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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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16 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Vingt-quatrième jour

L'Enfant Jésus demeure dans Jérusalem

« Les jours de la fête étant passés, l'Enfant Jésus demeura dans Jérusalem sans que son père ni sa mère s'en aperçussent ». (Luc 2) Jésus, toujours soumis à ses parents mortels durant son enfance, fit connaître un jour que sa soumission ne venait pas de l'infirmité et de l'incapacité d'un âge ignorant, mais d'un ordre plus profond. Pendant le cours de sa prédication, il s'échappa plusieurs fois des mains de ses ennemis. Son esprit va et vient, et l'on ne sait ni d'où il vient ni où il va; il passe, quand il lui plaît, au milieu de ceux qui le cherchent sans qu'ils l'aperçoivent. Apparemment il n'a pas besoin de cette puissance pour échapper à Marie et à Joseph. Quoi qu'il en soit, le saint Enfant disparut; et les voilà premièrement dans l'inquiétude et ensuite dans la douleur, parce qu'ils ne le trouvèrent point parmi leurs parents et leurs amis avec lesquels ils le crurent. La soustraction de Jésus, qui échappe à sa sainte Mère et à saint Joseph, n'est pas une punition, mais une épreuve. On ne lit point qu'ils soient accusés de l'avoir perdu par négligence ou par quelque faute. C'est donc une humiliation et un exercice. Demandez au Père céleste qu'il daigne vous découvrir quelque chose des instructions importantes cachées dans ce mystère de la perte de l'Enfant Jésus par Marie et Joseph, et considérez 1° qu'on le perd aisément, 2° qu'on peut le perdre innocemment, 3° qu'on le perd par châtiment.

On perd aisément Jésus

Les charmes de ce saint Enfant étaient merveilleux, et il est à croire que tout le monde le voulait avoir; et ni Marie ni Joseph n'eurent peine à penser qu'il fût dans quelque troupe de voyageurs; car les personnes d'une même contrée allant à Jérusalem dans les jours de fête faisaient des troupes pour aller de compagnie. Ainsi Jésus s'échappa facilement; et ses parents marchèrent un jour sans s'apercevoir de leur perte. Au lieu de vous livrer à des réflexions et à des recherches inutiles et indiscrètes peut-être sur ce qu'il a plu à l'Esprit saint de nous laisser ignorer, recueil lez avec respect les premières leçons que vous présente le récit de l'Évangéliste sur la malheureuse facilité que nous avons de nous séparer de Jésus, sur l'aveuglement et la dissipation de notre esprit, qui nous empêchent de nous apercevoir de sou éloignement, sur la nécessité de nous arracher à nos amis et à nos proches, lorsque le service de Dieu et l'intérêt de notre salut nous en font une loi; car c'est pour nous instruire que Jésus-Christ a voulu que nous connussions les particularités les plus importantes de sa vie divine, et, dans l'économie de sa sagesse adorable, la perfection de sainteté qu'il devait un jour enseigner dans ses discours, il voulait d'abord la manifester dans ses œuvres. N'as-tu pas trop souvent, ô mon âme! occasion de reconnaître avec quelle déplorable facilité on peut perdre Jésus? Que faut-il pour le mettre en fuite? une affection déréglée, une attache trop vive, trop naturelle, même pour un objet légitime, une négligence, une infidélité. Les saints, ceux qui veillent soigneusement sur leur intérieur s'en aperçoivent presque à l'instant: le sentiment de la présence de Dieu moins habituel, la ferveur moins vive, la componction presque éteinte, l'impression de la grâce plus faible et plus inefficace les ont bientôt avertis de leurs dangers ou de leurs pertes. Mais les tièdes, les imparfaits, ceux qui n'ont point leur salut à cœur ne reconnaissent qu'à leurs chutes leur triste délaissement; et tandis que les premiers ont bientôt rappelé par leurs gémissements, leur repentir et leurs larmes le Dieu de leur salut, les autres languissent misérablement dans la froideur et les ténèbres, et finissent quelquefois par l'insensibilité et l'impénitence. O mon Sauveur! ne détournez pas de moi votre visage; que votre colère ne vous éloigne pas de votre serviteur. Soyez mon aide et ne me délaissez pas; ne me rejetez pas, ô Dieu de mon salut!

On peut perdre Jésus innocemment

Comme le jour viendra où cet adorable Sauveur sera en quelque sorte délaissé par son Père, et réduit à s'écrier dans l'amertume de son âme: Dieu ! mon Dieu! jetez vos regards sur moi. Pourquoi m'avez-vous abandonné! Marie, sa vivante image, Marie, destinée à participer si abondamment à l'amertume de son calice, devait ressentir quelque chose de ce délaissement dans la perte de son bien-aimé Fils. Cet Enfant divin n'ignorait pas a quelles inquiétudes et à quelles alarmes son éloignement allait livrer Marie et Joseph; mais il voulait par cette épreuve épurer leur amour, affermir leur foi et leur fournir l'occasion de glorifier son Père par leur humilité et leur patience; il était éloigné d'eux, mais il était avec eux; et par sa grâce il les soutenait dans leur douleur. Il voulait offrir à tous ceux qui marcheraient à sa suite un puissant motif de patience et de résignation dans leurs peines, en leur montrant, dans la créature la plus sainte et la plus chère à son amour, la plus éprouvée et la plus affligée de toutes; enfin par ces trois jours d'absence il semblait vouloir la préparer à la séparation bien autrement déchirante du Calvaire. Ne te laisse donc point aller à la tristesse et à l'abattement, ô mon âme! lorsqu'il plaît à Dieu d'éprouver ta constance et ta fidélité par ces peines intérieures qu'ont endurées ses serviteurs et ses amis, et qui n'ont pas été épargnées à sa sainte Mère. Perdre la dévotion sensible et porter la privation des consolations célestes sans y avoir donné lieu par sa faute, c'est perdre Dieu comme les saints, qui souvent sont tombés dans un état de dégoût, de délaissement et de ténèbres fort pénibles, sans perdre néanmoins la paix de l'âme et la plus parfaite soumission à la volonté divine. L'Enfant Jésus disparait,dit Saint Bernard, la joie d'Israël s'éloigne; le Verbe s'envole, mais il n'est pas irrévocable; il va et revient suivant son bon plaisir, nous visitant le matin et nous éprouvant bientôt après. Donnez-moi, ô mon Sauveur! de sentir les avantages incomparables de ces épreuves qui affermissent l'âme dans le bien et rendent la vertu plus solide, qui lui donnent l'occasion d'accroître ses mérites par la patience et la résignation, et la tiennent constamment dans l'humilité. C'est pour mon bien, Seigneur, que vous m'avez humilié; c'est afin que j'apprenne à vous servir avec plus d'exactitude et de ferveur.

On Perd Jésus par châtiment et en punition du péché

N'oubliez pas que la soustraction de Jésus qui échappe à son père et à sa mère n'est pas une punition, mais une épreuve, et que l'affliction que l'un et l'autre ressentirent, et que Marie exprima d'une manière si vive à l'Enfant divin lui-même, quand elle l'eut retrouvé, s'explique naturellement et par la grandeur de la perte, et par la disposition où sont les Saints de se reprocher et de s'imputer même les torts dont ils sont innocents ; mais en même temps comprenez bien que la perte de Jésus est trop souvent un effet et un châtiment du péché; c'est lui-même qui nous l'apprend par ces redoutables paroles : Je ni en vais, et vous me chercherez et vous mourrez dans votre péché; vous me chercherez et vous ne me trouverez pas, et vous ne pourrez venir où je suis. Cette menace, qu'il avait faite au peuple au milieu duquel il avait daigné naître, il l'a exécutée d'une manière terrible: il était au milieu d'eux, et ils ne le connaissaient pas; il leur révélait ses mystères, et ils ne l'entendaient pas; il opérait sur eux des prodiges que nul autre avant lui n'avait opérés, et ils n'ouvraient pas les yeux. Repoussé et comme contraint par leur malice et leur perversité à s'éloigner d'eux, il se retirait à l'écart, dans le désert, sur la montagne et sur les rivages, et après sa résurrection il ne se montra pas une seule fois à leurs regards. Quel effroyable châtiment, ô mon âme! quel épouvantable ana thème! perdre Jésus, l'unique ami, le vrai consolateur, son rédempteur, son sauveur, son père! perdre Jésus, c'est-à-dire perdre la voie, la vérité et la vie! Comment ne pas s'égarer, ne pas tomber à chaque pas, ne pas aboutir aux abîmes et à la mort? O mon âme! voilà donc le triste et malheureux effet du péché: perdre la crainte de Dieu, les lumières de la foi, la paix de la conscience, les consolations et la douceur de l'espérance chrétienne! perdre Jésus, ne plus l'aimer, ne plus l'invoquer, n'oser plus contempler sa croix, finir peut-être par ne plus croire en lui, par le persécuter dans son cœur et dans les autres! perdre Jésus, être livré à tous les supplices de l'incrédulité, aux remords, aux vaines terreurs, à la honteuse servitude des passions et des vices! mon Sauveur! le souvenir de mes péchés me glace d'épouvante. Dites à mon âme: Je suis ton salut je ne t'abandonnerai pas, je ne te délaisserai pas.

Vertu à obtenir: La vigilance chrétienne.

Résolutions et aspirations

Adorez souvent, pendant la journée, le saint Enfant Jésus échappant à sa sainte Mère et à Saint Joseph pour exercer leur foi, leur humilité, leur amour, et pour offrir à nos méditations des leçons dignes de sa sagesse et de sa miséricorde infinies. Compatissez à l'affliction de la plus tendre des mères et du fidèle gardien de l'Enfant Dieu; promettez-vous de veiller attentivement à la garde de votre cœur, pour que la grâce ne s'en échappe pas, pour que l'esprit impur ne réussisse jamais à rentrer dans celte maison qu'il ose encore peut-être appeler la sienne. O Sauveur! si je vous mets en fuite, si j'avais le malheur de vous perdre, où me réfugier? quel ami pourrait me tenir lieu de mon Jésus? Otez-moi, si vous le voulez, les biens, la santé, toute consolation et même la vie, mais demeurez en moi et ne retirez pas de moi votre Esprit saint.

Prière

Divin Sauveur, qui pour des fins toujours dignes de votre infinie sagesse, tantôt communiquez aux âmes les lumières de votre grâce et le feu de votre charité, et tantôt les laissez à leurs ténèbres et à leur faiblesse, j'adore humblement toutes les dispositions de votre Providence sur moi; je m'y soumets pleinement et de toute la force de ma volonté. Si vous voulez que je sois dans la paix et les consolations, soyez béni; si vous voulez que je sois dans l'obscurité et les alarmes, soyez encore béni ; j'accepte de votre main le calice qu'il vous plaira de m'envoyer. Seulement donnez-moi la force nécessaire pour triompher de mes répugnances, pour le recevoir comme vous l'avez vous-même reçu et pour le boire jusqu'à la lie, s'il le faut,pour votre amour, mais que jamais je n'aie le malheur de vous éloigner de moi par le péché. Plutôt mourir, ô mon Sauveur ! que d'en être séparé dans le temps ou dans l'éternité!

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13 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Vingt-et-unième jour

Retour de l'Enfant Jésus en Judée


« Joseph s'étant levé prit l'enfant et sa mère, et retourna dans le pays d'Israël ». (Matthieu 2) Jésus sort de l'Egypte par l'ordre de son Père et dans le même esprit qui l'y avait conduit: Demeurez-y jusqu'à ce que je vous dise d'en partir. Avec quelle ponctuelle exactitude ce commandement du messager céleste a été exécuté! La sainte famille n'a pas devancé même par un désir le terme de son exil ; toutes les privations, les fatigues,les souffrances attachées à ce pénible état, elle les a endurées avec résignation et avec amour, et pendant cette suite d'années dont nous ne saurions exactement déterminer le nombre, l'enfant Jésus commençait à offrir au ciel et à la terre le prodigieux spectacle de cette soumission et de cet anéantissement auxquels il s'est condamné pendant trente ans. C'est une terre d'exil qui en est le premier théâtre, mais c'est à Nazareth que se continuera cette vie cachée, le plus impénétrable peut-être de ses mystères. Revenez donc dans le pays d'Israël, ô Enfant divin! et puisque toutes vos démarches renferment des instructions si salutaires pour nous, accordez-nous de bien entendre celles que nous offrent 1° votre sortie de la terre d'Egypte, 2° la mort d'Hérode votre persécuteur, 3° votre retraite à Nazareth.


La sortie de la terre d'Egypte


Israël et toute sa famille était la figure du Fils de Dieu. L'Egypte, durant la famine, devait lui servir de refuge; après, elle en devait être la persécutrice, et Dieu la devait retirer de ce lieu de captivité pour la transporter dans la terre promise à ses pères en laquelle seule elle devait trouver du repos. Tout cela leur arrivait en figure. La terre d'Egypte qui devait être durant ce temps le refuge du peuple d'Israel devait aussi servir de refuge à Jésus-Christ, et Dieu l'en devait tirer en son temps, ce que le prophète avait annoncé par ces paroles: J'ai appelé mon Fils de l'Egypte. Ainsi les diverses circonstances de la vie et des épreuves du Sauveur ont été annoncées par les prophéties et les figures, son départ pour l'Egypte aussi bien que son retour dans sa patrie. Quand bien même rien n'aurait été prédit à son sujet nous n'aurions aucune raison de nous scandaliser de ses humiliations. Mais lorsque tant d'années auparavant, Dieu les a annoncées en tant de manières, comment n'affermiraient-elles pas notre foi et notre espérance? Comprends-le donc bien, ô mon âme! non seulement pour ne pas te scandaliser des souffrances et des humiliations du Sauveur qui ont été prédites, mais aussi pour ne point te laisser abattre par les épreuves qui te sont envoyées par la Sagesse suprême. Si elles n'ont pas été prophétisées elles ont été prévues par elle; de toute éternité le Père céleste a préparé les grâces dont tu as besoin pour les supporter. Aie donc patience jusqu'à la fin. Et pourquoi donc, mon Dieu, voudrais-je me soulever contre l'ordre de votre aimable Providence? Quand même je ne serais pas coupable de tant d'offenses et par conséquent digne de toute la rigueur de vos châtiments, ne suis-je pas votre créature? ne suis-je pas l'ouvrage de vos mains ? Un vase d'argile dira-t-il à celui qui l'a formé: Pourquoi m'avez-vous fait ainsi?  Suis-je vraiment à vous si je ne me dépouille de ma propre volonté? Dans cette maladie, dans ce revers de fortune, dans cette affliction si sensible vous médisiez, ô souverain Maître! Reste là jusqu'à ce que je t'ordonne. Qu'ai-je gagné à me livrer à l'impatience, à la plainte et aux murmures. J'ai enfoncé plus avant dans mon cœur l'épine qui le déchirait, et j'ai fait d'une matière de mérites un instrument de péché et un sujet de condamnation. O Dieu! ayez pitié de ma misère! Pardonnez  miséricordieusement à mon injustice et à ma folie. Je veux désormais vous bénir en tout temps; vos louanges seront toujours dans ma bouche.


La mort d'Hérode


Retournez dans la terre d'Israël, dit l'ange à Joseph, car ceux qui voulaient faire périr l'enfant sont morts. Jésus annonçait dans sa personne tout ce qui devait un jour arriver dans son Eglise, les persécutions, les exils, la protection divine qui lui serait accordée, sa délivrance enfin. Il montrait d'avance à ses disciples que la Providence ne cesserait pas de veiller sur eux; que lors même que la fureur de ses ennemis se déchaînerait contre l'Eglise avec plus de violence, elle s'arrêterait au point marqué par la sagesse éternelle, et que ces rois de la terre et ces princes qui se ligueraient contre le Seigneur et contre son Christ passeraient; que leurs successeurs et leurs descendants pourraient hériter de leur haine et de leur puissance, mais que la main qui avait déjoué les barbares desseins des pères saurait bien rompre les trames ourdies par leurs descendants. Que crains-tu donc, ô mon âme, pourquoi te laisser aller au trouble? Parce que les nations ont frémi de courroux, parce que les peuples ont formé de vains complots. Brisons, ont-ils dit, le joug du Seigneur et de son Christ; rejetons ce joug loin de nous. Mais celui qui habite dans les deux se rira (Feux, et le Seigneur se moquera de leurs pensées. Un jour il leur parlera dans sa colère, et il les détruira dans sa fureur. Tremble, ô mon âme! non pour cette église immortelle contre laquelle les portes de l'Enfer ne prévaudront point, mais pour toi que menacent d'un continuel danger tes infidélités encore plus que ta faiblesse. Crains que Jésus ne veuille pas établir en toi sa demeure, parce ce que tu ne veux pas détruire ces passions secrètes ennemies de son Evangile et contraires à son esprit. O Entant divin! je ne le sens que trop, lorsque je veux agir pour vous, sortir avec vous de la terre d'Egypte et entreprendre la réforme de mon cœur, quoique votre grâce ait opéré en moi un commencement de conversion, le funestes rejetons du péché, la paresse, la sensualité, l'attachement aux créatures et à moi-même renaissent de toutes parts. Ne vous éloignez pas de moi, ô adorable Sauveur! ne me retirez pas votre secours. O Marie! ô Joseph! donnez moi Jésus; obtenez de sa miséricorde qu'il daigne habiter dans mon cœur et y fixer son séjour.


La retraite de Jésus à Nazareth


Comme il pensait à s'établir dans la Judée il apprit qu' Archèlaüs, fils d'Hérode, y régnait à la place de son père; il fut averti en songe de s'établir à Nazareth pour accomplir ce qui avait été dit de lui par les prophètes: Il sera appelé Nazaréen, c'est à dire Saint. Le mot de Nazaréen contenait un grand mystère, puisqu'il exprimait la sainteté du Sauveur. On l'appelait ordinairement Jésus Nazaréen, comme il paraît par le titre de sa croix. Saint Pierre l'appelle encore dans sa prédication à  Corneille, Jésus de Nazareth, pour nous montrer qu'il allait du dessein de Dieu que le nom de Nazaréen, qui avait été donné à plusieurs en figure de Jésus-Christ, lui fût appliqué en témoignage de sa sainteté. Et c'est une de ces prophéties que Dieu fait connaître par son Saint-Esprit aux évangélistes pour marquer en Jésus-Christ le Saint des Saints. C'était en effet dans cette obscure retraite de Nazareth qu'inconnu aux hommes, mais continuel objet de l'admiration des anges, il allait ouvrir cette carrière de vertus dans laquelle ses plus chers disciples s'efforceront de le suivre, mener cette vie d'humilité, de pauvreté, de travail dans laquelle il anéantit pendant trente années sa majesté, sa sagesse et sa puissance. Vous m'appelez, ô sainte maison de Nazareth! je le sens, votre paix, votre douce obscurité attirent mon cœur. Mais, hélas! la vanité, l'indolence, l'amour de mes aises combattent en moi ce bienheureux attrait. Cependant, ô mon âme! qu'il fait bon de demeurer avec Jésus! quelle sublime instruction dans le silence de ce Verbe fait chair! quelle gloire dans ces ténèbres dont il se couvre! Quelle inexprimable douceur au milieu de toutes les privations auxquelles il se condamne! Ah! cette vie tout intérieure, toute spirituelle est l'apprentissage et comme un essai de la félicité qui m'attend, lorsque délivré des nécessités du corps et des misères du temps, converser avec Jésus, le contempler, le posséder, me perdre en lui sera mon partage. Qui m'empêche donc de la mener dès aujourd'hui cette vie cachée en Dieu avec Jésus-Christ? Ah! ce n'est pas mon état, ce ne sont point mes devoirs, mais mes passions, mais ma lâcheté. O mon Sauveur! donnez-moi d'en triompher. Allons donc à Nazareth, ô mon âme! accoutume-toi à vivre habituellement avec la sainte famille, et la terre redeviendra pour toi un paradis.


Vertu à obtenir: L'amour de la solitude et du silence.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée Jésus de Nazareth. Rappelez-vous que ce titre vous représentant sa sainteté incomparable vous oblige à vivre saintement. Cherchez dans votre cœur ce qui pourrait empêcher sa grâce d'y habiter, d'y régner, de s'en rendre maîtresse; songez que l'enfant Jésus quittant l'Egypte pour retourner dans le pays d'Israël est l'image de l'âme chrétienne s'éloignant de la vie des sens et de l'esprit du siècle pour vivre de l'esprit de Dieu et pour pratiquer l'Evangile. Demandez que cette figure se réalise en vous; soupirez plus ardemment après le terme de votre exil, et concevez de plus vifs désirs du ciel pour lequel vous avez été créé.


Prière


Quand viendra, ô mon Sauveur! la fin de mes misères? quand serai-je enfin délivré de la malheureuse servitude des vices? quand ne me souviendrai-je plus, ô mon Dieu! que de vous seul? quand apparaîtrai-je devant vous pour vous voir? quand serai je dans ce royaume que vous avez préparé de toute éternité à ceux qui vous aiment? Hélas! je suis abandonné ici-bas comme un pauvre et un banni. Consolez mon exil, adoucissez ma douleur puisque tous mes désirs tendent vers vous. C'est mille fois, c'est à tout moment que je soupire après vous, ô mon Dieu! Quand viendrez-vous, Seigneur, pour me tirer de ma prison , pour me mettre en liberté? Venez, Seigneur Jésus, venez et ne tardez pas.

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12 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

17028872

Vingtième jour

Demeure de l'Enfant Jésus en Egypte


« Il se retira en Egypte, où il demeura jusqu'à la mort d'Hérode ». (Matthieu 2) L'ange avait dit à Joseph: Fuyez en Egypte, et demeurez-y jusqu'à ce que je vous dise ce que vous avez à faire. Cet avertissement fournissait matière à bien des questions. Comment, pouvait répondre le chef de !a sainte famille justement ému d'un ordre si soudain, et dont l'exécution présentait tant de périls , par quels chemins dois-je m'avancer? quelles ressources trouverai-je dans les pays qu'il me faudra traverser, et ensuite au terme du voyage quelle assistance puis-je attendre d'un peuple infidèle? quelle couleur donner à mon séjour? combien de temps doit-il se prolonger? Vous l'avez reconnu déjà: Saint Joseph ne songe pas même à une seule de ces questions qui vous eussent semblé si importantes. Il ne s'informe point; il ne demande nul éclaircissement, nulle explication ; il lui a été dit: Levez-vous, et il se lève; fuyez en Egypte, et il se met en marche pour l'Egypte; demeurez-y jusqu'à ce que je vous dise ce que vous devez faire, et il y reste jusqu'à ce que l'ange revienne l'avertir. O Jésus! c'est vous qui lui inspiriez cette docilité si ponctuelle, si aveugle, et toutefois si sage et si sûre pour la conduite. C'est votre propre obéissance qui éclate en cette circonstance, et voilà pourquoi elle est si parfaite. Permettez-moi de vous contempler dans cette terre étrangère où elle vous conduit, et d'étudier les importantes leçons que me donnent 1° votre obscurité, 2° votre patience, 3° votre inaction.


L'obscurité de l'Enfant Jésus en Egypte


Si lorsqu'il est venu chez lui les siens ne l'ont pas reçu; si leur dureté l'a réduit à naître dans une masure abandonnée, que peut-il attendre dans une terre d'exil et au milieu d'un peuple barbare? Ah! il y trouve ce qu'il vient y chercher, l'obscurité, le mépris, l'oubli des hommes. Ce n'est plus seulement le fils du charpentier, qui du moins au milieu de sa tribu peut se réclamer de ses proches, c'est l'enfant d'un pauvre étranger qui à force de travail pourvoit bien péniblement à la subsistance de sa pauvre famille. A la pitié qu'elle inspire se mêle parfois un sentiment de défiance. Elle a quitté la Judée, et pourquoi? Si on savait qu'elle la fuit! Oh! qu'elle s'accomplit rigoureusement cette parole prophétique de Jérémie! que son étonnement était raisonnable lorsque voyant les courses fugitives du Messie il s'écriait: O unique attente d'Israël et son Sauveur au temps de la tribulation! comment êtes-vous dans votre terre comme un étranger, comme un homme errant et vagabondant qui n'a pas de demeure fixe, ou comme un homme fort qui ne peut sauver ceux qu'il veut? Ajoute avec le prophète, ô mon âme! O Seigneur, vous êtes dans nous comme dans votre héritage; nous portons votre nom comme vous appartenant; ne nous abandonnez pas; vous êtes tout puissant pour nous sauver. Parce que souvent ses disciples seront obligés pour la cause de la foi de fuir, de se cacher, manquant de tout, exposés à tous les dangers, il veut dès les premiers jours de sa vie être obscur, banni, fugitif. Cette fuite charitable, cette miséricordieuse obscurité, sanctifiaient d'avance leurs épreuves, leur méritaient les grâces nécessaires pour en profiter, en même temps qu'elles en devaient être l'adoucissement et la consolation. O mon Sauveur! c'est sous toutes les formes que vous me montrez l'humilité, que vous m'enseignez l'amour des abaissements, l'éloignement. de ce qui brille, éblouit, attire les regards! Oh! que j'ai de peine à vous entendre, à embrasser la petitesse, à aimer à être ignoré, à n'être compté pour rien! oh! que l'amour-propre est vivant en moi! quelles profondes racines il a jetées dans mon cœur! ô vanité! ô fatale estime de moi-même! ô orgueil de la vie! ne me séduisez donc plus. Ou plutôt, ô mon Jésus! guérissez cette plaie humiliante de mon cœur, en me cachant dans le secret de votre face, et en me donnant de mourir une bonne fois à moi-même pour ne plus vivre que pour vous.


La patience de l'Enfant Jésus


Vous ne sauriez trop souvent rappeler à votre esprit deux vérités importantes et bien propres à vous pénétrer de reconnaissance pour le Sauveur; la première, c'est que sa passion n'a pas commencé seulement au jour où les Juifs ont porté sur lui leurs mains sacrilèges, mais au premier instant de son incarnation, puisque dès lors il a embrassé par une claire vue et avec la plus entière soumission toutes les souffrances de sa vie mortelle; la seconde c'est que son état d'enfance en l'exposant aux impressions de la douleur, ne lui en dérobait pas le sentiment, mais que par la lumière divine dont était remplie son âme il découvrait et ressentait plus profondément que nous ne pouvons le comprendre les rigueurs et les humiliations par lesquelles il commençait l'œuvre de notre rédemption, et les supplices ignominieux par lesquels il la devait consommer. Ainsi toutes les fatigues de ce long et pénible voyage, il en avait souffert dans son corps; toute la honte de ce bannissement et de cette fuite, il la ressentait très vivement dans son âme; tout ce qu'a d'amer et de déchirant l'éloignement des lieux qui nous ont vus naître, la séparation de nos amis et de nos proches, il l'endurait dans son cœur; toutes les privations auxquelles la gêne, et même l'indigence condamnait la sainte famille lui étaient très sensibles, non seulement pour lui-même, mais pour Marie et Joseph. O mon âme! quelle privation pourrait donc te coûter désormais? quelle épreuve pourrait exciter ton impatience ou tes murmures quand Jésus s'est réduit à de telles extrémités pour t'enseigner le détachement et la résignation? Il veut nous sauver par ses exemples, nous apprendre à souffrir en paix la gêne, la détresse, la perte des biens temporels, et nous convaincre qu'il ne nous enrichira des trésors de la grâce dont il est le maître et le dispensateur qu'à proportion que nous dégagerons notre cœur de toute affection déréglée aux richesses de la terre. Choisis, ô mon âme! il t'est permis de consulter ton intérêt; prends pour toi les biens les plus précieux, les plus solides et les plus durables. Ce sont incontestablement ceux de la grâce, puisqu'ils conduisent à ceux de la gloire.


L'inaction apparente de l'Enfant Jésus


Que fait-il en effet ce Sauveur dans la terre de son exil? A ne juger que par les dehors il ne fait rien pour l'avancement de l'œuvre prodigieuse qu'il est venu entreprendre. Il croît, il se fortifie! mais rien d'extraordinaire n'éclate en sa personne; et si ce Verbe de vie commence à se faire entendre, c'est pour la consolation de Marie et de Joseph; peut-être leur révèle-t-il de sublimes secrets, mais il ne se manifeste point au monde. Il voit ce peuple au milieu duquel il est établi courir aux idoles, leur offrir un coupable encens et des sacrifices abominables, et il se tait. Il pourrait éclairer ses ténèbres, en laissant échapper un rayon de la lumière dont il est la source, et il les laisse dans la nuit! O Jésus! n'êtes-vous pas venu pour sauver les hommes. Le zèle de la gloire de votre céleste père ne brûle-t-il pas dans votre cœur? comment en douter? Mais il attend l'heure marquée dans les décrets éternels, et en l'attendant il compatit à l'aveuglement et à la folie de ces infidèles; il déplore leurs crimes, il s'offre à son père pour les expier; il féconde en l'arrosant de ses larmes cette terre qui produira un jour des fruits si abondants de justice et de sainteté; et pendant son séjour dans l'Egypte comme dans l'inaction de sa crèche, comme lorsqu'il était dans le sein de sa mère, Dieu est en lui se réconciliant le monde. Transporte-toi, ô mon âme! dans cette terre d'Egypte qui a donné asile à Jésus, et que pour récompense de son hospitalité il a changée en un paradis de délices. Rends-lui grâce des bénédictions dont il l'a comblée. O divin Enfant! venez donc habiter dans mon cœur; sanctifiez-le par votre adorable présence, et le rendez fertile en toutes sortes de bonnes pensées, de bons désirs et de bonnes œuvres. Au milieu de l'impuissance et de l'inaction apparentes de votre enfance, vous prépariez la sanctification de l'Egypte. N'userez-vous pas envers moi de la même miséricorde? Il est vrai que c'est ma volonté perverse qui a privé votre bienheureuse présence en moi de ses effets et de ses fruits. Mais je vous en conjure par les larmes, par les brûlants soupirs de votre bannissement, pardonnez-moi, changez-moi; et dans mon cœur aussi, comme dans cette terre bénie par votre bienheureux séjour au milieu d'elle, retentira l'action de grâces et le cantique de la louange.


Vertu à obtenir: Le désir de la communion.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'enfant Jésus résidant au milieu de nous dans nos saints tabernacles. Hélas! n'y est-il pas comme banni et exilé, tant il y est solitaire et abandonné? Prenez la résolution de venir plus fréquemment l'y visiter. Commencez dès aujourd'hui à la mettre en pratique; demandez-lui la grâce de rechercher à son exemple et d'aimer l'obscurité. Vous êtes morts au monde et à la vanité par le baptême, et votre vie a été cachée en Dieu avec Jésus-Christ. Comment pourriez-vous vivre dans le luxe et dans l'abondance, quand Jésus a voulu manquer même du nécessaire? Videz aujourd'hui votre cœur de l'affection aux richesses. Quand Jésus-Christ vous visitera en personne dans l'eucharistie, conjurez-le de vouloir bien faire son œuvre en vous, d'y détruire les derniers vestiges de votre ancienne idolâtrie, l'avarice, la sensualité, les profanes attaches, et à leur place d'y faire naître l'humilité, l'abnégation, la pénitence et la charité.


Prière


Je vous adore, ô Dieu enfant! et je veux partager avec vous la disgrâce de votre exil, puisque c'est pour mon amour que vous l'endurez et pour me procurer un établissement éternel dans le ciel, ma véritable patrie. Je trouverai dans cet heureux bannissement plus de gloire, plus de richesses et plus de charmes que dans le pays même où j'ai reçu le jour, parce que j'y trouverai mon Dieu et mon Sauveur, qui vaut mieux lui seul que tous les amis, que tous les honneurs, que tous les trésors et tous les plaisirs du monde. O mon Jésus! détachez mon cœur de la terre, faites-moi la grâce de la voir telle qu'elle est en effet, comme un véritable exil, afin que je m'attache uniquement à la recherche de cette terre des vivons où je vous verrai, je vous louerai, je vous aimerai, où je vous posséderai sans partage et sans fin. Ainsi soit-il.

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11 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Dix-neuvième jour

Voyage de l'Enfant Jésus en Egypte


« Joseph s étant levé prit cette nuit- là même l'enfant et la mère, et se retira en Egypte ». (Matthieu 2) Adam pécheur avait été banni, honteusement chassé du séjour délicieux où il avait reçu avec l'être et la vie la possession de tous les biens. Il lui avait fallu fuir le paradis avec celle qui lui avait été donnée pour aide et pour société, mais qui n'était plus que la complice de sa révolte et la compagne de son infortune. Avec quelle douleur amère ils devaient s'éloigner de ce lieu de félicité que leur miséricordieux Créateur s'était plu à embellir! Ils pouvaient y mener une vie si douce! Le commandement qui leur était fait était si facile à accomplir! Ils pouvaient si aisément rester fidèles! Ils ont tout perdu par leur faute! Ah! le nouvel Adam qui vient la réparer est obligé aussi de fuir sa terre natale. Mais sa fuite volontaire n'est pas un effet de la crainte, dit un père, c'est un mystère. Ce n'est pas un danger pour le Créateur, c'est sa délivrance; ce n'est pas une marque de la faiblesse humaine, mais de la vertu divine; il ne fuit pas pour éviter la mort, mais pour nous donner la vie.  Aussi quelle différence dans cette fuite de la sainte famille et au milieu d'une si rigoureuse épreuve! Considérez donc 1° la paix, 2° la consolation, 3° la puissance de cette fuite.


