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03 septembre 2017

Soutenez Images Saintes

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 La vocation de ce site d'évangélisation et de mission d'intuition Franciscaine, est de faire passer partout et à un large public, prières, dévotions, vies de saints, textes franciscains... En un peu plus de 10 ans d'existence, Images Saintes est en phase de devenir l'un des plus grands livres de prières en langue française, qui existe au monde...

 

De près de 50 pays à travers le monde, sur les 5 continents, chaque jour, vous venez puiser, partager et prier avec ces textes qui sont bien souvent récupérés dans de très anciens livres glanés dans les archives et bibliothèques anciennes ou aussi directement sortis de ma bibliothèque personnelle, ces textes sont parfois tombés dans le domaine public et sont bien souvent complètement oubliés et je m'efforce donc de les de remettre au goût du jour afin que très justement personne n'oublie ce qui a nourri et fait prier beaucoup de générations de chrétiens.

 

Je vous remercie d'être toujours plus nombreux,

car de plus en plus, je vois et entends d'un peu partout,

que cet effort est très apprécié et est un vrai succès.

 

 

 Je fais appel à votre soutien généreux

 

 

Depuis quelques temps, des questions remontent et des projets germent dans mon esprit, concernant l'avenir de ce site:

 

Je viens de mettre en place une cagnotte sur Leetchi.com

 

Pour permettre

 

- 1e l'achat du nom du domaine,

afin que désormais ce site puisse s'appeler Imagessaintes.com

 

Pour ainsi ne plus avoir du tout de publicités dessus, publicités qui sont un vrai problème... Car elles ont un contenu complètement opposé de ce qui se trouve dans ces pages... Bien des fois, vous avez fait remonter cette remarque. En achetant donc le nom du domaine, plus de problèmes de publicités douteuses contraires au contenu et à l'esprit des pages de ce site...

 

- la 2e raison est le paiement des droits d'auteurs

 

Afin de permettre la publication d'autres textes, mois de dévotions et autres sujets spirituels, plus récents, et, qui sont et seront nécessaires à votre avancement spirituel, et j'en suis certain aussi certainement très appréciés et enfin pour vous fournir toujours plus de matière pour entretenir et nourrir votre vie de prière.

De nombreux textes pourraient être placés, mais qui sont sous droits d'auteur: la législation française est assez exigente sur la propriété intellectuelle des livres et des auteurs: les auteurs doivent aussi gagner leur pain... En France, la propriété intellectuelle est très réglementée. Le but de ce site est de faire passer partout de nouveaux textes et accompagnés d'icônes et autres images qui font le succès de ce site, avec pour premier et unique but: semer l'Evangile et de hâter l'avènement du Règne des Coeurs de Jésus et de Marie...

 

Le nombre de visiteurs étant toujours un peu plus à la hausse chaque jours, mois, semaines, si chacun d'entre vous pouviez donner ne serait-ce qu'1 euro par personne, et par visite, pendant quelques temps,

non seulement, l'avenir du site serait assuré, mais aussi sa "propreté", et cela vous assurera un certains nombres de nouveaux textes et d'une façon tout à fait légale, qui viendront alimenter en entretenir votre prière quotidienne, dans les prochains temps...

 

Merci d'apporter votre soutien, car Images Saintes, c'est avant tout vous qui le faites son succès...!!!

 

Le rédacteur,

Franck Monvoisin.

 

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30 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Trente-et-unième jour

Triomphe

 

L’histoire des Saints ne finit pas à leur mort, elle s‘étend au delà, parce qu’elle plonge ses racines dans une autre vie d’où le Seigneur manifeste ici-bas leur gloire. Ainsi en est-il de celle de Claire la Sainte, de l'illustre vierge que nous avons suivie pas à pas, durant le cours de son pèlerinage terrestre. Maintenant, ou la découvrir sinon dans les régions de l'immortalité, à travers le sillon tout illuminé encore des feux de son passage ?…

Mais avant de parler de sa gloire et de sa puissance au ciel, racontons les obsèques triomphantes de la séraphique vierge.

A ce mot : « Claire est morte ! » toute la ville d’Assise se porte a son humble couvent. « La Sainte est morte ! Elle est au ciel ! Elle prie pour nous ! » Telles étaient les paroles qu'on entendait de toutes parts dans la cité et aux environs, tant la réputation de sa sainteté était fondée et universelle.

Avant même qu'elle fût ensevelie, on eut quelque raison de craindre que ses restes mortels ne fussent, par motif d’une ambition sainte, l’objet d’un pieux larcin. La municipalité d’Assise, revendiquant les droits de la cité, fit par prudence cerner le monastère pour garantir à la bonne ville de François la possession d’un aussi précieux trésor.

Prévenu avec sa cour du décès de Claire, le pape innocent IV prit aussitôt le chemin d’Assise, tenant à présider lui-même ses funérailles.

Elles furent, comme on pouvait s’y attendre, un éclatant triomphe. En présence de ses cardinaux et d'un nombreux clergé, le pape témoigna hautement de sa foi et de sa ferme conviction en la sainteté de la morte et, un an plus tard, comme nous allons le dire tout à l‘heure, Alexandre IV l’inscrivait au catalogue des Saints.

De nombreux miracles avaient témoigné en effet de la sainteté de Claire ; les chroniques en foisonnent ; il est parlé d’aveugles et de paralytiques guéris, d’aliénés furieux recouvrant leur raison, d’enfants, petits et grands, que la Sainte ramène des portes du tombeau.

Citons en particulier la guérison d’un pauvre enfant paralytique, due à son merveilleux crédit. Les parents, en sollicitant la guérison de leur fils, si tristement infirme, avaient promis d’en faire le Chevalier de la Sainte, expression de l'époque, si celle-ci rendait la vigueur à ses pauvres membres inertes. Claire guérit l’enfant et le petit Chevalier de la Sainte vole d'un bond à son tombeau pour l’en remercier avec ses parents.

Un autre enfant, emporté par un loup furieux, échappe à sa voracité au moment même où la mère désespérée du pauvre petit, déjà entre les dents du loup, appelle Claire à son secours.

Ces miracles et bien d'autres portaient au loin, dans l’Italie et ailleurs, la. réputation de sainteté de l’illustre Abbesse envolée, et le jour vint bientôt où le Siège-Apostolique se prononça en ce point et décerna à l’admirable Princesse des Pauvres, à l’incomparable Duchesse des Humbles les honneurs de la canonisation. Ce fut le jour anniversaire de son bienheureux trépas, 11 août 1254. Sa fête fut fixée au lendemain, douzième jour du mois d'août. Six ans plus tard, les restes mortels de la Sainte, merveilleusement conservés, étaient transférés à l'église récemment bâtie pour es recevoir, l’église de Sainte Claire à Assise.

Pendant six longs siècles, le corps de la Séraphique Vierge reposa invisible dans le massif tombeau qui le renfermait. Mais le jour vint, où brille à nouveau au regard des hommes cette « pure lumière destinée à illuminer le monde ». Le trente août 1850, après sept grandes journées de recherches et de travaux, Claire fut retrouvée dans son antique et glorieux cercueil. Aujourd’hui, les restes précieux de la sainte reposent dans sa crypte solitaire, et autour de sa châsse bénie, veille comme une légion d’anges l’heureuse tribu de ses enfants...


Laus Deo !


Réflexions et Avis

 

En terminant ce beau mois passé en la douce compagnie de sainte Claire, nourris de ses exemples et des sentiments de son cœur, prenons aujourd'hui à ses pieds la grande et sainte résolution de travailler à notre sanctification avec une nouvelle ardeur.

La générosité et de constants efforts sont indispensables en ce point. La sainteté, comme on l’a vu pour Claire, est l‘œuvre de notre travail, et chacun de nous l’avance et la perfectionne dans la mesure de l’attrait qui l'y attire et de l'ardeur qu’il y déploie.

Rappelez-vous, âme pieuse, que le Ciel ne s’obtient que par la vertu et la vertu ne s’acquiert que par le combat. Quiconque aspire à la sainteté doit s’armer de courage, combattre sans trêve ses inclinations perverses, s’élever au-dessus de soi-même et tendre à s'unir à Dieu de plus en plus. Telle fut la sublime et divine théorie des saints. Qu’elle soit aussi la nôtre ! Comme eux, tournons vers les trésors de la grâce toutes nos aspirations, la moindre parcelle de ceux-ci vaut mieux que tout l'or du monde, et l'âme qui s'attache à les acquérir n'y goûte-t-elle pas joie et consolation ? S’il en est autrement parfois et que la vertu ne nous présente qu’aspérités et rabats, ne vaut-il pas mieux, dit saint Jérôme, combattre un peu de temps, se retrancher, demeurer sous les armes, se fatiguer sous la cuirasse et goûter ensuite les fruits de la victoire, que de s'engager dans une peine éternelle pour s'affranchir de celle qui n’est que passagère et ne dure qu’un temps ?


Avis des Saints

 

« Si vous aimez la terre vous devenez terrestres, si vous aimez le ciel, vous devenez célestes ; si vous aimez Dieu, vous vous rapprochez-de Dieu » (Saint Augustin). « Réjouissez-Vous à la pensée que tant de millions d'anges et de saints aiment Dieu parfaitement » (Saint Alphonse de Liguori). « Ne vous attachez pas à cette terre qui fuit sans cesse sous vos pas, élevez plus haut vos affections et vos espérances. Sursum corda ! »(Saint Pierre Chanel).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Claire-Isabelle Fornari, vierge de son Ordre (1697-1744)

 

Encore une de ces âmes ardentes que consume l'amour de Dieu et la soif de souffrir pour lui. L’amour divin fut tel en la chère Bienheureuse qu'il se forma à l'endroit de son cœur une blessure profonde. De cette plaie mystérieuse sortaient quelquefois des flammes véritables, réelles, qui consumaient à cet endroit la robe et même le scapulaire de la sainte Clarisse. D’autres fois, il s'en échappait des rayons d'une lumière resplendissante et un parfum céleste qui remplissait tout le monastère. Le cœur même de la Bienheureuse était transpercé de trois clous et de nombreuses épines dont les pointes acérées s’apercevaient aisément à travers la blessure et lui causaient d'indicibles douleurs. Jésus, son adorable Epoux, l'associa d'une façon merveilleuse aux douleurs de sa Passion. Elle eut les stigmates de ses plaies aux pieds, aux mains et dans son côté. Notre-Seigneur lui départit en même temps que ses douleurs d’ineffables consolations qui ravirent son âme : Extases, visions, faveurs extraordinaires, Claire-Isabelle eut tout cela à l’égal des saints les plus favorisés.

 

Pratique : La persévérance. S'exciter aux sacrifices qu’elle exige par les récompenses du Ciel.


Prière


En terminant ce mois béni, ô Séraphique Mère, je me consacre à vous. Étendez sur moi votre ineffable protection et daignez en favoriser aussi tous ceux qui me sont chers. Préservez-nous du pêché, le plus grand de tous les maux. Obtenez-nous de servir fidèlement le Seigneur, de mourir dans son saint amour, afin de.l‘aimer et de le glorifier éternellement avec vous dans le Ciel. Ainsi soit-il !

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Fin du Mois de Sainte Claire

 

Prochain Mois de Dévotion : Mois de Jésus Naissant, rendez-vous le 30 novembre

 

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Appel

J'ai découvert l'existence de ce très beau mois de Sainte Claire, cette année, que j'ai entièrement scanné à la bibliothèque municipale de Bordeaux, alors que j'y effectuait des recherches sur le passé franciscain de la ville, ainsi que de la Gironde et de l'Aquitaine. Ce livre a été publié au Monastère de l'Avé Maria de Talence (dans lequel vécut et mourut la Bienheureuse Marie Céline de la Présentation (+ en 1897, béatifiée à Bordeaux en 2007).

Cet ouvrage n'a pas été réédité depuis près de 90 ans. Je lance donc un appel à un éditeur qui serait éventuellement intéressé pour le publier en version papier. Merci de me recontacter si cela vous intéresse à franck.monvoisin.33@gmail.com

F.Monvoisin Rédacteur du blog Images Saintes,

laïc consacré.

29 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

Transitus de Sainte Claire

Trentième jour

Sainte mort


L’heure était venue pour la chère Bienheureuse de déployer ses ailes et de prendre, ravie, son essor vers les Cieux. Que pouvait, bien être la mort pour une telle âme, sinon un joyeux, départ vers l’immortelle patrie ?

Toujours mue, cependant, par une humilité profonde, Claire ne cessait de s'anéantir et de se confondre devant les bontés du Seigneur. Elle se disait indigne, mille fois indigne, des grâces qu’elle en avait reçues, de celles qu’il lui réservait encore... Elle le suppliait de lui faire miséricorde, d’oublier son indignité… À l’entendre on eût cru qu’elle avait à la récompense moins de droit que tout autre, son humilité ne cessant de redire qu’elle n'avait rien fait qui pût mériter le ciel.

C'est dans ces sentiments qu’elle supplie humblement le pape Innocent IV, qui était venu la visiter, de vouloir bien lui accorder l’indulgence plénière. Le grand pontife, qui n’ignorait pas quelle était la sainteté de Claire, ne put s'empêcher de répondre : « Ah ! Ma très chère sœur, que nous serions heureux nous-même si notre âme n’avait pas un plus grand besoin de ce pardon ».

Après le départ du souverain Pontife, Claire ne se lassait pas de remercier le Seigneur. « Quelles grâces j’ai reçues aujourd‘hui, disait-elle à ses filles, Jésus-Christ lui-même est venu à moi et son Vicaire a daigné me visiter. Aidez-moi a remercier le ciel de cette faveur ».

Ayant appris à Florence la fin prochaine de sa sœur, Agnès, en toute hâte et sans qu’on l’attendit, arrive à Saint-Damien. La Sainte en témoigne sa joie par un, ineffable sourire. Mais la tendre Agnès, prés de ce lit de mort, ne pouvait comprimer ses sanglots… Son cœur se brisait de douleur en face de cette sœur chérie, sa Mère selon le cœur, que Dieu lui réclamait…

« Ô Mère, lui disait-elle, puisque vous nous quittez, obtenez-moi la joie de vous suivre »... « Vous l'aurez, sœur chérie, lui répondit la sainte, et même une autre auparavant que vous ne sauriez prévoir... mais que notre Dieu infiniment bon daigne vous réserver ». Elle parlait des miracles qui devaient s’accomplir sur son tombeau et de la grande consolation qu'aurait Agnès d’assister aux premiers honneurs rendus à sa mémoire. Or, tout arriva.comme l’avait prédit la sainte, et trois mois après, Agnès d’Assise allait rejoindre au ciel celle qui l’y avait précédée et dont les vertus séraphiques lui en avaient tracé si glorieusement la voie.

La Bulle de confirmation, tant désirée, arriva de Rome trois jours avant la mort de la sainte Abbesse. Ce fut pour la Fondatrice une indicible consolation.

Claire, sur son lit de mort, dicte son testament spirituel et bénit ses filles, rassemblées autour d’elle. Puis on l’entend parler du Roi de Gloire, de l'adorable Epoux, qui, à cette heure suprême, daignait se rendre visible à ses yeux. « Le voyez-vous aussi, ma fille, dit-elle à une de ses religieuses présentes, voyez-vous aussi le Roi de gloire comme je le vois ?... »

Alors, dans le sentiment d’une confiance sans borne, ses lèvres murmurent : « Partons, mon âme, allons, sache que tu as un bon viatique qui t'accompagne, un excellent guide pour te montrer la voie. Ne crains rien, sois tranquille, car celui qui est ton Créateur t'a sanctifiée et a toujours veillé sur toi avec le tendre amour d’une mère pour son enfant. Vous, ô Seigneur, soyez béni de ce que vous m’avez créée ! »

À ce moment pénètre dans la cellule de la mourante une longue procession de vierges vêtues de blanc et portant sur la tête une couronne d'or. L‘une d’elles, qui semblait en être la reine, les surpassait toutes en éclat et en beauté. Elle approche de la sainte mourante et s’inclinant vers elle la baise tendrement.

Claire avait reçu le baiser de la Reine des Anges, et l’auguste Marie lui avait annoncé le ciel pour le lendemain. La vision disparut aux yeux des religieuses, mais elle resta visible à ceux de la Sainte, qui en jouit illuminée et dans une extase d'amour jusqu’à sa dernière heure. Le lendemain matin, onzième jour d’août 1253, dans les bras et le baiser de Marie, la vierge d’Assise exhala son dernier soupir.

 

Réflexions et Avis


La mort des Saints est précieuse devant Dieu ! (Psaume 165) Qu’elle est belle celle de la vierge d’Assise protégée par la Reine des Anges et illuminée de célestes clartés ! La vie entière de l’admirable Sainte avait été un perpétuel holocauste, un acte d'amour incessant pour le Seigneur, sa mort ne pouvait être que le couronnement d’une telle vie et le commencement des joies sans fin qu’elle lui avait méritées. Douce et heureuse réalisation de cette parole de la Sainte à l'une de ses filles les plus chères, Agnès de Prague : « Oh ! L'heureux échange, ma douce fille, laisser l'ombre pour la lumière, les biens terrestres pour les biens éternels, mériter les choses célestes par le sacrifice des choses du monde, gagner cent pour un et mériter sans fin la vie bienheureuse ».

Pour tous, qui que nous soyons, la mort est l'écho de la vie ! On meurt comme on a vécu. Vivons donc comme les Saints, dans la grâce et l’amitié de Dieu, et nous mourrons comme eux dans le baiser du Seigneur, c’est-à-dire l’âme en paix, le cœur en joie, heureux de quitter la vallée des ombres pour nous élancer vers les régions de l’immortelle Splendeur. Douce et heureuse mort que celle qui n'éteint l’étoile assombrie de la vie que pour la rallumer ardente, brillante et inextinguible au feu de cette lumière divine qui brille éternellement.


