27 septembre 2010

La Vénérable Anne de Guigné

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La Vénérable Anne de Guigné

1911-1922

« Je veux que pour Jésus, mon cœur soit pur comme un lys ».

« On a bien des joies sur la terre, mais elles ne durent pas; celle qui dure, c'est d'avoir fait un sacrifice ».


Anne de Guigné naquit le 25 avril 1911 à Annecy-le-Vieux, et mourut à Cannes, en odeur de Sainteté le 14 janvier 1922. La mort de son admirable père, tombé à la tête de ses chasseurs en 1915, fut, à quatre ans, le principe de « sa conversion ». Cette enfant, d'intelligence vive, de volonté ardente, facilement violente et jalouse, acquit rapidement une douceur et une abnégation peu ordinaires. Sa Première Communion, à six ans, acheva de la transformer. Extérieurement, ce fut la plus simple et la plus aimable des enfants; effacée et modeste, toute à ses petits devoirs et à ses jeux. Intérieurement, Dieu opérait en son âme des merveilles. Son humilité, sa douceur, son obéissance, son amour du sacrifice, son exquise et universelle Charité atteignirent un éclat remarquable. Sa manière de communiquer remuait les coeurs, et plusieurs fois on la vit comme transfigurée. Ses pensées révélaient aussi sa sainteté. Sa pureté était rayonnante et sa bonté sans limites.


Neuvaine au Sacré Cœur pour obtenir la glorification d'Anne de Guigné


Seigneur Jésus, Vous qui avez dit, dans Votre grand Amour: « Laissez venir à Moi les petits enfants », nous Vous en supplions, accordez-nous la grâce que nous Vous demandons, afin que, glorifiant par Vos miracles, l'enfant privilégiée de Votre Divin Cœur, nous puissions mieux Vous servir en l'imitant et mieux Vous aimer en l'invoquant. Ainsi soit-il.


Imprimatur

Annecy, le 1er novembre 1925

+ Florent-Michel Marie

Evêque d'Annecy


Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici


12 septembre 2010

Vénérable Chiara Luce Badano

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La Vénérable Chiara Luce Badano

1971-1990

Fête le 7 octobre


L'histoire de Chiara Badano est simple et extraordinaire à la fois. Sa naissance le 29 octobre 1971 à Sassano (Italie du Nord-Ouest) comble de joie ses parents qui, depuis onze années espéraient un tel événement. Bien que la famille ne dispose que de modestes revenus, le papa est camionneur , la maman quitte son poste d'ouvrière dans une entreprise de pâtisserie pour « suivre sa fille ». Chiara, enfant joyeuse et vive, sait se réjouir des petites choses et se montrer généreuse. Dans un devoir d'école, elle demande à Jésus pour Noël non pas des jouets mais « la santé pour mamie Gilda et toutes les personnes qui ne vont pas bien ». A neuf ans, elle fait une rencontre fondamentale pour le reste de sa vie avec "l'idéal de l'unité", lors d'un rassemblement d'enfants du Mouvement des Focolari. Son enthousiasme est tel qu'elle va entraîner ses parents à participer au Familyfest en 1981, un festival mondial de familles organisé par les Focolari. Ce sera le début de leur conversion…


La souffrance embrassée rend libre


En parcourant les cahiers d'école de Chiara, on note son émerveillement devant la vie. Adolescente, elle aime retrouver ses copains et copines dans un café les soirs de week-end. Elle adore chanter et danser, ne supporte pas de rester immobile et aimerait bien être hôtesse. Très sportive, elle pratique la natation, le tennis et les balades en montagne. C'est précisément lors d'un match de tennis qu'elle éprouve une douleur subite et lancinante à l'épaule. Les médecins, qui au début avaient diagnostiqué un simple cal osseux, doivent se rendre à l'évidence. Il s'agit en fait d'une forme de cancer des os parmi les plus graves et les plus douloureuses. Chiara accueille la nouvelle avec courage. Après un long silence, sans pleurs ni rébellion, elle dit: « Je suis jeune, je m'en sortirai! ». Pour elle, commence en fait une rapide ascension vers la sainteté. Examens médicaux, opérations chirurgicales, chimiothérapie… Rien n'y fait et le mal galope, atteignant la moelle épinière. Ses jambes sont désormais paralysées. Les soins s'avèrent très douloureux. Chiara refuse cependant la morphine parce cela lui enlèverait toute lucidité. Elle se dit convaincue que la souffrance embrassée rend libre. Sa force, elle la puise dans sa foi, dans sa découverte à travers la spiritualité des Focolari de Jésus, de « Jésus abandonné » qui a pris sur lui toutes les souffrances lors de son cri d'abandon sur la croix. « L'important, c'est de faire la volonté de Dieu. J'avais des projets personnels, mais Dieu avait les siens pour me garder avec lui. Jésus m'a envoyé cette maladie au moment juste. Vous ne pouvez imaginer quelle est ma relation avec Jésus maintenant! Il me semble qu'il m'appelle à quelque chose de plus, de plus grand… raconte Chiara à ses amis. Peut-être vais-je rester sur un lit pendant des années. Je n'en sais rien. Pour moi, il n'y a que la volonté de Dieu qui importe: la faire bien, vivre l'instant présent, entrer dans le « jeu » de Dieu […] Un autre monde m'attend et je n'ai qu'à m'abandonner. Je sens que je fais partie d'un projet splendide qu'on me dévoile peu à peu ». Ces paroles fortes accompagnent son témoignage de vie.


Sa chambre, lieu de rencontres et d'unité


Chiara offre tout ce qu'elle vit pour les jeunes, pour son diocèse, pour ceux qui sont loin de la foi, pour les missions, pour les Focolari. Le jour de ses 18 ans, elle reçoit une importante somme d'argent… qu'elle s'empresse de donner à un ami qui travaille en Afrique auprès d'enfants pauvres et malades. Sa chambre, d'abord à l'hôpital, puis à la maison, devient lieu de rencontres, d'apostolat et d'unité. C'est son « église ». Les médecins sont touchés par son attitude. L'un d'eux, Antonio Delogu, commente: « Son sourire et ses grands yeux lumineux nous prouvaient que la mort n'existe pas, il n'y a que la vie ». La chimiothérapie lui fait perdre ses cheveux auxquels elle tenait tant. A chaque mèche qui se détache, elle prononce un simple et intense « Pour toi, Jésus ». Un dialogue lumineux de foi et d'amour surnaturel s'établit avec sa maman qui passe d'interminables journées auprès d'elle. « Maman, est-ce juste de mourir à 18 ans? », « Je ne sais pas si c'est juste. Mais si Dieu a ce dessein sur toi, nous devons faire sa volonté »; « Maman, cela me plairait tellement de faire de la bicyclette, et Dieu m'a pris mes jambes », « Jésus t'a pris tes jambes, mais il t'a donné des ailes! », « Tu as raison. Si on me demandait si je voulais me promener, je dirai non parce que, telle que je suis, je suis plus proche de Jésus »… Chiara Lubich, la fondatrice des Focolari, la suit au long de sa maladie et entretient avec elle une correspondance vitale. « Je lui dois tout » affirme l'adolescente, au point de lui demander un « nom nouveau » pour marquer son adhésion particulière à l'idéal de l'unité. Ce sera: Chiara Luce (Claire Lumière) telle une lumière qui illumine tant de personnes. Nombre de personnes viennent lui rendre visite. « Si au début, nous venions la voir pour la soutenir, bien vite nous avons compris qu'elle nous attirait comme un aimant » commente un jeune. Tous ceux qui viennent la voir expérimentent près d'elle une « atmosphère de paradis ». Assis sur un tabouret au pied du lit de Chiara, l'évêque du diocèse (Aqui) Mgr Martino, est frappé par la profondeur spirituelle de Chiara: « Son apprentissage de la sainteté est soutenu par son idéal de vie, par sa générosité, par sa disponibilité à l'amour si caractéristique des adolescents […] Je sentais aussi en elle la présence de l'Esprit Saint qui la rendait capable de transmettre à ceux qui l'approchaient sa façon d'aimer Dieu et tous les hommes ». Emu, le cardinal Saldarini lui demande un jour: « Tu as des yeux merveilleux, une lumière merveilleuse. D'où te vient-elle? ». Et Chiara Luce de répondre simplement: « Je m'efforce d'aimer beaucoup Jésus ».


« Si tu le veux, toi, Jésus, moi aussi je le veux »


« Si tu le veux, toi, Jésus, moi aussi je le veux » ne cesse de répéter Chiara Luce alors que le mal progresse inexorablement et que la souffrance la tenaille. « Je me sens si petite et le chemin à parcourir est si ardu! Mais c'est l'Epoux qui vient à ma rencontre… » reprend-elle, rappelant en cela ce qu'a vécu la « Petite » Thérèse de Lisieux. Jésus abandonné est tellement son Epoux que Chiara Luce désire se préparer particulièrement à sa rencontre. Elle choisit une robe blanche avec une petite ceinture rose et la fait essayer à une amie pour voir l'effet produit. Ce sera sa robe pour « les noces », ses funérailles. C'est elle qui choisit les fleurs, les chants, les lectures et donne pour consigne à sa mère: « Quand tu me prépareras sur mon lit de mort, maman, tu ne devras pas pleurer, mais répéter « Maintenant Chiara Luce voit Jésus ». » Ainsi, le dimanche 7 octobre 1990, le jour de Notre-Dame du Rosaire, à quatre heures du matin, elle adresse ses dernières paroles à sa mère: « Sois heureuse car je le suis! » Son dernier don sera celui de ses yeux qui, greffés, permettront à deux garçons de retrouver la vue. 2000 personnes, au moins, de tous âges et de tous milieux sociaux, croyants ou non, assistent à ses obsèques. Il y règne une atmosphère de joie simple. Mgr Martino qualifie dans son homélie Chiara Luce de « fruit de la famille chrétienne, d'une communauté de chrétiens, d'un mouvement qui vit l'amour réciproque et rayonne de la présence de Jésus ». Tout ne s'arrête pas là. Bien au contraire. Des personnes qui apprennent l'histoire de Chiara Luce se sentent poussées à vivre plus radicalement l'Evangile, à mettre Dieu à la première place dans leur vie. Sa tombe est même devenue un lieu de pèlerinage accueillant fleurs, offrandes pour « ses » petits amis d'Afrique, lettres et demandes de grâces. Sa sainteté est devenue contagieuse… A tel point que, le 7 décembre 1998, la Congrégation pour la cause des saints a fait savoir à l'évêque du diocèse d'Aqui qu'aucun obstacle ne s'opposait à l'enquête diocésaine en vue de la béatification de la « servante de Dieu », Chiara Badano. Dans quelques mois, son dossier sera soumis au Vatican. « Soyez une génération de saints! » répète toujours Chiara Lubich aux jeunes Focolari. Chiara Luce, par sa vie, ses vertus prouvées, sa charité sans limite et sa confiance totale en Dieu, est un reflet de l'unique sainteté, celle de Dieu. Ainsi, est-il tout à fait possible d'être sainte à 18 ans!


