05 janvier 2009

Litanies de l'Amour de Dieu

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L'Amour de Dieu

Pourquoi et comment doit-on aimer Dieu?


Vous voulez donc que je vous dise pourquoi et comment on doit aimer Dieu ? Je réponds brièvement : la raison pour laquelle on aime Dieu, c'est Dieu lui-même ; et la mesure de cet amour, c'est de l'aimer sans mesure. Ceci suffirait sans doute pour une personne déjà instruite de ces choses. Mais si je suis aussi le débiteur des simples et des ignorants (Rom. 1, 14), il faut qu'après avoir répondu aux savants, je tienne compte des autres. A l'intention de ces esprits moins avancés, je ne ferai pas de difficulté de m'étendre plus longuement sur ce sujet, sans pour autant l'approfondir davantage. Je dirai donc qu'il y a deux raisons d'aimer Dieu pour lui-même : d'abord parce qu'on ne peut rien aimer avec plus de justice ; ensuite parce que rien n'est plus profitable. Car lorsqu'on se demande pourquoi il faut aimer Dieu, cette question appelle deux pensées différentes, puisqu'on peut mettre en question le sujet même de la quesion : faut-il aimer Dieu pour son mérite, ou bien pour l'avantge que nous retirons de cet amour ? En fait, je ferais la même réponse dans les deux cas, puisque je ne saurais trouver d'autre motif de l'aimer que lui-même. Mais commençons par traiter de son mérite.

C'est évidemment avoir beaucoup mérité de nous que de se donner à nous sans que nous l'ayons aucunement mérité. Etant ce qu'il est, que pouvait-il nous donner de meilleur que lui-même ? Si donc s'interroger sur les raisons d'aimer Dieu revient à rechercher quel est le mérite de Dieu, la raison principale est que lui-même nous a aimés le premier. Il est donc digne d'être aimé en retour, surtout si l'on comprend bien qui est celui qui aime, qui sont ceux qu'il aime, et combien il les aime. Qui est-il donc ? Il est celui auquel tout esprit rend ce témoignage : Tu es mon Dieu, parce que tu n'as besoin d'aucun de mes biens (Ps, XV, 2). L'amour de cet être souverain est vraiment immense, puisqu'il ne cherche pas son propre intérêt. Mais qui sont ceux auxquels s'adresse une charité si pure ? Lorsque nous étions encore ses ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu (Rom. V, 10), dit saint Paul. Dieu a donc aimé ses ennemis, et les a aimés gratuitement. Enfin, quelle a été la mesure de cet amour ? Saint Jean nous le dit : Dieu a tant aimé le monde, qu'il lui a donné son Fils unique (Jean, III, 16). Et saint Paul :Il n'a pas épargné son propre Fils, mais l'a livré à la mort pour nous (Rom. VIII, 32). A son tour, le Fils a dit, parlant de lui-même : Il n'est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime (Jean. XV, 13). Tels sont les mérites que le juste s'est acquis auprès des coupables, tel est l'amour du Très-Haut pour d'infimes créatures, du Tout-Puissant pour notre extrême faiblesse. Mais on dira peut-être que s'il a fait cela pour les hommes, il n'en a pas fait autant pour les anges. C'est vrai, mais parce que ce n'était pas nécessaire. Et d'ailleurs, celui qui vient au secours des hommes dans leur très grande misère, a préservé les anges de cette misère ; et si, dans son amour pour les hommes, il leur a donné le moyen de ne pas demeurer tels qu'ils étaient, par un amour aussi grand il a permis aux anges de ne pas déchoir comme nous.


Combien Dieu doit être aimé des hommes, tant à cause des biens du corps que de ceux de l'âme. De quelle façon discerner ces biens, et comment les posséder sans faire tort au donateur.


Ceux qui voient clairement ces choses, comprennent aussi, je pense, pourquoi il faut aimer Dieu, je veux dire quels mérites lui donnent droit à notre amour. Si les infidèles ne s'en aperçoivent pas d'eux-mêmes, Dieu a de quoi confondre leur ingratitude en invoquant le nombre infini de ses bienfaits, dont l'homme fait un constant usage, et que ses sens suffisent à lui révéler. Nul autre que Dieu ne nous dispense les aliments dont nous nous nourrissons, la lumière qui nous permet de voir, l'air que nous respirons. Mais il serait ridicule de vouloir énumérer les choses dont je viens à peine de soutenir qu'elles sont innombrables ; il me suffira d'avoir cité en exemple les principales d'entre elles : pain, soleil, air. Si je dis les principales, c'est qu'elles sont les plus nécessaires, non pas les plus excellentes ; car elles relèvent du corps. L'homme placera cependant les biens suprêmes dans cette partie de lui-même qui est supérieure à l'autre, c'est-à-dire l'âme ; et ses biens sont la dignité, la science, la vertu. J'appelle dignité de l'homme le libre arbitre, qui lui vaut d'être non seulement placé au-dessus des autres créatures vivantes, mais encore d'avoir sur elles le droit de commander. J'appelle science le pouvoir qu'il a de discerner cette dignité éminente, pouvoir qui ne peut avoir son origine en lui-même. J'appelle vertu, enfin, cette force qui le pousse à chercher celui dont il tient son être, à s'attacher à lui lorsqu'il l'a trouvé.

