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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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10 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

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Onzième jour

L'Esprit de Vérité


C'était après la dernière cène; le divin Maître encore à table avec ses disciples, leur annonçait les plus ineffables mystères de l'amour. « Si vous m'aimez, leur dit-il, gardez mes commandements. Et moi je prierai mon Père, et il vous donnera un autre Paraclet pour qu'il demeure toujours avec vous, l'Esprit de Vérité que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit pas et ne le connaît pas; mais vous, vous le connaîtrez, parce qu'il demeurera au milieu de vous, et qu'il sera en vous ». Ici je vois clairement l'action perpétuelle du Saint Esprit sur l'Eglise dont les Apôtres sont établis les  fondateurs. Cette action toute divine conservera l'Eglise dans la vérité, la rendra forte et invincible devant ses ennemis, et la conduira jusqu'à ses immortelles destinées. Mais l'action du Saint Esprit ne doit pas être considérée uniquement dans ses rapports avec l'Eglise constituée en société ; chacun des membres de l'Eglise, chaque fidèle en particulier peut être dirigé, soutenu, sanctifié par celte même action, et c'est ce qu'il m'importe de bien comprendre aujourd'hui. Non, c'est sans aucun doute, la promesse de Jésus Christ est pour moi, et, si je le veux, le Saint Esprit me sera donné, il résidera en moi, il sera ma lumière et ma force, il me sanctifiera pour la bienheureuse éternité. Mais avant de considérer la grandeur du bien que me promet Jésus Christ, je m'arrête un moment sur cette parole de mon adorable Maître: « Le monde ne peut pas le recevoir ». Pourquoi? Parce qu'il ne le voit pas et qu'il ne sait pas ce qu'il est.


Or, nous dit un savant commentateur, le monde, cela signifie les hommes mondains, animaux, selon l'énergique expression de saint Paul, les hommes charnels, attachés au mal par des affections toutes terrestres, par l'amour des richesses, des honneurs, des plaisirs, de la gloire, de la mollesse, de toutes les jouissances que procure la vie présente; ces hommes sont les ennemis pratiques de la croix de Jésus, parce qu'ils n'ont du goût que pour les choses de la terre, comme l'affirme le grand Apôtre. Ces hommes forment la société que Jésus Christ appelle le monde, et c'est là cette société que le divin Sauveur déclare incapable de recevoir le Saint Esprit. Je ne dois pas être surpris de cette impossibilité où se trouve le monde de recevoir l'Esprit de Dieu, puisque cet esprit étant céleste, surnaturel, divin, son règne ne peut s'établir que sur les âmes rendues par la grâce surnaturelles, célestes, divines, et par là même, ennemies de tout ce qui constitue l'homme mondain. Le grand docteur saint Basile nous dit: « De même qu'une glace couverte d'une poussière épaisse ne saurait refléter l'image d'une personne, ni la lumière du soleil, de même aussi la clarté, la lumière du Saint Esprit s'arrête devant une âme couverte de cette couche de terre grossière qui lui vient des pensées et des affections terrestres ». Non, le mondain ne reçoit pas le Saint Esprit, et cela parce qu'il ne le voit pas; ses,yeux sont fermés pour cette admirable lumière, ou bien ils se trouvent pleins d'une poussière qui les empêche de voir. Oh! combien d'âmes sont dans cet état effrayant! En ne voyant pas le Saint Esprit, on ne sait pas ce qu'il est, ajoute Jésus-christ; comment alors pourrait-on l'estimer, le désirer, le demander, comment surtout pourrait-on l'aimer, le goûter, l'embrasser avec joie comme un consolateur, au milieu des tristesses de ce monde? Mais je laisse l'âme mondaine pour m'occuper de moi qui, par un effet de l'infinie miséricorde de mon Dieu, ai le désir, la volonté de connaître et de recevoir le Saint-Esprit. Oui, Seigneur, c'est de votre Esprit que je veux m'occuper aujourd'hui; vous m'instruirez vous-même sur ce magnifique sujet; vous me direz l'objet de cette admirable promesse faite à tous vos disciples: « Je prierai mon Père, et il vous enverra l'Esprit Consolateur, l'Esprit de Vérité ». Répandez sur moi cet Esprit, et rendez-moi capable de l'estimer, de l'aimer, et de le désirer avec une telle ardeur que je puisse, comme les Apôtres, être plein de lui-même pendant ma vie et à l'heure de ma mort.

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Le Saint Esprit dissipe l'ignorance


J'ai entendu le divin Maître: « Mon Père vous enverra l'Esprit de Vérité ». Quel trésor pour l'homme, et quel immense bien lui promet Jésus Christ par cette divine parole! Sans doute, le Fils de Dieu, le Verbe Incarné est lui-même la Vérité; il l'a plusieurs fois affirmé: « Ego sum Veritas », et c'est la raison pour laquelle, en dehors de Jésus Christ, de son enseignement, de sa doctrine, l'homme s'agite en vain pour trouver la vérité, la vraie lumière qui satisfait l'intelligence, et descend jusqu'au fond du cœur pour l'inonder de sa douce et suave clarté. Il était réservé au Saint-Esprit d'ouvrir lui-même l'esprit et le cœur des hommes pour les rendre capables de voir, de connaître, de goûter Jésus-christ, et de s'attacher à lui comme au seul bien capable de rassasier leur âme tout entière. Sans le Saint Esprit l'homme marche dans l'incertitude, et il ne cesse de demander comme cet infortuné proconsul Romain: « Qu'est-ce que la Vérité? » Avec le Saint-Esprit tous les doutes, toutes les erreurs, tous les mensonges sont dissipés, et l'âme fidèle se repose délicieusement dans le sein de la vérité. Mais le premier effet que produit le Saint-Esprit dans une âme dont il s'empare consiste à éloigner de cette âme la nuit, l'obscurité qu'engendre l'ignorance. J'ai dit là un grand mot, l'ignorance! Quoi de plus humiliant pour nous, quoi de plus dangereux? et néanmoins, quand il s'agit des choses nécessaires, je ne crois pas qu'il se rencontre dans l'homme un mal plus commun que celui de l'ignorance. Ignorer c'est ne pas voir, ne pas savoir. La privation de lumière, de clarté, de vérité, constitue l'état d'ignorance. Or, dans la vie chrétienne, dans la vie spirituelle l'ignorance consiste à ne pas voir Dieu, Jésus-christ; à ne pas se voir soi-même. Oh! quelles ténèbres épaisses environnent Dieu, Jésus Christ, l'âme humaine, quand l'intelligence n'est pas éclairée par le Saint Esprit, l'Esprit de Vérité! Cet état est affreux, et néanmoins il est très-commun. Depuis le fauteuil académique jusqu'à la mine où travaille un malheureux couvert de quelques sales haillons, comptez les hommes pour lesquels Dieu est un mot, Jésus-christ un être inconnu, l'âme humaine un rien du tout. Quelle épouvantable dégradation! Mais l'état d'ignorance est-il un état coupable?


Voilà une question assez sérieuse, pour mériter un examen attentif. Si l'état d'ignorance est volontaire, évidemment il est coupable: car enfin personne ne niera que la volonté de vivre sans connaître Dieu, sans étudier Jésus Christ, sans examiner la situation de notre âme, ses rapports avec Dieu, avec Jésus-christ, ne soit un crime pour l'homme baptisé. Mais la cause, mais le principe de cette ignorance, où faut-il les chercher? Hélas! oui, on les rencontre presque toujours dans la volonté. Celle-ci craint la lumière, la vérité, parce que, dit le Saint Esprit, elle craint, elle refuse de bien faire. Combien de cœurs impatients de la lumière! Ils se fâchent contre elle, ils la repoussent, elle leur est insupportable parce qu'elle fait naître le remords opposé à cette fausse sécurité qui est pour le plus grand nombre des hommes, le vrai charme de la vie. Aussi que de prétextes pour ne pas lire, pour ne pas entendre certaines choses! Quelle préférence pour les livres et pour les docteurs qui ne troublent pas. Eh bien, j'entends un juste de l'Ancien Testament qui s'écrie: « Envoyez, Seigneur, votre lumière et votre vérité, afin qu'elles me dirigent et me conduisent jusqu'à vos saints tabernacles ». Voilà bien le cri d'une âme qui craint l'ignorance, qui la redoute comme un grand mal. Ce cri est-il le mien, toujours, dans toutes les circonstances! Mais le contraire de l'ignorance, c'est la science, et celle-ci est un don du Saint Esprit; on l'appelle la science de Dieu, la science des Saints, elle nous vient par le Saint-Esprit que Jésus Christ appelle l'Esprit de Vérité. Cette science est le pain de l'intelligence qui la reçoit pour s'en nourrir. Dieu, Jésus Christ, l'Evangile, les vertus chrétiennes, quel vaste champ pour l'esprit de l'homme toujours avide de savoir! Et comme une âme est heureuse, quand on peut lui appliquer cette parole: « Dieu la nourrit du pain de l'intelligence et de la vie ». Je serai cette âme, si je le veux. Le Saint Esprit ne m'a-t-il pas été promis? En venant dans moi, n'apporte-t-il pas la clarté, la lumière, un grand jour? Si donc j'ai la noble ambition de marcher dans la lumière, de voir la nuit de l'ignorance se dissiper pour moi, et faire place à une céleste clarté, je dois appeler le Saint-Esprit, le demander avec ferveur, avec persévérance, et le divin Sauveur qui me l'a promis se hâtera de me dire: « Vous recevrez dans vous la vertu du Saint-Esprit ».

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Le Saint Esprit corrige les erreurs


Le disciple bien-aimé de Jésus a écrit ces lignes qu'on ne saurait trop méditer: Nous, nous sommes de Dieu. Nous connaissons l'esprit de Vérité, et l'esprit d'erreur ». Il faut bien que ces deux esprits existent, puisque ceux qui sont de Dieu les connaissent, et par là même, savent les distinguer. Je ne dois pas confondre l'erreur avec l'ignorance; celle-ci ne voit pas,.ne sait pas, elle représente les ténèbres, la nuit. Quant à l'erreur, elle sait, elle voit, mais elle sait mal et elle voit sous un faux jour; la lumière qu'elle voit, n'est pas la vraie lumière. Or, Jésus Christ est la Vérité. C'est un affreux malheur que cet état dans lequel une âme croit savoir, et se persuade qu'elle possède la lumière, alors que l'esprit d'erreur dont nous parle saint Jean est le seul qui la dirige. Ecoutons Jésus Christ; il nous adresse cette parole profonde: « Prenez garde que la lumière qui est en vous ne soit ténèbres », et ailleurs: « Si la lumière qui est en vous n'est que ténèbres, les ténèbres elles-mêmes que seront-elles? » Mais l'erreur est-elle coupable? Hélas! Oui, bien souvent et dans mille circonstances. Le vrai, surtout en morale, contrarie la nature gâtée par le péché. On raisonne avec lui, on invente des sophismes pour le combattre; à force de désirer qu'une chose soit bonne ou licite, on finit par se persuader qu'il en est ainsi. Le cœur séduit, entraîne l'esprit, et celui-ci devenu la dupe des désirs mauvais, se hâte bien vite d'entrer dans le calme, dans la paix épouvantable qui constitue une fausse conscience. Cet état est plus commun qu'on ne le pense ordinairement. Beaucoup d'âmes lâches l'ont embrassé volontiers; la lumière dont elles se croient en possession, Jésus Christ l'appelle ténèbres! Le domaine de l'erreur est très grand; il s'étend tous les jours davantage. Que de dévots se plaisent sur ce domaine! Là ils trouvent la voie large dans laquelle il y a une place pour les sacrements et toutes les bonnes œuvres, et une autre pour l'orgueil, l'avarice, l'ambition, la mondanité et tous les désordres dont gémit le vrai fidèle. Eh bien, voici le grand docteur, le docteur de la Vérité qui met en fuite l'erreur et fait briller la vraie lumière. Jésus-christ le promet à ses disciples. « Le Saint-Esprit, dit le Sauveur, vous enseignera toute vérité. Le Saint-Esprit vous enseignera toutes choses; il vous donnera l'intelligence de toutes les paroles que vous avez entendues de moi ». Quelle magnifique promesse!


Non, personne ne tombe dans l'erreur, s'il possède le Saint-Esprit, s'il le consulte, s'il l'écoute, s'il ne lui résiste jamais. Voilà pourquoi les amis de Dieu sont toujours dans la lumière, dans la vérité; ils marchent, nous dit le Sauveur, ils marchent comme des fils de la lumière. Quelle prérogative digne de mon ambition! Etre fils de la lumière! Oh! si toujours la lumière, la Vérité était ma mère! Si elle enfantait toutes mes pensées, tous mes jugements, toutes mes appréciations, tous mes désirs et tous mes actes! Qui connaît un plus riche trésor ici-bas? Avec cette qualité, fils de la lumière, on voit Jésus-Christ tel qu'il est; on ne se trompe ni sur ses mystères, ni sur ses œuvres, ni sur le sens de ses paroles. C'est un état bien digne de l'ambition de toute âme droite qui veut sincèrement le bien, le beau et le vrai. Suis-je une de ces âmes? J'ai célébré souvent la fête de la Pentecôte; j'ai été confirmé, ai-je reçu le Saint Esprit, l'Esprit de Vérité qui éloigne et détruit toutes les erreurs? C'est quelque chose d'assez important pour attirer et pour fixer mon attention. L'âme peu soucieuse de la Vérité néglige le Saint Esprit, elle lui résiste, elle éteint en elle sa divine lumière. Arrivée à cet état déplorable, il n'y a pas de sottise, d'absurdité, dans le domaine de l'erreur, que cette pauvre égarée ne soit capable de saluer avec transport comme la vraie reine de l'intelligence: La Vérité! Que de pauvres âmes, autrefois filles de la lumière, ne sont plus aujourd'hui qu'un amas de ruines! Tout a été renversé en elles, tout a été détruit! Hélas! le Saint Esprit, en se retirant, a laissé le vent de l'erreur entrer par toutes les ouvertures, et celui-ci a tout renversé. Aussi qu'on ne s'étonne pas si, dans cette âme, le faux s'appelle le vrai, le laid a pris le nom du beau, le mal celui du bien. O Saint-Esprit qui m'avez été promis par mon adorable Sauveur! venez, venez à mon âme, ne tardez pas. Avec vous, à l'aide de votre adorable lumière, je verrai bien mon Jésus, sa vie et ses actions; je verrai bien le sens de ses divines paroles, et je tressaillerai de bonheur, comme Jean-Baptiste dans le sein d'Elisabeth, parce que je nagerai dans l'Océan de la plus pure lumière!

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Le Saint Esprit guérit la duplicité dans les âmes


L'Esprit de Vérité est l'ennemi de l'ignorance et de l'erreur, combien ne l'est-il pas de la fausseté, de la duplicité et de l'hypocrisie! La Vérité est simple. Les ajustements dont on la couvre pour déguiser sa vraie nature lui vont mal, parce qu'ils la défigurent. Elle est si belle, si gracieuse, la Vérité! pourquoi s'efforce-t-on de la rendre méconnaissable, en lui enlevant tous ses charmes? La Vérité a pour caractères la simplicité et la droiture. Le Saint Esprit nous dit: « Rendez droites ses voies ». « La simplicité des justes, nous dit l'Ecriture, les dirigera ». Quel savant et habile directeur! Mais combien d'âmes le craignent! Il leur faut des détours, des ruses, des chemins peu battus; de là les finesses, les dissimulations, les mensonges ou en actes ou en paroles. Ces pauvres âmes ont oublié le terrible anathème: « Les lèvres menteuses sont en abomination devant Dieu ». Jésus Christ est venu à nous vrai enfant, avec toute la simplicité de l'enfance. Il nous a déclaré cette vérité importante: « Si quelqu'un ne devient pas semblable à ce petit enfant, il n'entrera pas dans le ciel ». L'homme vrai est simple, droit, sans hypocrisie. Sa bouche est l'écho de son esprit et de son cœur; il en est de même de toute sa conduite, elle est vraie parce qu'elle représente ce qui se passe dans le cœur; elle est donc le miroir du cœur. Mais où se trouve l'homme vrai, simple, toujours droit et sincère? Là où le Saint Esprit habite. « Les pensées humaines sont perverses, a dit le Saint Esprit lui-même ». Oui, l'âme humaine est viciée, et elle incline vers la fausseté et le mensonge; la duplicité lui apparaît comme un art digne d'être cultivé; aussi, quand l'empire de la foi s'affaiblit, on ne voit plus qu'hypocrisie, duplicité et mensonge. Que de femmes dévotes savent cela par expérience!


Hélas! tromper pour elles, c'est une habitude bien ancienne, c'est un besoin. Le directeur de leur conscience devient innocemment le complice de leur orgueil, tant les discours qu'elles tiennent ressemblent à la vérité dont ils imitent le ton. Qui corrigera ces pauvres âmes? Le Saint Esprit en les éclairant sur les dangers de cet orgueil qui les domine et qui les rend, presque à leur insu, les viles esclaves de la supercherie et du mensonge. Le Saint-Esprit est Vérité; Jésus-christ l'appelle Esprit de Vérité. Il est donc l'adversaire implacable de la fausseté, de la dissimulation, de l'hypocrisie. « Il converse avec les simples », nous dit l'Ecriture. Ce qu'il aime, c'est la candeur et la droiture. Quand il a apparu sur la terre, il a pris la figure d'une blanche et simple colombe. Qu'on ne lui parle pas de détours et de ruses, il les abhorre. Saint Paul le savait bien quand il écrivait aux fidèles de Corinthe: « Je ne veux pas qu'on s'éloigne de la simplicité qui est dans Jésus-christ ». L'âme fidèle médite volontiers cette parole de nos Livres Saints: « Celui qui marche avec simplicité marche avec confiance ». Elle comprend que marcher dans la dissimulation, suivre les voies obliques, c'est renoncer aux motifs raisonnables d'une vraie confiance en Dieu. Pour rien au monde elle ne voudrait tomber dans ce malheur. Vouloir paraître ce que l'on n'est pas, c'est la loi presque universelle aujourd'hui. Etre bon, spirituel, vertueux, c'est de quoi en n'a aucun souci, pourvu qu'on paraisse tel. Les apparences sont tout, la réalité n'est plus rien. De là cette ignoble comédie qui se joue partout, depuis le palais des souverains jusqu'à la mansarde du plus pauvre artisan. O mon Dieu, qui nous rendra vrais, droits et sincères? Le Saint Esprit si nous le demandons, si nous l'attirons dans nous. Quant à l'esprit de l'homme abandonné à lui-même, il est faux, trompeur, hypocrite. Non, mon Dieu, je ne veux pas être faux et trompeur. Je sais que si l'on peut tromper les créatures, on né parvient jamais à tromper votre œil infiniment éclairé. Vous, Seigneur, vous êtes la Vérité, et en aimant la Vérité, c'est vous-même que j'aime. Envoyez dans moi cet esprit que vous promettiez à vos premiers disciples, afin qu'il éloigne de moi l'ignorance, qu'il corrige mes erreurs, qu'il redresse toutes mes voies, et je deviendrai vrai, droit, sincère comme le sont tous les enfants du Père céleste.

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4 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Cinquième jour

Marie Médiatrice à la Salette

 

Nous avons pour médiateur auprès de l'infinie majesté de Dieu, Jésus-Christ, sans lequel nous ne pourrions approcher le trône de l’Éternel ; il est le seul dont on puisse absolument ainsi parler, selon ces paroles de saint Paul: Le médiateur unique est Jésus-Christ fait homme. Mais nous avons besoin aussi d'un intermédiaire auprès de Jésus-Christ., pour obtenir plus sûrement sa médiation indispensable; si, comme homme, il se rapproche de nous, comme Dieu, il demeure à une distance infinie, et s'il est notre Sauveur, il est aussi notre juge; or, il a plu au cœur de Jésus-Christ de rapprocher ces distances; et pour nous donner auprès de lui un accès plus facile, il nous a donné pour médiatrice sa divine Mère; et parmi les plus beaux titres que l’Église aime à donner à la Sainte Vierge, il faut certainement compter celui de médiatrice entre Dieu et les hommes, et ce privilège insigne n'est pas une faveur simplement gratuite, il était en quelque sorte acquis à Marie, par le consentement libre par Elle donné au mystère de l'Incarnation, par son acquiescement volontaire à la mort de son Fils: et nous savons avec quelle générosité magnanime Elle exerce toujours ces fonctions augustes, passant comme ce même Fils, les longues heures de son éternité, à intercéder pour ses, enfants. Or, la Sainte Vierge ne mérite jamais mieux d'être saluée sous ce nom et honorée dans cette prérogative, que dans son apparition aux enfants de la Salette; voici, en effet, sa médiation auguste au sommet d'une montagne: semblable à ces ambassadeurs que les princes envoient à leurs tributaires pour décider les grandes questions de paix ou de guerre, Marie vient de la part de Dieu et descend sur nos terrestres confins: Elle est Mère de Dieu et des hommes. Mère de Dieu, elle parle de son Fils méprisé, de ses lois méconnues, de son saint Nom profané, elle plaide les intérêts de Dieu. Mère des hommes, elle donne à ses enfants des avertissements salutaires, elle s'efforce de les toucher par ses reproches, de les attirer par ses promesses, de les attendrir par ses larmes, et de les mener tous à conversion; elle plaide les intérêts des hommes. Et c'est ainsi, qu'à la montagne de la Salette, se montre à nous, de nos jours renouvelé, l'auguste spectacle d'une seconde médiation céleste, et que sur ce sommet béni, comme au Calvaire, se baisent et s'embrassent une seconde fois sur le cœur maternel de Marie, la justice et la miséricorde, justitia et pax osculatae sunt... et il semble vraiment que cette médiation auguste, tout la veuille grandir; elle trouve un emblème jusque dans ce plateau qu'elle choisit, pour se montrer aux hommes; ce plateau est céleste, tant il est élevé au-dessus des terres habitées, et pourtant il est terrestre, considéré du ciel, aussi terrestre que nos plus basses plaines et nos plus humbles montagnes.

 

Réflexions

 

Le but de toute médiation, c'est la paix, c'est une réconciliation. L'objet de l'apparition de la Sainte Vierge, c'est la paix, la réconciliation de nos âmes, c'est-à-dire notre conversion, notre retour à Dieu; pour répondre à ce dessein miséricordieux de notre Mère, et nous faire apprécier ce que nos âmes ont coûté au ciel de sang et de larmes, contemplons les deux grandes victimes de la médiation des hommes: Jésus, médiateur au Calvaire, Marie, médiatrice à la Salette. 1° Considérons, dans le médiateur suprême, qu'il a été nécessaire, pour effacer nos péchés, pour apaiser un Dieu irrité par la violation de ses lois, que le Verbe éternel soit descendu sur la terre, se soit revêtu des pauvres haillons de notre humanité; qu'il ait jeûné, pleuré, passé trente-trois ans en de continuels travaux, et qu'il ait souffert la mort la plus ignominieuse, la plus douloureuse qui fût jamais. Il a fallu, pour réparer nos péchés, que la Majesté souveraine fût méprisée; que la Sainteté infinie fût mise au nombre des pécheurs; que la Sagesse éternelle fût tenue pour folie; que le vrai Dieu, en un mot, fût réduit à cette extrémité humiliante, de mourir sur la croix de la mort des esclaves!... Que ceux donc qui vivent, dit saint Paul, ne vivent plus à eux-mêmes, mais à celui qui est mort pour eux, rapportant à sa gloire toutes nos œuvres, toutes nos pensées, toutes nos affections. 2° L'apparition à la Salette, c'est le spectacle douloureux de la médiation du Calvaire renouvelée en la personne de Marie. Il y a ici, comme au Calvaire, une victime innocente, placée entre le ciel et la terre, la justice et la miséricorde; à la place du sang d'un Dieu, il y a les larmes de sa Mère. Selon la pensée d'un des bergers de la Salette, si au temps de Jonas Marie eût existé, c'est elle-même que Dieu eût envoyée aux Ninivites; ce qu'elle n'a pu faire alors, elle le fait de nos jours, dans son apparition, se montrant au sommet d'une montagne, médiatrice universelle entre Dieu et les hommes; ici, c'est d'une part Jésus-Christ remettant à sa Mère ses droits de juge sur les pécheurs; de l'autre, ce sont les pécheurs se remettant, eux aussi, dans les mains de Marie; et au milieu de Dieu et des pécheurs, c'est Marie elle-même, procurant par ses larmes satisfaction à la justice divine, et au pécheur, repentir et conversion; et c'est ainsi que la paix nouvelle se conclut sur la montagne de la Salette. La voilà donc, la médiatrice de nos temps malheureux, intercédant pour nous, pauvres pécheurs, tristes exilés dans cette vallée de larmes. Avec quelle confiance ne devons-nous pas élever notre voix vers sa montagne, et faire monter nos soupirs jusques aux pieds de son trône; conjurons bien cette tendre Mère de ne pas détourner de nous ses regards de miséricorde, et, comme le médiateur suprême, toujours vivant pour intercéder, qu'elle ne cesse de prier pour nous, jusqu'au jour où elle nous montrera au ciel, Jésus son divin Fils et notre Sauveur.

 

Pratique : 1° Dans nos peines, nos tristesses, nos découragements, nous souvenir que Marie est notre médiatrice, et recourir à Elle, avec une grande confiance. 2° Réciter bien pieusement le Souvenez-vous, pour nous reposer, corps et âme, dans les bras de sa miséricorde.


 

Guérison de Mademoiselle Anaïs Leroy, de Montmirail

 

Melle Anaïs Leroy, âgée de 24 ans, était native de Montmirail,près Châlons (Marne, France). Depuis trois ans, une maladie très grave retenait cette jeune personne sur son lit, la réduisant à un état de faiblesse extrême et la soumettant à des crises très-douloureuses. Plusieurs fois, elle s'est trouvée dans un état d'agonie qui faisait craindre une mort prochaine. Les derniers sacrements lui ont été administrés à deux fois différentes. Pendant les trois mois de l'hiver 1864, elle ne put conserver la moindre nourriture; de fréquents vomissements lui faisaient rejeter les boissons les plus légères, et, à la suite de cette épreuve terrible, elle dut se résigner à conserver toujours la même position dans son lit; le moindre changement provoquait des syncopes ou de très vives douleurs. Elle fut visitée par plusieurs médecins, qui lui donnèrent, avec beaucoup de dévouement, tous les soins que réclamait sa situation; tous avaient reconnu chez la jeune fille une maladie de poitrine, mortelle au premier chef, et ils furent unanimes à déclarer que toute guérison était humainement impossible. Cependant la jeune personne, animée des sentiments d'une vraie piété, et pleine de confiance dans celle que Dieu nous permet d'appeler le Salut des infirmes, eut occasion d'entendre parler de Notre-Dame de la Salette, par une bonne chrétienne revenue depuis peu de la sainte Montagne. Elle résolut alors de faire une neuvaine pour obtenir sa guérison par l'intercession de Notre-Dame de la Salette. Plusieurs personnes pieuses voulurent y prendre part; on commença les prières le dimanche, 13 octobre, fête de la Pureté de Marie. La malade put se procurer de l'eau de la Salette, et elle en but tous les jours sans être incommodée. Cependant son état devint sensiblement plus grave; les souffrances étaient plus vives, et le médecin crut devoir multiplier ses visites et employer des remèdes énergiques. Le samedi, elle reçut le saint Viatique; la nuit suivante, contre toute espérance, fut bien meilleure que toutes les précédentes, et le dimanche matin, jour du Patronage de Marie, pendant que sa sœur était à la messe, la malade ressentit un bien-être qu'elle ne connaissait plus depuis longtemps; il lui vint à la pensée qu'elle était guérie, et, sur-le-champ, elle veut en faire l'expérience: elle s'assied sur son lit sans éprouver la moindre indisposition; quelques instants après elle se lève, et ses jambes qui, depuis longtemps, ne pouvaient soutenir le poids du corps, s'affermissent et lui permettent de rester dans cette position sans en être incommodée ! Plus de doute, elle est guérie; elle sent que Dieu vient de la visiter sur la demande de sa sainte Mère; elle tombe à genoux, pleurant de joie et de reconnaissance. Les premières émotions un peu calmées, la malade voulut s'habiller elle-même. Quelques heures après, soutenue par sa sœur, la jeune personne se rendit à l'église pour y remercier le Seigneur et sa sainte Mère, et s'en retourna sans éprouver ni gêne ni faiblesse. Le lendemain, dernier jour de la neuvaine, elle assista à la messe d'actions de grâces et y fit la communion. Depuis ce temps, elle a repris ses travaux de lingerie, pleine d'ardeur et de reconnaissance envers Notre-Dame de la Salette. Ces détails qui se rattachent à cette guérison sont revêtus de toute authenticité et ont été donnés tels qu'ils viennent d'être racontés par monsieur le curé de la paroisse de Montmirail, qui en a été le témoin oculaire. C'est un témoignage de plus en faveur de la puissante intercession de Marie, et une nouvelle preuve de son désir d'être invoquée sous le titre de Notre-Dame de la Salette. (Annales de Notre-Dame de la Salette).

 

Prière

 

O notre grande médiatrice, ô Mère de la divine grâce, nous pouvons bien aujourd'hui vous saluer de ces titres; vous avez été pour nous la messagère de la paix sur la sainte Montagne, et vos douces paroles plus encore que vos menaces, demeureront à jamais gravées dans nos cœurs reconnaissants et convertis; mais il vous faut continuer votre mission auprès de nous, ô tendre Mère: parlez toujours à nos âmes, les rendant plus dociles à vos enseignements; gravez de plus en plus dans notre mémoire les vérités que vous êtes venue nous rappeler; avec votre puissant secours, nos cœurs braveront tous les ennemis conjurés pour les perdre, et votre bonté maternelle, après nous avoir ramenés à Dieu par de salutaires avertissements sur la montagne, nous ouvrira les portes du paradis, à l'heure de la mort. Ainsi soit-il.

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4 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

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Cinquième jour

Le Saint Esprit rend témoignage à Jésus Christ


Sans doute; les œuvres de Jésus Christ, pendant qu'il était sur la terre, ont rendu un magnifique témoignage en faveur de sa divinité. Le Divin Maître le disait lui-même, en parlant à ses disciples aussi bien qu'à ses ennemis. Mais les intelligences perverties ne cessèrent pas de rejeter ce témoignage. Jésus Christ eut alors pour témoin de la vérité de sa parole, Dieu le Père qui fit entendre sa voix, le jour où son Fils unique humilié, rangé parmi les pécheurs pour l'amour de nous, consentit à recevoir de la main de Jean-Baptiste, le Baptême de la Pénitence. Une voix fut entendue venant du ciel: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j'ai mis toutes mes complaisances ». Le même témoignage fut rendu à la divinité du Sauveur, le jour de sa transfiguration sur la montagne du Tabor. Mais la mission de témoigner en faveur de Jésus Christ était spécialement réservée au Saint Esprit. Ce que le Fils de Dieu était venu accomplir dans le monde en faveur de son Père céleste, le Saint-Esprit devait l'accomplir en faveur de Jésus Christ, jusqu'à la fin des siècles. Aussi quand il annonce l'arrivée du Saint Esprit sur la terre, le divin Sauveur se hâte de dire la nature et la fin de sa mission: « Le Saint Esprit que je vous enverrai du sein de mon Père, ce sera lui qui rendra témoignage de moi ». C'est donc une vérité incontestable, que la Mission du Saint Esprit a en pour fin, dans les décrets éternels de la sagesse infinie, l'attestation de la divinité du Sauveur. Le Saint Esprit ne devait pas s'incarner; sa mission ne ressemble pas, sous ce rapport, à celle du Fils de Dieu. Si Jésus Christ a été vu, entendu, touché par ses Apôtres, il n'en pouvait être ainsi du Saint Esprit. C'était par les hommes, en les prenant pour ses instruments et ses organes, en les remplissant de lui-même, qu'il devait parler et agir de manière à rendre la divinité du Sauveur évidente, certaine, incontestable. Voilà pourquoi, après avoir dit cette parole: « Le Saint-Esprit rendra témoignage en ma faveur, Jésus-christ ajoute aussitôt: « Et vous, vous rendrez témoignage de moi ». Or cette dernière parole du Sauveur se trouve confirmée par une autre; car au moment où il va quitter ses disciples pour retourner à son Père, le Fils de Dieu s'écrie: « Vous serez, vous, mes témoins dans Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre ».


Telle fut la dernière promesse, et en même temps le dernier ordre que reçurent de leur adorable Maître ceux qu'il avait si tendrement aimés, pendant qu'il vivait au milieu d'eux. Jusqu'au moment de la Pentecôte, les Apôtres avaient bien imparfaitement rempli ce ministère de témoins de Jésus Christ. Quelle faiblesse, quelle timidité, quelle inconstance dans leurs discours comme dans leur conduite! Si, pendant sa vie mortelle, le Divin Sauveur a eu des témoins fermes et dévoués à sa personne adorable, il faut les chercher parmi les femmes pieuses qui l'adoraient en le servant, plutôt que parmi les hommes qu'il avait choisis pour porter son Evangile aux nations. Le Saint Esprit devait seul transformer ces hommes faibles et timides en témoins courageux de la divinité de leur Maître. Mais quand je parle de témoins, je ne dois pas oublier qu'il y en a de deux sortes; on distingue les témoins à charge, les témoins accusateurs, de ceux que l'on nomme à décharge et qui vengent un accusé des inculpations fausses et des calomnies dont il est l'objet. Pendant les trois années de ses prédications, Jésus Christ vit s'élever contre lui une nuée de témoins à charge, de témoins accusateurs. Ses paroles comme ses actes furent presque toujours incriminés. Chacune de ses œuvres devint l'objet d'une accusation particulière. Qui prit en main alors la cause du Fils de Dieu? Jean Baptiste étant mort, je ne vois plus un homme qui continue son ministère de témoin, et je n'aperçois autour du Sauveur, même parmi ceux qui l'aiment d'un amour sincère, que des âmes pusillanimes, souvent dans le doute, jamais fortes et dévouées comme on a le droit de les chercher, quand il veut des témoins parfaits. Jésus Christ étant mort et remonté au ciel d'où il était venu, rien ne change dans la conduite et les sentiments de ses ennemis. Il a été écrit: « Il sera un signe de contradiction ». Or les contradicteurs, c'est-à-dire, les témoins accusateurs ne manqueront jamais; ils accuseront ses mystères, sa morale, sou culte, et toute sa personne adorable. Le Sauveur sera contredit, nié, blasphémé, jusqu'à la fin des siècles. Mais il aura ses témoins à décharge, ses défenseurs; le Saint-Esprit est venu, il vit dans eux, il les rend capables de justifier Jésus Christ, de venger son honneur, de repousser la calomnie, et d'attester jusqu'à la fin des siècles sa divinité. Dans la personne de ces témoins s'accomplit tous les jours, depuis plus de dix-huit siècles, cette admirable parole: « Vous serez mes témoins jusqu'aux extrémités de la terre ». Telle est donc la vérité importante, vérité toute pratique que je dois méditer aujourd'hui. En ma qualité de chrétien, je suis nommé, institué par Jésus Christ lui-même, comme témoin de sa divinité et de la sainteté de sa doctrine. O mon Dieu, comme je vais m'arrêter avec bonheur aux considérations qui doivent nécessairement naître pour moi de cette vérité consolante.

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Le Saint Esprit fait du chrétien un témoin de Jésus Christ


C'est à moi qu'il a été dit: « Tu seras mon témoin, et c'est la raison pour laquelle tu recevras le Saint Esprit; plein de cet esprit, dirigé, conduit par cet esprit de vérité, tu me soutiendras, tu me défendras, tu témoigneras par tes œuvres, par ta vie entière, en faveur de ma divinité, de ma sainteté infinie, de la vérité de mon Evangile. Voilà pourquoi le Saint-Esprit t'a revêtu de lui-même, voilà pourquoi il a établi son règne au milieu de toi ». Quel honneur immense! Quelle sublime dignité! Je suis le défenseur de Jésus-christ; je repousse tous les reproches qu'on lui adresse, je témoigne en sa faveur, je le venge des injures qu'on se permet contre sa personne adorable, je suis le témoin de sa grandeur, de sa sainteté infinie. Ainsi l'Incarnation du Fils de Dieu, sa naissance d'une Vierge, la sublimité de ses vertus, la toute-puissance qu'il a déployée dans ses œuvres, sa mort, sa résurrection, l'éternité de son règne, voilà ce qui m'est livré, ce qui m'est confié, pour que je le soutienne, que je le propage, que je le conserve au milieu du monde, en faisant de ma vie un témoignage irrécusable en faveur de toutes ces vérités. Mais enfin comment peut-on remplir cette mission? Par lui-même, l'homme en est incapable; il s'agit d'un ministère divin dans son principe comme dans son objet; la nature humaine livrée à elle-même ne saurait arriver à une pareille hauteur. Eh bien! le Saint Esprit sera donné à l'homme qui devient son instrument et son organe, et l'homme plein de l'esprit de Dieu est capable de soutenir Jésus Christ, de le défendre, de venger les intérêts de sa gloire, de perpétuer son règne ici-bas jusqu'à la fin des siècles. Cet homme c'est moi, si je le veux; oui, c'est moi si, comme le dit énergiquement le grand Apôtre, « le Saint Esprit habite dans moi ». Et ici je dois me défendre avec soin du sentiment d'une fausse modestie, car il serait absurde de dire: « Ce ministère est trop élevé pour moi; je l'abandonne aux Apôtres, aux prêtres ou aux grands Saints ».


Si je tenais un pareil langage, je serais un insensé, car refuser un honneur qui vient directement de Dieu, qui est offert, je ne dis pas assez, qui est imposé par sa volonté souveraine, c'est une insigne folie. Je dis plus encore, ce refus est un outrage pour Jésus Christ, c'est un crime contre la justice, puisque la justice exige que Jésus Christ soit défendu. Mais d'ailleurs, en n'étant pas pour Jésus Christ un témoin, un défenseur, pourrait-on rester dans un état neutre, et ne pas se ranger parmi ses ennemis et ses accusateurs? Cette prétention est condamnée formellement par Jésus Christ lui-même: « Si quelqu'un, dit-il, n'est pas pour moi, il est contre moi ». L'entendez-vous, âme lâche, cœur paresseux et timide? L'accusé divin est là en votre présence; ses ennemis l'accablent de reproches, ils le trouvent un grand coupable; il a séduit le monde, en se faisant passer pour un Dieu. A ces mots, les amis de Jésus se révoltent; ils attestent la sainteté et la divinité de leur Maître, et ils sacrifient tout pour que Lui soit glorifié. Et vous, vous garderez le silence; ni vos œuvres, ni vos paroles ne diront de quel côté vous êtes ? Votre prétention est absurde, car votre inaction et votre silence vous ont déjà rangé parmi les adversaires de Jésus-christ Celui qui n'est pas pour moi est contre moi. Il faut donc accepter, il faut vouloir la qualité de témoin de Jésus Christ. Si le Saint Esprit est dans nous, rien ne nous paraîtra plus honorable. Mais si cette qualité et le ministère qui en découle, nous répugne ou nous épouvante, gardons-nous de dire que l'Esprit Saint est dans nous; ce serait un affreux mensonge. Ames fidèles, cœurs fervents, c'est vous qui comprenez l'amour que Jésus Christ a eu pour vous, quand il vous a choisis, quand il vous a dit cette parole si admirablement belle: « Vous serez mes témoins ». Il en est parmi vous qui ne se contentent pas de témoigner par la sainteté de leur vie, en faveur des préceptes du saint Evangile; leur prétention monte plus haut. Il leur faut être les témoins privilégiés de la sainteté des désirs de Jésus Christ, et des conseils de son Evangile. Alors la céleste Virginité, la pauvreté volontaire, le sacrifice parfait font vos plus chères délices. Jouissez de votre bonheur, et pensez souvent à l'honorable et douce mission qui vous a été confiée, d'être les témoins de ce qu'il y a de plus sublime et de plus élevé dans les discours de votre aimable Jésus.

