Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

Lucia dos santos

 

Vingt-neuvième jour

 

Lecture


Lorsque la Mère Supérieure de l’ « Asile de Vilar », à Porto, vit entrer dans le parloir Lucie, accompagnée par la dame de Leiria, elle laissa échapper cette réflexion : « C’est une petite sauvage que vous m’amenez madame ? »

En effet, tout plaidait contre la pauvre enfant : ses lèvres grossières. Sa grande bouche, son allure paysanne, Elle n'avait rien de reluisant pour plaire à une Directrice de pensionnat, Cependant, ses grands yeux noirs laissaient percer une vive intelligence. La Supérieure fit ses réserves à Monseigneur pour accepter la jeune fille ; elle ne voulait pas, en recevant une telle campagnarde, s’exposer à compromet discipline de l'établissement.

L’Evêque la tranquillisa : « C’est une âme simple, mais nullement sotte ». À force d’insistance de l’Evêque, la Supérieure finit par céder, non sans regret. Décidément, c'était une fille des champs affreusement rustique !… Cependant, on ne pouvait la renvoyer, l'affaire était trop engagée. La Sœur essaya de limiter les dégâts et fit comparaître Lucie. Elle lui fit la leçon :

« Dorénavant, ma petite, quand on vous demandera comment vous appelez-vous, vous répondrez : Marie des Douleurs. - « Oui, madame la Directrice, répondit Lucie avec une inclination de tête. - Quand on vous demandera de quel pays vous êtes, vous répondrez : je demeure près de Lisbonne. - Oui, madame. - Au sujet des événements de Fatima, vous ne direz rien à personne, vous ne poserez aucune question, vous ne répondrez rien si on vous interroge, vous ferez l’ignorante sur toutes choses. - Oui, ma Sœur, répondit l’enfant. - Maintenant, il est bien entendu que vous ne sortirez jamais de la maison, comme les autres jeunes filles, et sans dire pourquoi. C’est bien entendu ? - Je comprends, madame la Directrice », acquiesça Lucie.

Ces observations étaient faites sur un ton qui n’admettait pas de réplique. Les réponses de Lucie étaient aussi l'expression d’une volonté bien décidée. La jeune fille garderait l’anonymat, ainsi qu’elle l'avait promis. Personne ne connaîtrait sa véritable identité. Pour elle, cela n'avait aucune importance. Notre Dame saurait bien la reconnaître, Elle avait médité les paroles de l’Imitation : « Il vaut mieux être caché et prendre soin de son âme, que de faire des miracles ». (Liv. I, ch. XX, v. 6). « Dans le silence et le repos, l’âme pieuse fait de grands progrès » (Ibid.). « Si je m’abaisse, si je m’anéantis.., si je rentre dans la poussière dont j'ai été formé, votre grâce s’approchera de moi, et votre lumière sera près de mon cœur ». (Imit., liv. III, c. VIII, 1).

La voyante de Fatima fera au Pensionnat l’apprentissage de la vie religieuse, qu’elle conçoit déjà comme le don total de soi-même, dans la solitude, dans le silence et l’oubli du monde. Ces sentiments d’humilité étaient profondément sincères. Dès sa plus tendre enfance, elle avait été formée de l’école de pauvres gens de la campagne, simples dans leurs goûts et dans leurs désirs. Au moment des Apparitions, lorsqu'elle se demandait si elles étaient bien réelles, le sentiment d’humilité dominait tous les autres, au fond de son cœur. Elle pensait : « Non, ce n’est pas possible que ce soit vrai, que la Sainte Vierge se manifeste réellement, il faut être un saint pour La voir. Ce doit être une illusion de mes sens, ou bien une sorcellerie, ou bien une manigance du démon ».

Ces sentiments devaient plaire à la Très Sainte Vierge. Elle-même n’a-t-elle pas chanté, lorsque l’Ange vient lui annoncer qu'Elle avait été choisie pour être la Mère du Sauveur : « Mon âme glorifie le Seigneur... parce qu'il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante. Il a dissipé ceux qui s’enorgueillissaient dans les pensées de leur cœur ; il a renversé de leur trône les potentats, et il a élevé les petits ». (Lc, 1, 48-51-52).

C’est parce que Notre Dame a « jeté les yeux sur la bassesse de sa servante », qu’elle l’a vue petite et humble, qu’elle l’a élevée jusqu’à ELLE.


Réflexions

 

L’orgueil est la grande malfaisance de l’humanité, la source de toutes les misères morales et la racine de tous les vices. L’orgueil est le péché originel des anges rebelles, irrémissible pour eux. Il est aussi le péché originel de l’homme : « Mangez de ce fruit de l’Arbre de la Science du Bien et du Mal, avait dit à Adam et Eve le démon tentateur, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme Dieu ». (Gen. 3, 5). Devenir semblable à Dieu, « connaître le bien et le mal », quel orgueil !.. C’est pourquoi Jésus, pour réparer cet orgueil, a été le grand humilié.


1° Raisons d’être humbles.


Ce sont nos faiblesses. Que sommes-nous en effet ? De pauvres êtres bien faibles dans tous les ordres physique, moral et spirituel.

a) Faiblesse physique. Les forces physiques sont variables chez les hommes et limitées. En avançant en âge, elles diminuent. La vieillesse apporte les disgrâces. Les sens perdent peu à peu de leur acuité. Les muscles mollissent. L’homme s’en va par lambeaux.

b) Faiblesse morale. Le poète a dit avec raison : « L'homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux ! » Par la faute originelle, l’homme a perdu les magnifiques prérogatives du Paradis terrestre. L’humanité a hérité ainsi d’une nature déchue, remplie de désirs malsains, de mouvements désordonnés et d’appels de la sensualité.

La lutte est déchaînée entre les bas instincts et la raison, entre la chair et l'esprit. Or, le vainqueur n’est pas toujours l'esprit.

c) Faiblesse spirituelle. On la constate dans l’intelligence. Quel labeur pour dissiper les ténèbres de notre ignorance ! Elle se fait sentir dans notre cœur. S’il sent en lui une généreuse ardeur, c’est moins pour la vertu et le bien que pour des objets chétifs et coupables.

La même faiblesse affecte notre volonté. Au moindre obstacle, celle-ci se dérobe; un rien la trouble ; une sollicitation du mal la déconcerte.


2° Bienfait de l'humilité.


« L’humilité n’entraîne pas la démission de l'esprit et ne supprime pas son travail ; mais, sans nier la puissance de la raison, elle nous en montre les limites, et nous facilite ainsi l’acquisition de la vérité ». (2e Conf., Carême. Chan. Chevrot). « Connais-toi, toi-même », disait l’adage antique. L’homme humble cherche à se connaître et acquiert la juste notion de ce qu’il est et de ce qu’il peut faire. « Qu’as-tu que tu ne l’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu comme si tu ne l’avais pas reçu ? » (1 Cor. 4, 7).

Notre Dame de Fatima, obtenez-nous de votre Divin Fils la grâce de mesurer l'étendue de notre misère, pour ne jamais céder à la tentation du démon de l’orgueil.

 

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(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

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