13 juillet 2014

Neuvaine à Sainte Anne

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Neuvaine à Sainte Anne

Mère de la Bienheureuse Vierge Marie

Du 16 au 25 juillet 2014

 

Avis préliminaires

 

Quoique dans plusieurs paroisses l'on ait coutume de faire la Neuvaine à sainte Anne dans la semaine qui précède sa fête, cependant les besoins particuliers de certaines personnes les portent à  recourir plus souvent cette puissante protectrice et à faire les exercices de la Neuvaine en son honneur dans d'autres mois de l'année. Nous avons cru devoir consigner ici la suite des exercices dont elle se compose. Les personnes qui craignent quelques fléaux et qui appréhendent quelques châtiments de Dieu ou qui ressentent quelque affliction pénible, doivent, avant de commencer les exercices d'une neuvaine, mettre ordre à leur conscience ; et pour être soulagés dans leurs peines ou pour écarter les épreuves qui les atteignent, se résigner à la volonté de Dieu y qui les assistera selon qu'il le trouvera utile à sa gloire et avantageux à leur salut.

La persévérance dans la prière et la ferveur de la foi plaisent à Dieu. Aussi les exercices, de la Neuvaine de Sainte Anne se composent de pratiques courtes et affectueuses, qui ne peuvent pas fatiguer la piété des malades, des affligés et des autres nécessiteux qui s'adressent à l'Auguste Mère de Marie, mais elles peuvent donner plus de temps à leurs méditations ou revenir plus souvent aux pratiques qu'elles goûteront davantage. Les personnes qui ont plus de temps à donner à ces occupations pourraient chaque jour faire quelque lecture spirituelle en rapport avec les considérations que nous indiquons, réciter quelque prière en l'honneur de Sainte Anne. Autant qu'il se peut, l'on devrait faire ces neuvaines au pied des saints autels, dans l'église de sa paroisse ; mais lorsque la distance des lieux ou quelque inconvénient en empêche, il suffit de les faire dans ses appartements, devant une image de sainte Anne que l'on invoque comme sa protectrice auprès de Dieu.

Les exercices que nous indiquons ne sont pas rigoureusement imposés, chacun pourra les remplacer par d'autres pratiques approuvées ou même y en ajouter d'autres, selon l'avis de son directeur, qu'il est toujours avantageux de consulter quand on prend quelque mesure extraordinaire pour obtenir les dons du ciel. Il est fort avantageux de faire quelque promesse à la bonne Mère et Protectrice sainte Anne, comme de réformer sa conduite, de pratiquer quelque vertu, de faire quelques aumônes ; et, enfin, de communier en son honneur à la fin de la neuvaine. N'omettons jamais, après avoir reçu quelque faveur du ciel par l'entremise de sainte Anne, de continuer à l'honorer par quelque pratique de piété qui soutiendront notre ferveur et nous aideront aussi à nous perfectionner.

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Prières pour chaque jour de la Neuvaine

en l'honneur de Sainte Anne, Mère de la Bienheureuse Vierge Marie

 

Prière à Jésus-Christ

 

Très adorable Jésus, dont l'âme a été triste jusqu'à la mort, je viens avec confiance vous adorer et vous demander la soumission à la volonté de Dieu. Je viens vous exposer mes peines et mes souffrances, afin que par votre sainte Passion vous me fassiez miséricorde. Aidez-moi à détester mes fautes et à me reconnaître coupable, afin que je puisse rentrer en grâces avec vous et que je puisse vous être toujours intimement uni par les liens d'un amour pur et sans bornes. Je vous demande ces faveurs par l'entremise de la glorieuse Vierge Marie, qui a toujours été si sensible à nos misères et par l'intercession de Sainte Anne, que j'invoque particulièrement en ce jour. Ainsi soit-il.

 

Prière à Sainte Anne

 

Très Sainte et très miséricordieuse mère de Marie, ô sainte Anne, faites que, fortifiés par vos exemples, nous soyons résignés à la volonté de Dieu. Votre nom est partout honoré, tous les enfants de l'Eglise célèbrent vos louanges, et, pleins de vénération pour vous, exaltent vos bontés et vos miséricordes. Accordez-nous la faveur que nous réclamons en ce moment afin que nous puissions nous aussi redire votre compassion et ajouter au nombre de vos serviteurs reconnaissants. Obtenez-nous une protection assurée dans les causes difficiles, la consolation dans nos douleurs extrêmes, un accroissement d'amour et de paix, afin que nous soyons plus adonnés à ce qui tient à la gloire de Dieu.

O très Sainte Mère de la divine Marie, abaissez du haut du ciel vos regards maternels sur de pauvres suppliants qui vous vénèrent et qui mettent leur confiance en votre intercession. Veuillez nous accorder les grâces que nous sollicitons, humblement prosternés à vos pieds. Faites, ô Dieu Tout-Puissant, qu'étant délivrés de toute souffrance par l'intercession de la glorieuse protectrice que nous invoquons, nous bénissions toujours votre saint Nom. Ainsi soit-il.

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Exercices de la Neuvaine à Sainte Anne

 

Premier jour

Humilité de Sainte Anne

Enfant des Patriarches

 

I. Considérez, que, quoiqu'elle descendît des Rois de Juda, cette grande servante de Dieu, sainte Anne, demeura toujours dans une condition humble, satisfaite de la position que lui assigna la Providence. Elle s'est sanctifiée dans son état. Chacun de nous peut parvenir à la sainteté dans l'état où il est engagé. Hors de cet état, quoique nous fassions, ce n'est plus la volonté de Dieu. Nous pouvons faire du bruit, nous distinguer même par des œuvres louables, mais, après tout, c'est notre propre volonté que nous faisons. Dieu donne les grâces nécessaires par rapport à la fonction à laquelle il nous appelle. Quand nous sortons de notre condition, nous nous refusons les secours de Dieu, puisque nous nous engageons indiscrètement dans un emploi où la volonté de Dieu ne nous appelle pas.

II. Considérez que les Saints qui ont eu l'ambition d'assurer leur place au ciel ont su borner leurs désirs, modérer leurs convoitises et se contenter du rang où Dieu les avait placés. Beaucoup d'autres ont renoncé aux honneurs et aux dignités pour vivre loin des regards des hommes, dans une abnégation plus grande, et pour pratiquer un détachement plus absolu de toutes choses. A leur exemple, cherchons à nous humilier... D'ailleurs, nous sommes les enfants de Dieu, ne faisons rien qui ne soit digne de notre noblesse.

 

Résolutions

1° Offrir nos prières, nos affections, nos actes de piété et de mortification à Sainte Anne, afin qu'elle les présente elle-même à Dieu et qu'elle nous obtienne la grâce de lui plaire.

2° Nous offrir nous-mêmes à son service. Ne rien négliger pour en être dignes et renouveler souvent le désir de l'aimer et de le servir.

 

Prière

Soyez-nous propice, ô Sainte Anne, obtenez-nous les faveurs que nous sollicitons, et, par dessus toutes choses, la grâce d'aimer Dieu de plus en plus.

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

Invocation : Sainte Anne, vase rempli de grâces, priez pour nous.

 

Deuxième jour

Sainte Anne, protectrice de la Jeunesse

 

I. Considérez que l'inexprimable amour que sainte Anne a pour Dieu ne peut manquer d'être très utile aux jeunes personnes qu'il a daigné créer pour son héritage, et que le Seigneur Jésus a bien voulu regarder comme ses frères. Quel enfant ne voudrait pas marquer son respect et son dévouement à une protectrice aussi puissante et aussi compatissante ?... Celle qui a été la protectrice des premières années de la glorieuse Vierge Marie accorde sa protection à tous ceux qui veulent sanctifier leur enfance et leur jeunesse, conserver leur innocence et surmonter les tentations que leur présente l'ennemi du Salut.

II. Considérez que la grande sainte que vous désirez honorer veut que, pour plaire à Dieu, vous conserviez soigneusement la pureté de l'âme et du corps ; que vous devez dompter vos passions et expier vos fautes par une salutaire pénitence des péchés pour lesquels vous êtes redevable à la justice divine. Enfin, considérez que cette expiation vous rendra plus vigilant sur les mouvements de votre cœur.

 

Résolutions

1° Ecouter la voix de sainte Anne dans les lectures et dans les méditations ; puis, se conformer avec zèle à ce qu'elle nous inspirera.

2° Renouveler souvent le bon désir d'être surtout fidèle aux inspirations de la grâce.

3° Placer tous les jours ses résolutions sous la protection spéciale de Sainte Anne et de la Sainte Vierge.

 

Prière

O Dieu, qui avez accordé à Sainte Anne la faveur d'être la Mère de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de notre Rédempteur, accordez-nous la grâce d'honorer sa mémoire, afin que nous puissions dès ce moment éprouver les effets de sa puissante intercession auprès de votre divine Majesté.

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

Invocation : Sainte Anne, Vigne féconde, Mère de la Bienheureuse Vierge Marie, priez pour nous.

 

Troisième jour

Sainte Anne, modèle des mères chrétiennes

Vie intérieure et dévouement

 

I. Considérez que le monde spirituel offre d'immenses avantages à l'âme chrétienne. L'esprit de Dieu y répand une lumière douce et pure. La vie intérieure est toute opposée à la vie extérieure, qui est la vie des sens, toute dissipée, toute livrée aux inutilités et aux frivolités. La vie intérieure est la vie de l'âme qui se tient unie à Dieu, et qui pour cela s'éloigne des objets extérieurs et sensibles. Morte à elle-même, à la nature et aux sens, l'âme ne vit que de la vie de la grâce et ne s'occupe que des grands objets de la foi. Elle est heureuse de chercher Dieu au pied de la croix et plus heureuse de le trouver dans son cœur. Qu'elle est solide ! Il est impossible de s'égarer en suivant ses voies. Qu'elle est sublime ! Elle élève l'âme au-dessus d'elle et l'associe aux esprits célestes. Qu'elle est féconde ! Puisqu'elle fait germer les fruits du salut et qu'elle est la source des vrais mérites et de la pure vertu.

II. Considérez qu'une âme dégagée des choses extérieures se donne plus profitablement aux devoirs de son état. Elle les remplit avec plus de perfection, avec plus d'affection, avec plus de constance. Elle aide le prochain ; elle dirige, elle console même le plus petit ; et ce zèle, cette charité est le caractère distinctif des vrais amis de Dieu. Faisons-nous un honneur d'être dévoués hautement aux intérêts du prochain, surtout aux intérêts spirituels des personnes dont nous sommes chargés.

 

Résolutions

1° Gardons-nous d'exposer au danger notre faible vertu.

2° Compatissons aux misères d'autrui.

3° Profitons de toutes les circonstances où nous pourrons nous rendre utiles.

 

Prière

Faites, ô Sainte Anne, que nous nous occupions dans le silence et dans la retraite à méditer vos vertus et vos exemples, et que nous nous acquittions de tous nos devoirs avec courage et avec amour. Demandez pour nous cette grâce au Seigneur, afin que nous puissions répondre plus fidèlement à ce qu'il demande de nous. Ainsi soit-il.

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

Invocation : Sainte Anne, Vase rempli de grâces, priez pour nous.

 

Quatrième jour

Sainte Anne, modèle des époux

Fidélité en toutes choses

 

I. Considérez que la véritable fidélité consiste dans la soumission entière à la volonté de Dieu, dans la pratique des vertus et dans l'acquit des devoirs de notre état. Fidélité exacte, donc, en toutes choses, dans l'adversité comme dans les jours heureux ; fidélité que rien n'altère, que rien ne rebute. Au contraire, rappelons-nous que la fidélité doit nous porter à être, en tout temps, bienveillants, doux, empressés envers tout le monde, surtout envers ceux auxquels nous sommes attachés.

II. Considérez que la fidélité ne se plaint point de ses devoirs, ni de ses obligations ; qu'elle ne blâme personne, qu'elle ne déprécie pas ce que font les autres, mais bien qu'elle les encourage, les redresse avec douceur, ferme les yeux sur leur défauts et qu'elle cherche en tout à agir par l'impulsion de la grâce, puisqu'on ne peut être à Dieu si l'on rapporte tout à ses goûts et à ses commodités.

 

Résolutions

1° Ne pas chercher ses propres avantages, puisque le sauveur a dit : « Celui qui ne veut pas se renoncer lui-même n'est pas digne de Moi ».

2° Se rappeler souvent que la couronne de vie est promise à celui qui sera fidèle jusqu'à la fin.

 

Prière

Accordez-nous, Seigneur, par les mérites de votre passion et par l'intercession de Sainte Anne, que nous honorons particulièrement aujourd'hui, une grande fidélité à votre service, afin que nous ne nous occupions que des choses qui peuvent vous plaire et faire descendre sur nous vos bénédictions. Ainsi soit-il.

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

Invocation : Sainte Anne, Miroir de Patience, priez pour nous.

 

Cinquième jour

Sainte Anne, protectrice des familles

La vigilance

 

I. Considérez que si nous aimons notre prochain et surtout les personnes que le ciel a confiées à notre sollicitude, nous devons veiller sur leurs intérêts, écarter d'elles avec soin tout ce qui les porterait au mal, les lectures frivoles, les compagnies, les promenades, et les divertissements dangereux, comme aussi tout ce qui peut entretenir l'orgueil, la curiosité, l'immodestie, la jalousie. Mettons le même zèle à protéger leur vertu, leurs biens spirituels que l'on mettrait à défendre leurs intérêts temporels si nous étions mus par une sincère amitié.

II. Considérez qu'une vigilance bien entendue ne se contente pas d'éloigner des périls et de défendre des accidents les personnes qui nous sont chères, mais que nous devons encore être empressés à leur procurer tous les moyens possibles d'avancer dans la perfection. Notre zèle pour leur sanctification nous portera donc à leur rendre facile l'accomplissement de leurs devoirs, à stimuler leur zèle pour les bonnes œuvres, à les engager à se rendre agréables à Dieu.

 

Résolutions

1° Veiller soigneusement sur ses regards, sur ses paroles. etc., pour ne jamais autoriser les fautes d'autrui ; chaque soir s'examiner avec soin sur ses paroles, sur ses actions, etc.

2° Offrir avec ferveur à la Sainte Vierge et à Sainte Anne notre constante disposition à veiller sur notre esprit.

 

Prière

Je vous salue, glorieuse sainte Anne, amie constante et directrice des personnes qui désirent amender leur vie et avancer dans la perfection. Veillez Sur moi, bénissez-moi et donnez-moi à tout instant votre assistance. Ainsi soit-il.

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

Invocation : Sainte Anne, Miroir d'obéissance, priez pour nous.

 

Sixième jour

Sainte Anne, espérance des navigateurs

Désirs du Ciel

 

I. Considérez que vous êtes exilé en ce monde et que notre vraie patrie est le ciel. Nous devons y tendre continuellement, malgré les ruses de l'ennemi du salut, malgré ces charmes du monde et les séduisantes passions qui embarrassent notre marche. Les naufrages sont fréquents sur les écueils multipliés de la mer où nous voguons. Hélas ! Nos chûtes devraient nous humilier, mais non pas nous abattre. Il n'y aura de sauvés que ceux qui savent se relever avec courage ; et ceux-là sont perdus qui cessent d'espérer.

II. Considérez qu'il ne faut pas seulement désirer vaguement aller au Ciel, mais que toutes nos actions servent à accélérer notre passage à la vie éternelle. Que nous devons faire tourner à notre profit les tentations qui nous éprouvent, les misères que nous supportons et les occasions auxquelles nous résistons. Prions Dieu qu'il nous aide à nous relever chaque fois que nous avons le malheur de succomber. Évitons les naufrages ; et, pour cela, veillons et prions, mais si nous éprouvons du malheur, sachons nous relever avec promptitude, avec confiance et avec générosité.

 

Résolutions

1° Ne fondez votre espérance que sur la Providence.

2° Espérons sans présomption et ne négligeons rien.

3° Résistons aux tentations de découragement et réparons nos négligences passées.

 

Prière

Par vos mérites, Sainte Anne, obtenez-nous les lumières et l'assistance dont nous nous sommes rendus indignes par nos faiblesses et par nos fautes journalières. Vous que l'on invoque comme l'espérance des navigateurs, exaucez-nous, aidez-nous et consolez-nous. Ainsi soit-il.

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

Invocation : Sainte Anne, Ancre dans les périls, priez pour nous.

 

Septième jour

Sainte Anne protectrices des voyageurs

Le détachement des choses du monde

 

I. Considérez que la Divine Providence veille sur nous dans toutes les entreprises qui ont pour but la gloire de Dieu, notre salut, ou la charité envers le prochain. Elle nous fournit les forces, la santé, les moyens d'accomplir ce que nous tentons dans ces nobles desseins. Que rien donc ne nous rebute, que rien ne nous lasse quand il s'agit de pratiquer quelque œuvre de charité. Sachons tout quitter quand il s'agit de glorifier Dieu ou d'aider le prochain.

II. Considérez que les biens de la terre ne sont rien en comparaison des récompenses que le seigneur réserve à ceux qui se donnent généreusement à son service. Ne considérons donc jamais ce que nous sacrifions, ce que nous endurons pour seconder les vues de Dieu. Oublions tout pour ne nous occuper qu'a mériter la félicité promise à ceux qui savent de bon cœur tout quitter pour Dieu.

 

Résolutions

1° Nous associer à ceux qui travaillent au salut du prochain, en les aidant de nos prières et de nos aumônes.

2° Remercier souvent Dieu de ce qu'il a fait pour nous, et lui faire, en retour, l'offrande de tout ce dont nous pouvons disposer.

 

Prière

Nous vous conjurons, ô bonne et compatissante sainte Anne, de guider nos pas et d'éclairer nos démarches afin que nous ne nous écartions pas en cette vie du sentier du devoir et que nous marchions d'un pas assuré vers la céleste patrie. Ainsi soit-il.

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

Invocation : Sainte Anne, Chemin des Pèlerins et Port assuré dans les naufrages, ayez pitié de nous.

 

Huitième jour

Sainte Anne, consolatrice des affligés

Prix des souffrances

 

I. Considérez que le ciel n'envoie ses afflictions que pour punir nos fautes, pour augmenter nos mérites et pour nous porter à Dieu. Les Saints intercèdent pour nous auprès du trône de la miséricorde pour nous obtenir la grâce de nous soumettre aux épreuves, de pratiquer la patience et la persévérance. Pour obtenir de si grands biens sachons souffrir avec une résignation parfaite. Adorons Dieu, le maître de nos forces et de notre santé, qui ne nous éprouve que pour nous faire sentir le prix de la vie, de la santé et du bonheur. Enfin considérons que ce bon maître ne frappe que pour corriger.

II. Considérez le prix des souffrances que le meilleur des pères nous envoie pour nous faire mériter davantage et pour l'édification du prochain. Ceux qui vivent dans les plaisirs ne reconnaissent pas le prix des afflictions qui les ramèneraient à Dieu. Combien d'autres par ces épreuves sont préservés des compagnies et des occasions dangereuses et sont même disposés à pratiquer la vertu. D'ailleurs, ce n'est que par la croix que l'on peut arriver à la vie glorieuse.

