Le Carême avec Saint François et Sainte Claire d'Assise

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Avant Propos

 

La Famille Franciscaine se prépare à célébrer les 800 ans de son arrivée en France

 

« 800 ans et après… », tel est le slogan qui a été choisi par la Famille Franciscaine pour célébrer, en cette année 2017, l’arrivée des franciscains en France. C’était en 1217, du vivant de François, l’Ordre tout juste créé se structure devant l’afflux de nouveaux frères. Les frères rassemblés en chapitre à la Pentecôte décident d’aller porter l’Evangile au-delà des frontières. Saint François demande au frère Pacifique, poète et l’un de ses plus chers compagnons, de partir pour la France. Frère Pacifique fondera la première implantation franciscaine à Vézelay. Dans une lettre datée du 15 novembre dernier, les membres du comité des supérieurs de la Famille Franciscaine annonçaient l’ouverture du Jubilé et les premiers temps forts de celui-ci : « nous sommes héritiers des frères et des sœurs qui ont engagé leurs vies avec Jésus pauvre et crucifié, sur les chemins ouverts par François et Claire d’Assise. Nous sommes aussi des passeurs et avons à regarder devant nous. Nous sommes heureux de vous inviter à célébrer le Jubilé marquant ce 8ème centenaire de l’arrivée des premiers frères mineurs en France. Il se déroulera du 1er mars au 4 octobre 2017 ».

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L'arrivée des Frères Mineurs en France

 

C'est avec l'approbation de la Règle par le Pape Innocent II que la Fraternité des Mineurs, au nombre de 12 Pénitents venus d'Assise est reconnue officiellement. Elle ne cessa dès lors de s'accroître en nombre jusqu'à devenir un Ordre important. Au chapitre de la Pentecôte 1217, ils sont environ 5000 Frères. On décide alors d'envoyer des Frères hors d'Italie (Espagne, Allemagne, Hongie, Terre Sainte). Saint François, pour donner l'exemple, projette d'aller dans le pays dont il porte le nom et admire les troubadours, usant parfois de leur langue. Il veut connaître aussi les théologiens de Paris qui parlent si bien de l'Eucharistie.

Arrêté à Florence par le Cardinal protecteur Ugolin de Segni, sur son conseil, François décide de rester en Italie pour assurer la pérénité de son Ordre, critiqué par certains cardinaux pour son radicalisme évangélique proche des Vaudois dissidents de l’Église. Il délègue alors la direction au Frère Pacifique, une de ses premières recrues, couronné avant sa conversion en 1212, roi des poètes par le futur empereur Frédéric II. Il connaissait probablement quelques rudiments de la langue des troubadours. Par la suite, il aura des fonctions importantes dans l'Ordre comme fondateur de plusieurs couvents de Frères et visiteur des Clarisses. On le considère comme le premier Provincial de France.

Durant l'été 1217 le groupe remonte par la vallée du Rhône et de la Saône jusqu'à Vézelay, à la frontière du Royaume de France et du comté de Nevers, dont l'abbatiale bénédictine est réputée avoir les reliques de Sainte Marie-Madeleine, patronne des pénitents. Après avoir séjourné, selon leur coutume à la léproserie de la Maladrerie, les Frères sont en quête d'un lieu stable et remarquent sur le flanc nord de la colline, le long du chemin des pèlerins qui mène à l'église de Saint Jacques d'Asquins à l'abbaye de Vézelay couronnant la colline, un petit ermitage abandonné par les moines, proche de la chapelle romane mémorial de la prédication de Saint Bernard en 1146. Ce lieu convenant à leur genre de vie, ils en obtiennent de l'abbé la cession. Quelques Frères vont y rester, tandis que Pacifique part pour Paris, ou plus exactement pour Saint Denis où l'Abbé Suger avait fait construire 70 ans auparavant une magnifique abbatiale, près de laquelle se déroulaient des foires trs réputées.

Comme ils en avaient l'habitude, les Frères allèrent trouver l'Abbé pour solliciter sa protection et obtenir de sa générosité une maison afin de s'établir près de l'église Saint Pierre. Grégoire de Naples le rappelle dans une lettre adressée à l'Abbé de Saint Denis en 1231. On sait par ailleurs que le Clergé et l'évêque de Paris étaient très méfiants et qu'une délégation fut envoyée au Pape pour savoir si leur Règle était approuvée.