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Les chrétiens indignes d'être appelés témoins de Jésus Christ


Quand les Apôtres s'écriaient, après la glorieuse Ascension de leur Maître: « Nous sommes ses témoins », les témoins des paroles que nous vous annonçons, c'est-à-dire de la vérité qui est en elles », ils réalisaient ce que le Seigneur avait dit par le prophète Isaïe: « Vous, vous êtes mes témoins », c'est-à-dire les hommes qui attestent mon existence, mes perfections infinies, qui attestent mon Verbe, ma Parole, mon Fils. Oui, le Fils de Dieu devenu homme, Sauveur, Rédempteur, chef d'un peuple nouveau, souverain prêtre, juge des vivants et des morts, voilà l'objet du témoignage que les Apôtres rendirent avec une grande force, avec un courage invincible, quand le Saint Esprit se fut emparé de leur âme. Mais cette force et ce courage accompagnent-ils mon témoignage en faveur de Jésus Christ? Il est certain que le monde ne cesse d'appeler Jésus Christ à son tribunal, il l'examine, et tantôt il le dépouille en partie de son autorité, tantôt il la nie complétement. Quel est le principe, quelle est la pensée de Jésus Christ qui soit toujours respectée? Hélas! les négations sont si nombreuses, Jésus Christ est tellement nié, repoussé, amoindri, que pour beaucoup de personnes, il ne reste plus rien de son autorité, de ses perfections et de sa parole. En présence de ces injustices sacrilèges, de ces ennemis qui répètent sans cesse avec les Juifs du Vendredi-Saint: « Nous ne le voulons pas », où sont les témoins qui répondent fièrement et avec énergie: « Pour nous, nous le voulons »? Ces témoins de Jésus Christ, je ne dois pas espérer de les rencontrer parmi les lâches et les timides qui ont toujours peur. Semblables à saint Pierre, avant que le Saint Esprit se fût emparé de lui, ceux-ci disent, au moins par leur attitude et leur silence: « Je ne le connais pas ». Esclaves du respect humain, ils tiennent la vérité captive, ils se taisent, ils agissent même assez souvent contre le cri de leur conscience, et on les croirait de vrais ennemis du Sauveur et de son Evangile. Peut-être diront-ils la vérité, mais ce ne sera qu'à, demi; faire briller toute l'innocence de l'accusé, ils ne l'osent jamais; le moins qu'ils fassent contre cette même vérité, c'est de la laisser dans un demi jour. Pour ces chrétiens timides et lâches, la fermeté du langage est une vraie imprudence, la clarté dans la défense de l'Evangile, c'est de la témérité. Où donc pourrait conduire ce zèle que notre société ne peut plus supporter? On créerait des ennemis partout; et c'est sous un semblable prétexte que la lâcheté va s'abriter, et qu'elle laisse nier, attaquer, amoindrir Jésus Christ dans chacune de ses paroles. Le monde est ainsi à son aise, et il peut s'occuper à démolir Jésus-christ, l'Evangile, l'Eglise, sans rencontrer dans certaines maisons un seul contradicteur. Un jeune sot qui sort du collège en impose à la dame pieuse qui a communié le matin, et qui, le soir, n'a pas le courage de sa foi et n'oserait pas soutenir, par exemple,que le mariage étant un sacrement, deux personnes qui sortent de l'hôtel de ville où elles ont signé une feuille de papier, ne sont pas plus mariées qu'elles ne l'étaient en y entrant.


O lâcheté, où nous conduiras-tu? Tes concessions ne tendent à rien moins qu'à faire oublier l'Evangile. Après avoir permis qu'on attaquât les conseils du Fils de Dieu, qu'on jetât de la boue contre la sainte Virginité que tu as depuis longtemps livrée aux sarcasmes du libertinage et de la sottise, tu finis par tolérer les plus horribles blasphèmes lancés contre l'Eglise, contre sa divine et infaillible autorité, contre le culte des Saints, les maximes de la morale chrétienne, contre tout ce qui vient de Jésus Christ. Et ce qu'il y a ici de plus déplorable, c'est que ces indignes et vils déserteurs de la vérité, ces faux témoins de Jésus-christ ont l'affreux courage de s'asseoir à la table Sainte, et d'approcher leurs lèvres du calice du salut! Ces mêmes chrétiens si lâches, si pusillanimes, quand il s'agit des intérêts de Jésus Christ, ne sont-ils jamais forts, courageux, pleins d'énergie? Oui sans doute; mais c'est quand il s'agit de leurs intérêts matériels. Que faut-il donc conclure de leur conduite? Une seule chose: le Saint Esprit est bien loin d'eux; ils l'ont chassé de leur cœur; ils ont éteint sa flamme. Comment seraient-ils donc encore des témoins de Jésus Christ? On parle quelquefois dans le monde de certains témoins qui se laissent corrompre. Les promesses et les menaces d'un homme haut placé suffisent pour leur fermer la bouche, ou pour obtenir d'eux un mensonge. On a vu des médecins se constituer les témoins de la folie d'une personne qui était loin d'être folle, mais qu'un riche du siècle avait intérêt à faire disparaître. Voyez les soldats qui gardaient le sépulcre de Jésus Christ, au moment de la Résurrection. On leur donne une pièce d'argent, et ils consentent à soutenir la plus niaise imposture. Ces soldats ne sont pas loin ; j'en vois tous les jours un bon nombre. Est-ce que vous ne les avez jamais rencontrés? Voilà un ennemi de la foi; c'est bien reconnu. Mais il est si riche, il nous fait tant de promesses, il y a tant à espérer de nos rapports avec lui! Taisons-nous quand il parle; sourions même puisqu'il le désire; Dieu sait bien que nous ne pensons pas comme lui! Insensés! Ce que Dieu sait, c'est qu'il vous a nommés les témoins de son Fils unique Notre-Seigneur Jésus Christ. Ce que Dieu sait, c'est que vous rougissez de la vérité et des engagements de votre Baptême, c'est que vous êtes de la même légion que les soldats du sépulcre! O mon Dieu, que d'apostasies payées par une place, une pension, un morceau de ruban, un sourire ! Et il y a des chrétiens qui regardent ce crime comme très honorable! Mais le Saint-Esprit a dit: « Le témoin qui ment périra ». O Saint-Esprit, venez ; rentrez dans ces pauvres âmes qui vous ont chassé du milieu d'elles. Que votre lumière leur montre le crime énorme dont elles se rendent coupables, en s'obstinant à refuser la mission qui leur a été confiée au jour de leur Baptême: « Vous serez mes témoins jusqu'aux extrémités de la terre ».

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Les vrais témoins de Jésus Christ


Jamais l'Eglise ne sera stérile; sa fécondité ne finira qu'avec le monde. Aussi la voyons-nous toujours glorifiée par un bon nombre d'enfants dévoués à leur mère, et prêts à tout sacrifier plutôt que d'abandonner jamais la défense de son divin Epoux Notre Seigneur Jésus-christ. Mais comment reconnaître, au milieu du monde, les vrais témoins de Jésus Christ, ses soutiens, ses défenseurs fidèles? Où faut-il les chercher? Quelles qualités les distinguent? Deux choses sont essentielles à un témoin: la lumière, la science, et la volonté. Sans doute, il faut connaître le fait qu'on a entrepris de prouver, la personne que l'on a résolu de justifier et de défendre. Sans cette connaissance, on s'exposerait à de grandes méprises; on pourrait compromettre l'innocent, l'accusé que l'on veut défendre. Ce principe appliqué à notre sujet est fécond en conséquences pratiques. Je dois soutenir Jésus Christ. Puis-je me dispenser de le connaître? Je veux prendre ses intérêts, venger sa gloire méconnue et niée par le monde, ne faut-il pas que je sache en quoi consistent ces mêmes intérêts et où se trouve la vraie gloire du Fils de Dieu? Ma qualité de témoin m'oblige à soutenir l'Evangile; pourrait-il m'être permis d'ignorer ce même Evangile? Si toutes ces connaissances n'existent pas, le témoin de Jésus Christ commettra mille imprudences; sa prétendue défense pourra devenir très-compromettante pour celui qui en est l'objet; et c'est ce que nous avons vu souvent. Avant de dire à ses Apôtres: « Vous serez mes. témoins », Jésus-christ leur avait fait cette promesse: « Le Saint-Esprit vous apprendra toute vérité, il vous enseignera toutes choses ». Qui ne verra dans cette conduite du Divin Sauveur la nécessité de l'étude, de l'instruction chrétienne pour tous les disciples de l'Evangile? Je le dis avec l'amertume dans l'âme, l'ignorance nous tue. Les riches et les pauvres, les rois et leurs ministres, les académiciens et les ouvriers, ignorent les premiers éléments du christianisme. Aussi quand ils parlent, on est obligé de sourire de pitié si l'on ne pleure pas amèrement. Non, un témoin qui n'est pas éclairé sur la cause qu'il veut soutenir et défendre, ne sera jamais capable de remplir son ministère.


O vous qui aimez l'étude de Jésus Christ, de ses mystères, de son Evangile, je vous ai vus à l'œuvre, aux prises avec des hommes réputés savants, et j'ai été inondé de consolation et de joie. La cause de mon Jésus a triomphé, parce que chacune de vos paroles était un rayon de lumière que les plus habiles sophismes ne pourraient jamais obscurcir. Continuez d'étudier l'Evangile, témoins éclairés, vous serez plus facilement des témoins pleins d'amour et de zèle. Le Saint Esprit est lumière et amour; il éclaire, et il échauffe; quand il veut faire un vrai témoin de Jésus-christ, il répand dans son âme et la lumière et l'amour. On a vu des témoins éclairés, mais froids et indifférents. Leurs paroles sont pâles, sans couleur. On voit qu'ils remplissent par force un devoir qui leur pèse, et ils ont hâte de se retirer. Les défenseurs d'un parent, d'un ami, ont un autre caractère; le feu qui sort de leurs yeux et qui leur vient du cœur, se communique à chacune de leurs paroles. L'effet qu'elles produisent est toujours un grand bien pour l'accusé. Quand Jésus-christ a voulu des témoins, où les a-t-il pris? Chez ces mêmes hommes auxquels il venait de dire: « Vous, vous êtes mes amis ». C'est après les avoir ainsi qualifiés qu'il leur dit: « Vous serez mes témoins! » Il est inutile de se le dissimuler, les vrais témoins de Jésus Christ ne se trouvent que chez les chrétiens dont le feu divin de l'amour est venu visiter le cœur. Plus on aime Jésus-christ, plus aussi on se trouve éloquent lorsqu'il s'agit de rendre témoignage en sa faveur. Si un païen a pu dire: « C'est le cœur qui rend éloquent », que ne dirons-nous pas nous-mêmes, en présence de tout ce que nous voyons? Depuis dix-huit siècles, il en est toujours ainsi; le cœur des amis de Jésus en fait des hommes éloquents; l'ardeur, le feu de leur parole n'est produit que par le feu qui les brûle intérieurement. Quand le monde leur reproche cette ardeur, il leur reproche d'aimer trop Jésus-christ; n'en doutons pas. Ainsi lumière et amour, voilà ce qui fait les vrais témoins de Jésus-christ. Et comme le Saint-Esprit seul peut inonder notre âme de lumière, embraser notre cœur de l'amour de Jésus Christ, le Divin Maître nous a dit: « Vous serez revêtus de la vertu du Saint-Esprit, et vous deviendrez mes témoins jusqu'aux extrémités de la terre ».

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31 janvier 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

 

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Premier jour

 

Qu'est-ce que le Saint esprit?

 


Jésus-christ a parlé du Saint-Esprit comme il a parlé de Dieu le Père et de Dieu le Fils, c'est-à-dire, comme d'une personne divine. Le nom d'Esprit Saint est le nom propre de la troisième personne de la Sainte Trinité, par conséquent d'une personne divine, ayant la même nature que le Père et le Fils. Saint Augustin nous,enseigne que ce nom de Saint Esprit, employé pour désigner la troisième des personnes divines, est légitime, par la raison que le Saint-Esprit étant commun aux deux autres personnes, puisqu'il procède du Père et du Fils, il peut prendre pour son nom propre ce qu'elles ont toutes deux de commun: car le Père est esprit, et le Fils est esprit; de même, le Père est saint, et le Fils est saint. On donne une antre raison pour justifier l'usage d'appeler du nom d'Esprit Saint, la troisième personne divine. C'est que, dans le monde matériel, le mot Esprit parait signifier un certain moteur qui donne l'impulsion: ainsi nous donnons ce nom au souffle et an vent. Or, le Saint-Esprit est l'amour du Père et du Fils. Mais le propre de l'amour est de mouvoir, et de pousser la volonté de celui qui aime, vers l'objet aimé. D'un autre côté, nous attribuons la sainteté à tout ce qui se rapporte à Dieu comme à sa fin. Or, le Saint-Esprit est la personne divine qui procède de l'amour par lequel Dieu s'aime lui-même; il était donc convenable de l'appeler Saint, en même temps qu'il était appelé Esprit. Le Saint-Esprit est véritablement une personne divine, distincte des deux autres, qui sont le Père et le Fils; il procède de l'une et de l'autre. Le Saint-Esprit n'a pas été créé, n'a pas été fait, n'a pas été engendré, mais il est produit de toute éternité par l'amour du Père et du Fils. Le Saint-Esprit a un autre nom: il s'appelle Amour. Le nom d'amour, dit saint Thomas, pris dans une acception personnelle, est le nom propre de l'Esprit Saint, comme le mot Verbe est le nom propre du Fils. Il y a dans la Trinité deux processions, ou plutôt deux modes par lesquels une personne divine tire son origine de l'autre; la première est la procession qui vient de l'intelligence, c'est la procession du Fils, du Verbe; l'autre qui vient de la volonté, est la procession de l'Amour, de la troisième personne divine, du Saint Esprit. On désigne encore le Saint-Esprit sous le nom de Don. Une personne divine peut se communiquer à une créature raisonnable, elle peut se donner ; mais comme aucune créature ne peut mériter cette faveur, si elle la reçoit, ce sera un Don gratuit. Or, un Don gratuit ne peut être fait que par amour, et la première chose qui est donnée, c'est évidemment l'amour par lequel on veut du bien. D'où il est certain, conclut saint Thomas, que l'amour est le principe du premier Don duquel découlent tous les autres dons gratuits. Mais puisque le Saint-Esprit procède par l'amour, comme nous l'avons vu, il procède donc comme étant le premier Don. C'est ce qui fait dire à saint Augustin: « Par le Don, qui est l'Esprit Saint, viennent tous les autres dons que Dieu distribue aux membres de Jésus-christ ». Ah! comme je goûterai désormais cette belle parole: « Venez, ô Saint-Esprit, vous êtes par excellence le Don du Très-Haut ».


Le Saint-Esprit est appelé par Jésus-christ, le Paraclet, c'est-à-dire Consolateur. Saint Athanase remarque que l'Ancien Testament n'a jamais donné ce nom au Saint-Esprit. La raison se trouve exprimée dans ces paroles du Sauveur: « Si je ne m'en vais pas, le Consolateur ne viendra point à vous, mais si je m'en vais, je vous l'enverrai ». La présence corporelle de Jésus-christ au milieu des siens était pour eux une consolation, sans doute, mais la consolation intérieure par laquelle le Saint-Esprit soutient les âmes, est bien supérieure à ce bonheur sensible que goûtaient les Apôtres. C'est la raison pour laquelle le Sauveur disait: « Il est avantageux pour vous que je m'en aille ». Je commence à comprendre que de très-grandes choses et des vérités importantes doivent m'être enseignées, comme étant un écoulement et une conséquence de ces premiers principes. Et déjà je me réjouis de ce que beaucoup de paroles de l'Evangile répandront, par le moyen d'une instruction sérieuse sur le Saint-Esprit, de vives lumières dans ma pauvre intelligence. Oui, je vois clairement pourquoi Jésus-christ a dit: Baptisez toutes les nations au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Je comprends pourquoi le Saint-Esprit est appelé l'Esprit de Jésus-christ, et ailleurs l'Esprit qui procède du Père. Le Saint-Esprit procédant du Père et du Fils, est leur amour mutuel, l'amour consubstantiel, l'amour divin, l'amour Dieu, Deus charitas est; il est le don commun et réciproque du Père et du Fils, leur lien, leur nœud, leur mutuelle union, en qui se terminent la fécondité, et toutes les opérations essentielles de la Trinité. Ah! comme je désire apprendre tout ce que le Saint Esprit veut bien être pour moi, tout ce qu'il vent opérer dans moi ou par moi! Vous me le direz vous-même, ô divin Esprit, vous serez mon maître et mon Docteur, et vous me découvrirez les richesses ineffables que renferme la doctrine de l'Eglise touchant les opérations de l'Esprit de grâce, de sainteté et d'amour. C'est avec bonheur que je fais en ce moment la profession de foi que m'enseigne l'Eglise: « Je crois en l'Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie; il procède du Père et du Fils, avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire; il a parlé par les prophètes ».

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Le Saint-Esprit dans la Création


Les écrivains sacrés nous montrent continuellement l'action du Saint-Esprit, dans les œuvres de Dieu créateur. Et il est certain que Dieu agissant toujours avec sagesse et avec amour, c'est l'Esprit de sagesse et d'amour qui est le principe de toutes les opérations divines, qui préside à tous les plans que forme la divinité, aussi bien qu'à leur admirable exécution. Le Saint-Esprit est le principe de la beauté des créatures corporelles. Job s'écrie: « L'Esprit de Dieu a orné les cieux »; et David exprime la même pensée, quand il dit: « C'est par la parole du Seigneur que les cieux ont été affermis, et c'est le souffle de sa bouche qui a produit toute leur beauté ». Ainsi nous voyons d'un côté que Dieu a tout fait par sa parole, son Verbe; de l'autre, qu'il a tout créé par son Esprit. Ce sont là, s'écrie Tertullien, comme les deux mains de la Divinité. Mais que faut-il penser des opérations du Saint-Esprit et de son action propre dans le monde des intelligences? Sans doute, comme me l'apprend le Sage, Dieu a créé les intelligences des anges et des hommes, afin qu'elles lui soient unies par la connaissance et par l'amour; et c'est par le Saint-Esprit que Dieu habitait dans ces intelligences, et qu'il leur communiquait, avec les lumières de la vérité, les sentiments de toutes les vertus. Ainsi, unies à l'Esprit Saint, ces intelligences étaient saintes, suivant la pensée de saint Jean; et saint Grégoire ajoute: d'une beauté parfaite. Or, il arriva que Dieu retira son Esprit des intelligences révoltées contre la majesté souveraine. Les Anges mauvais, en se séparant, par l'orgueil, de l'Esprit. sanctificateur, perdirent la sainteté qu'ils ne devaient plus recouvrer. Adam, par son péché, l'avait aussi perdue, pour lui et pour sa postérité. Dieu voulant, en quelque sorte, opérer le prodige d'une nouvelle création, dans l'ordre spirituel, annonça par ses prophètes, pendant quatre mille ans, qu'il enverrait au monde l'Esprit sanctificateur.


Jésus-christ, pendant sa vie mortelle, a renouvelé cette promesse; il l'a accomplie après son Ascension. Le Saint Esprit est venu, et un nouveau monde a été créé. Ainsi s'est, vérifiée cette admirable parole du Roi Prophète: « Vous leur ôtez l'esprit qui les anime, et ils cessent de vivre, et ils rentrent dans leur poussière. Vous envoyez votre Esprit, et ils sont créés de nouveau, et la face de la terre se renouvelle ». Dieu continue cette œuvre admirable d'une nouvelle création dans l'ordre spirituel, et il l'opère à chaque instant par le ministère sacerdotal. C'est ainsi qu'il consomme l'alliance qu'il avait juré de faire avec les hommes. O précieuse et admirable création! j'en suis tous les jours l'heureux témoin, et je n'y pense pas; que dis-je? j'en ai été l'objet, peut-être plusieurs fois, car il est dans la puissance de l'homme d'anéantir ce que le Saint-Esprit crée plusieurs fois dans une âme. Et je m'en occupe, si peu, qu'on pourrait me croire tout à fait étranger à ces merveilles du monde des intelligences auquel j'ai le bonheur d'appartenir. Mais comment s'opère cette création? Saint Augustin me dit: « Ce n'est pas sans raison que le Prophète parle d'abord de l'extinction de notre esprit, et ensuite de la communication de l'Esprit de Dieu ». « Vous leur ôterez leur Esprit, et vous leur donnerez le vôtre »; vous les dépouillerez de leur orgueil, ils s'humilieront, ils rentreront dans la poussière de leur néant, ils ne s'estimeront rien en votre présence; alors vous leur ferez part de votre Esprit, et vous les renouvellerez entièrement. C'est la pensée de l'Eglise. Elle conjure le Saint Esprit de nous créer de nouveau, de renouveler cette terre souillée par le péché; elle demande que le feu de l'amour divin prenne la place des ardeurs coupables de nos convoitises. Ceux-là donc vont devenir aussi de nouvelles créatures, parfaitement renouvelées par le baptême dans le Saint-Esprit, qui consentent à renoncer sincèrement à leur propre esprit. Hélas! malheureusement l'esprit de l'homme prend, dans un grand nombre d'âmes, la place de l'Esprit de Dieu! Consentirai-je à un dépouillement total de mon esprit, pour recevoir l'Esprit de Dieu, et ne plus vivre que par lui? Non, on ne veut pas le comprendre, on ferme l'oreille à la vérité; voilà ce qui perd les âmes. Elles sont pleines de leur propre esprit, elles vivent de la vie de leur esprit, et comme l'esprit de l'homme livré au mal, est l'ennemi de l'esprit de Dieu, ces pauvres âmes, en refusant de se dépouiller de leur esprit, repoussent, éloignent l'Esprit de Dieu, et l'empêchent de créer l'homme nouveau revêtu de justice et de sainteté. O mon Dieu, que je ne sois pas un de ces malheureux! non, je vous le dis dans toute la sincérité de mon âme; Je ne veux plus opposer au Saint-Esprit la moindre résistance. Venez, venez, ô Saint-Esprit, revenez à ce cœur qui est fait pour vous, et que vous avez possédé autrefois; visitez-le de nouveau, et ne vous éloignez jamais de lui!...

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Le Saint-Esprit dans la Rédemption


Dieu a voulu préparer l'avènement de son Fils dans le monde, pendant quatre mille ans. Tout, dans l'histoire des siècles qui ont précédé l'Incarnation du Verbe, se rapporte à ce grand mystère. Saint Paul nous l'assure. Ce fut alors que les Prophètes parurent au milieu d'Israël, pour annoncer les étonnantes merveilles qui devaient manifester, au temps marqué par un décret divin, la miséricorde infinie présidant aux destinées de l'homme. Mais qui a parlé, dans les temps anciens, du Messie, de sa vie et de sa mort, de ses triomphes et de ses victoires? qui l'a fait connaître par des traits si frappants de vérité, qu'on est tenté d'appeler Isaïe et David les Evangélistes du premier testament? c'est le Saint Esprit. L'Eglise l'a déclaré hautement; elle a mis cette vérité parmi les principaux articles de sa foi: « Il a parlé par les prophètes ». Le Saint-Esprit m'a envoyé, s'écrie le fils d'Amos; et déjà David avait écrit ces paroles: « L'Esprit du Seigneur a parlé par mon organe, et sa parole a passé par ma bouche ». Ah! sans doute, lorsque le Patriarche Abraham tressaillait d'allégresse et saluait de loin le Jour de l'Incarnation, le Saint-Esprit remplissait son âme, et découvrait au Père des croyants les innombrables richesses que le Désiré des nations devait apporter au monde. Mais le moment arrive; Dieu va paraître, un monde nouveau saluera bientôt un nouveau monarque. Le Verbe va se revêtir de la nature de l'homme. Alors le Saint-Esprit est, en quelque sorte, chargé de l'accomplissement de cet ineffable mystère. Une vierge est conçue sans tache, et le Saint-Esprit prépare son âme et son corps, pour en faire le digne tabernacle dû Fils de Dieu. C'est encore le Saint-Esprit qui découvre à Marie l'excellence de la virginité, et qui lui inspire la volonté de se consacrer à son Dieu, dès l'âge le plus tendre; consécration nécessaire, suivant saint Ambroise, pour qu'un Dieu naquît d'une femme.


Maintenant je n'ai qu'à ouvrir l'Evangile, et je vois clairement cette vérité: c'est que le Saint Esprit est l'auteur immédiat de la sainte humanité de Jésus Christ. « Le Saint Esprit, dit Gabriel, surviendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre ». Cet Esprit de grâce, de sanctification et d'amour, qui a préparé l'âme, le cœur et le corps de Marie, est ce même Esprit qui crée l'âme du Sauveur Jésus, et qui forme sa chair adorable du sang le plus pur de la Reine des vierges. L'Eglise, pendant tous les siècles, s'écriera, en nommant Jésus Christ: « Il a été conçu par l'opération du Saint-Esprit ». Toujours le mystère auguste et profond de l'Incarnation du Verbe a été nommé l'œuvre par excellence du Saint-Esprit. Si jamais on a pu dire: le doigt de Dieu est là, c'est bien lorsqu'on contemple un Dieu devenu homme. Eh bien! le Saint-Esprit est le doigt de Dieu. Un si étonnant prodige ne pouvait venir que de lui. L'Incarnation, c'est le grand mystère d'amour, de l'amour infini d'un Dieu envers sa pauvre créature. L'Incarnation, c'est la grâce parfaite, le don par excellence. Or, le Saint-Esprit est l'auteur immédiat de cet amour, il est le grand donateur; par lui, Dieu se communique à l'homme. Le Saint-Esprit est donc l'auteur de l'Incarnation. Mais ici je dois m'en rapporter au témoignage de Jésus-christ lui-même. Je l'entends qui s'écrie: « L'Esprit du Seigneur est descendu sur moi, c'est pourquoi il m'a consacré par son onction ». Oui, c'est le Saint Esprit qui a fait l'onction et la consécration sacerdotale de Jésus Christ, lorsque, dans le moment de l'Incarnation, la nature humaine unie personnellement au Verbe, fut ointe de la Divinité même, et, par elle, consacrée pour le sacerdoce éternel. Donc toutes les fonctions de Jésus Christ, toutes ses prédications, tous ses miracles, son sacrifice, sa mort, sa résurrection, son ascension au ciel, ont pour principe l'Esprit-Saint répandu sur lui. Voilà pourquoi, au jour de son baptême, lorsqu'il ouvrait la carrière de son ministère apostolique, le Saint-Esprit descendit du ciel visiblement, et vint se reposer sur lui. Il le fallait ainsi, afin que tous les hommes comprissent que c'était le Saint-Esprit qui parlerait par la bouche de Jésus Christ. Je savais déjà, ô mon Dieu, que beaucoup de grâces et de bénédictions répandues sur moi devaient me remplir de reconnaissance et d'amour envers le Saint Esprit. Mais, je l'avoue, je n'avais jamais bien réfléchi sur cette grande vérité: je dois Jésus-christ au Saint Esprit, la foi me l'enseigne. Jésus-christ est le don que m'a fait le Saint-Esprit!... Oh! qui dira tout ce qui est renfermé de lumière, de science, d'amour, dans ces courtes paroles: « qui a été conçu du Saint Esprit »?... On les articule souvent, on les chante; qui les comprend? qui les médite? qui les goûte? Celui-là seul à qui le Saint-Esprit les explique. Je désire et je demande cette faveur pour moi, ô divin Esprit! ne me la refusez pas; faites-moi comprendre ce que je vous dois, après avoir reçu de vous Jésus Christ; alors je vous aimerai ardemment, et mon âme n'aura qu'une ambition, celle de se perdre entièrement et pour toujours dans l'océan de votre amour.

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Le Saint-Esprit dans la sanctification des âmes


Le Saint-Esprit est l'âme de toute l'Eglise. C'est lui qui unit tous les fidèles entre eux, et ceux-ci aux pasteurs légitimes, pour en faire les membres d'un même corps. Il est le principe, la source de toutes les grâces et de tous les dons qui servent au gouvernement, à la conservation et à la prospérité de l'Eglise. Saint Paul lui attribue la sagesse, la science, la foi, la puissance de faire des miracles, le don de prophétie, le discernement des esprits, le don de parler diverses langues, la grâce des guérisons, l'interprétation des langues. Tout a été donné à l'Eglise pour la sanctification des élus de Dieu, et c'est le Saint Esprit qui est l'auteur de tous les biens que l'Eglise possède. C'est lui qui les conserve, qui les rend utiles aux âmes, qui les fait fructifier. Le Saint Esprit ouvre la porte par laquelle nous entrons dans l'Eglise en qualité de ses enfants. C'est par lui que nous sommes baptisés. Le Saint-Esprit parle, instruit, touche les cœurs par le ministère de la parole confié aux prêtres. Il est le souverain docteur des âmes. Le Saint Esprit préside les assemblées de l'Eglise, et dicte, ses décisions sur la foi, la morale, la discipline. C'est lui, nous dit saint Jean, qui atteste que Jésus Christ est la vérité. Aussi, quand l'Eglise parle, elle a soin de dire: « Il a paru bon au Saint Esprit et à nous ».


Donc tout ce que possède l'Eglise, de lumière, de sainteté, pour l'édification du corps mystique de Jésus Christ, doit être attribué au Saint Esprit. Si maintenant je considère, avec le flambeau de l'Ecriture à la main, les dons merveilleux que reçoivent toutes les âmes par le Saint-Esprit, je trouve ces vérités aussi consolantes qu'elles sont glorieuses pour moi. Le Saint-Esprit régénère l'homme, le justifie, et lui communique une justice et une sainteté qui lui deviennent inhérentes. Il délivre l'âme de l'esclavage des sens. Il rend l'homme enfant de Dieu, héritier de Dieu, membre vivant de Jésus-christ. Il habite dans l'homme comme dans son temple. Il devient son guide, et le fait agir par son impulsion. Il lui inspire le goût des biens spirituels et éternels. Il le remplit de courage pour confesser Jésus Christ devant les hommes. Il le console dans ses tribulations; il le fait triompher de la mort. Le Saint Esprit rétablit dans l'homme l'image de Dieu, et le fait participer aux perfections divines. Le Saint Esprit agit sur tout notre être et sur toutes nos facultés. Sur notre entendement qu'il remplit de lumière, en lui communiquant la connaissance de la vérité; en l'élevant à la contemplation des perfections divines et des plus hauts mystères. Le Saint Esprit agit sur notre mémoire, en lui rappelant toutes les vérités de la foi. Il exerce son action puissante sur la volonté, en lui faisant produire ces actes que le grand Apôtre appelle les fruits de l'Esprit, à cause de la facilité avec laquelle on les fait. Il crée les sentiments religieux, purs et durables, qui sont la prière, la joie et la paix. Enfin il fait pratiquer les vertus chrétiennes d'une manière si parfaite qu'on les appelle Béatitudes, parce qu'elles nous rendent très-heureux, même dans cette vie. Notre corps lui-même est sanctifié par l'Esprit divin, puisque c'est lui qui affaiblit la concupiscence et nous dispose à l'immortalité. Les moyens pour obtenir la participation à tous ces biens, nous sont offerts dans l'Eglise. Par le Baptême, le Saint-Esprit nous sanctifie, en répandant la grâce dans nos âmes, en faisant de nos cœurs un temple saint qu'il consent à habiter lui-même. Par la Confirmation, le Saint Esprit nous fortifie contre les ennemis de notre salut, et nous fait remporter la victoire. A la table sacrée, le Saint Esprit nous donne du goût pour ce pain descendu du ciel, et qui est destiné à nous rendre purs comme des Anges.


Dans le tribunal de la pénitence, il nous touche, nous pénètre d'un repentir salutaire, et crée dans nous ce cœur contrit et humilié auquel Dieu ne résiste jamais. Les époux chrétiens reçoivent au pied de l'autel, avec le sacrement du mariage, cet esprit d'union qui vient du ciel et dont le Saint Esprit est l'auteur. Sur son lit de mort, le fidèle est détaché de la terre, purifié des moindres souillures, fortifié contre les horreurs de la tombe, par le Saint Esprit qui se communique dans le sacrement de l'Extrême Onction. Enfin, quand Dieu le Père a choisi les ministres de l'Eglise, quand Dieu le Fils les consacre et leur donne une mission semblable, à celle qu'il a reçue lui-même, le Saint Esprit embrase les cœurs des prêtres et promet de parler par leur bouche. Ajoutons que la vierge fidèle à la grâce la plus signalée, quand elle vient à l'autel, en union avec Marie, pour donner sans partage à l'époux céleste tout ce qu'elle possède, le Saint-Esprit la prend par la main, et consomme son union avec Jésus!... Eh bien! est-il juste que je m'occupe souvent du Saint-Esprit? ou plutôt, n'est-ce pas une chose déplorable de voir un grand nombre d'âmes qui ne parlent jamais au Saint-Esprit, qui ne le connaissent pas? Ah! Seigneur, je suis couvert moi-même de confusion. Eh quoi! j'ai pu oublier si souvent mes devoirs envers le Saint-Esprit? j'ai pu négliger, pendant si longtemps, de lui offrir le tribut de ma reconnaissance et de mon amour!... Ce désordre cessera aujourd'hui; non, je ne négligerai plus le Saint-Esprit; je veux le connaître et l'aimer, je veux l'invoquer, l'appeler sans cesse, l'attirer dans moi par tous les moyens qu'il daignera me suggérer lui-même: je l'ai dit, et je commence dès ce moment.

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30 mars 2011

Saint Antoine de Sainte Anne Galvao

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Saint Antoine de Sainte Anne Galvao

1739-1822

Fête le 23 décembre

 

Frei Galvão était un franciscain de l’Ordre d’Alcantara qui a vécu dans la pauvreté et l’obéissance. Un frère simple. Simple en tout: dans sa personne, dans son oeuvre, dans ses écrits. Ce qu’il a fait, on l’a décrit ainsi: « Il n’imposait rien, ne faisait ostentation de rien, ne faisait rien pour impressionner, n’exigeait rien ». La force de ses vertus et le témoignage de sa vie ont attiré les gens et éclairé le milieu où il a vécu. Au point de rendre sa présence précieuse et irremplaçable.

 

Frei Galvão est né en 1739 et est mort à São Paulo le 23 décembre 1822. À cette époque, des faits historiques et religieux importants ont eu lieu au Brésil et à São Paulo… Sa vie embrasse une période qui va de l’époque coloniale à la transformation du pays en empire et aux premiers mois de l’indépendance. Et c’est une histoire marquée par la présence et l’action des missionnaires de l’Église catholique, franciscains compris, qui, pendant le gouvernement du Marquis de Pombal, lequel était un adepte de la philosophie des Lumières, subit de fortes restrictions. São Paulo était alors une capitainerie, puis une province, dépendant de Rio de Janeiro. Elle était le point de départ des « bandeirantes-descobridores », des chercheurs d’or et de pierres précieuses, et était souvent en guerre pour défendre son territoire contre les Espagnols ou à la recherche d’indigènes ou de noirs importés d’Afrique à faire travailler comme esclaves. C’est dans ce contexte difficile qu’apparaît la figure influente de cet homme de Dieu « recomendável pelas suas virtudes » (recommandable par ses vertus), et au plus haut point pour sa charité, vertus qui l’amenèrent à partager les angoisses et les espoirs de son peuple soumis encore à l’esclavage et vivant dans un état de profonde dégradation humaine et sociale. On ne peut douter du fait que c’est en raison de sa charité sans borne que les habitants de São Paulo ont voulu le garder au milieu d’eux pendant toute sa vie. Ils ne pouvaient pas vivre sans lui, comme l’atteste la lettre de la Chambre du Sénat de São Paulo dans laquelle il est écrit: « Il était le secours des pauvres », « la consolation des affligés… ».

 

Après avoir fait ses études chez les jésuites, à Belém, et être entré en 1760 chez les franciscains, il a passé le reste de sa vie à São Paulo. Sa personnalité et la qualité de sa formation ont été immédiatement remarquées par ses supérieurs qui l’ont chargé de nombreuses tâches de responsabilité, ainsi que par les personnes cultivées et le peuple qui « l’écoutaient avec une grande confiance et venaient le trouver de régions lointaines, quand ils avaient besoin de lui ». Il le recherchaient pour sa réputation d’homme de paix, « pour mettre paix dans les discordes, dans les familles et aussi pour régler des affaires temporelles », nous disent les actes. Il a assumé, à partir de 1768, la tâche délicate de portier, prédicateur et confesseur du couvent de Saint François, tâche qui est à partir de ce moment-là restée son activité principale. Il exercera en effet jusqu’à la fin le ministère de la confession dans le couvent des franciscains comme dans le « Recolhimento Nossa Senhora da Conceição da Luz », le couvent de sœurs qu’il a fondé comme laus perennis en 1774, au cœur de São Paulo et qui reste aujourd’hui son œuvre tangible. Il a dépensé tout ce qu’il avait d’énergie pour sa construction et il est mort là, à quatre-vingt quatre ans, sur un misérable matelas, posé à même la terre, derrière le tabernacle de l’église.

 

Une personnalité bien précise, limpide, droite, courageuse, d’intelligence claire, qui lui permet d’être toujours attentif aux besoins de ceux qui lui sont confiés et qui sont prêts à chercher l’aide la plus efficace; une personne qui révèle son fort tempérament lorsque, par exemple, il s’agit de dénoncer ce qui est contraire à la justice ou lorsqu’il défend les faibles et ceux qui subissent des injustices, comme le démontre, entre autres, son attitude en 1780, à l’occasion du conflit avec le capitaine-gouverneur de São Paulo, lequel se termine par la démission du gouverneur.

 

En 1780, le capitaine Martim Lopes de Saldanha, connu pour son despotisme, condamne à mort un soldat qui a été malmené par son fils et qui, en réponse, l’a légèrement blessé. Une condamnation injuste qui provoque la réaction des habitants de São Paulo. Parmi les défenseurs du soldat Caetaninho figure frei Galvão, qui prend le parti de ce soldat et condamne l’abus de pouvoir du gouverneur. Cependant, malgré les protestations, le soldat est exécuté. Et, non content de cette exécution, le capitaine condamne frei Galvão à l’exil. L’ordre est sans appel: le frère doit quitter São Paulo dans les vingt-quatre heures. Mais la nouvelle de l’exil de frei Galvão se diffuse immédiatement dans toute le ville et la population se mobilise à nouveau tout entière. En peu de temps la maison du gouverneur est entourée par une foule d’hommes armés. Le capitaine, face à la rébellion du peuple, n’a d’autre choix que de résilier la sentence d’exil. Et dès que l’ordre est révoqué, les gens vont chercher frei Galvão et le ramènent au couvent. « Le cher saint père a été trouvé. La ville peut désormais dormir tranquille parce qu’elle a récupéré son grand trésor ». C’est ce qui est rapporté dans les écrits.

