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L'Annonciation

Comment le Très-Haut prépara la Sainte Vierge et la combla de Grâces pour la rendre digne d'être la Mère de Dieu

La sainte Vierge s’occupa à des oeuvres de profonde humilité et d’héroïques vertus pendant les six mois etbig_Annunciazione_di_Simone_Martini dix-sept jours qui s’écoulèrent depuis le mariage jusqu’à l’incarnation du verbe éternel. Pour accomplir ce mystère avec plus de décence le Seigneur prépara la sainte épouse d’une manière singulière les derniers jours qui précédèrent son incarnation dans son sein virginal. Le premier jour de cette préparation, Marie se levant à minuit, selon sa coutume, pour louer le Seigneur; les anges lui parlèrent ainsi : épouse de notre divin maître, levez vous, car sa divine majesté vous appelle. Elle répondit : le Seigneur ordonne à la poussière de se lever de la poussière, et se tournant vers lui, mon divin maître dit-elle; que voulez-vous faire de moi? à ces paroles gon âme fut élevée à un nouveau séjour plus rapproché du Seigneur. La divinité lui fut manifestée d’une manière abstractive et elle connut avec une grande clarté les oeuvres du second jour de la création du monde. Le Seigneur lui découvrit qu’elle devait lui demander avec instance l’accomplissement de l’incarnation. Dans cette vision elle connut en particulier comment elle était formée de la ville matière de la terre; elle eut une si profonde connaissance de son être terrestre qu’elle s’humilia profondément et s’abaissa plus que tous les enfants d’Adam bien qu’ils soient remplis de misères. Le Seigneur lui donna cette connaissance pour creuser dans son coeur des fondements d’humilité qui fussent en proportion avec l’édifice qu’il voulait élever en elle; et comme la dignité de mère de Dieu est en quelque sorte infinie, il fallait que l’humilité qui devait lui servir de fondement fut sans bornes.

442Le second jour elle connut tout ce qui était du second jour de la création du monde. Dieu lui donna un plein pouvoir sur les cieux et tous les éléments; principalement pour deux raisons : la première, parce que la Vierge étant exempte du péché originel, devait dès-lors être exempte de toutes les misères des enfants d’Adam, contre lesquels Dieu avait donné aux créatures, en punition du péché, le pouvoir de venger l’outrage fait au créateur. La seconde, parce qu’il était convenable que toutes les créatures obéissent à celle à qui le créateur même devait obéir. Mais elle n’usa jamais de l’empire qu’elle avait sur les vents, la mer, le froid, le chaud, les saisons, si ce n’est lorsque la gloire de Dieu le demandait.

Le troisième jour elle reçut la science infuse de tout ce qui fut fait au troisième jour de la création. Elle connut avec une grande clarté les propriétés des eaux, les herbes, les fruits, les plantes, les métaux, les pierres, les minéraux et la connaissance qu’elle en eut surpassa celle d’Adam, de Salomon et des autres hommes. Elle reçut un si grand pouvoir qu’aucune créature ne pouvait lui nuire, si elle ne le permettait. Mais elle n’usa jamais de sa science ni de son pouvoir pour se préserver des souffrances; quelquefois seulement elle s’en servit pour les pauvres. Dieu lui donna aussi la connaissance de l’amour infini de Dieu jour les hommes et cette vue fit naître en elle un si grand désir de nous sauver et de réparer nos malheurs, pour plaire à Dieu, qu’elle serait morte mille fois, si le Seigneur ne lui eût conservé la vie par sa puissance. Sa grande charité et son ardent désir de sauver les pécheurs la disposait de plus en plus à être la mère du sauveur, et puisque son fils devait sauver le monde par le moyen de sa passion, usant de son pouvoir sur les créatures elle. le mir commandait de lui faire supporter ce qu’elles devaient faire souffrir à leur créateur.ann3

