Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

 

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Onzième jour

Dévotion au très Saint Coeur de Marie

 

« Ô Mère toute clémentes, que les blessures cruelles de votre tendre Coeur m’obtiennent une contrition sincère de tous mes péchés, mais surtout que votre Coeur désolé m’enseigne à fuir, à mépriser, à détester tout amour terrestre et passager ! » (Bienheureux Henri Suso).

 

I. Le vénérable abbé Dufriche-Desgenettes, du Tiers-Ordre séculier de Saint Dominique, avait une tendre dévotion au saint Cœur de Marie, et elle lui fit pour ainsi dire opérer des miracles. Nommé à la cure de Notre Dame des Victoires, dite des Petits Pères, située au milieu du quartier le plus affairé de Paris et le plus plongé dans les intérêts matériels, il éprouvait un vif chagrin de Voir son église déserte, les sacrements abandonnés ; car il n'y a rien de plus douloureux pour un zélé pasteur des âmes que de voir les efforts de son zèle paralysés par des dispositions sourdes d'impiété ou de malveillance, par l'opposition prononcée de quelques cœurs corrompus et la profonde indifférence religieuse des masses. Le vénérable pasteur, voyant l'inutilité complète de ses efforts, depuis quatre ans qu'il était dans cette paroisse, pensait à la quitter. Malgré lui, cette pensée occupait un jour son esprit en célébrant la Sainte Messe, lorsqu'il entendit ces paroles prononcées d'une voix solennelle : « Consacre ta paroisse au très Saint et Immaculé Cœur de Marie ! » Lorsqu'il eut fini de célébrer la Messe, le souvenir des paroles qu'il avait entendues lui revint, et craignant d'être le jouet de quelque hallucination, il s'efforça de l'écarter de son esprit, pensant que c'était une illusion, puis il s'agenouilla. Au moment même, - il était seul dans la sacristie, - il entend de nouveau prononcer bien distinctement ces paroles : « Consacre ta paroisse au très Saint et Immaculé Cœur de Marie ». Sa première impression fut un mouvement de stupéfaction : c'étaient les mêmes paroles, la même manière de les entendre, le même son. Pourtant il voulait encore essayer de douter de ce qu'il avait entendu, mais le sens intime lui disait : « Tu ne peux douter, tu as entendu deux fois ». Il prit la résolution de ne plus s'occuper de ce qui venait de lui arriver, de tâcher de l'oublier. Mais ces paroles : « Consacre ta paroisse au très Saint et Immaculé Cœur de Marie », se présentaient sans cesse à son esprit. Il rentra dans son appartement, et pour obéir à la pensée qui le poursuivait, il se mit à composer les statuts de l'Association de l'Archiconfrérie du très Saint Cœur de Marie. À peine eut-il tracé les premiers mots, que le sujet s'éclaircit à ses yeux et les statuts ne tardèrent pas à être rédigés. Quand la nouvelle association fut établie, M. Desgenettes eut la douloureuse satisfaction de la voir soumise à l'épreuve qui n'a jamais manqué aux œuvres vraiment entreprises pour la gloire de Dieu.

De toutes parts ou se déchaîna contre lui. Il n'ignorait rien de toutes ces attaques, et n'opposait à tous les obstacles qu'une invincible patience.

« Qu'on dise de moi ce qu'on voudra, disait-il souvent, peu importe ; ce n'est pas de moi qu'il s'agit ; ce n'est pas ici mon œuvre, c'est celle de la sainte Vierge, et elle saura bien la faire malgré eux ». S'il n'avait que du dédain pour les attaques qui lui étaient personnelles, il n'en était pas de même de celles qu'on dirigeait contre son œuvre. Son indignation trouvait alors des accents énergiques pour la défendre.

Les privilèges et nombreuses indulgences qu'elle a reçus des Souverains Pontifes, l'extension prodigieuse qu'elle a prise si rapidement dans toute la catholicité, les fruits immenses qu'elle a produits de toutes parts, jusque dans les pays les plus lointains, suffiraient pour y montrer le doigt de Dieu, si d'ailleurs elle ne portait tous les caractères d'une œuvre sainte qu'a suscitée la divine Providence pour réveiller, dans notre siècle si indifférent, la foi, l'espérance et surtout la charité des peuples, par la dévotion à Marie.

Peu de jours avant la mort de M. Desgenttes, un prêtre lui disait : « Vous aimez bien la Sainte Vierge, n'est-ce pas, monsieur le curé ? » Il répondit : « À juste titre ! » - « Vous avez beaucoup fait pour elle », - « Non, non, pas tout ce que j'aurais dû ». Il fut déposé dans un caveau creusé devant l'autel de la Sainte Vierge, juste à l'endroit où il avait entendu ces paroles : « Consacre ta paroisse au Saint et Immaculé Cœur de Marie ».

Il était un des premiers entré dans le Tiers Ordre de Saint-Dominique. Ses frères d'adoption lui payèrent le tribut d'une charitable et religieuse affection, en le revêtant après sa mort de ses habits sacerdotaux et du du Tiers-Ordre et en se relayant nuit et jour pour prier auprès de son lit, et dans la chapelle ardente. (Annales de l’Archiconfrérie de Notre Dame des Victoires, mois d’août 1834).

