28 novembre 2015

L'Avent avec Saint François d'Assise

Poverello (1)-001

L'Avent avec Saint François

 

Premier Dimanche de l'Avent

 

461_001

Un cœur ambitieux et inquiet

François naît à Assise en 1181 ou 1182. Fils d'un marchand, dans une ville en plein essor économique, il rêve de devenir chevalier. Il est fait prisonnier suite à une guerre locale entre Assise et Pérouse. Il tombe malade et réfléchit à sa vie passée. À ses amis, de façon voilée, il a annonce son désir de conversion : « J'épouserai une femme plus noble et plus belle que vous n'en n'avez jamais vu, telle qu'elle dépasse toutes les autres en beauté et l'emporte sur toutes en sagesse » (Thomas de Celano, Vita Prima, 8). Il se montre fidèle à l'idéal chevaleresque pour mettre tout en œuvre afin de gagner le cœur de « celle » qu'il aime.

 

À l'école de Saint François

« Ô Dieu très-haut et glorieux, illumine les ténèbres de mon cœur. Et donne-moi la Foi droite, l'espérance certaine et la Charité parfaite, le sens et la connaissance, Seigneur, pour que moi, je fasse Ton Saint et véridique commandement. Amen. » (Prière devant le Crucifié).

Parole de Dieu : « Un jeune homme interrogea Jésus : « Bon Maître, que me faut-il faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » (Saint Luc 18, 18).

 

Dans ma vie

L'Avent, que nous commençons avec ce premier dimanche, doit être pour nous l'occasion d'un renouvellement spirituel. Puisqu'il est d'usage de débuter une nouvelle année par quelques bonnes résolutions, travaillons donc à fixer notre regard sur le Petit Pauvre d'Assise. Parfaite icône de son Maître et de son Seigneur, il nous apprend à préparer notre cœur à la venue du Messie. Déjà nous voulons offrir à l'Enfant de la crèche toute notre vie, reconnaissant en Lui celui-là seul qui peut nous sauver. Pour cela nous Lui offrons notre intelligence et notre volonté, afin qu'Il nous fasse le don d'un accroissement de Foi, d'espérance et de Charité.

Résolution : En ce début d'Avent, je prends la résolution de consacrer quelques instants par jour à la prière et à la méditation. Au besoin, j'inscris sur mon agenda quotidien, pour chaque jour de la semaine, le temps que je désire consacrer à Dieu.

 

Méditation

Le temps liturgique de l'Avent nous prépare à l'avènement du Sauveur. Mais les lectures bibliques nous permettent de faire le lien avec la fin de l'année liturgique parce que le baptisé est tout tendu vers le second avènement du Christ, qui « reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts ». La mémoire de l'entrée dans notre humanité de Jésus nous dispose à la grande rencontre, face à face, avec Celui qui est le Chemin vers le Père, la Vérité qui nous rend libre, la Vie qui nous sauve. Chaque fois que nous participons à la Messe, le Christ vient à notre rencontre, Il veut se faire le Compagnon de notre existence. Il nous enseigne par Son Évangile, Il nous relève par Son Pardon, Il nous communique Sa propre Vie par les Sacrements. Mais nous pouvons aussi nous appuyer sur le témoignage de tous les Saints. C'est leur attachement au Christ que nous retrouvons comme point commun dans la vie de tous les témoins de l’Évangile. Saint François d'Assise a été parfaitement identifié au Christ, jusque dans Sa Passion. Toute sa vie est comme une déclaration d'amour faite au Dieu qui se fait Homme. Par son intercession, demandons la grâce de grandir durant ce temps de l'Avent et durant toute l'année liturgique dans la connaissance véritable du Christ, qui, par amour pour nous, s'est fait petit enfant.

 

Première Semaine de l'Avent

 

3

Lundi

Le nouveau chevalier du Christ

 

Dans l'enthousiasme de la conversion, François ne perçoit pas encore très bien quelle est sa vocation. Mais il sait clairement ce qu'il ne veut pas : poursuivre la tradition familiale en devenant marchand de draps, à une époque où les villes s'organisent et deviennent des puissances économiques capables de rivaliser avec les prétentions des maîtres de l'ordre féodal. Un beau jour, François rassemble des étoffes précieuses dans le magasin de son père et va les vendre. Puis il dépose l'argent aux pieds d'un pauvre prêtre, desservant une église en ruine dédiée à Saint Damien. Celui-ci accepte d'héberger ce jeune homme en rupture de ban, mais il refuse l'argent, par crainte de la réaction du riche marchand lésé.

 

À l'école de Saint François

« Se dérobant aux yeux des railleurs, il allait souvent, presque chaque jour, prier en secret. Il y était, en quelque sorte, pressé par l'avant-goût de cette douceur qui, le visitant très souvent, le poussait de la place ou des autres lieux vers la prière » . (Légende des Trois Compagnons 8).

Parole de Dieu : « Prends ta part de souffrances, en bon soldat du Christ Jésus. Dans le métier des armes, personne ne s'encombre des affaires de la vie civile, s'il veut donner satisfaction à qui l'a engagé ». (2 Timothée 2, 3-4).

 

Dans ma vie

 

La première étape de la conversion ne consiste pas à multiplier les exploits vertueux mais bien à accueillir la lumière du Salut. Toute la pédagogie de la liturgie de l'Avent dispose nos cœurs à cet accueil. Il fait donc regarder d'abord au don qui nous est fait avant d'envisager le combat spirituel qui doit être le nôtre. Ce que Dieu attend de moi, c'est d'abord cette disponibilité du cœur, cette bonne volonté, cette ferme décision de ne pas mettre d'obstacle volontaire à sa grâce. Le reste est son affaire, comme mon salut est d'abord son affaire.

Résolution : Saint François m'invite à me laisser dépouiller à la suite du Christ. Je réfléchis sérieusement à ce qui constitue, d'après moi ou d'après ce que me disent mes proches, le principal obstacle en moi pour accueillir vraiment la Miséricorde de Dieu.

 

Nr1GQIKZlqdKhZvVsqd-kf6GLNCCgLXtsNYT3McgyzGC=w426-h574-no

Mardi

« Reconstruit Mon Église »

Alors qu'il s'est établi ermite dans la petite église de Saint Damien, François passe de longues heures en prière. Il se prosterne au pied d'un crucifix et il en ressent une grande joie spirituelle. C'est alors qu'il entend le Crucifié s'adresser à lui : « François, va, et répare ma maison, qui, comme tu le vois, est toute détruite ». Dans sa simplicité, le jeune converti imagine qu'il doit engager tous ses efforts pour la réparation de l'édifice de pierre. Mais la fidélité qu'il mettra à répondre à sa vocation fera de lui un rénovateur de la force de l’Évangile pour son temps et pour tous les temps.

 

À l'école de Saint François

« Revenu enfin à lui, il se prépare à obéir, se reprend complètement en vie du mandat de réparer une église matérielle, bien que la signification essentielle du mot s'appliquât à celle que le Christ à acquise par Son Sang, comme l'Esprit Saint le lui apprit et comme lui-même le révéla aux Frères ». (Saint Bonaventure, Légende Majeure 2,1).

Parole de Dieu : « Soyez attentifs... à tout le troupeau dont l'Esprit Saint vous a établis gardiens pour paître l’Église de Dieu, qu'il s'est acquise par le Sang de Son propre Fils ». (Ac 20, 28).

 

Dans ma vie

Depuis le jour de mon baptême et de ma confirmation, je suis le Temple du Saint Esprit. Avec tous mes frères chrétiens, vivants et morts, nous constituons le Corps du Christ. C'est pour établir cette communion entre nous tous que le Verbe s'est fait chair, qu'Il a assumé une nature humaine en tout semblable à la mienne. Mais chaque chrétien travaille d'autant mieux pour l'ensemble du Corps qu'il cherche lui-même à être fidèle au quotidien à la grâce qui est la sienne. Se préparer à Noël, c'est accueillir Celui qui vient reconstruire l’Église de notre cœur et de notre vie puisqu'Il veut que notre personne soit le lieu de la rencontre de la créature avec son Créateur.

Résolution : En cette journée, je prie d'une manière tout particulière pour l’Église du Christ répandue à travers le monde. Je demande au Saint Esprit de me faire découvrir et aimer ma place dans ce corps immense.

24

Mercredi

Se dépouiller pour suivre le Christ

 

En devenant ermite à Saint Damien, François se met en quelque sorte sous la protection de l’Église et il se consacre au service de Dieu et de Dame Pauvreté. Il rencontre l'opposition forcenée de son père qui faisait de grands projets pour lui et qui ne supporte pas les humiliations que son fils doit assumer en mendiant, alors qu'il était peu de mois auparavant à la tête de la jeunesse dorée d'Assise. Mais François préfère renoncer à l'héritage familial pour ne plus rien devoir à son père et pour vivre totalement les exigences de sa vocation qui sera bientôt confirmée par l’Église.

 

À l'école de Saint François

« L'Homme de Dieu résigne à son père l'argent qu'il avait voulu dépenser pour l'ouvrage de la dite église (de Saint Damien), persuadé d'agir ainsi par l'évêque de la Cité... car il n'est pas permis de dépenser pour des usages sacrés ce qui a été mal acquis... il dit : « De ce jour, je dirai librement notre Père qui es aux cieux » et non « mon père Pierre de Bernadone » ; à ce dernier, voici que non seulement je rends cet argent, mais je lui résigne intégralement mes vêtements. C'est donc nu que j'irai vers le Seigneur ». (Thomas de Celano, Mémorial 12).

Parole de Dieu : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple ». (Saint Luc 14, 26).

 

Dans ma vie

Noël est par excellence la fête de la famille. De fait la plupart d'entre nous, nous devons le don précieux de la Foi à nos parents et à notre famille qui nous l'ont transmis. Le Fils de Dieu Lui-même à voulu naître et vivre au sein d'une famille humaine, mais nous savons aussi que la lumière de la Rédemption vient éclairer les ténèbres de la condition humaine, et la famille, comme toute réalité créée, a été marquée aussi par le péché et sa loi de mort. De nombreux Saints ont eu à souffrir incompréhensions et parfois même persécutions au sein de leur propre famille. Pour être à son tour évangélisatrice, la famille doit être d'abord évangélisée.

Résolution : Je prie pour ma famille, pour ceux qui m'ont transmis la Foi. Je confie aussi tous les chrétiens qui souffrent de l'incompréhension de leurs proches. Que la grâce de Noël donne à chacun d'accueillir le Salut.

A la léproserie

Jeudi

Le baiser au lépreux

Depuis la conversion de Saint François interviennent plusieurs rencontres providentielles. Suite à la captivité qu'il dut subir, il prit la résolution de ne se détourner d'aucun pauvre ni d'aucune personne dans la détresse. À l'image de Saint Martin, il fit don de ses propres vêtements à un chevalier dans la misère. Il aime à se mêler, de façon anonyme, à la foule des pauvres et des miséreux. Il arrive à vaincre son dégoût et sa peur en échangeant le baiser de paix avec un lépreux, à qui il fait aumône. Il ressort bouleversé d'une pareille expérience et son cœur est à jamais transformé.

 

À l'école de Saint François

« Le Seigneur me donna ainsi à moi, Frère François, de commencer à faire pénitence : comme j'étais dans les péchés, il me semblait extrêmement amer de voir les lépreux. Et le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux et je fis miséricorde avec eux. Et m'en allant de chez eux, ce qui me fut amer fut changé pour moi en douceur de l'esprit et du corps ; et après cela, je ne restais que peu de temps et je sortis du siècle ». (Testament de Saint François 1-3).

Parole de Dieu : « Pris de pitié, Jésus étendit la main, le toucha. Il lui dit : « Je le veux, sois purifié ». » (Saint Marc 1, 41).

 

Dans ma vie

Le mystère de la Nativité nous révèle la Miséricorde de Dieu qui s'est ému de compassion pour notre malheur et qui a tout mis en œuvre pour notre Salut. Le Verbe a voulu éprouver en tout notre misère et Il a assumé l'intégralité des conséquences de notre péché. La compassion du Christ face à toutes les misères nous révèle l'Amour de Dieu et la solidarité qu'Il a voulu établir avec nous. Mais c'est toute l’œuvre de l'Incarnation rédemptrice qui peut se comprendre comme un baiser au lépreux. Or Dieu fait communier aux sentiments de son cœur ses amis les Saints. Émus de compassion ceux-ci veulent à leur tour se dépenser dans compter pour le Salut de leurs frères.