 

Oui, et il faut même souligner que cette réputation de sainteté est la caractéristique principale de frei Galvão. Pendant sa vie, au moment de sa mort et post mortem. Jusqu’à aujourd’hui. Les témoignages parlent d’une dévotion vive, sans trouble ni interruption. Frei Galvão a toujours été l’objet d’une grande vénération à São Paulo et dans tout le Brésil, comme le montre aussi la diffusion populaire des « pilulas de frei Galvão ». Ce sont des « papelinhos », de petits bouts de papier enroulés comme des papillotes sur lesquels est écrite en latin une invocation à la Vierge Marie. C’est une forme de dévotion qui est née d’un épisode de la vie de frei Galvão. Depuis lors, les milliers de fidèles qui vont prier et demander des grâces sur sa tombe emportent et ingèrent ces pilules confectionnées aujourd’hui par les sœurs du « Mosteiro da Luz ». Frei Galvão, c’est vrai, a fait le contraire de ce que font les « gourous ». D’hier et d’aujourd’hui. Il est devenu extraordinaire dans sa vie ordinaire de prêtre, comme elle pouvait l’être alors dans ces circonstances et comme elle peut l’être aujourd’hui, sans artifices ni vaines promesses, sans « effets spéciaux ». Frei Galvão est l’une de ces âmes qui sont devenues grandes devant Dieu et devant les hommes, dans l’humilité et l’accomplissement parfait des devoirs chrétiens, sans troubler les gens par des faits apparemment extraordinaires; et il a réussi à entrer dans le cœur des gens au point d’y rester à travers les siècles.

 

L’importance de cette cause, en ce moment aussi de la vie de l’Église brésilienne, vient de ce qu’elle montre et prouve la valeur d’une vie sacerdotale vécue de façon évangélique et passée de façon apostolique au service de ses frères, des plus pauvres surtout, de ceux qui sont le plus dans le besoin, à la gloire de Dieu. Brasiliensis Ecclesiae decori praeclarissimo. Dans le frei Galvão, le peuple, dont le frère provient et auquel il appartient, a trouvé un modèle, une incitation au bien, à la charité, à la prière. Cette canonisation est un acte historique. Une date historique. Antonio de Sant’Anna Galvão est le premier saint né au Brésil. C’est un Brésilien cent pour cent qui est élevé à l’honneur des autels de l’Église universelle. Un homme de paix et de charité. Et puis, ne l’oublions pas, le Brésil est aussi le pays qui a le plus grand nombre de catholiques du monde. Et je dirais que c’était presque un scandale, que dans ce pays dont de si nombreux enfants travaillent à l’évangélisation et sont en même temps le fruit éminent de cette évangélisation, il n’y eût pas jusqu’à aujourd’hui de saint canonisé, né sur cette terre. Canonisé le 11 mai 2007, par le Pape Benoît XVI.

 

Les Pilules de Frei Galvao

De minuscules « pilules » de papier

 

Un jour, racontent les récits de l’époque, alors qu’il se rendait à pied de Rio à Sao Paulo, un homme souffrant de maux de reins l’interpella et le pria de le guérir. Sous l’inspiration de la Vierge, le P. Galvao écrit sur un petit bout de papier : « Post partum, Virgo, inviolata permansisti. Dei genitrix, intercede pro nobis » (« Après l’enfantement, ô Vierge, tu es restée inviolée. Mère de Dieu, intercède pour nous »), une phrase de l’Office de la Vierge. Il en fait une boulette et demande à l’homme de l’avaler comme une « pilule » en récitant la prière. Mettant sa confiance en Notre-Dame, l’homme est guéri. Peu de temps après, le futur saint vient de la même manière au secours d’une femme qu’une grossesse difficile met en danger. Après avoir avalé la « pilule » du P. Galvao, la femme accouche sans problème. Dès lors, sa réputation est faite. On se bouscule au monastère. La tradition persiste. Et les religieuses de Sao Paulo continuent de distribuer de minuscules « pilules » de papier (180 000 chaque semaine). Au sanctuaire de Guaratingueta, à côté des peintures qui célèbrent quelques-uns de ses miracles, des photos et ex-voto témoignent des grâces obtenues.

 

Comment obtenir les pilules de Frère Galvao

 

Pour obtenir les pilules de Frère Galvao, il y a deux possibiltés: 1°) les comprimés sont distribués tous les jours au Monastère de la Luz, de 09:00 à 11:30 et 15:00 à 16h30. 2°) L'autre façon de se procurer des comprimés est d'envoyer une lettre au monastère avec une enveloppe timbrée à la valeur de 1,00 $ en indiquant sur l'enveloppe votre adresse. L'adresse du monastère est la suivante:


Monastère de La Luz

Avenida Tiradentes, 676

CEP 01102-000

São Paulo - Centro Brasil

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Neuvaine à la Sainte Trinité par l'intercession du Frère Galvão


Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint Esprit, je Vous adore, Vous loue et Vous rend grâce pour les bienfaits que j'ai reçu. Je Vous demande, en pour tout ce qu'a fait et souffert le Saint Frère Galvao, qu'augmente en moi la Foi, l'Espérance et la Charité, et daignez m'accorder la grâce de (...) Amen.


Prier un Notre Père, un Je vous salue Marie et Gloire au Père, et prendre 3 pilules de Frère Galvao, comme suit: Prendre la première pilule le premier jour de la neuvaine, la seconde pilule le cinquième jour de la neuvaine, la 3ème pilule le dernier jour de la neuvaine, à savoir le neuvième jour.

FreiGalvaoBlog

Si vous avez obtenu une grâce par l'intercession de la neuvaine, écrivez à:

Monastère de La Luz

Avenida Tiradentes, 676

CEP 01102-000

São Paulo - Centro Brasil


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21 janvier 2011

250e anniversaire de la naissance du Bienheureux Guillaume Joseph Chaminade

250e anniversaire de la naissance du Bienheureux Guillaume Joseph Chaminade

1761-1850

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« Dans des temps difficiles, croire et annoncer l'Evangile: que nous dit le Père Chaminade? »

 

Une Conférence de Jean-Louis Schlegel, sociologue des religions, éditeur; et du Père André Fétis, Marianiste, assistant général, sous la présidence de S. E. le Cardinal Jeazn-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux.

 

Athénée Municipal

Place Saint Christoly

Mardi 25 janvier 2011

20h30

 

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Le Bienheureux Guillaume Joseph Chaminade

Fondateur de la Société de Marie

(Marianistes)

Périgueux, le 8 avril 1761

Bordeaux, le 22 janvier 1850

Béatifié à Rome par le Vénérable Jean Paul II, le 3 septembre 2000

Fête le janvier

 

Guillaume-Joseph Chaminade naît en 1761 à Périgueux (France). Son père est drapier. Il est le 14e enfant d'une famille profondément pieuse qui donnera trois autres prêtres à l'Eglise. Il est ordonné en 1785. En 1791, pendant la Révolution, il refuse de prêter serment à la « Constitution civile du clergé » et, en exerçant un ministère clandestin à Bordeaux, il court un danger continuel. Il collabore avec la vénérable Marie-Thérèse Charlotte de Lamourous et l'aide à fonder l'œuvre de la Miséricorde de Bordeaux, Foyer pour les jeunes filles repenties. En 1795, chargé d'accueillir les prêtres qui avaient consenti au serment, il en réconcilie une cinquantaine. Deux ans plus tard, il doit s'exiler pour trois années à Saragosse. Là, au pied de Notre-Dame del Pilar, il forge ses convictions mariales et apostoliques, et il reçoit l'inspiration de fonder une famille de laïcs et de religieux consacrés à Marie. De retour à Bordeaux en 1800, il remet sur pied une ancienne Congrégation mariale. Il donne aux laïcs qui la compose une solide formation religieuse, leur proposant des objectifs apostoliques bien précis et leur demandant de s'inspirer des premiers chrétiens pour offrir à la société déchristianisée le spectacle d'un « peuple de saints ». Il est ainsi le précurseur de la participation active des laïcs à la vie de l'Eglise. Il les invite à se tourner sans cesse vers Marie. Il est en même temps Administrateur apostolique du diocèse de Bazas. « Missionnaire apostolique » en 1801, il veut une mission permanente orientée vers la formation de la foi, en travaillant avec de nouvelles méthodes. La mission consiste principalement à rejoindre ceux qui ne fréquentent pas l'Eglise, qui sont en marge des paroisses. En 1816, avec la vénérable Adèle de Batz de Trenquelléon, il fonde à Agen l'Institut des Filles de Marie Immaculée - les futures religieuses marianistes - institut qui ouvrira des écoles de campagne où l'on assurera l'éducation chrétienne des jeunes filles et la promotion de la femme. L'année suivante, il fonde à Bordeaux la société de Marie, les futurs « Marianistes ». Les marianistes, hommes et femmes, sont issus des Congrégations mariales dont ils seront chargés d'assurer la continuité. Le Père Chaminade peut dire: « Par la grande miséricorde de Dieu envers moi et envers les autres, depuis longtemps, je ne vis et ne respire que pour partager le culte de l'Auguste Vierge et pour contribuer ainsi chaque jour à l'accroissement de sa famille ». Les dix dernières années de sa vie sont marquées par l'épreuve: santé, problèmes financiers, défection de certains, incompréhension des autres; en 1845 il est remplacé comme supérieur général. Mais il meurt en paix en 1850, car « son attitude filiale envers Marie l'a maintenu dans la paix en toute circonstance, l'aidant à faire la volonté du Christ » (Jean Paul II).


16 mars 2011

Spectacle "Le Très Bas"

 

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Diocèse de Bordeaux/Bazas

Dans le cadre des chantiers diocésains 2011 sur l'écologie

spectacle

Le Très Bas

ou

"le choix de François d'Assise"

d'après le roman de Christian Bobin (Ed. Gallimard)

 

Le samedi 26 mars 2011 en l'église Notre Dame

a 20h30

 

Prix des billets : 15 euros

 

Renseignements : tresbasbdx@yahoo.fr

20 janvier 2011

250e anniversaire de la naissance du Bienheureux G.J. Chaminade

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250e anniversaire de la naissance
du
Bienheureux Guillaume-Joseph Chaminade

(1761-1850)


Samedi 22 janvier 2011


15 h 00: Cimetière de la Chartreuse à Bordeaux, devant le tombeau du Père Chaminade, hommage au Père.

18 h 30: Chapelle de la Madeleine, à Bordeaux: Vêpres Solenelles pour la Fête des Saints, chantées à l'Autel Chaminade

Dimanche 23 janvier 2011


10h30: Messe du Bx G.J. Chaminade, à la Chapelle de la Madeleine à Bordeaux à 10h30, présidée par Mgr Mouisse, Evêque de  Périgueux, avec le choeur de la Cathédrale de Périgueux

 

Au Collège Sainte Marie de Grand Lebrun, à Bordeaux Messe célébrée par le Père Alexandre, Provincial,, avec la maîtrise de Bordeaux.

Ces deux messes seront suivies d'un verre de l'amitié.



Mardi 25 janvier 2011



Athénée Saint Christoly, à Bordeaux a 20 h 30, conférence de J.L. Schlegel, Historien, des religions et du Père André Fétis, S.M., Assistant du Général, sous la présidence de S.E. Monseigneur Jean-Pierre Ricard: "En des temps difficiles, croire et annoncer l'Evangile: que nous dit le Père Chaminade?"

9 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

 

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Dixième jour

 

Le Saint Esprit communique l'Esprit de Jésus Christ


La mission du Saint Esprit a pour objet la gloire de Jésus Christ. Jésus Christ sera glorifié, quand le Saint Esprit établira son royaume qui est l'Eglise. Alors le nom de Jésus sera connu dans le monde entier par la prédication de l'Evangile, et le Saint Esprit formera lui-même les membres de ce corps dont Jésus est le chef, en donnant aux âmes une nouvelle vie. Tous les effets de sainteté et toutes les œuvres de la grâce dans les justes viennent du Saint Esprit comme Esprit de Jésus, et cet Esprit ne se communique absolument qu'à Jésus et à ses membres; il n'est donné que par ses mérites, pour l'accomplissement de ses desseins, et pour la formation mystérieuse de son corps mystique qui est l'Eglise. Toutes ces vérités se trouvent renfermées dans ces admirables paroles du divin Sauveur: « L'Esprit de vérité me glorifiera, parce qu'il recevra de ce qui est à moi et il vous l'annoncera ». Ainsi ce que le Saint Esprit apporte aux hommes, ce qu'il vient leur donner, c'est ce qui est de Jésus-christ, de la substance de son âme, de ses pensées, de ses sentiments, de son cœur; c'est évidemment l'Esprit de Jésus Christ. Paf son Ascension dans le ciel, Jésus-christ a enlevé aux hommes la vue et la jouissance de son humanité sainte, de son corps adorable. Le jour de la Pentecôte, il leur envoie son Esprit. Certes, c'était avec une profonde sagesse qu'il leur disait: « Il est expédient pour vous que je m'en aille ». Et les Apôtres ne disaient-ils pas dans leur premier sermon: « Après avoir été élevé par la main de Dieu, il a envoyé son Esprit »?


II est donc certain que Jésus Christ a voulu donner son Esprit à ceux qui sont à lui. H n'est pas moins certain que sans l'Esprit de Jésus-christ, on ne peut pas être membre vivant de son corps mystique, et qu'on vit alors séparé de lui. Arrêtez la sève d'un arbre, qu'elle ne se communique plus à une branche; cette branche meurt, il faut la couper: c'est du bois sec destiné au feu. Eh bien! Jésus-christ a dit: « Je suis la vigne, vous êtes les sarments; de même que le sarment ne porte plus de fruit, s'il est séparé de la-vigne, vous, sans moi, vous ne pouvez rien faire ». Celui donc qui ne reçoit pas la sève divine qu'on appelle l'Esprit de Jésus Christ, qui ne participe plus à cet Esprit, est une branche morte, sèche, propre seulement au feu. Mais que faut-il entendre par ces mots: avoir l'Esprit de Jésus-christ? Une jeune personne a toutes les idées, tous les penchants, tous les goûts de sa mère. Les opinions, les jugements de sa mère sont la règle invariable de ses opinions et de ses jugements. Elle aime les personnes que sa mère affectionne, elle trouve désagréables celles que sa mère ne peut souffrir; elle a tellement reçu de sa mère tous les genres d'impression que sa démarche, son maintien, tout son extérieur la rend semblable à sa mère. Son langage, le son de sa voix, tout rappelle sa mère; elle va jusqu'à aimer ou détester les genres d'aliments que sa mère aime ou déteste. Cette jeune personne a l'esprit de sa mère. Maintenant il est aisé de comprendre ce que c'est que d'avoir l'esprit de quelqu'un. Tous les jours on répète ces paroles. Celui-ci a l'esprit français, cet autre a l'esprit italien. On dit encore: l'esprit religieux, l'esprit mondain, l'esprit du siècle, l'esprit des franciscains, des dominicains, des jésuites; chaque siècle, chaque peuple, a son esprit propre; il en est de même de tous les corps, de toutes les sociétés civiles ou religieuses. Or, l'Eglise catholique a son esprit propre, son esprit particulier, et cet esprit c'est l'Esprit de Jésus Christ. Et comme chacun doit avoir l'esprit de son état, de sa condition, de la profession qu'il exerce; comme il serait révoltant de voir le noble avec l'esprit de l'artisan, le prince avec l'esprit d'un valet, la dame de qualité avec l'esprit de ses domestiques, on peut juger du dégoût qu'inspire à Dieu, à Jésus-christ, le chrétien qui a l'esprit païen, ou l'esprit mondain, ce qui est parfaitement la même chose. Mon état, ma condition, c'est d'être chrétien, catholique, enfant de Dieu et de l'Eglise, membre du corps dont Jésus-christ est le chef.


Eh bien! l'esprit du christianisme, l'esprit de l'Eglise épouse de Jésus Christ, c'est l'Esprit de Jésus Christ lui-même. Cet Esprit est commun à tous les Elus; il les lie entre eux pour n'en faire qu'un seul et unique corps qui reçoit la vie, le mouvement, la chaleur de Jésus Christ son adorable chef. Je dois comprendre combien il m'importe de savoir si l'Esprit de Jésus Christ est en moi. S'il n'y est pas, le Saint Esprit n'est pas venu me visiter; j'ai perdu mon temps jusqu'ici, et les méditations que j'ai faites sur le Saint Esprit n'ont pas encore produit les effets que Dieu attendait. Mais aujourd'hui, je vais méditer avec une attention scrupuleuse ce sujet si important; je vais me pénétrer de cette grande vérité, que le Saint Esprit veut bien m'enseigner et qu'il me fera comprendre. Je la goûterai, j'en pénètrerai mon âme, et sans doute, je prendrai avec force et avec courage des résolutions qui seront pour moi le commencement d'une vie toute nouvelle.

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Nécessité de l'esprit de Jésus Christ


Le divin Sauveur disait un jour à ses disciples: « Je suis en mon Père, et vous en moi, et moi en vous ». En parlant ainsi, Jésus Christ nous apprenait l'art divin de notre union avec Dieu. De même que le Fils de Dieu est dans sou Père, ayant avec lui la même nature, il veut que nous soyons en lui; nous promettant de son coté, d'être dans nous, par une même vie, et par un même esprit. Les Apôtres l'avaient bien compris, eux qui disaient hardiment en parlant de Jésus Christ: « Il nous a donné de son Esprit »! Certes, rien ne doit m'étonner, après ces paroles: « Nous avons tous reçu de sa plénitude ». Telle est la fin de l'Incarnation du Verbe, la communication de l'Esprit de Jésus Christ faite à l'homme le jour de la Pentecôte. Le Chrétien ne vivra donc plus de son propre esprit, de son esprit d'homme, mais il vivra de l'esprit qu'il reçoit dans les sacrements, de l'Esprit de Jésus-christ qui lui est donné par l'effusion du Saint-Esprit dans son âme. Comment pourrais-je concevoir le moindre doute sur cette vérité? n'est-il pas certain que, pour être sauvé, il faut être devenu enfant de Dieu par une nouvelle création qui a lieu dans le baptême? eh bien! Jésus-christ lui-même appelle le baptême une renaissance dans le Saint-Esprit, et saint Paul, en écrivant aux fidèles d'Ephèse, leur dit: « Nous sommes créés en Jésus Christ ».


Jésus Christ, voilà la terre natale des Elus; ils en prennent le suc, ils se nourrissent de sa substance. Mais après avoir reçu la vie, il faut que nous agissions. La vie spirituelle nous est donnée pour l'action, c'est-à-dire, pour le travail que Dieu doit récompenser un jour dans le ciel. Or, sans l'Esprit de Jésus Christ, il n'y a point de mouvement surnaturel en nous. C'est saint Paul qui le dit: « La loi de l'Esprit de vie est en Jésus-christ ». Il en est tellement ainsi que le premier acte par lequel nous nous élevons vers Dieu, la prière, n'est possible que par l'Esprit de Jésus-christ qui nous est communiqué. Rien n'est donc plus certain, il est impossible d'être enfant de Dieu, d'avoir la vie en nous, et de faire le premier pas dans la voie du salut, sans l'Esprit de Jésus Christ. « Ceux-là, dit saint Paul, sont nommés enfants de Dieu, qui sont poussés, conduits, par l'Esprit de Dieu ». Et le même Apôtre ajoute: « Parce que vous êtes ses enfants, Dieu a envoyé dans vos cœurs l'Esprit de son Fils ». Est-il possible d'établir d'une manière plus forte et plus évidente, la nécessité d'avoir l'Esprit de Jésus Christ pour être enfant de Dieu? Qui, s'étonnera maintenant, d'entendre le grand Apôtre déclarer à la face du monde entier que pour lui, quoiqu'il paraisse vivre, ce n'est pas lui qui vit, mais Jésus Christ qui vil en lui? Ce langage doit être celui de tous les chrétiens. Et ce n'est pas une exagération, car saint Paul ne s'adressait ni à des prêtres, ni à des religieux, quand il écrivait ces mots si énergiques, si profonds, sur le ton le plus impératif qui fut jamais: « Ressentez dans vous-mêmes ce qui est dans Jésus Christ ».


N'est-ce pas avoir les pensées, les sentiments, les désirs, le cœur de Jésus Christ? n'est-ce pas avoir un seul et même esprit avec lui? Mais il y a quelque chose de plus fort encore dans la doctrine de saint Paul: « Si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Jésus-christ, il n'est pas de lui ». Quel coup de tonnerre! le chrétien lâche et mondain qui n'en est pas ému, n'est pas endormi, il est mort!... Voilà une de ces vérités que je devrais méditer tous les jours de ma vie.. Si je n'ai pas l'Esprit de Jésus Christ, je ne suis pas de lui, je ne lui appartiens pas, je ne lui suis pas uni, je ne puis plaire à Dieu, j'ai cessé d'être son enfant et l'héritier de son royaume. Les Apôtres venaient de parler, Jésus Christ les regarde et leur dit: « Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes ». Terrible reproche! ne s'adresse-t-il pas à moi? Sais-je bien de quel esprit je suis, c'est-à-dire, quel est l'esprit qui m'anime? est-ce l'esprit de la chair et du sang, comme s'exprime le disciple bienaimé, ou l'Esprit de Jésus-christ? « Ce qui est né de la chair, dit le Sauveur, est charnel; mais ce qui vient de l'Esprit est spirituel ». Or, mes œuvres sont-elles spirituelles? mes pensées et mes sentiments, mes craintes et mes désirs, mes joies et mes espérances, sont-ils des fruits de l'Esprit, des fruits dignes de Jésus Christ, de la nature de ceux qu'il a portés lui-même? Alors je sais à qui j'appartiens, parce que je sais de quel Esprit je suis. Heureuse l'âme qui peut dire avec Jésus-christ: « L'Esprit de Dieu s'est reposé sur moi! » Puis-je tenir ce langage?

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La nature de l'esprit de Jésus Christ


L'Esprit de Jésus Christ n'est point quelque chose de vague et d'indéfini que chacun a le droit d'interpréter ou d'expliquer suivant les convenances de son amour-propre, et les désirs plus ou moins légitimes de son cœur. S'il s'agissait d'une théorie sans application à la pratique, l'Esprit de Jésus Christ pourrait exciter l'admiration des hommes, sans les troubler dans les jouissances qu'ils cherchent continuellement, au milieu d'un monde que le divin Sauveur n'a cessé de maudire, pendant qu'il était sur la terre. Mais rien, au contraire, n'est plus positif et plus clairement défini dans l'Evangile que l'Esprit de Jésus Christ; et pour quiconque veut réfléchir, il est évident qu'on peut réduire à un mot, tout ce qui concerne cet Esprit qui, de Jésus Christ, passe dans l'âme de ses disciples. Que je prenne toutes les paroles que le divin Sauveur a dites de lui-même, que je place à côté de ces paroles toutes les actions qui composent l'histoire de la vie mortelle du Fils de Dieu, il me sera facile de réduire à une simple expression tout ce que j'aurai vu et entendu. Cette expression qui résume tout est celle-ci: Immolation. Quand je dis renoncement, sacrifice, dépouillement, violence, abnégation, j'exprime toujours la même idée, et je proclame la même vérité, je dis: Immolation. Faut-il maintenant accumuler ici les preuves de cette grande vérité j que l'Esprit de Jésus Christ est un esprit d'immolation et de sacrifice? Mais je n'ai qu'à ouvrir l'Evangile, et à chacune de ces pages divines, je ne manquerai pas de trouver la preuve éclatante de cette proposition.


A peine Jésus est né, et déjà les ambassadeurs du ciel viennent annoncer au monde que ce petit Enfant qui lui est donné, vient sur la terre pour Dieu et pour les hommes! Il vient pour son Père, et sa vie sera un sacrifice perpétuel qui le glorifiera au plus haut des cieux. Il vient pour les hommes, il sera immolé pour leur salut, il se donnera, il se livrera pour les affranchir du joug honteux du péché et de la captivité de l'enfer. Mais c'est de la bouche même de Jésus-christ que je veux savoir ce qui constitue son Esprit; il doit me l'apprendre lui-même. Je l'entends: « Mon Père, je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'ils soient sanctifiés dans la vérité ». Ce qui signifie, je me sacrifie, je m'offre, je me consacre moi-même pour eux, comme une hostie sainte: telle est la fin de la mission du Fils de Dieu considérée par rapport aux hommes. Si je considère cette Mission divine par rapport à Dieu, je trouve toujours la même idée de sacrifice entier, d'immolation parfaite et absolue. Je ne suis pas descendu du ciel pour faire ma volonté, mais pour faire la volonté de celui qui m'a envoyé. Je ne cherche pas ma gloire, mais la gloire de celui qui m'a envoyé. Je fais continuellement ce qui plaît à mon Père. Mais je veux entendre saint Paul, cet homme extraordinaire à qui le Saint Esprit a si bien fait connaître Jésus Christ. Il s'écrie, dans son admirable Epitre aux Romains: Jésus Christ ne s'est pas satisfait lui-même, mais il a dit à son Père: « les injures qu'on vous a faites sont retombées sur moi ». Voilà donc toute l'âme de Jésus Christ, voilà son cœur découvert à tous ses disciples. Non, Jésus Christ n'est pas venu pour chercher sa gloire, mais la gloire de son Père; Jésus Christ n'est pas venu pour faire sa volonté, mais celle de son Père. Jésus Christ ne s'est pas satisfait lui-même, il n'a pas mis ses complaisances en lui-même, mais il les a mises dans l'accomplissement des ordres de son Père, relativement au salut des Hommes pour lesquels sa vie mortelle a été un long et douloureux sacrifice, couronné par une mort sanglante sur l'arbre de la croix. Pour consommer ce sacrifice, il s'est humilié, anéanti; il s'est rendu obéissant jusqu'à la mort, et à la mort la plus ignominieuse, la mort des grands coupables, pour lesquels le supplice de la croix était ordinairement réservé.


Ai-je compris maintenant l'Esprit de Jésus Christ, sa nature, son essence, ses œuvres? Sacrifice, immolation, renoncement, tout est là! Aussi quand le divin Maître appellera à lui des hommes destinés à devenir ses disciples, il leur donnera, pour première condition du salut, la nécessité du renoncement, de l'abnégation, la nécessité du sacrifice d'eux-mêmes pour la gloire de Dieu et le salut de leurs frères. Il avait bien compris la nature de l'Esprit de Jésus Christ, l'Apôtre qui disait aux premiers fidèles: « Vous devez être des hosties vivantes, saintes, agréables à Dieu ». Aussi quand il parle de lui-même, il s'écrie: « Je me suis fait tout à tous pour les sauver tous »; et ailleurs: « Je tâche moi-même de plaire à tous, en toutes choses, ne cherchant point ce qui m'est avantageux à moi-même, mais ce qui est avantageux à plusieurs, pour qu'ils soient sauvés ». Je puis donc maintenant arriver à une conclusion vraie, quand j'examinerai si j'ai l'Esprit de Jésus Christ. Puisque cet Esprit n'est autre chose que l'Esprit de renoncement, de sacrifice, d'immolation de moi-même à la gloire et à la volonté de Dieu pour le bien et le salut de mes frères, je sais que je possède d'une manière plus ou moins parfaite l'Esprit de Jésus Christ, suivant le degré de perfection que le Saint Esprit m'a communiqué dans l'amour du renoncement, de l'immolation et des sacrifices. Ici l'illusion n'est pas à craindre, et si je parviens à ce degré de vertu qui permet de dire: « Je fais toujours et en toutes choses ce qui plaît à mon Père », il me sera permis d'ajouter avec saint Paul: « Je suis l'imitateur de Jésus Christ; ce n'est plus moi qui vis, mais Jésus Christ qui vit en moi ». Où est donc aujourd'hui l'Esprit de Jésus Christ? Tous ceux qui célèbrent les grandes fêtes de l'Eglise, qui participent aux saints mystères, reçoivent-ils le Saint Esprit? Les Apôtres en furent remplis dans le grand jour de la Pentecôte qui les transforma en de nouvelles créatures, et quand l'historien sacré me dit: « Ils furent tous remplis du Saint-Esprit », il veut que je sache bien que cet Esprit était celui de leur divin Maître. Quand il se fut emparé de leur âme, l'univers ne tarda pas à reconnaître l'empire de la croix. Oh! que de bien font les âmes qui ont l'Esprit de Jésus-christ! Qui sait ce que je ferais moi-même, si, dépouillé de mon propre esprit, je m'abandonnais sans réserve à l'Esprit de Dieu! ô mon Dieu, venez; parlez-moi; agissez en maître; prenez tout!...

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Les effets de l'esprit de Jésus Christ


Quand saint Paul écrivait aux Galates: « Si nous vivons de la vie de l'Esprit, marchons par l'Esprit »; et ensuite: « Marchez par l'Esprit, il voulait leur apprendre la nécessité de montrer, par leurs œuvres, la nature et les qualités de l'Esprit qu'ils avaient reçu dans le baptême ». Il est manifeste que l'arbre devant être jugé par ses fruits, selon la parole même de Jésus-christ, c'est par nos œuvres que nous devons juger de l'Esprit qui nous anime; tout autre moyen pourrait nous induire en erreur. Quand Jésus Christ a prêché la nécessité d'adopter son Esprit pour avoir la vie éternelle, il a dit: « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même ». Et puisque l'Esprit de Jésus Christ est essentiellement un Esprit d'immolation et de sacrifice, il est évident que, pour me revêtir de cet Esprit, je suis obligé de commencer par le dépouillement de moi-même, par l'abnégation de mon propre esprit, par le renoncement à ma mauvaise nature. Il faut donc que j'immole à Dieu tout ce qu'il y a dans moi qui se trouve opposé à l'Esprit de Jésus Christ. Or, si je me connais bien, il me sera facile de convenir que tout mon être est en opposition avec cet Esprit saint, innocent, sans souillure, séparé de l'Esprit fies pécheurs, plus élevé que les cieux. Ce qui constitue mon esprit propre, c'est l'égoïsme, ou l'amour de moi. Cet amour a pour objet toutes mes facultés, tout mon être. J'aime mon intelligence, j'aime mon cœur, j'aime mes sens, mes organes, mon corps. De là trois grandes divisions dans l'amour désordonné de ma propre personne, et qu'on peut considérer comme les principales branches d'un arbre qui ne produit que des fruits de mort: l'amour de la gloire, l'amour des richesses, l'amour des plaisirs.


Or, le renoncement dont Jésus-christ a fait la condition essentielle de la vie chrétienne, consiste à immoler à Dieu ces trois, penchants de ma nature viciée par le péché. Il suit de là que je connaîtrai le degré auquel l'Esprit de Jésus Christ est élevé dans mon âme, par le degré d'amour que j'aurai pour les humiliations, pour la pauvreté et pour les souffrances. Toute spiritualité qui ne repose pas sur cette base, est une spiritualité fausse et trompeuse. Satan s'est transformé en ange de lumière. Avec ce dépouillement, on voit toujours arriver l'oubli de soi-même, et une vive ardeur pour les intérêts de Dieu. C'est ce qui arriva à sainte Thérèse qui put dire avec vérité: « C'est de vous que je me soucie, ô mon Dieu, et non de moi!... »  Ce fut le caractère des Apôtres, après la descente du Saint-Esprit. Dépouillés d'eux-mêmes, c'est-à-dire de tout orgueil, de toute ambition, de toute avarice, de toute sensualité, ils purent dire avec vérité: rien pour moi, Seigneur, ni salaire, ni richesses, ni gloire, ni plaisirs; abandon de tout pour vous seul. Voilà ce que criait le cœur des Apôtres. Le divin Maître le leur avait appris dans tout le cours de sa vie, et dans toutes les circonstances de sa passion. Pour former ses disciples à cette vie nouvelle, que disait Jésus-christ: « Vous serez haïs de tous »; voilà pour les consolations. « Ils vous flagelleront »; voilà pour la gloire. « Vous ne porterez rien avec vous, ni pain, ni argent, ni deux tuniques »; voilà pour les richesses; tel sera pour les apôtres l'oubli qu'ils feront d'eux-mêmes et des penchants de la nature mauvaise. Sans doute, c'est là ce qu'on appelle la perfection, et aujourd'hui cette perfection de l'Esprit de Jésus-christ se trouve encore dans un grand nombre d'âmes. On en voit qui se dépouillent d'une manière absolue et vont offrir à Jésus Christ, dans le silence du cloître, le sacrifice parfait de tous les biens et de tous les avantages que les mondains recherchent avec une infatigable activité.


Mais pour n'être pas obligé de pratiquer cette perfection sublime, je n'en suis pas moins tenu à l'obligation de me revêtir de l'Esprit de Jésus Christ, suivant ma vocation, mon état, et surtout suivant la mesure des grâces que j'ai reçues du Ciel. Il n'y a pas deux esprits dans l'Eglise de Jésus; il ne peut y avoir que l'Esprit de son divin époux; tout autre esprit lui est étranger; elle l'a en horreur. Il faut donc que je puisse dire, avec un degré de vérité relatif à mon état, ce que disait l'illustre vierge et apôtre des derniers siècles: « Seigneur, ce n'est pas de moi que je me soucie, mais de vous seul et de votre gloire ». Or, je ne pourrai tenir ce langage qu'après avoir acquis un certain degré de renoncement à moi-même et à mes penchants naturels; par conséquent, un certain degré d'humilité, de pauvreté, de mortification des sens. Jusqu'à quel point de perfection, Dieu veut que je m'élève? ma conscience et un bon directeur doivent répondre. Mais la question déjà résolue, c'est qu'il n'y a pas d'Esprit de Jésus Christ, là où règne l'amour exclusif de soi, l'amour de la gloire, des richesses et des plaisirs; la question déjà résolue, c'est que celui qui n'a pas l'Esprit de Jésus-christ n'est pas de lui!.... O précieuse dévotion qui a pour objet le Saint Esprit que de lumières vous apportez à mon âme! quelle force, quelle énergie, vous communiquez à ma volonté! Je me trouve tout changé, converti en une nouvelle créature. Non, plus d'égoïsme, plus d'amour de moi-même; tout sera offert, tout sera immolé! l'Esprit de Jésus Christ s'est emparé de moi; je le sens; c'est vrai! O Dieu! soyez béni à jamais!...

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8 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

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Neuvième jour

Le règne du Saint Esprit sur une âme


Dieu a tout fait pour sa gloire. Il ne pouvait pas se proposer une autre fin; elle eût été indigne de lui. Par la création, Dieu a voulu manifester ses attributs, et par là même se glorifier. En lisant dans ce livre admirable, l'homme, était appelé à contempler son auteur, et à lui payer un tribut de louanges. Le péché a obscurci l'intelligence des malheureux enfants d'Eve; la plupart ont cessé de voir Dieu dans ses œuvres, et ont refusé de se soumettre à son empire. On eût dit que le magnifique spectacle de la création ne servait plus à la glorification de son auteur. Alors le Fils éternel du Très-Haut reçut de son Père une mission. Il le dit lui-même: « Mon Père m'a envoyé ». Quelle était la fin de cette mission? encore la glorification de Dieu: « Je cherche la gloire de celui qui m'a envoyé ». En réparant, par un prodige bien plus admirable que celui de la création , la pauvre humanité déchue et dégradée, Jésus-christ rendait le fils d'Adam capable de s'élever jusqu'à Dieu, par la pensée et par l'amour. Par là même, l'homme pouvait glorifier Dieu. Or, cette œuvre divine, la mission du Fils de Dieu, fut consommée après trente-trois ans. Alors Jésus Christ, sur le point de quitter le monde pour retourner à son Père, put faire monter vers le Ciel cette prière sublime: « Mon Père, je vous ai glorifié sur la terre; j'ai manifesté votre nom aux hommes; J'ai achevé l'ouvrage dont vous m'aviez chargé ». Bientôt après, du sommet du Calvaire, le Sauveur s'écriera d'une voix forte qui doit être entendue par toutes les générations qui peuplent la terre: « Tout est consommé! » La mission du Fils de Dieu était finie. L'œuvre de la création avait duré six jours, et Dieu s'était reposé le septième, comme le dit l'Ecrivain sacré.


L'œuvre de la rédemption a duré trente-trois ans, après lesquels le Fils de Dieu est monté au ciel pour être éternellement glorifié, assis à la droite de la Majesté divine. C'est alors que commence la mission du Saint Esprit. Elle consiste à répandre dans les âmes la vie surnaturelle, en leur communiquant la connaissance et l'amour de Dieu et de Jésus-christ, puisque c'est en cela que consiste précisément la vie éternelle, suivant la parole du Sauveur lui-même. La mission du Saint-Esprit est pour la glorification de Jésus-christ: « Lui-même me glorifiera!... » et cette glorification du Fils de Dieu par le Saint Esprit consistera dans une œuvre admirable. Le Saint Esprit formera des images vivantes de Jésus Christ, en faisant passer dans l'âme des prédestinés, les pensées, les sentiments de Jésus-christ, en leur faisant pratiquer les vertus que Jésus Christ a pratiquées le premier, en les rendant dignes de devenir avec Jésus Christ l'objet des complaisances de Dieu le Père. Telle est la gloire que doit procurer à Dieu la mission du Saint Esprit. Le Saint Esprit vient donc visiter les hommes pour leur faire connaître Jésus Christ, pour le manifester, pour établir son règne sur les cœurs; il vient découvrir toutes les richesses renfermées dans la personne adorable de Jésus-christ, dans ses mystères, dans sa doctrine. Il vient, en quelque sorte, remplir en faveur de Jésus Christ, la mission que le divin Sauveur a remplie à l'égard de Dieu le Père. Cette mission durera autant que le monde, l'œuvre du Saint Esprit ne sera consommée qu'au jour du dernier jugement. Alors le Saint Esprit dira, comme Jésus Christ: « J'ai manifesté votre nom aux hommes, j'ai achevé l'œuvre dont vous m'aviez chargé, je vous ai glorifié sur la terre. Tout est consommé! Le repos de l'éternité commencera! » L'œuvre toute divine de la sanctification des âmes est donc l'œuvre particulière du Saint Esprit, et cette œuvre consiste à faire vivre les Élus de la vie même de Jésus Christ. Je dois maintenant examiner comment je pourrai parvenir à cette vie toute surnaturelle qui doit me rendre une image vivante de Jésus-christ, modèle parfait de tous les prédestinés.

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Aspirer le Saint-Esprit


Il y a dans l'homme deux sortes de vie: celle de l'âme et celle du corps, la vie matérielle et la vie spirituelle. Le principe de la vie propre à notre corps, c'est l'air au milieu duquel nous vivons, l'air qui nous environne et qui pénètre dans nos organes. Sans l'air, condition nécessaire de notre vie, nous mourrions. Un animal expire dès qu'il est totalement privé d'air. Plus de mouvement, plus d'action, si l'air ne pénètre plus dans notre corps. Cela est vrai pour l'homme, et pour tous les êtres dont l'existence est soumise aux mêmes lois qui régissent notre propre existence. Or, il y a pour notre vie spirituelle, un air tout spirituel qu'il nous faut nécessairement aspirer, si nous voulons conserver cette vie précieuse. Cet air, c'est le Saint Esprit. Il est à remarquer que dans l'Écriture sainte, la même expression est souvent employée pour désigner l'air matériel qui fait vivre le corps, et le Saint Esprit qui donne la vie à notre âme. Le même mot renferme les deux sens ou les deux-idées. Eh bien ! depuis la Pentecôte, le Saint-Esprit qui a donné la vie à l'Eglise, continue de vivifier cette Église en l'animant toujours de son souffle divin. C'est par l'opération du Saint-Esprit que l'Eglise vit, qu'elle parle, qu'elle agit; c'est par lui qu'elle combat et qu'elle triomphe; le jour où le Saint-Esprit se retirerait, l'Eglise ne serait plus qu'un cadavre. Il en est de même de notre âme. Quand Saint Paul a dit: « En Dieu nous avons la vie, le mouvement et l'existence », il a parlé sans doute de l'immensité de Dieu dans laquelle nous sommes plongés, comme dans un océan qui n'a pas de rivages; mais pour l'homme spirituel, il y a quelque chose de bien précieux dans ces admirables paroles. La vie surnaturelle, la vie du juste, c'est le mouvement, l'existence dans le Saint Esprit, ou plutôt par le Saint Esprit; si une âme quittait cette atmosphère divine, si elle sortait du Saint Esprit, si elle en était séparée, elle serait privée de la vie, du mouvement, de l'existence même, c'est-à-dire de la vie de la grâce, du mouvement surnaturel, de l'existence qui est particulière aux enfants de Dieu. Une âme qui n'a pas dans elle le Saint Esprit, qui n'est plus en communication avec lui, peut faire des actes qui ont l'apparence du bien; mais il y manque le principe de vie que le Saint Esprit seul peut leur donner; ce sont les mouvements d'un mort qui ont pour principe une cause toute différente de la vie. Qui ne connaît ces êtres tout matériels qui imitent l'homme, et que l'on fait mouvoir par des ressorts cachés?


