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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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11 avril 2010

Les Sept Vendredis de Notre Dame des Douleurs

7sorrows

Les Sept Vendredis de Notre Dame des Douleurs

 

Depuis plusieurs siècles les Fidèles se sont empressés de pratiquer la Dévotion des sept Vendredis dans tous les lieux où elle est répandue; voulant la faire embrasser à ceux qui l'ignorent, nous chercheront, en la leur faisant connaître, de leur apprendre les principaux avantages qu'ils peuvent en retirer. Dès la semaine de la Septuagésime, ils doivent s'appliquer, tous les Vendredis Jusqu'à la fête de la Compassion, aux pieux exercices de cette dévotion, qui leur fourniront un moyen facile de satisfaire leur tendre piété pour la très Sainte Vierge en partageant ses douleurs, et un puissant secours pour se sanctifier pendant le Carême. Chacun des Vendredis dont nous avons parlé, les Fidèles doivent, autant qu'il sera possible, observer la méthode suivante: 1° Lire au commencement de la journée la méditation du Mystère; 2° Réciter le Chapelet des sept Douleurs, ou au moins sept Notre Père et sept je Vous salue Marie; 3° Visiter une chapelle ou une statue de Notre Dame des Douleurs, y réciter le Stabat, et s'ils ne le savent pas, au moins un Notre Père et un je Vous salue Marie; 4° Approcher avec ferveur des Sacrements de Pénitence et d'Eucharistie. Les Pratiques de cette dévotion peuvent servir utilement dans le courant de l'année, pour obtenir quelque grâce par l'intercession de la très-Sainte Vierge.

01

Premier Vendredi

Le Glaive qui perça le cœur de Marie dans la prophétie de Syméon

 

Jérusalem renfermait, à cette époque, un juste nomme Syméon, plus charge de mérites que d'années, quoiqu'il fût d'un âge avancé. Pendant que Marie et Joseph entraient dans le temple, Syméon y arrive au moment même où ils présentaient le Messie nouveau-né. Eclairé d'une lumière supérieure, il regarde la mère, il admire le divin Enfant avec des yeux étincelants et d'un visage enflammé, il prend Jésus dans ses bras, le presse sur son cœur, et dans une douce extase, il bénit Dieu d'une si haute faveur, et lui fend de vives et solennelles actions de grâces d'avoir exaucé ses longs désirs à ce sujet. Ensuite, s'adressant à Marie, par l'inspiration du Saint-Esprit, il lui fait cette célèbre prédiction: « Cet enfant est pour la ruine et pour la résurrection de plusieurs en Israël, et pour être en butte à la contradiction des hommes ». Qui pourrait exprimer la douloureuse impression que fit cette triste prophétie sur le cœur maternel de Marie? Malgré les lumières qu'elle avait déjà reçues, elle vit alors encore plus clairement se dérouler à son esprit le sombre tableau des souffrances que son Fils devait endurer; elle connut plus que jamais qu'entre toutes les mères elle était la seule qui rachetait son premier-né pour peu de temps, puisqu'il était destiné aux douleurs, aux opprobres et aux supplices. Dès lors, au sentiment de Saint Jérôme, l'âme de Marie eut à subir un martyre plus dur que celui de tous les martyrs ensembles; martyre qui, selon Saint Bernard, dura trente-trois ans, pendant lesquels Marie vécut en mourant sans cesse, parce que son cœur souffrait une douleur pire que la mort, sans remède et sans adoucissement. Comme les eaux des fleuves, en entrant dans l'Océan, deviennent salées et amères, les consolations de Marie, depuis ce jour mémorable, se changeaient pour elle en violentes amertumes. De là, elle ne pouvait arrêter ses yeux sur l'admirable humanité du Sauveur, sans penser aussitôt aux mépris, aux tortures, à la croix qui l'attendaient. Déjà Marie croyait voir les blessures de ses pieds, de ses mains et de son côté toutes couvertes de sang!... Mère infortunée, ce ne fut pas seulement pendant la vie de son Fils qu'elle souffrit ce dur martyre, la plaie que lui fit la prophétie de Syméon ne se ferma jamais tant qu'elle vécut: « Cette-douleur dit-elle un jour à Sainte Brigitte, affligea mon cœur jusqu'au moment où je fus élevée en corps et en âme dans le Ciel ». O glaive douloureux! O peine sans égale!

 

Colloque

 

O mère affligée! quel cœur ne se fondra pas de douleur et de componction en considérant le vôtre percé du glaive que lui annonça Syméon! Ah! quel cruel martyre pour vous, de penser que votre divin Fils, après une vie entière de souffrances, après une mort cruelle et ignominieuse, serait encore déchiré et crucifié de nouveau, avec plus d'impiété que jamais, par les monstrueux péchés des hommes! Non de semblables tortures n'étaient point faites pour votre beau cœur; elles me convenaient bien mieux à moi qui suis coupable de fautes graves! Vous savez d'ailleurs que j'ai lancé contre vous, non pas un seul glaive, mais cent, mais mille traits meurtriers, autant de fois que j'ai eu le malheur de pécher. Purifiez maintenant, par votre douloureux martyre, tout mes sentiments impurs; blessez si profondément la dureté de mon cœur, qu'il soit pénétré de la plus vive douleur d'avoir renouvelé, par mes péchés, la dure Passion de Jésus, et d'avoir de nouveau percé son cœur adorable.

02

Deuxième Vendredi

Souffrances de la très Sainte Vierge dans la fuite en Egypte

 

Après la cérémonie de la Purification de Marie et de la Présentation de son Fils au temple, la sainte Famille retourna à Nazareth. Or, Hérode, roi des Juifs, ayant appris des Mages la naissance d'un nouveau prince, et déjà instruit par la voie publique de ce qui s'était passé au temple quand le divin Enfant y avait été présenté, il n'en fallut pas davantage à ce roi soupçonneux pour craindre que ce rejeton de David ne lui enlevât la couronne. Il prit donc, sans délai, des mesures pour affermir son trône, qu'il jugea en péril, et il forma le dessein de mettre à mort le nouveau-né. Misérable orgueil humain! La Mère et le nourricier de Jésus n'étaient occupés, dans leur chétive demeure, qu'à contempler le Fils de Dieu qui croissait en grâce chaque jour. Contents de leur état en vue de Dieu, ils travaillaient et dormaient en paix. Une nuit, entre autres, dans laquelle, plus fatigué qu'à l'ordinaire, Joseph dormait profondément, un Ange lui dit à l'oreille de se lever promptement et de fuir en Egypte, avec son épouse et le divin Enfant, attendu qu'Hérode cherche à faire mourir Jésus. Docile à la voix de l'Ange, Joseph, étonné, va réveiller Marie et lui communique l'ordre du Ciel. Tendre Mère! quelle triste nouvelle! dans quelle fâcheuse situation elle se trouve! faible, délicate, avec un tendre nourrisson et un époux âgé et fatigué, que fera-t-elle? Ah! je la vois dans une véritable agonie; son cœur tombe en défaillance en pensant au danger que court le divin Enfant!.. Mais à quoi servent les délais? elle se prépare à exécuter au plus tôt les ordres du Ciel. Elle s'approche en tremblant du berceau où l'Enfant Jésus dormait paisiblement; elle le lève, le prend entre ses bras, l'enveloppe promptement de ses langes, le couvre de son mieux pour le défendre des injures de l'air rigoureux de la saison; et sans tarder davantage, sans dire adieu à ses voisins et à ses amis, sans dire un seul mot, ne portant aucune provision, mais seulement quelques hardes, elle part dans le silence de la nuit, sous la protection des ténèbres, appuyée du côté gauche sur le bon vieillard Joseph, et de sa main droite pressant l'Enfant Jésus sur son cœur. C'est en soupirant, qu'elle part et fuit en Egypte. Au moindre bruit qu'elle entend, elle frémit, son cœur palpite, son sang se glace dans ses veines, elle craint que les émissaires du roi inhumain ne viennent dans l'ombre arracher son Fils de son sein, et le massacrer. Si l'on considère ensuite la longueur et la difficulté du chemin, que n'eut pas à souffrir cette Vierge sainte! Il lui a fallu marcher pendant trente jours au moins; traverser des déserts; gravir des montagnes, et passer dans des forêts inhabitées. Pendant combien de jours n'aura-t-elle eu pour toute nourriture que des herbes crues et des racines sauvages? combien en aura-t-elle passé sans boire ni manger? combien de nuits, dans cette saison froide, a-t-elle dû passer couchée sur la pierre? Mais quel Surcroît de douleur pour elle de sentir l'Enfant Jésus souvent tout glacé, malgré les soins qu'elle prenait de le couvrir, de le presser sur son sein, et de l'échauffer par ses soupirs enflammés! combien de fois pour apaiser ses pleurs, lui aura-t-elle donné, en l'allaitant, son cœur fondant de douleurs? O souffrances universelles! ô peines incompréhensibles!


Colloque

 

O Vierge affligée! que votre exemple me confond. Dans un âge si tendre, vous fuyez en Egypte avec tant de peines, foulant aux pieds les aises et les plaisirs du monde; modèle accompli de résignation, d'obéissance, de charité, de confiance en Dieu; tandis que non-seulement je ne fuis pas le danger d'offenser Dieu, mais encore je m'y expose souvent de propos délibéré, m'abandonnant à ma présomption, à ma négligence, à mon esprit d'indépendance, à mon orgueil! O Mère de miséricorde! rendez-moi semblable à vous, je vous en supplie; daignez aussi m'accorder votre puissant secours dans le voyage terrible que je fais maintenant vers l'Eternité. Faites que j'évite les dangers de l'Egypte de ce monde, afin que je partage un jour votre bonheur dans la céleste Jérusalem.

03

Troisième Vendredi

Tristesse de la très Sainte Vierge lorsqu'elle perdit Jésus dans le temple

 

La sainte Famille avait demeuré sept ans en Egypte par l'ordre exprès du Seigneur, et avait beaucoup souffert dans ce long exil, lorsqu'un Ange signifia à Saint Joseph de retourner en Israël. Le retour fut plus pénible encore que n'avait été le voyage précédent. Quand il fallut fuir, l'Enfant Jésus pouvait se porter au bras; mais à l'âge de sept ans, dit Saint Bonaventure, il était trop grand pour être porté, et trop petit pour faire à pied un si long voyage. Le cœur de Marie était donc plus affligé qu'auparavant en cette circonstance, et par rapport à son cher Fils, et par la peine de Joseph devenu plus âgé. Dans la fuite, la très-Sainte Vierge éloignait son Fils de ses ennemis; en retournant en Judée, elle leur allait au-devant et conduisait Jésus à la mort; car elle savait qu'il serait un jour la victime de leur barbarie. Enfin, de retour à Nazareth, Jésus, Marie et Joseph y vécurent dans le travail et avec beaucoup de peine; ils n'en sortaient qu'aux jours de fêtes, où, suivant la loi, ils allaient au temple de Jérusalem, pour écouter les divins oracles des livres saints, participer aux sacrifices, et célébrer les solennités légales. Ils avaient toujours eu l'Enfant Jésus avec eux, et rien de fâcheux ne leur était encore arrivé dans ces voyages; mais lorsque le Sauveur eut atteint l'âge de douze ans, ils le conduisirent, selon leur coutume, à Jérusalem, pour y faire la Pâques. Ils assistèrent pieusement aux sacrifices de la solennité, pendant sept jours,dans le temple. Lorsqu'ils retournèrent à Nazareth, le divin Enfant demeura à Jérusalem sans qu'ils y fissent attention, et ils ne s'en aperçurent qu'après une journée de chemin. Quelle douleur pour Marie et pour Joseph! Ils étaient arrivés dans l'asile où ils devaient passer la nuit, et ne virent point leur bien-aimé. Jésus s'était caché ou rendu invisible à leur départ de Jérusalem. Sa tendre Mère et son fidèle gardien, par une disposition admirable de la Providence, pensèrent que Jésus s'était joint à d'autres familles de Nazareth, également venues à la fête. Mais quelles furent les angoisses de Marie quand elle vit que son divin Fils ne s'y trouvait pas! Joseph dit: nous l'avons donc perdu! que sera devenu ce cher Fils? Puis-je vivre sans lui! retournons sur le champ sur nos pas; demandons-le; cherchons-le... non, mon cœur ne pouvait être frappé plus douloureusement; allons, ne perdons pas un moment; hâtez-vous... de grâce, hâtez-vous.... En effet, Marie se met en marche quoiqu'il soit dejà nuit, elle cherche Jésus parmi les parents et les connaissances qu'elle rencontre, et retourne à Jérusalem. Ses larmes sont plus nombreuses que ses pas; ses soupirs continuels embarrassent sa respiration; et à tout instant, elle dit aux passants comme l'épouse du Cantique: « Avez-vous vu le bien-aimé de mon âme? » Mais, hors de Jérusalem comme dans Jérusalem, personne ne lui en donne des nouvelles. Elle s'écrie dans sa douleur: « Saints Anges, qui accompagnez ce Fils adorable; éléments, qui lui obéissez; soleil, qui éclairez son séjour; montrez-le-moi! Cette Vierge désolée pleure le jour et la nuit; inconsolable, son amertume va toujours croissant, elle ne peut prendre ni nourriture ni repos, parce qu'elle a perdu à la fois son Fils, son père, son époux, son trésor, son Dieu. L'esprit agité de mille lugubres pensées, le cœur déchiré par une séparation si inattendue et si douloureuse, elle se meurt: Père Eternel, ayez pitié de cette mère désolée, sa vie est en danger; de grâce faites-lui trouver son. Fils!... Mais non, elle en sera privée pendant trois jours... Elle court, elle revient, elle demande encore Jésus dans les maisons et dans les rues; peine inutile! son deuil augmente, ses angoisses n'ont plus de bornes!... Enfin, au bout du troisième jour, elle vient au temple toute éplorée, et en y entrant elle voit son divin Fils assis au milieu des Docteurs? les écoutant et leur proposant des questions sur la loi de Moïse... La douleur de Marie avait été si vive pendant ces trois jours, son cœur en avait été oppressé à un tel point, qu'en revoyant Jésus elle ne put s'empêcher de lui faire cette douce plainte: « Mon fils, pourquoi en avez-vous usé ainsi envers nous? Nous vous cherchions, votre père et moi, étant fort affligés ».

 

Colloque

 

O Vierge admirable! que de larmes vous répandîtes pendant les trois funestes jours où vous fûtes privée de votre souverain bien! Ah! combien ce cruel martyre m'apprend à connaître et à pleurer l'aveuglement et la dureté de mon cœur! Vous étiez l'innocence même, par une grâce spéciale vous étiez impeccable, et vous gardiez Jésus dans votre cœur comme sur un trône ou il prenait ses complaisances; et cependant vous pleurates amèrement jour et nuit sa perte, et vous le cherchâtes sans délai et sans relâche. Et moi, j'ai eu le malheur de le perdre volontairement tant de fois, et de le chasser de mon cœur par tant de péchés et avec une si noire ingratitude!... Toute autre perte, dit Saint Augustin, plonge les imprudents dans la tristesse, l'abattement et le désespoir... Mais bêlas! en perdant Jésus, je perds mon Dieu, et néanmoins, par une indifférence qui tient du sacrilège, je mange, tranquillement, je vis content, et j'ose goûter les douceurs du repos! Quelle folie! et qui me donnera une fontaine de larmes intarissable pour pleurer mon, âme privée de son Dieu? O sainte Mère! apprenez-moi à chercher Jésus, puisqu'en le perdant je perds tout à la fois, mon âme, mon Dieu, ma félicité, le Ciel. O Mère de miséricorde, faites que je le cherche avec ardeur et constance, de peur qu'après ne l'avoir pas cherché, maintenant que je puis le trouver, je ne le cherche en vain dans la suite. O Marie ! faites-moi trouver Jésus pendant ma vie et à l'heure de ma mort, en me faisant trouver sa grâce; mais surtout faites qu'après ma mort je retrouve Jésus dans sa gloire. Et vous, ô mon Dieu! qui voulûtes peut-être vous cacher pour que Votre tendre Mère vous retrouvât par le mérite de ses larmes, de grâce exaucez sa prière tandis que je vous adresse ces désirs du chartreux Lodolphe: « Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, que vos parents cherchèrent pendant trois jours, et qu'ils trouvèrent enfin dans le temple, faites que ma pauvre âme vous désire, qu'en vous désirant elle vous cherche, qu'en vous cherchant elle vous trouve, qu'en vous trouvant elle vous aime, qu'en vous aimant elle rachète ses péchés, et qu'en les rachetant elle n'y retombe jamais. Ainsi soit-il.

04

Quatrième vendredi

Douleur de la sainte Mère de Jésus quand elle le rencontra portant sa croix, et en l'accompagnant au Calvaire

 

A peine le faible et inique gouverneur eut-il abandonné le divin agneau à la fureur du peuple déicide, que la croix fut préparée et que le funèbre cortège se mit en marche. Tendre Mère! qui aura l'attention de vous éloigner d'un pareil spectacle? O Madeleine! Salomé! Marie de Cléophas! et vous, disciple bien-aimé, empêchez à la très Sainte Vierge de voir son Fils chargé du bois infâme, hors d'haleine, déchiré, tout sanglant, à demi mort, et de chute en chute se rendant au Calvaire..., Hélas! cette vue ne lui sera pas épargnée; rien ne l'arrête, ni sa timidité virginale, ni la multitude des assistants, ni l'horreur du supplice. Marie, en proie elle-même à des angoisses mortelles, accourt pour faire le dernier adieu à Jésus, et le voir pour la dernière fois. Il va passer, le bruit des armes, le son de la trompette funèbre se font entendre et annoncent le prochain supplice du Sauveur du monde; déjà apparaît le drapeau noir, suivi d'un peuple en délire et transporté d'une joie infernale; on voit les ennemis de Jésus applaudissant dans les groupes à leur barbare triomphe; et, au milieu de cette troupe furieuse, Marie voit son doux Jésus, elle le distingue aux cordes et aux chaînes tient il est inhumainement garrotté, à la lourde croix dont il est chargé, et aux coups que ses bourreaux féroces ne cessent de lui porter. Marie voit Jésus, mais quelle vue déchirante! quelle rencontre mortelle! Elle le voit couvert de sang de la tête aux pieds, inondé de sueur, de boue et de crachats: les yeux du Fils et de la Mère se rencontrent; Marie, les yeux fixés sur Jésus, s'élance vers lui, et lui tend les bras; mais elle ne peut ni l'atteindre, ni lui parler. Les archers la repousse avec cruauté, et la foule, la rapidité de la marche n'ont pas permis l'échange d'un seul mot entre Jésus et Marie! mais quelle expression dans leur rapide regard! quel langage ineffable entre leurs cœurs! Marie reçoit dans le sien, comme dans un miroir fidèle, toutes les douleurs et les amertumes de Jésus, qui est accablé de ses peines et de celles de sa Mère; et du cœur de Marie viennent se refléter, dans le cœur de Jésus, les douleurs de sa Mère et les siennes propres. O mon Dieu! quel cruel moment pour Jésus et pour Marie! son cœur maternel succombe à une si dure épreuve; elle pâlit et tombe en défaillance. Ah! si les femmes juives furent touchées de compassion jusqu'à ne pouvoir retenir leurs larmes, si la pieuse Véronique, n'écoutant que son émotion, courut appliquer un Suaire à Jésus, pour lui essuyer le visage, que dut éprouver le cœur de la Mère du Sauveur? Revenue un peu de sa langueur mortelle, elle lance un regard de douleur sur le chemin du Calvaire, et voit qu'un nouvel achoppement précipite à terre le Sauveur mourant sous le fardeau de la croix, et que le sang divin coule des blessures qui sont rouvertes par le choc. A cette vue, ses pleurs redoublent; et cependant, sans s'arrêter, elle porte plus loin ses pas chancelants. Pâle, languissante, ne cessant de soupirer, à l'aide des saintes femmes et du disciple chéri, elle suit son Fils, portant elle-même, suivant l'expression d'un Père, une croix meurtrière dans son cœur; et lorsqu'elle apercevait la voie douloureuse toute arrosée du sang précieux du Sauveur, qui pourrait dire les impressions qu'elle en recevait? qui pourrait imaginer ses soupirs et ses larmes?

 

Colloque

 

O Marie! quel affreux supplice pour vos yeux très-purs, de voir votre divin. Fils sur le chemin du Calvaire, meurtri, déchiré et tombant sous le poids de la croix! Ah! jetez sur moi un regard de compassion, brisez la dureté de mon cœur, afin qu'il compatisse à vos douleurs et que je conçoive une vive contrition de mes péchés, qui furent la véritable cause des souffrances de Jésus et des vôtres. Ah! puissé-je, docile à la grâce, imiter votre patience sur le chemin du Calvaire, votre fidélité inviolable à suivre Jésus souffrant, et votre générosité à mépriser les insultes de ce peuple insolent et barbare! De grâce, obtenez-moi la force de suivre l'exemple de Jésus et le vôtre, en supportant mes peines avec patience, et d'alléger à mon Sauveur le fardeau de sa croix, en renonçant aux péchés qui la lui rendirent si pesante, et qui mirent le comble à votre douleur quand vous le rencontrâtes.

05

Cinquième Vendredi

Crucifiement du cœur de Marie au crucifiement de son Fils

 

Le cœur du divin Rédempteur étant uni au cœur de sa sainte Mère par le sang et par l'amour, il s'ensuit nécessairement que les souffrances de l'un étaient communes à l'autre. Il y a plus, Marie aimant son divin Fils beaucoup plus qu'elle ne s'aimait elle-même, elle devait ressentir les douleurs de Jésus plus vivement que si elle les avait endurées dans son propre corps. Qui pourrait donc, je ne dis pas expliquer mais seulement imaginer ses angoisses mortelles, lorsqu'arrivée à la cime du Calvaire, elle vit les Juifs dans la jubilation et la lie du peuple, se livrant aux transports d'une joie satanique, parce que le Dieu de Nazareth allait être crucifié? O Ciel! quels furent les déchirements de son cœur, en voyant étendre la croix à terre, préparer les clous, approcher les marteaux, dépouiller de nouveau l'agneau divin avec tant de violence que les plaies de tout son corps en furent toutes rouvertes; le jeter d'un seul coup sur l'instrument du supplice; en voyant Jésus se collant à la croix avec un amour infini, et comme une victime volontaire, entendant les bras et offrant volontiers ses mains et ses pieds pour être cloués? Quel spectacle pour Marie! quel océan de douleurs pour elle, comme elle le révéla à Saint Anselme! Les bourreaux étendent cruellement la main droite du Sauveur, et, ouvrant la paume, ils y placent un clou. meurtrier que l'un d'entre eux enfonce d'un coup de marteau si violent, que le fer déchire les tendons, perce les os et le bois de part en part. O atroce barbarie! O tendre Mère! le coup retentit dans son cœur déchiré, elle tombe et demeure quelque temps hors de ses sens! Le crucifiement continue, et quand il est terminé on élève la croix sur la cime du Golgotha, et en ce moment les cris de la multitude furieuse rappellent Marie de son évanouissement: elle se lève tremblante sur ses pieds, elle lève les yeux, et voit son. amour crucifié, dont le corps pose sur ses plaies, la tête baissée, n'ayant que son sang pour tout vêtement; couvert de la pâleur de la mort, et presque expirant dans les convulsions et les angoisses du supplice. Marie l'aperçoit au milieu de deux voleurs crucifiés avec lui, exprès pour mettre le comble à son ignominie. Elle voit le sang qui coule à flots de ses mains et de ses pieds cloués, sa tête qui ne peut s'appuyer sur le bois meurtrier sans que la couronne d'épines ne s'enfonce davantage dans sa tête auguste; elle voit... ô mon Dieu! elle finit par baisser les yeux, car elle ne peut plus tenir à une vue si horrible. Cependant, elle force la nature à se taire, et s'élevant au-dessus d'elle-même, du fond de l'autel secret de son cœur, elle offre à la fois au Père Eternel, la victime de son Fils sacrifié, et celle du martyre de son propre cœur.

 

Colloque

 

O sainte Mère! je suis saisi d'horreur en pensant au martyre de votre cœur sur la cime du Calvaire, auprès de la Victime si chère à votre âme, qui s'immolait pour le salut des hommes. O mon Dieu! vous voyiez les marteaux lancés dans l'air, vous en entendiez les coups redoublés, vous considériez les clous meurtriers qui attachèrent Jésus au bois infâme, le sang divin qui coulait de nouveau de ses plaies rouvertes, les convulsions, le tremblement, les angoisses de l'Agneau de Dieu, vous pûtes voir tout cela, et vous n'en mourûtes pas! Mais je comprends que le prodige qui vous soutint dans cette épreuve sans pareille, ce fut votre volonté constante, invincible et héroïque qui vous fit souscrire d'une manière admirable au décret du Père céleste, et à la volonté de son Fils pour la rédemption désirée du genre humain. Le Père adorable voulut donner son Fils unique pour le salut du monde, et vous, la mère de ce Sauveur selon son humanité, vous offrîtes ce même Fils pour la même fin. Ainsi Jésus offrait son corps adorable en holocauste, et du fond de votre cœur vous immoliez votre esprit et vous ne vous appliquiez à ne vouloir que ce qui était écrit dans le Ciel, soit sur votre Fils, soit sur vous, pour que les hommes fussent rachetés. O bonté! ô amour inexprimable! Mais, ô tendre coopératrice de notre rédemption ! puisque vous avez tant souffert pour cette grande œuvre, faites au moins que je n'en perde jamais le souvenir!

06

Sixième vendredi

Gémissements de la très Sainte Vierge à la descente de la Croix

 

Joseph d'Arimathie et Nicodème, disciples secrets de Jésus, munis de la permission de Pilate, s'empressèrent de remplir eux-mêmes le pieux et charitable devoir de descendre de la croix le corps mort du Sauveur, en face de Jérusalem et sous les yeux d'un peuple nombreux, ne comptant pour rien le grave déshonneur qu'il y avait pour eux à se montrer les disciples d'un homme crucifié. Ils arrivèrent au pied de la croix, avec les outils et les échelles, pour en détacher Jésus. Ils y trouvent sa mère désolée, et impatiente de recueillir le corps de son Fils dans ses bras. Elle les pria avec larmes d'agir promptement, pour soustraire ce corps adorable à de nouveaux outrages. Les pieux disciples, les larmes aux yeux, appuient les échelles à la croix, ils y montent, ils arrachent avec force, mais respectueusement, les clous: en ce moment Marie redouble ses soupirs en voyant les bras pendants du Sauveur, sa tête sacrée tombe sur la poitrine, et enfin le corps entier sur les épaules des disciples! Anges de paix, qui pleurez amèrement, suspendez vos larmes! Hâtez-vous de venir fortifier Marie maintenant qu'elle reçoit dans son sein les membres froids de son cher Fils! O mon Dieu! quel spectacle! quels tourments! quel palpitement! quelle immense douleur! Ah! c'est ici qu'on peut dire avec raison que Marie passe d'une croix à l'autre, ou plutôt qu'elle est une croix vivante d'angoisses et de déchirements. Dans le Cénacle, le Sauveur avait dit aux Apôtres qu'il était sorti du sein de son Père pour entrer dans le monde, et qu'il allait bientôt y retourner; mais il put dire, ajuste titre, quand il fut rendu à Marie sur le Calvaire: « Je suis sorti du sein de ma Mère pour venir sur la croix, et je quitte maintenant la croix pour retourner à ma Mère ». Mais quelle douleur inexprimable pour Marie que ce retour! Elle presse, il est vrai, ces divins membres contre son cœur, mais ils sont gelés et défigurés. Au lieu d'entendre l'aimable voix de Jésus, au lieu de voir le plus beaux des enfants des hommes, et de contempler ses grâces ravissantes, elle n'a sous les yeux que des plaies sanglantes et d'horribles blessures! A la vue de ses épines qui ont percé cette tête auguste, elle s'écrie: « O cruelles épines! êtes-vous rassasiées maintenant du sang d'un Dieu? Elle sonde la profondeur des blessures et surtout de celle du divin côté, et parcourant des yeux tous ces membres déchirés », elle dit, comme autrefois Jacob affligé à l'occasion du jeune Joseph: « Hélas! une bête féroce à dévoré mon Fils! O mon Dieu! vit on jamais plus de barbarie exercée sur l'innocence même? O Père Eternel! ce n'est plus qu'un squelette et la victime de la cruelle mort; je vous offre cette adorable humanité de votre Fils, telle qu'elle est à ce moment, toute déchirée et toute sanglante! Voyez, ô Père saint! si c'est la tunique de votre Fils bienaimé! Et vous , pécheurs, approchez et voyez les suites funestes de vos péchés! Qui a blessé cette tête auguste? qui a percé ces pieds et ces mains? qui a ouvert ce sein divin? Ah! voilà le fruit de vos crimes et de vos infamies! » Suivant Saint Augustin, Marie, l'âme sur les lèvres,couvrit de ses baisers et de ses larmes le visage divin, les mains augustes et les membres ensanglantés de son divin Fils; et si, comme Saint Germain l'assure, Marie, à force de pleurer, finit par répandre des larmes de sang, il s'en suit que la Mère arrosa de ses larmes vermeilles le corps de son Fils, et que réciproquement le Fils teignit du sang de ses plaies le visage éclatant de Marie. Parmi tant d'angoisses et tant de sang, cette Mère accablée aurait voulu mourir en embrassant son Fils mort, comme Féclie, mère du saint martyr Calliope, expira en embrassant son fils crucifié. Mais Marie ne l'obtint pas, parce que la mesure des tourments que la Providence lui réservait n'était pas épuisée.

 

Colloque

 

O Sainte Mère de Dieu! quel cruel moment pour vous! Le cœur me manque en vous voyant pleurer sans la moindre consolation sur la mort de votre divin Fils! Hélas! que mes péchés l'ont défiguré! Si la justice divine a puni avec tant de rigueur un Fils qui n'avait que l'ombre et l'apparence du péché, à quoi dois-je m'attendre? Ah! tendre Mère! Mère désolée, comment pourrais-je réparer un si grand mal? que voulez-vous que je fasse? que je déteste mes fautes?je les déteste. Que je fasse pénitence? j'y suis résolu. Que je compatisse à vos souffrances? Ah! amollissez mon cœur, afin que je remplisse dignement ce devoir de religion. Enfin, par votre compassion et votre douleur à la vue de Jésus mort, ne permettez pas que, par de nouvelles fautes, j'accumule de nouvelles cruautés sur le corps de votre Fils, et de nouvelles rigueurs sur votre cœur affligé.

07

Septième vendredi

Sanglots de la très Sainte Vierge pendant la sépulture du Sauveur

 

Le pieux Joseph et le vertueux Nicodème attendaient le moment d'embaumer le corps de leur divin Maître pour le placer ensuite dans le tombeau, Mais le jour déclinait, ils voyaient que sa Mère affligée ne pouvait arrêter le cours de sa douleur, et dans la crainte qu'elle n'expirât sur son Fils mort, après un doux combat de compassion, ils lui ôtèrent respectueusement cet objet chéri, et retendirent sur un linge blanc. Marie voulut encore, suivant un grave auteur, aider à rendre ce dernier devoir. D'une main respectueuse et tremblante, elle enleva de la tête de Jésus la couronne d'épines; mais les sanglots lui rendaient la respiration pénible, elle avait peu de force pour arracher les épines, et à la vue de ces profondes plaies et des chairs déchirées de toutes parts et dans les endroits les plus sensibles, elle pleurait amèrement en fermant les yeux et la bouche de son Fils; elle essuya le sang des blessures et des plaies, et lui rangea décemment les pieds. Mais, suivant la révélation de Sainte Brigitte, malgré tous ses efforts, il lui fut impossible de plier les bras du Sauveur; Jésus voulant montrer par là qu'il les tient toujours ouverts pour recevoir les pécheurs repentants. Les disciples environnèrent le corps d'aromates, suivant l'usage des Juifs, et l'ayant enveloppé d'un suaire, ils le portèrent dans un jardin, près du Calvaire, où était un tombeau taillé à neuf dans le roc. La Providence voulut ainsi que la douloureuse Passion de Jésus-Christ commençât dans un jardin et finit dans un autre jardin. Le corps de l'Homme-Dieu, au milieu de l'abjection et de la douleur, porté sur les épaules des pieux disciples, ouvrait la marche; venait ensuite le disciple bien-aimé plongé dans la douleur, puis les Maries en pleurs, qui assistèrent jusqu'à la fin au sacrifice sanglant, et qui tour à tour se partageaient le soin de soutenir la Vierge désolée, qui, à demi-morte, voulut, d'un pas mal assuré et tremblant, accompagner son Fils au tombeau; mais quand elle vit qu'on y déposait le corps adorable de Jésus, quel coup mortel pour son cœur! Elle se jette elle-même sur ce corps divin; elle demande avec larmes qu'on lui découvre encore ce visage sacré; elle veut le voir et lui donner un dernier baiser; elle l'étend et l'enveloppe de ses propres mains, et pendant qu'elle l'adore profondément, elle sent défaillir son cœur maternel par la violence de la douleur Elle ne peut l'en séparer, et semble demander, par ses soupirs et ses sanglots, d'être ensevelie avec son Fils bien-aimé. Ce spectacle arrache les larmes des fidèles disciples et des pieuses Maries qui pleurent d'attendrissement et de compassion; Saint Jean verse des larmes encore plus abondantes que les saintes femmes; enfin, la Mère de Dieu, mourante, fait son dernier adieu, et une grosse pierre ferme le monument. Mais en ce moment, quel redoublement de sanglots! Marie embrasse étroitement cette pierre fortunée qui renferme son trésor; elle veut y laisser son cœur, ou plutôt elle voudrait renfermer le tombeau tout entier dans son cœur. Ses larmes en ce moment furent si abondantes, que, suivant Saint Bernard, on en voit encore les vestiges sur le marbre tumulaire. Au reste, son martyre devait être extrême, puisqu'il ne reçut de.. soulagement ni divin ni humain

 

Colloque

 

Mère désolée, vous confiez enfin au tombeau le corps sacré du Sauveur. Quelle cruelle séparation! Oui, c'est ici le plus dur moment de votre martyre! Votre tendresse va donc survivre à la mort douloureuse d'un Fils adoré, sans en contempler même la froide dépouille! O douleur au-dessus de toute force humaine! Si le doux Jésus, pendant sa vie, se troubla vivement au tombeau de Lazare, parce qu'il était son ami, quelle dut être l'émotion de votre cœur maternel au tombeau d'un Fils infiniment aimable, d'un Fils Homme-Dieu! Cette seule pensée attriste l'âme et la trouble, elle glace le cœur! O Vierge désolée! je ne puis vous consoler, car vous ne pouvez plus recevoir de consolation humaine; mais, par votre douleur incompréhensible, consolez vous-même mon malheureux esprit dans ses épreuves; faites-moi mériter de pleurer avec vous auprès du divin tombeau, pour que j'arrive un jour à une résurrection glorieuse et immortelle.

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Fête de la Compassion de Marie

Tristesses de la très Sainte Vierge pendant le reste de sa vie

 

La très Sainte Vierge ne pouvant plus voir sur la terre son amour crucifié, depuis sa glorieuse Ascension au Ciel. espérait qu'elle pourrait trouver quelque consolation dans la possession des instruments de la Passion de son divin Fils; elle pensait que leur vue lui aurait rappelé son bien-aimé. Elle désirait conserver ses clous et la couronne d'épines consacrés parle sang du Sauveur; mais, suivant Baronius, cela ne fut pas en son pouvoir, car les Juifs avaient la coutume d'ensevelir avec le corps des condamnés, les instruments de leur supplice, comme sujets à la même malédiction. En conséquence, les clous et les épines furent ensevelis avec Jésus-Christ; et la croix, qui n'aurait pas pu entrer dans le tombeau, fut enterrée séparément. Suivant ce même auteur et d'autres encore, la très Sainte Vierge réussit à recueillir respectueusement et à conserver un peu du sang précieux et de l'eau mystérieuse qui sortirent du côté de Jésus. Elle retint aussi de petits linges teints du divin sang, sans parler des diverses empreintes qu'en avaient conservé ses habits. Or, ayant presque toujours sous les yeux ces reliques sanglantes de la cruelle Passion de son Fils, que de soupirs et que de larmes cette vue a dû lui arracher! On peut donc affirmer, sans crainte de se tromper, que dès l'instant funeste où son divin Fils fut mis dans le tombeau, son âme fut dans une affliction continuelle; et que, non contente de renouveler ses peines par la vue de ces objets, elle parcourait, tant qu'elle vécut, les lieux consacrés par le sang de l'Homme Dieu. Cette Vierge sainte se rappelait ainsi successivement, la noire trahison de Judas, les divers tribunaux, l'horrible flagellation; elle se représentait les peines de son Fils, la malice des hommes, la justice sévère du Père céleste, la voie douloureuse teinte du divin sang; lorsqu'elle était seule, elle se rappelait sa fécondité par l'opération du St-Esprit, la longue suite des mépris et des persécutions du Verbe fait chair parmi les hommes, jusqu'au moment où il scella le testament de la Rédemption par sa mort sur la croix. Marie pesait tout et connaissait tout parfaitement. Son imagination lui retraçait les Apôtres fugitifs et dispersés dans la nuit fatale, et abandonnant leur Maître dans le danger: elle en exceptait Jean, qui suivit Jésus sans pouvoir le secourir, et Pierre qui lui fut infidèle et le renia au foyer du Vestibule. Ensuite Marie jetant au Ciel un regard qui dit tout sans prononcer un mot; et puis, baissant le front vers la terre, elle s'écriait avec tristesse: « O humanité inconsidérée! combien coûte ton crime? » Telles furent les sombres pensées qui occupèrent Marie le le plus souvent, jusqu'à ce que son divin Epoux lui lança un trait d'amour plus ardent, qui la pénétra tout entière et l'enleva à cette vie pénible et mortelle.

