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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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21 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

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Vingt-deuxième jour

22 juillet

 

« Rabbouni ! »

 

Prélude : Marie-Madeleine à genoux devant Jésus ressuscité.

 

Méditation

 

Après avoir prévenu les deux apôtres de la disparition du corps de Jésus, Marie-Madeleine revint au tombeau, « Elle se tenait debout, en dehors du sépulcre, dit saint Jean, et elle pleurait ». Elle demeurait là par amour pour Celui dont la disparition l'affligeait si profondément, elle pleurait sous l'effort d'une douleur inconsolable. Elle aime, et son amour ne peut plus rien pour son bien-aimé, pas même entourer ses restes mortels de parfums et d'aromates. Toute seule près du tombeau vide, elle ne peut plus que pleurer.

De temps à autre, elle regarde autour d'elle pour voir si ceux qui l'ont enlevé ne reparaîtront pas. Ne voyant rien paraître, elle continue à donner un libre cours à ses larmes. Puis, tandis qu'elle pleurait ainsi, elle s'approcha encore plus près du sépulcre et s'inclina pour regarder. Ô merveille ! Deux anges, vêtus de blanc, sont assis, l'un à la tête, l'autre aux pieds, là où fut placé le corps !

Figure des anges du Testament Nouveau, des prêtres que Dieu placera désormais sur la route des âmes qui veulent retrouver la grâce et la paix, ces anges disent à Madeleine : « Femme, pourquoi pleurez-vous ? » Et la sainte amie du Sauveur, sans se troubler, pleine de confiance, devant une apparition si émouvante, répond : « Parce qu'on a enlevé mon Seigneur, et que j'ignore le lieu où ils l'ont mis ».

Mais un bruit de pas s'est fait entendre dans le jardin, ou peut-être, - et j'aime beaucoup cette pieuse interprétation de saint Jean Chrysostome, - les anges, au lieu de répondre à Marie-Madeleine, se sont inclinés profondément, dans l'attitude de l'adoration, devant quelqu'un que Marie n'apercevait point, et qui était soudainement apparu derrière elle.

C'était Jésus !... Mais Marie ne le reconnut point ; car le divin Sauveur, sans doute pour éprouver la foi de sa servante, avait voulu se cacher sous les habits et les apparences d'un jardinier. Marie le prit donc pour un jardinier. Vous vous trompiez, Marie, dit un pieux interprète, en le prenant pour le jardinier du pauvre et étroit jardin qui environnait le sépulcre. Jésus est le jardinier du monde, il est le jardinier de l’Église et des âmes.

Or, Jésus s'est arrêté, et Marie, qui ne l'a point reconnu, est devant lui... « Femme, pourquoi pleurez-vous ? » dit Jésus. Ô doux Maître, vous aussi, vous demandez à cette ardente amie de votre divinité pourquoi elle pleure. Vous lui demandez qui elle cherche ! Ah ! c'est que l'heure des larmes est passée, puisque votre résurrection a fait chanter l'alléluia au ciel, dans les limbes et dans l’Église de la terre, dont Madeleine fait partie. Elle ne doit plus rien chercher, puisque vous êtes devant elle !

Mais, Madeleine ne reconnaît point encore son Maître. Elle eût pu lui répondre avec les paroles que le chantre inspiré des Cantiques place sur les lèvres de l’Épouse : « J'ai cherché durant plusieurs nuits Celui que mon cœur aime ; je l'ai cherché et je ne l'ai point trouvé. Alors j'ai dit en moi-même : que ferai-je pour satisfaire l'ardent désir que j'ai de le posséder ? Je me lèverai, je ferai le tour de la ville, et je chercherai dans les rues et sur les places publiques celui qui est le bien-aimé de mon âme. Alors je me suis levée, je l'ai cherché et je ne l'ai point trouvé. Les gardes qui veillaient à la sûreté de la ville m'ont rencontrée, et je leur ai dit : N'avez-vous point vu Celui qu'aime mon âme ? »

L'impatience de son amour ne permet pas à Marie-Madeleine ce long épanchement. Dans l'excès de sa douleur, tout entière à son désir de retrouver Celui qu'elle a perdu, elle s'écrie : « Ah! si c'est vous qui l'avez enlevé, dites- moi, dites-moi où vous l'avez mis ! » Le Sauveur prend en pitié la douleur de Madeleine. « Jésus lui dit: Marie »

Qui saura jamais la douceur que le Bon Maître mit sur ses lèvres, en appelant ainsi amie éplorée. Marie !... dit-il, c'était un nom bien doux pour Jésus, le nom de sa mère ! Ce son nom seul suffit, quand on aime beaucoup, il ne faut pas de longues paroles pour s'entendre.

Madeleine l'entendit ; elle leva ses yeux humides de pleurs. Un instant lui suffit pour regarder et reconnaître Celui qui avait le secret de prononcer son nom comme le prononçait autrefois son bien-aimé visiteur de Béthanie. C'est lui. Rabbouni ! Ô mon maître !

 

Résolution : Chercher Jésus dans le sépulcre des divins tabernacles, en union avec Marie-Madeleine.

Bouquet spirituel : « Jésus lui dit : « Marie ! » Marie, s'étant retournée, lui dit : « Maître ». (Jean 20, 16).

 

Vita marie madeleine

 

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8 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

L'onction à Béthanie

 

Neuvième jour

9 Juillet

 

Le Pardon

 

Prélude : Jésus adresse la parole à Madeleine. La pécheresse convertie regarde Notre Seigneur. Son visage rayonne de joie et d'amour.

 

Méditation

 

Pendant qu’il parlait d'elle, Marie-Madeleine sentait son espérance s'affermir et son amour s'embraser. Le son de cette voix divine pénétrait dans ses oreilles charmées et arrivait jusqu'à son cœur, qui se fondait d'amour.

Mais, ô bonheur ! Voici que Jésus a cessé de s'adresser à Simon. Il regarde plus attentivement Madeleine, qui relève la tête, comprenant que ceci lui était personnel. A ce moment, la terre entière n'était plus rien pour elle. Que lui importaient les murmures et les remarques des convives ? Que lui importait l'univers ? Tout son univers, à elle, il est dans la personne sacrée et adorée du Maître, et le Maître parle !...

« Vos péchés vous sont remis !... » dit Jésus, en pariant à la pauvre pécheresse. Oh ! la douce assurance ! Le péché formait l'obstacle qui retenait son cœur confus et creusait un abîme entre le Dieu de toute pureté et elle. Or, voici que les péchés lui sont remis, c'est Dieu lui-même qui l'en assure ! Plus rien donc ne met obstacle à son amour, plus âme, à la veille de notre première communion, à la clôture d'une retraite, dans une circonstance de rien ne la sépare de Celui qu'elle aime. Ah ! qu'elle sera admirable la fidélité de cette âme convertie ! Comme rien ne lui coûtera plus pour éviter le péché et ses moindres occasions à l'avenir ! Tout à l'heure, elle va quitter la salle du festin, elle va revoir Lazare et Marthe, elle va rompre avec tout son passé, elle va inaugurer une vie nouvelle. Mais, avec quelle ferveur tout cela s'opère dans son âme, c'est ce qu'on peut deviner, bien mieux qu'on ne saurait le dire.

« Vos péchés vous sont remis ! » Rappelons-nous donc, chacun, la joie ineffable qui remplit notre âme, à la veille de notre première communion, à la clôture d’une retraite, dans une circonstance de la la grâce divine, quand le prêtre nous dit, de la part de Dieu : « Vos péchés vous sont remis ! » Nous tressaillîmes alors jusqu'au fond de nos entrailles, et, si l'on nous avait parlé à ce moment de rechute possible, d'infidélité nouvelle à la grâce, nous aurions protesté avec une énergie indignée. Hélas ! combien peu imitent la fidélité persévérante de Madeleine !... Mais, revenons vite à cette heureuse convertie du Sauveur.

Ceux qui étaient à table avec Jésus commençaient à se dire, en murmurant : quel est donc celui qui remet les péchés ? - Ô Madeleine, répondez. Vous savez, vous, quel est celui qui vous a remis les vôtres. Vous savez qu'il est Dieu, puisqu'il pardonne ; Dieu, puisqu'il est bon; Dieu, puisqu'il change les cours comme vous sentez le vôtre transformé au dedans de vous.

Et Jésus récompense cette foi de sa servante, en l'exaltant, avec une affirmation pleine d'autorité, qui fait taire les murmures des convives et remplit Madeleine de consolation. « Votre foi vous a sauvée, lui dit-il. Vous avez cru, vous, que j'étais le Messie envoyé de Dieu ; vous avez cru à mon amour, et voilà pourquoi vous serez une preuve éclatante de mon pouvoir divin, comme un témoignage continuel de l'efficacité de ma grâce. Qu'ils viennent maintenant, les ennemis de votre âme, essayer de rompre que j'ai uni à mon cœur, de souiller encore ce que j'ai purifié, de réduire en servitude ce que j'ai délivré ! Aux autres, quand je leur remettrai leurs péchés et que je les congédierai, je ne manquerai point de leur recommander la persévérance et je leur dirai : Ne péchez plus ! Mais, vous, ô ma fidèle convertie, je veux que vous soyez la preuve vivante de mon pouvoir transformateur des âmes, je veux que vous me serviez à jamais, sans défaillance et sans rechute. Allez en paix ! » .

« Allez en paix ! » Quelle paix, sinon celle qui résulte pour une âme de l'apaisement du remords, des révoltes intérieures et des rébellions de la chair ! Quelle paix encore, sinon celle qui résulte d'une conscience heureuse et d'un cœur satisfait ? Cette paix, Marie-Madeleine en est inondée, elle l'emporte comme son trésor, qui ne lui sera plus enlevé.

 

Résolution : Au sortir du saint tribunal, s'exciter aux bons désirs de la persévérance.

Bouquet spirituel : « Allez en paix ». (Luc 7, 50).

 

Vita marie madeleine

 

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25 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

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Vingt-sixième jour

26 juillet

 

Les adieux à Béthanie

 

Prélude : Jésus est debout. Madeleine, à genoux devant lui, le regarde avec amour, le visage baigné de larmes.

 

Méditation

 

Le jeudi qui était le quarantième jour après sa résurrection glorieuse, Jésus voulut prendre un dernier repas avec ses Apôtres. Puis, dans la matinée, il se leva avec eux et prit le chemin vers la montagne de son Ascension. Or, nous dit saint Luc, il les conduisit d'abord à Béthanie.

Cette parole de l’Evangéliste n'a point été écrite sans mystère. Il faut la peser et la faire ressortir dans la vie de Madeleine. Les plus célèbres commentateurs y ont vu un des plus beaux témoignages et comme le couronnement de l'amitié de Jésus pour Madeleine, Marthe et Lazare. « II voulait, disent-ils, leur faire ses adieux, les rendre témoins de son triomphe, les inviter à son admirable Ascension, et un moment les faire participer à sa gloire ».

C'étaient ses hôtes, ses amis, dit avec une touchante vérité le plus récent et l'un des plus pieux historiens de sainte Madeleine, les hôtes, les amis de sa sainte Mère et des saintes femmes qui le suivaient et l'assistaient; les hôtes, les amis de ses Apôtres et de ses Disciples, c'est-à-dire de tout ce qu'il avait de plus cher au monde, ou plutôt de toute son Eglise, à peu près renfermée dans ce petit troupeau. Le voyageur, accueilli avec bienveillance au milieu de sa course, ne se retire pas sans avoir pris congé de son hôte. L'ami ne part pas pour un lointain voyage sans avertir son ami. Et si ce voyageur, cet ami, après avoir été accueilli et assisté, quand tout le monde l'abandonnait, est tout à coup élevé à la dignité de roi et de triomphateur, n'invitera t-il pas ses hôtes et ses amis à la cérémonie de son couronnement et de son investiture ?

Le voilà donc au bourg de Béthanie, ajoute notre pieux hagiographe ; c'est là qu il a passé tant de jours et tant de nuits, tant d'heures, depuis l'inauguration de son apostolat ; là qu'il a voulu opérer le miracle de ses miracles, en ressuscitant Lazare ; là qu'il a accepté d’être embaumé par avance pour le jour de sa sépulture ; là qu'il s'est abrité la dernière semaine de sa vie mortelle sur la terre. Il partit de Béthanie le dimanche pour faire son entrée triomphante à Jérusalem ; le lundi, pour maudire et faire sécher le figuier stérile ; le mardi et le mercredi, pour confondre les Pharisiens par mille paraboles dirigées contre eux ; le jeudi, pour célébrer la Pâque, instituer l'Eucharistie et subir sa douloureuse Passion. C'est dans ce lieu fortuné et béni qu'il a répandu des larmes si précieuses, prononcé des discours si attendrissants, que la terre ignore, mais que le Ciel garde et conserve pour les révéler un jour. Jésus voit le tombeau de Lazare ressuscité, la maison de Simon le Lépreux à jamais illustre, le château de Marthe et de Madeleine où sa divine Mère l'attend au milieu des Saintes Femmes. Tous les habitants viennent à sa rencontre comme autrefois ceux de Jérusalem ; mais aujourd'hui plus de pleurs versés, plus de voix discordantes, plus de trahisons à redouter ; c'est dans la Jérusalem céleste, la cité de l'éternelle paix, qu'il va entrer. Tout est prêt pour le départ : Lazare, Marthe et Madeleine lui ont présenté sa Mère. Il se dirige vers le mont des Oliviers : autour de lui se presse la troupe fidèle.

Tout émue et touchée de la douceur de son amour maternel, dit saint Bonaventure, au moment du départ de son fils, sa Mère dut pencher sur lui sa tête et se reposer sur son sein. Et le Seigneur la consolait, ainsi que Madeleine et les Disciples, en disant. « Je ne vous laisserai point orphelins ; je vais et je reviens à vous, et je serai toujours avec vous ». Alors, il embrassa tendrement sa Mère et lui dit adieu, et sa Mère le pressa tendrement entre ses bras. Les Disciples, et Madeleine, et tous les autres se prosternèrent, et, les larmes aux yeux, embrassèrent ses pieds.

Les Anges considéraient, à côté de leur Reine Madeleine, l'Apôtre des Apôtres. Ici, comme partout et toujours, sa part, qui était la meilleure, fut aux pieds de son Maître ; et parce qu'il était mort en quelque façon entre ses bras qui lui servaient d'autel sur la croix, et qu'il s'échappa, pour ainsi dire, de ses bras encore, au sépulcre, lorsqu'elle cherchait à le retenir, ainsi voulut-elle que ces mêmes bras fussent comme son escabeau et son dernier échelon pour quitter la terre et mon. ter aux cieux. Cette meilleure part ne lui fut point ôtée, et les Anges en s'entre regardant purent dire : « Voilà l'amie des pieds du Sauveur, celle qui vient après notre Reine, dont le retour autrefois a causé parmi nous tant de joie... » Et ils admiraient cette sainte familiarité d'une pécheresse convertie envers Celui qu'ils n'adoraient qu'en tremblant, et ils lui portaient ineffablement envie.

