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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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16 novembre 2010

Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille 15/26

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Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille

Communion Marie Reine des Familles


Sixième jour

Consécration à Marie Médiatrice de la paternité


Nous avons déjà parlé du rôle médiateur de la femme, il nous faut préciser ce que nous entendons par médiation. Ce terme est souvent compris comme intermédiaire incontournable. Dans ce cas il vaudrait mieux s'adresser directement à Dieu, se passer de cette médiation qui serait une sorte d'obstacle en contradiction avec les Saintes Ecritures qui nous disent que le Christ est l'unique Médiateur entre Dieu et les hommes. Le Cardinal Ratzinger (Benoît XVI) reprend l'étymologie de médiation pour mettre en valeur le « milieu ». La Vierge est un « milieu » comblé de grâces, autrement dit, Elle est un état de grâce auquel nous pouvons accéder dans un esprit d'enfance qui nous rend capables de recevoir les grâces qu'Elle a reçues et de voir Dieu comme Elle le voit, comme Elle le connaît. Marie est le milieu divin des humbles qui la choisissent pour Reine et Mère. C'est ainsi que dans les familles, la femme est le milieu où se révèlent bien des choses divines, dont l'autorité paternelle, car elle procède de Dieu. Si la mère n'autorise pas le père à exercer son autorité, elle n'existe pas, elle est disqualifiée aux yeux des enfants. Là encore nous trouvons une source d'un grand nombre de troubles identitaires. Ce devrait être un principe intangible que les parents ne se contestent pas l'un l'autre devant les enfants à propos d'une décision prise à leur égard. Le père doit prendre la décision en dernier recours et si elle fait l'objet d'un désaccord, il ne doit pas le manifester en présence des enfants, c'est les insécuriser, c'est briser le tuteur sur lequel ils grandissent. Lors de la Fuite en Egypte, Marie obéit à Joseph: dans sa grande humilité qui est le secret de sa force, Elle ne se demande pas pourquoi Dieu a parlé à son époux et pas à Elle directement, Elle ne met pas en avant l'erreur passée de Joseph qui voulait la répudier en secret. Il ne s'agit pas de savoir qui a raison ou tort, il s'agit de vivre saintement et de rayonner des vertus évangéliques sur les enfants, de leur inculquer par exemple l'esprit du Sermon sur la montagne.


Antienne


Maintenant, ma fille, ne crains point, Je ferai pour toi tout ce que tu diras; car tout le peuple à la porte de ma ville sait que tu es une femme vertueuse. (Ruth 3: 11)

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Parole de Dieu


A Cana, Marie est Médiatrice de la Volonté du Père, de hâter l'heure du Salut. Elle ne discute pas avec les serviteurs, ni avec Son Fils, dans l'humilité et la douceur, Elle prononce ces paroles d'une grande clarté: « Faites tout ce qu'Il vous dira ». La Bible nous offre l'exemple de femmes médiatrices comme Judith et Esther, prophéties vivantes du rôle de Marie.


Evangile selon Saint Jean 2: 1-5


Trois jours après, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là, et Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples. Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit: Ils n'ont plus de vin. Jésus lui répondit: Femme, qu'y a-t-il entre moi et toi? Mon heure n'est pas encore venue. Sa mère dit aux serviteurs: Faites ce qu'il vous dira.


La médiation se traduit également par intercession. Intercession signifie étymologiquement s'asseoir entre, entre une situation, une personne et Dieu, entre le père et les enfants. Nous trouvons dans la Bible de nombreux exemples où des femmes intercèdent en faveur de leurs enfants comme la Cananéenne qui importune Jésus et ici, la Sunamite, des femmes étrangères qui font venir le Salut dans leur famille.


Deuxième Livre des Rois  4: 17-37


Cette femme devint enceinte, et elle enfanta un fils à la même époque, l'année suivante, comme Élisée lui avait dit. L'enfant grandit. Et un jour qu'il était allé trouver son père vers les moissonneurs, il dit à son père: Ma tête! ma tête! Le père dit à son serviteur: Porte-le à sa mère. Le serviteur l'emporta et l'amena à sa mère. Et l'enfant resta sur les genoux de sa mère jusqu'à midi, puis il mourut. Elle monta, le coucha sur le lit de l'homme de Dieu, ferma la porte sur lui, et sortit. Elle appela son mari, et dit: Envoie-moi, je te prie, un des serviteurs et une des ânesses; je veux aller en hâte vers l'homme de Dieu, et je reviendrai. Et il dit: Pourquoi veux-tu aller aujourd'hui vers lui? Ce n'est ni nouvelle lune ni sabbat. Elle répondit: Tout va bien. Puis elle fit seller l'ânesse, et dit à son serviteur: Mène et pars; ne m'arrête pas en route sans que je te le dise. Elle partit donc et se rendit vers l'homme de Dieu sur la montagne du Carmel. L'homme de Dieu, l'ayant aperçue de loin, dit à Guéhazi, son serviteur: Voici cette Sunamite! Maintenant, cours donc à sa rencontre, et dis-lui: Te portes-tu bien? Ton mari et ton enfant se portent-ils bien? Elle répondit: Bien. Et dès qu'elle fut arrivée auprès de l'homme de Dieu sur la montagne, elle embrassa ses pieds. Guéhazi s'approcha pour la repousser. Mais l'homme de Dieu dit: Laisse-la, car son âme est dans l'amertume, et l'Éternel me l'a caché et ne me l'a point fait connaître. Alors elle dit: Ai-je demandé un fils à mon seigneur? N'ai-je pas dit: Ne me trompe pas? Et Élisée dit à Guéhazi: Ceins tes reins, prends mon bâton dans ta main, et pars. Si tu rencontres quelqu'un, ne le salue pas; et si quelqu'un te salue, ne lui réponds pas. Tu mettras mon bâton sur le visage de l'enfant. La mère de l'enfant dit: L'Éternel est vivant et ton âme est vivante! je ne te quitterai point. Et il se leva et la suivit. Guéhazi les avait devancés, et il avait mis le bâton sur le visage de l'enfant; mais il n'y eut ni voix ni signe d'attention. Il s'en retourna à la rencontre d'Élisée, et lui rapporta la chose, en disant: L'enfant ne s'est pas réveillé. Lorsque Élisée arriva dans la maison, voici, l'enfant était mort, couché sur son lit. Élisée entra et ferma la porte sur eux deux, et il pria l'Éternel. Il monta, et se coucha sur l'enfant; il mit sa bouche sur sa bouche, ses yeux sur ses yeux, ses mains sur ses mains, et il s'étendit sur lui. Et la chair de l'enfant se réchauffa. Élisée s'éloigna, alla çà et là par la maison, puis remonta et s'étendit sur l'enfant. Et l'enfant éternua sept fois, et il ouvrit les yeux. Élisée appela Guéhazi, et dit: Appelle cette Sunamite. Guéhazi l'appela, et elle vint vers Élisée, qui dit: Prends ton fils! Elle alla se jeter à ses pieds, et se prosterna contre terre. Et elle prit son fils, et sortit.


Maintenant, ma fille, ne crains point, Je ferai pour toi tout ce que tu diras; car tout le peuple à la porte de ma ville sait que tu es une femme vertueuse.

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L'Enseignement de l'Eglise


Lettre de Jean Paul II « Familiaris Consortio »


En devenant parents, les époux reçoivent de Dieu le don d'une nouvelle responsabilité. Leur amour parental est appelé à devenir pour leurs enfants le signe visible de l'amour même de Dieu, «d'où vient toute paternité au ciel et sur la terre». (§ 14)


Pour construire une telle communion, (…) cela leur sera plus facile si les parents exercent sans faiblesse leur autorité comme un véritable «ministère», ou plutôt comme un service ordonné au bien humain et chrétien des enfants et plus particulièrement destiné à leur faire acquérir une liberté vraiment responsable (...) aucune famille n'ignore combien l'égoïsme, les dissensions, les tensions, les conflits font violence à la communion familiale et peuvent même parfois l'anéantir: c'est là que trouvent leur origine les multiples et diverses formes de division dans la vie familiale. Mais, en même temps, chaque famille est toujours invitée par le Dieu de paix à faire l'expérience joyeuse et rénovatrice de la «réconciliation», c'est-à-dire de la communion restaurée, de l'unité retrouvée.  (§ 21)


Là surtout où les conditions sociales et culturelles poussent facilement le père à se désintéresser d'une certaine façon de sa famille, ou du moins à être moins présent au travail d'éducation, il faut faire en sorte que l'on retrouve dans la société la conviction que la place et le rôle du père dans et pour la famille sont d'une importance unique et irremplaçable. Comme le montre l'expérience, l'absence du père provoque des déséquilibres psychologiques et moraux ainsi que des difficultés notables dans les relations familiales. (§ 25)


« Le Secret de Marie », de Saint Louis Marie Grignion de Montfort


Se consacrer ainsi à Jésus par Marie, c'est mettre entre les mains de Marie nos bonnes actions qui, quoiqu'elles paraissent bonnes, sont très souvent souillées et indignes des regards et de l'acceptation de Dieu devant qui les étoiles ne sont pas pures. (Cf Job 15: 15) Ah! prions cette bonne Mère et Maîtresse que, ayant reçu notre pauvre présent, elle le purifie, elle le sanctifie, elle l'élève et l'embellisse de telle sorte qu'elle le rende digne de Dieu. Tous les revenus de notre âme sont moindres devant Dieu, le Père de famille, pour gagner son amitié et sa grâce, que ne serait devant le roi la pomme véreuse d'un pauvre paysan, fermier de sa Majesté, pour payer sa ferme. Que ferait le pauvre homme, s'il avait de l'esprit et s'il était bien venu auprès de la reine? Amie du pauvre paysan et respectueuse envers le roi, n'ôterait-elle pas de cette pomme ce qu'il y a de véreux et de gâté et ne la mettrait-elle pas dans un bassin d'or entouré de fleurs; et le roi pourrait-il s'empêcher de la recevoir, même avec joie, des mains de la reine qui aime ce paysan... Si vous voulez offrir quelque chose à Dieu, dit saint Bernard, mettez-le dans les mains de Marie. (§ 37).


Maintenant, ma fille, ne crains point, Je ferai pour toi tout ce que tu diras; car tout le peuple à la porte de ma ville sait que tu es une femme vertueuse.

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L'exemple de la Famille Martin


Pour la retraite de Marie à la Visitation, tu sais comme il aime peu à se séparer de vous et il avait d'abord formellement dit qu'elle n'irait pas. Je le voyais si bien décidé que je n'avais pas essayé d plaider la cause. J'ai au contraire approuvé, bien résolue dans le fond à revenir à la charge. Hier soit, Marie se lamentait à ce propos; je lui ai dit: « Laisse-moi faire, j'arrive toujours à ce que je veux et sans combat; il y a encore un mois d'ici-là. C'est assez pour décider ton père dix fois ». Je ne me trompais pas, car à peine une heure après, lorsqu'il est entré, il s'est mis à parler très amicalement à ta soeur qui travaillait alors avec activité: « Bon, me dis-je, voilà le moment! » Et j'ai insinué l'affaire. « Tu désires donc beaucoup faire cette retraite? » dit son père à Marie. « Oui papa ». « Eh bien, vas-y! » Et lui qui n'aime ni les absences ni les dépenses, m'affirmait encore hier: « Je ne veux pas qu'elle y aille; et certainement elle n'ira pas: on n'en finit plus avec tous les voyages du Mans et de Lisieux ». Je disais tout comme lui, mais avec une arrière pensée. Il y a longtemps que je connais la ruse du métier! Aussi quand je dis à quelqu'un: « Mon mari ne veut pas », c'est que je n'ai pas plus envie que lui de la chose. Car lorsque les raisons sont justes de mon côté, je sais bien l'y décider et je trouve que j'avais une bonne occasion de vouloir que Marie aille à la retraite. Il est vrai que c'est une dépense, mais l'argent n'est rien quand il s'agit de la sanctification et de la perfection d'une âme; et l'année dernière, Marie m'est revenue toute transformée: les fruits durent encore. Cependant, il est temps aussi qu'elle renouvelle sa provision. Au fond d'ailleurs, c'est bien aussi la pensée de ton père, et c'est pour cela qu'il a cédé si gentiment ». (Zélie Martin, Lettre N° 201, Correspondance Familiale, Ed. du Cerf).


Maintenant, ma fille, ne crains point, Je ferai pour toi tout ce que tu diras; car tout le peuple à la porte de ma ville sait que tu es une femme vertueuse.

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Prière consécratoire


O Marie, Médiatrice de toute paternité, je dépose en Vous, dans Votre Cœur Immaculé, tout ce qui en moi refuse de donner et d'autoriser mon époux à exercer sa vocation de père. Je renonce à tout amour captatif envers mes enfants, amour d'où l'autorité paternelle serait amoindrie, exclue et même disqualifiée. Je Vous consacre ma vocation de médiatrice, prenant la décision de ne jamais contester une décision de mon époux et je Vous demande la justesse, la sagesse et l'humilité pour qu'ensembles, dans la prière, nous prenions toutes les décisions concernant notre famille. Ainsi notre amour parental sera le signe visible de l'Amour de Dieu d'où vient toute paternité. Donnez-moi, Marie, d'instaurer réellement mon  époux dans sa vocation de père, sans jugement, mais dans la confiance, afin que nos enfants puissent grandit dans un climat de sécurité.


Maintenant, ma fille, ne crains point, Je ferai pour toi tout ce que tu diras; car tout le peuple à la porte de ma ville sait que tu es une femme vertueuse.

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Exercice


Demandons à l'Esprit Saint de nous remettre en mémoire une scène, une situation de conflit où le comportement de l'un et de l'autre n'a pu s'ajuster, voire s'est opposé, laissant chacun dans une frustration, une amertume et dans la désunion. Nous nous remémorons les circonstances, les personnages de la scène, les arguments de chacun, tout en essayant de revivre les sentiments qui nous animent en ces instants. Maintenant, moi, épouse, je prends la place de Marie, Epouse de Joseph, mois époux, je prends la place de Joseph, époux de Marie, et nous revivons cette scène à leur place. Quelle est l'attitude de Joseph? Celle de Marie? Leur mots, leurs interventions ou leur silence, leurs sentiments, leur objectif en cette situation? Comment auraient-ils réagis? Un petit exemple: un couple accueille dans son foyer un homme troublé dans son affectivité. Lors d'un partage, l'épouse est choquée par l'attitude de proximité de son mari avec cet homme, tout en se rendant compte que son mari en est inconscient. Elle ne peut cependant s'empêcher de réagir assez ouvertement. Après cette scène, le couple se retrouve pour faire le point. Il faut se réajuster l'un à l'autre sans se justifier inutilement. Donc le couple demande à Marie et Joseph de les instruire sur l'attitude qu'ils auraient eu dans cette situation. Immédiatement, l'époux peut imaginer l'attitude du Juste Joseph. Dans ce cas, il est un peu plus distant, il est fort et accueillant en même temps. Il rassure et réajuste l'autre par ce qui émane de lui. L'épouse peut voir l'attitude de Marie qui reste toute écoute et paisible, participant à l'harmonie générale, dans aucune réaction violente. Le couple peut alors se réconcilier, chacun reconnaissant ses torts. Ainsi, lorsque plus tard la situation se reproduit, chacun peut réajuster son attitude, fort de cette expérience. Il est important de renouveler cet exercice à chaque nouveau conflit dans le couple et la famille, ajustant toujours plus ses attitudes dans l'imitation de Marie, Joseph et l'Enfant Jésus (pour les enfants).

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8 novembre 2010

Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille 14/26

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Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille

Communion Marie Reine des Familles


Cinquième jour

Consécration de l'union charnelle


L'Eglise nous enseigne que l'homme est un tout et que l'on ne peut séparer la réalité physique, psychologique et spirituelle. L'union des corps doit correspondre à l'union spirituelle et affective entre les époux. Elle doit être une célébration de la vie dans la joie et le plaisir, elle est une jubilation dans le don et le respect de soi et le respect de l'autre. Le corps traduit donc une réalité psychologique et spirituelle. Nous vivons malheureusement à une époque où le corps est dissocié de ces deux réalités. En ce jour de consécration nous nous attacherons à reconnaître la réalité charnelle pour en découvrir toute la beauté et la grandeur dans sa merveilleuse complexité. Ce serait le Paradis si nous n'avions pas certaines blessures qui prennent racine dans le manque d'amour. C'est ainsi que l'érotisme où se manifeste un désir égoïste ou l'autre devient objet de satisfaction s'origine dans le retard que le tout-petit enfant rencontre dans le besoin de satisfaction de ses désirs. Cette tension douloureuse qui aboutit à la satisfaction engendre le besoin de reproduire ce schéma retard-douleur-satisfaction lié à cette douleur. La théologie appelle cette pulsion d'un bien vilain nom: la concupiscence. Ecoutons ce qu'en dit le Pape Jean Paul II: « Donc, la concupiscence empêche de s'identifier soi-même avec son corps, non seulement de manière individuelle, mais aussi de manière relationnelle, et surtout de manière relationnelle, et c'est pourquoi on le cache devant l'autre de manière relationnelle, et c'est pourquoi on le cache devant l'autre. (…) Et ceci montre que la béatifique union originelle, qui était plénière dans l'union sponsale de l'origine, est déformée dans le cœur des personnes, par la concupiscence. Cette opposition confère à la réalisation de cette union une autre dimension et qui sera le propre de l'homme de concupiscence: l'homme et la femme sont, en effet, menacés par l'insatiabilité de cette union et de cette unité, car ils restent des personnes appelées de toute éternité à exister en communion plénière des personnes ». (18 juin 1980). Pour le Pape, la honte vient de la concupiscence puisque le don du corps n'est plus le don de la personne et la nudité devient obscène, c'est à dire détournée de sa vocation. La honte, à son tour, engendre la domination de la femme par l'homme et « cette domination » entraîne chez la femme un désir d'union différentes. L'insatisfaction sur le plan sexuel peut traduite un manque du don de soi, un refus de la chair sur le plan psychologique, mais aussi un désordre dans la finalité de l'acte sexuel. Jésus nous dit qu'un homme qui regarde une femme pour la convoiter a déjà commis l'adultère avec elle. En ce jour, nous demanderons pardon à Dieu pour les infidélités de notre cœur et nous Lui demanderons la grâce de nous revirginiser.


Antienne


Que ton amour a de charmes, ma soeur, ma fiancée, que ton amour est délicieux, plus que le vin! (Cantique 4: 10).

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La Parole de Dieu


1 Corinthiens 7: 3-7


Que le mari rende à sa femme ce qu'il lui doit, et que la femme agisse de même envers son mari. La femme n'a pas autorité sur son propre corps, mais c'est le mari; et pareillement, le mari n'a pas autorité sur son propre corps, mais c'est la femme. Ne vous privez point l'un de l'autre, si ce n'est d'un commun accord pour un temps, afin de vaquer à la prière; puis retournez ensemble, de peur que Satan ne vous tente par votre incontinence. Je dis cela par condescendance, je n'en fais pas un ordre. Je voudrais que tous les hommes fussent comme moi; mais chacun tient de Dieu un don particulier, l'un d'une manière, l'autre d'une autre.


Ephésiens 5: 22-33


Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur; car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l'Église, qui est son corps, et dont il est le Sauveur. Or, de même que l'Église est soumise à Christ, les femmes aussi doivent l'être à leurs maris en toutes choses. Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l'Église, et s'est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier par la parole, après l'avoir purifiée par le baptême d'eau, afin de faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible. C'est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps. Celui qui aime sa femme s'aime lui-même. Car jamais personne n'a haï sa propre chair; mais il la nourrit et en prend soin, comme Christ le fait pour l'Église, parce que nous sommes membres de son corps. C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ce mystère est grand; je dis cela par rapport à Christ et à l'Église. Du reste, que chacun de vous aime sa femme comme lui-même, et que la femme respecte son mari.


Que ton amour a de charmes, ma soeur, ma fiancée, que ton amour est délicieux, plus que le vin!

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L'enseignement de l'Eglise


Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 2360-2362


La sexualité est ordonnée à l’amour conjugal de l’homme et de la femme. Dans le mariage l’intimité corporelle des époux devient un signe et un gage de communion spirituelle. Entre les baptisés, les liens du mariage sont sanctifiés par le sacrement. « La sexualité, par laquelle l’homme et la femme se donnent l’un à l’autre par les actes propres et exclusifs des époux, n’est pas quelque chose de purement biologique, mais concerne la personne humaine dans ce qu’elle a de plus intime. Elle ne se réalise de façon véritablement humaine que si elle est partie intégrante de l’amour dans lequel l’homme et la femme s’engagent entièrement l’un vis-à-vis de l’autre jusqu’à la mort » (…) « Les actes qui réalisent l’union intime et chaste des époux sont des actes honnêtes et dignes. Vécue d’une manière vraiment humaine, ils signifient et favorisent le don réciproque par lequel les époux s’enrichissent tous les deux dans la joie et la reconnaissance ». La sexualité est source de joie et de plaisir. Le Créateur lui-même (...) a établi que dans cette fonction [de génération] les époux éprouvent un plaisir et une satisfaction du corps et de l’esprit. Donc, les époux ne font rien de mal en recherchant ce plaisir et en en jouissant. Ils acceptent ce que le Créateur leur a destiné. Néanmoins, les époux doivent savoir se maintenir dans les limites d’une juste modération (Pie XII, discours 29 octobre 1951).


Que ton amour a de charmes, ma soeur, ma fiancée, que ton amour est délicieux, plus que le vin!

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L'exemple de la Famille Martin


Après dix mois de vie commune, l'opportune intervention d'un confesseur amena Monsieur et Madame Martin à modifier leurs vues et à réaliser d'une autre manière les desseins du Ciel à leur égard. Leur conception du mariage s'élargit. Il comprirent que, selon le mot du Père Sertillanges, « la chair mise à sa place n'offusque pas l'esprit, elle le sert ». Les répugnances primitives firent place à la pleine compréhension de l'oeuvre de vie, dans laquelle la théologie Catholique voit non seulement le moyen divinement ordonné à perpétuer la race et à peupler le Ciel d'élus, mais aussi le symbole concret de l'unité conjugale, l'expression achevée de l'amour sans réserve qui lie les conjoints l'un à l'autre, en un mot, le signe sensible du don total qu'ils se font de tout leur être pour « s'entreporter à Dieu », comme dit joliment Saint François de Sales. Ce qui par-dessus tout décida les époux à interrompre leur sainte expérience, ce fut l'ambition de donner des fils et des filles au Seigneur. La vision du Couvent et de l'Autel qui avait enchanté leur jeunesse, ne pourraient-ils la revivre dans une postérité façonnée de leurs mains pour le service de Dieu? Quelle allègre revanche qu'un tel destin: les enfants, gages et fruits de leur amour, incarnation vivante et synthèse de leurs traits, objet enfin de leur commun dévouement, prenant leur place pour se consacrer au Très-Haut et offrir à leur mariage un prolongement sacerdotal et religieux! L'exaltante perspective, et qui avait de quoi faire vibrer ces coeurs de chrétiens! Elle les réconcilia, oserons-nous dire, avec les mille contraintes matérielles de la vie conjugale. (Père Piat, Histoire d'une Famille », aux Ed. Téqui).


Que ton amour a de charmes, ma soeur, ma fiancée, que ton amour est délicieux, plus que le vin!

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Prière consécratoire


O Marie, toute pure, je Vous consacre l'union charnelle entre mon époux et moi-même. Je dépose dans Votre Cœur Immaculé toute peur et crainte par rapport à mon corps et à celui de mon époux. Que je Vous abandonne tout retour sur moi-même, tout sentiment d domination ou au contraire de soumission servile, tout sentiment de culpabilité et de honte. Que l'union de nos corps soit une hymne à notre union charnelle et affective, dans le don total de nous-mêmes et dans un grand respect. Je Vous consacre l'union de nos corps pour que toute crainte soit bannie et que nous nous donnions l'un à l'autre dans la joie, que ce soit une célébration dans le don désintéressé. Que nous respections, Marie, ce mystère de l'union des corps et des coeurs dans sa grandeur et sa finalité. Obtenez-nous la pureté de Votre regard sur toute créature et rendez l'innocence à nos coeurs infidèles.


Que ton amour a de charmes, ma soeur, ma fiancée, que ton amour est délicieux, plus que le vin!

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Exercice


Merveille que je suis! C'est ce que chacun d'entre nous devrait dire. Si nous examinons d'un oeil de mouche au microscope nous ne pouvons que nous émerveiller devant un tel chef d'oeuvre de miniaturisation et d'architecture. A plus forte raison devons-nous nous émerveiller devant la beauté du moindre atome, de la moindre cellule de notre corps. Pour retrouver la vocation du corps il nous faut d'abord l'accepter et nous réjouir d'avoir ainsi été créés. Si nos en avons honte c'est qu'au fond de nous, inconsciemment, nous croyons avoir transgressé une loi. Il nous faut découvrir laquelle. Avons-nous mesuré, abusé de notre corps? En avons-nous faut un instrument de domination? Avons-nous été conditionnés par des lois qui ne sont pas les nôtres? La réponse est certainement différente pour chacun. La source de la honte réside dans le sentiment de ne pas correspondre à une loi réelle ou supposée. Elle apporte donc un trouble dans la relation sociale. J'ai honte de mes parents parce qu'ils ne correspondent pas à l'image que je me fais de parents normaux, honorables aux yeux de mes amis par exemple/ La honte a conduit Adam et Eve à se cacher des yeux de Dieu, à se voiler avec des feuilles de vignes. Il y a là un désir de disparaître, de dit-on pas que dans telle situation de honte: « J'aurais voulu me cacher sous terre »? Les causes de honte sont multiples et vont de la grossesse en dehors du mariage, au fruit de l'adultère. Là encore, la vie n'est pas accueillie comme un don de Dieu, mais comme une effraction.


Pour guérir de la honte, il faut nous affranchir des lois humaines ou les faire passer au second plan en mettant au premier plan la Loi Divine, qui n'est qu'amour, élection, respect. Il nous fait prendre conscience de notre dignité de fils et de notre élection à l'instar de Saint Paul qui, bien qu'ayant un passé de persécuteur du Christ, peut déclarer: « Mais quand Celui qui m'avait mis à part dès le sein de ma mère, et qui m'a appelé par Sa Grâce, daigna révéler en moi Son Fils... » (Galates 1: 15). Prendre conscience de cette dignité, de cette correspondance au dessein de Dieu sur nous, nous affranchit de la crainte et de la honte: « C'est Toi qui as formé mes reins, qui m'as tissé dans le sein de ma mère. Je Te loue pour la merveille que je suis. Tes oeuvres sont admirables, et mon âme le reconnaît bien. Mon corps n'était point caché devant Toi, lorsque j'ai été fait dans un lieu secret, tissé dans les profondeurs de la terre. Quand je n'étais qu'une masse informe, Tes yeux me voyaient; et sur Ton Livre étaient tous inscrits les jours qui m'étaient destinés, avant qu'aucun d'eux existât » (Psaume 139: 13-16. Quelle est ma honte? 1° Il est bon d'identifier la situation où on a ressenti de la honte et se demander quelle loi on a transgressé. Cette loi est-celle valable? Est-elle celle de Dieu ou celle des hommes? 2° Entrer bien en contact avec le ressenti de cette expérience de transgression. 3° Se placer alors sous le regard de Dieu. Ancrer l'expérience du pardon total par un geste que vous maintiendrez pendant le reste du temps. 4° Revenir à l'expérience initiale en transférant tout ce que vous avez ressenti sous le regard de Celui qui ne nous fait jamais honte. Comparez les deux expériences et comment la seconde a transformé la première. 5° Décidez qu'à l'avenir, en essayant de ne pas transgresser Ses Lois, vous demeurerez sous le regard de Dieu, que Sa seule Loi est Son Amour Miséricordieux, qu'en Lui vous ne pouvez être confondu.

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26 octobre 2010

Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille 12/26

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Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille

Communion Marie Reine des Familles


Troisième jour

Marie accordée en mariage

(les fiançailles bibliques)


Jésus enseigne ses disciples sur le mariage en leur disant que l'homme quitte son père et sa mère pour s'attacher à sa femme. 'Matthieu 19: 5). C'est également vrai de la femme. Le temps des fiançailles est donné pour les futurs époux accomplissent un travail de préparation qui commence par un travail de séparation et même de libération. En effet, on ne peut se donner que si on est libre, que si on s'est libéré. La véritable libération de la femme passe donc par une coupure. On parle beaucoup de couper le cordon ombilical. Cette expression symbolique traduit une réalité de souffrance, une pénible attraction en arrière. La régression vers le sein maternel est souvent vécue dans des rêves fusionnels comme en vivent les jeunes filles qui s'inventent un prince charmant avec lequel elles vivent une relation indifférenciée, dans une idéalisation de l'amour humain entretenue par la lecture des romans sentimentaux et la passion les feuilletons américains. Le lien mère-fille devra être purifié dans une solitude ontologique et spirituelle, ce n'est que dans la rencontre de notre solitude avec Dieu seul que s'abolit le sentiment de solitude. Cette solitude prépare la rencontre d'une autre solitude qui conduira à l'union dans le respect des personnes. C'est quand elle assume la séparation d'avec sa soeur, qui joua pour elle le rôle de mère, que Zélie Martin envisagea le mariage. L'Eglise et l'exemple des saints nous invitent au réalisme dans l'amour. Il nous faut nous décider à vivre nos rêves plutôt que de rêver notre vie.

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Antienne


Sortez, filles de Sion, regardez le Roi Salomon, avec la couronne dont sa mère l'a couronné le jour de ses fiançailles, le jour de la joie de son cœur. (Cantique 3: 11).

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Parole de Dieu


Livre d'Osée 2: 16-22


En ce jour-là, dit l'Éternel, tu m'appelleras: Mon mari! et tu ne m'appelleras plus: Mon maître!  J'ôterai de sa bouche les noms des Baals, afin qu'on ne les mentionne plus par leurs noms. En ce jour-là, je traiterai pour eux une alliance avec les bêtes des champs, les oiseaux du ciel et les reptiles de la terre, je briserai dans le pays l'arc, l'épée et la guerre, et je les ferai reposer avec sécurité. Je serai ton fiancé pour toujours; je serai ton fiancé par la justice, la droiture, la grâce et la miséricorde; je serai ton fiancé par la fidélité, et tu reconnaîtras l'Éternel. En ce jour-là, j'exaucerai, dit l'Éternel, j'exaucerai les cieux, et ils exauceront la terre; la terre exaucera le blé, le moût et l'huile, et ils exauceront Jizreel.


Luc 1: 26-27


Au sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d'une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie.


2 Corinthiens 11: 1-3


Oh! si vous pouviez supporter de ma part un peu de folie! Mais vous, me supportez! Car je suis jaloux de vous d'une jalousie de Dieu, parce que je vous ai fiancés à un seul époux, pour vous présenter à Christ comme une vierge pure. Toutefois, de même que le serpent séduisit Eve par sa ruse, je crains que vos pensées ne se corrompent et ne se détournent de la simplicité à l'égard de Christ.


Sortez, filles de Sion, regardez le Roi Salomon, avec la couronne dont sa mère l'a couronné le jour de ses fiançailles, le jour de la joie de son cœur.

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L'enseignement de l'Eglise


Sermon 2, « Missus Est », Saint Bernard


La raison pour laquelle le Seigneur a voulu que Marie fût fiancée à Joseph est la même que celle pour laquelle il a permis de doute de Saint Thomas sur la résurrection. C'était la coutume chez les Juifs de confier, aussitôt après les fiançailles, la futur épouse au futur époux, jusqu'au temps des noces, pour qu'il fût le gardien de sa chasteté, et qu'ils se gardassent l'un à l'autre une fidélité plus grande. Or, de même que Saint Thomas, en doutant et en touchant, est devenu le plus généreux confesseur de la résurrection de Jésus-Christ; de même Joseph, étant fiancé à Marie et en faisant, pendant tout le temps qu'elle fut confiée à sa vigilance, l'épreuve de la sainteté de sa conduite, est devenu le témoin le plus irréprochable de sa chasteté. Rien de plus admirable que ce rapport du doute de Saint Thomas avec les fiançailles de Marie.


Discours du 14 novembre 1979, Jean Paul II


Avec la solitude biblique achemine l'homme vers la communion des personnes. Face aux animaux, face aux réalités créées, il est amené à découvrir l'aide qui lui est accordée. Donc, la solitude est préparation, attente, ouverture vers la communion des personnes. Ce qui montre, en lien avec le chapitre 1 de la Genèse, que l'image de Dieu se lit à travers cette communion que l'homme et la femme constituent à l'origine. L'homme devient image de Dieu, moins au moment de la solitude, qu'au moment de la communion des personnes. En effet, dès l'origine, il est non seulement une image qui reflète la solitude d'une personne qui régit le monde, mais aussi, et essentiellement, l'image d'une insondable communion divine de Personnes, tel est l'aspect théologique le plus profond de tout ce que l'on peut dire sur l'homme. Nous nous trouvons dans la moelle même de la réalité anthropologique dont le nom est « corps humain ».


Discours du 19 décembre 1979, Jean Paul II


La pudeur est une expérience complexe: elle implique une expérience externe et interne, qui éloigne  et qui rapproche, qui est crainte de l'autre moi-même, et de moi-même à travers lui. Elle est en vérité, la recherche de la juste valeur et donc, elle a une signification fondamentale quant à la recherche de « l'ethos » dans la communion des personnes, et, en particulier, dans les relations mutuelles entre l'homme et la femme. En même temps qu'elle m'éloigne de la nudité de l'autre, elle me rapproche de son intériorité. Ce caractère complexe de la pudeur s'exprime aussi par la crainte de l'autre moi-même et de moi-même à travers lui. Car la pudeur exprime les règles essentielles de la « communion des personnes » et est étroitement liée à la dimension de solitude originelle de l'homme. Loin d'exprimer une carence, cela indique, au contraire, une particulière plénitude de conscience et d'expérience, surtout la plénitude de compréhension de la signification du corps lié au fait « qu'ils étaient nus et n'en avaient pas honte » dans le texte de la Genèse, l'apparition de la honte  et de la pudeur est mise en liaison avec la perte de la plénitude originelle. Nous devons nous demander à quelle plénitude de compréhension, avant la honte du corps, correspond la nudité originelle qui dit: « Ils étaient nus et n'en avaient pas honte ».


Consitution Gaudium et Spes, § 49


Il faut instruire à temps les jeunes, et de manière appropriée, de préférence au sein de la famille, sur la dignité de l’amour conjugal, sa fonction, son exercice: ainsi formés à la chasteté, ils pourront le moment venu, s’engager dans le mariage après des fiançailles vécues dans la dignité.


Sortez, filles de Sion, regardez le Roi Salomon, avec la couronne dont sa mère l'a couronné le jour de ses fiançailles, le jour de la joie de son cœur.

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L'exemple de la Famille Martin


C'est à l'heure de la séparation déchirante d'avec celle qui était vraiment l'âme de son âme, que Zélie Guérin va brusquement voir s'ouvrir devant elle la perspective du mariage. Y songeait-elle effectivement ou subissait-elle encore, à son insu, l'attirance du voile et du recueillement qu'il confère? De taille un peu en dessous de la moyenne, le visage très joli et d'une expression toute pure, les cheveux bruns solidement noués, le nez long et de ligne harmonieuse, les yeux noirs pétillants de décision, où passait par moments une ombre de mélancolie, la jeune fille avait de quoi plaire. Toute en elle était vivacité, finesse, amabilité. D'esprit sémillant et cultivé, de très haut sens pratique et de grand caractère, par dessus tout et de foi intrépide, c'était une femme supérieure qui devait attirer les regards. Un jour que Zélie Guérin passait sur le Pont Saint Léonard, elle croisa un jeune homme dont la noble physionomie, l'allure réservée, la tenue pleine de dignité l'impressionnèrent. Au même moment, une voix intérieure lui murmurait en secret: « C'est celui-là que j'ai préparé pour toi ». L'identité du passant lui fut bientôt révélée. Elle apprit à connaître Louis Martin. (…) Les deux jeunes gens ne tardèrent pas à s'apprécier et à s'aimer. Leur accord moral s'établit si promptement que les fiançailles religieuses scellèrent sans retard leur engagement mutuel et que, trois mois après leur première rencontre, ils purent s'unir devant Dieu. Le 12 juillet 1858, à 22 heures, eut lieu le mariage civil qui, à leurs yeux n'était dans les termes qu'un odieux contresens et, dans la réalité, qu'une vaine formalité. Deux heures plus tard – c'était donc le 13 – ils s'échangèrent leur serment dans la splendide église Notre Dame. L'abbé Hurel, Curé Doyen de Saint Léonard, qui avait sans doute appuyé le projet de son autorité de père spirituel, reçut le consentement des époux. La scène se passait à minuit, dans la plus stricte intimité, comme pour ne savourer de la cérémonie que le parfum chrétien, peut être aussi parce que les grandes oeuvres de Dieu s'opèrent dans le silence nocturne et qu'elle était marquée au coin de la grandeur, l'union d'où devait naître la Sainte de Lisieux. (…) Ce qu'il (Louis) entrevit de noblesse dans l'âme de sa fiancée lui fit concevoir l'espérance de nouer avec elle, à la façon de Cécile et de Valérien, des Saints Tertiaires Franciscains Elzéar de Sabran et Delphine de Glandève, une de ces unions fraternelles où, dépassant le domaine des sens, les âmes seules se fondent pour se porter vers Dieu de tout le dynamisme d'un amour divinement épuré. (…) Chaque jour, en effet, les deux époux appréciaient davantage le charme de leur tendresse spiritualisée. (…) Non, la résolution des époux Martins n'était le faux départ d'une idylle brusquée. C'était la providentielle préparation d'une race sainte entre toutes. Dieu qui fit naître Son Fils en terre virginale, voulut ne confier Thérèse de l'Enfant Jésus qu'à des parents capables, pour l'avoir pratiquée, de comprendre la splendeur de la virginité. (Père Piat, Histoire d'une Famille, Ed. Téqui).


Sortez, filles de Sion, regardez le Roi Salomon, avec la couronne dont sa mère l'a couronné le jour de ses fiançailles, le jour de la joie de son cœur.

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Prière consécratoire


O Marie, Source de toute pureté, je Vous consacre le temps de mes fiançailles, je renonce à tous liens fusionnels, notamment avec ma mère, pour que, libre et adulte, je puisse honorer mon père et ma mère et, à mon tour, fonder une famille selon le Cœur de Dieu. Je Vous consacre ce temps afin que, libérée de tout rêve et fausses images de l'homme, je puisse vivre mes rêves au lieu de rêver ma vie. O Marie, je Vous consacre mon besoin d'amour et ma peur ontologique de la solitude. C'est dans l'union de plus en plus grande de mon être tout entier avec Dieu, mon Créateur, que je pourrai devenir une épouse véritable, à l'exemple de Marie vivant dans la Sainte Famille.


Sortez, filles de Sion, regardez le Roi Salomon, avec la couronne dont sa mère l'a couronné le jour de ses fiançailles, le jour de la joie de son cœur.

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Exercice


L'autonomie psychologique et affective se traduit pas le sentiment de plénitude que chante David lorsqu'il s'exclame: « Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer ». L'expérience du manque est remplacée par la certitude d'être entier, accompli, parfait au sens étymologique du terme, c'est à dire « achevé ». C'est ce qu'exprime l'Apôtre quand il nous invite à atteindre la stature parfaite du Christ. Nous appellerons cet exercice: « Qui est en Dieu, rien ne lui manque » (Sainte Thérèse d'Avila). 1 – Identifier le manque en tant que sensation. Où ce manque se situe-t-il dans le corps? Je m'imagine vu de l'extérieur comme une silhouette en trois dimensions, j'évalue les manques dans cette silhouette, je les ressens et je les « ancre » en touchant les parties manquantes sur et dans mon propre corps. 2 – Je médite sur Dieu en qui il n'est pas de manque, il est plénitude. L'Esprit remplit tout, j'imagine les cieux et la terre, en qui il n'est pas de vide. Le Père, Créateur de tout, désire tout remplir, la nature comme le Cœur de l'homme, ce dernier à la liberté de refuser. Le Fils désire remplir le cœur des hommes de son amour. Je m'imagine une Pentecôte d'Amour, où tout est rempli jusqu'à l'ivresse, du monde géologique au règne animal avec l'humanité. Je précise bien quelle est la matière de ce « remplissage », j'en éprouve à la fois la constance et la fluidité, la température, la capacité d'imprégnation, je donne un nom à cette « matière » comme Amour ou Etre, ou un autre nom. Quand j'éprouve cette plénitude jusqu'à l'ivresse, « j'ancre » cet état par un chant ou une exclamation de joie. 3 – Je réactive « l'ancre » du manque en touchant les parties de mon corps ou se situe le manque et en visualisant la silhouette. J'entonne le chant ou l'exclamation de joie que je répète en voyant la silhouette se remplir de la « matière » dont j'ai éprouvé l'existence et que je nomme. Quand elle est pleine, je m'associe à elle, je la réintègre entièrement. Je note alors les changements positifs. 4 – Je m'imagine dans le futur, dans des situations bien concrètes, particulièrement celles où j'éprouvais les manque, dans la solitude ou en compagnie, dans le travail quotidien ou dans les transports en commun, etc. Je me vois dans cet état complet où rien ne me manque et j'en éprouve des sentiments nouveaux. Je peux alors me lever et célébrer cette victoire.

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7 octobre 2010

Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille 7/26

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Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille

Communion Marie Reine des Familles


Sixième jour

Consécration de notre identité spirituelle


Notre paternité se se borne pas à être des géniteurs et des éducateurs, nous devons également, au sein de la famille, être des pères spirituels. Cela est possible par exemple, la prière et la parole. Thérèse, en regardant son père vivre et prier a su ce qu'était la sainteté. Le père est le liturge de la famille: Saint Joseph conduisait quotidiennement la prière familiale, Jésus le voyait prier à la synagogue toutes les semaines, et au Temple au moins trois fois par an, pour les fêtes de pèlerinage. Monsieur Martin a enseigné par son exemple, ce qu'est la Charité Chrétienne, l'accueil du pauvre, le sens de la justice et de la miséricorde. Ses paroles ont été des occasions de cheminement spirituel. Il a enseigné également ce qu'est l'oblativité, le don de soi désintéressé en donnant ses cinq filles à l'Eglise, renonçant ainsi à toute descendance humaine. Le père est également le transmetteur de la Parole de Dieu. Comme ce point est oublié alors que nous trouvons aujourd'hui des missels comme Ephata qui permettent au père de lire la Parole en famille et d'initier un commentaire! « Le père en tant qu'il est géniteur (la semence de l'homme se dit zarakh, d'une racine qui signifie souvenir – mémoire, en hébreux) mais aussi parce qu'il forme son enfant, est le transmetteur d'un immense savoir et le cultivateur de la mémoire de l'homme. Je suis toujours émerveillé, lorsque j'assiste au Shabbat dans une famille juive, de ce que les enfants connaissent aussi bien les Ecritures et les discutent. Le père de famille chante, à la maison et à la synagogue, les prières innombrables, les psaumes, les prophètes. Un enfant juif est frappé par la voix de son père. Il est pour lui un modèle. Nous sommes loin du père absent de l'Occident moderne ou l'enfant cherche en vain l'homme qui va lui donner son identité masculine. Cette identité, elle se rencontre dans une relation avec Dieu, au sein d'une communauté d'hommes qui prient et s'expriment sans pudeur ». (« Joseph, un père pour le nouveau millénaire », Frère Ephraïm).

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Antienne


C'est pourquoi je fléchis les genoux en présence du Père de qui toute paternité, au Ciel et sur la terre, tire son nom. (Ephésiens 3: 14-15).

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Parole de Dieu


Le Père est le gardien des commandements de Dieu, de la loi divine. Il est invité à une pratique permanente de la présence à Dieu. Il enseigne par l'exemple et la parole en toutes circonstances, qu'il se lève ou qu'il se couche, qu'il reste à la maison ou qu'il voyage.


Deutéronome 6: 1-12


Voici les commandements, les lois et les ordonnances que l'Éternel, votre Dieu, a commandé de vous enseigner, afin que vous les mettiez en pratique dans le pays dont vous allez prendre possession; afin que tu craignes l'Éternel, ton Dieu, en observant, tous les jours de ta vie, toi, ton fils, et le fils de ton fils, toutes ses lois et tous ses commandements que je te prescris, et afin que tes jours soient prolongés. Tu les écouteras donc, Israël, et tu auras soin de les mettre en pratique, afin que tu sois heureux et que vous multipliiez beaucoup, comme te l'a dit l'Éternel, le Dieu de tes pères, en te promettant un pays où coulent le lait et le miel. Écoute, Israël! l'Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel.  Tu aimeras l'Éternel, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force. Et ces commandements, que je te donne aujourd'hui, seront dans ton coeur. Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras.  Tu les lieras comme un signe sur tes mains, et ils seront comme des fronteaux entre tes yeux. Tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes. L'Éternel, ton Dieu, te fera entrer dans le pays qu'il a juré à tes pères, à Abraham, à Isaac et à Jacob, de te donner. Tu posséderas de grandes et bonnes villes que tu n'as point bâties, des maisons qui sont pleines de toutes sortes de biens et que tu n'as point remplies, des citernes creusées que tu n'as point creusées, des vignes et des oliviers que tu n'as point plantés. Lorsque tu mangeras et te rassasieras, garde-toi d'oublier l'Éternel, qui t'a fait sortir du pays d'Égypte, de la maison de servitude.


C'est pourquoi je fléchis les genoux en présence du Père de qui toute paternité, au Ciel et sur la terre, tire son nom.

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L'enseignement de l'Eglise


« Si, en donnant la vie, les parents prennent part à l'œuvre créatrice de Dieu, par l'éducation ils prennent part à sa pédagogie à la fois paternelle et maternelle. La paternité divine, suivant saint Paul, constitue l'origine et le modèle de toute paternité et de toute maternité dans le cosmos (cf. Ep 3, 14-15), en particulier de la maternité et de la paternité humaines. Sur la pédagogie divine, nous avons été pleinement enseignés par le Verbe éternel du Père qui, en s'incarnant, a révélé à l'homme la dimension véritable et intégrale de son humanité, la filiation divine. Il nous ainsi révélé également ce qu'est le véritable sens de l'éducation de l'homme. Par le Christ, toute éducation, dans la famille et ailleurs, entre dans la dimension salvifique de la pédagogie divine, destinée aux hommes et aux familles, et culminant dans le mystère pascal de la mort et de la résurrection du Seigneur. Toute démarche d'éducation chrétienne, qui est toujours en même temps une éducation à la plénitude de l'humanité, part de ce « cœur » de notre rédemption ». (Jean Paul II, « Lettre aux Familles », § 16)


« L'éclipse du sens de Dieu et de l'homme conduit inévitablement au matérialisme pratique qui fait se répandre l'individualisme, l'utilitarisme et l'hédonisme. Là encore, on constate la valeur permanente de ce qu'écrit l'Apôtre: « Comme ils n'ont pas jugé bon de garder la vraie connaissance de Dieu, Dieu les a livrés à leur esprit sans jugement, pour faire ce qui ne convient pas » (Rm 1, 28). C'est ainsi que les valeurs de l'être sont remplacées par celles de l'avoir. La seule fin qui compte est la recherche du bien-être matériel personnel. La prétendue « qualité de la vie » se comprend essentiellement ou exclusivement comme l'efficacité économique, la consommation désordonnée, la beauté et la jouissance de la vie physique, en oubliant les dimensions les plus profondes de l'existence, d'ordre relationnel, spirituel et religieux ». (Jean Paul II, Evangelium Vitae, § 23).


C'est pourquoi je fléchis les genoux en présence du Père de qui toute paternité, au Ciel et sur la terre, tire son nom.

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L'exemple de la Famille Martin


« Quand le prédicateur parlait de Sainte Thérèse, papa se penchait et me disais tout bas: « écoute bien, ma petite reine, on parle de ta sainte Patronne. « J'écoutais bien en effet, mais je regardais papa plus souvent que le prédicateur, sa belle figure me disais tant de choses! Parfois ses yeux se remplissaient de larmes qu'il s'efforçait en vain de retenir, il semblait déjà ne plus tenir à la terre, tant son âme aimait à se plonger dans les vérités éternelles » (Manuscrit A, folio 17). « De sa belle voix, il chantait des airs remplissant l'âme de pensées profondes, ou bien nous berçant doucement il récitait des poésies empreintes des vérités éternelles. Ensuite nous montions pour faire la prière en commun et la petite reine était toute seule auprès de son Roi, n'ayant qu'à le regarder pour savoir comment prient les Saints ». (Manuscrit A, folio 18).


C'est pourquoi je fléchis les genoux en présence du Père de qui toute paternité, au Ciel et sur la terre, tire son nom.

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Prière consécratoire


Très Sainte Vierge Marie, Vous qui avez vu prier Saint Joseph, je Vous remets ma honte de prier en public ou en présence de ma famille. Obtenez-moi l'esprit de force qui me donnera le courage de ne pas rougir du Nom de Jésus devant les hommes, afin que je devienne un modèle de piété pour mes enfants. Je Vous consacre mes lèvres pour qu'elles chantent la louange de Dieu, mes mains pour qu'elles s'élèvent dans la prière, ma voix pour qu'elle enseigne et reprennent en toute circonstance. Que l'Esprit ranime en moi la grâce de mon baptême pour que je sois pleinement prêtre, prophète et roi.

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Exercice


Méditez les strophes d'un poème que Thérèse, enfant, a écrit à son père, à l'occasion de sa fête, le 25 août 1885:


Je suis une timide aurore

un modeste bouton de fleur.

Le rayon qui me fait éclore,

Cher petit Papa, c'est ton cœur!


En grandissant je vois ton âme

Toute pleine du Dieu d'Amour,

Cet exemple béni m'enflamme

Et je veux te suivre à mon tour.


Je veux devenir sur la terre

Ta joie, ta consolation.

Je veux t'imiter, Petit Père,

Toi, si tendre, si doux, si bon.


Imaginez qu'un de vos enfants vous a écrit ces vers. Quel est son attente envers vous? Comment y correpondre?

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14 octobre 2010

Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille 9/26

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Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille

Communion Marie Reine des Familles


Huitième jour

Consécration de l'identité sociale


On confond souvent l'engagement social avec le militantisme politique. Ce dernier revêt un caractère religieux avec ses meetings, ses réunions, ses célébrations, ses « processions », nous sommes donc tentés de nous tenir à l'écart de ces activités qui pourraient se trouver en contradiction avec notre Foi. Cependant l'Eglise nous dit que la famille est précieuse pour la rendre présente et vivante dans la société séculière. Louis Martin n'a jamais eu honte de témoigner de sa Foi et de vivre sa Foi sur la place publique. Nous sommes bien timides, intimidés par l'esprit du monde, nous craignons de manquer de respect envers les autres et nous cachons tout signe d'appartenance au Christ. Ce que nous vivons dans la famille doit déborder à l'extérieur et rayonner. Nous devons toujours tenir table ouverte, garder la place du pauvre. Bien plus, il nous faut aller au-devant des pauvres, là ou ils se trouvent, organiser des secours, provoquer à la solidarité. C'est d'abord le rôle de l'homme qui entraînera sa famille dans l'exercice de la Charité. L'enseignement du Christ est formel: « Ce que vous aurez fait au plus petit, c'est à Moi que vous l'aurez fait ». Ces paroles sont prononcées dans le contexte du jugement dernier. Comment ne pas évoquer cette maxime de Saint Jean de la Croix: « Au soir de la vie, nous serons jugés sur l'amour »? La grande difficulté est de reconnaître la beauté du Christ dans des êtres totalement défigurés sur le plan moral ou physique. Nous préférerions des pauvres bien propres, alors qu'il s'agit de lépreux, des malades comme chacun d'entre nous de la lèpre du péché.

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Antienne


Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés! (Matthieu 5: 6).