Texte extrait du site www.servir.freesurf.fr

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Béatification de Chiara Luce Badano le samedi 25 septembre 2010 à Rome


Elle est la première du Mouvement des Focolari à accéder à la béatification. Une jeune fille de 19 ans, Chiara Luce Badano, décédée en 1990 d’un cancer des os qu’elle a vécu de façon héroïque. Chiara Luce née à Sassello (près de Savone) le 29 octobre 1971, a manifesté très tôt sa générosité. À 4 ans, elle choisissait avec soin les jouets qu’elle voulait offrir aux enfants pauvres. A 9 ans, elle rencontre les jeunes du Mouvement des Focolari. Elle fait sien immédiatement leur idéal d’unité et d’amour, et s’engage dans sa paroisse. À 17 ans, un cancer des os est diagnostiqué. L’adolescente débordante d’énergie sera immobilisée par la maladie et se réalisera pleinement. « Si tu le veux, Jésus, je le veux aussi » aimait-elle répéter. Son rayonnement est immédiat, tant et si bien qu’à peine 10 ans après sa mort en 1990 son procès de béatification est engagé. En décembre 2009, la publication par Benoît XVI du décret reconnaissant un miracle attribué à Chiara Luce et la faisait passer de « vénérable » à « bienheureuse ». C’est Mgr Maritano, qui l’a connue personnellement alors qu’il était son évêque (diocèse d’Acqui) qui a pris l’initiative du procès de béatification: « Il m’a semblé que son témoignage était important, en particulier pour les jeunes. Nous avons besoin de sainteté aujourd’hui aussi. Il faut aider les jeunes à trouver une orientation, un but, à dépasser les incertitudes et la solitude pour trouver des réponses aux questions suscitées par les difficultés, la souffrance, la mort, toutes leurs inquiétudes. » Chiara Lubich (1920-2008), la fondatrice des Focolari, à qui Chiara Luce Badano était très liée par une correspondance fournie, avait commenté en mars 2000 à la fin de la phase diocésaine du procès de béatification: « Nous pouvons nous ressourcer à sa vie. Elle est un modèle et un témoin pour les jeunes et pour les personnes plus âgées car elle a su transformer sa « passion » en un chant nuptial. » La présidente actuelle du Mouvement des Focolari, Maria Voce, propose de « saisir cette occasion pour faire connaître le plus largement possible le message que Chiara Luce nous a laissé: « Dieu est Amour. » Les cérémonies de béatification seront présidées le samedi 25 septembre 2010 à Castel di Leva près de Rome par Mgr Amato, Préfet de la Congrégation pour la cause des saints, et le dimanche 26 septembre dans la Basilique de St Paul-hors-les-murs, par le Cardinal Bertone, Secrétaire d’État du Vatican. Le samedi soir un rassemblement festif et priant de jeunes se tiendra dans la Salle Paul VI au Vatican.


Extrait du site www.france-catholique.fr

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Prière pour demander la glorification de la Vénérable Chiara Luce Badano


Ô Père, source de tout bien, qui, par les mérites de ton Fils Jésus, suscites des merveilles de bonté en ceux qui se confient à ton amour, nous te rendons grâces pour le témoignage chrétien de Chiara Badano. Animée par l'ardeur de ton Esprit, elle a trouvé dans l'union avec Jésus l'idéal de vie et la force d'accomplir, en filial abandon à ta volonté, l'offrande de sa jeunesse pour le bien de l'Église. S'il est conforme à ton dessein que l'exemple de la Vénérable Servante de Dieu soit proposé à la vénération des fidèles, nous te prions, accorde-nous la grâce (….) pour l'exaltation de ta bonté de Père. Nous te le demandons pour le Christ, notre Seigneur. Amen.


Bibliographie: Un sourire de paradis, Éditions Nouvelle Cité (96 p.10 euros)

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Pour mieux connaître Chiara Luce Badano


Sites sur Chiara Luce Badano

www.chiaralucebadano.it

http://chiaraluce.free.fr


Biographie détaillée et photos sur le site www.focolari.fr

03 septembre 2010

Chemin de Croix médité avec Jean Paul II

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Chemin de Croix

Méditations du Vénérable Jean Paul II

Le Vendredi-Saint de l'An 2000, année sainte

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.  Amen.

« Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive ». (Mt 16, 24)

Depuis vingt siècles, l'Église se rassemble en cette soirée, pour se rappeler et pour revivre les événements de l'ultime étape du chemin terrestre du Fils de Dieu. Aujourd'hui, comme chaque année, l'Église qui est à Rome se réunit au Colisée, pour se mettre à la suite de Jésus qui, « portant lui-même sa croix, sortit en direction du lieu dit: le Crâne, ou Calvaire, en hébreu: Golgotha » (Jean 19, 17). Nous nous trouvons ici, convaincus que le chemin de croix du Fils de Dieu ne fut pas le simple fait de marcher vers le lieu de son supplice. Nous croyons que chaque pas du Condamné, chacun de ses gestes et chacune de ses paroles, et aussi ce qu'ont vécu et accompli ceux qui ont pris part à ce drame, nous parlent continuellement. C’est aussi dans sa souffrance et dans sa mort que le Christ nous révèle la vérité sur Dieu et sur l'homme. En cette année jubilaire, nous voulons réfléchir avec une intensité particulière sur le contenu de cet événement, afin qu'il parle avec une force nouvelle à nos esprits et à nos cœurs, et qu’il devienne pour nous source de la grâce d'une authentique participation. Participer signifie avoir part. Que veut dire avoir part à la croix du Christ ? Cela veut dire faire l'expérience dans l'Esprit Saint de l'amour que la croix du Christ cache en elle. Cela veut dire reconnaître, à la lumière de cet amour, sa propre croix. Cela veut dire la prendre sur ses épaules et, toujours en vertu de cet amour, marcher... Marcher tout au long de la vie, en imitant Celui qui « endura une croix, dont il méprisa l'infamie, et qui est assis désormais à la droite du trône de Dieu » (Hébreux 12, 2).

Prions

Seigneur Jésus Christ, remplis nos cœurs de la lumière de ton Esprit, afin que, te suivant sur ton ultime chemin, nous connaissions le prix de notre rédemption et devenions dignes de participer aux fruits de ta passion, de ta mort et de ta résurrection. Amen.

1

Première station

Jésus est condamné à mort

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Es-tu le roi des Juifs ? » (Jean 18, 33). « Ma royauté ne vient pas de ce monde; si ma royauté venait de ce monde, j'aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Non, ma royauté ne vient pas d'ici » (Jean 18, 36). Pilate ajouta : « Alors, tu es roi? » Jésus répondit: « C'est toi qui dis que je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci: rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix ». Pilate répliqua:  « Qu'est-ce que la vérité? ». À ce point, le Procureur romain considéra l'interrogatoire comme terminé. Il alla chez les Juifs et leur dit: « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation » (Jean 18, 37- 38). Le drame de Pilate se cache dans la question: « Qu'est-ce que la vérité? » Ce n'était pas une question philosophique sur la nature de la vérité, mais une question existentielle sur son rapport à la vérité. C'était une tentative de se dérober à la voix de sa conscience qui lui ordonnait de reconnaître la vérité et de la suivre. L'homme qui ne se laisse pas conduire par la vérité se dispose même à émettre une sentence de condamnation à l'égard d'un innocent. Les accusateurs devinent cette faiblesse de Pilate et c'est pourquoi ils ne cèdent pas. Avec détermination ils réclament la mort en croix. Les demi-mesures auxquelles Pilate a recours ne l'aident pas. La peine cruelle de la flagellation infligée à l'Accusé n'est pas suffisante. Quand le Procureur présente à la foule Jésus flagellé et couronné d'épines, il semble chercher une parole qui, à son avis, devrait faire céder l'intransigeance de la foule. Montrant Jésus, il dit: « Ecce homo! Voici l'homme! » Mais la réponse est: « Crucifie-le, crucifie-le! » Pilate cherche alors à discuter: « Reprenez-le, et crucifiez-le vous-mêmes; moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation » (Jean 19, 5-6). Il est toujours plus convaincu que l'Accusé est innocent, mais cela ne lui suffit pas pour émettre une sentence d'acquittement. Les accusateurs recourent à l'ultime argument: « Si tu le relâches, tu n'es pas ami de l'empereur. Quiconque se fait roi s'oppose à l'empereur » (Jean 19, 12). La menace est claire. Devinant le danger, Pilate cède définitivement et émet la sentence. Mais non sans faire le geste lâche de se laver les mains: « Je ne suis pas responsable du sang de cet homme; cela vous regarde! » (Mt 27, 24). C'est de cette façon que Jésus a été condamné à la mort sur une croix, Lui le Fils du Dieu vivant, le Rédempteur du monde. Tout au long des siècles, la négation de la vérité a engendré souffrance et mort. Ce sont les innocents qui paient le prix de l'hypocrisie humaine. Les demi-mesures ne sont pas suffisantes. Il ne suffit pas non plus de se laver les mains. La responsabilité pour le sang du juste demeure. C'est pour cela que le Christ a prié avec tant de ferveur pour ses disciples de tous les temps: « Père, consacre-les par la vérité: ta parole est vérité » (Jean 17, 17).

