02 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Le repas chez Simon

 

Troisième jour

3 Juillet

 

Chez Simon


Prélude : Représentons-nous la pécheresse accourant à la maison de Simon le Pharisien. Comme elle court, sous l'impulsion d'un mouvement intérieur qui l'absorbe et lui fait oublier toute autre préoccupation !


Méditation

 
Le récit de saint Luc commence ainsi : « Un pharisien, ayant prié Jésus de manger avec lui, Jésus entra dans la maison du pharisien et s'y mit à table. Et voilà qu'une femme, qui était pécheresse de la ville, ayant su qu'il était à table dans la maison du pharisien, s'y rendit... »
 
Jésus avait remarqué Marie-Madeleine : il voulait lui donner bientôt le gage de son miséricordieux pardon. Mais, tandis que les autres convertis du Sauveur sont appelés, durant la nuit, sur les bords écartés de la mer, le long d'un chemin désert, la pécheresse devra venir dans une maison où tous les regards seront attentifs à l'action du Sauveur et à la sienne. Le divin Maître, toujours si attentif au soin de sa réputation, ne permettra pas, même pour ménager un peu les débuts de cette vie nouvelle, que la pécheresse l'aborde ailleurs.
 
Mais, en même temps, Marie trouvera, dans cette circonstance même, une occasion de témoigner de la généreuse sincérité de sa conversion et de l'empressement de son cœur tout entier voué désormais au service de Jésus.
 
« Ut cognovit ! Dès que Madeleine sut !... » Point de retard, pas la moindre concession aux révoltes de l'amour-propre ! Dès qu'elle a rencontré Jésus, elle brûle du plus ardent désir de se jeter à ses pieds et de lui prouver la sincérité des sentiments nouveaux qui remplissent son âme.
 
Que lui importent les considérations humaines ! L'orgueilleux Simon la couvrira de son mépris ; les convives la reconnaîtront pour la femme scandaleuse dont toute la ville sait les désordres ; ceux qui ne croient pas à la divinité de Jésus l'accueilleront avec dédain ; ceux qui appartiennent au divin Maître s'indigneront de l'audace de cette pécheresse. Peut-être même, qui sait ? Ses crimes sont trop nombreux et il n'y a plus de pardon pour elle ! Peut-être Jésus la repoussera ! Ou, s'il ne la repousse point, l'énormité de ses ingratitudes et le nombre de ses infidélités l'obligeront à la traiter sévèrement, devant tout un nombreux public !
 
Voilà sans doute les pensées de la nature. Mais, combien la grâce parle autrement ! Je me lèverai et j'irai à mon Sauveur ! J'irai en toute hâte, car je ne sais pas si demain il ne serait pas trop tard. Je crains que Jésus ne quitte bientôt Naïm, je crains qu'il passe outre, timeo Jesum prætereuntem !... Et puis, pourquoi ne le dirai-je point ? Toute criminelle que je suis et indigne de concevoir ce sentiment, j'aime celui qui, par amour pour les pécheurs, s'est fait homme pour les sauver. Je l'aime, et mon amour me presse ! Je ne puis pas supporter les délais, j'ai hâte de le voir et de lui ouvrir mon âme où il lira mon repentir et mon amour.
 
Sans doute, il en coûtera quelque chose à l'amour-propre de se donner ainsi en spectacle et de se convertir avec un tel éclat. Mais cette humiliation sera pour la pécheresse un moyen d'expier ses fautes et de toucher le cœur de Dieu, par une générosité héroïque. Marie-Madeleine le comprend : elle choisit les circonstances qui sont le mieux faites pour accroître le mérite de cette expiation. C'est la maison du pharisien, c'est la salle du festin, c'est  le moment même du festin qu'elle choisit. Sa démarche en sera plus éclatante, sa rupture avec le monde plus solennelle, son engagement à Jésus-Christ plus authentique.
 
Mon cœur se reporte volontiers à ce moment sublime qui provoque l'admiration de l’Évangéliste, quand il s'écrie : « Et voici qu'une femme !... » La pauvre pécheresse, comme une brebis égarée qui rentre au bercail, se précipite dans la maison de Simon, comme un cerf altéré qui court après les eaux vives ; ce cœur blessé par l'amour divin arrive, tout haletant, pour étancher sa soif aux sources du Sauveur. Laissez, laissez passer Madeleine ! Laissez-la entrer... Jésus l'attend, et elle n'a plus de repos jusqu'à ce qu'elle l'ait rencontré.
 

Résolution : Veiller soigneusement aux inspirations et aux mouvements de la grâce, pour ne jamais laisser passer l'instant favorable.

Bouquet spirituel : « Dès qu'elle sut que Jésus était chez Simon ». (Luc 7, 37).


