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21 avril 2018

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 La vocation de ce site d'évangélisation et de mission d'intuition Franciscaine, est de faire passer partout et à un large public, prières, dévotions, vies de saints, textes franciscains... En un peu plus de 10 ans d'existence, Images Saintes est en phase de devenir l'un des plus grands livres de prières en langue française, qui existe au monde...

 

De près de 50 pays à travers le monde, sur les 5 continents, chaque jour, vous venez puiser, partager et prier avec ces textes qui sont bien souvent récupérés dans de très anciens livres glanés dans les archives et bibliothèques anciennes ou aussi directement sortis de ma bibliothèque personnelle, ces textes sont parfois tombés dans le domaine public et sont bien souvent complètement oubliés et je m'efforce donc de les de remettre au goût du jour afin que très justement personne n'oublie ce qui a nourri et fait prier beaucoup de générations de chrétiens.

 

Je vous remercie d'être toujours plus nombreux,

car de plus en plus, je vois et entends d'un peu partout,

que cet effort est très apprécié et est un vrai succès.

 

 

 Je fais appel à votre soutien généreux

 

 

Depuis quelques temps, des questions remontent et des projets germent dans mon esprit, concernant l'avenir de ce site:

 

Je viens de mettre en place une cagnotte sur Leetchi.com

 

Pour permettre

 

- 1e l'achat du nom du domaine,

afin que désormais ce site puisse s'appeler Imagessaintes.com

 

Pour ainsi ne plus avoir du tout de publicités dessus, publicités qui sont un vrai problème... Car elles ont un contenu complètement opposé de ce qui se trouve dans ces pages... Bien des fois, vous avez fait remonter cette remarque. En achetant donc le nom du domaine, plus de problèmes de publicités douteuses contraires au contenu et à l'esprit des pages de ce site...

 

- la 2e raison est le paiement des droits d'auteurs

 

Afin de permettre la publication d'autres textes, mois de dévotions et autres sujets spirituels, plus récents, et, qui sont et seront nécessaires à votre avancement spirituel, et j'en suis certain aussi certainement très appréciés et enfin pour vous fournir toujours plus de matière pour entretenir et nourrir votre vie de prière.

De nombreux textes pourraient être placés, mais qui sont sous droits d'auteur: la législation française est assez exigente sur la propriété intellectuelle des livres et des auteurs: les auteurs doivent aussi gagner leur pain... En France, la propriété intellectuelle est très réglementée. Le but de ce site est de faire passer partout de nouveaux textes et accompagnés d'icônes et autres images qui font le succès de ce site, avec pour premier et unique but: semer l'Evangile et de hâter l'avènement du Règne des Coeurs de Jésus et de Marie...

 

Le nombre de visiteurs étant toujours un peu plus à la hausse chaque jours, mois, semaines, si chacun d'entre vous pouviez donner ne serait-ce qu'1 euro par personne, et par visite, pendant quelques temps,

non seulement, l'avenir du site serait assuré, mais aussi sa "propreté", et cela vous assurera un certains nombres de nouveaux textes et d'une façon tout à fait légale, qui viendront alimenter en entretenir votre prière quotidienne, dans les prochains temps...

 

Merci d'apporter votre soutien, car Images Saintes, c'est avant tout vous qui le faites son succès...!!!

 

Le rédacteur,

Franck Monvoisin.

 

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Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Vingt-deuxième jour

Considération des grandeurs de Jésus-Christ pour servir de fondement à nos espérances

 

I. Notre confiance en Jésus-Christ notre Sauveur et notre Chef, sera d’autant plus solide, que nous serons plus pénétrés de son excellence et de sa souveraine grandeur, et de la surabondance de ses satisfactions par où Il est devenu l’Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde.

II. Jésus-Christ, cet admirable composé, qui est Dieu et Homme tout ensemble, que Dieu avait promis au monde dans son origine, a été donné au monde dans la plénitude des temps. Tous les siècles ont été faits par Lui. Les précédents ont servi à préparer son premier avènement, les suivants à préparer la gloire de cet empire éternel qu’Il doit exercer sur toutes les créatures à son dernier avènement. Avant sa naissance, Il était l’objet des vœux des patriarches et des prophètes ; à sa naissance Il a jeté dans Son Eglise des semences de salut pour se préparer un peuple de Saints ; depuis sa mort Il est dans le Ciel, élevé au-dessus de toutes les puissances, chef d’un empire et d’un règne qui n’aura jamais de fin.

III. C’est pour Jésus-Christ que toutes les choses ont été faites . Dieu n’a créé les hommes que pour que Son Fils eût des sujets sur lesquels il exerçât un empire éternel. Ô mon âme ! Ton Seigneur qui est homme comme moi est véritablement ton Dieu, ce Dieu souverain que tu dois adorer, ce Dieu puissant de qui dépendent ton être et ton salut. Il n’a pas crut que ce fût une usurpation de se dire égal à Dieu son Père. Dieu n’a dit d’aucun ange ce qu’il dit de lui : « Asseyez-vous à ma droite ; vous êtes mon Fils que j’ai engendré au jour de mon éternité ». Ô Jésus, si vous n’étiez que Dieu, je tremblerais et craindrais d’être accablé du poids de votre souveraine grandeur ; mais Vous êtes Homme-Dieu, en même temps égal à Dieu et semblable à moi. Ah ! Cette adorable égalité et cette merveilleuse ressemblance m’engagent à mettre en vous une confiance sans bornes.

IV. Jésus-Christ, uni à la nature divine, a été revêtu comme Homme du souverain pouvoir de Dieu sur toutes les créatures, Il est devenu héritier de toutes ses richesses ; le souverain des anges et des hommes, le juge des vivants et des morts. C’est par la main de Jésus-Christ que Dieu exerce sa toute-puissance, c’est par sa bouche qu’Il pardonne ce qu’Il condamne ; de Lui seul dépend notre éternelle destinée. Notre juge est notre Sauveur et notre Frère ; qu’il est facile aux plus grands pécheurs de le fléchir et d’en obtenir un arrêt de Miséricorde, puisque sa plus grande gloire consiste à pardonner, puisqu’il n’a répandu son Sang que pour effacer les péchés du monde.

V. Quoique Jésus-Christ soit égal à Dieu, Il n’en dépend pas moins de lui dans une partie de son être ; Il n’a pas été dispensé de la servitude commune : aussi lui a-t-il été obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la Croix. Obéissance véritablement glorieuse à Dieu, et infiniment plus glorieuse que ne le serait l’obéissance de toutes les créatures ensemble, puisque c’est l’obéissance d’un Homme-Dieu égal à Dieu ; obéissance qui nous est infiniment précieuse, et dont il dépend de nous de recueillir les mérites, puisque c’est comme chef du genre humain et au nom de tous les hommes qu’Il à obéi à Dieu son Père ; obéissance qui nous est imputée, si nous nous soumettons avec Jésus-Christ au souverain empire de Dieu et si nous mourons au péché, comme Il est mort pour expier nos péchés.

VI. Qu’il est étonnant, le mystère d’un Dieu fait homme ! Que les richesses qu’il procure à la nature sont merveilleuses ! l’homme y est parfaitement assujetti au souverain domaine d’un Dieu, et lui fait un digne sacrifice de lui-même, et Dieu élève l’homme jusqu’à Lui, en lui communiquant Sa Divinité même. Ô homme ! Apprends par la soumission et les anéantissements de Jésus-Christ, que le souverain domaine de Dieu est inaliénable ; mais que si tu te soumets à Lui, Il t’élève jusqu’à Lui, et qu’étant membres d’un corps dont Jésus-Christ est le chef, tu deviens participant de la nature divine, et tu entres en société des mérites de son Fils. Mon âme, soumets-toi au Seigneur, Il te pardonnera tes péchés, Il te sauvera, Il te recevra dans le sein de Sa gloire, en vue des mérites de Son Fils qui t’appartiennent.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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20 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Vingt-et-unième jour

Quelle doit être notre confiance en Dieu si nous considérons le don qu’Il a fait au monde de Son propre Fils

 

I. Dieu a tellement aimé le monde qu’il n’a pas fait difficulté de lui donner son propre Fils. Et quel monde ? Un monde ennemi de Dieu, un monde que ses péchés rendaient abominable à sa sainteté divine. Il a envoyé son propre Fils pour sauver ce monde rempli de pécheurs, pour se charger Lui-même de tant de péchés, et les expier, comme si tout seul Il les eût tout commis. qu’avons-nous à craindre de la colère de Dieu, après qu’il a voulu l’éteindre Lui-même dans le Sang de son propre Fils ? Si nous détestons nos péchés, si nous en faisons pénitence, qu’avons-nous à craindre d’eux, après que Jésus-Christ Lui-même a bien voulu les expier, et daigner au défaut de nos propres mérites, nous appliquer les mérites de Son Sang Précieux ?

II. Dieu a voulu que Son Fils se fit homme pour avoir une raison en lui d’aimer tous les hommes, qui en eux-mêmes n’ont rien d’aimable à ses yeux. Il aime Jésus-Chris son Fils unique ; Il l’aime profondément, Il l’aime uniquement ; et parce qu’Il est le chef du genre humain, et le premier-né d’entre les hommes, Il n’aime les hommes qu’en Lui et pour l’amour de Lui : ainsi Dieu nous aime du même amour dont Il aime son Fils, du même amour dont Il s’aime Lui-même. Tandis que nous serons unis à Jésus-Christ, comme de faibles membres sont unis à leur chef, Dieu aura pitié de nous, Il nous aimera, sinon pour nous mêmes, qui sommes si misérables, du moins en faveur de son Fils bien-aimé, qui nous fait part de ses mérites.

III. Dieu a voulu que son Fils unique devint le Sauveur du monde, pour avoir une raison de pardonner aux hommes et de les réconcilier avec Lui. Un pécheur pénitent est couvert du Sang de Jésus-Chris, il est environné de ses mérites, il est sous la sauvegarde de sa Croix. Dieu, voudra-t-il perdre ceux que Jésus-Christ a sauvés, et leur refuser une Miséricorde qui a coûté si cher à Son Fils bien-aimé ?

IV. Dieu a tellement aimé les hommes, que pour les retirer de l’abîme ou le péché les avait plongés, il a voulu que la plénitude de sa divinité en Jésus-Christ, Homme et Dieu tout ensemble ; ce Dieu si jaloux de sa gloire l’a voulu ainsi, afin que les hommes pécheurs puissent avoir en Jésus-Christ un médiateur et un Sauveur digne de Lui, afin que ce Divin Sauveur devînt le principe du Salut de tous les hommes, la source de leur sainteté, et le fondement de toutes leurs espérances.

V. Dieu ayant donné son Fils au monde, a paru l’oublier, pour n’aimer en Lui que les hommes, et ne s’occuper que de l’intérêt de leur salut ; pour les sauver de la mort éternelle, Il a porté contre Lui, dès sa naissance, un arrêt de mort ; Il a voulu que sa vie se passât à les instruire, à leur donner et les leçons et les exemples de toutes les vertus ; Il a voulu que pour gagner les hommes, et les affranchir de l’esclavage du péché, Il fût dans tout le cours de sa vie, et leur maître, et leur modèle, et leur serviteur. Jette-toi, mon âme comme la pécheresse Madeleine, aux pieds de ton Sauveur ; ne crains pas de te jeter entre ses bras, ni, à l’exemple de son Disciple bien-aimé, de te reposer sur son sein. Il n’a pas dans le séjour de sa gloire moins de Miséricorde et de bonté qu’Il n’en a montré sur la terre.

VI. Dieu ne s’est pas contenté de donner son Fils au monde, ni de lui ordonner d’employer toute sa vie à l’oeuvre de son salut ; Il l’a encore condamné à la mort pour procurer aux hommes la vie éternelle. Il l’a arrachée de son sein pour le livrer aux bourreaux ; Il a voulu qu’Il consommât son sacrifice sur l’autel de la Croix, qu’Il devînt une victime d’expiation pour nos péchés. Son Fils réduit à une agonie mortelle, lui demanda grâce pour Lui-même, et Il ne l’obtint pas. Il semble que Dieu nous ait plus aimés que Lui. Et nous aimera-t-il moins au moment où il s’agit de recueillir les précieux fruits du Sacrifice qu’Il lui a offert pour notre salut ?

VII. Jésus-Christ ayant acquis par son obéissance jusqu’à la mort de la croix des mérites infinis, Dieu son Père, à qui Il a offert pour nous le sacrifice de sa vie, nous a incorporés en Lui ; Il l’a rendu notre chef, afin qu’étant les membres de son Fils unique, nous puissions devenir en Lui et par Lui ses enfants. Par là nous sommes devenus les frères et les héritiers de Jésus-Christ. Nous avons part à ses mérites et à toutes ses richesses. Je suis misérable de mes fonds ; mais je suis riche de Jésus-Christ. Ses larmes, ses prières, ses souffrances, tous ses mérites sont à moi. Ô admirable invention de la bonté divine ! Ne pouvant faire que nous fussions tous des Dieux, elle a fait un Homme-Dieu, pour nous rendre participants des richesses de la divinité ; et Dieu, comme dit Saint Paul, en nous donnant son Fils, ne nous a-t-il pas donné toutes choses avec Lui ?

