieuses vous suffiriez grandement au rachat du monde, mais vous ne voulez pas, Seigneur, vous en contenter. Il faudra des larmes de sang pour peser dans la balance de la Justice éternelle, afin que ces gouttes empourprées témoignent des souffrances indicibles de la Passion d'un Dieu !

Aujourd'hui, le Cœur du Seigneur saigne en pensant à ces profondeurs d'ingratitude, à ce crime qui va rouler dans la cendre cette fille de Sion si belle, mais si ingrate, et l'amour de sa triste patrie lui arrache ce cri de douleur : Ah ! si du moins, en ce jour qui t'est donné, tu savais ce qui peut t'assurer la paix !...

Mais déjà la foule criait : « Hosanna !... Longue vie au Fils de David !... » et voulait le faire roi. Quelques jours après, elle hurlera : « Crucifiez-le, crucifiez-le ! » N'est-ce pas là, l'histoire de toutes les foules, l'histoire des peuples chrétiens qui répudient leur Dieu ? N'est-ce pas là l'histoire des âmes ! Au moment d'entrer dans sa ville infidèle, Jésus veut lui apporter la vie, il lui offre son amour et sa paix... et il sera refusé. Que de fois Jésus, se tient à la porte d'une âme, prêt à entrer ; et que de fois aussi son Cœur saigne, repoussé par sa créature libre, mais ingrate. Le Seigneur ne vient pas en Maître, il vient en ami... Ouvrez-moi, ma sœur, mon amie, ouvrez-moi la porte de votre cœur (Ct 5, 3). Doucement, humblement il attend ; il a des signes qui avertissent de sa présence : un mot entendu par hasard, une parole sainte lue quel que jour, une joie intime et soudaine, quelquefois une épreuve aussi, lui ouvre la porte de ce cœur... Mais que souvent Jésus se retire et pleure sur cette âme qui n'ouvre pas, sur cette cité libre qui ne veut point se donner !...

Et Jésus descendit tristement et pour la dernière fois les pentes du Mont des Oliviers, entouré de son petit troupeau fidèle, dont il sera si tôt séparé.

 

vfekcod30eoyrylsnvudh9tt1rylsnvudh9tw-001

 

Invocation

 

Ô Seigneur Jésus, votre grand Cœur ne défaille point à la pensée de tant d'ingratitude ; mais vous courez vous livrer à cette meute pour sauver par votre sang précieux le petit troupeau de vos élus. Vous ne pleurez pas sur vous, ô Seigneur, mais sur ces misérables aveugles, et sur nous aussi qui avons tant de peine à croire, tant de faiblesse, si peu d'amour ! Que vos larmes arrosent cette terre aride de nos cœurs et y fassent croître en abondance les fleurs de votre amour, en sorte que notre âme devienne un Jardin fermé dans lequel vous ferez vos délices, et vous direz comme l'Epoux des Cantiques : Retirez-vous, aquilon ; venez, ô vent du midi, soufflez de toutes parts dans mon Jardin, et que les parfums en découlent (Ct 4, 16).

 

Mirebeau

 

Pour recevoir les méditations du Mois du Sacré Cœur par mail,

abonnez-vous à la Newsletter d’Images Saintes

 

9 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

icone-multiplication-des-pains-et-des-poissons

 

Dixième jour

Dixième rayonnement

La multiplication des pains

 

« Ego sum panis vitæ » (Jn. 6, 35)

 

Deux fois, nous raconte l'Evangile, Jésus fit un éclatant miracle en faveur de la foule nombreuse qui le suivait. La première fois c'était sur la montagne. Au-dessus du lac de Tibériade, non loin du mont des Béatitudes, il y a un plateau découvert au milieu des champs, c'est là que cinq mille hommes suivirent le Sauveur et écoutèrent sa parole pendant tout le jour. Le soir venu, les Apôtres prévinrent le Maître que cette multitude n'avait rien à manger et qu'il fallait peut-être la renvoyer avant la nuit.

Jésus, ému de compassion, regarda la foule ; il y avait environ cinq mille hommes sans compter les femmes et les enfants. Il se tourna vers ses Disciples et leur dit d'apporter les cinq pains d'orge et les deux poissons que possédait un jeune garçon, et après avoir béni cette nourriture, il leur ordonna de la distribuer à la foule. À mesure que les disciples puisaient dans la corbeille, les pains et les poissons se multipliaient dans leurs mains, tellement qu'à la fin, ils ramassèrent de tous les restes, douze corbeilles pleines.

De même le Pain eucharistique rassasie les âmes sans s'épuiser jamais, et quand Jésus, plus tard, aura à répondre aux Pharisiens incrédules au sujet de ses miracles, il entrera dans les profondeurs du mystère, et le leur expliquera par ces paroles : « Je suis le Pain de vie, celui qui vient à moi n'aura pas faim, celui qui croit en moi n'aura jamais soif ». Puis il les avertira de travailler, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui demeure éternellement, et que lui, le Fils de Dieu, leur donnera un jour.

Le second miracle de la multiplication des pains est peut-être plus touchant encore que le premier ; car ici, c'est Jésus-Christ lui même qui a pitié de la foule qui le suit.

C'était au bord du lac de Galilée, Jésus avait guéri les malades et enseigné toute la journée ; vers le soir, il se retira dans un désert au bord du lac et la foule l'y suivit. Il y avait là quatre mille hommes, sans compter les femmes et les enfants, venus de loin pour l'entendre. Aucun de ses Apôtres ne pensait que cette multitude souffrît de la faim, Jésus seul y pensa avec compassion. « J'ai pitié, dit-il à ses Disciples, j'ai pitié de ce peuple ; ils n'ont rien à manger, et si je les renvoie à jeun, les forces leur défailliront sur la route, car plusieurs sont venus de loin ». Il se fit apporter sept pains et quelques poissons, tout ce qu'on put recueillir dans cette foule, et après avoir rendu grâces, il les rompit et les fit distribuer par ses Apôtres. Tous mangèrent et furent rassasiés ; on ramassa sept corbeilles pleines et c'est alors qu'on pouvait répéter cette parole prophétique : « Il les a nourris du plus pur froment ». David avait chanté ce festin du Messie, et rien de plus symbolique ne pouvait mieux exprimer l'esprit de la Loi nouvelle, la grâce, l'amour et l'abondance du Christ, figurés par les pains et les quelques poissons. Admirez, ô Pèlerin, combien ces symboles sont touchants. « Le poisson passé par le feu, dit saint Augustin, c'est Jésus-Christ après sa Passion ». Et le froment, c'est lui-même qui se donnera en nourriture dans le Sacrement. Le premier miracle, disent les Pères, signifie l'ancienne Alliance, le caractère du sacerdoce juif, car les Apôtres proposent de renvoyer cette foule d'étrangers qui n'appartiennent pas à la Synagogue . Au second miracle, c'est Jésus-Christ lui-même qui se fait Médiateur et Sauveur venu pour le salut de tous, sans distinction de patrie.

Les cinq pains de la première multiplication représentent les cinq livres de Moïse, les sept pains du second miracle signifient la grâce septiforme du Saint-Esprit, les sept Sacrements institués par Jésus-Christ pour fortifier les chrétiens durant leur voyage vers l'éternité. (Bède le Vénérable).

Admirez donc, ô Pèlerin, le divin Maître en tout ce qu'il fait. Il ne crée point, afin de ne pas nous épouvanter et de rendre gloire à son Père, en se servant des choses créées qu'il sanctifie ; il se sert donc du pain et le multiplie pour nous montrer que c'est Lui qui se donne; en le faisant distribuer par ses Apôtres, il sanctionne le ministère de ses prêtres, chargés désormais de distribuer le pain de la doctrine et le pain du Sacrement.

Admirez aussi la bonté de son Cœur, qui pense à tous et s'émeut des besoins de sa créature ; doucement il prépare dans l'esprit des peuples les merveilles incomparables de l’Eucharistie, cette nourriture céleste qui devra plus tard rassasier le monde ! Il nous révèle donc en ces deux miracles, le grand amour qui déborde de son Cœur, en s'attendrissant sur cette foule, il s'attendrit sur nous, il s'émeut... et bientôt il se donnera lui-même dans le Pain mystique de l'autel…

« Et cela se passait le soir, à l'heure où le soleil décline, à l'heure de la Croix... » (Louis Veuillot).

 

623_001-002

 

Invocation

 

Ainsi, ô divin Sauveur, vous vous donnez sans mesure à ceux qui ont faim, vous multipliez pour eux vos grâces et vos dons, et vous récompensez ainsi ceux qui quittent tout pour vous suivre, avides de vous écouter et de répondre à vos appels divins.

Vous vous multipliez vous-même par l'amour, ô Cœur adorable, en rayonnant vivant et entier dans le Tabernacle, jusqu'à la fin des siècles. Ceux qui ont faim peuvent se rassasier de votre substance, ceux qui pleurent et qui souffrent peuvent se consoler auprès de votre Cœur. Vous l'avez dit, ô Consolateur : « Je suis le Pain de vie, celui qui vient à moi n'aura pas faim, celui qui croit en moi n'aura pas soif ».

 

Mirebeau

 

Pour recevoir les méditations du Mois du Sacré Cœur par mail,

abonnez-vous à la Newsletter d’Images Saintes

 

21 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

533_001_image-pieuse-la-communion-de-jean-de-fra-angelico-edit-abbaye-dencalcat-001

 

Vingt-et-unième jour

Vingt-et-unième rayonnement

L'Eucharistie

 

« Manete in dilectione mea » (Jn., 15, 9)

 

L'amour qui est fertile en inventions, a trouvé le moyen merveilleux de rester captif au milieu de nous, jusqu'à la fin des siècles, enchaîné dans le Sacrement par la parole du prêtre. Il devient l'apanage de tous les enfants des hommes ; désormais chacun puisera dans ce trésor, le divin Prisonnier de l’Eucharistie ne peut pas nous fuir. L'amour est captif ! l'amour est vaincu, il nous appartient ! Deliciæ meæ esse cum filiis hominum !

Quand donc le foyer vivant de l'amour, le Cœur de Jésus-Christ a-t-il trouvé ce miracle nouveau ?

C'était la veille de sa mort. Hors des murs d'enceinte de la ville de Jérusalem, il est, sur la montagne de Sion, une construction un peu isolée qu'on appelle aujourd'hui la mosquée Nabi-Daoud (du prophète David). Cette mosquée recouvre le lieu le plus saint de la terre après le Saint Sépulcre : le Cénacle.

Aujourd'hui, le Pèlerin ému de voir ce lieu auguste aux mains des Musulmans, pénètre dans une grande salle, soutenue par des colonnes et éclairée par trois grillages qui laissent glisser à l'intérieur un jour mystérieux et triste ; prosterné sur les dalles, le Pèlerin revit en son âme les poignants souvenirs du passé.

La veille de sa mort, Jésus avait rassemblé les siens ; il voulait leur laisser son dernier héritage, le gage immortel de son amour. Il avait envoyé quelques Disciples préparer cette salle, afin d'y manger la Pâque avec eux. Tout étant disposé et le soir venu, à l'heure où s'allument les étoiles, Jésus y entra avec les Apôtres et mangea avec eux l'agneau et quelques herbes, repas légal prescrit par la loi juive et qu'on prenait debout, comme des voyageurs pressés.

Après ce repas, le Sauveur quitta la table et descendit, accompagné des Douze, à l'étage inférieur du Cénacle ; il se ceignit les reins et, prenant un bassin plein d'eau, il se mit à leur laver les pieds avec une humilité touchante qui les confondit d'étonnement.

Cette cérémonie était le prélude du grand mystère qui allait s'accomplir ; c'était la purification symbolique de la créature, avant le prodige d'abaissement du Dieu qui allait se donner. Le Seigneur reprit ses vêtements et monta avec ses Apôtres pour le second festin qui suivait toujours le premier.

Alors, renouvelant le miracle des noces, mais d'une manière autrement sublime, Jésus prit du pain, le rompit et levant les yeux vers son Père, il accomplit l’auguste mystère. Donnant le pain à ses Apôtres il dit : Ceci est mon corps qui sera livré pour vous. Puis il prit le calice, l'éleva dans ses mains adorables, et leur dit de même : Buvez-en tous, car ceci est mon sang qui sera répandu pour vous. Et les Apôtres firent leur première Communion !

Admirez, ô Pèlerin, comme le doux Seigneur rayonne sur eux en cet instant, c'est un soleil resplendissant qui les enveloppe de son grand amour… Il les communie de ses mains, les bénit et les aime. Il leur donne ce don de Dieu qui est le don de lui même, et son Cœur se fond dans un embrasement qui s'étend non seulement à ses Apôtres, mais à toutes les âmes qui communieront à leur tour. C'était pour le monde l'heure de l'amour !

Par une telle invention de puissance et de tendresse, le divin Cœur allait prendre, en effet, possession des âmes comme le souverain incontesté d'un empire, car il allait non seulement vivre avec nous ; mais vivre en nous. Il nous donnait donc en ce jour une participation à la vie même de Dieu, vie de l'intelligence en nous révélant de si hautes vérités, vie du cœur en offrant à notre amour l'objet réel et idéal à la foi dont toute âme a soit ; vie de la volonté en fortifiant la foi, le courage et l'espérance ; en un mot Il nous donnait en l’Eucharistie, comme Il l'a dit lui-même, l'exubérance de la vie !

Mais le Cœur de Jésus, se donnant ainsi dans sa plénitude, nous communique déjà une sorte de résurrection. « Celui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour ». C'est l'amour poussé aux limites extrêmes qui s'engage solennellement envers nous, par delà les siècles ; car, selon l'admirable parole de saint Jean, l’Eucharistie c'est l'infini dans l'amour : In finem dilexit. Saint Jean surtout avait reçu la révélation de cette tendresse du Cœur de Jésus, lorsque appuyé sur la poitrine sacrée de son Maître il sentait les battements de ce Cœur, sa force et sa chaleur vivifiante ! Quel moment doux et suave pour le Disciple privilégié, quel ineffable souvenir pour toute sa vie !

Jésus ne nous laissait pas seulement son précieux héritage, sa chair sacrée, mais il instituait aussi le sacerdoce. En faisant passer la coupe aux mains des Douze : Faites ceci en mémoire de moi, il leur donnait le pouvoir divin de reproduire cet acte auguste ; de faire descendre tous les jours sur l'autel son humanité sainte, par les paroles de la Consécration. Oh ! que le bonheur des Apôtres était grand ! Leur Seigneur n'était plus seulement devant eux avec son visage adorable et si doux ; il était en eux ! Aucune union de la terre n'est comparable à celle-ci ; nul esprit n'en conçoit la profondeur. Émerveillés, ils restaient dans l'adoration et le silence ; alors le Cœur de Jésus sembla se fondre en paroles d'amour et d'adieu :

« Mes petits enfants, je suis encore avec vous, mais pour bien peu de temps. Bientôt vous me chercherez, mais là où je vais, vous ne pouvez venir… Je ne vous laisserai pas orphelins ; mais je viendrai à vous. Que votre cœur ne se trouble point ; vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi... »

Oh ! que ce discours après la communion est beau et touchant ! Admirez, ô pèlerin, combien le Seigneur parle familièrement aux siens ; que cette action de grâces est d'un enseignement précieux ! Jésus veut aussi nous parler cœur à cœur, avec confiance, avec tendresse. Oh ! approchons-nous de ce Cœur sacré, il nous appelle. Courons au banquet eucharistique, il nous y convie. Et si la crainte nous retient, rappelons-nous les paroles de Notre-Seigneur à sainte Catherine de Sienne : « Si tu n'es pas digne que je vienne en toi, moi je suis digne que tu entres en moi ».

 

Coeur Eucharistique de Jésus

 

Invocation

 

Ô divin Maître, que l’Eucharistie est bien l'invention merveilleuse de votre Cœur ! Il ne sait comment étancher la soif qui le brûle, l'ardeur qui le dévore, sinon par ce prodige nouveau qui est de se donner toujours et toujours, dans un accès continuel de dévouement infini ! Oui, Seigneur, nous contenterons vos désirs, nous irons à vous avec amour, car vous l'avez dit : vous êtes le Pain de nos âmes, vous êtes la Résurrection et la Vie !…

 

Mirebeau

 

Pour recevoir les méditations du Mois du Sacré Cœur par mail,

abonnez-vous à la Newsletter d’Images Saintes

 

 

13 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

jesus_calming_the_storm_by_joeatta78_de2ozcr-pre

 

Quatorzième jour

Quatorzième rayonnement

La tempête sur le lac

 

« Domine, salva nos, perimus ». (Mt. 8, 25)

 

Jésus quittait parfois ses disciples pour s'adonner à l'oraison, abandon momentané, toujours suivi d'une nouvelle preuve d'amour. Le soir de la Multiplication des pains, Jésus ayant prêché tout le jour devant une foule nombreuse aux environs de Tibériade, et guéri un grand nombre de malades, laissa vers la nuit ses Disciples s'embarquer sur le lac et se retira dans une solitude de la montagne pour y prier.