 

Colloque

 

Vierge sainte, votre vie fut un martyre continuel, et les puissances mêmes de votre belle âme, lui fournirent une ample moisson. Votre mémoire fut toujours frappée du souvenir déchirant de la Passion de votre divin Fils. Votre entendement vous donnait les motifs les plus forts de compatir à ses tourments. Votre volonté était occupée à la fois des actes les plus ardents d'amour et de douleur. C'est donc à juste titre qu'un diadème douloureux convient mieux à votre tête auguste, comme Reine des martyrs, parce qu'il vous rend plus semblable à Jésus, qui est le Roi des martyrs; et que le sang d'un Dieu crucifié, dont votre manteau fut arrosé sur le Calvaire, vous a orné d'une pourpre plus vive et plus éclatante que le manteau d'or que forme l'astre du jour. Je vous salue, Vierge auguste, je compatis à vos peines sur la terre, et je vous félicite en même temps de tout mon cœur, maintenant que vous régnez dans le Ciel, parce que vous n'avez pas moins de gloire dans les souffrances que dans les joies. Je vous prie, ô ma bien-aimée Reine! de m'obtenir une constance chrétienne dans l'adversité, et de me regarder toujours comme un des sujets les plus fidèles de votre empire.

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2 avril 2010

Semaine Sainte 2010, Vendredi Saint 1/2

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Semaine Sainte 2010

Vendredi Saint

Extrait des révélations de Maria d'Agreda

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Commencement de la Passion

A l'entrée de la nuit qui suivit le jeudi de la cène, le doux Jésus résolut de commencer sa douleureuse passion. Il sortit donc de la salle où il avait célébré de si grands mystères et parla longuement aux disciples. Il rencontra aussi sa sainte mère, qui était sortie en même temps de sa retraite, il la regarda d'un air joyeux, et lui dit ces seules paroles; ma mère, je serai avec vous dans vos tribulations, accomplissons la volonté du Père éternel et le salut du monde, ensuite il lui donna sa bénédiction et la quitta. Elle se retira de nouveau dans la chambre de la maison du cénacle, parce que le maître se trouvant présent à cette douloureuse séparation, lui avait offert, par l'inspiration divine, la maison et tout ce qu'elle renfermait, pour tout le temps qu'elle resterait à Jérusalem. La sainte Vierge se retira livrée à une douleur que chaque chrétien peut s'imaginer, mais elle ne cessa point d'être présente en esprit à tout ce qui se fit dans cette cruelle nuit, Elle vit lorsque Judas alla vers les prêtres et les pharisiens, et l'apparition du démon en forme visible, pour le détourner de vendre son divin maître. Elle vit Jésus se retirer au jardin de Gethsémani et découvrit sa profonde tristesse; elle connut que toutes les angoisses qu'il eut jusqu'à éprouver des sueurs de sang, provenaient de ce qu'il voyait que toutes ses souffrances seraient non-seulement sans fruit pour les méchants, mais seraient encore par leur malice la cause d'un plus grand châtiment; c'est pourquoi il priait son Père d'éloigner de lui cette amertume sous le nom de calice. Elle connut encore qu'après la prière de Jésus-Christ, le Père éternel envoya l'archange saint Michel pour lui dire de se consoler dans ses peines, car parmi ceux qu'il sauverait par son sang divin, serait Marie sa mère, digne fruit de sa rédemption. Elle vit que trouvant ses disciples endormis, avant de les éveiller, il s'arrêta un peu à les regarder avec compassion et pleura sur leur négligence et leur tiédeur. Non-seulement elle vit ceci et tout ce qui arriva au jardin en détail, mais elle considéra autant qu'il fut possible, chaque action ‘que faisait son divin fils dans sa passion. Elle se retira avec les saintes femmes, lorsque Jésus se retira avec ses trois disciples, elle pria aussi comme Jésus avait prié le Père éternel d'éloigner et de suspendre toute consolation qui pourrait l'empêcher de souffrir avec son fils; et elle demanda que son corps put partager toutes les souffrances qu'il endurerait lui-même. Elle éprouva aussi une profonde tristesse, elle fit la même prière que Jésus fit pour les pécheurs, elle entra en agonie et eut aussi une sueur de sang, l'archange Gabriel fut également envoyé pour la fortifier, comme saint Miche! l'avait été pour Jésus. Lorsqu'elle se retira pour prier, elle prit avec elle les trois Maries, laissant les autres femmes et elle alla aussi les visiter au moment où Jésus visita les apôtres, et les exhorta à être vigilantes contre le démon. Lorsque Jésus dit à ses apôtres : tristis et anima mea usque ad mortem , elle dit aussi aux trois Maries; mon âme est triste, parce que mon fils bien-aimé et mon Seigneur doit souffrir et mourir et que je ne dois pas mourir avec lui. Priez, mes amies, afin de ne pas entrer en tentation. Au milieu de ces tourments, la sainte Vierge non-seulement eut toujours un coeur magnanime, mais encore elle songea au moyen de pouvoir soulager son divin fils, et elle envoya un de ses anges pour essuyer avec des linges qu'elle lui donna le visage de son Dieu agonisant. Lorsque les soldats partirent avec Judas pour arrèter Jésus, la très-sage reine, prévoyant les outrages, les injures et les mauvais traitements, que ces méchants lui feraient souffrir, invita aussitôt les, saints anges afin de compenser avec elle par leurs louanges et leurs adorations tous les affronts qu'ils lui faisaient. Ainsi pour les offenses outrageantes qu'il recevait de ces méchants et pour le baiser que Judas lui donna comme signal pour le trahir, elle offrait à proportion des actes de vénération et de louanges à sa divine majesté et retenait ainsi l'indignation de Dieu, afin qu'il n'engloutît pas ces misérables. Elle pria surtout pour Judas, et à sa considération Dieu envoya à son coeur de fortes et nombreuses inspirations et de grandes grâces afin qu'il rentrât en lui-même. Lorsqu'elle vit que par la vertu de ces puissantes paroles dites à cette troupe maudite : Ego sum, ils étaient tous tombés à terre avec les chevaux, et que les démons étaient abattus et restaient renversés pendant un demi quart d'heure, elle chanta des cantiques de louanges et de victoire au Très-Haut. Il est vrai que par pitié pour ces malheureux, elle pria le Seigneur de leur laisser la vie et de les faire lever. Le Seigneur leur accorda donc le pouvoir d'exercer contre lui toute leur rage, il leur demanda de nouveau : Qui cherchez-vous? Ils répondirent, Jésus de Nazareth, il leur dit: C'est moi; et ils se jetèrent sur lui comme des chiens enragés et des bêtes féroces. Lorsque Jésus fut lié, elle ressentit aussi les douleurs des chaînes et des cordes comme si elle eût été liée en effet. Elle éprouva la même chose pour les coups, les mauvais traitements, les soufflets que souffrit le Sauveur, dans son arrestation, et lorsqu'on déchira ses habits et qu'on lui arracha les cheveux. A la fuite des apôtres elle ne s'indigna pas contre eux, mais elle les recommanda instamment au Seigneur, et quoiqu'elle fut affligée de les voir .chancelants dans leur foi, néanmoins elle pria pour eux, et elle offrit au Seigneur tous les devoirs et toute la vénération de l'église entière résumée en elle. Tandis que Jésus accablé de coups était au pouvoir de ses ennemis, la sainte Vierge était dans le Cénacle, Judas croyant par la suggestion de Lucifer son pardon impossible, et tourmenté par l'appréhension du déshonneur qu'il aurait dans le monde pour avoir trahi son maître, fut tellement agité qu'il entra en fureur contre lui-même; il se retira à l'écart et voulut se précipiter d'une des fenêtres les plus élevées du palais du Pontife, mais il en fut empêché. Il sortit de cette maison poussant des cris comme une bête féroce, se mordant les poings, s'arrachant les cheveux et se donnant mille malédictions. Lucifer le voyant en cet état, lui persuada de rendre l'argent aux prêtres, il voulait ainsi empêcher la mort de Jésus-Christ qu'il soupçonnait toujours davantage d'être le Messie à la vue de sa douceur au milieu des outrages. Mais n'ayant pu encore réussir dans son dessein Lucifer augmenta le désespoir de Judas et lui persuada qu'il valait mieux de délivrer en un instant de tant de peines et d'ignominie. Le malheureux apostât y consentit, et sortant de la ville, homicide de lui-même, il se pendit à un arbre. Cette mort affreuse arriva le jour même du vendredi quelques heures avant que Jésus n'expirât. Son corps, resta trois jours suspendu à l'arbre avec les entrailles crevées et quoique les juifs cherchassent plusieurs fois à l'enlever pour l'ensevelir, parce qu'il revenait de cette mort une grande gloire au Sauveur, ils ne purent jamais le faire. Enfin, après trois jours les démons par la permission de Dieu, enlevèrent le cadavre maudit de l'arbre et le transportèrent en enfer où ils avaient conduit son âme. La troupe des soldats envoyée pour arrêter le Seigneur, afin de l'amener ,en sûreté, car ils le prenaient pour un magicien à cause de ses miracles et pensaient qu'il pourrait s'échapper de leurs mains, le lièrent étroitement aux flancs, aux bras, et au cou de deux longues et grosses cordes et d'une pesante, longue et forte chaîne qui avait servi de levier pour fermer et ouvrir une porte de prison et aux extrémités de laquelle ils avaient attaché des me- cottes de fer, dont ils lui attachèrent les mains derrière le dos. L'ayant lié de cette cruelle manière ils partirent du mont des oliviers avec un grand tumulte, les uns tirant les cordes par-devant et les autres par-derrière ils le faisaient tomber à terre, ils exhalaient leur rage contre lui par des coups de pied aux cotés, des coups de poing au visage et à la tête, ils lui déchirèrent les habits, et lui arrachèrent la barbe, ils le tramèrent par les cheveux, et lui enfoncèrent la pointe de leurs bâtons dans les côtés; ils lui donnèrent des coups sur les épaules, et le traînèrent tantôt d'un côté tantôt de l'autre du chemin. Le Seigneur tomba plusieurs fois le visage contre terre avec une grande douleur, car ayant les mains liées derrière le dos il se meurtrissait le divin visage et se couvrait de plaies, et ne pouvant plus se relever, les coups et les mauvais traitements de toute sorte qu'il recevait étaient innombrables, jusqu'à lui marcher dessus, et comme un doux agneau, il supportait ces affreuses cruautés avec une patience admirable. Lucifer était en fureur à la vue de cette résignation et pour en triompher il voulut lui-même prendre les cordes pour le traîner avec une plus grande violence; mais la sainte Vierge, qui voyait tout ceci en esprit, et qui ressentait dans son corps très-pur tous les mauvais traitements, arrêta Lucifer dans son exécrable dessein, et lui enleva les forces afin qu'il ne pût l'exécuter. Ils arrivèrent dans la ville en poussant des cris, des sifflements, des hurlements, comme si on avait arrêté un chef de brigands. Les personnes se mettaient à la fenêtre et à la porte avec des flambeaux, ils l'injuriaient et l'insultaient l'appelant faux prophète, magicien, pervers, méchant et scélérat : et cum iniquis reputatus est. Ils le conduisirent au tribunal d'Anne, pontife, qui le reçut assis sur son siège, Lucifer se plaça à ses côtés, environné d'une multitude innombrable de démons appliqués à irriter ce juge contre Jésus-Christ, afin d'éprouver sa divine patience. Le Sauveur, reçut alors ce cruel soufflet de la main gantée de fer d'un des serviteurs auquel il avait guéri miraculeusement l'oreille au jardin de Gethsémani. Le Seigneur, lui fit cette réponse célèbre en recevant le soufflet: si male locutus sum: testimonium perhibe de malo, qui couvrit ce méchant de confusion, mais ne l'amenda pas. Le coup fut si sanglant qu'il lui enfonça toutes les dents et lui fit couler le sang de la bouche, du nez et des yeux; dans le même instant la mère de Dieu ressentit dans son visage ce coup terrible qui lui fit verser des larmes de sang. En ce moment Jean et Pierre arrivèrent à la maison d'Anne. Après y être entrés Pierre s'approcha du feu dans le vestibule, et la portière l'ayant vu lui demanda s'il était disciple du Nazaréen. Elle fit cette demande avec moquerie et mépris, c'est pourquoi Pierre en éprouva de la honte, et saisi de crainte et de lâcheté, il nia qu'il le fut. Après ce reniement il sortit de la maison d'Anne, mais il suivit ensuite le Seigneur dans la maison de Caïphe où il fut amené avec de grandes railleries. Il fut reçu avec des rires, des insultes et de grandes moqueries, pour lui il priait le Père éternel pour eux, et la divine mère priait avec lui. Caïphe était assis sur son siége magnifique entouré des scribes et des pharisiens assistés de Lucifer, qui désirait toujours mieux s'assurer si Jésus était le Messie, il inspira donc à Caïphe de lui dire: Je t'adjure au nom de Dieu vivant de nous dire ouvertement si in es le Christ fils de Dieu. A la réponse pleine de douceur de Jésus-Christ, Lucifer fut si tourmenté que ne pouvant le supporter, il se précipita au fond de l'abîme. Il en sortit par la permission de Dieu, mais incertain si le Christ avait ainsi parlé pour se délivrer des mains des ses ennemis. Revenu de nouveau dans la salle, il excita les ministres à lui donner des soufflets, des coups de poing, à lui arracher les cheveux, à lui cracher au visage et à le fouler aux pieds. Les anges qui l'adoraient et le louaient étaient confondus des jugements incompréhensibles de la divine sagesse, en voyant que sa divine Majesté consentait à être présentée comme coupable et que le prêtre inique se montrait comme juste et zélé pour l'honneur de Dieu, à qui il prétendait ôter sacrilègement la vie; et l'innocent agneau gardait le silence sans ouvrir la bouche. Dans cette maison, on banda les yeux au Seigneur pal-ce qu'il apparaissait sur son visage une douceur et une splendeur qui causaient une grande peine et confusion à ses ennemis. Ils attribuèrent tout cela à l'art magique, et ils lui couvrirent le visage avec de sales haillons, et lui firent de mauvais traitements et des insultes indicibles, la Vierge mère non-seulement les vit, mais les ressentit tous, dans le même temps et dans les mêmes parties, que les souffrit le rédempteur. Il fut facile à saint Pierre, au milieu de la foule des personnes qui entraient dans la maison de Caïphe, de s'introduire aussi à la faveur de l'obscurité de la nuit. Nais une servante le vit dans la cour et se tournant vers les soldats qui étaient auprès du feu: cet homme, dit-elle, est un de ceux qui allaient dans la compagnie de Jésus de Nazareth; et un de ceux qui étaient là, ajouta: en vérité, tu es réellement Galiléen et un de ceux qui suivaient Jésus. Saint Pierre le nia et jura qu'il n'était pas disciple de Jésus et il quitta le feu et la cour. Mais il ne pouvait pas s'éloigner de la vue de son divin maître, retenu par la compassion pour ses souffrances, il tournoya donc pendant une heure environ, un parent de Malechus le vit et le reconnut; tu es Galiléen lui dit-il, et disciple de Jésus, je t'ai vu avec lui dans le jardin, et de nouveau Pierre jura qu'il ne le connaissait pas, et alors le coq chanta pour la seconde fois, et la prophétie de Jésus-Christ fut accomplie, qu'il le renierait trois fois cette nuit avant que le coq chantât deux fois. Ayant entendu le chant du coq, Pierre se souvint des paroles de Jésus, qui en ce moment, le regarda avec sa grande miséricorde, il sortit aussitôt en versant des larmes, et se retira dans une grotte appelée encore galligante: Chant du coq, il y pleura amèrement pendant trois heures, il rentra en grâce et obtint son par-. don par le moyen de la sainte Vierge. Elle avait vu sa faute de sa retraite et aussitôt elle pria pour lui avec larmes et prosternée à terre; elle lui envoya même un de ses anges pour le consoler, non pas d'une manière visible pal-ce que son péché était trop récent, mais à l'intérieur, sans que Pierre le vit.

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La sentence de mort


Après minuit , ceux du conseil arrêtèrent que tandis qu'ils dormiraient, Jésus-Christ resterait ainsi lié dans un lieu souterrain de la maison, qui servait de prison pour les plus grands voleurs et scélérats. Cette prison était si obscure que la lumière y pénétrait à peine, et si sale et puante qu'elle était insupportable pour tous. Ils enfermèrent là le fils de Dieu, le traînant attaché avec les chaînes et les cordes dont ils l'avaient lié au jardin des olives. Il y avait dans un coin de la prison une pierre ou une pointe de rocher, à laquelle ils attachèrent le Seigneur de telle sorte qu'il ne pouvait ni se remuer ni s'asseoir, et l'ayant ainsi lié ils sortirent de ce lieu fétide, en fermèrent la porte et y laissèrent l'un d'eux de garde au-dehors. Les saintes anges entrèrent pour vénérer le Sauveur, et lui demandèrent de vouloir bien leur permettre de le délier, mais le doux Jésus ne le permit pas, pour souffrir davantage, et il les envoya consoler sa mère affligée. Après que ces méchants et ces ivrognes eurent soupé, excités par le démon, ils allèrent le détacher du rocher et le mirent au milieu de la prison, ils voulurent le contraindre à parler et à faire quelque miracle, mais Jésus, la sagesse incarnée ne répondant rien, ils l'accablèrent de coups et de soufflets, et leur rage croissant ils lui bandèrent de nouveau les yeux, avec un dégoûtant chiffon, et le frappèrent avec violence sur le cou et au visage, en lui disant, devine qui t'a frappé. Lucifer irrité de sa patience inspira à ces cruels ivrognes de le mettre entièrement nu et de lui faire de plus grands outrages. Mais la très-pure Vierge qui voyait et contemplait tout empêcha cet odieux outrage, elle pria avec instance le Seigneur de ne pas permettre cette ignominie et sa prière fut exaucée. lIs l'attachèrent donc de nouveau au rocher et sortirent de la prison, les anges entrèrent pour compatir à ses douleurs et l'adorer ; en ce temps là il priait le Père éternel pour ceux qui l'avaient ainsi maltraité. A l'aurore, les princes des prêtres et les scribes s'assemblèrent et le divin agneau fut amené devant eux. C'était un spectacle digne de piété de voir le divin Jésus défiguré, le visage meurtri et couvert de dégoûtants crachats, qu'il n'avait pu enlever ayant les mains liées derrière le dos. En le voyant dans cet état ses ennemis mêmes furent effrayés. Ils lui demandèrent de nouveau à dessein s'il était fils de Dieu, et ayant entendu qu'il l'était, ils le jugèrent digne de mort, et ils résolurent de l'envoyer à Pilate proconsul de l'empereur romain à qui étaient réservées les causes capitales. Le soleil était déjà levé, et la mère affligée résolut de sortir de sa retraite pour suivre son fils si cruellement traité. Lorsqu'elle sortait de la maison avec les Marie et Magdeleine, saint Jean arriva pour l'informer de tout ce qui était arrivé, ne sachant pas qu'elle avait vu tout en esprit. Il demanda d'abord pardon de la lâcheté qu'il avait eue de s'enfuir, et se mit à raconter tout ce qui était arrivé jusqu'alors, l'humble reine n'interrompit point son récit, et écouta tout avec une extrême souffrance. Après qu'il eut fini de parler, ils versèrent tous des larmes, et ils se mirent en marche. La sainte Vierge entendit les divers entretiens de la foule, dans les rues, sur son fils bien-aimé, elle ne s'arrêta jamais, et ne s'indigna point contre ceux qui en parlaient mal, mais elle pria pour eux. Un grand nombre de personnes la re- connurent à son manteau noir et à son cordon pour la mère de Jésus, quelque uns étaient naturellement touchés de compassion pour elle, et d'autres l'injuriaient à pause de la mauvaise éducation donnée à son fils. Mais voilà qu'ils aperçoivent un grand tumulte, et qu'ils entendent un grand bruit, et tout-à-coup elle voit au milieu de cette canaille son divin fils, elle se jeta à terre et l'adora profondément. Ils se jetèrent l'un à l'autre un douloureux regard qui pénétra leurs coeurs d'une douleur inexprimable, ils se parlèrent seulement dans l'intérieur de leur âme. On le traînait vers Pilate, et la mère affligée versant des larmes le suivait avec les saintes femmes en disant : mon fils, mon bien-aimé fils. Ils arrivèrent enfin en présence de Pilate qui quoique païen eut égard aux lois cerémonielles des juifs, qui leur défendaient d'entrer dans le prétoire, il sortit donc pour interroger le prétendu coupable. La mère affligée était toujours présente avec saint Jean et les saintes femmes, les anges les avaient amenés dans un lieu d'où elles pouvaient voir tout et entendre ce qui se disait. La sainte Vierge couverte de son manteau noir versait des larmes de sang par la violence de sa douleur; elle ressentait en elle-même toutes les souffrances que souffrait son divin fils. Elle pria le Père éternel afin que Pilate connut clairement l'innocence de Jésus, il la connut en effet, mais il ne correspondit pas à la grâce qu'il avait reçue par le moyen de la mère de miséricorde. Il s'efforça néanmoins de ne pas condamner un innocent, en l'envoyant à Hérode, fils de cet Hérode qui avait fait massacrer les saints innocents qui était venu à la fête des azymes, lorsqu'il apprit que Jésus était né dans son royaume. A cette occasion ils oublièrent même quelques différends, et devinrent amis. Il est impossible de dire les souffrances et les douleurs que souffrit Jésus dans ce trajet de Pilate à Hérode, de la part de ces bourreaux excités par Lucifer, qui voulait s'assurer toujours davantage par la grandeur de la patience de Jésus, s'il était le Messie. Sa mère affligée, suivit derrière la masse de la populace, toute occupée de son divin fils. La grande reine n'entra pas dans la maison d'Hérode, mais elle vit tout ce qui s'y fit, et entendit toutes les demandes d'Hérode. Lorsqu'il en sortit revêtu de l'habit des insensés, elle comprit toute la grandeur de cette injure et l'adora profondément comme la sagesse infinie. Elle le suivit avec la même constance, lorsqu'il fut ramené chez Pilate; plusieurs fois à cause de la foule, et par la violence avec laquelle on le traînait, embarrassé par sa longue tunique, Jésus tomba par terre; en tombant les veines s'ouvrirent par la manière dont ils le traînaient cruellement, et aussi par les coups et les mauvais traitements' qu'il recevait, ne pouvant se relever, parce qu'il avait les mains enchaînées et attachées derrière le dos. Alors la prudente et tendre mère ordonna aux saints anges, non-seulement de recueillir ces gouttes de sang très-précieux, qui tombaient à terre, afin qu'elles ne fussent pas profanées et foulées aux pieds, mais elle leur commanda aussi de soutenir leur Créateur, lorsqu'il serait exposé à tomber. . Mais elle ne voulut pas donner cet ordre aux anges avant d'en avoir obtenu la permission du Seigneur, qu'elle pria de condescendre en cela, aux humbles prières de sa mère affligée. Jésus fut ramené devant Pilate, qui voyant son innocence, et l'envie et la haine des juifs, essaya de le délivrer. Il parla seul avec Jésus, il dit aussi en secret à quelques-uns des chefs de la synagogue, qu'il y avait dans la prison un scélérat infâme, condamné par le peuple, qu'ils devaient donc demander qu'on délivrât le Nazaréen et non Barrabas, c'était le nom de l'homicide et du meurtrier. Cette coutume de délivrer un criminel à la fête de Pâques avait été introduite chez les Juifs, en souvenir de la délivrance d'Egypte. La mère affligée était présente dans la maison de Pilate, à tout ce qu'il fit pour délivrer son fils. Elle vit aussi l'ambassade de la femme de Pilate nommé Procule à son mari et elle vit que c'était une suggestion de Lucifer. pour empêcher la rédemption. La divine Marie était de toute part transpercée d'un glaive de douleur, mais elle le fut plus cruellement lorsqu'elle entendit que Barrabas était préféré à son divin fils. Le moyen tenté par Pilate pour délivrer le Seigneur, n'ayant pas réussi, il pensa à un moyen d'habilité toute humaine, ce fut de le faire flageller pour apaiser ainsi la haine des juifs, et comme suffisamment châtié ensuite de le délivrer. Mais il jugea contre toute justice, car il avait bien reconnu l'innocence de Jésus. Pour exécuter cette flagellation, on choisit six jeunes hommes robustes des plus inhumains et des plus barbares. ils l'amenèrent dans une cour, où était une colonne, et lui enlevèrent les cordes, les chaînes et les menottes, ils lui ôtèrent d'abord le manteau blanc, ensuite ils le dépouillèrent de sa robe sans couture et son corps fut tout nu, excepté une espèce de caleçon, qu'ils voulaient même lui ôter, mais la grande reine l'empêcha, en priant le Père éternel de ne pas le permettre. La flagellation commença sous les yeux de la mère affligée, ils le lièrent si étroitement à la colonne avec des petites cordes, qu'elles lui entrèrent dans la chair et que ses divines mains se gonflèrent. Ensuite ils se mirent à le flageller deux à deux, les uns après les autres, avec une cruauté si inouïe que la férocité humaine n'en était pas capable, si Lucifer lui-même ne se fut comme incorporé dans le coeur de ses bourreaux impitoyables. Les deux premiers flagellèrent l'innocent Jésus avec des cordes tordues, dures et grosses en y employant toute la fureur de la rage et toutes leurs forces. Ces premiers coups de fouets firent sur son corps divin si délicat de grandes et livides meurtrissures, il se fendit de toutes par en se gonflant, et le sang était sur le point de couler à travers les blessures. Les deux premiers bourreaux étant épuisés de fatigue, les deux seconds se mirent à leur place, ils le frappèrent avec des courroies de cuir très-dures sur les premières blessures et firent crever les meurtrissures livides et gonflées qu'avaient fait les premiers, de sorte que le sang divin en sortit, et non-seulement il couvrit le corps sacré d Jésus-Christ, mais encore il baigna les vêtements des sacrilèges bourreaux et découla jusqu'à terre, ces seconds étant hors d'haleine, les troisièmes les remplacèrent et se servirent de nouveaux instruments qui étaient des nerfs d'animaux très-durs, semblables à des verges sèches. Ils flagellèrent le Sauveur avec une cruauté plus grande encore, parce qu'ils frappaient sur les blessures faites par les deux premiers et les seconds; mais comme les veines de son corps divin avaient déjà été rompues et qu'il n'était plus qu'une seule plaie, ces troisièmes bourreaux ne pouvaient plus faire de nouvelles plaies dans aucune partie du corps, c'est pourquoi en redoublant leurs, coups terribles ils arrachèrent la chaire divine et immaculée, de sorte qu'il en tomba des morceaux à terre et les os furent mis à découvert en diverse parties des épaules. Pour satisfaire encore mieux leur férocité inouïe ils le flagellèrent au visage, aux jambes, aux pieds et aux mains, sans épargner une seule partie. Le sang divin se répandit à flots sur la terre. Son divin visage et tout meurtri, déchiré et si couvert de sang et d'horribles crachats qu'on ne pouvait plus le reconnaître. De même la mère des douleurs, dans un coin de la cour, avec la sainte suite qui l'accompagnait dans ses douleurs, ressentait dans son âme et dans son corps virginal tous les coups mot tels qu'endurait son divin fils, et elle fut si affligée que saint Jean et les Maries ne reconnaissaient plus les traits de son visage, parce que sa douleur et ses souffrances étaient sans mesure, à cause de sa grande foi et la parfaite connaissance qu'elle avait de l'incomparable dignité de son divin fils. Elle seule sut apprécier, mieux que toutes les créatures, l'innocence de Jésus-Christ, la dignité de sa divine personne, l'énormité des injures qu'il recevait et les tourments indicibles qu'il supportait. Cependant dans le désir de le voir mourir sur la croix, ils le délièrent et il tomba par terre baigné dans son sang. Ils lui ordonnèrent de se vêtir, un de ces méchants lui avait caché sa tunique sans couture, et le voyant ainsi nu et couvert seulement de plaies et de sang, ils l'injurièrent et le couvrirent de railleries. En ce temps, ils allèrent dire à Pilate que prétendant devenir roi des juifs, il était juste de le couronner d'épines. Ayant obtenu cette injuste permission de Pilate, ils lui mirent sur les épaules des haillons de pourpre et un roseau à la main en guise de sceptre, et enfin ils enfoncèrent violemment sur sa tête divine une couronne d'épines pour servir de diadème. Elle était composée de joncs marins, très-épineux, avec des pointes fines et dures et ils la lui placèrent de manière que les épines en grand nombre pénétrèrent les os de la tête, d'autres arrivèrent jusqu'aux oreilles et d'autres encore jusqu'aux yeux. Après cette douloureuse et cruelle ignominie, ils adorèrent comme un roi de théâtre, celui qui par nature et à toute sorte de titres, était le véritable roi des rois et le Seigneur des seigneurs. Tous les soldats de la cohorte se rassemblèrent aussitôt en présence des prêtres et des pharisiens et ayant mis au milieu d'eux l'aimable Jésus, ils le chargèrent de blasphèmes avec des railleries indicibles, les uns se mettaient à genoux devant lui et lui disaient par moquerie Je vous salue roi des juifs. D'autres lui donnaient de sanglants soufflets, et d'autres lui frappaient la tête avec le roseau, quelques uns couvraient son divin visage de dégoûtants crachats et tous l'accablaient d'injures, et d'outrages de toutes sortes inspirés par le démon. Pilate pensa que le coeur de ce peuple ingrat et furieux, serait attendri à un spectacle si douloureux, c'est pourquoi il le fit montrer au public d'une grande fenêtre, en disant Voilà l'homme; qu'avez-Vous sujet de craindre qu'il se fasse roi, puisqu'il ne ressemble plus à un homme et qu'on ne trouve rien en lui qui soit digne de mort, Mais le peuple en fureur, cria : Crucifiez-le! Crucifiez-le! La mère des douleurs en voyant son fils réduit à un semblable état, se mettant à genoux, l'adora, et le reconnut pour vrai Dieu et vrai homme; saint Jean, les saintes femmes et tous les anges qui assistaient la grande reine en firent autant. La grande reine pria le Père éternel de faire connaître plus clairement à Pilate l'innocence de Jésus, c'est pourquoi Pilate prit Jésus à part, et lui fit les interrogations rapportées par les évangélistes, aussi il le montrait au peuple en répétant que Jésus était innocent. Les juifs s'aperçurent du désir de Pilate de délivrer Jésus, ils crièrent donc à Pilate, en faisant un grand bruit et en le menaçant, s'il ne condamnait pas Jésus à mort, Pilate alors se troubla beaucoup et vaincu parla crainte, il s'assit sur son tribunal vers l'heure de midi, la veille de la Pâque des juifs, il se lava d'abord les mains, croyant aveuglement se purifier ainsi de l'injustice qu'il commettait et il prononça enfin la sentence de mort contre l'auteur de la vie. La mère affligée vit et entendit tout et la cruelle amertume de son coeur accablé de tristesse et d'affliction se renouvela, et le glaive tic douleur divisa, pénétra et transperça, sans aucune pitié son âme. Mais comme la grandeur des douleurs que ressentit la très-sainte Vierge surpassent tout ce que l'intelligence humaine peut comprendre, il faut le laisser à la piété chrétienne. De même il est impossible de rapporter tous les actes intérieurs héroïques d'adoration, de louanges, de vénération, d'amour, de compassion, de douleur et de conformité à la divine volonté qu'elle fit.

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Prions

Regardez, Seigneur, nous Vous en prions, la famille qui Vous appartient: c'est pour elle que Jésus, le Christ, notre Seigneur, ne refusa pas d'être livré aux mains des méchants ni de subir le supplice de la Croix. Lui qui vit et règne avec Vous dans l'Unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.


30 mars 2010

Semaine Sainte 2010

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Semaine Sainte 2010

Mardi Saint

Extrait des révélations de Maria Valtorta

Le jour

Ils vont rentrer dans la ville, toujours par le même sentier écarté qu'ils ont pris le matin d'avant, comme si Jésus ne voulait pas être entouré par les gens qui l'attendent avant d'être dans le Temple, auquel on accède vite en entrant dans la ville par la Porte du Troupeau, qui est près de la Probatique. Mais aujourd'hui plusieurs des soixante-douze l'attendent déjà au-delà du Cédron, avant le pont, et dès qu'ils le voient apparaître au milieu des oliviers verts gris, dans son vêtement pourpre, ils vont à sa rencontre.

Ils se réunissent pour aller vers la ville. Pierre, qui regarde en avant, en bas de la pente, soupçonnant toujours de voir apparaître quelque mal intentionné, voit parmi le vert frais des dernières pentes un amas de feuilles fanées et qui pendent, qui se penchent au-dessus de l'eau du Cédron. Les feuilles recroquevillées et mourantes, ayant ça et là des taches qui ressemblent à de la rouille, ressemblent à celles d'une plante que les flammes ont desséchées. De temps à autre la brise en détache une et l'enfouit dans les eaux du torrent. "Mais c'est le figuier d'hier ! Le figuier que tu as maudit !" crie Pierre en montrant de la main la plante desséchée et en tournant la tête pour parler au Maître. Tous accourent, sauf Jésus qui avance de son pas habituel. Les apôtres racontent aux disciples l'antécédent de ce qu'ils voient et tous ensemble commentent en regardant stupéfaits Jésus. Ils ont vu des milliers de miracles sur les hommes et les éléments, mais celui-ci les frappe comme les autres ne l'ont pas fait. Jésus, qui est survenu, sourit en voyant ces visages stupéfaits et craintifs, et il dit : "Et quoi ? Vous êtes tellement émerveillés qu'à ma parole un figuier se soit desséché ? Ne m'avez-vous pas vu peut-être ressusciter les morts, guérir les lépreux, donner la vue aux aveugles, multiplier les pains, calmer les tempêtes, éteindre le feu ? Et vous êtes stupéfaits qu'un figuier se dessèche ?" "Ce n'est pas pour le figuier. C'est que hier il était robuste quand tu l'as maudit, et maintenant il est sec. Regarde, il est friable comme de l'argile sèche. Ses branches n'ont plus de moelle. Regarde, elles s'en vont en poussière" et Bathélémy réduit en poussière entre ses doigts des branches qu'il a facilement cassées. "Elles n'ont plus de moelle. Tu l'as dit. Et c'est la mort quand il n'y a plus de moelle, aussi bien dans un arbre que dans une nation, que dans une religion, mais qu'il y a seulement la dure écorce et le feuillage inutile : férocité et extérieur hypocrite. La moelle, blanche, entière, pleine de sève, correspond à la sainteté, à la spiritualité. L'écorce dure et le feuillage inutile à l'humanité dépourvue de vie spirituelle et juste. Malheur aux religions qui deviennent humaines parce que leurs prêtres et leurs fidèles n'ont plus l'esprit vital. Malheur aux nations dont les chefs ne sont que férocité et verbosité tapageuse dépourvue d'idées fertiles ! Malheur aux hommes auxquels manque la vie de l'esprit !"

"Pourtant si tu devais dire cela aux grands d'Israël, encore que ta parole soit juste, tu ne serais pas sage. Ne te flatte pas que jusqu'à présent ils t'ont laissé parler. Toi-même le dis que ce n'est pas par conversion de cœur, mais par calcul. Sache alors, Toi aussi, calculer la portée et les conséquences de tes paroles. Parce qu'il y a aussi la sagesse du monde en dehors de la sagesse de l'esprit. Et il faut savoir en user à notre avantage. Car enfin, pour l'instant, on est dans le monde, et pas dans le Royaume de Dieu" dit l'Iscariote sans amertume, mais d'un ton doctoral. "Le vrai sage c'est celui qui sait voir les choses sans que les ombres de la propre sensualité et les réflexions du calcul les altèrent. Je dirai toujours la vérité de ce que je vois." "Mais, en somme, ce figuier est mort parce que tu as été Toi à le maudire, ou bien... c'est un pur hasard... un signe... je ne sais pas ?" demande Philippe. "C'est tout ce que tu dis. Mais ce que j'ai fait vous aussi vous pourrez le faire si vous arrivez à avoir la foi parfaite. Ayez-la dans le Seigneur Très-Haut. Et quand vous l'aurez, en vérité je vous dis que vous pourrez cela et encore davantage. En vérité je vous dis que si quelqu'un arrive à avoir la confiance parfaite dans la force de la prière et dans la bonté du Seigneur, il pourra dire à cette montagne : "Déplace-toi de là et jette-toi dans la mer" et si en le disant il n'hésite pas en son cœur, mais croit que ce qu'il ordonne peut se réaliser, ce qu'il a dit se réalisera." "Et nous semblerons des magiciens et nous serons lapidés, comme il est dit pour qui exerce la magie. Ce serait un miracle bien sot et à notre détriment !" dit l'Iscariote en hochant la tête. "Tu es sot, toi qui ne comprends pas la parabole !" lui réplique Jude. Jésus ne parle pas à Judas, il parle à tous : "Je vous dis, et c'est une ancienne leçon que je répète à cette heure : quelque chose que vous demandiez par la prière, ayez la foi de l'obtenir et vous l'aurez. Mais si avant de prier vous avez quelque chose contre quelqu'un, pardonnez d'abord et faites la paix afin d'avoir pour ami votre Père qui est dans les Cieux, qui vous pardonne tant et vous comble tant, du matin au soir et du couchant à l'aurore." Ils entrent au Temple. Les soldats de l'Antonia les regardent passer. Ils vont adorer le Seigneur, puis reviennent dans la cour où les rabbis enseignent.

Tout de suite vers Jésus, avant encore que les gens n'arrivent et ne se groupent autour de Lui, s'approchent des Saphorim, des docteurs d'Israël et des hérodiens et, avec un respect menteur, après l'avoir salué, ils Lui disent : Maître, nous savons que tu es sage et véridique, et que tu enseignes la voie de Dieu sans tenir compte de rien ni de personne, excepté de la vérité et de la justice, et que tu te soucies peu du jugement des autres sur Toi, mais seulement de conduire les hommes au Bien. Dis-nous alors : est-il permis de payer le tribut à César ou bien n'est-il pas licite de le faire ? Que t'en semble-t-il ?" Jésus les regarde de l'un de ces regards d'une pénétrante et solennelle perspicacité, et il répond : "Pourquoi me tentez-vous hypocritement ? Et pourtant quelqu'un de vous sait que l'on ne me trompe pas avec des honneurs hypocrites ! Mais montrez-moi une pièce de monnaie de celles qui servent pour le tribut." Ils Lui présentent une pièce de monnaie. Il l'observe au recto et au verso et, en la tenant appuyée sur la paume de sa main gauche, il la frappe de l'index de sa main droite en disant : "De qui est cette image et que dit cette inscription ?" "C'est la figure de César et l'inscription porte son nom. Le nom de Caius Tibère César qui est maintenant empereur de Rome." "Et alors rendez à César ce qui appartient à César et donnez à Dieu ce qui est à Dieu" et il leur tourne le dos après avoir rendu la pièce à celui qui la Lui avait donnée. Il écoute tel ou tel des nombreux pèlerins qui l'interrogent, réconforte, absout, guérit. Les heures passent. Il sort du Temple pour aller peut-être hors de la porte, pour prendre la nourriture que Lui apportent les serviteurs de Lazare qui en ont été chargés. Quand il rentre au Temple, c'est l'après-midi. Il est inlassable. Grâce et sagesse coulent de ses mains posées sur les malades, de ses lèvres pour des conseils personnels donnés à ceux nombreux qui l'approchent. Il semble qu'il veuille tous les consoler, les guérir tous, avant de ne plus pouvoir le faire. C'est déjà le couchant et les apôtres, fatigués, sont assis par terre sous le portique, abasourdis par ce mouvement continuel de la foule dans les cours du Temple à l'approche de Pâque. A ce moment s'approchent de l'Inlassable des riches, certainement des riches à en juger par leurs vêtements somptueux. Matthieu, qui ne sommeille que d'un œil, se lève pour secouer les autres. Il dit : "Des sadducéens vont trouver le Maître. Ne le laissons pas seul pour qu'ils ne l'offensent pas ou ne cherchent pas à Lui faire tort et à le mépriser encore."