Afin de bénéficier des enseignements de l'université puis d'y enseigner, les Frères s'installèrent aussi sur la montagne Sainte Geneviève, à l'emplacement du Lycée Henri IV, derrière le Panthéon. On en a le témoignage par un legs fait en leur faveur devant l'official de Paris en janvier 1224. Au nombre d'une trentaine, ils firent construire ensuite vers 1229 un vaste couvent à Vauvert où résidaient des Chartreux, dans le jardin actuel du Luxembourg, non loin de l'école des Mines. Ce couvent s'écroula avant même d'être habité.

Grâce à la générosité de l'Abbé Odon, ils purent s'installer par la suite contre le mur d'enceinte de Philippe-Auguste sur les terres des bénédictins de Saint Germain des Prés. Du couvent commencé en 1230 et sans cesse agrandi, il ne reste aujourd'hui que le réfectoire du XVIe siècle dans l'enceinte de la Faculté de Médecine. Ce fut le foyer de l'enseignement théologique de Paris. Plusieurs autres couvent verront le jour dans Paris au fur et à mesure des réformes Franciscaines : Observants, Récollets, Capucins, Frères de l'Ave Maria.

Frère Jean-Baptiste Auberger, historien et spécialiste des Sources Franciscaines

 

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Introduction

 

Saint François et Sainte Claire sont deux figures majeures de l’Église. Connaître la vie des saints fait partie de mon chemin de sainteté. Je ne dois pas le négliger et j'ai pour responsabilité de faire connaître la vie de ces aînés dans a Foi à mes enfants, petits-enfants, filleuls, aux plus petits d'entre nous.

Se plonger dans leur vie est un enseignement riche pour un chrétien, même pour moi aux XXIe siècle. Les vies de François et de Claire semblent parfois teintées de merveilleux. Elles ressemblent même à des contes extraordinaires, féeriques, fantastique ! Que je ne m'y trompe pas : n'est-ce pas le propre de la vie des saints, c'est « illuminés » de Dieu, d'avoir une relation privilégiée avec le Christ, et ainsi de bénéficier de grâces extraordinaires dépassant mon entendement ? Il en est ici comme dans les Actes des Apôtres : l'Esprit Saint est présent à chaque page et guide sans cesse François et Claire. Le surnaturel est omniprésent dans leur vie.

Je peux alors me poser la question suivante : où sont les saints prophètes et thaumaturges aujourd'hui ? Il y en a eu (Saint Jean Paul II, Sainte Teresa de Calcutta) et il y en a encore, c'est à n'en pas douter ! Mais si la question est posée, c'est parce que c'est toi, c'est moi, c'est nous qui devons nous ouvrir à la sainteté, à l'action de l'Esprit Saint en nous, à nous laisser être les instruments du Seigneur. Nous sommes les saints d'aujourd'hui et de demain... si nous le voulons. Voilà quel peut être mon chemin de Carême avec François et Claire : atteindre ou approcher au maximum dès ici-bas les lauriers impérissable de la sainteté.

Avec François et Claire, je vais réapprendre à vivre l'Evangile, à me dépouiller du superflu, à retrouver le goût de la Parole, à aimer l’Église et participer à sa construction continuelle... Je vais les suivre pendant tout ce temps de conversion,parce que ces « illuminés de Dieu » ne vont pas me conduire à eux, mais ils vont éclairer le chemin qui mène au Christ... pour autant que je le veuille bien !

Cédric Chanot

 

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Mercredi des Cendres

Jeunesse

 

Pietro Bernardone, riche commerçant en tissu à Assise, et Dame Pica, originaire de Provence mettent au monde un fils. Sa date de naissance ne nous est pas connue avec précision. Elle est supposée vers 1181 ou 1182. son père parti en voyage pour affaire, l'enfant est d'abord appelé Jean. À son retour, Pietro le prénomme Francesco. Il devient un jeune homme gai, généreux, à l'esprit vif, exerçant le métier de son père, mais préférant promenades diurnes et nocturnes, chansons et divertissements. Il dépense sans compter en fêtes et vêtements extravagants, assuré dans ses excès, par ses riches parents qui l'aiment sans condition.