 

Résolutions

1° Utilisons nos peines, nos infirmités, nos douleurs en les présentant à Dieu avec le désir de nous conformer à sa volonté.

2° Visitons 1es pauvres, les malades, les affligés, et ne nous lassons pas d'écouter leurs plaintes, leurs récits et de les consoler autant qu'il est en nous de le faire.

 

Prière

Puisque Dieu veut que nous souffrions et que nous éprouvions des afflictions, ne permettez pas, Sainte Anne que nous perdions le mérite des souffrances et de nos épreuves. Fortifiez-nous, soutenez-nous et faites qu'après avoir reçu force et consolations, nous puissions bénir et glorifier Dieu dans l'éternelle joie.

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

Invocation : Sainte Anne, Modèle de patience, consolatrice des affligés, priez pour nous.

 

Neuvième jour

Sainte Anne, refuge des chrétiens

Le repos éternel

 

I. Considérez que bon nombre de pieux serviteurs de Dieu mettent leur confiance dans leur Ange Gardien, dans l'invocation de leurs Saints Patrons ou encore dans l'intercession de la glorieuse Vierge Marie, Mère de notre Rédempteur, afin d'avoir leur assistance auprès du Souverain Juge, Sainte Anne est à bon droit appelée « Refuge des Chrétiens », puisque dès les premiers siècles de l'Eglise les personnes qui éprouvaient des afflictions, des tribulations et des persécutions ont eu recours à elle, comme l'attestent les monuments de leur gratitude répandue dans le monde. Pourquoi donc négligeriez-vous de l'intéresser à vous et à ce qui vous concerne ?

II. Considérez que pendant toute notre vie nous serons exposés à des tentations, à des luttes et à des épreuves et que pour en faire notre profit nous avons besoin de secours ; que le ciel sera notre repos, notre récompense, si nous luttons courageusement contre les tentations, si nous supportons nos misères avec courage et persévérance. Chacun recueillera à la mort ce qu'il aura semé dans le temps ; faisons-donc le bien tandis que nous le pouvons. Nos patrons, les élus de Dieu, qui connaissent nos embarras, nos misères, nos combats, nous aideront pendant cette vie et plus particulièrement à l'heure de notre mort.

 

Résolutions

1° Tous les jours faire quelque chose en l'honneur de Sainte Anne : assister les pauvres les plus abandonnés, instruire les enfants.

2° Honorer, pour lui plaire, la Sainte Vierge et Saint Joachim.

 

Prière

Sainte Anne, que Dieu nous a donnée pour modèle de patience et de résignation, faites que nous marchions constamment sur vos traces, afin qu'après vous avoir imité tous les jours de notre vie, nous puissions vous louer et vous remercier clans le ciel. Ainsi soit-il.

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

Invocation : Sainte Anne, Aide de tous ceux qui vous invoquent, priez pour nous.

 

Imprimatur

29 mai 1873,

+ E. A. Archpus Quebecen.

 

Neuvaine publiée à Québec, sur les presses de la Typographie d'Augustin Coté et Cie, en 1872

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16 septembre 2013

Messe de la Fête des Stigmates de Saint François

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Messe de la Fête des Stigmates de Saint François

(Extrait du Missel Franciscain, Editions Franciscaines, Paris, 2000)

 

Sur le Mont Alverne, au cours du Carême préparatoire à la Saint Michel, vers la Fête de la Sainte Croix 1224, François est en prière : « Mon Seigneur Jésus-Christ, je Te prie de m'accorder deux grâces avant que je meure : la première est que, durant ma vie, je sente dans mon âme et dans mon corps, autant qu'il est possible, cette douleur que Toi, ô Doux Jésus, Tu as endurée à l'heure de Ta cruelle Passion ; la seconde est que je sente dans mon cœur, autant qu'il est possible, cet Amour sans mesure dont Toi, Fils de Dieu, tu étais embrasé et qui Te conduisais à endurer volontiers une telle Passion pour nous pécheurs » (3e considération sur les Stigmates). Tout ce qui s'est passé ensuite est la réponse de Dieu à cette prière. Comparant François à Moïse, Saint Bonaventure achève ainsi le récit bien connu de la Stigmatisation : « François, l'homme évangélique, descendit de la montagne portant l'image du Crucifié non point sculptée sur des tables de pierre, mais reproduites en sa propre chair par le doigt du Dieu vivant (Légenda Minor 6, 4). Il importe d'aller toujours jusqu'au cœur du mystère : « Si les Stigmates s'étaient ouverts dans sa chair, c'est que la Croix s'était implantée au plus profond de son âme ». (Vita Seconda de Thomas de Celano, 211).

 

Antienne d'ouverture : « Que la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ soit ma seule fierté ; par elle le monde est à jamais crucifié pour moi, et moi pour le monde ». (Galates 6, 14).

 

Prière d'ouverture

 

Pour raviver dans nos cœurs le feu de Ton Amour, Tu as renouvelé, Seigneur, dans le corps de notre Père Saint François, les Stigmates de la Passion de Ton Fils. À sa prière, accorde-nous d'être unis à la mort de Ton Fils et de participer ainsi à Sa résurrection. Lui qui vit et règne avec Toi dans l'Unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Première Lecture

« Je porte dans mon corps la marque des souffrances de Jésus »

 

Lecture de la Lettre de Saint Paul Apôtre aux Galates (6, 4-18)

 

Frères, que la Croix de notre Seigneur Jésus Christ reste mon seul orgueil. Par elle, le monde est à jamais crucifié pour moi, et moi pour le monde. Ce qui compte, ce n'est pas d'avoir ou de ne pas avoir la circoncision, c'est la création nouvelle. Pour tous ceux qui suivent cette règle de vie et pour le véritable Israël de Dieu, paix et miséricorde. Dès lors, que personne ne vienne me tourmenter. Car moi, je porte dans mon corps la marque des souffrances de Jésus. Frères, que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit. Amen.

 

Psaume

(141, 2-3, 6-7, 8)

 

R. Avec le Christ, je suis fixé à la Croix

 

A pleine voix, je crie vers le Seigneur !

A pleine voix, je supplie le Seigneur !

Je répands devant lui ma plainte,

Devant lui, je dis ma détresse.

 

J'ai crié vers toi, Seigneur !

J'ai dit : « Tu es mon abri,

ma part, sur la terre des vivants. »

Sois attentif à mes appels.

 

Tire-moi de la prison où je suis,

Que je rende grâce à ton nom.

Autour de moi, les justes feront cercle

Pour le bien que tu m'as fait.

 

Evangile

« Celui qui veut marcher à Ma suite, qu'il prenne sa croix »

 

Alléluia, Alléluia. « Avec le Christ, je suis fixé à la Croix : je vis, mais ce n'est plus moi. C'est le Christ qui vit en moi » (Galates 2, 19-20). Alléluia.

 

Evangile de Jésus-Christ selon Saint Luc (9, 23-26)

 

Jésus disait à la foule : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour, et qu'il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera. Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c'est en se perdant lui-même et en le payant de sa propre existence ? Si quelqu'un a honte de moi et de mes paroles, le Fils de l'homme aura honte de lui, quand il viendra dans sa gloire et dans celle du Père et des anges.

 

Prière sur les offrandes

 

A l'humble prière de notre Père Saint François, accorde-nous, Seigneur, par cette offrande, de ressentir les bienfaits de la Passion de Ton Fils. Lui qui vit et règne avec Toi dans l'Unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Antienne de la Communion : « Voici en quoi nous pouvons nous glorifier : c'est de nos infirmités, et de porter chaque jour la Sainte Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ » (Admonition 5).

 

Prière après la Communion

 

Dans la personne de notre Père Saint François, Tu as révélé, Seigneur, la richesse du Mystère de la Croix. Fais qu'en suivant son exemple, nous soyons réconfortés par la contemplation de la Croix du Sauveur. Lui qui vit et règne avec Toi dans l'Unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

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Liturgie des Heures pour la Fête des Stigmates de Saint François 1/2

Liturgie des Heures pour la Fête des Stigmates de Saint François

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Liturgie des heures

Extrait du « Sanctoral Franciscain », Editions Franciscaines, Paris, 1999

 

En septembre 1224, François d'Assise fut gratifié sur le Mon Alverne de la vision d'un séraphin ailé et crucifié en réponse à sa demande instante : « Que je sente dans mon âme et dans mon corps ce que Tu as ressenti toi-même : la souffrance de la Passion et l'Amour sans mesure dont Tu étais embrasé 3e Considération sur les Stigmates). Cette prière et cette réponse sont l'aboutissement d'une longue route : François, en vrai chevalier, veut servir le seul et vrai Seigneur. Il a découvert son modèle en Jésus. Il veut l'imiter, être à ses côtés et, avec Lui, comme Lui, combattre et remporter la victoire. C'est sa manière de suivre les traces du Christ (Admonition 6, 2), et cette manière fut agréée par Dieu en ce mois de septembre 1224 : les Stigmates de la Passion du Christ dont il resta marqué sont la confirmation divine de son combat et de sa vie.

 

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Office des Lectures

 

Invitatoire

 

Pour le premier office du jour

Seigneur, ouvre mes lèvres,

et ma bouche publiera ta louange,

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit,

Au Dieu qui est, qui était et qui vient, pour les siècles et les siècles. Amen. Alléluia

 

Psaume 94

 

Venez, crions de joie pour le Seigneur,

acclamons notre Rocher, notre salut !

Allons jusqu'à lui en rendant grâce,

par nos hymnes de fête acclamons-le !

 

Oui, le grand Dieu, c'est le Seigneur,

le grand roi au-dessus de tous les dieux :

il tient en main les profondeurs de la terre,

et les sommets des montagnes sont à lui ;

à lui la mer, c'est lui qui l'a faite,

et les terres, car ses mains les ont pétries.

 

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,

adorons le Seigneur qui nous a faits.

Oui, il est notre Dieu ; +

nous sommes le peuple qu'il conduit,

le troupeau guidé par sa main.

 

Aujourd'hui écouterez-vous sa parole ? +

« Ne fermez pas votre coeur comme au désert,

comme au jour de tentation et de défi,

où vos pères m'ont tenté et provoqué,

et pourtant ils avaient vu mon exploit.

 

« Quarante ans leur génération m'a déçu, +

et j'ai dit : Ce peuple a le coeur égaré,

il n'a pas connu mes chemins.

Dans ma colère, j'en ai fait le serment :

Jamais ils n'entreront dans mon repos. »

 

Rendons Gloire au Père Tout-Puissant,

A son Fils Jésus-Christ le Seigneur,

A l'Esprit qui habite en nos cœurs

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Hymne

 

Ceci est mon corps...

Pourquoi ces mots, toujours...

répétés nuit et jour ?

Pourquoi ce pain et ce vin,

ce rocher trois fois saint ?

Pourquoi cette montagne

surplombant la campagne ?

Et pourquoi tous ces gens

de partout accourant ?

 

Ceci est mon corps...

Un petit homme brun,

le corps et l'âme à jeûn,

s'est laissé consacrer

sur cette pierre, ancré

par les rayons ardents

d'un Séraphin brûlant,

et contemplant son Dieu,

aveuglé de ce feu,

est devenu sans prix

un autre Jésus-Christ.

 

Ceci est mon corps...

O terre qui frémit

quand fut jeté ce cri :

« Père, entre tes mains

je remets mon esprit ».

Profondeur souterraine,

dure couche sans laine,

silencieux sous-bois,

mousse dessous nos pas,

dites-nous le secret :

François stigmatisé.

 

Ceci est mon corps...

C'est au creux de la nuit

une flûte adoucie.

 

Psaume 2

Dieu donne la royauté au Messie

 

Antienne

A. « La main du Seigneur fut sur moi : il me conduit sur une haute montagne ».

B. « Sur la montagne aujourd'hui, François entre dans la Nuée ; la main du Seigneur est sur lui ».

 

Pourquoi ce tumulte des nations,

ce vain murmure des peuples ?

Les rois de la terre se dressent,

les grands se liguent entre eux

contre le Seigneur et son messie :

« Faisons sauter nos chaînes,

rejetons ces entraves ! »

 

Celui qui règne dans les cieux s'en amuse,

le Seigneur les tourne en dérision ;

puis il leur parle avec fureur ,

et sa colère les épouvante :

« Moi, j'ai sacré mon roi

sur Sion, ma sainte montagne. »

Je proclame le décret du Seigneur ! +

 

Il m'a dit : « Tu es mon fils ;

moi, aujourd'hui, je t'ai engendré.

Demande, et je te donne en héritage les nations,

pour domaine la terre tout entière.

Tu les détruiras de ton sceptre de fer,

tu les briseras comme un vase de potier. »

 

Maintenant, rois, comprenez,

reprenez-vous, juges de la terre.

Servez le Seigneur avec crainte,

rendez-lui votre hommage en tremblant.

Qu'il s'irrite et vous êtes perdus :

soudain sa colère éclatera.

 

Heureux qui trouve en lui son refuge !

 

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit,

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Psaume 8

Majesté de Dieu et dignité de l'homme

 

Antienne

A. « J'ai contemplé une grande vision et je fus transfiguré ».

B. « Comme un ami parle avec son ami, François interroge : « Qui es-tu Seigneur, et qui suis-je ? Et le Seigneur passe dans le vent de l'Esprit.

 

R. O Seigneur notre Dieu, qu'il est grand Ton Nom par toute la terre.

 

Jusqu'aux cieux ta splendeur est chantée

par la bouche des enfants, des tout-petits :

rempart que tu opposes à l'adversaire,

où l'ennemi se brise en sa révolte.

 

A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts,

la lune et les étoiles que tu fixas,

qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui,

le fils d'un homme, que tu en prennes souci ?

 

Tu l'as voulu un peu moindre qu'un dieu,

le couronnant de gloire et d'honneur ;

tu l'établis sur les oeuvres de tes mains,

tu mets toute chose à ses pieds :

 

les troupeaux de boeufs et de brebis,

et même les bêtes sauvages,

les oiseaux du ciel et les poissons de la mer,

tout ce qui va son chemin dans les eaux.

 

R. O Seigneur, notre Dieu, qu'il est grand ton nom par toute la terre !

 

Rendons Gloire au Père Tout-Puissant,

A son Fils Jésus-Christ le Seigneur,

A l'Esprit qui habite en nos cœurs

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Psaume 95

Dieu, Roi et Juge de l'univers

 

Antienne

A. « La gloire du Seigneur était comme un feu ardent au sommet de la montagne ».

B. « François a tenu caché le secret de Dieu ; mais son plus beau chant d'amour éclate dans sa chair brûlée au sceau du roi ».

 

Chantez au Seigneur un chant nouveau,

chantez au Seigneur, terre entière,

chantez au Seigneur et bénissez son nom !

 

De jour en jour, proclamez son salut,

racontez à tous les peuples sa gloire,

à toutes les nations ses merveilles !

 

Il est grand, le Seigneur, hautement loué,

redoutable au-dessus de tous les dieux :

néant, tous les dieux des nations !

 

Lui, le Seigneur, a fait les cieux :

devant lui, splendeur et majesté,

dans son sanctuaire, puissance et beauté.

 

Rendez au Seigneur, familles des peuples,

rendez au Seigneur la gloire et la puissance,

rendez au Seigneur la gloire de son nom.

 

Apportez votre offrande, entrez dans ses parvis,

adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté :

tremblez devant lui, terre entière.

 

Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! »

Le monde, inébranlable, tient bon.

Il gouverne les peuples avec droiture.

 

Joie au ciel ! Exulte la terre !

Les masses de la mer mugissent,

la campagne tout entière est en fête.

 

Les arbres des forêts dansent de joie

devant la face du Seigneur, car il vient,

car il vient pour juger la terre.

 

Il jugera le monde avec justice, *

et les peuples selon sa vérité !

 

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit,

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

V. Tu as marqué, Seigneur, ton serviteur François, des signes de notre Rédemption.

 

De la Lettre aux Galates (5, 24-26 ; 6, 2-5, 7...18)

 

Ceux qui sont au Christ Jésus ont crucifié en eux la chair, avec ses passions et ses tendances égoïstes. Puisque l'Esprit nous fait vivre, laissons-nous conduire par l'Esprit. Ne cédons pas à la vanité : pas de provocation entre nous, pas de rivalité.

Portez les fardeaux les uns des autres : ainsi vous accomplirez la loi du Christ. Si quelqu'un pense être quelque chose alors qu'il n'est rien, il se fait illusion sur lui-même. Que chacun examine sa propre action ; ainsi il trouvera ses motifs d'orgueil en lui-même et non pas en se comparant aux autres. Chacun doit porter le poids de sa propre existence.

Ne vous égarez pas : Dieu ne se laisse pas narguer. Ce que l'on a semé, on le récoltera : des semailles purement humaines aboutissent à une récolte purement humaine, la dégradation définitive ; des semailles spirituelles aboutissent à une récolte spirituelle, la vie éternelle. Ne nous lassons pas de faire le bien, car, le moment venu, nous récolterons si nous ne nous décourageons pas. Puisque nous tenons le bon moment, travaillons au bien de tous, spécialement dans la famille des croyants. Que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste mon seul orgueil. Par elle, le monde est à jamais crucifié pour moi, et moi pour le monde. Ce qui compte, ce n'est pas d'avoir ou de ne pas avoir la circoncision, c'est la création nouvelle. Pour tous ceux qui suivent cette règle de vie et pour le véritable Israël de Dieu, paix et miséricorde. Dès lors, que personne ne vienne me tourmenter. Car moi, je porte dans mon corps la marque des souffrances de Jésus. Frères, que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit. Amen.

 

R. Je sais en qui j'ai foi,

je connais sa puissance,

Lui me gardera dans sa présence.

 

Crucifié avec le Christ,

Ce n'est plus moi qui vis,

C'est le Christ qui vit en moi.

Sa grâce fut puissante.

 

Ce que je vis maintenant dans ma chair,

Je le vis dans la Foi au Fils de Dieu.

Il s'est livré Lui-même pour moi.

 

Oubliant le chemin parcouru,

Je cours tout droit vers le Christ

Afin de pouvoir le saisir,

Déjà saisi par Lui-même.

 

Récit de Saint Bonaventure sur les stigmates

François, image du Crucifié

 

Deux ans avant de rendre son âme au Ciel, le fidèle serviteur du Christ, François, se rendit en un lieu écarté et très élevé, appelé Mont Alverne, pour y faire un Carême en l'honneur de l'Archange Saint Michel. Bientôt, il se sentit, plus abondamment encore que de coutume, envahi par la douceur de la contemplation divine, par le feu ardent des désirs célestes, par l'infusion des dons d'en-haut.

Tandis qu'il se sentait soulevé vers Dieu par l'ardeur des désirs séraphiques, un certain matin, vers la Fête de l'Exaltation de la Sainte Croix, étant en prières sur le flanc de la montagne, il vit descendre vers lui du haut du Ciel comme la vision d'un séraphin muni de six ailes brillantes comme le feu. Cet être s'approcha d'un vol rapide jusqu'au dessus de lui... il lui apparut non seulement ailé, mais aussi crucifié. À cette vue il fut saisi d'une violente stupeur. Son âme fut parcourue e joie mêlée de douleur. Le gracieux visage du Christ sous un aspect si familier lui faisait concevoir une joie extrême. Mais en le voyant cruellement fixé à la croix, il était tout transi à la fois de compassion et de joie.