Il y a des chrétiens qui ne sont pas autre chose. On touche une corde invisible qui s'appelle caprice, humeur, goût, caractère, amour-propre, sensualité, et on les fait mouvoir. Ils tombent à genoux, ils se jettent dans un confessionnal, ils s'assoient à la table sainte, ils courent vers la demeure du pauvre; vous les diriez pleins de vie. C'est une erreur; la vie, c'est précisément ce qui leur manque. Ces âmes vivent en dehors de l'atmosphère divine qui est le Saint-Esprit; si vous leur en parliez, elles vous répondraient peut-être comme certains disciples d'Ephèse: « Nous n'avons pas même entendu dire qu'il y eût un Saint Esprit ».  Dieu fait cette distinction importante parmi les chrétiens, et de même que nous distinguons facilement un automate d'un homme plein de vie, Dieu distingue l'âme pieuse que le Saint Esprit anime et dirige, de l'âme mondaine qui n'offre à son regard pénétrant qu'un simulacre de christianisme et de vertu. Ces principes sont aussi clairs, aussi évidents que les vérités les plus simples et dont personne ne doute. Mais alors quelle doit être ma conduite relativement au Saint Esprit? David va me répondre: « J'ai ouvert ma bouche, et j'ai aspiré l'Esprit ». Ces paroles renferment une grande instruction. Et d'abord l'expression employée par le Roi-Prophète n'est autre chose que l'explication de la doctrine qui vient d'être exposée. Aspirer l'air, c'est attirer l'air extérieur dans sa poitrine. Celui qui n'aspire plus, a cessé de vivre; l'air extérieur n'est plus reçu au dedans ni renvoyé au dehors; la vie organique a fini. David voulait autre chose que cette vie toute matérielle; ce qu'il désirait avant tout, c'était la vie surnaturelle, la vie du cœur. Dans la ferveur de sa prière il s'écrie: « J'ai ouvert la bouche, et j'ai attiré l'Esprit, je l'ai aspiré ». Rien n'est capable de nous faire comprendre la vivacité des saints désirs comme ce langage figuré. Mais laissons parler saint Augustin. « Que désirait le Prophète, s'écrie cet illustre Docteur, si ce n'est l'observation de la loi divine? Mais il ne trouvait rien dans son infirmité et dans sa bassesse qui fût propre aux choses grandes et fortes. Alors, il ouvre la bouche pour attirer dans lui ce qui est indispensable à l'accomplissement de la volonté divine; dévoré par une soif ardente, il aspire l'Esprit qui est bon, afin de pouvoir par cet Esprit ce qu'il ne pouvait pas par lui-même, c'est-à-dire, observer une loi juste, bonne et sainte ».


Voilà mon modèle. Si je veux ce que David et après lui tous les saints ont voulu, l'accomplissement de la volonté de Dieu en moi, il faut que mon âme aspire sans cesse le Saint-Esprit comme ma poitrine aspire l'air extérieur. Toute la vie spirituelle est dans la connaissance et l'amour de la vérité. La lumière surnaturelle et la charité nous sont indispensables. Or, comme il est certain que le Saint Esprit a reçu la mission de communiquer aux âmes cette lumière et cet amour; attirer en soi le Saint-Esprit, l'aspirer continuellement, par de saints désirs, par tous les élans du cœur, c'est le moyen assuré pour ne le perdre jamais, pour vivre dans lui, pour être pénétré de sa substance, comme notre corps vit dans l'air et en est tout pénétré. Malheur à moi si je ne comprends pas ces vérités importantes! je vivrai, c'est vrai, mais de quelle vie! de la vie toute naturelle, toute sensuelle des mondains; je ne vivrai plus de la vie de Dieu!...

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Vivre dans le Saint Esprit


Peut-on concevoir un état plus heureux que celui d'une âme qui ne vit que de la vie de Dieu, parce qu'elle est toute plongée dans cette atmosphère divine qu'on appelle le Saint Esprit, parce que cet Air céleste qui sort de la bouche de Dieu, inonde son intelligence et son cœur? Pour en avoir quelque idée, il faut revenir à la comparaison qui est fondée sur le langage du Saint Esprit lui-même. Quels effets produit l'air que nous respirons, et dans lequel nous sommes plongés comme les poissons dans la mer? Le premier de ces effets, c'est la jouissance du spectacle admirable que présente à nos regards la nature, avec ses innombrables variétés de formes et de couleurs. Retranchez l'air que les rayons du soleil pénètrent, et vous serez à l'instant même privé de la beauté de ce spectacle. Tous les effets de lumière qui nous ravissent, lorsque nous contemplons le monde matériel, sont dus à l'atmosphère qui environne notre planète. Eh bien! il en est de même dans l'ordre surnaturel; tout ce qu'il y a de beau et de ravissant dans Dieu, dans Jésus Christ, dans les mystères augustes de la religion chrétienne, ne peut être aperçu que par une âme que le Saint Esprit environne et pénètre; c'est ce qui explique la différence qui existe entre les âmes sensuelles, mondaines, et les âmes vraiment spirituelles. Celles-ci n'ont qu'à regarder Jésus-christ dans quelqu'un de ses mystères, elles n'ont qu'à regarder une ligne de son Evangile, pour entrer dans de saints transports, et goûter d'ineffables délices. Les autres n'ont rien vu; elles ne commenceront à jouir des magnificences du monde spirituel qu'après avoir aspiré le Saint Esprit et s'être plongées dans sa lumière. Si l'air est nécessaire à nos yeux, il ne l'est pas moins à tous les autres sens de notre corps. Sans lui, il n'y a plus de son pour récréer nos oreilles, ou pour entendre la parole de l'homme. Privé de la jouissance de l'air, l'odorat n'existe plus, et le suave parfum que répandent les fleurs nous devient tout à fait inconnu.


Enfin, chacun de nos organes perd à l'instant même ses facultés, s'il cesse d'être en rapport avec l'air qui l'environne. Notre corps tout entier se trouve paralysé et sans mouvement, si on le prive de cette condition essentielle à la vie. C'est l'image fidèle de ce qui arrive à notre âme, lorsque le Saint-Esprit s'éloigne d'elle et qu'elle ne vit plus de la vie de Dieu; les sons harmonieux et divins de la parole éternelle qui viennent réjouir le juste dans cette triste vallée de larmes, le doux parfum qu'exhale la vie du Sauveur et de sa sainte Mère, les tressaillements de l'espérance et de l'amour qu'excite le Saint Esprit, tout disparaît, et vous ne voyez plus rien de la vie surnaturelle, de la vie si pure et si douce que les élus mènent sur cette terre; le goût du ciel et des choses de Dieu n'existe plus. Tous les sens intérieurs sont paralysés; vous n'avez plus devant vous„qu'un cadavre. Oh! combien j'en connais de ces âmes infortunées! Mais aussi combien d'autres qui ne cessèrent jamais de s'enivrer des joies pures que procure la parole de Jésus Christ, et les exemples qu'il a laissés aux hommes ! combien de justes qui savourent délicieusement les divins parfums que répand dans l'Eglise le souvenir de Jésus et de sa sainte Mère! Il en est encore de ces justes pleins de vie, rayonnants d'une jeunesse éternelle, et dont la céleste vigueur semble croître avec les années! qu'on demande à ces âmes ce qui les soutient, ce qui les anime, ce qui les rend capables de tous les genres de bien; elles répondront avec David: « J'ouvre la bouche de mon cœur, et j'aspire continuellement le Saint-Esprit ». On peut, sans être privé d'air, voir très-mal les objets; on peut être dans un état fâcheux qui s'oppose à toutes les jouissances que l'air procure à nos sens. Si l'air est corrompu, c'est un grand mal; la corruption de l'air engendre toutes les maladies. Eh bien! il y a beaucoup de chrétiens qui respirent un air corrompu. Dans le monde, on s'occupe de Dieu, de la religion, de certaines bonnes œuvres. Mais le monde gâte tout ce qu'il touche; aussi les principes qu'on reçoit de lui en matière de piété et de vertu, produisent sur l'âme le même effet que produit sur le corps un air vicié, corrompu. Cet effet est déplorable : il consiste à empoisonner le cœur qui est la source de la vie. Pour éviter un pareil danger, il faut chercher sincèrement Dieu et sa justice, il faut avoir faim et soif de la vérité. Or, le Saint Esprit seul communique Dieu et sa justice; le Saint Esprit seul donne la connaissance de la vérité, et nous apprend à la discerner de l'erreur. Oh ! quel grand zèle je vais avoir pour demander le Saint Esprit, pour l'attirer dans moi par tous les moyens que Dieu a mis en mon pouvoir! Mon Dieu! ne permettez pas que j'oublie jamais cette résolution.

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Respirer le Saint-Esprit


Notre poitrine respire, quand elle pousse au dehors l'air qu'elle avait aspiré. Ce mouvement est continuel dans nous; c'est une double action qui prouve la présence de la vie, et dont la cessation complète est la mort. On conçoit aisément ce qu'il faut entendre par ces mots: Respirer le Saint Esprit. Une âme pleine de Dieu, que peut-elle produire au dehors? évidemment des actes surnaturels qui tiennent de Dieu, qui ont, en quelque sorte, sa nature. Nous lisons dans le livre de la Genèse, que Dieu, après avoir formé l'homme du limon de la terre, répandit sur son visage un Souffle de vie, et l'homme devint une âme vivante, et saint Jean rapporte que Jésus Christ, après sa résurrection, souffla sur ses Apôtres, et leur dit: « Recevez le Saint-Esprit »; il respira sur eux le Saint Esprit qui était en lui. L'Eglise imite cette action du Sauveur dans les cérémonies qui accompagnent le baptême: le prêtre souffle sur la personne qu'il baptise, en disant: « Sors de cet enfant, esprit mauvais, et laisse la place au Saint Esprit ». Le Saint-Esprit nous est donc communiqué par le sacrement de baptême, nous recevons par lui une vie nouvelle, la vie de Jésus-christ. Dès lors il est facile de comprendre que toutes nos pensées, tous nos sentiments, et par là même notre langage rappelleront à nos frères les pensées, les sentiments et le langage de Jésus-christ; nous respirerons sur eux l'Esprit de Jésus Christ lui-même. Saint Paul ne disait-il pas: « Nous sommes la bonne odeur de Jésus-christ »? or, que veut dire le grand Apôtre, sinon que nous répandons autour de nous un parfum spirituel qui réjouit les âmes et qui les pénètre?


L'âme respire Dieu par son langage qui est tout céleste, par les divers mouvements qu'elle imprime à son corps, par la modestie qu'elle communique au front, par le feu divin dont elle embellit les yeux, par un ensemble de choses que tout le monde sent et qu'il est très difficile de définir. L'Ecriture sainte répète souvent ces expressions: « Dieu reçut ce sacrifice en odeur de suavité; la fumée de l'encens s'éleva vers Dieu comme une odeur suave ». Sans doute, ce langage est figuré. Mais il est très propre à me faire comprendre ce qu'est une âme qui respire le Saint Esprit. Saint Paul dit que les uns répandent une odeur de mort, et les autres une odeur de vie. Il est certain que l'homme qui n'aspire que l'odeur corrompue et infecte du monde et des plaisirs grossiers de la chair, ne peut répandre sur ses frères qu'une odeur pestilentielle, une odeur de mort. Quand certaines personnes sortent d'une maison, il faudrait appeler les Anges et les prier de venir avec leurs encensoirs d'or, brûler dans ce lieu où l'air est corrompu, quelques grains de l'encens qu'ils prennent au ciel, pour ramener les doux parfums de la pureté dans ces lieux; Mais à la place de cette femme légère et dissipée qui ne répand autour d'elle que l'odeur forte et désagréable de la mort, supposons la femme chrétienne et pieuse, la vierge dont le front est pur et le langage tout céleste; n'est-il pas vrai qu'on a respiré autour d'elle un doux parfum? La bonne odeur de Jésus Christ dont parle l'Apôtre s'est répandue comme le parfum que Madeleine répandit sur les pieds du Sauveur, et dont toute la maison du pharisien fut remplie. Il y a des âmes dont la respiration est funeste, elle corrompt l'air. Il y en a d'autres dont la respiration répand l'odeur de Dieu, de Jésus Christ, l'odeur du ciel. Respirer le Saint Esprit, c'est donc communiquer ce que l'on a au-dedans de soi de bon, de doux, de pur, de céleste. Marie, Mère de Jésus, respirait le Saint Esprit; ceux qui l'avaient vue et entendue étaient pleins de Dieu. Les Apôtres respiraient le Saint-Esprit. La première fois qu'on les vit et qu'on entendit leur parole, on fut rempli de l'Esprit de Dieu. En lisant encore aujourd'hui ce qu'ils ont écrit, il y a dix-huit siècles, on sent Dieu, Jésus Christ, le Saint-Esprit; on en est tout pénétré.


Eh bien! respirer le Saint Esprit, c'est le communiquer à ses frères par un souffle, une respiration toute surnaturelle. C'est répandre autour de soi une odeur de vie, c'est embaumer l'air, c'est-à-dire l'âme, le cœur auquel on s'adresse, avec lequel on entre en communication. Puis-je dire que je produis cet effet? Toutes les personnes avec lesquelles j'entretiens des rapports d'affaires ou d'amitié, peuvent-elles rendre ce témoignage, et quand je les quitte, disent-elles avec bonheur: Dieu a passé par là? Le feu de la charité, l'amour de l'innocence, l'esprit de l'Evangile a été soufflé, respiré sur nous; nous en sommes pénétrés, et nous sentons en nous quelque chose qui vient de nous être donné. O Saint Esprit, vous seul pouvez m'apprendre cet art divin de vous introduire dans les âmes; hélas! le plus souvent, c'est un esprit de vanité, de colère et de jalousie que je respire sur mes frères; est-ce donc là ce qu'ils doivent attendre de moi, après toutes les grâces dont vous m'avez favorisé? Non, mon Dieu, non, je ne veux plus porter l'odeur de la mort parmi vos enfants, mais je laisserai toujours au milieu d'eux une odeur de vie qui les rendra meilleurs, et ce sera en soufflant sur eux comme Jésus Christ, pour leur communiquer l'Esprit de grâce et de sainteté!...

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6 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

 

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Septième jour

 

Les opération du Saint Esprit dans l'âme fidèle


Jésus Christ disait à ses Apôtres: « Quand le Saint Esprit viendra, il prendra de ce qui est de moi, et il vous le communiquera ». Sans doute, il faut entendre par là que le Saint Esprit prendra de la lumière, de la science, de la sagesse qui est en Jésus Christ, de la grâce, de la vérité, de la sainteté qui est en lui, pour communiquer aux disciples ces trésors que le Maître possède dans toute leur plénitude. Mais ne me sera-t-il pas permis,en méditant cette belle parole, d'aller droit à ce que j'aime le plus dans Jésus Christ, je veux dire son Cœur, et de me demander ensuite à moi-même, ce que j'ambitionnerais le plus de tout ce que renferme d'admirable le Cœur de mon divin Maître, ce que je voudrais que le Saint Esprit pût prendre dans ce tabernacle pour l'apporter dans moi, pour me le communiquer? Je sais qu'avec mon Jésus tout m'est permis, eu fait d'ambition. Ne m'a-t-il pas dit: « toi dans moi, et moi dans toi »? n'a-t-il pas ajouté: « tout ce qui est à moi est à toi »? Pourquoi serais-je si timide, après de semblables témoignages d'une tendresse qui ne saurait rencontrer son égale? D'ailleurs, saint Paul ne m'exhorte-t-il pas à venir avec une confiance sans bornes, au trône de la grâce, et ce trône n'est-il pas évidemment le Cœur de mon Jésus? Je vais donc à ce Cœur; mais je n'y vais pas seul. Il m'a été dit que le Saint Esprit prendra de ce Cœur pour me le communiquer.


C'est au Saint Esprit que je demande de me rapprocher de ce même Cœur, d'y prendre tout pour me donner tout. Mais que trouve-t-on dans un cœur? Quelles sont les qualités de l'âme qu'on attribue au cœur, et qui lui sont particulières? Je le dis sans hésiter, ce sont les inclinations, les penchants, les goûts. On connaît un cœur, on le distingue des autres par là. Je n'ai pas ici à me-mettre en peine, comme s'il s'agissait d'un homme ordinaire. Les sympathies, les inclinations, les goûts de Jésus Christ, les penchants de son Cœur, tout est infiniment bon, beau, saint et aimable. Eh bien, voilà ce que le Saint Esprit, sans lequel je ne puis pas voir, encore moins aimer et prendre pour moi ces sympathies, ces inclinations et ces goûts, voilà, dis-je, ce que le Saint Esprit prendra de Jésus pour me le communiquer. C'est le Sauveur lui-même qui l'assure: O anoblissement, ô divinisation du cœur humain! O transformation incompréhensible! quoi! je puis avoir un cœur qui sente, qui aime comme le cœur d'un Dieu ! un cœur dont les inclinations, les penchants et les goûts se confondent avec ceux d'un Dieu! O richesses incomparables! ô amour infini de mon Dieu pour un être aussi vil, aussi abject que je le suis! Eh bien! je veux contempler cette vérité consolante, et pour m'en pénétrer vivement, je désire répondre d'abord à cette grande question: qu'a aimé et qu'aime encore Jésus Christ? Je ne dis pas assez; quels ont été, quels sont encore les inclinations, les penchants, les sympathies et les goûts du Cœur de mon Jésus? O Saint Esprit, répondez pour moi; et puis allez prendre tout ce qui est le propre du Cœur de Jésus et donnez-le, communiquez-le à mon propre cœur! Ce désir me brûle; pourrais-je en avoir un autre?

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L'Eglise a toutes les sympathies du Cœur de Jésus


L'Eglise c'est l'épouse de Jésus-christ. Cette épouse qui a coûté beaucoup; il l'a acquise au prix de son sang. S'il faut juger l'amour que le Sauveur a pour elle par les sacrifices qu'il a faits afin de la posséder éternellement, qui essaiera de dire cet amour? Le sacrement de Mariage n'est qu'un symbole, une image très imparfaite de l'union que Jésus Christ a contractée avec son Église. En l'épousant, après l'avoir choisie et formée de ses mains divines, il lui a donné son Cœur. Ce don est irrévocable; ici le divorce, la simple séparation sont impossibles; non, point de séparation, ni d'esprit, ni de corps, ni de biens, ni de sentiments. Les caresses de Jésus Christ à son Église se traduisent par les paroles les plus enflammées d'amour, par les actes les plus généreux. S'il parle d'elle, c'est toujours pour lui prodiguer les plus tendres discours. Il l'appelle son unique, sa belle, son immaculée, sa sœur, sa colombe, son lis, sa rose. Il nous déclare qu'un seul de ses cheveux fait à son cœur une blessure d'amour. On voit qu'il est jaloux d'elle. Non, il ne permettra pas qu'on la lui ravisse. C'est son bien, sa richesse, sa consolation, sa douceur. Il en est fier! Entendez-vous ces déclarations: « Tu es dans moi, et moi dans toi; habite dans mon cœur. Ne crains rien; comme mon Père m'a aimé d'un amour infini dans l'éternité, moi à mon tour, je t'aime! » Mais si des paroles je veux passer aux actes, quelle idée n'aurai-je pas de l'amour de Jésus Christ pour son Église? Que lui a-t-il refusé? que pouvait-il lui donner qu'il ne lui ait donné? quand on se livre tout entier à l'objet aimé, celui-ci peut-il exiger davantage? Corps adorable, sang précieux de mon Jésus, vous êtes la propriété de l'Eglise. Certes, il faut que le divin Époux ait eu pour son Église, un bien violent amour! Eh bien, qui refusera de croire que les penchants les plus doux et les plus irrésistibles de Jésus Christ sont pour l'Église? qui doutera que son inclination la plus forte ait pour objet l'Église? qui ne consentira à dire que les plus vives sympathies, les goûts les plus prononcés du Cœur de Jésus Christ sont acquis à l'Église?


Mais s'il en est ainsi, il faudra dire que le Saint Esprit ayant pour mission de prendre de Jésus Christ pour nous le communiquer, le signe auquel un chrétien pourra connaître que le Saint-Esprit a rempli sa mission en sa faveur, devra être ce goût, ce penchant, cette inclination pour l'Eglise. Si je n'avais pas ce goût de l'Eglise, cette inclination pour l'Église; si l'Église n'avait pas mes sympathies et qu'on voulût me persuader que je suis de Jésus-christ, que le Saint-Esprit a fait de moi son temple, qu'il est mon Directeur et mon Maître, je dirais tout simplement qu'on se moque de moi. Mais alors, il faudra que je dise: l'âme chez laquelle le Saint Esprit a apporté ce qui est de Jésus Christ, c'est celle qui souffre de toutes les douleurs de l'Église, celle dont les plus ardentes sollicitudes sont pour l'Église; l'âme qui bondit de joie quand l'Église triomphe, quand elle étend ses conquêtes; c'est l'âme qui est profondément triste quand les ennemis de l'Église triomphent; enfin c'est L'âme qui confond ses joies et ses tristesses, ses craintes et ses espérances, tous ses intérêts avec les craintes, les joies et les intérêts de l'Église. Pour ce qui est des âmes étrangères aux sentiments qu'éprouve l'Église, indifférentes en présence de ses douleurs ou de ses joies, qui sont presque étonnées de voir un chrétien qui s'anime en parlant de l'Église, que voulez-vous que je pense de leur état? Le Saint Esprit n'est pas venu dans elles; car là où il vient, il apporte, il donne ce qui est de Jésus-christ, donc l'amour et le goût de Jésus-christ pour son Église. O mon Dieu, combien de pauvres âmes qui s'abusent! Elles croient vivre par le Saint Esprit, et c'est leur propre esprit qui est toute leur vie.

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Les inclinations du Cœur de Jésus pour la Croix


C'est une vérité qu'il suffit d'énoncer et qui se passe de preuves; tous les goûts, toutes les sympathies de Jésus-christ, les penchants de son âme, les inclinations de son Cœur sont pour la croix. C'est bien d'elle qu'il voulait parler, quand il poussait ce cri sublime: « Combien je me sens pressé d'arriver au baptême de sang qui m'est réservé! » Et ailleurs: « Oh! qu'il a été grand mon désir d'arriver à cette divine Pâque après laquelle je mourrai! » Quand le Sauveur apparaît brillant de lumière sur le Tabor, de quoi parle-t-il avec Moïse et Elie? demandez-le à l'historien sacré, il vous répondra: De la mort qu'il devait bientôt endurer à Jérusalem. Avec ses douze apôtres, de quoi s'entretient Jésus-christ? De sa Passion, de la croix sur laquelle il sera immolé. Certes, si la bouche parle de l'abondance du cœur, il faut bien convenir d'une chose, c'est que le Cœur de Jésus Christ fut constamment porté vers la croix. Jésus-christ a pour son Eglise un amour immense; mais quel était l'arbre qui devait produire ce fruit d'éternelle bénédiction? En d'autres termes, où devait naître l'Eglise? Le nouvel Adam,quand devait-il recevoir son Epouse? La croix, la croix, voilà l'arbre qui a produit ce fruit admirable. La croix, voilà le berceau de l'Eglise, voilà le lit nuptial où a été consommé le divin Mariage qui unit à jamais Jésus Christ, l'Epoux céleste, à l'Eglise qu'il avait choisie de toute éternité pour en faire son Epouse. Jésus-christ pouvait-il donc n'avoir pas pour la croix cet amour qu'il réservait à son Eglise? Non, la croix qui a donné à Jésus son Epouse, possédera toujours son cœur. Ses penchants, ses inclinations, ses sympathies sont pour elle; ses goûts lui sont irrévocablement acquis.


Aussi voyez-vous comme il l'exalte aux yeux du monde entier? elle est son signe, son étendard, son drapeau; sans elle vous ne rencontrerez jamais la victoire; par elle, le monde et l'enfer sont soumis. L'Eglise a si bien compris ce goût de Jésus-christ pour la croix, qu'elle emploie à chaque instant ce signe sacré pour attirer sur la terre toutes les bénédictions du ciel. Point de sacrifice, de sacrement, de supplications, de prière sans la croix; on dirait que le regard de Jésus Christ ne peut pas être attiré sur la création, à moins que pour arriver à elle, ce regard ne rencontre la croix. Mais je me trompe, ce n'est pas une supposition que j'exprime, c'est bien une réalité dont l'évidence ne sera contestée par personne. Eh bien, que fait le Saint Esprit pour sanctifier une âme? Il prend dans le Cœur de Jésus Christ cet amour de la croix, cette inclination, ce penchant, ces sympathies, ce goût pour la croix, et il les communique à l'âme qui doit être l'amie de Jésus. Sans cette communication, la sainteté serait impossible. Voyez les apôtres lorsqu'ils sortent du Cénacle; consultez saint Paul converti; qu'apercevez-vous en eux? qu'exprime leur langage? que nous dit toute leur conduite? Ils sont fous d'amour pour la croix; c'est de la croix qu'ils parlent; c'est la croix qu'ils prêchent partout, et avec une force étonnante qui atteste le goût et l'amour de la croix, mais un amour qui va jusqu'à une sorte do délire dont les peuples païens commencent par se scandaliser, en attendant que ce délire s'empare de leur âme. O chrétien, quand tu fus baptisé, le Saint-Esprit s'empara de toi. Mais auparavant, la croix fut empreinte sur ton front et sur ta poitrine. Comprends-tu ce mystère, cette liaison nécessaire, indispensable, entre le règne de l'Esprit Saint dans ton âme, et la pensée constante, et l'amour vrai, fort, persévérant de la croix? Oh! les justes, ceux que le Saint Esprit fait des hommes spirituels, comme leurs goûts, leurs sympathies, toutes leurs inclinations sont pour la croix! Que de baisers brûlants d'amour! Avec quelle tendresse ils la font reposer sur leur cœur! ou le voit bien; le Saint-Esprit est allé prendre ce goût de la croix dans le Cœur de Jésus, et il l'a communiqué à leur âme.

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Les inclinations du Cœur de Jésus pour la divine Eucharistie


Je cherche avec une sainte avidité les signes manifestes de la présence du Saint Esprit dans une âme. Saint Paul m'a dit que les justes avaient reçu le sceau du Saint Esprit; pourquoi ne voudrais-je pas connaître ce sceau qui marque les âmes justifiées et les sépare des hommes de la terre? J'ai vu très clairement une chose, c'est que le signe, le sceau divin des enfants de Dieu se trouve dans leur cœur, et qu'il consiste dans la conformité des goûts, des penchants, des inclinations de ce cœur avec les goûts et les penchants du Cœur de Jésus Christ. L'Eglise et la Croix ont toutes les sympathies de Jésus-christ, parce que l'Eglise et la Croix sont inséparables comme la cause est inséparable de son effet. Mais que dirai-je maintenant de la divine Eucharistie? Les sympathies de Jésus Christ, ses goûts sont-ils pour ce Sacrement adorable ? Les penchants, les inclinations de son Cœur ont-ils pour objet la divine hostie? Pour première réponse à cette question, je demanderai à mon tour si la sainte Eucharistie n'est pas le trésor incomparable de Jésus Christ. Quand je nomme ce Sacrement auguste, puis-je y voir autre chose que la chair sacrée dont le Fils de Dieu s'est revêtu dans le sein de la Vierge, autre chose que le sang infiniment adorable qui, après avoir été répandu pour le salut du monde, continuera à couler éternellement dans les veines d'un Dieu? N'est-ce pas par cette chair divinisée, par ce sang d'un prix infini, que Jésus Christ a glorifié son Père, et a racheté le genre humain? Mais s'il en est ainsi, comment Jésus Christ considère-t-il lui-même sa chair et son sang? Quelle estime en a-t-il? Cette estime a-t-elle des limites, des bornes? Et si cette estime est sans bornes, peut-elle ne pas produire un amour infini? Dans l'âme parfaite du Fils de Dieu, l'estime et l'amour peuvent-ils avoir un caractère différent, n'être pas au même degré?


Mais voyons les faits. Il est certain que la conduite de Jésus Christ à l'égard de sa chair adorable et de son sang précieux doit nous dire la mesure de son amour, de son goût, de ses sympathies pour cette même chair et pour ce sang adorable. Eh bien! je dis que cet amour de son corps sacré a porté Jésus Christ à lui faire, à lui accorder un honneur infini, une gloire divine. Cet honneur et cette gloire, je les trouve dans l'Eucharistie. Voyez ce trône élevé dans l'Eglise! Là tous les hommages, tous les honneurs dus à la divinité sont rendus perpétuellement au corps de Jésus Christ. Toute la terre est remplie de cette gloire, tous les peuples la chantent; c'est un triomphe de chaque instant. Mais voulez-vous un honneur plus grand encore que celui d'une adoration universelle? Regardez bien la divine hostie; Jésus Christ en a fait le pain de nos âmes, et c'est ici que je trouve pour la chair et le sang du Sauveur une gloire qui dépasse toute conception humaine. Quoi! la chair et le sang de Jésus nourriront mon âme qui est une substance spirituelle? Le corps nourrira l'esprit, la matière donnera la vie à l'intelligence! ô mystère incompréhensible! or ce mystère, c'est la glorification la plus sublime que je puisse concevoir de la sainte humanité de Jésus Christ. Cette glorification si élevée, si sublime, que suppose-t-elle, sinon de la part de celui qui l'a voulue, un amour immense pour ce même corps, pour ce sang précieux que je trouve dans le divin Sacrement de l'autel. Dites maintenant si Jésus-christ n'aura pas pour ce Sacrement, une prédilection, une sympathie, un goût, un amour au-dessus de tout ce qu'il est possible d'imaginer. Non, jamais les inclinations du Cœur de Jésus, ses penchants, ses sympathies, ses goûts ne rencontreront un objet plus digne de les attirer et de les rendre infinis! Mais s'il en était ainsi, une âme en faveur de laquelle le Saint Esprit fait ce qu'a prédit Jésus Christ, aura nécessairement un goût très-vif pour la sainte Eucharistie.


Toutes ses inclinations iront là; tous ses penchants la porteront vers cet objet, toutes ses sympathies lui seront acquises. Il n'y a pas de milieu possible; ou il faut admettre cette vérité, ou bien il faut accepter l'accusation d'idiotisme. Lors donc que je rencontrerai cette ligne dans l'Evangile: Le Saint-Esprit prendra de moi pour vous le communiquer, je devrai me souvenir de l'amour, du goût de Jésus-christ pour le divin Sacrement de l'autel, et examiner où en est mon cœur par rapport à ce goût, à cet amour. Ce sera le moyen de connaître le degré d'action du Saint-Esprit dans moi. Je ne dois pas finir cette méditation sans résumer tout ce qui vient d'être dit; les vérités que je viens d'étudier sont trop importantes pour qu'il me soit permis de les oublier. Qui a lés inclinations et les goûts de Jésus-christ? Un petit nombre de chrétiens, parmi ceux qui vivent dans le tumulte du monde. La plupart des hommes, s'ils connaissaient bien les sympathies et les penchants de Jésus-christ, n'hésiteraient pas à les condamner. Cependant les vrais fidèles, ceux qui ont l'esprit de Dieu, admirent, aiment tout ce que Jésus-christ a aimé, et ils s'efforcent de croître dans cet amour qui seul peut les sauver. De quel côté suis-je en ce moment? ai-je le goût de Jésus-christ? car enfin, être dégoûté de tout ce qu'il aime, c'est être dégoûté de lui. Mais qu'est-ce qu'un chrétien qui est sans goût pour Jésus-christ? Cet infortuné ne saurait avoir le goût de Dieu et de ce qui vient de lui; que dois-je penser de son état? Ames fidèles, laissez dire le monde; laissez-le à sa folie, s'il refuse de devenir sage. Pour vous, n'oubliez rien pour augmenter dans votre âme ce goût divin, tout céleste, ces sympathies surnaturelles que le Saint Esprit vous a communiquées, et vous pourrez dire avec saint Paul: « Moi je n'ai pas reçu l'esprit de ce siècle, mais l'Esprit qui vient de Dieu ».

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13 décembre 2010

Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille 16/26

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Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille

Communion Marie Reine des Familles

Septième jour

Consécration à Marie Mère

Qui mieux que Marie peut nous enseigner ce qu'est la maternité? L'Hymne Acathiste nous dit qu'Elle est porteuse de Celui qui porte tout. Chaque mère considère que l'enfant qu'elle porte est l'univers entier, son petit est son tout. Il est d'abord une partie intégrante d'elle-même qu'elle va mettre au monde puis une autre créature pour laquelle elle se donne sans compter puis elle devra, tout en gardant un lien unique et inaltérable, le laisser voler de ses propres ailes et accepter qu'il est tout autre qu'elle-même. Ce cheminement ne s'est pas fait sans douleur pour la Vierge qui a dû offrir Son Fils pour le monde, pour que le monde devienne par l'Eglise une immense famille dont Elle sera la Mère. Songeons à la Parole du Christ en Croix: « Femme voici ton fils, fils voici ta Mère ». Jésus enseigne à Sa Mère le renoncement au lien exclusif et Lui donne un enfant qu'Elle n'a pas enfanté. La maternité revêt un caractère universel, une mère est mère de tous les enfants du monde. D'une certaine manière, Marie perd son enfant qui va devenir Son Frère. L'achèvement de la maternité est dans une relation de fraternité, d'amitié humaine et spirituelle dont la source d'inspiration est la vie de Foi. La mère doit choisir que son enfant grandisse et s'affranchisse, la maternité doit grandir et se transformer en même temps que l'enfant. Dieu possède un caractère maternel qui trouve son expression en Marie, Mère de Miséricorde. La Miséricorde signifie littéralement, en hébreux, « l'utérus »; (hyster, en grec, qui a donné le mot « hystérique », la conception juive est plus optimiste et positive!), la matrice. Cet amour en effet ne passe pas par la raison, il est viscéral, plus fort que tout. Même si une mère arrivait à oublier son enfant, le Père de Miséricordes, le Père possédant des entrailles de mère, ne pourrait détourner de lui son amour. Dans le jugement de Salomon ce sont ces entrailles maternelles qui s'expriment chez la vraie mère. Vivre à la fois cet amour puissant et inconditionnel pour l'enfant et respecter sa liberté est une tâche difficile. L'exemple et le secours de la Vierge nous sont nécessaires. Comme la paternité, la maternité procède d'en-hait, elle se reçoit du créateur. Bien des mères aujourd'hui considèrent que l'accueil de la vie, et des vies nombreuses constitue un empêchement à vivre sur le plan humain alors qu'il est l'épanouissement d'une mission, d'une vocation reçue de Dieu.

Antienne

Sion chaque homme l'appelle sa mère, car en elle, tout homme est né. (Psaume 87).

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La Parole de Dieu

Premier Livre des Rois 3: 16-28

Alors deux femmes prostituées vinrent chez le roi, et se présentèrent devant lui. L'une des femmes dit: Pardon! mon seigneur, moi et cette femme nous demeurions dans la même maison, et je suis accouché près d'elle dans la maison. Trois jours après, cette femme est aussi accouché. Nous habitions ensemble, aucun étranger n'était avec nous dans la maison, il n'y avait que nous deux. Le fils de cette femme est mort pendant la nuit, parce qu'elle s'était couchée sur lui. Elle s'est levée au milieu de la nuit, elle a pris mon fils à mes côtés tandis que ta servante dormait, et elle l'a couché dans son sein; et son fils qui était mort, elle l'a couché dans mon sein. Le matin, je me suis levée pour allaiter mon fils; et voici, il était mort. Je l'ai regardé attentivement le matin; et voici, ce n'était pas mon fils que j'avais enfanté. L'autre femme dit: Au contraire! c'est mon fils qui est vivant, et c'est ton fils qui est mort. Mais la première répliqua: Nullement! C'est ton fils qui est mort, et c'est mon fils qui est vivant. C'est ainsi qu'elles parlèrent devant le roi. Le roi dit: L'une dit: C'est mon fils qui est vivant, et c'est ton fils qui est mort; et l'autre dit: Nullement! c'est ton fils qui est mort, et c'est mon fils qui est vivant. Puis il ajouta: Apportez-moi une épée. On apporta une épée devant le roi. Et le roi dit: Coupez en deux l'enfant qui vit, et donnez-en la moitié à l'une et la moitié à l'autre. Alors la femme dont le fils était vivant sentit ses entrailles s'émouvoir pour son fils, et elle dit au roi: Ah! mon seigneur, donnez-lui l'enfant qui vit, et ne le faites point mourir. Mais l'autre dit: Il ne sera ni à moi ni à toi; coupez-le! Et le roi, prenant la parole, dit: Donnez à la première l'enfant qui vit, et ne le faites point mourir. C'est elle qui est sa mère. Tout Israël apprit le jugement que le roi avait prononcé. Et l'on craignit le roi, car on vit que la sagesse de Dieu était en lui pour le diriger dans ses jugements.

Marie est la Mère du Verbe, qui plus qu'Elle écoute la Parole de Dieu et la met en pratique? Mais Jésus vient affirmer que les liens de la chair et du sang doivent être assumés par les liens de l'Esprit.

Saint Luc 8: 19-21

La mère et les frères de Jésus vinrent le trouver; mais ils ne purent l'aborder, à cause de la foule. On lui dit: Ta mère et tes frères sont dehors, et ils désirent te voir. Mais il répondit: Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique.

La traduction exacte n'est pas voici ta mère, mais voici la mère:

Saint Jean 19: 26-27

Jésus, voyant sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère: Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple: Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui.

Sion chaque homme l'appelle sa mère, car en elle, tout homme est né.

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L'Enseignement de l'Eglise

Vénérable Jean Paul II, « La Dignité et la Vocation de la Femme », § 18

La maternité comporte dès son origine une ouverture particulière à cette personne nouvelle: c'est justement là le «rôle» de la femme. Dans cette ouverture, dans la conception et l'enfantement, la femme «se trouve par le don désintéressé d'elle-même». Le don de la disponibilité intérieure à accepter l'enfant et à le mettre au monde est lié à l'union matrimoniale qui, comme on l'a dit, devrait constituer un moment particulier du don de soi réciproque de la part et de la femme et de l'homme. La conception et la naissance d'un nouvel être humain s'accompagnent, selon la Bible, de ces paroles de la femme-mère: «J'ai acquis un homme de par le Seigneur» (Gn 4, 1). L'exclamation d'Eve, «mère de tous les vivants», se répète chaque fois que vient au monde un nouvel être humain, elle exprime la joie de la femme et sa conscience de participer au grand mystère de la génération éternelle. Les époux participent à la puissance créatrice de Dieu!

