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31 juillet 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

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Premier jour

 

Sainte Philomène est une consolatrice, un guide, une protectrice universelle

 

La vie humaine est un assemblage de tous les maux, un océan de douleurs, une course fatigante vers l’éternité. Quel est le mortel qui pourrait dire : « Je suis parfaitement heureux ; rien ne manque à ma félicité ». Cherchez-le, à coup sûr, vous ne le trouverez pas. Il est donc vrai que depuis l’enfant nouveau-né, jusqu’au vieillard qui se courbe vers la tombe, nul homme n’a parcouru le sentier de la vie sans pleurer au moins quelquefois, sans laisser échapper au moins quelques gémissements. L’Église, dont nous sommes les membres, est toujours comme l’a prédit le divin Maître, dans le douloureux travail et dans la lutte. À notre époque plus que jamais peut-être, elle lève le regard de l’espérance vers le Dieu très-haut qui l’a fondée, et qui la dirige par son Esprit-Saint. Et voilà que Philomène lui apparaît radieuse de gloire, comme l’un des plus puissants avocats, après saint Joseph, après la Vierge immaculée. Et dans cette glorieuse apparition tout est promesse, tout est consolation, tout est gage de victoire non-seulement pour l’Église en général, mais aussi pour son auguste Chef, le saint Pontife Pie IX, et pour chacun de ses enfants pris individuellement.

Qu’est-ce que le monde ? Un aveugle, un ignorant. Il marche comme à tâtons dans les ténèbres de l’erreur, parce qu’il ferme les yeux à la lumière divine, Jésus-Christ Notre Seigneur, qui est venu l’éclairer par sa doctrine et lui montrer le chemin de la vie par ses exemples. La lumière a lui dans les ténèbres, et ces ténèbres n’ont point reconnu la lumière. - Aveugle ! Le monde marche sur l’abîme et ne redoute aucun danger, jusqu’à ce qu’enfin il tombe dans la perdition, si une main bienfaisante ne vient le retirer de la voie de l’erreur, et lever le noir bandeau qui lui dérobait la douce et bienfaisante lumière du vrai soleil de justice, qui doit illuminer ses pas et les diriger dans la voie de la paix. Tel est l’office qu’à son égard exerce sainte Philomène. Le monde est aveugle, est ignorant, parce qu’il est orgueilleux, sensuel, avare et indifférent, et Philomène lui donne l’exemple de la plus profonde humilité, de la plus parfaite mortification, du plus entier détachement, du plus grand zèle pour la gloire de Dieu. Lisez et méditez sa Vie si belle et si touchante, et vous verrez !

Qu’est-ce que l’homme ? L’être le plus indigent, le plus misérable peut-être qui soit au monde. Un retour sur nous-même, et nous avouerons sans peine notre profonde misère, notre extrême dénuement, nos pressants besoins. David a chanté ! « Le pauvre vous est abandonné, Seigneur ». Et avec raison, car c’est la Providence divine qui pourvoit libéralement et universellement à toutes nos nécessités, si grandes, si puissantes qu’elles puissent être. La Providence est pour chacun de nous une mère, la plus tendre des mères, et qu’a-t-elle fait et que fait-elle encore tous les jours par le moyen de sainte Philomène ? Écoutez jusqu’où elle a, porté les soins délicats de son amour.

Admirez d’abord les théâtres de sa magnificence. La chaumière du pauvre, les sillons arrosés des sueurs d’un laboureur indigent, l’obscurité des hameaux, la couche douloureuse où gémit le malade abandonné, le berceau même de l’enfance, la terre, les mers ; voilà où cette aimable protectrice a signalé sa tendre compassion.

Oh ! qui redira combien de cœurs affligés Philomène a consolés, et comment de sa douce main elle a tari tant de larmes que la misère fait verser ?

Interrogeons ceux qui l’honorent et qui se confient en elle : l’un dit avoir vu la Sainte, qui l’a guéri d’une longue douleur ou délivré des portes de la mort. Une mère infortunée présente avec orgueil le fruit qu’elle a mis au jour ; il était mort, et soudain, par l’entremise de Philomène, le voilà rendu à la vie. Cette pauvre veuve a vu, grâce à sa prière à sainte Philomène, son huile se multiplier ; reconnaissante elle s’est servi de cette huile pour faire brûler sa petite lampe devant l’image vénérée de la Sainte. Dans une maison hospitalière, le vin a été sur le point de manquer et soudain, à l’imprévu, les vases sont remplis.

Pauvre femme, qu’emportes-tu là de la maison d’autrui ? - Eh ! un vase d’airain que m’avait pris ma voisine ! - Qui t’a dit que c’était le tien ? - Qui ? sainte Philomène. Elle m’a indiqué le lieu où il était caché. Sans cela, ma pauvre famille aurait été contrainte à jeûner le jour de la fête de la Sainte.

Cette enfant de trois ans à peine, souffrait horriblement d’une colique. Sa mère pieuse lui appliqua une image de sainte Philomène, et soudain la petite s’endormit. Peu après, elle s’éveille : « Maman, j’ai vu la Sainte, elle m’a dit : « Dors, ma chère enfant, et la douleur s’évanouira ».

C’est la petite Angèle qui a perdu sa poule, elle pleure et court s’en plaindre à la Sainte. Console-toi, répond Philomène, la poule perdue se retrouvera. Deux heures après la fin du jour, Angèle entend la poule becqueter à sa porte.

 

Pratique : Dans tous vos besoins de l’âme et du corps, recourez avec confiance et assiduité à sainte Philomène.

 

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30 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Reliques Marie Madeleine

 

Trente-et-unième jour

31 juillet

 

Les Reliques

 

Prélude : Transportons-nous auprès du tombeau qui garde les restes sacrés de sainte Madeleine, pour les vénérer et les baiser avec amour.

 

Méditation

 

Après la mort de Madeleine, dit Raban-Maur, l’Évêque Maximin embauma avec des parfums précieux son corps vénérable, le plaça dans un superbe mausolée, et fit élever au lieu où ces restes sacrés avaient été déposés, une basilique d'une magnifique architecture. Sur son tombeau de marbre blanc, on voit gravées, d'un côté les circonstances de sa conversion chez Simon le Pharisien, de l'autre les pieux devoirs qu'elle rendit au Sauveur pour sa sépulture.

« Le corps de la bienheureuse Marie-Madeleine, ajoute le Bréviaire marseillais, dérobé aux incursions des barbares, était depuis longtemps demeuré caché, lorsque, l'an 1281, un synode fut tenu à Saint Maximin, pour en faire la recherche ; il fut convoqué par le zèle et la piété du prince Charles d'Anjou, sous la présidence de Guillaume Lelong, cardinal de la sainte Eglise romaine, et chancelier du royaume. Quatre archevêques, cinq évêques, dix abbés, un grand nombre de docteurs en théologie et d'hommes religieux y assistèrent : après avoir, selon les formes prescrites, examiné et discuté les preuves, les écrits et les monuments relatifs à cette affaire, le synode décréta solennellement que les reliques retrouvées étaient les restes véritables et authentiques de sainte Madeleine. Boniface VIII confirma ce décret, qui fut reçu avec une grande dévotion par tous les fidèles.

Ainsi Madeleine, qui autrefois avait cherché avec tant d'ardeur le corps de son Sauveur après sa résurrection, eut la gloire que son corps qui, après sa mort, avait été perdu, fut recherché avec sollicitude.

Toute la Provence se réjouit de l'invention de ce corps, qui avait été victime de la pénitence, ayant plus vécu de la vie du Sauveur qu'elle aimait, que par le souffle de sa propre existence. Le Christ nous a rendu ce corps et a comblé de gloire le deuil de son sépulcre, pour que nous y courions à l'odeur des parfums de Madeleine, et qu'en retrouvant le corps de la Pénitente, nous recevions aussi son esprit de pénitence. Il ne sert de rien en effet de célébrer l'invention de Madeleine, si, en même temps, nous n'imitons pas sa contrition.

Réjouissons-nous, puisque Madeleine est retrouvée, et retrouvons-nous dans la véritable voie, hors de laquelle le péché nous avait perdus, et, en célébrant cette solennité, n'omettons pas d'en recueillir les fruits.

La voilà donc retrouvée, la perle des reliques ; examinons de plus près le chef de la bienheureuse Madeleine, il est encore composé de tous ses os, et il inspire la pénitence. D'habitude les corps morts inspirent l'horreur, celui-ci fait naître, d'une façon admirable, l'amour et la vénération ; en effet, le plus grand miracle resplendit sur cette tête : il semble que Madeleine ait dit à la mort ce que le Christ dit autrefois à Madeleine : « Ne me touchez pas ». La mort n'a pas osé atteindre cette partie du corps, que le Sauveur consacra avec ses doigts, et qui parait encore retenir le souffle de vie ».

C'est auprès des saintes reliques de Madeleine que nous terminerons la méditation de ses vertus et de ses gloires. En échange du bonheur avec lequel nous avons contemplé, durant tout ce mois, les gloires de sa pénitence et de son amour, demandons-lui de nous inspirer le désir d'imiter ses vertus héroïques et de transformer notre âme par la mortification d'une vie pénitente.

Ô sainte amante de Jésus, donnez-nous un peu de cet amour qui a faite si grande devant Dieu, devant les anges et devant les hommes.

 

Résolution : Faire, au moins en esprit, le pèlerinage de la sainte Baume.

Bouquet spirituel : « Partout où l'Evangile sera prêché, on racontera d'elle, à sa gloire, ce qu'elle a fait ». (Mc 14, 9).

 

Fin du Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Pour télécharger toutes les méditations du Mois (PDF), cliquer ici

 

Vita marie madeleine

 

A suivre : Mois de Sainte Philomène

 

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30 juillet 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

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Veille du Premier jour

 

Pourquoi sainte Philomène est donnée au monde

 

Amour ineffable de notre Dieu envers les enfants des hommes ! Ce n’est pas sans un dessein de miséricorde qu’il leur donne un saint pour consolateur, pour maître et pour avocat. Il veut les consoler dans leurs douleurs, les instruire, les ramener de leurs égarements, les secourir dans toutes les nécessités du corps et de l’âme. Les saints exercent ces augustes fonctions durant leur vie temporelle et même après leur mort. Tel fut le saint curé d’Ars, Jean-Marie Vianney. Sainte Philomène n’a point exercé ce glorieux apostolat de son vivant : elle est morte à la fleur de l’âge, par un généreux martyre; elle comptait à peine quatorze ans. Son nom semblait s’être enseveli avec elle dans la tombe. Depuis le troisième siècle, époque de son heureuse naissance, il est resté assez inconnu, et à peine vénéré à Rome même. Mais l’Eternel, qui se plaît à glorifier ses amis, a multiplié d’autant plus ses dons sur les fidèles par l’entremise de sa servante, que l’heure était venue, où cette épouse chérie du Christ devait exercer sa grande et sublime mission. Il l’a comme investie de toute sa puissance, pour qu’elle devînt à notre égard l’instrument de sa miséricorde et de son amour infini.

Il me semble voir ce Roi Eternel, à qui son Père adorable donna un souverain pouvoir, distinguer Philomène, au milieu de l’assemblée des Saints, par un regard de singulière complaisance. Il l’appelle auprès de son trône, et lui dit : « Va, je t’ai choisie, je veux te placer dans le champ de mon Eglise, comme une semence nouvelle, destinée à le féconder. Va, et rapporte-moi les fruits que ma main te prépare ».

La Vierge entend, son apostolat commence. Il est comme la lumière soudainement tirée de dessous le boisseau, la terre entière a vu briller sa gloire. Et tous les peuples se sont écriés dans le senti­ ment dè l’admiration : C’est là l’œuvre de l’Eternel, c’est là le signe de ses miséricordes sur les fils des hommes, et nos yeux le considèrent avec étonnement!