La vision disparut, après un entretien secret et familier. Intérieurement son âme était embrasée d'ardeur séraphique. Mais sa chair aussi était devenue extérieurement conforme au Crucifié : elle en portait le signe et l'effigie, comme la marque d'un sceau brûlant imprimé sur la cire. Aussitôt commencèrent à apparaître dans ses mains et dans ses pieds les marques des clous. La tête de ces clous était visible dans la paume des mains et le dessus des pieds, et les pointes de ces clous saillaient de l'autre côté. Au côté droit comme entr'ouvert par une lance, s'étendait une cicatrice rouge d'où coulait souvent un sang précieux.

François, l'homme nouveau, en vertu d'un nouveau et stupéfiant miracle, par un singulier privilège, jamais accordé dans les siècles passés, apparut ainsi marqué des saints stigmates. Il redescendit de la montagne portant l'image du Crucifié, non point gravé sur la pierre ou le bois par la main d'un artiste, mais écrite sur ses membres de chair par la main du Dieu vivant.

 

R. L'amour n'est pas aimé.

 

L'amour n'est pas aimé,

le sel n'est plus salé,

le feu ne brûle plus...

L'Amour n'est pas aimé,

ton corps est crucifié,

montre-le moi, Jésus !

 

Donne-moi de connaître

au profond de mon cœur

le Sang brûlant de ton amour ;

et donne-moi, ô Maître,

de vivre dans mon corps

les plaies qui

t'ont donné la mort...

 

En voici que ton ange

en ouvrant son trésor

fit naître la Croix

dans mon corps,

imprima son image

de lumière et de feu :

il me montra le cœur de Dieu !

 

Et Dieu refait le monde,

Il y plante un jardin

qui fleurit aux pieds

et aux mains,

Et de sa plaie profondeur

Le cœur donne la vie

Comme une source

au fond du puits.

 

Oraison

 

Pour raviver dans nos cœurs le feu de Ton Amour, Tu as renouvelé, Seigneur, dans le corps de notre Père Saint François, les Stigmates de la Passion de Ton Fils. À sa prière, accorde-nous d'être unis à la mort de Ton Fils et de participer ainsi à Sa résurrection. Lui qui vit et règne avec Toi dans l'Unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

francesco (2)

Matin

 

Si ce n'est pas le premier office du jour :

Dieu, viens à mon aide,

Seigneur, à notre secours,

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit.

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen. Alléluia.

 

Hymne

 

R. O Dieu, mon Dieu, qui es-tu ? Ton Nom est un vertige... O Dieu, mon Dieu, qui est-tu ? Et moi, ô Dieu, qui suis-je ?

 

Seigneur, Dieu de mon salut,

Je crie le jour et la nuit devant Toi.

C'est Toi qui m'as fait naître,

Toi mon espoir dès le premier jour.

Dès le sein de ma mère, mon Dieu c'est Toi,

Ne t'éloigne jamais de moi...

 

De toute ma voix je crie vers Dieu.

Devant Lui, j'expose ma détresse.

Sur la route où je marche ils m'ont tendu un piège.

Leur fouet s'est abattu sur moi, et moi j'ai pardonné.

Tu es mon Père, le Très Saint, le Très-Haut,

Vite à mon aide, ô Dieu mon sauveur.

 

Ils ont percé mes mains, mes pieds,

Ils ont compté tous mes os.

Ils ont ouvert la bouche et hurlé contre moi.

Mon cœur s'est amolli comme la cire,

Ma force se dessèche comme terre cuite au four.

Ils m'ont couché dans la poussière de la mort.

 

Je me suis endormi mais je suis ressuscité.

Père Saint, Tu m'as pris par la main droite,

Quelle est ma récompense dans le Ciel, sinon Toi ?

Et sur la terre que pis-je vouloir d'autre que toi ?

Voyez, voyez, « Je suis Dieu », dit le Seigneur,

Je serai exalté parmi les peuples !

 

Psaume 62

« L'eau que Je lui donnerai deviendra en lui source jaillissante pour la vie éternelle » (Jean 4, 14).

 

Antienne

A. « Je suis crucifié avec le Christ, ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi ».

B. « J'ai levé les mains vers Toi, et Tu m'as abrité de Tes ailes ; Tu es fort, Tu es grand, et toute ma douceur ! »

 

Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l'aube :

mon âme a soif de toi ;

après toi languit ma chair,

terre aride, altérée, sans eau.

 

Je t'ai contemplé au sanctuaire,

j'ai vu ta force et ta gloire.

Ton amour vaut mieux que la vie :

tu seras la louange de mes lèvres !

 

Toute ma vie je vais te bénir,

lever les mains en invoquant ton nom.

Comme par un festin je serai rassasié ;

la joie sur les lèvres, je dirai ta louange.

 

Dans la nuit, je me souviens de toi

et je reste des heures à te parler.

Oui, tu es venu à mon secours :

je crie de joie à l'ombre de tes ailes.

Mon âme s'attache à toi,

ta main droite me soutient.

 

Rendons Gloire au Père Tout-Puissant,

A son Fils Jésus-Christ le Seigneur,

A l'Esprit qui habite en nos cœurs

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Cantique des Trois Enfants (Daniel 3)

Hymne de l'Univers

« La création aspire de toutes ses forces à voir la révélation des fils de Dieu » (Romains 8, 19).

 

Antienne

A. « J'ai été saisi par le Christ afin de le connaître : montagnes et collines, bénissez le Seigneur ».

B. « Le flanc du rocher s'est ouvert, toute la terre accueille avec François le Salut de Dieu ».

 

Toutes les oeuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur :

À lui, haute gloire, louange éternelle !

 

Vous, les anges du Seigneur, bénissez le Seigneur :

À lui, haute gloire, louange éternelle !


Vous, les cieux, bénissez le Seigneur,

et vous, les eaux par-dessus le ciel, bénissez le Seigneur,

et toutes les puissances du Seigneur, bénissez le Seigneur !


Et vous, le soleil et la lune, bénissez le Seigneur,

et vous, les astres du ciel, bénissez le Seigneur,

vous toutes, pluies et rosées, bénissez le Seigneur !

 

Vous tous, souffles et vents, bénissez le Seigneur,

et vous, le feu et la chaleur, bénissez le Seigneur,

et vous, la fraîcheur et le froid, bénissez le Seigneur !

 

Et vous, le givre et la rosée, bénissez le Seigneur,

et vous, le gel et le froid, bénissez le Seigneur,

et vous, la glace et la neige, bénissez le Seigneur !


Et vous, les nuits et les jours, bénissez le Seigneur,

et vous, la lumière et les ténèbres, bénissez le Seigneur,

et vous, les éclairs, les nuées, bénissez le Seigneur :

À lui, haute gloire, louange éternelle !

Que la terre bénisse le Seigneur :

À lui, haute gloire, louange éternelle !

Et vous, montagnes et collines, bénissez le Seigneur,

et vous, les plantes de la terre, bénissez le Seigneur,

et vous, sources et fontaines, bénissez le Seigneur !


Et vous, océans et rivières, bénissez le Seigneur,

baleines et bêtes de la mer, bénissez le Seigneur,

vous tous, les oiseaux dans le ciel, bénissez le Seigneur,

vous tous, fauves et troupeaux, bénissez le Seigneur :

À lui, haute gloire, louange éternelle !

Et vous, les enfants des hommes, bénissez le Seigneur :

À lui, haute gloire, louange éternelle !

 

Toi, Israël,bénis le Seigneur !

Et vous, les prêtres, bénissez le Seigneur,

vous, ses serviteurs, bénissez le Seigneur !


Les esprits et les âmes des justes, bénissez le Seigneur,

les saints et les humbles de cœur, bénissez le Seigneur,
Anias, Azarias et Misaël, bénissez le Seigneur :

À lui, haute gloire, louange éternelle !


Bénissons le Père, le Fils et l'Esprit saint :

À lui, haute gloire, louange éternelle !

Bénis sois-u, Seigneur, au firmament du Ciel :

A Toi, haute gloire, louange éternelle !

 

Psaume 149

Louange à Dieu par les chants de victoire

« Le vainqueur, celui qui restera fidèle à Mon service jusqu'à la fin, Je lui donnerai pouvoir sur les Nations » (Apocalypse 2, 26).

 

Chantez au Seigneur un chant nouveau,

louez-le dans l'assemblée de ses fidèles !

En Israël, joie pour son créateur ;

dans Sion, allégresse pour son Roi !

Dansez à la louange de son nom,

jouez pour lui, tambourins et cithares !

 

Car le Seigneur aime son peuple,

il donne aux humbles l'éclat de la victoire.

Que les fidèles exultent, glorieux,

criant leur joie à l'heure du triomphe.

Qu'ils proclament les éloges de Dieu,

tenant en main l'épée à deux tranchants.

 

Tirer vengeance des nations,

infliger aux peuples un châtiment,

charger de chaînes les rois,

jeter les princes dans les fers,

leurs appliquer la sentence écrite,

c'est la fierté de ses fidèles.

 

Rendons Gloire au Père Tout-Puissant,

A son Fils Jésus-Christ le Seigneur,

A l'Esprit qui habite en nos cœurs

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

La Parole de Dieu

De la Lettre de Saint Paul Apôtre aux Galates (6, 14, 17-18)

 

Que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste mon seul orgueil. Par elle, le monde est à jamais crucifié pour moi, et moi pour le monde. Dès lors, que personne ne vienne me tourmenter. Car moi, je porte dans mon corps la marque des souffrances de Jésus. Frères, que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit. Amen.

 

R. Nous l'avons vu transpercé, sans beauté ni éclat !

V. Méprisé et souffrant, gage de notre paix. R.

V. Comme un agneau muet, il n'ouvrait pas la bouche. R.

V. Dans le sang de ses blessures se trouvait notre guérison. R.

V. Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit. R.

 

Cantique de Zacharie

 

Antienne

A. « François, tendu vers le martyre, l'astre d'en-haut t'a visité, il a marqué ton corps des Stigmates de la Passion ».

B. « La terre a tressailli devant Ta gloire, ô Christ, et le chant de Ta Pâque a devancé l'aurore. Ton immense tendresse a visité François ».

 

Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël

qui visite et rachète son peuple.

Il a fait surgir la force qui nous sauve

dans la maison de David son serviteur,


Comme il l'avait dit par la bouche des Saints,
Par ses prophètes, depuis les temps anciens :


Salut qui nous arrache à l'ennemi

à la main de tous nos oppresseurs.


Amour qu'il montre envers nos pères,
mémoire de son alliance sainte,


Serment juré à notre père Abraham

de nous rendre sans crainte,


afin que délivrés de la main de nos ennemis, +
nous le servions dans la justice et la sainteté,

en sa présence tout au long de nos jours.

Et toi, petit enfant, tu seras appelé

prophète du Très-Haut,
Tu marcheras devant, à la face du Seigneur,
et tu prépareras ses chemins,


pour donner à son peuple de connaître le salut
par la rémission de ses péchés.

Grâce à la tendresse, à l'amour de notre Dieu :
quand nous visite l'astre d'en-haut.


Pour illuminer ceux qui habitent ténèbres et l'ombre de la mort,
pour conduire nos pas au chemin de la paix.

 

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit,

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Louange et intercession

 

Célébrons Dieu qui prend le chemin de l'humble amour pour venir jusqu'à nous/

 

R. Tu es pour nous, Seigneur, vie et Salut !

 

Dieu, notre Père, Tu révèles Ton Mystère aux humbles et aux petits :

Sois béni d'avoir associé François au mystère de la Pâque de Ton Fils et d'avoir marqué sa chair du signe de la Croix.

 

Tu baptises l'Eglise dans la mort et la Résurrection de Jésus :

Sois béni de révéler en elle le mystère de fécondité qui traverse la souffrance et la mort des hommes.

 

Tu accompagnes l'homme en son chemin vers Ta Gloire :

Sois béni de nous convertir à Toi, de nous façonner à l'image et à la ressemblance du Fils de Ton Amour et de nous conformer à Sa Passion/

 

La Croix de Jésus éclaire nos nuits comme un brasier d'amour :

Sois béni par tous ceux qui consentent à se laisser transformer par l'Amour pour que vive Ta présene en notre terre.

 

Intentions libres.

 

Notre Père

 

Oraison

 

Pour raviver dans nos cœurs le feu de Ton Amour, Tu as renouvelé, Seigneur, dans le corps de notre Père Saint François, les Stigmates de la Passion de Ton Fils. À sa prière, accorde-nous d'être unis à la mort de Ton Fils et de participer ainsi à Sa résurrection. Lui qui vit et règne avec Toi dans l'Unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

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Suite de l'Office ci-dessous

Liturgie des Heures pour la Fête des Stigmates de Saint François 2/2

Liturgie des Heures pour la Fête des Stigmates de Saint François

 

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Milieu du jour

 

Dieu, viens à mon aide,

Seigneur, à notre secours,

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit.

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen. Alléluia.

 

Les Psaumes sont ceux du jour de la semaine

 

Antienne : « Dieu l'a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous avez crucifié ».

 

La Parole de Dieu

 

De la Lettre de Saint Paul Apôtre aux Romains (6, 4-6)

 

Si, par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c'est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d'entre les morts. Car, si nous sommes déjà en communion avec lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons encore par une résurrection qui ressemblera à la sienne. Nous le savons : l'homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix.

 

Ou

 

De la Lettre de Saint Paul Apôtre aux Galates ( 2, 20-21)

 

Je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi. Ma vie aujourd'hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi. Il n'est pas question pour moi de rejeter la grâce de Dieu. En effet, si c'était par la Loi qu'on devient juste, alors le Christ serait mort pour rien.

 

Ou

 

De la Lettre de Saint Paul Apôtre aux Romains 6, 8, 11)

 

Si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. De même vous aussi : pensez que vous êtes morts au péché, et vivants pour Dieu en Jésus Christ.

 

V. Nous T'adorons Seigneur Jésus-Christ, Tu as racheté le monde par Ta Croix.

 

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Soir

 

Dieu, viens à mon aide,

Seigneur, à notre secours,

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit.

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen. Alléluia.

 

Hymne

 

Frère François

qui parles de la joie parfaite

en parfait dénuement,

que rien n'arrête notre élan vers le partage,

le pur courage et la transperce du cœur

jusqu'au jour du Seigneur.

 

R. Ta prière nous garde

et nous aide à prier.

Ton amour nous regarde :

Il nous aide à prier.

 

Frère François

les clous de la croix pesante

son entrés dans ton corps !

Que chacun tente son effort jusqu'à l'usure

de sa mesure et souffre l'entière douleur

pour l'amour du Seigneur.

 

Frère François

qui chantes Ta Foi sereine

à la face du Ciel,

que nous entraîne l'éternel don de lumière

à cette terre dans l'universelle ferveur :

bénissons le Seigneur !

 

Frère François,

quand il reviendra en gloire

celui qui t'a choisi,

pour qu'il s'empare de tes fils, mets à l'avance

ta ressemblance dans leur âme

offerte à l'ardeur

de l'Esprit du Seigneur.

 

Psaume 11

Eloge de la crainte de Dieu

 

Antienne

A. Dieu a manifesté en François le mystère de Son Fils Crucifié.

B. Illuminé par la vision du Séraphin, François a éprouvé la puissance de la Résurrection ; et blessé par la douceur du Crucifié, il s'est écrié : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ».

 

Heureux qui craint le Seigneur,

qui aime entièrement sa volonté !

Sa lignée sera puissante sur la terre ;

la race des justes est bénie.

 

Les richesses affluent dans sa maison :

à jamais se maintiendra sa justice.

Lumière des cœurs droits, il s'est levé dans les ténèbres,

homme de justice, de tendresse et de pitié.

 

L'homme de bien a pitié, il partage ;

il mène ses affaires avec droiture.

Cet homme jamais ne tombera ;

toujours on fera mémoire du juste.

 

Il ne craint pas l'annonce d'un malheur :

le cœur ferme, il s'appuie sur le Seigneur.

Son cœur est confiant, il ne craint pas :

il verra ce que valaient ses oppresseurs.

 

A pleines mains, il donne au pauvre ; +

à jamais se maintiendra sa justice,

sa puissance grandira, et sa gloire !

 

L'impie le voit et s'irrite ; +

il grince des dents et se détruit.

L'ambition des impies se perdra.

 

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit,

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Psaume 115

Action de grâce pour une guérison

 

Antienne

A. Je n'ai voulu savoir parmi vous que Jésus, le Crucifié.

B. François, le Seigneur t'a parlé, et tu lui as répondu. Maintenant, de tes yeux, tu connais le Mystère ; comment rendre à ton Dieu tout le bien qu'Il t'a fait ?

 

Je crois, et je parlerai,

moi qui ai beaucoup souffert,

moi qui ai dit dans mon trouble :

« L'homme n'est que mensonge. »

 

Comment rendrai-je au Seigneur

tout le bien qu'il m'a fait ?

J'élèverai la coupe du salut,

j'invoquerai le nom du Seigneur.

Je tiendrai mes promesses au Seigneur,

oui, devant tout son peuple !

 

Il en coûte au Seigneur

de voir mourir les siens !

Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur,

ton serviteur, le fils de ta servante, *

moi, dont tu brisas les chaînes ?

 

Je t'offrirai le sacrifice d'action de grâce,

j'invoquerai le nom du Seigneur.

Je tiendrai mes promesses au Seigneur,

oui, devant tout son peuple,

à l'entrée de la maison du Seigneur,

au milieu de Jérusalem !

 

Rendons Gloire au Père Tout-Puissant,

A son Fils Jésus-Christ le Seigneur,

A l'Esprit qui habite en nos cœurs

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Cantique de Saint Pierre (1 Pierre 2)

 

Antienne : Mis à mort selon la chair, Christ a été vivifié par l'Esprit.

 

C'est pour nous que le Christ à souffert ; +

il nous a marqué le chemin*

pour que nous allions sur ses traces.

 

R. Par ses blessures, nous sommes guéris.

 

Il n'a pas commis le péché ;

dans sa bouche, on n'a pu trouver de mensonge.

 

Insulté, sans rendre l'insulte, +

maltraité, sans proférer de menace, *

il s'en remettait à Celui qui juge avec justice.

 

C'était nos péchés qu'il portait, dans son corps, sur le bois, +

afin que morts à nos péchés *

nous vivions pour la justice.

 

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit,

Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

La Parole de Dieu (Galates 2, 19b-20)

 

Avec le Christ, je suis fixé à la croix : je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi. Ma vie aujourd'hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi.

 

R. Portons sa croix dans nos vies et suivons-le jusqu'à la fin !

V. Dans Ta Volonté, Seigneur, Tu m'as conduit et Tu m'a emporté dans la gloire. R.

V. Par Ton propre Sang, Tu as racheté mon âme. R.

V. Sainte Marie, prie pour nous le Roi, Ton Fils, livré à la mort. R.

V. Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit. R.

 

Cantique de Marie

 

Antienne

A. Je suis mort au monde. Ma vie est cachée avec le Christ en Dieu.

B. Réjouis-toi, montagne inaccessible ! Réjouis-toi, buisson non consumé ! Dame Sainte, Servante du Seigneur, intercède pour nous.

 

Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu mon sauveur !

 

Il s’est penché sur son humble servante,
désormais tous les âges me diront bienheureuse.

 

Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !

 

Son amour s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.

 

Déployant la force de son bras
Il disperse les superbes.

 

Il renverse les puissants de leurs trônes,
Il élève les humbles.

 

Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.

 

Il élève Israël son serviteur,
Il se souvient de son amour,

 

de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et de sa race, à jamais.

 

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit
pour les siècles des siècles. Amen.

 

Intercession

 

Marqués de la Croix, prions avec confiance le Fils Bien-aimé du Père :

 

R. Par Ta Croix, Seigneur, sauve-nous.

 

Christ Jésus, Tu nous as aimé le premier en prenant le chemin de la Croix :

Que Ta grâce ne manque jamais à ceux qui vivent aujourd'hui Ta Passion.

 

Tu as posé sur François les signes de Ta pâque :

Que naissent au creux de notre pauvreté les marques de Ta vie qui passe la mort.

 

Tu plonges dans le feu de l'amour ceux qui acceptent de te suivre :

Que ta seule présence convertisse nos cœurs et féconde nos vies.

 

Tu offres la surabondance de Ta Vie à l'homme qui se dépouille de tout pour ne vivre que de Toi :

Accueille dans Ta demeure ceux qui ont quitté cette terre dans l'abandon confiant à Ta Grâce.

 

Intentions libres.

 

Notre Père

 

Oraison

 

Pour raviver dans nos cœurs le feu de Ton Amour, Tu as renouvelé, Seigneur, dans le corps de notre Père Saint François, les Stigmates de la Passion de Ton Fils. À sa prière, accorde-nous d'être unis à la mort de Ton Fils et de participer ainsi à Sa résurrection. Lui qui vit et règne avec Toi dans l'Unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

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29 août 2013

Neuvaine préparatoire à la Fête de la Nativité de la Vierge Marie

Neuvaine préparatoire à la Fête de la Nativité de la Vierge Marie

Nativité de Marie

La Fête de la Nativité de la Vierge Marie

Le 8 septembre

 

Tout est miracle dans l’histoire de la Sainte Vierge ; Sa naissance ne fait point exception, et, bien que pauvre et vulgaire aux yeux du monde, elle apparaît aux yeux de la foi entourée des plus éclatantes merveilles. Aussi est-ce avec raison que l’Église s’écrie en ce jour : « Votre naissance, ô Marie, Mère de Dieu, a rempli tout le monde de consolation et d’allégresse, parce que le Soleil de justice, Jésus-Christ, notre Dieu, est né de Vous, Lui qui nous a tirés de la malédiction où nous étions plongés et nous a comblés de bénédictions ; Lui, qui, ayant ruiné l’empire de la mort, nous a introduits dans la vie éternelle ». Cette Fête, en effet, doit être une réjouissance universelle ; ce n’est pas un heureux présage pour une ville ou pour un peuple, mais pour l’humanité tout entière.

Joachim et Anne, Ses parents, étaient de la race de David, de laquelle devait naître le Sauveur promis au monde ; mais ils étaient avancés en âge et n’avaient point d’enfants ; donc nulle espérance humaine pour eux de donner naissance au Rédempteur attendu. Dieu, qui aime à confondre les calculs des hommes et les prévisions naturelles, jugea autrement et renouvela pour Joachim et Anne la merveille dont l’Ancien Testament nous rapporte plusieurs exemples. Les deux vieillards reçurent l’annonce des desseins de Dieu, et au temps marqué Marie paraissait au monde. Toute pure, toute immaculée avait été Sa conception, toute pure et toute privilégiée fut Sa naissance.

Quelle joie ce jour-là dans la maison de Joachim ! Quelles félicitations de la part des amies de la vertueuse Anne ! Figurons-nous combien devait être ravissante cette enfant de bénédiction, sanctifiée dès le premier instant de Sa vie, et dont les facultés n’avaient pas connu un seul instant le sommeil ni l’imperfection ! Les Saints ne tarissent pas d’éloges sur la naissance de Marie : « Avant la naissance de Marie, disent-ils, le monde était enseveli dans les ténèbres du péché ; avec Elle paraît l’Aurore qui annonce le Soleil de Justice. Parfaite dès Sa naissance, Marie ne fit que croître chaque jour en vertus... »

Astre toujours progressant en lumière, si beau dès Son apparition, qu’il devait être éblouissant au terme de Sa course ! Quel bonheur pour les élus de contempler au Ciel les merveilles opérées par Dieu en Marie ! En attendant, unissons-nous à l’Église qui L’honore aujourd’hui sous cent titres différents dans une multitude de sanctuaires vénérés.

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Une homélie de Saint Jean Damascène

« Venez, toutes les nations ; venez, hommes de toute race, de toute langue, de tout âge, de toute dignité. Avec allégresse, fêtons la nativité de l’allégresse du monde entier ! Si même les païens honorent l’anniversaire de leur roi..., que devrions-nous faire, nous, pour honorer celui de la Mère de Dieu, par qui toute l’humanité a été transformée, par qui la peine d’Eve, notre première mère, a été changée en joie ? Eve, en effet, a entendu la sentence de Dieu : « Tu enfanteras dans la peine » (Gn 3,16) ; et Marie : « Réjouis-toi, toi qui es pleine de grâce... Le Seigneur est avec toi » (Lc 1,28). Que toute la création soit en fête et chante le saint enfantement d’une sainte femme, car elle a mis au monde un trésor impérissable. Par elle, la Parole créatrice de Dieu s’est unie à la création entière, et nous fêtons la fin de la stérilité humaine, la fin de l’infirmité qui nous empêchait de posséder le bien. La nature a cédé le pas à la grâce. Comme la Vierge Mère de Dieu devait naître d’Anne, la stérile, la nature est restée sans fruit jusqu’à ce que la grâce ait porté le sien. Il fallait qu’elle ouvre le sein de sa mère, celle qui allait enfanter « le Premier-né de toute créature », en qui « tout subsiste » (Col 1,15.17). Joachim et Anne, couple bienheureux ! Toute la création vous est redevable ; par vous, elle a offert au Créateur le meilleur de ses dons : une mère digne de vénération, la seule mère digne de celui qui l’a créée ».

 

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Neuvaine préparatoire à la Fête de la Nativité de la Vierge Marie

Du 31 août au 8 septembre

 

Invocation au Saint Esprit

 

Venez, Esprit-Saint, remplissez les coeurs de vos fidèles, et allumez en eux le feu de votre amour.»

 

Envoyez votre Esprit-Saint, et tout sera créé.
Et vous renouvellerez la face de la terre.

 

Oraison

 

Ô Dieu, qui avez instruit les cœurs des fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous en ce même Esprit le goût du bien, et la grâce de jouir toujours de ses divines consolations. Par le Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

Prière

 

O Très Sainte Vierge Marie, élue et destinée dès l'éternité à être la Mère du Fils unique du Père ; ô Vous qui avez été prédite par les Patriarches et désirée par toutes les Nations ; Sanctuaire et Temple vivant de l'Esprit Saint ; soleil sans tache à cause de Votre Conception Immaculée ; Souveraine du Ciel et de la Terre, Reine des Anges : humblement prosternés à Vos pieds, nous Vous rendons l'hommage de notre vénération, et nous nous réjouissons de l'anniversaire solennel de Votre Bienheureuse Naissance, Vous suppliant, de fond de notre cœur, de daigner, dans Votre Bonté, venir prendre en nos âmes une naissance spirituelle, afin qu'éprises de Votre Douceur de Votre Amabilité, elles vivent toujours unies à Votre très Doux et très Aimable Cœur.

 

1. Et maintenant, nous Vous adresserons neuf fois la Salutation Angélique, en l'honneur des neuf mois qui précédèrent Votre naissance, Vous rappelant d'abord avec bonheur qu'issue de la race royale de David, Vous avez été mise au monde par Sainte Anne, Votre Bienheureuse mère. Je Vous salue Marie...

2. Nous Vous saluons, ô Céleste Petite, Colombe éblouissante de pureté, qui en dépit du dragon infernal, avez été conçue sans la tâche originelle. Je Vous salue Marie...

3. Nous Vous saluons, Aurore toute resplendissante, qui, Messagère du Divin Soleil de Justice, avez apporté à la terre les premiers rayons de la lumière. Je Vous salue Marie...

4. Nous Vous saluons, ô Enfant d'élection, qui, semblable à un soleil pur de toute tache, avez apparu au monde au milieu de la plus sombre nuit du péché. Je Vous salue Marie...

5. Nous Vous saluons, ô Lune radieuse de beauté, qui avez éclairé le monde, enveloppé des ténèbres les plus épaisses du paganisme. Je Vous salue Marie...

6. Nous Vous saluons, ô guerrière invincible, qui seule, aussi forte qu'une armée entière, avez mis en fuite tout l'enfer. Je Vous salue Marie...

7. Nous Vous saluons, ô belle âme de Marie, possédée par Dieu dès l'éternité. Je Vous salue Marie...

8. Nous Vous saluons, ô Enfant si chère ; nous vénérons Votre saint et petit corps, les langes sacrés dont Vous avez été enveloppée, le saint berceau où Vous avez reposé, et nous bénissons le moment où Vous avez apparu au monde. Je Vous salue Marie...

9. Enfin, nous Vous saluons, ô très aimée Petite, ornée de toutes les Vertus dans un degré incomparablement plus élevé que tous les autres Saints : aussi, digne Mère du Sauveur, devenue féconde par l'Opération du Saint Esprit, Vous avez enfanté le Verbe Incarné. Je Vous salue Marie...

 

Prière

 

O très gracieuse Enfant, qui par Votre heureuse naissance, avez consolé le monde, réjoui le Ciel et terrifié l'Enfer, Vous qui avez apporté aide et secours à ceux qui étaient tombés, force et courage aux affligés, santé aux infirmes, allégresse à tous, nous Vous supplions avec l'affection la plus tendre, de renaître spirituellement dans nos âmes par Votre Sainte Dilection ; renouvelez notre esprit dans Votre service, ravivez dans nos cœurs le Feu de Votre Amour, et faites fleurir en nous les vertus qui peuvent nous rendre de plus en plus agréables à Vos yeux très purs. O Marie, soyez-nous Marie, en nous faisant ressentir les effets salutaires de Votre très Doux Nom. Que l'invocation de ce Nom béni soit notre consolation dans les épreuves, notre espérance dans les dangers, notre bouclier dans les tentations, notre respiration au moment de la mort. Que le Nom de Marie soit un miel pour notre bouche, une mélodie pour nos oreilles, une jubilation pour notre cœur. Ainsi soit-il.

 

V. Votre Naissance, ô Virginale Mère de Dieu,

R. a apporté la joie au monde entier.

 

Oraison

 

Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux, qui, par la coopération du Saint Esprit, avez préparé le Corps et l'âme de Marie Enfant pour la rendre digne d'être la Mère de Votre Fils, faites que, par les vertus et l'intercession de Celle dont nous vénérons de toute l'affection de notre cœur la très Sainte Enfance, nous soyons délivrés de toute souillure de l'esprit et du corps, et que nous puissions parfaitement imiter son humilité, son obéissance et sa Charité. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur et notre Dieu, qui vit et règne avec Vous dans l'Unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Extrait du livre « Marie enfant, ou la Santissima Bambina » de Suzanne Foccart, Tours, Alfred Mame, 1910.

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05 juin 2012

Neuvaine au Sacré Cœur de Jésus

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Neuvaine au Sacré Cœur de Jésus

Pour se préparer à la Fête du cœur de Jésus

du 6 au 14 juin 2012

 

Premier Jour

Cœur de Jésus, Fils du Père Éternel, ayez pitié de nous !

Mercredi 6 juin 2012

 

Méditation

« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » (Saint Matthieu 16 : 16).


Le Cœur de Jésus est ce qu'il y a de plus intime en Lui ? Le cœur est, dans la Bible, le symbole du lieu intérieur le plus profond de l'être humain. C'est de là que part la vie, c'est là qu'Il prend Ses décisions les plus importantes, là qu'Il est touché. Le Cœur de Jésus est bien un cœur d'homme, mais c'est celui d'un Homme-Dieu. Par là, nous pénétrons en quelque sorte dans les profondeurs de Dieu, et par le Fils nous atteignons le Père. En contemplant les sentiments du Fils, nous connaissons ceux du Père dont Il ne se sépare jamais. Quel bonheur de connaître ainsi le Père par le Fils !

 

Litanie

 

Cœur Sacré de Jésus, j'ai confiance en Vous !

Pour les rencontres de ce jour, j'ai confiance en Vous !

Pour ceux qui naissent et qui meurent, j'ai confiance en Vous !

Cœur attentif de Jésus, j'ai confiance en Vous !

A chaque instant de ma vie, j'ai confiance en vous !

 

Témoignage

 

« Un été, nous participions à une session à Paray, avec nos jeunes enfants. Je pensais que les grâces étaient toujours pour les autres. Néanmoins, et comme mon mari me reprochait de ne pas être une mère douce et pleine d'amour, j'ai crié vers le Seigneur qui passait au milieu de nous dans le Saint Sacrement, en Lui demandant de m'aider à aimer. Rentrée chez moi, j'ai repris ma vie. Pourtant le 15 août suivant, l'écoute d'un Laudate Dominum à la radio à déclenché des torrents de larmes. De cette effusion de l'Esprit Saint est née une grâce extraordinaire d'amour. C'était comme si je n'étais qu'un instrument au travers duquel le Seigneur déversait les flots de Son Amour, une grâce que toute la famille a pu toucher (avec stupeur) et qui m'a permis de goûter à l'infinie tendresse du Seigneur. Il m'avait entendue... » (Annelise)

 

Deuxième jour

Cœur de Jésus, formé par le Saint Esprit dans le Sein de la Vierge Marie, ayez pitié de nous.

Jeudi 7 juin 2012


Méditation

« Ce qui a été engendré en Elle vient de l'Esprit Saint » (Saint Matthieu : 1, 20).

 

Ce qui a été engendré, c'est le Corps de Jésus uni à son âme. Marie « a donné » le Corps, Dieu a créé l'âme de Jésus. Le Cœur de Jésus est bien le centre de toute la personne humano-divine de Jésus. Cela signifie qu'Il unit l'humanité à la Divinité. En priant le cœur de Jésus, c'est tout l’Être de Jésus dans la puissance de Son Mystère que nous honorons. Comme c'est étonnant que nous, pauvres hommes, nous puissions ainsi entrer d'une certaine manière dans les secrets de Dieu !

 

Litanie

 

Cœur Sacré de Jésus, j'ai confiance en vous !

Dans le doute et l'angoisse, j'ai confiance en vous !

Dans les échecs et les contretemps, j'ai confiance en vous !

Cœur patient de Jésus, j'ai confiance en Vous !

Pour l'espérance présente dans nos vies, j'ai confiance en Vous !

 

Témoignage

 

« Paray-le-Monial, ça a été une conversion extraordinaire. On est dans le Cœur de Dieu ! Le prêtre de notre paroisse n'arrêtait pas de nous en parler et à chaque fois son visage s'illuminait. Il avait une joie, c'était fous ! Alors, on s'est dit qu'il devait y avoir quelque chose... Nous avions 25 ans de mariage, notre couple avait besoin d'un coup de jeunesse. J'invite vraiment tous les couples à aller à Paray pour se ressourcer, ce sont de nouvelles fiançailles ! On arrive en couple, on est l'un à côté de l'autre mais Jésus est au milieu et il change tout ! » (P., Agen).

 

Troisième jour

Cœur de Jésus, Foyer brûlant d'Amour, ayez pitié de nous.

Vendredi 8 juin 2012


Méditation

« Je suis venu jeter un Feu sur la terre, et comme Je voudrais que déjà il fût allumé ! » (Saint Luc, 12 : 49)

 

Le secret du Cœur de Jésus, la révélation de ce que contient le cœur du Père, c'est l'Amour : Dieu est Amour. C'est Son être même, c'est Sa nature. C'est là l'immense révélation du Christianisme. Dès lors, la vie humaine, c'est de vivre de cet amour et de vivre dans l'amour de Dieu et pour les autres. On en est loin ! Mais le Christ a compassion de notre incapacité à vivre de cet amour. Il est venu sur la terre pour allumer un Feu d'Amour dans le cœur des hommes. Sommes-nous prêts à accueillir ce feu ?

 

Litanie

 

Cœur sacré de Jésus, j'ai confiance en Vous !

Chaque fois que ma prière ne semble pas être exaucée, j'ai confiance en Vous !

Au plus fort de la tentation, j'ai confiance en Vous !

Cœur de Jésus caché dans l'Hostie, j'ai confiance en Vous !

Pour Votre présence Eucharistique, j'ai confiance en Vous !

 

Témoignage

 

« Paray-le-Monial, été 2005 : j'ai 16 ans. J'entends des témoignages de jeunes dont la vie a été bousculée par Jésus. En les entendant, je me dis qu'ils vivent quelque chose que je ne vis pas. Je me prends à les envier. Alors en priant, je dis à Jésus : « Ce truc qu'ils ont, Seigneur, donne-le moi, viens bouleverser ma vie à moi aussi ». Dans les heures qui ont suivi, j'ai communié et par là, le Seigneur m'a montré toute sa tendresse. Puis je me suis confessée. Le Seigneur m'a alors relevée et m'a appelée à une radicalité qui ferait mon bonheur par ces mots : « Si tu désires peu, tu recevras peu ; si tu désires tout, tu recevras tout ». Ça a été fondateur pour mon amitié avec le Christ et pour toute ma vie ». (Audrey).

 

Quatrième jour

Cœur de Jésus, sanctuaire de la Justice et de l'Amour, ayez pitié de nous.

Samedi 9 juin 2012


Méditation

« Tu as aimé la justice et tu as haï l'impiété ». (Lettre aux Hébreux 1 : 9).

 

Sainte Marguerite-Marie parle des deux Saintetés de Dieu : Sa Sainteté de Justice et Sa Sainteté d'Amour. Certes, Dieu est juste, sinon Il ne serait pas Dieu. Il sait ce que les hommes font de bien et de mal et les récompenses selon leurs mérites. Parfois Il intervient dans nos vies et dans le monde au nom de Sa Justice, et, on n'échappe pas à la Justice de Dieu. Mais dans le profond, dans le cœur, cette Justice est soumise à l'Amour. C'est toujours vers l'Amour qu'elle se dirige. Avant et par dessus tout, le Cœur de Jésus brûle d'Amour pour nous. Comme cela est consolant net rassurant !

 

Litanie

 

Cœur Sacré de Jésus, j'ai confiance en Vous !

Malgré mes peines et mes pauvretés, j'ai confiance en Vous !