Pendant la nuit une tempête survint, un vent violent balayait les sables et soulevait en vagues énormes les eaux tourmentées. Les Disciples, affreusement balancés sur leur barque légère, n'avançaient qu'avec peine au milieu des ténèbres... et Jésus n'était pas avec eux ! Mais lui, le bon Pasteur, il avait quitté sa retraite et sa prière, à la quatrième veille de la nuit pour venir au secours de son troupeau en péril. Tout à coup, les Disciples aperçurent la forme de leur Maître qui marchait sur les eaux ; croyant à l'apparition d'un fantôme, ils se rejetèrent effrayés dans la barque, mais Jésus leur parla doucement : « C'est moi, dit-il, ne craignez rien ». Aussitôt Pierre, ardent dans la foi, s'écria : Seigneur, si c'est vous, commandez que j'aille à vous sur les eaux ». Jésus dit ce seul mot : « Viens », et Pierre s'élança sur les eaux qui le portaient. Mais le vent était si fort que le courage de l'Apôtre se mit à chanceler en même temps que sa foi ... et Pierre enfonça : « Seigneur, cria-t-il, Seigneur, sauvez moi ». Cet appel désespéré reçut une réprimande. « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »

En effet, avec le Seigneur Jésus pour pilote, est-il un danger à craindre, un péril dont il ne puisse secourir ? Mais en même temps, avec une bonté adorable, le Maître lui tendit la main, comme une mère qui voit son petit enfant trébucher et le soutient doucement dans ses premiers pas. C'étaient bien aussi les premiers pas de la foi, pas encore chancelants, mais qui devaient se raffermir un jour, afin que Pierre pût conduire sans dévier le troupeau entier de l’Église. Pierre apprit par son expérience et nous apprend à tous qu'il ne faut jamais douter du Seigneur ni désespérer. La Glose dit à cet endroit : « Jésus le fait marcher sur la mer pour montrer sa divine puissance, il le fait enfoncer pour qu'il ne se croie pas semblable à Dieu et qu'il ne s'enorgueillisse pas ».

Le Seigneur entra ensuite dans la barque et commanda aux vents et à la mer ; aussitôt la tempête cessa. Les Apôtres émerveillés s'écrièrent : Vous êtes vraiment le Fils de Dieu !

Considérez, ô vous qui suivez pas à pas les traces du Seigneur pendant son passage mortel sur la terre, considérez, ô pèlerin, combien son Cœur se montre particulièrement doux et compatissant en cette circonstance. Au milieu même de son oraison, sa pensée constante est le sort de ses Apôtres, il connaît leurs alarmes, il a pitié de leur faiblesse ; aussitôt il descend de la montagne, accourt vers eux et dompte les eaux qui soutiennent les pas de leur Créateur. Il rassure de loin ses Disciples effrayés, s'approche plus près, il vient protéger ce nid fragile qui renferme ses bien-aimés.

Cette petite barque est en effet l'espoir de l'Église naissante, et Jésus en est devenu le divin Pilote qui veille sur elle quand la tempête se déchaîne ; son Cœur, désormais, est le phare lumineux qui éclaire les écueils de la mer.

Il prend pitié de Pierre qui tiendra un jour le gouvernail, et qui pour l'heure succombe comme un enfant craintif sous une peur instinctive ; il apaise la mer comme cette fois déjà où ses Apôtres inquiets le réveillèrent pendant une tempête terrible, et nous apprend ainsi par mille exemples à ne jamais douter de Lui au jour de l'épreuve et de l'affliction.

Le divin Cœur, ô pèlerin, veille sans cesse sur nous, il nous protège de sa grâce et de son amour ; plus encore, il est véritablement avec nous par sa présence permanente et réelle dans le Sacrement ; c'est là que nous pouvons le voir et l'entendre, là que nous pouvons recourir à lui et lui crier dans l'angoisse : « Seigneur, sauvez-moi ! » Et toujours il entend le cri de notre cœur meurtri, il écoute le récit fatiguant de nos luttes et de nos défaillances, les soupirs mille fois répétés et souvent douloureux , les craintes et les espoirs du pauvre cœur humain, et il est là, tout prêt à nous répondre doucement : « C'est moi, ne craignez rien ». Dès lors notre petite barque ne sombrera jamais.

 

790_001a

 

Invocation

 

Oh ! Seigneur, apprenez-nous à ne point défaillir dans l'épreuve et la souffrance, mais à rester affermis. Que cette parole du Prophète soit aussi sur nos lèvres : « Je vois mon Seigneur toujours en ma présence, et il est à ma droite, afin que je ne sois jamais ébranlé ». Ne nous quittez donc pas, ô bon Maître, restez à nos côtés, car vous savez combien l'adversité nous fait peur. Si vous avez permis que vos disciples soient battus par la tempête, c'était pour les mieux sauver ; si notre barque, à son tour, est ballottée par les vents contraires, que votre divin Cœur nous protège, qu'il soit notre pilote et notre soutien, et si notre foi chancelle, prenez notre main dans la vôtre et faites-nous aborder avec vous au port du salut.

 

Mirebeau

 

Pour recevoir les méditations du Mois du Sacré Cœur par mail,

abonnez-vous à la Newsletter d’Images Saintes

 

12 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Jésus et la samaritaine

 

Treizième jour

Treizième rayonnement

Le dialogue de la Samaritaine

 

« Si scires domum Dei ! » (Jn. 4, 10)

 

À une demi-lieue de Naplouse, dans les champs fertiles que Jacob donna en héritage à son fils Joseph, le pèlerin retrouve encore une excavation assez profonde dans laquelle on aperçoit l'orifice d'un puits. Ce puits est vide par suite des fissures produites à l'intérieur par les siècles, car il remonte à une très haute antiquité. Jacob le cimenta de ses mains l'an 1700 avant Jésus-Christ. Les Croisés ont bâti une église à cette place, il n'en reste plus aujourd'hui qu'une voûte à demi-écroulée qui recouvre encore ce puits dont la margelle a été transportée à Rome.

Naplouse, l'antique Sichem, s'étale entre les flancs rapprochés de l'Hébal et du Garizim, ces deux monts célèbres où le peuple d'Israël, divisé en deux camps par Josué, poussait d'imposantes clameurs quand les lévites, à haute voix, prononçaient les bénédictions et les malédictions divines. La vallée étroite où la ville de Jacob abritait son antique beauté, contourne un peu le Garizim et s'élargit tout à coup à partir du puits fameux.

À présent, ô pèlerin, suivez par la pensée le Seigneur Jésus, à travers les sentiers brûlants de cette plaine, lorsqu'il revient de la Galilée et de la Samarie, avec quelques-uns de ses disciples.

La chaleur du jour est grande ; la réverbération, intense en Orient, en double l'ardeur ; le ciel d'un bleu profond laisse échapper mille aiguilles de feu que lance l'astre du jour à son plein midi. Jésus envoie ses Disciples à la ville de Sichem pour y chercher quelques aliments, car la faim et la soif s'ajoutent aux fatigues des courses apostoliques. Pour lui, il s'éloigne seul et arrive jusqu'au bord du puits de Jacob, rempli d'eau à cette époque ; il s'assied sur la margelle sans puiser et semble attendre… Son Cœur altéré d'amour est occupé d'un autre breuvage...

Bientôt une femme s'approche, portant sur son épaule une urne à long col. Elle est Samaritaine, c'est-à-dire d'une race méprisée par les Juifs ; aussi, dès qu'elle aperçoit le Sauveur assis sur la margelle, veut-elle s'éloigner... Mais Jésus l'appelle , lui parle le premier, et ce dialogue est si beau qu'il nous faut, ô pèlerin, le méditer en entier.

« Donnez -moi à boire, lui dit Jésus ». Mais la femme, surprise d'entendre un Juif lui adresser la parole, lui répond, avec une pointe d'ironie : « Comment, vous qui êtes Juif, me demandez-vous à boire, à moi qui suis Samaritaine, car les Juifs n'ont point de commerce avec les Samaritains ? » Mais Jésus d'une voix pénétrante : « Ah ! si vous connaissiez le don de Dieu et Celui qui vous demande à boire, peut-être le lui auriez-vous demandé aussi, et il vous aurait donné de l'eau vive ». La femme, non convaincue, croit qu'il se rit d'elle, pauvre Samaritaine ! et sa réponse est encore ironique : « Seigneur, vous n'avez pas de quoi en puiser et le puits est profond, d'où pourriez-vous avoir cette eau ? Êtes vous plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, dont il a bu lui-même aussi bien que ses enfants et ses troupeaux ? »

Mais Jésus qui attendait cette âme et qui voulait l'instruire et la sauver, répond avec douceur : « Quiconque boit de cette eau aura encore soif, mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai, n'aura jamais soif et cette eau deviendra en lui une source qui jaillira jusqu'à la vie éternelle ». Cette fois, ébranlée et touchée par la voix de Jésus, sentant bien qu'un être supérieur et bon lui parlait, mais trop charnelle encore pour comprendre le sens caché de ces paroles, la Samaritaine eut un élan de prière : « Seigneur, donnez-moi de cette eau, afin que je n'aie plus soif, et que je ne vienne plus ici pour en puiser ».

Alors Jésus voyant cette âme prête à recevoir la grâce, prit en profonde pitié sa misère, et comme l'aveu sincère appelle le pardon, il l'aida à faire cet aveu : « Allez, dit-il, appelez votre mari et revenez ici ». Devant la Vérité même, est-il possible de mentir ? « Je n'ai point de mari », s'écria-t-elle, avec franchise. « Vous avez raison, reprit le Seigneur, car vous avez eu cinq maris, et celui que vous avez maintenant n'est point votre mari, vous avez dit vrai ». « Ah ! Seigneur, s'écria la Samaritaine toute troublée, je vois bien que vous êtes un Prophète ».

Alors Jésus la confessa, l'enseigna avec une immense bonté, et la jugeant digne, par son repentir, de comprendre la vérité, il laissa tomber dans son cœur cette sublime parole : « Je suis le Messie, moi qui vous parle ». Cette parole fit d'elle un apôtre. L'arrivée des Disciples coupa court à cet entretien, et la femme, laissant là sa cruche, s'en alla proclamer par tout qu'elle avait vu le Messie. Mais Jésus ne voulut point manger des aliments qu'on lui apportait, tant son Cœur était rassasié d'une céleste nourriture !

Que de fois, ô pèlerin, le Cœur de Jésus attend les âmes avec une patience inépuisable, une exquise bonté. Quel prix infini il attache à une âme ! Une âme ! Le divin Maître ne trouve pas indigne de converser avec elle, de l'appeler à Lui, et bientôt il la presse de se donner jusqu'à ce que son amour la jette vaincue à ses pieds !

La conversion de Dina la Samaritaine est la figure symbolique de la conversion du monde. C'est l'âme entraînée au péché, mais dont les instincts sont bons, les aspirations élevées, et qui se débat sans secours dans la fange. Le Cœur de Jésus qui s'est complu à enseigner cette femme, voyait au delà la moisson spirituelle qui se préparait dans l'avenir. « Levez les yeux, dit-il à ses Apôtres, en leur montrant les champs, et voyez déjà comme la moisson blanchit dans la campagne… »

Pour Lui, il était le Semeur, mais plus tard, présent toujours dans l'Eucharistie, il verra la moisson des âmes !

 

Icon-large

 

Invocation

 

Ô Jésus, altéré de notre amour et de notre salut, Source infinie de grâces, donnez-nous à boire de cette eau vive, afin que nous ne mourions point, mais que nous vivions éternellement. Toujours, ô Cœur sacré présent avec nous par l'amour, nous irons chercher cette vie en vous, avec l'ardeur du saint Roi lorsqu'il s'écriait : « Comme le cerf altéré soupire après l'eau des fontaines, ainsi mon âme a soif du Dieu fort, du Dieu vivant ».

 

Mirebeau

 

Pour recevoir les méditations du Mois du Sacré Cœur par mail,

abonnez-vous à la Newsletter d’Images Saintes

 

10 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Jésus et la femme hérorroïsse

 

Onzième jour

Onzième rayonnement

La guérison de l’hémorroïsse

 

« Tetigit me aliquis » (Luc 8, 46)

 

De tous les miracles opérés par le divin Maître, il en est un excessivement saisissant par sa forme et très instructif dans sa manifestation, c'est le miracle de l'hémorroïsse.

C'était à Capharnaüm, au bord de la Mer de Galilée, dont la splendeur est comparable aux plus belles plages de Naples et de Sorrente. La lumière orientale, plus chaude et plus colorée encore, se reflète dans l'eau avec les miroitements d'or et de pourpre. Capharnaüm, assise sur le rivage, était en ce temps-là une belle ville épanouie dans des bouquets de lauriers roses. Aujourd'hui les lauriers roses fleurissent encore, mais la ville n'est plus qu’un amas de décombres.

Jésus se trouvait un jour au milieu de la foule, pressé de toutes parts par ce peuple indiscret dans son enthousiasme, qui l'accablait de prières et lui présentait tous ses malades à guérir.

Dans la foule, il était une femme, affligée depuis douze ans d'une perte de sang dont rien n'avait pu la guérir ; l'évangéliste nous fait même remarquer que l'art des médecins n'avait abouti qu'à la faire beaucoup souffrir et à la ruiner, sans obtenir aucun soulagement. Cette femme suivait donc de loin Jésus sur les bords du lac de Tibériade ; quand tout à coup, remplie d'une lumière surnaturelle, elle se dit : « Si je puis seulement toucher la frange de son manteau, je serai guérie ». Poussée par cet élan de foi, elle traverse la foule, parvient à s'approcher du Sauveur par derrière et touche le bord de sa robe ; aussitôt elle se sent guérie.

Soudain, Jésus se retournant, demande qui vient de le toucher. Cette question paraît étrange à ses Apôtres, aussi Pierre lui répond-il : « Maître, la foule vous presse et vous accable, et vous demandez qui vous à touché ! » Mais Jésus, continuant à regarder la foule, reprit : « Quelqu'un m'a touché, car une vertu est sortie de moi ».

Il voulait dire : Qui donc m'a touché par la foi et par la prière, car cette foule qui me presse ne me touche pas ; elle vient à moi parce que je fais des miracles ; mais celle-ci est venue humblement par l'amour et a touché mon Cœur. Cependant, l'hémorroïsse, effrayée de son audace, craignant la réprimande de Jésus, et pourtant gardant le courage de sa foi, se prosterne contre terre toute tremblante et avoue ce qu'elle avait fait. Alors Jésus lui dit avec douceur : « Ma fille, prends confiance, ta foi t’a guérie, vas en paix ».

Belle et consolante parole, tombée des lèvres de Jésus sur cette pauvre femme pour la récompenser de sa foi, et qui a traversé tous les siècles pour devenir la force, la paix et le salut de tant d'âmes ! L'humble est relevé, mais relevé pour marcher dans la voie de la vertu ; ses soupirs sont entendus, ses larmes consolées, car la muette voix du cœur est toujours comprise du Cœur par excellence, le Sacré Cœur de Jésus !

Le Seigneur, en permettant que ce fait fût rapporté dans l'Evangile, a attiré notre attention sur ce point : que l'humilité et la loi sont toutes puissantes sur son Cœur. Le voyez-vous, ô Pèlerin, au milieu d'une mission toute de charité, occupé à guérir les malades, entouré par la foule, acclamé comme toujours, le voyez-vous attentif à l'action de cette pauvre femme, action qui ressemblait extérieurement à toutes les autres. « Qui est-ce qui m'a touché, s'écrie-t-il, car une vertu est sortie de moi ? » La foi convaincue de cette femme, son humilité profonde ont fait violence à son Cœur ; il l'avoue : une vertu est sortie de lui, comme forcée de répondre à l'élan de cette foi. - Puis, par cette parole : « Ta foi t’a guérie », il met cette foi en relief et proclame qu'il l'a guérie à cause d'elle.

Oh ! combien nous avons lieu d'espérer, à notre tour, en la bonté de Dieu ! puisque cette femme qui n'avait point de protecteur, a su trouver seule le chemin du divin Cœur. Ah ! c'est que la foi n'est pas seulement dans l'intelligence ; elle est surtout dans le cœur !

Honneur donc aux audacieux qui, à l'exemple de l'hémorroïsse, franchissent les obstacles du monde et des affaires, pour s'approcher plus près du divin Maître, et lui dire tout bas : « Seigneur, vous qui connaissez toutes choses et qui avez tout pouvoir, vous pouvez me guérir ».

Honneur à ceux-là, qui font violence au Cœur de Jésus par leur foi capable de transporter les montagnes. Un jour ils entendront cette bienheureuse parole : « Ayez confiance, votre foi vous a sauvés ».

 

623_001-002

 

Invocation

 

Vous l'avez dit vous-même, ô Vérité éternelle, ce ne sont pas ceux qui crient : « Seigneur, Seigneur ! » qui seront sauvés, mais bien ceux dont la foi vive se prouve par les actes. Il faut aller véritablement vers vous, avoir le courage de s'isoler de la foule pour prier, en un mot, être du monde comme n'en étant pas, afin de s'approcher de vous et de vous toucher. Tout le monde ne vous touche pas, ô Jésus, et si la curiosité vous admire, les cœurs souvent ne vous offrent rien ; mais vous êtes toujours prêt à donner et jamais vous ne nous manquez quand nous avons besoin de vous parce que vous êtes tout amour, et que vous ne pouvez résister à l'amour.