Ainsi donc, chacun de ces biens se montre sous deux aspects. La dignité humaine se manifeste d'une part sous forme de prérogative naturelle, d'autre part en tant que pouvoir de dominer, puisqu'on voit la crainte de l'homme s'imposer à toutes les créatures terrestres. La science également est double, dès lors qu'elle nous fait connaître que la dignité, comme tous nos autres biens, est en nous mais ne provient pas de nous. Quant à la vertu, nous distinguerons aussi ses deux faces, selon que nous cherchons Dieu avec assiduité ou que, l'ayant trouvé, nous lui vouons un attachement indéfectible. La dignité ne sert donc à rien sans la science, et celle-ci sans la vertu va jusqu'à devenir néfaste. Le raisonnement suivant va nous le démontrer. Quelle gloire y a-t-il à posséder un bien sans savoir qu'on le possède ? Et savoir qu'on le possède en ignorant qu'on ne le tient pas de soi peut être un sujet de gloire, mais non pas devant Dieu. Car l'Apôtre dit à quiconque se glorifie lui-même : Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? et si tu l'as reçu, pourquoi t'en glorifier comme si tu ne l'avais pas reçu ? (I Cor. IV, 7). Il ne dit pas simplement "pourquoi t'en glorifier", mais il ajoute : "comme si tu ne l'avais pas reçu". Ce qui revient à déclarer répréhensible non pas celui qui se targue de ce qu'il a, mais celui qui s'en targue comme si cela venait de lui-même. C'est à juste titre qu'on appelle vaine gloire un sentiment aussi dénué de tout fondement solide. Saint Paul définit donc la vraie gloire en disant encore : Que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur (I Cor., I, 31), c'est-à-dire dans la vérité. Car le Seigneur est vérité.

Il faut donc que vous sachiez et ce que vous êtes, et que vous ne l'êtes pas par vous-même ; sinon, vous risqueriez ou de ne pas vous glorifier du tout, ou de vous glorifier vainement. Il est écrit, en effet : Si tu ne te connais pas toi-même, va et suis les troupeaux de tes semblables (Cant. I, 6, 7). Et c'est bien ce qui arrive. L'homme élevé à la dignité, mais qui ne sait comprendre l'honneur qui lui est fait, mérite par son ignorance d'être assimilé aux bêtes, qui partagent avec lui sa présente condition d'être mortel et corruptible. En se méconnaissant elle-même, cette créature merveilleusement dotée de raison s'agrège aux troupeaux des animaux privés de raison ; et parce qu'elle ignore sa propre grandeur, qui est toute au dedans d'elle-même, elle se modèle sur le monde sensible qui l'entoure et cède aux séductions de sa propre curiosité. Ainsi se confond-elle parmi les autres créatures, pour n'avoir pas compris qu'elle a reçu plus qu'elles toutes. Il faut donc bien se garder de cette ignorance qui nous donne de nous-mêmes une opinion trop au-dessous de ce que nous sommes ; mais on doit se méfier tout autant, et même davantage, de cette autre erreur qui nous inspire une trop haute idée de nous-mêmes, et à laquelle nous succombons, par exemple, lorsque nous nous attribuons à tort le bien qui peut être en nous. Plus encore que ces deux sortes d'ingnorance, il convient de fuir et d'exécrer la présomption qui nous enhardirait à tirer gloire, en connaissance de cause, des biens qui ne sont pas nôtres ; sachant pertinemment qu'ils ne nous appartiennent pas, gardons-nous de nous arroger l'honneur qui en revient à autrui. La première ignorance est sans gloire ; la seconde nous vaut quelque honneur, mais pas devant Dieu. Quant à ce troisième mal, celui que l'on commet sciemment, c'est une usurpation au détriment de Dieu. Cette arrogance est bien plus grave et plus pernicieuse que la seconde ignorance, puisqu'elle conduit à mépriser Dieu, tandis que l'autre erreur ne consistait qu'à le méconnaître. Elle est aussi plus perverse et plus damnable que la première ignorance car celle-ci nous ravalait seulement au rang des bêtes, tandis que celle-là nous introduit dans la société des démons. User des biens reçus comme s'ils étaient inhérents à notre nature, et accepter des bienfaits en s'arrogeant un mérite qui appartient au bienfaiteur, c'est l'orgueil, le plus grand des péchés.