Dans la maladie et la souffrance, j'ai confiance en Vous !

Cœur Doux de Jésus, j'ai confiance en Vous !

Pour ma famille et mes amis, j'ai confiance en Vous !

 

Témoignages

 

« Je m'étais brouillée fortement avec une amie très proche, il y a quelques temps. Nous avions cessé de nous voir. Un été, je craignais de la rencontrer aux sessions de Paray alors même que je rêvais régulièrement que nous nous pardonnions... Et bien sûr, nous nous sommes croisées ! Elle m'a souri et parlé chaleureusement, simplement. J'ai alors reconnu l’œuvre du Seigneur, qui est douceur et miséricorde ». (Julie, Paris).

 

Cinquième jour

Cœur de Jésus, plein d'Amour et de Bonté, ayez pitié de nous.

Dimanche 10 juin 2012


Méditation

« Mais le jour où apparurent la Bonté de Dieu, notre Sauveur, et Son Amour pour les hommes... Poussé par Sa seule Miséricorde, Il nous a sauvé ». (Tite 3 : 4-5).

 

Cette citation de l’Épître à Tite se passe presque de commentaires : si nous étions demeurés sous le régime de la seule justice, nous étions perdus. Dieu a voulu introduire une nouvelle relation entre Lui et les hommes, basée sur Son Amour Miséricordieux. C'est là le secret de Son Cœur. Si nous pouvions en être convaincus !

 

Litanie

 

Cœur Sacré de Jésus, j'ai confiance en Vous !

Quand les nouvelles ne sont pas bonnes, j'ai confiance en Vous !

Par la grâce de mon Baptême, j'ai confiance en Vous !

Cœur offert de Jésus, j'ai confiance en Vous !

Par la Foi de Votre Église, j'ai confiance en Vous !

 

Témoignage

 

« J'ai vécu le Forum d'Hiver à Paray-le-Monial cette année. Ce fut une expérience particulière de la Miséricorde du Seigneur au cours d'une veillée. Les jeunes étaient invités à se confesser et à rencontrer des petits groupes de prière pour confier une intention plus personnelle. J'ai participé à un de ces groupes et nous avons accueilli de nombreux jeunes. Ils venaient souvent parler de choses lourdes à porter, avec courage et simplicité. Je me suis sentie dépassée par la beauté de nos prières et la consolation qui était donnée aux jeunes à travers elles. J'ai été touchée que le Seigneur nous ait fait contribuer à cette joie qui se voyait sur le visage des jeunes lorsqu'ils repartaient ». (Claire, Agen).

 

Sixième jour

Cœur de Jésus, digne de louange, ayez pitié de nous.

Lundi 11 juin 2012


Méditation

« J'entendis la voix d'une multitude d'Anges criant à pleine voix : »A celui qui siège sur le trône, ainsi qu'à l'Agneau, la louange, l'honneur, la Gloire et la Puissance dans les siècles des siècles ». (Apocalypse 5 : 11, 13).

 

Devant toute cette Bonté de Dieu, les deux attitudes sont l'adoration et la louange. Dans le Ciel, les Anges sont dans cette louange ininterrompue. Nous pouvons déjà y participer sur la terre. Il y a largement de quoi remercier Dieu dans nos vies. Nous louons aussi, plus profondément encore, en union avec le Cœur de Jésus qui est sans cesse en attitude de louange du Père. Cela peut transformer nos vies comme celle de beaucoup l'a déjà été.

 

Litanie

 

Cœur Sacré de Jésus, j'ai confiance en Vous !

Pour les rencontres de ce jour, j'ai confiance en Vous !

Avec Marie, notre Mère, j'ai confiance en Vous !

Cœur aimant de Jésus, j'ai confiance en Vous !

Pour tout ce qui me contrarie encore, j'ai confiance en Vous !

 

Témoignage

 

« J'étais à Paray lorsque j'ai appris que mon père allait mourir ; c'était une question de jours. J'étais effondré sur un banc lorsqu'un pèlerin m'a donné la Neuvaine de la Miséricorde au Sacré Cœur, qui permet aux agonisants d'avoir une mort paisible. Comme un automate, je suis allé la réciter à la Chapelle la Colombière. Dans les jours qui ont suivi, j'ai pu être auprès de mon père et l'accompagner. Il est parti peu de temps après, avec un sourire très paisible sur le visage. J'ai réalisé alors que nous étions le premier vendredi du mois, consacré au Sacré Cœur... Merci Seigneur d'être agissant et présent dans nos vies ! » (Bertrand).

 

Septième jour

Cœur parfait de Jésus, Roi et Centre de tous les cœurs, ayez pitié de nous.

Mardi 12 juin 2012


Méditation

« Par le fait qu'il Lui a tout soumis, Il n'a rien laissé qui Lui demeure insoumis ». (Lettre aux Hébreux 2:8).

 

Où est le centre du monde ? Qu'est-ce qui fait mouvoir l'univers ? La plupart des hommes ne le savent pas, mais c'est Dieu Lui-même. Ou encore, c'est le Cœur du Christ. Si Dieu arrêtait de le vouloir, le monde disparaîtrait dans le néant. Pourquoi veut-il ce monde ? Par Amour. L’Amour du Cœur de Jésus est le centre du monde, et d'abord le centre des cœurs des hommes. Hors de ce centre, nous sommes perdus. Il faut que les hommes le sachent ! Il faut le leur dire !

 

Litanie

 

Cœur Sacré de Jésus, j'ai confiance en Vous !

Dans ma solitude et mes inquiétudes, j'ai confiance en vous !

A chaque instant de ma vie, j'ai confiance en Vous !

Cœur brûlant d'Amour, j'ai confiance en Vous !

A l'heure de la mort, j'ai confiance en Vous !

 

Témoignage

 

« C'était à Paray, un été : j'avais 14 ans et venais de passer une année difficile : des parents se séparant, aucun ami... Sans savoir pourquoi, je suis allé devant le Saint Sacrement. En me mettant à genoux, j'ai soudainement senti l'Amour de Dieu, comme s'Il me prenant dans Ses bras. En une seconde, j'ai vu défiler toute mon année, mais à travers tous les signes de la présence de Dieu, signes que je n'avais pas vus. Jésus était rentré dans ma vie. A la rentrée, j'ai commencé à aller à l'adoration, un petit quart d'heure tous les soirs, en sortant des cours. Aujourd'hui encore, quand ça ne va pas, c'est parce que je ne prends pas assez de temps avec Dieu. Donc je file prier. Ce jour d'été, à Paray, ma vie n'a pas changé, mais ma vie était changée : désormais, je la vis avec Jésus ! » (Joseph).

 

 

Huitième jour

 

Cœur de Jésus, en qui sont tous les trésors de la Sagesse et de la Science, nous avons confiance en Vous !

Mercredi 13 juin 2012


Méditation

« Le plein épanouissement de l'intelligence leur fera pénétrer le mystère de Dieu, dans lequel se trouvent cachés tous les trésors de la Sagesse et de la Science ». (Colossiens 2 : 2-3).

 

Les hommes croient qu'ils peuvent percer tous les secrets de l'univers. Il y a beaucoup d'orgueil là-dedans. La science, excellente en soi, ne va pas au fond des choses en ne donne pas la sagesse de la vie. Il suffit d'ouvrir les yeux pour s'en rendre compte. Dans le Cœur de Jésus « Doux et Humble », nous pouvons trouver la clé du monde, et une personne ignorante humainement peut aussi y accéder. Recherchons cette sagesse liée au plus grand amour.

 

Litanie

 

Cœur Sacré de Jésus, j'ai confiance en Vous !

Pour tous ceux qui cherchent leur voie, j'ai confiance en Vous !

Pour les talents que vous donnez à chacun, j'ai confiance en Vous !

Cœur de Jésus, toujours à l’œuvre, j'ai confiance en Vous !

Sur ma route de tous les jours, j'ai confiance en Vous !

 

Témoignage

 

« A chaque fois que je suis allé à Paray-le-Monial, j'ai vécu des expériences très fortes avec le Christ. Une fois, j'accompagnais la Communauté de l'Emmanuel. L'intensité de la prière commune, de l'adoration et surtout de la grâce de la vie fraternelle, m'a alors saisie. On m'a demandé de chanter le Psaume durant la Messe Dominicale, célébrée dans la Basilique. Après m'être remise à Dieu en silence, je me suis avancée jusqu'à l'ambon et pour la première fois, le chant qui m'est venu aux lèvres fut spontané, je l'ai vécu comme un acte d'abandon, par la grâce de Dieu » (Bénédicte, 22 ans).

 

Neuvième jour

Cœur de Jésus, qui nous attirez tous à Vous, j'ai confiance en Vous !

Jeudi 14 juin 2012


Méditation

« Seigneur, nous voulons voir Jésus ! » (Saint Jean 12 : 22).

 

Quand nous avons la Foi et que nous aimons le Seigneur, nous sommes comme aimantés vers Dieu. Nous pénétrons dans les profondeurs du Cœur de Jésus et l'Amour de Dieu augmente en nous, nous permettant d'aimer d'avantage les autres. Ce mouvement ne s'arrête jamais et nous allons de découverte en découverte. La vie devient une aventure, mais une aventure intérieure. Avons-nous conscience de cette beauté de la vie de celui qui cherche Dieu ? L'en remercions-nous de tout notre cœur ?

 

Pour terminer cette neuvaine au Sacré cœur, récitons ensemble cette prière :

 

Je confie au Cœur de mon Jésus ma personne et ma vie, mon cœur, mon intelligence, ma mémoire et ma volonté, mes joies et mes peines, mon passé et mon avenir, afin que tout ce que je ferai et souffrirai soit pour l'amour et la Gloire de Dieu. Seigneur Jésus, je choisi Votre Cœur pour ma demeure afin qu'Il soit ma force dans la lutte, mon soutien dans la faiblesse, ma lumière et mon guide dans les heures de ténèbres, le réparateur de mes fautes. Cœur de Jésus, fournaise ardente de Charité, brûlez en moi tout ce qui Vous déplaît, tout ce qui Vous résiste, que je ne Vous oublie, que jamais je ne soit séparé de Vous, et que je demeure toujours votre ami. Amen. (D'après la prière d'offrande de Sainte Marguerite-Marie).

 

Cette Neuvaine a été réalisée par les Chapelains de Paray-le-Monial

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11 avril 2012

Eit Gouilieù Pask, Pour les Fêtes de Pâques

Eit Gouilieù Pask

Pour les Fêtes de Pâques

Un chant interprété par le Kanerion Pleuigner


 

Alleluia, Kanamb Viktoér,

Rak men dé Jezus, hur Salvér,

Saùet ag er bé lan a hloér !

 

Alléluia, Chantons Victoire

Car notre Sauveur Jésus

Est sorti de son tombeau glorieux.

 

D'er sul vitin, de holeù dé,

En disipled lan a distré,

E dostats de huéled er be.

 

Le dimanche matin, à la lumière du jour,

Les disciples, pleins de tristesses,

Approchèrent pour voir le tombeau.

 

Mari-Madelèn, Salomé,

Hag un arall eùé geté

E zas eit baumein korv Mab Doué.

 

Marie-Madeleine, Salomé,

Et aussi une autre avec eux

vinrent embaumer le corps du Fils de Dieu.

 

Ul él, é guenn, ér bé choukeyt,

Dehé ou zeir en dès laret :

Er Gallilé er havéet !

 

Un ange, en blanc, assis sur la tombe,

Leur dit à tous les trois :

Vous le trouverez en Gallilée !

 

Sant Iehann e ridas a hèrr

Ha, fonnaploh eit Sant Pièr,

Arriùas é bé hur Salvér.

 

Saint Jean accourra en toute hâte

Et, plus rapidement que Saint Pierre,

Arriva à la tombe de notre Sauveur.

 

E kreiz é zisipled tolpet,

Jézus e zas ha ean laret :

Er peah revo genoh perpet !

 

Au milieu de ses disciples rassemblés,

Jésus apparut et le dit :

Que la paix soit toujours avec vous !

 

A p'en doé kleùet Sant Tomas

Komz ag un neùéted ker bras,

En arvarigeh é chomas.

 

Et quand Saint Thomas entendit

Parler d'une aussi grande nouvelle,

Il resta dans le doute.

 

Seil, Tomas, me hosté toullet,

Sell men deù zorn, sell men deù droed

Ha kred sonn hemb arvar erbet.

 

Regarde, Thomas, mon côté troué,

Regarde mes mains, regarde mes pieds,

Et crois vraiment sans la moindre hésitation.

 

Tomas, a pe huél é gosté,

é zeùhorn hag é dreid eùè,

E lar : O ! Me Mestr ha men Doué !

 

Thomas, quand il vit son côté,

Ses mains et aussi ses pieds,

Dit : Oh ! Mon Maitre et mon Dieu !

 

06 janvier 2011

Fête de l'Epiphanie

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Fête de l'Epiphanie


L'adoration des Mages


Livre d'Isaïe, chapitre 60


Lève-toi, Jérusalem, ouvre les yeux à la lumière; elle s'avance: la gloire du Seigneur a brillé sur toi. Les ténèbres enveloppent la terre, la nuit environne les peuples, et voilà que le Seigneur ton Dieu sort pour toi du sein de l'aurore; et sa gloire parait sur ton enceinte. Alors les nations marcheront à ta lumière, les rois se laisseront conduire à l'éclat de ta splendeur. Promène tes regards autour de toi. Cette foule de peuples s'avance vers toi; tes fils viendront de loin, tes filles s'élève les yeux à la lumière; elle s'avanceront à tes côtés. Dans une sorte d'étonnement mêlé d'effroi, ton cœur sera inondé de délices, quand tu verras se tourner vers toi la multitude des contrées de la mer et la force des nations. A tes cotés paraîtront les dromadaires de Madian et d'Epha; ils viendront t'offrir de Saba l'or et l'encens, avec des cantiques de louanges.

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Évangile selon Saint Matthieu, chapitre 2



Jésus étant donc né à Bethléem de Juda, aux jours du roi Hérode, voilà que des Mages vinrent de l'Orient à Jérusalem, disant: « Où est celui qui est né le Roi des Juifs? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l'adorer ». Ce que le roi Hérode entendant, il se troubla et tout Jérusalem avec lui. Et assemblant tous les princes des prêtres et les scribes du peuple, il leur demandait où devait naitre le Christ. Ceux-ci lui dirent: « Dans Bethléem de Juda; car il a été écrit ainsi par le prophète: « Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es pas la moindre parmi les villes de Juda; car de toi sortira le chef qui régira Israël, mon peuple ». Alors Hérode, ayant appelé en secret les Mages, s'informa soigneusement du temps où l'étoile leur était apparue; et, les envoyant en Bethléem, il dit: « Allez, et informez-vous soigneusement de l'Enfant, et lorsque vous l'aurez trouvé, dites-le moi, afin que moi aussi je vienne et je l'adore ». Eux, après avoir entendu le Roi, partirent; et voilà que l'étoile qu'ils avaient vue en Orient allait devant eux, jusqu'à ce que, venant, elle s'arrêta au lieu où était l'Enfant. Or, voyant l'étoile, ils se réjouirent d'une grande joie; et, entrant dans la maison, ils trouvèrent l'Enfant avec Marie, sa mère, et, se prosternant, ils lui offrirent en présents, de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Et ayant reçu un avertissement dans leur sommeil de ne point retourner vers Hérode, ils revinrent dans leur pays par un autre chemin.

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Élévation sur l'Épiphanie par Fénelon


Mon Dieu, je viens à vous, et je ne me lasse point d'y venir. Je n'ai rien en moi, et je trouve tout en vous seul. O que je suis pauvre! O que vous êtes riche! Mais, qu'ai-je besoin d'être riche de mon propre fonds, puisque vous l'êtes pour moi, et que vous voulez me communiquer vos richesses? Je les adore, et je les désire; je me complais à n'être rien devant vous. Donnez-moi aujourd'hui votre esprit, pour contempler votre saint Fils Jésus adoré par les Mages; je l'adore avec eux. Ces Mages suivent l'étoile sans raisonner; eux qui sont si sages, ils cessent de l'être pour se soumettre à une lumière qui surpasse la leur. Ils comptent pour rien leurs commodités, leurs affaires, les discours du peuple. Que peut-on penser d'eux? Ils vont sans savoir où. Qu'est devenue la sagesse de ces hommes qui gouvernaient les autres? Quelle crédulité! Quelle indiscrétion! Quel zèle aveugle et fanatique! C'est ainsi qu'on devait parler contre eux, en les voyant partir; mais ils ne comptent pour rien ni le mépris des hommes, ni leur réputation foulée aux pieds, ni même le témoignage de leur propre sagesse, qui leur échappe. Ils veulent bien passer pour fous, et n'avoir pas même à leurs propres yeux de quoi se justifier. Ils entreprennent un long et pénible voyage, sans savoir ce qu'ils trouveront. Il est vrai qu'ils voient une étoile extraordinaire; mais combien y a-t-il d'autres hommes instruits du cours des astres, à qui cette étoile ne parait avoir rien de surnaturel ? Eux seuls sont éclairés et touchés par le fond du cœur : une lumière intérieure, de pure fui, les mène plus sûrement que celle de l'étoile. Après cela, il ne faut plus s'étonner s'ils adorent sans peine un pauvre enfant dans une crèche. O qu'ils sont devenus petits, ces grands de la terre! Que leur sagesse est confondue et anéantie ! Est-ce donc là, ô Mages, ce que vous êtes venus adorer du fond de l'Orient? Quoi! un enfant qui tette et qui pleure! Il me semble que je les entends répondre: « C'est la sagesse de Dieu qui aveugle la nôtre. Plus l'objet semble méprisable, plus il est digne de Dieu de nous abaisser jusqu'à l'adorer ». O Mages, il faut que vous soyez devenus vous-mêmes bien enfants, pour trouver le vrai Dieu dans l'Enfant Jésus.


Mais, qui me donnera cette sainte enfance, cette divine folie des Mages? Loin de moi la sagesse impie et maudite d'Hérode et de la ville de Jérusalem! On raisonne, on se complaît dans sa sagesse, on se rend juge des conseils de Dieu, on craint même de voir ce qu'on ne peut pas connaître. O sagesse hautaine et profane, je te crains, je t'abhorre, je ne veux plus t'écouter! il n'y a plus que l'enfance de Jésus que je prétends suivre. Que le monde insensé en dise tout ce qu'il voudra, qu'il s'en scandalise même. Malheur au monde, à cause de ses scandales! C'est l'opprobre et la folie du Sauveur que j'aime. Je ne tiens plus à rien. Nul respect humain, nulle crainte des railleries et de la censure des faux sages; les gens de bien même qui sont encore trop enfoncés par sagesse en eux mêmes, ne m'arrêteront pas. Quand je verrai l'étoile, je leur dirai, comme saint Paul aux fidèles encore trop attachés aux bienséances mondaines et à leur raison: Vous êtes sages en Jésus-Christ; et nous, nous sommes insensés en lui. Heureux dessein! mais comment l'accomplir? O vous, Seigneur, qui l'inspirez, faites que je le suive. Vous qui m'en donnez le désir, donnez-moi aussi le courage de l'exécuter. Plus d'autre lumière que celle d'en haut! Plus d'autre raison que celle de sacrifier tous mes raisonnements! Tais-toi, raison présomptueuse, je ne te puis souffrir. O Dieu, vérité éternelle, souveraine et pure, venez être l'unique raison qui m'éclaire dans les ténèbres de la foi.

