Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

565_001

Treizième jour

L’Ami et le protecteur des ouvriers

 

L’anathème prononcé par l’Éternel contre Adam coupable pèse sur toute Sa postérité : « Vous mangerez votre pain à la sueur de votre front », dit-il à Adam et à sa postérité. L’homme, ajoute saint Bonaventure, sera donc toujours dans le travail. Mais voyez la Providence et la sagesse de Dieu, qui, en infligeant maintenant cette peine à l’homme sait la faire servir pour notre salut, dit ce Docteur. Saint Joseph quoique sanctifié dès sa conception et pur comme un ange durant toute sa vie, n'a pas laissé, comme enfant de parents criminels par le péché d’origine, d’en porter la peine. Il a senti tout le poids de l’humiliation et de la souffrance que donne un travail laborieux, dur et continu, comme celui auquel il se livrait. Il est donc capable de compatir au sort des ouvriers et de tous les hommes dont les fatigues sont l’apanage le plus ordinaire, et la seule ressource contre la mort anticipée par la misère, qui en est toujours l’avant-coureur. Mais il peut aussi leur servir de modèle et leur apprendre à travailler comme il le faisait en esprit de pénitence et d'humilité, avec joie, piété et courage, en union à Jésus-Christ qui fut dans les travaux dès sa jeunesse, comme l’avait prédit David.

Il y a des auteurs qui pensent que Jésus-Christ ne s’est pas employé aux œuvres manuelles, et que tout le cours de sa vie cachée n‘a été qu’une contemplation continuelle des grandeurs de Dieu. Mais ils sont contre les sentiments des saints Pères et de toute la vénérable antiquité. Car la tradition est d’accord avec ce que semble insinuer en plusieurs lieux l’Évangile à démontrer que Jésus a travaillé avec saint Joseph et qu’il était reconnu pour fils de charpentier et charpentier lui-même. Le travail est donc noble, les fatigues sont donc honorables, et la sueur de l’ouvrier est d’un mérite bien grand, je dirai inappréciable devant Dieu, depuis que saint Joseph, depuis surtout que le Fils de Dieu en a porté la peine. Voyez, ce sont les ouvriers, les hommes de fatigues que le Christ appelle à lui : « Venez à moi, dit-il, vous qui travaillez et qui êtes fatigués, et je vous soulagerai ». Je cite textuellement, une paraphrase ne ferait qu’affaiblir ces divines paroles. Mais je renvoie les savants au beau commentaire qu’en a fait le saint chancelier Gerson qui forme un traité entier. Quelle consolation donc pour l’ouvrier ! Le Christ lui-même veut bien essuyer ses sueurs !

Un Paradis ! Tel a été le premier atelier du monde ! Un Roi ! Tel a été le premier ouvrier qui y a travaillé ! Adam fut en effet placé par Dieu au paradis terrestre pour y travailler et le garder. Voilà quelle est l'origine du travail et du travailleur. Le travail d’Adam était donc son bonheur, son atelier était son paradis anticipé, et lui était le roi de la création. Mais le péché est venu tout gâter, tout empoisonner ; il a fait du travail une punition, de l’atelier un enfer, et du travailleur un esclave malheureux. Quel changement!

Par amour pour l’ouvrier, le Fils de Dieu s'est incarné et s'est fait ouvrier lui-même. De plus il voulut avoir pour père nourricier un ouvrier, il choisit saint Joseph qui exerçait la profession laborieuse de charpentier. Contemplez-les tous les deux à Nazareth travaillant, suant de fatigues, mais suant de ces sueurs qui tiennent lieu de sang comme s’exprime Bossuet. Oh ! Quel exemple pour l'ouvrier ; oserait-il bien se plaindre, voyant ainsi son Dieu travailler, saint Joseph travailler aussi ? Quel espoir il doit placer en ce grand Saint, que Notre Seigneur a établi son modèle et son protecteur !

Ouvriers, si vous voulez mériter et obtenir la protection et les secours de saint Joseph, efforcez-vous comme lui et selon que le recommande l'Apôtre de faire tout pour la gloire de Dieu, de supporter avec résignation, si ce n'est avec joie, les peines inséparables de votre profession, les unissant a celles du Sauveur. Faisant ainsi, vous verrez comment et combien saint Joseph vous protégera, lui, le bon Saint, qui aime tant à consoler, secourir et protéger tous ceux qui souffrent. Ah! soyez-en sûrs, saint Joseph ne se laissera pas prier en vain; il ne vous fermera pas son Cœur, il ne vous repoussera pas de sa présence. Bien au contraire, il vous accueillera avec amour, et vous soulagera dans vos travaux et vos peines par l’onction de la grâce divine qu’il fera couler sur vous abondamment.