La paix


Voyez-vous l'enfant Jésus s'éloigner du pays qu'il a daigné choisir pour patrie? Songez que ce n'est pas un voyage ordinaire qu'il entreprend; non, c'est une fuite à laquelle il se condamne, c'est un bannissement, c'est un exil, c'est à dire ce qui après la mort est regardé comme la plus grande peine et la plus douloureuse épreuve. Aussi pour l'ordinaire que de trouble! quels déchirements! que d'angoisses pour ceux qui y sont soumis! Les dispositions du saint enfant Jésus sont bien différentes: heureux de sacrifier son repos et sa volonté à l'obéissance, il sait que sa fuite glorifie son Père, expie le crime des hommes, les ramène à leur Créateur et leur rend, la patrie immortelle qu'ils avaient perdue. Il goûte cette paix profonde qui est le fruit d'une soumission sans réserve et d'une conformité si parfaite à tous les desseins et à toutes les vues de la souveraine sagesse que les plus grandes amertumes sont toujours mêlées d'une inexprimable consolation. Celui qui aime son pays et qui s'y plaît, dit Hugues de Saint-Victor, est encore tendre et délicat; celui qui regarde tout le monde comme son propre pays est déjà fort et généreux: mais celui-là est parfait à qui tout le monde est un exil. Le premier a attaché son affection au monde; le second l'a répandue et dégagée; le troisième l'a tout à fait éteinte. A quel rang puis-je me placer, ô mon âme! ne tiens-tu pas encore à la terre? ne soupires-tu qu'après le ciel, qui est la terre des saints? t'accoutumes-tu à trouver Dieu partout? es-tu assez pénétrée du véritable esprit du christianisme pour que tout le monde soit ton pays ou que tout le monde te soit un lieu d'exil! Oh! non; je le sens, ô mon Dieu! elle m'attache encore cette terre qui dévore ses habitants: ses innombrables misères m'arrachent souvent de profonds soupirs, et je l'appelle alors de son vrai nom, une vallée de larmes. Mais pour peu que quelques futiles satisfactions viennent en suspendre le cours, j'oublie les joies pures, l'inaltérable félicité de cette patrie céleste où l'on n'entendra plus ni gémissements ni soupirs. O Dieu! retirez-moi de la fange afin que je n'y demeure pas enfoncé.


La consolation de la fuite de Jésus


A ne regarder la fuite du Sauveur que des yeux de la chair et avec un sentiment tout naturel, quel triste spectacle! Deux pauvres époux qui cheminent à pied, dépourvus de tout ce qui est commode, peut-être du nécessaire, chargés d'un petit enfant qui partage leurs périls et leur détresse: voilà la croix que voient les hommes, mais ils ne voient pas l'onction qui l'adoucit. Cet enfant si dénué et si faible c'est le Fils bien-aimé du Très-Haut, le cher objet de ses complaisances, qui bénit son Père de toutes les dispositions de sa Providence: Oui, dit-il au fond de son cœur, oui, mon Père, car il vous a plu que cela fut ainsi. Mais avec quel contentement et quelle douceur Marie et Joseph ne contemplent-ils pas Jésus-Christ! quelle source de joie que sa présence visible! qu'elle supplée abondamment au défaut de tout ce qui pourrait leur manquer! Lorsque Jésus est présent tout nous semble bon, rien ne nous paraît difficile; dès qu'il est absent tout est dur et fâcheux. Etre sans Jésus c'est un enfer, être avec Jésus c'est un paradis. Sont-ce là tes dispositions, ô mon âme! Hélas! tu n'es pas dans cette sainte société des bienheureux au milieu de laquelle Jésus règne, et dont sa divine présence fait la félicité! N'es-tu pas en danger de n'y être jamais admise? Mais est-ce là le sujet habituel de tes soupirs et de tes alarmes? Tu n'es pas avec Jésus, parce que infidèle à la grâce, négligente à la nourrir et à la faire valoir, tu le forces trop souvent à s'éloigner et à te priver du sentiment de sa présence et de son amour. Sens-tu toujours aussi vivement que tu le devrais ce que cette privation a de douloureux et de funeste, quand elle est un effet de notre négligence et de notre infidélité? Cet état te paraît-il un rigoureux martyre? Ah! tandis que la perte ou seulement l'absence prolongée d'une personne chère te préoccupe, te bouleverse et t'empêche de goûter aucune satisfaction, l'affaiblissement de la grâce en toi, le danger continuel où tu es de perdre ici bas Jésus par le péché et d'être à jamais séparée de lui ne te causent guère qu'une frayeur passagère, mais ne te pénètre jamais profondément. Cependant, ô Jésus! être avec vous, être uni à vous, vous posséder par la pureté des désirs, par la sainteté des affections, par l'amour qui seul peut vous attirer et vous fixer dans mon .âme, c'est là le seul bien, l'unique bonheur; c'est le seul aussi que je vous demande. O mon Sauveur ne me le refusez pas.


La puissance de cette fuite

Admirez ici un grand mystère, et accoutumez-vous à reconnaître la conduite de Dieu dans tous les évènements, leur enchaînement et leurs rapports dans l'ordre de sa sagesse. Moïse avait autrefois frappé de plaies et couvert de ténèbres la terre d'Egypte; Jésus-Christ vient la guérir et lui rendre la lumière. Moïse avait tiré les enfants d'Israël de la servitude d'Egypte pour les conduire dans la terre sainte; Jésus vient pour tirer ses élus de la captivité du Démon et les conduire dans le ciel. Enfin Moïse avait noyé les Egyptiens dans la mer Rouge; Jésus vient pour noyer leurs crimes dans son sang, et du plus superstitieux de tous les peuples faire le plus religieux, le plus fidèle et le plus saint. Un jour il sentira l'effet de la présence et du séjour du Sauveur. Dès à présent, à son arrivée, les idoles sont ébranlées, les démons tremblent et s'enfuient. O Jésus! si vous êtes si puissant et si redoutable dans la faiblesse de votre fuite, qui pourra soutenir votre présence quand vous viendrez pour juger la terre? Ne te scandalise donc plus, ô mon âme! de la faiblesse à laquelle Jésus a daigné se réduire pour ton amour; ne te trouble donc plus des épreuves de son Eglise, des triomphes passagers de l'impiété. Tout a été prévu, tout est réglé dans les conseils éternels de la divine Providence sur les particuliers comme sur les peuples, sur les familles comme sur les empires. Malheur à ceux qui mettent Jésus en fuite, qui le forcent à se cacher, à se bannir et à s'exiler. Prie pour eux, conjure le Sauveur de ne les pas abandonner sans retour. Mais que cet abandon te rende plus fidèle; car il est toujours l'effet d'une suite plus ou moins longue d'infidélités, et le dernier châtiment de l'abus des grâces, puisque Dieu n'abandonne jamais une âme qu'il n'en ait été le premier abandonné. Ah! mon Sauveur! ne me punissez pas de mes longues résistances, et de mes coupables négligences, en vous retirant de moi. Que deviendrais-je loin de vous? qui me soutiendra, si votre main me délaisse et me livre à ma faiblesse et à ma misère? O divin Enfant qui fuyez dans les ténèbres pour échapper à la mort, vous n'en êtes pas moins la force, la lumière et la vie, et partout où vous passez, vous répandez des semences de bénédictions, de salut et de grâce, qui germeront au temps marqué par votre sagesse et votre amour.


Vertu à obtenir: L'union habituelle avec Jésus.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant ce jour l'enfant Jésus quittant la Judée et entrant dans l'Egypte. Contemplez la paix profonde qu'il conserve dans cette fuite précipitée et parmi tant de sujets d'alarmes. Bénissez-le mille fois de ce qu'il la fait régner si pleine et si abondante dans le cœur de Marie et de Joseph. Entendez-le vous dire en ce moment: Que votre cœur ne se trouble point. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Répondez-lui: J'ai espéré en vous, Seigneur: je ne serai jamais confondu.  Pourquoi es-tu triste, ô mon âme! soutiens cette épreuve, la consolation viendra en son temps. Jésus est aussi puissant quand il se cache que quand il se découvre, quand il fuit en Egypte que quand il s'élève triomphant dans le ciel. Seigneur, vous êtes mon Dieu, et mon sort est entre vos mains.


Prière


O divin Sauveur! qui avez banni l'idolâtrie de l'Egypte, quand bannirez-vous de mon cœur toutes les affections déréglées qui y dominent et en sont comme la divinité. Venez, Seigneur, venez briser ces faux dieux, faites-les tomber par terre, afin de rétablir en moi l'empire de votre amour. Vierge sainte, nuée divine, qui avez porté cet Enfant dans une terre étrangère, pour qu'il la sanctifiât par sa présence, hâtez-vous de nous visiter et de le porter avec vous, afin qu'il règne dans nos cœurs, qu'il en fasse sortir tous les vices, et que toutes les vertus prennent leur place. Ainsi soit-il.

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10 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Dix-huitième jour

L'Enfant Jésus fuit en Egypte


« Après que les Mages furent partis, l'ange du Seigneur apparut à Joseph pendant son sommeil et lui dit: « Levez-vous, prenez l'Enfant et sa mère, fuyez en Egypte, et demeurez-y jusqu'à ce que je vous dise d'en partir, car Hérode cherchera l'Enfant pour le faire mourir ». (Matthieu 2) Commencez par adorer l'Enfant Jésus qui à peine né est déjà en butte à la persécution, réduit à fuir dans une terre étrangère. Peu de mystères vous offriront un ensemble aussi frappant d'instructions, de consolations et de prodiges de charité, d'humilité, d'obéissance, d'abandon à la Providence. Si vous avez été ou si vous êtes obligé de fuir votre pays, votre famille, le monde, pour obéir à la voix de Dieu, pour mettre votre salut en assurance, pour échapper aux dangers qui menacent votre innocence, votre foi, votre vie ; si enfin vous êtes condamné à voir s'éloigner de vous un enfant, un ami, un père ou une mère, oh! que la fuite de l'Enfant Jésus vous offrira de touchantes leçons, de puissants motifs de vous résigner, de vous calmer, d'adorer la conduite de Dieu sur vous et d'y soumettre respectueusement et affectueusement voire cœur! Et quand même votre situation serait étrangère à toutes ces épreuves, souvenez-vous que vous êtes fugitif du ciel, et que c'est pour réparer, par une fuite innocente et méritoire, votre fuite criminelle, que Jésus-Christ se fait aujourd'hui fugitif avec vous, pour vous sauver et vous ramener à son Père. Entre tant d'enseignements vraiment divins recueillez aujourd'hui ceux que vous donnent 1° l'humiliation de la fuite de Jésus; 2° la précipitation de la fuite de Jésus; 3° le dénuement de la fuite de Jésus.


L'humiliation de la fuite de Jésus


N'y avait-il donc pas d'autre moyen de le sauver que la fuite? Qui le peut dire sans impiété ? Mais Dieu ne veut pas tout faire par miracle, et il est de sa Providence de suivre souvent le cours ordinaire qui est de lui, comme les voies extraordinaires. Le Fils de Dieu est venu en infirmité, dit l'Apôtre. Pour se conformer à cet état il s'assujettit volontairement aux rencontres communes de la vie humaine, et par la même dispensation qui a fait que durant le temps de son ministère il s'est retiré, il s'est caché pour prévenir les secrètes embûches de ses ennemis, il a été aussi obligé de chercher un asile dan» l'Égypte. Mais que cette disposition de la Sagesse éternelle est prodigieuse! Il faut donc que dans toutes les circonstances de sa vie incarnée le Dieu fait homme épuise la coupe des humiliations. Le Tout-Puissant réduit à fuir, et à fuir devant sa créature pour se soustraire à sa fureur, pour sauver sa vie, lui qui est l'auteur de la vie, qui la donne et la conserve à tout ce qui respire, pour se sauver de l'injuste haine d'un homme, lui qui est le Sauveur  de tous les hommes. O divin banni! miséricordieux exilé, ayez pitié de moi. C'est pour toi en effet, ô mon âme! C'est pour t'instruire, te consoler et te diriger dans ton exil qu'il fuit du milieu de son peuple. Tu oublies que la terre est un lien d'exil, et tu t'y plais, tu t'y attaches. Transfuge du ciel, tu ne pourrais jamais y retourner, ni même en retrouver le chemin, si Jésus ne se fut associé à ta fuite! O mon Sauveur, vous fuyez le monde, et je le cherche; vous me cherchez par un excès de miséricorde, et je vous fuis par un excès d'ingratitude. Vous ne craignez pas de ravaler votre grandeur par une fuite honteuse, parce qu'elle doit contribuer à mon salut; et moi je crains la confusion lorsqu'il s'agit de votre service. Une raillerie, un regard, un sourire suffisent pour ébranler ma fidélité. Malheureux que je suis, j'ai mieux aimé vous fuir avec le monde que de fuir le monde avec vous! Il faut changer et de sentiment et de conduite, ô mon âme! il faut prendre une forte résolution de chercher Jésus-Christ en toutes choses, et de fuir le monde avec lui. Fuis-le quand il te flatte, quand il te tente, quand il te persécute. Garde-toi de suivre ses lois, ses exemples, ses maximes; ils sont contraires à l'Évangile. Combats, veille et prie, quand tu ne peux éviter l'occasion ou le danger, et Jésus te donnera d'en triompher; mais si tu t'y exposes volontairement, tu seras vaincue. Il n'y a de salut que dans la fuite.


La précipitation de la fuite de Jésus


Est-il donc nécessaire de fuir en toute hâte, au milieu des ténèbres de la nuit; sans prendre le temps de pourvoir aux plus indispensables nécessités? Le Tout-Puissant, qui a enlacé l'ennemi cruel de son divin Fils dans les filets de son astucieuse politique, ne peut-il le rendre encore le jouet de ses propres précautions? Oui sans doute; mais comment alors s'accompliraient les prophéties? Comment sa vie nous donnerait-elle ces sublimes leçons que nous ne pouvions recevoir que de lui? C'est de lui que nous devions apprendre à obéir sans murmure, sans raisonnements, sans délai; et la précipitation de sa fuite devait nous présenter le modèle le plus accompli de cette prompte obéissance. Chacune des paroles de l'Ange est destinée, ce semble, à nous en faire sentir les difficultés et à en relever le mérite: c'est au milieu de la nuit qu'il s'adresse au chef de la Sainte Famille, parce qu'il faut en tout temps se tenir prêt; dans la paix de son sommeil, parce que le cœur fidèle doit toujours veiller: Levez-vous sur-le-champ, sans délibérer, la grâce ne connaît ni les délais ni les lenteurs. Prenez l'Enfant et sa Mère, chargez-vous de ce fardeau si léger, veillez sur ce précieux dépôt commis à votre garde: on ne possède pas Jésus-Christ sans qu'il en coûte, il faut prendre part à ses croix, le conserver dans son cœur à travers tous les dangers. Fuyez en Égypte; ne demandez pas pourquoi en ce pays infidèle. Ce que je fais maintenant vous ne le comprenez pas; mais vous le comprendrez dans la suite. Ne commences-tu pas à le comprendre, ô mon âme! le dessein miséricordieux du Père, dans l'ordre rigoureux qu'il donne à Joseph? Ne vois-tu pas qu'il veut faire éclater la profonde soumission de cet homme juste et de sa céleste épouse, qui, sans écouter ni les craintes, ni la délicatesse, ni la défiance, n'ont qu'une même pensée et un même sentiment, la volonté, le besoin, le bonheur d'obéir? Ne lis-tu pas dans le cœur de l'Enfant-Dieu, qui leur communique ces dispositions saintes, ces paroles sublimes qu'il devait faire entendre un jour: Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé. Mais que te sert-il de le comprendre, si tu contredis par tes révoltes secrètes ou par la lenteur et l'imperfection de ton obéissance les enseignements et la conduite du Sauveur? Lève-toi donc enfin, ô mon âme! renonce au repos, à la mollesse, à l'amour de tes aises, ne te laisse plus assoupir par les sens, subjuguer par les désirs de la chair; attache-toi enfin à Jésus et à Marie. Sauve-toi, fuis avec eux aujourd'hui, à l'heure même; demain peut-être il ne sera plus temps; renonce à celte société, à ces amusements, à cette secrète affection, à cet attachement qui n'est connu que de Dieu et de toi. Le temps presse, l'heure est venue de nous réveiller de notre assoupissement.

 

Le dénuement de la fuite de Jésus


N'est-il donc pas question d'un long voyage? L'Ange n'a-t-il pas annoncé un séjour en Egypte dont il n'a point assigné le terme? La prudence ne demande-t-elle pas que Joseph cherche à se pourvoir de quelques ressources qui puissent, sinon suffire, du moins aider aux premiers besoins? O prudence! ô prévision! ô précautions toujours si fautives, vous révélez notre défiance de la Providence et notre attachement aux biens sensibles, beaucoup plus qu'une véritable sagesse! Vous ne pouviez occuper un seul moment la Sainte Famille; vous n'étiez pas capable d'arrêter un instant la promptitude de son obéissance. Elle part à l'heure même où la volonté de Dieu lui est manifestée; elle quitte le pays  de ses pères pour aller dans une terre étrangère et idolâtre, pendant la nuit; mais Marie et Joseph ne portent-ils pas tour à tour entre leurs bras la vraie lumière? Ils sont sans escorte; mais n'ont-ils pas les anges pour défenseurs, puisqu'ils ont avec eux le Roi des anges? Ils sont dépourvus de tout ce qui est nécessaire pour un grand voyage; mais n'ont-ils pas en Jésus la source de tous les trésors? Songent-ils même à s'inquiéter des provisions qui leur manquent quand ils possèdent celui qui donne la nourriture aux petits oiseaux, celui qui est le pain vivant descendu du ciel, la source d'eau qui jaillit jusqu'à la vie éternelle. Voilà les vues de foi qui dirigent la Sainte Famille. Ne doivent-elles donc pas te diriger aussi, ô mon âme! La Providence n'a-t-elle pas pourvu à la vie et à la conservation de tous les hommes? N'a-t-elle pas dans tous les temps fait éclater sa miséricorde sur ceux qui se confiaient en elle? À quoi aboutissent les défiances, les précautions, les inquiétudes de la plupart des chrétiens eux-mêmes? A les rendre aussi malheureux que coupables. Avec toutes leurs combinaisons peuvent-ils changer la couleur d'un seul des cheveux de leur tête? Pourquoi, dans les épreuves et les moments pénibles de cette triste vie, prendre l'alarme? pourquoi m'inquiéter, puisque Dieu et ses anges veillent à ma garde? C'est au milieu de la nuit que Joseph reçoit l'avertissement céleste; n'est-ce pas nous rappeler que Dieu veille sur nous en tout temps, et que celui qu'il garde doit dormir en assurance? O la bonne parole que celle qu'il entend! Prenez l'Enfant et sa Mère. Qui a Jésus et Marie peut-il manquer de quelque chose? O mon Sauveur! que puis-je désirer après vous, et qu'est-ce qui peut me suffire sans vous? Si je puis obtenir votre grâce et votre amour, je suis riche, je n'ai plus rien à souhaiter.


Vertu à obtenir: La fuite du monde.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent, pendant la journée, l'Enfant Jésus fuyant pendant la nuit, se réduisant à cette humiliation pour expier votre fuite criminelle de la maison paternelle. Voyez quels moyens vous avez à prendre pour fuir les occasions du péché, ce qui vous porte an relâchement, à la tiédeur, au dégoût des pratiques de la piété. Dites avec David: Qui me donnera des ailes comme à la colombe? et je m'envolerai, et je me reposerai. Faites si vous le pouvez une retraite de quelques jours; si vous ne le pouvez pas, vivez pendant quelques jours plus recueilli, plus vigilant sur votre cœur. Promettez à Dieu de ne plus résister à sa grâce; levez-vous, commencez à marcher avec Jésus et Marie. Dans la souffrance, dans les privations, abandonnez-vous à la Providence, confiez-vous en son secours; et quoi qu'il vous arrive, cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, assuré que le reste vous sera donné comme par surcroît.


Prière


Dieu tout-puissant et faible tout ensemble pour mon amour, Enfant redoutable et humilié, qui faites trembler les plus grands rois de la terre sans sortir de votre crèche, j'admire votre grandeur infinie, et à travers votre faiblesse et votre enfance je révère votre force invincible, et j'adore votre souveraine majesté. Vous fuyez un prince cruel qui veut vous donner la mort, quoique vous soyez venu pour lui donner la vie; hélas! combien de fois ne vous ai-je pas contraint de vous éloigner de moi ! Je vous ai exilé, je vous ai chassé honteusement de mon cœur pour mettre la créature à votre place. Voilà, ô divin Enfant! les outrages cruels que je vous ai faits, voilà les humiliations que je vous ai causées par mes désordres, et que j'ai ajoutées à celles que vous avez endurées pour mon amour. Je veux désormais les haïr, les pleurer et les réparer, en vous obéissant, en vous aimant, en vous adorant, et en souffrant pour mes péchés, pour votre gloire et pour votre amour tous les mépris, toutes les humiliations, toutes les peines qu'il vous plaira de m'envoyer dans cette vie passagère pour m'assurer la vie éternelle. Ainsi soit-il.

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7 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Quinzième jour

Les Mages quittent Jérusalem


« Après avoir entendu les paroles du Roi ils partirent ». (Matthieu 2) Au nom du Roi qui était venu, et à qui il croyait déjà voir occuper le trône, touché par l'endroit le plus sensible de son cœur, Hérode ne s'emporta ni contre les pontifes qui avaient annoncé ce Roi aux Juifs, ni contre les mages qui avaient fait la demande: en habile politique il va à la source, et conclut la mort de ce nouveau Roi. Allez, dit-il aux mages, informez-vous avec soin de cet enfant, et quand vous l'aurez trouvé faites-le-moi savoir, afin que faille aussi l'adorer. Le cruel il ne songeait qu'à lui plonger un poignard dans le sein; mais il feint une adoration pour couvrir son crime. Voyez. comme il les engage à une exacte recherche et à un fidèle rapport. Mais Dieu souffle sur les desseins des politiques et les renverse. Les mages ont rempli leur mission dans la capitale de la Judée; ils lui ont annoncé la naissance du roi Jésus; ils l'ont fait constater par les princes des prêtres et les docteurs de la loi; ils ne se sont point laissés arrêter par la crainte, ils ne se laisseront pas non plus retenir par de vains amusements et des plaisirs. Ils partent sans délai, et Dieu récompense bientôt leur fidélité: 1° l'étoile reparaît; 2° elle les comble de joie; 3° elle les conduit à Jésus.


L'étoile reparaît


Dieu veut-il nous faire comprendre que dans les villes, dans les cours, dans les tumultueuses réunions d'affaires d'intérêt, de plaisir, on le perd aisément de vue, que la sainte vérité s'y affaiblit, que les lumières s'y obscurcissent, et que loin de ce vain bruit, dans le silence et la paix, lame le goûte mieux et le découvre plus clairement? Ce qui est certain, c'est que l'étoile disparut au milieu de cette Jérusalem qui tue les prophètes, et qui n'a pas connu le jour où Dieu vint la visiter. Ce n'est que lorsqu'ils en sont sortis que les mages recouvrent sa lumière. Quelle consolation pour eux lorsque ce céleste flambeau qui les avait guidés si sûrement jusqu'à Jérusalem reparaît à leurs yeux, et reprend sa marche pour éclairer et diriger leurs pas ! quel bonheur de retrouver dans le retour de sa lumière un nouveau gage d'espérance et de sécurité, de reconnaître que leurs désirs ne les ont point trompés, que le ciel continue de les approuver et de protéger leur entreprise, et que jusqu'au terme de leur voyage il ne cessera pas de se déclarer pour eux! Sors donc, ô mon âme! pars promptement, âme chrétienne, non pas de la terre et de la prison du corps, ta jour-née n'est pas finie, tu n'as pas gagné ton salaire; mais sors de cette vie des sens, de ce fracas du monde qui t'étourdit et t'empêche d'entendre la voix de Dieu! Sors de cette société où on ne l'aime pas, où l'on s'efforce avec plus ou moins d'hypocrisie de le faire mourir dans les cœurs! Sors de cette habitude de dissipation qui ne permet pas à la divine lumière de se réfléchir en toi, qui ne te laisse pas le loisir de la contempler, d'étudier la marche qu'elle te trace, le sentier par lequel tu dois arriver à ton terme! Sors d'un monde où tout est piège et séduction pour toi: peut-être ne peux-tu trouver le salut que dans la solitude! sors du moins de cette routine de pratiques, de cette langueur de foi, de ces accommodements avec l'esprit du siècle, avec ses maximes et ses usages! la foi n'admet pas ces condescendances et ces partages! Tu ne reverras sa lumière et ne goûteras ses consolations que lorsque tu te seras franchement séparée de tout ce qui lui est contraire.


L'étoile comble de joie les mages


Les épreuves temporelles, la perte des parents, des amis, de la santé, des richesses ne sont jamais équivoques : elles portent comme un cachet de miséricorde et de grâce auquel on peut facilement reconnaître le dessein paternel de celui qui veut nous donner quelque participation à son calice. Il n'en est pas ainsi des épreuves spirituelles. Infidèles que nous sommes, nous avons toujours sujet de craindre qu'elles ne soient une punition et un châtiment; et lors même que Dieu ne veut qu'éprouver une âme en lui retirant son appui sensible il la laisse dans un état plus ou moins pénible d'incertitude, de crainte et d'obscurité, afin de l'épurer par le vif sentiment de sa faiblesse et de rendre méritoire sa résignation et sa patience. Ainsi les mages privés tout à coup de leur guide fidèle au milieu d'un peuple si étranger à un événement qui cependant le touche de si près, et de ces docteurs de la loi, qui répondent si clairement, mais avec une si scandaleuse indifférence à leurs questions, durent être comblés de joie en le voyant reparaître. L'évangéliste en effet pour nous en donner une idée nous les représente comme remplis d'un inexprimable bonheur, c'est qu'au moment où le signe céleste réjouissait leurs yeux, ce rayon de grâce, qui avait d'abord éclairé leurs coeurs, les remplissait d'une lumière plus vive encore et les inondait des plus pures délices. Les chrétiens ont donc aussi leurs joies. Dieu permet donc à l'âme fatiguée de ses combats, de ses agitations et de ses épreuves de se reposer à l'ombre de ses ailes. O quelle douceur comparable à celle que fait goûter la fidélité, la constance à son service! Dans cette région de ténèbres être guidé par une infaillible lumière. Au milieu des secousses qui ébranlent la terre, être en paix parce qu'on voit en tout l'action de cette miséricordieuse Providence qui gouverne tout, qui a tout préparé pour les élus, et qu'on s'appuie pour ainsi dire sur cette main puissante et souveraine, qui dirige et maîtrise tous les événements. Réjouis toi, ô mon âme! Dieu veut qu'on le serve avec joie, parce qu'en effet on est trop heureux de servir un si bon et un si puissant maître. Rends-lui grâce de ce qu'il t'a donné pour te conduire l'étoile par excellence, la foi. Conjure-le de ne pas permettre que sa lumière t'abandonne: Seigneur, dirigez-moi dans votre vérité, et instruisez-moi, parce que vous êtes le Dieu mon Sauveur.


L'étoile conduit les rois à Jésus


Elle allait devant eux ; mais combien ils la devançaient par les vifs désirs que Saint Augustin appelle les pas du cœur. Sans doute qu'à mesure qu'ils approchaient du terme de leur saint voyage la foi, la piété, la charité remplissaient leurs âmes des sentiments les plus doux. Mais quel bonheur pour eux d'avoir été dociles à l'impression de la grâce, d'avoir généreusement sacrifié tout ce qui pouvait arrêter leur obéissance, d'être restés fidèles dans l'épreuve! Que sont pour eux les sacrifices, les fatigues, les privations qu'ils se sont imposés, comparés à ce contentement pur, à la paix si douce qui en seraient déjà une récompense si abondante et qui ne sont pourtant encore que le prélude et l'avant-goût des célestes consolations qui vont bientôt couronner leur zèle, leur constance et leur amour. L'étoile en effet après les avoir constamment précédés depuis leur départ de Jérusalem s'arrêta tout à coup, et par une lumière plus abondante et plus vive sembla leur dire: Voici le lieu où est né le Roi que vous cherchez. Arrête-toi un moment, ô mon âme! et étudie dans la conduite des mages la règle et le modèle de la tienne. Et toi aussi tu as été appelée à la foi, à la grâce, à la sainteté du christianisme. Que de lumières! que de bons mouvements! que de salutaires inspirations! sous combien de formes diverses l'étoile divine ne s'est-elle pas offerte à tes regards. Tu l'as suivie,mais avec quelle lenteur, quelle inconstance! combien de fois ne l'as-tu pas perdue de vue par ta faute, par la négligence, par la dissipation, par ces éternels délais qui sont un outrage à la grâce! Tu l'as recouvrée par miséricorde; tu marches aujourd'hui à sa clarté: ne la perds donc plus. Oh! si comme les mages tu avais été obéissante, généreuse et fidèle! Que te reste-t-il, ô mon âme! de toutes ces vanités, ces illusions, tous ces faux plaisirs auxquels tu immolais tes vrais biens, l'innocence des désirs, le calme de la conscience, l'espérance chrétienne? Rends grâce à Dieu, bénis sa clémence infinie, qui daigne t'appeler et t'éclairer encore. Approche-toi de lui par l'humilité, la ferveur, un vrai désir d'être à lui. Dis-lui comme David: Oubliez, Seigneur mes infidélités, ne vous souvenez que de vos éternelles miséricordes: envoyez-moi votre lumière et  votre vérité, ce sont elles qui me conduiront votre montagne sainte et à vos tabernacles.


Vertu à obtenir: La fidélité à la grâce.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent aujourd'hui Jésus-Christ comme la fin de votre vie et le centre de votre cœur. Offrez-lui votre imagination, afin qu'il y imprime son image et qu'il en efface toutes les images de la terre. Pressez souvent votre volonté par ces paroles: Marchez, pendant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous surprennent. N'éteignez pas par les péchés, par les inquiétudes de la vanité, par l'esprit du monde l'esprit de foi, de sainteté et de charité qui vous a été donné. Souvenez-vous que quels que soient votre âge, votre rang, votre situation, vous devez édifier le prochain et devenir pour lui par vos vertus ce que l'étoile fut pour les mages, l'attirer à la piété, ou l'affermir dans ses bons desseins. Quand vous sortez de votre maison pour aller à l'église, surtout lorsque vous y devez communier, demandez à Jésus-Christ quelque part aux saintes dispositions des mages. Du reste hâtez-vous de vous réformer et d'entrer dans la voie de la sainteté. Le temps est court, et le chemin qui vous reste à faire bien long: cherchez le Seigneur tandis que vous pouvez le trouver.


Prière


Divin Jésus, qui avez si miséricordieusement attiré les mages à votre crèche, qui les avez conduits si miraculeusement pendant leur voyage et les avez fait triompher par votre grâce de toutes les tentations et de tous les dangers, oubliez ma faiblesse, mon inconstance et mes infidélités. Vous m'avez aussi attire à vous, ô mon Dieu! vous m'avez appelé. Oh ! que j'ai tardé à répondre! que je me suis aisément lassé dans la voie! Par quelles vanités, par quelles bagatelles ne me suis-je pas laissé arrêter! Désormais je chercherai votre présence. Mais ne détournez pas de moi votre visage; que votre colère ne vous détourne pas de votre serviteur! Soyez mon aide et ne me délaissez pas, ô Dieu de mon salut! Donnez-moi de marcher avec fermeté et constance dans la voie qui conduit à vous et d'y persévérer jusqu'au terme. Ainsi soit-il.

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5 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Treizième jour

Jésus attire les Rois Mages


« Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l'adorer ». (Matthieu 2) Ce ne sont plus seulement des pauvres et des ignorants que l'enfant Jésus attire à sa crèche, ce sont des savants et des rois; ce n'est plus seulement ceux qui sont près qu'il appelle, mais ceux qui sont loin. Il a montré sa prédilection pour les petits en les invitant les premiers; il manifeste sa miséricorde sur les grands par l'astre miraculeux qu'il leur fait luire, et par l'attrait puissant qu'il met dans leurs cœurs. Ainsi annonce-t-il dès sa naissance qu'il veut que tous les hommes soient sauvés, et qu'ils viennent à la connaissance de la vérité, Mais quelle bonté de la part de Dieu à l'égard de ces Mages, qu'il va chercher et éclairer au milieu des ténèbres du paganisme! quelle condescendance dans le moyen choisi par la grâce pour leur révéler la naissance du Rédempteur! La contemplation des astres était leur étude et leur occupation habituelles; et c'est par l'apparition d'un astre inconnu qu'ils en sont instruits. Il est vrai qu'une étoile qui ne paraissait qu'aux yeux n'était pas capable de les attirer au Roi nouveau-né; il fallait que l'étoile de Jacob, que la lumière du Christ se fût levée dans leur cœur, qu'à la présence du signe que Dieu leur donnait au dehors il ajoutât au dedans le doux attrait et la puissance victorieuse de sa grâce. Entrez aujourd'hui dans l'esprit de ce mystère, et pour en recueillir le fruit considérez, 1° la force et la douceur de la grâce; 2° les obstacles à la grâce; 3° la fidélité à la grâce.