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Texte extrait du Mois de l'Enfant Jésus, du Frère Jacques Nilinse, Librairie Paul Mellier, Paris 1845

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02 février 2009

La Présentation de Jésus au Temple

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La Fête de la Présentation de Jésus au Temple et de la Purification de Marie

Fête le 2 février

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Évangile de Jésus-Christ selon Saint Luc (2: 22-32)


Quand vint le jour, selon la Loi de Moïse, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem, pour le présenter au Seigneur, comme il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur ; et pour offrir en sacrifice, comme l'ordonne la Loi du Seigneur, deux tourterelles, ou deux petits de colombes. Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Siméon;et cet homme juste et craignant Dieu attendait la consolation d'Israël ; et le Saint-Esprit était en lui. Et il lui avait été révélé par le Saint-Esprit qu'il ne verrait point la mort sans voir auparavant le Christ du Seigneur. Et par un mouvement de l'Esprit, il vint au Temple. Et comme les parents de Jésus l'y apportaient, afin d'accomplir pour l’Enfant ce qui était en usage selon la Loi, Siméon le prit dans ses bras, et il bénit Dieu, et il dit : « C'est maintenant, Seigneur,que vous laisserez aller en paix votre serviteur, selon votre parole ; parce que mes yeux ont vu le Sauveur que vous avez destiné à être exposé aux regards de tous les peuples, pour être la Lumière qui éclairera les nations, et la gloire de votre peuple d'Israël. »

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La fête de ce jour a un double objet, célébrer la Purification de Marie et la Présentation de Jésus au Temple selon la loi de Moïse. Cette loi fixait le temps où les mères devaient se présenter avec leurs nouveau-nés devant les autels, et elle exigeait une offrande pour le rachat des enfants mâles. Ni Marie, toute pure dans sa maternité, ni Jésus, Fils de Dieu, n'étaient obligés à cette cérémonie; cependant par humilité, et pour donner aux hommes un éclatant exemple d'obéissance aux lois divines, Marie, accompagnée de Joseph et portant Jésus en Ses bras, Se rendit au Temple de Jérusalem. La fête chrétienne qui nous conserve le souvenir de cette cérémonie porte, dans le langage populaire, le nom de la Chandeleur, à cause de la procession qui se fait ce jour-là dans nos églises avec des cierges allumés. Les cierges symbolisent Notre-Seigneur Jésus-Christ, Lumière du monde; la procession représente le passage de la sainte Famille dans le Temple et la rencontre des deux vieillards Siméon et Anne. Saint Anselme, développant ce mystère, nous dit qu'il y a trois choses à considérer dans le cierge: la cire, la mèche et la flamme. La cire, ouvrage de l'abeille virginale, est la Chair du Christ; la mèche, qui est intérieure, est Son Âme; la flamme, qui brille en la partie supérieure est Sa Divinité. La procession de la Chandeleur nous apparaît comme la marche du peuple chrétien à la lumière du Christ, figuré par les cierges que porte le clergé, la portion choisie de l'Église, comme Jésus même était porté entre les bras de Marie, entre ceux du saint vieillard Siméon et du pontife qui L'offrit au Seigneur. Les cierges de la Chandeleur sont bénits avec une solennité toute particulière et avec l'emploi des prières les plus touchantes. Conservés dans la maison des chrétiens, ils sont un gage de la protection divine. Il est dans l'esprit de l'Église d'allumer les cierges de la Chandeleur pour repousser les esprits de ténèbres, dans les dangers corporels et spirituels, au lit des mourants, pour éloigner d'eux l'ennemi des hommes, qui fait alors son suprême effort afin d'arracher les âmes à Dieu. C'est bien alors surtout, en effet, que l'homme a besoin du recours du Rédempteur, vraie lumière des âmes, pour illuminer les derniers instants de sa vie.


Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Mame, 1950


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La Présentation de Jésus au Temple

Extrait des révélations de la Vénérable Maria d'Agreda


La très-sainte Vierge et saint Joseph restèrent avec le divin enfant dans la pauvre maison de Bethléem, jusqu'au temps prescrit par la loi de le présenter au temple, qui étaIt de quarante jours. Le temps étant accompli, ils résolurent d'aller à Jérusalem, et d'offrir suivant la loi le fils unique du père éternel, connaissant le désir qu'il avait d'être soumis à la loi et d'être offert à son divin Père. Ayant fixé le jour du départ, il prirent congé de la pieuse femme qu'ils laissèrent comblée de célestes bénédictions. Ils allèrent d'abord visiter la sainte grotte, et prosternés à terre, ils vénérèrent ce lieu sacré avec de tendres émotions. Après avoir accompli cette dévotion, la sainte Vierge demanda pour satisfaire sa profonde humilité la permission à son époux de faire le voyage à pied nu, et de porter dans ses bras le saint enfant. Saint Joseph lui accorda sa dernière demande, mais non la première dans la crainte qu'elle éprouvât une trop grande souffrance. L'humble Vierge ne répliqua rien, elle demanda avec saint Joseph la bénédiction à son fils, qui la leur donna d'une manière visible et ils se mirent en voyage; elle fut accompagnée non-seulement des dix mille anges qui l'assistaient depuis l'incarnation mais de plusieurs autres légions. Il faisait un froid très-vif qui n'épargnait pas son créateur ,et plusieurs fois le saint enfant en pleura dans les bras de sa mère, comme homme véritable. Touchée de ces souffrances elle se servit de son autorité sur les créatures, et changea ces rigueurs à un temps très-doux pour son fils, mais elle n'usa jamais pour elle de ce pouvoir.

Les trois saintes personnes s'approchaient déjà de Jérusalem, lorsque Dieu par des lumières intérieures prévint saint Siméon et Amie la prophétesse que le Messie venait pour être présenté au temple, mais dans un état pauvre et humble Siméon et Anne s'étant communiqués leurs saintes inspirations résolurent d'envoyer un des serviteurs à la rencontre sur le chemin de Bethléem pour les conduire dans sa maison, sans lui découvrir la qualité des personnes au-devant des quelles il allait. Le serviteur exécuta avec soin ce qu'on lui avait ordonné, il rencontra les trois pauvres pèlerins, les conduisit dans sa maison et vint en donner avis au saint prêtre. Pendant ce temps la sainte Vierge et saint Joseph recherchèrent ce qu'ils devaient faire, ils arrêtèrent que le soir même Joseph irait offrir au temple les présents des rois mages, afin que l'offrande restât plus secrète, et au retour il achèterait les tourterelles qu'il fallait offrir le jour suivant en public. Il exécuta ponctuellement tout cela, et le matin la Vierge mère ayant enveloppé l'enfant divin dans ses langes et préparé toutes choses, se dirigea vers le temple accompagnée de saint Joseph et de milliers d'anges en forme humaine, visibles à ses yeux. Étant arrivée, elle se prosterna à terre, et adora le Très-Haut, en ce moment la très-sainte Trinité se manifesta à elle par une vision intellectuelle et elle entendit une voix qui dit : Hic est filius meus dilectus, in quo mihi benè complacui. En même temps Siméon conduit par l'esprit de Dieu vint au temple, et s'approchant du lieu où était Marie avec Jésus, il les vit tous rayonnants d'une vive lumière. Anne vint aussi au temple conduite par l'esprit de Dieu et vit la même chose. Siméon prit l'enfant dans ses bras, l'offrit au père éternel et entonna le célèbre cantique : Nunc dimittis servum tuum, domine, secundum verbum tuum in pace. Il annonça ensuite la passion cruelle qu'elle devait souffrir dans son coeur à la vue des souffrances de Jésus. Lorsque le saint prêtre prophétisa la passion, l'enfant inclina humblement la tête pour témoigner qu'il acceptait la prophétie et voulait l'accomplir. Après cela la sainte Vierge prit congé du prêtre à qui elle demanda la bénédiction et baisa la main, elle se tourna ensuite vers sainte Anne sa maîtresse et la pria de la bénir. Étant sortis du temple, ils retournèrent à la maison que leur avait fait préparer Siméon où ils restèrent encore plusieurs jours. Ils allaient chaque jour au temple renouveler leur offrande, et ils restaient en prières, depuis l'heure de tierce jusqu'au soir, dans le lieu le plus humble et le plus retiré du temple.

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La Purification de la Bienheureuse Vierge Marie


La Purification de la Vierge Marie eut lieu quarante jours après la Nativité du Seigneur. Cette fêté a été nommée ordinairement de trois manières, la Purification, Hypopante ou rencontre, et la Chandeleur. On la nomme Purification parce que, quarante jours après la naissance du Seigneur, la Vierge vint au Temple se purifier, selon la coutume introduite par la loi, quoique cette loi ne l’obligeât point. En effet au Lévitique (XII), la loi ordonnait que là femme qui, ayant usé du mariage, enfanterait un fils, serait impure pendant sept jours, impure au point de s'abstenir de toute espèce de commerce avec les hommes, et de l’entrée du temple:

Mais après les sept jours; elle redevenait pure ; en sorte qu'elle pouvait se trouver avec les hommes mais elle avait encore trente trois jours a passer avant de pouvoir entrer' dans le temple à raison de son impureté. Enfin après quarante jours, elle entrait dans le temple et offrait son enfant avec des présents. Que si elle avait enfanté une femme, les jours étaient doublés pour ses rapports avec les hommes et pour l’entrée du temple. Pourquoi donc le Seigneur a-t-il ordonné que, au 40e jour, l’enfant fût offert dans le temple ? on peut en donner trois raisons. La première afin que l’on,comprenne par là que comme l’enfant est introduit au 40e jour dans le temple matériel, de même 40 jours après sa conception, pour le plus souvent, son âme est infuse dans le corps comme dans son temple. Ceci est rapporté dans l’Histoire scholastique , quoique les physiciens (médecins) disent que le corps est perfectionné en 46 jours. La seconde, que comme l’âme infuse au 40e jour dans le corps, est souillée par le corps lui-même, de même au 40e jour, en entrant dans le temple, l’âme est désormais lavée de cette tache par les offrandes. La troisième, pour donner à comprendre que; ceux-là mériteront d'entrer dans le temple céleste qui auront voulu observer les dix commandements avec la, foi aux quatre Evangiles. Pour celle qui enfantait une femme, ces jours sont doubles, quant à l’entrée dans le temple, comme ils sont doublés pour la formation de son corps : car ainsi que le corps d'un homme est organisé et rendu parfait en 40 jours. et que pour le plus souvent, l’âme est infuse au 40e jour, ainsi le corps d'une femme est achevé en 80 jours et au 80e jour, pour le plus souvent, l’âme anime son corps. Pourquoi donc le corps d'une femme met-il plus de temps à se parfaire et l’âme à l’animer que le corps d'un homme ? Sans parler des raisons prises de la nature, on peut en assigner trois autres. La première, c'est que J.-C.; devant prendre chair dans le sexe viril, afin d'honorer, ce sexe et lui octroyer une plus grande grâce, il voulut que l’enfant fût formé plus tôt et que la femme fût purifiée plus vite. La seconde, que la femme ayant plus péché que l’homme, ses infirmités fussent doubles des infirmités de l’homme extérieurement en ce mondé, de même alors, elles ont dû être doublées intérieurement dans le sein. La troisième, pour donner à comprendre par là que la femme a été d'une certaine manière plus à charge à Dieu que l’homme, puisqu'elle a failli davantage. En effet Dieu est en quelque sorte fatigué par nos actions mauvaises, ce qui lui fait dire dans Isaïe (XLIII) : «Vous  m’avez rendu comme votre esclave par vos péchés. » Et ailleurs il dit encore par Jérémie (VI) : « J'ai travaillé avec grand effort. » La bienheureuse Vierge n'était donc pas tenue à cette loi de la purification, puisqu'elle n'a pas conçu en usant du mariage, mais par un souffle mystique. Aussi Moïse a ajouté : « en usant du mariage, » ce qui n'était pas nécessaire par rapport aux autres femmes qui conçoivent toutes , de cette manière, mais Moïse a ajouté ces mots, dit saint Bernard, parce qu'il venait de faire injure à la mère du Seigneur. Cependant elle voulut se soumettre à la loi pour quatre raisons. La première, pour donner l’exemple de l’humilité. Ce qui fait dire à saint Bernard : «O Vierge vraiment bienheureuse, vous n'aviez aucun motif ni aucun besoin de vous purifier ; mais est-ce que votre Fils avait besoin de la circoncision? Soyez au milieu des femmes comme l’une d'elles, car vôtre fils aussi se rend semblable aux autres enfants. » Or, cette humilité ne vint pas seulement de la mère, mais encore du Fils, qui voulut ici, comme elle, se soumettre à la loi. En effet, dans sa naissance, il se posa en homme pauvre, dans sa circoncision en homme pauvre et pécheur, mais aujourd'hui il se traite en homme pauvre, et pécheur et esclave; en pauvre, puisqu'il choisit l’offrande des pauvres; en pécheur, puisqu'il veut être purifié avec sa mère; en esclave, puisqu'il a voulu être racheté, et même peu après il voulut être baptisé, non pour effacer en sondes fautes, mais pour offrir au monde l’exemple de la plus grande humilité, et pour donner des preuves que ces remèdes ont été bons au temps où on les employait.. Car cinq remèdes furent institués, dans une certaine succession de temps, contre le péché originel. Trois d'entre eux, selon Hugues de Saint-Victor, ont été institués sous la' loi ancienne les oblations, les dîmes et les immolations des sacrifices, qui signifiaient merveilleusement l’œuvre de notre rédemption. Car le mode de rachat était exprimé par l’oblation; le prix lui-même de l’oblation, par le sacrifice, où il y avait effusion de sang; celui-là même, qui était racheté, par la dîme, parce que l’homme est figuré par la dixième dragme: Le premier remède fut l’offrande : ainsi l’on voit Caïn offrir à Dieu des présents de ses fruits, et Abel, de ses troupeaux. Le second fut la dîme, comme dans Abraham qui offre la dîme au prêtre. Melchisédech : car selon saint Augustin, on dîmait sur tout ce dont on prenait soin. Le troisième fut l’immolation des sacrifices : car, d'après saint Grégoire, les sacrifices étaient établis contre le péché originel. Mais parce qu'il était de rigueur, eût au moins l’un ou l’autre des parents eût la foi et qu'il pouvait se faire quelquefois que tous les deux fussent infidèles, alors vint le quatrième remède, savoir: la circoncision qui avait sa valeur, soit que les parents fussent fidèles, soit qu'ils ne le fussent point. Mais ce remède ne pouvant convenir seulement qu'aux mâles, et ne pouvant pas ouvrir les portes du paradis, alors à la circoncision succéda comme cinquième remède le baptême qui est commun à tous et qui ouvre la porte du ciel. J.-C. donc paraît avoir reçu, en quelque manière, le premier remède quand il fut offert dans le temple par ses parents; le second, quand il jeûna 40 jours et 40 nuits, parce que n'ayant point de biens avec quoi il pût payer la dîme, il offrit du moins à Dieu la dîme de ses jours. J.-C., s'est appliqué le troisième remède, quand sa mère offrit pour lui une paire de tourterelles, ou deux petits de colombes pour en faire un sacrifice, ou bien encore, quand il s'offrit lui-même en sacrifice sur la croix. Le quatrième, quand il se laissa circoncire, et le cinquième en recevant le baptême de saint Jean. — La seconde raison était d'accomplir la loi. Le Seigneur en effet n'était pas venu pour détruire la loi mais pour l’accomplir : car si en cela il se fût exempté de la loi, les Juifs auraient pu apporter cette excuse : « Nous ne recevons pas votre doctrine puisque vous n'êtes pas semblable à nos pères et que vous n'observez pas les traditions de la loi. » Mais aujourd'hui J.-C. et la Vierge se soumettent à une triple loi : 1° à la loi de la;purification comme des modèles de vertu, afin que nous,disions, après, avoir fait le bien, en tout, que nous sommes dès serviteurs inutiles ; 2° à la loi de la rédemption, pour donner un exemple d'humilité ; 3° à la loi de l’offrande, pour servir de modèle de pauvreté. —  La troisième raison est pour mettre fin à la loi de la purification ; car comme au premier rayon de la lumière, les ténèbres disparaissent et que, au lever du soleil, l’ombre s'enfuit; de même, après la véritable purification, a cessé la purification figurative. Or, ici a en lieu la véritable purification dans J.-C. qui est réellement appelé la purification par excellence, puisqu'il nous purifie par la foi, selon qu'il est dit (Act., XV) : « Dieu purifie nos coeurs par la foi. » De là encore il sait que désormais les pères ne sont pas tenus à l’accomplissement de cette loi, ni les mères à la purification ou à l’entrée du temple, ni les enfants à ce rachat. — La quatrième raison, c'est pour nous apprendre à nous purifier. Selon le droit, il y a cinq manières de se purger dès l’enfance, quoiqu'il n'y en ait que trois de prescrites; et nous devons les employer savoir, par le jurement, qui marque le renoncement au péché; par l’eau qui indique l’ablution baptismale; par le feu, qui désigne l’infusion de la' grâce spirituelle; parles témoins, qui montrent la multitude des bonnes oeuvres; parla guerre, qui signifie la tentation. Or, la sainte Vierge, en venant au temple a offert son fils et l’a racheté avec cinq sicles. Il faut aussi remarquer que certains premiers-nés étaient rachetés comme les premiers-nés des onze tribus moyennant cinq sicles; quelques autres ne pouvaient être rachetés, par exemple, les premiers-nés des lévites, qui jamais n'étaient rachetables;- mais, parvenus à l’âge des adultes; ils servaient constamment le Seigneur dans le temple; de même encore les premiers-nés des animaux purs ils pouvaient être rachetés; mais ils étaient offerts au Seigneur. Quelques autres devaient être échangés, comme le premier-né de l’âne qui était remplacé par une brebis; d'autres étaient tués, par exemple, le premier-né du chien. Or, puisque J.-C. était de la tribu de Juda, l’une des douze, il est clair qu'il a dû être racheté. « Et ils offrirent pour lui au Seigneur une paire de tourterelles ou deux petits de colombes. » C'était l’offrande des pauvres, tandis que l’agneau était celle des riches. L'Ecriture ne dit pas des petits de tourterelles, mais des petits de colombes, parce qu'on trouve toujours des petits de colombes, mais qu'on ne trouve pas toujours des petits de tourterelles, bien que l’on trouve toujours des tourterelles ; on ne dit pas non plus une paire de colombes, comme on dit une paire de tourterelles, parce que la colombe est un oiseau voluptueux, et pour cela Dieu n'a pas voulu qu'il lui en fût offert en sacrifice, mais la tourterelle est un oiseau pudique. — Cependant la Sainte Vierge Marie n'avait-elle pas, peu auparavant, reçu des mages une grosse somme d'or ? il est évident donc qu'elle a bien pu acheter un agneau. A cela on répond, qu'il n'est pas douteux, comme le dit saint Bernard, que les mages aient offert une grosse somme d'or, parce qu'il n'est pas vraisemblable, que des rois de cette importance aient offert à un tel Enfant de maigres présents; toutefois, d'après une opinion, elle ne garda pas cet or pour soi, mais elle le distribua de suite aux pauvres, ou bien peut-être, elle le garda pour pourvoir aux frais de son voyage de sept ans en Egypte ; ou encore, les mages n'offrirent pas une grande quantité d'or, car leur offrande avait une signification mystique. — On distingue trois offrandes touchant le Seigneur : La première quand ses parents l’offrirent; la seconde quand on offrit pour lui des oiseaux; il fit lui-même la troisième pour les hommes sur la croix. La première montre son humilité, puisque le maître de la loi se soumet à la foi; la seconde, sa pauvreté, puisqu'il a choisi l’offrande des pauvres ; la troisième, sa charité, puisqu'il s'est livré pour les pécheurs. Voici les propriétés de la tourterelle : son vol est élevé ; ses chants sont dés gémissements; elle annonce le printemps; elle vit chastement; elle reste isolée; la nuit elle réchauffe ses petits elle s'éloigne des cadavres. Voici les propriétés de la colombe :

Elle ramasse le grain ; elle vole en troupe ; elle évite les cadavres ; elle n'a pas de fiel ; elle gémit elle caresse son compagnon de ses baisers ; la pierre lui fournit un nid; elle fuit son ennemi qu'elle a vu sur le fleuve ; elle ne blesse pas avec son bec; elle nourrit ses deux petits avec soin.