Ah! que pour nous ce saint ravissement ne soit point stérile, mais qu’il nous convie à la considération de la sainte ët haute mission de Philomène. Venez donc tous, et écoutez raconter les biens dont le Seigneur-Dieu nous a gratifiés, par son épouse et servante bien-aimée.

Dans la Vie très complète de sainte Philomène, on peut voir comment et à quelle époque l’Eternel a donné à cette Sainte la grande et sainte mission de secourir tous les malheureux dans leurs nécessités. Mais il est des lieux qui lui sont spécialement consacrés, et où elle exerce plus particulièrement sa tendre compassion : Ces lieux sont ceux où elle est le mieux honorée. Il est aussi des chrétiens qui obtiennent plus facilement ses faveurs, et ce sont ceux qui s’efforcent de fuir le péché et de pratiquer la vertu, ceux par exemple qui lui sont le plus affectionnés par un culte sincère.

Sainte Philomène obtenait tant de guérisons aux prières du vénéré curé d’Ars, que devant des témoins, il se vit contraint de lui dire un jour : « Ma bonne Sainte, allez faire des miracles ailleurs ! » Puissions-nous par la sainteté de notre conduite, mériter aussi la protection de sainte Philomène !

 

Consécration à Sainte Philomène

 

Grande Sainte, attiré par le sentiment d’une tendre confiance en vous, je m’offre à l'Eternel, mon Dieu, par vos mains si pures et par celles de Marie immaculée, votre auguste et sainte Patronne et ma Mère. Je vous consacre donc, ô Philomène, et ma personne, et mes biens, et ma famille, et mes amis et même mes ennemis. Je veux par votre entremise redoubler de soins et d’empressement au service de Jésus et de Marie, et par l’imitation de vos belles vertus et les hommages que je vais vous rendre tous les jours de ma vie, attirer sur moi et sur toutes les âmes qui me sont chères vos plus douces faveurs. Ô très aimable Sainte de Jésus, exaucez mes désirs, veillez sur moi, et dirigez par l’entremise du gardien céleste auquel la Providence m’a confié, toutes mes pensées, mes paroles et mes actions, afin qu’il n’y en ait aucune qui ne tende à la grande gloire de Dieu et au salut de mon âme.

Défendez-moi aussi par votre protection des ennemis redoutables, le démon, le monde et la chair, qui ont juré ma perte éternelle, pour que je marche avec fidélité dans la voie du Seigneur, et que j'arrive un jour au ciel où avec vous je glorifierai ce Dieu, bon à l’excès envers tous ceux qui l’invoquent en vérité. Enfin, ma sainte Protectrice, puisque vous avez tant fait déjà pour la cause du saint Curé d’Ars, continuez, je vous prie, à le faire connaître de plus en plus, et hâtez le moment de son triomphe et du culte qui devra lui être rendu, quand la voix suprême de l’Église aura parlé. Ainsi soit-il.

 

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29 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

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Trentième jour

30 Juillet

 

La Mort

 

Prélude : Marie-Madeleine est à genoux, en extase, défaillant sous la violence de l'amour. Les Anges s'approchent pour recevoir son âme.

 

Méditation

 

« Enfin, dit le plus ancien biographe de notre sainte, l'heure approchait où la sainte âme de Madeleine devait être affranchie de sa mortelle enveloppe, l'heure où elle allait pénétrer dans les tabernacles éternels à la porte desquels elle frappait depuis si longtemps, l'heure où il lui serait donné de se réunir esprit à esprit, cœur à cœur, et pour toujours, à son Seigneur et Sauveur. Le Fils de Dieu lui apparut, et elle vit le Désiré de son âme, Jésus-Christ en personne, environné d'une multitude d’Anges, qui, dans sa miséricorde, l'appelait à lui et la conviait à la gloire du céleste royaume. « Venez, ma bien-aimée, et je vous placerai sur mon trône, car le roi, beau entre tous les enfants des hommes, est épris de votre beauté ; et Celui qui a reçu de votre piété généreuse, lorsqu'il était sur la terre, ce que réclamaient les besoins de son corps, veut que vous receviez maintenant en retour, de sa divine munificence, dans la société de ses Anges et pour toute l'éternité, les joies et les triomphes de la vie céleste ».

Mais elle, trouvant que la réunion au divin Bien-Aimé tardait trop, soupirait, disant : « Hélas ! que mon exil est prolongé ! Voilà bien des années que j'habite parmi les tristes enfants de Cédar. Il y a longtemps que mon âme est en ce monde comme en un lieu de bannissement... Qui me donnera des ailes comme à la colombe, pour voler vers mon Dieu et y trouver mon repos ?... Comme le cerf altéré soupire après les sources d'eau vive, mon âme, blessée des flèches de votre amour, soupire après vous, ô mon Dieu !... Tirez mon âme de la prison de ce corps, afin que je bénisse votre saint nom. Les justes attendent que vous placiez sur ma tête la couronne de votre justice ».

Ainsi soupirait Madeleine, empruntant les paroles sacrées du royal psalmiste. Son âme se détachait ainsi peu à peu des liens du corps. Oh ! combien cette captivité lui pesait ! Ce corps, qu'elle avait tant flatté autrefois, comme il lui était maintenant à charge ! Tant que le Christ vivait, elle pouvait employer ses sens à l'adoration et au service du Maître : ses yeux contemplaient avec amour l'humanité adorable du Sauveur, ses oreilles entendaient avec délices les harmonies qui tombaient des lèvres divines de Jésus, ses lèvres se collaient avec transport sur ses pieds sacrés, ses mains s'employaient à ce service que les Anges envient. Mais aujourd'hui, il n'est plus là ! Elle ne l'entend plus, elle ne le voit plus, elle ne peut plus le servir dans sa maison.

Comme elle a été longue l'attente ! trente ans, son divin Bien-Aimé l'a tenue loin de sa présence sensible, afin d'épurer son amour et d'accroître ses mérites. Oui, Ô sainte amante de Jésus, c'est votre doux Maître qui l'a dit : « Bienheureux ceux qui ont cru sans voir ! » Longtemps, vous avez vu des yeux de votre corps l'objet de votre amour, maintenant il vous faut croire et aimer sans voir, et, dans ce supplice de tous les jours, mériter la béatitude qu'il vous réserve.

Une dernière fois, Maximin, l’Évêque, l'ami, le guide de Madeleine, vient d'Aix sur l'ordre qu'il en a reçu du ciel. Il arrive là où la sainte martyre de l'amour divin l'attend ; il célèbre une dernière fois les saints mystères pour elle, et lui présente l'hostie.

Avec quel élan Madeleine se précipite vers l'Eucharistie. L'Eucharistie, c'est Jésus sous des voiles, et les voiles tombent !

À peine l'hostie sainte s'est-elle reposée dans le sanctuaire de son cœur, que, sous l'effort de l'amour, Marie-Madeleine expire. Ô bienheureuse mort ! Ô doux martyre !

 

Résolution : Demander souvent à Dieu la grâce d'une bonne mort, par l'intercession de sainte Marie-Madeleine.

Bouquet spirituel : « La part que Madeleine a choisie, ne lui sera point enlevée ». (Lc. 10, 42).

 

Vita marie madeleine

 

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28 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Sainte Baume

 

Vingt-neuvième jour

29 juillet

 

La Sainte Baume

 

Prélude : Contempler Marie-Madeleine au désert, abîmée dans la ferveur de ses oraisons continuelles.

 

Méditation

 

« Marseille, dit Lacordaire, cet éloquent historien de la sainte qui a rétabli les frères prêcheurs à leur poste d'honneur auprès du tombeau de Madeleine, Marseille n'était pas le lieu prédestiné où Jésus-Christ attendait son ancienne et fidèle amie pour la faire jouir de cette part qu'elle avait préférée et que nul ne devait lui ravir », selon qu'il l'avait solennellement promis. Cette part, c'était la contemplation dans une solitude. La solitude existait. Dieu, qui a tout créé en vue de l'avenir, et qui n'a pas dessiné un rivage, élevé une montagne, arrosé une vallée et creusé une mer, sans savoir pour quel peuple ou quelles âmes il travaillait ; Dieu, dans la création, avait pensé à Marie-Madeleine, et lui avait fait, en un point de la terre, un asile exprès.

Au centre de roches hautes et alignées qui ressemblent à un rideau de pierre, dit ailleurs Lacordaire, l'œil découvre une habitation qui y est comme suspendue, et à ses pieds une foret dont la nouveauté le saisit. Ce n'est plus le pin maigre et odorant de la Provence, ni le chêne-vert, ni rien des ombrages que le voyageur a rencontrés sur sa route ; on dirait que, par un prodige inexplicable, le nord a jeté là toute la magnificence de sa végétation. C'est le sol et le ciel du midi avec les futaies de l'Angleterre. Tout proche, à deux pas, sur les flancs de la montagne, on retrouve la nature vraie du pays ; ce point-là seul fait exception. Et si l'on y pénètre, la forêt vous couvre aussitôt de toute sa majesté, semblable en ses profondeurs, en ses voiles et en ses silences, à ces bois sacrés que la hache des anciens ne profanait jamais. Là aussi, les siècles seuls ont accès ; seuls, ils ont exercé le droit d'abattre les vieux troncs et d'en rajeunir la sève ; seuls, ils ont régné et règnent encore, instruments d'un respect qui vient de plus haut qu'eux, et qui ajoute au saisissement du regard celui de la pensée.

Une grâce attira en cet endroit Marie-Madeleine, la même grâce qui l'avait élue pécheresse, conduite aux pieds de la croix, et rendue, aux portes de la mort, la première spectatrice de la résurrection du Fils de Dieu. Elle y vint comme elle était allée à Jésus-Christ, par la même lumière et le même mouvement.

Là, séparée des hommes qui avaient crucifié son Sauveur et le Sauveur du monde, elle n'avait plus qu'une pensée, celle de revoir l'ami divin qu'elle avait perdu. Car l'éloignement ni la mort ne rompent l'amour véritable ; il creuse l'âme d'autant plus qu'il est privé d'épanchement au dehors. Et si l'on a vu des vies se flétrir sur le tombeau d'un fils ou d'une épouse, que devrait-ce être de Marie-Madeleine, qui avait tenu les pieds du Fils de Dieu, et qui l'avait aimé par-dessus toute amitié de la nature et toute onction de la grâce ? Aussi, je ne m'étonne pas, quand la tradition me raconte que chaque jour, et sept fois par jour, elle était enlevée de sa grotte au sommet du rocher qui la couvre, pour entendre là ce que saint Paul déclare avoir entendu sans pouvoir l'exprimer.

Saints ravissements ! l'homme étranger à Dieu et à son Christ ne vous comprend pas. Attaché à la terre de tout le poids du péché, il ne sait pas ce que Dieu a d'empire sur une âme sainte, et ce qu'une âme sainte a d'empire sur son corps. Il croit à l'attraction des mondes, mais il ne croit pas à l'attraction de Dieu. Laissons- lui cette science qui flatte son orgueil, et pour nous, simples fils de l'Evangile, qui avons vu notre Dieu mourir par amour et retourner au ciel par le même amour, sachons que c'est là notre route, notre espérance, notre avenir éternel, et rendons grâces à Dieu qui nous a donné dans nos saints, ici- bas mème, des exemples de l'extase où nous jettera sa vision.

La Sainte Baume a été le Tabor de sainte Marie-Madeleine. Plus heureuse que saint Pierre, qui disait au Seigneur le jour de sa transfiguration : « Il nous est bon d'être ici, faisons-y trois tentes », Madeleine a eu cette tente, refusée au prince des Apôtres. Elle y a vécu solitaire, entre les pénitences de la grotte et les ravissements de la hauteur. Rien n'est changé là, non plus qu'au Tabor. La foi, respectueuse adoratrice de tous les grands souvenirs, habite encore les deux montagnes, et, de leur faite immaculé, elle regarde en haut le Dieu qui les visita.