 

Mirebeau

 

Pour recevoir les méditations du Mois du Sacré Cœur par mail,

abonnez-vous à la Newsletter d’Images Saintes

 

8 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

sermon-on-mount-bill-bell

 

Neuvième jour

Neuvième rayonnement

Les Béatitudes

 

« Beati mundo corde » (Mt. 5, 8)

 

Un jour Jésus monta sur une haute montagne, qui s'élève à l'ouest de la Mer de Galilée, avec ses pics aigus et divisés en deux comme les deux pointes d'un croissant, appelés aujourd'hui « Cornes de Hattin ».

Une foule de peuple le suivit et se massa sur la pente orientale qui est douce tandis que l'autre est un précipice très abrupt entrecoupé de crevasses. Arrivé sur le sommet, Jésus s'assit au milieu de ses disciples et fit entendre au monde étonné les huit paroles sublimes qui allaient devenir le code de la Loi Nouvelle.

« Bienheureux, dit-il d'abord, bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux est à eux ». Il voulait parler de ceux qui ont l'esprit dépouillé d'artifice et qui marchent avec droiture, sans être embarrassés du fardeau des biens temporels ; car il y en a qui veulent bien être pauvres, à condition que rien ne leur manque. Le vrai pauvre, au contraire, se dépouille des désirs du monde ; le bagage de l'orgueil ne l'alourdit pas et ne l'empêchera pas de passer par la porte du ciel qui est étroite.

« Bienheureux les doux, parce qu'ils posséderont la terre ». Les doux ! Ceux qui se sont fait violence et règnent sur leurs passions soumises qui, sans rigueur ni malice, passent à travers les épreuves de la vie sans murmurer ; qui acceptent les peines ; adorent la volonté de Dieu et lui conquièrent des âmes par l'empire souverain de la douceur. Doux envers les hommes ! Doux envers la souffrance, l'adversité, doux envers la mort ! À ceux-là la possession de la terre, c'est-à-dire l'empire des cœurs.

« Bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés ». C'est la sanctification des larmes et de la douleur. Le mot de douleur était âpre chez les anciens : La douleur n'est qu'un mot, disaient-ils avec orgueil. Le Cœur de Jésus lui donna une signification d'espérance ; il est permis désormais de pleurer en cette vallée de larmes ; mais il ne faut pas pleurer comme ceux qui n'ont plus d'espoir, car Dieu, un jour, séchera nos larmes et consolera nos douleurs.

« Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, parce qu'ils seront rassasiés ». Les âmes qui cherchent la vérité avec une intention droite, celles qui s'indignent de l'injustice et qui appellent de leurs vœux le règne de Dieu, cherchant à l'établir en elles et autour d'elles ; en un mot les âmes éprises du beau et du bien, boiront un jour l'eau vive à sa source divine et se nourriront de la présence de Dieu dans l'éternelle Patrie.

« Bienheureux les miséricordieux, parce qu'ils seront traités avec miséricorde ». C'est le précepte de la charité établi en loi divine et humaine ; il sera rendu à chacun selon ce qu'il aura donné. La miséricorde même du pécheur sera récompensée et lui attirera peut-être la grâce du salut. Consolant espoir ! celui qui sera bon et miséricordieux envers son prochain, fût-il mauvais lui-même, sera traité avec bonté par la Justice infinie.

« Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu ». C'est pourquoi Jésus a tant aimé les enfants, parce que le cœur de l'enfant est un miroir limpide qui reflète l'image de Dieu ; le péché, cette buée grossière qui ternit le miroir, n'est pas venu troubler encore la divine image. Bienheureuse pureté du cœur, pureté native ou pureté reconquise, c'est elle qui reçoit la plus belle parole : elle verra Dieu !

« Bienheureux les pacifiques, parce qu'ils seront appelés enfants de Dieu ». Les pacifiques sont ces âmes équilibrées qui aiment l'ordre et la paix, qui fuient la querelle et la dispute, qui admirent dans la paisible sérénité de leur âme la bonté de Dieu. Enfants d'un même Père, frères d'une même famille, ils ne veulent point troubler l'harmonie qui doit régner. N'est-ce point à ces âmes que les anges s'adressaient en chantant au jour de Noël : « Paix aux hommes de bonne volonté ! »

« Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, parce que le royaume des Cieux est à eux ». C'est la glorification éternelle des persécutés. Dans ce monde de bons et de mauvais où la part du pauvre et du déshérité est si inégale, il fallait une nouvelle espérance : un jour ces déshérités de la vie seront les vainqueurs. Ô martyrs, ô victimes saintes, ô pauvres volontaires et persécutés de tous les siècles, réjouissez-vous, vous serez couronnés de gloire un jour, et les méchants seront votre piédestal ! Voilà la grande vengeance du Seigneur Dieu au jour du jugement dernier.

Ces huit paroles sont le tableau exact et tracé de main de maître, des vertus du divin Cœur de Jésus ; c'est le « chef-d'œuvre de la spiritualité », comme dit saint Bonaventure, chef d'œuvre entièrement renfermé dans ce Cœur. En effet, humble, doux, pur, paisible au milieu des luttes, souffrant mille injures des hommes, éternellement persécuté mais éternellement vainqueur, il est lui-même notre Loi et la Source d'où jaillissent ces huit paroles de vie : les Béatitudes.

 

FB_IMG_1507654106501

 

Invocation

 

Ô Jésus, votre Cœur sacré, tout rayonnant et tout enflammé, jette du sommet de la montagne des rayons merveilleux sur le monde tout entier. Ces huit paroles sublimes, semblables, à huit dards, vaincront désormais l'antique serpent ; ces paroles pleines de lumière, dirigeront nos pas dans les ténèbres, pleines de force, nous soutiendront dans les passages difficiles de la vie. Oh ! qu'elle est belle et consolante cette loi que vous promulguez sur la montagne ? Ce n'est plus la loi de crainte, donnée à Moïse pour maintenir les hommes dans l'obéissance, c'est une loi de mansuétude, faite pour guérir les plaies de l'humanité et nous attirer à vous par l'amour.

 

Jesu, mitis et humilis corde, fac cor nostrum secundum cor tuum.

 

Mirebeau

 

Pour recevoir les méditations du Mois du Sacré Cœur par mail,

abonnez-vous à la Newsletter d’Images Saintes

 

7 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

l_Appel_d_Andre___Pierre-001

 

Huitième jour

Huitième rayonnement

La vie apostolique à Capharnaüm et Tibériade

 

« Veni sequere me ». (Mc 2, 14)

 

Capharnaüm et Tibériade furent le théâtre principal où se déroula la vie apostolique du Sauveur, les lieux préférés ou éclatèrent les merveilles divines. Il semble que Jésus avait une prédilection spéciale pour ce lac admirable, appelé alors Mer de Galilée, car tout le long de ses rives il gravait son amour par des bienfaits.

Après le miracle des Noces, le Sauveur commença sa vie militante qui ne devait plus finir qu'au Calvaire. C'est à Tibériade surtout qu'il prêchera publiquement aux foules, à Capharnaüm qu'il guérira tant de malades, sur les bords du lac qu'il s'attirera, par le charme de sa parole et le charme de sa vue, ses premiers disciples.

Tibériade n'est plus aujourd'hui ce qu'elle était au temps de Jésus-Christ, une belle ville romaine, campée fièrement comme un rempart de marbre au bord de la Mer de Galilée. Au temps des Croisades, elle devint la capitale de la principauté de Tancrède, qui la fortifia comme les villes du moyen âge. Aujourd'hui, il ne reste plus de ces splendeurs que des ruines, des remparts à demi écroulés, et une misérable bourgade malpropre, peuplée de Juifs plus encore que d'Arabes.

Mais le lac a gardé une merveilleuse beauté, comme un miroir fidèle qui reflétait jadis l'image de Jésus. Le pèlerin qui le contemple un soir, à la fin d'une longue étape depuis Nazareth, est soudain plongé dans le ravissement. Le soleil envoie ses feux mourants qui tracent sur les eaux bleues un sillon de pourpre ; les montagnes qui bordent le lac baignent dans une atmosphère chaude et lumineuse, qui se colore comme un prisme, des reflets de l'astre éblouissant. La sérénité du soir s'unit aux émouvants souvenirs du passé… ; il semble toujours, sur la nappe limpide de la Mer de Galilée, voir osciller là-bas... la barque fragile qui portait le Maître du monde !

Que de fois, en effet, ô Pèlerin, Jésus, assis dans la barque des pêcheurs, conversait amicalement avec eux, les instruisait doucement, tirant des travaux de leur métier des comparaisons pleines de justesse. Et, peu à peu, il façonnait ces rudes travailleurs pour en faire ses Apôtres, et cette éducation demandait une inépuisable patience, une infinie tendresse. Ils ne pouvaient résister aux attraits du divin Cœur, ces pauvres et ces petits, parce que, sans qu'ils le comprissent, cette bonté doucement pénétrait au travers de leur rude écorce.

Que de fois aussi Jésus côtoyait ce lac à pied, prêchant et guérissant ; tout le peuple ému admirait le prestige de sa puissance. Mais hélas ! si les peuples sont facilement enthousiastes, on les voit rarement fidèles, et Jésus qui répandit tant de faveurs sur Capharnaüm eut à déplorer son ingratitude et son infidélité. Son Cœur saigna en pensant à cette ville qu'il avait comblée de bienfaits, comme on comble une enfant chérie, et qui devint infidèle comme le sont les enfants prodigues de tous les siècles ! Aussi laissa-t-il échapper de ses lèvres cette malédiction : « Et toi, Capharnaüm, est-ce que tu t'élèveras jusqu'au ciel ? Tu descendras jusqu'aux enfers, parce que si dans Sodome avaient été faits les miracles qui ont été faits au milieu de toi, elle subsisterait encore ». Les chardons et les ronces qui recouvrent aujourd'hui ses ruines, ont donné raison à la parole du Sauveur.

Mais Jésus ne se lassait pas, il laissait son Cœur rayonner sur ces ingrats, nous montrant par cet exemple qu'il ne faut pas travailler pour la reconnaissance humaine. Il allait toujours, malgré les contradictions, rempli de sa mission divine, semant ses paroles et ses prodiges avec un zèle dévorant qui lui amenait les âmes en foule ; puis il enseignait et formait ses apôtres et se faisait tout à tous.

Jésus était le grand Semeur ; il ne venait pas moissonner, il l'a dit lui-même, mais il venait préparer la récolte. Voyez-le, ô Pèlerin, dans le cours de cette vie apostolique ; il forme, choisit et élève les Apôtres qu'il chargera de moissonner plus tard. À côté de la vie extérieure de son apostolat, il y a la vie toute intime du Cœur, qui se fait dans le calme et l'intimité, au soir de ces journées laborieuses ; quand le Seigneur se retirait avec son troupeau choisi. Dans ces conversations familières et affectueuses, les Apôtres l'interrogeaient : « Maître, que signifie pour nous telle parabole ? » Et Jésus la leur expliquait avec clarté, écartant les nuages, car c'était la vérité pure et pleine qui coulait de sa source. « Ô Maître, s'écriaient-ils alors, nous voyons bien maintenant que vous êtes le Fils de Dieu ».

L'école intime du divin Maître est donc son Cœur sacré ; c'est dans cette mystérieuse retraite que sont conviées les âmes choisies qui cherchent à s'instruire des secrets divins, à recevoir l'éducation divine ; car, c'est là, dans l'intimité de son Cœur, que le Seigneur, taillant dans le vif de nos cœurs, en fait des chefs-d'œuvre qu'il forme à sa ressemblance, les modelant comme un grand Maître de l'art.

 

157937121_2216540275149984_3103497913422585836_o

 

Invocation

 

Ô Jésus, nous aussi, nous avons besoin de cette éducation spirituelle que vous donniez à vos apôtres. N'est-il pas nécessaire que vous pétrissiez à nouveau de vos mains divines nos âmes déformées par le péché. Ô Seigneur, ouvrez nos yeux, comme vous l'avez fait à tant d'aveugles, dé liez notre langue souvent muette sur vous louanges, mais trop déliée pour les discours mondains. Oh ! oui, éclairez-nous, déliez ce qui est trop attaché à la terre, liez ce qui est émancipé, mettez l'ordre dans le désordre, faites que notre cœur soit assez humble pour comprendre, assez pur pour vous voir un jour !

 

Jesu, mitis et humilis corde, fac cor nostrum secundum cor tuum.

 

Mirebeau

 

5 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Tentation du Christ A

 

Sixième jour

Sixième rayonnement

La solitude au Mont de la Quarataine

 

« Non in solo pane vivit homo, sed in omni Verbo Dei » (Luc 4, 4)

 

Après ce grand acte qui ouvrait sa vie apostolique, le Sauveur, prêt à se donner aux hommes, et au moment d'entrer dans la carrière, sentit le besoin impérieux d'invoquer son Père au début de ses travaux ; de demeurer seul avec lui dans la solitude, pour bien nous apprendre que les grands actes de la vie doivent s'élaborer dans la prière, s'établir par le jeûne et la pénitence.

La retraite que choisit le Fils de Dieu, est une montagne presque inaccessible. Elle se dresse dans la plaine de Jéricho, avec ses arêtes aiguës et ses flancs escarpés, dernier rempart de la chaîne de Juda. Du côté oriental, elle est taillée à pic ; on n'aperçoit en y montant par l'étroit escalier coupé dans le roc, que des parois rocheuses, polies et droites au-dessus de l'abîme.

La grotte où Jésus jeûna, surplombe le précipice ; quelques ouvertures naturelles lui donnent jour et laissent apercevoir la plaine immense jusqu'au pied de la chaîne d'Arabie, avec le sillon du Jourdain, semblable à une lame d'argent, miroitant au soleil.

Représentez-vous maintenant, ô Pèlerin, le Seigneur Jésus dans cette grotte solitaire, n'ayant pour plancher que la terre nue, pour toit que le rocher, pour lit qu'un bloc de pierre que l'on contemple encore avec une indicible émotion.

Regardez-le bien priant et jeûnant, voyez comme son divin Cœur a des rayonnements d'amour pour son Père et pour nous. Affaibli par le jeûne, appuyé contre le rocher nu, Notre Seigneur aime nos âmes et souffre par avance les plus cruelles douleurs ; il voit se dérouler devant lui une longue série de travaux, de fatigues, un apostolat de dévouement couronné par une mort épouvantable. Mais son Cœur ne tremble pas ; il veut, au contraire, accomplir sa mission ; il ressent une joie austère, mais surabondante à la pensée de se donner tout entier, et de sauver tant d'âmes au prix de son sang. Qu'importent ses souffrances, s'il ramène les enfants à leur Père ; qu'importe, s'il lui achète chèrement des adorateurs sur la terre, des triomphateurs au ciel ? « Adveniat regnum tuum ». C'est lui qui vient l'établir, ce règne, et il ne comptera ni ses peines, ni ses douleurs. Est-ce que le vrai guerrier tremble au moment de l'attaque ? La vue de l'ennemi rangé en bataille le fera-t-elle reculer ? Au contraire, sa vaillance redouble plus les obstacles s'accumulent, et jamais il n'achètera trop cher la gloire du triomphe !

Et sur la montagne, le Seigneur se fortifiait dans la lutte , aux prises avec la misère humaine, les faiblesses de la nature et les tentations du démon, et pendant quarante jours de combat, il resta constamment vainqueur du Prince des ténèbres.

Dès que l'aube blanchissait l'horizon, le regard du Sauveur se reposait sur la lumière naissante qui, peu peu, dorait les montagnes d'Arabie. C'était bien le symbole de la Rédemption qui approchait pour le monde. Cette lumière, humble et douce à son lever, allait bientôt envelopper la terre de ses rayons ! Et le Sauveur, embrassant le monde d'un regard d'amour, s'élevait de la nature à Dieu et laissait son cœur se fondre, dans l'adoration, la reconnaissance et la tendresse.

Ce grand Maître de la vie intérieure nous apprenait ainsi le secret de la mortification et de la victoire sur la tentation. En luttant lui-même contre tant de causes extérieures : la faim, la solitude, le dénuement, et contre les pièges du démon, le Cœur de Jésus nous a acquis pour chaque action de notre vie, pour chaque lutte de notre âme, une force et une grâce particulières. Ce secours céleste, il l'a transmis au Sacrement de l'autel, où nous pouvons le puiser encore ; il y révèle les secrets de son Cœur à l'âme intérieure, il lui apprend la grande étude de l'oraison, la domination des sens, l’union avec Dieu, tandis que l'âme, comme le passereau solitaire, se cache dans la fente du rocher, à côté du divin Maître.

Que celui-là donc qui combat sur terre, qui supporte une épreuve, une tristesse, une tentation ; que celui qui implore une grâce, aille droit au Cœur de Jésus solitaire, pénitent, et il en recevra une force, une consolation ou la victoire.

 

Sacred Heart of Jesus

 

Invocation

 

Ô Jésus, à mesure que votre corps s'affaiblit par la rude pénitence, par le jeûne austère, votre amour augmente de force, votre Cœur s'enflamme d'une irrésistible ardeur, et vous aiguisez vos armes, ô très doux Vainqueur des âmes. Vous vous préparez à la grande lutte, comme l'athlète qui assouplit ses muscles et aguerrit son corps pour soutenir les rudes assauts de l'arène ; vous allez entrer en lutte ; mais vous vaincrez, et rien ne pourra résister à votre amour !