VIII. C’est le baptême et la Foi en Jésus-Christ qui nous unissent à Dieu et nous rendent ses enfants ; ce sont les Sacrement qui nous incorporent à Son Fils bien-aimé. Ô mon âme ! Puisque j’ai le bonheur d’avoir été appelé à la Foi, d’avoir été baptisé dans le Sang de Jésus-Christ ; puisque je lui appartiens et que je suis associé à ses mérites, je puis dire avec confiance que tout est à moi, que malgré mon indignité je mérite tout, qu’en Jésus-Christ et par Jésus-Christ j’obtiendrais toutes choses. Ah ! Mon Dieu, qui me donnera un million de coeurs pour vous aimer comme Vous le méritez !

IX. Ô mon Dieu ! Ô Père très aimable et très miséricordieux ! Qui me donnera un million de coeurs pour Vous rendre une partie de l’amour que Vous m’avez porté en me donnant Votre Fils ? Vous avez voulu qu’Il consacrât toute sa vie au salut des hommes. Durant tout le cours de sa vie, Il s’est moins montré leur maître que leur serviteur. Il les recherchait, Il les prévenait, Il les guérissait de leurs maladies, Il multipliait les pains pour les nourrir, Il leur lavait les pieds, Il les instruisait, Il est mort pour eux, pour eux Il s’est ressuscité et s’est élevé dans les cieux pour y préparer leurs places. Il ne les oublie pas dans le lieu de leur exil, Il leur prodigue Son Sang et Ses mérites infinis qu’Il a mis comme en dépôt dans Ses Sacrements. Ô prodige de Miséricorde et d’amour ! Les paroles me manquent, mes pensées se confondent, mon esprit demeure interdit. Ô amour ! Ô bonté ! c’est tout ce que je puis dire : tant que je vivrai, je ne cesserai d’espérer en vous.

X. Oui j’espérerai dans la Miséricorde de mon Sauveur, quand même j’aurai déjà un pied dans l’enfer. Si Dieu avait voulu me perdre m’aurait-il incorporé à son Fils ? m’aurait-il ordonné l’usage des Sacrements dont la vertu est de me transformer en Son Fils ? En me réprouvant, il réprouverait Son propre Fils ; en me perdant, Il anéantirait sa rédemption et le plus grand ouvrage de Sa Miséricorde. Non, je ne craindrai rien, tandis que je croirai en Lui, que je mettrai ma confiance en Lui, que je me tiendrai attaché à sa Croix. Non rien ne me séparera de la Charité de Jésus-Christ.

XI. Si Dieu ne nous sauve pas pour l’amour de nous qui ne méritons que les rigueurs de sa justice, Il nous sauvera pour l’amour de Son Fils qui a porté la peine de nos péchés ; Il doit une récompense à l’obéissance qu’Il lui a rendue : or cette récompense est le salut de ceux qui croient en Lui : c’est tout ce qu’Il demandait, lorsqu’il Lui offrait Son Sang et Sa Vie. Dieu ne peut nous perdre sans ruiner l’héritage que Son Fils a acquis de Son Sang, sans affaiblir la vertu de Sa Croix, sans arracher de Son Corps adorable des membres qu’Il s’est incorporé. Non, notre divin Sauveur ne peut condamner les pécheurs sans faire violence à Sa Miséricorde ; c’est un malheureux père contraint de souscrire la condamnation de son fils. Ô bonté qui m’avez donné un si bon sauveur, j’espère que Vous me le conserverez, et que vous ne permettez pas que j’en sois séparé.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

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19 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Vingtième jour

La dignité de notre âme doit nous exciter à la confiance

 

I. Considère, mon âme, la noblesse de ton origine, et conçois des sentiments qui en soient dignes. Tu es sortie du sein de Dieu ; il est ton Père et il veut que nous l’invoquions sous ce tendre nom : « Notre Père, qui êtes aux Cieux ». Or un père peut-il oublier son enfant ? Dieu nous porte dans ses entrailles, comme la plus tendre des mères ; lui-même nous assurez que s’il y avait un monde une mère assez dénaturée pour désavouer et négliger le fruit de ses entrailles, il n’est pas capable de cette insensibilité à notre égard. Quelque misérable que mes péchés m’aient rendu, il me reconnaîtra toujours pour son ouvrage et son enfant ; il découvrira toujours en moi l’image de sa divinité, et sera toujours porté à lui rendre sa beauté originelle, et à la rétablir dans les droits dont le péché l’a fait déchoir.

II. Quoique la pure bonté de Dieu soit le motif de l’amour qu’il nous porte, on peut dire qu’en nous aimant, il s’aime lui-même, que son amour pour nous n’est qu’un écoulement de l’amour qu’il a pour lui-même : nos âmes qu’il a faites à son image, sont pour ainsi dire, des portions de sa divinité : lui touchant de si près, comment ne nous aimerait-il pas ?

Le péché, il est vrai, défigure en nos âmes sa ressemblance ; mais la pénitence, sanctifiée par le Sang de Jésus-Christ, en retrace les traits effacés. Nos âmes embellies par la grâce du Sauveur du monde, sont des temples où Dieu daigne établir sa demeure, où il dit lui-même qu’il fait ses délices de converser avec nous ; ce sont de vénérables sanctuaires où habitent le Saint Esprit. Nos corps eux-mêmes sanctifiés par la sainte humanité de Jésus-Chris, et consacrés par la société qu’ils ont avec nos âmes sont des vases dédiés à la Majesté de Dieu ; on ne peut les profaner que par d’horribles sacrilèges, et Dieu, dit Saint Paul, en perdra les profanateurs.

III. Oui, sans doute, quelque indignes que nous soyons, Dieu fait grande estime de nous. Ce fut dans un conseil ineffable de trois personnes divines que nous corps furent formés et animés par le souffle divin. Faisons l’homme, dit le Seigneur, à notre image : après avoir créé le monde matériel, il voulu renfermer dans l’homme un abrégé de toutes ses merveilles. Et ce Dieu si bon voulait-il détruire et perdre ce qu’il a paru créer avec tant de complaisance ? Voit-on des mères qui jettent leurs enfants au feu ou bien qui les déchirent ? Pourquoi te troubles-tu, mon âme, à la vue de tes péchés et dans l’attente du jugement de Dieu ; quelque énormes, quelques nombreux qu’ils soient, rassure-toi, si tu les déteste sincèrement ; tu n’as à craindre que de manquer de confiance dans la Miséricorde Divine ; ton Juge est ton Dieu, ton Créateur, ton Père ; il ne veut pas perdre son ouvrage, il ne veut pas jeter au feu son enfant ; il désire plus ton salut que tu ne le désires toi-même.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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18 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Dix-neuvième jour

Nos péchés mêmes contribuent à exciter notre confiance

 

I. Mon âme, déteste tes péchés, comme les plus grands maux du monde ; mais n’en sois pas effrayée : ce sont des monstres qui n’ont plus de dents ; la Miséricorde Divine les a désarmés : elle les fera servir à ton bonheur et à ton triomphe. s’il est glorieux à Dieu de pardonner et d’user de Miséricorde, les péchés tournent à sa gloire ; ils sont pendant ta vie la source d’une sainte pénitence ; à ta mort ils feront éclater la Miséricorde de ton Sauveur, comme les péchés d’un voleur pénitent la firent éclater sur la Croix.

II. Les larmes que versait Saint Pierre étaient aussi précieuse que le péché qui faisaient couler était affreux. Rien de plus honteux que les désordres de Madeleine, et rien de plus agréable à Jésus-Chris que la pénitence qu’ils excitèrent, que les larmes qu’ils firent répandre. Ô bonté admirable de Dieu ! Ce qui devrait nous perdre, ce qui nous attirait sa haine et sa malédiction, elle le fait servir à nous sauver, et à nous attirer à son amour et à ses grâces. Il n’appartient qu’aux grands médecins de changer le poison en bons remèdes ; il n’appartient qu’à Dieu de tirer la gloire du milieu de la honte, d’extraire la douceur de l’amertume même, et de faire sortir la lumière du sein des ténèbres les plus épaisses.

III. Si notre premier père n’avait pas péché, le Fils de Dieu ne se serait pas fait homme pour sauver le genre humain. Heureuse faute qui a procuré tant de gloire à Dieu et aux hommes une si grande abondance de Miséricorde ! Heureux aussi tous les péchés, les péchés les plus détestables, quand ils sont amèrement pleurés et lavés dans le Sang de l’Agneau ! Un pécheur pénitent est plus cher et plus agréable à Dieu par son humble pénitence qu’il ne lui était odieux pour tous ses péchés. Ô mon âme, que tu dois d’amour à ton Dieu, que tu lui dois de confiance de vouloir tirer sa gloire des injures que tu lui as faites, et d’employer à ton Salut les péchés qui doivent d’attirer sa colère et t’entraîner dans l’enfer !

IV. Ah ! Que toutes les étoiles du firmament soient autant de langues, pour annoncer les Miséricordes de Dieu ans tous les siècles ; que les Anges se joignent à moi, et suppléent à ma faiblesse, pour m’aider à rendre grâce à Son infinie Bonté qui a désarmé Sa Justice, qui en mettant mes péchés sous mes pieds les fait servir à mon élévation.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

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17 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Dix-huitième jour

Combien la Miséricorde de Dieu envers les pécheurs doit exciter notre confiance au moment de la mort

 

I. Celui entre les mains de qui nous remettons, en mourant, notre esprit, est un Dieu dont la Miséricorde infinie a commencé son cours dès l’origine du monde, et ne l’a jamais interrompu. Dès lors le genre humain comblé de ses grâces et de ses faveurs l’a offensé, et il a eu pitié du genre humain : les hommes ont continué de l’outrager, et il n’a cessé de leur faire du bien ; les attendant à pénitence avec une patience invincible, il conserve toute leur vie, il ordonne au soleil de se lever pour les éclairer, au Ciel et à la terre de les combler de biens, afin que, s’ils périssent, leur perte ne puisse être imputée qu’à eux-mêmes et à leur impénitence volontaire. Aussi est-il dit de Dieu qu’il est riche en Miséricorde et généreux à pardonner, non un péché, mais des péchés sans nombre ; non les péchés d’un peuple, mais les péchés de toutes les nations ; non pour un tempos, mais pour tous les siècles. Ô mon âme, tu n’as à craindre que ton impénitence, et non pas la colère d’un Dieu qui est porté à te pardonner, et qui est infiniment plus miséricordieux que tu n’es pécheresse.

II. Telle est la bonté de Dieu pour les plus grands pécheurs, tandis qu’ils sont sur la terre, qu’il paraît négliger Sa souveraine Majesté, et oublier en faveur de Sa Miséricorde, les droits de Sa Justice ; Il semble rechercher toutes les occasions de leur pardonner : attraits de la grâce, remords de la conscience, invitations, menaces, afflictions, il emploie tout pour les toucher et les convertir, et s’il parvient à gagner leur coeur, il s’en fait une sorte de triomphe. Je vous assure, dit le Sauveur du monde, que les Anges de Dieu se réjouiront lorsqu’un pécheur fera pénitence. Un pécheur est une brebis perdue, que Jésus-Christ, comme un bon Pasteur, recherche jusqu’à ce qu’il l’ait retrouvée, en faveur de laquelle il paraît négliger le soin de tout son troupeau. Un pécheur converti est un enfant prodigue, que Dieu, le meilleur de tous les pères, reçoit avec la plus grande bonté, qu’il comble de biens, sans conserver aucun souvenir de son ingratitude et de ses désordres.

III. Quand Dieu menace les pécheurs, ce n’est pas pour les perdre ; c’est pour les convertir : le plus grand pécheur peut et doit espérer dans Ses Miséricordes, tandis qu’il a un souffle de vie. Jonas connaissait bien le coeur de Dieu, lorsqu’il refusa d’aller à Ninive lui annoncer sa ruine prochaine ; il ne doutait pas que si cette ville abominable faisait pénitence, Dieu ne lui devint propice, et ne révoquât l’arrêt qui la condamnait à une ruine entière. Les menaces et la colère de Dieu sont toujours accompagnées de Miséricordes en faveur des pécheurs contrits et humiliés.

IV. Durant le cours de ma vie criminelle, mon Dieu que j’outrageais indignement me supportais avec patience ; il attendait le retour de son enfant prodigue : loin de me rejeter, il m’a reçu avec bonté quand je suis revenu à lui ; il m’a rétabli dans tous les droits de ses enfants ; mille fois je l’ai offensé, mille fois il m’a pardonné ; il a épargné l’ouvrage de ses mains ; il m’a gardé jusque dans mes désordres, comme la prunelle de ses yeux : ses bontés passées sont un gage assuré de celles que je dois espérer au moment de ma mort : mon plus grand crime en ce moment serait de ne pas espérer en Lui. Non, il ne veut pas que je périsse, ni qu’avec moi périsse le fruit de tant de Miséricordes dont il m’a comblé dans le cours de ma vie.

