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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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7 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Onction de Béthanie 2

Huitième jour

8 juillet

 

Elle a beaucoup aimé !

 

Prélude : Jésus parle. Le pharisien écoute, la tête levée, l'ail arrogant. Marie-Madeleine écoute aussi, mais sa tête est baissée et elle se tient dans l'attitude de l'amour pénitent.

 

Méditation

 

Simon, voyant l'action de Madeleine aux pieds du Sauveur, se prit à dire en lui-même : « Si celui-ci était un prophète, il saurait assurément quelle est cette femme qui le touche, et que c'est une pécheresse ».

Orgueilleux pharisien, Jésus va te montrer qu'il est un prophète et le plus grand de tous les prophètes, puisqu'il est Dieu ! Tu ne vois en cette femme qu'une pécheresse coupable, une brebis égarée loin des bercails d'Israël, et Lui découvre en son cœur une vertu et une fidélité qui, mises en comparaison avec l'intérieur de ton âme superbe, assurent une immense supériorité sur l'hypocrite orgueilleux.

Notre Seigneur montre au pharisien qu'il a pénétré sa pensée, et, lui répondant sans que celui-ci l'ait exprimée, même d'un geste ou d'un signe, il lui dit : « Simon, j'ai quelque chose à te dire ». Simon répond : « Maître, dites ».

« Un créancier, reprend Jésus, avait deux débiteurs, l'un qui lui devait cinq cents deniers, et l'autre cinquante. Ni l'un ni l'autre n'ayant de quoi lui rendre, il remit à tous les deux leur dette. Lequel donc des deux l'aime le plus ? » Simon répondit : « Je pense que c'est celui auquel il a le plus donné ». Et Jésus lui dit : « Tu as bien jugé ».

Le créancier, c'est Dieu, et c'est nous qui sommes les débiteurs insolvables dont parle notre divin Sauveur. Mais, tous, nous n'avons pas la même dette, parce que tous nous n'avons pas également péché. Or, la miséricorde du divin Créancier pardonne également à tous. Qui donc devra aimer le plus ? Le pharisien a bien répondu : « C'est celui à qui il aura été pardonné davantage ». Mais, il se prend dans ses propres filets, et Jésus sut confondre son orgueil, en exaltant l'humble et tendre repentir de la pécheresse.

Se tournant vers elle, il dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu n'as point lavé mes pieds avec de l'eau ; mais celle-ci a lavé mes pieds avec ses larmes, et elle les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m'as point donné de baiser ; mais celle-ci, depuis qu'elle est entrée, n'a point cessé de baiser mes pieds. Tu n'as pas oint ma tête avec de l'huile ; mais celle-ci a oint mes pieds avec un parfum ».

Qu'il dut être doux au cœur de la pécheresse de voir le divin Maître se tourner enfin de son côté, et de sentir ses regards s'arrêter sur elle pour l'envelopper de miséricorde ! Mais, quand elle l'entendit énumérer et louer tous les actes qu'elle a accomplis depuis son entrée, oh ! alors, son cœur déborde, et l'allégresse, qui l'inonde, les anges seuls en ont le secret, car l'Evangile se tait sur ce mystère de l'action de grâces qui entonne dès lors son hymne immortel dans l'âme de la convertie du Sauveur.

Elle a bravé les mépris des parisiens et l'insulte de Simon. Et voilà que Jésus lui-même la récompense de sa générosité, en prenant ouvertement sa défense et en exaltant la pécheresse aux dépens de l'insulteur. « C'est pourquoi, conclut le Sauveur, je te dis : « Beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu'elle beaucoup aimé ; et celui auquel il est moins pardonné, c'est qu'il aime moins ».

Elle a beaucoup aimé ! Voilà toute Madeleine !... La miséricorde de Jésus envers elle fut immense, parce que l'amour de cette pauvre pécheresse fut immense ! Dieu mesure son pardon à l'amour de celui qui le reçoit. Pauvres pécheurs, ne vous découragez donc point à la vue de l'énormité de ingratitudes. N'ayez qu'une préoccupation, celle de donner à Dieu beaucoup d'amour. Aimez-le, et il vous pardonnera. Aimez-le beaucoup, et il vous sera beaucoup pardonné !

Monde orgueilleux, incline ta raison devant ce mystère, et apprends à reconnaître un Dieu en celui qui pardonne avec une telle générosité et une telle tendresse, pourvu qu'on lui ouvre et qu'on lui donne son cœur !

 

Résolution : S'exciter à produire un acte d'amour, toutes les fois qu'on se dispose à recevoir la sainte absolution.

Bouquet spirituel : « Elle a beaucoup aimé ! » (Luc 7, 43).

 

Vita marie madeleine

 

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6 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Onction de Béthanie

 

Septième jour

7 Juillet

 

Le parfum

 

Prélude : Marie-Madeleine ouvre le vase d'albâtre et répand le parfum sur les pieds du Sauveur.

 

Méditation

 

Ses yeux sont purifiés par les larmes, ses cheveux par l'humiliation qu'elle leur a infligée, sa bouche par de chastes baisers, ses mains par le contact des pieds du Fils de Dieu, tout son être par la posture repentante qu'elle garde en arrière des convives. « Alors seulement, et pour consommer tout le mystère de la pénitence par l'amour, elle ouvre l'albâtre qui contient, avec le parfum, les suaves images de l'immortalité ; elle le répand sur les pieds du Sauveur avec les larmes et les baisers dont elle les a couverts ; ses mains purifiées ne craignent plus de toucher et d'oindre le Fils de Dieu, et la maison se remplit de la vertu qui sort du vase fragile et du vase immortel, de l'albâtre et du cœur ».

À ce moment, dit un père de l’Église, les pieds de Jésus devinrent comme le sanctuaire où Madeleine faisait un sacrifice de ses pleurs, une offrande de ses parfums et un holocauste de son cœur. En effet, continue saint Paulin, l'effusion de ce parfum est tout à la fois une amende honorable, une adoration et une prière.

Une amende honorable. - Heureuse femme, s'écrie saint Ambroise, qui, ayant péché, sait du moins apporter les parfums de la pénitence ! Or, c'est la pénitence et l'amour qui nous ravissent au-dessus de la terre et nous unissent à Dieu. Madeleine veut se détacher de tout ce qui l'enchaînait jusqu'alors. Elle veut dissiper la fumée des souvenirs qui empestaient son âme, en obscurcissant sa conscience et en ternissant la beauté de son cœur Voici donc qu'elle ouvre le vase d'albâtre et qu'elle en épanche le symbole des parfums mystérieux auxquels elle recourra désormais, pour rester fidèle. Aussi, suivant une révélation du Sauveur lui-même à sainte Brigitte, les démons se dirent dès lors entre eux : « Comment la ramènerons-nous sous notre empire ? Nous avons perdu une riche proie : ses larmes l'ont rendue si pure, que nous n'osons plus la regarder ; elle s'est tellement enveloppée dans le bien, qu'aucune tache n'est demeurée en elle ; elle est devenue si fervente dans l'amour de Dieu, si ardente pour son service et pour la sainteté, que nous n'avons plus même le courage de l'approcher ».

Une adoration. - On adore en reconnaissant Dieu comme le souverain Maître de toutes choses. L'holocauste des Juifs, sacrifice d'adoration, consistait à brûler la victime et à la réduire en cendres. Madeleine vient adorer Jésus-Christ, et, pour indiquer sa foi en la divinité de Celui qu'elle adore, elle répand sur ses pieds Mais ce parfum n'est que le signe du grand acte d'adoration qui l'unit pour toujours à son Sauveur divin. Jésus est désormais son Dieu ; c'est. à ses pieds qu'elle immole les satisfactions de la vie présente, toutes les affections criminelles dont elle s'est noircie, toutes les délices des sens. L'holocauste est parfait, l'acte d'adoration sans restriction comme sans limite. Le vase qui renfermait le parfum est brisé, rien n'a été épargné. Pour Madeleine, adorer, c'est se perdre entièrement dans le sein de Dieu, c'est ne vivre plus que pour Dieu.

Une prière. - La prière est le parfum de l'âme fidèle. Bien qué la fleur soit attachée à la terre, ses parfums montent vers les cieux. Et de même, tant que l'âme sainte demeure attachée à la terre, c'est par la prière qu'elle s'élève. Ce qui se détache d'elle, c'est l'amour, la reconnaissance, le repentir, la louange. Elle a dans sa prière de merveilleux élans qui la portent jusqu'au trône de Dieu. Elle est tout à la fois sur la terre et au ciel.

Que ma prière, ô Seigneur, s'élève devant vous comme le parfum qui, s'échappant des mains de votre servante, oignit vos pieds sacrés et fit monter jusqu'à votre cœur l'hommage d'une prière qui le toucha ! Car vous reconnaissez les âmes à la prière, comme ici-bas nous jugeons de la fleur à son parfum. Faites donc qu'en recevant la mienne, vous disiez : « Voici le parfum de mon véritable fils, et il est semblable au champ fécond, je me plairai à le bénir ! »

  

Résolution : Se rappeler les baisers de Madeleine, quand on reçoit la sainte Communion.

Bouquet spirituel : « Elle essuyait les larmes avec ses cheveux et elle baisait les pieds de Jésus ». (Luc 7, 38).

 

Vita marie madeleine

 

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17 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Chemin de Croix Martini 3

 

Dix-huitième jour

18 juillet

 

Pendant la Passion

 

Prélude : Représentons-nous Marie-Madeleine sur le chemin du Calvaire, à la suite de Jésus chargé de sa croix.

 

Méditation

 

Avec la sainte Vierge, Madeleine quitta Béthanie pour se rendre à Jérusalem, à la suite de son divin Maître.

On croit qu'elles assistèrent à la Cène dans une pièce contiguë au cénacle, d'où elles pouvaient suivre toutes les actions du Sauveur, entendre toutes ses paroles, et où Jésus vint leur apporter la divine Eucharistie pour les en communier de ses propres mains.

Après la Cène, quand Jésus se rendit à Gethsémani, sa mère passa le reste de la nuit, avec Madeleine, occupées à rendre grâces pour la communion qu'elles venaient de faire et à unir leur cœur au cœur agonisant de Jésus.

La première communion de Madeleine !... Qui dira jamais cet ineffable mystère de l'amour !...

Mais la Passion approche. Voici l'agonie, voici Judas, voici la cohorte, voici les bourreaux !...

Écoutons la très Sainte Vierge elle-même raconter, dans une révélation à saint Anselme de Cantorbéry, cet émouvant récit, qu'il ne nous reste plus qu'à méditer.

« J'étais, dit-elle, chez la mère de Jean l'Evangéliste, lorsque tout-à-coup les disciples, en pleurs et hors d'haleine, vinrent me dire : « Votre Fils bien-aimé, notre Seigneur et Maître, a été pris ; on le traîne lié et garrotté ; et nous ne savons pas ce qu'on a fait de lui, et si on l'a mis à mort ». À ces paroles, toutes mes entrailles furent bouleversées ; je sors à l'instant, et, avec Marie-Madeleine, je cours du côté du Temple. Au tumulte qui se faisait dans la maison d'Anne, je voulus pénétrer, mais on me ferma la porte, et je dus demeurer dehors où je pleurais et disais : « Oh ! mon Fils, mon cher Fils, ma lumière et ma vie ! qui mettra de l'eau dans ma tête et dans mes yeux une fontaine de larmes, pour pleurer la mort de mon Fils ?

Pour Marie-Madeleine, elle allait de tout côté, elle s'élançait aux fenêtres pour plonger son regard dans l'intérieur de la maison, elle prêtait l’oreille ; et voici qu'elle entend le Prince des Apôtres qui renie mon Fils. Alors, dans sa surprise et sa consternation extrême : « O bon Jésus, s'écria-t-elle, que va-t-il arriver, et qu'en sera-t-il de vous, puisque le chef de vos disciples vous renie ! O doux Jésus, jamais, jamais, je ne vous renierai...

Lorsqu'on menait mon fils entre deux scélérats hors de la ville, pour le crucifier, je voulus le suivre et le voir ; mais la grande multitude de gens qui l'entouraient pour l'insulter, me retenait toujours forcément à l’écart. Nous délibérâmes donc, avec Marie-Madeleine, et nous convînmes qu'en arrivant sur la place voisine, nous tournerions rapidement la fontaine, pour nous trouver face à face avec Jésus. C'est alors que je l'ai vu défiguré et meurtri ; et lui, s'inclinant doucement vers moi, semblait me dire : Merci, ma Mère bien-aimée, merci pour tous les soins que vous m'avez donnés ; quoique pauvre et dénuée de tout, vous avez, au prix d'un travail sans relâche, nourri et élevé ce temple de mon corps qu'on s'apprête à détruire et à renverser ; et maintenant, vous m'accompagnez dans cette voie d'opprobres et de souffrances, quand nous sommes, vous et moi, l'objet d'un mépris universel…

Sur le Calvaire, Marie-Madeleine se tenait près de moi avec mes sœurs ; mais nulle ne pleurait autant qu'elle son Seigneur, disant : « Et maintenant, qui me remettra mes péchés ? Qui prendra ma défense contre Simon et contre ma sœur ? »

« Quant à moi, disait sainte Thérèse, je tiens que si Madeleine n'a pas fini ses jours par le martyre, cela vient de ce qu'elle l'endura alors en voyant mourir Jésus-Christ dans les tortures, et de ce qu'elle a continué de l'endurer tout le reste de sa vie, par le terrible tourment qu'elle éprouvait d'être séparée de son cher Maître ».

 

Résolution : Faire souvent, avec dévotion, le Chemin de la Croix en union avec Marie-Madeleine.

Bouquet spirituel : « Marie- Madeleine l'avait suivi ». (Luc 23, 55).

 

Vita marie madeleine

 

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3 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Aux pieds de Jésus

 

Quatrième jour

4 Juillet

 

Aux pieds de Jésus !

 

Prélude : Madeleine s'approche avec un respect mêlé d'amour : elle s'incline vers les pieds de Notre Seigneur.

 

Méditation

 

« Qu'ils sont beaux, les pieds de Celui qui évangélise la paix, de Celui qui évangélise les vrais biens ! » La pécheresse vivait dans le trouble, et elle se sentait pauvre au mi- lieu des richesses. Voici Celui qui apporte la paix à la terre et aux âmes, qui révèle les véritables biens ! Elle accourt vers lui et s'incline tout d'abord vers pieds.

Les pieds du Sauveur ! Un ses jour, ils seront cloués douloureusement sur la croix, et les âmes pénitentes viendront se prosterner devant eux avec une vénération reconnaissante. Mais, d'ici là, que de fatigues ces pieds sacrés ne s'imposeront-ils à la poursuite des brebis qui s'égarent ! Que de fois, dans leurs courses apostoliques, la poussière du chemin les souillera, les épines des sentiers difficiles les ensanglanteront, les pierres de la route les meurtriront ! N'en pouvant plus de lassitude, ils sembleront vouloir refuser leurs services au zèle infatigable du cœur de Jésus, et Jésus sera contraint de s'asseoir.

Ah ! je comprends que Marie-Madeleine coure d'abord aux pieds divins du Maître, et qu'elle se tienne, suivant la remarque de saint Luc, le long de ces pieds sacrés ! Sans doute, c'est une pensée d'humilité et de sainte confusion qui la tient là, mais c'est aussi la reconnaissance : il est venu à Naïm, au prix de bien des lassitudes, pour ressusciter le fils de la pauvre veuve et pour permettre à Madeleine de l'approcher. L'admiration et la gratitude de la convertie se traduisent par ce premier hommage.

« Elle se tenait en arrière, le long de ses pieds !... » Quel contraste ! Cette femme, jusque-là hautaine et superbe, dont le maintien décelait l'arrogance, habituée à voir ramper devant elle la foule des courtisans à qui elle daigne faire l'aumône d'un sourire, cette femme, tant adorée, s'incline, s'humilie : elle adore !…

Pour la première fois, son front orgueilleux se couvre de confusion. Elle n'ose pas regarder en face Celui qui est l'innocence et la pureté, elle dont le corps est souillé par tant de vices impurs ! Elle ne se présente point en face, elle aborde Jésus humblement, elle passe derrière le siège qui le soutenait, elle se tient là, en arrière, n'osant pas lever les yeux vers Celui qu'elle aime, mais qu'elle a trop offensé pour arrêter ses regards sur son visage auguste dont elle redoute les justes sévérités et dont elle se croit indigne de contempler la pureté radieuse.

Elle se tient en arrière, le long de ses pieds ! Voilà sa place, celle qu'elle aimera toujours occuper, même plus tard, quand le pardon l’aura encouragée à s'enhardir.

Toujours, à Béthanie, au Calvaire, à la Sainte Baume, elle affectionnera d'être agenouillée aux pieds de son divin ami, et cette place ne lui sera point ôtée !

À table, quand ils sont admis à la familiarité du maître, les petits animaux domestiques viennent volontiers se placer à ses pieds, heureux et reconnaissants quand il daigne les caresser d'un geste ou laisse tomber pour eux quelques miettes du pain qu'il mange. Ainsi fait la pécheresse humiliée. Elle ne prend point la place des convives, elle se sent bien trop indigne de cette extrême liberté. Sans songer même que, parmi ces pharisiens orgueilleux, il en est qui ne sont point les amis du bon Maître, elle n'ose pas même prendre rang parmi eux.

Elle se tient en arrière, en silence, sans prononcer une seule parole, sans exprimer à haute voix aucun sentiment, tout entière au bonheur de son humiliation et à l'ardent désir d'être pardonnée, trop heureuse de ce que le divin Sauveur daigne la souffrir à ses pieds, comme une servante, indigne, mais excusée !