Prière

Ô Christ, toi qui as accepté une condamnation injuste, accorde-nous, ainsi qu’à tous les hommes de notre temps, la grâce d'être fidèles à la vérité; ne permets pas que le poids de la responsabilité pour la souffrance des innocents retombe sur nous et sur ceux qui viendront après nous. À toi, Jésus, juste Juge, l’honneur et la gloire pour les siècles sans fin. Amen.

Pater noster, qui es in cælis: sanctificetur nomen tuum; adveniat regnum tuum; fiat voluntas tua, sicut in cælo, et in terra. Panem nostrum cotidianum da nobis hodie; et dimitte nobis debita nostra, sicut et nos dimittimus debitoribus nostris; et ne nos inducas in tentationem; sed libera nos a malo. Amen.

Notre Père, qui êtes aux Cieux, que Votre Nom soit sanctifié, que Votre Règne arrivé, que Votre Volonté soit accomplie sur la terre comme au Ciel, donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour, pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal. Amen.

Stabat mater dolorosa,

iuxta crucem lacrimosa,

dum pendebat Filius.

Debout, la Mère douloureuse,

près de la Croix était en larmes,

devant son Fils suspendu.

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Deuxième station

Jésus est chargé de sa croix

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

La croix. Instrument de mort infamante. Il n'était pas licite de condamner à la mort de la croix un citoyen romain: c'était trop humiliant. Le moment où Jésus de Nazareth s'est chargé de la croix pour la porter sur le Calvaire marque un tournant dans l'histoire de la croix. Signe d'une mort infamante, réservée à la catégorie la plus basse des hommes, la croix devient une clé. Désormais, avec l'aide de cette clé, l'homme ouvrira la porte des profondeurs du mystère de Dieu. Par le geste du Christ qui accepte la croix, instrument de son dépouillement, les hommes sauront que Dieu est amour. Amour sans limites: « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique: ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle » (Jean 3, 16). Cette vérité sur Dieu s'est révélée par la croix. Ne pouvait-elle pas se révéler d'une autre façon ? Peut-être que oui. Toutefois Dieu a choisi la croix. Le Père a choisi la croix pour son Fils, et le Fils l'a prise sur ses épaules, il l'a portée sur le Calvaire et sur elle il a offert sa vie. « Sur la croix il y a la souffrance, sur la croix il y a le salut, sur la croix il y a une leçon d'amour. Ô Dieu, celui qui une fois t'a compris ne désire rien d'autre, ne cherche rien d'autre » (Chant polonais de Carême). La Croix est signe d'un amour sans limites!

Prière

Ô Christ, toi qui acceptes la croix de la main des hommes, pour en faire le signe de l'amour salvifique de Dieu pour l'homme, accorde-nous, ainsi qu'à tous les hommes de notre temps, la grâce de la foi en cet amour infini, afin que, en transmettant au nouveau millénaire le signe de la croix, nous soyons des témoins authentiques de la Rédemption. À toi, Jésus, prêtre et victime, la louange et la gloire pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Cuius animam gementem,

contristatam et dolentem,

pertransivit gladius.

Dans son âme qui gémissait,

toute brisée, endolorie,

le glaive était enfoncé.

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Troisième station

Jésus tombe pour la première fois

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Dieu a pris sur lui nos péchés à nous tous » (Isaïe 53, 6). « Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous » (Isaïe 53, 6) Jésus tombe sous la croix. Cela arrivera par trois fois sur le chemin relativement bref de la « Via Dolorosa ». Il tombe d'épuisement. Le corps ensanglanté par la flagellation, la tête couronnée d'épines. Tout cela fait que les forces lui manquent. Il tombe, et la croix de tout son poids l'écrase contre terre. Il faut revenir aux paroles du prophète qui, des siècles auparavant, entrevoit cette chute. C'est comme s'il la contemplait de ses propres yeux: devant le Serviteur du Seigneur à terre sous le poids de la croix, il montre la vraie cause de sa chute: « Dieu a pris sur lui nos péchés à nous tous ». Ce sont les péchés qui ont écrasé contre terre le divin Condamné. Ce sont eux qui ont déterminé le poids de la croix qu'il portait sur ses épaules. Ce sont les péchés qui ont provoqué sa chute. Le Christ péniblement se relève pour reprendre le chemin. Les soldats qui l'escortent cherchent à le stimuler par des cris et des coups. Après un moment le cortège repart. Jésus tombe et se relève. C’est ainsi que le Rédempteur du monde s'adresse sans prononcer un mot à tous ceux qui tombent. Il les exhorte à se relever. « Dans son corps, il a porté nos péchés sur le bois de la croix, afin que nous puissions mourir à nos péchés et vivre dans la justice. Par ses blessures, nous sommes guéris » (1 Pierre 2, 24).

Prière

Ô Christ, toi qui es tombé sous le poids de nos fautes et qui t'es relevé pour notre justification, nous t’en prions, aide-nous, ainsi que tous ceux qui sont écrasés par le péché, à nous remettre debout et à reprendre le chemin. Donne-nous la force de l'Esprit, pour porter avec Toi la croix de notre faiblesse. À toi, Jésus, écrasé sous le poids de nos fautes, notre louange et notre amour pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

O quam tristis et afflicta,

fuit illa benedicta,

mater Unigeniti !

Qu'elle était triste et affligée,

la Mère entre toutes bénie,

la Mère du Fils unique !

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Quatrième station

Jésus rencontre sa mère

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin » (Luc 1, 30-33). Marie se remémorait de ces paroles. Elle y revenait souvent dans le secret de son cœur. Quand, sur le chemin de la croix, elle rencontra son Fils, peut-être justement ces paroles lui revinrent-elles à l'esprit. Avec une force particulière. « Il régnera... Et son règne n'aura pas de fin... », avait dit le messager céleste. Maintenant, alors qu'elle voit son Fils, condamné à mort, porter la croix sur laquelle il devra mourir, elle pourrait se demander humainement parlant : Comment donc ces paroles peuvent-elles se réaliser ? De quelle façon régnera-t-il sur la maison de David ? Et comment se pourra-t-il que son règne n'ait pas de fin ? Humainement parlant, ces questions peuvent se comprendre. Cependant Marie se souvient qu'alors, après avoir entendu l’annonce de l’ange, elle avait répondu: « Voici la servante du Seigneur; que tout se passe pour moi selon ta parole » (Luc 1, 38). Maintenant elle voit que cette parole se réalise comme parole de la croix. Parce qu'elle est mère, Marie souffre profondément. Toutefois, maintenant aussi elle répond comme elle avait répondu alors à l'Annonciation: « Que tout se passe pour moi selon ta parole ». De cette façon, elle prend maternellement dans ses bras la croix avec le divin Condamné. Sur le chemin de la croix, Marie se manifeste comme Mère du Rédempteur du monde. « Vous tous qui passez par le chemin, regardez et voyez s'il est une douleur pareille à la douleur qui me tourmente » (Lamentations de Jérémie 1, 12). C'est la Mère des Douleurs qui parle, la Servante qui obéit jusqu'au bout, la Mère du Rédempteur du monde.

Prière

Ô Marie, toi qui as parcouru le chemin de la croix avec ton Fils, déchirée de douleur dans ton cœur de mère, mais te souvenant toujours de ton fiat et intimement convaincue que Celui à qui rien n'est impossible saurait réaliser ses promesses, implore pour nous et pour les hommes des générations futures la grâce de l'abandon à l'amour de Dieu. Fais que, face à la souffrance, au refus, à l'épreuve, même prolongée et violente, nous ne doutions jamais de son amour. À Jésus, ton Fils, honneur et gloire pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Quæ mærebat et dolebat,

pia mater, cum videbat

Nati pœnas incliti.

Qu'elle avait mal, qu'elle souffrait

la tendre Mère, en contemplant

son divin Fils tourmenté !

5

Cinquième station

Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Ils réquisitionnèrent Simon » (Marc 15, 21).  Les soldats romains firent ainsi, craignant que le Condamné épuisé ne parvienne pas à porter la croix jusqu’au Golgotha. Ils n’auraient pas pu exécuter la sentence de crucifixion portée sur lui. Ils cherchaient un homme qui l’aidât à porter la croix. Leur regard se posa sur Simon. Ils le réquisitionnèrent pour le charger de ce poids. On peut imaginer qu’il ne fut pas d’accord et qu’il s’y opposa. Porter avec un condamné sa croix pouvait être considéré comme une offense à la dignité d’un homme libre. Bien qu’à contrecœur, Simon prit la croix pour aider Jésus. Dans un chant de Carême résonnent ces paroles: « Sous le poids de la croix, Jésus accueille le Cyrénéen ». Ce sont des paroles qui laissent entrevoir un changement total de perspective : le divin Condamné apparaît comme quelqu’un qui, en un certain sens, «fait don» de la croix. N’est-ce pas lui qui a dit: « Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi » (Matthieu 10, 38)? Simon reçoit un don. Il en est devenu « digne ». Ce qui aux yeux de la foule pouvait offenser sa dignité lui a, au contraire, conféré une nouvelle dignité dans la perspective de la Rédemption. Le Fils de Dieu l’a fait participer d’une manière singulière à son œuvre salvifique. Simon en est-il conscient? L’évangéliste Marc identifie Simon de Cyrène comme étant le « père d’Alexandre et de Rufus » (15, 21). Si les fils de Simon de Cyrène étaient connus de la première communauté chrétienne, on peut penser que lui aussi, précisément tandis qu’il portait la croix, a cru au Christ. Il passa librement de la contrainte à la disponibilité, comme s’il avait été intimement touché par ces paroles: « Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi ». Alors qu’il portait la croix, il fut introduit à la connaissance de l’évangile de la croix. Depuis lors, cet évangile parle à de nombreuses personnes, innombrables Cyrénéens appelés au cours de l’histoire à porter la croix avec Jésus.