Pourtant, même si tous deux sont ensemble les parents de leur enfant, la maternité de la femme constitue un «rôle» particulier dans leur rôle commun de parents, et même le rôle le plus exigeant. Etre parents, même si cela concerne l'un et l'autre, cela se réalise beaucoup plus en la femme, spécialement dans la période prénatale. C'est la femme qui «paie» directement le prix de cet engendrement commun où se consomment littéralement les énergies de son corps et de son âme. Il faut donc que l'homme ait pleinement conscience de contracter une dette particulière envers la femme, dans leur fonction commune de parents. Aucun programme de «parité des droits» des femmes et des hommes n'est valable si cela n'est pas pris en compte d'une manière tout à fait centrale. La maternité comporte une communion particulière avec le mystère de la vie qui mûrit dans le sein de la femme: la mère admire ce mystère; par son intuition unique, elle «comprend» ce qui se produit en elle. A la lumière du «commencement», la mère accepte et aime comme une personne l'enfant qu'elle porte dans son sein. Ce genre unique de contact avec le nouvel être humain en gestation crée, à son tour, une attitude envers l'homme, non seulement envers son propre enfant mais envers l'homme en général, de nature à caractériser profondément toute la personnalité de la femme. On admet habituellement que la femme est plus capable que l'homme d'attention à la personne humaine concrète, et que la maternité développe encore cette disposition. L'homme, même s'il prend toute sa part dans cette fonction des parents, se trouve toujours «à l'extérieur» du processus de la gestation et de la naissance de l'enfant, et, à bien des égards, il lui faut apprendre de la mère sa propre «paternité». Cela, peut-on dire, entre dans le dynamisme humain normal de la fonction des parents, même quand il s'agit des étapes postérieures à la naissance de l'enfant, spécialement dans la première période. L'éducation de l'enfant, considérée dans son ensemble, devrait inclure la double contribution des parents: la contribution maternelle et la contribution paternelle. Cependant le rôle de la mère est décisif pour les fondements d'une personnalité humaine nouvelle.

Sion chaque homme l'appelle sa mère, car en elle, tout homme est né.

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L'exemple de la Famille Martin

Thérèse demande à sa maman si elle ira au Ciel: « Je lui ai dit que oui, si elle était bien sage. Elle me répond: « Oui, mais si je n'étais pas mignonne j'irais dans l'enfer, mais moi je sais bien ce que je ferais, je m'envolerais avec toi qui serais au Ciel, comment le Bon Dieu ferait-Il pour me prendre? Tu me tiendrais bien fort dans tes bras! » Et sa mère ajoute: « J'ai vu dans ses yeux qu'elle croyait positivement que le Bon Dieu ne lui pouvait rien si elle était dans les bras de sa mère! » (Zélie, lettre N° 170, « Correspondance Familiale », Ed. Du Cerf)

« La Sainte Vierge m'a fait sentir que c'était vraiment Elle qui m'avait souri et m'avait guérie. Je compris qu'Elle veillait sur moi, que j'étais son enfant, aussi je ne pouvais plus Lui donner que le nom de « Maman », car il me semblait encore plus tendre que celui de « Mère ». Avec quelle ferveur ne l'ai-je pas priée de me garder toujours et de réaliser bientôt mon rêve en me cachant à l'ombre de son manteau virginal. Ah! C'était là un de mes premiers désirs d'enfant. En grandissant, j'avais compris que c'était au Carmel qu'il me serait possible de trouver véritablement le manteau de la Sainte Vierge et c'était vers cette montagne fertile que tendaient tous mes désirs ». (Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, « Manuscrits Autobiographique », Manuscrit A, folio 57, Oeuvres Complètes, aux Ed. Du Cerf).

Sion chaque homme l'appelle sa mère, car en elle, tout homme est né.

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Prière consécratoire

O Marie, Nouvelle Eve, je Vous consacre, aujourd'hui toutes mes capacités à être mère, et à vivre la maternité en Vous, Mère de tous les vivants. Je Vous consacre toutes les souffrances liées à mon enfance qui m'empêchent de vivre pleinement la grâce de la maternité. Que je puisse à Votre exemple, Marie, être réceptacle de ce mystère extraordinaire de fécondité, quelles que soient les circonstances humaines et psychologiques de ma vie. Donnez-moi, Marie, d'accueillir pleinement la vie, les vies, que le Créateur me donne ou me donnera de porter, tout en Lui remettant ces liens d'amour indestructibles, pour que je puisse vivre un amour oblatif avec chacun de mes enfants. Amen.

Sion chaque homme l'appelle sa mère, car en elle, tout homme est né.

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Exercice

Dans cet exercice, chaque mère consacrera toutes les souffrances liées à la maternité, afin de vivre dans la paix, le calme et la sérénité que la famille attend d'elle. Pour cela nous méditerons en premier lieu le merveilleux commentaire du Vénérable Jean Paul II sur le verset: « la femme qui enfante dans la douleur »: « En contemplant cette Mère, à qui «une épée a transpercé l'âme» (cf. Lc 2, 35), l'esprit se tourne vers toutes les femmes qui souffrent dans le monde, qui souffrent physiquement ou moralement. Dans cette souffrance, la sensibilité propre de la femme joue aussi son rôle; même si souvent elle sait mieux résister à la souffrance que l'homme. Il est difficile de faire le bilan de ces souffrances, il est difficile de les nommer toutes: on peut rappeler la préoccupation maternelle pour les enfants, surtout quand ils sont malades ou qu'ils prennent une voie mauvaise, la mort des personnes les plus chères, la solitude des mères qu'oublient les enfants adultes ou celle des veuves, les souffrances des femmes qui luttent seules pour survivre et des femmes qui ont été lésées ou qui sont exploitées. Il y a enfin les souffrances des consciences à cause du péché qui a blessé la dignité humaine ou maternelle de la femme, les blessures des consciences qui ne se cicatrisent pas facilement. C'est aussi avec ces souffrances qu'il faut venir au pied de la Croix du Christ. Mais les paroles de l'Evangile sur la femme qui éprouve de la tristesse lorsqu'est venue pour elle l'heure de donner le jour à son enfant expriment aussitôt après la joie: c'est «la joie qu'un homme soit venu au monde». Cette joie se rattache aussi au mystère pascal, c'est-à-dire à la joie qui est donnée en partage aux Apôtres le jour de la Résurrection du Christ ». (Dignité et Vocation de la Femme, Vénérable Jean Paul II, § 19).

Comme le dit le Saint Père, les souffrances de la maternité sont très nombreuses, nous allons en considérer quelques-unes dans la présence de Marie. L'accueil de la vie est parfois difficile à cause des circonstances pénibles dans lesquelles elle a été transmise, particulièrement quand elle est le fruit égoïste de l'homme, voire de violences conjugales s'apparentant au viol. Il s'agit de considérer que la puissance de la vie est infiniment plus grande que notre acquiescement. Au lieu de s'attarder sir les conditions de transmission de la vie, contemplons le désir de Dieu de donner la vie. Il n'est jamais trop tard pour dire oui. Le coût d'une vie peut paraître disproportionné? Evoquons, les grossesses difficiles qui ont comme effacé la joie d'attendre un enfant et trouvons des ressources dans la joie de Marie de porter en Elle le Fils de Dieu, même dans les fatigues et les soucis de la Fuite en Egypte. Emerveillons-nous devant le miracle de la vie. Remettons à la Vierge toute amertume d'être seule pendant le temps de la gestation, que l'absence du père soit physique ou psychologique. Apportons au pied de la Croix toutes formes de souffrances, afin qu'unies à celles de Jésus, elles deviennent rédemptrices pour notre famille. Enfin, acceptons avec Marie, de donner nos enfants, acceptons les séparations, les incompréhensions, les reproches, les mésententes.

Exercice supplémentaire pour les familles où s'est produite une interruption de grossesse

Pour une interruption volontaire, la première chose à faire est de recourir au Sacrement de la Réconciliation, on méditera avec un grand profit l'Encyclique du Vénérable Jean Paul II et plus spécialement la strophe 99: « le Père de toute miséricorde vous attend pour vous offrir son pardon et sa paix dans le sacrement de la réconciliation. Vous vous rendrez compte que rien n'est perdu et vous pourrez aussi demander pardon à votre enfant qui vit désormais dans le Seigneur. Avec l'aide des conseils et de la présence de personnes amies compétentes, vous pourrez faire partie des défenseurs les plus convaincants du droit de tous à la vie par votre témoignage douloureux. Dans votre engagement pour la vie, éventuellement couronné par la naissance de nouvelles créatures et exercé par l'accueil et l'attention envers ceux qui ont le plus besoin d'une présence chaleureuse, vous travaillerez à instaurer une nouvelle manière de considérer la vie de l'homme ». Dans les deux cas (interruption volontaire ou accidentelle), ce qui est sûr, c'est que votre enfant vit dans le Seigneur comme l'affirme le Saint Père, il est doc important de le reconnaître, de lui donner un nom, d'avoir recours à sa prière. Il est aussi important après un tel acte, de reconsacrer son sein à la vie, de prier la Sainte Vierge et de méditer sur l'instant où le Verbe est venu dans son sein. En effet, l'enfant qui sera conçu ensuite doit percevoir le sein maternel comme un lieu de vie et de lumière et non comme un lieu de mort.

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15 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Vingt-troisième jour

Jésus suit ses parents à Jérusalem

 

« Lorsqu'il fut âgé de douze ans, ils y allèrent, selon la coutume qui s'observait à cette fête ». (Luc 3) Jésus-Christ, en venant au monde, sans se mettre en peine de naître dans une maison opulente, ni de se choisir des parents illustres par leurs richesses ou par leur savoir, se contente de leur piété pour nous apprendre, non à nous réjouir de l'éclat de notre famille, ni non plus à nous attrister de son obscurité, mais à nous féliciter d'y avoir trouvé l'édification et les bons exemples, d'y avoir été formé par de saintes habitudes à servir Dieu et à vivre dans sa crainte. Joseph et Marie, selon le précepte de la loi, ne manquaient pas tous les ans d'aller célébrer la Pâque dans le temple de Jérusalem; ils y menaient leur cher Fils. Efforcez-vous aujourd'hui de pénétrer les dispositions adorables dans lesquelles il y vient, et qui doivent être le modèle des vôtres, quand vous venez dans l'église. Il y vient 1° pour obéir à la loi, 2° pour édifier le prochain, 3° pour s'offrir à son Père.

 

Pour obéir à la Loi

 

Elle prescrivait à tous les enfants d'Israël de se rendre tous les ans à Jérusalem afin d'y célébrer la Pâque. Jésus se laissa mener comme un enfant ordinaire, peut être même instruire par ses parents des motifs de cette observance et du mystère de cette fête. Ce n'était pas sans doute la première fois qu'on l'y conduisait; mais c'était l'époque à laquelle il devait se manifester, entrer dans sa carrière évangélique, et, comme il le dira lui-même, s'employer à ce qui regarde le service de son Père. Il a passé dans le plus profond silence tout le temps de son enfance; mais au terme de ce premier âge, quand il a atteint sa douzième année, il se révèle. Il est divinement impatient de s'employer à ce service de son Père, de le faire connaître aux hommes, et de répandre dans leurs cœurs son saint amour. Toutefois il ne précipite rien, pour ne point paraître vouloir forcer la nature, mais plutôt en suivre le cours et le progrès; il attend qu'il ait atteint cet âge de douze ans, où l'on commence à être capable de raisonnements et de réflexions plus solides, consacrant sa démarche par la triple obéissance qu'il y rend à son Père céleste, à la loi et à ses parents. Quelle admirable perfection dans toute votre conduite, ô mon Sauveur! mais surtout quelle entière, quelle ponctuelle obéissance! Vous n'êtes pas moins admirable quand vous captivez votre science et votre zèle que quand vous les manifestez. Vous montrez que vous agisse en toutes choses avec nombre, poids et mesure. Hélas! ô mon âme! est-ce avec cette ponctualité que tu obéis aux divins commandements? est-ce une pieuse coutume, est-ce une véritable obéissance à la loi qui te conduit dans le saint temple, ou une misérable routine? En t'y rendant, t'occupes-tu de ce qui regarde le service de ton Père, la gloire de ton Dieu, le salut éternel? est-ce dans la compagnie de Marie et de Joseph, de ton Ange gardien, des Saints tes protecteurs, que lu marches? est-ce l'Esprit de Jésus-Christ qui t'amène à la maison de prière, près de l'autel du sacrifice. O divin Enfant! que la comparaison de mes démarches avec les vôtres est propre à m'humilier et à me faire trembler! que j'ai sujet de craindre même pour ce que j'appelle mes bonnes œuvres! que dirai-je donc, ou plutôt que direz-vous, quel terrible jugement porterez-vous des inutilités et des désordres de ma vie?

 

Pour édifier

 

La première pensée de l'Enfant Jésus dans toutes ses démarches était la gloire de son Père, la seconde le salut des hommes. Il vient donc au temple pour y adorer Dieu, comme le prescrit la loi, mais aussi pour y sanctifier par ses vœux et ses hommages les prières, les oblations et les sacrifices du peuple. Mais quelle ardeur! quelle sublimité d'oraison ! quelle intime effusion de cœur entre Jésus Enfant et son Père céleste! Entrez en esprit dans ce temple de Jérusalem, qui renferme le temple vivant où le vrai Dieu réside; formez-vous l'idée de ce divin Enfant en posture de suppliant et d'adorateur. Quelle humilité, quelle modestie! quel respect! quel recueillement! Faites y attention, gravez-en le portrait dans votre cœur; et si vous priez par Jésus-Christ parce qu'il est votre médiateur,priez comme lui parce qu'il est votre modèle. L'est-il véritablement, ô mon âme! Songes-tu sérieusement à l'imiter, lorsque les solennités t'appellent dans le temple saint qu'il daigne habiter? t'appliques-tu à retracer son humilité, son recueillement,sa ferveur? Que d'évagations! quels airs mondains, vaniteux, superbes aux pieds mêmes du Dieu si profondément anéanti dans le mystère de son amour! Est-ce bien lui qui occupe tes pensées? sont-ce ses grandeurs, ses bienfaits son immense miséricorde que tu médites? ou plutôt ne laisses-tu pas errer tes souvenirs sur mille vains objets indignes de son adorable présence? Ah! Seigneur! j'ai mérité mille fois ce reproche du prophète: Ce peuple m'honore des lèvres, mais leur cœur est éloigné de moi, et au lieu d'inspirer par la vivacité de ma foi et par la profondeur de mes adorations l'amour et la crainte de votre suprême majesté, que j'ai sujet de redouter d'en avoir affaibli le sentiment par ma froideur et ma dissipation! Je sais cependant que vous êtes présent dans nos divins tabernacles, ô Dieu des vertus! je le crois même fermement; mais la légèreté m'entraîne et en présence de vos autels mon extérieur dément ma foi. Pardonnez à ma misère; convertissez-moi, ô Jésus! mon modèle, et donnez-moi cette religieuse frayeur que vous m'ordonnez de porter aux pieds de votre sanctuaire.

 

Pour s'immoler

 

Marie et Joseph ne manquaient pas tons les ans d'aller célébrer la Pâque dans le temple de Jérusalem. Ils y menaient leur cher Fils; il y était avant que d'y être, il en faisait le fond, puisqu'il était le vrai Agneau qui devait être immolé et mangé en mémoire de notre passage à la vie future. » Il veut d'avance s'offrir à son Père, s'immoler spirituellement dans le temple et préluder à l'immolation sanglante du Calvaire. Pensez dans quel esprit de sacrifice il s'appliquait toutes les cérémonies figuratives de l'ancienne loi, avec quelle générosité il s'étendait sur l'autel de la croix, embrassait par anticipation toutes les ignominies et toutes les douleurs de cette vraie Pâque dans laquelle il devait passer du monde à son Père. Mais pourriez-vous oublier le sacrifice non sanglant et perpétuel que préparait sa charité, son immolation mystique dans son Église et la manducation de sa chair sacrée par les fidèles? Ah! tous ces prodiges de sa sagesse, toutes ces admirables inventions de son amour sont présents à sa pensée, remplissent tout son cœur. En es-tu occupée, pénétrée, transportée de reconnaissance, ô mon âme! C'est cependant pour toi que Jésus a fait cet abrégé de ses merveilles; c'est toi qui recueilles le fruit de tous ces mystères qu'il a accomplis pendant tout le cours de sa vie mortelle. Ah! si ce précieux souvenir t'accompagnait du moins pendant le redoutable sacrifice! si ta foi, à travers ces voiles obscurs dont il se couvre par miséricorde, reconnaissait l'Agneau immolé depuis le commencement du monde, et qui tous les jours veut renaître entre les mains du prêtre et mourir dans le cœur de ses fidèles, avec quelle piété, quel attendrissement, quelles larmes ne t'approcherais-tu pas du sanctuaire où s'opèrent sans interruption tant de prodiges, et avec quelle avidité ne courrais-tu pas à la table eucharistique pour manger la victime du passage du Seigneur, te couvrir de son sang et échapper aux coups de la divine colère! O mon Dieu! donnez-moi donc ce regard éclairé du cœur sans lequel avant des yeux on ne voit pas, et ayant un cœur on ne sent rien. Apprenez-moi tout ce que vous avez fait, tout ce que vous êtes, tout ce que vous voulez être pour moi : que je vous connaisse pour vous aimer, et que je me connaisse pour me haïr évangéliquement et me mépriser pardessus tout.

 

Vertu à obtenir: Le respect de la maison de Dieu.

 

Résolutions et aspirations

 

Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus se rendant au temple de Jérusalem; admirez la modestie, l'humilité de sa démarche, le profond recueillement de son esprit, l'occupation divine de son cœur. Bénissez-le de la charité incomparable qui l'a porté à vous donner des leçons et à vous offrir un parfait modèle pour toute la conduite et toutes les circonstances de votre vie. Comprenez que les motifs surnaturels qui animent l'Enfant-Dieu et les fins sublimes qu'il se propose en venant dans le saint temple doivent par proportion être les vôtres. Dites-vous donc souvent avec le patriarche Jacob: Que ce lieu est donc terrible! c'est vraiment ici la maison de Dieu et la porte du ciel. Le Seigneur est vraiment dans ce lieu, et je ne le savais pas. C'est l'ignorer en effet que de l'oublier.

 

Prière

 

Que vos tabernacles me sont chers, ô Dieu, des vertus! Mon âme est consumée du désir ardent de voir les parvis du Seigneur, mon coeur et ma chair ont tressailli de joie en pensant au Dieu vivant. Le passereau trouve sa demeure, et la tourterelle se fait un nid pour y déposer ses petits. Vos autels, Dieu des vertus! vos autels, ô mon Roi et mon Dieu! c'est l'asile que je vous demande. Heureux ceux qui habitent dans votre maison, ils vous loueront dans tous les siècles.

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3 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

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Quatrième jour

Le Baptême dans le Saint Esprit


 

Le jour même de son Ascension dans le ciel, notre Divin Sauveur se trouvant à table avec ses disciples leur adressa cette parole: « Sous peu de jours, vous serez baptisés dans le Saint Esprit ». Il importe à l'âme fidèle de pénétrer le sens de cette parole divine, et je ne saurais trop m'appliquer à la méditer si je veux connaître toujours mieux les effets de la promesse faite à tous les enfants de Dieu, relativement à la venue du Saint Esprit. En cherchant la signification du mot « Baptême » si souvent employé dans l'Ecriture et dans la liturgie Catholique, je trouve que, dans la langue grecque à laquelle cette expression appartient, elle désigne une immersion, l'action de plonger une personne dans l'eau pour la laver, la purifier, lui enlever toute souillure. L'action de laver le corps, de le purifier par l'eau dans laquelle on le plonge, fut toujours, chez les anciens peuples, chez les Gentils comme chez les Juifs, le symbole de la purification de l'âme. Toutes les langues l'attestent, en nous offrant des termes identiques pour indiquer les purifications intérieures ou mystiques, et les purifications extérieures ou corporelles. De là ces ablutions de tout genre, et ces sortes de Baptêmes que l'on renouvelait sans cesse, avant de pénétrer dans l'intérieur d'un temple, avant d'offrir des sacrifices. Chez les Juifs en particulier, il est certain que le mot de Baptême signifia constamment une purification par l'eau, une ablution, un bain sanctifiant.


Jean Baptiste prêcha et administra le Baptême dans l'eau, et cette pratique extérieure fut proposée aux Juifs par le Saint Précurseur, comme le signe sensible de la purification des cœurs par la détestation du péché, et par une sincère pénitence. La foi nous enseigne que le Divin Sauveur lui-même a choisi l'eau comme la matière du Sacrement qui nous régénère et fait de nous des enfants de Dieu par adoption. Mais Jean-Baptiste avait dit au peuple avide de sa parole: « Celui dont je vous parle, baptisera dans le Saint Esprit et dans le feu ». Or, voilà qu'au moment où il va quitter la terre et enlever aux hommes sa présence sensible, le Sauveur du monde adresse à ses disciples cette promesse: « Sous peu de jours, vous serez baptisés dans le Saint Esprit ». S'il est vrai que le Baptême consiste à plonger une personne dans l'eau, de telle sorte que l'eau l'environne, l'enferme de toute part; si la personne que l'on baptise est ensevelie et comme noyée dans l'eau; si elle est couverte par l'eau qui devient son vêtement, puisqu'elle en est toute enveloppée, j'ai le droit d'examiner de près la parole de Jésus Christ, de m'en rendre compte, afin de comprendre comment on peut être baptisé dans le Saint Esprit. C'est cet examen que je veux faire, étant bien assuré d'y trouver une source de lumière, et la manifestation des vérités les plus consolantes. Soyez avec moi, Esprit Saint; faites que mon âme pénètre dans la pensée de mon Sauveur Jésus Christ, et qu'elle sache goûter l'ineffable douceur de cette parole divine qui renferme la vie éternelle.

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L'eau et le feu


Il est certain que l'eau purifie, lave, enlève les taches et les souillures. Mais dira-t-on que le feu manque de cette propriété, de cette vertu? Certes, il faudrait être bien ignorant pour refuser au feu une action purificatrice que toutes les sciences attestent, et qui n'est un doute pour personne. Il y a plus encore, car le feu possède une vertu bien plus grande que celle de l'eau. La purification par le feu s'étend bien plus loin que celle qu'on peut obtenir par l'emploi et l'usage de l'eau. Le feu brûle et consume tout ce qui altère la beauté et la pureté des métaux, et c'est par le feu que passe toute matière dans laquelle on soupçonne un alliage, ou soit la présence d'un corps étranger. Certainement les propriétés de l'eau sont moins étendues, sous le rapport de la purification des corps. Eh bien, voici que Jésus Christ arrive, et c'est lui qui, après avoir mérité en faveur de l'homme la grâce qui doit le laver, le purifier, le rendre saint aux yeux de Dieu, nous indique, nous montre cet inestimable bienfait sous les deux symboles de l'eau et du feu. Nous serons baptisés dans l'eau, c'est vrai; cette eau représentera l'action intérieure de la grâce qui nettoie l'âme, qui lui enlève la tache du péché, qui la rend pure, innocente aux yeux de son Créateur. Mais, ne l'oublions pas; nous devons être baptisés dans le feu; quel est ce feu, et qu'opère-t-il sur nos âmes? Je dois d'abord remarquer une chose, c'est que le divin Sauveur a voulu pour le Baptême dans le feu, une image sensible, un feu extérieur, symbole de ce feu divin, invisible qui, du sein de Dieu, se répand dans notre âme. Nous avons vu ce fait le jour de la Pentecôte. Mais, comme l'eau, ce feu était un signe, il représentait les effets surnaturels produits dans nous par le Saint Esprit.


Donc, lorsqu'il était dit que le Sauveur baptiserait dans le feu, il fallait entendre par ce feu le Saint Esprit; et c'est précisément ce que dit saint Jean-Baptiste: « Lui vous baptisera dans le Saint Esprit et dans le feu ». Mais, comment cette expression, le baptême dans le feu, dans le Saint Esprit, peut-elle être justifiée? Rien n'est plus facile à comprendre. De même, dit Saint Augustin, que dans le Baptême, l'eau, en touchant le corps, lave et purifie le cœur, et lui enlève toute souillure, de même le Saint Esprit arrivant dans notre âme, purifie notre intelligence et notre cœur, et enlève de nous tout vice, tout péché, toute cupidité. O admirable effet de la mission du Saint Esprit! Quand Dieu l'envoie à une âme, cette âme se trouve plongée, ensevelie, noyée dans l'Esprit de Dieu, par conséquent dans la lumière, dans la vérité, dans l'amour; elle est par là même lavée, purifiée de toute erreur et de toute affection criminelle; tout ce qui n'est pas de Dieu et pour Dieu disparaît; l'âme devient juste, pure, sainte, telle que Dieu la désire. Qu'est-il donc arrivé à cette âme? Elle a été baptisée dans le Saint-Esprit, feu sacré, feu éternel qui n'est autre chose que l'amour. Non, aucune souillure ne résiste à l'action de l'amour; et si l'on voit un si grand nombre d'âmes esclaves de la cupidité et de l'orgueil, c'est que l'amour divin ne les enveloppe pas; elles ne sont pas plongées dans le Saint-Esprit et dans le feu. Hélas! la purification par le feu divin de l'amour exige le concours de la volonté humaine, et le refus de ce concours empêche pour un grand nombre la réalisation de cette admirable promesse: « Vous serez, baptisés dans le Saint Esprit ». Mais je dois admirer ici l'immensité de la divine miséricorde. Tandis que le Baptême dans l'eau ne saurait être réitéré, et qu'il faudra pleurer pendant toute la vie, le malheur d'avoir souillé la robe d'innocence dont l'âme avait été revêtue dans ce sacrement, par contraire le Baptême dans le feu, dans le Saint Esprit, dans l'amour, peut être renouvelé souvent, et il répare les pertes occasionnées par l'infidélité à la grâce du premier Baptême. Cette pensée est bien consolante pour les pécheurs. Oui, qu'ils le sachent; il leur est dit à tous; si vous le voulez, vous serez de nouveau baptisés dans le feu de l'amour, dans le Saint Esprit. Priez, gémissez, criez vers le ciel, et le Saint-Esprit viendra en vous, il vous baptisera, vous serez purifiés, vous serez saints!... Pour vous, âmes ferventes qui gémissez continuellement sur vos fautes de chaque jour, relevez votre courage. Vous péchez, dites-vous, à chaque instant. Je le crois, mais à chaque instant aussi, le Saint Esprit agit dans vous, il vous purifie, il vous baptise.

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Les privilèges de l'eau et du feu


Le Baptême par l'eau ne consiste pas seulement dans la purification de l'âme qui le reçoit, car il produit bien d'autres effets. Il donne à l'âme la grâce sanctifiante, et avec elle, la foi, l'espérance et la charité; avec ces trois vertus, la grâce sanctifiante introduit dans nous les dons du Saint Esprit: c'est saint Thomas qui l'affirme, et la raison qu'il en donne c'est que le Saint-Esprit n'entre pas dans une âme sans le cortège divin des dons surnaturels qui sont inséparables de lui-même. Si je cherche maintenant la raison pour laquelle Jésus Christ annonce à ses apôtres déjà justifiés que, sous peu de jours, ils seront baptisés dans le Saint Esprit, il me sera facile de la trouver. Que veut donner à ses disciples le divin Maître qui les a tant aimés? Une surabondance de grâces, un accroissement merveilleux des dons célestes qu'il leur avait communiqués. Il veut les élever à une perfection sublime, et, comme le disent les interprètes, leur accorder la plénitude des biens et des richesses de la grâce. C'est ce qui arrive pour eux, le jour de la Pentecôte. Avez-vous entendu cette parole : Vous serez baptisés dans le Saint-Esprit, et vous recevrez dans vous la vertu du Saint-Esprit? Le Sauveur ne dit pas les dons, les grâces, les lumières; il n'emploie qu'un mot, mais ce mot renferme tout. On croit entendre l'ange Gabriel parlant à Marie de la part de Dieu. Pour que la Vierge devienne Mère, que lui promet le Ciel? La Vertu du Très-Haut, c'est-à-dire la toute-puissance divine, toutes les richesses de Dieu. Eh bien! c'est le langage qu'entendent les Apôtres: « Vous recevrez la Vertu du Saint Esprit, vous en serez-revêtus ». Oh! qui brisera l'enveloppe? Qui pénètrera le sens, l'esprit de cette grande parole? C'est donc la plénitude, la perfection des dons surnaturels qui est promise aux Apôtres par ces mots: « Vous serez baptisés dans le Saint Esprit »; quelqu'un pourrait-il en douter, en considérant la transformation opérée dans le Cénacle, de tous ces hommes jusqu'alors si imparfaits? Mais ces effets du Baptême dans le feu de l'amour, dans le Saint Esprit, devaient-ils s'arrêter aux Apôtres, et aux disciples qui se trouvèrent dans le Cénacle au grand jour de la Pentecôte? Ce serait un blasphème de le dire, et ce blasphème supposerait la plus profonde ignorance.


Si j'ouvre l'histoire de l'Eglise, si je lis la vie des Saints, il m'est impossible de nier la reproduction de la Pentecôte pour certaines âmes, et cela dans tous les siècles. Je le sais, bien souvent ces grands effets du Baptême dans le feu de l'amour de meurent cachés pour le vulgaire; mais ils n'en existent pas moins dans un bon nombre d'âmes qui ont consenti à sortir d'elles-mêmes, et à se noyer dans le Saint Esprit. Si vous ne connaissez aucune de ces âmes, je vous trouve bien à plaindre. Mais enfin qui m'empêcherait de porter bien haut mon ambition, et de vouloir pour moi ce feu qui enlève tout pour donner tout; qui dépouille pour enrichir, qui dévore pour embraser? Malheur aux chrétiens qui vivent sans se douter de cette transformation opérée par la vertu du Saint Esprit! Ils ont perdu les grâces attachées au Baptême de l'eau, et ils ne pensent pas que le Baptême dans le feu et dans le Saint-Esprit, pourrait, dans un instant, les changer en créatures nouvelles dont les Anges diraient, pleins de joie: « Elles ont été baptisées dans le feu, et la vertu d'en haut est descendue dans leur cœur ». O Saint Esprit, venez! Remplissez l'âme de tous les fidèles!

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La force de l'eau et du feu


Il y a, dans le feu comme dans l'eau, une double force qui oblige les hommes, tantôt à se mettre en garde contre ces deux terribles agents, tantôt à recourir à eux pour en retirer de grands avantages: la force de résistance et la force de mouvement ou d'action. Vaincre la résistance, et bien employer l'action de ces deux éléments, c'est une science que les hommes ne sauraient négliger. Eh bien, la divine sagesse a voulu employer l'eau et le feu comme symboles de la résistance et de l'action dans l'âme humaine. Voyez ce nouveau chrétien; comme l'eau du Baptême l'a rendu fort contre la malice de l'enfer, contre l'impétuosité de ses passions! Sorti à peine de ces eaux salutaires, de ce bain miraculeux que nous nommons le Baptême, il est capable d'opposer une résistance sans limites à toutes les forces de l'enfer, des passions et du monde, réunies pour le renverser. L'histoire entière de l'Eglise est l'histoire de cette résistance. D'un autre côté, le Baptême communique à celui qui le reçoit, ce Don de force qui lui fera entreprendre et réaliser les œuvres les plus admirables. Qui dira le spectacle donné au monde par les fidèles de tous les siècles! Le zèle, le courage, la force, ont toujours caractérisé les chrétiens; et, dans les premiers siècles, alors que le feu de la persécution remplissait le monde de victimes, on voyait dans le sexe le plus faible, dans l'âge où les infidèles n'auraient pas osé chercher une vertu, des prodiges de sainteté, des actions surhumaines qui suivaient de près la réception du Baptême. Ceux qui sortaient de ce bain spirituel, étaient presque toujours revêtus de la force qui fait les héros. Quelle vertu possède donc l'eau baptismale? Que dirai-je maintenant de cette force relativement au feu? S'il s'agissait uniquement du feu matériel, j'abandonnerais à nos savants le soin de nous dire la force de son action; mais savent-ils, ces mêmes savants, ce que peut dans une âme le feu divin, le feu surnaturel qui fut promis par le Sauveur à ses disciples, et dans lequel ils furent baptisés?


Voyez, vous, fidèles, qui étudiez à fond la promesse de Jésus Christ, voyez cette force de résistance, et puis cette force d'action dans les apôtres et dans les saints de tous les siècles. Qui a pu arrêter ces hommes dévorés par le feu divin de l'amour? Quel obstacle a été capable de borner leur action, et de les empêcher d'agir sur le monde entier? Quelle force a pu les faire reculer? Leur patience, leur courage, leur zèle ont lassé tous les bourreaux devenus, à leur tour, les grands et intrépides défenseurs de la foi. Mais d'où venait ce zèle fort, énergique, que rien ne pouvait décourager ni abattre? Demandez-le au Saint Esprit; c'est lui qui fait les âmes de feu; c'est lui qui enfante, qui produit tous les genres de vertus, tous les genres d'héroïsme. Quand une âme est noyée, ensevelie dans lui, cette âme est invincible, et ses actions deviennent divines.. Je suis tout-puissant, s'écrie Saint Paul, mais par celui qui me fortifie. L'univers peut dire si cet homme étonnant a exagéré, en parlant de la force que le Saint Esprit lui avait communiquée. Hélas! pourquoi donc tant de lâchetés, tant d'irrésolutions, une si prodigieuse faiblesse, dans un grand nombre de chrétiens ? Mais parce que ces infortunés négligent le Baptême dans le Saint Esprit. On nage dans l'esprit du monde, on n'a d'estime que pour l'esprit des créatures, peut-être pour cet esprit particulier qui constitue le moi-humain. Le Saint Esprit, l'Esprit de Dieu, on l'oublie, on ne l'appelle jamais; que dis-je? Quand il se présente, on le rebute; quand il parle, on lui impose silence; quand on le rencontre, on détourne sa vue; on le craint, il importune, il n'est plus qu'un étranger qu'on évite avec soin, parce qu'on ne comprend pas la langue qu'il parle. Comment serait-on baptisé, plongé dans lui, dans sa lumière, dans son amour? O mon Dieu, je sais des âmes que le Saint Esprit brûle et qu'il dévore; je voudrais bien leur ressembler. Venez, venez, ô Esprit Dieu, Esprit amour, descendez en moi, et je deviendrai fort, invincible, plein de bonne volonté, de zèle, de courage; et ma vie ne sera plus qu'un grand acte de dévouement à la gloire de mon Seigneur Jésus! Amen!

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8 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Seizième jour

Jésus adoré par les Mages


« Etant entrés dans la maison, ils trouvèrent l'Enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils l'adorèrent ». (Matthieu 2) Fut-ce à l'étable ou à la crèche que l'étoile conduisit les Mages? Joseph et Marie y laissèrent-ils l'Enfant? Ne songèrent-ils pas à pourvoir à un logement plus commode, ou ne le purent-ils pas? Contentons-nous des paroles de l'Evangile: L'étoile s'arrêta où était l'Enfant, sans doute dans le lieu de sa naissance ou auprès, puisque c'était là qu'on les avait adressés, et on doit croire que ce fut à Bethléem même, afin que ces pieux adorateurs vissent l'accomplissement de la prophétie qui leur avait été enseignée. Quoi qu'il en soit, voyez combien leur foi est admirable! Qu'elle avait été prompte dans son obéissance, lorsque, avertis par le signe céleste de la naissance du Messie, et intérieurement pressés par la grâce d'aller le reconnaître, ils avaient sans balancer quitté leur pays! Sa constance avait éclaté d'une manière bien héroïque, lorsque, tout à coup privés de leur astre tutélaire, sans se décourager ni se refroidir, ils avaient généreusement persévéré dans leur religieuse entreprise. Elle s'élève à toute sa perfection au terme de leur voyage, lorsque, loin d'être déconcertée par l'aspect de l'étable et d'un pauvre enfant enveloppé dé langes, elle découvre et reconnaît en lui le monarque et le Dieu de l'univers. O divin Enfant! daignez m'envoyer un rayon de cette admirable lumière qui éclaire aujourd'hui l'âme des Mages, afin que je vous adore comme eux, et que dans ces présents qu'ils vous offrent je reconnaisse ce que vous êtes et ce que je vous dois: 1° comme Roi, 2° comme Dieu, 3° comme Homme.


Comme Roi


C'était sans doute en cette qualité que le Sauveur du monde leur avait été annoncé, puisque c'est comme roi des Juifs qu'ils le font connaître et publient sa naissance. Il est vrai qu'il n'est pas seulement roi du peuple juif, mais de tous les peuples, ni d'un seul royaume, mais de tous les royaumes de la terre et du ciel même. C'est l'univers entier que le Père a soumis à son sceptre. Demandez-moi, lui dit-il par la bouche de David, et je vous donnerai les nations pour votre héritage et la terre pour votre domaine. Il est roi par nature et par conquête, par la donation que le Père céleste lui a faite et par le salut qu'il a lui-même opéré au milieu de la terre, c'est-à-dire par tous les titres que peuvent donner la puissance et les bienfaits. C'était sans doute cet empire universel qu'ils voulaient déclarer par leurs présents; c'était comme à leur roi que ces rois venaient faire hommage par l'or qu'ils lui offraient. Mais avec quelle ardeur et quelle générosité, en lui payant ce tribut, ils mettaient à ses pieds leurs biens, leurs possessions, leurs personnes, leur amour, tout leur être, et se donnaient sans réserve à lui pour être ses vassaux, ses serviteurs et ses sujets! Voilà tes modèles, ô mon âme! voilà ce que t'enseigne ce mystère, voilà les obligations qu'il t'impose. Tu te dois tout entière à Jésus-Christ. Il t'a créée, il te conserve, il t'a rachetée par son sang précieux, il te réserve une félicité sans mesure. Oh! qu'il est vraiment ton Roi! qu'il est juste qu'il règne sur toi, qu'il te possède absolument sans réserve, sans partage, puisque c'est de lui que tu tiens l'être, et qu'il te l'a donné comme une seconde fois, en t'arrachant à la mort et à la damnation éternelle! Que lui rendras-tu donc pour reconnaître son souverain domaine? Les rois de la terre imposent des tribut à leurs peuples; les Mages ont offert leurs présents au roi Jésus. Il n'a pas besoin de ton or, mais il le réclame pour ses membres souffrants; verse-le dans le sein des pauvres. L'or qu'il te demande et qu'il se réserve, c'est ton amour c'est une charité sincère, c'est une prompte et constante obéissance non-seulement à ses commandements et aux préceptes de son Evangile, mais à ses inspirations, aux mouvements de sa grâce, à l'attrait de son divin Esprit. O mon Dieu! O mon Sauveur! qu'ai-je fait jusqu'à se jour ? que je vous ai peu traité en Roi. je n'ai été qu'un sujet ingrat, révolté, rebelle; je n'ai mis en votre divine main qu'un roseau, et sur votre tête qu'une couronne d'épines. Ne me brisez pas dans votre colère, ne me châtiez pas comme le méritent mon ingratitude et mon audace. Triomphez de moi d'une manière qui ne peut appartenir qu'au roi Sauveur, en mettant en moi votre crainte et votre amour.


Comme Dieu


L'encens ne s'offre qu'à la divinité: il est le symbole de l'adoration; aussi les saints docteurs ont-ils reconnu dans ce présent que les Mages font à Jésus l'emblème de leurs sentiments et un témoignage de leur toi au Verbe incarné. Ils crurent, dit l'un d'eux, que tout était divin, là où manquaient les apparences humaines. Cette pauvreté, cette humilité prodigieuses, loin d'affaiblir leur vénération, ne faisaient qu'ajouter à leur admiration et à leur reconnaissance; et leurs yeux étaient ravis de contempler ce faible Enfant, dit saint Chrysostôme, Parce que le Saint Esprit faisait éclater sa majesté souveraine au fond de leurs coeurs. Qu'ils sont heureux en effet de voir ce qu'ils voient, de jouir à leur aise de la vue de celui qui fait la joie et la félicité des anges; d'être les premiers à proclamer non-seulement sa royauté, mais sa divinité, à lui offrir l'hommage d'une adoration pure, de cette adoration en esprit si agréable au père, et sans laquelle le culte extérieur n'est ni glorieux à Dieu ni utile aux hommes. O mon âme, ne le vois-tu donc pas tous les jours sur l'autel, comme les Mages le virent dans la crèche, ce Verbe divin, couvert des voiles du Sacrement, comme il l'était alors des langes de l'enfance! mais le vois-tu des mêmes yeux qu'ils le virent, avec une foi aussi éclairée, avec le même respect, la même humilité, le même amour? Sais-tu comme eux traverser par ce regard éclaire du cœur, ces ombres qui le cachent, et dans ce mystère de foi reconnaître l'abrégé de ses merveilles? Ils ouvrent leurs trésors : ouvres-tu ton cœur? c'est de là que doit monter vers lui l'encens de ta prière, de ta charité, d'une dévotion tendre, d'une piété qui à toute heure, la nuit comme le jour, s'exhale en soupirs brûlants et en aspirations affectueuses. Mais surtout quand il daigne t'admettre à la participation de son divin corps, ô mon âme! c'est alors que tu dois lui offrir tout ce que tu es et tout ce que tu as, le prier de prendre dans ton âme tout ce qui lui plait, et s'il n'y a rien qui lui plaise, le prier d'y prendre tout ce qui lui déplaît. Avec quelle ferveur ne dois-tu pas t'écrier comme saint Thomas: Mon Seigneur et mon Dieu! vous êtes mon Dieu, et je vous rendrai gloire; vous êtes mon Dieu, et je célébrerai votre nom.


