Mois de Notre Dame de la Salette

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Trentième jour

L'apostolat de la dévotion à Notre Dame de la Salette

« Eh bien! mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple! »

 

« A la fin de son discours, disent les bergers, la Sainte Vierge nous a dit en français: « Eh bien! mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple », puis, Elle a passé le ruisseau, ne touchant que le bout de l'herbe, glissant sur sa cime sans la faire plier, comme si Elle était suspendue, et qu'on l'eût poussée... et à quelques pas du ruisseau, sans se retourner vers nous, Elle nous a dit encore: « Eh bien! mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple... » Ces dernières paroles du discours de la Sainte Vierge, avant de remonter au ciel, nous rappellent Notre-Seigneur Jésus Christ donnant à ses apôtres mission d'évangéliser le monde: « Allez, leur dit-il, enseignez toutes les nations!... » Voici sur une haute montagne, Marie, la Mère de Jésus; Elle a, là, sous ses yeux, deux bergers, ses apôtres à Elle. Elle vient de leur confier son message, et puis, Elle semble leur dire: « Maintenant, moi, je vais à Celui qui m'a envoyée; mais vous, mes apôtres, allez par toute la terre, allez annoncer ma bonne nouvelle, allez publier une seconde fois la loi oubliée de mon Fils; allez préparer un règne nouveau de sa Mère ». On ne peut pas lire ces paroles et leur commentaire naturel, sans se trouver face à face avec l'apostolat de Notre-Dame de la Salette, et le zèle de sa dévotion: l'apparition de Marie sur la sainte Montagne n'est en effet qu'une mission toute d'apostolat et de zèle: si Elle descend parmi nous, c'est pour réclamer le respect de Dieu, la soumission aux commandements et aux lois de l'Eglise, si méconnus par les hommes. C'est pour revendiquer les âmes qui appartiennent à son Fils, et qui se laissent posséder par un autre que le véritable Maître; c'est pour procurer la gloire de Dieu par la conversion et la réparation: en un mot, le discours de la Sainte Vierge est en quelque sorte tout brûlant de zèle; il en inspire les premières paroles, il en anime toutes les parties, il le couronne par la plus solennelle recommandation; entendez Marie, s'efforçant, ce semble, de souffler au cœur de deux pauvres bergers l'apostolat de sa dévotion, vous le ferez passer à tout mon peuple!... Et ce n'est pas assez d'une fois, pour son cœur dévoré de cette sainte flamme; avant de les quitter, Elle redit avec une nouvelle solennité, une ardeur nouvelle: « Eh bien! mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple!... » Quelle insistance maternelle, quelle recommandation pressante!... On croirait entendre ici comme un écho lointain des protestations d'amour trois fois demandées à l'apôtre infidèle, pour écarter du cœur de Jésus les angoisses douloureuses de l'hésitation et du doute!... Et une explication importante de ces paroles, c'est que, interrogés sur ce qu'ils avaient compris par ces mots, tout mon peuple, les enfants ont répondu: « Nous avons pensé que c'était tout le monde !... » Il ne suffit donc pas de faire passer le message de la Salette au plus grand nombre, mais à tous sans exception; il s'agit de le porter de royaume en royaume, de province en province, de ville en ville, de bourgade en bourgade, jusqu'au dernier membre du peuple de Marie, caché au fond de la montagne la plus reculée... Il y a, il est vrai, dans le monde, et dans son peuple, des cœurs assez mauvais pour avoir voulu effacer leurs noms du cœur de Dieu ou de sa divine Mère; mais une mère est toujours mère, et Marie bien plus que toute autre: Elle veut donc, cette Mère toujours bonne, toujours miséricordieuse, que le bienfait de son message arrive même aux plus coupables, pour que la grâce surabonde là où le péché a surabondé.

 

Réflexions

 

Il en est du véritable apostolat comme de la charité, qui en est le principe. 1° II se nourrit d'abord lui-même. 2° Il excite, il propage ensuite, l'action étant sa vie. 1° La vie d'union est la nourriture la plus substantielle qui puisse être donnée à l'âme: or, Notre-Seigneur est ici, comme toujours, notre parfait modèle: le divin enfant de Marie s'est donné à sa Mère; Il s'est soumis à son autorité; Il a confié à son cœur son enfance, son adolescence, tout lui-même; il faut, à son exemple, nous consacrer à Marie, nous livrer à sa charité maternelle, nous remettre entièrement à sa direction, vouloir ce qu'Elle veut, faire ce qui plaît à son cœur, n'ambitionner, en un mot, autre chose que de l'établir notre maîtresse souveraine. Jésus a souffert en outre pour Marie au Calvaire; et cette souffrance a été portée à un tel degré d'union, qu'un saint évêque appelle Marie le seul ouvrage de l'incarnation et de la rédemption. La souffrance pourra donc être la condition des enfants de Notre-Dame de la Salette, Mère apparue inondée de larmes; ils la trouveront dans le chemin de la vie, tantôt sous un nom, tantôt sous un antre, assise à leurs côtés comme une compagne assidue, dans celte vallée de larmes; souvent elle viendra d'elle-même les visiter; quelquefois ils l'auront appelée par leur conduite peu chrétienne, ou par leurs œuvres coupables: mais souffrir devra être la voie aimée de toutes les âmes associées à l'œuvre réparatrice de la Sainte Vierge, sur la montagne de la Salette. 2° Le zèle excite et propage, l'action étant sa vie; c'est-à-dire qu'il nous faut glorifier Notre Dame de la Salette, ne pas nous lasser de la faire connaître, aimer et servir dans le monde; c'est la volonté formelle de notre Mère: « Eh bien! mes enfants, vous le ferez passer à mon peuple ». Suivant donc notre influence personnelle et notre position sociale, il ne faut craindre dans l'exercice de cet apostolat, ni les hommes qui nous condamneront, ni l'enfer qui nous suscitera des embarras et des peines; travaillons sans défaillance à glorifier notre Mère; répandons parmi les âmes droites et simples ce qui est de nature à faire aimer, à propager son culte, livres, images, objets divers de piété; parlons d'Elle aux pauvres, aux malades, aux affligés; ne craignons pas surtout de porter son nom aux pécheurs; inspirons à tous la pratique des saintes neuvaines de prières, de la communion à ses fêtes, de la visite à ses sanctuaires, surtout de l'étude des grands enseignements de son apparition, pour les faire passer dans la vie des âmes de tous les enfants de cette Mère universelle; à ce zèle pour son honneur, Elle a promis le ciel: « Ceux qui me font connaître! dit l'Ecclésiaste, auront la vie éternelle ».