Trente ans, Dieu donna ce spectacle à ses Anges pour en laisser le souvenir à tous les siècles. Trente ans, Marie-Madeleine passa de la pénitence à la gloire et de la gloire à la pénitence, réunissant dans cette alternative la double vie qu'elle avait eue, celle de pécheresse et celle d'amie de Jésus ».

 

Résolution : S'imposer chaque jour quelques moments de vie solitaire et pénitente.

Bouquet spirituel : « Marie a choisi la meilleure part ». (Lc 10, 42)

 

Vita marie madeleine

 

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27 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

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Vingt-huitième jour

28 Juillet

 

À Marseille

 

Prélude : Sur l'une des places de la riche cité phocéenne, à l'endroit que la tradition montre encore, Marie-Madeleine prêche la divinité du Christ et la vraie religion.

 

Méditation

 

Cornélius à Lapide, dans son commentaire sur saint Luc, après avoir observé qu'au Cénacle, « la première en ferveur et en oraison, et pour ainsi dire le porte-enseigne, était Marie-Madeleine », ajoute : « Les saintes femmes reçurent aussi le don des langues, surtout Madeleine ; car elle aussi fut apôtre, et comme telle évangélisa et convertit les habitants de Marseille, ainsi que le portent les annales de sa vie ».

Sur quoi, un vénérable auteur marseillais, qui a très bien écrit de Marie-Madeleine, se livre aux réflexions suivantes : « Je le sais, tous ceux qui parlent de cet Apostolat ne sont pas d'accord touchant certaines circonstances de détails qui importent peu à la certitude du fait considéré en lui-même. Mais ces variantes concourent toutes à établir comme certain et indubitable l'apostolat de Marie-Madeleine dans les Gaules. Que cette femme illustre ait voulu suivre une colonne de disciples destinés à évangéliser nos provinces, ou qu'elle se soit vue obligée à fuir la Judée, à s'exposer aux dangers d'une longue navigation, jetée par les Juifs sur une barque, sans voile, sans gouvernail et sans via- tique, toujours est-il qu'on la reçut avec plusieurs autres, et notamment avec Lazare, Marthe, Maximin et Marcelle, sur les côtes de la Provence, à l'endroit où le Rhône précipite ses flots dans le sein de la Méditerranée. On peut même dire que ces deux manières de raconter le fait du voyage ne sont pas en opposition formelle l'une avec l'autre ; car il a pu être décidé dans le conseil des Apôtres et des Disciples que Madeleine suivrait dans les Gaules les hommes destinés à porter la foi aux Gentils, et néanmoins les Juifs ont pu donner un libre cours à leur fureur en agissant comme l'affirme la liturgie romaine, Dieu se servant de la malice des hommes et de leur haine du nom chrétien, pour faciliter aux missionnaires de Jésus-Christ leur arrivée au milieu d’un peuple, jusque-là plongé dans la plus profonde nuit de l'erreur.

Quoi qu'il en soit du mode voulu par la Providence pour l'exécution d'un plan digne de la miséricorde divine, aujourd'hui il est impossible à un homme qui a pris la peine d'examiner sérieusement cette question de nier l'arrivée de la pieuse colonie sur les côtes voisines d'Arles et de Marseille, de nier par conséquent l'Apostolat de Madeleine dans la Provence.

Maintenant, je me représente la fidèle amie de Jésus en face de ces peuples abrutis par les superstitions les plus révoltantes. Elle commence à parler du Sauveur ; ses paroles sont toutes de feu, son langage, qui est celui de la conviction et de l'amour, remue les cœurs et fait bientôt couler des larmes. Madeleine prêche, elle annonce, elle atteste ce qu'elle a vu de ses yeux, ce qu'elle a touché de ses mains, ce qu'elle a entendu de ses oreilles. Écoutez-la raconter l'histoire de ses larmes répandues sur les pieds sacrés du Sauveur, de ses baisers dont elle a couvert ces mêmes pieds, du parfum dont elle les a enveloppés. Un témoin qui peut ainsi se mettre en scène, et dont le langage a toute la naïveté, toute la simplicité, tout le naturel de la conviction parfaite et de l'amour ardent, ce témoin ne peut manquer de produire une impression salutaire sur les âmes auxquelles elle s'adresse.

L'apostolat de Madeleine fut par excellence l'apostolat de l'amour. L'amour n'est-il pas toujours et nécessairement apôtre ? Là où il se trouve, nous dit saint Grégoire Pape, il opère de grandes choses ; s'il n'opère pas ces grandes choses, ajoute cet illustre docteur, ne l'appelez pas amour.

Il n'est donc pas étonnant que l'Apostolat de Madeleine soit devenu célèbre par les fruits merveilleux qu'il produisit sur les cours des infidèles. La Provence en a conservé le précieux souvenir ; Marseille paraît surtout, d'après les monuments les plus remarquables, avoir été le théâtre du zèle de sainte Madeleine. Une antique chapelle qui s'élevait sur une place, non loin de l'ancienne Cathédrale, et appelée « la prédication de Marie-Madeleine », l’église souterraine de Saint-Victor, la grotte des Aygaldes, tels sont les antiques témoins vénérés par nos pères, et salués comme les trois sanctuaires honorés par la présence de l'illustre amie de Jésus ».

 

Résolution : Travailler, directement ou indirectement, à l'établissement et à l'extension du règne de Jésus dans les âmes.

Bouquet spirituel : « Va trouver mes frères et parle-leur ». (Jn. 20, 17).

 

Vita marie madeleine

 

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26 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

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Vingt-septième jour

27 juillet

 

Le Cénacle

 

Prélude : Se représenter vivement la grande sainte, à genoux, abîmée dans l'oraison, attendant la venue de l'Esprit Saint.

 

Méditation

 

« Quand ils furent rentrés dans Jérusalem, dit saint Luc, ils montèrent dans le Cénacle où demeuraient Pierre et Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, et Simon le Zélote, et Jude, frère de Jacques. Et tous persévéraient unanimement dans la prière, avec les femmes, avec Marie, Mère de Jésus, et avec les frères de Jésus. Et ils étaient toujours dans le Temple, louant et bénissant Dieu ».

« Il est aisé, dit le père Valuy, d'imaginer les réflexions auxquelles ils se livraient. Marie, Mère de Jésus, n'avait qu'à rentrer dans son cœur pour y trouver vives et présentes les faveurs dont elle avait été comblée, les scènes auxquelles elle avait été mêlée, les instructions publiques et particulières, tombées des lèvres de son divin Fils.

Les Apôtres rappelaient à leur souvenir, avec les oracles et les détails de la vie de Jésus, ce qu'il leur avait dit touchant la prédication de son Evangile, les persécutions qui les attendaient et la récompense promise à leur fidélité. Pour Madeleine, elle avait renfermé dans son cœur, comme une abeille intelligente dans sa ruche, toutes les grâces qu'elle avait reçues, afin que savourant, au besoin, ce miel aussi exquis qu'abondant, elle pût s’exciter à la reconnaissance et à l'amour.

Tantôt, c'étaient les trois regards de Jésus sur elle qui faisaient l'objet de ses méditations : le premier, à Magdala, lorsque sa parole l'atteignit dans la foule, la transperça d'un trait vainqueur, et, en chassant les sept vices ou démons dont elle était possédée, la remplit d'autant de vertus parfaites ; le second, du haut de sa croix, quand il la vit à ses pieds, tenant compagnie à la Mère désolée et au Fils expirant dans les tortures ; le troisième, au sépulcre, lorsqu'il l'appela par son nom, Marie, et qu'en un clin d'œil il la fit passer de la douleur la plus profonde à la joie la plus vive.

Tantôt, c'était la bonté avec laquelle Jésus avait daigné accepter ses biens et ses parfums, qu'elle repassait dans son esprit. Et sans doute elle s'imaginait que, de même qu'elle conservait sur la terre quelques gouttes du sang de Jésus mêlées à ses cheveux, Jésus avait emporté dans le ciel, mêlées aux siens, quelques gouttes de son parfum, pour le faire respirer, transformé et divinisé, à toute la cour céleste, pour le lui faire respirer éternellement à elle-même dans la vie glorieuse.

Tantôt, c'étaient les grâces singulières dont Jésus l'avait gratifiée : cette pureté céleste, angélique, divine, émanée de la pureté même de Jésus, que le ciel désormais admire, que la terre révère et que l'enfer ne voit qu'avec horreur ; cette humilité qui permettait à Jésus de louer publiquement, en toute occasion, sa servante, sans craindre le moindre accès de la vanité ; cet amour, qui n'a plus rien d'humain ni de terrestre, que Jésus semble avoir puisé au plus intime de son cœur, pour le verser dans un cœur que lui-même a épuré et sanctifié ; cet apostolat exceptionnel par lequel Jésus, à peine sorti du tombeau, la chargea de porter aux Apôtres l'annonce de sa résurrection déjà accomplie et celle de son ascension future.

Pouvait-elle oublier ses entretiens avec Jésus, quand se elle se tenait à ses pieds à Béthanie, la vie rendue à Lazare son bien-aimé frère, l'étroite amitié dont l'honorait la Mère de son Dieu ? »

À ces méditations se mêlait la prière, cette prière persévérante et unanime dont parle l’Evangéliste, à laquelle Madeleine prêtait les tendres ardeurs de son âme, si puissante sur le cœur de son divin Ami.

Tant de supplications touchèrent le ciel, et, suivant qu'il leur avait été prédit, le cinquantième jour après la Résurrection, le dixième après l'Ascension, le jour même de la Pentecôte, sur les neuf heures du matin, lorsqu'ils étaient tous assemblés au même lieu, tout-à-coup un grand bruit se fit entendre du ciel, tel que celui d'un vent impétueux, et toute la maison qu'ils habitaient en fut remplie ; et ils virent comme des langues de feu séparées, qui se placèrent sur la tête de chacun d'eux. Aussitôt, ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils commencèrent à parler diverses langues, selon que l'Esprit Saint mettait les paroles dans leur bouche.

 

Résolution : Invoquer souvent l'assistance et l'inspiration du Saint Esprit, en union avec Marie-Madeleine.

Bouquet spirituel : « Ils montèrent au Cénacle, avec les saintes femmes ». (Ac. 1, 14).

 

Vita marie madeleine

 

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25 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

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Vingt-sixième jour

26 juillet

 

Les adieux à Béthanie

 

Prélude : Jésus est debout. Madeleine, à genoux devant lui, le regarde avec amour, le visage baigné de larmes.

 

Méditation

 

Le jeudi qui était le quarantième jour après sa résurrection glorieuse, Jésus voulut prendre un dernier repas avec ses Apôtres. Puis, dans la matinée, il se leva avec eux et prit le chemin vers la montagne de son Ascension. Or, nous dit saint Luc, il les conduisit d'abord à Béthanie.

Cette parole de l’Evangéliste n'a point été écrite sans mystère. Il faut la peser et la faire ressortir dans la vie de Madeleine. Les plus célèbres commentateurs y ont vu un des plus beaux témoignages et comme le couronnement de l'amitié de Jésus pour Madeleine, Marthe et Lazare. « II voulait, disent-ils, leur faire ses adieux, les rendre témoins de son triomphe, les inviter à son admirable Ascension, et un moment les faire participer à sa gloire ».

C'étaient ses hôtes, ses amis, dit avec une touchante vérité le plus récent et l'un des plus pieux historiens de sainte Madeleine, les hôtes, les amis de sa sainte Mère et des saintes femmes qui le suivaient et l'assistaient; les hôtes, les amis de ses Apôtres et de ses Disciples, c'est-à-dire de tout ce qu'il avait de plus cher au monde, ou plutôt de toute son Eglise, à peu près renfermée dans ce petit troupeau. Le voyageur, accueilli avec bienveillance au milieu de sa course, ne se retire pas sans avoir pris congé de son hôte. L'ami ne part pas pour un lointain voyage sans avertir son ami. Et si ce voyageur, cet ami, après avoir été accueilli et assisté, quand tout le monde l'abandonnait, est tout à coup élevé à la dignité de roi et de triomphateur, n'invitera t-il pas ses hôtes et ses amis à la cérémonie de son couronnement et de son investiture ?