V. C’est Dieu qui inspire aux mères et aux nourrices tant d’amour et de tendresse pour les petits enfants qu’elles allaitent ; c’est lui qui donne aux pères un coeur si bon pour leurs enfants, qu’on les voir sa sacrifier pour eux, et les aimer malgré les ingratitudes les plus noires et les plus honteux désordres. Que la source de tant de bonté doit être abondante ! qu’il doit être bon et miséricordieux, le coeur qui communique tant de bienfaisance à tant de millions de coeurs ! Celui que fait tous les yeux, sera-t-il aveugle ? Celui qui forme les oreilles, sera-t-il sourd ? Et celui qui forme le coeur des pères et des mères, n’aura-t-il pas l’amour de pères et de mères pour tout ce qu’il à mis au monde ?

VI. Pour le pas succomber sous le poids de nos iniquités, et pour exciter notre confiance dans les Miséricordes du Seigneur, considérons la multitude d’âmes pénitentes qui ont été dans tous les siècles d’illustres monuments de la Miséricorde Divine. La main de Dieu s’appesantissait sur le peuple des infidèles, qui, inconstant, quittait les voies de l’iniquité, pleurait et gémissait et Dieu lui faisait grâce ; ils retombaient puis tendaient les bras et Dieu les relevait ; il retombaient derechef, puis revenaient à eux et Dieu leur pardonnait après tant de rechutes et d’infidélité. Quelle bonté ! Quelle Miséricorde ! Quelle patience invincible ! l’arrêt de Ninive est prononcé ; elle fait pénitence : il est révoqué. Qu’il est beau de voir David, ce roi adultère et homicide, avouer son péché, le détester et obtenir Miséricorde ! Qu’il est beau de voir le roi Manassès tremper ses chaînes de ses larmes, et ces majestés abattues aux pieds de Dieu, triompher hautement de sa justice, et lui lier les mains, pour ainsi dire, au moment de ses plus éclatantes vengeances ! Mais ces insignes pécheurs étaient-ils assurés du pardon de leurs crimes ? Dieu n’a-t-il pas souvent dit qu’au jour et au moment que le pécheur renoncera à ses péchés et retournera à lui, ses péchés seraient jetés dans la mer, et ensevelis dans un éternel oubli ? Le plus grand pécheur peut-il être en doute de la Miséricorde de son Dieu et de sa disposition à le recevoir avec bonté, s’il considère la force des paroles qu’il adressait à son peuple infidèle pour le convertir ? Un mari disait-il, ne reçoit jamais une femme adultère ; ces sortes de plaies ne se ferment point ; et moi j’ai tout un autre coeur pour vous. Que vous m’ayez manqué de Foi, que vous ayez suivi des amants étrangers avec opprobre de mon nom, quelque jaloux que soit mon coeur, et il n’en est pas de plus jaloux ; si vous revenez à moi de bon coeur, je vous recevrai, et nous vivrons ensemble comme auparavant. Comment un pécheur, en méditant ces tendres promesses, ne se convertit-il pas ? Et comment un pécheur converti peut-il redouter la colère de son Dieu ?

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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16 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Dix-septième jour

De la bonté de Dieu en général pour nous exciter à la confiance

 

I. Pour accoutumer nos yeux à la lumière, et de crainte qu’ils ne soient éblouis en fixant tout à coup l’élégante Charité de Dieu qui a paru sur la Croix, tournons nos regards vers des objets qui soient plus à notre portée, et dont l’éclat soit plus tempéré ; considérons la Miséricorde et la bonté de Dieu en général : puis nous élèverons les yeux sur la Croix pour y contempler le soleil d’amour dans tout l’éclat de sa lumière dans l’excès de son ardeur.

II. Rentre en toi-même, ô mon âme, sonde les replis de ton coeur. Si tu te sentais coupable de quelque péché secret, ne les détesterais-tu pas ? N’en ferais-tu pas l’aveu sincère aux ministres que Jésus-Christ a établis pour t’absoudre ? Pour l’expier et l’effacer, épargnerais-tu tes regrets et tes larmes ? Non sans doute. Si ta conscience ne te reproche ni d’attache criminelle à laquelle tu n’aies renoncé en vue de ton salut, ni de haine secrète de ton prochain que tu n’aies étouffée, ni d’injustice que tu n’aies réparée ; si elle répond que tu aimes ton Dieu, que tu aimes ton prochain ; sois tranquille : ne redoute ni la mort, ni les jugements de Dieu ; Il ne peut te juger que dans Sa Miséricorde ; Il veut te sauver, puisqu’il t’inspire Lui-même des sentiments de pénitence et qu’Il t’accorde le secours de Ses Sacrements, qui sont les sources de Sa grâce. Les péchés sont moins la cause de damnation que la défiance qui fait mourir les pécheurs dans l’impénitence.

III. Quelques péchés que nous ayons eu le malheur de commettre dans le cours de notre vie, si, pour les effacer, nous avons mêlé nos larmes au Sang de l’Agneau, qui coule dans nos âmes par les Sacrements, ne nous figurons pas que nous allons paraître devant Dieu souillé de ces péchés : ils sont effacés, il n’en reste pas de vertige ; nous sommes revêtus de Jésus-Christ et enrichis de ses mérites. Mourir dans les Sacrements, c’est mourir dans le Sang de Jésus-Christ, et personne ne peut faire naufrage dans ce bain salutaire, à moins qu’il ne s’y plonge avec la perfidie de Judas ou l’impiété des hébreux déicides.

IV. Ne crains pas, mon âme, d’être traînée devant le tribunal de la Justice Divine : ta pénitence sanctifiée par les mérites de ton Sauveur, ayant couvert la multitude de tes péchés, la Justice de Dieu s’est changée pour toi en Miséricorde. Dieu te regarde comme un esclave dont le sont Fils, aux dépens de sa vie, a acheté la liberté, comme une conquête qu’Il a arrachée à l’enfer : ton salut intéresse sa propre gloire. Ne crains rien, Il a répandu sa colère loin de toi sur des peuples rebelles et sur des âmes qu’Il n’a pas attendues à pénitence, ou qui s’obstinent à mourir dans leurs péchés.

V. Dieu est juste, Il n’est que bonté et Miséricorde. Pleurons les péchés où notre faiblesse, et peut-être notre malice nous a entraînés ; renonçons au monde, qui nous est étranger, renonçons à tout ce qui déplaît à Dieu, nous n’aurons rien à craindre de la Justice Divine, qui n’exerce ses rigueurs que contre ceux qui sont obstinément rebelles à sa grâce ; nous lèverons tous les obstacles qui arrêtaient le cours de son infinie bonté ; et notre âme, que nous remettrons entre ses mains au sortir de la prison de son corps, passera dans le sein de Sa Miséricorde, et entrera dans la joie du Seigneur. Dieu n’est que Charité, que bonté et le propre de sa bonté est de se communiquer ; par un effet de cette bonté, il nous a communiqué son être en quelque sorte, lorsqu’il nous a tirés du néant ; par un effet de la même bonté, Il veut nous communiquer Son bonheur. Il est notre Père ; Il préfère que dans nos prières nous Lui donnions ce tendre nom redoutable de Souverain Seigneur ; et que ne fait pas un bon père pour le Salut et le bonheur e ses enfants, de ceux qui l’ont affligé par leur mauvaise conduite ?

VI. Dieu est si bon lorsqu’il proteste que la punition des pécheurs est un œuvre qui lui est comme étrangère, à laquelle il ne se porte qu’à regret, et que ses plus chers délices sont de faire du bien à tous les hommes ; Il imprime au coeur de ses saints la même inclination de bienfaisance et de Charité ; et n’avoue pour ses enfants que ceux qu’une Charité bienfaisante rend semblables à Lui. Dieu ne serait-il pas pour nous, quelque misérables que nous rendent nos péchés, ce qu’il nous ordonne d’être les uns pour les autres, bienfaisant, compatissant à nos misères, patient à supporter nos injures, disposé à nous pardonner et à nous rendre le bien pour le mal ? Serait-il moins miséricordieux que nous ne devons l’être ? Non, l’immense Charité dont il pénètre le coeur de ses Saints, n’est qu’un ruisseau qui coule de l’océan de Sa Miséricorde infinie. Ne croirions-nous pas notre salut en sûreté, s’il dépendait de la Charité de ces hommes apostoliques que Dieu emploie à la conversion des pécheurs ? Qu’avons-nous donc à craindre, si, morts au monde que nous allons quitter, la Foi nous découvre que notre Salut est entre les mains de Dieu même ?

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

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15 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Seizième jour

Le Crucifix nous enseigne à souffrir nos maux avec patience

 

I. Que disait Saint Paul aux chrétiens de son temps, pour adoucir leurs afflictions, et les animer à souffrir patiemment et constamment les persécutions ? c’est d’avoir toujours sous les yeux Jésus-Christ souffrant et mourant en croix, après n’avoir essuyé que des contradictions dans tout le cours de sa vie.

II. Jésus-Christ, chargé de nos misères et attaché à la croix, buvant le calice de Sa Passion, en a retenu pour Lui toute l’amertume. La pointe des clous et des épines dont Il a été percé, s’est émoussée, pour ainsi dire, en Lui ; les souffrances y ont perdu ce qu’elles avaient de plus amer ; et quand elles passent de Lui à nous, comme des eaux vives qui traversent une mine d’or, elles sont mêlées d’une onction secrète qui les nous les rend douces, consolantes et souvent même délicieuses.

III. Chrétiens qui souffrez, pour vous animer et vous consoler, jetez les yeux sur Jésus-Christ souffrant. Vous souffrez par nécessité, et Il a souffert par choix et par amour pour vous. Il a subi par ses souffrances la peine des péchés que vous avez commis ; ne devez-vous pas la subir avec Lui ? Le coupable doit-il être traité plus doucement que son innocente caution ? Il a souffert comme votre chef pour vous animer par son exemple ; Il a affronté volontairement les dangers et la mort, pour aplanir la rue carrière que tout homme est condamné à parcourir durant le cours de sa vie mortelle ; unissez par une soumission volontaire vos souffrances nécessaires à celles dont votre Sauveur s’est chargé par amour pour vous : c’est le seul moyen d’en adoucir l’amertume, de les sanctifier, et de les changer en semences immortelles d’un éternel bonheur.

IV. Si nous sommes affligés, dans ce monde ou par des revers de fortune, ou par l’indigence, ou par les maladies ; si nous sommes en butte à la haine, à la calomnie, aux plus injustes persécutions ; si, en voulant faire le bien, nous n’essuyons que des contradictions, nous ne recueillons que des peines qui nous semblent stériles ; qu’il nous est facile de trouver la consolation au pied de la Croix ! c’est ainsi, nous dit-elle, que votre Maître a été traité dans tout le cours de sa vie ; il a ouvert la carrière des souffrances ; pour l’aplanir et la sanctifier, il y a marché le premier et l’a arrosée de Son Sang ; quelle gloire de marcher sur ses traces ! Quel bonheur de Lui ressembler dans les traits de sa vie qui l’ont rendu votre Sauveur, et l’ont élevé au-dessus de toutes les créatures dans un rang égal à la souveraine puissance de Dieu même 

V. En quoi consiste, selon la doctrine de Saint Paul, le mystère de la prédestination des chrétiens ? Dans leur ressemblance avec Jésus-Christ ; de même que pour la perfection d’un corps il doit régner un certain ordre de conformité entre le chef et ses membres. C’est pour cela que le même Apôtre nous assure que quiconque veut vivre dans la piété, sur le modèle de Jésus-Christ souffrira persécution ; que si nous sommes ses frères et cohéritiers, c’est à condition que nous retracerons en nous l’image de sa vie crucifiée ; et que nous ne serons glorifiés avec Lui dans le Ciel qu’autant que nous aurons part sur la terre à ses souffrances.

VI. Nous plaindrions-nous du prix auquel on met notre bonheur ? Quelques tribulations que nous avons à supporter, dit Saint Paul, j’estime que les peines de cette vie ne méritent pas d’être comptées parmi quelque chose, en comparaison de la gloire future qui se manifestera un jour dans nos personnes. Dans cette vallée de misères, les souffrances sont inévitables, en quelque condition qu’on se trouve ; le plus grand nombre souffre sans consolation, sans mérite et sans espérance. Un chrétien fidèle ne soutient pas seulement ses peines et ses souffrances avec soumission, la croix de son Sauveur y répand une onction qui en adoucit l’amertume ; il y trouve un trésor qui doit être le prix d’une gloire et d’un bonheur éternel. Animé de la même foi que Saint Paul, au milieu des plus grandes tribulations, il est comblé de consolation et de joie ; et si cette joie, cette consolation ne sont pas toujours sensibles, la vertu de la Croix anime sa patience et soutient son courage.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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14 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Quinzième jour

Sur les raisons qui engagent Jésus-Christ à aimer les hommes

 

I. Dieu voulant manifester sa Miséricorde dans les hommes pécheurs avec plus d’éclat encore qu’Il n’avait manifesté Sa Justice dans les ange rebelles, s’est fait homme dans Jésus-Christ, afin qu’un Homme-Dieu consacrant et fortifiant la nature humaine, rendit les hommes participants de la nature divine et enfants de Dieu. Par là Jésus-Christ est devenu le premier-né d’entre les hommes, notre chef, notre médiateur, le dépositaire de la Miséricorde de Dieu et de sa Providence sur tous les hommes. Si le Verbe s’est fait chair en notre faveur, nous ne devons pas nous étonner de l’amour infini de Jésus-Christ pour nous. Il était de sa glorieuse destinée d’unir les hommes à son Humanité pour les associer à Sa divinité ; et pour consommer cette œuvre admirable, Il n’a rient fait de trop, en nous consacrant ses travaux et sa vie, en expiant nos péchés dans sa Chair innocente, en s’humiliant devant la Majesté de Dieu, et Lui offrant pour prix de notre réconciliation le Sacrifice de Sa vie.