Prière

Ô Christ, qui as conféré à Simon de Cyrène la dignité de porter ta croix, accueille-nous aussi sous son poids, accueille tous les hommes et donne à chacun la grâce de la disponibilité. Fais que nous ne détournions pas notre regard de ceux qui sont accablés par la croix de la maladie, de la solitude, de la faim, de l’injustice. Fais que, portant les poids les uns des autres, nous devenions témoins de l’évangile de la croix, des témoins véritablement crédibles de toi, qui vis et règnes pour les siècles des siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Quis est homo qui non fleret,

matrem Christi si videret

in tanto supplicio ?

Quel est celui qui sans pleurer,

pourrait voir la Mère du Christ

dans un supplice pareil ?

6

Sixième station

Véronique essuie le visage de Jésus

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

Véronique ne figure pas dans les Évangiles. Ce nom n’y est pas mentionné, bien qu’il y ait celui de différentes femmes qui apparaissent aux côtés de Jésus. Il se peut donc que le nom exprime plutôt ce que fit cette femme. En effet, selon la tradition, sur le chemin du Calvaire une femme se fraya un chemin parmi les soldats qui escortaient Jésus et, avec un voile, elle essuya la sueur et le sang du visage du Seigneur. Ce visage resta imprimé sur le voile; un reflet fidèle - une «icône véritable». C’est à cela qu’on lierait le nom même de Véronique. S’il en est ainsi, ce nom, qui rend mémorable le geste accompli par cette femme, renferme en même temps la plus profonde vérité sur elle. Un jour, suscitant les critiques de l’assistance, Jésus prit la défense d’une femme pécheresse qui avait versé sur ses pieds de l’huile parfumée et qui les avait essuyés avec ses cheveux. À l’objection qui lui fut faite alors, il répondit: « Pourquoi tourmenter cette femme? C’est une action charitable qu’elle a faite à mon égard [...]. Si elle a versé ce parfum sur mon corps, c’est en vue de mon ensevelissement » (Matthieu 26, 10. 12). On pourrait aussi appliquer ces paroles à Véronique. Ainsi est manifestée la portée profonde de cet événement. Le Rédempteur du monde donne à Véronique une image authentique de son visage. Le voile sur lequel reste imprimé le visage du Christ devient un message pour nous. Il dit en un sens: Voilà comment toute action bonne, tout geste de véritable amour envers le prochain renforce en celui qui l’accomplit la ressemblance avec le Rédempteur du monde. Les actes d’amour ne passent pas. Tout geste de bonté, de compréhension, de service, laisse dans le cœur de l’homme un signe indélébile, qui le rend toujours plus semblable à Celui qui « se dépouilla lui-même, en prenant la condition de serviteur » (Philippiens 2, 7). Ainsi se forme l’identité de l’homme, son vrai nom.

Prière

Seigneur Jésus Christ, Toi qui as accepté le geste désintéressé d’amour d’une femme et qui en retour as fait en sorte que les générations s’en souviennent avec le nom de ton visage, fais que nos actions, et celles de tous ceux qui viendront après nous, nous rendent semblables à toi et laissent au monde le reflet de ton amour infini. À toi, Jésus, splendeur de la gloire du Père, louange et gloire pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Quis non posset contristari

Christi matrem contemplari,

dolentem cum Filio?

Qui pourrait sans souffrir comme elle

contempler la Mère du Christ,

douloureuse avec son Fils?

7

Septième station

Jésus tombe une deuxième fois

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Et moi, je suis un ver, pas un homme, raillé par les gens, rejeté par le peuple » (Psaume 21 [22], 7). Ces paroles du psaume viennent à l’esprit tandis que nous regardons Jésus qui, pour la deuxième fois, tombe sous la croix. Voici que, dans la poussière de la terre, gît le Condamné. Écrasé sous le poids de la croix. Ses forces l’abandonnent toujours davantage. Mais, à grand peine, il se relève pour continuer son chemin. Que signifie pour nous, hommes pécheurs, cette deuxième chute ? Plus encore que la première, elle semble nous exhorter à nous relever, à nous relever une nouvelle fois sur notre chemin de croix. Cyprian Norwid a écrit: « Non pas derrière nous-mêmes avec la croix du Sauveur, mais derrière le Sauveur avec notre croix ». Maxime brève mais qui en dit long. Elle explique en quel sens le christianisme est la religion de la croix. Elle laisse entendre que tout homme rencontre ici-bas le Christ qui porte la croix et qui tombe sous son poids. À son tour, sur le chemin du Calvaire, le Christ rencontre tout homme et, tombant sous le poids de la croix, il ne cesse d’annoncer la Bonne Nouvelle. Depuis deux mille ans, l’évangile de la croix parle à l’homme. Depuis vingt siècles, le Christ qui se relève de la chute rencontre l’homme qui tombe. Tout au long de ces deux millénaires, beaucoup en ont fait l’expérience: tomber ne signifie pas la fin du chemin. En rencontrant le Sauveur, ils se sont sentis rassurés par Lui: « Ma grâce te suffit: ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse » (2 Corinthiens 12, 9). Ils se sont relevés réconfortés et ils ont transmis au monde la parole de l’espérance qui jaillit de la croix. Aujourd’hui, une fois franchi le seuil du nouveau millénaire, nous sommes appelés à approfondir le contenu de cette rencontre. Il faut que notre génération transmette aux siècles futurs la bonne nouvelle de notre relèvement dans le Christ.

Prière

Seigneur Jésus Christ, toi qui tombes sous le poids du péché de l’homme et qui te relèves pour le prendre sur toi et l’effacer, donne-nous, à nous hommes faibles, la force de porter la croix de chaque jour et de nous relever de nos chutes, pour transmettre aux générations qui viendront l’Évangile de ta puissance salvifique. À toi, Jésus, soutien de notre faiblesse, la louange et la gloire pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Pro peccatis suæ gentis,

vidit Iesum in tormentis,

et flagellis subditum.

Pour les péchés de tout son peuple

elle le vit dans ses tourments,

subissant les coups de fouet.

8

Huitième station

Jésus console les femmes de Jérusalem

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Femmes de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants! Voici venir des jours où l’on dira: « Heureuses les femmes stériles, celles qui n’ont pas enfanté, celles qui n’ont pas allaité! » Alors on dira aux montagnes: « Tombez sur nous », et aux collines: « Cachez-nous ». Car si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec ? » (Luc 23, 28-31).Ce sont là les paroles de Jésus aux femmes de Jérusalem qui pleuraient, exprimant ainsi leur compassion pour le Condamné. « Ne pleurez pas sur moi! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants! » À ce moment-là, il était certainement difficile de comprendre le sens de ces paroles. Elles contenaient une prophétie, qui devait se vérifier rapidement. Peu avant, Jésus avait pleuré sur Jérusalem, annonçant l’horrible sort qui la frapperait. Maintenant, il semble se référer à cette prédiction: « Pleurez sur vos enfants... » Pleurez, parce qu’ils seront, eux précisément, témoins et participants de la destruction de Jérusalem, de cette Jérusalem qui « n’a pas reconnu le moment où Dieu la visitait » (Luc 19, 44). Si, tandis que nous suivons Jésus sur le chemin de la croix, s’éveille en nos cœurs la compassion pour sa souffrance, nous ne pouvons pas oublier cet avertissement. « Si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec? » Pour notre génération, qui est au tournant d’un millénaire, plutôt que de pleurer sur le Christ martyrisé, c’est l’heure de «reconnaître le temps où elle est visitée». Déjà resplendit l’aurore de la Résurrection. « C’est maintenant le moment favorable, c’est maintenant le jour du salut » (2 Colossiens 6, 2). À chacun de nous, le Christ adresse ces paroles de l’Apocalypse: « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. Le vainqueur, je le ferai siéger près de moi sur mon Trône, comme moi-même, après ma victoire, je suis allé siéger près de mon Père sur son Trône » (3, 20-21).

Prière

Ô Christ, toi qui es venu en ce monde pour visiter tous ceux qui attendent le salut, fais que notre génération reconnaisse le temps où elle est visitée et qu’elle ait part aux fruits de ta Rédemption. Ne permets pas qu’il faille pleurer sur nous et sur les hommes du nouveau siècle parce que nous avons repoussé la main du Père miséricordieux. À toi, Jésus, né de la Vierge Fille de Sion, honneur et gloire pour les siècles éternels. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Tui Nati vulnerati,

tam dignati pro me pati,

pœnas mecum divide.

Ton enfant n'était que blessures,

lui qui daigna souffrir pour moi;

donne-moi part à ses peines.

9

Neuvième station

Jésus tombe pour la troisième fois

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

Voilà de nouveau le Christ tombé à terre sous le poids de la croix. La foule, curieuse, regarde s’il aura encore la force de se relever. Saint Paul écrit: « Lui qui était dans la condition de Dieu, il n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu; mais au contraire, il se dépouilla en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix » (Philippiens 2, 6-8). Voilà précisément ce que semble exprimer la troisième chute: le dépouillement, la kénose, du Fils de Dieu, l’humiliation sous la croix. Jésus avait dit à ses disciples qu’il était venu non pour être servi mais pour servir (Matthieu 20, 28). Au Cénacle, en s’abaissant jusqu’à terre et en leur lavant les pieds, il avait d’une certaine manière voulu les habituer à cette humiliation de sa personne. En tombant à terre pour la troisième fois sur le chemin de la croix, il nous crie encore à pleine voix son mystère. Écoutons sa voix! Ce Condamné, qui succombe sous le poids de la croix tout près du lieu de son supplice, nous dit: « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6). « Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie » (Jean 8, 12). Ne soyons pas troublés à la vue d’un Condamné qui tombe à terre, épuisé sous la croix. Cette manifestation extérieure de la mort qui s’approche cache la lumière de la vie.

Prière

Seigneur Jésus Christ, toi qui, par ton humiliation sous la croix, as révélé au monde le prix de sa rédemption, donne aux hommes du troisième millénaire la lumière de la foi, afin que, reconnaissant en toi le Serviteur souffrant de Dieu et de l’homme, ils aient le courage de suivre le même chemin qui, par la croix et le dépouillement, conduit à la vie éternelle. À toi, Jésus, soutien de notre faiblesse, honneur et gloire pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Eia, mater, fons amoris,

me sentire vim doloris

fac, ut tecum lugeam.

