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Le Mois de la Passion de Jésus

« Regardez et voyez s'il une douleur semblable à ma douleur ».

 

Vingt-cinquième jour

« Voilà votre Fils, voilà votre Mère »


Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que Jésus, ayant épuisé tous les trésors de Son Amour, il ne Lui restait plus sur la terre qu'une Mère affligée, Il nous la donne dans la personne de Saint Jean: « Voilà votre Mère ». Recevez avec reconnaissance cette preuve si sensible de la bonté de Jésus, et croyez qu'il ne pouvait vous laisser, en mourant, un plus précieux héritage. Marie vit bien qu'en acceptant Saint Jean pour son fils, Elle adoptait tous les hommes pour ses enfants; dès lors, Elle reçoit un cœur de Mère pour les pécheurs, Elle les regarde comme des enfants de douleur qu'elle a engendrés au pied de la Croix. Aimez une si bonne Mère, et montrez, par vos paroles et vos actions, que vous êtes Son fils.

 

Prière

 

O Marie, Médiatrice de la paix entre Dieu et les hommes, notre asile et notre espérance, Jésus scella de Son Sang sur la Croix le testament de réconciliation et de grâce qui nous donne droit au ciel; et c'est vous qui fûtes la coopératrice à ce grand ouvrage seul digne d'un Dieu. Ah! si notre perfidie pouvait refroidir Votre Amour pour nous, rappelez-vous le Calvaire: c'est là, ô Reine de douleur, que notre Sauveur, près d'expirer, nous mettant à sa place, par un excès de charité incompréhensible, nous donna à vous pour fils dans la personne de Saint Jean: « Femme, voilà vos enfants, ils vous appartiennent, ils sont le fruit de vos angoisses et de vos douleurs; élargissez vos entrailles maternelles pour les recevoir, Je ne vous ai rendue toute-puissante, qu'afin de les gagner par Vous à Mon Divin Cœur ». Des recommandations si pressantes, de la part d'un fils bien-aimé qui meurt, ne sauraient échapper de la mémoire d'une Mère; non, ma Sainte Mère, Vous ne pouvez nous laisser orphelins, à la vue d'une Charité sans exemple. Ah! si quelque chose pouvait tempérer nos douleurs dans ces jours de deuil, ce seraient surtout les desseins de prédilection que Jésus a eus sur nous en Vous remplissant de tendresse pour Vos enfants. Vous les appelez à Vous par la suavité de Vos caresses, Vous les réchauffez avec joie dans Votre Cœur plein d'Amour. Tant de bonté, ô Marie, Vous a conquis nos cœurs; nous sommes prêts à Vous obéir, à Vous aimer, à Vous vénérer; et notre plus grand bonheur c'est de Vous appartenir comme enfants d'une famille dont Vous êtes l'ornement et la gloire.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Vingt-sixième jour

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné? »

 

Réflexions pratiques

 

Considérez ô mon âme, que Jésus, ne trouvant sur la terre personne qui le consolât dans de si affreux tourments, s'adressa à son Père pour lui demander quelque soulagement; mais le Père éternel qui voyait son fils couvert de la robe du pécheur, employa sa toute-puissance pour faire dans le Cœur de Jésus une profonde impression de douleur et d'angoisse. Alors le Sauveur, qui avait toujours souffert, sans se plaindre, proféra ces paroles: « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné? » Comprenez de là quel était l'excès de sa douleur et de sa tristesse intérieure, et combien vous aimait un Dieu qui mourait privé de toute consolation, pour vous consoler au moment de votre mort.

 

Prière

 

O Jésus! véritable consolateur des affligés, dans quel nouvel abîme de souffrances je vous vois plongé! Personne ne prend part à vos douleurs, personne ne vous console dans votre abandon universel. Le ciel parait d'intelligence avec la terre pour vous délaisser entièrement En vain vous vous plaignez à votre Dieu en des termes capables d'attendrir les rochers; il est sourd à vos soupirs et à vos plaintes. C'est encore votre amour, ô mon doux Sauveur! qui vous a réduit à ce cruel abandon: oui, c'est votre amour, votre seul amour qui vous a fait souffrir cet excès de désolation et de tristesse, sans assistance, sans secours, sans consolation. J'ai attendu que quelqu'un prit part à ma douleur, et personne ne l'a fait; j'ai attendu que quelqu'un me consolât, mais je n'ai trouvé personne. Cette mer de douleurs et d'amertumes dans laquelle vous mourez me donne l'espérance que je ne serai point abandonné de vous. Il est vrai, Seigneur Jésus, que je mérite, non pas que vous me consoliez, mais que vous me laissiez pauvre et désolé: car je vous ai souvent abandonné moi-même. Si telle est votre volonté, frappez, mon Dieu, je suis entre vos mains, et je m'incline sous votre verge; je ne refuse pas la part du calice, mais, ô Saint délaissé! ne m'abandonnez pas; envoyez-moi votre Ange qui me réconforte et me soutienne, ou plutôt venez me consoler vous-même dans mes peines, et surtout dans les angoisses de ma dernière agonie.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Vingt-septième jour