Secondement; cette fête a reçu le nom d'Hypapante, ce qui est la même chose que Présentation, parce que J.-C. a été présenté au temple: Hypapante veut encore dire rencontre, parce que Siméon et Anne se rencontrèrent avec le Seigneur, qu'on offrait dans le temple. Alors donc Siméon le prit dans ses bras. Notons ici trois sortes d'ombres, trois anéantissements de notre Sauveur: 1° l’anéantissement de la vérité : car celui qui est. la vérité, par laquelle l’homme est conduit, qui est aussi la voie, laquelle conduit l’homme à Dieu qui est la vie, a permis que d'autres,le conduisissent aujourd'hui : « Alors, dit-il, qu'ils introduisaient Jésus enfant. » 2° L'anéantissement de la bonté, puisque lui qui est le seul bon, le seul saint, a voulu être purifié avec sa mère, comme un homme immonde. 3° C'est l’anéantissement de sa majesté, puisque celui qui porte tout par la parole de sa force; s'est laissé prendre et porter entre lés bras d'un vieillard, qui cependant portait celui qui le portait lui-même;, d'après cette parole de la liturgie : « Le vieillard portait l’enfant, mais l’enfant dirigeait le vieillard. » Alors Siméon le bénit en disant : « Vous laisserez maintenant, Seigneur, aller votre serviteur en paix, etc. » Et Siméon lui donne trois noms, savoir : le salut, la lumière et la gloire du peuple d'Israël. On peut entendre ces trois noms de quatre manières : 1° comme notre justification; et il est appelé sauveur, en remettant la faute, parce que Jésus veut dire sauveur, par cela qu'il sauvera le peuple de ses péchés; lumière, en donnant sa grâce.; gloire, il la donne à son peuple; 2° comme notre régénération, car 1° l’enfant est exorcisé et baptisé, et il est ainsi purifié du péché; 2° on lui donne un cierge allumé ; 3° il est présenté à l’autel; 4° la procession qui se fait en ce jour, car 1° les cierges sont bénits et exorcisés ; 2° ils sont allumés et distribués entre lés mains des fidèles; 3° on entre à l’église, en chantant, des cantiques ; 4° à cause du triple nom de la fête : on 1'appelle.Purifrcation, et c'est parce que la faute est purifiée, que Siméon appelle Jésus le salut. On l’appelle chandeleur, pour l’illumination de la grâce ; de là le nom de lumière. On l’appelle Hypapante, pour la collation de la gloire: de là le nom de gloire du peuple d'Israël. « Alors en effet nous viendrons au-devant de J.-C. dans les airs » (saint Paul). On petit dire encore que par ce cantique de Siméon, J.-C. est loué comme paix, comme salut, comme lumière, comme gloire. Comme paix, car il est médiateur; comme salut, car il est rédempteur; comme lumière, car il est docteur; comme gloire, car il est récompense.

Troisièmement cette fête a reçu le nom de Chandeleur, parce qu'on porte à la main des chandelles allumées. Pourquoi l’Eglise a-t-elle établi qu'on porterait à la main des chandelles allumées ? On en peut assigner quatre raisons : 1° pour détruire une coutume mauvaise. En effet, autrefois, aux calendes de février, en l’honneur de Februa, mère de Mars; dieu de la guerre, les Romains illuminaient la ville de cinq en cinq ans avec des cierges et des flambeaux pendant toute la nuit, afin que Mars leur accordât la victoire sur leurs ennemis, en raison des honneurs qu'ils rendaient à sa mère ; et cet espace de temps était un lustre. Au mois de février encore les Romains offraient des sacrifices à Febvrius c'est-à-dire à Pluton et aux autres dieux infernaux, pour les âmes de leurs ancêtres : afin donc qu'ils eussent pitié d'eux, ils leur offraient des victimes solennelles, et toute la nuit. ils veillaient en chantant leurs louanges et tenaient des cierges et des torches allumées. Le pape Innocent dit encore que les femmes romaines célébraient en ce jour la fête des lumières, dont l’origine est tirée des fables des poètes. Ceux-ci rapportent que Proserpine était si belle que Pluton, dieu des enfers, en devint épris, qu'il l’enleva et en fit une déesse. Ses parents la cherchèrent longtemps dans les forêts, et les bois avec des torches et des flambeaux, et c'est ce souvenir que rappelaient les femmes de Rome. Or, parce qu'il est difficile d'abandonner une coutume, les chrétiens nouvellement convertis a la foi ne savaient pas s'y résoudre alors le pape Sergius lui donna un but meilleur, en ordonnant aux chrétiens de célébrer, chaque année, à pareil jour, par tout, l’univers, une fête en l’honneur de la sainte Mère du Seigneur, avec cierges allumes et chandelles bénites. De cette manière la solennité restait, mais la fin était toute autre. 2° Pour montrer la pureté de la Vierge. En entendant que la Vierge s'était purifiée, quelques personnes pourraient penser qu'elle avait besoin de purification : afin donc de montrer que toute sa personne fut très pure et toute brillante, l’Eglise nous a ordonné de porter des flambeaux allumés, comme si. par le fait elle disait : « O bienheureuse Vierge, vous n'avez pas besoin de purification, mais vous êtes toute brillante, toute resplendissante. » De vrai, elle n'avait pas besoin de purification, elle qui avait conçu, sans user du mariage, elle qui avait été purifiée d'une manière très parfaite, et qui avait été sanctifiée dans le sein de sa mère. Or, elle avait tellement été glorifiée et purifiée dans le sein de sa mère et dans la venue du Saint-Esprit que, nom seulement il ne resta en elle aucune inclination au péché; mais l’effet de sa sainteté se communiquait et s'épanchait dans les autres, en sorte qu'elle éteignait tous les mouvements de charnelle concupiscence en tous. Ce qui fait dire aux Juifs que quoique Marie ait été d'une extrême beauté, elle ne put cependant jamais être convoitée par personne; et la raison en est que la vertu de sa chasteté pénétrait tous ceux qui la regardaient et écartait d'eux toute concupiscence. Ce qui l’a fait comparer au cidre dont l’odeur fait mourir les serpents ; sa sainteté projetait comme des rayons sur les autres, de manière à étouffer tous les mouvements qui se glissaient en la chair. On la compare encore à la myrrhe; car de même que la myrrhe fait périr les vers, de même aussi sa sainteté détruisait toute concupiscence charnelle ; et elle jouit de cette prérogative dans un degré plus éminent que ceux qui ont été sanctifiés dès le sein de leur mère, ou qui sont restés vierges; dont la sainteté et la chasteté ne se transmettaient pas aux autres, ni n'éteignait en eux les mouvements de la chair, tandis que la force de la chasteté de la Vierge pénétrait jusqu'au fond même du coeur des impudiques et qu'elle les rendait tout aussitôt chastes à son égard. 3° A cause de la procession qui eut lieu à pareil jour : car Marie, Joseph, Siméon et Anne firent aujourd'hui une procession digne d'honneur, et présentèrent l’enfant Jésus au temple. De même encore, nous faisons la procession et portons à la main un cierge allumé, figure de Jésus-Christ, et nous le tenons jusque dans les églises. Il y a trois choses dans le cierge, savoir, la cire, la mèche et le feu, qui sont la figure des trois substances qui existèrent en J.-C. : la cire est la figure de sa chair qui est née de la Vierge Marie sans la corruption de la chair, comme les abeilles composent la cire sans mélange ; la mèche cachée dans le cierge est la figure de son âme très candide cachée dans sa chair; et le feu ou la lumière est la figure de la divinité, parce que notre Dieu est un feu qui consume. Ce qui a fait dire à un poète : « Cette chandelle, je la porte en l’honneur de la pieuse Marie. Par la cire voyez une chair véritable née d'une Vierge ; par la lumière, la divinité et l’excellence de la majesté ; la mèche, c'est somme infiniment riche se cachant dans la chair. » 4° Pour notre instruction. Tout nous instruit : que si nous voulons être purs et nets, nous devons avoir en nous trois dispositions, savoir : une foi véritable, une conduite sainte, et une intention droite. La chandelle allumée à la main, c'est la foi avec les bonnes œuvres; et de même que la chandelle sans lumière est réputée morte, et que la lumière par elle-même ne brille pas sans chandelle, mais paraît être morte, de même les œuvres sans la foi et la foi sans les bonnes œuvres sont appelées mortes. Quant à la mèche enfermée dans la cire, c'est l’intention droite; ce qui fait dire à saint Grégoire : « L'action se fait devant le publie, mais l’intention reste cachée dans le secret. »

Une noble dame avait une très' grande dévotion envers la sainte Vierge. Ayant fait construire une chapelle auprès de sa maison, elle y entretenait un chapelain, et voulait entendre chaque jour une messe de la Bienheureuse Vierge. Alors que la fête de la Purification de la Sainte Vierge était proche, le prêtre fit un voyage au loin pour une affaire particulière, et la dame ne put avoir une messe ce jour-là; ou bien, comme on le lit autre part, elle avait donné tout ce qu'elle avait jusqu'à ses vêtements pour l’amour de la Vierge; or, comme elle avait donné sa robe et qu'elle ne pouvait aller à l’église il lui fallait rester sans messe en ce jour. Sous l’impression d'une vive douleur elle entra dans son oratoire ou sa chambre et se prosterna devant un autel de la Sainte Vierge. Tout à coup elle fut transportée hors d'elle-même, et il lui semblait être dans une église magnifique et toute resplendissante ; alors elle vit, entrer une foule extraordinaire de vierges, que, précédait une Vierge d'une admirable beauté, dont la tête était couronnée d'un diadème. Après que toutes se furent assises, voici venir une autre foule de jeunes gens qui prirent place chacun selon son rang. Alors quelqu'un qui portait une grande quantité de cierges, en donna d'abord un à la vierge qui avait le pas sur les autres; il en distribua ensuite aux autres vierges ut aux jeunes gens, enfin il vint auprès de la dame et lui offrit un cierge qu'elle accepta volontiers. Elle tourna alors les yeux vers le chœur et vit deux céroféraires, un sous-diacre, un diacre et un prêtre revêtus de leurs ornements sacrés s'avancer vers l’autel comme pour célébrer une messe solennelle. Il lui semblait que les acolytes étaient saint Vincent et saint Laurent; que le diacre. et le sous-diacre étaient deux anges; quant au prêtre, c'était J.-C. Après la confession, deux jeunes gens d'une rare beauté allèrent au milieu du chœur, commencèrent à haute voix et fort dévotement l’office de la, messe, que poursuivirent ceux qui étaient dans le tuteur. Quand on fut à l’offrande, la reine dés Vierges et toutes les vierges avec ceux qui étaient dans le chœur, vinrent offrir, comme de coutume, leurs cierges au prêtre en fléchissant les genoux. Or, comme le prêtre attendait que la dame vînt lui offrir son cierge, et que celle-ci ne le voulait pas faire, la. reine des vierges lui envoya dire par un exprès qu'elle manquait de savoir-vivre, en faisant attendre le prêtre si longtemps. Elle répondit que le prêtre continuât sa messe parce qu'elle -ne lui offrirait pas son cierge. Alors la reine lui envoya encore un autre exprès à qui la dame répondit qu'elle ne donnerait à personne. le cierge qu'elle avait reçu, mais qu'elle le garderait par dévotion. Toutefois la reine des vierges donna cet ordre à l’exprès.: « Allez la prier de nouveau d'offrir son cierge, sinon vous le lui enlèverez par force, de ses mains. » Le messager étant venu et la dame refusant d'accéder à sa prière, il dit qu'il avait ordre de le lui arracher de force. Alors il saisit le cierge avec une grande violence et s'efforça de l’enlever. La dame le tenait plus fortement. encore et se défendait comme un homme. Le débat traînait en longueur, le cierge était tiré avec force deçà, de-là, quand tout à coup le cierge se cassa, une moitié restant entre les mains du messager, l’autre moitié danses mains de la dame. Au moment où le cierge se brisa avec bruit, elle revint tout aussitôt à elle et se trouva devant l’autel, où elle s'était placée, avec le cierge brisé à la main. Elle en fut dans l’admiration et rendit d'immenses actions de grâces à la Sainte Vierge qui n'avait pas permis qu'elle restât sans messe en ce jour, mais qui l’avait fait assister à un tel office. Elle eut grand soin de son cierge et le garda comme les plus précieuses reliques. On dit que tous ceux qui en étaient touchés étaient aussitôt guéris des infirmités qui ses tourmentaient. — Une autre dame enceinte vit en songe qu'elle portait un étendard teint de couleur sanguine. En s'éveillant elle perdit de suite les sens : le démon se jouait tellement d'elle qu'il lui semblait qu'elle portait entre ses mamelles la foi chrétienne à laquelle elle avait été jusque-là fort attachée, et qu'elle la perdait à chaque instant. Rien ne la pouvant guérir, elle passa dans une église de la Sainte Vierge la nuit de la Purification et fut guérie parfaitement.

Extrait de la Légende Dorée de Jacques de Voragine

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Enfin les quarante jours de la Purification de Marie sont écoulés, et le moment est venu où elle doit monter au Temple du Seigneur pour y présenter Jésus. Avant de suivre le Fils et la Mère dans ce voyage mystérieux à Jérusalem, arrêtons-nous encore un instant à Bethléhem, et pénétrons avec amour et docilité les mystères qui vont s'accomplir. La Loi du Seigneur ordonnait aux femmes d'Israël, après leur enfantement, de demeurer quarante jours sans approcher du tabernacle ; après l'expiration de ce terme, elles devaient, pour être purifiées, offrir un sacrifice. Ce sacrifice consistait en un agneau, pour être consumé en holocauste; on devait y joindre une tourterelle ou une colombe, destinées à être offertes selon le rite du sacrifice pour le péché. Que si la mère était trop pauvre pour fournir l'agneau, le Seigneur avait permis de le remplacer par une autre tourterelle, ou une autre colombe. Un second commandement divin déclarait tous les premiers-nés propriété du Seigneur, et prescrivait la manière de les racheter. Le prix de ce rachat était de cinq sicles, qui, au poids du sanctuaire, représentaient chacun vingt oboles. Marie, fille d'Israël, avait enfanté; Jésus était son premier-né. Le respect dû à un tel enfantement, à un tel premier-né, permettait-il l'accomplissement de la loi ?

Si Marie considérait les raisons qui avaient porté le Seigneur à obliger les mères à la purification, elle voyait clairement que cette loi n'avait point été faite pour elle. Quel rapport pouvait avoir avec les épouses des hommes, celle qui était le très pur sanctuaire de l'Esprit-Saint, Vierge dans la conception de son Fils, Vierge dans son ineffable enfantement; toujours chaste, mais plus chaste encore après avoir porté dans son sein et mis au monde le Dieu de toute sainteté? Si elle considérait la qualité sublime de son Fils, cette majesté du Créateur et du souverain Seigneur de toutes choses, qui avait daigné prendre naissance en elle, comment aurait-elle pu penser qu'un tel Fils était soumis à l'humiliation du rachat, comme un esclave qui ne s'appartient pas à lui-même ?

Cependant, l'Esprit qui résidait en Marie lui révèle qu'elle doit accomplir cette double loi. Malgré son auguste qualité de Mère de Dieu, il faut qu'elle se mêle à la foule des mères des hommes, qui se rendent de toutes parts au Temple, pour y recouvrer, par un sacrifice, la pureté qu'elles ont perdue. En outre, ce Fils de Dieu et Fils de l'Homme doit être considéré en toutes choses comme un serviteur ; il faut qu'il soit racheté en cette humble qualité comme le dernier des enfants d'Israël. Marie adore profondément cette volonté suprême, et s'y soumet de toute la plénitude de son cœur.

Les conseils du Très-Haut avaient arrêté que le Fils de Dieu ne serait déclaré à son peuple que par degrés. Après trente années de vie cachée à Nazareth, où, comme le dit l'Evangéliste, il était réputé le fils de Joseph, un grand Prophète devait l'annoncer mystérieusement aux Juifs accourus au Jourdain, pour y recevoir le baptême de la pénitence. Bientôt ses propres œuvres, ses éclatants miracles, rendraient témoignage de lui. Après les ignominies de sa Passion, il ressusciterait glorieux, confirmant ainsi la vérité de ses prophéties, l'efficacité de son Sacrifice, enfin sa divinité. Jusque-là presque tous les hommes ignoreraient que la terre possédait son Sauveur et son Dieu. Les bergers de Bethléhem n'avaient point reçu l'ordre, comme plus tard les pêcheurs de Génésareth, d'aller porter la Parole jusqu'aux extrémités du monde ; les Mages, qui avaient paru tout à coup au milieu de Jérusalem, étaient retournés dans l'Orient, sans revoir cette ville qui s'était émue un instant de leur arrivée. Ces prodiges, d'une si sublime portée aux yeux de l'Eglise, depuis l'accomplissement de la mission de son divin Roi, n'avaient trouvé d'écho et de mémoire fidèle que dans le cœur de quelques vrais Israélites qui attendaient le salut d'un Messie humble et pauvre; la naissance même de Jésus à Bethléhem devait demeurer ignorée du plus grand nombre des Juifs; car les Prophètes avaient prédit qu'il serait appelé Nazaréen.