Daigne, ô Mère, source d'amour,

me faire éprouver tes souffrances

pour que je pleure avec toi.

010

Dixième station

Jésus est dépouillé de ses vêtements, abreuvé de vinaigre et de fiel

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Il en goûta, mais ne voulut pas boire » (Matthieu 27, 34). Il ne veut pas de calmants, qui auraient obscurci sa conscience durant l’agonie. Il voulait agoniser sur la croix en toute conscience, en accomplissant la mission reçue de son Père. C’était contraire aux méthodes en usage chez les soldats chargés de l’exécution. Chargés de clouer le condamné sur la croix, ils cherchaient à diminuer sa sensibilité et sa conscience. Dans le cas du Christ, il ne pouvait en être ainsi. Jésus sait que sa mort en croix doit être un sacrifice d’expiation. C’est pourquoi il veut garder sa conscience éveillée jusqu’à la fin. Privé de celle-ci, il n’aurait pas pu, de façon totalement libre, accepter la pleine mesure de sa souffrance. Il doit monter sur la croix pour offrir le sacrifice de la Nouvelle Alliance. Il est Prêtre. Il doit entrer, par son propre sang, dans les demeures éternelles, après avoir accompli la rédemption du monde (Hébreux 9, 12). Conscience et liberté: telles sont les caractéristiques imprescriptibles d’un agir pleinement humain. Le monde connaît tant de moyens pour affaiblir la volonté en obscurcissant la conscience! Il faut les protéger jalousement contre toutes les violences! Même l’effort légitime pour atténuer la souffrance doit toujours se faire dans le respect de la dignité humaine. Il faut comprendre profondément le sacrifice du Christ, il faut s’unir à lui pour ne pas céder, pour ne pas permettre que la vie et la mort perdent leur valeur.

Prière

Seigneur Jésus, Toi qui, avec un entier dévouement, as accepté de mourir sur la croix pour nous sauver, fais que nous ayons part, ainsi que tous les hommes du monde, à ton sacrifice sur la croix, afin que notre existence comme nos actions expriment notre participation libre et consciente à ton œuvre de salut. À toi, Jésus, Prêtre et Victime, honneur et gloire pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Fac ut ardeat cor meum

in amando Christum Deum,

ut sibi complaceam.

Fais qu'en mon coeur brûle un grand feu

pour mieux aimer le Christ mon dieu

et que je puisse lui plaire.

011

Onzième station

Jésus est cloué sur la croix

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Ils me percent les mains et les pieds, je peux compter tous mes os » (Psaume 21 (22), 17-18). Les paroles du prophète s’accomplissent. L’exécution commence. Les coups des bourreaux écrasent les pieds et les mains du Condamné sur le bois de la croix. Dans le creux des mains, les clous sont fixés avec violence. Ces clous maintiendront le condamné suspendu dans les tourments inexprimables de l’agonie. Dans son corps, comme dans son esprit très sensible, le Christ souffre d’une manière indicible. Avec lui, on crucifie deux vrais malfaiteurs, l’un à sa droite et l’autre à sa gauche. La prophétie s’accomplit: « Il a été compté avec les pécheurs » (Isaïe 53, 12). Quand les bourreaux dresseront la croix, alors commencera une agonie qui durera trois heures. Il faut que s’accomplisse aussi cette parole: « Moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » (Jean 12, 32). Qu’est-ce qui « attire » chez ce Condamné en agonie sur la croix? Il est certain que l’image d’une souffrance aussi intense éveille la compassion. Mais la compassion ne suffit pas pour inciter à lier sa propre vie à Celui qui est cloué à la Croix. Comment expliquer que, de génération en génération, cette terrible vision ait pu attirer des foules innombrables de personnes qui ont fait de la croix la caractéristique de leur foi? D’hommes et de femmes qui, au cours des siècles, ont vécu et ont donné leur vie en regardant ce signe? Du haut de la croix le Christ attire par la puissance de l’amour, de l’Amour divin, qui ne s’est pas soustrait au don total de soi; de l’Amour infini, qui a élevé de terre sur l’arbre de la croix le poids du corps du Christ, pour compenser le poids de l’antique faute; de l’Amour sans limites, qui a comblé tout le manque d’amour et qui a permis à l’homme de se réfugier à nouveau dans les bras du Père miséricordieux. Que le Christ élevé sur la croix nous attire, nous, hommes et femmes du nouveau millénaire! À l’ombre de la croix, évivons dans l’amour comme le Christ nous a aimés et s’est livré pour nous en offrant à Dieu le sacrifice qui pouvait lui plaire » (Ephésiens 5, 2).

Prière

Christ élevé, Amour crucifié, remplis nos cœurs de ton amour, afin que nous reconnaissions dans ta Croix le signe de notre rédemption et que, attirés par tes blessures, nous vivions et mourions avec toi, qui règnes avec le Père et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Sancta mater, istud agas,

Crucifixi fige plagas

cordi meo valide.

Ô sainte Mère, daigne donc

graver les plaies du Crucifié

profondément dans mon coeur.

012

Douzième station

Jésus meurt sur la croix

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23, 34). Au plus vif de la Passion, le Christ n’oublie pas l’homme, et en particulier il n’oublie pas ceux qui sont la cause directe de sa souffrance. Il sait que l’homme, plus que toute autre créature, a besoin d’amour; qu’il a besoin de la miséricorde qui, en cet instant, se répand sur le monde. « Amen, je te le déclare: aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis » (Luc 23, 43). Jésus répond ainsi à la demande du malfaiteur suspendu à sa droite: « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne » (Luc 23, 42). La promesse d’une nouvelle vie. Tel est le premier effet de la passion et de la mort imminente du Christ. Une parole d’espérance pour l’homme. Au pied de la croix se tenait sa Mère, et près d’elle le disciple, Jean l’évangéliste. Jésus dit: « Femme, voici ton fils! », et au disciple: « Voici ta mère! » (Jean 19, 26-27). « Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui » (Jean 19, 27). C’est son testament pour les personnes les plus chères à son cœur. Son testament pour l’Église. En mourant, Jésus veut que l’amour maternel de Marie embrasse tous ceux pour qui Il donne sa vie, l’humanité entière. Aussitôt après, Jésus s’écrie: « J’ai soif » (Jean 19, 28). Parole où transparaît la terrible soif qui brûle tout son corps. C’est la seule parole qui manifeste directement sa souffrance physique. Puis Jésus ajoute: « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? » (Matthieu 27, 46; Psaume 21 (22), 2). Il prie avec les paroles du psaume. Malgré sa teneur, la phrase met en évidence son union profonde avec son Père. Dans les derniers instants de sa vie sur la terre, Jésus se tourne vers son Père. Désormais, le dialogue ne se déroulera plus qu’entre le Fils qui meurt et le Père qui accepte son sacrifice d’amour. Quand arrive la neuvième heure, Jésus s’écrie: « Tout est accompli! » (Jean 19, 30). Voici l’heure où s’accomplit l’œuvre de la rédemption. La mission pour laquelle il est venu sur la terre a atteint son but. Le reste appartient au Père: « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Luc 23, 46). Ayant dit cela, il expira. « Le rideau du Temple se déchira en deux... » (Luc 27, 51). Le « Saint des Saints » du Temple de Jérusalem s’ouvre au moment même où y entre le Prêtre de la Nouvelle et Éternelle Alliance.

Prière

Seigneur Jésus Christ, Toi qui, au moment de l’agonie, n’es pas resté indifférent au sort de l’homme et qui, dans ton dernier souffle as confié avec amour à la miséricorde du Père les hommes et les femmes de tous les temps avec leurs faiblesses et leurs péchés, remplis-nous, nous-mêmes et les générations futures, de ton Esprit d’amour, afin que notre indifférence ne rende pas vaine en nous les fruits de ta mort. A toi, Jésus crucifié, sagesse et puissance de Dieu, honneur et gloire pour les siècles éternels. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Vidit suum dulcem Natum

morientem desolatum,

dum emisit spiritum.

Elle vit son enfant très cher

mourir dans la désolation,

alors qu'il rendait l'esprit.

013

Treizième station

Jésus est descendu de la croix et confié à sa Mère

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

O quam tristis et afflicta,

fuit illa benedicta,

Mater Unigeniti.

Qu’elle était triste et affligée,

la Mère entre toutes bénie,

la Mère du Fils unique!

On a remis entre les mains de la Mère le corps sans vie de son Fils. Les Évangiles ne disent pas ce qu’elle a éprouvé en cet instant. C’est comme si les Évangélistes, par ce silence, voulaient respecter sa douleur, ses sentiments et ses souvenirs. Ou simplement comme s’ils ne s’estimaient pas capables de les exprimer. C’est seulement la dévotion séculaire qui a conservé l’image de la «Pietà», fixant ainsi dans la mémoire du peuple chrétien l’expression la plus douloureuse de cet ineffable lien d’amour, né dans le cœur de la Mère le jour de l’Annonciation et mûri dans l’attente de la naissance de son divin Fils. Cet amour s’est révélé dans la grotte de Bethléem, il a déjà été soumis à l’épreuve durant la présentation au Temple, il s’est approfondi en même temps que les événements conservés et médités dans son cœur (Luc 1, 37). Maintenant, ce lien étroit d’amour doit se transformer en une union qui dépasse les frontières de la vie et de la mort. Et il en sera ainsi tout au long des siècles: les hommes s’arrêtent auprès de la statue de la Pietà de Michel-Ange, s’agenouillent devant l’image de la Bienfaitrice Douloureuse (Smetna Dobrodziejka) dans l’église des Franciscains à Cracovie, devant la Mère des Sept Douleurs, Patronne de la Slovaquie, et ils la vénèrent dans de nombreux sanctuaires à travers le monde entier. Ils apprennent ainsi le difficile amour qui ne se dérobe pas devant la souffrance, mais qui s’abandonne avec confiance à la tendresse de Dieu, à qui rien n’est impossible (Luc 1, 37).

Prière

Salve, Regina, Mater misericordiæ, vita dulcedo et spes nostra salve. Ad te clamamus... illos tuos misericordes oculos ad nos converte et Iesum, benedictum fructum ventris tui, nobis post hoc exilium ostende.