Enfin, tous les mystères étant accomplis, le quarantième jour après sa résurrection, le jeudi, à midi, le Seigneur Jésus, ayant levé les mains, leur donna sa bénédiction, et, en les bénissant, il se sépara d'eux.

 

Résolution : Regarder souvent le ciel, pour s'encourager à poursuivre les voies difficiles de l'exil.

Bouquet spirituel : « Voulant monter au ciel, Jésus les conduisit à Béthanie ». (Luc 24, 50).

 

Vita marie madeleine

 

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22 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

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Vingt-troisième jour

Vingt-troisième rayonnement

La Croix

 

« Fortis est ut mors dilectio » (Ct. 8, 6)

 

Le Sauveur, après son agonie terrible à la Grotte, resta la proie de la douleur jusqu'à l'heure du Crucifiement. Mais avant que l'Homme de douleur fût suspendu à la Croix, pour être donné en spectacle au monde, il faudra que ce corps d'une divine beauté soit défiguré et méconnaissable ; il passera entre les mains brutales des soldats ivres, il sera promené au milieu d'une populace en délire sous les fouets des bourreaux, les lambeaux de sa chair voleront en éclats et les risées accompagneront ses gémissements douloureux.

Puis la montée du Calvaire commence, procession sinistre de tous les instruments de supplice, brandis comme des trophées de victoire par ces esclaves de Satan. Voici le Seigneur Jésus lui-même la tête courbée sous l'aiguillon des épines, chargé de la pesante croix, entre deux haies de soldats qui le poussent de leurs lances. Il traverse ainsi sa chère ville de Jérusalem qu'il a tant aimée, le cortège défile lentement et se dirige vers la montagne de Gareb au pied de laquelle, sur une éminence peu élevée et appelée Calvaire (lieu du Crâne), on avait préparé la place du Crucifiement.

Le Calvaire est aujourd'hui enfermé dans la basilique du Saint-Sépulcre, on y monte par un escalier de dix huit marches. Le rocher teint du sang sacré est lui-même recouvert de marbres ; sous l'autel grec, étincelant de dorures, orné dans le goût byzantin, le pèlerin peut baiser le Trou de la Croix ; à côté, à quelques pas de là, il peut mettre sa main dans la fente merveilleuse du rocher, ouverte par le tremble ment de terre qui suivit la mort du Sauveur, et soudain la scène incomparable et poignante qui se dé roula ici même, envahit vivement son cœur.

Transportons-nous en ce lieu auguste du Calvaire, ô pèlerin, suivons nous-mêmes le Seigneur Jésus qui s'avance péniblement au lieu de son supplice. Que de fois en ce trajet douloureux, que de fois son Cœur a souffert ! Que cette cohorte de haine lui a prodigué d'injures et d'outrages. Il n'entrevoit sa Mère désolée qu'au travers des rangs ennemis, Véronique s'élance avec le suaire qui essuie cette Face divine, mais elle est aussi vite repoussée ; et que de coups, de chutes, de blasphèmes renouvelés pendant cette montée du Calvaire ! Il serait tombé cent fois pour ne plus se relever, le Sauveur, si la force d'en haut ne l'avait soutenu, si la hâte d'arriver n'avait été si ardente : la hâte d'accomplir la Rédemption du genre humain !

Pendant des minutes qui paraissent un siècle, on entend des coups de marteaux, les sanglots des saintes Femmes, les plaintes célestes de Jésus. À cette heure, le ciel attentif pleure, la terre tressaille d'allégresse, c'est la Rédemption !

Le voyez-vous à présent, ô pèlerin, le doux Seigneur cloué à la Croix, élevé dans les airs ; voyez ce saint corps allongé et distendu, épuisé, méconnaissable, semblable à un lys qu'on aurait foulé aux pieds.

Voici les grandes heures d’agonie qui commencent ; cette fois c'est l'agonie du Cœur et l'agonie de la nature tout ensemble. C'est lui, votre Seigneur, reconnaissez-le bien, Celui que vous suiviez sur les chemins de la Palestine ; hier encore, il vous donnait sa chair sacrée en nourriture, aujourd'hui le voici lui-même comme une grappe écrasée sous le pressoir, sans force, presque sans vie ; mais dans ces heures suprêmes d'abandon et d’agonie, il vous aime plus encore, le divin Cœur !

Toute la vie, en effet, s'est réfugiée dans ce Cœur et il domine le monde comme d'un trône, élevé dans les airs sur le bois de la Croix ! Jésus semble là-haut, dire en regardant le monde de ses yeux mourants : « Vous m'avez chassé, Ô enfants des hommes, vous m'avez défiguré et meurtri et pourtant je vous ai tant aimés. Ô mon peuple que t'ai-je fait ? À présent je vous quitte, ô hommes, mais quand vous me chercherez tristes et désolés, vous trouverez ma Croix et mon Cœur sur le chemin de votre vie ; je resterai votre consolateur unique quand tous vous auront abandonnés, car il n'est point sur terre d'amour comparable à mon amour ».

Et à cette heure, Jésus mourant, voyait d'un regard qui embrassait les siècles, les âmes aimantes qui viendront entourer sa Croix pour le consoler . Pour lui , il nous laissera son Cœur, c'est-à-dire son amour, incarné de nouveau dans le Sacrement. Mon Dieu, s'écriait Job, qu'est-ce donc que l'homme pour que votre cœur se repose ainsi sur lui ? » La réponse divine à l'homme est solennelle : « Je t'ai aimé, dit Dieu , d'un amour éternel » (Jr 21, 3).

Il nous laissera aussi sa Croix, parce que c'est par elle qu'on arrive à son Cœur ; si nous voulons avoir part à l'amour, il faut avoir part au sacrifice. « Je ne veux savoir qu'une chose, disait le grand Apôtre, c'est Jésus, et Jésus crucifié ». Et pourquoi ?... Parce que la Croix est la vraie science durable et profonde, parce que la Croix est la clef du mystère de la vie : la douleur. Tout homme est né dans la douleur et vit dans la douleur ; ce mot serait d'une désespérance absolue si Jésus n'était venu l'élever à la hauteur du ciel, en prenant sur lui le fardeau de toutes les douleurs pour nous en alléger le poids ; et à cette heure suprême du Crucifiement, il donnait une consécration divine à la douleur sanctifiée par l'amour.

Apprenons, ô pèlerin, la science de souffrir et d'aimer les lèvres sur le Crucifix : là en est le secret. Toute âme souffre sur terre, mais combien il y en a peu qui savent aimer ! Ah ! nous pouvons nous écrier comme le sublime désespéré de l’Alverne : « Non, l'amour n'est point aimé ! Amor non amatur ! »

Tandis que l'ombre de la Croix se projette sur le monde, le Calvaire est trop souvent désert, on fuit la Croix, on court à la consolation humaine, on détourne la tête... et bien peu veillent et prient dans le chemin royal du divin Maître, comme le groupe fidèle qui entourait le pied de la Croix. Et pourtant la Croix c'est une arme, un bouclier, une espérance : O Crux ave, spes unica ! à la suite du Seigneur, c'est la gloire !

 

Volto_Crocifisso

 

Invocation

 

Cœur de Jésus crucifié, votre amour n'est point aimé ! En dehors même des mépris et de l'indifférence, est-il beaucoup d'âmes vraiment éprises de vous, car pour aller à votre Cœur il faut monter à la Croix, et les faibles reculent par lâcheté, sans penser à la récompense trop grande, dit la Genèse, promise à ceux qui combattent courageusement. Ô Seigneur, donnez-nous d'accepter toutes les croix, car toutes venant de vous sont également bonnes et profitables, et donnez -nous de les unir à la vôtre, qui est notre force, notre salut, notre unique espérance !

 

Mirebeau

 

23 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

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Vingt-quatrième jour

Vingt-quatrième rayonnement

Ecce Mater tua

 

Ego Mater pulchræ dilectionis. (Ecl. 24, 24)

 

Jésus va mourir. Il entend, au milieu de ses souffrances aiguës les dernières rumeurs de la foule qui s'éloigne, semblable à une tourmente qui s'apaise, et peu à peu le vide se fait autour de la Croix.

Aux pieds de Jésus-Christ, Jérusalem, sa ville aimée et maintenant déicide, s'étale blanche et somptueuse sur les collines ; mais la tache indélébile du sang divin est à son front, ce sang hélas ! qui retombera sur elle et sur ses enfants ! Autour de la Croix, les amis fidèles se rapprochent : la douloureuse Mère, presque agonisante se traîne vers son Fils, et mêle ses larmes aux gouttes de sang qui tombent sur les pieds adorés : Stabat Mater dolorosa, juxta crucem lacrymosa, dum pendebat filius.

Madeleine est là aussi, égarée par la douleur ; elle repose sa tête sur les pieds de Jésus, comme jadis, et reçoit la rosée rafraîchissante du sang divin. Bain salutaire, baptême nouveau qui efface toute souillure et ravive en cette divine amie le repentir et l'amour.

Jean aussi est là, le fidèle, le bien-aimé, le Disciple vierge. Il représente au pied de la Croix la longue procession des âmes privilégiées qui suivront l'Agneau partout où il va. À cette heure suprême, Jean représente aussi l'humanité qui attend le salut et cherche la consolation et la force près du divin Crucifié.

Mais à cette heure douloureuse, Jean pleurait et rien ne pouvait le consoler. Son Maître, qui l'avait pressé sur son Cœur au banquet eucharistique, regardait de ses yeux mourants sa sainte Mère, debout au pied de la Croix ; puis voyant Jean à côté d'elle, une émotion poignante étreignit le cœur du Sauveur : l'heure de l'adieu allait donc sonner... bientôt il abandonnerait les siens. Réunissant sur la tête de ces bien-aimés son legs suprême, il dit à Marie : « Femme, voilà votre Fils », et à Jean : « Voilà votre Mère. Ecce Mater tua ! » C'est donc l'union complète, l'achèvement des noces du Fils de Dieu avec l'humanité, puisqu'il s'identifie à elle dans la personne de Jean. « Votre fils, ô Mère, semble-t-il lui dire, ce n'est plus moi qui pars ; votre nouveau fils vous reste dans mon disciple Jean et dans tous les enfants des hommes que je vous laisse en héritage. Ce sont ceux-là, ma Mère, ceux-là pour qui j'ai donné ma vie, qui seront vos fils ! » Et Marie, abîmée dans la douleur, nous accepte au pied de la Croix pour les héritiers de son fils. Ah ! que la Rédemption est dure pour cette douloureuse Mère, dont le cœur est transpercé de mille glaives, et combien cette touchante parole d'adieu, aiguise encore sa douleur. Cependant, docile à la voix de son fils, pardonnant à son tour aux meurtriers, qui peut douter qu'à cette heure, au pied de la Croix, sanglante, elle nous ait tous adoptés pour ses enfants ?

Et lui le divin Cœur, comme un soleil à demi-voilé, rayonnait encore tant d'amour, qu'à cette heure suprême il ne pensait qu'à nous. Abandonné des hommes, délaissé sur la Croix, il nous donnait tout ce qui lui restait, sa Mère ! C'était la consommation de ses bienfaits.

« En effet, que peut-il donc donner, s'écrie Bossuet, nu, dépouillé comme il l'est, pauvre esclave qui n'a plus rien en son pouvoir dont il puisse disposer par testament ? De quelque côté qu'il tourne les yeux, Jésus ne voit plus rien qui lui appartienne, Je me trompe, il voit Marie et saint Jean qui sont là pour lui dire : « Nous sommes à vous ! »

C'est donc le seul bien qui lui reste, ô pèlerin, ce qu'il a de plus précieux Bon et de plus cher : il donne Marie à Jean et l'humanité à Marie ! Ecce Mater tua ! Tout son amour doit donc revivre en sa Mère, il transporte en ce cœur tout ce que le sien renferme de dévouement, de pardon, de généreuse tendresse. Ah ! que l'Église a bien comparé Marie à la lune brillante, la lune qui reçoit les rayons du soleil et nous les envoie, la lune qui prolonge pour nous le jour de sa sereine beauté !

Le Cœur de Jésus nous avait donc tout donné, il pouvait dire en toute vérité : « Je vous ai aimés jusqu'à la fin », car l'angoisse approchait... c'était l'heure d'abandon de toute créature et de son Père céleste, qu'il voulait endurer pour nous aider à souffrir toutes les douleurs, les ayant épuisées Je toutes. La soif de la fièvre s'ajoutait à cette soif d'amour dont son âme était altérée ! « J'ai soif », s'écria-t-il. C'est le cri de la Rédemption : Sitio ! Cœur brûlant, altéré d'amour, rien ne peut vous soulager que le salut des âmes. Sitio ! Cri éternel qu'il fera entendre à travers les siècles à toutes les âmes éprises de son amour, car il a soif, Celui qui nous apportait l'eau vive : Sitio !

Enfin, l'heure sainte étant arrivée, le Sauveur releva un peu la tête : « Tout est consommé », s'écria-t-il, puis, poussant un grand cri entremêlé de larmes : « Père, dit-il, je remets mon âme entre vos mains », et il rendit l'esprit…

 

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Invocation

 

J'admire, ô mon Sauveur, la tendresse si délicate et si généreuse de votre Cœur adorable, qui pense jusqu'à la dernière heure à l'affliction de vos enfants. Mais j'admire plus encore l'admirable pardon que vous accordez si divinement à vos bourreaux et à l'humanité tout entière, en lui donnant pour Mère votre propre Mère. Comment douter à présent de votre miséricorde, comment douter de votre pardon, puisque l'entrée de votre Cœur sacré nous sera toujours ouverte par ce nom mille fois béni : Votre Mère !

 

Mirebeau

 

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11 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

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Douzième jour

Douzième rayonnement

La gloire du Tabor

 

« Preceptor, bonum est nos hic esse » (Luc 9, 33)

 

Un jour, le Seigneur prit avec lui trois Disciples : Pierre, Jacques et Jean, et les mena à l'écart sur une haute montagne, où il fut transfiguré en leur présence.

Cette haute montagne qui, du sein de la plaine d'Esdrelon, élève sa tête arrondie comme un globe, est le Tabor. Ses flancs dénudés et rocailleux sont couverts, çà et là, de maigres touffes de bruyère ; mais vers le sommet, la végétation s'accroît, les broussailles s'épaississent, c'est alors une vraie forêt de chênes verts et d'abgars.