Résolution : Durant cette journée, dans toute personne rencontrée ou croisée, je verrai un envoyé de Dieu. Je ne me détournerai d'aucune misère, mais j'accueillerai chacun avec un grand esprit de Foi et une volonté ferme d'offrir mes services, ma prière, ma présence comme une réponse à l'Amour de Dieu.

san-francesco-berlinghieri-12

Vendredi

Le missionnaire de la paix

 

François aime à passer de longues heures en prière. Pourtant il ne rejoint pas un monastère de vie contemplative. Envoyé par Dieu, il prêche à tous le Saint Évangile, dans sa simplicité et toute ses exigences. Dans une société marquée par ma division et les tensions (entre ville rivales, entre le système féodal et l'émergence des villes libres, entre familles nobles et bourgeoisie émergente, entre pauvres et riches), il annonce la paix que Dieu veut établir entre tous les hommes par le sacrifice de son propre Fils sur la Croix. C'est d'ailleurs le premier souhait que s'échangent ses fils Franciscain lorsqu'ils se rencontrent ou qu'ils rencontrent ceux vers qui ils sont envoyés en mission.

 

À l'école de Saint François

 

« Comme salutation, le Seigneur m'a révéla que nous devions dire : « Que le Seigneur te donne la paix ! ». » (Testament de Saint François 23).

« Aux hommes et aux femmes, aux passants et à ceux qui le croisaient, c'était toujours elle qu'il annonçait avec la plus grande dévotion. C'est pourquoi beaucoup, qui haïssaient la paix autant que le Salut, embrassèrent la paix de tout leur cœur grâce à la coopération du Seigneur et devinrent eux aussi des fils de la paix et des zélateurs du Salut éternel » (Thomas de Celano, Vita Prima 23)

Parole de Dieu : En quelque maison que vous entriez, dites d’abord : « Paix à cette maison ! ». » (Saint Luc 10, 5)

 

Dans ma vie

 

Celui que nous attendons est annoncé comme le Prince de la paix parce que sa mission est de réconcilier les hommes avec Dieu et de vaincre le mal. La paix est donc le fuit d'une victoire et d'une amitié. Le chrétien est artisan de paix parce qu'il a reçu en héritage cette paix, fruit de la victoire du Christ et de médiation de réconciliation. Mais « être artisan » signifie aussi que la paix est le fruit de notre propre action, c'est à dire de notre vie livrée au prince de la paix.

Résolution : Je réfléchis aux moyens très concrets d'être artisan de paix, que ce soit dans ma famille, dans mon milieu professionnel, dans mon quartier ou dans mon village. À la suite de Saint François, je cherche à témoigner de cette paix que l'Enfant de la Crèche vient donner au monde entier.

23

Samedi

Les premiers disciples

Il n'y a chez François aucun plan préétabli ni volonté de paraître ou de rayonner. Il avait cependant naturellement un grand ascendant sur ses contemporains ; son enthousiasme, sa joie, sa prodigalité lui avaient déjà valu une certaine popularité avant sa conversion, sur ses propres camarades qui l'avaient placé à la tête de la bande turbulente qu'ils constituaient au sein de la jeunesse fortunée d'Assise. Quelques uns sont frappés et touchés par le témoignage que le jeune converti donne : ayant renoncé à tout, son exemple de prière et de mortification vécues au cœur de la cité les bouleverse et bientôt quelques disciples se joignent à lui. Une génération après, ils constitueront une des premières familles religieuses de la Chrétienté.

 

À l'école de Saint François

 

« Et ceux qui venaient pour recevoir cette vie, tout ce qu'ils pouvaient avoir, ils le donnaient aux pauvres ; et ils se contentaient d'une seule tunique, rapiécée au dedans et au dehors... et nous étions illettrés et soumis à tous. » (Testament de Saint François 16-19)

Parole de Dieu : « Tout ce que tu as, vends-le et distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ». (Saint Luc 18, 22).

 

Dans ma vie

 

Se préparer à Noël, c'est accueillir Celui qui bouleverse notre vie et nos valeurs parce que Jésus vient au monde pour nous apprendre à vivre déjà des mœurs du Royaume. Les religieux vivent de cette réalité en renonçant radicalement à la possession des biens terrestres et ils sont pour le peuple de Dieu les témoins et le rappel de la vocation surnaturelle de tout homme. Mais tout baptisé doit apprendre la liberté du cœur par rapport aux biens matériels, témoignant pour ainsi d'une juste hiérarchie des réalités créées qui sont à notre disposition pour en user selon l’Évangile.

Résolution : Puisque dans l’Évangile, Jésus rappelle à ses disciples qu'ils sont dans le monde sans être du monde, j'examine sincèrement quel est mon degré d'attachement aux biens terrestres. Je demande à Saint François la grâce de la liberté spirituelle.

 

Extrait du Hors série de Parole et prière « Mon Avent avec Saint François » sorti en 2013

Téléchargez les meditations de cette Semaine (PDF) en cliquant ici

529_001

Pour recevoir par mail, chaque semaine de l'Avent, les méditations de l'Avent avec Saint François,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes


12 décembre 2013

Une icône pour méditer pendant l'Avent

Une icône pour méditer pendant l'Avent

7096334551_fed8ca9f75_o

Locutus sum in lingua mea notum fac mihi domine

finem meum et numerum dierum meorum quis est ut sciam qund desit mihi

 

J'ai laissé parler ma langue Seigneur,

fais-moi connaître ma fin, quel est le nombre de mes jours et je connaîtrai combien je suis fragile.

 (Psaume 38)

Posté par fmonvoisin à 13:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

Prière à Notre Dame de l'Avent

madonna-della-maternita200

Prière à Notre Dame de l'Avent

 

Notre Dame de l'Avent, Mère de toutes nos attentes, vous qui avez senti prendre chair en votre sein l'Espérance de votre Peuple, le Salut de Dieu, soutenez nos maternités et nos paternités, charnelles et spirituelles.

Mère de toutes nos espérances, Vous qui avez accueilli la Puissance de l'Esprit pour donner chair aux promesses de Dieu, accordez-nous d'incarner l'Amour, signe du Royaume de Dieu, dans tous les gentes de notre vie.

Notre Dame de l'Avent, Mère de toutes nos vigilances, Vous qui avez donné un visage à notre avenir, fortifiez ceux qui enfantent dans la douleur un monde nouveau de Justice et de Paix.

Vous qui avez contemplé l'Enfant de Bethléem, rendez-nous attentifs aux signes imprévisibles de la tendresse de Dieu.

Notre Dame de l'Avent, Mère du Crucifié, tendez la main à tous ceux qui meurent et accompagnez leur nouvelle naissance dans les bras du Père.

Notre Dame de l'Avent, icône pascale, accordez-nous cette joyeuse vigilance qui discerne, dans la trame du quotidien, les passages et la venue du Christ Seigneur. Amen.

 

(D'après une prière de Michel Hubaut, O.F.M., extraite du Magnificat n°241 de décembre 2012)

 

22 décembre 2012

L'Avent avec les Carmes

L'Avent avec les Carmes

397_001

Quatrième semaine

Grandir dans la foi

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (1, 39-45)

 

En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque j’ai entendu tes paroles de salutation, l’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi. Heureuse, celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

 

Méditation pour la quatrième semaine

« grandir dans la foi »

 

« La foi et l’amour, nous dit cette semaine saint Jean de la Croix, sont les conducteurs d’aveugle qui te guideront par un chemin que tu ne connais pas, là où Dieu est caché. La foi, ce sont les pieds avec lesquels l’âme va vers Dieu, et l’amour est le guide qui la conduit ». Quelles images étonnantes ! Serions-nous en train de marcher à l’aveuglette, au cours de cette retraite d’Avent ? Pourtant, nous savons bien ce que nous faisons : nous nous dirigeons vers Bethléem, nous allons à la rencontre du Sauveur ! Alors, allons-nous vers l’inconnu ? Pas vraiment, car si nous n’avions aucune idée au sujet de Celui qui nous appelle, nous n’aurions même pas entamé ce chemin. Mais nous ne devons pas oublier pour autant que le Seigneur dépasse toujours ce que nous pouvons imaginer ou découvrir de lui. Le Seigneur se manifeste à nous, il se donne à connaître à nous… mais il est toujours au-delà de ce que nous pouvons saisir de lui. C’est pourquoi nous cheminons par la foi, dont Jean de la Croix nous dit dans un autre de ses ouvrages qu’elle est « le seul moyen adapté et approprié pour que l’âme s’unisse à Dieu », car elle nous met en contact avec le mystère de Dieu, avec le mystère qu’est Dieu.

Ce dynamisme de la foi, nous le reconnaissons dans l’épisode de la Visitation que la liturgie nous donne à méditer en ce quatrième et dernier dimanche de l’Avent. Comme ses contemporains, Élisabeth, la cousine de la Vierge Marie, attendait la venue du Messie d’Israël. Comme nous, elle avait une relation avec le Seigneur Dieu dans la prière et elle connaissait les Écritures : elle pouvait ainsi un peu se représenter comment le Seigneur s’y prendrait pour sauver son peuple. Pourtant, lorsqu’elle reçut la visite de la Vierge Marie, elle fit l’expérience d’une immense surprise. En effet, l’Évangile nous dit qu’elle fut alors remplie de l’Esprit Saint et qu’elle s’écria : « Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » Jamais elle n’aurait pu imaginer que le Sauveur viendrait à elle de cette façon. Et d’ailleurs, que s’est-il produit lors de cette rencontre ? Elle n’a rien vu d’autre que sa jeune cousine enceinte qui venait lui rendre visite. Mais elle a laissé son cœur s’ouvrir et recevoir la grâce de l’Esprit de Dieu. Elle s’est laissée bouleversée jusqu’au plus profond d’elle-même : « L’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi ».

Depuis le début de cette retraite, d’une façon ou d’une autre, c’est l’amour pour Dieu qui nous a fait entreprendre notre chemin d’Avent. C’est cet amour qui nous pousse vers Bethléem, où nous allons bientôt découvrir le Sauveur. Nous aussi, comme Élisabeth, c’est par la foi que nous allons le rencontrer. Car le Sauveur ne ressemblera peut-être pas – sûrement pas ! – à ce que nous aurions imaginé... Qu’attendons-nous de lui ? Voulons-nous qu’il soit un magicien qui va, d’un coup de baguette magique, faire disparaître tous nos soucis ? Rêvons-nous pour Noël d’un personnage de conte de fées qui va combler toutes nos frustrations ? En fait, Dieu ne vient pas nous arracher à notre condition humaine. Tout au contraire, pour nous sauver, il vient partager notre humanité. C’est certain, le Sauveur ne ressemblera à aucun des super-héros que nous pourrions imaginer : Dieu vient à nous en se faisant enfant… Comme un enfant, il est déroutant, bouleversant : alors, laissons Dieu nous surprendre en cette nuit de Noël ! Le cadeau qu’il nous fait, ce n’est rien de moins que lui-même. Alors, pour Noël, n’attendons rien de moins !

 

463_001

Le Cantique spirituel de saint Jean de la Croix (1, 11)

 

Voilà, ô âme, ce que tu dois faire pour trouver l’Époux dans la retraite de ton cœur. Mais si tu veux écouter encore, voici une parole pleine d’une substance et d’une vérité inaccessibles : Cherche-le dans la foi et l’amour, sans te satisfaire d’aucune autre chose, sans goûter ni comprendre au-delà de ce que tu dois savoir. La foi et l’amour sont les conducteurs d’aveugle qui te guideront par un chemin que tu ne connais pas, là où Dieu est caché. La foi, qui est le secret dont nous avons parlé, ce sont les pieds avec lesquels l’âme va vers Dieu, et l’amour est le guide qui la conduit. Et l’âme, en contemplant et en approfondissant ces mystères et ces secrets de la foi, méritera que l’amour lui découvre ce que renferme la foi, à savoir l’Époux qu’elle désire, dès cette vie par une grâce spéciale – l’union divine avec Dieu, comme nous avons dit – et, dans l’autre vie, par une gloire essentielle, en jouissant de lui face à face, sans qu’il soit caché en aucune manière. Mais, jusque-là, bien que l’âme arrive à cette union qui est l’état le plus élevé auquel on parvienne en cette vie, l’Époux est malgré tout, pour l’âme, caché dans le sein du Père, comme nous l’avons dit. Et comme c’est là que l’âme désire en jouir dans l’autre vie, elle répète toujours : « Où t’es-tu caché ? »

 

Maria di Nazaret

La compagne de route de la semaine : la Vierge Marie

 

Qui, mieux que la Vierge Marie, peut nous accompagner en ces dernières heures du temps de l’Avent ? Elle a « cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ». Bientôt, elle va découvrir le visage du Fils de Dieu, de son enfant, qu’elle porte depuis neuf mois et qu’elle a tant désiré voir... Marchons vers Bethléem en sa compagnie ! Qu’elle nous enseigne à rester attentifs à la venue du Seigneur ! Demandons-lui de soutenir notre persévérance dans la prière : que nous continuions à réserver, dans nos journées, des espaces de silence afin de nous tourner vers la présence intérieure du Seigneur qui vient à nous ! À son école, apprenons aussi à ouvrir notre cœur aux nécessités des autres, et à leur porter la Bonne Nouvelle du salut !