Avis des Saints

 

« Travaillons pour la vie, qui ne finit pas » (Saint Augustin). « Souvenez-vous que le temps du travail et des souffrances est court et qu'au contraire éternel est le bonheur qui nous est préparé ».(Sainte Claire d’Assise). « Si nous voulons mourir en paix, que notre vie ne soit plus qu’une mort continuelle » (Sainte Véronique Giuliani). « La vie, songez-y bien, n’est qu’une rapide traversée sur la planche-du temps à l'éternité » (Saint Pierre Chanel).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Marie Madeleine Martinengo, vierge de son Ordre (1687-1737)

 

Plus admirable qu’imitable est la vie de cette grande Sainte. Dès les premières années de sa vie religieuse, étant tombée malade, elle demanda à Dieu la santé du corps, non. pour en goûter les précieux avantages mais pour se livrer en secret à des austérités effrayantes, dont la seule pensée fait frémir... Le monde ne comprendra jamais cet amour des souffrances et cette soif d’expiation... Mais la passion de Jésus explique tout !!! car les Saints ont hérité de son zèle pour réparer les outrages commis envers Dieu et de son amour pour le salut des âmes. D’insignes prodiges attestèrent la sainteté de cette vie pénitente et immaculée de la bienheureuse Martinengo, et la communauté entière vit un jour la sainte Hostie s‘échapper des mains du prêtre, lorsqu‘il s’avançait pour distribuer la sainte communion et s’envoler jusque sur les lèvres de la chère Bienheureuse, affamée de ce Pain de Vie.


Pratique : supplier la très sainte Vierge de nous assister à notre heure dernière.


Prière


Céleste Envolée d’ici-bas, Fleur immortelle et bénie, Claire, oh ! de grâce, obtenez-moi une sainte et heureuse mort. Je la demande au nom de celle de jésus et en souvenir des joies et des consolations dont votre âme fut inondée à l'heure de la vôtre. Ainsi soit-il.

 

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28 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Vingt-neuvième jour

Dernières années

 

La vie de notre glorieuse Mère fut une suite de longues souffrances. L’amour de la pénitence en avait fait une victime volontaire, la maladie en fit une martyre généreuse. Parmi les dons inestimables que lui avait départis son amour jésus, Notre-Seigneur, n’avait pas omis celui de sa croix. L’épouse du Christ l’estimait au-dessus de tous et l'appréciait plus que tout l’or et toutes les joies du monde. Aussi durant les vingt-huit années de cette vie languissante qu’elle eut à soutenir, Claire nous apparaît-elle sur son lit de souffrance comme une admirable crucifiée. La sainte Mère ne semblait vivre et se soutenir que par miracle tant ses douleurs étaient tenaces et continues. « La fièvre, qui ne la quittait jamais, l’avait desséchée jusqu’aux os, des mortifications perpétuelles avaient énervé toutes ses forces, le pesant fardeau du gouvernement de son monastère et les soucis continuels que lui donnait son Ordre, déjà si répandu, oppressaient son cœur, et néanmoins, c’était précisément quand ses forces semblaient devoir succomber que son esprit apparaissait avec une vigueur nouvelle, semblable au palmier dont la tête s’élève plus verdoyante vers le ciel à mesure que le terrain où s’enfoncent ses racines est battu davantage ». (Vie de Sainte Claire par J. de Madrid).

Il est impossible, ont dit ses historiens, de se faire une idée de la patience de notre sainte au milieu de tant de souffrances. Jamais front plus serein, intérieur plus calme, cœur plus résigné que le sien. Jamais, la plus légère plainte, nl le plus léger soupir ne s’échappait de ses lèvres, au contraire, c'était sans cesse l’hymne de l’abandon et de l’action de grâces qu’elle faisait monter vers le ciel répétant, du fond du cœur, le Fiat le plus entier aux vouloirs divins et se proclamant heureuse, et mille fois heureuse, d'avoir à porter la croix à la suite de son bien-aimé Sauveur.

L’an 1251, l’état de la vénérée malade s'était aggravé sensiblement et l’on crut même que ses derniers jours étaient arrivés.

Les religieuses fondaient en larmes et n'avaient plus aucun espoir, quand, tout à coup, un oracle du ciel, dont l’écho, leur parvint de Saint Ange du Panso, leur annonça, ô bonheur ! que leur bienheureuse Mère ne les quitterait pas encore et qu'elles auraient encore la joie de la posséder quelque temps de plus. Une religieuse bénédictine du monastère de Saint-Ange l’avait appris par une vision qu'elle raconta ainsi : « J’ai vu la sainte abbesse montante et autour d’elle ses filles éplorées... Tout à-coup apparu une dame, belle comme pas une et majestueuse comme une reine. Elle s’est mise à consoler les religieuses en leur disant de ne pas pleurer comme si elle était morte celle qui devait vivre encore quelque temps au milieu d’elles, et la belle dame avait ajouté : « Rassurez-vous donc, chères enfants, votre Mère ne vous quittera pas avant que le Seigneur lui ait apparu avec ses disciples ». En effet, la sainte agonisante revint des portes du tombeau et vécut deux années encore.

A la nouvelle de son état désespéré, le cardinal Raynald s’était empressé d'accourir à Saint Damien, et sur les instances de la Sainte, il lui avait administré les derniers sacrements. Claire, profitant de la présence de l'éminent cardinal auprès de son lit de mort, lui demanda la plus grande faveur qu’elle put désirer ici-bas : celle de voir la règle de son Ordre approuvée solennellement par le Saint-Siège. C'était réclamer le privilège authentique et définitif de la pauvreté absolue. Claire fondait en larmes en renouvelant sa requête, et le bon Cardinal, profondément ému, lui promit de s’en occuper...


Réflexions et Avis


Comme sainte Claire, étudions Jésus souffrant et nous apprendrons à souffrir. La vue de Jésus en croix soutient l’âme au sein de l'épreuve et lui donne la force de tout souffrir pour son amour. « Plantez dans votre coeur Jésus crucifié, dit un pieux auteur, et toutes les croix de ce monde vous sembleront des roses. Voudrions-nous n’avoir rien à mettre au pied de la croix ? Mettons-y du moins un cœur pénitent et résigné. L’aliment de la vertu, c’est la croix. Demandez à Dieu l'amour de la croix et des souffrances. Les souffrances sont le creuset dans lequel l’âme se purifie. Malheur à nous, si nous cherchons une autre nourriture que la croix, ce doit être notre aliment perpétuel. Goûtez avec douceur les amertumes de la croix, immolez-vous a la croix, comme une victime d’amour.

L'amour divin conduit au Calvaire. Heureuse l’âme qui s'y laisse conduire et immoler. Allez reprendre du courage au pied de la croix, là vous trouverez de la consolation, de la paix, du repos ; de l'amour, des forces, de l'espérance. On trouve tout au pied de la croix. Dans la croix est le salut et la vie ».

Si de tels sentiments sont les vôtres, âme pieuse,.vos peines seront consolées et vous trouverez la force de faire bon accueil à l'épreuve de quelque nature qu’elle soit lorsqu’elle s’appesantira sur vous.


Avis des Saints

 

« Pécheurs que nous sommes, nous devons marcher par la voie de la croix et de la passion pour aller au ciel » (Saint François d’Assise). « Si vous souffrez avec Jésus-Christ, vous serez aussi glorifiée avec lui ; si vous pleurez avec lui, vous vous réjouirez aussi avec lui ; si vous demeurez avec lui sur la croix, vous goûterez avec lui les douceurs célestes qu’il vous a promises » (Sainte Claire à Sainte Agnès de Prague). « Commencez par étudier le livre du crucifix. Là vous apprendrez toutes sortes de vertus » (Sainte Véronique Giuliani).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

Sainte Véronique Giuliani, vierge de son Ordre (1660-1727)


Son enfance et sa jeunesse furent marquées de grâces extraordinaires, préludes des faveurs sans mesure, qu’elle devait recevoir durant le cours de sa vie religieuse. La ferveur de Véronique fut telle, au commencement, qu‘elle pratiqua toutes les vertus religieuses à un degré héroïque. Le Sauveur l‘avait préparée par cette fidélité à recevoir des grâces plus insignes. Peu de Saints ont reçu des faveurs aussi extraordinaires que sainte Véronique Giuliani. Elle a réuni dans sa vie tous les prodiges qui ont illustré sainte Catherine de Sienne, sainte Marie-Madeleine de Pazzi, sainte Thérèse, sainte Catherine de Ricci, sainte Claire de Montefalco et d'autres âmes privilégiées, qui sont la gloire de l'Ordre. Elle eut comme notre séraphique Père saint François, l'empreinte des stigmates de Notre-Seigneur.


Pratique : dans nos peines et dans nos souffrances, chercher farce et courage au pied de la croix.

 

Prière

 

Ô douce sainte Claire, victime choisie et compagne inséparable de Jésus souffrant, rivez à jamais près de lui au pied de sa croix sanglante mon esprit, mon âme et mon cœur. J'aspire comme vous à gravir le calvaire et à y vivre dans la contemplation assidue de notre Amour crucifié. Ainsi soit-il.

 

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27 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Vingt-huitième jour

Sa dévotion l’Eucharistie


Il faudrait la plume d’un Séraphin pour en décrire la flamme, et rien ne peut, ce semble, en donner une plus juste idée que son ardente Foi. Une foi ardente, embrasée, incommensurable à nos yeux, tel fut le merveilleux secret de la dévotion tendre et affectueuse de sainte Claire pour le mystère de l’Eucharistie.

Savoir Jésus-Christ présent au saint Tabernacle, avoir l’ineffable joie de l'y trouver, contempler, posséder, quel bonheur pour l'âme ravie de notre Sainte !

« Mon Dieu est là ! » se disait-elle, et dans la “flamme de cet acte de foi, tout s’embrasait dans l’âme et dans le cœur de cette fervente adoratrice de Jésus-Hostie. Au pied du saint Autel, elle eût voulu dresser sa tente et fixer son séjour à jamais. Les heures s’y écoulaient, rapides et toute célestes.

L'Eucharistie avait pour elle de si puissants attraits qu‘elle eût voulu s’éterniser au pied du Tabernacle et ne plus quitter cette délicieuse oasis, son Paradis ici-bas. Plus elle y demeurait, plus elle s‘en arrachait avec peine, plus elle y revenait, empressée, altérée, avide…

Quant à la sainte Communion, elle en avait faim et soit l Aussi ardente que le Prophète-Roi dans son amour, la vierge séraphique aimait à soupirer avec lui ces paroles brillantes : « Sitivit in te anima mea... Mon âme a soif de vous », ô le Dieu de ma vie, et mon cœur et ma chair en combien de membres... » Les jours qu’elle avait le bonheur de recevoir son Dieu, étaient pour elle des jours du Ciel. Qui dira ce qu’était sa préparation ? le soin qu'elle y apportait, les désirs qui l‘embrasaient, l’amour qui la consumait ?

Aussi, de quelles faveurs. de quelles consolations la comblait Jésus ! Un matin, après avoir communié, une de ses filles, sœur Francisca, l’aperçut tenant dans ses bras l’Enfant-Jésus qui la caressait. Une autre fois, c’était de l'Hostie même que lui apparaissait le divin Enfant, la saluant de sa tête blonde, lui souriant de sa bouche et faisant couler dans son âme un torrent de joie.

Mais le plus merveilleux prodige que signale l’histoire est le suivant :

« En 1240, une armée de vingt mille Sarrasins lancée par Frédéric Il, dans la vallée de Spolète, y jetait l’épouvante et l’effroi. Ils arrivent à Assise... et voilà que, durant une nuit sombre et noire, la horde barbare se porte à Saint-Damien, qu’elle brûle d‘envahir... Déjà les soldats escaladent les murs du monastère, poussant d’affreux hurlements que répercutent tous les échos. Les filles de Claire sont terrorisées et se réfugient en tremblant auprès de leur mère.

Celle-ci, inspirée par sa foi, fait placer devant la porte intérieure du monastère le Très-Saint-Sacrement, et supplie Notre-Seigneur, dans cette extrémité, de protéger ses humbles servantes : « Ego vos semper custodiam ! » répond aussitôt du cœur de l’Hostie le divin Pasteur imploré : « A votre garde je veillerai toujours ! »

Forte d'une telle protection, Claire alors prend dans ses mains virginales la pyxide d’ivoire où était renfermée la divine Hostie et la présente aux Sarrasins sauvages. Ô prodige ! La panique aussitôt s’empare des assiégeants, une lumière éclatante-les éblouit, une main surnaturelle les repousse et tous s’enfuient épouvantés…


Réflexions et Avis


L’Eucharistie ! Quelle merveilleuse invention de l’amour divin ! quel don ! Quelle ineffable preuve de la charité de Dieu pour nous ! Notre bien-aimé Sauveur pouvait-il, au de-là, pousser l'excès de sa bonté et de son dévouement ? Tout Dieu qu’il est, eût-il pu imaginer rien de plus tendre, de plus grand, de plus fort, de plus délicieux qu’une telle merveille d’amour, l’ineffable merveille de la divine Eucharistie. Aussi, de quelle âme reconnaissante devons-nous l’envisager, l’admirer, l’adorer, en remercier Jésus !…

Par l‘Eucharistie, Notre-Seigneur vit au milieu de nous. Nous l'y possédons en permanence et sans crainte de le voir nous quitter jamais. N'a-t-il pas dit lui même, comme pour rassurer notre amour en ce point : « Ne craignez pas que je vous quitte. Voici que je suis avez vous jusqu’à la consommation des siècles ». (Mat 28, 20).

Après une telle assurance, avec foi parfaite, absolue qui nous y fait croire et dans le doux élan de tendresse qui nous transporte vers Jésus, comment ne pas trouver à ses pieds bonheur, repos, allégresse et toute chose ?…

Non ! l’âme ne peut rêver douceur plus tendre, joies plus pures et plus délicieuses que celles que fait rayonner sur elle la Sainte Eucharistie.

Voilà pourquoi, bien convaincus d'une telle vérité, heureux favorisés d'un tel bonheur, nous le proclamons hautement! Grâce à l‘Eucharistie, la terre n’est plus l’exil, mais un Ciel anticipé où nous avons Dieu, où chacun peut, joie indicible ! l’approcher, lui parler, demeurer près de lui dans le sentiment d’un amour qui chasse la crainte.

Que l'ineffable dévotion au Très Saint-Sacrement soit nos plus chères délices. Trouvons nos meilleures joies à venir au pied du Tabernacle, puisque le Dieu Sauveur y réside et que son Cœur nous y appelle : « Magister adest et vocat te : Le Maître est là et il vous appelle ». Âme pieuse, hâtez-vous, ne laissez pas le divin solitaire vous appeler en vain et faire encore à votre sujet la douloureuse expérience de cette navrante parole : « J'ai appelé et attendu un consolateur, et il ne s'en est point trouvé (Psaume 68)... et ma solitude est demeurée déserte...


Avis des Saints

 

« Aimons, oh ! aimons Jésus-Christ, attachons-nous à ses embrassements et tout ce qui est difficile nous paraîtra facile » (Saint Bonaventure). « Voulez-vous faire plaisir à Jésus-Christ, quand vous le visitez ? Répandez-vous en actes d'amour et surtout offrez-vous à lui sans partage » (Saint Alphonse de Liguori). « Vivez de telle sorte que vous méritiez de communier tous les jours » (Saint Augustin).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

Sainte Camilla Battista de Varano, vierge de son Ordre (1458-1527)


La dévotion à la Passion de Notre Seigneur fut le, principe des faveurs de Dieu sur son âme. Jeune encore, elle s'était engagée à verser tous les vendredis une lame sur la Passion. Pour l’attirer à lui, Notre-Seigneur lui montra son nom écrit en lettres d’or dans son divin Cœur. Entrée au monastère d’Urbino, Battista s’y livra tout entière à l’amour de son Dieu. Le sentiment des souffrances de Jésus crucifié était si vif et si permanent dans son cœur qu’elle ne pouvait plus voir sans frissonner tenailles, échelle, clou ou marteau... Altérée du calice de la Passion, elle avait soit de souffrances et ne cessait d‘en demander à Dieu. Les faveurs célestes se multipliaient en faveur de cette âme généreuse. Une fois, elle jouit durant quinze jours de la présence presque habituelle de sainte Claire.

 

Pratique : un grand amour envers l’Eucharistie.


Prière


Que j’hérite, ô glorieuse Mère, de votre ardent amour pour Jésus-Hostie et que ma vie, comme la vôtre, soit une adoration incessante, un acte perpétuel d’amour à ce grand mystère. Ô sainte Claire, obtenez-moi d’aller toujours au pied du Tabernacle avec la confiance et l'amour qui obtiennent des prodiges. Ainsi soit-il.

 

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26 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Vingt-septième jour

Sa dévotion à la Passion


Fille du séraphin d’Assise qui portait sur sa chair sanglante les stigmates de Jésus-Christ, Claire les avait au fond de son cœur. Pouvait-elle ne pas_ressentir d’une façon intime et permanente les douleurs de la Passion. elle qui vivait perpétuellement du souvenir de Jésus en Croix, de ses plaies et de ses souffrances ?...

