Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Dix-septième jour

 

Lecture

 

« L’Apparition, nous dit Lucie, tenait ses mains jointes, à la hauteur de la poitrine, dans l’attitude d’une personne en prières. Suspendu aux deux mains jointes, glissait un rosaire monté avec de grosses perles de nacre ». C’était plutôt un attribut pour la Reine du Ciel qu’un instrument de prière, car, Marie n’a pas besoin de réciter le chapelet.

Pourquoi réciterait-Elle le Credo, Elle qui jouit de la Vision béatifique ? Dans le ciel, on n’a pas besoin d’affirmer la foi, ni l'espérance, seule « la charité ne passera jamais ». (1 Cor., 13, 8).

Pourquoi réciterait-Elle le « Notre Père », puisqu’Elle possède, avec son Divin Fils, la plénitude de tous les biens que l’on demande dans l'oraison dominicale ? Pourquoi se réciter à Elle-même l’« Ave Maria » ? On ne se salue pas soi-même.

La seule partie du chapelet à laquelle Elle pourrait s'associer est la doxologie qui termine chaque dizaine : « Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit ! » et joindre ainsi sa voix au concert angélique pour glorifier la Très Sainte Trinité.

Marie apparut avec un chapelet à la main, aux Roches de Massabielle, à Lourdes. Bernadette, l’heureuse voyante, a fort bien fait la remarque suivante : « L’Apparition égrenait son chapelet entre ses doigts sans mot dire, ses lèvres remuaient seulement au Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit ».

L’insistance de la Très Sainte Vierge de se montrer à ses confidents avec un chapelet à la main montre son estime pour cette forme de dévotion. À Fatima, comme à Lourdes, elle tient dans ses mains le chapelet, et remarquons que ce n’est pas avec un chapelet quelconque, mais, nous dit Lucie, un beau chapelet fait avec de grosses perles de nacre. Bernadette nous parle d’une chaîne d’or qui reliait les grains du chapelet de la « Dame ». Pourquoi tant de richesse dans le chapelet des Apparitions ?

Pour nous enseigner à « prier sur de la beauté ». Un des fidèles et auguste serviteur de Marie, le Pape Saint Pie X, dans son « Motu proprio » qui voulait remettre de l’ordre dans l’Art chrétien, nous rappelle d’un mot l’une de ses plus chères préoccupations : « Priez sur de la beauté ! » Le chapelet a toujours été la dévotion de tous les saints. Elle sera toujours la plus belle expression de la piété mariale.

Saint Vincent de Paul, au rapport d’Abelly, son premier historien, et son contemporain, portait toujours un chapelet à la ceinture pour l’avoir à la portée de la main. Il s’écriait un jour : « Oh ! la belle dévotion de dire le chapelet ! Notre Bienheureux Père François de Sales disait que, s’il n’eût pas eu obligation de réciter son office, il n’eût jamais dit d’autre prière. Il l’a dit, trente ans, pour obtenir de Dieu pureté et grâce de bien mourir, par l'entremise de la plus pure des Créatures, la Sainte Vierge ».

Il exhortait ses premières Filles de la Charité sur cette dévotion : « Vous devez être soigneuses à bien réciter votre chapelet, car c’est là votre bréviaire... Comme un prêtre est obligé de dire son bréviaire, ainsi vous devez avoir grand soin de dire votre chapelet. En disant leur bréviaire, les prêtres doivent avoir grande attention, dévotion et révérence : comme eux, vous devez en avoir autant pour votre chapelet, afin d'obtenir de Dieu, par l’intercession de la Sainte Vierge, les grâces dont vous avez besoin pour Lui être agréables ». (Conférence du 8 décembre 1658).

Saint Louis, roi de France, récitait chaque jour le chapelet et s’agenouillait pendant les « Ave Maria ». La récitation du chapelet est très ancienne dans l’Église. Elle existait avant saint Dominique, mais la tradition lui attribue l'introduction du Rosaire qui se compose de trois chapelets avec l'énoncé et une courte méditation sur les mystères joyeux, douloureux et glorieux.

Notre Dame a recommandé aux trois enfants de Fatima de réciter le chapelet, tous les jours. Elle ne leur a pas demandé le Rosaire, mais la troisième partie du Rosaire (que les Portugais appellent « o têrço », qui veut dire tiers du Rosaire). La Sainte Vierge ne voulait pas leur imposer une pratique de piété trop longue.

Certains ont trouvé qu’un chapelet, chaque jour, pour des enfants, c'était encore excessif, Nous avons vu que c'était un usage dans leur famille puisque, le matin, après leur déjeuner sur l’herbe, ils récitent le chapelet. Notons que la Sainte Vierge s’adressait à des enfants privilégiés et que ce n’était pas un ordre, maïs plutôt un conseil. Même auraient-ils fait la promesse de réciter le chapelet, tous les jours, il n’y aurait pas eu faute à le manquer, si un motif valable les avait empêchés de le dire. Retenons le désir très grand que Notre Dame manifeste aux enfants : la récitation quotidienne du chapelet avec la méditation intercalée des Mystères du Rosaire.

 

Réflexions


Le mot de chapelet vient d’un ancien mot français : « chapel », qui désignait une sorte de coiffure. L’on disait indifféremment chapel de roses ou chapeau de roses, parce que des guirlandes de roses ornaient la coiffure. La guirlande est devenue la chaîne et les roses, les grains. Les grains, égrenés entre les doigts, sont les roses effeuillées en l’honneur de Marie. C’est de là qu'est venu d’ailleurs le nom de « Rosaire ». Le chapelet est composé des plus belles prières du chrétien.

Le « Credo », qui est l’affirmation de notre foi ; le « Pater », qui est la prière enseignée par Notre Seigneur ; l’« Ave Maria », qui contient la Salutation de l’Ange ; enfin la doxologie : « Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit », sorte de refrain, à la louange de la Très Sainte et Très Auguste Trinité.

Le Rosaire comporte quinze mystères : mystères de l’œuvre de la Rédemption où Jésus et Marie tour à tour s'offrent et offrent. Jésus s’offre à son Père et offre sa mère ; Marie s’offre en sacrifice à Dieu et Elle offre Jésus. Pour gagner les indulgences du Rosaire, il n’est pas nécessaire de réciter tout le chapelet et, a fortiori, les trois chapelets. On peut les gagner, même en ne disant qu’une dizaine, à condition d’énoncer un mystère avant la récitation de cette dizaine.

Pour gagner les indulgences, il n’est pas nécessaire de tenir le chapelet à la main, pourvu qu’on le porte dans sa poche. Les indulgences sont attachées aux grains seulement et non au crucifix. L’on peut donc changer le crucifix sans perdre les indulgences.

Avons-nous un chapelet que nous osons arborer comme le grand physicien Ampère ? Ozanam en fut grandement édifié, comme il l’a écrit : « Le chapelet d'Ampère a fait plus sur moi que tous les livres et même tous les sermons ».


Comment le récitons-nous ?


Est-ce avec dignité et révérence, pensant que nous nous adressons à la Souveraine Majesté de Dieu et à la Grandeur de la Reine du Ciel ?

Avec attention, nous efforçant de penser à ce que nous disons et de sentir ce que nous demandons ?

Avec dévotion, ayant le désir d’aimer généreusement le Bon Dieu et la Sainte Vierge, avec la disposition d’accomplir, en toutes choses, la volonté d’ En-Haut ?

Aimons notre chapelet. C’est lui qu’on enroulera autour de nos mains exsangues. Comme il sera bon alors de l'avoir bien récité !…. Cinquante fois par jour, nous aurons dit à Marie : « Priez pour nous... à l’heure de notre mort ». Cette heure venue, Notre Dame se souviendra de nos appels.

 

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(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

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