 

Prier chaque jour cette semaine

 

Dimanche 23 décembre

 

Songe à cet infini savoir et à ce secret caché. Quelle paix, quel amour, quel silence est dans ce Cœur divin ! quelle science élevée celle que Dieu enseigne là ! (Maxime 190).

Seigneur, prépare mon cœur à cette merveille inouïe : la puissance de Dieu dans un petit enfant !

 

Lundi 24 décembre

 

Oh ! Seigneur mon Dieu ! C’est toi qui te montres le premier et qui viens à la rencontre de ceux qui te désirent (Maxime 7).

Je t’ai cherché, Seigneur, et voici que tu me cherchais toi aussi ?

 

Gesù e la Passione

Retraite proposée par les Pères Carmes de Paris : http://www.carmes-paris.org/retraite-en-ligne/retraite-avent-2012/

Posté par fmonvoisin à 12:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

14 décembre 2012

L'Avent avec les Carmes

L'Avent avec les Carmes

397_001

Troisième semaine

S’ouvrir à la joie

 

Lettre de saint Paul, Apôtre, aux Philippiens (Ph 4, 4-7)

 

Frères, soyez toujours dans la joie du Seigneur ; laissez-moi vous le redire : soyez dans la joie. Que votre sérénité soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, dans l’action de grâce, priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer, gardera votre cœur et votre intelligence dans le Christ Jésus.

 

Méditation pour la troisième semaine

« S’ouvrir à la joie »

 

Dans la liturgie, ce troisième dimanche de l’Avent s’appelle dimanche de « Gaudete ». Ce mot latin est contenu dans la deuxième lecture de ce jour, tirée de la lettre de saint Paul aux Philippiens : « Réjouissez-vous (« Gaudete ») dans le Seigneur ! Soyez toujours dans la joie du Seigneur, soyez dans la joie ! » Ce dimanche est donc le dimanche de la joie ! C’est précisément la grâce de la joie que nous demandons dans la prière d’ouverture de la messe dominicale, que nous pouvons redire au Seigneur tout au long de cette semaine : « Tu le vois, Seigneur, ton peuple se prépare à célébrer la naissance de ton Fils ; dirige notre joie vers la joie d’un si grand mystère : pour que nous fêtions notre salut avec un cœur vraiment nouveau ».

Mais qu’est-ce que cette joie ? Ne la confondons pas avec l’euphorie d’un moment de rigolade ! Il s’agit évidemment de quelque chose de bien plus profond… En méditant les versets de la lettre aux Philippiens, nous pouvons découvrir que la joie dont saint Paul nous parle provient de notre relation au Seigneur. La raison de cette joie ? « Le Seigneur est proche ». Une de ses conséquences pour nous ? « Ne soyez inquiets de rien, mais faites connaître à Dieu vos demandes ». Autrement dit : « En toutes circonstances, prenez vos responsabilités, et faites aussi confiance au Seigneur qui agit dans votre vie ». De là découle un appel à laisser déborder cette joie sur les autres : « Que votre sérénité soit connue de tous les hommes ». Cette sérénité, ce n’est pas une simple question de bien-être ou de tranquillité d’esprit. C’est plutôt le résultat de notre union confiante au Seigneur : « Seigneur, j’ai confiance en ta présence et en ton action dans ma vie ». Si le fondement de notre vie, c’est cette relation au Seigneur, il en transparaitra quelque chose auprès des autres, à un moment ou un autre. Sans fanfaronnade, avec des paroles ou simplement par notre attitude, nous serons des témoins de la présence de Dieu dans notre vie. Pour nous qui, pendant ce temps de l’Avent, marchons vers Bethléem, tout cela prend un relief particulier : oui, le Seigneur est proche, il va bientôt venir pour nous dans la nuit de Noël. Dans la prière que nous nous efforçons de vivre pendant cette retraite, nous expérimentons même que déjà il est proche de nous, que déjà il est en nous.

Mais pourtant, tout en entendant saint Paul nous parler de joie, nous pourrions avoir envie de lui répondre que, dans notre vie, tout n’est pas si joyeux que cela. Nous avons des préoccupations bien légitimes qui viennent de notre travail, de nos responsabilités, de notre famille... Et puis nous avons aussi nos lieux de véritables souffrances : le mal que nous subissons, le mal que nous faisons, pourrait parfois plutôt nous enlever toute joie ! Oui, c’est certain, tout n’est pas rose dans notre vie. Mais justement, la joie dont parle saint Paul, c’est autre chose que d’avoir une vie facile. La joie dont il nous parle, c’est celle qui provient de la présence du Seigneur dans notre vie. Présence souvent discrète, mais bien réelle : à nous de nous rendre attentifs à cette présence, d’en demander la grâce. Saint Jean de la Croix, cette semaine, nous dit même qu’il faut que nous nous cachions pour rejoindre cette présence de Dieu en nous. Il ne s’agit pas de fuir la réalité, il ne s’agit pas de nier nos problèmes et nos difficultés. Mais notre chemin de prière peut nous faire découvrir que le Seigneur vers qui nous nous tournons dans la prière silencieuse, dans l’oraison, nous accompagne tout au long de nos journées. La joie qu’il nous donne ne fait pas disparaître nos souffrances. Mais elle est le signe que nous ne les vivons pas seuls, puisqu’il nous accompagne.

Alors, cette semaine, demandons au Seigneur la grâce de vivre avec lui, en sa compagnie, en sa présence, tout ce qui fait la trame de notre vie : ses joies et ses douleurs, ses réussites comme ses échecs. Quand nous marchons dans la rue, quand nous prenons le métro, où que nous soyons, tournons notre cœur vers lui, qui est présent au-dedans de nous, et disons-lui que nous désirons vivre chaque instant de notre vie en communion avec lui. Rendons-lui grâce pour le bien que nous voyons en nous, et confions-lui le mal qui nous fait souffrir : il désire que nous lui offrions tout, afin qu’il puisse agir dans toute notre vie. Sa présence en nous : là est la source de la joie véritable, que rien ni personne ne peut nous enlever !

 

Le Cantique spirituel de saint Jean de la Croix (1, 9)

 

Mais tu dis encore : Puisque celui qu’aime mon âme est en moi, comment se fait-il que je ne le trouve, ni ne le sente ? C’est parce qu’il est caché et que tu ne te caches pas aussi pour le trouver et le sentir ; car celui qui doit trouver une chose cachée doit se cacher lui-même et pénétrer jusqu’à l’endroit où elle est et, quand il l’a trouvée, il est caché comme elle. Donc, étant donné que ton Époux bien-aimé est le trésor caché dans le champ de ton âme, pour lequel le sage marchand a donné tous ses biens, il te faudra, pour le trouver, oublier tout ce qui t’appartient, t’éloigner de toutes les créatures, te cacher dans la retraite intérieure de ton esprit et, fermant sur toi la porte, c’est-à-dire renonçant à ta volonté en toutes choses, prier ton Père dans le secret. Ainsi, restant cachée avec lui, tu le sentiras alors en secret, tu l’aimeras et tu en jouiras en secret, et tu prendras plaisir avec lui en secret, c’est-à-dire au-delà de toute parole et de tout sentiment.

 

374_001

Le compagnon de route de la semaine : L’Apôtre saint Paul

 

Depuis sa rencontre avec le Christ sur la route de Damas, le chemin de l’apôtre Paul a été une marche continuelle vers le Seigneur, pour le connaître et l’aimer toujours davantage. Dans un autre passage de la lettre aux Philippiens, il parle de ce dynamisme incessant de son itinéraire spirituel. Déjà, il a rencontré le Seigneur. Mais il sait que le mystère de Dieu est toujours plus grand, et qu’il faut donc toujours avancer vers lui, sans jamais s’arrêter : « Oubliant le chemin parcouru, je vais droit de l’avant, tendu de tout mon être, et je cours vers le but, en vue du prix que Dieu nous appelle à recevoir là-haut, dans le Christ Jésus » (Ph 3, 13-14). Nous qui marchons sur le chemin de l’Avent, nous pouvons demander à saint Paul de nous communiquer quelque chose de son dynamisme spirituel. À sa prière, que le Seigneur enracine aussi en nous cette conviction de foi que rien ni personne ne peut nous séparer de l’amour de Dieu : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui qui n’a pas épargné son propre Fils mais l’a livré pour nous tous, comment avec lui ne nous accordera-t-il pas toute faveur ? (…) Qui nous séparera de l’amour du Christ ? la tribulation, l’angoisse, la persécution, la faim, la nudité, les périls, le glaive ? En tout cela nous sommes les grands vainqueurs par celui qui nous a aimés. Oui, j’en ai l’assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 8, 31-39).

 

Prier chaque jour de la semaine

 

Dimanche 16 décembre

 

Seigneur Dieu, mon Bien-Aimé, si tu te souviens encore de mes péchés pour ne pas accomplir ce que je te demande, fais en eux ta Volonté, c’est ce que je désire le plus : exerce ta bonté et ta miséricorde, et tu seras connu en eux (Maxime 35).

Seigneur, mon péché ne m’empêche pas de venir à toi, pourvu que je te le présente !

 

Lundi 17 décembre

 

Qui pourra se libérer de ses pauvres manières et de ses pauvres limites, si toi-même ne l’élèves jusqu’à toi en pureté d’amour, mon Dieu ? (Maxime 39).

Dieu de miséricorde, fais-moi revenir à toi, et je serai sauvé !

 

Mardi 18 décembre

 

Tu ne m’ôteras pas, mon Dieu, ce qu’une fois tu m’as donné en ton Fils unique Jésus-Christ. En lui, tu m’as donné tout ce que je désire. C’est pourquoi je me réjouirai de ce que tu ne tarderas pas, si, moi, j’attends (Maxime 40).

Jésus, tu es mon Sauveur : j’ai confiance en toi !

 

Mercredi 19 décembre

 

L’âme qui aime est douce, humble et patiente (Maxime 45).

Je confie au Seigneur une difficulté face à laquelle je suis tenté par le découragement.

 

Jeudi 20 décembre

 

L’âme qui chemine dans la voie de l’amour ne fatigue pas, et ne se fatigue pas (Maxime 144).

Dans mes relations avec les autres, est-ce bien l’amour qui me pousse à agir ?

 

Vendredi 21 décembre

 

Dieu, pour aimer une âme, ne regarde pas sa grandeur, mais la grandeur de son humilité (Maxime 150).

Seigneur Dieu, tu m’aimes tel que je suis : aide-moi à m’aimer tel que je suis, confiant en ton amour !

 

Samedi 22 décembre

 

Efforce-toi toujours d’avoir Dieu présent et de conserver en toi la pureté que Dieu t’enseigne (Maxime 193).

Au milieu de mes activités de la journée, je fais une pause de quelques instants : « Béni sois-tu, Seigneur, pour ta présence dans ma vie ! »

 

111_001

Retraite proposée par les Pères Carmes de Paris : http://www.carmes-paris.org/retraite-en-ligne/retraite-avent-2012/

Posté par fmonvoisin à 18:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,


07 décembre 2012

L'Avent avec les Carmes

L'Avent avec les Carmes

13IHS10

Deuxième semaine

Entrer au-dedans de soi

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (3, 1-6)

 

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode, prince de Galilée, son frère Philippe, prince du pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias, prince d’Abilène, les grands prêtres étant Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie. Il parcourut toute la région du Jourdain ; il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre du prophète Isaïe : « À travers le désert, une voix crie : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées seront aplanies ; et tout homme verra le salut de Dieu. »

 

Méditation

« entrer au-dedans de soi »

 

Voici une semaine que nous sommes entrés en retraite pour ce temps de l’Avent. Il s’agit maintenant pour nous d’avancer sur la route. Mais quelle route allons-nous emprunter ? En citant le prophète Isaïe, Jean Baptiste, dans l’Évangile de ce dimanche, nous parle d’une route qui est « le chemin du Seigneur », c’est-à-dire le chemin sur lequel nous allons marcher pour parvenir jusqu’à la rencontre du Seigneur. Cette route, c’est la route de notre vie : nous pouvons rencontrer le Seigneur ici et maintenant, là où nous sommes. Il n’est pas étranger à notre vie, il n’est pas loin de nous. Cette route peut cependant sembler bien encombrée, car Isaïe nous dit qu’elle a besoin d’être « aplanie ». Dans ma vie, qu’est-ce qui a besoin d’être aplani, rectifié, redressé ?