Obtiens-nous la grâce de la foi, de l’espérance et de la charité, afin que, comme toi, nous sachions nous aussi persévérer au pied de la croix jusqu’à notre dernier souffle. À ton Fils, Jésus, notre Sauveur, avec le Père et avec l’Esprit Saint, tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Fac me vere tecum flere,

Crucifixo condolere,

donec ego vixero.

Que vraiment je pleure avec toi,

qu'avec le Christ en Croix je souffre,

chacun des jours de ma vie!

014

Quatorzième station

Le corps de Jésus est mis au tombeau

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Il a été crucifié, est mort et a été enseveli... » Le corps sans vie du Christ a été déposé dans le tombeau. Pourtant, la pierre du tombeau n’est pas le sceau définitif de son œuvre. Le dernier mot n’appartient pas au mensonge, à la haine et à l’abus de pouvoir. Le dernier mot sera prononcé par l’Amour, qui est plus fort que la mort. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit » (Jean 12, 24). Le tombeau est la dernière étape de la mort du Christ au cours de toute sa vie terrestre; c’est le signe de son sacrifice suprême pour nous et pour notre salut. Très vite, désormais, ce tombeau deviendra la première annonce de louange et d’exaltation du Fils de Dieu dans la gloire du Père. «Il a été crucifié, est mort et a été enseveli,(...) le troisième jour est ressuscité des morts ». Avec la mise au tombeau du corps sans vie de Jésus, au pied du Golgotha, l’Église commence la veillée du Samedi saint. Marie conserve et médite au fond de son cœur la passion de son Fils; les femmes se donnent rendez-vous le lendemain matin après le sabbat, pour oindre le corps du Christ avec des aromates; les disciples se rassemblent, en se cachant au Cénacle, jusqu’à ce que le sabbat soit passé. Cette veillée s’achèvera avec la rencontre près du tombeau, le tombeau vide du Sauveur. Alors le tombeau, témoin muet de la résurrection, parlera. La pierre roulée, l’intérieur vide, les bandelettes à terre, voilà ce que verra Jean, arrivé au tombeau avec Pierre: « Il vit et il crut » (Jean 20, 8). Et avec lui l’Église crut, elle qui, depuis ce moment-là, ne se lasse pas de transmettre au monde cette vérité fondamentale de sa foi: « Le Christ est ressuscité d’entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité » (1 Corinthiens 15, 20). Le tombeau vide est le signe de la victoire définitive de la vérité sur le mensonge, du bien sur le mal, de la miséricorde sur le péché, de la vie sur la mort. Le tombeau vide est le signe de l’espérance qui « ne trompe pas » (Romains 5, 5). « Par notre espérance, nous avons déjà l’immortalité » (Sagesse 3, 4).

Prière

Seigneur Jésus Christ, toi qui, dans la puissance de l’Esprit Saint, as été conduit par le Père des ténèbres de la mort à la lumière d’une vie nouvelle dans la gloire, fais que le signe du tombeau vide nous parle, à nous et aux générations futures, et qu’il devienne source de foi vive, de charité généreuse et de ferme espérance. À toi, Jésus, présence cachée et victorieuse dans l’histoire du monde, honneur et gloire pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Quando corpus morietur,

fax ut animæ donetur

paradisi gloria. Amen.

Au moment où mon corps mourra,

fais qu'à mon âme soit donnée

la gloire du Paradis. Amen.

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26 juillet 2010

Le serviteur de Dieu Giacomo Gaglione

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Le serviteur de Dieu Giacomo Gaglione

Fondateur de l'Apostolat de la Souffrance

Tertiaire Franciscain

Marcianise 20.07.1896

Caprodise 28.05.1962


À 16 ans Giacomino fut immobilisé sur un fauteuil de fer à cause d'une polyarthrite. En 1919, lors d'un entretien le Padre Pio de Pietrelcina, il comprit la mission qui lui était assignée: c'est-à-dire d'enseigner à toujours être heureux face à la douleur. Dès le retour de son premier pèlerinage à Lourdes, il se consacra à l'apostolat du soulagement et du réconfort des malades, des malheureux, des pauvres, en leur faisant comprendre l'importance d'un don de leur état.


Il propage, avec la bénédiction des autorités de l'Eglise, l'Apostolat de la Souffrance, et fait parvenir aux personnes malades et handicapées le périodique « Hostie pour le monde ». Il écrivit différents livres de réflexions, de méditations et de descriptions ascétique des pèlerinages de Lourdes et de Lorette. Sa grande correspondance avec les malades, atteste de son grand et fervent zèle et de son amour pour Jésus crucifié, l'Église et pour les âmes. Il n'a jamais manqué sa communion quotidienne, la méditation du Rosaire et la récitation du bréviaire, avec pour seul but d'être utile à la conversion des pécheurs.


Après 50 ans passées sur la croix, comme il l'avait prédit à plusieurs reprises dans sa vie, son mal  s'intensifia au point qu'il était prêt à aller au ciel. Il entra dans la Vie le 28 mai 1962, son corps repose dans l'église paroissiale Saint-André Apôtre de Capodrise.


Acte d'Offrande de l'Apostolat de la Souffrance


O Dieu, Père Eternel et Tout-Puissant, par les de Sacré-Cœur de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie, en union avec les souffrances de Jésus passionnée, la Vierge des Douleurs, les martyrs, de tous les saints et tous les justes terre, je vous offre mes péchés et de ceux de tous les hommes, pour le Souverain Pontife, la sainte Église et pour le salut des âmes. O Jésus, unissez-moi à votre divine offrande sur le Calvaire et sur tous les autels du monde! Esprit de force, d'amour, de sainteté, soutenez-moi, enflammez-moi d'amour quand je dois souffrir et sanctifiez mes souffrances. Vierge désolée, priez pour moi!


Prière pour demander la Béatification de Giacomo Gaglione


O Seigneur Jésus, Vous qui avez choisi Giacomo Gaglione dès adolescence pour qu'il porte la croix par chaque douleur possible et qui lui avez accordé le don cadeau d'obéir avec joie, transformant chacun de ses renoncements en actes de foi et chacun de ses tourments en des actes d'amour, nous vous remercions d'avoir fait de Lui un Crucifix, vivante image de Vous. Daignez aussi m'accorder par son intercession la grâce (...) Amen.


Nous remercions les personnes qui reçoivent des grâces par l'intercession d'en informer le siège central de la Postulation.


Diocesi di Caserte

Apostolato della Sofferenza

Postulazione Causa di Beatificazione Giacomo Gaglione

Piazza Duomo 11

I- 81100 Caserta

www.giacomogaglione.it


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02 mai 2010

Hommage au Vénérable Jean Paul II

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20 mars 2010

Le Vénérable Frère Meinrad Eugster

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Le Vénérable Frère Meinrad Eugster

1848-1925

Fête le 14 juin

Le vénéré Frère convers Meinrad Eugster, appelé dans le monde Joseph Gebhard, naquit à Altstâtten (canton de St-Gall) en Suisse, le 23 août 1848, de parents profondément chrétiens qui surent inculquer à leurs 12 enfants, avec l'amour de Dieu, celui du prochain, de la prière et du travail. Ses études élémentaires terminées, Joseph Gebhard apprit le métier de tailleur tout en entretenant, dans son âme vierge, le feu sacré de la vocation religieuse. Aussi, le voyons-nous entrer, comme Frère convers bénédictin, au couvent de Notre Dame des Ermites; il y fit profession le 5 septembre 1875, sous le nom du fondateur d'Einsiedeln, Saint Meinrad. Alliant à une constitution un peu délicate l'énergie indomptable du moine assoiffé de perfection, il passa les 50 années de sa vie religieuse dans la pratique de l'humilité la plus profonde et du renoncement le plus complet. Aussi, n'est-il pas étonnant que ses confrères, ainsi qu'en témoigne un de ses Supérieurs, aient aimé à le regarder comme la représentation vivante du Christ sur la terre. Il eut, sa vie durant, une dévotion particulière au Saint Sacrement de l'Autel et à Notre Dame des Ermites, sa bonne Mère du Ciel. Averti de sa fin imminente, il laissa échapper de ses lèvres mourantes ces paroles de prédestiné: « Oh! que le Ciel est beau ! » Il s'éteignit, entouré de ses confrères, le 14 juin 1925. Nombreuses sont les personnes qui affirment avoir obtenu, par son intercession, des grâces spéciales. L'héroïcité de ses vertus a été proclamée solennellement le 28 mai 1960 par un décret du Bienheureux Jean XXIII. Serviteur de tous pendant sa vie, il paraît vouloir continuer à l'être au Ciel, en sont témoins les milliers de grâces et de guérisons obtenues jusqu'ici par son intercession.

Neuvaine ou Triduum de prière en l'honneur de la Sainte Trinité pour obtenir des grâces par l'intercession du Vénérable Serviteur de Dieu

Nous Vous adorons, Père Eternel, nous Vous remercions et Vous demandons, par l'intercession de Votre Serviteur Meinrad de bien vouloir augmenter en nous la vertu de la Foi et de nous accorder spécialement la grâce (….)

Nous Vous adorons, Fils de Dieu, nous Vous remercions et Vous demandons, par l'intercession de Votre Serviteur Meinrad, de bien vouloir augmenter en nous la vertu de l'Espérance et de nous accorder spécialement la grâce...

Nous Vous adorons, Esprit Saint, nous Vous remercions et Vous demandons, par l'intercession de Votre Serviteur Meinrad, de bien vouloir augmenter en nous la vertu de la Charité et de nous accorder spécialement la grâce...