 

Ils se lèvent tous pour rejoindre le Maître qu'ils entourent immédiatement. Je crois deviner qu'il y a eu des représailles quand ils sont allés au Temple ou qu'ils y sont revenus à sexte. Les sadducéens, qui rendent honneur à Jésus avec des courbettes exagérées, Lui disent : "Maître, tu as répondu si sagement aux hérodiens que nous est venu le désir d'avoir nous aussi un rayon de ta lumière. Écoute : Moïse a dit : "Si quelqu'un meurt sans enfant, que son frère épouse la veuve pour donner une descendance à son frère". Or, il y avait parmi nous sept frères. Le premier, après avoir épousé une jeune fille, mourut sans laisser de descendance et ainsi, il laissa sa femme à son frère. Le second mourut aussi sans laisser de descendance, et de même le troisième qui épousa la veuve des deux qui l'avaient précédé, et il en fut de même jusqu'au septième. Finalement après avoir épousé les sept frères, la femme mourut. Dis-nous : à la résurrection des corps, s'il est assurément vrai que les hommes ressuscitent et que notre âme survit et s'unit de nouveau au corps au dernier jour, en reformant les vivants, lequel des sept frères aura la femme, puisqu'ils l'ont eue tous les sept sur la Terre ?" "Vous vous trompez. Vous ne savez comprendre ni les Écritures ni la puissance de Dieu. Très différente de celle-ci sera l'autre vie, et dans le Royaume éternel n'existeront pas comme dans celui-ci les nécessités de la chair. Car, en vérité, après le jugement final la chair ressuscitera et se réunira à l'âme immortelle pour reformer un tout, vivant comme et mieux que n'est vivante maintenant ma personne et la vôtre, mais elle ne sera plus sujette aux lois et surtout aux impulsions et aux abus qui existent maintenant. À la résurrection les hommes et les femmes ne se marieront pas, mais ils seront semblables aux anges de Dieu dans le Ciel qui ne se marient pas, tout en vivant dans l'amour parfait qui est divin et spirituel. Quant à la résurrection des morts, n'avez-vous pas lu comment du buisson Dieu a parlé à Moïse ? Que dit alors le Très-Haut ? "Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob". Il n'a pas dit  : "J'ai été", pour faire comprendre qu'Abraham, Isaac et Jacob avaient existé, mais n'existaient plus. Il a dit : "Je suis". Parce qu'Abraham, Isaac et Jacob existent. Immortels. Comme tous les hommes dans leur partie immortelle, tant que les siècles dureront, et ensuite avec la chair ressuscitée pour l'éternité. Ils existent comme existe Moïse, les prophètes, les justes, comme, malheureusement, existe Caïn, et ils existent ceux du déluge, et les sodomites, et tous ceux qui sont morts en faute mortelle. Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants."

"Est-ce que Toi aussi tu mourras et ensuite seras vivant ?" disent-ils pour le tenter. Ils sont déjà las de leur douceur. Leur rancœur est telle qu'ils ne savent pas se contenir. "Je suis le Vivant et ma Chair ne connaîtra pas la Décomposition. L'arche nous a été enlevée et l'actuelle sera enlevée même comme symbole. Le Tabernacle nous a été enlevé et sera détruit. Mais le vrai Temple de Dieu ne pourra être enlevé ni détruit. Quand ses adversaires croiront l'avoir fait, alors ce sera le moment qu'il s'établira dans la véritable Jérusalem, dans toute sa gloire. Adieu." Et il se hâte vers la Cour des Israélites car les trompettes d'argent appellent au sacrifice du soir. Jésus me dit : "Comme je t'ai fait remarquer l'expression "à mon calice" dans la vision où la mère de Jean et de Jacques demande une place pour ses fils, je te dis de même de remarquer dans la vision d'hier le passage : "celui qui tombera contre cette pierre se fracassera". Dans les traductions on se sert toujours de "sur". J'ai dit contre, et non pas sur. Et c'est une prophétie contre les ennemis de mon Église. Ceux qui la contrecarrent en se jetant contre Elle, parce qu'Elle est la Pierre angulaire, se trouvent fracassés. L'histoire de la Terre, depuis vingt siècles, confirme ce que je dis. Les persécuteurs de l'Église se fracassent en se jetant contre la Pierre angulaire. Cependant aussi, et qu'ils y pensent aussi ceux qui, parce qu'ils appartiennent à l'Église, se croient à l'abri des châtiments divins, celui sur qui tombera le poids de la condamnation du Chef et Époux, de cette Épouse qui est la mienne, de ce Corps Mystique qui est le mien, celui-là sera écrasé. Et pour prévenir une objection des scribes et sadducéens toujours vivants et malveillants pour mes serviteurs, je dis : Si dans ces dernières visions se trouvent des phrases qui ne sont pas dans les Évangiles, telles que celles de la fin de la vision d'aujourd'hui, et des passages où je parle du figuier desséché et d'autres encore, qu'eux se rappellent que les évangélistes étaient toujours de ce peuple, et qu'ils vivaient dans les temps où tout heurt un peu trop vif pouvait avoir des répercussions violentes et nuisibles aux néophytes. Qu'ils relisent les Actes des Apôtres et ils verront qu'elle n'était pas paisible la fusion de tant de pensées différentes, et que s'ils s'admiraient mutuellement, en reconnaissant leurs mérites réciproques, il ne manqua pas parmi eux des dissentiments parce que les pensées des hommes sont variées et toujours imparfaites. Et pour éviter des ruptures plus profondes entre une pensée et une autre, éclairés par l'Esprit-Saint, les Évangélistes omirent volontairement dans leurs écrits des phrases qui auraient choqué l'excessive susceptibilité des hébreux et scandalisé les gentils, qui avaient besoin de croire parfaits les hébreux, qui formaient le noyau d'où venait l'Église, pour ne pas s'éloigner en disant : "Ils sont comme nous". Connaître les persécutions du Christ, oui. Mais les maladies spirituelles du peuple d'Israël désormais corrompu, surtout dans les classes les plus élevées, non. Ce n'était pas bien. Et ils les voilèrent le plus qu'ils purent. Qu'ils observent comment les Évangiles deviennent de plus en plus explicites, jusqu'au limpide Évangile de mon Jean, à mesure qu'ils étaient écrits à une époque plus éloignée de mon Ascension vers mon Père.

Jean est le seul à rapporter entièrement même les taches les plus douloureuses du noyau apostolique en nommant ouvertement Judas "voleur", et il rappelle intégralement les bassesses des juifs (chapitre 6 — la volonté feinte de me faire roi, les disputes au Temple, l'abandon d'un grand nombre après le discours sur le Pain du Ciel, l'incrédulité de Thomas). Dernier survivant, ayant vécu assez pour voir l'Église déjà forte, il lève les voiles que les autres n'avaient pas osé lever. Mais maintenant l'Esprit de Dieu veut que l'on connaisse même ces paroles, et qu'ils en bénissent le Seigneur car ce sont autant de lumières et autant d'indications pour les justes de cœurs."

La nuit

"Aujourd'hui vous avez entendu parler des gentils et des juifs, et vous avez vu comment les premiers se sont inclinés devant Moi et comment les seconds pour un peu m'auraient frappé. Toi, Pierre, tu allais en venir aux mains en voyant qu'exprès ils envoyaient contre Moi des agneaux, des béliers et des bouvillons pour me faire tomber par terre parmi les excréments. Toi, Simon, prudent pourtant comme tu l'es, tu as ouvert la bouche pour insulter les membres les plus haineux du Sanhédrin qui grossièrement me poussaient en me disant : "Écarte-toi, démon, pour que passent les envoyés de Dieu". Toi, Jude, mon cousin, et toi, Jean, mon préféré, avez crié, et vivement m'avez empêché le premier d'être heurté en prenant le cheval par la bride, l'autre en se mettant devant Moi et en recevant le choc de la barre dirigée contre Moi quand, avec un rire méprisant, Sadoc a marché contre Moi en lançant au galop son lourd char contre Moi, intentionnellement. Je vous remercie de votre amour qui vous fait vous lever contre ceux qui offensent Celui qui est désarmé. Mais vous verrez bien d'autres offenses et d'autres actes de cruauté. Quand cette lune reviendra dans le ciel pour la seconde fois après ce soir, les offenses, qui pour le moment sont verbales, ou à peines ébauchées quand elles sont matérielles, deviendront concrètes et plus nombreuses que les fleurs qui sont maintenant sur les arbres fruitiers et qui ne cessent de se multiplier dans leur hâte de fleurir. Vous avez vu — et vous avez été stupéfaits — un figuier desséché et toute une pommeraie sans fleurs. Le figuier, comme Israël, a refusé de restaurer le Fils de l'homme et il est mort dans son péché. La pommeraie, comme les gentils, attend l'heure que j'ai dite aujourd'hui pour fleurir et faire disparaître le dernier souvenir de la férocité des hommes par la douceur des fleurs qu'ils répandront sur la tête et sous les pieds du Vainqueur."

"Quelle heure, Maître ?" demande Matthieu. "Tu as tant parlé et de tant de choses aujourd'hui ! Je ne me rappelle pas bien, et je voudrais me rappeler tout. Peut-être l'heure du retour du Christ ? Ici aussi tu as parlé de branches qui deviennent tendres et mettent des feuilles." "Mais non !" s'écrie Thomas. "Le Maître parle comme si cette conjuration qui l'attend était imminente. Comment alors, en si peu de temps, peut arriver tout ce que Lui dit précéder son retour ? Guerres, destructions, esclavage, persécutions, l'Évangile prêché dans le monde entier, désolation et abomination dans la maison de Dieu, et puis des tremblements de terre, des pestes, de faux prophètes, des signes dans le soleil et dans les étoiles... Eh ! il faut des siècles pour faire tout cela ! Il serait frais le maître de la pommeraie si son jardin devait attendre cette heure pour fleurir !" "Il ne mangerait plus de ses pommes parce que je dis qu'alors ce sera la fin du monde" commente Bathélemy. "Pour accomplir la fin du monde il ne faudrait qu'une pensée de Dieu, et tout retournerait au néant. Par conséquent cette pommeraie pourrait avoir peu de temps à attendre. Mais comme je l'ai dit, cela arrivera. Et de l'un à l'autre il se passera donc des siècles. Je veux dire jusqu'au triomphe et au retour du Christ" explique Jésus. "Et alors ? Quelle heure ?" "Oh ! moi, je la connais l'heure !" dit Jean en pleurant. "Je la connais. Et ce sera après ta mort et ta résurrection !..." et Jean l'embrasse fortement. "Et tu pleures s'il ressuscite ?" plaisante Judas Iscariote. "Je pleure parce qu'auparavant il doit mourir. Ne te moque pas de moi, démon. Je comprends et je ne puis penser à cette heure." "Maître, il m'a appelé démon. Il a péché contre son compagnon." "Judas, as-tu conscience de ne pas le mériter ? Et alors ne te fâche pas pour sa faute. Moi aussi on m'a appelé "démon" et on m'appellera encore ainsi." "Mais tu as dit que celui qui insulte son frère est coup..." "Silence. Que devant la mort finissent enfin ces accusations odieuses, ces disputes et ces mensonges. Ne troublez pas celui qui meurt." "Pardonne-moi, Jésus, murmure Jean. "J'ai senti quelque chose qui se révoltait en moi, en entendant son rire... et je n'ai pu me retenir."

 

Jean est tout embrassé, poitrine contre poitrine, et pleure sur son cœur. "Ne pleure pas. Je te comprends. Laisse-moi parler." Mais Jean ne se détache pas de Jésus même pas quand il s'assoit sur une grosse racine qui dépasse. Il reste un bras derrière son dos et l'autre autour de sa poitrine, la tête appuyée sur son épaule et il pleure sans bruit. Seules brillent au clair de lune ses larmes qui tombent sur l'habit pourpre de Jésus et elles semblent des rubis, gouttes de sang pâle frappées par la lumière. "Vous avez entendu parler les juifs et les gentils, aujourd'hui. Vous ne devez donc pas vous étonner si je vous dis : "De ma bouche est sortie une parole de justice, toujours. Et elle ne sera pas révoquée". Si je dis, toujours avec Isaïe, en parlant des gentils qui viendront à Moi après que j'aurai été élevé de terre : "En ma présence tout genou pliera, à cause de Moi et sur Moi jurera toute langue". Et encore vous ne douterez pas lorsque vous aurez remarqué les manières des juifs, qu'il est facile de dire sans crainte d'erreur que me seront amenés tous ceux qui, sans honte, s'opposent à Moi. Mon Père n'a pas fait de Moi son serviteur seulement pour faire revivre les tribus de Jacob, pour convertir ce qui reste d'Israël : les restes, mais Il m'a donné comme lumière des Nations afin que je sois le "Sauveur" pour toute la Terre. C'est pour cela qu'en ces trente-trois années d'exil du Ciel et du sein du Père, j'ai continué à croître en Grâce et en Sagesse près de Dieu et près des hommes, pour atteindre l'âge parfait, et en ces trois dernières années, après avoir brûlé mon âme et mon esprit au feu de l'amour et l'avoir trempée au froid de la pénitence, j'ai fait "de ma bouche une sorte d'épée tranchante". Le Père saint, qui est mon Père et le vôtre, m'a jusqu'ici gardé sous l'ombre de sa main, car ce n'était pas encore l'heure de l'Expiation. Maintenant Il me laisse aller. La flèche choisie, la flèche de son divin carquois, après avoir blessé pour guérir, blessé les hommes pour faire dans leurs cœurs une brèche pour la Parole et la Lumière de Dieu, s'en va rapide et sûre d'elle blesser la Seconde Personne, l'Expiateur, l'Obéissant pour tout l'Adam désobéissant... Et comme un guerrier qui est frappé je tombe, en disant pour trop d'hommes : "C'est en vain que je me suis fatigué sans raison, sans rien obtenir. J'ai consumé mes forces pour rien". Mais non ! Non, pour le Seigneur Éternel qui ne fait jamais rien sans but ! Arrière Satan qui veux me porter au découragement et essayer de me faire désobéir ! A l'alpha et à l'oméga de mon ministère tu es venu et tu viens.

Eh bien, voici, je me lève (et réellement il se dresse debout) pour la bataille. Je me mesure avec toi. Et, je me le jure à Moi-même, je vaincrai. Ce n'est pas de l'orgueil de le dire. C'est la vérité. Le Fils de l'homme sera dans sa chair vaincu par l'homme, le misérable ver qui mord et empoisonne avec sa fange putride. Mais le Fils de Dieu, la Seconde Personne de l'inexprimable Triade, ne sera pas vaincue par Satan. Tu es la Haine. Et tu es puissant dans ta haine et dans ta tentation. Mais avec Moi il y aura une force qui t'échappe, car tu ne peux l'atteindre et tu ne peux l'arrêter. L'Amour est avec Moi ! Je sais la torture inconnue qui m'attend. Non celle dont je vous parlerai demain pour que vous sachiez que rien de ce que l'on faisait ou entreprenait pour Moi, ou autour de Moi, que rien de ce qui se formait en vos cœurs, ne m'était inconnu. Mais l'autre torture... Celle qui n'est pas donnée au Fils de l'homme avec des lances ou des bâtons, par des railleries et des coups, mais par Dieu même et qui ne sera connue que par peu de personnes pour ce que réellement elle aura d'atroce, et admise comme possible par encore moins. Mais dans cette torture où il y aura deux principaux tortureurs : Dieu, par son absence, et toi, démon, par ta présence, la Victime aura avec elle l'Amour. L'Amour vivant dans la Victime, force première de sa résistance à l'épreuve et l'Amour dans le consolateur spirituel qui déjà agite ses ailes d'or dans son anxiété de descendre pour essuyer mes sueurs et recueillir toutes les larmes des anges dans le céleste calice et y délaie le miel des noms de mes rachetés et de ceux qui m'aiment pour adoucir par cette boisson la grande soif du Torturé et son amertume sans mesure. Et tu seras vaincu, démon. Un jour, en sortant d'un obsédé, tu m'as dit : "J'attends pour te vaincre que tu sois une loque de chair sanglante". Mais Moi, je te réponds : "Tu ne m'auras pas. Je vaincs. Ma fatigue était sainte, ma cause est auprès de mon Père. Lui défend l'œuvre de son Fils et il ne permettra pas que mon esprit fléchisse". Père, je te dis, dès maintenant je te dis pour cette heure atroce : "Entre tes mains j'abandonne mon esprit". Jean, ne me quitte pas... Vous, allez. Que la paix du Seigneur soit là où Satan n'est pas l'hôte. Adieu." Tout prend fin.

Texte extrait de l'Evangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 13 et 14


9 mars 2010

Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus 11/15

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Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus

Don Tomaselli, Salésien de Don Bosco

Onzième vendredi

Réparation pour la profanation des fêtes

Lecture

Dieu est jaloux de son jour. Il nous a donné un Commandement dans le Décalogue, en le faisant précéder d'une parole significative: « Souviens-toi de sanctifier les fêtes et ne l'oublie pas ». Le Seigneur veut être honoré toujours, mais tout spécialement le jour qui lui est consacré, et pourtant, c'est le dimanche que sa Divinité est le plus offensée. Le travail est un devoir, ceux qui travaillent rendent gloire à Dieu. Ceux qui travaillent sans un motif sérieux et grave le dimanche et les fêtes d'obligation commettent un péché mortel. Combien de personnes profanent ce jour en travaillant? Combien de déplaisir elles donnent au Seigneur. Ceux qui ne vont pas là la Messe en semaine n'offensent pas Dieu, mais ceux qui la manquent le dimanche, sans un motif grave, commettent une faute. Pourtant, combien de millions d'âmes manquent à ce devoir? Dans les jours fériés, on travaille dur et l'on ne pense pas à se promener; à la fin de la journée, après un instant de délassement, on va se reposer; mais dans les jours de fêtes, puisque la plupart des personnes ne travaillent pas, on préfère se donner aux amusements mondains dans lesquels il est facile d'offenser Dieu. Un autre péché facile à commettre aux jours de fête, c'est la profanation de son Temple. Si Dieu est jaloux de son jour, il ne l'est pas moins de sa maison. En semaine, très peu de personnes fréquentent les églises, mais le dimanche, à certaines heures, elles sont très peuplées. Parmi ces personnes présentes, combien y en a-t-il qui manquent de respect à Dieu en passant devant le Saint Tabernacle sans faire la génuflexion; d'autres, pendant la Messe, vont à l'église plus pour y être regardées, que pour prier: d'autres encore y viennent avec la tête découverte et habillées avec peu de décence; d'autres enfin, hommes et femmes, vont à l'église comme à un rendez-vous galant, au grand scandale des bons! Que fait Jésus pendant ce temps? Son Divin Cœur, qui observe tout, est très affligé; sa Justice Divine voudrait agir comme au jour où, dans le Temple de Jérusalem, Il a chassé les profanateurs, mais son infinie Miséricorde arrête son courroux. Combien donc de péchés on commet les jours de fêtes! Faisons réparation au Cœur de Jésus pour toutes ces iniquités. Que les âmes pieuses se dévouent à faire réparation de la manière suivante: en plus de la Messe prescrite, si l'on peut écouter une autre Messe pour ceux qui la négligent volontairement; offrir toutes les bonnes oeuvres de la journée; la Sainte Communion, le Rosaire, d'autres pratiques de piété et de sacrifice. Comme elle sera agréable à Dieu cette réparation! Il faut promettre au Sacré Cœur de sanctifier les fêtes, en veillant à ce que tous les membres de la famille ne manquent pas à ce devoir. Il ne fait pas oublier que ceux qui observent bien ce Commandement du Décalogue sont bénis de Dieu, tout particulièrement; pas seulement dans les affaires spirituelles, mais dans les affaires temporelles.

Bouquet spirituel: Veiller à ce que personne, dans votre famille, ne profane les dimanches et fêtes.

Prière: Chaque jour de la semaine, réciter 5 Notre Père, je Vous salue Marie et Gloire au Père en réparation des intentions du Vendredi.

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21 février 2010

Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus 7/15

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Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus

Don Tomaselli, Salésien de Don Bosco

Septième vendredi

Réparation pour les péchés des scandales


Lecture


Un des péchés les plus graves est le scandale, puisque par lui le mal se multiplie dans les âmes. On appelle scandale l'élan ou l'occasion de faire pécher les autres en les excitant ou leur apprenant à faire le mal. Couramment on appelle scandale le mauvais exemple en fait de moralité. Le monde est un amas de scandales. Jésus a prononcé un terrible avertissement: malheur au monde! Il est inévitable que cela n'advienne pas, mais malheur à l'homme qui le provoquera: et pourquoi Jésus est-il si sévère en cette matière? Parce que le scandaleux est un homicide spirituel. Jésus a versé son sang pour sauver les âmes; le scandaleux les lui vole en rendant inutile le fruit de la rédemption. Le scandale donné aux tout-petits est un délit plus grave; Jésus Lui-même à dit: « Malheur à qui scandalise un de ces petits qui croit en Moi, il serait mieux pour lui qu'il s'attache une pierre de moulin et qu'il se jette au plus profond de la mer ». Combien de scandales se commettent journellement et à combien d'innocents on apprend l'immoralité? Par de perfides conseils, on détourne ceux qui voudraient se maintenir dans le droit chemin. Ceux qui ont été pervertis, trop souvent suivent la pente dangereuse, en entraînant à leur tour les autres. Le Cœur de Jésus est blessé par les offenses des hommes et tout spécialement par le scandale. Faisons de ce septième vendredi réparation en conséquence. Prions afin que soit réduit le nombre des scandales et pour ceux qui en ont été victimes. Ne nous est-il pas arrivé, dans notre enfance ou jeunesse, de recevoir le poison du scandale? Prions pour ceux qui ont blessé notre âme. Il se pourrait que nous-mêmes, dans un moment de passion et d'aveuglement moral, ayons été sujets de scandale à quelques âmes. Que nous reste-t-il à faire? Pleurer des larmes de sang pour le mal commis et réparer si possible. La réparation est une grave obligation. Il convient de tout faire pour ne pas la négliger, en priant, invoquant la Divine Miséricorde pour nous et pour les âmes que nous avons pu gâter par notre mauvais exemple, mauvaise conversation, qui ont été la cause de tout le mal. Songe à présent à les rappeler par ton exemple et tes conseils; n'oublie pas que l'âme scandalisée par toi, a pu, à son tour, faire beaucoup de mal. Ta réparation consiste à sauver le plus d'âmes possible. Qui a sauvé une âme a prédestiné la sienne pour le Ciel, mais qui a donné le mauvais exemple l'a prédestinée pour l'Enfer.


Bouquet spirituel: Ne pas fréquenter des personnes qui vivent scandaleusement et ne pas craindre de rompre avec elles.


Prière: Chaque jour de la semaine, réciter 5 Notre Père, je Vous salue Marie et Gloire au Père en réparation des intentions du Vendredi.

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27 mars 2010

Dimanche des Rameaux et de la Passion

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Semaine Sainte 2010

Dimanche des Rameaux et de la Passion

Comme les foules venues acclamer Jésus aux portes de la ville, nous nous pressons aujourd'hui aux portes des églises pour nous souvenir de l'entrée triomphante de Jésus à Jérusalem. Avec toute l'Eglise, entrons dans la Semaine Sainte. Commençons les célébrations du Mystères Pascal. Préparons-nous à suivre notre Sauveur dans Sa Passion jusqu'à la Croix pour avoir part à Sa Résurrection et à Sa Vie.

L'entrée de Jésus à Jérusalem

Extrait des Révélations de Maria Valtorta

Jésus passe son bras autour des épaules de sa Mère qui s'est levée quand Jean et Jacques d'Alphée  l'ont rejointe pour lui dire : "Ton Fils arrive", et puis ils sont revenus en arrière pour se réunir à leurs compagnons qui avancent lentement en parlant, alors que Thomas et André ont couru vers Bethphagé pour chercher l'ânesse et l'ânon et les amener à Jésus.

Jésus, pendant ce temps, parle aux femmes : "Nous voici près de la ville. Je vous conseille d'y aller et d'y aller en toute sûreté. Entrez dans la ville avant Moi. Près de En Rogel, se trouvent les bergers  et les disciples les plus fidèles. Ils ont l'ordre de vous accompagner et de vous protéger." "C'est que... Nous avons parlé avec Aser de Nazareth et Abel de Bethléem de Galilée et aussi avec Salomon. Ils étaient venus jusqu'ici pour guetter ton arrivée. La foule prépare une grande fête. Et on voulait voir... Tu vois comme remue le haut des oliviers ? Ce n'est pas le vent qui les agite ainsi. Mais ce sont des gens qui coupent des branches pour en joncher le chemin et t'abriter du soleil. Et là-bas ? ! Regarde, ils sont en train de dépouiller les palmiers de leurs éventails. On dirait des grappes et ce sont des hommes grimpés sur les fûts qui n'en finissent pas de cueillir... Et sur les pentes tu vois des enfants qui se baissent pour cueillir des fleurs. Et certainement les femmes dépouillent les jardins des fleurs et des plantes odorantes pour en joncher le chemin. Nous voulions voir... et imiter le geste de Marie de Lazare qui recueillit toutes les fleurs foulées par ton pied quand tu es entré dans le jardin de Lazare" demande Marie de Cléophas au nom de toutes. Jésus caresse sur la joue sa vieille parente qui semble une enfant désireuse de voir un spectacle, et il lui dit : "Dans la grande foule, tu ne verrais rien. Allez en avant, à la maison de Lazare, celle qui a Matthias comme gardien. Je passerai par là, et vous me verrez d'en haut." "Mon Fils... et tu vas seul ? Je ne puis rester près de Toi ?" dit Marie en levant son visage si triste et en fixant ses yeux de ciel sur son doux Fils. "Je voudrais te prier de rester cachée. Comme la colombe dans le creux du rocher. Plus que ta présence, ta prière m'est nécessaire, Maman aimée !" "Si c'est ainsi, mon Fils, nous prierons, toutes, pour Toi." "Oui. Après l'avoir vu passer, vous viendrez avec nous dans mon palais de Sion. Et j'enverrai des serviteurs au Temple et toujours à la suite du Maître pour qu'ils nous apportent ses ordres et ses nouvelles" décide Marie de Lazare toujours rapide pour saisir ce qu'il y a de mieux à faire et pour le faire sans retard. "Tu as raison, ma sœur. Bien qu'il me peine de ne pas le suivre, je comprends le bien fondé de cet ordre. Et du reste Lazare nous a dit de ne contredire le Maître en rien, et de Lui obéir même dans les plus petits détails. Et nous le ferons."

"Et alors, allez. Vous voyez ? Les routes s'animent. Les apôtres vont me rejoindre. Allez. La paix soit avec vous. Je vous ferai venir aux heures que je jugerai bonnes. Maman, adieu. Sois en paix. Dieu est avec nous." Il l'embrasse et la congédie. Et les disciples obéissantes s'en vont sans tarder. Les dix apôtres rejoignent Jésus : "Tu les as envoyées en avant ?" "Oui. Elles verront mon entrée d'une maison." "De quelle maison ?" demande Judas de Kériot. "Eh ! elles sont désormais si nombreuses les maisons amies !" dit Philippe. "Pas chez Annalia ?" insiste l'Iscariote. Jésus répond négativement et se met en chemin vers Bethphagé qui est peu éloignée. Il en est tout proche quand reviennent les deux qu'il a envoyés prendre l'ânesse et l'ânon. Ils crient : "Nous avons trouvé comme tu l'as dit, et nous t'aurions amené les animaux. Mais leur maître a voulu les étriller et les orner des meilleurs harnachements pour te faire honneur. Et les disciples, unis à ceux qui ont passé la nuit dans les rues de Béthanie pour t'honorer, veulent avoir l'honneur de te les conduire, et nous avons consenti. Il nous a paru que leur amour méritait une récompense." "Vous avez bien fait. Avançons, en attendant." "Sont-ils nombreux les disciples ?" demande Barthélémy. "Oh ! une multitude. On n'arrive pas à passer par les rues de Bethphagé. Aussi j'ai dit à Isaac de conduire l'âne chez Cléonte, le fromager" répond Thomas. "Tu as bien fait. Allons jusqu'à cet escarpement des collines, et attendons un peu à l'ombre de ces arbres." Ils vont à l'endroit indiqué par Jésus. "Mais nous nous éloignons ! Tu dépasses Bethphagé en la contournant par derrière !" s'écrie l'Iscariote. "Et si je veux le faire, qui peut m'en empêcher ? Suis-je peut-être déjà prisonnier, pour qu'il ne me soit pas permis d'aller où je veux ? Et est-on pressé que je le sois et craint-on que je puisse échapper à la capture ? Et si j'estimais juste de m'éloigner pour des lieux plus sûrs, y a-t-il quelqu'un qui pourrait m'en empêcher ?" Jésus darde son regard sur le Traître qui ne parle plus et hausse les épaules, comme pour dire : "Fais ce que bon te semble." Ils tournent en effet en arrière du petit village, je dirais un faubourg de la ville elle-même car, du côté ouest, il est vraiment peu éloigné de la ville, faisant déjà partie des pentes de l'Oliveraie qui couronne Jérusalem du côté oriental. En bas, entre les pentes et la ville, le Cédron brille au soleil d'avril.

Jésus s'assoit dans cette silencieuse verdure et se concentre dans ses pensées. Puis il se lève et va réellement sur la cime de l'escarpement. Jésus me dit : "Ici tu mettras la vision du 31 Juillet 1944 : Jésus qui pleure sur Jérusalem, à partir de la phrase que je t'ai dite pour commencer la vision." Et ensuite, il recommence à me montrer les phases de son entrée triomphale. 30 Juillet. Je ne sais comment faire pour décrire, car je ressens au cœur un tel malaise que j'ai peine à rester assise. Mais il y a si longtemps que c'est ainsi. Je dois écrire ce que je vois. Pour moi s'éclaire l'Évangile d'aujourd'hui : 5ème dimanche après la Pentecôte. D'un coteau près de Jérusalem, Jésus regarde la ville qui s'étend à ses pieds. Le coteau n'est pas très haut. Au maximum comme peut l'être la petite place S. Miniato du mont, à Florence; mais cela suffit pour que l'œil domine l'étendue de toutes les maisons et des rues qui montent et descendent sur les petits accidents de terrain sur lesquels se trouve Jérusalem. Cette colline est certainement bien plus haute, si on prend le niveau le plus bas de la ville, que ne l'est le Calvaire, mais elle est plus proche de l'enceinte que ce dernier. Elle commence exactement tout près des murs et s'élève rapidement en s'éloignant de ceux-ci, alors que de l'autre côté elle descend mollement vers une campagne toute verte qui s'étend vers l'est, vers l'orient si j'en juge du moins par la lumière solaire. Jésus et les siens sont sous un bosquet, à l'ombre, assis. Ils se reposent du chemin parcouru. Puis Jésus se lève, quitte l'endroit boisé où ils étaient assis et s'en va tout à fait au sommet du coteau. Sa haute personne se détache nettement dans l'espace vide qui l'entoure. Il paraît encore plus grand ainsi, debout, et seul. Il tient les mains serrées sur sa poitrine, sur son manteau bleu, et regarde extrêmement sérieux. Les apôtres l'observent, mais ils le laissent faire sans bouger ni parler. Ils doivent penser qu'il s'est éloigné pour prier. Mais Jésus ne prie pas. Après avoir longuement regardé la ville en tous ses quartiers, en toutes ses élévations, en toutes ses particularités, parfois avec de longs regards sur tel ou tel point, parfois en insistant moins, Jésus se met à pleurer sans sanglots ni bruit.

Les larmes gonflent ses yeux, puis coulent et roulent sur ses joues et tombent parterre... des larmes silencieuses et tellement tristes, comme celles de quelqu'un qui sait qu'il doit pleurer, seul, sans espérer de réconfort ni de compréhension de personne. A cause d'une douleur qui ne peut être annulée et qui doit être soufferte absolument. Le frère de Jean, à cause de sa position, est le premier à voir ces pleurs et il le dit aux autres qui se regardent entre eux, étonnés. "Personne de nous n'a fait de mal" dit quelqu'un, et un autre : "La foule aussi ne nous a pas insultés. Il ne s'y trouve personne qui Lui soit ennemi." "Pourquoi pleure-t-il alors ?" demande le plus âgé de tous. Pierre et Jean se lèvent ensemble et s'approchent du Maître. Ils pensent que l'unique chose à faire c'est de Lui faire sentir qu'ils l'aiment et de Lui demander ce qu'il a. "Maître, tu pleures ?" dit Jean en mettant sa tête blonde sur l'épaule de Jésus, qui le dépasse de la tête et du cou. Et Pierre, en Lui mettant une main à la taille, en l'entourant presque d'un embrassement pour l'attirer à lui, Lui dit : "Quelque chose te fait souffrir, Jésus ? Dis-le à nous qui t'aimons." Jésus appuie sa joue sur la tête blonde de Jean et, desserrant ses bras, il passe à son tour son bras autour de l'épaule de Pierre. Ils restent ainsi embrassés tous les trois, dans une pose si affectueuse. Mais les larmes continuent de couler. Jean, qui les sent tomber dans ses cheveux, recommence à Lui demander : "Pourquoi pleures-tu, mon Maître ? Peut-être que de nous il te vient de la peine ?" Les autres apôtres se sont réunis au groupe affectueux et attendent anxieusement une réponse. "Non" dit Jésus. "Pas de vous. Vous êtes pour Moi des amis et l'amitié, quand elle est sincère, est baume et sourire, jamais larme. Je voudrais que vous restiez toujours mes amis. Même maintenant que nous allons entrer dans la corruption qui fermente et qui corrompt celui qui n'a pas une volonté décidée de rester honnête." "Où allons-nous, Maître ? Pas à Jérusalem ? La foule t'a déjà salué joyeusement. Veux-tu la décevoir ? Allons-nous peut-être en Samarie pour quelque prodige ? Justement maintenant que la Pâque est proche ?" Les questions viennent en même temps de différents côtés.

Jésus lève la main pour imposer le silence et puis, de sa main droite, il montre la ville. Un geste large comme celui du semeur qui jette son grain devant lui et il dit : "Elle est la Corruption. Nous entrons dans Jérusalem. Nous y entrons. Et seul le Très-Haut sait comment je voudrais la sanctifier en y amenant la Sainteté qui vient des Cieux. La resanctifier, cette ville qui devrait être la Cité Sainte. Mais je ne pourrai rien lui faire. Corrompue elle est, et corrompue elle reste. Et les fleuves de sainteté qui coulent du Temple vivant, et qui couleront encore davantage dans peu de jours jusqu'à le vider de la vie, ne suffiront pas pour la racheter. Ils viendront au Saint la Samarie et le monde païen. Sur les temples mensongers s'élèveront les temples du vrai Dieu. Les cœurs des gentils adoreront le Christ. Mais ce peuple, cette ville sera toujours pour Lui une ennemie et sa haine l'amènera au plus grand péché. Cela doit arriver. Mais malheur à ceux qui seront les instruments de ce crime. Malheur !..." Jésus regarde fixement Judas qui est presque en face de Lui. "Cela ne nous arrivera jamais. Nous sommes tes apôtres et nous croyons en Toi, prêts à mourir pour Toi." Judas ment effrontément et soutient sans embarras le regard de Jésus. Les autres unissent leurs protestations. Jésus répond à tous pour éviter de répondre directement à Judas. "Veuille le Ciel que vous soyez tels, mais vous avez encore beaucoup de faiblesse en vous et la tentation pourrait vous rendre semblables à ceux qui me haïssent. Priez beaucoup et veillez beaucoup sur vous. Satan sait qu'il va être vaincu et il veut se venger en vous arrachant à Moi. Satan est autour de nous tous : de Moi, pour m'empêcher de faire la volonté du Père et d'accomplir ma mission; de vous, pour faire de vous ses serviteurs. Veillez. Dans ces murs Satan prendra celui qui ne saura pas être fort. Celui pour lequel cela aura été une malédiction d'être choisi parce qu'il a donné à ce choix un but humain. Je vous ai choisis pour le Royaume des Cieux et non pour celui du monde. Souvenez-vous-en. Et toi, cité qui veux ta ruine et sur qui je pleure, sache que ton Christ prie pour ta rédemption. Oh ! si au moins en cette heure qui te reste tu savais venir à Celui qui serait ta paix ! Si au moins tu comprenais à cette heure l'Amour qui passe au milieu de toi et si tu te dépouillais de la haine qui te rend aveugle et folle, cruelle pour toi-même et pour ton bien ! Mais un jour viendra où tu te rappelleras cette heure ! Trop tard alors pour pleurer et te repentir ! L'Amour sera passé et sera disparu de tes routes et il restera la Haine que tu as préférée. Et la haine se tournera vers toi, vers tes enfants. Car on a ce qu'on a voulu, et la haine se paie par la haine.