 

Résolution : Se pénétrer de sentiments d'humiliation, toutes les fois qu'on s'approche du saint Tribunal de la pénitence.

Bouquet spirituel : « En arrière, le long de ses pieds. » (Luc, 7, 38).

 

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15 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Madeleine 2-001

 

Seizième jour

16 juillet

 

Madeleine et Judas

 

Prélude : Judas l'Iscariote, en colère, murmure tout haut contre la profusion de Madeleine. Jésus se dispose à défendre énergiquement sa fidèle servante.

 

Méditation

 

Madeleine et Judas ! quel sujet de méditation... Combien ce rapprochement froisse et soulève le cœur. Le Saint Esprit a désiré qu'il ſût fait, et nous entrerons dans ses mystérieuses intentions en méditant les détails et qu'il a voulu nous faire transmettre à ce sujet.

Voyant Madeleine qui répandait avec abondance un parfum si précieux sur la tête de Jésus, et qui brisait le vase d'albâtre à ses pieds divins, Judas, au lieu de s'en réjouir par amour et d'admirer l'action de cette femme, entre en colère et dit : « À quoi bon cette profusion ? On aurait pu vendre ce parfum bien cher, plus de trois cents deniers, et en donner le prix aux pauvres ». Saint Jean, qui assistait à cette scène et dont le cœur dut souffrir de cette indignation d'un de ses frères dans l'apostolat, ajoute : « Il avait ainsi parlé, non qu'il se souciât des pauvres, mais parce que c'était un voleur, et qu'ayant la bourse entre les mains, il disposait de ce qu'on y mettait ». Madeleine se tut, comme toujours. Jésus voyait son cœur, cela lui suffisait. À quoi bon se soucier des murmures de Judas ?

Hélas ! Judas gagna des partisans, et son spécieux sophisme rencontra une adhésion sympathique chez plusieurs Disciples, tant notre esprit est faible devant les mystères de Dieu ! Ils s'indignèrent de voir un parfum très précieux répandu sur la tête de leur Maître, sur cette tête qu'ils verront bientôt sous une couronne d'épines. « Ils se mirent, eux aussi, à dire : Pourquoi perdre ce parfum ? Judas a raison. On aurait pu le vendre une grande somme, plus de trois cents deniers, et la distribuer aux pauvres ». Et, ajoute le saint Évangile, ils frémissaient contre elle ».

Ils frémissaient contre elle ! Jésus ne peut contenir l'indignation de son cœur. Quoi ! Madeleine jugée par Judas ! Madeleine blâmée par le traître ! L'heure n'est pas venue encore de démasquer l'hypocrisie de l'Iscariote. Mais, du moins, il ne peut s'empêcher de défendre sa sainte amie. « Il leur dit donc : Pourquoi faites-vous de la peine à cette femme ? Laissez-la ».

Marie-Madeleine avait de la peine, non point d'avoir encouru le blâme des disciples entraînés par Judas, mais de voir combien le culte de la divinité de Jésus était compté pour peu par ses meilleurs amis. Elle Elle craignait même peut-être d'avoir contrarié le doux Maître, en fournissant l'occasion à ces murmures, qui la contristaient comme une offense à Dieu. Aussi, Jésus s'empresse de l'exalter. « C'est une bonne œuvre, dit-il, qu'elle a accomplie en moi ». Marie a bien fait, à tous les points de vue. Son action, loin de mériter un blâme quelconque, mérite d'être exaltée.

« Vous aurez toujours des pauvres avec vous, et, quand vous le voudrez, vous pourrez leur faire du bien ; mais moi, vous ne m'aurez pas toujours ! » Comme cette dernière parole est douce et triste ! Madeleine dut la comprendre, elle qui aimait ! « Cette femme, continue Jésus, a fait ce qu'elle a pu de ce qu'elle avait, et elle a oint d'avance mon corps pour la sépulture ». Jésus veut qu'on sache qu'il se regarde comme embaumé par elle.

Mais, après avoir justifié Madeleine par la pureté de son motif, l'opportunité de son action et le mouvement intérieur du Saint Esprit, Jésus va lui promettre, avec serment, une célébrité immortelle, et il s'écrie : « Je vous le dis en vérité, dans tout l'univers, en quelque lieu que cet Evangile soit prêché, ce qu'elle a fait se racontera aussi en mémoire d'elle ». La gloire de Madeleine est inséparablement unie à la gloire de notre rédemption.

Voilà Madeleine ! Mais Judas !.. ah ! Judas ! Ce festin mettra le comble à ses forfaits, et la mesure sera pleine, après qu'il aura murmuré contre Marie ! La colère de Dieu répond à sa feinte indignation... À peine, en effet, le Sauveur avait-il achevé les paroles où il justifiait la piété de Marie-Madeleine, que l'Evangile ajoute : « Alors l'un des douze, qui s'appelait Judas Iscariote, alla trouver les princes des prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner pour que je vous le livre ? » Et ils convinrent avec lui de trente pièces d'argent ».

 

Résolution : Apporter toujours une grande réserve dans nos jugements sur le prochain.

Bouquet spirituel : « Ce qu'elle a fait se racontera partout en mémoire d'elle ». (Matthieu 26, 13).

 

Vita marie madeleine

 

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2 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Le repas chez Simon

 

Troisième jour

3 Juillet

 

Chez Simon


Prélude : Représentons-nous la pécheresse accourant à la maison de Simon le Pharisien. Comme elle court, sous l'impulsion d'un mouvement intérieur qui l'absorbe et lui fait oublier toute autre préoccupation !


Méditation

 
Le récit de saint Luc commence ainsi : « Un pharisien, ayant prié Jésus de manger avec lui, Jésus entra dans la maison du pharisien et s'y mit à table. Et voilà qu'une femme, qui était pécheresse de la ville, ayant su qu'il était à table dans la maison du pharisien, s'y rendit... »
 
Jésus avait remarqué Marie-Madeleine : il voulait lui donner bientôt le gage de son miséricordieux pardon. Mais, tandis que les autres convertis du Sauveur sont appelés, durant la nuit, sur les bords écartés de la mer, le long d'un chemin désert, la pécheresse devra venir dans une maison où tous les regards seront attentifs à l'action du Sauveur et à la sienne. Le divin Maître, toujours si attentif au soin de sa réputation, ne permettra pas, même pour ménager un peu les débuts de cette vie nouvelle, que la pécheresse l'aborde ailleurs.
 
Mais, en même temps, Marie trouvera, dans cette circonstance même, une occasion de témoigner de la généreuse sincérité de sa conversion et de l'empressement de son cœur tout entier voué désormais au service de Jésus.
 
« Ut cognovit ! Dès que Madeleine sut !... » Point de retard, pas la moindre concession aux révoltes de l'amour-propre ! Dès qu'elle a rencontré Jésus, elle brûle du plus ardent désir de se jeter à ses pieds et de lui prouver la sincérité des sentiments nouveaux qui remplissent son âme.
 
Que lui importent les considérations humaines ! L'orgueilleux Simon la couvrira de son mépris ; les convives la reconnaîtront pour la femme scandaleuse dont toute la ville sait les désordres ; ceux qui ne croient pas à la divinité de Jésus l'accueilleront avec dédain ; ceux qui appartiennent au divin Maître s'indigneront de l'audace de cette pécheresse. Peut-être même, qui sait ? Ses crimes sont trop nombreux et il n'y a plus de pardon pour elle ! Peut-être Jésus la repoussera ! Ou, s'il ne la repousse point, l'énormité de ses ingratitudes et le nombre de ses infidélités l'obligeront à la traiter sévèrement, devant tout un nombreux public !
 
Voilà sans doute les pensées de la nature. Mais, combien la grâce parle autrement ! Je me lèverai et j'irai à mon Sauveur ! J'irai en toute hâte, car je ne sais pas si demain il ne serait pas trop tard. Je crains que Jésus ne quitte bientôt Naïm, je crains qu'il passe outre, timeo Jesum prætereuntem !... Et puis, pourquoi ne le dirai-je point ? Toute criminelle que je suis et indigne de concevoir ce sentiment, j'aime celui qui, par amour pour les pécheurs, s'est fait homme pour les sauver. Je l'aime, et mon amour me presse ! Je ne puis pas supporter les délais, j'ai hâte de le voir et de lui ouvrir mon âme où il lira mon repentir et mon amour.
 
Sans doute, il en coûtera quelque chose à l'amour-propre de se donner ainsi en spectacle et de se convertir avec un tel éclat. Mais cette humiliation sera pour la pécheresse un moyen d'expier ses fautes et de toucher le cœur de Dieu, par une générosité héroïque. Marie-Madeleine le comprend : elle choisit les circonstances qui sont le mieux faites pour accroître le mérite de cette expiation. C'est la maison du pharisien, c'est la salle du festin, c'est  le moment même du festin qu'elle choisit. Sa démarche en sera plus éclatante, sa rupture avec le monde plus solennelle, son engagement à Jésus-Christ plus authentique.
 
Mon cœur se reporte volontiers à ce moment sublime qui provoque l'admiration de l’Évangéliste, quand il s'écrie : « Et voici qu'une femme !... » La pauvre pécheresse, comme une brebis égarée qui rentre au bercail, se précipite dans la maison de Simon, comme un cerf altéré qui court après les eaux vives ; ce cœur blessé par l'amour divin arrive, tout haletant, pour étancher sa soif aux sources du Sauveur. Laissez, laissez passer Madeleine ! Laissez-la entrer... Jésus l'attend, et elle n'a plus de repos jusqu'à ce qu'elle l'ait rencontré.
 

Résolution : Veiller soigneusement aux inspirations et aux mouvements de la grâce, pour ne jamais laisser passer l'instant favorable.

Bouquet spirituel : « Dès qu'elle sut que Jésus était chez Simon ». (Luc 7, 37).


 

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1 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

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Deuxième jour

2 Juillet

 

La première rencontre

 

Prélude : Jésus prêche. Dans la foule de ses auditeurs, son Cœur a distingué Marie-Madeleine. C'est sur cette pécheresse qu'il veut convertir que ses regards s'arrêtent, et la pécheresse écoute ravie, déjà changée dans son âme.

 

Méditation

 

Qui dira ce que dut être la première rencontre de Jésus pour Madeleine ? L’Évangile raconte la scène qui se passa chez Simon. Mais il est évident que la pécheresse dut voir et entendre Notre-Seigneur, avant de l'aborder en cette maison, où se passèrent de si merveilleuses choses.

La pécheresse vivait dans le château de Magdala, à peu de distance de la ville de Naïm. Or, Jésus a prêché dans cette ville, il y a ressuscité le mort que sa mère accompagnait au tombeau. Je m'imagine volontiers que ce miracle et la parole du Sauveur devaient impressionner vivement Marie-Madeleine.

Quand elle le vit s'arrêter devant ce cercueil et commander à la mort, elle comprit que celui- là était puissant comme Dieu, à qui la mort obéissait. Quand elle le vit s'émouvoir devant les larmes d'une mère, elle comprit qu'il était bon comme Dieu même. Quand elle l'entendit parler, elle se dit : « Nul ici-bas ne parle comme lui ». Son âme était morte ; mais, Jésus pouvait renouveler le miracle des portes de Naïm. Son âme était coupable ; mais, Jésus était miséricordieux.

Aussi, comme elle l'écoute avidement, celui qui dit : « Je suis le bon pasteur, et je donne ma vie pour mes brebis!... Je ne suis pas venu dans ce monde, pour que les pécheurs périssent, mais bien pour qu'ils se sauvent... Le Fils de l'homme est venu chercher ce qui avait péri... Ce ne sont pas ceux qui se portent bien, ce sont les malades, qui ont besoin de médecin... Vous tous qui êtes affligés et qui êtes chargés, venez à moi, et je vous soulagerai, et vous trouverez le repos de vos âmes.... Prenez sur vous mon joug, car il est doux, et mon a fardeau est léger... Oh ! si vous a connaissiez le don de Dieu ! »

Cette éloquence, que le cœur seul comprend, Madeleine l'entendit et elle emporta, dans sa demeure, les paroles qu'elle avait entendues, pour les méditer en son âme. Ah ! la victoire ne peut manquer de rester à celui qui a ainsi trouvé le chemin du cœur ! Mais, ce ne sera point sans luttes !

Madeleine entrait alors dans sa vingt-deuxième année : elle était dans tout l'éclat de sa beauté ; dans toute l'ardeur de sa jeunesse, dans tout l'enivrement de ses triomphes. Que de liens il va falloir rompre ! que de sacrifices ! que de renoncements !

Si elle abandonne le monde dont elle est la reine et la joie, quel accueil lui fera-t-on, là où elle veut aller ? Lazare et Marthe, scandalisés de ses désordres, rougissent de leur sœur, Les Pharisiens la méprisent comme une vile criminelle. Les mondains l'accableront de leurs sarcasmes, quand elle les aura quittés. Si elle brise avec son passé, c'est une vie toute nouvelle, de renoncement, de mortification, de combats incessants, qui commencera, et toujours, le bruit des fêtes qu'elle aura quittées arrivera à ses oreilles, pour lui rappeler les plaisirs faciles et les joies enivrantes que le monde lui offre encore. Si elle immole ses affections présentes, c'est un holocauste douloureux que son cœur s'impose, et son cœur a besoin d'amour ! Si elle se met à la suite de Jésus, c'est une vie pauvre qu'elle embrasse, et elle est accoutumée aux aises de la vie la plus somptueuse et la plus sensuelle !

Pourtant, la parole du Maître a pénétré bien avant dans cette âme. Elle y a remué les profondeurs. C'est un glaive qui sépare, et rien ne résiste à ce glaive divin. C'est une flèche qui pénètre, et nul obstacle ne saurait l'empêcher d'aller jusqu'au fond.

Les sacrifices, Marie-Madeleine les accepte, les embrasse volontiers, comme un moyen de prouver à celui qu'elle aime déjà, rien que pour l’avoir vu et entendu, combien cet amour sacré est supérieur aux affections de la terre, et quelle abnégation elle veut dès lors apporter au service de Jésus.

 

Résolution : S'appliquer la parole de Dieu, quand on l'entend ou quand on la lit, comme si elle n'avait été dite que pour nous.

Bouquet spirituel : « Un grand Prophète s'est levé parmi nous et Dieu a visité son peuple ». (Lc. , 16).

 

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30 juin 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

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Premier jour

1er Juillet

 

Madeleine pécheresse

 

Prélude : Pénétrons avec un saint respect dans le Cœur sacré de Jésus, au lendemain du mois qui lui a été tout spécialement consacré, et supplions-le de nous manifester les sublimes mystères de sa tendre miséricorde envers les pécheurs.

 

Méditation

 

Au seul nom de Madeleine, l'âme tressaille ! Ce nom remet devant les yeux, comme en un tableau raccourci mais complet, d'une part les merveilleuses tendresses de la miséricorde divine envers les âmes, et de l'autre l'immense besoin que les âmes ont de la grâce de Dieu, pour vaincre leurs ennemis et surmonter leur faiblesse native.

Marie de Béthanie, autrement Marie-Madeleine, était issue de race noble ; sa famille, considérable en Judée, lui assurait un rang distingué dans le monde, où son esprit naturel, sa brillante éducation et son incomparable beauté la firent rechercher de bonne heure par une foule de courtisans, empressés à rendre hommage aux rares qualités de cette âme imprudente.

Ah ! quel don fatal que la richesse, la beauté, la jeunesse, la tendresse du cœur, l'imagination, l'esprit, la science, en un mot tout ce que le monde estime, honore et courtise ! Marie-Madeleine était merveilleusement douée sous tous ces rapports. Elle y trouva la ruine de sa vertu et la perte de ce que nous avons de plus précieux : l'honneur de l'âme.

Elle aurait pu utiliser ces dons et s'en servir pour édifier le monde, pour répandre autour d'elle le règne de Dieu et pour forcer les âmes à confesser que Dieu seul est grand et que tout doit être employé à son service. Elle aurait dû se considérer comme dépositaire des dons de Dieu, se souvenant qu'un jour il lui serait demandé compte de leur administration et que, les détourner de leur légitime emploi est un crime d'infidélité et un vol fait à l'auteur de tout don. Elle aurait pu trouver dans les biens dont elle fut comblée un moyen admirable de sanctification personnelle, en vivant dans la pratique austère du renoncement et en usant de ses biens sans y attacher son cœur.

Mais, ce jeune cœur oublia tous ses devoirs. Emportée par la fougue ardente de ses passions, enivrée par l'encens qui brûlait sans cesse autour d'elle, Marie-Madeleine se livra à tous ses désirs. Son cœur insatiable voulait être aimé, son esprit cherchait à briller sur un vaste théâtre, sa beauté l'entraînait à cette vaniteuse recherche des applaudissements auxquels la ces femme ne sait pas être insensible, sa richesse lui fournissait tous les moyens de satisfaire jusqu'à ses moindres caprices, sa grande naissance et la position de sa famille lui ouvraient toutes les portes, et lui assuraient un accueil distingué partout.

Combien elle alla loin dans la voie que lui ouvrirent tous moyens de perdition, c'est ce que l'Évangéliste nous apprend en deux expressions, dont le laconisme laisse entrevoir toute la triste vérité ! « Cette femme, nous dit saint Luc, était pécheresse dans la cité ! » Et ailleurs, après l'avoir nommée, le même Évangéliste ajoute : « C'est celle de qui sept démons étaient sortis ! » Pécheresse dans la cité et possédée de sept démons ! Voilà donc où aboutirent toutes les vaines recherches de Madeleine à la poursuite du plaisir et au service du monde.