Le voilà donc au bourg de Béthanie, ajoute notre pieux hagiographe ; c'est là qu il a passé tant de jours et tant de nuits, tant d'heures, depuis l'inauguration de son apostolat ; là qu'il a voulu opérer le miracle de ses miracles, en ressuscitant Lazare ; là qu'il a accepté d’être embaumé par avance pour le jour de sa sépulture ; là qu'il s'est abrité la dernière semaine de sa vie mortelle sur la terre. Il partit de Béthanie le dimanche pour faire son entrée triomphante à Jérusalem ; le lundi, pour maudire et faire sécher le figuier stérile ; le mardi et le mercredi, pour confondre les Pharisiens par mille paraboles dirigées contre eux ; le jeudi, pour célébrer la Pâque, instituer l'Eucharistie et subir sa douloureuse Passion. C'est dans ce lieu fortuné et béni qu'il a répandu des larmes si précieuses, prononcé des discours si attendrissants, que la terre ignore, mais que le Ciel garde et conserve pour les révéler un jour. Jésus voit le tombeau de Lazare ressuscité, la maison de Simon le Lépreux à jamais illustre, le château de Marthe et de Madeleine où sa divine Mère l'attend au milieu des Saintes Femmes. Tous les habitants viennent à sa rencontre comme autrefois ceux de Jérusalem ; mais aujourd'hui plus de pleurs versés, plus de voix discordantes, plus de trahisons à redouter ; c'est dans la Jérusalem céleste, la cité de l'éternelle paix, qu'il va entrer. Tout est prêt pour le départ : Lazare, Marthe et Madeleine lui ont présenté sa Mère. Il se dirige vers le mont des Oliviers : autour de lui se presse la troupe fidèle.

Tout émue et touchée de la douceur de son amour maternel, dit saint Bonaventure, au moment du départ de son fils, sa Mère dut pencher sur lui sa tête et se reposer sur son sein. Et le Seigneur la consolait, ainsi que Madeleine et les Disciples, en disant. « Je ne vous laisserai point orphelins ; je vais et je reviens à vous, et je serai toujours avec vous ». Alors, il embrassa tendrement sa Mère et lui dit adieu, et sa Mère le pressa tendrement entre ses bras. Les Disciples, et Madeleine, et tous les autres se prosternèrent, et, les larmes aux yeux, embrassèrent ses pieds.

Les Anges considéraient, à côté de leur Reine Madeleine, l'Apôtre des Apôtres. Ici, comme partout et toujours, sa part, qui était la meilleure, fut aux pieds de son Maître ; et parce qu'il était mort en quelque façon entre ses bras qui lui servaient d'autel sur la croix, et qu'il s'échappa, pour ainsi dire, de ses bras encore, au sépulcre, lorsqu'elle cherchait à le retenir, ainsi voulut-elle que ces mêmes bras fussent comme son escabeau et son dernier échelon pour quitter la terre et mon. ter aux cieux. Cette meilleure part ne lui fut point ôtée, et les Anges en s'entre regardant purent dire : « Voilà l'amie des pieds du Sauveur, celle qui vient après notre Reine, dont le retour autrefois a causé parmi nous tant de joie... » Et ils admiraient cette sainte familiarité d'une pécheresse convertie envers Celui qu'ils n'adoraient qu'en tremblant, et ils lui portaient ineffablement envie.

Enfin, tous les mystères étant accomplis, le quarantième jour après sa résurrection, le jeudi, à midi, le Seigneur Jésus, ayant levé les mains, leur donna sa bénédiction, et, en les bénissant, il se sépara d'eux.

 

Résolution : Regarder souvent le ciel, pour s'encourager à poursuivre les voies difficiles de l'exil.

Bouquet spirituel : « Voulant monter au ciel, Jésus les conduisit à Béthanie ». (Luc 24, 50).

 

Vita marie madeleine

 

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24 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Marie Madeleine et la Mère de Dieu

 

Vingt-cinquième jour

25 juillet

 

Les quarante jours

 

Prélude : Marie-Madeleine attend auprès de la sainte Vierge qu'il plaise à Jésus de les favoriser d'une de ses apparitions.

 

Méditation

 

Quelle pensez-vous que dut être la vie de Madeleine durant ces quarante jours qui s'écoulèrent entre la scène du Sépulcre et l'entrée de Jésus au ciel !

Il est vraisemblable, dit saint Bonaventure, que le très doux Seigneur visitait souvent sa Mère, ses disciples et Madeleine, sa fille chérie, les réconfortant et les réjouissant, eux qui avaient été si contristés et si épouvantés de sa Passion…

N'oubliez pas, continue le saint docteur, n'oubliez pas Madeleine, l'élève chérie, l'Apôtre des Apôtres. Voyez comme, selon sa coutume, elle s'assied aux pieds de son Maître, écoute avidement ses paroles, et, si elle le peut, le sert avec joie et de tout son cœur. Qu'elle était grande alors, cette pauvre petite maison, et qu'il était délicieux d'y habiter !... Mais, le Seigneur restait peu de temps avec eux. Sans doute, ils le forcèrent à rester plus long- temps, le suppliant de ne pas s'éloigner si vite. Ne pensez-vous pas que Madeleine, assise à ses pieds, le retenait par sa robe, avec une respectueuse témérité, de peur qu'il ne s'éloignât ? Le Seigneur était revêtu de vêtements d'une blancheur éclatante, des vêtements de sa gloire. Et Madeleine le retenait, non par présomption, mais avec une sainte confiance, elle, si aimante et si aimée ; et elle ne déplaisait pas à son Maître. Car le Seigneur veut être retenu, comme il apparaît par l'exemple des deux disciples d'Emmaüs. Enfin Jésus, saluant respectueusement sa mère et ayant reçu congé d'elle, les bénissait tous et se retirait. Et eux, se prosternant, le suppliaient de revenir bientôt.

Le Seigneur Jésus, dit encore saint Bonaventure, s'arrête quelque temps avec sa Mère et ses disciples, leur parlant du royaume de Dieu ; ils écoutent en grande joie ses célestes paroles ; ils considèrent son visage plein de beauté et d'allégresse. Regardez-les placés tous à l'entour de lui, Notre Dame plus près et plus familièrement, et Madeleine toujours à ses pieds ».

Qui dira les doux entretiens de Jésus et de Madeleine durant ces apparitions ? Quelles étaient les demandes de l'élève et les réponses du Maître ? Sans doute, Madeleine recevra le Saint Esprit le jour de la Pentecôte. Mais, Jésus tient à déposer dans son âme les vérités célestes dont le divin Esprit lui donnera bientôt l'intelligence. Il y tient d'autant plus que Madeleine, solitaire au désert pendant le reste de sa vie, allait être à peu près privée de out secours spirituel, et n'aurait presque, pour se diriger, que les conseils et les enseignements reçus de son aimable Maître. Dès lors, il inspirait à Madeleine une avidité toujours croissante pour sa parole ; il en faisait pénétrer jusqu'au fond de son âme les douces insinuations ; il la formait, comme autrefois sa mère, à conserver et développer par une méditation assidue la divine semence. Parlez, ô Maître, parlez, votre servante écoute, parlez encore, parlez toujours !

L'Evangéliste a noté les reproches que Jésus fit à ses Apôtres de leur incrédulité, quand ils avaient traité de visionnaire celle qu'il leur envoya comme messagère de sa résurrection. Jusqu'à son dernier jour sur la terre, le Sauveur tient à se montrer l'ami, le défenseur, l'avocat de la pécheresse convertie. C'est la quatrième fois en effet qu'il prend sa défense : la première, ce fut pour louer ses larmes chez le Pharisien ; la seconde, pour autoriser sa contemplation à Béthanie ; la troisième, pour justifier l'effusion de ses parfums contre l'avarice de Judas ; et ici, c'est pour appuyer son témoignage, le principal entre ceux des saintes femmes députées auprès des Apôtres.

Ô Jésus ! faites-moi la grâce de mériter que vous soyez mon défenseur devant Dieu et devant les hommes, par la pureté de ma conduite et la droiture de mes intentions.

 

Résolution : Placer sous la protection de sainte Madeleine la résolution d’être fidèle à la pratique quotidienne de l'oraison mentale.

Bouquet spirituel : « Seigneur, demeurez avec nous ! » (Lc 24, 29).

 

Vita marie madeleine

 

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23 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Marie Madeleine et les apôtres

 

Vingt-quatrième jour

24 juillet

 

Apostola apostolorum

 

Prélude : Marie-Madeleine court, elle est sortie en toute hâte du jardin ou Jésus lui est apparu et elle se rend avec empressement auprès des Apôtres, remplir le message dont le Maître l'a chargée.

 

Méditation

 

Jésus lui dit : « Va trouver mes frères et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu ».

C'est la dernière parole du Sauveur à Madeleine. Désormais, l'Evangile, qui a conservé avec tant de soin les divers témoignages de l'amour de Jésus pour 'illustre pénitente de Béthanie, se tait et ne prononce plus son nom. Mais combien cette dernière parole grandit Marie-Madeleine devant notre vénération et notre piété.

Les litanies, où la dévotion traditionnelle des peuples envers la glorieuse convertie du Sauveur a inscrit les titres de sa gloire privilégiée, ont conservé religieusement le souvenir de ces dernières paroles de Jésus. Comprenant tout ce qu'il y avait de grand pour Madeleine d'avoir été honorée d'un pareil message par le divin Maître, elles ont traduit cet honneur insigne par deux mots, aussi énergiques que vrais, et elles l'appellent « apostola apostolorum, l'Apôtre des Apôtres ! »

C'est à Madeleine que Jésus confie la mission d'aller prêcher aux Apôtres le grand mystère de la Résurrection. Elle devient l'Apôtre des Apôtres, le missionnaire de ceux qui devaient convertir l'univers ! elle est chargée d'annoncer aussi la prochaine Ascension du Sauveur.

Cet apostolat de Madeleine a fixé l'attention des Pères de l’Église, qui se sont plu à établir le parallèle entre Ève messagère du mensonge et Madeleine apôtre de la vérité. Ève se nourrit la première du venin de l'aspic au jardin des délices, puis elle vint apporter à son mari cette nourriture empoisonnée. Madeleine reçut la première, au jardin funèbre de la sépulture, la foi au mystère qui confirma nos croyances et prépara notre salut, et aussitôt elle porta cette foi aux Apôtres pour la leur faire partager.

Ève répéta à Adam la fallacieuse promesse du serpent : « Vous serez comme des dieux, sachant le bien et le mal ». Madeleine répéta aux apôtres la parole de Jésus qui dit équivalemment : Vous serez bientôt avec moi dans le ciel comme votre Père et votre Dieu, heureux de son propre bonheur et brillants de sa propre gloire.

Ève, placée entre l'obéissance au précepte du Créateur et la séduction du fruit défendu, préfère le fruit à l'obéissance. Madeleine, placée entre Jésus dont elle savoure les douceurs et l'ordre qu'il lui donne à remplir, n'hésite pas à quitter Jésus pour obéir à Jésus.

Oh ! combien Madeleine l'emporte sur. Ève ! Ève propage le doute, la prévarication et la mort ; Madeleine propage la foi, l'obéissance et la vie.

Apôtre auprès des Apôtres eux-mêmes, Marie-Madeleine représente l’Église chargée jusqu'à la fin des temps de prêcher à ses enfants les grands mystères de la résurrection, de l'ascension et de la fraternité divine ; la foi, le ciel, la grâce.

 

Résolution : Faire un acte de foi, en union avec l'esprit de sainte Marie-Madeleine.