 

Mirebeau

 

Pour recevoir les méditations du Mois du Sacré Cœur par mail,

abonnez-vous à la Newsletter d’Images Saintes

 

15 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Béthanie 2-001

 

Seizième jour

Seizième rayonnement

L'amitié de Béthanie

 

« Vos autem dixi amicos » (Jn. 15, 15)

 

« L'amitié, dit le P. Lacordaire, est le plus parfait des sentiments de l'homme, parce qu'il en est le plus libre, le plus pur et le plus profond ».

Le Cœur de Jésus, qui possède la perfection des sentiments de l'homme, devait ressentir celui-ci d'une manière plus exquise et plus généreuse. « Marthe, sa sœur Marie et Lazare étaient aimés de Jésus », dit l'Évangile, et cette parole nous laisse entrevoir les trésors de tendresse du Cœur divin, des mystères de paix et de bonheur, hélas, disparus de ce monde ! Qui savait mieux aimer que le Cœur de Jésus-Christ, qui est tout amour ? Qui savait mieux s'oublier pour les siens et prodiguer la consolation qui fortifie au jour de l'épreuve ? Qui, en un mot, savait mieux guérir les âmes, les attirer, les instruire, les aimer ?

Jean, qui était un privilégié de ce Cœur, en avait ressenti les attraits, et nul mieux que lui n'a su raconter l'admirable histoire de Béthanie. Béthanie ! ce nom plein de douceur est embaumé d'un parfum de tendresse divine qui s'exhale encore de ses vieux murs écroulés, comme l'arôme échappé d'une fleur flétrie nous rappelle parfois de délicieux souvenirs. Béthanie, cachée dans un repli du Mont des Oliviers, sur le versant oriental, n'est plus aujourd'hui qu'un petit village musulman qui surgit, avec sa pauvreté triste, au milieu des débris ; mais la vue admirable qui s'étend jusqu'à la Mer Morte, par dessus les montagnes roussies de Juda, est demeurée avec les célestes souvenirs !

Jésus avait fait choix de cet asile pour s'y retirer après les fatigues de son apostolat ; il trouvait près de ses amis fidèles un repos plein de sérénité. Ces trois noms bénis : Lazare, Marthe, Marie-Madeleine, étaient les trois privilégiés. Après les travaux de son ministère, à la fin d'une journée laborieuse de prédication, Jésus se retirait à Béthanie avec quelques Disciples et s'asseyait au banquet du soir dans l'intimité de ses amis. Nous pouvons facilement nous figurer la joie des hôtes à l'annonce de cette visite tant désirée ; ils accouraient au devant de Lui, l'accueillaient avec allégresse et savouraient avec une sainte familiarité le bonheur d'une présence si chère ! Le Seigneur trouvait près de ces cœurs dévoués le bien si rare d'une affection à toute épreuve, tandis que lui-même se donnait tout à eux. Toutefois nous est-il permis de sonder cette profondeur et de nous demander pour lequel Jésus avait une prédilection spéciale, « car dans la prédilection même, dit encore le P. Lacordaire, il est des prédilections, tant l'amour est une chose profonde et d'une hiérarchie sans fin ». Eh bien oui, nous le devinons, nous le pressentons, c'était pour cette bien heureuse femme qui se jeta un jour repentante aux pieds du Sauveur, qui dans l'ardeur de son amour ne trouvait point de parfum assez exquis pour le verser sur la tête du Maître, et qui pendant des heures entières écoutait ravie les paroles divines, c'est celle-là surtout que Jésus aimait ! Mais Marthe la fidèle, Lazare le généreux ami, avaient leur grande place dans le Cœur divin, qui rayonnait sur eux son amour.

L'amitié, comme tous les sentiments délicats du cœur humain, avait subi la perturbation générale causée par le péché, parce que dans le cœur de faibles créatures, l'amour ne va point où le conduit la raison, mais où l'entraîne son ardeur ; il fallait que Jésus vint restaurer toutes choses ; il fallait dégager l'amitié des sens, l'extraire, en un mot, de la passion humaine, comme le mineur sort le diamant des entrailles de la terre.

L'amour, sous toutes ses formes, est dans le Cœur du Christ, et au jour de sa création, l'homme avait reçu dans le sien quelques parcelles de cet amour. Mais le fond de la nature humaine est un immense égoïsme, et l'égoïsme étouffait cette divine semence ; il fallait que le Sauveur redressât cette plante délicate et la dégageât des passions ; et puisque le cœur de l'homme est porté à la lassitude et à l'inconstance, il lui fallait une force divine pour réagir contre sa propre faiblesse. Jésus-Christ n'a donc pas créé l'amitié, mais il nous l'a rendue telle qu'elle doit être : généreuse, fidèle, pure, ayant Dieu pour but et pour fin. En effet, l'affection naturelle, l'accord de l'intelligence et du cœur, la sympathie, la même floraison de pensées ne suffisent point, il faut surtout que Dieu soit le lien de nos âmes, le poids et la mesure de l'amitié pour en éviter l'exagération , car c'est en participant en quelque sorte à l'amour divin qu'elle y puise sa richesse et sa force.

Le Cœur de Jésus est l'école où nous apprenons toutes choses, et Béthanie, c'est l'éducation du cœur humain dans sa partie la plus sensible et la plus délicate. Heureux celui qui habite, comme les hôtes de Béthanie, dans la même demeure que le Seigneur Jésus ! Il apprendra de Lui à vivre et à aimer, car c'est en Lui que se trouve le sommet des affections divines et humaines.

Cette bienheureuse demeure est le Cœur de Jésus, nous pouvons nous y retirer dans la solitude et lui parler seul à seul. Il nous appelle du fond du tabernacle, courons à lui, et fixons près de lui notre demeure, ce sera le lieu de notre repos, et par dessus toutes choses, préférons l'amitié de Dieu. L'amitié de Dieu, qui nous donnera de bien comprendre ce mot ! Être l'ami de son Cœur, y reposer comme saint Jean au jour de la Cène, est-il bonheur plus grand ? et s'écrier comme l’Epouse des Cantiques : « Mon bien-aimé est à moi, et je suis à Lui... Mettez-moi comme un sceau sur votre Cœur parce que l'amour est fort comme la mort ; le zèle de l'amour est inflexible comme l'enfer, ses lampes sont des lampes de feu, sa flamme est divine ! » (Ct. 8,6).

 

Sacré Coeur

 

Invocation

 

Ô Jésus, il n'est point de cœur semblable au vôtre : ce Cœur s'est épris de la douce fleur d'amitié, fleur transplantée du ciel, si délicate et si rare, pour nous montrer comment il faut la cultiver et la redresser sur cette pauvre terre ; vous nous apprenez à aimer, ô vous qui avez tant aimé les hommes, faites donc que notre cœur s'ouvre à tous les généreux sentiments, car la conquête des âmes se fait par l'amour et le dévouement.

 

Mirebeau

 

Pour recevoir les méditations du Mois du Sacré Cœur par mail,

abonnez-vous à la Newsletter d’Images Saintes

 

10 mai 2023

Le Mois de Marie avec la Vénérable Maria d’Agreda

 

Le Mois de Marie avec la Vénérable Maria d’Agreda

 

Nativité - Bergers

 

Onzième jour

Les Bergers

 

Prélude : L'Enfant est enveloppé de langes et couché dans la Crèche. Marie et Joseph se tiennent debout de chaque côté de cet humble berceau. Les bergers s'approchent avec une naïve confiance du Dieu que les Anges les ont invités à venir adorer.

 

Méditation

 

Mille fois heureux entre tous furent les bergers de cette contrée qui veillaient, gardant leurs troupeaux, à l'heure mème de la naissance du Sauveur ; heureux non-seulement parce que, avec une vigilance louable, ils employaient la nuit à une occupation dont ils supportaient les fatigues en vue de Dieu, mais heureux surtout parce qu'ils étaient pauvres, humbles, méprisés du monde, justes et simples de cœur. Ils se prosternèrent tous ensemble et adorèrent avec une foi admirable le Verbe incarné : ils le louèrent, le glorifièrent et le reconnurent pour Dieu et homme véritable, pour le restaurateur et le Rédempteur du genre humain.

Pendant ce temps, l'auguste souveraine, Marie, la mère de l'Enfant, était attentive à tout ce que les pasteurs faisaient et disaient. Elle pénétrait jusqu'au fond de leurs cœurs ; et, avec une prudence égale à sa sagesse, elle gardait en elle-même et méditait toutes ces chose, les comparant avec les mystères dont elle avait une connaissance surnaturelle avec les saintes Ecritures et les prophéties.

Ô ma Mère, toutes les œuvres de Dieu, surtout à la naissance de votre divin fils, furent mystérieuses, pleines d'amour, de miséricorde et d'enseignements. Il y en eut peu qui vinrent adorer le Verbe fait chair dans son berceau et le remercier de sa venue en contemplant ses mystérieux desseins ; il y en a peu mème aujourd'hui qui cherchent à se rendre dignes de participer le plus largement possible aux efforts et aux fruits de la rédemption. Et pourtant, Dieu est toujours désireux de communiquer à sa sainte Église les trésors de sa grâce par les mérites de son Fils unique fait homme. Obtenez-moi du moins d'être du petit nombre des fidèles qui savent venir apprendre auprès de la crèche les secrets de la perfection.

 

Résolution : Examiner si l'on met assez de simplicité dans ses rapports avec Dieu.

Bouquet spirituel : « Je vous salue, Marie, trône très saint de la Divinité ! » (Saint Germain).

 

St Germain de Constantinople

 

Exemple

La respiration de l’âme

 

Saint Germain, archevêque de Constantinople, avait raison de dire que, comme la respiration est une marque assurée de la vie d'un homme, quelque malade qu'il soit, ainsi l'invocation de Marie est une preuve certaine que le pécheur vit encore dans le souvenir de Dieu, et que son salut n'est pas désespéré, quelque endurci et quelque obstiné qu'il paraisse. (Pensez-y bien).

 

Immaculée Franciscaine-002

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie par mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

7 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

351_001_holycard-hilversum-nl-multisaints

 

Huitième jour

Doute de saint Joseph

 

Saint Joseph avait donc laissé Marie à Jutta, où elle resta jusqu’à la naissance de Jean-Baptiste. C’est alors trois mois qu‘elle demeura auprès de sa cousine Elisabeth, qu‘elle ne voulut quitter qu‘après la naissance de son Fils, mais avant sa circoncision. Joseph vint à sa rencontre jusqu’à moitié chemin, probablement jusqu'à Dothan, où, en allant chez Elisabeth, ils s’étaient arrêtés chez un ami du père de Joseph«Vraisemblablement aussi, elle fut accompagnée jusque-là par des parents de Zacharie ou par des amis de Nazareth qui se trouvaient avoir le même voyage à faire.

Mais Joseph, en revenant à Nazareth avec Marie, s’aperçut qu'elle était enceinte. Il fut alors assailli par toutes sortes d’inquiétudes et de doutes, car il ne connaissait pas l’ambassade de l’Ange près de Marie. Aussitôt après son mariage, il était allé à Bethléem pour quelques affaires de famille ; Marie, pendant ce temps, s’était rendue à Nazareth avec ses parents et quelques compagnes. La Salutation angélique avait eu lieu avant le retour de Joseph à Nazareth. Marie, dans Sa timide humilité, avait gardé pour elle le secret de Dieu.

Joseph, plein de trouble et d’inquiétude, n’en faisait rien connaître au dehors, mais luttait en silence contre ses doutes. La sainte Vierge, qui avait prévu cela d’avance, était grave et pensive. Ce qui augmentait encore l’anxiété de Joseph.

Quand ils furent arrivés à Nazareth, la sainte Vierge n’alla pas tout de suite dans, sa maison avec saint Joseph, et demeura deux jours dans une famille alliée à la sienne. C‘étaient les parents du disciple Parménas, qui alors n’était pas né, et qui fut plus tard l’un des sept diacres dans la première communauté des chrétiens à Jérusalem.

Ces gens étaient alliés à la sainte famille : la mère était sœur du troisième époux de Marie de Cléophas, qui fut le père de Siméon, évêque de Jérusalem. Ils avaient une maison et un jardin à Nazareth ; ils étaient aussi alliés à la sainte famille, du côté d’Elisabeth. La sainte Vierge resta quelque temps chez eux avant de revenir dans la maison de Joseph : mais l’inquiétude de celui-ci augmentait à tel point, que, lorsque Marie voulut revenir auprès de lui, il forma le projet de la quitter et de s’enfuir secrètement Pendant qu‘il roulait ce dessein dans son esprit, un Ange lui apparut en songe et le consola, en lui disant:  « Joseph, fils de David, ne craignez point de retenir Marie votre épouse, car ce qui est né en elle est l’œuvre du Saint Esprit. Elle enfantera un Fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus, parce que c’est lui qui rachètera son peuple de ses péchés ».

Joseph, à son réveil, fit Ce que l’Ange lui avait ordonné, et ne pensa plus quitter Marie, son épouse.

 

Considération

Saint Joseph d’après Isidore des Iles

 

Isidore d’Isolanis, ou des Iles, que l’on peut appeler le prophète de Saint Joseph, et qui fut au XVIe siècle l’une des illustration du saint et savant Ordre de Saint Dominique, écrivit dès cette époque un ouvrage spécial et considérable sur le Saint Patriarche. Il l’intitula la Somme des Dons de saint Joseph, et le dédia à Adrien VI, en des termes que nous aimons à reproduire, parce qu’ils conviennent, sous beaucoup de rapport, à notre temps et notre immortel Pie IX :

« Très Saint Père, disait-il, l’Italie attendait votre avènement au milieu des larmes. Secouée par les orages des factions, inondée du sang des fidèles, pleurant ses citoyens exilés, gémissant à la vie des maisons monastiques spoliées, affligée de la dispersion des Religieux réduits à la mendicité, elle vous supplie de jeter d’en haut un regard sur tant de maux, et elle désire ardemment de contempler la sainteté, la prudence, la piété et la sagesse de votre pontificat ; car c’est son avènement qui changera en joie notre tristesse.

« Nous y voyons la puissance de Dieu accompagner votre venue, et la sainteté de vos vertus couvrir la terre comme d’une nuée ; mais en même temps, ce n’est pas légèrement que je crois que la paix sera rendue à l’Italie par les saintes prières à Saint Joseph. Je vous supplie donc instamment, très saint père de la société humaine, Abraham par la foi, Moïse par la direction, David par l’onction, Pierre par l’autorité, d’ordonner que, par votre empire, votre commandement et votre loi, l’Église universelle célèbre en l’honneur de Saint Joseph des jours de fête annuels, solennels, joyeux, avec une observance exacte, un profond respect et une vénération apostolique. Par ces grands honneurs, l’empire de l’Église militante recevra une grande puissance d’en-haut ; et quand elle aura recouvré la paix, elle pourra répandre l’eau du Saint Baptême sur les nations barbares et prêcher à tous les peuples le nom du Christ. Par les prières aussi de l’Epoux de la Reine des Cieux, de celui qui a reçu le nom divin, la belle Asie, abandonnant Mahomet, pourra se courber sous votre sceptre, et Jérusalem le vénérer, elle qui a crucifié Jésus notre Seigneur, ce Maître qui a fait trembler dans le Ciel l’armée des Anges devant sa divinité… »

Mais dans l’accomplissement de cette prévision du pieux enfant de Saint Dominique, qu’il n’a pas été donné à Adrien VI et à ses successeurs de pouvoir réaliser, n’a-t-il point été réservé à notre grand Pie IX, qui semble appelé à faire tout ce que l’on peut faire pour la gloire de saint Joseph ? C’est lui, assurément, qu’il a entrevu dans ces paroles que nous trouvons dans le corps de l’ouvrage :

« Le Saint Esprit, dit-il, ne cessera point d’agir sur les cœurs des fidèles jusqu’à ce que l’Eglise universelle honore avec transport le divin Joseph d’une vénération nouvelle, fonde des monastères, érige des églises et des autels en son honneur, multiplie ses fêtes et les fasse célébrer plus solennellement. Le Seigneur enverra sa lumière jusque dans le plus intime des intelligences et des cœurs. De grands hommes scruteront les dons intérieurs de Dieu cachés en saint Joseph, et ils trouveront en lui un trésor d‘un ineffable prix, tel qu’ils n'en ont point trouvé et qu’ils n’en trouveront point dans les Saints ni de l‘ancienne ni de la nouvelle alliance. Bénissez donc, ô peuples, saint Joseph, afin que vous soyez remplis de bénédictions ; car quiconque le bénira sera rempli des plus abondantes bénédictions.

Oui, Jésus Christ, pour la gloire de son propre nom, a destiné saint Joseph à être le Patron particulier et principal de tout l’empire de l’Eglise militante. C’est pourquoi, avant le jour du jugement, tous les peuples connaîtront, vénéreront et adoreront le nom du Seigneur et les dons magnifiques que Dieu a faits à saint Joseph, dons qu’il a voulu laisser presque cachés pendant une longue suite de temps.