La voyant passer, couverte des parures de sa vanité, entourée d'adulations, éclatante d'orgueil et de beauté criminelle, les sages hochaient la tête et les mères disaient à leurs enfants : « Voilà la pécheresse ! » tant les scandales de sa vie coupable étaient connus et publics. Et, au ciel, les anges se voilaient la face et l'Esprit-Saint se contristait, en considérant son âme que sept démons possédaient, cette âme qui eût pu être si belle et que les vices, venus l'un après l'autre, avaient envahie pour entretenir la beauté et la rendre misérablement esclave de ses honteuses passions.

Ô mon Jésus, ce n’est point sans dessein que vous avez nous conserver ces tristes souvenirs de la vie de votre admirable servante, et c'est à vos comme elle, que je veux...

 

Résolution : … Méditer sérieusement sur l'emploi des dons de la nature et de la grâce.

Bouquet spirituel : « Sept démons sortirent d'elle ». (Lc. 8, 2).

 

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23 mars 2022

Consécration de la Russie et l'Ukraine au Cœur Immaculé de Marie

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Consécration de la Russie et l'Ukraine au Cœur Immaculé de Marie

 

La liturgie débutera ce vendredi 25 mars, en la solennité de l'Annonciation du Seigneur, à 17 heures (heure de Rome), tandis que la consécration aura lieu vers 18h30. Le Saint-Père a demandé à tous les évêques et prêtres du monde de se joindre à lui dans cette prière. Une célébration que vous pourrez suivre en direct ICI

 

Acte de Consécration de la Russie et l'Ukraine au Cœur Immaculé de Marie

 

Voici le texte de la prière de consécration et de remise de l'humanité, et en particulier de la Russie et de l'Ukraine, au Cœur Immaculé de Marie, que le Pape François prononcera à la fin de la liturgie de pénitence dans la basilique Saint-Pierre, l'après-midi du vendredi 25 mars, fête de l'Annonciation.

 

Ô Marie, Mère de Dieu et notre Mère, en cette heure de tribulation nous avons recours à toi. Tu es Mère, tu nous aimes et tu nous connais : rien de tout ce à quoi nous tenons ne t’est caché. Mère de miséricorde, nous avons tant de fois fait l’expérience de ta tendresse providentielle, de ta présence qui ramène la paix, car tu nous guides toujours vers Jésus, Prince de la paix.

Mais nous avons perdu le chemin de la paix. Nous avons oublié la leçon des tragédies du siècle passé, le sacrifice de millions de morts des guerres mondiales. Nous avons enfreint les engagements pris en tant que Communauté des Nations et nous sommes en train de trahir les rêves de paix des peuples, et les espérances des jeunes. Nous sommes tombés malades d’avidité, nous nous sommes enfermés dans des intérêts nationalistes, nous nous sommes laissés dessécher par l’indifférence et paralyser par l’égoïsme. Nous avons préféré ignorer Dieu, vivre avec nos faussetés, nourrir l’agressivité, supprimer des vies et accumuler des armes, en oubliant que nous sommes les gardiens de notre prochain et de la maison commune. Nous avons mutilé par la guerre le jardin de la Terre, nous avons blessé par le péché le cœur de notre Père qui nous veut frères et sœurs. Nous sommes devenus indifférents à tous et à tout, sauf à nous-mêmes. Et avec honte nous disons : pardonne-nous, Seigneur !

Dans la misère du péché, dans nos fatigues et nos fragilités, dans le mystère d’iniquité du mal et de la guerre, toi, Mère sainte, tu nous rappelles que Dieu ne nous abandonne pas et qu’il continue à nous regarder avec amour, désireux de nous pardonner et de nous relever. C’est Lui qui t’a donnée à nous et qui a fait de ton Cœur immaculé un refuge pour l’Église et pour l’humanité. Par bonté divine, tu es avec nous, et tu nous conduis avec tendresse, même dans les tournants les plus resserrés de l’histoire.

Nous recourons donc à toi, nous frappons à la porte de ton Cœur, nous, tes chers enfants qu’en tout temps tu ne te lasses pas de visiter et d’inviter à la conversion. En cette heure sombre, viens nous secourir et nous consoler. Répète à chacun d’entre nous : “Ne suis-je pas ici, moi qui suis ta Mère?” Tu sais comment défaire les nœuds de notre cœur et de notre temps. Nous mettons notre confiance en toi. Nous sommes certains que tu ne méprises pas nos supplications et que tu viens à notre aide, en particulier au moment de l’épreuve.

C’est ce que tu as fait à Cana de Galilée, quand tu as hâté l’heure de l’intervention de Jésus et as introduit son premier signe dans le monde. Quand la fête était devenue triste, tu lui as dit : « Ils n’ont pas de vin » (Jn 2, 3). Répète-le encore à Dieu, ô Mère, car aujourd’hui nous avons épuisé le vin de l’espérance, la joie s’est dissipée, la fraternité s’est édulcorée. Nous avons perdu l’humanité, nous avons gâché la paix. Nous sommes devenus capables de toute violence et de toute destruction. Nous avons un besoin urgent de ton intervention maternelle.

Reçois donc, ô Mère, notre supplique.

Toi, étoile de la mer, ne nous laisse pas sombrer dans la tempête de la guerre.

Toi, arche de la nouvelle alliance, inspire des projets et des voies de réconciliation.

Toi, “terre du Ciel”, ramène la concorde de Dieu dans le monde.

Éteins la haine, apaise la vengeance, enseigne-nous le pardon.

Libère-nous de la guerre, préserve le monde de la menace nucléaire.

Reine du Rosaire, réveille en nous le besoin de prier et d’aimer.

Reine de la famille humaine, montre aux peuples la voie de la fraternité.

Reine de la paix, obtiens la paix pour le monde.

Que tes pleurs, ô Mère, émeuvent nos cœurs endurcis. Que les larmes que tu as versées pour nous fassent refleurir cette vallée que notre haine a asséchée. Et, alors que ne se tait le bruit des armes, que ta prière nous dispose à la paix. Que tes mains maternelles caressent ceux qui souffrent et qui fuient sous le poids des bombes. Que ton étreinte maternelle console ceux qui sont contraints de quitter leurs maisons et leur pays. Que ton Coeur affligé nous entraîne à la compassion et nous pousse à ouvrir les portes et à prendre soin de l’humanité blessée et rejetée.

Sainte Mère de Dieu, lorsque tu étais sous la croix, Jésus, en voyant le disciple à tes côtés, t’a dit : « Voici ton fils » (Jn 19, 26). Il t’a ainsi confié chacun d’entre nous. Puis au disciple, à chacun de nous, il a dit : « Voici ta mère » (v. 27). Mère, nous désirons t’accueillir maintenant dans notre vie et dans notre histoire. En cette heure, l’humanité, épuisée et bouleversée, est sous la croix avec toi. Et elle a besoin de se confier à toi, de se consacrer au Christ à travers toi. Le peuple ukrainien et le peuple russe, qui te vénèrent avec amour, recourent à toi, tandis que ton Cœur bat pour eux et pour tous les peuples fauchés par la guerre, la faim, l’injustice et la misère.

Mère de Dieu et notre Mère, nous confions et consacrons solennellement à ton Cœur immaculé nous-mêmes, l’Église et l’humanité tout entière, en particulier la Russie et l’Ukraine. Accueille cet acte que nous accomplissons avec confiance et amour, fais que cesse la guerre, assure au monde la paix. Le “oui” qui a jailli de ton Cœur a ouvert les portes de l’histoire au Prince de la paix ; nous espérons que la paix viendra encore par ton Cœur. Nous te consacrons l’avenir de toute la famille humaine, les nécessités et les attentes des peuples, les angoisses et les espérances du monde.

Qu’à travers toi, la Miséricorde divine se déverse sur la terre et que la douce palpitation de la paix recommence à rythmer nos journées. Femme du “oui”, sur qui l’Esprit Saint est descendu, ramène parmi nous l’harmonie de Dieu. Désaltère l’aridité de nos cœurs, toi qui es “source vive d’espérance”. Tu as tissé l’humanité de Jésus, fais de nous des artisans de communion. Tu as marché sur nos routes, guide-nous sur les chemins de la paix. Amen.

 

"à la fin, mon Cœur Immaculé triomphera"

(La Vierge Marie à Fatima, le 13 juillet 1917)

 

18 mars 2022

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

 

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Dix-neuvième jour

19 mars

 

Fête de Saint Joseph

 

Prélude : Au ciel, les anges et les saints offrent leurs hommages à ce saint patriarche. La Trinité l'honore, Jésus- Christ se joint à Marie pour augmenter sa joie et sa félicité.

 

I. On conçoit aisément combien l'intercession de saint Joseph doit être puissante auprès de Jésus-Christ, quand on connaît ce mot de l'Evangile. « Erat subditus illis : Il leur était soumis ». - Ainsi, durant tant d'années, le Fils de Dieu fut tout occupé à obéir ponctuellement à Joseph et à Marie : dès que Joseph témoignait par une parole ou par un signe qu'il voulait quelque chose, Jésus l'exécutait aussitôt ! Cette humble obéissance de Jésus élève la dignité de saint Joseph au-dessus de celle de tous les Saints, excepté la Mère de Dieu.

II. Écoutons (de nouveau) ce que dit sainte Thérèse, quant à la confiance que nous devons tous avoir en la protection de saint Joseph : « Pour les autres Saints, dit-elle, il semble que le Seigneur leur ait accordé le pouvoir de nous secourir dans quelque nécessité particulière seulement ; l'expérience prouve, au contraire, que saint Joseph nous secourt dans tous nos besoins, et qu'il plaît à Notre Seigneur de nous témoigner par là que, comme il a voulu être soumis sur la terre à l'autorité de ce grand saint, il fait également dans le ciel tout ce qu'il lui demande. C'est ce qu'ont vu, comme moi, par expérience, d'autres personnes auxquelles j'avais conseillé de se recommander à lui... J'ai toujours vu les personnes qui ont pour lui une vraie dévotion faire des progrès dans la vertu... Je conjure, pour l'amour de Dieu, ceux qui ne me croiraient pas, d'en faire épreuve... Je ne comprends pas comment on peut penser à la Reine des anges, et à tout ce qu'elle a eu à souffrir pendant la sainte enfance de Jésus, sans rendre grâces à saint Joseph pour les secours qu'il a prêtés durant ce temps à la mère et au fils ». (Vie de sainte Thérèse racontée par elle-même, ch. VI).

III. Nous devons surtout être dévots envers saint Joseph, afin qu'il nous procure une bonne mort. Pour avoir sauvé Jésus enfant des pièges qu'on lui tendait, il a le privilège tout spécial de délivrer les mourants des embûches du démon ; et pour avoir assisté si longtemps Jésus et Marie, en leur procurant par son travail le logement et la nourriture, il a le privilège d'obtenir à ses serviteurs, au moment de leur mort, l'assistance particulière de Jésus et de Marie.

 

Résolution et bouquet spirituel laissés à la dévotion de chacun. À pareil jour, il n'appartient qu'à l'Esprit-Saint de nous suggérer le choix dans les sentiments qui remplissent notre cœur.

 

Prière

 

Mon puissant protecteur ! saint Joseph! Par mes péchés, j'ai mérité une mauvaise mort ; mais, si vous me défendez, je ne puis me perdre. Vous avez été non seulement un intime ami de mon divin Juge, mais encore son gardien et son père nourricier ; recommandez-moi à Jésus, qui vous aime si tendrement. Je me place sous votre patronage ; agréez-moi pour votre serviteur perpétuel. Par la sainte compagnie de Jésus et de Marie, dont vous avez joui pendant votre vie, obtenez la grâce de ne plus me séparer de leur amour ; et par l'assistance que vous avez eue de Jésus et de Marie à votre mort, obtenez-moi d'être particulièrement assisté de Jésus et de Marie à l'heure de ma mort.

Ô Vierge sainte ! Par l'amour que vous portez à votre époux Joseph, ne manquez pas de me secourir dans mes derniers moments. Ainsi soit-il.

 

Exemple

La direction de saint Joseph

 

Un jeune berger, simple et sans lettres, passait sa vie à faire paître ses troupeaux, et il trouvait dans cette humble occupation mille moyens d'avancer dans la perfection. Bien qu'il ne fît rien d'extraordinaire et qu'il n'eût pas l'occasion de converser avec des personnes distinguées par leur savoir et leur vertu, il était rempli de toutes sortes de grâces et de dons intérieurs si relevés, qu'il ravissait d'admiration ceux qui le connaissaient. Ce jeune berger avait une dévotion toute particulière à saint Joseph, qu'il appelait son protecteur, son maître et son directeur ; il disait que saint Joseph était le maître des âmes qui aiment la vie humble et cachée comme la sienne avait été.

 

Saint Joseph (Beaulieu)

 

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29 mars 2022

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

 

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Trentième jour

30 mars

 

Le pouvoir de Saint Joseph

 

Prélude : Pénétrons dans l'assemblée des saints. Chacun d'eux brille d'un éclat incomparable. Mais saint Joseph est entouré d'une auréole encore plus lumineuse. Unissons-nous aux anges et aux bienheureux pour louer le saint patriarche.

 

Méditation

 

Saint Augustin, après avoir comparé les autres saints aux étoiles, pour faire ressortir la gloire de saint Joseph, compare ce bienheureux patriarche au soleil. De son côté, François Suarez, illustre théologien, regarde comme très raisonnable l'opinion qui soutient que saint Joseph, après Marie, surpasse en mérite et en gloire tous les autres saints.

De ce principe, Saint Bernardin de Bustis conclut que, dans le ciel, saint Joseph commande en quelque sorte à Jésus et à Marie, lorsqu'il veut en obtenir quelque grâce pour ses serviteurs.

Écoutons maintenant saint Bernard : « Ce qui distingue saint Joseph des autres saints, dit ce grand docteur, c'est que tandis que les autres ont un patronage particulier à exercer, lui peut protéger tous ceux qui recourent à sa protection avec confiance, et il les aide dans leurs besoins ». Ce sentiment de saint Bernard est confirmé par l'expérience, comme sainte Thérèse l'assure avec tant de conviction.

Tout cela ne doit point nous étonner, si nous considérons que, comme Jésus- Christ a voulu être soumis à Joseph sur la terre, de même dans le ciel il aime à faire tout ce que le saint lui demande. Ces réflexions augmentant notre confiance en la protection du glorieux patriarche, figurons-nous que le Seigneur, nous voyant affligés au milieu des misères de cette vie, nous adresse à tous ces paroles de Pharaon à son peuple, pendant la grande famine qui désolait l'Egypte : « Ite ad Joseph, allez à Joseph ! » il vous consolera.

 

Résolution : Prendre la résolution efficace de recommander à saint Joseph toutes ses entreprises, et recourir à sa puissante protection dans tous ses besoins.

Bouquet spirituel : « Allez à Joseph ! » (Genèse 61, 55).

 

Exemple

Le témoignage d'une âme sauvée par saint Joseph

 

Le Père Jean d'Allose, dans son livre Sur saint Joseph, rapporte qu'un religieux de saint Augustin apparut à un de ses frères en religion et lui dit que Dieu l'avait délivré de l'enfer à cause de sa dévotion particulière à saint Joseph ; il lui affirma ensuite que le saint, en sa qualité de père putatif de Jésus-Christ, avait un grand pouvoir auprès de Notre Seigneur. (Saint Alphonse de Liguori)

 

Saint Joseph (Beaulieu)

 

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11 mars 2022

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

 

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Douzième jour

12 mars

 

Nazareth

 

Prélude : Dans un petit atelier de modeste apparence, dont la porte est fermée, ne recevant sa lumière que par une fenêtre qui ouvre sur la campagne, Joseph travaille avec ardeur. Marie regarde avec une complaisance mêlée de compassion les gouttes de sueur qui inondent le front vénérable de son chaste époux. L'enfant Jésus prend part à ce travail : il tient la scie, il apporte le bois, il manie les clous et le marteau.

 

Méditation

 

Quand Jésus eut été retrouvé, il descendit avec Marie et Joseph, nous dit l'Evangéliste, et il vint à Nazareth; et il leur était soumis !

Voilà tout ce que l'Esprit-Saint nous a révélé des dix-huit ans qui séparent Jésus du moment où il doit commencer sa vie publique. Mais quelle gloire pour Joseph dans ce peu de mots ! Méditons-les.

Il descendit avec Joseph. Notre-Seigneur s'était déjà humilié au delà de toute imagination pendant sa première enfance. Le voilà qui descend encore des hauteurs où l'avait placé son entretien avec les docteurs de Jérusalem. Il descend, il s'abaisse, il se cache. Mais c'est avec Joseph ! heureuse créature d'avoir partagé les abaissements du Verbe fait chair, d'avoir été le confident de ses desseins miséricordieux et de ses humiliations si précieuses pour le salut des hommes.

Il vint à Nazareth. Nazareth ! En hébreu, le nom de cette ville glorieuse signifie fleur et couronne. C'est là que  la fleur de Jessé devait pendant tant d'années répandre dans le secret de la solitude ces parfums qui ravissaient les anges. C'est là qu'il devait se préparer à cette couronne douloureuse qui terminerait un jour sa mission parmi les hommes. Et Joseph est choisi du Ciel pour respirer avec les anges les parfums divins de ce Dieu fait homme, pour assister aux progrès que Jésus doit faire en âge et en grâce avant d'entrer dans ce ministère qui commence sa vie ici-bas.