II. Ô admirable invention de la Sagesse et de la Miséricorde Divine ! Si Jésus-Christ n’était qu’un homme comme nous, son amour pour nous serait borné, il ne serait d’aucun mérite ni d’aucun prix aux yeux de Dieu. Si le Verbe de Dieu ne s’était pas fait chair, il n’y aurait entre Lui et nous aucune proportion, Il ne pourrait nous aimer. Il s’est approché de nous en se faisant homme ; Il s’est rendu semblable à nous pour avoir une raison d’avoir pitié de nous, de nous aimer et de nous sauver. Il s’est u ni à notre nature en Jésus-Christ, afin que l’amour de Jésus-Christ pour nous fût véritablement divin, et que le Sacrifice qu’Il a offert pour nous fût véritablement divin, et que le sacrifice qu’Il a offert pour nous fût d’une prix infini. Ô amour étonnant et inconcevable ! Mon Dieu s’est rendu semblable à moi en se faisant homme comme moi, en s’unissant à ma faiblesse et à mes misères, afin de me rendre semblable à Lui en m’élevant par sa grâce à la participation de sa nature. Ô que je serais malheureux, si je ne renonçais pas à moi et à mes misères pour m’unir à Lui, comme Il a bien voulu renoncer à Lui-même et à Sa souveraine grandeur pour s’unir à moi !

III. L’amour de Jésus-Christ pour tous les hommes, tout ce qu’Il a fait, tout ce qu’Il a souffert pour les sauver n’est plus un mystère pour moi, dès que je crois le mystère de l’Incarnation du Verbe. Sa Miséricorde et Son Amour pour nous ont dû être sans borne, puisque Dieu en était la source, puisque c’était l’Amour et la Miséricorde de Dieu même. Les moments éternels de l’enfer sont justifiés par la Justice infinie de Dieu : les richesses de Son Amour le sont par Sa Miséricorde infinie. Ô Jésus, Vous ne pouvez ne pas avoir pitié de moi, Vous ne pouvez ne pas m’aimer quelque indigne que j’en sois ; puisque c’est pour avoir pitié de moi, pour me sauver et m’aimer que le Verbe de Dieu s’est si intimement uni à Votre Humanité. Voilà ce qui anime ma confiance, ce qui me soutient sous le poids de mes misères, et qui me fait espérer qu’en me faisant sentir Votre Amour pour moi, ce sentiment embrasera mon coeur d’un ardent amour pour Vous.

IV. Combien de raisons engagent Jésus-Christ à nous aimer ? Nous sommes son héritage, nous sommes son bien qu’Il a acquis au prix de sa vie ; et naturellement on chérit un bien a proportion de ce qu’Il a coûté. Nous étions un champ stérile, une vigne sauvage ; Il a acheté ce mauvais fonds, Il l’a défriché, Il l’a cultivé, Il l’a arrosé de ses sueurs et de son Sang. Avec quelle ardeur ne doit-Il pas désirer d’en recueillir des fruits. Nous sommes ses frères quoique élevés dans la gloire, Il ne put nous méconnaître dans notre misère. Comme Joseph, son amour le fait descendre de son trône pour nous embrasser. Nous sommes ses enfants, puisqu’Il a souffert la mort pour nous donner la vie : un père peut-il ne pas aimer ses enfants ? Peut-il oublier, peut-il négliger ceux à la faiblesse de l’âge ou les infirmités de la santé rendent ses soins plus nécessaires ? Nous sommes ses membres et Il a promis de nous garder comme la prunelle de son œil. Comment pourrais-je, ô mon Sauveur, douter de Votre Amour ? Mais si Vous m’aimez si tendrement, pourquoi Vous aimé-je si peu ?

V. Nous sommes pécheurs, il est vrai ; mais nous avons dans nos péchés même un titre pour prétendre à la Miséricorde et à l’Amour de Jésus-Christ. Il n’a pas répandu Son Sang que pour effacer nos péchés ; Il n’est notre Sauveur que parce que nous sommes pécheurs : c’est sur nos péchés, j’ose le dire, qu’est établie la gloire de Sa Croix. Il est le Bon Pasteur qui donne sa vie pour son troupeau ; et ses plus vives inquiétudes sont en faveurs de ses brebis égarées. À qui, durant sa vie mortelle, témoigna-t-Il plus d’Amour qu’aux pécheurs et aux pécheurs les plus décriés ? Il les prévenait, Il les accueillait avec bonté, Il les attachait à sa suite. Semblable à un médecin charitable qui néglige ceux qui sont sains pour avoir soin des malades, il paraissait préférer les pécheurs aux plus justes. Ô mon Sauveur, Vous renouvelez tous les jours la Miséricorde dont Vous avez usé envers la pécheresse de Samarie, la femme adultère, Madeleine, plus célèbre par son tendre amour envers Vous que par les désordres de ses premières années. Il n’y a encore sur la terre des Zachée que Vous daignez convertir, des Matthieu que vous arrachez au service du monde pour les attacher au vôtre, des Pierre qu’un regard miséricordieux fait rentrer en eux-même. Hélas ! Il est encore plus perfide que Judas que Vous prévenez, a qui Vous présentez le baiser de la paix, et qui ne cessent d’être vos ennemis et d’affliger Votre Amour par leur impénitence. Non, mon Sauveur, mes péchés, quelque énormes qu’ils soient ne me feront jamais désespérer d’avoir part à Vos Miséricordes et à Votre Amour. Plus je suis pécheur, plus j’espère en vous. Je ne veux penser à mes péchés que pour m’en humilier, pour les détester, pour mêler mes larmes avec Votre Sang, afin de les effacer.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

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13 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Quatorzième jour

Le Crucifix nous apprends combien Jésus-Christ nous aime

 

I. Écoute, mon âme, la plus belle leçon que le Crucifix puisse te donner. Il n’est pas possible, te dit-il, d’aimer d’avantage que de se livrer à la mort pour ses amis, et pour des amis qui ne connaissent pas, pour des amis qui outragent leur bienfaiteur, et se rendent complices de sa mort. Voilà l’excès ou le Fils de Dieu a porté son amour ; lors même que nous étions les ennemis de son Père, Il a répandu Son Sang pour laver nos péchés, Il offre encore tous les jours le sacrifice de sa vie pour nous réconcilier et nous sauver. Nous nous révoltions contre le Dieu de majesté : pour gagner nos coeurs, Il s’est rendu le Dieu de Charité, Il s’est revêtu de la peau des brebis qu’Il voulait sauver, et à donné Sa Vie pour le salut de son troupeau. Ô Jésus, ô véritable Pasteur, ô Sauveur de mon âme ! Aurais-je le coeur assez insensible pour n’être pas touché de Votre bonté, pour ne pas Vous rendre amour pour amour, et anéantir en moi la gloire de Votre croix et les mérites de Votre Sacrifice ?

II. Lorsque Je serai élevé de terre, disait Jésus-Christ ; lorsque Je se serai attaché à la Croix J’attirerai tout à Moi. Qui pourra résister à tant d’amour ? Le coeur des hommes étant à Moi, Je me tiendrai dédommagé du sacrifice que Je fais pour eux. Leur amour Me tiendra lieu de Mon Sang et de Ma Vie. Il m’importe assez peu de mourir, pourvu qu’ils m’aiment ; et s’il faut souffrir pour leur prouver Mon amour, qu’ils considèrent et qu’il voient s’il est une douleur pareille à celle que Je souffre. Tel est le langage que le Crucifix semble me tenir toutes les fois que j’y contemple les souffrances de mon Sauveur. Serai-je assez malheureux pour tromper ses espérances ? Non, j’attacherai mon coeur à Sa Croix, afin qu’Il détruise en moi les inclinations qui m’attachent au monde et qu’il m’attire véritablement à Lui.

III. Jésus-Christ a été établi médiateur entre Dieu et les hommes. Il a fallu, pour remplir le devoir de cette admirable méditation, qu’Il fût Dieu et homme tout ensemble ; Dieu pour réconcilier son Père avec les hommes ; homme, pour gagner les hommes à Dieu. Il fallait qu’il fût homme pour être notre caution et satisfaire pour nous à la Justice Divine, et qu’Il fût Dieu pour donner à ses satisfactions un prix infini et pour faire mourir le péché dans l’homme par l’onction de la Divinité. Toute sa vie s’est passée dans l’exercice de cette glorieuse médiation. Son amour le partageait entre Dieu et les hommes il passait les nuits dans la prière et les jours à prêcher Son Evangile, à soulager les malheureux, à convertir les pécheurs. Il ne s’est pas contenté de ménager notre réconciliation durant sa vie, il a voulu l’assurer par Sa mort, et sceller de Son Sang le traité de paix qu’Il a fait entre le Ciel et la terre.

IV. Ô mystère incompréhensible d’amour et de miséricorde ! Dieu, qui a allumé le feu de l’enfer pour punir le péché, qui ne l’a pas même pardonné à ses anges rebelles, a bien voulu devenir Lui-même le Sauveur des hommes pécheurs. Au lieu de poursuivre la juste vengeance de nos iniquités, Il s’en est chargé Lui-même. Au lieu de punir des criminels, Il s’est rendu criminel en apparence ; Il a pris nos péchés, et nous a donné Ses mérites. Pour délivrer son peuple de l’esclavage, Il s’est rendu esclave ; pour expier nos péchés, Il a souffert tous les tourments qu’ils méritaient. Ô mon âme, si ton souverain Seigneur, si ton Dieu s’est rendu dans un corps mortel semblable à toi ; s’Il a vécu, s’Il est mort pour toi que peux-tu faire de moins que de vivre et de mourir pour Lui ? Tu le devrais par gratitude, quand même tu lui serais égal en nature et en majesté. Jésus-Christ, dit Saint Paul, est mort pour tous les hommes afin que ceux à qui Il a donné la vie ne vivent pas à eux-mêmes, mais à Celui qui est mort pour les sauver.

  

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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12 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Treizième jour

Des avantages que nous procure la Croix de Jésus-Christ pour aimer Dieu et en être aimés

 

I. Dieu aime Jésus-Christ d’un amour infini, c’est le même amour dont Il s’aime lui-même. Il l’aime parce qu’Il est son Fils unique, de même nature que Lui ; Il l’aime parce que comme homme Il a toujours été son serviteur fidèle, toujours soumis à Sa Volonté, et que sur la croix, Il a offert à sa Souveraine Majesté un sacrifice digne de Lui. C’est pour cela qu’Il l’a élevé au-dessus de toute créature ; qu’Il l’a fait dépositaire de sa toute-puissance et de toutes ses richesses ; qu’Il n’accorde rien au Ciel et sur la terre qu’en son nom ; que nous n’avons d’accès au Trône de Sa Miséricorde que par Sa Croix, et qu’il n’est pas d’autre nom que celui de Jésus auquel nous puissions être sauvés. Si Dieu a tant d’amour pour Son Fils, Il ne peut pas aimer tout ce qui lui appartient. Nous sommes à Jésus-Christ plus qu’à nous-mêmes, nous sommes la conquête de Son Sang ; nous sommes ses membres et une portion de sa sainte humanité. Dieu nous aime donc à proportion que la Croix nous unit à Son Fils. Ô Croix adorable, source inépuisable de Salut et de vie, je veux m’attacher à vous pour m’unir à mon Sauveur, je veux me baigner dans Son Sang et puiser dans Ses Plaies et dans son Coeur la Miséricorde et l’Amour de mon Dieu.