Il y a d’abord des déformations dans le sens vertical : au lieu d’être bien plane, la route est interrompue par des « ravins », et aussi par des « montagnes » et des « collines ». Dans la méditation et la prière silencieuse, découvrons ce que sont les ravins et les montagnes de notre propre vie. Peut-être s’agit-il par exemple des erreurs d’appréciation que je porte sur moi-même. Tendance à me déprécier moi-même, à trop écouter la mauvaise petite voix qui me répète que je ne suis qu’un incapable, et que je ne mérite que de sombrer dans un ravin… Ou bien, à l’inverse, tendance à faire valoir de façon écrasante – à mes yeux et aux yeux des autres – mes qualités et mes talents : ceux-ci risquent alors de devenir des montagnes qui m’empêchent d’aller plus loin, à la rencontre des autres et de l’Autre… Difficile de porter un juste regard sur nous-mêmes, ni complexé ni orgueilleux ! Pourtant, comme l’écrit Christian de Chergé dans son testament spirituel, « ma vie n’a pas plus de prix qu’une autre, elle n’en a pas moins non plus ». Ni plus, ni moins : ma vie a juste la valeur qui est la sienne, un trésor aux yeux de Dieu ! Ni plus, ni moins : cette justesse si difficile à atteindre, c’est ce que Jean de la Croix nomme « le centre de l’humilité ».

Mais sur la route de notre vie, il y a aussi des déformations dans le sens horizontal : au lieu d’être bien droite, la route est « tortueuse », « déformée ». C’est que, comme le dit le prophète Jérémie, « le cœur de l’homme est malade et compliqué ». Et il poursuit : « Qui peut le connaître ? Le Seigneur, qui scrute les cœurs et les reins ». Quant au texte de notre Évangile de ce dimanche, il affirme que « tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées seront aplanies ». Nous pouvons alors nous demander qui réalisera ces immenses travaux de terrassement ! Comme toujours dans l’Écriture, quand le complément d’agent d’un verbe n’est pas exprimé, c’est que le Seigneur lui-même se cache derrière cette formule discrète. C’est lui-même qui nous attire à sa rencontre, c’est lui-même qui nous délivre de nos entraves, pourvu que nous le lui demandions, pourvu que nous ayons confiance en lui. Ayons le courage, pendant cette semaine, de lui présenter nos voies sans issue, nos voies de perdition, afin qu’il nous en libère.

Enfin, la tradition carmélitaine insiste sur le fait que cette route de la rencontre du Seigneur passe au-dedans de nous. C’est ce que nous dit saint Jean de la Croix dans le texte du Cantique spirituel proposé cette semaine à notre méditation. Il est impossible de passer un seul instant de notre vie sans que le Seigneur ne soit présent en nous, puisqu’il est notre créateur. S’il en était autrement, nous cesserions à l’instant de vivre. Eh bien, puisque le Seigneur est là, il faut nous tourner vers l’intérieur, nous recueillir, afin de le rencontrer au-dedans de nous. Profitons du temps de cette retraite pour nous réserver chaque jour un moment (choisir sa longueur selon nos disponibilités, quitte à sacrifier un loisir ou une activité moins utile !) de prière silencieuse où nous allons nous tourner vers cette présence intérieure du Seigneur en nous. Il faudrait un cadre propice, un endroit silencieux et calme, où nous allons pouvoir nous « poser » un moment. À chacun de choisir aussi un moyen pour orienter le regard intérieur vers le Seigneur : regarder une icône, répéter lentement un verset d’Écriture qui nous a touchés, dire tout simplement au Seigneur ce que nous voulons lui dire… bref, entrer en relation avec lui, qui est présent au-dedans de nous. Une fois ce moment passé, les activités trépidantes du quotidien vont reprendre le dessus et nous faire oublier ce temps de grâce ? Peut-être. Mais en prenant l’ascenseur, en attendant le métro, en passant à la caisse du supermarché, pourquoi ne pas faire une « piqûre de rappel » ? Rien ni personne ne peut m’empêcher alors de fermer les yeux, de me recueillir un instant, et de me tourner silencieusement vers sa présence : « Seigneur, je crois en ta présence en moi. Béni sois-tu pour ta présence en moi ! Découvre-moi ta présence… »

 

Le Cantique spirituel de saint Jean de la Croix (1, 6-8)

 

Et pour que cette âme altérée trouve son Époux et s’unisse à lui par union d’amour, autant que cela se peut en cette vie, et pour qu’elle entretienne cette soif par cette goutte qu’elle peut goûter de lui en cette vie, il sera bon, la prenant par la main au nom de son Époux, puisqu’elle le lui demande, que nous lui répondions en lui montrant l’endroit le plus sûr où il est caché, pour qu’elle le trouve sûrement avec la perfection et la saveur qu’on peut avoir en cette vie, et qu’ainsi elle n’erre pas sur les traces des mercenaires.

Il faut donc remarquer que le Verbe Fils de Dieu, avec le Père et l’Esprit Saint est, par essence et par présence, caché dans l’être intime de l’âme ; par conséquent il faut que l’âme qui doit le trouver sorte de toutes choses, selon l’affection et la volonté, et entre en elle-même dans un très grand recueillement, considérant toutes les choses comme si elles n’existaient pas. C’est pour cela que saint Augustin, parlant à Dieu dans les Soliloques, disait : « Je ne te trouvais pas au-dehors, Seigneur, parce qu’au-dehors je te cherchais mal, puisque tu étais au-dedans. »

Dieu est donc caché dans l’âme et c’est là que le bon contemplatif doit le chercher avec amour en disant : « Où t’es-tu caché ? »

Ô âme, la plus belle d’entre toutes les créatures, toi qui désires tant connaître le lieu où se trouve ton Bien-Aimé pour l’y chercher et t’unir à lui, voilà qu’on te dit que tu es toi-même la demeure où il habite, la retraite et le lieu secret où il est caché ; c’est un sujet de grand contentement et de grande joie pour toi de voir que celui qui est ton bien et ton espérance est si près de toi qu’il est en toi ou, pour mieux dire, que tu ne peux exister sans lui. Voici – dit l’Époux – que le royaume de Dieu est au-dedans de vous, et l’apôtre saint Paul, son serviteur, dit : Vous êtes temple de Dieu.

C’est pour l’âme une grande satisfaction de comprendre que Dieu ne s’éloigne jamais de l’âme, même si elle est en péché mortel, à combien plus forte raison si elle est en grâce.

Que peux-tu vouloir de plus, ô âme, et que cherches-tu de plus en dehors de toi, alors qu’au-dedans de toi tu as tes richesse, tes délices, ta satisfaction, ton rassasiement et ton royaume, c’est-à-dire ton Bien-Aimé que désire et recherche ton âme ? Puisque tu le possèdes si proche, réjouis-toi et sois dans l’allégresse avec lui en ton recueillement intérieur ; désire-le là, adore-le là et ne vas pas le chercher loin de toi car tu te distrairais et tu te fatiguerais et tu ne le trouverais ni n’en jouirais plus sûrement, ni plus rapidement, ni plus intimement qu’en toi-même. Il y a seulement une difficulté, c’est que, bien qu’il soit en toi, il est caché. Mais c’est une grande chose que de connaître le lieu où il est caché, pour le chercher avec certitude. Et c’est ce que toi aussi tu demandes ici quand tu dis, avec l’attachement de l’amour : « Où t’es-tu caché ? »

 

238_001

La compagne de route de la semaine

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Édith Stein)

 

Née dans une famille juive, Édith Stein perd la foi pendant son adolescence. Devenue une philosophe de renom, elle fait de la « recherche de la vérité » son unique prière. La lecture du Livre de la Vie de sainte Thérèse d’Avila achève de lui donner la réponse désirée depuis longtemps : la vérité a un Visage, celui de Jésus-Christ. Elle reçoit le baptême en 1922, entre au Carmel de Cologne en 1933. Elle y prend le nom de Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Face à la montée du nazisme, elle doit se réfugier dans un Carmel des Pays-Bas, en 1939. Elle y arrêtée en 1942, avant d’être déportée au camp d’extermination de Auschwitz-Birkenau.

Édith naît l’année du troisième centenaire de la mort de saint Jean de la Croix (1891). Elle entre dans la Vie l’année du quatrième centenaire de la naissance de celui-ci (1942). Elle a consacré au Père du Carmel thérésien un ouvrage intitulé Science de la Croix. Passion d’amour de saint Jean de la Croix. Pour accompagner notre propre méditation du Cantique spirituel pendant ce chemin d’Avent, en voici un extrait, dans lequel Édith cherche à nous faire mieux comprendre ce que peut signifier, dans la vie spirituelle, le fait de parler de Dieu et de la personne qui prie comme d’un époux et d’une épouse :

« La tonalité fondamentale du Cantique [spirituel] est caractérisée par la tension qu’éprouve l’âme partagée entre le désir douloureux et l’heureuse découverte de son Bien-Aimé. Ce trait de base a trouvé son expression dans l’image qui domine en même temps le tout, sans considération pour la foule des images particulières qui lui sont ordonnées et subordonnées. Cette image est celle de l’épouse à qui il tarde de voir son Bien-Aimé, qui s’apprête à le chercher et finalement le trouve avec un immense bonheur (…)

Cette image n’est pas une allégorie. Si l’âme est appelée l’épouse de Dieu, il n’y a pas seulement là une relation de ressemblance qui autoriserait de désigner l’une par l’autre. Il existe entre l’objet et son image une unité si étroite qu’il peut à peine être encore question de dualité. C’est précisément ce qui caractérise le symbole dans le sens propre et le plus étroit du terme. La relation de l’âme avec Dieu, telle qu’il l’a prévue de toute éternité comme fin de sa création ne peut en vérité être désignée de façon plus frappante que par l’union matrimoniale. Réciproquement, ce que signifie le terme d’épousailles ne trouve nulle part une réalisation aussi appropriée et aussi parfaite que dans l’union d’amour de Dieu avec l’âme. (…) En se basant sur cette image, les relations matrimoniales des êtres humains peuvent exprimer symboliquement celles de Dieu avec l’âme. Mais contrairement à cette donnée, ce qu’elles sont, en tant que purs rapports humains dans la vie réelle, passe au second plan. La réalité du mariage trouve sa plus haute raison dans le fait qu’il est capable de traduire un mystère divin. »

 

Prier chaque jour cette semaine

 

Dimanche 9 décembre

 

Une œuvre pour petite qu’elle soit, faite en secret, sans désir qu’elle soit connue, est plus agréable à Dieu que mille autres, faites avec l’envie que les hommes en aient connaissance (Maxime 26).

 

Sous le regard du Seigneur, je repense à mes actions : Pour qui est-ce que j’agis ? pour qui est-ce que je vis ?

 

Lundi 10 décembre

 

Une seule pensée de l’homme est plus précieuse que tout l’univers : de là vient que Dieu seul en est digne (Maxime 51).

 

Il y a tant de pensées inutiles qui peuvent envahir mon esprit… Aujourd’hui, je m’efforce de leur dire « Stop ! » et de tourner mes pensées vers le Seigneur…

 

Mardi 11 décembre

 

À la fin du jour, c’est sur l’amour que l’on t’examinera. Apprends donc à aimer Dieu comme Il désire l’être, et laisse là ce que tu es (Maxime 80).

 

Viens, Esprit Saint, en nos cœurs ! Viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles !

 

Mercredi 11 décembre

 

Ne pense pas de quelqu’un qu’il n’est pas agréable aux yeux de Dieu, sous prétexte que tu ne vois pas éclater en lui les vertus auxquelles tu penses : car il peut l’être pour ce à quoi tu ne penses pas (Maxime 82).

 

Je demande au Seigneur de convertir mon regard sur telle personne vis-à-vis de qui j’éprouve des difficultés.

 

Jeudi 12 décembre

 

Prends Dieu comme époux et comme ami, et marche continuellement avec Lui ; par ce moyen tu éviteras le péché, tu sauras aimer, et les choses nécessaires te réussiront heureusement (Maxime 88).

 

Seigneur Dieu, fais-moi la grâce de te choisir pour Ami !

 

Vendredi 13 décembre

 

Considère que Dieu ne règne que dans l’âme paisible et dénuée de la recherche de soi-même (Maxime 91).