Et il leur était soumis. Soumis à Joseph, à qui il obéissait comme à son Père ! Ô langue des anges ! prêtez-moi vos accents pour redire les grandeurs de celui à qui Dieu même a voulu obéir, au prix de tant de fatigues, d'un travail si grossier et si continuel !

 

Résolution : Unir souvent son travail à celui de Notre Seigneur à Nazareth.

 

Bouquet spirituel : « Il descendit avec Joseph à Nazareth ». (Luc 2, 5).

 

Exemple

Secours dans l'oraison

 

Pendant longtemps, raconte une jeune religieuse, je ne pouvais méditer sans être accablée des distractions les plus extravagantes, ce qui m'affligeait beaucoup. Or, un jour qu'accablée de tristesse, je me plaignais à Dieu de cette grande misère, je me sentis poussée à implorer le secours de saint Joseph. Fidèle à cette inspiration de la grâce, je le fis avec une grande confiance, et non seulement je fus délivrée de mes distractions mais encore j'arrivai en fort peu de temps à l'oraison de quiétude. J'ai fait une expérience qui m'étonne, c'est que je ne puis méditer ! sur les vertus et les perfections de saint Joseph qu'à la manière des plus sublimes mystères, c'est-à-dire par voie d'admiration et d'anéantissement. Je ne saurais énumérer toutes les grâces signalées dont je lui suis redevable. Si je veux me lever avant l'heure ordinaire, je lui fais une prière avant de m'endormir, et je m'éveille toujours à l'heure dite. Un simple désir que je lui manifeste me délivre de mauvais songes, et j'obtiens aussi facilement de ce grand saint de n'avoir pendant le jour que de bonnes pensées. (P. de Barry, Dévotion à saint Joseph).

 

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Prières à Saint Joseph composées par Saint Alphonse de Liguori

Pour être récitées les sept jours consécutifs précédant la fête du 19 mars

 

12 mars

 

Ô saint patriarche, par la peine que vous avez ressentie en voyant naître le Verbe divin dans une étable, si pauvre, sans feu et sans langes, et en l'entendant se plaindre du froid qu'il éprouvait, je vous prie de m'obtenir une véritable douleur de mes péchés, cause des larmes de Jésus. Par la consolation que vous avez ensuite ressentie en voyant pour la première fois Jésus enfant dans la crèche, si beau et si gracieux, en sorte que votre cœur, à partir de ce moment, commença de brûler d'un amour plus ardent envers un enfant aussi aimant et aussi aimable ; obtenez-moi la grâce de l'aimer, moi aussi, d'un grand amour sur cette terre, pour un jour le posséder en paradis.

Et vous, ô Marie, Mère de Dieu et ma Mère, recommandez-moi à votre Fils et obtenez-moi le pardon de tous les péchés que j'ai commis contre lui, et la grâce de ne plus l'offenser.

Et vous, ô mon bien-aimé Jésus, pardonnez-moi par amour pour Marie et pour Joseph, et donnez-moi la grâce de pouvoir un jour vous contempler en paradis, vous y louer et y aimer votre divine beauté et cette bonté qui vous a fait petit enfant par amour pour moi. Je vous aime, ô mon Jésus. Je vous aime, mon Dieu, mon amour, mon tout !

 

Saint Joseph (Beaulieu)

 

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17 mars 2022

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

 

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Dix-huitième jour

18 mars

 

L'incendie du Divin Amour

 

Prélude : Imaginons-nous que Dieu nous fait la grâce de nous montrer les merveilles du cœur de saint Joseph ; les flammes du divin amour le dévorent et le remplissent tout entier.

 

Méditation

 

Ah ! s'écrie saint Alphonse de Liguori, quelles affections devaient pénétrer le cœur de Joseph quand il portait dans ses bras cet aimable enfant et qu'il lui faisait ou en recevait de tendres caresses ; quand il entendait sortir de ses lèvres divines les paroles de la vie éternelle, qui étaient comme autant de flèches enflammées se dirigeant vers son cœur si tendre, pour le blesser d'amour ! surtout quand il observait les saints exemples que lui donnait ce divin enfant par rapport à toutes les vertus ! À la longue, la fréquentation des mêmes personnes finit par diminuer l'amour qu'elles se portent entre elles, mais c'est parce que plus les hommes se fréquentent, plus ils découvrent de défauts les uns chez les autres. Or cela ne pouvait arriver à saint Joseph. Plus il vivait avec Jésus, et plus il voyait reluire en lui de sainteté. Concluez de la l'intensité de son amour, puisque (suivant l'enseignement des auteurs) il a joui pendant vingt-cinq ou trente ans de la compagnie de Jésus.

Les deux disciples d'Emmaüs se sentirent embrasés d'amour divin pour les quelques instants qu'ils accompagnèrent le Sauveur et l'entendirent parler. Ils se disaient ensuite l'un à l'autre : « Notre cœur n'était-il pas tout enflammé au dedans de nous, pendant qu'il nous parlait dans la voie ? » Que devons-nous donc penser des flammes de sainte dilection qui se développèrent dans le cœur de Joseph pendant les trente années qu'il passa dans la compagnie du Fils de Dieu, écoutant ses paroles et observant ses exemples ? Quel incendie d'amour divin tous ses attraits si purs ne devaient-ils pas exciter dans le cœur de Joseph, ce cœur si pur de toute affection terrestre !

 

Résolution : Passer la journée dans un grand esprit de recueillement et de préparation à la fête de demain.

 

Bouquet spirituel : Saint Joseph, priez pour nous.

 

Exemple

L'effet d'une prière à saint Joseph

 

Un saint évêque, missionnaire dans l'Océanie, disait avec une humilité touchante ces paroles bien propres à raviver notre confiance envers saint Joseph : « J'ai beaucoup redouté la mort, aujourd'hui je ne la crains plus ; il y a dix mois que je la considère dans ma méditation, et vingt-cinq ans que je récite journellement une prière à saint Joseph pour m'obtenir la grâce de bien mourir ». (Paroles de Mgr Douarre mourant).

 

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Prières à Saint Joseph composées par Saint Alphonse de Liguori

Pour être récitées les sept jours consécutifs précédant la fête du 19 mars

18 mars

 

Ô mon saint Patriarche, à présent que vous jouissez du ciel sur un trône élevé, voisin de votre bien-aimé Jésus, qui vous fut soumis sur la terre, ayez pitié de moi, qui vis au milieu de tant d'ennemis, de démons et de passions mauvaises, qui me livrent de continuels combats pour me faire perdre la grâce de mon Dieu. Ah ! par la grâce qui vous fut accordée de pouvoir jouir continuellement sur la terre de la compagnie de Jésus et de Marie, obtenez-moi la grâce de vivre toujours uni à Dieu pendant les jours qui me restent à vivre, en résistant aux assauts de l'enfer, et de mourir ensuite en aimant Jésus et Marie, afin que je puisse aller un jour avec vous jouir de leur société dans le royaume des bienheureux.

Vierge très sainte, ô Marie, ma mère, quand sera-ce que, délivré de la crainte de pécher à l'avenir, je m'attacherai à vos pieds pour ne plus en partir ? Je compte sur votre aide pour arriver à cette félicité.

Et vous, mon bien-aimé Jésus, mon cher Rédempteur, quand sera-ce que j'irai jouir de vous au paradis et vous aimer face à face, sûr de ne plus jamais vous perdre ? Tant que je vis, je suis toujours dans ce péril. Ah ! mon Seigneur et mon unique bien ! par les mérites de Joseph que vous aimez et honorez tant dans le ciel, par les mérites de votre Mère bien-aimée, mais surtout par les mérites de votre vie et de votre mort, qui m'ont valu tous les biens et toutes les espérances, ne permettez pas que je me sépare jamais de votre amour sur cette terre, afin que j'aille un jour dans cette patrie de l'amour vous posséder et vous aimer de toutes mes forces, pour ne plus quitter votre présence et votre amour pendant toute l'éternité. Amen. Ainsi j'espère. Ainsi soit-il.

 

Saint Joseph (Beaulieu)

 

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28 février 2022

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

 

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Premier jour

1er Mars

 

Le voyage à Bethléem

 

Prélude : La nuit est claire et sereine. Sur une route peu battue, deux personnes, un homme et une femme, cheminent. Au ciel, les anges sont attentifs. Sur la terre, la nature entière semble s'incliner devant ce saint tabernacle vivant de Dieu lui-même, qui s'appelle Marie, et devant ce saint patriarche, destiné à nourrir son Créateur, qui est Joseph. Unissons-nous aux anges et à la création tout entière. Contemplons et écoutons.

 

Méditation

 

Les hommes ne savent pas le don de Dieu qui chemine sur la route de Bethléem. Peut-être quelque brillante caravane passe à côté de la reine du monde et du père nourricier de Jésus sans se douter de tant de grandeur. Si les regards de ces voyageurs superbes s'arrêtent sur le petit groupe, ce sont des regards de mépris et de pitié. Mais les princes des milices angéliques l'accompagnent avec respect et amour.

Oh ! que j'aurais aimé me joindre à ces deux saints voyageurs sur la route de Bethléem ! Leurs entretiens devaient être si doux, si saints, si sublimes ! Avec quel respect et quel silence n'aurais-je pas écouté les deux époux s'entretenir de la miséricorde de Dieu, qui envoyait son fils sur la terre pour racheter le genre humain. Marie et Joseph ne peuvent se rassasier de cette pensée qui les remplit de consolation et de reconnaissance! Heureuses créatures sommes-nous, devaient-ils penser et dire entre eux, bienheureuses entre toutes d'avoir été choisies pour servir d'instruments à l'amour du Verbe éternel qui veut devenir le fils d'une mortelle, qui va paraître dans quelques instants sur cette terre d'exil, au milieu de cette vallée de larmes, afin de satisfaire pour les péchés des hommes, de les effacer au prix de mille souffrances et d'une mort douloureuse.

Ô saints voyageurs de Bethléem, permettez au plus humble de vos serviteurs d'unir ses hommages à ceux des anges qui vous accompagnent sur cette route glorieuse qui devait aboutir au salut du monde, à la naissance même du genre humain ! Communiquez-moi un peu de votre oraison fervente pendant ce trajet, de cette contemplation qui remplissait votre âme des plus célestes transports, à la pensée de la miséricorde et de l'amour du Verbe fait chair.

 

Résolution : Faire de l'Incarnation du Verbe le sujet de ses plus fréquentes méditations et de ses oraisons jaculatoires.

Bouquet spirituel : « Joseph partit de Nazareth et vint à Bethléem ». (Luc 2, 4).

 

Exemple

Le compagnon de route

 

La vénérable Jeanne Rodriguez s'étant mise en voyage avec une autre religieuse, se vit tout à coup assaillie par une tempête effroyable, qui la rendit comme incapable de continuer sa route. Un vénérable personnage leur apparut alors, qui se mit à les guider, en les entretenant de discours célestes et consolants. Par un prodige qui éclaira leurs yeux, la pluie, qui tombait par torrent, n'atteignit même pas leurs habits. Saint Joseph, car c'était lui, les accompagna jusqu'au terme de la route, et là il disparut subitement. (Légendes franciscaines, 21 août).

 

Saint Joseph (Beaulieu)

 

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27 février 2022

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

 

Saint Joseph (Beaulieu)

 

Veille du premier jour

 

Méditation préliminaire

 

Prélude : Représentons-nous le pieux empressement des fidèles qui, à cette heure, sur tous les points de l'univers catholique, se hâtent vers les autels de saint Joseph pour commencer les exercices de son mois béni. Unissons- nous à ce concert de louanges qui va, pendant trente et un jours, monter jusqu'au trône du glorieux patriarche. Ayons spécialement l'intention de nous joindre aux âmes qui feront le mois de saint Joseph avec le plus de ferveur.

 

Méditation

 

Je me représente volontiers, à pareil jour, sainte Thérèse réunissant autour d'elle ses chères filles, et les exhortant à une grande dévotion à saint Joseph. Méditons, nous aussi, les admirables paroles qu'elle leur adresse. Nous ne saurions mieux commencer ce mois de grâces.

« Je ne me souviens pas, disait la séraphique Réformatrice du Carmel, de lui avoir jusqu'ici rien demandé qu'il ne me l'ait accordé. C'est une merveille de raconter toutes les grâces innombrables que Dieu m'a faites et les dangers spirituels ou corporels auxquelles il m'a arrachée, par l'intercession de ce Saint. Aux autres saints. il semble que Dieu ait accordé de porter secours dans tel cas particulier ; l'expérience prouve que saint Joseph nous aide dans toutes les occurrences. Le Seigneur veut nous faire entendre que, de même que sur la terre il voulut lui rester soumis, dans le ciel il fait tout ce que le saint lui demande. C'est ce qu'ont appris par leur propre expérience d'autres personnes à qui je suggérai la pensée de se recommander à lui. J'ai si fort éprouvé la puissance de son intercession auprès de Dieu, que je voudrais persuader à tout le monde d'avoir une grande dévotion à saint Joseph. Je n'ai jamais connu personne qui l'honorât d'un culte spécial et qui ne fit de rapides progrès dans la vertu. Voilà plusieurs années que le jour de sa fête je lui demande une grâce spéciale et je l'ai toujours obtenue. Pour l'amour de Dieu, je supplie les personnes qui ne me croiraient pas de vouloir bien en faire l'expérience. Pour moi, je ne comprends pas comment on peut penser à la Reine des anges et aux fatigues qu'elle s'imposa pendant l'enfance de Jésus, sans rendre des actions de grâces à saint Joseph pour l'aide qu'il prêta pendant ce temps à la mère et à l'enfant ».

 

Résolution : Promettre à Jésus, le fils de Joseph, d'avoir dorénavant une dévotion plus filiale et plus affectueuse envers son père nourricier.

Bouquet spirituel : « Allez à Joseph ». (Genèse 44, 55)

 

Exemple

Joseph et Thérèse

 

L'histoire des Carmes déchaussés nous apprend que la vénérable sœur Anne de Saint-Augustin, thérésienne, au moment de sa mort, fut, au vu de quelques autres sœurs, assistée par saint Joseph et par sainte Thérèse. La sainte fille tressaillait de joie. Pendant ce temps, dans un autre monastère, une autre religieuse la vit monter au Ciel entre saint Joseph et sainte Thérèse. (Saint Alphonse de Liguori).

 

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20 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Quatrième jour

4e jour de la la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

21 septembre

 

À Rome

 

Prélude. - Suivons le pieux visiteur dans ses pèlerinages aux lieux saints de Rome, et vénérons-les avec lui.

 

Récit. - Vincent et son ancien maître furent reçus publiquement, à Avignon, par le vice légat Montorio, qui voulut les mener à Rome tous deux.

Notre saint fut si consolé de se voir en cette ville, mère et maîtresse de la chrétienté, où est le chef de l’Église militante, où sont les corps de saint Pierre et de saint Paul, et de tant d'autres martyrs et de saints personnages qui ont autrefois versé leur sang et employé leur vie pour Jésus Christ, qu'il s'estimait heureux de marcher sur la terre où tant de grands saints avaient marché. Cette pensée l'attendrissait jus qu'aux larmes.

Durant son séjour à Rome, Vincent se livra tout entier à ses études et à la prière. Dans cette capitale du monde ancien, centre de la civilisation chrétienne, il ne donna pas la moindre satis faction à la curiosité, la plus naturelle et la plus légitime en pareil cas.

De tous les monuments de la Rome antique, il ne visita que le Colisée et les catacombes, pour y vénérer le sang, les souvenirs et les cendres des martyrs ; et dans la Rome chrétienne, il ne voulut connaître que les églises et les lieux consacrés par la piété des fidèles.

Sa passion pour l'étude, long temps comprimée dans l'esclavage, reprit à Rome son essor ; il recommença ses travaux théologiques et étendit encore ses connaissances. Il était d'autant plus libre de se livrer à l'étude, qu’il n'avait plus alors le souci de la vie matérielle ; car le vice légat Montorio fournissait à son entretien.

Vincent acquittait largement sa dette d'hospitalité par son édification et le charme pieux de son commerce. À mesure qu'il se faisait connaître davantage, il excitait de plus en plus l'admiration de son protecteur. Celui ci ne pouvait se lasser de répandre ses louanges, surtout devant les négociateurs français qui étaient alors à Rome, ne se doutant pas qu'il allait par là se faire ravir son trésor.

 

Pratique. - Aimer à retrouver le souvenir des saints, dans nos voyages et nos visites en pays étranger.

 

Invocation. - Saint Vincent, qui avez si bien étudié et reproduit dans votre vie l'image des saints, obtenez-nous d'imiter vos vertus.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Nous devons nous abandonner entièrement dans les mains de Dieu ; nous devons croire que sa Providence dispose, pour notre plus grand bien,de tous les événements qu'elle veut ou qu'elle permet qu'il nous arrive.

Nous devons offrir nos personnes et tous nos biens à Dieu, afin qu'Il en dispose selon sa sainte volonté ; en sorte que nous soyons toujours prêts à tout quitter pour embrasser les afflictions qui nous arrivent.

Dans les orages qu'excite contre nous la calomnie, dans les injures dont elle nous accable, nous ne devons pas, si nous tendons sincèrement à la perfection, cher cher à nous justifier, mais nous devons recevoir la confusion, tout supporter avec patience, et nous abandonner à Dieu, en attendant que son heure arrive.

Celui qui a mis toute son espérance en Dieu doit être certain que quand l'univers entier se sou lèverait contre lui, il n'arrivera rien que ce qu'il plaira à Dieu.