Force et douceur de la grâce


Les Mages, soit qu'ils fussent des rois, des princes ou des sages, aperçoivent dans le ciel une étoile extraordinaire, ou par sa forme, ou par son éclat ou par sa distance. Peut-être avaient-ils quelque connaissance de cette prophétie de Balaam, qui annonçait qu'une étoile se lèverait de Jacob Quoi qu'il en soit, en même temps que cet astre inconnu frappe leurs yeux, un rayon de grâce éclaire leurs cœurs, et ils se sentent excités à le suivre. Elle est si douce cette clarté qui luit à leur âme, et leur découvre comme un nouveau ciel et de nouveaux astres, que son attrait est comme irrésistible. O divin Enfant ! vous êtes aussi puissant dans l'étable que dans le ciel! Aussi ils ne questionnent point, ils n'hésitent point, ils ne calculent point: Nous avons vu son étoile, et nous sommes venus l'adorer. Ne l'as-tu donc pas vue aussi, ô mon âme! cette étoile du Roi des rois? le même Dieu qui a commandé que la lumière sortit des ténèbres n'a-t-il pas fait luire sa clarté dans nos cœurs? N'a-t-elle pas lui en toi cette clarté divine? la foi n'est-elle pas donnée de Dieu pour éclairer et guider ses enfants, et les conduire sûrement à lui, s'ils veulent s'attacher à son infaillible lumière? Depuis qu'elle s'est levée sur le monde, rien n'a pu ni l'affaiblir, ni l'obscurcir, ni l'éteindre. Elle a triomphé des efforts du monde et des enfers conjurés pour l'anéantir. Tous ceux dont elle a été le flambeau sont arrivés par les sentiers de la sagesse et de la vertu au vrai bonheur; ceux qui l'ont repoussée l'ont justifiée par leur folie, leurs désordres et leurs infortunes. Suis-la donc toujours, ô mon âme! ne la perds pas de vue un seul moment cette divine étoile! Mais combien de fois n'as-tu pas ressenti son influence salutaire? Quand en certains moments la vanité des plaisirs, le vide des affections périssables, le néant des biens de la terre se montraient à toi comme en plein jour, c'était l'étoile qui t'était envoyée; quand la vertu te dévoilait ses chastes attraits, la piété ses charmes, l'amour divin ses consolations et ses délices, c'était une apparition de l'étoile; quand enfin tu te sentais attirée à servir Dieu, à l'aimer, à désirer de le voir, de le posséder à jamais sans partage, c'était elle qui t'appelait; oui, tu l'as eue, ton étoile, comme l'ont eue les Mages, mais tu n'as pas encore commencé à la suivre. O divin Enfant! quand est-ce donc que j'obéirai à vos célestes inspirations? quand me laisserai-je conduire par le mouvement de votre esprit! Aujourd'hui, ô mon Sauveur! ô divine étoile! conduisez-moi à Jésus; s'il faut aller à l'étable de Bethléem ou à la croix du Calvaire, conduisez-moi partout où il vous plaira, pourvu que je le trouve.


Les obstacles à la grâce


Les Mages ont vu l'étoile et ils ont pris le parti de la suivre. Il leur faut donc quitter leurs demeures, leurs habitudes commodes, leurs affaires, leurs plaisirs, leurs amis, leurs parents. Il leur faut donc entreprendre un long voyage, à travers un pays qu'ils ne connaissent pas et des Etats dont les dispositions ne leur seront peut-être pas favorables, s'exposer h mille fatigues et à toutes sortes de dangers. Quelle route doivent-ils tenir? ils l'ignorent. Où doit aboutir leur voyage? ils ne le savent pas. Sont-ils donc les seuls que cette étoile ait éclairés de sa lumière? Pourquoi se hasarderaient-ils plutôt que les autres? Que dira-t-on d'une telle démarche entreprise sur la foi d'un astre incertain? Ne serait-il pas plus sage de s'informer, d'attendre, de différer? O mon Sauveur! voilà les raisons, la prudence, la fausse sagesse du monde. O Rois prévenus de la grâce! elle est perdue pour vous, si vous les écoutez. Ce commencement de foi qui est en vous ne se développera pas, vous ne rendrez pas gloire à Dieu, vous n'arriverez pas à Jésus-Christ. Ah! ne balancez pas. Vous avez vu son étoile; partez, suivez-la où elle doit vous guider. O mon âme ! ne reconnais-tu pas ici les obstacles qui t'ont depuis si longtemps arrêtée, les fatales barrières qui t'ont empêchée d'entrer généreusement dans la carrière et de répondre à la grâce? Tantôt c'était une injuste défiance de la bonté de Dieu, tantôt une trompeuse confiance en toi-même, toujours la pusillanimité, l'opposition au recueillement, à la mortification des sens, à la pénitence et à la croix. Qu'as-tu retiré de tes ménagements pour la chair, de tes complaisances pour le monde, de la satisfaction de tes désirs? Et toi aussi, quand tu entendais cette voix intérieure qui t'appelait si doucement, mais d'une manière si pressante, à la prière, à la fréquentation des sacrements, aux bonnes œuvres, à la perfection, tu disais comme Saint Augustin: Demain, demain; et le lendemain ressemblait toujours à la veille. O mon Dieu! si j'avais répondu à votre appel, si à la première, à la seconde et à la troisième fois, je vous avais dit comme Samuel: Seigneur, me voici. Parlez, Seigneur, car votre serviteur écoute; si à la lumière de votre grâce, j'avais marché dans la voie de vos commandements, la paix aurait habité dans mon âme. Je vous aurais trouvé, ô Jésus! mais j'ai recherché mon contentement,mes satisfactions et mes aises. Je me suis cherché moi-même, et je me suis trouvé, c'est-à-dire que j'ai trouvé les chagrins et les tribulations. Rendez-moi la lumière et le courage, ô mon Dieu! envoyez-moi votre lumière et votre vérité, et fortifiez mon cœur pour qu'il s'y attache.


La fidélité à la grâce


Que Dieu est bon envers Israël, envers ceux qui ont le cœur droit! car c'est par la droiture du cœur qu'on attire sa grâce et qu'on est conduit à lui. Il ne leur demande que pour les combler de ses biens; et chaque fois qu'il exige un sacrifice, il récompense l'obéissance par toutes les bénédictions de son amour. Dociles à l'impulsion de l'Esprit divin, les Mages ont fait taire toutes les vaines considérations qui pouvaient arrêter leur religieux dessein; ils disent joyeusement adieu à ceux qui les blâment ou les plaignent, comme à ceux qui en secret se rient de leur simplicité; ils quittent tout sans regret, parce que quelque chose dit confusément à leurs cœurs qu'ils trouveront tout: ils partent précédés de leur céleste conducteur, heureux de ce qu'ils ont fait déjà pour celui qui les appelle, portant les magnifiques présents, emblèmes de leur foi et de leur amour. Songez avec quelle consolation ils contemplent cette étoile que jamais ils ne perdent de vue, et avec quelle sainte ardeur ils la suivent. Qui pourrait exprimer leurs pieux entretiens, la ferveur de leurs prières, leurs brûlants soupirs, les transports de leur admiration et de leur reconnaissance pour la miséricorde qui les a appelés et qui daigne encore les protéger et les conduire avec une attention et des soins si prodigieux. O mon âme! voilà tes modèles, voilà l'exemple qu'il faut suivre. Novices dans la foi, ils sont déjà tes maîtres. Us n'ont vu que l'étoile du Messie, et ils quittent tout pour le voir et l'adorer; que feront-ils donc quand ils l'auront vu lui-même, et qu'en le contemplant ils seront inondés de lumière? O quel sujet de confusion pour moi! Après tant d'années passées à votre service, ô mon Sauveur! après tant de merveilles dont j'ai été le témoin et souvent l'objet, porter dans mon cœur une foi si languissante, une charité si stérile! Allons, allons, à Jésus, ô mon âme! allons à notre centre; et quelque difficulté qui se présente, fions-nous à sa bonté, abandonnons-nous à son amoureuse Providence. Désirs terrestres, vains discours des hommes, trompeuses joies, ne m'arrêtez plus, ne retardez plus ma course. Je vais à mon Dieu, je veux le voir, l'adorer, lui offrir tout ce que je suis, tout ce que j'ai. O Sauveur Jésus! donnez-moi la constance et la fidélité.


Vertu à obtenir: La fidélité à suivre l'attrait intérieur.


Résolutions et aspirations


Adorez aujourd'hui l'Enfant Jésus comme le divin Roi des cœurs. Remerciez-le souvent de la grâce qu'il a faite aux Mages, et de toutes les grâces qu'il vous a accordées pour vous attirer à lui. Demandez-lui son Esprit afin qu'il règle vos désirs et tous les mouvements de votre volonté. Dites avec simplicité et ferveur: Esprit de Jésus, guidez ma volonté, et faites qu'elle marche dans vos lumières. Seigneur, augmentez ma Foi et éclairez mes ténèbres. Père juste, le monde ne vous connaît pas. Oh! si les hommes vous connaissaient! Faites-vous connaître au monde.


Prière


Glorieuses prémices de la gentilité, premiers apôtres de l'Enfant Jésus, qui nous avez frayé le chemin de la crèche en foulant pus pieds la fausse sagesse pour arriver à lui, demandez-lui qu'il daigne conserver au milieu de nous le divin flambeau de la foi, et qu'il rende nos cœurs dociles aux impressions de sa grâce, afin qu'évitant les pièges et les erreurs du monde, et guidés par sa céleste doctrine, nous courions avec la même ardeur que vous, dans la voie de ses commandements, et que nous ayons comme vous le bonheur d'arriver à lui, de l'adorer et de le bénir pendant tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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3 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Onzième jour

Le Saint Nom de Jésus


« Il sera appelé Jésus, parce que ce sera lui qui sauvera son peuple de leurs péchés ». (Matthieu 1) Toutes les souveraines perfections du Sauveur sont renfermées dans son nom adorable; la sagesse, la sainteté, la force, la miséricorde et l'amour de Dieu, car c'est par elles qu'il nous a sauvés. Ce nom divin comprend toutes les grâces, les vertus et les dons du Saint-Esprit qui servent à la sanctification des hommes, car c'est de la plénitude de Jésus-Christ, comme d'une source inépuisable que nous les devons tous recevoir. Il signifie en effet tous les offices divers de maître, de médecin, de père, de pasteur, de juge, d'avocat, de protecteur, qui conviennent au Fils de Dieu en qualité de Sauveur. Quelle dévotion doit donc exciter en nous ce nom de Jésus que l'ange lui avait donné avant qu'il fut conçu dans le sein de sa mère, qui exprime si divinement ses titres, ses qualités, ses vertus, ses bienfaits, les abaissements et les souffrances auxquels il s'est condamné pour nous arracher au péché et à la mort éternelle; ne commande-t-il pas souverainement 1° la vénération, 2° l'amour, 3° la confiance.


La vénération


Quoi de plus vénérable que ce nom que le Père céleste a donné à son divin Fils, et qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans le ciel, sur la terre et dans les enfers! Nom admirable aux anges, aimable à l'Eglise, redoutable aux démons, nom que personne ne peut prononcer dignement sans la grâce de l'Esprit-Saint, nom qui, renferme tous les biens, puisqu'il comprend Dieu dans sa bonté, et l'Homme Dieu dans sa Charité et son unité avec nous. Ainsi le nom de Jésus est sa gloire,, il lui a coûté son sang; il exprime le plus beau de ses titres, le salut qu'il a opéré au milieu de la terre, la délivrance du genre humain, la fin du règne du péché, la rédemption des enfants de Dieu. Aussi d'un pôle du monde à l'autre, dans tous les temps comme dans toutes les situations, les enfants de l'Eglise, lorsqu'ils l'entendent, s'inclinent et se prosternent en signe de respect; et cet hommage extérieur n'est que l'expression de l'adoration intérieure qu'ils lui rendent. Quel hommage plus légitime, ô mon âme ! que tu dois être empressée de le rendre à celui qui s'y est acquis des droits si sacrés; soit que tu considères ce divin nom en lui-même, soit que tu l'envisages par rapport à toi. En lui-même c'est un nom donné par le Père céleste, porté par le Fils du Très-Haut, et qui ne peut appartenir qu'à lui, parce qu'en nous délivrant du plus grand de tous les malheurs il a été le Sauveur véritable, l'unique libérateur, le Jésus par honneur et par excellence. Par rapport à toi, oh, que ce nom est vraiment adorable! Indépendamment des avantages précieux qu'il a procurés aux hommes, et que tu partages avec eux, l'affranchissement du démon, la réconciliation avec Dieu, tous les obstacles au salut levés, toutes les grâces, tous les secours qui doivent y conduire assurés, toutes les dettes exigées parla divine justice acquittées, combien de bienfaits qui te sont propres et personnels ne te rappelle-t-il pas? Toutes les fois que tu as été rétablie dans la grâce, c'est à dire rendue à la vie véritable, n'est-ce pas au nom de Jésus-Christ? si tu t'éloignes du mal, si tu pratiques quelque bien, si tu conserves la lumière de la foi, le désir de voir Dieu, de l'aimer, de le posséder, n'est-ce pas au nom de Jésus-Christ que tu es redevable de ce bonheur, puisque c'est par lui que tout est demandé et obtenu dans l'Eglise, et qu'il n'y a point de salut par aucun autre, ni aucun autre nom sous le ciel donné aux hommes , par lequel nous devions être sauvés.


L'amour


Qu'il est aimable le nom de Jésus! qu'il est vraiment un parfum répandu! il dilate les cœurs, il réjouit l'âme, il la rassure, la console et l'attire par une inexprimable douceur. Ce n'est pas un nom de domination et de majesté qui inspire l'effroi et fasse trembler les coupables; il ne rappelle que la puissance de secourir et le charmant empire de la bonté: il annonce un conquérant et un vainqueur, mais qui ne veut triompher que des cœurs, ne conquérir que l'amour, qui vient délivrer des captifs, affranchir des esclaves, les attacher à sa personne sacrée par les plus aimables de tous les liens, par les bienfaits. Ce nom de Jésus, cette qualité de Sauveur, n'exclut personne, n'excepte aucun des malheureux qui veulent l'invoquer; il exprime la grâce et la miséricorde, et promet le salut à tous ceux qui mettront en lui leur espérance. Qu'est-ce qu'un Sauveur, sinon un père qui rend la vie, un bienfaiteur puissant et secourable? Mais comment appeler un Sauveur descendu du ciel, un Dieu qui se fait homme pour sauver les hommes, un Jésus qui donne son sang pour les racheter de !a mort et du péché? O Nom digne de toute bénédiction et de tout amour! soyez béni et aimé dans tous les siècles. Commence par l'aimer et le bénir, ô mon âme! et que tout ce qui est en moi bénisse ce saint nom; bénis le Seigneur, et n'oublie jamais ses bienfaits. C'est lui qui fait grâce à toutes tes fautes et qui guérit toutes tes infirmités, lui qui rachète ta vie de la mort, qui te couronne de ses miséricordes.  Le Père céleste n'a renfermé tant et de si précieux souvenirs dans ce nom qu'il a donné à son Fils qu'afin qu'en l'honorant et en l'invoquant souvent nous fussions comme obligés de l'aimer, de le révérer et d'exprimer dans nos sentiments et nos œuvres toutes les perfections qu'il représente. Donnez-moi donc, ô divin Sauveur! de m'y attacher, de le chérir, de le prononcer souvent avec amour, de sentir profondément toutes les vertus qu'il signifie, toute la sainteté à laquelle il m'oblige. Je ne puis ni le lire ni l'entendre sans me rappeler tout ce que vous êtes, tout ce que vous avez fait, tout ce que vous voulez faire, tout ce que vous voulez être pour moi. Donnez-moi une joie toute spirituelle et une vénération profonde toutes les fois qu'il vient frapper mes oreilles ou mes yeux; et puisque je ne puis même vous nommer d'une manière utile pour moi et glorieuse pour vous, ô Seigneur Jésus! que par la grâce de votre Saint Esprit, accordez-moi de le répéter souvent avec foi et avec piété, afin qu'il excite en moi le regret de mes péchés, la reconnaissance et la charité.


La confiance


Qu'il est puissant le nom de Jésus! C'est dans sa circoncision que le Verbe incarné en la recevant a commencé à en remplir les obligations et à en exercer la puissance; car c'est dès ce moment qu'il est déclaré le Sauveur de ceux qui étaient perdus, et que. par l'effusion de son sang il opère le salut des pécheurs. Il le portera à la croix écrit au-dessus de sa tète, parce que c'est sur ce bois ensanglanté qu'il en consommera l'œuvre. C'est le nom glorieux que les apôtres porteront devant les gentils, devant les rois et devant les enfants d'Israël; c'est par lui qu'ils seront victorieux du démon et du monde, et opéreront les miracles multipliés et éclatants auxquels rien ne pourra résister. C'est lui qui donnera la force aux martyrs, la constance aux confesseurs, la chasteté aux vierges, les larmes de componction et la persévérance aux pénitents. C'est parle nom de Jésus que l'Eglise priera, se défendra, se multipliera, se gardera, se conservera jusqu'à la fin des siècles, que dans tous les temps les saints et les vrais disciples de Jésus-Christ triompheront des passions, des tentations, de toutes les suggestions de la nature corrompue pour s'élever à toute la perfection des vertus chrétiennes. Quelle confiance il doit t'inspirer, ô mon âme! avec quelle ferveur tu dois l'invoquer, puisqu'il est vraiment ta force, ta lumière! Cette tour invincible, inexpugnable dans laquelle tu dois te réfugier dans le danger! Quand le nom salutaire de Jésus se présente à mon esprit, dit Saint Bernard, et qu'il éclaire mon âme de ses rayons, aussitôt mes passions se refroidissent, et mes tentations s'évanouissent; car en prononçant ce doux nom, je me représente un homme doux et humble de cœur, affable, sobre, chaste, miséricordieux, orné de toutes les vertus, et en même temps je me souviens que cet homme est Dieu tout puissant, gui me donne d'une part l'exemple de sa vie pour que je m'applique à l'imiter, et de l'autre sa grâce et son secours pour agir. Il me semble en un mot que toutes sortes de biens retentissent à mon cœur lorsque le nom de Jésus retentit à mes oreilles.  Ah! je ne veux plus cesser de l'invoquer, de le célébrer, de le bénir, et de conjurer le Sauveur d'opérer en moi ce que ce nom adorable signifie, en lui disant avec Saint Augustin: O Jésus! soyez-moi Jésus, c'est à dire délivrez-moi de mes péchés, sanctifiez-moi, sauvez-moi.


Vertu à obtenir: La dévotion au Saint Nom de Jésus.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée avec le psalmiste: Que le nom du Seigneur soit béni maintenant et dans tous les siècles! Faites souvent réparation au Sauveur pour les irrévérences, les outrages et les profanations de son nom adorable. Dédommagez-le par de pieuses et fréquentes invocations de l'oubli et de la négligence de tant de chrétiens, et gémissez surtout des vôtres. Commencez toutes vos actions en le prononçant, en le baisant avec respect, et soyez fidèle à les rapporter toutes par une intention actuelle à la gloire de Jésus-Christ. Oh! quelle grâce, ô mon Sauveur! si je pouvais contribuer en quelque manière à la gloire de votre nom! Oh! s'il pouvait m'être donné de le faire connaître, aimer, adorer, bénir, de porter les hommes à lui rendre hommage! Je vous le demande, ô mon Sauveur! Par votre Miséricorde et par Votre Amour. Ainsi soit-il.


Prière


Gravez dans mon cœur en traits de flamme votre nom adorable, ô mon Sauveur! afin que rien ne soit jamais capable de l'en effacer; qu'il soit ma force, mon appui, mon espérance; que dans mes tentations il me défende; que dans les dangers il me garde; que dans mes chagrins et les épreuves de cette vie il me soutienne et me console; que je le prononce toujours avec l'accent du respect, de l'amour et de la confiance, et qu'il me rappelle toujours par qui j'ai été sauvé, à qui je suis consacré, pour qui je dois vivre, qui je dois posséder éternellement; que je le porte dans mon âme ici bas comme un signe de sainteté et de combat, afin de le porter sur mon front au milieu des élus comme un signe de triomphe et de gloire. Ainsi soit-il.

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2 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Dixième jour

Jésus attire Saint Joseph aux vertus de son enfance


« Vous l'avez prévenu de vos plus douces bénédictions ». (Psaume 20) Le premier et le plus sage conseil que vous puissiez suivre, dit Salomon, c'est d'acquérir la sagesse, et, s'il le faut, de donner tous vos biens pour la posséder. Sa faveur vous élèvera jusqu'au ciel. Vous ne l'aurez pas plus tôt embrassée qu'elle vous comblera d'honneur. Faites donc une étroite alliance avec elle; elle versera sur votre tête une abondance de grâces, et vous couronnera d'un diadème de gloire. Voilà  l'image et le récit anticipé du bonheur incomparable auquel Saint Joseph a été prédestiné. Le Fils de Dieu, la sagesse du Père, ayant miséricordieusement résolu de prendre notre nature dans le sein d'une vierge, et de se choisir un père adoptif, l'a appelé à la plus intime participation de ses mystères. Saint Joseph non seulement l'a reçu, l'a possédé, mais il l'a gardé, il l'a nourri, il l'a sauvé, il a été le digne coopérateur de ses desseins miséricordieux sur les hommes: aussi parce que ce comble d'honneur auquel il était élevé demandait une fidèle correspondance, et que ses mérites devaient être en rapport avec sa dignité, l'enfant Jésus l'initie le premier aux sublimes vertus qu'il vient leur enseigner. 1° L'humilité; 2° la pauvreté; 3° l'abnégation.


L'humilité


Quel état glorieux que celui auquel Saint Joseph est élevé par l'Incarnation! Il est admis à la communication des ineffables secrets qui ont été cachés aux sages du monde. La Mère de Dieu, la Reine du ciel l'appela son seigneur, le Verbe fait chair l'appelle son père et lui obéit; que peut-on imaginer d'aussi grand, d'aussi beau, d'aussi excellent? Cependant au milieu de tant de grâces extraordinaires dont il est favorisé, il conserve l'humilité la plus profonde; il cache les privilèges ineffables dont il est honoré, il ne publie rien des mystères incompréhensibles qui viennent de s'accomplir, il ne cherche point à les pénétrer, et laisse à Dieu le soin de les manifester, dans le temps fixé par ses décrets; il ne pense qu'à correspondre aux vues de la providence sur lui, et se borne uniquement à ce qui le regarde. Quoique issu du sang des anciens rois de Juda il se plaît dans une condition vile aux yeux du monde, et n'a d'autre ambition que de fournir par le travail de ses mains aux besoins communs de la sainte famille. Que diras-tu de ces sentiments et de cette conduite, ô mon âme! toi qui es si prompte à t'élever et à t'enorgueillir du plus frivole avantage et à perdre de vue ta faiblesse, tes ténèbres et tes infidélités. La plus vaine louange, le plus léger souffle de la vanité t'exaltent et éteignent en toi la lumière de la grâce et la connaissance de toi-même; que de motifs semblaient autoriser Saint Joseph à sortir de l'obscurité de son humble condition! Royale origine, choix de sa personne pour les plus sublimes fonctions, hommages que lui rendent et le Fils du Très-Haut et sa divine Mère. Pourquoi ne pas quitter cet atelier? Pourquoi ce silence sur tout ce qu'il a vu et entendu? Lui à qui l'ange a dit de si grandes choses, qui a été témoin des merveilles de l'enfantement virginal, que ne pourrait-il pas publier? quelles sublimes révélations il pourrait faire! Ah! divin Jésus! quand vous attirez les âmes à vous, vous les attirez avant tout à vos vertus, à l'humilité, à la retraite, au silence, à une sainte obscurité, vous les cachez dans le secret de votre face, et elles cachent au fond d'elles-mêmes le trésor de vos dons; elles tiennent sous le sceau votre secret. Les avantages humains ne sont rien s'ils ne sont connus et si le monde ne les prise; mais les biens véritables, les opérations de votre grâce, ô mon Sauveur! on a besoin de les goûter seul à seul avec vous dans le silence. O mon âme ! n'aime donc plus à te répandre au dehors, à t'épancher dans les créatures, même sous prétexte de les édifier, elles gagneraient peu et tu perdrais trop à ces dangereuses communications.


La pauvreté


Vous savez, disait Saint Paul aux Corinthiens, quelle a été la charité de notre Seigneur Jésus Christ, qui étant riche s'est fait pauvre pour l'amour de vous, afin que vous devinssiez riches par sa pauvreté. A la vue de cet indigence totale à laquelle s'est réduit le Verbe fait chair, quels sentiments de détachement et de mépris des richesses Sain Joseph ne devait-il pas concevoir! quoi de plus propre à les faire naître dans son cœur que le spectacle qu'il avait sous les yeux depuis la naissance de Jésus! ce créateur, ce souverain maître du ciel et de la terre qui non seulement rejette loin de lui l'opulence, mais qui se refuse le nécessaire, qui naît sur la paille! qui n'a en naissant ni où se reposer, ni de quoi se couvrir, et qui ne fait donner du haut des cieux d'autres marques de sa venue dans ce monde que le témoignage d'une pauvreté qui n'eut jamais d'égale! Mais surtout, ô divin enfant! vous éleviez ces sentiments de votre père adoptif à un ordre supérieur, en lui découvrant les raisons de cette préférence, de votre prédilection pour la pauvreté; vous découvriez à son âme tous les trésors qu'elle renferme, tout ce que possède celui qui renonce à tout pour vous suivre, qui se détache de tout pour vous imiter. O mon aimable Sauveur! révélez-moi ce secret; dessillez mes yeux que trompe et qu'éblouit l'éclat des biens de la terre. O ciel! que je suis loin de votre esprit, de vos affections, de vos exemples, et que même je sens imparfaitement votre conduite sur vos serviteurs et vos amis! quoi que votre choix m'enseigne, quoi que me prêche votre Evangile, ô divin enfant! non je n'aime pas la pauvreté. Elle me répugne; elle me fait peur; je ne puis souffrir que rien me manque. J'ai des empressements déraisonnables pour amasser, pour accroître mon revenu, ma fortune, quelle qu'elle soit; la moindre perte m'attriste, me chagrine, me fait mal; je ne me contente pas du nécessaire; je recherche le superflu, le plus beau, le plus précieux; hélas même quelquefois ce qui est illicite et défendu... Et j'ose me dire votre disciple et vous appeler mon modèle, mon bien, mon trésor, ma richesse! O Jésus naissant! ô Dieu pauvre! ayez pitié de moi. Inclinez mon cœur vers vos préceptes et détournez-moi de la cupidité.


L'abnégation


Commencez-vous à comprendre que Jésus venant au monde ne s'est pas contenté de naître pauvre, dépouillé, manquant de tout, mais qu'il s'est comme quitté lui-même? Il se dépouille en effet de sa grandeur, de sa majesté, de sa puissance, et pratique divinement ce renoncement à soi-même, cette abnégation à laquelle il rappellera un jour tous ceux qui voudront marcher à sa suite et dont sa crèche est l'emblème, comme sa croix en sera le signal et l'étendard. O Saint Joseph! que vous avez admirablement profité à l'école du souverain maître ! En combien peu de temps vous avez acquis la science de l'abnégation! Contemplez en effet toute sa conduite depuis que l'ange lui a révélé le mystère du salut; quelle soumission aux ordres de la providence, quel calme, quel abandon entre ses mains, quel oubli de lui-même, quelle foi! il va, il revient, il entend, il se tait, il adore, il ne possède plus rien, il ne désire, il ne regrette rien, il ne s'inquiète d'aucun accident , ne craint aucun danger. Il ne vit que pour Jésus et pour Marie, pour les prévenir, les soigner, les servir et les aimer. Il n'est plus à lui, il est tout à l'enfant et à sa mère. O Sauveur du monde! voilà l'esprit que vous répandez dans vos saints! voilà comment vous revivez en eux, en leur faisant reproduire dans leur vie les vertus que vous avez apportées sur la terre; mais où les retrouver aujourd'hui dans le christianisme, même parmi ceux qui sont restés fidèles à la religion de leurs pères! on veut bien les admirer dans l'Evangile, dans la vie de vos serviteurs, mais non en faire la règle de sa conduite, les appliquer à son état et à sa situation, et par elles se sanctifier. Cependant, ô Jésus! vous n'avez pas deux Evangiles: l'un de rigueur, de crucifiement et de douleurs pour vous et pour vos saints, et un Evangile tout opposé pour nous. C'est à tous vos disciples sans distinction que vous dites: Si quelqu''un veut venir après moi, qu'il se renonce lui-même, qu'il porte sa croix tous les jours, et qu'il me suive. O divin enfant! que ces paroles me causent de confusion et d'alarmes! je n'ai donc pas encore été votre disciple; je ne porte pas vos marques, je n'ai jamais voulu me dépouiller de celles du monde, des recherches de la sensualité, de l'amour-propre, de la vanité. Je n'ai fait que les cacher aux yeux des autres et peut-être aux miens sous des dehors de christianisme et un extérieur de régularité dont vous discernez le vide et le néant; ayez pitié de moi, ô Jésus ! attirez-moi enfin à vos vertus.


Vertu à obtenir: L'esprit intérieur.


Réflexions et aspirations


Adorez souvent aujourd'hui l'enfant Jésus adoré par Marie et par Joseph; apprenez de ce grand saint la véritable manière d'honorer les mystères, qui est de s'humilier, de s'anéantir dans le sentiment d'une foi vive, humble et reconnaissante; n'aspirez ni à vous élever, ni à paraître: c'est par l'humilité que vous attirerez Jésus en vous. Ayez de la joie lorsqu'après une bonne action vous n'aurez eu que Dieu pour témoin, fermez votre cœur à la cupidité: ne désirez pas les richesses que le Sauveur a condamnées en les repoussant de sa crèche: recevez avec amour cet enfant pauvre, qui vient vous enrichir, comprenez que ce n'est pas la pauvreté qui est une vertu, mais l'amour de la pauvreté; privez-vous de quelque chose pour l'amour de Jésus, sinon du nécessaire, du moins du superflu, du commode, de l'agréable, et ainsi vous honorerez la pauvreté de Jésus.


Prière à Saint Joseph


O Chaste époux de la plus pure des vierges et de la Mère de mon Dieu, chef visible de la sainte famille, gardien fidèle du plus précieux de tous les trésors, dépositaire du plus profond de tous les mystères, je me réjouis de votre gloire, et je révère votre grandeur. Vous fûtes trouvé digne de présider aux actions d'un Homme-Dieu, de tenir lieu de père et de commander à Jésus Enfant. Vous fûtes le nourricier de cet adorable Sauveur; vos soins, vos travaux et vos sueurs ont concouru à soutenir son humanité sainte. Adopté par lui pour père vous avez reçu une abondance de grâces et de dons spirituels proportionnée à cette adoption glorieuse, et vous y avez admirablement correspondu. Daignez aussi m'adopter, ô grand Saint! me garder, me défendre contre mes ennemis extérieurs et intérieurs, m'obtenir une fidèle imitation de vos vertus, et la grâce de mourir comme vous entre les bras de Jésus et de Marie. Ainsi soit-il.

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1 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Neuvième jour

Jésus attire les âmes à la pénitence


« La vraie circoncision est celle du cœur, qui se fait par l'esprit ». (Romains 2) L'Enfant Jésus a été circoncis; mais ses souffrances ne se terminent point avec l'opération qui les a occasionnées; c'était même au troisième jour que la douleur de la blessure était plus cuisante, comme nous l'apprenons au vingt-quatrième chapitre de la Genèse. Cette plaie, qui lui représentait et lui faisait sentir d'avance les cruels déchirements de celles dont il serait un jour tout couvert depuis la plante des pieds, jusqu'au sommet de sa tête, demeure donc ouverte pendant plusieurs jours, et devient pour lui un rigoureux supplice. Ah! qu'il est bien vrai qu'il a été blessé à cause de nos iniquités; qu'il a été brisé pour nos crimes; que le châtiment qui devait nous donner la paix est tombé sur lui, et que nous avons été guéris par ses meurtrissures, O Marie! comme cette plaie saigne dans votre cœur! avec quelle émotion de piété et de tendresse vous vous appliquez à l'adoucir et à la cicatriser! que ne conjurez-vous ce médecin tout puissant de laisser agir sur lui-même cette vertu guérissante qu'il répandra si miséricordieusement pour soulager des maux qui ne pourront jamais être comparés avec ce qu'il endure! mais non, il veut dès les premiers moments de sa vie nous enseigner 1° la nécessité de la pénitence, 2° la continuité de la pénitence, 3° la sévérité de la pénitence.


La nécessité de la pénitence


Le Sauveur pendant sa vie évangélique l'annonce souvent aux hommes; il la leur rappellera au milieu des déchirements de sa passion, et même quand il sera sur le point de les quitter pour retourner à la droite de son père. Il y a plus, parce que la pénitence devait préparer les hommes à son avènement, il la fait prêcher par son précurseur, Saint Jean-Baptiste en fait retentir les bords du Jourdain: Faites pénitence, s'écrie-t-il, car le royaume des deux approche. Mais il faut que dès sa naissance Jésus la prêche plus haut encore par ses œuvres, et qu'il montre dans sa personne que le temps est venu où il faut se faire violence pour arriver au ciel, et que ceux-là seuls peuvent le conquérir et l'emporter qui combattent contre eux-mêmes et contre les ennemis du salut. Regarde, ô mon âme! contemple l'auteur et le consommateur de notre foi; car avant de nous instruire par ses paroles il nous a donné la leçon si frappante de ses exemples. Quand même tu n'aurais pas apporté en entrant au monde le crime de ton origine, quand les tristes suites qu'elle a laissées en toi, même après que tu as été régénérée sur les fonts sacrés, ne te rappelleraient pas sans cesse la nécessité du baptême laborieux de la pénitence, ah! L'exemple du saint des saints t'en ferait une rigoureuse obligation. Mais que de péchés n'es-tu pas à déplorer et à expier! Que de mauvaises habitudes à vaincre et à déraciner! Quel ascendant tes négligences et tes infidélités n'ont-elles pas donné à tes passions! Et comment te défendre contre leur attaque et te prémunir contre les chutes dans un véritable esprit de pénitence, sans la pratique intérieure et extérieure? Interroge l'Evangile, parcours la vie des Saints, partout tu trouveras le précepte et la pratique de la pénitence. Pas un seul juste qui ait cru pouvoir s'en dispenser; et on dirai que les plus grands serviteurs de Dieu se sont cru d'autant plus redevables à sa justice qu'ils étaient éminents en sainteté. C'est qu'ils avaient sans cesse devant les yeux l'exemple du juste par excellence qui a voulu faire pénitence pour nos péchés dès les premiers moments de sa vie, et qui à peine s'est volontairement chargé des iniquités des hommes qu'il se soumet à en porter le châtiment et la confusion.


La continuité de la pénitence


Comme sa constance est 1'écueil de la faiblesse humaine, et l'instabilité notre partage, lors surtout qu'il est question pour nous de combattre nos penchants corrompus et de soutenir la lutte contre nos passions. Jésus a voulu par les premiers mystères douloureux de son enfance nous offrir l'exemple de la persévérance, et nous mériter par la durée de ses souffrances la grâce de le suivre. Hélas! depuis le premier moment de son incarnation elle n'a pas été interrompue. Dans le sein de sa mère, captivité, dépendance, douleurs, impuissance absolue; quelle pénitence pour ce Verbe de vie, de sagesse, de gloire et de majesté! A peine il en est sorti, nouvelles souffrances qui se succèdent, rebuts, mépris, pauvreté, abandon, privations de toute espèce, inhumanité des hommes, rigueur de la saison, joug de l'ancienne loi dont il vient nous affranchir, mais dont il veut porter tout le poids, mortification continuelle de l'esprit, du cœur et du corps; voilà ses premiers pas dans la carrière de la pénitence; car il ne faut jamais perdre de vue que ce qui, pour les enfants ordinaires, est l'effet de la nécessité et de la contrainte, est dans l'enfant Jésus l'effet du choix et de la volonté. Te contenteras-tu, ô mon âme ! d'effleurer pour ainsi dire la pénitence, d'essayer la croix et bientôt de t'en décharger, de marcher pendant quelques jours dans la voie étroite et puis de t'arrêter tout court, croyant faire beaucoup en ne retournant pas en arrière! Mais ignores-tu donc la maxime des saints, que ne pas avancer c'est reculer? Mais n'as-tu donc pas lu cette effrayante parole, trop peu méditée, trop peu sentie: Quiconque ayant mis la main à la charrue regarde derrière soi n'est point propre au royaume de Dieu. Ainsi c'est peu de faire une fois la circoncision du cœur, il faut la faire souvent, et s'il est possible la faire toujours. Croyez-moi, dit Saint-Bernard, vous avez coupé les rejetons du péché, ils repoussent; vous l'avez chassé, il revient; vous l'avez éteint, il se rallume; il n'est qu'endormi, bientôt il se réveille. Ainsi il faut incessamment retrancher, poursuivre, combattre, éteindre, parce que la racine et le foyer du mal sont au milieu de nous, que l'ennemi de notre salut trouve un appui dans nos penchants corrompus, et qu'il a des intelligences jusque dans notre cœur.


La sévérité de la pénitence


Pour commencer à comprendre ce qu'elle est pour l'enfant Jésus dès les premiers moments de sa vie prosternez-vous en esprit au pied de sa crèche dans laquelle il est étendu comme sur un autel, puisqu'en effet dans sa circoncision commence son immolation sanglante; et à la vue de cette blessure que lui ont faite et vos péchés et son amour adressez-lui avec un profond sentiment de reconnaissance et de repentir ces questions si propres à réveiller en vous de saints désirs de pénitence: « Qu'avez-vous donc fait, ô très-doux enfant! peur être condamné à de telles souffrances? quel forfait avez-vous commis, ô aimable fils de Marie! pour être traité avec cette rigueur? quel est votre crime? par quel noir attentat avez-vous attiré sur vous une si terrible vengeance? Ah! c'est moi, c'est moi qui suis la plaie de votre douleur, la meurtrissure qui vous fait souffrir. O mystère ineffable de charité! le coupable pèche, et le juste est puni; ce que mérite le méchant c'est le bon qui l'endure; les dettes des serviteurs sont payées par le maître, et le crime de l'homme est expié par un Dieu. Que vous rendrai-je, à mou Seigneur et mon Roi! pour tous les biens que vous m'avez faits? Ah! le cœur de l'homme n'est pas assez riche pour acquitter la dette de sa reconnaissance. Toutefois, ô Fils de Dieu! si vous daignez visiter mon âme et la remplir d'une componction salutaire, elle crucifiera sa chair avec ses passions déréglées, et par là du moins s'associera à vos douleurs et à votre pénitence. Après cela qui pourrait m'arrêter, ô mon Sauveur! ce ne peut plus être la sécurité de l'innocence conservée; serait-ce celle de l'innocence réparée? Mais elle ne peut être réparée que par la pénitence; et connais-je la mesure de celle que vous avez assignée à mes innombrables offenses? Mais ne m'avertissez-vous pas de n'être point sans crainte même sur les péchés pardonnés, parce que nul dans cette vie ne sait s'il est digne d'amour ou de haine? Et quand votre apôtre châtie son corps et le réduit en servitude, de peur qu'après avoir prêché aux autres il ne tombe lui-même dans la réprobation, oserais-je assigner un terme à la durée ou à la rigueur de mes expiations? Ainsi je suis certain que j'ai offensé Dieu , et je ne le suis pas de mon pardon. J'ai renoncé au péché; mais le Seigneur ne m'a pas dit: Le mal n'approchera pas de toi. J'ai recouvré par la grâce des sacrements la santé de l'âme; mais la faiblesse que le péché a laissée en moi ne m'expose-t-elle pas à de continuelles rechutes, ne m'oblige-t-elle pas à de continuelles précautions? Puis-je me tranquilliser sur le passé et me précautionner contre l'avenir autrement que par la pénitence, et par une pénitence durable et aussi rigoureuse que mon état peut me permettre et que l'exige la multitude et la grièveté de mes offenses.


Vertu à obtenir: L'esprit de pénitence.


Résolutions et aspirations


Adorez aujourd'hui l'enfant Jésus blessé pour vos iniquités et vous offrant son sang pour vous servir de rançon; remerciez-le humblement d'une si grande miséricorde; offrez ce sang adorable au Père, en le priant de vous pardonner; joignez dès aujourd'hui à cette oblation quelque acte de mortification intérieure et extérieure ; examinez devant Dieu quelle vie vous avez menée depuis votre baptême, surtout à telle ou telle époque; tenez-vous quelque temps en sa présence dans les sentiments d'humiliation, de confusion et de douleur que doit vous inspirer le souvenir de vos péchés. Demandez au Père éternel, par la circoncision douloureuse de Jésus-Christ, quelque part à son esprit de pénitence. Prenez la résolution, 1° de conserver toute votre vie l'esprit de pénitence, en réitérant souvent les actes d'humilité et de contrition, surtout lorsque vous devez approcher du saint tribunal; 2° de souffrir en cet esprit les afflictions, maladies, pertes de biens et autres peines qu'il plaira à Dieu de vous envoyer; 3° de vous imposer de vous-même et par votre choix avec le consentement de votre confesseur quelques pénitences particulières, comme jeûnes, aumônes, visites des pauvres, des malades, et autres mortifications intérieures ou extérieures.


Prière


Seigneur, Dieu tout-puissant, qui dans la tendresse de votre enfance avez souffert dans votre chair innocente les douleurs de nos crimes, et qui dans l'image de la mort du vieil homme avez fait reluire les marques de la vie de vos enfants, faites-nous la grâce de nous dépouiller en esprit de la corruption d'Adam, et d'aimer votre sainte enfance, dans laquelle de cœur et par amour vous mourez et revivez pour nous. Donnez-nous de mourir tous les jours, par la pénitence, afin que nous puissions vivre éternellement dans la gloire où vous régnez avec le Père et le Saint Esprit. Ainsi soit-il.

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31 décembre 2010

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Huitième jour

Jésus est circoncis


« Huit jours s'étant écoulés depuis la naissance de Jésus, il fut circoncis ». (Luc 2) Lorsque Abraham fut appelé de Dieu pour être le père d'une race choisie et fidèle qui ne devait jamais finir il reçut l'ordre de faire observer par tous ses descendants la loi de la circoncision. C'était comme un signe de l'alliance que Dieu daignait contracter avec eux et de la protection qu'il leur promettait; c'était la marque distinctive de cette nation, qu'il daignait appeler son peuple; mais la circoncision était destinée surtout à imprimer dans la chair de l'homme le sceau du péché, et à lui rappeler par le sang qu'elle faisait couler qu'il avait mérité la mort. L'enfant Jésus ne pouvait être obligé à cette humiliante et douloureuse cérémonie puisqu'il était le maître de la Loi et le saint des saints, et que de plus il était né d'une mère vierge. Toutefois quoiqu'il en fût manifestement dispensé il a voulu s'y soumettre, l'accomplir et selon la lettre et selon l'esprit par humilité, par obéissance et par amour. Huit jours après sa naissance il fut présenté à la circoncision. Entre, ô mon âme! dans l'esprit qui anime l'enfant Jésus en cette démarche, et demande-lui la grâce de bien comprendre pourquoi il veut aujourd'hui porter en lui-même 1° la marque du péché, 2° la honte du péché, 3° le châtiment du péché.


La marque du péché


« Jésus souffre d'être mis au rang des pécheurs; il va comme un vil esclave porter sur sa chair un caractère servile et la marque de notre péché d'origine. Le voilà donc en apparence fils d'Adam comme les autres; pécheur et banni par sa naissance il fallait qu'il portât la marque du péché, comme il en devait porter la peine. Cependant, au lieu d'être impur comme nous par son origine; par son origine, il était saint, conçu du saint Esprit qui sanctifie tout, et uni en personne au Fils de Dieu, qui est le saint des saints par essence. L'esprit qui nous sanctifie clans notre régénération est celui dont Jésus-Christ est conçu, dont sa sainte chair a été formée, et qui est infus naturellement dans son âme sainte, de sorte qu'il n'a pas besoin d'être circoncis; et il ne se soumet à cette loi que pour accomplir toute justice en donnant au monde l'exemple de la plus parfaite obéissance et de l'humilité la plus profonde ». O Sauveur naissant! faut-il donc que je trouve en moi une opposition si absolue et si constante à toutes vos affections comme à votre conduite. Rien, ne vous oblige à la loi de la circoncision, et vous vous faites un devoir de vous y soumettre; et moi, lorsque je ne viole pas ouvertement vos commandements divins, je trouve toujours des raisons pour m'en dispenser et en adoucir la rigueur. Vous êtes innocent, et vous voulez porter la marque des pécheurs; et moi, qui suis pécheur,je veux paraître innocent: je ne me contente point de ne pas me montrer tel que je suis en réalité, plein de défauts, d'imperfections et de misères, je veux qu'on m'estime tout différent de ce que je suis en effet, qu'on me croie des talents, des qualités, des vertus que je n'ai pas; et si même une main charitable vient me présenter le miroir, m'obliger à reconnaître un travers, une faiblesse sur lesquels je m'étais trop long-temps abusé, l'humeur, ou au moins la tristesse, s'empare de moi, je récrimine, je me plains, et peut-être je paie par un injuste et amer ressentiment un service digne de toute ma reconnaissance. O Sauveur plein de justice et d'innocence! guérissez par ce signe d'humiliation que vous avez voulu imprimer sur votre chair virginale la plaie profonde de mon orgueil; que je me considère enfin tel que je suis à vos yeux, et que je ne veuille pas paraître tout autre aux yeux du prochain.


La honte du péché


Le corps que le Verbe a pris dans les chastes entrailles de Marie n'est-il donc pas le chef d'œuvre de l'Esprit saint, un temple de gloire? Cette chair dont l'attouchement béni guérira les âmes, qui les nourrira, les fera croître, les gardera pour la vie éternelle, n'est-elle donc pas digne de tout honneur et de toute la vénération des anges et des hommes? Oh! oui sans doute, et bien plus que nous ne le pouvons comprendre. Sa dignité ne demande-t-elle donc pas qu'on lui épargne l'humiliation de porter l'empreinte du crime d'Adam? n'est-ce pas assez que le Verbe ait été fait chair, sans qu'il soit fait encore chair de péché? O sagesse éternelle ! vos pensées ne sont pas nos pensées, et vos voies ne sont pas nos voies: je pense en homme, et vous agissez en Dieu. Vous la voyez dans toute sa vérité cette offense de Dieu que je ne connais que par la foi, et que même malgré le secours de cette divine lumière je ne sais ni bien sentir, ni bien comprendre. Vous en pénétrez l'étendue immense et la profonde malice, et dès les premiers jours de votre vie vous vous offrez à votre divin Père pour en porter le châtiment et en subir l'ignominie. Comme ces criminels que la justice humaine flétrit par une marque infamante avant de les frapper de mort, dès votre naissance, ô Agneau sans tache ! vous voulez recevoir dans ce corps que vous immolerez un jour sur la croix la flétrissure de nos péchés. O mon âme! voilà ce que le péché coûte à ton Rédempteur dès son entrée dans la carrière; il découvre à fond toute l'indignité et toute l'horreur de cette prodigieuse maladie dont tous les hommes naissent infectés; il en prend pour ainsi dire dans sa circoncision le venin mortel, et en veut porter la marque et la plaie; et pourquoi? pour effacer ta honte, ô mon âme ! pour l'anéantir dans sa propre chair. O bonté infinie de ton aimable Sauveur! Il se dévoue à recevoir un sacrement d'ignominie, et il te préparé» un sacrement de gloire. Par sa circoncision il adopte et s'approprie l'opprobre de l'homme: par le baptême il rend l'homme participant de sa nature divine. Renonce, ô mon âme! renonce au vieil Adam, prends aujourd'hui l'engagement de te dépouiller du vieil homme et de ses œuvres, de renoncer pour toujours au péché. Ne sois pas assez malheureuse pour faire revivre en toi, en le commettant, la honte que Jésus-Christ a subie pour le détruire.


Le châtiment du péché


La circoncision n'était pas seulement humiliante, elle était encore douloureuse; et il en devait être ainsi puisqu'elle avait été ordonnée comme la marque des pécheurs, et comme le châtiment et une sorte d'expiation du péché. Mais si elle était douloureuse pour tous ceux qui en subissaient l'opération, combien plus ne le fut-elle pas pour l'Enfant Jésus! Les autres enfants en souffraient les douleurs sans les connaître; Jésus Christ, avec une pleine connaissance, et avec un sentiment d'autant plus vif que son corps adorable, par sa parfaite constitution, était plus sensible à la souffrance. Ainsi il connaissait parfaitement et sentait jusque dans le fond de son être tout ce qui se faisait à son égard; et dans cette opération sanglante il voyait le prélude et comme l'essai des supplices par lesquels devait se terminer sa vie; et en répandant quelques gouttes de son sang il savait bien qu'il s'engageait tout entier à la mort. Ainsi sa circoncision fut le commencement de sa passion; dans cette première blessure qu'il endura il ressentit tous les déchirements du Calvaire, et comme le poids de la justice divine commençant à s'appesantir sur lui. O mon âme! tel a été pour toi l'amour du Verbe fait chair qu'il a voulu exposer son corps tout saint, tout vénérable, tout parfait qu'il était à l'humiliation et à la douleur, à la rigueur de la justice de Dieu et à la cruauté des hommes. Tout faible, tout délicat qu'il est aujourd'hui il se livre au couteau de la circoncision, sans plainte, sans murmure, avec un courage et une patience qui ne peuvent appartenir qu'à lui. Jusqu'à quand traiteras-tu ton corps avec tant de délicatesse, ne lui refusant rien, cédant à ses appétits et à ses exigences! Oublies-tu donc qu'il est ton esclave, et que pour conserver l'empire sur lui tu as besoin de le tenir sous le joug de la mortification? Ne sais-tu pas que celui qui nourrit délicatement son esclave ne tarde pas à essuyer ses insolences? Et si enfin tu veux sincèrement appartenir à Jésus-Christ ne dois-tu pas crucifier ta chair avec ses désirs déréglés, c'est à dire résister vivement à la concupiscence, la combattre sans relâche, lui refuser tout ce qui peut la réveiller ou lui servir d'aliments. C'est là la circoncision véritable qui n'est pas faite de la main des hommes, la circoncision de Jésus Christ.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent dans la journée le Fils de Dieu comme le premier principe et la dernière fin de votre vie; offrez-lui souvent son précieux sang, et le priez de l'appliquer comme un divin baume aux plaies de votre âme. Excitez-vous à bien commencer l'année, et à mener réellement une vie nouvelle. Dites à Jésus-Christ: ô mon Sauveur! que vous allez de bonne heure à la croix et aux souffrances! que vous êtes prompt à donner votre sang! c'est dès le huitième jour que vous commencez à le répandre. Hélas! depuis tant d'années je n'ai pas encore commencé à vous aimer. Il faut que je commence enfin avec le secours de votre grâce à porter en moi la marque de votre circoncision et de votre sang, et que je la renouvelle sans cesse, puisque la concupiscence produit sans cesse de nouveaux rejetons, et que, quoi que je fasse, je trouverai toujours en moi quelque chose à retrancher.


Prière


O divin enfant! souverain amateur des âmes, pour rendre hommage aux souffrances et aux plaies de votre chair innocente je vous offre ma santé, mes forces, ma vie pour être consommées à votre service dans les exercices d'une sainte pénitence et d'une mortification continuelle. Faites-moi cette grâce, qu'au lieu de flatter mon corps, comme je l'ai fait jusqu'à ce jour, j'en devienne l'ennemi; que je refuse à mes sens tout ce qui vous déplaît et tout ce que vous n'avez pas aimé; donnez-moi cette mortification intérieure qui vivifie l'âme et y fait croître les vertus; arrosez-moi de ce sang précieux que vous répandez aujourd'hui, afin qu'il me purifie, me fortifie, me dégoûte et me délivre de l'empire des sens, et que je trouve ma gloire et mon plaisir à vous aimer et à souffrir pour votre amour. Ainsi soit il.

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30 décembre 2010

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Septième jour

Jésus attire Marie à la contemplation de ses mystères


 

« Marie conservait le souvenir de toutes ces choses, et elle les méditait dans le fond de son cœur ». (Luc 2) Vous avez vu les bergers adorer l'enfant Jésus, s'en retourner glorifiant Dieu et le faisant glorifier à tous ceux qui les écoutaient. Mais voici quelque chose encore de plus merveilleux et de plus édifiant. Marie conservait toutes ces choses, les repassant dans son cœur; car, qu'y a-t-il de plus admirable, après ce qui lui a été annoncé par l'ange, après ce qui s'est passé en elle-même, que d'écouter parler tout le monde et de demeurer cependant la bouche fermée? Elle a porté dans son sein le fils du Très Haut; elle l'en a vu sortir comme un rayon de soleil, pour ainsi dire, d'une nuée pure et lumineuse. Que n'a-t-elle pas senti à sa présence! quelle paix! quelle joie divine! Que ne pourrait-elle donc pas dire elle-même de son cher fils! Cependant elle le laisse louer par tout le monde, et non-seulement elle garde le silence, mais elle recueille avec respect ce que chacun dit de l'enfant Jésus, tout jusqu'aux paroles des bergers, et elle en fait le sujet de ses méditations. Sont-ce là vos dispositions quand vous entendez la parole de Dieu, quand vous sortez de l'église après un sermon? Quelle importante leçon vous offre ce respect et ce recueillement de Marie! Pensez-y dans ces jours où vous célébrez le souvenir de ces touchants mystères. Hélas! dans cette fin d'année, après tant d'instructions, de lectures de piété, de saintes inspirations, quelle terrible matière d'examen! Pour vous y préparer considérez aujourd'hui, 1° Quel est l'objet des contemplations de Marie; 2° quelle est la manière dont elle s'y applique; 3° quels sont les fruits qu'elle en retire.


Quel est l'objet des contemplations de Marie?


C'est sans doute toujours et avant tout son fils bien-aimé; c'est tout ce qui a rapport à lui, ce qui se dit, ce qui se passe à son sujet. C'est sur ce cher objet que se concentrent toutes ses pensées, toutes ses affections, tous ses vœux. C'est pour lui, par lui et en lui qu'elle pense, qu'elle aime, qu'elle souffre, qu'elle se réjouit. Cette céleste occupation de son âme, elle voudrait la communiquer à tous ceux qu'elle voit, qui approchent de l'Enfant-Dieu. Cette disposition n'est pas seulement chez elle l'effet de la tendresse maternelle, c'est un sentiment de foi, d'amour pour Dieu, de charité pour les hommes. Aussi toutes les paroles qui viennent de la part de Dieu, toutes les merveilles dont elle est témoin, tous les mystères qui se passent sous ses yeux, elle les remarque avec une application extrême; elle en considère attentivement toutes les circonstances particulières. Elle n'a porté que neuf mois le Verbe divin dans ses entrailles, mais toute sa vie elle l'a porté dans son cœur, conservant en elle-même avec un respect inexprimable non-seulement toutes ses paroles et toutes ses actions, mais toutes les réflexions auxquelles elles ont donné lieu, les mouvements de foi, de piété, dont elles ont été l'occasion, les vertus et les œuvres surnaturelles dont elles sont devenues le principe. Elle médite continuellement sur tout cela; elle le repasse dans son esprit; son cœur s'échauffe et s'embrase dans cette ravissante contemplation. Est-ce là ton occupation, ô mon âme?  Jésus est-il l'objet continuel de tes affections, de tes désirs, de ton espérance, de ton amour? est-il le sujet ordinaire de tes pensées et de tes réflexions? est-ce à lui que tu rapportes ce que tu vois, ce que tu entends? est-ce à diriger vers lui les esprits et les cœurs que tu mets tes soins? et les vains discours, les vains projets, les funestes illusions des enfants du siècle te ramènent-ils à lui? te font-ils sentir quelle grâce il t'a faite en t'appelant à la lumière de son Evangile, en mettant en toi le goût de sa sainte vérité ? Au lieu de ces précieux souvenirs, de ces utiles retours sur les égarements, les folies et les malheurs qu'enfantent l'irréligion et l'indifférence, que de temps perdu en pensées" vagues, oiseuses, en imaginations chimériques et déraisonnables. O mon Dieu! quel vide dans ma vie tout entière! quel déplorable, quel criminel usage de mon intelligence! Est-ce pour une telle fin que vous aviez marqué sur nous la lumière de votre visage? O mon Dieu! pardonnez à mon ingratitude et à ma folie!


Quelle est la manière dont Marie s'occupe de ce quelle entend dire de l'enfant Jésus


Ce n'est pas un coup d'œil superficiel qu'elle jette à la bâte sur tous ces sujets qui intéressent sa foi, sa piété et son amour. C'est par une sérieuse et attentive méditation qu'elle les grave dans son cœur, de sorte que rien ne peut les en effacer, et que leur image toujours vivante réveille toujours en elle des sentiments plus vifs et plus profonds. Ce n'est pas en elle une idée fugitive, un léger aperçu: non, non. Elle repasse fréquemment par la pensée sur ces paroles qu'elle a entendues, que l'enfant divin a mises dans la bouche des hommes simples dont il a éclairé l'âme; elle s'en occupe dans son esprit, elle s'y comptait, elle y trouve sa joie et son bonheur, parce que la gloire de Jésus en est le sujet, et que son amour en est lé fruit. Ce n'est pas assez encore, elle compare entre elles celles que l'ange lui a adressées au moment de l'incarnation, et celles par lesquelles il a annoncé aux pasteurs le moment de la naissance du Fils de Dieu; la pauvreté et l'humilité de ce petit enfant avec la majesté et les richesses incomparables de sa divinité; l'étable avec le ciel, la crèche avec son trône, les animaux qui l'environnent avec les séraphins qui l'adorent. Qui pourrait dire quels ravissements, quels transports ces rapprochements faisaient naître en elle; avec quelle tendresse son cœur s'écoulait dans le cœur de son fils; avec quelle dévotion elle le prenait entre ses bras pour l'offrir au Père! Ah! voilà l'exemple qu'il me faut imiter. Venez, toutes les puissances de mon âme; venez à la source de la lumière, de la sagesse, de la charité, de la grâce, de toutes les consolations célestes; venez apprendre de Marie à étudier le cœur de Jésus, à entrer dans l'esprit de ses mystères, à découvrir la manne cachée dans sa parole, dans ses sacrements, dans les prières et les cérémonies de l'Eglise. Ne gémis plus, ô mon âme! de tes ennuis, de tes dégoûts, de tes ténèbres; efface les importunes images de la vanité; conserve le recueillement et la paix; apporte aux pieds de l'enfant Jésus de saints désirs; médite ses enseignements et la conduite de ses serviteurs et de ses vrais disciples, et tu te trouveras bientôt toute changée, transformée et comme animée d'une vie nouvelle.


Quels sont les fruits que retire Marie de ce saint exercice


Ah! qu'ils sont précieux , qu'ils sont abondants! Elle anticipe sur la vie que les élus mèneront dans le ciel pendant toute l'éternité, puisqu'elle se nourrit de la vérité, qu'elle contemple la souveraine beauté, s'échauffe et s'embrase des feux de la divine charité. Par cette occupation toute spirituelle elle se dégage de plus en plus des sens et des objets sensibles, elle s'élève à chaque moment, et pour ainsi dire par le vol le plus rapide au dessus de la terre et de ce monde visible, et dans un corps mortel, elle vit réellement comme si elle était déjà ressuscitée. C'est qu'elle anime toutes ses actions extérieures de l'esprit intérieur qu'elle puise dans ses contemplations, sublimes. C'est qu'attirant à tout moment en elle par l'humilité de sa foi et la soif brûlante de sa charité, les eaux vives des fontaines du Sauveur, elle ne cesse de croître dans la connaissance et dans l'amour de Jésus-Christ. C'est qu'enfin, introduite à toute heure dans le sanctuaire du Dieu caché, dans lame de son fils adorable, elle y puise les plus hautes connaissances; tous les trésors de la science et de la sagesse, renfermés en lui, sont ouverts à sa mère bien-aimée, qui en est enrichie sans mesure. O cœur de Marie! arche du testament, qui conservez tout ce qu'il y a de précieux sur la terre et dans le ciel, apprenez-nous à méditer les paroles et les actions de votre fils, et à les graver si avant dans notre cœur qu'elles ne s'en échappent plus, et qu'elles y produisent des fruits abondants de grâce et de salut. Oh si, comme vous, j'avais recueilli toutes les leçons et toutes les lumières que les saintes lectures, les exhortations chrétiennes, des avis pieux et charitables devaient répandre dans mon âme, si je les avais mises à profit pour mon avancement spirituel! O Marie! que par votre puissante intercession je travaille dès aujourd'hui à réparer tant de pertes que tout ce que je lirai, tout ce que j'entendrai, tout ce que votre divin enfant daignera communiquer à mon esprit et à mon cœur anime toutes mes actions et me fasse croître en sainteté.


Vertu à obtenir: L'amour de l'oraison.


Résolutions et aspirations


Honorez souvent aujourd'hui la bienheureuse Marie tenant son fils entre ses bras, et s'occupant des merveilles de sa naissance. Pensez à la douceur, à la patience du fils et de la mère, et comparant vos défauts avec leurs vertus, entrez dans de véritables sentiments de componction, et dites, avec une confusion sincère: O Jésus! que je suis éloigné de vos exemples! O mère de miséricorde! que j'ai sujet de rougir en me voyant si dénué de vertus! Ecoutez votre ange gardien vous reprocher la négligence dans laquelle vous avez vécu cette,année. Prenez un moment dans la journée pour passer en revue les bienfaits que vous avez reçus de Dieu, et pour l'en remercier; mettez-vous aux pieds de votre crucifix, si vous ne pouvez aller devant le saint-sacrement; et avec le même recueillement que vous auriez porté près de la crèche, considérez: 1° les bienfaits spirituels, les bonnes pensées, les saintes affections, l'éloignement des dangers et des occasions du péché, la force pour agir, la patience pour souffrir, le courage pour vaincre les difficultés, etc.; 2° les biens temporels, la conservation, la santé, l'affection de vos amis et de vos proches, la jouissance des choses nécessaires à la vie, etc.; 3° les bienfaits que Dieu a répandus sur ceux qui vous sont unis par la nature ou par l'amitié; 4° les bienfaits qui vous sont communs avec tous les hommes, la création, la rédemption, votre adoption par le baptême, etc.; 5° les bienfaits extraordinaires et plus signalés que vous avez reçus dans le cours de celte année, etc., etc.; 6° enfin les bienfaits innombrables que Dieu vous a accordés et que vous ne connaissez pas. Etonnez-vous de cette prodigieuse multitude de dons et de grâces, et pour mieux en sentir le prix rappelez-vous la grandeur de celui qui en est l'auteur, l'indignité de celui qui les reçoit, le mérite et la valeur de chacun de ces bienfaits, la manière dont ils vous sont donnés, gratuitement, sans nulle obligation, par un excès infini d'amour. Entrez ici dans un profond sentiment de reconnaissance, et priez la bienheureuse Vierge d'en remercier son Fils, et le Fils d'en rendre grâce pour vous au Père éternel. Considérez ensuite le mauvais usage de tous ces bienfaits, regrettez la perte que vous en avez faite. le peu de service que vous avez rendu à votre bienfaiteur; concevez un désir sincère d'être désormais plus fidèle, et pour cela, reconnaissez votre passion dominante, vos défauts habituels, les fautes et les péchés qui vous ont été plus nuisibles; prenez des résolutions et des moyens efficaces pour les combattre et les éviter; offrez ensuite ces saintes résolutions par la sainte Vierge, par Saint Joseph à Jésus-Christ dans la crèche, le priant de vous donner sa bénédiction et la grâce de les accomplir fidèlement.


Prière


O bienheureuse Marie! qu'il est vrai de dire que vous avez choisi la meilleure part, contemplant dans le recueillement du plus profond silence aux pieds de votre cher Fils les choses merveilleuses qui accompagnent sa venue dans le monde. O ma divine mère! faites que je demeure toujours avec vous pour le contempler, le servir et l'aimer. O mon très doux Jésus! donnez-moi un ardent amour pour votre tendre enfance, un amour filial pour votre bien-aimée mère. O mère de miséricorde! mère de Jésus, qui est mon Dieu et ma miséricorde, obtenez-moi cette grâce, que je la mette comme un cachet sur mon cœur et sur mes affections, afin que je ne l'oublie jamais; soyez béni des biens sans nombre que vous m'avez accordés pendant le cours de cette année; pardonnez-moi miséricordieusement mes innombrables infidélités, que je regarde celle où je vais entrer comme la veille de l'éternité; elle est peut-être la dernière de ma vie. Je vous demande par votre adorable enfance de l'employer tout entière pour votre gloire et pour mon salut. Ainsi soit-il.

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29 décembre 2010

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Sixième jour

Jésus attire les bergers à sa crèche


« Ne craignez point, car je viens vous annoncer une nouvelle qui sera pour tout le peuple un grand sujet de joie, c'est qu'aujourd'hui il vous est né dans la ville de David un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur ». (Luc 2) Les anges étaient descendus du ciel pour adorer le Verbe fait chair. Le divin Enfant députe l'un d'entre eux vers des bergers qui dans les champs voisins veillaient à la garde de leurs troupeaux. Ce n'était pas la première fois que ces Esprits célestes se montraient aux hommes sous une forme humaine. Ils avaient autrefois conversé avec Abraham, Isaac et Jacob; c'était peut-être aux mêmes lieux que cet ancien berger, père des douze Patriarches, avait aussi fait paître ses troupeaux et reçu leur visite. Quoi qu'il en soit, l'Ange du Seigneur se présente tout à coup à eux: une lumière extraordinaire les environne, ce qui leur cause une extrême frayeur. Mais à l'instant même, il les rassure. « Ne craignez point, leur dit-il, je vous annonce une grande joie: dans la ville de David (remarquez bien ce lieu qui dès longtemps a été désigné par la prophétie), aujourd'hui vous est né le Sauveur du monde, le Christ, le Seigneur, et voici le signe que je vous donne pour le reconnaître: vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche. Est-ce à de telles marques que les sages du siècle s'attendaient à reconnaître l'admirable, le Dieu fort, le Père de l'Eternité, le Prince de la Paix? Non sans doute, mais c'est à ces marques qu'il veut être reconnu. Ne perdons pas le temps en vains raisonnements; hâtons-nous ô mon âme! passons jusqu'à Bethléem, allons chercher Jésus : voyons ce qui est arrivé, et ce que le Seigneur nous a fait connaître. Envoyez-moi votre lumière, ô enfant Dieu ! dissipez mes illusions et mes ténèbres, guidez-moi dans la contemplation de ce mystère d'humilité, de foi et de simplicité, afin que je découvre aujourd'hui : 1° qui sont ceux à qui vous envoyez votre ange; 2° quelle est la nouvelle que vous leur faites annoncer; 3° à quelle marque vous voulez qu'ils vous reconnaissent.