II. La divinité habite une lumière inaccessible, qu’aucun des hommes n’a vue et qu’aucun des hommes ne peut voir. Avant Jésus-Christ, les hommes charnels ne pouvant atteindre ni des yeux, ni de l’esprit à une majesté qui est également invisible et incompréhensible, ils se firent des dieux semblables à eux pour les adorer. Dieu dans Sa Miséricorde a envoyé sur la terre Son Fils unique, revêtu d’une forme humaine. Il a voulu qu’Il devint l’ouvrage visible du Dieu invisible, et que la plénitude de la divinité habitât en Lui substantiellement, ô prodige admirable ! Ô merveilleuse invention de la Charité de Dieu pour les hommes ! Désormais je puis adorer la créature sans crainte d’être idolâtre. Dans la personne de Jésus-Christ, c’est Dieu lui-même que j’adore : c’est Lui-même que j’aime, c’est à Lui que je me consacre et me dévoue. c’est dans Jésus-Christ que je dois chercher mon Dieu, c’est dans Lui que je dois l’aimer. Je suis en Mon Père, a-t-il dit Lui-même, et Mon Père est en Moi. Je suis aussi dans ceux que j’ai rachetés par l’impression de mon esprit, et ils sont en moi par la communication de mes mérites. Ô mon âme, quels avantages te procure la Croix de ton sauveur ! Aime Jésus crucifié et tu aimeras ton Créateur : aime le Fils qui t’a rachetée, et selon sa promesse tu seras aimée du Père qui t’a donné l’être.

III. Le Christianisme ne consiste, pas précisément à adorer un seul Dieu. Les Juifs l’adorent ; les Disciples de Mahomet l’adorent, et ils ne sont pas chrétiens. Il consiste à connaître et à adorer l’Homme-Dieu. La vie éternelle, dit Jésus-Christ à son Père, est de Vous connaître, Vous qui êtes le seul vrai Dieu, et Votre Fils unique Jésus-Christ que Vous avez envoyé. Or, de même que plus un homme est raisonnable, plus il est homme ; ainsi plus on aime Jésus-Christ, plus on est chrétien. Et comment peut-on l’aimer plus tendrement, qu’en le considérant attaché à la Croix pour notre salut ? De quoi se glorifiait le plus l’Apôtre Saint Paul ? C’est de ne savoir autre chose que Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié.

IV. Il ne suffit pas de connaître Jésus-Christ pour en obtenir la vie éternelle : les démons, les réprouvés le connaîtront éternellement, et n’en serons pas moins éternellement malheureux. Il ne suffit pas de l’aimer en paroles ; il faut l’aimer d’un amour qui nous rende semblables à Lui, qui nous transforme en Lui, qui imprime sur nos corps et ans nos âmes les sacrés caractères de Sa Croix. Il faut l’aimer comme les Apôtres qui étaient comblés de joie, lorsqu’ils avaient à souffrir pour la gloire de Son Nom, qui ne connaissaient de gloire que dans la part qu’ils avaient aux humiliations de Sa Croix. Il faut l’aimer comme Saint Paul, qui ne se glorifiait que du titre de serviteur de Jésus-Christ, et qui ne consolait de ses chaînes en se regardant comme son esclave.

V. L’Amour de Jésus-Christ est un moyen facile de devenir Saint en peu de temps. Il nous rend semblables à Lui. Par une vertu propre à l’amour il nous transforme en lui ; et la sainteté, comme la prédestination consiste à ressembler à Jésus-Christ. Aimons Jésus-Christ, et bientôt nous serons chastes, patients, charitables : car nos coeurs unis au Sien seront la source de toute sainteté. Ne demandons à Dieu que l’amour de Son Fils car avec Son Fils, dit Saint Paul, Il nous donnera infailliblement toutes choses. Que tout notre richesse soit notre crucifix ; durant la vie, pour en recevoir continuellement les influences du Précieux Sang et de l’amour de Jésus-Christ ; à la mort, pour exciter notre confiance, animer notre Foi, et nous faire remettre notre âme entre les mains de notre Sauveur.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

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11 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Douzième jour

Comment nous appartenons à Jésus-Christ

 

I. Jésus-Christ a bien le droit de dire, en considérant nos âmes, qu’Il a rachetées par sa mort : Voilà Mon Sang et Ma vie. Elles lui tiennent lieu du Sang qu’Il a répandu, et de la vie qu’Il a sacrifiée, comme un héritage tient à un acquéreur lieu de l’argent qu’il a donné pour l’acquérir. Mon âme est donc à Jésus-Christ, de même que Son Sang et Sa vie qui en est le prix, et si pour mes péchés j’ai le malheur de la perdre, ce n’est pas mon bien que je perds, c’est celui de Jésus-Christ, c’est Son Sang et Sa Vie, et je deviens véritablement complice de la mort de l’Homme-Dieu. Ah ! Quels reproches n’ai-je pas à craindre de sa part, si je refuse de vivre soumis à Sa Loi ! Malheureux, me dira-t-il, rends-moi le Sang que J’ai répandu pour toi : rends-Moi la vie que j’ai sacrifié pour ton Salut.

II. Les mauvais chrétiens, dit Saint Paul, qui par leurs péchés crucifient de nouveau Jésus-Christ en eux-mêmes, n’ont rien à se promettre pour le terrible Jugement de Dieu, et le supplice d’un feu vengeur ; je dis d’un feu jaloux de la gloire de Jésus-Christ qui sans jamais anéantir ses ennemis, les brûlera toujours. Un prévaricateur de la Loi de Moïse, continue le même Apôtre, étais mis à mort sans pitié et sans rémission. Quels châtiments sont donc réservés à un prévaricateur de la Loi de Jésus-Christ, à un Chrétien sacrilège, qui aura foulé aux pieds le Sang du Fils de Dieu, ce Sang Précieux et Divin, dont l’effusion a consommé l’alliance de Dieu avec les hommes ?

III. Dans une âme fidèle, qui vit dans la dépendance et l’amour de son Sauveur, Jésus-Christ règne comme dans un empire qu’Il a acquis au prix de Son Sang. Il y trouve en quelque sorte l’équivalent de la vie qu’Il a sacrifiée pour s’en assurer la possession. En me donnant à Lui, je lui rends le Sang qu’Il a répandu, je Lui rends la vie qu’Il a perdue pour moi. La gloire que je puis Lui rendre le dédommagera de ses opprobres et de ses souffrances ; Sa grâce qui régnera dans mon coeur le ressuscitera, le fera revivre en moi. Ce n’est que dans mon coeur qu’Il peut être victorieux de la mort qu’Il a bien voulu souffrir pour s’en assurer la possession. Il y vit, Il y règne avec toute la gloire qu’Il désire, s’il est à lui ; et s’il est asservi au péché, Jésus-Christ y est encore, mais dans un état de mort et d’humiliation, comme il était sur la Croix, puisque, selon la doctrine de Saint Paul, les Chrétiens qui pèchent, crucifient de nouveau le Fils de Dieu en eux-mêmes.

Ô mon âme, tandis qu’il t’est libre de servir Dieu ou le monde, tu as entre les mains la vie et la mort de ton Sauveur. Tu lui rends la vie qu’Il a donnée pour toi, si tu lui es fidèle ; si à son empire tu préfères l’empire du monde et du démon, tu deviens coupable de sa mort, et au dernier jour Il te redemandera le Sang qu’il aura inutilement répandu pour toi.

IV. Dépouillez-vous du vieil homme, dit Saint Paul, abandonnez en toutes choses sa manière de penser, d’agir, de parler, revêtez-vous de l’homme nouveau ; qu’il retrace en vous l’image de Dieu que le péché avait effacée. Le vieil homme, c’est Adam avec ses convoitises, c’est la chair avec ses concupiscences, c’est le monde avec son orgueil ; ce sont ces inclinations vicieuses que nous avons héritées d’un père criminel. L’homme nouveau, c’est le Fils de Dieu fait homme, la plus parfaite image de la Divinité ; c’est Jésus-Christ, qui s’étant chargé des iniquités du vieil homme, l’a attaché à sa croix pour l’y faire périr avec lui. Faisons-nous donc une idée de la vie chrétienne que nous professons d’après la doctrine de Saint Paul. Elle suppose la mort, le crucifiement et la sépulture du vieil homme, sur le modèle de la mort, du crucifiement et de la sépulture de Jésus-Christ, afin que le corps de péché soit détruit en nous, que nous ne soyons plus les membres du péché, mais les membres de Jésus-Christ qui est l’homme nouveau qui doit vivre en nous. Tandis que je respirerai, j’aurai à soutenir une guerre intestine entre le vieil homme et l’homme nouveau entre la chair et l’esprit, entre Jésus-Christ et le démon. C’est à moi de décider lequel des deux sera vainqueur et triomphant, mais je ne dois pas oublier qu’au triomphe de Jésus-Christ est attaché mon bonheur éternel, et mon malheur éternel au triomphe du démon.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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10 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Onzième jour

Le Crucifix nous apprends que nous ne sommes plus à nous, mais à Jésus qui est mort pour nous

 

I. Jésus-Christ est mort pour nous afin d’acquérir le droit de régner sur nous. Vous n’êtes point à vous dit Saint Paul ; c’est à Jésus-Christ que vous appartenez ; Il vous a acheté à un grand prix : et quelle conquête est plus justement à Lui que celle qu’Il a payée de tout Son Sang ! j’étais un esclave malheureux, et Jésus-Christ m’a rendu la liberté en se rendant esclave en ma place. j’étais condamné à la mort, et Jésus-Christ, pour me sauver, a sacrifié Sa propre vie. Pour me gagner à Lui, Il a répandu Son Sang, et a triomphé sur la Croix de toutes les puissances qui me tenaient dans l’esclavage. Je lui ai trop coûté pour ne pas lui faire hommage de la liberté qu’Il m’a procurée, de la vie qu’Il m’a rendue, et pour n’être pas à Lui sans réserve.

II. Par la création j’étais assujetti au souverain pouvoir de Dieu, j’étais l’esclave du Créateur. Par le péché j’ai été assujetti au pouvoir du démon ; je suis devenu son esclave. Par la rédemption je suis devenu l’esclave de Jésus-Christ. Glorieux esclavage, qui a détruit celui du démon et ennobli celui du Créateur ! j’appartiens à Jésus-Christ et comme son ouvrage et sa conquête. Sa toute-puissance qui m’a tiré du néant, et Sa Charité qui m’a tiré de l’esclavage du péché et de l’abîme de l’enfer, ont sur moi des droits inaliénables. Ô mon âme ! qu’il est doux, l’esclavage qui te soumet à ton Créateur et à ton Sauveur ! Qu’ils sont précieux, les liens qui, pour t’enchaîner, ont été formés par la puissance et la Miséricorde Divine ! Et que tu serais malheureuse, si tu osais les rompre et te soustraire au souverain empire de Jésus-Christ !

III. Les pécheurs, les plus grands ennemis de Jésus-Christ, ne peuvent se soustraire à son empire. Dieu l’a établi juge des vivants et des morts. Parce qu’Il s’est humilié, dit Saint Paul, en se rendant obéissant jusqu’à accepter la mort et la mort de la Croix, Dieu l’a exalté au dessus de tous les hommes, et Lui a donné un Nom qui est au-dessus de tout les noms créés, afin qu’au Nom de Jésus, toute créature fléchisse le genou dans le Ciel, sur la terre et dans les enfers. La Croix de Jésus-Christ lui a donc donné sur moi un droit inaliénable qu’Il exercera ou dans Sa Miséricorde ou dans Sa Justice. Si je refuse d’être l’esclave heureux de Son Amour, je deviendrais nécessairement l’esclave infortuné de Sa Justice. Dans le Ciel ou dans l’enfer, je serai soumis également à Son souverain pouvoir, et de Sa Croix découlera ou mon bonheur ou mon malheur éternel. Le Sang qu’Il a répandu pour moi, demandera à Dieu ou mon Salut, si je lui suis fidèle, ou si je ne m’attache pas à Lui, mon éternelle condamnation. Je ne puis ne pas lui appartenir : il est seulement à mon choix de vivre ou sous l’empire de Sa Miséricorde ou sous celui de Sa Justice.

IV. Je devrais appartenir à Jésus-Christ et m’attacher à Lui sans réserve par le seul titre de la reconnaissance. Il m’a sauvé de la mort et de la mort éternelle par le sacrifice de Sa propre vie. Que mon ingratitude serait monstrueuse, si je méprisais, si je trahissais, si j’outrageais un bienfaiteur si généreux. Mais je me dois à Lui un titre bien plus rigoureux : Il m’a acheté, Il a payé ma rançon de tout Son Sang ; je suis tout à Lui à titre de justice. Et comment pourrais-je me soustraire à son empire ? Où me cacherais-je pour me dérober à la justice de mon Sauveur, dont le pouvoir s’étend au Ciel et sur la terre, et entre les mains de qui Dieu a remis sa souveraine autorité sur les vivants.

V. Mon Père, disait Jésus-Christ, sur le point d’aller à la mort, Je Vous ai glorifié sur la terre, j’ai accompli l’oeuvre dont Vous M’aviez chargé, J’ai enseigné aux hommes ce que J’ai appris de Vous ; Je vais à la Croix pour les racheter et les réconcilier avec Vous au prix de Mon Sang : glorifiez-Moi à votre tour. Et quelle est la récompense que Jésus-Christ demandait à Son Père avec tant d’ardeur ? C’est que les hommes pour lesquels Il mourait puissent le connaître et le glorifier ; c’est qu’Il fût leur Roi comme Il est leur Sauveur, et que son empire sur toutes les créatures fût tellement étendu que personne ne pût obtenir la vie éternelle que par Lui. Dieu, dit Saint Paul, a exaucé les vœux de Son Fils unique à cause de sa piété respectueuse et de son obéissance parfaite à toutes ses volontés. Aussi Son Nom après avoir été le jouet des Gentils et le scandale des Juifs, est béni dans le Ciel, est adoré sur la terre, et est devenu redoutable à l’enfer, et il n’est pas sous le Ciel, comme l’a dit le Prince des Apôtres, d’autre nom donné aux hommes, par le pouvoir duquel ils puissent être sauvés. Il faut donc croire en Jésus-Christ, invoquer Son Nom, se soumettre et s’unir à Lui ou renoncer au Salut.