 

Exemples

 

J’ai connu un brave ouvrier qui, dans toutes ses actions fatigantes, se proposait continuellement d'imiter saint Joseph ; il avouait que la protection de ce Saint lui était tellement sensible, que les plus durs travaux lui semblaient bien faciles à supporter par la douceur que saint Joseph versait dans son cœur.

La vénérable Marie-Elisabeth de la Croix de Jésus, fondatrice de l’institut de Notre-Dame du Refuge des vierges et filles pénitentes, honorait d’un culte particulier le glorieux saint Joseph. Elle aimait à célébrer ses prérogatives et ses sublimes vertus. En action de grâces de toutes les, faveurs qu’elle avait reçues de Dieu par l’intercession de ce grand Saint, elle en fit faire une statue d’argent; et comme on vint lui dire que l’ouvrier qui y travaillait, quoique très-habile dans son art, ne pouvait l'achever, par quelque empêchement secret et inconnu, elle se mit en prières, demandant à Notre-Seigneur, par le souvenir de tout ce que saint Joseph avait souffert pour lui, de vouloir bien éloigner les obstacles. Sa prière n’était pas achevée, que la statue du glorieux époux de Marie se fit avec une grande perfection et une merveilleuse facilité !

Un pauvre ouvrier père de nombreuse famille se trouvait alité dans un hôpital ; la pensée que ses enfants devaient souffrir de la faim et des autres choses nécessaires à leur entretien a la maison, le consternait. Il ne pouvait quitter de sitôt le lit, les médecins n’y consentaient pas à cause du danger d’aggravation du mal. Ce bon père eût recours à saint Joseph, et le lendemain, grâce a la protection du Saint il était guéri, il pût s’en aller reprendre ses travaux ordinaires pour faire subsister sa famille.

« Mon fils, fait dire le bienheureux Gerson à Jésus-Christ, ne perdez jamais courage dans les travaux que vous aurez entrepris pour moi, et que les afflictions ne vous jettent point dans l'abattement; mais que mes promesses vous fortifient et vous consolent dans tous les événements de cette vie. Les travaux que vous souffrez ici-bas ne seront pas longs, et vous ne serez pas toujours dans l’affliction et dans la douleur, attendez un peu, et vous verrez bientôt la fin de vos maux. Il viendra un moment heureux auquel cesseront tous vos travaux et toutes vos peines. Tout ce qui passe avec le temps est toujours bien court. Faites avec soin ce que vous faites; travaillez fidèlement à me servir, et je serai moi-même votre récompense ». C’est ainsi que le Seigneur console et anime l'ouvrier, c’est-à-dire tous les hommes chrétiens, car nous sommes les ouvriers du Seigneur, les. coopérateurs de Dieu. Si donc le travail vous fait peur, que la récompense vous anime, comme disait le grand saint François d'Assise. Et qui refuserait de travailler après l’exemple que nous en a donné saint Joseph ? Le pieux et docte Gerson nous le représente travaillant avec l'Enfant Dieu dans sa boutique et priant néanmoins sans interruption. Et Silveira prétend que les saints Anges accouraient en foule dans l’atelier de Nazareth pour aider ces deux grands ouvriers à travailler le bois, comme aussi ils accompagnaient habituellement Joseph dans ses voyages. Travaillez, mais travaillez avec dévotion, et que le travail ne vous fasse jamais manquer à vos devoirs vis-à-vis Dieu, comme aussi priez, mais que la prière ne préjudicie en rien à votre travail. C'est le conseil que vous donne saint Joseph, et l’exemple qu’il nous montre dans son angélique conduite.

Une sainte religieuse aimait l'oraison, sans pour cela rester oisive; elle faisait chaque chose en son temps. Cependant il lui arrivait de passer les bornes que son directeur lui avaient prescrites, saint Joseph alors l'avertissait de .reprendre occupations.

 

Prière de l’ouvrier à saint Joseph

 

Noble artisan de l'atelier de Nazareth, saint Joseph, qu'il m'est doux de considérer Vos traits, alors que les fatigues du jour appesantissent mes bras, et que les sueurs inondent mon visage. Dès votre jeunesse, vous vous êtes assujetti au travail, et vos mains royales qui eussent porté dignement le sceptre de Juda, aimèrent mieux manier les outils vulgaires d’un pauvre charpentier. Le ciel avait ses desseins ; il voulait nous donner en votre sainte Personne, un modèle achevé de l’amour du travail, et un protecteur bienveillant pour nous soulager dans nos travaux. Obtenez-moi donc, ô saint Joseph ! la patience dans mes pénibles labeurs, et la grâce de les faire servir à l’expiation de mes fautes, à l’acquisition des mérites pour la bienheureuse éternité. Ainsi-soit-il.

 

st-joseph-the-worker (2)

 

Pour recevoir chacune des méditations du Mois de Saint Joseph par mail,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes