Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Neuvième jour

La prédiction de l'établissement de l'Eglise

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

I. Ce n'était pas seulement un libérateur temporaire qu'il fallait à l'humanité pour la réhabiliter ; il lui fallait, pour opérer en elle une restauration profonde et durable, des lois nouvelles, une source permanente de secours qui soutint sa faiblesse de génération en génération, et un gouvernement capable de faire observer ces lois et de distribuer sagement ces secours. Il lui fallait, en un mot, l'Eglise. Aussi, les prophètes ne se bornèrent-ils pas à prédire le Messie ; mais ils annoncèrent encore l'Eglise, qui devait être le moyen employé par le Sauveur pour sauvegarder le fruit de ses travaux et pour en répandre les ressources infinies dans tous les temps et dans tous les lieux. Cette Eglise avait déjà  été annoncée, comme nous l'avons vu, par des figures. Saint Paul nous dit, en effet, que tout ce qui est arrivé chez les Juifs est la figure de ce qui s'accomplit chez les chrétiens. (1 Corinthiens 10, 1, 6 ; 2) Les saints Pères sont unanimes à regarder Jésus-Christ et l'Eglise comme symbolisés par tout l'Ancien Testament. Saint Augustin entre autres s'exprime ainsi : « Tout l'Ancien Testament est caché dans le Nouveau : les patriarches, leurs alliances, leurs paroles, leurs actions, leurs enfants, leur vie tout entière, étaient une prophétie continuelle de Jésus-Christ et de l'Eglise ; toute la nation Juive, son gouvernement tout entier était une grande prophétie de Jésus-Christ et du royaume chrétien ». Origène, Tertullien, saint Jean Chrysostome tiennent le même langage.

II. Le prophète Osée annonce que l'Eglise, le royaume de Jésus-Christ s'étendra sur toutes les nations, même sur celles qui jusqu'alors n'avaient pas fait partie du peuple de Dieu. (Osée, 2, 23, 25 et 1, 10.) Michée, à son tour, prédit que la génération du Rédempteur est éternelle ; qu'il convertira les nations ; que son empire n'aura pas de fin. (Michée 5, 4, 5.) « Il viendra un temps, dit Jérémie au nom du Messie, où Je ferai une nouvelle alliance avec la maison d'Israël et la maison de Juda ; alors J'écrirai mes lois dans leur cœur, et tous Me connaîtront depuis le plus petit jusqu'au plus grand, (Jérémie 31, 31.) Ezéchiel ajoute par la bouche du souverain pasteur : « Je ferai avec mes brebis une alliance de paix, mon alliance sera éternelle. Je les multiplierai, et j'établirai pour jamais Mon Sanctuaire au milieu d'elles. Mon Tabernacle sera chez elles ». (Ezéchiel, 37). Le prophète Aggée s'écrie au nom du Seigneur : « Encore un peu de temps et l'ébranlerai le ciel et la terre, la mer et tout l'univers ; j'ébranlerai tous les peuples et le Désiré des nations viendra ». (Aggée, 2, 8). Puis enfin, c'est Malachie qui s'exprime ainsi : « Voici ce que dit le Seigneur : Mon affection n'est pas pour vous (Israël) ; et je ne recevrai plus d'offrande de votre main ; car depuis l'Orient jusqu'à  l'Occident, mon nom est grand parmi les nations, et en tout lieu on m'offre un sacrifice et on présente une oblation pure en mon nom, parce que mon nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur des armées. (Malachie, 1). A mesure qu'approchait l'avènement du Messie et de son Eglise, une lumière extraordinaire se répandait dans le monde. C'était comme les premiers rayons de l'Etoile de Jacob ; elle va paraître, et Cicéron, tout païen qu'il est, annonce une loi éternelle, universelle, la loi de toutes les nations et de tous les temps : un seul maître commun, qui serait Dieu même, dont le règne allait commencer.

III. Toutes ces prophéties annoncent évidemment que la nouvelle alliance que Dieu va former avec les hommes à l'avènement du Rédempteur aura ce caractère remarquable qui la distinguera de l'ancienne : c'est qu'elle embrassera toutes les nations, l'humanité tout entière, au lieu d'un seul peuple. Que ces nouveaux liens qui uniront l'homme à son Créateur ne seront plus temporaires comme sous l'ancienne loi; mais qu'ils seront sans fin. Elles proclament que les sacrifices du vieux testament cesseront et qu'une nouvelle victime d'une ineffable pureté sera désormais offerte, non plus comme autrefois dans le seul temple de Jérusalem, mais chez toutes les nations et sur toute la surface de la terre. Mais, quelle est cette loi qui sera écrite dans tous les cœurs et qui fera connaître le vrai Dieu à tous les hommes depuis le plus petit jusqu'au plus grand ? N'est-ce pas l'Evangile ! Quelle est cette société nouvelle qui va se former entre Dieu et toutes les nations qui couvrent la surface du globe, cette société universelle ? N'est-ce pas l'Eglise ! Quelle est cette victime sans tache, et ce sacrifice offert en tout lieu, de l'Orient à l'Occident ? n'est-ce pas le sacrifice par excellence de l'Eglise, le sacrifice eucharistique où s'immole Jésus-Christ, l'Agneau de Dieu ! L'établissement futur de la sainte Eglise a donc été prédit d'une manière surnaturelle et divine, sans qu'il puisse planer encore aucun doute sur ce sujet.

