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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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24 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Vingt-cinquième jour

L'effusion du très-précieux sang de Jésus Christ dans la flagellation

 

Parmi les nombreux tourments que Notre Seigneur souffrit à l'époque de sa passion, un des plus cruels fut certainement la flagellation qu'il eut à endurer dans le prétoire de Pilate. Il est dépouillé de ses vêtements et attaché nu à une dure colonne; on apprête les cordes, les verges de fer, les poignées d'épines, et avec ces cruels instruments on déchire le corps du Rédempteur. Le sang ruisselle; aucune partie n'est exempte de coups; il n'est plus qu'une plaie. La prophétie d'Isaïe est réalisée; il n'a plus de beauté ni d'éclat, il est méprisé, il est le dernier des hommes, l'homme de douleurs. Son visage est comme voilé; on ne peut plus le reconnaître, et il semble un lépreux flagellé de Dieu et humilié. Pénétrés de compassion par la manière si touchante dont vous représentez l'homme de douleurs, qui de nous, 6 mon Jésus, ne devrait pas appliquer à lui-même les paroles du même prophète : Il a été couvert de plaies à cause de mes iniquités, et flagellé pour mes crimes. Il porte le châtiment de mes fautes; par ses meurtrissures j'ai été guéri, par ce sang sacré qu'il a répandu j'ai fait ma paix avec Dieu. Oh! dureté de cœur, combien vous êtes détestable!

 

Mais quelle fut la faute qui frappa le plus cruellement Jésus clans sa barbare flagellation et lui fit répandre tant de sang? Ah! il me semble entendre dire au Père éternel: « Pour un crime qui règne au milieu de mon peuple, j'ai permis que mon divin Fils fut ainsi frappé ». Et quel est-il? Ah! on ne le sait que trop; le vice abominable de l'impureté: Dieu en envoyant son Fils revêtu de la chair qui lui donnait la ressemblance du péché, punit dans sa chair les souillures du péché. Lorsque toute chair eut corrompu sa voie, Dieu par un déluge d'eau voulut purifier le monde de tant de souillures; de même avec une pluie abondante du sang de Jésus-Christ, son Fils bien-aimé si cruellement frappe et torturé, il montre en même temps que l'énormité de la faute le remède prompt et souverainement efficace. Ames impures, voyez combien ont coûté à Jésus vos plaisirs sensuels; voyez ces chairs innocentes et ce corps virginal devenus une seule plaie. Tant de sang ne suffit-il pas pour vous-faire rentrer en vous-mêmes, et vous porter au repentir? Ames pénitentes qui autrefois êtes tombées dans de semblables abominations, mais qui ensuite vous êtes repenties, voyez combien de sang a coûté à Jésus votre erreur et votre péché; que cette vue soit toujours présente à votre cœur, pour vous empêcher de le flageller de nouveau. Ames chastes, a mes pures, voyez combien d« sang a répandu Jésus Christ pour vous mériter la grâce de conserver votre pureté. Ce sang que les pécheurs tirent des veines de Jésus au milieu de sa cruelle passion, apprête le remède salutaire pour assainir les blessures, que de semblables coups ont occasionnées à l'âme: il suffit de l'appliquer dans la mortification, dans la garde des sens, et bien plus dans la confession sacramentelle, et alors il deviendra votre salut, ô pécheurs: si vous le méprisez, ce sang sera votre condamnation et votre ruine éternelle.

 

 

Colloque

 

O mon Rédempteur flagellé, quel reproche est pour moi ce sang innocent que vous répandez, puisqu'il me rappelle tous mes crimes! Je me reconnais coupable de m'être joint tant de fois à vos persécuteurs, et de vous avoir frappé d'autant de verges que j'ai commis de péchés graves. Et cependant la voix de ce sang ne crie pas vengeance, mais miséricorde: ce sang est le baume salutaire que je veux appliquer à mes profondes blessures; je veux dans ce sang plonger et purifier cette pauvre âme souillée et impure: une seule goutte suffit pour me purifier; par les mérites de ce sang très-innocent, donnez-moi la douleur de mes fautes, excitez en moi l'horreur et la haine du péché; et faites que ce sang préserve mon cœur de tonte souillure et de toute impureté, afin d'être admis au bonheur de vous voir dans le ciel, où n'entreront pas les âmes impures, mais les âmes chastes.

 

Exemple

 

Sainte Thérèse, très-dévouée au sang très précieux de Jésus-Christ, se sentit tout émue à la vue d'une image du Sauveur flagellé, dont le sang semblait ruisseler sous les coups; pour enseigner la manière de prier, elle désirait qu'on pensât à la flagellation de Jésus Christ: « Pensons, disait-elle, à la Passion de Jésus-Christ noire Seigneur, quand il était attaché à la colonne; que notre intelligence en pèse toutes les circonstances, et juge de la grandeur de sa douleur et de ses peines, quand il se trouvait ainsi seul et abandonné de ses amis ». L'affection qu'elle portait à Jésus flagellé lui valut d'entendre un jour de la bouche même de Jésus ces paroles: « Quoi que tu n'aies rien à me rendre, je te donne tout mon sang afin qu'il soit offert par toi au Père éternel, sûre d'obtenir par un pareil moyen toutes les faveurs les plus signalées ».

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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18 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Dix-neuvième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ confirme notre foi

 

Considérez, mon a me, le grand don que nous avons reçu dans le saint baptême, nous chrétiens, alors que le Seigneur mit dans nos âmes sa sainte foi, et, du milieu des ténèbres, nous appela à son admirable lumière. Don précieux qu'il nous a départi, de préférence à tant d'âmes infortunées qui gémissent dans l'infidélité, loin de cette arche de salut qui est l'Eglise. Don qui, moyennant la charité, nous rend participants à la filiation divine et à l'hérédité du ciel, don qui est le fondement et le principe de notre salut. C'est pour nous mériter un don aussi précieux, que Jésus-Christ a répandu son sang, et c'est en vertu de ce sang qu'il nous est départi. Et Jésus étant l'auteur et le consommateur de la foi, a voulu, avec son sang, mettre le sceau à cette vérité adorable, qu'il avait enseignée par ses paroles et ses exemples. Or cette foi que nous recevons par les mérites du sang très-précieux de Jésus, continue à habiter dans nos cœurs par les mérites de ce même sang, et il en est comme l'aliment : c'est lui qui l'affermit, qui la vivifie, la conserve constamment. Il est l'âme de cette charité, sans laquelle la foi ne saurait contenter le saint cœur de Dieu. D'où il résulte, mon âme, que plus tu seras dévote au sang sacré de Jésus, plus ta foi sera vive, et plus tes œuvres seront conformes à ses préceptes et aux vérités qu'elle propose à notre croyance. Oh! quels accents de reconnaissance et d'amour ne devons-nous pas envoyer au ciel, vers cet Agneau divin qui nous a rachetés, et nous a appelés par la foi à être participants de son royaume!

 

C'est pourquoi en effet tant de héros de la foi, animés à la vue de Jésus crucifié et sanglant, n'ont pas hésité à répandre aussi leur sang, et à sacrifier leur propre vie a leur croyance. Combien d'enfants innocents, combien de tendres vierges, se sont sacrifiés au milieu des plus atroces tourments, animés dans leur foi par ce sang divin! Une Agnès, une Catherine, une Viviane, un Venant et mille autres, seront toujours les éclatants témoins de cette vérité. Et nous, comment avons-nous imité de si illustres exemples? quelle a été en nous l'action efficace de cette foi, pour la quelle tant de glorieux martyrs de Jésus Christ ont donné leur sang et leur vie? Hélas! non-seulement nous méritons le reproche de l'apôtre de n'avoir pas encore répandu une seule goutte de sang pour Jésus Christ; mais nous devons être confus en songeant à toutes les occasions où nous n'avons pas agi selon les enseignements de cette foi que nous professons. Nous nous sommes contentés d'une foi morte ou languissante, et, à l'exemple des vierges folles, nous avons tenu la lampe de la foi sans l'huile de la charité. Ah! combien est vile et lâche une âme qui n'est pas prête à verser son sang pour Jésus-Christ!

 

Colloque

 

Mon Jésus, auteur et consommateur de notre foi, vous qui avez sacrifié votre vie sur une croix, et répandu tout votre sang pour confirmer les vérités que nous croyons, pourquoi, à votre imitation, ne puis-je répandre encore tout mon sang ? Je ne mérite pas cette faveur que vous avez accordée à tant de serviteurs fidèles; mais, si je ne puis répandre mon sang au milieu des plus cruels supplices, je puis pourtant souffrir avec patience les adversités et les amertumes de cette vie, je puis mortifier cette chair rebelle par la pénitence, je puis porter avec résignation cette croix que vous daignez m'envoyer. Oui, mon âme, soyez attentive à toujours porter dans votre cœur la mortification de Jésus-Christ; et de cette manière, sans le fer des bourreaux, vous pouvez, dit saint Bernard, avoir part à la gloire du martyre; et alors la foi sera animée par les oeuvres, et telle qu'elle pourra m'amener, par les mérites de votre sang très-précieux, à contempler sans voile les infaillibles vérités qu'elle m'enseigne.

 

Exemple

 

Parmi les innombrables exemples qu'on pourrait citer de glorieux martyrs qui ont répandu leur sang pour la foi, animés par le précieux sang de Jésus-Christ, je choisis les glorieux princes des apôtres, saint Pierre et saint Paul, le premier crucifié sur le Janicule, le second décapité aux Eaux Salviennes. Ces saints, après avoir supporté, à l'exemple de Jésus-Christ, les opprobres, les mépris, les coups, la prison, les chaînes, furent martyrisés, et donnèrent volontiers leur sang pour celui qui en avait tant répandu pour les âmes, confirmèrent avec leur propre sang les vérités qu'ils avaient crues et pratiquées, et nous laissèrent un grand et éclatant exemple par le courage avec lequel ils versèrent leur sang pour soutenir la foi. ( Histoire de leur martyre)

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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23 juin 2011

Neuvaine à Saint Jacques le Majeur

 

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Neuvaine à Saint Jacques le Majeur

 

O Très glorieux Apôtre Saint Jacques, vous qui, le long de la mer de Galilée, avez été appelé par Notre Seigneur à le suivre, et qui, docile à cet appel divin avez quitté, avec le plus généreux détachement, non seulement tout ce qui vous servait tous les jours à gagner votre vie, mais qui de plus avez abandonné votre père pour suivre le divin Sauveur; ah! combien de fois ai-je non seulement été appelé moi-même, mais ai-je été sollicité par Sa grâce à mener une vie plus réglée et plus chrétienne, et j'ai toujours résisté fortement aux invitations réitérées de mon Dieu pour ne suivre que mes mauvais penchants et les maximes perverses d'un monde aussi corrompu que gâté; oh! faites donc que désormais, toujours docile à écouter la voix de mon Dieu et ses saintes inspirations, je me détache de l'affection que j'ai pour la vanité des choses terrestres, et que je n'aie plus de goût que pour les biens éternels et les délices du Ciel.

 

3 Notre Père, 3 je Vous salue Marie et 3 Gloire au Père

 

O très glorieux Apôtre Saint Jacques, vous qui, en récompense de votre fidélité à correspondre aux grâces du divin Maître, fûtes appelé par lui à participer au privilège extraordinaire de contempler, avec Saint Pierre et Saint Jean, Sa sainte humanité glorifiée sur le Tabor, quoique vous fussiez encore revêtu de votre chair mortelle; ah! de combien de grâces n'ai-je pas été comblé de la part de ce divin Sauveur sans aucun mérite de la mienne. Avec ces grâces, je devrais être un grand saint, et je ne suis qu'un pécheur rebelle par l'abus détestable que j'en ai toujours fait. Obtenez donc que je fasse un si bon usage des dons du Seigneur que je mérite d'en recevoir de plus grands encore; et que, par ma fidélité à correspondre à ses grâces jusqu'à la mort, je parvienne au bonheur de jouir, avec vous, de mon Dieu et du ciel.

 

3 Notre Père, 3 je Vous salue Marie et 3 Gloire au Père

 

O très glorieux Apôtre Saint Jacques, vous qui, comme le prophète Elie, avez brûlé d'un saint zèle pour l'honneur de votre divin Maître et de la vérité de son Evangile, avez prêché, avec une liberté toute Apostolique, dans la Judée, la Samarie et l'Espagne, la nouvelle foi, sans craindre la malice de la perfide Synagogue ni la cruauté du barbare Hérode, jusqu'à être le premier d'entre les Apôtres à la signer de votre sang, et à la couronner de votre mort glorieuse; ah! faites que dans ces temps malheureux où règne une incrédulité si perverse, et où le mal se montre d'une manière triomphante, non seulement je mette mon bonheur à professer hautement la foi Catholique et à la défendre contre les impies, mais de plus que je me glorifie, en toute occasion, d'être un fidèle et généreux disciple du Sauveur, jusqu'à souffrir pour lui les tourments les plus cruels et la mort même. C'est la grâce, ô grand Apôtre, que je vous prie de m'obtenir par votre puissante intercession, afin que je puisse reconnaître que ce sera véritablement à votre intercession que je devrai mon salut éternel.

 

3 Notre Père, 3 je Vous salue Marie et 3 Gloire au Père

 

Saint Jacques, priez pour nous

Afin que nous devenions dignes des promesses du Seigneur.

 

Prions

 

O Dieu Tout-Puissant, puisque Saint Jacques fut le premier de Vos Apôtres à offrir sa vie pour l'Evangile, accordez à Votre Église de trouver dans son témoignage une force, et dans sa protection un appui. Nous Vous le demandons, Père, par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.


Téléchargez le texte de cette Neuvaine (pdf) en cliquant ici

8 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Neuvième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ nous fortifie dans le sacrement de la Confirmation

 

La vie de l'homme sur cette terre est une guerre continuelle, et il lui faut combattre jusqu'à la mort pour remporter la couronne de la gloire éternelle: « Esto fidelis usque ad mortem, et dabo tibi coronam vitœ », dit le Seigneur à un évêque dans l'Apocalypse. La faiblesse et l'infirmité de la chair nous accompagnent jusqu'au tombeau, les grands dangers sont fréquents, les assauts des ennemis sont continuels, les passions sont vives et ne cessent jamais de nous livrer des combats : nous avons à combattre avec un monde trompeur, qui avec ses vanités nous tend des pièges de toute part; nous avons à vaincre une chair rebelle qui fait toujours la guerre à l'esprit; nous avons à terrasser un lion furieux, le démon qui cherche toujours à nous dévorer. C'est pourquoi, dans la prévoyance de tant de dangers et d'assauts à essuyer de notre part, le divin Rédempteur a voulu nous fortifier avec un sacrement qui nous donne des armes pour combattre et vaincre; ce sacrement est la confirmation. Mais d'où ce sacrement tire-t-il son efficacité, si ce n'est du sang tout-puissant répandu par Jésus, et qui est redouté par l'enfer tout entier? L'agonie qu'il a soufferte, ses mortelles tristesses, la sueur de sang répandue dans le jardin, voilà ce qui fait le courage des martyrs, la force des combattants, le triomphe des vainqueurs; et si nous ne succombons pas dans des tentations aussi multipliées, nous le devons à ce sang dont la vertu est infinie (Saint Léon le Grand). O efficacité admirable de ce sang divin! qui ne se sent plein de confiance en l'invoquant? O sang de Jésus! combien tu es terrible aux démons! tu es ce bouclier inexpugnable qui fait tomber à nos côtés les dards enflammés des plus puissants ennemis.

 

D'où vient par moments en nous une si grande faiblesse, qu'une légère tentation suffit pour entraîner notre chute? D'où vient que nous cédons si facilement à une passion mauvaise qui s'éveille au fond de notre cœur? Ah! je ne le sais que trop; c'est que nous oublions Jésus-Christ et ses souffrances, c'est que nous déposons, par un vil respect humain, ces armes dont le Sauveur nous a revêtus dans la confirmation; c'est que nous ne recourons pas de cœur et d'âme à son sang tout-puissant. Quelle force sentirait notre âme si, dans les tentations, elle invoquait le sang très-précieux de Jésus! si elle avait recours à lui, si elle l'implorait! Quelles épreuves n'ont-elles pas été supportées par tant d'enfants innocents et tant de vierges armées de ce sang! Ils ont épouvanté les tyrans, triomphé des plus rudes assauts, surmonté les tourments. Et c'est au sang de Jésus qu'ils ont dû leurs victoires. Et nous, au contraire, nous sommes si faibles, que pour un intérêt terrestre, que par crainte de déplaire aux hommes, et d'être méprisés du monde, nous rougissons souvent de paraître les serviteurs du Christ, et nous faisons le mal contre la voix de notre propre conscience, et avec la pleine connaissance que nous n'agissons pas en chrétiens. O déplorable faiblesse! ô méprisable lâcheté! Souvenons-nous donc que nous sommes les soldats du Christ, souvenons-nous quelles armes puissantes Jésus nous a données au moyen de son sang, dans le sacrement de la confirmation, et comment le Pasteur sacré nous a signés de ce signe adorable de la croix de Jésus-Christ qui nous rend si terribles à l'enfer tout entier.

 

Colloque

 

O mon Jésus, vous qui êtes la force de nos cœurs, maintenant je vois bien la cause de mes chutes; j'ai oublié ce sang précieux que vous avez répandu pour me fortifier dans le combat que j'ai à livrer à mes ennemis spirituels; je n'ai pas professé de dévotion sincère et affectueuse envers ce sang divin; je me suis fié à mes débiles forces, je me suis exposé aux dangers, et c'est pourquoi j'ai misérablement succombé. Mais maintenant je rappelle la confiance en mon âme en réfléchissant à votre miséricorde toujours prompte à pardonner, et en pensant que ce sang m'est toujours préparé, puisque vous ne cessez jamais de l'offrir à votre Père éternel pour les pécheurs eux-mêmes. Je sais bien que je ne mérite pas le pardon après avoir été aussi ingrat, mais votre sang le demande pour moi. O non! non! vous ne pouvez vous empêcher d'entendre ces voix, ce sont les voix de la miséricorde et de la grâce; et j'y joins aussi la mienne : je vous demande miséricorde pour ce sang précieux que vous avez répandu pour moi. Qu'il serve à effacer toutes les taches de mes péchés, à me fortifier, à me rendre inébranlable aux assauts de mes ennemis; c'est là que réside ma force, c'est par là que j'espère vaincre pendant la vie et à l'heure de la mort, et venir au sein des cieux célébrer éternellement vos miséricordes.

 

Exemple

 

On n'oubliera jamais dans les fastes de l'Eglise le courage du glorieux martyr saint Laurent, qui, au milieu même du supplice, brava son bourreau, tant il était devenu insensible aux plus cruels tourments, du moment qu'il s'agissait de soutenir la foi. Or, cette force lui venait du sang très-précieux de Jésus Christ dont il était le fidèle dispensateur, chargé dans ce temps de le distribuer aux fidèles: « Cui commisisti dominici sanguinis dispensationem »; comme il le dit lui-même au pontife Saint Sixte, pour faire connaître par là combien cette qualité l'avait préparé à soutenir le martyre. Enivré de ce sang divin, rempli d'une force héroïque, il donna son sang et sa vie pour Jésus-Christ, au milieu des charbons ardents, confirmant de sa mort la foi qu'il avait prèchée. (Histoire des Saints Martyrs).

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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28 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Vingt-neuvième jour

Dans le saint sacrifice de la messe on offre chaque jour le très-précieux sang de Jésus Christ pour les mêmes fins qu'il fut offert sur le Calvaire

 

Le sang de l'Agneau immaculé fut offert sur la croix, dit saint Thomas l'Angélique, pour quatre fins principales: pour rendre l'honneur infini qui était dû à la divine majesté, tribut que toutes les créatures ensemble n'étaient pas capables de lui offrir: pour donner satisfaction à sa justice divine de tous les outrages reçus par les hommes, pour remercier sa bonté infinie de toutes les grâces qu'elle daigne nous départir; et enfin pour obtenir les autres grâces nécessaires à notre salut. C'est encore pour ces mêmes fins que Jésus-Christ revient chaque jour sur les autels sacrés et renouvelle dans le sacrifice non sanglant l'offrande qu'il a déjà faite de son précieux sang sur le Calvaire. Et par là chacun comprend l'excellence et la sublimité d'un pareil sacrifice que le saint concile de Trente appelle l'action la plus sainte qui se puisse faire dans l'Eglise de Jésus-Christ: c'est le trésor caché, le centre de la religion chrétienne, le cœur de la dévotion, le soleil des exercices spirituels, le mystère ineffable qui comprend les abîmes de la divine charité; et toutes les fois qu'a lieu ce terrible et saint sacrifice, autant de fois ce divin Agneau offre son sang inestimable à son divin Père, après l'avoir déjà versé sur le Calvaire pour notre rédemption; et autant de fois se renouvelle le sacrifice qu'il offrit pour nous sur la croix.

 

Comment assiste-t-on à an si saint et si excellent mystère? comment offre-t-on de concert avec le prêtre ce sang divin? Hélas! que d'irrévérences, que de scandales ne voit-on pas dans les saints temples, au moment même où on célèbre cet auguste et terrible mystère! Et on peut dire de tant de chrétiens présents à ce sacrifice, qu'ils y sont comme les Hébreux sur le Calvaire, c'est-à-dire pour outrager Jésus, pour ouvrir de nouveau ses blessures, pour verser de nouveau son sang, et au moment même où il devait l'offrir pour leur salut, le verser pour leur propre condamnation. Oh! combien le sang de Jésus-Christ accuse ces âmes impies et perverses! Devons-nous nous étonner de voirie Seigneur aussi irrité? Vous, au moins, âmes dévouées à ce précieux sang, prévenez les justes vengeances de Dieu; et offrez avec une foi vive, avec une ardente charité, ce sang de propitiation pour vous et tant de malheureux pécheurs. Par ce sang adorable rendez au Père éternel l'honneur qui lui est dû, par lui satisfaites à sa justice outragée, rendez-lui les plus affectueux remerciements, et obtenez l'abondance de ses grâces en assistant dévotement au saint sacrifice de l'autel; que vos délice? soient de vous tenir avec une modestie exemplaire dans les églises où se célèbre ce sacrifice, comme faisaient un saint François Borgia, et un saint Charles Borromée qui disait que son seul bonheur, son paradis sur la terre, était de demeurer dans l'église et d'assister au saint autel.

Colloque

 

Je reconnais, mon Jésus, le grand amour que vous avez témoigné à votre Eglise en instituant un sacrifice si auguste et si saint, par lequel vous offrez chaque jour à votre divin Père ce sang inestimable, que vous avez déjà offert sur la croix; mais je reconnais aussi l'irrévérence avec laquelle j'assiste le plus souvent à un aussi saint mystère, et le peu de dévotion avec laquelle j'ai entendu jusqu'ici la sainte messe. Ah! il me semble entendre jusqu'au fond du cœur les justes reproches de votre sang! il n'en sera pas ainsi pour l'avenir, je saurai apprécier le trésor que vous nous avez laissé, et il ne se passera pas un jour que je ne vous offre ce sang en n'unissant au prêtre, et en joignant mon intention à celle que vous avez eue vous-même, ô mon Jésus, quand vous l'avez offert sur l'autel de la croix; je vous adorerai du plus profond de mon coeur, unissant mes adorations à celles de votre sainte Mère alors qu'elle était sur le Calvaire, et à celles des anges et de tous les saints qui assistaient à votre sacrifice.

 

Exemple

 

Saint Omobon vivait à Crémone dans la profession de marchand; non-seulement il évitait la fraude et l'injustice, mais sa charité et sa libéralité envers les pauvres lui avaient généralement mérité le nom de père des pauvres. Extrêmement adonné à la prière, il allait chaque nuit à l'église de Saint-Egide, et assistait avec une grande dévotion aux matines après lesquelles il restait pendant plusieurs heures agenouillé devant une image de Jésus crucifié si libéral envers nous de son sang. Venait ensuite le moment de célébrer la messe, et il l'écoutait avec un recueillement et une componction qui ravissaient tous les assistants. Le jour arriva enfin où il devait recevoir la couronne dont il était digne: il était allé selon sa coutume dans l'église où il récita matines et fit l'oraison aux pieds de son Seigneur crucifié: la messe ayant commencé, il se jeta la face contre terre au moment du Gloria in excelsis, et personne n'y fit attention, car c'était son habitude. Mais quand on vit qu'il ne se relevait pas à l'Evangile, on crut qu'il était endormi: cependant on voulut le réveiller, et on s'aperçut qu'il était mort; le bruit s'en répandit aussitôt; le peuple accourut en foule, et Dieu fit briller sa sainteté par un grand nombre de miracles.

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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27 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Vingt-huitième jour

L'effusion du très-précieux sang de Jésus dans l'ouverture de son côté

 

Jésus-Christ étant mort sur la croix, un soldat frappa son côté avec une lance aiguë, et ouvrit par là une nouvelle source de sang qui jaillit avec l'eau de son cœur entr'ouvert. Il fut frappé, dit saint Bernard, de cette lance cruelle de barbarie et de fureur, parce qu'il avait d'abord été frappé par la lance de l'amour. Voici le sang nouveau qui augmente notre espérance. Son cœur s'ouvre comme une arche de refuge pour les justes et pour les pécheurs. Ils y sont tous invités: Venez, nia colombe, dans les fentes de la pierre, dit-il à l'âme juste qu'il invite comme une colombe chérie à se retirer dans les fentes de la pierre, qui sont ses plaies sacrées et particulièrement celle du cœur. Il invite les pécheurs à cette pierre de refuge, pour y trouver la rémission du châtiment mérité, et pour se laver de leurs taches. O amour sans bornes de Jésus, mais auquel les hommes répondent si mal! « Voici, dit Jésus, que je vous donne mon sang, afin que vous me donniez une goutte du sang de votre cœur, c'est-à-dire, une larme, un acte de douleur de m'avoir offensé ». Ceci est une manière facile de rendre sang pour sang. Pour compenser une mer de sang, il suffit d'une seule larme; et voilà ce qu'on lui refuse bien souvent! Il en est bien peu, si même il s'en trouve, qui se repentent du fond du cœur des graves offenses faites à la souveraine Majesté. Ainsi se renouvelle chaque jour ce que le Seigneur a déclaré à la bienheureuse Angèle de Foligno: « Il y en a encore beaucoup, lui dit-il, qui ne cessent de briser mes os, et de faire couler le sang de mes veines ». Et ne doit-on pas dire avec saint Bonaventure: « O mon Jésus, il faut avoir un cœur plus dur que la pierre, pour ne pas être attendri par votre sang! »

 

Considérez encore plus, ô mon âme, les profonds mystères que recèle cette blessure d'amour et le sang précieux qui en découle. D'une côte de notre premier père Adam, Dieu forma Eve notre mère; et du côté ouvert de Jésus fut formée son épouse chérie l'Eglise, qu'il voulut acquérir par son propre sang. Dans l'arche, Noé échappa aux eaux dévastatrices du déluge universel, et dans cette arche mystérieuse de son côté ouvert, Jésus donne asile aux a m es pour les soustraire à l'épée vengeresse de la justice divine irritée contre les hommes. Un autre mystère est exprimé encore dans cette plaie sacrée et dans ce sang. Cette pierre d'Horeb frappée de la main de Moïse dans le désert, par le commandement de Dieu, et d'où jaillirent des eaux limpides pour étancher la soif du peuple israélite, ne signifie autre chose, au dire de l'Apôtre, que le cœur de Jésus ouvert et frappé, fontaine éternelle de miséricorde et de grâce. Voici la fontaine d'où coule ce sang dont l'abondance est plus que suffisante pour désaltérer toutes les âmes. O plaie d'amour! Ô sang adorable, source d'éternelle vie! j'ai trouvé, dirai-je, ô mon Jésus, avec votre dévoué serviteur saint Bernard, j'ai trouvé le plus tendre des cœurs ouvert et blessé pour moi, le cœur du père le plus aimant, le cœur du pasteur le plus attentif, de l'ami le plus fidèle, du frère le plus tendre qu'on puisse désirer. Permettez-moi donc de m'approcher de votre cœur si doux pour me purifier par ce sang bienfaisant qui en découle; permettez-moi d'entrer dans cette arche de refuge pour me soustraire au naufrage qu'attireraient mes fautes; et dans ce sang d'amour que vous versez de ce cœur, puissent s'éteindre ces flèches brûlantes que la divine justice est prête à darder contre un pécheur comme moi! C'est là que je veux me cacher; c'est là que je veux vivre, là que je veux mourir, dans la plus vive confiance que vous n'aurez pas le cœur de m'arracher de votre côté pour me jeter dans les ardeurs de l'enfer.