Le quatrième jour elle fut élevée à une plus haute connaissance des divines grandeurs; elle vit tout ce qui fut créé et ordonné au quatrième jour de la création. Elle connut l’arrangement, le nombre, les propriétés, la matière, la forme et les influences des planètes, des étoiles et de tous les corps célestes, sur lesquels elle reçut un empire absolu, dont elle se servit quelquefois pour son fils, particulièrement en Egypte où les chaleurs sont très-grandes. Elle commanda au soleil de tempérer son ardeur pour le divin enfant, mais non pour elle qui ne voulut jamais être privée de souffrir. Le Seigneur lui révéla en ce jour par une lumière particulière la nouvelle loi de grâce que le sauveur du monde devait instituer avec les sacrements qu’elle devait contenir, les dons abondants et les grâces préparés à ceux qui voudraient profiter des mérites de la rédemption. Mais connaissant l’état de corruption du monde, qui mettait obstacle par des péchés innombrables à l’amoureuse volonté du Très-Haut pour le salut éternel de tous, elle éprouva un nouveau genre de martyre causé par la douleur qu’elle avait de la perdition des hommes. Elle fit à Dieu de ferventes prières, afin qu’à l’avenir personne ne fût damné, et que tous obtinssent la gloire éternelle. Son coeur fut inondé d’une grande amertume par la folie et la dureté des pécheurs à résister à l’inclination miséricordieuse de Dieu pour leur salut éternel et cette amertume se prolongea pendant tout le temps de sa vie mortelle.

annunc_20completa_20Mariagrazia2Le cinquième jour, le Seigneur lui découvrit combien les hommes avec leurs péchés mettaient obstacle à l’accomplissement de l’incarnation, le petit nombre de ceux qui en profiteraient et correspondraient à un si grand bienfait. Elle connut dans cette vision toutes les créatures passées, présentes et futures, avec leurs bonnes et leurs mauvaises actions, et la fin qu’elles auraient. Dieu lui donna aussi la connaissance de tout ce qu’il avait créé au cinquième jour de la création, et le pouvoir sur toutes les oeuvres de ce jour. Il lui demanda en outre quel était son nom, elle répondit : je suis fille d’Adam, formée par vos mains d’une vile matière. Le Très-Haut lui répartit : désormais vous vous appellerez l’élue pour mère de mon fils unique, les esprits bienheureux entendirent seuls ces dernières paroles, elle n’entendit que le nom d’élue. Le coeur enflammé d’amour, elle demanda au Seigneur avec de très-vives instances l’accomplissement de l’incarnation, la très-sainte Trinité lui en fit la promesse, et remplie de joie elle demanda la bénédiction qui lui fut accordée aussitôt.

Le sixième jour, Marie persévérant neuf heures dans la prière, les oeuvres du sixième jour de la création lui furent montrées. Elle connut toutes les espèces d’animaux avec leurs qualités et leurs fonctions; il lui fut accordé sur eux un empire absolu et le commandement leur fut donné de lui obéir en toute chose : ils le firent dans quelques circonstances, comme le boeuf et l’âne qui se prosternèrent devant le Seigneur, au jour de sa naissance. En outre de la connaissance des créatures privées de raison, elle connut parfaitement la manière dont fut créé le premier homme, elle vit la parfaite harmonie du corps humain avec ses facultés et son tempérament; la nature et les perfections de l’âme raisonnable et son union avec le corps. Elle connut l’état de la justice originelle et comment il fut perdu par Adam; elle comprit la manière dont il fut tenté et vaincu, les effets de sa faute et la fureur des démons contre le genre humain. Dans cette connaissance, elle se chargea de pleurer ce premier péché et tous les autres qui en résultèrent comme si elle en eut été coupable. On peut donc appeler heureuse la faute d’Adam, pour avoir fait couler des larmes si précieuses. Se reconnaissant descendante de parents si ingrats envers Dieu, elle s’humilia et s’abaissa dans son néant, non pour avoir eu part à la faute d’Adam, mais parce qu’elle avait la même nature et était aussi sa fille.AnnonciationR