Prière pour obtenir la glorification du Vénérable Serviteur de Dieu, Frère Meinrad Euster

Dieu, notre Père, Votre Providence a choisi les Saints pour être nos modèles et nos protecteurs; daignez, en ces temps troublés, nous accorder l'aide de Votre fidèle Serviteur, le Frère Meinrad, dans tous les besoins de l'âme et du corps. Notre confiance en lui repose sur les nombreuses faveurs surnaturelles qu'il vous a plu de faire briller sur son tombeau. Faites-nous la joie de le voir bientôt couronné de l'auréole de Bienheureux et élevé ainsi par la Sainte Eglise à l'honneur des Autels. Nous Vous le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Sainte Marie, Mère de Dieu, c'est dans Votre Sanctuaire des Ermites que le Frère Meinrad vous a servie si fidèlement pendant un demi-siècle: intercédez auprès de Votre Fils, pour qu'Il lui accorde l'honneur de coopérer à ses bienfaits. Amen.

Les personnes qui ont obtenues des grâces par l'intercession du Frère Meinrad sont priées de les faire connaître auprès de Mr le Vice-Postulateur de l'Abbaye d'Einsiedeln (Ch-8840)

Avec permission Ecclésiastique

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16 mars 2010

Le Vénérable Jean-Marie Robert de La Mennais

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Le Vénérable Jean-Marie Robert de La Mennais

Fondateur des Frères de l'Instruction Chrétienne et des Filles de la Providence

1780-1819

Jean-Marie Robert de La Mennais naquit à Saint Malo neuf ans avant l'effroyable Révolution Française. La Providence qui le destinait à en réparer les ruines dans les âmes, lui inspira l'idée de devenir Prêtre. Grâce à sa vive intelligence et aux leçons de quelques Prêtres échappés aux poursuites révolutionnaires, Jean-Marie se prépare rapidement au Sacerdoce. A vingt-trois ans et demi, il recevait l'Onction Sacerdotale. Déjà son âme brûlait d'un désir très vif d'étendre le Royaume de Dieu en Bretagne et dans la France entière. Son zèle le porta d'abord vers l'enfance et la jeunesse. Il devient professeur, il se fait éducateur, car il veut à tout prix donner à l'Eglise et à sa Bretagne des Chrétiens profondément convaincus et surtout des Prêtres dont le besoin se fait sentir partout. Elevé, par des évènements providentiels, jusqu'aux fonctions d'Administrateur d'un vaste Diocèse, l'Abbé de La Mennais déploie une ardeur encore plus grande pour le Salut des âmes, en même temps qu'une indomptable énergie pour la défense des droits de l'Eglise. A une besogne particulièrement écrasante, le Saint Prêtre ajoute celle d'un prédicateur de Retraites à toutes les classes de la société. Il a surtout pitié de l'enfance qu'il voit abandonnée à tous les dangers de l'ignorance et de l'oisiveté. Il gardera pour les jeunes âmes, toute sa vie durant, une particulière tendresse. Pour elles, il crée des écoles, et pour diriger ces écoles, il fonde deux sociétés enseignantes: les Frères de l'Instruction Chrétienne de Ploërmel et les Filles de la Providence de Saint Brieuc. Dans ses écoles de Frères, il cueille, comme autant de fleurs de choix, les meilleurs élèves qu'il dirige, d'après leurs aptitudes et l'inclination de la Grâce, soit vers le Noviciat de Ploërmel, soit vers l'un ou l'autre des nombreux collèges ecclésiastiques qu'il a établis en Bretagne. Bientôt son oeuvre d'éducation absorbe les journées entières de cet ardent apôtre des jeunes. Lui, l'héritier d'une noble famille, appelé par sa naissance à occuper les premières charges de l'Eglise de France, vint s'enfermer pour le reste de ses jours, dans une humble maison de Ploërmel, afin d'y pratiquer la vie commune avec des disciples choisis, comme ceux de Jésus, dans les plus humbles conditions. L'on a dit à son sujet: « Les fidèles de la Bretagne entière ne prononcent jamais le nom de Jean-Marie de La Mennais sans y joindre le titre de saint ». L'Eglise l'a déclaré Vénérable en 1911 et les démarches se poursuivent à Rome pour qu'il soit Béatifié. Que tous les amis des Frères de l'Instruction Chrétienne et des Filles de la Providence unissent leurs prières pour obtenir que le Vénérable Jean-Marie de La Mennais reçoive, s'il plaît à Dieu, les honneurs de la Béatification.

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Prière pour demander la Glorification du Vénérable Jean-Marie Robert de La Mennais

O Jésus, qui avez tant aimé les petits enfants et qui avez inspiré au Vénérable Jean-Marie Robert de La Mennais la pensée de fonder, pour leur Salut, deux Congrégations vouées à l'éducation Chrétienne de la jeunesse, daignez écouter l'humble prière que nous Vous adressons pour la glorification de Votre Serviteur. Faites, nous Vous en supplions, ô bon Jésus, que bientôt l'auréole des Bienheureux, rayonne au front du Vénérable Jean-Marie Robert de La Mennais, et qu'il soit ainsi reconnu comme modèle de dévouement à la Sainte Eglise et patron de nos écoles Catholiques. Amen.

Seigneur, glorifiez Votre Serviteur, le Vénérable Jean-Marie Robert de La Mennais (X3)

Imprimatur

Gerard Coderre

Ev. Coadj. À S. Jean de Qué.

Relations de grâces

Frères de l'Instrution Chrétienne de Ploërmel

Via della Divina Provvidenza, 44,

I-00166 Roma

Frères de l'Instrution Chrétienne de Ploërmel

B.P. 35

F-56801 Ploërmel Cedex

E-mail: mmplo.fic@wanadoo.fr

Site de la Congrégation

www.lamennais.org

www.mennaisien.org

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11 mars 2010

Le Vénérable Pie XII

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Le Vénérable Pie XII

1876-1958

Sa jeunesse

Eugenio Maria Giuseppe Giovanni Pacelli est né à Rome le 02 mars 1876 d'une mère dont la famille est bien connue du Saint Siège pour des services rendus et d'un père avocat à la Rote Romaine. Durant ses études, il obtient trois licences: théologie, droit civil et droit canonique. Il est ordonné prêtre en avril 1899. Puis, sur recommandation, il entre au Vatican dans une Congrégation chargée des relations internationales et devient cardinal 3 ans plus tard.


La première guerre mondiale


Il tente de dissuader l'Italie d'entrer en guerre et l'empereur François-Joseph de se montrer patient. En avril 1917, il devient nonce apostolique à Munich, unique représentation de l'état pontifical en Allemagne. Ses résultats sont décevants Tout en faisant connaissance avec l'Église catholique allemande, il s'instruit des discussions entre l'URSS et le Vatican. Son travail diplomatique le pousse à signer des concordats (traité signé entre un état et le Saint Siège afin de défendre les activités catholiques) avec différents états et Hitler, alors chancelier.


La seconde guerre mondiale


En 1938, il s'élève sans succès contre l'Ansschluss et en mars 1939, Eugénio Pacelli devient Pie XII. Son pontificat débute avec la deuxième guerre mondiale. Il tente en vain de tenir l'Italie en dehors du conflit. L'Allemagne nazie n'a pas l'intention de respecter le concordat signé en 1933. Il y aura d'ailleurs plus d'un millier d'arrestations de prêtres et de religieux dont 304 iront à Dachau. Les évêchés de Munich, Rottenburg et Freiburg seront saccagés, les religions étant, pour les nazis, des idéologies rivales à éliminer. Les évêques polonais demandent au pape d'intervenir au vu des atrocités nazies dans leur pays mais le Vatican a peur que ses déclarations n'accroissent les persécutions comme les déportations en Hollande qui, non seulement n'avait pas diminué, mais avaient augmenté après un appel des évêques. Pie XII donnera alors cette "consigne" à ceux qui font appel à lui: "Nous laissons aux pasteurs en fonction sur place le soin d'apprécier si, et dans quelle mesure, le danger de représailles et de pression, comme d'autres circonstances dues à la longueur et à la psychologie de la guerre, conseillent la réserve -malgré les raisons d'intervention- afin d'éviter des maux plus grands. C'est l'un des motifs pour lesquels nous nous sommes imposés des limites dans nos déclarations". En juillet 1942, les évêques de Hollande s'insurgent contre les déportations. Non seulement elles ne cessent pas, mais des prêtres le sont également, en représailles. 79 % des juifs hollandais seront ainsi déportés, soit un chiffre supérieur à celui des autres pays. Aussi, les prélats demandent au pape de rester prudent pour éviter que la situation n'empire pour les juifs et que les catholiques subissent le même sort. Il faut également protéger ceux qui arrivent à se cacher en ne mettant pas en danger les catholiques qui, eux, les cachent. C'est alors que le "silence" devient "prudence" et non "complicité". Son radio-message de Noël 1942 sera ainsi le dernier appel public à un retour à la paix, les deux suivants concernant la civilisation chrétienne et la démocratie. Il optera pour l'ouverture des instituions du Vatican aux victimes du nazisme dans la Rome occupée. En 1943, environ cinq mille juifs seront recueillis dans les couvents et monastères d'Italie, trois mille hébergés à Castel Gandolfo et 400 enrôlés dans la Garde Pontificale.


L'après-guerre


Les difficultés viennent alors du communisme et toutes les nonciatures des pays proches de l'URSS ferment leurs portes à l'exception de la Pologne qui accorde quelques libertés à l'Église catholique.


Son action pastorale


Il proclame le dogme de l'Assomption de la Vierge Marie en novembre 1950 et accomplit un immense travail sur la restauration de la liturgie romaine, écartant nouvelles coutumes ou rites périmés. Il condamne ainsi l'archaïsme considéré comme une rupture avec la tradition. Il réforme également le rite romain relatif à la semaine sainte. Il aurait été témoin de certaines apparitions à Fatima.


Sa mort. Les hommages rendus.