VI. Jésus-Christ a souffert ; Il a versé des larmes ; il a répandu Son Sang ; Il a sacrifié Sa vie pour que je puisse Lui appartenir, et que de l’empire du démon je puisse passer sous le Sien. Il est en mon pouvoir de le consoler dans ses douleurs, d’essuyer ses larmes, de Lui faire recueillir le fruit de Sa Passion, de le faire triompher de ses opprobres et de ses souffrances. Serais-je assez ingrat, assez ennemi de moi-même, pour ne pas me donner à Lui, pour préférer l’empire du monde et du démon à son empire ? Et comment serais-je assez insensé, pour ne pas me dévouer entièrement à Lui sachant que, quoi que je fasse, je ne puis me soustraire à son empire, que Sa Croix triomphera éternellement, ou dans le Ciel par la communication de son bonheur et de sa gloire, ou dans l’enfer par le rigueurs de Sa Justice ?

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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09 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Dixième jour

Sur la Charité fraternelle

 

I. Quiconque aime le Père, qui a donné la vie, dit Saint Jean, aime aussi les enfants qui l’ont reçue. Il suit de là que quiconque aime Jésus-Christ qui donne la vie de la grâce à tous les chrétiens, aime aussi tous les chrétiens, qui doivent leur génération spirituelle au Sang Précieux de Jésus-Christ. Il suit encore que quiconque n’aime pas ses frères, qui sont enfants, de Dieu et membres de Jésus-Christ, n’aime pas Jésus-Christ Lui-même. Si quelqu’un me dit, ajoute le même Apôtre : j’aime Dieu, et que j’aperçoive qu’il hait son frère, je dis qu’il est un menteur ; car s’il n’aime pas son frère qu’il voit, et dont les besoins viennent frapper ses yeux, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas, et dont les perfections infiniment aimables ne tombent pas sous les sens ?

II. Tout ce que je fais à mon prochain soit bien, soit mal, c’est à Jésus-Christ que je le fais. Saint Martin couvre de la moitié de sa cape la nudité d’un pauvre, et Jésus-Christ se montre à lui revêtu de cet habit. Saul poursuit les chrétiens pour les faire périr, et Jésus-Christ lui dit en le terrassant : « Saul, Saul, pourquoi Me persécute-tu ? » Toutes les fois dira Jésus-Christ au jugement dernier et à ses élus et aux réprouvés, toutes les fois que vous avez rendu un bon ou mauvais office à un seul de mes frères et même au plus petit d’entre eux, c’est à Moi que vous l’avez rendu. Je ne verrai donc que Jésus-Christ dans mes frères ; je les aimerai, quoiqu’ils n’aient rien d’aimable en eux-mêmes ; je les aimerai, parce qu’ils sont les enfants de notre père commun, parce que Jésus-Christ est leur Sauveur et le mien, et que ma propre indignité ne l’empêche pas de me supporter et de m’aimer. Je les aimerai et mon amour sera un écoulement de celui que j’ai pour mon Dieu et mon Sauveur. Ainsi j’aimerai mon Sauveur de toutes les manières dont il peut et dont Il veut être aimé, et dans Lui-même, et hors de Lui-même ; c’est-à-dire, dans ses images vivantes, et dans les membres de ce corps mystique dont Jésus-Christ est le chef.

III. Jésus-Christ n’a promis à son jugement dernier le bonheur du Ciel qu’aux âmes compatissantes et charitables ; il ne condamne aux tourments de l’enfer que les coeurs durs et sans compassion pour leurs frères. On dirait que la Charité est la seule vertu du Christianisme. C’est que la Charité toute seule renferme toutes les autres vertus et couvre la multitude des péchés. C’est que par les œuvres de Charité on est assuré de toucher et de gagner le coeur de Dieu et d’en obtenir le centuple de tout ce que nous faisons en faveur de nos frères, le centuple de nos aumônes et de tout ce qu’il nous en coûte pour les assister et les soulager, la récompense au centuple et des peines que nous prenons pour les instruire et les sanctifier, et de notre patience à supporter leurs défauts, et de notre générosité à pardonner leurs injures et à leur rendre le bien pour le mal. Donnez, dit notre Divin Maître, et l’on vous donnera. Montrez-vous patients, indulgents, bienfaisants et généreux envers vos frères et Dieu se montrera tel à votre égard et pour quelques bien temporels dont vous serez dépouillés, et quelques légers sacrifices que vous aurez faits à la Charité, il versera dans votre sein des trésors de biens spirituels dont la mesure sera pleine, comble, surabondante, et en quelque sorte excessive.

IV. Les Saints n’ont trouvé le secret d’amasser d’immenses trésors de mérites qu’en imitant la patience, le zèle et la Charité de leur Divin Maître. Les pécheurs n’en ont pas d’autres de se réconcilier avec Dieu qui renonce à ses droits en ferveur de nos frères. Qu’un pécheur pénitent, après des œuvres de Charité, après avoir étouffé un ressentiment, après avoir pardonné une injure en vue de Jésus-Christ, se jette aux pieds du Crucifix ; la grâce qui en découlera, répandra en son coeur la plus douce confiance dans la Miséricorde Divine. Le jeune Gualbert éprouva cette faveur. Touché d’un vif sentiment de religion, il pardonna à son ennemi qu’il était sur le point d’immoler, et qui implorait sa clémence en lui présentant les bras en forme de croix. Il entre ensuite dans une église et prie devant un crucifix qui incline la tête en signe d’approbation. Cette œuvre de Charité fut le principe de sa conversion et d’une sainte vie qui lui a mérité les honneurs de l’Église.

V. Que me dit la Foi, lorsque je suis aux pieds du Crucifix ? Elle me dit que j’étais un malheureux esclave, chargé de crimes et destiné à la mort éternelle, que comme je ne pouvais ni calmer la juste colère de mon Souverain, ni acquitter mes dettes, son Fils unique touché de compassion en ma faveur, a pris ma place : qu’il a satisfait pour moi ; qu’il a donné sa vie pour me sauver de la mort éternelle et moi, je poursuivrais dans mes frères qu’il a rachetés comme moi, les plus légères offenses ! Et tandis que j’éprouve tant d’indulgence et de compassion, je n’aurai pour mes frères que dureté et insensibilité ! Ô Croix de Jésus, je me rends indigne de vous, je vous outrage toutes les fois que je livre mon coeur à l’animosité, et que je le ferme à la patience et à la compassion.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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08 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Neuvième jour

Le Crucifix nous apprend à aimer notre prochain

 

I. « Mes enfants, disait le Disciple bien-aimé, aimons-nous les uns les autres ». La Charité fraternelle est le caractère qui distingue les enfants de Dieu. Comment connaissons-nous les excès de l’amour dont Dieu nous a prévenus ? C’est qu’Il a donné sa vie pour nous tous. Nous devons donc aimer nos frères et leur sacrifier dans le besoin jusqu’à notre vie. C’est dans le sein de Jésus-Christ, c’est dans Ses Plaies que Son Apôtre avait puisé cette céleste doctrine ; écoutons Jésus-Christ attaché à la Croix pour le Salut de tous les hommes : la voix de Son Sang plus éloquente encore que celle des ses apôtres, nous annoncera les devoirs de la Charité fraternelle.

II. Nous étions tous frères dans l’ordre de la nature, et c’était une raison suffisante de nous aimer les uns les autres. Dans l’alliance que Jésus-Christ a scellée de Son Sang, notre fraternité est ennoblie. Nous ne sommes pas seulement enfants d’Adam ; nous sommes enfants de Dieu, frères de Son Fils unique, héritiers de Son Royaume. Nous devons donc nous aimer comme les enfants du même père : et ce père étant Dieu Lui-même, quelle doit être la sincérité, le zèle et la pureté de notre amour ? Et Jésus-Christ, le premier-né d’une si grande famille, qui s’est immolé pour le Salut de tous, et même des plus grands pécheurs, étant notre modèle, est-il un de nos frères que nous ne devrions tendrement aimer, quelque méchant qu’il soit ? Est-il dans quelque ce soit de nos frères de misères auxquelles nous ne devrions compatir, des soins que nous ne devions soulager selon notre pouvoir, des injures que nous ne devions être disposés à pardonner ? La haine que nous porterions à nos semblables, se tournerait contre Dieu même et contre Jésus-Christ. Nous haïrions les enfants de Dieu, nous haïrions les frères de Jésus-Christ qu’Il a aimés jusqu’à répandre Son Sang pour eux.

III. Depuis qu’un excès de Charité a attaché Jésus-Christ à la Croix pour sauver tous les hommes, toute la Loi divine semble renfermée dans le précepte de la Charité fraternelle. C’est le seul qu’il dit être le sien, et qu’il annonce comme son précepte par excellence. Je vous fais, disait-il à ses disciples, un commandement nouveau, c’est de vous aimer les uns les autres de la manière que Je vous aime Moi-même. Je vous aime comme mes frères, comme enfants de mon Père, comme membres d’un corps dont Je suis chef, et Je vous aime, jusqu’à Me sacrifier pour Votre Salut. C’est ainsi que vous devez vous aimer, et c’est en vous aimant ainsi que vous vous ferez reconnaître de tout le monde comme Mes véritables disciples. Le précepte qui M’est propre, le précepte distinctif de Mon alliance, c’est que vous vous aimiez les uns les autres comme Je vous ai aimés ; et je ne puis vous témoigner plus d’amour qu’en Me livrant à la mort pour vous.

IV. Que de raisons ne nous présente pas la Croix de Jésus-Christ, de nous aimer les uns les autres et de faire triompher la Charité des répugnances de la nature ? Par le bienfait de Sa rédemption nous ne sommes pas seulement appelés, nous sommes en effet les enfants de Dieu ; et les enfants du même père et d’un père tel que Dieu ; ne doivent-ils pas s’aimer, se secourir, se souffrir les uns les autres et imiter l’indulgence de leur Père céleste, qui fait lever son soleil sur les méchants comme sur les bons ? Le Sang de Jésus-Christ a formé de tous les chrétiens un corps dont chacun d’eux est membre, et dont Il est chef, et tous les membres d’un même corps ne doivent-ils pas s’intéresser l’un à l’autre ? Ne voit-on pas la tête et la main s’abaisser vers le pied pour arracher l’épine qui le blesse. Chrétiens sans foi et indignes du nom que vous portez, réfléchissez et tremblez. Lorsque la haine vous divise, lorsque vous vous entre-déchirez, c’est le corps de Jésus-Christ Lui-même que vous déchirez. Pourquoi Jésus-Christ rassemble-t-il tous ses membres à la même table et les nourrit-il du même pain en leur donnant à tous Son Corps et Son Sang, qu’Il a répandu pour eux tous ? c’est pour les réunion à leur chef dans le même esprit, et entretenir dans leur coeur le feu de la Charité qu’Il est venu allumer sur la terre.

V. Jésus-Christ qui nous a ordonné de nous aimer comme Il nous a aimés Lui-même, est mort pour le Salut des plus grands pécheurs. Il a reçu avec bonté le baiser de Judas ; Il a jeté sur Pierre, au moment qu’il le reniait, un regard de compassion ; Il a offert Son Sang pour les méchants qui le répandaient ; Il ne s’est vengé de leurs cruautés, Il n’a répondu à leurs injures et à leurs blasphèmes, qu’en demandant grâce pour eux et en les excusant. Voilà notre modèle. Nous excuserons-nous de ne pas aimer nos frères, parce que nous n’en sommes pas aimés, parce qu’ils nous haïssent et nous persécutent, parce que leurs défauts et leur mauvais caractère les rendent indignes de notre amour ?

VI. Que rendrons-nous à Jésus-Christ pour tous les biens que nous avons reçus ? Comment reconnaîtrons-nous le bienfait de notre rédemption ; et le paierons-nous du Sang qu’Il a répandu pour nous ? Il nous en offre Lui-même un moyen facile. Aimons nos frères, comme Il nous a aimés ; faisons pour eux ce qu’Il a fait pour nous. Ils sont ses membres et Il regardera comme fait à Lui-même tout ce que nous ferons pour eux. « J’ai eu faim, dira-t-il à ses élus au Jugement dernier, et vous M’avez donné à manger ; J’ai eu soif, et vous M’avez donné à boire ; J’étais étranger, et vous M’avez accueilli ; J’étais nu, et vous M’avez revêtu ; J’étais infirme, et vous M’avez visité ; J’étais en prison, et vous êtes venu Me soulager ». Si Jésus-Christ nous sait tant de gré de ces bons offices auxquels la seule humanité porte les infidèles mêmes, quel gré ne nous saura-t-il pas de notre indulgence a supporter les défauts de nos frères, de notre courage à souffrir leurs mauvais traitements et à pardonner leurs injures, de notre zèle à contribuer à leur sanctification, et des sacrifices que nous ferons pour leur Salut ?

