Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Sixième jour

De la dignité du Christianisme

 

I. Hélas ! Que notre aveuglement est déplorable ! Nous nous glorifions des fragiles avantages que le monde nous procure, nous nous enorgueillissons des vains titres de noblesse dont la vanité a décoré notre naissance selon la chair, et nous ne connaissons pas la dignité à laquelle nous sommes élevés comme chrétiens et membres de Jésus-Christ. Par le bienfait de Sa Croix, nous sommes devenus, comme dit Saint Pierre, une race choisie, consacrée par un sacerdoce divin, une nation appelée à la sainteté, dont le chef est le Roi des rois, et dont tous les sujets sont héritiers d’un royaume ; un peuple saint dont Jésus-Christ a fait la conquête au prix de Son Sang, pour le faire passer des ténèbres et la région de la mort dans les splendeurs de sa gloire ; et par une étrange stupidité nous aimons notre esclavage, nous préférons les ténèbres de la mort aux lumières de la vie, desquelles Jésus-Christ nous environne. Toutes nos œuvres, si nous étions animés de son esprit, seraient teintes de Son Sang et ennoblies de ses mérites, et nous étouffons les impressions de cet Esprit Divin pour nous livrer à l’esprit du monde ; et des œuvres que sa grâce devrait diviniser, n’ayant rien de commun avec Lui, deviendraient des œuvres de mort.

II. Nous ne sommes presque pas un moment sans recevoir quelque influence de la vie de Jésus-Christ. Si nous résistons aux tentations, c’est la force de Son Sang qui réside avec nous. Si nous nous purifions par la pénitence, ce sont Ses Plaies qui guérissent les nôtres. Si nous sommes éclairé des lumières célestes, c’est de Son Sang que sortent des rayons de lumière. Si nous réprimons la colère et la vengeance, si nous étouffons nos passions, c’est la mort qui nous fait mourir à nous-mêmes, et qui devient en nous le germe d’une vie céleste et divine. Ne devrions-nous pas nous attacher à Sa Croix, baiser Ses Plaies salutaires, nous y plonger comme dans la source unique de la vie ? Ne devrions-nous pas, à l’exemple de Saint Paul, faire consister notre bonheur à porter dans nos corps la mortification de Jésus-Christ, et nous glorifier de porter dans nos humiliations et nos peines les glorieux stigmates d’une mort qui nous fait triompher tous les jours de la mort du péché ?

III. Jésus-Christ ne s’est pas contenté de nous mériter les grâces qui nous sont nécessaires pour pratiquer les vertus chrétiennes, ni en devenant notre chef, de diviniser nos bonnes œuvres dans sa personne, Il a encore voulu être Lui-même notre modèle ; Il a voulu marcher le premier dans la voie difficile qui doit nous conduire au Ciel. Pour nous encourager à souffrir avec soumission, Il a souffert le premier. Il a été doux et humble de Coeur pour nous apprendre à le devenir. Il a vécu dans la pauvreté pour nous apprendre à mépriser les richesses. Les injures qu’Il a pardonnées, les outrages qu’Il a permis qu’on Lui fit, la mort sanglante qu’Il a bien voulu souffrir, ce sont, autant de leçons éloquentes qu’Il a confirmées par Ses exemples. Pour adoucir l’amertume du calice qu’Il nous présente, Il l’a bu le premier jusqu’à la lie ; le premier Il a pratiqué l’Evangile, afin d’animer Ses Disciples à suivre Ses traces. Ayant des secours si abondant dans Sa Croix et Son Sang, et des encouragements si puissants dans Ses exemples, quelles seront nos excuses, si nous manquons de courage pour imiter notre Divin Modèle et nous conformer à notre chef.

IV. Si quelqu’un veut être Mon disciple, à dit Jésus-Christ, marcher après Moi et Me suivre, il fait qu’il se renonce à lui-même, qu’ll soit prêt à sacrifier ses intérêts les plus chers ; il faut que tous les jours il porte sa croix et qu’il s’y laisse attacher après moi. Ce n’est qu’à ce prix qu’on M’appartient. On ne donne des maîtres illustres et des gouverneurs de grandes conditions qu’aux enfants des princes et des rois ; jugeons de la grandeur de notre conditions par la grandeur de Celui qui, étant de toute éternité dans le sein de Dieu, la splendeur de Sa Gloire et l’Image substantielle de Sa Divinité, a bien voulu se faire homme comme nous, pour être notre Maître et notre modèle.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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