Saint Bernard de Clairvaux, Docteur de l'Église

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Litanies de l'Amour de Dieu


Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ , exaucez-nous.

Dieu du ciel, notre père, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Dieu le Fils, Sauveur du monde, ayez pitié de nous.

Dieu Esprit-Saint , notre Sanctificateur , avez pitié de nous.

Sainte Trinité, un seul Dieu,ayez pitié de nous.

Dieu, qui êtes l'amour infini ,ayez pitié de nous.

Dieu, qui nous avez aimé de toute éternité, ayez pitié de nous.

Dieu, qui nous avez ordonné de vous aimer,ayez pitié de nous.

Dieu, qui nous avez aimé jusqu'à nous donner votre Fils, ayez pitié de nous.

C'est de tout notre cœur que nous vous aimons, ô mon Dieu.

C'est de toute notre âme que nous vous aimons, ô mon Dieu.

C'est de tout notre esprit, que nous vous aimons, ô mon Dieu.

C'est de toutes nos forces et nos facultés, que nous vous aimons, ô mon Dieu.

C'est plus que tous les biens et que que tous les hommes, que nous vous aimons, ô mon Dieu.

C'est plus que tous les plaisirs et toutes les joies de ce monde, que nous vous aimons, ô mon Dieu.

C'est plus que nos connaissances et que tous nos amis, que nous vous aimons, ô mon Dieu.

C'est plus que nos proches et que nous-mêmes, que nous vous aimons, ô mon Dieu.

C'est plus que tous les hommes et que tous les Anges, que nous vous aimons, ô mon Dieu.

C'est plus que tout ce qui existe sur la terre et dans le Ciel, que nous vous aimons, ô mon Dieu.

C'est uniquement pour vous seul, que nous vous aimons, ô mon Dieu.

C'est parce que vous êtes le souverain bien, que nous vous aimons, ô mon Dieu.

C'est parce que vous êtes infiniment parfait, que nous vous aimons, ô mon Dieu.

C'est parce que vous êtes digne d'un amour infini, que nous vous aimons, ô mon Dieu.

Ne nous eussiez vous pas promis le Ciel , nous vous aimerions toujours, ô mon Dieu.

Ne nous eussiez-vous pas menacés de l'enfer, nous vous aimerions toujours, ô mon Dieu.

Nous enverriez-vous des croix, des épreuves, des tribulations, nous vous aimerions toujours, ô mon Dieu.

Dans la pauvreté comme dans l'abondance, nous vous aimerions toujours, ô mon Dieu.

Dans le bonheur comme dans l'infortune, nous vous aimerions toujours, ô mon Dieu.

Dans les honneurs comme dans les mépris, nous vous aimerions toujours, ô mon Dieu.

Dans la joie comme dans la tristesse, nous vous aimerions toujours , ô mon Dieu.

Dans la santé comme dans la maladie, nous vous aimerions toujours , ô mon Dieu.

Dans la vie comme à la mort, nous vous aimerions toujours , ô mon Dieu.

Dans le temps comme dans l'éternité, nous vous aimerions toujours , ô mon Dieu.

Puisse notre amour ressembler à celui des Chérubins et des Séraphins ! c'est notre désir , ô mon Dieu.

Puisse notre amour être fortifié par celui de tous vos élus qui sont dans le Ciel, c'est notre désir, mon Dieu.

C'est d'un amour aussi pur que celui dont la sainte Vierge votre Mère vous a aimé ! c'est notre désir, mon Dieu.

Puisse notre amour être enflammé de l'amour infini par lequel vous nous aimez et vous nous aimerez pendant toute l'éternité! c'est notre désir ,mon Dieu.


Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, par votre saint amour, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu , qui effacez les péchés du monde, par votre saint amour, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu , qui effacez les péchés du monde, par votre saint amour, ayez pitié de nous.


Prions


Ô Mon Dieu, qui possédez dans un degré infini tout ce qui peut y avoir d'aimable et de parfait, et qui êtes la perfection même, détruisez et arrachez de nos coeurs tout sentiment et toute affection qui seraient contraire à l'amour que nous vous devons. Enflammez nous d'un amour si pur et si ardent que nous n'aimions rien que vous, qu'en vous et pour vous. Par Jésus Christ Notre Seigneur. Ainsi Soit-il.

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