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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07 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

 

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Huitième jour

Sur l’importance du Salut

 

I. Sauvons notre âme à quelque prix que ce soit. Dans la guerre continuelle que nous avons à soutenir ici-bas, exposons nos biens au pillage ; prodiguons notre santé, n’épargnons ni notre corps, ni nos vies, ni rien de ce qui est périssable : mais nos âmes, ces images vivantes de la divinité, sauvons-les en sacrifiant tout le reste. Notre Divin Maître nous a ordonné de ne pas craindre la rage de ceux qui ne peuvent nous ôter que la vie du corps, mais de craindre et de craindre uniquement celui qui veut précipiter le corps et l’âme dans l’enfer. Imitons Joseph : laissons à nos ennemis nos manteaux pour sauver notre innocence. Souffrons la privation des biens de la terre pour obtenir les biens du Ciel. Sacrifions, s’il le faut, une vie périssable pour mériter la jouissance d’une vie éternelle.

II. Ne jugeons pas de notre âme par la bassesse de notre corps où elle est renfermée, comme un prince chargé de fers et couvert de haillons dans un cachot ténébreux. La pauvreté, les afflictions, les maladies peuvent rendre le corps hideux sans que l’âme perde de sa noblesse. C’est un diamant d’un prix inestimable caché dans un amas de fumier. Le prince sortira du cachot où il languissait, et n’en paraîtra qu’avec plus de gloire. Le diamant sera tiré de l’ordure qui l’obscurcissait, en n’en brillera qu’avec plus d’éclat.

III. Jésus-Christ a vécut sur la terre dans l’état le plus pauvre et le plus humble. Il a paru parmi les hommes comme le dernier d’entre eux. Il est né dans une étable, il a vécu sous un humble toit du travail de ses mains ; son corps a été maltraité jusqu’à ne rien conserver de la figure humaine. Qui aurait dit, en ne jugeant de Lui que par le rapport des sens, que sous ces viles apparences était caché le Roi des Anges, le Sauveur des hommes et le Dieu de Majesté ? Qui dirait de même, sur le rapport trompeur de nos sens, que dans de faibles enfants, qui ont à peine le souffle de la vie ; que dans ces pauvres qui sont couverts de haillons et d’ordures ; que dans ces malades qui pourrissent dans la misère ; que sous ces images hideuses, et dans des corps si misérables, il y eût des âmes plus grandes que dans le Ciel et la terre, et qui ont été estimées aussi précieuses que la vie même de l’Homme-Dieu ? Est-il un malheur égal à celui de la perdre éternellement ?

IV. Cette considération réglera, l’estime que je dois faire de mon corps, qui est périssable et dois rentrer à la terre d’où il est sorti, et de mon âme qui est immortelle et doit retourner à Dieu, qui est son principe. Les richesses, les biens de la terre qui flattent les sens, la pompe des grands, l’éclat des honneurs, tout cela est pour le corps, et ne mérite pas plus d’estime que lui. La Charité, la patience, l’humilité, la parole de Dieu, les Sacrements qui sont la source de la vie, voilà les biens de l’âme ; voilà ce que je rechercherai, ce que j’aimerai, au mépris de tout ce qui ne peut qu’éblouir nos yeux et flatter mes sens.

V. Si Jésus-Christ montre tant d’inquiétude pour le Salut de mon âme, ne dois-je pas m’en inquiéter moi-même ? Ne doit-elle pas m’être encore plus chère qu’à lui ?

Hélas ! Si je la perds, tout est perdu pour moi. Que dis-je, tout est perdu ? Je ne me prive pas seulement d’un bonheur éternel, je m’attire un malheur infini et dans sa rigueur et dans sa durée. Si j’avais deux âmes, le salut de l’une pourrait me dédommager de la perte de l’autre ; mais je n’en ai qu’une, et il dépend de moi de la rendre heureuse ou éternellement malheureuse.

VI. Avons-nous jamais compris quel est le malheur d’une éternelle damnation ? Tâchons de le comprendre en méditant au pied de la Croix ces paroles de notre Divin Maître : « Que servira à l’homme de gagner le monde entier, s’il a le malheur de perdre son âme ? Que peut-il prétendre, s’il s’attire la mort éternelle ? Ou que donnera-t-il pour se racheter, qu’aura-t-il pour se dédommager quand il aura perdu son âme ? » Méditez cette vérité, vous qui connaissez si bien le prix des choses périssables et qui, de tout ce qui vous intéresse, ne négligez que le soin de votre âme.

VII. Quand nous voyons les heureux du siècle au comble des richesses et des honneurs nager dans les plaisirs et les délices, gardons-nous d’admirer ou d’envier leur prospérité. Ce n’est qu’un songe que la mort dissipera bientôt, et dans l’éternité ils seront dépouillés de tout, et plongés dans l’abîme du malheur. Si nous avons part à la pauvreté de Jésus-Christ ; si nous participons à ses souffrances et à ses opprobres, réjouissons-nous : nos maux seront bientôt passés, et la bienheureuse éternité qui nous attend ne passera pas.

VIII. Ô éternité ! Qui me donnera de pénétrer ta profondeur ? Qui me fera comprendre l’importance d’un bonheur ou d’un malheur éternel ? Je ne trouve rien ni dans ce monde ni dans tous les biens ni dans tous les maux du monde qui soit capable de m’en donner l’idée. Croix de mon Sauveur, vous seule pouvez me l’apprendre. Que le bonheur du Ciel est grand puisque pour l’acheter il a fallu tout le Sang de l’Homme-Dieu répandu sur la Croix ? Que la damnation est horrible, que l’enfer est affreux, puisqu’il a fallu que l’Homme-Dieu se chargeât de la malédiction de la terre et du Ciel pour en fermer l’entrée et nous sauver !

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

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06 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Septième jour

Le crucifix nous apprend quelle est la grandeur et le prix d’une âme

 

I. Juge, mon âme, de ta dignité et de la grandeur de ta dignité par le prix dont tu as été rachetée. Jette les yeux sur la Croix où ton Sauveur a été attaché. C’est pour toi qu’Il s’est réduit à ce triste état. C’est pour ton salut que ses yeux se sont remplis de larmes, sa bouche de prières, son coeur de sanglots. C’est pour t’arracher à la mort éternelle et t’assurer le bonheur du Ciel qu’Il a satisfait à la Justice Divine. Sa vie et la tienne ont été mises sur la Croix comme dans une balance, et tu l’as emporté ; et par un jugement de la Sagesse divine, il a paru plus convenable qu’un Homme-Dieu perdit la vie que ton Salut et la vie éternelle.

II. Pour juger du prix d’une âme, il faudrait comprendre quel est le mérite de la vie d’un Homme-Dieu, laquelle a été le prix de notre rédemption. Ceux qui sont menacés d’un naufrage, jettent à la mer les marchandises les plus précieuses et s’estiment heureux de racheter leur vie à ce prix : Jésus-Christ, pour nous racheter à la vie, a été jeté dans les abîmes de la mort. Ô vie infiniment précieuse ! Tu seras désormais infiniment chère. Que tu dois être heureuse puisque tu es le prix du Sang d’un Dieu ! Je sacrifierai tout pour te conserver, et que me servirait de gagner le monde entier, si je venais à perdre mon âme, une âme que Dieu a jugée digne de Lui, une âme capable de le glorifier dans les siècles des siècles, une âme que le Fils de Dieu a rachetée de la mort éternelle, en livrant la sienne et en satisfaisant pour moi à la Justice Divine ?

III. Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance, dit le Seigneur au commencement des choses ; et Il forma son corps de terre et de boue, et produisit son âme spirituelle et immortelle par le souffle de Son Esprit Divin. C’est notre âme qui est l’image de la divinité. En animant et vivifiant notre corps, elle y répand des traits frappants de cette ressemblance. Sa dignité éclate à travers ces masses terrestres et le voile de notre corps ; Sa Majesté se peint sur nos visages et inspire une sorte de crainte et de respect aux bêtes même les plus farouches. On voit, dit Saint Augustin, de faibles enfants mener et commander des troupeaux entiers de bêtes dont une seule suffirait pour les écraser : il faut donc que la dignité de leur âme se peigne sur leur front, et qu’il sorte de leurs yeux je ne sais quoi qui inspire le respect et la crainte. Ô homme ! Tu t’estimes trop, et trop peu. Tu te glorifies de ce qu’il y a en toi de vil et de périssable, des avantages d’un corps formé de terre et sujet à la corruption ; et ton âme, cette image vivante de la divinité, cette substance immortelle, sortie du sein de Dieu, tu la négliges, tu n’en fais aucun cas.

IV. Jugeons de la différence de l’âme et du corps par les différents aliments que Dieu leur a préparés. Il nourrit nos corps des fruits de la terre et de la chair des animaux : Sa Parole, les lumières de Sa Sagesse, le Corps et le Sang de Son Fils servent de nourriture à nos âmes. Ô mon âme ! Que ta vie est précieuse ! Quelle est divine, si pour te nourrir tu as besoin d’aliments divins ! Que tu as peu de Foi ; que tu es misérable avec tant de grandeur, si tu préfères à cette vie céleste et divine la vie grossière de ton corps !

V. Si tu veux connaître, ô mon âme, quelle est l’estime que Dieu même fait de toi et de ton Salut, considère Jésus-Christ, Son Fils unique, attaché à la Croix. Nous étions devenus esclaves du démon ; nous avions été vendus à l’enchère, selon l’expression de Saint Paul, sous la malédiction du péché ; et le Fils de Dieu s’est offert à la mort pour nous sauver la vie ; pour racheter nos âmes, il a livré la sienne. Ô âme, d’un prix infini, puisqu’il a fallu que le Fils d’un Dieu devient ta rançon ! Ô vie de l’âme, le prix que le Fils de Dieu a payé pour toi t’a rendue, pour ainsi dire, une vie divine.

VI. On pourrait dire que le Fils de Dieu s’est estimé plus riche en gagnant une âme qu’en jouissant de la vie. Âme précieuse, illustre conquête, tu as été capable de combler les désirs d’un Homme-Dieu. Ton salut l’a dédommagé de la perte de sa vie. Ah ! Que ne peut-on te voir des yeux du corps ! Pourquoi faut-il que ta beauté soit cachée sous le voile d’une chair mortelle ? Tu es préférable à mille mondes, puisque le monde n’est fait que pour servir à ton bonheur, et pour être l’escabeau de tes pieds. Le Seigneur du Ciel et de la terre daigne te chercher ; ses délices sont d’être avec toi et de te communiquer sa gloire. Que la Croix de ton Sauveur t’a rendue précieuse ! Ce n’est pas au prix de l’or et de l’argent qu’il t’a rachetée, c’est au prix de son sang qu’il a répandu pour toi, comme un Agneau pur et sans tache.

VII. Si nous connaissons le prix de notre âme, avec quel soin conservions-nous en elle le don de Dieu, cette vie divine que Jésus-Christ lui a méritée par sa mort ! Exposerions-nous si facilement ce don précieux aux dangers et à la séduction du monde ? Ne le tiendrions-nous pas caché en Dieu avec Jésus-Christ, comme un trésor inestimable que nous voudrions dérober à l’avidité des voleurs qui nous environnent ? Ma mère, disait un pécheur nouvellement converti, qui s’est réfugié dans une solitude pour y mettre son salut en sécurité, je veux sauver mon âme : serez-vous sa caution, si cédant à vos sollicitations, je l’expose continuellement aux dangers du monder où elle avait déjà péri ?

VIII. Ah ! Que Saint Paul connaissait bien le prix d’une âme, lorsqu’il disait aux Corinthiens : « Quel est le Chrétien infirme dans la Foi, dont je ne partage l’infirmité ? Quel est le fidèle qui fait un faux pas, dont la chute ou le péril ne me pénètre de douleur ? » Ce grand apôtre connaissait le prix d’une âme rachetée par le Sang de Jésus-Christ. Il aurait consenti à devenir anathème pour en sauver une seule.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

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05 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Sixième jour

De la dignité du Christianisme

 

I. Hélas ! Que notre aveuglement est déplorable ! Nous nous glorifions des fragiles avantages que le monde nous procure, nous nous enorgueillissons des vains titres de noblesse dont la vanité a décoré notre naissance selon la chair, et nous ne connaissons pas la dignité à laquelle nous sommes élevés comme chrétiens et membres de Jésus-Christ. Par le bienfait de Sa Croix, nous sommes devenus, comme dit Saint Pierre, une race choisie, consacrée par un sacerdoce divin, une nation appelée à la sainteté, dont le chef est le Roi des rois, et dont tous les sujets sont héritiers d’un royaume ; un peuple saint dont Jésus-Christ a fait la conquête au prix de Son Sang, pour le faire passer des ténèbres et la région de la mort dans les splendeurs de sa gloire ; et par une étrange stupidité nous aimons notre esclavage, nous préférons les ténèbres de la mort aux lumières de la vie, desquelles Jésus-Christ nous environne. Toutes nos œuvres, si nous étions animés de son esprit, seraient teintes de Son Sang et ennoblies de ses mérites, et nous étouffons les impressions de cet Esprit Divin pour nous livrer à l’esprit du monde ; et des œuvres que sa grâce devrait diviniser, n’ayant rien de commun avec Lui, deviendraient des œuvres de mort.