Le pèlerin qui escalade aujourd'hui ce sommet par des sentiers pierreux d'une raideur inouïe, jouit à mesure qu'il s'élève, d'une vue incomparable et d'un horizon sans fin. Ce piédestal de la gloire du Christ semble avoir gardé un reflet de sa beauté souveraine, et de fait Tabor signifie « Lit de lumière ».

Le grand Hermon, couvert de neiges éternelles, s'élève dans l'azur limpide, rompant la ligne fuyante de l’Anti-Liban. Plus près, c'est le mont des Béatitudes qui dresse sa pointe déchirée au-dessus du lac de Tibériade. Vers l'Occident, le Carmel, comme une harpe céleste, s'allonge au bord de la Méditerranée. Si le pèlerin s'oriente vers Jérusalem, invisible encore, il voit onduler à ses pieds les collines de Samarie entre coupées de plaines fertiles, de même qu'on voit de magnifiques jardins s'étaler aux abords d'un palais. Puis, perdu dans le vague des lointains, l'œil distingue le sillon du Jourdain, courant tout le long des montagnes d'Arabie.

En peu de temps, le pèlerin arrive sur un petit plateau à ciel ouvert, devenu aujourd'hui un vrai champ de ruines ; ce sont les débris d'une ancienne église, bâtie en l'honneur de la Transfiguration de Notre Seigneur par les Croisés. Au milieu des débris amoncelés, s'élève une croix de pierre qui domine un autel rustique, sur lequel on célèbre le Saint Sacrifice de la Messe ; c'est le lieu même, marqué par la tradition, où Jésus-Christ se transfigura.

Assistons, ô Pèlerin, par la pensée à cette scène auguste et glorieuse. À genoux auprès de cette croix de pierre, méditons l'Évangile de ce jour. Voici le Seigneur debout au milieu de ses trois Disciples ; soudain la gloire de Dieu l'environne : « Ses habits, dit saint Marc, paraissent tout brillants de lumière et blancs comme la neige, en sorte qu'il n'y a point de foulon sur terre qui puisse en faire d'aussi blancs. Au même instant ils voient paraître Moïse et Élie qui s'entretiennent avec Jésus. Alors Pierre dit à Jésus : « Mon Maître, nous sommes bien ici, dressons-y trois tentes, une pour vous, une pour Moïse et une pour Elie ». Car il ne savait pas bien ce qu'il disait, tant ils étaient effrayés. Aussitôt il parut une nuée lumineuse qui les enveloppa, et il sortit de la nuée une voix qui disait : C'est là mon Fils bien-aimé, écoutez-le ».

Adorez un instant, ô pèlerin, le Seigneur Jésus dans l'éclat réel de son humanité glorifiée, comme nous l'adorons dans l'Hostie sainte élevée dans l'ostensoir ; mais ici, il paraît dans sa gloire dont le rayonnement est visible ; le Tabor est devenu un vrai Sinaï, et si la pompe en est moins terrible, elle est ici plus émouvante.

Tandis que Jésus s'entretient dans la clarté céleste avec Moïse et Elie, contemplez, ô pèlerin, la bonté du Maître qui se laisse interpeler par Pierre, et regardez la conduite des Apôtres ; ils sont effrayés, pourtant il faut penser que la joie qui les inonde est plus forte que la crainte, puis qu'elle délie la voix de saint Pierre qui s'écrie, au milieu de son éblouissement, avec une confiance ingénue : « Mon Maître, nous sommes bien ici, plantons-y trois tentes ».

Et l'Evangile, comme pour excuser cette hardiesse dans un tel moment, ajoute : « Car il ne savait ce qu'il disait, tant ils étaient effrayés ». En effet, tandis que Jésus conversait avec les saints personnages, leur parlait des souffrances de son immolation, Pierre demandait la joie avant la peine, la gloire avant l'opprobre, la victoire avant le combat. Le divin Cœur, au contraire, se manifestant dans la gloire céleste, Soleil véritable et divin, voulait encourager ses Apôtres dans la souffrance et la lutte, par l'espérance de la gloire future embraser leur cour, augmenter leur foi en sa divinité et se les attacher à tout jamais par un amour à toute épreuve. La gloire entrevue de leur Maître sera l'aiguillon qui en fera des saints et des héros, eux-mêmes en parleront plus tard comme le plus grand souvenir de leur vie ; mais la plénitude et la durée est réservée pour l'éternelle Patrie, à ceux qui auront souffert et qui auront aimé.

 

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Invocation

 

Seigneur, vous qui avez permis à vos plus fidèles de voir un rayon de votre gloire, afin de les fortifier dans l'amour, montrez aux âmes qui vous cherchent et vous aiment les rayonnements de votre Cœur, par l'effusion de vos grâces et la force de votre amour. Affermissez la foi qui doit croire sans voir, mettez en fuite les doutes qui rongent la croyance pure, comme ces plantes parasites attachées au tronc robuste des chênes et qui les corrompent jusqu'à la moelle ; ouvrez les yeux spirituels de nos âmes, en attendant la clarté pleine que vous goûtez au sein du Père et qui devra un jour, si nous sommes fidèles, nous transfigurer avec vous dans l'éternité.

 

Mirebeau

 

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2 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

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Troisième jour

Troisième rayonnement

La vie cachée en Égypte et à Nazareth

 

« Erat subditus illis ». (Luc 2, 51)

 

Hérode ne laissa pas longtemps le Fils de Marie dans son humble demeure. Plein de rage, irrité et jaloux, il voua à la mort tous les petits enfants de Bethléem et des environs, âgés de deux ans et au-dessous, afin d'atteindre sûrement le rejeton royal de Juda. Le sang des petits Innocents arrosa la terre à flots, et l'on entendit les gémissements des mères inconsolables ; mais Jésus n'était plus là. Joseph, averti par un ange, avait fui vers la terre d'Égypte avec la Mère et l'Enfant. Ainsi, Jésus commençait déjà à être chassé par les hommes, à demeurer sans toit et sans abri.

L'Égypte conserva pendant sept ans ce dépôt précieux ; pendant sept ans, elle contempla cette divine beauté qui se développait ; mais l'Égypte a gardé ses secrets et nous ne savons rien de cette première enfance, sinon qu'à l'imitation de Jésus fugitif et errant, la vie érémitique fleurit merveilleusement plus tard en cette contrée. Pourtant le silence a beau se faire, le secret transpire ; nous devinons des trésors d'innocence et de bonté, des joies ineffables, une vie d'union entre Marie et Joseph, éclairée par les sourires de l'Enfant divin.

Un jour, ses parents ayant appris la mort d'Hérode, revinrent à petites journées de la terre d'Égypte en la Terre Promise, comme on voit au printemps les hirondelles revenir vers leur premier nid ; cependant, au lieu de se diriger du côté de Bethléem, qui n'avait été qu'un gîte d'emprunt, ils allèrent à Nazareth, où Joseph avait une maison.

L'Enfant a grandi, les temps mauvais sont apaisés, la vie intime commence ; c'est un rayonnement doux et continu, à la manière de cette douce chaleur qui pénètre sous les ombrages et fait seulement pressentir que le soleil est là.

Deux vertus rayonnent surtout du Cœur de Jésus dans la vie cachée : l'humilité et l'obéissance. L'humilité est si grande qu'elle semble même jeter un voile sur le merveilleux épanouissement de l'Enfant-Dieu. En effet, il reste inconnu à ses compatriotes de Nazareth ; il n'éblouit personne, il parle peu, il apprend simplement le métier de son père nourricier, et personne ne sait son origine divine. Fils de Dieu et Fils de David, il n'est aux yeux de tous que le fils du charpentier. Et pourtant cet Enfant possède et la science divine et le génie humain avec la toute puissance de Dieu. Il lui était facile de laisser éclater quelques unes de ces richesses ; mais il n'en laissa rien paraître jusqu'à ce que l'heure fût venue.

Que de fruits hâtifs et trop précoces s'empressent de briller, d'étonner ! Puis vient le vent de l'orgueil qui flétrit et qui fané avant l'heure. Croyez-en le Seigneur-Jésus, cachez le don de Dieu jusqu'à l'instant de le montrer pour sa gloire.

L'obéissance était son autre vertu. Marie et Joseph en savouraient la douceur ; car c'était une obéissance aimante, empressée, joyeuse, qui lui faisait saisir la moindre occasion de les servir. Sans doute, il aidait sa Mère aux divers travaux du ménage, et plus d'une fois il alla puiser de l'eau à cette source bénie qu'on appelle encore aujourd'hui : la Fontaine de la Sainte Vierge, et la petite ville de Nazareth, qui sourit au pèlerin ému, garde silencieusement ces divins souvenirs.

Dans l'Incarnation, Jésus formait le Cœur de sa Mère ; dans sa vie cachée, il nous apprend par son exemple à former le nôtre. En effet, quel exemple nous donne ce Cœur doux et humble, ô Pèlerin ! Il semble qu'il s'applique à acquérir les vertus dont il est la source, pour nous montrer qu'elles ne s'obtiennent que par l'effort, la grâce et la prière. « Il croissait, dit l'Évangile, en âge et en sagesse ». Tout est dans ce mot, car le Cœur de Jésus se révélait en ce silence de la vie cachée, comme il se révèle dans la Communion à l'âme qui lui parle seul à seul, dans le silence du cœur. Marie, qui recevait les grâces précieuses de cette présence adorée, ne dissipait pas au dehors ce bonheur intime, mais elle méditait toutes ces choses en son âme. Aussi toutes les grâces et toutes les joies de cette Enfance, nous les retrouvons dans le Cœur de Marie, miroir fidèle de celui de Jésus. « Mon Fils, dut-elle lui dire souvent, mon fils, qu'ai-je fait devant le Seigneur pour mériter le bonheur d'être votre Mère ? » Et Lui, s’approchant doucement d'elle et pliant le genou, devait lui répondre qu'Il l'avait choisie entre mille et qu'Il l'aimait avant même qu'elle fût née.

Ô mystère incomparable, doux colloques échangés entre la Mère et le Fils, laissez-nous deviner quelques-uns de vos accents, et nous pénétrer de vos suaves parfums !

 

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Invocation

 

Ô Jésus ! vous qui déjà aimiez tant ce pauvre monde, ignorant encore qu'il lui était né un Sauveur, et qui vous prépariez dans l'ombre et le silence à votre glorieuse mission, apprenez-nous à aimer l'humilité et l'obéissance ; à vivre ignoré, méconnu du monde, sans éclat, sans réputation, si tel est votre bon plaisir.

Votre exemple enseigne à l'âme intérieure qu'elle ne doit pas chercher à attirer l'attention sur elle. Si elle ne peut s'enfuir dans une solitude inaccessible, elle doit se cacher, comme le passereau solitaire, dans la fente de votre Cœur, et y vivre si cachée au monde, que le monde ne la connaisse plus et ne puisse la ramener dans le tourbillon de ses folies.

 

Mirebeau

 

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9 mai 2023

Le Mois de Marie avec la Vénérable Maria d’Agreda

 

Le Mois de Marie avec la Vénérable Maria d’Agreda

 

Nativité

 

Dixième jour

Bethléem

 

Prélude : Dans une pauvre grotte ouverte à tous les vents, à minuit, le mystère divin s'accomplit, à la grande admiration des anges et de Marie que la vue du divin enfant remplit de consolation et de joie.

 

Méditation

 

Marie se tenait à genoux dans la crèche, les yeux levés au ciel, les mains jointes contre son cœur, l'esprit perdu dans la divinité qui la transformait. C'est alors que notre très auguste Souveraine donna au monde le Fils unique du Père, son propre fils à elle, notre Sauveur Jésus, Dieu et homme véritable. Le Fils et la Mère entrèrent dès lors dans une de ces communications ineffables dont les Cantiques avaient prédit les mystères. « Mon Bien-Aimé est tout à moi, disait Marie, et je suis tout à lui, ses regards se tournent vers moi. - Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je me complais uniquement ». Et Dieu lui répondait au fond de son âme : « Recevez notre fils unique, imitez-le et allaitez le. Nourrissez-le comme mère et honorez-le comme votre Dieu véritable ».

Puis, le prenant entre ses bras, elle servit d'autel et de sanctuaire où les anges vinrent adorer sous les formes humaines leur créateur fait homme. Joseph vint ensuite offrir son culte et ses adorations à celui dont il devait être le père nourricier, il le fit avec une tendresse et un respect merveilleux.

Ô Marie ! souffrez que je m'approche à la suite de votre chaste Epoux pour adorer dans vos bras mon amour incarné ! Dégagez mon cœur de ses préoccupations charnelles et terrestres afin que je voie le salut d'Israël, que j'écoute les paroles qu'il fait entendre aux cœurs où il y a du silence et de la solitude, que je ranime mon courage pour marcher avec générosité dans la voie de ses divins commandements. Je vous le demande, auguste Reine des anges, par les dispositions admirables avec les quelles vous prîtes une si grande part aux mystères de la naissance du Fils de Dieu fait homme.

 

Résolution : Contribuer à la décoration des autels aux sanctuaires de Marie, en souvenir de la pauvreté de l'étable de Bethléem.

Bouquet spirituel : « Je vous salue, Marie, Mère de Dieu ! » (Concile d'Ephèse).

 

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Exemple

Les deux échelles mystiques

 

Saint François d'Assise, dans une vision céleste, remarqua deux échelles semblables à celle de Jacob, qui touchaient de leurs extrémités le ciel et la terre. Au dessus de l'une paraissait Notre Seigneur, au dessus de l'autre sa très sainte Mère. Ensuite il regardait quantité de ses frères qui tâchaient de monter au ciel par les degrés de l'échelle où le Sauveur se faisait voir : mais tous, après être montés quelques degrés, les uns plus, les autres moins, accablés de la gloire et de la majesté du Dieu des Vertus, étaient obligés de descendre sans pouvoir avancer : ce qu'ayant remarqué, ce saint exhorta, ses enfants à recourir à la Mère de Dieu. Ils le firent, et tous furent introduits devant Dieu, et sauvés par le crédit tout-puissant de celle qui n'a ja mais délaissé ceux qui ont en elle une solide confiance. (Tiré de sa vie par saint Bonaventure).

 

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8 mai 2023

Le Mois de Marie avec la Vénérable Maria d’Agreda

 

Le Mois de Marie avec la Vénérable Maria d’Agreda

 

Visitation

 

Neuvième jour

Visite à Élisabeth

 

Prélude : Par les montagnes, une jeune femme chemine vers une ville de Judée. Sa démarche est tout à la fois empressée et recueillie. Adorons avec respect et amour : c'est le tabernacle vivant de Dieu.