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Parole de Dieu


Matthieu 25: 34-40


Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite: Venez, vous qui êtes bénis de mon Père; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. Car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire; j'étais étranger, et vous m'avez recueilli; j'étais nu, et vous m'avez vêtu; j'étais malade, et vous m'avez visité; j'étais en prison, et vous êtes venus vers moi. Les justes lui répondront: Seigneur, quand t'avons-nous vu avoir faim, et t'avons-nous donné à manger; ou avoir soif, et t'avons-nous donné à boire? Quand t'avons-nous vu étranger, et t'avons-nous recueilli; ou nu, et t'avons-nous vêtu? Quand t'avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi? Et le roi leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites.


1 Jean 3: 14-19


Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères. Celui qui n'aime pas demeure dans la mort. Quiconque hait son frère est un meurtrier, et vous savez qu'aucun meurtrier n'a la vie éternelle demeurant en lui. Nous avons connu l'amour, en ce qu'il a donné sa vie pour nous; nous aussi, nous devons donner notre vie pour les frères. Si quelqu'un possède les biens du monde, et que, voyant son frère dans le besoin, il lui ferme ses entrailles, comment l'amour de Dieu demeure-t-il en lui? Petits enfants, n'aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité. Par là nous connaîtrons que nous sommes de la vérité, et nous rassurerons nos coeurs devant lui.


Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés!

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L'enseignement de l'Eglise


Face à Dieu qui l'interroge sur le sort d'Abel, Caïn, au lieu de se montrer troublé et de demander pardon, élude la question avec arrogance: « Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère? » (Gn 4, 9). « Je ne sais pas »: par le mensonge, Caïn cherche à couvrir son crime. C'est ainsi que cela s'est souvent passé et que cela se passe quand les idéologies les plus diverses servent à justifier et à masquer les crimes les plus atroces perpétrés contre la personne. « Suis-je le gardien de mon frère? »: Caïn ne veut pas penser à son frère et refuse d'assumer la responsabilité de tout homme vis-àvis d'un autre. On pense spontanément aux tendances actuelles qui font perdre à l'homme sa responsabilité à l'égard de son semblable: on en a des symptômes, entre autres, dans la perte de la solidarité à l'égard des membres les plus faibles de la société – comme les personnes âgées, les malades, les immigrés, les enfants –, et dans l'indifférence qu'on remarque souvent dans les rapports entre les peuples même quand il y va de valeurs fondamentales comme la survie, la liberté et la paix. (Jean Paul II, Evangelium Vitae, § 8).


Puisque le Créateur a fait de la communauté conjugale l'origine et le fondement de la société humaine, la famille est devenue la cellule première et vitale de la société. La famille a des liens organiques et vitaux avec la société parce qu'elle en constitue le fondement et qu'elle la sustente sans cesse en réalisant son service de la vie: c'est au sein de la famille en effet que naissent les citoyens et dans la famille qu'ils font le premier apprentissage des vertus sociales, qui sont pour la société l'âme de sa vie et de son développement.  Ainsi donc, en raison de sa nature et de sa vocation, la famille, loin de se replier sur elle-même, s'ouvre aux autres familles et à la société, elle remplit son rôle social. La vie familiale est expérience de communion et de participation. (Jean Paul II, Les Tâches de la Famille Chrétienne, § 42).


Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés!

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L'exemple de la Famille Martin


Accostant en gare un épileptique totalement dénué de ressources et mourant d'inanition, Monsieur Martin tire son chapeau, y verse une généreuse aumône et n'hésite pas à quêter à la ronde dans les salles de pas perdus. Les pièces pleuvent nombreuses dans cette sébile d'un nouveau genre et le malade, pleurant de joie, peut enfin se restaurer et regagner son pays. Voici plus méritoire encore: dans une rue fréquentée, le bon samaritain rencontre, gisant à terre, un ouvrier tombé d'ivresse, sa boîte à outils près de lui. Les passant regardent et se détournent, peu soucieux de s'exposer aux hoquets de l'individu, Monsieur Martin se penche sur lui, l'empoigne, le soulève avec son attirail, et, lui donnant le bras, le conduit à son logis, quitte à lui faire, le lendemain, une utile semonce. Il aime à se dépenser ainsi sans mesurer le qu'en-dira-t-on, ni le péril. Excellent nageur, qui compte plusieurs sauvetages à son actif, il s'improvise soldat du feu quand sonne l'alarme d'incendie. C'est ainsi qu'il se porta tout seul au secours d'une personne âgée et l'arracha aux flammes. Chez lui, où l'on connaît sa bravoure téméraire, on tremble pour sa vie; quand il tarde, on redoute qu'il ne lui soit arrivé malheur. (Père Piat, Histoire d'une Famille, Editions Téqui)


Malgré ses multiples occupations, il trouvait le temps d'aller à la pêche, de jouer au billard et même de faire son cidre lui-même. Dans le domaine social, lecteur du journal La Croix, Louis Martin s'intéresse donc à l'oeuvre d'Albert de Mun qui avait quitté l'armée, comme son père, avec le grade de capitaine et avait pour but de remédier à la détresse des ouvriers en rappelant aux riches leurs devoirs à leurs égard. Le premier cercle fut fondé à Belleville, le 7 avril 1872. Louis Martin fut l'un des premiers souscripteurs du Cercle d'Alençon, avec son ami Vial Romet, lors de sa fondation, le 25 novembre 1875. (Docteur Cadéot, Louis Martin, Ed. François-Xavier de Giubert).


Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés!

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Prière consécratoire


Reine des cieux, Vous que Saint François appelait sa « Poverella », sa Petite Pauvre, conduisez-nous dans l'esprit des béatitudes, enseignez-nous la pauvreté dans l'Esprit des Béatitudes, dépouillés par le souffle de Dieu, doux et humbles de cœur. Mère de Miséricorde, communiquez-nous Votre Bel Amour, Votre prédilection pour les tout-petits, pour les plus blessés, inspirez-nous des nouvelles manières de témoigner du don total de Votre Fils Jésus-Christ dans la société où nous sommes insérés.


Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés!

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Exercice


Nous pourrions intituler cet exercice « voir comme Dieu voit ». L'Epitre aux Corinthiens nous dit que l'amour ne soupçonne pas le mal, que l'amour croit tout, excuse tout. Or, Dieu est amour, il ne nous juge pas, il nous considère avec miséricorde. Si nous devons éviter le péché ce n'est pas par peur de la condamnation, au contraire nous devons cultiver la confiance, mais parce que nous faisons souffrir Celui qui nous aime. C'est par amour et seulement par amour et non par crainte. Voir comme Dieu c'est souffrir de la souffrance de l'autre et lui pardonner tout ce qu'il a fait et tout ce qu'il pourrait faire. Recherchons donc dans notre entourage des personnes que nous avons du mal à aimer et posons-nous ces questions: Quelle blessure est à l'origine de ce comportement que je juge mauvais? (Il nous faut souvent beaucoup de temps, de psychologie et d'honnêteté pour admettre qu'à l'origine de ce que nous n'aimons pas et ne comprenons pas, il y a une blessure d'amour). Quelles souffrances accompagnent ces blessures? (Essayons de ressentir en nous les souffrances que la personne éprouve). Imaginons maintenant que nous sommes le père, la mère de ces personnes, un parent capable de s'approprier l'hymne à l'amour de Chapitre 13 des Corinthiens. Considérons notre enfant avec ses blessures et ses souffrances, comment réagissons-nous? Ne désirons-nous pas le protéger, lui donner plus d'amour qu'aux autres enfants plus « normaux »?

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11 octobre 2010

Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille 8/26

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Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille

Communion Marie Reine des Familles


Septième jour

Consécration de notre identité sponsale


Le Sacrement du mariage n'a pas d'équivalent dans le monde, nous n'avons d'autre point de repère que dans la Sainte Trinité et dans la Sainte Famille car il est participation au mystère de Dieu. Dès les origines le Créateur dit qu'il n'est pas bon pour l'homme d'être seul, littéralement que ce n'est pas un bonheur pour lui. Il va donc le faire homme et femme et de leur union naît l'amour qui est la tierce personnes comme de l'union du Père et du Fils naît le Saint Esprit. La relation de dualité n'existe pas. C'est poursuivre une chimère que d'aspirer à une unité des deux qui ne serait pas orientée vers le don des deux en une troisième personne. Chaque Sacrement n'existe que dans sa matière. Comme dans l'Eucharistie la matière est le pain et le vin, comme dans le baptême la matière est l'eau, dans le Sacrement du Mariage la matière est le corps tel que Dieu l'a voulu sans honte, sans culpabilité, sans peur, sans désir égoïste que la théologie appelle concupiscence. Nous voyons qu'une telle union charnelle est humainement impossible, le mariage n'est donc possible que dans le recours au secret (sacramentum, en latin) de la vie divine. De plus l'union charnelle ne doit pas être considérée uniquement sur le plan sexuel. Joseph et Marie n'ont pas connu ce genre d'union et pourtant ils formaient une seule chair, nous pourrions dire que Joseph vivait dans le corps et dans le Cœur de Marie et que Marie vivait dans le corps et dans le Cœur de Joseph, ils ne sont pas restés extérieurs l'un à l'autre. Dans le Judaïsme biblique, après la signature du contrat de mariage, les époux vivaient un temps de « fiançailles », d'un an. Ce qui explique que Marie n'habitait pas encore chez son époux lors de l'Annonciation. Ce temps était réservé à la consommation du mariage d'une manière intériorisée, on devenait une seule chair avant même que les corps s'unissent pour la procréation. C'est ce que firent Louis et Zélie Martin. Un mariage blanc est invalide dans le Christianisme. Nous ne sommes bien sûr pas à la hauteur d'une telle vocation, mais, c'est en célébrant quotidiennement le mystère des épousailles, comme le Prêtre célèbre tous les jours l'Eucharistie, que nous grandissons dans ce mystère qui nous fait entrer dans l'union de l'Eglise et du Christ et dans les noces éternelles de l'Agneau, dans la contemplation et dans la participation à l'amour trinitaire qui est notre vocation pour l'éternité.

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Antienne


L'Esprit et l'Epouse disent: « Viens! » Que vienne Ta Grâce, que ce monde passe et tu seras tout en tous. (Epître à Diognète).

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Parole de Dieu


Tobie 8: 5-8


Tu es béni Dieu de nos pères et Ton Nom est béni das tous les siècles des siècles! Que Te bénissent les cieux, et toutes Tes créatures dans tous les siècles! C'est toi qui as créé Adam, c'est Toi qui as créé Eve sa femme, pour être son secours et son appui, et la race humaine est née de ces deux-là. C'est Toi qui as dit: « Il ne faut pas que l'homme reste seul, faisons-lui une aide semblable à lui ». Et maintenant, ce n'est pas le plaisir que le cherche en prenant ma soeur, mais je le fais d'un cœur sincère. Daigne avoir pitié d'elle et de moi et nous mener ensemble à la vieillesse! Et ils dirent de concert: « Amen, Amen! Et ils se couchèrent pour la nuit.


Genèse 2: 21-25


Alors le Seigneur Dieu fit tomber un profond sommeil sur l'homme, qui s'endormit; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place. Le Seigneur Dieu forma une femme de la côte qu'il avait prise de l'homme, et il l'amena vers l'homme. Et l'homme dit: Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair! on l'appellera femme, parce qu'elle a été prise de l'homme. C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair. L'homme et sa femme étaient tous deux nus, et ils n'en avaient point honte.


Matthieu 19: 3-6


Les pharisiens l'abordèrent, et dirent, pour l'éprouver: Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour un motif quelconque? Il répondit: N'avez-vous pas lu que le créateur, au commencement, fit l'homme et la femme et qu'il dit: C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair? Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint.


Ephésiens 5: 24-33


Or, de même que l'Église est soumise à Christ, les femmes aussi doivent l'être à leurs maris en toutes choses. Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l'Église, et s'est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier par la parole, après l'avoir purifiée par le baptême d'eau, afin de faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible. C'est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps. Celui qui aime sa femme s'aime lui-même. Car jamais personne n'a haï sa propre chair; mais il la nourrit et en prend soin, comme Christ le fait pour l'Église, parce que nous sommes membres de son corps. C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ce mystère est grand; je dis cela par rapport à Christ et à l'Église. Du reste, que chacun de vous aime sa femme comme lui-même, et que la femme respecte son mari.


L'Esprit et l'Epouse disent: « Viens! » Que vienne Ta Grâce, que ce monde passe et tu seras tout en tous.

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L'enseignement de l'Eglise


« Le corps de l’homme participe à la dignité de l’" image de Dieu ": il est corps humain précisément parce qu’il est animé par l’âme spirituelle, et c’est la personne humaine toute entière qui est destinée à devenir, dans le Corps du Christ, le Temple de l’Esprit (cf. 1 Co 6, 19-20 ; 15, 44-45) :Corps et âme, mais vraiment un, l’homme, dans sa condition corporelle, rassemble en lui-même les éléments du monde matériel qui trouvent ainsi, en lui, leur sommet, et peuvent librement louer leur Créateur. Il est donc interdit à l’homme de dédaigner la vie corporelle. Mais au contraire il doit estimer et respecter son corps qui a été créé par Dieu et qui doit ressusciter au dernier jour ». (Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 364).


« Créés ensemble, l’homme et la femme sont voulus par Dieu l’un pour l’autre. La Parole de Dieu nous le fait entendre par divers traits du texte sacré. « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie » (Gn 2, 18). Aucun des animaux ne peut être ce « vis-à-vis » de l’homme (Gn 2, 19-20). La femme que Dieu « façonne » de la côte tirée de l’homme et qu’il amène à l’homme, provoque de la part de l’homme un cri d’admiration, une exclamation d’amour et de communion: « C’est l’os de mes os et la chair de ma chair » (Gn 2, 23). L’homme découvre la femme comme un autre « moi », de la même humanité. L’homme et la femme sont faits « l’un pour l’autre »: non pas que Dieu ne les aurait faits qu’« à moitié » et « incomplets »; Il les a créés pour une communion de personnes, en laquelle chacun peut être « aide » pour l’autre parce qu’ils sont à la fois égaux en tant que personnes (« os de mes os... ») et complémentaires en tant que masculin et féminin (MD 7). Dans le mariage, Dieu les unit de manière que, en formant « une seule chair » (Gn 2, 24), ils puissent transmettre la vie humaine: « Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre » (Gn 1, 28). En transmettant à leur descendants la vie humaine, l’homme et la femme comme époux et parents, coopèrent d’une façon unique à l’œuvre du Créateur. (Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 371-372)


« Quand l'être humain, Adam, se réveille de sa torpeur, et qu'il voit l'être féminin tiré de lui, il découvre la signification sponsale du corps, c'est à dire qu'il saisit, à travers la « nudité » de l'autre, qu'il est fait pour la « communion des personnes » et la communion des personnes signifie exister l'un pour l'autre, dans une relation de don. Le don se révèle pour ainsi dire une caractéristique particulière de l'existence personnelle, ou mieux, de l'essence même de la personne. Et cette relation est précisément la conclusion de la solitude originelle de l'homme ». C'est précisément du fond de cette solitude originelle que l'homme émerge dans la dimension du don réciproque, dont l'expression est le corps humain, dans toute la vérité originelle de sa masculinité et féminité. Le corps, qui exprime la féminité pour la masculinité et vice-versa, la masculinité pour la féminité, manifeste la réciprocité et la communion des personnes. Il l'exprime dans le don comme caractéristique fondamentale de l'existence personnelle. Voici ce qu'est le corps: un témoin de la création en tant que don fondamental, un témoin d'amour comme source dont est né le fait même de donner. La masculinité-féminité est le signe originel d'une donation créatrice, d'une prise de conscience de la part de l'être humain, homme ou femme, d'un don vécu, pour ainsi dire, de la manière originelle. C'est avec cette signification-là que le sexe prend place dans la théologie du corps ». (Jean Paul II, Discours du 9 janvier 1980).


La fidélité exprime la constance dans le maintien de la parole donnée. Dieu est fidèle. Le sacrement du mariage fait entrer l’homme et la femme dans la fidélité du Christ pour son Église. Par la chasteté conjugale, ils rendent témoignage à ce mystère à la face du monde. Saint Jean Chrysostome suggère aux jeunes mariés de tenir ce discours à leur épouse: « Je t’ai prise dans mes bras, et je t’aime, et je te préfère à ma vie même. Car la vie présente n’est rien, et mon rêve le plus ardent est de la passer avec toi, de telle sorte que nous soyons assurés de n’être pas séparés dans celle qui nous est réservée ... Je mets ton amour au-dessus de tout, et rien ne me serait plus pénible que de n’avoir pas les mêmes pensées que les tiennes ». (Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 2365).


L'Esprit et l'Epouse disent: « Viens! » Que vienne Ta Grâce, que ce monde passe et tu seras tout en tous.

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L'exemple de la Famille Martin


Ces croyants d'élite, qui ont commencé par s'interdire les relations conjugales, évoquent la fraicheur de tendresse qui unissait à la Reine Marguerite le Roi Chevalier, Louis de Poissy. Entre les deux conjoints, il y a un lien substantiel, le Christ. Leurs mains ne sont étreintes que soudées aux siennes. Ils savent que le mariage est un sacrement des vivants dont ils sont eux-mêmes les ministres, un sacrement permanent qui vivifiera de Sa Grâce le cours entier de leur existence. La communauté ainsi fondée se trouve spiritualisée dans son essence. Elle prend un style quasi sacerdotal. La Sainteté, loin de dessécher l'amour, en fait une création continue, un chef d'oeuvre de compréhension mutuelle, de dévouement désintéressé, de don totale dans l'oubli de soi. Leur vie à deux n'est pas un égoïsme dans le mariage – ce dont il avaient l'instinctive horreur – ni une évasion mystique hors du mariage – ce dont il eurent peut être la tentation subtile, – mais une ascension collective dans et par le mariage. Ainsi réalisèrent-ils en plénitude le plan du Créateur. L'amour que se vouèrent ces chrétiens n'est pas quitessencié, sublimé, raffiné au point d'en paraître désincarné. Il joint les ferveurs de fiancés à toutes les délicatesses de la Charité, aux confidences surnaturelles de l'amitié. L'épouse admire son époux. Après quatre ans et demi d'union, elle écrit à son sujet: « Je suis toujours très heureuse avec lui, il me rend la vie bien douce. C'est un saint homme que mon mari, j'en désire un pareil à toutes les femmes, voilà le souhait que je leur fais pour la nouvelle année ».


L'Esprit et l'Epouse disent: « Viens! » Que vienne Ta Grâce, que ce monde passe et tu seras tout en tous.

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Prière consécratoire


O Marie, épouse de Saint Joseph, épouse de Dieu et qui vivez dans la Trinité Sainte, nous Vous consacrons le moment de notre mariage, dévoilez-nous la profondeur du mystère sponsal. Vous qui avez connu la solitude du cœur et du corps, apprenez-nous à ne chercher que Dieu, à ne trouver qu'en Lui la solution à nos limites humaines. Vous qui êtes l'épouse parfaite, la vivante image de l'Eglise, apprenez-nous à célébrer chaque jour notre mariage dans tous les actes de notre vie. Apprenez-nous la Charité qui ne soupçonne pas le mal mais qui croit tout et espère tout.


L'Esprit et l'Epouse disent: « Viens! » Que vienne Ta Grâce, que ce monde passe et tu seras tout en tous.

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Exercice


L'union n'est pas fusion. Comme la Trinité ne peut se concevoir dans une distinction des personnes, le couple doit vivre dans le respect e l'autre en tant qu'autre, on ne peut unir que ce qui est distinct. Seuls deux adultes, c'est à dire des personnalités mûres, autonomes (mais non indépendantes) et responsables d'elles-mêmes peuvent vivre une communion, une commune union, une unité. L'amour du semblable est une idée chère aux philosophes Grecs mais elle n'est pas chrétienne. C'est Carl-Gustav Jung qui a montré que l'homme cherche son anima dans l'autre, c'est à dire une projection de l'image féminine qu'il porte en lui, image formée dans l'enfance et imprimée dans la mémoire, influencée par l'aspect physique et la personnalité maternelle, par les toutes premières impressions sensorielles, par les premières émotions érotiques. Là encore nous ne sommes pas dans le respect de l'autre mais dans la recherche de nous-mêmes. Pour que le Sacrement soit valide, nous devons être conscient de tout cela au moment du mariage. Heureusement, il n'est jamais trop tard pour revisiter le moment où nous avons fait alliance et nous ajuster au sacrement. Notons que le Sacrement est indissoluble, on ne l'annule pas. Ce que l'on appelle annulation du mariage est la reconnaissance par l'Eglise qu'il n'y a jamais eu Sacrement. Nous ne devons donc pas considérer cette procédure à la légère. Découvrons, au contraire, que nous avons vécu un mystère qui nous dépasse infiniment et rendons grâce. Dans  cet exercice, nous allons: relire les textes de la liturgie du mariage pour en redécouvrir la beauté et les exigence. Reprendre notre préparation au mariage en considérant notre maturité: comment aujourd'hui être plus mûr, plus adulte, plus autonome sur le plan physique, psychologique et spirituel, plus responsable. Considérer notre désir de nous livrer inconditionnellement à un autre, totalement autre avec ses besoins propres, sa vocation propre, ses donc et toutes ses différences. Voir que le conjoint n'est plus le même que celui que nous avons épousé, tant sur le plan physique, que psychologique et spirituel. Nous découvrons alors ce que nous cherchions en lui de semblable à nous ou de complémentaire, il nous faut refaire le choix et nous souvenir de nos engagements. Relire notre désir de donner la vie, de nous donner aux autres (en général le choix des textes de la Messe de mariage nous rappelle la générosité de notre cœur à  cette époque). Actualiser le Sacrement au cours d'une Messe.

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10 octobre 2010

Le Serviteur de Dieu Daniele de Samarate

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Le Serviteur de Dieu Daniele de Samarate

1876-1924


 

Félix Rossini est né à San Macario di Samarate le 15 Juin 1876 et baptisé le lendemain. Agé de  quatorze ans, il entre chez les Frères Mineurs Capucins de Lombardie, avec une lettre de recommandation de son curé qui contenait ces paroles prophétiques: « il vous sera pour vous, source de succès... » Suivant la coutume des Capucins, il reçoit le nom en religion de Frère Daniele de Samarate. Il prononce ses voeux en 1892 et 1896. En 1898, bien qu'il ne soit pas encore prêtre, il est envoyé en Mission à Marahao, (Brésil). Il est ordonné prêtre à Fortaleza, le 19 mars 1899, puis en janvier 1900, il est envoyé à la Colonie Agricole de S. Antonio de Prata, ou il se révèle être un   directeur embrasé, un constructeur entreprenant, et un missionnaire infatigable, cela jusqu'en janvier1913. Pendant ces années d'apostolat intense au milieu d'âmes assoiffées de Dieu, il contracte la lèpre. De retour en Italie pour y passer des examens médicaux, le 21 août 1909, il fait escale à Lourdes, priant avec une grande foi et une immense ferveur, il reçoit la grâce de se conformer parfaitement à la Volonté de Dieu. Après une brève période durant laquelle il est curé de S. Luis-Anil (Maranhao), le 27 avril 1914, il entre définitivement à la Léproserie de Tucunduba (Belem-para) où il restera jusqu'à sa mort, se dévouant au service et consolant spirituellement, malgré ses grande souffrance, ceux qui sont atteints de la même maladie. Regretté et célébré par tous, il meurt saintement le 19 mai 1924, âgé seulement de 48 ans, après 26 années en Mission. Les Pauvres, les jeunes, les malades ont toujours gardés sa mémoire, ce qui fit que le 29 décembre 1991, l'archevêque de Belem, Monseigneur Vicente Joaquim Zico a installé dans la cathédrale de Belem le Tribunal ecclésiastique, afin de mener le Procès diocésain pour la béatification de P. Daniele. Parallèlement, en Italie, eurent lieues les mêmes démarches, dont les conclusions ont étées solennellement célébrées à Samarate le 19 mars 1997, par le cardinal Carlo Maria Martini, et à  Belem, dans l'église des Frères Mineurs Capucins, le 30 août de cette même année, face à un public très ému. À tous « nous confions la bonne nouvelle que nous a transmis le Père Daniele de Samarate, missionnaire et apôtre des lépreux, afin qu'il soit connu et le rapidement possible glorifié ».


Prière que le Père Daniel récitait à voix haute chaque matin avec ses frères lépreux


Je suis fils de Dieu, parce que Dieu habite en moi. Je peux être ce que je désire, parce que Dieu est mon secours. Je ne me fatigue jamais, parce que Dieu est ma force. Je ne tombe jamais malade et  ne suis jamais triste, parce que Dieu est ma santé. Je ne manque de rien, parce que Dieu est mon tout. Simplement parce je suis enfant de Dieu, je suis uni à la Divine Présence de mon Père. Je suis heureux en tout ce que j'entreprends, parce que mon savoir et mes connaissances augmentent en moi chaque jour qui passe. Amen.

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Prière pour demander la glorification du Père Daniele de Samarate


O Dieu notre Père, créateur du ciel et de la terre, Vous avez choisi le Père Daniele de Samarate, afin  qu'il se donne généreusement aux plus petits, aux pauvres, et à tous les lépreux du monde, accordez-moi par son intercession la faveur que je Vous demande...


Notre Père, Gloire au Père


O Jésus, Fils du Père et notre Sauveur, qui avez invité le Père Daniele de Samarate à Vous suivre et qui lui avez donné un coeur ardent et généreux, capable d'aimer jusqu'à la fin les petits, les pauvres et les Lépreux, accordez-moi par son intercession la grâce que je Vous demande...


Notre Père, Gloire au Père


Esprit Saint, Don du Père et du Fils, qui avez consacré le Père Daniele de Samarate afin qu'il  annonce l'Evangile aux enfants, aux pauvres, aux lépreux, et qui en avez fait une fidèle icône de Jésus crucifié, accordez-moi par son intercession la grâce que je Vous demande...


Notre Père, Gloire au Père


O Marie, Mère de Jésus et de Ses disciples, qui, à Lourdes, avez conformé la mission du Père Daniele de Samarate, afin qu'il puisse se consumer au service des petits, des pauvres, des pauvres et des lépreux, avec lui, intercédez auprès du Tout-Puissant, afin que j'obtienne la grâce dont j'ai tant besoin...


Je Vous salue Marie

 

Relations de grâces et renseignements en s'adressant à


Postulation du Père Daniele de Samarate

Couvent des Capucins

2, Viale Piave

20129 Milano (Italie)

padredaniele@tiscali.it


www.padredanieledasamarate.it


Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

25 octobre 2010

Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille 11/26

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Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille

Communion Marie Reine des Familles


Deuxième jour

Consécration à Marie Enfant


La Tradition voit en Marie la fille préférée du Père. La psychologie de son côté nous apprend que le rôle de père est irremplaçable dans la formation de la personnalité de la jeune fille, c'est son regard d'homme qui lui révèle son identité de femme, transmise par la mère. Pour Marie, le regard du Père lui donnera son innocence, sa pureté e Cœur, car c'est un regard de bonté, de douceur et d'Amour Miséricordieux. Ce regard l'affranchit du regard des hommes, lui donne une immense sécurité, Elle habite ce regard. A l'exemple de la Vierge, il s'agit pour la femme de se placer sous le regard du Père et non pas sous le regard de l'homme qui convoite et qu'elle veut séduire, qui exige et dont elle veut mériter l'amour. La femme ne doit pas dépendre du regard de l'homme mais de celui du Père. Bien des femmes cherchent leur identité dans la considération que l'homme leur porte ou, au contraire, dans une indépendance réactionnelle. On n'est adulte que lorsqu'on est autonome et responsable. La femme responsable répond d'elle-même devant Dieu, comme le fit Marie à l'Annonciation: « Me voici, je suis la servante du Seigneur », elle décline son identité. Autonome signifie littéralement qui a sa loi (nomos en grec) en soi, sa loi, son principe. Elle ne peut dépendre d'un autre, sa dignité est dans cette autonomie, dans cette loi qui est divine et qui l'habite.

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Antienne


Tu me ravis le cœur, ma soeur, ma fiancée, tu me ravis le cœur par l'un de tes regards. (Cantique 4: 9).

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La Parole de Dieu


Il y a un secret entre le Père et elle, il est si jalousement gardé que l'on ne peut se servir pour en parler que des textes qui ne s'appliquent pas directement à elle, mais, que nous lisons métaphoriquement. Marie n'est pas la Sagesse, mais elle y est parfaitement transparente, ce qui fait que beaucoup de saints l'ont contemplée sous les traits de la Sagesse.


Sagesse 7: 22-30


En elle, en effet, un esprit intelligent, saint, unique, multiple, subtil, rapide, pénétrant, sans souillure, clair, impassible, ami du bien, acéré, incoercible, bienfaisant, ami des humains, constant, ferme, sans souci, qui peut tout, surveille tout, pénètre tous les esprits, les intelligents, les purs, les plus subtils. Car plus que tout mouvement, la Sagesse est mobile; elle traverse et pénètre tout grâce à sa pureté. Elle est un souffle de la puissance Divine, une effusion toute pure de la gloire du Tout-Puissant; aussi, rien de souillé ne pénètre en elle. Elle est un reflet de la lumière éternelle, un miroir sans tache de l'activité de Dieu,l'image de sa bonté, une image de son excellence. Bien qu'unique, elle peut tout, sans sortir d'elle-même, elle renouvelle toutes choses. Elle se répand au long des âges dans les âmes saintes, elle en fait des amis de Dieu et des prophètes; car Dieu n'aime que celui qui vit avec la Sagesse. Elle est en effet, plus belle que le soleil, elle surpasse toutes les constellations; comparée à la lumière, elle l'emporte: car la lumière fait place à la nuit,mais contre la Sagesse le mal ne saurait prévaloir.


Tu me ravis le cœur, ma soeur, ma fiancée, tu me ravis le cœur par l'un de tes regards.

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L'enseignement de l'Eglise


Les Grandeurs de Marie de Louis d'Argentan


Marie a été faite pour manifester en dehors de ce qu'il y a de plus grand et de plus profond dans la Divinité. Le Père, qui n'a qu'un seul Fils consubstantiel, voulait une fille qui lui donnât plusieurs enfants adoptifs dont il se ferait une famille très nombreuse. Le Fils unique, qui a un Père mais pas de mère, en voulait une selon l'humanité qui fût digne de Lui et ne blessât pas la dignité du Père éternel. Le Saint Esprit, seule personne au-dedans de Dieu qui ne produise une autre Personne, voulait une épouse avec laquelle Il devint si fécond en dehors de Dieu que par Sa divine opération le Fils de Dieu fût réellement produit selon l'humanité. Enfin, toute l'Adorable Trinité, qui ne demeurait qu'en elle-même, voulait un temple secret pour y faire sa demeure.


1er Livre des Révélations de Sainte Brigitte de Suède, chapitre 51


Ma très chère Mère, vous êtes semblable à cette fleur qui est éclose et qui a crû en une vallée proche de laquelle il y avait cinq hautes montagnes. Cette fleur est sortie de trois racines, avec une tige droite, laquelle n’avait aucuns nœuds; elle avait cinq feuilles pleines de toute sorte de suavité et de douceur. Or, cette humble vallée s’est élevée avec sa fleur par-dessus ces cinq montagnes, et ses feuilles se sont élargies et épandues sur toute l’étendue du ciel et par-dessus tous les chœurs des anges. C’est vous, ma Mère bien-aimée, qui êtes cette vallée, à raison de votre humilité, que vous avez eue par-dessus les autres. Celle-ci a dépassé les cinq montagnes. La première montagne, c’était Moïse, à raison de sa puissance, car par ma loi, il a eu puissance sur mon peuple comme si ce peuple eût été enfermé dans son poing: mais vous avez enfermé dans votre sein le Seigneur et le législateur divin de toutes les lois: partant, vous êtes plus élevée que cette montagne. La deuxième montagne était Élie, qui a été tellement saint qu’il fut ravi et élevé en corps et en âme en un lieu saint : mais votre âme, ma très chère Mère, est montée, et avec elle, votre corps très pur, par-dessus tous les chœurs des anges: partant, vous êtes plus haute et plus éminente qu’Élie. La troisième montagne, c’était la force incomparable de Samson, laquelle il a eue par-dessus tous les hommes, et toutefois, le diable l’a vaincu et surmonté par sa tromperie et sa subtilité: mais vous avez surmonté le diable par votre force admirable: partant, vous êtes plus forte que Samson. La quatrième montagne, c’était David, qui a été selon mon cœur et selon ma volonté, lequel toutefois est tombé en péché abominable et cruel: mais vous, ma Mère, vous avez suivi en tout et partout les arrêts et les décrets de ma volonté, et n’avez jamais péché. La cinquième et la dernière montagne, c’était Salomon, qui a été rempli de sagesse, et qui toutefois devint insensé: mais vous, ma Mère, vous avez été remplie de toute sagesse, et n’avez jamais été insensée, déçue ni trompée: partant, vous êtes bien plus éminente que Salomon. Or, cette fleur est sortie de trois racines, d’autant que, dès votre jeunesse, vous avez eu trois choses: l’obéissance, la charité et l’intelligence divine. Certes, de ces trois racines s’est élevée cette tige droite et sans aucun nœud, c’est-à-dire, votre volonté, qui ne fléchissait jamais qu’à la mienne.  Cette fleur aussi a eu cinq feuilles, qui se sont étendues par-dessus tous les chœurs des anges. Vraiment, ma Mère, vous êtes cette fleur à cinq feuilles. La première feuille, c’est votre honnêteté. (...)  La deuxième feuille, c’est votre miséricorde. (…) ,La troisième feuille, c’est votre douceur. (…)  La quatrième feuille, c’est votre prodigieuse et admirable beauté. (…), La cinquième feuille, c’était votre divine délectation.


Tu me ravis le cœur, ma soeur, ma fiancée, tu me ravis le cœur par l'un de tes regards.

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L'exemple de la Famille Martin


Comment pourrai-je redire toutes les tendresses que papa prodiguait à sa petite Reine? Il est des choses que le cœur sent, mais que la parole et même la pensée ne peuvent arriver à rendre. Ils étaient pour moi de beaux jours, ceux où mon roi chéri m'emmenait à la pêche avec lui. J'aimais tant la campagne, les fleurs et les oiseaux! Quelques fois, j'essayais de pêcher avec ma petite ligne, mais je préférais aller m'asseoir seule sur l'herbe fleurie. Alors mes pensées étaient bien profondes, et sans savoir ce que c'était de méditer, mon âme se plongeait dans une réelle oraison. Quelle journée que celle du dimanche! Thérèse était bien contente d'aller prendre la main de son Roi, qui ce jour-là l'embrassait encore plus tendrement qu'à l'ordinaire: puis toute la famille allait à la Messe. Tout au long du chemin et même dans l'église, la petite « Reine à papa » lui donnait la main. Sa place était à côté de lui. Quand nous étions obligés de descendre pour le sermon, il fallait encore deux chaises l'une auprès de l'autre. Ce n'était pas bien difficile... Tout le monde avait l'air de trouver cela si gentil de voir un beau vieillard avec une si petite fille, que les personnes se dérangeaient pour donner leur place. (Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face, Manuscrit A folio 17).


Tu me ravis le cœur, ma soeur, ma fiancée, tu me ravis le cœur par l'un de tes regards.

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Prière consécratoire


O Marie, Fille préférée du Père, je me consacre dans Votre Enfance, je confie à Votre Cœur Immaculé toutes les blessures et les souffrances liées à la paternité humaine, qui m'ont empêchée d'être fille et de me placer sous le regard du Père des Miséricordes. Je renonce à chercher mon identité dans une dépendance du regard de l'homme sur moi mais avec Vous, Marie Enfant, j'ose entrer dans ce regard amoureux du Père qui m'innocente et me donne la dignité de fille, source de mon identité. Libre en Vous, mon Dieu et mon Père, à l'exemple de Marie, je peux vous dire: me voici.


Tu me ravis le cœur, ma soeur, ma fiancée, tu me ravis le cœur par l'un de tes regards.

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Exercice


Il s'agit dans cet exercice, de visualiser le regard du Père comme un faisceau lumineux qui descend du Ciel, il est d'un beau jaune doré, il a un volume. Que voyez-vous dans cette lumière? La pureté, l'innocence, la joie, un amour infini fait de bonté, de tendresse, de douceur, de pardon, de Miséricorde. Recherchez dans votre vie des expériences de bonté, de tendresse, de douceur, etc. Revivez pleinement ces expériences et, chaque fois, placez dans le faisceau lumineux, le contenu de ces expériences en prononçant distinctement bonté, tendresse, douceur, etc... Entrez maintenant dans le faisceau lumineux et constatez ce que vous ressentez. Demeurez-y un long moment, puis laissez-vous aspirer par le regard du Père, jusqu'à entrer dans Sa Personne, jusque dans Son Cœur, ce lieu infiniment chaud et lumineux. Puis allez sur Ses genoux comme Thérèse était assise sur les genoux de Louis Martin pendant la prière du soir. Nommez bien ce que vous ressentez puis ouvrez les yeux et regardez autour de vous, votre mari (votre femme), vos enfants.

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16 octobre 2010

Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille 10/26

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Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille

Communion Marie Reine des Familles


Deuxième semaine

Avec la Vierge Marie

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Premier jour

Consécration de la féminité


La Bible affirme que la femme est la gloire de l'homme (1 Co 11: 7), dans le langage biblique, la gloire traduit avant tout un rayonnement, ce qui suppose une lumière intérieure qui se manifeste à l'extérieur, l'émanation d'une beauté qui se donne à contempler. Le poète Tagore écrit: Tu vins un instant auprès de moi et tu m'émus par le grand mystère de la femme qui bat au cœur de la création ». Nous pouvons parler d'un mystère de la femme, c'est à dire, le plan caché de Dieu, en relation avec le salut du monde. Marie est l'incarnation de ce mystère par sa beauté (songeons à cette mystérieuse parole de Dostoïevski: la beauté sauvera le monde), par son intériorité, par sa force contre les puissances du mal. La beauté de Marie est faite d'harmonie et de pureté, de vertus et d'une puissance d'amour inépuisable. « Elle est si belle qu'on voudrait mourir pour la revoir », dit Sainte Bernadette Soubirous. Tous les voyons disent que sa seule vue ravit l'âme et la met en contact avec Dieu. Si la mission de l'homme réside avant tout dans l'agir, celle de la femme est avant tout dans le rayonnement de son être, elle est invitation pour l'homme à être et à aimer. Dans le Judaïsme, les femmes sont dispensées d'un grand nombre de commandements, particulièrement dans la prière, car elles sont considérées comme naturellement religieuses, naturellement en communion avec le divin. L'atteinte à la féminité dans l'image du corps et dans le rôle voulu par Dieu met en échec les plans de Dieu, elle est une autodestruction, une stérilisation de la vie. Retrouver sa féminité est le plus grand bien qu'une femme puisse faire à elle-même d'abord, mais à l'homme, à la famille et à la société.

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Antienne


Tu es toute belle mon amie, et il n'y a pas de tâche en toi. (Cantique des Cantiques 4: 7).

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La Parole de Dieu


Jésus va plusieurs fois appeler Sa Mère: « Femme », et chaque fois dans des situations où le Salut du monde est en jeu, comme aux Noces de Cana, où « Femme », provoque le Nouvel Adam à accomplir son premier miracle, autrement dit, à inaugurer son ministère. Marie hâte l'heure de la Rédemption. La femme est au commencement avec Eve, et à la fin avec Marie, la Femme revêtue de soleil, elle est au centre de l'histoire du Salut avec l'Annonciation.


Jean 2: 1-5


Trois jours après, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là, et Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples. Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit: Ils n'ont plus de vin. Jésus lui répondit: Femme, qu'y a-t-il entre moi et toi? Mon heure n'est pas encore venue. Sa mère dit aux serviteurs: Faites ce qu'il vous dira.


L'eau sera changée en vin, le vin en Sang et le Sang en Feu de l'Esprit à la Pentecôte, chaque fois, en présence de la Femme.


Jean 19: 25-27


Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la soeur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus, voyant sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère: Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple: Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui.


Apocalypse 12: 1-11


Un grand signe parut dans le ciel: une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête. Elle était enceinte, et elle criait, étant en travail et dans les douleurs de l'enfantement. Un autre signe parut encore dans le ciel; et voici, c'était un grand dragon rouge, ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes. Sa queue entraînait le tiers des étoiles du ciel, et les jetait sur la terre. Le dragon se tint devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer son enfant, lorsqu'elle aurait enfanté. Elle enfanta un fils, qui doit paître toutes les nations avec une verge de fer. Et son enfant fut enlevé vers Dieu et vers son trône. Et la femme s'enfuit dans le désert, où elle avait un lieu préparé par Dieu, afin qu'elle y fût nourrie pendant mille deux cent soixante jours. Et il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le dragon. Et le dragon et ses anges combattirent, mais ils ne furent pas les plus forts, et leur place ne fut plus trouvée dans le ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. Et j'entendis dans le ciel une voix forte qui disait: Maintenant le salut est arrivé, et la puissance, et le règne de notre Dieu, et l'autorité de son Christ; car il a été précipité, l'accusateur de nos frères, celui qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit. Ils l'ont vaincu à cause du sang de l'agneau et à cause de la parole de leur témoignage, et ils n'ont pas aimé leur vie jusqu'à craindre la mort.


Tu es toute belle mon amie, et il n'y a pas de tâche en toi.

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L'enseignement de l'Eglise


Dans l'enseignement de l'Eglise, seul Jean Paul II nous découvre le mystère de la femme en tant que telle, aussi, nous faut-il le citer longuement, dans « La Dignité et la Vocation de la Femme ».


Mulieris Dignitatem, § 10-11 (extraits)


L'être humain, homme ou femme, est une personne et donc la «seule créature sur terre que Dieu ait voulu pour elle-même»; et en même temps cette créature-là, absolument unique, «ne peut se trouver que par le don désintéressé d'elle-même». C'est là que prend naissance le rapport de «communion» dans lequel trouvent leur expression l'«unité des deux» et la dignité personnelle de l'homme et de la femme. (§ 10) (…) De nos jours, la question des «droits de la femme» a pris une portée nouvelle dans le vaste contexte des droits de la personne humaine. Eclairant ce programme constamment déclaré et rappelé de diverses manières, le message biblique et évangélique sauvegarde la vérité sur l'«unité» des «deux», c'est-à-dire sur la dignité et la vocation qui résultent de la différence et de l'originalité personnelles spécifiques de l'homme et de la femme. C'est pourquoi même la juste opposition de la femme face à ce qu'expriment les paroles bibliques « lui dominera sur toi » (Gn 3, 16) ne peut sous aucun prétexte conduire à « masculiniser » les femmes. La femme ne peut, au nom de sa libération de la « domination » de l'homme, tendre à s'approprier les caractéristiques masculines, au détriment de sa propre « originalité » féminine. Il existe une crainte fondée qu'en agissant ainsi la femme ne « s'épanouira » pas mais pourrait au contraire déformer et perdre ce qui constitue sa richesse essentielle. Il s'agit d'une richesse énorme. Dans la description biblique, l'exclamation du premier homme à la vue de la femme créée est une exclamation d'admiration et d'enchantement, qui a traversé toute l'histoire de l'homme sur la terre. Les ressources personnelles de la féminité ne sont certes pas moindres que celles de la masculinité, mais elles sont seulement différentes. La femme, comme l'homme aussi, du reste, doit donc envisager son épanouissement personnel, sa dignité et sa vocation, en fonction de ces ressources, selon la richesse de la féminité qu'elle a reçue le jour de la création et dont elle hérite comme une expression de l' « image et ressemblance de Dieu » qui lui est particulière. Ce n'est que dans ce sens que peut être surmonté aussi l'héritage du péché qui est suggéré par les paroles de la Bible: « Le désir te portera vers ton mari, et lui dominera sur toi ». Dépasser ce mauvais héritage est, de génération en génération, un devoir pour tout être humain, homme ou femme. En effet, dans tous les cas où l'homme est responsable de ce qui offense la dignité personnelle et la vocation de la femme, il agit contre sa propre dignité personnelle et contre sa vocation. (§ 10) (…) Il est difficile de comprendre pourquoi les paroles du protévangile mettent aussi fortement en relief la « femme » si l'on n'admet pas qu'en elle l'Alliance nouvelle et définitive de Dieu avec l'humanité, l'Alliance dans le sang rédempteur du Christ, a son commencement. (§ 11) (…) La «femme» du protévangile est inscrite dans la perspective de la Rédemption. La comparaison entre Eve et Marie peut se comprendre aussi dans le sens que Marie assume en elle-même et fait sien le mystère de la «femme» dont le commencement est Eve, « la mère de tous les vivants » (Gn 3, 20) (§ 11) (…) Marie signifie, en un sens, dépasser les limites dont parle le Livre de la Genèse (3, 16) et revenir vers le « commencement» où l'on retrouve la « femme » telle qu'elle fut voulue dans la création et donc dans la pensée éternelle de Dieu, au sein de la très sainte Trinité. Marie est « le nouveau commencement » de la dignité et de la vocation de la femme, de toutes les femmes et de chacune d'entre elles. La clé pour comprendre cela peut se trouver en particulier dans les paroles placées par l'évangéliste sur les lèvres de Marie après l'Annonciation, lors de sa visite à Elisabeth: « Il a fait pour moi de grandes choses » (Lc 1, 49). Ces paroles concernent évidemment la conception de son Fils, qui est le « Fils du Très-Haut » (Lc 1, 32), le « saint » de Dieu; mais en même temps elles peuvent signifier aussi la découverte du caractère féminin de son humanité. « Le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses »: telle est la découverte de toute la richesse, de toutes les ressources personnelles de la féminité, de l'originalité éternelle de la « femme » telle que Dieu l'a voulue, personne en elle-même, qui se trouve en même temps «par le don désintéressé d'elle-même».


Tu es toute belle mon amie, et il n'y a pas de tâche en toi.

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L'exemple de la Famille Martin


Sainte Edith Stein affirme que « la femme est la colonne invisible de l'Eglise ». Dans la Famille Martin, nous voyons comment Zélie joue ce rôle central qui relie les réalités matérielles à celles du Ciel. Elle écrit à son frère, dont la droguerie vient de brûler.


« J'ai dit à ma soeur de ne pas se creuser la tête pour cela, qu'il n'avait qu'une chose à faire: prier le Bon Dieu, car ni elle, ni moi, ne pouvions t'aider d'une autre manière. Mais Lui, qui n'est pas embarrassé, nous tirera de là quand Il trouvera que nous avons assez souffert et alors, tu reconnaîtras que ce n'est ni à tes capacités, ni à ton intelligence que tu dois ta réussite, mais à Dieu seul, comme moi et mon point d'Alençon. Cette conviction est très salutaire, je l'ai éprouvée par moi-même. Tu sais que nous sommes tous portés à l'orgueil et je remarque souvent que ceux qui ont fait leur fortune sont, pour la plupart, d'une suffisance insupportable. Je ne dis pas que j'en serais venue là, ni toi non plus, mais nous aurions été plus ou moins entachés de cet orgueil. Puis il est certain que la prospérité constante éloigne de Dieu. Jamais Il n'a conduit ses élus par ce chemin-là; ils ont auparavant passé par le creuset de la souffrance pour se purifier » (Lettre 90, Correspondance Familiale, Editions du Cerf).


« Crois-tu qu'elle aime déjà la toilette? Quand on lui dit qu'on doit aller promener, elle court vite à l'armoire où est sa plus belle robe et tend sa figure en disant « me débarbouiller ». Je trouve tout cela merveilleux, comme si ce n'était pas naturel » (Lettre 2, de Zélie à Isidore, Correspondance Familiale)


Pour le retour de son épetit ange », Zélie lui prépare une toilette bleu ciel avec de petits souliers bleus, une ceinture bleu et une jolie capeline blanche. « Ce sera charmant, dit-elle, je me réjouis à l'avance d'habiller cette poupée-là « . (Docteur Cadéot, Zélie Martin, Ed. F.X. De Guibert)


Dans la métaphore de la pêche, Thérèse nous montre le rôle de la beauté extérieure et celle de la beauté de l'être. N'y-a-t-il pas là une belle image du corps de la femme dans ses différents âges?


« Voici une belle pêche, rosée et si sucrée que tous les confiseurs ne sauraient imaginer une si douce saveur. Dis-moi ma Céline, est-ce que pour la pêche, le Bon Dieu a créé cette jolie couleur rose si veloutée et si agréable à voir et à toucher? Est-ce pour elle encore qu'Il a dispensé tant de sucre?... Mais non, c'est pour nous et non pas pour elle. Ce qui lui appartient, ce qui fait l'essence de sa vie c'est son noyau, nous pouvons lui enlever toute sa beauté sans lui enlever son être. Ainsi Jésus se plaît à prodiguer ses dons à quelques-unes de ses créatures, mais bien souvent, c'est pour s'attirer d'autres coeurs, et puis quand son but est atteint, il fait disparaître ces dons extérieurs, il dépouille complétement les âmes qui Lui sont les plus chères. En se voyant dans une aussi grande pauvreté, ces bonnes petites âmes ont peur, il leur semble qu'elles se sont bonnes à rien puisqu'elles reçoivent tout des autres et ne peuvent rien donner, mais il n'en est pas ainsi, l'essence de leur être travaille en secret, Jésus forme en elles le germe qui doit se développer là-haut dans les célestes jardins des cieux ». (Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, Oeuvres Complètes, Lettre N° 147, Editions du Cerf).


Tu es toute belle mon amie, et il n'y a pas de tâche en toi.

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Prière consécratoire


Marie, Eve nouvelle, je Vous consacre ma féminité, tout ce qui en moi refuse cette vocation de  femme. Je renonce à toute tentation de compétition, inconsciente ou non, par rapport à l'homme, pour entrer pleinement dans le désir de me donner, sans retour sur moi-même, à Votre exemple. Marie, miroir de pureté angélique, je Vous consacre toute mon énergie, pour qu'elle soit avant tout spirituelle, que je sois attentive et présente au monde céleste, afin d'être colonne invisible de l'Eglise et aussi de la petite église domestique que Vous m'avez confiée. Marie, Beauté au-dessus de toutes beautés, je Vous consacre l'image que j'ai de moi-même, afin que je trouve ma beauté en Vous, la Toute Pure, et dans l'oblativité de ma vie.


Tu es toute belle mon amie, et il n'y a pas de tâche en toi.

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Exercice


Dans cet exercice, on méditera d'abord sur la beauté spirituelle et physique de Marie. Sa douceur. A quoi je la reconnais, comme se caractérise-t-elle? A l'intérieur et à l'extérieur. Sa beauté physique et spirituelle. L'harmonie entre les deux. Sa force. Où réside sa force? Comment se manifeste-t-elle? Y a-t-il le moindre soupçon de violence dans cette puissance? Quelle est sa place dans la famille, dans l'Eglise, dans le monde? Je me demande, maintenant que je perçois bien la Sainte Vierge, quelles qualités me manquent et que je voudrais avoir. J'imagine Marie assise en face de moi. Je ferme les yeux, je me lève et vais m'asseoir en Marie. Je ressent tout ce qu'elle ressent et fais l'expérience des qualités que je désire acquérir. Je retourne m'asseoir à ma place, j'ouvre les yeux et pense à l'avenir. Comment vais-je me comporter dans le futur avec ces ressources nouvelles?

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30 septembre 2010

Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille 2/26

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Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille

Communion Marie Reine des Familles


Première semaine

Avec Saint Joseph


Premier jour

Consécration de l'arbre généalogique


Nul homme n'est une île! Nous sommes solidaires sur le plan génétique, psychologique et spirituel de notre ascendance. Nous nous pensons et nous nous voulons totalement libres mais beaucoup de nos comportements sont conditionnés par des décisions, des blessures qui se transmettent de génération en génération. Ceci est vrai des bénédictions comme des malédictions. Bénédiction signifie littéralement dire du bien, malédiction dire du mal. La parole est créatrice, elle est en quête permanente d'incarnation. Si la bénédiction divine s'incarne sur mille générations, la malédiction demeure plusieurs générations et peut s'incarner dans une maladie, une incapacité à vivre pleinement: « Le Seigneur descendit dans la nuée et se tint là auprès de lui. Il proclama le nom du Seigneur et le Seigneur passa devant lui, et s'écria: « Seigneur, Seigneur, Dieu Miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité, qui conserve son amour jusqu'à mille générations, qui pardonne l'iniquité, la rébellion et le péché, mais qui ne tient point le coupable pour innocent, et qui punit l'iniquité des pères sur les enfants et sur les enfants des enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération! » Aussitôt Moïse s'inclina à terre et adora ». ((Exode 34: 5-8). La parole non dite, que l'on appelle secret de famille, s'incarne négativement soit dans des maladies psychosomatiques, soit encore dans une compulsion de répétition. Cette compulsion s'observe d'une manière universelle, nous reproduisons les mêmes erreurs que nos parents, aux mêmes âges en espérant inconsciemment nous en libérer, ce qui paraît absurde mais est portant observable dans nos vies. On divorce au même âge, on reproduit le même comportement dictatorial d'un père dont nous avons souffert et cela peut aller jusqu'à la maltraitance. Alors où est notre liberté? Elle est dans l'Esprit de Dieu. Il nous faut d'abord prendre conscience de ces mécanismes et de la réalité de la malé...diction pour ensuite rompre sa puissance et remettre notre histoire familiale au Seigneur, lui qui nous a demandé de bénir ceux qui nous maudissent. Faites-vous du bien, bénissez! Bénissez vos ascendants, pardonnez-leur et faites dire des Messes pour leur libération et le repos de leur âme. C'est le bien aussi que nous pouvons faire à nos enfants que « d'évangéliser » leur arbre généalogique.

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Antienne


Le Seigneur est notre Dieu. Ses Jugements s'exercent sur toute la terre. Rappelez-vous à toujours Son Alliance, Ses Promesses pour mille générations. (1. Ch. 16: 14-15).

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Parole de Dieu


Dieu a préparé la Venue du Sauveur dans ces vingt-huit engendrement depuis Abraham. La généalogie du Christ compte des Saints et de grands pécheurs. La majorité en fait: une prostituée, des meurtriers, notre pauvre humanité. Mais la bénédiction l'emporte dans le Juste Joseph et dans Marie que toutes les générations diront Bienheureuse, Elle est la « bénie » qui purifie par grâce un lourd passé. Nous lui consacrons tous nos ancêtres pour qu'une génération nouvelle, renouvelée naisse avec notre famille.


Evangile de Jésus-Christ selon Saint Matthieu (1: 1-17)


Voici la table des origines de Jésus Christ, fils de David, fils d'Abraham: Abraham engendra Isaac,Isaac engendra Jacob,Jacob engendra Juda et ses frères, Juda, de son union avec Thamar, engendra Pharès et Zara,Pharès engendra Esrom,Esrom engendra Aram, Aram engendra Aminadab,Aminadab engendra Naassone,Naassone engendra Salmone, Salmone, de son union avec Rahab, engendra Booz,Booz, de son union avec Ruth, engendra Jobed,Jobed engendra Jessé, Jessé engendra le roi David.David, de son union avec la femme d'Ourias, engendra Salomon, Salomon engendra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asa, Asa engendra Josaphat,Josaphat engendra Joram,Joram engendra Ozias, Ozias engendra Joatham,Joatham engendra Acaz,Acaz engendra Ézékias, Ézékias engendra Manassé,Manassé engendra Amone,Amone engendra Josias, Josias engendra Jékonias et ses frères à l'époque de l'exil à Babylone. Après l'exil à Babylone, Jékonias engendra Salathiel,Salathiel engendra Zorobabel, Zorobabel engendra Abioud,Abioud engendra Éliakim,Éliakim engendra Azor, Azor engendra Sadok, Sadok engendra Akim,Akim engendra Élioud, Élioud engendra Éléazar,Éléazar engendra Mattane,Mattane engendra Jacob, Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie,de laquelle fut engendré Jésus,que l'on appelle Christ (ou Messie). Le nombre total des générations est donc: quatorze d'Abraham jusqu'à David, quatorze de David jusqu'à l'exil à Babylone, quatorze de l'exil à Babylone jusqu'au Christ.

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L'enseignement de l'Eglise


« Le quatrième commandement s’adresse expressément aux enfants dans leurs relations avec leurs père et mère, parce que cette relation est la plus universelle. Il concerne également les rapports de parenté avec les membres du groupe familial. Il demande de rendre honneur, affection et reconnaissance aux aïeux et aux ancêtres. Il s’étend enfin aux devoirs des élèves à l’égard du maître, des employés à l’égard des employeurs, des subordonnés à l’égard de leurs chefs, des citoyens à l’égard de leur patrie, de ceux qui l’administrent ou la gouvernent. (...) L’observation du quatrième commandement comporte sa récompense: « Honore ton père et ta mère afin d’avoir longue vie sur la terre que le Seigneur ton Dieu te donne » (Exode 20, 12; Deutéronome 5, 16). Le respect de ce commandement procure avec les fruits spirituels, des fruits temporels de paix et de prospérité. Au contraire, l’inobservance de ce commandement entraîne de grands dommages pour les communautés et pour les personnes humaines ». (Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 2199 et 2200)


« Quand, de l'union conjugale des deux, naît un nouvel homme, il apporte avec lui au monde une image et une ressemblance particulières avec Dieu lui-même: dans la biologie de la génération est inscrite la généalogie de la personne ». (Jean Paul II, Lettre aux Familles, § 9).

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L'exemple de la Famille Martin


« Dans l'atmosphère patriarcale de la rue Saint Blaise et des Buissonnets, l'ascension de la Carmélite eût été d'une ligne moins pure. Elle-même prend soin de nous en avertir dans l'ouverture de son autobiographie: « La fleur qui va raconter son histoire se réjouit d'avoir a publier les prévenances tout à fait gratuites de Jésus. C'est Lui qui l'a fait naître en une terre sainte et comme tout imprégnée d'un parfum virginal, c'est Lui qui l'a fait précéder de huit lys éclatants de blancheur ». « La nature ne fait pas de bonds ». C'est par paliers que les plissements du sol tendent vers leur point culminant. La grâce, sans ignorer les improvisations ni les coups de foudre, procède, elle aussi, de préférence, par lents cheminements. Pour faire émerger un sommet de sainteté, Dieu travaille et soulève toute une chaîne de générations. Rares sont les géants de la vertu qui se dressent isolés et détachés du terroir familial. (…) A l'origine de sa grandeur, il y a une double lignée de Chrétiens de race, il y a, inclinés sur son berceau, deux visages de Saints. Le Cardinal Mercier s'en réjouissait comme d'une inclination providentielle. « Ah! S'écriait-il, comme je suis heureux de savoir qu'elle est la récompense d'une famille exemplaire. Il ne fait pas se lasser de le répéter partout ». (Père Piat, Histoire d'une Famille, aux Editions Téqui).


Le Seigneur est notre Dieu. Ses Jugements s'exercent sur toute la terre. Rappelez-vous à toujours Son Alliance, Ses Promesses pour mille générations.

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Prière consécratoire


Sainte Vierge Marie, nouvelle Eve et Mère de tous les vivants en Jésus-Christ, nous consacrons à Votre Cœur Immaculé toutes les générations qui nous ont précédées, afin que Vous obteniez la guérison de notre arbre généalogique. Apprenez-nous la liberté dans l'Esprit qui nous permettra de choisir le bien pour nous et pour nos enfants, pour que soit bénie toute la famille humaine. Pour dire oui à la Volonté de Dieu sur nous, nous renonçons à tout comportement mauvais hérité de nos pères et nous désirons imiter ceux de nos ancêtres qui s'étaient déjà consacré à Vous et au Cœur de Jésus. Qu'en nous soit relayé et amplifié le désir de sainteté.


Le Seigneur est notre Dieu. Ses Jugements s'exercent sur toute la terre. Rappelez-vous à toujours Son Alliance, Ses Promesses pour mille générations.

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Exercices


Chacun des parents prend un temps de méditation, après avoir invoqué l'Esprit Saint et lui avoir demandé de témoigner à sa mémoire en faveur de la vérité. Il s'agit découvrir les compulsions de répétition, ces actes, ces attitudes que nous reproduisons comme malgré nous et qui ont été « copiés » chez un parent proche ou éloigné. Quand nous avons repéré ces compulsions nous décidons d'y renoncer chaque jour et de les remplacer par de nouveaux comportements en conformité avec l'Enseignement du Christ (exemple: une jeune fille remarque qu'elle refuse les garçons qui pourraient la rendre heureuse, son choix se porte vers une personne qu'elle n'aime pas vraiment et dont le caractère est difficile. Elle s'aperçoit que sa mère, sa grand-mère et son arrière grand-mère ont épousé des hommes qu'elles n'aiment pas et qui les ont rendues malheureuses dans le mariage. Elle ne sait ce qui est à l'origine de cette compulsion de répétition mais elle décide de prier pour changer cette « malédiction », elle demande au Seigneur un époux selon son cœur qui soit un bon père pour ses enfants).


Seul l'Esprit et la Providence Divine peuvent nous faire découvrir un secret de famille. C'est, une union illégitime, un viol, une substitution d'enfant, un mariage forcé, etc...  Découvrir un secret de famille n'implique pas que nous allons le dévoiler mais que nous allons le présenter à Dieu et faire réparation dans la prière et par des Messes. (Exemple: un homme ne peut pas concevoir l'amour sans pulsion suicidaire. Par pur « hasard » il découvre une lettre dans les archives familiales où, son arrière grand-mère exprime son désespoir de se voir imposer un parti avantageux mais qu'elle n'a pas choisi, elle exprime son intention de se donner la mort. Son grand-père avait fait une tentative de suicide à la suite d'une crise de jalousie justifiée ou non. Au point de départ de ce ricochet transgénérationnel il y avait donc cette croyance que le mariage est une chose dramatique. Autre exemple: Dans une famille, toutes les filles aînées font un cancer du sein au même âge, depuis des générations. Au point de départ, nous trouvons un viol commis par des soldats pendant la grande guerre et un enfants dont, par honte, on a dissimulé l'origine, le cancer du sein indiquant dans ce cas précis un refus de la maternité).


Enfin, découvrons l'histoire sainte de notre famille, essayons de discerner les interventions de Dieu, les sauvetages, les guérisons, les bénédictions, et rendons grâce. Décidons d'amplifier ces bénédictions pour les léguer aux générations futures.

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1 octobre 2010

Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille 3/26

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Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille

Communion Marie Reine des Familles


Deuxième jour

Consécration de notre identité


Paradoxalement le Judéo-christianisme est à l'origine de l'individualisme. En effet, la personne humaine est considérée pour elle-même, comme unique et non réductible à sa fonction dans le groupe. Les langues asiatiques ne possèdent aucun mot pour dire « je » et de très nombreuses formes du pronom personnel pour dire « nous ». Pour notre culture Chrétienne, le « nous » est formé d'individus bien distinct possédant chacun sa vocation et sa mission. Individu signifie étymologiquement, ce qui ne peut pas être divisé, c'est unité face à l'Unité Divine, seule responsable d'Elle-même. Pourtant, aujourd'hui, on cherche en dehors de Dieu son identité (du grec eidon: être) sans vraiment la trouver, car l'identité se reçoit, elle est donnée par le nom. En trouvant sa mission, et donc son identité Abram reçoit son nom nouveau: Abraham, c'est à dire père d'une multitude. La Bible nous révèle que Dieu a un nom pour chacun d'entre nous, un nom caché qui contient notre identité et notre vocation. On pourrais passer sa vie à s'analyser, à être à l'écoute de sa personnalité profonde, à vouloir accomplir ses désirs et ses aspirations sans jamais trouver qui on est. Notre identité n'est pas en nous, elle est cachée dans le Christ et c'est dans la rencontre avec Lui qu'elle nous est révélée. Dans la rencontre avec l'Ange qui est le Christ, Jacob (le Supplanteur) reçoit son nouveau nom: Israël (Lutteur de Dieu). Dans la famille, chacun doit prendre conscience de son identité de fils et de fille de Dieu, de créature unique et de sa vocation spirituelle.

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Antienne


Alors les nations verront ton Salut, et tous les rois ta gloire et on t'appellera d'un nom nouveau, que la bouche du Seigneur déterminera. (Isaïe 62: 2).

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Parole de Dieu


Dans ce texte de l'Apocalypse, nous voyons comme l'identité, le nom nouveau et caché est lié à la manne cachée qui est l'Eucharistie. Nous recevons notre vie du Corps et du Sang du Christ. La Messe nous renouvelle dans notre vocation et dans notre identité profonde.


Apocalypse 2: 17


« Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises: « A celui qui vaincra je donnerai de la manne cachée et je lui donnerai un caillou blanc, et sur ce caillou, est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, si ce n'est celui qui le reçoit ».


Dans la Première Alliance, c'est la mère qui nommait l'enfant, d'une certaine manière, elle lui donnait le nom correspondant à ce qu'elle sentait que Dieu attendait de lui. Nous rencontrons ici un contre exemple, ou la mère aveuglée par sa douleur, fait peser sur son enfant le poids d'un nom qu'il ne pourra porter, le père alors le change. C'est comme si nous avions un nom selon la nature et que notre Père du Ciel le changeait pour un nom appelé à demeurer dans l'éternité.


Genèse 35: 16-20


« Ils partirent de Béthel; et il y avait encore une certaine distance jusqu'à Éphrata, lorsque Rachel accoucha. Elle eut un accouchement pénible; et pendant les douleurs de l'enfantement, la sage-femme lui dit: « Ne crains point, car tu as encore un fils! » Et comme elle allait rendre l'âme, car elle était mourante, elle lui donna le nom de Ben-Oni (Fils de ma douleur); mais le père l'appela Benjamin (Fils de ma droite). Rachel mourut, et elle fut enterrée sur le chemin d'Éphrata, qui est Bethléem. Jacob éleva un monument sur son sépulcre; c'est le monument du sépulcre de Rachel, qui existe encore aujourd'hui ».


Alors les nations verront ton Salut, et tous les rois ta gloire et on t'appellera d'un nom nouveau, que la bouche du Seigneur déterminera.

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L'Enseignement de l'Eglise


« A son peuple Israël Dieu s’est révélé en lui faisant connaître son nom. Le nom exprime l’essence, l’identité de la personne et le sens de sa vie. Dieu a un nom. Il n’est pas une force anonyme. Livrer son nom, c’est se faire connaître aux autres; c’est en quelque sorte se livrer soi-même en se rendant accessible, capable d’être connu plus intimement et d’être appelé, personnellement ». (Catéchisme de l'Eglise Catholique § 203).


« Le sacrement de Baptême est conféré « au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19). Dans le baptême, le nom du Seigneur sanctifie l’homme, et le chrétien reçoit son nom dans l’Église. Ce peut être celui d’un saint, c’est-à-dire d’un disciple qui a vécu une vie de fidélité exemplaire à son Seigneur. Le patronage du saint offre un modèle de charité et assure de son intercession. Le « nom de baptême » peut encore exprimer un mystère chrétien ou une vertu chrétienne. « Les parents, les parrains et le curé veilleront à ce que ne soit pas donné de prénom étranger au sens chrétien ». (Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 2156) Dieu appelle chacun par son nom (cf. Isaïe 43, 1; Jean 10, 3). « Le nom de tout homme est sacré. Le nom est l’icône de la personne. Il exige le respect, en signe de la dignité de celui qui le porte ». (Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 2158).


Alors les nations verront ton Salut, et tous les rois ta gloire et on t'appellera d'un nom nouveau, que la bouche du Seigneur déterminera.

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L'exemple de la Famille Martin


« Jusqu'à la fin de sa vie, Thérèse recherche sa vocation profonde, en s'identifiant à sainte Cécile, à Jeanne d'Arc. L'amour de son papa qu'elle appelle « mon roi » puis son intimité avec le Père tracent progressivement un chemin de confiance filiale. Et deux ans seulement avant sa mort, elle pousse un grand cri de victoire: « Ma vocation, enfin je l'ai trouvée (…) Dans le cœur de l'Eglise, ma mère, je serai l'amour ». Son identité unique lui est révélée: elle a l'intuition de son nom nouveau. Elle saisit dans l'Esprit Saint, quelle sera sa mission au Ciel: conduire à Dieu une multitude de petites âmes dont elle sera la mère, en leur apprenant la confiance et l'abandon du tout petit dans les bras de son père ». (Séminaires Saint Luc, « Guérir en Famille »).


« N'ayant jamais vécu parmi le grand monde, Céline et moi nous trouvâmes au milieu de la noblesse qui composait presque exclusivement le pèlerinage. Ah! Bien loin de nous éblouir, tous ces titres et ces « de » ne nous parurent qu'une fumée... De loin cela m'avait quelque fois jeté un peu de poudre aux yeux, mais de près, j'ai vu que « tout ce qui brille n'est pas or » et j'ai compris cette parole de l'Imitation: « Ne poursuivez pas cette ombre qu'on appelle un grand nom, ne désirez ni de nombreuses relations, ni l'amitié particulière d'aucun homme ». J'ai compris que la vraie grandeur se trouve dans l'âme et non dans le nom, puisque, comme le dit Isaïe: « Le Seigneur donnera un nom à ses élus » et Saint Jean dit aussi: « Que le vainqueur recevra une pierre blanche sur laquelle » est écrit un nom nouveau que nul ne connaît que celui qui le reçoit ». C'est donc au Ciel que nous saurons quels sont nos titres de noblesse. Alors chacun recevra de Dieu la louange qu'il mérite et celui qui sur la terre aura voulu être le plus pauvre, le plus oublié pour l'amour de Jésus, celui-là sera le premier, le plus noble et le plus riche!... » (Manuscrit A, folio 56).

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Prière consécratoire


Sainte Vierge Marie, nous Vous consacrons notre identité profonde, donnez-nous Votre parfaite disponibilité à l'action de l'Esprit-Saint, pour que nous aussi nous soyons appelés « remplis de grâces », et que nous accomplissions notre nom caché, notre véritable mission. Reine du Ciel, couronnée par la Trinité, Vous avez tout reçu des mains du Père et du Fils et l'Esprit Vous a enveloppé de Son Ombre pour Vous révéler le pourquoi de Votre être. Accordez-nous la grâce de trouver notre identité, non pas dans notre être pécheur, mais dans le Christ, dans la fidélité à l'Esprit Saint et sous le regard du Père.


Alors les nations verront ton Salut, et tous les rois ta gloire et on t'appellera d'un nom nouveau, que la bouche du Seigneur déterminera.

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Exercice


Dans cet exercice, nous commenceront par méditer ce passage de l'Epître aux Philippiens: « Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus Christ, existant en forme de Dieu, il n'a point regardé comme une proie à arracher d'être égal avec Dieu, mais il s'est anéanti lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme, il s'est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix. C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père ». (Philippiens (2: 5-11). Nous avons été baptisés dans le Nom de Jésus, nous avons été immergés en Lui. Saint Paul pourra dire: « Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi » (Galates 2: 20). Aussi, ferons-nous mémoire de notre baptême. Nous essaierons de visualiser ce que signifie cette immersion dans le Nom de Jésus, dans Sa Personne. Ensuite, nous ferons mémoire des moments privilégiés de notre vie où nous avons été visités par la Grâce. Comme était-ce? Que ressentions-nous? Quelles étaient nos dispositions intérieures dans ces moments là? Pourquoi ne sommes-nous pas toujours dans ces mêmes dispositions ou face à Dieu nous nous sentions vraiment nous mêmes? Que faire concrètement pour retrouver le plus souvent possible notre véritable identité Chrétienne?

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30 septembre 2010

Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille 1/26

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Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille


Introduction


Dieu est famille. Il est communication des personnes, amour et don total. Tout dans la création procède de ce modèle trinitaire. Les sociétés se sont toujours conformées à ce modèle obéissant à l'alliance noachique (Cf. Genèse 9: 12; 16-17). Malheureusement, en ces temps de fin de civilisation occidentale les valeurs les plus fondamentales s'effondrent dans une sorte de suicide où l'individu se déstructure sur tous les plans, affectif, psychique et spirituel. Ce désastre est la conséquence de la désagrégation de la cellule familiale. De la famille élargie d'abord puis de la famille restreinte. Depuis la fin de la guerre l'égoïsme et le matérialisme ont chassé de l'univers affectif proche les grands parents ainsi que les oncles et tantes, laissant le couple dans un face à face qui a abouti à un égoïsme encore plus fort où chacun des époux a réclamé le droit de disposer de lui-même, de son corps, de son temps, de son argent. Les membres fondateurs de la Communion Marie Reine de la Paix ont ressenti comme une nécessité de faire écho aux appels répétés de Jean Paul II en faveur de la famille ainsi qu'aux messages de la Vierge Marie à Medjugorje. Notre Mère du Ciel dans Sa pédagogie invite à la récitation du Rosaire en famille ainsi qu'à la lecture de la Bible.


Citons à titre d'exemples quelques messages parmi tant d'autres: « Chers enfants, Je vous en prie, commencez à transformer votre vie dans les familles. Que chaque famille soit une fleur harmonieuse que Je souhaite donner à Jésus. Chers enfants, que chaque famille soit active dans la prière. Je voudrais qu'un jour apparaissent des fruits dans les familles. Seulement ainsi, pourrai-Je vous offrir comme des pétales à Jésus pour l'accomplissement des plans de Dieu. Merci d'avoir répondu à Mon appel » (1er mai 1986). « Chers enfants, je me réjouis pour tous ceux qui sont sur le chemin de la sainteté. Je vous prie d'aider par votre témoignage ceux qui ne savent pas vivre saintement. Ainsi chers enfants, que votre famille soit le lieu où naisse la sainteté. Aidez tout le monde à vivre saintement, en particulier les membres de votre propre famille. Merci d'avoir répondu à mon appel ». (24 juillet 1986). « Chers enfants, aujourd'hui, je vous appelle à la prière. Que la prière soit vie pour vous. Une famille ne peut pas dire qu'elle est dans la paix si elle ne prie pas chaque jour. C'est pourquoi que votre matinée commence par la prière du matin et que la soirée finisse par l'action de grâce. Petits enfants, je suis avec vous, je vous aime; je vous bénis et je désire que chacun de vous soit dans mon embrassement. Vous ne pouvez pas être dans mon embrassement si vous n'êtes pas prêts à prier chaque jour. Merci d'avoir répondu à mon appel ». (25 août 1995).


Il ne s'agit pas de donner des leçons de vertu au monde, ni de lui faire la morale, mais d'entrer dans une plénitude plus grande de vie, cette vie qui est en Dieu et que l'on ne peut recevoir que dans la prière. Or la prière ne fleurit que dans la douceur et l'humilité. C'est donc en reprenant la devise de la Communion Marie Reine de la Paix, que nous envisageons cette retraite: « Douceur, douleur, ferveur ». Douceur de Marie qui ne nous fait pas de reproches, qui ne nous accuse pas mais qui nous montre de quel amour nous sommes aimés. On ne reprochera donc rien aux autres membres de la famille, mais on témoignera de la douceur et de l'humilité du Cœur du Christ en pardonnant en en aimant d'une manière inconditionnelle, en donnant sa vie sans rien attendre en retour. Douleur, c'est celle d'un cœur brisé et broyé, comme le dit le Psalmiste (Psaume 51), de celui qui reconnaît ses erreurs, ses fautes et ses péchés et dont le cœur est attendri dans la douloureuse joie du pardon reçu. Ferveur de l'âme qui s'est décidée pour la prière et qui s'y tient, qui incite les autres par son exemple à entrer dans le cœur à cœur avec le Cœur de Marie et le Cœur de Jésus qui a tant aimé les hommes.

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La Sainte Famille


Plus qu'un modèle


L'Eglise propose la Sainte Famille comme modèle de la famille Chrétienne. De prime abord nous sommes en droit de nous interroger sur la validité d'un tel modèle pour nous demander de quelle manière elle est un modèle. Le mariage n'est pas consommé, il n'y a qu'un enfant et le père n'est pas vraiment le père de l'enfant, de plus le père est un saint, un juste parmi les justes, la mère est préservée du péché originel et l'enfant est Dieu Lui-même. Tout cela est certes admirable mais inimitable! Si nous cherchons une famille a imiter: il vaut mieux nous tourner vers une autre Sainte Famille, celle de Thérèse de l'Enfant Jésus, avec ses nombreux enfants, avec Monsieur Martin, qui ressemble tant à Saint Joseph et Zélie, si aimante et dévouée. Il nous faut donc admettre que la Sainte Famille est plus qu'un modèle: c'est une source dans laquelle nous devons puiser. Méditer sur chacune des trois personnes qui la composent et sur la relation entre elles est une source de bénédiction, de force et de guérison.


Une oeuvre de sagesse


Des peintres, comme Murillo, ont si bien traduit la théologie mystique du XVIIe siècle en faisant rencontrer dans une même peinture la Trinité et la Sainte Famille, qu'on l'appellera la « Petite Trinité sur la terre ». En effet, Dieu s'est incarné non seulement dans un homme, mais également dans une famille. C'est le choix de Dieu de sanctifier les relations humaines pour en faire une image des réalités célestes qui sont le devenir de l'humanité. Joseph est l'ombre du Père, comme le dira magnifiquement Jean-Jacques Olier, le père du renouveau Sacerdotal en France, Marie, est l'épouse du Saint Esprit, comme l'indique la Salutation Angélique et, entre les deux, le Christ est l'élément commun aux deux « Trinités ». En suscitant la Sainte Famille, Dieu a fait une oeuvre de Sagesse et d'Amour et nous savons que Sa Sagesse et Son Amour sont folie pour le monde, mais Source de Vie pour celui qui se confie en Lui.


Une source spirituelle


Un psychiatre, à propos du Livre de la Consécration, disait: « Ce que vous faites est dangereux: on ne peut pas proposer des relations spirituelles avec Saint Joseph ou la Vierge Marie, si on n'est pas d'abord guéri, sur le plan psychologique de l'image paternelle et maternelle que nous portons ». Ce médecin ignorait le véritable remède. La Sainte Famille n'est pas une projection de la réalité psychologique, mais une source spirituelle proposée par Dieu. Dans la Communion des Saints, qui est le mystère du Corps du Christ, chacune des personnes est vivante et communique avec nous. Ravivons la mémoire de notre Baptême! Nous nous souvenons de nos blessures humaines, mais nous faisons également mémoire de notre Baptême, car, par lui nous avons revêtu le Christ. Toutes les réalités du mystère du Salut, nous les portons dans une sorte d'inconscient spirituel. J'ai souvent proposé a des personnes blessées dans leur relation filiale, par un père absent ou trop dur, de se confier à Saint Joseph, de méditer un instant, chaque jour, sur cet homme qui était à la fois fort et doux, observant un silence respectueux devant le mystère de l'autre. Et que de guérisons j'ai pu constater, dues à une véritable manifestation de Saint Joseph, nous pourrions dire d'une union avec lui. Les Saints nous sont proposés, non pas seulement comme des aides extérieures que l'on invoque selon les besoins, mais aussi comme des guides spirituels qui nous communiquent leurs vertus et leurs grâces propres. Quand un Saint nous devient intime, ce qui lui appartient nous appartient aussi; voilà pourquoi il nous faut choisir nos amis dans le Ciel avec soin. Qu'on se souvienne de ce vers de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, dans ce merveilleux poème, qui résume toute sa mariologie: « Le trésor de la Mère appartient à l'enfant ». Ce que Dieu donne à un Saint est pour toute l'Eglise. Plus nous serons intimes avec la Sainte Vierge, plus nous nous considèrerons véritablement comme ses petits enfants et plus aussi Elle interviendra dans nos vies et partagera avec nous ses privilèges de Fille bien-aimée du Père.


Voyez comme ils s'aiment


Redisons-le: chacune des personnes de la Sainte Famille est pour nous une source de guérison parce qu'elle préfigure, chacune à sa manière, l'humanité rachetée, régénérée, transfigurée. Mais il y a plus. En effet, comme aucune des Personnes de la Trinité Sainte ne peut être considérée séparée des deux autres, on ne peut séparer les membres de la Sainte Famille. Au contraire, il nous faut contempler leur relation d'amour. Nul n'est seul, nul n'est une ile, nous n'existons qu'en relation. Malheureusement la société moderne pose le désir de chacun comme une dictature, la liberté est érigée en idole et la conséquence de cet égoïsme forcené est l'éclatement du tissu social et de la famille. Dieu lui-même est famille, Dieu est relation, sortir de cette relation, c'est se figer dans la mort. Nous pourrons donc entrer dans la Maison de Nazareth, comme dans un foyer de Charité et d'amour, selon la belle expression de Marthe Robin, nous plonger dans ce milieu pour y recevoir la chaleur, la tendresse, qui nous ont manqué ou qui sont nécessaires à notre croissance en Dieu. Prenons l'image d'une plante, elle a besoin de chaleur et de lumière pour pousser, mais également d'un tuteur pour s'élever avec droiture. Si Marie est cette chaleur toute maternelle, et l'Enfant Jésus, la Lumière de l'Amour Miséricordieux, Joseph est le tuteur, lui qui est le juste qui a poussé comme un palmier, et nous nous ajustons à lui.


Un amour oblatif


L'amour dont ils s'aiment tend vers un but commun: l'oblation. En effet, Marie et Joseph ont été préparés à leur mission par le travail de la grâce, dès Sa Conception pour la Vierge et par des interventions divines pour son époux. Si la famille humaine est orientée vers la procréation en accomplissant le commandement de Dieu dans la Genèse, de remplir la terre, elle a aussi pour vocation d'être l'image de l'Amour de Dieu d'une manière sacramentelle. Aussi l'exemple de la Sainte Famille doit-il lui être d'un puissant secours et une ressource irremplaçable. Joseph, étant dégagé de la paternité naturelle, entre dans sa mission surnaturelle. Comme Dieu le Père, il s'efface, il respecte, il est patient et en même temps il rassure, sécurise et pourvoit à la substance, il ne vit plus qu'en fonction du don de son Fils pour le Salut du monde. D'une certaine manière, ce qui a été épargné à Abraham sur le Mont Moriah, ne lui sera pas épargné. Il est l'icône du Père, qui donne son Fils bien-aimé. Quant à Marie, la Maternité qu'Elle vit dans sa chair, elle devra également l'orienter vers le sacrifice, la Mère la plus comblée du monde sera également celle à qui il sera le plus demandé. Nous ne savons plus guère ce qu'est le sacrifice. Il est totalement absent de la psychologie moderne, qui lui propose une vision de l'homme prisonnier de ses désirs et voué au malheur, car force est de constater qu'il ne peut pas les assouvir. L'oblativité est pourtant une capacité essentielle de l'homme, le germe du divin en lui est sa seule possibilité de bonheur. Nous connaissons la joie du don, mais affirmons qu'il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir, mais nous sous-exploitons totalement cette capacité de l'homme créé à l'image et à la ressemblance de Dieu. Toute la vie sacramentelle, la prière source de l'union à Dieu et la vie ecclésiale nous sont offertes pour développer cette capacité oblative. Vécue en famille, comme chez les Martin, cette capacité oblative est source d'une immense vitalité pour l'Eglise. Ni Louis, ni Zélie, ne vivaient pour eux-mêmes, c'était l'unique terme de leur contrat de mariage et le fruit de leur union est incommensurable: cinq enfants, cinq consacrées, dont la plus grande Sainte des temps modernes, prophète pour notre temps. L'oblativité appliquée à toutes nos relations humaines, les transforme, les transfigure et devient source féconde. Mère Teresa nous est donnée comme un rappel de cet amour qui ne désire rien pour lui-même mais tout pour l'autre. Dans cet oubli on se retrouve véritablement, car, c'est en donnant qu'on reçoit, c'est en mourant à soi-même qu'on naît à la vie éternelle. La règle de sa congrégation stipule que les Soeurs de la Charité doivent donner sans rien attendre en retour. Le fait de ne rien attendre permet de poser des actes de parfaite gratuité et c'est dans cette gratuité que réside la pureté, l'absence de mélange.


Parlez-moi d'amour


Nous n'avons jamais tant parlé d'amour qu'aujourd'hui: dans la littérature, dans la publicité, les chansons, les films etc. et nous n'avons jamais été aussi éloignés de la nature véritable de l'amour. Cela pour deux raisons: la blessure du péché et le contexte actuel de la culture de mort. La blessure du péché fait que, quand nous parlons d'amour, nous exprimons avant tout notre désir d'être aimés. Notre blessure fondamentale est le manque, un manque que nous allons essayer de combler d'une manière compulsive, irraisonnée, par toutes sortes de manières. Nous avons faim et nous ignorons la nature de notre faim, qui est en fait le désir de l'union à Dieu et, comme l'a dit Saint Augustin, notre âme se tourmente jusqu'à ce qu'elle accepte de se reposer en Dieu. La Sainte Famille, elle, ne vit que de Dieu et pour Dieu. Voilà pourquoi elle est un lieu de repos. Le piège est de compter sur ses propres capacités à aimer. Or nous le savons, l'amour humain malgré toute sa beauté n'est pas infini, il se heurte à des limites qui font que l'amour peut se changer en haine, en indifférence, en amertume. L'affectivité s'exprime de manière différente selon le tempérament. Chaque enfant a une manière propre de réagir à la blessure d'amour, à la prise de conscience d'un manque. Selon nos blessures propres, nous mélangerons amour et domination, amour et protection, amour et possession, nous garderons nos distances au sein même de l'amour ou bien encore nous profiterons de l'être aimé en toute innocence. Aucune de ces manières d'aimer n'est juste et nul homme ne sait aimer parfaitement sans le secours de la grâce, car j'aurais beau me dévouer, comme le dit l'Hymne à la Charité, de la Première Epître aux Corinthiens, j'aurais beau me dépenser, si je n'ai pas la Charité, c'est à dire cet amour qui vient du Christ, je ne suis rien et tout ce que j'entreprends, même avec beaucoup de générosité, finit toujours par satisfaire mon propre besoin. Nous voyons donc que cette Retraite de Consécration est extrêmement importante. L'exigence évangélique est surhumaine et bien souvent, nous ne sommes pas à la hauteur de notre nom de Chrétien, mais la Sainte Famille nous est donnée comme une école où, humblement nous pouvons nous rendre, un foyer d'amour où nous nous laissons aimer pour ensuite transmettre cette qualité d'amour.


La Famille Martin


Au cours de cette Retraite, nous méditerons chaque jour l'exemple de la Famille Martin. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face, proclamée Docteur de l'Eglise et par là, même la famille qui l'a vue naître, qui l'a éduquée et formée spirituellement, nous est proposée comme modèle (Les parents Martin ont étés béafifiés le 19 octobre 2008). Elle n'est pas une famille parfaite, les parents ont sans doute commis des erreurs pédagogiques, ils sont restés très marqués par leur temps, en cela aussi ils sont exemplaires, car nulle famille n'est parfaite, mais, ils ont fait de leur mieux en comptant avant tout sur Dieu. L'importance de la liturgie familiale chez les Martin, doit être soulignée, car, une famille Chrétienne est avant tout une famille qui prie, qui remet tous les jours ses erreurs et ses espérances à la Miséricorde Divine, qui se replace dans la Sainte Famille et dans la vie trinitaire.

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Quelques questions


Que veut dire se consacrer? Littéralement, cela signifie « rendre saint avec », c'est donc prendre de ce qui est à nous, de ce qui est humain et l'associer au divin en l'offrant à Dieu pour qu'Il le sanctifie. Le Concile affirme que les laïcs sont les consécrateurs du monde, parce que vivant dans le monde, ils sont à même de le remettre tous les jours à Dieu. Se consacrer à Marie signifie que nous remettons notre vie à la Vierge, que nous lui donnons un feu vert pour qu'elle travaille à notre sanctification et qu'elle nous communique ses grâces. La Consécration est un acte de liberté et de confiance.


Les textes sont très riches, peut-on les vivre intégralement? Comme la Retraite de Consécration à la Sainte Trinité par le Cœur Immaculé de Marie, cette Retraite a été conçue pour que chacun puisse se reconnaître sans un élément ou dans un autre et pour pouvoir être recommencée plusieurs fois. De plus, ce livre est une petite anthologie qui réunit des textes bibliques et magistraux que l'on peut consulter selon les besoins.


Est-il normal de ne pas se sentir à la hauteur de ce qui nous est proposé? Bien entendu, nous pourrions dire que la famille modèle est un mythe. Celui qui dit qu'il n'est pas pécheur est un menteur, nous dit l'Ecriture. Or la famille est composée de pécheurs en quête de sainteté. Il est dangereux de se prétendre sans défauts et sans failles, c'est une attitude pharisienne et orgueilleuse qui nous coupe de la grâce. L'Eglise place la barre très haut, car notre idéal est au Ciel, nous devons nous efforcer d'y correspondre dans l'humilité et en recourant aux moyens de Salut qu'elle nous propose dans les Sacrements. En même temps, il est important de réaliser que ce que nous propose le monde en matière de morale et de sens de la vie est totalement ennemi du Christ et conduit à la mort. L'Eglise ne veut pas nous faire « porter de pesants fardeaux », elle veut nous préserver du mal et de la mort, nous conduire vers une Civilisation de l'amour. Pour cela, nous devons rompre avec la culture de mort. Sa morale n'est pas un retour à la loi, mais une découverte de l'amour.


Je suis seul(e) mon conjoint est parti, puis-je faire la Retraite? Nous sommes solidaires dans le bien comme dans le mal. Grâce au Sacrement du Mariage, un conjoint peut se consacrer à la place de l'autre dans la Foi, l'Espérance et la Charité et consacrer ses enfants. La famille, même amputée d'un membre, existe toujours. Rappelons qu'il est abusif de parler de l'annulation du mariage, car un sacrement ne peut être annulé. Ce qu'un procès Canonique doit établir, c'est de savoir s'il y a eu Sacrement ou non.


Pourquoi consacrer des évènements passés, comme ceux de la petite enfance? Peut-on revivre son passé? On ne peut réécrire sa vie, mais on peut en modifier le vécu, faire un travail de mémoire, afin que les évènements passés n'exercent plus la même influence sur notre présent. En fait, toute notre vie passée est présente dans notre présent et conditionne notre avenir. Il nous faut donc évangéliser notre mémoire. Il est étonnant de constater que nous possédons une mémoire, non seulement de notre petite enfance, mais encore de notre gestation, de l'instant de notre conception et même de notre arbre généalogique.


Les textes sont longs et prenants, si on veut les méditer sérieusement, comment trouver le temps? Nous pourrions en dire autant des lettres du Saint Père, mais il les a publiées parce qu'il s'agit d'une question vitale. La famille est la clé de voûte de la société, elle est plus que menacée de nos jours. Quand on est malade, on suspend toute activité pour se soigner. Le temps est un faux problème, on le trouve pour regarder la télévision! Or, chaque jour de consécration prend moins de temps que de regarder un film. De plus, on n'est pas obligé de tout faire: on peut par exemple décider de ne faire la Retraite qu'avec l'enseignement de l'Eglise, quitte à la recommencer plus tard avec la Famille Martin. Les exercices ne sont pas obligatoires, ils sont proposés à titre complémentaire, chacun d'eux peut se vivre en dehors de la Retraite.


Est-il nécessaire de faire la Retraite si tout va bien dans la famille? On dispose des extincteurs dans la maison et on les entretient quand il n'y a pas le feu! Les familles Chrétiennes les plus pieuses ne sont pas à l'abri d'accidents de parcours comme nous le montrent tant d'exemples. Comment se fait-il que des familles unies, ferventes, recevant l'Eucharistie quotidiennement, priant le Chapelet, oeuvrant dans un grand nombre d'activités sociales et caritatives, puissent tout à coup s'effondrer comme un jeu de quilles? L'extincteur, c'est cet instrument spirituel adapté à notre époque, que nous devrions tous avoir dans nos familles et dont nous devons apprendre le fonctionnement. Par exemple, comment réagir à telle ou telle situation sans être esclave de mes mécanismes de défense, mis en place très tôt dans l'enfance et dont je ne suis plus le maître. Tout va bien, et tout à coup c'est le choc: la calomnie, un accident, un enfant qui va mal, mon conjoint qui me délaisse ou me quitte, le travail... Et alors tout s'effondre. L'illusion est de vouloir a tout prix « sauver les apparences ». La transformation en profondeur des comportements et des relations au sein de la famille ne peuvent se faire que nous acceptons de voir « là où nous en sommes » et « là où nous sommes appelés ». « L'amour n'est pas une utopie », clamait le Pape Jean Paul II. Y croyons-nous vraiment? Si oui, alors « je n'ai rein qu'aujourd'hui », comme nous le dit la Petite Thérèse. C'est chaque jour le « petit pas ».


Tout semble brisé dans notre famille, n'est-il pas  trop tard? N'est-ce pas remuer le couteau dans la plaie? Beaucoup de choses peuvent être réparées dans l'invisible! Le monde spirituel n'est pas prisonnier de l'espace et du temps, nous pouvons faire beaucoup de bien à ceux qui sont éloignés de nous et qui sans aucun doutes souffrent de ce qui s'est passé. Nous devons aussi demeurer dans l'espérance, espérer contre toute espérance.


Comment pratiquement faire la Retraite en famille. Il est bon que les époux fassent toute la Retraite ensemble, bien que dans la première semaine, se soit surtout le mari qui conduise la prière, dans la seconde, c'est surtout la femme et dans la troisième semaine, les époux ensemble. Un petit livret est proposé aux enfants pour une liturgie familiale, qui réunit toute la famille, chaque jour de la Retraite, autour du thème abordé.


Qu'est-ce que la Communion Marie Reine des Familles? Nombreuses sont les familles qui nous confient leur sentiment de solitude. Comment peut-on vivre notre Foi dans la plénitude, en étant seuls? Nous devons retrouver un dialogue entre familles, des moments à part, entre homme, entre femmes. Pour cela, nous devons utiliser les moyens les plus modernes pour susciter ce renouveau, à l'exemple du Père Kolbe. La Revue Maria, le minitel, l'internet et tous nos rassemblements sont à la disposition de tous. Nous devenons membre d'une grande famille en répondant à l'appel de Jean Paul II, nous demandant de nous unir, de nous organiser et de nous retrouver. Prions tous les uns pour les autres et pour que la Communion Marie Reine des Familles reçoive cet « esprit d'ouverture qui fasse des familles chrétiennes une véritable source de lumière et un ferment sain pour les autres familles ». (Jean Paul II).


Gujan-Mestras, le 15 août 1998,

En la Fête de l'Assomption de Marie

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Avertissement


Nous allons vivre: 8 jours avec Saint Joseph, 8 jours avec Marie, 8 jours avec l'Enfant Jésus, 1 journée avec la Sainte Trinité. Chaque jour: une introduction sur le thème du jour; une antienne: il est bon de la répéter plusieurs fois au cours du temps de prière, et par ailleurs d'essayer de la mémoriser à l'avance, pour la psalmodier tout au long de la journée dans son cœur; la Parole de Dieu; un texte de l'Eglise; l'exemple de la Famille Martin; la prière consécratoire; un exercice ,pratique. Celui-ci est facultatif et peut se vivre en dehors de la Retraite. Il nous permet de vivre concrètement ce que nous consacrons. Moïse s'adresse ainsi au Peuple d'Israël: « Vois, je te propose aujourd'hui vie et bonheur, mort et malheur... Je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité vous viviez ». (Deutéronome 30: 15-19). Cette injonction claire et forte convient tout autant à nous qui devons choisir tous les jours entre la « culture de vie » et la « culture de mort ». Mais l'appel du Deutéronome est encore plus profond, parce qu'il nous demande un choix à proprement parler, religieux et moral. Il s'agit de donner à son existence une orientation fondamentale et de vivre fidèlement en accord avec la Loi du Seigneur: « Ecoute les commandements que Je te donne aujourd'hui: aimer le Seigneur ton Dieu, marcher dans Ses chemins, garder Ses ordres, Ses commandements et Ses décrets.... Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité vous viviez, aimant le Seigneur ton Dieu, écoutant Sa Voix; t'attachant à Lui; car là est ta vie, ainsi que la longue durée de ton séjour sur la terre » (Deutéronome 30: 16-20).

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10 septembre 2010

Les Serviteurs de Dieu Thomas Alvira et Paquita Dominguez

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Les Serviteurs de Dieu Thomas Alvira et Paquita Dominguez

Epoux membres de l'Opus Dei

29 août 1994


Thomas Alvira Alvira est né à Villanueva de Gallego (Saragosse) le 17 Janvier 1906 et est mort à Madrid le 7 mai 1992. Diplômé en chimie, il fut chercheur à la SCCI et professeur à l'Institut des Sciences naturelles de Madrid. Paquita Susin Domínguez est née en Borau (Huesca) le 1er avril 1912 et est morte à Madrid le 29 août 1994. Elle a été enseignante. Ils se sont mariés le 16 Juin 1939 à Saragosse. Ils ont eu 9 enfants, dont le premier, José María, est décédé à l'âge de cinq ans. La famille a déménagé à Madrid en Novembre 1941, alors que Thomas enseignait à l'Institut Ramiro de Maeztu. Tous deux furent surnuméraires à l'Opus Dei: Thomas, le 15 Février 1947, et Paquita, le 1er Février 1952. Fidèles à l'esprit de l'Opus Dei, ils ont transmis à leurs enfants et à beaucoup d'autres, un exemple de vie chrétienne. Suivant les préceptes de Saint José Maria Escriva, ils ont fait de leur maison, « un foyer lumineux et heureux ». Ils se sont sanctifiés dans l'exercice héroïque de la persévérance dans les vertus chrétiennes. La Sainte Messe était le centre et la racine de leur vie intérieure. Aidé par la grâce divine et essayant de toujours être en présence de Dieu, ils ont pu accomplir leurs activités ordinaires, familières, professionnelles et sociales. Les deux époux ont tous deux contracté de douloureuses maladies, qu'ils ont supporté avec une patience toute surnaturelle. Thomas est décédé des suites d'une tumeur et Paquita a rendu son âme à Dieu à la suite d'une maladie cérébrale. Leur cause de Béatification a été ouverte en février 2008


Prière pour demander des Serviteurs de Dieu Tomas Alvira et Paquita Dominguez


O Dieu, qui avez accordé à Vos serviteurs Paquita et Tomas, la grâce d'un mariage et qui leur avez  accordé la grâce de vivre chrétiennement leurs engagements professionnels et sociaux, donnez-nous la force de Votre Amour, pour que nous puissions propager dans le monde la grandeur de la fidélité et de la Sainteté conjugale. Daignez enfin glorifier Vos Serviteurs, et nous accorder les grâces que nous Vous demandons par leur intercession (...) Amen.


Pater, Ave, Gloria


Si vous avez reçu des grâces, merci d'en faire parvenir le témoignage à

Prélature de l'Opus Dei

Région de France

7, rue Dufrenoy

F-75116 Paris

www.opusdei.fr


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3 septembre 2010

Chemin de Croix médité avec Jean Paul II

2

Chemin de Croix

Méditations du Vénérable Jean Paul II

Le Vendredi-Saint de l'An 2000, année sainte

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.  Amen.

« Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive ». (Mt 16, 24)

Depuis vingt siècles, l'Église se rassemble en cette soirée, pour se rappeler et pour revivre les événements de l'ultime étape du chemin terrestre du Fils de Dieu. Aujourd'hui, comme chaque année, l'Église qui est à Rome se réunit au Colisée, pour se mettre à la suite de Jésus qui, « portant lui-même sa croix, sortit en direction du lieu dit: le Crâne, ou Calvaire, en hébreu: Golgotha » (Jean 19, 17). Nous nous trouvons ici, convaincus que le chemin de croix du Fils de Dieu ne fut pas le simple fait de marcher vers le lieu de son supplice. Nous croyons que chaque pas du Condamné, chacun de ses gestes et chacune de ses paroles, et aussi ce qu'ont vécu et accompli ceux qui ont pris part à ce drame, nous parlent continuellement. C’est aussi dans sa souffrance et dans sa mort que le Christ nous révèle la vérité sur Dieu et sur l'homme. En cette année jubilaire, nous voulons réfléchir avec une intensité particulière sur le contenu de cet événement, afin qu'il parle avec une force nouvelle à nos esprits et à nos cœurs, et qu’il devienne pour nous source de la grâce d'une authentique participation. Participer signifie avoir part. Que veut dire avoir part à la croix du Christ ? Cela veut dire faire l'expérience dans l'Esprit Saint de l'amour que la croix du Christ cache en elle. Cela veut dire reconnaître, à la lumière de cet amour, sa propre croix. Cela veut dire la prendre sur ses épaules et, toujours en vertu de cet amour, marcher... Marcher tout au long de la vie, en imitant Celui qui « endura une croix, dont il méprisa l'infamie, et qui est assis désormais à la droite du trône de Dieu » (Hébreux 12, 2).

Prions

Seigneur Jésus Christ, remplis nos cœurs de la lumière de ton Esprit, afin que, te suivant sur ton ultime chemin, nous connaissions le prix de notre rédemption et devenions dignes de participer aux fruits de ta passion, de ta mort et de ta résurrection. Amen.

1

Première station

Jésus est condamné à mort

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Es-tu le roi des Juifs ? » (Jean 18, 33). « Ma royauté ne vient pas de ce monde; si ma royauté venait de ce monde, j'aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Non, ma royauté ne vient pas d'ici » (Jean 18, 36). Pilate ajouta : « Alors, tu es roi? » Jésus répondit: « C'est toi qui dis que je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci: rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix ». Pilate répliqua:  « Qu'est-ce que la vérité? ». À ce point, le Procureur romain considéra l'interrogatoire comme terminé. Il alla chez les Juifs et leur dit: « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation » (Jean 18, 37- 38). Le drame de Pilate se cache dans la question: « Qu'est-ce que la vérité? » Ce n'était pas une question philosophique sur la nature de la vérité, mais une question existentielle sur son rapport à la vérité. C'était une tentative de se dérober à la voix de sa conscience qui lui ordonnait de reconnaître la vérité et de la suivre. L'homme qui ne se laisse pas conduire par la vérité se dispose même à émettre une sentence de condamnation à l'égard d'un innocent. Les accusateurs devinent cette faiblesse de Pilate et c'est pourquoi ils ne cèdent pas. Avec détermination ils réclament la mort en croix. Les demi-mesures auxquelles Pilate a recours ne l'aident pas. La peine cruelle de la flagellation infligée à l'Accusé n'est pas suffisante. Quand le Procureur présente à la foule Jésus flagellé et couronné d'épines, il semble chercher une parole qui, à son avis, devrait faire céder l'intransigeance de la foule. Montrant Jésus, il dit: « Ecce homo! Voici l'homme! » Mais la réponse est: « Crucifie-le, crucifie-le! » Pilate cherche alors à discuter: « Reprenez-le, et crucifiez-le vous-mêmes; moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation » (Jean 19, 5-6). Il est toujours plus convaincu que l'Accusé est innocent, mais cela ne lui suffit pas pour émettre une sentence d'acquittement. Les accusateurs recourent à l'ultime argument: « Si tu le relâches, tu n'es pas ami de l'empereur. Quiconque se fait roi s'oppose à l'empereur » (Jean 19, 12). La menace est claire. Devinant le danger, Pilate cède définitivement et émet la sentence. Mais non sans faire le geste lâche de se laver les mains: « Je ne suis pas responsable du sang de cet homme; cela vous regarde! » (Mt 27, 24). C'est de cette façon que Jésus a été condamné à la mort sur une croix, Lui le Fils du Dieu vivant, le Rédempteur du monde. Tout au long des siècles, la négation de la vérité a engendré souffrance et mort. Ce sont les innocents qui paient le prix de l'hypocrisie humaine. Les demi-mesures ne sont pas suffisantes. Il ne suffit pas non plus de se laver les mains. La responsabilité pour le sang du juste demeure. C'est pour cela que le Christ a prié avec tant de ferveur pour ses disciples de tous les temps: « Père, consacre-les par la vérité: ta parole est vérité » (Jean 17, 17).

Prière

Ô Christ, toi qui as accepté une condamnation injuste, accorde-nous, ainsi qu’à tous les hommes de notre temps, la grâce d'être fidèles à la vérité; ne permets pas que le poids de la responsabilité pour la souffrance des innocents retombe sur nous et sur ceux qui viendront après nous. À toi, Jésus, juste Juge, l’honneur et la gloire pour les siècles sans fin. Amen.

Pater noster, qui es in cælis: sanctificetur nomen tuum; adveniat regnum tuum; fiat voluntas tua, sicut in cælo, et in terra. Panem nostrum cotidianum da nobis hodie; et dimitte nobis debita nostra, sicut et nos dimittimus debitoribus nostris; et ne nos inducas in tentationem; sed libera nos a malo. Amen.

Notre Père, qui êtes aux Cieux, que Votre Nom soit sanctifié, que Votre Règne arrivé, que Votre Volonté soit accomplie sur la terre comme au Ciel, donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour, pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal. Amen.

Stabat mater dolorosa,

iuxta crucem lacrimosa,

dum pendebat Filius.

Debout, la Mère douloureuse,

près de la Croix était en larmes,

devant son Fils suspendu.

2
Deuxième station

Jésus est chargé de sa croix

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

La croix. Instrument de mort infamante. Il n'était pas licite de condamner à la mort de la croix un citoyen romain: c'était trop humiliant. Le moment où Jésus de Nazareth s'est chargé de la croix pour la porter sur le Calvaire marque un tournant dans l'histoire de la croix. Signe d'une mort infamante, réservée à la catégorie la plus basse des hommes, la croix devient une clé. Désormais, avec l'aide de cette clé, l'homme ouvrira la porte des profondeurs du mystère de Dieu. Par le geste du Christ qui accepte la croix, instrument de son dépouillement, les hommes sauront que Dieu est amour. Amour sans limites: « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique: ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle » (Jean 3, 16). Cette vérité sur Dieu s'est révélée par la croix. Ne pouvait-elle pas se révéler d'une autre façon ? Peut-être que oui. Toutefois Dieu a choisi la croix. Le Père a choisi la croix pour son Fils, et le Fils l'a prise sur ses épaules, il l'a portée sur le Calvaire et sur elle il a offert sa vie. « Sur la croix il y a la souffrance, sur la croix il y a le salut, sur la croix il y a une leçon d'amour. Ô Dieu, celui qui une fois t'a compris ne désire rien d'autre, ne cherche rien d'autre » (Chant polonais de Carême). La Croix est signe d'un amour sans limites!

Prière

Ô Christ, toi qui acceptes la croix de la main des hommes, pour en faire le signe de l'amour salvifique de Dieu pour l'homme, accorde-nous, ainsi qu'à tous les hommes de notre temps, la grâce de la foi en cet amour infini, afin que, en transmettant au nouveau millénaire le signe de la croix, nous soyons des témoins authentiques de la Rédemption. À toi, Jésus, prêtre et victime, la louange et la gloire pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Cuius animam gementem,

contristatam et dolentem,

pertransivit gladius.

Dans son âme qui gémissait,

toute brisée, endolorie,

le glaive était enfoncé.

3

Troisième station

Jésus tombe pour la première fois

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Dieu a pris sur lui nos péchés à nous tous » (Isaïe 53, 6). « Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous » (Isaïe 53, 6) Jésus tombe sous la croix. Cela arrivera par trois fois sur le chemin relativement bref de la « Via Dolorosa ». Il tombe d'épuisement. Le corps ensanglanté par la flagellation, la tête couronnée d'épines. Tout cela fait que les forces lui manquent. Il tombe, et la croix de tout son poids l'écrase contre terre. Il faut revenir aux paroles du prophète qui, des siècles auparavant, entrevoit cette chute. C'est comme s'il la contemplait de ses propres yeux: devant le Serviteur du Seigneur à terre sous le poids de la croix, il montre la vraie cause de sa chute: « Dieu a pris sur lui nos péchés à nous tous ». Ce sont les péchés qui ont écrasé contre terre le divin Condamné. Ce sont eux qui ont déterminé le poids de la croix qu'il portait sur ses épaules. Ce sont les péchés qui ont provoqué sa chute. Le Christ péniblement se relève pour reprendre le chemin. Les soldats qui l'escortent cherchent à le stimuler par des cris et des coups. Après un moment le cortège repart. Jésus tombe et se relève. C’est ainsi que le Rédempteur du monde s'adresse sans prononcer un mot à tous ceux qui tombent. Il les exhorte à se relever. « Dans son corps, il a porté nos péchés sur le bois de la croix, afin que nous puissions mourir à nos péchés et vivre dans la justice. Par ses blessures, nous sommes guéris » (1 Pierre 2, 24).

Prière

Ô Christ, toi qui es tombé sous le poids de nos fautes et qui t'es relevé pour notre justification, nous t’en prions, aide-nous, ainsi que tous ceux qui sont écrasés par le péché, à nous remettre debout et à reprendre le chemin. Donne-nous la force de l'Esprit, pour porter avec Toi la croix de notre faiblesse. À toi, Jésus, écrasé sous le poids de nos fautes, notre louange et notre amour pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

O quam tristis et afflicta,

fuit illa benedicta,

mater Unigeniti !

Qu'elle était triste et affligée,

la Mère entre toutes bénie,

la Mère du Fils unique !

4

Quatrième station

Jésus rencontre sa mère

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin » (Luc 1, 30-33). Marie se remémorait de ces paroles. Elle y revenait souvent dans le secret de son cœur. Quand, sur le chemin de la croix, elle rencontra son Fils, peut-être justement ces paroles lui revinrent-elles à l'esprit. Avec une force particulière. « Il régnera... Et son règne n'aura pas de fin... », avait dit le messager céleste. Maintenant, alors qu'elle voit son Fils, condamné à mort, porter la croix sur laquelle il devra mourir, elle pourrait se demander humainement parlant : Comment donc ces paroles peuvent-elles se réaliser ? De quelle façon régnera-t-il sur la maison de David ? Et comment se pourra-t-il que son règne n'ait pas de fin ? Humainement parlant, ces questions peuvent se comprendre. Cependant Marie se souvient qu'alors, après avoir entendu l’annonce de l’ange, elle avait répondu: « Voici la servante du Seigneur; que tout se passe pour moi selon ta parole » (Luc 1, 38). Maintenant elle voit que cette parole se réalise comme parole de la croix. Parce qu'elle est mère, Marie souffre profondément. Toutefois, maintenant aussi elle répond comme elle avait répondu alors à l'Annonciation: « Que tout se passe pour moi selon ta parole ». De cette façon, elle prend maternellement dans ses bras la croix avec le divin Condamné. Sur le chemin de la croix, Marie se manifeste comme Mère du Rédempteur du monde. « Vous tous qui passez par le chemin, regardez et voyez s'il est une douleur pareille à la douleur qui me tourmente » (Lamentations de Jérémie 1, 12). C'est la Mère des Douleurs qui parle, la Servante qui obéit jusqu'au bout, la Mère du Rédempteur du monde.

Prière

Ô Marie, toi qui as parcouru le chemin de la croix avec ton Fils, déchirée de douleur dans ton cœur de mère, mais te souvenant toujours de ton fiat et intimement convaincue que Celui à qui rien n'est impossible saurait réaliser ses promesses, implore pour nous et pour les hommes des générations futures la grâce de l'abandon à l'amour de Dieu. Fais que, face à la souffrance, au refus, à l'épreuve, même prolongée et violente, nous ne doutions jamais de son amour. À Jésus, ton Fils, honneur et gloire pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Quæ mærebat et dolebat,

pia mater, cum videbat

Nati pœnas incliti.

Qu'elle avait mal, qu'elle souffrait

la tendre Mère, en contemplant

son divin Fils tourmenté !

5

Cinquième station

Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Ils réquisitionnèrent Simon » (Marc 15, 21).  Les soldats romains firent ainsi, craignant que le Condamné épuisé ne parvienne pas à porter la croix jusqu’au Golgotha. Ils n’auraient pas pu exécuter la sentence de crucifixion portée sur lui. Ils cherchaient un homme qui l’aidât à porter la croix. Leur regard se posa sur Simon. Ils le réquisitionnèrent pour le charger de ce poids. On peut imaginer qu’il ne fut pas d’accord et qu’il s’y opposa. Porter avec un condamné sa croix pouvait être considéré comme une offense à la dignité d’un homme libre. Bien qu’à contrecœur, Simon prit la croix pour aider Jésus. Dans un chant de Carême résonnent ces paroles: « Sous le poids de la croix, Jésus accueille le Cyrénéen ». Ce sont des paroles qui laissent entrevoir un changement total de perspective : le divin Condamné apparaît comme quelqu’un qui, en un certain sens, «fait don» de la croix. N’est-ce pas lui qui a dit: « Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi » (Matthieu 10, 38)? Simon reçoit un don. Il en est devenu « digne ». Ce qui aux yeux de la foule pouvait offenser sa dignité lui a, au contraire, conféré une nouvelle dignité dans la perspective de la Rédemption. Le Fils de Dieu l’a fait participer d’une manière singulière à son œuvre salvifique. Simon en est-il conscient? L’évangéliste Marc identifie Simon de Cyrène comme étant le « père d’Alexandre et de Rufus » (15, 21). Si les fils de Simon de Cyrène étaient connus de la première communauté chrétienne, on peut penser que lui aussi, précisément tandis qu’il portait la croix, a cru au Christ. Il passa librement de la contrainte à la disponibilité, comme s’il avait été intimement touché par ces paroles: « Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi ». Alors qu’il portait la croix, il fut introduit à la connaissance de l’évangile de la croix. Depuis lors, cet évangile parle à de nombreuses personnes, innombrables Cyrénéens appelés au cours de l’histoire à porter la croix avec Jésus.

Prière

Ô Christ, qui as conféré à Simon de Cyrène la dignité de porter ta croix, accueille-nous aussi sous son poids, accueille tous les hommes et donne à chacun la grâce de la disponibilité. Fais que nous ne détournions pas notre regard de ceux qui sont accablés par la croix de la maladie, de la solitude, de la faim, de l’injustice. Fais que, portant les poids les uns des autres, nous devenions témoins de l’évangile de la croix, des témoins véritablement crédibles de toi, qui vis et règnes pour les siècles des siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Quis est homo qui non fleret,

matrem Christi si videret

in tanto supplicio ?

Quel est celui qui sans pleurer,

pourrait voir la Mère du Christ

dans un supplice pareil ?

6

Sixième station

Véronique essuie le visage de Jésus

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

Véronique ne figure pas dans les Évangiles. Ce nom n’y est pas mentionné, bien qu’il y ait celui de différentes femmes qui apparaissent aux côtés de Jésus. Il se peut donc que le nom exprime plutôt ce que fit cette femme. En effet, selon la tradition, sur le chemin du Calvaire une femme se fraya un chemin parmi les soldats qui escortaient Jésus et, avec un voile, elle essuya la sueur et le sang du visage du Seigneur. Ce visage resta imprimé sur le voile; un reflet fidèle - une «icône véritable». C’est à cela qu’on lierait le nom même de Véronique. S’il en est ainsi, ce nom, qui rend mémorable le geste accompli par cette femme, renferme en même temps la plus profonde vérité sur elle. Un jour, suscitant les critiques de l’assistance, Jésus prit la défense d’une femme pécheresse qui avait versé sur ses pieds de l’huile parfumée et qui les avait essuyés avec ses cheveux. À l’objection qui lui fut faite alors, il répondit: « Pourquoi tourmenter cette femme? C’est une action charitable qu’elle a faite à mon égard [...]. Si elle a versé ce parfum sur mon corps, c’est en vue de mon ensevelissement » (Matthieu 26, 10. 12). On pourrait aussi appliquer ces paroles à Véronique. Ainsi est manifestée la portée profonde de cet événement. Le Rédempteur du monde donne à Véronique une image authentique de son visage. Le voile sur lequel reste imprimé le visage du Christ devient un message pour nous. Il dit en un sens: Voilà comment toute action bonne, tout geste de véritable amour envers le prochain renforce en celui qui l’accomplit la ressemblance avec le Rédempteur du monde. Les actes d’amour ne passent pas. Tout geste de bonté, de compréhension, de service, laisse dans le cœur de l’homme un signe indélébile, qui le rend toujours plus semblable à Celui qui « se dépouilla lui-même, en prenant la condition de serviteur » (Philippiens 2, 7). Ainsi se forme l’identité de l’homme, son vrai nom.

Prière

Seigneur Jésus Christ, Toi qui as accepté le geste désintéressé d’amour d’une femme et qui en retour as fait en sorte que les générations s’en souviennent avec le nom de ton visage, fais que nos actions, et celles de tous ceux qui viendront après nous, nous rendent semblables à toi et laissent au monde le reflet de ton amour infini. À toi, Jésus, splendeur de la gloire du Père, louange et gloire pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Quis non posset contristari

Christi matrem contemplari,

dolentem cum Filio?

Qui pourrait sans souffrir comme elle

contempler la Mère du Christ,

douloureuse avec son Fils?

7

Septième station

Jésus tombe une deuxième fois

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Et moi, je suis un ver, pas un homme, raillé par les gens, rejeté par le peuple » (Psaume 21 [22], 7). Ces paroles du psaume viennent à l’esprit tandis que nous regardons Jésus qui, pour la deuxième fois, tombe sous la croix. Voici que, dans la poussière de la terre, gît le Condamné. Écrasé sous le poids de la croix. Ses forces l’abandonnent toujours davantage. Mais, à grand peine, il se relève pour continuer son chemin. Que signifie pour nous, hommes pécheurs, cette deuxième chute ? Plus encore que la première, elle semble nous exhorter à nous relever, à nous relever une nouvelle fois sur notre chemin de croix. Cyprian Norwid a écrit: « Non pas derrière nous-mêmes avec la croix du Sauveur, mais derrière le Sauveur avec notre croix ». Maxime brève mais qui en dit long. Elle explique en quel sens le christianisme est la religion de la croix. Elle laisse entendre que tout homme rencontre ici-bas le Christ qui porte la croix et qui tombe sous son poids. À son tour, sur le chemin du Calvaire, le Christ rencontre tout homme et, tombant sous le poids de la croix, il ne cesse d’annoncer la Bonne Nouvelle. Depuis deux mille ans, l’évangile de la croix parle à l’homme. Depuis vingt siècles, le Christ qui se relève de la chute rencontre l’homme qui tombe. Tout au long de ces deux millénaires, beaucoup en ont fait l’expérience: tomber ne signifie pas la fin du chemin. En rencontrant le Sauveur, ils se sont sentis rassurés par Lui: « Ma grâce te suffit: ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse » (2 Corinthiens 12, 9). Ils se sont relevés réconfortés et ils ont transmis au monde la parole de l’espérance qui jaillit de la croix. Aujourd’hui, une fois franchi le seuil du nouveau millénaire, nous sommes appelés à approfondir le contenu de cette rencontre. Il faut que notre génération transmette aux siècles futurs la bonne nouvelle de notre relèvement dans le Christ.

Prière

Seigneur Jésus Christ, toi qui tombes sous le poids du péché de l’homme et qui te relèves pour le prendre sur toi et l’effacer, donne-nous, à nous hommes faibles, la force de porter la croix de chaque jour et de nous relever de nos chutes, pour transmettre aux générations qui viendront l’Évangile de ta puissance salvifique. À toi, Jésus, soutien de notre faiblesse, la louange et la gloire pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Pro peccatis suæ gentis,

vidit Iesum in tormentis,

et flagellis subditum.

Pour les péchés de tout son peuple

elle le vit dans ses tourments,

subissant les coups de fouet.

8

Huitième station

Jésus console les femmes de Jérusalem

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Femmes de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants! Voici venir des jours où l’on dira: « Heureuses les femmes stériles, celles qui n’ont pas enfanté, celles qui n’ont pas allaité! » Alors on dira aux montagnes: « Tombez sur nous », et aux collines: « Cachez-nous ». Car si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec ? » (Luc 23, 28-31).Ce sont là les paroles de Jésus aux femmes de Jérusalem qui pleuraient, exprimant ainsi leur compassion pour le Condamné. « Ne pleurez pas sur moi! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants! » À ce moment-là, il était certainement difficile de comprendre le sens de ces paroles. Elles contenaient une prophétie, qui devait se vérifier rapidement. Peu avant, Jésus avait pleuré sur Jérusalem, annonçant l’horrible sort qui la frapperait. Maintenant, il semble se référer à cette prédiction: « Pleurez sur vos enfants... » Pleurez, parce qu’ils seront, eux précisément, témoins et participants de la destruction de Jérusalem, de cette Jérusalem qui « n’a pas reconnu le moment où Dieu la visitait » (Luc 19, 44). Si, tandis que nous suivons Jésus sur le chemin de la croix, s’éveille en nos cœurs la compassion pour sa souffrance, nous ne pouvons pas oublier cet avertissement. « Si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec? » Pour notre génération, qui est au tournant d’un millénaire, plutôt que de pleurer sur le Christ martyrisé, c’est l’heure de «reconnaître le temps où elle est visitée». Déjà resplendit l’aurore de la Résurrection. « C’est maintenant le moment favorable, c’est maintenant le jour du salut » (2 Colossiens 6, 2). À chacun de nous, le Christ adresse ces paroles de l’Apocalypse: « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. Le vainqueur, je le ferai siéger près de moi sur mon Trône, comme moi-même, après ma victoire, je suis allé siéger près de mon Père sur son Trône » (3, 20-21).

Prière

Ô Christ, toi qui es venu en ce monde pour visiter tous ceux qui attendent le salut, fais que notre génération reconnaisse le temps où elle est visitée et qu’elle ait part aux fruits de ta Rédemption. Ne permets pas qu’il faille pleurer sur nous et sur les hommes du nouveau siècle parce que nous avons repoussé la main du Père miséricordieux. À toi, Jésus, né de la Vierge Fille de Sion, honneur et gloire pour les siècles éternels. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Tui Nati vulnerati,

tam dignati pro me pati,

pœnas mecum divide.

Ton enfant n'était que blessures,

lui qui daigna souffrir pour moi;

donne-moi part à ses peines.

9

Neuvième station

Jésus tombe pour la troisième fois

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

Voilà de nouveau le Christ tombé à terre sous le poids de la croix. La foule, curieuse, regarde s’il aura encore la force de se relever. Saint Paul écrit: « Lui qui était dans la condition de Dieu, il n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu; mais au contraire, il se dépouilla en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix » (Philippiens 2, 6-8). Voilà précisément ce que semble exprimer la troisième chute: le dépouillement, la kénose, du Fils de Dieu, l’humiliation sous la croix. Jésus avait dit à ses disciples qu’il était venu non pour être servi mais pour servir (Matthieu 20, 28). Au Cénacle, en s’abaissant jusqu’à terre et en leur lavant les pieds, il avait d’une certaine manière voulu les habituer à cette humiliation de sa personne. En tombant à terre pour la troisième fois sur le chemin de la croix, il nous crie encore à pleine voix son mystère. Écoutons sa voix! Ce Condamné, qui succombe sous le poids de la croix tout près du lieu de son supplice, nous dit: « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6). « Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie » (Jean 8, 12). Ne soyons pas troublés à la vue d’un Condamné qui tombe à terre, épuisé sous la croix. Cette manifestation extérieure de la mort qui s’approche cache la lumière de la vie.

Prière

Seigneur Jésus Christ, toi qui, par ton humiliation sous la croix, as révélé au monde le prix de sa rédemption, donne aux hommes du troisième millénaire la lumière de la foi, afin que, reconnaissant en toi le Serviteur souffrant de Dieu et de l’homme, ils aient le courage de suivre le même chemin qui, par la croix et le dépouillement, conduit à la vie éternelle. À toi, Jésus, soutien de notre faiblesse, honneur et gloire pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Eia, mater, fons amoris,

me sentire vim doloris

fac, ut tecum lugeam.

Daigne, ô Mère, source d'amour,

me faire éprouver tes souffrances

pour que je pleure avec toi.

010

Dixième station

Jésus est dépouillé de ses vêtements, abreuvé de vinaigre et de fiel

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Il en goûta, mais ne voulut pas boire » (Matthieu 27, 34). Il ne veut pas de calmants, qui auraient obscurci sa conscience durant l’agonie. Il voulait agoniser sur la croix en toute conscience, en accomplissant la mission reçue de son Père. C’était contraire aux méthodes en usage chez les soldats chargés de l’exécution. Chargés de clouer le condamné sur la croix, ils cherchaient à diminuer sa sensibilité et sa conscience. Dans le cas du Christ, il ne pouvait en être ainsi. Jésus sait que sa mort en croix doit être un sacrifice d’expiation. C’est pourquoi il veut garder sa conscience éveillée jusqu’à la fin. Privé de celle-ci, il n’aurait pas pu, de façon totalement libre, accepter la pleine mesure de sa souffrance. Il doit monter sur la croix pour offrir le sacrifice de la Nouvelle Alliance. Il est Prêtre. Il doit entrer, par son propre sang, dans les demeures éternelles, après avoir accompli la rédemption du monde (Hébreux 9, 12). Conscience et liberté: telles sont les caractéristiques imprescriptibles d’un agir pleinement humain. Le monde connaît tant de moyens pour affaiblir la volonté en obscurcissant la conscience! Il faut les protéger jalousement contre toutes les violences! Même l’effort légitime pour atténuer la souffrance doit toujours se faire dans le respect de la dignité humaine. Il faut comprendre profondément le sacrifice du Christ, il faut s’unir à lui pour ne pas céder, pour ne pas permettre que la vie et la mort perdent leur valeur.

Prière

Seigneur Jésus, Toi qui, avec un entier dévouement, as accepté de mourir sur la croix pour nous sauver, fais que nous ayons part, ainsi que tous les hommes du monde, à ton sacrifice sur la croix, afin que notre existence comme nos actions expriment notre participation libre et consciente à ton œuvre de salut. À toi, Jésus, Prêtre et Victime, honneur et gloire pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Fac ut ardeat cor meum

in amando Christum Deum,

ut sibi complaceam.

Fais qu'en mon coeur brûle un grand feu

pour mieux aimer le Christ mon dieu

et que je puisse lui plaire.

011

Onzième station

Jésus est cloué sur la croix

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Ils me percent les mains et les pieds, je peux compter tous mes os » (Psaume 21 (22), 17-18). Les paroles du prophète s’accomplissent. L’exécution commence. Les coups des bourreaux écrasent les pieds et les mains du Condamné sur le bois de la croix. Dans le creux des mains, les clous sont fixés avec violence. Ces clous maintiendront le condamné suspendu dans les tourments inexprimables de l’agonie. Dans son corps, comme dans son esprit très sensible, le Christ souffre d’une manière indicible. Avec lui, on crucifie deux vrais malfaiteurs, l’un à sa droite et l’autre à sa gauche. La prophétie s’accomplit: « Il a été compté avec les pécheurs » (Isaïe 53, 12). Quand les bourreaux dresseront la croix, alors commencera une agonie qui durera trois heures. Il faut que s’accomplisse aussi cette parole: « Moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » (Jean 12, 32). Qu’est-ce qui « attire » chez ce Condamné en agonie sur la croix? Il est certain que l’image d’une souffrance aussi intense éveille la compassion. Mais la compassion ne suffit pas pour inciter à lier sa propre vie à Celui qui est cloué à la Croix. Comment expliquer que, de génération en génération, cette terrible vision ait pu attirer des foules innombrables de personnes qui ont fait de la croix la caractéristique de leur foi? D’hommes et de femmes qui, au cours des siècles, ont vécu et ont donné leur vie en regardant ce signe? Du haut de la croix le Christ attire par la puissance de l’amour, de l’Amour divin, qui ne s’est pas soustrait au don total de soi; de l’Amour infini, qui a élevé de terre sur l’arbre de la croix le poids du corps du Christ, pour compenser le poids de l’antique faute; de l’Amour sans limites, qui a comblé tout le manque d’amour et qui a permis à l’homme de se réfugier à nouveau dans les bras du Père miséricordieux. Que le Christ élevé sur la croix nous attire, nous, hommes et femmes du nouveau millénaire! À l’ombre de la croix, évivons dans l’amour comme le Christ nous a aimés et s’est livré pour nous en offrant à Dieu le sacrifice qui pouvait lui plaire » (Ephésiens 5, 2).

Prière

Christ élevé, Amour crucifié, remplis nos cœurs de ton amour, afin que nous reconnaissions dans ta Croix le signe de notre rédemption et que, attirés par tes blessures, nous vivions et mourions avec toi, qui règnes avec le Père et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Sancta mater, istud agas,

Crucifixi fige plagas

cordi meo valide.

Ô sainte Mère, daigne donc

graver les plaies du Crucifié

profondément dans mon coeur.

012

Douzième station

Jésus meurt sur la croix

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23, 34). Au plus vif de la Passion, le Christ n’oublie pas l’homme, et en particulier il n’oublie pas ceux qui sont la cause directe de sa souffrance. Il sait que l’homme, plus que toute autre créature, a besoin d’amour; qu’il a besoin de la miséricorde qui, en cet instant, se répand sur le monde. « Amen, je te le déclare: aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis » (Luc 23, 43). Jésus répond ainsi à la demande du malfaiteur suspendu à sa droite: « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne » (Luc 23, 42). La promesse d’une nouvelle vie. Tel est le premier effet de la passion et de la mort imminente du Christ. Une parole d’espérance pour l’homme. Au pied de la croix se tenait sa Mère, et près d’elle le disciple, Jean l’évangéliste. Jésus dit: « Femme, voici ton fils! », et au disciple: « Voici ta mère! » (Jean 19, 26-27). « Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui » (Jean 19, 27). C’est son testament pour les personnes les plus chères à son cœur. Son testament pour l’Église. En mourant, Jésus veut que l’amour maternel de Marie embrasse tous ceux pour qui Il donne sa vie, l’humanité entière. Aussitôt après, Jésus s’écrie: « J’ai soif » (Jean 19, 28). Parole où transparaît la terrible soif qui brûle tout son corps. C’est la seule parole qui manifeste directement sa souffrance physique. Puis Jésus ajoute: « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? » (Matthieu 27, 46; Psaume 21 (22), 2). Il prie avec les paroles du psaume. Malgré sa teneur, la phrase met en évidence son union profonde avec son Père. Dans les derniers instants de sa vie sur la terre, Jésus se tourne vers son Père. Désormais, le dialogue ne se déroulera plus qu’entre le Fils qui meurt et le Père qui accepte son sacrifice d’amour. Quand arrive la neuvième heure, Jésus s’écrie: « Tout est accompli! » (Jean 19, 30). Voici l’heure où s’accomplit l’œuvre de la rédemption. La mission pour laquelle il est venu sur la terre a atteint son but. Le reste appartient au Père: « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Luc 23, 46). Ayant dit cela, il expira. « Le rideau du Temple se déchira en deux... » (Luc 27, 51). Le « Saint des Saints » du Temple de Jérusalem s’ouvre au moment même où y entre le Prêtre de la Nouvelle et Éternelle Alliance.

Prière

Seigneur Jésus Christ, Toi qui, au moment de l’agonie, n’es pas resté indifférent au sort de l’homme et qui, dans ton dernier souffle as confié avec amour à la miséricorde du Père les hommes et les femmes de tous les temps avec leurs faiblesses et leurs péchés, remplis-nous, nous-mêmes et les générations futures, de ton Esprit d’amour, afin que notre indifférence ne rende pas vaine en nous les fruits de ta mort. A toi, Jésus crucifié, sagesse et puissance de Dieu, honneur et gloire pour les siècles éternels. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Vidit suum dulcem Natum

morientem desolatum,

dum emisit spiritum.

Elle vit son enfant très cher

mourir dans la désolation,

alors qu'il rendait l'esprit.

013

Treizième station

Jésus est descendu de la croix et confié à sa Mère

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

O quam tristis et afflicta,

fuit illa benedicta,

Mater Unigeniti.

Qu’elle était triste et affligée,

la Mère entre toutes bénie,

la Mère du Fils unique!

On a remis entre les mains de la Mère le corps sans vie de son Fils. Les Évangiles ne disent pas ce qu’elle a éprouvé en cet instant. C’est comme si les Évangélistes, par ce silence, voulaient respecter sa douleur, ses sentiments et ses souvenirs. Ou simplement comme s’ils ne s’estimaient pas capables de les exprimer. C’est seulement la dévotion séculaire qui a conservé l’image de la «Pietà», fixant ainsi dans la mémoire du peuple chrétien l’expression la plus douloureuse de cet ineffable lien d’amour, né dans le cœur de la Mère le jour de l’Annonciation et mûri dans l’attente de la naissance de son divin Fils. Cet amour s’est révélé dans la grotte de Bethléem, il a déjà été soumis à l’épreuve durant la présentation au Temple, il s’est approfondi en même temps que les événements conservés et médités dans son cœur (Luc 1, 37). Maintenant, ce lien étroit d’amour doit se transformer en une union qui dépasse les frontières de la vie et de la mort. Et il en sera ainsi tout au long des siècles: les hommes s’arrêtent auprès de la statue de la Pietà de Michel-Ange, s’agenouillent devant l’image de la Bienfaitrice Douloureuse (Smetna Dobrodziejka) dans l’église des Franciscains à Cracovie, devant la Mère des Sept Douleurs, Patronne de la Slovaquie, et ils la vénèrent dans de nombreux sanctuaires à travers le monde entier. Ils apprennent ainsi le difficile amour qui ne se dérobe pas devant la souffrance, mais qui s’abandonne avec confiance à la tendresse de Dieu, à qui rien n’est impossible (Luc 1, 37).

Prière

Salve, Regina, Mater misericordiæ, vita dulcedo et spes nostra salve. Ad te clamamus... illos tuos misericordes oculos ad nos converte et Iesum, benedictum fructum ventris tui, nobis post hoc exilium ostende.

Obtiens-nous la grâce de la foi, de l’espérance et de la charité, afin que, comme toi, nous sachions nous aussi persévérer au pied de la croix jusqu’à notre dernier souffle. À ton Fils, Jésus, notre Sauveur, avec le Père et avec l’Esprit Saint, tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Fac me vere tecum flere,

Crucifixo condolere,

donec ego vixero.

Que vraiment je pleure avec toi,

qu'avec le Christ en Croix je souffre,

chacun des jours de ma vie!

014

Quatorzième station

Le corps de Jésus est mis au tombeau

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Il a été crucifié, est mort et a été enseveli... » Le corps sans vie du Christ a été déposé dans le tombeau. Pourtant, la pierre du tombeau n’est pas le sceau définitif de son œuvre. Le dernier mot n’appartient pas au mensonge, à la haine et à l’abus de pouvoir. Le dernier mot sera prononcé par l’Amour, qui est plus fort que la mort. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit » (Jean 12, 24). Le tombeau est la dernière étape de la mort du Christ au cours de toute sa vie terrestre; c’est le signe de son sacrifice suprême pour nous et pour notre salut. Très vite, désormais, ce tombeau deviendra la première annonce de louange et d’exaltation du Fils de Dieu dans la gloire du Père. «Il a été crucifié, est mort et a été enseveli,(...) le troisième jour est ressuscité des morts ». Avec la mise au tombeau du corps sans vie de Jésus, au pied du Golgotha, l’Église commence la veillée du Samedi saint. Marie conserve et médite au fond de son cœur la passion de son Fils; les femmes se donnent rendez-vous le lendemain matin après le sabbat, pour oindre le corps du Christ avec des aromates; les disciples se rassemblent, en se cachant au Cénacle, jusqu’à ce que le sabbat soit passé. Cette veillée s’achèvera avec la rencontre près du tombeau, le tombeau vide du Sauveur. Alors le tombeau, témoin muet de la résurrection, parlera. La pierre roulée, l’intérieur vide, les bandelettes à terre, voilà ce que verra Jean, arrivé au tombeau avec Pierre: « Il vit et il crut » (Jean 20, 8). Et avec lui l’Église crut, elle qui, depuis ce moment-là, ne se lasse pas de transmettre au monde cette vérité fondamentale de sa foi: « Le Christ est ressuscité d’entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité » (1 Corinthiens 15, 20). Le tombeau vide est le signe de la victoire définitive de la vérité sur le mensonge, du bien sur le mal, de la miséricorde sur le péché, de la vie sur la mort. Le tombeau vide est le signe de l’espérance qui « ne trompe pas » (Romains 5, 5). « Par notre espérance, nous avons déjà l’immortalité » (Sagesse 3, 4).

Prière

Seigneur Jésus Christ, toi qui, dans la puissance de l’Esprit Saint, as été conduit par le Père des ténèbres de la mort à la lumière d’une vie nouvelle dans la gloire, fais que le signe du tombeau vide nous parle, à nous et aux générations futures, et qu’il devienne source de foi vive, de charité généreuse et de ferme espérance. À toi, Jésus, présence cachée et victorieuse dans l’histoire du monde, honneur et gloire pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Quando corpus morietur,

fax ut animæ donetur

paradisi gloria. Amen.

Au moment où mon corps mourra,

fais qu'à mon âme soit donnée

la gloire du Paradis. Amen.

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23 août 2010

Neuvaine à Saint Anastase de Perse

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Saint Anastase de Perse

Martyr de l'Ordre des Carmes

Fête le 22 janvier

Saint Anastase, né en Perse, au sein de l'idolâtrie, ayant été témoin des pieux hommages que les Chrétiens rendaient à la Croix du Seigneur, embrassa le Christianisme. Sa ferveur était si grande, que quelques jours après son baptême, il fut reçu au nombre des moines. Il priait tous les jours le Seigneur de pouvoir mériter la couronne du Martyre, jusqu'à ce qu'un jour il lui fut révélé que sa prière était exaucée. Arrivé à Césarée, en Palestine, il rencontra des Perses adonnés à la magie, il essaya, mais en vain de les convertir. Ces impies le menèrent à leur gouverneur, qui lui fit subir les plus cruelles tortures pour le forcer à abjurer sa Foi. Le Saint demeura inébranlable, il l'envoya au roi Chosroës, qui, après de nouvelles tortures, le fit mettre à mort avec 72 Chrétiens, le 22 janvier 628. Les miracles opérés par ce Saint Martyrs, surtout par le contact de son Chef sacré et de son Images furent si nombreux, que le Second Concile de Nicée témoigne que « à l'aspect des reliques et de l'Image de Saint Anastase, les démons sont mis en fuite et les malades guéris ». Aussi la pieuse coutume s'est-elle établie de porter sur soi l'image de la Tête de Saint Anastase, ou de la placer sur la poitrine des mourants, pour les soutenir dans la dernière lutte contre l'Enfer; souvent de grandes grâces ont été obtenues par ces pratiques de dévotion.

Manière de faire une Neuvaine en l'honneur de Saint Anastase

3 Notre Père, 3 je Vous salue Marie, 3 Gloire au Père

Priez pour nous, ô Saint Anastase,

Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Notre Seigneur Jésus-Christ.

O Dieu, force de ceux qui espèrent en Vous, qui avez fait sortir Saint Anastase de la solitude du Carmel pour remporter la palme du martyre: faites, nous Vous en prions, qu'animés par ses exemples nous supportions avec patience les peines salutaires qui nous surviennent. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Vidi: Brugis, 3 Februarii 1902

E. Rembry, Vic. Gen.

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Biographie de Saint Anastase de Perse,

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http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/lire-article-83937-1889675-saint_anastase_de_perse.html


1 septembre 2010

La Servante de Dieu Mère Julienne du Rosaire

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La Servante de Dieu Mère Julienne du Rosaire

23 mai 1911 - 6 janvier 1995

 

Mère Julienne du Rosaire, née Julienne Dallaire (1911-1995), fille de Gaudiose Dallaire et d’Alexina Faucher, a fondé la Congrégation des Dominicaines Missionnaires Adoratrices en 1945. Née à Québec le 23 mai 1911, dans la paroisse Notre-Dame-de-Jacques-Cartier, Julienne Dallaire entre à l'âge de 29 ans chez les Dominicaines de l'Enfant-Jésus, au Petit Séminaire de Québec, mais la maladie la contraint à quitter la communauté. Le chanoine Cyrille Labrecque (1883-1977), vicaire à la cathédrale Notre-Dame-de-Québec, discerne dans la vie de sa dirigée l’appel à fonder une nouvelle communauté religieuse. Julienne Dallaire et trois compagnes s'installent donc à Beauport en 1945, dans une maison de l'avenue du Moulin (aujourd’hui avenue des Cascades). En 1952, sur les hauteurs de Beauport, l’apport de généreux bienfaiteurs leur permet de construire un couvent, le Cénacle du Cœur Eucharistique. Mère Julienne du Rosaire y finira ses jours. En octobre 2004, le cardinal Marc Ouellet décrète l’ouverture de l’enquête préliminaire en vue de sa béatification. Lors du Congrès eucharistique, il a annoncé que le procès diocésain s’ouvrira en septembre 2008.

 

Prière pour demander des grâces par l'intercession de la Servante de Dieu Mère Julienne du Rosaire


Seigneur Jésus, Vous avez confié à Mère Julienne du Rosaire la mission de faire connaître au monde l'immense Amour avec lequel Vous vous donnez à nous dans l'Eucharistie, pour glorifier la Sainte-Trinité. À sa prière, faites que notre vie devienne, au souffle de l'Esprit, une pure offrande, un don de soi par amour, afin que par  Vous, avec Vous et en Vous, nous adorions le Père en esprit et en vérité. Accordez-nous aussi, par son intercession, cette faveur... que nous sollicitons de Votre Coeur Eucharistique, avec confiance et abandon à  Votre Volonté, pour la gloire de la Trinité.


Amour et gloire à la Trinité par le Coeur Eucharistique de Jésus!

 

On peut communiquer avec les Dominicaines Missionnaires Adoratrices au
131, rue des Dominicaines, Québec, G1E 6S8 (418-661-9221 – edcenacle@qc.aira.com

 

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Voir aussi: http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/lire-article-83937-1900740-la_servante_de_dieu_mere_julienne_du_rosaire.html

 

26 juillet 2010

Bienheureuse Tarsykia Olha Matskiv

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Bienheureuse Tarsykia Olha Matskiv

Soeur Servante de Marie Immaculée

Martyre

1919-1944


Otha Matskiv est née le 23 mars 1919 à Chodoriv en Ukraine. Elle était la première de quatre enfants nés dans une famille ouvrière très pieuse. Dès sa petite enfance, elle a montré les signes de grandes vertus et d'une vie de piété intense. Elle aimait la prière et allait souvent à l'église. La graine d'une vocation religieuse se développa très tôt dans sa vie. Malgré l'opposition de sa mère, Olha entre dans la Congrégation des Soeurs Servantes de Marie Immaculée le 3 mai 1938. Olha fait rapidement une impression favorable sur toutes les Soeurs. Elle à un caractère excellent et gracieux. Le 4 novembre 1938 elle revêt l'habit et  prend le nom  en religion de Taryskia. Elle prononce ses voeux le 5 novembre 1940. L'on était dans les sombres années de la seconde guerre mondiale, période de privation et de danger. Le 17 juillet 1944, les Soviets ont commencé à attaquer Krystynopil, ville où la Soeur Taryskia était en mission. Les bombardements se déroulaient continuellement, jour et nuit. Les soeurs se réfugièrent alors au sous-sol du noviciat. Le matin du 18 juillet, les Soeurs attendaient qu'un prêtre vienne pour célébrer la Divine Liturgie. Quand la cloche de la porte sonne, la Soeur Taryskia, pensant que c'était le prêtre, est venu afin d'ouvrir la porte. Alors qu'elle était à mi-chemin à la porte, la Soeur a entendu un tir et entendit la Soeur Taryskia tomber morte. Le lendemain, les Soviétiques voulaient tuer toutes les sœurs, mais  quand les pauvres gens sont intervenus, les Soviets se sont adoucis. L'assassin de Soeur Tarsykia, qui était un soldat soviétique, en regardant son cadavre a déclaré: «Je l'ai tué parce qu'elle était religieuse ». La veille de l'attaque soviétique, la Soeur Taryskia avait fait le voeu, avec son confesseur, le Père Volodymyr Kovalyk, obsm, de sacrifier sa vie pour la conversion de la Russie et pour la Foi Catholique. Elle a été enterrée dans le jardin du couvent au pied de la statue de la Bienheureuse Mère, car il était trop dangereux d'aller au cimetière. En 1956, sa dépouille mortelle a été transférée au cimetière Lychakivsky à Lviv. Elle a été Solennellement béatifiée par le Vénérable Pape Jean Paul II le 27 juin 2001 à Lviv en Ukraine.


Prière


Père Céleste! Nous vous rendons grâces pour avoir créé dans notre Église la Congrégation des Soeurs Servantes de Marie Immaculée. Vous l'avez enrichi des vertus et de la sainteté de votre martyre, la Bienheureuse Tarsykia qui, la une prière sur ses lèvres et le courage dans son Cœur, a accepté de mourir pour la Foi Catholique.


Bienheureuse Taryskia! Confiants dans votre intercession, nous vous demandons de tout notre cœur de prier et d'intercéder auprès de la Très Sainte Trinité, pour la grâce que nous vous demandons si cela contribue à la plus grande gloire de Dieu.


Bienheureuse Taryskia priez pour nous!


Merci de signaler les grâces reçues par l'intercession de la Bienheureuse Taryskia à:


Postulation Office

Paschina Street, 8

Lviv, Ukraine

Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

16 août 2010

La Madone des Motards

index

La Madone des Motards

Porcaro, Morbihan,

Diocèse de Vannes, France


Porcaro est une petite commune du Morbihan qui compte 626 habitants et se situe entre Guer et Ploermel, à 45 km de Rennes, l'on y venait autrefois de très loin pour venir se recueillir devant la sépulture de la Servante de Dieu Madeleine Morice se trouvant dans l'église Notre Dame. Madeleine Morice fut une grande mystique et stigmatisée bretonne, dont la cause de Béatification est en cours d'étude, elle reçoit toujours des pèlerins qui viennent demander, efficacement toutes sortes de grâces. Mais Porcaro est désormais reconnue comme la capitale française des motards. Chaque année, près de 25 000 motards de toute la France et de l'europe se retrouvent.pour faire la fete. C’est à la fois un lieu de ralliement et de pèlerinage pour des milliers d’adeptes de la moto qui viennent chaque année de plus en plus nombreux pour vénérer la Madone des motards de Porcaro. "En 1979 nous voulions organiser une procession en l’honneur de la vierge pour notre club motocycliste. Nous nous sommes servis d’une petite statue que j’avais ramenée de Fatima qui est ainsi devenue la Madone des motards de Porcaro… Nous étions une trentaine de motards ”  (L’Abbé Prévoteau, recteur de Porcaro de 1967 à 2003). En 1988, 10ème pardon, 800 motards inaugurent l’Oratoire. En 1992, une 1ère procession aux flambeaux est suivie par 4000 motos. En 1999, 20ème anniversaire, 15 000 motards sont présents. Depuis 2002, la presse annonce plus de 20 000 motards et 10 000 visiteurs : un succès grandissant ! Le Grand Pardon de 2010 a rassemblé cette année, plus de 20 000 motards, venus de mettre sous la protection de la Vierge Marie.




Renseignements

http://www.madonedesmotards.com

 

2 juin 2010

Béatification du Père Jerzy Popieluszko

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Le Père Jerzy Popieluszko

1947-1984

Notre Saint Père le Pape Benoît XVI va béatifier le 6 juin 2010, en cette année sacerdotale, le serviteur de Dieu, Jerzy Popieluszko, prêtre catholique polonais né le 14septembre 1947, et assassiné à l’âge de 37 ans, le 19 octobre 1984.

L’abbé Popieluszko, jeune prêtre varsovien, curé de la paroisse saint Stanislas Kostka et aumônier du syndicat Solidarité, opposé au régime communiste, célébrait chaque dimanche des « Messes pour la Patrie », au cours desquelles il prononçait de vibrants sermons condamnant courageusement le régime en place. Ses célébrations attiraient des milliers de fidèles. Ses homélies étaient diffusées dans tout le pays et il était devenu l’un des prêtres les plus populaires de Pologne. Il avait dans son ministère pastoral un penchant pour le travail avec les enfants et les jeunes. Un complôt naquit alors contre le prêtre, mené par le KGB, en vue de le faire taire définitivement. Le vendredi 19 octobre 1984, l’abbé Popieluszko est enlevé par trois officiers de la milice (Sécurité Intérieure), près de Wloclawek avec son chauffeur. Ce dernier réussira à s’échapper de la voiture dans laquelle ils étaient emmenés, et à avertir la population. Après avoir été torturé à mort, le corps de l’ecclésiastique est lesté puis jeté dans la Vistule. Il sera découvert quelques jours plus tard. En novembre 1984, plus de 500 000 personnes se déplacèrent pour les funérailles de Jerzy Popieluszko. Le martyr du jeune prêtre aura entraîné de nombreuses conversions, et même l’éclosion de vocations sacerdotales.

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Le 6 Juin 2010 un événement prophétique

La béatification d’un autre J-P  polonais:

Jerzy Popieluszko, ou le courage de la Vérité, au prix du sang

Texte du Père Daniel Ange

Orléans. Mardi 29 oct. 1984. Plusieurs centaines de jeunes veillent toute la nuit dans la cathédrale, en adorant et se confessant. Après sa confession, chaque jeune reçoit un lumignon  rouge allumé et le dépose sur une gigantesque croix toute illuminée, à la stupeur des passants. Le lendemain, 30, je leur donne un enseignement sur les martyrs contemporains dans les pays si proches du «  bloc Est » de notre Europe, que Jean-Paul II ne cessait d’évoquer. Vers la fin, on me glisse un billet : «  la radio vient d’annoncer l’assassinat du P. Popieluszko ». Disparu depuis 10 jours, nous avions offert notre veillée spécialement pour lui et je venais de le citer longuement. J’annonce donc la terrible nouvelle. Comme un seul homme, les voilà tous debout, chantant l’hymne pascale (sur la mélodie de Haendel adaptée par A. Gouzes). Spontanément, ils vont déposer leurs palmes (Nous avions comme  thème de l’entrée de Jésus à Jérusalem) au pied de la grande croix verticale sur le parvis, formant une seconde croix horizontale, sur le modèle de ces grandes croix  de fleurs piquetées de bougies, autour desquelles les Polonais se rassemblaient en chantant, veillant sur elles. Ces croix fleuries et lumineuses étaient les seuls moyens de s’exprimer de tout un peuple qui tombe à genoux quand on le frappe. Ce qu’on vient de revoir après la seconde tragédie de Katyn. De tout cela, j’avais été le témoin ému, en mai puis en nov 81 où je l’avais sans doute rencontré à la paroisse universitaire S.Anne où il était aumônier des services médicaux.

Cette béatification tant attendue, 25 ans  après son martyre, prend une actualité saisissante. Il a été, en Pologne, la dernière victime violemment assassinée par le régime totalitaire du communisme. Or, nous voilà ici, non plus simplement menacé, mais déjà terrorisé par une idéologie anti-chrétienne virant au totalitarisme : « L'époque moderne a parlé de la libération de l'homme, de sa pleine autonomie, et donc également de sa libération de l'obéissance à Dieu. L'obéissance ne devrait plus exister, l'homme est libre, il est autonome: rien d'autre. Mais cette autonomie est un mensonge: c’est un mensonge ontologique, car l'homme n'existe pas par lui-même et pour lui-même, et c'est également un mensonge politique et pratique, car la collaboration, le partage de la liberté est nécessaire. Et si Dieu n'existe pas, si Dieu n'est pas une instance accessible à l'homme, il ne reste comme instance suprême que le consensus de la majorité qui devient le dernier mot auquel nous devons obéir. Et ce consensus - nous le savons depuis l'histoire du siècle dernier - peut également être un "consensus du mal". La soi-disant autonomie ne libère pas véritablement l'homme. L'obéissance à Dieu est la liberté, car elle est la vérité, elle est l'instance qui nous place face à toutes les instances humaines. (Dans l'histoire de l'humanité, ces paroles de Pierre et de Socrate sont le véritable phare de la libération de l'homme, qui sait voir Dieu et, au nom de Dieu, peut et doit obéir non pas tant aux hommes, mais à Lui, et se libérer ainsi du positivisme de l'obéissance humaine). Les dictatures ont toujours été contre cette obéissance à Dieu. La dictature nazie, comme la dictature marxiste, ne peuvent pas accepter un Dieu qui soit au-dessus du pouvoir idéologique; et la liberté des martyrs, qui reconnaissent Dieu, précisément dans l'obéissance au pouvoir divin, est toujours l'acte de libération à travers lequel nous parvient la liberté du Christ.  Aujourd'hui, (grâce à Dieu, nous ne vivons pas sous une dictature, mais)  il existe des formes subtiles de dictatures:  un conformisme qui devient obligatoire, penser comme tout le monde, agir comme tout le monde, et les agressions subtiles contre l'Eglise, ainsi que celles plus ouvertes, démontrent que ce conformisme peut réellement être une véritable dictature. » Revenons au Père Popieluszko. Le beau courage qui va le caractériser se manifeste déjà jeunes et spécialement pendant ce service militaire – il a 19 ans- où les séminaristes doivent subir toutes sortes de brimades et punitions gratuites. Sachant les punitions risquées, il refuse d’enlever médaille et chapelet. Au dortoir, il prie à genoux – chose interdite. Le Vendredi : le chemin de croix, quoi qu’il en coûte. A Noël, il chante des cantiques en épluchant. Sanction : ramper sur le sol. Pendant les séances de lavage de cerveau il lit : l’Imitation de Jésus Christ. En août 80, il a 33 ans, les ouvriers des grandes aciéries de Huta Warszawa l’invitent pour célébrer la toute première messe jamais chantée dans ce que le pouvoir pensait être un fief du communisme. Il en est bouleversé : «  On m’a applaudit. J’ai cru un instant qu’une célébrité marchait derrière moi. Mais non ! Ces applaudissements m’étaient bien destinés, à moi, premier prêtre à avoir jamais franchi le portail de l’aciérie. Je me suis dit alors qu’on ovationnait ainsi l’Eglise qui depuis 30 ans a frappé aux portes des usines. » Par ailleurs, il lance les grands pèlerinages nationaux d’ouvriers – par centaines de milliers – à Czestochowa, chaque 3ème dimanche de septembre.

La guerre d’un Etat contre une Nation, guerre d’un gouvernement contre le peuple

Le sinistre 13 Décembre 81, quelques mois après l’attentat de Jean-Paul II, l’état de guerre  est proclamé. 6000 responsable du Syndicat Solidarnosc , de nuit, sont emprisonnés, l’armée partout déployée massivement, les réactions, comme durant les pires années où toute manifestation est violemment réprimée, noyée dans un bain de sang. Ce premier et unique syndicat dans tout l’empire est intolérable pour le régime. A la face du monde, il prouve que le christianisme est le calcium d’un peuple, et le marxisme son opium.  Révolution dans l’idée même du communisme. C’est le sous- prolétariat qui se soulève contre ces apparatchiks qui se prétendent être  sa voix. Le comble !  Intolérable ! Après avoir tenté quelques mois plus tôt d’ éliminer son premier défenseur, son avocat à la face du monde, ce Jean-Paul II qui ose le soutenir inconditionnellement – il faut l’éradiquer totalement, sous peine d’être contagieux pour tous les pays du bloc  Est, qui se met à trembler sur ses bases. C’est alors qu’une voix va retentir. Elle va oser, clamer ce que tous pensent, mais ne peuvent dire sans risquer, au minimum des années de prison. Et quelles prisons ! Voix qui brise le mur du silence. Jerzy se fait la voix de son peuple bâillonné. Il arrache le bâillon de ses lèvres, à défaut des menottes à ses mains.  Il le fait au cours des 33 messes pour la Nation qu’il va célébrer, renouant avec la tradition séculaire des « prières pour la Patrie », ,  le plus souvent clandestines, surtout durant les 3 siècles où la Pologne était dépecée par d’écrasants empires voisins : Russie, Allemagne, Autriche-Hongrie. 33 stations de son chemin montant au Calvaire. De mois en mois, les foules augmentent à tel point qu’il faudra les célébrer sur un balcon surmontant le porche d’entrée de l’église S. Stanislas Kotska, dominant la place noire de monde. Leur retentissement est incalculable. Surtout elles parviennent immédiatement aux oreilles de l’habitant n° 1 du Vatican… A cette voix de prophète et de Précurseur, qui ne crie pas dans le désert, tendons l’oreille. Dès février 82, où il choisit les textes à faire frémir certains ( Sg 6,1-9 ; Ps 58,2-8), il cite les évêques : « L’ Eglise se place toujours du côté de ceux qui sont privés de liberté, de ceux dont on brise les consciences. Notre douleur est celle de la Nation toute entière terrorisée par la force militaire… de tous ceux, internés, arrêtés, condamnés.. » En avril 82, de citer un poète : «  Plus fort que les pierres qui pleuvent sur nous, plus fort que la main arbitraire et parjure qui s’abat sur  nous, crier que notre cœur brisé dans notre poitrine ni ne se pliera, ni ne se changera. La mort est périssable, la foi… éternelle ! »

Les textes choisis sont  loin d’être neutres ( Dan 3,37-45, Ps 94, Mc 13,9 ) : «  on vous livrera aux Sanhédrins, vous serez battus, vous comparaîtrez… » Et de prier : « Aujourd’hui, il y a tant de familles d’orphelins de notre patrie, des enfants attendant le retour de leurs parents. «  Nous te prions pour ceux qui brisent les consciences humaines, ce qui est pire encore que de tuer…  Que les consciences de nos compatriotes ne soient pas asservies ! Nous te prions pour les fonctionnaires de la justice qui n’ont pas le courage de s’opposer au mensonge et qui acceptent le faux pour le vrai. Nous te confions les ouvriers qui ont donné leur sang et offert leur vie pour défendre leurs droits humains inaliénables. » Et de citer un détenu : «  Ne nous laisse pas nous figer dans la colère et la rage, pardonne à nos traîtres ! » Et encore : «  Ô Pologne, on t’a privé de tout, mais tu as tout, tant qu’il te reste le ciel et la terre sous les pieds ! Ta terre est frappée du glaive comme le visage de la Très sainte Madone de Jasna Gura ! » En Mai, citation d’un hymne des insurgés de 1830 prenant une actualité saisissante, les chars de l’URSS étant prêts à intervenir : «  Les tours de Moscou seront ébranlées. La cloche de la liberté sonne et un sang libre est répandu ! » Mère de Dieu, porte ce sang du peuple libre devant le Trône divin ! Reine au visage balafré, nous Te présentons la demi-année d’esclavage de guerre. Une seule prière demeure : donne-nous la grâce de résister ! Vois comme l’ennemi bafoue notre âme ! » En Juin encore des textes brûlants : «  La coupe déborde de sang,  d’amertume et de larmes. Toujours écrasés mais fidèles dans la foi, nos cœurs ne tremblent pas à la vue des meurtres. La droiture s’effondre, la force étrangère nous écrase, elle enfonce les tempes polonaises dans la couronne de fer ! Sois Pologne !  Et libre sera la  Pologne ! » Sept 82 : devant la foule où chacun tient une petite croix en main : «  Il n’y a pas d’Eglise sans la croix, il n’y a ni sacrifice ni sanctification sans la croix. Celui qui vainc dans une cause juste, vainc par la croix et dans la croix. L’Eglise doit dire la vérité. L’Eglise doit défendre les souffrants. Au nom de la vérité, l’Eglise ne peut jeter un regard indifférent sur le mal et sur les peines humaines. L’Eglise avance vers la Résurrection. Il n’y a pas d’autre voie. Et c’est pourquoi les croix de notre Patrie, nos croix personnelles, celles de nos familles, doivent mener à la victoire, à la Résurrection, si nous les joignons au Christ qui a vaincu la croix. » Et de s’exclamer : «  Quelle ressemblance aujourd’hui encore entre le Christ couvert de sang sur la croix et notre Patrie douloureuse ! » Oct 82 : Il ne mâche pas ses mots : «  Pour demeurer libre dans l’âme, il faut vivre dans la vérité. Vivre dans la vérité, c’est donner la vérité des témoignages, c’est la revendiquer et la reconnaître dans toute situation. La vérité est immuable. On ne peut détruire la vérité par des décisions ou des décrets. L’esclavage pour nous consiste justement en ceci : que nous nous soumettions au règne du mensonge chaque jour. Nous ne protestons pas, nous nous taisons, ou bien nous faisons semblant d’y croire. Alors, nous vivons dans le mensonge. Le témoignage courageux de la vérité est un chemin qui mène directement à la liberté. L’homme qui témoigne de la vérité est un homme libre même dans des conditions extérieures d’esclavage, même dans un camp, dans une prison. Le problème essentiel pour la libération de l’homme et de la Nation est de surmonter la peur. Car la peur naît de la menace. Nous surmontons la peur, lorsque nous acceptons la souffrance ou la perte de quelque chose au nom de valeurs supérieures. Si la vérité devient pour nous une valeur pour laquelle nous acceptons de souffrir, de prendre des risques, alors nous surmontons la peur qui est la cause directe de notre esclavage.  Et de citer le Cardinal Stephan Wyszynski, emprisonné pour avoir dit la Vérité : « la peur est le plus grand manquement de l’apôtre… Elle serre le cœur et rétrécit la gorge. Celui qui se tait face aux ennemis de la bonne cause, les enhardit… Forcer au silence par la peur, telle est la première tâche dans la stratégie impie… Le silence a son sens apostolique uniquement quand je  ne détourne pas mon visage devant ceux qui me frappent… »

En conclusion :  «  Je voudrais répondre à tous ceux qui souffrent en terre polonaise et je désire m’adresser d’ici aux autorités de la République Populaire de Pologne, pour que ces larmes cessent. La société polonaise, ma Nation ne mérite pas d’être poussée aux larmes de désespoir et d’abattement. Oui, une nation qui a tellement souffert dans son passé récent, ne mérite pas que beaucoup parmi les meilleurs de ses fils et filles séjournent dans les camps et les prisons ; elle ne mérite pas que sa jeunesse soit malmenée et battue, que le crime de Caïn soit commis. Elle ne mérite pas qu’on la prive, contre sa volonté du syndicat Solidarité. Et dans la dernière de cette sinistre année, juste avant Noël : «  On aurait envie d’ajouter : ne lutte pas par la contrainte. La contrainte n’est pas une preuve de force, mais de faiblesse. Celui qui n’arrive pas à vaincre par le cœur ou par la raison, essaye de vaincre par la contrainte. Mais chaque manifestation de la contrainte est une preuve d’infériorité morale. L’idée qui a besoin d’armes pour durer, meurt d’elle-même. L’idée qui ne peut se maintenir que par la contrainte est une idée dévoyée. L’idée capable de  vie l’emporte par elle-même. Des millions d’hommes la suivent spontanément. La Nation comprend mieux aujourd’hui les paroles de Norwid : «  Il ne faut pas s’incliner devant les circonstances et laisser les vérités derrière la porte. » Il ne faut pas s’incliner devant les circonstances…. »

1983. Année neuve. L’horizon va-t-il s’éclaircir ?

Dès Janvier : «  Une nation possédant une tradition chrétienne millénaire, aspirera toujours à la pleine liberté. Car il est impossible de combattre cette aspiration par la contrainte, puisque la contrainte est la force de celui qui ne possède pas la vérité. Il est possible de plier l’homme par la contrainte, mais non pas de le rendre esclave. Un Polonais qui aime Dieu et la Patrie se relèvera de toute humiliation, car il ne s’agenouille que devant Dieu. En février, il se fait l’écho des voix bâillonnées : «  Des femmes emprisonnées à Fordon écrivent : «  Nous voulons la liberté, mais pas à tout prix. Pas au prix du renoncement à notre idéal, pas aux prix de la trahison envers nous-mêmes et ceux qui nous font confiance… » Puis, désigne nommément l’instigateur n° 1, caché dans les coulisses : «  Satan renforce son empire sur la terre, et dans notre Patrie, le royaume du mensonge, de la haine, de la peur, si nous ne devenons pas chaque jour plus forts par la grâce de Dieu, si nous ne nous penchons pas avec douleur, avec cœur et amour sur nos frères qui souffrent innocemment dans les prisons, sur eux et sur leurs familles. » En mars, ce mot de pure splendeur : «  L’amour et la Vérité, on peut les crucifier, mais il est impossible de les tuer. Là-bas, sur la croix, la Vérité et l’Amour ont triomphé du mal, de la haine, de la mort.  La Nation veut que la concorde ne soit pas une capitulation, un renoncement aux idéaux, aux aspirations. » Et de se tourner vers les dirigeants : «  Pour vous, frères, qui éprouvez en vos cœurs une haine de mercenaire, réfléchissez : la force ne peut vaincre, même si elle peut triompher quelque temps. » Avant de prier pour eux : «  Prions pour ceux qui se vendent au service du mensonge, de l’injustice, de la contrainte : qu’ils comprennent leur humiliation ! » Des indicateurs s’infiltrent dans la foule. En avril 83, il doit donner des consignes strictes : ni cris, ni chants dehors, n’accepter ou ne donner aucun tracts. Agressés, rester de marbre. Gare aux provocateurs ! Ils veulent de la violence, pour de suite intervenir manu militari. «  Là où il y a l’injustice, là où il y a la contrainte, le mensonge, la haine, le non-respect de la dignité humaine, là font défaut l’amour, le cœur, le désintéressement, le renoncement. Or sans ces valeurs, ne l’oublions pas, il est difficile de donner au travail son vrai sens, il est difficile de sortir le pays d’une crise. Mais l’amour doit aller de pair avec le courage. Et de se faire l’écho du grand Cardinal Wyszinsky, du fond de sa résidence haute-sécurité : «  Malheur à la société dont les citoyens ne se conduisent pas avec courage ! Ils cessent alors d’être citoyens pour devenir de simples esclaves ! C’est le courage qui transforme les gens en citoyens, car l’homme courageux est conscient de ses droits dans la société et des devoirs qui lui incombent. Si le citoyen renonce au courage, il se nuit à lui-même, il nuit à sa personnalité humaine, à sa famille, à son groupe professionnel, à sa Nation, à l’état et à l’Eglise, même s’il est manipulé par peur et frayeur, pour le pain et d’autres avantages. Malheur aux gouvernants qui veulent conquérir le citoyen au prix de la peur et de la frayeur de l’esclave. Alors ce ne sont plus des hommes qu’ils gouvernent, mais, excusez le mot, des choses. » Mai 83, en plein mois de Marie, il se tourne vers Elle. : «  Tu étais là et tu as vaincu, Toi notre Reine. Mais Tu étais là aussi et Tu souffrais, Toi notre Mère. Aujourd’hui, Tu es pour nous plus Mère que Reine. Car aujourd’hui, nous avons plus que jamais besoin d’une Mère. D’une Mère qui comprend tout, qui essuie toute larme et qui console toute peine, qui nous garde de perdre espérance. Or, notre espérance est souvent menacée quand nous voyons le prince du mal revenir en force sur nos terres polonaises. Nous avons besoin de Toi, Mère qui essuie les larmes. Car nombreuses sont nos larmes ces derniers huit mois, depuis cette nuit honteuse de décembre 1981. Oui, et nombreuses sont nos larmes et nos souffrances. Et de nouveau, nomme celui que Jésus appelle «  l’ennemi » : « Satan, que Tu écrases de Ton pied, comme pris dans des convulsions de l’agonie – oh ! Que ce soit sa dernière agonie ! – nous inflige de nouvelles souffrances par ses serviteurs. Dès le premier jour, le mois de mai de cette année est devenu, à Varsovie, le temps du règne de Satan, sous la forme de la contrainte, des manifestations de force et de haine, du déferlement des mensonges et des diffamations. »En Juin : « Longtemps résonneront dans nos oreilles les paroles du Saint Père à Cracovie : «  Vous devez être forts de la force de la foi. Vous devez être forts de la force de l’espoir, vous devez être forts de la force de l’amour, de l’amour qui supporte tout… La Nation en tant que communauté humaine est appelée à la victoire, à la victoire par la force de la foi, de l’espoir, de l’amour, par la force de la vérité, de la liberté, de la justice. »

Il devient maintenant l’homme à abattre, au moins à museler coûte que coûte. En Sept.83, ouverture d’une enquête  pour « abus de la liberté de conscience au détriment de l’Etat ». En 6 mois, il subit 13 interrogatoires et plusieurs arrestations et détentions provisoires. Condamné, il est amnistié en 84, sous la pression populaire. Mais aucune menace ne le fait trembler : « Seule une Nation libre spirituellement et amoureuse de la vérité peut durer et créer pour l’avenir. Seule une nation saine d’esprit et consciente peut courageusement créer son avenir. On conquiert les gens le cœur ouvert et non les poings fermés. La vraie sagesse, la vraie connaissance, la vraie culture ne peuvent être enchaînés. Il n’est pas possible d’enchaîner les esprits humains. Garder sa dignité d’homme, c’est demeurer intérieurement libre même dans l’esclavage extérieur. Rester soi-même dans toutes les situations de la vie. C’est demeurer dans la vérité, même si cela devait nous coûter cher. Car dire la vérité coûte cher. Seule l’ivraie est de vil prix. Il faut payer pour le grain de la vérité. Toute chose, toute grande cause doit coûter et doit être difficile. Il n’y a que les choses petites et médiocres qui sont faciles. Déjà le poète Novalis disait : » L’homme s’appuie sur la vérité. S’il trahit la vérité, il se trahit. Celui qui trahit la vérité, se trahit lui-même. » Le mensonge avilit la dignité humaine et est l’apanage des esclaves, des pusillanimes » L’étau se resserre. Il est sous surveillance constante. Son appartement est «  cambriolé ». Il doit préciser à la messe suivante qu’on y a trouvé une charge explosive, des armes… En février 84 : sa dernière année, il aborde de front le domaine de l’éducation nationale, ce qui nous concerne particulièrement en France aujourd’hui et surtout au Québec : «  Nous sommes des enfants de la Nation qui, depuis plus de mille ans, chante la gloire du  Dieu Unique dans la Trinité. C’est pourquoi, dans l’éducation actuelle, on ne peut se couper de ce qui a constitué la Pologne au cours de mille années. On ne doit ni le rayer, ni le déformer. Dans son travail, l’école devrait dépendre des parents. L’école ne doit pas détruire dans les âmes enfantines les valeurs qui y ont été inculquées par la famille. Le pouvoir ne doit pas imposer sa religion, ni sa conception de la vie. Il ne doit pas dicter ce que doivent et ne doivent pas croire les citoyens. Car n’est-ce pas imposer la religion athée et manquer de tolérance que de refuser une presse catholique dans un pays catholique où prolifère une presse laïque. L’une des causes de nos malheurs contemporains, matériels et moraux, est que l’on a refusé obstinément la place au Christ, notamment à l’école et au travail, dans l’éducation des enfants et des jeunes. On a menacé de sanctions pénales les enseignants qui facilitaient aux enfants la participation au catéchisme. Car celui qui brade sa foi et ses idéaux est prêt à sacrifier un homme.  Nous devons faire tout notre possible pour ne pas laisser fermer la bouche ni aux enfants, ni aux jeunes, ni à la Nation. » Et se tournant vers les jeunes : « Mes chers jeunes amis, vous devez avoir en vous un cœur d’aigle et un regard d’aigle. Vous devez tremper votre âme et l’élever très haut, pour pouvoir tels les aigles survoler toute la volaille, en marche vers l’avenir de notre Patrie. Ce n’est qu’en ressemblant à des aigles que vous pourrez affronter les vents, les orages, et les tempêtes de l’Histoire, sans vous laisser mener à l’esclavage. Souvenez-vous-en ! Les aigles sont  des oiseaux libres car ils volent haut dans le ciel et ne se vautrent pas à terre. Puissent tous les jeunes de nos pays occidentaux, recevoir un tel message !

Mai 84 : «  La vérité est toujours liée à l’amour et l’amour est exigeant, l’amour véritable requiert des sacrifices, aussi la vérité, elle aussi, doit-elle coûter. La vérité qui ne coûte rien est un mensonge. Vivre dans la vérité, c’est être en accord avec sa conscience. La vérité unit et relie les gens. La grandeur de la vérité effraie et démasque les mensonges des médiocres et des peureux. La lutte ininterrompue pour la vérité dure depuis des siècles. La vérité est pourtant immortelle, et le mensonge périt d’une mort rapide. Ecoutons le Cardinal Wyszynski : il suffit de peu de gens parlant en vérité. Christ en a choisi un petit nombre pour proclamer sa vérité. Seuls les mots mensongers doivent être nombreux car le mot mensonge est  détaillé et se monnaie : il se débite comme la marchandise sur les rayons, il doit être constamment renouvelé, il doit avoir de multiples serviteurs, qui selon un programme, l’apprendront pour aujourd’hui, pour demain, pour un mois. Pour maîtriser la technique du mensonge ainsi programmé, il faut des hommes en quantité. Il suffit de quelques uns pour proclamer la vérité.  Il suffit d’un petit groupe de gens qui luttent pour la vérité pour rayonner. La condition essentielle de la libération de l’homme, pour lui permettre de vivre en vérité, est d’acquérir la vertu du courage. La lutte pour la vérité est le symbole du courage chrétien. La vertu de courage est une victoire sur la faiblesse humaine, victoire sur la peur et la crainte. Car la seule chose dont il convient d’avoir peur dans la vie est la trahison du Christ pour quelques deniers de calme éphémère. Ce n’est pas facile aujourd’hui, lorsque d’office durant les dernières décennies, sur le sol natal on a semé les graines du mensonge et de l’athéisme, on a semé les graines du laïcisme ; cette vue du monde est un produit caricatural du capitalisme et de la franc-maçonnerie du dix-neuvième siècle. On les a semées dans un pays, qui depuis plus de mille ans est solidement ancré dans le christianisme. On ne peut tromper la vie, tout comme on ne peut tromper la terre. «  Malheur à la société dont les citoyens ne sont pas guidés par le courage ! Ils cessent alors d’être des citoyens, pour devenir de simples esclaves. Si le citoyen renonce à la vertu du courage, il devient esclave et se cause le plus grand des torts, à lui-même, à sa personne, mais aussi à sa famille, à son groupe professionnel, à la Nation, à l’Etat et à l’Eglise, même si la peur et la crainte lui font facilement obtenir du pain et des avantages… » Et de clore : «  Prenons conscience que la Nation dépérit lorsqu’elle manque de courage, lorsqu’elle se ment à elle-même en disant que tout va bien, quand tout va mal, lorsqu’elle se contente de demi-vérités. Soyons conscients qu’en exigeant la vérité nous devons nous –mêmes vivre en vérité ; que cette conscience nous accompagne chaque jour. En exigeant la justice, soyons justes envers nos proches. En exigeant le courage, soyons chaque jour courageux. »

L’étau se resserre encore. Les menaces sont de plus en plus menaçantes. Ses amis le supplient de partir se cacher dans les forêts des Tatras, tout au Sud. Le Primat suggère de s’exiler à Rome, sous prétexte d’études. Il décline toutes ces offres. Il veut rester avec le peuple à lui confié, quelque soit les risques : «  Il me faut rester toujours disponible pour mes paroissiens, jour et nuit. » Déjà rongé par la maladie, il avoue : «  Oui, il m’arrive d’être fatigué. Le temps me manque pour servir tout le monde. Je ne suis jamais libre pour moi-même. Mais je ne ressens aucun découragement. » En Juin : «  La justice interdit de détruire dans les âmes des enfants et des jeunes, les valeurs chrétiennes apprises par les parents, valeurs qui se sont vérifiées tout au long de notre Histoire millénaire. Rendre la justice et réclamer la justice est le devoir de tous ; déjà Platon disait : «  Quand la justice se tait, les temps sont mauvais. » La justice envers soi-même oblige à filtrer honnêtement à travers sa propre raison et sa propre observation toute cette avalanche de mots propulsés par la «  machine de la propagande ». L’orage gronde. La foudre se rapproche. Plusieurs «  mystérieux » accidents de voitures ont failli lui coûter la vie. (Méthode déjà bien rôdée en URSS). Dans son avant dernière homélie,  il se jette avec son peuple dans les bras de la Reine :  «  La Nation polonaise n’a pas de haine en elle et elle est capable de beaucoup pardonner, mais uniquement au prix d’un retour à la vérité. Car la vérité, et la vérité seule est la condition première de la confiance. Prions avec les mots du Saint Père qui priait ainsi, le 4 août 82 : » Mère ! Peut-être faut-il aujourd’hui plus que jamais que Tu prennes entre Tes mains maternelles le cœur et les pensées des Polonais, que Tu prennes entre Tes mains le sort de ma Nation. » Fin sept : l’ultime cri : Il se fait une dernière fois l’avocat intrépide des parents, des enfants, et des jeunes, la prunelle de ses yeux : «  Les années qui ont suivi la deuxième guerre mondiale ne sont qu’une suite de luttes pour le monopole de l’éducation athée, de l’éducation sans Dieu, de l’extirpation de Dieu du cœur des enfants et des jeunes. Pour son travail, l’école éducatrice devrait dépendre des parents, car les enfants appartiennent aux parents. Ce n’est pas l’Etat, mais les mères qui mettent au monde les enfants. Pour cette raison, l’école ne doit pas détruire dans l’âme des enfants les valeurs que la famille leur enseigne.  L’enseignant doit être pour l’élève un ami qui dit la vérité. » Enfin, il s’érige contre le projet de déchoir de sa nationalité et d’expatrier le citoyen «  ne respectant pas les principes du système ». Et de s’écrier : « C’est un crime contre la Nation. Car il vise non les criminels ordinaires, mais les meilleurs fils de la Patrie, qui s’opposent courageusement à la destruction de l’esprit même de la Nation » (dont lui-même, Jerzy).  Et de citer pour la toute dernière fois son maître et père, Jean-Paul II : «  Tout  homme a droit à sa patrie, où il est fixé depuis des générations. Personne ne peut être condamné à l’émigration. Il ne sera pas condamné à l’émigration, mais à…. l’élimination. Pure et simple. Trop c’est trop. Il fait partie de ceux qu’Hitler classait comme «  pas digne de vivre ».

L’ultime cri : celui du sang !

Le 19 octobre, il célèbre sa toute dernière messe. Quel jour est-on ? Les martyrs du Canada. Dans quelle église ? celle des saints Frères Martyrs polonais ! Sans commentaire. Il y médite le Rosaire. Quels mystères ? Les … douloureux. Son ultime parole ? « Prions pour que nous soyons libres de toute peur, de l’effroi et surtout du désir de vengeance et de violence. » Sur  la route de Torun, la voiture du Père Jerzy est arrêtée par des fonctionnaires en uniformes de la milice. En réalité, c’était des agents de la SB ( services de sécurité de l’Etat). Le chauffeur de la voiture est obligé de remettre les clefs de l’auto aux deux hommes et de monter dans leur véhicule. On lui met les menottes. Les deux fonctionnaires l’assomment violemment et le déposent dans le coffre de leur voiture et se sauvent. Le chauffeur du Père Jerzy réussit à sauter du véhicule, se sauve, et se met à la recherche de secours. Au bout de quelques kilomètres, le véhicule s’arrête. Le prêtre est à nouveau frappé. «  Ensuite, on lui a attaché les pieds avec un sac de pierres, on lui a passé un nœud coulant autour du cou. Une des extrémités de la corde entravait les jambes repliées de la victime et à chaque mouvement, le nœud coulant étouffait le père Popieluszko » ( citation du procès). A ce moment le père est encore en vie. Les assassins décident de le noyer. Le 20 octobre, on annonce au journal télévisé du soir, l’enlèvement du Père Jerzy. Une foule s’est rassemblée à l’église Saint Stanislas Kostka pour prier. Le soir même une messe est célébrée à son intention. Jour et nuit les fidèles prient dans l’église, jusqu’au moment dramatique où la vérité éclate. Le 30 octobre : on annonce que le corps du père Popieluszko est retrouvé dans la Vistule. Sa dépouille mortelle est transportée à l’église saint Stanislas Kotska, le soir du 2 novembre. Le lendemain a lieu son enterrement, auquel participent quelques centaines de milliers de Varsoviens et des délégations venant de toute la Pologne.

Concluons : Jerzy Popieluszko est de la race des grands témoins de la Vérité. De ceux qui, au temps des idéologies totalitaires  ont fait la fierté et la gloire de l’Eglise, ont sauvé son honneur. En Pologne, il se situe dans le sillage de S. Stanislaw, de Maximilien Kolbe, de s. Karolina Kotska, jeune  martyre de la chasteté, des centaines de prêtres polonais tués à Dachau, sans parler des victimes de ce Katyn, dont le monde entier vient – enfin : enfin ! d’entendre parler – Russie comprise. Comme  Benoît XVI, il a eu le courage des humbles. Sa témérité sa source dans son humilité. Qui a un cœur d’enfant n’a pas peur des tyrans. Mais où donc puise t-il sa force ? Comme tous les martyrs, dans l’Eucharistie. Ce n’est pas un hasard si ses cris sont lancés uniquement pendant la messe. On peut lui appliquer ce mot de splendeur lâché par notre Benoît XVI, à la messe de la Fête Dieu. Sur le parvis de S. Jean de Latran, voici 2 ans. Il retentit encore à mes oreilles : «  Qui s’agenouille devant l’Eucharistie, est incapable de s’agenouiller devant une puissance de la terre, aussi puissante soit-elle. » Et le voilà glorifié à la face du monde précisément le jour où presque partout est célébré le Mystère du Corps et du Sang du Seigneur. Si le P. Jerzy Popieluszko est un entraîneur pour prêtres et évêques de ce siècle, c’est que nous sommes effectivement entrés dans les combats des temps de la fin. Jean Paul II l’affirmait déjà en 85 :  «  Impossible de nier dans la société actuelle l’existence de forces agissantes, d’une grande influence et marquées d’une certaine hostilité envers l’Eglise. Autant de manifestations de l’action dans notre temps du prince de ce monde et du «  mystère d’iniquité ». «  Je suis venu ici pour vénérer et invoquer saint Michel de bien vouloir protéger et défendre la sainte Eglise… Cette lutte contre le démon qui accompagne son image est aussi actuelle aujourd’hui qu’elle l’était alors, parce que le démon est toujours vivant et qu’il continue son action dans le monde. » Intuition confirmée par le Catéchisme de l’Eglise Catholique : «  Le temps présent est le temps de l’esprit et du témoignage, mais aussi un temps encore marqué par la «  détresse » ( 1 Co 7,26) et l’épreuve du mal qui n’épargne pas l’Eglise et inaugure les combats des derniers jours. C (‘est un temps d’attente et de veille. Avant l’avènement du Christ, l’Eglise doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants. La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre dévoilera le « mystère d’iniquité » sous la forme d’une imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité. L’imposture religieuse suprême est celle de l’Anti-Christ, c’est-à-dire celle d’un pseudo- messianisme où l’homme se glorifie lui-même à la place de Dieu et de son Messie venu dans la chair. »

Daniel Ange, le 13 mai 2010

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Prière pour demander la glorification du Père Jerzy Popieluszko

Dieu Tout-Puissant, qui dans Votre Miséricorde, glorifiez ceux qui, sur la terre, suivent Votre exemple, nous Vous supplions, pour la gloire de Votre Nom, de glorifier la mémoire de Jerzy Popieluszko en nous accordant la grâce demandée par l'intercession de celui qui vécut et mourut pour Vous glorifier. (nommer la grâce désirée). Par Jésus Christ, Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous en l'unité du Saint Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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29 mars 2010

Semaine Sainte 2010

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Semaine Sainte 2010

Lundi Saint

Extrait des révélations de Maria Valtorta

le jour

Jésus sort de bonne heure de la tente d'un galiléen, là-bas, sur le plateau de l'Oliveraie où de nombreux galiléens se rassemblent à l'occasion de la solennité. Le camp dort tout entier sous la clarté de la lune qui se couche lentement, enveloppant d'une blancheur argentée les tentes, les arbres, les pentes et la ville qui dort tout en bas... Jésus passe avec assurance et sans bruit entre les tentes et, une fois sorti du camp, descend rapidement par des sentiers à pic vers le Gethsémani, le traverse, en sort, dépasse le petit pont sur le Cédron, ruban d'argent qui arpège à la lune, arrive à la porte gardée par des légionnaires. C'est peut-être une mesure de précaution du Proconsul cette garde de nuit aux portes closes. Les soldats, au nombre de quatre, parlent assis sur de grosses pierres qui leur servent de sièges contre le mur puissant, et se chauffent à un feu de brindilles qui jette une lueur rougeâtre sur les cuirasses brillantes et les casques sévères de dessous lesquels émergent des visages si différents, en leur physionomie italique, de ceux des hébreux. "Qui va là !" dit le premier qui voit apparaître la haute figure de Jésus de derrière le coin d'une masure voisine de la porte, et il saisit la hampe de la lance pointue qu'il tenait appuyée au mur voisin, et imité par les autres, il se met en position réglementaire. Sans donner à Jésus le temps de répondre, il dit : "On n'entre pas. Ne sais-tu pas que la seconde veille est déjà à sa fin ?" "Je suis Jésus de Nazareth. J'ai ma Mère dans la ville. Je vais la trouver." "Oh ! l'Homme qui a ressuscité le mort de Béthanie! Par Jupiter ! Je vais le voir finalement !" Et il s'approche de Lui pour le regarder avec curiosité, tournant tout autour de Lui comme pour s'assurer que ce n'est pas quelque chose d'irréel, d'étrange, mais vraiment un homme comme tout le monde. Et il dit : "Oh ! Dieux ! Il est beau comme Apollon, mais tout à fait comme nous ! Et il n'a ni bâton, ni barrette, ni aucun insigne de son pouvoir !" Il est perplexe. Jésus le regarde patiemment en lui souriant avec douceur. Les autres qui sont moins curieux — peut-être ils ont déjà vu Jésus d'autres fois — disent : "Cela aurait été un bonne chose qu'il eût été ici au milieu de la première veille, quand on a porté au tombeau la belle jeune fille morte ce matin. Nous l'aurions vue ressusciter..."

Jésus répète doucement : "Puis-je aller trouver ma Mère ?" Les quatre soldats se secouent. Le plus âgé parle : "Vraiment l'ordre serait de ne pas laisser passer, mais tu passerais quand même. Celui qui force les portes de l'Hadès peut bien forcer les portes d'une ville fermée. Et tu n'es pas homme à provoquer des soulèvements. La défense tombe pour Toi. Fais en sorte de n'être pas vu par les rondes à l'intérieur. Ouvre, Marcus Gratus. Et Toi, passe sans bruit. Nous sommes soldats et nous devons obéir..." "Ne craignez pas. Votre bonté ne se changera pas pour vous en punition." Un légionnaire ouvre avec précaution un portillon ouvert dans le portail colossal et dit : "Passe vite. La veille finit d'ici peu et nous sommes remplacés par ceux qui vont arriver." "Paix à vous." "Nous sommes des hommes de guerre..." "Même dans la guerre la paix que je donne demeure, car c'est la paix de l'âme." Et Jésus s'engouffre dans l'obscurité de l'arcade ouverte dans l'épaisseur des murs. Il passe en silence devant le corps de garde qui par la porte ouverte laisse passer la lumière tremblante d'une lampe à huile, une lanterne ordinaire, suspendue à un crochet du plafond bas, qui permet de voir des corps de soldats endormis sur des nattes étendues sur le sol, enveloppés dans leurs manteaux, les armes à leurs côtés. Jésus est dans la ville désormais... et je le perds de vue pendant que je regarde rentrer deux des soldats de tout à l'heure qui regardent si Lui s'est éloigné avant d'entrer pour éveiller ceux qui dorment pour la relève. "On ne le voit déjà plus... Qu'aura-t-il voulu dire par ses paroles ? J'aurais voulu le savoir" dit le plus jeune. "Il fallait le Lui demander. Il ne nous méprise pas. L'unique hébreu qui ne nous méprise pas et ne nous étrangle pas en aucune façon" lui répond l'autre qui est dans toute la force de l'âge. "Je n'ai pas osé. Moi, paysan de Bénévent, parler à quelqu'un que l'on dit Dieu ?" "Un dieu sur un âne ? Ah ! Ah ! S'il était ivre comme Bacchus, il pourrait. Mais il n'est pas ivre. Je crois qu'il ne boit même pas du mulsum. Tu ne vois pas comme il est pâle et maigre ?" "Et pourtant les hébreux..." "Eux, oui, ils boivent, bien qu'ils affectent de ne pas le faire !

Et ivres des vins forts de ces terroirs et de leur sicera, ils ont vu un dieu dans un homme. Crois-moi : les dieux, c'est une fable. L'Olympe est vide, et la Terre n'en a pas." "S'ils t'entendaient !..." "Tu es encore enfant au point de n'être pas candidat et de ne pas savoir que César lui-même ne croit pas aux dieux, et que n'y croient pas les pontifes, les augures, les aruspices, les arvales, les vestales, ni personne ?" "Et alors pourquoi..." "Pourquoi les rites ? Parce qu'ils plaisent au peuple et sont utiles aux prêtres et servent à César pour se faire obéir comme s'il était un dieu terrestre tenu par la main par les dieux de l'Olympe. Mais les premiers à ne pas y croire sont ceux que nous vénérons comme ministres des dieux. Je suis pyrrhonien. J'ai fait le tour du monde. J'ai fait beaucoup d'expériences. Mes cheveux blanchissent aux tempes et ma pensée a mûri. J'ai comme règle personnelle trois principes : Aimer Rome, unique déesse et unique certitude, jusqu'au sacrifice de ma vie. Ne rien croire puisque tout est illusion de ce qui nous entoure, exceptée la Patrie sacrée et immortelle. Nous devons aussi douter de nous-mêmes car il n'est pas certain même que nous vivons. Les sens et la raison ne suffisent pas pour nous donner la certitude d'arriver à connaître la Vérité, et la vie et la mort ont la même valeur car nous ne savons pas ce que c'est que la vie et ce que c'est que la mort" dit-il en affectant un scepticisme philosophique d'un être supérieur... L'autre le regarde, hésitant. Puis il dit : "Moi, au contraire, je crois. Et j'aimerais savoir... Savoir de cet Homme qui est passé tout à l'heure. Lui certainement connaît la Vérité. Il sort de Lui quelque chose d'étrange. C'est comme une lumière qui vous pénètre !" "Qu'Esculape te sauve ! Tu es malade ! C'est depuis peu que tu es monté à la ville de la vallée, et les fièvres surgissent facilement chez ceux qui font ce voyage et ne sont pas encore acclimatés à cette région. Tu délires. Viens. Il n'y a rien de tel que le vin chaud et les aromates pour faire sortir en sueur le venin de la fièvre jordanique..." et il le pousse vers le corps de garde. Mais l'autre se dégage en disant : "Je ne suis pas malade. Je ne veux pas de vin drogué. Je veux veiller là, en dehors des murs (il montre l'intérieur du bastion) et attendre l'homme qui s'est nommé Jésus." "Si cette attente ne t'ennuie pas... Je vais réveiller ceux-ci pour la relève. Adieu..."

Et il entre bruyamment dans le corps de garde pour éveiller ses compagnons, en criant : "Déjà l'heure est sonnée. Allons, fainéants paresseux ! Je suis las !..." Il baille bruyamment et maugrée parce qu'ils ont laissé éteindre le feu et ont bu tout le vin chaud "si nécessaire pour essuyer la rosée palestinienne..." L'autre, le jeune légionnaire, adossé au mur que la lune effleure du couchant, attend que Jésus revienne sur ses pas. Les étoiles veillent son espoir... Jésus, pendant ce temps, est arrivé à la maison de Lazare sur la colline de Sion, et il frappe. Lévi Lui ouvre. "Toi, Maître ? ! Les maîtresses dorment. Pourquoi n'as-tu pas envoyé un serviteur si tu avais besoin de quelque chose ?" "Ils ne l'auraient pas laissé passer." "Ah ! c'est vrai ! Mais Toi, comment es-tu passé ?" "Je suis Jésus de Nazareth, et les légionnaires m'ont laissé passer. Mais il ne faut pas le dire, Lévi." "Je ne le dirai pas... Eux sont meilleurs que beaucoup de nous !" "Conduis-moi où dort ma Mère et ne réveille personne d'autre dans la maison." "Comme tu veux, Seigneur. Lazare a donné l'ordre à tous ceux qui dirigent les maisons de t'obéir en tout, sans discussion ni retard. C'était depuis peu l'aurore quand cet ordre a été apporté par un serviteur, par plusieurs serviteurs, à toutes les maisons. Obéir et se taire. Nous le ferons. Tu nous as rendu le maître..." L'homme trottine en avant à travers les couloirs vastes comme des galeries du splendide palais de Lazare sur la colline de Sion, et la lampe qu'il a dans la main illumine d'une manière fantastique le mobilier et les tapisseries qui ornent ces larges couloirs. L'homme s'arrête devant une porte fermée : "C'est là qu'est ta Mère." "Tu peux disposer." "Et la lampe ? Ne la veux-tu pas ? Je puis retourner dans l'obscurité. J'ai l'habitude de la maison. J'y suis né." "Laisse-la et n'enlève pas la clef de la porte. Je sors tout de suite." "Tu sais où me trouver. Je vais fermer par précaution, mais je serai prêt à t'ouvrir la porte quand tu viendras." Jésus reste seul. Il frappe légèrement, un coup si léger que seulement quelqu'un de bien éveillé peut entendre. Un bruit dans la pièce, comme celui d'un siège qu'on déplace, un léger bruit de pas, et une voix basse : "Qui frappe ?"

"Moi, Maman. Ouvre-moi." La porte s'ouvre de suite. La lumière de la lune est la seule lumière qui éclaire la pièce tranquille et étend ses rayons sur le lit intact. Un siège est près de la fenêtre grande ouverte sur le mystère de la nuit. "Tu ne dormais pas encore ? Il est tard !" "Je priais... Viens, mon Fils. Assieds-toi où j'étais" et elle indique le siège près de la fenêtre. "Je ne puis m'arrêter. Je suis venu te prendre pour aller chez Élise, dans le quartier d'Ophel. Annalia est morte. Vous ne le saviez pas encore ?" "Non. Personne... Quand, Jésus ?" "Après mon passage." "Après ton passage'. Tu as donc été pour elle l'Ange libérateur ?! Cette Terre était pour elle une telle prison ! Elle est heureuse ! Moi, je voudrais être à sa place ! Elle est morte... naturellement ? Je veux dire : pas par suite d'un malheur ?" "Elle est morte par la joie d'aimer. Je l'ai su que j'étais déjà sur la montée du Temple. Viens avec Moi, Maman. Nous ne craignons pas de nous profaner pour consoler une mère qui a eu dans ses bras sa fille morte d'une joie surnaturelle... Notre première vierge ! Celle qui vint à Nazareth, à toi, pour me trouver et me demander cette joie... Jours lointains et sereins." "Avant-hier elle chantait comme une mésange énamourée et m'embrassait en disant : "Je suis heureuse !" et elle était avide de savoir tout de Toi. Comment Dieu t'a formé. Comment Il m'a choisie. Et mes premières palpitations de vierge consacrée... Maintenant je comprends... Je suis prête, Fils." Marie, tout en parlant, a épinglé ses tresses qui étaient retombées sur ses épaules et qui la faisaient paraître si jeune, et elle a pris son voile et son manteau. Ils sortent en faisant le moins de bruit possible. Lévi est déjà près du portail. Il explique : "J'ai préféré... A cause de mon épouse... Les femmes sont curieuses. Elle m'aurait posé cent questions. Ainsi, elle ne sait pas..." Il ouvre, il va fermer. Jésus dit : "Avant la fin de cette veille, je reconduirai ma Mère." "Je veillerai tout près. Ne crains pas." "Paix à toi."

Ils s'en vont par les rues silencieuses, désertes, desquelles la lune se retire lentement éclairant encore le sommet des hautes maisons de la colline de Sion. Plus éclairé est le faubourg d'Ophel aux maisonnettes plus humbles et plus basses. Voilà la maison d'Annalia, fermée, sombre, silencieuse. Il y a encore des fleurs fanées sur les marches de la maison, peut-être celles jetées par la vierge avant de mourir, ou celles qui sont tombées de son lit funèbre... Jésus frappe à la porte. Il frappe de nouveau... Le bruit d'une fenêtre ouverte en haut. Une voix accablée : "Qui frappe ?" "Marie et Jésus de Nazareth" répond Marie. "Oh ! Je viens !..." Une brève attente et puis le bruit des verrous que l'on pousse. La porte s'ouvre montrant le visage défait d'Élise qui s'appuie péniblement aux montants de la porte, et quand Marie en entrant lui ouvre ses bras, elle tombe sur son sein avec les faibles sanglots de qui a tant pleuré que ses pleurs ne se font plus entendre. Jésus ferme la porte et attend patiemment que sa Mère calme cette désolation. Il y a une pièce près de la porte. Ils y entrent, Jésus portant la lampe posée par Élise sur le pavé de l'entrée avant d'ouvrir la porte. Les pleurs de la mère semblent ne pas pouvoir finir. C'est entre des sanglots rauques qu'elle parle à Marie. La mère parle à la Mère. Jésus, debout contre un mur, se tait... Élise ne peut se résigner à cette mort, arrivée ainsi... Et dans sa souffrance, elle en fait retomber la cause sur Samuel, le fiancé parjure : "Il lui a brisé le cœur, ce maudit ! Elle ne le disait pas, mais certainement elle souffrait qui sait depuis quand ! Et dans la joie, dans un cri, s'est ouvert son cœur. Qu'il soit maudit pour toujours." "Non, ma chérie. Non. Ne maudis pas. Ce n'est pas cela. Dieu l'a tant aimée qu'il l'a voulue dans sa paix. Mais même si elle était morte à cause de Samuel — ce qui n'est pas, mais supposons-le un instant — pense à la mort de joie qu'elle a eue, et dis que l'action mauvaise lui a procuré une mort heureuse." "Je ne l'ai plus ! Elle est morte ! Elle est morte ! Tu ne sais pas ce que c'est que de perdre une fille ! Moi, j'ai deux fois goûté cette douleur. Car déjà je la pleurais morte quand ton Fils l'a guérie. Mais maintenant... Mais maintenant... Lui n'est pas revenu ! Il n'a pas eu pitié... Je l'ai perdue ! Perdue ! Elle est déjà dans la tombe, mon enfant ! Sais-tu ce que c'est que de voir agoniser un enfant ? Savoir qu'il doit mourir ? Le voir mort quand on le croyait guéri et fort ?

Tu ne sais pas. Tu ne peux pas en parler... Elle était belle comme une rose éclose au lever du soleil pendant qu'elle se parait ce matin. Elle avait voulu revêtir le vêtement que je lui avais fait pour ses noces. Elle voulait même se couronner comme une épouse. Puis elle préféra défaire la guirlande déjà faite et effeuiller les fleurs pour les jeter à ton Fils, et elle chantait ! Elle chantait ! Sa voix emplissait la maison. Elle était gracieuse comme le printemps. La joie faisait briller ses yeux comme des étoiles, et elles étaient empourprées comme la pulpe de la grenade ses lèvres ouvertes sur la blancheur de ses dents, et elle avait des joues roses et fraîches comme des roses nouvelles embellies par la rosée. Elle est devenue blanche comme le lys à peine éclos. Elle s'est affaissée sur mon sein comme une tige brisée... Plus de paroles ! Plus de soupirs ! Plus de couleurs ! Plus de regard ! Tranquille, belle comme un ange de Dieu, mais sans vie. Tu ne sais pas, toi qui te réjouis du triomphe de ton Fils et le vois sain et fort, ce qu'est ma douleur ! Pourquoi n'est-il pas revenu en arrière ? En quoi Lui avait-elle déplu, et moi avec elle, pour ne pas avoir pitié de ma prière ?" "Élise ! Élise ! Ne parle pas... La douleur te rend aveugle et sourde... Élise, tu ne connais pas ma souffrance. Et tu ne connais pas la mer profonde que deviendra ma souffrance. Tu l'as vue tranquille et belle se raidir dans la paix. Dans tes bras. Moi... Moi cela fait plus de six lustres que je contemple mon Fils, et par delà la peau lisse et pure que je contemple et caresse, je vois les plaies de l'Homme des douleurs que deviendra mon Fils. Sais-tu, toi qui dis que je ne sais pas ce que c'est que de voir un enfant s'en aller deux fois vers la mort, et y entrer une fois et y demeurer en paix, sais-tu ce que c'est de voir, pendant tant d'années, cette vision, pour une mère ? Mon Fils ! Le voilà. Il est déjà vêtu de rouge comme s'il sortait d'un bain de sang. Et bientôt, dans peu de temps, alors que ne sera pas devenu sombre le visage de ta fille dans le tombeau, je le verrai revêtu de la pourpre de son Sang innocent, de ce Sang que je Lui ai donné. Et si tu as reçu sur ton cœur ta fille, sais-tu quelle sera ma douleur de voir mourir mon Fils comme un malfaiteur sur le bois ? Regarde-le, le Sauveur de tous ! Dans l'esprit et dans la chair, car la chair de ceux qu'il aura sauvés sera incorrompue et bienheureuse dans son Royaume. Et regarde-moi ! Regarde cette Mère qui heure après heure accompagne et conduit — oh ! je ne le retiendrais pas d'un seul pas ! — son Fils au Sacrifice ! Moi, je puis te comprendre, pauvre maman. Mais toi, comprends mon cœur ! Ne hais pas mon Fils. Annalia n'aurait pas supporté l'agonie de son Seigneur.

Et son Seigneur l'a rendue heureuse en une heure d'allégresse." Élise a cessé de pleurer devant la révélation. Elle fixe Marie, au pâle visage de martyre mouillé de larmes silencieuses, regarde Jésus qui la regarde avec pitié... et glisse aux pieds de Jésus en gémissant : "Mais elle est morte ! Elle est morte, Seigneur ! Comme un lys, un lys brisé. Les poètes disent de Toi que tu es celui qui se plaît parmi les lys ! Oh ! vraiment, Toi, né du Lys-Marie, tu descends souvent dans les parterres fleuris, et des roses pourpres tu fais des lys blancs, et tu les cueilles en les enlevant au monde. Pourquoi ? Pourquoi, Seigneur ? N'est-il pas juste qu'une mère jouisse de la rose qui est née d'elle ? Pourquoi en éteindre la pourpre dans la froide blancheur de mort du lys ?" "Les lys ! Ils seront le symbole de celles qui m'aimeront comme ma Mère a aimé Dieu. Le blanc parterre du Roi Divin." "Mais nous, les mères, nous pleurerons. Nous, les mères, nous avons droit à nos enfants. Pourquoi les enlever à la vie ?" "Ce n'est pas ce que je veux dire, femme. Les filles resteront, mais consacrées au Roi comme les vierges dans les palais de Salomon. Rappelle-toi le Cantique... Et elles seront épouses, les bien-aimées, sur la Terre et au Ciel." "Mais ma fille est morte ! Elle est morte !" Ses pleurs reprennent déchirants. "Je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui croit en Moi, vit même s'il vient à mourir, et en vérité je te dis qu'il ne meurt pas pour l'éternité. Ta fille vit. Elle vit pour l'éternité parce qu'elle a cru dans la Vie. Ma mort sera pour elle la Vie complète. Elle a connu la joie de vivre en Moi avant de connaître la douleur de me voir arraché à la vie. Ta douleur te rend aveugle et sourde. Ma Mère a raison de le dire. Mais bientôt tu diras ce que je t'ai envoyé dire ce matin : "Vraiment sa mort a été une grâce de Dieu". Crois-le, femme. L'horreur attend ce lieu. Et viendra un jour où les mères frappées comme toi diront : "Louange à Dieu qui a épargné ces jours à nos enfants". Et les mères qui n'auront pas été frappées crieront au Ciel : "Pourquoi, ô Dieu, n'as-tu pas tué nos fils avant cette heure ?" Crois-le, femme. Crois à mes paroles. N'élève pas entre toi et Annalia la vraie clôture qui sépare : celle de la différence de foi. Tu vois ? Je pouvais ne pas venir. Tu sais combien je suis haï. Que ne t'illusionne pas le triomphe d'une heure !... Chaque recoin peut cacher une embûche pour Moi. Et je suis venu seul, de nuit, pour te consoler et te dire ces paroles. Je compatis à la douleur d'une mère.

Mais pour la paix de ton âme, je viens te dire ces paroles. Aie la paix ! La paix !" "Donne-la-moi, Toi, Seigneur ! Moi, je ne peux pas ! Je ne peux pas dans ma souffrance me donner la paix. Mais Toi, qui donnes la vie aux morts et la santé aux mourants, donne la paix au cœur déchiré d'une mère." "Qu'il en soit ainsi, femme. La paix pour toi." Il lui impose les mains en la bénissant et en priant en silence sur elle. Marie s'est agenouillée à son tour près d'Élise en l'entourant de son bras. "Adieu, Élise. Je m'en vais..." "Nous ne nous verrons plus, Seigneur ? Je ne sortirai pas de la maison pendant plusieurs jours et tu t'en iras après les fêtes pascales. Toi... tu es encore un peu quelque chose de ma fille... parce que Annalia... parce que Annalia vivait en toi et pour Toi." Elle pleure, plus calme, mais combien elle pleure ! Jésus la regarde... Caresse sa tête chenue. Il lui dit : "Tu me verras encore." "Quand ?" "D'ici huit nuits." "Et tu me réconforteras encore ? Tu me béniras pour me donner de la force ?" "Mon cœur te bénira avec toute la plénitude de mon amour pour ceux qui m'aiment. Viens, ma Mère." "Mon Fils, si tu le permets, je voudrais rester encore avec cette mère. La douleur est un flot qui revient après que s'est éloigné Celui qui donne la paix... Je rentrerai à l'heure de prime. Je n'ai pas peur d'aller seule, tu le sais. Et tu sais que je passerai à travers toute une armée ennemie pour réconforter un frère en Dieu." "Que ce soit comme tu veux. Je m'en vais. Dieu soit avec vous." Il sort sans faire de bruit, en fermant derrière Lui la porte de la pièce et celle de la maison. Il revient vers les murs, à la Porte d'Ephraïm ou Stercoraire, ou du Fumier, car plusieurs fois j'ai entendu indiquer ces deux portes voisines avec ces trois noms, peut-être parce que l'une s'ouvre sur le chemin de Jéricho qui est au fond, chemin qui mène à Ephraïm, et l'autre parce qu'elle est proche de la vallée de Hinnom où l'on brûle les ordures de la ville, et elles se ressemblent tant que je les confonds. Le ciel commence à blanchir du côté de l'orient tout en étant encore criblé d'étoiles. Les chemins sont enveloppés dans une pénombre plus pénible que l'obscurité de la nuit que la lune tempérait de sa blanche clarté. Mais le soldat romain a de bons yeux, et voyant Jésus s'avancer vers la porte, il va à sa rencontre.

"Salut. Je t'ai attendu..." Il s'arrête hésitant. "Parle sans crainte. Que veux-tu de Moi ?" "Savoir. Tu as dit : "La paix que je donne demeure même dans la guerre car c'est une paix d'âme". Je voudrais savoir quelle est cette paix et ce que c'est que l'âme. Comment l'homme qui est en guerre peut-il être en paix ? Quand on ouvre le temple de Janus, on ferme celui de la Paix. Les deux choses ne peuvent exister ensemble dans le monde." Il parle adossé au muret verdâtre d'un petit jardin, dans une ruelle étroite comme un sentier dans des champs, humide, sombre, obscur, au milieu de pauvres maisons. A part une légère lueur que fait voir le casque bruni, on ne voit rien des deux qui parlent. L'ombre enveloppe les visages et les corps dans une unique obscurité. La voix de Jésus résonne douce et lumineuse dans sa joie de jeter une semence de lumière chez le païen : "Dans le monde, en vérité, la paix et la guerre ne peuvent exister ensemble. L'une exclut l'autre. Mais dans l'homme de guerre peut exister la paix même s'il fait une guerre commandée. Il peut exister ma paix. Parce que ma paix vient du Ciel et elle n'est pas blessée par le fracas de la guerre et la férocité des massacres. Elle, chose divine, envahit la chose divine que l'homme a en lui-même, et que l'on appelle l'âme.  "Divine ? En moi ? César est divin. Moi, je suis fils de paysans. Maintenant je suis un légionnaire sans aucun grade. Si je suis brave je pourrai peut-être devenir centurion. Mais divin, non." "Il y a en toi une partie divine : c'est l'âme. Elle vient de Dieu, du vrai Dieu. Aussi elle est divine, perle vivante dans l'homme, et elle se nourrit de choses divines et vivantes; la foi, la paix, la vérité. La guerre ne la trouble pas. La persécution ne la blesse pas. La mort ne la tue pas. Seul le mal, faire ce qui est mauvais, la blesse ou la tue, et la prive aussi de la paix que Moi je donne. Car le mal sépare l'homme de Dieu." "Et qu'est-ce que le mal ?" "Être dans le paganisme et adorer les idoles quand la bonté du vrai Dieu nous a fait connaître qu'existe le vrai Dieu. Ne pas aimer son père, sa mère, ses frères et le prochain. Voler, tuer, être rebelle, être luxurieux, être faux. C'est cela le mal." "Ah ! alors, moi je ne peux pas avoir ta paix ! Je suis soldat et on nous commande de tuer. Pour nous alors, il n'y a pas de salut ? !" "Sois juste dans la guerre comme dans la paix.

Accomplis ton devoir sans férocité et sans avidité. Pendant que tu combats et que tu conquiers pense que l'ennemi est semblable à toi, et que toute ville a ses mères et ses jeunes filles comme ta mère et tes sœurs, et sois un preux sans être une brute. Tu ne sortiras pas de la justice et de la paix et ma paix restera en toi." "Et ensuite ?" "Et ensuite ? Que veux-tu dire ?" "Après la mort ?Qu'advient-il du bien que j'ai fait et de l'âme dont tu dis qu'elle ne meurt pas si on ne fait pas le mal ?" "Elle vit, elle vit ornée du bien que tu as fait, dans une paix joyeuse, plus grande que celle dont on jouit sur la Terre." "Alors en Palestine, un seul avait fait le bien ! J'ai compris." "Qui ?" "Lazare de Béthanie. Son âme n'est pas morte !" "En vérité, c'est un juste. Pourtant beaucoup lui sont semblables et meurent sans ressusciter, mais leur âme vit dans le Dieu vrai. Car l'âme a une autre demeure, dans le Royaume de Dieu. Et celui qui croit en Moi entrera dans ce Royaume." "Même moi, romain ?"  "Même toi, si tu crois à la Vérité." "Qu'est-ce que la Vérité ?" "Je suis la Vérité, et le Chemin pour aller à la Vérité, et je suis la Vie et je donne la Vie car celui qui accueille la Vérité accueille la Vie." Le jeune soldat réfléchit... se tait... Puis il lève son visage : un visage encore pur de jeune homme et il a un sourire limpide, serein, et il dit : "J'essayerai de me rappeler cela et d'en savoir plus encore. Il me plaît..." "Comment t'appelles-tu ?" "Vital, de Bénévent. Des campagnes de la ville." "Je me souviendrai de ton nom. Rends vraiment vital ton esprit en le nourrissant de Vérité. Adieu. On ouvre la porte. Je sors de la ville." "Salut !" "Jésus va rapidement vers la porte et prend en hâte le chemin qui conduit au Cédron et au Gethsémani et de là au Camp des Galiléens. Dans les oliviers de la montagne, il rejoint Judas de Kériot qui monte lui aussi vers le camp qui s'éveille. Judas fait un geste presque d'épouvante en se trouvant en face de Jésus. Jésus le regarde fixement, sans parler. "Je suis allé apporter la nourriture aux lépreux.

Mais... j'en ai trouvé deux à Hinnom, cinq à Siloan. Les autres : guéris. Encore là, mais si bien guéris qu'ils m'ont prié d'avertir le prêtre. J'étais descendu au point du jour pour être libre ensuite. La chose va faire du bruit. Un si grand nombre de lépreux guéris ensemble après que tu les as bénis en présence de tant de gens !" Jésus ne parle pas. Il le laisse parler. Il ne lui dit ni : "Tu as bien fait", ni autre chose ayant trait à l'action de Judas et au miracle, mais s'arrêtant à l'improviste et regardant fixement l'apôtre, il lui demande : "Eh bien ? Qu'est-ce que cela a changé de t'avoir laissé la liberté et l'argent ?" "Que veux-tu dire ?" "Ceci : je te demande si tu t'es sanctifié depuis que je t'ai rendu la liberté et l'argent. Et tu me comprends... Ah ! Judas ! Souviens-toi ! Souviens-toi toujours : tu as été celui que j'ai aimé plus que tout autre, en recevant de toi moins d'amour que tous les autres m'en ont donné. En recevant même une haine plus grande, car c'était la haine de quelqu'un que je traitais en ami, que la haine la plus féroce du plus féroce pharisien. Et rappelle-toi encore ceci : que Moi, même maintenant je ne te hais pas mais, pour autant que cela dépend du Fils de l'homme, je te pardonne. Va, maintenant. Il n'y a plus rien à se dire entre toi et Moi. Tout est déjà fait..." Judas voudrait dire quelque chose, mais Jésus, d'un geste impérieux, lui fait signe d'aller en avant... Et Judas, tête basse comme un vaincu, s'en va... A la limite du Camp des Galiléens les apôtres et les deux serviteurs de Lazare sont déjà prêts. "Où as-tu été, Maître ? Et toi, Judas ? Vous étiez ensemble ?" Jésus devance la réponse de Judas : "J'avais quelque chose à dire à des cœurs. Judas est allé chez les lépreux... Mais ils sont tous guéris, sauf sept." "Oh ! pourquoi y es-tu allé ? Je voulais venir moi aussi !" dit le Zélote. "Pour être libre maintenant de venir avec nous" dit encore Jésus. "Allons. Nous entrerons dans la ville par la Porte du Troupeau. Faisons vite." Il va en avant, en passant par les oliveraies qui conduisent du Camp, à moitié route entre Béthanie et Jérusalem, à l'autre petit pont qui passe le Cédron près de la Porte du Troupeau. Des maisons de paysans sont éparses sur les pentes, et tout en bas, près des eaux du torrent, un figuier ébouriffé se penche sur la rivière.

Jésus se dirige vers lui et il cherche si dans le feuillage fourni et gras il y a quelque figue mûre. Mais le figuier est tout en feuilles, nombreuses, inutiles, mais il n'a pas un seul fruit sur ses branches. "Tu es comme beaucoup de cœurs en Israël. Tu n'as pas de douceurs pour le Fils de l'homme, et pas de pitié. Qu'il ne puisse plus jamais naître de toi un seul fruit et que personne ne se rassasie de toi à l'avenir" dit Jésus. Les apôtres se regardent. La colère de Jésus pour la plante stérile, peut-être sauvage, les étonne. Mais ils ne disent rien. Ce n'est que plus tard, après avoir passé le Cédron, que Pierre Lui demande : "Où as-tu mangé ?" "Nulle part." "Oh ! Alors tu as faim ! Voici là-bas un berger avec quelques chèvres qui paissent. Je vais demander du lait pour Toi. Je fais vite" et il s'en va à grands pas et revient doucement avec une vieille écuelle pleine de lait. Jésus boit et il rend le bol au pastoureau qui a accompagné Pierre, en le caressant... Ils entrent dans la ville et montent au Temple, et après avoir adoré le Seigneur, Jésus revient dans la cour où les rabbis donnent leurs leçons. Les gens l'entourent et une mère, venue de Cintium, présente son enfant qu'un mal a rendu aveugle, je crois. Il a les yeux blancs comme s'il avait une vaste cataracte sur la pupille ou un albugo. Jésus le guérit en effleurant les orbites avec les doigts. Et puis de suite il commence à parler : "Un homme acheta un terrain. Il y planta des vignes, construisit une maison pour les fermiers, une tour pour la surveillance, des celliers et des endroits pour presser le raisin, et en confia l'entretien à des fermiers en qui il avait confiance. Puis il s'en alla au loin. Quand arriva le temps où les vignes purent donner des fruits, les vignes ayant poussé au point de donner des fruits, le maître de la vigne envoya ses serviteurs chez les fermiers pour retirer le revenu de la récolte. Mais les fermiers entourèrent ces serviteurs, ils en frappèrent une partie à coups de bâtons, en lapidèrent une partie avec de lourdes pierres en les blessant grièvement, et en tuèrent une partie. Ceux qui purent revenir vivants chez le maître, racontèrent ce qui leur était arrivé. Le maître les soigna et les consola, et il envoya d'autres serviteurs encore plus nombreux. Les fermiers les traitèrent comme ils avaient traité les premiers. Alors le maître de la vigne dit : "Je vais leur envoyer mon cher fils.

Certainement ils respecteront mon héritier". Mais les fermiers, l'ayant vu venir et ayant su que c'était l'héritier, s'appelèrent l'un l'autre en disant : "Venez, réunissons-nous pour être nombreux. Entraînons-le dehors, dans un endroit écarté, et tuons-le. Son héritage nous restera". Ils l'accueillirent avec des honneurs hypocrites, l'entourèrent comme pour lui faire fête. Ensuite ils le ligotèrent après l'avoir embrassé, le frappèrent fortement et avec mille moqueries, ils l'amenèrent au lieu du supplice et le tuèrent. Maintenant, vous, dites-moi. Ce père et maître s'apercevra un jour que son fils et héritier ne revient pas, et découvrira que ses fermiers, auxquels il avait donné la terre fertile pour qu'ils la cultivent en son nom, en jouissant de ce qui était juste et en donnant à leur seigneur ce qui était juste, ont tué son fils. Alors que fera-t-il ?" et Jésus darde ses iris de saphir, enflammés comme par un soleil, sur ceux qui sont venus et spécialement sur les groupes des juifs les plus influents, pharisiens et scribes répandus dans la foule. Personne ne parle. "Dites donc ! Vous au moins, rabbis d'Israël. Dites une parole de justice qui persuade le peuple de la justice. Moi, je pourrais dire une parole qui ne serait pas bonne, d'après votre pensée. Parlez donc vous, pour que le peuple ne soit pas induit en erreur." Les scribes, contraints, répondent ainsi : "Il punira les scélérats en les faisant périr d'une manière atroce, et il donnera sa vigne à d'autres fermiers pour qu'ils lui la cultivent honnêtement, en lui donnant le revenu de la terre qui leur est confiée." "Vous avez bien parlé. Il est écrit dans l'Écriture : "La pierre que les constructeurs ont rejetée est devenue pierre angulaire. C'est une œuvre faite par le Seigneur et c'est une chose admirable à nos yeux". Puisque donc ceci est écrit, et vous le savez, et vous estimez juste que soient punis atrocement ces fermiers meurtriers du fils héritier du maître de la vigne, et qu'elle soit donnée à d'autres fermiers qui la cultivent honnêtement, voilà que pour ce motif, je vous dis : "Le Royaume de Dieu vous sera enlevé et il sera donné à des gens qui en produisent des fruits. Et celui qui tombera contre cette pierre se brisera, et celui sur lequel la pierre tombera sera écrasé"." Les chefs des prêtres, les pharisiens et les scribes, par un acte vraiment... héroïque, ne réagissent pas. Si forte est la volonté d'atteindre un but !

Pour beaucoup moins d'autres fois ils l'ont contré, et aujourd'hui où le Seigneur Jésus leur dit ouvertement que le pouvoir leur sera enlevé, ils n'éclatent pas en reproches, ils ne font pas d'actes de violence, ils ne menacent pas, faux agneaux patients qui sous l'apparence hypocrite de douceur cachent l'immuable cœur du loup. Ils se bornent à s'approcher de Lui qui a repris sa marche en avant et en arrière en écoutant tel et tel des nombreux pèlerins qui sont rassemblés dans la vaste cour, et desquels beaucoup Lui demandent conseil pour des questions qui intéressent l'âme ou pour des situations familiales ou sociales, en attendant de pouvoir Lui dire quelque chose après l'avoir écouté donner un jugement à un homme sur une question embrouillée d'héritage : elle a produit division et rancœur entre les différents héritiers à cause d'un fils du père qu'il a eu d'une servante de la maison mais qu'il a adopté. Les fils légitimes ne le veulent pas avec eux, ni comme héritier dans le partage des maisons et des terres. Ils ne veulent plus avoir rien en commun avec le bâtard et ils ne savent pas comment résoudre la question car, avant sa mort, le père a fait jurer que comme toujours il avait partagé le pain entre le fils illégitime et les légitimes dans la même mesure, ainsi ils devaient partager l'héritage dans la même mesure. Jésus dit à celui qui l'interroge au nom des trois autres frères : "Sacrifiez tous une parcelle de terre pour la vendre de façon à réunir une somme d'argent équivalente au cinquième de la fortune totale et donnez-le au fils illégitime en lui disant : "Voilà ta part. Tu n'es pas frustré de ce qui t'appartient et on n'a pas fait tort à la volonté de notre père. Va et que Dieu soit avec toi". Et soyez généreux en lui donnant même davantage que la valeur stricte de sa part. Faites-le avec des témoins qui soient justes et personne ne pourra sur la Terre, ni au-delà de la Terre, élever une voix de reproche et de scandale. Et vous aurez la paix entre vous et en vous, n'ayant pas le remords d'avoir désobéi à votre père et n'ayant pas parmi vous celui qui, vraiment innocent, a été pour vous une cause de trouble plus que si on avait mis un voleur parmi vous." L'homme dit : "Ce bâtard, en vérité, a enlevé la paix à notre famille, la santé à notre mère qui est morte de chagrin, et une place qui ne lui appartient pas." "Ce n'est pas lui le coupable, homme. C'est celui qui l'a engendré. Lui n'a pas demandé à naître pour porter la marque de bâtard, Ce fut la convoitise de votre père qui l'engendra pour lui donner la douleur et pour vous donner la douleur. Soyez donc justes envers l'innocent qui paie déjà durement une faute qui n'est pas la sienne.

N'ayez pas d'anathème pour l'esprit de votre père. Dieu l'a jugé. Il n'est pas besoin des foudres de vos malédictions. Honorez le père, toujours, même s'il est coupable, non pour lui-même, mais parce qu'il a représenté sur la Terre votre Dieu, vous ayant créés par ordre de Dieu et étant le seigneur de votre maison. Les parents viennent immédiatement après Dieu. Rappelle-toi le Décalogue, et ne pèche pas. Va en paix." Les prêtres et les scribes s'approchent alors de Lui pour l'interroger : "Nous t'avons entendu. Tu as dit ce qui était juste. Un conseil plus sage n'aurait pu le donner Salomon. Mais dis-nous, Toi qui opères des prodiges et donnes des jugements tels que seul le sage roi pouvait en donner, par quelle autorité fais-tu ces choses ? D'où te vient un tel pouvoir ?" Jésus les regarde fixement. Il n'est ni agressif ni méprisant, mais très imposant. Il dit : "Moi aussi, j'ai à vous poser une question, et si vous me répondez, je vous dirai par quelle autorité, Moi, homme sans autorité de charges et pauvre — car c'est cela que vous voulez dire — je fais ces choses. Dites : le baptême de Jean, d'où venait-il ? Du Ciel ou de l'homme qui le donnait ? Répondez-moi. Par quelle autorité Jean le donnait-il comme rite purificateur et pour vous préparer à la venue du Messie, puisque Jean était encore plus pauvre, plus ignorant que Moi, et sans charge d'aucune sorte, ayant passé sa vie dans le désert depuis son enfance ?" Les scribes et les prêtres se consultent entre eux. Les gens, les yeux grands ouverts et les oreilles attentives, sont prêts à protester et à acclamer si les scribes disqualifient le Baptiste et offensent le Maître, ou s'ils paraissent déconfits par la question du Rabbi de Nazareth, divinement sage, se serrent autour d'eux. Il est frappant le silence absolu de cette foule qui attend la réponse. Il est si profond que l'on entend la respiration et les chuchotements des prêtres ou des scribes qui communiquent entre eux quasi sans parler, et observent pendant ce temps le peuple dont ils devinent les sentiments prêts à exploser. Enfin, ils se décident à répondre. Ils se tournent vers le Christ qui, appuyé à une colonne, les bras croisés, les scrute sans jamais les perdre de vue, et ils disent : "Maître, nous ne savons par quelle autorité Jean faisait cela ni d'où venait son baptême. Personne n'a pensé à le demander au Baptiste pendant qu'il était vivant, et lui ne l'a jamais dit spontanément." "Et Moi non plus je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais de telles choses." Il leur tourne le dos en appelant à Lui les douze et, fendant la foule qui l'acclame, il sort du Temple.

Quand ils sont déjà dehors, au-delà de la Probatique, Barthélemy Lui dit : "Ils sont devenus très prudents tes adversaires. Peut-être vont-ils se convertir au Seigneur qui t'a envoyé et te reconnaître pour le Messie saint." "C'est vrai. Ils n'ont pas discuté ta question ni ta réponse..." dit Matthieu. "Qu'il en soit ainsi. C'est beau que Jérusalem se convertisse au Seigneur, son Dieu" dit encore Barthélémy. "Ne vous faites pas des illusions ! Cette partie de Jérusalem ne se convertira jamais. Ils n'ont pas répondu autrement parce qu'ils ont craint la foule. Je lisais leur pensée bien que n'entendant pas leurs paroles dites à voix basse." "Et que disaient-ils ?" demande Pierre. "Ils disaient cela. Je désire que vous le sachiez pour les connaître à fond et que vous puissiez donner une exacte description à ceux qui viendront plus tard des cœurs des hommes de mon temps. S'ils ne m'ont pas répondu, ce n'est pas qu'ils se convertissent au Seigneur, mais parce qu'ils disaient entre eux : "Si nous répondons : 'Le baptême de Jean venait du Ciel" le Rabbi répondra : "Et alors pourquoi n'avez-vous pas cru à ce qui venait du Ciel et enseignait la préparation au temps messianique ?" , et si nous disons : "De l'homme" alors ce sera la foule qui se rebellera en disant : "Et alors pourquoi ne croyez-vous pas à ce que Jean, notre prophète, a dit de Jésus de Nazareth ?" Il vaut donc mieux dire : "Nous ne savons pas". Voilà ce qu'ils disaient. Ce n'était pas parce qu'ils étaient revenus à Dieu, mais par un lâche calcul, et pour ne pas avoir à reconnaître par leurs bouches que je suis le Christ et que je fais ces choses que je fais parce que je suis l'Agneau de Dieu dont a parlé le Précurseur. Et Moi non plus, je n'ai pas voulu dire par quelle autorité je fais les choses que je fais. Déjà, de nombreuses fois, je l'ai dit dans ces murs et dans toute la Palestine, et mes prodiges parlent encore plus que mes paroles. Maintenant je ne le dirai plus par mes paroles. Je laisserai parler les prophètes et mon Père, et les signes du Ciel, car le moment est venu où tous ces signes vont être donnés. Ceux qui ont été dits par les prophètes et marqués des symboles de notre histoire, et ceux que j'ai dits : le signe de Jonas; vous vous souvenez de ce jour à Cédés? C'est le signe qu'attend Gamaliel. Toi, Etienne, toi, Hermas, et toi, Barnabé qui as quitté tes compagnons aujourd'hui pour me suivre, certainement plusieurs fois vous avez entendu le rabbi parler de ce signe. Eh bien, bientôt le signe sera donné." Il s'éloigne en montant à travers les oliviers de la montagne, suivi des siens et de nombreux disciples (des soixante-douze) en plus d'autres, comme Joseph Barnabé qui le suit pour l'entendre parler encore.

La nuit

Jésus est encore, le soir, dans l'oliveraie et il y est avec ses apôtres. Et de nouveau il parle. "Et encore un autre jour est passé. Maintenant la nuit et puis demain, et puis un autre demain, et puis la cène pascale." "Où la ferons-nous, mon Seigneur ? Cette année il y a aussi les femmes" demande Philippe. "Et nous n'avons encore pourvu à rien, et la ville est pleine, bondée. Il semble que cette année Israël tout entier, jusqu'aux plus lointains prosélytes, soit accouru au rite" dit Barthélémy. Jésus le regarde et comme s'il récitait un psaume, il dit : "Rassemblez-vous, hâtez-vous, accourez de tous côtés vers ma victime que j'immole pour vous, vers la grande Victime immolée sur les monts d'Israël, pour manger sa Chair et boire son Sang." "Mais quelle victime ? Quelle victime ? Tu sembles quelqu'un qui est possédé par une folie fixe. Tu ne parles que de mort... et tu nous affliges" dit avec véhémence Barthélemy. Jésus le regarde encore en quittant des yeux Simon qui se penche sur Jacques d'Alphée et sur Pierre et parle avec eux, et il dit : "Comment ? Tu me le demandes ? Tu n'es pas un de ces petits qui pour être instruits doivent recevoir la lumière septiforme. Tu étais déjà instruit en l'Écriture avant que je t'appelle, par l'intermédiaire de Philippe, dans cette douce matinée de printemps. De mon printemps. Et tu me demandes encore quelle est la victime immolée sur les monts, celle vers laquelle viendront tous les gens pour s'en nourrir ? Et tu m'appelles fou d'une folie fixe parce que je parle de mort ? Oh ! Bartholmaï ! Comme le cri des sentinelles, dans votre ténèbre, qui jamais s'est ouverte à la lumière, j'ai lancé une fois, deux fois, trois fois le cri annonciateur. Mais vous n'avez jamais voulu le comprendre. Vous en avez souffert sur le moment, et puis...

Comme des enfants, vous avez vite oublié les paroles de mort et vous êtes retournés joyeux à votre travail, sûrs de vous et pleins de l'espérance que mes paroles et les vôtres persuaderaient de plus en plus le monde de suivre et d'aimer son Rédempteur. Non. C'est seulement après que cette Terre aura péché contre Moi, et rappelez-vous que ce sont des paroles du Seigneur à son prophète, après seulement que le peuple et non seulement celui-ci en particulier, mais le grand peuple d'Adam commencera à gémir : "Allons vers le Seigneur. Lui qui nous a blessés nous guérira". Et le monde des rachetés dira : "Après deux jours, c'est-à-dire deux temps de l'éternité, durant lesquels il nous aura laissés à la merci de l'Ennemi, qui avec toutes ses armes nous aura frappés et tués comme nous avons frappé et tué le Saint — et nous le frappons et le tuons parce que toujours il y aura la race des Caïns qui tueront par leurs blasphèmes et leurs œuvres mauvaises le Fils de Dieu, le Rédempteur, en décochant des flèches mortelles non sur son éternelle Personne glorifiée, mais sur leur âme rachetée par Lui, pour la tuer, et pour le tuer par conséquent dans leurs âmes — c'est seulement après ces deux temps que viendra le troisième jour et que nous ressusciterons en sa présence dans le Royaume du Christ sur la Terre et que nous vivrons en sa présence dans le triomphe de l'esprit. Nous le connaîtrons, nous apprendrons à connaître le Seigneur pour être prêts à soutenir, grâce à cette vraie connaissance de Dieu, la dernière bataille que Lucifer livrera à l'homme avant la sonnerie de l'ange de la septième trompette qui ouvrira le chœur bienheureux des saints de Dieu, au nombre parfait pour l'éternité — et ni le plus petit enfant, ni le vieillard le plus âgé ne pourra jamais être ajouté au nombre — le chœur qui chantera; "Il est fini le pauvre royaume de la Terre. Le monde est passé en revue avec tous ses habitants devant le Juge victorieux. Et les élus sont maintenant entre les mains de notre Seigneur et de son Christ, et Lui est notre Roi pour toujours. Louange au Seigneur Dieu Tout Puissant qui est, qui était et qui sera, parce qu'il a pris son grand pouvoir et qu'il est entré en possession de son royaume". Oh ! qui parmi vous saura rappeler les paroles de cette prophétie qui résonne déjà dans les paroles de Daniel, avec un son voilé, et qui maintenant retentit par la voix du Sage devant le monde étonné et devant vous, plus étonnés que le monde ? ! "La venue du Roi — continuera le monde gémissant dans ses blessures et enfermé dans son tombeau, après avoir mal vécu et être mal mort, enfermé par son septuple vice et par ses hérésies sans fin, l'esprit agonisant du monde enfermé, avec ses derniers essais, à l'intérieur de son organisme, mort lépreux à cause de toutes ses erreurs

La venue du Roi est préparée comme celle de l'aurore et elle viendra à nous comme la pluie du printemps et de l'automne". L'aurore est précédée et préparée par la nuit. C'est la nuit. Celle de maintenant. Et que dois-je te faire, Ephraïm ? Et que dois-je te faire, Ô Juda ?... Simon, Bartholmaï, Judas, et mes cousins, vous plus instruits dans le Livre, reconnaissez-vous ces paroles ? Ce n'est pas d'un esprit fou, mais de quelqu'un qui possède la Sagesse et la Science qu'elles viennent. C'est comme un roi qui ouvre avec assurance ses coffres forts, parce qu'il sait où est la gemme donnée qu'il cherche, après l'avoir mise de sa main à l'intérieur, que je cite les prophètes. Je suis la Parole. Pendant des siècles, j'ai parlé par des lèvres humaines, et pendant des siècles je parlerai par des lèvres humaines. Mais tout ce qui est dit de surnaturel est ma parole. L'homme ne pourrait pas, même le plus docte et le plus saint, monter avec une âme d'aigle au-delà des limites du monde aveugle, pour saisir et dire les mystères éternels, L'avenir n'est "présent" que dans la Pensée divine. C'est une sottise chez ceux qui ne sont pas élevés par Notre Volonté, de prétendre faire des prophéties et des révélations. Et Dieu les démentit et les frappe parce qu'Un seul peut dire : "Je suis" et dire : "Je vois" et dire "Je sais". Mais quand une Volonté qu'on ne mesure pas, qu'on ne juge pas, qu'il faut accepter en inclinant la tête, en disant : "Me voici", sans discuter, dit : "Viens, monte, écoute, vois, répète" alors, plongée dans l'éternel présent de son Dieu, l'âme, appelée par le Seigneur pour être "voix", voit et tremble, voit et pleure, voit et jubile; alors l'âme, appelée par le Seigneur pour être "parole", écoute, et arrivant à des extases ou à une sueur d'agonie, dit les paroles redoutables du Dieu Éternel. Parce que toute parole de Dieu est redoutable, venant de Celui dont le verdict est immuable et la Justice inexorable, et tournée vers les hommes dont trop peu méritent amour et bénédiction et non pas foudre et condamnation. Maintenant cette parole, qui est donnée et méprisée, n'est-elle pas la cause d'une faute redoutable et d'une punition pour ceux qui l'ayant entendue la repoussent ? Elle l'est. Et que dois-je encore vous faire, ô Ephraïm, ô Juda, ô monde, que je n'ai pas fait ? Je suis venu pour t'aimer, ma Terre, et ma parole a été pour toi une épée qui tue parce que tu l'as exécrée. Oh ! Monde qui tues ton Sauveur en croyant faire une chose juste, tellement tu es insatanisé au point de ne même plus comprendre quel est le sacrifice que Dieu exige, sacrifice du péché personnel et non pas d'une bête immolée et consommée avec l'âme souillée !

Mais que t'ai-je donc dit pendant ces trois années ? Qu'ai-je prêché ? J'ai dit : "Connaissez Dieu dans ses lois et dans sa nature". Et je me suis desséché comme un vase d'argile poreuse exposé au soleil en vous répandant la connaissance vitale de la Loi et de Dieu. Et tu as continué de faire des holocaustes sans jamais accomplir l'unique chose nécessaire : l'immolation au Dieu vrai de ta volonté mauvaise ! Maintenant le Dieu éternel te dit, cité pécheresse, peuple parjure — et à l'heure du Jugement, on se servira pour toi d'un fouet dont on ne se servira pas pour Rome et Athènes, qui sont hébétées et ne connaissent pas la parole et le savoir, mais qui, d'éternels enfants mal soignés par leur nourrice et restés comme des animaux dans leurs capacités, passeront dans les bras saints de mon Église, mon unique sublime Épouse qui m'enfantera d'innombrables enfants dignes du Christ, deviendront adultes et capables et me donneront des palais et des troupes, des temples et des saints de quoi peupler le Ciel comme avec des étoiles — maintenant le Dieu éternel te dit : "Vous ne me plaisez plus et je n'accepterai plus de don de votre main. Il est pour Moi pareil à des excréments et je vous le rejetterai à la face et il y restera attaché. Vos solennités, toutes extérieures, me dégoûtent. Je supprime le pacte avec la race d'Aaron et je le passe aux fils de Lévi parce que, voilà, celui-ci est mon Lévi, et avec Lui pour toujours j'ai fait un pacte de vie et de paix et Lui m'a été fidèle dans les siècles des siècles, jusqu'au sacrifice. Il a eu la sainte crainte du Père et il a tremblé à cause de son courroux d'offensé, au seul son de mon Nom offensé. La loi de la vérité a été sur sa bouche, et sur ses lèvres il n'y a pas eu d'iniquité, il a marché avec Moi dans la paix et l'équité, et il en a retiré beaucoup du péché. Le temps est venu où en tout lieu, et non plus sur l'unique autel de Sion, car vous ne méritez pas de l'y offrir, sera sacrifiée et offerte à mon Nom l'Hostie pure, immaculée, agréable au Seigneur' '. Les reconnaissez-vous les éternelles paroles ?" "Nous les reconnaissons, notre Seigneur. Et crois-le, nous sommes abattus comme si on nous avait frappés. N'est-il pas possible de dévier le destin ?" "Tu l'appelles destin, Bartholmaï ?" "Je ne saurais quel autre nom..." "Réparation. Voilà le nom. On n'offense pas le Seigneur sans que l'offense doive être réparée. Et Dieu Créateur a été offensé par le Premier qui a été créé. Depuis lors, l'offense n'a pas cessé de croître.

Et elle n'a pas servi l'inondation du Déluge, ni la pluie de feu sur Sodome et Gomorrhe à rendre l'homme saint. Pas l'eau et pas le feu. La Terre est une Sodome sans limite où passe, libre et roi, Lucifer. Alors que vienne une trinité pour la laver : le feu de l'amour, l'eau de la douleur, le Sang de la Victime. Voici, ô Terre, mon don. Je suis venu pour te le donner. Et maintenant je me déroberais à son accomplissement ? C'est Pâque, on ne peut fuir." "Pourquoi ne vas-tu pas chez Lazare ? Ce ne serait pas fuir, mais chez lui, on ne te toucherait pas." "Simon parle bien. Je t'en supplie, Seigneur, fais-le !" crie Judas Iscariote en se jetant aux pieds de Jésus. A son geste répond un déluge de larmes de Jean, et bien que plus maîtres de leur douleur, les cousins pleurent ainsi que Jacques et André. "Tu me crois le "Seigneur" ? Regarde-moi !" et Jésus transperce de son regard le visage angoissé de l'Iscariote, car il est réellement angoissé, ce n'est pas une feinte. C'est peut-être la dernière lutte de son âme avec Satan, et il ne sait pas triompher. Jésus l'étudie et suit la lutte comme un homme de science pourrait étudier une crise d'un malade. Puis il se lève brusquement et si violemment que Judas, appuyé sur ses genoux, se trouve repoussé et retombe assis par terre. Jésus recule aussi, le visage bouleversé, et il dit : "Pour faire arrêter aussi Lazare ? Double proie et double joie par conséquent. Non, Lazare se garde pour le Christ à venir, pour le Christ triomphant. Un seul sera jeté au-delà de la vie, et il ne reviendra pas. Moi, je reviendrai. Mais lui ne reviendra pas. Mais Lazare reste. Toi, toi qui sais tant de choses, tu sais aussi celle-là. Mais ceux qui espèrent avoir double profit en capturant l'aigle avec l'aiglon, dans leur nid et sans difficulté, peuvent être sûrs que l'aigle a les yeux sur tous, et que par amour pour son petit il ira loin du nid pour être pris Lui seul, en le sauvant. Je suis tué par la haine et pourtant je continue à aimer. Allez. Moi, je reste à prier. Jamais comme à l'heure où je vis, je n'ai eu besoin d'élever mon âme au Ciel." "Laisse-moi rester avec Toi" supplie Jean.  "Non. Vous avez tous besoin de repos. Va-t'en." "Tu restes seul ? Et s'ils te font du mal ? Tu semblés souffrant aussi... Moi, je reste" dit Pierre. "Toi aussi, va avec les autres. Laissez-moi oublier les hommes pour une heure ! Laissez-moi en contact avec les anges de mon Père ! Ils remplaceront ma Mère, qui s'épuise en larmes et en prière, que je ne puis charger de ma douleur désolée. Allez."

"Tu ne nous donnes pas la paix ?" demande son cousin Jude. "Tu as raison. Que la paix du Seigneur se pose sur ceux qui ne sont pas opprobre à ses yeux. Adieu" et Jésus pénètre en montant un talus au milieu des oliviers. "Et pourtant... ce qu'il dit c'est vraiment dans l'Écriture ! Et quand on l'entend de Lui on comprend pourquoi et pour qui c'est dit" murmure Barthélemy. "Moi, je l'ai dit à Pierre dans l'automne de la première année..." dit Simon. "C'est vrai... Mais... Non ! Moi vivant, je ne le laisserai pas prendre. Demain..." dit Pierre. "Que feras-tu demain ?" demande l'Iscariote. "Ce que je ferai ? Je parle avec moi-même. C'est un temps de conjuration. A l'air même je ne confierai pas ma pensée. Et toi, qui es puissant, tu l'as dit tant de fois, pourquoi ne cherches-tu pas protection pour Jésus ?" "Je le ferai, Pierre. Je le ferai. Ne vous étonnez pas si je suis parfois absent. Je travaille pour Lui. Ne le Lui dites pas, pourtant". "Sois tranquille, et que tu sois béni. Parfois je me suis défié de toi, mais je m'en excuse. Je vois que tu es meilleur que nous au bon moment. Tu agis... moi, je ne sais que parler à vide" dit Pierre, humble et sincère. Et Judas rit comme si la louange lui plaisait. Ils s'éloignent du Gethsémani vers la route qui va à Jérusalem.

Texte extrait de l'Evangile tel qu'il m'a été révélé, Tome 9, chapitre 11 et 12

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3 avril 2010

Semaine Sainte

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Semaine Sainte 2010

Samedi Saint

Textes extraits des révélations de Maria Valtorta

Le jour

L'aube arrive hésitante, avec peine. Et l'aurore tarde étrangement, bien qu'il n'y ait pas de nuages dans le ciel. Mais il semble que les astres aient perdu toute vigueur. De même qu'elle était pâle la lune pendant la nuit, ainsi est pâle le soleil à son lever. Voilés... Ils ont peut-être pleuré, eux aussi, pour avoir cet aspect voilé comme les ont les yeux des bons qui ont pleuré et qui pleurent pour la mort du Seigneur ? A peine Jean comprend que les portes sont rouvertes, il sort, sourd aux supplications maternelles. Les femmes se renferment dans la maison encore plus craintives maintenant que l'apôtre aussi s'en est allé. Marie, toujours dans sa pièce, les mains sur les genoux, regarde fixement par la fenêtre qui s'ouvre sur un jardin pas très vaste mais suffisamment grand, tout plein de roses fleuries le long des hautes murailles et de parterres fantaisistes. Les touffes de lys, au contraire, n'ont pas encore les tiges des futures fleurs, touffus, beaux, mais n'ayant que les feuilles. Elle regarde, regarde et je crois qu'elle ne voit rien que ce qui est dans son pauvre cerveau fatigué : l'agonie de son Fils. Les femmes vont et viennent. Elles s'approchent, la caressent, la prient de se restaurer... et chaque fois, avec leur venue, vient un flot d'un parfum lourd, mélangé, étourdissant.

Marie en éprouve chaque fois un frisson, mais rien d'autre. Pas un mot, pas un geste, rien. Elle est épuisée. Elle attend. Elle n'est qu'attente. Elle est Celle qui attend. Un coup à la porte... Les femmes courent ouvrir. Marie se tourne sur son siège sans se lever et fixe l'entrée entrouverte. La Magdeleine entre. "C'est Manaën... Il voudrait qu'on l'emploie à quelque chose." "Manaën... Fais-le entrer. Il a toujours été bon. Mais je croyais que ce n'était pas lui..." "Qui croyais-tu que c'était, Mère ?..." "Après... après. Fais passer." Manaën entre. Il n'est pas pompeux comme d'habitude. Il a un vêtement très commun, d'un marron presque noir et un manteau pareil. Pas de bijoux et pas d'épée. Rien. Il semble un homme aisé, mais du peuple. Il se penche d'abord pour saluer, les mains croisées sur la poitrine, puis il s'agenouille comme devant un autel. "Lève-toi et pardonne-moi si je ne réponds pas à ton inclination. Je ne puis pas..." "Tu ne dois pas. Je ne le permettrais pas. Tu sais qui je suis. Aussi je te prie de me considérer comme ton serviteur. As-tu besoin de moi ? Je vois que tu n'as pas un homme dans ton entourage. Je sais par Nicodème que tous se sont enfuis. Il n'y avait rien à faire, c'est vrai, mais au moins Lui donner le réconfort de nous voir. Moi... moi, je l'ai salué au Sixte, et ensuite je ne l'ai pas pu car... Mais c'est inutile de le dire. Cela aussi fut voulu par Satan. Maintenant je suis libre et je viens me mettre à ton service. Commande, Femme." "Je voudrais savoir et faire savoir à Lazare... Ses sœurs sont en peine, et ma belle-sœur et l'autre Marie aussi. Nous voudrions savoir si Lazare, Jacques, Jude et l'autre Jacques sont saufs." "Judas ? L'Iscariote ! Mais il a trahi !" "Jude, fils du frère de mon époux." "Ah ! J'y vais" et il se lève. Mais en le faisant, il a un mouvement de douleur. "Mais tu es blessé ?" "Hum !... oui. Ce n'est rien. Un bras qui me fait un peu souffrir." "A cause de nous, peut-être ? Est-ce pour cela que tu n'étais pas là-haut ?"

 

"Oui, pour cela. Et c'est seulement de cela que je souffre, pas pour la blessure. Le reste de pharisaïsme, d'hébraïsme, de satanisme qui était en moi, car le satanisme est devenu le culte d'Israël, est tout sorti avec ce sang. Je suis comme un petit qui, après qu'on a coupé l'ombilic sacré, n'a plus de contact avec le sang maternel, et les quelques gouttes qui restent encore dans le cordon coupé n'entrent pas en lui, empêchées comme elles le sont par le lacet de lin. Mais elles tombent... inutiles désormais. Le nouveau-né vit avec son cœur et son sang. Ainsi de moi. Jusqu'à présent, je n'étais pas encore complètement formé. Maintenant je suis arrivé à terme, et je viens, et j'ai été mis au Jour. Je suis né d'hier. Ma mère, c'est Jésus de Nazareth. Et il m'a enfanté quand il a poussé son dernier cri. Je sais... car je me suis enfui dans la maison de Nicodème cette nuit. Seulement je voudrais le voir. Oh ! quand vous irez au Tombeau, dites-le-moi. Je viendrai... Son visage de Rédempteur, moi je l'ignore !" "Il te regarde, Manaën. Tourne-toi." L'homme, qui était entré avec la tête si inclinée et qui ensuite n'avait eu d'yeux que pour Marie, se tourne presque épouvanté et il voit le Suaire. Il se jette par terre pour adorer... Et il pleure. Puis il se lève, il s'incline devant Marie et dit : "Je vais." "Mais c'est le sabbat. Tu le sais. Déjà ils nous accusent de violer la Loi, à son instigation." "Nous sommes pareils, car eux violent la loi de l'Amour. La première est la plus grande. Lui le disait. Que le Seigneur te réconforte." Il sort. Et les heures passent. Comme elles sont lentes pour qui attend... Marie se lève et, en s'appuyant aux meubles, elle se présente à l'entrée. Elle cherche à traverser le vaste vestibule de l'entrée. Mais quand elle n'a plus d'appui, elle vacille comme si elle était ivre.  Marthe, qui la voit de la cour qui est au-delà de l'entrée ouverte au bout du vestibule, accourt. "Où veux-tu aller ?" "Là, à l'intérieur. Vous me l'avez promis." "Attends Jean." "C'est assez attendu. Vous voyez que je suis tranquille. Allez, puisque vous avez fait fermer de l'intérieur et faites ouvrir. Moi, j'attends ici." Suzanne, car toutes sont accourues, s'en va appeler le maître avec les clefs. Pendant ce temps Marie s'appuie à la petite porte comme si elle voulait l'ouvrir par la force de sa volonté. Voilà l'homme. Craintif, abattu, il ouvre et se retire. Et Marie, aux bras de Marthe et de Marie d'Alphée, entre dans le Cénacle. Tout est encore comme à la fin de la Cène.

La suite des événements et l'ordre donné par Jésus ont empêché qu'on ne dérange. Les sièges ont seulement été reportés à leur place. Et Marie, qui pourtant n'avait pas été dans le Cénacle, va directement à la place où était assis son Jésus. Il semble qu'une main la conduise. Elle semble presque une somnambule tant elle est rigide dans son effort pour y aller... Elle va, tourne autour du lit siège, se glisse entre lui et la table... elle reste debout un moment et puis s'abat en travers de la table, en éclatant en sanglots. Puis elle se calme. Elle s'agenouille et prie, la tête appuyée au bord de la table. Elle caresse la nappe, le siège, la vaisselle, le bord du grand plateau où était l'agneau, le grand couteau qui a servi à découper, l'amphore mise devant cette place. Elle ne sait pas qu'elle touche ce qu'a touché aussi l'Iscariote. Et elle reste comme hébétée, la tête appuyée sur ses bras croisés, qu'elle a mis sur la table. Toutes se taisent, jusqu'au moment où sa belle-sœur lui dit : "Viens Marie. Craignons les juifs. Voudrais-tu qu'ils entrent ici ?" "Non, non. C'est un lieu saint. Allons. Aidez-moi... Vous avez bien fait de me le dire. Je voudrais aussi un coffre, beau, grand, fermé pour y renfermer tous mes trésors." "Demain, je te le fais apporter du palais. C'est le plus beau de la maison. Il est robuste et sûr. Je te le donne avec joie" promet la Magdeleine. Elles sortent. Marie est vraiment épuisée. Elle vacille en franchissant les quelques marches. Et si sa douleur est moins dramatique, c'est parce qu'elle n'a plus la force d'être telle. Mais dans sa tranquillité, elle est encore plus tragique. Elles rentrent dans la pièce où elles étaient d'abord et, avant de retourner à sa place, Marie caresse, comme si c'était un visage de chair, le Saint Visage du Suaire. Un autre coup à la porte. Les femmes se hâtent de sortir et d'entrouvrir la porte. Marie dit de sa voix lasse : "Si c'étaient les disciples, et en particulier Simon Pierre et Judas, qu'ils viennent tout de suite me trouver." Mais c'est Isaac le berger. Il entre en pleurant après quelques minutes et se prosterne devant le Suaire et puis devant la Mère, et il ne sait que dire. C'est elle qui dit : "Merci. Il t'a vu et je t'ai vu. Je le sais. Il vous a regardé tant qu'il a pu." Isaac pleure encore plus fort. Il ne peut parler que quand il a fini de pleurer. "Nous ne voulions pas nous en aller, mais Jonathas nous en a prié.

Les juifs menaçaient les femmes... et ensuite, nous n'avons plus pu venir. Tout... tout était fini... Où devions-nous aller alors ? Nous nous sommes dispersés à travers la campagne et quand il a fait nuit, nous nous sommes réunis à moitié route entre Jérusalem et Bethléem. Il nous semblait éloigner sa Mort en allant vers sa Grotte... Mais ensuite, nous avons senti qu'il n'était pas juste d'aller là...  C'était de l'égoïsme et nous sommes revenus vers la ville... Et nous nous sommes trouvés sans savoir comment, à Béthanie..." "Mes fils !" "Lazare !" "Jacques !" "Ils sont tous là. A l'aurore les champs de Lazare étaient couverts de gens errants qui pleuraient... Ses inutiles amis et disciples !... Moi... je suis allé chez Lazare et je croyais être le premier... Pas du tout, il y avait déjà là tes deux fils, femme, et le tien, avec André, Barthélemy, Matthieu. C'est Simon le Zélote qui les avait persuadé d'y aller. Et Maximin, sorti de bon matin dans la campagne, en avait trouvé d'autres. Lazare les a tous secourus et il y est encore occupé. Il dit que le Maître lui en avait donné l'ordre et le Zélote dit la même chose." "Mais Simon et Joseph, mes autres fils, où sont-ils ?" "Je ne sais pas, femme. Nous étions restés ensemble jusqu'au tremblement de terre. Puis... Je ne sais plus rien de précis. Au milieu des ténèbres et des éclairs et des morts ressuscités et du tremblement du sol et du tourbillon de l'air, j'ai perdu la tête. Je me suis trouvé au Temple et je me demande encore comment j'ai pu être là-dedans, au-delà de la limite sacrée. Pense qu'entre moi et l'autel des parfums, il n'y avait qu'une coudée... Pense que là où j'avais les pieds, c'était réservé aux prêtres de service !... Et... et j'ai vu le Saint des Saints !... Oui, car le Voile du Saint est déchiré de haut en bas comme si l'aurait arraché la volonté d'un géant... Si on m'avait vu là à l'intérieur, on m'aurait lapidé. Mais personne n'y voyait plus. Je n'ai rencontré que des spectres de morts et des spectres de vivants. Car ils paraissaient des spectres à la lueur des éclairs, à la clarté des incendies et avec la terreur sur le visage..." "Oh ! mon Simon ! mon Joseph !" "Et Simon Pierre ? Et Judas de Kériot ? Et Thomas et Philippe ?" "Je ne sais pas Mère... Lazare m'a envoyé voir car on lui avait dit qu'ils... vous avaient tués." "Va tout de suite alors le tranquilliser. J'ai déjà envoyé Manaën. Mais va toi aussi et dis... et dis que Lui seul a été tué. Et moi avec Lui. Et si tu vois d'autres disciples amène-les là avec toi. Mais l'Iscariote et Simon Pierre, je les veux, moi."

"Mère... pardonne-nous si nous n'avons pas fait davantage." "Je pardonne tout... Va." Isaac sort, Marthe et Marie, Salomé et Marie d'Alphée l'étouffent de prières, de recommandations, d'ordres. Suzanne pleure doucement car personne ne lui parle de son époux. C'est alors que Salomé se souvient du sien et qu'elle pleure elle aussi. Silence de nouveau jusqu'à un nouveau coup à la porte. Comme la ville est tranquille, les femmes ont moins peur. Mais quand par la porte entrouverte elles voient se profiler le visage rasé de Longin, elles s'enfuient toutes comme si elles avaient vu un mort dans son suaire ou le démon en personne. Le maître de maison qui flânait dans le vestibule est le premier à s'enfuir. Voilà qu'accourt la Magdeleine qui était avec Marie. Longin, avec un petit sourire moqueur, involontaire sur les lèvres, est entré, et de lui-même il a fermé la lourde porte. Il n'est pas en uniforme mais il a un vêtement gris et court, sous un manteau foncé lui aussi. Marie-Magdeleine le regarde et lui la regarde. Puis, toujours adossé à la porte, Longin demande : "Puis-je entrer sans contaminer personne et sans effrayer personne ? J'ai vu ce matin à l'aurore le citoyen Joseph et il m'a parlé du désir de la Mère. Je demande pardon de ne pas y avoir pensé de moi-même. Voici la lance. Je l'avais gardée comme souvenir d'un... du Saint des Saints. Oh ! pour cela, il l'est ! Mais il est juste que l'ait la Mère. Pour les vêtements... c'est plus difficile. Ne le lui dites pas... mais peut-être ont-ils été déjà vendus pour quelques deniers... C'est le droit des soldats, mais j'essaierai de les trouver..." "Viens. Elle est là." "Mais je suis païen !" "N'importe. Je vais le lui dire si tu le désires." "Oh ! non... je ne pensais pas le mériter." Marie-Magdeleine va trouver la Vierge. "Mère, Longin est là dehors... Il t'offre la lance." "Fais-le passer." Le maître de maison, qui est sur le seuil, bougonne : "Mais c'est un païen." "Je suis la Mère de tous, homme, comme Lui est le Rédempteur de tous."

Longin entre, et sur le seuil salue à la romaine avec un geste du bras (il a enlevé son manteau) et ensuite vocalement : "Ave, Domina. Un romain te salue : Mère du genre humain. La vraie Mère.   Moi, je n'aurais pas voulu être à... à... à cette chose, mais j'en avais l'ordre. Cependant, si je sers à te donner ce que tu désires, je pardonne au destin de m'avoir choisi pour cette horrible chose. Voici" et il lui donne la lance enveloppée dans un drap rouge, le fer seul, pas la hampe. Marie la prend en devenant encore plus pâle. Ses lèvres s'effacent à cause de sa pâleur. Il semble que la lance lui fait perdre son sang. Et elle tremble jusqu'avec ses lèvres en disant : "Qu'il te conduise à Lui, à cause de ta bonté." "C'était l'unique Juste que j'aie rencontré dans le vaste empire de Rome. Je regrette de ne l'avoir connu que par les paroles de mes compagnons. Maintenant... c'est trop tard !" "Non, fils. Lui a fini d'évangéliser. Mais son Évangile reste, dans son Église." "Où est son Église ?" Longin est légèrement ironique. "Elle est ici. Aujourd'hui elle est frappée et dispersée, mais demain elle se réunira comme un arbre qui remet en place sa chevelure après la tempête. Et même s'il n'y avait plus personne, moi j'y suis. Et l'Évangile de Jésus Christ, Fils de Dieu et le mien, est tout entier écrit dans mon cœur. Je n'ai qu'à regarder mon cœur pour pouvoir le répéter." "Je viendrai. Une religion, qui a pour chef un tel héros, ne peut être que divine. Ave, Domina !" Longin aussi s'en va. Marie baise la lance où se trouve encore le Sang de son Fils... Et elle ne veut pas enlever ce Sang, "rubis de Dieu sur la lance cruelle" dit-elle... La journée passe ainsi au milieu des éclaircies et des averses orageuses. Jean revient seulement quand le soleil au zénith dit que c'est midi. "Mère, je n'ai trouvé personne sauf... Judas de Kériot." "Où est-il ?" "Oh ! Mère ! Quelle horreur ! Il est pendu à un olivier, enflé et noir, comme s'il était mort depuis des semaines. Décomposé, horrible... Au-dessus de lui, les vautours, les corbeaux, que sais-je, crient dans des rixes atroces... C'est leur vacarme qui m'a attiré dans cette direction. J'étais sur la route du Mont des Oliviers, et sur un talus j'ai vu ces tourbillons d'oiseaux noirs. J'y suis allé... Pourquoi ? Je ne sais pas, et j'ai vu. Quelle horreur !..."