La Fête de saint Joseph sera donc un jour célébrée comme une fête principale et vénérable. Le Vicaire de Jésus Christ sur la terre, obéissant à l’impulsion du Saint Esprit, commandera que la Fête du Père adoptif du Christ, de l'Epoux de la Reine du monde, de l’homme très-éminent en sainteté, soit célébrée dans toutes les contrées de l’Eglise militante, orthodoxe et catholique. Et ainsi celui qui dans le ciel a toujours été au premier rang, ne sera point à un rang inférieur sur la terre ».

Et nous, que penserons-nous de ces paroles, après le décret de Pie IX en date du 8 décembre 1870, lequel confère à saint Joseph le titre de Patron de l’Église catholique, et ordonne que sa Fête sera désormais célébrée sous le rite double de première classe ? Qu’en penserons-nous encore après son décret du 7 juillet dernier, qui décerne à saint Joseph, dans le Culte public ecclésiastique, toutes et chacune des prérogatives qui sont particulières aux saints patrons ? N’est-il pas incontestablement le Pontife annoncé et attendu par les Saints comme devant mettre le Comble à la gloire sur terre de saint Joseph ? Que Dieu lui donne d’accomplir toutes ses destinées, que Marie le sauve, que Joseph le délivre de tous ses ennemis !

 

Pratique

Saint Nom de Joseph

 

Après les très Saints Noms de Jésus et de Marie, il n’est pas de nom plus digne de nos louanges que celui de Joseph. Aussi de pieux fidèles ont voulu honorer notre glorieux Patriarche par la récitation de cinq Psaumes dont les lettres initiales composent ce sainte nom. Ce sont les Psaumes Jubilate Deo… servite ; Omnes gentes ; Soepè expugnaverunt ; Exultate Deo et fundamenta, auxquels ont ajoute une Hymne commençant par ces mots : Dei qui gratiam, avec les verset et oraison convenable.

L’Église a tellement approuvé cette pratique, que le Souverain Pontife Pie VII, en 1809, a attaché à la récitation en latin de ces Psaumes, Hymne, Verset et Oraison, une Indulgence de sept ans et sept quarantaines chaque fois, et une indulgence plénière une fois le mois, quand ont les récite tous les jours. En 1815, le même souverain Pontife a concédé cette Indulgence plénière pour le 3e Dimanche après Pâques, si on les récite souvent dans le cours de l’année.

L’on pourrait aussi réciter six Gloria Patri, mais sans gagner d’indulgence, en l’honneur des six lettres qui forment le nom de Joseph.

En 1804, Pie VII avait aussi accordé l’Indulgence d’un an à chaque fois que l’on réciterait l’Hymne Quicumque sanus vivere.

 

Retrouvez le texte de ces Psaumes en cliquant ICI

 

Invocations

Jésus, Marie, Joseph

 

Jésus, Fils éternel de Dieu le Père, et dans le temps, de Marie et de Joseph ; Marie , douce Mère de Jésus et des hommes; Joseph, Père de Jésus et le nôtre, je vous offre, après Dieu, mon cœur et toutes ses affections, mon esprit et toutes ses facultés, ma vie, son passé, son présent, son avenir et sa fin. Elle s’avance, cette vie, et je pressens déjà cette fin. ô Jésus, recevant le dernier soupir de Joseph ; Marie, lui rendant les derniers devoirs ; Joseph, expirant entre les bras de Jésus et de Marie, assistez-moi toujours, mais surtout à l’heure de la mort, en ce moment redoutable de l’agonie, où j’aurai a faire le grand passage du temps à l’éternité. Puissé-je le faire en votre sainte compagnie !

C’est l’unique grâce que je vous demande en ce moment, afin qu'après vous être resté uni pendant la vie, je puisse, sous vos auspices, m’endormir dans la paix du Seigneur et la confiance d’une bonne et sainte mort. C’est dans ces sentiments et pour gagner, avec tous vos fidèles serviteurs, les Indulgences que Pie VII y a attachées (400 jours à chaque invocation que l’on peut séparer), que je ne cesserai de vous adresser les précieuses invocations :

 

Jésus, Marie, Joseph, je vous donne mon cœur, mon esprit et ma vie,

Jésus, Marie, Joseph, assistez-moi toujours, surtout à l’agonie,

Jésus, Marie, Joseph, donnez-moi de mourir en votre compagnie.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

84fd5a446b8f2eb1a3e9f852a099ed2a-1

 

Téléchargez le texte de cette méditation (PDF) en cliquant ici

 

Pour recevoir pendant le mois de mars,

chaque méditation du Mois de Saint Joseph dans votre boite mail,

abonnez-vous à la newsletter d’images Saintes.

 

29 avril 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Mois de Marie devant l'Image miraculeuse

de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano

Abbé Eugène Lerat

madonna_del_buon_consiglio

Veille du premier jour

Histoire de la Madone de Genazzano dite Notre Dame du Bon Conseil

 

Dans les États pontificaux, à Genazzano, l'église des religieux de Saint-Augustin possède une image miraculeuse de la Mère de Dieu, invoquée sous le titre de Notre Dame du Bon Conseil. Voici l'origine du culte rendu à cette madone. C'était une peinture à fresque, en grande vénération dans une église de Scutari, en Albanie. Vers le XVè siècle, les Turcs, s'étant rendus maîtres de cette ville, résolurent de transformer en mosquée le Sanctuaire de la Mère de Dieu. Mais ils comptaient, sans l'intervention de Celle que I'Eglise appelle si justement la Vierge puissante, qui déjoua leur projet impie en punissant d'une mort terrible les plus hardis d'entre eux. Ce que voyant, les Turcs épouvantés fermèrent l’église et se retirèrent.

En ce même temps, la divine Vierge apparut à une pieuse femme nommée Pétruccia qui habitait Genazzano. Elle l'invita à faire rebâtir le Sanctuaire élevé en son honneur par saint Marc, sous le vocable de Mère du Bon Conseil, qui menaçait ruines. Pétruccia, confiante, obéit, elle y sacrifia tout son avoir ; mais parce que sa fortune était trop modeste et que Dieu permit qu'elle ne fût pas secondée dans sa généreuse entreprise, les travaux furent laissés inachevés. C'était en 1466. Sur ces entrefaites, deux zélés serviteurs de la Madone du Bon Conseil, Georgio et de Sclavis, étaient avertis par elle-même, qu'elle devait quitter son église de Scutari. En effet, bientôt après, en leur présence, l'Image miraculeuse se détacha du mur, et, s'étant élevée dans les airs, elle commença à s'éloigner de la ville. Les deux Scutarins se mirent à sa suite, et, dès le départ, une colonne de nuages précéda leur marche pour les guider. Lorsqu'ils se trouvèrent sur les bords de la mer Adriatique, un autre prodige affermit leur confiance. L'élément humide ne fut pas pour eux un obstacle, ils marchèrent sur les flots affermis sous leurs pas et atteignirent ainsi à la suite de la sainte image les côtes de l'Italie. Arrivés à Rome, une épreuve vint affliger leur piété : la consolante Image disparut à leurs yeux sans qu'ils pussent soupçonner la direction qu'elle avait prise.

Le même jour, 25 avril 1467, fête de saint Marc, patron de Genazzano, à trois heures de l'après-midi, en présence d'une grande foule de fidèles, au moment où les religieux Augustins chantaient les vêpres, un nuage blanc, tout rayonnant d'une éclatante lumière, descend sur l'église de Sainte-Marie et s'en va comme envelopper le mur inachevé de la chapelle bâtie par Pétruccia. Bientôt le nuage s'évanouit et laisse voir la sainte image de la Madone du Bon Conseil, qui reste suspendue miraculeusement au mur, sans y être appliquée. En même temps toutes les cloches de la ville sonnent d'elles-mêmes, et saluent l'arrivée de la Reine du ciel. Le bruit du prodige se répandit bientôt dans les environs et jusqu'à Rome. Les deux Scutarins furent consolés à cette nouvelle, et s'empressèrent d'accourir à Genazzano reconnaître leur chère Madone. Le concours des fidèles, loin de diminuer, ne fit qu’augmenter de jour en jour, et leur foi ne cessa d'être récompensée par des grâces signalées et de nombreux miracles.

 

Exemple

 

Le 15 août 1864, le Saint Père Pie IX quittait Castelgondolfo, sa résidence d’été, et venait à Genazzano par la nouvelle route de Valmontone. Il descendit de voiture sur la place du Sanctuaire. Là s'étaient réunis, pour le recevoir, avec les autorités municipales, l’Évêque de Palestrine et son secrétaire, le séminaire, le général des Augustins et ses religieux. Sa Sainteté entra dans l'église, splendidement décorée. Il était dix heures. Mgr Pacca, maître de chambre, célébra la messe, et Mgr Borromeo Arese, majordome, offrit à la Vierge du Bon Conseil, au nom de Sa Sainteté, un collier enrichi de diamants et un cœur d'or. On chanta ensuite les litanies de la Sainte Vierge et le Pape récita les oraisons. Après avoir admiré et vénéré la sainte Image, la cour se retira dans la grande salle du couvent, où les évêques, le clergé et les autorités civiles furent présentés par le Cardinal Amat, évêque de Palestrine, et admis au baisement du pied. Puis, Sa Sainteté se rendit au palais Colonna. Une fois revêtu de ses ornements pontificaux, la tiare en tête, le pape se mît au balcon, et entouré du Cardinal et des évêques, il donna la bénédiction solennelle à la foule immense, agenouillée sur la place, dans les prairies, sur les collines. A une heure il rentra au couvent et déjeuna en particulier. Avant de partir, le Souverain Pontife visita en détail le Sanctuaire, se prosterna de nouveau devant la pieuse Image et récita lui-même les litanies, le peuple répondant aux invocations. Vers cinq heures, il reprit le chemin de Castelgondolfo.

 

Prière

 

Ô mon Dieu ! Auteur et source première de tout Bon Conseil, qui sauvâtes si merveilleusement des mains musulmanes l'Image de la Mère de Votre Fils unique, et qui la fîtes transporter par vos saints anges de Scutari à Genazzano, voulant que cette aimable Madone fût invoquée sous le titre de Notre Dame du Bon Conseil, accordez-nous, nous Vous en supplions, qu'en vénérant cette image si gracieuse, nous nous montrions toujours fidèles à suivre les inspirations de la divine Conseillère, et que nous puissions entourer au ciel son trône si resplendissant de gloire. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano, disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de ND du Bon Conseil dans votre boite mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

17 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

Icon, Lebanon, Antoura 1

Dix-huitième jour

Dévotion de Saint Vincent envers la très Sainte Vierge, Mère de Dieu et envers les autres Saints

 

Nous devons honorer, dit Saint Bernard, de toutes les plus intimes affections de notre cœur la sainte Vierge Marie, parce que tel est le bon plaisir de celui qui a voulu que par l'entremise de cette incomparable Vierge, nous eussions toutes sortes de faveurs et de grâces. Ce n'est donc pas une invention d'esprit humain, ni une production des sentiments de quelque dévotion particulière mais un ordre établi par la volonté de Dieu, que nous rendions un honneur très spécial à celle qu'il a voulu lui-même honorer jusqu'à ce point, que de la choisir pour être la Mère de son propre Fils, et pour recevoir ensuite de son divin Fils les devoirs d'une vraie et parfaite soumission et obéissance.

Toute l'église a toujours reconnu cette vérité, et a donné en tous les siècles des témoignages de son respect et de sa dévotion envers la très sainte Mère de Dieu, par la célébration de ses fêtes, par la vénération de ses images, par les prières solennelles qu'elle lui a toujours offertes et qu'elle continue de lui offrir tous les jours, par les hymnes et cantiques qu'elle chante à sa louange, et par tous les autres moyens que le Saint-Esprit lui a suggérés. Pour cet effet, tous les plus grands Saints sont entrés dans ces mêmes sentiments d'une vénération et dévotion particulière envers cette reine des Anges et des hommes ; et, par conséquent, il y a raison de croire que Vincent, qui avait une telle affection de se conformer à toutes les volontés de Dieu, et de suivre fidèlement la conduite de son église et les exemples des Saints, se sera dignement acquitté de tous les devoirs de dévotion et de piété envers cette très sainte Mère de Dieu. Aussi en a-t-il donné des preuves et laissé des marques très considérables.

Car parmi les règlements qu'il a donnés à sa Congrégation, il a mis celui-ci comme l'un des principaux, et dont il recommandait fort particulièrement l'observance aux siens : « Nous tâcherons, leur dit-il, tous, et un chacun en particulier, de nous acquitter parfaitement, Dieu aidant, du culte spécial que nous devons à la très sainte et Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, 1° en rendant tous les jours, et avec une dévotion toute particulière quelques services à cette digne Mère, notre très pieuse Dame et Maîtresse ; 2° En imitant, autant que nous le pourrons, ses vertus, et particulièrement son humilité et sa pureté; 3° en exhortant ardemment les autres, toutes les fois que nous en aurons la commodité et le pouvoir, à ce qu'ils lui rendent toujours un grand honneur et le service qu'elle mérite ».

Il a toujours recommandé et conseillé à un chacun d'avoir une spéciale dévotion à cette Reine du Ciel ; mais il l'a autant persuadé par son exemple que par ses paroles ; car il jeûnait exactement les veilles de ses fêtes, et se préparait à les célébrer par plusieurs autres mortifications et bonnes œuvres ; et par son exemple, il a introduit cette sainte pratique parmi les siens. Il ne manquait pas d'officier solennellement les jours de ses fêtes, et il le faisait avec de tels sentiments de dévotion, que l'on pouvait aisément connaître quel était son cœur à l'égard de cette très sainte Vierge. Il avait aussi une dévotion particulière de célébrer la sainte messe dans les chapelles et aux autels qui étaient dédiés en son honneur.

Comme il faisait l'ouverture des conférences et des assemblées où il se trouvait, par l'invocation du Saint-Esprit, il les terminait aussi toujours par quelque antienne et oraison en l'honneur de cette très sainte Mère de Dieu. Il portait toujours un chapelet à sa ceinture, tant pour le dire souvent, comme il faisait, que pour faire, par cette marque extérieure, une profession ouverte de sa vénération et. dévotion envers Marie et se déclarer publiquement pour l'un de ses très fidèles et très dévots serviteurs.

La dévotion de ce saint homme envers la Mère de Dieu a paru aussi grandement par les prédications qu'il a faites en son honneur dans les missions où il a travaillé, et par la pratique qu'il a introduite parmi les siens de faire de même, et d'instruire soigneusement le peuple des obligations particulières que les chrétiens ont d'honorer, servir et invoquer cette Sainte Mère et de recourir à elle dans leurs besoins et nécessités. Enfin, le grand nombre des confréries qu'il a établies et fait établir de tous côtés, pour honorer Notre Seigneur par l'exercice de la charité envers les pauvres, et qu'il a mises sous la protection spéciale de sa très sainte Mère, aussi bien que toutes les autres compagnies et assemblées de piété dont il a été l'auteur, sont des marques bien expresses, non-seulement de sa dévotion envers la très sainte Vierge, mais aussi de l'affection et du zèle qu'il avait de la répandre dans tous les cœurs.

Ayant donc été animé de cet esprit, et s'étant toujours étudié de rendre tout l'honneur et tout le service qu'il lui a été possible, à cette reine des anges et des hommes, faut-il s'étonner si tous ses travaux et toutes ses saintes entreprises ont été favorisés de si bons succès, et accompagnés de tant de bénédictions, puisqu'il s'était mis d'une façon si particulière sous la puissante protection de la Mère de Dieu.

Comme Vincent savait fort bien, et l'enseignait souvent dans les missions, que l'honneur qu'on rend, non-seulement à la Mère de Jésus-Christ, mais aussi à tous les saints, retourne à ce divin maître, dont ils sont les véritables serviteurs, il leur rendait en cette vue un grand honneur, et particulièrement aux apôtres, comme à ceux qui avaient eu le bonheur d'approcher de plus près la personne sacrée du Fils de Dieu, et de puiser dans les fontaines du Sauveur cette eau qui rejaillit jusqu'à la vie éternelle. Il les considérait et honorait comme les premiers et grands missionnaires qui avaient porté la lumière de l'Évangile par toute la terre, et travaillé avec de très-amples bénédictions à l'instruction et la conversion des peuples. Entre les apôtres, il aimait et respectait particulièrement Saint Pierre, comme celui qui avait aimé Jésus-Christ plus que tous les autres, et qui avait été par lui établi son premier vicaire sur la terre, et le chef et souverain pasteur de son Eglise. Il avait aussi une vénération et dévotion très spéciale pour saint Paul, comme pour celui qui était le maître et le docteur des gentils, et qui avait plus travaillé que les autres ; et comme il en portait le nom, il s'étudiait aussi d'en imiter les vertus.

Il a aussi fait paraître en tous temps, une dévotion particulière envers son saint ange Gardien, et il n'entrait jamais dans sa chambre, et n'en sortait point, qu'il ne le saluât et ne lui rendit quelque honneur: il a introduit cette pieuse coutume parmi les siens, de faire de même à l'égard de leurs saints anges tutélaires, lorsqu'ils entrent dans leurs chambres et qu'ils en sortent.

