iconHolyFamily

Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille

Communion Marie Reine des Familles


Deuxième jour

Consécration de notre identité


Paradoxalement le Judéo-christianisme est à l'origine de l'individualisme. En effet, la personne humaine est considérée pour elle-même, comme unique et non réductible à sa fonction dans le groupe. Les langues asiatiques ne possèdent aucun mot pour dire « je » et de très nombreuses formes du pronom personnel pour dire « nous ». Pour notre culture Chrétienne, le « nous » est formé d'individus bien distinct possédant chacun sa vocation et sa mission. Individu signifie étymologiquement, ce qui ne peut pas être divisé, c'est unité face à l'Unité Divine, seule responsable d'Elle-même. Pourtant, aujourd'hui, on cherche en dehors de Dieu son identité (du grec eidon: être) sans vraiment la trouver, car l'identité se reçoit, elle est donnée par le nom. En trouvant sa mission, et donc son identité Abram reçoit son nom nouveau: Abraham, c'est à dire père d'une multitude. La Bible nous révèle que Dieu a un nom pour chacun d'entre nous, un nom caché qui contient notre identité et notre vocation. On pourrais passer sa vie à s'analyser, à être à l'écoute de sa personnalité profonde, à vouloir accomplir ses désirs et ses aspirations sans jamais trouver qui on est. Notre identité n'est pas en nous, elle est cachée dans le Christ et c'est dans la rencontre avec Lui qu'elle nous est révélée. Dans la rencontre avec l'Ange qui est le Christ, Jacob (le Supplanteur) reçoit son nouveau nom: Israël (Lutteur de Dieu). Dans la famille, chacun doit prendre conscience de son identité de fils et de fille de Dieu, de créature unique et de sa vocation spirituelle.

764_001

Antienne


Alors les nations verront ton Salut, et tous les rois ta gloire et on t'appellera d'un nom nouveau, que la bouche du Seigneur déterminera. (Isaïe 62: 2).

952_001

Parole de Dieu


Dans ce texte de l'Apocalypse, nous voyons comme l'identité, le nom nouveau et caché est lié à la manne cachée qui est l'Eucharistie. Nous recevons notre vie du Corps et du Sang du Christ. La Messe nous renouvelle dans notre vocation et dans notre identité profonde.


Apocalypse 2: 17


« Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises: « A celui qui vaincra je donnerai de la manne cachée et je lui donnerai un caillou blanc, et sur ce caillou, est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, si ce n'est celui qui le reçoit ».


Dans la Première Alliance, c'est la mère qui nommait l'enfant, d'une certaine manière, elle lui donnait le nom correspondant à ce qu'elle sentait que Dieu attendait de lui. Nous rencontrons ici un contre exemple, ou la mère aveuglée par sa douleur, fait peser sur son enfant le poids d'un nom qu'il ne pourra porter, le père alors le change. C'est comme si nous avions un nom selon la nature et que notre Père du Ciel le changeait pour un nom appelé à demeurer dans l'éternité.


Genèse 35: 16-20


« Ils partirent de Béthel; et il y avait encore une certaine distance jusqu'à Éphrata, lorsque Rachel accoucha. Elle eut un accouchement pénible; et pendant les douleurs de l'enfantement, la sage-femme lui dit: « Ne crains point, car tu as encore un fils! » Et comme elle allait rendre l'âme, car elle était mourante, elle lui donna le nom de Ben-Oni (Fils de ma douleur); mais le père l'appela Benjamin (Fils de ma droite). Rachel mourut, et elle fut enterrée sur le chemin d'Éphrata, qui est Bethléem. Jacob éleva un monument sur son sépulcre; c'est le monument du sépulcre de Rachel, qui existe encore aujourd'hui ».


Alors les nations verront ton Salut, et tous les rois ta gloire et on t'appellera d'un nom nouveau, que la bouche du Seigneur déterminera.

HolyFamily__2_

L'Enseignement de l'Eglise


« A son peuple Israël Dieu s’est révélé en lui faisant connaître son nom. Le nom exprime l’essence, l’identité de la personne et le sens de sa vie. Dieu a un nom. Il n’est pas une force anonyme. Livrer son nom, c’est se faire connaître aux autres; c’est en quelque sorte se livrer soi-même en se rendant accessible, capable d’être connu plus intimement et d’être appelé, personnellement ». (Catéchisme de l'Eglise Catholique § 203).