« Tous les jours, elle consacrait plusieurs heures à méditer sur les douleurs de Jésus. Elle ne pouvait presque ni s’en occuper ou les rappeler à ses compagnes sans verser d'abondantes larmes. Elle avait, dit le bienheureux évêque de Porto, un attrait particulier pour l’office de Sexte et de None, parce que l'un rappelle le crucifiement, l’autre la mort du divin Agneau. Elle ne se bornait pas à la récitation de l’office ecclésiastique auquel les religieuses de Saint-Damien étaient déjà tenues ; elle disait encore fréquemment celui de la Croix que son glorieux Père avait composé, ainsi que la prière en l’honneur des cinq Plaies qu'elle entremêlait d'intarissables larmes... Elle cachait constamment sous sa pauvre tunique un cordon formé de treize nœuds, comme un mémorial secret des coups et des blessures de son bon Maître. Inconsolable toutes les fois qu’elle pensait au mépris que font les hommes de son sang précieux, elle aurait volontiers répandu le sien jusqu'à la dernière goutte pour le salut de ces ingrats et pour dédommager Notre-Seigneur de leur mépris et de leur indifférence... »

La Passion de Jésus-Christ était aussi le sujet touchant de ses pieux entretiens avec ses compagnes. C’était, comme dit l’abbé Demore. le livre choisi, l’unique, on peut dire, qu’elle présentait a ses filles spirituelles. Claire voulait qu’elles y étudiassent l'amour infini du Sauveur et les obligations de la reconnaissance envers lui. La Passion de Jésus, voilà donc le livre ouvert constamment au regard de Claire et de ses filles... La croix ! Voilà le miroir sans tache dont elle ne détournait jamais les yeux… Les souffrances d'un Dieu ! Voilà l’objet habituel de leurs pensées et de leurs affections... ses plaies entr'ouvertes leur plus doux asile... sa pauvreté leurs richesses, sa couronne d'épines, leur diadème de gloire.

« Je vous en conjure, mes très chères sœurs, disait souvent la sainte Abbesse a ses filles, ne perdez jamais de vue la Passion du Sauveur ; ayez-la constamment présente à la mémoire et faites en sorte d’en raviver le souvenir dans votre esprit par une méditation continuelle ».

La Sainte elle-même était si embrasée d’amour pour Jésus crucifié qu'elle passait les jour et les nuits à pleurer sur les souffrances du Sauveur. Satan, l'ennemi s’en montrant furieux, Dans sa rage, il mettait tout en œuvre peur l’empêcher de donner cours à ses tendres sentiments de douleur et de compassion. Une fois entre autres, il apparut devant elle la nuit sous une forme hideuse et s’ingénia par toute espèce de raisons fausses à la persuader qu'elle finirait par devenir aveugle et par perdre l’esprit si, elle continuait à pleurer. La Sainte, sans s’émouvoir lui répondit : « Celui qui doit jouir de la lumière éternelle ne saurait être aveugle ». A ces mots, Satan prit la fuite.

La dévotion de Claire a la Passion se manifestait aussi par le signe de la croix au moyen duquel elle faisait de fréquents miracles.


Réflexions et Avis


De l’avis des saints, aucun exercice ne saurait être plus agréable à Dieu et plus avantageux pour l’âme que la méditation des souffrances du Sauveur. Écoutons ce qu'en dit saint Alphonse de Liguori :

« La dévotion à la Passion de Jésus-Christ est la plus utile et la plus affectueuse de toutes les dévotions, c'est la plus agréable à Dieu, celle qui console davantage les pêcheurs et qui inspire plus d'amour. De quelle source recevons-nous tous les biens, sinon de la passion du Sauveur ? D’où nous vient l'espérance du pardon, la force contre les tentations, la confiance d'aller en Paradis, tant de lumières, d’invitations pleines d’amour, de désirs de conversion, sinon de la Passion du Sauveur ? Il avait donc bien raison l’apôtre, de dire anathème à qui n’aime pas Jésus-Christ !

Saint Bonaventure dit qu'il n’y a point de dévotion plus propre à sanctifier une âme que la méditation de la Passion de Jésus-Christ et il nous conseille de la méditer tous les jours, si nous voulons faire du progrès dans l'amour de Dieu. Saint Augustin assure qu'on mérite davantage en versant une seule larme au souvenir de la Passion qu‘en jeûnant continuellement au pain et à l'eau : c’est pour cela que les saints se sont toujours occupés de la Passion du Sauveur. Saint François d’Assise est devenu par là un séraphin ; il pleurait un jour a chaudes larmes ; quelqu'un lui en demanda la cause : « Je pleure, répondit le Saint, les souffrances et les ignominies de mon Sauveur et ce qui m'afflige le plus, c’est que les hommes pour qui il a tout souffert n'y pensent point ». A ces mots, ses larmes augmentèrent, de sorte que celui qui l’avait interrogé se mit aussi à pleurer lui-même. Un agneau qui bêlait, ou tout autre chose qui lui rappelait le souvenir de la Passion suffisait à ce Saint pour lui faire verser des pleurs. Un jour qu‘il était malade, on lui conseilla de se faire lire quelque livre de piété : « Mon livre, répondit-il, c’est Jésus crucifié ». Aussi exhortait-il sans cesse ses religieux à penser toujours à la Passion. Quiconque ne s'enflamme point de l'amour de Dieu en contemplant Jésus en croix ne l'aimera jamais ».

Que la pensée des souffrances de jésus vous soit habituelle. Heureuse l'âme qui en est là ! Dieu se complaît en elle, parce qu’elle-même vit d’un souvenir qui l’honore et le glorifie

 

Avis des Saints


« Ayez toujours devant les yeux la voie humble et pauvre de la Sainte Croix, par laquelle nous a conduit Jésus-Christ, notre Sauveur » (Saint François d’Assise). « Méditez continuellement le mystère de la Passion et les douleurs de la très sainte Vierge au pied de la Croix » (Sainte Claire d’Assise). « Aimez la Croix et marchez constamment dans le chemin du Calvaire ». (Sainte Catherine de Bologne).

 

Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique


La Bienheureuse Paule de Montaldi, vierge de son Ordre (1443-1514).


Toute jeune encore, le peuple l'appelait déjà la petite Sainte. Sa vertu alla croissant avec l’âge et, dès l’aurore de sa quinzième année, Paule, la blanche fleur de Montaldi, quittait le bourg natal, le toit paternel et venait dans tout l’épanouissement de son adolescence et dans toute la joie de son âme se consacrer au seigneur. C’est à Mantoue, au monastère de Sainte-Lucie, que la jeune fille avait choisi sa retraite. Une fois clarisse, Paule consacra toutes les forces et l‘énergie de son âme à l(acquisition des vertus propres a son état. Les veilles prolongées, les disciplines et les jeûne rigoureux, rien ne semblait devoir satisfaire sa soit d’austérité et de souffrance. Le démon lui livra de rudes attaques, mais l’humble fille de sainte Claire, confiante en la grâce de son céleste Epoux, lutta courageusement et remporta sur son ennemi d’innombrables victoires.


Pratique : La dévotion à la Passion.


Prière


Que ne puis-je, ô glorieuse Mère, avoir sans cesse à l‘esprit, comme vous, le souvenir de Jésus crucifié ! Daignez m'obtenir cette grâce, unie à celle d'un plus ardent amour et d’une plus grande générosité pour lui. Ainsi soit-il.

 

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25 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Vingt-sixième jour

Insigne mortifiée

 

L’attrait de sainte Claire pour la pénitence est décrit par tous ses biographes avec l’accent de l'admiration. Citons une page du récit authentique de ses austérités.

« Les Annales de l'Ordre ont gardé le souvenir de trois cilices qu’elle portait alternativement. L'un en poils de chameau tressé avec des nœuds,étonne la piété des fidèles marseillais par son admirable conservation, chaque année durant l’octave de la fête du 12 août, tandis que les Clarisses de Marseille l’exposent à leur vénération. L'autre, en cuir de sanglier, était armé de soies courtes et piquantes qui pénétraient dans les chairs. Le dernier en cuir de cheval entremêlé de nœuds fort durs, se conserve au monastère d’Assise ; c’est celui que la petite sœur Agnès de Spello déroba pieusement un jour et ne put supporter.

L'abstinence était à l'unisson de ces instruments de pénitence. La chair même la plus virginale réclame trop souvent ses prétendus droits, il faut la mater et, Comme disent les saints, la mortifier. Claire mortifia la sienne au point d'obliger François à modérer ses ardeurs pénitencielles. Quelques herbes suffisaient à sa pauvre nourriture. En Carême et durant le long Avent franciscain, elle vivait uniquement de pain et d’eau. Trois jours par semaine même ; durant ces saintes périodes, elle s’abstenait de tout aliment ; c'est cette dernière austérité que saint François et l’Evêque d'Assise durent lui interdire parce qu’elle tendait à ruiner ses forces.

Toujours nu-pieds, sans sandales même au cœur de l’hiver, elle était vêtue d'une simple tunique et d’un manteau dont la lourdeur à elle seule constituait déjà une grande pénitence. « J’ai vu, écrit Barthélemy de Pise, la tunique de saint François et celle de sainte Claire, je les ai comparées l‘une à l’autre, et j'ai pu me convaincre que celle de la pieuse vierge était plus lourde et plus grossière encore que l'habit si lourd et si grossier de son bienheureux Père.

Longtemps, elle couche sur la terre nue ou sur un fagot de sarments avec un billot d'arbre pour oreiller. Ses directeurs l’obligèrent à accepter une natte de cuir avec un peu de paille jusqu’à ce qu’enfin les infirmités la contraignirent à s’étendre sur la paillasse qu’elle se reprochait si fort, comme un excès de délicatesse imposé cependant par l’obéissance qu‘elle fit toujours passer avant le sacrifice.

Avec cela, toujours gaie, contente, le visage rayonnant, d’une aimable joie. « Jamais, dit son premier biographe, on n’aperçut en elle rien de sombre ni de triste. Parmi ces mortifications de tout genre, elle conservait un visage riant, un front serein, un air « de fête » et de joie qui révélait pour ainsi dire malgré elle les douceurs intérieures qu’elle y goûtait ». (Monseigneur Ricard).


Réflexions et Avis


La mortification est de tous les temps parce qu'il n'en est aucun où nous n’ayons besoin de faire pénitence et de crucifier la nature. « Ceux qui ont Jésus-Christ, dit l’Apôtre, out crucifié leur chair avec ses convoitises » (Galates 5, 24). Ce n’est bien qu’a pareille condition en effet que nous pouvons demeurer unis à Jésus-Christ. Sans mortification, pas de persévérance dans la grâce, moins encore de vie intérieure et d’union à Dieu. La pente au mal qui est en nous doit être constamment réprimée. L'âme sans cesse doit y résister : loi de lutte et de combat qui n’est autre que la mortification.

Effectivement, le premier degré de la mortification c'est de résister au mal. Le mal se présente ordinairement sous l’aspect du plaisir, ou nous le commettons pour échapper à quelque souffrance. Dans l’un et l'autre cas, nous ne pouvons y résister que par la modification. Renoncer à toute jouissance défendue, embrasser toute souffrance imposée, c'est là un double et impérieux devoir qui ne peut s’accomplir que par la mortification. En l’un et l'autre cas, se mortifier est une obligation rigoureuse. C’est une pénitence de laquelle nul ne peut s'affranchir, une mortification qu'il faut accomplir sous peine de péché.

Et voyez jusqu'où Notre-Seigneur veut que nous la portions. Écoutez : « Si votre œil vous est un sujet de scandale, arrachez-le... si c’est votre pied ou votre bras, coupez-le ; il vaut mieux entrer dans le royaume des Cieux avec un pied ou un bras de moins que d’être précipité dans l‘enfer avec tous ses membres ».

Mais la mortification volontaire que l'on embrasse uniquement pour plaire à Dieu, imiter Notre-Seigneur et lui ressembler davantage est d’un mérite bien plus grand et nous vaudra bien une autre gloire. Les saints l'ont embrassée avec joie, heureux de prouver ainsi leur amour pour Dieu. À leur exemple, la mortification pour vous. âme pieuse, sera de chaque instant. Que d’occasions s‘offrent à chaque minute de faire pénitence. N'en laissez s'échapper aucune. Généralement parlant. nous aurons toujours, il est vrai, l'occasion de nous mortifier, mais la grâce qui nous y convie une première fois, sera-t-elle aussi forte, aussi près de nous la seconde ?


Avis des Saints

 

« Sans la mortification, nous ne pouvons ni plaire à Dieu, ni servir utilement le prochain » (Saint François Xavier). « Nous pouvons juger de notre avancement dans la vie spirituelle par les progrès que nous taisons dans la vertu de mortification » (Saint Vincent de Paul). « Non, les saints n'en ont pas trop fait pour mortifier et faire mourir la nature et par ce moyen vivre en Dieu avec Jésus-Christ » (Saint Alphonse de Liguori).

 

Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

 La Bienheureuse Louise de Savoie, religieuse de son Ordre (1461-1503)


Cette illustre princesse eut pour père le Bienheureux Amédée IX, duc de Savoie. et pour mère Yolande, fille de Charles VII, roi de France, et sœur de Louis XI. Celui-ci, à la tutelle de qui fut confiée la jeune princesse après la mort de sa mère, lui désigne pour époux le Prince Hugues de Chalon, bien digne en tout d'avoir pour épouse une sainte. Leur union ne devait pas être de longue durée. A l’âge de vingt-sept ans, Louise eut la douleur de perdre le jeune prince son époux, et quelques années plus tard, elle profitait de sa liberté pour entrer au monastère d'Orbe, où elle se sanctifia dans la pratique des plus sublimes vertus.


Pratique : demander à sainte Claire quelque chose de l’esprit de mortification qui l’animait.


Prière

 

Quel esprit de mortification fut le vôtre, ô séraphique Mère, et de quelle honte, de quelle confusion ne doit-il pas me pénétrer, moi si lâche, hélas ! lorsqu’il s’agit de faire pénitence ! Obtenez-moi, je vous en conjure, les forces d'une sainte énergie qui me fasse aller à l'encontre de ma lâcheté en ce point. Ainsi soit-il.

 

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24 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Vingt-cinquième jour

Cœur généreux

 

Parler de la générosité de Claire, c’est revenir en quelque sorte sur les héroïques vertus que nous avons déjà admirées en elle : mais qui pourra s’en abstenir sachant qu'un tel sujet renferme encore tant de merveilles ?

Il faudrait avoir lu au fond de son cœur, comme y lisait François, pour se faire quelque idée des aspirations généreuses de notre aimable Sainte.

Prouver à Dieu son amour, au prix même des plus grands sacrifices fut chez elle une soif toujours inassouvie. L‘amour ne vit pas sans douleurs et Claire n’entendait pas autrement l’amour de son cœur pour Jésus. Aussi quelle admirable énergie lui voyons-nous en face de toute souffrance, de quelle joyeuse âme s‘élance-t-elle au devant de la croix, sous quelles flammes d‘amour se livre-t-elle a celles du sacrifice !

Le sacrifice ! N’est-ce pas à le vouloir et à l'aimer que s'était vouée notre chère héroïne dès le printemps de sa vie ? Quitter une famille chère, briser son cœur dans ce départ, renoncer aux plus légitimes jouissances pour se plonger dans une vie d'austérités et de perpétuel renoncement, qui ne verra dans une telle générosité l'amour du sacrifice poussé jusqu’aux dernières limites, amour du sacrifice jusqu'à la folie de la croix !

Ému d’une telle ferveur, le séraphique Patriarche en témoigne plus d’une fois et son bonheur et son admiration. Claire elle-même le rappelle dans son Testament avec une simplicité touchante comme une exhortation de grand poids pour les disciples de son Ordre.

« Le bienheureux François, dit-elle, considérant que quoique délicates et faibles de corps, nous ne reculions devant aucune privation, besoin, fatigue, tribulation ou mépris du monde et que même nous regardions tout cela comme de grandes délices à l'exemple du Saint et de ses frères, ainsi que lui-même et ses disciples avaient pu souvent s'en convaincre, le Bienheureux. Dis-je, s'en réjouit beaucoup devant le Seigneur ».

Oui, certes, François se réjouissait de la ferveur et de la générosité de Claire, mais il en profitait à merveille pour réclamer de son cœur de nouveaux sacrifices pour le Dieu qu’elle aimait.

La sainte Abbesse tressaillait de joie à son tour en voyant.la générosité de ses filles pour le Seigneur. À Saint-Damien, comme ailleurs, elle n'était autre que le fruit et le développement de la sienne, s’étendant comme le principe d'une sève généreuse et forte de la racine aux rameaux. L’heureuse influence qu'elle exerçait en ce point tant par ses paroles que par ses exemples est restée célèbre, car si chez elle, l’exemple s’ajoutait aux paroles, les exhortations de Claire portaient aussi d'admirables effets.


Réflexions et Avis


La générosité pour Dieu est le caractère des saints. Elle est la note vraie de leur amour pour lui et de leur mépris d’eux-mêmes. « L'homme doit aimer Dieu jusqu‘en mépris de soi ». C‘est bien ainsi que le comprennent les saints et dans ce sens qu‘ils cherchent à lui prouver leur amour. À la générosité d’une âme, à sa générosité manifeste, on peut juger de son esprit d’abnégation pour elle-même, de son amour et de son dévouement pour Dieu. Hors de là toute la vertu est illusoire et suspecte. Quel fond peut-on faire en effet sur un amour qui ne consiste qu’en purs sentiments et qui va rarement peut-être à se prouver par des actes positifs et généreux ?

La générosité est en nous comme un ressort spirituel qui met en mouvement toutes les vertus. Dans l’impétuosité de son ardeur, elle les entraîne, ayant le secret de rendre possibles et même faciles les actes même les plus héroïques, ceux qui paraissent de prime abord les plus rebutants à la pauvre nature timide et faible.

Mais, demanderez-vous peut-être, âme pieuse, où trouver le secret de cette générosité parfaite, dans quel mystérieux principe en puiser la Sève féconde ?

Sainte Claire nous l'explique admirablement dans une lettre à ta bienheureuse Agnès de Prague. cette fille chérie de son cœur. Nous résumons ces données en leur donnant le titre qu’elles méritent et sous lequel les présente ingénieusement la Sainte :

« Le Miroir Mystique de l'âme de celle qui veut imiter jésus-Christ et marcher généreusement à sa suite, c‘est la contemplation assidue des mystères et des vertus du Verbe fait homme. L’âme doit s'y regarder chaque jour afin de se parer au dehors et au dedans de toutes les vertus. Au sommet du Miroir la pauvreté du Christ dans le mystère de la sainte Humilité de sa vie cachée. Au bas, l’ineffable amour de son coeur divinement prouvé durant les trois dernières années de sa vie sur la terre et surtout 'par sa Passion et sa mort. Miroir céleste attaché à la Croix et dans lequel se lisent en caractères de feu l'amour et la générosité du Sauveur pour nous ! ».


Avis des Saints

 

« Regardez-vous chaque jour dans ce Miroir, afin de vous parer au dehors et au-dedans de toutes les vertus » (Sainte Claire). « Répondons à celui qui nous appelle de sa Croix, répondons-lui d‘une même voix et d’un même cœur : je vous aime ! » (Sainte Claire). « Si vous correspondez aux vues de Dieu, il fera de vous un saint » (Saint Paul de la Croix).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Eustochium de Calafato, vierge de son Ordre (1430-1484)


A son baptême, elle reçut le nom de Smaragde qui signifie émeraude, doux pronostic de l’éclat dont elle brillerait plus tard comme une perle précieuse dans l’Eglise de Dieu. Dans le cloître, l‘amour de la pauvreté, l’esprit de pénitence et la dévotion à la Passion du Sauveur furent les vertus dominantes de la chère Bienheureuse L’autorité que lui donnaient ces vertus s‘accrut par le don des miracles. Plusieurs fois dans un moment de détresse, elle multiplie le pain et les autres provisions. Nombre d’hommes et de malades furent guéris de son vivant au contact d'un linge sur lequel avaient perlé ses larmes, larmes d‘amour et de compassion qu‘elle versait au souvenir de la Passion du Sauveur. Un jour de la Portioncule, Notre-Seigneur lui montra une multitude d'âmes délivrées du Purgatoire par les indulgences du grand pardon. Un autre jour, elle reçut la Communion de la main d’un ange.


Pratique : Faire généreusement pour Dieu tout ce qu’il demande.


Prière

 

Ardente et séraphique sainte, ô Claire, obtenez-moi la générosité pour Dieu. Qu’elle anime, guide et embrase mon cœur en communiquant à tous mes sentiments et à toutes mes œuvres sa flamme divine. Ainsi soit-il !

 

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23 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

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Vingt-quatrième jour

Âme d’oraison

 

L’oraison, disent les maîtres de la vie spirituelle, est une élévation et une application de l’âme à Dieu pour lui rendre nos devoirs, lui exposer nos besoins et en devenir meilleur pour sa gloire.

Sainte Claire a été, dans toute l’acception du mot, une âme d’oraison, ce qui veut dire une âme tout appliquée à Dieu, constamment occupée de lui plaire. de l'honorer, de le servir. Vivre uniquement pour Dieu, toujours préoccupée des devoirs à lui rendre, des hommages qu’il mérite, des moyens de lui rester unie, tel fut le caractère propre de cette âme d’élite qu‘un don surnaturel avait si merveilleusement gratifiée de la part de Marie : « Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas ôtée » (Luc 10, 42).

Claire en effet ne trouvait son bonheur que dans l'union permanente à Celui qu’elle aimait. Pas un instant de la journée où l‘heureuse contemplative ne sût y maintenir son esprit et son cœur. Rien des distractions de la terre ou des occupations de sa charge n'était capable de la ravir à ce saint exercice ou d'en affaiblir dans son âme les merveilleux effets.

Encore dans le monde et toute jeune, quel ne fut pas l’irrésistible attrait de la chère Sainte pour cette douce occupation de l'âme : la prière et l'oraison. Une fois au cloître, la fervente élue s’y plonge avec l'ardeur d'un séraphin. Elle eût voulu n'interrompre jamais, pas même une seconde, le fil de son intime conversation avec le Seigneur. Les heures du jour ne suffisent pas à apaiser cette faim ardente, à la rassasier de cet aliment divin, Claire y consacre encore une partie de la nuit... Dans la chapelle du monastère ou sur les dalles glacées de sa petite cellule, la chère Sainte restait agenouillée de longues heures dans la muette contemplation de Celui qui la ravissait... Ses communications avec le ciel étaient incessantes et les prières ardentes qu'y envoyait sa foi attiraient chaque jour sur la sainte Abbesse et sur son monastère de nouvelles bénédictions.

A la splendeur céleste qui illuminait le visage de la sainte au sortir de son oraison, ses compagnes devinaient bien vite ce qui s'était passé dans son âme. La jeune sœur Benvenuta de Pérouse vit un jour, au-dessus de l'endroit où la Sainte convenait avec Dieu, une splendeur admirable et si grande qu’elle crut tout d'abord voir la flamme d’un incendie qui dévorait le monastère ; mais elle s’aperçut bientôt que ce feu descendait du Ciel et que Dieu voulait lui faire comprendre par là. de quelle nature était la flamme qui consumait le cœur de sa Mère, flamme allumée par l’Esprit divin. emblème en même temps de la ferveur de son oraison.


Réflexions et Avis

 

L’oraison mentale est nécessaire, dit saint Alphonse de Liguori, premièrement pour nous éclairer dans le voyage que nous faisons vers l’éternité. Les vérités éternelles sont des choses spirituelles qui ne se voient pas des yeux du corps, mais seulement des yeux de l’âme. Quand on ne pratique pas l’oraison. on ne les voit pas, la lumière manque et l'on marche difficilement dans la voie du salut. En outre, sans pratiquer l’oraison on ne connaît pas ses défauts et par conséquent, dit saint Bernard, on n‘en conçoit aucune horreur, on. n'aperçoit pas non plus les dangers que l’on court pour son salut et l'on ne songe nullement à les éviter. Mais celui qui pratique l’oraison découvre bientôt ses défauts ainsi que les dangers auxquels il est exposé et il prend ses précautions. Selon saint Bernard, la méditation règle nos affections, dirige nos actions et corrige nos défauts.

En second lieu, sans l'oraison on manque de lutte pour vaincre les tentations et pratiquer la vertu. Sainte Thérèse disait que celui qui néglige l’oraison n'a pas besoin d‘être porté en enfer par les démons, il s'y jette lui-même. La raison en est que sans l’oraison on ne pense pas à prier, et si l'on ne prie pas comment persévérer dans le bien ? Le Seigneur nous donnera-t-il la persévérance si nous ne la lui demandons pas et comment la lui demanderons-nous sans la prière ?

De plus, l‘oraison est l‘heureuse fournaise où les âmes s‘embrasent de l’amour divin. Sainte Catherine de Bologne l‘appelle un lien qui attache étroitement notre âme à Dieu. C’est ce doux Cellier où l’âme s’enivre tellement du divin amour qu‘elle perd en quelque sorte l‘usage des sens pour les choses du monde ; elle ne voit plus que se qui plaît a son Bien-Aimé ; elle ne parle que de son Bien-Aimé. tout autre discours l’ennui, l’afflige. Attachons-nous donc à l’oraison et ne nous en relâchons jamais. L’oraison est l’aliment de l’âme, comme le pain est celui du corps ». Sainte Claire l’expliquait à ses filles : « De même, leur disait-elle, que ce serait commettre un grande imprudence que de refuser au corps ce qui lui est nécessaire pour qu’il suisse remplir ses fonctions, ce ne serait pas une témérité moindre d'enlever à l‘âme ce qui la fait vivre. Or, c’est l’oraison qui présente la nourriture à l’esprit, et la Charité est le feu qui cuit les aliments. En effet, par; l’efficacité de l’oraison, la foi se ranime, l’espérance s'affermit, la charité s’enflamme, les bons propos se forment, les victoires se remportent. Sans cet aliment, l'esprit perd ses forces et la tentation fait facilement brèche pour y introduire le mal à la place du bien ».


Avis des Saints

 

« Mon premier avis, âme dévote, c‘est que vous soyez amie de la sainte oraison, c'est par cette porte qu‘on entre dans la connaissance de Dieu et de soi-même » (Sainte Camilla Battista de Varano). « Ayez à cœur l’oraison mentale, c’est le plus court chemin pour arriver à la perfection » (Saint Ignace de Loyola). « N’abandonnez pas l’oraison, dût l’épreuve, des aridités et des tentations se prolonger durant toute votre vie Un temps viendra où tout-vous sera largement payé » (Sainte Thérèse d’Avila).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique


La Bienheureuse Séraphine Sforza (Suève de Montefletro), religieuse de son Ordre (1434-1478)


Mariée au seigneur de Pesaro, Alexandre Sforza, Suève eut la douleur, après quelques années d'intime union, de voir changer complètement à son égard les sentiments de son époux. La vie de la vertueuse princesse fut dès lors un martyre de tous les murs. Mais plus les mauvais traitements augmentaient, plus elle redoublait ses prières, ses austérités, ses exercices spirituels, afin d'y puiser la force de tout souffrir. Dans son affliction, l’auguste Mère de Dieu lui apparut et lui montra la vie des filles de sainte Claire comme le port où il lui serait donné de trouver le calme et le repos après tant d’orages. Suève revêtit donc les livrées de sainte Claire nous le nom de Séraphine et passa le reste de ses jours à prier pour son époux dont elle finit par obtenir la conversion. Elle fut élue Abbesse en 1475. Après sa mort, un parfum délicieux s’exhala de son corps et remplit pendant trois jours la chapelle du monastère où il était exposé.


Pratique : Fidélité à l'oraison.


Prière


O glorieuse Mère, si bien nommée « Encensoir d'oraison », obtenez-moi le don de recueillement et de prière, afin que je puisse comme vous rendre à Dieu d'incessants, de brûlante hommages. Faites que j’apprécie l’oraison et l'esprit de prière si nécessaire à mon progrès. Ainsi soit-il.

 

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22 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Vingt-troisième Jour

Duchesse des humbles

 

Autre appellation significative que nous allons méditer aujourd’hui. La Bulle de canonisation l’a décernée à Claire en même temps que l’immortel et si glorieux titre de Princesse des pauvres.

Devant la sainte Eglise, Claire apparut si belle au jour de son triomphe, si éclatante en pureté, si généreuse dans sa pauvreté et l'esprit d’abaissement, qu’Alexandre IV ne crut pouvoir l’exalter d'une façon plus éloquente en l‘inscrivant au rang des saints.

Duchesse des humbles ! Qu’est-ce à dire, sinon que la douce Abbesse de Saint-Damien excella dans la pratique de l’humilité comme dans celle de la pauvreté ? Elle a brillé non moins par l‘une que par l’autre, si bien que l’humilité et la pauvreté, ces deux vertus-sœurs, sont en quelque sorte les fleurons les plus éclatants de son céleste diadème. Plus notre Sainte aimait la pauvreté, plus elle allait disparaissent dans la profonde humilité. Chez tous les Saints, la note de l’une est généralement celle de l’autre ; impossible qu’il en soit autrement. car la chère et bénie pauvreté conduit toujours à l'humilité.

Mesurons donc l'humilité de Claire à la hauteur de cette pauvreté divine qu’elle aima si éperdument et pratiqua si parfaitement.

Quelques-unes de ses admirables paroles en ce point nous le révéleront mieux encore. Écoutons ses accents d’une humilité ravissante : « Moi, Claire, malgré mon indignité, servante de Jésus-Christ et des Pauvres Sœurs du monastère de Saint-Damien, et plante inutile dans le champ du Seigneur… je tremble en songeant à la fragilité de ma nature et crains d’en faire encore plus la triste expérience… Quel bonheur, écrit-elle à l’ardente Agnès de Bohême, quel bonheur de penser que par votre ardeur à imiter Jésus-Christ pauvre et humble, vous suppléez à mes défauts et compensez si abondamment les imperfections de mon zèle à imiter ce divin Modèle… Vivre pauvre et s’attacher à Jésus-Christ pauvre, quel bonheur !… Considérer les humiliations qu’il a embrassées pour nous et le suivre en devenant, s’il le faut, pour lui, un objet de mépris aux yeux du monde... c’est à cela que nous devons aspirer ».

Aux paroles viennent s’ajouter les actes : par humilité, Claire refuse constamment durant plus de trois ans le titre d’Abbesse et n’en veut point d'autre que celui de servante : « Ancilla », se disant même en toute occasion une servante inutile.

Par humilité, elle recherche pour elle ce qu’il y a de moindre, laissant aux autres ce qu’il y a de mieux. Les occupations les plus pénibles et les plus vulgaires font sa joie, les derniers offices du monastère sont ceux qu’elle se réserve de préférence. Abbesse, on la voit de plus en plus se confondre et s’anéantir. Plus on l’honore, plus elle s’abaisse ; plus elle est au-dessus des autres, plus elle s’anéantit ; elle-même sert ses compagnes à table, lave les pieds des sœurs quêteuses lorsqu’elles reviennent au monastère et les baise avec une expression de foi et de reconnaissance qui n’a d’égale que son incomparable humilité.

 

Réflexions et Avis


De même que l'estime et l’amour de la pauvreté tirent mépriser à notre héroïne les richesses de la terre, de même aussi l’estime et l'amour de l’humilité la portèrent à mépriser les honneurs du monde pour embrasser les humiliations de Jésus-Christ. Si Claire, comme nous l’avons vu, fut une incomparable amante de la pauvreté, elle fut aussi une sublime passionnée de l’humilité.

« Mais tout d'abord, qu’est-ce que l’humilité ? Être humble, c'est s'ignorer soi-même pour ne connaître que Dieu seul ; c’est donner à ce grand Dieu la seule gloire qu’il ambitionne, en confessant avec joie et par des hommages sans cesse renouvelés que tout est à lui, que tout vient de lui et que tout doit retourner à lui. Être humble; c’est faire un acte de suprême adoration, acte qui consiste à affirma le souveraine amabilité, la souveraine beauté de notre Dieu et qui se résume en ces mots : « Vous êtes tout, Seigneur, et je ne suis rien ; à vous donc louanges, honneur, amour et gloire, et à moi le mépris, la confusion ». Être humble enfin, c'est recevoir toute chose de la main de Dieu avec une amoureuse confiance, comme l'enfant reçoit des mains de son père, parfaitement convaincu que par lui-même il ne mérite rien, que l’amour seul lui donne tout ce qu’il possède, que l’amour: seul l‘a fait tout ce qu’il est ». (Auteur d’Allons au Ciel!)

Tel fut bien le caractère de l'humilité. Aussi profonde que sincère, de notre glorieuse Mère. Tel devrait bien être aussi le caractère de la notre, âme pieuse. L’humilité mettrait ainsi une garde à nos yeux pour qu’ils ne soient jamais détournée de la vue salutaire de notre bassesse et de notre néant, et nous tiendrait dépendant en tout et partout de la volonté de Dieu, comme nous le sommes de sa toute-puissance. Elle serait la force de notre bras, nous faisant agir n toute rencontre pour la plus grande gloire de Dieu. Elle serait l‘appui de nos pieds dans la vie du Ciel, y guidant nos pas, encourageant nos efforts et deviendrait finalement la main qui nous en ouvrirait la porte, car nul ne doit prétendre entrer au Ciel s’il ne s’est humilié devant Dieu et nul n'aura autant de part à sa gloire que l'âme qui aura été vraiment humble ici-bas, aimant à s‘abaisser devant les autres et restant toujours vile à ses propres yeux.


Avis des Saints

 

« Humilions-nous pour faire notre salut » (Saint Dorothée de Gaza). « La première chose à faire pour attirer en nous la grâce, c’est de se bien convaincre que de nous-mêmes, nous ne sommes rien et que tout ce qu’il y a de bon en nous vient de Dieu » (Sainte Catherine de Bologne). « Aimez a être oublié, méprisé et compté pour rien » (Saint Bonaventure).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Antoinette de Florence, religieuse de son Ordre (1401-1472)



Du commencement à la fin de sa vie, une admirable ferveur la distingue sans cesse. Élue Abbesse, elle communique à ses filles ce feu sacré et fait régner ainsi à un très haut degré l’esprit de régularité, de pauvreté et de pénitence. A l’amour divin qui ne cessait de l'embraser, elle donnait sans relâche l'aliment d'une maison où elle passait les nuits presque entières. Une nuit qu'elle était en oraison dans l’église, un globe de feu vint reposer sur sa tête et illuminer tout à coup le lieu où elle se trouvait. D‘autres loin, on la vit élevée de terre et ravie en extase.


Pratique : s'exercer à l’humilité en ayant soin d’en pratiquer aujourd‘hui même quelque acte généreux.


Prière


J’admire plus que jamais, ô Mère, la belle humilité qui brille en vous ! Puisse-t-elle rayonner jusqu'à moi et me faire apprécier plus que je n’ai fait jusqu’ici les motifs et les occasions nombreuses que j'ai de pratiquer une telle vertu. Aidez-moi, je vous en conjure, à devenir comme vous douce et humble de cœur, à l‘exemple de Jésus. Ainsi soit-il.

 

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21 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

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Vingt-deuxième jour

Princesse des pauvres

 

La Bulle de canonisation décerna à la sainte Abbesse de Saint Damien un titre inconnu et qui dut sembler bien étrange à la société de ce temps. Alexandre IV l’appela « Primiceria pauperum, Princesse des pauvres ».

« Princesse des pauvres ! s’écrie le pieux Abbé Demore, elle le fut : son coeur était trop vaste, trop noble, trop chrétien pour s’abaisser jusqu’aux misérables satisfactions qu’il faut aller fouiller dans les biens de la terre ; l'immensité de Dieu était seule capable de le remplir. Persuadée que l’on n’est jamais plus riche que lorsqu’on a tout laissé, elle aurait craint de souiller la pureté de son âme par le moindre regard jeté sur ce qui passe avec le siècle. Elle ne trouvait de consolation et de bonheur que dans la pensée qu'elle avait tout quitté pour Celui qui s'est fait si pauvre, afin de nous enrichir par son indigence. Devient-elle la fondatrice d’un nouvel ordre, elle veut que tout jusqu'à leur propre nom, rappelle à ses filles spirituelles la, résolution qu’elles ont prise de vivre et de mourir « Pauvres ». Adresse-t-elle à ses religieuses quelques-uns de ces discours brûlant: qui en faisaient autant de saintes, c’est de la « très haute Pauvreté « qu’elle fait l’éloge. Écrit-elle quelqu’une de ces délicieuses lettres que nous citons ailleurs, c'est l’amour de la sainte et admirable Pauvreté qui l’inspire. Son Institut se propage-t-il au loin, « la bienheureux Pauvreté est toujours la richesse impénétrable qui doit attirer sur ses monastères les regards et les, complaisances du ciel, la muraille impénétrable qui doit les défendre, la tout qui doit les protéger ». Un souverain pontife, aussi grand par le génie que par le cœur, la presse-t-il d'accepter au moins quelques biens fonds, quelques ressources, elle ne veut d'autres fonds que les trésors inépuisables de la Providence, d'autres revenus, que tes privations de tout genre qui la feront marcher de plus près sur les traces de Jésus-Christ. Si on lui donne en aumônes de simples morceaux de pain, elle les reçoit avec joie ; si, au contraire, on lui donne des pains entiers, elle s’afflige, elle tremble de peur de violer en les acceptant le vœu qu’elle a fait de n’avoir jamais rien en propre. Les vêtements les plus grossiers sont ceux qu’elle choisit de préférence, les aliments les plus insipides ceux qu’elle se réserve ; la cellule la plus étroite et la plus incommode celle qu’elle envie à ses sœurs… Oh ! Oui, digne fille de saint François d’Assise, vous êtes véritablement la Princesse des Pauvres ! »

On comprend mieux, d’après cet exposé, quelles délices trouvait la Sainte à savourer dans sa Règle des articles tels que celui-ci : « Que les sœurs ne s’approprient rien, ni maison, ni terrain, ni autre chose, mais comme pèlerine et étrangère ici-bas ; servant le Seigneur dans la pauvreté et l’humilité, qu’elles envoient demander l’aumône avec confiance. Il ne faut pas qu'elles en aient honte, puisque Notre-Seigneur s’est fait pauvre pour nous en ce monde ».


Réflexions et Avis

 

« Bienheureux les pauvres d’esprit, parce que le royaume des cieux est à eux » (Mat 5, 3). Ainsi que François d'Assise, Claire avait compris le sens mystérieux, mais bien réel, de ces divines paroles. L’évangélique pauvreté lui était apparue, comme à lui, sous les charmes célestes que revêt tout enseignement du Sauveur. Tous deux l’entrevirent comme une souveraine ignorée, une reine méconnue, délaissée, abandonnée, mais digne de tout amour... Une telle vision de la pauvreté sublime eut pour effet de les conquérir l’un et l‘autre à son service et à son amour. François, sur l'heure, devint son Chevalier, et Claire, l'heureuse Princesse de sa cour.

« Quelles ravissante légions d'âmes, dit un pieux auteur, ont marché après eux sous l’étendard de la noble et très sainte Pauvreté ! Quel magnifique spectacle elles ont donné au monde en renonçant volontairement aux richesses et aux honneurs d’ici-bas pour embrasser de même la pauvreté et les humiliations de Jésus-Christ ! »

Heureux mille lois ceux et celles qu'un appel spécial de Dieu a fixés dans cet état de perfection, mais tout en réfléchissant à ce bonheur, l'âme chrétienne doit se rappeler quels devoirs sérieux lui tracent à elle aussi les paroles du Sauveur : « Bienheureux les pauvres d’esprit ». Prises en dehors de la pauvreté religieuse, elles proclament le bonheur de quiconque sait vivre détaché des choses périssables de la terre et en écarter l‘amour de son cœur.

Qui ne le sait, tout chrétien doit s’efforcer de détacher son cœur des biens matériels de ce monde sous peine de se voir un jour aux prises avec cette impossibilité effrayant: qu’expriment ces autres paroles de Jésus : « il est aussi difficile aux riches d‘entrer dans le royaume des cieux qu’à un chameau de passer par le trou d’une aiguille »( Mat 19, 24).

Les richesses, en effet, seraient au salut un obstacle insurmontable sans l'esprit de détachement, et comment prétendre imiter Jésus dans sa pauvreté, son dénuement, les privations qui en furent la suite lorsqu’on vit dans une abondance où tout satisfait la sensualité et l’orgueil !…

 

Avis des Saints


« Ne nous laissons pas courber vers la terre par le pesant fardeau des richesses. Ne cherchons pas à posséder à la fois le Christ et le monde ; aux biens fragiles et éphémères de cette vie préférons les biens éternels » (SaintJérôme). « Dans cette vallée de malheur, vous ne pouvez rien posséder d‘assez beau, d’assez ravissant pour posséder pleinement votre cœur » (Saint François d’Assise). « Qui devient pauvre de ses propres biens s’enrichit des biens de Dieu ; donc l'homme doit choisir les richesses célestes et mépriser les siennes propres ». (Bienheureux Gilles d’Assise).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

Sainte Catherine de Bologne, vierge de son Ordre (1413-1447).


A la cour de Ferrare où elle fut élevée, Catherine ravit tout le monde par les qualités de son esprit et de son coeur. Devenue fille de Sainte Claire, elle fait l'admiration de ses compagnes par ses sublimes Vertus. Elle menait une vie toute crucifiée, leur enseignant ainsi par son exemple a ne jamais s'écarter du chemin royal de la croix. Elle se rappelait ce que lui avait dit un jour Notre-Seigneur : « Ma fille, si tu veux faire une chose qui me soit agréable, ne laisse passer un seul jour sans t'associer à mes souffrance en méditant sur ma cruelle Passion et recommande aux autres la même pratique : vous retirerez des fruits inappréciables de cette dévotion ».


Pratique : s'imposer joyeusement aujourd’hui quelques privations positives en esprit de pauvreté.


Prière


Incomparable Amante de la très sainte Pauvreté, révélez-m'en les gloires. Que je l’entrevoie comme vous dans les charmes de ses splendeurs. dans les célestes joies de la béatitude qui lui sont promises. Plus convaincue de ses prérogatives et de ses biens, que je les estime et les désire de tout mon cœur. Ainsi soit-il.

 

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20 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Vingt-et-unième jour

Progrès croissants


Claire survivre vingt-sept ans à son bienheureux Père, mais le départ du saint patriarche pour le ciel n’avait fait qu'attiser en son cœur le feu de l’amour sacré. Après la mort de saint François, l’ardeur de Claire pour la perfection s’embrase de plus en plus. L’amour divin qui la consumait prend chaque jour de nouveaux accroissements. Il faut en dire autant de l’esprit de mortification, de son admirable patience dans la maladie, de l‘attrait indicible qu’elle avait pour la très sainte pauvreté. L’amour divin la tenait absorbée en Dieu des journées entières, la douce patience en faisait un angélique modèle au milieu même des plus vives souffrances. Quant à la pauvreté, sa grande vertu de prédilection, d’amour et de fait, Claire la portait si loin qu’elle eût voulu, comme son bienheureux Père, n’y être dépassée par personne et pouvoir même se dire qu’elle ne pouvait aller au delà.

À Saint Damien, tout subissait délicieusement l’heureuse influence de son zèle et de sa ferveur. Sincères admiratrices doses vertus, les filles de Claire rivalisaient d’auteur à les imiter. « Toutes n'avaient qu’une seule volonté et un même cœur. L’humilité, qui est à la fois la gardienne des dons de Dieu et la source des autres vertus, était portée parmi elles jusqu’à l’héroïsme. Saintement détachées de tous les objets de la terre, elles n’avaient d’attraits que pour les biens du Ciel. Ni les contradictions, ni les souffrances n’altéraient la sérénité de leur cœur. Leur vie était une prière continuelle, leur amour de la pauvreté tenait du prodige. leur abstinence était plus étonnante encore. Nulle part vous n’auriez trouvé un silence plus absolu ; jamais dans la Communauté, composée pourtant de cinquante membres, vous n’auriez entendu une parole oiseuse, plusieurs même avaient perdu tellement l’habitude du langage que, lorsque des rapports nécessaires les obligeaient à communiquer leurs pensées, elles avaient peine à en trouver l’expression ». (Vie de Sainte Claire, par Joseph de Madrid).

Tant de vertus et de sainteté répandait au loin son parfum. Le nom de Claire était en Italie en telle vénération que non seulement les évêques et les Cardinaux, mais aussi le Pape désiraient la voir et l'entendre. Le Cardinal Hugolin ne connaissait pas, disait-il, de joie comparable au bonheur d’entretenir la vierge d’Assise. Le Pape innocent IV la visita aussi plusieurs fois en personne. Dans une de ces visites. Claire pria humblement le Saint Père de vouloir bien bénir le pain de la Communauté que la sœur dépensiére venait de poser sur la table. Le Saint Père refusa, disant à la sainte Abbesse qu'il voulait que ce fût elle qui le bénit. L’humble Sainte confondue s'en excusa, alléguant qu'elle serait digne de blâme de donner cette bénédiction en présence du Vicaire de jésus-Christ. Mais le Saint Père le lui ayant commandé par obéissance, Claire a l’instant fit pieusement sur ce pain le signe de la Croix. Ô merveille de l'obéissance et de la sainteté ! À l’instant même le signe de la croix. Parut gravé sur chaque pain ! Innocent IV, témoin de ce prodige, prit un de ces pains et, rendant grâces à Dieu, il partit, laissant Claire avec sa bénédiction.

 

Réflexions et Avis


Comme pour les Saints, il y a pain nous une loi de progrès, la même qu’a intimée Notre Seigneur par ces paroles : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48). Or, quel travail, quels efforts n’avons-nous pas à faire, misérables et imparfaits que nous sommes, pour arriver à tel point, à telle mesure de perfection. Ah ! Sans doute, vous direz : je ne puis tendre à l’acquisition entière d'une perfection si haute et si étendue, mais nous vous disons que s’il ne vous est pas permis de l’atteindre, au moins vous reste-t-il le perpétuel devoir d’y tendre avec ardeur et de ne rien négliger pour y progresser toujours.

Une âme pénétrée de cette obligation ne saurait perdre la moindre occasion d’y satisfaire. Aucun moyen auxiliaire ne lui paraît indifférent ou superflu. Elle estime, apprécie et tient à mettre en usage jusqu'aux moindres des éléments susceptibles de favoriser sa marche vers l'idéal sublime qui lui est montré. Elle sait qu'en cela rien n’est à négliger ou à dédaigner,car,effectivement, lorsqu'il s'agit de croître en vertu, tout doit être mis à profit avec une sainte ambition puisqu'il n’est rien de si humble et de si petit qui ne soit d‘une merveilleuse efficacité en ce en ce point : L’édifice de notre perfection, a-t-on dit, se ,construit au moyen de gouttes d’eau et grains de sable. Cela veut dire qu’il faut chercher à faire profit des plus petites choses.

Âme pieuse, voulez-vous progresser dans la vertu, avancer dans l’amour ? Témoignez-le comme Sainte Claire, par une fidélité inviolable à vos bonnes résolutions, par votre générosité à souffrir tout ce que Dieu jugera bon que vous souffriez ; Rien n’accélère autant le progrès des justes que leur acquiescement complet aux vouloirs divins. Souscrire volontiers à tout ce qu’il ordonne, à tout ce qu’il désire de nous sera un moyen infaillible de réjouir son cœur d’attirer ses grâces et de marcher à grands pas dans la voie qui conduit à lui.


Avis des Saints

 

« L’homme sera tenu de rendre compte même de la grâce qu’il n’a pas, parce que s'il travaillait avec zèle et sollicitude avec la grâce dont- il a été comblé, il obtiendrait encore celle qu’il n’a pas » (Bienheureux Gilles d’Assise). « Ouvrez donc les yeux et ne perdez pas le peu de jours que vous avez à vivre. Soyez vigilant, fervent, et, en peu de temps vous ferez grand profit dans la voie de la perfection » (Sainte Camilla Battista de Varano). « Ayons constamment le coeur tourné du côté du Ciel » (Saint Paul de la Croix).

 

Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

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olette, vierge et réformatrice de l’Ordre (1381-1446)


D’une humble condition, mais sublime en vertu. Colette fut, choisie par le Seigneur pour rendre à l'Ordre de Sainte Claire sa première splendeur. Elle reçut avec humilité cette grande mission et ne se laissa point décourager par les obstacles. Elle puisait dans l’oraison, l'esprit de pénitence et l’union à Dieu, le secret de sa force et de son courage. En présence de l’adorable captif de nos autels, son âme était embrasée d’ardeurs séraphiques auxquelles ne manquaient pas de répondre les faveurs de Jésus. Un jour que le prêtre oublia à la messe de donner la Communion à la sainte Abbesse qui l’attendait à la grille, Notre Seigneur apparut tout à coup, ouvrit le Tabernacle et donna de sa main la communion à sa sainte Epouse, puis, après avoir replacé le ciboire dans le Tabernacle et donné la bénédiction, il disparut, laissant dans l'admiration les religieuses témoins d'une telle merveille.

Pratique : Sainte ardeur dans la pratique des vertus.

 

Prière


Ayez pitié de ma faiblesse, ô Mère, et que votre âme compatissante me prête son appui. Obtenez-moi la force dont j'ai besoin pour vaincre ma lâcheté et marcher courageusement dans la voie de l’amour qui n’est autre que celle de la pureté, de l’humilité, de la persévérance finale. Ainsi soit-il !

 

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19 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Vingtième jour

Touchants adieux

 

Un sacrifice cruellement douloureux se préparait pour Claire et ses filles : le séraphique patriarche, leur Père, approchait de sa fin. La vie austère qu’il avait menée, les fatigues d’un apostolat sans trêve et surtout le feu de amour divin, qui brûlait son cœur, en avaient fait un holocauste cher à son Dieu, et le Seigneur maintenant en exigeait le sacrifice.

Le 4 octobre 1226 devait être le dernier jour de François sur la terre. Sentant sa dernière heure arriver, il ordonna qu’on le déposât sur la terre nue, et croisant ses bras, il murmura ces paroles, ineffable accent de son cœur : « Adieu, mes enfants, adieu à tous... je vous laisse dans la crainte et la paix du Seigneur, demeurez-y toujours... Le temps de l’épreuve et de la tribulation approche, heureux ceux qui persévéreront. Pour moi, je vais à Dieu avec un grand empressement et je vous recommande tous à sa grâce ».

Deux frères, Léon et Angelo, vinrent, sur son désir, chanter le « Cantique de Frère Soleil », chant d’ineffables louanges au Créateur, terminé par le plus tendre appel à sa douce et bien-aimée sœur la mort…

François se fit lire ensuite la passion de Jésus-Christ, selon saint Jean. Après cette lecture, il récita d’une voix mourante le chant du Roi Prophète, qui commence par ces mots : « Ma voix a crié vers le Seigneur », et qui finit par ceux-ci : « Voilà que les justes attendent votre jugement sur moi » (Psaume 161). À ces derniers mots, l’âme de François s’échappe de sa prison mortelle ; il avait quarante-cinq ans. Un frère vit son âme sous la forme d’une étoile resplendissante, s’élever au ciel sur une nuée blanche et lumineuse.

On devine l’intense douleur de Claire et de ses filles, en apprenant la mort du séraphique Père, le deuil inconsolable de leurs âmes navrées... François était depuis quinze ans le guide et le père de la petite famille de Saint Damien, sa forte et lumineuse colonne, comme l’a dit sainte Claire, et, après Dieu, sa consolation et son appui. Aussi, éclata-t-elle en gémissements non interrompus, la douleur des Pauvres Dames.

Dieu leur réservait, cependant, la consolation de revoir leur angélique Père avant que sa dépouille mortelle fût déposée dans le tombeau. Le lendemain, en se rendant de Notre Dame des Anges à Assise, pour la cérémonie des funérailles, le convoi funèbre se dirigea vers Saint Damien et l'on introduisit le corps du,Saint dans l’humble chapelle des religieuses. Devant la grille qu’on avait ouverte, chacune put, voir, contempler, vénérer le saint corps... Claire et ses filles ne pouvaient se rassasier d’une telle vision… Les stigmates sacrés que portait le séraphique Père les ravissaient d’admiration, et Claire surtout ne se lassait pas de baiser ces plaies vénérables, incompréhensible récompense de l’amour qui l'avait embrasé ici-bas. Elle eût voulu en retirer un de ces clous merveilleux qu’on voyait aux pieds et aux mains et le garder connue une précieuse relique. Mais la sainte Mère l’essaya en vain… Le clou formé de chair adhérait à la chair et la sainte Abbesse dut se contenter de tremper un linge dans le sang vermeil qui s'échappait de la plaie glorieuse de son côté.

Lorsque la piété des Filles de François eut donné libre cours à ses démonstrations, les magistrats et les Frères Mineurs, qui leur avaient apporté le saint corps, reprirent leur précieux fardeau et continuèrent leur route vers l’église de Saint Georges à Assise, laissant les Pauvres Dames, malgré leur douleur, saintement consolées.


Réflexions et Avis


La vue consolante des restes mortels de François, l'image de jésus crucifié, si fidèlement reproduite sur lui ne fut pas stérile au sein de la pieuse communauté de Saint Damien. Dans son esprit de zèle, Claire sut admirablement en tirer parti pour exhorter ses filles à la reconnaissance envers Dieu, à la générosité dans son amour.