Comme Homme


C'est en tout point que la foi des Mages se montre éclairée. Ils ont reconnu Jésus comme Roi, et lui ont fait hommage de leur puissance; ils l'ont reconnu comme Dieu, et ils l'ont adoré; ils le reconnaissent comme homme passible et volontairement assujetti à la mort; et en lui offrant de la myrrhe, ils honorent d'avance sa sépulture et sa résurrection glorieuse. Dès lors aussi ils embrassent les douleurs et les humiliations de la pénitence, offrent à ce Dieu naissant que sa charité doit immoler un jour, leur propre vie en sacrifice. Les grandeurs du monde, les plaisirs de la terre, les biens périssables ne peuvent plus toucher ces cœurs dont l'unique besoin est désormais de vivre pour celui qui les a assez aimés pour s'assujettir à la mort, dont la seule passion est de mourir pour le faire connaître et vivre dans tous les cœurs. Quand est-ce donc enfin, ô mon âme! que tu offriras à Jésus-Christ la myrrhe de la pénitence, ces gémissements et ces soupirs, que le souvenir de tes infidélités devrait l'arracher sans cesse, ces larmes que le danger continuel auquel tu es exposée de perdre ton Dieu, de te perdre pour l'éternité, suffirait pour faire couler? N'est-il pas temps d'embrasser cette croix qui te poursuit, ce semble, à mesure que tu la fuis? Ah! tous les saints ont constamment porté dans leur corps la mortification de Jésus-Christ, afin, disaient-ils, que sa vie se fît voir dans leur chair mortelle! Et j'oserais espérer la gloire qu'ils ont achetée au prix d'une immolation perpétuelle et par le crucifiement de tous les désirs, je me flatterais de l'obtenir par là satisfaction dés miens! Non, non, ce serait folie de le penser, impiété de le croire. Mais, mon Dieu, l'amour de la pénitence est une grâce; ne me le refusez pas, mettez-le dans mon coeur; tranchez au vif dans ce cœur que je n'ai pas le courage d'immoler; brûlez, coupez, renouvelez-le par la plus douloureuse opération, pourvu que vous l'épargniez dans l'éternité.


Vertu à obtenir: La générosité envers Dieu.


Résolutions et aspirations


Adorez aujourd'hui le Fils de Dieu comme Dieu et homme tout ensemble, Fils de Dieu et de la Bienheureuse Vierge Marie. Offrez-lui tous les moments de votre vie, et tous les biens spirituels et temporels que vous avez reçus de lui; priez-le qu'il vous donne la grâce de les employer à sa gloire; souhaitez que tous les rois l'adorent, et que tous les peuples du monde le reconnaissent pour leur souverain Seigneur; offrez aujourd'hui à ces intentions, par les mains de Marie, quelque aumône, quelque prière, quelque pénitence. Songez que quoi que vous donniez à Jésus pour sa gloire et pour son amour, vous donnerez toujours bien peu, et que pour égaler autant qu'il est cri vous la reconnaissance aux bienfaits, vous ne lui pouvez donner rien moins que tout vous-même, comme il s'est donné tout entier pour tous.


Prière


Après mes adorations profondes, je n'ai point d'autres présents à vous faire, ô divin Enfant! que celui de mou cœur: il est à vous, puisque vous l'avez formé. S'il s'est injustement prêté à la créature, je vous le restitue, ô mon Sauveur! attirez-le, purifiez-le, embrasez-le, pour le rendre plus digne de vous être présenté. Je vous offre avec ce cœur tout ce que je possède et tout ce que je suis. Faites, ô divin Enfant! que votre attrait soit toujours victorieux en moi des faux attraits d'un monde imposteur qui ne s'efforce de m'attirer que pour me perdre, et ne me fait des promesses que pour me tromper. Que votre étable, votre crèche, votre amour soient désormais toute ma richesse, tout mon désir, tout mon empressement et tout mon attrait.

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1 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

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Deuxième jour

La mission du Saint Esprit

 

Dieu avait promis au monde de lui envoyer l'Esprit Saint, comme il avait promis d'envoyer le Messie. On ne remarque pas assez la liaison de ces deux promesses qui existent cependant chez tous les Prophètes de la loi ancienne. Tantôt c'est Isaïe qui parle au nom de Dieu et qui nous dit: « Je répandrai mon Esprit sur ta postérité »; tantôt nous entendons Ezéchiel qui s'écrie: « Je placerai mon Esprit jusqu'au plus intime de leur être ». Ailleurs Joël nous dit: « Je répandrai mon Esprit sur toute chair ». Enfin le précurseur du Messie annonce à tout le peuple que « Celui qui doit venir, baptisera dans le Saint Esprit ». Jésus Christ a promis solennellement le Saint Esprit à son Eglise; il suffit, pour s'en convaincre, de lire, dans l'Evangile selon saint Jean, l'admirable discours que le Sauveur adresse à ses Apôtres, avant de quitter le monde pour retourner à son Père. Mais quelle était la fin de cette mission? pourquoi le Saint-Esprit devait-il être donné, communiqué aux hommes? Il est facile de le savoir; il ne faut pour cela que rappeler les paroles mêmes du divin Sauveur. Jésus Christ appelle le Saint-Esprit un Esprit de vérité. C'est en qualité de docteur que le Saint Esprit viendra dans le monde. Sans doute le Sauveur était la vérité même, la vraie lumière qui éclaire tout homme venant eu ce monde. Mais cette lumière a brillé dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point comprise.


Le péché ayant rendu l'homme aveugle, il ne pouvait pas, par lui-même, voir la lumière divine. Ses yeux étaient fermés, il fallait un prodige de l'infinie miséricorde pour les ouvrir. Ce prodige fut réservé au Saint-Esprit.  « L'Esprit que mon Père vous enverra est l'Esprit de vérité; il vous enseignera toutes choses, il vous expliquera tout ce que je vous ai dit ». Ainsi Jésus Christ a parlé aux hommes, et le Saint-Esprit qui est le docteur des âmes leur explique intérieurement cette parole de la vie éternelle tombée de la bouche d'un Dieu. Sans le Saint-Esprit, l'Evangile est un livre fermé, les paroles de Jésus-christ sont inintelligibles. « Le Saint Esprit, ajoute le Sauveur, rendra témoignage en ma faveur; par là même, il convaincra le monde de péché, il le convaincra touchant la justice et le jugement ». En découvrant aux hommes la vérité incontestable de la divinité de Jésus-christ1, le Saint-Esprit convainc le monde du péché que les Juifs ont commis en rejetant le Messie; du péché que les incrédules et les impies de tous les siècles n'ont cessé de commettre, en s'élevant contre les preuves si admirables et si frappantes de la Divinité de Jésus Christ. Le Saint Esprit, en éclairant les hommes, convaincra le monde de la fausseté de ses doctrines et de sa morale; il le convaincra de l'injustice de son obstination à repousser l'Evangile, de l'injustice des jugements qu'il porte sur le bien ou sur le mal; de l'injustice de sa conduite à l'égard des saints et des amis de Dieu. Il le convaincra de la justice, de la pureté, de la sublimité de l'Evangile; et tandis que Jésus Christ monté au ciel, ne sera plus visible sur la terre, le Saint-Esprit dirigera les hommes et leur apprendra d'une manière infaillible à discerner toujours le juste et l'injuste, le vrai et le faux, le bien et le mal. Le Saint-Esprit convaincra les hommes touchant le jugement solennel qui a été prononcé et que le monde n'a pas entendu, la condamnation du démon, prince de ce monde, par l'immolation de Jésus Christ. Alors l'homme appréciera sa délivrance; la doctrine de Jésus Christ fera la conquête du monde; les Gentils la recevront avec action de grâces; les temples des idoles seront renversés, les martyrs, abjurant d'anciennes erreurs, donneront leur sang et leur vie pour Jésus Christ, et tous les peuples reconnaîtront le jugement prononcé contre le prince de ce monde.


Dieu envoie le Saint Esprit aux hommes comme Consolateur. C'est la promesse que fait le divin Maître à ses disciples, en les voyant profondément tristes, à cause de son prochain départ, « Je prierai mon Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il demeure toujours avec vous ». Le Saint Esprit console les âmes fidèles; il leur inspire ce sentiment si doux de la confiance et de l'amour filial qui porte l'homme à appeler Dieu: Mon Père!... Le Saint-Esprit console les justes, en leur découvrant la vanité des biens et des plaisirs dont ils sont privés, et la solidité des biens à venir. Il les console, en répandant dans leur âme, cette douceur céleste de l'amour divin qui n'apprécie plus que les ineffables consolations du service de Dieu. Enfin, le Saint-Esprit est envoyé au monde comme un feu surnaturel destiné à embraser les cœurs. Jésus Christ avait dit: « Je suis venu apporter du feu sur la terre, et mon plus violent désir c'est de le voir se propager ». Eh bien! saint Paul nous apprend, que ce feu divin est répandu dans les cœurs par le Saint Esprit. C'est donc le Saint-Esprit qui sera envoyé pour embraser l'Eglise, et enflammer les cœurs de ses enfants d'un amour immense pour Jésus-christ. Qui comprendra parfaitement aujourd'hui tous les biens qu'il peut attendre du Saint Esprit? Je veux, Seigneur, que ce soit moi; oui, je le veux, je le désire et je vous demande, avec un sentiment profond de mon indignité , la grâce d'apprécier, par-dessus tout, les richesses spirituelles que le Saint-Esprit a promis de répandre dans mon âme.

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Le Saint Esprit principe de vie


Il y a dans l'homme deux sortes de vie: l'une qui lui est commune avec les animaux privés de raison, et l'autre qui est surnaturelle, et qui lui est commune avec les Anges, avec toutes les intelligences unies à Dieu qui est leur centre et comme le lieu où elles résident, suivant cette pensée d'un philosophe chrétien: « Dieu est le lieu des esprits ». Cette vie surnaturelle, vie de la grâce, qui est comme une participation à la vie de Dieu, l'homme l'a perdue par le péché; astre errant sorti de son orbite, il s'agite loin de la voie que la volonté de son Créateur lui avait tracée. Qui fera rentrer l'homme dans cette voie? qui le fera vivre de la vie qui lui convient, de la seule vie qui mérite ce nom, puisque toute autre vie est justement appelée une mort? Saint Paul, dans son admirable épitre aux Romains, nous montre le Saint-Esprit, l'Esprit de Dieu, comme étant seul le principe de cette vie que Jésus Christ nous a méritée par l'effusion de son sang. L'homme est ressuscité, il passe de la mort à la vie, au moment où plongé dans les eaux du baptême, le Saint Esprit, comme autrefois au baptême de Jésus Christ, descend du ciel, et vient établir au milieu de lui sa demeure. De même que le péché et la concupiscence sont en nous l'origine et le principe de la mort, le Saint Esprit devient l'origine et le principe de la vie; il est la source de cette vie surnaturelle, spirituelle, divine, qui nous rend les enfants de Dieu  c'est lui qui la donne, qui la communique, qui l'entretient, la conserve et l'augmente. Celui qui éteint le Saint Esprit dans son âme, éteint par là-même le souffle, l'esprit de vie; il est réduit à un état de mort. D'où il faut conclure que le fidèle doit appeler le Saint Esprit, sa vie, la vie de son cœur, la vie de son âme.


Quand Jésus Christ disait aux Juifs, en parlant des siens: « Je suis venu afin qu'ils aient la vie, et qu'ils l'aient abondamment », il est bien certain qu'il voulait élever leur esprit au-dessus de cette vie matérielle, dont malheureusement un grand nombre d'hommes se contentent. Mais en recevant la vie, on devient nécessairement Fils de celui qui donne la vie; on est engendré, on a un père. Si donc je reçois la vie par le Saint Esprit, par l'Esprit de Dieu, je dois recevoir en même temps un titre, un caractère, une qualité qui me distingue de ceux qui n'ont pas cette vie. Cette conséquence a été indiquée par saint Paul. Quand le grand Apôtre s'écriait, en désignant ceux qui par le baptême vivent d'une vie nouvelle: « Vous êtes marqués du sceau du Saint-Esprit », il voulait dire: « Dieu, en répandant le Saint-Esprit dans vous, vous a comme imprimés de son caractère et de son sceau, pour vous distinguer, pour vous donner une marque intérieure, et, par cette marque authentique et solennelle, la certitude que vous êtes son héritage, sa famille. C'est la marque de cette adoption divine qui met Dieu en possession de la créature régénérée, et qui donne en même temps à cette créature un droit incontestable sur Dieu, dans le temps et dans l'éternité ». Quelle dignité accordée à l'homme! quel titre de gloire! quel admirable privilège! Et ce titre, cette gloire, ce privilège de l'adoption divine dont le sceau est imprimé sur mon cœur, à qui en suis-je redevable? qui m'a ainsi transformé? qui m'a retiré de la mort pour me faire passer, par une résurrection miraculeuse, dans la vie surnaturelle et divine des enfants de Dieu? Le grand Apôtre me l'apprend: « C'est le Saint Esprit qui est venu habiter en moi ». Mais il est impossible qu'un si prodigieux bienfait ne m'impose pas des obligations formidables.


Lorsque saint Jean énumère les grâces que les fidèles ont reçues de la divine miséricorde, il nomme en particulier cette onction par laquelle le Saint Esprit les a marqués du sceau divin; et aussitôt il ajoute: « Ah! mes enfants, Que l'onction que vous avez reçue, demeure en vous! » Or, cette onction n'a-t-elle pas été effacée chez un grand nombre de chrétiens? Ce malheur ne m'est-il pas arrivé à moi-même? la vie surnaturelle, divine, qui était en moi, n'a-t-elle pas disparu? n'est-elle pas au moins bien affaiblie? Saint Paul recommandait aux premiers fidèles de ne pas l'éteindre. « Prenez garde, écrivait-il aux chrétiens de Thessalonique; n'éteignez pas le Saint-Esprit ». On éteint le Saint Esprit par une longue suite d'infidélités, par la négligence dans les rapports avec Dieu, par les occupations multipliées et une attention trop soutenue à l'égard des choses de la terre, par les désirs immodérés des créatures. Heureux le fidèle qui apprécie le don de Dieu! Ce don n'est autre chose que cette vie toute surnaturelle et toute divine qui nous unit à Dieu, et nous rend par là même ses enfants d'adoption. Est-ce bien là ma vie? est-ce mon état? suis-je marqué de ce sceau divin que le Saint Esprit imprime sur les âmes qui sont à Dieu? Le jour de la Pentecôte, lorsque j'entends à la messe le célébrant qui chante ces paroles: « L'Esprit Saint fut répandu à pareil jour sur les enfants de l'adoption », ai-je le droit de me réjouir et de m'écrier: « Je suis, moi, un vrai enfant d'adoption? » Sans doute, la reconnaissance et l'amour vont aujourd'hui s'emparer de mon cœur, si je pense à tout ce que je dois au Saint Esprit. Mais, en même temps, il faut que j'examine sérieusement ma vie, pour voir si le Saint Esprit est le principe et la source de tous mes jugements, et de toutes les opérations de ma volonté.

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Le Saint-Esprit principe d'action


L'action suppose la vie; celui qui est mort n'agit plus: donc, l'action surnaturelle, l'action dans l'ordre du salut, dans l'ordre de Dieu, suppose la vie surnaturelle, la vie divine. Or, sans le Saint Esprit, il n'y a plus de vie surnaturelle, il n'y a plus de vie divine, puisque le principe de cette vie est éteint au dedans de nous. Mais en quoi consiste cette action dont le Saint Esprit est l'auteur, ce mouvement surnaturel et divin qu'il imprime à l'âme fidèle? Cette action, ce mouvement, ont Dieu pour objet; il en est le terme, la fin; c'est donc la prière, l'adoration, l'action de grâces, et tous les actes par lesquels la volonté humaine cherche Dieu, possède et conserve Dieu. De nous-mêmes et avec notre propre esprit, nous sommes tellement pauvres et misérables, tellement faibles et bornés, qu'il nous est impossible de sortir du domaine des objets créés, et de nous élever jusqu'à Dieu. La pensée de la prière, le premier et le plus faible désir de prier, est déjà une grâce, une inspiration de Dieu; sans ce secours nous n'aurions jamais le premier degré de volonté pour prier. Eh! mon Dieu, c'est là une vérité humiliante pour nous, mais une vérité dont l'évidence n'a besoin d'aucune preuve; c'est une vérité de foi. Triste état, épouvantable situation d'une âme laissée a elle-même, laissée seule; cette âme est sans vie, elle est morte. Mais voici le grand Apôtre qui me console, en me disant que cette misère extrême, cette faiblesse humiliante, trouve un secours puissant, efficace, dans le Saint Esprit: « Tandis que nous ne savons pas même ce que nous devons demander à Dieu pour le prier comme il faut, le Saint Esprit nous est donné, et c'est lui qui aide notre faiblesse ».


Le Saint Esprit nous inspire la pensée et le désir de la prière; il nous apprend ce que nous devons dire à Dieu, comment nous devons lui parler. Il nous rend éloquents devant le tribunal de la divine miséricorde; il nous rend capables d'attirer Dieu en nous par notre langage. O divine et admirable éloquence! Or, ce n'est pas aux savants et aux hommes d'esprit qu'elle a été promise; mais aux petits, aux humbles, à tous ceux qui confessent leur impuissance et leur misère. Le Saint Esprit ne se contente pas de nous apprendre à prier, comme un maître et un docteur qui nous est étranger, et dont les préceptes et les conseils seraient à peine entendus. Non certes; le Saint Esprit, vivant dans notre cœur comme dans son temple, dans son sanctuaire, prend notre âme, et l'incline vers Dieu; ce n'est pas assez: il s'unit à elle de telle sorte qu'il se charge de prier, d'adorer Dieu, de le bénir en union avec elle, ou plutôt il fait que notre âme prie par lui et avec lui; d'où il résulte une vérité des plus consolantes pour nous, c'est que tous les actes que nous produisons dans l'ordre surnaturel, en même temps qu'ils sont nos propres actes, sont encore les actes du Saint Esprit. Telle est l'admirable doctrine que le grand Apôtre enseignait aux premiers fidèles, quand il leur disait: « Dieu a mis dans vos cœurs l'Esprit de son Fils, et c'est cet Esprit qui crie: « Mon Père! mon Père! »


Ainsi la même prière que Jésus Christ, du sommet du Calvaire, adressait à Dieu en faveur de la grande famille humaine, le Saint Esprit par notre cœur dont il s'empare, continue de l'adresser au Père céleste. Oh! non, sans le Saint-Esprit, jamais l'homme n'aurait pu dire à Dieu, avec ce doux sentiment de la confiance et de l'amour: « Mon Père! Mon Père! » Il faut donc le reconnaître, il n'y a point d'action surnaturelle et divine dans l'homme, si ce n'est par le Saint Esprit. Le Saint Esprit éclaire l'âme sur son état, sur ses besoins; il l'éclaire sur la grandeur, la puissance et la bonté de Dieu. Le Saint Esprit remue l'âme, l'excite, l'élève vers le souverain bien qui est Dieu. Le Saint Esprit échauffe le cœur par l'ardeur divine des saints désirs. Or, c'est par cette action immédiate et toute intérieure sur nous,que le Saint-Esprit nous rend capables d'agir, et nous fait réellement agir, dans l'ordre surnaturel et divin. Il suit de là que toute action bonne, méritoire, digne de Dieu et d'une récompense surnaturelle, vient du Saint Esprit, et doit lui être attribuée. Donc, sans le Saint Esprit, je ne fais rien et je ne puis rien faire pour le Ciel. Donc, plus je serai l'ami du Saint Esprit, plus je vivrai uni à lui, plus aussi je travaillerai activement, efficacement, pour la gloire de Dieu et le salut de mon âme. Ah! venez, venez donc en moi, divin Esprit, Esprit de lumière, de sainteté, de force, d'amour! venez, et attachez-vous tellement à mon cœur que jamais il ne batte sans vous, que vous seul soyez l'unique principe de ses mouvements, afin que Dieu en soit toujours l'objet et la fin ! Amen!

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Le Saint Esprit gage de la vie éternelle


Saint Paul appelle le Saint Esprit le gage, c'est-à-dire, suivant le mot grec, les arrhes de notre héritage. On emploie cette expression pour désigner une partie du prix que l'on promet de donner pour l'acquisition d'un objet. Cette portion du prix est le gage, l'assurance, qu'on donnera plus tard la totalité. On l'emploie encore pour désigner une valeur que l'on donne à quelqu'un comme assurance d'un contrat verbal, que l'on promet, par là même, de ratifier d'une manière définitive. Ce nom est donné par l'Apôtre au Saint Esprit, parce que les dons intérieurs que nous communique l'Esprit de Dieu, de même que les dons extérieurs qu'il fait à l'Eglise, sont une partie et un avant-goût de la félicité éternelle que Dieu promet à ses élus. Voilà pourquoi saint Paul ajoute que ces arrhes précieuses et divines nous sont données pour que nous les conservions, jusqu'à la parfaite délivrance du peuple qui est l'héritage de Jésus Christ, pour sa louange et pour sa gloire. L'acquisition faite par Jésus Christ d'un peuple destiné à le louer éternellement,commence par la délivrance de ce peuple, lorsqu'il passe de l'esclavage du diable à la liberté des enfants de Dieu. Cette acquisition ainsi commencée sera complète, lorsque, dans le ciel, ce même peuple, délivré de tous les genres de maux, sera mis en possession d'une éternelle gloire.


Dans le baptême, nous avons reçu la grâce; cette grâce nous donne un droit incontestable à la vie éternelle qui est l'héritage de Dieu notre Père; mais, en même temps, le Saint Esprit nous a été donné comme le gage de cette promesse, comme une portion de cette magnifique récompense qui sera le prix total de notre fidélité. O bonté ineffable de Dieu! Il ne s'est pas contenté de m'adopter pour son enfant, de me marquer d'un sceau divin qui me distingue et me sépare des infidèles, des païens, de tous les enfants de colère; d'un sceau tout céleste qui me fait reconnaître comme sa propriété, son héritage; comme une brebis de son troupeau, un enfant de sa famille, un membre de la société dont il est le chef; mais après m'avoir ainsi consacré, sanctifié, il1 a voulu encore, pour fortifier mon espérance, pour rendre mon salut certain, en quelque sorte, à mes propres yeux, me donner le Saint Esprit comme un gage de ses promesses, comme Les Arrhes de ma gloire future. Et le Saint Esprit, venu en moi, consent à faire son temple dans mon propre cœur; il y réside, il y fait son séjour habituel, jusqu'à ce que Dieu ait effectué sa promesse, en couronnant ma fidélité d'un honneur infini, et d'une gloire qui est au-dessus de tout ce que l'esprit humain peut concevoir de plus admirable. Mais il est important que je sache quelle est la fin que Dieu s'est proposée, en m'accordant un si grand bien. Saint Paul m'assure que cette fin, digne de Dieu, c'est la gloire et la louange de Jésus Christ, pendant l'éternité.


Ah! si Jésus Christ s'est donné à l'homme, afin que l'homme connût Dieu et l'aimât d'une manière digne de lui, le Saint Esprit se donnera aussi aux enfants de Dieu, dans l'intérêt et pour la gloire de Jésus Christ.  Malheur à l'homme qui ne veut pas de cette gloire! Jésus Christ est la récompense magnifique qui nous attend dans le ciel. Le voir et le contempler éternellement; le louer et le bénir de ce que par lui nous avons connu Dieu, et nous sommes devenus ses enfants, voilà notre destinée, si nous avons le bonheur d'être comptés parmi les élus. C'est pour nous conduire à cette fin si désirable que le Saint Esprit nous est donné. Il vient en nous, afin de nous séparer de la masse corrompue, afin de nous rendre saints, consacrés à Dieu; il vient pour demeurer en nous, comme un gage infaillible de la fidélité avec laquelle Dieu nous donnera un jour la gloire qu'il nous a promise. Oh! comme j'aime le Saint Esprit, quand je le considère dans moi comme étant un avant-goût du ciel, un gage divin des promesses de Dieu et de la béatitude éternelle! Je le sens, ma dévotion au Saint Esprit va devenir bien grande; je l'appellerai sans cesse, je l'invoquerai avec une grande vivacité de sentiments, je conserverai ses dons, je m'efforcerai de les augmenter dans moi par la plus scrupuleuse fidélité aux moindres inspirations de la grâce.

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6 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Quatorzième jour

Arrivée des Mages à Jérusalem


« Voici que des Mages vinrent de l'Orient à Jérusalem, demandant où est le roi des Juifs, qui vient de naître ». (Matthieu 2) Les Mages, avertis par l'astre miraculeux qui leur annonçait la venue du Messie, et pour obéir à la voix intérieure qui les pressait d'aller le reconnaître et l'adorer, avaient quitté leur patrie et bravé les dangers et les fatigues d'un long et pénible voyage. Pour récompenser leur obéissance et encourager leur fidélité, Dieu avait renouvelé la merveille opérée autrefois en faveur d'Israël, lorsqu'il sortit de l'Égypte; il s'était chargé de diriger lui-même leur marche, et leur avait donné pour guide l'astre même dont l'apparition leur avait révélé la naissance du Rédempteur. Celte miraculeuse étoile, en effet, les précédait constamment, et, le jour comme la nuit, leur montrant le chemin qu'ils devaient suivre, animait à chaque pas leur joie, leur reconnaissance et leur zèle. Mais parce que la volonté de l'homme est sujette à l'inconstance et ne s'affermit solidement que par l'épreuve, il fallait que leur fidélité comme celle d'Abraham fût éprouvée, et qu'en triomphant de la tentation ils glorifiassent celui qui les appelait les premiers à son admirable lumière ; et voici la triple tentation qu'ils eurent à surmonter en arrivant à Jérusalem: 1° l'abandon apparent du ciel; 2° la crainte d'Hérode; 3° l'indifférence des Juifs.


L'abandon apparent du Ciel


En quel lieu, en effet, et en quelle circonstance la lumière céleste pouvait-elle être plus nécessaire aux Mages que dans la ville de Jérusalem, dont ils ne connaissent ni le roi, ni le peuple, ni les usages, ni la langue? Et c'est précisément à leur arrivée en cette capitale de la Judée qu'elle les abandonne, et les livre à toutes les anxiétés et à toutes les incertitudes. Se seraient-ils donc abusés? auraient-ils pris pour un avertissement miraculeux un météore vulgaire, un simple jeu de la nature? leur cœur en aurait-il imposé à leur raison, et transformé un aveugle pressentiment en une révélation divine? Non, non, ô saints Rois ! vous ne vous êtes pas trompés. Soit que Dieu veuille faire connaître qu'il va punir les Juifs ingrats par la soustraction de ses lumières, soit que l'étoile qui conduit au Roi pauvre, et l'Ange qui la guide, ne veuillent point se montrer où parait la pompe d'une cour maligne et dépravée, il veut avant tout vous accoutumer, et par vous nous apprendre à marcher par foi et non pas par vue, à compter sur son secours et à voir son action quand il se cache comme quand il se montre. Il veut que vous sachiez qu'il est le maître de ses grâces,et qu'il en dispose comme il lui plaît, que ce n'est qu'en persévérant qu'on trouve Jésus; il veut enfin, par les questions et les démarches que vous serez obligés de faire, rendre plus éclatante la naissance du Sauveur du monde. Car en demandant le lieu, vous la ferez connaître. Allez donc avec confiance, accomplissez voire mission; demandez hardiment pu est le roi des Juifs qui vient de naître, et bientôt vous l'apprendrez. Te plaindras-tu encore, ô mon âme! quand il plaira à Dieu de te laisser dans les ténèbres, ta froideur et ton aridité, de te retirer le sentiment si doux de sa présence? Quel droit peux-tu prétendre à ses faveurs, toi qui n'as mérité que ses châtiments et sa colère? Sa lumière, ses consolations, ses grâces ne sont-elles pas un don de son divin Esprit? Ne pourra-t-il en disposer comme il lui plaît? Pourquoi donc es-tu triste, ô mon âme! et pourquoi te troubles-tu? espère en Dieu. Il sait ce qui est le plus avantageux à ton bien et à sa gloire; il sait tout; il le peut mieux Taire réussir que toi, car il peut tout; il le veut plus que toi, car il t'aime plus que tu ne t'aimes toi-même. Il est vrai que souvent c'est par ta faute que tu perds la lumière céleste. Mais ton trouble ne la ramène pas. Humilie-toi, adore, bénis, répands-toi en sa présence. O Sauveur! éclairez mes ténèbres, de peur que je ne m'endorme un jour dans la mort1. Donnez-moi, au milieu des embarras., du tumulte et de la dissipation des affaires et du monde, le recueillement, la paix, le regard éclairé du cœur, afin que je ne vous perde pas de vue, que je vous cherche et que j'aille constamment à vous.


La Crainte d'Hérode


Quand même ce prince n'eût pas été naturellement soupçonneux et jaloux, n'est-ce pas, de la part des Mages, une grande témérité que de s'enquérir dans sa capitale et aux portes de son palais dans quel lieu ils pourraient trouver le roi des Juifs, qui venait de naître? Des étrangers qui font publiquement cette question ne doivent-ils pas éveiller de graves soupçons, ne s'exposent-ils pas aux plus grands dangers pour leur liberté ou même pour leur vie? N'ont-ils donc pas d'autres moyens de parvenir à leur but? Pourquoi tant d'éclat? Ne peuvent-ils s'informer en secret, avec plus de précautions, de ménagements et de prudence? Us n'allumeraient point la jalousie d'Hérode, et ne troubleraient pas Jérusalem. Voilà les vains raisonnements de la sagesse réprouvée du siècle, et les faux prétextes de la pusillanimité et du respect humain. Si les Mages les eussent écoutés, ni le Sauveur n'eût été connu, ni sa naissance proclamée, ni la prophétie constatée, ni Dieu glorifié. Jamais ils n'eussent recouvré leur céleste guide. Jamais peut-être ils ne seraient arrivés à Jésus-Christ. Mais parce qu'ils marchent avec simplicité, ils marchent avec confiance. C'est lui qu'ils cherchent, c'est lui qu'ils demandent sans détour; et par l'une de ces dispositions merveilleuses de la Providence, c'est à la poursuite d'Hérode que la synagogue leur apprendra le lieu de sa naissance, et leur en fera la déclaration authentique. Quelle consolation, ô mon âme! de trouver notre miséricordieux Sauveur si fidèle dans ses promesses, si bon pour ceux qui le cherchent dans la simplicité de leurs cœurs! Ne te laisse donc jamais arrêter par des considérations humaines, quand il est question des intérêts de la foi, ni par la crainte des jugements du monde, quand il s'agit de la gloire de Dieu. N'écoute ni tes doutes, ni les incertitudes qui viennent t'ébranler tantôt sur un point de la religion et tantôt sur un autre. Quand l'étoile semble disparaître à tes yeux, souviens-toi que Dieu a établi dans son Église des pasteurs et des docteurs, et que, dans les temps d'obscurité surtout, il n'y a de sûreté que dans la docilité aux guides spirituels, à ceux que Dieu a placés sur le chandelier pour nous conduire. Mais aussi, quand on t'interroge sur la religion, réponds avec candeur, quelque insidieuses que soient les questions, dis hautement que Jésus-Christ est le divin Roi à qui nous appartenons; raconte comment il t'a appelée, par quelles voies il t'a ramenée à lui; publie ses miséricordes, la paix, la joie, le bonheur qu'on goûte à son service. Peut-être seras-tu assez heureuse pour le faire connaître à ceux qui l'ignorent; au moins auras-tu rendu gloire à Dieu.


L'indifférence des Juifs


C'était sans doute une tentation bien délicate pour ces hommes pleins de zèle, que la foi amenait de si loin aux pieds du roi des Juifs, que l'ignorance où ils trouvaient ses propres sujets par rapport à sa naissance. Quand un signe miraculeux est venu l'annoncer à des étrangers, comment n'est-elle pas connue de son peuple? Au lieu de s'arrêter à d'inutiles questions, ils font la seule qu'ils eussent à faire: Dites-nous où doit naître le Christ, car nous savons qu'il est né. Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l'adorer. L'émotion que cette nouvelle produit dans la ville et à la cour d'Hérode ne les déconcerte pas plus que l'insouciance et l'ignorance absolue où ils les avaient d'abord trouvées sur cet important événement. Ils laissent à Dieu la science de ses conseils et les causes de ses jugements, et ne songent qu'à profiter de la grâce qui leur est donnée. Ils n'hésitent point, ne délibèrent point; c'est toujours la même docilité et la même droiture: Ils ont vu et ils sont venus. L'étoile a été pour eux comme la voix de Dieu et la langue du ciel. Les saintes Écritures, interprétées par les docteurs, les remplaceront; elles leur indiqueront Bethléem, terre de Juda; et dès qu'ils auront entendu la réponse à leur question, ils partiront sans différer. O mon Sauveur! quelle leçon! quelle instruction pour moi dans cette conduite des Mages! mes pieds ont presque été ébranlés, mes pas ont chancelé quand j'ai vu la paix des pécheurs! Quelle effroyable défection ! quel abandon de votre loi! Vous êtes descendu du ciel, vous vous êtes fait homme, vous êtes né pour eux! Ils ne le savent pas, ils ne le croient pas, ils ne s'en souviennent pas! Vous avez marqué sur eux la lumière de votre visage; l'incrédulité l'a effacée. Vous avez mis votre sainte joie dans leurs cœurs; les coupables satisfactions l'y ont étouffée. Ce n'est pas seulement dans les saintes Lettres qu'ils peuvent lire votre divin nom annoncé et reconnu; vous l'avez écrit sur leurs fronts en caractères ineffaçables dans le saint baptême, et ils s'efforcent de l'anéantir, et ils vous délaissent, et vos divins oracles les troublent, mais ne les convertissent pas! Ne permettez pas, ô mon Sauveur! que ce scandale ébranle ma foi. Vous étiez hier, vous êtes aujourd'hui, vous serez dans les siècles des siècles. Il est bon pour moi de m'attacher à Dieu, de mettre toute mon espérance dans le Seigneur mon Dieu. Adorez aujourd'hui la conduite de Dieu sur ses saints. Il les appelle d'une manière prodigieuse à sa grâce et à son amour; il les conduit comme par la main, et puis, pour leur faire sentir leur faiblesse et le besoin continuel qu'ils ont de son secours, il semble s'éloigner d'eux et les abandonner. Toutefois jamais il n'en est plus près, parce qu'il est auprès de ceux qui l'invoquent, et que, dans les angoisses et les épreuves, le cœur se tourne plus vivement vers lui. Faites, ô mon Sauveur! que je ne craigne que de vous déplaire et de vous être infidèle, que je mette toute ma gloire à vous faire connaître, et mon bonheur à vous servir et à vous aimer; que je comprenne que s'il y en a peu de sauvés, ce n'est pour moi qu'un motif de plus de me montrer reconnaissant envers vous, et de travailler à mon salut avec crainte et tremblement.


Vertu à obtenir: La résistance aux tentations.


Résolutions et aspirations


Adorez aujourd'hui la conduite de Dieu sur ses Saints. Il les appelle d'une manière prodigieuse à sa grâce et à son amour; il les conduit comme par la main, et puis, pour leur faire sentir leur faiblesse et le besoin continuel qu'ils ont de son secours, il semble s'éloigner d'eux et les abandonner. Toutefois jamais il n'en est plus près, parce qu'il est auprès de ceux qui l'invoquent, et que, dans les angoisses et les épreuves, le cœur se tourne plus vivement vers lui. Faites, ô mon Sauveur! que je ne craigne que de vous déplaire et de vous être infidèle; que je mette toute ma gloire à vous faire connaître, et mon bonheur à vous servir et à vous aimer; que je comprenne que s'il y en a peu de sauvés ce n'est pour moi qu'un motif de plus de me montrer reconnaissant envers vous, et de travailler à mon salut avec crainte et tremblement.


Prière


Divin Jésus qui pour éprouver la foi des Mages leur avez momentanément soustrait la lumière par laquelle vous les aviez si miséricordieusement attirés, apprenez-nous à supporter à leur exemple les privations par lesquelles il vous plaira de nous faire passer, et toutes les épreuves que vous nous avez réservées dans votre sagesse; et puisque vous avez établi votre Eglise pour être la colonne et le soutien de la vérité, donnez-nous un attachement tout filial envers elle, et une docilité d'enfants envers les pasteurs chargés de nous enseigner et de nous conduire, afin que préservés des erreurs du siècle et de la contagion de ses exemples, nous arrivions au bienheureux séjour où nous vous posséderons sans crainte de vous perdre. Ainsi soit-il.

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4 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Douzième jour

Les effets du Nom de Jésus


Pour profiter de la contemplation des objets de la foi il faudrait s'y arrêter à loisir avec un esprit libre et dégagé des pensées vaines, dans le parfait silence de lame, les considérer sous toutes leurs faces, revenir sur les impressions qu'ils ont produites, pour les rendre plus profondes et plus durables, et ne jamais s'en détacher sans avoir pris quelque résolution efficace, et commencé à pratiquer quelque acte de la vertu qui en doit être le fruit. Autrement les bonnes pensées, les bons mouvements inspirés par l'Esprit saint demeurant sans effet, laissent les âmes qui les ont éprouvés dans les mêmes faiblesses et les mêmes ténèbres, et ne servent souvent qu'à nourrir en elles des illusions qui peuvent mettre leur salut en danger. Commencez donc aujourd'hui à revenir sur la considération du nom de Jésus; et en remerciant cet adorable Sauveur des sentiments et des vues que vous en avez recueillis, conjurez-le de vous apprendre par quels moyens vous pouvez rendre efficace et permanent en vous le souvenir de son divin nom, de manière à ce qu'il agisse constamment 1° sur vos pensées, 2° sur vos sentiments, 3° sur vos actions.