« J'ai soif »


Réflexions Pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que l'abondante effusion de sang, que Jésus avait soufferte, excita en lui une soif brûlante: « J'ai soif ». Aussitôt ses cruels bourreaux lui appliquent à la bouche une éponge pleine de vinaigre: « Ils m'ont donné du fiel pour ma nourriture; et dans ma soif ils m'ont présenté du vinaigre à boire ». Ceux-là donnent aussi du vinaigre à Jésus, qui passent les premières années de leur vie dans l'assouvissement de leurs passions, et consacrent à Dieu les tristes restes d'une vie épuisée. La véritable soif du Sauveur, c'est le désir de votre salut. Soulagez cette soif ineffable en travaillant avec crainte à votre sanctification.

 

Prière

 

Mon cher Jésus, il n'est point de douleur que vous n'ayez soufferte pour la guérison de nos maux; vous avez voulu accumuler sur votre corps souffrances sur souffrances, afin de nous donner des marques toujours nouvelles de votre amour. Vous avez soif, et ils vous donnent du fiel et du vinaigre! Quoi! vous êtes la fontaine dont les eaux vives et fortifiantes jaillissent jusqu'à la vie éternelle; vous avez donné à la Samaritaine cette eau délicieuse et abondante qui éteint pour toujours la soif des passions mondaines, et qui excite une sainte avidité pour les biens célestes; et dans la soif ardente qui vous consume, ils vous présentent un breuvage amer plus propre à vous déchirer les entrailles qu'à vous rafraîchir. Vous souffrez une autre soif, ô Jésus! et vous la souffrirez jusqu'à la consommation des siècles: c'est le désir du salut des hommes, lequel ne sera satisfait que lorsque vous les aurez reçus dans votre royaume éternel. Mais hélas! les insensés ne cessent de vous abreuver de fiel et de vinaigre; ils se sont éloignés de vous, préférant les plaisirs trompeurs de Babylone au bonheur plus vrai de la Jérusalem céleste. Ne permettez pas, mon Seigneur, qu'ils abusent plus longtemps de votre Sang très précieux, et qu'ils ferment l'oreille à la voix de vos souffrances. Sauvez les pécheurs: que ce soit là le premier fruit de cette soif que vous avez soufferte sur la croix et votre plus douce récompense pour les traits si multipliés de votre amour pour nous.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Vingt-huitième jour

« Tout est consommé »

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que Jésus sur la croix dit d'une voix mourante: « Tout est consommé, l'œuvre de votre rédemption est achevée, la justice divine est satisfaite, le paradis est ouvert, je n'ai plus qu'à mourir ». Tout est-il consommé pour vous? Avez-vous fait tout ce que le Seigneur vous a commandé ? Que vous serez heureuse à la mort, si > après avoir imité l'humble résignation de votre divin Maître, vous pouvez dire: « Tout est consommé », et ajouter avec Saint Paul: « J'ai combattu un bon combat, j'ai achevé ma course, j'ai gardé la foi; au reste» la couronne de justice m'est réservée, et le Seigneur, juste juge, me la donnera! »

 

Prière

 

Mon Sauveur, tout est consommé! la rage et la fureur des bourreaux, vos travaux, vos souffrances et vos humiliations, la mission que vous avez reçue de votre Père, l'iniquité des Juifs, la colère de Dieu contre les pécheurs, votre charité pour les élus, l'œuvre de notre rédemption, les figures et les prophéties, vous avez tout accompli. Oui, tout est consommé de votre part: vous n'avez plus rien à souffrir pour notre salut, et vous avez employé toute votre vie à l'œuvre que Dieu vous avait confiée. Puis-je dire tout est consommé: j'ai fait la sainte volonté de Dieu sur la terre, en m'appliquant à l'œuvre particulière qu'il m'a donnée à faire, j'ai fait tout ce qu'il m'a commandé? Heureuse l'âme qui peut se rendre ce consolant témoignage, et qui, purifiée par le feu de la tribulation et de la douleur, jette un dernier regard sur cette terre qu'elle abandonne, et prend son essor vers le ciel, après avoir consommé, par la patience, tout ce qui la retenait dans cette vie de misère et de péché. Au moins, ô Jésus! accordez-moi la grâce de vous aimer et de vous servir avec plus de ferveur: achevez l'ouvrage de ma sanctification que votre miséricorde a commencé, afin que je puisse dire, à l'heure de ma mort, que tout est consommé selon vos desseins, afin que vous me consommiez vous-même dans l'unité divine, selon la parole que vous en avez donnée à vos Apôtres, après leur avoir distribué le Sacrement de l'unité et de la consommation chrétienne.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Vingt-neuvième jour