C'est dans les besoins les plus pressants que nous devons faire éclater notre confiance en Dieu.

Le moyen le plus assuré pour - réussir dans quelque entreprise que ce soit, c'est de se tenir dans un abandon total à la divine Providence, et dans une humble dépendance de ses dispositions.

On ne peut jamais excéder dans la véritable espérance, qui ne peut être trop grande, puisqu'elle est fondée sur la bonté de Dieu et sur les mérites de Jésus-Christ.

Celui qui met sa confiance dans les hommes, et qui, s'appuyant sur ses talents naturels ou sur les ressources que la fortune lui ménage, ne se confie pas en Dieu, celui-là s'éloigne lui-même de Dieu.

 

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29 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

15507

 

Treizième jour

3e jour de l’octave d’action de grâces après la fête de Saint Vincent de Paul

30 septembre

 

Fondateur des séminaires

 

Prélude. - Écoutons le saint, entouré de jeunes séminaristes à qui il fait entendre les plus solides et les plus édifiantes exhortations.

 

Récit. - Malgré les exercices des Ordinands, et les conférences des ecclésiastiques, il manquait toujours à la régénération du clergé une condition capitale, celle qui avait été recommandée à tout l'épiscopat par le saint concile de Trente : l'établissement de séminaires pour disposer par avance la jeunesse au sacerdoce.

En vain, proclamait-on, dans les synodes, dans l'assemblée du clergé de 1629, que, avec les séminaires, on verrait avant peu d'années refleurir, dans l’Église, l'érudition sacrée, la piété et la pureté de la vie ; tous les efforts tentés en suite de ces exhortations venaient échouer, soit contre le manque d'argent, soit contre le défaut d'organisateurs capables, soit contre le calcul égoïste des familles qui présentaient bien leurs enfants à l'instruction gratuite, puis les reprenaient dès qu'ils étaient assez instruits pour en profiter personnellement.

Il n'existait encore aucune école spéciale, où tout fut organisé pour réunir et retenir ensemble les aspirants au sacerdoce, leur distribuer, dans la mesure suffisante, avec le temps nécessaire, la science de la théologie, la connaissance des lois et de la discipline ecclésiastiques, et constater les aptitudes et les intentions par une épreuve prolongée et certaine.

Vincent de Paul donna enfin l'impulsion décisive.

Il avait établi, en 1636, au collège des Bons Enfants, une école de jeunes clercs à qui on enseignait les humanités et les bonnes mœurs, dans l'espoir de trouver un jour des prêtres parmi eux ; c'était, comme nous disons aujourd'hui, un petit séminaire.

Au mois de février 1642, il établit au même collège douze aspirants aux ordres, qu'il fit nourrir et instruire pendant deux ans. L'essai fut une fondation durable, à laquelle ne manquèrent ni les élèves, ni les ressources, et la première création de ce genre qui ait subsisté.

Ainsi, successivement, par les missions dans les campagnes, par l'établissement des Prêtres de la mission, par les exercices des Ordinands, par les conférences pour les ecclésiastiques, par la fondation des séminaires, Vin cent prenait, sans le chercher, une place éminente parmi les réformateurs de l’Église, clergé et fidèles.

Il est temps de l'étudier comme bienfaiteur de l'humanité.

 

Pratique. - Favoriser de tout son pouvoir les vocations ecclésiastiques, comme étant l'œuvre par excellence.

 

Invocation. - Saint Vincent, instituteur du clergé, protégez les grands et les petits séminaires de France.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Le premier pas que doit faire celui qui veut suivre Jésus-Christ, c'est de renoncer à soi-même, c'est-à-dire à ses propres sentiments, à ses passions, à sa volonté, à son jugement propre, et à tous les mouvements de la nature.

On doit faire profession d'agir toujours suivant la doctrine de Jésus-Christ, qui ne peut jamais tromper, et ne se conformer jamais aux maximes du monde, qui trompent toujours.

L'esprit de Jésus est un esprit de droiture et de sincérité ; celui qui est appelé à glorifier ce Dieu Sauveur doit agir d'après son esprit.

Nous devons apprendre de Jésus-Christ à être doux et humble de cœur, lui demander sans cesse qu'il nous donne ces deux vertus. Nous devons apporter une attention particulière pour ne pas nous livrer aux deux passions qui leur sont contraires et qui nous feraient détruire d'une main ce que nous cherchons à élever de l'autre.

La prudence chrétienne et véritable fait que, sans crainte de nous tromper, nous soumettons notre esprit aux maximes de l'Evangile. Elle nous apprend à juger des choses comme Jésus Christ en jugeait, à parler et agir comme il parlait et agissait lui même.

Dieu nous fait une grande grâce quand il nous prive de tout ce qui peut nous rendre dissemblables à Jésus-Christ, qui ne posséda rien en propre ; pourrions-nous nous trouver dans une situation plus avantageuse et plus agréable à sa divine Majesté, que celle-là même où il nous a placés ?

Quelle a été la vie de Notre Seigneur et celle de sa sainte Mère ? Ç'a été une vie d'une parfaite pauvreté ; et il a voulu que tous ceux qui désiraient se mettre à sa suite, embrassassent sa pauvreté. « Si vous voulez, dit-il, être parfaits, quittez tout et me suivez ».

 

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28 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

1030

 

Douzième jour

2e jour de l’octave d’action de grâces après la fête de Saint Vincent de Paul

29 septembre

 

Les Conférences des Ecclésiastiques

 

Prélude. - Se figurer saint Vincent, entouré de prêtres qu'il instruit.

 

Récit. - Une fois appelé dans cette voie, Vincent de Paul ne pouvait plus s'arrêter, puisque toute œuvre bien commencée cherche d'elle-même son perfectionnement, et qu'il avait l'habitude de se prêter à toutes celles qui venaient solliciter une direction de sa prudence et de son zèle. Aux Exercices des Ordinands, il joignit les Conférences des Ecclésiastiques.

Plusieurs prêtres, nouvelle ment ordonnés, s'étant adressés à lui pour savoir par quels moyens ils pourraient entretenir en eux la persévérance et la pratique du bien, il leur proposa de se réunir une fois par semaine à St-Lazare, pour y conférer entre eux des choses qui regardaient leur état, des vertus ecclésiastiques, des fonctions du ministère, excellent moyen, assurément, pour chacun, de ne jamais perdre le souvenir de ses obligations personnelles, de retremper sans cesse son ardeur dans le conseil et dans l'exemple, et pour tous de s'encourager et de se surveiller réciproquement, sans apparence de reproche et sans affectation d'autorité.

Les conférences, établies à St Lazare, furent bientôt remarquées par le nombre des assistants, et plus encore par les services auxquels ils s'appliquaient dans la ville et aux environs, dans les prisons et dans les hôpitaux. Richelieu, espérant y trouver de bons évêques, invita Vincent de Paul à lui désigner ceux qu'il croyait les plus dignes de l'épiscopat, l'historien remarque que le ministre écrivit leurs noms de sa main.

De Paris, l'institution passa aux provinces. Ollier, qui en avait été un des fondateurs, la porta en Auvergne et l'établit au Puy. Heureux du succès, il écrivait à la Conférence de Saint-Lazare : « Vous êtes établis comme des lumières, posées sur un grand chandelier dans la ville de Paris, pour éclairer tous les ecclésiastiques de France ».

Deux ans avant sa mort, Bossuet, élève des conférences de Saint-Lazare, dans le procès de canonisation de Vincent de Paul, protestait qu'il avait « reçu, de ce personnage, les sentiments de la piété chrétienne dans toute leur pureté, et le véritable esprit de la discipline ecclésiastique ».

 

Pratique. - Prier souvent pour les prêtres.

 

Invocation. - Saint Vincent, modèle et pasteur du clergé français, maintenez dans son sein la pureté de la foi et la ferveur de la vie ecclésiastique.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Pourvu que Dieu soit glorifié, peu importe que ce soit par le moyen de telle personne ou de telle autre. Quand nous serons dans le ciel, si Dieu nous fait la grâce d'y être admis, nous verrons que, sous l'empire de la par faite charité, il n'y a ni mien ni tien.

Les entreprises, qui se commencent par des voies simples et communes, sont plus favorisées de Dieu, que celles dans lesquelles on emploie des moyens extraordinaires et éclatants.

Le zèle du salut des âmes n'est qu'une ardente charité, un désir enflammé de les faire arriver au bonheur éternel par la fidélité au service de Dieu.

On doit toujours conserver la sainte pratique d'agir avec douceur et avec charité, soit en public, soit en particulier, lors même que l'on traite avec des pécheurs obstinés. Il ne faut jamais se servir d'invectives, de reproches, de paroles dures ; moyen si peu convenable à celui qui cherche à être utile à son prochain ; moyen qui, loin d'attirer et de gagner les âmes à Dieu, ne fait que les irriter et les en éloigner avantage.

Le salut d'une âme est quelque chose de si important, que, pour le procurer, on doit exposer non seulement ses biens, mais sa vie.

La vie d'un ouvrier évangélique a pour fondement l'abnégation de soi-même, et l'imitation de la vie de Jésus-Christ et de ses apôtres.

 

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25 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

8210

 

Neuvième jour

9e et dernier jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

26 septembre

 

La Mission

 

Prélude. - Vénérons le saint fondateur, au milieu de ses disciples qu'il anime de son esprit et de ses exemples.

 

Récit. - Témoin du succès obtenu surtout sur ses domaines, Madame de Gondi fit les fonds nécessaires - quarante mille livres - pour organiser une maison, où vivraient en commun les prêtres qui voudraient travailler aux missions, sous la conduite de Vincent et par son beau-frère l'archevêque de Paris, elle lui fit donner la principauté du collège des Bons Enfants. Il fut stipulé que ceux qui entreraient dans la communauté renonceraient à tous bénéfices, charges et dignités de l’Église, et s'appliqueraient entièrement et purement au pauvre peuple des campagnes, allant de village en village, aux dépens de leur bourse commune, prêcher, instruire et catéchiser ces pauvres gens.

Ainsi commença, en 1625, la Congrégation de la Mission !

Ils étaient trois au début, et, quand ils partaient pour accomplir leur œuvre, comme ils n'avaient pas de serviteurs à qui remettre la garde de leur maison, ils en laissaient la clé chez un voisin digne de confiance. Ils furent bientôt cinq, puis sept, puis assez nombreux ou assez actifs, pour suffire, dans les sept premières années, à cent quarante missions.

En 1632, une bulle d'Urbain VIII les érigea en congrégation. La même année, le prieur de Saint-Lazare leur en abandonna le Prieuré, la maison et ses dépendances, ce qui doubla leurs ressources et étendit leur renommée.

Les évêques commencèrent à les appeler comme des auxiliaires indispensables. Deux d'entre eux s'étaient déjà montrés, en 1630, au diocèse de Montauban ; ils arrivent bientôt à Bordeaux, à Saintes, à Cahors, à Mende, à Saint-Flour, à Luçon, de 1631 à 1638. Partout on les réclame, on les retient comme un exemple vivant pour le clergé, comme les régénérateurs des populations, Ainsi s'expliquent les vingt-cinq succursales de Saint-Lazare fondées, en autant de diocèses, pendant la vie de saint Vincent de Paul.

Cette institution en fit naître une seconde, accessoire, dit modestement le saint fondateur, et pourtant, de son aveu même, indispensable à la conservation de la première. « Pour maintenir les peuples en bon état, et conserver les fruits des missions, il fallait faire en sorte qu'il y eût de bons ecclésiastiques parmi eux, imitant en cela les guerriers conquérants qui laissent des garnisons dans les places qu'ils ont prises, de peur de perdre ce qu'ils ont acquis avec tant de peine ».

 

Pratique. - Se préparer, par le recueillement et la prière, à célébrer saintement la belle fête de demain.

 

Invocation. - Saint Vincent, fondateur des Missionnaires Lazaristes, conservez, au sein de votre famille religieuse, l'admirable esprit dont vous l'avez animée à son berceau.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Il est indubitable qu'en travaillant à sa propre perfection, on se rend plus capable de travailler à celle des autres.

Les prédicateurs qui parlent le langage de l'Evangile, font bien plus de fruit que ceux qui remplissent leurs sermons de paroles humaines et de raisonnements philosophiques ; parce que les paroles de la foi sont toujours accompagnées d'une onction céleste qui se répand en secret dans le cœur des personnes qui les écoutent.

Des motifs tout humains, cachés sous le prétexte du zèle et de la gloire de Dieu, font souvent entreprendre des œuvres, dont Dieu n'est pas l'auteur, et que sa sagesse ne couronne d'aucun succès.

Si nous étions bien convaincus de notre incapacité, nous nous garderions bien de mettre la faux dans la moisson d'autrui avant d'y être appelés, et de nous présenter pour obtenir la préférence sur d'autres ouvriers, que Dieu peut être a choisis pour l'accomplissement de son ouvrage.

Quand on a reconnu qu'une entreprise doit procurer la gloire de Dieu, et qu'elle est conforme à sa volonté, on ne doit épargner ni peines ni dépenses pour la porter à sa perfection, soit par ses soins, soit par ceux des autres.

Un jour saint Vincent dit à sa communauté : « Je prie Dieu deux ou trois fois tous les jours qu'il nous anéantisse si nous ne sommes utiles à son service. Voudrions-nous être au monde sans plaire à Dieu, et sans procurer qu'il soit connu et aimé ?

On ne doit pas se décourager quand on ne peut pas arrêter les scandales ni détruire tous les péchés ; parce qu'on ne doit pas regarder comme peu de chose de remédier en partie à de si grands maux, et d'empêcher, avec l'ai de de Dieu, la perte d'une seule âme.

 

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22 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Sixième jour

6e jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

23 septembre

 

Curé de village

 

Prélude. - Représentons-nous le bon saint, au milieu des paysans de Clichy, ses paroissiens, les instruisant, les consolant, les édifiant.

 

Récit. - Pour mener une vie vraiment ecclésiastique, le jeune se retire chez les Pères de l'Oratoire, non pour être agrégé à leur sainte compagnie, mais pour vivre à l'abri des dangers du monde.

De plus, sachant que nous sommes aveugles en notre propre conduite, il renonce à sa propre volonté, et se laisse conduire dans les voies de Dieu comme un enfant, par un « ange visible », je veux dire par un sage directeur.

Son choix s'étant arrêté sur M. de Bérulle, il ouvre son cœur à ce grand serviteur de Dieu, un des plus habiles maîtres de la vie spirituelle qui aient jamais existé. Celui-ci reconnaît à l'instant que notre saint est appelé par Dieu à de grandes choses, et, sans doute éclairé de lumières surnaturelles, il voit et lui déclare que Dieu veut se servir de lui pour lui rendre un signalé service dans son Eglise, et pour assembler, à cet effet, une nouvelle communauté de bons prêtres qui y travailleront avec fruit et bénédiction.

Après deux ans passés dans cette retraite, il est pourvu de la cure de Clichy. On dit qu'il avait déjà refusé un évêché ; il est certain qu'on lui offrait de riches abbayes, et la reine Marguerite, sur le récit de ses vertus, l'avait pris pour son aumônier ordinaire.

Mais, Dieu a parlé par la bouche de M. de Bérulle. L'humble Vincent sera curé de village. « Il préfère, comme le Prophète, être petit dans la maison du Seigneur, là où l'appelle l'obéissance ecclésiastique, que d'habiter dans les tabernacles des pécheurs, c'est-à-dire parmi les vains honneurs où perce l'ambition ».

Lui-même le disait plus tard : « Le bon peuple de Clichy m'était si obéissant, qu'ayant recommandé la confession des premiers dimanches du mois, personne n'y manquait, à ma grande joie. Ah ! me disais-je, que tu es heureux d'avoir un si bon peuple ! Le pape est moins heureux que moi ! »

 

Pratique. - Chercher, dans toutes les positions, le moyen de procurer la gloire de Dieu et le salut des âmes, en se proposant de procurer son propre salut.

 

Invocation. - Saint Vincent, modèle des pasteurs, priez pour les pauvres curés de campagne, qui rencontrent aujourd'hui tant de difficultés pour l'exercice de leur saint et pénible ministère.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Tout ce que Dieu nous donne ou nous enlève tourne toujours à | notre avantage, puisque tel est son bon plaisir. C'est à nous conformer à ce bon plaisir de Dieu, que nous devons faire consister toute notre perfection et tout notre bonheur.

L'indifférence est un état de vertu qui détache si parfaitement des créatures, et unit si intimement à la volonté de Dieu, que soi-même on ne désire rien, et on ne préfère pas une chose à une autre.

Se conformer en toute chose à la volonté de Dieu, c'est vivre d'une vie tout angélique : c'est précisément vivre de la vie de Jésus-Christ.

Il n'y a rien de plus saint, rien d'une perfection plus éminente que la résignation à la volonté de Dieu, qui nous établit dans un dépouillement total de nous-mêmes, et dans une indifférence parfaite pour tous les états où nous pouvons nous trouver.

On ne doit épargner ni dépenses, ni fatigues, ni même sa propre vie, quand il s'agit d'accomplir la volonté de Dieu.

Faire en tout et partout la volonté de Dieu, être prêt à aller vivre et mourir où Dieu voudra, c'est la disposition où se tiennent les bons serviteurs de Dieu et les hommes vraiment apostoliques ; c'est la marque qui distingue les vrais enfants de Dieu, qui sont toujours disposés à accomplir tous les desseins d'un si auguste et si bon père.

La perfection de l'amour divin ne consiste pas dans les extases ; elle consiste à faire la volonté de Dieu.

 

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19 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

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Troisième jour

4e jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

20 septembre

 

Esclave à Tunis

 

Prélude. - Représentons-nous le jeune prêtre, sous le soleil brûlant d'Afrique, vêtu en esclave, travaillant aux labeurs les plus grossiers, et interrompant quelquefois son travail pour lever les yeux au ciel.

 

Récit. - En 1605, Vincent de Paul alla à Marseille pour recueillir un legs de quelque importance, et pour lequel il transigea avec un admirable désintéressement.

Au retour, on l'engagea à prendre la voie de mer, de Marseille à Narbonne. Le bateau fut pris par les pirates de Barbarie, et le saint fut vendu à Tunis. Il changea plusieurs fois de maître, Dieu voulant qu'il éprouvât lui même tout ce que les esclaves chrétiens avaient à souffrir, afin qu'il travaillât dans la suite avec plus d'ardeur à leur délivrance.

Enfin, un renégat de Nice, l'ayant acheté, l'emmena dans sa terre. C'était en une région extrêmement chaude et déserte.

Une des femmes de son maître servit d'instrument entre les mains de Dieu pour retirer le renégat de l'apostasie et délivrer Vincent. Voici comment le saint raconta le fait, dans une lettre touchante de simplicité :

« Curieuse qu'elle était de sa voir notre façon de vivre, elle me venait voir tous les jours au champ où je fossoyais, et un jour elle me commanda de chanter les louanges de mon Dieu. Le ressouvenir du Quomodo cantabimus interra aliena des enfants d'Israël captifs à Babylone, me fit commencer, la larme à l'œil, le psaume Super flumina Babylonis, et puis le Salve Regina, et plusieurs autres choses, en quoi elle prenait tant de plaisir que c'était merveille. Elle ne manqua pas de dire à son mari, le soir, qu'il avait eu tort de quitter sa religion, qu'elle estimait extrêmement bonne pour un récit que je lui avais fait de notre Dieu et quelques louanges que j'avais chantées en sa présence : en quoi elle disait avoir ressenti un tel plaisir, qu'elle ne croyait point que le paradis de ses pères et ce lui qu'elle espérait fut si glorieux ni accompagné de tant de joie que le contentement qu'elle avait ressenti pendant que je louais mon Dieu ».

Concluant qu'il y avait en cela merveilles, cette femme fit tant par ses discours, que, la grâce de Dieu aidant, son mari forma le projet de se sauver en France avec notre saint : c'est ce qu'ils firent dix mois plus tard.

 

Pratique. - Aimer à chanter les cantiques et les hymnes sacrées.

 

Invocation. - Saint Vincent, qui avez été captif en Barbarie, délivrez les âmes captives dans la servitude du péché.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Quand la vaine complaisance s'insinue dans les bonnes œuvres, elle en est le poison. La vaine com plaisance est une peste qui infecte les actions les plus saintes et qui nous fait promptement oublier Dieu. C'est le vice le plus funeste à tout progrès dans la vie spirituelle et dans la perfection.

Un des plus grands maux qui puissent affliger une société,c'est de compter, parmi ceux qui la composent, des personnes qui murmurent, qui se plaignent de tout, et qui trouvent à redire à toutes choses.

L'amour-propre couvert du voile de la charité nous fait croire souvent que nous servons Dieu, tandis que nous cherchons à nous satisfaire.

On ne peut pas regarder comme solide la vertu d'une âme propriétaire d'elle-même et attachée à sa propre volonté.

On ne doit pas remarquer comme une œuvre humaine celle à laquelle aucun homme n'a jamais pensé.

Les trésors de la Providence divine sont infinis ; c'est notre indifférence seule qui les restreint et qui fait disparaître à nos yeux leur éclat et leur prix.

La Providence ne nous abandonne jamais dans les œuvres que nous n'entreprenons que par ses ordres.

Se résigner à la volonté divine pour souffrir tout ce qui Lui plaira, et aussi longtemps qu'il Lui plaira, voilà la grande leçon que nous donne le fils de Dieu ; ceux qui l'apprennent bien et qui la gravent dans leur cœur, sont de la première classe dans l'école de Jésus-Christ.

 

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26 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

3047

 

Dixième jour

Fête de Saint Vincent de Paul

27 septembre

 

Portrait

 

Prélude. - Unissons-nous à la ferveur avec laquelle les fils et les filles de Saint Vincent de Paul célèbrent aujourd'hui la fête de leur bien-aime père.

 

Portrait. - En ce jour de sa fête, contemplons les traits, étudions la physionomie physique et morale de Saint Vincent de Paul.

Vincent de Paul était d'une taille un peu au-dessus de la moyenne, bien prise et bien proportionnée. Sa tête, chauve de bonne heure, était grosse, mais en rapport juste avec le reste du corps. Il avait le front beau, large et majestueux, le nez gros, les yeux vifs et pénétrants, le visage ni trop plein, ni trop maigre, les traits fortement accentués, et composant un ensemble qui frappait le regard et s'imprimait dans la mémoire.

La plupart se trompent pour tant quant à la résultante de cette physionomie, à laquelle ils donnent un air de bonhommie qu'un respect religieux empêche seul de dire un peu niais. Cela est inspiré moins de la vérité que du désir de peindre sur ce visage cette tendre bonté, dont on pousse l'expression jusqu'à la grimace et à a caricature. Tel n'était pas, certes, l'air de saint Vincent de Paul. D'un tempérament sanguin et surtout bilieux, il était naturellement triste et mélancolique, et il lui fallait tous les efforts de la vertu pour ôter à ses traits quelque chose d'un peu dur et revêche. S'il finit par les empreindre de bonté, comme son abord et l'ensemble de sa personne, il leur laissa toujours, aussi bien qu'à son attitude, à son port, à sa démarche, de la gravité et de la noblesse.

Plus encore que de ses traits, on s'est fait trop souvent une fausse idée de son esprit. Homme d'une bonté, d'une charité merveilleuse, a-t-on dit, mais d'une intelligence médiocre ; homme d'un cœur immense, mais d'un cerveau étroit, ou plutôt chez qui le cœur semblait avoir absorbé à son profit toutes les autres facultés de l'âme.

Quand on voit tant de grandes entreprises si bien conçues et mieux encore exécutées, tant d'œuvres de toutes sortes, desquelles chacune aurait pesé à une nature puissante, menées de front sans fléchir, sans que l'une fit tort à l'autre, et conduites à leur dernier développement, tant de fondations fécondes et jetées, en quelque sorte, pour l'éternité, est-il besoin de dire que Vincent avait un esprit pénétrant,étendu, propre à tout embrasser, les grandes comme les petites choses ? Il avait surtout, dans un degré suprême, un bon sens avec lequel il aurait gouverné un royaume, avec lequel il a gouverné des affaires plus difficiles que celles des États, bon sens qu'il portait dans ses opinions, dans ses paroles, dans ses entreprises et dans toute sa conduite.

C'est ce bon sens qui le tenait toujours éloigné des routes singulières, des doctrines extrêmes, de l'esprit de changement et de nouveauté ; qui le faisait ennemi des voies obliques, du langage double, inconsidéré et indiscret ; qui lui donnait le discernement des esprits comme des doctrines et des affaires ; qui rendait sa direction si sûre, sa décision si in faillible, son action si ferme et si résolue, quand une fois il avait pris son parti. Car il était ami de la lenteur, ou plutôt ennemi de la précipitation : effet en même temps de son bon sens et de sa vertu. Il appréhendait toujours, suivant son mot ordinaire, d'enjamber sur la conduite de la Providence.

Mais, une fois assuré de la volonté de Dieu, rien n'était plus capable de l'arrêter. Il ne s'effrayait ni du nombre, ni des difficultés des affaires. Il les suivait avec une force d'esprit, une intrépidité de courage que nuls obstacles ne pouvaient ébranler, qu’ils vinssent des personnes ou des choses, de la conjuration des éléments, ou des passions humaines. Il s'y appliquait avec une sagacité pleine d'ordre et de lumière ; il en portait le poids, la peine, les lenteurs. avec un calme qui provenait d'une sainte sécurité, avec une persévérance qu'il puisait dans la certitude religieuse du succès.

Âme vraiment supérieure par son sens positif et pratique, sens dont les passions ne venaient jamais, comme chez la plupart des hommes, déranger les combinai sons, dont la vertu, au contraire, inspirait, dirigeait et menait à terme toutes les vues.

Le fondement de cette vertu - est-il besoin désormais de le redire ? - était l'humilité que nul saint n'a possédée dans le même degré que saint Vincent de Paul.

Humilité prodigieuse, qui épouvante non-seulement notre orgueil, mais notre intelligence, lorsque nous voyons cet homme admirable se mettre au-dessous de la terre et des enfers : se préférer les plus pervers, les forçats. les suppliciés, et même les démons ! Humilité pourtant qui seule explique Vincent de Paul, qui seule, par le sacrifice incessant qu'elle lui imposait de lui même, explique sa charité, prodigieuse comme elle. Il n'a été le lus charitable que parce qu'il a été le plus humble des hommes.

En ces deux vertus, il ne croyait pas qu'on pût excéder, quand il considérait Celui qui s'est anéanti et dévoué jusqu'à la mort. Car, nous le savons, dans ses pensées, dans ses paroles, dans ses actions, il ne s'inspirait que de Jésus-Christ, il ne répétait que son langage, il ne se conduisait que sur son modèle. Jésus-Christ toujours, Jésus-Christ partout, Jésus-Christ en tout et en tous ! Voilà sa doctrine, sa morale et sa politique, ce qu'il aimait à exprimer d'un mot : « Rien ne me plaît qu'en Jésus-Christ ! »

 

Pratique. - S'appliquer à reproduire en son âme la physionomie morale de saint Vincent de Paul.

 

Invocation. - Saint Vincent de Paul, priez pour nous !

 

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21 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Cinquième jour

5e jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

22 septembre

 

À Paris

 

Prélude. - Suivons notre saint dans ce nouveau voyage de Rome à Paris et contemplons la beauté de son âme, qui, parmi toutes ces distractions, ne pas un instant la présence de Dieu.

 

Récit. - Frappés des louanges que Antonio faisait de la vertu et de la sagesse de Vincent, les négociateurs français voulurent le voir, pour examiner s'ils ne trouveraient point en lui le messager qu'ils cherchaient. Vincent parut devant eux. Ils l'entretinrent plusieurs fois et crurent enfin pouvoir s'ouvrir à lui. Comme il s'agissait d'une affaire importante, qui demandait de la prudence, de la fidélité, et une grande discrétion, ils instruisirent Vincent et l'envoyèrent à Paris pour en conférer avec Henri IV.

Arrivé à Paris, Vincent se hâta d'accomplir sa mission ; mais il ne profita point de cette occasion pour s'engager plus avant dans la cour, craignant que la faveur du roi de la terre ne servit d'obstacle aux grâces du Roi du ciel. Comme il occupait, au faubourg Saint-Germain, dans le voisinage de l'hôpital de la Charité, une même chambre avec un de ses compatriotes, juge de Sore, village situé aux Landes et dans le ressort de Bordeaux, il fut accusé à faux de lui avoir dérobé quatre cents écus.

Voici comment il raconte lui-même cette épreuve que Dieu lui envoya pour affermir sa vertu :

« J'ai connu une personne qui, accusée par son compagnon de lui avoir pris quelque argent, lui dit doucement qu'il me l'avait pas pris, mais, voyant que l'autre persévérait à l'accuser, il se retourna de l'autre côté, s'éleva à Dieu, et lui dit : « Que ferai-je, mon Dieu ! Vous savez la vérité! » Et alors, se confiant en lui, il résolut de ne plus répondre à ces accusations, qui allèrent fort avant, jusqu'à tirer monitoire du larcin et à le lui faire signifier. Or, il arriva, et Dieu le permit, qu'au bout de six ans celui qui avait perdu l'argent étant à plus de vingt lieues d'ici (Le juge étant à Bordeaux et saint Vincent à Paris), trouva le larron qui l'avait pris. Voyez le soin de la Providence pour ceux qui s'abandonnent à elle ; alors, cet homme, reconnaissant le tort qu'il avait eu de s'en prendre avec tant de chaleur et de calomnie contre son ami innocent, lui écrivit une lettre pour lui en demander pardon, lui disant qu'il en avait un si grand déplaisir, qu'il était prêt, pour expier sa faute, à venir au lieu où il était pour en recevoir l'absolution à genoux ».

 

Pratique. - Se confier à la Providence et s'abandonner à sa Divine Volonté, quand on est en butte à la calomnie.

 

Invocation. - Saint Vincent, homme sage et circonspect dans toutes vos voies, obtenez-nous la vertu de prudence.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Après avoir connu la volonté de Dieu sur une œuvre qu'on entre prend, on doit la continuer avec courage, quelque difficile qu'elle soit. On doit la suivre jusqu'à la fin, avec d'autant plus de constance, que les obstacles que l'on éprouve sont plus grands.

L'indifférence (1) est une vertu, non-seulement très excellente, mais encore très utile pour avancer dans la vie spirituelle : on peut même assurer qu'elle est nécessaire à tous ceux qui veulent servir Dieu parfaitement.

Qui peut être plus parfaitement uni à Dieu que celui qui ne fait que la volonté du Seigneur, qui ne suit jamais sa volonté propre, et qui ne veut autre chose que ce qui est du bon plaisir de Dieu ?

Notre-Seigneur se communique sans cesse aux âmes qui se conforment entièrement et constamment à la sainte volonté de Dieu, et qui ne consultent que son bon plaisir dans ce qu'elles veulent ou ne veulent pas.

Dieu nous ayant appelés à l'état où nous sommes, a attaché, pour ainsi dire, à cet état les grâces nécessaires à notre salut : il nous les refusera, si nous abandonnons notre vocation pour nous engager dans une autre à laquelle il ne nous appelle pas.

La conformité à la volonté divine est le trésor du vrai chrétien : elle renferme éminemment la mortification, la soumission parfaite, l'abnégation de soi-même, l'imitation de Jésus-Christ, l'union avec Dieu, et généralement toutes les vertus, qui ne sont telles que parce qu'elles sont conformes à la volonté de Dieu, qui est l'origine et la règle de toute perfection.

Être content de tous les états dans lesquels Dieu nous place, sans jamais en sortir, à moins que nous ne connaissions que Dieu le veut, c'est la plus excellente, la plus utile pratique que nous puissions faire en ce monde.

 

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(1) On entend ici par « indifférence » le détachement des choses, même bonnes en soi, telles que la réussite des bonnes œuvres, ce qui n'exclut pas le zèle qu'on doit y mettre dans la vue de plaire à Dieu.

 

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13 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Quatorzième jour

Adoration des Bergers

 

Pendant que tout cela se passait dans la grotte de Bethléem, l’on vit en beaucoup de lieux, jusque dans les pays les plus éloignés, une joie inaccoutumée et un mouvement extraordinaire pendant cette nuit. L‘on vit les cœurs de beaucoup d’hommes de bien animés d’un désir joyeux, et ceux des méchants pleins d’angoisse et de trouble. L’on vit beaucoup d’animaux faire éclater leur allégresse par leurs mouvements, des fleurs relever la tête, des plantes et des arbres reprendre eux comme une nouvelle vie et répandre au loin des parfums. L’on vit aussi des sources jaillir de terre. Ainsi, au moment où le Sauveur naquit, une source abondante jaillit dans la grotte qui était dans la colline au nord de la grotte de la Crèche. Joseph la vit le lendemain et lui prépara un écoulement. Au-dessus de Bethléem, le ciel était d'un rouge blafard, tandis que sur la grotte de la Crèche, sur la vallée voisine de la grotte de Maraha et sur la vallée des Bergers, on voyait se balancer des nuages lumineux qui semblaient chargés d’une rasée bienfaisante.

Dans la vallée des Bergers, à une lieue et demie environ de la grotte de la Nativité, s’élevait une colline où commençaient des vignobles qui s’étendaient jusqu’à Gaza. Contre cette colline étaient les cabanes de trois bergers, qui étaient comme les chefs de tous les bergers de la contrée. A une distance double de la grotte se trouvait ce qu’on appelait la tour des Bergers. C’était une sorte de grand échafaudage pyramidal en charpente, ayant pour base des quartiers de rocher, placé au milieu d’arbres verdoyants, et s’élevant sur une colline isolée au milieu de la plaine. Il était entouré d’escaliers et de galeries, avec des espèces de tourelles couvertes, et le tout était recouvert de nattes. Il avait quelque ressemblance avec ces tours de bois au haut desquelles on observait les astres dans le pays des Mages, et faisait de loin l‘effet d'un grand vaisseau garni de ses mâts et de ses voiles. De cette tour, on pouvait observer tout le pays d’alentour. On voyait Jérusalem et même la montagne de la Tentation dans le désert de Jéricho. Les bergers avaient la des veilleurs pour surveiller la marche des troupeaux et les avertir, en sonnant du cor, dans le cas d’une invasion de voleurs ou de gens de guerre qu’on pouvait voir de là a une grande distance.

Les familles des bergers habitaient dans un rayon de cinq à six lieues, et occupaient des métairies isolées, entourées de jardins et de champs. La tour était le point de réunion : c’était là que se tenaient les gardiens chargés de veiller sur les troupeaux de tous. Il y avait le long de la colline, où la tour s’élevait, un certain, nombre de cabanes, et à quelque distance un grand bâtiment à plusieurs compartiments, où les femmes des gardiens demeuraient et préparaient les aliments. Pendant cette nuit les troupeaux se tinrent près de la tour ; une partie était en plein air ; une autre partie était sous un hangar, près de la colline des trois Bergers.