Bouquet spirituel : « Jésus dit à Madeleine : Va trouver mes frères ». (Jn 20, 17).

 

Vita marie madeleine

 

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22 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

1501 1525 Noli me tangere Détrempe sur bois Crète Venise

 

Vingt-troisième jour

23 juillet

 

« Noli me tangere ! »

 

Prélude : Marie-Madeleine s'est jetée à genoux devant Notre-Seigneur ressuscité, et saisissant les pieds du divin Maître, elle cherche à les baiser.

 

Méditation

 

Jésus l'arrêta et lui dit : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté à mon Père ».

Deux fois, dit Lacordaire, Jésus-Christ avait laissé Madeleine le toucher, deux fois il l'en avait louée. Et maintenant, après sa résurrection, lorsque son corps est déjà transfiguré par une vie supérieure, il s'oppose aux chastes empressements de Marie.

Il ne veut pas qu'elle approche de lui ces mains qui ont autrefois embaumé ses pieds et sa tête. Pourquoi cette austérité imprévue, et comment la résurrection peut-elle restreindre l'ancienne familiarité d'une tendresse éprouvée ? C'est que Jésus n'est plus ce qu'il était, objet pour tous d'un attouchement qui encourage la foi, et d'une charité qui se prenne aux conversations de la vie. Il est entre la terre et le ciel, visible encore quelques jours, mais allant à son Père, et ce n'est plus que là, là où toute chair sera transformée comme la sienne, qu'il veut être touché et possédé par les siens. Il donne à Marie-Madeleine, en cette leçon sévère, un indice qu'il faut tendre plus haut, et que désormais Béthanie est au sein du Père qui a envoyé son Fils, et où le Fils va le rejoindre pour y préparer à ses amis le lieu de l'embrassement qui ne finit point.

Ne touchez pas le Fils de l'homme, car il n'est pas encore monté à son Père, et vous-même, Marie, vous n'y êtes pas encore montée. Vos lèvres, toutes pures qu'elles sont, tout empreintes du feu que le séraphin de la pénitence et celui de l'amour y ont laissé, ne sont pas capables de donner au corps ressuscité, au corps glorieux du Christ, les stigmates de la tendresse purifiée par la mort. Il vous faut mourir avec Jésus pour toucher de nouveau Jésus. Alors seulement, alors vous et lui, vous serez semblables ; alors vous apporterez à ses pieds le baume de la résurrection, et vous y déposerez le souffle virginal de l'immortalité reconquise.

À cette leçon, Jésus veut ajouter un nouveau témoignage de son amour de prédilection pour Madeleine. Il ne lui a point permis de le toucher. Mais, en échange, il a posé deux de ses doigts divins sur le front de sa sainte amie.

Moïse, descendant du Sinaï où il venait de converser avec Dieu, portait sur son front un double faisceau de lumière, rayon détaché de la gloire divine que le grand législateur des Hébreux avait contemplée face à face. Ainsi, au sortir de son entretien avec Jésus glorifié, Madeleine portera sur son front, telle qu'une auréole divine, une double empreinte que dix-huit siècles ne pourront effacer, et qui restera sur sa tête vénérée comme un monument authentique de la véhémence de son amour.

Aussi, quand on découvrit ses reliques au moyen-âge, on vit apparaître sur le front de Madeleine une particule de chair mobile et transparente, qui brillait sur la tempe gauche, là même où le Sauveur toucha sa sainte amie, lorsqu'il lui dit après sa résurrection : Noli me tangere !

Le langage des peuples a conservé ce souvenir, et on appelle encore aujourd'hui ce morceau de chair, miraculeusement et glorieusement conservé, le Noli me tangere.

 

Résolution : S'inspirer de la pensée du ciel pour pratiquer le détachement et la mortification des sens, indispensables à la vie chrétienne.

Bouquet spirituel : « Jésus dit à Madeleine : Ne me touche pas ! » (Jn 20, 17).

 

Vita marie madeleine

 

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21 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

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Vingt-deuxième jour

22 juillet

 

« Rabbouni ! »

 

Prélude : Marie-Madeleine à genoux devant Jésus ressuscité.

 

Méditation

 

Après avoir prévenu les deux apôtres de la disparition du corps de Jésus, Marie-Madeleine revint au tombeau, « Elle se tenait debout, en dehors du sépulcre, dit saint Jean, et elle pleurait ». Elle demeurait là par amour pour Celui dont la disparition l'affligeait si profondément, elle pleurait sous l'effort d'une douleur inconsolable. Elle aime, et son amour ne peut plus rien pour son bien-aimé, pas même entourer ses restes mortels de parfums et d'aromates. Toute seule près du tombeau vide, elle ne peut plus que pleurer.

De temps à autre, elle regarde autour d'elle pour voir si ceux qui l'ont enlevé ne reparaîtront pas. Ne voyant rien paraître, elle continue à donner un libre cours à ses larmes. Puis, tandis qu'elle pleurait ainsi, elle s'approcha encore plus près du sépulcre et s'inclina pour regarder. Ô merveille ! Deux anges, vêtus de blanc, sont assis, l'un à la tête, l'autre aux pieds, là où fut placé le corps !

Figure des anges du Testament Nouveau, des prêtres que Dieu placera désormais sur la route des âmes qui veulent retrouver la grâce et la paix, ces anges disent à Madeleine : « Femme, pourquoi pleurez-vous ? » Et la sainte amie du Sauveur, sans se troubler, pleine de confiance, devant une apparition si émouvante, répond : « Parce qu'on a enlevé mon Seigneur, et que j'ignore le lieu où ils l'ont mis ».

Mais un bruit de pas s'est fait entendre dans le jardin, ou peut-être, - et j'aime beaucoup cette pieuse interprétation de saint Jean Chrysostome, - les anges, au lieu de répondre à Marie-Madeleine, se sont inclinés profondément, dans l'attitude de l'adoration, devant quelqu'un que Marie n'apercevait point, et qui était soudainement apparu derrière elle.

C'était Jésus !... Mais Marie ne le reconnut point ; car le divin Sauveur, sans doute pour éprouver la foi de sa servante, avait voulu se cacher sous les habits et les apparences d'un jardinier. Marie le prit donc pour un jardinier. Vous vous trompiez, Marie, dit un pieux interprète, en le prenant pour le jardinier du pauvre et étroit jardin qui environnait le sépulcre. Jésus est le jardinier du monde, il est le jardinier de l’Église et des âmes.

Or, Jésus s'est arrêté, et Marie, qui ne l'a point reconnu, est devant lui... « Femme, pourquoi pleurez-vous ? » dit Jésus. Ô doux Maître, vous aussi, vous demandez à cette ardente amie de votre divinité pourquoi elle pleure. Vous lui demandez qui elle cherche ! Ah ! c'est que l'heure des larmes est passée, puisque votre résurrection a fait chanter l'alléluia au ciel, dans les limbes et dans l’Église de la terre, dont Madeleine fait partie. Elle ne doit plus rien chercher, puisque vous êtes devant elle !

Mais, Madeleine ne reconnaît point encore son Maître. Elle eût pu lui répondre avec les paroles que le chantre inspiré des Cantiques place sur les lèvres de l’Épouse : « J'ai cherché durant plusieurs nuits Celui que mon cœur aime ; je l'ai cherché et je ne l'ai point trouvé. Alors j'ai dit en moi-même : que ferai-je pour satisfaire l'ardent désir que j'ai de le posséder ? Je me lèverai, je ferai le tour de la ville, et je chercherai dans les rues et sur les places publiques celui qui est le bien-aimé de mon âme. Alors je me suis levée, je l'ai cherché et je ne l'ai point trouvé. Les gardes qui veillaient à la sûreté de la ville m'ont rencontrée, et je leur ai dit : N'avez-vous point vu Celui qu'aime mon âme ? »

L'impatience de son amour ne permet pas à Marie-Madeleine ce long épanchement. Dans l'excès de sa douleur, tout entière à son désir de retrouver Celui qu'elle a perdu, elle s'écrie : « Ah! si c'est vous qui l'avez enlevé, dites- moi, dites-moi où vous l'avez mis ! » Le Sauveur prend en pitié la douleur de Madeleine. « Jésus lui dit: Marie »

Qui saura jamais la douceur que le Bon Maître mit sur ses lèvres, en appelant ainsi amie éplorée. Marie !... dit-il, c'était un nom bien doux pour Jésus, le nom de sa mère ! Ce son nom seul suffit, quand on aime beaucoup, il ne faut pas de longues paroles pour s'entendre.

Madeleine l'entendit ; elle leva ses yeux humides de pleurs. Un instant lui suffit pour regarder et reconnaître Celui qui avait le secret de prononcer son nom comme le prononçait autrefois son bien-aimé visiteur de Béthanie. C'est lui. Rabbouni ! Ô mon maître !

 

solution : Chercher Jésus dans le sépulcre des divins tabernacles, en union avec Marie-Madeleine.

Bouquet spirituel : « Jésus lui dit : « Marie ! » Marie, s'étant retournée, lui dit : « Maître ». (Jean 20, 16).

 

Vita marie madeleine

 

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20 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Madeleine au tombeau

 

Vingt-et-unième jour

21 juillet

 

La première au Sépulcre

 

Prélude : Marie-Madeleine court et arrive, toute haletante d'amour impatient, auprès du sépulcre.

 

Méditation

 

Il fallait observer le repos du Sabbat. Ce que dut être ce Sabbat pour Marie-Madeleine, c'est ce que les âmes aimantes peuvent seules concevoir. Oh ! que de fois son regard se dirigea vers ce jardin où l'on avait enseveli son bien-aimé ! Que de larmes coulèrent de ses yeux en pensant au froid glacial du tombeau où il était tout seul, abandonné, dans une solitude qu'elle ne pouvait remplir encore de ses sanglots et de ses effusions ! Puis, quand ses lèvres s'ouvraient, de qui pensez-vous qu'elle puisse parler, sinon de l'unique amour de son cœur ?

La nuit vient ! Point de sommeil pour elle ! Oh, non ! Elle ne songe qu'à Celui qu'elle aime et qui n'est plus. Aussi, dès que l'heure légale eût sonné où le repos du Sabbat finissait, avec quel empressement elle dit à Marie, mère de Jacques. et à Salomé de l'accompagner chez ceux qui ven- dent des parfums. Elle est la première nommée entre les saintes femmes qui achetèrent les aromates pour embaumer Jésus. Elle fut aussi la plus empressée à hâter les préparatifs de cet embaumement, par lequel devait se manifester l'adoration persévérante de son cœur envers le divin Maître.

La nuit se passa dans ces préparatifs pieux, et pourtant, elle semblait bien longue à son impatience. Souvent, elle interroge l'horizon pour voir si les voiles nocturnes ne se déchirent point encore. Enfin, elle se lève... « J'ai cherché, dit-elle, durant les nuits celui que mon âme chérit ; je l'ai cherché et je ne l'ai point trouvé. Eh bien ! je me lèverai, je ferai le tour de la ville et je chercherai le bien-aimé de mon âme ».

Il est encore de très grand matin. À peine quelques lueurs de l'aube encore indécise. « Madeleine, dit saint Bonaventure, et ses compagnes allaient au sépulcre avec leurs parfums. Parvenues hors des portes de la ville, elles se rappelaient les afflictions et les souffrances de leur Maître, et dans tous les lieux où il avait souffert quelque douleur ou quelque opprobre, elles s'arrêtaient un peu, se mettaient à genoux, baisaient la terre, gémissant, soupirant et disant : « Ici nous l'avons rencontré portant la croix sur les épaules et sa Mère s'est évanouie ; là, épuisé, il a laissé tomber sa croix, et il s'est appuyé un instant sur cette pierre ; en cet endroit, ils l'ont poussé et frappé pour le faire marcher plus vite, et ils l'ont presque forcé à courir ; c'est ici qu'ils l'ont attaché à la croix ! » Et alors, inondées de larmes, elles adorèrent et baisèrent la croix encore toute rougie du précieux sang du Seigneur ».