Le même plan divin qui avait exigé que Marie fût l'épouse de Joseph, pour protéger, aux yeux du peuple, sa virginité féconde, demandait donc que cette très chaste Mère vînt comme les autres femmes d'Israël offrir le sacrifice de purification, pour la naissance du Fils qu'elle avait conçu par l'opération de l'Esprit-Saint, mais qui devait être présenté au temple comme le fils de Marie, épouse de Joseph. Ainsi, la souveraine Sagesse aime à montrer que ses pensées ne sont point nos pensées, à déconcerter nos faibles conceptions, en attendant le jour où elle déchire les voiles et se montre à découvert à nos yeux éblouis.

La volonté divine fut chère à Marie, en cette circonstance comme en toutes les autres. La Vierge ne pensa point agir contre l'honneur de son fils, ni contre le mérite glorieux de sa propre intégrité, en venant chercher une purification extérieure dont elle n'avait nul besoin. Elle fut, au Temple, la servante du Seigneur, comme elle l'avait été dans la maison de Nazareth, lors de la visite de l'Ange. Elle obéit à la loi, parce que les apparences la déclaraient sujette à la loi. Son Dieu et son Fils se soumettait au rachat comme le dernier des hommes ; il avait obéi à l'édit d'Auguste pour le dénombrement universel ; il devait « être obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix » : la Mère et l'Enfant s'humilièrent ensemble ; et l'orgueil de l'homme reçut en ce jour une des plus grandes leçons qui lui aient jamais été données.

Quel admirable voyage que celui de Marie et de Joseph allant de Bethléhem à Jérusalem ! L'Enfant divin est dans les bras de sa mère ; elle le tient sur son cœur durant tout le cours de cette route fortunée. Le ciel, la terre, la nature tout entière, sont sanctifiés par la douce présence de leur miséricordieux créateur. Les hommes au milieu desquels passe cette mère chargée de son tendre fruit la considèrent, les uns avec indifférence, les autres avec intérêt ; mais nul d'entre eux ne pénètre encore le mystère qui doit les sauver tous.

Joseph est porteur de l'humble offrande que la mère doit présenter au prêtre. Leur pauvreté ne leur permet pas d'acheter un agneau; et d'ailleurs n'est-il pas l'Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde, ce céleste Enfant que Marie tient dans ses bras ? La loi a désigné la tourterelle ou la colombe pour suppléer l'offrande qu'une mère indigente ne pourrait présenter : innocents oiseaux, dont le premier figure la chasteté et la fidélité, et dont le second est le symbole de la simplicité et de l'innocence. Joseph porte aussi les cinq sicles, prix du rachat du premier-né; car il est vraiment le Premier-né, cet unique fils de Marie, qui a daigné faire de nous ses frères, et nous rendre participants de la nature divine, en adoptant la nôtre.

Enfin, cette sainte et sublime famille est entrée dans Jérusalem. Le nom de cette ville sacrée signifie vision de paix ; et le Sauveur vient par sa présence lui offrir la paix. Admirons une magnifique progression dans les noms des trois villes auxquelles se rattache la vie mortelle du Rédempteur. Il est conçu à Nazareth, qui signifie la fleur; car il est, comme il le dit au Cantique, la fleur des champs et le lis des vallons ; et sa divine odeur nous réjouit. Il naît à Bethléhem, la maison du pain, afin d'être la nourriture de nos âmes. Il est offert en sacrifice sur la croix à Jérusalem, et par son sang, il rétablit la paix entre le ciel et la terre, la paix entre les hommes, la paix dans nos âmes. Dans cette journée, comme nous le verrons bientôt, il va donner les arrhes de cette paix.

Pendant que Marie portant son divin fardeau monte, Arche vivante, les degrés du Temple, soyons attentifs ; car une des plus fameuses prophéties s'accomplit, un des principaux caractères du Messie se déclare. Conçu d'une Vierge, né en Bethléhem, ainsi qu'il était prédit, Jésus, en franchissant le seuil du Temple, acquiert un nouveau titre à nos adorations.

Cet édifice n'est plus le célèbre Temple de Salomon, qui devint la proie des flammes aux jours de la captivité de Juda. C'est le second Temple bâti au retour de Babylone, et dont la splendeur n'a point atteint la magnificence de l'ancien. Avant la fin du siècle, il doit être renversé pour la seconde fois ; et la parole du Seigneur sera engagée à ce qu'il n'y demeure pas pierre sur pierre. Or, le Prophète Aggée, pour consoler les Juifs revenus de l'exil, qui se lamentaient sur leur impuissance à élever au Seigneur une maison comparable à celle qu'avait édifiée Salomon, leur a dit ces paroles, et elles doivent servir à fixer l'époque de la venue du Messie: « Prends courage, Zorobabel, dit le Seigneur; prends courage, Jésus, fils de Josedec, souverain Prêtre; prends courage, peuple de cette contrée; car voici ce que dit le Seigneur : Encore un peu de temps et j'ébranlerai le ciel et la terre, et j’ébranlerai toutes les nations ; et le Désiré de toutes les nations viendra ; et je remplirai de gloire cette maison. La gloire de cette seconde maison sera plus grande que ne le fut celle de la première; et dans ce lieu je donnerai la paix, dit le Seigneur des armées. »

L'heure est arrivée de l'accomplissement de cet oracle. L'Emmanuel est sorti de son repos de Bethléem, il s'est produit au grand jour, il est venu prendre possession de sa maison terrestre ; et par sa seule présence dans l'enceinte du second Temple, il en élève tout d'un coup la gloire au-dessus de la gloire dont avait paru environné celui de Salomon. Il doit le visiter plusieurs fois encore ; mais cette entrée qu'il y fait aujourd'hui, porté sur les bras de sa mère, suffit à accomplir la prophétie; dès maintenant, les ombres et les figures que renfermait ce Temple commencent à s'évanouir aux rayons du Soleil de la vérité et de la justice. Le sang des victimes teindra encore, quelques années, les cornes de l'autel; mais au milieu de toutes ces victimes égorgées, hosties impuissantes, s'avance déjà l'Enfant qui porte dans ses veines le sang de la Rédemption du monde. Parmi ce concours de sacrificateurs, au sein de cette foule d'enfants d'Israël qui se presse dans les diverses enceintes du Temple, plusieurs attendent le Libérateur, et savent que l'heure de sa manifestation approche; mais aucun d'eux ne sait encore qu'en ce moment même le Messie attendu vient d'entrer dans la maison de Dieu.

Cependant un si grand événement ne devait pas s'accomplir sans que l'Eternel opérât une nouvelle merveille. Les bergers avaient été appelés par l'Ange, l'étoile avait attiré les Mages d'Orient en Bethléhem ; l'Esprit-Saint suscite lui-même à l'Enfant divin un témoignage nouveau et inattendu.

Un vieillard vivait à Jérusalem, et sa vie touchait au dernier terme ; mais cet homme de désirs, nommé Siméon, n'avait point laissé languir dans son cœur l'attente du Messie. Il sentait que les temps étaient accomplis ; et pour prix de son espérance, l'Esprit-Saint lui avait fait connaître que ses yeux ne se fermeraient pas avant qu'ils eussent vu la Lumière divine se lever sur le monde. Au moment où Marie et Joseph montaient les degrés du Temple, portant vers l'autel l'Enfant de la promesse, Siméon se sent poussé intérieurement par la force irrésistible de l'Esprit divin ; il sort de sa maison, il dirige vers la demeure sacrée ses pas chancelants, mais soutenus par l'ardeur de ses désirs. Sur le seuil de la maison de Dieu, parmi les mères qui s'y pressent chargées de leurs enfants, ses yeux inspirés ont bientôt reconnu la Vierge féconde prophétisée par Isaïe ; et son cœur vole vers l'Enfant qu'elle tient dans ses bras.

Marie, instruite par le même Esprit, laisse approcher le vieillard ; elle dépose dans ses bras tremblants le cher objet de son amour, l'espoir du salut de la terre. Heureux Siméon, figure de l'ancien monde vieilli dans l'attente et près de succomber ! A peine a-t-il reçu le doux fruit de la vie, que sa jeunesse se renouvelle comme celle de l'aigle ; en lui s'accomplit la transformation qui doit se réaliser dans la race humaine. Sa bouche s'ouvre, sa voix retentit, il rend témoignage comme les bergers dans la région de Bethléhem, comme les Mages au sein de l'Orient. « O Dieu ! dit-il, mes yeux ont donc vu le Sauveur que vous prépariez ! Elle luit enfin, cette Lumière qui doit éclairer les Gentils, et faire la gloire de votre peuple d'Israël. »

Tout à coup survient, attirée aussi par le mouvement du divin Esprit, la pieuse Anne, fille de Phanuel, illustre par sa piété et vénérable à tout le peuple par son grand âge. Les deux vieillards, représentants de la société antique, unissent leurs voix, et célèbrent l'avènement fortuné de l'Enfant qui vient renouveler la face de la terre, et la miséricorde de Jéhovah qui, selon la prophétie d'Aggée, dans ce lieu, au sein même du second Temple, donne enfin la paix au monde.

C'est dans cette paix tant désirée que va s'endormir Siméon. Vous laisserez donc partir dans la paix votre serviteur, selon votre parole, Seigneur ! dit le vieillard ; et bientôt son âme, dégagée des liens du corps, va porter aux élus qui reposent dans le sein d'Abraham la nouvelle de la paix qui apparaît sur la terre, et leur ouvrira bientôt les cieux. Anne survivra quelques jours encore à cette grande scène ; elle doit, comme nous l'apprend î'Evangéliste, annoncer l'accomplissement des promesses aux Juifs spirituels qui attendaient la Rédemption d'Israël. Une semence devait être confiée à la terre ; les bergers, les Mages, Siméon, Anne, l'ont jetée ; elle lèvera en son temps : et quand les années d'obscurité que le Messie doit passer dans Nazareth seront écoulées, quand il viendra pour la moisson, il dira à ses disciples : Voyez comme le froment blanchit à maturité sur les guérets : priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour la récolte.

Le fortuné vieillard rend donc aux bras de la très pure Mère le Fils qu'elle va offrir au Seigneur. Les oiseaux mystérieux sont présentés au prêtre qui les sacrifie sur l'autel, le prix du rachat est versé, l'obéissance parfaite est accomplie ; et après avoir rendu ses hommages au Seigneur dans cet asile sacré à l'ombre duquel s'écoulèrent ses premières années, Marie toujours Vierge, pressant sur son cœur le divin Emmanuel, et accompagnée de son fidèle époux, descend les degrés du Temple.

Tel est le mystère du quarantième jour, qui ferme la série des jours du Temps de Noël, par cette admirable fête de la Purification de la très sainte Vierge. De savants hommes, au nombre desquels on compte le docte Henschenius, dont Benoît XIV partage le sentiment, inclinent à donner une origine apostolique à cette solennité ; il est certain du moins qu'elle était déjà ancienne au cinquième siècle.

L'Eglise Grecque et l'Eglise de Milan mettent cette fête au nombre des solennités de Notre-Seigneur; mais l'Eglise Romaine Fa toujours comptée entre les fêtes de la sainte Vierge. Sans doute, l'Enfant Jésus est offert aujourd'hui dans le Temple et racheté ; mais c'est à l'occasion de la Purification de Marie, dont cette offrande et ce rachat sont comme la conséquence. Les plus anciens Martyrologes et Calendriers de l'Occident donnent cette fête sous le titre qu'elle conserve aujourd'hui ; et la gloire du Fils, loin d'être obscurcie par les honneurs que l'Eglise rend à la Mère, en reçoit un nouvel accroissement, puisque lui seul est le principe de toutes les grandeurs que nous révérons en elle.

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La bénédiction des cierges


Après l'Office de Tierce, l'Eglise pratique, en ce jour, la bénédiction solennelle des Cierges, que l'on compte pour une des trois principales qui ont lieu dans le cours de l'année : les deux autres sont celle des Cendres et celle des Rameaux. L'intention de cette cérémonie se rapporte au jour même de la Purification de la sainte Vierge; en sorte que si l'un des Dimanches de Septuagésime, de Sexagésime, ou de Quinquagésime, tombe le deux février, la fête est remise au lendemain ; mais la bénédiction des Cierges, et la Procession qui en est le complément, demeurent fixes au deux février.

Afin de réunir sous un même rite les trois grandes Bénédictions dont nous parlons, l'Eglise a ordonné, pour celle des Cierges, l'usage de la même couleur violette qu'elle emploie dans la bénédiction des Cendres et dans celle des Rameaux ; en sorte que cette solennelle fonction, qui sert à marquer d'une manière inviolable le jour auquel s'est accomplie la Purification de Marie, doit s'exécuter tous les ans, le deux février, sans qu'il soit dérogé à la couleur prescrite pour les trois Dimanches dont nous venons de parler.

L'origine de cette cérémonie est assez difficile à assigner d'une manière précise. Selon Baronius, Thomassin, Baillet, etc., elle aurait été instituée, vers la fin du V° siècle, par le Pape saint Gélase, pour donner un sens chrétien aux restes de l'antique fête des Lupercales, dont le peuple de Rome avait encore retenu quelques usages superstitieux. Il est du moins certain que saint Gélase abolit, à cette époque, les derniers vestiges de la fête des Lupercales qui, comme l'on sait, était célébrée au mois de février, dans les siècles du paganisme. Innocent III, dans un de ses Sermons sur la fête de la Purification, enseigne que l'attribution de la cérémonie des Cierges au deux février est due à la sagesse des Pontifes romains, lesquels auraient appliqué au culte de la sainte Vierge les restes d'un usage religieux des anciens Romains, qui allumaient des flambeaux en mémoire des torches à la lueur desquelles Cérès avait, selon la fable, parcouru les sommets de l'Etna, cherchant sa fille Proserpine enlevée par Pluton ; mais on ne trouve pas de fête en l'honneur de Cérès, au mois de février, sur le Calendrier des anciens Romains. Il nous semble donc plus exact d'adopter le sentiment de D. Hugues Ménard, Rocca, Henschenius et Benoît XIV, qui tiennent que la fête antique connue en février sous le nom d'Amburbalia, et dans laquelle les païens parcouraient la ville en portant des flambeaux, a donné occasion aux Souverains Pontifes de lui substituer un rite chrétien qu'ils ont uni à la célébration de la fête dans laquelle le Christ, Lumière du monde, est présenté au Temple par la Vierge-mère.

Le mystère de cette cérémonie a été fréquemment expliqué par les liturgistes depuis le VII° siècle. Selon saint Ives de Chartres , dans son deuxième Sermon sur la fête d'aujourd'hui, la cire des cierges, formée du suc des fleurs par les abeilles, que l'antiquité a toujours considérées comme un type de la virginité, signifie la chair virginale du divin Enfant, lequel n'a point altéré, dans sa conception ni dans sa naissance, l'intégrité de Marie. Dans la flamme du cierge, le saint Evêque nous apprend à voir le symbole du Christ qui est venu illuminer nos ténèbres. Saint Anselme, dans ses Enarrations sur saint Luc, développant le même mystère, nous dit qu'il y a trois choses à considérer dans le Cierge : la cire, la mèche et la flamme. La cire, dit-il, ouvrage de l'abeille virginale, est la chair du Christ ; la mèche, qui est intérieure, est l'âme ; la flamme, qui brille en la partie supérieure, est la divinité.

Autrefois, les fidèles s'empressaient d'apporter eux-mêmes des cierges à l'Eglise, le jour de la Purification, afin qu'ils fussent bénis avec ceux que les prêtres et les ministres portent à la Procession ; cet usage est encore observé en beaucoup de lieux. Il est à désirer que les Pasteurs des âmes recommandent fortement cette coutume, et qu'ils la rétablissent ou la soutiennent partout où il est besoin. Tant d'efforts que l'on a faits pour ruiner, ou du moins pour appauvrir le culte extérieur, ont amené insensiblement le plus triste affaiblissement du sentiment religieux, dont l'Eglise possède seule la source dans la Liturgie. Il est nécessaire aussi que les fidèles sachent que les cierges bénis au jour de la Chandeleur, car tel est le nom populaire de la fête de la Purification, emprunté à la cérémonie même dont nous parlons ; que ces cierges, disons-nous, sont bénis, non seulement pour servir à la Procession, mais encore pour l'usage des chrétiens qui, en les gardant avec respect dans leurs maisons, en les portant avec eux, tant sur la terre que sur les eaux, comme dit l'Eglise, attirent des bénédictions particulières du ciel. On doit allumer aussi ces cierges de la Chandeleur auprès du lit des mourants, comme un souvenir de l'immortalité que le Christ nous a méritée, et comme un signe de la protection de Marie.


Extrait de l'Année Liturgique de Dom Guéranger

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Séquence de la Fête de la Présentation de Jésus au Temple


Ornons le temple intérieur ; dans un cœur nouveau, renouvelons la joie nouvelle du saint vieillard, qui, prenant sur ses bras l'Enfant divin, satisfait enfin les désirs qui le firent soupirer tant d'années.

Il est l'étendard qui ralliera les peuples, cet Enfant dont la présence illumine le Temple, inspire de si beaux cantiques, émeut les cœurs d'un si noble transport; aujourd'hui c'est un enfant que l'on présente ; plus tard, sur la croix , ce sera un homme offert comme hostie du péché.

Là le Sauveur, ici Marie : saint Enfant, sainte Mère, quels objets d'allégresse mais portons en nous avec amour l'œuvre de lumière que représentent nos cierges allumés.

Le Verbe du Père est la lumière, la chair formée par la Vierge est la cire ; le cierge étincelant est le Christ lui-même ; c'est lui qui éclaire nos cœurs de la vraie sagesse ; par sa grâce, celui qui était le jouet de l'erreur et du vice s'élance dans le chemin de la vertu.

Celui qui par l'amour tient le Christ dans ses bras, porte vraiment le flambeau de cire allumé, et remplit pleinement le rite de la fête ; de même que le vieillard dont le cœur portait déjà le Verbe du Père, serra dans ses bras ce même Verbe fait chair que lui confiait l'auguste Mère.

Mère d'un tel Fils, réjouis-toi; pure au dedans, chaste au dehors, sans tache ni ride ; femme que son Bien-Aimé a choisie d'avance, que l'amour d'un Dieu a chérie avant les siècles.

A qui contemple ta beauté, toute autre beauté n'est que ténèbres et difformité qui repousse ; à qui goûte ta saveur délicieuse, toute autre saveur n'est qu'amertume et objet de dégoût.

A qui respire tes parfums, toute autre senteur est nulle ou désagréable ; en celui qui cultive ton amour, tout autre amour s'efface, ou n'obtient plus que le second rang.

De la mer brillante Etoile, honneur éternel de toutes les mères, ô Mère véritable de la Vérité, de la Voie, de la Vie, de l'Amour, remède de ce monde languissant, canal de ce vin délicieux qui est la source de vie dont tous doivent éprouver la soif; dont le breuvage est doux à celui qui est sain comme à celui qui est malade : rends la force et la santé à celui qui défaille.

Fontaine scellée, verse tes ruisseaux de sainteté ; fontaine des jardins spirituels, arrose de tes eaux nos âmes desséchées.

Fontaine abondante, inonde-nous, lave nos cœurs coupables. Fontaine limpide, source toujours pure, daigne purifier des souillures du monde, par ta pureté, le cœur de ton peuple. Amen.

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