Ce que nous savons des vertus des Saints ne doit pas seulement exciter notre admiration, mais encore nous porter à les imiter en ce que Dieu demande de nous. C'est à cela, avant tout, qu'il faut s’attacher et à ce point de vue surtout que doit se manifester notre culte et notre dévotion pour eux. Qu’il vous serait utile, âme pieuse, de réfléchir chaque' jour sur les exemples des Saints, d’étudier leurs vertus pour ensuite travailler avec plus d'efforts et de persévérance à les imiter. En les voyant si humbles, si défiants d‘eux-mêmes, si détachés du monde, comment ne pas apprécier davantage l‘humilité, la pureté, l‘esprit de renoncement, toutes les vertus enfin que nous voyons briller en eux ?… Que l'exemple de sainte Claire produise en nous ce merveilleux effet ! « Et celui de François, ce bienheureux pauvre de Jésus Christ, quand nous apprendra-t-il, comme il apprit à tant d'autres, à mépriser le monde, à aimer Dieu de tout notre cœur et à vivre uniquement pour lui ? »


Avis des Saints

 

« La sainte contrition, la sainte humilité, la sainte charité, la sainte dévotion, la sainte joie, voilà ce qui rend l’âme sainte et bonne ». (Bienheureux Gilles d’Assise). « Il ne suffit pas de faire de bonnes œuvres, il faut les bien faire. » (Saint Alphonse de Liguori). « Aimez et faites ce que vous voudrez ». (Saint Augustin).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Félicie Meda, vierge de son Ordre (1378-1444)


A l’âge de douze ans, elle fit vœu de chasteté et ne vécut plus que pour plaire à son céleste époux. Dix ans plus tard. elle entrait chez les pauvres Clarisses de Milan, où elle se distinguer par la pratique de routes les vertus. Le malin esprit ne voyait pas de bon œil le zèle et la ferveur de la chère bienheureuse. Aussi s’efforçait-il par mille stratagèmes de la troubler et de la tourmenter. Il lui apparaissait sous les formes les plus effrayantes, allant même jusqu’à la maltraiter et l'accabler de coups. Mais la patience de Félicie ne faiblissait pas et Satan devait se retirer vaincu devant les armes puissantes auxquelles elle avait recours : La prière et la confiance.

Pratique : S’encourager à la pratique de la vertu par l’exemple des saints.


Prière


Au nom de saint François, votre bienheureux Père et le mien, je vous demande, ô Mère, l’esprit de générosité et de ferveur. Attirez mon âme à l’odeur de vos célestes parfums, entraînez-moi après vous dans le sentier des vertus parfaites : humilité que vous aviez si profonde, charité si tendre, abnégation si entière et si étendue... Que j’y marche à votre exemple d’un pas généreux. Ainsi soit-il.

 

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18 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

33 BANCHETTO MISTICO

Dix-neuvième jour

Flammes d’amour


Nous allons raconter sous ce titre, aujourd’hui, le merveilleux prodige qui eut lieu à Sainte Marie des Anges, un jour que la bienheureuse Claire s'y était rendue avec une de ses compagnes pour visiter saint François. Cédant au pieux désir de la Sainte, le bienheureux Père voulut bien lui procurer une fois la douce consolation, immense pour son cœur, de revoir ce cher sanctuaire de Notre Dame des Anges dans lequel avait eu lieu, comme on s’en souvient, sa consécration au Seigneur la nuit du Dimanche des Rameaux 1212.

Repassant ensemble les bienfaits sans nombre et les consolations divines dont le Ciel les avait comblés depuis, les saints Fondateurs en bénirent avec effusion le Père de miséricorde, auteur de tout bien, et l’hymne de la reconnaissance ne tarissait pas de leurs cœurs émus.

Après ce libre cours donné à l’action de grâces, François invita Claire et sa compagne à partager le frugal repas de la Communauté. Les saintes moniales acceptent et prennent place humblement à la table modeste des pauvres du Seigneur.

« Or, est-il dit, pour le premier service, saint François commença à parler de Dieu d’une manière si suave, si sublime, si merveilleuse, que la grâce divine descendit sur les convives en abondance et tous furent ravis en Dieu… Et pendant qu'ils étaient ainsi ravis, les yeux et les mains levés au Ciel, les gens d’Assise et de Bettona et ceux des environs, virent Sainte Marie des Anges tout embrasée, ainsi que le couvent et le bois tout ensemble, tellement que ceux d’Assise coururent de ce côté en grande hâte pour éteindre le feu, croyant que tout brûlait. Ils entrèrent et virent saint François avec sainte Claire et toute leur compagnie ravis en Dieu » (Fiorettis).

A cette vue ils comprirent le mystère. Les flammes dont leur avait paru enveloppé le monastère étaient l’indice miraculeux de celles de l’amour divin dont les âmes y étaient embrasées et ils revinrent émerveillés, ravis d’une telle vision.

Longtemps après revenant à eux, les saints extatiques ne songèrent plus guère à la nourriture corporelle. Le Seigneur les avait nourris d'un pain céleste renfermant en soi de pures délices.

Claire et sa compagne, le cœur brûlant, rentrèrent à Saint Damien qu elles ne devaient plus quitter. Laissons-les dans leur chère solitude pour revenir auprès du saint Patriarche, car nous touchons à l'heure où le cœur de François brasier d’amour. va devenir celui d’un séraphin. Écoutons ce miracle. C’est saint Bonaventure qui le raconte.

« Un matin, pendant qu’il priait sur le versant de la montagne, il vit descendre des hauteurs célestes un séraphin ayant six ailes de feu toutes resplendissantes. Conduit bientôt par la rapidité de son vol vers l’homme de Dieu, l'esprit demeura proche de lui sans toucher la terre, Alors entre les ailes du Séraphin apparut un homme crucifié ; ses mains et ses pieds étaient étendus et attachés à une croix. Deux de ses ailes s’élevaient au-dessus de sa tête, deux autres étaient étendues pour voler, et les deux dernières couvraient son corps.

A cette vue, le Saint demeura dans un étonnement indéfinissable, et son cœur éprouva un sentiment de joie mêlée de tristesse. Il se réjouissait d’un aussi admirable spectacle, où le.Seigneur, sous la forme d'un séraphin, contemplait son serviteur, et son âme était transpercée d’un glaive de compassion douloureuse en le voyant ainsi attaché à la Croix.

Une vision si insondable le jetait dans une anxiété profonde; car il savait que l’infirmité de la passion n’était aucunement compatible avec l’immortalité d’un esprit séraphique.

Enfin, il comprit, par une illumination céleste, que la divine Providence l’avait fait jouir d’une telle faveur pour lui apprendre à lui, l’ami de Jésus-Christ, qu’il devait se transfigurer, non par le martyre du corps, mais par un embrasement sans réserve de son âme en la ressemblance du Sauveur crucifié.

La vision, disparaissant, le laissa tout rempli d’une ardeur indicible et imprima sur son corps des traces admirables. Soudain commencèrent à paraître dans ses mains et dans ses pieds tes marques de clous, telles qu’il les avait vues tout a l’heure dans l’homme crucifié offert à ses regards. Ses mains et ses pieds semblaient transpercés de ces clous, leurs têtes apparaissaient,à l'intérieur des mains et au-dessus des pieds, et l’on voyait sortir leur pointe à la partie opposée. Ces têtes étaient noires et rondes, les pointes longues et comme recourbées avec effort après avoir traversé la chair ; elles demeuraient tout à fait distinctes. Son côté droit portait aussi l’empreinte diane cicatrice rouge, comme s’il eût été transpercé d’un coup de lance, et souvent le sang s’échappait de cette plaie avec une abondance telle que tous les vêtements du Saint en étaient pénétrés ».

François avait reçu les stigmates de la Passion, il était en quelque sorte un autre Christ, la vivante image de Jésus crucifié.


Réflexions et Avis


Le degré de perfection et, par conséquent, de sainteté, s'établit en toute âme par celui de l'amour. Plus une âme aime Dieu, plus il y a en elle l’élément de la sainteté, et plus cette âme est agréable à ses yeux et chère à son Cœur. Ce n’est donc point sur la nature des actes que nous accomplissons, non plus que sur leur éclat ou leur multitude qu'en est basé le mérite, mais bien sur le degré d'amour qui les inspire et qui les réalise. Mettons beaucoup d’amour en tout ce que nous faisons et toutes nos œuvres seront des œuvres parfaites. Habituons-nous à agir constamment, par amour, à en produire des actes fréquents et à mesure que les formera notre âme son progrès s'accentuera et sa sainteté grandira.

Un grand moyen de nous exciter à l’amour divin est le souvenir des bienfaits de Dieu à notre égard, des souffrances de Notre Seigneur Jésus Christ et de l’amour qu’il nous a témoigné de mille manières surtout en mourant pour nous sur la croix et en instituant la sainte Eucharistie par laquelle il veut bien se faire notre aliment et le compagnon de notre exil. Nourri de ces grands souvenirs, l'amour généreux se développe rapidement, ainsi que nous le voyons dans Claire et François d'Assise, l’un et l’autre admirables envahis de ce feu sacré.


Avis des Saints

 

« L’amour n’est pas aimé, pleurons » (Saint François d’Assise). « Aimez entièrement Celui qui s’est offert entièrement pour vous » (Sainte Claire). « Dans le Cœur de Jésus, on ne découvre qu‘amour et charité... pénétrez dans ce cœur, âme chérie de Dieu, si vous voulez croître en amour et avancer dans la perfection ». (Sainte Camilla Battista de Varano).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Claire Agolanti de Rimini, religieuse de son Ordre (1282-1346).

 

Célèbre convertie, elle obtient de son mari la liberté de faire pour Dieu autant qu'il lui avait permis de faire pour le monde. Elle s’abandonne sans réserve a son amour pour les austérités, à son amour pour la prière et pour les pauvres. Une nuit, Notre-Seigneur daigna apparaître accompagné de saint Jean-Baptiste et des apôtres, lui montrant la plaie de son sacré côté et lui dit de demander toutes les grâces qu'elle voudrait, La Sainte se contenta de solliciter la conversion des pêcheurs et pour elle-même la grâce de compatir aux douleurs de la Passion.


Pratique : Demander l’amour divin avec instance.


Prière

 

Ô vous dont le cœur brûlait sans cesse de ces divines flammes, obtenez-en au mien une vive étincelle. Je voudrais pouvoir aimer Dieu comme vous de toute l’affection dont sont capables mon âme et mon coeur. Ô sainte Claire, obtenez-moi cette grâce de Celui que vous avez tant aimé. Ainsi soit-il.

 

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17 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Dix-huitième jour

Esprit de sacrifice

 

« Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce soi-même, qu’il prenne sa croix et me suive ». (Luc 9, 23). Ainsi est formulée dans le saint Evangile la grande loi de l’abnégation chrétienne et la doctrine spirituelle du sacrifice, l’une et l’autre promulguées par Notre Seigneur, corroborées par ses exemples et toujours d’une actualité permanente à travers les siècles. Se renoncer soi-même, prendre sa croix et suivre Jésus-Christ est l’invariable itinéraire tracé par le Sauveur lui-même à toute âme qui veut marcher après lui dans la route qu il nous a frayée.

En s’engageant dans cette voie qui s’ouvrait devant elle, Claire en avait sondé toutes les profondeurs. Elle en avait compris les renoncements, mesuré les sacrifices, accepté généreusement toutes les immolations. Sans parler des points multiples de la Règle et des austérités indicibles qu’y ajoutait sa ferveur, qui dira, par exemple, ce que furent pour notre Sainte les immolations du cœur, le sacrifice des séparations déchirantes qu’un essaimage voulu du ciel ne tarda as à lui demander ?Le parfum de sainteté qu’exhalait Saint Damien se répandait déjà dans toute la péninsule, et.bientôt arrivèrent à Assise de nombreuses suppliques sollicitant pour ailleurs des noyaux de ce merveilleux fruit séraphique, des essaims fondateurs de cette Ruche embaumée. Ce fut d’abord San Severino, puis Spello, Arezzo et Pérouse qui vinrent tour à tour demander à Claire ces sacrifices d'un nouveau genre. Comme le disent ses biographies, la sainte Abbesse sut généreusement y souscrire, mais le départ de sa tendre Agnès, qu’il fallut donner à la fondation de Florence, fut de ceux qui firent le plus saigner son cœur. Ce fut en 1219 que sonne l’heure déchirante de la séparation ; le cœur de la sainte Abbesse, comme nous venons de le dire, en saigna douloureusement dans le silence. Quant à celui d’Agnès, il en garda longtemps une blessure qui semblait presque inguérissable… Que n’ajoutait pas, hélas ! à celle de Claire cette douleur intense d‘Agnès dont l’écho attendrissant est parvenu jusqu’à nous !… Pour voler courageusement au sacrifice leurs cœurs n’en demeuraient pas moins déchirés et meurtris... Mais si leur douleur fut intense, leur courage à la surmonter n'en fut que plus admirable et plus héroïque.

Après le départ d’Agnès, ce fut pour la seconde fois celui d’une nièce chérie, la douce Balbina, puis celui de sa chère Pacifique, tante Bonna, qui fut envoyée à Spello. D'autres filles bien chères furent données aussi à la France, à l’Espagne et ailleurs… L’arbre séraphique, plongeait ses racines au coeur de la sainte Fondatrice et chacun de ses rameaux ne devait germer qu’au prix de larmes et de sacrifices.

Qu’étaient cependant ces sacrifices, comparés à celui que le ciel allait bientôt lui demander ? Claire se le disait elle-même en voyant son bienheureux Père, martyr de l’amour non moins que de la souffrance, s’affaiblir peu à peu comme une lumière qui s’éteint dans le silence et l’ombre...


Réflexions et Avis


Toute vocation et ses devoirs conduisent à des immolations et des sacrifices. Le dévouement le plus empressé, le plus joyeusement traduit n’échappe même pas à cette onéreuse condition. Depuis que le péché a si malheureusement vicié notre nature, l’homme ne peut s‘adonner au bien et pratiquer la vertu sans qu’il lui en coûte. De là ces difficultés renaissantes que nous éprouvons trop souvent en pareils cas et de là aussi, par conséquent, la loi du sacrifice.

Ne vous faites pas illusion. Sans l’esprit de renoncement et de sacrifice, il n’y a pas de vie chrétienne. L'âme.qui refuse de se renoncer elle-même pour éviter ce que Dieu défend, ou de se sacrifier pour accomplir-ce qu'il enjoint, ne saurait être comptée parmi ses enfants... Tout chrétien est donc tenu de satisfaire à cette grande loi du sacrifice; mais l'âme pieuse plus unie et Dieu par l'obéissance et l’amour doit l’observer plus parfaitement. Elle doit sentir le besoin d’aller au delà, de faire quelque chose de plus. Elle se dira donc : Si le simple chrétien peut se contenter de renoncer aux jouissances défendues et d’accomplir les préceptes de mortification qu'impose rigoureusement le saint Evangile, moi je dois faire plus... et malgré ce qu'il pourra m'en coûter, j'embrasserai la mortification chrétienne dans une plus vaste mesure, acceptant volontiers non seulement les sacrifices qu’elle impose formellement, mais encore ceux qu’inspire aux âmes de bonne volonté le désir de plaire à Dieu et qui sont le fruit d’inspirations généreuses.

Vous vous rappellerez alors, chère âme, qu’avec Jésus, vous êtes victime et que votre cœur est son autel choisi. « Le feu sacré doit s' y entretenir avec soin. Mille nouvelles victimes y doivent être immolées chaque jour. Vos sens, vos passions, le monde et ses plaisirs seront la matière du sacrifice et l’amour consumera l'holocauste tout entier ».

Infinies sont les jouissances qu’éprouve l’âme à s’immoler pour Dieu. Nos meilleurs sacrifices découlent des souffrances et il n‘en est pas de plus nobles et de plus excellents à offrir à Dieu.


Avis des Saints

 

« Arrière l'amour-propre ! Ne vous écoutez pas. Que le saint amour vous fasse courir dans la voie qui vous plaît le moins, où vous ne trouverez que répugnance et sacrifice ; là sera la gloire et la volonté du Seigneur ! » (Sainte Véronique Juliani). « On ne devient saint qu’en s'humiliant, renonçant à soi-même, se crucifiant en tout et partout » (Sainte Marguerite Marie). « Si la peine vous effraie, regardez ce qui vous est promis » (Saint Augustin).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Mathie de Nazzarei, vierge de son Ordre (1234-1300).


Comme la sainte Fondatrice et la douce Agnès sa sœur, la jeune Mathie, pour réaliser sa vocation, eut à soutenir contre ses parents des luttes inouïes. Mais Dieu lui communiqua tant de force et de sagesse qu'elle sut résister aux promesses comme aux menaces. Elle vécut de longues années en religion et exerça dans son monastère la charge d’Abbesse durant quarante ans. A ses derniers moments, une éclatante lumière avait environné la chère bienheureuse et s'était répandue dans tout le monastère. Peu après, les habitants de Melica voyaient une splendide étoile apparaître sur sa cellule, comme pour annoncer la gloire dont elle joui!sait au Ciel.

Pratique : Souscrire volontiers, malgré les répugnances de la nature, aux sacrifices qui nous sont demandés.

 

Prière


Glorieuse Mère sainte Claire, obtenez du Seigneur le pardon de mes infidélités. Quels reproches n'ai-je pas à me faire en ce point, moi si faible, hélas ! Lorsqu'il s’agit de me renoncer et d'écraser la nature. Ô sainte Mère, rendez mon cœur plus fort et plus généreux. Ainsi soit-il !

 

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16 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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 Dix-septième jour

Règle et forme de vie


Parlant des origines de l’Ordre et de la Règle ou forme de vie qui leur fut donnée à elle et à ses disciples, Claire s’exprime ainsi dans son admirable Testament :

« C’est ainsi que par la volonté du Seigneur et de notre Bienheureux Père François, nous quittâmes le monastère où nous avions demeuré pendant quelque temps et nous vînmes nous établir auprès de l’église de Saint Damien, où Dieu nous multiplia bientôt par sa miséricorde et sa grâce, afin d’accomplir ce qu’il avait prédit par son serviteur.

Le saint nous donna ensuite une forme de vie et il voulut que nous fussions toujours persévérantes dans la pratique de la sainte pauvreté. Il ne se contente pas même de nous exhorter à l’amour et à l’observance de cette très précieuse vertu, par ses discours réitérés et par ses exemples, il nous adressa encore plusieurs lettres, de peur que, après sa mort, nous ne vinssions à nous en écarter le moins du monde, et afin que nous fussions fidèles à nos promesses, à l'exemple du Fils de Dieu, qui, tant qu‘il vécut, ne voulut jamais s’écarter de cette sainte pauvreté et à celui de notre bienheureux Père qui, marchant fidèlement sur ses traces, l’avait inviolablement choisie pour son partage ».

« La première règle des Clarisses, dit Mgr Ricard, dut être fort simple, peut-être la seule reproduction des versets que François avait lus d’abord à ses premiers compagnons, avec quelques préceptes sur le travail des mains et les occupations des sœurs ».

Quant à la Règle officielle, dressée par Saint François, elle ne fut donnée aux solitaires de Saint Damien que quelques années plus tard. Ce code vénérable repose tout entier sur les préceptes et les conseils du saint Evangile ; il est en somme l’exacte reproduction de la Règle que Dieu lui-même se plut à donner à François pour son premier Ordre. Le Saint en élimine. seulement quelques articles concernant l’apostolat des Frères Mineurs.

Cette règle des Pauvres Dames est divisée en douze chapitres. Les saints vœux : Obéissance, Pauvreté, Chasteté et Clôture en forment comme la base. Le silence, l’oraison, l’esprit de recueillement intérieur et la douce union fraternelle y tiennent large part. Office divin, travail, pratiques de piété et de pénitence, autres obligations d'une grande portée.

Claire et ses filles rivalisaient d'ardeur dans la pratique de cette règle bénie et François ne pouvait se lasser d’en bénir et remercier le Seigneur. Le trait suivant nous fera voir en quelle estime était Claire au regard du saint Fondateur et quelle entière confiance il avait en sa sagesse, en ses conseils et en ses prières.

Dans l’esprit du saint Patriarche, un doute avait surgi. En raison de son grand attrait pour l‘oraison, François se demandait s’il n'était pas préférable pour lui de renoncer à la vie apostolique pour s'adonner uniquement à la contemplation. Avec une aimable simplicité, il consulta ses frères, mais aucun d'eux n’osa prendre sur lui de trancher la question. Alors, dans son incertitude, il s’adressa à Claire, la priant de consulter le Seigneur et de .lui donner son avis. Il fit aussi la même demande à un saint prêtre qui vivait en ermite dans les environs d’Assise. Claire, absolument confondue d'un message qui blessait tant son humilité, se mit néanmoins en prière aussitôt et le ciel ne tarda pas à lui faire connaître, ainsi qu'à l’humble ermite; la volonté du Seigneur en ce point : « Allez et prêchez fut-il dit à François, c'est l’intention du Seigneur, car ce n’est.pas seulement pour votre salut que vous avez été appelé, mais aussi pour le salut des autres ».


Réflexions et Avis


Claire n’est plus ici-bas, mais notre regard peut la découvrir au ciel, au sein de l’illustre phalange d’âmes que la pratique de sa règle et l'imitation de ses exemples ont si admirablement sanctifiées.

Que d’âmes en effet ont trouvé dans la Règle séraphique de sainte Claire la voie qu’elles devaient suivre et le secret de la perfection qu'elles devaient atteindre pour la rejoindre au ciel !

Cette admirable ligne a été pour ces chères Elues la clef du Paradis, l’espérance du salut, comme le disait saint François, et le pacte d’une alliance éternelle. Mais avant, par quel sentier de croix et de souffrances elle les a fait passer !

Si la règle séraphique est l’espérance du salut elle est aussi le chemin de la croix, la voie sanglante qui conduit l'âme au Calvaire pour l'y crucifier avec Jésus... Les austérités qu'elle impose ne sont-elles pas pour elle les clous bénis qui l’attachent à la Croix, les épines qui l’y couronnent, les souffrances qui l’y font mourir ?... Heureux crucifiement ! Souffrances bénie si Sainte et précieuse mort qu’exaltent et qu‘exalteront éternellement au ciel ces âmes généreuses qui l'ont acquis par ce moyen ! Comme elles s’applaudissent maintenant d'avoir embrassé et fidèlement pratique cette règle austère, d‘avoir préféré la pauvreté aux richesses, le mépris aux honneurs du monde, une vie mortifiée aux jouissances même permises qui leur furent offertes et d’avoir ainsi, à l'exemple de notre Seigneur, fait choix de la souffrance plutôt que de la joie. « Dès le commencement, la joie lui fut offerte, dit saint Paul, mais il a choisi et préféré la Croix » (Héb 12, 2).

Entrons dans les sentiments des saints et marchons comme eux par ia voie étroite qui conduit à la vie des Elus, La voie royale de la Croix s’ouvre également devant nous. Pourquoi refuser d'y entrer ? Embrassons de tout coeur les peines et les mortifications qu'il plaît à Dieu de nous envoyer et faisons au moins de nécessité vertu. En admirant dans l'histoire des saints leur humilité, leur charité, leur patience, leur mortification volontaire de tous les instants, n’aurons-nous pas la force de secouer notre lâcheté et de pratiquer comme eux des actes généreux pour le Seigneur ? Âme pieuse, que le jour ne s’écoule pas sans que vous ayez prouvé à Dieu votre générosité.


Avis des Saints

 

« Ceux qui sont à Jésus Christ ont crucifié leur chair avec ses passions et ses désirs déréglés » (Saint Paul, Galates). « Si vous faites mourir par l’esprit les œuvres de la chair vous vivrez ». (Saint Paul, Romains). « La mortification est le char qui conduit au ciel » (Saint Ephrem). « Gardez à Dieu ce que vous lui avez promis. Il saura bien vous dédommager de vos sacrifices ». (Sainte Claire à Ermentrude).


Couronne de Sainte Claire

Fleur séraphique


La Bienheureuse Yolande, religieuse de son Ordre, sœur de la Bienheureuse Çunégonde et nièce, comme elle, de sainte Elisabeth de Hongrie (1235-1298).


Délivrée des assujettissements de sa haute position par la mort de son époux le duc Bolestas, Yolande se dirigea avec la plus jeune de ses filles au monastère de Sandeck où se trouvait déjà sa bienheureuse sœur. Jusqu’à la mort, elle donna à celles qui l’entouraient l’exemple de toutes les vertus. Après la mort de sa sœur, les religieuses l’ayant choisie pour Abbesse, malgré ses oppositions, elle sut les conduire dans la voie des plus héroïques vertus. Après sa mort, elle apparut brillante de gloire à une Abbesse de son Ordre gravement malade et lui rendit la santé.


Pratique : fidélité exacte et pleine de ferveur au règlement de vie.


Prière


Obtenez-moi auguste Mère, cette ferveur incessante qui vous a si merveilleusement sanctifiée. De quelles lumières et de quels secours particuliers ne vous a-t-elle pas rendue digne ? Donnez-moi le courage de me renoncer moi-même, d’embrasser la vertu et de ne rien refuser à Dieu, afin qu'accomplissant exactement et généreusement tous mes devoirs, je puisse le glorifier ici-bas et durant toute l’éternité. Ainsi soit-il.

 

 

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15 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

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Seizième jour

La sainte Abbesse


« Se voyant établie supérieure, et, par conséquent, conseillère et maîtresse des épouses de Jésus Christ, Claire, dit un de ses biographes, se regardait comme strictement obligée de leur servir de guide et de modèle, tant par l’exemple que par des enseignement solides. Afin donc de satisfaire aux obligations de sa conscience, elle les instruisait avec une grande précision de doctrine, elle les consolait affectueusement, elle veillait sur chacune d’elles avec une sollicitude qu’il serait difficile de concevoir et plus difficile d'expliquer. La première règle qu’elle leur donnait. était de tenir leur âme éloignée de tout bruit et de toute préoccupation du siècle, afin d’être plus facilement admises à l’intimité du Roi du ciel, Jésus-Christ, Notre Seigneur. Elle les exhortait à bannir de leur esprit jusqu’au souvenir des vanités du monde, en méprisant par amour pour leur céleste époux1tousles plaisirs, délices et joies terrestres, et en suivant jésus crucifié dans la voie de l’abnégation, de la pauvreté, de la mortification et des souffrances, parce qu'elle est la seule qui puisse nous faire parvenir avec lui à la gloire ». (Joseph de Madrid).

Claire exhortait aussi ses filles à l’abnégation d’elles-mêmes, afin que rien du moi humain ne les retardât dans leur course vers le Ciel. Quant à la belle vertu de pureté, qui lui prêtait son aile, Claire voulait qu'elle resplendît dans tout son éclat en chacune des colombes du petit nid de Saint Damien, et, dans ce but, elle insistait particulièrement sur la nécessité de mortifier les sens et la chair, afin que, dégagée de tout obstacle, l’âme ne pensât plus qu’à Dieu et pût s’unir plus intimement à lui par le recueillement intérieur et la sainte oraison.

Elle leur recommandait surtout l'amour de Dieu et du prochain, une grande fidélité à la règle, la rigoureuse observance du silence, le souvenir habituel des souffrances de Jésus. Elle était même la première à donner l’exemple, de toutes les vertus. Claire n'exigeait rien des autres qu’elle ne le pratiquât elle-même. Son zèle de l’observance et son admirable ferveur la portaient même bien au-delà de ce qui était prescrit.

C’est ainsi que par sa parole et ses exemples, Claire animait perpétuellement ses filles à la pratique de toutes les vertus. Le soin qu’elle prenait de leur âme ne lui faisait pas négliger les besoins du corps, sa tendre sollicitude s’étendait à tout, au matériel comme au spirituel. En l’un comme en l’autre, la plus tendre charité l’inspirait, et le miracle, au besoin, venait à son aide comme vont le prouver les deux faits suivants :

Un jour, Cécile de Spello, l'économe du monastère, ne trouve plus qu’un seul pain pour alimenter le repas de la communauté composée alors de cinquante religieuses. Dans son embarras, elle vient montrer ce pain à Claire, qui lui dit aussitôt : « Partagez le pain en deux. Envoyez-en la moitié aux frères qui habitent hors du monastère, puis faites de l'autre moitié, cinquante parts : une pour chaque sœur ». L’économe, étonnée, allègue aussitôt qu’il faudrait un miracle pour faire tant de parts d'un morceau de pain. « Pourquoi douter, ma fille ? Répartit Claire. Allez et faites avec foi ce que je viens de dire ». La sainte Abbesse alors convie ses compagnes à prier avec elle, et tandis qu’avec une filiale confiance elles disent à Dieu : « Panem nostrum quotidianum da nobis hodie », le pain se multiplie entre les mains de sœur Cécile, tremblante d’émotion « et il y en eut assez pour rassasier pleinement la communauté qui bénissait le Dieu des pauvres ».

Une autre fois, il n’y avait plus d’huile au couvent, Claire prend, entre ses mains le vase de provision qui était vide, et au simple contact des doigts de la sainte, la jarre se remplit miraculeusement.


Réflexions et Avis


« Ce nous est un puissant motif de ferveur, disait le P. Lallemand, de considérer combien de personnes ont intérêt à notre perfection. Notre Seigneur, qui à donné son sang et sa vie pour nous acquérir la perfection que Dieu nous destinait et qui ne veut pas perdre le fruit de sa mort. La sainte Vierge, qui nous obtient tant de grâces pour nous rendre parfaits et qui,attend que nous soyons un jour sa couronne et sa gloire. Nos bons anges, qui s’emploient avec tant de zèle pour nous conduire dans les voies de la perfection afin de nous avoir pour compagnons dans l‘éternité bienheureuse.

Nos saints patrons et les autres amis que nous avons au Ciel, qui désirent avec tant d’ardeur que nous marchions sur leurs traces et qui nous assistent si puissamment de leur intercession. Les âmes du Purgatoire qui recevraient bien plus d'assistance de notre part si nous étions plus parfaits.

La religion, que nous servirions bien mieux si nous avions plus d'amour pour Dieu. L’Eglise, à qui nous serions bien plus utiles si nous étions parvenus au degré de sainteté auquel nous sommes appelés. Combien Dieu nous montrera-t-il d’âmes qu’il aurait sauvées par notre moyen si nous avions été de parfaits instruments de sa gloire. Combien nous-en fera-t-il voir à qui nous aurions aidé à se sanctifier si nous avions été nous-mêmes des saints. Combien d'autres qui seront demeurées longtemps en Purgatoire et qui en auraient été plus tôt délivrées par notre assistance si nous avions été d’un plus grand mérite devant Dieu ».


Avis des Saints

 

« Tendez sans cesse vers cette perfection à laquelle l‘Esprit de Dieu vous a appelée, afin que vous puissiez offrir sans cesse au Très-Haut des vœux qui lui soient agréables et que vous suiviez toujours avec plus de fidélité les commandements du Seigneur » (Sainte Claire a Sainte Agnès de Prague). « Suivez la voie la plus étroite » (Saint Bède). « Si c‘est pour l’amour de Dieu que nous travaillons, nous sommes bien coupables d'être paresseux à son service » (Saint lgnace de Loyola).

 

Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique


La Bienheureuse Cunégonde, vierge de son Ordre, Reine et patronne de là Pologne et de la Lituanie (l224-1292).


Le Seigneur, qui l'avait prévenue de ses plus douces bénédictions. la conserva vierge dans l'état conjugal. Après la mort de son royal époux, Bolestas V, roi de Pologne, elle revêtit l’habit de sainte Claire et se retira au monastère de Sandeck. Elle y vécut dans l’exercice d'une humilité profonde, cherchant à faire oublier sa grandeur dans le monde et se comportant en communauté comme la plus humble des religieuses et la servante de toutes. Les dernières années de sa, vie furent marquées par un grand nombre de miracles ; elle guérit des aveugles, des sourds, des muets et rendit la santé a plusieurs malades. Elle rappela même à la vie pour quelques heures le prince André son neveu. À ses derniers moments, la bienheureuse Cunégonde fut réjouie par la présence de saint François qui lui apparut et vint l‘assister en personne.


Pratique : s’exciter toujours à mieux faire, ainsi que le recommandait sainte Claire à ses filles.


Prière


Obtenez-moi, ô sainte Mère, le désir d’une perfection toujours plus grande et le courage de travailler à l’acquérir par tous les moyens mis en mon pouvoir. Que rien désormais ne m’arrête lorsqu’il s‘agira de glorifier Dieu, de le contenter et de porter les autres à son amour. Ainsi soit-il.

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14 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Quinzième jour

 

Election

 

Le monastère des Pauvres Dames était pour chacune de ses habitantes un Ciel anticipé. Claire y donnait l’exemple des plus sublimes vertus et tout la désignait au regard de François pour être la supérieure élue de la Communauté naissante.

Longtemps il insista auprès d‘elle pour qu’elle consentit à accepter le titre et la charge d’Abbesse, mais inutilement. Ni les représentations de François, ni les prières de la Communauté, qui joignait ses instances aux siennes, ne furent capables de triompher de son humilité profonde. Le Saint s’étant vu contraint d’user de son autorité, en ce point, lui imposa donc lui- même cette charge importante. L’obéissance avait parlé, Claire s’y soumit.

« Le premier soin de la jeune Abbesse, dit un historien récent, fut de bien remarquer le but qu’elle entendait poursuivre avec ses compagnes. Elle désire que jusque dans le nom par lequel on les désignerait, tout le monde put voir qu'elle étendait à leur sexe la réforme que François avait préparée aux hommes ».

Le titre de « Pauvres Dames » lui semble résumer admirablement ces principes et donner la note précise de sa théorie. Depuis l'aurore de l‘institut, l‘heureuse petite famille de Saint Damien en savourait lès charmes. Ce nom était pour chaque recluse une mélodie à l’oreille, une délectation au cœur. Avoir le nom de Pauvres Dames et le droit acquis de vivre dans une souveraine pauvreté, tel est le privilège étrange mais surnaturellement sublime, que rêvait pour elle et ses filles l’Abbesse de Saint Damien. Elle va le solliciter de l’immortel Pontife qui occupe si dignement la Chaire de Saint Pierre, et ne pouvant se rendre à Rome comme s'y était rendu François pour faire approuver le genre de vie qu’avaient embrassé le Saint et ses compagnons ; Claire, inspirée, saisit sa plume et réclame humblement d’Innocent III l’insigne faveur que son cœur désire.

« Voilà un privilège que personne encore n’avait demandé au Saint Siège », s’écria avec admiration le grand pape, en lisant la supplique la généreuse Abbesse, et, de sa propre main, Innocent écrivit les premiers mots du Bref apostolique, par lequel il accordait le privilège demandé.

L'occasion s’offrit bientôt pour Claire d'affirmer par un acte public ses vues pratiques à l’égard de son cher privilège.

Héritière d’une grande fortune à la mort de son père, survenue peu de temps après, 1’Abbesse de Saint Damien ne voulut pas se réserver la moindre chose de la succession paternelle. Par ses ordres, tout fut distribué aux pauvres et la petite communauté naissante resta après la succession du comte ce qu’elle était auparavant : l’asile du dénuement et de la pauvreté. Faut-il s’étonner qu’un tel amour de la pauvreté religieuse ait mérité à notre chère Sainte cette noble et glorieuse dénomination : Princesse des Pauvres ?


Réflexions et Avis

 

« Dieu ne se sert point des imparfaits, dit un pieux auteur, pour l’exécution de ses grands desseins. C’est de peur qu’ils ne se damnent, car s’il se servait d’eux, ils prendraient de là occasion de s’enorgueillir et leur vanité serait cause de leur perte. Mais travaillez solidement à votre perfection, ajoute le pieux Jésuite, attachez-vous à Dieu, cherchez uniquement à lui plaire : fussiez-vous dans un désert, s’il veut se servir de vous, il saura bien vous trouver et il vous fera faire des merveilles quand même votre état et votre vocation ne vous porteraient pas aux fonctions de la vie apostolique ». (P. Lallemand).