Et ce ne sera pas alors la haine des forts contre le désarmé. Mais ce sera haine contre haine, et donc guerre et mort. Entourée de tranchées et de gens armés, tu souffriras avant d'être détruite et tu verras tomber tes fils tués par les armes et par la faim, et les survivants être prisonniers et méprisés, et tu demanderas miséricorde, et tu ne la trouveras plus parce que tu n'as pas voulu connaître ton Salut. Je pleure, amis, car j'ai un cœur d'homme et les ruines de la patrie m'arrachent des larmes. Mais que ce qui est juste s'accomplisse puisque dans ces murs la corruption dépasse toute limite et attire le châtiment de Dieu. Malheur aux citoyens qui sont la cause du mal de leur patrie ! Malheur aux chefs qui en sont la principale cause ! Malheur à ceux qui devraient être saints pour amener les autres à être honnêtes, et qui au contraire profanent la Maison de leur ministère et eux-mêmes !  Venez. A rien ne servira mon action. Mais faisons en sorte que la Lumière brille encore une fois au milieu des Ténèbres !" Et Jésus descend suivi des siens. Il s'en va rapidement par le chemin, le visage sérieux et je dirais presque renfrogné. Il ne parle plus. Il entre dans une maisonnette au pied de la colline et je ne vois pas autre chose. Jésus dit : "La scène racontée par Luc paraît sans liaison, pour ainsi dire illogique. Je déplore les malheurs d'une ville coupable et je ne sais pas compatir aux habitudes de cette ville ? Non. Je ne sais pas, je ne puis les compatir, puisque même ce sont justement ces habitudes qui engendrent les malheurs, et de les voir rend plus aiguë ma douleur. Ma colère contre les profanateurs du Temple est la conséquence logique de ma méditation sur les malheurs prochains de Jérusalem. Ce sont toujours les profanations du culte de Dieu, de la Loi de Dieu, qui provoquent les châtiments du Ciel. En faisant de la Maison de Dieu une caverne de voleurs, ces prêtres indignes et ces indignes croyants (de nom seulement] attiraient sur tout le peuple malédiction et mort. Inutile de donner tel ou tel nom au mal qui fait souffrir un peuple. Cherchez le nom exact en ceci : "Punition d'une vie de brutes". Dieu se retire et le Mal s'avance. Voilà le fruit d'une vie nationale indigne du nom de chrétienne. Comme alors, maintenant aussi, dans cette partie de siècle, je n'ai pas manqué par des prodiges de secouer et de rappeler. Mais comme alors, je n'ai attiré sur Moi et mes instruments que moquerie, indifférence et haine. Pourtant que les particuliers et les nations se souviennent que c'est inutilement qu'ils pleurent quand auparavant ils ne veulent reconnaître leur salut. Inutilement qu'ils m'invoquent quand à l'heure où j'étais avec eux ils m'ont chassé par une guerre sacrilège qui en partant de consciences particulières, vouées au Mal, s'est répandue dans toute la Nation. Les Patries ne se sauvent pas tant par les armes que par une forme de vie qui attire les protections du Ciel. Repose, petit Jean, et fais en sorte d'être toujours fidèle au choix que j'ai fait de toi. Va en paix." Quelle fatigue ! Je n'en peux vraiment plus...

Jésus a à peine le temps d'entrer dans la maison pour en bénir les habitants que l'on entend une gaie sonnerie de grelots et des voix en fête. Et tout de suite après, le visage émacié et pâle d'Isaac apparaît dans l'ouverture de la porte et le fidèle berger entre et se prosterne devant son Seigneur Jésus. Dans l'encadrement de la porte grande ouverte se pressent de nombreux visages et en arrière on en voit d'autres... On se bouscule, on se presse, on veut s'avancer... Quelques cris de femmes, quelques pleurs d'enfants pris au milieu de la cohue, et des salutations, des cris joyeux : "Heureux jour qui te ramène à nous ! La paix à Toi, Seigneur ! C'est un heureux retour, ô Maître, pour récompenser notre fidélité." Jésus se lève et fait signe qu'il va parler. Tout le monde se tait, et on entend nettement la voix de Jésus. "Paix à vous ! Ne vous entassez pas. Maintenant nous allons monter ensemble au Temple. Je suis venu pour être avec vous. Paix ! Paix ! Ne vous faites pas de mal. Faites place, mes aimés ! Laissez-moi sortir et suivez-moi, pour que nous entrions ensemble dans la Cité Sainte." Les gens obéissent tant bien que mal, et font un peu de place, assez pour que Jésus puisse sortir et monter sur l'ânon. Car Jésus indique le poulain jamais monté jusqu'alors comme sa monture. Alors de riches pèlerins, qui se pressent dans la foule, étendent sur la croupe de l'ânon leurs somptueux manteaux et quelqu'un met un genou à terre et l'autre à servir de marchepied au Seigneur qui s'assoit sur l'ânon, et le voyage commence. Pierre marche à côté du Maître et de l'autre côté Isaac tient la bride de la bête qui n'est pas entraînée, et qui pourtant marche tranquillement comme si elle était habituée à cet office sans s'emballer ou s'effrayer des fleurs qui, jetées comme elles le sont vers Jésus, frappent souvent les yeux et le museau de la bête, ni des branches d'olivier et des feuilles de palmiers agitées devant et autour de lui, jetées par terre pour servir de tapis avec des fleurs, ni des cris de plus en plus forts : "Hosanna, Fils de David !" qui montent vers le ciel serein pendant que la foule se tasse de plus en plus et grossit à cause des nouveaux venus.

Passer par Bethphagé, par les rues étroites et contournées, n'est pas chose facile et les mères doivent prendre les enfants dans leurs bras, et les hommes protéger les femmes de coups trop violents, et il arrive qu'un père place son fils sur ses épaules à califourchon et le porte élevé au-dessus de la foule alors que les voix des petits semblent des bêlements d'agneaux ou des cris d'hirondelles et que leurs menottes jettent des fleurs et des feuilles d'oliviers que leurs mères leur présentent, et envoient aussi des baisers au doux Jésus... Une fois sorti des rues étroites de la petite bourgade, le cortège se range et se déploie, et de nombreux volontaires s'en vont en avant pour prendre la tête et désencombrer le chemin, et d'autres les suivent en jonchant le sol de branches et quelqu'un, le premier, jette son manteau pour servir de tapis, et un autre, et quatre, et dix, et cent, et mille, l'imitent. Le chemin a en son milieu une bande multicolore de vêtements étendus sur le sol, et après le passage de Jésus ils sont repris et portés plus en avant, avec d'autres, avec d'autres, et toujours des fleurs, des branchages, des feuilles de palmiers s'agitent ou sont jetés par terre, et des cris plus forts s'élèvent tout autour en l'honneur du Roi d'Israël, à l'adresse du Fils de David, de son Royaume ! Les soldats de garde à la porte sortent pour voir ce qui arrive. Mais ce n'est pas une sédition et, appuyés sur leurs lances, ils se rangent de côté pour observer, étonnés ou ironiques, le cortège étrange de ce Roi assis sur un ânon, beau comme un dieu, simple comme le plus pauvre des hommes, doux, bénissant... entouré de femmes et d'enfants et d'hommes désarmés criant : "Paix ! Paix !", de ce Roi qui, avant d'entrer dans la ville, s'arrête un moment à la hauteur des tombeaux des lépreux de Hinnon et de Siloan (je crois bien parler de ces lieux où j'ai vu d'autres fois des miracles de lépreux) et s'appuyant sur l'unique étrier sur lequel il appuie son pied, puisqu'il est assis sur l'âne et non à cheval, il se lève et ouvre les bras en criant dans la direction de ces pentes horribles, où des visages et des corps effrayants se montrent en regardant vers Jésus et élèvent le cri lamentable des lépreux : "Nous sommes infectés !", pour écarter des imprudents qui pour bien voir Jésus monteraient aussi sur les terrasses contaminées : "Que celui qui a foi invoque mon Nom et ait la santé grâce à cela !" et il les bénit en reprenant sa route et en ordonnant à Judas de Kériot : "Tu achèteras de la nourriture pour les lépreux et avec Simon tu la leur porteras avant le soir."

Le cortège entre sous la voûte de la Porte de Siloan et puis comme un torrent se déverse dans la ville en passant par le faubourg d'Ophel —où chaque terrasse est devenue une petite place aérienne remplie de gens qui crient des hosannas, jettent des fleurs et renversent des parfums en bas, sur la route, en essayant de les jeter sur le Maître, et l'air est saturé par l'odeur des fleurs qui meurent sous les pas de la foule et des essences qui se répandent dans l'air avant de tomber dans la poussière de la route — le cri de la foule semble augmenter et se renforcer comme si chacun criait dans un porte-voix, car les nombreux archivoltes dont Jérusalem est remplie l'amplifient ne cessant pas de le faire résonner. J'entends crier, et je crois que cela veut dire ce que disent les évangélistes : "Scialem, Scialem melchil !" (ou malchit : je m'efforce à rendre le son des paroles, mais il est difficile car elles ont des aspirations que nous n'avons pas). C'est un bruit continu, semblable à celui d'une mer en tempête dans laquelle n'est pas encore tombé le bruit de la lame qui fouette la plage et les écueils, qu'une autre lame ramasse et relève en un nouveau claquement sans jamais s'arrêter. J'en suis assourdie ! Parfums, odeurs, cris, des branches et des vêtements qui s'agitent, couleurs... C'est une vision étourdissante. Je vois la foule qui n'en finit pas de se mélanger, des visages connus qui apparaissent et disparaissent : tous les disciples de tous les coins de la Palestine, tous ceux qui suivent Jésus... Je vois pendant un instant Jaïre, je vois Jaia l'adolescent de Pella (me semble-t-il) qui était aveugle avec sa mère et que Jésus guérit, je vois Joachim de Bozra et ce paysan de la plaine de Saron avec ses frères, je vois le vieux et solitaire Matthias de cet endroit près du Jourdain (rive orientale) auprès duquel Jésus se réfugia alors que tout était inondé, je vois Zachée avec ses amis convertis, je vois le vieux Jean de Nobé avec presque tous ses concitoyens, je vois le mari de Sara de Jutta... Mais qui peut retenir ces visages et ces noms si c'est un kaléidoscope de visages connus et inconnus, vus plusieurs fois ou une seule ?... Voici maintenant le visage du pastoureau  pris à Ennon. Et près de lui le disciple de Corozaïn qui quitta la sépulture de son père pour suivre Jésus; et tout près, pour un instant, le père et la mère de Benjamin de Capharnaüm avec leur jeune fils qui manque de tomber sous les pieds de l'ânon en se jetant en avant pour recevoir une caresse de Jésus. Et — malheureusement — des visages de pharisiens et de scribes, livides de colère à cause de ce triomphe, qui, arrogants, fendent le cercle d'amour qui se serre autour de Jésus, et Lui crient : "Fais taire ces fous ! Rappelle-les à la raison ! Ce n'est qu'à Dieu que l'on adresse des hosannas. Dis-leur de se taire !"

À quoi Jésus répond doucement : "Même si je leur disais de se taire et qu'ils m'obéissent, les pierres crieraient les prodiges du Verbe de Dieu." En effet les gens crient : "Hosanna, hosanna au fils de David ! Béni Celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna à Lui et à son Règne ! Dieu est avec nous ! L'Emmanuel est venu ! Il est venu le Royaume du Christ du Seigneur ! Hosanna ! Hosanna de la Terre jusqu'en haut des Cieux ! Paix ! Paix, mon Roi ! Paix et bénédiction à Toi, Roi saint ! Paix et gloire dans les Cieux et sur la Terre ! Gloire à Dieu pour son Christ ! Paix aux hommes qui savent l'accueillir ! Paix sur la Terre aux hommes de bonne volonté et gloire dans les Cieux très Hauts car l'heure du Seigneur est venue !" (et ceux qui poussent ce dernier cri, c'est le groupe compact des bergers qui répètent le cri de la naissance). Outre ces cris continuels, les gens de Palestine racontent aux pèlerins de la Diaspora les miracles qu'ils ont vus et à ceux qui ne savent pas ce qui arrive, aux étrangers qui passent par hasard par la ville et qui demandent : "Mais qui est Celui-là ? Qu'arrive-t-il ?", ils expliquent : "C'est Jésus ! Jésus, le Maître de Nazareth de Galilée ! Le Prophète ! Le Messie du Seigneur ! Le Promis ! Le Saint !" D'une maison dont on a dépassé depuis peu la porte, car la marche est très lente dans une telle confusion, il sort un groupe de robustes jeunes gens portant en l'air des vases de cuivre pleins de charbon allumé et d'encens qui brûle en répandant des nuages de fumée odorante. Et leur geste est bien vu et on le répète. Plusieurs courent en avant ou reviennent en arrière vers leurs maisons pour se faire donner du feu et des résines odorantes pour les brûler en hommage au Christ. La maison d'Annalia apparaît. La terrasse enguirlandée de vigne avec ses feuilles nouvelles qui tremble à un doux vent d'avril, a sur le côté qui donne sur la rue toute une rangée de jeunes filles vêtues de blanc et voilées de blanc, au milieu desquelles se trouve Annalia, avec des corbeilles de pétales de rosés effeuillées et de muguets qui déjà voltigent en l'air. "Les vierges d'Israël te saluent, Seigneur !" dit Jean qui s'est frayé un chemin et qui maintenant est à côté de Jésus, pour attirer son attention sur la guirlande de pureté qui se penche en souriant du parapet pour joncher le chemin de pétales rouges comme du sang et de muguets blancs comme des perles.

Jésus retient un instant les rênes et arrête l'ânon. Il lève son visage et sa main pour bénir cette virginité énamourée de Lui, jusqu'à renoncer à tout autre amour terrestre. Et Annalia se penche et crie : "Ton triomphe, je l'ai vu, Ô mon Seigneur ! Prends ma vie pour ta glorification universelle !" et en criant très fort, pendant que Jésus passe au-dessous de sa maison et avance, elle le salue : "Jésus !" Et un autre cri, différent, dépasse la clameur de la foule. Mais les gens, bien qu'ils l'entendent, ne s'arrêtent pas. C'est un fleuve d'enthousiasme, un fleuve de peuple en délire qui ne peut s'arrêter. Et alors que les derniers flots de ce fleuve sont encore en dehors de la porte, les premiers montent déjà les pentes qui conduisent au Temple. "Ta Mère !" dit Pierre en montrant une maison presque à l'angle d'un chemin qui monte au Moriah et par lequel le cortège s'est engagé. Et Jésus lève son visage pour sourire à sa Mère qui est en haut, parmi les femmes fidèles. La rencontre d'une caravane nombreuse arrête le cortège quelques mètres après que la maison est dépassée. Et pendant que Jésus s'arrête avec les autres, en caressant les enfants que les mères Lui présentent, un homme accourt et se fraie un passage en criant : "Laissez-moi passer ! Une femme est morte. Une jeune fille. Subitement. Sa mère appelle le Maître. Laissez-moi passer ! Lui l'a déjà sauvée une fois !" Les gens lui font place et l'homme accourt près de Jésus : "Maître, la fille d'Elise est morte. Elle t'a saluée de ce cri, puis elle s'est affaissée en disant : "Je suis heureuse", et elle a expiré. Son cœur s'est brisé dans l'allégresse de te voir triomphant. Sa mère m'a vu sur la terrasse près de sa maison et elle m'a envoyé t'appeler. Viens, Maître." "Morte ! Morte Annalia ! Mais hier seulement, elle était saine, en bonne santé, heureuse ?" Les apôtres se groupent agités, les bergers aussi. Tout le monde l'a vue hier en parfaite santé. Tout à l'heure ils l'ont vue rose, riante... Ils n'arrivent pas à se persuader du malheur... Ils demandent, s'informent des détails... "Je ne sais pas. Vous avez tous entendu ses paroles. Elle parlait fort, avec assurance. Puis je l'ai vue s'affaisser plus blanche que ses vêtements et j'ai entendu crier sa mère... Je ne sais pas autre chose."

"Ne vous agitez pas, elle n'est pas morte. Une fleur est tombée et les anges de Dieu l'ont recueillie pour la porter dans le sein d'Abraham. Bientôt le lys de la Terre s'ouvrira heureux au Paradis, ignorant pour toujours l'horreur du monde. Homme, dis à Élise qu'elle ne pleure pas le sort de son enfant. Dis-lui qu'elle a eu une grande grâce de Dieu, et que d'ici six jours elle comprendra quelle grâce Dieu a faite à sa fille. Ne pleurez pas. Que personne ne pleure. Son. triomphe est encore plus grand que le mien parce que les anges escortent la vierge pour la conduire à la paix des justes. Et c'est le triomphe éternel qui grandira sans jamais connaître de descente. En vérité je vous dis que c'est pour vous tous, mais non pour Annalia, que vous avez raison de pleurer. Allons." Et il répète aux apôtres et à ceux qui l'entourent : "Une fleur est tombée. Elle s'est couchée en paix et les anges l'ont recueillie. Bienheureuse celle qui est pure de chair et de cœur car bientôt elle va voir Dieu." "Mais comment, de quoi est-elle morte, Seigneur ?" demande Pierre qui ne peut y croire. "D'amour. D'extase, De joie infinie. Heureuse mort !" Ceux qui sont loin en avant ne savent pas; ceux qui sont très en arrière ne savent pas. Aussi les hosannas continuent, bien qu'auprès de Jésus il s'est formé un cercle de pensif silence. C'est Jean qui le rompt : "Oh ! je voudrais le même sort avant les heures qui vont venir !" "Moi aussi" dit Isaac. "Je voudrais voir le visage de la jeune fille morte d'amour pour Toi..." "Je vous prie de me sacrifier votre désir. J'ai besoin de vous près de Moi..." "Nous ne te laisserons pas, Seigneur. Mais pour cette mère aucun réconfort ?" demande Nathanaël. "J'y pourvoirai..." Ils sont aux portes de l'enceinte du Temple. Jésus descend de l'ânon que quelqu'un de Bethphagé prend en garde. Il faut se rappeler que Jésus ne s'est pas arrêté à la première porte du Temple, mais qu'il a suivi l'enceinte, en s'arrêtant seulement quand il se trouve sur le côté nord de l'enceinte, près de l'Antonia. C'est là qu'il descend et entre dans le Temple comme pour faire voir qu'il ne se cache pas au pouvoir qui domine, se sentant innocent dans toute sa conduite. La première cour du Temple présente le chahut habituel des changeurs et des vendeurs de colombes, passereaux et agneaux, seulement que maintenant les vendeurs sont délaissés car tout le monde est accouru pour voir Jésus.Et Jésus entre, solennel dans son vêtement de pourpre, et il tourne ses regards sur ce marché et sur un groupe de pharisiens et de scribes qui l'observent de dessous un portique.

Son regard est fulgurant d'indignation. Il se précipite au milieu de la cour. Son saut inattendu paraît un vol. Le vol d'une flamme, car son vêtement est une flamme dans le soleil qui inonde la cour. Et il tonne d'une voix puissante : "Hors de la maison de mon Père ! Ce n'est pas un lieu d'usure et de marché. Il est écrit : "Ma maison sera appelée maison de prière". Pourquoi donc en avez-vous fait une caverne de voleurs, de cette maison où on invoque le Nom du Seigneur ? Hors d'ici ! Purifiez ma Maison. Qu'il ne vous arrive pas qu'au lieu de me servir de cordes je vous frappe avec les foudres de la colère céleste. Hors d'ici ! Hors d'ici les voleurs, les brocanteurs, les impudiques, les homicides, les sacrilèges, les idolâtres de la pire idolâtrie : celle du propre moi orgueilleux, les corrupteurs et les menteurs. Dehors ! Dehors ! Ou bien le Dieu Très-Haut balayera pour toujours ce lieu et exercera sa vengeance sur tout un peuple." Il ne répète pas la fustigation de l'autre fois, mais comme les marchands et les changeurs tardent à obéir, il va au comptoir le plus proche et le renverse en répandant balances et pièces de monnaie sur le sol. Les vendeurs et les changeurs se hâtent de suivre l'ordre de Jésus, après avoir eu ce premier exemple. Et Jésus crie derrière eux : "Combien de fois devrai-je vous dire que ce ne doit pas être un lieu de souillure mais de prière ?" Et il regarde ceux du Temple qui, obéissant aux ordres du Pontife, ne font pas un geste de représailles. La cour purifiée, Jésus va vers les portiques où sont rassemblés des aveugles, des paralytiques, des muets, des estropiés et autres affligés qui l'invoquent à grands cris. "Que voulez-vous que je vous fasse ?" "La vue, Seigneur ! Les membres ! Que mon fils parle ! Que ma femme guérisse ! Nous croyons en Toi, Fils de Dieu !" "Que Dieu vous écoute. Levez-vous et dites des hosannas au Seigneur !" Ce n'est pas un par un qu'il guérit les nombreux malades, mais il fait de la main un geste large, et grâce et santé en descendent sur les malheureux qui se dressent sains avec des cris de joie qui se mêlent à ceux des nombreux enfants qui se serrent près de Lui en répétant : "Gloire, gloire au Fils de David ! Hosanna à Jésus de Nazareth, Roi des Rois, et Seigneur des Seigneurs !" Des pharisiens, en feignant le respect, Lui crient : "Maître, tu les entends ? Ces enfants disent ce qu'il ne faut pas dire. Reprends-les ! Qu'ils se taisent !"

"Et pourquoi ? Le roi prophète, le roi de ma race n'a-t-il pas dit peut-être : "De la bouche des enfants et des nourrissons tu as fait sortir la louange parfaite pour confondre tes ennemis" ? N'avez-vous pas lu ces paroles du psalmiste ? Permettez aux petits de dire mes louanges. Elles leur sont suggérées par leurs anges qui voient sans cesse mon Père et connaissent ses secrets et les suggèrent à ces innocents. Maintenant laissez-moi tous aller prier le Seigneur" et passant devant les gens il passe dans l'atrium des Israélites pour prier... Et puis, sortant par une autre porte, en frôlant la piscine probatique, il sort de la ville pour revenir sur les collines du mont des Oliviers. Les apôtres sont enthousiastes... Le triomphe leur a donné de l'assurance, et ils sont oublieux, complètement oublieux de toutes les terreurs que les paroles du Maître avaient suscitées... Ils parlent de tout... Ils brûlent d'être renseignés sur Annalia. Jésus les retient, non sans peine, d'y aller, en les assurant qu'il y pourvoira d'une manière qu'il sait, Lui... Sourds, sourds, sourds à toute parole d'avertissement divin... Hommes, hommes, hommes, qu'un cri d'hosanna rend oublieux de tout... Jésus parle aux serviteurs de Marie de Magdala qui l'ont rejoint au Temple et puis les congédie...  "Et maintenant, où allons-nous ?" demande Philippe. "A la maison de Marc de Jonas ?" dit Jean. "Non. Au camp des galiléens. Peut-être que mes frères sont venus et je veux les saluer" dit Jésus. "Tu pourrais le faire demain" Lui fait observer le Thaddée. "C'est une bonne chose de le faire pendant qu'on peut le faire. Allons chez les galiléens. Ils seront contents de nous voir. Vous aurez des nouvelles de vos familles. Moi, je verrai les enfants..." "Et ce soir ? Où allons-nous dormir ? Dans la ville ? En quel endroit ? Là où est ta Mère ? Ou bien chez Jeanne ?" demande Judas Iscariote. "Je ne sais. Certainement pas dans la ville. Peut-être encore sous quelques tentes galiléennes..." "Mais pourquoi ?" "Parce que je suis le Galiléen et que j'aime ma Patrie. Allons." Ils se remettent en route pour monter vers le camp des galiléens, qui est sur l'oliveraie du côté de Béthanie et c'est tout un groupement de tentes toutes blanches sous le gai soleil d'avril.

(Texte Extrait de l'Evangile tel qu'il m'a été révélé, tome 9, chapitre 9)

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Prions

Dieu éternel et Tout-Puissant, pour montrer au genre humain quel abaissement il doit imiter, Vous avez voulu que notre Sauveur, dans un Corps semblable au nôtre, subisse la Mort de la Croix: accordez-nous cette grâce de retenir les enseignements de Sa Passion et d'avoir part à Sa Résurrection. Lui qui vit et règne avec Vous dans l'Unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

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1 mars 2010

Le Mois de Saint Joseph

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Le Mois de Saint Joseph


Deuxième jour


Joseph figuré dans l'Ancien Testament, et destiné à être l'époux de Marie et le gardien de Jésus


Dieu, dans son immense charité, résolu de donner son Fils pour racheter les hommes, a voulu qu'il fût figuré et annoncé pendant 4000 ans. Mais il est aussi entré dans ses desseins que tous ceux qui devaient concourir immédiatement à l'lncarnation du Verbe, ou à l'œuvre de la Rédemption fussent figurés et annoncés comme lui. Aussi voyons-nous Marie figurée dans Eve, annoncée aussitôt après la chute de l'homme; et dans la suite des siècles, on trouve bien d'autres figures et d'autres prophéties., qui ont Marie pour objet. L'Eglise et les Apôtres ont été pareillement figurés et annoncés. Joseph aussi devait l'être. Nous trouvons, en effet, dans nos livres saints, un personnage, patriarche de l'ancienne loi, comme Joseph devait l'être de la nouvelle. L'un et l'autre portent le même nom, et quoique le fils de Jacob soit la figure de Jésus-Christ dans plusieurs de ses actions, il en est pourtant dans lesquelles on ne peut méconnaître les rapports qu'il a avec l'époux de Marie. Le premier est averti en songe comme le second des volontés de Dieu. L'un reçoit les hommages du soleil et de la lune, et l'autre ceux de Jésus, soleil de justice, et de Marie, lune mystérieuse qui communique à la terre la lumière qu'elle reçoit du soleil Celui-là est établi chef de la maison de Pharaon, et celui-ci, chef de la sainte Famille. Mais ensuite, si Dieu a pourvu de tant de grâces, et de privilèges celle qu'il destinait à devenir la mère de son Fils, que de faveurs semblables ne dût-il pas communiquer à joseph, à qui il devait confier la garde de la virginité de l'immaculée Marie, et de l'enfance de Celui en qui il mettait toutes ses complaisances. Aussi le voyons nous pratiquer les vertus évangéliques inconnues jusqu'alors. Quelle Humilité ! Quelle pureté ! Quel amour pour la vie cachée, pour les mépris et les souffrances ! Quelle patience dans les persécutions !


Connaître et suivre sa vocation


Dieu nous a aussi donné des vertus et-des inclinations propres a l'état auquel il nous destine. Appliquons-nous donc à connaître la volonté de Dieu, et prions pour avoir la force et le courage de l'accomplir. Il faut avant tout mériter par la ferveur de ses prières et par l'innocence de sa vie, que Dieu nous éclaire. Dans l'examen que nous ferons en suite de notre vocation ayant en vue notre salut éternel ; c'est ce qu'il faut se proposer dans toute entreprise et dire avec St. Louis de Gonzague : Quel rapport cette chose a-t-elle pour l' éternité ? Le salut, voilà la fin ; l'état, la vocation, voilà le moyen. Il faut examiner dans quel état nous trouverons plus de moyen de salut, et moins d'obstacles pour y arriver. Donc il faut renoncer à tout état qui nous offrirait des obstacles dont nous ne pourrions triompher. On doit ensuite examiner, en fermant l'oreille à la voix des passions et de la nature, quelles sont les inclinations ou les répugnances que nous trouvons en nous pour tel ou tel état, exposer le tout à un directeur sage et éclairé, et lui laisser liberté entière de décider même contre nos désirs, prier enfin jusqu'à ce que le Ciel nous fasse connaître sa volonté. Saint Joseph ! si je suis engagé dans un état, obtenez-moi la grâce d'en accomplir les obligations avec fidélité pour pouvoir me sauver. Si, au contraire, je n'ai fait encore aucun choix, veuillez être mon guide. Ainsi que l'ange qui vous faisait connaître les volontés de votre Dieu, dites moi si je dois aller en Egypte ou rester à Nazareth. Protégez votre enfant, et ne permettez pas qu'il s'engage dans une fausse route, dans laquelle bientôt il vous oublierait et serait fort exposé à perdre le ciel pour prendre le chemin de l'enfer.


Exemple


Quelques femmes de Zumaga, dans la Biscaye, s'étaient réunies avec le désir de se consacrer à Dieu dans l'ordre des carmélites déchaussées. Elles en écrivirent d l'évêque de Pampelune, leur premier pasteur. Celui-ci n'approuvait qu'en partie leur projet. Il se rendit à Zumaga pour leur proposer une règle moins austère que celle qui avait fixé leur choix. Ces bonnes femmes renouvelèrent leurs instances, mais le prélat ne se rendit pas. Il leur enjoignit de choisir un institut quelconque parmi ceux qui no prescrivaient pas d'aller pieds nus, et ne leur donna pour délibérer que le temps qu'il allait mettre à célébrer la messe ajoutant que si, dans cet intervalle, elles n'avaient pas fait leur choix, il leur indiquerait lui-même l'ordre où elles devraient entrer. A ces mots, il se rendit à l'église et commença la messe. Les pieuses femmes de leur côté, au lieu de délibérer, se mirent à supplier Notre-Seigneur de vouloir les admettre à prendre l'habit et la recèle les Carmélites déchaussées. Notre-Seigneur es exauça par l'entremise de suint Joseph. Le Saint apparut à l'évêque pendant la messe, le reprit fortement d'avoir affligé ces bonnes âmes en se refusant à leurs pieux désirs, et lui ordonna de les autoriser à embrasser la règle sainte Thérèse. La messe finie, l'évêque alla leur raconter l'apparition de Saint Joseph et l'ordre qu'il en avait reçu. Il mit le comble à leur joie en leur donnant la permission tant désirée d'embrasser la réforme du Carmel, et en plaçant la nouvelle maison sous l'invocation du saint qui s'en était d'avance et si hautement déclaré le protecteur. (Dévotion à saint Joseph, liv. 2, chap. l .)


O Marie, conçue, etc.

Je vous salue, Joseph, etc.

Un Pater et un Ave pour notre Saint Père le Pape

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Prions les uns pour les autres

Intentions de prières confiées à saint Joseph


Priez pour mon frère pierre auguste qui est aussi franciscain en cote d'ivoire et je voudrais qu'il devienne prêtre. Aussi pour le visas de mon fils Pierre Guillaume en Côte d'ivoire pour me rejoindre ici en Ecosse. car cela fait dix ans qu'on est séparés. Pour mon mariage. (M.S.)


Saint Joseph, aidez-nous à trouver un appartement au plus vite. (F.M.)


Si vous aussi, avez des intentions de prières à confier à Saint Joseph, envoyez les moi par mail à franck.monvoisin@laposte.net et elles seront confiées à la prière des internautes.

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13 mars 2010

Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus 12/15

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Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus

Don Tomaselli, Salésien de Don Bosco


Douzième vendredi

Réparation pour les crimes


Lecture


La vie est un don de Dieu, l'on doit la respecter pour soi-même comme pour les autres. Malheur à qui la supprime par sa faute. Le cinquième Commandement: tu ne tuera pas, est parmi les plus importants du Décalogue. Manquer à cet ordre de Dieu signifie encourir les plus sévères punitions; il suffit de se rappeler le châtiment de Caïn lorsqu'il tua son frère. L'homicide volontaire est u des quatre péchés qui crient spécialement vengeance au regard de Dieu. Quelle peine reçoit le Cœur de Jésus quand on commet ce délit, et combien il s'en commet chaque jour! Il suffit d'entrer dans les prisons pour constater le nombre d'assassins et de lire des journaux, où l'on apprend des choses horribles! Jésus Lui-même ne fut-Il pas mis à mort? Le Cœur de Jésus est offensé, non pas seulement par de tels délits, mais par le sang lui-même versé. Il est difficile d'énumérer les disputes qui dégénèrent en rixes, provoquant des blessures plus ou moins graves; on peut constater cela dans les hôpitaux et l'on est attristé et horrifié par tant de malheurs. Toutefois, les plus grands assassins ne sont pas enfermés dans les prisons, comme les grands voleurs aux galères. Si l'on devait mettre en prison tous ceux qui enlèvent la vie à un enfant avant qu'il ne vienne à la lumière du jour, il faudrait multiplier les prisons; alors on y verrait plus de femmes que d'hommes. Tirer un enfant de quelques mois, même d'une heure après que Dieu l'a créé, est un crime plus grand que d'ôter la vie à un adulte. La Sainte Eglise frappe d'excommunication les personnes qui se rendent coupables d'infanticide; de même ceux qui y participent. Et pourquoi de tuer un enfant avant sa naissance est-il un crime plus grave que les autres délits? Les motifs sont nombreux: un adulte venant d'être tué peut avoir commis un autre délit provoqué par l'adversaire; l'enfant, au contraire, est innocent de tout; un homme assailli peut toujours se défendre, l'enfant au contraire est impuissant; un adulte tué peut aller au Ciel s'il a été baptisé, l'enfant n'a pas de baptême. Le nombre d'enfants tués avant le baptême est si grand qu'il nous ferait peur. Couramment, les assassins de ces touts-petits sont les parents. Combien de mères de familles qui fréquentent l'église ont les mains tachées du sang de ces petites victimes innocentes et peut être pas une seule fois, mais plusieurs? Le Cœur de Jésus, en face de tous ces délits, saigne et demande réparation. Ce douzième Vendredi sera consacré à réconforter Jésus. Demandons pardon au Divin Cœur au nom de tous les sanguinaires; qu'Il pardonne et donne le remord aux coupables, afin qu'il pleurent leurs crimes, avec la résolution de ne plus les commettre. Vous, ô Jésus, qui avez versé Votre Sang pour l'humanité, offrez réparation au Père Céleste, lavez de Votre Précieux Sang toutes ces iniquités: une seule goutte de Votre Sang Précieux efface tous les crimes de la terre. Père Eternel, je Vous offre le Sang très Précieux de Notre Seigneur Jésus-Christ pour effacer mes péchés et ceux de l'humanité.


Bouquet spirituel: dire souvent: « Père Eternel, je Vous offre le Sang très Précieux de Notre Seigneur Jésus-Christ pour effacer mes péchés et ceux de l'humanité ».


Prière: Chaque jour de la semaine, réciter 5 Notre Père, je Vous salue Marie et Gloire au Père en réparation des intentions du Vendredi.

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24 février 2010

Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus 8/15

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Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus

Don Tomaselli, Salésien de Don Bosco

Huitième vendredi

Réparation pour les mauvaises conversations

 

Lecture

 

Devant le tribunal de Dieu, il faudra rendre compte de tout ce que nous avons fait durant notre vie. Le Divin Juge compte même les paroles. Dans le Saint Evangile, on lit: « De chaque parole inutile, que les hommes auront prononcé, Je leur demanderai compte le jour du Jugement ». Combien de mots on prononce journellement dans le monde; mais tous sont-ils sensés et honnêtes? Si Jésus a jugé les paroles inutiles, comment jugera-t-Il les paroles immorales et malhonnêtes, les conversations sur les sujets délicats de la pureté, pour en rire et plaisanter sur ce que Dieu défend? D'ordinaire, ces conversations sont tenues par les personnes d'une moralité douteuse; puisque Jésus a dit Lui-même: « La bouche parle de l'abondance du cœur, et quand dans un cœur règne l'impureté, même les paroles, les regards et les plaisanteries sont portés au mal ». Les mauvaises conversations sont un péché grave. Il ne faut pas dire: « A présent, je suis grand, certaines choses, nous les connaissons déjà; ceux qui m'écoutent en savent plus long que moi ». Il est triste de constater que cela représente la plaie de la société: dans les réunions publiques ou privées, dans les ateliers, les bureaux, en voyage et même dans certaines familles, elles tiennent une place importante. Le Cœur de Jésus, gardien de toutes les âmes, est très offensé de toutes ces fautes. Toute mauvaise conversation est comme une épine qui blesse son Cœur. Qui doit le consoler? Ceux qui l'aiment vraiment. En ce huitième Vendredi, ayons l'intention de faire réparation à son Divin Cœur pour toutes les offenses qu'Il reçoit de la part de ceux qui parlent sans retenue. Qu'il ne nous arrive pas, à nous, âmes réparatrices, de tomber dans ce péché par des mots indécents et des phrases équivoques. Si, par le passé, nous nous sommes rendus coupables de telles fautes, gardons-nous-en à l'avenir. Souvenons-nous qu'elle doit être pure, la langue qui se met en contact avec Jésus dans la Sainte Communion. N'écoutons pas, avec complaisance, les mauvaises conversations qu'on oserait tenir en notre présence, car cela constituerait déjà une faite. Nous avons le devoir de l'empêcher dans la mesure du possible par une observation appropriée à leur libertinage. Le démon qui incite les mauvais à mal parler, fais hésiter les bons, par la peur du respect humain, afin que le mal s'accomplisse. Il est pourtant de notre devoir de faire taire de telles conversations; même s'il nous semble manquer de respect à intervenir, pour certaines personnes; il n'en est rien, celui qui se permet tel langage ne mérite aucun égard, rien que du mépris, car il offense la dignité des personnes qui l'écoutent; si l'on doit même perdre leur amitié, cela n'est pas un mal, mais un bien. Très souvent, la personne réprimandée n'ose plus continuer, et si des esprits forts critiquent votre intervention en vous traitant de bigot, ne vous troublez pas. En pensant qu'en faisant votre devoir, vous donnez gloire à Dieu et empêchez l'oeuvre de Satan.

 

Bouquet spirituel: Fuir les conversations immorales et faire un reproche à ceux qui les tiennent.

 

Prière: Chaque jour de la semaine, réciter 5 Notre Père, je Vous salue Marie et Gloire au Père en réparation des intentions du Vendredi.

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Prière avant la Sainte Communion

 

O Jésus d'infinie Bonté, je me présente à Vous, en reconnaissant mon indignité. Vous voulez venir dans mon pauvre cœur pour le reposer, mon Jésus, Vous êtes trop offensé dans le monde et moi je désire réparer pour les amertumes que Vous causent les mauvaises conversations. Je voudrais avoir le Cœur de la Sainte Vierge Marie pour Vous recevoir dignement; de même que vous n'avez pas dédaigné la grotte de Bethléem, Vous venez dans mon cœur tout plein de désir de Vous consoler. Combien d'âmes, après d'être servies de leur langue pour le banquet Eucharistique, pour recevoir Votre Chair Immaculée, retournent à leur méprisable penchant. Pardonnez, Seigneur, pardonnez à ces pauvres âmes et pardonnez à moi-même mes fautes, car, dans le passé, je Vous ai offensé aussi. Je Vous promets, ô Doux Jésus, qu'à l'avenir, je serai vigilant, afin de ne me servir de ma langue que pour Votre Gloire et pour le bien. Vierge très Sainte et très Pure, obtenez-moi par cette Communion, la grâce de veiller jalousement à ne plus offenser Dieu par mes paroles et que chaque mot soit un hymne d'amour pour mon Créateur et Sauveur Jésus.