 

Colloque

 

J'ai trouvé, mon doux Jésus, dirai-je avec Saint Bernard, j'ai trouvé ouvert et blessé pour mon amour le cœur le plus aimant qui fut jamais, le cœur du père le plus tendre, du pasteur le plus généreux, de l'ami le plus fidèle, du frère le plus aimable; enfin, le cœur qui m'offre des biens supérieurs à tous ceux que mon esprit pourrait imaginer, que mon cœur pourrait désirer. Permettez-moi donc de m'approcher de ce divin cœur pour m'y purifier; d'entrer dans cet asile pour m'y soustraire au naufrage dont je suis menacé. C'est là que viendront, je l'espère, s'émousser ces traits dont me menace la justice divine; c'est là que je veux me cacher, là que je veux vivre, là que je veux mourir, avec la ferme confiance de n'en être pas rejeté.

 

Exemple

 

Très jeune encore sainte Lutgarde vivait dans un monastère de Bénédictines, lorsque notre ennemi commun lui tendit, au moyen de quelques jeunes gens, un dangereux piège. Ayant eu accès dans le monastère, ils lui tinrent de tels discours, que son cœur, peu affermi encore dans la vertu, se laissa gagner d'un sentiment d'affection pour celui qui lui exprimait sa tendresse; mais un jour qu'elle s'entretenait de ces dangereuses pensées, elle se sentit surprise d'une secrète horreur, et vit apparaître le Christ qui lui montrait son côté ouvert, lui ordonnant de rejeter les séductions de ce fol amour, et de tourner son cœur vers sa plaie: « Là, lui dit-il, tu trouveras les vraies délices qui te combleront de consolations infinies ». Ces paroles opérèrent dans Lutgarde un changement total; et dès lors, se donnant tout entière à son Seigneur, elle ne chercha plus rien que de l'aimer et de lui plaire.

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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26 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Vingt-septième jour

L'effusion du très-précieux sang de Jésus Christ dans son crucifiement

 

Arrivé au haut du Calvaire, après un pénible voyage, où il eut à supporter le poids de l'arbre de la croix sur ses épaules blessées et sanglantes, Jésus-Christ fut livré à toute la fureur des Juifs, et dépouillé de tousses vêtements, jusqu'à celui-là même qui touchait sa chair et que le nombre et la violence des coups avait collé à sa peau; ce qui fait dire à saint Laurent Giustiniani, dans une pieuse réflexion, que ses plaies se renouvelèrent alors, et que son sang coula de nouveau. Considérez donc ici, ô mon âme, la cruelle douleur de Jésus, sa confusion, les opprobres, les insultes, les tortures que cet agneau innocent eut à souffrir au milieu de ces loups pleins de rage, avides de son sang, avides de le crucifier. Sachez au moins de quel enseignement est pour vous ce dépouillement. Le docteur saint Augustin en explique le mystère. Le Seigneur veut avec ses plaies et avec son sang nous dépouiller des vices auxquels l'âme est si attachée. Hélas! qu'elles sont nombreuses ces attaches vicieuses qui prédominent en nous; attaches d'autant plus pernicieuses que nous les connaissons moins! Mon Jésus, par votre sang adorable, faites que mon cœur se détache de ce qui n'est pas conforme à votre sainte volonté.

 

Dépouillé de ses vêtements, Jésus va de lui-même se placer sur la croix, y étend ses mains et ses pieds que les bourreaux cruels ont la barbarie de transpercer de clous. Us font craquer les os de ce corps sacré, et de ses blessures font échapper des torrents de sang. Oh! alors, qui peut exprimer avec des paroles les douleurs de Jésus dans une telle effusion de sang? La croix s'élève, elle est plantée dans la fosse qui lui est préparée, et Notre-Seigneur crucifié est exposé à la vue d'un peuple immense. Le soleil s'obscurcit, les ténèbres couvrent la face de la terre, les pierres se fendent, les sépulcres s'entr'ouvrent, les morts ressuscitent, le voile du temple se déchire. Et cependant Jésus offre son sang au Père éternel, et le prie par ce sang de pardonner à ses bourreaux. Il efface avec ce sang la sentence de la damnation éternelle, apaise la justice irritée, consomme son sacrifice, et scelle avec ce sang et avec sa mort le nouveau et éternel Testament; de ses plaies comme de sources vives, coule ce sang qui arrose la terre et la purifie de ses souillures: « Sanguis Christi totum abluit orbem terrarum », comme dit saint Chrysostôme. Et qui ne voudra pas participer à ce sang ? Quelle âme ne désirerait voir les plaies sacrées du Rédempteur s'imprimer dans son coeur avec les caractères du très-précieux sang? Qui ne se sentirait tout enflammé d'amour envers Jésus crucifié, qui nous excite à boire à cette fontaine de miséricorde?

 

Colloque

 

Mon Rédempteur crucifié, si quelquefois, par mes péchés, je me suis joint à vos bourreaux, et si j'ai ouvert ces plaies en vous crucifiant de nouveau dans mon cœur, aujourd'hui plein d'affection et de repentir, je sens la plus vive douleur; et par ce sang sacré qui coule de vos blessures, je vous prie de me pardonner. Je vous adore sur la croix, et je joins mes adorations à celles que votre très-sainte mère Marie, le bien-aimé disciple saint Jean, la Madeleine, les saintes femmes et le bon larron converti vous offrirent sur le Calvaire. Vous avez dit que lorsque vous seriez élevé de terre vous attireriez toute chose à vous par l'effusion de votre très-précieux sang. Voilà que vous êtes élevé de terre sur la croix. Et moi, je resterais toujours attaché à la terre! O Seigneur! qu'aujourd'hui votre nom soit glorifié! La croix est votre gloire; en vertu de la croix vous nous attirez à vous par les liens de votre sang, et puisque vous m'avez créé par votre pure miséricorde, puisque vous avez été crucifié suspendu en l'air pour ma rédemption, faites donc, ô mon Dieu, que je ne me sépare plus de vous par le mérite de ce sang si tendre que vous, avez répandu pour mon salut.

 

Exemple

 

Dès son enfance, sainte Catherine de Gènes avait dans sa chambre une image du Christ mort. A force de le regarder ainsi transpercé et sanglant, elle se sentait tout enflammée d'amour pour lui. Aussi voulut-elle ensuite se faire religieuse. Mais arrivée à l'âge de seize ans, elle dut épouser un gentilhomme de la ville, et dès lors, à l'instigation des siens, elle se livra aux relations mondaines et aux divertissements dangereux du siècle. N'y trouvant aucun plaisir, et plutôt des remords, elle voulut faire et fit une confession générale, dans laquelle, par un trait spécial de la grâce, elle fut tellement pénétrée de sentiments de contrition, qu'elle en resta comme anéantie et complètement changée. Elle s'adonna à toutes sortes d'exercices de mortification et de pénitence, répétant souvent ces mots: « O mon amour! plus de péché ». Sa componction fut augmentée et vivifiée par une vision, dans laquelle le Seigneur crucifié lui apparut tout sanglant, lui disant qu'il avait été réduit à cet état par les péchés des hommes et son amour pour eux. Un tel spectacle resta si bien gravé dans son cœur, qu'elle ne pouvait presque penser à autre chose, et ne faisait que sangloter.

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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15 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Seizième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ nous ouvre l'entrée du paradis

 

Le péché avait fermé l'entrée de la béatitude éternelle, et le genre humain gémissait dans les ombres de la mort et au milieu des plus épaisses ténèbres, misérablement condamné à l'enfer, lorsque pour ouvrir les portes bienheureuses fermées par le péché, le Fils de Dieu descendit du ciel sur la terre, se revêtit de notre chair, se fit humble et petit et se sacrifia sur la croix. Par là il voulut, dit saint Paul, que, remplis de confiance dans le sang du Christ, nous pussions marcher dans cette voie nouvelle et vivante par le voile, c'est-à-dire par sa chair. Il nous a ouvert avec son sang l'entrée du royaume bienheureux: pour y entrer, il faut d'abord passer par la mer de la miséricorde, qui est ce sang de salut éternel; et de même que les Israélites, pour entrer dans la terre promise, devaient passer par la mer Rouge, ainsi celui qui veut pénétrer dans la céleste Jérusalem doit se plonger d'abord dans la mer immense du sang sacré de Jésus-Christ. L'âme qui, dans le cours de sa vie, s'est continuellement purifiée dans ce sang innocent, l'a fréquemment offert au Père divin, s'en est souvent alimentée dans la très-sainte communion, en a été pénétrée par la participation aux autres sacrements, arrivera sûrement par cette mer de miséricorde au port du salut éternel. Et quel est celui qui n'en voudra pas profiter?

 

Un autre motif de consolation qui doit faire naître en nos coeurs la confiance la plus vive d'avoir un jour entrée au paradis, grâce à ce sang divin, est tiré du docteur saint Augustin. Après avoir appelé le sang de Jésus-Christ le gage de son amour et de notre salut, il ajoute des paroles bien propres à enflammer tous les cœurs par une glorieuse espérance, fondée sur le sang du Rédempteur: Noli dicere: in coelo non ero; tenemus sanguinem Christi. Si quod plus est tenemus, quod minus est speramus »; Ne vous laissez jamais aller à cette pensée, que vous ne serez pas admis à l'éternelle félicité; car le sang du Christ est plus que la gloire du paradis. Si donc nous avons la possession du bien le plus précieux, qui est le sang du Sauveur, nous devons espérer obtenir un moindre bien, qui est la béatitude éternelle. Oh! paroles consolantes! Je ne sais pas si on peut présenter un motif plus puissant de consolation à une a me inquiète et timide, qu'agiterait l'incertitude de son salut. Vous avez entre vos mains le sang très-précieux de Jésus-Christ, dit le saint docteur; soyez donc sans crainte, la gloire céleste vous attend. Si Dieu vous a donné le don le plus grand, pourquoi craindriez-vous qu'il vous refusât un don moins grand? Ah! ravivez, ravivez en vous, âmes dévouées au sang précieux de Jésus, la plus forte espérance de votre salut éternel.

 

Colloque

 

Quelle joie m'inonde le cœur, aimable Jésus, à ces douces pensées, et quelle vive confiance de salut conçoit mon âme à votre vue, ô mon Jésus crucifié! car je vois de ces plaies sacrées couler le prix de mon salut, et cet or inestimable qui me permet d'acheter le paradis. Oui, je l'espère, et je veux le recevoir de vous par les mérites de ce sang précieux, qui non-seulement est le gage de votre amour, mais encore mon rachat et ma rédemption. En vertu de ce sang très-précieux, je surmonterai les obstacles que présente la voie du salut, je vaincrai les tentations, je dompterai les passions, et j'obtiendrai la grâce de persévérer dans le bien jusqu'à la mort. Cette espérance, ô mon Dieu, faites qu'elle soit inébranlable, qu'elle tienne mon âme bien affermie dans votre divin service et dans votre saint amour jusqu'au dernier souille de ma vie; et à travers les flots orageux de cette mer perfide du monde, faites que je ne fasse pas naufrage, mais que, plein d'espérance et de bonnes œuvres, j'arrive, moyennant la force et l'efficacité de votre grâce, que j'implore par ce sang, au port du salut éternel.

 

Exemple

 

Le Seigneur consola un jour sainte Mathilde qui le suppliait d'accorder un heureux passage à une personne pieuse, en lui disant: « Quel est le pilote qui, après avoir conduit jusqu'au port un navire chargé de marchandises, jetterait la cargaison à la mer au moment de l'arrivée? Oh! comment pouvez-vous douter qu'ayant toujours protégé cette âme pendant tout le cours de sa vie, maintenant qu'au terme de ses jours elle est parvenue au port, je songe à l'abandonner? » Ainsi celui qui a toujours navigué dans cette immense mer du sang précieux, ne pourra pas être privé à la fia de cette vie, du fruit inestimable de ce même sang, qui est la vie éternelle.

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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13 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Quatorzième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ nous obtient une sentence favorable au jugement particulier

 

Oh! combien sont terribles, Seigneur, vos jugements divins! Vous qui avez trouvé des taches dans les anges eux-mêmes, et devant qui les cieux ne sont pas purs; vous qui jugez toute parole oiseuse, hélas! que deviendrai-je, disait le saint homme Job, quand vous viendrez me juger? Et moi, misérable pécheur, que ferai-je? Ah! je le sais, je le sais, ce que j'ai à faire; sainte Marie-Madeleine de Pazzi m'en instruit: « Je me couvrirai de votre sang, et je viendrai vous supplier de ne pas regarder mes fautes, mais les mérites de ce sang sacré. C'est lui qui effacera mes péchés; c'est lui qui demandera miséricorde pour moi, pécheur ». Oh! combien elle est heureuse l'âme qui, teinte de ce sang, paraîtra devant son juge! On lui dira: « Quel est celui qui vient d'Edom, revêtu de la pourpre de Bosra »? Elle ne craindra pas ses ennemis; elle se présentera pleine de confiance devant le divin juge; elle verra ses fautes effacées par ce sang; elle présentera les mérites de ce sang divin au pied du trône de Dieu, et en vertu de ces mérites, recevra la sentence de vie éternelle. Mais malheur à l'âme qui ne sent pas le prix de ce sang, et ne lui rend pas honneur! O Dieu! quelle sentence pourra-t-elle attendre, sinon une sentence d'éternelle condamnation?

 

Vérité terrible, mais indubitable! Cette voix aussi sonore que la voix de la trompette, cette voix du sang du Rédempteur, qui t'invite maintenant à la pénitence, si tu la méprises et si tu lui fermes l'oreille, elle sera un jour pour toi, songes-y bien, comme le son de la trompette fatale, signal du plus rigoureux des jugements. Ne vois-tu pas, ô âme révoltée et obstinée dans le péché, que le sang divin te menace d'un feu éternel! Oh! purifie-toi avec ce sang, pendant que le Seigneur te donne le temps de te convertir; ou bien il te faudra bientôt brûler dans le feu éternel. L'eau et le feu sont les deux éléments qui purifient. Celui qui refuse maintenant de se purifier par les larmes de pénitence, ce bain salutaire qui, uni au sang très-précieux de Jésus-Christ, lave toutes les taches du péché, tombera dans un feu dévorant. Ce feu ne pourra jamais le purifier; mais il le tourmentera toute l'éternité avec des flammes ardentes allumées dans le sang divin, que tant d'hommes sont assez insensés pour mépriser: « Maintenant le Christ est une eau bienfaisante, dit l'abbé Guerric; il sera alors un feu qui consume », tout à l'heure, il était une fontaine ouverte pour l'ablution des péchés, il sera alors une flamme cruelle, un feu dévorant jusqu'à la moelle de l'ame. Ici, le bain du sang; là, la fournaise de feu; que choisis-tu? Ah! disons plutôt avec le même Guerric: « Il vaut mieux, mes frères, et il est plus doux d'être purifié par une fontaine que par le feu. Que l'âme se purifie dans cette fontaine de miséricorde et de grâce, pour ne pas brûler dans un gouffre de feu éternel; qu'elle se plonge dans cette mer du sang très-précieux de Jésus avec la plus sincère affection du cœur, pour éviter la sentence terrible d'éternelle malédiction.

 

Colloque

 

O juge très-juste, cher Jésus, vous ne voulez pas la mort du pécheur, mais vous désirez qu'il se convertisse et vive; et dans ce but, vous nous invitez avec tant de miséricorde à la pénitence, vous nous offrez votre sang très pur pour laver les souillures de notre coeur, et vous vous contentez de quelques larmes d'un cœur contrit et humilié qui s'unissent à ce sang de salut. Ah! quelle serait donc notre dureté de résister encore à votre grâce, et de fermer l'oreille à votre voix! Une pareille dureté ne mériterait-elle pas à juste titre l'éternelle condamnation? Accordez-moi donc, avant de m'envoyer la mort, la grâce de profiter de vos miséricordes, en me plongeant dans la fontaine de miséricorde, et de me purifier ainsi de toutes mes fautes. Faites que dans ce sang je trouve ma consolation à la vie et à la mort; afin que , par ses mérites. j'obtienne de votre divin tribunal une sentence favorable, et que ce sang ne se convertisse pas pour moi, comme pour les perfides Juifs, en une malédiction éternelle.

 

Exemple

 

On raconte dans la vie de saint François Borgia, qu'assistant un malade qui touchait au terme de sa vie et refusait obstinément de se confesser, le saint prit un crucifix et se prosterna à terre , auprès du lit du malade. Avec des paroles de feu, au nom du sang tout puissant de Dieu, au nom de l'immense amour que le Rédempteur nous a témoigné sur la croix, il l'exhorta à se réconcilier avec Dieu et à recevoir les saints sacrements. Mais comme celui-ci n'en restait pas moins endurci dans l'impiété, on vit un sang frais s'échapper des plaies de l'image. Le Seigneur voulait, par ce miracle, l'inviter à la pénitence, et lui offrir, avec une bienveillance inouïe, son Sang pour remède à son obstination: mais le misérable refusant d'écouter les paroles du saint et l'invitation de Dieu même, on vit l'image détacher une de ses mains de la croix, et la remplissant de sang, le jeter au visage du pécheur obstiné. Peu de temps après il mourut désespéré, et ce sang, miraculeusement échappé du crucifix, ne servit, en punition de son obstination criminelle, qu'à attiser contre lui les flammes dévorantes du feu infernal. (Vie de Saint François Borgia par Nierimber)

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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12 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Treizième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ adoucit la mort

 

L'homme craint naturellement la mort; et si à cette crainte naturelle se joint le souvenir des péchés commis, oh! combien elle sera plus terrible encore! Eh bien! pour dissiper cette crainte, et rendre notre mort douce, nous trouvons un secours admirable dans la dévotion au sang très-précieux de Jésus-Christ. Notre âme, en considérant Jésus crucifié dont le sang ruisselle de toute part, conçoit l'espérance (lu salut, et sent se dissiper toutes ses craintes; elle entend la voix de ce sang qui retentit comme une trompette et crie miséricorde: « Sanguis Christi, ut tuba clamat », dit saint Bernard. Voyez-la qui a traversé cette mer, et est au moment d'atteindre le port; elle tient à la main cet or précieux qui doit lui gagner une gloire éternelle: « Bonum aurum sanguis Christi », nous dit saint Ambroise. Elle se sert de ce sang comme d'une clef du paradis, s'écrie saint Thomas; alors elle sent renaître son courage et ne craint plus la mort. Et, en effet, combien sont consolantes ces paroles par lesquelles saint Chrysostôme dissipe en vertu de ce sang divin toute crainte de la mort? Ce sang chasse les démons, conduit vers nous les anges et le Seigneur des anges; et l'effusion de ce sang nous ouvre le ciel. A la fin de notre vie, le démon viendra, selon qu'il a coutume, assaillir notre âme de ses plus fortes tentations; mais la vue du sang de Jésus Christ dont nous serons trempés et armés, le mettra en fuite. Assistés de la très-sainte Vierge, assistés de nos anges gardiens, du prince des hiérarchies angéliques, le glorieux saint Michel, et pardessus tout du Seigneur tout-puissant et glorieux des anges, que pourrons-nous craindre? Heureuses alors les âmes dévouées à ce sang!

 

Considère en outre, ô mon âme, que si munie du sang de Jésus-Christ tu te présentes aux portes (lu ciel, elles s'ouvriront aussitôt devant toi; l'ange armé du glaive de feu préposé à leur garde ne pourra t'en défendre l'abord, puisque tu viendras marquée du sang de l'Agneau divin, en qui pour la vie comme pour la mort tu as placé tes espérances: « Virtus sanguinis à latere Christi profluentis removit angelum et hebetavit gladium », écrivait saint Antoine de Padoue. C'est là ce qui arriva en figure aux Hébreux, alors que l'ange, ministre de la colère de Dieu, exempta du châtiment de la mort tous ceux dont les portes étaient marquées de sang. Voilà la grâce accordée à la figure. Quelle vertu n'aura donc pas, à plus forte raison, la chose ainsi figurée? Telle est la pensée de saint Jean Chrysostôme : « Le sang de l'agneau servait à la délivrance de l'homme raisonnable, non par sa propre valeur, mais parce qu'il représentait le sang du Seigneur ». Quand l'âme fidèle sera baignée de ce sang très-saint du Fils de Dieu, lorsqu'il sera non-seulement sur les lèvres qui invoqueront ses mérites, mais encore dans le cœur purifié par ce même sang, cette âme pourrait-elle être soumise au glaive formidable de la colère vengeresse de Dieu, ce glaive qui arme, au jour de la mort, la main de l'ange exterminateur? Oh! heureuse la mort de celui qui se confie dans ce sang précieux!

 

Colloque

 

Si je réfléchis, mon Jésus, à ma vie passée, au nombre et à la gravité de mes fautes, la pensée de la mort m'épouvante. Je vois mes péchés, et je ne vois pas le repentir; je forme de bonnes résolutions, et je retombe. Mais si je tourne mes regards vers vous, mon Jésus crucifié, et vers le sang qui s'échappe de ces plaies sacrées, oh! quelle consolation pour moi! J'entends la voix de ce sang qui, devant votre trône, crie pour moi miséricorde; et puisque vous êtes mort sur la croix, et avez répandu votre sang avec tant d'abondance pour me délivrer de la mort affreuse des pécheurs, et me mériter la mort précieuse du juste, voici la grâce que je vous demande en toute humilité; c'est de mener une vie telle, qu'elle me conduise à cette sainte mort par les mérites de votre sang très-précieux, versé tout entier pour le salut de mon âme.

 

Exemple

 

Pendant que saint François Caracciolo travaillait à la propagation de l'ordre des clercs mineurs, on vint lui proposer la fondation d'une nouvelle maison à Agnone. Quoiqu'il fût très-affaibli par les mortifications et les fatigues, il s'y rendit de Rome en passant par Lorette; et deux jours après qu'il y fut arrivé, il fut saisi d'une fièvre violente qui le mit en peu de temps à toute extrémité. Le saint, qui prévoyait sa mort prochaine, voulut faire sa confession générale, et il reçut ensuite, avec la plus grande dévotion, le saint Viatique et l'Extrême-Onction. Le crucifix à la main, on l'entendit souvent répéter, plein d'amour et de confiance: « Sang de Jésus répandu pour moi, tu es à moi; je le veux, Seigneur, donnez-le-moi, ce sang qui est à moi; ne me refusez pas ce qui est à moi »; et imprimant de tendres baisers sur les plaies de son Rédempteur, il répétait: « Sang très-précieux de mon Jésus, tu es à moi, et par toi, et avec toi seulement j'espère mon salut ». Et c'est dans ces sentiments qu'il expira paisiblement.

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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11 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Douzième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ nous fortifie dans le sacrement de l'Extrême Onction

 

Notre divin Rédempteur prévoyait bien les angoisses, les inquiétudes, les afflictions et les douleurs dans lesquelles se trouvent les âmes au moment de leur séparation du corps; il savait bien quels sont leurs besoins au moment de la mort, moment terrible d'où dépend l'éternité. C'est pourquoi il a voulu assumer sur lui-même d'amères tristesses et une mortelle agonie; pendant trois heures continues, il voulut rester crucifié et agonisant, abandonné même de son Père céleste, et à la merci de ses barbares persécuteurs. Il voulut répandre son sang très-précieux, pour ainsi dire jusqu'à la dernière goutte, sur le dur bois de la croix, afin de nous préparer pour le moment de la mort un sacrement de consolation et de grâce, l'extrême-onction. Par elle, non-seulement sont effacés les restes du péché, non-seulement la santé du corps nous est rendue si elle est utile à notre âme, mais de plus, elle apporte un grand soulagement au malade, lui donne la force et le courage de résister aux tentations diaboliques, de souffrir avec patience les incommodités du mal qui le tourmente, et lui facilite un heureux passage à l'éternité bienheureuse. L'aimable Seigneur pouvait-il faire plus pour le bien des âmes? Pensez, pensez seulement combien de sang, combien de peines et de tourments a coûté ce sacrement! Oh ! qui peut comprendre les désolations d'esprit, les tristesses et les peines souffertes sur la croix?

 

Entre, mon âme, dans le Cœur très aimant du Seigneur crucifié, et médite sur ce qu'ont dû être les douleurs offertes par lui sur le Calvaire, pour pouvoir nous mériter de si efficaces consolations à l'article de la mort! Les horribles blasphèmes qu'il entendait sur cette montagne, la dureté de cœur du larron impénitent, l'ingratitude des hommes qu'il prévoyait, la douleur qui déchirait le cœur de sa mère désolée, étaient autant de pointes acérées qui lui transperçaient le cœur. La soif ardente qui le torturait, l'abandon de son divin Père, que de douloureuses sensations! Et dans cet instant même, par l'effusion de son très-précieux sang, il préparait ce sacrement qui, au moment de la mort, adoucit nos peines et les rend méritoires pour la vie éternelle. lia pris pour lui la plus triste amertume des affres de la mort, pour rendre la nôtre douce et précieuse. Il a fait de ce sacrement comme un vase sacré plein de son sang, et il confère la grâce de telle sorte que le mérite et la satisfaction gagnés par Jésus Christ avec son propre sang, s'appliquent à chaque fidèle qui le reçoit dignement: il peut l'offrir pour lui-même, comme s'il eût satisfait par ses propres actions et ses souffrances à la justice éternelle. Ah! mon Jésus, que cette charité est incompréhensible. Vous aviez raison de dire sur la croix: « tout est accompli », car vous ne pouviez rien faire de plus pour l'amour de nous, nous préparant ainsi, par l'effusion de votre sang, tant d'aides efficaces pour notre vie et notre mort. Mais pourrons-nous dire à l'article de la mort: « Consummatum est », nous avons tout accompli? Hélas! si nous ne faisons pas pendant la vie le bien que vous exigez de nos âmes, si nous n'observons pas constamment votre très-sainte loi, si dès maintenant nous ne remplissons pas nos devoirs, comment répéter à la mort « consummatum est »? Allons! mon âme, fais maintenant pendant la vie tout le bien que tu voudrais avoir fait à l'article de la mort.

 

Colloque

 

Mon Jésus crucifié, quelles grandes leçons vous me donnez du haut de la chaire de vérité et de sagesse! quelle patience, quelle charité, quelle profonde humilité on apprend à votre école! Vous, Fils de Dieu, innocent, saint et sans tache, vous mourez au milieu des plus cuisantes tortures, votre sang ruisselant de toute part, afin de méritera moi pécheur, pour consolation à l'instant de ma mort, les secours si puissants de votre divine grâce. Vous épuisez le calice amer de tant de douleurs, vous répandez avec tant d'abondance votre sang, pour me mériter une bonne mort et un heureux passage à l'éternité; et moi, jusqu'ici, qu'ai-je fait pour me disposer au moment, inévitable et terrible à la fois, d'où dépend ou mon éternelle béatitude ou mon éternelle perdition? Dieu! par le très-précieux sang, donnez-moi la grâce dès aujourd'hui de me préparer à ce moment suprême par l'exercice des bonnes œuvres; faites que fortifié parles saints sacrements, en vertu de ce sang de salut, j'exhale mon a me dans votre côté sacré, afin que, baignée de votre sang, elle vienne un jour vous louer et vous bénir dans le ciel.