Qui sont ceux à qui l'ange est envoyé


Ce sont des bergers, des hommes simples, pauvres, petits par leur condition et leurs emplois j ne vous étonnez pas: un Dieu humble, simple et pauvre devait avoir une prédilection marquée et réserver ses préférences pour les pauvres. N'y avait-il donc pas dans Israël des docteurs, des sages, des hommes habiles dans la science des écritures et par là plus convenables et plus propres à cette révélation? Oui sans doute; mais ces docteurs étaient des hommes superbes, enflés de la science de la loi, et qui auraient rejeté les prodiges de son humilité, de son silence, de son infirmité, puisqu'ils sont scandalisés de la sainteté de sa doctrine et des merveilles de sa puissance. Ah! Il révèle aujourd'hui sa venue à de pauvres pasteurs, et il en fait les évangélistes de sa naissance, comme il découvrira un jour à de pauvres pécheurs ses autres mystères et en fera des apôtres. Il les choisit parce qu'ils sont pauvres et que l'estime des richesses ne les soulèvera pas contre sa pauvreté, parce qu'ils sont simples, et que l'orgueil du savoir ne les armera pas contre l'humilité de l'esprit, parce qu'ils sont vigilants, et que la mollesse et la sensualité ne les révolteront pas contre la sainteté, la mortification et la pénitence. O mon âme! que penses-tu de ce choix? De pauvres bergers, des hommes sans lettres, sans culture, sans appui dans le monde, voilà ceux que le Fils de Dieu choisit pour ses favoris, à qui il envoie ses ambassadeurs. Estimeras-tu encore les richesses, les grandeurs périssables, les talents qui enfantent presque toujours une secrète et dangereuse estime de soi-même. Je vous rends grâce, ô divin enfant! de ce que dès votre apparition en ce monde vous corrigez ainsi l'erreur de mon esprit et le dérèglement de mon cœur. Je vous bénis, mon Dieu et mon Père, roi du ciel et de la terre, de ce que vous avez caché ces choses aux sages et aux savons, et que vous les avez révélées aux petits! oui, mon père, car il vous a plu que cela fut ainsi. Mais quand vous m'enseignez par le choix que vous faites de ces bergers les dispositions que vous voulez trouver en nous pour nous communiquer vos mystères, donnez-moi l'esprit d'humilité, de détachement £t de vigilance afin que vous daigniez m'attirer à vous, que je reçoive avec joie vos inspirations et vos lumières, et que je réponde avec docilité et avec zèle à l'attrait de votre grâce.


Quelle est la nouvelle annoncée aux bergers


C'est la plus importante et la plus heureuse qu'ils pussent apprendre, c'est qu'il leur est né un Roi, un Roi berger, qui est le fils de David, qui a voulu honorer leur pauvreté en en portant les livrées, et leur condition en les appelant les premiers à sa crèche; c'est qu'il est né pour eux, pour les consoler et les sanctifier; toutefois cette joie; dont les anges leur apportent les prémices a été bientôt partagée par tout le peuple. C'est l'univers que Jésus Christ vient sauver, ce sont tous les captifs qu'il vient racheter et mettre en liberté, tous les malades qu'il vient guérir; quelle plus heureuse nouvelle! Vous étiez tous comme des brebis égarées; mais vous allez revenir au pasteur et à l'évêque de vos âmes. Voilà le grand sujet de joie qu'Isaïe avait publié d'avance. L'esprit du Seigneur est sur moi; c'est pourquoi il m'a consacré par son onction: il m'a envoyé annoncer l'Evangile aux pauvres et leur porter la bonne nouvelle de leur délivrance; pour guérir ceux qui ont le cœur affligé; pour annoncer aux captifs qu'ils vont être mis en liberté, et aux aveugles qu'ils vont recevoir la vue. L'éclat de la lumière divine qui environnait l'envoyé céleste avait effrayé les bergers : la douceur de sa voix les rassure, fait succéder la joie à la crainte et les captifs qu'il vient racheter et mettre en liberté, tous les malades qu'il vient guérir; quelle heureuse nouvelle! Vous étiez tous comme des brebis égarées; mais vous allez revenir du pasteur et à l'évêque de vos âmes. Voilà le grand sujet qu'Isaïe avait publié d'avance. « L'Esprit du Seigneur est sur moi; c'est pourquoi il m'avait consacré par son onction, il m'a envoyé annoncer l'évangile aux pauvres et leur porter la bonne nouvelle de leur délivrance; pour guérir ceux qui ont le cœur affligé; annoncer aux captifs qu'il vont être mis en liberté, et aux aveugles qu'ils vont recevoir la vue ». L'éclat de la lumière divine qui environnait l'envoyé céleste avait effrayé les bergers: la douceur de sa voix les rassure, fait succéder la joie à la crainte et les remplit du plus vif désir de voir ce petit enfant, ce Jésus qui leur apporte la paix. Mais quoi donc, ô mon âme! cette nouvelle ne doit-elle pas exciter en toi les mêmes transports que dans les bergers; n'est-ce pas ta réconciliation, ton affranchissement et ta délivrance que l'ange a annoncés! Peut-il y avoir pour toi un plus grand sujet de se réjouir et de remercier Dieu. Toutes les fois qu'il te pardonne, qu'il t'envoie une bonne pensée, une crainte salutaire, un sentiment d'amour, n'est-ce pas comme une apparition de son ange? et quand tu entends publier son Evangile, lorsqu'avant de te donner son corps le prêtre dit à haute voix: « Voici l'agneau de Dieu, voici celui qui efface les péchés du monde », n'est-ce pas la bonne nouvelle qui t'est communiquée? ne doit-elle pas exciter en toi une religieuse frayeur et un contentement spirituel? Ah! pourquoi te préoccuper, te passionner pour tant de nouvelles qui te troublent, te désolent, t'irritent, te font perdre la paix et l'union avec Dieu? demande plutôt aux anges de Dieu des nouvelles de ce bienheureux séjour qu'ils habitent et que tu dois habiter toi-même. O très doux enfant, mettez en moi ce désir puisque tout le reste n'est que vanité, amertume et profonde misère.


A quelles marques les bergers doivent reconnaître le Sauveur


Vous trouverez, leur dit l'ange, un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche.  Considérez attentivement chacune de ces marques, elle renferme une instruction dont l'homme avait un besoin bien extrême. L'enfance du Sauveur marque son humilité et sa petitesse: les langes marquent sa pauvreté, sa crèche marqué la mortification de son corps: c'est donc clans  l'anéantissement, dans la petitesse, dans la pauvreté et )a pénitence que consiste la vraie marque de Jésus-Christ. Vous avez beau inventer les interprétations et les prétextes, il est toujours certain que le fils de Dieu a jugé tout ce faux éclat, toute cette gloire empruntée indignes de lui et des siens;  ainsi en la refusant il l'a méprisée, en la méprisant il l'a proscrite, en la proscrivant il l'a rangée parmi les pompes du démon et du siècle. Juge maintenant, ô mon âme! si Jésus Christ est né en toi: vois si tu portes ces trois marques auxquelles il veut être reconnu, l'humilité, la pauvreté, la mortification. Ce sont là les livrées du Roi Jésus; tu connais celles du prince de ce monde, qui fait régner dans son empire la convoitise de la chair, la concupiscence des yeux et l'orgueil de la vie.  Ah! tu ne les as que trop longtemps portées ces odieuses livrées de l'implacable ennemi de l'enfant Jésus! II faut y renoncer enfin, car nul ne peut servir deux maîtres. Apporte-les aujourd'hui au pied de la crèche pour en faire le trophée de la victoire du Sauveur; cherche dans tes affections, dans tes habitudes, dans les objets de tes attaches ce que tu dois dès ce moment même lui immoler pour l'honorer, lui plaire et commencer à devenir semblable à lui.


Vertu à obtenir: L'amour des pauvres.


Résolutions et aspirations


Honorez pendant ce jour l'enfant Jésus couché dans la crèche; figurez-vous que les anges vous invitent à aller l'adorer dans le saint Sacrement, où il renouvelle sans cesse les fruits merveilleux de sa bienheureuse naissance; allez le visiter extraordinairement une fois, et dites en y allant: Lève-toi, ô mon âme, hâte-toi d'aller au devant du Seigneur ton Dieu. Enfin celui qui a été si long-temps désiré et attendu de tous les peuples, le fils du Dieu vivant est venu; réjouis-toi, fais éclater ton allégresse, viens à ses pieds pleurer tes péchés, lui demander l'innocence, l'humilité, l'amour, et lui jurer une inviolable fidélité.


Prière


Fidèles et saints pasteurs, premiers favoris du Verbe incarné que Jésus Christ a choisis préférablement aux Rois de Juda, aux princes des prêtres et aux docteurs de la loi, pour être ses premiers adorateurs, offrez-moi à l'enfant divin, qui vous a prévenus des bénédictions de sa douceur. Présentez aussi à Marie et à Joseph mes félicitations et mon amour; à la voix de l'ange vous avez tout quitté pour venir adorer le Messie, votre Sauveur et le mien; obtenez-moi donc de cet adorable enfant la même docilité, la même foi, la même simplicité, la même ardeur, afin que j'aie le bonheur de le voir, de le posséder et de l'aimer avec vous dans le ciel pendant l'éternité. Ainsi soit-il.

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28 décembre 2010

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Cinquième jour

Jésus donne la paix aux hommes


« Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ». (Luc 2) Quelle est donc cette paix que les anges annoncent si solennellement du haut des cieux? Ce n'est pas la paix que le monde souhaite à ses amateurs, et qui n'est que la jouissance paisible des biens frivoles et périssables, c'est à dire le contentement des passions; non, non, ce n'est point cette paix fausse et trompeuse, c'est la paix de Dieu, qui surpasse tout sentiment, c'est la paix avec Dieu que le péché avait rompue, que Jésus-Christ a traitée avec son Père, et qui est enfin conclue par ses mérites. Il est vrai qu'il faudra que le traité soit signé du sang même du divin médiateur et scellé du sceau de la croix. Mais il est accepté dès sa naissance et publié parles anges. Le père les a chargés d'annoncer cette paix à tous les hommes de bonne volonté, à ceux à qui il veut du bien et à ceux qui ont eux-mêmes une bonne volonté. Ces deux sens s'accordent parfaitement, puisque le premier effet de la bonne volonté que Dieu a pour nous est de nous inspirer une bonne volonté envers lui. Réjouis-toi de cette heureuse nouvelle, ô mon âme! la guerre est terminée. Apprends quelle est cette paix qui est annoncée à l'univers; c'est 1° 1a paix de 1'homme avec Dieu, 2° la paix des hommes entre eux, 3° la paix de l'homme avec lui-même.


La paix de l'homme avec Dieu par la rémission des péchés


Quels malheurs n'entraîne pas après elle la guerre même la plus légitime de peuple à peuple et de souverain à souverain! Les pleurs, le sang, le carnage, les dévastations et la ruine en sont toujours la suite inévitable. Que sera-ce donc que la guerre la plus injuste, la plus inégale, la plus coupable, la guerre de l'homme contre Dieu! ce n'est pas seulement la faiblesse qui ose s'attaquer à la force, c'est le néant qui veut s'égaler à l'être, se mesurer avec lui, et peut-être se flatte d'en triompher. O folie ! ô criminelle audace! ô révoltante ingratitude! Que le châtiment d'un tel attentat est juste, mais qu'il est terrible! Adam et Eve dépouillés de tous les dons que leur créateur s'était plu à leur prodiguer, chassés ignominieusement et pour toujours du paradis de délices, condamnes à mort eux et toute leur postérité, et en attendant, sans en connaître le moment, l'exécution de cet arrêt fatal, réduits à recueillir au milieu des épines un pain de larmes, en proie aux craintes, aux remords, à l'ignorance et à la concupiscence, fuyant devant la face de Dieu, n'osant élever leurs regards vers le ciel. O Dieu! Qui pourra donc vous réconcilier avec nous? Toute la Cour Céleste s'offrirait en holocauste, votre gloire et votre justice n'en seraient point satisfaites; toute la terre nagerait dans le sang des victimes, votre colère ne serait point apaisée. Le Verbe Divin a vu toute l'impuissance de ces oblations, l'inefficacité de toutes ces hosties et de tous ces sacrifices et il a dit: « Voici que je viens ». Il est venu, il a désarmé le Père, et il a apporté la paix; il l'a annoncée à ceux qui étaient loin et à ceux qui étaient proche, car c'est par lui que nous avons les uns et les autres accès auprès du Père dans un même esprit. Refuseras-tu cette paix, ô mon âme! ou plutôt ne l'imploreras-tu pas, ne t'efforceras-tu pas d'en conserver les fruits? Voudras-tu la rompre par le péché? car c'est par le péché que l'homme se met en guerre avec Dieu. Qui est-ce qui lui a résisté et a été en paix? Quel affreux malheur que d'être en guerre avec Dieu! Etre armé contre son Créateur, avoir pour ennemi le Tout-Puissant, ne plus oser le prier, penser à lui, l'appeler son père; ne voir en lui qu'un juge redoutable et un implacable vengeur! J'ai péché! Que ferai je pour vous apaiser, ô Créateur des hommes! pourquoi m'avez-vous ainsi placé en butte à vos traits! pourquoi ne pas effacer mon péché? O enfant Jésus! Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, donnez-nous la paix.


La paix des hommes entre eux


D'où naissent les guerres et les discordes? demande l'apôtre Saint Jacques. N'est-ce pas, répond-il, de vos passions qui combattent dans votre chair? C'est en effet des passions que sortent comme d'une source intarissable les dissensions, les animosités, les haines et les vengeances. La guerre de l'homme contre Dieu fut comme le signal de la guerre de l'homme contre son semblable. Depuis le jour où Caïn rougit la terre du sang de son frère les hommes demeurèrent pour ainsi dire sans cesse armés les uns contre les autres, et les inimitiés se multipliant de toutes parts couvrirent la terre de crimes et de malheurs. Il est vrai que la Loi mettait quelque frein à la violence; mais si elle tendait à restreindre la vengeance ou à prévenir l'injuste agression , elle n'en détruisait pas le principe. Qu'il y a loin de cette maxime: « OEil pour œil et dent pour dent », à ce précepte de l'Evangile: « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient ». « C'est que la Loi qui donnait le précepte ne donnait pas la force de l'accomplir »;  c'est qu'il fallait que celui par qui tout devait être pacifié au ciel et sur la terre vînt en personne réconcilier les hommes en allumant dans leur cœur le feu de la charité, leur offrît, pour le conserver, le triple secours de son exemple, de ses enseignements et de sa grâce. Aussi comme la division avait été le premier effet du péché, l'union des cœurs devait être le premier fruit de la réconciliation opérée par Jésus-Christ. C'est là la marque à laquelle devaient être reconnus ses disciples, c'est à l'amour qu'ils auraient les uns pour les autres. C'est là le commandement nouveau qu'il leur fait; c'est comme son testament si fidèlement exécuté, que bientôt la multitude des fidèles n'est plus qu'un cœur et qu'une âme, que les infidèles, ravis de la paix céleste qui règne au milieu d'elle, s'écrient: « Voyez comme ils s'aiment! » Reconnais aujourd'hui, ô mon âme! et comprends bien que ce qui peut te donner la paix avec le prochain c'est une humilité véritable et une sincère charité. Commence par établir la paix au milieu de toi, et tu l'auras bientôt avec les autres: traite-les avec bonté, excuse-les avec indulgence, supporte leurs faiblesses avec douceur, souffre leurs défauts avec patience, et couvre-les du manteau de la charité. Mais pour cela il faut être véritablement humble, étudier soigneusement ses misères et fermer les yeux sur celles d'autrui ; chercher à s'effacer pour laisser paraître le prochain, à l'élever et à s'abaisser soi-même; être dans la disposition habituelle de faire céder son droit, son opinion, son jugement et de perdre même ce qui est le plus précieux, pour ne pas perdre la paix et la charité, se souvenant de cette parole: « Bienheureux les pacifiques parce qu'ils seront appelés enfant de Dieu ».


La paix de l'homme avec lui-même


Est-il donc possible d'éviter cette guerre intestine dont le foyer est au milieu de nous, ce perpétuel combat de la chair contre l'esprit, de la raison contre la foi, de la nature contre la grâce, de la cupidité contre la charité, qui a fait gémir tous les saints ? Non sans doute; mais au milieu même de cette guerre et de ces combats non seulement nous pouvons être en paix, mais nous ne pouvons même posséder la paix qu'en combattant et en faisant la guerre. Ainsi les hommes charnels obéissent à leurs penchants, suivent les inclinations de la nature, se laissent entraîner par leurs passions; mais ils ont beau dire: la paix, la paix! la paix n'est pas pour eux. Les remords, les chagrins, les revers, les craintes, les dégoûts, les désespoirs, tout les agite, les alarme et les tient dans des anxiétés insupportables. Mais lorsque le fort armé garde l'entrée de sa maison, tout ce qu'il possède est en paix. Ainsi le chrétien qui a sans cesse les armes à la main goûte une paix profonde, au milieu même des assauts que lui livre l'ennemi du salut, et surabonde de joie au milieu de ses tribulations: il captive son esprit sous le joug de la foi; mais il s'affranchit du doute de l'incertitude et de l'erreur: il contraint sa chair à porter la mortification du Sauveur; mais il fait triompher son âme de ses humiliations et de ses révoltes; il crucifie les affections déréglées; mais la charité le dédommage de ses sacrifices par l'abondance des plus pures consolations. Voilà pourquoi la paix annoncées toute la terre n'est promise qu'aux hommes de bonne volonté, c'est à dire à ceux qui feront concourir tous leurs désirs à vouloir ce que Dieu veut, à ceux qui le glorifieront par leur foi, par leur amour et par leurs œuvres, qui inclineront leur cœur à croire, à obéir et à aimer. O mon âme! peux-tu aspirer à cette paix divine? as-tu tenté quelques efforts, fait quelque sacrifice pour en obtenir le don ou t'en assurer les fruits? As-tu du moins commencé à correspondre aux desseins de Dieu, à la bonne volonté qu'il a pour toi, aux vues de son infinie miséricorde? ce n'est que par la guerre qu'on obtient la paix. Attaque donc généreusement telle inclination mauvaise qui domine en toi, et qui s'oppose aux effets de la grâce et à l'établissement du règne de Dieu au milieu de toi. Aidez-moi, protégez-moi, soutenez, affermissez ma volonté, ô mon Sauveur! vous le voyez, je suis à vous, je n'ai point d'autre maître. Dominez enfin dans mon cœur au milieu des ennemis (i) qui osent vous en disputer la possession et l'empire.


Vertu à obtenir: La paix intérieure.


Résolutions et aspirations


Honorez souvent dans cette journée le Père Eternel, qui vous a donné son Fils, et par lui la paix. A sa naissance, elle a été célébrée par les anges et annoncée à la terre. Quand il prendra une vie nouvelle dans le tombeau et qu'il apparaîtra à ses disciples, sa première parole et son premier souhait sera encore la paix. La paix soit avec vous! c'est moi, ne craignez point. Je vous ai réconciliés par mon sang; je vous soutiendrai par ma grâce, je vous couronnerai dans ma gloire. Encore une fois la paix soit avec vous! Ah! mon Sauveur, quand vous la souhaitez vous la donnez en effet. Mais afin que je la reçoive et que j'en recueille les fruits, donnez-moi la bonne volonté à qui elle est promise. Toutes les fois qu'on entonne ce cantique angélique, entrez dans le concert des anges par l'accord de tous vos désirs; souvenez-vous de la naissance du Sauveur, qui a inspiré ce chant; et lorsque le prêtre souhaite la paix de notre Seigneur, demandez-la pour vous et pour l'Eglise.


Prière


Divin Jésus, qui en naissant nous apportez la paix, et qui au milieu des souffrances et des privations vous montrez si résigné et si tranquille, donnez-nous dans tous les événements de cette vie, et les agitations de la terre, ce calme divin dont vous nous offrez un si parfait modèle dans votre crèche; mais surtout daignez nous accorder cette paix que le monde est incapable de nous procurer, la paix de la bonne conscience, qui est l'effet de votre grâce et le fruit de la fidélité et de la générosité à votre service, afin que m'abandonnant pleinement à la conduite de votre adorable Providence, malgré les menaces des ennemis intérieurs et extérieurs de mon salut, j'aie le bonheur de vous imiter sur la terre, et de vous posséder dans le ciel. Ainsi soit-il.

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27 décembre 2010

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Quatrième jour

Jésus rend gloire à son Père


« Gloire à Dieu au plus haut des cieux ». (Luc 2) Le monde célèbre la gloire du monde. Les enfants de la terre chantent les joies de la terre, ce qu'ils appellent leurs plaisirs, ce qu'ils croient la félicité. Quels chants doivent donc faire entendre les anges de Dieu, sinon les joies du ciel et la gloire de Dieu,qu'ils contemplent sans cesse et dont la vue ravissante éveille sans cesse en eux de nouveaux transports d'admiration et de reconnaissance? Dès que l'homme fut créé, les cieux la lui racontèrent, cette gloire de son Dieu; mais bientôt il n'entendit plus leur voix; le magnifique spectacle de la nature ne lui dit plus rien; il en contempla les merveilles avec un cœur glacé: il est devenu d'une insensibilité monstrueuse pour celui qui l'a créé par amour, qui à tout moment le comble de ses biens. Du moins sois reconnaissante, bénis le Seigneur, ô mon âme! et que tout ce qui est en moi rende hommage à son saint nom! Pour comprendre comment tu dois le glorifier considère quelle est la gloire que lui rendent i° les anges dans le ciel, 2° l'enfant Jésus dans la crèche, 3° les fidèles dans l'église.


Les anges dans le ciel


Louer Dieu, le bénir sans cesse c'est l'occupation bienheureuse des célestes intelligences. La majesté divine, qui se dévoile à leurs regards, les pénètre de sa lumière, les ravit par ses charmes, les enivre de ses chastes délices. Cette plénitude de contentement, ce rassasiement de bonheur a besoin de s'épancher au dehors; et la louange est intarissable en eux comme la félicité. Le grand mystère de piété qui leur est manifesté la rend plus vive encore et plus animée au milieu de leurs chœurs. Le Verbe divinement jaloux de la gloire du Père outragée par le péché, qui pour la venger et la rétablir se précipite dans le néant de la nature humaine, leur révèle la grandeur infinie de celui à qui il fallait une si prodigieuse réparation; ils s'embrasent d'une nouvelle ardeur et s'excitent mutuellement à des adorations plus profondes. Tantôt dans l'extase de l'admiration, c'est parle silence qu'ils le louent, tantôt c'est sans se reposer qu'ils répètent saint, saint, saint est le Seigneur Dieu tout-puissant, qui était, qui est et qui sera. Vous êtes digne, Seigneur, de toute gloire, honneur et puissance. Elève-toi, ô mon âme! par la foi et la charité au milieu des anges de Dieu , aux lieux les plus hauts, à la plus grande hauteur du trône éternel! mêle ta faible voix à leur ravissante harmonie pour célébrer le Seigneur, parce qu'il est bon de le chanter! Ce ne sera, il est vrai, que dans ce bienheureux séjour que tu pourras dignement chanter sa gloire, parce que là seulement tu en découvriras les splendeurs. Ici bas tes louanges sont trop souvent interrompues par tes gémissements; tes misères, tes ténèbres, tes vaines attaches, les importunes images de la vanité, ce poids de la corruption qui t'entraîne viennent bientôt troubler tes célestes entretiens. Néanmoins élève tes regards vers cette gloire à laquelle tu dois avoir part un jour, et qui te sera clairement manifestée; élève ta voix pour glorifier Dieu en lui-même, et n'aime ce qu'il fait en toi que par rapport à lui.


L'enfant Jésus dans sa crèche


Quelque sublimes que soient les cantiques des anges, peuvent-ils jamais louer clignement celui qui est au-dessus de toute louange! Quelque profondes que soient leurs adorations, comment pourraient-elles jamais glorifier parfaitement celui à qui appartient toute gloire! O terre ! ô cieux! reconnaissez votre impuissance, faites silence: le dominateur que vous cherchez, lange de l'alliance qu'appellent vos vœux, l'unique, le véritable adorateur, a paru: « Voici que je viens, dit-il lui-même dès son entrée dans le monde, pour accomplir votre volonté, ô mon Dieu! » Le reconnaissez-vous dans l'enfant Jésus? retrouvez-vous en lui le chantre divin dont les louanges égalent la grandeur du Tout-Puissant, l'holocauste vivant qui honore souverainement son incompréhensible majesté? Et quel est donc ce cantique nouveau que Dieu a mis dans sa bouche, cet hymne de louange à sa gloire? Ah! n'entendez-vous pas ses soupirs et ses gémissements? Quels hommages pourraient égaler ceux du unique du Père réduit à cet abaissement? Cette inaction, ce silence, cette dépendance universelle, cette impuissance totale dans lesquels il se tient ne sont-ils pas une réparation solennelle de la désobéissance de l'homme, et en voilant sous les dehors insignifiants du premier âge jusqu'à l'apparence de son intelligence divine, ne venge-t-il pas pleinement son Père de cette raison superbe qui avait osé s'élever contre lui? Mais quoi de plus glorieux pour ce céleste père que le sacrifice que lui fait de sa propre gloire ce fils qui lui est égal en sainteté, en sagesse et en puissance? Quelle surabondante réparation dans les hommages de ce Verbe adorable qui, s'étant approprié la nature humaine, présente dans sa personne les satisfactions de tous les hommes, et, par l'union de son corps mystique avec lui, dans chacun de ses membres, les satisfaction d'un Dieu! Tu appartiens, ô mon âme! À ce divin Chef: tu peux par lui offrir au Père les plus sublimes louanges et des hommages dignes de sa grandeur, puisqu'il t'a adoptée, et par cette adoption t'a rendue participante de toutes les grâces qu'il communique aux membres de son corps mystique. Mais souvient toi qu'elle te serait un jour un sujet de condamnation si tu ne t'appliquais pas dès aujourd'hui à appartenir et à participer à son esprit, et à en suivre avec docilité l'impression et le mouvement. C'est par l'abnégation, l'humilité, le crucifiement des désirs de la chair que ta l'attireras en toi. O Dieu humilié, souffrant, abandonné, donnez-moi vos saintes dispositions, remplissez-moi de votre esprit !


Les fidèles dans l'Eglise


Si la naissance de l'Enfant-Dieu excite au milieu des anges de si vifs transports d'admiration et de reconnaissance, si ce Verbe divin , par l'anéantissement de sa grandeur et de sa puissance, s'efforce de rendre à son Père la gloire que lui avaient t, ravie l'orgueil et la désobéissance de l'homme, que ne doit pas faire l'homme lui-même pour coopérer à une réparation si nécessaire, et pour s'unir aux expiations toutes puissantes de l'innocente victime de ses péchés. Il est vrai qu'il était par lui-même dans l'impuissance absolue de satisfaire à Dieu: toute la postérité d'Adam se fût offerte en holocauste, la réparation n'avait nulle proportion avec l'attentat; mais l'Incarnation du Verbe non seulement le répare pleinement, elle donne de plus aux hommes qu'elle fait enfants de Dieu par adoption le moyen de lui rendre plus de gloire que ne lui en a ravi le péché. C'est la notre ressource, notre consolation, notre espérance. Par Jésus Christ nous pouvons tout, nous demandons à Dieu une oblation égale non seulement à ses bienfaits, mais encore a ses grandeurs en lui présentant un autre lui-même. Pat nous-mêmes nous ne pouvons ni le bénir, ni le glorifier, ni rien lui offrir qui lui soit agréable, mais nous le bénissons en Jésus Christ en qui il nous a premièrement comblé de toutes sortes de bénédictions spirituelles. Quel bonheur pour toi, ô mon âme! De pouvoir glorifier ton Dieu tout grand, tout puissant qu'il est, quoique tu ne sois qu'infirmité et misère, de préluder au milieu des douleurs de la terre aux saintes joies du ciel, et dans la captivité de la chair à la bienheureuse occupation des anges! oh! si je pouvais ne m'occuper que de vos louanges, ô mon Dieu! si toute ma vie n'était qu'un cantique de glorification continuelle! mais comment vous louer et vous glorifier, si vous détournez de moi votre visage; éclairez mes yeux pour que je découvre ce qui vous déplaît dans mon cœur, afin de vous l'immoler, ce qui peut vous plaire, afin que je m'y attache.


Vertu à obtenir: Ne se proposer en tout que la gloire de Dieu.


Résolutions et aspiration


Honorez aujourd'hui l'enfant Jésus, par qui seul le Père céleste pouvait être dignement loué, adoré et glorifié; unissez-vous aux dispositions de son cœur adorable, au désir ardent qu'il a de procurer la gloire de Dieu aux dépens de la sienne avant tout. Oh! qu'il aura bien droit de dire un jour: Pour moi je ne cherche point ma propre gloire, après l'avoir ainsi enfouie dans l'abjection de sa naissance. Vous plairez-vous encore à recevoir la gloire les uns des autres? Ah!s'il faut vous glorifier, que ce soit de vos misères, qui font éclater l'infinie miséricorde de Dieu à votre égard; ou plutôt encore dites avec le même sentiment que l'apôtre: A Dieu ne plaise que je me glorifie en autre chose qu'en la croix de Jésus-Christ.


Prière


Divin enfant, qui êtes la joie des anges, quoique dans votre crèche vous ne fassiez entendre que des soupirs et des gémissements, par qui vos fidèles rendent gloire à votre père, quoique vous vous y teniez dans un humble et profond silence, je m'unis à tous les devoirs que dès votre entrée dans le monde votre âme n'a cessé de rendre à Dieu votre père, à vos adorations, à votre obéissance, à votre sacrifice, à vos actions de grâces, à votre amour, à votre contrition pour mes péchés, à votre esprit et à votre cœur: c'est en vous que je mets tout mon espoir et toute ma joie, et avec tous les saints mon espérance et ma félicité éternelle. Ainsi soit-il.

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26 décembre 2010

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Troisième jour

Jésus attire les neuf chœurs des Anges


« En même temps une troupe nombreuse de l'armée céleste se joignit à l'Ange, et ils se mirent à louer Dieu ». (Luc 2) Jésus-Christ est le chef de toute principauté et de toute puissance, Dieu a mis toute chose sous ses pieds. Quel fut donc l'étonnement des esprits célestes lorsqu'ils virent ce fils unique du Père abaissé jusqu'à la nature humaine, devenu un enfant d'un jour! mais en même temps avec quels transports de joie ils saluèrent le lever de ce soleil de justice, qui venait dissiper les ténèbres du monde et redonner aux hommes la vie de la grâce et de la gloire! Etonnés et ravis de voir un Dieu réduit à l'état d'enfant et couché dans la crèche, et cependant cet Enfant-Dieu plus glorieux, incomparablement plus ardent en amour que les Séraphins, plus éclairé que les Chérubins, plus puissant que les Dominations, plus pur, plus parfait et plus heureux que les plus sublimes intelligences, ils louent, ils bénissent Dieu. O mon âme! unis-toi aux transports de joie et d'admiration qu'excite en eux la vue de ce mystère qui s'est opéré; recueille les leçons que te donnent 1° leur joie, 2° leur charité, 3° leur zèle.


Leur joie


Comme les mauvais anges sont animés d'une horrible haine contre Dieu et d'une envie infernale de sa gloire, les bons anges sont heureux de tout ce qui peut la procurer ou l'accroître. Pendant quatre mille ans, ils avaient vu le vrai Dieu comme banni du milieu de ses créatures, et les vapeurs d'un encens profane s'élever des autels consacrés aux démons: efforts, inspirations, menaces, prières ils avaient tout mis en usage pour maintenir la sainteté de son culte au milieu d'Israël ou pour amener à sa connaissance les Gentils. Mais les temps de la grâce n'étaient point encore arrivés; et ils n'avaient pu dissiper la nuit de l'idolâtrie répandue sur la terre. Quelle joie pour eux de voir la lumière s'élever de la crèche de l'enfant Jésus, de reconnaître en lui le Médiateur promis aux hommes, qui doit abolir le règne du péché, former à son Père un peuple nouveau d'adorateurs en esprit et en vérité, et marquer les justes attirés vers lui de toutes les parties de l'univers d'un caractère de sainteté dont il sera le parfait modèle et d'une charité dont il est la source intarissable; à la vue de cet incomparable adorateur ils glorifient par lui le Père miséricordieux, qui l'a donné au monde, et célèbrent sa gloire, dont la majesté remplit la terre et les cieux. Chante avec eux, ô mon âme! Chante le cantique du Seigneur. Cette terre n'est plus tout à fait une terre étrangère, puisque Jésus l'a visitée. Il peut en éclairer les ténèbres et en adoucir toutes les amertumes. Jamais les concerts du ciel n'y avaient été entendus; mais vous apparaissez, ô enfant divin! et la louange que donnent à votre divin Père vos gémissements et vos pleurs, vos saints anges la répètent au plus haut des cieux, ils en descendent avec une allégresse inexprimable pour vous adorer, pour reconnaître votre infinie grandeur, votre puissance, votre sagesse cachée sous le voile d'une si prodigieuse humilité. Souffrez que, malgré mes ténèbres et ma misère, je m'unisse à leur céleste harmonie pour vous souhaiter tout honneur, toute gloire, toute louange et toute bénédiction dans le temps et dans l'éternité.