 

À l'école de Saint François

 

« Que nous aimions nos proches comme nous-mêmes, en les attirant tous à ton amour selon notre pouvoir, en partageant leur bonheur comme s'il était le nôtre ; en les aidant à supporter leurs malheurs ; en ne leur faisant nulle offense ». (Louanges du Seigneur, ou Pater Paraphrasé).

Parole de Dieu : « J'étais encore inachevé, tu me voyais ; sur ton livre, tous mes jours étaient inscrits, recensés avant qu'un seul ne soit ! » (Psaume 138, 16).

 

Dans ma vie

 

François est un « gosse de riche » comme on dirait aujourd'hui. Cela lui permet de dépenser sans compter, de faire la fête... et d'avoir toujours ses parents à ses côtés pour rattraper ses errances. Ce qu'il fait dans sa jeunesse, même s'il se convertit un jour et abandonne le vieil homme qui est en lui, le marque à jamais. François éprouvera même par la suite de l'amertume lorsqu'il se remémorera cette période pleine de débauche et d'excès. Rien n'est anodin, ni pour moi ni pour les autres, dans ce que je fais ou dis.

Effet de conversion : Aujourd'hui débute le Carême. Je profite de cette journée pour faire un point : ai-je des comportements extravagants, impulsifs ? Je prends des résolutions pour changer et demande à mon ange gardien de m'y aider.

 

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Jeudi après les Cendres

Naissance de Claire

 

Ortulana, noble et dévote dame, épouse de messire Favarone Offreduccio, chevalier de haute lignée, revient de pèlerinage en Terre Sainte et à Rome. Encore pleine des grâces de ses périples, la Providence leur confie un troisième enfant. Arrivée au terme de sa grossesse, dans la prière ; elle dépose ses angoisses aux pieds du Seigneur, devant le Crucifix. « Ne crains rien, car t enfanteras saine et sauve une lumière qui resplendira dans tout le monde ». Telle est la parole que reçut la pieuse Ortulana. Ainsi naît Claire troisième de cinq enfants, venue briller dans la ville d'Assise en l'an 1194.

 

À l'école de Sainte Claire

 

« La plus grande de toutes les grâces que nous avons reçues et que nous recevons chaque jour de notre grand Bienfaiteur, le Père des Miséricordes, celle dont nous devons lui être le plus reconnaissantes, c’est notre vocation ; et nous devons témoigner à Dieu d’autant plus de gratitude que l’état auquel il nous a appelées est plus grand et plus parfait. C’est pourquoi l’Apôtre dit : Prenez conscience de votre vocation ! » (Claire d'Assise, Testament, 1).

Parole de Dieu : C'est toi qui as créé mes reins, qui m'as tissé dans le sein de ma mère ». (Psaume 138, 13).

 

Dans ma vie

 

Le Seigneur a un projet pour chacun de nous. Cela ne fait pas de moi sa marionnette, son pantin ! Dans son amour, Dieu m'a donné la liberté. Ainsi je peux ouvrir mon cœur ou le garder sourd à la voix du Seigneur. Je peux dire oui ou non à la vocation à laquelle il m'appelle. Cette vocation m'a pour seul but que de me conduire à la sainteté, donc à la vie éternelle. Claire le comprend bien, et elle reste fidèle à l'appel entendu très tôt dans son enfance. Elle s'attache à maintenir un oui ferme et définitif, résolue à servir le Christ contre vents et marées.

Effet de conversion : La vie conjugale, consacrée ou sacerdotale me conduit à la sainteté. Si je n'avais pas encore choisi, je garde mon cœur ouvert. Si j'ai déjà un état de vie, j'ai besoin du Seigneur tous les jours. Je le laisse me parler dans la prière et la méditation de Sa Parole.

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Vendredi après les Cendres

Le soldat François

 

Malgré ses excentricités et son goût de la fête, François est un jeune homme courtois, bannissant la grossièreté et les injures. Il n'a pas encore le sens de l'aide spontanée au miséreux et le lépreux le rebute encore. Engagé dans la guerre opposant Pérouse et Assise, il est fait prisonnier. Ses nobles manières le font enfermer avec le chevaliers. Sa captivité dure un an. De retour, il souhaite embrasser la carrière des armes et repartir au combat dans les Pouilles, mais visions et songes lui font comprendre que sa place n'est pas celle-ci. Obéissant, bien que prêt à un nouveau daprt au combat, il retourne au pays qui l'a vu naître.