« Le sacrement de Baptême est conféré « au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19). Dans le baptême, le nom du Seigneur sanctifie l’homme, et le chrétien reçoit son nom dans l’Église. Ce peut être celui d’un saint, c’est-à-dire d’un disciple qui a vécu une vie de fidélité exemplaire à son Seigneur. Le patronage du saint offre un modèle de charité et assure de son intercession. Le « nom de baptême » peut encore exprimer un mystère chrétien ou une vertu chrétienne. « Les parents, les parrains et le curé veilleront à ce que ne soit pas donné de prénom étranger au sens chrétien ». (Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 2156) Dieu appelle chacun par son nom (cf. Isaïe 43, 1; Jean 10, 3). « Le nom de tout homme est sacré. Le nom est l’icône de la personne. Il exige le respect, en signe de la dignité de celui qui le porte ». (Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 2158).


Alors les nations verront ton Salut, et tous les rois ta gloire et on t'appellera d'un nom nouveau, que la bouche du Seigneur déterminera.

3926307881_9153e6ccd0_o

L'exemple de la Famille Martin


« Jusqu'à la fin de sa vie, Thérèse recherche sa vocation profonde, en s'identifiant à sainte Cécile, à Jeanne d'Arc. L'amour de son papa qu'elle appelle « mon roi » puis son intimité avec le Père tracent progressivement un chemin de confiance filiale. Et deux ans seulement avant sa mort, elle pousse un grand cri de victoire: « Ma vocation, enfin je l'ai trouvée (…) Dans le cœur de l'Eglise, ma mère, je serai l'amour ». Son identité unique lui est révélée: elle a l'intuition de son nom nouveau. Elle saisit dans l'Esprit Saint, quelle sera sa mission au Ciel: conduire à Dieu une multitude de petites âmes dont elle sera la mère, en leur apprenant la confiance et l'abandon du tout petit dans les bras de son père ». (Séminaires Saint Luc, « Guérir en Famille »).


« N'ayant jamais vécu parmi le grand monde, Céline et moi nous trouvâmes au milieu de la noblesse qui composait presque exclusivement le pèlerinage. Ah! Bien loin de nous éblouir, tous ces titres et ces « de » ne nous parurent qu'une fumée... De loin cela m'avait quelque fois jeté un peu de poudre aux yeux, mais de près, j'ai vu que « tout ce qui brille n'est pas or » et j'ai compris cette parole de l'Imitation: « Ne poursuivez pas cette ombre qu'on appelle un grand nom, ne désirez ni de nombreuses relations, ni l'amitié particulière d'aucun homme ». J'ai compris que la vraie grandeur se trouve dans l'âme et non dans le nom, puisque, comme le dit Isaïe: « Le Seigneur donnera un nom à ses élus » et Saint Jean dit aussi: « Que le vainqueur recevra une pierre blanche sur laquelle » est écrit un nom nouveau que nul ne connaît que celui qui le reçoit ». C'est donc au Ciel que nous saurons quels sont nos titres de noblesse. Alors chacun recevra de Dieu la louange qu'il mérite et celui qui sur la terre aura voulu être le plus pauvre, le plus oublié pour l'amour de Jésus, celui-là sera le premier, le plus noble et le plus riche!... » (Manuscrit A, folio 56).

Holy_Family__2_

Prière consécratoire


Sainte Vierge Marie, nous Vous consacrons notre identité profonde, donnez-nous Votre parfaite disponibilité à l'action de l'Esprit-Saint, pour que nous aussi nous soyons appelés « remplis de grâces », et que nous accomplissions notre nom caché, notre véritable mission. Reine du Ciel, couronnée par la Trinité, Vous avez tout reçu des mains du Père et du Fils et l'Esprit Vous a enveloppé de Son Ombre pour Vous révéler le pourquoi de Votre être. Accordez-nous la grâce de trouver notre identité, non pas dans notre être pécheur, mais dans le Christ, dans la fidélité à l'Esprit Saint et sous le regard du Père.


Alors les nations verront ton Salut, et tous les rois ta gloire et on t'appellera d'un nom nouveau, que la bouche du Seigneur déterminera.

819001

Exercice


Dans cet exercice, nous commenceront par méditer ce passage de l'Epître aux Philippiens: « Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus Christ, existant en forme de Dieu, il n'a point regardé comme une proie à arracher d'être égal avec Dieu, mais il s'est anéanti lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme, il s'est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix. C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père ». (Philippiens (2: 5-11). Nous avons été baptisés dans le Nom de Jésus, nous avons été immergés en Lui. Saint Paul pourra dire: « Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi » (Galates 2: 20). Aussi, ferons-nous mémoire de notre baptême. Nous essaierons de visualiser ce que signifie cette immersion dans le Nom de Jésus, dans Sa Personne. Ensuite, nous ferons mémoire des moments privilégiés de notre vie où nous avons été visités par la Grâce. Comme était-ce? Que ressentions-nous? Quelles étaient nos dispositions intérieures dans ces moments là? Pourquoi ne sommes-nous pas toujours dans ces mêmes dispositions ou face à Dieu nous nous sentions vraiment nous mêmes? Que faire concrètement pour retrouver le plus souvent possible notre véritable identité Chrétienne?

s