"Quelle horreur ! Tu dis bien. Mais au-dessus de la Bonté il y a eu la Justice. En effet la Bonté est absente en ce moment... Mais Pierre ! Mais Pierre !... Jean, j'ai la lance. Mais les vêtements... Longin n'en a pas parlé." "Mère, j'ai l'intention d'aller au Gethsémani. Lui a été pris sans manteau. Peut-être est-il encore là. Puis j'irai à Béthanie." "Va. Va, pour le manteau... Les autres sont chez Lazare. Ne va donc pas chez Lazare. Pas besoin. Va et reviens ici." Jean part en courant, sans prendre de nourriture. Comme Marie qui reste à jeun. Les femmes ont mangé debout du pain et des olives tout en travaillant à leurs baumes. Jeanne de Chouza arrive avec Jonathas. C'est un masque de pleureuse. Dès qu'elle voit Marie, elle dit : "Il m'a sauvée ! Il m'a sauvée et Lui est mort ! Maintenant je voudrais ne pas avoir été sauvée !" C'est la Mère Douloureuse qui doit consoler cette enfant guérie, mais restée d'une sensibilité morbide. Elle la console et la fortifie en lui disant : "Tu ne l'aurais pas connu et aimé et tu ne pourrais pas le servir maintenant. Combien il y aura à faire dans l'avenir ! Et nous devrons agir, puisque tu le vois... Nous sommes restées, et les hommes se sont enfuis. C'est toujours la femme qui donne la vie. Pour le Bien. Pour le Mal. Nous engendrerons la nouvelle Foi. D'elle nous sommes remplies, déposée en nous par Dieu notre Époux. Et nous l'engendrerons à la Terre, pour le bien du monde. Regarde, comme il est beau ! Comme il sourit et mendie le saint travail que nous ferons ! Jeanne, moi je t'aime, tu le sais. Ne pleure plus." "Mais Lui est mort ! Oui, là il ressemble encore à un vivant. Mais maintenant il n'est plus vivant. Qu'est le monde sans Lui ?" "Il reviendra. Va, prie, attends. Plus tu croiras, plus tôt il ressuscitera. C'est ma force cette croyance... Et seuls Dieu, Satan et moi, nous savons quels assauts sont donnés à cette Foi dans sa Résurrection." Jeanne aussi s'en va, mince et penché comme un lys trop chargé d'eau. Mais après son départ, Marie retombe dans son tourment. "A tous ! A tous je dois donner la force. Et qui me la donne à moi ?" Et elle pleure en caressant le Visage de l'image, car maintenant elle est assise près du coffre sur lequel le Suaire est étendu.

Joseph et Nicodème arrivent, et ils évitent aux femmes de sortir pour acheter de la myrrhe et de l'aloès car ils en apportent des sachets. Mais leur force cède devant le Visage imprimé sur la toile et devant le visage ravagé de la Mère. Ils s'assoient dans un coin après l'avoir saluée et se taisent, sérieux, funèbres... puis ils s'en vont. Et elle n'a plus la force de parler, mais à mesure que descend le soir, qu'avance un amas de nuages étouffant, elle devient davantage une pauvre créature déchirée. Les ombres du soir sont aussi pour elle comme pour ceux qui souffrent, la source d'une plus grande douleur. Les autres aussi deviennent plus tristes et en particulier Salomé, Marie d'Alphée et Suzanne. Mais pour elles arrive enfin le réconfort, car en groupe viennent Zébédée, l'époux de Suzanne et Simon et Joseph d'Alphée. Les deux premiers restent dans le vestibule pendant qu'ils expliquent que Jean les a trouvés en passant par le faubourg d'Ophel. Les deux autres, de leur côté, ont été trouvés errant dans la campagne par Isaac, se demandant s'ils allaient revenir dans la ville ou aller trouver leurs frères qu'ils supposaient à Béthanie. Simon dit : "Où est Marie ? Je veux la voir" et, précédé par sa mère, il entre et embrasse sa parente affligée. "Tu es seul ? Pourquoi Joseph n'est-il pas avec toi ? Pourquoi vous êtes-vous quittés ? Encore une brouille entre vous ? Vous ne devez pas. Vous voyez ? La raison du désaccord est morte !" Et elle montre le Visage du Suaire. Simon le regarde et pleure. Il dit : "Nous ne nous sommes plus quittés, et nous ne nous quitterons pas. Oui, la raison du désaccord est morte, mais pas comme tu le crois. Elle est morte car, maintenant. Joseph a compris... Joseph est dehors... et n'ose pas venir..." "Oh ! non. Je ne fais jamais peur et je ne suis que pitié. J'aurais pardonné même au Traître, mais je ne puis plus : il s'est tué." Et elle se lève. Elle marche courbée en appelant : "Joseph ! Joseph !" Mais Joseph, noyé de pleurs, ne répond pas. Elle vient à la porte, comme elle l'avait fait pour parler à Judas et, en s'appuyant sur le chambranle, elle tend l'autre main et la pose sur la tête du plus âgé et du plus tenace de ses neveux. Elle le caresse et dit : "Laisse-moi m'appuyer à un Joseph ! Tout était paix et sérénité tant que j'ai eu ce nom comme roi dans ma maison. Puis mon saint est mort... et tout le bien humain de la pauvre Marie est mort aussi. Il m'est resté le bien surnaturel de mon Dieu et Fils... Maintenant je suis la Délaissée... Mais si je puis être dans les bras d'un Joseph que j'aime, et tu le sais si je t'aime, je me sentirai moins délaissée.

Il me semblera revenir en arrière, et pouvoir dire : "Jésus est absent, mais il n'est pas mort. Il est à Cana, à Naïm pour des travaux, mais maintenant il revient..." Viens, Joseph. Entrons ensemble là où Lui t'attend pour te sourire. Il nous a laissé son sourire pour nous dire qu'il n'a pas de rancœur." Joseph entre, et elle le tient par la main, et comme il la voit assise, il s'agenouille devant elle, la tête sur ses genoux et il sanglote : "Pardon ! Pardon !" "Ce n'est pas à moi, c'est à Lui que tu dois le demander." "Il ne peut me le donner. Sur le Calvaire, j'ai cherché à attirer son regard. Il a regardé tout le monde, mais pas moi... Il a raison... Je l'ai connu et aimé comme Maître trop tard.  Maintenant, c'est fini." "Maintenant cela commence. Tu iras à Nazareth et tu diras : "Je crois". Ta croyance aura une valeur infinie. Tu l'aimeras avec la perfection des apôtres de l'avenir qui auront le mérite d'aimer le Jésus connu seulement par l'esprit. Le feras-tu ?" "Oui ! Oui ! Pour réparer. Mais je voudrais entendre de Lui une parole et je ne l'entendrai jamais plus..." "Le troisième jour il ressuscitera et il parlera à ceux qu'il aime. Tout le monde attend sa Voix." "Tu es bénie, toi qui peux croire..." "Joseph ! Joseph ! Mon époux était ton oncle et il a cru à une chose qui est encore plus difficile à croire que celle-ci. Il a su croire que la pauvre Marie de Nazareth était l'Épouse et la Mère de Dieu. Pourquoi toi, neveu de ce Juste et qui portes son nom, ne peux-tu croire qu'un Dieu puisse dire à la Mort : "Suffit !" et à la Vie "Reviens !" ?" "Je ne mérite pas cette foi, car j'ai été mauvais. J'ai été injuste avec Lui. Mais toi... toi tu es la Mère. Bénis-moi. Pardonne-moi... Donne-moi la paix..." "Oui... Paix... Pardon... Oh ! Dieu ! Une fois j'ai dit : "Comme il est difficile d'être les 'rédempteurs' !. Maintenant je dis : "Comme il est difficile d'être la Mère du Rédempteur !" Pitié, mon Dieu ! Pitié !... Va, Joseph. Ta mère a tant souffert en ces heures. Réconforte-la... Je reste ici... avec tout ce que j'ai de mon Enfant... Et mes larmes solitaires t'obtiendront la Foi. Adieu, mon neveu. Dis à tous que je veux me taire... réfléchir... prier... Je suis... Je suis une pauvre femme, tenue suspendue au-dessus d'un abîme par un fil... Le fil, c'est ma Foi... Et votre manque de foi, car personne ne sait croire totalement et saintement, heurte continuellement ce fil... Et vous ne savez pas quelle fatigue vous m'imposez...

Vous ne savez pas que vous aidez Satan à me tourmenter. Va!..." Et Marie reste seule... Elle s'agenouille devant le Suaire. Elle baise le front, les yeux, la bouche de son Fils et elle dit : "Ainsi ! Ainsi ! pour avoir de la force... Je dois croire. Je dois croire. Pour tous." La nuit est tombée, sans étoiles, obscure, étouffante. Marie reste dans l'ombre avec sa douleur. La journée du sabbat est finie.

La nuit

Marie d'Alphée entre avec circonspection et elle écoute. Peut-être pense-t-elle que la Vierge s'est assoupie. Elle s'approche, se penche et elle la voit à genoux, le visage par terre contre le Suaire. Elle murmure : "Oh ! malheureuse ! Elle est restée ainsi !" Elle doit penser qu'elle s'est endormie ou évanouie ainsi. Mais Marie, sortant de son oraison, dit : "Non, je priais." "Mais à genoux ! Dans l'obscurité ! Dans le froid ! La fenêtre ouverte ! Regarde ? Tu es glacée." "Mais je me sens tellement mieux, Marie. Pendant que je priais et l'Éternel seul sait comment j'étais épuisée après avoir soutenu tant de fois qui vacillaient, éclairé tant d'esprits que sa mort elle-même n'a pas éclairés il m'a semblé sentir un parfum angélique, une fraîcheur du Ciel, une caresse d'aile... Un instant... Pas plus. Il m'a semblé que dans la mer de myrrhe, qui dans sa furie me submerge depuis trois jours désormais, s'infusait une goutte de pacifiante douceur. Il m'a semblé que la voûte fermée du Ciel s'entrouvrait, et qu'un filet de lumineux amour descendait sur l'Abandonnée. Il m'a semblé que, venant de distances infinies, un murmure incorporel disait : "C'est réellement terminé". Ma prière, désolée jusqu'à ce moment-là, s'est faite plus tranquille. Elle s'est teinte de la paix lumineuse oh ! à peine une nuance ! de la lumineuse paix qu'étaient mes contacts avec Dieu dans l'oraison... Mes oraisons !... Marie, tu as beaucoup aimé, toi, ton Alphée quand tu étais la vierge épouse ?" "Oh ! Marie !... Je jubilais à l'aurore en me disant : "Une nuit est passée. Une de moins à attendre". Je jubilais au coucher du soleil en me disant : "Un autre jour est fini. Plus proche est mon entrée sous son toit".

Et quand le soleil descendait, je chantais comme une alouette en pensant : "Il viendra d'ici peu". Et quand je le voyais venir, avec son beau visage comme mon Jude c'est pour cela que Jude est mon préféré avec son œil de cerf énamouré comme l'est mon Jacques, oh ! alors, je ne savais plus où j'étais ! Et quand il me saluait en disant : "Douce épouse !" et que je pouvais lui dire : "Mon seigneur" alors je... je crois que si j'avais été écrasée à ce moment-là par un lourd char ou frappée par une flèche, je n'aurais pas senti la douleur. Et ensuite, quand je fus son épouse... Ah !..." Marie se perd dans l'extase de ses souvenirs. Puis elle demande : "Mais pourquoi cette question ?" "Pour t'expliquer ce qu'étaient pour moi les oraisons. Multiplie par cent tes sentiments, fais-les monter à mille et mille puissances, et tu comprendras ce qu'a toujours été pour moi l'oraison, l'attente de cette heure... Oui, je crois que même si je ne priais pas dans la paix de la grotte ou de ma pièce, mais que je me livrais aux travaux de la femme, mon âme priait sans arrêt... Maïs quand je pouvais dire : "Voilà que vient l'heure de me recueillir en Dieu" j'avais mon cœur qui brûlait en battant fort. Et quand je me perdais en Lui... alors... Non... Cela je ne puis l'expliquer. Quand tu seras dans la lumière de Dieu, tu le comprendras... Tout cela depuis trois jours était perdu... Et c'était encore plus déchirant que de n'avoir plus de Fils... Et Satan travaillait ces deux plaies superposées de la mort de mon Enfant et de l'abandon de Dieu, en créant la troisième plaie de la terreur de l'absence de foi. Marie, je t'aime bien et tu es ma parente. Tu le diras plus tard à tes fils apôtres, pour qu'ils sachent résister dans l'apostolat et triompher de Satan. Moi, je suis certaine que si j'avais accepté le doute, et si j'avais cédé à la tentation de Satan, et si j'avais dit : "Il n'est pas possible qu'il ressuscite" en niant Dieu car dire cela c'était nier la Vérité et la Puissance de Dieu dans le néant serait retombée une si grande Rédemption. Moi, nouvelle Ève, j'aurais mordu de nouveau à la pomme de l'orgueil et du sens spirituel et j'aurais défait l'œuvre de mon Rédempteur. Les apôtres seront continuellement tentés ainsi : par le monde, par la chair, par le pouvoir, par Satan. Qu'ils restent fermes, contre toutes les tortures, et les corporelles seront les plus légères, pour ne pas détruire ce que Jésus a fait." "Toi, Marie, dis-le à mes fils... Que veux-tu que sache dire ta pauvre belle-sœur ? ! Oh ! pourtant ! S'ils étaient venus ! Patience, fuir à la première heure ! Mais ensuite !"

"Tu vois que Lazare et Simon avaient l'ordre de les conduire à Béthanie. Jésus sait tout..." "Oui... Mais... Oh ! quand je les verrai, je leur ferai d'âpres reproches. Ils ont été des lâches. Que tous le soient, mais pas eux, mes fils ! Je ne leur pardonnerai jamais..." "Pardonne, pardonne... Cela a été un moment d'égarement... Ils ne croyaient pas que Lui pouvait être pris. Lui l'avait dit..." "C'est bien pour cela que je ne leur pardonne pas. Ils le savaient. Ils étaient donc déjà préparés. Quand on sait une chose et que l'on croit celui qui la dit, rien n'étonne plus !" "Marie, à vous aussi il a dit : "Je ressusciterai". Et pourtant... Si je pouvais vous ouvrir la poitrine et la tête, sur le cœur et sur le cerveau, je verrais écrit : "Cela ne peut être"." "Mais au moins... Oui... Il est difficile de croire... Mais nous sommes restées pourtant sur le Calvaire." "Par une grâce gratuite de Dieu. Autrement nous aurions fui nous aussi. Longin, tu l'as entendu ? A dit : "Chose horrible". Et c'est un guerrier. Nous, femmes, seules avec un garçon, nous avons résisté grâce à une aide directe de Dieu. Ne t'en glorifie donc pas. Ce n'est pas notre mérite." "Et pourquoi pas à eux ?" Parce qu'ils seront les prêtres de demain. lis doivent donc savoir. Savoir, pour l'avoir éprouvé, comme il est facile à celui qui a été fidèle à un Credo d'abjurer. Jésus ne veut pas de prêtres qui le sont si peu, qu'ils ont été ses ennemis les plus tenaces..." Tu parles de Jésus, toi, comme s'il était déjà revenu." "Tu le vois ? Toi aussi tu avoues que tu ne crois pas. Comment donc peux-tu faire des reproches à tes fils ?" Marie d'Alphée ne sait que répliquer. Elle reste tête basse, remue machinalement des objets. Elle trouve la petite lampe et sort avec elle, pour revenir ensuite après l'avoir allumée, et la met à sa place ordinaire. Marie s'est assise de nouveau près du Suaire déplié. Le Suaire, à la lumière jaune de la lampe à huile, avec sa flamme qui tremble, acquiert une vivacité particulière et paraît mouvoir la bouche et les yeux. "Tu ne prends rien ?" demande sa belle-sœur un peu mortifiée. "Un peu d'eau. J'ai soif." Marie va et revient... avec du lait. "N'insiste pas, je ne puis pas. De l'eau, oui. Je n'ai plus d'eau en moi... Je crois n'avoir pas de sang non plus. Mais..." On frappe à la porte. Marie d'Alphée sort. Un chuchotement dans le vestibule et puis Jean passe la tête à l'intérieur.

"Jean, tu es revenu ? Encore rien ?" "Si. Simon Pierre... et le manteau de Jésus... ensemble... Au Gethsémani. Le manteau..." Jean glisse à genoux et dit : "Le voilà... Mais il est tout déchiré et tout plein de sang. Les empreintes des mains sont de Jésus. Seul Lui les avait si longues et si fines. Mais les déchirures viennent de dents. On voit nettement que c'est une bouche d'homme. Je pense que cela a été... que cela a été Judas Iscariote car, près de l'endroit où Simon Pierre a trouvé le manteau, il y avait un morceau du vêtement jaune de Judas. Il est revenu là... ensuite... avant de se tuer. Regarde, Mère." Marie n'a fait que caresser et baiser le lourd manteau rouge de son Fils, mais pressée par Jean, elle l'ouvre et voit les empreintes de sang, foncées sur la couleur rouge du Sang et les déchirures des dents. Elle tremble et murmure : "Que de sang !" Elle paraît ne voir que lui. "Mère... la terre en est rougie. Simon, qui est accouru là-haut aux premières heures du matin, dit que l'herbe avait encore du sang frais sur les feuilles... Jésus... Je ne sais pas... Il ne nie paraissait pas blessé... D'où venait tant de sang ?" "De son Corps. Dans l'angoisse... Oh ! Jésus-Victime totale ! Oh ! mon Jésus !" Marie pleure avec tant d'angoisse, avec une lamentation épuisée, que les femmes se présentent à la porte, regardent et puis se retirent. "Cela, cela alors que tous t'abandonnaient... Vous, que faisiez-vous, pendant que Lui souffrait sa première agonie ?" "Nous dormions, Mère..." Jean pleure. "Simon était là ? Raconte." "J'étais allé chercher le manteau. J'avais pensé le demander à Jonas et à Marc... Mais ils se sont enfuis. La maison est fermée et tout est à l'abandon. Alors je suis descendu aux murs pour faire toute la route faite jeudi... J'étais tellement las ce soir, et affligé, que je ne pouvais maintenant me rappeler où Jésus avait quitté son manteau. Il me semblait qu'il l'avait et puis qu'il ne l'avait pas... A l'endroit de la capture, rien... Où nous étions tous les trois, rien... Je suis allé par le sentier pris par le Maître... Et j'ai cru que Simon Pierre était mort lui aussi, car je l'ai vu là tout blotti contre un rocher. J'ai crié. Il a levé la tête... et je l'ai cru fou tant il était changé. Il a poussé un cri et a cherché à fuir. Mais il titubait, aveuglé par les larmes qu'il avait versées, et je l'ai saisi.

Il m'a dit : "Laisse-moi. Je suis un démon. Je l'ai renié, comme Lui disait... et le coq a chanté et Lui m'a regardé. Je me suis enfui... j'ai couru de tous côtés à travers la campagne et puis je me suis trouvé ici. Et tu vois ? Ici Jéhovah m'a fait trouver son Sang pour m'accuser. Du sang partout ! Du sang partout ! Sur la roche, sur la terre, sur l'herbe. C'est moi qui l'ai fait répandre. Comme toi, comme tous. Mais moi, ce Sang, je l'ai renié". Il me paraissait en délire. J'ai essayé de le calmer et de l'éloigner. Mais il ne voulait pas. Il disait : "Ici ! Ici ! Pour garder ce Sang et son manteau. Et c'est avec mes larmes que je veux le laver. Quand il n'y aura plus de sang sur l'étoffe, peut-être alors je reviendrai parmi les vivants en me battant la poitrine et en disant : 'J'ai renié le Seigneur' ". Je lui ai dit que tu le voulais, que tu m'avais envoyé le chercher. Mais il ne voulait pas le croire. Alors je lui ai dit que tu voulais aussi Judas pour lui pardonner et que tu souffrais de ne pouvoir plus le faire à cause de son suicide. Alors il a pleuré avec plus de calme. Il a voulu savoir. Tout. Et il m'a raconté que l'herbe avait encore du Sang frais et que le manteau était tout maltraité par Judas, dont il avait trouvé un morceau de vêtement. Je l'ai laissé parler, parler, et puis je lui ai dit : "Viens près de la Mère". Oh ! combien j'ai dû prier pour le persuader ! Et quand il me semblait avoir réussi à le persuader, et que je me levais pour venir, lui ne voulait plus. C'est seulement vers le soir qu'il est venu. Mais après avoir passé la porte, il s'est caché de nouveau dans un jardin désert en disant : "Je ne veux pas que les gens me voient. Je porte écrite sur mon front la parole : Celui qui renie Dieu". Maintenant qu'il fait tout à fait nuit, j'ai réussi à le traîner jusqu'ici." "Où est-il ?" "Derrière cette porte." "Fais-le entrer." "Mère..." "Jean..." "Ne lui fais pas de reproches. Il est repenti." "Me connais-tu si peu encore ? Fais-le entrer." Jean sort. Il revient seul. Il dit : "Il n'ose pas. Essaie de l'appeler, toi." Et Marie doucement : "Simon de Jonas, viens." Rien. "Simon Pierre, viens." Rien. "Pierre de Jésus et de Marie, viens." Un âpre accès de pleurs. Mais il n'entre pas. Marie se lève. Elle laisse le manteau sur la table et va à la porte.

Pierre est blotti là dehors, comme un chien sans maître. Il pleure si fort et tout pelotonné qu'il n'entend pas le bruit de la porte qui s'ouvre en grinçant, ni le bruit des sandales de Marie. Il s'aperçoit qu'elle est là, quand elle se penche pour lui prendre une main pressée sur ses yeux et l'oblige à se lever. Elle entre dans la pièce en le traînant comme un enfant. Elle ferme la porte et met le verrou, et courbée par la douleur, comme lui l'est par la honte, elle revient à sa place. Pierre va à ses pieds, à genoux, et il pleure sans retenue. Marie caresse ses cheveux grisonnants, tout en sueur à cause de la douleur. Pas autre chose que cette caresse jusqu'à ce qu'il soit plus calme. Enfin, quand Pierre dit : "Tu ne peux me pardonner. Ne me caresse donc pas, car je l'ai renié", Marie dit : "Pierre, tu l'as renié, c'est vrai. Tu as eu le courage de le renier en public, le lâche courage de le faire. Les autres... Tous, sauf les bergers, Manaën, Nicodème et Joseph et Jean, n'ont eu que la lâcheté. Ils l'ont renié tous : hommes et femmes d'Israël, sauf quelques femmes... Je ne nomme pas les neveux et Alphée de Sara : eux étaient parents et amis. Mais les autres !... Et ils n'ont même pas eu le courage satanique de mentir pour se sauver, ni le courage spirituel de se repentir et de pleurer, ni celui encore plus grand de reconnaître publiquement l'erreur. Tu es un pauvre homme. Tu l'étais, plutôt, tant que tu as présumé de toi. Maintenant tu es un homme. Demain, tu seras un saint. Mais même si tu n'avais pas été ce que tu es, je t'aurais cependant quand même pardonné. J'aurais pardonné à Judas, pour sauver son esprit. Car la valeur d'un esprit, même d'un seul, mérite tous les efforts pour surmonter les répugnances et les ressentiments, jusqu'à en être brisé. Souviens-t'en Pierre, Je te le répète : "La valeur d'une âme est telle, même si on doit en mourir par l'effort de subir son voisinage, il faut la tenir ainsi dans ses bras comme je tiens ta tête chenue, si on comprend qu'en la tenant ainsi on peut la sauver". Ainsi, comme une mère qui, après le châtiment paternel, prend sur son cœur la tête du fils coupable, et davantage par les paroles de son cœur déchiré qui bat, qui bat d'amour et de douleur, que par les coups paternels, ravise et obtient. Pierre de mon Fils, pauvre Pierre qui as été, comme tous, entre les mains de Satan dans cette heure de ténèbres, et ne t'en es pas aperçu, et qui crois avoir agi par toi-même, viens, viens ici sur le cœur de la Mère des fils de mon Fils. Ici, Satan ne peut plus te faire de mal. Ici se calment les tempêtes et, en attendant le soleil : mon Jésus qui ressuscitera pour te dire : "Paix, mon Pierre", se lève l'étoile du matin, pure, belle, et qui rend pur et beau tout ce qu'elle baise, comme il arrive sur les claires eaux de notre mer dans les frais matins du printemps.

C'est pour cela que je t'ai tant désiré. Au pied de la Croix, j'étais martyrisée par Lui et par vous et  comment ne l'as-tu pas senti ? et j'ai appelé vos esprits si fort que je crois qu'ils sont venus réellement à moi. Et, renfermés en mon cœur, ou plutôt déposés sur mon cœur, comme les pains de proposition, je les ai tenus sous le bain de son Sang et de ses larmes. Je le pouvais, car Lui, en Jean, m'a rendue Mère de toute sa descendance... Combien je t'ai désiré !... En ce matin-là, en cet après-midi-là, et nuit et nouveau jour... Pourquoi as-tu fait tant attendre une Mère, pauvre Pierre, blessé et piétiné par le Démon ? Ne sais-tu pas que c'est la tâche des mères de remettre en ordre, de guérir, de pardonner, de ramener ? Je te ramène à Lui. Voudrais-tu le voir ? Voudrais-tu voir son sourire pour te persuader qu'il t'aime encore ? Oui ? Oh ! alors, détache-toi de mon pauvre sein de femme, et mets ton front sur son front couronné, ta bouche sur sa bouche blessée, et baise ton Seigneur." "Il est mort... Je ne pourrai jamais plus." "Pierre, réponds-moi. Quel est pour toi le dernier miracle de ton Seigneur ?" "Celui de l'Eucharistie. Ou plutôt, non. Celui du soldat guéri là-bas... là-bas... Oh ! ne me fais pas souvenir !..." "Une femme fidèle, aimante, courageuse, l'a rejoint sur le Calvaire et a essuyé son Visage. Et Lui, pour dire ce que peut l'amour, a fixé son Visage sur la toile. Le voilà, Pierre. Voilà ce qu'a obtenu Une femme à l'heure des ténèbres infernales et du courroux divin, seulement parce qu'elle a aimé. Rappelle-le-toi cela, Pierre, pour les heures où il te semblera que le Démon est plus fort que Dieu. Dieu était prisonnier des hommes, déjà accablé, condamné, flagellé, déjà mourant... Et pourtant, puisque même dans les plus dures persécutions. Dieu est toujours Dieu, et que si on frappe l'Idée, Dieu qui la suscite est intouchable, voilà que Dieu, aux négateurs, aux incrédules, aux hommes des sots "pourquoi", des coupables "cela ne peut être", des sacrilèges "ce que je ne comprends pas n'est pas vrai", répond, sans parole, par ce linge. Regarde-le. Un jour, tu me l'as dit, tu disais à André : "Le Messie se manifestera à toi ? Cela ne peut être vrai !" et puis ta raison humaine dut se soumettre à la force de l'esprit qui voyait le Messie là où la raison ne le voyait pas. Une autre fois, sur la mer en tempête, tu demandais : "Est-ce que je viens, Maître ?" et puis, à moitié chemin, sur l'eau démontée, tu as douté en disant : "L'eau ne peut me soutenir" et par le doute sur le poids il s'en est fallu de peu que tu ne te noies.

C'est seulement quand contre la raison humaine prévalut l'esprit qui sut croire, que tu pus trouver l'aide de Dieu. Une autre fois tu disais : "Si Lazare est mort depuis déjà quatre jours, pourquoi sommes-nous venus ? Pour mourir inutilement". Car, avec ta raison humaine, tu ne pouvais admettre d'autre solution. Et ta raison fut démentie par l'esprit qui, en t'indiquant par le ressuscité la gloire de Celui qui le ressuscitait, te montra que vous n'y étiez pas allés inutilement. Une autre fois, et même plusieurs autres, tu disais en entendant ton Seigneur parler de mort, et de mort atroce : "Cela ne t'arrivera jamais !" Et tu vois quel démenti a eu ta raison. Moi, j'attends, maintenant, d'entendre la parole de ton esprit dans ce dernier cas..." "Pardon." "Pas cela. Une autre parole." "Je crois." "Une autre." "Je ne sais pas..." "J'aime. Pierre, aime. Tu seras pardonné, tu croiras, tu seras fort. Tu seras le Prêtre, non le pharisien qui accable et n'a que formalismes et pas de foi active. Regarde-le. Ose le regarder. Tous l'ont regardé et vénéré. Même Longin... Et tu ne saurais pas ? Tu as pourtant su le renier ! Si tu ne le reconnais pas maintenant, à travers le feu de ma maternelle, affectueuse douleur qui vous unit, vous rend la paix, tu ne pourras plus. Lui ressuscite. Comment pourras-tu le regarder dans son nouvel éclat, si tu ne connais pas son visage dans le trépas de Maître que tu connais pour arriver au Triomphateur que tu ne connais pas ? Car la douleur, toute la Douleur des siècles et du monde, l'a travaillé par le ciseau et la massette dans ces heures qui vont du soir du Jeudi à l'heure de none de Vendredi, et elles ont changé son visage. Avant c'était seulement le Maître et l'Ami. Maintenant c'est le Juge et le Roi. Il est monté sur son siège pour juger, et il a ceint le diadème. Il restera ainsi. Sauf qu'après la Résurrection, il ne sera plus l'Homme Juge et Roi. Mais le Dieu Juge et Roi. Regarde-le. Regarde-le pendant que l'Humanité et la Douleur le voilent pour pouvoir le regarder quand il triomphera dans sa Divinité." Pierre lève finalement la tête des genoux de Marie et la regarde, avec ses yeux rougis par les larmes, dans un visage de vieil enfant désolé et étonné du mal fait et du si grand bien qu'il trouve.

Marie le force à regarder son Seigneur et alors, pendant que Pierre comme devant un visage vivant, gémit : "Pardon, pardon ! Je ne sais comment cela s'est passé. Ce que cela a été. Je n'étais pas moi. Il y avait quelque chose qui faisait que je n'étais pas moi ! Mais je t'aime, Jésus ! Je t'aime, mon Maître ! Reviens ! Reviens ! Ne t'en va pas ainsi sans me dire que tu m'as compris !" Marie répète le geste déjà fait dans la chambre du tombeau. Les bras tendus, debout, elle paraît la prêtresse au moment de l'offertoire. Et comme là elle a offert l'Hostie sans tache, ici elle offre le pécheur repenti. C'est bien la Mère des saints et des pécheurs ! Et puis elle lève Pierre, elle le console encore, et lui dit : "Maintenant je suis plus contente. Je te sais ici. Maintenant tu vas à côté avec les femmes et Jean. Vous avez besoin de repos et de nourriture. Va et sois bon..." comme à un enfant. Puis, dans la maison qui plus calme en cette seconde nuit depuis sa mort, tend à revenir aux habitudes humaines du sommeil et de la nourriture, et présente l'aspect las et résigné des habitations où les survivants reviennent doucement du coup de la mort, Marie seule veut rester debout, ferme à sa place, en son attente, en sa prière. Toujours. Toujours. Toujours. Pour les vivants et pour les morts. Pour les justes et les coupables. Pour le retour, le retour, le retour du Fils. Sa belle-sœur a voulu rester avec elle mais maintenant elle dort lourdement assise dans un coin, la tête renversée contre le mur. Marthe et Marie viennent deux fois, mais ensuite endormies se retirent dans une pièce voisine et après quelques mots tombent elles aussi dans le sommeil... Et plus loin, dans une chambre petite comme un jouet, Salomé dort avec Suzanne, alors que sur deux nattes jetées sur le sol, dorment bruyamment Pierre et Jean. Le premier avec encore un sanglot machinal perdu dans son ronflement, le second avec un sourire d'enfant qui rêve quelque joyeuse vision. La vie reprend son activité, et la chair ses droits... Seule l'Étoile du Matin brille sans sommeil, avec son amour qui veille près de l'image de son Fils. Et la nuit du Samedi Saint passe ainsi, jusqu'au moment où le chant du coq, à la première clarté de l'aube, fait lever Pierre avec un cri et son cri apeuré et douloureux réveille les autres dormeurs. La trêve est finie pour eux, et la peine recommence. Alors que pour Marie ne fait que grandir l'anxiété de l'attente.

Texte extrait de l'Evangile tel qu'il m'a été révélé, tome 9, chapitres 34-35

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17 avril 2010

Les Quinze Mardis de Saint Dominique 1/3

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Les Quinze Mardis de Saint Dominique

Vie de Saint Dominique

1170-1221

À l'origine de l'Ordre des Prêcheurs, il y a Dominique de Guzman, l'homme évangélique, ainsi que le qualifie Jourdain de Saxe dans son petit livre sur les origines de l'Ordre. Qui était-il? Pourquoi a-t-il fondé cette communauté à laquelle il a lui-même donné le nom de Frères Prêcheurs et qui, par la suite, sera désignée couramment à partir de son nom: les Dominicains? Saint Dominique ne nous a laissé aucun écrit où nous pourrions trouver une réponse à ces questions. Il nous faut donc questionner les chroniques qui nous parlent de lui et ce que l'histoire nous dit de son époque, le Moyen Âge. Alors se dessinent sous nos yeux les traits d'un homme qui n'aspire qu'à une seule chose: imiter Jésus Christ. Un homme, nous disent les témoins, qui ne parlait qu'avec Dieu ou de Dieu. En même temps, Dominique se révèle comme un homme solidaire d'un monde en plein bouleversement; un monde qu'il aime et veut embraser du feu de l'Évangile qui le consume lui-même. C'est au terme d'une longue recherche du dessein de Dieu, tel qu'il l'a lu dans les événements qui ont jalonné sa vie, que Dominique fonde l'Ordre des Prêcheurs.


Un monde bouleversé


Saint Dominique naît vers 1170 dans le bourg de Caleruega, en Espagne. La société médiévale dans laquelle il va vivre et oeuvrer pour l'Évangile est alors en pleine transition. Celle-ci est d'abord causée par l'une des plus importantes explosion démographique de l'histoire, accompagnée d'un vaste mouvement d'urbanisation. Dans le système féodal les activités telles le commerce et la politique se déroulaient autour des châteaux des seigneurs ou des abbayes. Maintenant, tout cela se déplace vers les villes qui deviennent les pôles de l'activité politique et économique, alors qu'auparavant elles n'étaient que des lieux de peuplement. Cette urbanisation fait naître, à côté de la noblesse et des clercs, une nouvelle classe sociale: la bourgeoisie. Importante par l'argent qu'elle acquiert du commerce, cette bourgeoisie marchande dirige la ville. Seigneurs locaux, souverains et gens d'Église doivent maintenant compter avec elle, parce que c'est elle qui peut fournir l'argent nécessaire au maintien des armées ou au financement des nouvelles constructions. Mais cet accroissement de la population et cette urbanisation n'apportent pas la prospérité à tous; la pauvreté est le lot commun. La majorité des gens ne dispose que du minimum pour vivre, leur situation contrastant scandaleusement avec celle de la noblesse féodale et de la bourgeoise. De plus, les épidémies et surtout les famines frappent durement les populations; des hommes libres redeviennent des serfs pour assurer leur subsistance. En même temps, l'on assiste à l'émergence d'une conscience nationale chez les Anglais, les Français, les Espagnols et les Allemands. Leurs souverains respectifs sont en train de constituer leur royaume sur cette base nationaliste. L'Église n'échappe pas à ce mouvement de transformation. Jusque là, sa vie gravitait autour des abbayes. C'étaient presque les seuls lieux où l'on pouvait recevoir une formation intellectuelle poussée, et où l'on pouvait recruter des clercs assez instruits pour en faire des évêques. Désormais, les écoles passent des abbayes aux cathédrales, donc au centre des villes. Au début, les écoles cathédrales ne dispensent qu'un enseignement théologique pour les clercs des diocèses. Mais rapidement, elles prennent de l'expansion et s'ouvrent à un plus grand nombre pour offrir un enseignement couvrant toutes les sciences de l'époque (grammaire, rhétorique, mathématiques, philosophie) et donner naissance aux universités. Au temps de saint Dominique, les plus célèbres sont celles de Bologne et Paris. À l'image des commerçants bourgeois qui s'organisent en corporations, relevant de l'autorité royale, les universités s'organisent en corporation relevant de l'autorité du pape. Malgré cela, le bas clergé, curés de paroisses et chapelains, reste majoritairement sous-instruit. Généralement, ces prêtres ne savent ni lire, ni écrire car, issus de milieux pauvres, ils n'ont pu étudier. Ayant appris par coeur les textes d'une messe et l'évangile correspondant, ils les répètent inlassablement Quand ils prêchent, ce n'est pas sur l'Évangile, mais sur un sujet de morale. Paradoxalement, I'Europe est chrétienne, mais non évangélisée. Ceux qui peuvent corriger cette situation, ce sont les évêques. Mais ils sont le plus souvent accaparés par l'administration des fiefs qui leur sont confiés par les rois. Àl'origine, ces domaines leur avaient été donnés pour assurer des revenus aux diocèses. Avec le temps, ces domaines devenant parfois très importants, les évêques se voient considérés par les souverains comme des seigneurs, au même titre qu'un comte ou un baron, et ils se mettent à agir comme tels. L'Église, en fait la papauté, appuyée par quelques évêques et parfois quelques souverains, tente de corriger cette situation. Son arme principale est la constitution de chapitres de chanoines dans les cathédrales. II s'agit de prêtres vivant en communauté autour de l'évêque dans la pauvreté. On donne à ces chapitres la Règle de saint Augustin, qui insiste beaucoup sur la vie communautaire et la pauvretéen proposant l'exemple de la vie de l'Église primitive, telle que décrite dans les Actes des Apôtres. A long terme, on espère que ces chapitres deviendront des pépinières d'évêques qui se conduiront davantage selon l'idéal évangélique que selon celui de la noblesse féodale. Mais ce travail de correction est lent et de plus en plus de voix s'élèvent pour réclamer de l'Église qu'elle abandonne ses richesses et retourne à la pauvreté évangélique. Ces prédicateurs vont trouver une oreille sympathique au sein d'une population pauvre, à laquelle se joint le bas-clergé. De là vont naître les grands mouvements de retour à l'Évangile, dont le mot d'ordre est: «suivre nu le Christ nu», et qui vont animer tout le XIIIème siècle. Des milliers de personnes s'attacheront à ces prédicateurs et les suivront dans leurs déplacements. Dans ces mouvements, l'orthodoxie se mêle à l'hérésie. Celle-ci n'est souvent qu'une réaction excessive devant une situation perçue comme une trahison de l'Évangile. Le plus souvent, les prédicateurs sont des laïcs ayant reçu un enseignement rudimentaire de l'Évangile. De ces mouvements de pauvreté naîtront les Ordres mendiants, tels que les Prémontrés, les Franciscains et les Dominicains.


Des écoles de Palencia au chapitre d'Osma


C'est à cette époque de bouleversements et de renouveau qu'a vécu Dominique. Après avoir reçu un début d'instruction de l'un de ses oncles archiprêtre, il est envoyé à l'université de Palencia, la première d'Espagne, pour apprendre les arts libéraux. Mais rapidement, Dominique opte pour l'étude de la théologie. Pendant ses études, il se fait remarquer par son application, passant des nuits entières à approfondir sa connaissance de la Bible. Mais ce zèle à scruter la Parole de Dieu ne le coupe pas du monde dans lequel il vit. Au cours d'une famine qui frappe toute l'Espagne, Dominique décide de vendre ses manuscrits et tout ce qu'il a afin de venir en aide aux pauvres. Il disait: «Je ne veux pas étudier sur des peaux mortes lorsque des hommes meurent de faim!» Son geste pousse de nombreux maîtres de théologie à l'imiter. La réputation de Dominique parvient bientôt à son évêque, Diègue d'Osma. Le chapitre des chanoines de sa cathédrale vient tout juste d'être réformé selon la Règle de saint Augustin. Voyant l'avantage de s'associer un tel homme pour consolider la réforme entreprise, il demande à Dominique de se faire chanoine. Celui_ci accepte, attiré par la vie de pauvreté et de prière. Les chanoines se rendent vite compte de la valeur du nouveau venu et le choisissent comme sous-prieur, ce qui en fait le bras droit de l'évêque. On remarque son humilité, sa douceur, son attention aux autres. Il ne quitte presque jamais le cloître afin de mieux s'adonner à la prière, à la méditation de l'écriture ou de textes des Pères de l'Église. Mais, alors qu'on pourrait croire que Dominique s'est coupé des femmes et des hommes de son temps, il les porte toujours dans son cœur. Il n'a plus rien à vendre pour secourir les malheureux, mais c'est à eux qu'il pense durant les nuits où une prière intense a remplacé l'étude. Durant cette prière, il ne cesse alors de demander à Dieu une charité efficace pour travailler au salut du monde. Très souvent, ces prières s'accompagnent de larmes et de gémissements: Seigneur, ayez pitié de votre peuple! Que vont devenir les pécheurs?

 

La mission au Nord


Cette sollicitude pour le salut du monde trouve bientôt à s'exercer dans des circonstances fortuites. Diègue d'Osma est chargé par le roi de Castille d'aller négocier le mariage de son fils avec une princesse du Danemark ou Norvège (“les Marques”, au moyen âge). L'évêque se met donc en route avec sa suite, dont fait partie Dominique. Ils traversent le Sud de la France où sévit l'hérésie cathare. Celle_ci, profitant des mouvements de pauvreté et de retour à l'Évangile, véhicule sous un extérieur chrétien, une doctrine dualiste opposant un Dieu bon, créateur des réalités spirituelles, et un dieu mauvais, créateur du monde matériel. Dans ce contexte, le détachement des biens de ce monde camoufle un mépris pour tout ce qui est matériel. Passant la nuit dans une auberge, Dominique apprend que son propriétaire est un cathare. Il discute alors avec lui une partie de la nuit, si bien que l'homme se convertit. L'évêque et son sous-prieur poursuivent leur route et arrivent au Danemark. Les négociations ayant favorablement abouties, ils reviennent en Espagne en faire rapport au roi qui les renvoie chercher la fiancée. Celle-ci étant morte entre temps, Diègue fait parvenir la nouvelle au roi et va à Rome avec Dominique pour rencontrer le pape.


La prédication en Languedoc


Aux Marques, I'évêque a entendu parler des Cumans, peuple païen aux moeurs barbares. Aussi, demande-t-il au pape de le relever de la charge de son diocèse afin de pouvoir aller les évangéliser avec son sous prieur. Le pape refuse et les renvoie chez eux. Sur le chemin du retour, à Montpellier,  Diègue et Dominique rencontrent les légats du pape chargés de prêcher l'Évangile et la foi contre les erreurs cathares. Les légats se plaignent à Diègue du peu de succès de leur mission. Celui_ci comprend vite que le succès des cathares leur vient de la rigueur et la pauvreté de la vie de leurs prédicateurs. Aussi, il conseille aux légats de se défaire de leurs escortes et de leurs chevaux et d'aller prêcher l'Évangile à pied, n'emportant que les livres nécessaires. Diègue joint aussitôt le geste à la parole, et part prêcher avec Dominique, accompagné par les légats. Nous sommes alors en 1206. Pendant deux ans, ils vont prêcher ainsi: à pied et sans escorte, à travers tout le Languedoc. Leur prédication connaît alors un certain succès. Un groupe de femmes cathares converties, se trouvant de ce fait sans aucun moyen de subsistance, sera rassemblé par Dominique et son évêque pour former un monastère à Prouilhe, tout près de Fanjeaux, où Dominique sera plus tard nommé curé. Ce monastère, embryon de ce qui deviendra l'Ordre des Moniales dominicaines, sert à Dominique de “quartier général” après la mort de Diègue (en Espagne) et le départ des légats missionnaires ( ils sont moines cisterciens, ils doivent rentrer à leurs communautés).


Le début de l'Ordre des Prêcheurs


De 1208 à 1213, Dominique poursuit donc seul l'oeuvre de prédication, tout en continuant de prendre soin du monastère de Prouilhe. II gagne le respect des cathares par la rigueur de sa vie, sa bonne humeur, sa vie de prière, sa pauvreté, son zèle. Sur la route, entre les villages, il marche pieds nus. Il mendie son pain et, quand on lui offre le gîte, il couche sur le sol. Lorsqu'il ne prêche pas ou n'est pas en train d'exhorter quelqu'un à la conversion, il prie et, dès qu'il est près d'une chapelle ou d'une église, il s'y rend pour célébrer l'Eucharistie ou participer à la prière liturgique. Avec le temps, quelques hommes se joignent à lui pour travailler à l'évangélisation. La petite communauté s'installe d'abord dans une maison à Fanjeaux. Puis, comme Pierre Seilhan, fils de Jean Seilhan, viguier de Toulouse (représentant du compte de Toulouse face aux capitouls) se donne à lui avec ses biens, elle se déplace à la maison de Pierre, en face de l’actuel Palais de Justice. Foulques, évêque de la ville, reconnaît officiellement la communauté avec son projet de prédication en 1215, et lui concède comme revenu une partie de la dîme des pauvres. Dans le même temps, Dominique confie les six frères qui vivent avec lui à un maître en théologie pour qu'il les instruise. Foulques de Toulouse se rend à Rome pour participer au IV Concile de Latran et Dominique l'accompagne, voulant obtenir l'approbation du pape pour un ordre qui s'appellera l'Ordre des Prêcheurs. Le pape promet l'acceptation, à la condition que Dominique et ses frères choisissent une règle déjà existante. Revenu auprès d'eux, ils adoptent à l'unanimité la Règle de saint Augustin. Dominique repart pour Rome chercher l'approbation qui lui est alors accordée. En 1217, Dominique disperse sa petite communauté. Il envoie fonder à Paris et à Bologne, les centres universitaires du temps, de même qu'en Espagne et à Rome. À partir de ce moment, les choses se précipitent. Au début, les frères de Dominique suscitent le scepticisme. Mais assez rapidement, leur pauvreté, leur attachement à la prière, leur prédication et leur vie évangélique, leur valent un accueil enthousiaste et l’éveil de vocations partout où ils vont. Par exemple, le couvent de Paris, fondé par deux ou trois frères, en compte près de cinquante à la mort de Dominique, quatre ans plus tard, sans compter ceux qui ont quitté Paris pour fonder ailleurs.


Le premier chapitre de l'Ordre


Quant à Dominique, il va de couvent en couvent pour exhorter les frères à tenir bon. Toujours il va à pied et quête son pain. Dans les couvents il n'a ni cellule ni lit et, malgré les fatigues du voyage, il passe toujours ses nuits en prière dans l'église. En 1220, il convoque le premier chapitre général de l'Ordre à Bologne en Italie, chaque couvent devant y envoyer un certain nombre de frères. Une fois qu'ils sont réunis, Dominique leur demande de choisir un autre supérieur, lui-même s'estimant indigne de cette charge ; mais les frères refusent. Ils adoptent les premières Constitutions de l'Ordre, qui règlent la vie des frères en incarnant dans des dispositions concrètes la Règle de saint Augustin. Ils prennent à ce moment des décisions importantes: l'Ordre doit abandonner ses revenus et chaque couvent doit quêter sa subsistance au jour le jour. Enfin, pour mieux répondre aux besoins de l'évangélisation, l'Ordre est divisé en provinces.


La mort de saint Dominique


Le chapitre terminé, Dominique reprend sa tournée des divers couvents. Il est aussi chargé par le pape d'une mission d'évangélisation dans le Nord de l'ltalie. Puis, à l'été 1221, usé par ses marches interminables et par ses veilles incessantes, il tombe malade à Bologne. Constatant la gravité de son état, il demande à se confesser et à recevoir la communion. Il se recommande ensuite aux frères présents, et leur affirme qu'il leur sera plus utile au ciel que sur terre. Puis il s'éteint pendant que les frères recommandent son âme à Dieu. Mort dans la cellule d'un autre, puisqu'il n'en avait dans aucun couvent, on l'enterre dans l'église, au pied de l'autel, revêtu de la tunique d'un autre. La sienne, estiment les frères, est en trop mauvais état: usée, épuisée... comme le pauvre qu'elle habillait.

Les Quinze Mardis de Saint Dominique

Qu'est-ce que la dévotion des quinze mardis?

Elle est exactement semblable à celle des quinze samedis; le jour seul est différent. Le mardi est spécialement consacré à saint Dominique, instituteur du Rosaire, et c'est l'unique raison de ce choix. Quels sont les motifs qui nous engagent à pratiquer la dévotion des quinze mardis ? 1° Saint Dominique a été donné au monde pour procurer le salut d'un grand nombre d'âmes. 2° Ce saint a toujours montré une charité très-vive à leur égard, et il s'est assujetti à des travaux incroyables pour les secourir. 3° Ses prières sont très-puissante: il avouait lui-même avoir toujours obtenu tout ce qu'il demandait. 4° Il a promis dans ses derniers moments de nous être plus utile après sa mort que pendant sa vie. 5° Il a opéré en tout temps un nombre prodigieux de miracles pour subvenir aux nécessités des personnes qui imploraient son secours.

En quel temps pratique-t-on la dévotion des quinze mardis ?

En tout temps, comme la précédente, mais plus particulièrement durant les quinze mardis avant la fête de saint Dominique. Il sera encore fort utile de l'associer à celle des quinze samedis. On gagnera par là plus d'Indulgences, on honorera mieux le bienheureux Patriarche, dont la fête se trouve dans l'intervalle, et en répétant ainsi le mardi les exercices du samedi, on est sûr d'obtenir des grâces plus abondantes.

Méthode de saint Dominique pour méditer le Rosaire

Cette méthode est celle qui fut ordinairement pratiquée par le Saint Patriarche Dominique. Elle consiste à énoncer ou verbalement ou mentalement, non-seulement avant chaque dizaine, mais encore avant chaque Ave, un point du mystère que l'on médite, et l'on s'arrête plus ou moins longtemps à la pensée ou au sentiment suggéré par cette énonciation. L'usage et l'habitude rendront cette pratique facile. Elle deviendra même, lorsqu'on le voudra, aussi courte que toute autre. Entre autres avantages, elle a celui d'empêcher les distractions, ou du moins de les rendre plus rares et moins considérables. Afin de marcher à la suite de Saint Dominique, chaque mardi, nous méditerons un mystère du Rosaire avec sa méthode.

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17 avril 2010

Les Quinze Mardis de Saint Dominique 2/3

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Les Quinze Mardis de Saint Dominique


Prières communes à chaque mardi

Prière à Saint Dominique à dire au début de chaque mardi

O Saint Prêtre de Dieu et glorieux Patriarche Saint Dominique, vous qui avez été l'ami, le fils bien-aimé et le confident de la Reine Céleste et qui avez accompli des miracles par la vertu du Saint Rosaire et qui êtes notre puissant médiateur auprès du trône de Marie et du Cœur de Jésus, considérez nos besoins et ayez pitié de l'état de misère dans lequel je me trouve. Lorsque vous étiez sur la terre, vous aviez le cœur ouvert à toutes les misères d'autrui et vous aviez la main tendue  pour les secourir; maintenant que vous êtes au Ciel, votre Charité et votre puissance ne sont pas moindre, au contraire. Priez pour moi Marie, la Mère et la Reine du Très Saint Rosaire et Son Divin Fils Jésus Christ, car j'ai l'intime confiance que par, votre intercession j'obtiendrai les grâces que je désire ardemment (formuler les grâces que l'on désire). Ainsi soit-il.

Trois Gloire au Père

Répons à saint Dominique pour les Quinze Mardis

O Lumière de l'Église, Docteur de la vérité, Rose de patience, Ivoire de chasteté, vous nous avez abreuvés gratuitement de l'eau de la sagesse; Prédicateur de la grâce, faites-nous parvenir au séjour des Bienheureux.

R. O Merveilleux espoir donné par vous à ceux qui vous pleuraient à l'heure de votre mort, lorsque vous promîtes qu'après le trépas vous viendriez en aide à vos frères.

Accomplissez, ô Père, ce que vous avez dit, en nous secourant par vos prières.

V. Vous qui vous êtes illustré par tant de miracles en faveur des malades, apportez un remède à nos âmes souffrantes, en nous secourant par vos prières.

Accomplissez, ô Père

Gloire au Père

Accomplissez, ô Père

Prions

Dieu tout-puissant, nous sommes accablés sous le poids de nos péchés; accordez-nous, s'il vous plait, d'en être délivrés par les mérites de votre Confesseur saint Dominique, notre père et notre patron. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

Litanies de Saint Dominique

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Dieu le Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous.

Sainte Mère de Dieu, priez pour nous.

Sainte Vierge des Vierges, priez pour nous.

Saint Dominique, notre auguste père, priez pour nous.