L’important pour une âme est de se tenir humblement, docilement livrée au bon plaisir de Dieu, voulant tout ce qu’il veut et rien de ce qu'il ne veut pas, inclinée de tout cœur sous sa volonté sainte et prête à l’accomplir dès qu’elle se manifeste. Dans ces dispositions, vous serait-il si pénible, âme pieuse, d’acquiescer aux vues de la Providence sur vous, de vous y abandonner pleinement ? Dieu a plus que vous-même à cœur les intérêts de votre âme, et rien de sa part, vous le savez bien, ne saura jamais les compromettre. Que d’âmes cependant agissent comme s’il en était autrement. Tout leur semble perdu et les déconcerte du moment qu'un événement quelconque vient enrayer leurs plans ou les contraindre de les modifier. On rêve une calme et sereine piété que rien ne trouble, un état spirituel qu‘aucune épreuve ne traverse, une atmosphère à l'abri de tout orage, et l’on ne songe pas que le renoncement à soi-même et l’humble soumission d’esprit n'éclatent jamais tant qu'au sein des contrariétés qui surviennent et des choses qui répugnent à notre volonté Disons donc avec sainte Claire : « Seigneur. votre bon plaisir m'est tout et ma joie sera toujours de l’accomplir en toute chose ! ».


Avis des Saints

 

« C’est à Dieu qu'il appartient de nous diriger et cette pensée rend la résignation et l'obéissance faciles » (Sainte Claire). « Il n’y a plus de fruits et de profit pour l'âme à se renoncer qu’à faire ce qui lui plaît » (Sainte Colette de Corbie). « Prenez la voie la plus sûre, obéissez ! Celui qui fait la Volonté de Dieu va au Ciel, celui qui la néglige n’y entre pas » (Saint Alphonse de Liguori).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Marguerite Colonna vierge de son Ordre et fille du comte Odon, seigneur de Palestrina (1284).

 

Sa générosité à renoncer au monde lui mérita, les divines faveurs de l’adorable époux. Un jour, pendant qu‘elle priait, Notre Seigneur déposa sur sa tête une couronne d'épines un autre jour il lui mit au doigt un anneau d’or ses terres le monastère de Palestrina et s’y sanctifia sous la règle de Sainte Claire dans les plus hautes vertus, Durant sept ans, la généreuse vierge endura avec une héroïque patience un affreux ulcère. « Priez Dieu, mes filles, disait-elle a ses compagnes, de ne pas alléger mes souffrances, mais bien plutôt de couper, de tailler, de brûler ici-bas afin que je ne sois pas confondue dans l’éternité ».


Pratique : être soumis à Dieu en tout avec l’intention pure et sincère de le glorifier par ce moyen.


Prière


O Sainte Mère, « que je suis loin encore de cet esprit de foi, de grâce et de sainteté qui agit non par humeur, caprice ou instinct, ni par imagination, préjugé de sentiment, mais par des principes surnaturels et par l’unique motif de contenter Dieu et de le glorifier. Au nom de la charité qui vous animait, obtenez-moi ces dispositions qui donnent tant de prix à nos œuvres et tant d’assurance pour le salut ». Ainsi soit-il.

 

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13 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

Sainte Claire et ses filles

Quatorzième jour

Ruche embaumée

 

Cependant, la vocation de Claire et d'Agnès, même après les merveilles de la vocation de François et de ses premiers compagnons, avait un grand retentissement dans tout le pays. Leur rang, leur jeunesse, le courage qu’elles avaient déployé étaient l'objet d’une admiration universelle.

« En même temps, la pauvreté, pour avoir été embrassée par d'aussi délicates natures, sembla perdre quelque chose de ses rigueurs. Elle apparut à un grand nombre de femmes comme la voie royale où dans l'Eglise Notre Seigneur appelait les cœurs qui voulaient sincèrement le servir. Il se fit parmi elles une émulation de sacrifice, au dire du biographe de Claire. On eût dit que la vertu venait de leur être montrée pour la première fois. Celles qu’un lieu sacré enchaînait au foyer s’appliquaient à vivre plus saintement que par le passé. Les autres quittaient leur famille et venaient se grouper autour de Claire. Grâce à cet empressement à suivre le signal donné par les deux sœurs, Saint Damien compta bientôt toute une famille. L’humble monastère allait devenir en bien peu de temps la ruche bénie du Ciel d’où sortirent comme autant d’abeilles les admirables vierges qui portèrent et répandirent l’esprit de désintéressement et de pauvreté dans toute l'Europe ».

Saluons en passant ces chères bienheureuses, les premières compagnes de Claire que nous connaissons déjà pour la plupart, puisque, à titre de Fleurs Séraphiques, elles brillent les premières à son immortelle Couronne. Tout d’abord, la douce et sympathique Sœur Pacifique, l'une des premières qui vinrent la rejoindre à Saint Damien. Elle n’est autre, on le sait, que la chère Bonne Guelfuccio, la tante aimée de notre Sainte, la très digne confidente des aspirations de son cœur. On se souvient de l'aimable empressement qu’elle mit à l’accompagner auprès de François à sa première visite au saint Patriarche et de son courageux dévouement à favoriser le départ de son héroïque nièce, la nuit de sa fuite.

Après la tante, une charmante nièce, l'aimable Aimée. Ravie à son fiancé de la terre par les charmes divins du céleste Epoux, Aimée renonça joyeuse au brillant mariage qui l'attendait et s’envola à Saint Damien auprès de sa Bienheureuse Tante, aux prières et conseils de laquelle elle se crut toujours redevable de sa chère et sainte vocation.

Agnès de Spello, qui avait grandi candide et pure au sein de la petite famille de Saint Damien. Elle était fille de don Opportule Bernard, protecteur temporel du monastère. Conduite un jour par sa mère à Saint Damien, la petite Agnès s’attacha à la robe de la Sainte qu’elle ne voulut plus quitter… Claire affectionna toujours beaucoup la douce benjamine de son troupeau.

Christine d'Assise, que notre chère Sainte avait en pour amie et confidente intime dans le monde.

Françoise ou Francisca, célèbre par son amour pour la prière et les prodiges qui l’en récompensèrent.

Les deux Sœurs Bienvenue, que l’histoire nous présente comme d’exemplaire admirable d’héroïque patience durant de longues et douloureuses maladies ; Angeluccia et Balbina, autre nièce de sainte Claire, la bienheureuse Bénédicte, Philippa d'Assise, Lucie de Rome, Cécile Gualtieri de Spello et enfin la Vénérable Hortulane, Mère de notre chère Sainte, et sa charmante jeune sœur Béatrix qui s’empressèrent de vernir la rejoindre au cloître après la mort du comte Favorino ainsi que nous l’avons dit déjà.

 

Réflexions et Avis


Semer le bon exemple autour de soi et porter les autres à la vertu est une obligation commune a tous. Excellente manière de glorifier Dieu, et de lui conquérir les âmes que cet apostolat du bon exemple. Chacun dans sa sphère, a devoir et mission de l’exercer Que votre lumière brille devant les hommes a dit Jésus, afin qu'ils glorifient votre Père céleste (Mat 5, 16).

Un tel espoir, à l'avance entrevu avait admirablement inspiré François d’Assise dans l’œuvre de construction de cette pieuse ruche de Saint Damien, la première de l’Ordre des Pauvres Dames, Claire aimait à le rappeler à ses filles pour enflammer leur zèle, et jusqu’à son dernier jour elle le leur redira. Voulant même que les générations futures de ses cloîtres le sachent aussi et comprennent mieux par là l’obligation qui leur incombe d’édifier le monde à leur tour, elle l’insère dans son Testament spirituel :

« Le Saint, dit-elle, n’avait encore ni frères ni disciples, lorsque, rebâtissant cette église de Saint Damien où il avait été comblé de si grandes grâces, et poussé à quitter entièrement le monde, il prédisait de nous, dans l‘excès de la joie et par l'effet d’une lumière surnaturelle, ce que le Seigneur a accompli plus tard, car alors montant sur les murs de ladite église, il disait à quelques pauvres du voisinage. à haute voix et en langue française : « Venez et aidez-moi dans la construction du monastère de Saint Damien parce qu’il doit y avoir ici des Dames dont la réputation et la sainte vie glorifieront notre Père céleste dans toute la sainte Eglise ». Et, partant de Ce principe, Claire exhorte ses filles à répondre aux vues de Dieu et de leur Saint Fondateur en ce point, ajoutant avec une admirable ferveur : « Nous devons donc continuellement bénir le Seigneur, le louer et nous encourager à mieux faire ! »

Aujourd’hui plus que jamais, il faut le bon exemple, car bien moindre hélas ! Est le nombre de ceux qui le donnent. Plus la ferveur diminue, plus serez-vous tenue, âme pieuse, de vous montrer fidèle, empressée et remplie d’une sainte ardeur pour le service de Dieu. Plus le courant du mal semble violent, plus devons-nous lui opposer une digue assurée. Cette digue sera le bon exemple.


Avis des Saints

 

« Nous sommes venus en ce monde seulement pour sauver notre âme et donner au prochain l’exemple des bonnes œuvres ». (Saint François d'Assise). « Appliquez-vous à bien agir et vous serez heureux ». (Bienheureux Gilles d’Assise). « Vous devez, avant tout, mettre Dieu dans vos intérêts. Votre travail ne sera fructueux qu’autant que Dieu le bénira » (Saint Pierre Chanel).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

Sainte Agnès de Bohême, vierge de son Ordre qu'elle affectionna d’une indicible tendresse (1200-l280).


Les lettres de Claire à cette chère et bien-aimée fille de son cœur en font foi. Agnès méritait bien cette prédilection, elle qui avait renoncé généreusement à toutes les grandeurs de la terre pour embrasser la pauvreté et l’humilité de jésus. La sainte Fondatrice accédant a ses désirs, lui envoya comme souvenir, une croix de bois, un voile grossier et l’écuelle de terre qui lui servait de verre à boire. Après la canonisation de sainte Claire, Agnès fit enchâsser dans l’or ces objets précieux. Sainte Agnès fut favorisée du don des miracles. On cite entre autres la résurrection de sa sœur la jeune princesse Ludmille.


Pratique : s’encourager sans cesse à mieux faire par l‘étude de la vie des Saints et des exemples de vertus qu’ils nous donnent.


Prière


O glorieuse Mère sainte Claire, rendez-moi de plus en plus désireuse de plaire à mon Dieu. je veux désormais ne rien chercher hors de lui, afin de concentrer en lui seul toutes les forces de mon esprit et de mon cœur et de le servir jusqu’à mon dernier jour avec ardeur et persévérance. Ainsi soit-il.

 

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12 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Treizième jour

A Saint Damien

 

Non loin d'Assise, la ville natale de François, s'élevait une antique chapelle qu'affectionnait particulièrement notre Saint, l’humble sanctuaire de Saint Damien. Malgré le dénuement de l'intérieur et l‘état menaçant de ses murs qui tombaient en ruines, François y venait souvent répandre son âme devant Dieu. Le prêtre qui desservait la chapelle, si pauvre lui-même qu’il avait à peine de quoi se nourrir, se voyait, à regret, dans l’impuissance absolue de réparer Ie saint lieu. François, lui résolut de s’y dévouer. Une voix mystérieuse, sortie du crucifix de la chapelle, lui avait fait entendre un jour cette injonction formelle : « François, va, et répare ma maison que tu vois tomber en ruines ». Le cher saint, prenant à la lettre cette parole, — bien qu’au fond elle signifiât l'œuvre de renouvellement qu'il devait accomplir dans toute l’Eglise, se mit héroïquement à l’œuvre. Il se fit lui-même ouvrier et quêteur. « Qui me donnera une pierre, disait-il à ses compatriotes, aura une récompense !... Qui m'en donnera deux, en aura deux ! Qui m'en donnera trois, en aura trois!!! » Puis il ajoutait d'une voix prophétique : « Venez et aidez-moi dans le travail que j’ai entrepris car un jour il y aura ici-même un monastère de Pauvres Dames, qui glorifieront le Père céleste dans toute la sainte Eglise ».

Le zèle et l'activité de François eurent bientôt réalisé son œuvre. En 1208, Saint Damien était réparé, et c’est là, à l'ombre de ce béni sanctuaire, que nous allons voir le saint Patriarche abriter les chastes colombes que le Ciel lui envoie.

Si doux que fussent les charmes de leur retraite à Saint Ange, Claire et Agnès n‘oubliaient pas qu’elles n'étaient là qu’en passant. Le couvent de Saint Benoît n’était pour elles qu'un pied-à-terre qu'elles devaient bientôt, quitter. François en effet, s'était mis en devoir de préparer le nid séraphique, nouveau Bethléem de son choix qui devait être le berceau de l’Ordre des « Pauvres Dames ». Un cloître modeste annexé au sanctuaire de Saint Damien ouvrait déjà ses portes aux filles spirituelles de saint François. Tout y était d‘une pauvreté et d’une simplicité touchantes : cellules étroites et basses où tout favorisait le doux recueillement, réfectoire des plus simples avec table grossière, qui se voit encore aujourd’hui, une terrasse de quatre pas de long et là un minuscule jardinet : tel est l'humble monastère de Saint Damien où nos deux héroïnes vinrent dresser la tente séraphique, Arche bénie où s’inaugura la vie solitaire des « Pauvres Dames » et qu‘illustrèrent de si grandes vertus. « Saint Damien est encore aujourd'hui à peu près tel que le virent Claire et Agnès. Les Frères Mineurs ont eu la touchante inspiration de conserver intact ce délicieux ermitage ».

Dans ce cher Bethléem, Claire et Agnès ne songent plus qu’à se livrer à Dieu. Silence recueillement, prière, tel est l'incitable élément dans lequel se plonge leur âme, l’atmosphère de sainteté où va se développer leur vie. L‘oraison est leur occupation principale, et l'attrait d'une irrésistible pénitence en fait bientôt d’héroïques immolées. Quant à ce qui concerne les besoins de la vie. François y pourvu en désignant deux frères « zélateurs » pour le service du monastère. Ceux-ci furent chargés de recueillir pour les pauvres recluses les aumônes charitables de leurs concitoyens.


Réflexions et avis


Que l'exemple de Claire et d'Agnès soit un stimulant à notre teneur. Apprenons de ces âmes généreuses à tout braver pour Dieu, à mépriser le monde, à nous affranchir des veines sollicitudes de la terre pour vivre uniquement en Dieu et pour Dieu. La conversion est une sorte de résurrection. Or, dit saint Paul, si vous êtes vraiment ressuscités, recherchez les choses du Ciel et non celles de la terre... tendez à Dieu avec une sainte ardeur. Sursum corda ! Les cœurs en haut !

La vie des nobles héroïnes de Saint Damien était bien la réalisation parfaite de cette parole. Tout en elles planait au-dessus de la terre. Dans les pensées d'un Sursum corda incessant. Tout en elles s‘élançait vers ces régions sublimes d'où l'âme entrevoit son Dieu de plus près, lui parle plus intimement, en jouit plus suavement.

La vie surnaturelle doit être pour vous aussi, âme pieuse, l’objet d’efforts constants. Avant tout, dit le Sauveur, cherchez le royaume de Dieu et sa justice, le reste vous sera donné par surcroît. Or, ce royaume céleste, ce royaume divin, nous le trouvons dans l’exercice de cette vie surnaturelle tout imprégnée de toi, d‘espérance et d‘amour. Ces trois grandes vertus embrassent tout et, dans la vie d’une âme vraiment chrétienne, tout est par elles facilement et merveilleusement surnaturalisé.

La vie surnaturelle est l‘opposé de la vie des sens, elle ne peut exister qu‘à des conditions onéreuses pour la nature. Comme son nom l’indique, c’est une manière de vivre qui n’a rien de commun avec la nature, une vie qui s'en dégage, la surpasse et ne trouve son complet épanouissement qu'en Dieu. Vie plus céleste qu humaine, plus du Ciel que de le terre, moins plongée dans le temps que dans l'éternité !...Une telle vie devrait être l'objet de nos perpétuelles aspirations et de nos efforts constants. Est-il si difficile à la pratiquer ? N’avons-nous pas au contraire, âme pieuse, tous les moyens d'en tenir les conditions et d'en obtenir les avantages ? Étant, comme vous le voyez, l’opposé de la vie des sens, il nous suffit pour y plonger d'agir à l'encontre de leurs inclinations vicieuses et de veiller sur tous les mouvements de notre cœur pour ne suivre que ceux de la grâce inspirés par le Saint Esprit.


Avis des Saints

 

« Faites comme les saints qui se sont efforcés de réaliser le bien qu’il était en leur pouvoir de faire ». (Bienheureux Gilles d’Assise). « Renouvelons chaque jour la résolution de faire pénitence et de servir Dieu sans relâche ». (Saint Louis de Gonzague). « Qu’une âme vraiment chrétienne est agréable à Dieu, et que sa couronne sera belle au de la de cette vie qui nous échappe sans cesse ». (Saint Pierre Chanel).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienhe
ureuse Isabelle de France, vierge de son Ordre. Fleur filiale et toute céleste épanouie sur les marches du trône (1225-1270).


A l’éclat d'une couronne et aux honneurs de la cour, Isabelle préféra les célestes prérogatives des vierges de Jésus. Elle fonda le monastère de Longchamp sous le beau titre de « L‘Humilité de Notre Dame », et y couronna sa virginale existence par la mort précieuse des saints. A l'heure où la chère Sainte rendait sa belle âme à Dieu, des concerts angéliques se firent entendre dans le monastère, puis une voix qui disait : « Sa demeure a été établie dans la paix ! » Saint Louis, roi de France, son illustre frère, présida les funérailles de sa bienheureuse sœur et consola pieusement la Communauté.


Pratique : Se laisser guider par les inspirations de la grâce et agir en tout par des vues surnaturelles.


Prière


A votre enfant, ô Mère, prêtez assistance et appui. Faites-moi vaincre mes résistances, étouffer mes plaintes, embrasser les sacrifices qu'exige la vertu. Aidée par vous, j’engagerai le grand combat, bien décidée à réprimer toujours et partout les mouvements de la nature pour laisser de même toujours et partout le triomphe à la grâce. Ainsi soit-il.

 

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