 

Méditation

 

À la voix du Seigneur, Marie se lève et, s'animant des plus doux sentiments pour accomplir la très-sainte volonté de Dieu, elle se hâte autant qu'elle peut pour aller porter sa sanctification au précurseur du Verbe incarné, qui était dans le sein d'Elisabeth encore enveloppé dans les liens du péché originel. C'était là le but de cet heureux voyage, et voilà pourquoi la souveraine du ciel se leva et partit avec la diligence extrême que saint Luc a notée dans son Evangile.

À l'arrivée de Marie, le précurseur de Jésus fut sanctifié ; sa mère, sainte Élisabeth, fut renouvelée par de plus grands dons, par des faveurs spéciales et par une lumière intérieure qui lui fit connaître la grandeur de sa cousine. Et cependant, cette auguste Vierge, Mère de Dieu, Reine de la création, supérieure en dignité et en excellence à toutes les créatures, se soumit humblement à servir la mère de Jean-Baptiste, et son humilité, qui éclate à chaque mot de son beau cantique, l'empêcha, de sortir jamais des très-bas sentiments qu'elle avait d'elle même. Ah ! toute cette histoire divine est un tableau d'humilité qui condamne notre orgueil !

Ô Reine du ciel et de la terre ! dans l'admiration où me jette votre humilité, j'ose vous demander comment vous pouviez concilier la majesté de votre grandeur et l'adorable présence du Verbe incarné que vous portiez dans votre sein virginal avec les viles et humbles occupations auxquelles vous vous livriez chez votre cousine Elisabeth ! Quelle leçon pour mon orgueil ! Apprenez-moi à comprendre et à suivre l'esprit de votre divin Fils qui vous inspirait cette charitable condescendance et cette humble soumission dont il commençait dès lors à nous donner lui-même de si beaux exemples.

 

Résolution : Quand l'occasion se présente d'exercer des actes d'humilité, s'empresser de les pratiquer avec générosité.

Bouquet spirituel : « Je vous salue, Marie, colombe qui annoncez la paix ! » (Saint Bonaventure).

 

Dominique

 

Exemple

Le manteau protecteur

 

Saint Dominique eut un jour une vision qui laissa dans son esprit et dans son cœur un grand trouble, parce qu'au milieu de tous les saints qui entouraient Jésus et Marie, il n'avait aperçu aucun de ses religieux. Ce que voyant, la bienheureuse Vierge ouvrit le manteau dont elle était revêtue et, l'étendant devant les yeux de Dominique, de telle sorte qu'elle couvrait de son immensité toute la céleste patrie, il vit sous ce manteau maternel une multitude de ses frères. (Vie de saint Dominique).

 

Immaculée Franciscaine-002

 

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5 mai 2023

Le Mois de Marie avec la Vénérable Maria d’Agreda

 

Le Mois de Marie avec la Vénérable Maria d’Agreda

 

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Sixième jour

Le Temple

 

Prélude : Dans une des salles attenant aux appartements réservés du temple de Jérusalem, un groupe de jeunes filles travaille sous la direction de la prophétesse Anne. Cherchons du regard l'auguste Vierge d'Israël : nous la reconnaîtrons aisément. C'est la plus recueillie, la plus modeste, la plus visiblement unie à Dieu.

 

Méditation

 

Dans le temple, la jeune et sainte enfant croissait en âge et en grâce devant Dieu et devant les hommes. Mais la grâce ne lui fut jamais mesurée, elle se précipitait, pour disposer le cour de cette Vierge aux fins sublimes que Dieu avait en vue, comme un torrent impétueux empressé d'aller s'arrêter et se reposer dans cette cité divine. Et cette incomparable enfant répondait aux des seins miséricordieux du Très-Haut avec tant d'ardeur, dans un âge si tendre, que le cœur même de Dieu se remplissait de complaisance, et les esprits célestes étaient ravis d'étonnement. À la grande admiration du ciel entier, Marie surpassait en amour, en reconnaissance, en esprit de louanges et en toutes les vertus possibles, les plus sublimes et les plus ardents séraphins. En tout temps, en tout lieu, en toute occasion, dans tous ses emplois, elle pratiquait autant qu'elle le pouvait la plus éminente perfection.

Devenue capable, dès les premières années de son enfance, de lire les Ecritures, elle en faisait son occupation la plus ordinaire. Pendant cette lecture et dans les méditations qu'elle lui inspirait, elle adressait continuellement à Dieu de ferventes prières pour hâter la rédemption du genre humain et l'incarnation du Verbe.

Ô Vierge élue entre toutes les vierges d'Israël, vous ne saviez pas alors que le plus grand des mystères de l'amour divin allait s'accomplir par votre ministère. Votre humilité n'eût jamais osé concevoir la pensée de vous appliquer les prophéties que vous méditiez. Ah ! restez, divine Marie, restez la petite servante du Seigneur. Un jour viendra, et il est proche, où Dieu abaissera son regard sur l'humilité de sa servante et vous serez la bienheureuse mère qu'il a choisie pour naître sur la terre.

 

Résolution : S'examiner quelquefois sur les progrès qu'on fait. dans la perfection et sur la fidélité à la grâce de Dieu.

Bouquet spirituel : « Je vous salue, Marie, Vierge très fidèle ! » (Litanies de Lorette).

 

Saint Benoit le More

 

Exemple

Le Fils de l'esclave

 

Fils d'esclave, le Franciscain africain canonisé en 1837 sous le nom de saint Benoît, fut, disent les auteurs de sa pieuse vie, remarquable par ses vertus, mais il se distingua sur tout par sa confiance en Marie. C'est au pied de ses autels qu'encore enfant, il lui faisait avec ferveur et innocence l'offrande de tout lui-même et qu'il lui présentait l'hommage de sa liberté. Avec quelle ardeur il suppliait cette Reine puissante de ne jamais permettre qu'il tombât dans l'horrible esclavage du démon ! (Trésor des Noirs).

 

Immaculée Franciscaine-002

 

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25 novembre 2022

Le Mois des âmes du Purgatoire

Le Mois des âmes du Purgatoire

 

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Vingt-sixième jour

L'aumône

 

Prélude : Nous représenter l'aumône comme un torrent d'eau froide qui tombe dans le feu.

 

Méditation

 

Faire l'aumône, c'est verser un torrent d'eau rafraîchissante dans les flammes qui dévorent les âmes, car l'aumône a une vertu singulière pour expier non-seulement nos péchés, mais encore les péchés d'autrui.

Un savant et pieux auteur nous suggère à ce sujet un excellent conseil que nous ferons bien de suivre : « Il faudrait, dit-il, toutes les fois qu'un pauvre, mourant de faim, frappe à votre porte ou vous tend la main dans les rues, vous représenter que c'est une âme du purgatoire qui s'adresse à vous pour vous supplier humblement d'avoir pitié d'elle dans l'affliction où elle est ».

Donnez donc aux pauvres, volontaires ou non, donnez dans la vue de délivrer par cet acte de charité quelque âme du purgatoire. C'est une œuvre de miséricorde bien digne d'un chrétien, c'est un exercice de pénitence très salutaire qui vous servira beaucoup à expier les fautes commises pendant votre vie, à acquitter de grandes dettes sans qu'il vous en coûte beaucoup, « à vous faire avec votre argent des amis qui, après la mort, selon la promesse du fils de Dieu, vous recevront dans les tabernacles éternels ». (Luc 16, 9).

Si donc vous aimez vos frères, si vous aimez Jésus-Christ, si vous vous aimez vous-mêmes, imposez-vous l'aumône comme une loi, et que ce soit au profit des âmes du purgatoire.

 

Résolution : Voir une âme du purgatoire dans la personne du nécessiteux que nous assistons par nos aumônes.

Bouquet spirituel : « Comme l'eau éteint le feu le plus ardent, ainsi l'aumône détruit les péchés ». (Ecclésiaste, 3, 33).

 

Exemple

Une négligence

 

L'abbé Trithème, écrivain distingué de l'ordre de saint-Benoît, raconte que Raban Maur, premier abbé de Fulde au IXe siècle, ensuite archevêque de Mayence, avait donné l'ordre au procureur de l'abbaye, nomme Édelard, de faire en tout temps les plus abondantes aumônes ; et, lorsqu'il mourrait un religieux, de donner pauvres, pendant trente jours, la nourriture qui lui était destinée. Édelard, dominé par la passion de l'avarice, ne s'acquittait point de ce qui lui était commandé par le prieur. Mais un soir, en traversant le chœur, aux il y vit tous les religieux morts depuis qu'il avait la charge de procureur ; ils venaient lui reprocher sa négligence et son avarice qui les retenaient dans le purgatoire faute de l'aumône dont la divine justice réclamait le mérite. Puis ils lui prédirent que dans trois jours, il viendrait subir les châtiments qu'il méritait.

Édelard, saisi de remords et de frayeur, tombe sans connaissance : on l'emporte dans sa cellule, et là, refusant tous les secours humains, il demande le prieur pour lui confesser ses fautes avant de mourir. L'abbé, après lui avoir parlé de la miséricorde de Dieu. lui donne les sacrements des mourants et lui voit rendre le dernier soupir. À quelque temps de là, l’âme du frère Édelard lui apparaît et lui dit : « Je vous remercie, mon Père, de l'aumône que vous avez versée dans le sein des pauvres à mon intention ; mais selon la divine justice, le mérite en a été appliqué à ceux qui, à cause de moi, étaient retenus dans le purgatoire, faute de l'expiation dont mon avarice les privait. Ne vous lassez pas, ô mon Père, d'apaiser le juste Juge, car je dois rester dans la prison expiatrice jusqu'à ce que tous mes frères en soient délivrés ».

 

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15 novembre 2022

Le Mois des âmes du Purgatoire

Le Mois des âmes du Purgatoire

 

Ronde des élus

 

Seizième jour

Joie de l’Église

 

Prélude : Représentons-nous l'accueil joyeux que la cour céleste toute entière fait à une âme qui vient d'être délivrée des flammes du purgatoire.

 

Méditation

 

Par notre généreuse dévotion aux âmes des défunts, nous réjouissons et l’Église militante et l’Église triomphante. Grande est la fête dans le ciel, quand un élu vient grossir le nombre des habitants de la Jérusalem céleste ; car, si les saints voient avec un transport de joie la pénitence d'un pécheur qui peut néanmoins retomber dans son crime, quel doit être ce bonheur quand ils reçoivent parmi eux un nouveau compagnon qui ne peut plus offenser Dieu !

Son ange gardien se réjouit aussi et reçoit mille félicitations des esprits bienheureux pour le succès avec lequel il a rempli ses fonctions tutélaires. Enfin, la joie se répand parmi les saints pour lesquels l'âme du nouvel élu avait une dévotion spéciale, parmi ses parents et ses amis dont il va rejoindre les chœurs bienheureux.

Marie se réjouit aussi du succès de ses prières multipliées, tandis que Jésus recueille avec amour et bonheur la moisson qu'il a arrosée de son précieux sang. L'Esprit-Saint daigne se réjouir du triomphe de ses dons et de ses inspirations, et le Père éternel se complaît dans la perfection où est parvenue la créature de son choix qu'il a supportée si longtemps avec tant de complaisance.

L’Église militante a aussi sa part de joie : elle a trouvé un nouvel avocat. Les parents, les amis, la famille de cette âme à jamais bienheureuse, la communauté, la nation à laquelle elle appartient, tous ont lieu de se réjouir de son triomphe. Oui, tous les prédestinés ont trouvé une source de joie ineffable quand une autre créature entre dans la joie de son Créateur.

 

Résolution :Réjouissons-nous intérieurement en union avec l’Église, de la délivrance des âmes qui entreront aujourd'hui dans le ciel.

Bouquet spirituel : « Je vous le dis en vérité, il y aura une grande joie au Ciel ». (Evangile selon saint Luc 15, 7).

 

Exemple

Sainte Françoise Romaine

 

Sainte Françoise, dame romaine, eut plusieurs visions dans les- quelles Dieu lui montra la joie des anges et des saints, et les souffrances des âmes du purgatoire. Elle raconte qu'elle fut témoin du passage des âmes à la gloire éternelle et de ce qui arrive quand elles sont conduites à la place qu'elles ont méritée dans le ciel. Dans les chœurs où elles passent, tous les anges qui les composent manifestent leur joie et chantent leur triomphe ; mais la joie la plus grande est celle du chœur où cette âme doit être placée. Là, on rend de ferventes actions de grâces et on exalte les louanges du Dieu tout-puissant. Cette fête s'y prolonge aussi plus longtemps que dans les autres chœurs. Quand cette sainte voulait exprimer à son père spirituel toute la joie des anges pour l'arrivée d'une âme dans la patrie, elle croyait entendre le céleste concert des esprits et des âmes bienheureuses chantant avec une suavité, une mélodie, un transport qu'aucune langue humaine ne saurait exprimer, les louanges du Créateur et les magnifiques transformations de son amour ; et alors son visage s'enflammait ou plutôt semblait fondre comme la cire devant un feu ardent. Un jour son père spirituel lui demanda, au nom de la sainte obéissance quels étaient les plus parfaits des anges et des âmes qu'elle voyait dans ses visions. Elle répondit que les plus parfaits dans la gloire étaient les esprits humains, parce qu'ils sont plus susceptibles d'acquérir des mérites. Cependant, ajouta-t-elle, les esprits angéliques sont plus purs et plus beaux, et ils ont une intelligence plus grande des choses divines ; leurs chants sont plus sonores ; ils louent et bénissent Dieu avec une mélodie plus harmonieuse ; mais les chants de la Reine du ciel dépassent de beaucoup toutes les mélodies des esprits humains et angéliques. À la vue de la gloire qui environnait l'âme des saints, la bienheureuse se méprisait d'habiter une chair mortelle et d'avoir une intelligence si peu pénétrante. Car, quand elle se considérait dans le miroir divin, elle s'étonnait de ne pouvoir comprendre la profondeur de la divinité, tandis qu'elle était frappée d'admiration en considérant l'activité et la pénétration des esprits séraphiques pour sonder les profondeurs de l'abîme divin. Quelle admirable puissance que celle qui a su créer et qui gouverne ces intelligences sublimes !

 

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9 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

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Dixième jour

10 juillet

 

À la suite de Jésus

 

Prélude : Jésus parcourt la Judée. Avec Marie, sa sainte mère, Marie-Madeleine et quelques autres privilégiées le suivent.

 

Méditation

 

Quand il a raconté cette merveilleuse histoire de la conversion de la pécheresse, saint Luc ajoute : « Jésus se mit ensuite à parcourir les villes et les bourgades, prêchant et annonçant le royaume de Dieu ; et les douze Apôtres étaient avec lui. Il y avait aussi quelques femmes qui avaient été délivrées des malins esprits et guéries de leurs maladies, entre lesquelles était Marie, surnommée Madeleine… et plusieurs autres qui l'assistaient de leurs biens ».

Si j'interroge le cœur de la nouvelle convertie et que je lui demande quel est le mobile qui l'entraîne ainsi à la suite de Jésus, je n'aurai point d'autre réponse que celle-ci : l'amour !