Le septième jour, elle fut transportée par les anges dans l’empyrée où Dieu l’appelait à célébrer de nouvelles épousailles. A cet effet Dieu commanda à deux séraphins de l’assister en forme visible; ensuite il la fit revêtir d’une robe d’un éclat extérieur en rapport avec la beauté intérieure . de l’âme. Cette robe semblable à une longue tunique était si resplendissante que si un seul rayon fut parvenu jusqu’à la terre il l’eut mieux éclairé que le soleil et même que si les étoiles eussent été des soleils. Les séraphins lui mirent une riche ceinture, symbole, de la crainte de Dieu, comme la robe était limage de son incomparable pureté et de sa grâce. Ils l’ornèrent de beaux cheveux à fils d’or liés avec une précieuse attache, pour faire comprendre que toutes ses pensées devaient être animées de la plus ardente charité dont l’or était le symbole. Ils lui mirent aux pieds une belle chaussure pour signifier que tous ses pas et ses mouvements devaient être dirigés aux fins les plus hautes de la gloire de Dieu. Ses mains furent ornées de riches bracelets signifiant la magnanimité qui lui était donnée, et ses doigts de bagues. précieuses, pour signifier les dons du saint Esprit. Elle reçut aussi un collier d’un éclat merveilleux d’où pendait un chiffre avec trois pierres précieuses qui correspondaient par les trois vertus théologales aux trois personnes divines. On lui mit aux oreilles de beaux pendants pour préparer son ouïe à l’ambassade de l’archange qu’elle devait bientôt recevoir. Aux extrémités de la robe pendaient des chiffres qui signifiaient, les uns Marie mère de Dieu, et les autres, Marie vierge et mère.

AnnunciationLe huitième jour, elle fut transportée de nouveau en paradis en corps et en âme, à la grande admiration des esprits bienheureux pour son incomparable beauté dans laquelle le Très-Haut prit aussi ses complaisances, et pour l’honorer davantage il déclara aux anges qu’elle était leur reine, Ils la reconnurent et l’acceptèrent tous avec joie et chantèrent avec une harmonie inexprimable des hymnes de reconnaissance au Seigneur, et ce jour fut pour eux celui d’une joie et d’un bonheur plus grand que ne l’avait été aucun autre depuis leur création. Le Très-Haut parla ensuite ainsi à Marie : « Mon épouse et mon élue, puisque vous avez trouvé grâce à mes yeux, demandez moi sans crainte ce que vous souhaitez; je vous assure comme Dieu fidèle à ses promesses et roi tout puissant, que je vous ne refuserai ce que vous demanderez quand même ce serait une partie de mon royaume. » L’auguste Vierge humiliée et abaissée dans son néant lui répondit : « Je ne demande pas une partie de votre royaume pour moi, mais je le demande humblement tout entier pour le genre humain. Je demande, ô roi tout puissant, de nous envoyer par votre miséricorde infinie votre fils unique notre rédempteur. » Le Seigneur lui dit : « Vos supplications me sont agréables, et vos prières me sont chères, il sera fait selon vos demandes et mon fils unique descendra bientôt sur la terre. » Remplie de joie par cette divine promesse, elle fut rapportée par les anges sur la terre.

Le neuvième et dernier jour, elle fut portée de nouveau dans l’empyrée en corps et en âme. Dans une vision abstractive de Dieu, elle connut les choses créées de tout l’univers, qu’elle avait vu auparavant dans ses parties. Elle comprit l’harmonie, la connexion, l’ordre et la dépendance que les choses ont entre elles, et la fin que Dieu a donnée aux diverses créatures. Alors lui fut placée sur la tête comme reine de toutes les oeuvres de la toute puissance divine, une magnifique couronne incrustée d’or avec un chiffre qu’elle ne comprenait pas, et qui signifiait Mère de Dieu. Des dons ineffables lui furent encore donnés comme dernière disposition à cette éminente et incomparable dignité. Ce qu’il faut surtout admirer, c’est qu’en recevant des faveurs si extraordinaires et si merveilleuses, il ne vint pas en pensée à l’humble vierge qu’elle était choisie pour mère du messie attendu, tant était profond dans son coeur le bas sentiment d’elle-même.