 

Exemple

 

Saint Camille de Lellis, plein de dévotion envers le sang de Jésus-Christ, trouvait une grande consolation dans sa dernière maladie, à avoir devant les yeux une image de Jésus crucifié, dont il donna lui-même le dessin. Le sang s'échappait en grande abondance des plaies; une multitude d'anges le recueillaient dans des calices, et le présentaient au Père divin. Le saint à cette vue sentait un grand soulagement, et, dans ces derniers moments de sa vie, s'excitait à une espérance plus vive du salut éternel. (Vie du Saint par Cicatelli)

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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10 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Onzième jour

Le sang précieux de Jésus nous alimente dans la très-sainte Communion

 

Lorsque fut venue l'heure de partir de ce monde et de retourner vers son divin Père, le tendre cœur de Jésus-Christ ne pouvait se déterminer à laisser ses disciples orphelins et abandonnés; et c'est pourquoi, après avoir célébré la Pâque, selon le rite de la loi de Moïse , il institua le saint sacrement de l'Eucharistie, dans lequel il nous nourrit de sa propre chair et de son sang très-précieux, et nous invite tous à y prendre part. Et c'est dans ce sacrement que se distribue d'une manière plus particulière aux fidèles bien disposés le sang du Rédempteur. Quand nous communions, nous pourrions dire avec saint Cyprien: « Nous avons sucé le sang du Seigneur, et nous avons appliqué notre langue sur les blessures mêmes de notre Rédempteur ». Quelle douce fontaine coule incessamment, du haut de l'autel sacré des bénédictions célestes! c'est ce qui fait dire à saint Jean Chrysostôme: « Fontaine des dons célestes, auprès de laquelle est assis Jésus-Christ, qui s'adresse, non pas à une Samaritaine, mais à l'Eglise universelle: ici il ne donne pas un simple verre d'eau, mais un sang vivant, qui, pris par nous en témoignage de la mort du Seigneur, est pour nous une source de vie ». Il semble qu'il ne suffisait pas à son immense amour d'avoir versé ce sang tout entier sur la croix, s'il ne testait pas encore avec nous jusqu'à la consommation des siècles , pour nous alimenter et nous abreuver de ce très-précieux sang dans la sainte communion; et avec la voix retentissante de ce sang, il nous appelle, selon saint Ambroise, il nous invite et désire vivement que nous y participions. Et que dit-il? « Ouvrez-moi quelque accès vers votre cœur, je le comblerai de mes grâces ».

 

L'abbé Rupert démontre fort bien l'amour ineffable que Jésus nous témoigne en se donnant lui-même tout entier aux âmes dans la très-sainte communion et en nous abreuvant avec son très-précieux sang, qui non-seulement nous purifie de nos taches quotidiennes, mais nous préserve pour l'avenir des fautes graves; et c'est ce qu'a voulu exprimer le Rédempteur par le lavement des pieds qu'il fit à ses apôtres. Le Seigneur se leva de table, c'est-à-dire qu'il quitta le banquet de la gloire paternelle, et se revêtant de notre chair comme d'un linge, il versa son sang comme on verse Veau dans un bassin; et depuis ce moment il lave chaque jour nos pieds, quand nous le recevons en rémission des péchés. O raffinement d'amour du doux cœur de Jésus! Avec quelle avidité les âmes ne devraient-elles pas courir s'étancher à cette fontaine inépuisable de bonté et d'amour! Combien ne devrait-on pas fréquenter un sacrement dans lequel Jésus, d'après les paroles du Concile de Trente, a prodigué les richesses de son amour. Avec quels sentiments et avec quelle disposition devrait-on recevoir le très-précieux sang de Jésus, qui se donne ici avec sa chair immaculée, avec son âme très sainte, avec sa divinité même! Quelle foi vive, quel respect profond, quelle sainte crainte, quel saint tremblement, quelle ardente charité devraient accompagner les a mes qui s'approchent de cette table! Approchez , vous dirai-je avec les paroles de la sainte Eglise, approchez avec foi, avec crainte, avec amour. Mais, hélas! quelle froideur, quelle insensibilité dans tant d'âmes qui s'approchent si languissantes de cette fontaine d'amour!

 

Colloque

 

Vous êtes, mon Jésus, ce père aimant et ce bon pasteur qui, après avoir donné son sang et sa vie pour nous sur une croix, nous nourrissez dans la très-sainte Eucharistie de votre chair, et nous désaltérez de voire sang; et qu'est-ce que votre cœur pouvait faire de plus pour nous prouver la charité ardente dont vous êtes animé pour nous? Maintenant je comprends toute la force des paroles de saint Jean votre disciple chéri, que dans ce sacrement vous nous avez aimés à l'excès. Maintenant je comprends ce que dit l'Eglise votre épouse, dans le concile de Trente, que vous, ô Seigneur! en donnant le sacrement adorable de l'Eucharistie, vous avez prodigué toutes les richesses de votre amour infini. Oh! comment mon cœur ne se dissout-il pas pour vous qui avez tout fait pour moi! Qui peut résister à l'émotion qu'inspirent ces traits d'une charité sans borne? Ah! désormais mes délices seront de vous recevoir dans la très-sainte communion , de m'enivrer de votre sang d'amour, de vous adorer dans les saints tabernacles, de contempler l'ineffable charité qui se montre dans ce sacrement!

 

Exemple

 

Saint Philippe de Néri eut une dévotion particulière au sang précieux de Jésus-Christ. Il avait coutume .de mettre pour la consécration une grande quantité de vin dans le calice, afin de prolonger la durée des espèces. On observa aussi qu'après la consécration son calice était plein de sang pur. En le prenant, ses lèvres s'y collaient avec tant d'ardeur, qu'il finit par attaquer, non-seulement la dorure, mais l'argent lui-même; et ce sang divin lui communiquait une telle dévotion, que sa figure pâlissait, et qu'il semblait plus mort que vif. Ce spectacle arracha souvent des larmes de componction des yeux des assistants. Il priait ensuite le Seigneur que, s'il ne pouvait répandre son sang dans le martyre, ainsi qu'il l'eût voulu, il le lui fit au moins verser en telle abondance par la bouche et par les narines, qu'il pût ainsi lui rendre sang pour sang. Il fut bien exaucé, car il versa plusieurs fois une telle quantité de sang, qu'il en perdit le mouvement et l'usage de la vue. (Vie de Saint Philippe de Néri par Bacci).

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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9 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Dixième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ nous purifie dans le sacrement de la Pénitence

 

Il y avait à Jérusalem une piscine appelée Probatique, qui était entourée de cinq portiques, où étaient des infirmes de toute espèce, attendant la venue de l'Ange du Seigneur, qui mettait les eaux en mouvement, et le premier qui s'y plongeait était guéri. Or cette piscine, disent les saints Pères, était un symbole du sacrement de la Pénitence, formé avec le sang de la Rédemption. L'Eglise ouvre aux âmes un bain salutaire plus miraculeux que cette piscine des Juifs: il y coule une fontaine intarissable, formée non du sang des animaux et des victimes expiatoires, mais du sang très saint de l'Agneau immaculé, immolé et offert en sacrifice pour la rédemption du genre humain; et il offre avec la piscine des Hébreux cette différence que, dans cette dernière, un seul infirme était guéri au contact des eaux miraculeuses mises en mouvement par l'Ange du Seigneur, tandis que dans la piscine salutaire du sang de Jésus-Christ, non-seulement un chrétien, mais tous les chrétiens peuvent en tout temps trouver la guérison de leurs mortelles infirmités. Et que faut-il pour l'obtenir? Rien autre que de le vouloir efficacement. Voulez-vous être guéri? dit le Seigneur à ce malade de la piscine Probatique; et il le répète encore à chaque pécheur. Et le pécheur, que répond-il? Hélas! combien y en a-t-il parmi nous qui aiment mieux gémir dans leurs souillures que de se purifier dans ce bain salutaire?

 

Il conviendrait à beaucoup de chrétiens de répéter ce que dit ce serviteur fidèle à Naaman, le lépreux Syrien, alors que le prophète Elisée lui recommanda de se laver dans les eaux du Jourdain pour se guérir de la lèpre, et qu'il s'y refusait : « Si le prophète t'avait commandé une chose difficile, tu aurais dû la faire, à plus forte raison dois-tu lui obéir, quand il t'a dit de te laver pour être guéri » (Rois 5, 13). Ainsi, si le Seigneur nous avait commandé de recouvrer la santé de notre âme au prix de notre sang, nous devrions le faire; combien avec plus de raison encore devons-nous lui obéir, quand il nous commande seulement de nous laver dans le sang de Jésus-Christ par la pénitence sacramentelle! C'est là le Jourdain: nous devons nous y laver pour être purifiés de la lèpre abominable du péché: nul n'étant pur de souillure, la source qui coule des blessures sacrées du Seigneur est nécessaire à tous, dit saint Bernard. Du moment que le péché est confessé au prêtre avec un vrai repentir, et que les paroles de l'absolution sacramentelle ont été prononcées, l'a me est purifiée. O immense libéralité de mon Rédempteur! à quel point en est venu votre amour! nous laver avec votre propre sang! Qui donc refusera d'aller plonger ses fautes dans cette mer inépuisable de votre très-précieux sang, qui fera disparaître toutes ses infirmités?

 

Colloque

 

Mon Jésus, je vais sans retard à cette bienfaisante fontaine, et quoique je me voie souillé de bien des fautes, cependant, en me plongeant dans cette mer inépuisable de miséricorde, j'ai la confiance que mon âme en sortira purifiée, puisque telle est l'assurance que vous m'en donnez par le prophète: « Si fucrint peccata vestra sicut coccinum, quasi nix dealbabuntur » (Isaïe 1, 18). Et de même que quelques gouttes d'eau dans une vaste mer sont aussitôt absorbées par les ondes, il en sera ainsi de mes fautes jetées dans la mer immense de votre très-saint sang, et qui seront aussitôt effacées; et l'âme plongée dans ces eaux de miséricorde en sortira nette et purifiée. Donnez-moi pourtant, ô mon Jésus, une vive douleur, un sincère repentir, afin que j'unisse ma douleur à votre sang, et qu'avec un cœur contrit et humilié, que vous ne repoussiez pas, je puisse recevoir la rémission de mes iniquités; faites que votre sang guérisse les blessures de ma pauvre a me, pour vérifier en moi ces paroles: Sanguis Christi emundat nos ab omni iniquitate ».

 

Exemple

 

Pour la consolation des âmes qui craignent parfois de ne pas avoir, dans la confession sacramentelle, une douleur suffisante de leurs péchés, il sera utile de rapporter ce que dit par inspiration divine sainte Marie-Madeleine de Pazzi, pour montrer que le sang de Jésus-Christ supplée encore à cette douleur. La Sainte, méditant sur la sueur de sang répandue par le Sauveur agonisant dans le jardin, disait: « Qui peut pénétrer, ô Seigneur! les abîmes d'angoisse et de douleur que vous éprouvez, afin de satisfaire pour tant d'âmes et obtenir leur contrition? Par là, dans votre sacrement, notre attrition se change en contrition, et nous sommes justifiés sans faire acte de contrition parfaite, parce que vous avez pris sur vous la contrition que nous devrions avoir; vous avez satisfait pour cette douleur interne qui nous manque, avec cette angoisse, cette douleur et cette contrition que vous avez senties pour nous dans votre Cœur affligé ». Ainsi s'exprime la Sainte.

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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6 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Septième jour

Le désir ardent qu'a Jésus-Christ de voir toutes les âmes participer à son très-précieux sang

 

Combien était grand le désir qu'a eu Jésus-Christ pendant toute sa vie mortelle, de répandre son sang pour la rédemption du monde! Il ne désire pas moins ardemment aujourd'hui que tous en profitent, que tous y participent. C'est pourquoi, en nous invitant à cette fontaine de miséricorde, il nous dit: « Bibite ex hoc omnes » (Matthieu 26, 27); et ouvrant dans ses saintes plaies quatre fontaines, comme dit saint Bernard, fontaine de miséricorde, fontaine de paix, fontaine de dévotion, fontaine d'amour, il convie toutes les âmes à venir s'y désaltérer. Et pourquoi, en effet, a-t-il institué les sacrements, qui sont comme les canaux par lesquels se communiquent les mérites de ce sang précieux? pourquoi s'offre-t-il perpétuellement à son Père éternel dans le ciel, et veut-il que, chaque jour, il soit offert par ses ministres sur les saints autels? pourquoi , de nos jours, a-t-il réveillé d'une manière toute particulière dans le cœur de tant de fidèles une pareille dévotion? C'est parce qu'il désire ardemment que tous, au moyen de son sang, puisent les eaux de la grâce aux sources sacrées de ses plaies. Oh! quelle monstrueuse ingratitude que de ne pas profiter, par notre négligence, d'un moyen de salut si efficace!

 

Qui peut exprimer tous les desseins admirables qu'a eus le cœur de Jésus dans l'effusion de ce sang d'amour? Par là, il a voulu apaiser sa divine justice, nous réconcilier avec son divin Père, purifier nos âmes de toute iniquité, nous mériter les secours efficaces de sa grâce, nous ouvrir les abords du royaume bienheureux de sa gloire. Qui peut donc douter qu'il ne brûle du désir ardent que tous en profitent, que tous répondent à sa charité inépuisable? Il semble même se plaindre des âmes qui ne savent pas l'apprécier. Homme fait de terre, songe au sang qui a été répandu pour toi; ne le méprise pas, ne le foule pas à tes pieds, ne fais pas en sorte qu'il ait été inutilement répandu pour toi. Songe que celui qui a versé ce sang, et qui te l'offre, a pour nom le Verbe de Dieu; qu'il est ce Verbe fait homme qui est mort pour toi, et qui, un jour, doit te juger. Rappelle-toi que ce sang est un gage de son amour; mais que, si tu en abuses, il sera ta condamnation. Rappelle-toi que si à présent tu ne témoignes pas ta dévotion et ta gratitude envers ce divin sang , tu ne pourras avoir ta place parmi les bienheureux, ni bénir avec eux pendant toute l'éternité l'Agneau immaculé qui les a rachetés et sauvés. O mon âme! quels sont tes sentiments, quelles sont tes résolutions?

 

Colloque

 

Ah! Jésus qui nous aimez tant, si le péché vit encore en nous, si nous sommes tièdes et négligents dans votre service, et s'il nous est si difficile de marcher dans le sentier de la vertu, la faute tout entière en est à nous; c'est que nous ne venons pas au pied de votre croix nous plonger dans votre très-précieux sang; c'est que nous ne l'appliquons pas à nos âmes, c'est que nous ne savons pas faire usage de ce trésor inestimable que vous nous offrez avec tant d'amour! Nous sommes misérables au milieu des richesses, nous sommes pauvres au milieu des trésors de votre grâce. Que pouviez-vous faire de plus pour nous? Et après cela, ingrats que nous sommes, nous ne voulons rien faire pour nous et pour notre salut! Vous avez bien raison de dire: « Que pouvais-je faire de plus pour ma vigne? » Et nous, à noire confusion, nous pourrions dire: « Que pouvions-nous faire de moins pour vous? » Vous avez répandu tout votre sang, et vous nous invitez chaque jour à y prendre part. Vous êtes mort pour nous sauver, sur une croix, au milieu des angoisses et des douleurs; et nous sommes, nous, si obstinés, si insensibles à vos invitations, à votre sang, à votre mort! Mais il n'en sera pas ainsi à l'avenir; nous nous proposons de toute notre force de vous montrer désormais la plus sincère gratitude, le plus fidèle retour, et de professer une affectueuse et constante dévotion envers votre sang très-saint; il sera toujours l'objet de notre amour, et d'exemple comme de parole, nous le ferons adorer de tous.

 

Exemple

 

Arrêtez-vous aujourd'hui quelques instants devant une image de Jésus crucifié, et avec une attention toute particulière, écoutez la voix du sang qui coule de ses plaies; que vous dira-t-elle ? Elle vous dira ce que Jésus dit un jour à sainte Lutgarde: « Vois, ma chère Lutgarde, comme mes blessures crient vers toi, pour que mon sang n'ait pas été répandu en vain! » Ah! c'est que tant de sang a été répandu en vain et sans fruit pour bien des âmes; c'est que les perles précieuses de la Divinité sont jetées à des animaux immondes, assez hardis pour fouler aux pieds le sang divin du Verbe fait homme; c'est que nul n'aime le Sauveur qui tient chacun de vous imprimé sur son cœur en lettres de sang. Réveillez-vous donc à cette voix, appliquez ce sang sur votre cœur, et soyez reconnaissant envers celui qui l'a répandu.

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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5 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Sixième jour

Le sang très précieux de Jésus-Christ produit dans l'âme l'ordre parfait et la véritable tranquillité

 

Le péché avait troublé la belle ordonnance que Dieu avait établie parmi ses créatures, voulant que la volonté de l'homme fût soumise en tout à sa très-sainte volonté. L'homme s'étant révolté contre la majesté du Seigneur, les passions étaient soulevées, les appétits désordonnés, le démon tyrannisait les âmes, et ainsi s'était perdue l'heureuse paix, l'heureuse tranquillité du cœur. Jésus-Christ parut au monde, et avec l'effusion de son sang il fit renaître parmi nous la paix. Il nous remit en paix avec Dieu, en paix avec nous-mêmes; par ce sang il nous réconcilia avec son divin Père; il fit en sorte que la miséricorde et la vérité se rencontrassent ensemble, et que la justice et la paix fussent réunies; il réprima nos passions rebelles, mit en fuite le démon, et cette belle ordonnance que le passé avait troublée fut rétablie: « Pacificans per sanguinem crucis ejus, sive quae in terris, sive quae in cœlis sunt », paroles que saint Cyrille d'Alexandrie interprète de cette manière: « Ne voyez-vous pas que Jésus-Christ qui, d'après saint Paul, a pacifié, non-seulement ce qui est sur lu terre, mais ce qui est au ciel, est le veau d'expiation offert pour le péché? » C'est lui qu'il reconnaît comme figuré par cette victime pacifique qu'on offrait pour le péché dans l'ancienne alliance. Et ailleurs il dit encore: « II a plu au Père divin de tout réconcilier par le sang pacifique de son divin Fils unique, en qui il a fait reposer la plénitude de ses grâces ». Et voilà pourquoi le titre de roi pacifique et de prince de la paix convient à Jésus, car il l'a bien mérité par l'effusion pleine d'amour de son sang.

 

Savons-nous la maintenir cette paix que Jésus nous a acquise au prix de son sang? Conservons-nous cet ordre parfait, cette tranquillité qu'il nous a méritée par son propre sacrifice? Hélas! avec quelle facilité nous les perdons! pour une misère, pour un vil intérêt, pour un plaisir momentané, nous perdons un aussi précieux trésor. On perd la paix avec Dieu en perdant sa grâce, on livre son cœur au péché, qui est l'ennemi juré de la paix, et qui n'apporte que remords, amertumes et afflictions d'esprit. On perd la paix avec le prochain; pour une légère offense, pour une légère contradiction, pour un faible dommage, la colère s'allume dans notre cœur, et on donne carrière à la haine et à la vengeance; on perd la paix avec soi-même en donnant un libre cours à ses passions, qui ne savent que faire la guerre à l'esprit, et plonger les âmes dans les plus horribles tristesses! Rentrons donc en nous-mêmes et ne perdons pas un trésor qui a coûté tant de sang à Jésus; conservons la paix avec Dieu en gardant fidèlement dans notre cœur le trésor de sa grâce; conservons la paix avec le prochain en pardonnant promptement les offenses, et en aimant celui qui nous outrage et nous persécute, selon les adorables enseignements de Jésus; conservons la paix avec nous-mêmes, en refrénant les passions rebelles qui nous livrent la guerre.

 

Colloque

 

Aimable Rédempteur, auteur de la paix, roi pacifique, qui, pour réconcilier nos a mes avec votre justice irritée, avez donné votre vie et votre sang; oh! faites que nous sachions apprécier autant qu'il le mérite un trésor aussi précieux, cette paix que vous avez obtenue pour nous, cette paix que le monde ne peut donner avec tous ses biens; paix qui surpasse toute louange humaine; paix qui est un gage et un avant-goût de cette paix imperturbable dont on jouira au ciel. Voyez quels sont les périls qui nous entourent, et les occasions continuelles de perdre cette paix; voyez la guerre intestine que nous font nos passions. O mon Dieu! contenez-les, et si à votre voix souveraine les vents et les tempêtes au sein des mers orageuses se sont calmés pour faire place à une parfaite tranquillité, faites de nouveau entendre cette voix à mon cœur, afin que je puisse retrouver la paix parfaite et la tranquillité perdue par le péché. Et faites-le par ce sang précieux, qu'avec tant d'amour vous avez répandu pour nous racheter la paix vraie et parfaite.

 

Exemple

 

Le cœur qui veut jouir de la vraie paix, doit s'unir au cœur très-aimable de Jésus, et s'arroser de ce sang précieux qui découle de ses blessures. Sainte Françoise Romaine, comme on lit dans sa vie, vit un jour sortir du côté sacré de Jésus, et de ses plaies, une multitude de chaînes de feu qui transmettaient avec elles une grande quantité de sang pour le salut des âmes. Ce sont les chaînes d'amour auxquelles le cœur doit s'unir pour vivre en paix. Il doit s'abreuver de ce sang pacifique qui calme les passions, dompte le démon, et donne sur cette terre un avant-goût de cette paix éternelle, imperturbable, dont on jouira dans le ciel. (Vie de Sainte Françoise Romaine).

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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4 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Cinquième jour

Le sang précieux de Jésus-Christ purifie l'âme souillée par le péché

 

Oh! qu'elles sont hideuses et repoussantes ces souillures que nos fautes produisent en notre âme! Elles la corrompent tellement, que saint Augustin va jusqu'à dire: « L'odeur d'un chien mort est préférable à celle qu'exhale une âme pécheresse devant Dieu ». Et c'est pourquoi le prophète Isaie, en parlant aux pécheurs, les exhorte à se laver et se purifier à la fontaine de vie. Mais quelle est cette fontaine de vie, si ce n'est pas le sang vivifiant et purifiant de l'Agneau immaculé, où se plongent les âmes pour en sortir purifiées de toute souillure? « Sanguis Christi emundat nos ab omni iniquitate », nous assure l'Apôtre. Le sang du Rédempteur est comparé à une source qui n'est ni fermée ni cachée, mais ouverte et visible à tous. C'est ainsi que le prophète Zacharie la voit en esprit fournir en abondance les eaux qui doivent purifier les âmes. Elle les déverse ensuite avec profusion dans toutes les parties de la maison du véritable Jacob, qui est l'Eglise; et sa principale destination est d'enlever en nos âmes les souillures du péché. Faut-il qu'il s'en trouve encore qui veuillent rester dans leurs impuretés, et qui refusent d'approcher de cette source bienfaisante de salut?

 

Considérez l'injure que fait le pécheur au sang très-précieux de Jésus-Christ, lorsqu'il aime mieux vivre dans toute la laideur du péché, que de se purifier à cette fontaine de vie. Que diriez-vous, ô mon âme, de celui qui, tombé dans la fange, aimerait mieux s'y rouler que d'approcher d'une fontaine d'eau limpide qui pourrait le laver? Quelle serait sa folie! Eh Lien, la folie du pécheur est bien plus détestable, lui qui passe les années dans la fange de ses fautes, et oubliant son âme, l'éternité et Dieu, se tient éloigné du bain purifiant de ce sang divin. Pécheurs, réveillez-vous, c'est pour vous que cette fontaine est ouverte. Venez, lavez-vous et purifiez-vous. Mais, que dis-je? ce n'est pas une fontaine. Le sang de Jésus-Christ est un vaste fleuve, et mieux encore, une mer profonde, sans bornes et sans rivage, qui inonde et couvre toute la terre; car la miséricorde divine, qui distribue ce sang précieux, n'a pas de limites. C'est ce qui faisait dire à sainte Marie-Madeleine de Pazzi, que le Seigneur nous avait envoyé deux fois le déluge: la première fois au temps de Noé, à l'époque de l'inondation universelle de la terre; et l'autre à l'époque de la plénitude de la grâce. Le Verbe fait homme (ce sont ses propres paroles) envoya encore le déluge dans ce misérable monde; et quel est ce déluge? Une grâce surabondante et l'effusion de son sang. Et c'est ce qui fait dire également à saint Jean Chrysostôme: « Hic sanguis effusus universum abluit orbem terrarum ». Maintenant, voici, o pécheur! voici l'occasion favorable de précipiter au sein de cette mer immense la masse de vos péchés, et vous ne pouvez douter de la volonté du Seigneur de les effacer au plus vite, puisqu'il vous a fait entendre par son prophète Michée qu'il jettera toutes nos iniquités dans la mer profonde de sa miséricorde.

 

Colloque

 

Très-aimable Jésus, qui m'invitez aujourd'hui à me plonger dans la mer immense de votre très-précieux sang, afin de me purifier de toutes les souillures contractées par mes iniquités, je serais trop coupable envers vous si je faisais le sourd à l'invitation de votre grâce. Oh! oui, mon Jésus, je veux immerger mon a me tout entière dans ces eaux de miséricorde et de grâce. Vous voyez toutes les impuretés, toutes les attaches, toutes les misères qui sont en elle, et vous seul pouvez la purifier. Purifiez-moi donc, Seigneur, dirai-je avec le lépreux de l'Evangile, parce que vous le pouvez. Un seul signe de votre volonté suffit pour me purifier. Faites donc que j'entende de vos lèvres ces douces et consolantes paroles: « Je le veux, sois purifié ». Et ainsi purifié par votre sang, conservez-moi cette pureté jusqu'à la mort.

 

Exemple

 

Pour encourager les pécheurs à se plonger dans son sang avec une entière confiance dans sa miséricorde, le Seigneur apparut un jour à sainte Mathilde sur un autel, les mains étendues. Ses saintes plaies, comme si elles eussent été récentes, répandaient un sang abondant, et il lui dit: « Voici mes blessures ouvertes de nouveau, afin de pouvoir apaiser envers les pécheurs mon divin Père. Il y en a qui ont le cœur si craintif et si timide, qu'ils n'ont pas la hardiesse de se confier dans mon amour. S'ils avaient souvent recours à la Passion, et s'ils adoraient dévotement mes plaies sanglantes, ils chasseraient toute crainte bien loin d'eux ».

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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17 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Dix-huitième jour

Les chaines de Notre Dame de la Salette

 

La vierge des Alpes portait deux chaînes, disent les bergers: l'une, tenant de près au crucifix; l'autre, plus large et plus lourde, posée tout autour de son humble fichu... Les annales religieuses devront le constater; l'apparition de la Salette est la reproduction fidèle, détaillée, complète du drame douloureux du Calvaire: après la croix, le marteau, les tenailles, voici les chaînes de la passion. Les auteurs ont fait remarquer diverses significations de ces chaînes. La piété en découvre deux principales, humblement indiquées en cette méditation: Les chaînes sur la poitrine de la Sainte Vierge, sont: Un souvenir de la Passion de son Fils... Le monument d'un noble dévouement pour les hommes. 1° Toutes les circonstances de la passion de Jésus ont laissé dans le cœur de sa Mère, des souvenirs ineffaçables: dans cette confusion de toutes les douleurs amassées sur la tête de son Fils, Marie n'a pas oublié qu'il fut tout d'abord enchaîné, au jardin de Gethsémani; qu'il fut attaché au poteau de la flagellation; qu'il dut suivre les rues de Jérusalem, et gravir, chargé de chaînes, la route du Calvaire: Elle sait surtout que, débarrassées de ces chaînes pour être clouées à la croix, ses mains adorables furent trouvées couvertes de blessures profondes et sanglantes!... La Mère d'un Fils ainsi traité a voulu reproduire en son corps ces empreintes et ces douleurs vénérables; venant en outre renouveler sous nos yeux, pour la faire revivre dans nos cœurs, la grande scène de notre Rédemption, Elle n'a pas voulu nous apparaître autrement que le divin Sauveur; c'est-à-dire, sous l'étreinte de lourdes chaînes, brisant son cœur de Mère, comme elles avaient étreint autrefois les mains innocentes de son Fils. Les chaînes donc de Notre Dame de la Salette rappellent un double souvenir: les douleurs venues à Jésus de ce genre de tourment, et les humiliations de l'Homme-Dieu, mené au supplice, comme le dernier, le plus méprisable, le plus abandonné et le plus coupable des esclaves!... Et on comprend qu'une Mère ait voulu, dans une apparition solennelle, se parer de ces livrées d'un Fils, réputé et fait esclave pour tous!... 2° Ces mêmes chaînes sont en second lieu le monument de son amour généreux, de son noble dévouement pour les hommes. La charité inspire des dévouements admirables; il ne suffit pas à son zèle de soulager la misère et la souffrance; elle aspire quelquefois à prendre la place d'un malheureux captif; telle est, dans l'histoire, la charité des saints que nous voyons descendre dans les cachots, se charger des chaînes d'un prisonnier pour lui donner leur propre liberté. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus libres; ou plutôt, considéré au point de vue religieux, le monde est une sorte de bagne immense, où se meuvent tristement, chargés des chaînes du péché, les esclaves innombrables du démon: ces vieilles chaînes, la miséricorde divine les avait brisées une première fois; et nous étions libres... Mais cette couronne de liberté, tous les fronts n'ont pas su la porter, et les chaînes de la plus dure captivité pèsent encore sur le plus grand nombre des âmes!... Qui nous obtiendra une liberté nouvelle?... Levons les yeux vers les montagnes de la Salette, voici descendre des Alpes la Mère du vrai Libérateur: Elle vient visiter la terre, prison immense où gémissent tant d'âmes coupables, et pour elles toutes, se constituer esclave, comme son divin Fils!... Contemplez bien cette grande apparition: la Mère des hommes se faisant captive pour tous ses enfants! La Mère de Dieu, offrant en otage en quelque sorte, à la justice divine, sa poitrine chargée des chaînes de tous les pécheurs, pour obtenir la liberté de toutes les âmes!... Quelle noble figure; quel touchant spectacle! et qui parmi nous voudrait rendre inefficaces et inutiles, une intervention si haute, un amour si tendre, un dévouement si généreux!...

 

Réflexions

 

Deux chaînes apparaissent sur la poitrine de la Vierge de la Salette: de pieux commentaires se sont plu à voir dans ces deux chaînes, la double figure des âmes justes, et des âmes pécheresses. Une première chaîne d'or, moins lourde et plus délicate, tenait de près au crucifix: elle reposait immédiatement sur le cœur de la Vierge. Voilà bien la place privilégiée des âmes justes; Marie les attire doucement sur son sein, comme Jésus attira sur son cœur l'apôtre de l'innocence: ces âmes savent que les cœurs de Jésus et de Marie sont remplis de grâces et de parfums, célestes; et elles courent toutes à la source de ces grâces, et à l'odeur de ces parfums. Elles entendent toujours la voix de l'Epoux; elles font partout cortège à l'Epouse; et leur conversation, leur vie, sont tout entières dans ces deux cœurs, en attendant d'être dans le ciel. Heureuses ces âmes! Jésus les presse sur son cœur, et Marie les baise avec amour! Ah! qui nous donnera de tenir par ces doux liens, à cette chaîne mystérieuse de Notre Dame de la Salette?... L'innocence, la chasteté, la charité, la justice que cette douce Mère est venue nous prêcher sur sa montagne! Ces âmes, toutefois, ne doivent pas arrêter à elles-mêmes leur bonheur; vouloir dormir seules, sur le cœur de Jésus, le sommeil des justes: mais, à l'exemple de Marie, en voyant des frères qui se perdent, des pécheurs qui s'obstinent, il faut s'efforcer de les convertir; et si les efforts sont inutiles, offrons au céleste Epoux les gémissements mystérieux de l'amour contristé et compatissant. Mais quelle est cette autre chaîne, plus large, plus pesante, que nous découvrons sur le cœur de la Vierge des Alpes?... Ce sont les âmes coupables de tous les pécheurs!... Oh! que cette chaîne est lourde à Marie!... qu'elle pèse à son cœur de Mère!... Elle voit autour d'Elle tant de maux: ses enfants vont à la mort; l'abîme s'ouvre toujours plus profond sous leurs pas: le bras de Dieu est levé sur leurs têtes, et le jour des vengeances arrive ; et son intercession ne peut plus l'arrêter!... Quelle mère ne voudrait cacher sous ses vêtements une chaîne, figure de tant de malheurs pour ses enfants!... Notons toutefois la position de cette chaîne, sur la poitrine de Marie. « Une seconde chaîne, disent les enfants a de l'apparition, courait tout autour du fichu de la grande Dame... » Cette chaîne touchait donc encore une région du cœur de Marie: c'est-à-dire que les pécheurs qu'Elle représente, s'ils n'ont pas une demeure dans le cœur de la Sainte Vierge, ils n'en sont pas complètement exclus, et qu'il reste toujours ouvert à leur repentir!... Il est cependant dur et cruel à cette douce Mère, d'avoir des enfants attachés à son cœur, selon l'expression du Sage, par une chaîne de ténèbres! Qui donc ôtera à Marie cette chaîne douloureuse?... Il est écrit, au chapitre vingt-huitième de Jérémie, qu'un prophète vint détacher et briser la chaîne qui le tenait captif. C'est à nous, enfants de Marie, d'ôter la chaîne pesante, attachée par les pécheurs au cœur de notre Mère, et de la briser sous les coups de la pénitence et de la mortification.

 

Pratique : Examiner attentivement aujourd'hui si nous sommes les libres enfants de Dieu, ou les esclaves du péché... briser, ici-même, aux pieds, de Marie, s'il y a lieu, la chaîne de notre captivité.. prendre la résolution de réciter souvent, pour la conversion des âmes, cette invocation: Notre Dame de la Salette, Réconciliatrice des pécheurs, priez pour nous.

 

Guérison obtenue sur la sainte Montagne en juillet 1866

 

Vourles (Rhône), le 12 octobre 1866

 

Mon Très Révérend Père, Permettez-moi de vous faire connaître le bienfait que Notre Dame de la Salette m'a accordé sur la sainte Montagne, pendant les heureux moments d'un pèlerinage que j'y ai accompli dans le courant du mois de juillet dernier. Depuis trois ans, j'étais atteinte d'une gastralgie qui avait résisté à toutes les prescriptions des médecins. La moindre nourriture que je prenais m'occasionnait des douleurs d'estomac très aiguës et de violents maux de tête accompagnés de vomissements journaliers. Ayant obtenu de ma supérieure la faveur d'aller visiter le vénéré sanctuaire de la Salette, je m'y rendis avec pleine confiance d'y recouvrer la santé, si la miséricordieuse Marie le jugeait utile pour la gloire de son divin Fils et le salut de son humble servante. Je ne fus point trompée dans mon attente, mon Révérend Père. Après en avoir gravi à pied les flancs escarpés, j'arrivai bien fatiguée au sommet de la sainte Montagne, et je dus en arrivant payer cette pénible ascension par des vomissements nouveaux et prolongés. Mais, grâces en soient mille fois rendues à Notre-Dame de la Salette, ce sont les derniers que j'ai éprouvés. En vain ma sœur et une religieuse qui m'accompagnaient me recommandèrent avec instances de ne point aller boire à la fontaine miraculeuse, dans l'état de délabrement et de transpiration où je me trouvais ; ne prenant conseil que de ma confiance, je me rendis à ce lieu sanctifié par la présence et les pleurs de la Mère de Dieu. Je me désaltérai à longs traits à cette source si féconde en prodiges et en guérisons de toute espèce. Toutefois, quoique à dater de ce moment les vomissements aient cessé, je n'étais point entièrement guérie encore. Le bon Dieu le voulait ainsi, sans doute, pour exercer ma foi et pour m'exciter à demander avec un redoublement de ferveur et de confiance le parfait rétablissement de ma sauté. Je ne devais pas être trompée dans mon attente. Continuant donc avec toute la ferveur dont j'étais capable à solliciter le cœur si compatissant de Notre-Dame de la Salette en ma faveur, j'arrivai au jour fixé pour notre départ. Avant de prendre congé de cette terre bénie, j'entendis la sainte messe et fis la sainte Communion. Soyez en mille lois béni, ô mon Dieu! C'était le moment que vous aviez fixé pour glorifier la toute puissante bonté de Marie en faveur de la plus humble de vos enfants. Pendant que, recueillie en moi-même, j'adorais le divin Jésus qui venait de descendre dans mon cœur, j'éprouvai un sentiment que je ne saurais définir et qui fut pour moi comme un avertissement intérieur que j'étais guérie. En effet, à partir de ce moment, qui demeurera toujours profondément gravé dans mon souvenir, je n'ai plus rien ressenti de mes anciennes souffrances. Aidez-moi, mon Révérend Père, à rendre grâces à Dieu et à son immaculée Mère. Je vous prie d'agréer l'assurance de mon plus profond respect. M. A..., religieuse de la Sainte Famille. (Annales de la Salette).

 

Prière

 

O Marie, notre piété filiale vous aperçoit encore, à la distance de dix-huit siècles, cachée en un coin du Calvaire, et regardant passer Jésus, chargé de l'instrument de sa mort; il succombe sous ce fardeau trop pesant!... Mais, quel était ce fardeau? Ah! ce n'était point celui de la croix; c'était la chaîne des iniquités innombrables du monde! Elle était si lourde, qu'un Dieu lui-même ne pouvait pas la porter; trois fois ses genoux fléchirent, et II tomba la face contre terre! C'est la même chaîne qui vous accable, ô Marie, et voilà pourquoi vous nous apparaissez, sur la montagne de la Salette, désolée, pleurante, assise et comme abattue par une douleur immense que vous ne pouvez plus porter!... Oh très-douce Mère! voici vos enfants, vaincus à leur tour par le spectacle de cette douleur; ils sont tous là, à vos pieds, venant détacher de votre cœur, par le repentir, ces chaînes douloureuses, vous les rendre plus légères par la .prière, la pénitence, l'expiation, les effacer même et les purifier ici-bas, dans l'amertume et l'abondance de leurs larmes, pour vivre avec vous dans la gloire et l'amour éternel de votre Fils. Ainsi soit-il.

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31 mai 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Premier jour

Les victoires que Jésus-Christ a remportées par l'effusion de son précieux sang

 

Vaincue et enchaînée par l'ennemi infernal, la malheureuse humanité gémissait dans les ombres de la mort; d'elle-même elle ne pouvait se relever du triste état où elle était tombée, ni vaincre l'horrible ennemi qui, au moyen du péché, l'avait rendue son esclave; ce n'était donc que du ciel que les pauvres mortels attendaient ce puissant vainqueur de l'enfer et de la mort qui seul pouvait les délivrer, lorsqu'enfin les temps étant accomplis, Jésus parut dans le monde pour triompher de toutes les puissances des ténèbres, et arracher la misérable humanité au joug tyrannique qui l'opprimait. Et comment y est-il parvenu? Ah! ne le sais-je pas? mon Jésus, cette victoire, vous ne la devez qu'à l'effusion de votre très-précieux sang, dont vous avez répandu les prémices huit jours après votre naissance, pour le verser plus lard jusqu'à la dernière goutte sur l'autel de la croix; c'est par là que vous avez triomphé de l'enfer et de toutes les puissances des ténèbres.

 

Considérez en outre, ô mon âme, comment Jésus avec ce sang nous a armés pour le combat. Notre vie sur la terre est une guerre continuelle. Nous avons à combattre contre un monde trompeur qui, avec ses vanités et ses illusions, cherche à nous séduire et nous faire tomber dans ses lacs; nous avons à vaincre une chair rebelle qui fait à l'esprit une guerre incessante; nous avons à terrasser un dragon infernal qui, pareil à un lion furieux, cherche toujours à nous dévorer. Gomment donc pourrons-nous vaincre ces ennemis si puissants et si terribles, comment chaque jour remporter d'aussi difficiles victoires, à moins de nous être prémunis de ce sang précieux, ce sang qui nous rendrait terribles à l'enfer tout entier déchaîné contre nous? Comprenons la nécessité de réveiller en nos cœurs une fervente dévotion envers le gage de notre Rédemption et la cause de nos victoires, et de mettre en lui la plus vire confiance du triomphe. « Par ce signe tu vaincras », fut-il dit au grand empereur Constantin, lequel, par la vertu du signe adorable de la croix, devait dissiper les innombrables armées de ses ennemis. Eh bien, nous aussi, nous saurons vaincre par la vertu de cette croix très-sainte, arrosée du sang de l'Agneau immaculé; nous célébrerons les plus glorieux triomphes sur tous nos ennemis; et il nous arrivera ce qui est dit dans l'Apocalypse 12, 11: « Ils ont vaincu le dragon par le sang de l'Agneau ».

 

Colloque

 

O Jésus tout-puissant, qui avez complètement triomphé du dragon mauvais, qui l'avez enchaîne par l'effusion de votre Très Précieux Sang, et qui avez encore préparé pour nous de puissantes armes pour les combats continuels de cette misérable vie; quelle confiance vous réveillez aujourd'hui dans nos cœurs assurés du triomphe et à l'épreuve de la crainte! Vous êtes le bras tout-puissant de votre divin Père, qui nous donne la victoire en vertu des mérites de votre sang répandu pour nous; c'est là que nous devons prendre de la force et du courage pour vaincre le dragon infernal dont on triomphe par vous. Oh! qu'on est bien tout auprès de votre croix! quel bonheur d'arroser son âme de votre sang divin, de l'y plonger tout entière! C'est lui qui nous fortifie dans les tentations, et nous fait acquérir cette couronne de gloire immortelle que votre amour nous tient prête dans le ciel.

 

Exemple

 

On connaît ce trait de la vie de saint Edmond, qui, tenté et tourmenté par le démon, s'arma courageusement, pour combattre, des mérites du sang de Jésus-Christ, et ayant adjuré le démon, au nom de la Passion et du sang de Jésus-Christ, de confesser ce qu'il craignait le plus, celui-ci lui répondit: « Ce que tu viens de nommer, c'est-à-dire le Sang Très Précieux de Jésus-Christ ». Tant est vraie cette assertion de saint Jean Chrysostôme, que ce sang tout-puissant met en fuite les démons. (Vie de saint Edmond).

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

 

Indulgence : Le souverain pontife Pie VII a accordé cent jours d'indulgence à gagner, chaque fois qu'on récitera la prière ci-dessus; c'est ce qui résulte du rescrit déposé aux archives des Pères Passionnistes, à Rome.

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Saint Gaspard de Buffalo

1786-1837

Fête le 28 décembre

 

Gaspard del Bufalo naquit à Rome le 6 janvier 1786: il eut pour père Antoine del Bufalo, et pour mère Annunziata Quartieroni. Atteint de la petite vérole à deux ans, il courut le danger de perdre la vue; mais sa pieuse mère l'ayant recommandé à Saint François Xavier, il fut préservé de ce malheur. A mesure qu'il croissait en âge, il croissait de même en piété, grâces aux tendres soins de son excellente mère, qui faisait pénétrer doucement et par degré dans son jeune cœur les saintes maximes de la foi. Jouer à la chapelle était l'amusement habituel de son enfance: souvent il demeurait en prières devant son petit autel, ou y répétait les cérémonies qu'il avait vu célébrer à l'église. Il montra dès sa première enfance une inclination particulière pour la prédication: une chaise dominant d'autres chaises était sa tribune, sa mère seule était tout son auditoire. On le voyait souvent à l'église del Gesu à servir la messe, et prier devant l'autel de saint François-Xavier. A l'âge de six ans il s'approcha pour la première fois du tribunal de la pénitence: il eût pour confesseur Mgr Marchetti, qui l'admit à la Sainte Table à peine âgé de onze ans. Un ne saurait se faire une idée de sa ferveur, lorsqu'il allait se nourrir du Pain des anges. Pour être plus recueilli, il aimait à se retirer dans un coin de la chapelle de la sainte Vierge dans cette même église del Gesu. Ce fut aussi dans cet âge encore si tendre qu'il embrassa quelques pratiques d'une dure pénitence: il se fit un cilice de morceaux de fer-blanc percés de trous, dont les aspérités déchiraient ses reins délicats: il trouva même le moyen d'ajouter à cette cruelle ceinture une chaîne de fer; mais il ne put se livrer long-temps à ces rigueurs, car le sang dont son linge était mouillé lui fit bientôt craindre que sa mère ne connût son secret. Il montra dès sa première enfance une grande dévotion envers la sainte Vierge. Souvent il lui arriva, par amour pour elle, de se priver de son déjeuner, et de le donner aux pauvres. Sa mère s'en étant aperçue voulut plusieurs fois lui faire servir un second déjeuner, mais le jeune Gaspard le refusait avec un joyeux sourire, ajoutant que ce serait lui ôter tout mérite auprès de la Madone. Il n'était pas rare de le rencontrer vers le soir chantant les Litanies de la Vierge, à genoux devant quelques-unes de ces saintes images, qui sont exposées dans les rues à la vénération publique. Il se fit associer à différentes confréries pour accroître de plus en plus dans son cœur son tendre amour envers Marie.

Il fut le modèle de la congrégation de Saint Louis de Gonzague, dont il suivait exactement les pieux exercices avec son frère Louis del Bufalo; il se rendait avec le même zèle aux instructions du catéchisme pour y apprendre d'abord les éléments de la doctrine chrétienne, et puis pour les enseigner aux autres. L'heure à laquelle sa famille avait coutume de prendre ses repas l'obligeait quelquefois à se priver du dîner pour ne pas manquer au catéchisme, et lorsque sa mère lui en témoignait son chagrin: « Oh! chère mère, répondait-il en riant, je mangerai ce soir ». Dans ces réunions de catéchistes il s'essaya de bonne heure à la prédication: un jour, ayant prêché dans l'église de sainte Ursule, Mgr Cadolini, alors Barnabite, ne put s'empêcher, après l'avoir entendu, d'en faire le plus grand éloge au chanoine Horace, directeur de cette église, lui prédisant que ce jeune homme deviendrait un prédicateur distingué. Gaspard fit de même de rares progrès dans ses études, à la grande satisfaction de ses maîtres. Bientôt la crainte des dangers du monde lui inspira la pensée d'entrer chez les religieux de saint Sylvestre. Il s'ouvrit de son projet à l'un de ses camarades d'étude; ils allèrent ensemble trouver le supérieur, l'abbé Bartolotti. Dès que la mère de Gaspard en fut informée, elle courut s'en plaindre à ce religieux, et fit tous ses efforts pour détourner son fils d'un tel projet: elle y réussit sans peine, car aussitôt Gaspard, plein qu'il était de docilité, dit à son ami que Dieu sans doute ne l'appelait pas à cette carrière, qu'il était bien jeune encore, et qu'il aurait bien le temps d'y penser.

Ses études n'étaient pas encore achevées lorsqu'il eut la douleur de perdre son frère Louis. Cette perte cependant ne put pas affaiblir dans son cœur le vif désir qu'il avait de se consacrer à Dieu dans l'état ecclésiastique. Plus zélé, au contraire, à étudier sa vocation, il se mit à fréquenter l'hospice de Sainte-Galle, où depuis 1806 les pauvres trouvaient un asile: là il se joignait à la pieuse société des prêtres qui s'y consacrent à l'instruction de ces pauvres âmes. Tous ses soins et toutes ses sollicitudes se portèrent vers les bonnes œuvres dont il ranima l'esprit et la pratique. De concert avec don Gaetano Bonanni, aujourd'hui évêque de Norcia, et Mgr Antoine Santelli, il ouvrit l'oratoire nocturne de Santa Maria in Vineis, près de Saint Nicolas in carcere Tulliano; il n'épargna rien pour l'établissement et la prospérité de ce pieux asile, dans lequel il fonda plus tard la congrégation des frères de Saint-François-Xavier. Pour se former de plus en plus à la prédication , il suivit, n'étant encore que simple clerc, le cours d'éloquence sacrée de Mgr Bacolo, ainsi que les conférences de l'Ecriture sainte de Mgr Marchetli, dont il eut la gloire de continuer les leçons dans l'église del Gesu, à la grande satisfaction de tous, bien qu'il ne fût encore que diacre. Il fut ordonné prêtre en 1808, le jour de la fête de saint Ignace. L'anniversaire de ce beau jour de sa vie excitait les sentiments de la plus tendre dévotion dans son cœur, et il le célébrait par des prières plus particulières; il disait la messe avec une grande ferveur, observant avec une fidélité scrupuleuse les moindres cérémonies, dont il avait fait une étude minutieuse; il ne dédaignait pas de remplir l'office de maître de cérémonies dans l'église de Saint Marc, dont il avait été nommé chanoine. Toujours exact à se rendre au chœur, il y récitait l'office divin avec beaucoup de recueillement et de piété.

A l'époque malheureuse de l'invasion française, il suivit le sort de ses confrères, et, quoique d'un naturel très-timide, d'une complexion délicate, et même d'une santé, très faible, il se sépara courageusement de sa famille, et quitta Rome au mois de juin 1810 pour prendre le chemin de l'exil. Il se retira d'abord à Plaisance, où il demeura jusqu'en décembre. Là, il fut atteint d'une maladie mortelle, dont il ne guérit que par une sorte de miracle; il lui en resta cependant jusqu'à la fin de sa vie une agitation nerveuse et une altération dans les humeurs, qui se manifestait plus ou moins clans toutes les parties de son corps; il eut encore à souffrir très-fréquemment dans le cours de sa vie de vives douleurs d'estomac, qu'il supporta toujours d'un visage riant, bien qu'il en ressentît quelquefois une grande oppression. Il quitta Plaisance pour se rendre à Bologne. Ce fut là qu'au mois de novembre 1811 il reçut la triste nouvelle de la mort de sa mère bien-aimée, décédée le 20 octobre. Cette perte déchira profondément son cœur, mais il en fit à Dieu le sacrifice. Il s'occupait à Bologne à faire tout le bien possible, particulièrement en prêchant dans les chapelles privées. Bientôt un nouveau décret de l'Empereur ayant prescrit la réclusion des déportés, Gaspard fut jeté avec quelques autres de ses compagnons d'exil dans la prison de Saint Jean in Monte. La mauvaise soupe qu'on a coutume dé donner aux prisonniers fut pour lui comme une exquise nourriture. Gai, joyeux de souffrir pour la gloire du divin Rédempteur, il animait, il encourageait ses compagnons, et quelquefois les invitait à chanter avec lui. Il introduisit même dans cette prison des conférences sur la morale, qui remplissaient une partie de ses journées. Il changea plusieurs fois de prison: de Bologne il fut transféré à Imola, et de là dans la forteresse de Lugo. Il y souffrit plus que partout ailleurs; la plus cruelle de ses privations fut, sans contredit, la nécessité à laquelle il fut condamné, ainsi que les autres prisonniers, de s'abstenir, pendant trois mois de suite, de la célébration de la sainte messe. Il leur était également défendu d'écrire, et ils étaient soumis à la surveillance la plus rigoureuse. Gaspard ne perdit point sa tranquillité d'âme: retiré dans un coin de la prison, il s'y livrait tout entier à la prière et à l'étude, et il n'en sortait que pour se rendre aux conférences de morale et pour prendre ses repas. Le premier dimanche d'octobre i8i3, il obtint enfin la permission de célébrer la sainte messe: il en éprouva une joie indicible. Au mois de décembre suivant, il fut encore envoyé à Bologne, de là à Florence pour être encore transféré ailleurs, mais le gouvernement français étant tombé, il recouvra sa liberté et se rendit à Rome. Il y reprit immédiatement les bonnes œuvres qu'il avait été forcé d'abandonner, il redoubla d'efforts et de zèle pour le bien, relevant les pieuses institutions et en fondant de nouvelles. Il nourrissait au fond de son cœur la pensée de se retirer du monde, et de se consacrer plus particulièrement à Dieu dans la compagnie de Jésus, qui allait se rétablir. En effet, il se présenta avec le jeune Charles Odescalchi, le même qui depuis a renoncé à la dignité de cardinal pour aller finir ses jours chez les Pères Jésuites. Ses désirs cependant ne purent pas se réaliser: reconnaissant que Dieu l'appelait à l'exercice des missions, enflammé d'un zèle ardent pour la sanctification du clergé et des fidèles, il se livra tout entier au ministère apostolique, sans penser à aucun autre genre de vie. Ce fut à partir de ce moment qu'il réunit tous ses efforts pour fonder une congrégation de prêtres à Saint Félix de Janus, dans le diocèse de Spolete. S'y étant rendu pour prêcher une mission, il trouva les Pères Passionnistes déjà disposés à céder leur maison: un sieur Bélisaire Crystaldi, protecteur plein de zèle et de fermeté de toutes les bonnes œuvres, s'employa pour obtenir un rescrit favorable de la Congrégation de la Réforme.

Le jour de la fête de sainte Anne, en 1815, Gaspard alla recevoir la bénédiction apostolique du pape Pie VII avec Mgr Bonanni, et la nuit même il partit pour Janus, afin d'y préparer toutes choses. Le 15 août de la même année, ses nouveaux compagnons étant allés le rejoindre, l'installation se fît à la suite de trois jours de pieux exercices, couronnés par une communion générale et par un Te Deum en présence d'un immense concours de fidèles. Ce fut là le commencement de la Congrégation des Missions, sous le titre du Précieux Sang. Gaspard revint ensuite à Rome pour y chercher de nouveaux coopérateurs, sans succès cependant: il se démit de son canonicat, et se remit pour tout le reste à la volonté de Dieu. Cependant il continuait à se consacrer aux Missions; il en entreprit quelques-unes par ordre de Pie VII, d'autres sur l'invitation des évêques ou de leurs vicaires, s'aidant comme il pouvait, prenant çà et là les coopérateurs que Dieu lui envoyait. Il alla deux fois à Bénévent et à Frosinone, une fois à Civitavecchia, Rieti, Ancône, Baguaja, Nettuno, Arci, Cori, Sermonette, Loretto, Recanati, Montesano, Civita-Nuova: deux fois à Norma, à Giulianello, Roua, Massima, Noura, Fabriano, Matellica, San Severino, San Elpidio: trois fois à Forlimpopoli, deux fois à Meldola, Mont-Canin, Castelfidato, San Quirico, Sassaferrato, Gualdstadino et autres pays. Outre ces Missions innombrables, il donna plusieurs retraites dans des villes, villages, communautés religieuses, séminaires, aux employés, militaires, prisonniers. Dans les premières années de son apostolat, il lui arrivait de prêcher jusqu'à dix, douze et seize fois par jour. Sa manière de parler était respectueuse, franche, noble, pleine de dignité et de fermeté. Au jugement des hommes les plus instruits, personne ne lui était comparable dans le genre apostolique, dans ses Conférences aux ecclésiastiques et aux nobles. Des digressions soudaines auxquelles il se laissait aller, loin de nuire à sa parole, lui donnaient plus de grâce, et produisaient un plus puissant effet sur son auditoire. Il avait soin de varier les exercices de ses Missions, toujours conformes à l'esprit de l'Eglise, et à la pratique des plus ilIustres Missionnaires, les deux Segneri, le Père Pinamonti, le bienheureux Alphonse de Liguori; le bienheureux Léonard de Port-Maurice.

Il n'épargnait rien pour exalter la gloire du Précieux Sang, dont il répandit partout la dévotion d'une manière admirable. En tous les lieux où il passait, il s'efforçait de raviver et d'établir les pieuses institutions, parmi lesquelles il avait surtout à cœur la confrérie de Saint-François Xavier, l'oratoire nocturne pour les hommes, et pour les jeunes gens l'association de Saint Louis de Gonzague; l'association des Filles de Marie pour les jeunes filles, et celles des Sœurs de la Charité pour les femmes. C'est par l'établissement de toutes ces pieuses confréries qu'il s'efforçait de perpétuer le fruit des Missions. Il fondait dans le même but, partout où il le pouvait, l'association des Apôtres, composée des prêtres les plus zélés, à chacun desquels il assignait des attributions particulières. Son ministère fut accompagné de bénédictions extraordinaires, particulièrement dans les Marches et dans la Romagne, où il opéra d'importantes et durables conversions, Quoique les devoirs de ce ministère apostolique l'appelassent sans cesse d'un lieu à un autre, soit pour y prêcher, soit pour y célébrer quelque cérémonie, ou y établir quelque pieuse confrérie; il ne laissait pas d'entendre les confessions, particulièrement des hommes, qui se pressaient en foule autour de son confessionnal. Pour qui y prenait garde, c'était une chose vraiment remarquable que ce naturel, cette facilité avec laquelle il passait d'une chose à l'autre, comme s'il n'avait rien fait. Cependant, au milieu de tant d'occupations, il ne perdait pas de vue la Congrégation qu'il songeait à établir, et dont il attribuait la pensée à son guide spirituel, Mgr Albertini.

Le plus grand désir de Gaspard eût été de voir des maisons de Missionnaires et de retraites établies dans tous les pays de la catholicité, le clergé ramené à une vie de retraite, de prière et d'étude, se livrer ensuite au saint ministère, et le calice de la rédemption à la main, se répandre par toute la terre, appliquant à toutes les âmes les mérites du sang de Jésus Christ, et les portant à leur sanctification; il fit pour cela d'incroyables efforts, tant il aurait voulu allumer dans tous les cœurs le feu de l'amour divin. Il ne put pas obtenir cependant tout ce qu'il voulait. Ayant toutefois réussi à rassembler quelques nouveaux coopérateurs, il établit, en décembre 1819, une seconde maison de Missionnaires à Piévetorium, diocèse de Camerino, et une troisième à Albano, au mois de mars 1821. Dans la suite, voyant combien la province maritime manquait de moyens d'instruction, il réunit un petit nombre de compagnons, et, avec l'aide et l'approbation du Pape Pie VII, il ouvrit trois maisons à Frosinone, Terracine, Sonniiio et Sermonette, et Vallecoria. Plus tard encore, il en fonda de nouvelles à Bénévent, Rimini, Césène, Pennabili et Népi; il fit des règlements appropriés au clergé séculier; il voulut que les maisons de résidence des Missionnaires fussent en même temps des maisons de retraites pour les différentes classes d'hommes qui voudraient y passer quelques jours dans de pieux exercices. Il assigna quelques maisons pour les jeunes ecclésiastiques, afin qu'en s'y livrant à l'étude et à la prière, ils pussent se préparer à l'exercice du saint ministère. Il voulut encore que dans toutes les églises de l'Institut, ses prêtres annonçassent régulièrement la parole de Dieu, écoutassent les confessions des fidèles, et y célébrassent tous les saints offices. Il ordonna que chaque jour il y fût célébré de bonne heure une messe suivie de la récitation du chapelet en l'honneur du précieux sang; le soir, les réunions de l'oratoire pour les hommes; le jeudi la visite au saint Sacrement; le vendredi le chemin de la croix; le samedi la méditation de la vie de la sainte Vierge; le dimanche le catéchisme; les jours de fêtes un sermon: le dernier dimanche du mois un jour de retraite comme préparatoire à la mort, avec communion générale, instruction et méditation dans l'après-midi. Il voulut faire honorer Marie d'une manière toute spéciale dans le mois qui lui est consacré. Il établit la dévotion du précieux sang pour le mois de juin, ainsi que celle du carnaval sanctifié, les saints exercices pour le peuple durant le mois de mars, la neuvaine pour la fête de l'Assomption, et pour la fête de Saint François Xavier; il ne cessa de recommander les œuvres pies, dont nous avons déjà parlé, l'instruction des militaires, des prisonniers, et le soin des malades dans les hôpitaux. Il serait impossible de dire quelles furent ses préoccupations, sa sollicitude, ses fatigues, les contradictions et les peines qu'il eut à souffrir de tous côtés pour l'heureux établissement de sa congrégation. Toujours plein de courage et de confiance à la protection divine, il ne se reposa que lorsqu'il eut conduit à bonne fin cette œuvre, qu'il appelait l'œuvre de Dieu, l'œuvre miraculeuse.

Enfin, exténué par une suite de fatigues non interrompues, oppressé par une toux convulsive, il toucha au dernier jour de sa vie, et mourut paisiblement à Rome, muni de tous les sacrements, le 28 décembre 1837, à deux heures de l'après midi. II avait un extérieur agréable, une taille ordinaire, une complexion un peu grasse; les traits de son visage étaient réguliers, sa physionomie aimable et pleine de noblesse, ses manières affables; il était modeste dans son maintien, posé dans sa démarche, propre dans sa personne, aimant la solitude, ennemi de la paresse, désirant faire beaucoup sans le laisser paraître, ne cherchant en toute chose que les intérêts de la gloire de Dieu. Sa dépouille mortelle fut transportée à Albano pour y être ensevelie. Son corps demeura exposé dans l'église de Saint-Paul, auprès de la maison de ses fils bien-aimés, et après trois services solennels, qui furent célébrés en présence d'un immense concours de fidèles, il fut enseveli le 3 janvier 1838 dansla chapelle de Saint-Jérôme, où il repose encore aujourd'hui. Béatifié par le Pape Saint Pie X en 1904, Gaspard del Bufalo a été canonisé par le Vénérable Pie XII le 12 juin 1954.

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1 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Deuxième jour

Le prix de notre âme démontré par le Sang Précieux de Jésus-Christ

 

La valeur d'une pierre précieuse se mesure d'après la somme payée pour son acquisition, et plus cette somme est élevée, plus l'objet acquis nous est précieux. Eh bien, notre âme n'a pas été rachetée au vil prix de l'or et de l'argent, mais au prix du sang du divin Agneau, dit l'apôtre saint Paul; et saint Basile: « Anima Christi sanguine reparatur ». O dignité incomparable de notre âme! dit avec raison saint Bernard. Il y a plus, pour une seule âme, au dire de saint Ephrem, Jésus aurait donné tout le sang de ses veines. Notre âme n'est pas moins précieuse par sa création, puisqu'elle a été créée à l'image de Dieu, que par sa rédemption, puisqu'elle a été rachetée par Jésus au prix de son propre sang. Et cependant combien les hommes tiennent peu de compte de cette âme! Pour un vil intérêt, pour un caprice, pour un immonde plaisir, ils la livrent au démon. Rentre en toi-même, âme chrétienne, et vois combien tu as coûté à Jésus. Pense qu'il ne te servira de rien de gagner le monde entier, si tu te perds toi-même, qu'il ne te servira de rien d'avoir richesses, honneurs, plaisirs. C'est une vérité infaillible annoncée par Jésus-Christ. Il n'y a qu'une affaire importante sur la terre, c'est de sauver une âme rachetée et arrosée par le sang très-précieux de Jésus. O âme! pense combien a été abondant ce prix de valeur infinie qu'il a donné pour toi. Il suffisait d'une seule goutte de ce sang divin pour racheter le monde entier, comme l'enseigne le pontife Clément VI, et comme le répète le docteur angélique saint Thomas: « Cujus una stilla salvum facere totum mundum quit ab omni scelere ». Et néanmoins, par un amour ineffable pour nos âmes, il a voulu le verser tout entier. Et toi, qu'as-la fait jusqu'ici pour te sauver? où sont les épines, les clous, les croix souffertes? où est le sang répandu? Ah! combien cette comparaison doit nous rendre confus! Jésus a tant souffert pour nous sauver, et nous, après cela, nous ne voulons rien souffrir; dès qu'il s'agit de notre âme, tout nous déplaît: faire des oraisons, mortifier cette passion rebelle, extirper du cœur cette affection désordonnée, faire abnégation de soi-même, se faire violence. Mais réfléchis, mon âme, que si de ton côté tu ne penses pas à te sauver, le sang répandu de Jésus-Christ ne te servira de rien; bien au contraire, il sera ta condamnation, car Dieu qui t'a fait sans toi, comme dit le saint docteur Augustin, ne te sauvera pas sans toi. Et de même que les Hébreux trouvèrent leur salut dans la Mer Rouge où les Egyptiens trouvèrent la mort, ainsi, si tu mets à profit le sang de Jésus-Christ, tu te sauveras; si tu en abuses, tu trouveras la mort éternelle.

 

Colloque

 

Mon Jésus, qui avez été prodigue de votre sang précieux, au point de le verser tout entier pour le rachat de cette âme qui m'appartient , je puis dire avec raison qu'il n'y a pas une goutte qui n'ait été versée pour moi. Arrosée de ce sang précieux, cette pauvre âme se présente vers vous, et a recours à vous. O mon Dieu, faites qu'elle ne tombe pas en perdition cette âme qui vous a tant coûté, et qu'elle n'ait pas un jour à entendre de votre bouche l'amer reproche d'avoir inutilement versé votre sang pour moi. Ah! excitez aujourd'hui dans mon pauvre cœur un désir efficace de me sauver, dût—il m'en coûter et mon sang et ma vie. Par les entrailles de votre miséricorde, et par les mérites de votre très-précieux sang, sauvez-moi, mon Jésus, secourez-moi dans les tentations, soutenez-moi dans les périls, délivrez-moi de la mort éternelle, moi qui vous coûte votre sang.

 

Exemple

 

Sainte Thérèse eut une très-grande dévotion au sang très-précieux de Jésus-Christ: elle se sentait tout émue à la vue seule de quelque image représentant Jésus-Christ répandant son sang; cette vue lui rappelait tout le prix de son âme, et l'amour que Jésus avait eu pour elle. Elle rapporte ce qui lui arriva une fois: « Un jour, dit-elle, en entrant dans l'oratoire, je vis une image représentant le Christ couvert de plaies, et tellement pleine d'expression, qu'à sa vue je me sentis toute troublée, tant elle représentait avec vérité tout ce que Jésus-Christ souffrit pour nous. Tel fut le sentiment de douleur que j'éprouvai alors, qu'il me sembla que mon cœur se brisait, et me jetant tout en larmes au pied de l'image, je suppliai Jésus de me donner, une fois pour toutes, la force nécessaire pour ne plus l'offenser à l'avenir ».

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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18 mai 2011

Neuvaine à la Flamme d'Amour du Cœur Immaculé de Marie

Neuvaine à la Flamme d'Amour du Cœur Immaculé de Marie

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Qu'est-ce que la Flamme d'Amour?

 

Un cadeau précieux de son Coeur Immaculé

 

La dévotion à la Flamme d’Amour du Cœur Immaculé de Marie trouve son origine dans les révélations faites par le Seigneur Jésus et la Vierge Marie à Élisabeth Kindelmann, mère de six enfants de la Hongrie, pays de l'Europe de l’Est, entre les années 1961 et 1981. Élisabeth est décédée le 11 avril 1985. C’est par elle que la Vierge Marie a remis entre nos mains un nouveau moyen: La Flamme d’Amour de son Cœur Immaculé. Ses révélations et celles de Jésus ne s'adressant pas seulement à la Hongrie, mais au monde entier par l'intermédiaire du Saint-Père. Ces révélations ont été transcrites par Mme kindelmann dans son journal spirituel rédigé à la main entre les années 1961 et 1981, à la demande du Seigneur Jésus. L'évêque du lieu a transmis la demande de la Sainte Vierge au Vatican, à la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la foi, pour l'examen d'usage. En attendant le jugement de Rome, nous voulons faire connaître partout, verbalement et par écrit, la volonté de notre Mère du Ciel.

 

La Flamme d'Amour et son mystère

 

La Vierge Marie désire que la dévotion à la Flamme d'Amour de son Coeur Immaculé se répande dans le monde entier afin que le plus grand nombre de ses enfants puisse répondre à sa demande. Par la Flamme d’Amour, nous sommes tous invités à prendre part à l'Œuvre du Salut en aveuglant Satan, source de tout mal, et aider ainsi le Seigneur Jésus et la Vierge Marie à sauver les âmes. Voilà ce que la Flamme d'Amour veut accomplir! Donc, la Sainte Vierge, durant la période de temps qui va de 1961 à 1981, demande et supplie sans cesse. Elle supplie doucement, mais de façon décidée. « Vous me demandez? C’est moi qui vous demande! Vous pleurez? Moi, je sanglote! » (12 mai 1974)

 

Le don de grâce que nous offre la Vierge Marie

 

« J’aimerais mettre entre vos mains un nouvel instrument… c’est la Flamme d’Amour de mon Cœur… Avec cette Flamme pleine de grâces que de mon Coeur je vous donne, allumez tous les coeurs en la faisant passer de coeur en coeur. Son éclat aveuglera Satan. Voilà le feu d’amour d’union que j’ai obtenu du Père céleste par les mérites des plaies de mon saint Fils ». (13 avril 1962) « Nous éteindrons le feu par le feu: le feu de la haine par le feu de l’amour! » (6 décembre 1964) « Ma Flamme d’Amour est devenue si incandescente que c’est non seulement sa lumière mais aussi sa chaleur que je veux répandre sur vous avec toute sa force. Ma Flamme d’Amour est si grande que je ne peux la retenir plus longtemps au dedans de moi; avec une force explosive elle bondit vers vous. Mon amour qui se répand fera éclater la haine satanique qui contamine le monde, afin que le plus grand nombre d’âmes se sauvent de la damnation ». (19 octobre 1962) « Je veux que non seulement vous veniez à connaître mon nom, mais aussi la Flamme d’Amour de mon Cœur maternel qui fait des miracles au fond des cœurs… » (19 octobre 1962) « J’étends l’effet de grâce de la Flamme d’Amour de mon Cœur sur tous les peuples et toutes les nations, non seulement sur ceux qui vivent en la sainte mère l’Église, mais sur toutes les âmes marquées du signe de la Croix bénite de mon saint Fils, et aussi sur les non baptisés! » (16 septembre 1963)

 

Les moyens de mettre à l'oeuvre l'effet de grâce de la Flamme d'Amour

 

Plusieurs moyens nous sont donnés pour mettre à l'oeuvre la puissance de l'effet de grâce de la Flamme d'Amour. La Vierge Marie à Élisabeth Kindelmann: « À la prière par laquelle vous m’honorez, l’Ave Maria, ajoutez cette demande, de la manière suivante: « Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous étes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, répandez l’effet de grâce de votre Flamme d’Amour sur toute l’humanité, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen ». L’évêque compétent demanda à Élisabeth: « Pourquoi devrions-nous réciter le très ancien Ave Maria d’une façon différente? » Le 2 février 1982, le Seigneur répondit: « C’est exclusivement grâce aux suppliques efficaces de la Très Sainte Vierge que la Très Sainte Trinité accorda l’effusion de la Flamme d’Amour. Par elle, demandez dans la prière avec laquelle vous saluez ma Mère très sainte: « répandez l’effet de grâce de votre Flamme d’Amour sur toute l’humanité, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.” Afin que, par son action, l’humanité se convertisse ». La Très Sainte Vierge: « Je ne veux pas changer la prière par laquelle vous m’honorez; par cette supplique, je veux plutôt secouer l’humanité. Celle-ci n’est pas une nouvelle formule de prière, elle doit être une supplique constante ». (Octobre 1962) « Quand quelqu’un fait de l’adoration réparatrice ou fait une visite au Saint Sacrement, tant que cela dure, Satan perd sa domination sur les âmes de la paroisse. Lorsqu’il est aveugle, il cesse de régner sur les âmes ». (6-7 novembre 1962) « Si vous assistez à la sainte Messe sans obligation, et que vous êtes en état de grâce devant Dieu, je répandrai la Flamme d’Amour de mon Cœur et j’aveuglerai Satan durant ce temps-là. Mes grâces s’écouleront abondamment sur les âmes pour lesquelles vous offrez cette sainte Messe. La participation à la sainte Messe est ce qui aide le plus à aveugler Satan ». (22 novembre 1962) « Tout au long de la journée aussi, offrez vos travaux pour la gloire de Dieu! Cette offrande, faite en état de grâce, aide aussi à aveugler Satan. Vivez en conformité avec mes grâces afin que Satan soit aveuglé toujours davantage et dans un rayon d’action toujours plus grand. Si vous mettez à profit les abondantes grâces que je vous offre, elles rendront meilleures une multitude d’âmes ». (30 novembre 1962) « Ma petite, vous devez considérer le jeudi et le vendredi comme deux grands jours de grâce. Ces jours-là, ceux qui offrent réparation à mon saint Fils recevront une grande grâce. Durant les heures de réparation, le pouvoir de Satan s’affaiblit dans la mesure où les âmes réparatrices supplient pour les pécheurs... » (29 septembre 1962) Que nous demandent le Seigneur Jésus et Marie très sainte? Conversion, renouveau spirituel, application à atteindre la sainteté de vie, le zèle pour le salut des âmes.

 

La Flamme d’Amour de la Sainte Vierge et les mourants

 

La Vierge Marie: « Lorsque la Flamme d’Amour de mon Cœur s’allumera sur la terre, son effet de grâce se répandra aussi sur les mourants. Satan sera aveuglé et, avec l’aide de votre prière durant votre veillée nocturne, la terrible lutte des mourants contre Satan prendra fin, et sous la douce lumière de ma Flamme d’Amour, même le pécheur le plus endurci se convertira ». (12 septembre 1963) « Je demande qu’on organise dans chaque paroisse la sainte veillée nocturne par laquelle je veux sauver les âmes des mourants, de telle manière qu’aucune minute ne passe sans que quelqu’un fasse oraison de vigile! » (9 juillet 1965)

 

Demande de la Sainte Vierge à tous ses enfants

 

« À la prière par laquelle vous m’honorez, l’Ave Maria, ajoutez cette demande, de la manière suivante: « Je vous salue, Marie, pleine de grâce... priez pour nous pauvres pécheurs, répandez l’effet de grâce de votre Flamme d’Amour sur toute l’humanité, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen ». Celle-ci n’est pas une nouvelle formule de prière, elle doit être une supplique constante ». (Octobre 1962 et 2 février 1982) « Voilà l’instrument que je mets entre vos mains. Par la lumière de ma Flamme d’Amour, Satan restera aveugle ». (9 juillet 1965)

 

La Flamme d’Amour de la Sainte Vierge et les âmes du purgatoire

 

La Vierge Marie: « Ma Flamme d’Amour que je désire répandre sur vous dans une mesure de plus en plus grande s’étend aussi aux âmes du purgatoire ». « Dans les familles qui observent régulièrement l’Heure sainte de réparation en famille les jeudis ou les vendredis, si quelqu’un vient à mourir, après un seul jour de jeûne strict observé par un membre de la famille, le défunt est libéré du purgatoire ». (Comprenons: s’il est mort en état de grâce.) (24 septembre 1963) « Celui qui jeûne au pain et à l’eau le lundi libérera chaque fois une âme sacerdotale du lieu de souffrance. Celui qui pratique cela recevra aussi la grâce d’être libéré du lieu des peines moins de huit jours après sa mort ». (Ordre du jour du lundi)


Nouveaux privilèges pour ceux qui gardent un jeûne strict les lundis

 

« Les prêtres qui observent le jeûne du lundi, à chacune des saintes Messes qu’ils célébreront cette semaine-là, libéreront au moment de la Consécration d’innombrables âmes du purgatoire. Les personnes consacrées à Dieu et les laïcs qui gardent le jeûne du lundi libéreront au cours de cette semaine-là, chaque fois qu’ils communient et au moment de recevoir le Corps sacré du Seigneur, une foule d’âmes du purgatoire ». (15 août 1980) « Si à quelque moment que ce soit, en invoquant ma Flamme d’Amour, vous récitez en mon honneur trois Ave Maria, chaque fois une âme sera libérée du purgatoire. Les âmes souffrantes doivent sentir aussi l’effet de grâce de la Flamme d’Amour de mon Cœur maternel ». (13 octobre 1962)

 

Vénération des saintes plaies

 

La Vierge Marie: « Vénérez publiquement les cinq plaies sacrées de mon saint Fils: que ce ne soit pas une dévotion particulière, mais une vénération publique ». En ce qui concerne la vénération des cinq plaies, les paroles du Seigneur Jésus coïncident avec celles de la Vierge Marie: Le Seigneur Jésus: « En honneur de mes cinq plaies sacrées, faites cinq fois de suite le signe de la Croix tout en vous recommandant par mes saintes plaies à la miséricorde du Père céleste... » (13 avril 1962) Manière habituelle de se signer cinq fois: En nous signant: «Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen », nous embrassons la Croix, ou à tout le moins spirituellement, chacune des saintes plaies de Jésus lorsque nous disons cette invocation: « Mon Jésus, par les mérites de tes saintes plaies, pardonne-nous et prends pitié de nous! » « Père éternel, je Vous offre les saintes plaies de Notre Seigneur Jésus-Christ pour que Vous guérissiez les plaies de nos âmes! »

 

La Flamme d’Amour de la sainte Mère et les familles

 

La Sainte Vierge dit que le renouveau spirituel doit partir des familles: « Par ma Flamme d’Amour, je veux raviver une fois de plus l’amour dans les foyers; je veux garder unies les familles en danger d’éclatement ». (8 août 1962) À cette fin, elle demande: Réparation : «Je te demande, ma fille, d’offrir à mon saint Fils une réparation très spéciale les jeudis et les vendredis. Que cette réparation se fasse en famille. Commencez cette heure que vous passerez dans vos foyers à faire réparation par une lecture spirituelle, et poursuivez avec la récitation du saint Rosaire ou d’autres prières, dans une ambiance pleine de recueillement et de ferveur. Récitez-le au moins à deux ou trois, car là où deux ou trois se réunissent, là est mon saint Fils. En commençant, faites le signe de la Croix cinq fois, et tandis que vous le faites, offrez-vous au Père éternel par les plaies de mon saint Fils. Faites de même en terminant. Signez-vous de cette manière aussi en vous levant et en vous couchant, et même durant le jour, car cela vous rapprochera du Père éternel par l’intermédiaire de mon saint Fils, et votre cœur sera rempli de grâces ». (13 avril 1962) Message de Jésus aux pères de famille: « Fais parvenir ma demande au Saint-Père, parce que c’est par son intermédiaire que Je désire accorder ma bénédiction porteuse de grandes grâces. Que l’on donne à chaque occasion une bénédiction spéciale à ces pères qui, en cette grande œuvre de la création, collaborent avec Moi et acceptent ma sainte volonté. Cette bénédiction est unique et ne peut être donnée qu’aux pères de famille. À la naissance de chaque enfant, Je répands des grâces extraordinaires sur ces familles ». (1er mars 1964)

 

Demande de la Sainte Vierge au Saint-Père

 

« Je prie le Saint-Père de fixer pour vous la fête de la Flamme d’Amour au 2 février, fête de la Chandeleur. Je ne veux pas une fête spéciale ». (1er août 1962)

 

Demande de Jésus à ses prêtres et aux âmes qui Lui sont consacrées

 

« Convertissez-vous à Moi et sacrifiez-vous sur l’autel sacré du recueillement et du martyre intérieur! Vous voulez constater que telle est ma volonté. Satan ne peut empêcher ce martyre intérieur. Cette lutte au fond des âmes produit des fruits abondants comme un martyre enduré pour Moi. Embrasez la terre par vos ardents désirs! Brûlez le péché par vos sacrifices qui brûlent du pur amour. Ne croyez pas que cela soit impossible. Ayez seulement confiance en Moi ». (7 août 1962) « Là où Je vous ai mis, vous devez être prêts, fermes et remplis d’un esprit de sacrifice… Prenez donc sur vous la Croix que J’ai embrassée Moi aussi et offrez-vous donc vous-mêmes en victime comme Je l’ai fait, sinon vous n’aurez pas la vie éternelle! » (4 octobre 1962) Que demande le Seigneur Jésus à ses prêtres bien-aimés? Qu’ils donnent le bon exemple (22 décembre 1963); qu’ils suivent les inspirations du Seigneur et en fassent voir l’importance aux âmes (1er janvier 1964); qu’ils secouent les âmes languissantes et suscitent de la vaillance dans les âmes (17 avril 1962); qu’ils fassent bon usage de leur temps (19 octobre 1964); qu’ils se laissent guider par la grâce divine à une vie sacrifiée et apostolique (23 novembre 1962); qu’ils fassent adoration et y incitent les fidèles aussi (25 juillet 1963). « Demande à mes fils d’envoyer les âmes à ma Mère bien-aimée, et qu’ils ne prononcent aucune homélie sans exhorter les fidèles à avoir une profonde dévotion envers elle… » (17 avril 1962) « Alors que J’étais suspendu à la Croix, J’ai crié d’une voix forte: J’ai soif! C’est cela que Je vous crie aujourd’hui encore, spécialement aux âmes qui Me sont consacrées ». (18 août 1964)

 

La Flamme d’Amour de la Sainte Vierge et les pécheurs

 

Dans ces messages, la sainte cause du salut des âmes occupe une place centrale, parce que l’essence et la fin de l’action de la Flamme d’Amour est le salut des âmes, leur retour à Dieu et leur renouveau. Le Seigneur Jésus: « Ayons donc une seule pensée: le salut des âmes ». (17 mai 1963) « Oh! avec quelle ardeur Je désire les pécheurs! » (15 août 1964) «Aucune âme que J’ai confiée au soin de mes prêtres ne devrait se damner! » (6 août 1962) C’est pourquoi Il nous intime: « Prenez tous part à mon œuvre de Rédemption! » Et Il indique aussi l’instrument céleste: « L’enfer avale ces âmes créées à l’image et à la ressemblance de mon Père céleste et qui tombent entre les griffes de Satan. La Flamme d’Amour de ma Mère peut calmer la douleur de mon Cœur. » (26 juillet 1963) La Sainte Vierge dit aussi: « Je veux que pas une seule âme ne se damne. Désirez-le vous aussi avec moi! C’est pourquoi je dépose entre vos mains ce faisceau de lumière qu’est la Flamme d’Amour de mon Cœur ». (15 janvier 1964) Mais cela dépend aussi de nous: « Satan est en train de balayer les âmes de façon vertigineuse. Pourquoi ne vous efforcez-vous pas d’empêcher cela de toutes vos forces? » (14 mai 1962) Elle ajoute: « Il faut vous dédier à aveugler Satan. Les forces conjuguées du monde entier sont nécessaires afin de réussir cela. N’attendez pas, parce qu’un jour vous aurez à répondre du travail qui vous a été confié, du sort d’une multitude d’âmes… Car Satan sera aveuglé dans la mesure où vous travaillerez contre lui. » (27 novembre 1963) Les moyens de sauver les âmes: Le Seigneur Jésus: « Sacrifice, oraison! Voilà votre instrument! » (22 - 23 juillet 1963) Toutes sortes de sacrifices: supporter avec patience les souffrances corporelles et spirituelles, les unir à la Passion de Jésus (24 mai 1963), et aussi le jeûne, veiller une partie de la nuit, etc. Chacun, selon ses possibilités, peut les pratiquer en tout moment et en tous lieux. Même avec l’offrande du travail que nous allons effectuer durant le jour, nous pouvons sauver des âmes (30 novembre 1962). La douleur de nos péchés féconde aussi les âmes (15 août 1964). Même le désir du salut des âmes contribue à aveugler Satan (30 novembre 1962), parce que le vouloir de l’âme est déjà de l’amour (15 septembre 1962). La Sainte Vierge: « Plus nombreuses seront les âmes sacrifiées et celles qui veillent en prière, plus grande sera la force de ma Flamme d’Amour sur la terre… Parce que c’est dans la force du sacrifice et de la prière que se brise la flambée de la haine infernale ». (6 décembre 1964) « J’appuierai votre travail par des miracles jamais vus auparavant, et que la réparation à mon saint Fils va accomplir imperceptiblement, doucement et silencieusement ». (1er août 1962) Et le Seigneur Jésus: « Si vous Me demandez des âmes, pourrais-Je rejeter votre demande? Non! Car alors Je travaillerais contre mon œuvre de Salut. J’écoute toujours votre prière persévérante ». (24 juin 1963)

 

Ce qu'est la Flamme d'Amour

 

Élisabeth demanda un jour: « Qu'est-ce donc que La Flamme d'Amour? » Jésus répondit: « La Flamme d'Amour de ma Mère est pour vous ce qu'était l'arche pour Noé ». Et la Bienheureuse Vierge Marie d'ajouter: « La Flamme d'Amour de mon Coeur Immaculé est Jésus-Christ lui-même! » Remercions le Seigneur du plus profond du coeur et avec beaucoup de gratitude pour ce cadeau d’une portée exceptionnelle qu'est la Flamme d'Amour, car un tel flot de grâces n’a encore jamais été donné depuis que le Verbe s’est fait Chair, tel que la Vierge Marie l’a affirmé à Élisabeth.

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Neuvaine à la Flamme d'Amour du Cœur Immaculé de Marie


Introduction

 

Cette Neuvaine a été commencée par le prêtre d’une paroisse de Guayaquil, Équateur, avant la fête de la Chandeleur de 1993. Les Groupes de Prière de la Flamme d'Amour sont invités à vivre la Présence de Marie, en faisant cette neuvaine en leurs différents Cénacles de Prière, et si possible qu’elle soit ininterrompue: qu’en arrivant à chaque localité, elle soit commencée par un groupe et continuée par un autre. Que ces 9 jours soient des jours de jeûne continu: en se portant volontaires, chacun le fait un jour. Et ainsi notre Bienheureuse Mère voit notre union à nous tous qui sommes engagés envers Elle en tentant d’obéir à ses conseils et ses Messages Célestes, pour obtenir par son intercession la conversion des âmes et la plus profonde intimité avec Dieu. Le temps est court. Marie nous incite à nous joindre sans délai à la grande campagne de salut des âmes, prêts à combattre Satan, l’ennemi de Notre Mère. Qu’on fasse connaître la neuvaine de la Flamme d'Amour du cœur Immaculé de Marie, qu’elle soit diffusée et implantée dans le monde entier!

 

Le Mouvement de la Flamme d'Amour

 

Avec permission de l’ordinaire, Acapulco

 

Rafael Bello Ruiz

Services Diocésains

Acapulco, Gro., Mex.

Acapulco Le 21 mai 1993

 

Mouvement de la Flamme d'Amour

Salina Cruz #39,

06760 México, D.F.

 

Bien chers frères et sœurs en Jésus-Christ,

 

J’ai reçu avec plaisir l’exemplaire de la Neuvaine de la Flamme d'Amour du Cœur Immaculé de Marie. Après l’avoir lu, je l’ai remis au groupe responsable de la diffusion du Saint Rosaire dans tout l’archidiocèse. J’espère que la lecture de cette Neuvaine, durant le mois de Marie et en tout temps, aidera les fidèles chrétiens à accroître leur amour envers la Très Sainte Vierge et leurs désirs de l’imiter. Je vous serai reconnaissant si vous vouliez bien m’en faire parvenir trois exemplaires. Que tous les fidèles qui appartiennent à ce Mouvement de la Flamme d'Amour reçoivent ma bénédiction, de votre serviteur en Jésus-Christ.

 

Rafael Bello Ruiz

Archevêque d’Acapulco

 

Prières pour chaque jour

 

Chaque jour, en commençant les prières de cette Neuvaine, allumons une chandelle et faisons cinq fois le signe de la croix en nous offrant au Père Éternel par les Plaies de Jésus. Demandons les grâces dont nous avons besoin, aux intentions de notre Mère Marie, spécialement l’effusion de l'Esprit Saint sur l'humanité entière pour obtenir la paix en nous et dans le monde entier; et pour le salut de toutes ces âmes que nous connaissons et qui blasphèment contre Dieu. Gardons silence pour reconnaître nos fautes devant Dieu et lui demander pardon.

 

Acte de contrition

 

Jésus mon Seigneur et mon Rédempteur, j’ai le regret de tous les péchés que j’ai commis jusqu’à maintenant, je le regrette de tout mon cœur parce que par eux j’ai offensé un Dieu si bon. Je me propose fermement de ne plus recommencer et j’espère avec une ferme confiance que par Votre infinie Miséricorde, Vous m’accorderez le pardon de mes péchés et que Vous me conduirez à la vie éternelle. Amen.

 

Prière ou chant à l'Esprit Saint

 

Esprit Saint, viens, viens, Esprit Saint viens, viens,

Esprit Saint viens, viens, au nom du Seigneur.

Accompagne-moi, illumine-moi toute ma vie,

accompagne-moi, illumine-moi

Esprit Saint viens, viens.

 

Prière finales pour chaque jour

 

Rosaire de la Flamme d'Amour

 

Réciter la dizaine du Mystère correspondant avec l’oraison jaculatoire de la Flamme d'Amour : « O notre Mère, répandez l'effet de grâce de Votre Flamme d'Amour sur toute l'humanité ».

 

Prière à Jésus

 

Ô mon Jésus, que nos pieds cheminent ensemble, que nos mains rassemblent dans l’unité, que nos cœurs battent au même rythme, que nos âmes soient en harmonie, que nos pensées soient à l’unisson, que nos oreilles écoutent ensemble le silence, que nos regards se fondent l’un dans l’autre, et que nos lèvres supplient ensemble le Père éternel, pour obtenir miséricorde. Amen.

 

Consécration au cœur Immaculé de Marie

 

O Coeur Immaculé de Marie, plein de bonté, montrez-nous Votre Amour. Que la Flamme d’Amour de Votre Coeur, ô Marie, descende sur tous les hommes. Nous Vous aimons de tout notre être. Mettez dans nos coeurs le véritable amour pour qu’ainsi nous ayons une continuelle dévotion envers Vous. O Marie, qui avez un Coeur doux et humble, rappelez-Vous de nous quand nous sommes dans le péché. Par le moyen de votre Coeur Immaculé et Maternel, guérissez-nous de toutes nos infirmités spirituelles. Faites que nous puissions toujours voir la bonté de Votre Coeur Maternel et que nous puissions nous convertir par Votre Flamme d’Amour. Amen.

 

Premier jour

Marie, comblée de grâce

 

La vraie grandeur de l’homme est de recevoir la vie de Dieu qui est la grâce. Nous l’avons reçue au Baptême, et si nous l’avons perdue par le péché, nous la recouvrons par la confession et la fortifions par l’Eucharistie. La Vierge Marie a été comblée de grâce dès le premier instant de son existence. C’est pour cela que l’ange la salua: « Comblée de grâce », plus que tous les Saints et que tous les anges.

 

Ô Mère, Vous qui êtes comblée de Grâce, répandez en nous les grâces dont nos âmes ont tant besoin, pour que nous soyons dignes de voir Dieu.

 

Des Messages de la Flamme d'Amour

 

La Très Sainte Vierge dit: « Prends cette Flamme pleine de grâces que de mon Cœur Je vous donne, allume ton cœur avec elle et passe-la à d’autres. Ce sera le miracle du feu d’Amour qui, en se changeant en un incendie, par son éclat aveuglera Satan, et nous sauverons beaucoup d’âmes ».

 

Moment de réflexion : Comment augmenter la grâce reçue au baptême? Comment retrouver la grâce reçue au baptême? Quel est le plus grand don que vous avez reçu au baptême?

 

Prière finales pour tous les jours : Une dizaine du Rosaire de la Flamme d’Amour. Prière à Jésus. Consécration au Cœur Immaculé de Marie.

 

Pratique du jour : Si vous avez senti la douleur de vos péchés, repentez-vous et demandez pardon au Seigneur de tout votre cœur.

 

Deuxième jour

Marie, modèle de vertu

 

La meilleure manière d’honorer le Cœur Immaculé de Marie est de nous efforcer d’imiter ses vertus et surtout sa Foi, son Humilité, sa Pureté et son Amour pour Dieu et pour les Humains. La Vierge Marie cherche à aider ses enfants à transformer leurs vies. Dieu nous invite à l’imiter parce qu’Elle est Sa Fille de prédilection, celle qui est pleine de vertus.

 

Ô Mère, priez pour notre foi, notre humilité et spécialement pour que nous atteignons la perfection dans l’amour de Dieu et du prochain.

 

Des Messages de la Flamme d'Amour

 

La Très Sainte Vierge dit: « Fais attention ma petite, le malin veut arracher la principale richesse de ton âme: il veut briser ton humilité. Il sait que seule une âme humble peut représenter notre cause, c’est pourquoi sois sur tes gardes et demeure effacée dans l’humilité. Ton humilité sera si grande qu’elle irradiera bonté et amour sur tous ceux que tu fréquentes ».

 

Moment de réflexion : Quelle est la vertu que vous admirez le plus en Marie et pourquoi? Comment imiter Marie en notre vie de chaque jour?

 

Prières finales pour tous les jours

 

Pratique du jour : Faire de nombreux actes d’humilité et de soumission à la volonté Divine. (Par exemple: en ne se louant pas, en ne parlant pas de soi et en n’attirant pas l’attention des autres sur soi)

 

Troisième jour

Marie, notre Avocate

 

Marie est l’Échelle mystérieuse, Dieu l’a constituée Trésorière de ses grâces, et aux dires des Saints docteurs, aucune faveur ne descend sur la terre si ce n’est par les mains de Marie. Au milieu de nos souffrances, de nos angoisses et de nos misères, ayons recours à Marie. Elle présentera nos suppliques au Seigneur et nous obtiendra de si nombreux et de si grands bienfaits qu’ils nous consoleront dans nos peines, soulageront nos souffrances, sècheront nos larmes et nous donneront le courage nécessaire pour vaincre les tentations et obtenir le salut éternel. Accourons au Seigneur par l’intermédiaire de Marie, notre avocate.

 

Ô Mère, nous Vous en supplions, intercédez devant Dieu trine et un, pour chacun de nos besoins (Garder le silence quelques secondes pour présenter ses intentions à notre Mère)

 

Des Messages de la Flamme d'Amour

 

La Très Sainte Vierge dit: « Tournez-vous vers moi et ayez recours à mon intercession. Je veux et je peux vous aider, mais j’ai besoin de vos prières et de vos sacrifices. Dieu veuille que je voie votre bonne volonté et votre décision de vous mettre en marche! Ne remettez plus à plus tard, vous avez déjà perdu trop de temps, le malin travaille avec beaucoup plus de succès et de détermination que vous et cela me chagrine beaucoup. Mission sublime, propager la Flamme d'Amour ».

 

Moment de réflexion : Quel est le rôle que Marie votre vie et pourquoi? Pourquoi donne-t-on à Marie le titre d’Auxiliatrice? Penser à une grâce spéciale que vous avez reçu par l'intercession de la Vierge Marie.

 

 

Prières finales pour tous les jours

 

Pratique : Accomplir un sacrifice pour le salut d’un grand pécheur.

 

Quatrième jour

Le silence de Marie

 

La Vierge observait ce qui se passait autour d’elle et conservait tout au fond de son cœur. Marie, la Femme discrète et de peu de paroles de l’Evangile, gardait et accomplissait la parole de son Fils Jésus.

 

Ô Mère, enseignez-nous comment garder Votre silence au plus profond de nos cœurs, pour pouvoir écouter la voix de Dieu.

 

Des Messages de la Flamme d'Amour

 

La Très Sainte Vierge dit: « Je désire que tu apprennes à garder mon silence. Et ne te surprends pas que je te dise cela autant de fois. Sais-tu, qui est le véritable sage? Celui qui garde silence. La véritable sagesse mûrit dans le terreau du silence et ne peut prendre racine que dans le silence. Tu verras que les rares paroles produisent un bon fruit abondant dans les âmes. Sache rester continuellement silencieuse parce que c’est seulement ainsi que la voix de Dieu continuera à se faire entendre en toi. Sache te taire, et ne te louange pas toi-même. Répare par le silence les paroles vides et insensées de nombre de mes enfants ».

 

Moment de réflexion : Comment atteindre la paix intérieure? Comment imiter Marie en sa vie de silence et de solitude? Que signifie accepter la Volonté de Dieu?

 

Prières finales pour tous les jours

 

Pratique : Garder le silence, comme Marie.

 

Cinquième jour

Marie, Modèle de prière

 

Marie, inspirée par l’Esprit Saint, loue le Père Eternel en chantant le Magnificat. C’est une prière d’adoration, de louange et de remerciement. Marie a été la grande priante. Elle prie à la maison et à la Synagogue. Elle récite quotidiennement les prières rituelles et entretient une relation amicale avec Dieu dans l’intimité. La Vierge est un guide sûr, sur les chemin diffíciles de la prière. L’homme a besoin de prier, pour s’unir à Dieu, Fontaine divine, pour pouvoir se remplir des grâces nécessaires pour son vécu de chaque jour. Il faut sans cesse prier sans défaillance.

 

Ô Mère, recevez nos humbles prières et présentez-les au Ciel en réparation de tous nos péchés et de ceux du monde entier.

 

Des Messages de la Flamme d'Amour

 

La Très Sainte Vierge dit: « Je te demande, ma fille, d’offrir, les Jeudis et Vendredis, à mon Divin Fils une réparation très spéciale. La manière de la faire est l’Heure Sainte de Réparation en famille. Cette heure que vous passerez en famille en faisant réparation, commencez-la par une lecture spirituelle et continuez par la récitation du Saint Rosaire ou d’autres prières en un atmosphère plein de recueillement et de ferveur. Faites-le au moins à deux ou trois, parce que là où deux ou trois sont réunis, mon Divin Fils est là. En commençant, signez-vous cinq fois et en le faisant, offrez-vous par les Plaies de mon Divin Fils au Père Éternel ».

 

Moment de réflexion : Est-il possible de prier et de travailler en même temps? Quelle est la prière du silence? Avez-vous, chez vous, un endroit et un moment pour permettre la rencontre de votre famille avec Jésus?

 

Prières finales pour tous les jours

 

Pratique : Faire une visite au Saint Sacrement présent dans le Tabernacle de nos églises.

 

Sixième jour

Marie, remplie de l'Esprit Saint

 

Les disciples attendaient que s’accomplisse la promesse de Jésus. Il était retourné vers son Père pour leur envoyer le Consolateur, qui les consolerait et leur rappellerait les enseignements reçues. En compagnie de Marie la Mère de Jésus et d’autres femmes, ils furent tous remplis de l’Esprit Saint. Apparurent des langues de feu qui se posèrent sur chacun d’eux.

 

Mère, Vous qui êtes chargée de distribuer les dons de l‘Esprit Saint, nous Vous en supplions, accordez-nous le don de la Flamme d'Amour qui jaillit de Votre Coeur Immaculé: que par la force de Votre Amour elle change notre vie.

 

Des Messages de la Flamme d'Amour

 

La voyante Élisabeth Kindelman écrit, en faisant référence à la très Sainte Vierge: « Elle me parla beaucoup du temps de grâce et de l’esprit d’amour, qui sera très semblable à la première Pentecôte, et qui inondera la terre de sa force. Ce sera le grand miracle qui attirera l’attention de toute l’humanité. Tout cela sera une effusion de grâces par l’action de la Flamme d'Amour de la Très Sainte Vierge ».

 

Moment de réflexion : Quelle est la Mission de l’Esprit Saint dans l’Église et comment agit-il dans la sanctification personnelle. Quelle est l'action de l’Esprit Saint en Marie. Comment vivre notre engagement de chrétiens qui a pris naissance au baptême et que l'on a affirmé lors de notre confirmation?

 

Prières finales pour tous les jours

 

Pratique : En commençant chaque action grande ou petite, offrez-la à l’Esprit Saint et demandez-lui de vous accorder un de ses dons.

 

Septième jour

Marie, Modèle de pureté

 

Marie, l’Élue de Dieu, parce que pure de pensée, de parole et d’action. Jésus nous demande à tous d’être purs. « Soyez saints comme Mon Père est Saint! » La sainteté consiste à être purs de cœur, mais pour cela Il nous faut garder pures nos pensées. Saint Paul a exigé de nous la pureté, en nous rappelant que nous sommes les temples de l’Esprit Saint. La chasteté doit être une attitude de respect chrétien avec lequel nous soignons nos corps consacrés à Dieu par le Baptême. Les Saints accouraient à Marie notre Mère pour se maintenir dans la pureté.

 

Bénie soit Votre Pureté, qu’elle le soit éternellement, car un Dieu trouve une joie complète en Votre si gracieuse Beauté. À Vous, Reine du Ciel, Sainte Vierge Marie, je Vous offre à partir d’aujourd’hui mon âme, ma vie, mon cœur. Regardez-moi avec Miséricorde, ne m’abandonnez pas, ô ma mère.

 

Des Messages de la Flamme d'Amour

 

« Vis très saintement car toutes ces grâces que tu reçois de moi te donneront davantage de force pour éviter le péché ».

 

Moment de réflexion : La pureté conservée et pureté retrouvée. Malgré le fait que la chair se rebelle, que le démon se déchaîne et que le monde se moque de nous, pourquoi et à quelle fin devons-nous apprendre à nous maîtriser et devenir des saints ?

 

Prières finales pour tous les jours

 

Pratique : Le matin, s'unir intensément aux Sacrés Coeurs de Jésus et de Marie, et renouveler cette union durant le jour.

 

Huitième jour

Marie et la Flamme d'Amour

 

Moïse, choisi par le Seigneur pour être le guide de son peuple, faisait paître son troupeau au pied du mont Horeb; soudain, ses yeux discernèrent un fait étonnant: un buisson qui brûlait constamment sans se consumer. Plein d’admiration, il s’approche davantage pour le contempler, mais une voix mystérieuse l’arrête en lui disant: « Moïse, enlève les sandales de tes pieds car la terre que tu foules est Sacrée ». La voix qui lui parlait n’est autre que celle de Dieu, qui se cachait dans le buisson pour parler à Moïse. Nous aussi approchons-nous avec respect, humilité et amour d’un autre buisson ardent: le Cœur Immaculé de Marie, car il est Saint le lieu où nous nous trouvons. Le Cœur de Marie brûle d’amour pour Dieu et pour le prochain. Le Seigneur, Celui qui est, s’est caché dans ce buisson de l’Horeb et le Verbe de Dieu s’est aussi caché dans le sein virginal et Immaculé de Marie.

 

Mère de Dieu et notre Mère, sauvez-nous par la Flamme d'Amour de Votre Cœur Immaculé.

 

Des Messages de la Flamme d'Amour

 

« Depuis que le Verbe de Dieu s’est fait homme Je n’ai pas entrepris un Mouvement plus grand que celui de la Flamme d'Amour de mon Cœur, qui vient vers vous. Jusqu’à maintenant, il n’y a rien eu qui aveugle autant Satan, et il dépend de vous que vous ne le rejetiez pas, car cela entrainerait une grande ruine ».

 

Moment de réflexion : Que pouvez-vous faire pour essayer de vous perfectionner dans l’amour? Quel est votre engagement envers Marie pour propager la Flamme d'Amour?

 

Prières finales pour tous les jours

 

Pratique : Comme Marie, aimons Dieu et ayons un véritable amour du prochain.

 

Neuvième jour

Marie, notre perpétuel Secours

(Si l'on accomplit la Neuvaine à tout moment de l'année)

 

Appeler sans cesse à notre Secours Marie, par le Saint Rosaire, l’arme la plus puissante. La supplier par la Flamme d'Amour de Son cœur Immaculé, de brûler la haine. Que son feu d’Amour transforme ces enfants endurcis en âmes fidèles et en enfants de Dieu; arrachons ces âmes des griffes de Satan, par nos humbles prières.

 

Ô Mère, qu’aucune âme ne se damne. Sauvez-nous par la Flamme d'Amour de Votre Cœur Immaculé!

 

Des Messages de la Flamme d'Amour

 

La Sainte Vierge dit: « ...Mon amour qui se répand, fera exploser la haine satanique qui contamine le monde, afin qu’un plus grand nombre d’âmes échappent à la damnation... Ma Flamme aveuglera Satan, dans la mesure même où vous la propagerez dans le monde entier.

 

Moment de réflexion : Comment consoler le Cœur de Marie? Quel sacrifice faire pour le salut des âmes?

 

Prières finales pour tous les jours

 

Pratique : Faire aujourd'hui une visite spéciale au Saint Sacrement pour tous ceux qui l’oublient, qui ne l’aiment pas et qui l’offensent. Pour obtenir les grâces que vous désirez, si cela est conforme à la Volonté de Dieu, il conviendra de communier lors de l’un des jours de la Neuvaine.

 

Neuvième jour

Marie et la Chandeleur

Si la Neuvaine se termine le 2 de février

 

L’Église a reconnu dans l’office Divin et à la Messe tous les points de vue qu’offre la fête de la Chandeleur aussi ancienne que source de consolation, et néanmoins, il importe de considérer plus encore la partie concernant la bénédiction des chandelles, la procession et le rite. L’Église évoque, en les bénissant, la prière de Syméon. Elle désire que ceux qui utilisent les chandelles et louangent Dieu, soient bénis et entendus. Elle évoque l’attitude du vieillard Syméon qui prit dans ses bras Jésus, Lumière du monde, et demande que les fidèles brûlants des flammes de la charité méritent d’entrer au Ciel; elle prie pour que la lumière de la grâce chasse les ténèbres et l’aveuglement des vices et que, tout comme Syméon reconnut le Rédempteur par la Lumière de l'Esprit Saint, nous reconnaissions par cette même lumière le Seigneur et le servions fidèlement. Ce geste est si vénéré que les bons chrétiens ont l’habitude de garder les chandelles bénites ce jour-là et de les allumer quand le temps s’assombrit ou dans les tempêtes ou les malheurs, pour les conjurer, et aussi quand quelqu’un entre en agonie. La procession des chandelles est d’origine très ancienne et fut célébrée en grandes pompes avec l'autorisation du Pape Gelesio et restaurée au VIIe Siècle par Serge 1er, comme l’indique l’Ordo Romain.

 

Des Messages de la Flamme d'Amour

 

La Très Sainte Vierge dit: « Demande au Saint Père de fixer la Fête de la Flamme d'Amour de Mon Cœur le 2 février, fête de la Chandeleur. Remettez-vous les uns aux autres la chandelle allumée que vous avez reçue au cours de cette cérémonie, apportez-la à la maison et commencez la prière en famille. Si votre ferveur ne décline pas, je me consolerai ».

 

Moment de réflexion : Quelle est la signification de la Chandeleur pour l’Église? Comment augmenter la présence de Marie dans les foyers? Par la Consécration des foyers aux Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie ?

 

Prières finales pour tous les jours

 

Pratique : Faire aujourd'hui une visite spéciale au Saint Sacrement pour tous ceux qui l’oublient, qui ne l’aiment pas et qui l’offensent. Pour obtenir les grâces que vous désirez, si cela est conforme à la Volonté de Dieu, il conviendra de communier lors de l’un des jours de la Neuvaine.

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Le Mouvement international Flamme d'Amour du Coeur Immaculé de Marie et sa mission

 

Conformément au désir de la Sainte Vierge Marie de propager et de faire connaître la flamme d'Amour de son Coeur Immaculé dans le monde entier, le Mouvement Flamme d'Amour a vu le jour dans plusieurs pays du monde, notamment dans les Amériques, l'Afrique et quelques pays d'Europe.


Comment se définit le Mouvement et quel est sa mission dans l'Église?


Le Mouvement Flamme d’Amour est un mouvement marial catholique inspiré par la Très Sainte Vierge Marie, et qui, sous la direction de l’Église, veut collaborer au salut de tous les hommes. La mission du Mouvement est d’évangéliser, spécialement dans les familles, avec la Flamme d’Amour du Cœur Immaculé de Marie, vivant et répandant son message, pour que l’Amour du Père Éternel et du Cœur Sacré de Jésus enflamme tous les cœurs. Bien que la dévotion de la Flamme d'Amour soit connue dans de nombreux pays à travers le monde, actuellement, le Mouvement est répandu d'une manière officielle dans une dizaine de pays des Amériques, de l'Afrique et en Hongrie. La structure interne du mouvement est formé de plusieurs échelons de responsabilité en commençant par le coordinateur international qui se trouve au sommet de la structure et par le guide spirituel international. Le coordinateur international est chargé des relations avec la hiérarchie de l'Église, maintenir l'unité au sein du Mouvement, nommer les coordinateurs nationaux, etc. Il est secondé par un assistant international. Le guide spirituel international, quant à lui, conseille et accompagne spirituellement les adhérents au Mouvement.


Dans chaque pays où le Mouvement est établi, un coordinateur national est nommé. Il doit veiller au bon fonctionnement du Mouvement dans le pays, notamment les relations avec l'Église, promouvoir la vie spirituelle du Mouvement centrée sur la Sainte Eucharistie, garder la pureté du message de la Flamme d'Amour, promouvoir l'unité, approuver les publications, nommer les coordinateurs diocésains, etc. Les coordinateurs diocésains sont chargés de maintenir les contacts avec les guides de cénacles de prière, organiser les retraites et les activités diverses, participer au conseil diocésain des laïcs, etc. Au Canada, c'est en 1998 que le Mouvement a pris naissance à travers deux groupes de prières principaux à Longueuil et à Montréal, dans la province de Québec. Dans chaque pays où le Mouvement est implanté, il adopte la forme juridique et légale correspondant à la loi sur les regroupements ou associations et les lois fiscales du pays. Au Canada, le Mouvement s'est formé à travers un organisme à but non lucratif connu sous le nom de "La Flamme d'Amour du Cœur Immaculé de Marie inc".


Au niveau international, les dirigeants du Mouvement se réunissent tous les trois ans dans un pays différent pour débattre des sujets d'ordre interne au Mouvement et pour maintenir l'unité dans la diversité des langues et cultures, selon ce que l'Esprit peut inspirer. Actuellement, le Mouvement met la touche finale aux préparatifs requis pour présenter au Saint-Siège son projet de statuts internes pour fins d'approbation et de reconnaissance du Mouvement comme association privée de fidèles.


Renseignements

 

Mouvement de la Flamme d'Amour du cœur Immaculé de Marie
C.P. Jacques-Cartier, B.P. 21111
Longueuil (Québec)
Canada J4J 5J4

www.laflammedamour.org

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Téléchargez le texte de cette Neuvaine (pdf) en cliquant ici

16 mai 2011

Neuvaine au Serviteur de Dieu Guy de Fontgalland

 

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Le Serviteur de Dieu Guy de Fontgalland

L’Ange de Jésus

1913-1925

 

Guy de Fontgalland est né à Paris, 6 rue de la Bienfaisance le 30 novembre 1913. Son père était avocat, sa mère s'occupait du foyer. Il a été baptisé et consacré à Marie le 7 décembre 1913 en l'église Saint Augustin. Il avait un petit frère: Marc, de trois ans plus jeune que lui et qu'il aimait beaucoup. La famille, l'école, le jeu constituaient l'univers qui remplissait sa vie d'enfant. Il est mort à Paris, dans sa chambre de la rue Vital, le 24 janvier 1925, frappé par la diphtérie....Il venait d'avoir onze ans.... Dès sa mort consommée, les êtres proches: parents,camarades,professeurs furent profondément marqués par sa disparition et mesurèrent l'immense vide que constituait désormais son absence. On vient de toute la France, puis du monde entier se recueillir sur sa tombe...où des milliers de prières allaient s'élever comme des mains tendues vers le ciel... On encourage Madame de Fontgalland a écrire une biographie de soixante cinq pages sur son fils...publiée à quatre cent ,puis quatre mille ,puis quatre-vingt quinze mille exemplaires...elle fut traduite ensuite en treize langues !... De tous les continents, des prélats, des prêtres,des théologiens,des scientifiques, des hommes de lettres, des intellectuels, des gens simples, des enfants, des parents, des familles entières, des religieux et des religieuses, des laïcs écrivent pour révéler les grâces qu'ils ont obtenues et qu'ils attribuent à l'intercession de Guy. Les guérisons se multiplient: guérisons physiques mais aussi conversions... Des dizaines et dizaines de jeunes avouent qu'ils doivent à Guy d'avoir répondu à leur vocation religieuse ou sacerdotale... En octobre 1931, à l'occasion de l'inauguration de la statue du Christ Rédempteur à Rio de Janeiro, l'épiscopat brésilien et plus de cinq cent prêtres demandent la béatification de l'enfant. Au total six cent cinquante mille signatures furent envoyées à Rome ou à Paris entre 1926 et1931! En juin 1932 un tribunal diocésain fut constitué par l'archevêque de Paris pour instruire la cause de Guy. Cinq ans plus tard, le 8 février 1937, le dossier de l’enquête (1804 pages !) fut envoyé à Rome à la Sacrée Congrégation des Rites. Entre-temps, en mars 1936, on exhuma le corps de Guy pour le placer dans la chapelle Sainte Paule à Valence pour veiller sur la vocation des séminaristes. La décision négative de la Congrégation des Rites fut d'abord connue officieusement en novembre 1941, puis officiellement le 18 novembre 1947...soit dix ans après l’enquête! La décision parut dans les Acta Apostolicae Sedis des 28 janvier-27 février 1948 (page 43.)... « la cause était écartée et devait le rester ». Mais Guy rayonne toujours... Aujourd'hui il reste très connu en Asie, au Japon, au Sri-Lanka (où c'est un prénom assez courant) et en Amérique du Sud.

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Neuvaine à Guy de Fontgalland

Prière de la Neuvaine

(à dire chaque jour)


Ô cher petit Guy de Fontgalland qui avez été si sensible à la misère, et qui écoutez toutes les prières qui vous sont adressées avec confiance, soyez mon intercesseur avec Marie, votre « Maman du Ciel », auprès du « Petit Jésus » que vous avez tant adoré, et soyez mon puissant protecteur durant ma vie terrestre. Daignez, je vous en supplie, écouter favorablement la requête que je confie à votre puissante intercession: insufflez-moi votre amour simple et ardent pour la Sainte Eucharistie et pour l’Église, donnez-moi d’être capable de dire, comme vous un « oui » inconditionnel à Dieu, et aidez-moi à toujours refuser de prononcer le moindre mensonge. Priez pour que j’ai toujours la grâce de suivre les inspirations de mon Ange gardien, pour, qu'ainsi, je puisse marcher tous les jours, sur le chemin de la perfection. Instillez en moi la force de pouvoir faire, à votre exemple, des petits sacrifices quotidiens que j'offrirai comme des preuves d’amour à Jésus. Obtenez-moi aussi, Ô cher petit Guy de Fontgalland, la grâce temporelle que je désire tant (dire maintenant les grâces que vous désirez). Je vous en supplie, Seigneur Jésus, de m’accorder cette grâce par l’intercession de Votre petit serviteur, Guy de Fontgalland, à qui Vous avez révélé: « Je ferai de toi un Ange », je fais la promesse de lui rendre les hommages qui lui sont dus en témoignant autour de moi des miracles obtenus par sa puissante intercession et en faisant célébrer une Messe d’action de grâces en son honneur dans les délais les plus brefs. Amen.

 

Premier jour

O petit Guy de Fontgalland, qui avez partagé vos bonheurs avec les malheureux et ajouté la noblesse à la charité en les secourant, donnant en plus de l'argent de poche qui venait de vos parents, une poignée de main qui venait de vous, soyez mon protecteur sur cette terre. Vous qui avez plaidé pour les autres, comme votre père avocat, mais devant Dieu dont vous contemplez la face et qui avez obtenu nombre de grâces et de guérisons, soyez mon intercesseur au Ciel.

 

Notre Père... Je vous salue Marie...


Deuxième jour


O Guy de Fontgalland, Petit lys si pur, qui avez manifesté pour vous et pour les autres une pudeur excessive qui était un appel à la véritable pureté, que vous avez conservée dans la prière, la confession et la mortification et par l'examen quotidien de votre conscience en compagnie de votre petit frère, afin que l'innocence ne se confonde pas avec l'ignorance, apprenez-moi la pénitence.

 

Notre Père... Je vous salue Marie...


Troisième jour


O Guy de Fontgalland, parfait croisé de l'Eucharistie, qui avez ardemment prié et communié, aimé le Saint-Père et qui avez accompli chaque jour de petits sacrifices pour l'amour de Jésus, comme autant de pétales jetés sur le chemin de la Sainte-Table où vous avez conduit à votre suite les plus jeunes, de même que vous avez escorté le Petit Jésus en procession du Saint-Sacrement, faites de moi un apôtre de la communion.

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Quatrième jour

 

O Guy de Fontgalland, ange missionnaire, qui avez souhaité, avant l'âge de raison, imiter Jésus en tout, jusqu'à retirer vos gants puisqu'Il n'en portait pas, qui avez désiré L'aimer toujours plus que tout et résolu, pour le prouver, de tout quitter pour Lui et devenir son prêtre. Vous qui avez regretté de ne pas connaître le latin pour mieux suivre la messe, qui avez imaginé fabriquer un avion pour évangéliser le monde et qui avez suscité tant de conversions et de vocations, depuis que Jésus fit de vous son Ange, donnez-moi une semblable confiance en la Sainte Église.

 

Notre Père... Je vous salue Marie...


Cinquième jour

 

O Guy de Fontgalland, Garçon loyal et franc, qui avez refusé le moindre mensonge, au point de révéler de vous-même vos fautes et de faire la leçon aux petits et aux grands, mais qui avez refusé aussi de dénoncer les autres ou même d'en dire du mal et qui avez gardé le secret de votre fin prochaine pour ne pas attrister vos proches, donnez-moi un tel esprit de vérité qui distingue celle qui ne fait pas plaisir de celle qui fait mal.

 

Notre Père... Je vous salue Marie...


Sixième jour


O Guy de Fontgalland, petit serviteur de Dieu, qui avez accepté de mourir jeune pour mieux vous unir à Lui, répondant à son annonciation par un simple « oui », que vous trouvez le plus beau mot qu'on puisse dire à Dieu, et qui avez attendu l'agonie et affronté la mort avec l'espérance de joyeuses retrouvailles. Vous qui vous êtes détaché des choses de ce monde, qui vous émerveillait pourtant à l'exemple de votre savant aïeul, pour vous évader en Jésus dans le paradis, inspirez-moi un pareil abandon à sa volonté.

 

Notre Père... Je vous salue Marie...


Septième jour


Cher petit Guy, qui avait suivi précocement la petite voie de Thérèse sur laquelle son parfum de sainteté guida vos pas, et qui avez gravi à genoux le chemin de Croix de la grotte de Lourdes où votre Maman du Ciel promit de vous emmener là-haut tout droit. Vous qui avez détesté qu'on vous remarque pour n'être regardé que par Dieu et qui avez combattu la prétention par la simplicité et la colère par la douceur, faites-moi suivre vos traces sur le chemin de l'humilité.

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

 

Huitième jour


O Guy de Fontgalland, fils très aimant de Notre-Dame, qui avez eu le péché en horreur parce que c'est à cause de lui que Jésus a tant souffert pour nous et sa Mère tant pleuré, qui avez souffert volontiers par amour de Lui et qui avez promis à votre mère de lui envoyer du Ciel des croix qu'elle devrait pareillement supporter, enseignez-moi le sacrifice.


Notre Père... Je vous salue Marie...


Neuvième jour

 

O Guy de Fontgalland, ange de Jésus, qui avez vécu dans son intimité dès votre plus jeune âge et causé avec Lui comme à un ami, que vous avez écouté et savouré, soyez mon messager. Vous qui avez protégé les plus faibles sans vous défendre vous-même, qui avez été souvent incompris et parfois moqué et qui avez pardonné sans garder rancune, soyez mon ange-gardien.

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

 

Prière pour obtenir la béatification de Guy de Fontgalland


Seigneur, qui êtes Vous-Même, la gloire et la récompense de Vos serviteurs, Faites-nous la Grâce de tout espérer de Votre bonté et de l'intercession efficace de Celui dont Vous avez fait un de Vos Anges au Ciel, le petit Guy de Fontgalland. Accordez-nous la (grâce ou la guérison) que nous le supplions de demander pour nous, Afin que nous puissions, comblés de Vos dons, Vous louer de tout notre cœur, Et Vous bénir le reste de nos jours. Glorifiez-Vous, Ô Père infiniment bon, en Glorifiant cet enfant afin que la Sainte Église puisse un jour nous donner comme Modèle ce tout petit communiant de 7 ans. Nous Vous en prions par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.


Prières extrait du site: http//lepeupledelapaix.forumactif.com

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16 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Dix-septième jour

Les instruments de la Passion sur la poitrine de la Sainte Vierge

 

L'apparition de la Salette étant la reproduction du Calvaire, Marie ne veut rien oublier de tout ce qui a eu quelque part au crucifiement de Jésus; et voilà pourquoi nous trouvons sur son cœur, après la croix, tous les instruments de la passion représentés par les deux principaux, les tenailles et le marteau: A droite de la croix, disent les enfants, étaient les tenailles, à gauche, un marteau. En vérité, plus on considère l'auguste image de Marie, plus on s'étonne des symboles de son apparition: la Sainte Vierge ne s'était jamais montrée sous de tels emblèmes, et ces instruments ont quelque chose d'étrange sur sa poitrine. Cependant on peut aisément et tout d'abord les comprendre : nous l'avons dit hier, la sympathie de nature mène à la communauté de douleurs; c'est en vertu de ce mystère de l'amour, que si la Mère de Dieu n'a pas aidé son Fils à porter au Calvaire les instruments de sa passion. Elle n'en a pas moins senti en son cœur de Mère, tout le poids et toute la douleur: aussi les coups de ce terrible marteau ne sont pas encore apaisés, après dix-huit siècles; ils continuent à retentir dans son âme sur la montagne de la Salette; et cet autre instrument qui déchira le corps de Jésus, déchire encore profondément ses entrailles maternelles!... Faut-il donc s'étonner que ces instruments, qui ont fait souffrir si cruellement son être tout entier, se soient gravés à jamais sur sa poitrine?... Autre considération: auprès de toutes les cours de la terre, une haute convenance conserve, dans les trésors de la couronne, des diamants, des joyaux, des parures, pour le seul usage des reines: et une noble coutume veut que les reines ne se montrent au monde que parées de ces richesses royales, venues de la main de leurs aïeux, ou de la munificence de leurs peuples: or, Marie est Reine, et la première des reines, ayant pour humbles servantes toutes les reines de la terre; en l'année mil huit cent quarante-six du règne de son Fils, Elle médite et va réaliser une apparition devant son peuple: anges, ministres ordinaires de sa cour, vierges, qui faites toujours cortège à ses pas, préparez le vêtement d'honneur, la parure royale de la grande Reine!... Mais où sont ce vêtement, cette parure? Ah! reposez-vous ici de toute sollicitude ; Marie y a pourvu Elle-même: après l'ensevelissement de son Fils au Calvaire, Elle a revu ces lieux de son supplice, Elle a recueilli tous les instruments qui ont servi à le crucifier; Elle en a fait, dans les trésors du ciel, les joyaux, les diamants de la couronne de la Reine du monde; et de parure, Elle n'en aura pas d'autre dans les grandes apparitions, quand il faudra parler à son peuple, pourvoir à son salut, et toucher son cœur!... Considérons enfin, pour entrer mieux encore dans la pensée de la Vierge des Alpes, que nulle parure n'était plus propre au succès de sa mission. Les hommes avaient violé toutes les lois religieuses, et Dieu était irrité de ces mépris de dix-huit siècles: il s'agissait d'arrêter le péché et d'apaiser la justice divine ; le message de la Salette était donc un message de paix et de réconciliation: or, Marie présentant sur sa poitrine, au ciel, les trophées de la grande miséricorde du Calvaire; au monde, les instruments de sa rédemption: quel spectacle pouvait plus sûrement toucher le cœur des hommes, et désarmer la colère de Dieu?... N'était-ce pas remettre sous ses yeux, et renouveler dans son cœur cet ineffable mystère d'amour irrésistible qui l'a fait Victime auguste et Père toujours miséricordieux des pécheurs?...

 

Réflexions

 

La piété découvre un double dessein en Marie se faisant une parure d'honneur des instruments de la passion : 1° Un dessein de compassion affectueuse pour son divin Fils; 2° Un dessein de mortification et de crucifiement de nous-mêmes. 1° Compatir, c'est souffrir avec quelqu'un; c'est mêler ses larmes aux siennes, confondre deux douleurs dans un seul cœur. Marie a toujours partagé les souffrances de son Fils; silencieuse, d'une noble amertume, au Calvaire, Elle pleure devant son supplice renouvelé sur la nouvelle montagne: Elle était pleine d'angoisses, la très-douce Mère: qui pourrait contempler, sans une profonde tristesse, cette tendre Mère, gémissant et désolée, en voyant les tourments de son divin Fils? A l'exemple de la divine Mère, il faut compatir aux souffrances de Jésus: est-il, parmi les hommes dont l'exil est cependant si amer et si triste, une douleur comparable à ses douleurs? Contemplez Jésus crucifié: sa tête est couronnée d'épines; le sang coule, remplissant ses yeux et couvrant son visage... Ses lèvres sont brûlantes et desséchées... Ses épaules sont meurtries, ses os disloqués; on les peut compter un à un... Il n'y a partout, en un mot, dans ce corps adorable, que meurtrissures et plaies sanglantes... Le prophète l'avait annoncé, et la prophétie est bien accomplie: Nous l'avons vu, dit-il, mais ce n'était plus lui; il était défiguré, comme un homme couvert de lèpre, humilié et frappé de Dieu. O insondables abîmes de la passion! ô infinité de l'amour divin! ô mystères de la douleur! qui pourrait de vous parler dignement? Vous, ô Notre Dame de la Salette, parce que vous n'avez pu renouveler à nos yeux le spectacle de ces extrémités de la souffrance qu'en descendant, à la suite de l'auguste Victime, dans toutes les profondeurs ineffables de la passion! Pleurons donc amèrement aujourd'hui, compatissons à ses douleurs, car, ces grandes blessures, le très-doux Agneau ne les a reçues que de la part de ceux qui avaient tant de raisons de l'aimer. 2° Les instruments de la passion nous prêchent en second lieu la mortification et le crucifiement de nous-mêmes: « Je complète en moi, dit l'apôtre saint Paul, ce qui manque à la passion du Christ ». Quel est le sens de cette parole? Manquait-il donc quelque genre de torture au crucifiement de Jésus ? Non, rien n'a manqué au Calvaire: notre chef auguste a tout souffert, l'agonie et ses défaillances, les mépris injurieux du prétoire, les verges cruelles de la flagellation, les clous aigus, le fiel amer, le martyre de chacun des instruments de sa mort: mais nous sommes, nous, les membres de cette auguste Victime; nous devons souffrir, être crucifiés avec Elle; l'union de la douleur, la participation à ses souffrances, est le feu mystique, qui passant dans nos corps, complète ce qui manque à la passion de Jésus-Christ. Or, nous voici aujourd'hui au sommet des Alpes, sur la montagne de Marie, le Calvaire de la loi nouvelle: prenons donc nos mains et nos pieds, et attachons-les à la croix, avec les mains et les pieds de Jésus; posons sur notre tête orgueilleuse une couronne d'épines: que nos oreilles, trop avides de louanges, entendent désormais sans frémir l'outrage et l'injure; et d'un cœur brisé par le repentir, comme le fut par la douleur celui de Jésus, disons à Dieu: O doux Sauveur, je l'ai bien mérité... Vous étiez innocent, et je suis coupable !

 

Pratique : Méditer aujourd'hui les tourments de la passion. Supplier la Sainte Vierge d'imprimer bien avant dans nos âmes, les plaies de son divin Fils; compatir et pleurer,en union avec Jésus-Christ et Marie, et en leur société sainte, chaque jour et tant que nous vivrons.

 

Mort édifiante d'une petite fille âgée de 7 ans, racontée par le curé de la paroisse

(Lettre à Monsieur le Supérieur de la Salette, en 1859)

 

L'année dernière, la chère petite Marie avait entendu, avec bonheur, faire le récit de mon pèlerinage à la sainte Montagne. Ce récit l'avait initiée à la dévotion envers Notre-Dame de la Salette qu'elle aimait comme sa patronne. La joie de cette enfant lut à son comble, lorsqu'elle apprit qu'un missionnaire allait venir prêcher l'établissement d'une confrérie en l'honneur de Notre-Dame Réconciliatrice. Mais Dieu la soumit à une rude épreuve: elle tomba malade le jour même de l'arrivée du prédicateur, et il fallut renoncer au plaisir d'aller, le soir, entendre le récit de l'apparition. Marie demeurait toute seule avec sa grand mère, à qui ses parents l'avaient confiée. Ne voulant point que sa grand mère fût privée à cause d'elle du bonheur d'aller entendre de si belles choses, elle la pria de la laisser seule, et d'aller assister au sermon qu'elle écouterait bien, afin de pouvoir lui répéter à son retour tout ce qu'on aurait dit. Malgré l'obscurité de la nuit, malgré le mal dont elle souffrait, malgré son jeune âge, car elle n'avait que six ans et demi, la petite Marie resta seule, sous la protection de Notre Dame de la Salette qu'elle avait établie sa gardienne. Il semble que Notre Dame de la Salette avait choisi cette enfant pour en faire le modèle de sa dévotion. Dès l'âge le plus tendre, cette admirable jeune fille avait demandé à Dieu la grâce de mourir à sept ans, afin de ne pas l'offenser et d'aller tout droit au ciel. Chose extraordinaire, elle tomba malade le jour même qu'elle atteignait sa septième année, pour mourir quelques jours après, le jour anniversaire de son baptême. Les détails de ses derniers moments nous la montrent tout entière à Dieu et à Notre Dame de la Salette. Sa maladie était une angine. Dès le commencement, les bonnes sœurs, dont elle était, à juste titre, l'élève de prédilection, lui avaient apporté un groupe de l'apparition, afin que la vue de cette sainte image l'encourageât à subir les traitements douloureux auxquels elle était soumise. Marie trouva, en effet, dans la contemplation de sa statue, une résignation et un courage qui étaient au-dessus de son âge. Pour la récompenser, on lui fit don d'une statue semblable, mais plus petite, qui est restée dans ses mains jusqu'au moment de sa mort. Le courage de cette enfant était véritablement héroïque. Avant de prendre les potions amères qui lui étaient prescrites, elle faisait le signe de la croix et récitait l'invocation à Notre Dame de la Salette. Lorsqu'elle se sentait très-mal, elle demandait un peu d'eau de la fontaine miraculeuse, et montrant sa statuette: « C'est celle-là qui me guérira, disait-elle, je n'ai pas besoin de médecins, ils peuvent bien s'en aller ». Le soir qui précéda sa mort, à onze heures, la petite malade appela sa mère, en lui disant: « Maman, lève-toi, il est temps », et une demi heure après, l'agonie commençait. Sur ses instances, on alla chercher M. le curé qui fut trouvé absent. M. l'abbé de Leudeville dut à cette circonstance d'avoir sous les yeux le plus touchant des spectacles, celui d'une jeune fille innocente qui ne veut pas mourir sans avoir reçu les sacrements. En attendant l'arrivée du prêtre, la petite mourante jouissait des visions les plus consolantes. Elle voyait la Sainte Vierge et l'Enfant Jésus escortés d'enfants et d'âmes pieuses qui formaient une belle procession à laquelle venaient aussi se mêler de blanches et magnifiques colombes. L'enfant demanda ensuite qu'on lui récitât les litanies de Notre Dame de la Salette. M. l'abbé se rendit à son pieux désir et les récita à haute voix; elle recueillit toutes ses forces et répondit à cette prière avec une piété que n'oublieront jamais les personnes qui ont eu le bonheur de la voir. Après avoir fait sa petite confession d'une voix assez forte, Marie voulut faire la distribution de tout ce qui lui appartenait. Elle se dépouilla même de sa chère statue de Notre-Dame de la Salette qu'elle donna à sa grand mère, avec prière de la laisser à sa petite mère quand elle mourrait. La grand mère remit cette statue entre les mains de la petite malade; mais celle-ci, tout heureuse de la toucher encore, ne la regarda plus comme sa propriété. Marie donna ensuite le peu d'argent qu'elle avait à Notre Dame de la Salette, qu'elle fit ainsi son héritière. Ainsi dépouillée de tout, la petite agonisante ne songea plus qu'à bien mourir. Le matin après la sainte messe qui fut dite pour elle, elle reçut le sacrement de l'Extrême-Onction. On aurait dit qu'elle n'attendait plus que cette dernière grâce pour rendre doucement sa belle âme à Dieu, dans les bras de Notre Dame de la Salette. C'était précisément le jour anniversaire de son baptême. (Leudeville, Seine-et-Oise, Annales de Notre Dame de la Salette).

 

Prière

 

O Marie, la statuaire et la peinture vous représentent d'ordinaire environnée de lys, ou couronnée de roses; et vous êtes admirablement belle, sous tous ces symboles de votre gloire et de vos vertus. Mais que l'on ne me dise pas non plus que vous n'êtes pas belle, ô ma Mère, couverte des instruments de la passion de votre Fils. Saint Augustin affirme que votre Jésus ne lui a jamais paru plus beau que sous les coups de la flagellation, qui changea son corps en une seule plaie et une grande blessure: à l'exemple du saint docteur, je proclame que vous n'avez jamais été plus belle que sons la parure royale de la croix, des tenailles et du marteau de la passion! L'Ecriture dit bien de vous, que les étoiles sont au ciel votre couronne, et la lumière votre vêtement; mais cette beauté matérielle ne vaut pas le reflet de beauté divine qui s'échappe de votre corps, sous les instruments du supplice de votre Fils: aussi, ces instruments sacrés, je les vénère aujourd'hui, à genoux au pied de votre montagne; je les baise sur votre poitrine; et il me semble qu'à leur contact régénérateur, il me vient de chacun d'eux, un courage, une confiance qui, embaumant mon âme de tous les parfums rédempteurs de la croix, lui font respirer d'avance l'air pur du ciel, dont vous nous obtiendrez, ô bonne Mère, la possession et la gloire. Ainsi soit-il.

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22 mars 2011

Le Serviteur de Dieu Francesco Convertini

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Le Serviteur de Dieu Francesco Convertini

Salésien de Don Bosco

1898-1976

 

Francesco est né dans le quartier Marinelli près de Cisternino (Brindisi) le 29 août 1898. Pendant la 1ère guerre mondiale, il fut appelé sous les drapeaux; son capitaine en fit son aide de camp et le traita comme un fils. Il fut blessé au combat, fait prisonnier et emmené en Hongrie. Rentré au pays, il répondit « oui » à l`appel du Seigneur, qui s'était manifesté à lui par l'intermédiaire de don Amadei et de la communauté « Cagliero » d'Ivrea. Il partit de Gênes pour l`Inde, muni de la croix missionnaire reçue des mains de don Rinaldi. Novice de don Ferrando, disciple de don Mathias et de don Vendrame, il se distingua par un zèle apostolique exceptionnel. Intellectuellement parlant, on ne pouvait pas être moins doué que François Convertini: c'est à grand peine qu'il put achever ses études de philosophie et de théologie: c'est notre Curé d'Ars! Sa maîtrise de la langue bengali fut toujours loin d'être parfaite. Malgré cela, personne à Krishnagar n'eut autant d'amis, autant de fils spirituels, aussi bien parmi les ignorants que les gens instruits, autant parmi les riches que parmi les pauvres. Il était le seul missionnaire autorisé à pénétrer dans une maison hindoue au-delà de la pièce d'entrée. Il était continuellement en chemin, allant d'un village à l'autre. Ses moyens de transport étaient le cheval et le vélo. Mais il préférait aller à pied, sac au dos: il pouvait ainsi rencontrer les gens et leur parler du Christ. Il se consacrait indistinctement à tous: musulmans, hindous, chrétiens... et tous l'aimaient et le vénéraient comme un Maître de vie intérieure, possédant en abondance la « sagesse du cœur ». Sa renommée de sainteté commença de son vivant, non seulement en raison de son dévouement héroïque pour les âmes, mais aussi à cause de faits mystérieux qu'on racontait à son sujet. Il mourut le 11 février 1976, en la fête de Notre Dame de Lourdes, en murmurant: « Ma mère, je n'ai jamais rien fait qui te déplaise pendant ma vie. Maintenant, viens à mon aide! » Sa dépouille fut exposée à la cathédrale, où a défilé une multitude de gens de toute race et de toute religion. Aujourd'hui, elle repose dans le jardin adjacent à la cathédrale de Krishnagar. Sa cause de béatification a été ouverte le 12 décembre 1997.

 

Prière pour obtenir des grâces par l'intercession de Francesco Convertini

 

O Seigneur, qui avez donné à Votre serviteur, Francesco Convertini, un cœur détaché des biens terrestres, et qui l'avez enflammé d'une ardente charité, pour les plus pauvres, accordez-nous d'imiter ses vertus et accordez-nous la grâce... que nous demandons avec foi par son intercession. Amen.

 

Pour plus d'informations et relations de grâces

 

Direzione Generale Opere Don Bosco

Via della Pisana 1111

Casella Postale 18333

00163 Roma


www.padrefrancescoconvertini.com

padrefrancescoconvertini@yahoo.it

 

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20 mars 2011

Litanies de Saint Job

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Le Saint Patriarche Job

Saint Patron des âmes affligées

+ 1500 ans avant Jésus-Christ

Fête le 10 mai


Le patriarche Job naquit dans la terre de Hus, pays situé entre l'Idumée et l'Arabie, vers l'an 1700 avant Jésus-Christ. Il était un modèle de vertus, craignant Dieu, élevant ses enfants dans la piété. Le Seigneur, qui se plaisait lui-même à rendre témoignage de la sainteté de son serviteur, permit au démon de lui faire subir les épreuves les plus terribles, à condition qu'il lui laisserait la vie sauve. Aussitôt toute sa fortune, qui était considérable, disparaît ses enfants périssent écrasés sous les ruines d'une maison, et ces tristes nouvelles lui sont apportées l'une après l'autre, sans le moindre intervalle. A chacune, Job se contente de répondre : « Dieu me les avait donnés, Dieu me les a ôtés, il n'est arrivé que ce qui lui a plu que son saint nom soit béni ». Le démon, vaincu par cette patience héroïque, l'affligea dans son corps en lui envoyant une lèpre hideuse, qui l'infecta de la tête aux pieds. Job, repoussé de la société de ses semblables, se vit réduit à se confiner sur un fumier, et à racler avec un morceau de pot cassé le pus qui sortait de ses plaies. Sa femme, la seule personne de sa famille que le démon lui avait laissée, vint ajouter à ses maux en lui reprochant sa piété, qui ne lui avait servi de rien, et en insultant à son infortune. Job, pour tonte réponse, lui dit : « Puisque nous avons reçu des biens de la main de Dieu, pourquoi n'en recevrions-nous pas aussi des maux? »

 

Trois de ses amis vinrent le visiter et furent pour lui des consolateurs d'autant plus importuns, qu'ils confondaient les maux quête Seigneur envoie aux justes pour les éprouver avec ceux qu'il inflige aux méchants pour les punir, et ils s'efforcèrent de lui prouver que s'il souffrait, c'est qu'il l'avait mérité. Job se justifie avec calme et modération, et Dieu lui-même prend en main la cause de son serviteur, fait éclater son innocence, lui rend d'autres enfants, des biens plus qu'il n'en avait perdus, et le guérit de sa lèpre. Après une longue carrière, il mourut vers l'an 1500 avant Jésus-Christ, âgé de plus de deux siècles. Quelques auteurs ont prétendu que Job était un personnage imaginaire, et que le livre qui porte son nom était moins une histoire qu'une fiction mais cette opinion est contredite par l'autorité d'Ezéchiel et de Tobie, qui parlent de lui comme d'un personnage qui a réellement existé l'apôtre saint Jacques, qui le propose comme un modèle de patience, combat aussi ce sentiment qui a contre lui toute la tradition, tant celle des Juifs que des Chrétiens. Le livre de Job est écrit en vers dans l'original aussi est-il étincelant de beautés poétiques du premier ordre.

 

Tombeau et culte de Saint Job


Personne (hors ceux qui ont voulu prendre Job pour un personnage parabolique) n'a douté qu'il n'eût été enterré dans son pays; mais tout le monde n'a point été d'accord touchant ce qui est arrivé à son corps. Entre ceux qui estiment que jamais il ne fut remué du lieu de la sépulture, quelques-uns prétendent que son tombeau s'est conservé jusqu'en ces derniers siècles aux extrémités de l'Idumée, où ils mettent la terre de Hus, près de Bosra, ville de l'Arabie Pétrée, et où s'étendait autrefois le partage de la tribu de Manassès. L'on montre encore aux voyageurs et aux pèlerins de notre temps une pyramide que l'on dit avoir été érigée près de ce tombeau, pour y servir de monument à la postérité, selon que les anciens avaient coutume d'en user. D'autres ont prétendu que l'on avait transporté son corps à Constantinople. Il est vrai que l'on voyait en cette ville, dans le 6e siècle, une église et un monastère du nom de Job, dont les archimandrites ou abbés le faisaient considérer par leur mérite mais l'histoire ne dit pas que les reliques de Job aient donné lieu à la construction de ces édifices. Aussi cette opinion de la translation du corps de Job à Constantinople semble être fondée sur une erreur qui, dans les siècles postérieurs, a fait prendre pour le saint homme Job un sarrasin ou arabe de ce nom, mahométan de religion, qui fut tué au siège de Constantinople l'an 672, et qui fut enterré au pied des murailles de la ville. C'est du tombeau de ce dernier qu'est venu le nom d'un faubourg de Constantinople, appelé Job, plutôt que du monastère du saint homme Job, quoique les Turcs aussi bien que les Chrétiens du quartier se soient laissé persuader du contraire.


Les prétentions de ceux de l'Occident sur les reliques de Job ne paraissent pas avoir plus de fondement. Ceux qui veulent qu'elles fussent à Rome dès le VIe siècle, ont négligé de nous dire quand et comment elles y étaient venues. Ils n'ont avancé cela que pour avoir le plaisir de feindre que Rotharis, roi des Lombards, qui régna depuis 638 jusqu'en 653, fit transporter de Rome à Pavie les corps de Job, des deux Tobies, de la jeune Sara et de beaucoup d'autres Martyrs de la loi nouvelle. On les déposa, dit-on, dans l'église de Saint-Jean-Baptiste, et elles furent exposées à la vénération publique dans la chapelle de Saint-Raphaël, archange, où elles demeurèrent jusqu'à ce qu'elles furent furtivement enlevées, sans que l'on eût pu savoir dans la suite ce qu'en firent les voleurs. Leur intention était de dérober de véritables reliques et de nuire à ceux qui les croyaient telles, et qui les honoraient de bonne foi. De sorte que ce ne serait rien diminuer de l'énormité de leur sacrilège de nous apprendre, que c'étaient toutes fausses reliques, que jamais on ne vit à Rome les os ni de Job ni des deux Tobie, et que de plus, il est faux que le roi Rotharis ait jamais rapporté des reliques de Rome, qu'on lui aurait données par reconnaissance, comme on le dit, pour avoir secouru et délivré la ville des Barbares ce qui est une autre fiction, capable de faire rire ceux qui savent que les rois lombards n'ont jamais fait que du mal à la ville de Rome.