Or, l'intention principale de Vincent dans la dévotion qu'il avait pour les anges et les saints, était d'honorer en eux les dons de Dieu et son Saint Esprit, dont ils étaient les temples : en sorte que l'honneur qu'il leur rendait, et les prières qu'il leur offrait, avalent Dieu pour principal objet et pour dernière fin ; et tous les devoirs de piété dont il s'acquittait envers eux, n'étaient que des moyens pour rendre à sa divine Majesté une gloire plus étendue, et pour l'invoquer plus efficacement par leur intercession : suivant en cela les intentions de l'Église, auxquelles ce grand serviteur de Dieu s'étudiait toujours de conformer les siennes, se tenant fidèlement et constamment dans tous les sentiments de cette mère commune de tous les enfants de Dieu, et se soumettant en toutes choses à sa conduite qu'il reconnaissait toute sainte, comme lui étant inspirée par celui qui est l'auteur de toute sainteté.

Nous ne devons pas ici omettre la dévotion particulière qu'il avait de procurer le soulagement et la délivrance des âmes fidèles qui souffrent dans le purgatoire; il exhortait souvent les siens à ce devoir de piété, et disait qu'il faillait considérer ces chers défunts comme les membres vivants de Jésus-Christ animés par sa grâce, et assurés de participer un jour à sa gloire; et que, pour cette considération, nous étions obligés de les aimer, servir et assister de tout notre pouvoir. Pour cet effet, il priait et offrait souvent le très saint sacrifice de la messe à leur intention. Il faisait aussi prier et offrir le même sacrifice pour eux, par les autres prêtres de sa maison; et le sacristain de Saint Lazare a déclaré qu'il lui ordonnait fort souvent de faire dire des messes pour les dînes du purgatoire qui y sont détenues depuis longtemps, et qui n'ont personne qui prie particulièrement pour elles. Il établit encore pour ce même sujet, dans toutes les maisons de sa Congrégation, cette sainte pratique de dire trois fois le jour en commun le De profundis, c'est à savoir, après les deux examens particuliers qui se font avant les repas, et aux prières du soir.

 

Fleurs Spirituelles

 

« Aimez Marie, aimez la toujours comme un enfant aime sa Mère, ne négligez rien pour lui être agréable, ayez toujours confiance en sa bonté et miséricorde et elle vous obtiendra le pardon de vos péchés. Aimez Marie, et elle vous mettra à l'abri de tous les dangers que vous courez sur cette terre d'exil. Aimez Marie, et elle demandera pour vous à son divin Fils, toutes les grâces dont vous avez besoin. Aimez Marie, et au moment de votre mort elle viendra vous consoler dans vos peines, et vous soutenir contre les derniers assauts des ennemis de votre salut. Aimez Marie, et un jour elle vous ouvrira les portes du ciel ».

Pratique : Soyez toujours très fidèles à vos pratiques de dévotion envers la sainte Mère de Dieu. Priez pour les personnes qui s'efforcent de propager le culte de Marie.

Icon, USA, WA, Federal Way

 

Téléchargez cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul

chaque jour pendant le mois de juillet dans votre boite mail,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

 

26 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

20161116_depaul_embroidery_two002

Vingt-septième jour

Dévotion particulière de Vincent envers le très saint Sacrement de l'autel

 

Mais une des plus grandes et des plus particulières dévotions de Vincent, a été envers la très sainte Eucharistie, considérée non-seulement comme sacrifice, mais aussi comme sacrement, sous les espèces duquel le Fils de Dieu se rend réellement présent dans nos églises, et accomplit d'une manière autant véritable que merveilleuse la promesse qu'il a faite de demeurer avec nous jusqu'à la consommation des siècles. Cette dévotion s'est manifestée par le très grand respect avec lequel il se comportait dans les églises où reposait ce sacrement très adorable, et pour l'affection très grande qu'il avait pour ces saints lieux que Jésus-Christ honore de sa présence. Voici ce qu'un personnage de très grande vertu en a témoigné : « J'ai remarqué plusieurs fois, dit-il, lorsque Monsieur Vincent était en prière devant le Saint Sacrement, qu'on pouvait aisément reconnaître en son extérieur la véritable et sincère dévotion de son intérieur : il se tenait toujours prosterné à deux genoux, avec une contenance si humble, qu'il semblait qu'il se fût volontiers abaissé jusqu'au centre de la terre, pour témoigner davantage son respect envers la majesté de celui qu'il reconnaissait présent. Et certes, en considérant cette modestie respectueuse qui paraissait en son visage, ou eût pu dire qu'il voyait de ses yeux Jésus-Christ : et la composition de son extérieur était si dévote et religieuse, qu'elle était capable de réveiller la foi la plus endormie, et de donner aux plus insensibles des sentiments de piété envers cet adorable mystère ». Or, ce n'était pas seulement en offrant ses prières qu'il faisait paraître son respect et sa dévotion envers ce très saint Sacrement, mais toutes les fois qu'il se trouvait dans les églises pour quelque occasion que ce fût, il se tenait toujours dans une grande modestie ; et, autant qu'il lui était possible, il évitait de parler à personne en ces saints lieux ; que s'il se trouvait en quelque nécessité de le faire, il tâchait de faire sortir hors de l'église ceux qui lui voulaient parler ; ce qu'il observait même envers les personnes les plus qualifiées, comme les prélats, sans toutefois rien dire ou faire qui pût blesser le respect qui leur était dû.

Quand il sortait de la maison de Saint Lazare, il allait premièrement se prosterner devant Notre Seigneur au saint Sacrement, pour demander sa bénédiction; et aussitôt qu'il était de retour, il allait derechef se présenter devant lui, comme pour lui rendre compte de ce qu'il avait fait à la ville, le remercier des grâces qu'il avait reçues, et s'humilier des manquements qu'il pouvait avoir commis ; ce qu'il faisait, non par manière d'acquit, mais avec un véritable sentiment de religion et de piété, se tenant chaque fois un temps assez long devant le très saint Sacrement, avec une posture fort humble et dévote. Il a mis les siens dans cette pratique, disant qu'il était bien juste qu'on rendit ce devoir au maître de la maison.

Dans ses grandes maladies, lorsqu'il ne pouvait point marcher, ni se soutenir pour célébrer la sainte messe, il avait la dévotion de communier tous les jours, s'il ne survenait quelque empêchement insurmontable qui le privât de cette consolation ; et, dans ses communions journalières, il y apportait de si grandes dispositions, et témoignait un tel respect et une telle affection envers celui qu'il adorait et recevait dans ce sacrement, qu'il semblait être comme transporté et ravi hors de lui-même. Sur ce sujet, parlant un jour aux siens des effets que ce divin Sacrement opère en ceux qui le reçoivent avec les dispositions convenables, il leur dit : « Ne ressentez-vous pas, mes frères, ne ressentez-vous pas ce feu divin brûler dans vos poitrines, quand vous avez reçu le corps adorable de Jésus dans la communion ? » C'était de l'abondance de son cœur que sortaient ces paroles, qui faisaient assez connaître ce que, par sa propre expérience, il goûtait et ressentait en ces communions. C'était aussi ce qui le portait à exhorter un chacun de se bien disposer pour recevoir dignement et fréquemment la sainte communion du corps de Jésus-Christ ; car il n'approuvait pas qu'on s'en éloignât sans grande raison: et une personne de piété, qui prenait conseil et conduite de lui, s'étant une fois abstenue de communier, pour quelque peine intérieure qui lui était survenue, voici ce qu'il en écrivit le même jour dans un billet: « Vous avez un peu mal fait de vous être retirée de la sainte communion pour la peine intérieure que vous avez ressentie : ne voyez-vous pas que c'est une tentation, et que vous donnez, par ce moyen, prise à l'ennemi de ce très adorable Sacrement ? Pensez-vous devenir plus capable et mieux disposée de vous unir à Notre Seigneur, en vous éloignant de lui ? Oh ! Certes, si vous aviez cette pensée, vous vous tromperiez grandement, et ce serait une pure illusion ».

Comme ce dévot serviteur de Jésus-Christ était touché d'un grand ressentiment de l'excès d'amour et de charité d'un Dieu envers ses créatures, il exhortait souvent les siens de lui rendre des actions de grâces toutes particulières d'un si incompréhensible bienfait, tâchant de reconnaître cette incomparable obligation par de fréquentes adorations, humiliations et glorifications envers le Fils de Dieu, résidant en ce très saint Sacrement ; et, en se confessant même incapables d'y satisfaire, prier les saints anges de les aider à lui rendre ces justes reconnaissances.

Dans ce même sentiment, il les avertissait de s'acquitter soigneusement de tous les devoirs extérieurs de révérence envers le Saint Sacrement, reprenant ceux qu'il voyait y manquer : en quoi il était si exact, que s'il s'apercevait que quelqu'un, en passant devant le grand autel de l'église où il repose, ne fit pas la génuflexion jusqu'en terre, ou qu'il la fit trop brusquement, il l'en avertissait en particulier, ou même en public, comme il le jugeait expédient, disant qu'il ne fallait pas se présenter devant Dieu comme des marionnettes, auxquelles on fait faire des mouvements légers, et des révérences sans âme et sans esprit ; et ayant remarqué un jour, qu'un frère n'avait pas fait la génuflexion entière, il l'appela, et lui montra jusqu'où et de quelle façon il la fallait faire. Pour lui, il s'est acquitté toujours exactement de ce devoir, et a fait cette génuflexion autant qu'il l'a pu, et même au-delà, puisque souvent il avait besoin d'aide pour se relever ; et lorsque son grand âge et ses fâcheuses incommodités, ne lui permirent plus de la faire du tout, il en demandait pardon de fois à autre publiquement, devant toute sa communauté, disant que ses péchés l'avaient privé de l'usage libre de ses genoux.

Un jour après avoir parlé assez longuement sur ce sujet, il ajouta : « Je vous prie donc, Messieurs et mes frères, d'y faire grande attention, et de vous comporter en cette action de telle sorte, que la révérence intérieure prévienne et accompagne toujours l'extérieure. Dieu veut être adoré en esprit et en vérité, et tous les véritables chrétiens doivent se comporter de la sorte, à l'exemple du Fils de Dieu, lequel, se prosternant la face contre terre au jardin des Oliviers, accompagna cette dévote posture, d'une humiliation intérieure très-profonde, par respect pour la majesté souveraine de son Père.

 

Fleurs Spirituelles

 

« Un ami visite souvent son ami auprès de qui il demeure, lui souhaitant le matin le bonjour, le soir une bonne nuit, saisissant de plus l'occasion de s'entretenir avec lui dans la journée. Faites de même plusieurs visites à Jésus, au très-saint Sacrement, si vos occupations le permettent. C'est surtout au pied des autels qu'on fait bien l'oraison. Dans toutes les visites que vous ferez à Notre Seigneur offrez plusieurs fois son sang précieux au Père éternel; vous éprouverez que ces visites sont très propres à faire croître en vous l'amour ». (Sainte Madeleine De Pazzi).

« Que cherchez-vous, que vous ne trouviez en Jésus-Christ ? Vous êtes malade, il est médecin. Vous êtes exilé, il est votre chef. Vous êtes dans l'affliction, il est votre roi. Vous êtes attaqué, il est votre défenseur. Vous êtes dans les ténèbres, il est votre lumière. Vous êtes orphelin, il est votre père ; il est votre époux, votre ami, votre frère ; Notre Seigneur Jésus-Christ est tout ce que vous pouvez et devez désirer qu'il soit ». (Saint Bernard).

Pratique : Dans les visites que vous rendrez aujourd'hui à Jésus au très Saint Sacrement, dites-lui avec une profonde humilité et de toute la ferveur de votre âme : « Seigneur, celle que vous aimez est malade ! » Priez pour les personnes qui ont une dévotion particulière à Jésus-Christ au très Saint Sacrement de l'autel.

 

Icon, USA, WA, Federal Way

 

Téléchargez cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul

chaque jour pendant le mois de juillet dans votre boite mail,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

7 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

93875528_o

Huitième jour

Prudence de Saint Vincent De Paul

 

Nous joignons la prudence à la simplicité, parce que Notre Seigneur Jésus-Christ les a mises ensemble dans son Evangile lorsqu'il instruisait ses apôtres et en leur personne tous les fidèles, et particulièrement ceux qui devaient être employés à la conduite des autres ; parce que ces deux vertus ont une telle connexion ensemble que l'une sans l'autre, comme dit Saint Augustin, n'est que peu ou point du tout profitable.

Mais avant que de produire des exemples de sa prudence, il ne sera pas hors de propos que nous l'entendions parler lui-même de cette vertu, et nous en tracer les traits, tels que l'Esprit-Saint les avait tracés dans son âme.

C'est dans un entretien qu'il fit un jour aux siens sur ce sujet, où il leur parla de la prudence en ces termes : « C'est le propre de cette vertu de régler et de conduire les paroles et les actions; c'est elle qui fuit parler sagement et à propos, et qui fait qu'on s'entretient avec circonspection et jugement des choses bonnes de leur nature et en leurs circonstances , et qui fait supprimer et retenir dans le silence celles qui sont contre Dieu , ou qui nuisent au prochain, ou qui tendent à la propre louange, ou à quelque autre mauvaise fin. Cette même vertu nous fait agir avec considération, maturité, et par un bon motif, en tout ce que nous faisons, non seulement quant à la substance de l'action, mais aussi quant aux conséquences, en sorte que le prudent agit comme il faut, quand il faut, et pour la fin qu'il faut ; l'imprudent au contraire, n'a pas la manière, ni le temps, ni les motifs convenables, et c'est là son défaut; au lieu que le prudent, agissant discrètement, fait toutes choses, avec poids, nombre et mesure. La prudence et la simplicité, tendent à même fin, qui est de bien parler et de bien faire dans la vue de Dieu ; et comme l'une ne peut être sans l'autre, notre Seigneur les a recommandées toutes deux ensemble. La prudence dont je parle est celle que Jésus Christ conseille dans l'Évangile, qui nous fait choisir les moyens propres pour arriver à la fin qu'il nous propose; laquelle étant toute divine, il faut que ses moyens y aient du rapport et de la proportion. Or, nous pouvons choisir les moyens proportionnés à la fin que nous nous proposons, en deux manières: ou par notre seul raisonnement, qui est souvent bien faible ; ou bien par les maximes de la foi que Jésus nous a enseignées, qui sont toujours infaillibles, et que nous pouvons employer sans aucune crainte de nous tromper ; c'est pourquoi la vraie prudence assujettit notre jugement à ces maximes, et nous donne pour règle inviolable de juger toujours de toutes choses comme notre Seigneur en a jugé, en sorte que dans les occasions nous nous demandions à nous-mêmes, comment Notre Seigneur Jésus-Christ a-t-il jugé de telle et de telle chose ? Et comment s'est-il comporté en telle et telle rencontre ? Qu'a-t-il dit, qu'a-t-il fait sur tel ou tel sujet ! Et qu'ainsi nous ajustions toute notre conduite selon ses maximes et ses exemples. Prenons donc cette résolution, Messieurs, et marchons en assurance, dans ce chemin royal dans lequel Jésus sera notre guide et notre conducteur, et souvenons-nous de ce qu'il a dit, que le ciel et la terre passeront, mais que ses paroles et ses vérités ne passeront jamais. Bénissons Notre Seigneur, mes frères, et tâchons de penser et de juger comme lui, et de faire ce qu'il a recommandé par ses paroles et par ses exemples. Entrons dans son esprit, pour entrer en ses opérations; ce n'est pas tout de faire le bien , mais il le faut bien faire à l'imitation de Notre Seigneur duquel il est dit : Qu'il a bien fait toutes choses. Non, ce n'est pas assez de jeûner, d'observer les règles, de s'occuper aux fonctions de son état, mais il le faut faire dans l'esprit de Jésus-Christ, c'est-à-dire avec perfection, pour les fins et avec les circonstances que lui-même les a faites. La prudence chrétienne donc consiste à juger, parler et opérer, comme la sagesse éternelle de Dieu, revêtue de notre chair, a jugé, parlé et opéré ».

Voilà quels étaient les sentiments de Vincent touchant la vertu de prudence, et voici quel a été l'usage qu'il en a fait : 1° Lorsqu'il était question de délibérer de quelque affaire, ou de donner quelque conseil ou résolution, avant que d'ouvrir la bouche pour parler, et même avant que de s'appliquer à penser aux choses qu'on lui proposait, il élevait toujours son esprit à Dieu pour implorer sa lumière et sa grâce ? On lui voyait ordinairement alors les yeux levés vers le ciel, et puis les tenant quelques temps fermés, comme consultant Dieu en lui-même, avant que de répondre : que s'il s'agissait de quelque affaire de conséquence, il voulait toujours qu'on prit du temps pour la recommander à Dieu, et pour invoquer le secours du Saint Esprit, et comme il s'appuyait uniquement sur la sagesse divine, et non sur sa prudence particulière aussi recevait-il du ciel les grâces et les lumières qui lui faisaient quelquefois découvrir des choses, que le seul esprit humain n'eût jamais pu pénétrer. Il disait à ce propos, que « là où la prudence humaine déchéait et ne voyait goutte, là commençait à poindre la lumière de la sagesse divine ».