 

« Seigneur Jésus, tu nous as dit : ‘Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix’. Donne-nous toujours cette paix ! »

 

Samedi 14 décembre

 

Le Père n’a dit qu’une parole : ce fut son Fils. Et dans un silence éternel il la dit toujours : l’âme aussi doit l’écouter en silence (Maxime 147).

 

Seigneur Jésus, apprends-moi à entendre ta Parole dans l’Écriture, dans les événements, dans les autres…

 

397_001

Retraite proposée par les Pères Carmes de Paris : http://www.carmes-paris.org/retraite-en-ligne/retraite-avent-2012/

Posté par fmonvoisin à 20:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

02 décembre 2012

L'Avent avec les Carmes

L'Avent avec les Carmes

315_001

Première semaine

Du 2 au 8 décembre

« Se mettre en marche »

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (21, 25-28 ; 34-36)

 

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête. Les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors on verra le Fils de l’homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans la débauche, l’ivrognerie et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste. Comme un filet, il s’abattra sur tous les hommes de la terre. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous serez jugés dignes d’échapper à tout ce qui doit arriver et de paraître debout devant le Fils de l’homme. »

 

Méditation pour la première semaine

« se mettre en marche »

 

Ce dimanche marque le commencement du temps liturgique de l’Avent, qui est la préparation à la fête de Noël. Il marque aussi le début de l’année liturgique : à partir d’aujourd’hui, et pendant un an, la liturgie va nous faire célébrer l’ensemble des mystères de la vie du Christ. Sa naissance occupe évidemment la première place, du point de vue chronologique. Aussi, nous pourrions tout à fait – avec un peu d’humour ! – nous souhaiter en ce dimanche : « Bonne année ! » Oui, bonne année : qu’elle soit « une année de bienfaits accordée par le Seigneur » (Lc 4, 19) !

Pour nous, cette année, le premier dimanche de l’Avent marque aussi le début d’une retraite spirituelle. En effet, nous avons choisi saint Jean de la Croix comme guide et, avec lui, nous allons cheminer vers la lumière de Bethléem. Sans quitter notre milieu quotidien, nous allons, chaque jour, prendre le temps de méditer la Parole de Dieu, de faire silence sous le regard du Seigneur, de lui confier nos soucis, nos désirs, nos joies. Efforçons d’être fidèles à notre engagement à suivre cette retraite : il en va de la liberté et de la responsabilité de chacun de nous. Sachons que, sans nous voir, nous serons nombreux à suivre ce chemin ensemble : ne manquons pas de prier les uns pour les autres. Cette mystérieuse communion entre nous est un soutien sur lequel nous pouvons nous appuyer.

En ce premier jour de retraite, la liturgie nous offre un extrait de l’Évangile selon saint Luc (Lc 21, 25-28 ; 34-36). Il a peut-être de quoi nous surprendre. Le Seigneur Jésus y parle en effet de cataclysmes terrifiants : signes dans les astres, malheurs s’abattant sur le monde, ébranlement des puissances célestes. Nous voulions nous préparer à Noël, et le Seigneur nous parle de la fin du monde ! En fait, il emploie dans ce discours un langage particulier, que l’on trouve à de nombreuses reprises dans les Écritures. Il s’agit du langage que l’on appelle « apocalyptique ». Ce langage n’est pas celui des scénarios-catastrophe ! « Apocalypse », littéralement, signifie « dévoilement », « révélation ». Le langage apocalyptique sert à nous dévoiler quelque chose de ce qui arrivera à la fin des temps, dans le but de stimuler notre espérance, surtout en temps de crise. C’est comme si le Seigneur nous disait : « Oui, vous aurez bien des difficultés à affronter, mais n’oubliez jamais que je suis votre Sauveur, et que je viens à vous ! » Ainsi, ce passage de l’Évangile oriente notre regard vers la venue du Seigneur, dans sa gloire, à la fin des temps. Sa venue à Bethléem, dans l’humble nuit de Noël, en est l’écho par anticipation.

Alors, nous comprenons mieux pourquoi nous entendons ce difficile passage de l’Évangile au début de notre chemin d’Avent. Le but du chemin de notre vie chrétienne nous y est dévoilé, la raison de la venue du Seigneur à Noël nous y est révélée. Il vient pour notre salut : « Votre rédemption approche ». Et cela ne doit pas nous terroriser, bien au contraire ! Le Seigneur, en nous révélant ainsi le sens de notre existence, nous indique l’attitude à adopter pour nous préparer à accueillir sa venue : « Redressez-vous et relevez la tête », « tenez-vous sur vos gardes », « restez éveillés et priez en tout temps ». Autant de conseils, autant d’appels à la vigilance, que nous pouvons faire nôtres au début de cette retraite d’Avent. Car le Seigneur vient à nous, toujours ! À Noël, nous n’allons pas seulement commémorer le fait que Jésus est venu autrefois. Célébrer Noël, ce n’est pas souffler les bougies du gâteau d’anniversaire de Jésus ! C’est plutôt célébrer sa venue, au présent : cette année, à Noël, Jésus va naître pour notre salut. Aujourd’hui, chaque jour, le Seigneur vient à moi, dans ma vie, là où je suis. Il n’a même jamais cessé de venir vers moi, de m’appeler à le rencontrer. Mais est-ce que je suis attentif à sa venue, à sa présence dans ma vie ? Est-ce que je désire le rencontrer ?

Dans son Cantique spirituel, saint Jean de la Croix nous parle de la prise de conscience douloureuse que « l’âme » fait de ce mystère de la venue de Dieu. Elle prend conscience de sa propre responsabilité dans cette rencontre avec Dieu. Rappelons que « l’âme », dans le langage de Jean de la Croix, c’est la personne humaine, considérée dans sa capacité à se tourner vers Dieu, avec tout ce qu’elle est (corporéité, sensibilité, intelligence, mémoire, volonté, etc. : tout mon être). Pour m’appliquer à moi-même ce que dit Jean de la Croix dans son texte, il me suffit de remplacer « l’âme » par « je » : « Prenant conscience de ce que je dois faire, je vois que brève est la vie… » Eh bien, de quoi est-ce que « l’âme » est en train de se rendre compte, dans ces premières lignes du Cantique spirituel ? En fait, c’est très simple : elle est en train de se rendre compte que sa vie est quelque chose de sérieux, parce que Dieu l’a créée, parce qu’il l’a sauvée. Il en va de sa responsabilité à elle de se tourner ou pas vers Dieu. Et, dès ces premières lignes, le mot le plus important apparaît sous la plume de Jean de la Croix : il s’agit du mot « amour ». « Au seul prix de lui-même, Dieu l’a rachetée, pour cela elle lui doit tous ses efforts et la correspondance d’amour de sa volonté ». Dieu nous aime et désire être aimé de nous. La naissance du Fils de Dieu à Noël n’est motivée que par l’amour qu’il a pour chacun de nous.

La Parole de l’Évangile et la voix de Jean de la Croix s’accordent pour nous interpeller en ce début de retraite. En nous mettant à leur écoute, commençons, cette semaine, par prendre le temps de regarder notre vie sous le regard du Seigneur. Puisque nous avons décidé de suivre cette retraite, il est clair qu’il y a en nous un désir de nous tourner vers le Seigneur, qui est déjà présent dans notre vie. Sous le regard du Seigneur, voyons donc les richesses et les pauvretés qui habitent notre vie en ce moment, ainsi que les désirs et les aspirations qui sont les nôtres. Tout cela, c’est ce qui fait le tissu de notre existence, c’est ce qui se trouve dans notre bagage au moment de partir en retraite pour l’Avent. Maintenant, puisque le Seigneur nous attend, ne perdons plus de temps : mettons-nous en marche !

 

Le Cantique spirituel de saint Jean de la Croix (1, 1)

 

L’âme, prenant conscience de ce qu’elle doit faire, voit que brève est la vie, étroit le sentier de la vie éternelle, que le juste a bien du mal à se sauver, que les choses du monde sont vaines et trompeuses, que tout a une fin et s’épuise comme l’eau qui court. Les temps sont incertains, les comptes à rendre rigoureux ; la perdition est très facile, le salut très difficile. Elle reconnaît, d’autre part, la grande dette qu’elle a envers Dieu qui l’a créée pour lui seul, ce pour quoi elle doit le servir sa vie entière. Au seul prix de lui-même, il l’a rachetée, pour cela elle lui doit tous ses efforts et la correspondance d’amour de sa volonté. Elle reconnaît mille autres bienfaits pour lesquels elle se sait l’obligée de Dieu dès avant sa naissance. Une grande partie de sa vie s’en est allée en fumée et de tout cela elle doit rendre compte et raison, du premier acte jusqu’au dernier, sans faire grâce d’un centime, quand Dieu scrutera Jérusalem avec des flambeaux allumés. Déjà il est tard et peut-être est-ce la fin du jour. Pour porter remède à tant de maux et de dommages, et surtout parce qu’elle sent que Dieu s’irrite et se dérobe à elle qui, parmi les créatures, a tant voulu l’oublier, frappée jusqu’au cœur de douleur et d’effroi à la vue d’une telle ruine et d’un si grand péril, elle renonce à toute chose, laisse de côté toute autre affaire, sans tarder ni d’un jour, ni d’une heure. Avec un désir ardent et un gémissement jailli de son cœur déjà blessé d’amour de Dieu, elle se met à implorer son Bien-Aimé :

 

Où t’es-tu caché, Bien-Aimé ?

Tu m’as abandonnée dans les gémissements ;

comme le cerf tu as fui

m’ayant blessée.

Je sortis à ta poursuite en criant, et tu étais parti.

 

799_001

Le compagnon de route de la semaine : Saint Jean de la Croix

 

Chaque semaine, un aîné dans la foi nous rejoindra sur le chemin de notre retraite, afin de nous accompagner. Pendant cette première semaine, il est bon de nous familiariser un peu plus avec celui qui sera notre guide jusqu’à Noël : saint Jean de la Croix. C’est un homme d’une autre époque que nous, c’est un homme d’une autre culture que nous. Mais surtout, comme nous, c’est un croyant qui a désiré rencontrer le Seigneur plus en profondeur, et qui s’est mis en route pour cela. Les différentes étapes de sa vie montrent que cette recherche de Dieu est le dynamisme de son existence (voir le résumé biographique). Quand il le fallait, il fut même capable de faire des choix radicaux pour que le Seigneur soit toujours à la première place dans sa vie. Chaque jour de la semaine, une « maxime spirituelle » tirée de ses œuvres nous sera donnée. Que la méditation de celles-ci, accompagnées de pistes de réflexion, nous éclairent sur la route ! Laissons-nous inspirer aussi par ce premier extrait de son Cantique spirituel, riche de sens spirituel et tellement imprégné de la Parole de Dieu ! Reprenons par exemple, dans notre prière quotidienne, tel passage qui nous aura plus particulièrement touchés, ou l’un des versets de l’Écriture, qui viennent si spontanément sous la plume de Jean ! Que saint Jean de la Croix nous accompagne sur notre chemin d’Avent et intercède pour nous !

 

fr. Anthony-Joseph Pinelli, ocd

 

Prier chaque jour

Maximes de Saint Jean de la Croix pour chaque jour de la semaine

 

Dimanche 2 décembre

 

« Dieu requiert plus de toi le moindre degré de pureté de conscience, que toutes les autres oeuvres que tu puisses faire » (Maxime 18).

Pendant cette retraite, qu’est-ce que je désire demander au Seigneur ?

 

Lundi 3 décembre

 

« Toi, Seigneur, tu reviens, avec allégresse et amour, relever celui qui t’offense ; et moi, je ne reviens pas relever et honorer celui qui n’irrite que moi ! » (Maxime 65).

Je te rends grâce, Seigneur, pour ta miséricorde envers moi ! Apprends-moi à pardonner aussi à ceux qui m’ont fait du mal !

 

Mardi 4 décembre

 

« Seigneur mon Dieu, tu n’es pas distant, toi, de celui qui ne se rend pas distant de toi. Comment peut-on dire que tu t’absentes ? » (Maxime 68)

Béni sois-tu, Seigneur, pour ta présence et ton amour dans ma vie !

 

Mercredi 5 décembre

 

« Ne crois pas que plaire à Dieu consiste en beaucoup d’oeuvres, mais plutôt en ce que les oeuvres se fassent avec une volonté droite » (Maxime 79).

Viens Esprit Saint, en mon coeur ! Rends droit ce qui est faussé !

 

Jeudi 6 décembre

 

« Dans la tribulation, recours promptement à Dieu avec confiance, et ainsi tu seras conforté, illuminé et instruit » (Maxime 86)..

Délivre-moi, Seigneur de ce qui m’entrave et m’empêche d’avancer vers toi ! (Osons confier telle ou telle difficulté particulière au Seigneur).