Au moment où le Sauveur vint au monde, les trois bergers chefs, étonnés de ce que le ciel présentait d’étrange, sortirent de leurs cabanes, portèrent les yeux au ciel en différentes directions et considérèrent avec étonnement l’éclat Extraordinaire. des nuages qui se balançaient au-dessus de la grotte de la Nativité. Les bergers voisins de la tourne furent pas moins surpris, et plusieurs montèrent à leur observatoire et considérèrent la lueur extraordinaire qui régnait au-dessus de la grotte. Mais tandis que les trois premiers bergers avaient les yeux tournés vers le ciel, une nuée lumineuse s’abaisse vers eux. Pendant qu’elle s’approchait, il s’y fit des mouvements, il s’y dessina des formes et des figures, et l’on entendit des chants harmonieux d‘une expression joyeuse, et qui devenaient de plus en plus distincts. Les bergers furent d’abord effrayés, mais un Ange parut devant eux, et leur dit : « Ne craignez rien, car je viens vous annoncer une grande joie pour tout le peuple d’israël : c’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez : vous trouverez un Enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche ». Pendant que l’Ange parlait ainsi, la lumière qui l’enveloppait devint plus vive, et l'on aperçut cinq ou sept grandes figures d’Anges, d’une beauté ravissante, qui tenaient dans leurs mains comme une longue banderole où était écrit quelque chose en lettres hautes comme la main, et on les entendit louer Dieu et chanter : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ».

Les bergers de la tour eurent la même apparition, mais un peu plus tard. Les Anges apparurent aussi à un troisième groupe de bergers, près d’une fontaine située à trois lieues de Bethléem, à l’est de la tour des Bergers. Les bergers n‘allèrent pas immédiatement, à la grotte de la Nativité, dont ils étaient éloignés, les uns d‘une lieue et demie, les autres du double ; mais ils se consultèrent pour savoir ce qu’ils porteraient au nouveau-né, et préparèrent leurs présents avec toute la promptitude possible. Ils n’arrivèrent à la crèche qu’à l’aurore.

Ce fut donc aux premières lueurs du crépuscule que les trois chefs des bergers vinrent de la colline a la grotte de la Crèche avec les présents qu’ils avaient préparés. C’étaient de petits animaux qui ressemblaient assez à des chevreuils. Si c’étaient des chevreaux, ils différaient de ceux de notre pays : ils avaient de longs cous, de beaux yeux fort brillants ; ils étaient très gracieux et très légers à la course. Les bergers les conduisaient en laisse attachés avec de simples cordes. Ils portaient aussi sur leurs épaules des oiseaux qu’ils avaient tués, et sons le bras d’autres oiseaux vivants de plus grande taille.

Ils frappèrent timidement a la porte de la grotte, et Joseph vint à leur rencontre. Ils lui répétèrent ce que les Anges leur avaient annoncé, et lui dirent qu’ils venaient rendre leurs hommages à l’Enfant de la promesse et lui présenter leurs pauvres offrandes. Joseph accepta leurs présents avec une humble gratitude, et il les conduisit Et la sainte Vierge, qui était assise près de la Crèche et tenait l’Enfant Jésus sur ses genoux. Les trois bergers, conservant leur bâton à la main, s’agenouillèrent humblement, et restèrent longtemps en silence, absorbés dans un sentiment de joie indicible ; ils chantèrent ensuite le cantique qu’ils avaient entendu chanter aux Anges, et un psaume d’actions de grâces. Quand ils voulurent se retirer, la sainte Vierge leur donna le petit Jésus, qu’ils tinrent tour à tour dans leurs bras, puis ils le lui rendirent en pleurant, et quittèrent la grotte.

Vers le soir, d’autres bergers, avec leurs femmes et leurs enfants, sont venus de la tour des Bergers, qui est à quatre lieues de la crèche. Ils apportaient des oiseaux, des œufs, du miel, des écheveaux de fil de différentes couleurs, de petits paquets qui ressemblaient à de la soie brute, et des bouquets d’une plante ressemblant au joue et qui a de grandes feuilles. Cette plante avait des épis pleins de gros grains. Quand ils eurent remis leurs présents à saint Joseph, ils s’approchèrent humblement de la crèche, près de laquelle la sainte Vierge était assise. ils saluèrent la Mère et l’Enfant, et, s’étant agenouillés, ils chantèrent de très beaux psaumes, le Gloria in excelsis, et quelques cantiques très courts. Dans l’un de ces cantiques se rencontraient ces paroles : « Ô petit Enfant, vermeil comme la rose, tu parais, semblable à un messager de paix ! » Au moment du départ, ils se courbèrent au-dessus de la crèche, comme pour embrasser le divin Enfant.

Cependant, la naissance du Sauveur était miraculeusement annoncée dans toutes les parties du monde, et principalement en Judée, à Rome, en Egypte, et au pays des Mages.

En Judée, elle fut révélée à sainte Anne a Nazareth, à Elisabeth à Jutta, et à Jérusalem à Noémie, maîtresse de la sainte Vierge au Temple ; à Anne la prophétesse, et au saint vieillard Siméon, tandis que dans le Temple les rouleaux des Ecritures des Sadducéens étaient éparpillés et dispersés çà et là.

A Rome, une source d’huile jaillit au quartier des Juifs, et une magnifique statue de Jupiter fut brisée et ensevelie sous les ruines d’un temple qui s‘écroula.

En Egypte, une grande idole qui rendait ordinairement des oracles fut subitement réduite au silence.

Dans le pays des Mages, une grande constellation, qu’ils observaient depuis quelque temps, se montra plus brillante et leur laissa voir un bel arc-en-ciel au dessus du croissant de la lune. Sur cet arc-en-ciel une Vierge était assise. Son genou gauche était légèrement relevé, sa jambe droite plus allongée, et son pied reposait sur le croissant. Du côté gauche de la Vierge, au-dessus de l’arc-en-ciel, était un cep de vigne, et du côté droit un bouquet d’épis de blé. Devant la Vierge s’élevait un calice semblable à celui qui servit dans la dernière cène. De ce calice sortit un enfant, et au-dessus de l’enfant un disque lumineux, pareil à un ostensoir vide, duquel partaient des rayons semblables à des épis. Du côté droit de l’enfant sortit une branche à l’extrémité de laquelle se montra, comme une fleur, une église octogone qui avait une grande porte dorée et deux petites portes latérales. La Vierge, avec sa main droite, fit entrer le calice, l’enfant et l’hostie dans l’église, dont l‘intérieur était d’une grandeur immense. L’on vit aussi dans le fond une manifestation de la Sainte Trinité, puis l’église se transforma en une cité brillante, semblable aux représentations de la Jérusalem céleste. Cette constellation était différente de l’astre que les Mages appelaient l‘étoile de Jacob.

 

Considération

Saint Joseph d'après Monsieur Olier

 

Parmi les auteurs ascétiques si justement estimés du XVIIe siècle, le vénérable fondateur de la congrégation de Saint Sulpice, Monsieur Olier, occupe un des premiers rangs, d’autant plus que les ouvrages de ce grand serviteur de Dieu sont moins le fruit de ses réflexions et de ses recherches que des lumières dont le Saint-Esprit le remplissait dans l’oraison. Il écrivait, pour l'ordinaire, après ce saint exercice, et avec une facilité et une rapidité si extraordinaire, qu'on l’a vu écrire à genoux cinq Ou six heures de suite, sans jamais être incommodé par cette sorte de composition. Sa plume suivait l’impétuosité de l’esprit de Dieu qui l’éclairait, et retraçait sûrement sur le papier ces vérités divines que les dons de sagesse et d’intelligence qu’il avait reçus lui découvraient en foulent tout d’un coup. C’est ainsi qu’il nous a laissé sur saint Joseph des pages sublimes, dont nous ne pouvons que détacher quelques pensées.

L’admirable saint Joseph fut donné à la terre, selon Monsieur Olier, pour exprimer visiblement les perfections adorables de Dieu le Père, sa sainteté, sa fécondité, sa sagesse, sa force, sa prudence, sa simplicité, son amour pour son divin Fils, sa compassion et sa tendresse pour les misères des hommes. Aussi le considère-t-il plus particulièrement comme le patron des âmes cachées et suréminentes, et surtout des Prêtres, dans lesquels Dieu réside en sa plénitude et en sa fécondité pure et vierge. Mais il faut l’entendre nous exposer combien Jésus-Christ a honoré le grand saint Joseph.

« Le Fils de Dieu, dit-il, s’étant rendu visible en prenant une chair humaine, il conversait et traitait visiblement avec Dieu son Père, voilé sous la personne de saint Joseph, par lequel son Père se rendait visible a lui, La très Sainte Vierge et saint Joseph représentaient tous deux ensemble une seule et même personne, celle de Dieu le Père. c’étaient deux représentations sensibles de Dieu, deux images sous lesquelles Jésus adorait la plénitude de son Père, soit dans sa fécondité éternelle, soit dans sa providence temporelle, soit dans son amour pour ce Fils lu-même eet son Eglise. C’était là comme le saint oratoire de Jésus-Christ, dans lequel il voyait en Joseph les secrets de son Père et entendait par la bouche de ce grand Saint la parole même de son Père, dont saint Joseph était l’organe sensible. C’était l’oracle qui lui faisait connaître toutes les volontés de son Père céleste. C’était son horloge qui lui-indiquait tous les moments marqués dans les décrets de Dieu… Heureux Jésus ! Heureux Joseph, de fournir a Jésus le plus juste sujet de ses délices ! Bienheureux, ô Jésus, de trouver en Joseph l’objet de vos plus saintes complaisances ! Les yeux de votre esprit voient en lui l’esprit de votre Père, et les yeux de votre corps voient en lui une image sensible de sa beauté, si bien qu en lui seul vous trouvez votre parfait contentement !

C’est une vie admirable, sans doute, que celle de Dieu le Père dans l’éternité, aimant son Fils, et le Fils par réciproque aimant le Saint Esprit. C’était aussi une admirable vie que celle de Joseph et de Marie, images de Dieu le Père pour Jésus-Christ, son Fils. Quel était leur amour pour Jésus et l’amour de Jésus pour eux ! Notre-Seigneur voyait dans l’un et dans l’autre la présence, la vie, la Substance, la personne et les perfections de Dieu son Père ; et voyant ces beautés, quel amour, quelle joie, quelle consolation ! La sainte Vierge et saint Joseph, voyant de leur côté la personne de Dieu en Jésus, avec tout ce.qu’il est, Fils de Dieu, Verbe du Père, la splendeur de sa vie et le caractère de sa substance, quelle révérence, quel respect, quel absorbement d’amour, quelle adoration profonde ! C'était là un ciel, un paradis sur la terre ; c’étaient des délices sans fin dans ce lieu de douleur, l’abondance de tous les biens au sein de la pauvreté ; c’était une gloire commencée déjà dans la vileté, l’abjection et la petitesse de leur vie.

Ô Jésus, je ne m’étonne pas si vous demeurez trente ans entiers dans cette heureuse maison sans quitter saint Joseph ! Je ne m’étonne pas si vous êtes inséparable de sa personne ! Sa maison seule vous est un paradis, et son sein est pour vous le sein de votre Père, dont vous êtes inséparable et dans lequel vous prenez vos délices éternelles. Hors de cette maison, vous ne trouverez que des objets funestes, que des pécheurs, ces tristes causes de votre mort. Et dans la maison de Joseph, qui est aussi celle de Marie, vous trouverez les objets les plus délicieux de votre joie, les saintes sources de votre vie. Vous ne sortirez jamais de ce saint lieu que pour aller dans le Temple, et le monde se moquait de votre solitude et de votre vie retirée ; mais il ne savait pas que le Temple était une figure morte du sein de votre Père, et que Saint Joseph, comme son image vivante, était le lieu de vos délices et de votre repos.

Qui pourrait dont dire l’excellence de notre Saint, vu le respect que Notre Seigneur avait pour lui, et l’amour fort que la très Sainte Vierge lui portait, Jésus-Christ regardant en lui le Père éternel comme son Père, et la très Sainte Vierge considérant en sa personne le même Père éternel que son époux ? »

 

Pratique

Dévotion aux Douleurs et aux Allégresses

 

Si la dévotion des sept Dimanches est aussi recommandable que nous l’avons dit, c’est que la dévotion aux sept douleurs et aux sept allégresses de saint Joseph lui est infiniment agréable, selon qu’il l’a révélé aux deux saints religieux qui se préoccupaient des moyens de lui témoigner leur reconnaissance. « Si vous voulez faire quelque chose qui me soit agréable, leur dit-il, ne laissez passer aucun jour sans réciter dévotement quelques prières en mémoire des sept douleurs dont mon âme fut affligée, et en considération des sept allégresses dont mon cœur fut souverainement consolé pendant les jours que je passai sur la terre dans la compagnie de Jésus et de Marie ».

Après ces paroles, n’hésitons donc plus à honorer les douleurs et les joies de saint Joseph : 1° au moment où il songea à quitter la sainte Vierge et où l’Ange lui révéla le mystère de l’Incarnation ; 2° au temps de la naissance du Sauveur ; 3° au jour de la Circoncision ; 4° dans la Présentation au Temple ; 5° pendant la fuite en Egypte ; 6° au retour de l'Egypte ; 7° au moment du recouvrement de Jésus dans le Temple.

Pie VII a attaché à la récitation des prières propres à cette dévotion 100 jours, une fois le jour, pour chaque récitation ; 300 jours tous les mercredis de l'année, et chaque jour des deux neuvaines qui précèdent le 19 mars et le 3e Dimanche après Pâques ; et l’Indulgence plénière chacune de ces deux fêtes, et une fois le mois pour ceux qui récitent ces prières chaque jour.

 

Retrouvez le texte des Sept Douleurs et Allégresses de Saint Joseph en cliquant ICI

 

Salutations de Monsieur olier à Saint Joseph

 

Je vous salue, Joseph, image de Dieu le Père, Père du Fils de Dieu, sanctuaire de l’Esprit-Saint, bien-aimé de la Sainte Trinité, coadjuteur très fidèle du grand conseil de Dieu, très digne Epoux de la Vierge Mère, père de tous les fidèles, gardien des saintes vierges, très exact observateur du silence, amant passionné de la pauvreté, exemple de douceur et de patience, miroir d‘humilité et d‘obéissance...

Et bénis soient vos yeux, qui ont vu ce que vous avez vu ; vos oreilles, qui ont entendu ce que vous avez entendu ; vos mains, qui ont touché le Verbe incarné ; vos bras, qui ont porté celui qui porte toutes choses ; votre poitrine, sur laquelle le Fils de Dieu s’est reposé avec délices ; votre cœur, embrasé des ardeurs de son amour...

Ainsi que le Père éternel qui vous a choisi, le Fils qui vous a tant aimé, le Saint Esprit qui vous a sanctifié, Marie, votre Epouse, qui vous a chéri comme un époux et comme un frère, l’Ange qui vous a gardé...

Ainsi que tous ceux qui vous bénissent et vous aiment, vous qui êtes béni entre tous les hommes ; qu’ils soient bénis pendant leur vie, bénis surtout à l’heure de leur mort, afin qu’ils puissent vous bénir à jamais, avec Jésus et Marie, durant le cours de la bienheureuse éternité. Ainsi soit-il.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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25 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Vingt-sixième jour

Héliopolis

 

Après s’être rafraîchis et restaurés dans le jardin des Baumiers, nos pieux voyageurs se dirigèrent vers une grande ville bien bâtie, mais en partie ruinée : c’était Héliopolis, qui s’appelle aussi « On ». C’est là que du temps des enfants de Jacob habitait le prêtre égyptien Putiphar, chez lequel demeurait Asnath, la fille qu’aurait eue Dina après son enlèvement chez les Sichémintes, et que le Patriarche Joseph épousa.

C’est aussi là que demeurait Denys l’Aéropagite à l’époque de la mort de Jésus. La ville avait été dévastée et dépeuplée par la guerre, et des gens de toute espèce étaient venus s’établir dans ses édifices en ruines.

Ils passèrent sur, sur un pont très élevé et très long, une large rivière, le Nil qui paraissait avoir plusieurs bras. Ils vinrent sur une place située devant la porte de la ville et qui était entourée d‘une espèce de promenade. Là se trouvait, sur un tronçon de colonne, plus large par le bas que par le haut, une grande idole à tête de bœuf, qui tenait dans ses bras quelque chose de semblable à un enfant emmailloté. Elle était entourée de pierres, formant comme des bancs. ou des tables, sur lesquelles les gens qui venaient de la ville, en grand nombre, vers cette idole, déposaient leurs offrandes. Non loin de là se trouvait un très-grand arbre sous lequel la sainte Famille s’assit pour se reposer.

Ils étaient là depuis quelques instants à peine, lorsque la terre trembla et que l’idole chancela et tomba. Il s’ensuivit beaucoup de tumulte et de cris parmi le peuple, et un certain nombre d’ouvriers qui travaillaient à un canal du voisinage s’empressèrent d’accourir. Un brave, homme, qui devait être un ouvrier du canal, et qui avait déjà accompagné la sainte Famille sur le chemin, les conduisit en toute hâte vers la ville. Ils étaient déjà hors de la place où était l’idole, lorsque le peuple les remarqua, et leur attribuant la chute de la statue, se,précipita vers eux avec furie, en les injuriant et les menaçant. Mais cela ne fut pas long, car la terre trembla,de nouveau, le grand arbre s’abattit, laissant à nu ses racines, et le sol qui entourait le piédestal de l’idole devint un bourbier d’eau noire et fangeuse dans lequel la statue s’enfonça jusqu’aux cornes. Quelques un des plus méchants parmi cette foule furieuse furent aussi engloutis dans cette mare d’eau noirâtre. Cependant la sainte Famille gagna tranquillement la ville, où elle s’établit dans un édifice massif adossé à un grand temple d’idoles, et dans lequel on avait pratiqué un certain nombre de chambres.