Leur charité


Ce n'est pas seulement au Père et à son Verbe incarné que s'adressent les félicitations et les joyeux cantiques des anges, c'est aussi à nous, enfants d'Eve, à nous dont le Saint des saints a adopté et réellement pris la nature. Ainsi quoiqu'il l'ait préférée à la leur, cette préférence ni n'excite leur envie , ni ne refroidit leur charité pour les hommes; et ils se réjouissent de la dignité sublime à laquelle le fils de Dieu nous a élevés en la prenant: ils regardent avec autant de respect que de consolation la gloire de l'union hypostatique communiquée à la nature humaine, et ils en bénissent l'auteur de tout don parfait avec autant de reconnaissance que s'il les avait élevés eux-mêmes à ce comble à honneur. Sont-ce là tes dispositions, ô mon âme! Les succès ou les avantages du prochain sont-ils pour toi un sujet de joie et d'actions de grâce, ou bien le poison mortel de l'envie ne t'a-t-il pas trop souvent pénétrée comme à ton insu? Sonde en présence des humiliations prodigieuses de ton Sauveur la plaie honteuse que jusqu'ici tu t'es dissimulée à toi-même; examine si cette froideur, cette antipathie, ce malaise que tu éprouves à l'approche de telle personne n'ont pas leur principe dans une supériorité d'esprit, de talent, de vertus, peut-être même, hélas! de quelque frivole avantage que tu n'oses pas l'avouer? O anges saints! obtenez-moi une charité vraie fondée sur l'humilité. O mon Dieu! je prends part au bonheur de tous ceux qui vous craignent, Je vous offre tous les talents que vous m'avez donnés et toutes les grâces que vous m'avez faites; je consens à en être dépouillé pour en revêtir un autre qui en use mieux que moi, si vous le jugez ainsi. Que si vous avez la bonté de me les conserver, je vous prie de gratifier, mes frères encore plus que moi, afin que plus de personnes vous glorifient, que votre nom soit mieux connu, et que ceux que vous honorerez de vos faveurs suppléent au mauvais usage que j'ai fait de celles dont vous m'avez prévenu.


Leur zèle


Comme la joie des anges est pure et sincère, leur charité est active et efficace, ils sont empressés de procurer à Dieu toute la gloire et aux hommes tout le bonheur qui peut dépendre de leur ministère; à peine ils ont entendu la bonne nouvelle que l'un d'eux avait été chargé de porter aux bergers, que tout à coup cette milice céleste fait éclater ses transports. C'est comme une seule voix qui s'élève du sein de cette innombrable multitude! parce que c'est le même feu qui l'échauffe, c'est un seul et même désir qui l'anime. Annoncer aux hommes la naissance de Jésus Christ, les attirer à sa grâce, porter la lumière dans les esprits, éveiller la piété dans les cœurs, réparer parles hommages de la plus vive reconnaissance l'ingratitude des hommes envers ce Dieu fait homme, leurs rebuts et leurs outrages par la promptitude de leur obéissance et la profondeur de leurs adorations, voilà les ministères que se partagent ces esprits bienheureux. Ils environnent, en les félicitant de leur bonheur, la divine Mère qu'il s'est choisie, le glorieux père qu'il a adopté; ils vont au fond de l'Orient appeler les prémices de la gentilité; ils descendent dans les limbes pour annoncer aux Justes de l'ancienne alliance que leur rédemption est proche, que le Désiré des nations, qu'ils ont salué de loin, dont leurs soupirs ont appelé l'avènement béni, a paru enfin, qu'ils l'ont vu et l'ont adoré plein de grâce et de vérité. Est-ce là le besoin de votre cœur, l'occupation habituelle de votre esprit,l'emploi de votre temps dans les moments dont vous pouvez disposer? Vous consumez tant et de si longues heures en conversations, en visites, en rapports plus ou moins inutiles que vous appelez des devoirs et des bienséances; quelle place y tiennent la gloire de Dieu, l'intérêt des âmes, les vues de la foi? Songez bien que les dispositions et les habitudes de ceux avec qui vous conversez ne sauraient vous servir d'excuse, parce que, comme les anges, vous devez brûler de zèle et profiter de toutes les occasions pour faire glorifier Dieu. Mais vous-même entretenez-vous un commerce habituel avec eux? implorez-vous leurs lumières, leurs conseils, leur puissant appui ? avez-vous soin d'invoquer ceux de vos amis, de vos proches, des pauvres pécheurs? êtes-vous docile à leurs inspirations? n'avez-vous pas quelquefois le malheur d'étouffer leur voix, leurs invitations aimables ou leurs reproches?


Vertu à obtenir: L'esprit de zèle.

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Résolutions et aspirations


Honorez aujourd'hui l'enfant Jésus adoré par les anges; remerciez-les de l'honneur qu'ils ont rendu à cet aimable Sauveur; priez-les de vous aider à bénir le Père céleste de vous avoir donné son fils, et de vous obtenir la grâce de recueillir le fruit de sa naissance; efforcez-vous d'imiter le zèle dont ils sont animés pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Ne vous contentez pas de connaître et aimer Jésus, désirez qu'il soit connu et aimé de tous les hommes: inspirez en toute occasion sa crainte et son amour, et que tout votre bonheur soit de le voir servi et honoré.


Prière


Je vous adore, ô très doux enfant de la bienheureuse vierge Marie! je vous adore, parce que la plénitude de la divinité habite en vous, parce que le trésor incompréhensible de la sagesse divine est caché en vous, parce que toute la douceur de l'amour du Saint-Esprit s'est écoulée en vous. O très doux Jésus! opérez et achevez dans mon âme ce que vous vous êtes propose de toute éternité. Que votre toute-puissance me régisse; que votre sagesse me remplisse de ses lumières; que votre douceur m'attire, et que votre bonté infinie m'attache à vous éternellement. Ainsi soit-il.

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25 décembre 2010

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Deuxième jour

Joie de la sainte Vierge à la naissance de Jésus


« Heureuses les entrailles qui ont porté le fils de Dieu! heureuses les mamelles qui l'ont allaité! » (Luc 2: 27) Le moment heureux annoncé pendant quatre mille ans par tant d'oracles, appelé par tant de vœux et de soupirs étant arrivé, Jésus sort du sein virginal de Marie comme le rayon du soleil sort d'une nuée éclatante; brûlante d'amour, saintement impatiente de contempler le désiré des nations, sa mère l'a enfanté sans douleur comme sans souillure: qui pourrait dire avec quels sentiments de respect et de tendresse elle l'adore comme son Dieu, l'embrasse comme son fils, l'enveloppe de langes, le pose dans la crèche, ne pouvant rassasier ni ses yeux ni son cœur de la vue de ce cher et adorable objet. O mon âme! demande à cette bienheureuse mère d'avoir part à la consolation, au respect et à la ferveur dont la remplit la naissance de son fils bien-aimé. 1° Elle le contemple, 2° elle l'adore, 3° elle le sert.


Marie contemple l'enfant Jésus


C'était sans doute un bonheur ineffable de posséder pour ainsi dire à elle seule le trésor du ciel et de la terre, le Verbe divin incarné dans ses chastes entrailles, de sentir à tout moment son cœur tout embrasé de ses ardeurs, de son incomparable charité, son esprit éclairé des lumières même de la sagesse incréée; le Dieu caché remplissant de l'abondance de sa grâce toute la capacité de son âme, et en échange de l'être naturel qu'elle lui avait donné, lui rendant avec usure la participation de son être surnaturel et divin. Mais enfin la gloire du Père, le salut des hommes, les bienheureux effets qui devaient résulter de l'incarnation du Verbe l'avaient fait soupirer plus vivement que les Patriarches après l'heure fortunée qui le montrerait à la terre. Elle le voit enfin, pensez avec quelle joie: rassasiée de bonheur parce quelle a vu sa gloire, elle le contemple, elle le présente aux adorations des anges et des hommes avec des transports qui ne pouvaient naître que dans le cœur de la mère d'un Dieu. O mon âme! sont-ce là tes désirs et tes sujets de joie? Tu ne devrais aspirer ici bas qu'à deux choses, à posséder habituellement Jésus-Christ par la grâce et fréquemment par l'eucharistie, et à le voir un jour dans sa gloire. La première est l'unique consolation et le vrai bonheur de la terre; la seconde toute la joie, toute la félicité du ciel. Que te revient-il de tous ces désirs qui t'agitent et font ton tourment? Qu'as-tu trouvé jusqu'à présent dans les créatures qui t'ait pleinement contentée; rentre enfin en toi-même, laisse aux hommes vains les choses vaines ; ferme sur toi la porte et appelle à toi Jésus, ton bien-aimé. O Dieu naissant! je ne veux plus demander, je ne désirerai plus qu'une seule chose, c'est d'habiter en vous, de vivre avec vous tous les jours de ma vie; montrez-moi votre visage, et que je ne cesse plus de le contempler.


Elle l'adore


Heureuse de contempler l'enfant Jésus et de l'embrasser avec un« tendresse toute maternelle, avec quels sentiments de respect, dans quel anéantissement profond de tout son être ne l'adore-t-elle pas! Elle voit le fils du Très-Haut abaissé jusqu'à devenir son fils, celui qui donne la vie à tout ce qui respire lui demandant du lait, le Roi de gloire relégué dans cette masure abandonnée, faisant entendre des gémissement plaintifs, celui dont le tonnerre n'est pas une digne vois, et dès le premier moment de son apparition sur la terre accomplissant par ses douleurs et ses humiliations prodigieuses son office de Sauveur et de Rédempteur; et comparant sa génération éternelle avec sa naissance temporelle, elle le voit dans la première nécessairement infini, tout puissant, indépendant, possédant toute sagesse et toute grandeur, et dans la seconde volontairement faible, indigent, soumis à ses créatures, sujet à toutes sortes de souffrances et même à la mort. Elle l'adore avec toutes ses dignités divines et humaines, comme le vrai Dieu et la vie éternelle et en même temps comme le Rédempteur, le prêtre et la victime du genre Humain, et elle s'offre, se consacre et s'immole avec lui, pour lui et en lui. Loin, loin de toi ô mon âme! les pensées des enfants du siècle. Plus ton Dieu s'est abaissé, plus il doit t'être cher; il ne pouvait appartenir qu'au Tout-Puissant de descendre par miséricorde à cet excès, et par cet excessif abaissement de te relever et de guérir l'orgueil de l'esprit et du cœur humain. Vous êtes vraiment le Dieu caché, Dieu Sauveur d'Israël. Mais votre charité vous révèle à ma foi; cette étable est à mes yeux un palais, c'est un temple, c'est la digne demeure d'un Dieu, qui n'a pas eu horreur du sein d'une Vierge. Je veux m'y cacher avec vous, y vivre et y mourir; cachez-moi, ô mon Sauveur! dans le secret de votre face, afin que je ne me laisse plus séduire par la vanité.


Elle le sert


Ce n'est pas une parole sans effet que Marie a proférée quand elle a dit à l'Ange: « Voici la servante du Seigneur », c'est un sentiment vrai et profond qu'elle exprimait; elle veut être réellement l'humble fidèle servante de son Dieu, non seulement quand il lui demande l'obéissance du haut du trône de sa gloire, mais plus encore, s'il est possible, lorsqu'ayant pris lui-même la forme d'esclave il lui demande ses services. Elle est heureuse de servir Jésus comme son fils et comme son Dieu: comme son fils elle lui prodigue tous les soins d'une bonne et tendre mère, comme son Dieu tous les respects, toutes les soumissions de la plus humble servante; elle lui consacre tous les moments de sa vie, tous les mouvements de son cœur sans partage et sans réserve; elle s'offre à lui avec une sainte ferveur pour lui rendre tous les devoirs de mère, de nourrice, d'esclave, pour accomplir toutes ses volontés, s'assujettir à tout son pouvoir. Avec quel inexprimable ravissement elle le garde, elle l'allaite, épiant ses mouvement les plus imperceptibles,  prévenant ses moindres désirs, écartant tout ce qui pourrait lui nuire ou lui déplaire! ah! le sommeil même n'interrompt pas cette bienheureuse occupation; c'est bien elle qui peut dire: « Je dors, mais mon cœur veille ». Est-ce ainsi que je vous sers, ô mon Dieu? Non non, quelques jours de soins, d'exactitude et de fidélité suffisent pour épuiser mes forces et pousser à bout ma constance. Comme si vous n'étiez pas le plus grand, le plus indulgent et le plus généreux des maîtres, je languis à votre service, je compte avec vous, qui m'avez donné sans mesurer, et qui me réservez une récompense infinie, qu'on est trop heureux de servir, puisque vous servir, Seigneur, c'est régner. Je veux commencer enfin par l'accomplissement de votre volonté à pouvoir dire avec vérité: « Je suis votre serviteur et le fils de votre servante ». O Marie! offrez ce désir à votre divin fils pour qu'il le rende efficace, et qu'à l'avenir je le serve fidèlement.


Vertu à obtenir: La joie spirituelle au service de Dieu.

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Résolutions et aspirations


Honorez aujourd'hui la bienheureuse Vierge. Réjouissez-vous avec moi, vous dit-elle, parce que toute petite que je suis j'ai été agréable au Très Haut, et que l'Homme-Dieu est sorti de mes entrailles; répondez-lui: Oui, vous êtes bienheureuse, ô vierge Marie! parce que vous avez porté dans votre sein le Seigneur et le créateur du monde; vous avez engendré celui qui vous a créée, et vous demeurez éternellement vierge. O Marie! vierge sacrée, vous êtes bienheureuse et digne de toute louange, parce que le soleil de justice, Jésus-Christ, notre Dieu, est sorti de vous.


Prière


O très sainte et très heureuse Mère de Dieu! souffrez que je prenne part à votre joie, puisque vous êtes ma souveraine et que je vous appartiens à tant de titres; permettez que j'adore votre divin fils avec vous, que je lui rende mes hommages, que je me donne à lui pour accomplir toutes ses volontés, que je m'humilie devant lui et que je m'engage irrévocablement à son service; offrez-lui vous-même tous mes vœux, offrez-lui tout ce que je suis, tout ce que je puis; priez-le qu'il soit mon Sauveur, et que je trouve accès auprès de lui pour jouir des fruits de sa naissance, le servir sur la terre, le contempler, l'adorer et l'aimer à jamais dans le ciel. Ainsi soit-il.

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23 décembre 2010

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

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Neuvième jour

L'accomplissement de la Parole


Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen.


Liturgie de la Parole


Livre de Michée 5: 1-4


Toi, Bethléem Ephrata,le plus petit des clans de Juda,c'est de toi que je ferai sortir celui qui doit gouverner Israël. Ses origines remontent aux temps anciens,à l'aube des siècles. Après un temps de délaissement, viendra un jour où enfantera celle qui doit enfanter, et ceux de ses frères qui resteront rejoindront les enfants d'Israël. Il se dressera et il sera leur berger par la puissance du Seigneur, par la majesté du nom de son Dieu. Ils vivront en sécurité, car désormais sa puissance s'étendra jusqu'aux extrémités de la terre, et lui-même, il sera la paix!


Psaume 79


Berger d'Israël, écoute, toi qui conduis Joseph, ton troupeau: resplendis au-dessus des Kéroubim,

devant Éphraïm, Benjamin, Manassé! Réveille ta vaillance et viens nous sauver.

Dieu, fais-nous revenir; que ton visage s'éclaire et nous serons sauvés!

Seigneur, Dieu de l'univers, vas-tu longtemps encore opposer ta colère aux prières de ton peuple,

le nourrir du pain de ses larmes, l'abreuver de larmes sans mesure?

Tu fais de nous la cible des voisins : nos ennemis ont vraiment de quoi rire!

Dieu, fais-nous revenir; que ton visage s'éclaire et nous serons sauvés!

La vigne que tu as prise à l'Égypte, tu la replantes en chassant des nations.

Tu déblaies le sol devant elle, tu l'enracines pour qu'elle emplisse le pays.

Son ombre couvrait les montagnes, et son feuillage, les cèdres géants;

elle étendait ses sarments jusqu'à la mer, et ses rejets, jusqu'au Fleuve.

Pourquoi as-tu percé sa clôture? Tous les passants y grappillent en chemin;

le sanglier des forêts la ravage et les bêtes des champs la broutent.

Dieu de l'univers reviens! Du haut des cieux, regarde et vois: visite cette vigne, protège-la,

celle qu'a plantée ta main puissante, le rejeton qui te doit sa force.

La voici détruite, incendiée; que ton visage les menace, ils périront!

Que ta main soutienne ton protégé, le fils de l'homme qui te doit sa force.

Jamais plus nous n'irons loin de toi: fais-nous vivre et invoquer ton nom !

Seigneur, Dieu de l'univers, fais-nous revenir; que ton visage s'éclaire, et nous serons sauvés.


Lettre aux Hébreux 10: 5-10


Aussi, en entrant dans le monde, le Christ dit, d'après le Psaume: « Tu n'as pas voulu de sacrifices ni d'offrandes, mais tu m'as fait un corps. Tu n'as pas accepté les holocaustes ni les expiations pour le péché »; alors, je t'ai dit: « Me voici, mon Dieu,je suis venu pour faire ta volonté, car c'est bien de moi que parle l'Écriture ». Le Christ commence donc par dire: « Tu n'as pas voulu ni accepté les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les expiations pour le péché que la Loi prescrit d'offrir ». Puis il déclare: « Me voici, je suis venu pour faire ta volonté ». Ainsi, il supprime l'ancien culte pour établir le nouveau. Et c'est par cette volonté de Dieu que nous sommes sanctifiés, grâce à l'offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.


Evangile selon Saint Luc 1: 39-48


En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint, et s'écria d'une voix forte:  « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi? Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi. Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ». Marie dit alors: « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur. Il s'est penché sur son humble servante ;désormais tous les âges me diront bienheureuse ».


Cantique des Prophéties

Le Pape Benoît nous dit:


Vivons intensément ces derniers jours qui précèdent Noël avec Marie, la Vierge du silence et de l'écoute. Que Celle-ci, qui fut totalement enveloppée par la lumière de l'Esprit Saint, nous aide à comprendre et à vivre pleinement le mystère de Noël du Christ. Avec ces sentiments, je vous exhorte à conserver vivant l'émerveillement intérieur dans l'attente fervente de la célébration désormais proche de la naissance du Sauveur. (Catéchèse du 21 décembte 2005).


Avec Benoît XVI, méditons:  « Bienheureuse celle qui a cru en l'accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur.


« Magnificat anima mea Dominum », dit-elle à l’occasion de cette visite, « Mon âme exalte le Seigneur » (Luc 1, 46). Elle exprime ainsi tout le programme de sa vie: ne pas se mettre elle-même au centre, mais faire place à Dieu, rencontré tant dans la prière que dans le service du prochain, alors seulement le monde devient bon. Marie est grande précisément parce qu’elle ne veut pas se rendre elle-même grande, mais elle veut rendre Dieu grand. Elle est humble: elle ne veut être rien d’autre que la servante du Seigneur (Luc 1, 38. 48). Elle sait qu’elle contribue au salut du monde, non pas en accomplissant son œuvre, mais seulement en se mettant pleinement à la disposition des initiatives de Dieu. Elle est une femme d’espérance: uniquement parce qu’elle croit aux promesses de Dieu et qu’elle attend le salut d’Israël; l’ange peut venir chez elle et l’appeler au service décisif de ces promesses. C’est une femme de foi: « Heureuse celle qui a cru », lui dit Élisabeth (Luc 1, 45). (…) Marie est une femme qui aime. (Encyclique Deus Caritas Est, § 41).

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Thèmes pour la réflexion et la prière

Guidés par les paroles du Pape, apprenons à suivre Marie.


Marie est une femme d'espérance. (…) L’espérance s’enracine en pratique dans la vertu de patience, qui ne fait pas défaut dans le bien, pas même face à l’échec apparent, et dans celle d’humilité, qui accepte le mystère de Dieu et qui Lui fait confiance même dans l’obscurité. (…) C'est précisément pour cela que nous devons être des apôtres pleins d'espérance, qui placent une joyeuse confiance dans les promesses de Dieu. Il n'abandonne jamais son peuple, et l'invite même à  la conversion, afin que son Royaume devienne réalité. Royaume de Dieu veut dire non seulement que Dieu existe et vit, mais également qu'il est présent et oeuvre dans le monde. C'est la réalité la plus intime et décisive de tout acte de la vie humaine, à tout moment de l'histoire. (Deus Caritas Est,§ 39 et Discours du 32 septembre 2005).


Marie est une femme de Foi. (…) La première personne qui s'associe au Christ sur le chemin de l'obéissance, de la Foi éprouvée et de la douleur partagée, c'est sa Mère, Marie. (…) Marie est la Mère de Celui qui est « gloire de son peuple Israël » et « Lumière pour éclairer les nations », mais aussi « Signe en butte à la contradiction » (Luc 2: 32-34). Et Elle-même, dans son âme immaculée, devra être transpercée par l'épée de la douleur, démontrant ainsi que son rôle dans l'histoire du Salut ne se limite pas au Mystère de l'Incarnation, mais se complète dans la participation pleine d'amour et de douleur à la mort (…) de Son Fils (…) et la rendra ainsi non seulement la Mère de Dieu mais également notre Mère commune. (Homélie du 2 février 2006 et Discours du 1 mai 2006).


Marie est une femme qui aime. Comment pourrait-il en être autrement? Comme croyante qui, dans la foi, pense avec les pensées de Dieu et veut avec la volonté de Dieu, elle ne peut qu’être une femme qui aime. Nous le percevons à travers ses gestes silencieux, auxquels se réfèrent les récits des Évangiles de l’enfance. Nous le voyons à travers la délicatesse avec laquelle, à Cana, elle perçoit les besoins dans lesquels sont pris les époux et elle les présente à Jésus. Nous le voyons dans l’humilité avec laquelle elle accepte d’être délaissée durant la période de la vie publique de Jésus, sachant que son Fils doit fonder une nouvelle famille et que l’heure de sa Mère arrivera seulement au moment de la croix, qui sera l’heure véritable de Jésus (Jean 2, 4; 13, 1). Alors, quand les disciples auront fui, elle demeurera sous la croix (Jean 19, 25-27); plus tard, à l’heure de la Pentecôte, ce seront les disciples qui se rassembleront autour d’elle dans l’attente de l’Esprit Saint. (Deus Caritas Est, § 41).


Dans l'Incarnation du Fils de Dieu, nous reconnaissons en effet les débuts de l'Eglise. Tout provient de là. Toute réalisation historique de l'Eglise et également chacune de ses institutions doivent se référer à cette Source originelle. Elles doivent se référer au Christ, Verbe de Dieu incarné. C'est Lui que nous célébrons toujours: l'Emmanuel, le Dieu-avec-nous, par l'intermédiaire duquel s'est accomplie la volonté salvifique de Dieu le Père. (Homélie du 25 mars 2006).


Noël est la fête de la Paix. L'Enfant qu'Isaïe annonce est appelé par lui « Prince de la Paix ». On dit de son règne: « La paix n'aura pas de fin ». Aux bergers sont annoncés dans l'Evangile la « gloire de Dieu au plus haut des cieux » et « la paix sur la terre ». (…) Avec Marie, cultivons la certitude que l'homme qui se laisse illuminer par la splendeur de la Vérité, suit presque naturellement le chemin de la Paix. (Homélie du 24 décembre 2005 et Homélie du 1er janvier 2006).

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Cantique de Marie


Antienne du Magnificat: Lorsque le soleil se lèvera, vous verrez le Roi des rois: comme l'époux e la chambre nuptiale, Il vient de chez Son Père.


Magnificat

Mon âme exalte le Seigneur,

exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur!

Il s'est penché sur son humble servante;

désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles; Saint est son nom!

Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent;

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël, son serviteur, il se souvient de son amour,

de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit,

maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

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Prière d'intercession


Lez temps est désormais venu:après avoir revécu pendant l'Avent l'attente du Messie chanté par les prophètes, en ce jour de Vigile solennelle, nous nous mettons spirituellement en chemin avec Marie et Joseph, vers la Grotte de Bethléem. Que notre cœur soit prêt à accueillir l'annonce des anges et à adorer avec les pasteurs l'Enfant nouveau-né. Avec tous les hommes de bonne volonté, nous T'invoquons:


Viens, Seigneur Jésus, répondre à notre attente inquiète!


La Terre, que tu as choisie pour demeurer parmi nous, connait depuis toujours la tragédie de la haine et de la guerre: au nom des populations aujourd'hui épuisées par de si longues souffrances, nous Te demandons le don du dialogue fraternel et de la paix tant désirée. C'est pourquoi nous Te prions:


Viens, Seigneur Jésus, répondre à notre attente inquiète!


Alors que tu étais riche, Tu es né dans une pauvreté extrême; Petit et sans défense, Tu as eu besoin de parents qui prennent soin de Toi. Nous Te prions pour tous les enfants abandonnés, maltraités, exploités afin qu'ils puissent trouver des familles prêtes à les accueillir, à leur offrir de l'amour ainsi qu'une saine éducation. C'est pourquoi nous Te prions:


Viens, Seigneur Jésus, répondre à notre attente inquiète!


Pour sauver l'humanité perdue à cause du péché, Toi le Verbe éternel du Père, Tu as revêtu notre fragilité. Que Ta naissance redonne espoir aux malades, aux malheureux, aux foules de pauvres sans visage, sans nom; qu'ils sentent résonner dans leur cœur, depuis la Grotte de Bethléem, la Parole qui les appelle: « Venez à Moi, tous les opprimés, tous les éprouvés et vous trouverez la paix de l'âme ». C'est pourquoi nous Te prions:


Viens, Seigneur Jésus, répondre à notre attente inquiète!


O Christ, notre Rédempteur, Tu vies jeter un pont entre le Ciel et la terre: que Ta naissance provoque une saine inquiétude chez ceux qui, satisfaits par une vie fondée sur le bien-être, ne savent pas regarder au-delà des limites étroites d'un bonheur terrestre; que chacun puisse découvrir que Tu t'es fait homme pour nous rendre dignes d'être fils de Dieu, appelés par Ton Règne de Sainteté et d'Amour. C'est pourquoi nous Te prions:


Viens, Seigneur Jésus, répondre à notre attente inquiète!


Toi le Verbe du Père, viens dans le silence de notre Cœur énoncer Ta Parole salvatrice: fais qu'en la protégeant en en la méditant comme Marie, nous la fassions resplendir dans chacune de nos actions. C'est pourquoi nous Te prions:


Viens, Seigneur Jésus, répondre à notre attente inquiète!


Intentions libres


Notre Père...


Prions


Père bon et Miséricordieux, qui nous as soutenu dans ce Chemin de l'Avent, accorde-nous de vivre la plénitude de la grâce de ce Noël Saint où Ta Parole s'accomplit. En suivant l'exemple de Ton Fils humble et obéissant, fais que, nous aussi, nous engagions notre vie dans un service généreux et fidèle qui T'auréole de gloire et profite à nos frères. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.


D'après un texte extrait de Neuvaine de Noël avec Benoit XVI aux Editions Salvator

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21 décembre 2010

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

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Septième jour

Un Dieu grand


Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.


Liturgie de la Parole


Premier Livre de Samuel 1: 24-28


Lorsque Samuel eut été sevré, Anne, sa mère, le conduisit à la maison du Seigneur, à Silo; elle avait pris avec elle un taureau de trois ans, un sac de farine et une outre de vin. On offrit le taureau en sacrifice, et on présenta l'enfant au prêtre Élie. Anne lui dit alors: « Écoute-moi, mon seigneur, je t'en prie! Aussi vrai que tu es vivant, je suis cette femme qui se tenait ici près de toi en priant le Seigneur. C'est pour obtenir cet enfant que je priais, et le Seigneur me l'a donné en réponse à ma demande. A mon tour je le donne au Seigneur. Il demeurera donné au Seigneur tous les jours de sa vie ». Alors ils se prosternèrent devant le Seigneur.


Cantique (Premier Livre de Samuel 2: 1, 4-8)


Mon coeur bondit de joie pour le Seigneur, mon front se relève pour mon Dieu ;ma bouche se rit de mes rivaux ;oui, j'exulte en ton salut.

L'arc des forts se brise; mais les chétifs ont la vigueur pour ceinture;

les repus s'embauchent pour du pain,les affamés n'ont plus à travailler.

Le Seigneur fait mourir et fait vivre,il fait descendre aux enfers et en ramène;

le Seigneur appauvrit et enrichit,il abaisse, mais aussi il relève.

De la poussière, il retire le faible,et du fumier, il relève le pauvre pour l'asseoir au rang des princes, lui assigner un trône de gloire.


Evangile selon Saint Luc 1: 46-55


Marie dit alors: « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur. Il s'est penché sur son humble servante ;désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles; Saint est son nom! Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de bien les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race à jamais ».


Cantique des Prophéties

Le Pape Benoît nous dit que:


Marie nous enseigne que nous de devons pas nous éloigner de Dieu, mais rendre Dieu présent; faire en sorte qu'Il soit grand dans notre vie; ainsi, nous aussi, nous devenons divins; toute la splendeur de la divinité nous appartient alors. (Homélie du 15 août 2006).


Avec Benoît XVI méditons: « Mon âme magnifie le Seigneur ».


Dans l'Evangile, nous avons entendu le Magnificat, cette grande poésie qui s'est élevée des lèvres, et plus encore du Cœur de Marie, inspirée par l'Esprit Saint. Dans ce chant merveilleux se reflète toute l'âme, toute la personnalité de Marie. Nous pouvons dire que son chant est un portrait, une véritable icône de Marie, dans laquelle nous pouvons la voir exactement telle qu'elle est. Je voudrais souligner uniquement deux points de ce grand chant. Celui-ci commence par la parole « Magnificat »: mon âme « magnifie » le Seigneur, c'est-à-dire « proclame la grandeur » du Seigneur. Marie désire que Dieu soit grand dans le monde, soit grand dans sa vie, soit présent parmi nous tous. Elle n'a pas peur que Dieu puisse être un « concurrent » dans notre vie, qu'il puisse ôter quelque chose de notre liberté, de notre espace vital, par sa grandeur. Elle sait que si Dieu est grand, nous aussi, nous sommes grands. Notre vie n'est pas opprimée, mais est élevée et élargie: ce n'est qu'alors qu'elle devient grande dans la splendeur de Dieu. (Homélie du 15 août 2005).

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Thème pour la réflexion et la prière

Guidés par les paroles du Pape, employons-nous à rendre Dieu grand dans notre vie.


Marie désire que Dieu soit grand dans le monde, soit grand dans sa vie. (…) Il est important que Dieu soit présent, par exemple, à travers la Croix, dans les édifices publics, que Dieu soit présent dans notre vie commune, car ce n'est que si Dieu est présent que nous pouvons suivre une orientation, une route commune; autrement, les différences deviennent inconciliables, car il n'existe pas de reconnaissance de notre dignité commune. Rendons Dieu grand dans la vie publique et dans la vie privée. Cela veut dire laisser chaque jour un espace à Dieu dans notre vie, en commençant le matin par la prière, puis en réservant du temps à Dieu, en consacrant le dimanche à Dieu. Nous ne perdons pas notre temps libre si nous l'offrons à Dieu. Si Dieu entre dans notre temps, tout notre temps devient plus grand, plus ample, plus riche. (Homélie du 15 août 2005).


Dieu n'est pas un Dieu lointain, trop distant et trop grand pour s'occuper de nos sottises. Puisqu'Il est grand, Il peut également s'intéresser aux petites choses. Puisqu'Il est grand, l'âme de l'homme, l'homme créé pour l'amour éternel, n'est pas une petite chose, mais est grand et digne de Son Amour. La Sainteté de Dieu n'est pas seulement un pouvoir incandescent devant lequel nous devons nous retirer terrifiés; elle est un pouvoir d'amour et donc un pouvoir purificateur et restaurateur. (Messe « In Cena Domini » du 13 avril 2006).


Cette poésie de Marie, le Magnificat, est entièrement originale; toutefois, elle est, dans le même temps, un "tissu" composé à partir de « fils » de l'Ancien Testament, à partir de la Parole de Dieu. Et ainsi, nous voyons que Marie était, pour ainsi dire, « chez elle » dans la Parole de Dieu, elle vivait de la Parole de Dieu, elle était pénétrée de la Parole de Dieu. (…) Et ainsi, Marie parle avec nous, elle nous parle, elle nous invite à connaître la Parole de Dieu, à aimer la Parole de Dieu à vivre avec la Parole de Dieu et à penser avec la Parole de Dieu. Et nous pouvons le faire de façons très diverses: en lisant l'Ecriture Sainte, en particulier en participant à la Liturgie, dans laquelle, au cours de l'année, la Sainte Eglise nous présente tout le livre de l'Ecriture Sainte. Elle l'ouvre à notre vie et le rend présent dans notre vie. (Homélie du 15 août 2005).