Mais, voici le jardin de Joseph d'Arimathie. « Qui nous ôtera la pierre qui couvre l'entrée du sépulcre ? » Voilà leur seule préoccupation. Les gardes qui veillent en ennemis, les Juifs qui rôdent en jaloux envieux ne leur font aucune peur. L'obstacle matériel de la grosse pierre les préoccupe seul.

Or, Marie-Madeleine n'y tient plus. « Celle, dit saint Grégoire, qui dans le péché était demeurée froide et glacée pour le bien, est devenue très forte et très ardente dans l'amour de Jésus, depuis qu'elle a commencé à connaître le souverain bien ». Elle devance ses compagnes. Son amour impatient la transporte. Avec les ardeurs d'une âme qui cherche Jésus, la lumière, elle court dans les ténèbres, elle arrive la première au sépulcre. Oh ! si nous savions, comme elle, chercher Jésus dès le point du jour, dès le premier réveil de notre cœur, dès le premier repentir de nos fautes !

Hélas ! Jésus veut éprouver sa fidèle servante ! À ce moment tant désiré par son cœur, commence cette série d'épreuves et de renoncements qui, du jardin du sépulcre, se continueront jusque dans les gorges sauvages de la Baume ! Le tombeau est ouvert : Jésus n'y est plus !... Alors, comme folle de désespoir, elle court vers saint Pierre, le chef du collége apostolique, vers Jean, le disciple bien-aimé.

« On a enlevé le Seigneur, dit-elle, le sépulcre est vide, venez voir ; pour moi, je ne sais où le chercher. Je ne sais pas où on l'a mis ! » Ô désolation ! Elle ne sait pas où l'on a mis son bien-aimé ! Comme sa douleur est éloquente dans sa concision ! Ah ! mon âme, quand sentiras-tu comme Madeleine quelle privation c'est de vivre sans Jésus, de le perdre, de ne savoir où le trouver ?

 

Résolution : Faire ses visites au Saint Sacrement en union avec les sentiments de Marie-Madeleine au sépulcre.

Bouquet spirituel : « Marie-Madeleine alla dès le matin au sépulcre ». (Jean 20, 1).

 

Vita marie madeleine

 

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19 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Mise au Tombeau Saint Michel Bdx

 

Vingtième jour

20 juillet

 

L'ensevelissement

 

Prélude : Marie-Madeleine à genoux reçoit entre ses mains et baise avec amour, en fondant en larmes, les pieds de Jésus qu'on descend de la croix.

 

Méditation

 

Écoutons saint Bonaventure nous parler du rôle que remplit sainte Madeleine à la descente de croix et à la sépulture du Sauveur.

« Lorsque les clous des mains et des pieds eurent été arrachés, Joseph descendit avec d'infinies précautions le corps du Seigneur que Marie, Jean et Madeleine, reçurent entre leurs bras. Madeleine soutenait ces pieds auprès desquels elle avait trouvé autrefois une si grande miséricorde. Les autres se placèrent autour, et tous firent une douloureuse lamentation sur lui comme sur leur fils unique.

Comme la nuit approchait, ils prièrent bientôt la sainte Vierge de leur permettre d'entourer le corps de bandelettes et de l'ensevelir. Marie tenait toujours la tête de Jésus sur son sein, et elle se réserva de l'envelopper. Madeleine était aux pieds, et, quand on en fut arrivé là, elle dit : « Je vous en prie, laissez-moi arranger ces pieds près desquels j'ai obtenu mon pardon ». Ils le lui permirent, et alors elle les prit ; et paraissant défaillir de douleur, elle lava des larmes de sa compassion ces pieds qu'elle avait jadis lavés des larmes de sa componction. Elle les considérait ainsi, blessés, percés, déchirés et sanglants ; et elle pleurait amèrement. Car, selon que la Vérité en a rendu témoignage, elle avait beaucoup aimé ; aussi pleura-t-elle beaucoup, surtout à ces tristes obsèques de son Maître et de son Seigneur, torturé, flagellé, meurtri, mort et presque réduit au néant. Son cœur pouvait à peine demeurer dans son corps, tant son affliction était grande, et on peut bien penser que, si elle l'avait pu, elle eût volontiers expiré aux pieds du Seigneur. Elle ne voyait pas de remède à sa douleur, et ce n'était pas de semblables soins qu'elle était habituée à lui prêter.

C'est ici, en effet, un nouveau et dernier ser- vice qu'elle lui rend ; et, en l'accomplissant, son âme est dévorée d'amertume, parce qu'elle ne peut le rendre selon ses ardents désirs et comme il serait convenable. Elle voudrait, en effet, laver tout le corps, l’oindre de parfums, le disposer parfaitement ; mais ce n'est ni le temps ni le lieu. Elle ne pouvait pas plus, elle ne pouvait pas autre chose : elle fait ce qu'elle peut. Au moins lave-t-elle les pieds de ses larmes ; puis elle les essuie dévotement, les baise, les enveloppe et les arrange le mieux qu'elle sait.

Joseph eut l'attention de ne fermer le sépulcre qu'après avoir laissé entrer les saintes femmes. Madeleine observa où et comment on avait déposé son Seigneur, de quel côté les pieds, de quel côté la tête, et demanda à Joseph la clé du jardin, où elle se promettait bien de venir souvent et bientôt. L'embaumement, à cause de la proximité du Sabbat et de tant d'autres circonstances, ayant été un peu précipité, elle veut le compléter. C'était d'ailleurs ordinairement un office dévolu aux femmes, et il lui revenait de plein droit. Elle est la dernière à s'éloigner du tombeau, et elle ne le quitterait pas, si elle n'avait un double devoir de piété à remplir, celui de satisfaire à la loi du Sabbat et celui de reconduire et de consoler la mère de son Rédempteur On l'a déposé dans un monument creusé dans le roc, mais elle lui a préparé en elle-même un monument vivant d'où il ne sera jamais ôté. En recevant le corps de Jésus entre ses bras, elle a reçu son esprit dans le sien ; et parce qu'il est mort et enseveli, elle n'a d'autre désir que de mourir et d'être ensevelie avec lui. Ne pouvant plus se tenir debout, et ne voulant pas se retirer, le cœur brisé et les mains lui tombant de faiblesse, « elle se tenait assise, dit saint Matthieu, avec l'autre Marie, vis-à-vis du sépulcre ».

Mais, saint Jean l'ayant priée de venir avec la mère de Jésus, elle répondit : « Vous savez bien que j'irai avec elle, partout où elle ira et que je ne la quitterai jamais ». Madeleine alla donc dans la maison de Jean avec Marie, et, celle-ci, regardant autour d'elle, se prit à dire : « Ô mon fils, où êtes-vous, que je ne vous vois pas ? Jean, où est mon Fils ? Madeleine, où est votre Père, qui vous aimait si tendrement ? Il s'est éloigné de nous, lui, notre joie, notre douceur, la lumière de nos yeux !... »

 

Résolution : Passer dans le recueillement les heures qui précèdent la sainte Communion.

Bouquet spirituel : « Madeleine se tenait assise vis-à-vis du sépulcre » (Matth. 27, 1).

 

Vita marie madeleine

 

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18 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Crucifix_Masaccio

 

Dix-neuvième jour

19 juillet

 

Au Calvaire

 

Prélude : Marie-Madeleine se tient debout près de la croix. De temps en temps, elle s'approche pour coller ses lèvres sur les pieds ensanglantés de Jésus crucifié.

 

Méditation

 

Jésus est presque seul sur le Calvaire. Mais, parmi les rares fidèles qui l'y ont suivi et qui l'assistent jusqu'à son dernier soupir, mon regard, après Marie, rencontre, avec une vive et reconnaissante émotion, Madeleine, celle qui a le mieux compris combien le premier devoir d'un chrétien est de suivre son Dieu au Calvaire.

Elle était là, quand ils le crucifièrent. Chaque coup de marteau retentit dans son cœur, chaque goutte de sang lui arrache une larme, le bruit de la croix qui retombe dans le trou où on la fixe déchire ses entrailles, et elle souffre en proportion de son amour. Ô vraie martyre, Madeleine, vous aurez eu là, devant Dieu, tout le mérite de la souffrance endurée par amour, et si vous n'avez pas versé votre sang pour lui, vos déchirements sur le Calvaire ont été un martyre bien plus douloureux que celui de la vie ! Ah ! bourreaux, vous ne fûtes pas seulement les meurtriers de Jésus-Christ, vous avez immole aussi sur le Calvaire cette fidèle servante du crucifié, dont les sanglots et les douleurs n'ont pas pu attendrir votre barbarie !

Quand il fut crucifié, elle se tint là, tout auprès de lui, raconte l'Evangéliste. « La mère de Jésus, dit-il, et la sœur de sa mère, Marie Cléophas, et Marie-Madeleine, se tenaient au pied de la croix ». Elle était là, représentant l'innombrable multitude des pécheurs convertis, qui retrouveront dans la pénitence la robe nuptiale trempée du sang de l'Agneau. Jésus la regardait de temps à autre, et, la voyant si belle dans son innocence reconquise, il puisait dans cette vue le courage héroïque dont il eut besoin pour consommer cette immolation.

Voilà donc, se disait-il, voilà le fruit de mes souffrances ! Voilà les âmes que je rachète ! Voilà les pécheurs pour qui je dois mourir !... Mais elle, ah ! comme elle pleurait amèrement sa conduite criminelle, son passé coupable ! Jésus souffre, et c'est elle qui a contribué à le faire ainsi souffrir ! N'y eut-il eu qu'elle au monde à racheter, elle sait que ce divin Sauveur aurait voulu se laisser encore sacrifier. Marie souffre, et c'est elle qui a contribué à enfoncer dans cette grande âme de mère le glaive douloureux qui la transperce en ce moment. Ô Jésus, ô Marie, pardonnez-moi de vous avoir autant fait souffrir !...

Elle s'approche avec l'effusion de l'amour et d'une incomparable douleur, elle baise avec transport ses pieds cloués, elle regarde Jésus, et Jésus ne lui dit rien; elle prend de son sang et elle s'en baigne avec amour, ivre de douleur et de tendresse ! Enfin, Jésus expire... Ô mon bien-aimé, où êtes-vous allé, loin de celle qui vous a tout donné, son cœur et son âme, sa vie ? Ah ! pourquoi l'avez-vous laissée, seule, et pourquoi ne lui avez-vous pas permis de mourir avec vous ?

Quand Jésus fut mort, « il y avait là, disent les saints Evangiles, plusieurs femmes qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée et l'avaient assisté de leurs biens, et encore plusieurs autres venues avec lui à Jérusalem, entre lesquelles étaient Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques le Mineur et de Joseph, et Salomé, mère des fils de Zébédée, et tous ceux qui étaient de la connaissance de Jésus, se tenant à l'écart et regardant de loin ce qui se passait ».

Qui dira la ſerveur de cette contemplation chez Marie-Madeleine, tandis qu'elle regardait ainsi son Dieu, son Maître, son Sauveur, son Ami, mort, suspendu à un gibet infâme, couvert de sang, le coté ouvert, la tête chargée d'épines, les pieds et les mains percés, tout le corps meurtri et insulté ! Ah ! Jésus, tout, en votre sainte et dévouée servante, tout s'unit à vos souffrances, et il ne reste plus rien en elle qui ne soit sacrifié avec vous ! Ô amour ! Ô repentir ! Ô martyre !

 

Résolution : Aimer à baiser les pieds du crucifix, en union avec les sentiments de douleur et d'amour de Marie-Madeleine sur le Calvaire.

Bouquet spirituel : « Madeleine était debout, aux pieds de la croix, avec Marie ». (Jean 19, 25).