Madeleine aime son Dieu, et voilà pourquoi elle veut l'entendre toujours, le voir sans cesse, s'instruire à son école, apprendre de lui comment on peut l'aimer et le mieux lui témoigner son amour.

Ah ! qu'elles sont rares, les âmes qui entendent ce langage ! Une fois les premières heures de la conversion passées, elles s'habituent peu à peu à vivre, sans se préoccuper beaucoup de chercher Dieu. Puis, Dieu se retire, et elles se plaignent d'être sans goût, sans ferveur, sans attrait pour les choses spirituelles. La communion elle-même, qui les consolait tant au début, leur devient presque une charge et les laisse indifférentes ! Ô âmes sans générosité, voyez Madeleine ! Dès qu'elle a eu son pardon, elle ne se contente point de s'en aller en paix, comme le lui a dit Jésus. Elle quitte la salle du festin, mais son cœur demeure là où est son trésor. Elle met ordre à son passé, elle rompt généreusement, ouvertement, avec tous les complices et toutes les occasions du péché. Puis, elle va trouver Marie, la mère de miséricorde, la mère de son Jésus. Oh ! comme cette entrevue entre la Vierge Immaculée et l'heureuse Madeleine dut être touchante ! Marie la prit dès lors pour sa fille, pour sa compagne. Avec elle, Madeleine pouvait suivre Jésus de plus près. Elle ne perdra pas un geste de sa main ou une parole de ses lèvres, quand le Sauveur parlera aux foules ; elle sera admise souvent à son intimité, et rencontrera quelquefois son regard, ce regard qui la transforma chez le Pharisien ; son sourire, ce doux sourire de miséricorde qui gagna son cœur. Elle l'entendra lui adresser quelquefois la parole, cette parole qui charme et qui fixe les cœurs dévoués. Mais surtout, elle apprendra à cette école comment on doit suivre Jésus pour lui plaire, comment on lui plaît en portant si croix, comment on le suit véritablement en imitant sa conduite et en s'imprégnant de son esprit.

Mais, observe l'Évangéliste, Jésus prêchait et annonçait le royaume de Dieu. Madeleine ne se bornera donc point à satisfaire sa propre dévotion et son vit attrait à la suite du Maître. Elle travaillera, pour lui plaire, à étendre le règne de Dieu Elle voudra concourir, elle aussi, à l'apostolat de Jésus et de ses disciples.

Sans doute, l'apostolat de la femme ne saurait être un ministère semblable à celui que les apôtres exerçaient à la suite de Jésus. Mais, l'exemple, les bons et doux avis que donne dans le secret de l'intérieur la femme qui aime les âmes, tout cet ensemble de petits moyens que suggère le zèle à celles qui l'ont, Madeleine l'emploie avec un dévouement qui s'inspire dans l'ardent désir de répandre partout la connaissance et l'amour de Celai qui s'est fait si miséricordieusement connaître et aimer d'elle.

Saint Luc ajoute qu'elle assistait Jésus de ses biens. L'aumône ! Voilà en effet l'apostolat qui semble plus spécialement réservé à la femme. Jésus ne veut pas que ses disciples soient distraits par les préoccupations des choses de la fortune : C'est Madeleine qui pourvoira à sa subsistance et à celle des apôtres. Oh ! combien cet emploi des richesses que la Providence lui avait réparties devait satisfaire le cœur généreux de l'ardente Madeleine ! Trop longtemps, elle en fit un usage profane et criminel. À présent, elle va tout donner à Jésus, pour le suivre, pour sauver des âmes avec lui, trop heureuse qu'il daigne lui permettre de dépenser ainsi pour lui les trésors dont elle n'est plus que l'économe, depuis qu'elle a compris pourquoi Dieu les lui avait donnés.

 

Résolution : S'appliquer à l'imitation de Jésus-Christ.

Bouquet spirituel : « Marie-Madeleine le suivait, l'assistant de ses biens. (Luc 7, 3).

 

Vita marie madeleine

 

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30 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Reliques Marie Madeleine

 

Trente-et-unième jour

31 juillet

 

Les Reliques

 

Prélude : Transportons-nous auprès du tombeau qui garde les restes sacrés de sainte Madeleine, pour les vénérer et les baiser avec amour.

 

Méditation

 

Après la mort de Madeleine, dit Raban-Maur, l’Évêque Maximin embauma avec des parfums précieux son corps vénérable, le plaça dans un superbe mausolée, et fit élever au lieu où ces restes sacrés avaient été déposés, une basilique d'une magnifique architecture. Sur son tombeau de marbre blanc, on voit gravées, d'un côté les circonstances de sa conversion chez Simon le Pharisien, de l'autre les pieux devoirs qu'elle rendit au Sauveur pour sa sépulture.

« Le corps de la bienheureuse Marie-Madeleine, ajoute le Bréviaire marseillais, dérobé aux incursions des barbares, était depuis longtemps demeuré caché, lorsque, l'an 1281, un synode fut tenu à Saint Maximin, pour en faire la recherche ; il fut convoqué par le zèle et la piété du prince Charles d'Anjou, sous la présidence de Guillaume Lelong, cardinal de la sainte Eglise romaine, et chancelier du royaume. Quatre archevêques, cinq évêques, dix abbés, un grand nombre de docteurs en théologie et d'hommes religieux y assistèrent : après avoir, selon les formes prescrites, examiné et discuté les preuves, les écrits et les monuments relatifs à cette affaire, le synode décréta solennellement que les reliques retrouvées étaient les restes véritables et authentiques de sainte Madeleine. Boniface VIII confirma ce décret, qui fut reçu avec une grande dévotion par tous les fidèles.

Ainsi Madeleine, qui autrefois avait cherché avec tant d'ardeur le corps de son Sauveur après sa résurrection, eut la gloire que son corps qui, après sa mort, avait été perdu, fut recherché avec sollicitude.

Toute la Provence se réjouit de l'invention de ce corps, qui avait été victime de la pénitence, ayant plus vécu de la vie du Sauveur qu'elle aimait, que par le souffle de sa propre existence. Le Christ nous a rendu ce corps et a comblé de gloire le deuil de son sépulcre, pour que nous y courions à l'odeur des parfums de Madeleine, et qu'en retrouvant le corps de la Pénitente, nous recevions aussi son esprit de pénitence. Il ne sert de rien en effet de célébrer l'invention de Madeleine, si, en même temps, nous n'imitons pas sa contrition.

Réjouissons-nous, puisque Madeleine est retrouvée, et retrouvons-nous dans la véritable voie, hors de laquelle le péché nous avait perdus, et, en célébrant cette solennité, n'omettons pas d'en recueillir les fruits.

La voilà donc retrouvée, la perle des reliques ; examinons de plus près le chef de la bienheureuse Madeleine, il est encore composé de tous ses os, et il inspire la pénitence. D'habitude les corps morts inspirent l'horreur, celui-ci fait naître, d'une façon admirable, l'amour et la vénération ; en effet, le plus grand miracle resplendit sur cette tête : il semble que Madeleine ait dit à la mort ce que le Christ dit autrefois à Madeleine : « Ne me touchez pas ». La mort n'a pas osé atteindre cette partie du corps, que le Sauveur consacra avec ses doigts, et qui parait encore retenir le souffle de vie ».

C'est auprès des saintes reliques de Madeleine que nous terminerons la méditation de ses vertus et de ses gloires. En échange du bonheur avec lequel nous avons contemplé, durant tout ce mois, les gloires de sa pénitence et de son amour, demandons-lui de nous inspirer le désir d'imiter ses vertus héroïques et de transformer notre âme par la mortification d'une vie pénitente.

Ô sainte amante de Jésus, donnez-nous un peu de cet amour qui a faite si grande devant Dieu, devant les anges et devant les hommes.

 

Résolution : Faire, au moins en esprit, le pèlerinage de la sainte Baume.

Bouquet spirituel : « Partout où l'Evangile sera prêché, on racontera d'elle, à sa gloire, ce qu'elle a fait ». (Mc 14, 9).

 

Fin du Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Pour télécharger toutes les méditations du Mois (PDF), cliquer ici

 

Vita marie madeleine

 

A suivre : Mois de Sainte Philomène

 

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20 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Madeleine au tombeau

 

Vingt-et-unième jour

21 juillet

 

La première au Sépulcre

 

Prélude : Marie-Madeleine court et arrive, toute haletante d'amour impatient, auprès du sépulcre.

 

Méditation

 

Il fallait observer le repos du Sabbat. Ce que dut être ce Sabbat pour Marie-Madeleine, c'est ce que les âmes aimantes peuvent seules concevoir. Oh ! que de fois son regard se dirigea vers ce jardin où l'on avait enseveli son bien-aimé ! Que de larmes coulèrent de ses yeux en pensant au froid glacial du tombeau où il était tout seul, abandonné, dans une solitude qu'elle ne pouvait remplir encore de ses sanglots et de ses effusions ! Puis, quand ses lèvres s'ouvraient, de qui pensez-vous qu'elle puisse parler, sinon de l'unique amour de son cœur ?

La nuit vient ! Point de sommeil pour elle ! Oh, non ! Elle ne songe qu'à Celui qu'elle aime et qui n'est plus. Aussi, dès que l'heure légale eût sonné où le repos du Sabbat finissait, avec quel empressement elle dit à Marie, mère de Jacques. et à Salomé de l'accompagner chez ceux qui ven- dent des parfums. Elle est la première nommée entre les saintes femmes qui achetèrent les aromates pour embaumer Jésus. Elle fut aussi la plus empressée à hâter les préparatifs de cet embaumement, par lequel devait se manifester l'adoration persévérante de son cœur envers le divin Maître.

La nuit se passa dans ces préparatifs pieux, et pourtant, elle semblait bien longue à son impatience. Souvent, elle interroge l'horizon pour voir si les voiles nocturnes ne se déchirent point encore. Enfin, elle se lève... « J'ai cherché, dit-elle, durant les nuits celui que mon âme chérit ; je l'ai cherché et je ne l'ai point trouvé. Eh bien ! je me lèverai, je ferai le tour de la ville et je chercherai le bien-aimé de mon âme ».

Il est encore de très grand matin. À peine quelques lueurs de l'aube encore indécise. « Madeleine, dit saint Bonaventure, et ses compagnes allaient au sépulcre avec leurs parfums. Parvenues hors des portes de la ville, elles se rappelaient les afflictions et les souffrances de leur Maître, et dans tous les lieux où il avait souffert quelque douleur ou quelque opprobre, elles s'arrêtaient un peu, se mettaient à genoux, baisaient la terre, gémissant, soupirant et disant : « Ici nous l'avons rencontré portant la croix sur les épaules et sa Mère s'est évanouie ; là, épuisé, il a laissé tomber sa croix, et il s'est appuyé un instant sur cette pierre ; en cet endroit, ils l'ont poussé et frappé pour le faire marcher plus vite, et ils l'ont presque forcé à courir ; c'est ici qu'ils l'ont attaché à la croix ! » Et alors, inondées de larmes, elles adorèrent et baisèrent la croix encore toute rougie du précieux sang du Seigneur ».

Mais, voici le jardin de Joseph d'Arimathie. « Qui nous ôtera la pierre qui couvre l'entrée du sépulcre ? » Voilà leur seule préoccupation. Les gardes qui veillent en ennemis, les Juifs qui rôdent en jaloux envieux ne leur font aucune peur. L'obstacle matériel de la grosse pierre les préoccupe seul.

Or, Marie-Madeleine n'y tient plus. « Celle, dit saint Grégoire, qui dans le péché était demeurée froide et glacée pour le bien, est devenue très forte et très ardente dans l'amour de Jésus, depuis qu'elle a commencé à connaître le souverain bien ». Elle devance ses compagnes. Son amour impatient la transporte. Avec les ardeurs d'une âme qui cherche Jésus, la lumière, elle court dans les ténèbres, elle arrive la première au sépulcre. Oh ! si nous savions, comme elle, chercher Jésus dès le point du jour, dès le premier réveil de notre cœur, dès le premier repentir de nos fautes !

Hélas ! Jésus veut éprouver sa fidèle servante ! À ce moment tant désiré par son cœur, commence cette série d'épreuves et de renoncements qui, du jardin du sépulcre, se continueront jusque dans les gorges sauvages de la Baume ! Le tombeau est ouvert : Jésus n'y est plus !... Alors, comme folle de désespoir, elle court vers saint Pierre, le chef du collége apostolique, vers Jean, le disciple bien-aimé.

« On a enlevé le Seigneur, dit-elle, le sépulcre est vide, venez voir ; pour moi, je ne sais où le chercher. Je ne sais pas où on l'a mis ! » Ô désolation ! Elle ne sait pas où l'on a mis son bien-aimé ! Comme sa douleur est éloquente dans sa concision ! Ah ! mon âme, quand sentiras-tu comme Madeleine quelle privation c'est de vivre sans Jésus, de le perdre, de ne savoir où le trouver ?

 

Résolution : Faire ses visites au Saint Sacrement en union avec les sentiments de Marie-Madeleine au sépulcre.

Bouquet spirituel : « Marie-Madeleine alla dès le matin au sépulcre ». (Jean 20, 1).

 

Vita marie madeleine

 

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16 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Marie Madeleine et la Vierge Marie

 

Dix-septième jour

17 juillet

 

Les derniers jours du Sauveur

 

Prélude : Madeleine, à mesure que le temps approche, redouble d'assiduité auprès de Jésus et de Marie, sa sainte mère.

 

Méditation

 

Saint Bonaventure à médité, avec beaucoup d'onction, la conduite de Madeleine pendant les quelques jours qui suivirent le festin de Simon. Pendant ces quelques jours qui précédèrent la passion, dit le saint docteur, la maison de Lazare, à Béthanie, était sa retraite principale. C'est là aussi que demeurait sa mère ; et tous l'honoraient grandement, surtout Madeleine, qui lui tenait toujours compagnie et ne le quittait jamais.

« Cependant, les mystères se multipliaient, les Ecritures étaient accomplies par le Seigneur Jésus, et, les temps approchant, il brûlait d'apporter au monde le remède du Salut par la passion de son propre corps. Aussi, le jour suivant, de grand matin, c'est-à-dire le dimanche, il se prépara à aller à Jérusalem, d'une façon contraire à ses usages, mais conforme aux prophéties. Et comme il voulait partir, sa mère, le retenant dans un accès de tendresse, lui disait : « Mon Fils, où voulez- vous aller ? Vous savez la conspiration tramée contre vous ; comment allez-vous vers eux ! Je vous en supplie, ne vous y rendez pas ». Madeleine disait : « Maître, n'y allez pas ! Vous savez qu'ils désirent votre mort. Si vous vous mettez entre leurs mains, ils vous prendront aujourd'hui, et ils achèveront leurs desseins ! » Mais Jésus en avait disposé autrement, lui qui avait soif du salut du monde, et il leur répondait : « C'est la volonté de mon Père que j'y aille. Ne craignez point, lui-même nous défendra, et ce soir nous serons de retour ici, sains et saufs ».