 

Pardonnez, Seigneur, à Votre peuple, ne Vous vengez pas pour l'éternité (X3)

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4 mars 2010

Le Mois de Saint Joseph

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Le Mois de Saint Joseph


Cinquième jour


L'Evangile dit de Joseph qu'il était juste


Le saint Evangile, en disant de Joseph qu'il était juste, a fait son panégyrique en deux mots. Il ne pouvait faire un, éloge plus complet de la sainteté  et de la, perfection de ce grand Saint. Aussi, l'Eglise animée du même esprit qui a inspiré les évangélistes, lui donne-t-elle la qualité de très saint, qu'elle ne donne à aucun autre saint dans les offices qu'elle a composés en leur honneur. Notre Seigneur nous dit : Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice. Il me semble voir Joseph toujours rassasié des heureux fruits de justice et de sainteté que Jésus se plaisait à répandre dans son âme; et d'un autre côté, je le vois toujours altéré de cette eau vive qui le faisait aller de vertus en vertus, suivant cette parole de l'Esprit Saint : Que celui qui est juste devienne encore plus juste. Joseph était juste, et ce mot signifie l'assemblage de toutes les vertus ; mais si nous examinons la perfection de celles que l'Evangile nous a fait connaître, que dirons-nous des autres qu'il a comme couvertes d'un voile ? Nous verrions qu'il n'est pas de saint qui soit arrivé à une perfection aussi sublime. Qu'elle était belle cette âme ! Qu'il était éclatant de pureté ce cœur du juste Joseph ! qu'il devait être beau ce lis qui croissait dans son cœur exposé aux rayons du Soleil de Justice, et embaumé de l'odeur virginale du cœur de Marie ! Mais ce qu'il y a de plus merveilleux, c'est que ce lis ne fut jamais terni par la moindre imperfection ; sa blancheur devint au contraire, de jour en jour, plus brillante et plus belle.


Conserver la pureté de cœur


Bienheureux ceux qui ont le cœur pur. Non, il n'est pas de trésor plus précieux que la pureté du cœur. Les fortunes les plus brillantes, les bonheurs les plus distingués, les plaisirs les plus grands, non, rien au monde ne peut être comparé à un cœur pur. Dieu, dit Bossuet, se plaît à s'y voir lui-même comme dans un beau miroir; Il s'y imprime lui-même dans toute sa beauté. Ce beau miroir devient un soleil par les rayons qui le pénètrent ; il est tout resplendissant. Dieu y fait sa demeure, la grâce rembellit, le bonheur du Ciel y est descendu, et un jour il verra Dieu : Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu. Ce qui nous fait connaître le prix de ce trésor, c'est que mille voleurs nous suivent toujours pour nous le ravir. Le démon, conne un lion rugissant, rôde toujours autour de nous pour forcer les porte de nos sens ; le monde, par ses attrait, tend ses filets de toutes parts pour nous faire tomber. Il voit avec rage la robe d'innocence qui nous fut donnée au baptême, ou celle qui, été lavée dans le sang de Jésus-Christ nous est rendue au tribunal de pénitence. Ah! mon Dieu ! Qu'ai-je fait de cette précieuse et aimable innocence ? que sa perte cause d'amertumes à mon cœur ! vous, qui l'avez conservée, gardez soigneusement ce précieux trésor, ne vous laissez pas prendre votre couronne. Que je serais heureux si je l'avais conservée jusqu'à présent ! Ah ! maudit péché ! quels ravages effroyables tu as fait clans mon âme ! quelles richesses tu m'as ravies ! quel tyran cruel tu m'as donné en y faisant entrer le démon ! Je pleurerai tonte ma vie la perte de cette innocence ; mais aussi je veux la recouvrer et la conserver avec soin en me couvrant de la protection de Joseph, de celle de Marie et du sang de Jésus-Christ pour ne plus la perdre. O innocence ! belle innocence !


Exemple


Sainte Thérèse raconte que, le jour de l'Assomption, étant en prières dans l'église des Dominicains, il lui sembla qu'on la révélait d'un manteau d'une blancheur éblouissante. Elle ne voyait pas d'abord qui lui faisait cet honneur, mais ensuite elle aperçut, à sa droite, la très-sainte Vierge et, à sa gauche, saint Joseph qui la couvraient de ce riche vêtement, en lui donnant à entendre qu'elle était purifiée de tous ses péchés. Ainsi revêtue, et le cœur rempli d'une joie inexprimable, il lui parut qu'elle serrait les deux mains de la sainte Vierge, et que celle-ci lui témoignait une grande satisfaction de la voir si dévote et si affectionnée à son saint époux, qu'elle lui recommandait de demander à Joseph tout ce qui lui paraîtrait utile au bien de son monastère, avec assurance de l'obtenir, et pour gage de cette promesse, elle lui faisait présent d'une pierre précieuse. Enfin, elle crut voir à son cou un magnifique collier d'où pendait une croix d'or. Les deux saints époux reprirent le chemin du Ciel, escortés d'une foule d'esprits angéliques, et laissèrent l'âme de Thérèse inondée d'une joie toute céleste, avec un désir ardent, ainsi qu'elle le confesse elle-même, de s'user, de se consumer toute entière au service de Dieu. (Patrignani liv. 2, ch. 1.)


O Marie, conçue, etc.

Je vous salue, Joseph, etc.

Un Pater et un Ave pour le Canada

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Prions les uns pour les autres

Intentions de prières confiées à saint Joseph


« Priez pour mon frère pierre auguste qui est aussi franciscain en cote d'ivoire et je voudrais qu'il devienne prêtre. Aussi pour le visas de mon fils Pierre Guillaume en Côte d'ivoire pour me rejoindre ici en Ecosse. car cela fait dix ans qu'on est séparés. Pour mon mariage ». (M.S.)


« Saint Joseph, aidez-nous à trouver un appartement au plus vite ». (F.M.)


« S’il vous plaît priez St Joseph pour mon époux afin qu’il obtienne du travail ». (M.A.A.B.)


« En ce mois de mars, dédié à Saint Joseph, je vous demande de bien vouloir prier pour un petit garçon de 9 ans, (Andrea) très gravement malade depuis l'age de 2 ans. Ses conditions sont désespérées. Prions pour sa guérison impossible pour les hommes...  Et, pour une autre personne (Dino) dans le comas pour une hémorragie cérébrale. » (L.C.)


« Mon mari vient de décéder, je vous demande de prier pour moi afin que je retrouve la paix. Priez également pour le repos de son âme, il s'appelait EDDY GASPARD ». (M.D.)


« Priez pour que mon affection sorte et se déroule très bien » (A. H.)


« Que je retrouve confiance et moi-même et la santé », je vous remercie «  (M.J.)


« Je voudrai prier sur l'intention que Saint Joseph m'aide à rendre la personne que J'aime heureuse avec moi, et de pouvoir s'unir si c'est la volonté de Dieu dans le secret de mariage afin qu'on forme une famille chrétienne, et je prie pour que Saint Joseph puisse le rapprocher de La Vierge Marie afin qu'Elle puisse le rapprocher de Jésus » (H.S.)


« Que le Seigneur m'aide à trouver un bon mari, à bien écrire et bien lire pour être efficace dans mes cours. Saint Joseph intercède pour moi auprès de ton fils ». (M.N.)


« Je voudrais prier sur l'intention que saint Joseph m'aide à m'unir à mon mari dans le sacrement du mariage et ainsi approcher à la table sainte du Seigneur; car depuis 6 ans nous ne nous communions plus car nous avions eu un enfant. Mais que tout cela soit faite selon la volonté de Jésus et non la mienne ». (B.A.)


« prions pour Christophe qui a eu un grave accident travail ,qu'il  est beaucoup de courage  ainsi que toute sa famille qui est très présente auprès de lui  ;nous sommes tous avec vous dans nos prières ». (M.J.)


« Je demande à saint joseph régler mes problèmes de coeur et de prier pour ma mère malade de l'insuffisance rénale chronique. » (T.L.)


« Saint Joseph, Aidez-moi à éduquer ma fille Nancy comme vous avez su le faire avec le petit Jésus que le Père vous a confié ». (F.A.)


« Seigneur,je te demande d'envoyer, un ange à l homme que j aime. Il est apparu à Joseph,alors qu'il s'apprêtait à rompre secrètement,avec Marie. Toi, qui sait "rattraper"ce qui semble perdu, manifestes Toi,pour que nous puissions nous soumettre à Ta Volonté. » (L.S.)


« Saint Joseph, je vous en supplie touchez le coeur d' Emmanuel pour sa conversion et preparer son esprit, son coeur pour la réconciliation, les retrouvailles, le pardon avec Edith la mère de ses enfants. Merci saint Joseph ». (E.F.)


« Demandez à St Joseph de régler pour moi tous mes problèmes de travail ». (S.V.)


« Venez en aide, St Joseph, a jacqueline quelle trouve un petit logement bien exposé merci pour elle; une amie que j'apprécie beaucoup » (M.J.)


Si vous aussi, avez des intentions de prières à confier à Saint Joseph, envoyez les moi par mail à franck.monvoisin@laposte.net et elles seront confiées à la prière des internautes.


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15 février 2010

Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus 2/15

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Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus

Don Tomaselli, Salésien de Don Bosco


Deuxième vendredi

Réparation pour l'abus de la Confession


Lecture


Le Cœur de Jésus a institué les Sacrements pour communiquer aux âmes sa grâce. Le Sacrement de la Confession est un des plus grands véhiculants de la grâce; il est appelé le Sacrement de la Miséricorde. Jésus a dit à ses Apôtres, à ses successeurs: « Tous les pouvoirs M'ont été donné au Ciel comme sur la terre, et comme Mon Père M'a envoyé, Je vous envoie; recevez l'Esprit Saint, ceux à qui vous aurez pardonné, les péchés seront pardonnés et ceux à qui vous les aurez retenus, Je les retiendrai ». En vertu de ce pouvoir divin, les Ministres de Dieu accordent le pardon aux âmes repentantes: chaque faute est effacée par l'absolution sacramentelle puisque le Sang de Jésus descend pour purifier les cœurs tachés par la faute. Quelle joie éprouve Jésus quand un pécheur pleure ses misères et reçoit l'absolution. La joie éprouvée par le père de l'enfant prodigue en le serrant dans ses bras, alors qu'il le croyait mort, est une pâle figure de la joie qu'éprouve Jésus à l'absolution du pécheur. Ceux qui font une bonne confession ressentent dans leur cœur une joie profonde et la paix. Bienheureux ceux qui savent s'en servir comme un énergique médicament pour leur salut. Mais tous ceux qui vont se confesser, reçoivent-ils le pardon de leur péché? Tous procurent-ils à Jésus la joie d'un retour sincère? Comme il existe des sacrilèges eucharistiques, de même il en est de la Confession. Combien doit souffrir le Cœur de Jésus en voyant profaner le Sacrement de Sa Miséricorde! Ceux qui cachent au confesseur quelque faute grave, de même ceux qui sont décidés à ne pas fuir les occasions du péché, se disant: « Après, je me confesserai »; ceux qui se confessent par respect humain ou pour être agréables à leur entourage ou par convenance sociale, tous ceux-ci accomplissent le sacrilège de la Confession; pour chacun d'eux, le Cœur de Jésus saigne. Il voudrait, le cher Jésus, que Son Sang coule pour purifier et au contraire, pour beaucoup d'âmes, c'est une malédiction. Que ce deuxième Vendredi soit consacré à cette Réparation: pour la profanation du Sacrement de la Confession. Avant tout, approchons-nous toujours de ce Sacrement, avec les dispositions voulues: bien examiner sa conscience, un vrai repentir en accusant nos fautes avec humilité et sincérité, accomplissant bien la pénitence que le confesseur nous impose. S'il nous arrivait de faire une mauvaise Confession, au plus tôt réparons cela par une confession spéciale pour nous redonner la sérénité de l'âme; nos comptes avec le Bon Dieu, nous pouvons les régler à toute heure; il suffit d'un peu de bonne volonté. Ne renvoyons jamais d'un jour à l'autre, ou de mois en mois, le règlement de notre conscience; car ce règlement ne peut attendre, la mort pourrait nous surprendre d'un moment à l'autre et malheur à qui n'est pas prêt! Le Cœur de Jésus attend anxieusement les âmes des pécheurs au Tribunal de la Pénitence. Il est prêt à pardonner et à oublier les plus grandes iniquités. Sa Miséricorde est infiniment supérieure aux misères humaines. C'est le démon qui retient les âmes pour les empêcher d'aller à Jésus. Déjouons ses insinuations infernales.


Cinq Notre Père, je Vous salue Marie et Gloire au Père


Bouquet spirituel: S'examiner minutieusement sur les confessions, dans le doute, faire une Confession comme si c'était la dernière de sa vie.


Prière: Chaque jour de la semaine, réciter 5 Notre Père, je Vous salue Marie et Gloire au Père en réparation des intentions du Vendredi.

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4 février 2010

Petit Mois du Sacré Cœur

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Petit Mois du Sacré Cœur


Pieuses pensées pour le mois de juin extraites du Livre de Piété de la Jeune Fille

Par l'auteur des « Paillettes d'or »


Québec

Imprimerie Léger Brousseau

9, rue Buade

1884


Reimprimatur.

 

G. S. Legaré, V. G.

 

Quebeci, die 8a oct. A. D. 1883.


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Un sage Orient a dit que les mots étaient comme des cassolettes s'entr'ouvrant sous le regard ou la parole pour laisser échapper ce qu'elles contiennent. Un seul mot, s'il est rempli de parfum, suffit, ajoute-t-il, pour embaumer une âme. Ces pages ne forment pas précisément un livre, elles offrent simplement une réunion de mots portant tous pour titre: Le Cœur de Jésus. Entr'ouverts devant le Saint-Sacrement, ces mots laisseront, nous sommes sûrs, échapper de pieuses et fortifiantes pensées, parce que, en les formant, nous avons demandé au Cœur de Jésus de les remplir de sa grâce. Cœur de Jésus, puissent-ils vous faire aimer en rappelant votre tendresse ! Cœur de Jésus, puissent-ils exciter un peu de zèle en montrant vos désirs! Cœur de Jésus, puissent-ils faire éviter une faute en indiquant les épines qui vous blessent ! Cœur de Jésus, puissent-ils augmenter le nombre de vos consolateurs en faisant connaître ceux qui vous consolent !


Petit Mois du Sacré Cœur

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1 Les tendresses du Cœur de Jésus


Premier Jour


Prions, afin que pendant ce mois il ne se commette pas de péché mortel dans notre famille


Jésus et les petits enfants


Jésus est assis entouré de ses disciples... ; là-bas, parmi la foule, son regard paternel a aperçu des petits enfants qui se tenaient craintifs auprès de leur mère, et il leur a tendu les bras. Ces enfants ont compris cet appel du cœur, et ils accourent à Jésus qui les embrasse, les bénit, les garde près de lui, leur parle du ciel. Les apôtres, craignant que ces enfants ne fatiguent leur maître, veulent les éloigner... « Non, dit Jésus, laissez-les près de moi. » Quelle scène touchante! O Jésus, moi aussi je suis enfant; moi aussi je viens à vous, caressez-moi, bénissez moi, parlez- moi du ciel. Si je reste toujours simple, innocent, doux, vous me voudrez toujours, n'est-il pas vrai ?... Oh! éloignez vous donc, pensées, désirs, affections, qui ôteriez de mon cœur ce qui plaît a Jésus.


Pratique: Je me préparerai avec piété à ma prochaine communion»

 


Deuxième Jour


Prions pour les âmes qui sont coupables de péché mortel et ne songent pas à se confesser


Jésus et Lazare


Jésus est debout près de la tombe de son ami et il pleure... O Jésus, vous les aimez donc bien, vos amis! Que vos larmes me touchent, et qu'elles me montrent bien la tendresse de votre cœur ! Elles éveillent en moi un souvenir à la fois pénible et émouvant, celui de ces jours où, mon âme morte à la grâce, vous veniez à elle et vous pleuriez sur son sort. Mon ange gardien, témoin  de vos larmes, disait en rappelant la parole des Juifs: Comme Jésus aime cette enfant! Merci de votre bonté, ô mon Dieu! Lazare s'attache à vous... moi aussi je veux que toutes les facultés de mon âme, que mon être tout entier soient employés à votre service, et pour commencer aujourd'hui je serai fidèle à remplir tous mes devoirs en vue de plaire à Dieu.


Troisième Jour


Prions pour les personnes à qui Dieu réserve aujourd'hui quelque épreuve pénible


Jésus et la pauvre veuve de Naïm qui pleure son enfant


Il vous semble, à votre âge, que vous n'aurez jamais de grandes douleurs.. Hélas! elles viendront pour vous aussi, ces peines qui torturent le cœur en lui arrachant tout ce qu'il aime. Souvenez-vous alors qu'il y a sur la terre un Jésus qui voit toutes les douleurs, et qui vous consolera si vous allez à lui. — C'est dans la communion surtout que Jésus nous dit: « Ne pleurez pas... je vous conduirai où sont ceux que vous aimez: venez, ne me quittez plus ». Donnez-moi, mon Dieu, l'amour de l'Eucharistie... là est la consolation, là est la paix... là il m'est si doux d'entendre ces paroles: « Ne pleurez point. »


Pratique: J'irai avec empressement faire ma visite au saint sacrement.


Quatrième Jour


Prions en union avec les personnes qui, aujourd'hui, ont reçu la Communion


Jésus et la Samaritaine


Je vous vois. Seigneur, assis, accablé de fatigue, sur le bord du puits de Jacob, attendant tous ceux qui passent, à tous disant: « Donnez-moi à boire, j'ai soif de votre cœur, donnez-le moi; j'ai soif de votre innocence, conservez-là-moi... »Que de fois, Jésus, je vous ai refusé cette aumône, pour donner à l'étourderie, à la passion, à la vanité !.. et vous ne vous rebutez point, et vous la demandez toujours... Jésus, oui je veux vous donner ce soulagement que vous voulez et dont vous semblez avoir besoin.. Aujourd'hui que voulez-vous ?... Fidélité à mes devoirs, amour dans mes prières ?... Me voici Seigneur... demandez.


Pratique: aujourd'hui je prierai avec plus d'attention.


Cinquième Jour


Prions pour les âmes faibles qui sont sur le point de se laisser entraîner au mal


Jésus et le père affligé qui le prie de guérir son enfant


Le Cœur de Jésus ne peut résister aux larmes, à celles surtout qui sont versées pour les autres... « Va, dit-il à ce père aimant, va, ton fils est guéri. » Ah! qui donc n'a autour de soi des âmes dont l'état est bien autrement dangereux que celui de ce jeune enfant ?... Pour les guérir, allez à Jésus; priez, pleurez et attendez... Mon Dieu, faites-moi bientôt, pour ceux que j'aime et que je veux saints, faites-moi bientôt entendre cette parole: « Console-toi, ils vivent tous pour le Ciel ».


Pratique: Aujourd'hui je me mortifierai en ne disant aucune paroles blessantes.


Sixième Jour


Prions en union avec les religieuses qui gardent perpétuellement le silence

 


Jésus et le paralytique de la piscine


Il y a 38 ans que ce malheureux est là, attendant sa guérison et ne pensant pas à la demander à celui-là seul qui peut la lui donner: au bon Dieu... Jésus passe... le malade ne songe pas non plus à Jésus, c'est ce bon maître qui lui dit: « Veux- tu être guéri ? »... « Je n'ai personne pour me venir en aide », répond le malade... Ah! tu ne connais donc pas Jésus, pauvre malheureux !... Demande-lui donc qu'il te guérisse. Il ne le demande pas même et cependant Jésus le guérit... Que vous êtes bon, ô Jésus! vous faites du bien même quand on ne sait pas vous le demander... et moi qui vous prie, me laisserez-vous? Non, non.. j'en suis sûr!


Pratique: Je ferai aujourd'hui un acte de bonté pour plaire à Dieu.


Septième Jour


Prions, afin de bien profiter des instructions qui nous sont faites


Jésus et le lépreux


Entendez ce cri parti du Cœur, ce cri plein de confiance et plein d'amour: « Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir ! » et en même temps, ajoute l'Evangile, le lépreux se jetait à genoux et suppliait les mains jointes... Jésus s'arrête, il tend la main, il touche les plaies du malade. "Je le veux, dit-il, sois guéri !... » — Oh! pourquoi donc ne suis-je pas guéri de mon orgueil, de ma sensualité, de ma nonchalance, moi que vous touchez si souvent dans la sainte communion ? Est-ce que la confiance me manquerai?... Mon Jésus, je crois, j'espère... Oh ! guérissez-moi !...


Pratique: Je prierai à l'église, comme si réellement je voyais Jésus-Christ,


Huitième Jour


Prions, afin que le bon Dieu nous accorde la grâce de repousser les tentations que nous éprouverons aujourd'hui


Jésus et les affligés


Quelle impression devaient foire sur les coeurs ces paroles de Jésus: « Vous tous, qui êtes dans la peine et dans la souffrance, venez à moi et je vous soulagerai. » Personne encore n'avait parlé ainsi  personne, surtout, n'avait accueilli comme Jésus... Aussi, voyez, ce sont les pauvres, les malades, les délaissés qui raccompagnent. Qui les Voulait auparavant? Qui ne les chassait de la société? O Jésus! apprenez-moi à avoir un bon cœur, à aimer ceux que tout le monde repousse,. Donnez-moi de pouvoir consoler beaucoup dans ma vie.


Pratique: J'essaierai, aujourd'hui d'être utile à mon prochain.


Neuvième jour


Prions pour ceux que nous aimons le plus


Jésus prend la défense de Madeleine


Elle avait été coupable, Madeleine, mais elle était repentante, et elle pleurait aux pieds de Jésus.  Il n'en faut pas autant pour toucher le Cœur du bon Maître; non seulement il pardonne, mais entendez comme il prend sa défense contre ceux qui, au fond de leur cœur, disaient : « Elle est pécheresse! »  « Elle est plus aimante que vous, répond Jésus, je suis venu chez vous, vous ne m'avez point donné d'eau pour mes pieds, et elle les a arrosés de ses larmes; vous ne m'avez pas donné le baiser de paix, et elle n'a cessé de baiser mes pieds... Aussi, je lui dis: « Tout est pardonné, allez en paix! » Leçon de miséricorde que je n'oublierai pas, ô mon Dieu! Peut-être ceux que je méprise au fond du Cœur, et ceux que j'accuse, sont plus chéris de Dieu, parce qu'ils l'aiment davantage.


Pratique: Je veillerai sur mes jugements afin de ne juger personne; et je me priverai de quelque chose de mon repas si je me laisse aller à un jugement téméraire.


Dixième Jour


Prions pour ceux qui en ont le plus besoin


Jésus et le peuple manquant de pain dans le désert


Il y a là des paroles bien émouvantes: Jésus voit la foule qui le suivait, oubliant, dans sa ferveur, les choses nécessaires à la vie, et il dit: « J'ai pitié de ce peuple: depuis trois jours qu'il me suit il n'a presque rien pris... Je ne veux pas le renvoyer à jeun, de peur que les forces ne lui manquent... » Vous pensez donc à tout, à tout, bon Maître ; et je m'inquièterais!... Oh! si je vous suis, si je vous sers, ne pensant pas même à ma vie matérielle, je puis donc être assurée que vous y pourvoirez vous-même, par un miracle s'il le faut! mon Dieu! que je la comprends bien cette autre parole:  « Cherchez d'abord le royaume du ciel, et tout le reste vous sera donné par surcroît » !... Le monde ne comprend pas, le monde se moque... Je crois, je crois, mon Dieu!


Pratique: Je dirai une dizaine de chapelet pour demander à la sainte Vierge beaucoup d'abandon à la Providence.


Onzième jour


Prions pour obtenir une grande horreur de tout péché


Jésus et les apôtres qui demandent la punition des Samaritains


Les habitants de Samarie n'ont pas voulu recevoir Jésus, ils l'ont chassé de leurs murs... et les apôtres indignés lui disent: « Seigneur, voulez-vous que nous commandions au feu du Ciel de descendre sur ces habitants ingrats et de les consumer ? » « Méchants, leur dit Jésus, le Fils de l'homme n'est pas venu pour perdre les âmes, mais pour les sauver... » Oh ! que vous êtes bon, Jésus! je m'explique pourquoi, après tant de péchés, la mort n'est pas venue me surprendre. Le démon l'envoyait, vous l'avez arrêtée, vous Jésus, faites que je sois reconnaissant!


Pratique: Aujourd'hui je vais essayer de parler un peu du bon Dieu.


Douzième Jour


Prions pour tous les membres de notre famille


Saint Jean reposant sur la poitrine du Sauveur


Quelle aimable familiarité! Elle me paraît à peine concevable, et cependant, mon Dieu, ce bonheur de saint Jean,ne l'ai-je pas chaque fois que je fais la sainte communion ? Si j'étais pur comme il était pur, si j'aimais Jésus comme il l'aimait, oh! les doux moments que je passerais aux pieds de l'autel, gardant Jésus avec moi et dans moi ! Je comprends ce mot d'une enfant: Le ciel est une première communion continuelle. Ne suis-je pas au ciel après la communion ? L'Evangile ne dit pas que Saint Jean parla beaucoup à Jésus, mais il dit que ce fut le seul apôtre qui se trouva sur le calvaire... Oh ! moi aussi, vous m'y trouverez, Jésus! Rien, rien ne me séparera de vous.


Pratique: Je ferai aujourd'hui un acte d'amende honorable à Jésus au saint sacrement


Treizième Jour


Prions, afin d'obtenir beaucoup de dévotion pour la sainte Vierge


Jésus et saint Pierre qui l'a renié


Pauvre Apôtre, quel remords dans son âme coupable et quelle frayeur à la pensée de revoir Jésus ! Peut-être honteux et tremblant, cherchait-il à voir, sans être aperçu, ce bon Maître qu'il a renié... Son Maître aussi le cherchait... Qu'y eut-il donc, ô Jésus, dans votre regard ? Oh! ce n'était pas la colère, ce n'était pas la plainte, ce n'était pas le reproche, colère, plainte, reproche auraient tué l'Apôtre... Il ne devait y avoir là que l'amour... Que vous êtes bon, ô Jésus ! Aussi, quelles que soient mes fautes, je ne vous fuirai jamais !


Pratique: Je ferai aujourd'hui un acte d'espérance du fond du cœur,


Quatorzième Jour


Prions pour les pauvres pécheurs endurcis


Jésus et le bon larron


Toute la vie mortelle de Jésus peut se résumer en un seul mot, miséricorde. N'est-ce pas aussi ce qui résume sa vie eucharistique ? II n'a jamais repoussé personne. Il a été toujours au-devant des malheureux et des coupables. Il a toujours intercédé pour ceux mêmes qui le repoussaient ; et dès qu'il voyait dans une âme la plus petite volonté de revenir au bien, il avait pour elle des prévenances qui, dit un saint, donnent presque envie d'être coupable. Le voleur attaché en croix reconnaît sa faute, et lui, qui n'a plus que quelques instants à vivre, il entend ces consolantes paroles: « Vous serez avec moi dans le paradis. » Oh! dites-les-moi ces paroles, ô Jésus!


Pratique: Je me confesserai avec plus de soin.

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2 Les désirs du Cœur de Jésus


Quinzième Jour


Prions pour le retour des âmes qui ont abandonné le bon Dieu


Le premier désir du Cœur de Jésus est la gloire de son Père


Nous aimons nos parents, nous autres, nous voudrions que tout le monde dit, comme nous, qu'il n'en est pas de plus nobles, de plus vertueux, de plus grands, de meilleurs ; une injure faite à notre père nous révolte. Oh! ces sentiments, comme ils étaient ardents, justes, surtout dans le Cœur de Jésus! II ne veut que la gloire de son Père, le zèle de son bonheur le dévore, il a faim et soif de le faire aimer... Oh! aidons Jésus, parlons du bon Dieu, agissons pour le bon Dieu, faisons quelquefois prononcer aux petits enfants des actes d'amour de Dieu.


Pratique: Aujourd'hui, je ferai toutes mes prières pour que le bon Dieu soit connu et aimé.


Seizième Jour


Prions, afin que la sainte Vierge soit plus connue et plus aimée


Le deuxième désir du Cœur de Jésus est l'honneur de la sainte Vierge


 

Ah! comme il est doux à Jésus de voir honorer et aimer sa Mère; sa Mère, à qui il a si longtemps obéi, sa mère si vertueuse, si sainte, si bonne; sa Mère, qu'il a vu tant souffrir !... Aussi voyez comme il inspire une foule de pratiques de dévotion en son honneur, comme il bénit ceux qui l'invoquent, comme il donne la paix et la joie à ceux qui l'aiment... Jésus, Jésus, nous voulons bien. l'aimer, votre Mère... Nous aurons toujours pour Marie la dévotion la plus tendre.


Pratique: Je réciterai aujourd'hui un acte d'abandon à la Sainte Vierge.


Dix-septième Jour


Prions pour les prêtres, afin de les aider à sauver les âmes


Le troisième désir du Cœur de Jésus est le salut des âmes


S'il nous était permis comme à saint Jean de poser notre tête sur la poitrine de Jésus, et qu'il nous fût donné de comprendre les battements de son Cœur, nous entendrions ces mots: « Les âmes ! les âmes! je veux sauver les âmes. » Si nous étions moins agités par les choses extérieures, nous entendrions la voix suppliante de Jésus nous dire: « Aide-moi à sauver les âmes! » Une âme qui se damne est un triomphe pour le démon ; c'est un blasphémateur qui, pendant toute l'éternité, maudira Jésus !... Sauvons les âmes, nous le pouvons par le bon exemple, par la parole, par la prière surtout. Si nous sauvons une âme, nous aurons sauvé la nôtre.


Pratique: J'entendrai la messe pour la conversion des pécheurs.


Dix-huitième Jour


Prions pour les âmes du Purgatoire les plus aimées de la sainte Vierge.


Le quatrième désir du Cœur Jésus est la délivrance des âmes du purgatoire


Ames chères à Jésus, âmes bien-aimées, qu'il voit souffrir, et que, par respect pour sa justice, il ne peut délivrer ! Ces âmes l'appellent, le désirent, lui disent à toute heure : »Quand vous verrons-nous. Seigneur?... » Et elles pleurent moins de leur douleur que de leur séparation d'avec Jésus II me semble, dit une sainte, voir Jésus me tendre la main et me dire: « Ces pauvres âmes me doivent des prières, des messes mal entendues, des mortifications, des aumônes qu'elles auraient dû faire... Paye-moi pour elles. » Oui Jésus, et je vais commencer aujourd'hui.


Pratique: Je ferai de temps en temps une aumône à l'intention des âmes du purgatoire.


Dix-neuvième Jour


Prions pour le Pape


Le cinquième désir du Cœur de Jésus est le triomphe de l'Eglise


L'Eglise ne périra pas, les portes de l'Enfer auront beau vomir contre elle des légions infernales, la mauvaise presse aura beau répandre des calomnies, l'Eglise résistera jusqu'à la fin des temps. C'est un article de foi, et la crainte serait ici une faute. Mais si l'Eglise ne doit pas périr, elle peut souffrir et elle souffre... Elle souffre dans son Chef, le Pape, dont l'autorité est méconnue, elle souffre dans ses membres, les fidèles persécutés; dans ses commandements méprisés... Oh! que Jésus serait heureux de vous voir quelquefois, à genoux devant le saint sacrement, le supplier de rendre la paix à l'Eglise, et vous imposer quelques légères privations!

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3 Les épines du Cœur de Jésus


Vingtième Jour


Prions pour les âmes qui résistent à la grâce


La première épine du Cœur de Jésus, ce sont les âmes qui restent volontairement en état de péché mortel


L'âme innocente est la demeure de Dieu, elle devient, par la sainte Communion, la demeure toute particulière de Jésus-Christ. Jésus est « chez lui », c'est là qu'il trouve ses délices et qu'il demande à rester... Or, commettre un pèche m or tel, le conserver volontairement, c'est admettre le démon dans son âme, le constituer le maître, à la place de Jésus, qui sort alors, chassé honteusement.. Pauvre Jésus, qui se tient à la porte de l'âme coupable, qui frappe, qui demande à entrer, et qui entend ce cri épouvantable des Juifs: « Non, non! ce n'est pas vous que je veux, mais mon péché ». Oh! si vous craignez d'être en péché mortel, mon enfant, allez vite, vite vous confesser.


Pratique: Aujourd'hui, je prierai pour les pécheurs.


Vingt-et-unième Jour


Prions pour les âmes que Dieu appelle à la vocation religieuse


La deuxième épine du Cœur de Jésus, ce sont les âmes indifférentes


Il est des âmes qui entendent parler de l'amour de Jésus et ne voient là qu'une pieuse exagération,  qui se mettent fort peu en peine de commettre ou de ne pas commettre des péchés pourvu qu'elles y trouvent plaisir ou profit, qui rient du soin que mettent les âmes pieuses à éviter les fautes vénielles,  qui assistent aux prières parce qu'on les y conduit, mais qui trouvent ce temps au moins inutilement employé. Oh! que Jésus doit souffrir de cette indifférence!... Mon Dieu ne permettez pas que j'en vienne jamais là ! Je suis bien léger, bien oublieux, mais non, je ne veux pas être indifférent pour ce qui regarde votre gloire!


Pratique: Je ferai aujourd'hui, avec plus de piété, ma. Visite au Saint au Sacrement, et je prierai pour les malheureux qui résistant à Jésus-Christ.

 


Vingt-deuxième Jour


Prions pour ceux de nos parents qui sont éloignés de leurs devoirs religieux


La troisième épine du Cœur de Jésus ce sont les âmes lâches et tièdes


Elles ne sont pas indifférentes, celles-là, mais peut-être voudraient-elles le devenir... L'amour de Jésus-Christ les ennuie et leur pèse; elles en ont senti cependant toute la douceur... vous qui, par l'effet d'une passion cachée, d'un amour-propre et d'un orgueil sans mesure, vous éloignez de Jésus, écoutez ses plaintes: « Si au moins c'était un ennemi qui me traitât ainsi, je le supporterais ; mais un enfant que j'aime, que j'ai admis à ma table!... » Revenez à Jésus... Demain peut-être ? Il sera trop tard... S'il ne vous voulait plus !...


Pratique: Je réciterai mon chapelet pour demander à Marie qu'elle me donne ma ferveur d'autrefois.


Vingt-troisième jour


Prions pour propager la dévotion au Cœur de Jésus


La quatrième épine du Cœur de Jésus, ce sont les âmes qui profanent les sacrements


On appelle ces âmes des « sacrilèges »; or savez-vous ce que font les sacrilèges ? Ils s'unissent au démon pour lui venir en aide dans le plus horrible des crimes: la profanation du corps et du sang de Jésus-Christ. Ils font de leur âme un cloaque rempli de vices honteux; et puis, sachant bien ce qu'ils font, ils y jettent le corps de Jésus-Christ, et attendent le remerciement du démon, heureux de ce crime qu'il ne pouvait commettre lui-même. Mon Dieu! mon Dieu! laissez-moi vous demander pardon.


Pratique: Je ferai aujourd'hui un acte d'amende honorable au Sacré Cœur de Jésus,


Vingt-Quatrième Jour


Prions pour tous nos parents et tous nos amis, afin que Dieu les récompense de leur dévouement pour nous


La cinquième épine du Cœur de Jésus ce sont les corrupteurs de l'enfance


C'est là une autre espèce de sacrilège, non moins douloureux au Cœur de Jésus, plus douloureux peut-être que la profanation de son corps. Chères âmes d'enfants, que Jésus aime tant, âmes innocentes et pures, est-il possible qu'il y ait des être assez pervers pour vous apprendre le mal! Ah! quel trésor de colère s'amasse contre eux dans le ciel! Sans doute tout péché peut obtenir son pardon, mais pour obtenir le pardon d'avoir appris le mal à une âme innocente, surtout si cette pauvre enfant est morte, morte avec son péché, que de pénitences, que d'expiations, que de tourments seront nécessaires!...


Pratique: Aujourd'hui je prierai pour les âmes innocentes.


Vingt-cinquième Jour


Prions, afin que le Cœur de Jésus nous inspire le goût de la communion fréquente


La sixième épine du Cœur de Jésus ce sont les âmes qui s'éloignent de la sainte communion


S'éloigner volontairement de la sainte communion quand elle nous est permise, c'est dire à Jésus-Christ: « Je ne veux pas de vous... » Ne pas se mettre à même de communier fréquemment, au moins tous les huit jours, c'est dire à Jésus-Christ: « Je ne veux pas me gêner ».C'est, en effet, parce qu'on ne veut passe gêner qu'on ne communie pas tous les huit jours; ce n'est pas à vous, sans doute, à régler vos communions, mais c'est à vous de vous y préparer: retranchez les sentiments de vanité, les amitiés trop affectueuses les médisances, les pertes de temps... vous verrez comme vous aimerez la sainte communion et comme on vous la permettra volontiers.


Pratique: Je vais dès aujourd'hui, me préparer à la communion pour le dimanche qui suivra.

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4 Les consolateurs du Cœur de Jésus


Vingt-sixième Jour


Prions pour et celui à qui Dieu a confié le soin de notre âme


Parmi les consolateurs du Cœur de Jésus il y a abord les prêtres zélés et les saints religieux

et religieuses


C'est l'armée visible de Jésus, ce sont ses anges de la terre. Leur but est la gloire de Dieu, l'honneur de Marie, le salut des âmes, le triomphe de l'Eglise, en un mot tous les intérêts de Jésus-Christ. Chaque matin, à l'oraison, ils reçoivent le mot d'ordre de leur maître et chaque soir, ils rendent compte de leur journée. Oh! demandez à Jésus que cette armée s'augmente de plus en plus ; offrez-vous quelquefois pour être enrôlé, vous, au service d'un si bon maître; Oh! si vous saviez comme on y est bien!comme on y vit heureux! comme on y meurt plein de confiance.


Pratique: Priez aujourd'hui, pour les prêtres et les religieux et lisez le catéchisme de l'Eglise Catholique ce qui a rapport à la vocation.


Vingt-septième Jour


Prions pour les malades abandonnés


Les seconds consolateurs du Cœur de Jésus sont les âmes qui souffrent en patience


Oh! comme une âme patiente dans ses souffrances physiques ou morales console le cœur de Jésus ! Elle souffre, mais elle sait que sa souffrance vient de Dieu..., et elle se soumet avec amour, elle se résigne avec la plus grande confiance. Elle souffre, et elle comprend plus vivement les douleurs de Jésus, et elle console son maître avec plus de sincérité. « Elle souffre » elle compatira donc avec plus de pitié aux souffrances de son prochain: on n'est jamais aussi bon que lorsqu'on a souffert avec patience. Que de vertus dans ces âmes!