 

Vita marie madeleine

 

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17 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Chemin de Croix Martini 3

 

Dix-huitième jour

18 juillet

 

Pendant la Passion

 

Prélude : Représentons-nous Marie-Madeleine sur le chemin du Calvaire, à la suite de Jésus chargé de sa croix.

 

Méditation

 

Avec la sainte Vierge, Madeleine quitta Béthanie pour se rendre à Jérusalem, à la suite de son divin Maître.

On croit qu'elles assistèrent à la Cène dans une pièce contiguë au cénacle, d'où elles pouvaient suivre toutes les actions du Sauveur, entendre toutes ses paroles, et où Jésus vint leur apporter la divine Eucharistie pour les en communier de ses propres mains.

Après la Cène, quand Jésus se rendit à Gethsémani, sa mère passa le reste de la nuit, avec Madeleine, occupées à rendre grâces pour la communion qu'elles venaient de faire et à unir leur cœur au cœur agonisant de Jésus.

La première communion de Madeleine !... Qui dira jamais cet ineffable mystère de l'amour !...

Mais la Passion approche. Voici l'agonie, voici Judas, voici la cohorte, voici les bourreaux !...

Écoutons la très Sainte Vierge elle-même raconter, dans une révélation à saint Anselme de Cantorbéry, cet émouvant récit, qu'il ne nous reste plus qu'à méditer.

« J'étais, dit-elle, chez la mère de Jean l'Evangéliste, lorsque tout-à-coup les disciples, en pleurs et hors d'haleine, vinrent me dire : « Votre Fils bien-aimé, notre Seigneur et Maître, a été pris ; on le traîne lié et garrotté ; et nous ne savons pas ce qu'on a fait de lui, et si on l'a mis à mort ». À ces paroles, toutes mes entrailles furent bouleversées ; je sors à l'instant, et, avec Marie-Madeleine, je cours du côté du Temple. Au tumulte qui se faisait dans la maison d'Anne, je voulus pénétrer, mais on me ferma la porte, et je dus demeurer dehors où je pleurais et disais : « Oh ! mon Fils, mon cher Fils, ma lumière et ma vie ! qui mettra de l'eau dans ma tête et dans mes yeux une fontaine de larmes, pour pleurer la mort de mon Fils ?

Pour Marie-Madeleine, elle allait de tout côté, elle s'élançait aux fenêtres pour plonger son regard dans l'intérieur de la maison, elle prêtait l’oreille ; et voici qu'elle entend le Prince des Apôtres qui renie mon Fils. Alors, dans sa surprise et sa consternation extrême : « O bon Jésus, s'écria-t-elle, que va-t-il arriver, et qu'en sera-t-il de vous, puisque le chef de vos disciples vous renie ! O doux Jésus, jamais, jamais, je ne vous renierai...

Lorsqu'on menait mon fils entre deux scélérats hors de la ville, pour le crucifier, je voulus le suivre et le voir ; mais la grande multitude de gens qui l'entouraient pour l'insulter, me retenait toujours forcément à l’écart. Nous délibérâmes donc, avec Marie-Madeleine, et nous convînmes qu'en arrivant sur la place voisine, nous tournerions rapidement la fontaine, pour nous trouver face à face avec Jésus. C'est alors que je l'ai vu défiguré et meurtri ; et lui, s'inclinant doucement vers moi, semblait me dire : Merci, ma Mère bien-aimée, merci pour tous les soins que vous m'avez donnés ; quoique pauvre et dénuée de tout, vous avez, au prix d'un travail sans relâche, nourri et élevé ce temple de mon corps qu'on s'apprête à détruire et à renverser ; et maintenant, vous m'accompagnez dans cette voie d'opprobres et de souffrances, quand nous sommes, vous et moi, l'objet d'un mépris universel…

Sur le Calvaire, Marie-Madeleine se tenait près de moi avec mes sœurs ; mais nulle ne pleurait autant qu'elle son Seigneur, disant : « Et maintenant, qui me remettra mes péchés ? Qui prendra ma défense contre Simon et contre ma sœur ? »

« Quant à moi, disait sainte Thérèse, je tiens que si Madeleine n'a pas fini ses jours par le martyre, cela vient de ce qu'elle l'endura alors en voyant mourir Jésus-Christ dans les tortures, et de ce qu'elle a continué de l'endurer tout le reste de sa vie, par le terrible tourment qu'elle éprouvait d'être séparée de son cher Maître ».

 

Résolution : Faire souvent, avec dévotion, le Chemin de la Croix en union avec Marie-Madeleine.

Bouquet spirituel : « Marie- Madeleine l'avait suivi ». (Luc 23, 55).

 

Vita marie madeleine

 

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16 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Marie Madeleine et la Vierge Marie

 

Dix-septième jour

17 juillet

 

Les derniers jours du Sauveur

 

Prélude : Madeleine, à mesure que le temps approche, redouble d'assiduité auprès de Jésus et de Marie, sa sainte mère.

 

Méditation

 

Saint Bonaventure à médité, avec beaucoup d'onction, la conduite de Madeleine pendant les quelques jours qui suivirent le festin de Simon. Pendant ces quelques jours qui précédèrent la passion, dit le saint docteur, la maison de Lazare, à Béthanie, était sa retraite principale. C'est là aussi que demeurait sa mère ; et tous l'honoraient grandement, surtout Madeleine, qui lui tenait toujours compagnie et ne le quittait jamais.

« Cependant, les mystères se multipliaient, les Ecritures étaient accomplies par le Seigneur Jésus, et, les temps approchant, il brûlait d'apporter au monde le remède du Salut par la passion de son propre corps. Aussi, le jour suivant, de grand matin, c'est-à-dire le dimanche, il se prépara à aller à Jérusalem, d'une façon contraire à ses usages, mais conforme aux prophéties. Et comme il voulait partir, sa mère, le retenant dans un accès de tendresse, lui disait : « Mon Fils, où voulez- vous aller ? Vous savez la conspiration tramée contre vous ; comment allez-vous vers eux ! Je vous en supplie, ne vous y rendez pas ». Madeleine disait : « Maître, n'y allez pas ! Vous savez qu'ils désirent votre mort. Si vous vous mettez entre leurs mains, ils vous prendront aujourd'hui, et ils achèveront leurs desseins ! » Mais Jésus en avait disposé autrement, lui qui avait soif du salut du monde, et il leur répondait : « C'est la volonté de mon Père que j'y aille. Ne craignez point, lui-même nous défendra, et ce soir nous serons de retour ici, sains et saufs ».

Combien Madeleine fut joyeuse, quand il était acclamé par le peuple, et bien plus encore, quand elle le vit revenir à Béthanie !

« Le mercredi, le Seigneur soupa avec ses disciples dans la maison de Lazare ; sa Mère et les autres saintes femmes mangeaient dans un appartement séparé. Madeleine, qui suivait le Seigneur, l'interrogea et lui dit : « Maître, rappelez-vous que vous devez faire la Pâque avec nous, et, je vous en prie, ne me refusez pas cette faveur ». Comme Jésus n’acquiesçait point et répondait qu'il ferait la Pâque à Jérusalem, elle, se retirant en larmes et gémissante, s'en alla vers Notre Dame, et, lui ayant tout raconté, la conjura de le retenir pour cette Pâque. Le souper étant terminé, le Seigneur Jésus se rend vers sa mère et s'assied à l'écart, conversant avec elle et la laissant jouir de cette présence qu'Il devait bientôt lui ravir. Regardez-les donc assis tous deux ; voyez comme Notre Dame le traite avec révérence et reste affectueusement près de lui, et aussi comme le Seigneur se tient respectueusement près d'elle.

« Pendant qu'ils s'entretenaient ainsi, Marie va vers eux, et, s'asseyant à leurs pieds, dit : « Notre Dame, j'avais invité le Maître à faire ici la Pâque ; mais il semble vouloir aller à Jérusalem pour la faire, et il y tombera aux mains de ses ennemis ; je vous en prie, ne l'y laissez pas aller ». Sa mère lui dit alors : « Mon Fils, je vous prie qu'il n'en soit pas ainsi, mais faisons notre Pâque en ce lieu. Vous savez en effet que des embûches sont dressées pour vous saisir ». Et le Seigneur : « Ma Mère bien-aimée, dit-il, la volonté de mon Père est que je fasse la Pâque à Jérusalem, parce que le temps de la Rédemption est arrivé. Bientôt s'accompliront toutes les choses qui ont été écrites de moi, et ils feront de moi tout ce qu'ils voudront ».

« Elles entendirent ces paroles avec une profonde douleur, parce qu'elles comprirent bien qu'il parlait de sa mort. Oh ! si vous eussiez vu sa mère, fondant en larmes, humblement et modestement cependant, et Madeleine, comme ivre de douleur, se répandant en sanglots et en gémissements, sans doute, vous n'eussiez pu vous-même contenir vos pleurs ! Dans quel état pouvaient-elles être en traitant un pareil sujet ! Et le Seigneur dit à sa mère, en la consolant doucement : « Ne pleurez pas, vous savez qu'il me faut accomplir la volonté de mon Père ; mais ayez confiance et tenez pour certain que je reviendrai bientôt vers vous, et que je ressusciterai glorieux et immortel le troisième jour. Il faut que, selon la volonté de mon Père, je fasse la Pâque sur la montagne de Sion ».

« Alors Madeleine dit : « Puisque nous ne pouvons pas le retenir ici, allons, nous aussi, à Jérusalem ; mais je crois que jamais nous n'aurons vu de si tristes Pâques ».

 

Résolution : Faire souvent des actes de résignation à la sainte volonté de Dieu.

Bouquet spirituel : « Allons, nous aussi, et mourons avec lui ». (Luc 11, 16).

 

Vita marie madeleine

 

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15 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Madeleine 2-001

 

Seizième jour

16 juillet

 

Madeleine et Judas

 

Prélude : Judas l'Iscariote, en colère, murmure tout haut contre la profusion de Madeleine. Jésus se dispose à défendre énergiquement sa fidèle servante.

 

Méditation

 

Madeleine et Judas ! quel sujet de méditation... Combien ce rapprochement froisse et soulève le cœur. Le Saint Esprit a désiré qu'il ſût fait, et nous entrerons dans ses mystérieuses intentions en méditant les détails et qu'il a voulu nous faire transmettre à ce sujet.

Voyant Madeleine qui répandait avec abondance un parfum si précieux sur la tête de Jésus, et qui brisait le vase d'albâtre à ses pieds divins, Judas, au lieu de s'en réjouir par amour et d'admirer l'action de cette femme, entre en colère et dit : « À quoi bon cette profusion ? On aurait pu vendre ce parfum bien cher, plus de trois cents deniers, et en donner le prix aux pauvres ». Saint Jean, qui assistait à cette scène et dont le cœur dut souffrir de cette indignation d'un de ses frères dans l'apostolat, ajoute : « Il avait ainsi parlé, non qu'il se souciât des pauvres, mais parce que c'était un voleur, et qu'ayant la bourse entre les mains, il disposait de ce qu'on y mettait ». Madeleine se tut, comme toujours. Jésus voyait son cœur, cela lui suffisait. À quoi bon se soucier des murmures de Judas ?

Hélas ! Judas gagna des partisans, et son spécieux sophisme rencontra une adhésion sympathique chez plusieurs Disciples, tant notre esprit est faible devant les mystères de Dieu ! Ils s'indignèrent de voir un parfum très précieux répandu sur la tête de leur Maître, sur cette tête qu'ils verront bientôt sous une couronne d'épines. « Ils se mirent, eux aussi, à dire : Pourquoi perdre ce parfum ? Judas a raison. On aurait pu le vendre une grande somme, plus de trois cents deniers, et la distribuer aux pauvres ». Et, ajoute le saint Évangile, ils frémissaient contre elle ».

