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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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29 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Trentième jour

Notre Dame du Bon Conseil, consolatrice des pauvres

 

Pour supporter avec patience les privations inhérentes à son état, le pauvre a besoin d'un soutien ; pour triompher des préjugés vulgaires et se glorifier de sa pauvreté comme d'un titre de noblesse, il a besoin d'exemples. Eh bien ! ce soutien et ces exemples, la Mère du Bon Conseil les offre. Marie naît d'une famille illustre par le nombre et la gloire des ancêtres, mais privée des biens de la fortune. Épouse d’un simple artisan, ouvrière elle-même, elle doit, au moment de la Nativité de son Fils, se retirer dans une grotte affreuse ; l'héritier de David et de Salomon a une crèche pour berceau. Au jour de la Présentation, la fille des Rois offre le sacrifice des pauvres. Qui dira les privations endurées en Égypte ? Rentrée à Nazareth, la Sainte Famille retrouve la pauvreté, l’obscurité, le travail : les voisins ne voient en Marie que la femme d'un charpentier. Quand Jésus sort du silence et de la solitude pour faire entendre aux foules l’Évangile du salut, Marie se tient à l'écart ; elle ne veut pas, semble-t-il, opposer à la doctrine du Fils la simplicité de la Mère : ce Jésus, n'est-Il pas le Fils du charpentier Joseph et de cette femme qui s'appelle Marie ?….

Marie ne paraît ni chez Simon le Lépreux, ni au banquet de Lazare ressuscité, ni à l'entrée triomphante, ni dans aucune manifestation de la vie publique de Jésus, la Passion exceptée. Nous la voyons cependant aux Noces de Cana. Savez-vous pourquoi ? Parce que les invités et les époux sont pauvres.

La pauvreté de Marie ! Quelle source de consolation pour les déshérités d’ici bas ! Quelle pure et suave clarté elle répand sur le délaissement et sur l'oubli auxquels ils sont voués ! Puisque tout homme sent le besoin de se rapprocher de son pareil, Marie doit entourer les pauvres d'une prédilection manifeste. Qu'ils sachent donc puiser dans la détresse de leur Mère un nouveau motif de l'aimer et de la supplier !

Ô vous qui gémissez sous les dures étreintes de la pauvreté, jetez des profondeurs de votre misère, un regard confiant sur la Reine du Ciel. Vous êtes les sujets de Notre Dame du Bon Conseil, ses clients aimés, ses fils de prédilection. Notre Dame du Bon Conseil vous soutiendra, vous guidera, vous consolera. Elle fera comprendre aux riches vos droits et leurs devoirs, leur inspirant de nourrir votre faim des restes de leur superflu. Vous recevrez, par elle, avec patience dans les tribulations, l'intelligence, peut-être même l'amour de votre éminente dignité, et vous tiendrez à rester ce que vous êtes, les confidents du Sauveur, les premiers ministres de Son royaume spirituel.

 

Exemple

 

On écrit de Paris, le 5 février 1892 : « J'étais en butte, depuis deux ans, aux tracasseries de plusieurs membres de ma famille. Ils me réclamaient, à la suite d'un héritage, tout, ce que la loi et la volonté du défunt m'avaient donné. Pendant un demi-siècle, j'avais sué sang et eau pour m'assurer une vieillesse, sinon opulente, du moins paisible et sûre ; et voilà qu’on essayait de m'enlever mes petites économies et de m'envoyer à l’hôpital. J'avais beau exposer ma situation, raisonner mon droit, aller d'avocat à notaire, de maire à avoué, aucune réponse ne me contentait, il me semblait entendre toujours sur le seuil de ma porte, les huissiers et les gendarmes. Si mon état avait duré quelques jours de plus, assurément je perdais la tête. Par bonheur la Providence me fit rencontrer un ecclésiastique fort dévot à Notre Dame du Bon Conseil. Ce digne prêtre me donna une Image de cette Madone et me dit de ne m’inspirer désormais que de ses réponses. Je me mis résolument à I'oeuvre. J’interrogeai chaque matin la divine Conseillère, et ses réponses furent si promptes, si sages, si fidèles que le calme me revint. Ma tactique apprise à l'école de Celle qui est terrible comme une armée rangée en bataille, déconcerte mes ennemis, eux autrefois si insupportables, si accablants, si avides ; eux qui me harcelaient de leurs attaques et de leurs menaces finissent par me laisser tranquille et je puis jouir en paix des derniers restes de ma vie.

 

Prière

 

Ô Marie, Mère du Bon Conseil, nous vous choisissons comme notre protectrice spéciale dans le difficile pèlerinage de cette vie. Nous vous prenons pour arbitre et souveraine dans nos maisons, nos familles et nos intérêts. Rappelez-vous, ô Mère, que pour vous honorer de plus en plus, nous nous sommes unis dans votre Pieuse Union. Délivrez-nous de tous les dangers, consolez-nous dans nos malheurs, défendez-nous contre les embûches de nos ennemis, préservez-nous du péché et assistez-nous à l'heure de notre mort. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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28 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Vingt-neuvième jour

Notre Dame du Bon Conseil, modèle de sacrifice

 

Chez nous les impressions nouvelles affaiblissent ou chassent les anciennes ; les chagrins mêmes, s'ils arrivent en foule, se neutralisent les uns les autres jusqu'à un certain point, les grandes affections envahissent ou absorbent les affections légères. Chez Marie, pas de confusion possible. Son esprit transmettait clairement à son exquise sensibilité les nuances des douleurs les plus délicates et les plus multiples. Le glaive de la prophétie de Siméon faisait briller à ses yeux toutes les circonstances les plus douloureuses du supplice de Jésus ; Elle les voyait, les sentait, les souffrait. Et Marie acceptait la douleur avec une générosité d'autant plus gracieuse que cette générosité naissait spontanément, sans effort, de l'abondance du coeur. En Elle, pas de rébellion ; la grandeur de son union avec Dieu écartait tout délai, tout calcul, tout combat. Jésus lui présentait une coupe d’amertume, pouvait-elle lutter avec son Fils. Même un instant ? L'admettre, serait admettre que Marie eût pu déchoir passagèrement de sa perfection et perdre de son intégrité. Marie n'a plus de volonté, ou plutôt sa volonté est pour jamais dans les profondeurs de la volonté divine.

Quelle magnifique leçon, et quels salutaires conseils pour nous ! – Le monde étant plein de Dieu, il semble qu'il ne devrait pas y avoir de douleur ici-bas, car près de Dieu, le bonheur seul peut exister. Et pourtant, sur cette terre, le malheur est réel ; chaque âme est un sanctuaire de secrète affliction. Pour quelques-uns le chagrin est récent, chez d'autres il est ancien ; chez un grand nombre, il ne finira qu’avec la mort. Comment agirons-nous sous les coups de la souffrance ? Nous tiendrons-nous, comme Marie, dans le silence et dans la paix ? Oui, si nous le pouvons.

Mais si cette héroïque résignation dépasse nos forces, nous imiterons l'image du Bon conseil, nous prendrons Jésus dans nos bras le demandant à sa tendre Mère et nous reposerons notre tête fatiguée sur la sienne, tandis que notre coeur déchiré et sanglant, pressera le sien du reste de ses forces. Alors cette ineffable étreinte nous transformera. Nous regarderons notre douleur en face, loin de la maudire, nous l'aimerons, nous lui dirons d'être pour nous un second Ange gardien qui nous défende contre le découragement, une ombre de Dieu qui empêche les rayons du monde de dessécher en nous les sources de la prière, afin que le soir de la vie arrivé, nous trouvions l'éternelle félicité, dans l'éternel repos.

 

Exemple

 

« Gloire et reconnaissance à Notre Dame du Bon Conseil, écrit une Associée de la Pieuse Union. Mon amie, Louise Dallin, souffrait le martyre. Une dysenterie implacable l'avait tellement épuisée que le médecin croyait à une mort prochaine. Que faire ? Implorer Celle que les générations appellent le Salut des infirmes. J'avais maintes fois constaté l'efficacité des images de Notre Dame du Bon Conseil ; c'était donc à elle qu'il fallait remettre le soin de soulager ou de guérir notre malade. Pleine de confiance, j'aborde le mari désolé : « Monsieur, lui dis-je, j'apporte le salut de votre femme ; vous l'aurez ce salut, mais à une condition : il faut réciter trois Ave Maria et trois invocations à N.-D. du Bon Conseil, ensuite faire avaler cette image à votre malade ». Le mari, indifférent en matière de religion, mais honnête et raisonnable, se met à genoux et fait les prières indiquées. Sa femme invoque, elle aussi, la Mère du Bon Conseil ; puis, avec un accent de piété et de foi qui m'ébranle : « Sainte Vierge, s'écrie-t-elle, ce que vous voulez, vous le pouvez ; veuillez donc me guérir ; mon intérieur est totalement délabré, mais quand même vous pouvez encore me sauver ». Ce que ni le docteur, ni les remèdes n'avaient obtenu, Marie l’accorda. Le lendemain, la malade se levait ; elle était complètement guérie ».

 

Prière

 

Ô Vierge Marie, Mère du Bon Conseil, qui doucement attirée par votre gracieux Enfant, inclinez modestement la tête vers Lui pour répondre aux désirs de Son amour ; apprenez-nous à correspondre aux attraits de la grâce de Dieu et aux inspirations de vos bons conseils. Colombe très pure, votre coeur lut toujours en Dieu, vos pensées turent toujours de Dieu, vos yeux et vos oreilles n'eurent qu'un seul but : voir et entendre Dieu. Pour Lui plaire vous avez accepté avec joie les sacrifices les plus difficiles ; pour Lui obéir vous avez enduré avec une admirable patience les souffrances les plus cruelles, pour Lui être fidèle vous avez voulu vous soumettre aux plus dures humiliations. Ô Mère, aidez-nous à vous imiter ! Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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27 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Vingt-huitième jour

Notre Dame du Bon Conseil, modèle de sacrifice

 

De même que dès le premier instant de sa vie humaine Jésus fut Victime, de même à partir de ce moment Marie fut Sacrificateur. Cette fonction de sacrificateur, et cet esprit de sacrifice nous sont dévoilés clairement chez Marie à partir du jour de la présentation de Jésus au temple. A cette heure solennelle, Marie présente au Père céleste son Fils divin en holocauste. Dès alors elle offre son corps, son sang, ses prières, ses mérites, ses vertus, ses travaux, ses souffrances, ses abaissements ; en un mot, elle offre le même sacrifice qui s'achèvera, trente trois ans plus tard, sur le Golgotha.

Marie prend dans le temple une attitude de prêtresse. Sur l'autel de son coeur, plus encore que dans ses bras, elle offre à la justice divine l'adorable Victime et consent à perdre un jour son Enfant pour le rachat du monde. Marie s'abîme dans l'immense holocauste du Christ et s’y unit intimement. Elle joint son coeur à celui du Sauveur et s’immole avec son Fils pour le salut de l'humanité ! N'est-il pas touchant que Jésus ne consente à Se laisser immoler que par les mains de Sa Mère ? Mais dans cette offrande, Dieu le Père posa Sa main sur la tête de l'Enfant Rédempteur, et la Mère eut la consolation pleine d'amertume de voir son Fils grandir pour l'immolation sanglante du Calvaire.

Siméon ne se contenta pas d'exalter la grandeur et l'excellence du Sauveur, d'attester Son humanité, Sa divinité, Sa mort en Sauveur et la place d’honneur qu'il occupe dans la famille humaine comme centre de l'histoire du monde ; il adresse aussi à Marie ces paroles expressives : « Votre âme à vous sera transpercée d'un glaive de douleur ».

Marie aura donc à accompagner de ses souffrances et de son sacrifice la carrière douloureuse, toute d'immolation de son Fils, avant de reprendre sous la croix son rôle de prêtresse... Toute sa vie est une vie de sacrifices continuels ; un martyre ininterrompu. Un glaive doit transpercer son coeur. Cette parole terrible lui met sur les yeux le lugubre tableau du soir de la Vie de son Fils. Qu'elle se trouve, selon le corps, à Bethléem, en Égypte, à Nazareth, son esprit contemple sans cesse la scène sanglante du Calvaire, et ne se détache pas du Golgotha. Dès cet instant, elle ne perd plus le souvenir de la passion du Messie. Mais de même que Jésus a mérité par Ses abaissements et Ses souffrances une exaltation magnifique, ainsi Marie a conquis au prix de ses douleurs et de son sacrifice l’honneur de devenir la Mère de l'Église et de tous les élus. Qu’elles sont belles les deux Victimes, la Mère et le Fils, dans l'image du Bon Conseil ! Marie devait tenir ainsi Jésus en l'offrant dans son coeur au Père éternel.

 

Exemples

 

Une maladie foudroyante surprend un saint prêtre au milieu de son apostolat en faveur de la dévotion du Bon Conseil, et le met sur les bords de la tombe. Le pieux serviteur de Marie ne craint pas la mort ; au contraire, il l'appelle de ses voeux, il parle de l'éternité avec une allégresse rayonnante comme s’il goûtait déjà le bonheur du paradis : « Je suis tout entier à la joie de mourir dit-il en souriant». La bonne Mère du Bon Conseil fortement sollicitée par les amis du malade, impose un sacrifice à son dévoué serviteur qui ne sera supportable pour lui qu'à la condition de servir encore sa tendre Mère... Elle le guérit !

Une famille chrétienne de Béziers se réunit chaque soir, devant l'Image de Notre Dame du Bon Conseil. C’est là que se fait la prière, c'est là que le coeur se dilate et que l’âme s’élève. Sous le regard maternel de la Vierge, tout s'achève, se purifie, se transforme ; comme la joie, la tristesse apporte sa lumière et son parfum, l'épreuve, chrétiennement acceptée, trouve en elle des éléments féconds de consolation et d'espérance. Il semble à cette famille que les Anges ravis par le Ciel à son amour vivent encore, agitant leurs ailes pour avertir de leur présence et faire souvenir de leur bonheur. Que de familles trouveraient la même consolation dans leur résignation, devant la Sainte Image de Notre Dame du Bon Conseil !

 

Prière

 

Brillante étoile du paradis, Mère du Bon Conseil, quel est celui, qui parmi les dangers et les larmes de cet exil, ne vous offre le tribut de ses hommages, de son amour et de sa fidélité ? Le culte de votre Image n'a d'autres bornes que celles du monde. Comme le petit enfant tend les mains vers sa mère, comme l'exilé soupire vers la patrie et le matelot vers le port, ainsi le coeur de l'homme se porte vers vous avec tout l'élan du plus vif amour. Oui, ô Mère du Bon Conseil, aimable et tendre Mère, nous vous aimons ! Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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26 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Vingt-septième jour

Notre Dame du Bon Conseil, Consolatrice du peuple chrétien

 

Le doux et universel rayonnement qu’exerce la présence de Marie au milieu des chrétiens ne doit pas nous étonner, puisque l'ombre de ses traits, aperçue dans le lointain des siècles à venir, faisait tressaillir d'aise et palpiter d'espérance les malheureux des anciens jours.

Rappelons-nous l'histoire de Jacob. Jacob, poursuivi par la colère d'Esaü, cherche un refuge près de Laban, dans la ville de Charres. Son âme ne s'abîme ni dans la haine, ni dans le désespoir ; elle ne fléchit ni ne rompt sous le poids de l'infortune. Qui donc le soutient ?... Un soir, dans la solitude il a vu une échelle immense, dressée entre le ciel et la terre, avec Dieu au sommet, et des anges qui en montent et descendent les degrés. Cette échelle est la figure de Marie.

Le même Patriarche était seul sur la rive du Jourdain, brisé de fatigue, tremblant de peur. Une vision mystérieuse et prophétique vint alors réveiller son courage. Il luttait contre un inconnu qui ne pouvait le terrasser, lui touche le nerf de la jambe, et aussitôt ce nerf se dessécha. Vaincu par et procédé extraordinaire, Jacob s'écria : « Laissez-moi maintenant, car voici l'aurore ». - « Comment t'appelle-t-on ? répartit le lutteur ». - « Je me nomme Jacob ». - « Désormais tu te nommeras Israël, Fort contre Dieu ». Cette aurore naissante, dont les premiers feux apportent au lutteur la force et la consolation, c'est encore l'image de Marie.

Enfin, sur le point d'aller où sont allés ses pères, Jacob s'attriste. N'a-t-il point laissé ses enfants en Égypte ? Mais il regarde la tête de sa couche et le sommet de la verge qui se trouve dans la main de Joseph, et voilà qu'aussitôt un rayon de joie vient éclairer son front ; cette verge, c'est Marie au sommet de laquelle Jésus s'épanouit comme une fleur. Si l'ombre de la figure de Marie soulageait les patriarches de l’Ancien Testament, si sa présence relevait l'abattement des premiers chrétiens, imaginez la puissance de consolation que la Reine du ciel doit avoir maintenant. « Salut ! S'écrie saint Jean Damascène, ô vous qui dissipez toutes les inquiétudes. Salut ! Ô vous qui guérissez tous les maux du coeur ».

Marie, d'après saint Epiphane, est la Vierge à plusieurs yeux. Dès qu’elle nous voit dans le besoin, elle se hâte de nous secourir. « Vos deux mamelles, lui dit l’Époux du Cantique des Cantiques… » Que signifient ces deux mamelles ? La miséricorde et la clémence de la Mère du Bon Conseil. N'est-ce pas là, en effet que ses enfants vont sucer le lait qui adoucit leurs peines ? Souffrances de l'âme, souffrances du corps trouvent leur soulagement et leur guérison devant la salutaire Image du Bon Conseil.

 

Exemples

 

Un père de famille avait perdu la raison. Les siens l'entouraient d'abord des soins les plus délicats, mais voyant que leur dévouement n'améliorait en rien le sort de ce malheureux, ils le prirent en dégoût. Sa femme cependant eut recours à la Mère du Bon Conseil ; elle lui promit un tableau magnifique si le pauvre fou recouvrait la santé. Quelques heures après, la grâce était obtenue.

« J'étais, depuis trois ans, affligé d'une terrible infirmité, écrit un associé, le mal caduc, quand un de mes amis me prêta l'histoire de la translation de l'Image de la Sainte Vierge de Scutarie à Genazzano. J'y lus avec bonheur que Marie se plaisait en quelque sorte à guérir les malheureux épileptiques. Aussitôt l'espérance réjouit mon âme. Je me mis à invoquer la Madone et à lui promettre, en reconnaissance de ma guérison, un pèlerinage à son pieux sanctuaire. Cette promesse m'établit dans la joie, dans la confiance et dans la paix. Toutes les fois que je sentais venir le danger, je priais Marie et sa main écartait le mal. Trente-sept ans se sont écoulés depuis, et les crises ne sont plus revenues. La guérison fut donc complète ! Aussi, mon coeur n'est pas ingrat, il chante Marie, il la prie, il l'aime, il pousse tout le monde à l'invoquer ».

 

Prière

 

Ô Mère très douce du Bon Conseil, nous espérons toujours en vous, et dans nos peines et nos inquiétudes nous resterons attachés à votre dévotion comme à l'ancre de notre salut. Hâtez votre miséricorde, ô Marie, faites-nous savourer les fruits de la confiance que nous avons placée en vous. Nous bénirons en cette vie et en l'autre cette admirable dévotion qui vous fait appeler notre douce espérance et le plus cher asile de tous les malheureux. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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24 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Vingt-cinquième jour

Notre Dame du Bon Conseil, Refuge des Pécheurs

 

Quel que soit notre état, quelle que soit notre situation, tous, qui que nous soyons, nous avons besoin de la grâce du Bon Conseil. Aurions-nous roulé jusqu'au dernier abîme de la dégradation morale, le Bon Conseil nous en retirera et nous transportera sur les sommets de la perfection. Voulez-vous, au sortir de cette vie de périls et de luttes, entrer dans le temple de la gloire céleste, vous devez marcher à la lumière et à la suite du Bon Conseil, vous laisser aller à son souffle suave et fort, enfin vivre et persévérer dans la vertu, conformément à ses divines inspirations. C'est à lui que les chrétiens attribuent tout ce qu’ils font de bien ici-bas, à lui que les habitants du ciel rapportent leur félicité.