 

Vendredi 7 décembre

 

« Dans les joies et les goûts, recours promptement à Dieu avec crainte et vérité, et tu ne seras pas trompé ni empêtré de vanité » (Maxime 87)

Quelle est la place que je donne au Seigneur dans ma vie ? Où en suis-je de ma relation avec lui ?

 

Samedi 8 décembre

 

« Celui qui ne cherche pas la croix du Christ, ne cherche pas la gloire du Christ » (Maxime 149).

Quel est le sens que je donne à ma vie ? Quel est le but que je poursuis ?

 

397_001

Retraite proposée par les Pères Carmes de Paris : http://www.carmes-paris.org/retraite-en-ligne/retraite-avent-2012/

 

Posté par fmonvoisin à 12:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

23 décembre 2010

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

Prince_of_Peace_long_expected

Neuvième jour

L'accomplissement de la Parole


Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen.


Liturgie de la Parole


Livre de Michée 5: 1-4


Toi, Bethléem Ephrata,le plus petit des clans de Juda,c'est de toi que je ferai sortir celui qui doit gouverner Israël. Ses origines remontent aux temps anciens,à l'aube des siècles. Après un temps de délaissement, viendra un jour où enfantera celle qui doit enfanter, et ceux de ses frères qui resteront rejoindront les enfants d'Israël. Il se dressera et il sera leur berger par la puissance du Seigneur, par la majesté du nom de son Dieu. Ils vivront en sécurité, car désormais sa puissance s'étendra jusqu'aux extrémités de la terre, et lui-même, il sera la paix!


Psaume 79


Berger d'Israël, écoute, toi qui conduis Joseph, ton troupeau: resplendis au-dessus des Kéroubim,

devant Éphraïm, Benjamin, Manassé! Réveille ta vaillance et viens nous sauver.

Dieu, fais-nous revenir; que ton visage s'éclaire et nous serons sauvés!

Seigneur, Dieu de l'univers, vas-tu longtemps encore opposer ta colère aux prières de ton peuple,

le nourrir du pain de ses larmes, l'abreuver de larmes sans mesure?

Tu fais de nous la cible des voisins : nos ennemis ont vraiment de quoi rire!

Dieu, fais-nous revenir; que ton visage s'éclaire et nous serons sauvés!

La vigne que tu as prise à l'Égypte, tu la replantes en chassant des nations.

Tu déblaies le sol devant elle, tu l'enracines pour qu'elle emplisse le pays.

Son ombre couvrait les montagnes, et son feuillage, les cèdres géants;

elle étendait ses sarments jusqu'à la mer, et ses rejets, jusqu'au Fleuve.

Pourquoi as-tu percé sa clôture? Tous les passants y grappillent en chemin;

le sanglier des forêts la ravage et les bêtes des champs la broutent.

Dieu de l'univers reviens! Du haut des cieux, regarde et vois: visite cette vigne, protège-la,

celle qu'a plantée ta main puissante, le rejeton qui te doit sa force.

La voici détruite, incendiée; que ton visage les menace, ils périront!

Que ta main soutienne ton protégé, le fils de l'homme qui te doit sa force.

Jamais plus nous n'irons loin de toi: fais-nous vivre et invoquer ton nom !

Seigneur, Dieu de l'univers, fais-nous revenir; que ton visage s'éclaire, et nous serons sauvés.


Lettre aux Hébreux 10: 5-10


Aussi, en entrant dans le monde, le Christ dit, d'après le Psaume: « Tu n'as pas voulu de sacrifices ni d'offrandes, mais tu m'as fait un corps. Tu n'as pas accepté les holocaustes ni les expiations pour le péché »; alors, je t'ai dit: « Me voici, mon Dieu,je suis venu pour faire ta volonté, car c'est bien de moi que parle l'Écriture ». Le Christ commence donc par dire: « Tu n'as pas voulu ni accepté les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les expiations pour le péché que la Loi prescrit d'offrir ». Puis il déclare: « Me voici, je suis venu pour faire ta volonté ». Ainsi, il supprime l'ancien culte pour établir le nouveau. Et c'est par cette volonté de Dieu que nous sommes sanctifiés, grâce à l'offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.


Evangile selon Saint Luc 1: 39-48


En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint, et s'écria d'une voix forte:  « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi? Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi. Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ». Marie dit alors: « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur. Il s'est penché sur son humble servante ;désormais tous les âges me diront bienheureuse ».


Cantique des Prophéties

Le Pape Benoît nous dit:


Vivons intensément ces derniers jours qui précèdent Noël avec Marie, la Vierge du silence et de l'écoute. Que Celle-ci, qui fut totalement enveloppée par la lumière de l'Esprit Saint, nous aide à comprendre et à vivre pleinement le mystère de Noël du Christ. Avec ces sentiments, je vous exhorte à conserver vivant l'émerveillement intérieur dans l'attente fervente de la célébration désormais proche de la naissance du Sauveur. (Catéchèse du 21 décembte 2005).


Avec Benoît XVI, méditons:  « Bienheureuse celle qui a cru en l'accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur.


« Magnificat anima mea Dominum », dit-elle à l’occasion de cette visite, « Mon âme exalte le Seigneur » (Luc 1, 46). Elle exprime ainsi tout le programme de sa vie: ne pas se mettre elle-même au centre, mais faire place à Dieu, rencontré tant dans la prière que dans le service du prochain, alors seulement le monde devient bon. Marie est grande précisément parce qu’elle ne veut pas se rendre elle-même grande, mais elle veut rendre Dieu grand. Elle est humble: elle ne veut être rien d’autre que la servante du Seigneur (Luc 1, 38. 48). Elle sait qu’elle contribue au salut du monde, non pas en accomplissant son œuvre, mais seulement en se mettant pleinement à la disposition des initiatives de Dieu. Elle est une femme d’espérance: uniquement parce qu’elle croit aux promesses de Dieu et qu’elle attend le salut d’Israël; l’ange peut venir chez elle et l’appeler au service décisif de ces promesses. C’est une femme de foi: « Heureuse celle qui a cru », lui dit Élisabeth (Luc 1, 45). (…) Marie est une femme qui aime. (Encyclique Deus Caritas Est, § 41).

017_001__2_

Thèmes pour la réflexion et la prière

Guidés par les paroles du Pape, apprenons à suivre Marie.


Marie est une femme d'espérance. (…) L’espérance s’enracine en pratique dans la vertu de patience, qui ne fait pas défaut dans le bien, pas même face à l’échec apparent, et dans celle d’humilité, qui accepte le mystère de Dieu et qui Lui fait confiance même dans l’obscurité. (…) C'est précisément pour cela que nous devons être des apôtres pleins d'espérance, qui placent une joyeuse confiance dans les promesses de Dieu. Il n'abandonne jamais son peuple, et l'invite même à  la conversion, afin que son Royaume devienne réalité. Royaume de Dieu veut dire non seulement que Dieu existe et vit, mais également qu'il est présent et oeuvre dans le monde. C'est la réalité la plus intime et décisive de tout acte de la vie humaine, à tout moment de l'histoire. (Deus Caritas Est,§ 39 et Discours du 32 septembre 2005).


Marie est une femme de Foi. (…) La première personne qui s'associe au Christ sur le chemin de l'obéissance, de la Foi éprouvée et de la douleur partagée, c'est sa Mère, Marie. (…) Marie est la Mère de Celui qui est « gloire de son peuple Israël » et « Lumière pour éclairer les nations », mais aussi « Signe en butte à la contradiction » (Luc 2: 32-34). Et Elle-même, dans son âme immaculée, devra être transpercée par l'épée de la douleur, démontrant ainsi que son rôle dans l'histoire du Salut ne se limite pas au Mystère de l'Incarnation, mais se complète dans la participation pleine d'amour et de douleur à la mort (…) de Son Fils (…) et la rendra ainsi non seulement la Mère de Dieu mais également notre Mère commune. (Homélie du 2 février 2006 et Discours du 1 mai 2006).


Marie est une femme qui aime. Comment pourrait-il en être autrement? Comme croyante qui, dans la foi, pense avec les pensées de Dieu et veut avec la volonté de Dieu, elle ne peut qu’être une femme qui aime. Nous le percevons à travers ses gestes silencieux, auxquels se réfèrent les récits des Évangiles de l’enfance. Nous le voyons à travers la délicatesse avec laquelle, à Cana, elle perçoit les besoins dans lesquels sont pris les époux et elle les présente à Jésus. Nous le voyons dans l’humilité avec laquelle elle accepte d’être délaissée durant la période de la vie publique de Jésus, sachant que son Fils doit fonder une nouvelle famille et que l’heure de sa Mère arrivera seulement au moment de la croix, qui sera l’heure véritable de Jésus (Jean 2, 4; 13, 1). Alors, quand les disciples auront fui, elle demeurera sous la croix (Jean 19, 25-27); plus tard, à l’heure de la Pentecôte, ce seront les disciples qui se rassembleront autour d’elle dans l’attente de l’Esprit Saint. (Deus Caritas Est, § 41).


Dans l'Incarnation du Fils de Dieu, nous reconnaissons en effet les débuts de l'Eglise. Tout provient de là. Toute réalisation historique de l'Eglise et également chacune de ses institutions doivent se référer à cette Source originelle. Elles doivent se référer au Christ, Verbe de Dieu incarné. C'est Lui que nous célébrons toujours: l'Emmanuel, le Dieu-avec-nous, par l'intermédiaire duquel s'est accomplie la volonté salvifique de Dieu le Père. (Homélie du 25 mars 2006).


Noël est la fête de la Paix. L'Enfant qu'Isaïe annonce est appelé par lui « Prince de la Paix ». On dit de son règne: « La paix n'aura pas de fin ». Aux bergers sont annoncés dans l'Evangile la « gloire de Dieu au plus haut des cieux » et « la paix sur la terre ». (…) Avec Marie, cultivons la certitude que l'homme qui se laisse illuminer par la splendeur de la Vérité, suit presque naturellement le chemin de la Paix. (Homélie du 24 décembre 2005 et Homélie du 1er janvier 2006).

495_001

Cantique de Marie


Antienne du Magnificat: Lorsque le soleil se lèvera, vous verrez le Roi des rois: comme l'époux e la chambre nuptiale, Il vient de chez Son Père.


Magnificat

Mon âme exalte le Seigneur,

exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur!

Il s'est penché sur son humble servante;

désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles; Saint est son nom!

Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent;

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël, son serviteur, il se souvient de son amour,

de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit,

maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

3163817893_456d4ba187_o

Prière d'intercession


Lez temps est désormais venu:après avoir revécu pendant l'Avent l'attente du Messie chanté par les prophètes, en ce jour de Vigile solennelle, nous nous mettons spirituellement en chemin avec Marie et Joseph, vers la Grotte de Bethléem. Que notre cœur soit prêt à accueillir l'annonce des anges et à adorer avec les pasteurs l'Enfant nouveau-né. Avec tous les hommes de bonne volonté, nous T'invoquons:


Viens, Seigneur Jésus, répondre à notre attente inquiète!


La Terre, que tu as choisie pour demeurer parmi nous, connait depuis toujours la tragédie de la haine et de la guerre: au nom des populations aujourd'hui épuisées par de si longues souffrances, nous Te demandons le don du dialogue fraternel et de la paix tant désirée. C'est pourquoi nous Te prions:


Viens, Seigneur Jésus, répondre à notre attente inquiète!


Alors que tu étais riche, Tu es né dans une pauvreté extrême; Petit et sans défense, Tu as eu besoin de parents qui prennent soin de Toi. Nous Te prions pour tous les enfants abandonnés, maltraités, exploités afin qu'ils puissent trouver des familles prêtes à les accueillir, à leur offrir de l'amour ainsi qu'une saine éducation. C'est pourquoi nous Te prions:


Viens, Seigneur Jésus, répondre à notre attente inquiète!


Pour sauver l'humanité perdue à cause du péché, Toi le Verbe éternel du Père, Tu as revêtu notre fragilité. Que Ta naissance redonne espoir aux malades, aux malheureux, aux foules de pauvres sans visage, sans nom; qu'ils sentent résonner dans leur cœur, depuis la Grotte de Bethléem, la Parole qui les appelle: « Venez à Moi, tous les opprimés, tous les éprouvés et vous trouverez la paix de l'âme ». C'est pourquoi nous Te prions:


Viens, Seigneur Jésus, répondre à notre attente inquiète!