Pratique: Aujourd'hui, je ne me plaindrai pas des petites souffrances que le bon Dieu m'enverra.


Vingt-huitième jour


Prions pour les personnes que le monde méprise, afin qu'elles supportent patiemment leurs ennuis


Les troisièmes consolateurs du Cœur de Jésus ce sont les âmes humbles, inconnues et heureuses

d'être oubliées


Ce sont celles qui imitent le plus parfaitement la vie de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, et sa vie cachée à Nazareth, sous le regard de Marie; âmes que personne ne connaît, à qui personne ne pense, et qui amassent tous les jours des trésors de patience, d'abnégation, de résignation, de charité, en supportant les défauts des autres, souvent leurs dédains, en se dévouant à tous... et qui, chaque soir, sans vanité, sans même avoir conscience de leur mérite, offrent à Dieu un cœur immolé et pur, qui console le Cœur de Jésus.


Pratique: Je m'appliquerai aujourd'hui à peu parler, et à faire quelques bonnes actions loin de tous les regards.


Vingt-neuvième Jour


Prions pour les âmes innocentes, afin qu'elles se gardent bien pures


Les quatrièmes consolateurs du Cœur de Jésus ce sont les enfants pieux et innocents


les enfants sont l'objet spécial de l'amour de Jésus: comme autrefois quand il vivait sur la terre, il se plaît à les voir près de lui, et pourquoi donc? L'enfant sait peu parler, il s'ennuie vite de répéter les mêmes paroles, et quand il a dit son Notre Père et son Je vous salue, il s'arrête. Ah ! il y a chez l'enfant quelque chose qui prie pour lui, qui  aime pour lui, qui attire toujours le regard bienveillant de Jésus, c'est son innocence. L'enfant devant Jésus est un vase de fleurs qui n'a pas conscience de son parfum, mais qui l'exhale, embaumant tout à l'entour... Oh ! qu'il est aimé de Dieu le cœur qui sait rester enfant!


Pratique: Aujourd'hui, je me garderai bien innocent, pour plaire à Jésus et j'aimerai mon prochain.


Trentième Jour


Prions, afin de toujours être reconnaissants pour les grâces que Dieu nous a accordées


Les consolateurs du Cœur de Jésus, c'est nous qui sommes venus pendant ce mois méditer ses

tendresses et étudier ses désirs


Jésus a été consolé, chaque matin, en nous voyant penser à lui, il veut encore quelque chose de nous. Le mois consacré à son Cœur finit aujourd'hui, que d'âmes pieuses mettront de côté leurs pratiques, leurs prières accoutumées, et oublieront ce qu'elles ont éprouvé de consolation ! Jésus demande que nous n'oublions pas son Cœur sacré, et veut que ce matin nous le lui promettions. Oui, Jésus, je vous promets de réciter tous les jour une prière à votre Cœur sacré; je vous promets de vénérer les pieuses images qui le présenteront à ma piété; je vous promets de faire connaître cette dévotion et de la propager,.. Soyez ma force, soyez ma joie, soyez mon bonheur!

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Consécration au Cœur de Jésus


Je donne et consacre au Cœur adorable de Jésus ma personne, ma vie, mes pensées, mes peines et mes souffrances. Je ne veux plus me servir d'aucune partie de mon être que pour l'aimer, l'honorer, le glorifier. Je vous prend donc, ô Cœur Divin, pour l'objet de mon amour, le protecteur de ma vie, l'assurance de mon salut, le remède de mes inconstances, le réparateur de mes défauts, et mon asile assuré à l'heure de la mort. Soyez, ô Cœur plein de bonté, ma justification envers Dieu, et détournez de moi sa juste colère. Je mets toute ma confiance en vous, car je crains tout de ma faiblesse, comme j'espère tout de vos bontés. Anéantissez en moi tout ce qui peut vous déplaire et vous résister; imprimez-vous comme un cachet sacré sur mon cœur, afin que jamais je ne puisse vous oublier ni être séparée de vous. Je vous conjure, par toutes vos bontés: que mon nom soit écrit en vous qui êtes le livre de vie, et que vous fassiez de moi une victime toute consacrée à votre gloire; que je sois dès ce moment embrasée, et un jour tout à fait consumée des flammes de votre amour; là est tout mon bonheur, n'ayant plus d'autre ambition que celle de vivre et de mourir en vous et pour vous. Ainsi soit-il.

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Téléchargez le texte du Mois du Sacré Coeur (pdf) en cliquant ici

28 février 2010

Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus 10/15

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Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus

Don Tomaselli, Salésien de Don Bosco

Dixième vendredi

Réparation pour les amusements mondains

Lecture

Dieu ne défend point l'amusement licite, puisque la distraction est nécessaire à la vie, mais la plupart se figurent qu'il n'est pas possible de s'amuser sainement. Les amusements que le monde nous propose en ces temps modernes, s'ils ne sont pas rejetés, sont très souvent dangereux: les cinémas, par exemple, sont assaillis, et les films très souvent sans moralité, la tension d'esprit porte à pécher en pensées et suscite des désirs malsains. Dans la pénombre, combien de misères morales on doit déplorer... Que dire des bals modernes qui sont inspirés par Satan pour la perte des âmes? L'insouciante jeunesse veut se divertir, et l'ennemi des âmes a beau jeu pour faire entacher le lys de la pureté. Combien de fautes l'on peut commettre dans les soirées et bals déguisés! A l'époque estivale, l'on est attiré sur les plages; ce n'est pas toujours le besoin des bains qui attire la jeunesse, mais l'espoir d'amusements: les hommes et les femmes, les grands et les petits, dans des costumes que l'on pourrait appeler inexistants, passent de longues heures dans l'oisiveté, multipliant dans cette atmosphère les péchés de scandales par des conversations obscènes, des regards indiscrets, des pensées et désirs mauvais. Toutes ces choses défendues se répercutent sur le Cœur de Jésus, et Il est obligé de dire, comme au Jardin de Gethsémani: « Mon âme est triste jusqu'à la mort ». Jésus, pendant Son Agonie dans ce jardin, s'adressant aux Apôtres pour chercher un réconfort, leur disait: « Veillez et priez ». A présent, Il s'adresse à ses dévots pour être consolé. Faisons réparation au Cœur de Jésus, en priant pour ces aveugles qui courent follement derrière les faux plaisirs de la vie et promettons-Lui de ne pas imiter leur conduite. S'amuser, oui, mais jamais entrer dans une salle de cinéma sans avoir consulté le programme et bien sûr que les films sont moraux. Si le spectacle réservait des surprises, il est de notre devoir de quitter la salle: moins l'on voit de tels amusements, et plus notre âme reste sereine. Il est nécessaire d'être quelque peu sévère pour la jeunesse, afin qu'elle n'aille pas trop souvent au cinéma: ces amusements gâtent peu à peu l'esprit. Que les parents ne l'oublient pas. Ceux qui aiment vraiment le Sacré Cœur doivent s'abstenir le plus possible des soirées de bal; qu'ils n'oublient pas que la danse moderne offre trop de promiscuité: c'est le vrai pas du Diable, et l'on ne peut contenter Jésus et Satan, personne ne peut servir deux maîtres. Si, dans la saison balnéaire, une cure de bains de mer est utile, il faut y aller avec toutes les précautions que suggère une conscience droite, sans se laisser entraîner par les modes. Il n'est pas utile d'aller à la mer pour nettoyer le corps et salir d'âme de la fange qui nous prédispose au feu éternel. Il ne faut pas que nous nous disions: « le monde est ainsi fait et nous profitons des amusements qu'il nous présente. Il faut s'adapter à son temps ». Jésus a dit solennellement: « Malheur à ceux qui suivent les directives perverses du monde ».

Bouquet spirituel: Se priver d'amusement où il y a danger d'offenser Jésus et conseiller aux autres d'en faire autant.

Prière: Chaque jour de la semaine, réciter 5 Notre Père, je Vous salue Marie et Gloire au Père en réparation des intentions du Vendredi.

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28 février 2010

Le Mois de Saint Joseph

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Le Mois de Saint Joseph


Premier jour


Jésus, Marie, les Anges


Le Sauveur Jésus en venant au monde s'est proposé de nous donner dans sa personne, un modèle à suivre. Je vous ai donné l'exemple nous dit-il, afin que vous fassiez et que j'ai fait. La vie chrétienne consiste donc à marcher sur les traces de Jésus-Christ. Pourrons-nous ne pas rendre Joseph un culte tout particulier. lorsque nous voyons le Sauveur employer une bonne partie de sa vie à honorer Marie et Joseph. En effet, que nous dit saint Luc des occupations de Jésus pendant dix-huit ans qu'il demeura à Nazareth? Il était soumis à Joseph. Il ne s'est donc pas contenté de l'honorer comme un fils honore son père pendant son enfance, mais Jusqu'à sa mort il a reconnu son autorité paternelle. Il lui obéissait, il l'honorait, il le respectait. Quel honneur pour Joseph ! Quelle gloire pour ce saint patriarche de commander non pas au plus grand roi de l'univers, mais au roi des rois, à celui dont l'empire s'exerce au ciel, sur la terre et dans les enfers ! O saint Joseph ! faites que j'imite Jésus dans le culte qu'il vous rend, on plutôt, fin que les hommages que je m'efforce de vous rendre vous soient plus agréables, je les unis à ceux de mon Sauveur et vous offre tous les honneurs que vous a rendus cet Homme-Dieu. Puissè-je obtenir par là votre puissante protection et le salut de mon âme!


Modèles du culte que nous devons rendre à Joseph


Marie avait reçu de Dieu Joseph pour époux ; c'était un don bien précieux à ses yeux, aussi conserva-t-elle, toujours pour lui le respect, l'amour et la déférence qu'une vertueuse épouse a pour un saint époux. Mais ce qui remplit Marie de vénération pour Joseph, c'est lorsqu'elle vit qu'il était le gardien de sa virginité. Cette vertu lui fut si chère que la dignité de mère de Dieu ne put en balancer le prix. Quelle reconnaissance, quelle vénération n'eut-elle pas pour Joseph lorsque son doute non-seulement lui découvrit sa sublime vertu, mais lui fit prévoir qu'il deviendrait la preuve la plus irrécusable de son inviolable virginité ! Aussi, comme épouse vierge lui donna-t elle son cœur immaculé et comme Vierge-Mère lui remit-elle entre les mains son cher Jésus. Quelle ne devait pas être son admiration pour son chaste époux, à mesure qu'elle découvrait les trésors de vertus que son cœur renfermait, mais surtout quel ne devait pas être son amour pour lui : car qui ne sait combien on est porté à aimer les cœurs vertueux. Marie! faites que, comme vous j'honore Joseph, et qu'en sa qualité de gardien de la pureté de mon âme, je lui donne aussi mon cœur pour que vous et lui Je présentiez à Jésus, et le préserviez du souffle empoisonné de Satan. Joseph fut honoré par les anges, ces esprits bienheureux voyaient en lui un saint qui leur était égal par ses vertus et ses fonctions, mais supérieur par ses titres et sa dignité. La pureté, qui élève les anges au-dessus des bombes, était si parfaite en Joseph, que non-seulement elle le plaçait parmi les anges, mais qu'elle l'élevait au-dessus d'eux; car Marie se troubla à la vue d'un ange, mais jamais à celle de Joseph. Ensuite, dit le pieux Gerson, les yeux de Marie distillaient une sorte de rosée virginale qui purifiait de plus en plus les cœurs où elle tombait, et comme cette rosée céleste tombait chaque jour eu abondance sur le lis de Joseph toujours expose et toujours ouvert à son influence, chaque jour ajoutait un nouvel éclat à la pureté de son cœur. Aussi voyons nous que les anges le visitèrent quatre fois, et, en lui parlant, ils lui témoignèrent un plus grand respect qu'a tous les personnages de l'ancienne loi vers lesquels ils lurent envoyés. Je m'unis donc aux anges, ô bon Joseph, pour vous honorer, et je prie mon ange gardien de le faire pour moi et avec moi: mais comme je me sens fortement porté à vous honorer et a vous aimer, je prends la résolution, non seulement de vous honorer tous les jours de ma vie, mais encore de vous faire connaître et aimer par tous ceux que je pourrai.


Exemple


Pendant que le P. Louis Lallemant était recteur du collège de Bourges, il eût occasion de reconnaître dans deux jeunes régents des classes inférieures un grand fonds de piété. Aux approches de la fête de saint Joseph, il les appela et leur promit d'en obtenir pour chacun d'eux, telle grâce qu'ils désireraient, pourvu qu'ils exhortassent leurs écoliers à prendre de la dévotion pour lui, et à lui rendre quelques hommages particuliers le jour de sa fête. Les deux régents acceptèrent de grand cœur la proposition, et leurs exhortations furent si efficaces, que le jour de saint Joseph les deux classes entières firent la sainte communion en son honneur. Le même jour ils se rendirent chez le P. recteur, et chacun d'eux lui déclara en secret la grâce qu'il désirait obtenir par l'intercession de saint Joseph. Le premier (c'était le célèbre P. Nouet) demanda la grâce de savoir écrire et parler dignement de Notre-Seigneur. On ignore quelle grâce avait demandée le second ; on sut seulement qu'il l'avait obtenue. Quant au P. Nouet. on peut juger par ses ferventes prédictions, par ses nombreux ouvrages, et spécialement par celui qu'il composa sur les excellences de Jésus-Christ, où l'on voit étinceler des lumières Célestes et des flammes d'amour capables d'embraser tous les cœurs, que ses vœux avaient été exaucés. (Dévotion à saint Joseph, liv. l , chap. 11.)


Marie, conçue, etc.

Je vous salue, Joseph, etc.

Un Pater et un Ave pour l'Église

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Très chers amis,

fidèles visiteurs et lecteurs du blog Images Saintes, en ce Moi de Saint Joseph, prions les uns pour les autres: si vous avez des intentions de prières, n'hésitez pas à mes envoyer à franck.monvoisin@laposte.net, et elles seront confiées à la prière des internautes.

Fraternellement,

Franck Monvoisin,

rédacteur du blog

26 février 2010

Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus 9/15

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Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus

Don Tomaselli, Salésien de Don Bosco

Neuvième vendredi

Réparation pour la mauvaise presse

 

Lecture

 

Comme le corps a besoin de nourriture, l'esprit doit s'alimenter par l'instruction. Si la nourriture est saine, la santé est bonne; mais si elle est empoisonnée, elle entraîne la mort. Il en est de même pour l'esprit: si nos livres sont bons, ils apportent la lumière et le réconfort au cœur; si, au contraire, ils sont corrompus, ils guident vers la corruption. Comment reconnaître si la presse est bonne ou mauvaise? Dans son contenu et à la façon de ses commentaires. Le livre mauvais est celui qui parle mal de l'Eglise, de ses Ministres, des pratiques religieuses, du Saint Père, en un mot tout ce qui représente une controverse aux enseignements de Dieu par ses commandements. De même, un livre est mauvais quand il traite des sujets mettant en évidence les passions humaines, dans l'indécence et l'immoralité; aujourd'hui, dans le monde, on lit n'importe quoi, et la plupart des journaux sont mauvais. L'écrivain calcule que le livre ou la revue qui traite des sujets libertins est lu par la jeunesse avec avidité, car il étale les divers aspects des passions humains dont nous sommes affligés, et sous prétexte de moralité, il cache un poison violent pour les âmes; c'est par amour du gain qu'il ne se fait pas scrupule de déverser la boue qui salit moralement. Qui pourrait jamais calculer le mal que peut produire un mauvais livre? Combien de mauvaises pensées il suscite et fait glisser vers l'impureté. Chaque livre mauvais en circulation est une nouvelle blessure au Cœur de Jésus, car il est cause du danger que courent les âmes, et de leur éternelle perdition. O cher Jésus! En quelle amertume est plongé Votre Divin Cœur à la vue des péchés commis par la mauvaise lecture. Nous voulons prendre part à Votre Douleur et Vous consoler. Les âmes aimantes du Cœur de Jésus doivent détester et s'abstenir de toute lecture douteuse puisque cela constitue un péché grave de les lire, de les conseiller, de les prêter à d'autres ou même de les garder: c'est très mal. Il faut promettre à Jésus de les détruire de suite, puisqu'ils représentent un danger moral, on ne doit pas tenir compte de leur valeur. Notre âme à coûté plus cher à Jésus, il est juste que nous lui consentions quelques sacrifices. Le démon est très habile pour nous suggérer bien des raisons pour ne pas détruire un ouvrage auquel on tient; mais ils ne faut pas hésiter. Il est préférable de brûler un livre que d'exposer notre âme à la flamme éternelle. Chaque mauvais roman que l'on détruit, c'est un démon que l'on enlève de la circulation: l'Evangile est a conseiller à toutes les familles, la vie des Saints, de préférence des contemporains, et toute revue vraiment Chrétienne, cela représente assez d'agrément et de quoi nourrir notre esprit. Par ce moyen, beaucoup d'âmes ont trouvé la vie de perfection et même de sainteté.

 

Bouquet spirituel: Détruire au plus vite la mauvaise presse qui pourrait se trouver chez vous.

 

Prière: Chaque jour de la semaine, réciter 5 Notre Père, je Vous salue Marie et Gloire au Père en réparation des intentions du Vendredi.

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Prière avant la Sainte Communion

 

De l'oubli et de l'ingratitude des hommes, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

De Votre abandon dans le Tabernacle, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

Des délits des pécheurs, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

De la haine des impies, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

Des blasphèmes que l'on profère conte vous, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

Des insultes à Votre Divinité, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

Des sacrilèges qui profanent Votre Sacrement d'Amour, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

Des immodesties et irrévérences commises en Votre Sainte Présence, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

Des trahisons pour lesquelles Vous êtes l'adorable Victime, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

De la froideur de la plupart de vos fils, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

Du mépris que l'on fait de vos invitations d'amour, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

Des infidélités de ceux qui se disent Vos amis, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

De notre résistance à Votre Grâce, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

De nos propres défections, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

De l'incompréhensible dureté de nos cœurs, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

De nos longues hésitations à Vous aimer, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

De notre tiédeur pour Votre Saint Service, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

De l'amère tristesse que Vous occasionne la perte de tant d'âmes, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

De Votre longue attente à la porte de nos cœurs, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

Des amers refus dont Vous êtes abreuvé, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

De Vos soupirs d'Amour, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

De Vos larmes d'Amour, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

De Votre prison d'Amour, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

De Votre martyre d'Amour, nous Vous consolerons, Seigneur.

 

Prière

 

O Divin Jésus, qui avez laissé échapper cette douloureuse plaine: « J'ai cherché quelqu'un qui s'afflige avec Moi et personne n'est venu; quelqu'un qui Me console, et Je ne l'ai point trouvé ». Daignez accepter mon faible tribut d'amour, assistez-nous de Votre Grâce puissante, afin qu'à l'avenir, nous écartions tout ce qui pourrait Vous déplaire et que nous puissions nous montrer Vos fils dévoués. Ainsi soit-il.

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20 février 2010

Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus 6/15

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Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus

Don Tomaselli, Salésien de Don Bosco

Sixième vendredi

Réparation pour les péchés contre la pureté

 

Lecture

 

Dieu créateur nous a formé d'âme et de corps: l'âme est la part la plus noble; nous devons la sauver par tous les moyens. Bien que le corps soit inférieur à l'âme, il a droit au maximum de respect, et devant Dieu, il est sacré. Si le calice de la Messe est sacré, puisqu'il contient pour quelques instants le précieux Sang de Jésus-Christ, plus encore est sacré le corps humain qui se nourrit du Corps et du Sang de Jésus dans la Sainte Communion; ayant été sanctifié par le Baptême et la Confirmation, il devient le temple de l'Esprit Saint. Celui qui profane un vase sacré commet un péché, de même pèche gravement celui qui profane son propre corps ou celui des autres. Dieu, pour nous faire comprendre l'importance de ce devoir, nous a donné deux Commandements: le sixième: luxurieux, point tu ne seras... et le neuvième: l'œuvre de chair tu ne désireras qu'en mariage seulement... Le Sacré Cœur aime beaucoup la pureté, puisqu'elle symbolise l'agneau qui paît parmi les lys. Il a dit: « Bienheureux les cœurs purs, car il verront Dieu ». La pureté que Dieu exige est de deux façons, selon notre propre état: il y a celle que doivent observer les vierges, n'étant pas liées par le Sacrement du mariage, et la pureté des époux. Quel soin a-t-on dans le monde d'une vertu si noble? Tout semble se liguer contre. Tous cherchent la jouissance, en piétinant les commandements et en oubliant les terribles jugements de Dieu. Combien d'offenses reçoit le Divin Cœur par la non-observance de ses Commandements. N'oublions pas que le Bon Dieu a le contrôle de nos pensées. Même les plus secrètes. S'il nous était donné de voir réunie la masse des péchés d'impudeur, nous en serions effrayés et le Cœur de Jésus en est profondément blessé. A plus d'une âme, il a manifesté sa grande douleur en disant: « Le monde court à sa perdition, les péchés d'impuretés sont trop nombreux, je cherche réparation pour retenir ma punition ». Promettons, en ce sixième Vendredi, d'offrir au Divin Cœur réparation pour toutes les misères morales, et faisons, pour nous-mêmes, un minutieux examen sur notre conduite; même dans l'état de mariage, qui peut, en toute franchise dire: « J'ai la conscience tranquille? » De même, les fiancés, en ce temps de relâchement des mœurs, n'ont-ils rien à regretter de leur comportement? Comment surveillons-nous nos regards? Comment réprimons-nous nos sens? N'avons-nous pas des amitiés dangereuses? Si notre conscience nous reproche une de ces fautes, avant de faire réparation au Cœur de Jésus pour les péchés des autres, faisons notre possible pour nous corriger des nôtres et ne plus y retomber. Jésus pardonne, oublie, mais Il désire constater notre bonne volonté à fuir les occasions mauvaises; au prix même d'un grand sacrifice: briser une liaison coupable, mettre un frein à nos passions. Jésus exige cela de nous, comme Il l'a demandé à Sainte Maria Goretti, martyre de la pureté. Inutile d'espérer recevoir des grâces du Sacré Cœur, si l'âme est impure.

 

Bouquet spirituel: observer une grande pureté dans les actions, regards et pensées.

 

Prière: Chaque jour de la semaine, réciter 5 Notre Père, je Vous salue Marie et Gloire au Père en réparation des intentions du Vendredi.

 

Prière avant la Sainte Communion

 

Père Éternel, je Vous offre l'Agonie de Jésus à Gethsémani, en réparation des affections coupables. Gloire au Père...

 

Père Éternel, je Vous offre les douleurs de Jésus pendant la cruelle Flagellation, en réparation de ceux qui profanent le Sacrement de Mariage. Gloire au Père...

 

Père Éternel, je Vous offre les spasmes de Jésus couronné d'épines, en réparation des mauvaises pensées. Gloire au Père...

 

Père Éternel, je Vous offre l'humiliation que Jésus a ressentie quand on L'a dépouillé de ses vêtements au Calvaire, en réparation des indécences. Gloire au Père...

 

Père Éternel, je Vous offre les souffrances de Jésus pendant le Crucifiement, pour les péchés de la jeunesse. Gloire au Père...

 

Père Éternel, je Vous offre l'Amour de Jésus pour la pureté, afin que nous soyons vigilants à la garder dans les âmes innocentes. Gloire au Père...

 

Père Éternel, je Vous offre la grande pureté de la Très Sainte Vierge Marie, pour susciter dans le monde beaucoup d'âmes vierges. Gloire au Père...

 

Père Éternel, je Vous offre le Sang de l'Agneau Immaculé, en réparation pour mes propres péchés.

 

Sacré Cœur de Jésus, j'ai confiance en vous. (3 fois)

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18 février 2010

Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus 5/15

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Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus

Don Tomaselli, Salésien de Don Bosco

Cinquième vendredi

Réparation pour les péchés de haine

 

Lecture

 

Après l'Amour de Dieu, le premier commandement est d'aimer son prochain. Saint Jean nous apprend: « Qui prétend aimer Dieu et déteste son semblable est menteur; il se trompe lui-même, sa religion est inutile ». Jésus nous convie de toutes les façons à aimer nos frères; même ceux qui nous font du mal: « Aimez vos ennemis et rendez-leur le bien pour le mal: priez pour ceux qui vous persécutent; soyez parfaits comme est parfait notre Père qui est au Ciel, par lequel il fait resplendir le soleil, sur le bon comme sur le méchant; envoie la pluie et les cataclysmes pareillement sur les mauvais et sur les bons. Si vous ne pardonnez de tout cœur à votre prochain, de même votre Père Céleste ne pardonnera pas vos péchés; soyez miséricordieux, vous trouverez Miséricorde; c'est avec la même mesure que vous serez servis pour les autres, qu'à votre tout vous serez payés. Si tu vas faire une offrande à Dieu et que tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse l'offrande au pied de l'autel et vas te réconcilier avec ton frère, puis reviens faire ton offrande; car, dans le cas contraire, elle ne serait pas agréable à Dieu ». Observe à la lettre la divine prière du Notre Père. Jésus nous apprend donc, non seulement à ne pas haïr, mais à aimer ceux qui nous font du mal. Du haut de la Croix, Il a donné l'exemple le plus lumineux de la Charité en priant pour ceux qui L'ont crucifié: « Père, pardonnez-leur car ils ne savent ce qu'ils font ». Jésus nous commande le pardon et l'amour; les hommes au contraire, se haïssent. Combien de rancœurs, de vengeances, de luttes dans les familles et la société! Le Cœur de Jésus est blessé par toutes ces iniquités et demande réparation. Ce cinquième vendredi a pour mission de réparer la haine et d'obtenir à beaucoup d'âmes la force de pardonner les offenses reçues; mais, avant de réparer pour les autres, il convient que nous soyons nous-mêmes en paix avec tous. Il est si facile, étant donné la faiblesse humaine, de nourrir des rancœurs et des aversions; les occasions ne manquent pas, ni en famille ni a l'extérieur. Il convient de pardonner et d'oublier les offenses, c'est un devoir d'aider au Salut de ceux qui nous font du mal; faisons-leur, dans tarder, quelques visites pacifiques. Quelle joie, pour Jésus, de contempler une âme généreuse qui pardonne n'importe quelle offense! Donnons donc à Jésus la preuve de l'amour et lui nous donnera, en échange, une surabondance de paix. La rancœur apporte à  l'âme le trouble et l'amertume; au contraire, le pardon nous donne le calme et la joie pure: comme récompense du pardon, suit toujours une augmentation de grâces. Après que Jean Gualberto eut pardonné à celui qui avait tué son frère, il eut obtenu la grâce de devenir un saint. Que ceux qui attendent une grâce du Sacré Cœur pardonnent tout de suite et pour tout le passé.

 

Bouquet spirituel: Pardonner les offenses pour l'amour de Jésus et se réconcilier avec ceux qui vous ont offensés.

 

Prière: Chaque jour de la semaine, réciter 5 Notre Père, je Vous salue Marie et Gloire au Père en réparation des intentions du Vendredi.

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17 février 2010

Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus 4/15

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Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus

Don Tomaselli, Salésien de Don Bosco

Quatrième vendredi

Pour la conversion des pécheurs

Lecture

Tout le monde commet des péchés: qui plus, qui moins; les uns, de petites fautes; les autres, des péchés très graves; les uns se remettent en grâce de Dieu et détestent leur faiblesse; mais tant d'autres s'accommodent facilement de ce état en continuant avec insouciance à offenser Dieu, sans penser à son jugement et au danger de perdre leur âme. C'est pour ces pauvres âmes tout spécialement qu'il faut prier et offrir réparation. La Conversion d'un pécheur, comme nous enseigne Saint Augustin, est un miracle bien plus grand que de ressusciter un mort; pourtant, le Sacré Cœur de Jésus désire ardemment la conversion du pécheur. N'a-t-Il pas dit: « Je suis venu sur la terre pour les pécheurs, ce sont les malades qui ont besoin du médecin et non les bien portants. Je suis venu chercher la brebis égarée; la fête est plus plus grande au Ciel pour un pécheur converti que pour quatre-vingt-dix-neuf âmes n'ayant pas besoin de pénitence ». C'est donc un devoir pour nous de donner satisfaction à Jésus qui a une soif ardente des âmes pécheresses. Si nous-mêmes, nous nous trouvons en état de péché, approchons-nous de Jésus sans crainte, son grand Cœur plein d'Amour pardonne et oublie; promettons-Lui de nous remettre vite en état de grâce; d'une âme pécheresse, Il peut en faire une âme sainte, comme Il a agi pour la Samaritaine, Marie-Madeleine, Marguerite de Cortone et mille autres. Si nous sommes en état de grâce, nous devons travailler à la conversion des pécheurs égarés; le premier moyen est la prière (les 5 Notre Père,je Vous salue Marie et Gloire au Père sont très efficaces). Jésus disait un jour à une âme victime: « Priez, priez beaucoup pour les pécheurs, quand une âme prie pour un pécheur avec l'ardent désir de sa conversion, très souvent elle obtient gain de cause, sinon de suite, du moins à ses derniers moments; car les offenses qui M'ont été faites ont reçu réparation. La prière n'est jamais inutile, elle sert à consoler Mon Cœur blessé par le péché, et si elle n'obtient pas la grâce déterminée, elle peut servir à d'autres âmes mieux disposées )à en accueillir le fruit ». Ne perdons pas courage si, priant pour une âme, nous n'obtenons pas de suite la conversion; avec la prière, l'offrande des sacrifices est très méritoire; même les plus petits, en union des mérites de Jésus-Christ, acquièrent une plus grande valeur par une augmentation de grâces pour les pécheurs; parfois, un sacrifice peut sauver une âme. On relate que la Sainte Vierge dit à un jour à Josepha Menendez: « Toi Ma fille, ce matin, avant la Sainte Messe, tu as accompli une petite bonne œuvre avec sacrifice et amour; à cet instant, il s'est trouvé une âme en danger de tomber en Enfer; Mon Fils Jésus a utilisé ton petit sacrifice pour sauver cette âme. Tu vois, ma fille, combien d'âmes on peut sauver avec de petites bonnes actions ». Une souffrance, une croix, un malaise, n'en perdons pas le fruit par une impatience. Offrons-les de tout cœur à Jésus pour sauver un pécheur; les âmes que nous aurons sauvées nous les connaîtrons dans l'autre monde, elle formeront notre plus belle couronne pour l'éternité.

Bouquet spirituel: A chaque contrariété et souffrance, dire: « Seigneur, que Votre Volonté soit faite. J'accepte cette crois pour la conversion des pécheurs ».

Prière: Chaque jour de la semaine, réciter 5 Notre Père, je Vous salue Marie et Gloire au Père en réparation des intentions du Vendredi.

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Prière aux Cinq Plaies

avant la Communion

Pénétrés d'amour et de reconnaissance, avec un cœur douloureux, nous adorons, baisons humblement et respectueusement Vos Plaies Sacrées. Nous Vous invoquons, ô Jésus, avec grande confiance. O Divin Sauveur, nous Vous supplions par les Plaies adorables si cruellement imprimées dans Votre Saint Corps, de convertir les pécheurs et de nous guérir de toutes les hideuses plaies que le péché a causées à notre âme. Imprimez profondément en notre cœur Vos Divines Plaies, en mémoire de Votre Douloureuse Passion. Jésus, ayez pitié de nous!

Première Plaie

Nous Vous supplions par la Plaie de Votre main droite: Notre Père...

 

Nous adorons la Plaie de Votre main droite, désirant et demandant qu'elle bénisse tous les pécheurs ainsi que nos intentions, nos paroles, nos actions, qu'elle nous aide à faire le bien et à éviter le mal. Je dépose, ô mon Dieu, dans Vos mains, avec confiance, mon corps, mon âme, ma vie, ma mort, mon sort temporel et éternel; nos projets et entreprises. Je remets dans Votre main droite tous les pécheurs, parents, amis, bienfaiteurs, les âmes consacrées; les religieux, les religieuses, les missionnaires, afin que ni le démon, ni le monde, ni la chair ne puissent les ravir. Seigneur, ayez pitié de nous!

Deuxième Plaie

Nous Vous supplions, ô Jésus, par la Plaie de Votre main gauche: Notre Père...

Nous adorons la Plaie de Votre main gauche et la supplions de nous bénir. Nous lui recommandons les pécheurs, nos ennemis que nous aimons de tout notre cœur comme Vous avez aimé, ô Jésus, ceux qui Vous ont crucifié. Nous Vous recommandons aussi les impies, les libertins et Vous conjurons d'étendre Votre puissante et pieuse main sur tous les ennemis de l'Église, pour réprimer leurs désordres et mauvaises intentions. Par Votre grâce puissante et triomphatrice, changez leur haine en une ardente Charité et leur malice en bonté; leur malédiction, en bénédiction; leur désir de guerre, en parfaite paix; arrachez tous ces pécheurs des mains de l'infernal ennemi et faites qu'ils retournent à Vous par les moyens d'une sincère conversion. Seigneur, ayez pitié de nous!

 

Troisième Plaie

Nous Vous supplions par la Plaie de Votre pied droit: Notre Père...

Nous adorons la Plaie de Votre pied droit. Nous Vous supplions, par cette Plaie Sacrée, de diriger nos pas dans le chemin du Salut. Nous Vous supplions, par les douleurs endurées par Vous à cause de cette Douloureuse Plaie, de convertir les pécheurs, de soulager les âmes qui souffrent, les pauvres infirmes, les agonisants, les esclaves, les prisonniers et les âmes du Purgatoire. Seigneur, ayez pitié de nous!

Quatrième Plaie

Nous Vous supplions par la Plaie de Votre pied gauche: Notre Père...

Nous adorons la Plaie de Votre pied gauche et Vous supplions, par l'intermédiaire de cette Plaie de rectifier le cœur des pécheurs, de réparer nos désordres, de corriger nos défauts, de nous rappeler dans nos égarements; nous conjurons, par les souffrances endurées à cause de Votre pie gauche, d'avoir compassion des hérétiques, des schismatiques, des infidèles et des traîtres. Seigneur, ayez pitié de nous!

Cinquième Plaie

Nous Vous supplions par la Plaie de Votre Côté sacré: Notre Père...

Nous adorons la Plaie de Votre Côté Sacré et Vous supplions de daignez, par les mérites de l'ouverture de cette Plaie adorable, de répandre sur les égarés et sur nous la surabondance de Votre Miséricorde infinie; de guérir nos cœurs par les mérites de la Plaie de Votre Sacré Cœur, de laver les taches et les laideurs de nos âmes avec le Sang et l'Eau sortis de Votre Côté Sacré. Puisque Votre Épouse, la Sainte Église, a été formée en vertu de ces très Saints et Précieux Sang et Eau, comme Ève de la côte d'Adam, ainsi nous Vous supplions, par la grande amertume que Votre Douloureux Cœur a ressentie au moment où le coup de lance l'a transpercé, d'avoir pitié de Votre Église que vous avez acquise par Votre Précieux Sang; purifiez-là, gouvernez-la, conservez-la pure et sans tache, exaltez-la, faites-la triompher de tous ses ennemis et des erreurs qui peuvent l'attaquer. Faites régner la paix, l'union, la Charité, enfin toutes les vertus Chrétiennes. Ainsi soit-il!

Réciter six fois: Sacré Cœur de Jésus, ayez pitié de nous!

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15 février 2010

Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus 1/15

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Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus

Don Tomaselli, Salésien de Don Bosco


Préface


La Sainte Vierge est honorée par la pratique des cinq premiers Samedis du mois et par celle des Quinze Samedis consécutifs. Combien de grâces la Reine des Cieux n'accorde-t-Elle pas à ceux qui l'honorent de cette façon! On peut se demander pourquoi le Sacré Cœur de Jésus n'est pas honoré par les Quinze Vendredis? Jésus ne mérite-t-Il pas les mêmes louanges que sa Sainte Mère? Bien plus, certes, puisqu'Il est la source de toutes les grâces où la Sainte Vierge puise largement. On peut se dire également: les neuf premier Vendredis du mois ne suffisent-ils pas? Pourquoi les Quinze Vendredis consécutifs? Si les premiers vendredis du mois consolent le Cœur de Jésus en ces temps troubles où le monde glisse toujours plus vers le péché, il faut multiplier les Communions réparatrices; aux âmes victimes volontaires, Jésus demande cette nouvelle preuve d'amour aux intentons précisées et promet de grandes grâces. Unissons-nous et formons dans le monde entier une nouvelle armée selon le désir de Son Cœur adorable.


Aux Prêtres


J'adresse la parole à mes frères du Clergé: Nous sommes, ô frères, les Ministres du Dieu Tout-Puissant sur la terre; les âmes que la Divine Providence nous a confiées, adressons-les au Sacré Cœur et dirigeons-les vers la Réparation. Ordinairement, les fidèles nous suivent dans les initiatives saintes; le tout est d'être zélé dans l'exercice de notre saint ministère. Le présent opuscule peut servir de guide à la pratique des Quinze Vendredis. Il serait bien de le lire « infra Missan », l'intention appropriée à chaque vendredi, afin que les fidèles soient pénétrés du motif et qu'ils en fassent leur profit. Jésus ne manquera pas d'accorder des grâces spéciales aux prêtres qui se feront les promoteurs de tant de bien.


Aux âmes pieuses


Jésus à dit à Sainte Marguerite-Marie: « Le nom de ceux qui propageront cette dévotion sera gravé dans Mon Cœur et il ne s'effacera jamais ». Il en sera de même pour la dévotion des Quinze Vendredis; l'apostolat de telle dévotion vous rendra chères au Cœur de Jésus et ses Divines Tendresses se déverseront sur votre cœur.


But


Le but principal des Quinze Vendredis est de rendre honneur au Cœur de Jésus. Le moyen très efficace pour obtenir des faveurs est de promettre de les commencer avec Foi et amour. On peut demander toutes les grâces, spirituelles et temporelles; c'est-à-dire, ce que l'on demande, soumis au vouloir de Dieu, utile à notre âme. Si l'on tarde à être exaucé, il est bon de répéter une autre série de Quinze Vendredis; cela est conforme aux paroles même de Jésus: « Frappez et il vous sera ouvert; demandez, il vous sera donné ». Si la grâce désirée n'est pas utile pour le moment à l'âme, Dieu vous récompensera par une autre grâce inattendue. Que les âmes qui adhèreront à cette pratique réparatrice vivent en grâce de Dieu, et si par malheur elles tombaient en péché grave, qu'elles se redressent de suite, car, si l'âme n'est pas en amitié avec Dieu, elle ne peut prétendre à recevoir les faveurs divines. On peut demander toutes les grâces: guérison, embarras matériels, préoccupation familiale, besoins spirituels et surtout la conversion des pécheurs.