Contemplons ces bienheureux, qui plongés dans les célestes délices goûtent maintenant et goûteront toujours les joies du Paradis ; qui les a guidés ? Qui les a soutenus ? le Bon Conseil. Et puisque Dieu a voulu que Marie fût la Mère, et la dispensatrice du Bon Conseil, c'est donc Elle qui dépeuple l'enfer et peuple le ciel, c’est Elle qui fait les saints !

Faisons donc monter nos prières vers la Mère du Bon Conseil ; supplions-la d'illuminer notre esprit et de fortifier notre coeur. Et que ne fera-t-elle point pour nous, pauvres pécheurs, quand nous irons à Elle avec piété et lui demanderons de nous conduire, par la grâce du Bon Conseil à la gloire du Paradis ? Que peut-elle refuser à ses fidèles serviteurs dont l'amour persévérant se tourne chaque jour vers elle et réclame son appui ?

Allons nous jeter devant son aimable Image. Porte du ciel, elle s'ouvrira gracieuse et belle pour nous laisser entrer dans les splendeurs du temple éternel. Bannissons toute crainte. Marie, nous repousser !... Marie, fermer l'oreille à nos supplications… mais vous n'y pensez pas ! Invoquons-la sans cesse, sous son beau titre de Mère du Bon Conseil, et nous obtiendrons certainement le double bienfait d'une vie chrétienne et d'une sainte mort. Sa bonté ouvrira devant notre indigence et notre misère le trésor et la source inépuisables de ses maternelles inspirations.

 

Exemple

 

Nous continuons le récit dont nous avons lu hier la première partie : « Le surlendemain de cette triste mort, je suis appelé près de l'autre malade. Mêmes blasphèmes, mais moins affreux à l'endroit de la Sainte Vierge. Je combats pendant trois heures et suis à bout de forces et de raisonnements, quand je songe à une médaille de Notre Dame du Bon Conseil que je porte sur moi. Je la saisis et l'offre au malade... Il regarde, la prend, la tourne et retourne : « elle est tout de même belle votre bonne Vierge, me dit-il, mettez-la sur la cheminée ». J'insiste, pour qu'il se la laisse mettre au cou. « S'il n’y a que cela pour vous faire plaisir, je veux bien, prenez un cordon qui se trouve au fond du deuxième tiroir de la commode ». Je m'empresse d'ouvrir le tiroir, je trouve effectivement le cordon et je lui passe la médaille. « Vous n'allez pas me confesser..., j'en ai assez, dit-il ». Il était une heure de l’après-midi, je le quitte pour aller prendre un peu de nourriture. En route, je rencontre un groupe d'enfants en train de jouer : la pensée me vint de les emmener avec moi à l'église faire une neuvaine pour la conversion du malade. Ils m'accompagnent volontiers et nous prions ensemble la bonne Mère… Une heure après j'étais à la porte de la maison du malade ; je rencontre là une douzaine de personnes me regardant d'un air qui voulait dire : « Vous n'allez rien obtenir ». J'approche du malade : « Eh bien ! Lui dis-je, que devenez-vous ? » « Ce n'est pas tout cela, me répondit-il avec énergie, je veux me confesser, êtes-vous prêt ? Je ne puis résister à votre bonne Vierge ! » Je le confesse, lui donne l’Extrême-Onction, et un quart d'heure après, il meurt doucement, en embrassant sa médaille après m'avoir prié de recommander à sa belle-mère de mettre la médaille miraculeuse avec lui dans son cercueil.

 

Prière

 

Ô Mère du Bon Conseil ! Un pécheur si horrible et si affreux soit-il, ne saurait vous effrayer. Quiconque vous frappe de ses soupirs et de ses gémissements, quiconque, le coeur contrit, implore votre assistance n'est jamais abandonné. Montrez votre miséricorde, prouvez qu'on a raison de vous proclamer la Mère de tous les malheureux. Vous nous voyez à vos pieds, là, devant votre Image. Ayez pitié de notre détresse ; accordez-nous les remèdes qui doivent nous guérir et nous sauver. Constituez-vous notre gardienne durant toute notre vie, afin qu'après vous avoir aimée et servie sur la terre, nous puissions vous aimer dans l'éternelle joie du ciel. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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23 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Vingt-quatrième jour

Notre Dame du Bon Conseil, refuge des pécheurs

 

Que le péché de nos premiers parents ait gravement endommagé notre intelligence et notre volonté, c'est là une vérité de foi et un fait d'expérience plus qu'évident. En quoi consiste cette blessure ? Pour l’intelligence, dans l'aveuglement ; pour la volonté, dans la faiblesse et la tendance au mal. Autre conséquence de la chute originelle : outre la perte de tous les biens surnaturels, la créature ne portera en elle qu'une image défigurée du Créateur.

L'immensité de cette déplorable infortune s'augmente encore de la multitude de nos fautes personnelles, et cette infortune peut devenir telle que les pécheurs tombés dans la plus profonde infirmité spirituelle et le relâchement le plus désordonné, sombrent encore dans l'absolue confusion des idées morales et dans l'abrutissement hideux et complet de la volonté. Secouant le frein du Bon Conseil, ils abandonnent le droit chemin et ils s'égarent dans la nuit des voies ténébreuses. On est épouvanté quand on regarde à la lumière du Bon Conseil les terribles abîmes qui s'ouvrent au sein de la société et peut-être autour de nous, tout près de nous, sous nos propres pas.

Ne craignons pas de scruter notre coeur, le flambeau à la main. Il existe souvent, dans les replis de l'âme, des abîmes plus profonds que les abîmes de l'enfer. Quelle félicité serait la nôtre, si, dans l'oeuvre du salut, nous appelions à notre aide la grâce du bon Conseil ! Donner un bon conseil, c’est arracher l'âme à la funeste influence de l'erreur, la relever de ses chutes et la ramener au salut. Oh ! le doux et saint office ! Qu'il est consolant ! Qu'il est digne d’envie !

Sa grâce, nous le savons, apporte un double bienfait : elle éclaire l'intelligence, fortifie la volonté. Par elle, nous découvrons facilement si la voie que nous suivons est, oui ou non, périlleuse, par elle, nous avons le courage de rentrer dans le droit chemin, de triompher de toutes les séductions, de vaincre tous les obstacles. Écoutons le cri de la Mère du Bon Conseil, écoutons son invitation : « Avec moi se trouvent le conseil et l'équité ; la prudence est à moi, à moi aussi est la force ». Quelle sagesse dans ce cri ! Quelle bonté, dans cette invitation !

 

Exemple

 

Voici un double fait extraordinaire raconté par un prêtre, directeur de la Pieuse Union et dont nous allons voir aujourd'hui la première partie : demain nous verrons la seconde. « Deux jeunes gens, mes paroissiens, reviennent en même temps du service militaire, mais tous deux avec une maladie causée par leur conduite, qui les met bientôt aux portes du tombeau. Ces deux malheureux s'étaient promis l'un à l'autre, au soir de leur première Communion, de ne jamais plus s'approcher des sacrements. Ils tinrent trop bien parole : pas de seconde communion, ni de Confirmation. Le temps du service arrive et tous deux sont placés dans la même ville. Là, continuation de leur vie dissolue et impie avec enrôlement dans la loge maçonnique du lieu. C'est ainsi, perdus corps et âme, que je les ai trouvés. A l'invitation de son père, je vais visiter le plus malade, bien malade en effet, puisque le médecin ne lui donnait qu'un jour ou deux au plus. Il n'est pas d‘abominations et de blasphèmes qu'il ne profère contre Dieu, le Christ, la Sainte Vierge et toute notre sainte religion, de manière que, voyant ma présence plus nuisible qu’utile, je me retire après deux heures du plus terrible combat. J'invite alors plusieurs personnes à venir prier Notre Dame du Bon Conseil. Nous étions cinq : nous voyons tout à coup l'Image de la Madone devenir toute noire. Je fais dépendre le tableau attribuant cela à la fumée des bougies. Mais..., nous constatons avec stupeur que les bougies n'y sont absolument pour rien. Nous replaçons le tableau..., même chose, le visage de la Vierge et celui de l'Enfant Jésus sont noirs... Nous n'en augurons rien de bon, et en effet, le malheureux refuse les sacrements et meurt dans son impénitence.

 

Prière

 

Ô Mère du Bon Conseil, vous êtes vraiment pleine de grâce, et tout notre espoir est en vous l'organe de prédilection du Saint-Esprit. La bonne parole qui s’échappe de votre coeur est esprit et vie, tous ceux qui l'entendront, fussent-ils déjà dans le tombeau, ils vivront ! Aimable Vierge, vous le voyez, mon âme est souillée, aveugle et captive : oh ! Dites un mot, et elle sera purifiée, et ses chaînes tomberont ; dites un mot et l’éternelle lumière luira à mes yeux, et mes os humiliés tressailliront de joie, et ma bouche muette s'ouvrira pour chanter vos louanges et celles du Seigneur qui vous a faite si secourable, et je dirai avec amour : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes et béni est le fruit de vos entrailles ! » Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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20 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Vingt-et-unième jour

Notre Dame du Bon Conseil, Vierge très prudente

 

Non seulement nous devons modérer nos discours, mais aussi nous devons les régler à l'exemple de Marie ; c'est le complément de la prudence. Marie parla avec modestie, sagesse, douceur. Ses lèvres étaient comme une bandelette d’écarlate ; la censure de la discrétion les régla et la méditation des souffrances du Christ les maintint dans le silence. À l'exemple du Fils qui, durant les longues heures de la Passion, se tait comme l'Agneau sous le fer du tondeur, la Mère au pied de la Croix, resta debout dans un silence résigné et dans un solennel recueillement que ne troublèrent ni les cris, ni les soupirs, ni les lamentations. « Si la bouche parle de l'abondance du coeur, dit un écrivain sacré, que pouvait-il sortir de ce coeur, si ce n'est le miel et le rayon ? »

Salomon nous exhorte à l'étude de la prudence quand il nous dit : « Allez à la fourmi, paresseux ! » Pourquoi nous envoyer à la fourmi ? Parce que la fourmi travaille sans faire entendre aucun bruit ; il veut par là nous apprendre à unir le travail au silence. Les anciens avaient élevé des autels aux dieux amis du silence. Plus heureux que les anciens nous n'avons point à imiter de fausses divinités, mais la Vierge divine qui nous obtiendra, en récompense de notre imitation, l'éternelle béatitude. Quel magnifique modèle ! Combien la prudence de Marie l'emporte sur la prudence des femmes les plus célébrées dans l'Ancien Testament !

Abigaïl calme David irrité contre Nabal et Napaïse, Marie rétablit la paix entre Dieu et l'homme. Rebecca couvre Jacob de peaux de chevreaux et lui fait obtenir ainsi la bénédiction d'Isaac, Marie revêt le Fils de Dieu de la substance de notre chair, et par là, les bénédictions du Très-Haut descendent sur l'humanité régénérée. Judith tranche la tête d'Holopherne, et la ville de Béthulie est délivrée de la servitude, Marie foule aux pieds la tête de Satan, et le genre humain est arraché à la tyrannie du roi des Enfers.

Celle qui a déjoué les ruses du serpent peut donc dire avec juste raison : « la prudence m’appartient, la puissance m’appartient ». Allons souvent à Notre Dame du Bon Conseil, Vierge très prudente, et cette Vierge qui est aussi notre Mère, nous donnera la sagesse et la force pour mettre sa prudence en pratique et ne jamais nous en départir.

 

Exemple

 

Une religieuse écrit en janvier 1888 : « Laissez-moi vous raconter en quelques mots une faveur obtenue par la sainte Madone du Bon Conseil. Un jour (il y a de cela deux ans environ), Notre Mère Supérieure recevait une petite boîte au fond de laquelle se trouvait une enveloppe à mon adresse, une grande et belle médaille de Notre Dame du Bon Conseil, bénite par S. S. Léon XIII, souvenir du R. P. Pifferi. Je me trouvai par hasard présente au dépouillement de la petite boîte. Notre bonne Mère me remit immédiatement la précieuse médaille en me disant : « il faudra la donner à votre frère ». Un seul mot s'échappa de mes lèvres : « O ma Mère ! si elle lui conseillait seulement de faire ses Pâques » ? Cette chère médaille fut remise quelques jours plus tard à ma belle-soeur qui s'empressa de la coudre au scapulaire de mon frère. Elle et moi avions fait bien des instances auprès de lui, pour le ramener à de meilleurs sentiments, mais en vain. La douce Madone plus habile que nous, réussit à merveille. Une fois près de ce coeur récalcitrant, elle fit si bien que le cher frère dut se rendre à ses pressantes sollicitations. Nous avons eu la consolation de le voir rentrer au bercail pendant le carême de 1887. De lui-même, sans que nous ayons eu besoin de lui dire un seul mot, il se rendit à l'Église, fit sa confession et ses Pâques. Depuis ce temps il va à la messe tous les dimanches, ce qu'il ne faisait plus depuis quelques années ». Puisse le récit de cette faveur stimuler le zèle des membres de la Pieuse Union, et les encourager à se servir de la médaille de Notre Dame du Bon Conseil auprès des pécheurs les plus endurcis !

 

Prière

 

Nous voici devant votre image, ô douce Mère ; pourquoi donc ne pas nous exaucer ?... Si nous n'avons pas le bonheur de contempler vos traits et d'entendre votre voix, vous du moins, vous nous voyez, vous nous entendez, vous savez notre détresse. Notre attachement aux vanités de la terre, notre infidélité à la grâce, notre mépris de la loi divine, notre coupable ignorance, le désordre de nos passions mauvaises, nos rechutes fréquentes, tout cela, ô Marie, vous le connaissez. Eh bien donc ! guérissez notre coeur, ô tendre Mère du Bon Conseil, cicatrisez nos blessures... Donnez-nous la lumière, donnez-nous la force, donnez-nous le courage, donnez-nous la paix, donnez-nous la grâce, et parce que notre dénuement est absolu, ayez égard à notre misère et comblez-nous de tous les biens ! Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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6 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Septième jour

Convenance du titre de Notre Dame du Bon Conseil donné à Marie

 

3° Considérée en Elle-même

 

Considérons Marie en Elle-même et nous la trouverons douée du plus profond esprit de conseil. Le conseil est un don par lequel on acquiert la capacité de diriger les actions de la vie vers la sanctification, fin suprême de la créature raisonnable. Donc celui qui, fidèle à la grâce, obtient l'unique nécessaire de l’Évangile, le salut de son âme, celui-là est vraiment homme de conseil. En Marie, la fin dernière était sa propre sanctification, mais aussi le développement de cette sanctification jusqu'au degré que pouvait atteindre une parfaite créature. Rachetée par anticipation, toujours à Dieu et toujours sainte, Marie fut exempte de faute. Elle devait pourtant, semblable au soleil qui s'avance vers son midi, croître toujours en sainteté. Elle paraît, et en Elle, pour la première fois, la terre admire l'héroïsme de cette vertu qui fait de l'homme un ange mortel, la sainte virginité. Elle paraît, et en Elle resplendit la perfection de l'humilité, qu'elle porte à un point que notre intelligence ne saurait apprécier.

C'est ainsi que par son humilité, Elle est trouvée digne de concevoir dans une chair humaine le Verbe éternel, de même que par sa virginité, Elle sait attirer les complaisances de Dieu. Tout cela, remarquons-le bien, avait son commencement magnifique en Marie avant la lumière radieuse de l’Évangile, avant la prédication et les exemples de Jésus-Christ. Jetons encore un regard sur Marie : le divin Sauveur vient de prescrire d’aimer ceux qui nous font du mal, détruisant et condamnant à jamais l'axiome des anciens : Tu haïras ton ennemi ; et voilà que Marie nous offre l'exemple le plus parfait de cet héroïsme de charité, quand, au pied de la Croix, elle demande, en union avec la divine Victime, pardon pour les bourreaux de son Enfant bien-aimé.

La vie de Marie fut donc remplie de vertus, de vertus de tout genre et toujours en progrès, dans un temps où la vertu était imparfaitement pratiquée et la perfection complètement ignorée. De sorte que, sans s'arrêter jamais dans la voie de la sainteté, Marie atteignit le but auquel Elle était prédestinée, c'est-à-dire, la plus haute sanctification dont une créature soit capable. Pour parler comme saint Ambroise, Elle fut un modèle de vertu, un prodige de sainteté, et par cela même, la véritable Mère du Céleste Conseil.

 

Exemple

 

Voici un effet vraiment merveilleux de la protection de la bonne Mère du Bon Conseil, raconté par la personne elle-même qui en a été l'heureux sujet : « Je souffrais, depuis 2 ans et demi, d'une maladie intérieure, et les médecins étaient unanimes à déclarer que ma guérison ne pouvait avoir lieu que par une opération. J'étais décidée à aller la subir à Paris ; tous mes préparatifs étaient faits, quand une personne de ma famille que je visitais, huit jours avant mon départ, me conseilla de faire une neuvaine à Notre-Dame du Bon Conseil, pour savoir d'abord si je devais aller me faire opérer. Cet avis me fit sourire, décidée que j'étais d’aller demander à la science une guérison que je croyais bien ne jamais obtenir autrement. Quoi qu’il en soit, je commence ma neuvaine, et, dès le deuxième jour, je vois ma résolution s'évanouir et remplacée par une résignation absolue à la volonté du ciel. Dès lors mon parti est pris, je me mets entièrement entre les mains de la bonne Mère du Bon Conseil, la priant de tout coeur en union avec la personne qui avait été près de moi son interprète. Ceci se passait au mois d'octobre. A partir de cette époque, ma maladie ne fit qu'empirer, mais sans que ma confiance en Marie en fût diminuée. Nous arrivons ainsi au mois de mars. Nos prières à Notre-Dame du Bon Conseil sont ferventes, en unissant toutefois saint Joseph puisque nous sommes dans son mois. Le 19, fête de ce glorieux saint, un mieux sensible se produit et trois jours après je suis complètement guérie. Mon médecin m'a délivré un certificat à la date du 9 juillet 1889. Reconnaissance éternelle à la bonne Mère du Bon Conseil ! »

 

Prière

 

En vous, ô Mère du Bon Conseil, nous mettons notre espérance, car vous connaissez tous nos besoins et votre amour maternel est toujours prêt à nous soulager. On n'a pas entendu dire, et on ne dira jamais qu'une personne ait placé en vain son espérance en vos bontés. Dans votre belle Image vous vous montrez à nous si pieuse, si aimable et si douce, que nos coeurs ne balancent pas un instant à mettre en vous toute leur confiance. Dieu seul connaît les larmes que vous essuyez tous les jours, les nécessités auxquelles vous pourvoyez, les douleurs que vous adoucissez, les dangers dont vous nous délivrez, les maladies que vous guérissez, les prières que vous exaucez ! Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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18 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Dix-neuvième jour

Notre Dame du Bon Conseil, Vierge très prudente

 

Le quatrième acte de la prudence, c'est de diriger nos actes suivant la raison, de manière qu'ils soient tous droits et louables. Telle se présente à nous la Mère du Bon Conseil. Chez elle, la volonté rester toujours soumise à la raison, la raison à la volonté divine ; les appétits sensitifs furent dominés par la loi. Son âme ressemblait à une horloge habilement construite dans laquelle la roue principale entraîne dans son mouvement les roues secondaires. En nous, la partie inférieure est continuellement en révolte contre la partie supérieure, la chair lutte sans cesse contre l'esprit et l'esprit contre la chair. Marie, Immaculée dès sa conception, ne sentit pas les aiguillons du mal ; par conséquent, en elle point de guerres, point de troubles, mais la plus grande paix, la plus grande concorde ; concupiscence, appétits, coeur, sens, tout obéissait à la raison, et raison, intelligence, mémoire, volonté obéissaient à Dieu.