O Christ, notre Rédempteur, Tu vies jeter un pont entre le Ciel et la terre: que Ta naissance provoque une saine inquiétude chez ceux qui, satisfaits par une vie fondée sur le bien-être, ne savent pas regarder au-delà des limites étroites d'un bonheur terrestre; que chacun puisse découvrir que Tu t'es fait homme pour nous rendre dignes d'être fils de Dieu, appelés par Ton Règne de Sainteté et d'Amour. C'est pourquoi nous Te prions:


Viens, Seigneur Jésus, répondre à notre attente inquiète!


Toi le Verbe du Père, viens dans le silence de notre Cœur énoncer Ta Parole salvatrice: fais qu'en la protégeant en en la méditant comme Marie, nous la fassions resplendir dans chacune de nos actions. C'est pourquoi nous Te prions:


Viens, Seigneur Jésus, répondre à notre attente inquiète!


Intentions libres


Notre Père...


Prions


Père bon et Miséricordieux, qui nous as soutenu dans ce Chemin de l'Avent, accorde-nous de vivre la plénitude de la grâce de ce Noël Saint où Ta Parole s'accomplit. En suivant l'exemple de Ton Fils humble et obéissant, fais que, nous aussi, nous engagions notre vie dans un service généreux et fidèle qui T'auréole de gloire et profite à nos frères. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.


D'après un texte extrait de Neuvaine de Noël avec Benoit XVI aux Editions Salvator

christ_child_in_star_0001

Pour recevoir régulièrement des prières dans votre boite e-mail, et pour être tenus au courant des mises du blog, abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

Posté par fmonvoisin à 17:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

22 décembre 2010

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

Prince_of_Peace_long_expected

Huitième jour

Dans la relation avec Jésus


Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.


Liturgie de la Parole


Livre de Malachie 3: 1-4, 23-24


Voici que j'envoie mon Messager pour qu'il prépare le chemin devant moi; et soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez. Le messager de l'Alliance que vous désirez, le voici qui vient, dit le Seigneur de l'univers. Qui pourra soutenir le jour de sa venue? Qui pourra rester debout lorsqu'il se montrera? Car il est pareil au feu du fondeur, pareil à la lessive des blanchisseurs. Il s'installera pour fondre et purifier. Il purifiera les fils de Lévi, il les affinera comme l'or et l'argent: ainsi pourront-ils, aux yeux du Seigneur, présenter l'offrande en toute justice. Alors, l'offrande de Juda et de Jérusalem sera bien accueillie du Seigneur, comme il en fut aux jours anciens, dans les années d'autrefois. Voici que je vais vous envoyer Élie le prophète, avant que vienne le jour du Seigneur, jour grand et redoutable. Il ramènera le coeur des pères vers leurs fils, et le coeur des fils vers leurs pères, pour que je ne vienne pas frapper le pays de malédiction!


Psaume 24


Vers toi, Seigneur, j'élève mon âme,

vers toi, mon Dieu. Je m'appuie sur toi: épargne-moi la honte; ne laisse pas triompher mon ennemi.

Pour qui espère en toi, pas de honte, mais honte et déception pour qui trahit.

Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route.

Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve. C'est toi que j'espère tout le jour en raison de ta bonté, Seigneur.

Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, ton amour qui est de toujours.

Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse; dans ton amour, ne m'oublie pas.

Il est droit, il est bon, le Seigneur, lui qui montre aux pécheurs le chemin.

Sa justice dirige les humbles, il enseigne aux humbles son chemin.

Les voies du Seigneur sont amour et vérité pour qui veille à son alliance et à ses lois.

A cause de ton nom, Seigneur, pardonne ma faute : elle est grande.

Est-il un homme qui craigne le Seigneur? Dieu lui montre le chemin qu'il doit prendre.

Son âme habitera le bonheur, ses descendants posséderont la terre.

Le secret du Seigneur est pour ceux qui le craignent; à ceux-là, il fait connaître son alliance.

J'ai les yeux tournés vers le Seigneur: il tirera mes pieds du filet.

Regarde, et prends pitié de moi, de moi qui suis seul et misérable.

L'angoisse grandit dans mon coeur: tire-moi de ma détresse.

Vois ma misère et ma peine, enlève tous mes péchés.

Vois mes ennemis si nombreux, la haine violente qu'ils me portent.

Garde mon âme, délivre-moi; je m'abrite en toi: épargne-moi la honte.

Droiture et perfection veillent sur moi, sur moi qui t'espère!

Libère Israël, ô mon Dieu, de toutes ses angoisses!


Evangile selon Saint Luc 1: 57-66


Quand arriva le moment où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait prodigué sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle. Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l'enfant. Ils voulaient le nommer Zacharie comme son père. Mais sa mère déclara: « Non, il s'appellera Jean ». On lui répondit: « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là! » On demandait par signes au père comment il voulait l'appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit: « Son nom est Jean ». Et tout le monde en fut étonné. A l'instant même, sa bouche s'ouvrit, sa langue se délia: il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors les gens du voisinage, et dans toute la montagne de Judée on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient en étaient frappés et disaient: « Que sera donc cet enfant? » En effet, la main du Seigneur était avec lui.

154_001

Cantique des Prophéties

Benoit XVI nous dit:


Par sa vie, Jean-Baptiste témoigne, non sans difficulté et de façon contrastée, de son amour pour la vérité et nous fait prendre conscience que tous les croyants sont appelés à affronter le chemin de la vie dans la recherche de la vérité, de la justice et de l'amour. (Discours du 18 août 2005).


Avec Benoît XVI, méditons: « Quant à Élisabeth, le temps fut révolu où elle devait enfanter, et elle donna naissance à un fils ».


Au centre de l'oeuvre éducative, et en particulier dans l'éducation à la foi, qui est le sommet de la formation de la personne et son horizon le plus adapté, se trouve de manière concrète la figure du témoin: il devient un point de référence précisément dans la mesure où il sait rendre raison de l'espérance qui soutient sa vie (cf. 1 P 3, 15), il est personnellement concerné par la vérité qu'il propose. D'autre part, le témoin ne renvoie jamais à lui-même mais à quelque chose, ou mieux, à Quelqu'un plus grand que lui, qu'il a rencontré et dont il a éprouvé la bonté à laquelle on peut faire confiance. Ainsi, chaque éducateur et témoin trouve son modèle indépassable en Jésus Christ, le grand témoin du Père. (…) Tel est le motif pour lequel à la base de la formation de la personne chrétienne de la transmission de la Foi se trouve nécessairement la prière, l'amitié personnelle avec le Christ. (Discours du 6 juin 2006).

195_001

Thèmes pour la réflexion et la prière

Guidés par les paroles du Pape, préparons-nous à vivre une relation profonde avec Jésus.


Nous vivons une époque ou l'influence du sécularisme s'accroît en, faisant de l'homme la mesure de lui-même. (…) Jean-Baptiste nous enseigne à ne pas avoir peur de miser sur le Christ! A avoir la nostalgie du Christ, comme le fondement de la vie! A allumer en nous le désir de construire notre vie avec Lui et pour Lui! (Discours du 23 juin 2006 et discours du 27 mai 2006).


Comme Jean, tous les croyants sont appelés à affronter leur chemin de vie à la recherche de la vérité, de la justice et de l'amour. Ils doivent devenir des hommes de la vérité, du droit, de la bonté, du pardon, de la miséricorde. Ils ne poseront plus la question: a quoi cela me sert-il? Ils devront au contraire poser la question: avec quoi est-ce que je sers la présence de Dieu dans le monde? Ils doivent apprendre à se perdre eux-mêmes et ainsi à se trouver eux-mêmes. (Discours du 20 août 2005).


Les témoignage de Jean-Baptiste nous dit qu'il faut entrer réellement dans une relation d'amitié avec Jésus, dans une relation personnelle avec Lui et ne pas savoir seulement par les autres ou par les livres qui est Jésus, mais vivre une relation toujours plus approfondie d'amitié personnelle avec Jésus, dans laquelle nous pouvons commencer à comprendre ce qu'Il nous demande. Et ensuite, l'attention à ce que nous sommes, à nos capacités: d'une part du courage et de l'autre de l'humilité, de la confiance et l'ouverture. (…) Le secret de la sainteté est l'amitié avec le Christ et l'adhésion fidèle à Sa Volonté. (Discours du 6 avril 2003 et Discours du 19 août 2005).


La famille subit les répercussions de ce processus de relativisation qui, en ne reconnaissant rien comme définitif, ne laisse comme ultime mesure que son propre moi avec ses désirs, et sous l'apparence de la liberté devient une prison pour chacun. (…) A côté de cellules familiales exemplaires, il en existe souvent d'autres malheureusement marquée par la fragilité des liens conjugaux, par la plaie de l'avortement et par la crise démographique, par le peu d'attention à la transmission de valeurs authentiques aux enfants. (…) Une modernité qui n'est pas enracinée dans d'authentiques valeurs humaines est destinée à être dominée par la tyrannie de l'instabilité et de l'égarement. C'est pourquoi, chaque communauté ecclésiale est appelée à constituer un point de référence et à dialoguer avec la société dans laquelle elle est insérée (…) en puisant dans la Parole de Dieu les principes qui indiquent les bases incontournables permettant d'édifier la famille selon le dessein du Créateur. (Discours du 6 juin 2005 et du 3 juin 2006).


La prédication de Jean est dans le même temps un appel de grâce et un signe de contradiction et de jugement pour tout le Peuple de Dieu. (…) Même le respect de la vie se présente aujourd'hui comme « signe de contradiction » par rapport à la mentalité dominante. (…) Car il s'agit d'un bien « indisponible »: l'homme n'est pas le maître de la vie; il en est plutôt le gardien et l'administrateur. Le plein respect de la vie est lié au sens religieux, à l'attitude intérieure avec laquelle l'homme se situe par rapport à la réalité, comme un patron ou un gardien. (…) Si l'on enlève aux créatures leur référence à Dieu, comme fondement transcendant, celles-ci risquent de tomber en proie au jugement arbitraire de l'homme qui peut en faire, comme nous le voyons, un usage insensé. (Catéchèse du 15 mars 2006 et Homélie du 5 février 2006).

916_001

Cantique de Marie


Antienne du Magnificat: O Emmanuel, notre Roi et notre Législateur, l'attente des nations et leur Sauveur: venez nous sauver, Seigneur notre Dieu.


Magnificat

Mon âme exalte le Seigneur,

exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur!

Il s'est penché sur son humble servante;

désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles; Saint est son nom!

Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent;

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël, son serviteur, il se souvient de son amour,

de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit,

maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

Child_Jesus

Prière d'intercession


Que la joie qui a envahi la demeure de Zacharie et toute la région après la naissance de Jean-Baptiste, inonde aussi nos coeurs en anticipant la joie de Noël et de la venue de Jésus, désormais proches. Bien que comblés, nous sommes conscients de notre pauvreté et de nos contradictions. C'est pourquoi nous demandons à être renforcés par la grâce pour nous élancer vers Celui qui vient demeurer parmi nous. Humblement, nous Te prions:


Visite-nous, Seigneur, et fais-nous don de Ta Grâce.


En silence et avec une Charité modeste, Marie s'est prodiguée aux côtés d'Elisabeth dont la délivrance approchait; en confiant en sa maternelle intercession l'Eglise, nous Te prions, Seigneur, d'en soutenir l'ardeur missionnaire et de favoriser de Ta grâce les tâches apostoliques des ministres sacrés, afin qu'ils puissent éveiller à la vie de la Foi une multitude de fils et de filles. Humblement, nous Te prions:


Visite-nous, Seigneur, et fais-nous don de Ta Grâce.


Toi qui as appelé par son nom dès le sein maternel, le Précurseur du Messie, Te révélant comme « Celui qui fait grâce », nous Te supplions pour toutes les populations qui attendent la Justice et aspirent à la paix. Illumine l'esprit et le Cœur de ceux qui gouvernent afin qu'ils se sachent appelés à la noble et difficile mission de favoriser entre les peuples une vraie fraternité fondée sur le respect réciproque et sur la collaboration. Humblement, nous Te prions:


Visite-nous, Seigneur, et fais-nous don de Ta Grâce.


La naissance de Jean-Baptiste émerveilla tout le monde; à Toi, Seigneur, qui nous surprends toujours par Tes interventions salvatrices, nous adressons notre supplique pour le continent européen. Qu'il puisse redécouvrir ses racines chrétiennes et opposer à la culture de mort dominante, une culture respectueuse des valeurs authentiques de la vie, pour construire une société ouverte et solidaire, capable d'offrir aux jeunes un avenir fécond, nourri d'espérance. Humblement, nous Te prions:


Visite-nous, Seigneur, et fais-nous don de Ta Grâce.