Combien Madeleine fut joyeuse, quand il était acclamé par le peuple, et bien plus encore, quand elle le vit revenir à Béthanie !

« Le mercredi, le Seigneur soupa avec ses disciples dans la maison de Lazare ; sa Mère et les autres saintes femmes mangeaient dans un appartement séparé. Madeleine, qui suivait le Seigneur, l'interrogea et lui dit : « Maître, rappelez-vous que vous devez faire la Pâque avec nous, et, je vous en prie, ne me refusez pas cette faveur ». Comme Jésus n’acquiesçait point et répondait qu'il ferait la Pâque à Jérusalem, elle, se retirant en larmes et gémissante, s'en alla vers Notre Dame, et, lui ayant tout raconté, la conjura de le retenir pour cette Pâque. Le souper étant terminé, le Seigneur Jésus se rend vers sa mère et s'assied à l'écart, conversant avec elle et la laissant jouir de cette présence qu'Il devait bientôt lui ravir. Regardez-les donc assis tous deux ; voyez comme Notre Dame le traite avec révérence et reste affectueusement près de lui, et aussi comme le Seigneur se tient respectueusement près d'elle.

« Pendant qu'ils s'entretenaient ainsi, Marie va vers eux, et, s'asseyant à leurs pieds, dit : « Notre Dame, j'avais invité le Maître à faire ici la Pâque ; mais il semble vouloir aller à Jérusalem pour la faire, et il y tombera aux mains de ses ennemis ; je vous en prie, ne l'y laissez pas aller ». Sa mère lui dit alors : « Mon Fils, je vous prie qu'il n'en soit pas ainsi, mais faisons notre Pâque en ce lieu. Vous savez en effet que des embûches sont dressées pour vous saisir ». Et le Seigneur : « Ma Mère bien-aimée, dit-il, la volonté de mon Père est que je fasse la Pâque à Jérusalem, parce que le temps de la Rédemption est arrivé. Bientôt s'accompliront toutes les choses qui ont été écrites de moi, et ils feront de moi tout ce qu'ils voudront ».

« Elles entendirent ces paroles avec une profonde douleur, parce qu'elles comprirent bien qu'il parlait de sa mort. Oh ! si vous eussiez vu sa mère, fondant en larmes, humblement et modestement cependant, et Madeleine, comme ivre de douleur, se répandant en sanglots et en gémissements, sans doute, vous n'eussiez pu vous-même contenir vos pleurs ! Dans quel état pouvaient-elles être en traitant un pareil sujet ! Et le Seigneur dit à sa mère, en la consolant doucement : « Ne pleurez pas, vous savez qu'il me faut accomplir la volonté de mon Père ; mais ayez confiance et tenez pour certain que je reviendrai bientôt vers vous, et que je ressusciterai glorieux et immortel le troisième jour. Il faut que, selon la volonté de mon Père, je fasse la Pâque sur la montagne de Sion ».

« Alors Madeleine dit : « Puisque nous ne pouvons pas le retenir ici, allons, nous aussi, à Jérusalem ; mais je crois que jamais nous n'aurons vu de si tristes Pâques ».

 

Résolution : Faire souvent des actes de résignation à la sainte volonté de Dieu.

Bouquet spirituel : « Allons, nous aussi, et mourons avec lui ». (Luc 11, 16).

 

Vita marie madeleine

 

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14 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Marie Madeleine 3

 

Quinzième jour

15 juillet

 

La seconde Onction

 

Prélude : Marie-Madeleine debout verse le parfum précieux sur la tête du Sauveur. La bonne odeur du parfum qui s'échappe du vase d'albâtre remplit toute la maison.

 

Méditation

 

Six jours donc avant cette Pâque qui devait être la dernière de l'ancien monde et la première du nouveau, Jésus vint à Béthanie, et, ce jour-là même, la veille de son entrée triomphale à Jérusalem, on lui donna la cène de l'amitié. La tendresse de Marie-Madeleine, raconte son plus éloquent panégyriste, « éclairée d'une lumière plus haute encore, lui disait que ce repas avait un caractère d'adieu et qu'on touchait à d'extrêmes événements. Elle prịt donc dans un vase d'albâtre un parfum précieux, et elle entra dans la salie du repas. Ce n'était plus cette femme en qui la jeunesse et la beauté déguisaient mal l'opprobre du vice, et qui s'approchait timidement des pieds de Jésus, comme une servante, pour y répandre et y essuyer des pleurs. Trois années de grâce avaient passé sur son front, et c'était la sainteté qui enveloppait toute sa personne d'une auréole divine. Elle entra donc, et brisant l'albâtre qu'elle tenait dans ses mains, elle en répandit le parfum sur la tête du Sauveur. Madeleine brise l'albâtre, parce qu'elle comprend que tout est consommé, et que jamais plus le Seigneur ne recevra de la piété des hommes un semblable hommage. Ce mouvement d'un désespoir et d'un amour prophétiques accomplis, Marie se rappelle sa bassesse première, et, courant aux pieds de Jésus, elle y verse avec un débris du vase un reste du parfum qu'elle essuie de ses cheveux ».

Voyons comment les saints docteurs expliquent cette double effusion de parfum sur les pieds et sur la tête de Jésus-Christ.

« Lorsque Madeleine n'était encore qu'une pauvre pécheresse, nous dit saint Ambroise, elle s'approchait seulement des pieds du divin Maître, mais, lorsqu'elle s'élève en mérite, elle ose parfumer la tête du Sauveur ».

Ou bien, ajoute saint Bernard, « elle apporte aux pieds de Jésus-Christ les parfums de la pénitence, et elle fait couler sur sa tête ceux de la dévotion et de la reconnaissance ».

« Nos bonnes œuvres, reprend de son côté Origène, lorsqu'elles sont faites pour la gloire de Dieu, deviennent des parfums d'agréable odeur ; mais si elles ont en même temps pour but l'utilité du prochain ou des pauvres comme l'aumône, elles sont le parfum des pieds de Jésus-Christ ; tandis que si elles ont pour objet le service même de Dieu, comme la chasteté, le jeune, la prière, elles deviennent semblables au parfum répandu sur sa tête ».

À peine Madeleine a-t-elle brisé le vase d'albâtre que commencent ces murmures, dont nous parlerons plus en détail demain. Oh ! que ces murmurateurs sont loin de la pensée du Maître ! L'âme qui aura pu parfumer les pieds du Sauveur saura aussi prendre soin des pauvres. Mais, avant l'aumône, le parfum; avant la charité envers les hommes, la piété envers Jésus-Christ.

Aussi le Sauveur exalte l'action de Madeleine ; il annonce que, partout où son Évangile sera prêché, on célébrera avec des louanges ce qu'elle a fait pour lui. Et, afin que le symbole réponde à la vérité de la prédiction divine, l'Evangéliste ajoute que « l'odeur du parfum remplit toute la maison ». - « Ce qui signifie, dit saint Augustin, que la renommée de ses vertus s'étend jusqu'aux limites du monde ».

En effet, ô Madeleine, l’Evangile a pénétré jusqu'aux extrémités de l'univers, et partout votre amour si pur, si pénitent, si dévoué, si tendre, votre amour qui brise le vase pour que le parfum se répande tout entier, votre amour, ô Madeleine ! a été l'une des suaves odeurs que l'Evangile a exhalées ; et chaque fois que le pauvre pécheur est revenu aux pieds de Jésus-Christ, si ses yeux se sont mouillés de larmes, si son âme s'est brisée de douleur, s'il s'est dévoué pour expier sa vie passée, c'est qu'il avait respiré vos parfums, ô Madeleine ! et qu'il a voulu les répandre comme vous et après vous !

 

Résolution : Unir toujours, dans nos œuvres, la charité envers les hommes à la piété envers Dieu, pour accomplir la loi.

Bouquet spirituel : « Elle brisa le vase d'albâtre ». (Marc 16, 3).

 

Vita marie madeleine

 

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12 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Résurrection de Lazare

 

Treizième jour

13 juillet

 

Résurrection de Lazare

 

Prélude : Marie-Madeleine, à genoux devant le Sauveur, pleure sur la mort de Lazare. Jésus frémit et pleure avec elle.

 

Méditation

 

Or, il y eut un grand et douloureux évènement à Béthanie, dans ces maisons où Jésus avait ses trois amis. Marthe et Madeleine eurent la douleur de voir Lazare tomber dans une sorte de langueur maladive, qui finit par s'aggraver et devenir une maladie mortelle. On s'aimait beaucoup dans cette mai- son, où Jésus avait laissé sa paix, et ce fut une grande désolation parmi les deux sœurs quand leur frère s'en allait mourir. Et Jésus n'était pas venu depuis longtemps !... Ah ! si Jésus était présent, comme Marthe et Marie seraient tranquilles et rassurées. Mais il est loin, et les Juifs cherchent à le lapider. Peut-être la crainte des Juifs, la prudente réserve des apôtres, les prédications de Jérusalem le retiendront encore longtemps loin de Béthanie Les deux sœurs se concertèrent. « Envoyons un message au Maître ». J'imagine volontiers que ce fut Marie-Madeleine qui trouva, dans sa connaissance du Cœur de Jésus, ce touchant appel : « Seigneur, celui que vous aimez est malade ! »

Quand Jésus reçut le message, il ne sembla pas d'abord s'en émouvoir. Pendant qu'il différait, la maison de Béthanie se remplissait des cris de Marthe et des larmes plus silencieuses de Marie. Lazare, en l'absence de Jésus, était mort !

Marie alors s'abîme dans sa douleur, au point que ses amis ne savaient plus comment la consoler.

Enfin, Jésus dit : « Lazare est mort... parce que je n'étais pas là. Allons à lui ». Et Jésus vint, et Marthe accourut au-devant de lui. Mais, après un dialogue sublime, elle se leva sur l'ordre du Maître et revint à la maison où sa sœur pleurait, inconsolable de la mort de leur frère. Mais l'approche de Jésus avait déjà opéré son action sur sa sainte amie. Elle avait retrouvé, avec l'espérance, le but ordinaire de ses contemplations ; elle avait recommencé son oraison si tendre et si continue. On dirait que Marthe l'a compris, tant elle s'approche avec une sorte de précaution de sa sur la contemplative. Elle l'appelle à voix basse, ou plutôt, suivant l'expression même du texte sacré, « en silence ».

Elle lui dit : « Le Maître est là, et il t'appelle ! » Ô parole délicieuse ! Lorsque Marie l'entendit, elle se leva avec une hâte telle que les Juifs en éprouvèrent de l'effroi. Elle court, elle vole ou son amour l'appelle, où son Maître l'attend. Marie se jeta aux pieds de Jésus... Et Jésus, la voyant pleurer, éprouva une grande émotion. Alors, dit saint Jean, Jésus pleura !

Larmes bénies de mon Dieu, en même temps que vous me témoignez de son amitié de prédilection pour Madeleine, combien vous me prêchez éloquemment son amour pour les âmes et sa miséricorde pour les pécheurs ! En vous voyant couler silencieuses et brûlantes, les témoins de cette scène merveilleuse disent : « Comme il l'aimait ! » Mais, l'attendrissement d'un Dieu ne saurait demeurer stérile : Madeleine sera bientôt consolée par l'un des plus éclatants prodiges de la puissance de Jésus-Christ.

Ô Lazare, Jésus est touché des larmes de Madeleine, il a pleuré et souffert pour toi, ô « Lazare, viens hors du tombeau ! »

Qui dira la scène qui dut surie ce moment, quand les pieds du ressuscité furent libres, quand ses mains furent débarrassées, quand son regard put s'arrêter sur le Maître, quand ses lèvres purent s'ouvrir aux saints baisers et aux cris de la reconnaissance ! Âmes ressuscitées du péché, vous seules pouvez le dire ! Quel a été l'emploi de vos premières heures de conversion ? Ô Madeleine, vous qui étiez sortie aussi un jour du tombeau de vos crimes, combien vous comprîtes, mieux qu'un autre, la joie et le ravissement de Lazare, à sa résurrection !

C'est Jésus qui avait appelé sa fidèle pénitente pour qu'elle assistât au grand miracle ; c'est à Jésus que Madeleine dit en pleurant : « Seigneur, si vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort ! » Ce sera aussi Jésus qui recevra les élans de la reconnaissance attendrie de Marie-Madeleine ! L'Evangile nous raconte un fait qui traduit éloquemment cette reconnaissance et que nous méditerons demain. Pour aujourd'hui, arrêtons-nous avec complaisance sur des sentiments que le cour devine, bien plus que la langue humaine ne saurait les raconter.

 

Résolution : Prier souvent pour les pécheurs.

Bouquet spirituel : « Jésus, voyant que Marie pleurait... frémit dans son esprit, se trouble lui- même... Et Jésus pleura ». (Jean 11, 33, 35).

 

Vita marie madeleine

 

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11 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Martha-and-Mary

 

Douzième jour

12 juillet

 

La meilleure part

 

Prélude : Marie, assise aux pieds du Seigneur, écoute sa parole.

 

Méditation

 

« Marthe, raconte le saint Evangile, s'empressait à toutes sortes de choses du service, et, s'étant mise debout devant le Seigneur, elle lui dit : « Seigneur, est-ce que vous ne vous inquiétez pas de voir que ma sœur me laisse servir toute seule ? Dites-lui donc de m'aider ». Et le Seigneur, répondant, lui dit : « Marthe, Marthe, vous vous préoccupez et vous vous troublez de bien des choses. Or, il n'y en qu'une de nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera point enlevée ».