Le Psalmiste s'écrie dans un élan d'admiration : « Venez et voyez les oeuvres du Seigneur, qu'Il a étalées comme des prodiges, en faisant cesser les guerres jusqu'aux extrémités de la terre ». Quels sont donc ces prodiges ?... Vivre dans la chair et ne pas en ressentir les mouvements, être composé d'esprit et de matière et ne voir entre eux aucun antagonisme. « Quelle, est, se demande Richard de Saint Victor, cette terre d'où toute guerre est bannie jusqu'à ses extrémités, si ce n'est celle dont le prophète dit ailleurs : « La vérité s'est élevée du sein de la terre. Tout combat en est éloigné, la paix y règne pleinement ? »

Cette terre, Enfants de la Vierge Mère du Bon Conseil, c'est notre Mère ! Soyons-en fiers ; contemplons avec l’Église cette chaste colombe qui ne vit que dans l'atmosphère infiniment pure de la divinité, cette rose parfaite qui répand autour d’elle les plus suaves parfums, ce lis dont la fleur est toujours éclatante de la plus pure blancheur ! Demandons-lui son assistance et ses conseils, nous qui, comme dit le Sage, ne pouvons être chastes qu'à l'aide de la grâce, et pour cela comme pour toute autre chose, Marie se montrera généreuse et débonnaire envers nous.

 

Exemple

 

Il est un petit coin de la terre auquel le Ciel sourit et que les Anges s'arrêtent à contempler pour reposer leurs ailes rapides, c'est l'Orphelinat Saint-Jean à Albi. Les Associés de la Pieuse Union imiteront bien les Anges et ne dédaigneront pas de faire une petite visite à cet établissement où s'impriment les chères Annales de Notre Dame du Bon Conseil : « L'orphelinat Saint-Jean abrite deux cents enfants arrachés à l'abandon, à la misère et au vice. Entrons dans la chapelle : elle est simple, bien comprise, parfaitement placée ; l'autel a des lumières, des fleurs, de vrais trésors, sortis des mains de la charité. Mais quel repos pour le coeur de voir ces enfants prier dans ce cher sanctuaire ! Quels élans pour l'âme de les entendre chanter les cantiques de la Mère du Bon Conseil. Dans cette chapelle, cette fraîche corbeille de Marie élève ses parfums vers son Image bénie et ne cesse d'intercéder pour ceux qui entretiennent sa fraîcheur et sa vie, pour les Bienfaiteurs. On y prie pour la propagation du culte de Notre Dame du Bon Conseil, pour la diffusion des Annales et pour les membres de la Pieuse Union vivants et défunts. Et comme on y prie pieusement, tendrement, ardemment !... Mêlons nos prières aux prières de ces orphelins qui travaillent pour Notre Dame du Bon Conseil et pour les membres de la Pieuse Union.

 

Prière

 

Vers vous nous crions, ô Mère du Bon Conseil ; oui, vers vous, car c'est vous ô Souveraine, qui nous avez donné l'Homme-Dieu ; c’est vous, et vous seule, qui écrasez la perversité des hérésies ; vous seule, qui êtes Souveraine du royaume céleste, vous seule, distributrice de la récompense. A vous, notre Mère ; à vous, notre conseillère ; à vous, notre secours ; oui à vous qui daignez laver les souillures de nos péchés, qui consolez l'enfant vagissant dans les langes, qui allaitez les petits affamés, qui portez dans les bras les faibles en défaillance, qui soutenez les blessés, qui guérissez les infirmes ; à vous qui n'abandonnez pas ceux qui vous abandonnent, qui recevez les fugitifs ; à vous qui êtes Reine, impératrice et Souveraine des Anges ; à vous qui nous attirez par vos charmes, qui nous réchauffez, qui nous nourrissez de vos délices ; à vous Mère des orphelins, à vous ! Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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15 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Seizième jour

Notre Dame du Bon Conseil, Vierge très prudente

 

Les vertus se manifestent par leurs actes. La prudence qui est une vertu, ne peut donc briller qu’en se produisant au dehors. Connaître les choses de la Terre et les choses du ciel, les unes pour les mépriser, les autres pour les aimer, c'est le premier acte de la prudence. La Sainte Vierge écarta de ses regards et de ses affections la gloire temporelle, les faveurs et les caresses de la fortune. Elle qui avait reçu des mages de grandes sommes d'or, n'eut pas, au jour de la Purification, de quoi acheter un agneau. Les présents des rois étaient allés aux mains des pauvres.

La Sainte Vierge fut très prudente par la connaissance des choses divines et humaines. Elle eut l'intelligence la plus parfaite de nos Saints Livres, sachant mieux la Bible que ne la connaissaient les prophètes. C'est avec raison que les écrivains sacrés l'appellent l'armoire des Ecritures, le sceau de l’un et de l'autre Testament. Marie conservait et repassait dans son coeur, avec les paroles de son divin Fils, tout ce qui avait été dit et fait avant comme après l'Incarnation ; bien plus, elle le comparait avec les antiques prophéties et pénétrait leur admirable correspondance, leur intime liaison. Aussi pouvait-elle répéter avec l’Épouse du Cantique des Cantiques : « Toutes sortes de fruits, les nouveaux et les anciens, je Vous les ai gardés, ô mon bien-aimé ».

Marie connaissait également les pensées de son Fils. Aux noces de Cana, à peine le Christ lui a-t-Il répondu : « Qu'y a-t-il de commun entre vous et Moi ? » Qu’elle-même se tournant vers les serviteurs leur dit : « Faites ce qu’Il vous ordonnera ».

Mais, comment la Sainte Vierge a-t-elle mérité de posséder une si heureuse connaissance ? « Parce que, répond saint Anselme, Marie avait porté le Christ dans son sein et que le Christ est la vertu et la sagesse de Dieu ».

En outre, la prudence est la science du juste et de l’injuste ; savoir ce qu’il faut faire et examiner, comment il faut le faire, voilà son principal office. « La discrétion, dit saint Bernard, est le modérateur et le guide des vertus ; elle règle notre affection et forme nos mœurs : supprimez-la et la vertu sera un défaut ».

Prions la Mère du Bon Conseil de nous donner la connaissance des choses spirituelles et salutaires, de nous apprendre non seulement la science, mais encore la charité : la science toute seule est folie, la science avec l'amour est prudence. Son meilleur disciple est celui qui s'efforce d'imiter ses vertus ; accourons à l'odeur des parfums incomparables qui s'en échappent, et ces parfums calmeront nos douleurs, guériront nos blessures et nous conduiront à la vie éternelle.

 

Exemple

 

Une jeune fille, élevée par les Soeurs de Saint-Vincent de Paul, avait été promise en mariage, par ses parents, à un jeune homme qu'ils désiraient vivement lui voir épouser, et que d'ailleurs elle aimait elle-même, le connaissant depuis sa tendre enfance. Dès qu'elle eut l'âge voulu, la jeune fille quitta l'établissement des soeurs pour se placer comme femme de chambre et ramasser aussi un peu d'argent avant d'entrer en ménage. Elle vit alors de plus près son fiancé et constata que le jeune homme était impie et libertin, et qu'ainsi la misère, allait devenir sa part. Néanmoins la force d'une affection d'enfance l'emportant sur tout, la pauvre jeune fille restait bien résolue à se marier. On était sur le point d'acheter la toilette des noces qui devaient avoir lieu très prochainement, quand elle fut inspirée d’aller prier aux pieds de la Madone du Bon Conseil exposée dans la chapelle de ses anciennes maîtresses. Notre jeune fille, après avoir prié avec ferveur devant la sainte Image, se relève emportant non seulement le Bon Conseil, mais encore la force de le suivre. « Je ne me marierai pas, dit-elle, c'est fini, je romps ». C'est ainsi qu'elle déclara sa résolution à ses anciennes maîtresses en quittant la chapelle, et elle y tint si bien qu’elle quitta la ville pour que tout fût mieux brisé.

 

Prière

 

Priez pour nous, ô vous qui avez été enrichie de tous les dons célestes, et en particulier de celui du Bon Conseil. Nous sommes aveugles, faites que nos yeux s'ouvrent à la véritable lumière. Nous avons à remplir des obligations multiples, embarrassantes, donnez-nous la main, afin que, dans les difficultés d'ici-bas, nous marchions appuyés sur vous. Oui, soyez notre guide et notre conseillère, ô Vous qui participez si abondamment aux faveurs de la Sagesse éternelle. Soyez, après Dieu, notre Providence, non pas un jour, mais à toute heure. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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31 mai 2018

Le mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Trente-et-unième jour

Notre Dame du Bon Conseil, triomphante dans les Cieux

 

Le corps virginal qui avait fourni au Verbe fait chair sa substance humaine, qui par un prodige inouï l'avait conçu et l'avait enfanté sans douleur et sans rien perdre de son intégrité, dont l'âme, par une merveille, plus insigne encore, avait été préservée de la tache originelle et de toute espèce de péché, dont la mort enfin n'avait été qu'un pur effet d'amour, devait-il, pouvait-il subir la corruption du tombeau ? Non certes, « le corps sacré de notre Mère, dit Bossuet, le trône de la chasteté, le temple de la sagesse incarnée, l'organe du Saint-Esprit et le siège de la vertu du Très-Haut n'a pas dû demeurer dans le tombeau ; et le triomphe de Marie serait imparfait, s'il s'accomplissait sans sa sainte chair qui a été comme la source de sa gloire ».

Non, non, la croyance des siècles, les glorieuses solennités de l'Eglise, les enseignements de tous les saints Pères, les traditions antiques de toute la catholicité, attestent, sous le nom d'Assomption de la glorieuse Vierge Marie, le double triomphe de son corps virginal et de son âme immaculée, et toutes les voix catholiques, tous les âges, répètent avec transport les hymnes prophétiques de l’ancienne loi. « Levez-vous, Seigneur, et entrez dans Votre repos, Vous et l'arche que Vous avez sanctifiée. Quelle est celle qui monte à travers le désert, belle de toutes les vertus, semblable à une vapeur transparente composée des arômes de la myrrhe, de l'encens, et de toute espèce de parfums ». - « Venez du Liban, ô épouse chérie, venez et vous serez couronnée. Les hauteurs d'Amana, de Sanir et d'Hermon, toutes les vertus les plus élevées des hiérarchies célestes seront votre couronne : venez, venez. C'est elle, elle vient, elle monte du désert, comblée de délices, appuyée sur son bien-aimé ».

Lui-même l'a conduite par la main ; avec Lui elle a franchi toutes les hauteurs célestes. Son trône est près du trône de son Fils. Elle est reine, reine de toutes les hiérarchies angéliques, reine de tous les saints. Seule, elle forme, dit Gerson, la première hiérarchie du ciel, n'ayant au-dessus d'elle que Dieu, l'unique, l'infini, le maître souverain du ciel et de la terre ; et le Salomon des cieux lui a répété ce que celui de la terre avait dit à Bethsabée sa mère : « Demandez, ô ma mère, et rien ne vous sera refusé ! » Quelle gloire ! Quel triomphe ! Réjouissons-nous dans toute l'allégresse de nos coeurs, Enfants de la Mère du Bon Conseil. Celle que nous aimons est l'objet de ce triomphe incomparable, triomphe que nous partagerons un jour, nous en avons pour garantie l'image du Bon Conseil, portraits de la Reine du ciel et de son divin Fils, qu’Elle-même nous a envoyée des cieux !

 

Exemple

 

On lit le fait suivant dans le livre intitulé la Vierge Mère du Bon Conseil par Mgr Dillon : « Le 4 septembre 1796, il arriva que le maître de la boulangerie de Compatri, appartenant au prince de Borghèse, eut l'occasion de blanchir sa demeure. Tandis qu'il s'y préparait une image de Notre Dame du Bon Conseil, gravée sur du papier commun, se détacha du mur et tomba dans le bois destiné au feu. On la jeta par inadvertance dans le four avec le bois. Toute la masse s'enflamma ; au bout de quelque temps, quand on supposa que le bois était suffisamment consumé pour avoir chauffé le four, le boulanger regarda à l'intérieur, et à son grand étonnement vit un morceau de papier intact parmi les cendres enflammées. Son premier mouvement fut de le mêler de nouveau avec les matières embrasées. Cependant il fut encore plus surpris de voir tous ses efforts inutiles. Il le retira donc du four et reconnut l'image de la Madone du Bon Conseil, mêlée involontairement au bois. Sa surprise et celle de toutes les personnes qui entendirent parler du miracle, est plus aisée à imaginer qu'à décrire. L'image fut immédiatement placée avec vénération dans la chapelle du cimetière du Vatican où on la voit encore. Il y a pourtant un léger indice de brûlure aux extrémités, et quelques étincelles semblent avoir été projetées sur les figures de Jésus et de Marie. Les pieux Romains continuent à visiter cette image qui repose maintenant sous un tabernacle, et à y prier pour les morts. En mémoire du miracle, ils l'appellent : « La Libératrice des âmes du Purgatoire ». En effet, les pauvres âmes ont bien à remercier N.-D. qui opéra ce prodige en leur faveur ».

 

Prière

 

Ô Vierge du Bon Conseil, qui par un miracle touchant, avez procuré tant de prières à vos enfants retenus en Purgatoire, vous nous montrez par là qu'aucun de nos besoins n'échappe à votre vigilance maternelle. Votre sollicitude, qui nous accompagne pendant notre exil, nous suit au tribunal de notre Juge suprême et ne nous quitte pas dans les flammes expiatrices. Vous inspirez à vos enfants de la terre de prier pour ces pauvres âmes prisonnières de la divine justice, d'offrir pour elles leurs expiations et leurs bonnes oeuvres, et hâter ainsi le moment de leur délivrance. Ô Mère du Bon Conseil, du sein de votre gloire incomparable, prenez pitié de tous nos Frères défunts et en particulier des membres de la Pieuse Union. Ayez aussi pitié de nous, quand notre heure sera venue et faites qu’ayant été miséricordieux à l’égard de nos frères souffrants, nous soyons à notre tour, traités avec miséricorde. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

Fin du Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

 

Téléchargez l’intégralité des méditations (pdf) en cliquant ici

 

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11 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Douzième jour

Notre Dame du Bon Conseil, Mère de la Foi

 

Il existe dans l'Église, un empire surnaturel partagé en trois provinces dont Marie a la régence. Ces trois dominations forment le plus grand fief dont une souveraine puisse être investie, car il comprend les vastes domaines sur lesquels Marie règne comme Mère de la foi, de l'espérance et de la charité.

Marie règne comme Mère de la Foi ; elle en est, en effet, le premier témoin, le premier champion, et elle la prouve. Et d'abord Marie témoigne pour la vérité catholique. Parce qu'elle a mis au monde cette vérité en son Fils Notre-Seigneur, elle la certifie et la montre aux peuples qui depuis dix-huit siècles la lui demandent. Évangéliste des Évangélistes, elle révèle aux historiens de Jésus les circonstances de sa maternité et la visite de l'ange, événement capital entre tous, événement qui constitue la pierre angulaire du christianisme. De témoin, Marie ne tarde pas à devenir champion. Maintes fois par son titre de Mère de Dieu proclamé par les conciles, elle terrasse les hérésies sur la notion et la divinité du Verbe. Et de nos jours comment Pie IX répond-il aux négations superbes de notre siècle ? En décrétant que Marie est Immaculée dans sa conception ; ce qui est affirmer à la fois et l'existence du péché d'Adam et la divinité de Jésus-Christ.

Non seulement Marie certifie la Foi et la défend, mais encore elle l'enseigne et la prouve. Comment et par quel procédé Marie enseigne la Foi, nous le savons. Dans le ministère de la vérité, Marie insinue et ne démontre pas ; au lieu de former des convictions avec des preuves, elle les forme avec sa parole et son amour. Un simple regard de cette divine Mère est toute une révélation, l'incrédule ne voit pas autre chose, et pourtant il comprend tout et se relève converti à la Foi. La voilà la maîtresse des maîtresses, le voilà le docteur plus qu'angélique de notre univers ; c'est elle qui met à mort les hérésies ; c'est elle qui répand la vérité dans le peuple chrétien.

Marie est Mère de la Foi, parce qu'elle la prouve. Point de preuve plus certaine de la vérité que le miracle, et Marie est le principal instrument de cette démonstration incessante dans l'Eglise. Prenez en main la chronique des gestes de Marie dans tous ses Sanctuaires depuis dix-huit cents ans, comptez tous ces ex-voto, ramassez en faisceau toutes ces grâces accordées, dénombrez cette immense série de bienfaits attribués à son intervention ; et vous verrez si la raison n'est pas sommée de s'incliner devant un tel ensemble, comme devant une évidence historique que l'on n'élude pas avec des sourires. Serviteurs de Notre-Dame du Bon Conseil, admirons combien notre douce Mère a magnifiquement prouvé notre Foi depuis plus de quatre cents ans par ses innombrables miracles devant l'image bénie de Genazzano.

 

Exemple

 

Un prêtre écrit à la date du 4 janvier 1892 : « Mgr Pifferi, Sacriste de Sa Sainteté, me fit connaître, l'année dernière, la dévotion à Notre-Dame du Bon Conseil ; que Sa Grandeur ait droit à ma plus vive reconnaissance, vous allez en juger. Dès mon retour de Rome, j'exposai à la vénération de mes paroissiens, la belle image grand format, bénite par Sa Sainteté, qui m'avait honoré du plus paternel accueil ; quelque temps après, Notre-Dame du Bon Conseil opérait, ce que j'appelle (sous toutes réserves) un éclatant miracle. Un jeune poitrinaire de vingt ans, protestant et parisien, venait recevoir dans ma paroisse les soins de sa nourrice. Ayant appris la présence de ce malade, dont l'état était désespéré, et ignorant qu'il appartenait à la religion protestante et à une famille de protestants endurcis, j'allai le voir et l'engageai à se mettre entre les mains de la Sainte Vierge. Quand je sortis, on m'éclaira sur la religion de ce jeune homme et sur l'obstination de ses parents, et on m'assura que je perdais mon temps à m'occuper de son âme, puisque ni lui ni les siens ne consentiraient à une conversion. Je le recommandai à Notre-Dame du Bon Conseil et attendis, mais je n'attendis pas longtemps ; le lendemain, sur les instances du jeune homme, on venait me chercher. Dès qu'il m'aperçut, mon pauvre malade me demanda de recevoir son abjuration et de lui administrer tous les sacrements de l’Église ; je l’instruisis sommairement sur les principaux articles de notre foi : la tâche n'était pas difficile, la grâce aidant merveilleusement ; je lui administrai le baptême sous condition, et, le lendemain, il fit sa première communion, reçut l’Extrême-Onction, l'indulgence plénière, et mourut aussitôt comme un saint ».