Après le temps de l'épreuve purificatrice, les lèvres de Zacharie s'ouvrirent et il chanta Ton puissant Salut: en nous unissant à l'homme crucifié dans son cœur et son esprit, nous Te demandons, Seigneur, pour chacun, la force d'accueillir avec Foi la souffrance et de la vivre avec générosité et douceur, afin qu'elle devienne pour tous une source de grâce et de bénédiction. Humblement, nous Te prions:


Visite-nous, Seigneur, et fais-nous don de Ta Grâce.


O Dieu, Toi qui nous as envoyé Jean pour préparer le cœur du peuple élu à accueillir le Sauveur promis, illumine-nous par Ta parole et accomplis en nous une profonde conversion; que l'humble reconnaissance de notre péché nous permette d'obtenir Ton Pardon et fasse de nous des témoins crédibles de Ton Amour Miséricordieux. Humblement, nous Te prions:


Visite-nous, Seigneur, et fais-nous don de Ta Grâce.


Intentions libres


Notre Père...


Prions


Dieu fidèle, Père de notre Seigneur Jésus Christ, alors que le temps des épreuves perdure dans l'avènement de notre vie terrestre, continue à nous surprendre par Tes visites de grâce, afin que nous cheminions avec persévérance dans Tes pas, guidés par la Foi, illuminés par l'espérance, poussés par l'amour. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.



D'après un texte extrait de Neuvaine de Noël avec Benoit XVI aux Editions Salvator

364_001

Pour recevoir chaque jour la Méditation de la Neuvaine de Noël, recevoir régulièrement des prières dans votre boite e-mail, et pour être tenus au courant des mises du blog, abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

Posté par fmonvoisin à 17:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

21 décembre 2010

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

Neuvaine de Noël avec Benoit XVI

Prince_of_Peace_long_expected

Septième jour

Un Dieu grand


Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.


Liturgie de la Parole


Premier Livre de Samuel 1: 24-28


Lorsque Samuel eut été sevré, Anne, sa mère, le conduisit à la maison du Seigneur, à Silo; elle avait pris avec elle un taureau de trois ans, un sac de farine et une outre de vin. On offrit le taureau en sacrifice, et on présenta l'enfant au prêtre Élie. Anne lui dit alors: « Écoute-moi, mon seigneur, je t'en prie! Aussi vrai que tu es vivant, je suis cette femme qui se tenait ici près de toi en priant le Seigneur. C'est pour obtenir cet enfant que je priais, et le Seigneur me l'a donné en réponse à ma demande. A mon tour je le donne au Seigneur. Il demeurera donné au Seigneur tous les jours de sa vie ». Alors ils se prosternèrent devant le Seigneur.


Cantique (Premier Livre de Samuel 2: 1, 4-8)


Mon coeur bondit de joie pour le Seigneur, mon front se relève pour mon Dieu ;ma bouche se rit de mes rivaux ;oui, j'exulte en ton salut.

L'arc des forts se brise; mais les chétifs ont la vigueur pour ceinture;

les repus s'embauchent pour du pain,les affamés n'ont plus à travailler.

Le Seigneur fait mourir et fait vivre,il fait descendre aux enfers et en ramène;

le Seigneur appauvrit et enrichit,il abaisse, mais aussi il relève.

De la poussière, il retire le faible,et du fumier, il relève le pauvre pour l'asseoir au rang des princes, lui assigner un trône de gloire.


Evangile selon Saint Luc 1: 46-55


Marie dit alors: « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur. Il s'est penché sur son humble servante ;désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles; Saint est son nom! Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de bien les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race à jamais ».


Cantique des Prophéties

Le Pape Benoît nous dit que:


Marie nous enseigne que nous de devons pas nous éloigner de Dieu, mais rendre Dieu présent; faire en sorte qu'Il soit grand dans notre vie; ainsi, nous aussi, nous devenons divins; toute la splendeur de la divinité nous appartient alors. (Homélie du 15 août 2006).


Avec Benoît XVI méditons: « Mon âme magnifie le Seigneur ».


Dans l'Evangile, nous avons entendu le Magnificat, cette grande poésie qui s'est élevée des lèvres, et plus encore du Cœur de Marie, inspirée par l'Esprit Saint. Dans ce chant merveilleux se reflète toute l'âme, toute la personnalité de Marie. Nous pouvons dire que son chant est un portrait, une véritable icône de Marie, dans laquelle nous pouvons la voir exactement telle qu'elle est. Je voudrais souligner uniquement deux points de ce grand chant. Celui-ci commence par la parole « Magnificat »: mon âme « magnifie » le Seigneur, c'est-à-dire « proclame la grandeur » du Seigneur. Marie désire que Dieu soit grand dans le monde, soit grand dans sa vie, soit présent parmi nous tous. Elle n'a pas peur que Dieu puisse être un « concurrent » dans notre vie, qu'il puisse ôter quelque chose de notre liberté, de notre espace vital, par sa grandeur. Elle sait que si Dieu est grand, nous aussi, nous sommes grands. Notre vie n'est pas opprimée, mais est élevée et élargie: ce n'est qu'alors qu'elle devient grande dans la splendeur de Dieu. (Homélie du 15 août 2005).

526_001__2_

Thème pour la réflexion et la prière

Guidés par les paroles du Pape, employons-nous à rendre Dieu grand dans notre vie.


Marie désire que Dieu soit grand dans le monde, soit grand dans sa vie. (…) Il est important que Dieu soit présent, par exemple, à travers la Croix, dans les édifices publics, que Dieu soit présent dans notre vie commune, car ce n'est que si Dieu est présent que nous pouvons suivre une orientation, une route commune; autrement, les différences deviennent inconciliables, car il n'existe pas de reconnaissance de notre dignité commune. Rendons Dieu grand dans la vie publique et dans la vie privée. Cela veut dire laisser chaque jour un espace à Dieu dans notre vie, en commençant le matin par la prière, puis en réservant du temps à Dieu, en consacrant le dimanche à Dieu. Nous ne perdons pas notre temps libre si nous l'offrons à Dieu. Si Dieu entre dans notre temps, tout notre temps devient plus grand, plus ample, plus riche. (Homélie du 15 août 2005).


Dieu n'est pas un Dieu lointain, trop distant et trop grand pour s'occuper de nos sottises. Puisqu'Il est grand, Il peut également s'intéresser aux petites choses. Puisqu'Il est grand, l'âme de l'homme, l'homme créé pour l'amour éternel, n'est pas une petite chose, mais est grand et digne de Son Amour. La Sainteté de Dieu n'est pas seulement un pouvoir incandescent devant lequel nous devons nous retirer terrifiés; elle est un pouvoir d'amour et donc un pouvoir purificateur et restaurateur. (Messe « In Cena Domini » du 13 avril 2006).


Cette poésie de Marie, le Magnificat, est entièrement originale; toutefois, elle est, dans le même temps, un "tissu" composé à partir de « fils » de l'Ancien Testament, à partir de la Parole de Dieu. Et ainsi, nous voyons que Marie était, pour ainsi dire, « chez elle » dans la Parole de Dieu, elle vivait de la Parole de Dieu, elle était pénétrée de la Parole de Dieu. (…) Et ainsi, Marie parle avec nous, elle nous parle, elle nous invite à connaître la Parole de Dieu, à aimer la Parole de Dieu à vivre avec la Parole de Dieu et à penser avec la Parole de Dieu. Et nous pouvons le faire de façons très diverses: en lisant l'Ecriture Sainte, en particulier en participant à la Liturgie, dans laquelle, au cours de l'année, la Sainte Eglise nous présente tout le livre de l'Ecriture Sainte. Elle l'ouvre à notre vie et le rend présent dans notre vie. (Homélie du 15 août 2005).


Dans la mesure où elle parlait avec les paroles de Dieu, elle pensait avec les paroles de Dieu, ses pensées étaient les pensées de Dieu. Ses paroles étaient les paroles de Dieu. Elle était pénétrée par la lumière divine et c'est la raison pour laquelle elle était aussi resplendissante, aussi bonne, aussi rayonnante, d'amour et de bonté. Marie vit de la Parole de Dieu, elle est imprégnée de la Parole de Dieu. Et le fait d'être plongée dans la Parole de Dieu, le fait que la Parole de Dieu lui est totalement familière, lui confère également la lumière intérieure de la sagesse. Celui qui pense avec Dieu pense bien, et celui qui parle avec Dieu parle bien. Il possède des critères de jugement valables pour toutes les choses du monde. Il devient savant, sage, et, dans le même temps, bon; il devient également fort et courageux, grâce à la force de Dieu qui résiste au mal et promeut le bien dans le monde. (Homélie du 15 août 2005).

313_001

Cantique de Marie


Antienne du Magnificat: O Roi des Nations, objet de leurs désirs, pierre angulaire qui réunissez en Vous les deux peuples, venez, et sauvez l'homme que Vous avez formé du limon.


Magnificat

Mon âme exalte le Seigneur,

exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur!

Il s'est penché sur son humble servante;

désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles; Saint est son nom!

Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent;

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël, son serviteur, il se souvient de son amour,

de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit,

maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

675_001__3_

Prière d'intercession


A l'approche de Noël, le merveilleux Cantique du Magnificat, tissé des fils d'or de l'Ancienne Alliance, résonne constamment dans nos coeurs et nous aide à vivre animés par les mêmes sentiments que Marie, lors de l'attente de Jésus, pour également reparcourir avec Elle le chemin à la suite du Christ, avec humilité et gratitude. C'est pourquoi nous Te prions:


Dilate notre cœur en nous donnant Ton Esprit d'Amour.


Seigneur, autour de nous, tout nous parle de Toi et tout nous renvoie à Toi: l'immensité du cosmos nous révèle Ta Toute-Puissance et même la plus fragile des créatures nous manifeste Ton Humilité et Ta Tendresse. Donne à nos yeux la Lumière de Ton Esprit d'Amour, afin que nous sachions Te reconnaître et Te servir auprès de chacun de nos frères, en désirant toujours contempler ouvertement Ton Visage. C'est pourquoi nous Te prions:


Dilate notre cœur en nous donnant Ton Esprit d'Amour.


Seigneur, Tu connais la tristesse que suscite en nous le drame de tant de peuples accablés par la violence et la misère; avec Marie et tous les pauvres de la terre, nous Te supplions de tourner Ton Regard Miséricordieux vers cette humanité opprimée et perdue, afin qu'elle s'ouvre pour accueillir le don de la paix et de la joie que Tu viens apporter sur la terre. C'est pourquoi nous Te prions:


Dilate notre cœur en nous donnant Ton Esprit d'Amour.


En adressant notre supplique à la tendresse de Marie, Ta Mère et notre Mère, nous Te prions pour tous les laissés pour compte de notre société opulente: que Ta compassion pour la souffrance humaine parvienne à changer leur sort, en nous faisant davantage prendre conscience de notre responsabilité face à cette forme d'indifférence et d'injustice. C'est pourquoi nous Te prions:


Dilate notre cœur en nous donnant Ton Esprit d'Amour.


En ayant deviné le caractère grandiose de Ton dessein, celui du Salut éternel, Marie chante de manière prophétique la magnificence de Ton Amour. Fais qu'en nous laissant illuminer et transformer par Ta Parole, nous aussi nous vivions en agissant avec Foi, bonté et douceur, afin de répandre autour de nous la sérénité et la paix. C'est pourquoi nous Te prions:


Dilate notre cœur en nous donnant Ton Esprit d'Amour.


Seigneur, fais que notre amour soit aussi désintéressé que celui de Marie, afin que toute notre vie ne soit qu'une incessante prière et un chant consacrés à Ta Louange, Dieu fidèle, qui guides l'histoire vers son accomplissement, dans Ton Règne de Lumière et de Joie sans fin. Au nom de toutes les créatures, nous T'invoquons:


Dilate notre cœur en nous donnant Ton Esprit d'Amour.


Intentions libres


Notre Père...


Prions


En contemplant émerveillés l'ouvre du Salut grandiose que Tu vas accomplir pour restaurer en nous l'image divine que le péché a défigurée, nous voulons chanter pour Toi, Seigneur, Te remercier, T'assurer de notre reconnaissance et de notre joie: comble-nous de Ton Amour, et garde notre esprit alerte, afin que nous soyons toujours prêts à témoigner par notre vie que Tu es un Dieu fidèle. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.



D'après un texte extrait de Neuvaine de Noël avec Benoit XVI aux Editions Salvator

expectation

Pour recevoir chaque jour la Méditation de la Neuvaine de Noël, recevoir régulièrement des prières dans votre boite e-mail, et pour être tenus au courant des mises du blog, abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

Posté par fmonvoisin à 17:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,