Pratique normale


Le premier tour commence vers le milieu de mars pour se terminer le dernier vendredi de juin. Le deuxième tour, vers le milieu de septembre, pour finir le dernier vendredi de décembre. Que l'on fasse ces deux tours avec solennité: dans les paroisses, communautés, instituts religieux, etc. En privé, les Quinze Vendredis peuvent se faire à n'importe quel moment de l'année, mais il est conseillé, pour obtenir de grandes grâces urgentes, de se grouper; si par empêchement, oubli, on ne peut communier le vendredi, cette communion peut se remettre à n'importe quel jour de la semaine avant le vendredi suivant. Dans les cas urgents, la Sainte Communion peut se faire en 15 jours de suite. Donc, tous les vendredis pendant quinze semaines, que l'on reçoive la Sainte Communion en réparation des offenses que Jésus reçoit. Il n'est pas nécessaire de se confesser chaque fois, pourvu que l'on soit en paix avec Dieu; que la confession ait été sincère, ne pas avoir caché, par honte, quelque grave péché; promettre de fuir les occasions futures de péché; si une de ces conditions avait manqué à la confession, elle serait sacrilège, ainsi que la Sainte Communion.

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Premier vendredi

Réparation pour les sacrilèges eucharistiques


Lecture


Le Cœur de Jésus est fontaine d'un immense Amour; Il l'a manifesté au monde par le Mystère de l'Incarnation et de Sa Mort sur la Croix. L'excès d'un tel Amour a permis Sa réelle et vivante présence sur la terre, sous la forme Eucharistique. Le Prêtre, au moment de la Consécration pendant la Messe, prononce sur le Pain et le Vin les paroles prononcées par Jésus lors de la dernière Cène. Il descend, à cet instant, sur l'autel pour se donner en nourriture aux âmes. La Communion, quel mystère! Le Créateur devient nourriture de la créature! Jésus a dit: « Je suis le Pain descendu du Ciel; qui mange Mon Corps et boit Mon Sang, aura la Vie éternelle, Je le ressusciterai au dernier jour ». Jésus entre dans nos coeurs pour se reposer, pour nous consoler, pour nous fortifier et nous enrichir de Ses Dons; dans l'acte de la Sainte Communion, Jésus a plus de bonheur que l'âme qui le reçoit; comme un père serre sur son cœur son fils avec plus d'amour que le fils lui-même. Mais tous ceux qui se présentent à la Sainte Table, communient-ils saintement? Malheureusement, des âmes approchent du Banquet Eucharistique avec des péchés graves dans l'âme. Saint Paul a dit: « la première condition pour bien communier, est d'avoir l'âme sans faite grave ». La Confession étant le remède pour effacer le péché, tous ceux qui vont recevoir Jésus en état de péché mortel commettent donc un sacrilège. Qui pourrait énumérer les sacrilèges perpétrés dans le temps pascal et en d'autres fêtes solennelles de l'année? Comme Jésus doit souffrir, quand Il rentre dans un cœur où règne le démon! Dieu et Satan doivent rester ensemble: la vie et la mort. Jésus Lui-même a manifesté une grande douleur de ces sacrilèges à une âme victime, Josepha Menendez, lui disant: « Je veux te faire connaître la tristesse qui inondait Mon Cœur à la dernière Cène quand j'instituai le Sacrement Eucharistique.... J'ai vu, à ce moment, les sacrilèges, les outrages, les abomination horribles qui se commettraient contre Moi! Et en combien de cœurs tachés de péchés je devrais entrer: Ma Chair et Mon Sang profanés n'auront servi qu'à la condamnation éternelle pour beaucoup d'âmes ». Ce sont des sacrilèges, ces autres profanations Eucharistiques: Jésus étant porté en procession, beaucoup éprouvent de la honte à se mettre à genoux et à se découvrir; d'autres fois, des hommes impies se permettent, par la soif de l'argent, de fracturer les Tabernacles et voler les Vases sacrés où sont conservées les Saintes Espèces; bien des fois, après le vol dans les églises, on a trouvé les Saintes Hosties dans la rue, piétinées ou jetées dans des lieux indécents! Nous avons le devoir de réparer tous ces sacrilèges! Que ce Premier Vendredi soit dédié à consoler le Cœur de Jésus pour toutes les offenses qu'Il reçoit dans le Saint Sacrement. A cette intention, que l'on offre, si possible, la Sainte Messe, les prières et bonnes oeuvres de la journée. Pendant la Messe, dire souvent: qu'Il soit loué, remercié à chaque instant, le Saint Sacrement.


Réciter chaque jour cinq Notre Père, je Vous salue Marie et Gloire au Père


Bouquet spirituel: Pendant la semaine, dire souvent et si possible lorsque sonnent toutes les heures: « Loué et remercié soit à tout instant le Très Saint et Très Divin Sacrement ».


Prière: Chaque jour de la semaine, réciter 5 Notre Père, je Vous salue Marie et Gloire au Père en réparation des intentions du Vendredi.

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19 janvier 2010

Les Quinze Samedis de la Reine du Rosaire de Pompéi 14/15

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Les Quinze Samedis de la Reine du Rosaire de Pompéi

Bienheureux Bartolo Longo

14

Quatorzième Samedi

Quatrième Mystère Glorieux

L'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie


Considère, ô mon âme, que l'heure est arrivée également pour Marie, de quitter cette vallée des ténèbres. Finalement, après tant de tourments, elle peut répéter les paroles de son Fils bien-aimé: C'est achevé: les prophéties, l'établissement de l'Eglise de Jésus, l'héroïsme de toutes les vertus. Après l'Ascension de son divin Fils, elle demeura à Jérusalem avec saint Jean l'Evangéliste, avec lequel elle se se retira ensuite à Ephèse. Puis elle s'en retourna à Jérusalem et y demeura jusqu'à sa mort. Sa vie fut ici, comme partout et comme toujours, une vie d'amour pour Dieu, une vie faite de prières, ou mieux encore, ou mieux encore, d'extase continuelles et l'accomplissement de toutes les vertus, spécialement d'une Charité inépuisable envers le prochain. Elle visitait souvent les lieux consacrés par les Mystères et par la présence de son divin Fils et elle était la Consolatrice, la Directrice et la Mère de l'Eglise naissante. Enfin le moment qu'elle désirait ardemment de se réunir pour toujours avec son Souverain Bien était arrivé. Son esprit exaltait son amour et son désir de revoir le Seigneur. Et toi, ô mon âme, liée aux misères de cette terre, pourquoi n'aspires-tu pas à ta patrie céleste? Que t'apporte ce monde? Qu'est-ce qui t'enchante dans cette vallée de larmes? Prie Marie qu'elle t'obtienne le détachement de la terre et le désir des biens éternels et qu'elle te prépare, par son exemple, ton heureux passage dans l'autre vie. Dès que Saint Jean apprit de la bienheureuse Vierge qu'elle était sur le point de quitter cette vie terrestre, un grand nombre de parents, de Disciples et de connaissances accourut sur le Mont Sion où se trouvait alors la Mère de Dieu, pour pouvoir la contempler encore une fois, pour lui témoigner leur affection, pour entendre ses derniers souvenirs récents et pour se recommander à ses prières. Et comme le dit Saint Denis l'Aréopagite, même les Saints Apôtres qui se trouvaient, depuis un certain temps, dispersés dans le monde pour prêcher la Foi de Jésus Christ, se précipitèrent et en peu d'heures, ils se retrouvèrent tous réunis autour d'elle, par un effet de la bonté de Dieu. Ils pleuraient tous la perte de cette bienveillante Mère, de cette si puissante Avocat, de cette grande Maîtresse, comme l'écrit saint Jean Damascène, et la Bienheureuse les consolait tous avec des paroles d'amour très douces, leur promettant à tous son aide et son intercession. O mon âme, accompagne-là, toi aussi, avec ses bienheureux disciples; va près de cette Vierge si bienfaisante et demande-lui qu'elle t'obtienne toutes les grâces que tu désires. Aie confiance en elle; n'aie aucun doute que ta chère Mère t'exaucera. Elle te recommandera l'amour pour ton prochain et le salut des âmes, en les aidant, autant que tu peux, par le bon exemple, par des conseils opportuns, par la patience, par la Charité et enfin en priant Dieu pour tous. Si tu va saluer Marie avec ces bonnes résolutions, soit certain qu'elle te sera alors toujours favorable. O ma tendre Mère, si j'avais eu, moi aussi, la chance de me trouver sur votre passage, j'aurais pu baiser vos pieds si saints et me recommander à votre protection. Mais étant donné que je n'ai pas eu ce bonheur car puisque je n'étais pas encore de ce monde, je me prosterne devant votre trône et je me recommande aujourd'hui, à vous, glorieuse et immortelle Reine. Daignez, par pitié, être présente le jour de ma mort pour m'assister en cette heure terrible dont dépend mon éternité, au nom de ce moment merveilleux où vous êtes entrée au Paradis dans toute votre gloire.


Considère, ô mon âme, que lorsque l'heure de la mort de Marie est arrivée, son Divin Fils est descendu du Ciel au milieu d'une immense troupe de séraphins. Pense au paroles du Cantique des Cantiques: « Lève-toi, ma bien aimée, ma belle, viens. Car voilà l'hiver passé, c'en est fini des pluies... » (Cantique 2:10-11). « Quittez cette vallée de larmes où vous avez tant souffert pour mon amour. La voix de la tourterelle, c'est-à-dire, la voix de votre cœur aspire languissant s'est fait entendre dans notre royaume » ( Cantique 2.12). Marie, devant cette apparition, exulte de joie et son esprit s'épanouit en Jésus, son Divin Fils. Elle reçoit la sainte Eucharistie des mains de Jésus lui-même, comme nous le dit Saint Jean Damascène, et pleine de joie, elle s'écrie: « Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole.  Entre vos mains, ô mon Fils, je remets mon esprit » ( Luc 1:38; Lc 23,46).  Recevez-le, vous qui l'avez créé à votre image et qui l'avez préservé du péché. Regarde, ô mon âme, Marie, qui déjà part pour le Ciel. Tournée vers tous ceux qui l'ont assistée, elle leur donne sa chère bénédiction maternelle. Agenouille-toi également à ses pieds et demande-lui sa bénédiction. Je me réjouis, ô ma Mère, de votre félicité, de votre gloire et de votre grandeur. Vous avez bien mérité d'être aussi aimée et glorifiée par Dieu, car durant toute votre vie, vous n'avez pensé à rien d'autre qu'à aimer et glorifier Dieu. Mais je ne quitterai pas ce lieu, si vous ne me bénissez pas. C'est là le dernier souvenir gardé de cette Mère qui va laisser ses fils orphelins et inconsolables. Recommandez-moi à Jésus Christ et ayez pitié de mes misères. Un regard amoureux, une  recommandation bienveillante, une parole, votre voix suffit pour me faire obtenir tout ce que je désire. Ayez pitié de ma vie mortelle et à l'heure de ma mort, ne m'oubliez pas; venez à mon aide et secourez-moi dans ma dure agonie. O mon âme quand viendra ton heure de mourir, si tu veux mettre à l'épreuve l'amour Marie, tu dois être fidèle à son amour durant ta vie. Et si tu désires que ta mort soit accompagnée de l'assistance  de Jésus, fais en sorte de ne pas laisser Jésus hors de tes pensées et de ton coeur. Oh comme je serai heureux si, durant ma vie, j'ai aimé Jésus et Marie! de pouvoir mourir dans les bras de Jésus et Marie! Je vous promets, ô mon Dieu, de n'aimer personne d'autre que vous, de ne penser qu'à vous. Et je me recommande à vous, ô Marie, au moment redoutable de mon passage d temps à l'éternité. Un son harmonieux s'élève dans l'air. C'est un chant céleste qui dit: « Marie est montée au Ciel. Les  Anges, remplis de joie, bénissent le Seigneur d'avoir glorifié leur Reine. Ouvrez-vous, ô portes éternelles, le Seigneur, Roi de gloire, entre dans les Cieux conduisant sa Bien-aimée, notre Reine ». Et d'autres Esprits célestes disent: « Qui est celle qui s'élève du Liban comme l'aurore, belle comme la lune et éclatante comme le Soleil? Elle est comme un parfum qui exhale de chaque vertus; elle est comme une précieuse olive pleine de gloire et de grâce et la beauté ». Comprends-don, ô mon âme, que la Très Sainte Vierge, exempte du péché originel et de toute ombre de péché actuel, ne vieillira jamais et ne perdra jamais sa beauté, et le Seigneur veut qu'elle  monte au Ciel, non par ses propres vertus, comme Jésus, mais par la vertu de Dieu. La glorification anticipée de son corps fut comme le sceau des privilèges donnés de la Mère de Dieu et à sa Conception Immaculée. Elle avait été conçue dans le sang d'Adam, mais sans l'ombre de son péché à lui, toute pure, belle et immaculée. Elle devint Mère en conservant sa virginité, privilège unique puisqu'il n'a pas accordé à une autre créature. Il était donc juste glorification de ce corps immaculé, temple vivant de l'Esprit Saint, avec toutes les dons de ce corps glorieux, c'est-à-dire l'agilité, la subtilité, impassibilité et la clarté.


La lumière ne pouvait pas être séparée du soleil. La lumière était l'âme de Marie, riche de grâces dès le premier moment de sa création; le soleil était son corps immaculé dont le Saint Esprit avait formé l'humanité représenté par le Verbe. Aussi l'Eglise appelle la Sainte Vierge, éclatante comme le Soleil, parce qu'elle a été la plus privilégiée de toutes les créatures. De même qu'à son coucher, le soleil laisse derrière lui une grande lumière d'or, Marie également, nous a laissé la lumière de ses  exemples dans toutes les vertus théologales et cardinales et, spécialement dans la quadruple couronne de sa virginité: premièrement, sa pureté dans le corps, par laquelle elle mérita de devenir  la Mère de Dieu; deuxièmement, sa pureté de cœur qui fit les délices de l'Esprit Saint dans toutes les affections et actions de son âme chaste; troisièmement, sa pureté dans la foi, qu'elle conserva intacte et vive en son Dieu, par laquelle elle fut l'éducatrice des Apôtres, le réconfort des nouveaux chrétiens; sa pureté d'intentions, par laquelle elle dirigeait toutes ses actions à Dieu, et recevait tout de ses mains, comme une servante fidèle: les joies et les douleurs, les humiliations et les triomphes. C'est pourquoi elle a été comparée au cèdre du Liban, au cyprès du Mont Sion dont le tronc s'élève droit au Ciel et au palmier à Cadès. La pureté ne concerne pas seulement le corps, car cette pureté s'appelle la chasteté, mais c'est l'ensemble de toutes les vertus, qui exclue n'importe quel défaut. Par conséquent, il s'agit plus de la pureté de l'âme, comme le dit le Psalmiste: « Yahvé, qui logera sous votre tente, habitera sur votre sainte montagne? Celui qui marche en parfait, celui qui pratique la justice et dit la vérité de son coeur, sans laisser courir sa langue » (Psaume 15:1-2). Ainsi la bénédiction de Dieu est promise à ceux qui ont la conscience pure: « Qui montera sur la montagne de Yahvé? Et qui se tiendra dans son lieu saint? L'homme aux mains innocentes, au cœur pur: son âme ne se porte pas vers des riens, il ne jure pas pour tromper. Il obtiendra la bénédiction de Yahvé et la Justice du Dieu de son salut » (Ps 24,3-5). Donc, toute la gloire de Marie provient du fait qu'elle est Immaculée et qu'elle est, dès le premier moment de sa vie, supérieure aux Anges eux-mêmes. Et dès ce moment-là, Dieu prévoyait qu'à notre époque, le dogme de l'Immaculée Conception aurait conformé cette croyance de son Assomption au ciel. O sainte immaculée virginité de Marie, m'écriai-je donc avec l'Eglise, comment puis-je dignement vous louer? O  très douce dame, vous avez quitté cette terre et vous avez rejoint votre Royaume où vous régnez sur tous les chœurs des Anges. Je me réjouis avec vous du haut privilège de votre Assomption au ciel. Mais rappelez-vous que si vous avez été élevé à une si haute dignité et à une si grande gloire, c'est à cause de nous, pauvres pécheurs. Votre compassion pour les enfants infortunés d'Adam n'a pas diminué dans le ciel; loin de là, elle al augmenté. Du trône où vous siégez glorieusement jetez aussi sur moi vos regards miséricordieux et secourez-moi. Voyez dans quelle tempête je me trouve, à quels périls je suis exposé et à combien de maux je serai encore en but d'ici à ma mort. Par les mérites de votre sainte mort, obtenez-moi donc l'amour de la perfection, avec la pureté de la foi, la pureté de la conscience, la pureté du cœur et la pureté des intentions pour pouvoir mourir finalement dans la grâce de Dieu; et au jour du Jugement Dernier, faites que mon corps puisse ressusciter glorieusement et qu'il puisse venir baiser vos pieds au Paradis, s'unissant avec les Esprit bienheureux, pour vous louer et chanter vos gloires comme vous le méritez. Ainsi soit-il.


Vertu: la pureté


Pratique: Le meilleur moyen d'honorer sur la terre la Très Sainte Vierge Marie est d'imiter ses vertus, principalement sa pureté de conscience, c'est à dire en évitant d'offenser faite à Dieu. Pour y parvenir, prenez soin d'éviter le péché véniel auquel vous êtes le plus enclin et faites tout votre possible. Efforcez-vous de vaincre vos passions et à acquérir la perfection en pensant que vous gagnerez ainsi l'amour et la protection particulière de Marie. Ce sera le plus sûr moyen de monter directement au ciel sans passer par le Purgatoire. Demandez-lui donc, chaque jour, qu'elle vous obtienne la grâce de sa quadruple pureté: la pureté du corps, la pureté du cœur, la pureté intention et la pureté de la foi.


Oraison jaculatoire: O Marie, Mère de l'amour divin, faites-moi mourir au monde afin que je ne vive plus que pour vous.


Prières avant la Communion du Quatorzième Samedi


Quand posséderai-je, ô Jésus, cette pureté de la foi et du cœur par laquelle Marie mérita de vous accueillir en son sein et qui lui valut, après sa mort, que vous descendiez vous-même du ciel pour la glorifier? O pureté Infinie que l'Église loue, vous qui n'avez pas craint d'habiter dans le sein d'une Vierge très pure, comment pourrez-vous demeurer, ce matin, en moi, dans mon cœur, centre des  passions les plus réfrénées, des vices les plus blâmables et où Satan règne en souverain? Je dirai avec le centurion: « Je ne suis pas digne, ô Seigneur, de vous recevoir, mais dites seulement une parole et mon âme sera guérie ». Je voudrais avoir les larmes amères des Saints Pénitents pour laver mon âme de toutes les souillures qui la rendent si laide à vos yeux. O saints Apôtres; vous qui avez pleuré le départ de votre Mère si douce, prêtez-moi vos larmes et pleurez avec moi sur mes  ingratitudes qui m'ont si longtemps éloigné de Dieu, mon souverain Bienfaiteur. O Mère du bel amour, que ce Feu divin ne vous brûle pas toute seule: faites que je brûle avec vous. Je vous aime, ô mon Jésus, et mon plus grand désir est de être consumés par votre amour. Vous le voulez, et vous le pouvez, Seigneur: faites ce que vous pouvez et donnez-moi ce que vous voulez. O Marie, Mère du Rédempteur, vous qui êtes la voie pour arriver au Ciel, vous qui êtes la Porte du Paradis et l'Etoile de la mer, secourez mon âme tombée dans le péché. Vous qui avez mis au monde votre Saint Géniteur, Vierge avant la parole de l'Ange, ayez pitié de mon âme pécheresse! Vous êtes toute pure et vous n'êtes pas tachée par le péché originel. Vous avez atteint sur la terre pour les plus hautes  perfections, qui ont dépassé les mérites et les dons de tous les anges et des plus grands Séraphins. Prêtez-moi, ce matin, votre pureté, afin que je me présente à l'Autel, avec une foi sincère, une conscience irréprochable, un coeur pur et une intention purifiée par votre amour, pour recevoir le Pain des Anges, qui est ce même Verbe de Dieu qui s'est fait chair de votre chair et sang de votre sang. Et quand le prêtre viendra me donner la Communion, faites, ô ma Mère, que je reçoive Jésus de vos mains et ainsi je le recevrai avec la plus grande pureté et la plus grande humilité qui soit  possible. Et vous, Anges et les saints du ciel, qui vivez dans cette céleste demeure et qui avez fêté notre Reine Céleste le jour de sa glorieuse Assomption en venant à son encontre, venez tous  accompagner mon âme, en ce moment heureux où elle va rencontrer son Epoux, son divin Rédempteur, son Dieu. Ainsi soit-il.


Prière pour demander la grâce dont on a besoin


O mon Sauveur et mon Dieu, pour votre Naissance, par votre Passion, par votre Mort, et par votre Résurrection glorieuse, faites-moi cette grâce (ici on expose la grâce que l'on désire). Je vous la demande au nom du Mystère de votre Incarnation en l'honneur duquel je vous offre la Communion que je vais faire. Je vous la demande encore au nom de Marie Immaculée, au nom de votre Très doux cœur, par Votre très Saint Nom, ô mon Jésus, par lequel vous avez promis d'accorder toute grâce. Ainsi soit-il.


Prière de demande à la Bienheureuse Vierge de Pompéi


Reine très glorieuse du Saint Rosaire, qui avez choisi Valle de Pompéi pour un nouveau Trône de votre puissance, Fille de de Dieu le Père, Mère de Dieu le Fils et Epouse de Dieu le Saint Esprit, je vous en conjure, par Vos joies, par vos douleurs, par vos gloires, par le Mystère de l'Incarnation en l'honneur duquel je me suis approché de la Sainte Table, daigner m'accorder cette grâce. (ici on demande la grâce).


Prières après la Communion


Mon âme prosternée dans la poussière, vous adore, ô mon Jésus, avec tous les Anges et les Saints qui sont dans le Ciel. O Jésus-Christ, vous êtes le seul Saint, Vous le seul Seigneur, le seul Très-Haut! J'adore votre âme très sainte et votre Corps cachés sous les voiles Eucharistiques; par votre présence, vous sanctifiez mon âme. Intelligence de Jésus, purifiez mes intentions. Volonté de Jésus,  purifiez mes désirs. Mémoire de Jésus, purifiez ma mémoire des images impures et du souvenir de mes péchés. Corps très Saint de Jésus, purifiez, par vos chairs immaculées, ma chair pécheresse. Sens très purs de Jésus, purifiez mon sens. Yeux très chastes de Jésus, purifiez mes yeux de toute vision impure. Langue très pure de Jésus, purifiez ma langue de ses discours impurs, vains et contraires à la Charité. Oreilles de Jésus, purifiez mon ouïe toujours à la recherche des nouvelles scandaleuses du monde. Mains de Jésus, donnez-moi votre innocence. Sang très Précieux de Jésus,  lavez-moi de tous mes péchés, enivrez mon cœur de votre joie divine et enflammez-le de votre  amour si saint. Eau très pure sortie du côté de Jésus, lavez-moi. O Passion très Sainte de Jésus, encouragez-moi. O Cœur enflammé de Jésus, brûlez-moi. Imprimez dans mon cœur l'obéissance à vos désirs, l'horreur du péché, la haine de moi-même et la grâce de vous plaire jusqu'à la mort, mon  Bien Suprême et le Centre de mon repos. O mon Jésus, en ce jour qui me rappelle la glorieuse Assomption au ciel de votre mère, ravivez ma Foi afin que je me détache de toutes les affections terrestres et donnez-moi l'espoir de vous revoir un jour au Paradis. Comme mon état est déplorable et comme ma misère est pitoyable! O Médecin Céleste, je vous découvre mes plaies et mes infirmités. La loi du péché vit en moi et résiste à votre volonté. Je crois,  par la foi, en tous vos enseignements et en même temps, je me laisse subordonner par les plaisirs de la chair. Je reconnais que dans le monde tout est vanité, orgueil et tromperie et pourtant je continue à professer ses maximes. Mes inclinations déréglées me harcèlent et je m'y laisse entraîner. Vos lois m'engagent à suivre un certain chemin et mes habitudes vicieuses me font violence. Ce que vous exigez de moi et tout ce que j'ai jusqu'à présent aimé me déchirent le cœur. Quelle contradiction entre ma croyance et ma conduite! O Prince de la paix, ô Divin Libérateur, mettez fin à cette guerre intérieure: libérez-moi de ce tourment, « défaites mes liens et je vous offrirai le sacrifice d'action de grâces » ( Ps 116,16-17). O Marie, vous êtes maintenant au Ciel, assise à la droite de votre divin Fils, pour ne plus jamais le quitter. Moi aussi, je le possède en ce moment, mais est-ce que je le possèderai dans l'éternité? Vous êtes le modèle de toutes les vertus, et moi hélas, je suis le réceptacle de tous les vices. Vous avez observé tous les conseils que votre Fils nous donnés dans l'Évangile, et moi, je n'en observe aucun. « Heureux les pauvres en esprit, a-t-il dit, parce qu'ils est le royaume des cieux »; or moi, je n'aime que les commodités et les richesses de la terre! « Heureux les doux, car ils hériteront de la terre »; or, moi, je suis si orgueilleux, si irascible, si dur que je me rends même odieux à mes semblables! « Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés »; or hélas, mon seul but est de rechercher avec une soif insatiable des plaisirs terrestres! « Heureux les cœurs purs car ils verront Dieu ». C'est donc parce que vous avez été la fidèle observatrice de tous ces préceptes que vous avez mérité, après votre mort, de revoir votre fils et que votre corps soit glorieusement transporté au Ciel! O Marie, vous avez été si pure, si douce de cœur et également si immaculée. Mais est-ce que mon corps ressuscitera aussi glorieux? O Reine de la Miséricorde, vous n'avez pas été seulement l'Etoile de la mer, la Mère de Dieu et la Vierge des vierges, mais vous êtes aussi la Porte du Ciel et l'Avocate des pécheurs, ô Marie! O Marie, Vierge très prudente, Vierge toute puissante, votre nom est mon salut! Si vous le voulez, vous pouvez me sauver. Montrez donc que vous êtes ma Mère: rompez les chaines qui me lient au péché. Soyez la lumière de mes yeux, délivrez-moi de tout mal et accordez-moi tous les biens! O Vierge incomparable, la plus douce, priez votre divin Fils pour que je sois absous de mes fautes et qu'il me rende doux et chaste. Faites-moi mener une vie pure avec une foi, toujours sincère, avec des intentions toujours nettes, une conscience sans tache, un cœur toujours doux. Ecartez de mon chemin tout danger, afin qu'arrivé à ma dernière heure, j'aie le bonheur de recevoir Jésus de vos mains si pures, comme vous l'avez reçu à l'heure de votre mort. Ainsi soit-il.


Invocations à Jésus après la Communion


Âme du Christ, sanctifiez-moi; Corps du Christ, sauvez-moi; Sang du Christ, enivrez-moi; Eau du côté du Christ, lavez-moi; Passion du Christ, fortifiez-moi; ô bon Jésus, exaucez-moi; dans vos blessures, cachez-moi; ne permettez pas que je sois séparé de vous; de l'ennemi, défendez-moi; à ma mort, appelez-moi; ordonnez-moi de venir à vous, pour qu'avec les saints je vous loue dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


Prière pour demander la grâce dont on a besoin


O mon Sauveur et mon Dieu, pour votre Naissance, par votre Passion, par votre Mort, et par votre Résurrection glorieuse, faites-moi cette grâce (ici on expose la grâce que l'on désire). Je vous la demande au nom du Mystère de votre Incarnation en l'honneur duquel je viens de recevoir Votre Corps Sacro-Saint et Sang Divin, je vous la demande encore au nom de Marie Immaculée, au nom de votre Très doux cœur, par Votre très Saint Nom, ô mon Jésus, par lequel vous avez promis d'accorder toute grâce. Ainsi soit-il.


Prière de demande à la Bienheureuse Vierge de Pompéi


Reine très glorieuse du Saint Rosaire, qui avez choisi Valle de Pompéi pour un nouveau Trône de votre puissance, Fille de de Dieu le Père, Mère de Dieu le Fils et Epouse de Dieu le Saint Esprit, je vous en conjure, par Vos joies, par vos douleurs, par vos gloires, par le Mystère de l'Incarnation en l'honneur duquel je me suis approché de la Sainte Table, daigner m'accorder cette grâce. (ici on demande la grâce).


Prière à Saint Joseph


O Saint Joseph, auguste Père de Jésus et notre Père glorieux à qui Dieu a confié son Fils bien-aimé, le Saint Esprit, son Epouse très chaste époux, et la Vierge Marie, la garde de sa virginité, vous qui pouvez tant auprès de Jésus et de Marie, demandez-leur et obtenez-moi cette grâce (on expose ici la grâce désirée). Jésus, Marie, Joseph, faites que pour vous je vive, pour vous je souffre et que pour vous je meure: que tout soit vôtre, que rien ne soit mien. Ainsi soit-il.


Prière à Jésus Crucifié


Me voici, ô bon et très doux Jésus, prosterné en votre présence. Je vous prie et je vous conjure avec toute l'ardeur de mon âme d'imprimer dans mon cœur de vifs sentiments de foi, d'espérance et de charité, un vrai repentir de mes fautes et une volonté très ferme de m'en corriger ; tandis qu'avec un grand amour et une grande douleur, je considère et contemple en esprit vos cinq plaies, ayant devant les yeux ces paroles que le prophète David vous faisait dire de vous-même, ô bon Jésus : « Ils ont percé mes mains et mes pieds, ils ont compté tous mes os » (Ps. 21).


Réciter le Notre Père, Je vous salue Marie et Gloire au Père, les intentions du Souverain Pontife.


(Indulgence plénière, les vendredis de Carême, après la communion, devant la représentation de Jésus-Christ crucifié ; indulgence partielle, en action de grâce après la communion).


Prière


Par vos Plaies Divines, ô Seigneur, je demande le triomphe et l'exaltation de la Sainte Église, votre épouse, dont le Souverain Pontife en est le chef visible; l'extirpation de l'hérésie et de l'idolâtrie, la paix entre les nations, le conversion des pécheurs, je vous recommande tous mes parents, amis, ennemis, mes bienfaiteurs spirituels et temporels, tous ceux qui prient pour moi, et qui me demandent de ne pas les oublier dans mes prières, particulièrement tous les associés et les bienfaiteurs du Sanctuaire et des oeuvres de Pompéi et tous les membres de la Pieuse Union pour Agonisants créé en Sanctuaire de Pompéi. J'offre cette indulgence aux âmes du Purgatoire.


Prière à la Vierge du Saint Rosaire de Pompéi pour implorer son amour et sa protection durant la vie et la mort


O Marie, Mère Immaculée de Jésus, ma tendre Mère, Reine du Très Saint Rosaire, vous qui avez daigné choisir pour demeure la vallée désolée de Pompéi, pour illuminer le monde de la lumière de vos grâces et de vos miséricordes, daignez poser sur de moi vos yeux remplis de compassion et acceptez-moi comme votre serviteur et comme votre enfant qui vous aime et qui vous dit à haute voix: « Mère de Miséricorde! » Ecoutez mes gémissements: que vos pas immaculés m'ouvrent le chemin de la pureté et de la paix. Que sonne à mes oreilles la douceur de votre voix, ô ma douce Dame, car vos paroles sont celles de la vie. Ouvrez vos mains pleines de grâce, et secourez votre indigne serviteur indigne, qui vous appelle, délivrez-le des pièges de ses ennemis. Etendez jusqu'à moi les douces chaînes de votre couronne, avec lesquelles vous attirez à vous les cœurs les plus rebelles et rendez mon cœur captif afin qu'il ne s'éloigne plus jamais de vous. O Rose de toute pureté, que l'odeur de vos parfums me porte à l'amour du Paradis. O chère Rose du Seigneur, je soupire d'amour et de douleur. Attendrissez mon cœur par vos larmes; touchez-le par votre compassion; rendez-le sensible à vos douleurs et fortifiez-le par votre grâce. O Marie, Mère pleine de grâces, priez pour moi. Prenez-moi comme votre serviteur. Faites que je me confie toujours à vous, que je pense toujours à vous, que je fasse toujours appel à vous, que je vous serve toujours vous, que je vous aime toujours. Que pour vous, je vive, j'agisse, je souffre et je meure. Et à l'heure de la mort, délivrez-moi du démon, et conduisez-moi à Jésus, votre Fils et mon juge. O Cœur Immaculé de la Mère de Dieu, source inépuisable de la bonté, de douceur, d'amour et de miséricorde, prenez mon cœur, rendez-le au vous. Purifiez-le, sanctifiez-le, détachez-le de l'amour des créatures et que le feu divin qui vous consuma puisse consumer mon cœur dans le temps et dans l'éternité. Ainsi soit-il.


Memorare à la Vierge de Pompéi


Souvenez-vous, ô très miséricordieuse Vierge du Rosaire de Pompéi, qu'on a jamais entendu dire que qu'un de vos dévots qui ait, par le Rosaire, demandé votre aide ou imploré votre secours, ait été abandonnée. Animé d'une telle confiance, je viens à vous, ô Mère de Miséricorde, Vierge des vierges, puissante Reine des Victoires. Gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne à vos pieds en implorant la miséricorde, en demandant grâce. Ne rejetez pas ma prière, ô Mère du Verbe, par votre Sacro Saint Rosaire, par la prédilection que vous avez montré pour le sanctuaire de Pompéi, écoutez-moi et exaucez-moi. Ainsi soit-il.


Dire trois fois: Reine du Très Saint Rosaire, priez pour nous. Réciter ensuite les Litanies de la Sainte Vierge. Une prière pour la glorification du bienheureux Bartolo Longo. Un Ave pour tous les associés du Sanctuaire de Pompéi dispersés à travers à travers le monde et qui se recommandent à nos prières, un Ave au Cœur Immaculé de Marie pour la conversion des pécheurs, avec les invocations suivantes: Doux cœur de Marie, soyez mon salut. Refuge des pécheurs, priez pour nous, O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. Notre-Dame du Rosaire de Pompéi, priez pour nous. Bénie soit la Sainte et Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie Mère de Dieu. Enfin, on demande la bénédiction à Jésus, Marie et Joseph.