Le 15 janvier 1844, le Père Lacordaire voulut faire une consécration solennelle de son Ordre renaissant à la bienheureuse Vierge Marie, pour laquelle il éprouvait les sentiments de la plus filiale confiance. Après avoir célébré avec sa piété habituelle le saint sacrifice à l'autel de Notre Dame des Victoires, entouré de tous les frères du Tiers-Ordre, il offrit, plein de joie, à la sainte Vierge, un cœur d'argent où étaient gravés ces mots : « Consécration à Notre Dame des Victoires du rétablissent de l’Ordre et du Tiers-Ordre de Saint Dominique », le 15 janvier 1844. Avant d'être relaté dans la vie du Père Lacordaire, ce fait si touchant tub inséré dans les Annales de l'Archiconfrérie en août 1844. Le numéro de ces Annales qui en contenait le récit me tomba sous les yeux, à moi, pauvre jeune fille isolée dans les bruyères de la Bretagne. Cette lecture, qui me fit connaître le Tiers-Ordre de Saint Dominique, me fut, non-seulement une révélation, mais une lumière forte et soudaine qui me montrait avec une puissance irrésistible quel devait être désormais le but de ma vie. Des obstacles qui eussent été insurmontables pour ma seule faiblesse se dressaient de toutes parts devant moi ; mais Dieu combattait pour sa pauvre et faible créature, et d'une manière tout à fait imprévue, mais où son doigt divin se montra visiblement. Il arriva qu'après avoir servi sept ans comme Jacob, j'obtins ce qui pour moi était plus que Rachel pour Jacob, la ceinture si désirée du Tiers-Ordre, le 15 décembre 1851. Ô Cœur de Marie, toujours et toujours tous les biens me sont venus par vous, aussi toujours et toujours je veux vous aimer, dans le temps et dans l'éternité.

Le Père Marie-Augustin avait la plus touchante dévotion au saint Cœur de Marie ; il y faisait sa demeure habituelle, et c'est là sans aucun doute qu'il puisa toutes les admirables vertus qui brillèrent en lui d'un si vif éclat. Pendant sa dernière maladie qui l'enleva si prématurément a l'affection de tous ceux qui le connaissaient, il se réfugiait dans le saint Cœur de sa bonne Mère, et y devenait comme insensible aux cuisantes douleurs qui torturaient son corps. Lorsqu'on était bien loin de penser à sa fin, un de ses frères lui avait dit : « Vous, quand vous serez mort, on vous ensevelira auprès de l'autel de la sainte Vierge, tout près de votre bonne Mère ». Ces paroles se trouvèrent une prophétie ; Marie, non-seulement obtint à son dévoué serviteur de mourir le jour d'une de ses fêtes, mais encore d'aller se reposer au ciel sur son Cœur maternel le jour où l‘Église de la terre célèbre la fête de son Cœur très pur ; et par une disposition particulière de la Providence, le cœur du Père Marie-Augustin repose dans sa chapelle du Rosaire ; et ces deux cœurs qui se sont tant aimés ne seront plus séparés ni sur la terre, ni dans le ciel.

 

II. Permettez, mon Dieu, que la divine Marie ouvre son cœur à tous les enfants de Saint Dominique ; que tous y prennent part avec ses fidèles serviteurs ; qu'ils y goûtent la douceur de ce saint Cœur, source de paix, de miséricorde et d'amour ; que par l'imitation de ses vertus, ils louent et bénissent sur la. terre et pendant l'éternité votre puissance infinie qui a fait. le cœur de Marie si grand, si saint, si charitable, si admirable... Cœur très Saint de Marie Immaculée, Cœur le plus saint, le plus pur, le plus parfait que la main toute-puissante de Dieu ait formé dans une pure créature, Cœur qui avez aimé Dieu plus que tous les Séraphins, les Anges et les Saints ensemble, vous serez mon refuge dans mes afflictions, ma consolation dans mes peines, mon secours dans mes besoins ; vous m'obtiendrez, ainsi qu'à tous les enfants de Saint Dominique, d'accomplir en toutes choses les volontés de Jésus et les vôtres, avec courage et constance afin que nous méritions de paraître à vos yeux et à ceux de tous, des disciples de votre Cœur très Saint. Amen.

Notre Dame des Victoires, obtenez-nous la victoire contre tous nos ennemis ; victoire contre tous les maux temporels, victoire surtout contre nos passions, contre tous les ennemis de notre salut !

L'Église vous appelle la Vierge puissante, et qui pourrait douter de l'étendue de votre puissance près du Très-Haut, en voyant les grâces sans nombre dont vous êtes la dispensatrice ? Tour de David, vous êtes l'honneur et la gloire de la maison de David, vous êtes la puissance, la force et le rempart qui défendez à jamais l'Église de Jésus-Christ, votre divin Fils ; vous êtes le centre fortifié, le bastion imprenable d'où l'Église combattra victorieusement ses ennemis, jusqu'à la fin des temps.

Ô Marie, à cette heure solennelle, où les ennemis de l'Église redoublent de haine et d'astuce contre elle ; à ce moment de danger où tout semble prêt à s'écrouler dans l'abîme, ah ! nous portons nos espérances vers l'autel privilégié de votre Cœur Immaculé. Que votre puissante bonté détourne les coups de la justice céleste ; que les fléaux fuient loin de nous ; que les rois et les peuples ne tremblent plus devant les méchants, parce que vous avez le pouvoir d'anéantir leurs mauvais desseins et d'arrêter leurs triomphes ; et alors ceux que vous aurez sauvés s'écrieront dans le transport de leur joie : gloire à Notre Dame des Victoires !

 

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