Il me semble, dit sainte Thérèse, s'adressant à Notre Seigneur, que Marthe ne se plaignait pas seulement de sa sœur, mais son plus grand déplaisir venait sans doute de ce quelle se persuadait que vous ne la plaigniez pas tant que sa sœur : cette disposition de son esprit paraît encore plus clairement en ce que, sans dire une seule parole à sa sœur, toute sa plainte s'adresse à vous, et la violence de son amour lui donne même la hardiesse de vous dire que vous ne preniez pas garde que sa sœur ne l'aidait point à vous servir. Votre réponse, mon Seigneur, témoigne que sa plainte procédait en effet de cette cause, puisque vous lui déclarez que l'amour est ce qui donne le prix à tout, et que cette unique chose nécessaire dont vous vouliez parler est d'avoir un si grand amour pour vous, que rien ne puisse être capable de nous divertir de vous aimer !…

Saint Augustin s'est arrêté avec complaisance devant ce tableau si doux et si instructif. « Jésus, dit le grand docteur, avait été pris pour juge, il se fit avocat, répondant pour Marie. « Marthe, Marthe, je vous vois bien inquiète et troublée ». Cet emploi du nom propre est un signe d'amitié. Cette répétition du nom indique l'importance de l'enseignement qui va être donné et le besoin qu'a Marthe de se calmer. « Or, une seule chose est nécessaire : dans le repas que vous me préparez, un seul mets, ainsi que le veulent la tempérance et la pauvreté, dont nous faisons profession ; et dans l'ordre du salut, l'union de l'âme avec Dieu par la contemplation, l'amour, les saints désirs. - « Marie a choisi la meilleure part qui ne lui sera point ôtée ». Elle l'a choisie librement, cette part, et je l'avais choisie pour elle. Son cœur, naturellement porté à l'amour, et qui avait péché par amour, a voulu, sous l'inspiration de ma grâce qui s'adapte au caractère et sans détruire les passions leur substitue un objet saint, suivre son penchant à l'amour et tout réparer par amour. Désormais l'amour sera son office, son genre de sainteté, sa récompense et sa gloire. Elle prélude à mes pieds dans les ombres de la foi aux extases du ciel, où Dieu sera vu face à face, et aimé non d'un amour commencé, mais parfait, où la joie n'entrera pas seulement goutte à goutte dans l'âme, mais ou l'âme entrera, se plongera pour jamais dans la joie de son Seigneur. Ce que fait Marie en ce moment, elle le fera tant que je serai parmi vous, elle le fera après mon départ jusqu'à sa mort, elle le fera éternellement dans le royaume de son Père. L'unique nécessaire, c'est moi, votre vie et votre salut ; c'est Jésus que Marie possède, qu'elle tient, dont elle ne se séparera plus.

Marthe et Marie, observent les commentateurs, figuraient les deux vies qui partagent l’Église en et qui, dans leur diversité et leur union, en font la force et la beauté : l'action et la contemplation. Jésus donc nous déclare là que la vie contemplative l'emporte en dignité, en excellence, mérite, sur la vie active.

Enfin, - et j'aime beaucoup cette conclusion de Lacordaire, - qu'était-ce que cette meilleure part, sinon un amour plus grand de Notre-Seigneur, mérité par un amour plus parfait ? Marthe servait, Marie écoutait et contemplait ; Marthe se tenait debout, Marie était assise aux pieds du Sauveur ; Marthe se plaignait, Marie se taisait. Entre ces deux affections si différemment exprimées, il est impossible d'hésiter. En déclarant celle de Marie préférable, Jésus la disait nécessairement préférée, et préférée avec cette promesse que la meilleure part lui resterait à jamais.

 

Résolution : Unir toujours la contemplation à l'action, pour sanctifier celle-ci par celle-là et pour plaire à Jésus, qui regarde surtout le cœur et l'amour.

Bouquet spirituel : « Madeleine a choisi la meilleure part ». (Luc 10, 42).

 

Vita marie madeleine

 

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28 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Sainte Baume

 

Vingt-neuvième jour

29 juillet

 

La Sainte Baume

 

Prélude : Contempler Marie-Madeleine au désert, abîmée dans la ferveur de ses oraisons continuelles.

 

Méditation

 

« Marseille, dit Lacordaire, cet éloquent historien de la sainte qui a rétabli les frères prêcheurs à leur poste d'honneur auprès du tombeau de Madeleine, Marseille n'était pas le lieu prédestiné où Jésus-Christ attendait son ancienne et fidèle amie pour la faire jouir de cette part qu'elle avait préférée et que nul ne devait lui ravir », selon qu'il l'avait solennellement promis. Cette part, c'était la contemplation dans une solitude. La solitude existait. Dieu, qui a tout créé en vue de l'avenir, et qui n'a pas dessiné un rivage, élevé une montagne, arrosé une vallée et creusé une mer, sans savoir pour quel peuple ou quelles âmes il travaillait ; Dieu, dans la création, avait pensé à Marie-Madeleine, et lui avait fait, en un point de la terre, un asile exprès.

Au centre de roches hautes et alignées qui ressemblent à un rideau de pierre, dit ailleurs Lacordaire, l'œil découvre une habitation qui y est comme suspendue, et à ses pieds une foret dont la nouveauté le saisit. Ce n'est plus le pin maigre et odorant de la Provence, ni le chêne-vert, ni rien des ombrages que le voyageur a rencontrés sur sa route ; on dirait que, par un prodige inexplicable, le nord a jeté là toute la magnificence de sa végétation. C'est le sol et le ciel du midi avec les futaies de l'Angleterre. Tout proche, à deux pas, sur les flancs de la montagne, on retrouve la nature vraie du pays ; ce point-là seul fait exception. Et si l'on y pénètre, la forêt vous couvre aussitôt de toute sa majesté, semblable en ses profondeurs, en ses voiles et en ses silences, à ces bois sacrés que la hache des anciens ne profanait jamais. Là aussi, les siècles seuls ont accès ; seuls, ils ont exercé le droit d'abattre les vieux troncs et d'en rajeunir la sève ; seuls, ils ont régné et règnent encore, instruments d'un respect qui vient de plus haut qu'eux, et qui ajoute au saisissement du regard celui de la pensée.

Une grâce attira en cet endroit Marie-Madeleine, la même grâce qui l'avait élue pécheresse, conduite aux pieds de la croix, et rendue, aux portes de la mort, la première spectatrice de la résurrection du Fils de Dieu. Elle y vint comme elle était allée à Jésus-Christ, par la même lumière et le même mouvement.

Là, séparée des hommes qui avaient crucifié son Sauveur et le Sauveur du monde, elle n'avait plus qu'une pensée, celle de revoir l'ami divin qu'elle avait perdu. Car l'éloignement ni la mort ne rompent l'amour véritable ; il creuse l'âme d'autant plus qu'il est privé d'épanchement au dehors. Et si l'on a vu des vies se flétrir sur le tombeau d'un fils ou d'une épouse, que devrait-ce être de Marie-Madeleine, qui avait tenu les pieds du Fils de Dieu, et qui l'avait aimé par-dessus toute amitié de la nature et toute onction de la grâce ? Aussi, je ne m'étonne pas, quand la tradition me raconte que chaque jour, et sept fois par jour, elle était enlevée de sa grotte au sommet du rocher qui la couvre, pour entendre là ce que saint Paul déclare avoir entendu sans pouvoir l'exprimer.

Saints ravissements ! l'homme étranger à Dieu et à son Christ ne vous comprend pas. Attaché à la terre de tout le poids du péché, il ne sait pas ce que Dieu a d'empire sur une âme sainte, et ce qu'une âme sainte a d'empire sur son corps. Il croit à l'attraction des mondes, mais il ne croit pas à l'attraction de Dieu. Laissons- lui cette science qui flatte son orgueil, et pour nous, simples fils de l'Evangile, qui avons vu notre Dieu mourir par amour et retourner au ciel par le même amour, sachons que c'est là notre route, notre espérance, notre avenir éternel, et rendons grâces à Dieu qui nous a donné dans nos saints, ici- bas mème, des exemples de l'extase où nous jettera sa vision.

La Sainte Baume a été le Tabor de sainte Marie-Madeleine. Plus heureuse que saint Pierre, qui disait au Seigneur le jour de sa transfiguration : « Il nous est bon d'être ici, faisons-y trois tentes », Madeleine a eu cette tente, refusée au prince des Apôtres. Elle y a vécu solitaire, entre les pénitences de la grotte et les ravissements de la hauteur. Rien n'est changé là, non plus qu'au Tabor. La foi, respectueuse adoratrice de tous les grands souvenirs, habite encore les deux montagnes, et, de leur faite immaculé, elle regarde en haut le Dieu qui les visita.

Trente ans, Dieu donna ce spectacle à ses Anges pour en laisser le souvenir à tous les siècles. Trente ans, Marie-Madeleine passa de la pénitence à la gloire et de la gloire à la pénitence, réunissant dans cette alternative la double vie qu'elle avait eue, celle de pécheresse et celle d'amie de Jésus ».

 

Résolution : S'imposer chaque jour quelques moments de vie solitaire et pénitente.

Bouquet spirituel : « Marie a choisi la meilleure part ». (Lc 10, 42)

 

Vita marie madeleine

 

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27 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

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Vingt-huitième jour

28 Juillet

 

À Marseille

 

Prélude : Sur l'une des places de la riche cité phocéenne, à l'endroit que la tradition montre encore, Marie-Madeleine prêche la divinité du Christ et la vraie religion.

 

Méditation

 

Cornélius à Lapide, dans son commentaire sur saint Luc, après avoir observé qu'au Cénacle, « la première en ferveur et en oraison, et pour ainsi dire le porte-enseigne, était Marie-Madeleine », ajoute : « Les saintes femmes reçurent aussi le don des langues, surtout Madeleine ; car elle aussi fut apôtre, et comme telle évangélisa et convertit les habitants de Marseille, ainsi que le portent les annales de sa vie ».

Sur quoi, un vénérable auteur marseillais, qui a très bien écrit de Marie-Madeleine, se livre aux réflexions suivantes : « Je le sais, tous ceux qui parlent de cet Apostolat ne sont pas d'accord touchant certaines circonstances de détails qui importent peu à la certitude du fait considéré en lui-même. Mais ces variantes concourent toutes à établir comme certain et indubitable l'apostolat de Marie-Madeleine dans les Gaules. Que cette femme illustre ait voulu suivre une colonne de disciples destinés à évangéliser nos provinces, ou qu'elle se soit vue obligée à fuir la Judée, à s'exposer aux dangers d'une longue navigation, jetée par les Juifs sur une barque, sans voile, sans gouvernail et sans via- tique, toujours est-il qu'on la reçut avec plusieurs autres, et notamment avec Lazare, Marthe, Maximin et Marcelle, sur les côtes de la Provence, à l'endroit où le Rhône précipite ses flots dans le sein de la Méditerranée. On peut même dire que ces deux manières de raconter le fait du voyage ne sont pas en opposition formelle l'une avec l'autre ; car il a pu être décidé dans le conseil des Apôtres et des Disciples que Madeleine suivrait dans les Gaules les hommes destinés à porter la foi aux Gentils, et néanmoins les Juifs ont pu donner un libre cours à leur fureur en agissant comme l'affirme la liturgie romaine, Dieu se servant de la malice des hommes et de leur haine du nom chrétien, pour faciliter aux missionnaires de Jésus-Christ leur arrivée au milieu d’un peuple, jusque-là plongé dans la plus profonde nuit de l'erreur.

Quoi qu'il en soit du mode voulu par la Providence pour l'exécution d'un plan digne de la miséricorde divine, aujourd'hui il est impossible à un homme qui a pris la peine d'examiner sérieusement cette question de nier l'arrivée de la pieuse colonie sur les côtes voisines d'Arles et de Marseille, de nier par conséquent l'Apostolat de Madeleine dans la Provence.

Maintenant, je me représente la fidèle amie de Jésus en face de ces peuples abrutis par les superstitions les plus révoltantes. Elle commence à parler du Sauveur ; ses paroles sont toutes de feu, son langage, qui est celui de la conviction et de l'amour, remue les cœurs et fait bientôt couler des larmes. Madeleine prêche, elle annonce, elle atteste ce qu'elle a vu de ses yeux, ce qu'elle a touché de ses mains, ce qu'elle a entendu de ses oreilles. Écoutez-la raconter l'histoire de ses larmes répandues sur les pieds sacrés du Sauveur, de ses baisers dont elle a couvert ces mêmes pieds, du parfum dont elle les a enveloppés. Un témoin qui peut ainsi se mettre en scène, et dont le langage a toute la naïveté, toute la simplicité, tout le naturel de la conviction parfaite et de l'amour ardent, ce témoin ne peut manquer de produire une impression salutaire sur les âmes auxquelles elle s'adresse.

L'apostolat de Madeleine fut par excellence l'apostolat de l'amour. L'amour n'est-il pas toujours et nécessairement apôtre ? Là où il se trouve, nous dit saint Grégoire Pape, il opère de grandes choses ; s'il n'opère pas ces grandes choses, ajoute cet illustre docteur, ne l'appelez pas amour.

Il n'est donc pas étonnant que l'Apostolat de Madeleine soit devenu célèbre par les fruits merveilleux qu'il produisit sur les cours des infidèles. La Provence en a conservé le précieux souvenir ; Marseille paraît surtout, d'après les monuments les plus remarquables, avoir été le théâtre du zèle de sainte Madeleine. Une antique chapelle qui s'élevait sur une place, non loin de l'ancienne Cathédrale, et appelée « la prédication de Marie-Madeleine », l’église souterraine de Saint-Victor, la grotte des Aygaldes, tels sont les antiques témoins vénérés par nos pères, et salués comme les trois sanctuaires honorés par la présence de l'illustre amie de Jésus ».

 

Résolution : Travailler, directement ou indirectement, à l'établissement et à l'extension du règne de Jésus dans les âmes.

Bouquet spirituel : « Va trouver mes frères et parle-leur ». (Jn. 20, 17).

 

Vita marie madeleine

 

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26 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

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Vingt-septième jour

27 juillet

 

Le Cénacle

 

Prélude : Se représenter vivement la grande sainte, à genoux, abîmée dans l'oraison, attendant la venue de l'Esprit Saint.

 

Méditation

 

« Quand ils furent rentrés dans Jérusalem, dit saint Luc, ils montèrent dans le Cénacle où demeuraient Pierre et Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, et Simon le Zélote, et Jude, frère de Jacques. Et tous persévéraient unanimement dans la prière, avec les femmes, avec Marie, Mère de Jésus, et avec les frères de Jésus. Et ils étaient toujours dans le Temple, louant et bénissant Dieu ».

« Il est aisé, dit le père Valuy, d'imaginer les réflexions auxquelles ils se livraient. Marie, Mère de Jésus, n'avait qu'à rentrer dans son cœur pour y trouver vives et présentes les faveurs dont elle avait été comblée, les scènes auxquelles elle avait été mêlée, les instructions publiques et particulières, tombées des lèvres de son divin Fils.

Les Apôtres rappelaient à leur souvenir, avec les oracles et les détails de la vie de Jésus, ce qu'il leur avait dit touchant la prédication de son Evangile, les persécutions qui les attendaient et la récompense promise à leur fidélité. Pour Madeleine, elle avait renfermé dans son cœur, comme une abeille intelligente dans sa ruche, toutes les grâces qu'elle avait reçues, afin que savourant, au besoin, ce miel aussi exquis qu'abondant, elle pût s’exciter à la reconnaissance et à l'amour.