 

Prière

 

Ô Vierge admirable ! Mère du Bon Conseil, qui par une multitude de prodiges avez voulu rendre célèbre en tout le monde l’apparition de votre Sainte Image, qui pourrait compter les miracles et les grâces que vous avez daigné accorder jusqu'à nos jours à ceux qui vous invoquent ? Le ciel et la terre, ô Mère très miséricordieuse, sont les témoins de vos continuels bienfaits et mille voix font retentir des cris de joie et de reconnaissance à la vue de votre bonté maternelle. Oh ! Que de larmes ont été essuyées, que de peines ont été dissipées, que de dangers ont été éloignés, que de coeurs ont été éclairés par votre sainte et merveilleuse Image ! Daignez nous faire éprouver les mêmes bienfaits ô notre Mère bien-aimée ! Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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10 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

 

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Onzième jour

 

Notre Dame du Bon Conseil, Lumière des Apôtres

 

 

 

Apprenons combien Marie se montre vraiment la Mère du Bon Conseil pour les Apôtres aux jours de la primitive Eglise. C'est là que nous la voyons dans l'exercice plénier de sa sublime prérogative. Sa parole souveraine éclaircit tous les doutes, son autorité maternelle ramène toutes les divergences à l'unité. C'est elle qui, avant la dispersion des Apôtres, ouvre sa bouche au milieu de l'assemblée des Saints, et envoie, comme la rosée, les paroles de sa sagesse pour éclairer les princes de l'Église.

 

Comment les apôtres et les disciples auraient-ils pu connaître, si la Sainte Vierge ne les en avait instruits, les mystères de la sainte enfance et de la vie cachée de Notre-Seigneur ? Quelle autre que la divine Mère pouvait leur raconter l'annonce du Précurseur, la visite de Gabriel et son entretien avec Marie, la visite à sainte Élisabeth, la sanctification de Jean-Baptiste et le cantique de Zacharie, la naissance du Sauveur, Sa circoncision, Sa présentation au Temple, le cantique et la prophétie de Siméon, l’arrivée des mages, la fuite en Égypte, le retour à Nazareth, l'enseignement de Jésus au temple, Sa soumission à Ses parents et une foule d'autres particularités ? Où étaient les témoins de ces mystères, accomplis la plupart dans le secret de la vie domestique ? Qui, sur cette terre, les connaissait aussi bien comme Marie ? Elle seule pouvait les apprendre aux apôtres. Ceux-ci, à leur tour, en ont instruit le genre humain, en consignant dans l’Évangile, le récit de l'auguste Mère. Saint Luc en particulier s'attache à décrire les premières circonstances de l'Incarnation du Verbe : « J'ai écrit, dit-il, d'après le récit de ceux qui ont vu de leurs yeux, dès le commencement, et qui ont été les ministres du Verbe ». Sans doute, il existait encore beaucoup de témoins qui avaient assisté au commencement de la prédication du Sauveur, qui avaient vu ce qu'Il faisait et entendu ce qu'Il disait ; mais jusqu'à sa trentième année, Marie seule le savait, seule elle pouvait le dire, puisqu'à l'époque où saint Luc écrivait, saint Joseph était mort depuis longtemps. De là vient que saint Luc, historien de la vie cachée, est appelé le secrétaire de la Sainte Vierge.

 

Ainsi, pour emprunter le langage de saint Hilaire, Marie seule apprit aux apôtres ce qui fut dès le commencement, ce qu'elle entendit, ce qu'elle vit de ses yeux. Ce qu'elle contempla, ce que ses mains touchèrent du Verbe de vie, ce qu'elle avait vu dans le secret, elle le manifesta publiquement, afin que les prédicateurs apostoliques le fissent connaître au monde entier. Vous donc, successeurs des Apôtres, vous ministres du Seigneur, prédicateurs de la sainte parole, ne cessez de demander les lumières de la Mère du Bon Conseil.

 

 

 

Exemple

 

 

 

En l'année 1891, le Souverain Pontife Léon XIII donna un nouveau témoignage de sa munificence à la ville où naquit son auguste et sainte mère. Il fit décorer à ses frais une chapelle de Notre Dame du Bon Conseil, dans l'église principale de Cori. C'est dans cette église que fut baptisée Anne Bazi, devenue plus tard Comtesse Pecci. L'évêque diocésain, le Cardinal Monaco La Valette, présida les fêtes de la consécration, fêtes touchantes et gracieuses entre toutes. L'Image de la Madone, trésor d'autant plus précieux qu'il reçut au dernier siècle les hommages du bienheureux Thomas, parcourut en triomphe plusieurs rues de la ville, portée par Son Éminence sous un dais splendide que soutenaient huit des notables de Cori. Jamais procession n'avait offert un si ravissant spectacle, jamais on n'avait vu une multitude si nombreuse, si recueillie, si fervente. L’enthousiasme était universel. L’éloge du Souverain Pontife, de sa générosité, de son amour pour la Très Sainte Vierge, de son culte pour Notre-Dame du Bon Conseil courait sur toutes les lèvres. Une foule considérable se pressait dans l'église, attendant l'arrivée de la Madone. Quand la procession fut rentrée, le Cardinal plaça la douce Image sur l'autel et fit les cérémonies de la consécration. Deux inscriptions rappelleront cet heureux événement et transmettront à la postérité avec le nom de l'illustre Léon XIII celui de sa pieuse mère.

 

 

 

Prière

 

 

 

Ô Vierge, mère du Bon Conseil, faites-moi bien comprendre, faites comprendre à tous les chrétiens que, hors de l’Eglise, il n'y a point de salut, que pour être de vrais disciples de Jésus-Christ, nous devons avoir et témoigner le plus profond respect pour cette Eglise sainte, pour le successeur de Pierre chargé par le divin Maître de la gouverner sous la direction constante de l'Esprit-Saint. Que mes pensées, mes paroles, mes actions soient toutes imprégnées d'amour, de respect, de soumission aveugle envers le Vicaire de Jésus et envers ceux qui partagent avec lui le gouvernement de la sainte Eglise. Alors, ô Vierge du Bon Conseil, vous m'aimerez aussi et votre coeur maternel s'inclinera vers moi pour m'exaucer et me bénir. Ainsi soit-il.

 

 

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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9 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

 

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Dixième jour

 

Notre Dame du Bon Conseil, Épouse de l'Esprit-Saint

 

 

 

Une doctrine très sûre apprend que l'union de l'âme avec le Saint-Esprit, par la grâce sanctifiante et l'amour, établit entre eux une sorte de mariage céleste. Mais quelle plus grande raison, et quels motifs plus particuliers n'a-t-on pas d'appeler Marie Épouse du Saint-Esprit, puisqu'Il l'a choisie, Elle la plus pure des vierges pour la rendre Mère du Verbe Incarné ? Parmi la multitude des âmes justes et saintes qui ont été ou qui sont encore dans le monde et qui peuvent toutes se dire les épouses de l'Esprit-Saint, seule Marie est cette colombe toute pure, qui jamais ne souilla ses ailes d'aucune tache, pas même de la tache originelle ; seule, elle est parfaite, puisque la perfection consiste dans l'exemption de tout défaut, et pas une autre qu'elle, n’a été dès le premier instant de sa conception, exempte de toute faute. Dès ce moment, nous pouvons bien le dire, le Saint-Esprit la choisit comme sa future épouse, par un amour de préférence.

 

Cette immense gloire d’Épouse du Saint-Esprit, Marie l'obtient par sa grande pureté et son exemption de la faute originelle. Alors l'Esprit divin la bénit entre toutes les femmes et lui donne les droits et les honneurs d'épouse, avec toutes les grâces et les dons nécessaires pour soutenir l'éclat d'une si haute élévation.

 

Voyons plutôt : on reconnaît à deux marques les bons sentiments d'un époux pour son épouse : à l'amour et aux faveurs. Or, quel époux a jamais été plus aimant et plus libéral envers Son épouse, que le Saint-Esprit envers Marie ? Quelle plus grande délicatesse d'amour peut-on imaginer que celle du Saint-Esprit qui voulut posséder Marie dès le premier instant de sa conception ? Il ne voulut même point attendre que la nature achevât de la former, mais au premier instant où son très pur coeur humain commença à battre, Il l'empreignit de Sa grâce et le marqua au coin de Son amour.

 

Mais, qui pourrait dire les faveurs singulières que l'Esprit de Dieu Se plût à répandre dans Marie ? Il lui accorda plus qu’à toutes les autres créatures. Il la combla de grâces, de manière à la rendre semblable à un vase de parfums qui déborde et les répand autour de soi. Elle en fut tellement remplie, dit Pierre de Celles, qu'elle parut plus divine qu'humaine. Et Celle qui fut ainsi favorisée, c'est Celle que nous appelons avec amour Notre Dame du Bon Conseil.

 

 

 

Exemple

 

 

 

J'étais à genoux devant le Saint-Sacrement, exposé dans notre chapelle, raconte une religieuse ; c'était le mardi 5 mars 1889, pendant les vêpres des Quarante-Heures. Je demandai à Dieu l’accomplissement de Sa sainte volonté sur une jeune enfant de 8 ans dangereusement malade dans notre maison. Je terminai ainsi ma prière : « Seigneur, s'il Vous est agréable de faire connaître plus spécialement quelque dévotion dans le diocèse par le moyen de cet enfant, je me mets à votre disposition ». Aucune idée ne me vint au moment, mais avant de quitter notre chapelle, la douce figure de Notre-Dame du Bon Conseil se montra à mes yeux et me fit aussitôt comprendre ma tâche. Je courus au lit de la petite mourante, j'attachai une image de Notre-Dame du Bon Conseil à ses rideaux et j'assistai ensuite aux cérémonies du Sacrement de l’Extrême-Onction. Le docteur, dans sa visite du soir, déclara la malade complètement perdue, en disant qu'elle ne pouvait pas vivre plus de deux heures. Elle ne respirait plus que par l'extrémité de l'un de ses poumons. Il était huit heures ; vers minuit l'enfant ouvrit les yeux, sourit, regarda son image et chanta le refrain d'un cantique au Saint-Esprit : « Vive le Seigneur !… » Depuis ce moment le danger a disparu ; la petite malade s'est complètement remise, et à partir de cette époque sa santé a été parfaite. Mille actions de grâces à la Madone du Bon Conseil !

 

 

 

Prière

 

 

 

Miroir de justice, Marie Mère du Bon Conseil, ô vous qui avez été toujours possédée par l'Esprit-Saint ! que vers vous s'élèvent comme le parfum de l'encens les prières dévotes que nous vous adressons pour nous-mêmes et pour tous les membres de la Pieuse Union. Demandez, ô chère Mère, à votre Époux divin, que nous imitions vos vertus et que nous suivions constamment vos conseils. Faites que nos oeuvres soient toujours conformes à la sainteté du nom chrétien, afin qu'avec la grâce de Dieu nous soyons séparés de tant d'infortunés plongés dans les ténèbres de l'erreur et les ombres de la mort. Ainsi soit-il.

 

 

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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8 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Neuvième jour

Beauté du titre de Notre Dame du Bon Conseil donné à Marie

 

Qu'il est beau ce titre qui brille comme une perle éclatante parmi les titres innombrables qui couronnent le front de la Mère de Dieu ! Il résume tout ce qu'on peut dire ou penser de sublime et de grand au sujet de Marie. Est-il un seul de ses fidèles serviteurs que cette dénomination excellente n'enflamme d'un amour passionné, un seul qui n'en connaisse l'importance, n'en exalte la gloire, n'en confesse la douceur, n'en exprime la joie, n'en célèbre l’incomparable honneur ?

Si la dévotion à Marie est une marque de prédestination, la garantie de son amour, c'est notre empressement à l'invoquer et à la saluer comme la Mère du Bon Conseil. Les écrivains sacrés, ces esprits d'élite, constamment absorbés par les sublimes vérités de la théologie, ont compris que Marie réclamait le titre de Notre-Dame du Bon Conseil.

Saint Augustin l'appelle l'oeuvre du conseil éternel. Saint Pierre Damien la proclame élue et prédestinée dans le conseil de la Sagesse éternelle avant que le monde fût. Saint Ildephonse la nomme Conseil du Verbe. Denys le Chartreux tantôt première Conseillère de Dieu, tantôt Conseillère de l'Esprit-Saint, saint Anselme, notre Conseillère en tous nos besoins. Albert-le-Grand résume en quelque sorte la pensée de tous les Docteurs, quand il décerne à Marie le titre de Conseillère universelle. Ces expressions servent à nous établir plus fortement encore dans l'idée que nous nous formons de notre tendre Mère, source bienfaisante d'où découlent sur l'Eglise tout entière les salutaires et très sages conseils.

Ce titre qui révèle la grandeur de la douce Vierge de Nazareth, devait-il faire la joie seulement des théologiens et des dévots serviteurs de Marie, joie accordée aux uns comme le fruit de leurs subtiles recherches, aux autres comme la récompense de leur amour, à l'exclusion du reste des fidèles qui l'auraient méconnu et ignoré ?

En vérité, personne ne saurait le croire. Si Dieu, en tout temps et de toute façon, S'est plu à exalter Marie, de telle sorte que la chrétienté entière honore ses dons et ses gloires, il a daigné l'exalter particulièrement sous le titre de Notre-Dame du Bon Conseil. Cette nouvelle et splendide auréole qui couronnait le front de Marie, devait enflammer toutes les âmes d'une sainte dilection et les porter à invoquer sans cesse la Mère du Bon Conseil.

 

Exemple

 

Une mère de famille chrétienne raconte ainsi le succès de son fils reçu à un examen avec une bonne note, par l'intercession de Notre-Dame du Bon Conseil : « Un jour, accablée de tristesse à la pensée d'un échec pour mon fils, je priais Dieu instamment de me venir en aide. Pendant cette prière, deux pensées s'emparèrent de mon esprit : donner ce cher enfant à Notre-Dame du Bon Conseil et la faire connaître dans une paroisse où elle ne le serait pas, ou le faire accompagner par un professeur qui pouvait le recommander. Il m'était impossible de songer aux deux dépenses, il me fallait faire un choix. La grâce de Dieu aidant, je pris Notre-Dame du Bon Conseil pour ma sauvegarde. Quelle ne fut pas ma surprise, la veille du départ de mon fils pour l’examen, lorsqu'il me dit : « Je ne vais pas seul, je ne puis comprendre comment cela se fait, le préfet des Études vient de me dire que le professeur auquel tu songeais, m'accompagnerait. Je ne sais pas ce que cela veut dire ». Pour moi, j'ai tout de suite vu ce que cela voulait dire : Notre-Dame du Bon Conseil me donnait gratuitement ce dont j'avais fait sacrifice pour elle, et faisait faire au préfet des Études ce qu'en définitive il ne m'aurait pas accordé ». Ainsi s'exprime la bienheureuse mère en rendant mille actions de grâces à Notre-Dame du Bon Conseil qui, dit-elle, ne fait pas les choses à moitié, puisque au lieu de la note passable que les candidats ont ordinairement et dont mère et fils eussent été satisfaits, elle donne la mention assez bien.

 

Prière

 

Ô Mère très aimable, à qui m'adresser, pour obtenir la grâce du bon conseil ! Qui, sinon vous, m'arrachera au danger de la mort éternelle, et, par la voie de la sainteté, me conduira au ciel ? Que votre nom est admirable ! Il me revêt de force, me pénètre de confiance, me remplit de courage. Ce nom délicieux entre tous est comme l'huile répandue. Il cicatrise et guérit les blessures, rend la vigueur et la santé, inonde l'âme d'une divine joie. Oui, tendre Mère du Bon Conseil, je veux à chaque instant, invoquer votre saint nom. Ce nom si agréable à Dieu, je veux le graver au milieu de mon coeur. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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16 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Dix-septième jour

Notre Dame du Bon Conseil, Vierge très prudente

 

Le second acte de la prudence, c'est de se garder des maux et de choisir les biens : La Sainte Vierge se garda des maux :

1° Parce qu'elle surveilla son coeur avec une extrême vigilance ; elle posséda tout en paix, n'éprouvant aucune concupiscence de la chair, aucune agitation des passions, aucun tumulte de pensées mauvaises ou profanes. O grâce merveilleuse ! Un chérubin avait défendu le paradis terrestre, le Saint-Esprit Lui-même garda la Bienheureuse Vierge.

2° Parce qu'elle ne ternit jamais la pureté de son âme. « Dieu, comme dit le Prophète, ne fut point ébranlé en elle », Sa grâce, en effet, ne lui manqua pas un seul instant.

Marie garda ses sens avec tant de sollicitude que le germe du moindre péché ne parut jamais en elle. Ses yeux n’aperçurent rien d'opposé à la volonté divine ou à la raison. Toujours recueillis et modestes, ils ne se levèrent même pas sur l'ange Gabriel. Ses oreilles, qui avaient entendu le Verbe de Dieu, ne s'ouvrirent qu'aux discours sérieux, utiles et pudiques. Loin de flatter son goût, son odorat ou son toucher, Marie se tint dans une mortification continuelle, méprisant les parfums, les repas somptueux, les vêtements délicats.

Marie choisit le bien, parce qu'elle négligea toujours les choses de la terre, méprisa le monde, observa la loi, dédaigna la chair et eut le courage de se vouer à la virginité : « O Vierge prudente, s'écrie saint Bernard, qui vous enseigna que la virginité était agréable à Dieu ? Quelle loi, quelle justice, quelle page de l'Ancien Testament ordonne, recommande ou seulement conseille de mener sur la terre la vie des Anges ? »

Où aviez-vous lu : « Bienheureux ceux qui garderont la continence pour le Roi des cieux ? » Où aviez-vous entendu dire : « Il est bon pour l'homme de suivre mon conseil ; je n'ai point d'ordres à donner de la part de Dieu au sujet de la virginité, mais je donne un conseil ? » Vous n'avez eu ni précepte, ni conseil, ni exemple, mais vous étiez instruite par le Verbe vivant de Dieu, qui fut votre maître avant d'être votre Fils, et qui éclaira votre coeur avant de revêtir votre chair.

Enfants de la Mère du Bon Conseil, efforçons-nous d’acquérir la prudence de notre Mère, élevons notre âme au-dessus des désirs de la terre, évitons le péché, veillons sur nos coeurs, aspirons aux biens célestes, observons la loi, pratiquons la charité, et nous obtiendrons le Royaume des Cieux.

 

Exemples

 

Georges est élève de quatrième dans un Petit Séminaire. Une de ses parentes lui fait connaître la dévotion à Notre-Dame du Bon Conseil. Le pieux enfant se met à l'invoquer avec ferveur surtout aux jours de compositions ; la Madone récompense généreusement sa confiance ; les places sont heureuses et à la fin de l’année les prix abondent.

Joseph subissait naguère un examen important ; avant et pendant les épreuves il avala plusieurs images de Notre-Dame Du Bon Conseil. Le succès fut complet.

Une mère de famille d'Alençon s'exprime ainsi au mois de juillet 1890 : « Mon fils âgé de 4 ans, a été atteint du croup. Le cher enfant a dû subir l'opération : il a été pendant plusieurs jours entre la vie et la mort, complètement désespéré !… Un jour, j'ai envoyé une personne aux pieds de Notre-Dame du Bon Conseil : à partir du jour où Notre-Dame du Bon Conseil a été invoquée, mon enfant s’est trouvé mieux, et depuis ce jour, il jouit d'une parfaite santé ».

« Que de fois, écrit un prêtre le 8 Septembre 1892, que de fois, des examens difficiles ont été passés avec plein succès par l'assistance de la Mère du Bon Conseil Un enfant me dit avoir trouvé soudain la réponse à une question difficile et dont il n'avait jamais entendu parler, en serrant de toute sa force la médaille de la Madone qu'il avait eu soin de mettre dans sa poche. Un candidat aux écoles de l'Etat obtient un succès inespéré après une neuvaine en l'honneur de Notre-Dame du Bon Conseil ».