Grâce de la Très Sainte Vierge de Pompéi

A Malte, conversion de la Protestante Anna Charles par la pratique des Quinze samedis à Vierge de Pompéi


Anne Charles, de religion Protestante, était à Malte depuis plus de vingt ans, quand elle épousa Maître Joseph Misued, catholique, duquel elle eût un fils. Le bon Joseph et sa sœur, elle aussi fervente catholique, avaient tout mis en œuvre pour persuader   Anne d'abandonner sa religion et embrasser le Catholicisme; mais celle-ci ne voulait pas en entendre parler et de plus, dépréciait leur croyance par des paroles exécrables et, d'une manière particulière, les Sacrements de la Confession et de la Communion. Il demandèrent à des prêtres très doctes d'essayer de la convertir et, en particulier, au Père Alphonse  Micalles, O.F.C., lequel, pendant des années, fit de nombreux efforts en vue de sa conversion, mais toujours en vain. En 1887, Anna tomba gravement malade. Vu son mauvais état de santé, les soins affectueux et la sollicitude dont elle était entourée et les prières continuelles faites à Dieu pour sa conversion, on espérait pouvoir l'amener à suivre les sages conseils. Rien n'y fit. Comme son état ne s'améliorait pas, les médecins décidèrent d'avoir recours à une opération assez douloureuse. Et Anne dut subir une terrible amputation à l'Hôpital Central de Malte, qui l'affaiblit à tel point qu'on crût sa dernière heure venue. La blessure s'étant enfin cicatrisée, elle sortit de l'hôpital et passa quelques mois de convalescence chez elle, toujours fidèlement tenace envers sa fausse religion. Jusqu'à ce qu'arriva la fin du moi d'août, où elle retomba de nouveau malade. Alors la famille de Joseph pria le Père André Debono, de Misida, grand dévot de la Vierge Pompéi, de venir visiter la malheureuse infirme pour lui parler de religion. Celui-ci alla donc voir la malade et eût avec elle de nombreuses conversations, essayant de la convaincre par le raisonnement. Il se rendit bien vite compte qu'Anne s'obstinait dans l'hérésie qui allait en s'affirmant et que toute conversion serait impossible. Elle montrait une haine implacable pour son mari et sa famille, aussi bien que pour les Maltais et leur religion, une haine pleine de mépris pour les sacrements de la Confession et de la Communion. Et son aversion satanique avait atteint un tel degré qu'à peine commençait-on à parler de religion qu'elle repoussait immédiatement tout argument. Malgré cela, le vieux Prêtre ne perdait pas à l'espoir de sauver cette âme, comptant sur la puissance de la Vierge du Rosaire, honorée dans son bien-aimé Sanctuaire de Pompéi: et il demandait à tous donc ses pénitents, de dire des Neuvaines à la Vierge de Pompéi et de communier pour Anne le plus souvent possible. Une belle sœur d'Anne, Maria Misued, femme de piété solide, pria le révérend Debono de célébrer une messe pour demander la conversion désirée; et il fut établi que la Messe serait célébrée le samedi suivant, 15 septembre, en même temps que la fonction des Quinze Samedis qui se pratiquait là. Dans le même temps, on écrivit à l'Avocat Bartolo Longo, à Valle di Pompei, pour lui demander de bien vouloir faire prier les Orphelines du Rosaire, dans le Sanctuaire de Pompéi sanctuaire pour obtenir la conversion si convoitée. Les jours de la Neuvaine récitée par les orphelins passèrent et arriva le 29 septembre, Quatorzième des Quinze samedis, au cours duquel on commémorait la Bienheureuse mort de la Vierge Marie, ou mieux, son heureux passage réussi à la vie éternelle. C'était le jour choisi désigné par la Clémente Reine de Pompéi pour sauver cette âme des griffes de Satan, cette âme pour laquelle beaucoup de ses fils dévots priaient sans cesse. Durant toute la nuit de ce samedi-là, Anne ne put pas fermer l'oeil pour s'endormir. Le regard de Marie s'était posé sur elle, la grâce travaillait son coeur malheureux. Arriva l'aube du Dimanche,  jour du Seigneur, et la Protestante, amenée à franchir la dernière étape, n'était plus la même. Au grand émerveillement de tous, elle s'écria tout à coup d'une manière contrite: « Où est ce prêtre? Appelez-le rapidement. Je voudrais le voir le plus vite possible! » C'était comme si ses yeux  s'ouvraient sur un nouveau monde: son visage était devenu serein, reflétant la bienveillance de son âme: « Je veux être baptisée, s'écria-t-elle, je veux mourir un catholique! » A ces paroles inattendues mais espérées, tous versèrent des larmes de consolation parce qu'ils ne pouvaient en croire leur yeux ni leurs oreilles. On appela aussitôt le Père Debono, mais celui-ci était sur le point de monter en chaire Misidis, mais il leur assura toutefois qu'à peine il aurait fini son sermon, il viendrait au chevet d'Anne. Mais Anne, stimulée par la grâce de Marie, ne voulut pas attendre et le fit appeler de nouveau. Entre-temps, Monsieur le Révérend Preposito, du collège de Birchircara, fut aussi appelé. Et celui-ci, au milieu d'une émotion incroyable, reçut l'abjuration de la Protestante convertie et la baptisa aussitôt au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. « Amen », répondirent tous les présents en pleurant de tendresse et de commotion. C'est à ce moment-là qu'entra le Révérend Debono. Dès le premier regard, elle lui apparut non plus comme une créature mortelle mais plutôt comme un ange. Anne l'accueillit avec une joie extraordinaire, lui demandant pardon de n'avoir pas pu l'attendre. Et on organisa tout de façon à ce qu'elle puisse recevoir, sans perdre de temps, la confirmation. Et son Excellence, Monseigneur, le Frère Antoine-Marie Buhagiar, ce Père si pleind'amour, vint, de nuit, au chevet de la mourante et sur la nouvelle baptisée, imposa les mains ointes comme celles du Seigneur: sur cette âme rendue pure par les eaux du baptême, il fit descendre l'Esprit Sanctificateur. Pour rendre éternellement heureuse l'âme d'Anna Charles, il ne restait que le dernier Sacrement:    l'extrême-onction; et on les lui administra avec les Sainte Indulgences et avec tous les autres réconforts de la Religion catholique. Après quinze heures de la plus douce des agonies, parfaitement résignée à la très sainte volonté de Dieu, avec la couronne du Saint Rosaire dans les mains, tenant sur sa poitrine le crucifix, Anna, tranquillement, rendit l'âme au Créateur. La grande reine du ciel et la terre ne refuse à personne sa grâce quand elle est honorée par la pratique très efficace des Quinze samedis et en même temps invoquée sous le titre très apprécié par son Coeur maternel de Reine de la Rosaire de Valle de Pompéi. (Du Périodique « Le Rosaire et la Nouvelle Pompéi »)

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21 novembre 2009

Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 13/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Treizième mardi

Saint Antoine de Padoue dans la gloire


Notre Bienheureux Père saint Antoine a donc quitté cette terre, le lieu de son exil, et il est entré dans le lieu de son repos, au séjour de la gloire, dans le beau Paradis! O le Paradis, le beau Paradis! Ah! chaque fois que nous essayons de parler de la beauté du ciel et du bonheur des élus, notre entendement se confond et notre langue reste muette. Le grand docteur de l'Eglise, saint Augustin, voulut un jour, à la prière de Sévère, son ami, faire un Traité sur la beauté du ciel. Se disposant à écrire à saint Jérôme pour le consulter sur une matière si difficile, tout-à-coup, c'est lui-même qui le raconte, une lumière insolite et que rien ne peut dépeindre, éclaire sa cellule et la remplit de parfums dune suavité inconnue. Etonné et comme hors de lui-même, il entend alors clairement une voix qui lui dit: Que veux-tu donc faire, Augustin? Crois-tu pouvoir enfermer dans une petite coupe la mer tout entière; embrasser la terre avec ta main? Veux-tu voir ce que l'œil n'a point vu, comprendre ce qui est incompréhensible?... C'était la voix de saint Jérôme, mort ce jour-là même à Bethléem, et qui, au moment de son entrée en Paradis, veut faire sentir à Augustin qu'un tel bonheur est indescriptible. Va, en effet, l'Apôtre saint Paul, rappelant les paroles du prophète Isaïe, dans sa première épître aux Corinthiens, leur dit: L'œil n'a point vu, l'oreille n'a point entendu, et le cœur de l'homme n'a jamais compris ce que Dieu a préparé à ceux qui l'aiment. Un peu plus tard, dans sa dernière lettre aux Corinthiens, il parle de son grand ravissement jusqu'au troisième ciel; et là il entendit et vit des choses si merveilleuses et si souverainement belles que sa langue demeure radicalement incapable de les redire! Lucifer lui-même qui avant sa chute a joui de l'ineffable beauté de Dieu, est incapable d'en donner une peinture, bien qu'il en ail conservé le souvenir, comme il l'a confessé plusieurs fois dans des exorcismes. Un Religieux de l'Ordre de saint Dominique faisant un jour un exorcisme, adressa au démon cette question: Dieu est-il beau ? Le démon lui répondit par la bouche du possédé: Je l'ai vu un peu plus d'un moment; mais si je pouvais le voir encore une fois de même, je souffrirais volontiers jusqu'au jour du jugement toutes les peines des damnés dans l'enfer! Une autre fois, c'était en 1634, aux célèbres exorcismes de Loudun. Là, on exorcisait plusieurs possédés. L'exorciste interrogea aussi le démon et lui dit: Que ferais-tu pour voir le bon Dieu? Je consentirais à grimper le long d'une colonne qui irait du fond des enfers jusqu'au sommet du ciel, toute hérissée de pointes aigües, de lames tranchantes, d'épines déchirantes; je consentirais en outre à souffrir dix mille ans, uniquement pour avoir le bonheur de contempler Dieu dans le ciel, durant une seule minute! Ah! si les hommes lavaient ce qu'ils perdent, en perdant la grâce de Dieu! Pour nous, âmes pieuses, ne nous exposons jamais à perdre la grâce du bon Dieu ; mettons-nous sous la protection des Saints, nous qui sommes les enfants! des Saints et qui attendons comme eux une vie meilleure dans le beau Paradis. Car, dit saint Augustin, si nous ne pouvons décrire la beauté du ciel, nous pouvons, si nous le voulons, acquérir le ciel les Saints, les amis du bon Dieu! déjà, dès ici-bas, ils avaient comme un avant-goût du Paradis, lorsque le bon Dieu les favorisant de ses grâces de choix, ils étaient ravis hors d'eux-mêmes dans de douces et célestes extases. Notre Père saint François entendit un jour un Ange jouant d'un instrument de musique, et il faillit en mourir de plaisir. Le bienheureux Bernard de Quintavalle, son premier disciple, étant triste, un jour fut consolé par l'apparition d'une simple main qu'il vit dans les airs : cette main tenait un archet, et en donna un seul coup du ciel vers la terre, et il s'en dégagea une harmonie si grande, une douceur si excessive, que si la main, dit-il lui-même, avait ramené l'archet de la terre vers le ciel, son âme se serait séparée de son corps, tant la mélodie qu'il entendait était suave. Est-ce que saint Joseph de Copertino, à la seule vue d'une image de Marie, n'a pas été plusieurs fois soulevé de terre dans de grands ravissements? Nous avons connu nous-même un jeune Religieux que la simple pensée de la beauté de la sainte Vierge faisait tomber en extase! Tâchons donc de devenir nous-mêmes des saints en imitant leurs vertus. Nous oublions trop tout ce que, en vivant saintement, nous pourrions faire de bien sur la terre. Que d'âmes dans le Purgatoire seraient délivrées de leurs peines! que de pauvres âmes pécheresses obtiendraient la grâce de leur conversion! et quelle belle couronne nous nous préparerions aussi nous-mêmes, pour le beau Paradis! Voici un exemple choisi entre mille de ce qu'une âme pieuse peut obtenir de Dieu, par l'intercession des Saints, et surtout par l'invocation de la Reine des Saints, Marie notre tendre Mère. Une servante de Dieu, la sœur Séraphine de Capri priant un jour la sainte Vierge dans la Neuvaine de son Assomption, lui demanda la conversion de mille pécheurs et elle craignit ensuite d'en avoir demandé trop; mais la Mère du Sauveur lui apparut et la reprit de sa vaine appréhension, en lui disant: Pourquoi crains-tu? ne suis-je pas assez puissante pour obtenir de mon Fils le salut de mille pécheurs. Cela est déjà fait, les voilà. Alors, elle la conduisit en esprit dans le Paradis, et elle montra des âme sans nombre, qui avaient mérité l'enfer, et qui, sauvée par son intercession, jouissaient de la béatitude éternelle! Si nous voulons donc faire beaucoup de bien si la terre et obtenir par là un jour nous-mêmes la grâce du Paradis, pratiquons dès ce moment, tout ce que les saints ont pratiqué, soyons nous-mêmes des saints et surtout ayons, comme eux, à l'exemple de saint Antoine, une dévotion vraie, sincère, toute filiale envers la Très sainte Vierge Marie! Car nous le rappelons en terminant: Un vrai serviteur, une vraie servante de Marie ne saurait périr. Louée soit donc à jamais la bonté infinie de notre Dieu qui a daigné nous donner dans le ciel une avocate telle que Marie, laquelle comme Mère de notre Juge et comme Mère de miséricorde, peut intercéder efficacement pour nous dans la grande affaire de notre salut, et nous introduire, après cet exil, dans le beau Paradis !


Exemple


Un homme résidant près de Padoue, voulant connaître par les démons certaines choses secrètes, se plaça une nuit dans un cercle magique avec un certain clerc qui par l'art de la magie savait invoquer les démons. Lors donc que cet homme fut placé dans le cercle et que le susdit clerc eut invoqué les démons, ceux-ci accoururent avec grand fracas et de grands rugissements. Et comme cet homme épouvanté ne savait quoi dire aux démons, les esprits infernaux, séance tenante, lui arrachèrent la langue de son palais et les yeux de sa tête. Après ce terrible traitement, salaire de sa coupable imprudence, cet homme, brisé extérieurement par la douleur de ses yeux arraché» et de sa langue détruite, et extérieurement par l'énormité de sa faute et l'impossibilité de la confesser à un prêtre, eut recours à l'intercession de saint Antoine et mit toute sa confiance en lui. Il se rendit donc au couvent des Franciscains et là passa de longs jours et de longues nuits à prier et conjurer le Seigneur de lui venir en aide par la puissante intercession du grand Thaumaturge saint Antoine. Or, un jour tandis que les Religieux chantaient à la messe le Benedictus qui venit in nomine Domini et que le prêtre élevait la sainte Hostie à la consécration, de nouveaux yeux revinrent à cet homme, à la place des premiers. Un tel miracle groupa immédiatement autour de lui tous les assistants, et ils s'unirent à lui d'un seul cœur et d'une seule âme pour conjurer le Seigneur qu'il daignât, dans sa grande bonté et par les mérites du Thaumaturge, compléter cette œuvre sainte pour cet infortuné, en lui rendant aussi sa langue. Lorsque le chœur eut entonné l'Agnus Dei, et qu'il eut terminé le chant par les mots: dona nobis pacem Dieu, dans sa bonté rendit à cet homme la langue et la parole, et celui-ci s'en servit sur le champ avec une indicible joie pour remercier le Seigneur et chanter les louanges du grand Thaumaturge saint Antoine.


Répons Miraculeux (voir au premier mardi)

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21 novembre 2009

Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 9/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Neuvième mardi

Amour de Saint Antoine pour la pauvreté


Bienheureux les pauvres d'esprit, car le royaume des cieux est a eux. Ce fut par ces paroles que le Sauveur du monde commenta, son admirable sermon sur la montagne. Notre Seigneur voulait ainsi établir la pauvreté volontaire pour fondement delà perfection évangélique. Et il nous prêcha lui-même la sainte pauvreté par son exemple. Il naquit dans une étable, pauvre: il vécut toute sa vie, pauvre: il n'avait pas même un denier quand il fallut payer le tribut à César: il n'avait pas non plus de maison où il pût célébrer la Pâque avec ses disciples ; et il n'avait pas même de demeure où il pût se reposer: Les renards ont des tanières; les oiseaux du ciel ont des nids; mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête. La première des huit Béatitudes est donc pour les pauvres d'esprit, c'est-à-dire les pauvres de cœur et d'affection ; s'ils n'ont point de richesses, ils n'en désirent pas; s'ils en ont, ils n'y attachent pas leur cœur. Et combien est grande la récompense que Notre Seigneur promet à tous ceux qui voudront le suivre dans les voies de la sainte pauvreté! Ce n'est pas seulement la vie éternelle qu'il promet, cet adorable Maître, mais même le centuple des cette vie, en ce monde. Quiconque quittera sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, pour l'amour de moi, recevra le centuple présentement, dans ce siècle même, et dans le siècle à venir la vie éternelle. Tous les pauvres volontaires, c'est-à-dire toutes les âmes religieuses qui quittent tout pour l'amour de Dieu, et qui s'attachent à lui par le triple vœu de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, ont droit à cette magnifique récompense promise par Jésus-Christ notre divin Maître. Tous les Saints ont suivi Notre Seigneur dans les sentiers de la pauvreté, mais aucun, ce semble, n'a été passionné pour la pauvreté, comme saint François notre Père. Or, le Saint que nous glorifions en ce moment, saint Antoine de Padoue, a été, dit la sainte Eglise, un digne émule de son Séraphique Père. En faisant donc l'éloge de l'un, nous faisons aussi l'éloge de l'autre. Tout le monde sait, tant cet aimable Saint reste toujours populaire, tout le monde sait que saint François aimait éperdument la sainte Pauvreté, qu'il appelait sa Dame, sa Maîtresse, sa Reine!Nous lisons dans la vie de saint François, qu'à l'origine de son Ordre, le nombre des disciples de la pauvreté croissait admirablement à l'ombre du délicieux sanctuaire de Sainte Marie des Anges. Ce charitable Père, en effet, portait tous ses enfants dans son cœur, et là, dans ce doux Sanctuaire, sous le regard de Marie, il les élevait avec la tendresse d'une mère. Il était le premier à aller demander l'aumône déporte en porte, pour subvenir à leurs besoins; quelquefois même il y allait seul pour leur éviter les premières confusions de la mendicité, si naturelles, du reste, à des hommes à peine sortis du siècle et de ses serviles vanités. Il fallait pourtant leur apprendre à demander résolument l'aumône pour l'amour de Dieu; et c'est pourquoi il leur tint ce discours. Mes Frères et mes Enfants bénis ! n'ayez point de honte d'aller demander l'aumône, puisque Notre Seigneur s'est rendu pauvre en ce monde pour l'amour de nous, et qu'à son exemple, nous avons choisi l'état de la plus parfaite pauvreté. Allez donc, avec la bénédiction de Dieu, demander l'aumône, et cela avec une confiance plus grande que celui qui irait offrir cent pour un. Car, c'est l'amour de Dieu que vous offrez en la demandant, puisque vous dites: faites-nous l'aumône pour l'amour de Dieu, et que le ciel et la terre ne sont rien, comparés à ce divin amour. Il leur disait encore avec la même simplicité: Le pain que la sainte pauvreté fait ramasser de porte en porte est le pain des anges, parce que ce sont les bons anges qui inspirent aux fidèles de le donner pour l'amour de Dieu. Le Très-Haut a donné les Frères Mineurs au monde dans ces derniers temps, afin que les élus puissent pratiquer ce qui les fera glorifier par le Souverain Juge, lorsqu'il leur adressera ces paroles si consolantes: Ce que vous avez fait à l'un des plus petits de mes Frères, c'est à moi-même que vous l'avez fait. Puisse cette dernière parole du Pauvre d'Assise réjouir le cœur de toutes les personnes qui continuent toujours, avec la même générosité, à donner le pain de chaque jour, à ses enfants pauvres ! Et daigne le Seigneur exaucer les prières que ces mêmes pauvres font aussi monter tous les jours au ciel, en témoignage de gratitude pour ces âmes charitables qui ici, au Canada, les inondent de leurs abondantes aumônes ! O bon Jésus, vous le vrai Père des pauvres, faites donc bien comprendre à toutes ces charitables Bienfaitrices des enfants du Pauvre d'Assise, et le grand mérite de l'aumône faite au pauvre, et le grand prix en retour, de la prière du pauvre! puisque l'aumône délivre de la mort et que c'est elle qui lave les péchés et fait trouver la miséricorde et la vie éternelle! Et la prière des pauvres, vous l'exaucez toujours, Seigneur: Vous exaucez jusqu'au désir des pauvres: votre oreille entend même la simple préparation de leur cœur! Et vous toutes, âmes si bonnes et si charitables, continuez à renfermer l'aumône dans le cœur des pauvres; et cette aumône, l'Esprit-Saint vous l'assure, prier pour vous et elle vous préservera de tout mal.

Exemple


On sait que dans l'Ordre de saint François qui a toujours été si prodigieusement nombreux dès son origine, les Religieux, qui, comme tous les autres ne possèdent rien en propre, ne possèdent aussi rien en commun. La Règle dit absolument: Que les Frères ne possèdent rien en commun, ni maison, ni lieu, ni aucune autre chose sous le ciel; mais comme des pèlerins et des étrangers dans ce siècle, qu'ils servent le Seigneur dans la pauvreté et l'humilité et qu'ils aillent avec confiance demander l'aumône. Ils vivent depuis près de sept siècles, sur l'unique fonds de la divine Providence. Cependant l'histoire générale de l'Eglise fait remarquer que dans les épidémies, les famines, les plus extrêmes détresses, jamais Franciscain, que l'on sache, n'est mort de faim. Il y a eu pourtant des époques pénibles où les Enfants de saint François se trouvèrent dans de grandes angoisses. Nous, ne voulons en citer qu'un exemple. Dans la Mission de Terre-Sainte, à l'époque des persécutions sanglantes et dans un moment de détresse générale, les Franciscains allaient manquer réellement de pain pour eux et leurs pauvres de Jérusalem. On n'envoyait presque plus d'aumônes des pays catholiques, et les Juifs, à qui il fallut recourir, faute d'autres, pour les nécessités indispensables, les Juifs eurent assez peu de cœur, pour nous prêter, alors que nos pauvres se mouraient de faim, au taux inqualifiable de cinquante pour cent! Pauvres Juifs, ils ont donc bien toujours été les mêmes! Cette usure révoltante augmentait, on le comprend, démesurément la dette. La position n'était pas tenable. Que firent alors les Pères de Terre-Sainte ? Ils eurent recours à notre illustre Thaumaturge, admirable en tous pays. Ils allumèrent dans la Procure absolument vide une petite lampe devant une modeste statue de saint Antoine, et commencèrent avec confiance une Neuvaine en son honneur. Le secours vint, sans tarder, et du côté où il fallait le moins l'attendre. Un musulman inconnu se présenta et, par ses largesses, il aida les Franciscains à sortir des mains des Juifs et à liquider tranquillement leur énorme dette! La petite lampe brûle toujours devant la statue de notre aimable Saint à l'antique procure des Pères de a Terre-Sainte.


Répons Miraculeux (voir au premier mardi)

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7 décembre 2009

Litanies du Bienheureux Ivan Merz

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Litanies du Bienheureux Ivan Merz

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.


Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, lumière du ciel, priez pour nous

Bienheureux Ivan Merz, chevalier divin, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, chevalier du Christ Roi, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, adorateur zélé de l‘Eucharistie, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, fils obéissant et fidèle de l'Église Catholique, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, véritable admirateur du Saint Père, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, fidèle laïc respectueux de la hiérarchie ecclésiale, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, divulgateur assidu de l’enseignement de l'Église, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, chaste fils de la Bienheureuse Vierge, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, fidèle prieur au chapelet de Notre Dame, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, homme renouvelé dans le Christ, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, prophète de Dieu, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, héros de l’Amour, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, œuvre d’art divin, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, géant de l'Esprit, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, chef-d’œuvre de l’Esprit Saint, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, mystère de la grâce Divine, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, grande âme liturgique, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, âme apostolique, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, apôtre de la sérénité, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, chevalier de la dignité féminin, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, combattant des montagnes blanches, priez pour nous.

Bienheureux Ivan, modèle de lutte contre les péchés, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, modèle de la domination et de l’ascèse, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, modèle de la croissance en sainteté, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, modèle des intellectuels catholiques, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, patient porteur de la croix, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, plénitude de la maturité chrétienne, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, indicateur aux générations contemporaines, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, chemin de nos jours, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, témoin, protecteur et notre compagnon, priez pour nous.

Bienheureux Ivan Merz, notre Frère, priez pour nous.


Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.


priez pour nous, Bienheureux Ivan Merz,


Afin que nous devenions dignes des promesses de Notre Seigneur Jésus Christ


Prions


Dieu, notre Père, le bienheureux Ivan, fidèle à l’appel de son baptême à la sainteté, travaillait assidûment à l’éducation de la jeunesse dans la foi et dans la vie chrétienne. Inspirés par son exemple et fortifiés par son intercession, accorde-nous aussi fidèlement et courageusement de continuer à annoncer et témoigner l'Évangile. Par Jésus Christ, notre Seigneur.

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21 novembre 2009

Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 5/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Cinquième mardi

L'héroïque patience de Saint Antoine


Notre Seigneur veut que nous soyons tous des, Saints. L'Apôtre saint Paul disait aux premiers chrétiens: Mes Frères, vous avez appris de nous comment il faut que vous marchiez pour plaire à Dieu. Or, plaire à Dieu, c'est se sanctifier, et c'est là sa volonté expresse; car, ajoute l'Apôtre: La volonté de Dieu c'est votre sanctification. Le bon Dieu, dans son admirable Sermon sur la montagne, l'avait dit clairement à la foule accourue là pour l'entendre. Après avoir donné le précepte si important du pardon des injures, et de l'amour des ennemis, notre divin Maître ajoute: Soyez donc parfaits, vous, comme votre Père céleste lui-même est parfait. Mais où se trouve cette perfection que Jésus-Christ demande de nous ? Précisément dans la vertu que nous proposons aujourd'hui, cher Lecteur, à votre pieuse méditation et dont saint Antoine nous a donné un si édifiant exemple. L'Apôtre saint Jacques instruisant, lui aussi, les premiers fidèles, leur dit que notre perfection consiste dans la vertu de Patience! Considérez comme sujet d'une joie complète, mes Frères, lorsque vous tombez en diverses tentations, sachant que l'épreuve de votre Foi produit la Patience: or, la Patience rend les œuvres parfaites, de manière que vous soyez parfaits, accomplis, et ne manquant de rien. Saint Alphonse de Liguori, en parlant des sept douleurs de Marie, fait sur cette parole de l'Apôtre saint Jacques, cette belle réflexion. Le Seigneur, dit ce grand Saint, nous ayant donné la Bienheureuse Vierge pour modèle de perfection, il a donc fallu qu'il la comblât de tribulations, afin que nous puissions admirer et imiter son héroïque Patience ! Jésus et Marie, voilà nos grands modèles!... Jésus, annonçant les grandes tribulations réservées à ses apôtres, leur disait: (Quand elles seront arrivées) C'est par votre Patience que vous posséderez vos âmes. L'Apôtre saint Paul, exhortant les Hébreux à demeurer fermes dans leur Foi, leur disait: Ne perdez donc pas votre confiance, laquelle a une grande récompense. Et sachez que la Patience vous est nécessaire, afin que, faisant la volonté de Dieu, vous obteniez l'effet de la promesse. Et c'est ainsi que le même Apôtre exhortait toujours les premiers chrétiens, à se souvenir, dans toutes leurs tribulations, de la grande Patience de Notre Seigneur Jésus-Christ; et avec ses exhortations, il leur adressait les souhaits les plus affectueux et les plus paternels, disant: Que le Seigneur dirige donc vos cœurs dans l'amour de Dieu et la Patience de Notre Seigneur Jésus-Christ. La vertu de Patience est si importante et si 'pratique (car elle est de tous les jours et de tous les instants) que Dieu a voulu nous donner d'étonnants exemples de patience même avant la venue de son divin Fils, dans la personne des Justes de l'Ancienne Loi. Les chrétiens qui sont encore faibles dans leur Foi ne connaissent pas la mystérieuse conduite de Dieu envers ses élus, et se demandent pourquoi tant de tribulations pour les âmes justes. L'Esprit-Saint leur répond par l'exemple du saint homme Job et de Tobie. Racontant comment ce dernier devint aveugle, l'Ecrivain sacré ajoute: Or Dieu permit que cette épreuve lui arrivât, afin que sa Patience fût donnée, en exemple à la postérité, comme celle du saint homme Job. Ah! si l'on méditait plus souvent ces grands enseignements de l'Esprit-Saint, il y aurait moins de murmures dans le monde parce que l'on y pratiquerait mieux la sainte vertu de patience. L'archange saint Raphaël dit plus tard à Tobie, après le grand miracle de sa merveilleuse guérison: C'est parce que vous étiez agréable à Dieu, qu'il a été nécessaire que la tentation vous éprouvât. Et l'Apôtre saint Paul nous le répète lorsque, écrivant à son disciple saint Timothée, il lui dit: Ainsi tous ceux qui veulent vivre en Jésus-Christ souffriront persécution. Parce que le Seigneur châtie celui qu'il aime. Enfin Notre Seigneur nous le dit lui-même, dans le livre mystérieux de l'Apocalypse, en s'adressant à l'ange de l'église de Laodicée; Pour moi, je reprends et je châtie ceux que j'aime. Et le bon Jésus, pour tous ceux qui souffrent, mais avec patience, sans murmure, pour l'amour de Dieu, toutes les contradictions de cette vie, Jésus ajoute cette magnifique conclusion: Celui qui aura vaincu, je le ferai asseoir avec moi, sur mon trône! Notre Saint avait compris toutes ces choses et il les avait mises en pratique; c'est pourquoi il nous a laissé l'exemple d'une héroïque Patience! Comme on éprouve l'or dans la fournaise, ainsi Dieu se plut à perfectionner par l'épreuve la vertu de notre Saint. Antoine brûlait du désir du martyre; Dieu ne jugea pas à propos de le lui accorder. Une fièvre maligne s'empara de lui sur les rives d'Afrique; elle ne le quitta presque plus; aussi tous les historiens nous disent que saint Antoine était d'un tempérament maladif. Lorsque l'obéissance a ouvert devant le Saint la carrière du ministère apostolique, la maladie l'arrête au milieu de sa course et le tient sur un grabat pendant près de deux ans. Que n'eut-il pas à souffrir dans ses nombreux voyages! Son corps, miné parla fièvre, avait à lutter contre des fatigues de tout genre et des privations de tous les jours. Comme si ce n'était pas assez de souffrances, des pécheurs obstinés injurient et vont jusqu'à frapper le charitable apôtre. Les hérétiques le calomnient et cherchent à attenter à ses jours par le fer et la prison. L'âme séraphique d'Antoine ne repoussa jamais la croix. Tendrement unie à Jésus crucifié, elle se réjouissait à souffrir avec lui et pour lui. O grand et bon Antoine, obtenez-nous du bon Jésus, obtenez surtout pour toutes nos bonnes mères qui ont tant de misère avec leurs petits enfants, et dans les Soins du ménage la vertu si précieuse, si nécessaire, la vertu sans laquelle nous perdons tous nos mérites pour le ciel, la vertu que vous avez si héroïquement pratiquée vous-même, la sainte vertu de Patience !!!


Exemple


C'est un exemple de patiente charité de notre Saint pour une pauvre femme, victime, hélas comme encore souvent aujourd'hui, de la brutalité de son mari. Du temps que le Saint était encore Gardien à Limoges, en France, une pieuse dame qui était toute dévouée au bien des Religieux, allait de temps en temps acheter ce qui était nécessaire pour leur nourriture. Elle avait un mari brutal, jaloux, sans religion. Un soir qu'elle s'était attardée plus que de coutume, son mari l'injuria, disant: Tu viens encore, sans doute, de la maison de ceux à qui tu as vendu ton affection ! C'est vrai, dit-elle, avec douceur, je viens du couvent des Frères Mineurs que j'aime pour l'amour du bon Dieu. " A cette parole, cet homme, plein de rage, se jette sur elle, la saisit par les cheveux, la traîne horriblement de çà et de là dans la maison et la traite avec tant de brutalité qu'il lui arrache tous les cheveux de la tête. La pauvre femme ainsi maltraitée et souffrant affreusement, mais pleine de confiance, ramasse tous ses cheveux épars, les dépose, sans se plaindre, sur son oreiller, et se couche dessus péniblement, Dès qu'il fit jour, elle envoya vers le Saint, le priant de venir la voir, parce qu'elle ne se sentait pas trop bien. L'homme de Dieu, la pensant malade, crut qu'elle désirait se confesser et se rendit chez elle avec empressement. En le voyant: Père, lui dit-elle, voilà ce que j'ai souffert pour vos Religieux. Et lui montrant tous ses cheveux ainsi barbarement arrachés, elle ajouta comme par inspiration et pleine de confiance: Si vous voulez prier Dieu pour moi, je sais qu'il me rendra toute ma chevelure et la remettra telle qu'elle était auparavant. Le Saint un peu humilié lui répondit: Ah! vraiment, ma bonne Dame, c'est pour cela que vous m'avez appelé! Et cela dit, le saint homme retourna à son couvent. Là, il réunit ses Religieux, leur raconta avec simplicité ce qui était arrivé à cette Dame, leur généreuse bienfaitrice, et il ajouta: Prions pour elle, mes Frères, et peut-être, comme je l'espère, le Seigneur regardera sa Foi. Ils prièrent tous et le Saint avec eux, et voilà que les cheveux de cette femme si confiante et si résignée, se rangeant d'eux-mêmes, merveilleusement, dans le plus bel ordre, se rattachèrent à sa tête, et elles e leva avec sa belle chevelure, tout comme auparavant. Dans l'intervalle, son mari était sorti : lorsqu'il fut de retour, son innocente épouse lui montra, toute souriante, ses cheveux bien remis, et lui raconta, avec des paroles pleines de douceur tout ce qui venait d'arriver, Son mari tout stupéfait, et touché par la grâce du bon Dieu, demanda humblement pardon à sa vertueuse épouse de tous les mauvais traitements dont il l'avait accablée: il se trouva, en même temps, complètement délivré de toute pensée de jalousie, et se dévoua pour toujours, comme sa vertueuse épouse, à la commune utilité des Religieux du couvent du bon saint Antoine !


Répons Miraculeux (voir au premier mardi)

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21 novembre 2009

Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 12/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Douzième mardi

La mort de Saint Antoine


Pieux lecteurs, nous allons voir aujourd'hui combien est douce la mort de ceux qui toute leur vie ont bien servi le bon Dieu et qui ont beaucoup aimé la Sainte Vierge. La mort des justes est précieuse aux yeux du Seigneur. La mort de notre Bienheureux fut bien la mort du juste. Toute sa vie n'avait été qu'un long acte d'amour pour Dieu, une glorification non interrompue de Marie Mère de Dieu ! Aussi celle qu'il aimait tant à invoquer sous le beau titre: O Gloriosa Domina, comme une bonne et tendre Mère, vint le consoler à l'heure suprême. Notre saint malade, avant de rendre sa belle âme à Dieu, voulut une dernière fois saluer sa Mère, et il chanta, d'une voix presque éteinte, son hymne favorite: O Gloriosa Domina, et tandis qu'il la chantait, il vit la glorieuse Reine du ciel se présenter à lui, avec son divin Fils Jésus. Comme son visage, à ce spectacle rayonnait d'une splendeur toute céleste, et comme il tenait les yeux fixés en haut, un de ses Frères lui dit : " Que voyez-vous donc, vénéré Père? Je vois, répondit le Saint, je vois Jésus et sa très sainte Mère qui m'invitent à les suivre en Paradis! Quelques moments après, son âme se détacha doucement de son corps, et les suivit en Paradis! La mort qui effraie tant les âmes négligentes, et qui est horrible pour les pécheurs, la mort, elle est pleine de douceur pour les âmes justes! Car tel que mourut saint Antoine, notre aimable Père, ainsi meurent tous ceux qui, comme lui, ont beaucoup aimé Jésus et Marie sur la terre. Mais qui donc peut nous dépeindre mieux combien est précieuse aux yeux de Dieu la mort des Saints que les Saints eux-mêmes? Nous laisserons donc parler les Saints, et nous tâcherons, âmes pieuses, de bien comprendre tout leur céleste langage. Saint Jean de la Croix, dans ses Cantiques intitulés: Vive Flamme d'Amour parle ainsi de la mort des justes: La mort des âmes qui ont brûlé de l'amour de Dieu est souverainement suave et douce. La douceur de mourir surpasse tout ce qu'elles ont jamais ressenti de plus doux dans le cours de leur vie spirituelle. La cause de cet inénarrable plaisir qu'elles goûtent en mourant, c'est qu'elles succombent à la force même de l'amour divin. Près de s'unir à Dieu, elles commencent à entrevoir sa beauté qui va se donner à elles et les transformer en soi, et l'impression de béatitude divine, causée par cette vue, est si puissante qu'elles succombent. Ainsi leur mort commence par un élan extatique d'amour qui brise leurs liens et se termine par la claire vision et la pleine possession de Dieu. C'est pour cela que les Saints, au lieu de craindre la mort, soupiraient après elle, trouvant trop long leur exil sur la terre, et la désiraient avec une ardeur irrésistible. Le grand Apôtre avait ce désir, lorsque, écrivant aux Philippiens, il leur disait: Ma vie c'est Jésus-Christ et la mort m'est un gain. Que si cependant je demeure plus longtemps dans ce corps mortel, je tirerai du fruit de mon travail: aussi je ne sais que choisir; je me trouve pressé des deux côtés: car, d'une part, je désire être dégagé des liens du corps et être avec Jésus-Christ, ce qui est sans comparaison le meilleur ; et de l'autre, il est plus utile pour vous que je demeure encore en cette vie! Ecoutons maintenant saint Alphonse parlant de la séraphique Thérèse de Jésus: La mort, objet de la plus grande frayeur des mondains, est ce que désirent le plus les amis de Dieu. Les uns appellent cette vie une prison: saint Paul l'appelle une véritable mort! Mais qui pourrait exprimer la tristesse et les angoisses extrêmes que le désir de mourir faisait éprouver à notre Sainte, surtout depuis le temps où Notre Seigneur l'appela à son parfait amour. Elle écrit, dans sa vie, que le désir qu'elle avait de mourir pour aller voir Dieu était si grand, qu'il ne lui laissait pas même le loisir de penser à ses péchés... La Sainte pensant d'ailleurs au danger où elle était durant sa vie d'offenser Dieu et de le perdre, disait qu'un seul jour et même une seule heure lui paraissait un temps trop long. C'est pourquoi elle s'écriait; Hélas! Seigneur, tant que nous sommes en cette misérable vie, la vie éternelle est toujours en danger. O vie, ennemie de mon bien, qui pourra te finir! Je te supporte parce que Dieu te supporte; je te conserve, parce que tu lui appartiens: ne me sois ni perfide, ni ingrate. Oh! quand viendra le bienheureux jour, où je me verrai abîmée dans l'océan immense de la souveraine vérité, où tu n'auras plus la liberté de pécher... Oh! Jésus, que la vie de l'homme est longue! Elle est courte, considérée comme moyen d'acquérir la vraie vie, mais elle est longue pour l'âme qui désire se voir en la présence de son Dieu! En un mot tout son soulagement et toute sa consolation, en cette vie, était de penser à sa mort. Et saint Alphonse parlant lui-même de ce désir de la mort, dans son précieux Livre de La préparation à la mort, dit: Comprenons bien que celui qui offre à Dieu sa mort, fait envers Dieu rade d'amour le plus parfait possible.... Celui qui aime Dieu doit soupirer après la mort. O est un signe de peu d'amour pour Dieu que de n'avoir pas le désir d'aller bientôt jouir de sa vie, avec l'assurance de ne pouvoir plus le perdre Aimons donc le bon Dieu le plus possible, dans cette vie: le degré d'amour que la mort trouvera en nous sera la mesure de l'amour dont nous aimerons Dieu dans le ciel, pour toute l'éternité! Les Pères du désert, les Solitaires de la Thébaïde comprenaient bien cette consolante doctrine, et l'un! d'eux, saint Jean Climaque, nous a laissé sur le désir de la mort, cette parole mémorable: Il est digne de louange, celui qui attend la mort, comme devant arriver chaque jour; mais celui-là est un Saint, qui la désire à chaque heure!


Exemple


Au royaume de Portugal, un homme appelé Pierre de Pierre, riche et puissant, était fort attaché à l'Ordre des Frères-Mineurs: c'est pourquoi il leur concéda dans ses propres terres tout l'emplacement nécessaire pour le couvent et de nombreux matériaux pour le construire. Cependant cet insigne bienfaiteur des Frères tomba gravement malade: or une nuit, le malade étant déjà à l'agonie, quatre Religieux étaient là avec beaucoup d'amis, veillant, priant et attendant son dernier soupir. Le moribond avait près de lui, par dévotion, le grand habit de l'Ordre, avec lequel il désirait être enseveli. Mais voici que deux Frères-Mineurs viennent se placer à son chevet, l'un à sa droite et l'autre à sa gauche; et l'un des deux lui dit: Pierre, nous connaissez-vous ? Le moribond retrouvant assez de voix pour répondre: Je vous reconnais, dit-il pour des Frères-Mineurs, mais je ne sais pas qui vous êtes. Je suis saint François et celui-ci est saint Antoine: à cause delà dévotion que vous avez toujours eue pour nous et à cause de toutes vos largesses envers nos Religieux qui habitent ce couvent. Dieu nous a envoyés pour vous consoler et vous guérir de cette maladie. Alors le malade adorant le Très-Haut, pria saint François de daigner bénir l'habit qu'il avait avec lui. Le saint accéda à sa prière et tous les deux disparurent. Quant au moribond il recouvra la santé avec tant de célérité que tous les assistants en restèrent comme frappés de stupeur. Pierre vécut encore douze ans, ne gardant la clef d'aucun trésor si ce n'est celle de l'écrin où il renferma le précieux habit qui avait reçu la bénédiction du séraphique Père saint François avec lequel il fut enseveli!


Répons Miraculeux (voir au premier mardi)

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