Sur vos pensées


Il faut avant tout graver profondément dans votre esprit le nom de Jésus, afin qu'il l'éclaire de de ses lumières divines, et en faire fréquemment le sujet de vos réflexions, pour découvrir ce qu'il signifie, et vous pénétrer de ce qu'il nous révèle; car entre tous les noms du Verbe incarné qui expriment ses miséricordes ou ses grandeurs c'est le nom de Jésus qui renferme plus parfaitement tous ses divins attributs, toutes ses qualités, toutes ses vertus, tous ses bienfaits, et qui par conséquent nous donne de, plus belles, de plus douces, de plus excellentes idées du Fils de Dieu. Jugez de là combien est sainte et utile la pensée du nom de Jésus puisqu'elle suffit pour vous représenter et vous faire admirer et chérir votre aimable Rédempteur; mais de plus ce nom de Jésus sanctifie la mémoire; il en efface les honteuses images du péché; à leur place il reproduit les chastes attraits de la vertu, les joies des bienheureux, les touchants souvenirs des mystères de sa naissance, de sa vie et de sa mort, et éveille tour à tour dans l'âme qui en nourrit la pensée, la joie, la crainte, la confiance, l'espérance et l'amour. Ainsi si votre intelligence conserve avec soin et fidélité l'empreinte du nom de Jésus, si vous rentrez de temps en temps en vous-même pour le contempler, vos vues habituelles seront plus pures, plus droites, plus élevées? les fantômes des plaisirs séducteurs moins attrayants, .les représentations tumultueuses du monde moins importunes; et les saintes vérités de la foi vous dégoûteront peu à peu de la vanité et du mensonge. Mais pour que ce nom béni produise en toi ces salutaires effets, ô mon âme! il faut que tu deviennes un vase d'élection pour le porter, comme le portait Saint Paul dont il était la lumière et le guide; que tu le portes comme les saints de la Jérusalem céleste, sur le front desquels il est un signe de gloire, c'est à dire avec courage pour n'en point rougir, et avec un saint respect pour ne pas le profaner; que tu le portes par proportion comme Jésus-Christ lui-même, par conséquent avec un esprit de foi, de piété, de sacrifice. Comprends bien que tu ne le peux honorer  qu'en t'unissant à toutes les saintes dispositions de l'esprit de Jésus-Christ, et en entretenant en toi le plus vif désir de ton salut, puisque ceux qui le négligent anéantissent à leur égard son titre de sauveur. O nom tout puissant et tout aimable! opérez en moi votre bienheureuse signification, sauvez-moi, brillez en moi de tout votre éclat, dissipez mes ténèbres, préservez-moi des erreurs et des illusions des enfants du siècle: que toutes mes pensées soient pour mon salut, qu'il soit toujours la fin de tous mes projets et de tous mes desseins, et que je sacrifie généreusement tous les avantages qui le mettraient en danger.


Sur vos sentiment


Il faut graver encore le nom de Jésus dans votre cœur, afin qu'il l'échauffe de ses divines flammes, car il n'est rien de plus puissant pour exciter en notre volonté toutes sortes d'affections saintes, et nous porter à glorifier toutes les perfections du Fils de Dieu, à lui rendre grâces de ses bienfaits, à imiter ses vertus, à fuir tout ce qui lui déplaît, et à faire avec amour tout ce qui peut plaire à ce tout aimable et tout désirable Sauveur. Ce nom divin sera aussi comme un sceau apposé sur vos affections pour que rien n'en altère la sainteté et n'en soit détourné au profit du monde et des passions; comment en effet pourriez-vous aimer ce nom, qui exprime l'abnégation, la pénitence, l'humilité, la pauvreté, la croix, l'obéissance jusqu'à la mort, et demeurer affectionné aux richesses, aux honneurs, aux plaisirs, aux faux biens et aux perfides délices de la terre? Non, nul ne peut servir deux maîtres qui se contredisent, se combattent et se repoussent. Le nom de Jésus et celui de Belial ne peuvent jamais s'accorder. Vous êtes en nous, Seigneur, et votre nom a été invoqué sur nous; ne nous abandonnez pas. Porte le donc avec respect, conserve-le avec amour, invoque-le avec confiance, ô mon âme! fais ton bonheur de le contempler, de le méditer, de le redire sans cesse; c'est le nom de ton ami: il doit être plus doux pour toi que le lait et le miel: c'est le nom de ton père, de ton frère, de ton sauveur; il porte avec lui la paix, la joie, l'espérance et tous les biens; il bannit toutes les craintes, il charme toutes les douleurs, il change en consolation les plus rudes épreuves, en douceur joutes les amertumes. Les apôtres battus de verges étaient pleins de joie de ce qu'ils avaient été jugés dignes de souffrir des opprobres pour le nom de Jésus. O mon Sauveur! que je suis éloigné de cette disposition! Ils étaient joyeux de souffrir, glorieux des opprobres, et moi je ne sais pas être patient, résigné, soumis dans l'épreuve, abandonné et confiant entre vos mains. O nom adorable de mon Sauveur! changez mon cœur en vous y imprimant en caractères d'amour! Votre nom, c'est le signe de votre puissance, de votre possession; je suis à vous comme votre conquête. Je veux vous appartenir par une donation libre et volontaire de tout mon être; acceptez-moi, ô miséricordieux Sauveur! et gardez-moi comme vôtre à tous les titres; sauvé par vous, racheté par votre sang, marqué de votre nom, et je ne craindrai plus que personne ose m'arracher à un si bon et si puissant maître.


Sur vos œuvres


Si le nom de Jésus est profondément gravé dans votre. esprit et votre cœur, ses effets divins se manifesteront nécessairement dans vos paroles, dans vos actions, dans toute votre conduite, puisque c'est de l'abondance du cœur que la bouche parle, et que les œuvres sont la preuve et comme la production de L'amour. Quelque chose que vous fassiez, soit en parlant ou en agissant, dit l'Apôtre, faites tout au nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Fidèles à ce précepte, les premiers chrétiens sanctifiaient en y obéissant toutes leurs démarches; le travail, le repos, la prière, les repas, les visites, les voyages, les affaires les plus importantes comme les occupations les plus indifférentes, tout était consacré par ce nom divin. Eu sortant de leurs maisons et en y rentrant, lorsqu'ils se quittaient ou se retrouvaient, ils le prononçaient comme le signe auquel ils devaient se reconnaître, comme le symbole de leur mutuelle charité, comme le lien qui unissait tous leurs cœurs. Les lettres des apôtres peuvent vous faire juger quelle place le nom de Jésus occupait dans leurs correspondances, dans leurs entretiens, dans leurs agapes, dans leurs réunions religieuses, et même dans les relations et les devoirs de la vie civile; de là cette sainteté de leurs mœurs, cette angélique perfection de leur céleste société. Comment en effet parler et agir au nom de Jésus-Christ et blesser la vérité ou la charité? Comment lui offrir et lui consacrer en détail des discours ou des œuvres qui seraient contraires à sa morale et à son esprit? O ciel! que les temps sont changés! quelle prodigieuse différence entre les mœurs, les habitudes et le langage des premiers disciples de Jésus-Christ et nous, qui osons en prendre le titre et la qualité! Qui est-ce, ô mon Sauveur! qui met votre adorable nom à la tête de ses entreprises, qui place sous son invocation la conduite de ses affaires,  sa famille, ses desseins, ses espérances, ou ses craintes? Le pourrait-on d'ailleurs quand presque habituellement la terre occupe toutes les pensées, quand les sollicitudes du siècle remplissent l'âme, et que toutes les affections, tous les attachements sont pour les biens périssables? O mon âme! est-ce au nom de Jésus que tu agis, que tu parles, que tu t'occupes? Ne lui appartiens-tu donc pas? ne lui dois-tu pas tout ce que tu es, tout ce que tu possèdes? La terre ne doit-elle donc pas fructifier pour son maître! Il est vrai, ô mon Sauveur ! mais comment aurais-je pu vous offrir des pensées vaines, inutiles, trop souvent coupables, des désirs et des œuvres si indignes de votre grandeur et de votre sainteté? Secourez-nous, ô Dieu qui êtes notre salut! délivrez-nous pour votre gloire; faites grâce à nos péchés pour l'honneur de votre nom.


Vertu à demander: Invocation habituelle du nom de Jésus.


Résolution et aspirations


Commencez dès aujourd'hui à invoquer avant vos principales actions le nom adorable de Jésus; examinez-vous pendant un certain temps sur voire fidélité à cette pratique. Pour peu que vous y mettiez de persévérance elle vous deviendra habituelle et comme naturelle, et sera pour vous la source d'une infinité de grâces. Quand vous serez sur le point de faire quelque démarche un peu importante, dites-vous: Puis-je offrir à Jésus-Christ cette visite, cet entretien, cette occupation, ce plaisir? puis-je faire cette action au nom de Jésus? Ai-je agi, parlé, travaillé d'une manière utile ou préjudiciable à mon salut? ai-je glorifié ou déshonoré mon Sauveur? Que le nom de Jésus soit comme votre pierre de touche pour juger vos pensées, vos sentiments et vos œuvres.


Prière


O Saint Nom de Jésus, astre lumineux, étoile favorable, c'est de vous que dépend le bonheur de ma vie, de mes desseins, de ma mort et de tout ce qui me regarde! Quoi que je fasse, j'agirai désormais sous votre divine influence. Si je veille Jésus sera toujours devant mes yeux; si je repose Jésus occupera mes pensées; si je marche ce sera dans la compagnie de Jésus; si je suis assis Jésus sera à mes côtés; si j'étudie Jésus sera mon maître; si j'écris Jésus guidera ma main; si je prie Jésus formera et animera ma prière; si je suis fatigué Jésus sera mon délassement; si j'ai faim Jésus me nourrira; si j'ai soif Jésus me désaltérera; si je suis malade Jésus sera mon médecin; si je meurs je mourrai en Jésus, qui est ma vie. Jésus scellera mes lèvres mourantes, Jésus fermera mes yeux, Jésus sera mon tombeau. O Jésus! que mon salut vous a coûté cher! à quel prix et par combien de sang vous avez acheté le titre de mon Sauveur! Sauvez-moi donc du péché et de la mort éternelle, puisque c'est pour cela que vous avez reçu le nom de Jésus, et que je puisse répéter pendant toute l'éternité: Jésus, ma vie, mon bonheur, mon amour, mon tout! soyez loué, aimé et adoré pendant les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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24 décembre 2010

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Premier jour

Jour de Noël

Naissance de Jésus Christ


« Aujourd'hui il vous est né dans la ville de David un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur ». (Luc 2) A la pensée du Fils unique du Très Haut, de son Verbe éternel, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, conversant avec les hommes, revêtu de leur nature, se montrant sous la forme d'un enfant, ô mon âme! abîme-toi, livre-toi aux transports de l'admiration, de l'attendrissement et de la reconnaissance; adore, loue, bénis, chante avec les esprits célestes, et répète comme eux: « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté! » c 'est aujourd'hui qu'est né le Sauveur du monde, qui est le Christ, le Seigneur, et après l'avoir quelques moments contemplé en silence, élève-toi aux considérations que ce prodige d'amour te présente. 1° Quel est celui qui vient au monde? 2° Comment y vient-il? 3° Pourquoi y vient-il ?


Quel est ce petit enfant qui vient au monde?


Celui que vous voyez couché dans une crèche, qui pleure, qui tremble de froid, qui demande du lait, qui ne paraît en rien différent des autres enfants, est néanmoins le fils du Dieu vivant, l'héritier de toutes choses, l'admirable, le fort, le tout-puissant, le réparateur du monde et le sauveur de tous les hommes. Qui a donc pu opérer un tel prodige, et réduire la souveraine grandeur à cet incompréhensible abaissement? Ah! c'est l'amour que vous avez pour moi, ô mon Jésus! oui, c'est pour moi que vous êtes descendu du ciel, pour moi que vous vous êtes fait homme, pour moi que vous vous êtes fait enfant et que vous avez voulu naître dans une étable. Et moi, qu'ai-je fait, qu'ai-je souffert pour vous? quel mépris, quelle incommodité, quelle peine ai-je endurés pour vous et pour mon salut? Hélas! le luxe, la vanité, l'amour de mes aises, peut-être les délices et la sensualité, voilà l'objet constant de mes désirs, de mes recherches et de mes soins. Est-il donc vrai que je vous reconnaisse pour mon maître, ô enfant de douleur ! oserai-je me dire votre disciple?


Comment Jésus vient-il au monde?


Il y vient pauvre, il y vient petit, il y vient humble, il y vient comme un étranger qui n'est ni connu ni appuyé de personne; c'est volontairement qu'il choisit ce que le monde dédaigne, ce qui révolte la sensualité, ce que l'orgueil abhorre; il manque de tout, il souffre de tout, il est dans un dénuement et un abandon absolus, et pourtant il ne se plaint pas; il pleure, il est vrai, mais ce sont nos infidélités qui font couler ses larmes; c'est l'offense de Dieu qui cause sa douleur: le dénuement, l'oubli, l'abjection, il s'y est dévoué pour réparer le crime de l'orgueil et l'injustice des affections du cœur humain. Par cette raison, il s'y plaît, il les aime, il s'en réjouit, il en fait ses délices. Après cela pourrai-je encore rechercher la gloire, l'estime des hommes, leurs fausses louanges; serai je encore aussi délicat sur les préférences, l'oubli, l'abandon? Ah! si je n'ai pas le courage d'embrasser l'excessive pauvreté de votre naissance, ô divin enfant! donnez-moi du moins de supporter les privations, de me soumettre aux épreuves que m'a ménagées votre miséricordieuse providence; que je commence à sentir enfin la nécessité de la mortification et de la pénitence!


Pourquoi Jésus-Christ vient-il au monde?


Cette étable où il s'est réfugié pour naître, cette crèche dans laquelle il est étendu ne vous le disent-elles pas? comment en le voyant couché sur cette paille, couvert de ces pauvres langes, versant des pleurs, comment ne. pas reconnaître le nouvel Adam portant les caractères et subissant la peine du péché? c'est la victime qui vient et qui prélude à son grand sacrifice; elle s'étend sur cette crèche comme sur un autel, s'offre déjà en esprit d'immolation. Et que n'immole-t-il pas en effet dans cet état d'enfance? Grandeur, sagesse, prudence, tout est éclipsé, tout disparaît sous les dehors insignifiants du premier âge; car il fallait qu'il fut en tout semblable à ses frères. Il est engendré dans les splendeurs des saints avant l'aurore, et il naît dans un réduit obscur,- la lumière est comme son vêtement, et il est couvert de pauvres langes; il est le Verbe de Dieu, qui soutient tout, et il faut que sa mère le porte entre ses bras. O grandeur ainsi abaissée! que vous êtes aimable, ô éternel! devenu un enfant d'un jour, que vous êtes adorable! ô toute-puissante faiblesse, soyez ma force! ravissante obscurité, soyez ma lumière! pauvreté de Jésus, soyez mon trésor et toute ma richesse! Humblement prosterné au pied de votre crèche, je vous adore, ô divin enfant! j'adore ce cœur si tendre, qui s'efforce de me donner des marques de son amour infini; j'adore cet esprit en qui sont renfermés tous les trésors de la science et de la sagesse, et qui se couvre si miséricordieusement des voiles de l'enfance; j'adore ces larmes précieuses qui coulent de vos yeux pour purifier mon âme et apaiser la colère de votre Père céleste allumée par mes péchés; j'adore ces mains puissantes, captives aujourd'hui dans les langes, comme elles le seront un jour si douloureusement, lorsque les Juifs les auront chargées de chaînes et clouées à la croix. « Doux amour, ô mon adorable Jésus! vous dirai-je avec Saint Bernard, faites sentir à mon cœur combien vous m'avez aimé, combien vous m'aimez encore. Ah  je voudrais bien vous aimer, mais je ne le puis sans vous. Jésus, mon amour et ma vie,  faites-moi la grâce de mourir pour votre amour ».


Vertu à obtenir: L'amour de Jésus.

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Aspirations et résolutions


Honorez, bénissez le Père éternel, qui a tellement aimé le monde qu'il lui a donné son fils unique.  Nous vous louons, nous vous bénissons, nous vous adorons, nous vous rendons grâces à cause de votre grande gloire. Glorifiez le Fils, qui ne veut naître dans le temps que pour vous donner la naissance spirituelle. Gloire à vous, ô Jésus! qui êtes né d'une vierge, que tous les anges de Dieu vous adorent. Je me prosterne, je m'abîme devant vous avec Marie et Joseph, et vous adore comme Dieu au-dessus de tous les siècles des siècles. Proposez-vous de souffrir aujourd'hui quelque chose pour commencer à l'imiter; pratiquez quelque acte d'humilité dont Jésus seul, s'il est possible, soit le confident et le témoin, et dites-lui avec Saint Augustin: « Eloignez de moi l'esprit d'orgueil, ô mon Sauveur, et donnez-moi le trésor de votre humilité! »


Prière


O Dieu! qui dans votre naissance portez l'ignominie de notre origine criminelle, et qui, l'unique Fils de Dieu, cher et précieux à votre Père, souffrez les rebuts et les peines qui sont dus aux enfants de colère; qui, sans dire un seul mot, nous instruisez par la virginité de votre très sainte mère, de la régénération pure que vous nous méritez en naissant, de notre rédemption, par le bois de la crèche, image de celui de la croix, de la céleste nourriture que vous nous destinez par la crèche même où vous reposez, faites-nous comprendre les secrets de votre admirable silence, et rendez-nous de telle sorte enfants en vous que nous puissions avec vous être les héritiers du Père éternel avec lequel vous vivez et régnez aux siècles des siècles. Ainsi soit il.

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22 décembre 2010

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

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Huitième jour

Dans la relation avec Jésus


Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.


Liturgie de la Parole


Livre de Malachie 3: 1-4, 23-24


Voici que j'envoie mon Messager pour qu'il prépare le chemin devant moi; et soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez. Le messager de l'Alliance que vous désirez, le voici qui vient, dit le Seigneur de l'univers. Qui pourra soutenir le jour de sa venue? Qui pourra rester debout lorsqu'il se montrera? Car il est pareil au feu du fondeur, pareil à la lessive des blanchisseurs. Il s'installera pour fondre et purifier. Il purifiera les fils de Lévi, il les affinera comme l'or et l'argent: ainsi pourront-ils, aux yeux du Seigneur, présenter l'offrande en toute justice. Alors, l'offrande de Juda et de Jérusalem sera bien accueillie du Seigneur, comme il en fut aux jours anciens, dans les années d'autrefois. Voici que je vais vous envoyer Élie le prophète, avant que vienne le jour du Seigneur, jour grand et redoutable. Il ramènera le coeur des pères vers leurs fils, et le coeur des fils vers leurs pères, pour que je ne vienne pas frapper le pays de malédiction!


Psaume 24


Vers toi, Seigneur, j'élève mon âme,

vers toi, mon Dieu. Je m'appuie sur toi: épargne-moi la honte; ne laisse pas triompher mon ennemi.

Pour qui espère en toi, pas de honte, mais honte et déception pour qui trahit.

Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route.

Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve. C'est toi que j'espère tout le jour en raison de ta bonté, Seigneur.

Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, ton amour qui est de toujours.

Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse; dans ton amour, ne m'oublie pas.

Il est droit, il est bon, le Seigneur, lui qui montre aux pécheurs le chemin.

Sa justice dirige les humbles, il enseigne aux humbles son chemin.

Les voies du Seigneur sont amour et vérité pour qui veille à son alliance et à ses lois.

A cause de ton nom, Seigneur, pardonne ma faute : elle est grande.

Est-il un homme qui craigne le Seigneur? Dieu lui montre le chemin qu'il doit prendre.

Son âme habitera le bonheur, ses descendants posséderont la terre.

Le secret du Seigneur est pour ceux qui le craignent; à ceux-là, il fait connaître son alliance.

J'ai les yeux tournés vers le Seigneur: il tirera mes pieds du filet.

Regarde, et prends pitié de moi, de moi qui suis seul et misérable.

L'angoisse grandit dans mon coeur: tire-moi de ma détresse.

Vois ma misère et ma peine, enlève tous mes péchés.

Vois mes ennemis si nombreux, la haine violente qu'ils me portent.

Garde mon âme, délivre-moi; je m'abrite en toi: épargne-moi la honte.

Droiture et perfection veillent sur moi, sur moi qui t'espère!

Libère Israël, ô mon Dieu, de toutes ses angoisses!


Evangile selon Saint Luc 1: 57-66


Quand arriva le moment où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait prodigué sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle. Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l'enfant. Ils voulaient le nommer Zacharie comme son père. Mais sa mère déclara: « Non, il s'appellera Jean ». On lui répondit: « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là! » On demandait par signes au père comment il voulait l'appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit: « Son nom est Jean ». Et tout le monde en fut étonné. A l'instant même, sa bouche s'ouvrit, sa langue se délia: il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors les gens du voisinage, et dans toute la montagne de Judée on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient en étaient frappés et disaient: « Que sera donc cet enfant? » En effet, la main du Seigneur était avec lui.

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Cantique des Prophéties

Benoit XVI nous dit:


Par sa vie, Jean-Baptiste témoigne, non sans difficulté et de façon contrastée, de son amour pour la vérité et nous fait prendre conscience que tous les croyants sont appelés à affronter le chemin de la vie dans la recherche de la vérité, de la justice et de l'amour. (Discours du 18 août 2005).


Avec Benoît XVI, méditons: « Quant à Élisabeth, le temps fut révolu où elle devait enfanter, et elle donna naissance à un fils ».


Au centre de l'oeuvre éducative, et en particulier dans l'éducation à la foi, qui est le sommet de la formation de la personne et son horizon le plus adapté, se trouve de manière concrète la figure du témoin: il devient un point de référence précisément dans la mesure où il sait rendre raison de l'espérance qui soutient sa vie (cf. 1 P 3, 15), il est personnellement concerné par la vérité qu'il propose. D'autre part, le témoin ne renvoie jamais à lui-même mais à quelque chose, ou mieux, à Quelqu'un plus grand que lui, qu'il a rencontré et dont il a éprouvé la bonté à laquelle on peut faire confiance. Ainsi, chaque éducateur et témoin trouve son modèle indépassable en Jésus Christ, le grand témoin du Père. (…) Tel est le motif pour lequel à la base de la formation de la personne chrétienne de la transmission de la Foi se trouve nécessairement la prière, l'amitié personnelle avec le Christ. (Discours du 6 juin 2006).

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Thèmes pour la réflexion et la prière

Guidés par les paroles du Pape, préparons-nous à vivre une relation profonde avec Jésus.


Nous vivons une époque ou l'influence du sécularisme s'accroît en, faisant de l'homme la mesure de lui-même. (…) Jean-Baptiste nous enseigne à ne pas avoir peur de miser sur le Christ! A avoir la nostalgie du Christ, comme le fondement de la vie! A allumer en nous le désir de construire notre vie avec Lui et pour Lui! (Discours du 23 juin 2006 et discours du 27 mai 2006).


Comme Jean, tous les croyants sont appelés à affronter leur chemin de vie à la recherche de la vérité, de la justice et de l'amour. Ils doivent devenir des hommes de la vérité, du droit, de la bonté, du pardon, de la miséricorde. Ils ne poseront plus la question: a quoi cela me sert-il? Ils devront au contraire poser la question: avec quoi est-ce que je sers la présence de Dieu dans le monde? Ils doivent apprendre à se perdre eux-mêmes et ainsi à se trouver eux-mêmes. (Discours du 20 août 2005).


Les témoignage de Jean-Baptiste nous dit qu'il faut entrer réellement dans une relation d'amitié avec Jésus, dans une relation personnelle avec Lui et ne pas savoir seulement par les autres ou par les livres qui est Jésus, mais vivre une relation toujours plus approfondie d'amitié personnelle avec Jésus, dans laquelle nous pouvons commencer à comprendre ce qu'Il nous demande. Et ensuite, l'attention à ce que nous sommes, à nos capacités: d'une part du courage et de l'autre de l'humilité, de la confiance et l'ouverture. (…) Le secret de la sainteté est l'amitié avec le Christ et l'adhésion fidèle à Sa Volonté. (Discours du 6 avril 2003 et Discours du 19 août 2005).


La famille subit les répercussions de ce processus de relativisation qui, en ne reconnaissant rien comme définitif, ne laisse comme ultime mesure que son propre moi avec ses désirs, et sous l'apparence de la liberté devient une prison pour chacun. (…) A côté de cellules familiales exemplaires, il en existe souvent d'autres malheureusement marquée par la fragilité des liens conjugaux, par la plaie de l'avortement et par la crise démographique, par le peu d'attention à la transmission de valeurs authentiques aux enfants. (…) Une modernité qui n'est pas enracinée dans d'authentiques valeurs humaines est destinée à être dominée par la tyrannie de l'instabilité et de l'égarement. C'est pourquoi, chaque communauté ecclésiale est appelée à constituer un point de référence et à dialoguer avec la société dans laquelle elle est insérée (…) en puisant dans la Parole de Dieu les principes qui indiquent les bases incontournables permettant d'édifier la famille selon le dessein du Créateur. (Discours du 6 juin 2005 et du 3 juin 2006).


La prédication de Jean est dans le même temps un appel de grâce et un signe de contradiction et de jugement pour tout le Peuple de Dieu. (…) Même le respect de la vie se présente aujourd'hui comme « signe de contradiction » par rapport à la mentalité dominante. (…) Car il s'agit d'un bien « indisponible »: l'homme n'est pas le maître de la vie; il en est plutôt le gardien et l'administrateur. Le plein respect de la vie est lié au sens religieux, à l'attitude intérieure avec laquelle l'homme se situe par rapport à la réalité, comme un patron ou un gardien. (…) Si l'on enlève aux créatures leur référence à Dieu, comme fondement transcendant, celles-ci risquent de tomber en proie au jugement arbitraire de l'homme qui peut en faire, comme nous le voyons, un usage insensé. (Catéchèse du 15 mars 2006 et Homélie du 5 février 2006).

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Cantique de Marie


Antienne du Magnificat: O Emmanuel, notre Roi et notre Législateur, l'attente des nations et leur Sauveur: venez nous sauver, Seigneur notre Dieu.


Magnificat

Mon âme exalte le Seigneur,

exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur!

Il s'est penché sur son humble servante;

désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles; Saint est son nom!

Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent;

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël, son serviteur, il se souvient de son amour,

de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit,

maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

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Prière d'intercession


Que la joie qui a envahi la demeure de Zacharie et toute la région après la naissance de Jean-Baptiste, inonde aussi nos coeurs en anticipant la joie de Noël et de la venue de Jésus, désormais proches. Bien que comblés, nous sommes conscients de notre pauvreté et de nos contradictions. C'est pourquoi nous demandons à être renforcés par la grâce pour nous élancer vers Celui qui vient demeurer parmi nous. Humblement, nous Te prions:


Visite-nous, Seigneur, et fais-nous don de Ta Grâce.


En silence et avec une Charité modeste, Marie s'est prodiguée aux côtés d'Elisabeth dont la délivrance approchait; en confiant en sa maternelle intercession l'Eglise, nous Te prions, Seigneur, d'en soutenir l'ardeur missionnaire et de favoriser de Ta grâce les tâches apostoliques des ministres sacrés, afin qu'ils puissent éveiller à la vie de la Foi une multitude de fils et de filles. Humblement, nous Te prions:


Visite-nous, Seigneur, et fais-nous don de Ta Grâce.


Toi qui as appelé par son nom dès le sein maternel, le Précurseur du Messie, Te révélant comme « Celui qui fait grâce », nous Te supplions pour toutes les populations qui attendent la Justice et aspirent à la paix. Illumine l'esprit et le Cœur de ceux qui gouvernent afin qu'ils se sachent appelés à la noble et difficile mission de favoriser entre les peuples une vraie fraternité fondée sur le respect réciproque et sur la collaboration. Humblement, nous Te prions:


Visite-nous, Seigneur, et fais-nous don de Ta Grâce.


La naissance de Jean-Baptiste émerveilla tout le monde; à Toi, Seigneur, qui nous surprends toujours par Tes interventions salvatrices, nous adressons notre supplique pour le continent européen. Qu'il puisse redécouvrir ses racines chrétiennes et opposer à la culture de mort dominante, une culture respectueuse des valeurs authentiques de la vie, pour construire une société ouverte et solidaire, capable d'offrir aux jeunes un avenir fécond, nourri d'espérance. Humblement, nous Te prions:


Visite-nous, Seigneur, et fais-nous don de Ta Grâce.


Après le temps de l'épreuve purificatrice, les lèvres de Zacharie s'ouvrirent et il chanta Ton puissant Salut: en nous unissant à l'homme crucifié dans son cœur et son esprit, nous Te demandons, Seigneur, pour chacun, la force d'accueillir avec Foi la souffrance et de la vivre avec générosité et douceur, afin qu'elle devienne pour tous une source de grâce et de bénédiction. Humblement, nous Te prions:


Visite-nous, Seigneur, et fais-nous don de Ta Grâce.


O Dieu, Toi qui nous as envoyé Jean pour préparer le cœur du peuple élu à accueillir le Sauveur promis, illumine-nous par Ta parole et accomplis en nous une profonde conversion; que l'humble reconnaissance de notre péché nous permette d'obtenir Ton Pardon et fasse de nous des témoins crédibles de Ton Amour Miséricordieux. Humblement, nous Te prions:


Visite-nous, Seigneur, et fais-nous don de Ta Grâce.


Intentions libres


Notre Père...


Prions


Dieu fidèle, Père de notre Seigneur Jésus Christ, alors que le temps des épreuves perdure dans l'avènement de notre vie terrestre, continue à nous surprendre par Tes visites de grâce, afin que nous cheminions avec persévérance dans Tes pas, guidés par la Foi, illuminés par l'espérance, poussés par l'amour. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.



D'après un texte extrait de Neuvaine de Noël avec Benoit XVI aux Editions Salvator

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20 décembre 2010

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

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Sixième jour

Le voyage de la joie


Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.


Liturgie de la Parole


Livre du Cantique des Cantiques 2: 8-14


Voici mon bien-aimé qui vient! Il escalade les montagnes, il franchit les collines,  il accourt comme la gazelle, comme le petit d'une biche. Le voici qui se tient derrière notre mur; il regarde par la fenêtre, il guette à travers le treillage.  Mon bien-aimé a parlé; il m'a dit: « Lève-toi, mon amie, viens, ma toute belle. Car voici que l'hiver est passé, la saison des pluies est finie, elle s'en est allée. Dans la campagne, les fleurs apparaissent. Le temps des chansons arrive. Le roucoulement de la tourterelle se fait entendre dans nos campagnes. Le figuier forme ses premiers fruits,la vigne en fleur exhale son parfum. Lève-toi, mon amie, viens, ma toute belle! Ma colombe, blottie dans le rocher, cachée dans la falaise, montre-moi ton visage, fais-moi entendre ta voix; car ta voix est douce, et ton visage est beau ».


Sophonie 3: 17-18


Le Seigneur ton Dieu est en toi,c'est lui, le héros qui apporte le salut. Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour; il dansera pour toi avec des cris de joie, comme aux jours de fête. J'ai écarté de toi le malheur, pour que tu ne subisses plus l'humiliation.


Psaume 32


Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes! Hommes droits, à vous la louange!

Rendez grâce au Seigneur sur la cithare, jouez pour lui sur la harpe à dix cordes.

Chantez-lui le cantique nouveau, de tout votre art soutenez l'ovation.

Oui, elle est droite, la parole du Seigneur; il est fidèle en tout ce qu'il fait.

Il aime le bon droit et la justice; la terre est remplie de son amour.

Le Seigneur a fait les cieux par sa parole, l'univers, par le souffle de sa bouche.

Il amasse, il retient l'eau des mers; les océans, il les garde en réserve.

Que la crainte du Seigneur saisisse la terre, que tremblent devant lui les habitants du monde!

Il parla, et ce qu'il dit exista; il commanda, et ce qu'il dit survint.

Le Seigneur a déjoué les plans des nations, anéanti les projets des peuples.

Le plan du Seigneur demeure pour toujours, les projets de son coeur subsistent d'âge en âge.

Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu, heureuse la nation qu'il s'est choisie pour domaine!

Du haut des cieux, le Seigneur regarde : il voit la race des hommes.

Du lieu qu'il habite, il observe tous les habitants de la terre,

lui qui forme le coeur de chacun, qui pénètre toutes leurs actions.

Le salut d'un roi n'est pas dans son armée, ni la victoire d'un guerrier, dans sa force.

Illusion que des chevaux pour la victoire : une armée ne donne pas le salut.

Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour,

pour les délivrer de la mort, les garder en vie aux jours de famine.

Nous attendons notre vie du Seigneur: il est pour nous un appui, un bouclier.

La joie de notre coeur vient de lui, notre confiance est dans son nom très saint.

Que ton amour, Seigneur, soit sur nous comme notre espoir est en toi!


Evangile selon Saint Luc 1: 39-45


En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint, et s'écria d'une voix forte:  « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi? Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi. Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur »

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Cantique des Prophéties

Le Pape Benoit nous dit que:


Marie, la Mère du Christ et de l'Eglise nous enseigne à être « épiphanie » du Seigneur, dans l'ouverture du cœur à la force de la grâce et dans l'adhésion fidèle à la Parole de Son Fils, Lumière du monde et but ultime de l'histoire. (Homélie du 6 janvier 2006).


Avec Benoit XVI, méditons: « En ces jours-là, Marie partit »


Dieu est bon, il nous aime, il nous connaît, il est avec nous, avec nous au point de s'être fait chair!. C'est la grande joie que le christianisme annonce. Connaître ce Dieu est vraiment la "bonne nouvelle, une parole de rédemption. Peut-être nous, catholiques, qui le savons depuis toujours, ne sommes-nous plus surpris, ne ressentons-nous plus avec acuité cette joie libératrice. Mais si nous regardons le monde d'aujourd'hui, où Dieu est absent, nous devons constater qu'il est lui aussi dominé par les peurs, par les incertitudes: est-il bon d'être un homme ou pas? Est-il bon de vivre ou pas? Est-il vraiment bon d'exister? Ou tout est-il peut-être négatif? Et les hommes vivent en réalité dans un monde sombre, ils ont besoin d'anesthésie pour pouvoir vivre. Ainsi la parole: « réjouis-toi, le Seigneur est avec toi » est une parole qui ouvre réellement un temps nouveau. Très chers amis, par un acte de foi, nous devons de nouveau accepter et comprendre dans la profondeur de notre coeur cette parole libératrice: « réjouis-toi! ».  Lorsque quelqu'un a reçu cette joie, il ne peut pas la garder pour lui; la joie doit toujours être partagée. Une joie doit être communiquée. Marie est immédiatement allée communiquer sa joie à sa cousine Elisabeth. (Homélie du 18 décembre 2005).

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Thème pour la réflexion et la prière

Guidés par les paroles du Pape, soyons les témoins de la joie du Christ.


Marie est notre Mère, Elle transmet joie, confiance et bonté et Elle nous invite nous aussi à distribuer la joie. Tel est le véritable engagement de l'Avent: apporter la joie aux autres. La joie est le véritable don de Noël, et non pas les cadeaux coûteux qui prennent du temps et de l'argent. Nous pouvons communiquer cette joie de manière simple: par un sourire, par un geste de bonté, par une petite aide, par un pardon. Apportons cette joie et la joie donnée nous reviendra en retour. Cherchons en particulier à apporter la joie la plus profonde, celle d'avoir connu Dieu en Christ. Prions pour que dans nos vies transparaisse cette présence de la joie libératrice de Dieu. (Homélie du 8 décembre 2005).


Notre monde est un monde de peurs: peur de la misère et de la pauvreté, peur des maladies et des souffrances, peur de la solitude, peur de la mort. (…) (Avec Marie nous comprenons que) si Dieu reste absent dans ma vie, il me manque un guide, si Jésus est absent de ma vie, il me manque une amitié essentielle, il me manque également une joie qui est importante pour la vie. La force aussi de grandir en tant qu'homme, de surmonter mes vices et de mûrir humainement. (Homélie du 18 décembre 2005 et Discours du 15 octobre 2005).


Qui a rencontré quelque chose de vrai, de beau et de bon dans sa propre vie, le seul vrai trésor, la perle précieuse, court le partager partout, dans sa famille et au travail, dans tous les domaines de son existence. (…) Dans la mesure où nous nous nourrissons également du Christ, et que nous l'aimons, nous ressentons également en nous l'incitation à conduire les autres vers Lui: en effet, nousn ne pouvons pas garder pour nous la joie de la Foi, nous devons la transmettre. (Homélie du 3 juin 2006 et Discours du 5 juin 2005).


Il faut à nouveau faire comprendre que le plaisir n'est pas tout. Que le Christianisme nous donne la joie, comme l'amour donne la joie. Mais l'amour signifie également toujours renoncer à soi-même. Le Seigneur Lui-même nous a donné la formule de ce qu'est l'amour: celui qui se perd se retrouve; celui qui gagne et se conserve soi-même se perd. Il s'agit toujours d'un exode et donc également d'une souffrance. La véritable joie est une chose différente du plaisir, la joie croît, mûrit toujours dans la souffrance en communion avec la Croix du Christ. Ce n'est que de là que naît la véritable joie de la Foi. (Discours du 27 juillet 2005).


En voyant les rues et les places des villes décorées par des illuminations resplendissantes, rappelons que ces lumières évoquent une autre lumière, invisible aux yeux, mais pas au cœur. Alors que nous les admirons, alors que nous allumons les bougies dans les églises ou l'illumination de la crèche et de l'arbre de Noël dans les maisons, que notre âme s'ouvre à la véritable lumière spirituelle apportée à tous les hommes de bonne volonté. (…) Le vrai mystère de Noël est la splendeur intérieure qui vient se communiquer à nous, allumer dans notre cœur la petite flamme de la bonté de Dieu; par notre amour, portons tous la lumière dans le monde! Ne permettons pas que cette flamme de lumière soit éteinte par les courants froids de notre temps! Gardons-là fidèlement et faisons-en don aux autres! (Catéchèse du 21 décembre 2005 et Homélie du 24 décembre 2005).

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Cantique de Marie


Antienne du Magnificat: O Orient, splendeur de la lumière éternelle, soleil de justice: venez, et illuminez ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort.


Magnificat

Mon âme exalte le Seigneur,

exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur!

Il s'est penché sur son humble servante;

désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles; Saint est son nom!

Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent;

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël, son serviteur, il se souvient de son amour,

de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit,

maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

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Prière d'intercession


Mue par l'amour qui l'a comblée, Marie part immédiatement et se rend chez sa cousine Élisabeth. Son élan nous montre à quel point il est vrai, que lorsqu'on accueille Jésus, on ne peut qu'éprouver le désir de l'apporter aux autres, en le faisant connaître à travers une Charité humble et efficace. Pour faire vivre en nous cette page évangélique, adressons-nous avec Foi au Père en Lui disant:


Père Saint, fais de nous de joyeux témoins de l'Evangile.


Marie, après avoir répondu « oui » à l'appel divin, part libre et joyeuse rendre visite à sa cousine Élisabeth: Seigneur, donne à tous les jeunes l'élan et le courage afin qu'ils suivent leur propre vocation et qu'ils soient au sein de l'Eglise des pousses de vie nouvelle, pour la Gloire de Ton Saint Nom. Nous Te prions:


Père Saint, fais de nous de joyeux témoins de l'Evangile.


Accueille et soutiens par la force de Ton Esprit notre désir de nous rapprocher de tout homme qui souffre. Là où nous ne pouvons pas le faire personnellement, que cela soit notre prière qui s'affranchisse des distances, pour recueillir dans notre cœur toute la douleur humaine et Te la présenter, Dieu de toutes les consolations. Nous Te prions:


Père Saint, fais de nous de joyeux témoins de l'Evangile.


Seigneur, nous Te prions pour toutes les mères qui attendent un enfant, plus particulièrement pour celles qui sont tentées de renoncer à leur maternité. Fais qu'elles rencontrent conseils avisés et soutien pour triompher de toutes les peurs et reconnaître le don inestimable de la vie, même lorsque celle-ci est marquée par la douleur. Nous Te prions:


Père Saint, fais de nous de joyeux témoins de l'Evangile.


Lorsque Marie se rendit de Nazareth à Aïn-Karim, portant en Son Sein le Verbe devenu chair, Elle accomplit la première procession Eucharistique de l'histoire: Seigneur, fais que nous aussi, en nous nourrissant du Pain de la Vie, nous devenions des personnes eucharistiques, capables d'authentiques actions de Charité, der gestes de réconciliation sincères, de partager la douleur d'autrui, en nous montrant toujours aimables vis-à-vis de tous. Nous Te prions:


Père Saint, fais de nous de joyeux témoins de l'Evangile.