 

Prière

 

Ô Marie, Mère du Bon Conseil ! Dans ce nom vous nous donnez un abrégé de vos privilèges et de vos titres glorieux, un gage de votre merveilleux pouvoir. Merci de la grâce de vos conseils : ils éclairent l'esprit, enflamment la volonté, et prévoient toujours nos avantages ; ils nous apportent en toute rencontre un puissant secours ; ils sont pour nous un soutien dans l'adversité ; dans les doutes et les difficultés de la vie nous trouvons, en eux un guide sûr qui nous maintient dans le droit sentier du salut. O Mère conseillez-nous et protégez-nous ! Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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5 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Sixième jour

Convenance du titre de Notre-Dame du Bon Conseil donné à Marie

 

2° Par rapport à Dieu dans la Rédemption

 

Dans l’oeuvre de la Rédemption, Marie se révèle à nous comme l'objet du plus sublime dessein. N'est-elle pas appelée, en effet, à y remplir le plan mystérieux de la divine sagesse ? Dieu, par un seul acte de Sa volonté, eût pu relever l'humanité déchue et la réhabiliter, c'eût été un acte de Sa toute-puissance ; mais Dieu veut plutôt faire éclater Sa sagesse, et c'est pourquoi Sa miséricorde se sert des moyens par lesquels l’homme était tombé. Sans excuser Adam, nous pouvons dire que le péché d'Eve contribua et pour beaucoup à la ruine universelle. Oh ! le terrible malheur qu'attira sur nous le mauvais conseil de notre première mère ! Sans doute la sanctification des hommes devait découler et découla de Jésus, mais Dieu avait décidé qu'une femme coopérerait à cette sanctification et nous attirerait des biens sans nombre. Cette femme privilégiée fut Marie. Si Dieu a voulu substituer à l'Adam terrestre Jésus-Christ, l'Adam céleste, Il a voulu aussi à la première Eve, substituer Marie, la nouvelle Eve, vraie Mère de vie. Tandis que celle-là fut la femme inconsidérée, Celle-ci a brillé par son esprit de Conseil et a réparé la ruine originelle.

Comment l'a-t-elle réparée ? Le voici : Notre salut demandait, avec le sacrifice de Jésus-Christ, le consentement de Marie, puisque Marie, en acceptant la Maternité divine, devait offrir la matière apte à ce sacrifice, c'est-à-dire la chair et le sang de l'homme. L'amour maternel aurait dû s'opposer à la mort d'un Fils unique tendrement aimé, vraies délices du paradis. Marie, au contraire, immole son affection de mère et unit sa volonté à celle de Dieu, offrant elle-même pour les péchés du monde les tourments et la Passion de son Enfant chéri, comme parle saint Bernard. Elle veut le sacrifice de Jésus, sacrifice qui dépend de la volonté du Père Éternel et du consentement de la Mère. Puisqu'elle s'associe aux divins Conseils et veut ce que veut le Père, la Mère veut donc aussi la mort de son Fils. Avant que le Saint et le Juste soit devenu victime d'expiation sur le Calvaire, il est déjà une hostie immaculée dans le Cœur de Marie. Le Fiat prononcé dans l'humble maison de Nazareth, voilà la grande parole du Conseil qui fit de Marie la coopératrice de notre salut et la réparatrice des maux causés par l'imprudence d'Eve. Ses rapports avec Dieu dans l'oeuvre de la Rédemption comme dans l'oeuvre de la Création, lui méritent donc parfaitement le titre de Notre-Dame du Bon Conseil.

 

Exemple

 

Une mère de famille d'une petite ville de la Basse Normandie, prise des fièvres typhoïdes, était bientôt, à toute extrémité, elle n'entendait plus, elle ne voyait plus. Une de ses filles écrit à un prêtre de sa connaissance pour lui demander de dire une messe, sans parler en aucune manière de Notre-Dame du Bon Conseil. A sa réponse, le prêtre, membre de la Pieuse Union, joint une image de la Madone du Bon Conseil, recommandant de la placer en vue de la malade. Sa recommandation est exécutée et l'image attachée aux rideaux du lit. Aussitôt et en présence du médecin, la malade s'écrie : « Oh ! la belle Vierge que je vois !… » Le médecin qui n'a pas vu l'image déclare que c'est l'effet du délire. Mais la malade insiste : « Je vois, dit-elle, aussi bien que vous ! » Et, se levant sur son séant, elle veut saisir la belle image... Le médecin constate non seulement que la malade voit, mais qu’il y a en elle un mieux sensible. Le mieux s'accentue de jour en jour, et, une quinzaine après, l'heureuse privilégiée fait annoncer sa guérison, en l'attribuant entièrement à Notre-Dame du Bon Conseil qui lui était parfaitement inconnue jusque-là.

 

Prière

 

Priez pour nous, Vierge du Bon Conseil, Mère du Sauveur, qui avez mis au monde le Verbe sans commencement, le Fils dont le trône est celui même du Père, le Consubstantiel avec le Père et l'Esprit, l’Éternel comme le Père et l’Esprit, le Verbe qui a donné aux cieux leurs voûtes, à la terre sa base ! Salut, Vierge sainte, fournaise spirituelle qui a donné à l'humanité, pour sa nourriture, la flamme et le pain de vie ! Ô douce Mère ! Soyez mon secours et mon conseil. Plus grande est ma misère et plus grande aussi doit être votre compassion. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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27 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Vingt-huitième jour

Sa dévotion l’Eucharistie


Il faudrait la plume d’un Séraphin pour en décrire la flamme, et rien ne peut, ce semble, en donner une plus juste idée que son ardente Foi. Une foi ardente, embrasée, incommensurable à nos yeux, tel fut le merveilleux secret de la dévotion tendre et affectueuse de sainte Claire pour le mystère de l’Eucharistie.

Savoir Jésus-Christ présent au saint Tabernacle, avoir l’ineffable joie de l'y trouver, contempler, posséder, quel bonheur pour l'âme ravie de notre Sainte !

« Mon Dieu est là ! » se disait-elle, et dans la “flamme de cet acte de foi, tout s’embrasait dans l’âme et dans le cœur de cette fervente adoratrice de Jésus-Hostie. Au pied du saint Autel, elle eût voulu dresser sa tente et fixer son séjour à jamais. Les heures s’y écoulaient, rapides et toute célestes.

L'Eucharistie avait pour elle de si puissants attraits qu‘elle eût voulu s’éterniser au pied du Tabernacle et ne plus quitter cette délicieuse oasis, son Paradis ici-bas. Plus elle y demeurait, plus elle s‘en arrachait avec peine, plus elle y revenait, empressée, altérée, avide…

Quant à la sainte Communion, elle en avait faim et soit l Aussi ardente que le Prophète-Roi dans son amour, la vierge séraphique aimait à soupirer avec lui ces paroles brillantes : « Sitivit in te anima mea... Mon âme a soif de vous », ô le Dieu de ma vie, et mon cœur et ma chair en combien de membres... » Les jours qu’elle avait le bonheur de recevoir son Dieu, étaient pour elle des jours du Ciel. Qui dira ce qu’était sa préparation ? le soin qu'elle y apportait, les désirs qui l‘embrasaient, l’amour qui la consumait ?

Aussi, de quelles faveurs. de quelles consolations la comblait Jésus ! Un matin, après avoir communié, une de ses filles, sœur Francisca, l’aperçut tenant dans ses bras l’Enfant-Jésus qui la caressait. Une autre fois, c’était de l'Hostie même que lui apparaissait le divin Enfant, la saluant de sa tête blonde, lui souriant de sa bouche et faisant couler dans son âme un torrent de joie.

Mais le plus merveilleux prodige que signale l’histoire est le suivant :

« En 1240, une armée de vingt mille Sarrasins lancée par Frédéric Il, dans la vallée de Spolète, y jetait l’épouvante et l’effroi. Ils arrivent à Assise... et voilà que, durant une nuit sombre et noire, la horde barbare se porte à Saint-Damien, qu’elle brûle d‘envahir... Déjà les soldats escaladent les murs du monastère, poussant d’affreux hurlements que répercutent tous les échos. Les filles de Claire sont terrorisées et se réfugient en tremblant auprès de leur mère.

Celle-ci, inspirée par sa foi, fait placer devant la porte intérieure du monastère le Très-Saint-Sacrement, et supplie Notre-Seigneur, dans cette extrémité, de protéger ses humbles servantes : « Ego vos semper custodiam ! » répond aussitôt du cœur de l’Hostie le divin Pasteur imploré : « A votre garde je veillerai toujours ! »

Forte d'une telle protection, Claire alors prend dans ses mains virginales la pyxide d’ivoire où était renfermée la divine Hostie et la présente aux Sarrasins sauvages. Ô prodige ! La panique aussitôt s’empare des assiégeants, une lumière éclatante-les éblouit, une main surnaturelle les repousse et tous s’enfuient épouvantés…


Réflexions et Avis


L’Eucharistie ! Quelle merveilleuse invention de l’amour divin ! quel don ! Quelle ineffable preuve de la charité de Dieu pour nous ! Notre bien-aimé Sauveur pouvait-il, au de-là, pousser l'excès de sa bonté et de son dévouement ? Tout Dieu qu’il est, eût-il pu imaginer rien de plus tendre, de plus grand, de plus fort, de plus délicieux qu’une telle merveille d’amour, l’ineffable merveille de la divine Eucharistie. Aussi, de quelle âme reconnaissante devons-nous l’envisager, l’admirer, l’adorer, en remercier Jésus !…

Par l‘Eucharistie, Notre-Seigneur vit au milieu de nous. Nous l'y possédons en permanence et sans crainte de le voir nous quitter jamais. N'a-t-il pas dit lui même, comme pour rassurer notre amour en ce point : « Ne craignez pas que je vous quitte. Voici que je suis avez vous jusqu’à la consommation des siècles ». (Mat 28, 20).

Après une telle assurance, avec foi parfaite, absolue qui nous y fait croire et dans le doux élan de tendresse qui nous transporte vers Jésus, comment ne pas trouver à ses pieds bonheur, repos, allégresse et toute chose ?…

Non ! l’âme ne peut rêver douceur plus tendre, joies plus pures et plus délicieuses que celles que fait rayonner sur elle la Sainte Eucharistie.

Voilà pourquoi, bien convaincus d'une telle vérité, heureux favorisés d'un tel bonheur, nous le proclamons hautement! Grâce à l‘Eucharistie, la terre n’est plus l’exil, mais un Ciel anticipé où nous avons Dieu, où chacun peut, joie indicible ! l’approcher, lui parler, demeurer près de lui dans le sentiment d’un amour qui chasse la crainte.

Que l'ineffable dévotion au Très Saint-Sacrement soit nos plus chères délices. Trouvons nos meilleures joies à venir au pied du Tabernacle, puisque le Dieu Sauveur y réside et que son Cœur nous y appelle : « Magister adest et vocat te : Le Maître est là et il vous appelle ». Âme pieuse, hâtez-vous, ne laissez pas le divin solitaire vous appeler en vain et faire encore à votre sujet la douloureuse expérience de cette navrante parole : « J'ai appelé et attendu un consolateur, et il ne s'en est point trouvé (Psaume 68)... et ma solitude est demeurée déserte...


Avis des Saints

 

« Aimons, oh ! aimons Jésus-Christ, attachons-nous à ses embrassements et tout ce qui est difficile nous paraîtra facile » (Saint Bonaventure). « Voulez-vous faire plaisir à Jésus-Christ, quand vous le visitez ? Répandez-vous en actes d'amour et surtout offrez-vous à lui sans partage » (Saint Alphonse de Liguori). « Vivez de telle sorte que vous méritiez de communier tous les jours » (Saint Augustin).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

Sainte Camilla Battista de Varano, vierge de son Ordre (1458-1527)


La dévotion à la Passion de Notre Seigneur fut le, principe des faveurs de Dieu sur son âme. Jeune encore, elle s'était engagée à verser tous les vendredis une lame sur la Passion. Pour l’attirer à lui, Notre-Seigneur lui montra son nom écrit en lettres d’or dans son divin Cœur. Entrée au monastère d’Urbino, Battista s’y livra tout entière à l’amour de son Dieu. Le sentiment des souffrances de Jésus crucifié était si vif et si permanent dans son cœur qu’elle ne pouvait plus voir sans frissonner tenailles, échelle, clou ou marteau... Altérée du calice de la Passion, elle avait soit de souffrances et ne cessait d‘en demander à Dieu. Les faveurs célestes se multipliaient en faveur de cette âme généreuse. Une fois, elle jouit durant quinze jours de la présence presque habituelle de sainte Claire.

 

Pratique : un grand amour envers l’Eucharistie.


Prière


Que j’hérite, ô glorieuse Mère, de votre ardent amour pour Jésus-Hostie et que ma vie, comme la vôtre, soit une adoration incessante, un acte perpétuel d’amour à ce grand mystère. Ô sainte Claire, obtenez-moi d’aller toujours au pied du Tabernacle avec la confiance et l'amour qui obtiennent des prodiges. Ainsi soit-il.

 

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22 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

Paris, rue Basfroi, Vincent with children, detail

Vingt-troisième jour

Charité de Vincent envers les Pauvres

 

Après avoir vu en général quelle était la charité de Vincent, et les exemples remarquables qu'il en a donnés en diverses rencontres, il nous la faut maintenant considérer plus en détail dans les sujets particuliers envers lesquels il l'a saintement exercée. Ceux qui se présentent les premiers sont les pauvres, qu'il a chéris avec un amour très-ardent, et pour lesquels il avait un cœur plus que paternel ; et certainement si l'on veut faire attention sur toute sa vie, particulièrement depuis le temps qu'il s'est destiné au service des autels, on trouvera qu'elle n'a été autre chose qu'un exercice continuel de charité envers les pauvres, et que ses principales œuvres et ses entreprises les plus signalées ont été pour les pauvres. C'est pour eux, qu'il a procuré la fondation de divers hôpitaux, c'est pour eux qu'il a élevé les confréries de la charité en tant de lieux, et qu'il a institué la compagnie des filles de la charité, auxquelles il a donné la qualité de Servantes des Pauvres ; c'est pour eux qu'il a fait tant d'assemblées, qu'il a obligé les siens d'entreprendre tant de voyages, et qu'il a employé ses soins, ses veilles, et tous les moyens dont il a pu aviser, pour contribuer à leur soulagement et a leur service. Enfin, on peut dire qu'il a institué la Congrégation de la Mission pour évangéliser les pauvres ; et pour ce sujet il disait souvent à ses missionnaires : « Nous sommes les prêtres des pauvres ; Dieu nous a choisis pour eux, c'est là notre point capital, le reste n'est qu'accessoire ».

En effet, il semblait que la principale affaire de ce charitable prêtre était de s'employer pour les pauvres ; c'était là, qu'il portait le plus ordinairement ses pensées, et où tendaient ses principales affections. Il portait les pauvres dans son cœur; il était vivement touché de leurs souffrances, et il avait une affliction très sensible lorsque connaissant leurs nécessités et leurs misères, il ne voyait aucun moyen de les pouvoir secourir.

Étant un jour tout saisi de douleur pour ce sujet, et parlant à l'un des siens qui l'accompagnait en ville, après quelques soupirs et exclamations sur la mauvaise saison qui menaçait en ce temps-là les pauvres de famine et de mort : « Je suis en peine, lui dit-il, pour notre compagnie, mais en vérité elle ne me touche point à l'égal des pauvres ; nous en serons quittes en allant demander du pain à nos autres maisons, si elles en ont, ou à servir de vicaires dans les paroisses ; mais pour les pauvres que feront-ils, et où est-ce qu'ils pourront aller ? J'avoue que c'est-là mon poids et ma douleur ; on m'a dit qu'aux champs les pauvres gens disent que tandis qu'ils auront des fruits ils vivront, mais qu'après cela ils n'auront qu'à faire leurs fosses, et s'enterrer tout vivants. O Dieu ! Quelle extrémité de misères ! Et le moyen d'y remédier ».

Une autre fois parlant aux siens, sur le sujet de mêmes pauvres, il fit ce raisonnement : « Dieu aime les pauvres, et par conséquent il aime ceux qui les aiment ; car lorsqu'on aime bien quelqu'un, on a de l'affection pour ses amis et ses serviteurs. Or, la petite compagnie de la Mission tâche de s'appliquer avec affection à servir les pauvres, qui sont les bien-aimés de Dieu, ainsi nous avons sujet d'espérer que, pour l'amour d'eux, Dieu nous aimera. Allons donc, mes frères, et employons-nous avec un nouvel amour à servir les pauvres et même cherchons les plus pauvres et les plus abandonnés ; reconnaissons devant Dieu que ce sont nos Seigneurs et nos maîtres, et que nous sommes indignes de leur rendre service ».

Dans une autre rencontre s'entretenant avec deux personnes ecclésiastiques de qualité, il leur dit une parole très remarquable, et qui mérite de n'être pas mise en oubli ; c'est à savoir que tous ceux qui auront aimé les pauvres pendant leur vie, n'auront à la mort aucune crainte ; qu'il en avait eu l'expérience plusieurs fois, et que pour cet effet, il avait coutume d'enseigner cette maxime dans l'esprit des personnes qu'il voyait travaillées des appréhensions de la mort, et prenait de là occasion de les exciter à l'amour des pauvres. Et parlant en l'une de ses lettres du décès d'un vertueux prêtre, il confirme la même chose. Sa mort, dit-il, a répondu à sa vie jusqu'à la fin, par un acquiescement continuel au bon plaisir de Dieu, sans avoir ressenti aucun mouvement ni aucune pensée contraire. Il avait toujours beaucoup appréhendé la mort ; mais comme il vit dès le commencement de sa maladie, qu'il envisageait sans aucune crainte et même avec plaisir, il me dit qu'assurément il en mourrait, parce que, disait-il, il m'avait ouï dire que « Dieu ôte l'appréhension de la mort à ceux qui ont volontiers exercé la charité envers les pauvres, et qui ont été travaillés de cette crainte pendant leur vie ».

Or, ce grand amour que Vincent avait pour les pauvres opérait deux effets dans son cœur : l'un était un grand sentiment de compassion de leur indigence et de leur misère, car il avait le cœur extrêmement tendre à leur égard, et l'on a remarqué que lorsqu'en disant les litanies de Jésus, il proférait ces paroles : « Jésus père des pauvres », c'était ordinairement d'un ton de voix qui témoignait l'attendrissement de son cœur : et toutes les fois qu'on lui venait parler de quelque misère ou nécessité particulière, on le voyait soupirer en fermant les yeux et haussant les épaules, comme un homme qui se sent pressé de douleur ; et son visage abattu faisait bien paraître que son cœur était navré de la compassion qu'il avait pour les souffrances des pauvres ; c'est dans ce sentiment que, parlant un jour aux siens sur le sujet de cette compassion : « Quand nous allons voir les pauvres, leur dit-il, nous devons entrer dans leurs sentiments pour souffrir avec eux, et nous mettre dans les dispositions de ce grand Apôtre, qui disait : « Je me suis fait tout à tous; en sorte que ce ne soit pas sur nous que tombe la plainte qu'a faîte autrefois le Seigneur par un prophète: J'ai attendu pour voir si quelqu'un ne compâtirait point à mes souffrances, et il ne s'en est trouvé aucun » ; et pour cela, il faut tâcher d'attendrir nos cœurs et de les rendre susceptibles des souffrances et des misères du prochain, et prier Dieu qu'il nous donne le véritable esprit de miséricorde qui est le propre esprit de Dieu; car, comme dit l'église, c'est le propre de Dieu de faire miséricorde et d'en donner l'esprit. Demandons donc à Dieu, mes frères, qu'il nous donne cet esprit de compassion, qu'il nous en remplisse, qu'il nous le conserve; en sorte que qui verra un missionnaire puisse dire : « Voilà un homme plein de miséricorde » ; pensons un peu combien nous avons besoin de miséricorde, nous qui devons l'exercer envers les autres, et porter la miséricorde en toutes sortes de lieux, et souffrir tout pour la miséricorde ».