Dans la mesure où elle parlait avec les paroles de Dieu, elle pensait avec les paroles de Dieu, ses pensées étaient les pensées de Dieu. Ses paroles étaient les paroles de Dieu. Elle était pénétrée par la lumière divine et c'est la raison pour laquelle elle était aussi resplendissante, aussi bonne, aussi rayonnante, d'amour et de bonté. Marie vit de la Parole de Dieu, elle est imprégnée de la Parole de Dieu. Et le fait d'être plongée dans la Parole de Dieu, le fait que la Parole de Dieu lui est totalement familière, lui confère également la lumière intérieure de la sagesse. Celui qui pense avec Dieu pense bien, et celui qui parle avec Dieu parle bien. Il possède des critères de jugement valables pour toutes les choses du monde. Il devient savant, sage, et, dans le même temps, bon; il devient également fort et courageux, grâce à la force de Dieu qui résiste au mal et promeut le bien dans le monde. (Homélie du 15 août 2005).

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Cantique de Marie


Antienne du Magnificat: O Roi des Nations, objet de leurs désirs, pierre angulaire qui réunissez en Vous les deux peuples, venez, et sauvez l'homme que Vous avez formé du limon.


Magnificat

Mon âme exalte le Seigneur,

exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur!

Il s'est penché sur son humble servante;

désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles; Saint est son nom!

Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent;

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël, son serviteur, il se souvient de son amour,

de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit,

maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

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Prière d'intercession


A l'approche de Noël, le merveilleux Cantique du Magnificat, tissé des fils d'or de l'Ancienne Alliance, résonne constamment dans nos coeurs et nous aide à vivre animés par les mêmes sentiments que Marie, lors de l'attente de Jésus, pour également reparcourir avec Elle le chemin à la suite du Christ, avec humilité et gratitude. C'est pourquoi nous Te prions:


Dilate notre cœur en nous donnant Ton Esprit d'Amour.


Seigneur, autour de nous, tout nous parle de Toi et tout nous renvoie à Toi: l'immensité du cosmos nous révèle Ta Toute-Puissance et même la plus fragile des créatures nous manifeste Ton Humilité et Ta Tendresse. Donne à nos yeux la Lumière de Ton Esprit d'Amour, afin que nous sachions Te reconnaître et Te servir auprès de chacun de nos frères, en désirant toujours contempler ouvertement Ton Visage. C'est pourquoi nous Te prions:


Dilate notre cœur en nous donnant Ton Esprit d'Amour.


Seigneur, Tu connais la tristesse que suscite en nous le drame de tant de peuples accablés par la violence et la misère; avec Marie et tous les pauvres de la terre, nous Te supplions de tourner Ton Regard Miséricordieux vers cette humanité opprimée et perdue, afin qu'elle s'ouvre pour accueillir le don de la paix et de la joie que Tu viens apporter sur la terre. C'est pourquoi nous Te prions:


Dilate notre cœur en nous donnant Ton Esprit d'Amour.


En adressant notre supplique à la tendresse de Marie, Ta Mère et notre Mère, nous Te prions pour tous les laissés pour compte de notre société opulente: que Ta compassion pour la souffrance humaine parvienne à changer leur sort, en nous faisant davantage prendre conscience de notre responsabilité face à cette forme d'indifférence et d'injustice. C'est pourquoi nous Te prions:


Dilate notre cœur en nous donnant Ton Esprit d'Amour.


En ayant deviné le caractère grandiose de Ton dessein, celui du Salut éternel, Marie chante de manière prophétique la magnificence de Ton Amour. Fais qu'en nous laissant illuminer et transformer par Ta Parole, nous aussi nous vivions en agissant avec Foi, bonté et douceur, afin de répandre autour de nous la sérénité et la paix. C'est pourquoi nous Te prions:


Dilate notre cœur en nous donnant Ton Esprit d'Amour.


Seigneur, fais que notre amour soit aussi désintéressé que celui de Marie, afin que toute notre vie ne soit qu'une incessante prière et un chant consacrés à Ta Louange, Dieu fidèle, qui guides l'histoire vers son accomplissement, dans Ton Règne de Lumière et de Joie sans fin. Au nom de toutes les créatures, nous T'invoquons:


Dilate notre cœur en nous donnant Ton Esprit d'Amour.


Intentions libres


Notre Père...


Prions


En contemplant émerveillés l'ouvre du Salut grandiose que Tu vas accomplir pour restaurer en nous l'image divine que le péché a défigurée, nous voulons chanter pour Toi, Seigneur, Te remercier, T'assurer de notre reconnaissance et de notre joie: comble-nous de Ton Amour, et garde notre esprit alerte, afin que nous soyons toujours prêts à témoigner par notre vie que Tu es un Dieu fidèle. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.



D'après un texte extrait de Neuvaine de Noël avec Benoit XVI aux Editions Salvator

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19 décembre 2010

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

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Cinquième jour

La demeure vivante de Dieu


Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen.


Liturgie de la Parole


Livre d'Isaïe 7: 10-14


Le Seigneur parla encore ainsi au roi Acaz: « Demande pour toi un signe venant du Seigneur ton Dieu, demande-le au fond des vallées ou bien en haut sur les sommets ». Acaz répondit: « Non, je n'en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l'épreuve ». Isaïe dit alors: « Écoutez, maison de David! Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes: il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu! Eh bien! Le Seigneur lui-même vous donnera un signe: Voici que la jeune femme est enceinte, elle enfantera un fils, et on l'appellera Emmanuel,(c'est-à-dire: « Dieu-avec-nous »).


Psaume 23


Au Seigneur, le monde et sa richesse, la terre et tous ses habitants!

C'est lui qui l'a fondée sur les mers et la garde inébranlable sur les flots.

Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint?

L'homme au coeur pur, aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idoles (et ne dit pas de faux serments).

Il obtient, du Seigneur, la bénédiction, et de Dieu son Sauveur, la justice.

Voici le peuple de ceux qui le cherchent ! Voici Jacob qui recherche ta face!

Portes, levez vos frontons, élevez-vous, portes éternelles : qu'il entre, le roi de gloire!

Qui est ce roi de gloire? C'est le Seigneur, le fort, le vaillant, le Seigneur, le vaillant des combats.

Portes, levez vos frontons, levez-les, portes éternelles: qu'il entre, le roi de gloire!

Qui donc est ce roi de gloire? C'est le Seigneur, Dieu de l'univers; c'est lui, le roi de gloire.


Evangile selon Saint Luc 1: 26-38


Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph; et le nom de la jeune fille était Marie. L'ange entra chez elle et dit: « Je te salue, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi ». A cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L'ange lui dit alors: « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin ». Marie dit à l'ange: « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge? » L'ange lui répondit: « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre; c'est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu'on l'appelait: la femme stérile. Car rien n'est impossible à Dieu ». Marie dit alors: « Voici la servante du Seigneur; que tout se passe pour moi selon ta parole ». Alors l'ange la quitta.


Cantique des Prophéties, le Pape Benoît nous dit que:


Marie nous enseigne que pour aimer selon Dieu, il faut vivre en Lui et de Lui: Dieu est la première « maison » de l'homme et seul celui qui demeure en Lui brûle d'un feu de Charité Divine capable « d'incendier » le monde. (Message du 2 juin 2006).


Avec Benoit XVI, méditons: « Salut, comblée de grâce! »


Marie, l'humble femme de province (…) est « le saint resté » d'Israël auquel les prophètes, au cours de toutes les périodes de douleurs et de ténèbres, ont fait référence. (…) En elle demeure le Seigneur, en Elle Il trouve le lieu de Son repos. Elle est la maison vivante de Dieu qui n'habite pas dans des édifices de pierre, mais dans le cœur de l'homme vivant. (…) Ne vous contentez pas d'une religiosité extérieure. Dieu ne se contente pas du fait que son peuple le vénère avec les lèvres, Il veut notre cœur. Il nous donne sa grâce si nous ne nous éloignons pas, ou si nous ne nous séparons pas de Lui. (Homélie du 2 décembre 2005 et Discours du 5 novembre 2005).

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Thèmes pour la réflexion et la prière

Guidés par les paroles du Pape, préparons-nous, comme Marie, à dire « oui » au Seigneur.


Nous contemplons cet aspect du Mystère précisément aujourd'hui. La source  divine s'écoule par un canal privilégie: la Vierge Marie. Utilisant une image éloquente, Saint Bernard parle, à ce propos « d'aquaeductus » (Sermo in Nativitate B.V. Mariae). En célébrant l'Incarnation du Fils nous ne pouvons pas, par conséquent, ne pas honorer Sa Mère. C'est à Elle que fut adressée l'annonce de l'Ange. Elle l'accueillit, et lorsque du plus profond de son Cœur Elle répondit: « Je suis la Servante du Seigneur; qu'il m'advienne selon ta parole » (Luc 1: 38), à ce moment-là, le Verbe éternel commença à exister comme être humain dans le temps. (Homélie du 25 mars 2006).


Marie accueille avec une disponibilité personnelle la vague de l'Amour de Dieu qui se déverse en Elle. En cela également, Elle est la parfaite disciple de Son Fils, qui à travers l'obéissance à Son Père réalise entièrement Sa propre liberté et précisément de cette manière exerce la liberté, en obéissant. (…) L'homme qui s'abandonne totalement entre les mains de Dieu ne devient pas une marionnette de Dieu, une personne consentante ennuyeuse; il ne perd pas sa liberté. Seul l'homme qui se remet totalement à Dieu trouve la liberté véritable, l'ampleur vaste et créative de la liberté du bien. (Homélies du 25 mars 2006 et du 8 décembre 2005).


L'homme qui se tourne vers Dieu ne devient pas plus petit, mais plus grand, car grâce à Dieu et avec Lui, il devient grand, il devient divin, il devient vraiment lui-même. L'homme qui se remet entre les mains de Dieu ne s'éloigne pas des autres en se retirant dans sa rédemption en privé; au contraire, ce n'est qu'alors que son cœur s'éveille vraiment et qu'il devient une personne sensible et donc bienveillante et ouverte. Plus l'homme est proche de Dieu et plus il est proche des hommes. Nous le voyons en Marie. Le fait qu'Elle soit totalement auprès de Dieu est la raison pour laquelle Elle est également si proche de tous les hommes. (Homélie du 8 décembre 2005).


Marie est tellement liée au grand mystère de l'Eglise qu'Elle et l'Eglise sont inséparables, tout comme sont inséparables le Christ et Elle. Marie reflète l'Eglise, Elle l'anticipe dans sa personne, et, dans tous les épisodes douloureux qui frappent l'Eglise qui souffre et qui oeuvre, Elle reste toujours l'Etoile du Salut. (…) Les gens semblent ne pas avoir besoin de nous, tout ce que nous faisons semble inutile. Toutefois, nous apprenons de la Parole du Seigneur que seule cette semence transforme toujours à nouveau la terre et l'ouvre à la vraie vie. (Homélie du 8 décembre 2005 et Discours du 25 juillet 2005).

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Cantique de Marie


Antienne du Magnificat: O Clef de David, ô Sceptre de la Maison d'Israël! Qui ouvrez, et nul ne peut fermer; qui fermez, et nul ne peut ouvrir; venez et tirez de la prison l'homme captif, qui est assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort.


Magnificat

 

Mon âme exalte le Seigneur,

exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur!

Il s'est penché sur son humble servante;

désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles; Saint est son nom!

Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent;

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël, son serviteur, il se souvient de son amour,

de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.

 

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit,

maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

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Prière d'intercession


Que cette « férie majeure »de l'Avent », où l'on se remémore la grande « annonce » de l'Incarnation, soit vécue par nous comme un jour de profond silence et d'écoute attentive, un jour de contemplation émerveillée et de détermination concrète, un joue où le « oui » de Marie au dessein de Dieu devienne également le « oui » de notre adhésion pleine au projet que le Seigneur a pour nous. Ainsi, il trouvera sur la terre, aujourd'hui, aussi, des coeurs prêts à l'accueillir. C'est pourquoi nous prions:


O Père, source de joie, fais de nous la demeure de Ta Parole.


« Réjouis-toi, Marie! » Seigneur, que ce salut que tu adresses aujourd'hui à l'Eglise entière, parvienne de manière plus particulière à tous les ministres sacrés comme une parole pleine de force et de nouveauté. En l'accueillant avec Foi et gratitude, fais qu'ils reçoivent un nouvel élan pour affronter sereinement les tâches apostoliques et être dans le monde de joyeux annonciateurs de l'Evangile? C'est pourquoi nous Te prions:


O Père, source de joie, fais de nous la demeure de Ta Parole.


« Le Seigneur es t avec toi ». Aujourd'hui, Seigneur, grâce au « oui » de Marie, le Christ, Ton Fils, entre silencieusement dans l'histoire humaine pour cheminer avec nous. Soutiens les pas d'une foule de réfugiés qui sont à la recherche d'une terre hospitalière; fais que, surtout, lors des prochaines fêtes de Noël, les réfugiés expérimentent la joie de la communion fraternelle, puisque nous formons tous ensemble un seul peuple marchant à Ta rencontre, vers Toi, notre demeure définitive. C'est pourquoi nous prions:


O Père, source de joie, fais de nous la demeure de Ta Parole.


« Tu enfanteras un fils ». Nous Te remercions, Père, puisque dans Ton immense Amour, encore et toujours, Tu nous concèdes, nous qui sommes une terre desséchée, le don de devenir une terre féconde pour une heureuse maternité de grâce. Fais que nous ne décevions pas Tes attentes, que nous disposions nos coeurs à accueillir, à consoler tous les pauvres et ceux qui souffrent, plus particulièrement les enfants abandonnés et orphelins. C'est pourquoi nous prions:


O Père, source de joie, fais de nous la demeure de Ta Parole.


« Comment cela sera-t-il? » Face à Tes surprenants appels, encore aujourd'hui, Seigneur, dans le cœur d'un grand nombre, cette question s'élève: « Comment...? » Fais qu'en suivant l'exemple de la Vierge Marie et de son aide maternelle, nous sachions toujours accueillir avec Foi Ta Sainte Volonté et suivre Tes voies même sans les comprendre, en comptant uniquement sur Ta grâce. C'est pourquoi nous prions:


O Père, source de joie, fais de nous la demeure de Ta Parole.


« Je suis l'esclave du Seigneur ». Père, accorde à tous les hommes la joie de transfigurer leur existence quotidienne, qu'ils vivent en ayant conscience qu'ils sont à ton service: que tout ce que nous faisons soit toujours l'expression de la liberté, de l'amour dans une fidélité qui ne recule pas devant le sacrifice et ne cherche rien d'autre que Ta Gloire et le bien des frères. C'est pourquoi nous prions:


O Père, source de joie, fais de nous la demeure de Ta Parole.


Intentions libres


Notre Père...


Prions


Père, au nom de l'immense amour qui Te poussa à envoyer sur terre Ton Fils préféré à la recherche de l'humanité égarée pour la reconduire vers Toi, fais que Ta Parole de Vie puisse trouver en nous, comme dans le sein chaste de Marie, une demeure accueillante et libre, un amour qui se donne sans retard et une disponibilité entière afin de participer à Ton dessein de Salut universel. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.


D'après un texte extrait de Neuvaine de Noël avec Benoit XVI aux Editions Salvator

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18 décembre 2010

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

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Quatrième jour

Croire


Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen.


Liturgie de la Parole


Livre des Juges: 13: 2-7, 24-25


Il y avait un homme de Soréa, du clan de Dane, nommé Manoa. Sa femme était stérile et n'avait pas eu d'enfant. L'ange du Seigneur apparut à cette femme et lui dit: « Tu es stérile et tu n'as pas eu d'enfant. Mais tu vas concevoir et enfanter un fils. Désormais, fais bien attention : ne bois ni vin ni boisson fermentée, et ne mange aucun aliment impur, car tu vas concevoir et enfanter un fils. On ne lui coupera pas les cheveux, car il sera voué à Dieu dès sa conception. C'est lui qui entreprendra de sauver Israël de la main des Philistins ». La femme s'en alla dire à son mari: « Un homme de Dieu est venu me trouver; il avait l'apparence d'un ange de Dieu tant il était imposant. Je ne lui ai pas demandé d'où il venait, et il ne m'a pas fait connaître son nom. Mais il m'a dit: Tu vas concevoir et enfanter un fils. Désormais ne bois ni vin ni boisson fermentée, et ne mange aucun aliment impur, car l'enfant sera voué à Dieu dès sa conception et jusqu'au jour de sa mort! » La femme mit au monde un fils, et elle le nomma Samson. L'enfant grandit, le Seigneur le bénit, et l'esprit du Seigneur commença à le conduire.


Psaume 70


En toi, Seigneur, j'ai mon refuge: garde-moi d'être humilié pour toujours.

Dans ta justice, défends-moi, libère-moi, tends l'oreille vers moi, et sauve-moi.

Sois le rocher qui m'accueille, toujours accessible; tu as résolu de me sauver: ma forteresse et mon roc, c'est toi!

Mon Dieu, libère-moi des mains de l'impie, des prises du fourbe et du violent.

Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance, mon appui dès ma jeunesse.

Toi, mon soutien dès avant ma naissance, tu m'as choisi dès le ventre de ma mère ; tu seras ma louange toujours!

Pour beaucoup, je fus comme un prodige; tu as été mon secours et ma force.

Je n'avais que ta louange à la bouche, tout le jour, ta splendeur.

Ne me rejette pas maintenant que j'ai vieilli; alors que décline ma vigueur, ne m'abandonne pas.

Mes ennemis parlent contre moi, ils me surveillent et se concertent.

Ils disent: « Dieu l'abandonne! Traquez-le, empoignez-le, il n'a pas de défenseur! »

Dieu, ne sois pas loin de moi; mon Dieu, viens vite à mon secours!

Qu'ils soient humiliés, anéantis, ceux qui se dressent contre moi; qu'ils soient couverts de honte et d'infamie, ceux qui veulent mon malheur!

Et moi qui ne cesse d'espérer, j'ajoute encore à ta louange.

Ma bouche annonce tout le jour tes actes de justice et de salut; (je n'en connais pas le nombre).

Je revivrai les exploits du Seigneur en rappelant que ta justice est la seule.

Mon Dieu, tu m'as instruit dès ma jeunesse, jusqu'à présent, j'ai proclamé tes merveilles.

Aux jours de la vieillesse et des cheveux blancs, ne m'abandonne pas, ô mon Dieu; et je dirai aux hommes de ce temps ta puissance, à tous ceux qui viendront, tes exploits.

Si haute est ta justice, mon Dieu, toi qui as fait de grandes choses: Dieu, qui donc est comme toi?

Toi qui m'as fait voir tant de maux et de détresses, tu me feras vivre à nouveau, à nouveau tu me tireras des abîmes de la terre,

tu m'élèveras et me grandiras, tu reviendras me consoler.

Et moi, je te rendrai grâce sur la harpe pour ta vérité, ô mon Dieu! Je jouerai pour toi de ma cithare, Saint d'Israël!

Joie sur mes lèvres qui chantent pour toi, et dans mon âme que tu as rachetée!

Alors, tout au long du jour, ma langue redira ta justice; c'est la honte, c'est l'infamie pour ceux qui veulent mon malheur.


Evangile selon Saint Luc 1: 5-25


Il y avait, au temps d'Hérode le Grand, roi de Judée, un prêtre nommé Zacharie, du groupe d'Abia. Sa femme aussi était descendante d'Aaron; elle s'appelait Élisabeth. Tous les deux vivaient comme des justes devant Dieu: ils suivaient tous les commandements et les préceptes du Seigneur d'une manière irréprochable. Ils n'avaient pas d'enfant, car Élisabeth était stérile, et tous deux étaient âgés. Or, tandis que Zacharie, au jour fixé pour les prêtres de son groupe, assurait le service du culte devant Dieu,  il fut désigné par le sort, suivant l'usage liturgique, pour aller offrir l'encens dans le sanctuaire du Seigneur. Toute l'assemblée du peuple se tenait dehors en prière à l'heure de l'offrande de l'encens. L'ange du Seigneur lui apparut debout à droite de l'autel de l'encens. En le voyant, Zacharie fut bouleversé et saisi de crainte. L'ange lui dit: « Sois sans crainte, Zacharie, car ta supplication a été entendue: ta femme Élisabeth te donnera un fils, et tu le nommeras Jean. Tu seras dans la joie et l'allégresse, beaucoup d'hommes se réjouiront de sa naissance, car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira pas de vin ni de boissons fermentées, et il sera rempli de l'Esprit Saint dès avant sa naissance; il fera revenir de nombreux fils d'Israël au Seigneur leur Dieu, il marchera devant le Seigneur, avec l'esprit et la puissance du prophète Élie, pour faire revenir le coeur des pères vers leurs enfants, convertir les rebelles à la sagesse des hommes droits, et préparer au Seigneur un peuple capable de l'accueillir ». Mais Zacharie dit à l'ange: « Comment vais-je savoir que cela arrivera? Moi, je suis un vieil homme, et ma femme aussi est âgée ». L'ange lui répondit: « Je suis Gabriel; je me tiens en présence de Dieu, et j'ai été envoyé pour te parler et pour t'annoncer cette bonne nouvelle. Mais voici que tu devras garder le silence, et tu ne pourras plus parler jusqu'au jour où cela se réalisera, parce que tu n'as pas cru à mes paroles: elles s'accompliront lorsque leur temps viendra ». Le peuple attendait Zacharie et s'étonnait de voir qu'il restait si longtemps dans le sanctuaire. Quand il sortit, il ne pouvait pas leur parler, et ils comprirent qu'il avait eu une vision dans le sanctuaire. Il leur faisait des signes, car il demeurait muet. Lorsqu'il eut achevé son temps de service au Temple, il repartit chez lui. Quelque temps plus tard, sa femme Élisabeth devint enceinte. Pendant cinq mois, elle garda le secret. Elle se disait: « Voilà ce que le Seigneur a fait pour moi, lorsqu'il a daigné mettre fin à ce qui faisait ma honte aux yeux des hommes ».


Dans les Cantique des Prophéties, le Pape Benoit nous dit que:


Dieu se cache dans le mystère: prétendre Le comprendre signifierait le cherche et le limiter à nos concepts et à notre savoir et le perdre ainsi irrémédiablement. Par contre, par la Foi, nous pouvons nous ouvrir un chemin à travers des concepts, y compris théologiques et « toucher » le Dieu vivant. Et dès que Dieu a été « touché », Il nous transmet immédiatement Sa Force. (Discours du 26 mai 2005).


Avec Benoît XVI, méditons « Et voici que tu va être réduit au silence (…) parce que tu n'as pas cru à mes paroles ».


Croire veut tout d'abord dire accepter comme vérité ce que notre esprit ne comprend pas entièrement. Il faut accepter ce que Dieu nous révèle sur Lui-même, sur nous-mêmes et sur la réalité, ineffable, inimaginable. Cet acte d'acceptation de notre connaissance et nous permet de parvenir au mystère dans lequel notre existence est plongée. Il n'est pas facile d'accepter que la raison possède cette limitation. Et c'est précisément là que la Foi se manifeste dans sa deuxième dimension: celle de se confier non pas à une personne ordinaire, mais au Christ. Ce en quoi nous croyons est important, mais celui en qui nous croyons est encore plus important. (Homélie du 28 mai 2005).

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Thème pour la réflexion et la prière

Guidés par les paroles du Pape, méditons sur la signification de la Foi.


L'incrédulité de Zacharie nous enseigne qu'il faut accepter comme vérité ce que notre esprit ne comprend pas totalement, elle nous enseigne à avoir la Foi. (…) Dans la Foi, nous accueillons en effet le don que Dieu fait de Lui-même en se révélant à nous, créatures faites à Son Image; nous accueillons et nous acceptons cette vérité que notre esprit ne peut comprendre totalement et ne peut posséder, mais qui, précisément pour cela, étend l'horizon de notre connaissance et nous permet de parvenir au Mystère dans lequel nous sommes plongés et de retrouver en Dieu le sens définitif de notre existence. (Homélie du 28 mai 2006 et discours du 5 juin 2006).


La foi n'est pas simplement l'adhésion à un ensemble complet de dogmes, qui éteindrait la soif de Dieu présente dans l'âme humaine. Au contraire, elle projette l'homme, en chemin dans le temps, vers un Dieu toujours nouveau dans sa nature infinie. Le chrétien est donc en même temps quelqu'un qui cherche et quelqu'un qui trouve. (Angélus du 28 août 2005).


L'existence humaine est un chemin de foi et, en tant que tel, avance davantage dans l'ombre que dans la lumière, non sans moments d'obscurité, mais également d'intenses ténèbres. Tant que nous nous trouvons ici-bas, notre relation avec Dieu a lieu davantage dans l'écoute que dans la vision; et la contemplation elle-même se réalise, pourrait-on dire, les yeux fermés, grâce à la lumière intérieure allumée en nous par la Parole de Dieu. (Angélus du 12 mars 2006).


Zacharie, père de Jean-Baptiste, était devenu muet car il n'avait pas cru l'Ange, mais ensuite, le pardonnant, Dieu lui avait accordé le don de prophétiser dans le chant du « Benedictus »: « Celui qui peut auparavant était muet, à présent il prophétise déjà, observe Saint Ambroise, c'est l'une des plus grandes grâces du Seigneur, que précisément ceux qui l'ont renié le confessent ». (…) La Foi peut toujours nous ramener à Dieu même lorsque notre péché nous fait souffrir. Une Foi forte doit traverser des épreuves. Une Foi vivante doit toujours s'accroître. A tous ceux pour qui il est difficile de croire en Dieu, je le répète ce jour: « Dieu est amour ». Soyez vous-mêmes les témoins de cette vérité. (Catéchèse du 19 octobre 2005 et discours du 26 mai 2006 et du 27 mai 2006).


La Foi, comme attitude fondamentale de l'esprit, qui n'est pas seulement quelque chose d'intellectuel ou de sentimental, la Foi véritable touche la personne tout entière: ses pensées, ses sentiments d'affection, ses intentions, ses relations, sa dimensions corporelles, ses activités, son travail quotidien. (…) Découvrir la beauté et la joie de la Foi est un chemin que chaque nouvelle génération doit parcourir par elle-même, car dans la Foi est mis en jeu ce que nous avons de plus personnel et de plus intime, notre cœur, notre intelligence, notre liberté, dans un rapport profondément personnel avec le Seigneur qui oeuvre en nous. (Catéchèse du 31 mai 20069 et discours du 5 juin 2006.

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Cantique de Marie


Antienne du Magnificat: O rejeton de Jessé, qui êtes comme un étendard pour les peuples: devant qui les rois se tiendront dans le silence; à qui les nations offriront leurs prières: venez nous délivrer, ne tardez plus.


Magnificat

Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur!
Il s'est penché sur son humble servante;
désormais, tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles;
Saint est son nom!
Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent;
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël, son serviteur, il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

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Prière d'intercession


En nous présentant la figure de Zacharie, la liturgie contemporaine nous invite à accueillir la grâce rénovatrice de cet Avent qui est, par excellence, le temps de l'étonnement quant aux nouvelles et merveilleuses surprises de Dieu. Que l'humanité entière puisse connaître un nouveau primtemps de l'esprit et retrouver l'élan pour construire une civilisation ouverte aux vraies valeurs de la vie? C'est pourquoi nous prions ensemble avec Foi:


Seigneur Jésus, viens pour raviver notre Foi.


En portant dans nos mains, avec une sainte crainte et une grande joie, le flambeau qui, génération après génération, a illuminé le chemin de l'homme à travers l'histoire, nous Te prions, Seigneur, pour l'Eglise, Ton Epouse: fais resplendit toujours d'avantage sa sainteté et sa beauté, afin que tous les hommes ressentent de la fascination pour l'Evangile. C'est pourquoi nous Te prions:


Seigneur Jésus, viens pour raviver notre Foi.


Nous Te prions, Seigneur Jésus, pour tous ceux qui, éprouvés par la douleur, se sont éloignés de la Foi, et, repliés sur eux-mêmes, sont tentés de refuser la vie: permets-nous d'être pour eux des messagers de Ton Amour qui a fait que la douleur soit salvatrice. En transformant leur angoisse muette en cri, en prière, nous Te supplions:


Seigneur Jésus, viens pour raviver notre Foi.


Nous Te prions, Seigneur Jésus, pour les enseignants, les catéchistes, pour ceux qui ont des responsabilités dans le domaine éducatif: fais qu'en tirant force et lumière de la prière comme d'une fervente vie sacramentelle, ils sachent éveiller dans le cœur des jeunes le désir d'une profonde communion avec Toi. C'est pourquoi nous Te prions:


Seigneur Jésus, viens pour raviver notre Foi.


Solidaires avec tous nos frères persécutés à cause de la Foi, nous Te demandons, Seigneur, de faire d'eux de véritables Témoins de Ton Amour; en opposant au mal uniquement la force du bien et du pardon, qu'ils puissent connaître la vraie paix du Cœur et irradier autour d'eux la lumière de Ta présence. C'est pourquoi nous Te prions:


Seigneur Jésus, viens pour raviver notre Foi.


Ne permets pas, Seigneur, que le flambeau de notre Foi s'éteigne, emporté par les rafales des vents tempêtueux de l'incrédulité et de la corruption. Concède-nous la résistance nécessaire pour contrer leur fureur et attendre Ton Noël dans un silence riche de prières, de simple Charité et d'inébranlable espérance. C'est pourquoi nous Te prions:


Seigneur Jésus, viens pour raviver notre Foi.


Intentions libres


Notre Père...


Prions


Seigneur, Dieu fidèle, Toi qui exauces toujours nos prières, par-delà notre mérite et notre désir, concède-nous de savoir attendre avec persévérance l'heure de la grâce même lorsque avec Ton silence, Tu nous mets à l'épreuve. Que Marie, la Vierge fidèle, nous vienne en aide afin de vivre cet Avent comme un chemin de purification intérieure nous renforçant dans notre Foi et d'arriver à Noël prêts à accueillir avec gratitude et joie le Don du Salut en Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.


D'après un texte extrait de Neuvaine de Noël avec Benoit XVI aux Editions Salvator

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17 décembre 2010

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

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Troisième jour

En silence

Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen.

Liturgie de la Parole

Livre de Jérémie 23: 5-8

Voici venir des jours, déclare le Seigneur,où je donnerai à David un Germe juste: il régnera en vrai roi, il agira avec intelligence,il exercera dans le pays le droit et la justice. Sous son règne, le royaume de Juda sera sauvé,et Israël habitera sur sa terre en sécurité. Voici le nom qu'on lui donnera: « Le Seigneur est notre justice ». Oui, voici venir des jours, déclare le Seigneur, où, pour prêter serment, on ne dira plus: « Par le Seigneur vivant, qui a fait monter du pays d'Égypte les fils d'Israël ». Mais on dira: « Par le Seigneur vivant, qui a fait monter du pays du Nord les hommes de la maison d'Israël, qui les a ramenés de tous les pays où il les avait dispersés, et qui les fait demeurer sur leur propre sol ».

Psaume 71

Dieu, donne au roi tes pouvoirs, à ce fils de roi ta justice.

Qu'il gouverne ton peuple avec justice, qu'il fasse droit aux malheureux!

Montagnes, portez au peuple la paix, collines, portez-lui la justice!

Qu'il fasse droit aux malheureux de son peuple, qu'il sauve les pauvres gens, qu'il écrase l'oppresseur

Qu'il dure sous le soleil et la lune de génération en génération!

Qu'il descende comme la pluie sur les regains, une pluie qui pénètre la terre.

En ces jours-là, fleurira la justice, grande paix jusqu'à la fin des lunes!

Qu'il domine de la mer à la mer, et du Fleuve jusqu'au bout de la terre!

Des peuplades s'inclineront devant lui, ses ennemis lècheront la poussière.

Les rois de Tarsis et des Iles apporteront des présents. Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande.

Tous les rois se prosterneront devant lui, tous les pays le serviront.

Il délivrera le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours.

Il aura souci du faible et du pauvre, du pauvre dont il sauve la vie.

Il les rachète à l'oppression, à la violence; leur sang est d'un grand prix à ses yeux.

Qu'il vive! On lui donnera l'or de Saba. On priera sans relâche pour lui; tous les jours, on le bénira.

Que la terre jusqu'au sommet des montagnes soit un champ de blé: et ses épis onduleront comme la forêt du Liban! Que la ville devienne florissante comme l'herbe sur la terre!

Que son nom dure toujours; sous le soleil, que subsiste son nom! En lui, que soient bénies toutes les familles de la terre; que tous les pays le disent bienheureux!

Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, lui seul fait des merveilles!

Béni soit à jamais son nom glorieux, toute la terre soit remplie de sa gloire! Amen! Amen!

Evangile selon Saint Matthieu 1: 18-25

Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ. Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement; il décida de la répudier en secret. Il avait formé ce projet, lorsque l'ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit: « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse: l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire: « Le Seigneur sauve »), car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés ». Tout cela arriva pour que s'accomplît la parole du Seigneur prononcée par le prophète: « Voici que la Vierge concevra et elle mettra au monde un fils, auquel on donnera le nom d'Emmanuel, qui se traduit: « Dieu avec nous ». Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit: il prit chez lui son épouse, mais il n'eut pas de rapports avec elle; elle enfanta un fils, auquel il donna le nom de Jésus.

Avec Benoit XVI, méditons « Joseph, fils de David, ne crains pas ».