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Annonciation de la Sainte Vierge et Incarnation du Verbe

fete_201La plénitude des temps étant accomplie dans lequel le fils unique devait s’incarner, Dieu le fit connaître à l’archange Gabriel, non par la voie ordinaire en éclairant l’ange inférieur par le supérieur, mais immédiatement, et lui révéla l’ordre et les paroles mêmes de son ambassade. Gabriel ayant reçu l’ordre de Dieu descendit de l’empyrée en forme visible accompagné de milliers d’anges. Son visage était d’une rare beauté, ses vêtements d’un éclat admirable, il avait sur la poitrine une belle croix qui annonçait le mystère ineffable de l’incarnation. Il se dirigea vers la pauvre maison de Marie qui avait alors quatorze ans, six mois et dix-sept jours. Sa taille surpassait celle des autres filles de son âge, elle était bien proportionnée et très belle; sa couleur, son air et ses manières étaient admirables et il ne se trouvera jamais aucune créature qui puisse l’égaler. Son habit était pauvre et modeste, mais propre et d’une couleur approchant de la cendre, l’arrangement et la forme de ses vêtements étaient sans recherche et respiraient la modestie et la décence. A l’arrivée de l’archange, elle était dans une sublime contemplation des mystères qu’elle avait vus les jours précédents. Elle souhaitait vivement d’être la servante de cette bienheureuse femme qui devait être la mère du Messie. L’envoyé céleste entra dans la chambre de l’humble Vierge, accompagné d’une multitude innombrable d’esprits bienheureux; non seulement il empêcha que la Vierge le saluât à son ordinaire, mais s’inclinant lui-même il la salua avec un profond respect et lui dit; Ave Maria gratia plena. A ces paroles Marie se troubla à cause de sa profonde humilité, s’estimant la dernière des créatures, et aussi parce qu’elle ne comprenait pas quelle put être fidèle à son voeu de chasteté et néanmoins être mère. L’archange ayant expliqué les difficultés, la Vierge satisfaite inclinant la tête donna son consentement à l’ineffable mystère de l’incarnation du verbe. Toute absorbée dans la pensée que le Seigneur la voulait pour mère, elle se livra à des actes ardents d’amour et de conformité à la divineAnnunciation_II_Royal_Doors volonté, son chaste coeur naturellement comprimé par l’ardeur de ses mouvements et de ses affections distilla trois gouttes de sang qui tombèrent dans son sein virginal et le saint esprit en forma le petit corps du sauveur. Ainsi le coeur très pur de Marie par la force de l’amour divin fournit seul la matière dont ce côrps fut composé. Le corps divin de Jésus-Christ fut donc réellement formé au moment où inclinant la tête, Marie les mains jointes prononçait ces paroles; ecce ancilla domini, fecit mihi secundum verbum tuum. En ce moment la très sainte âme du sauveur fut créée et infuse dans ce corps, et la divinité s’unit à l’humanité par l’union hypostatique. Tout ceci s’accomplit un vendredi, le vingt-cinq du mois de mars, à l’aurore, à la même heure où Adam avait été créé, trois mille neuf cent soixante ans auparavant.