Or, Vincent tenait cette maxime, dans les services et assistances qu'il rendait aux pauvres, d'étendre plus particulièrement ses soins sur ceux qui étaient les plus abandonnés, et pour cette raison, il s'appliquait avec une affection toute spéciale à pourvoir aux besoins des pauvres petits enfants trouvés, comme de ceux qui étaient les plus délaissés et les moins capables de s'aider : il avait un amour très tendre pour ces pauvres petites innocentes créatures, et un amour non-seulement affectif mais encore plus effectif. « N'est-ce pas le devoir des pères, disait-il un jour aux siens, sur ce sujet, de pourvoir aux nécessités de leurs enfants, et puisque Dieu nous a substitués au lieu de ceux qui les ont engendrés, afin que nous prenions soin de leur conserver la vie, et de les faire élever et instruire en la connaissance des choses de leur salut, prenons bien garde de ne nous point relâcher dans une entreprise qui lui est si agréable; car, si après que leurs mères dénaturées les ont ainsi exposés et abandonnés, nous venons à négliger le soin de leur nourriture et de leur éducation, que deviendront-ils ? Pourrons-nous consentir à les voir périr tous comme autrefois, dans cette grande ville de Paris ? »

Une personne de vertu qui connaissait particulièrement les peines que Vincent prenait pour la conservation de ces pauvres petites créatures, lors même que les Dames les plus charitables qui en avaient pris le soin perdaient presque courage, à cause de la grande dépense qu'il fallait soutenir, en a rendu le témoignage qui suit, plusieurs années avant sa mort : « Dieu sait combien de soupirs et de gémissements Monsieur Vincent a poussés vers le ciel au sujet de ces pauvres petits enfants! quelles recommandations il a faites à sa compagnie de prier Dieu pour eux ! Quels moyens il a employés, et quelles voies il a tentées pour les faire nourrir à peu de frais, et quels soins il a pris de les envoyer visiter les années passées chez leurs nourrices, en divers villages, par les filles de la charité, et en cette année 1649 par un frère de sa congrégation, lequel a employé près de six semaines à faire cette visite ».

Or, avoir charité pour les enfants, et prendre soin d'eux, c'est en quelque façon se faire enfants : et pourvoir aux besoins des enfants trouvés, c'est prendre la place de leurs parents, ou plutôt celle de Dieu même, qui a dit si la mère venait à oublier son enfant, que lui-même en prendrait soin, et qu'il ne le mettrait pas en oubli. Si notre Seigneur vivait encore parmi les hommes sur la terre, et qu'il vit des enfants abandonnés, penserions-nous qu'il voulût aussi les abandonner ? Ce serait sans doute faire injure à sa bonté infinie d'avoir une telle pensée ; et nous serions infidèles à sa grâce, si, ayant été choisis par sa providence pour procurer la conservation corporelle et spirituelle de ces pauvres enfants trouvés, nous venions à nous en lasser, et les abandonner à cause de la peine que nous y avons.

 

Fleurs Spirituelles

 

« La charité du prochain est un signe de prédestination, puisqu'elle montre que nous sommes de vrais disciples de Jésus-Christ. C'est cette divine vertu qui a porté le Sauveur à mener une vie pauvre et à mourir nu sur une croix ; c'est pourquoi, quand nous nous trouvons dans les occasions de souffrir pour la charité, nous devons en bénir Dieu ». (Saint Vincent De Paul).

« Oh ! que l'amour que le Fils de Dieu porte aux pauvres, doit être grand ! Il a choisi l'état du pauvre ; il a voulu être le père des pauvres ; il regarde comme fait expressément à lui-même, tout ce qu'on fait à ses pauvres. Il convient donc d'aimer les pauvres d'un amour tout spécial, voyant en eux la personne même de Jésus-Christ, et faisant d'eux tout le cas qu'il en faisait ». (Saint Vincent De Paul).

Pratique : Ne laissez passer aucune occasion aujourd'hui d'exercer la charité, soit corporellement, soit spirituellement, envers les pauvres. Priez pour les plus abandonnés.

 

 

Icon, USA, WA, Federal Way

 

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30 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

Paris, CM provincial house

Trente-et-unième jour

Mort de Saint Vincent De Paul

 

L'histoire sainte nous apprend que Dieu ayant appelé Moïse sur le sommet de la montagne de Nébo, il lui fit le commandement de mourir en ce lieu là, et que ce saint patriarche, se soumettant à la volonté de Dieu, mourut à la même heure, non par l'effet d'aucune maladie, mais purement par l'efficacité de son obéissance ; et il mourut, comme dit l'écriture sainte, sur la bouche du Seigneur, c'est-à-dire en recevant la mort comme une faveur toute singulière, et comme un baiser de paix de la bouche de son Seigneur et de son Dieu.

Que s'il est permis de faire quelque comparaison des grâces que Dieu fait à ses Saints et à ses plus chers serviteurs, en lui laissant le jugement de leurs mérites, nous pouvons dire que, par une miséricorde très spéciale, il a fait quelque chose de semblable en faveur de son fidèle serviteur Vincent De Paul, lequel ayant toujours vécu dans une entière et parfaite dépendance de sa volonté, est mort enfin, non tant par l'effet d'aucune fièvre ou autre maladie violente, que par une espèce d'obéissance et de soumission à cette divine volonté ; et il est mort d'une mort si paisible et si tranquille, qu'on l'eût plutôt prise pour un doux sommeil que pour une mort; en sorte que pour mieux exprimer quel a été le trépas de ce saint homme, il faut dire qu'il s'est endormi en la paix de son Seigneur, qui l'a voulu prévenir en ce dernier passage des plus désirables bénédictions de sa divine douceur, et mettre sur son chef une couronne d'un prix inestimable. C'était une récompense particulière que Dieu voulut rendre a sa fidélité et à son zèle. Il avait consumé sa vie dans les soins, dans les travaux et dans les fatigues pour son service, et il l'a terminée heureusement dans la paix et la tranquillité : il s'était volontairement privé de tout repos et de toute propre satisfaction pendant sa vie, pour procurer l'avancement du royaume de Jésus-Christ et l'accroissement de sa gloire ; et en mourant il a trouvé le véritable repos, et a commencé d'entrer dans la joie de son Seigneur. Voici plus en particulier comment tout s'est passé :

Vincent voyant que la fin de sa vie approchait, se disposait de plus en plus intérieurement à ce dernier passage, en continuant de pratiquer au fond de son âme toutes les vertus qu'il croyait les plus agréables à Dieu, et en se détachant de toutes les choses créées, autant que la charité lui pouvait permettre, pour élever et porter plus parfaitement son cœur vers ce principe de tout bien.

Le 25 Septembre, vers le midi, il s'endormit dans sa chaise; ce qui depuis quelques jours lui arrivait plus qu'à l'ordinaire, et provenait tant de ce qu'il ne pouvait prendre aucun repos la nuit, que de la grande faiblesse, qui allait toujours s'augmentant, et qui le tenait la plupart du temps comme assoupi. Il considérait cette somnolence comme l'image et l'avant-courrière de sa prochaine mort, et quelqu'un lui ayant demandé la cause de ce sommeil extraordinaire, il lui dit en souriant : « C'est que le frère vient en attendant la sœur » : appelant ainsi le sommeil le frère de la mort, à laquelle il se préparait.

Le dimanche 26 Septembre, il se fit porter à la chapelle, où il entendit la sainte messe et communia comme il faisait tous les jours, et étant de retour en sa chambre il tomba dans un assoupissement plus profond que d'habitude, de sorte que le frère qui l'assistait, voyant que cela continuait trop longtemps, l'éveilla ; et, après l'avoir fait parler, voyant qu'il retombait aussitôt dans le même assoupissement, il en avertit celui qui avait le soin de la maison, par l'ordre duquel on alla quérir le médecin; lequel étant venu dans l'après-dîner, trouva Vincent si débile, qu'il ne le jugea pas en état de recevoir aucun remède, et dit qu'il lui fallait donner l'extrême-Onction ; néanmoins, avant que de se retirer, l'ayant éveillé et excité à parler, ce vertueux malade, selon son ordinaire, lui répondit avec un visage riant et affable ; mais après quelques paroles, il demeura court, n'ayant pas la force d'achever ce qu'il voulait dire.

Un des principaux prêtres de sa Congrégation l'étant venu voir ensuite, et lui ayant demandé sa bénédiction pour tous ceux de la Compagnie, tant présents qu'absents, il fit un effort pour lever sa tête et l'accueillir avec son affabilité habituelle, et ayant commencée les paroles de la bénédiction, il en prononça plus haut plus de la moitié, et les autres tout bas. Sur le soir comme on vit qu'il s'affaiblissait de plus en plus, et qu'il semblait tendre à l'agonie on lui donna le sacrement de l'Extrême-Onction. Il passa la nuit dans une douce, tranquille et presque continuelle application à Dieu; et quand il s'assoupissait, on n'avait qu'à lui en parler pour l'éveiller, ce qu'à peine toute autre parole pouvait faire. Or, entre les dévotes aspirations qu'on lui suggérait de temps en temps, il témoigna avoir une dévotion particulière à ces paroles du Psalmiste : « Ô Dieu, venez à mon aide » ; et pour cela il répondait aussitôt : « Seigneur, hâtez-vous de me secourir » : ce qu'il continua de faire jusqu'au dernier soupir, imitant en cela la piété de ces grands Saints qui ont autrefois habité les déserts, lesquels usaient fort fréquemment de cette courte prière, par la continuelle répétition de laquelle ils avaient intention de protester leur dépendance de la souveraine puissance de Dieu, le besoin continuel qu'ils avaient de ses grâces et de ses miséricordes, leur espérance en sa bonté et l'amour filial dont leur cœur était animé, qui les portait incessamment à rechercher Dieu comme leur très bon Père, sons crainte de l'importuner, par une très grande et très-parfaite confiance en sa charité plus que paternelle.

Ce fut le lundi 27 Septembre 1660, sur les quatre heures et demie du matin, que Dieu le tira à lui, lorsque ses enfants spirituels assemblés à l'Eglise commençaient leur oraison mentale pour attirer Dieu en eux ; c'était à la même heure et au même moment qu'il avait coutume, depuis quarante ans, d'invoquer le Saint-Esprit sur lui et sur les siens, que cet Esprit adorable enleva son âme de la terre au Ciel, comme la sainteté de sa vie, son zèle pour la gloire de Dieu, sa charité pour le prochain, son humilité, sa patience et toutes ces autres vertus, dans la pratique desquelles il a persévéré jusqu'à la mort, nous donnent sujet de croire de l'infinie bonté de Dieu ; ce fidèle serviteur de sa divine Majesté ayant bien pu dire en mourant avec une humble reconnaissance de ses grâces, à l'imitation du Saint Apôtre, qu'il avait courageusement combattu, qu'il avait saintement consommé sa course, qu'il avait gardé une fidélité inviolable, et qu'il ne lui restait plus, sinon de recevoir la couronne de justice de la main de son souverain Seigneur.

Ayant rendu le dernier soupir, son visage ne changea point, il demeura dans sa douceur et sérénité ordinaires, étant dans sa chaise dans la même posture que s'il eût sommeillé. Il expira assis et tout vêtu, étant demeuré de la sorte les vingt-quatre dernières heures de vie ; ceux qui l'assistaient ayant estimé qu'en cet état il était difficile de le toucher, sans lui faire plus de mal, et sans danger d'abréger sa vie. Il est mort sans fièvre et sans accident extraordinaire, ayant cessé de vivre par une pure défaillance de la nature, comme une lampe qui s'éteint insensiblement, quand l'huile vient à lui manquer.

 

Fleurs Spirituelles

 

« Une sainte vie est le chemin d'une sainte mort, et une sainte mort est le chemin de la véritable vie, de la vie éternelle, de la vie éternellement heureuse ». (Saint Ambroise).

« Seigneur, que votre volonté s'accomplisse. Heureux ceux qui, à l'heure de la mort, sont dans une parfaite conformité à la très sainte volonté de Dieu ! La mort éternelle ne pourra pas leur nuire ». (Saint François d'Assise).

Pratique : Efforcez-vous de mourir chaque jour à quelqu'une de vos satisfactions, afin d'avoir moins d'attaches à rompre à votre dernière heure. Priez pour les religieuses défuntes dans votre Congrégation.

 

Coeur de Saint Vincent

 

Fin du Mois de Saint Vincent de Paul

 

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29 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

Paris, Maison Mere, Death of Vincent de Paul, 2

Trentième jour

Préparation à la mort de Saint Vincent

 

Pour faire un holocauste parfait de la vie de ce saint prêtre, et afin qu'il ne restât en lui rien qui ne fut consommé en l'honneur et pour l'amour de son souverain Seigneur, il fallait que les maladies achevassent en son corps le sacrifice que les afflictions et les peines avaient commencé en son âme; c'est pourquoi Dieu voulut que, pendant le cours de sa vie, il fût sujet à diverses infirmités, et que sur la fin, il fût exercé par de grandes et douloureuses maladies, pour mettre le comble à sa patience, et donner la couronne de la vie à sa persévérance et à son amour. Parmi toutes ses douleurs, il est toujours demeuré constant dans sa manière de vie dure et austère, n'ayant jamais voulu souffrir qu'on le couchât sur un lit mollet, mais se faisant mettre sur une paillasse, pour y passer cinq ou six heures de la nuit, non tant pour y prendre du repos, que pour y trouver une nouvelle matière de souffrance. On le voyait tous les jours affaiblir et diminuer ; et cependant il ne désistait pas d'un seul moment de s'appliquer aux soins de sa Congrégation, des compagnies du dehors qu'il dirigeait, et des autres affaires dont il était chargé; il envoyait quelques uns de ses prêtres aux lieux où il ne pouvait aller, leur prescrivant ce qu'ils avaient à dire, et de quelle façon ils s'y devaient comporter; il recevait grande quantité de lettres, les lisait et y répondait. Il assemblait souvent les officiers de sa maison et ses assistants, il leur parlait à tous ensemble ou à chacun en particulier, selon qu'il était nécessaire, s'informait d'eux de l'état des affaires, et en délibérait avec eux ; il pourvoyait à tout, et donnait tous les ordres nécessaires ; il envoyait des ouvriers pour travailler aux Missions, et les assemblait pour convenir avec eux de la manière de les faire utilement et fructueusement.

Enfin parmi tous ses efforts d'agir et de pâtir, la nature devint en lui si faible, qu'il ne pouvait plus s'appliquer ni parler qu'avec grande peine; et néanmoins, dans cet abattement d'esprit et de corps, il a fait des discours d'une demi-heure et plus, avec tant de vigueur et de grâce, que ceux qui l'écoutaient en étaient tout étonnés ; et ils ont assuré depuis qu'ils ne l'avaient jamais ouï parler avec tant d'ordre et d'énergie. Et ce qui est encore digne d'admiration, c'est que parmi toutes ses angoisses si longues et si fâcheuses, il a toujours paru, tant à ceux de la maison, qu'aux personnes du dehors qui allaient le voir, avec un esprit doux, un visage riant et des paroles fort affables, de même que s'il eût été en pleine santé: que si on lui demandait des nouvelles du mal qu'il souffrait, il en parlait comme d'une chose dont il ne fallait pas faire grand cas, disant que ce n'était rien en comparaison des souffrances de Notre Seigneur, et qu'il avait bien mérité d'autres châtiments, et sur cela, il détournait adroitement le discours de ce qui le concernait, pour compatir à celui qui lui parlait, quand il le savait en quelque peine ou infirmité, comme si elle lui eût été plus sensible que ses propres douleurs.

Vincent se voyait approcher de plus en plus de sa fin, et chacun s'en apercevait aussi, quoiqu'avec des sentiments bien différents ; car les siens et tous ceux qui avaient affection pour lui appréhendaient cette séparation et concevaient un grand regret de la voir si proche ; et au contraire, ce saint vieillard, comme un autre Siméon, attendait avec joie cette dernière heure, et montrait à tous un visage fort serein ; il s'y disposait en souffrant gaîment en esprit de pénitence et d'humilité, aspirant à cette vie où il espérait posséder son Dieu, l'invoquant en son cœur, et s'unissant intérieurement à lui par une parfaite conformité à toutes ses volontés, et lui remettant son corps et son âme entre les mains, pour en disposer selon son bon plaisir, au temps et dans l'éternité. Et quoique toute sa vie eût été une continuelle préparation pour bien mourir, et que toutes ses pratiques de vertus et ses exercices de piété et de charité, qui rendaient ses journées pleines, fussent autant de pas pour avancer avec bénédiction vers cette dernière période, il s'était néanmoins dès longtemps servi d'une disposition plus particulière, ayant pris cette sainte coutume de réciter tous les jours, après l'action de grâces de la messe, les prières des agonisants et les recommandations de l'âme, se préparant ainsi par avance au départ de la sienne. Il y avait longtemps que ce fidèle serviteur, selon ce qui est dit dans l'Evangile, avait les reins ceints et la lampe allumée en main, pour aller au devant de son Seigneur quand il viendrait, et cette dernière heure lui était presque toujours présente à l'esprit : quelques années avant que son décès arrivât, il disait souvent aux siens : « Un de ces jours le misérable corps de ce vieux pécheur, sera mis en terre et sera réduit en cendres, et vous le foulerez aux pieds ».

Il remettait quelquefois aux siens devant les yeux la pensée de la mort, comme une des plus salutaires, et les exhortait à s'y préparer par de bonnes œuvres, les assurant que c'était-là le meilleur et le plus assuré moyen pour bien mourir. Il voulait pourtant que cette pensée de la mort fut animée de confiance en la bonté de Dieu, et non pas telle qu'elle ne nous causât aucun abattement ou inquiétude d'esprit: ce fut l'avis qu'il fit donner à une personne qui, ayant une vive appréhension de la mort, l'avait incessamment dans la pensée ; car il lui fit dire, que la pensée de la mort était bonne, et que Notre Seigneur l'avait conseillée et recommandée, mais qu'elle devait être modérée, et qu'il n'était pas nécessaire ni expédient que cette personne l'eût constamment présente à l'esprit ; qu'il suffisait qu'elle y pensât deux ou trois fois le jour, sans s'y arrêter néanmoins beaucoup de temps ; et même, si elle s'en trouvait inquiétée, qu'elle ne s'y arrêtât point du tout et qu'elle s'en divertît doucement.

Ce fidèle serviteur de Dieu, parmi les langueurs de sa longue maladie, attendait l'heure désirée en laquelle son divin Rédempteur viendrait le délivrer de ce corps mortel, qui retenait son âme en captivité : et l'accomplissement de son désir était différé, parce que Dieu voulait lui donner moyen de mettre le comble à ses mérites, par la continuation de l'exercice de la patience et des autres vertus qu'il pratiquait si dignement, et pour achever la couronne qui était préparée à sa fidélité.

Enfin tout cela se trouvant accompli, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, voulut lui donner la plus grande et la plus désirable de toutes, qui est celle de mourir de la mort des justes, ou, pour mieux dire, cesser de mourir dans cette vie mourante, pour commencer de vivre de la véritable vie des justes et des Saints dans la bienheureuse éternité.