« Mon Père, je remets mon âme entre vos mains »

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que la tête vénérable de Jésus se penche, ses yeux, qui avaient été la consolation des affligés, commencent à se fermer, ses lèvres, d'où sortaient les paroles de la vie éternelle, deviennent froides et livides. Toutefois fortifié par sa propre vertu, il lève la tète, il ouvre les yeux et, les tenant attachés au ciel: « Mon Père, s'écrie-t-il, je remets mon âme entre vos mains ». Recueillez, avec un profond respect, ces dernières paroles de votre Sauveur, conservez-les précieusement, afin que vous puissiez les lui rendre tous les jours, avant votre repos et à l'heure de votre mort, avec un cœur brûlant d'amour.

 

Prière

 

Mon Père, mon aimable Père, je connais la mansuétude et la bonté de votre cœur: aussi, je me jette dans le sein et dans les bras de votre divine miséricorde, je m'abandonne avec une confiance pleine d'amour à votre adorable volonté: si elle paraît amère à ma faiblesse, votre grâce rendra léger un moment de souffrances qui sera suivi d'un poids éternel de gloire. Le soin de ma dépouille mortelle m'inquiète peu: car je sais que vous ranimerez ma poussière par le souffle de votre puissance. Mais, pour mon âme, ô mon Père! que vous avez créée à votre image, et qui soupire ardemment après le bonheur de vous voir et de vous posséder, je désire la remettre entre vos mains sacrées, dans lesquelles seules elle trouvera le repos et la sécurité. Ah! si je vivais, comme le doit faire un fils qui rend à son père l'amour, le respect et l'obéissance qu'il lui doit, avec quel pieux empressement je conserverais mon âme pure et simple comme la colombe, pour la rendre agréable à vos yeux et digne de vous être remise! mais n'est-ce pas à vous, mon Dieu, qu'il appartient de purifier et de sanctifier mon âme, mon esprit, mon cœur, ma volonté? Disposez de moi, selon votre bon plaisir; car, dès maintenant et toujours, je veux m'abandonner à vous sans réserve; tous les jours de ma vie, avant de prendre mon repos, et aussi à ma dernière heure, je veux vous dire avec amour: « Mon Père, je remets mon âme entre vos mains ».

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Trentième jour

A trois heures, Jésus expire sur la Croix

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que Jésus, laissant échapper de son Cœur affligé un profond soupir et baissant la tète, en signe de soumission, expira par la force de la douleur, et remit son âme entre les mains de Dieu son Père. Jésus est mort; Jésus, le fils de Dieu, l'auteur de la vie, est mort sur une croix, comme un malfaiteur, entre deux scélérats: quelle mort après une telle vie! Votre Jésus est mort, et c'est pour vous qu'il est mort: que rendrez-vous au Seigneur pour un si grand bienfait? Ah! si vous aimez Jésus, vous pleurerez sa mort par les larmes de la componction, vous mourrez vous-même de douleur et d'amour, à la vue d'un Dieu que vos péchés ont attaché à la croix et mis à mort.

 

Prière

 

O Jésus, mon Sauveur, Vous êtes mort pour réparer l'honneur de Dieu outragé par le péché, pour m'arracher à l'enfer et m'ouvrir le ciel. Un Dieu mort sur une croix pour sa créature: je ne comprendrai jamais ce profond, ce sublime mystère, si je n'apprends auparavant quelle est la puissance de l'amour. Faites-moi, je vous prie, comprendre toute la grandeur de la charité qui vous a porté à mourir pour moi, afin que je n'aime plus que vous seul, et que je vous rende la reconnaissance que je vous dois pour une mort si glorieuse à Dieu et si salutaire à mon âme. Que puis-je faire, Seigneur, sinon d'adorer, dans une sainte frayeur, ce terrible mystère, de vous offrir tout ce que j'ai de volonté, de vie et d'affection, pour vous être consacré par tel genre de mort qu'il vous plaira de m'envoyer? Si je ne puis mourir pour vous, qui avez daigné mourir pour moi; s'il ne m'est pas accordé de vous donner mon sang et ma vie par la main des bourreaux, j'accepte au moins avec résignation la mort que vous m'avez destinée, et j'espère de votre miséricorde que vous la rendrez sainte, bonne et heureuse. Il est vrai, ô Jésus! que vous m'avez racheté de votre sang, mais à quoi me servirait ce sang précieux, si je me damnais misérablement? Non, vous ne permettrez pas que je me perde, et que je sois éternellement séparé de vous ; mais vous daignerez recevoir dans vos mains ma pauvre âme, comme votre Père reçut votre âme bienheureuse, l'accueillir avec bonté et l'introduire dans votre royaume céleste.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

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Fin du Mois de la Passion de Jésus

 

Prochain Mois de dévotion, Mois de Marie de Notre Dame de Lourdes