II. Nous ne sommes presque pas un moment sans recevoir quelque influence de la vie de Jésus-Christ. Si nous résistons aux tentations, c’est la force de Son Sang qui réside avec nous. Si nous nous purifions par la pénitence, ce sont Ses Plaies qui guérissent les nôtres. Si nous sommes éclairé des lumières célestes, c’est de Son Sang que sortent des rayons de lumière. Si nous réprimons la colère et la vengeance, si nous étouffons nos passions, c’est la mort qui nous fait mourir à nous-mêmes, et qui devient en nous le germe d’une vie céleste et divine. Ne devrions-nous pas nous attacher à Sa Croix, baiser Ses Plaies salutaires, nous y plonger comme dans la source unique de la vie ? Ne devrions-nous pas, à l’exemple de Saint Paul, faire consister notre bonheur à porter dans nos corps la mortification de Jésus-Christ, et nous glorifier de porter dans nos humiliations et nos peines les glorieux stigmates d’une mort qui nous fait triompher tous les jours de la mort du péché ?

III. Jésus-Christ ne s’est pas contenté de nous mériter les grâces qui nous sont nécessaires pour pratiquer les vertus chrétiennes, ni en devenant notre chef, de diviniser nos bonnes œuvres dans sa personne, Il a encore voulu être Lui-même notre modèle ; Il a voulu marcher le premier dans la voie difficile qui doit nous conduire au Ciel. Pour nous encourager à souffrir avec soumission, Il a souffert le premier. Il a été doux et humble de Coeur pour nous apprendre à le devenir. Il a vécu dans la pauvreté pour nous apprendre à mépriser les richesses. Les injures qu’Il a pardonnées, les outrages qu’Il a permis qu’on Lui fit, la mort sanglante qu’Il a bien voulu souffrir, ce sont, autant de leçons éloquentes qu’Il a confirmées par Ses exemples. Pour adoucir l’amertume du calice qu’Il nous présente, Il l’a bu le premier jusqu’à la lie ; le premier Il a pratiqué l’Evangile, afin d’animer Ses Disciples à suivre Ses traces. Ayant des secours si abondant dans Sa Croix et Son Sang, et des encouragements si puissants dans Ses exemples, quelles seront nos excuses, si nous manquons de courage pour imiter notre Divin Modèle et nous conformer à notre chef.

IV. Si quelqu’un veut être Mon disciple, à dit Jésus-Christ, marcher après Moi et Me suivre, il fait qu’il se renonce à lui-même, qu’ll soit prêt à sacrifier ses intérêts les plus chers ; il faut que tous les jours il porte sa croix et qu’il s’y laisse attacher après moi. Ce n’est qu’à ce prix qu’on M’appartient. On ne donne des maîtres illustres et des gouverneurs de grandes conditions qu’aux enfants des princes et des rois ; jugeons de la grandeur de notre conditions par la grandeur de Celui qui, étant de toute éternité dans le sein de Dieu, la splendeur de Sa Gloire et l’Image substantielle de Sa Divinité, a bien voulu se faire homme comme nous, pour être notre Maître et notre modèle.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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04 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Cinquième jour

Sur l’excellence des vertus et l’esprit du Christianisme

 

I. Dieu dispense avec une sorte de prodigalité les biens terrestres et périssables, la santé, les plaisirs, les richesses et les honneurs. Sa providence en accorde la jouissance aux plus indignes ; et les hommes qui n’entrent pas dans la profondeur de ses jugements, regardent ces sortes de biens comme les faveurs d’une fortune aveugle. Ils sont trop vils, et la Sagesse Divine en fait trop peu d’estime pour les faire acheter bien cher.

Il n’en est pas ainsi des biens de la grâce, de ces secours surnaturels, de ces lumières célestes, de ces vertus qui rendent l’homme semblable à Dieu. Dieu a voulu que le Sang de Son Fils en fut le prix, et, quelles ne fussent communiquées qu’à ceux qui Lui sont unis comme les membres à leur chef. Quelle est donc la grandeur et la dignité des œuvres chrétiennes qui reçoivent leur mérite de Jésus-Christ et sont pour ainsi dire, divinisées en Lui.

II. Jésus-Christ est le tronc d’un grand arbre, les chrétiens en sont les branches. La branche ne peut d’elle-même porter le fruit, si elle n’est incorporée au tronc ; ainsi nous ne pouvons faire aucune œuvre salutaire, aucune action qui soit digne des récompenses du Ciel, si nous ne sommes unis à notre chef divin. Je suis la vigne, disait Jésus-Christ à ses disciples, et vous êtes les branches. Celui qui demeure en Moi et en qui Je demeure, produira beaucoup de fruits. Qui n’y demeure pas, est un sarment inutile et une branche infructueuse ; il sera jeté dehors comme une branche stérile ; il deviendra sec et aride : on le ramassera, on le livrera en proie à un feu dévorant. Nous ne pouvons donc avoir aucune vertu ni mérite qui ne découle du Coeur de Jésus-Christ avec Son Sang précieux. Pour être doux, patients, mortifiés, nous devons être revêtus de Lui et transformés en Lui ; et comme dans l’état de grâce nous ne vivons pas, c’est Lui qui vit en nous, les œuvres produite en cet état sont ses œuvres plus tôt que les nôtres.

III. Voilà ce qui fait dire à Saint Paul que nous sommes tous mort à l’égard des biens de ce monde, et que la vie que nous avons acquise est cachée en Dieu avec Jésus-Christ ; c’est à dire que la vie que nous tenons de Jésus-Christ, cette vie surnaturelle, cette vie de Charité, de patience et d’humilité, est tout intérieure et voilée aux yeux des hommes. Elle est cachée en Dieu, parce qu’elle nous détache des créatures pour nous unir et nous attacher à Dieu seul. Elle est cachée avec Jésus-Christ, parce que la vie nous vient de Lui, que nous n’avons de force et de vigueur que celle qui nous vient de la Croix, et nous est inspirée par notre Chef qui opère secrètement en nous pour nous faire opérer comme Lui.

IV. Cette précieuse vérité se montre encore mieux dans le Sacrement adorable que Jésus-Christ a institué pour unir les membres à leur Chef. Je suis, dit-il, le Pain qui donne la vie au monde ; quiconque mangera de ce pain recevra le germe de l’immortalité et le gage d’une vie éternellement heureuse. Ce pain est Ma Chair qui sera immolée pour le Salut du monde. Celui qui mange Ma Chair et boit Mon Sang demeure en Moi, et Je demeure en lui. Nous demeurons l’un dans l’autre pour une société intime de sentiments, par une Charité mutuelle et par une affection réciproque. Comme Mon Père, qui est le Dieu vivant, m’a envoyé, et que Je vis pour Lui, celui qui mange Me mange vivra aussi pour moi ; nous ne serons qu’un sur la terre, et nous commencerons à nous unir pour l’éternité.

Jésus-Christ, dans le Sacrement de Son Amour est donc à nos âmes ce que la nourriture matérielle est à nos corps : avec cette différence que cette nourriture se transforme en nous, et que Jésus-Christ nous transforme en Lui. Il est moins la nourriture que la vie de nos âmes ; Il est le principe de tout ce que nous faisons d’agréable à Dieu, et les actions produites dans une union si sainte sont moins nos actions que les siennes. Tout ce que nous faisons de bien est son ouvrage. Si nous sommes patients et charitables, si nous sommes chastes et patients, c’est Lui qui, comme notre Chef, est chaste, patient, humble et charitable en nous. Ô dignité du Christianisme, qui élève si haut de viles créatures, et donne un si grand prix à des œuvres que les sages du monde ne jugeraient pas dignes de leur estime !

V. Puisque toutes les actions des membres vivants de Jésus-Christ se rapportent à Lui comme à leur chef, et qu’elles tirent de Lui leur mérite, ne soyons pas étonnés que Dieu promette une récompense immortelle à celles qui sont en elles-mêmes les moins considérables. Qu’est-ce que donner un verre d’eau ? Si quelqu’un le donne comme membre vivant de Jésus-Christ, c’est Jésus-Christ Lui-même qui le donne ; c’est Lui qui souffre, qui est humble et obéissant dans ses membres, et ses mérites seront la règle et la mesure de leur récompense. Serait-il étonnant que les Anges de Dieu eussent les yeux ouverts sur toutes les démarches et tous les mouvements d’un chrétien, comme on rapporte qu’un ange comptait les pas d’un ermite qui par mortification allait puiser de l’eau ? Saint Paul n’a-t-il pas raison de nous recommander de rapporter à la gloire de Dieu nos moindres actions ? Soit que vous buviez ? Soit que vous mangiez, soit que vous fassiez quelque autre action que ce puisse être, faites-le en vue de Dieu et pour Sa gloire. C’est que Jésus-Christ ennoblit nos moindres actions, et qu’elles participent aux mérites du Sang Précieux qu’Il a répandu pour nous.

VI. Que la Croix de Jésus-Christ d’où découle tout le mérite de nos œuvres, règle donc le jugement que nous devons en porter. Les hommes estiment les richesses et les biens que la terre produit ; et ce n’est qu’un amas de pourriture qui rentre bientôt dans la poussière d’où il est sorti. Ils admirent les actions des héros du monde, les prodiges de la valeur, de la sagesse, de la grandeur humaine, et rien de tout cela n’a de suite au-delà de cette vie ; et toutes ces belles actions, mortes, aux yeux de Dieu s’ensevelissent dans le tombeau de ceux qui les ont produites. Au lieu que les moindres actions que Jésus-Christ aura cultivées et arrosées de son Sang, les vertus chrétiennes les plus obscures, seront immortelles ; elles triompheront du temps ; elles sortiront de la ruine des siècles, où on les croyait ensevelies, pour recevoir de Dieu une récompense éternelle. C’est alors que ces humbles chrétiens, qui se revêtissent de la mortification de leur Chef, ces chrétiens pauvres et sans aucune distinction aux yeux du monde, seront comblés de bonheur et de gloire, et entreront dans l’héritage des enfants de Dieu.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

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03 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Quatrième jour

Le Crucifix nous enseigne l’excellence et l’importance des vertus

 

I. Pour te détromper, mon âme, des faux jugements du monde sur la pratique des vertus chrétiennes ; pour connaître quelle est l’excellence de l’humilité, de la patience, les yeux sur Jésus-Christ attaché à la croix. C’est là qu’Il tient son école ; c’est là qu’il prêche à ses disciples avec une éloquence divine, la pratique de la perfection chrétienne.

Il y prêche la patience : un voleur crucifié à son côté est le premier qui en reçoit des leçons qui le convertissent et le sauvent. Il y prêche l’humilité, en se rassasiant Lui-même d’injures et d’opprobres ; et tandis qu’Il expire comme le plus vil et le plus méchant des hommes, le soleil en perdant sa lumière, et la terre en tremblant rendent un illustre témoignage à sa grandeur et à son innocence. Il y prêche la douceur et la Charité ; Il n’ouvre la bouche que pour prier en leur faveur, et ce spectacle attendrit et convertit ces barbares ; ils reconnaissent, ils confessent hautement et en se frappant la poitrine, qu’Il est véritablement le Fils de Dieu.

II. Vois, ô mon âme, avec quelle force Jésus-Christ te prêche sur la Croix la pauvreté, le dénuement et la mortification. Il est dépouillé de tout ; il n’a pas même de vêtements pour couvrir sa nudité. Il n’a sous les yeux que des objets d’affliction, une mère dont le coeur est percé d’un glaive de douleur ; un seul de ses disciples dont la présence Lui rappelle la trahison et la fuite de tous les autres ; des ennemis furieux qui le déchirent, qui se repaissent de ses tourments, qui ajoutent à la cruauté les insultes et les blasphèmes. Son Père paraît l’avoir abandonné. Il ne se montre sensible à la consolation que lorqu’Il voit enfin sa destinée remplie et son Sacrifice consommé.

III. Jésus-Christ ne nous a pas donné des leçons stériles. En pratiquant Lui-même ce qu’Il nous a enseigné, Il nous a obtenu la grâce de le pratiquer, d’être humbles, patients, charitables à son exemple. Pour nous rendre capables de produire des actes qui sont au-dessus de nos forces naturelles ; il a fallu que Son Sang passât de ses veines dans notre coeur ; il a fallu qu’Il nous communiquât son esprit et sa vie. Notre Sauveur et notre Maître est en même temps l’auteur de toute sainteté. Nos vertus relèvent de sa Croix, elles doivent à ses plaies un éternel hommage ; elles doivent retourner comme à leur source.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

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