En accompagnant chaque jour par la prière tous les frères que Tu appelles à Toi dans cette vie, nous les confions également, Père, à l'intercession Maternelle de Marie: qu'Elle les soutienne dans les premiers pas de leur pèlerinage terrestre; qu'Elle les introduise dans le Règne de la Lumière que Ton Fils nous a rouvert. Vivons bienheureux dans la splendeur de Ton Visage et dans la joie profonde de la Communion des Saints. Nous Te prions:


Père Saint, fais de nous de joyeux témoins de l'Evangile.


Intentions libres


Notre Père...


Prions


O Christ, Verbe incarné, dans le Sein de la Vierge marie Tu as commencé a parcourir les routes du monde pour apporter aux hommes le Salut: fais que l'Eglise, vivifiée par la force de Ta présence, dans le Sacrement de l'Eucharistie, puisse irradier partout la joie de l'Evangile et figure pour tous la lumière de l'espérance lors du pèlerinage terrestre vers la Jérusalem Céleste. Toi qui es Dieu, qui vis et règnes pour les siècles des siècles. Amen.


D'après un texte extrait de Neuvaine de Noël avec Benoit XVI aux Editions Salvator

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16 décembre 2010

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

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Deuxième jour

Un Dieu à visage humain

Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen.


Liturgie de la Parole


Livre de Sophonie 3: 14-18


Pousse des cris de joie, fille de Sion! Éclate en ovations, Israël! Réjouis-toi, tressaille d'allégresse, fille de Jérusalem! Le Seigneur a écarté tes accusateurs,il a fait rebrousser chemin à ton ennemi. Le roi d'Israël, le Seigneur, est en toi. Tu n'as plus à craindre le malheur. Ce jour-là, on dira à Jérusalem: « Ne crains pas, Sion! Ne laisse pas tes mains défaillir! Le Seigneur ton Dieu est en toi, c'est lui, le héros qui apporte le salut. Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour; il dansera pour toi avec des cris de joie, comme aux jours de fête ». J'ai écarté de toi le malheur,pour que tu ne subisses plus l'humiliation.


Cantique d'Isaïe (Isaïe 12: 12-6)


Voici le Dieu de mon salut: j'ai confiance; plus de crainte pour moi! Car le Seigneur est ma force et mon chant, je lui dois le salut.

Ivres de joie,vous puiserez les eaux aux sources du salut.

Rendez grâce au Seigneur, criez son nom,annoncez parmi les peuples ses hauts faits! Rappelez que sublime est son nom;

jouez pour le Seigneur! Car il a fait la merveille connue de toute la terre.

Jubilez, criez de joie, habitants de Sion, car il est grand au milieu de toi, le Saint d'Israël!


Evangile selon Saint Luc 3: 10-18


Les foules lui demandaient: « Que devons-nous faire? » Jean leur répondait: « Celui qui a deux vêtements, qu'il partage avec celui qui n'en a pas; et celui qui a de quoi manger, qu'il fasse de même! » Des publicains (collecteurs d'impôts) vinrent aussi se faire baptiser et lui dirent: « Maître, que devons-nous faire? » Il leur répondit: « N'exigez rien de plus que ce qui vous est fixé ». A leur tour, des soldats lui demandaient: « Et nous, que devons-nous faire? » Il leur répondit: « Ne faites ni violence ni tort à personne; et contentez-vous de votre solde ». Or, le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n'était pas le Messie. Jean s'adressa alors à tous: « Moi, je vous baptise avec de l'eau; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier; quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s'éteint pas ». Par ces exhortations et bien d'autres encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.


Avec Benoît XVI méditons: « Il annonçait la bonne nouvelle au peuple ».


Le Nouveau Testament est véritablement « Evangile », la « Bonne Nouvelle » qui nous apporte la joie. Dieu n'est pas loin de nous, inconnu, énigmatique, voire dangereux; Dieu est proche de nous, si proche qu'il se fait enfant, et que nous pouvons « tutoyer » ce Dieu. (….) Il y a le Dieu véritable et ce vrai Dieu est bon, il nous aime, il nous connaît, il est avec nous, avec nous au point de s'être fait chair!. C'est la grande joie que le christianisme annonce. Connaître ce Dieu est vraiment la « bonne nouvelle », une parole de rédemption. (Homélie du 18 décembre 2005).

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Thèmes pour la réflexion et la prière

Guidés par les paroles du Pape, découvrons le Visage humain de Dieu.


La situation dans le monde occidental est différente, car il s'agit d'un monde las de sa propre culture, un monde arrivé au moment où la nécessité de Dieu n'apparaît plus de façon évidente, moins encore celle du Christ, et dans lequel il semble donc que l'homme lui-même pourrait se construire tout seul. Dans ce climat d'un rationalisme qui se ferme sur lui-même, qui considère le modèle de la science comme l'unique modèle de connaissance, tout le reste est subjectif. (…) Mais l'homme ne peut posséder une pleine compréhension de lui-même s'il fait abstraction de Dieu. (Discours du 25 juillet 2005).


Y a-t-il encore besoin de besoin de Dieu? Est-il encore raisonnable de croire en Dieu? Le Christ est-il seulement une figure de l'histoire des religions ou est-il réellement le Visage du Dieu dont nous avons tous besoin? Pouvons-nous bien vivre sans connaître le Christ? (…) A une époque d'éclipse de la transcendance, il est nécessaire de corroborer de nouveau dans la simplicité et la richesse de notre Foi: nous croyons que Dieu existe, que Dieu agit. Mais quel Dieu? Un Dieu avec un Visage, avec un Visage humain, un Dieu qui réconcilie, qui vainc la haine, et donne la force de la paix qu'aucun autre ne peut donner. (Discours du 25 juillet 2005).


La première réponse est alors la patience, dans la certitude que le monde ne peut pas vivre sans Dieu, le Dieu de la Révélation, pas n'importe que Dieu, le Dieu qui a montré son Visage en Jésus Christ. Ce Visage qui a souffert pour nous, ce Visage d'Amour qui transforme le monde. Ce sont des paroles que l'Eglise utilise pour souligner la dimension épiphanique de l'Incarnation: le Fils de Dieu qui se fait homme, son entrée dans l'histoire est le pinacle de l'auto-révélation de Dieu à Israël. A travers l'Enfant de Bethléem, Dieu s'est révélé dans l'humilité de la « forme humaine ». (Discours du 25 juillet 2005).


Dans de vastes parties du monde, il existe aujourd'hui un étrange oubli de Dieu. Il semble que rien ne change même s'il n'est pas là. Mais, en même temps, il existe aussi un sentiment de frustration, d'insatisfaction de tout et de tous. (…) En cette période d'Avent, nous aussi, comme Jean Baptiste, nous annonçons la Bonne Nouvelle de Jésus! Nous essayons nous-mêmes de le connaître toujours d'avantage, pour pouvoir guider, également, les autres vers Lui de manière convaincante. (Homélie du 21 août 2005).


Les personnes ne connaissent pas Dieu, ne connaissent pas le Christ. Il existe un nouveau paganisme et il ne suffit pas de s'efforcer de conserver le troupeau existant, même si cela est très important; une grande question s'impose: qu'est-ce que réellement la vie? Je crois que nous devons tous ensemble essayer de trouver de nouvelles façons de ramener l'Evangile dans le monde actuel, d'annoncer de nouveau le Christ et d'établir la Foi. (…) Il est donc urgent d'écouter de nouveau l'Evangile, parole de Vérité, afin qu'en chaque chrétien se renforce la conscience de la vérité donnée, afin que nous en vivions et en devenions le témoin. (Discours du 21 août 2005 et Catéchèse du 1er mars 2006).

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Cantique de Marie


Antienne du Magnificat: O Sagesse, qui êtes sortie de la bouche du Très-Haut, qui atteignez d'une extrémité à l'autre, et disposez toutes choses avec force et douceur: venez nous apprendre les voies de la prudence.


Magnificat


Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur!

Il s'est penché sur son humble servante; désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles; Saint est son nom!

Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent;

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël, son serviteur, il se souvient de son amour,

de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.


Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

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Prière d'intercession


Nous sommes chaque jour attristés par les nouvelles de massacres, de guerre, et de haine homicide qui nous parviennent de tous les coins du monde. Mais aujourd'hui, nous sommes surpris par la Bonne Nouvelle que l'Eglise, avec persévérance, nous adresse: « Réjouissez-vous, soyez joyeux, parce que le Seigneur est proche, le Seigneur vient! » Avec le cœur rempli d'espérance, élevons vers le Christ, icône du Père, notre prière confiante:


Viens, Seigneur Jésus, nous révéler le Visage de l'Amour.


Seigneur, nous reconnaissons avec douleur, aujourd'hui plus que jamais, dans une société aux communications rapprochées, que le dialogue est difficile, le sentiment de solitude et d'angoisse assez diffus. Toi qui connais notre soif de bonheur, donne à nos yeux un regard de Foi, pour instaurer avec chaque homme des rapports de vraie fraternité, en découvrant en eux l'imafe divine. Confiants, nous T'invoquons:


Viens, Seigneur Jésus, nous révéler le Visage de l'Amour.


Suscite dans l'Eglise, Seigneur, de nombreuses et de saintes vocations; fais que les Chrétiens s'enflamment d'un élan missionnaire plus généreux, fais qu'ils soient partout et toujours d'intrépides témoins de la joie qui naît en vivant selon l'Evangile. Confiants, nous T'invoquons:


Viens, Seigneur Jésus, nous révéler le Visage de l'Amour.


Porte, Seigneur, Ton regard Miséricordieux sur tous les hommes, de chaque tribu, langue, peuple ou nation. Toi qui viens pour être le Dieu avec nous, le Prince de la Paix, le Bon Pasteur, rassemble-nous et guide-nous dans la lumière de la Vérité et de l'Amour, pour cheminer ensemble vers la maison du Père. Confiants, nous T'invoquons:


Viens, Seigneur Jésus, nous révéler le Visage de l'Amour.


Nous te prions, Seigneur, pour tous les artistes, pour tous les hommes de culture: comble-les de Ton Esprit Saint, afin qu'ils soient des cherches passionnés, ainsi que d'humbles serviteurs de la Vérité et que, fascinés par le Mystère de la Vie, ils puissent connaître la joie de faire resplendir aux yeux de tous un rayon de ta beauté et de ta bonté. Confiants, nous T'invoquons:


Viens, Seigneur Jésus, nous révéler le Visage de l'Amour.


En assumant avec empathie toute la souffrance humaine, nous Te supplions, Seigneur, de nous garder fermes dans notre Foi et de nous concéder le don d'un silence adorant, d'une Charité humble et sincère, afin que chaque homme qui souffre puisse percevoir en nous Ta présence et se sentir consolé par un regard d'amour bienveillant. Confiants, nous T'invoquons:


Viens, Seigneur Jésus, nous révéler le Visage de l'Amour.


Intentions libres


Notre Père...


Prions


O Père d'Infinie Bonté, Toi qui dispose de tout avec une Sagesse nourrie d'Amour, fais qu'après tant d'errances, de souffrances et de recherches, l'homme d'aujourd'hui puisse découvrir dans le Christ qui vient son identité de fils de Dieu, la joie de l'enfance spirituelle, la fraicheur de la Foi authentique, la fidélité de l'amour mûr et généreux, pour construire une société vraiment imprégnée des valeurs chrétiennes. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

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D'après un texte extrait de Neuvaine de Noël avec Benoit XVI aux Editions Salvator


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19 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Vingt-septième jour

Jésus parmi les Docteurs


« Jésus était assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant, et tous ceux qui l'écoutaient étaient étonnés de sa prudence et de ses réponses ». (Luc 2) Le voilà donc d'un côté assis avec les docteurs comme étant docteur lui-même, et né pour les enseigner, et de l'autre nous ne voyons pas qu'il fasse comme dans la suite des leçons expresses. Il écoutait, il interrogeait ceux qui étaient reconnus pour maîtres en Israël; il interrogeait, si on osait le dire, en enfant, et comme s'il eût voulu être instruit. C'est pour cela qu'il est dit: Qu'il écoutait et répondait à son tour aux docteurs qui l'interrogeaient, et on admirait ses réponses, comme d'un enfant modeste, doux et bien instruit, en ressentant pourtant, comme il était juste, quelque chose de supérieur, en sorte qu'on lui laissait prendre sa place parmi les maîtres. Admirez comme Jésus par une sage économie sait ménager toutes choses, comme il laisse éclater quelque chose de ce qu'il était, sans vouloir perdre entièrement le caractère de l'enfance. Admirez aussi avec les autres la prudence de Jésus, une prudence non seulement au-dessus de son âge, mais encore tout à fait au-dessus de l'homme, et pour entrer dans l'esprit de ce mystère, considérez attentivement 1° la discrétion de son silence, 2° la modestie de ses questions, 3° la sagesse de ses réponses.


La discrétion de son silence


Jésus se met au rang des disciples, lui qui était le maître des docteurs, lui en qui sont renfermés tous les trésors de la sagesse et de la science '. Il écoute avec un respect religieux les interprètes de la loi, lui à qui Moïse et Elie viendront bientôt rendre hommage, lui qui du haut du ciel sera proclamé l'unique maître, le seul docteur qui tienne de lui-même le droit d'enseigner aux hommes la vérité, et de commander l'obéissance à ses divins enseignements avec une souveraine autorité: Ecoutez-le! Que peut-il donc apprendre en écoulant?Que diront-ils ces docteurs de la loi qu'il ne sache avant eux et bien plus parfaitement qu'eux? Rien sans doute pour lui qui est la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde Mais son silence et son attention à les écouter nous disent beaucoup, et nous donnent une bien importante leçon. Maintenant donc, ô mon âme! t'en coûtera-t-il, te trouveras-tu humiliée d'être enseignée, dirigée, redressée surtout dans ce qui a rapport à la foi et au salut? Rougiras-tu de te placer au rang des disciples et d'écouter avec docilité? Que sont donc tes lumières? où est la sagesse? Et quand même ta sagesse et tes lumières effaceraient celles des docteurs à qui ont été confiées les clefs de la science, la conduite de Jésus te rappelle à ce grand principe trop souvent méconnu, que dans l'Eglise ce n'est pas l'habileté de celui qui enseigne qui détermine la soumission, mais l'autorité dont il est revêtu. Et maintenant oserai-je m'élever contre les enseignements des pasteurs et les décisions de leurs saintes assemblées? Ah! mon Sauveur! je n'ai jamais senti aussi vivement qu'à cette heure la force de celte parole: Qui vous écoute m'écoute, qui vous méprise me méprise, et qui vous méprise méprise celui qui m'a envoyé.


La modestie de ses questions


Ce n'est pas assez pour l'Enfant divin d'écouter dans un humble et respectueux silence, il interroge non avec autorité ni de cette manière authentique dont il usa lorsqu'il disait: De qui est cette image et cette inscription? ou: De qui était le baptême de Jean? ou: Si David est le père du Christ, comment s'appelle-t-il son Seigneur? Non, ce n'est point en cette manière qu'il interroge, c'est avec l'accent de la simplicité et le ton modeste d'un enfant qui veut être instruit. Il demande ce qu'il n'ignore pas, afin de nous apprendre ce que nous ne saurons jamais assez, à nous humilier, à placer dans notre estime notre jugement au-dessous de celui des autres, et par l'abnégation et la charité à attirer et gagner nos frères à la vérité. Et en effet, cette réserve avec laquelle il faisait ses questions, relevée par la grâce qui était en lui, disposait favorablement ceux à qui il les adressait à écouter ses réponses, et par conséquent à en profiter. Est-ce ainsi, ô mon âme! que l'intérêt delà gloire de Dieu ou l'utilité spirituelle du prochain te fait oublier dans l'occasion tes droits et tes propres avantages? Sais-tu à propos sacrifier à la charité un triomphe de vanité? Ecouter avec bienveillance ceux qui nous entretiennent d'objets peu intéressants pour nous, est quelquefois un moyen si facile de leur faire entendre d'utiles vérités; adresser à un inférieur une question obligeante, fournir à une personne timide on peu appréciée l'occasion de faire tomber d'injustes préventions, pieux artifices qui peuvent préparer pour une circonstance décisive des ressources de salut et de grâce. Mais, mon Dieu! que je suis éloigné, dans l'habitude de ma vie, d'une conduite si chrétienne! Hélas! je ne sais pas même demander ce que j'ignore; et quoique souvent ma conscience m'avertisse des dangers d'une détermination ou d'une démarche, je n'ai pas la sagesse de consulter et d'exposer mes doutes. La présomption, une mauvaise honte m'arrêtent; et malgré cet oracle de l'Esprit saint: Ne vous appuyez pas sur votre prudence je me livre entre les mains de mon conseil, et je marche sans guide. O mon Dieu! donnez-moi l'humilité, la docilité, la simplicité du cœur.


La sagesse de ses réponses


La ravissante modestie du saint Enfant avait disposé les cœurs à l'entendre; les questions importantes qu'avec une si étonnante discrétion il avait adressées aux docteurs de la loi avaient attiré l'attention et fixé sur lui tous les regards. Sans s'éloigner de la réserve qu'il s'est imposée, et pour ainsi dire, de ce demi-jour sous lequel il se cache et se révèle, il commence cette haute fonction de docteur de la justice, qui devait être un des caractères du Messie; et comme dans les questions qu'il a faites, sans parler en maître, il annonçait quelque chose de plus qu'un enfant ordinaire, ses réponses sont dans la même mesure, et tellement remarquables par un mélange de candeur et de sublimité, de simplicité et de profondeur, que ses auditeurs ne peuvent se défendre de je ne sais quelle impression qu'ils ne savent pas s'expliquer: Et ils étaient étonnés de la sagesse de ses questions et de ses réponses. O adorable Enfant! que votre conduite eu effet est digne d'admiration, soit que vous cachiez, dans le silence de l'humilité, l'excellence et la dignité de voire personne, soit que le zèle de la gloire de votre Père vous oblige à répandre au dehors votre céleste doctrine! Ah! si je n'étais trop habituellement aveugle et sourd, tout m'éclairerait dans la sainte obscurité de vos mystères, tout parlerait à mon cœur dans votre divin temple, le tabernacle où vous demeurez nuit et jour en silence, la chaire de vérité où vous nous enseignez par vos ministres, les fonts sacrés où vous nous donnez la vie, les tribunaux de miséricorde où vous nous la rendez, quand nous avons eu le malheur de la perdre, et l'autel où vous vous immolez pour nos crimes, et la table où vous daignez nous nourrir du pain des anges. Oh! que tous ces objets précieux ont un langage touchant pour une âme vraiment chrétienne! qu'ils lui révèlent de douces et consolantes vérités! mais pour cela il faut écouter en silence, interroger avec humilité, prier avec persévérance. O Jésus! éclairez mes ténèbres!


Vertu à obtenir: La docilité de l'esprit et du cœur.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus au milieu des docteurs: admirez son humilité, se modestie, sa prudence et sa sagesse. Priez-le de venir dans votre cœur pour y répandre sa lumière divine. Pour cela, faites régner un profond silence dans votre intérieur. J'écouterai ce que le Seigneur mon Dieu dira en moi, parce qu'il me fera entendre des paroles de paix. Prenez la résolution de parler peu et avec une grande circonspection au milieu du monde, et d'épancher plus fréquemment votre âme aux pieds de votre Crucifix et en présence du tabernacle. Dans les circonstances difficiles consultez les personnes de piété, le père de votre âme; et si vous êtes consulté vous-même, élevez votre cœur vers Dieu, et répondez avec droiture et simplicité.


Prière


Parlez, Seigneur, parce que votre serviteur écoute. Je suis votre serviteur. Donnez-moi l'intelligence, afin que je sache vos témoignages: inclinez mon cœur aux paroles de votre bouche, afin qu'elles tombent sur moi comme une douce rosée. Seigneur mon Dieu, éternelle vérité, parlez-moi, de peur que je ne meure, et que je n'écoute sans fruit, si averti seulement au dehors je ne suis point intérieurement embrasé, de peur que je ne trouve ma condamnation dans votre parole entendue sans être accomplie, connue sans être aimée, crue sans être observée; parlez-moi, pour consoler un peu mon âme, pour m'apprendre à réformer ma vie; parlez-moi pour la louange, la gloire, l'honneur éternel de votre nom. Ainsi soit-il.

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18 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Vingt-sixième jour

Jésus retrouvé dans le Temple

« Trois jours après ils le trouvèrent dans le temple ». (Luc 2) Retournez à Jérusalem, ce n'est pas dans la parenté ni parmi les hommes que Marie et Joseph doivent trouver Jésus-Christ: c'est dans la sainte cité, c'est dans le temple qu'on le trouvera occupé des affaires de son Père. En effet, après trois jours de recherches laborieuses, quand il eut été assez pleuré, assez recherché, le saint Enfant se laissa enfin trouver dans le temple. Que fîtes-vous donc, ô divin Enfant! pendant ces trois jours et ces trois nuits que vous demeurâtes à Jérusalem? Est-ce avec les hommes que vous daignâtes converser ou bien avec les anges? Qui est-ce qui prit soin de vous nourrir? Est-ce par un jeûne et une prière non interrompus que vous commençâtes l'oeuvre de votre Père, ou bien, pour pratiquer la pauvreté, voulûtes-vous recourir à la charité des fidèles? O mon âme! quelle abondante matière de réflexions! quelles considérations touchantes se présentent à toi? Appliques-y toutes tes facultés, si un rayon de lumière t'est envoyé d'en haut. Mais avant, recueille l'importante instruction que te donne ce mystère, et apprends que pour trouver Jésus, il faut s'éloigner 1° des attachements du monde, 2° des engagements du monde, 3° des divertissements du monde.

Des attachements du monde

On cherche l'Enfant Jésus parmi ses parents et ses voisins, et on ne le trouve pas. Tout se tient, tout est parfaitement d'accord dans sa morale et dans sa conduite. Il commence par montrer dans ses œuvres ce qu'il enseignera un jour dans sa prédication. Son Evangile annoncera cette crucifiante maxime: Si quelqu'un vient à moi, et ne hait point son père et sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Et pour mettre d'abord en action ces sévères enseignements, il s'éloigne de son père et de sa mère, il se cache à leurs amis et à leurs proches; plus tard il semblera les méconnaître : Votre mère et vos frères sont là dehors qui vous demandent, lui dit la foule à qui il adressait ses instructions divines. Qui est ma mère et qui sont mes frères? leur répondit-il; et regardant ceux qui étaient assis autour de lui, Voici, dit-il, ma mère et mes frères: car quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère. Cette parole est bien dure, es-tu tentée de t'écrier, ô mon âme! et qui peut l'écouter? Il faut l'écouter pourtant, si tu veux te sauver; car celui qui l'a proférée a les paroles de la vie éternelle, et ce n'est même pas assez de l'écouter, il faut la conserver avec respect, et dans l'occasion la mettre en pratique. Tu n'es pas libre de faire un choix dans l'Evangile de Jésus Christ, d'adopter ce qui te plaît et de rejeter ce qui te blesse. Tout ce qu'il renferme est saint, vénérable, divin; c'est la Sagesse éternelle révélée aux hommes; ainsi, quelque pénible que te paraisse ce langage, il faut commencer par l'adorer; et quelque rigueur que tu trouves dans ce commandement, t'y soumettre; comprends donc que haïr ses proches n'est pas leur vouloir du mal, mais détester leurs maximes et leur conduite, quand elles sont opposées à l'Evangile, mais être dans la disposition de perdre leur amitié plutôt que celle de Dieu, mais les fuir comme des ennemis qui veulent nous ôter la vie de l'âme par leurs discours séduisants et leurs pernicieux exemples. O mon Sauveur! qui ne consent pas h haïr ainsi ses proches n'a pas même un commencement d'amour pour vous, et ne mérite pas de vous trouver.

Des engagements du monde

C'est dans la foule que Jésus disparait et qu'on le perd de vue. Il est aisé de comprendre qu'il s'éloignait avec soin du voisinage et de la conversation de ceux que l'usage, la bienséance et un respect tout extérieur pour la loi amenaient à Jérusalem pour la solennité de Pâques, mais qui, n'en ayant point l'esprit, y cherchaient avant tout une occasion favorable à leurs intérêts et à leurs affaires. Et si plus tard il s'armait d'une indignation si vive contre ceux qui profanaient le lieu saint par un indigne trafic, et faisaient de la maison de prière une caverne de voleurs, il est bien naturel de croire que dans la grande solennité où ces désordres devaient être plus scandaleux qu'aux jours ordinaires, il s'était dérobé à ce spectacle si déchirant pour son cœur, et avait été offrir à son divin Père, dans le lieu le plus secret du temple, ses adorations, ses expiations et ses larmes. C'est là, ô mon âme! c'est là qu'il faut chercher, là seulement que tu peux trouver Jésus, dans le temple et dans le lieu le plus secret, le plus retiré, le plus silencieux du temple; et ne l'oublie pas: c'est toi-même qui es ce temple. C'est là que Jésus veut habiter, se faire entendre, répandre ses lumières; c'est là que tu peux le trouver. Le règne de Dieu est au dedans de vous-même. Mais la tourmente de l'ambition, la soif des richesses, les désirs de la vanité, l'attachement à la terre ne permettent pas à cette bienheureuse domination de s'affermir dans une âme que quelqu'une de ces passions agite, et parce qu'il en est peu qui en soient exemptes, il en est aussi bien peu qui trouvent Jésus Christ. Mais faut-il donc pour vous trouver, ô mon Sauveur! que je m'arrache à mon état, à ma famille, que j'aille m'ensevelir dans la solitude? Non, me dites-vous, le règne de Dieu est au dedans de vous-même. Je vous entends, ô Maître adorable! ce n'est pas une sage et nécessaire application aux affaires que vous condamnez, mais les soucis et les inquiétudes; ce n'est pas l'accomplissement des devoirs, mais la satisfaction des vains désirs; ce n'est pas la distraction inséparable du commerce des créatures qui vous éloigne d'une âme, mais la dissipation qu'y entretiennent la cupidité et les affections trompeuses. Vous êtes un Dieu de paix, et vous ne pouvez habiter au milieu de cette foule tumultueuse de désirs, de regrets, d'espérances qui si souvent me bouleversent. O mon Sauveur! parlez; et cette tempête, qui est presque continuelle dans mon âme, s'apaisera; et votre règne s'établira en moi, ce règne bienheureux qui est paix et joie dans l'Esprit saint.

 

Des divertissements du monde

Ce n'est pas pour se soustraire à la pauvreté et à la vie sérieuse de Nazareth, que l'Enfant Jésus prolonge son séjour à Jérusalem. Ce n'est pas pour y goûter les douceurs et l'aisance de quelque maison opulente qui eût été trop heureuse de le recevoir. Non, non: La sagesse ne se trouve pas dans la demeure de ceux qui passent leur vie dans les plaisirs et les délices. Jérusalem est la ville sainte, voilà ce qui la lui rend chère; le temple reçoit les vœux et les adorations des hommes, voilà ce qui l'y attire; on y offre sans cesse des sacrifices, voilà pourquoi il s'y plaît; il s'unit à toutes ces offrandes impuissantes, sanctifie par l'oblation de sa propre personne et l'immolation anticipée de sa vie, ces figures de son immortel sacrifice. Les veilles, les jeûnes, la prière, les larmes, voilà son occupation et sa nourriture, ses plaisirs et ses délices. Puis-je dire, ô mon Dieu! que cette vie est le modèle de la mienne, et que je ne chéris les lieux que j'habite que parce qu'ils me rappellent le souvenir de vos grandeurs ou de vos miséricordes? Hélas! lors même que les jours saints m'appellent au pied de vos autels, est-ce toujours la foi qui m'y accompagne et la piété qui m'y anime? La foule qui m'environne m'est-elle étrangère? n'occupe-t-elle pas mes pensées, mon attention et mes yeux? Hélas! des affections indignes de la sainteté de votre présence n'y ont-elles jamais profané mon cœur? Je me plaignais que la vue de votre tabernacle ne lui disait rien; j'étais presque tenté d'accuser d'illusion et de crédulité l'émotion et l'attendrissement des vrais fidèles. Je le confesse humblement devant vous, ô mon Sauveur! je ne puis accuser que moi-même. Mon insensibilité pour vous est le triste mais inévitable effet de ma sensibilité pour les créatures. Quand fatigué de l'agitation du monde, et l'âme toute troublée encore des images de la vanité, j'ose me présenter devant vous, comment votre image divine pourrait-elle s'y réfléchir? Et après avoir usé sur les objets périssables tout ce qui est en moi capable de sentir et d'aimer, quel goût, quel amour pouvais-je conserver pour les objets de la foi et la félicité de la vie future? O bon Jésus! si votre Mère eut peine à vous trouver, quoiqu'elle fût abimée dans la douleur; comment pourrais-je vous trouver au milieu des joies et des plaisirs de la terre? Consolation, plaisirs, sécurité, repos, je vous renonce, je ne veux point de vous, si le pardon de mes péchés ne vous ramène.

Vertu à demander: Le désir de posséder Jésus-Christ.

Résolutions et aspirations

Adorez souvent dans la journée l'Enfant Jésus retrouvé enfin par Marie et Joseph. Rendez-lui grâce pour le bonheur qu'il a procuré à sa tendre Mère en reparaissant à ses yeux. Conjurez la enfin, en la félicitant de la joie qu'elle goûta en ce bienheureux moment, de vous obtenir la même faveur à l'heure de votre mort. Appliquez-vous à vous pénétrer de la nécessité de conserver soigneusement Jésus-Christ, puisqu'il est si difficile de le retrouver quand on a eu le malheur de le perdre. N'aimez ni le monde, ni ce qui est dans le monde; si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est pas en lui1. Laissez-le donc ce misérable monde, son esprit, ses maximes, ses œuvres, et vous trouverez Jésus-Christ et avec lui tous les biens.

Prière

Mon Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, qui avez été cherché par votre Mère pendant trois jours, et qui avez enfin été trouvé dans le temple, faites-moi la grâce de vous désirer ardemment, de vous chercher en vous désirant, de vous trouver en vous cherchant, de vous aimer en vous trouvant, de racheter mes péchés en vous aimant, et de ne les plus commettre après les avoir rachetés. Ah! Seigneur, qui donnez à ceux qui demandent, qui vous laissez trouver à ceux qui vous cherchent, et qui ouvrez à celui qui frappe, ne me refusez pas ce que vous promettez à tous. Que je vous trouve, que je vous possède, que je vous sois si intimement, si indissolublement uni, que rien ne puisse m'arracher à votre amour. Ainsi soit-il.

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17 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Vingt-cinquième jour

Jésus cherché par Marie et Joseph


« Ils le cherchaient parmi leurs parents et ceux de leur connaissance, et ne layant point trouvé ils retournèrent à Jérusalem pour le chercher ». (Luc 2) Combien de fois, s'il est permis de conjecturer, combien de fois le saint vieillard se reprocha-t-il lui-même le peu de soin qu'il avait eu du dépôt céleste. Cependant il est nécessaire de le rappeler: rien dans l'Evangile ne donne lieu au plus léger soupçon sur sa vigilance, et on ne pourrait sans impiété former un doute sur celle de Marie. Néanmoins quelque irréprochable qu'ait été leur conduite, c'est à elle qu'ils imputent leur malheur. Mais tout immense qu'il est, il ne les abat pas, il ne les décourage pas. Ils s'humilient, ils affligent leurs âmes, ils prient, ils implorent, et joignant l'action et le travail au sentiment douloureux dont ils sont pénétrés, ils se mettent à la recherche du divin Enfant avec un zèle égal à leur affliction et avec une constance qui leur mérita le bonheur de le retrouver. Jésus en leur échappant voulait nous montrer comment on peut le perdre. Marie et Joseph nous apprennent parleur conduite qu'on doit, quand on a eu le malheur de le perdre, le chercher 1° avec affliction, 2° avec ardeur, 3° avec persévérance.


Avec affliction


Lorsque le retard du jeune Tobie causait de si vives alarmes à ses parents, malgré les sages précautions qu'ils avaient prises pour la sûreté de son voyage: Hélas! s'écriait sa mère, en versant un torrent de pleurs, hélas! mon fils, pourquoi avons-nous consenti à vous laisser partir pour ce pays lointain, vous qui êtes la lumière de nos yeux, le bâton de notre vieillesse, le soutien de notre vie, l'espérance de notre postérité. Vous nous teniez lieu de toutes choses: devions-nous ainsi vous éloigner de nous Imparfaite image de l'affliction de Marie et de Joseph! Mais si la mère de Tobie, dans l'agitation de sa douleur, se portait successivement à l'entrée des divers chemins par lesquels elle présumait que son cher fils devait revenir, les parents de Jésus parcourent sans se reposer les maisons de leurs connaissances et de leurs proches, et désolés de ne l'y point trouver, ils se hâtent de retourner à Jérusalem. La perte de Jésus est-elle ainsi le sujet de ton affliction , ô mon âme ! lorsque pour obéir à tes caprices, aux aveugles désirs de la nature corrompue, tu as étouffé les inspirations de la grâce et les reproches de son amour, et que par une longue suite de secrètes résistances, tu l'as forcé à s'éloigner? Hélas! loin de t'en effrayer ne t'es-tu pas quelquefois applaudie d'avoir rompu avec toutes ces gênes et ces terreurs qui contrariaient tes penchants, et t'empêchaient de t'y livrer en liberté ? Afflige-toi du moins de tes infidélités passées; car quand on a eu le malheur de perdre Jésus par le péché on ne peut le chercher comme il faut que par la pénitence et les larmes: larmes précieuses qui purifient le cœur de l'homme, éteignent la colère de Dieu, nourrissent la componction et rappellent Jésus-Christ. O mon Sauveur! que de larmes inutiles j'ai versées sur ce que j'appelais des pertes et des malheurs! Pardonnez-les-moi dans votre miséricorde, et donnez-m'en de salutaires pour déplorer mes innombrables offenses.


Avec zèle


Une affliction profonde ne permet pas le repos, et une véritable charité n'est point oisive. Accablé d'un poids qu'aucune consolation humaine ne pouvait alléger Marie et Joseph vont de maison en maison chez les personnes de leur parenté et de leur connaissance demander leur trésor, leur bonheur et leur vie. N'avez-vous point rencontré celui que chérit mon âme? s'écria la mère de douleur. La nuit ne fait qu'ajouter à son tourment; le sommeil a fui ses paupières. Je me lèverai, et je parcourrai la ville; je chercherai mon bien-aimé à travers les rues et les places publiques... Hélas! je l'ai cherché, et je ne n'ai pas trouvé. Quoique épuisés de chagrin et de fatigue les deux époux reprennent la route de Jérusalem, et avec une ardeur qu'aucune expression ne saurait rendre, ils franchissent rapidement le chemin. Quel feu sacré les brûle! quel saint transport les anime! que ne donneraient-ils pas? quel sacrifice leur paraîtrait pénible pour retrouver leur saint enfant Jésus? O honte! ô douleur! ô aveuglement fatal! ô prodigieuse insensibilité du cœur humain! Je vous ai perdu mille fois, ô mon adorable Sauveur! par le péché, par mes négligences, par mes infidélités sans nombre! Hélas! vous ai-je retrouvé, m'avez-vous été rendu, qu'ai-je fait pour obtenir cette faveur? quand ai-je marché par les voies laborieuses de la pénitence? quels travaux, quelles fatigues ai-je endurés pour rappeler en moi l'esprit de ferveur et de piété, l'onction de la grâce, le sentiment de la charité? Aussi je ne l'éprouve que trop sensiblement, ô mon Dieu! le regret de mes fautes, les désirs du salut, l'espérance d'une félicité sans lin, en un mot les vues et les affections de la foi languissent dans mon âme, n'y produisent jamais cette vivacité de lumière, cette générosité d'action qui détachent de la terre, qui ravissent le cœur et qui font les saints. O vous qui êtes un feu consumant, mon Créateur et mon Sauveur! dilatez mon cœur afin que je coure sans cesse après vous.


Avec persévérance


Marie et Joseph n'en ont-ils donc pas fait assez pour retrouver l'Enfant-Jésus, en le cherchant parmi leurs amis et leurs proches? Et quand leurs démarches ont été si infructueuses dans le pays où ils ont leurs liaisons et leurs habitudes, que peuvent-ils raisonnablement espérer de nouvelles recherches? D'ailleurs d'après la prudence et la sagesse surnaturelles de cet incomparable enfant ne leur est-il pas permis de penser que son retour en sera l'effet, comme l'a certainement été sa fuite? Non, non, ce n'est pas ainsi que raisonne, surtout ce n'est pas ainsi qu'agit l'amour: la perte de l'objet aimé est le plus grand de tous les maux, son absence, un insupportable supplice; le chercher sans repos, sans relâche est un besoin pour le cœur, parce que le retrouver c'est la vie. O mon âme! est-ce ainsi que tu cherches Jésus quand tu as perdu sa présence et sa faveur? Que tu te laisses aisément abattre! que ta constance est promptement à bout! Tu abandonnes tes pieuses pratiques, tu abrèges tes prières, tu te refroidis pour la communion, tu t'éloignes du tribunal de la miséricorde, et tu te flattes qu'en attendant dans une inaction produite par le découragement et le dépit le retour de la grâce, la grâce reviendra d'elle-même à toi? Hélas! cette triste illusion ne t'a-t-elle pas déjà occasionné assez de pertes? Ah! Que l'éloignement de Jésus soit une punition ou une épreuve, qu'il soit le fruit amer de ton infidélité ou l'effet d'une miséricorde qui veut exercer ton humilité, ta patience et ton amour, ta conduite est toujours tracée dans ces paroles du psaume: Cherchez le Seigneur et fortifiez-vous; cherchez toujours sa présence. Eh bien, ô Jésus! c'est celle aussi que je veux suivre désormais. Mon cœur vous le dit, mes yeux vous ont cherché; je ne me lasserai pas de chercher et de rappeler votre présence.


Vertu à obtenir: Le désir de voir Jésus-Christ.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent dans la journée l'enfant Jésus cherché par Marie et par Joseph; unissez-vous à leur affliction, à leur zèle et à leur persévérance à le chercher. Conjurez-les de lui offrir les vertus admirables qu'ils pratiquèrent dans cette circonstance, en réparation de votre insensibilité, de vos négligences et de vos découragements quand vous avez eu le malheur de perdre Jésus. Souvenez-vous que les bienheureux dans le ciel ne peuvent plus perdre Dieu, que les réprouvés dans l'enfer ne peuvent plus le trouver, que tant que vous serez sur la terre vous êtes malheureusement exposé à le perdre, mais aussi que vous le pouvez trouver. Cherchez-le donc dès aujourd'hui, demain peut-être il sera trop tard. Vous me chercherez, vous dit-il, et vous me trouverez lorsque vous me chercherez de tout votre cœur.


Prière


C'est de tout mon cœur, ô mon Dieu! que dès ce moment je veux avec le secours de votre grâce commencera vous chercher, c'est à dire avec un cœur tout embrasé d'amour, avec un cœur qui ne sera plus partagé, qui ne désirera plus que vous. C'est vous, ô divin enfant Jésus! qui m'inspirez cette résolution; donnez-moi la force d'y demeurer fidèle. Tant de fois je vous ai fui pour suivre la vanité et le mensonge que je crains d'être encore entraîné par ma faiblesse. Attirez-moi donc à vous, ô mon Sauveur! fixez-moi dans votre service par des liens que nulle puissance ne soit capable de briser! Que je vous cherche partout et en toutes choses, et que je ne cesse de vous chercher que lorsque je vous aurai trouvé sans crainte de vous perdre. Ainsi soit-il.

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