 

À l'école de Saint François

 

« Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix. Là où est la haine, que je mette l’amour. Là où est l’offense, que je mette le pardon. Là où est la discorde, que je mette l’union. Là où est l’erreur, que je mette la vérité. (...) Là où est le désespoir, que je mette l’espérance. Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière ». (François d'Assise, Prière pour la paix).

Parole de Dieu : Si donc quelqu’un se purifie des travers dont j’ai parlé, il sera un instrument pour ce qui est honorable, sanctifié, utile au Maître, prêt à faire tout ce qui est bien. (2 Timothée 2, 21).

 

Dans ma vie

 

Se faire l'instrument, cela peut revêtir deux sens : l'instrument de musique, qui laisse l'Esprit Saint le faire retentir, résonner de l'Evangile, vibrer de l'amour de Dieu ; l'instrument-outil, qui se laisse manier par le Créateur en vue de façonner un monde meilleur. Il n'est pas aisé de se laisse faire ! Il s'agit de ce qu'on appelle le « lâcher-prise », l'abandon. En Dieu, je peux tout et je veux être acteur de la paix, de l'amour que nous annonce le Christ. Je dois donc me mettre en quête de qui est ce Christ et ce qu'il prêche, afin de ne pas me fourvoyer en suivant un Christ que j'aurai créé.

Effet de conversion : En quoi consisterait pour moi de devenir « l'instrument de Dieu » ? Comment abandonner ma volonté au Seigneur tout en continuant de vivre dans le monde ? Je chante des refrains à l'Esprit Saint toute la journée pour qu'il m'éclaire.

 

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Samedi après les Cendres

Claire, une vocation précoce

 

La foi et la piété de Claire son cultivées par sa maman. En Claire croissent de saintes vertus telles la Charité, l'aumône, la crainte de Dieu. Ainsi, par de discrets intermédiaires, elle fait remettre aux pauvres et nécessiteux le fruit de ses privations alimentaires. La prière l'édifie, et au fil de ses cœur-à-cœur avec le Seigneur, elle éprouve, alors qu'elle n'a pas encore douze ans, le désir d'offrir sa vie et sa virginité au Christ. Les choses du monde, qu'elle considère comme « pourriture et mensonge » la dégoûtent. Les biens célestes la réjouissent quand les futilités terrestres l'ennuient.

 

À l'école de Sainte Claire

 

« J'ai appris, sœur très chère, qu'avec la grâce du Seigneur tu avais été assez heureuse pour échapper à la boue de ce monde. (…) Sois fidèle jusqu'à la mort, sœur bien-aimée, à Celui auquel tu t'es consacrée, car tu recevras un jour de lui la couronne de la Vie. (…) Ne te laisse pas séduire par les splendeurs d'un monde qui fuit comme l'ombre. Ne te laisse pas prendre aux apparences d'un siècle trompeur(...) ». (Claire d'Assise, Lettre à Ermentrude de Bruges).

Parole de Dieu : « Il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du royaume des Cieux. Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne ! » (Matthieu, 19, 12).

 

Dans ma vie

 

L'intégralité de l'humanité courrait à sa perte si la virginité était érigée en idéal : le renouvellement des générations ne se ferait plus ! La virginité est une vocation, réservée à certains seulement, qui l'ont choisi librement, répondant en cela à un appel particuliers, et la vivent en offrande pour le Christ. Ces âmes humaines (hommes ou femmes) sont des âmes-épouses du Christ. Le seul objectif, encore une fois, dépasse le cadre de notre vie terrestre : cette virginité, dont nous parlent Claire et Jésus, est en vue du Royaume, de la vie éternelle dans le cœur de Dieu. C'est pour cette raison que les biens terrestres ne sont que futilité.

Effet de conversion : Suis-je attaché aux biens terrestres ? Suis-je capable de me passer de certaines choses (télévision, ordinateur, argent...) pendant ce Carême, de m'en séparer définitivement ? Je prévois de donner les biens matériels qui m'encombrent spirituellement.

 

Texte extrait du hors série de Parole et Prière « Mon Carême avec Saint François et Sainte Claire d'Assise », publié en 2016

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