Il était extrêmement retenu et circonspect en ses paroles, non-seulement pour ne rien dire ni répondre qui pût causer aucun ombrage ou défiance, ou qui donnât sujet de peine à personne, mais même pour ne rien avancer qui ne fût mûrement considéré et digéré en son esprit: et il y a sujet de croire que c'est pour cela qu'il causait peu et fort posément.

Il disait que c'était un effet de prudence et de sagesse, non-seulement de parler bien, et de dire de bonnes choses, mais aussi de les dire à propos, eu sorte qu'elles fussent bien reçues et qu'elles profitassent à ceux à qui l'on parlait. Que Notre Seigneur en avait donné l'exemple en plusieurs rencontres et particulièrement parlant à la samaritaine il prit occasion de l'eau qu'elle venait puiser, pour lui parler de la grâce et lui inspirer le désir d'une parfaite conversion.

Enfin Vincent a fait paraître la pureté et solidité de sa prudence et de sa sagesse, en ce qu'il a toujours cherché de suivre et d'accomplir en toutes choses la très sainte volonté de Dieu, par préférence à tout le reste, et sans avoir aucun égard aux intérêts temporels, qu'il méprisait et foulait aux pieds quand il s'agissait du service et de la gloire de Dieu. C'était le grand et unique principe sur lequel il fondait ses résolutions et par lequel il exécutait fidèlement ce qu'il avait résolu, préférant souverainement et incomparablement la volonté de l'Éternel, et ce qui regardait sa gloire et son service, à toute autre chose, sans en excepter aucune.

 

Fleurs Spirituelles

 

« La prudence est nécessaire pour être circonspect à agir, et pour savoir s'accommoder aux dispositions de chacun; elle s'unit fort Lien avec la simplicité. (Saint Vincent De Paul).

Ce Saint qui avait la vertu de simplicité dans un si haut degré, réglait tellement ses actions par la prudence et la charité du prochain, qu'il réussissait dans tout ce qu'il entreprenait. Il passait pour un des hommes les plus sages de son siècle, ce qui faisait qu'on le consultait comme un oracle, et qu'on se faisait une loi de suivre ses conseils. Il n'y a rien de plus contraire au succès des affaires que la précipitation: les délais sont ordinairement plus avantageux que nuisibles.

Pratique : Soyez aujourd'hui très circonspects dans vos paroles et dans vos actions. Priez pour les personnes qui manquent de circonspection en ces deux choses.

 

Téléchargez cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Icon, USA, WA, Federal Way

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul

chaque jour pendant le mois de juillet dans votre boite mail,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

22 mai 2017

Le Mois de Marie des Madones Nantaises

Le Mois de Marie des Madones Nantaises

Abbé Ricordel

Bretagne18

Vingt-troisième jour

Notre Dame de Bonne Garde

 

Presque à l’entrée de la route de Clisson, sur ce plateau de Saint Jacques, d’où l’on domine les belles vallées de la Loire et de la Sèvre, et d’où l’on voit toute la ville de Nantes à ses pieds, s’élève un élégant sanctuaire dédié à la sainte Vierge, et cher à nos concitoyens depuis déjà deux cent cinquante ans.

Vers le milieu du XVIIe siècle, au rapport des traditions du quartier, plusieurs personnes aperçurent un soir une statue de la sainte Vierge, inconnue jusqu’alors en ces lieux, et qu’environnait une éblouissante clarté. Étonnées et ravies, elles s’empressèrent de recueillir la merveilleuse image et de la placer avec honneur dans leur maison. Hélas ! Marie n’accepta point leur pieuse hospitalité. Le lendemain, l’image avait disparu et on la retrouvait au lieu de l’apparition. Les religieux bénédictins, qui occupaient alors le prieuré de Pirmil, accoururent et transportèrent la statuette dans leur chapelle, actuellement église paroissiale de Saint Jacques. Efforts inutiles, ce n’est pas la que la Vierge voulait être honorée, et, durant la nuit, la statue retourna dans le coin de terre qu’elle avait choisi.

Cette fois, la pensée de la Bonne Mère fut comprise, et son désir rempli : les voisins édifièrent immédiatement une petite grotte et le peuple, instruit du prodige, vint en foule la prier en ce lieu béni.

Quelques années s’écoulèrent, et la vénération pour la statue miraculeuse ne fit que s'accroître. Bientôt une pieuse tertiaire, respectée de tous pour sa vertu ainsi que pour sa charité envers les pauvres malades, et connue dans le quartier sous le nom expressif de Marie de Bonne Garde, entreprit d’élever a la Mère de Dieu un monument plus digne de sa grandeur et de l’amour de son peuple. Elle fit appel aux Voisins, qui entrèrent dans ses vues et se montrèrent généreux. Ses parents lui vinrent en aide les premiers ; et le gouverneur de Nantes, Charles de la Porte, duc de la Meilleraye et maréchal de France,joignit ses largesses aux aumônes des habitants de Pirmil. Le 4 novembre 1657, l’édifice était achevé, et l’on y célébrait, pour la première fois, la sainte messe.

Le sanctuaire bâti, la piété le décora, et bientôt la petite chapelle posséda de beaux ornements, des calices, des ciboires, libéralement offerts par les pèlerins. Ceux-ci accouraient de plus en plus nombreux ; de toute la contrée avoisinante, on venait avec empressement à Notre Dame de Bonne Garde. Le peuple avait récompensé le zèle de la pieuse tertiaire, en donnant son nom à l’oratoire qu’elle avait élevé. Saint-Sébastien s’y rendait chaque année en pèlerinage, et les paroisses voisines l’imitèrent plus d’une fois. Le concours du peuple rendit nécessaire la présence d’un prêtre qui fut attaché au service de la chapelle. Une confrérie y fut établie en l’honneur de la sainte Trinité, et y célébrait solennellement ses fêtes. Chaque soir, au son de l'Angélus, les fidèles aimaient a se réunir aux pieds de la Bonne Mère, et l’on conserve encore, après plus d'un siècle, le souvenir et le nom d’un pieux laïque qui présidait a la récitation du chapelet et au chant du cantique.

Comme tous nos autres sanctuaires, la chapelle de Bonne Garde eut à souffrir de la Révolution ; elle aussi fut dépouillée de toutes ses richesses, elle aussi fut vendue, elle aussi vit sa statue miraculeuse menacée par des mains sacrilèges. Dieu toutefois ne permit pas que la ruine fût complète. Un courageux chrétien sauva la chère statue, et la chapelle ne fut pas détruite.

Les mauvais jours passés, les fidèles continuèrent a visiter Notre Dame de Bonne Garde ; mais les splendeurs de son culte étaient bien amoindries. Un saint prêtre, tout dévoué à Marie, et dont le nom est encore vénéré dans la paroisse de Saint Jacques, M. l'abbé Durand, devait renouveler, par son exemple et par son zèle, cette antique dévotion. Plus d’une fois, en temps de sécheresse, dans les dangers d’une terrible inondation, sous la menace du choléra, il invoqua solennellement par des neuvaines la gardienne de sa paroisse, et Marie justifia toujours les promesses de son nom.

Mais la chapelle tombait en ruines, et les agents de la voirie menaçaient de la faire disparaître. Le zélé pasteur fit appel à ses paroissiens, et bientôt un élégant édifice vint prouver à tous que Marie ne s’était pas trompée en choisissant ce lieu pour sa demeure, et que ce peuple conserve fidèlement dans son cœur l’amour que ses ancêtres portaient à Notre Dame de Bonne Garde.

Chaque année, depuis lors, les habitants de Saint Jacques y célèbrent sa neuvaine de l’Ascension à la Pentecôte ; chaque mois, au temps du moins où règne la liberté, ils s’y rendent en procession ; souvent aussi, malgré l’éloignement de ce faubourg, les fidèles de Nantes vont visiter la gracieuse chapelle, et je ne doute pas que vous tous, qui m’écoutez, vous n’ayez fait de pieux pèlerinages à Notre-Dame de Bonne Garde.


Jadis, au soir de la première communion, les enfants aimaient a se rendre dans la chapelle de Bonne Garde et s’y consacraient ensemble à la Vierge Marie. C'était une touchante pensée : Marie n’est-elle pas, en effet, la meilleure gardienne de leur foi et de leur vertu ? Tous les hommes courent des dangers, tous ont besoin de se placer sous l’égide de Marie, et Marie les protège tous. N’est-il pas vrai cependant que la jeunesse est plus exposée ? Que la jeunesse a plus à craindre pour sa foi et pour sa vertu ? La jeunesse court plus de dangers, parce qu’elle est plus ignorante et qu’elle côtoie les abîmes avec une insouciance qui fait trembler ; la jeunesse court plus de dangers parce qu’elle est plus faible et qu‘elle n’a pas encore acquis les bonnes habitudes qui rendent la vertu plus facile, la résistance plus forte ; la jeunesse court plus de dangers parce qu’elle est l’avenir, l’espérance, et que l’Enfer, le monde, les méchants cherchent à l'accaparer et multiplient les pièges sous ses pas ; la jeunesse court plus de danger parce qu’elle est à l’âge où le sang bouillonne, où les passions s'allument, où le cœur et la chair tressaillent. La jeunesse, plus encore que l’âge mûr, a donc besoin d’être gardée par Marie.

Or Marie aime la jeunesse, et je ne crains pas de dire qu’il y a dans son cœur une place de prédilection pour les jeunes. Est-ce qu’une mère, qui aime tous ses enfants, ne montre pas cependant une sollicitude plus empressée pour les dernier-nés, parce qu’ils sont plus faibles, parce qu’ils ont davantage besoin de ses bras ? Ainsi Marie. Je ne sais si je m’abuse, mais il me semble que Jésus a voulu cela. Pourquoi, lorsque du haut de sa croix il lui a donné tous les hommes pour enfants, les lui a-t-il confiés dans la personne de saint Jean, le plus jeune des apôtres, sinon parce qu’il voulait ainsi désigner principalement les jeunes a sa tendresse de mère ?

L’Eglise sait cela, les mères aussi : de là tant de petits enfants voués à la sainte Vierge ; de là les consécrations au soir de la première communion ; de là les congrégations de jeunes gens et de jeunes filles, rangées sous la bannière de Marie... Donc, vous qui êtes jeunes, confiez-vous à Notre Dame de Bonne Garde ; vous qui avez des enfants et qui redoutez pour eux l’âge des tempêtes, confiez les à Notre Dame de Bonne Garde.

Je remarque aussi dans l'histoire de notre modeste sanctuaire qu’on venait y demander à Marie sa protection contre la mort subite et, par là-même, la grâce d’une mort chrétienne ; que beaucoup de marins s’y rendaient de Rezé et des rives de la Loire pour réclamer son secours dans la tempête ou la remercier de son assistance.

Comme je comprends cette prière ! N’est-il pas vrai que si Marie nous garde, ce doit être surtout à l’heure de la mort. Avant de remonter au ciel, Jésus disait à son Père : « Ceux que vous m‘avez donnés, je les ai gardés, et aucun d’eux ne s’est perdu, si ce n’est le fils de perdition, afin que l'Ecriture fût accomplie ». Le désir de Marie, c’est de répéter à Jésus la même parole : « Ceux que vous m’avez donnés, je les ai gardés et aucun d'eux ne s’est perdu ». Aussi comme elle veille sur ses enfants ! C’est surtout a la mort qu'ils risquent de se perdre ; c’est surtout à la mort qu’ils ont besoin d’être gardés. Voilà pourquoi nous lui disons chaque jour : « Priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort ».

Répétons souvent cette prière et ne manquons pas de nous recommander, en ce moment qui décidera de notre éternité, à Notre Dame de Bonne Garde.

 

ND de Nantes

 

Pour recevoir chaque jour les méditations du mois de Marie des Madones Nantaises,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

20 mai 2017

Le Mois de Marie des Madones Nantaises

Le Mois de Marie des Madones Nantaises

Abbé Ricordel

Bretagne16

Vingt-et-unième jour

Notre Dame de Bon Secours

 

Après vous avoir parlé de la madone que l’on vénère à Saint Similien, nous allons dire deux mots maintenant de celle que vous aimez tous aller prier dans l’église Sainte Croix : Notre Dame de Bon-Secours. La première est incomparablement plus ancienne, mais je ne saurais dire laquelle des deux tient une plus grande place dans le cœur des Nantais.

Au XVe siècle, on voyait dans la Loire, en face de l'embouchure de l'Erdre, un îlot sablonneux et couvert de saules où, suivant le langage du temps usité encore. chez nos paysans, de saulze, ce qui lui avait valu le nom de Saulzaie. C’est aujourd‘hui l’île Feydeau. À l’époque dont nous parlons, ce n’était qu‘un amas d‘alluvions, souvent submergé par les grandes eaux. Cependant les parties les plus élevées de l’île commençaient dès lors à se couvrir de maisons, simples cabanes de pêcheurs, pour la plupart du moins.

Les habitants étaient pauvres de biens, mais riches de sentiments chrétiens. Placés en dehors des remparts, ils voyaient les portes de la ville se fermer soigneusement chaque soir, et ils songeaient avec tristesse que leurs malades devaient renoncer à réclamer la nuit le ministère du prêtre, et que, durant ces longues heures, il ne pouvait être question de porter le saint Viatique aux mourants. Ils résolurent donc, malgré leur pauvreté, de construire une chapelle, d’y fonder une messe chaque dimanche, enfin, d’y entretenir un chapelain, chargé de veiller sur la sainte Eucharistie et de pourvoir aux besoins spirituels des malades, quand les prêtres de la paroisse en seraient empêchés. Deux habitants, plus fortunés sans doute que les autres et plus fervents aussi, Alain Raymond et Jeannette Philippe, sa femme, tirent, en grande partie, les frais de la fondation. La chapelle fut dédiée à Marie et eut pour vocable Notre Dame de Bon Secours. C’était au milieu du XVe siècle, en 1443.

A peine la modeste chapelle est-elle construite, que les pèlerins s’y précipitent. Les fondations de messes affluent a tel point qu’il est impossible de les célébrer toutes dans cet étroit sanctuaire et qu’il faut en transporter une partie à Sainte-Croix, la paroisse.

Je l’ai dit déjà, en 1487, les Français attaquent la Bretagne, dont la fière indépendance les offusque ; Nantes est menacé et la population s’épouvante de la perspective d’un siège. Les Nantais se mettent en prières, ils visitent tour a tour les sanctuaires les plus aimés, ils multiplient les processions, on en compte 57 dans le cours de cette année, sans parler de celles qui se font régulièrement chaque premier dimanche du mois. La chapelle de Bon Secours est une de celles où la foule s’empresse le plus volontiers. L‘ennemi vint mettre le siège devant la ville ; mais Marie veillait : il se retira au bout de dix jours, après avoir perdu 500 hommes.

Au cours de ce même siècle, les gabarriers de la Loire établissent leur confrérie dans la chapelle de Bon Secours et y déposent le cierge d‘honneur qu‘ils portent aux processions.

D’autres corps d’état y fondent la confrérie de Sainte Anne, pour honorer la Mère de Marie et en même temps la reine Anne, leur protectrice.

Les marins font des vœux à Notre Dame de Bon Secours, et l‘on voit des équipages entiers s’y rendre, au cœur de l’hiver, pieds nus et un cierge à la main. Pendant qu’ils entendent dévotement la sainte messe, la charité prépare l‘eau chaude qui doit les purifier et les réchauffer. Les dames de la halle, surtout les poissonnières, dont la c0hue est voisine, s’y pressent chaque matin.

Les messes y sont nombreuses, à certains jours on en compte plus de 30 ; et c’est une dévotion parmi les nouveaux prêtres d’aller célébrer leur première messe aux pieds de la Vierge de Bon Secours. Plusieurs chapelains deviennent nécessaires. Les prêtres irlandais, qui tiennent un séminaire dans l’ancien manoir épiscopal de la Touche, aujourd’hui dépendance du musée Dobrée, y remplissent un fructueux ministère.

Au XVIIIe siècle, la grève de la Saulzaie, bâtie splendidement, devient le quartier a la mode et prend le nom de Feydeau - Feydeau de Bron était alors intendant de Bretagne. La pauvre chapelle, qui d’ailleurs tombe en ruines, n'est plus digne d'un tel voisinage ; l'honneur de Marie veut qu’on la rebâtisse. Sollicitée par le Curé de Sainte Croix, la municipalité donne son assentiment ; les fidèles se montrent généreux ; M.Grou, dont le nom, encore porté par une petite rue de notre ville, est resté célèbre dans les annales de la bienfaisance nantaise, lègue une somme importante pour cet objet ; enfin, la reine Marie-Antoinette, qui demande au Ciel un dauphin, envoie à Notre Dame de Bon Secours une petite statue d’argent et une large offrande. La reconstruction est décidée. La statue est portée processionnellement à l’église paroissiale, et c’est là qu’on la vénère pendant les travaux. Le nouveau sanctuaire, bâti dans le style grec, est bientôt achevé ; Mgr Frétat de Sarra vient le bénir et la statue est reportée en triomphe dans sa maison.