Il meurt le 9 octobre 1958 à Castel Gondolfo des suites d'une grave maladie dont il souffrait depuis quatre ans. A sa mort, Golda Meïr, ministre israélien des affaires étrangères, déclara, à l'ONU :"Nous pleurons un grand serviteur de la paix et de la charité. Pendant les dix années de la terreur nazie, quand notre peuple a souffert un martyr effroyable, la voix du pape s'est élevée pour condamner les bourreaux et pour exprimer sa compassion envers les victimes." Le rabbin Herzog et le Dr Elio Toaf, grand rabbin d'Italie, ont salué sa mémoire comme celle d'un juste. Albert Einstein a déclaré: "L'église catholique a été la seule à protester contre les assauts hitlériens portés à la liberté. Jusqu'à lors, je n'avais pris aucun intérêt pour elle, mais aujourd'hui j'éprouve une grande admiration pour l'Église, qui seule a eu le courage de se battre pour la liberté spirituelle et la liberté morale." Le Grand Rabin de Rome, Israël Zolli, touché par le dévouement et la charité du pape Pie XII, se convertit au catholicisme avec son épouse en 1945 et prit le nom de baptême de Eugène Pio. L'écrivain et diplomate juif Pinchas Lapide, alors qu'il n'apprécie guère la religion catholique, puisque écrivant dans son livre "Rome et les Juifs" que "Jésus se mit à croire à son omnipotence", a cependant rapporté que, d'après ses recherches, Pie XII, malgré les risques encourus, avaient pu sauver près de 850 000 juifs. Les exemples ne manquent pas et de nombreux survivants sont allés le remercier au Vatican, quelque temps après la fin de la guerre dont des délégués de "United Jewish Appeal" ou encore un ensemble de 94 musiciens juifs issus de 14 pays qui sont venus jouer au Vatican la neuvième symphonie de Beethoven en reconnaissance.


Origine de la Polémique autour de Pie XII


Tout a commencé en 1963 avec la sortie d'une pièce de théâtre "Le Vicaire" d'un auteur est-allemand Roch Hochhuth. Pour la première fois, il y est fait état du "silence" du pape. S'ensuivent neuf livres sur le sujet. Deux d'entre eux, dont le fameux Hitler's Pope de Cornwell attaquent le Pape sur la question. En 2001, Costa Gavras adapte la pièce au cinéma. Depuis, la polémique n'a fait qu'enflé, donnant au final du crédit à Roch Hochhuth, auteur à la personnalité fort controversée puisqu'en 1965, il approuve les propos de David Irving, négationniste notoire. Ce dernier, accusé d'avoir des sympathies nazies, a perdu, en 2000, un procès en diffamation et, en 2007, il est condamné, par la justice autrichienne, à deux ans de prison ferme pour négation de la shoah.


Pourquoi cette pièce de théâtre?


Avant même la guerre, le pape alors nonce apostolique se souciait des discussions avec la Russie et s'inquiétait de la montée du communisme. D'ailleurs en 1949, il excommunie les communistes. Les attaques venues de l'Est se multiplient à laquelle s'ajoutent les reproches le patriarche orthodoxe russe accusant le pape d'être un agent de l'impérialisme américain. A la mort de Pie XII, les soviétiques voulaient détruire l'autorité morale du Vatican. C'est alors qu'apparut cette pièce de théâtre dont l'auteur n'était pas spécifiquement communiste mais qui avait des connaissances sympathisantes avec le régime soviétique, tel Erwin Piscator, son producteur. Le Vatican crut bon de répondre aux attaques induites par cette pièce, des livres et des publications donnèrent chacun leur avis sur le "silence". Tout le monde se jeta dans la bataille: chrétiens, juifs, non croyants... et cela fit boule de neige. Tant est si bien qu'aujourd'hui tout le monde se souvient du "silence" mais pas de la pièce de théâtre. Paradoxalement, de nombreuses personnes, sans le savoir, pensant défendre les victimes juives, accordent du crédit à un individu qui nie l'existence même de la shoah!!!


La béatification


L'idée est venue de Paul VI. Jean Paul II l'a reprise puis mise en attente car la commission d'historiens juifs et chrétiens qu'il a réunie n'a pu s'entendre, faute de pouvoir consulter la totalité des archives. Benoît XVI, à son tour, la ressort. Cette décision, pour l'Église catholique, rend témoignage de la vie chrétienne de Pie XII en qui elle voit un grand théologien, précurseur de Vatican II. Sa cause est donc, pour l'instant, à l'étude.


Texte extrait du site Benedictus.fr


Reconnaissance des vertus héroïques de 10 baptisés, dont Eugenio Pacelli et Karol Wojtyla

Source: zenit.org


Dimanche 20 décembre 2009. Benoît XVI reconnaît les « vertus héroïques » de 10 baptisés, dont les papes Pie XII (Eugenio Pacelli) et Jean-Paul II (Karol Wojtyla), et deux fondateurs, un Français, le P. Louis Brisson, et une Anglaise, Mary Ward. Ces décrets de la Congrégation pour les causes des saints, qui ont été présentés après consultation et expertise des historiens et des théologiens, ont été approuvés le 19 décembre, à l'occasion de l'audience accordée par le pape au préfet de cette Congrégation, Mgr Angelo Amato. Ces décrets n'ouvrent pas la porte à la béatification. Il faudra ensuite non seulement qu'un miracle dû à l'intercession de ces baptisés soit reconnu, mais aussi que le pape donne son feu vert pour la béatification, qui reste toujours une décision du souverain pontife. En effet, la réunion des conditions nécessaires à une béatification ne suffit pas: le pape évalue le bienfait pastoral qu'une béatification peut apporter et le temps adapté à une telle proclamation. Certaines causes sont parfois enlisées pendant des années pour différents motifs. Ces décrets concernent donc d'abord les vertus héroïques des serviteurs de Dieu suivants (7 Italiens dont un laïc, un Polonais, un Français et une Anglaise: Giacomo Illirico da Bitetto, frère franciscain (1400-1496): il est déjà appelé « bienheureux » du fait que son culte a été « confirmé » le 29 décembre 1700, mais cela ne le dispense pas de repasser par cette étape moderne, rigoureuse, de discernement des « bienheureux »; Pio XII (Eugenio Pacelli), pape (1876-1958), salué à sa mort par les communautés juives et notamment Mme Golda Meir, pour son action pour sauver des juifs pendant la Shoah, comme l'ont rappelé les récents travaux des historiens qui ont restauré l'image calomniée par l'œuvre de Rolf Hochhuth « le Vicaire » dans les années soixante (cf. Philippe Chenaux, « Pie XII, Diplomate et pasteur », le Cerf 2003 ; ou Pierre Blet, « Pie XII et la Seconde Guerre mondiale, Perrin, et « Pie XII et la Seconde Guerre mondiale d'après les archives du Vatican, Perrin); Jean-Paul II (Karol Wojtyła), pape (1920-2005); Louis Brisson, prêtre français et fondateur des Oblats et Oblates de Saint-François de Sales (1817-1908); Giuseppe Quadrio, prêtre italien, salésien de Don Bosco (1921-1963); Mary Ward, fondatrice anglaise de l'Institut des Sœurs de la Bienheureuse Vierge Marie, aujourd'hui, Congrégation de Jésus (1585-1645); Antonia Maria Verna, fondatrice italienne de l'Institut des Sœurs de la Charité de l'Immaculée Conception (1773-1838); Maria Chiara Serafina di Gesù Farolfi, fondatrice des Sœurs clarisses franciscaines missionnaires du Saint-Sacrement (1853-1917) ; Enrica Alfieri, religieuse italienne des Sœurs de la Charité de Sainte Jeanne Antide Thouret (1891-1951); Giunio Tinarelli, laïc italien, de la Pieuse union des Ouvriers silencieux de la Croix (1912-1956).

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Prière pour la Béatification de Pie XII


O Jésus, Pontife Éternel, qui avez daigné élever Votre Serviteur fidèle Pie XII à la suprême dignité de Votre Vicaire ici-bas, et lui avez concédé la grâce d'être un défenseur intrépide de la Foi, un courageux champion de la Justice et de la Paix, un glorificateur zélé de Votre Très Sainte Mère et un exemple lumineux de Charité et de toutes les vertus, daignez maintenant, en vue de ses mérites, nous accorder les grâces que nous Vous demandons, afin que, assurés de son efficace intercession auprès de Vous, nous puissions le voir un jour élevé à la gloire des autels. Amen.

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02 août 2009

La Vénérable Anne de Guigné

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La Vénérable Anne de Guigné

1911-1922


Anne de Guigné naquit le 25 avril 1911, à Annecy-le-Vieux et mourut à Cannes le 14 janvier 1922. La mort de son père, tombé à la tête de ses chasseurs en 1915, fut à 4 ans, le principe de sa « conversion ». Cette enfant d'intelligence vive, de volonté ardente, facilement violente, désobéissante et jalouse, acquit rapidement une douceur et une abnégation peu ordinaires. Sa première communion, à 6 ans, acheva de la transformer. Extérieurement, ce fut la plus simple et la plus aimable des enfants: effacée et modeste, toute à ses petits devoirs et à ses jeux. Intérieurement, Dieu opérait en son âme des merveilles. Son humilité, sa douceur, son obéissance, son amour du sacrifice, son exquise et universelle Charité atteignirent un éclat remarquable. Sa manière de communier remuait les cœurs, et plusieurs fois on la vit comme transfigurée. Sa pureté était rayonnante et sa bonté sans limites. Devant la réputation de sainteté de la petite fille, l'évêque d'Annecy initia son procès en béatification, dès le 21 janvier 1932. Toutefois, les études menées à Rome n'aboutirent pas très vite, le cas d'une toute jeune sainte, non martyre, ne s'étant jamais encore posé. Le procès en vue de la reconnaissance de l'héroïcité des vertus d'Anne fut conclu en 1981, elle était proclamée Vénérable le 3 mars 1990, par le Pape Jean Paul II. Sa fête (locale) a été fixée au 14 janvier.


Prière pour demander la glorification d'Anne de Guigné


Mon Dieu, nous Vous remercions des grâces spirituelles dont il Vous a plu de combler Votre petite Servante Anne de Guigné, et nous Vous demandons, pour Votre Gloire et pour notre Salut, de daigner glorifier cette enfant qui n'a vécu que pour Vous sur la terre, et de nous accorder par son intercession (....) Si cela est conforme à Votre Sainte Volonté. Amen.


Imprimatur

Paris, 10 avril 1972

E. Berrar, V.E.


Renseignements et relations de grâces

Association les Amis d'Anne de Guigné

14, avenue Hoche

75008 Paris

www.annedeguigne.fr


E-mail: aag5@hotmail.fr

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