 

Fleurs Spirituelles

 

« La mort est un gain, parce qu'elle change une vie imparfaite que nous avons, en une vie très parfaite que nous aurons ». (Saint Thomas d'Aquin).

« La mort n'a point d'aiguillon pour celui qui aime ardemment son Dieu. Ce n'est pas de la douleur qu'elle lui procure, mais de la joie. Il chante en mourant des cantiques d'amour. Le jour de sa mort vaut mille fois mieux pour lui que le jour de sa naissance ». (Saint Bernard).

Pratique : Faites aujourd'hui toutes vos actions comme si vous deviez bientôt après paraître devant Dieu. Priez pour les personnes qui ont la bonne habitude d'employer quelques instants pour se préparer à la mort, le jour de leur récollection du mois.

 

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28 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

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Vingt-neuvième jour

Patience de Vincent dans les Maladies

 

L'esprit malin, connaissant combien est grande la faiblesse de notre chair, et combien périlleux et violents sont les assauts que les hommes ressentent de ce côté là par les douleurs et les maladies, disait avec raison que l'homme exposera volontiers ses autres biens extérieurs pour sauver sa vie, et pour s'exempter des douleurs et des maladies qui sont les avant-coureurs de la mort. Et quoiqu'il eût en vain attaqué la patience du saint patriarche Job, par la perte de ses biens et de ses enfants, il se promettait encore de le vaincre, si Dieu lui permettait de l'affliger en son corps, par les maladies et les douleurs : et ce fut aussi en ce dernier et furieux choc que ce Saint homme fit éclater davantage sa vertu, supportant cette dure épreuve non-seulement avec patience, mais même avec une parfaite soumission au bon plaisir de Dieu, auquel il rendait des bénédictions et des louanges avec d'autant plus d'affection, que ses douleurs étaient plus sensibles et ses peines plus violentes.

On peut dire avec vérité que cette épreuve des douleurs et des maladies a été celle qui a donné le dernier accomplissement à la patience de Vincent, et qui a couronné toutes ses autres vertus. C'est aussi pour cet effet, qu'encore que son corps parût assez robuste, et que son tempérament, qui était fort bon, joint à sa manière de vie fort réglée, dût produire en lui une longue et parfaite santé ; Dieu a voulu toutefois qu'il ait été souvent exercé par diverses et fréquentes maladies. Cela pouvait provenir, ou des grandes peines et incommodités qu'il avait souffertes durant son esclavage, ou de la violence qu'il se faisait continuellement à lui-même, ou des travaux et fatigues des missions auxquelles il s'est employé durant une longue suite d'années, ou enfin de son application continuelle aux grandes affaires de charité et de piété qui étaient souvent fort épineuses et difficiles. Mais, de quelque cause que cela soit provenu, il est certain que ce saint homme par une conduite particulière de la divine providence, a presque toujours été dans l'exercice des infirmités ; néanmoins, quelques maladies dont il fût atteint, et quelques douleurs qu'il ressentit, il conservait toujours une paix et une liberté d'esprit si grandes, qu'on n'eut pas dit qu'il eût souffert aucun mal, si l'abattement de son corps n'eût fait voir le contraire.

Écrivant un jour sur le sujet de ses souffrances à une personne de confiance toute particulière, il lui en témoigna ses sentiments en ces termes : « Je vous ai caché, autant que j'ai pu, mon état, et n'ai pas voulu vous faire savoir mon incommodité, de peur de vous contrister : mais, ô bon Dieu ! Jusqu'à quand serons-nous si tendres, que de nous oser dire le bonheur que nous avons d'être visités de Dieu ? Plaise à Notre-Seigneur de nous rendre plus forts, et de nous faire trouver notre bon plaisir dans le sien ! »

Diverses personnes de sa maison, et même du dehors, l'ayant vu dans quelques-unes de ses souffrances, étaient dans l'étonnement de la patience et de la tranquillité qui paraissaient en lui au milieu des plus violentes douleurs ; car quoiqu'il fût sans aucun repos ni jour ni nuit, il ne sortait pas néanmoins de sa bouche une seule parole de plainte : son visage retenait la même douceur et affabilité qu'il avait en santé et son esprit exerçait continuellement une patience toute héroïque. « Plus il avançait en âge dit un très vertueux ecclésiastique qui l'a très particulièrement connu, et plus son corps s'affaiblissait et ses incommodités augmentaient, jusque-là que, quelques mois avant son heureuse fin, il se vit privé de la célébration de la sainte Messe, qui faisait auparavant toute sa joie et sa consolation. Il était réduit à demeurer dans une chaise par sa caducité, et par les grandes et continuelles douleurs qu'il ressentait ; et au milieu de ses souffrances, il voyait encore toutes sortes de personnes du dehors et du dedans ; il donnait ordre aux affaires de sa maison et de toute sa congrégation, répondant à tout venant avec autant de grâce et de sérénité que s'il n'eût ressenti aucun mal ; la même affabilité et douceur ayant toujours paru sur son visage jusqu'à la mort ».

Un prêtre lui disant un jour, qu'il semblait que ses douleurs augmentaient de jour en jour, il lui répondit : « Il est vrai que depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête je les sens augmenter ; mais, hélas ! quel compte aurai-je à rendre au tribunal de Dieu, devant qui j'ai bientôt à comparaître, si je n'en fais pas un bon usage ? »

Il ne faut pas s'étonner si ce grand serviteur de Dieu avait de tels sentiments, et s'il parlait de la sorte parmi ses plus grandes douleurs ; car il avait fait depuis longtemps une bonne provision de patience, et avait rempli son esprit et son cœur des plus parfaites maximes de cette vertu, pour les pratiquer en toutes sortes d'occasions, et particulièrement dans ses maladies. Voici ce qu'il en écrivit un jour à un des siens qui était dans cet exercice d'infirmité : « Il est vrai, lui dit-il, que la maladie nous fait voir ce que nous sommes, beaucoup mieux que la santé, et que c'est dans les souffrances que l'impatience et la mélancolie attaquent les plus résolus ; mais comme elles n'endommagent que les plus faibles, vous en avez plutôt profité qu'elles ne vous ont nui, parce que Notre Seigneur vous a fortifié en la pratique de son bon plaisir, et cette force paraît en la proposition que vous avez faite de les combattre avec courage; et j'espère, qu'elle paraîtra encore mieux dans les victoires que vous remporterez, en souffrant désormais pour l'amour de Dieu, non seulement avec patience, mais aussi avec joie et gaieté ».

En parlant un jour à ceux de sa communauté sur le même sujet : « Il faut avouer, leur dit-il, que l'état de la maladie est un état fâcheux et presque insupportable à la nature ; et néanmoins, c'est un des plus puissants moyens dont Dieu se serve pour nous remettre dans notre devoir, pour nous détacher des affections du péché, et pour nous remplir de ses dons et de ses grâces. Ô Sauveur, qui avez tant souffert, et qui êtes mort pour nous racheter, et pour nous montrer combien cet état de douleur pouvait glorifier Dieu et servir à notre sanctification ; faites-nous, s'il vous plaît, connaître le grand bien et le grand trésor qui sont cachés sous cet état de maladie. C'est par-là, Messieurs, que les âmes se purgent, et que celles qui n'ont point de vertus ont un moyen efficace d'en acquérir. On ne saurait trouver un état plus propre pour la pratiquer. C'est dans la maladie que la foi s'exerce merveilleusement ; que l'espérance y reluit avec éclat ; la résignation, l'amour de Dieu et toutes les vertus y trouvent une ample matière de s'exercer. C'est là, où l'on connaît ce que chacun porte et ce qu'il est ; c'est la jauge avec laquelle vous pouvez sonder et savoir le plus assurément quelle est la vertu d'un chacun, s'il en a beaucoup, peu ou point du tout. On ne remarque jamais mieux quel est l'homme que dans l'infirmerie ; voilà la plus sûre épreuve qu'on ait pour reconnaître les plus vertueux, et ceux qui le sont moins : ce qui nous fait voir combien il est important que nous soyons bien établis dans la manière de nous comporter comme il faut dans les maladies.

Nous avons sujet de louer Dieu de ce que, par sa bonté et miséricorde, il y a dans la compagnie des infirmes et des malades qui font de leurs langueurs et de leurs souffrances un théâtre de patience, où ils font paraître dans leur éclat toutes les vertus; nous remercierons Dieu de nous avoir donné de telles personnes. J'ai déjà dit bien des fois, et ne puis m'empêcher de le redire, que nous devons estimer que les personnes affligées de maladie dans la compagnie, en sont la bénédiction ».

Considérons que les infirmités et les afflictions viennent de la part de Dieu. La mort, la vie, la santé, la maladie, tout cela vient par l'ordre de sa Providence, et, de quelque manière que ce soit, toujours pour le bien et le salut de l'homme ; et, cependant, il y en a qui souffrent souvent avec beaucoup d'impatience leurs afflictions, et c'est une grande faute. D'autres se laissent aller au désir de changer de lieu, d'aller ici, d'aller là, en cette maison, en cette province, en son pays, sous prétexte que l'air y est meilleur. Et qu'est-ce que cela ? Ce sont gens attachés à eux-mêmes, personnes qui ne veulent rien souffrir, comme si les infirmités corporelles étaient des maux qu'il faille fuir; fuir l'état où il plaît à Dieu de nous mettre, c'est fuir son bonheur. Oui, la souffrance est un état de bonheur qui sanctifie les âmes.

 

Fleurs Spirituelles

 

« Que celui qui veut vivre constamment uni à Dieu voie toujours des yeux de son cœur Jésus-Christ mourant sur la croix ; on tire des plaies du Sauveur la force nécessaire pour souffrir, non-seulement avec patience, mais encore avec joie ». (Saint Bonaventure).

« Depuis que mon Sauveur a voulu boire le calice des souffrances et de la mort, il est rempli de douceur et de consolation pour les amis de Dieu, et il n'a plus d'amertumes ». (Saint François De Sales).

Pratique : Supportez avec joie et gaieté de cœur, toutes les petites incommodités et maladies auxquelles il plaira à Dieu de vous soumettre. Priez pour les personnes malades de votre Congrégation.

 

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24 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

13 St Vincent

Vingt-cinquième jour

Paroles remarquables de Vincent, touchant la douceur qu'on doit pratiquer envers le prochain

 

Elles ont été recueillies d'un discours que ce saint homme fit un jour aux siens sur le sujet de cette vertu.

« La douceur et l'humilité, leur dit-il, sont deux sœurs germaines qui s'accordent fort bien ensemble ; nous avons pour règle de les étudier soigneusement en Jésus-Christ, qui nous dit : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur ». C'est donc une leçon du Fils de Dieu: apprenez de moi. Ô mon Sauveur, quelle parole ! mais quel bonheur d'être vos écoliers, et d'apprendre cette leçon si courte et si excellente, qu'elle nous rend tels que vous êtes ! N'aurez-vous pas la même autorité sur nous qu'ont eue autrefois les philosophes sur leurs sectateurs, lesquels s'attachaient si étroitement a leurs sentences, que c'était assez de dire : le maître l'a dit, pour ne s'en départir jamais ?

Si donc les philosophes, par leurs raisonnements, s'acquéraient tant de créance sur leurs disciples dans les choses humaines, combien plus, mes frères, la sagesse éternelle mérite-t-elle d'être crue et suivie dans les choses divines ? Que lui répondrions-nous en ce moment, s'il nous demandait compte de toutes les leçons qu'il nous a faites ? Que lui dirons-nous à la mort, quand il nous reprochera de les avoir si mal apprises ? Apprenez de moi, dit-il, d'être doux. Si c'était un Saint Paul ou un Saint Pierre qui par lui-même nous exhortât à apprendre de lui la douceur, nous pourrions nous en excuser ; mais c'est un Dieu fait homme, qui est venu nous montrer comme il faut que nous soyons faits pour être agréables à son Père : c'est le maître des maîtres que nous enseigne d'être doux. Donnez-nous part, mon Seigneur, à votre grande douceur : nous vous en prions par cette même douceur qui ne peut rien refuser.

La douceur a plusieurs actes qui se réduisent à trois principaux : et le premier de ces actes a deux offices, dont l'un est de réprimer les mouvements de la colère, les saillies du feu qui monte au visage, qui trouble l'âme, qui fait qu'on n'est plus ce qu'on était, et qu'un visage serein change de couleur, et devient noirâtre ou tout enflammé. Que fait la douceur ? Elle arrête ce changement; elle empêche celui qui la possède de se laisser aller à ces mauvais effets. Il ne laisse pourtant pas de sentir le mouvement de la passion, mais il tient ferme afin qu'elle ne l'emporte pas. Il lui pourra arriver quelque ternissure au visage, mais il se remet bientôt. Au reste, il ne faut pas s'étonner de nous voir combattus ; les mouvements de la nature préviennent ceux de la grâce, mais ceux-ci les surmontent. Il ne faut pas nous étonner des attaques, mais demander grâce pour les vaincre, étant assurés qu'encore que nous sentions quelque révolte en nous contraire à la douceur, elle a cette propriété de la réprimer. Voilà donc le premier office du premier acte, qui est beau à merveille, et si beau qu'il empêche la laideur du vice de se montrer: c'est un certain ressort dans les esprits et dans les âmes, qui non-seulement tempère l'ardeur de la colère, mais qui en étouffe les moindres sentiments.

L'autre office de ce premier acte de la douceur, consiste en ce qu'étant parfois expédient qu'on témoigne de la colère, qu'on reprenne, qu'on châtie, il fait néanmoins que les âmes qui ont cette vertu de douceur, ne font pas les choses par emportement de la nature, mais parue qu'elles pensent qu'il les faut faire : comme le Fils de Dieu qui appela saint Pierre Satan: qui disait aux Juifs : allez, hypocrites, non une fois, niais souvent ; ce mot étant répété dix ou douze fois dans un même chapitre, et en d'autres rencontres il chassa les vendeurs du temple, renversa les tables, et fit d'autres signes d'un homme courroucé. Étaient-ce des emportements de colère ? Non, il avait cette vertu au suprême degré. En nous cette vertu fait qu'on est maître de sa passion ; mais en notre Seigneur, qui n'avait que des propassions, elle lui faisait seulement avancer ou retarder les actes de la colère selon qu'il était expédient. Si donc il se montrait sévère en certaines occasions, lui qui était doux et bénin, c'était pour corriger les personnes à qui il parlait, pour donner la chasse au péché et ôter le scandale ; c'était pour édifier les âmes et pour nous donner instruction.

Voilà donc le premier acte de la douceur, qui est de réprimer les mouvements contraires dès qu'on les ressent, soit en arrêtant tout à fait la colère, soit en l'employant si bien dans la nécessite, qu'elle ne soit nullement séparée de la douceur. C'est pourquoi, Messieurs, maintenant que nous en parlons, proposons-nous, toutes les fois qu'il nous viendra quelque occasion de nous fâcher, d'arrêter tout court cet appétit, pour nous recorriger et nous élever à Dieu, lui disant : « Seigneur, qui me voyez assailli de cette tentation, délivrez-moi du mal qu'elle me suggère ».

Le second acte de la douceur est d'avoir une grande affabilité, cordialité et sérénité de visage envers les personnes qui nous abordent, en sorte qu'on leur soit à consolation. De là vient que quelques-uns, avec une façon riante et agréable, contentent tout le monde, Dieu les ayant prévenus de cette grâce, par laquelle ils semblent vous offrir leur cœur et vous demander le vôtre; au lieu que d'autres se présentent avec une mine resserrée, triste et désagréable, ce qui est contre la douceur. D'après cela , un vrai missionnaire fera bien de se composer affablement et de s'étudier à un abord si cordial et aimable, que par les signes de sa bonté il donne consolation et confiance à tous ceux qui l'approchent. Vous voyez que cette douce insinuation gagne les cœurs et les attire, selon cette parole de Notre Seigneur, que les débonnaires posséderont la terre : et, au contraire, on a fait cette remarque des personnes de condition qui sont dans l'emploi, que quand elles sont trop froides et graves, un chacun les fuit. Et comme nous devons être employés auprès des pauvres gens de la compagne, de Messieurs les ordinants, des exercitants, et de toutes sortes de personnes, il n'est pas possible que nous produisions de bons fruits, si nous sommes comme des terres sèches qui ne portent que des chardons ; il faut quelque attrait et un extérieur qui plaise, pour ne rebuter personne. Je fus consolé, il y a trois ou quatre jours, de la joie qui me parut en quelqu'un qui sortait d'ici, où il avait remarqué, disait-il, un abord doux, une ouverture de cœur et une certaine simplicité charmante (ce sont ces termes), qui l'avaient grandement touché.

Le troisième acte de la douceur est, quand on a reçu un déplaisir de quelqu'un, de n'y point arrêter son esprit, de n'en rien témoigner, ou bien de dire en l'excusant : il n'y pensait pas, il l'a fait par précipitation, un premier mouvement l'a emporté ; enfin, détourner sa pensée de l'offense prétendue. Quand une personne dit des choses fâcheuses à ces esprits doux pour les aigrir, ils n'ouvrent pas la bouche pour lui répondre, et ne font pas semblant de l'entendre.

La douceur ne nous fait pas seulement excuser les affronts et les traitements injustes que nous recevons : elle veut même qu'on traite doucement ceux qui nous les font par des paroles aimables ; et s'ils venaient à nous outrager jusqu'à nous donner un soufflet, qu'on le souffre pour Dieu ; et c'est cette vertu qui fait cela. Oui, un serviteur de Dieu qui la possède bien, quand on use de main-mise sur lui, il offre à Dieu ce rude traitement et demeure en paix.

Si le Fils de Dieu était si débonnaire en sa vie, combien plus a-t-il fait éclater sa douceur en sa passion. Ça été jusqu'à un tel point que de ne proférer aucune parole fâcheuse contre les déicides qui le couvraient d'injures et de crachats, et qui se riaient de ses douleurs. Mon ami, dit-il à Judas, qui le livrait à ses ennemis : il va même au-devant de ce traître avec cette douce parole: mon ami. Il traita tout le reste de même air : « Que cherchez-vous, leur dit-il ; me voici » ; méditons tout cela, Messieurs ; nous trouverons des actes prodigieux de douceur qui surpassent l'entendement humain. Ô Jésus, mon Dieu ! Quel exemple pour nous, qui avons entrepris de vous imiter ! Quelle leçon pour ceux qui ne veulent rien souffrir, ou s'ils souffrent, qui s'inquiètent et s'aigrissent !

Après cela, ne devons-nous pas nous affectionner à cette vertu de douceur, par laquelle non-seulement Dieu nous fera la grâce de réprimer les mouvements de la colère, de nous comporter gracieusement envers le prochain, et de rendre bien pour mal, mais encore de souffrir paisiblement les afflictions, les blessures, les tourments et la mort même, que les hommes nous pourraient causer ? Faites-nous la grâce, mon Sauveur, de profiter des peines que vous avez endurées avec tant d'amour et de douceur : plusieurs en ont profité par votre bonté, et peut-être que je suis le seul ici qui n'ai pas encore commencé à être tout ensemble doux et souffrant ».

 

Fleurs Spirituelles

 

« Il est nécessaire d'avoir avec tous de la douceur, et de traiter toutes sortes de personnes avec ces manières qui partent d'un cœur tendre et plein d'une charité chrétienne. D'affabilité, l'amour et l'humilité sont des vertus qui servent admirablement à gagner les cœurs des hommes, et à les animer à embrasser tout ce qui répugne le plus à la nature ». (Saint Vincent De Paul).