Ils frémissaient contre elle ! Jésus ne peut contenir l'indignation de son cœur. Quoi ! Madeleine jugée par Judas ! Madeleine blâmée par le traître ! L'heure n'est pas venue encore de démasquer l'hypocrisie de l'Iscariote. Mais, du moins, il ne peut s'empêcher de défendre sa sainte amie. « Il leur dit donc : Pourquoi faites-vous de la peine à cette femme ? Laissez-la ».

Marie-Madeleine avait de la peine, non point d'avoir encouru le blâme des disciples entraînés par Judas, mais de voir combien le culte de la divinité de Jésus était compté pour peu par ses meilleurs amis. Elle Elle craignait même peut-être d'avoir contrarié le doux Maître, en fournissant l'occasion à ces murmures, qui la contristaient comme une offense à Dieu. Aussi, Jésus s'empresse de l'exalter. « C'est une bonne œuvre, dit-il, qu'elle a accomplie en moi ». Marie a bien fait, à tous les points de vue. Son action, loin de mériter un blâme quelconque, mérite d'être exaltée.

« Vous aurez toujours des pauvres avec vous, et, quand vous le voudrez, vous pourrez leur faire du bien ; mais moi, vous ne m'aurez pas toujours ! » Comme cette dernière parole est douce et triste ! Madeleine dut la comprendre, elle qui aimait ! « Cette femme, continue Jésus, a fait ce qu'elle a pu de ce qu'elle avait, et elle a oint d'avance mon corps pour la sépulture ». Jésus veut qu'on sache qu'il se regarde comme embaumé par elle.

Mais, après avoir justifié Madeleine par la pureté de son motif, l'opportunité de son action et le mouvement intérieur du Saint Esprit, Jésus va lui promettre, avec serment, une célébrité immortelle, et il s'écrie : « Je vous le dis en vérité, dans tout l'univers, en quelque lieu que cet Evangile soit prêché, ce qu'elle a fait se racontera aussi en mémoire d'elle ». La gloire de Madeleine est inséparablement unie à la gloire de notre rédemption.

Voilà Madeleine ! Mais Judas !.. ah ! Judas ! Ce festin mettra le comble à ses forfaits, et la mesure sera pleine, après qu'il aura murmuré contre Marie ! La colère de Dieu répond à sa feinte indignation... À peine, en effet, le Sauveur avait-il achevé les paroles où il justifiait la piété de Marie-Madeleine, que l'Evangile ajoute : « Alors l'un des douze, qui s'appelait Judas Iscariote, alla trouver les princes des prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner pour que je vous le livre ? » Et ils convinrent avec lui de trente pièces d'argent ».

 

Résolution : Apporter toujours une grande réserve dans nos jugements sur le prochain.

Bouquet spirituel : « Ce qu'elle a fait se racontera partout en mémoire d'elle ». (Matthieu 26, 13).

 

Vita marie madeleine

 

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14 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Marie Madeleine 3

 

Quinzième jour

15 juillet

 

La seconde Onction

 

Prélude : Marie-Madeleine debout verse le parfum précieux sur la tête du Sauveur. La bonne odeur du parfum qui s'échappe du vase d'albâtre remplit toute la maison.

 

Méditation

 

Six jours donc avant cette Pâque qui devait être la dernière de l'ancien monde et la première du nouveau, Jésus vint à Béthanie, et, ce jour-là même, la veille de son entrée triomphale à Jérusalem, on lui donna la cène de l'amitié. La tendresse de Marie-Madeleine, raconte son plus éloquent panégyriste, « éclairée d'une lumière plus haute encore, lui disait que ce repas avait un caractère d'adieu et qu'on touchait à d'extrêmes événements. Elle prịt donc dans un vase d'albâtre un parfum précieux, et elle entra dans la salie du repas. Ce n'était plus cette femme en qui la jeunesse et la beauté déguisaient mal l'opprobre du vice, et qui s'approchait timidement des pieds de Jésus, comme une servante, pour y répandre et y essuyer des pleurs. Trois années de grâce avaient passé sur son front, et c'était la sainteté qui enveloppait toute sa personne d'une auréole divine. Elle entra donc, et brisant l'albâtre qu'elle tenait dans ses mains, elle en répandit le parfum sur la tête du Sauveur. Madeleine brise l'albâtre, parce qu'elle comprend que tout est consommé, et que jamais plus le Seigneur ne recevra de la piété des hommes un semblable hommage. Ce mouvement d'un désespoir et d'un amour prophétiques accomplis, Marie se rappelle sa bassesse première, et, courant aux pieds de Jésus, elle y verse avec un débris du vase un reste du parfum qu'elle essuie de ses cheveux ».

Voyons comment les saints docteurs expliquent cette double effusion de parfum sur les pieds et sur la tête de Jésus-Christ.

« Lorsque Madeleine n'était encore qu'une pauvre pécheresse, nous dit saint Ambroise, elle s'approchait seulement des pieds du divin Maître, mais, lorsqu'elle s'élève en mérite, elle ose parfumer la tête du Sauveur ».

Ou bien, ajoute saint Bernard, « elle apporte aux pieds de Jésus-Christ les parfums de la pénitence, et elle fait couler sur sa tête ceux de la dévotion et de la reconnaissance ».

« Nos bonnes œuvres, reprend de son côté Origène, lorsqu'elles sont faites pour la gloire de Dieu, deviennent des parfums d'agréable odeur ; mais si elles ont en même temps pour but l'utilité du prochain ou des pauvres comme l'aumône, elles sont le parfum des pieds de Jésus-Christ ; tandis que si elles ont pour objet le service même de Dieu, comme la chasteté, le jeune, la prière, elles deviennent semblables au parfum répandu sur sa tête ».

À peine Madeleine a-t-elle brisé le vase d'albâtre que commencent ces murmures, dont nous parlerons plus en détail demain. Oh ! que ces murmurateurs sont loin de la pensée du Maître ! L'âme qui aura pu parfumer les pieds du Sauveur saura aussi prendre soin des pauvres. Mais, avant l'aumône, le parfum; avant la charité envers les hommes, la piété envers Jésus-Christ.

Aussi le Sauveur exalte l'action de Madeleine ; il annonce que, partout où son Évangile sera prêché, on célébrera avec des louanges ce qu'elle a fait pour lui. Et, afin que le symbole réponde à la vérité de la prédiction divine, l'Evangéliste ajoute que « l'odeur du parfum remplit toute la maison ». - « Ce qui signifie, dit saint Augustin, que la renommée de ses vertus s'étend jusqu'aux limites du monde ».

En effet, ô Madeleine, l’Evangile a pénétré jusqu'aux extrémités de l'univers, et partout votre amour si pur, si pénitent, si dévoué, si tendre, votre amour qui brise le vase pour que le parfum se répande tout entier, votre amour, ô Madeleine ! a été l'une des suaves odeurs que l'Evangile a exhalées ; et chaque fois que le pauvre pécheur est revenu aux pieds de Jésus-Christ, si ses yeux se sont mouillés de larmes, si son âme s'est brisée de douleur, s'il s'est dévoué pour expier sa vie passée, c'est qu'il avait respiré vos parfums, ô Madeleine ! et qu'il a voulu les répandre comme vous et après vous !

 

solution : Unir toujours, dans nos œuvres, la charité envers les hommes à la piété envers Dieu, pour accomplir la loi.

Bouquet spirituel : « Elle brisa le vase d'albâtre ». (Marc 16, 3).

 

Vita marie madeleine

 

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13 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Marie Madeleine 2

 

Quatorzième jour

14 juillet

 

Le Festin

 

Prélude : La réunion est nombreuse. Marie-Madeleine est encore à genoux, aux pieds de Jésus. Elle adore avec amour. Mais son visage est empreint de tristesse.

 

Méditation

 

La scène de la résurrection de Lazare devait s'achever ailleurs que devant le sépulcre d'où la voix émue du Sauveur l'avait tiré, sur un théâtre plus solennel encore, dans une autre maison encore que celle de Lazare, ou, sans doute le divin Maître s'était reposé un instant après le grand miracle. C'est là que les disciples accompagneront Jésus, et que Lazare s'assoira parmi les convives, tandis que Marthe sert et que Marie-Madeleine accomplit cette action dont, selon la prédiction de Jésus lui- même, il sera parlé jusqu'à la fin du monde.

« Dix jours avant la Pâque, dit saint Jean, Jésus vint à Béthanie, au lieu où Lazare était mort et où il l'avait ressuscité, et ils lui firent là un souper. Marthe servait, et Lazare était l'un des convives... C'était, dit saint Matthieu, dans la maison de Simon le Lépreux », probablement le même chez qui Madeleine avait oint pour la première fois les pieds du Sauveur.

Ô festin de la maison de Simon le Lépreux, vous me rappelez le festin Eucharistique ! C'est là que les âmes goûtent, surtout au lendemain de leur conversion, le bonheur d'appartenir à Jésus. C'est là qu'avec Lazare elles partagent sa nourriture, qu'avec Marthe elles apprennent à le servir et surtout qu'avec Marie elles lui vouent un éternel amour, une fidélité immortelle.

Madeleine arriva chez Simon, portant dans ses bras un vase précieux et admirablement ciselé. C'était comme l'image de son cœur pur comme cette pierre transparente dont le vase était fait, tendre comme cette pierre si facile à travailler, docile comme cette pierre sous le ciseau de l’artiste, rempli du plus délicieux parfum, celui de l'amour.

Ce vase, en effet, contenait une livre d'essence de nard que Marie acheta à grands frais. Les Evangélistes ont noté avec soin le mérite de ce parfum. Saint Matthieu, saint Marc et saint Jean l'appellent une essence « précieuse » ; saint Marc dit qu'elle était « tirée de l'épi » même du nard, et saint Jean ajoute qu'elle était « fidèle », c'est-à dire sans mélange En un mot, le parfum apporté par Madeleine était le plus exquis et le plus recherché de tous les parfums.

L'essence que Madeleine répandit seulement sur les pieds de Jésus la première fois n'est pas dite précieuse, car, observe pieusement un récent biographe de la sainte amie de Jésus, c'est l'amour qui décide du prix des parfums, et l'amour qui lui fit répandre le parfum de la componction chez le Pharisien n'égalait pas encore l'amour qui lui fait répandre aujourd'hui celui de la dévotion. Cette essence, qui a été répandue sur tout le corps du fils de Dieu, que Madeleine a regardée comme la plus haute expression de son amour, à laquelle l’Église a attaché de si mystérieuses significations, méritait d'être remarquée.

Mais, je n'oublie point que le festin a lieu six jours avant la dernière Pâque, la veille même du jour où Jésus fera son entrée triomphale à Jérusalem, au début de la grande semaine où il duit mourir.

Quel mélange de sentiments doux et tristes, d'images riantes et lugubres, de souvenirs charmants et d'appréhensions terrifiantes ! Lazare est là, Lazare le ressuscité, à table avec son Rédempteur ; mais Judas aussi y est, Judas le traître, qui a déjà vendu le Maître dans son cœur. La maison est pleine d'amis, d'apôtres, de convertis. mais, à quelque distance de Béthanie, les ennemis de Jésus trament et préparent sa perte.

Les disciples tremblent, parce qu'ils savent combien la colère des Juifs est arrivée à son paroxysme. Madeleine tremble avec eux, et tout son cœur s'émeut, à la pensée que les méchants jaloux de son Maître pourraient l'enlever à son amour.

Ô sainte amie de Jésus, apprenez-moi à aimer comme vous et à trembler comme vous : à aimer, en répandant tout mon cœur aux pieds de Jésus ; à trembler, de peur que ses ennemis et les miens ne m'enlèvent le trésor béni de sa grâce !

 

Résolution : Concourir volontiers à la décoration des temples et des autels de la divine Eucharistie, en union avec les sentiments de Marie-Madeleine, apportant le vase de parfum précieux chez Simon le Lépreux.

Bouquet spirituel : « Pour Marie, elle prit une livre d'un nard excellent et de grand prix » (Jean 12, 3).

 

Vita marie madeleine

 

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