Outre le tombeau de Job qu'Alfonse Tostat, évoque d'Avila, disait subsister encore de son temps près du Jourdain, être toujours visité avec une grande dévotion par les peuples, il semble que son fumier fut respecté aussi comme les reliques, au moins du temps de saint Chrysostome. S'il faut prendre littéralement et sans figure ce que ce Père a dit au peuple d'Antioche, on sera obligé de reconnaître que ce fumier, tout autrement précieux que le trône des rois et le lit des reines, attirait en Arabie une innnité de pèlerins d'au-delà des mers et des extrémités de la terre, pour voir ce théâtre des combats et de la patience victorieuse du saint homme, et en tirer des instructions.


Entre les saints personnages qui ont paru devant et après Jésus-Christ, l'Eglise n'en connaît guère qui ait mérité plus de culte et de vénération que Job, qui a eu l'avantage d'être Saint dans tous les états de sa vie, dans le repos et la prospérité, de même que dans les calamités et les douleurs, selon le témoignage de Dieu même qui voulut le faire éprouver par Satan, c'est-à-dire par l'ennemi du genre humain, le seul qui osa contester cette sainteté dans l'Ecriture. Il est représenté dans Ezéchiel comme un ami de Dieu, capable d'intercéder pour les autres, jusqu'à faire de lui comme de Noé et de Daniel une espèce de. proverbe, pour dire que quand il se trouverait parmi les pécheurs et les impies des justes aussi saints que ces trois, ils n'empêcheraient pas que Dieu punît le péché des antres dans sa colère, mais que leur justice leur servirait à se sauver eux-mêmes. Job avait déjà été reçu intercesseur de son vivant auprès de Dieu pour ses trois amis. Outre qu'il est proposé dans le livre de Tobie comme un modèle de la patience sanctifiante. Il semble que l'apôtre saint Jacques ait voulu le canoniser encore dans son Epitre « Vous voyez, dit-il, que nous appelons les prophètes Bienheureux de ce qu'ils ont tant souffert vous avez appris quelle a été la patience de Job, et vous avez vu la fin dont le Seigneur l'a couronnée ».


L'Eglise fait profession d'honorer Job comme un prophète, comme un Martyr, et comme le type ou la figure de Jésus-Christ, d'autant plus parfaite qu'il a joint les souffrances avec l'innocence. C'est ce que l'on trouve expliqué par les saints Pères, avec autant d'étendue et de variété que pouvait le demander l'importance de sujet, pour former des modèles à tous les fidèles. Les Grecs et les Orientaux ont choisi le sixième jour de mai pour faire la fête de Job dans leurs églises ce qui se pratique aussi chez les chrétiens d'Arabie, d'Egypte et d'Ethiopie, chez les Russes ou les Moscovites et les autres peuples qui se gouvernent sur le rit des Grecs. Les Latins ont mieux aimé assigner son culte au dix du même mois. C'est le premier des Saints de l'Ancien Testament, après les frères Macchabées, martyrs, à qui l'Eglise d'Occident ait entrepris de décerner publiquement ces honneurs religieux. Les anciens martyrologes du nom de saint Jérôme se servent des termes de jour natal et de déposition, mais qui ne signifient rien ici. Ils donnent à Job la qualité de prophète ce qui a été observé dans les suivants, depuis ceux d'Adon et d'Usuarj) jusqu'au romain moderne. Saint Chrysostome lui avait déjà attribué celle de Martyr, comme ont fait d'autres encore depuis. Quelques autres martyrologes ne le marquent qu'au onze du même mois. Un calendrier Julien le met au neuf. Et il est remarquable que toutes les églises de la terre se sont accordées à le mettre dans le même mois, et dans l'espace de six jours; ce qui ne se trouve guère en ceux qui ont un culte étendu en Orient et en Occident.

 

Nous ne connaissons point de Saints parmi les Prophètes et les autres justes qui ont précédé Jésus-Christ en l'honneur de qui on ait dressé des églises et des chapelles en plus grand nombre. On en voit en Italie plus qu'en aucun autre pays des Latins. Son office est de rit semi-double à Venise et par tout le diocèse, de même que celui do prophète Jérémie. On solennise sa fête comme celle des plus célèbres d'entre les saints vends depuis Jésus-Christ, dans plusieurs villes de Lombardie, de Toscane, de l'Etat ecclésiastique de Rome. Il y est devenu le patron d'un nombre prodigieux d'hôpitaux. Les malades de diverses espèces, principalement ceux qui étaient attaqués de la lèpre, de la ladrerie, de la galle et de la vérole en Italie, se sont mis sous sa protection particulière pour obtenir ou leur guérison, ou le don de la patience qui leur est nécessaire, par son intercession. Outre son office public reçu et approuvé de l'Eglise, il y avait une messe votive du bienheureux Job contre le mal de Naples, que les Italiens ont mieux aimé appeler mat français. Quoiqu'elle se trouvât dans les missels, principalement dans le romain, le bienheureux pape Pie V ne laissa point de la supprimer et de l'interdire, mais sans nuire au culte du bienheureux Job dans les lieux où il se trouvait établi. Cette messe propre fut rétablie néanmoins dans le siècle suivant pour les églises d'Espagne, où l'on est travaillé plus qu'ailleurs du mal des écrouelles, qui sont comprises parmi les espèces contre lesquelles on réclame l'intercession de Job. C'est ce qui se fit par l'autorité du Saint-Siége, et qui se renouvela en dernier lieu sous le pape Clément IX. La contestation survenue à Rome sous Innocent XI, en 1680, à l'occasion de la chapelle d'un hôpital que l'on voulait dédier sous le nom du bienheureux Job, dans la ville d'Albano, n'a servi qu'à autoriser davantage son culte.

 

La France et les Pays-Bas ont admis aussi le culte publie de Job, quoiqu'avec moins d'étendue et moins d'éclat peut-être que l'Italie et l'Espagne. On y voit des tableaux consacrés sur une infinité d'autels, surtout dans les hôpitaux. Le cardinal de Bérulle ayant dressé un calendrier et un bréviaire pour la Congrégation de l'Oratoire, qu'il avait fondée en France, fit composer un office de rit semi-double avec la messe pour le jour de la fête de Job, au dix de mai. Il le publia et le fit observer par l'autorité du Siège apostolique, et la permission expresse des évêques du royaume, après que l'affaire eut été longtemps examinée, débattue, et confirmée en diverses assemblées et chapitres généraux. On représente naturellement le saint homme Job couché sur son fumier et couvert d'ulcères; son image se multiplia surtout au XVIe siècle, où l'usage de l'invoquer contre le mal vénérien fut peut-être. répandu par le souvenir de ces paroles de l'Ecriture : « Le diable le frappa d'un ulcère malin ». (Job, 2: 7). Outre les lépreux et les syphilitiques, le saint homme Job a pour clients les gens mélancoliques et accablés de chagrin sans doute à cause du peu de consolation que sa femme et ses amis apportèrent à ses peines.

 

Texte extrait des Petits Bollandistes volume 5, Abbé Guérin, 1876

 

Culte de Saint Job

 

Vraisemblablement en souvenir de ses souffrances et en hommage à son stoïcisme, Job est appelé pour guérir les maladies de la peau, notamment l'eczéma. Dans la Manche (France), il est invoqué à Cambernon (Canton de Coutances), où sa statue, de facture assez récente est honorée. Les pèlerins viennent individuellement. Ils inscrivent leurs demande de messe sur un registre, allument un cierge, disent une prière et peuvent se procurer une médaille. Saint Job fait également l'objet d'un culte dans l'Eure, à Verneuil sur Avre, dans une chapelle qui lui est consacrée dans l'ancienne paroisse de Poëlay, aujourd'hui rattachée à Verneuil. Des malades laissent des morceaux de tissu, témoignage de la vocation dermatologique du Saint. Cette chapelle, récemment restaurée, est très régulièrement entretenue.

 

Texte extrait du livre « Les Saints qui guérissent en Normandie », Hippolyte Gancel, Ed. Ouest France

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Litanies de Saint Job

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, écoutez-nous.

Christ, exaucez-nous.

Père Céleste, vrai Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, Rédempteur du monde, vrai Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint, vrai Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous.

Reine des Prophètes, priez pour nous.

Reine des Confesseurs, priez pour nous.

Saint Job, fidèle serviteur de Dieu, priez pour nous.

Saint Job, homme selon le Cœur de Dieu, priez pour nous.

Saint Job, exemple de simplicité et de droiture, priez pour nous.

Saint Job, toujours juste et fidèle, priez pour nous.

Saint Job, homme chaste et humble, priez pour nous.

Saint Job, toujours soumis à la Volonté Divine, priez pour nous.

Saint Job, modeste et craignant Dieu dans la prospérité, priez pour nous.

Saint Job, patient et soumis dans les tribulations, priez pour nous.

Saint Job, éprouvé fortement par le Seigneur, priez pour nous.

Saint Job, homme de douleurs, priez pour nous.

Saint Job, couvert de plaies et d'ulcères, priez pour nous.

Saint Job, exemple de patience, priez pour nous.

Saint Job, exemple pour tous ceux qui souffrent, priez pour nous.

Saint Job, triomphateur du démon, priez pour nous.

Saint Job, miroir des riches, priez pour nous.

Saint Job, exemple des pauvres, priez pour nous.

Saint Job, miroir des personnes mariées, priez pour nous.

Saint Job, exemple des parents, priez pour nous.

Saint Job, exemple pour tous, priez pour nous.

Saint Job, consolateur des cœurs affligés, priez pour nous.

Saint Job, patron de ceux qui souffrent, priez pour nous.

Saint Job, soutien des faibles, priez pour nous.

Saint Job, secours des malheureux, priez pour nous.

Saint Job, puissant médiateur auprès de Dieu, priez pour nous.

Saint Job, puissant patron dans toutes les peines et les souffrances, priez pour nous.

Saint Job, puissant protecteur du peuple de Dieu, priez pour nous.

 

Saint Job, venez à notre secours.

Saint Job, priez Dieu pour nous.

 

Afin que nous imitions votre amour envers Dieu et envers le prochain, Saint Job, priez Dieu pour nous.

Afin que nous soyons justes, simples et chastes dans toutes nos actions, Saint Job, priez Dieu pour nous.

Afin que nous conformions toujours notre volonté à celle de Dieu, Saint Job, priez Dieu pour nous.

Afin que nous aimions Dieu dans les épreuves comme dans la prospérité, Saint Job, priez Dieu pour nous.

Afin que la prospérité ne nous rende pas orgueilleux et ne nous fasse jamais oublier la Sainte Loi de Dieu, Saint Job, priez Dieu pour nous.

Afin que nulle peine ou souffrance ne soit capable de nous faire perdre l'amour de Dieu, Saint Job, priez Dieu pour nous.

Afin que nous soyons dans toutes nos souffrances, Saint Job, priez Dieu pour nous.

Afin que nous obtenions le pardon de nos péchés et la délivrance de nos maux, Saint Job, priez Dieu pour nous.

Afin que Dieu nous préserve de tous fléaux et maladies, Saint Job, priez Dieu pour nous.

Afin que nous puissions toujours goûter les consolations et le secours du Seigneur, Saint Job, priez Dieu pour nous.

Afin que, après une vie chrétienne, nous puissions mourir de la mort des justes, Saint Job, priez Dieu pour nous.

 

Dans toutes nos souffrances et nos peines, Saint Job, secourez-nous.

Dans toutes les maladies et au milieu des fléaux, Saint Job, venez à notre aide.

 

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

 

Saint Job, grand ami de Dieu, priez pour nous,

Afin que nous puissions être délivrés de toutes maladies et épidémies.

 

Prions

 

O Dieu qui avez orné Votre Serviteur Job des dons d'une simplicité vraie et d'une patience extraordinaire, accordez-nous, dans Votre Miséricorde, qu'imitant ses vertus, nous obtenions aussi ses récompenses. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

 

Indulgences

 

Nous accordons 100 jours d'indulgences à tous ceux qui réciteront dévotement ces Litanies en l'honneur de Saint Job.

 

Malines, le 18 avril 1842,

Englebert, Cardinal Archevêque de Malines.

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Téléchargez le texte de ces litanies (pdf) en cliquant ici

12 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

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Treizième jour

Les diverses opérations du Saint Esprit


En promettant le Saint Esprit à ses Apôtres, le divin Sauveur emploie ces expressions dans lesquelles je dois trouver aujourd'hui un beau sujet de méditation: « Moi je prierai mon Père, et il vous donnera un autre Consolateur ». Ai-je d'abord bien remarqué ces mots: « Un autre Consolateur? » Ils signifient évidemment que déjà un consolateur avait été donné aux Apôtres par le Père céleste. Or, ce Consolateur était Jésus christ lui-même. Aussi la promesse d'un consolateur nouveau est-elle faite après que le Sauveur a dit à ses disciples: « Moi je vais vers mon Père; mais je ne vous laisserai point orphelins ». C'est donc pour les consoler de son absence, après qu'il sera retourné à son Père, que Jésus christ promet aux hommes le Saint Esprit, en l'appelant un autre Consolateur. Le Saint Esprit, par son ministère, dédommagera les disciples de l'Homme-Dieu de la perte qu'ils doivent faire en étant privés de sa présence sensible. Il entre dans le plan divin que l'Eglise soit gouvernée par le Saint Esprit, et que tous les fidèles reçoivent par lui l'abondance des biens spirituels que le Fils de Dieu est venu apporter au monde par son Incarnation. Le Saint Esprit conduira les fidèles dans les voies de Dieu, il les fortifiera dans les épreuves de la vie présente, il leur inspirera le goût de Dieu, le goût de Jésus Christ, le goût du ciel. Telle est la fin de sa mission. Ici je veux entendre le grand Docteur saint Augustin. Jésus christ, nous dit ce Père de l'Eglise, fut pour les Apôtres un avocat et un intercesseur par la prière, il fut encore pour eux comme un excitateur qui les poussa dans la voie du ciel par des exhortations puissantes; enfin la présence, les actes, les discours de Jésus christ ne cessèrent jamais de soutenir le courage des Apôtres, en répandant dans leur âme l'onction divine et toujours bien douce de sa grâce. Eh bien! en annonçant qu'il va quitter la terre, en promettant aux hommes un autre Consolateur qui viendra du ciel, qui sera envoyé par Dieu le Père, le divin Maître annonce que le Saint Esprit fera tout ce qu'il a fait lui-même, et continuera jusqu'à la fin des temps à diriger, à soutenir, à consoler les fidèles pour les aider à-conquérir le ciel, et pour empêcher qu'en passant à travers les choses temporelles, ils aient le malheur d'oublier et de perdre les choses éternelles. Ainsi parle l'Eglise dans une prière qui appartient à la liturgie. Oh ! comme je désire cette opération de l'Esprit Saint dans mon âme! Seigneur Jésus, je l'espère comme un effet et une conséquence de la promesse que vous avez faite à vos Apôtres, la veille de votre mort.

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Le Saint-Esprit console les Ames en les élevant lui-même jusqu'à Dieu


Une âme qui peut sortir de la vie des sens, de la vie purement naturelle, et monter jusqu'à Dieu, trouve la source de tous les biens et de toutes les consolations. Mais par quel acte cette âme va-t-elle à Dieu, et s'élève-t-elle jusqu'à lui? On me l'a dit depuis longtemps, cet acte c'est la prière. Tous les enfants n'ont-ils pas appris que la prière est l'élévation de l'âme vers Dieu? Mais quelle est l'âme capable de cet acte, de cette élévation qui- produit l'union avec Dieu? Celle dont le Saint Esprit devient le Maître. Sans le Saint-Esprit qui vient au secours de notre faiblesse, qui crie dans nous: Père, Père, l'âme serait toujours sur la terre, attachée à la créature, incapable de parler avec Dieu. C'est le Saint Esprit, dit le grand Apôtre, qui, dans le fonds de nos cœurs, demande par des gémissements inénarrables, et opère cette action divine que les saints ont connue, et que les âmes pieuses sentent en elles-mêmes à chaque instant. O action divine, opération infiniment douce, que tu es précieuse pour moi! Comme je te désire ! En criant dans nous: « Mon Père! » le Saint Esprit nous remplit d'amour, il nous donne la confiance, il nous inspire les saints désirs; or tout cela plaide en notre faveur auprès de Dieu; d'où il suit que le Saint Esprit, seul et unique auteur de tous ces mouvements surnaturels, est véritablement notre avocat auprès de Dieu, et qu'il fait descendre dans nous, du sein éternel du Père céleste, toutes les consolations capables d'adoucir la rigueur de notre exil. Mais je veux voir cette action du Saint Esprit dans tonte sa richesse, et je l'étudie auprès d'un grand maître, l'Apôtre des nations. Et d'abord, ce qui est incontestablement vrai, d'après l'enseignement de saint Paul toujours en parfaite harmonie avec la doctrine du Sauveur, c'est que la première pensée, le premier mouvement qui remue mon âme et la porte à vouloir prier, me vient directement du Saint Esprit comme une grâce, un don parfaitement gratuit. « Vous êtes parfaitement reconnus pour être la lettre du Christ, écrite par notre ministère, non avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant; non sur des tables de pierre, mais sur les tables charnelles du cœur. Or, une telle confiance, nous l'avons en Dieu par le Christ, non que nous soyons suffisants pour former aucune pensée par nous-mêmes, comme de nous; mais notre suffisance vient de Dieu ». Voilà une première vérité qui nous montre notre effroyable misère, et, en même temps, la nécessité du secours, de l'aide qui nous vient par le Saint Esprit.


En second lieu, il n'est pas moins certain que par nous-mêmes nous ne saurions jamais parler à Dieu, ni lui demander quoi que ce soit d'une manière efficace. J'ai vu, il n'y a qu'un moment, cette vérité clairement enseignée par le divin Sauveur, quand il dit: « Le Saint Esprit viendra dans vous ». Mais cet enseignement qui écrase l'orgueil est, d'un autre côté, bien consolant pour moi; car enfin,n'est-il pas doux de penser que si je veux m'approcher de Dieu, c'est le Saint Esprit qui me pousse, qui m'invite et qui m'encourage? N'est-il pas doux encore de savoir que je n'ai qu'à abandonner au Saint Esprit la direction de ma prière, puisque lui seul est capable de dicter à l'âme docile les choses que cette âme doit dire à Dieu? Mais il y a dans ce que m'apprend le grand Apôtre une parole sur laquelle je veux m'arrêter davantage. Saint Paul dit: « Le Saint-Esprit demande par des gémissements ineffables »; quel est donc le vrai sens de ces derniers mots, gémissements ineffables? La prière n'est-elle pas en réalité un gémissement, un cri que pousse vers son Dieu l'âme qui souffre de sa misère, de sa faiblesse, de ses tentations, et surtout de sou éloignement de Dieu? Ce gémissement, l'Apôtre l'appelle inénarrable, parce que, dit saint Augustin, c'est un gémissement céleste, divin, autant dans son principe qui est le Saint Esprit que dans sa fin, dans son objet qui est Dieu. Saint Anselme, d'accord avec le grand Evêque d'Hippone, ajoute: « Ce gémissement de l'âme est caché, inconnu et incompréhensible, à cause de la gloire qui en est l'objet ». Non, les gémissements de l'âme qui cherche le bien dans Dieu, sont inexplicables, parce que le Saint Esprit qui opère dans nous ne dévoile pas ses secrets. Celui-là seul qui scrute les cœurs sait ce que l'Esprit désire. Les gémissements du cœur sont encore inénarrables, parce que la vertu qui leur est propre est supérieure à tous les discours. Dieu en est le silencieux témoin. C'est ce qui consolait le Roi-Prophète, qui s'écriait avec une grande effusion de confiance et d'amour: Non, mon Dieu, mes gémissements ne sont pas pour vous une chose cachée. Mais si tout ce que j'apprends ici est certain, qui dira le bonheur d'avoir dans soi-même le Saint Esprit? Existe-t-il pour l'homme ici-bas un bien plus précieux, plus désirable, que la présence du Saint Esprit dans sou âme? Hélas! parler, souffrir, gémir sans le Saint-Esprit, quoi de plus affreux? Que de pauvres âmes crient au dedans d'elles-mêmes et gémissent seules ! Pleurer et gémir en étant seul, quelle situation, quel état digne d'une profonde pitié! O âme fidèle, ne sois jamais seule. Appelle le Saint Esprit, il sera pour toi un vrai consolateur, parce qu'il t'apprendra à monter jusqu'à Dieu où tu ne manqueras jamais de trouver la source des plus ineffables consolations.

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Le Saint Esprit est donné à l'âme fidèle comme un guide sûr et toujours actif


S'il est vrai, comme nous le voyons par la sainte Ecriture, que Dieu envoie à l'homme les esprits célestes dont il fait ses ministres; si ces ministres de Dieu deviennent comme un feu brûlant, actif, qui rend l'âme de l'homme plus forte, plus vigoureuse dans les combats, qui te soutient contre la malice des esprits de ténèbres, qui nous dira les effets de la présence du Saint Esprit lui-même dans une âme qu'il possède, dont il s'est rendu le maître, et qui consent à se livrer à lui comme au souverain Maître de toute son existence? Quand il nous parle du Saint Esprit, saint Augustin l'appelle impulsion, exhortation, invitation, parce que c'est le propre du Saint Esprit, régnant sur une âme, de la pousser en avant, de l'exhorter, de l'exciter, pour que jamais cette âme ne s'arrête dans la voie qui conduit à la perfection. Si nous sommes lâches, si notre volonté s'engourdit, si nous sommes tentés d'inaction, le Saint Esprit agit sur nous; voilà l'aiguillon qui, en nous piquant, nous réveille, nous excite et nous fait marcher. Les opérations du Saint Esprit nous sont connues par les effets qu'elles produisent. Voyez le chemin qu'a parcouru dans six mois ce pécheur converti, cette femme qui a consenti à devenir chrétienne, après dix ou vingt ans perdus dans la dissipation et la mondanité. N'est-ce pas aux exhortations fortes du Saint Esprit dont l'aiguillon se faisait sentir, que ces âmes doivent les progrès qu'elles ont fait en si peu de temps? Oh! de quoi serait donc capable un chrétien qui consentirait à écouter les exhortations intérieures de l'Esprit Saint! Quelquefois une âme paresseuse est lente dans les voies de Dieu; qu'elle ait recours au Saint Esprit, qu'elle le sollicite. Le Saint Esprit viendra, il poussera l'âme avec force, il l'excitera au bien, à la fidélité, à la ferveur, et cette âme longtemps indolente, presque sans mouvement, étonnera ceux qui la connaissent et qui verront la rapidité de sa marche. Voyez les Apôtres après la Pentecôte. Quelle force motrice dans ces âmes hier si lentes à croire et à faire! quelle activité! quels innombrables travaux! Faut-il voir dans eux ces mêmes hommes qui s'endormirent à Gethsémani, et qui n'osèrent pas approcher du Calvaire?


Hélas! un grand nombre de pauvres âmes ont cessé de marcher, de travailler, de combattre; peut-être même plusieurs n'ont-elles jamais commencé. Où est la cause de ce mal? Ne faut-il pas l'attribuer à l'éloignement du Saint-Esprit? On n'entend pins ses exhortations, on ne sent plus l'impulsion secrète, que l'on a connue autrefois, tout est silencieux dans le cœur. Mais le Saint Esprit se plaît-il à déserter une âme, après l'avoir remplie? Non, certes, jamais. La vérité est que le Saint Esprit a été négligé, que ses exhortations ont été reçues avec indifférence d'abord, et puis avec tristesse; on les a trouvées importunes, on les a méprisées. Ses sollicitations intérieures ont offensé l'amour-propre qui, bientôt ligué avec la sensualité, a éteint sous ses vapeurs épaisses la flamme divine qui éclairait l'âme; le Saint Esprit a été éconduit comme un hôte fâcheux, querelleur, dont les représentations ne pouvaient pas être tolérées, C'est l'histoire de beaucoup de femmes dévotes abandonnées à leur propre esprit, et pour lesquelles le Saint Esprit n'est plus qu'un étranger odieux qu'on sait bien tenir à distance. Ames infortunées, tous les travers de votre prétendue piété attestent ce que je dis; non, vous n'êtes plus exhortées, poussées, sollicitées et conduites par le Saint Esprit; vous ne voulez plus de lui; aussi vos œuvres ne sont-elles plus que des œuvres mortes. Mon Dieu, si j'étais une de ces âmes, je sécherais de douleur, en voyant ici mon portrait. Mais non, Seigneur, je ne voudrais pas d'une douleur sans espérance. Je sais, que le Saint Esprit revient quand on l'appelle, et voilà précisément ce que je vais faire. Je crierai vers le ciel à chaque instant, et le ciel s'ouvrira pour moi, et le Saint Esprit descendra de nouveau dans mon cœur que je veux lui livrer, lui abandonner entièrement, afin qu'il l'avertisse, qu'il l'exhorte, qu'il le reprenne, qu'il le corrige, qu'il le pousse avec force dans la voie de la perfection, à laquelle je sais bien que le Seigneur m'appelle.

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Le Saint Esprit est donné à l'âme fidèle comme un principe de douceur et de joie


C'est une erreur funeste de croire qu'en entrant dans la bonne voie, en voulant avec sincérité pratiquer le bien suivant l'esprit de l'Evangile, on devient exempt de tentations, de doutes, d'anxiétés, de peines intérieures capables de répandre et même d'entretenir dans l'âme une grande amertume. Hélas! la paix parfaite, la joie sans mélange de tristesse, ne sont que pour le ciel, Demandons à saint Paul ce qu'il a souffert dans son cœur, lui qui nous parle si souvent de ses tristesses et de sa douleur habituelle. Continuus dolor cordi meo. Mais le même Apôtre appelle Dieu le consolateur des humbles, des petits. Or ce Dieu Consolateur nous le connaissons, et Jésus-christ nous l'a annoncé, c'est le Saint Esprit. Ecoutons l'Eglise, quand elle adresse ses supplications solennelles au Saint-Esprit. Elle l'appelle à grands cris, en le nommant Père des pauvres, Donateur de tous les biens, Lumière des cœurs, Consolateur parfait; doux, aimable habitant de notre âme, son rafraîchissement, son repos, son soulagement dans les larmes. C'est vous, dit toujours l'Eglise en parlant au Saint Esprit, c'est vous qui lavez nos âmes, qui les purifiez; c'est vous qui, vraie lumière des cœurs, redressez les voies tortueuses, rendez flexible l'âme, qui vous opposait de la résistance; c'est vous qui répandez l'eau salutaire, la rosée qui rafraîchit, sur notre âme sèche et aride. Si maintenant je mets en regard toutes ces délicieuses paroles et le grand mot de Jésus-christ: Je vous enverrai un autre Consolateur, il m'est impossible de ne pas voir dans le langage de l'Eglise le commentaire de la parole du divin Sauveur.


Saint Bernard, en traitant le sujet dont je m'occupe, disait à ses religieux: Le Saint-Esprit est pour nous le gage du salut, les arrhes du ciel, la lumière de la science, la force qui fait vivre. Il rend possible tout ce qui ne le serait pas sans lui. Que de larmes le Saint-Esprit essuie tous les jours! Que de douleurs il apaise! Combien d'âmes désolées hier, lui doivent aujourd'hui des torrents de pures délices! Saint Paul qui a dit avec tant de force ses continuelles épreuves, nous parle avec la même éloquence de la joie que le Saint Esprit fait surabonder dans son âme. L'Eglise nous dit aussi que le Saint Esprit est une onction spirituelle pour tous les cœurs dont il ferme les plaies, et dont il dissipe les amertumes. Qui dira les tempêtes du cœur apaisées tous les jours par le Saint Esprit? un rayon de lumière, une étincelle de ce feu divin dont le Saint Esprit est le foyer éternel, une goutte de cette eau vive dont il est le divin réservoir, tout suffit à l'âme affligée, triste, découragée, abattue, pour la rendre forte, énergique, capable de tout dans le domaine de la sainteté. Oh! comme elles sont à plaindre, ces pauvres chères âmes qui ne connaissent pas le Saint-Esprit, qui ne lui parlent jamais, qui vivent seules, sans cet hôte divin dont la présence procure tous les genres de biens! Puissent-elles un jour comprendre leur profonde misère, et faire connaissance avec le Saint Esprit! Alors elles l'invoqueront, elles dirigeront vers lui tous leurs désirs, et bientôt elles éprouveront la vérité de la promesse de Jésus-christ: « Mon Père vous enverra un autre Consolateur »!

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