Tantôt, c'étaient les trois regards de Jésus sur elle qui faisaient l'objet de ses méditations : le premier, à Magdala, lorsque sa parole l'atteignit dans la foule, la transperça d'un trait vainqueur, et, en chassant les sept vices ou démons dont elle était possédée, la remplit d'autant de vertus parfaites ; le second, du haut de sa croix, quand il la vit à ses pieds, tenant compagnie à la Mère désolée et au Fils expirant dans les tortures ; le troisième, au sépulcre, lorsqu'il l'appela par son nom, Marie, et qu'en un clin d'œil il la fit passer de la douleur la plus profonde à la joie la plus vive.

Tantôt, c'était la bonté avec laquelle Jésus avait daigné accepter ses biens et ses parfums, qu'elle repassait dans son esprit. Et sans doute elle s'imaginait que, de même qu'elle conservait sur la terre quelques gouttes du sang de Jésus mêlées à ses cheveux, Jésus avait emporté dans le ciel, mêlées aux siens, quelques gouttes de son parfum, pour le faire respirer, transformé et divinisé, à toute la cour céleste, pour le lui faire respirer éternellement à elle-même dans la vie glorieuse.

Tantôt, c'étaient les grâces singulières dont Jésus l'avait gratifiée : cette pureté céleste, angélique, divine, émanée de la pureté même de Jésus, que le ciel désormais admire, que la terre révère et que l'enfer ne voit qu'avec horreur ; cette humilité qui permettait à Jésus de louer publiquement, en toute occasion, sa servante, sans craindre le moindre accès de la vanité ; cet amour, qui n'a plus rien d'humain ni de terrestre, que Jésus semble avoir puisé au plus intime de son cœur, pour le verser dans un cœur que lui-même a épuré et sanctifié ; cet apostolat exceptionnel par lequel Jésus, à peine sorti du tombeau, la chargea de porter aux Apôtres l'annonce de sa résurrection déjà accomplie et celle de son ascension future.

Pouvait-elle oublier ses entretiens avec Jésus, quand se elle se tenait à ses pieds à Béthanie, la vie rendue à Lazare son bien-aimé frère, l'étroite amitié dont l'honorait la Mère de son Dieu ? »

À ces méditations se mêlait la prière, cette prière persévérante et unanime dont parle l’Evangéliste, à laquelle Madeleine prêtait les tendres ardeurs de son âme, si puissante sur le cœur de son divin Ami.

Tant de supplications touchèrent le ciel, et, suivant qu'il leur avait été prédit, le cinquantième jour après la Résurrection, le dixième après l'Ascension, le jour même de la Pentecôte, sur les neuf heures du matin, lorsqu'ils étaient tous assemblés au même lieu, tout-à-coup un grand bruit se fit entendre du ciel, tel que celui d'un vent impétueux, et toute la maison qu'ils habitaient en fut remplie ; et ils virent comme des langues de feu séparées, qui se placèrent sur la tête de chacun d'eux. Aussitôt, ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils commencèrent à parler diverses langues, selon que l'Esprit Saint mettait les paroles dans leur bouche.

 

Résolution : Invoquer souvent l'assistance et l'inspiration du Saint Esprit, en union avec Marie-Madeleine.

Bouquet spirituel : « Ils montèrent au Cénacle, avec les saintes femmes ». (Ac. 1, 14).

 

Vita marie madeleine

 

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24 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Marie Madeleine et la Mère de Dieu

 

Vingt-cinquième jour

25 juillet

 

Les quarante jours

 

Prélude : Marie-Madeleine attend auprès de la sainte Vierge qu'il plaise à Jésus de les favoriser d'une de ses apparitions.

 

Méditation

 

Quelle pensez-vous que dut être la vie de Madeleine durant ces quarante jours qui s'écoulèrent entre la scène du Sépulcre et l'entrée de Jésus au ciel !

Il est vraisemblable, dit saint Bonaventure, que le très doux Seigneur visitait souvent sa Mère, ses disciples et Madeleine, sa fille chérie, les réconfortant et les réjouissant, eux qui avaient été si contristés et si épouvantés de sa Passion…

N'oubliez pas, continue le saint docteur, n'oubliez pas Madeleine, l'élève chérie, l'Apôtre des Apôtres. Voyez comme, selon sa coutume, elle s'assied aux pieds de son Maître, écoute avidement ses paroles, et, si elle le peut, le sert avec joie et de tout son cœur. Qu'elle était grande alors, cette pauvre petite maison, et qu'il était délicieux d'y habiter !... Mais, le Seigneur restait peu de temps avec eux. Sans doute, ils le forcèrent à rester plus long- temps, le suppliant de ne pas s'éloigner si vite. Ne pensez-vous pas que Madeleine, assise à ses pieds, le retenait par sa robe, avec une respectueuse témérité, de peur qu'il ne s'éloignât ? Le Seigneur était revêtu de vêtements d'une blancheur éclatante, des vêtements de sa gloire. Et Madeleine le retenait, non par présomption, mais avec une sainte confiance, elle, si aimante et si aimée ; et elle ne déplaisait pas à son Maître. Car le Seigneur veut être retenu, comme il apparaît par l'exemple des deux disciples d'Emmaüs. Enfin Jésus, saluant respectueusement sa mère et ayant reçu congé d'elle, les bénissait tous et se retirait. Et eux, se prosternant, le suppliaient de revenir bientôt.

Le Seigneur Jésus, dit encore saint Bonaventure, s'arrête quelque temps avec sa Mère et ses disciples, leur parlant du royaume de Dieu ; ils écoutent en grande joie ses célestes paroles ; ils considèrent son visage plein de beauté et d'allégresse. Regardez-les placés tous à l'entour de lui, Notre Dame plus près et plus familièrement, et Madeleine toujours à ses pieds ».

Qui dira les doux entretiens de Jésus et de Madeleine durant ces apparitions ? Quelles étaient les demandes de l'élève et les réponses du Maître ? Sans doute, Madeleine recevra le Saint Esprit le jour de la Pentecôte. Mais, Jésus tient à déposer dans son âme les vérités célestes dont le divin Esprit lui donnera bientôt l'intelligence. Il y tient d'autant plus que Madeleine, solitaire au désert pendant le reste de sa vie, allait être à peu près privée de out secours spirituel, et n'aurait presque, pour se diriger, que les conseils et les enseignements reçus de son aimable Maître. Dès lors, il inspirait à Madeleine une avidité toujours croissante pour sa parole ; il en faisait pénétrer jusqu'au fond de son âme les douces insinuations ; il la formait, comme autrefois sa mère, à conserver et développer par une méditation assidue la divine semence. Parlez, ô Maître, parlez, votre servante écoute, parlez encore, parlez toujours !

L'Evangéliste a noté les reproches que Jésus fit à ses Apôtres de leur incrédulité, quand ils avaient traité de visionnaire celle qu'il leur envoya comme messagère de sa résurrection. Jusqu'à son dernier jour sur la terre, le Sauveur tient à se montrer l'ami, le défenseur, l'avocat de la pécheresse convertie. C'est la quatrième fois en effet qu'il prend sa défense : la première, ce fut pour louer ses larmes chez le Pharisien ; la seconde, pour autoriser sa contemplation à Béthanie ; la troisième, pour justifier l'effusion de ses parfums contre l'avarice de Judas ; et ici, c'est pour appuyer son témoignage, le principal entre ceux des saintes femmes députées auprès des Apôtres.

Ô Jésus ! faites-moi la grâce de mériter que vous soyez mon défenseur devant Dieu et devant les hommes, par la pureté de ma conduite et la droiture de mes intentions.

 

Résolution : Placer sous la protection de sainte Madeleine la résolution d’être fidèle à la pratique quotidienne de l'oraison mentale.

Bouquet spirituel : « Seigneur, demeurez avec nous ! » (Lc 24, 29).

 

Vita marie madeleine

 

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23 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Marie Madeleine et les apôtres

 

Vingt-quatrième jour

24 juillet

 

Apostola apostolorum

 

Prélude : Marie-Madeleine court, elle est sortie en toute hâte du jardin ou Jésus lui est apparu et elle se rend avec empressement auprès des Apôtres, remplir le message dont le Maître l'a chargée.

 

Méditation

 

Jésus lui dit : « Va trouver mes frères et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu ».

C'est la dernière parole du Sauveur à Madeleine. Désormais, l'Evangile, qui a conservé avec tant de soin les divers témoignages de l'amour de Jésus pour 'illustre pénitente de Béthanie, se tait et ne prononce plus son nom. Mais combien cette dernière parole grandit Marie-Madeleine devant notre vénération et notre piété.

Les litanies, où la dévotion traditionnelle des peuples envers la glorieuse convertie du Sauveur a inscrit les titres de sa gloire privilégiée, ont conservé religieusement le souvenir de ces dernières paroles de Jésus. Comprenant tout ce qu'il y avait de grand pour Madeleine d'avoir été honorée d'un pareil message par le divin Maître, elles ont traduit cet honneur insigne par deux mots, aussi énergiques que vrais, et elles l'appellent « apostola apostolorum, l'Apôtre des Apôtres ! »

C'est à Madeleine que Jésus confie la mission d'aller prêcher aux Apôtres le grand mystère de la Résurrection. Elle devient l'Apôtre des Apôtres, le missionnaire de ceux qui devaient convertir l'univers ! elle est chargée d'annoncer aussi la prochaine Ascension du Sauveur.

Cet apostolat de Madeleine a fixé l'attention des Pères de l’Église, qui se sont plu à établir le parallèle entre Ève messagère du mensonge et Madeleine apôtre de la vérité. Ève se nourrit la première du venin de l'aspic au jardin des délices, puis elle vint apporter à son mari cette nourriture empoisonnée. Madeleine reçut la première, au jardin funèbre de la sépulture, la foi au mystère qui confirma nos croyances et prépara notre salut, et aussitôt elle porta cette foi aux Apôtres pour la leur faire partager.

Ève répéta à Adam la fallacieuse promesse du serpent : « Vous serez comme des dieux, sachant le bien et le mal ». Madeleine répéta aux apôtres la parole de Jésus qui dit équivalemment : Vous serez bientôt avec moi dans le ciel comme votre Père et votre Dieu, heureux de son propre bonheur et brillants de sa propre gloire.

Ève, placée entre l'obéissance au précepte du Créateur et la séduction du fruit défendu, préfère le fruit à l'obéissance. Madeleine, placée entre Jésus dont elle savoure les douceurs et l'ordre qu'il lui donne à remplir, n'hésite pas à quitter Jésus pour obéir à Jésus.

Oh ! combien Madeleine l'emporte sur. Ève ! Ève propage le doute, la prévarication et la mort ; Madeleine propage la foi, l'obéissance et la vie.

Apôtre auprès des Apôtres eux-mêmes, Marie-Madeleine représente l’Église chargée jusqu'à la fin des temps de prêcher à ses enfants les grands mystères de la résurrection, de l'ascension et de la fraternité divine ; la foi, le ciel, la grâce.

 

Résolution : Faire un acte de foi, en union avec l'esprit de sainte Marie-Madeleine.

Bouquet spirituel : « Jésus dit à Madeleine : Va trouver mes frères ». (Jn 20, 17).

 

Vita marie madeleine

 

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22 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

1501 1525 Noli me tangere Détrempe sur bois Crète Venise

 

Vingt-troisième jour

23 juillet

 

« Noli me tangere ! »

 

Prélude : Marie-Madeleine s'est jetée à genoux devant Notre-Seigneur ressuscité, et saisissant les pieds du divin Maître, elle cherche à les baiser.

 

Méditation

 

Jésus l'arrêta et lui dit : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté à mon Père ».

Deux fois, dit Lacordaire, Jésus-Christ avait laissé Madeleine le toucher, deux fois il l'en avait louée. Et maintenant, après sa résurrection, lorsque son corps est déjà transfiguré par une vie supérieure, il s'oppose aux chastes empressements de Marie.

Il ne veut pas qu'elle approche de lui ces mains qui ont autrefois embaumé ses pieds et sa tête. Pourquoi cette austérité imprévue, et comment la résurrection peut-elle restreindre l'ancienne familiarité d'une tendresse éprouvée ? C'est que Jésus n'est plus ce qu'il était, objet pour tous d'un attouchement qui encourage la foi, et d'une charité qui se prenne aux conversations de la vie. Il est entre la terre et le ciel, visible encore quelques jours, mais allant à son Père, et ce n'est plus que là, là où toute chair sera transformée comme la sienne, qu'il veut être touché et possédé par les siens. Il donne à Marie-Madeleine, en cette leçon sévère, un indice qu'il faut tendre plus haut, et que désormais Béthanie est au sein du Père qui a envoyé son Fils, et où le Fils va le rejoindre pour y préparer à ses amis le lieu de l'embrassement qui ne finit point.

Ne touchez pas le Fils de l'homme, car il n'est pas encore monté à son Père, et vous-même, Marie, vous n'y êtes pas encore montée. Vos lèvres, toutes pures qu'elles sont, tout empreintes du feu que le séraphin de la pénitence et celui de l'amour y ont laissé, ne sont pas capables de donner au corps ressuscité, au corps glorieux du Christ, les stigmates de la tendresse purifiée par la mort. Il vous faut mourir avec Jésus pour toucher de nouveau Jésus. Alors seulement, alors vous et lui, vous serez semblables ; alors vous apporterez à ses pieds le baume de la résurrection, et vous y déposerez le souffle virginal de l'immortalité reconquise.

À cette leçon, Jésus veut ajouter un nouveau témoignage de son amour de prédilection pour Madeleine. Il ne lui a point permis de le toucher. Mais, en échange, il a posé deux de ses doigts divins sur le front de sa sainte amie.

Moïse, descendant du Sinaï où il venait de converser avec Dieu, portait sur son front un double faisceau de lumière, rayon détaché de la gloire divine que le grand législateur des Hébreux avait contemplée face à face. Ainsi, au sortir de son entretien avec Jésus glorifié, Madeleine portera sur son front, telle qu'une auréole divine, une double empreinte que dix-huit siècles ne pourront effacer, et qui restera sur sa tête vénérée comme un monument authentique de la véhémence de son amour.

Aussi, quand on découvrit ses reliques au moyen-âge, on vit apparaître sur le front de Madeleine une particule de chair mobile et transparente, qui brillait sur la tempe gauche, là même où le Sauveur toucha sa sainte amie, lorsqu'il lui dit après sa résurrection : Noli me tangere !

Le langage des peuples a conservé ce souvenir, et on appelle encore aujourd'hui ce morceau de chair, miraculeusement et glorieusement conservé, le Noli me tangere.

 

Résolution : S'inspirer de la pensée du ciel pour pratiquer le détachement et la mortification des sens, indispensables à la vie chrétienne.

Bouquet spirituel : « Jésus dit à Madeleine : Ne me touche pas ! » (Jn 20, 17).

 

Vita marie madeleine

 

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