« Soyez toujours d'une grande douceur, et de très belle humeur au milieu de vos occupations et de vos peines, tout le monde attend de vous ce bon exemple ». (Saint François de Sales).

Pratique : Conservez-vous toujours dans une grande douceur, même parmi les contrariétés qui pourraient vous arriver. Priez pour les personnes qui travaillent à acquérir cette vertu.

 

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23 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

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Vingt-quatrième jour

Douceur de Saint Vincent De Paul

 

La charité est en perfection, dit le bienheureux Saint François de Sales, lorsqu'elle est non seulement patiente, mais outre cela douce et débonnaire; la douceur étant comme la fleur de cette divine vertu, qui relève d'autant plus son excellence, qu'il y a plus de difficulté à réprimer les saillies de la nature, qui se couvre souvent du manteau du zèle, pour se laisser aller plus librement aux emportements de ses passions.

Vincent était d'un naturel bilieux et d'un esprit vif, et par conséquent fort sujet à la colère ; néanmoins, il a tellement dompté cette passion, avec le secours de la grâce, par la pratique de la vertu contraire, qui est la douceur, que tant s'en faut qu'elle lui fit commettre aucune faute, que même il ne paraissait presque pas qu'il en ressentit les premières atteintes. Il est vrai que du temps qu'il était chez Madame la générale des galères, comme lui-même l'a avoué à des personnes de confiance, il se laissait quelquefois un peu aller à son tempérament bilieux et mélancolique : de quoi cette bonne dame était parfois en peine, pensant qu'il eut quelque mécontentement en sa maison ; mais comme il vit depuis que Dieu l'appelait à vivre en communauté, et que dans cet état il aurait affaire à toutes sortes de personnes de différentes complexions : « Je m'adressai, dit-il, à Dieu et le priai instamment de me changer cette humeur sèche et rebutante, et de me donner un esprit doux et bénin ; et par la grâce de Notre Seigneur, avec un peu d'attention que j'ai faite à réprimer les bouillons de la nature, j'ai un peu quitté de mon humeur noire ». Or, quoique Vincent ne parlât jamais de soi que lorsqu'il le jugeait nécessaire ou grandement utile pour l'édification de ceux avec lesquels il s'entretenait, son humilité néanmoins était telle, que souvent il en faisait après excuse, craignant d'avoir scandalisé en quelque façon ceux auxquels il avait ainsi parlé.

C'est donc de cette façon que Vincent s'est changé, et qu'il a travaillé avec le secours de la grâce divine, à acquérir cette vertu de douceur qu'il reconnaissait, et confessait n'avoir point par nature, mais l'avoir obtenue de Dieu par la prière et par l'exercice. « Aussi disait-il un jour, parlant à sa communauté, on voit quelquefois des personnes qui semblent être douées d'une grande douceur, laquelle pourtant n'est bien souvent qu'un effet de leur naturel modéré ; mais ils n'ont pas la douceur chrétienne, dont le propre exercice est de réprimer et étouffer les saillies du vice contraire. On n'est pas chaste pour ne point ressentir de mouvements deshonnètes, mais bien lorsqu'en les sentant on leur résiste ».

Mais ce n'est pas assez d'avoir acquis une vertu, il la faut conserver et cultiver ; et pour cela, il est nécessaire de s'y bien exercer, d'en faire souvent des actes, de la mettre soigneusement en pratique. C'est ce que ce fidèle serviteur de Dieu a fait comme il l'a enseigné aux siens, auxquels il ne disait rien qu'il n'eût mis le premier en exécution. Voici un petit abrégé de quelques avis qu'il leur donnait sur ce sujet, et qu'il pratiquait encore mieux lui-même.

1° Il disait que pour n'être point surpris des occasions dans lesquels on pourrait manquer a la douceur, il fallait les prévoir, et se représenter les sujets qui pouvaient vraisemblablement exciter à la colère, et former en son esprit, par avance, les actes de douceur qu'on se propose de pratiquer en toutes occasions. 2° Qu'il fallait haïr le vice de la colère, en tant qu'il déplaît à Dieu, sans pour cela se fâcher ou s'aigrir contre soi même de s'y voir sujet, « d'autant plus qu'il faut haïr ce vice et aimer la vertu contraire, non parce que celui-là nous déplaît et que celle-ci nous agrée, mais uniquement pour l'amour de Dieu, auquel cette vertu plaît et ce vice déplaît ; et, si nous faisons ainsi, la douleur que nous concevrons des fautes commises contre cette vertu, sera douce et tranquille ». 3° Que lorsqu'on se sentait ému de colère, il était expédient de cesser d'agir et même de parler, et surtout de se déterminer, jusqu'à ce que les émotions de la passion fussent apaisées : « parce que, disait-il, les actions faites dans cette agitation, n'étant pas pleinement dirigées par la raison, qui est troublée et obscurcie par la passion, quoique d'ailleurs elles semblent bonnes, ne peuvent pourtant jamais être parfaites ». 4° 1I ajoutait que, pendant cette émotion, il fallait faire effort sur soi-même pour empêcher qu'il n'en parût aucune marque sur le visage, qui est l'image de l'âme, mais le retenir et réformer par la douceur chrétienne : « Ce qui n'est point, disait-il, contre la simplicité, parce qu'on le fait, non pour paraître autre qu'on n'est pas, mais par un désir sincère que la vertu de douceur, qui est en la partie supérieure de l'âme, s'écoule sur le visage, sur la langue, et sur les actions extérieures, pour plaire à Dieu et au prochain pour l'amour de Dieu ». 5° Enfin, qu'il fallait surtout, en ce temps-là, s'étudier à retenir sa langue, et, malgré tous les bouillons de la colère et toutes les saillies du zèle qu'on pense avoir, ne dire que des paroles douces et agréables, pour gagner les hommes à Dieu. « Il ne faut quelquefois, disait-il, qu'une parole douce pour convertir un endurci; et, au contraire, une parole rude est capable de désoler une âme, et de lui causer une amertume qui pourrait lui être très nuisible ». A ce propos, on lui a ouï dire en diverses rencontres, qu'il n'avait usé que trois fois en sa vie de paroles de rudesse pour reprendre et corriger les autres, croyant avoir quelque raison d'en user de la sorte, et qu'il s'en était toujours depuis repenti, parce que cela lui avait fort mal réussi ; et qu'au contraire, il avait toujours obtenu par la douceur ce qu'il avait désiré.

Il mettait néanmoins une grande différence entre la véritable vertu de douceur et celle qui n'en a que l'apparence ; car la fausse douceur est molle, lâche, indulgente ; mais la véritable douceur n'est point opposée à la fermeté dans le bien, à laquelle même elle est plutôt jointe par cette connexion qui se trouve entre les vraies vertus. Et, à ce sujet, il disait qu'il n'y avait point de personnes plus constantes et plus fermes dans le bien, que celles qui sont douces et débonnaires, comme, au contraires, celles qui se laissent emporter à la colère et aux passions de l'appétit irascible, sont ordinairement fort inconstantes, parce qu'elles agissent très souvent par boutades et par emportements ; ce sont comme des torrents, qui n'ont de la force et de l'impétuosité que dans leurs débordements, lesquels tarissent aussitôt qu'ils se sont écoulés ; au lieu que les rivières, qui représentent les personnes débonnaires, vont sans bruit, avec tranquillité et ne tarissent jamais. Aussi était-ce une de ses grandes maximes, qu'encore qu'il fallût tenir ferme pour la fin qu'on se propose dans les bonnes entreprises, il était néanmoins expédient d'user de douceur dans les moyens qu'on employait ; alléguant à ce propos, ce que dit le Sage des conduites de la sagesse de Dieu, qui atteint fortement à ses fins, et toutefois dispose suavement les moyens pour y parvenir.

Or, quoique Vincent fût grandement affable en ses paroles, il n'était pourtant pas flatteur ; au contraire, il blâmait fort ceux-là qui se servaient des paroles d'affabilité pour s'insinuer par un esprit de flatterie dans l'affection des autres : « Soyons .affables, disait-il aux siens, mais jamais flatteurs ; car il n'y a rien de si vil ni de si indigne d'un cœur chrétien que la flatterie ; un homme vraiment vertueux n'a rien tant en horreur que ce vice ». Il tenait encore pour une autre maxime de cette vertu, de ne jamais contester contre personne, non pas même contre les vicieux, quand on était obligé de les reprendre ; mais il voulait qu'on se servit toujours de paroles douces et affables, selon que la prudence et la charité le requéraient.

Mais la douceur de Vincent excellait surtout dans les corrections et répréhensions qu'il était obligé de faire, dans lesquelles il agissait avec une telle modération et douceur d'esprit, et parlait d'une manière si suave et néanmoins si efficace, que les cœurs les plus durs en étaient amollis et ne pouvaient résister à la force de sa douceur. Il disait souvent : « Que Jésus-Christ étant la suavité éternelle des hommes et des anges, c'était par cette même vertu que nous devions faire en sorte d'aller à lui, en y conduisant les autres ».

 

Fleurs Spirituelles

 

« On doit préférer dans les communautés, l'union et la paix à tout autre bien, et il faut pour cela se supporter, se prévenir et se traiter réciproquement avec douceur. Cette vertu est une source de paix, et un lien de perfection qui unit les cœurs ». (Saint Vincent De Paul).

« Résistez fidèlement à vos impatiences, en pratiquant non-seulement avec raison, mais encore contre la raison, la sainte affabilité et douceur avec tous, et surtout avec ceux qui vous causent plus d'ennui ». (Saint François de Sales).

Pratique : Ne faites aucune action, et ne dites aucune parole qui ressente l'emportement. Priez pour les personnes qui manquent de douceur dans les rapports avec le prochain.

 

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19 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

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Vingtième jour

Zèle de Vincent pour la gloire de Dieu et le salut des âmes (Suite)

 

C'était dans l'esprit de Jésus-Christ, et par un effet de son zèle que Vincent exhortait les siens, et les encourageait dans les travaux où ils étaient engagés pour le service de Notre Seigneur. Voici en quels termes il écrivit à l'un de ses prêtres, qu'il avait envoyé en des lieux fort éloignés où il avait beaucoup à travailler et à souffrir pour le service de Dieu : « Oh ! Monsieur, que j'ai de consolation de penser à vous, qui êtes tout à Dieu, et à votre vocation qui est vraiment apostolique ! Aimez donc cet heureux partage qui vous est échu, et qui doit attirer sur vous une infinité de grâces, pourvu que vous soyez bien fidèle à l'usage des premières. Vous aurez sans doute beaucoup à combattre; car l'esprit malin et la nature corrompue se ligueront ensemble pour s'opposer au bien que vous voulez faire ; ils vous en feront paraître les difficultés plus grandes qu'elles ne sont, et feront leurs efforts pour vous persuader que la grâce vous manquera dans le besoin, afin de vous attrister et de vous abattre; ils susciteront des hommes qui vous contrediront et persécuteront, et peut-être que ce seront ceux-là même que vous tenez pour vos meilleurs amis, et qui devraient vous soutenir et vous consoler. Si cela vous arrive, Monsieur, vous devez prendre courage, et le considérer comme un bon signe ; car vous aurez par ce moyen plus de rapport à Notre Seigneur, lequel étant accablé de douleur, s'est vu délaissé, renié et trahi par les siens, et comme abandonné par son propre Père. Oh ! que bienheureux sont ceux qui portent amoureusement leur croix en suivant un tel maître! Souvenez-vous, Monsieur, et le croyez fermement que, quelque chose qui vous arrive, vous ne serez jamais tenté au delà de vos forces, et que Dieu même sera votre appui et votre vertu, d'autant plus parfaitement, que vous n'aurez ni refuge ni confiance qu'en lui seul ».

Et écrivant à un autre des siens qu'il avait engagé en une mission fort laborieuse et difficile : « Béni soit, lui dit-il, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui vous a si suavement et si fortement inspiré la mission que vous avez entreprise pour la propagation de la foi ; et béni soit le même Seigneur qui, non-seulement est venu au monde pour racheter les âmes que vous allez instruire, mais encore pour vous mériter les grâces qui vous sont nécessaires afin de procurer leur salut et le vôtre. Puis donc que ces grâces là vous sont toutes préparées, et que le bon Dieu qui les donne ne désire rien tant que d'en faire largesse à ceux qui s'en veulent bien servir, à quoi tiendra-t-il que vous n'en soyez rempli, et que par leur vertu vous ne détruisiez en vous les restes du vieil homme, et dans ce peuple les ténèbres de l'ignorance et du péché ? Je veux espérer que, de votre côté, vous n'y épargnerez ni les travaux, ni la santé, ni la vie; c'est pour cela que vous vous êtes donné à lui, et exposé au péril d'un long voyage ; et partant il ne reste plus sinon que vous preniez une forte résolution de mettre tout de bon la main à l'œuvre. Or, pour bien commencer et pour bien réussir, souvenez-vous d'agir dans l'esprit de notre Seigneur, d'unir vos actions aux siennes, et de leur donner une fin toute noble et toute divine, les dédiant à sa plus grande gloire, moyennant quoi Dieu versera toutes sortes de bénédictions sur vous et sur vos œuvres; mais il arrivera peut-être que vous ne les verrez pas, au moins dans toute leur étendue ; car Dieu cache quelquefois à ses serviteurs les fruits de leurs travaux, pour des raisons justes ; mais il ne laisse pas d'en faire réussir de très grands. Un laboureur est longtemps avant que de voir ceux de son labour, et quelquefois il ne voit point du tout la moisson abondante que sa semence a produite. Cela même est arrivé à Saint François-Xavier, lequel n'a pas vu de son temps les fruits admirables que ses saints travaux ont produits après sa mort, ni les progrès merveilleux qu'ont eus les missions qu'il avait commencées. Cette considération doit tenir votre cœur fort au large et fort élevé en Dieu, dans la confiance que tout ira bien, quoiqu'il vous semble le contraire ».

Parlant un jour à ceux de sa communauté dans ce même esprit : « Voilà, leur dit-il, un beau champ que Dieu nous ouvre, tant à Madagascar qu'aux îles Hébrides, et ailleurs. Prions Dieu, qu'il embrase nos cœurs du désir de le servir ; donnons-nous à lui, pour en faire ce qu'il lui plaira. Saint Vincent Ferrier s'encourageait en la vue qu'il devait venir des prêtres, lesquels, par la ferveur de leur zèle, embraseraient toute la terre. Si nous ne méritons pas que Dieu nous fasse la grâce d'être ces prêtres-là, supplions-le qu'au moins il nous en fasse les images et les précurseurs ; mais, quoiqu'il en soit, tenons pour certain que nous ne serons point véritables chrétiens, jusqu'à ce que nous soyons prêts de tout perdre et de donner même notre vie pour l'amour et pour la gloire de Jésus-Christ, nous résolvant, avec le saint Apôtre, de choisir plutôt les tourments et la mort même, que d'être séparés de la charité de ce divin Jésus ».

Une autre fois, ayant fait le récit à sa communauté de quelques persécutions arrivées aux missionnaires qui étaient en Barbarie , il ajouta ensuite : « Qui sait si Dieu n'a point envoyé cette persécution pour éprouver notre fidélité ? Les marchands laissent-ils d'aller sur mer, pour les dangers qu'ils courent ; et les soldats à la guerre, à cause des plaies et de la mort même à laquelle ils s'exposent ! Et faut-il que nous laissions de faire notre office de secourir et de sauver les âmes, pour les peines et les persécutions qui s'y rencontrent ? »

Il encourageait ainsi, par l'ardeur de son zèle, ceux de sa compagnie à continuer leurs travaux pour le service de Notre Seigneur ; et comme son zèle était vraiment désintéressé, il ne se conjouissait pas seulement avec eux des bénédictions que Dieu donnait à leurs missions, dans lesquelles ils faisaient ce qu'il eût désiré faire lui-même, si son âge et ses infirmités ne l'en eussent empêché; mais il concevait aussi une sainte joie du bien que faisaient les autres communautés, et des services qu'elles rendaient à l'Église. Voici ce qu'une personne de grande vertu en a témoigné : « Monsieur Vincent s'est toujours réjoui quand il entendait les grands fruits et progrès que faisaient les autres communautés ; et, bien loin d'en concevoir aucune envie ni jalousie, il témoignait hautement l'estime qu'il en faisait ; il leur donnait de très grandes louanges, et leur rendait, dans les occasions, toutes sortes de services et d'assistances ».

Dans ce sentiment, il parlait souvent avec estime et éloge des religieux de la sainte compagnie de Jésus, louant Dieu des grandes choses qu'il a faites par eux, en toutes les parties du monde, pour la propagation de l'Évangile et pour l'établissement du royaume de Jésus Christ son Fils. Et un jour, entre autres, parlant sur ce sujet à ceux de sa communauté, par un mouvement de ce même zèle, accompagné de son humilité ordinaire, il leur dit : « Soyons, mes frères, comme ce paysan qui portait les hardes de Saint Ignace et de ses compagnons fatigués du chemin, et qui, voyant qu'ils se mettaient à genoux lorsqu'ils étaient arrivés en quelque lieu pour s'y arrêter, s'y mettait avec eux; les voyant prier, il priait de même : et comme ces saints personnages lui eurent une fois demandé qu'est-ce qu'il faisait-là ? Il leur répondit: Je prie Dieu qu'il fasse ce que vous lui demandez : je suis une pauvre bête, qui ne saurait faire oraison, je le prie qu'il vous écoute ; je voudrais lui dire ce que vous lui dites, mais je ne saurais, et ainsi je lui offre vos prières. O Messieurs et mes frères, nous devons nous considérer comme les porte-sacs de ses dignes ouvriers, comme de pauvres idiots qui ne savons rien dire, et qui sommes le rebut des autres, et comme de petits glaneurs, qui viennent après ces grands moissonneurs. Remercions Dieu de ce qu'il lui a plu agréer en cela nos petits services. Offrons-lui avec nos petites poignées les grandes moissons des autres, et soyons toujours prêts à faire ce qui est en nous pour le service de Dieu et pour l'assistance du prochain. Si Dieu a donné une si belle lumière, et fait une si grande à ce pauvre paysan, que pour cela il a mérité qu'il fut parlé de lui dans l'histoire, espérons que, faisant notre possible, comme il a fait, pour contribuer à ce que Dieu soit honoré, servi et glorifié, sa divine bonté recevra en bonne part nos oblations et nos petits travaux ».

Si Vincent a fait paraître en tant de manières l'ardeur de son zèle, il n'en a pas moins fait voir la force et la constance, persévérant dans les saintes entreprises que Dieu lui avait inspirées, nonobstant les difficultés, les oppositions, les pertes et toutes les autres plus fâcheuses traverses qui lui sont arrivées. Plus il voyait de contradictions de la part des créatures, plus il témoignait de constance et de résolution à persévérer dans ses bonnes entreprises pour la gloire de Dieu: et tant s'en faut que toutes les pertes et les oppositions le portassent au découragement, qu'au contraire il prenait de là sujet d'y animer davantage les siens.

 

Fleurs Spirituelles

 

« L'oraison est absolument nécessaire à ceux qui travaillent au salut des âmes, soit pour entretenir en eux un désir ardent de faire toujours des progrès nouveaux dans la dévotion et la ferveur, soit pour leur inspirer un zèle, un courage toujours nouveau dans les services qu'ils rendent au prochain ». (Saint Vincent De Paul).

« On doit travailler beaucoup par amour pour Dieu, sans s'occuper de l'estime des hommes. Il faut travailler à leur salut, sans faire attention à leurs discours ». (Saint Vincent De Paul).

Pratique : Ne laissez passer aucune occasion de procurer la gloire de Dieu. Priez pour les personnes qui travaillent au salut des âmes.

 

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