C‘étaient les derniers beaux jours ! La Révolution commence par confisquer le trésor ; mais la chapelle reste ouverte et les prêtres irlandais, momentanément épargnés comme étrangers, continuent d’y célébrer. Tout Nantes y court, et l'on compte jusqu‘à 5 et 6,000 communions par jour. Mais, en 1793, les Irlandais sont chassés a leur tour, et la chapelle voit ses portes fermées.

À l'apaisement, une fervente chrétienne, Madame Ferrand, la prend en location et la foule s’y porte avec la ferveur des anciens jours. Hélas ! La chapelle est bientôt mise en vente, et il ne se trouve pas un chrétien assez généreux et assez riche pour la racheter. L‘acquéreur la transforme en maison d’habitation. Elle existe toujours, assez facilement reconnaissable, grâce à ses pilastres; elle occupe l’angle de la rue Bon Secours et du quai Turenne, à droite, quand on va du centre de la ville au pont de la Belle Croix. Et la statue vénérée, qu’est-elle devenue ? Plusieurs disent qu‘au Concordat, l'intrus de Sainte Croix, nommé curé de Saint Jacques, la transporta dans cette paroisse, où on la conserve précieusement; d’autres, mieux informés peut-être, prétendent que la statue possédée par Saint-Jacques n’était pas la principale, et que celle-ci, recueillie par une famille de Sainte-Croix, qui la transmet à ses aînés comme un précieux héritage, serait actuellement, avec les ornements vénérables qu‘elle portait en 1793, dans une maison de la rue de Paris. Espérons qu’un jour elle sera exposée de nouveau a la vénération du peuple.

Du moins, le culte de Notre Dame de Bon Secours n'a pas disparu ; il a été transféré dans l’église paroissiale de Sainte Croix ; et les pieux fidèles y vont toujours prier la protectrice de Nantes, surtout pendant la neuvaine, solennellement inaugurée en 1852 et, depuis lors, suivie avec amour.

 Les habitants de la Saulzaie dédièrent leur chapelle à Notre Dame de Bon Secours ; mais eux non plus n'avaient pas inventé ce titre ; dès longtemps, Marie était appelée le Secours des chrétiens. Jésus, en effet, lui a confié le soin de défendre son Eglise et.de secourir les chrétiens dans leurs luttes contre les ennemis de la foi. Les hérétiques le devinaient sans doute, quoi d’étonnant, puisque c’est Satan qui les inspire, Satan dont elle est chargée d’écraser la tête venimeuse, et tous ont attaqué Marie avec une haine infernale. Mais Saint Athanase le déclarait déjà, Marie est la ruine de toutes les hérésies. C’est elle qui a vaincu les Ariens, et Saint Grégoire de Nazianze lui en témoigna sa reconnaissance en lui érigeant une splendide église à Constantinople ; c’est elle qui a vaincu les Nestoriens, et la condamnation de leur doctrine au concile d’Ephèse fut accueillie par la foule au cri de : « Vive Marie, Mère de Dieu ! » C’est elle qui a vaincu les Albigeois par le rosaire qu’elle révéla a saint Dominique ; c’est elle qui a vaincu les Musulmans, ce qui lui procura le titre officiel de Secours (les chrétiens, Auxilium Christianorum ; c’est elle qui a sauvé la papauté dans les périls qui accompagnèrent ou suivirent notre Révolution, et c’est pour cela que les Pontifes instituèrent une fête commémorative de la protection qu’elle a toujours exercée sur l’Eglise ; en un mot, c’est elle que Dieu a chargée de défendre l’Eglise et la foi, et voilà pourquoi nous chantons : « C’est vous, ô Marie, qui, dans l’univers entier, avez brisé toutes les hérésies : Cunctas hœreses sola interemisti in universe mundo ».


Nos pères avaient compris ces leçons de l’histoire et nous venons de voir comment, il y a cent ans, au début de la persécution, ils allaient invoquer Notre Dame de Bon Secours.

Secours de l'Eglise contre les attaques provoquées par Satan, Marie est aussi notre secours dans les tentations. Elle est, de par Dieu, l’ennemie particulière de Satan : « Je mettrai l’inimitié entre toi et la femme, entre sa postérité et la tienne, et elle t'écrasera la tête » ; elle est son ennemie particulière et toujours triomphante. Satan la déteste, mais il est impuissant contre elle, et il la redoute plus que tout. La seule invocation du nom de Marie suffit à le mettre en fuite. Si Satan déteste Marie, la Vierge le lui rend bien, et elle ne demande qu’à le combattre, qu’à presser de son pied vainqueur la tète infernale.

Si donc nous sommes aux prises avec le tentateur, appelons Marie : elle répondra toujours à notre appel, et toujours elle saura nous défendre. Disons, disons encore, ne nous lassons pas de redire : « Notre Dame de Bon Secours, priez pour nous.

 

ND de Nantes

Pour recevoir chaque jour les méditations du mois de Marie des Madones Nantaises,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

16 mai 2017

Le Mois de Marie des Madones Nantaises

Le Mois de Marie des Madones Nantaises

Abbé Ricordel

Bretagne12

 Dix-septième jour

Notre Dame des Anges

 

Pendant quelques années, bien longues, hélas ! Pour son amour, Marie demeura sur cette terre d’exil, après le départ de son Jésus ; et, comme nous le disions hier, elle se consolait de ne plus le voir et l‘entendre par de ferventes communions. Enfin, sonna l’heure de la délivrance et le ciel s’ouvrit pour recevoir sa Reine. C’est là que nous allons la suivre en étudiant Notre Dame des Anges.

Vous n'ignorez point que ce vocable rappelle une dévotion franciscaine et vous ne serez pas surpris d'apprendre, si vous ne le saviez déjà, que l'église des Capucins de la Fosse, dont l’enclos occupait le cours Chambronne et ses abords, était consacrée à Notre Dame des Anges. La première pierre en fut solennellement posée par l'évêque de Nantes, Philippe Cospéan, le dimanche 26 mars 1628. Trois ans plus tard, les religieux ensevelissaient dans son enceinte, avec le concours d’une foule immense de Nantais, un de leurs frères, le Père Archange, de Nantes, observateur très fidèle de la Reigle de sainct François et grand serviteur de la Bien-Heureuse Vierge Marie ». Vincent Charron, qui mentionne sa pieuse mort, ajoute : « Quelques religieux de son ordre mont asseuré que la glorieuse Vierge lui apparut avant sa mort, qu’aussi-tost il se mit en son séant sur sa couche, et joignant les mains il dit intelligiblement le Salma Regina, et que bien-tost après il rendit l'esprit ».

Il s‘agit donc pour vous d'une dévotion tout a fait locale ; et cela est d'autant plus vrai que la délicieuse chapelle, qui termine si heureusement l'abside de votre belle. église, est aussi dédiée à Notre Dame des Anges. Disons toutefois que le pays nantais n'avait pas attendu l'arrivée des Pères Capucins pour adopter cette dévotion, et qu'il la pratiquait depuis au moins deux siècles.

Connaissez-vous l'histoire de Saint François d'Assise ? Il s'éprend d'amour pour une toute petite chapelle, dite de Notre-Dame des Anges ou de la Portioncule, la restaure des dons de la Charité, s’établit à son ombre ; puis il obtient de Notre Seigneur ce que les siècles passés ont appelé le « grand pardon d‘Assise », ce que nous appelons, nous, l’indulgence de la Portioncule. Quiconque, à partir des secondes vêpres de la fête de saint Pierre-ès-liens jusqu’au soir du lendemain, pénétrera et priera dans la petite chapelle, gagnera autant de fois une indulgence plénière. La petite chapelle existe encore, et les foules s’y pressent toujours ; seulement elle est désormais à l’abri des intempéries, dans une superbe basilique, au-dessous d’une gigantesque coupole jetée là par la piété des siècles pour la protéger.

Tous ne pouvaient faire le voyage d'Assise, et, de bonne heure, les Souverains Poutifes étendirent l‘indulgence à d'autres sanctuaires. Un recteur d'Orvault forma le projet de procurer cette faveur à ses paroissiens. Il s'appelait Jean Bernard de la Grée et gouvernait cette paroisse dans la première moitié du XVe siècle. En l‘an de grâce 1436, il jeta les fondements d‘une chapelle ayant exactement la même forme et les mêmes dimensions que celle d'Assise et dédiée connue elle à Notre Dame des Anges. Bientôt la chapelle était achevée, pourvue par son fondateur d'ornements et de vases sacrés, enrichie enfin de la précieuse indulgence. Elle s’élevait, que dis-je ? elle s’élève encore, à un kilomètre environ au-delà de l’église paroissiale, sur un plateau d’où elle domine, connue une reine la reine de la contrée et le bourg, et la campagne environnante, et toute cette fraîche vallée du Gens, que nos pères baptisèrent, dit-on, du nom de Vallée d’Or, Aurea Vallis, Orvault.

Les fidèles de la paroisse en apprirent vite le chemin ; ceux du voisinage ne tardèrent pas à les suivre et, afin de satisfaire la dévotion de tous, les prêtres d’Orvault furent obligés de se rendre souvent au nouveau sanctuaire pour y célébrer le saint sacrifice de la messe.

La piété généreuse des habitants pourvoyait à l'entretien de la chapelle et du vestiaire ; on donnait des calices, des ornements, du linge et des nappes d’autel, voire même « une robe, des guimpes, et tout l'ensemble dés habillements nécessaires pour orner, selon le goût du temps, l'image vénérée de Notre-Dame des Anges ». On y faisait aussi de pieuses fondations de messes, de services, des processions. Enfin, la foule des pèlerins déposait d'abondantes offrandes sur l'autel de Notre Dame. Est-ce pour cela que les seigneurs du pays se crurent, ou du moins se prétendireut, seigneurs-fondateurs de la chapelle ? Peut-être. Il y avait à cela honneur, sinon profit. À trois reprises, dans l’espace d‘un siècle, ils tentèrent d’imposer leurs prétentions. Mais les marguilliers veillaient, stimulés au besoin par les parents et héritiers du véritable fondateur ; et la Cour des Régaires maintint dans leurs droits séculaires les paroissiens et les recteurs d’Orvault.

Au XVIIe siècle, l’un de ces derniers établit dans la petite chapelle une confrérie de Notre Dame des Anges et, le 5 juillet 1661, parut une ordonnance de l’Evêque de Nantes approuvant ses statuts et publiant une indulgence accordée par le Pape a la confrérie et « même au prédicateur ».

Le but de cette pieuse association était d‘honorer la sainte Vierge comme les anges l’honorent dans le ciel. Aussi multipliait-elle les hommages rendus à Marie. A toutes les fêtes gardées de Notre-Dame, les confrères devaient prendre part a une procession qui partait de l’église paroissiale pour se rendre à la chapelle, en chantant des hymnes et des cantiques ; assister à la grand'messe solennelle dans ce dernier sanctuaire ; réciter, enfin, sept Pater et sept Ave Maria en mémoire des sept allégresses dont la Vierge jouit dans le ciel. indépendamment de ces exercices particuliers, les membres de la confrérie prenaient part également a sept autres processions et grand'messes célébrées à la chapelle pour satisfaire les pèlerins des paroisses voisines. A la mort de chaque confrère, les prévôts faisaient célébrer, a N. D. des Anges, un service précédé de l’office de la Vierge et sept messes basses, pour le repos de son âme ; s'il était prêtre, ses confrères dans le sacerdoce devaient, en outre, dire ou faire dire pour lui une messe au même lieu.

On peut juger par ces détails du courant de dévotion qui entraînait toute la région à Notre Dame des Anges. Tous ces pèlerinages étaient bien suivis, l‘un d’eux pourtant l’emportait sur les autres, celui-du lundi de la Pentecôte. La foule s’y portait de toutes les bourgades d'alentour et même de la ville de Nantes : les boutiquiers et les baladins s'y rendaient aussi ; le pèlerinage dégénéra en assemblée profane et l’on y vit bientôt, hélas ! Les désordres trop ordinaires dans ces réunions.

À la Révolution, les paysans voisins enterrèrent la cloche et cachèrent soigneusement les ornements de leur chapelle. Leur dévotion à Notre Dame, obligée de se dissimuler, ne se ralentit pas, et Notre Dame ne cessa point de les protéger. L'un d'eux. Louis Corbar, tombé malheureusement sous les roues d'un chariot, eut les deux jambes affreusement écrasées. Il promit une neuvaine à Notre Dame, sa bonne voisine. D’abord il lui fallut se l'aire porter à la chapelle ; bientôt, aidé d’un bâton, il fit à pied les trois ou quatre cents pas qui l’en séparaient. Un jour, pendant qu’il y priait, il entendit un grand bruit au dehors, mais continua pieusement ses oraisons. Quand il reporta la clef à son gardien, celui-ci lui demanda s’il n’avait rien entendu. Alors il remarqua dans la cour un grand feu où achevait de brûler la croix de bois qui se dressait sur un des murs de l’enclos, et les débris de la croix de pierre qui surmontait l'autre. Des soldats patriotes avaient passé par la ; mais aucun d'eux n’avait en la pensée de pénétrer dans la chapelle : Marie gardait son serviteur. Elle le guérit complètement : cinquante ans plus tard, Louis Corbar montrait encore les cicatrices de ses plaies : le doigt s'y cachait tout entier, et jamais depuis il n'avait ressenti la moindre douleur.

Après la Révolution, le cher monument réparé sommairement revit les beaux jours d'autrefois : Marie continua d'y prodiguer ses grâces, et même, assure-t-on, d'y faire éclater des miracles.

En 1851, la chapelle, qui s'écroulait sous le poids de quatre siècles, fut reconstruite, plus grande, plus belle aussi, mais dans d'autres proportions et sous une autre forme que le petit sanctuaire tant vénéré d'Assise. La vieille statue, portée d’abord triomphalement à l’église paroissiale, fut habilement restaurée, puis exposée de nouveau, dans sa chapelle neuve, à la vénération des fidèles. Elle y est encore, toujours visitée et toujours aimée. Deux fois par an, au soir de la première communion et le jour de l'Assomption, la paroisse s'y rend processionnellement ; et quand revient le grand pardon du deux août, tous les fervents chrétiens du voisinage s’y donnent rendez-vous : plusieurs messes sont célébrées a la chapelle, et, si la fête tombe un dimanche, le clergé paroissial vient y chanter les vêpres.

Depuis quelques années, la ville de Nantes possède un nouveau sanctuaire dédié à Notre Dame des Anges, c'est la chapelle d'un pensionnat de jeunes filles pieusement abritées sous ce gracieux patronage ; mais le peuple, fidèle aux traditions du passé, va de préférence chercher Notre-Dame des Anges a la chapelle d’Orvault.


Lorsque vous penserez à Notre Dame des Anges, rappelez-vous l'engagement pris autrefois par les membres de sa confrérie : « honorer la sainte Vierge sur la terre, comme les anges l‘honorent dans le ciel ».

Les anges sont dans le ciel les chanteurs de Notre Dame. Sans doute,comme jadis au-dessus de la pauvre grotte de Bethléem, ils chantent encore : « Gloria in Allissimis Deo ! Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! » Sans doute ils accordent leurs lyres et leurs voix-pour exalter les grandeurs du Fils ; mais ils célèbrent en même temps les louanges de la Mère et, sous la conduite de Gabriel, ils s'inclinent respectueusement devant elle, en murmurant, dans une ravissante harmonie : « Je vous salue, pleine de grâce, Ave, gratia plena ! » Toutefois, remarquez-le bien, si ces louanges font battre délicieusement le cœur de Marie, c’est parce que les esprits célestes qui les chantent sont des êtres très purs ; c’est parce qu’ils n’ont jamais rien fait qui put contrister son Jésus ; c'est parce que, flammes immortelles, ils brûlent constamment d’amour pour le Très-Haut ; c'est parce qu‘ils chantent avant tout et par dessus tout la gloire de l’Eternel !

Vous aussi, mes Frères, soyez ici-bas les chanteurs de Notre Dame. Chantez ses louanges en unissant vos voix dans des antiques pieux et des hymnes d'amour ; chantez ses louanges en apprenant a ceux qui les ignorent ses grandeurs et ses bontés ; chantez ses louanges en visitant ses sanctuaires et en vous mêlant à la foule de ses pèlerins ; chantez ses louanges en vous enrôlant dans ses confréries et en vous montrant fiers d'être ses enfants; chantez ses louanges en célébrant ses fêtes et en donnant de la splendeur à ses temples, des fleurs à ses autels ; chantez ses louanges en égrenant votre rosaire et en jetant a tous les échos de la terre et du ciel vos Ave Maria !

Mais n’oubliez pas que vos louanges et vos prières ne seront agréables à Marie qu’autant que, jusqu'au bout, vous ressemblerez aux anges. Elle veut que ses chanteurs de la terre, comme ses chanteurs du ciel, disent ses louanges avec des lèvres pures ; elle veut que ses chanteurs de la terre, connue ses chanteurs du ciel, toujours fidèles au devoir, ne fassent pas couler les pleurs de son Jésus ; elle veut que ses chanteurs de la terre, connue ses chanteurs du ciel, fassent monter vers Dieu l’encens de leur prière et lui paient tout d'abord le tribut d’un éternel amour.

 

ND de Nantes

 

Pour recevoir chaque jour les méditations du mois de Marie des Madones Nantaises,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

Publicité
Publicité
Publicité