Au moment où le verbe éternel s’incarnait, les cieux et toutes les créatures donnèrent des signes de respect à leur créateur. Ils témoignèrent d’une rénovation intérieure et d’un changement pour la présence vivifiante du rédempteur de l’univers. Les hommes ne connurent pas ce renouvellement merveilleux, parce que Dieu ne voulut le découvrir qu’aux anges. Le Très-Haut répandit seulement dans le coeur de quelques justes une émotion et une joie extraordinaire dont ils ne comprirent pas la raison, quoique plusieurs. conçussent le soupçon que c’était un effet de la venue si désirée du Messie. L’archange saint Michel en apporta la nouvelle aux saints pères des limbes qui en éprouvèrent une émotion plus grande et une joie inexprimable. L’enfer éprouva aussi l’effet de la venue du sauveur, car les démons ressentirent une peine et une tristesse inaccoutumées et une force impétueuse du pouvoir divin qui semblable aux flots d’une mer irritée les renversa tous au fond des cavernes, mais ils n’en découvrirent pas la raison. Dès que par l’opération du Saint-Esprit l’incarnation du Annunciation_ystujverbe fut accomplie dans le sein virginal de Marie, elle fut élevée à une vision intuitive de Dieu où elle comprit avec les plus hauts mystères la signification des chiffres qui lui avait été toujours cachée. Le divin enfant croissait par la substance de sa mère, comme les autres enfants, mais avec cette différence que la matière dont ii était nourri était admirable. Pour le comprendre il faut remarquer que les actes faits avec ferveur et les affections amoureuses meuvent le sang et les humeurs, et le sang et les. humeurs mis en mouvement dans Marie par des actes héroïques et d’une ardente charité envers Dieu, servaient d’aliment au saint enfant. Ainsi l’humanité du verbe était naturellement nourrie, et la divinité prenait en même temps ses complaisances dans les héroïques vertus que pratiquait la Vierge mère, qui donnait un aliment substantiel par la force du divin amour. Dans la pensée que sa nourriture devait servir d'aliment au divin enfant, elle la prenait avec un si grand amour et des actes si héroïques de vertu que les anges étaient ravis d'admiration de voir la sainte Vierge rendre des actions si communes aussi agréables à Dieu et d'un si grand mérite pour elle. Le petit corps du Seigneur au premier instant de sa conception ne fut pas plus grand qu'une abeille, et l’âme auguste et très-sainte qui lui fut unie, exerça aussitôt tous les actes et d'une manière héroïque. I. Connaître et voir intuitivement la divinité comme elle est en elle-même et comme elle est unie à la sainte humanité. II. Se reconnaître dans son être humain inférieur à Dieu et s'humilier profondément. III. Aimer Dieu d'un amour béatifique. IV. S'offrir en sacrifice de salut, acceptant son être passible pour la rédemption du monde. V. Prendre possession du lit virginal de Marie et y mettre ses complaisances. VI. Remercier le Père éternel de l'avoir créée avec de si grands dons et grâces, et de l’avoir exemptée du péché originel. VII. Prier pour sa sainte mère et saint Joseph, demandant pour eux le salut éternel. Ces actes avaient un si grand mérite qu'ils auraient été suffisants  pour racheter une infinité de mondes, et l'acte d'obéissance de s'assujettir à la souffrance et celui d'empêcher que la gloire de son âme ne rejaillît sur son corps, avait un mérite surabondant pour notre rédemption. La sainte Vierge pratiquaannunciazione les mêmes actes que notre Seigneur à mesure qu'il les exerça. Elle s'humilia profondément en présence de la divine majesté , et adora le Seigneur dans son être infini et dans son union avec la nature humaine. Elle rendit gloire à Dieu au nom de tous les hommes, et particulièrement de l'avoir choisie pour mère de son fils; elle s'offrit humblement à le nourrir, le servir et l’accompagner, et à coopérer autant qu'elle le pourrait à l' oeuvre de la rédemption; elle demanda la grâce d'exercer avec zèle ses devoirs dans cette oeuvre si grande. A ces actes héroïques intérieurs qu'elle pratiqua aussitôt il près la conception du verbe, elle joignit les extérieurs. Elle se prosterna à terre et l'adora profondément , elle continua ses adorations et ses prosternations pendant toute sa vie; de minuit à minuit elle faisait trois cents génuflexions, et même au-delà lorsqu'elle n'était pas occupée à autre chose ou en voyage. Tous ses actes étaient èn hommage du divin enfant. Le jour de l'incarnation, les anges qui l'assistaient se rendirent visibles à ses yeux, remplis d'allégresse et adorant dans son sein leur Dieu fait homme. Ils s'offrirent de la servir comme leur reine, de l'aider dans son travail et dans tout ce qu'elle voudrait leur commander, et ils firent ce qu'ils disaient jusqu'à la servir à table lorsqu'elle était seule en l'absence de Joseph son époux. Pendant qu'elle avait dans son sein le divin enfant elle jouissait ordinairement de sa présence de plusieurs manières : mais celle qui lui donnait la plus grande consolation était de voir dans son sein comme au travers d'un pur cristal, l'humanité sainte qui recevait la lumière de la divinité. Elle éprouvait une grande satisfaction en voyant les petits oiseaux qui venaient adorer dans son sein leur créateur et le louer par leurs chants joyeux et leurs doux. mouvements. Dieu l'ordonna ainsi plusieurs fois pour la consolation de sa chère mère, souvent ils lui apportaient de belles fleurs qu'il1 laissaient tomber dans ses mains, et ils s'arrêtaient attendant ,qu'elle leur commandât de chanter. D'autres fois pour éviter les rigueurs de la saison, les pauvres oiseaux se réfugiaient auprès d'elle et la douce reine non-seulement les recevait mais leur donnait aussi la nourriture, toute joyeuse de leur innocence.

Extraits de la Vie Divine de la Très Sainte Vierge Marie, Vénérable Maria d'Agreda, chapître 7 et 8

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