 

Guérisons extraordinaires, entre autres de Melle de Rochas, de Versailles, en l'année 1866


 

« Versailles, 11 septembre 1866, me trouvant à la Salette en pèlerinage, je fus témoin de quelques prodiges que je m'empresse de vous transmettre et que vous devez peut-être connaître déjà. Ce fut d'abord la guérison subite d'une main contractée par une névralgie. Le même jour, c'était un dimanche, une paralytique de soixante-huit à soixante-dix ans, est venue en actions de grâces de Clermont-Ferrand; elle avait gravi à pied la sainte Montagne. Son état de paralysie avait duré neuf mois. Une jeune fille de seize ans, de Belmont en Aveyron, atteinte de chlorose, fièvre pernicieuse et affection nerveuse, et qui était en agonie, puisqu'on attendait son dernier soupir, s'est levée le septième jour ou plutôt la septième nuit d'une neuvaine faite à son intention. Son état de santé est des plus satisfaisants depuis cette époque, 16 juillet 1866; elle est aussi venue ce même dimanche remercier Notre Dame de la Salette de la grâce qu'elle avait reçue. Quelques jours avant, Mlle Rochas de Versailles, paroisse Notre-Dame, rue Hoche, 21, qui depuis quatre ans gardait sa chambre (vous connaissiez, du reste sa situation, puisque vous l'avez vue l'année dernière), a été aussi instantanément guérie. Prise d'une paralysie générale, il fallait la lever, la coucher, la transporter, elle ne pouvait se mouvoir. Ses jambes étaient repliées l'une dans l'autre, et ses genoux fixés contre la poitrine. Elle avait le bras gauche paralysé, et la bouche affreusement contractée, ne pouvait proférer une parole sans lui faire éprouver d'horribles douleurs. Son estomac ne pouvait plus supporter la plus légère nourriture. Une position semblable était de nature à exciter la compassion de tous ceux qui la voyaient. Elle fit une neuvaine à Notre Dame de la Salette, à laquelle nous nous associâmes de grand cœur. Le huitième jour, réduite à l'agonie, abandonnée complètement des médecins, on ne devait plus s'attendre qu'à son dernier soupir. Après avoir reçu le saint Viatique, elle s'endort profondément pendant une heure et demie. A son réveil, elle se lève sur son séant, se voit redressée, parle avec la plus grande facilité et constate sa guérison. Elle s'endort de nouveau pendant trente heures, après lesquelles, sur des instances réitérées de sa part, elle obtient enfin la permission de se lever et marche sans aucun secours. Le pied droit était resté encore quelque peu contracté, elle s'appuyait de la cheville pour s'aider à marcher. J'allai la voir et lui conseillai de se rendre le jour même à l'église pour remercier Notre Dame de la Salette. A onze heures, comme elle assistait à la sainte messe qu'elle avait entendue à genoux, et au commencement du dernier Evangile, son pied craque, se redresse. Elle se rend à la chapelle dédiée à la Sainte Vierge, d'un pas ferme et assuré, témoigner de sa reconnaissance. Aujourd'hui, elle se porte à merveille, il ne lui est resté aucun vestige de cette cruelle maladie. Gloire et amour à Notre-Dame de la Salette ». (Journal de Muret.)

 

Prière

 

O très digne Vierge Marie, bonne Mère de la Salette; imitant votre divin Fils qui répète jusqu'à trois fois le commandement de la charité fraternelle, vous donnez deux fois sur la montagne, à vos deux petits apôtres, le commandement de l'apostolat et du zèle! Ainsi nous faites-vous entendre combien ce vocable nouveau vous est cher, combien vous avez à cœur que tout votre peuple connaisse votre message et se convertisse! Mais, ce que vous avez dit aux bergers des Alpes, qui de nous pourrait ne pas l'entendre comme dit à lui-même? Vous saviez bien que ces deux pauvres enfants ne pourraient seuls se faire entendre de tout votre peuple, et vous vouliez que nous fussions tous, leurs auxiliaires et vos apôtres! O tendre Mère, nous voici aujourd'hui, vous offrant, dans la mesure d'influence qui nous est départie, nos cœurs et nos voix; nos cœurs, où vos enseignements trouveront écho; nos voix, pour les communiquer à toutes les âmes que notre zèle dévoué pourra conquérir à votre culte et à votre dévotion, jusqu'au jour de l'éternelle vie promise à ceux qui vous font connaître. Ainsi soit-il.

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