Saint Joseph établit pour quelque temps la sainte Famille dans la grande ville ruinée. Elle s’étend le long d’un grand fleuve à plusieurs bras. On la voit de loin à cause de sa position élevée. Il y a des parties voûtées sous lesquelles coule le fleuve. On en traverse les bras sur des poutres placées dans l’eau pour ce but. L’on rencontrait çà et là dans la ville de grands restes d’édifices, des tours à demi détruites, des temples presque entiers ; des colonnes, semblables à des tours, sur lesquelles on pouvait monter par l’extérieur, et aussi d’autres colonnes très élevées, pointues par en haut et couvertes d’images étranges, ainsi que beaucoup de grandes figures semblables à des chiens accroupis avec des têtes-humaines.

La Sainte Famille habitait les salles d’un grand bâtiment supporté d’un côté par de grosses colonnes peu élevées, les unes carrées, les autres rondes. Beaucoup de gens s’étaient arrangé des habitations sous ces colonnes. En haut, au-dessus de cet édifice, se trouvait un chemin par lequel on allait et venait. En face était un grand temple d’idoles avec deux cours.

En avant de cet espace fermé d’un côté par un mur, s’ouvrant de l’autre sens une rangée de gros piliers peu élevés, Joseph avait disposé une légère construction en bois, divisée par des cloisons en plusieurs compartiments, et dans laquelle ils demeuraient. Ils avaient, derrière une de ces cloisons, un petit autel où ils priaient : c’était une petite table avec une couverture rouge et une autre couverture blanche et transparente par-dessus ; une lampe la surmontait. Saint Joseph, du reste, travaillait souvent au dehors. Il faisait de longs bâtons avec des pommeaux ronds à l’extrémité, de petits escabeaux à trois pieds et des corbeilles. Il fabriquait aussi des cloisons légères en branches entrelacées. Les gens du pays y ajoutaient un certain enduit, et s’en servaient pour disposer des cabanes a compartiments contre les murs et même dans ces murs, qui étaient d’une épaisseur extraordinaire. Il faisait aussi, avec des planches longues et minces, de petites tours légères, a six ou huit pans, se terminant en pointe, et surmontées d’un bouton. Il y avait une ouverture, en sorte qu’une personne pouvait s’y asseoir comme dans une guérite. Des degrés étaient pratiqués à l’extérieur peur monter jusqu’en haut. L’on rencontrait de petites tours semblables devant les temples des idoles, et aussi sur les toits plats. On s’asseyait dedans. C’était peut-être des espèces de corps de garde ou des abris centre le soleil.

La Sainte Vierge s’occupait à tresser des tapis. Elle s’occupait aussi d’un autre travail pour lequel elle se servait d’un bâton à l‘extrémité duquel était un pommeau, soit qu’elle filait, soit qu’elle fit quelque autre ouvrage. On la visitait souvent, ainsi que l’Enfant Jésus, qui était près d’elle par terre dans une espèce de petit berceau, ordinairement placé sur une espèce de tréteau semblable a un tréteau de scieur. L‘enfant était gracieusement couché dans ce berceau, et Marie était souvent assise à côté de lui, tricotant, et ayant auprès d’elle la petite corbeille qui renfermait ses fournitures.

Les hommes qui habitaient cette ville en ruine étaient légèrement vêtus, à demi nus, et n’ayant seulement que des, espèces de tabliers ou plutôt des robes courtes autour du corps. Il y avait là peu de Juifs. On les voyait rôder avec précaution, comme s‘ils n’avaient. pas eu la permission d’habiter dans cet endroit.

Au nord d’Héliopolis, entre cette ville et le Nil, qui se divisait en plusieurs bras, se trouvait le pays de Gessen. Il y avait là un lieu où demeuraient entre deux canaux un assez grand nombre de Juifs, fort dégénérés en ce qui touchait la pratique de leur religion. Plusieurs d‘entre eux avaient fait connaissance avec la sainte Famille ; Marie faisait pour eux des ouvrages de femme, au moyen desquels elle se procurait du pain et d’autres aliments. Les Juifs de la terre de Gessen avaient un temple qu’ils mettaient en parallèle avec celui de Salomon, quoiqu’il fût bien différent.

Pendant son séjour a Héliopolis, non loin du temple d’idoles auprès duquel il habitait, Joseph avait construit un oratoire où les Juifs qui habitaient cet endroit se réunissaient avec la sainte Famille. Auparavant, ils n’avaient pas de lieu pour prier en commun. Cet oratoire était surmonté d‘une coupole légère qu’on pouvait ouvrir, et alors en se trouvait comme en plein air. Au milieu se trouvait une table ou un autel sur lequel étaient posés des rouleaux écrits. Le prêtre ou le docteur était un homme très avancé en âge. Les femmes étaient d’un côté, les hommes de l’autre, quoique moins rigoureusement qu’en Palestine.

La Sainte Vierge, la première fois qu’elle vint dans cet oratoire, avec l’Enfant Jésus, s’assit par terre, appuyée sur un bras. Elle avait devant elle l’Enfant, vêtu d’une robe bleu de ciel, et elle joignait ses petites mains sur sa poitrine. Joseph se tenait derrière elle comme il faisait toujours, quoique les autres, hommes et femmes, fussent assis ou debout, les uns d’un côté, les autres de l’autre.

Et l’Enfant Jésus grandissait et recevait souvent la visite d‘autres enfants. Il pouvait déjà parler et courir. Il était habituellement près de saint Joseph, et allait souvent avec lui lorsqu’il travaillait au dehors. Il avait une petite robe, semblable à une petite chemise, tricotée ou faite d’un seul morceau.

Comme ils habitaient dans le voisinage du temple, et que quelques unes des idoles qui s’y trouvaient avaient été renversées, comme d’ailleurs on se souvenait de la chute de l’idole qui avait eu lieu devant la porte lors de leur entrée, bien des gens attribuèrent ces divers accidents à la colère des dieux contre eux, et ils eurent beaucoup de persécutions à souffrir à cause de cela.

 

Considération

Saint Joseph d’après Monsieur Auguste Nicolas

 

Aux témoignages que nous avons rapportés jusqu’à présent à la gloire de saint Joseph, il nous reste à ajouter ceux des pieux laïques de notre temps, et ce ne sont pas des moins considérables, qui ont eu aussi à cœur d’attacher leur fleuron à la couronne du saint Patriarche. Et que nous sommes heureux de pouvoir citer ici l’un de nos meilleurs apologistes, Monsieur Auguste Nicolas, ancien Magistrat ; l’un de nos Représentants , M. Pierre Pradié, et le Roi de la presse, M. Louis Veuillot, que nos publicistes regardent comme leur maître à tous ! Voici d’abord ce que dit de saint Joseph M. Auguste Nicolas dans ses Nouvelles Etudes philosophiques sur le Christianisme :

« Représentez-vous toute l’économie du mystère de l’Incarnation comme un grand tableau dans lequel vous verrez dépeints Dieu le Père, son Fils unique, le Saint-Esprit et la sainte Vierge, et ces quatre personnes éclatantes d’autant de lumières qu’elles opèrent de prodiges dans ce mystère. Mais au lieu que, dans un tableau matériel, l’ombre a toujours pour objet de faire ressortir les figures en repoussoir ou en relief, ici, au contraire, il faut une ombre pour tempérer et pour éteindre leur trop grand éclat, de pour qu’elles n’éblouissent ou qu‘elles n'aveuglent les yeux des mortels; et le seul Joseph a une vertu d’obscurité si étendue, qu’elle suffit pour les voiler toutes, jusqu’au temps où il plaise à Dieu de les manifester.

La très Sainte Vierge, en effet, est cachée à l’ombre de Saint Joseph : sa virginité, sa maternité divine, sont enveloppées du voile de son mariage avec lui. Le Saint Esprit est pareillement caché sous cette même ombre ; car ce qui est né de Marie, dit l’Evangile, est l'ouvrage du Saint-Esprit : c'est la son chef-d’œuvre, sa gloire, dont l’humble Epoux de Marie éteint en lui les rayons. Que dirai-je de ce chef-d’œuvre lui-même, de l'Homme-Dieu enseveli dans cette obscurité jusqu'à passer pour fils du charpentier ? Enfin, Dieu le Père est tellement dérobé par saint Joseph, qu’il aura besoin, en quelque sorte, de venir revendiquer lui-même son Fils au jour de son baptême, par cette parole céleste ; Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toutes mes complaisances.

Les Apôtres et tous les autres Saints, les Docteurs, les Pasteurs, les Confesseurs, les Martyrs, ont ou tous pour mission de prêcher Jésus-Christ à toute créature, de répandre au loin la bonne odeur de son nom, de le faire retentir devant les puissances, et d’en porter le son jusqu’aux extrémités de la terre. Mais Joseph est un saint tout singulier, prédestiné pour un ministère tout contraire, pour cacher sa gloire jusqu’au temps de sa manifestation, pour en assourdir les reflets, pour en favoriser les retards et les surprises.

L’Homme-Dieu, ayant voulu réserver à sa mort et a sa croix le miséricordieux prodige d’attirer à soi toutes choses et de triompher hautement des puissances du siècle, eût fait, si les mystères de sa conception divine et de sa naissance d’une Vierge eussent été divulgués avant ce temps, céder prématurément et trop ouvertement à sa divinité ces puissances, qui ne l’eussent pas crucifié, dit saint Paul, si elles eussent connu en lui un Roi de gloire. Mais, dans l’idée qu‘il est né d’un mariage ordinaire, elles prennent le Dieu pour un enfant. Il vient à petit bruit exécuter ses grands desseins en les cachant a l’ombre de Joseph, qu‘on prend pour son père, et qui écarte ou déconcerte les soupçons, jusqu’au jour où, faisant éclater tout à coup sa force et sa gloire dans la faiblesse et l’ignominie de sa mort, on reconnaîtra les divins stratagèmes de ce puissant Réparateur de l’homme, qui se sera servi d'un Joseph pour les cacher, comme d’une croix pour les faire à jamais triompher dans le monde.

Tel est le rôle unique de Joseph : rôle obscur, mais d’autant plus sublime. Comme c’est un plus grand prodige de voir la gloire de Dieu anéantie que de la voir éclatante de majesté, la toute-puissance de Dieu s’est montrée plus miraculeuse en un sens dans le seul Joseph, dont elle s’est servi comme d’un voile pour cacher sa gloire, que dans tout le reste des saints qu’elle a employés pour la manifester; et l’on doit regarder et vénérer ce grand saint comme ces augustes ténèbres dont parle l’Ecriture, sous lesquelles la majesté de Dieu a voulu se retirer ».

Mais, comme ces nuages dont le soleil n’éclaire que la partie que nous ne voyons pas, et qui sont d’autant plus lumineux du côté du ciel qu’ils sont plus obscurs à la terre, la gloire de Joseph éclate aux yeux de Dieu et des Anges en raison de son obscurité aux regards des hommes.

Et c’est de la que part l’illustre apologiste pour considérer ce grand patron des âmes cachées et suréminentes, soit comme Epoux de Marie, soit comme Père, comme nourricier, comme gouverneur de Jésus. Après quoi il ajoute :

« Saint Joseph est un Saint, si j’ose ainsi dire, de choix, comme le plus caché de tous les Saints, et par cela même, au sens chrétien, comme le plus illustre, le plus digne de tous les honneurs, parce qu’il n’a jamais été touché de l’honneur. Aussi toutes les âmes vraiment grandes, qui sont toujours les plus simples, ressentent son attrait, et se font gloire d’avoir pour patron dans le ciel celui qui a été le patron de notre Dieu lui-même sur la terre. Gerson avait pour lui une dévotion toute particulière ; il a composé des discours latins et français, des poèmes et des offices en son honneur ; il a stimulé les princes de son temps à lui vouer des têtes, à bâtir des temples sous son invocation. Bossuet lui a consacré les prémices de son éloquence, et il fit tellement partager à la reine-mère et à Louis XIV sa vénération pour ce glorieux dépositaire de la virginité de Marie et de l’humanité du Fils de Dieu, que, sur lettres closes et ordres très-exprès du grand roi, les cours souveraines ordonnèrent que sa Fête serait chômable et obligatoire, avec interruption de travail et cessation entière des affaires, par tout le royaume ».

Et nous, ajoutons, ce que l’éminent apologiste ne savait peut-être pas, que l’édit du roi est du 12 mais l661, et que le 14, les vicaires généraux du cardinal de Retz, archevêque de Paris, faisaient un Mandement en conséquence et pour que la Fête fût chômée et célébrée le samedi suivant, 19 du même mois. La Fête de saint Joseph était donc d’obligation en France avant 1789. Espérons que dans des jours meilleurs, et eu égard au décret du Souverain Pontife en date du 8 décembre 1870, elle le redeviendra encore.

 

Pratique

Dévotion au Cœur de Saint Joseph

 

Après le Cœur adorable de Jésus et le Cœur immaculé de Marie, il n’est pas de cœur plus digne de notre vénération et de notre amour que le Cœur très pur de saint Joseph, orné de tous les dons les plus sublimes de la nature et de la grâce, créé exprès par l’adorable Trinité pour être uni par des liens aussi étroits qu’indissolubles au très Saint Cœur de Marie, dont il a été aimé d’un amour particulier ; et qui, après celui de Marie, a été mis en communication plus directe qu’aucun autre avec le Cœur sacré de Jésus, puisqu’en le portant si souvent dans ses bras, il a eu l’insigne privilège de presser son cœur de fils contre son propre coeur de père. Et d’ailleurs, quelle union ! Quelles communications ! Quelles correspondances ! Quel échange d’indicibles sentiments entre ce Cœur et ceux de Jésus et de Marie, pendant les trente ans qu’ils vécurent ensemble, Joseph étant époux et père, Marie mère et épouse, Jésus l’auguste fils de l'un et de l’autre !

Aussi, dit le P. Faber, le Cœur très pur de Joseph, si semblable au Cœur immaculé de Marie et a celui de Jésus, quoique avec une différence sensible, était-il pour le Sauveur une cause spéciale de joie, parce qu’égalant en grandeur et en prix le monde commun, il était en lui-même un monde à part, où l’insatiable amour de Jésus pour les hommes pouvait s’épancher en torrents d’impétueuse affection, et sa soif d’amour humain trouver un soulagement inexprimable.

C’est à nous de voir, après cela, si nous ne devons pas avoir un culte spécial pour cet incomparable Cœur de saint Joseph, et si nous ne pouvons pas nous laisser aller à tous les épanchements de nos cœurs pour ce saint Cœur, sans être exposés à jamais regretter de lui témoigner toute notre vénération, notre amour et notre confiance. C‘est à nous de déterminer ensuite les pieux exercices par lesquels nous tiendrons à honorer cet incomparable Cœur.

 

Prière

Au Cœur de Saint Joseph

 

Aimable Cœur de saint Joseph, chef-d’œuvre des mains de Dieu, qui vous a fait le plus noble et le plus parfait de tous les cœurs, après ceux de Jésus et de Marie, recevez en ce moment mes plus humbles salutations, mes hommages les plus sincères, l’expression de mon plus entier dévouement. Je vous salue et vous révère, ô Cœur si cher à mon cœur, car vous êtes jour et nuit le sujet de mes pensées et l’objet de mes désirs. Vous êtes la belle et florissante école où je veux désormais étudier la science du saint amour. Vous êtes le char triomphal dans lequel je souhaite d’être conduit aux collines des vertus. Vous êtes la fournaise embrasée dans laquelle je viens m’échauffer des feux de la divine charité. Vous êtes le paradis de délices où je serai heureux de respirer le parfum des célestes affections qu’il faut avoir pour Jésus et Marie. Vous êtes la vive source d’où je puiserai les eaux des chastes joies pour arroser la terre de mon âme. Vous êtes la solitude bénie où j’ai résolu de consacrer mes jours au service de votre divin Fils et de votre Epouse immaculée. Vous êtes le petit nid où je veux vivre et mourir en repos. Vous êtes la clef dorée avec laquelle je puis et dois entrer au trésor des bénédictions et des faveurs du ciel. Vous êtes la porte par où je passerai pour arriver au Cœur de Jésus et au Cœur de Marie, Cœurs divins dont l‘excellence surpasse toute richesse et le mérite toute louange ; Cœurs précieux, plus brillants que le soleil, plus blancs que la neige, plus embaumés que les lys ; Cœurs dans lesquels Dieu a renfermé tous les biens, seuls désirables, seuls délectables.

Oh ! Qui me fera la grâce de cacher mon cœur dans ces sacrés Cœurs ? Vous, bon saint Joseph, dont le Coeur ne fit qu’un cœur avec ceux de Jésus et de Marie, embrasez alors mon cœur du feu de cet amour divin qui consumait le vôtre sur la terre, dirigez tentes ses inspirations, purifiez et sanctifiez toutes ses affections. Et puissé-je n’avoir qu'un seul cœur avec vous pour aimer Jésus et Marie dans le temps, afin que je puisse les glorifier dans le ciel pendant l’éternité ! Ainsi soit-il.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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