Saint Dominique, astre de l'Eglise, priez pour nous.

Saint Dominique, lumière du monde, priez pour nous.

Saint Dominique, flambeau de la grâce, priez pour nous.

Saint Dominique, rose de patience, priez pour nous.

Saint Dominique, qui aviez soif du salut des âmes, priez pour nous.

Saint Dominique, qui étiez jaloux du martyre, priez pour nous.

Saint Dominique, grand directeur des âmes, priez pour nous.

Saint Dominique, homme évangélique, priez pour nous.

Saint Dominique, docteur de Vérité, priez pour nous.

Saint Dominique, ivoire de chasteté, priez pour nous.

Saint Dominique, homme au cœur vraiment apostolique, priez pour nous.

Saint Dominique, pauvre des biens de la fortune, priez pour nous.

Saint Dominique, riche de la pauvreté de votre vie, priez pour nous.

Saint Dominique, qu'un zèle consumait pour le Salut des pécheurs, priez pour nous.

Saint Dominique, trompette de l'Evangile, priez pour nous.

Saint Dominique, héraut du Ciel, priez pour nous.

Saint Dominique, modèle d'abstinence, priez pour nous.

Saint Dominique, sel de la terre, priez pour nous.

Saint Dominique, soleil étincelant dans le Temple de Dieu, priez pour nous.

Saint Dominique, qui étiez étayé par la Grâce Divine, priez pour nous.

Saint Dominique, qui êtes revêtu d'un manteau royal, priez pour nous.

Saint Dominique, fleur éclatante dans les jardins de l'Eglise, priez pour nous.

Saint Dominique, qui arrosiez la terre de votre sang précieux, priez pour nous.

Saint Dominique, froment recueilli dans les greniers célestes, priez pour nous.

Saint Dominique, qui resplendissez parmi les vierges, priez pour nous.

Saint Dominique, qui êtes le chef et le Père de l'Ordre des Frères Précheurs, priez pour nous.

Saint Dominique,  pour qu'à notre mort, nous soyons reçus avec vous dans le Ciel, priez pour nous.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

Jésus, écoutez-nous.

Jésus, exaucez-nous.

Seigneur, exaucez ma prière

et que mon cri parvienne jusqu'à vous.

Priez pour nous, Ô Saint Dominique,

Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus Christ votre Fils.

Prière finale

V. Priez pour nous, Bienheureux Père Saint-Dominique.

R. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Jésus-Christ.


Prions


Dieu tout-puissant, faites, nous Vous en supplions, que la protection du bienheureux Dominique, Votre confesseur, nous relève, nous qui sommes oppressés sous le poids de nos péchés. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

30 avril 2010

Le Mois de Notre Dame du Sacré Cœur

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Le Mois de Notre Dame du Sacré Cœur

Premier jour

Première Considération

Prédestination de Marie

Notre consécration au Sacré Coeur

« Toute la gloire de la fille du Roi vient de son intérieur ». (Ps. XLIT, 14)

L'amour est une grande chose, dit le pieux auteur de l'Imitation: Magnares est amor. C'est, en effet, l'amour qui est de toute éternité la vie même de Dieu; par amour le monde est créé; par amour surtout, le mystère de l'Incarnation se réalise, et c'est l'amour qu'il vient exciter parmi nous. « Si quelqu'un n'aime pas Notre-Seigneur Jésus, qu'il soit anathème! » dit saint Paul. Jésus vient donc pour aimer et pour être aimé ; il donnera son Cœur, mais en retour il demandera le nôtre; il veut être tout à nous, pour que nous soyons tout à lui... Ah! Seigneur, si personne ne doit être exclu du privilège ineffable d'être l'ami de Dieu, quelle créature privilégiée occupera la première place dans votre amour? Personne ne peut faire valoir un droit; tous les enfants des hommes sont devant vous comme des grains de poussière; les générations passées et futures sont l'œuvre de vos mains, et le bien qu'elles possèdent vient de vous. Votre choix seul, ô mon Dieu! décidera des rangs et des conditions; mais il vous faut une Mère, une Mère selon votre Cœur, une Mère que vous formerez vous-même en déployant, dans un chef-d'œuvre unique, toutes les ressources de votre sagesse, de votre puissance et de votre souveraine bonté... Cette Mère, c'est Marie. Vous l'appelâtes du néant, et elle sortit « rayonnante de gloire, sans tache et toute belle. » En l'apercevant, vous en fûtes épris, ô mon Dieu ! Cette créature, vous' l'aviez destinée à régner en souveraine sur votre Cœur sacré, et déjà elle le ravit au premier de ses regards et le blesse d'un indicible amour. Nous pouvons donc la nommer Notre-Dame du Sacré-Cœur. Dieu s'est fait une Mère digne de Lui, et comme il l'a voulue. Quelle autre pensée nous ferait mieux connaître les ineffables grandeurs de la Reine du Cœur de Jésus ? Si cette Vierge admirable n'avait eu que la prérogative de devenir la Mère de Jésus, comme tant de patriarches, de prophètes et de rois ont eu celle de figurer parmi les ancêtres du Sauveur, la gloire de Marie aurait pu être surpassée ; mais, grâce au Ciel, le Verbe incarné ne se contente pas d'une Mère selon la chair et le sang, Il la veut aussi selon son esprit et son cœur; Il ne veut pas une Mère dont la mission sera complète après avoir donné au monde un Enfant-Dieu et qui disparaîtra comme la fleur devant son fruit; Il veut une Mère qui lui soit plus inviolablement unie que la racine n'est unie à sa tige : une Mère dont II ne se séparera plus, dont Il sera toujours aimé, qui ne cessera de le produire dans les âmes, et de le présenter plein de gloire aux élus du Ciel. Il veut une Mère qui siégera à sa droite, qui régnera sur son Cœur, une Mère entre les mains de laquelle II déposera les trésors infinis de sa passion et de sa mort, et dont II se glorifiera dans tous les siècles en étendant son culte à l'univers entier. Il souhaite,qu'on puisse dire d'Elle : un Dieu lui-même est sa couronne; Elle possède sur son Cœur un pouvoir souverain ; un Dieu , son. Fils ; un Dieu, le sublime artisan de toutes les œuvres qu'Elle veut entreprendre ; un Dieu , le protecteur éternel de quiconque voudra l'honorer comme une Mère et la servir à jamais. Voilà, en un mot, la créature par excellence qu'une destinée irrévocable appelait de toute éternité pour l'attacher au Sacré-Cœur. Recueillons-nous : Dieu est admirable en ses desseins.

Lorsque la première Eve sortit revêtue d'innocence des mains de son Dieu, son premier élan d'amour fut pour l'auteur de son être. Quel cri de reconnaissance ne dut pas Réchapper de son âme pour Celui qui l'avait tirée du néant et appelée à la contemplation de ses grandeurs et de ses œuvres ! Mais que dirons-nous des sentiments de l'Eve véritable, lorsqu'au premier moment de sa conception immaculée, elle ouvrit, par un privilège spécial, les yeux de son âme au monde de la grâce avant d'ouvrir ceux de son corps à celui de la nature ! Avec quelle force son cœur si pur ne s'élança-t-il pas dans le sein de Dieu pour y trouver le digne objet de ses aspirations et de ses désirs ! Emportée sur les ailes du divin amour, selon la pensée du bienheureux Albert le Grand, Elle pénétra dans les entrailles-de la divine miséricorde et en sortit emportant avec Elle le Fils unique de Dieu. Le Verbe divin commença dès lors, dans cette Vierge prédestinée qui allait devenir sa Mère, une vie de grâce et d'amour dont l'incarnation devait bientôt nous faire soupçonner les ravissantes merveilles. Cette union mystérieuse occupa les premières années de Marie, en fit le sanctuaire de la divinité devant lequel l'Ange devait s'incliner avec respect, et où l'opération du Saint-Esprit allait faire régner le Verbe fait chair. Tel était le prélude de l'ardente dilection dont cette noble créature devait entourer, toute sa vie, le Cœur de son bien-aimé Fils, pour en être la souveraine.

Nous sommes aussi appelés, ô Marie ! à vivre pour le Cœur de Jésus; il est notre but: vers lui soupire tout notre être ; lui seul est capable d'apaiser cette soif insatiable si bien décrite par la plume de saint Augustin. Mais quelle vie est la nôtre?... Sommes-nous dignes de réjouir ce Cœur divin, de le glorifier, de régner avec lui?... O notre Mère, ô Notre-Dame du Sacré Cœur! communiquez-nous quelqu'une de vos flammes; donnez à tous vos enfants les premières leçons d'un véritable amour pour le Cœur de Jésus.

Allégorie

Après avoir créé les eaux qui devaient féconder la terre, Dieu les rassembla dans un immense abîme auquel il donna le nom de mer : Congregationes aquarum appellavit Maria. De même, après avoir laissé échapper de son sein les grâces abondantes qui devaient rehausser les Anges, justifier les patriarches, illuminer les prophètes, empourprer les martyrs, embraser les confesseurs, soutenir les Apôtres et embellir les vierges, le Très-Haut creusa un abime insondable pour les rassembler toutes, et cet abime, dit saint Bernard,,fut Marie: Congregationes gratiarum appellavit Mariam. Et comme, selon l'expression de nos saints livres, un abîme en appelle un autre, la profonde humilité de la Vierge des vierges devant tant de merveilles devint le plus sûr abri où se réfugia le Cœur de Jésus. Possédant le Cœur de son Fils et enrichie des trésors infinis qu'il renferme, nous pourrons donc la nommer Notre-Dame du Sacré-Cœur.

Histoire

La protection de Marie se manifeste visiblement pour tous les besoins de notre pauvre nature, non-seulement dans le sens spirituel, mais encore pour nos demandes temporelles. C'est bien avec raison qu'on l'invoque pour les causes difficiles, désespérées même: Notre-Dame du Sacré-Cœur obtient tout. Écoutons, pour bien nous en convaincre, le cri d'une mère reconnaissante: « Je remplis aujourd'hui un devoir bien doux à mon cœur: je viens m'acquitter d'une dette de reconnaissance envers notre bonne Mère du ciel. Notre-Dame du Sacré-Cœur désire, sans aucun doute, se faire connaître et aimer sous ce beau titre; pour moi, je reconnais en ce moment, avec toute l'effusion de mon âme, combien je dois à ce nom d'amour. Mon unique enfant était dangereusement malade; mon inquiétude était mortelle. Le médecin que je consultais avec anxiété nie disait ne pouvoir définir le mal. J'invoquai alors Notre-Dame du Sacré-Cœur, lui faisant le vœu que j'acquitte aujourd'hui. Auparavant, Marie paraissait sourde à mes prières; mais à peine l'eussé-je implorée sous ce beau titre, qu'elle m'exauça. Il n'y a pas eu sans doute de miracle dans le vrai sens du mot; la maladie a suivi son cours, mais la crise a,été favorable, et depuis mon enfant est entré en pleine convalescence. C'est à cette bonne Mère que je dois le bonheur de conserver mon enfant ; c'est Elle qui m'apporta, de la part de son divin Fils, cette douce consolation. Oh! reconnaissance et amour à Marie! Gloire et honneur à Notre-Dame du Sacré-Cœur! Puisque j'ai été exaucée, veuillez faire célébrer une neuvaine d'actions de grâces ».

En ce mois de Marie, si vous avez des intentions à confier à la prière des internautes, merci de me les envoyer à franck.monvoisin@laposte.net

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17 avril 2010

Les Quinze Mardis de Saint Dominique 3/3

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Les Quinze Mardis de Saint Dominique


Premier Mardi

Notre-Seigneur descend du ciel et se fait homme pour racheter l'univers coupable.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique est suscité par la Providence pour sauver l'Église dans les périls imminents qui la menacent au XIIIe siècle, ce qui nous est clairement signifié par la vision d'Innocent III. Ce pape vit l'église de Saint Jean de Latran, figure de l'Église universelle, sur le point de s'écrouler par la violence d'un tremblement de terre. Il aperçut en même temps notre Saint, qui, la soutenant de ses robustes épaules, la préserva de toute catastrophe. C'est pourquoi nous chantons justement cette louange: Béni soit le Rédempteur de tous les hommes, qui, voulant pourvoir à leur salut, a envoyé au monde saint Dominique.

 

Répons de Saint Dominique

 

Premier Mystère Joyeux

L'Annonciation

 

Notre Père

 

1. La très-sainte Trinité décrète le mystère de l'Incarnation de Jésus-Christ. Je Vous salue Marie...

2. Marie est choisie pour être la Mère du Verbe qui doit revêtir la nature humaine. Je Vous salue Marie...

3. L'Ange Gabriel annonce cette heureuse nouvelle à la Vierge sainte. Je Vous salue Marie...

4. Marie est en oraison dans la solitude lorsqu'elle reçoit l'ambassadeur céleste. Je Vous salue Marie...

5. L'Ange paraît et lui dit: Je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. Je Vous salue Marie...

6. A ces paroles Marie est surprise et troublée. Je Vous salue Marie...

7. Et l'Ange lui dit: Marie, ne craignez pas; vous concevrez par l'opération de l'Esprit-Saint. Je Vous salue Marie...

8. Et la Vierge répond : Voici la servante du Seigneur: qu'il me soit fait selon voire parole. Je Vous salue Marie...

9. A cet instant l'Esprit de Dieu la couvre de son ombre. Je Vous salue Marie...

10. Et le Verbe fait chair habite parmi nous. Je Vous salue Marie...

 

O très sainte Vierge, je vous en conjure, faites-moi concevoir votre Fils au dedans de mon cœur comme vous l'avez conçu dans vos chastes entrailles; qu'il s'unisse étroitement a mon âme comme il s'est incarné personnellement dans notre chair. Gloire au Père

 

Litanies de Saint Dominique

 

Pratique: Étudiez soigneusement votre vocation, et soyez fidèle aux desseins de Dieu.

 

Oraison finale

 

Deuxième mardi

Jésus, immédiatement après s'être incarné, répand, en qualité de Sauveur, ses bénédictions sur la maison de Zacharie.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique porte la bénédiction du Seigneur partout où il se trouve. A Toulouse il convertit à la foi catholique, par l'exemple d'une austérité admirable, des femmes hérétiques chez qui il était logé. A Orvieto, quand une grêle affreuse dévaste les vignes, il garantit celle de son hôte de ce terrible fléau par ses mérites. Plusieurs fois, chez les étrangers et chez les siens, il multiplie l'aliment et la boisson. Dans la détresse de ses frères il fait même descendre un1 pain du ciel, apporté par les anges.

 

Répons de Saint Dominique

 

Deuxième Mystère Joyeux

La Visitation

 

Notre Père...

 

1. Marie, par humilité, va visiter sa cousine sainte Elisabeth. Je Vous salue Marie...

2. En cela elle est conduite par le Saint Esprit. Je Vous salue Marie...

3. Or la Vierge traversa les montagnes en grande hâte. Je Vous salue Marie...

4. Sainte Elisabeth reçoit Marie avec une joie extrême. Je Vous salue Marie...

5. Le petit Jean-Baptiste est sanctifié dans le sein de sa mère. Je Vous salue Marie...

6. Elisabeth dit à la Vierge: Le fruit de vos entrailles est béni. Je Vous salue Marie...

7. Marie répond: Mon âme glorifie le Seigneur. Je Vous salue Marie...

8. Elisabeth s'écrie encore: D'où me vient ce bonheur d'avoir la visite de la Mère de mon Dieu? Je Vous salue Marie...

9. La maison de Zacharie est comblée de bénédictions par la présence de Jésus et de Marie. Je Vous salue Marie...

10. Marie sert sa cousine Elisabeth avec beaucoup de charité et d'humilité durant trois mois. Je Vous salue Marie...

 

Daignez me favoriser, ô très-pure Vierge, de votre sainte visite, et mon âme, sanctifiée par la présence de votre divin Fils, se réjouira avec vous en Dieu, son Sauveur. Gloire au Père...

 

Litanies de Saint Dominique

 

Pratique: Sympathisez avec vos frères dans leurs joies et dans leurs peines, vous réjouissant avec ceux qui sont dans l'allégresse, et pleurant avec ceux qui pleurent.

 

Oraison finale

 

Troisième mardi

Au jour de sa naissance, Jésus apporte la paix sur la terre aux hommes de bonne volonté.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique apporte une paix semblable entre Dieu et les pécheurs qui reviennent sincèrement. L'hérésie et le péché allument dans l'Église le feu de la discorde. Les divisions, les révolutions, les guerres, sont les fruits amers de ces racines d'iniquité. Saint Dominique contribue davantage à la réconciliation des malheureux hérétiques et des pécheurs avec la foi et la charité, par la croisade pacifique de son exemple et de sa parole, que n'ont fait les guerriers du Nord par leurs exploits éclatants. Il fait luire, entre la terre et les hauteurs célestes, l'arc en ciel étincelant du Rosaire; l'erreur disparaît, et le calme succède à la tempête.

 

Répons de Saint Dominique

 

Troisième Mystère Joyeux

La Naissance de Jésus

 

Notre Père

 

1. Marie enfante Notre-Seigneur sans préjudice de sa virginité sans tache. Je Vous salue Marie...

2. Elle Je met au monde dans une étable, et l'emmaillotte de langes bien pauvres. Je Vous salue Marie...

3. Elle admire, elle contemple avec amour le fruit béni de ses entrailles. Je Vous salue Marie...

4. Elle embrasse Jésus, elle le presse contre son cœur. Je Vous salue Marie...

5. Elle nourrit de son lait virginal l'Enfant divin. Je Vous salue Marie...

6. Elle le pose dans une crèche, préparée avec soin par le bon Joseph. Je Vous salue Marie...

7. Et le Roi du ciel est ainsi couché sur la paille, entre deux animaux. Je Vous salue Marie...

8. Les anges ont chanté dans les airs aux environs de Bethléem: « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix aux hommes de bonne volonté sur la terre ! » Je Vous salue Marie...

9. Des bergers, instruits de la merveilleuse naissance de l'Enfant divin, viennent le visiter et l'adorer. Je Vous salue Marie...

10. Les mages, conduits par une étoile, viennent aussi des pays lointains; ils adorent le Verbe incarné et lui offrent leurs présents. Je Vous salue Marie...

 

O divine Mère de Jésus, faites-moi la grâce de renaître spirituellement avec votre divin Fils, de le vénérer comme le Roi de mon âme, de l'adorer, comme les bergers et les mages, du profond de mon cœur. Gloire au Père.

 

Litanies de Saint Dominique

 

Pratique: Vivez en paix avec tous les hommes, autant que cela est possible. Prévenez les divisions, travaillez à la réconciliation des ennemis.

 

Oraison finale

 

Quatrième mardi

Jésus, offert par sa mère au temple de Jérusalem, s'offre lui-même en qualité de Pontife suprême, au Père céleste, pour la rédemption du genre humain.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique veut embrasser l'esclavage pour en délivrer ses frères. Il se charge aussi des pénitences que les pécheurs méritent, et il expie leurs prévarications sur sa chair innocente. Rien ne lui aurait coûté pour sauver une âme. Volontiers il eût souffert pour le salut de l'une d'entre elles les tourments les plus atroces, jusqu'au jour du jugement. Il eût même consenti, comme sa fille sainte Catherine de Sienne, de servir de couvercle à la bouche béante de l'enfer, pourvu qu'à cette condition l'entrée de l'abîme eût été fermée pour les hommes.

 

Répons de Saint Dominique

 

Quatrième Mystère Joyeux

La Présentation de Jésus au Temple

 

Notre Père

 

1. Marie se dirige vers le Temple pour offrir à Dieu le saint Enfant. Je Vous salue Marie...

2. O exemple mémorable de soumission à la loi divine! Je Vous salue Marie...

3. La Vierge chemine vers Jérusalem par des roules incommodes. Je Vous salue Marie...

4. Elle porte son tendre enfant sur ses bras. Je Vous salue Marie...

5. Elle médite le mystère du Verbe incarné durant son chemin. Je Vous salue Marie...

6. Enfin, arrivée au Temple, elle offre Jésus aux ministres du sanctuaire. Je Vous salue Marie...

7. Elle donne cinq sicles pour racheter son enfant; elle y ajoute une colombe, l'oblation des pauvres. Je Vous salue Marie...

8. Anne la prophétesse est remplie de joie en voyant l'accomplissement des promesses du Très-Haut. Je Vous salue Marie...

9. Le saint vieillard Syméon embrasse le Sauveur avec transport. Je Vous salue Marie...

10. Il mourra content désormais, après avoir contemplé le salut d'Israël. Je Vous salue Marie...

 

Permettez-moi, Vierge sainte, d'enlacer votre enfant avec les bras de la foi et de la chante: permettez-moi de le presser amoureusement sur mon cœur et de loi consacrer toutes mes affections. Ah! puissé-je mourir avec Syméon pour aller jouir de sa douce présence et de la vôtre! Gloire au Père.

 

Litanies de Saint Dominique

 

Pratique: Faites pénitence pour vos frères, et priez pour leur salut.

 

Oraison finale

 

Cinquième mardi

Jésus, perdu pendant le voyage de Jérusalem, est retrouvé dans le Temple, conférant avec les Docteurs de la Loi.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique se met en rapport avec les hérétiques, et par des entretiens fréquents, des conférences suivies, des instructions continuelles, il les convainc de leurs erreurs, les. frappe d'admiration, et les ramène à la vérité. Dieu favorise même son zèle de la grâce des miracles. Ainsi, dans une célèbre dispute qui eut lieu à Fanjeaux, le livre du Saint, renfermant les principaux points de la foi catholique contestés par les adversaires, est jeté à trois reprises différentes dans les flammes, et en sort intact, tandis que le livre des hérétiques est consumé en un clin d'œil.

 

Répons de Saint Dominique

 

Cinquième Mystère Joyeux

Recouvrement de Jésus au Temple

 

Notre Père

 

1 Marie a perdu son enfant. Je Vous salue Marie...

2. O divine Mère, quel trésor vous avez perdu. Je Vous salue Marie...

3. La Vierge recherche son enfant avec inquiétude. Je Vous salue Marie...

4 Elle parcourt, en le cherchant, toutes les rues et tous les chemins de Jérusalem. Je Vous salue Marie...

5. Elle le retrouve seulement après trois jours d'angoisses et de fatigues. Je Vous salue Marie...

6. Enfin elle le rejoint dans le Temple. Je Vous salue Marie...

7. Jésus était là au milieu des docteurs, les étonnant par sa science et la sagesse de ses réponses, bien qu'il eût à peine douze ans. Je Vous salue Marie...

8. La sainte Vierge lui dit : « Mon fils, pourquoi nous avez-vous attristés par votre absence ? » Je Vous salue Marie...

9. L'enfant Jésus revint à Nazareth avec ses parents ; et il leur était soumis. Je Vous salue Marie...

10. Et Marie conservait soigneusement dans son cœur toutes les paroles et toutes les actions de Jésus. Je Vous salue Marie...

 

O très sainte Vierge, obtenez-moi la grâce de ne perdre jamais par mes péchés la présence de mon Sauveur, et de sentir vivement son absence. Si mes infidélités, hélas! l'obligeaient à s'éloigner de moi, ah! je vous en supplie, que je ne goûte plus aucun repos ni aucun plaisir avant de l'avoir retrouvé. Gloire au Père.

 

Litanies de saint Dominique

 

Pratique: Soyez sensible aux misères spirituelles des âmes, et, pour obtenir leur conversion, employez le moyen d'une prière fervente et assidue.

 

Oraison de Saint Dominique

 

Sixième Mardi

Jésus, durant son oraison au jardin des Oliviers, est saisi d'une tristesse mortelle; une sueur d'eau et de sang, causée par la vue de nos péchés, découle de ses membres, et il recommence par trois fois sa prière, pour obtenir notre pardon.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique, témoin de l'endurcissement d'un grand nombre de pécheurs, en conçoit une douleur qui le mine lentement. Afin d'obtenir à ces âmes infortunées la grâce du repentir, il prolonge ses prières, il interrompt son sommeil, il passe les nuits en oraison. Pendant cet exercice, tantôt il a les bras étendus en forme de croix ou élevés vers le ciel, tantôt il se prosterne la face contre terre, tantôt il embrasse avec ardeur les autels sacrés. Il fait violence à Dieu. Ses vives supplications apaisent le cœur du Tout-Puissant. Sa prière est plus efficace que sa parole.

 

Répons de Saint Dominique

 

Premier Mystère Douloureux

L'Agonie de Jésus

 

Notre Père

 

1. Jésus, accompagné de trois disciples, se dirige, après la Cène, vers le jardin des Oliviers. Je Vous salue Marie...

2. Arrivé là, il se retire à l'écart, et se prosterne la face contre terre. Je Vous salue Marie...

3. Il prie avec ardeur, et sa prière persévère longtemps. Je Vous salue Marie...

4. Son âme est inondée d'une tristesse mortelle. Je Vous salue Marie...

5. Une sueur sanguinolente découle de son corps et se répand a flots sur le sol. Je Vous salue Marie...

6. « Mon Père, dit-il, non pas ma volonté, mais la vôtre! » Je Vous salue Marie...

7. « Veillez et priez, recommande-t-il à ses disciples en revenant de son oraison. Je Vous salue Marie...

8. Alors Judas s'avance avec la troupe homicide des Juifs, et il trahit son maître par un baiser. Je Vous salue Marie...

9. Les bourreaux se jettent sur Jésus, qui ne fait aucune résistance. Je Vous salue Marie...

10. Le Seigneur est cruellement garrotté, et traîné d'un juge à l'autre. Je Vous salue Marie...

 

O Marie, par la tristesse accablante de Jésus au jardin des Oliviers, par les gouttes de sang exprimées de son corps durant son agonie mortelle, donnez-moi la constance d'endurer toute espèce d'afflictions intérieures et extérieures. Oui, par votre intercession, je veux, au milieu des plus cruelles, être parfaitement résigné à la volonté divine. Gloire au Père.

 

Litanies de saint Dominique

 

Pratique: Soyez sensible aux misères spirituelles des âmes, et, pour obtenir leur conversion, employez le moyen d'une prière fervente et assidue.

 

Oraison finale

 

Septième mardi

Jésus reçoit dans sa flagellation tous les coups que nous avions mérités pour nos péchés.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique prend chaque nuit trois disciplines sanglantes avec une chaîne de fer. La première est pour ses péchés; mais ils sont bien légers. La seconde est pour les pécheurs, dont il désire vivement la conversion et le salut. La troisième est pour les âmes du purgatoire. Il veut par 1à répondre à l'amour excessif de Jésus, qui a répandu son sang pour les hommes. Notre Saint a été si constant dans cet exercice qu'il l'a pratiqué durant trente ans sans relâche, jusqu'à la fin de ses jours.

 

Répons de Saint Dominique

 

Deuxième Mystère Douloureux

La Flagellation de Jésus

 

Notre Père

 

1. Jésus est livré aux bourreaux pour être flagellé. Je Vous salue Marie...

2. On l'accuse avec une fausseté manifeste. Je Vous salue Marie...

3. Il est bientôt dépouillé de ses vêtements. Je Vous salue Marie...

4. Le voilà nu entre les mains de ces barbares. Je Vous salue Marie...

5. On l'attache à un tronçon de colonne. Je Vous salue Marie...

6. Il est d'abord frappé avec des fouets. Je Vous salue Marie...

7. Puis il est fouetté avec des verges d'épines. Je Vous salue Marie...

8. On y ajoute les chaînes et les pointes de fer. Je Vous salue Marie...

9. Le sang du Sauveur coule par terre avec abondance. Je Vous salue Marie...

10. On le délie ensuite, et il reprend ses vêtements. Je Vous salue Marie...

 

O Mère de douleur, par ces outrages affreux dont Jésus est assailli, parcelle flagellation horrible qui déchire son corps sacré, garantissez-moi, je vous en conjure, des traits de la vengeance divine, tant de fois méritée à cause de mes crimes. Ne permettez pas que le précieux sang de mon Sauveur soit versé en vain. Gloire au Père.

 

Litanies de Saint Dominique

 

Pratique: Mortifiez votre chair rebelle, pour votre propre salut et pour celui des autres.

 

Oraison finale

 

Huitième mardi

Jésus est couronné d'épines par les soldats romains, eu dérision de sa royauté.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique reçoit du Sauveur la couronne d'épines par les mépris dont il est couvert. Il accepte avec résignation, avec joie, les ignominies dont les hérétiques l'abreuvent. A Carcassonne, la ville infidèle, on l'outrage, on le traite comme un insensé: il préfère cette cité à la pieuse Toulouse, qui le comble d'honneurs. Magnanimité admirable, courage héroïque, digne de toute la vénération des hommes !

 

Répons de Saint Dominique

 

Troisième Mystère Douloureux

Le Couronnement d'épines

 

Notre Père

 

1. Il vient à la pensée des soldats d'imposer h Jésus une couronne d'épines. Je Vous salue Marie...

2. Ils la préparent avec une rage et une célérité infernales. Je Vous salue Marie...

3. Puis ils l'enfoncent avec rage dans la tête du Rédempteur. Je Vous salue Marie...

4. Ce chef divin en est percé de toutes parts. Je Vous salue Marie...

5. Le sang coule. Je Vous salue Marie...

6. Le front en est couvert. Je Vous salue Marie...

7.11 se mêle aux larmes de ses yeux. Je Vous salue Marie...

8. Il descend sur ses lèvres couvertes des pâleurs de la mort. Je Vous salue Marie...

9. A ce supplice on ajoute celui de la dérision: on couvre les épaules de Jésus d'un manteau de pourpre, et on lui remet un roseau à la main. Je Vous salue Marie...

10. En cet état Pilate le montre au peuple en disant: « Voilà l'homme ». Je Vous salue Marie...

 

Litanies de Saint Dominique

 

Pratique: Servez Dieu sans ostentation, mais aussi sans respect humain.

 

Oraison finale

 

Neuvième mardi

Jésus porte sa croix, chargé du poids de nos péchés sans nombre, pour nous délivrer de nos misères.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique embrasse la croix du Sauveur, et la porte avec persévérance durant toute sa vie. Il aide charitablement ceux qui trouvent de la difficulté à traîner leur propre croix. Affermi dans la voie de la perfection, notre Saint renonce à tous les biens du monde, à tous les plaisirs de la vie. Il pratique assidûment l'entière abnégation de soi-même. Il porte constamment sur son corps la mortification de Jésus Christ. Sa charité l'engage en outre à prendre le fardeau de ses frères, et à les consoler dans leurs peines; il dissipe leurs chagrins et les relève dans leur découragement.

 

Répons de Saint Dominique

 

Quatrième Mystère Douloureux

Le Portement de la croix

 

Notre Père

 

1. Sur les instances du peuple, excité par ses chefs, Jésus est condamné à être crucifié. Je Vous salue Marie...

2. On lui présente sa croix, et il l'embrasse avec amour. Je Vous salue Marie...

3. Il la met sur ses épaules déchirées, et la porte courageusement. Je Vous salue Marie...

4. Et pourtant il tombe sous son fardeau, accablé sous le poids de nos péchés. Je Vous salue Marie...

5. L'ayant reprise, il rencontre sa mère plongée dans la désolation. Je Vous salue Marie...

6. Une sainte femme essuie son visage, et l'image de sa face reste imprimée sur le linge. Je Vous salue Marie...

7. Les filles de Jérusalem le suivent en se lamentant. Jésus les console et leur dit : « Si le bois vert est ainsi traité, quel sera le sort du bois sec? » Je Vous salue Marie...

8. Personne ne veut aider à Jésus à porter sa croix. Simon de Cyrène s'y prête à peine quelques instants. Je Vous salue Marie...

9. Arrivé au pied de la colline, le Sauveur tombe encore sous le poids de son fardeau. Je Vous salue Marie...

10. Mais il se relève, reprend la croix dans un sublime effort, et arrive au sommet de la montagne. Je Vous salue Marie...

 

O mère affligée, au nom des peines endurées par votre divin Fils dans son trajet du prétoire de Pilale au Calvaire, obtenez-nous les forces et la patience dont nous avons besoin pour porter nos propres tribulations. Gloire au Père.

 

Litanies de Saint Dominique

 

Pratique: Renoncez-vous vous-même, et consolez votre prochain dans ses afflictions.

 

Oraison finale

 

Dixième mardi

Jésus est crucifié réellement.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique se crucifie d'une manière spirituelle. On le voit, dès son enfance, embrasser les austérités les plus dures. Son jeûne est continuel. Son corps est ceint d'une chaîne de fer garnie de pointes aiguës. Un cilice piquant couvre ses épaules. La terre nue ou les degrés de l'autel lui servent de couche. Tout cela n'est point encore assez : une ardente soif du martyre dévore son cœur; il brûle de répandre tout son sang pour l'amour de Jésus-Christ.

 

Répons de Saint Dominique

 

Cinquième Mystère Douloureux

Jésus est crucifié

 

Notre Père

 

1. Le Sauveur des hommes, dépouillé de ses vêtements, est étendu sur la croix par les bourreaux. Je Vous salue Marie...

2. On lui perce les pieds et les mains avec des clous pour les fixer au bois douloureux. Je Vous salue Marie...

3. Puis on élève l'instrument du supplice avec sa victime, et le sang coule à grands flots de ses plaies. Je Vous salue Marie...

4. Entre le ciel et la terre, la première parole du doux Agneau est une prière pour ses ennemis. Je Vous salue Marie...

5. Il promet ensuite le paradis au bon larron. Je Vous salue Marie...

6. Il recommande saint Jean à sa mère.

7. Dans sa soif on l'abreuve de fiel et de vinaigre. Je Vous salue Marie...

8. Il s'écrie au milieu de cette détresse : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné? Je Vous salue Marie...

9. « Tout est consommé! dit-il enfin. Je Vous salue Marie...

10. Aussitôt, se recommandant à Dieu, son Père, il rend l'esprit. Je Vous salue Marie...


Parles mérites de la mort de Jésus, ô Vierge digne de toute notre compassion, obtenez-moi la grâce de mourir parfaitement an monde et à moi-même tous les jours de ma vie; obtenez-moi  de crucifier constamment cette malheureuse chair avec ses cupidités, afin d'arriver à l'éternel bonheur. Gloire au Père.

 

Litanies de Saint Dominique

 

Pratique: Crucifiez votre chair avec toutes ses convoitises. Soyez toujours aux pieds du crucifix.

 

Oraison finale

 

Onzième mardi

Jésus, par sa résurrection, obtient une gloire immortelle, et cause la joie du monde entier.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique ressuscite les morts, et comble les âmes d'allégresse. C'est ainsi que notre Saint participe à l'empire de Jésus sur la mort. Avant de quitter ce monde, il rappelle trois personnes à la vie dans la seule ville de Rome. Après son trépas il en ressuscite, par ses mérites, un nombre considérable. Notre Saint, en outre, a retiré de la mort spirituelle et rendu à la vie de lu grâce, par ses travaux apostoliques, des milliers de pécheurs.

 

Répons de Saint Dominique

 

Premier Mystère Glorieux

La Résurrection de Notre Seigneur

 

Notre Père

 

1. Jésus sort du tombeau le troisième jour. Je Vous salue Marie...

2. O mort ! où est ta victoire, ton aiguillon ? tu as trouvé ton vainqueur. Je Vous salue Marie...

3. Auparavant l'âme du Sauveur était allée consoler les patriarches dans les limbes et les délivrer des ténèbres. Je Vous salue Marie...

4. Après cet acte d'autorité et de miséricorde, il ressuscite plein de gloire. Je Vous salue Marie...

5. Sa présence réjouit la bienheureuse Vierge Marie. Je Vous salue Marie...

6. Il apparaît encore à Marie-Madeleine, sous la figure d'un jardinier. Je Vous salue Marie...

7. Il se montre à l'apôtre saint Pierre, et lui donne sa bénédiction. Je Vous salue Marie...

8. Les disciples d'Emmaüs l'ont entendu sans le reconnaître; mais ils le devinent plus tard: « Nos cœurs n'étaient-ils pas enflammés, s'écriaient-ils, lorsqu'il nous parlait? » Je Vous salue Marie...

9. Il vient enfin au milieu de tous les disciples réunis au Cénacle, et il leur porte sa paix. Je Vous salue Marie...

10. L'apôtre saint Thomas était resté incrédule; mais il se rendit à la démonstration sensible des plaies du Sauveur. Je Vous salue Marie...

 

O Vierge bienheureuse, par la joie excessive dont votre cœur fut inondé à la première apparition dont Jésus favorisa votre foi et votre amour, obtenez-moi du Roi votre Fils la grâce de ressusciter à une vie nouvelle, et de ne jamais plus retomber dans la mort du péché. Gloire au Père.

 

Litanies de Saint Dominique

 

Pratique: Vivez d'une vie nouvelle, et travaillez à la conversion des pécheurs.

 

Oraison finale

 

Douzième mardi

Jésus monte au ciel, pour nous y préparer une place au festin de l'éternité.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

La place étant prête, et le festin préparé, il nous envoie son serviteur Dominique pour faire l'invitation. Ce serviteur fidèle accomplit exactement son emploi. Sa voix se fait entendre partout. Il prêche à tout venant, sur la route, dans les villes, les villages, les châteaux, et jusque dans les monastères. Sa parole est enflammée. La vérité sort de son cœur avec des flots d'amour qui ravissent le cœur des hommes.

 

Répons de Saint Dominique

 

Deuxième Mystère Glorieux

L'Ascension de Notre Seigneur

 

Notre Père

 

1. Jésus rassemble ses principaux disciples sur le mont des Oliviers. Je Vous salue Marie...

2. Et en leur présence il monte au ciel par sa propre vertu. Je Vous salue Marie...

3. Pourquoi, Seigneur, quittez-vous ainsi vos amis? « Je vais rejoindre mon Père », leur dit-il. Je Vous salue Marie...

4. « Et pourtant je resterai avec vous jusqu'à la fin des siècles ». Je Vous salue Marie...

5. « Et je vous enverrai le Saint-Esprit consolateur ».  Je Vous salue Marie...

6. Il s'élève alors dans les nues, et ses disciples le contemplent; enfin il se dérobe à leurs regards en les bénissant. Je Vous salue Marie...

7. Il entre dans le ciel; il nous en ouvre les portes. Je Vous salue Marie...

8. Il s'asseoit triomphalement à la droite de Dieu le Père. Je Vous salue Marie...

9. Plein de bonté pour les siens, il lui montre constamment ses plaies, en interpellant pour nous. Je Vous salue Marie...

10. O divin Jésus, vous êtes dans le ciel notre médiateur tout-puissant! Je Vous salue Marie...

 

O Marie, enlevez mon cœur là-haut avec votre adorable Fils. Donnez-moi, pour toutes les choses de la terre, un mépris généreux. Ah! désormais j'emploierai le reste de ma vie à contempler la gloire de Jésus dans le ciel. Gloire au Père.

 

Litanies de saint Dominique

 

Pratique: Écoutez avec attention, respect et amour, la parole de Dieu.

 

Oraison finale

 

Treizième mardi

Jésus envoie le Saint-Esprit aux apôtres, et ceux-ci portent le feu de l'amour divin par toute la terre.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique est un apôtre qui, par le feu du Saint-Esprit, réchauffe les cœurs refroidis des pécheurs. La Providence l'éloigné de la contrée où il a vu le jour, et sous sou impulsion il va porter le feu divin en France, en Espagne, en Italie. Il brûle de montrer aux nations barbares le flambeau de la révélation, et d'allumer dans leur poitrine les flammes du céleste amour. Dieu dispose autrement de son serviteur, mais il accomplit largement ses désirs par le moyen de ses enfants spirituels. Il lui donne une famille apostolique, et celle-ci, jusqu'à la fin des temps, sans interruption, annoncera dans toute sa pureté l'Évangile du Sauveur aux peuples de l'univers, et les formera aux sentiments d'une piété solide autant que fervente.

 

Répons de saint Dominique

 

Troisième Mystère Glorieux

La descente du Saint Esprit

 

Notre Père

 

1. Dix jours après son Ascension, Jésus envoie le Saint-Esprit sur la terre. Je Vous salue Marie...

2. O don précieux ! il apporte la consolation céleste. Je Vous salue Marie...

3. Il répand dans les âmes le feu sacré. Je Vous salue Marie...

4. Il allume dans les cœurs la flamme du saint amour. Je Vous salue Marie...

5. Il éclaire les intelligences de sa vive lumière. Je Vous salue Marie...

6. Il fortifie les hommes de la puissance d'en haut. Je Vous salue Marie...

7. Il accorde aux apôtres le don des langues. Je Vous salue Marie...

8. Il leur distribue ses largesses avec effusion. Je Vous salue Marie...

9. 0 Esprit-Saint! venez répandre vos grâces dans le cœur de vos fidèles. Je Vous salue Marie...

10. Venez, Esprit-Saint! embrasez-nous des feux du divin amour. Je Vous salue Marie...

 

Mère de Dieu, toute pénétrée de l'Esprit Saint, communiquez à mon cœur indigent quelques gouttes de la plénitude du vôtre. Que cet esprit nouveau absorbe et consume toutes les puissances de mon âme, fasse battre ma poitrine et anime ma langue. Puissé-je à l'avenir respirer uniquement pour Dieu et pour vous! Gloire au Père.

 

Litanies de saint Dominique

 

Pratique: Demandez à Dieu des hommes apostoliques qui, marchant sur les traces du bienheureux patriarche, renouvellent la face de la terre.

 

Oraison finale

 

Quatorzième mardi

Jésus exalte sa très sainte Mère au jour de l'Assomption, et l'élève en corps, et en âme jusqu'au plus haut des cieux.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Jésus et Marie font monter aux cieux saint Dominique au jour de sa mort précieuse. Une année avant son trépas, un ange, par l'ordre du Seigneur, annonce au saint l'époque de son passage à l'éternité, et lui montre les palmes et les couronnes réservées à ses travaux. Quand il expire, on voit son âme prendre la roule du séjour céleste sur une échelle radieuse, au haut de laquelle Jésus et Marie lui tendent les bras. Son corps sacré lui-même participe dans la tombe à cette immense gloire. Il exhale une odeur divine et est glorifié par une foule de prodiges éclatants.

 

Répons de saint Dominique

 

Quatrième Mystère Glorieux

L'Assomption de la très sainte Vierge

 

Notre Père

 

1. Marie a rendu le dernier soupir entre les bras de Jésus, descendu du ciel pour le recevoir. Je Vous salue Marie...

2. Alors les apôtres, miraculeusement rassemblés de tous les points de l'univers, honorent son corps d'une sépulture glorieuse. Je Vous salue Marie...

3. Mais après trois jours ce corps sacré, conservé sans corruption, est réuni à l'âme de nouveau, et la Vierge est transportée par les anges dans le ciel. Je Vous salue Marie...

4. Le Père, le Fils, et le Saint-Esprit accueillent Marie avec triomphe. Je Vous salue Marie...

5. Les séraphins et les autres anges se courbent respectueusement devant elle. Je Vous salue Marie...

6. Tout le ciel est dans un ravissement de joie ineffable. Je Vous salue Marie...

7. 0 Marie, quelle place occupez-vous dans le ciel? je vous vois assise à la droite de Jésus. Je Vous salue Marie...

8. La vous êtes l'avocate de tous les hommes. Je Vous salue Marie...

9. Vous écoutez et vous exaucez avec bonté toutes mes demandes. Je Vous salue Marie...

10. Enfants du Rosaire, réjouissons-nous d'avoir une mère si bonne. Je Vous salue Marie...

 

Faites-moi la grâce, ô glorieuse mère de mon Sauveur, de mourir d'une mort semblable à la vôtre. Je compte sur votre assistance et sur celle de Jésus à mon dernier moment. Qu'au sortir du corps, mon âme, enlevée par les saints anges, soit transportée auprès de vous pour contempler à jamais votre immortelle gloire. Gloire au Père.

 

Litanies de saint Dominique

 

Pratique: Priez pour les agonisants. Assistez les mourants au moment suprême, et suggérez-leur des sentiments chrétiens.

 

Oraison finale

 

Quinzième mardi

Jésus couronne sa très sainte Mère Reine du ciel et de la terre.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Jésus et Marie accordent à saint Dominique une part de leur domination suprême, en lui donnant un grand pouvoir sur les maladies, les misères et les afflictions de l'humanité. 11 était juste de récompenser par la puissance des miracles un homme qui avait procuré tant de gloire à Jésus et à Marie par l'établissement de la dévotion du Rosaire. Les prodiges éclatants dont Dieu favorise son serviteur depuis six siècles doivent nous inspirer une large confiance envers ce grand saint. Ayons recours à lui dans nos divers besoins : il exaucera nos demandes.

 

Répons de saint Dominique

 

Cinquième Mystère Glorieux

Le Couronnement de Marie dans le Ciel

 

Notre Père

 

1. Marie est glorieusement couronnée dans le ciel. Je Vous salue Marie...

2. A quel titre? Pour son amour, plus brûlant que celui des séraphins. Je Vous salue Marie...

3. Pour sa pureté, plus resplendissante que celle des anges. Je Vous salue Marie...

4. Pour son humilité profonde. Je Vous salue Marie...

5. Pour son obéissance parfaite. Je Vous salue Marie...

6. Pour sa sainte prudence. Je Vous salue Marie...

7. Pour sa patience admirable. Je Vous salue Marie...

8. Pour son ardente reconnaissance. Je Vous salue Marie...

9. Elle est couronnée pour sa persévérance dans toutes les vertus. Je Vous salue Marie...

10. Elle est couronnée et établie au-dessus de toutes les hiérarchies célestes, parce qu'elle est la digne Mère de Dieu. Je Vous salue Marie...

 

Oui, Vierge sainte, vous êtes notre bien-aimée Souveraine, et nous sommes heureux de vivre sous votre empire. Agréez, ô Reine de nos cœurs, cette couronne du Rosaire, offrande bien juste de notre vénération. N'abandonnez pas vos enfants. Si vous êtes favorable à nos vœux, le salut nous est assuré. Gloire au Père.

 

Litanies de saint Dominique

 

Pratique: Travaillez à l'accroissement du culte de Marie par le Rosaire. Propagez également le culte de saint Dominique, choisi de Dieu et de Marie pour établir cette belle dévotion dans la sainte Eglise.

 

Oraison finale

 

Prière à dire la fin des Quinze mardis

 

O très Saint Prêtre de Dieu, glorieux confesseur, éminent Prêcheur, Bienheureux Dominique, homme élu du Seigneur; en votre temps vous avez été entre tous l'objet de ses complaisances et de ses prédilection pour votre vie glorieuse par ses miracles et sa doctrine; et maintenant nous nous réjouissons de vous avoir auprès du Seigneur Dieu pour notre particulier intercesseur. C'est vous que je vénère par dessus tous les Saints, tous les élus de Dieu, c'est vers vous que je crie du fond de cette vallée de misère! Venez en aide, ô très bon père, venez en aide, ô très clément, je vous en prie, à mon âme pécheresse, toute privée de grâces et de vertus, chargée de misères, enveloppée des liens du vice et du péché; secourez-la dans sa détresse et dans son infortune.

 

Pour vous, homme de Dieu, la grâce divine a répandu sur votre âme bienheureuse et bénie la richesse de ses bénédictions en telle plénitude qu'elle ne vous a pas seulement élevé vous-même à la demeure du repos, au siège de la paix et à la gloire céleste; elle a, de plus, par la force entraînante de votre admirable vie, par le stimulant de vos douces exhortations, la lumière de votre suave doctrine, les appels de votre ardente prédication, amené à la même béatitude une foule innombrable d'autres âmes. Venez donc, Dominique béni, et dans votre affection paternelle, prêtez l'oreille aux voeux assidus de ma supplication. Cherchant en vous son refuge, mon âme pauvre et mendiante se prosterne à vos pieds avec toute l'humilité dont elle est capable. Languissante, elle se traîne devant vous. Mourante, elle s'efforce comme elle le peut de vous adresser ses supplication. Par la puissance de vos mérites et l'efficacité de vos bonnes prières, daignez lui rendre la vie et la santé et la combler avec surabondance de vos bénédictions. Je sais, oui je sais et je suis certain que vous le pouvez. J'ai confiance que dans votre grande Charité vous le voulez. J'espère de l'extrême familiarité que vous avez toujours eu avec Jésus-Christ, votre bien-aimé choisi entre mille, qu'il ne vous le refusera point et que vous obtiendrez de votre Seigneur et de votre ami tout ce qu'il vous plaira. Animé d'une telle façon, pourrait-il rien refuser à celui qu'il aime?

 

Oui, c'est vous qui, dans la fleur de votre jeunesse, avez voué votre virginité à la beauté de l'Epoux des vierges. Vous qui avez consacré votre âme, revêtue de la blancheur du Saint Baptême et enrichie de l'Esprit-Saint, à l'amant très chaste des vierges. Qui, façonné par une éducation divine, vous êtes livré entièrement à Dieu. Qui, instruit de bonne heure dans la discipline régulière, avez disposé dans votre cœur des routes d'ascension vers Dieu. Qui, montant toujours de vertu en vertu, avez progressé sans relâche de ce qui était bien à ce qui était mieux. Qui, une fois entré dans le chemin de la perfection, avez tout abandonné: avez suivi le Christ nu, aimant mieux amasser des tresors dans le Ciel. Qui, avec plus d'énergie encore, vous êtes renoncé vous-même et, portant virilement votre Croix, vous êtes appliqué à suivre les traces du seul véritable Guide, notre Rédempteur. Vous qui, enflammé du zèle de Dieu et d'une ardeur surnaturelle, à cause de votre Charité sans bornes et de la ferveur d'un esprit véhément, vous êtes consacré tout entier par le voeu de pauvreté perpétuelle à l'observance apostolique et à la prédication évangélique et, pour ce grand oeuvre, par une haute inspiration de la Providence, avez institué l'Ordre des Frères Précheurs. Vous qui, dans tout l'univers, avez fait briller sur la Sainte Eglise la glorieuse lumière de vos mérites et de vos exemples. Qui, délivré de la prison de la chair, êtes monté jusqu'à la Cour Céleste. Qui, enfin, dans l'ornement de votre premier vêtement d'innocence, êtes parvenu tout près du Seigneur pour y être notre avocat.

 

Oh! venez donc à mon secours, je vous en supplie, venez au secours de tous ceux qui me sont chers. O vous qui avez désiré si ardemment le salut du genre humain, venez en aide au Clergé et au peuple, aux vierges et aux femmes pieuses. Après la bienheureuse Vierge notre Reine, vous êtes ma douce espérance, ma consolation, mon refuge particulier. Soyez-moi propice et veillez à me secourir. C'est auprès de vous seul que je me réfugie; devant vous seul j'ose toujours paraître; je me prosterne à vos pieds et, suppliant, je vous invoque, ô mon patron, je vous implore, je me recommande à vous, tout abandonné. Daignez me recevoir avec bonté, me garder, me protéger, m'aider et me faire retrouver par votre intervention cette grâce de Dieu, objet de mes désirs. Que par vous il me soit fait miséricorde; que je mérite d'obtenir le remède aux maux de la vie présente et le salut de mon âme pour la vie à venir. Oui, oui, très bon maître, oh! oui, qu'il en soit ainsi, je vous supplie, illustre guide, père nourricier, Bienheureux Dominique; oui, je vous en prie, assistez-nous dans tous nos besoins; soyez pour nous vraiment un Dominique, vigilant gardien du troupeau du Seigneur. Gardez-nous toujours et ne cessez de gouverner ceux qui vous ont été confiés; rendez-nous purs et, purifiés, recommandez-nous; puis, après cet exil, présentez-nous de nouveau avec joie au Seigneur de bénédiction, à votre bien-aimé, au très puissant Fils de Dieu, Jésus-Christ, notre Sauveur, à qui seul appartient l'honneur, la louange, la gloire, en compagnie de la Bienheureuse Vierge Marie et de toute la Cour des citoyens du Ciel, dans les siècles des siècles et pour l'éternité. Ainsi soit-il.

 

(Bienheureux Jourdain de Saxe)

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