 

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01 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

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Deuxième jour

2 Juillet

 

La première rencontre

 

Prélude : Jésus prêche. Dans la foule de ses auditeurs, son Cœur a distingué Marie-Madeleine. C'est sur cette pécheresse qu'il veut convertir que ses regards s'arrêtent, et la pécheresse écoute ravie, déjà changée dans son âme.

 

Méditation

 

Qui dira ce que dut être la première rencontre de Jésus pour Madeleine ? L’Évangile raconte la scène qui se passa chez Simon. Mais il est évident que la pécheresse dut voir et entendre Notre-Seigneur, avant de l'aborder en cette maison, où se passèrent de si merveilleuses choses.

La pécheresse vivait dans le château de Magdala, à peu de distance de la ville de Naïm. Or, Jésus a prêché dans cette ville, il y a ressuscité le mort que sa mère accompagnait au tombeau. Je m'imagine volontiers que ce miracle et la parole du Sauveur devaient impressionner vivement Marie-Madeleine.

Quand elle le vit s'arrêter devant ce cercueil et commander à la mort, elle comprit que celui- là était puissant comme Dieu, à qui la mort obéissait. Quand elle le vit s'émouvoir devant les larmes d'une mère, elle comprit qu'il était bon comme Dieu même. Quand elle l'entendit parler, elle se dit : « Nul ici-bas ne parle comme lui ». Son âme était morte ; mais, Jésus pouvait renouveler le miracle des portes de Naïm. Son âme était coupable ; mais, Jésus était miséricordieux.

Aussi, comme elle l'écoute avidement, celui qui dit : « Je suis le bon pasteur, et je donne ma vie pour mes brebis!... Je ne suis pas venu dans ce monde, pour que les pécheurs périssent, mais bien pour qu'ils se sauvent... Le Fils de l'homme est venu chercher ce qui avait péri... Ce ne sont pas ceux qui se portent bien, ce sont les malades, qui ont besoin de médecin... Vous tous qui êtes affligés et qui êtes chargés, venez à moi, et je vous soulagerai, et vous trouverez le repos de vos âmes.... Prenez sur vous mon joug, car il est doux, et mon a fardeau est léger... Oh ! si vous a connaissiez le don de Dieu ! »

Cette éloquence, que le cœur seul comprend, Madeleine l'entendit et elle emporta, dans sa demeure, les paroles qu'elle avait entendues, pour les méditer en son âme. Ah ! la victoire ne peut manquer de rester à celui qui a ainsi trouvé le chemin du cœur ! Mais, ce ne sera point sans luttes !

Madeleine entrait alors dans sa vingt-deuxième année : elle était dans tout l'éclat de sa beauté ; dans toute l'ardeur de sa jeunesse, dans tout l'enivrement de ses triomphes. Que de liens il va falloir rompre ! que de sacrifices ! que de renoncements !

Si elle abandonne le monde dont elle est la reine et la joie, quel accueil lui fera-t-on, là où elle veut aller ? Lazare et Marthe, scandalisés de ses désordres, rougissent de leur sœur, Les Pharisiens la méprisent comme une vile criminelle. Les mondains l'accableront de leurs sarcasmes, quand elle les aura quittés. Si elle brise avec son passé, c'est une vie toute nouvelle, de renoncement, de mortification, de combats incessants, qui commencera, et toujours, le bruit des fêtes qu'elle aura quittées arrivera à ses oreilles, pour lui rappeler les plaisirs faciles et les joies enivrantes que le monde lui offre encore. Si elle immole ses affections présentes, c'est un holocauste douloureux que son cœur s'impose, et son cœur a besoin d'amour ! Si elle se met à la suite de Jésus, c'est une vie pauvre qu'elle embrasse, et elle est accoutumée aux aises de la vie la plus somptueuse et la plus sensuelle !

Pourtant, la parole du Maître a pénétré bien avant dans cette âme. Elle y a remué les profondeurs. C'est un glaive qui sépare, et rien ne résiste à ce glaive divin. C'est une flèche qui pénètre, et nul obstacle ne saurait l'empêcher d'aller jusqu'au fond.

Les sacrifices, Marie-Madeleine les accepte, les embrasse volontiers, comme un moyen de prouver à celui qu'elle aime déjà, rien que pour l’avoir vu et entendu, combien cet amour sacré est supérieur aux affections de la terre, et quelle abnégation elle veut dès lors apporter au service de Jésus.

 

Résolution : S'appliquer la parole de Dieu, quand on l'entend ou quand on la lit, comme si elle n'avait été dite que pour nous.

Bouquet spirituel : « Un grand Prophète s'est levé parmi nous et Dieu a visité son peuple ». (Lc. , 16).

 

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