Le silence de saint Joseph ne manifeste pas un vide intérieur, mais au contraire la plénitude de foi qu'il porte dans son coeur, et qui guide chacune de ses pensées et chacune de ses actions. Un silence grâce auquel Joseph, à l'unisson avec Marie, conserve la Parole de Dieu, connue à travers les Ecritures Saintes, en la confrontant en permanence avec les événements de la vie de Jésus; un silence tissé de prière constante, prière de bénédiction du Seigneur, d'adoration de sa sainte volonté et de confiance sans réserve à sa providence. Il n'est pas exagéré de penser que c'est précisément de son « père » Joseph que Jésus a appris, sur le plan humain, la solidité intérieure qui est le présupposé de la justice authentique, la « justice supérieure » qu'Il enseignera un jour à ses disciples (cf. Mt 5, 20). Laissons-nous « contaminer » par le silence de saint Joseph! Nous en avons tant besoin, dans un monde souvent trop bruyant, qui ne favorise pas le recueillement et l'écoute de la voix de Dieu. (Angelus du 18 décembre 2005).

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Thème pour la réflexion et la prière

Guidés par les paroles du Pape, développons notre aptitude au silence, à l'écoute de la prière


Le silence de saint Joseph ne manifeste pas un vide intérieur, mais au contraire la plénitude de foi qu'il porte dans son coeur, et qui guide chacune de ses pensées et chacune de ses actions. (….) (Il nous fait prendre conscience que) sans un recueillement adapté, il n'est pas possible de s'approcher du mystère suprême de Dieu et de sa révélation. (Angélus du 18 décembre 2005 et Catéchèse de 5 juillet 2006)


Le silence de Saint Joseph un silence tissé de prière constante, prière de bénédiction du Seigneur, d'adoration de sa sainte volonté et de confiance sans réserve à sa providence. (…) Ne nous laissons pas prendre par la précipitation, comme si le temps consacré au Christ dans une prière silencieuse était du temps perdu. C'est précisément là, en revanche, que naissent les fruits merveilleux. (…) Vous pourriez refaire l'expérience bouleversante de la prière comme dialogue avec Dieu, dont nous nous savons aimés et que nous voulons aimer en retour. (Angélus du 18 décembre 2005, Discours du 25 mai 2006 et discours du 18 août 2005).


Un silence grâce auquel Joseph, à l'unisson avec Marie, conserve la Parole de Dieu, connue à travers les Ecritures Saintes, en la confrontant en permanence avec les événements de la vie de  Jésus. (Nous aussi, nous devons apprendre) à connaître Jésus de façon toujours plus personnelle, en l'écoutant, en vivant avec Lui, en nous arrêtant auprès de Lui. (…) C'est à dire, en lisant l'Ecriture Sainte de façon non académique, mais spirituelle; ainsi, nous apprenons à rencontrer Jésus présent qui nous parle. Nous devons raisonner et réfléchir sur ses paroles et sur son action devant Lui et avec Lui. La lecture de l'Ecriture Sainte est prière, elle doit être prière, elle doit naitre de la prière et conduire à la prière. (Angélus du 18 décembre 2005 et homélie du 13 avril 2006).


Marie garde dans son coeur les paroles qui viennent de Dieu et, les unissant les unes aux autres comme dans une mosaïque, elle apprend à les comprendre. A son école nous voulons apprendre nous aussi à devenir des disciples attentifs et dociles du Seigneur. (…) Pour apprendre d'Elle à accueillir dans la Foi et dans la prière le Salut que Dieu veut offrir à ceux qui ont confiance en Son Amour Miséricordieux. (Homélie du 1er janvier 2006).


Laissons-nous « contaminer » par le silence de saint Joseph! Nous en avons tant besoin, dans un monde souvent trop bruyant, qui ne favorise pas le recueillement et l'écoute de la voix de Dieu. En ce temps de préparation à Noël, cultivons le recueillement intérieur, pour accueillir et conserver Jésus dans notre vie. (Angélus du 18 décembre 2005).

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Cantique de Marie


Antienne du Magnificat: O Seigneur, guide de la Maison d'Israël, qui êtres apparu à Moïse, dans la flamme du buisson ardent, venez nous racheter par la Force de Votre Bras.


Magnificat

Mon âme exalte le Seigneur,

exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur!

Il s'est penché sur son humble servante;

désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles; Saint est son nom!

Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent;

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël, son serviteur, il se souvient de son amour,

de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

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Prière d'intercession


Le long de la route qui nous conduit à la Grotte de Bethléem, nous rencontrons aujourd'hui Saint Joseph, l'humble, le silencieux et fidèle serviteur de Dieu, l'homme « juste » et craignant Dieu, choisi pour être le père légal et le protecteur de l'Enfant Jésus. En poursuivant avec lui le chemin de l'Avent, mettons à profit son exemple, pour être prêts à accueillir le Seigneur qui vient. C'est pourquoi nous prions:


Donne-nous, Père, le silence adorant de l'amour.


O Dieu, Père plein de Bonté, nous Te prions pour les évêques, pour les Prêtres et pour tous les religieux appelés par Toi à coopérer à l'oeuvre de la rédemption: qu'ils soient animés d'une profonde vie intérieure, qu'ils puisent à travers l'Eucharistie, l'écoute de Ta Parole, la prière assidue et le silence qui contemple, la lumière et la force pour Te servir avec abnégation et une fidélité absolue. Dans ce but, nous Te prions:


Donne-nous, Père, le silence adorant de l'amour.


Nous Te prions pour ceux qui ont des responsabilités dans le domaine politique et social: accorde leur ton Esprit, afin qu'ils ne renoncent jamais à chercher avec un dévouement humble des voies de réconciliation et de paix entre les peuples; qu'ils promeuvent toujours tout ce qui favorise le vrai progrès de la société, le développement humain et spirituel des personnes. Dans ce but, nous Te prions:


Donne-nous, Père, le silence adorant de l'amour.


Nous Te prions pour tous les petits et les pauvres de la terre: pour les enfants abandonnés et les foules de réfugiés, pour les personnes âgées et les malades: qu'ils puissent, soutenus par la Charité et la prière de toute l'Eglise, trouver chaque jour dans la Foi la force afin d'accepter leurs épreuves avec ce silence confiant qui s'en remet entre Tes mains, Père débordant de compassion et d'amour envers toutes Tes créatures. Dans ce but, nous Te prions:


Donne-nous, Père, le silence adorant de l'amour.


Nous Te prions pour les jeunes: éveille dans leur Cœur la nostalgie de l'innocence, l'amour du silence et la beauté pure, la passion pour la sainteté. Fais qu'en écoutant et en méditant Ta Parole, ils se sentent attirés par les idéaux les plus hauts, qu'ils découvrent que seule Ton amitié comme la capacité de donner sa vie et de servir autrui recèlent le secret du vrai bonheur. Dans ce but, nous Te prions:


Donne-nous, Père, le silence adorant de l'amour.


Nous Te prions pour tous ceux qui sont réunis ici: fais qu'en suivant l'exemple de Joseph et de Marie, nous sachions garder intact le trésor de la Foi que Tu nous a confié mais aussi être pour nos frères une présence charitable, douce et paisible, dans la recherche constante du bien et de la communion avec tous. Dans ce but nous Te prions:


Donne-nous, Père, le silence adorant de l'amour.


Intentions libres


Notre Père...


Prions


O Dieu, Père et créateur, Toi qui es le seul Seigneur du Cosmos et de l'histoire, à travers Ton Verbe Incarné, Tu as voulu devenir « l'Emmanuel », le « Dieu avec nous »: fais que chaque homme, avec un profond silence intérieur, se mette à l'écoute du moindre signe manifestant Ta Volonté et, qu'au cœur de l'Eglise, il puisse connaître la consolation et la force, qui naissent en affrontant ensemble, en se soutenant mutuellement, les épreuvres de la vie. Par le Christ, notre Seigneur. Amen.

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D'après un texte extrait de Neuvaine de Noël avec Benoit XVI aux Editions Salvator

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15 décembre 2010

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

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Premier jour

La venue du Seigneur


Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen.


Liturgie de la Parole


Livre de Ben Sirac le Sage 48: 1-4, 9-11


Le prophète Élie surgit comme un feu,sa parole brûlait comme une torche. Il fit venir la famine sur les hommes d'Israël,et, dans son ardeur, en fit périr un grand nombre. Par la parole du Seigneur, il ferma le ciel,et à trois reprises il en fit descendre le feu. Comme tu étais redoutable, Élie, dans tes prodiges !Qui pourrait se glorifier d'être ton égal? toi qui fus emporté dans un tourbillon de feu par un char aux coursiers de feu; toi qui fus préparé pour la fin des temps,ainsi qu'il est écrit,afin d'apaiser la colère avant qu'elle n'éclate, afin de ramener le coeur des pères vers les fils et de rétablir les tribus de Jacob, heureux ceux qui te verront,heureux ceux qui se sont endormis dans l'amour du Seigneur,car nous aussi nous posséderons la vraie vie.


Psaume 79


Berger d'Israël, écoute, toi qui conduis Joseph, ton troupeau : resplendis au-dessus des Kéroubim,

devant Éphraïm, Benjamin, Manassé! Réveille ta vaillance et viens nous sauver.


Dieu, fais-nous revenir ; que ton visage s'éclaire et nous serons sauvés !


Seigneur, Dieu de l'univers, vas-tu longtemps encore opposer ta colère aux prières de ton peuple,

le nourrir du pain de ses larmes, l'abreuver de larmes sans mesure?

Tu fais de nous la cible des voisins: nos ennemis ont vraiment de quoi rire!


Dieu, fais-nous revenir; que ton visage s'éclaire et nous serons sauvés!


La vigne que tu as prise à l'Égypte, tu la replantes en chassant des nations.

Tu déblaies le sol devant elle, tu l'enracines pour qu'elle emplisse le pays.

Son ombre couvrait les montagnes, et son feuillage, les cèdres géants;

elle étendait ses sarments jusqu'à la mer, et ses rejets, jusqu'au Fleuve.

Pourquoi as-tu percé sa clôture? Tous les passants y grappillent en chemin;

le sanglier des forêts la ravage et les bêtes des champs la broutent.


Dieu de l'univers reviens! Du haut des cieux, regarde et vois: visite cette vigne, protège-la, celle qu'a plantée ta main puissante, le rejeton qui te doit sa force.


La voici détruite, incendiée; que ton visage les menace, ils périront!

Que ta main soutienne ton protégé, le fils de l'homme qui te doit sa force.

Jamais plus nous n'irons loin de toi: fais-nous vivre et invoquer ton nom!


Seigneur, Dieu de l'univers, fais-nous revenir; que ton visage s'éclaire, et nous serons sauvés.


Evangile selon Saint Matthieu 17: 10-13


Les disciples interrogèrent Jésus: « Pourquoi donc les scribes disent-ils que le prophète Élie doit venir d'abord? » Jésus leur répondit: « Élie va venir pour remettre tout en place. Mais, je vous le déclare: Élie est déjà venu; au lieu de le reconnaître, ils lui ont fait tout ce qu'ils ont voulu. Le Fils de l'homme, lui aussi, va souffrir par eux ». Alors les disciples comprirent qu'il leur parlait de Jean le Baptiste.


 Cantique des Prophéties, Benoit XVI nous dit que:


« Et de même que dans l'histoire de l'humanité se trouve au centre le premier Avent du Christ et, à la fin, son retour glorieux, de même chaque existence personnelle est appelée à se mesurer à lui, de façon mystérieuse et multiforme, au cours du pèlerinage terrestre, pour être trouvée « en lui » au moment de son retour ». (Homélie du 26 novembre 2005).


Nous devons nous demander: que signifie venue du Seigneur? En grec c'est la « parousie », en latin « l'adventus »: « avent », « venue ». Qu'est cette venue? Nous concerne-t-elle ou non? (…) cette venue est singulière: « la » venue du Seigneur. Toutefois il n'y a pas que la dernière venue à la fin des temps: dans un certain sens, le Seigneur désire toujours venir à travers nous. Et il frappe à la porte de notre coeur: es-tu disposé à me donner ta chair, ton temps, ta vie? Telle est la voix du Seigneur, qui veut entrer également dans notre époque, il veut entrer dans l'histoire humaine à travers nous. Il cherche également une demeure vivante, notre vie personnelle. Voilà la venue du Seigneur. C'est ce que nous voulons à nouveau apprendre pendant le temps de l'Avent: que le Seigneur peut venir également à travers nous. (Homélie du 26 novembre 2005).

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Thèmes pour la réflexion et la prière

Guidés par les paroles du Pape, préparons-nous à la venue du Seigneur


Les personnes que Dieu aime sont les personnes vigilantes, celles disponibles à la Parole de Dieu, à l'Annonce de l'Ange, dont la vie n'est pas fermée sur elles-même et dont le cœur est ouvert. D'une certaine façon, au plus profond, elle sont en attente de quelque chose; définitivement en attente de Dieu. (Homélie du 24 décembre 2005).


Dieu aime tous les hommes parce que tous sont ses créatures. Mais certaines personnes ont fermé leur âme; son amour ne trouve aucun accès auprès d’eux. Ils croient qu’ils n’ont pas besoin de Dieu; ils ne le veulent pas. D’autres, qui peut-être moralement sont aussi pauvres et pécheurs, souffrent au moins de cela. Ils attendent Dieu. Ils savent qu’ils ont besoin de sa bonté, même s’ils n’en ont pas une idée précise. Dans leur cœur ouvert à l’attente, la lumière de Dieu peut entrer et, avec elle, sa paix. (24 décembre 2005).


La réponse à Dieu exige le chemin intérieur qui conduit le croyant à rencontrer le Seigneur. Cette rencontre n'est possible que si l'homme est capable d'ouvrir son cœur à Dieu, qui parle dans la profondeur de la conscience. Cela exige intériorité, silence, vigilance. (Discours du 19 septembre 2005).


Marie appartenait à cette partie du peuple d'Israël qui, à l'époque de Jésus, attendait de tout son coeur la venue du Sauveur. Et à partir des paroles, des gestes rapportés par l'Evangile nous pouvons voir comment Elle vivait réellement plongée dans les paroles des Prophètes, elle était tout entière en attente de la venue du Seigneur. Toutefois, Elle ne pouvait pas imaginer comment cette venue se serait réalisée. Peut-être attendait-elle une venue dans la gloire. C'est pourquoi fut d'autant plus surprenant pour elle le moment où l'Archange Gabriel entra dans sa maison et lui dit que le Seigneur, le Sauveur, voulait prendre chair en Elle, d'elle, voulait réaliser sa venue à travers Elle. Nous pouvons imaginer l'émotion de la Vierge. Marie, avec un grand acte de foi, d'obéissance, dit oui: « Me voici, je suis la servante du Seigneur ». Ainsi, Elle est devenue « demeure » du Seigneur, véritable « temple » dans le monde et « porte » à travers laquelle le Seigneur est entré sur la terre. (Homélie du 26 novembre 2005).


Dieu est ainsi: il ne s'impose pas, il n'entre jamais par la force mais, comme un enfant, il demande a être accueilli. Dans un certain sens, Dieu aussi se présente en ayant besoin d'attention; il attend que nous lui ouvrions notre Cœur et que nous prenions soin de lui. (Discours du 30 décembre 2005).

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Antienne du Magnificat: Voilà, le Roi viendra, Seigneur de la terre, et à Lui seul, il ôtera le joug de notre esclavage


Magnificat


Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

Il s'est penché sur son humble servante ; désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !

Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent;

Déployant la force de son bras,il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes,il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés,renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël, son serviteur,il se souvient de son amour,

de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.


Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

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Prière d'intercession


Le temps de l'Avent est parvenu à son sommet et la venue du Sauveur est désormais proche: que notre prière se fasse plus intense et notre attente plus vigilante, afin que Jésus puisse trouver das notre cœur une demeure accueillante, pour naître et irradier sa lumière et sa paix sur le monde entier. C'est pourquoi nous prions.


Viens, Seigneur Jésus, nous T'attendons avec espérance.


Viens, Seigneur Jésus, combler de tes bénédictions la Sainte Eglise, afin qu'elle soit chaque jour d'avantage une tente hospitalière, ouverte, prête à accueillir tout homme mendiant la Lumière et le Salut, et que tous les pauvres, ceux qui souffrent, ceux dont le cœur s'est égaré, puissent y trouver  réconfort et soutient. Nous T'invoquons:


Viens, Seigneur Jésus, nous T'attendons avec espérance.


Viens, Seigneur Jésus, réconcilier les peuples: que face à Toi, Enfant Doux et désarmé, le bruit sinistre des armes cède la place au chant de la Paix; qu'il n'y ait plus de rivalité et de violence, mais la joie du partage et la communion fraternelle. Nous T'invoquons:


Viens, Seigneur Jésus, nous T'attendons avec espérance.


Viens, Seigneur Jésus, rendre stables et sereins les liens familiaux: pour Toi qui est la Vie, que chaque créature qui naît soit accueillie comme un don et que chaque existence qui décline fasse l'objet de respect et de tendresse; avec Toi qui es l'Amour, que chaque geste humble soit accompli avec douceur, dans l'esprit d'un service généreux. Nous T'invoquons:


Viens, Seigneur Jésus, nous T'attendons avec espérance.


Viens, Seigneur Jésus, apporter la consolation a tant de petits et de pauvres de la terre. Ils n'ont rien à Te donner: accueille leur souffrance humaine comme un trésor précieux pour l'édification de Ton Règne de Justice, d'Amour et de Paix. Nous T'invoquons:


Viens, Seigneur Jésus, nous T'attendons avec espérance.


Viens, Seigneur Jésus, dans notre Cœur qui est dans l'attente! Que Ta présence triomphe de notre inertie, brûle toute trace de péché, accorde à chacun de nos désirs de bien la force de l'achèvement, afin que Tu puisses toujours trouver en nous, comme dans Marie, Ta Mère, le « oui » de la pleine disponibilité pour collaborer à l'oeuvre du Salut. Nous T'invoquons:


Viens, Seigneur Jésus, nous T'attendons avec espérance.


Intentions libres


Notre Père, qui êtes aux Cieux...


Prions


Seigneur Jésus, Fils du Père Eternel, Toi qui ne Te lasses jamais de frapper à la porte de notre Cœur tant de fois obstinément fermé, accrois en nous la Foi, l'Espérance et l'Amour, afin que nous sachions T'attendre au plus profond de nous-mêmes, reconnaître Ta Présence en tout homme, T'accueillir avec respect et avec une Charité prévenante, particulièrement chez les plus pauvres et ceux qui souffrent. A Toi louanges et bénédictions pour les siècles et les siècles. Amen.

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D'après un texte extrait de "Neuvaine de Noël avec Benoît XVI, aux Editions Salvator


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1 novembre 2010

Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille 13/26

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Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille

Communion Marie Reine des Familles


Quatrième jour

Consécration à Marie Epouse de Saint Joseph


La leçon que nous donne la nature est précieuse, en elle tout tend à l'union. Même les arbres les plus éloignés unissent leur pollen par l'entremise des abeilles et du vent, tout est ordonné à l'union et à la fécondité. Dans la tradition juive on répond à la question de savoir ce que Dieu fait depuis qu'Il a achevé la Création en disant: il arrange des mariages! L'humanité est faite pour le mariage, sa vocation est nuptiale dans l'ordre de la création comme dans l'ordre de l'éternité. Toute âme est appelée à l'union intime avec Dieu dans des noces éternelles selon la parole du Prophète Isaïe: « Car ton Créateur est ton époux: le Seigneur des armées est Son Nom, et ton Rédempteur est le Saint d'Israël: Il se nomme Dieu de toute la terre » (Isaïe 54: 5). Bien sûr on n'épouse pas totalement que dans la mort, mais notre vie est un chemin où nous devons découvrir notre vocation sponsale et anticiper la vie du monde à venir. La femme est médiatrice dans l'ordre de l'amour, c'est pour cela que le démon la tente et non l'homme, afin qu'elle perde ce rôle et devienne médiatrice dans l'ordre du mal et de la chute. Il est essentiel qu'elle redécouvre la nature de cette médiation d'amour dont les fruits sont doubles: humains et spirituels. La femme est naturellement adoratrice et contemplative, dans le couple, c'est elle qui doit conduire l'homme à la découverte de la vocation nuptiale et ordonne l'humain au divin. C'est seulement dans la contemplation et l'adoration que se nourrit la vocation sponsale. Marie est le parfait exemple de la femme restaurée dans sa grâce initiale, c'est pour cela qu'elle est notre source et notre modèle.

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Antienne


Mon bien-aimé est à moi et moi je suis à lui, le pâtre parmi les lys. (Cantique 2: 16).

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La Parole de Dieu


Isaïe 54: 4-15


Ne crains pas, car tu ne seras point confondue; Ne rougis pas, car tu ne seras pas déshonorée; Mais tu oublieras la honte de ta jeunesse, Et tu ne te souviendras plus de l'opprobre de ton veuvage. Car ton créateur est ton époux: L'Éternel des armées est son nom; Et ton rédempteur est le Saint d'Israël: Il se nomme Dieu de toute la terre; Car l'Éternel te rappelle comme une femme délaissée et au coeur attristé, Comme une épouse de la jeunesse qui a été répudiée, dit ton Dieu. Quelques instants je t'avais abandonnée, Mais avec une grande affection je t'accueillerai; Dans un instant de colère, je t'avais un moment dérobé ma face, Mais avec un amour éternel j'aurai compassion de toi, Dit ton rédempteur, l'Éternel. Il en sera pour moi comme des eaux de Noé: J'avais juré que les eaux de Noé ne se répandraient plus sur la terre; Je jure de même de ne plus m'irriter contre toi Et de ne plus te menacer. Quand les montagnes s'éloigneraient, Quand les collines chancelleraient, Mon amour ne s'éloignera point de toi, Et mon alliance de paix ne chancellera point, Dit l'Éternel, qui a compassion de toi. Malheureuse, battue de la tempête, et que nul ne console! Voici, je garnirai tes pierres d'antimoine, Et je te donnerai des fondements de saphir; Je ferai tes créneaux de rubis, Tes portes d'escarboucles, Et toute ton enceinte de pierres précieuses. Tous tes fils seront disciples de l'Éternel, Et grande sera la postérité de tes fils. Tu seras affermie par la justice; Bannis l'inquiétude, car tu n'as rien à craindre, Et la frayeur, car elle n'approchera pas de toi. Si l'on forme des complots, cela ne viendra pas de moi; Quiconque se liguera contre toi tombera sous ton pouvoir.


1 Pierre 3: 1-6


Femmes, soyez de mêmes soumises à vos maris, afin que, si quelques-uns n'obéissent point à la parole, ils soient gagnés sans parole par la conduite de leurs femmes, en voyant votre manière de vivre chaste et réservée. Ayez, non cette parure extérieure qui consiste dans les cheveux tressés, les ornements d'or, ou les habits qu'on revêt, mais la parure intérieure et cachée dans le coeur, la pureté incorruptible d'un esprit doux et paisible, qui est d'un grand prix devant Dieu. Ainsi se paraient autrefois les saintes femmes qui espéraient en Dieu, soumises à leurs maris, comme Sara, qui obéissait à Abraham et l'appelait son seigneur. C'est d'elle que vous êtes devenues les filles, en faisant ce qui est bien, sans vous laisser troubler par aucune crainte.


Mon bien-aimé est à moi et moi je suis à lui, le pâtre parmi les lys.

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L'enseignement de l'Eglise


Lettre de Jean Paul II aux femmes


L'Église voit en Marie la plus haute expression du « génie féminin » et trouve en elle une source d'inspiration constante. Marie s'est définie elle- même « servante du Seigneur » (Lc 1, 38). C'est par obéissance à la Parole de Dieu qu'elle a accueilli sa vocation privilégiée, mais pas du tout facile, d'épouse et de mère de la famille de Nazareth. En se mettant au service de Dieu, elle s'est mise aussi au service des hommes: service d'amour. C'est ce service qui lui a permis de réaliser dans sa vie l'expérience d'une mystérieuse mais authentique « royauté ». Elle n'est pas invoquée par hasard comme « Reine du ciel et de la terre ». Toute la communauté des croyants l'invoque ainsi; de nombreux peuples et nations l'invoquent comme « Reine ». Sa « royauté » est un service! Son service est une « royauté »! C'est ainsi que devrait être comprise l'autorité dans la famille comme dans la société et dans l'Église. La « royauté » est une révélation de la vocation fondamentale de l'être humain, en tant que créé à « l'image » de Celui qui est Seigneur du ciel et de la terre, et appelé à être son fils adoptif dans le Christ. L'homme est la seule créature sur la terre que « Dieu a voulu pour elle-même », comme l'enseigne le deuxième Concile du Vatican, qui ajoute de manière significative que l'homme « ne peut pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui-même » (Gaudium et Spes N)° 24). En cela consiste la « royauté » maternelle de Marie. Ayant été, dans tout son être, un don pour le Fils, elle devient aussi un don pour les fils et les filles du genre humain tout entier, ravivant la confiance très profonde de celui qui se tourne vers Elle pour être conduit le long des chemins difficiles de la vie vers son terme personnel, son destin transcendant. À travers les étapes de sa vocation particulière, chacun parvient à ce but final, qui oriente l'engagement dans le temps de l'homme comme de la femme.


Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 1624


Les diverses liturgies sont riches en prières de bénédiction et d’épiclèse demandant à Dieu sa grâce et la bénédiction sur le nouveau couple, spécialement sur l’épouse. Dans l’épiclèse de ce sacrement les époux reçoivent l’Esprit Saint comme Communion d’amour du Christ et de l’Église (cf. Ep 5, 32). C’est Lui le sceau de leur alliance, la source toujours offerte de leur amour, la force où se renouvellera leur fidélité.


Mon bien-aimé est à moi et moi je suis à lui, le pâtre parmi les lys.

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L'exemple de la Famille Martin


« Il me tarde d'être auprès de toi, mon cher Louis, je t'aime de tout mon cœur et je sens encore redoubler mon affection par la privation que j'éprouve de ta présence: il me paraît impossible de vivre éloignée de toi (…) J'essaierais de t'écrire demain, si c'est possible, mais je ne sais à quelle heure nous rentrerons de Trouville (…) Nous revenons mercredi soir à sept heures et demie. Que cela me paraît long. Je t'embrasse comme je t'aime ». (Lettre de Zélie à Louis Martin, après onze ans de mariage. Extraite de la « Correspondance Familiale, aux Ed. Du Cerf).


La vivacité naturelle de Louis lui faisait parfois refuser certaines propositions justifiées de Zélie. Celle-ci, intuitive et patience, savait lui faire accepter au bout d'un certain temps de réflexion les décisions toujours prises en commun. Ainsi, en mai 1877, Monsieur Martin, en bon gérant de ses biens, ne tenait pas à faire une dépense supplémentaire pour une retraite de Marie à la Visitation, alors qu'il finançait déjà un pèlerinage à Lourdes pour elle, Pauline, Léonie et leur mère. Mais il finit par accepter de satisfaire le désir de Marie à qui la retraite de l'année précédente avait fait beaucoup de bien. Zélie était intervenue. A ce propos, elle parle de « ruse du métier ». Ce mot paraît péjoratif, mais il s'agit bien d'un jeu psychologique qui prend pour comparaison la « ruse » de la dentellière, c'est à dire l'habileté qui lui permet d'obtenir des raccords invisibles. (Docteur Cadéot, « Zélie Martin, Ed. Oeil/ F.X. De Guibert).


Mon bien-aimé est à moi et moi je suis à lui, le pâtre parmi les lys.

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Prière consécratoire


O Marie, épouse de Joseph, je Vous consacre ma vocation d'épouse. Que par ma docilité à l'Esprit Saint, semblable à la femme parfaite des Proverbes, je m'ouvre à l'intelligence du cœur, que par mon désir de sainteté, je « séduise » et attire mon époux vers le Royaume. O Marie, que je rentre de plus en plus dans ce mystère de nuptialité où Dieu nous appelle, que par toute ma vie et par tous mes actes, je me prépare dès ici-bas avec mon époux à participer aux noces de l'Agneau. Que ma parure d'épouse, Vierge toute belle, soit la sagesse, la confiance, la force et la beauté réservées à toutes celles qui regardent vers Vous, Epouse et Reine. Donnez-moi de transformer chacune de mes tâches d'épouse en actes surnaturels et divins, cherchant toujours à Vous imiter.


Mon bien-aimé est à moi et moi je suis à lui, le pâtre parmi les lys.

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Exercice

Médiatrice dans l'ordre de l'amour


Les différentes lectures nous amènent à dégager un certain nombre de valeurs qui sont propres à la femme comme porteuse du mystère de l'union et riche d'un grand désir de s'unir, qu'elle transmet à l'homme. Le terme de soumission est une traduction dangereuse voire erronée, comme dans le Notre Père: ne nous soumets pas à la tentation. En effet, soumettre, en français, signifie mettre en dessous, ce qui voudrait dire que Dieu nous tente, nous place dans une situation où la tentation est sur nous. Il vaudrait mieux traduire: ne nous laisse pas aller dans la tentation. Quant à l'attitude de la femme envers son mari, il serait plus juste de dire: femme, montrez de la déférence envers vos maris. Ne vous révoltez pas contre leur inconduite, mais, que votre attitude de douceur et d'humilité, votre reconnaissance de leur autorité leur fasse peu à peu comprendre qu'ils se trompent, que votre sainteté les confonde et qu'ainsi, ils reviennent à Dieu. Le Livre des Proverbes nous offre un beau portrait d'épouse. Le premier verset est difficilement traduisible: eshet haïl signifie à la fois la femme parfaite (celle qui est achevée et non pas celle qui n'a pas de défaut), la femme forte (haïl veut dire aussi soldat, songeons à Marie, forte comme une armée rangée en bataille) et vertueuse (virtus en latin signifie également force). C'est le portrait d'une reine et d'une servante. Il s'agit dans cet exercice, de méditer ce texte, afin de comprendre en qui réside la grande force de la femme dans une sorte d'examen de conscience. Force dans le dévouement envers son  mari et ses enfants, force dans les choses matérielles et spirituelles. On voit que la renommée de son mari dépend d'elle, de même que le succès de ses affaires, elle montre l'exemple de la Charité, elle est rassurante, car confiante en la Providence.


« La femme forte, qui la trouvera? » Elle a bien plus de valeur que les perles. Le cœur de son mari a confiance en elle, et les produits ne lui feront pas défaut. Elle lui fait du bien, et non du mal, tous les jours de sa vie. Elle se procure de la laine et du lin, et travaille d'une main joyeuse. Elle est comme un navire marchant, elle amène son pain de loin. Elle se lève lorsqu'il est encore nuit, et elle donne la nourriture à sa maison et la tâche à ses servantes. Elle pense à un champs, et elle l'acquiert, du fruit de son travail elle plante une vigne. Elle ceint de force ses reins, elle affermit ses bras. Elle sent que ce qu'elle gagne est bon, sa lampe ne s'éteint point pendant la nuit. Elle met la main à la quenouille, et ses doigts tiennent le fuseau. Elle tend la main au malheureux, elle tend la main à l'indigent. Elle ne craint pas la neige pour sa maison, car toute sa maison est vêtue de cramoisi. Elle se fait des couvertures, elle a des vêtements de fin lin et de pourpre. Son mari est considéré aux portes, lorsqu'il siège avec les anciens du pays. Elle fait des chemises, et les vend, et elle livre des ceintures au marchand. Elle est revêtue de force et de gloire, et elle se rit de l'avenir. Elle ouvre la bouche avec sagesse, et des instructions aimables sont sur sa langue. Elle veille sur ce qui se passe dans sa maison, et elle ne mange pas le pain de paresse. Se fils se lèvent, et la disent bienheureuse, son mari se lève, et lui donne des louanges: « Plusieurs filles ont une conduite vertueuse, mais toi tu les surpasse toutes ». (Proverbes 31: 10-29).

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1 décembre 2010

Vénérable François-Marie Paul Libermann

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Le Vénérable François-Marie Paul Libermann

Né à Saverne (Alsace) le 12 avril 1802

Converti du Judaïsme en 1826

Ordonné Prêtre 18 septembre 1841

Mort à Paris le 2 février 1852

En 1841, il fonda, pour l'évangélisation de l'Afrique, la Société du Saint Cœur de Marie, qui devait s'unir, en 1848, à celle du Saint Esprit. Il devint alors Supérieur Général de la Congrégation du Saint Esprit et du Saint Cœur de Marie. Le 10 juin 1910, l'héroïcité des vertus du Serviteur de Dieu était promulguée par un décret du Pape Saint Pie X.

« Dieu c'est tout, l'homme c'est rien ».

« Ferveur, Charité, sacrifice ».

Prière pour obtenir la Béatification du Vénérable

Esprit Saint, qui avez choisi Votre Serviteur François-Marie Paul pour restaurer la Société qui Vous est consacrée, daignez opérer par lui une oeuvre de Votre Toute Puissance. O Marie, qui par votre Serviteur avez suscité des apôtres de Votre Cœur Immaculé et les avez envoyées aux âmes délaissées du continent Africain, obtenez que bientôt nous puissions avec elles l'invoquer comme leur protecteur au Ciel. O Divin Esprit, ô Saint Cœur de Marie, glorifiez votre Serviteur François-Marie Paul en nous accordant par son intercession... (spécifier la grâce que l'on demande).

Imprimatur

Leo. Ad. Card. Amette

Arch. Parisiensis

Les personnes qui reçoivent des grâces attribuées au Vénérable sont priées de les faire connaître à la Maison Mère de la Congrégation du Saint Esprit, 30, rue Lhomond 75005 Paris.

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Renseignements

http://spiritains.free.fr/sources/libermann/libndx.htm


Site officiel des Pères du saint Esprit

www.spiritains.org

Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

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