 

Élévation sur la prédiction de l'établissement de l'Eglise

 

I. Que de moyens admirables votre condescendance et votre bonté n'ont-elles pas mis en œuvre, ô mon Dieu, pour triompher de l'aveuglement des hommes ! Comment peut-il se faire qu'il y en ait encore qui puissent fermer les yeux à la vive lumière que vous n'avez cessé de faire briller pour vaincre leurs doutes et pour éclairer leurs ténèbres ? Votre divin esprit a fait incessamment entendre sa voix puissante pendant quatre mille ans. Il a parlé par des figures ; des signes et des prodiges ; il a choisi un peuple entier, le seul de l'antiquité dont on ait une histoire complète et authentique ; et l'existence de ce peuple a été une continuelle prophétie en action : l'Esprit, de Dieu a inspiré le plus grand de ses Rois, et sa voix éloquente a chanté les Miséricordes infinies de Dieu sur les hommes, le Messie promis dont il était lui-même la vive image, l'établissement du Règne de Dieu sur toutes les nations de la terre, c'est-à-dire de l'Eglise, et surtout les combats continuels qu'elle aurait à soutenir. Enfin, à mesure que les temps, où toutes ces solennelles promesses allaient s'accomplir, approchent, les nuages qui couvraient encore la réalité de leurs ombres mystérieuses se déchirent, le langage divin devient plus clair et plus explicite. Pendant plus de quatre cents ans, il eut pour organes une suite non interrompue d'hommes dont la sainteté éminente et le zèle ardent pour l'observation de la Loi et la gloire de Dieu, donnaient à leurs oracles un caractère de vérité qui ne pouvait laisser aucun doute dans les esprits. D'ailleurs, l'accomplissement exact de leurs prédictions relativement à des événements moins éloignés ne permettait pas la moindre incertitude sur ceux qu'ils avaient annoncés comme devant se réaliser à une époque plus reculée.

II. Il semble, que devant un pareil faisceau de lumières, que devant l'histoire d'un peuple dont la merveilleuse existence dure quatre mille ans : histoire où l'on remarque d'une manière si évidente le doigt de Dieu, dirigeant constamment et avec une logique invincible les événements qui la remplissent, vers un but unique, la venue du Messie et l'établissement de l'Eglise ; il semble, Seigneur, que les hommes qui restent encore assis dans leurs ténèbres et à l'ombre de la mort, se plaisent à former les yeux aux divines clartés que votre Miséricordieuse Charité a daigné faire briller d'un si grand éclat pour les instruire. Mais, ce qui les rend plus inexcusables encore, c'est que depuis dix-huit cents ans les prophéties de l'Ancien Testament continuent à s'accomplir à la lettre sous leurs yeux, et que leurs yeux continuent à ne pas voir la vérité. En vain, selon les oracles divins, le temple de Jérusalem a disparu et n'a jamais pu être relevé malgré les efforts d'un prince puissant et impie; en vain, l'Empire romain, malgré ses forces et son étendue gigantesques, est tombé devant le sang des martyrs ; et le trône pacifique de Saint Pierre s'est établi sur les ruines de celui des Césars ; en vain, l'Evangile est prêché à toutes les nations, et le sacrifice auguste de l'Agneau sans tache est offert du couchant à l'aurore, comme les prophètes l'avaient annoncé, rien ne peut vaincre l'obstination de leur aveuglement ! Ah ! Mon Dieu, c'est que la Foi n'est pas une pure conviction humaine : c'est un don de votre main que vous n'accordez qu'aux humbles et aux hommes de bonne volonté !

III. Qu'est-ce que l'homme, Seigneur, lorsque vous l'abandonnez à lui-même ? On dirait qu'en s'éloignant de vous toutes les admirables facultés dont vous l'avez doué se retirent de lui à leur tour, et le réduisent à l'état d'idiotisme au point de vue religieux. Son intelligence s'émousse, sa raison s'obscurcit. Mais, ce qui est plus déplorable encore, et ce qui rend son ignorance impardonnable, c'est que sa volonté s'est corrompue sous l'influence de ses sens qui la dominent et qui la tiennent dans l'esclavage. Il voudrait connaître la vérité, il sent une aspiration intime qui le porte à la chercher ; mais bientôt un amour désordonné de lui-même lui fait redouter de connaître trop clairement les sacrifices qui en sont la conséquence et qu'il n'a pas le courage de s'imposer. Il préfère alors un doute paresseux dont il ne tire aucune conséquence pratique qui puisse gêner son insouciante béatitude. Que les prophètes publient leurs oracles, que les faits les plus éclatants viennent les confirmer, qu'à  la voix de Dieu les empires les plus puissants disparaissent comme le sable des déserts ; que le Seigneur envoie des apôtres jusqu'aux extrémités de la terre pour y faire connaître le vrai Dieu et porter la civilisation aux peuples barbares : il ne voit en tout cela que l'oeuvre d'un aveugle destin, de la politique ou de la volonté humaines, et ses regards éteints dans un froid égoïsme ne lui permettent pas de porter sa vue au delà de l'étroit horizon qui l'entoure. Mais plus l'homme abuse des lumières que vous lui prodiguez, ô mon Dieu, plus il semble que votre longanimité s'accroisse, et déjà peut-être, avez-vous marqué le jour où les illusions s'évanouiront pour faire place à la vérité, et l'heure à laquelle le salut sonnera pour le malheureux indifférent et pour l'aveugle volontaire.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

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